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REFLEXIONS SUR LES CONDITIONS DE LA QUÊTE 17 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , trackback

RÉFLEXIONS SUR LES CONDITIONS DE LA QUÊTE

 

 

Y a t il une vertu exemplaire, une possibilité de communication, un échange possible entre les expériences, qui donnent à chaque destinée sa valeur unique et le sens d’un témoignage ?

Comment est exprimée la démarche liée à la recherche personnelle, même si cette recherche est celle de tous, même si elle est conduite depuis l’origine des espèces et transmise plus ou moins directement à travers les âges et les espaces ?

Et cette recherche personnelle, savons-nous toujours ce qu’elle implique d’inconnues, et d’influences ignorées de nous ? C’est en tous cas une découverte progressive d’une richesse toujours nouvelle qui s’offre à nos investigations. Nous découvrons – ou bien, nous recevons la révélation de ces richesses ? Voilà d’ailleurs un problème d’une ambiguïté irréductible, et que seuls l’empirisme et l’expression symbolique finissent par résoudre. Y a t il découverte ou révélation, trouvons-nous ce que nous cherchons, ou cherchons nous ce que nous devons nécessairement trouver. Peut être ne trouvons-nous que ce que nous pouvons trouver. Recevons-nous d’ailleurs la révélation de nos connaissances ? Qui ne le dira jamais?

La connaissance est-elle une fois donnée ? Notre travail se borne-t-il à la redécouvrir ? 0u au contraire la connaissance est-elle une construction, une création continue

Et notre travail, une conquête jamais achevée? S’agit-il de conserver les acquisitions, d’explorer l’inconnu, d’aller vers de nouvelles formes de connaissance ?

Il est vraisemblable que, pour chacun de nous, en tant qu’individu tout recommence. Mais la société à laquelle nous appartenons porte en elle les éléments de la continuité culturelle, tandis que nous sommes biologiquement l’élément de la continuité organique et spirituelle. La naissance d’un être, disons sa conception (mais à quel moment peut-on dire d’un être qu’il est enfin né) conjuguent révélation, tradition et découverte.

Comment accédons-nous à l’intelligence de l’être ? Nous ne pouvons répondre à cette question sans essayer de comprendre à quels niveaux se placent, révélation, tradition et découverte.

La révélation, c’est, à l’évidence la prise de conscience première, le fait que nous nous révélons à nous-mêmes et le monde avec nous. Mais c’est à un autre niveau, ce que l’on appelle, compréhension, ce qui fait que les choses – à tort ou à raison d’ailleurs – nous paraissent dans l’ordre et claires. Enfin, à un niveau sans doute exceptionnel, mais attesté, l’illumination.

Nous passons d’ailleurs, avec une lucidité relative, à chaque instant, du moment où nous sentons que nous sommes, au moment où nous comprenons que nous comprenons, puis au moment où tout s’éclaire.

La tradition elle, c’est la voie assurée et transmise par le milieu familial et humain, qui va de la simple nourriture, choisie et imposée, à l’appareil culturel, langages, signes, mœurs, goût et valeurs, aux lois les plus abstraites de la connaissance scientifique, des fonctions mathématiques, pour s’abolir dans la liberté de la communion mystique.

Nous recevons d’autrui les éléments sur lesquels se fondent notre personnalité et notre originalité. Nous fondons la distinction abstraite des lois sur l’universalité de l’intelligence humaine. Mais nous ne sommes jamais assurés d’accéder vraiment à la communion, à l’harmonie, à l’intégration matérielle et morale, bref, à notre union à l’ensemble de la création.

La découverte, c’est à la fois le sentiment de notre existence, le sentiment de l’ordre sensible et !a foi dans un absolu qui s’impose à nous, qui nous dépasse et nous justifie. C’est donc l’approche de la vérité, de l’ordre juste et de l’amour, nous allons à la découverte de l’harmonie du monde, à la fois comme expérience immédiate, comme de la valeur absolue de l’existence (comme Dieu, ou comme Être, ou comme on voudra) .

Mais, révélation, tradition et découverte, nous permettent de comprendre que tous les témoignages humains sont les éléments constitutifs et indispensables d’un vaste bilan, qui est l’état présent de l’humanité, en tant qu’espèce. Le mouvement même de l’humanité est à la fois révélation, tradition et découverte. C’est l’affirmation progressive d’un accomplissement, d’une assomption. C’est le sens de la vie.

On peut dire simplement que toutes les manifestations de la vie sont placées au même rang et concourent à éclairer, par l’étude que nous en faisons, son but et son objet, si tant est qu’ils soient en dehors d’elle-même.

Y a t iI donc un choix à faire ? Une existence à vrai dire, comme toutes les existences, ne constitue qu’une fraction infime, qu’un élément minuscule, mais néanmoins un des instruments nécessaires à la QUÊTE. Chacun, selon ses goûts, ses aveuglements ou ses lumières, ses aspirations ou ses refus, participe à l’entreprise.

