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DE LA FAUSSE DEMOCRATIE A LA DEMOCRATIE VERITABLE 10 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , trackback

DE LA FAUSSE DEMOCRATIE A LA DEMOCRATIE VERITABLE

 

 

 

On a voulu définir la démocratie par une formule séduisante mais dont il semble bien qu’on n’ait pas mesuré toute la portée:  » C’est le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple. « 

 

Il suffit d’une analyse sommaire pour se rendre compte des équivoques dont elle est grosse.

 

S’il y a gouvernement il y a direction, autorité, intention, but à atteindre, moyens à mettre en œuvre, et obéissance à obtenir. Gouverner n’est pas administrer. Un état peut avoir un gouvernement incapable et une administration compétente, ou inversement un gouvernement lucide et ferme et une administration défaillante.

 

Un peuple est une masse d’hommes qui fait corps en raison de liens organiques. La cohabitation, la communauté de biens, de mœurs, d’habitudes y sont des facteurs de cohésion plus forts que les idéaux, les distinctions de classes et de fonctions, les formes de l’économie et les barrières douanières.

 

Gouverner pour le peuple c’est avoir pour fins la satisfaction des besoins et des ambitions communs à tous, et non à tel ou tel groupement culturel, économique ou fonctionnel. C’est apporter au peuple ce qu’il attend pour tous, et non ce qu’une élite plus ou moins consciente plus ou moins organisée estime nécessaire de lui apporter. C’est faire de l’opinion générale la source même de l’action gouvernementale

 

Gouverner par le peuple peut s’entendre, soit; par le moyen du peuple, soit, par délégation du peuple. Dans le premier cas, c’est le peuple tout entier qui gouverne. Dans le second, c’est un corps constitué et spécialisé -momentanément ou non- qui assume les fonctions particulières du gouvernement.

 

 

Il suffit maintenant d’essayer une synthèse des données précédentes pour tomber dans l’incohérence.

 

On ne dirige un peuple qu’en l’organisant, c’est-à-dire en spécialisant les individus selon les fonctions nécessaires à la réalisation des fins poursuivies.

 

Un peuple n’a d’autres ambitions que celles élémentaires de la masse qui le compose, et dont les préoccupations ne vont pas au-delà de la satisfaction immédiate. Ces préoccupations sont parfaitement comprises par toute administration compétente qui ne se donne pour tâche que de les connaître et de répondre à leurs exigences.

 

Gouverner le peuple par le peuple est impensable si l’on entend par là que chaque citoyen fait partie du gouvernement. Gouverner par délégation du peuple c’est constituer un groupe d’individus qui ne peut agir qu’en vertu d’impératifs. Or le peuple est trop divisé, trop incertain, trop inégalement instruit pour formuler des règles d’actions. Il appartient au gouvernement d’interpréter les intentions populaires, et de se fixer en somme à lui-même des buts. Ce qui aboutit rapidement, par la nécessité de persuader, d’informer, de justifier, à déterminer l’opinion générale au lieu de la suivre.

 

Si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple il n’y a jamais eu de démocratie. Et cela pour des raisons assez claires. S’il y a choix, spécialisation, corps constitués, élection, il y a aristocratie de fait -sinon de droit- qui tend par la nature même des choses et par les nécessités de la fonction à se perpétuer en aristocratie de droit. S’il y a absence de gouvernement, soit: ni choix, ni spécialisation, ni durée dans la fonction, c’est l’anarchie, c’est-à-dire, retour aux formes élémentaires de la vie sociale, au grégarisme et à l’animalité.

 

Il faut considérer que les sociétés sont en général à la fois démocratiques, -car elles meurent si les exigences des masses ne sont pas satisfaites,- aristocratiques, -car elles ne savent pas ce qu’elles veulent, sans la présence d’une élite consciente et informée,- et despotiques, -car on n’agit point sans imposer l’obéissance.

 

Reste à savoir ce que le mot de démocratie signifie, et pourquoi tous les régimes à peu près s’en réclament, quel que soit par ailleurs l’équilibre qu’ils réalisent en eux-mêmes entre le despotique, l’aristocratique et le démocratique.