A la vérité, tout ce qui s’offre, expérience, expression , imagination, tout le vécu est l’élément et le domaine de la QUÊTE. Et notre recherche serait vaine si nous refusions délibérément une de ses perspectives, si nous écartions volontairement une de ses modalités.

Ce qui apparaît comme essentiel, c’est le signe, l’indication, l’espèce de témoignage et d’engagement que constituent les CÉRÉMONIES SYMBOLIQUES des INITIATIONS traditionnelles. Comment en juger ? Quels en sont les ressorts ?

On pourra évidemment replacer le sujet (candidat à l’initiation) dans les conditions analogues à celles qui ont suggéré, ou découvert certaines vérités, certaines lois, certaines indications significatives. C’est l’épreuve physique, intellectuelle, spirituelle, c’est la mise en scène, la représentation de drames.

Il s’agira tantôt de récits, tantôt de biographies, tantôt d’épreuves tendant à mesurer la possibilité de résistance, le courage ou la volonté. Mais, en fait, il faut se rendre compte que tout le système éducatif est en jeu. Dans la plupart des sociétés, ce système est global. Ce ne sont que les sociétés évoluées qui ont en quelque sorte appauvri le message. D’une part l’enseignement traditionnel par la religion – d’autre part l’enseignement utilitaire – par l’école – et enfin une réflexion continue sur les évènements de l’existence, avec comme support un certain nombre de textes ( Pensée de Marc Aurèle ,Vie des Saints, Méditations Cartésiennes, etc…). Il est vraisemblable que la forme moderne de cet aspect de l’initiation, c’est le compte rendu d’une activité créatrice de caractère scientifique mais l’art n’est nullement exclu.

Malheureusement, il faut reconnaître que nous n’avons qu’une conception fragmentaire, superficielle, et pour tout dire profane de ce que représente symboliquement l’INITIATION.

Il n’est pas, il faut bien le comprendre d’expérience dont la richesse ne défie les moyens que nous avons de la pénétrer, de la comprendre et de la communiquer. Là dessus, nous devons être assurés que l’INITIATI0N sera toujours trop symbolique pour être efficace, si elle demeure à ce stade.

D’autre part, il est évident que les expériences vécues sont trop fragmentaires et trop isolées, pour être utilisées comme témoignages privilégiés et comme documents pouvant servir de base à une généralisation fructueuse.

C’est pourquoi, il faut que les cérémonies initiatiques et que l’enseignement traditionnel -nécessaire complément de l’enseignement scolaire et de la pratique religieuse – procèdent à quelques mises au point. Et d’abord à une préparation.

Une mise en œuvre rompant ce que la spontanéité peut avoir d’aveuglant, ou de trop direct, servant à la fois d’écran et d’illustration. Rien n’est vraiment perçu sans préparation.

C’est ainsi que le récit mythologique, les échanges oraux, les textes littéraires et les spectacles, concentrant des expériences rapprochées intentionnellement, sous une forme accessible à celui ou à ceux auxquels on les destine, pourront servir de moyens d’exposition.

Le mythe traditionnel, le roman, la fable, le tableau, la fresque, l’œuvre musicale, sculpturale ou théâtrale, et en définitive, l’architecture, ART ROYAL, mal compris, parce que limité de nos jours aux matériaux, doivent être concertés pour donner à chacun l’ouverture sur le réel et sur l’infini nécessaire au changement de plan que constitue l’initiation véritable.

Pour peu qu’on en soit conscient, on y parviendra, avec plus ou moins de bonheur évidemment, car l’expression exige un langage dont la précision est relative à l’habileté du metteur en œuvre, à l’intelligence du spectateur, et à l’universalisation potentielle des éléments employés.

C’est la raison pour laquelle la figuration abstraite, sous forme de constructions géométriques de scènes sculptées, sous forme de symboles, a été utilisée et perpétuée.

Le danger d’une telle figuration, c’est comme nous le voyons en ce qui nous concerne, que la signification abstraite du message passe inaperçue, et disons-le, que le message lui-même nous échappe totalement (Qu’est-ce que le style ROMAN, ou l’art du TRAIT, pour le profane ?).

Il faudrait donc que l’accompagnement de récits, de légendes, sinon d’explications toujours à proscrire, permette d’attirer l’attention.

Malheureusement, l’action pseudo rationalisante de ceux qui n’ont pas compris que le message de l’homme à l’homme est sacré, les explications de ces pseudo scientifiques, demi savants détruisant les vertus didactiques de l’ordre symbolique, de la discipline, du langage et traitant sous forme de folklore, ou hélas, de vérité dogmatique la matière vivante de la tradition, empêchent que soit à la portée des esprits une nourriture saine et enrichissante. L’intelligence des signes est la porte ouverte sur l’exploration de l’Univers des hommes et des dieux.

De quoi s’agit-il en fait, pour une société initiatique? De suppléer aux carences de l’enseignement technique (de l’enseignement des techniques au niveau élémentaire, tel qu’il est opéré dans le monde moderne), de donner aux dogmes et aux rites de la religion établie une ouverture et un sens plus large, et enfin de transmettre, non seulement par une information au niveau des notions, mais par l’élaboration d’une véritable sagesse, les données d’une tradition humaine irremplaçable.

Pour dégager la signification du message traditionnel, avec une netteté suffisante, il faudrait pouvoir présenter un ensemble de caractères, de documents symboliques, d’œuvres, qui donnent des notions à transmettre, à la fois une représentation graphique, une formulation esthétique, une expression phonétique et une mise en œuvre cérémonielle. Romans, œuvres d’art, théâtre, cérémonie, devraient intégrer (aux yeux des spectateurs) le message humain.

Il est évident que cela représente un matériel considérable à mettre en œuvre. C’est pourquoi il y a des lieux de concentrations, des lieux privilégiés où se trouve, en somme, reconstitué le TEMPLE. Ce TEMPLE symbolique, éternel, dont la fonction universelle, fut, était et sera sans doute toujours de donner aux hommes, la SOMME, vivante et permanente, figurative et animée des valeurs humaines.

De nos jours, la dispersion des activités, leur diversification, la désacralisation de la vie sociale et morale, ont pu donner à penser que l’humanité n’avait plus besoin de CENTRE d’inspiration que l’espace n’avait plus besoin d’être ordonné de l’intérieur, puisqu’il l’était par la connaissance géographique et cartographique, et que le TEMPS n’avait plus besoin d’être rythmé, car les villes suppléaient aux influences cosmiques dans l’ordonnancement des tâches. L’unité de l’Être qui se constitue à travers les siècles et l’Univers par l’Activité n’est plus perçue, voilà tout.

Le désordre a fait place à la diversité, l’énervement ou la névrose s’est substitués dans bien des cas à la souffrance. Mais la douleur et l’effort de libération sont toujours plus difficilement assumés. Un divorce se crée, à l’intérieur de nous-mêmes, au sein des peuples, dans le cadre de l’humanité universelle.

Alors que s’universalisent les relations, les hommes perdent le sentiment de l’universalité et de la permanence des valeurs essentielles, et s’ils affirment leur volonté d’universalisme et de connaissance, cette affirmation voile à peine la quête élémentaire d’un PARADIS PERDU. C’est dans le passé qu’ils cherchent refuge, tout en se précipitant aveuglément vers un avenir qu’ils ne peuvent même pas imaginer. Au reste, peut-être en a-t-il toujours été ainsi. Mais du moins, la proportion des hommes conscients et responsables, des initiés, c’est à dire de ceux qui avaient pris conscience des implications de la condition humaine, peut-être cette proportion donc, était-elle plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui ? J’entends souvent dire que le nombre de savants, de nos jours, est considérable par rapport à celui que représentent les savants morts. Mais le nombre de sages, le nombre de ceux qui peuvent jouer un rôle auprès de leurs semblables: rôle d’exemple, de modérateur, d’informateur, d’initiateur ? Certes les moyens sont grands pour diffuser les notions utiles. Mais il y a une utilité supérieure: l’échange d’homme à homme, et cet échange est impossible dans le système public et publicitaire (ou propagandiste) qui est celui du monde moderne.

Il faut rapprocher les hommes, non pas pour les regrouper, ils ne le sont que trop, mais pour les libérer.

L’humanité ne semble pas avoir dégagé avec suffisamment de netteté les valeurs clés qui harmoniseraient, dans un même mouvement d’aspiration et d’élévation, les hommes, sinon vers une identité culturelle apparente, du moins vers une communion spirituelle.

Or, ces valeurs sont connues. Si elles sont occultées, ce n’est qu’en raison de notre incapacité générale à déchiffrer le matériel symbolique qui nous a été transmis, en tout lieu, et qui, après avoir été constitué progressivement, se complète encore chaque jour, sans que nous sachions même découvrir le sens de ce que nous apportons nous même au patrimoine commun.

Mais l’occultation n’est pas absolue. Il est possible par la méditation et par l’amour de l’humanité (d’autres diront la foi) de dépasser les écrans qui nous dissimulent le visage d’lSlS.

Si les textes, les objets, les édifices demeurent, si le message est pressenti, reconnu, si l’œuvre est poursuivie, viendra le jour où clairement se découvrira, à ceux qui sauront voir, à ceux qui sauront entendre, à ceux qui sauront aimer la voie conduisant à la terre promise.

Jean MOURGUES

 

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