 

La notion qui caractérise la démocratie est la notion d’égalité. Il est certain que cette notion est ancienne et qu’on peut en retrouver partout la marque. Tous les sujets du tyran sont égaux devant lui. Les citoyens athéniens, les nobles vénitiens, les pairs du royaume ont le sentiment de l’égalité de leurs droits. Le respect de la personne humaine, l’égalité de toutes les créatures devant Dieu, l’individualisme sont des éléments qui de près ou de loin concourent à l’élaboration de la notion d’égalité.

 

Mais sur le plan des faits, et non sur celui des idées, l’égalité démocratique est une forme assez confuse qu’il convient de déterminer si l’on veut concevoir les exigences d’une démocratie véritable.

 

Sous le despotique, l’égalité est une égalité de devoirs. Chacun est soumis et n’a d’autre valeur que celle, provisoire, révocable et extrinsèque que lui confère sa fonction. C’est le cas du fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions.

 

Sous l’aristocratique, l’égalité est une égalité de compétence. Chacun a autant de droits et de devoirs réciproques que ses capacités lui donnent de liberté d’action. Chaque personne est responsable de ses actes et ne doit de comptes qu’à sa conscience. C’est le cas du juré dans un jury d’assises.

 

Sous le démocratique, l’égalité est une égalité de droits. Chacun a autant de droits que quiconque, et à la limite, ses droits se confondent avec ses besoins. Chaque individu attend de la communauté la satisfaction des exigences de sa nature particulière. C’est le cas du travailleur sans emploi.

 

Il est clair qu’aucune société ne peut s’organiser et durer si tous les individus sont privés de droits, de même que si tous les individus n’ont aucun devoir.

 

Il apparaît que ce que l’on entend par démocratie c’est le régime aristocratique étendu au plus grand nombre possible d’individus. Il convient d’étudier à ce sujet l’évolution continue qui s’est opérée dans ce sens. D’abord les pairs, puis les notables, puis les hommes majeurs non militaires ni enseignants, puis tous les hommes majeurs, puis les hommes, les femmes, enfin les projets en vue d’accorder le droit de vote, ou les possibilités d’émancipation à dix huit ans.

 

Quiconque assume une responsabilité doit être libre d’agir dans les limites de cette responsabilité. C’est en ce sens que la liberté est liée à l’égalité dans la notion moderne de la démocratie véritable.

 

Or il semble bien que nous assistions à un renversement de l’évolution et qu’au lieu d’un élargissement des fondements de la responsabilité sociale, nous allions vers un resserrement des attributions de caractère gouvernemental.

 

 

Etre libre se comprend de l’individu qui détermine son action sous le seul contrôle de sa conscience. Ce qui implique connaissance et pouvoir. Combien d’individus à l’heure actuelle possèdent à la fois connaissance et pouvoir ?

 

Une analyse sommaire des conjonctures politiques, tant nationales qu’internationales, permet d’affirmer qu’il n’y a qu’un nombre très restreint de personnes véritablement responsables. Et même que rarement le pouvoir et la connaissance se trouvent liés pour assurer à leurs détenteurs le caractère de liberté qui autorise et légitime la conduite d’un gouvernement.

 

Ce n’est donc que par conventions, plus ou moins discutées, que les gouvernements sont reconnus comme tels. D’où l’évolution de la notion de démocratie vers celle beaucoup plus exacte mais beaucoup moins rationnelle de légitimité.

 

On a tendance à désigner sous le nom de régime démocratique un régime dont la légitimité est reconnue par l’ensemble de la communauté. Un régime démocratique semble désigner un régime où le gouvernement est obéi et soutenu par le peuple, quelle que soit par ailleurs la nature des relations entre les individus et les représentants du corps gouvernemental.

 

Il serait vain d’espérer sur ce plan une forme particulière d’organisation sociale qui donne à l’ensemble des individus une responsabilité consciente. Tout au plus peut-on concevoir que leur soit attribuée une responsabilité formelle.

 

Les conditions d’existences des sociétés sont telles que le caractère fonctionnel l’emporte sur le caractère personnel des individus. D’où la spécialisation -qui se fige en hiérarchisation- et la nécessité de transcender le devoir social par l’universalisation de la conscience individuelle. Ce qui s’opère par l’élaboration des valeurs divines ou humanitaires.

 

Concluons qu’il n’y a pas de sociétés démocratiques possibles dans le cadre de l’humanité actuelle. Seules les évolutions commandées par les nécessités de l’existence sont les signes des impératifs complémentaires que sont le besoin d’ordre et le respect de la liberté individuelle.

Jean MOURGUES

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