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DE L’ ETERNEL RENOUVEAU 30 octobre, 2008

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DE L’ ETERNEL RENOUVEAU

 

LA FRANC-MACONNERIE SOCIETE INITIATIQUE AU SERVICE DE LA LIBERTE

                           

Je me suis souvent interrogé, comme tout le monde, sur les voies de la connaissance, sur celles du bonheur et de la liberté.  J’ai lu, autant qu’on peut le faire.

Je me trouve aujourd’hui, comme hier, devant le mystère des origines et des fins, mais j’ai le sentiment d’avoir progressé dans le sens d’une meilleure compréhension de la condition humaine.

Ce progrès, je le dois me semble-t-il à la possibilité qui m’a été donnée de prendre un certain recul, de saisir les relations humaines sous une forme explicite, et peut-être objective, enfin, aux enseignements d’une sagesse traditionnelle.

Certes, nous ne sommes pas plus qu’hier, capables de résoudre la grande énigme. Les lumières de nos néons nous dissimulent sans doute les mystères de la nuit. Mais ces mystères subsistent.

Ce ne serait pas grave d’ailleurs, si dans notre aventure nous n’avions pas la sensation d’une dépendance sourde, entre ce qui nous échappe, et nous-mêmes.

Nous succombons au besoin de conforter continuellement notre sécurité, mais nous rêvons en même temps que d’une certitude, d’une disponibilité qui serait entière.

En somme, les hommes d’aujourd’hui vivent comme s’ils avaient été frustrés. Une promesse qui nous aurait été faite, et qui n’aurait pas été tenue.

Les meilleurs d’entre nous ont la conviction qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. D’autres plus faibles ou mieux inspirés, cherchent sous mille visages, dans mille directions l’image rassurante, le père tout puissant, le chef libérateur, la raison agissante, la Vérité!

Sans doute la difficulté d’être, naît-elle de la coexistence de deux sentiments:

-celui de notre appartenance à un ensemble, qui nous enveloppe, nous pénètre et nous dépasse.

-celui de la manifestation en nous d’une individualité, d’une modalité d’existence irréductible à tout autre.

Réels ou illusoires, ces sentiments nous partagent. NOUS rêvons d’une vie qui ignore ces déchirements. D’un monde où les contradictions s’évanouiraient.

Il nous faut de nombreuses épreuves pour découvrir que ces contradictions ne se présentent à nous que parce qu’elles ne peuvent se résoudre que par notre existence.

Vivre c’est précisément chercher son unité au delà de ces contradictions de l’être. Et j’imagine assez bien le cœur déchiré de chacun de nous, pris entre ce qu’il doit au monde, et ce qu’il se doit à lui-même, partagé entre l’exigence quotidienne, et la soif d’un ailleurs paisible.

Cette quête, la plupart des hommes consciemment ou non la poursuivent. Avec la conviction, sans doute plus ou moins assurée qu’ils atteindront un état particulier, bonheur, salut, pouvoir, puissance, qui les place au-delà des événements, dans un univers où ils trouveront la plénitude de l’être et le sentiment de l’immortalité.

Mais cette quête, c’est déjà un signe. Celui de la rupture de l’ordre intérieur, c’est l’amorce d’un cheminement qui conduit vers les certitudes, et les solitudes. Orgueilleux de ses efforts, l’homme finit toujours par découvrir qu’il s’est engagé au-delà de ses forces.

Quoi qu’il trouve, il se demande s’il est enfin affranchi des épreuves, s’il est libéré de la roue des choses, s’il a rejoint le sein de Dieu, s’il est sauvé enfin. Il se le demande, et demain lui répond qu’il faut recommencer.

En fait, je suis bien obligé de constater que tous les témoignages concordent pour souligner ces deux exigences de la condition humaine: besoin de sécurité et d’ordre, besoin aussi de liberté et de dépassement.

Disons, pour parler un langage direct, qu’aujourd’hui comme hier, nous sommes pris entre la peur et l’ennui.

Peur de l’avenir et de ses exigences

Ennui d’une routine sans attrait et sans but.

Ce qui est surprenant, c’est que nous pensons volontiers, nous, les hommes du vingtième siècle, que nous nous trouvons devant des problèmes nouveaux. Nous avons tendance à croire que ce qui nous arrive, arrive à l’homme pour la première fois. Et qu’il nous faut improviser des solutions.

Nous cherchons les clés de la cité future, mais peut-être les cherchons-nous sans conviction !

Peut-être les cherchons-nous alors que nous les possédons.

Je me suis demandé en tout cas si l’expérience des hommes du passé était aussi dérisoire que ce que nous avions tendance à le croire SOUS l’effet de l’orgueil progressiste d’une société en mal de justification.

J’ai voulu examiner, du moins dans la mesure de mes informations, les solutions qui avaient été apportées aux problèmes de l’être et de sa destinée.

Entre le mirage d’une révélation, dont les enseignements seraient entièrement ou partiellement perdus, et le mythe d’une vérité dont les approches sont toujours plus difficiles, j’ai voulu parcourir des cheminements moins incertains. J’ai cherché à dessiner les constantes qui apparaissaient en filigrane de l’histoire.

Que s’est-il passé en Europe, par exemple, à partir du moment où la dissolution de l’Empire Romain a coïncidé avec l’avènement d’une religion nouvelle.

Et pourquoi, par exemple, la haute morale stoïcienne n’a pas réussi à maintenir l’ ordre de l’empire.

Deux faits sont à mes yeux significatifs.

L’accroissement considérable d’éléments non assimilés, et sans doute non assimilables. Nourris d’une autre culture et d’une autre tradition.

La découverte aussi d’espaces illimités, qui mettaient en question la primauté de Rome, son caractère de centre de l ‘univers.

Avec l’Empire Romain décadent, nous avons le tableau de la décomposition, typique d’une société traditionnelle. C’est à la fois la dispersion des valeurs, et la dispersion des pouvoirs.

Jusqu’à nos jours, je crois, nous n’avons vécu en Europe qu’en fonction de cet événement, et je ne sais pas en quelle mesure, nous ne continuons pas à vivre selon le mythe de l’unité romaine.

Ce qui me parait clair, c’est que l’on peut faire l’histoire de l’Europe dans la perspective suivante: une succession de tentatives avortées pour reconstituer l’unité perdue, traverser des crises provoquées par la double dynamique du temps et de l’espace, d’une part, par l’avènement d’un pouvoir, le pouvoir technique; enfin, par le sentiment dominant malgré tout, les esprits, d’une réalité cosmique où les rythmes saisonniers, les variations climatiques et les mystères du renouveau, de la maladie et de la mort, ont pesé sur l’homme.

La crise romaine est à mes yeux exemplaire, dans la mesure où l’on assiste à trois tentatives successives de résolution, selon les données traditionnelles, et aux trois plans de l’initiation dite des pouvoirs.

La première réponse à la rupture de l’unité traditionnelle fut le christianisme.

Pourquoi le christianisme, et non pas la religion de Mithra ? Certainement parce que la volonté d’exotérisme de Paul, et surtout de Pierre répondit à un besoin. La transformation des mœurs, des modes d’exploitation des conditions d’échange posaient le problème de l’Esclave.

Il fut exploité. La prédication et le prosélytisme suivirent.

La reconstitution de l ‘unité traditionnelle, c’est à dire sous le principe unique, dans le cadre de l’ecclésia devenait nécessaire.

Enfin, le caractère semi-clandestin, et pour ainsi dire, anti-élitaire d’une doctrine qui pouvait toucher le grand nombre, sans troubler les autorités.

Lorsque le christianisme fut assez répandu pour pouvoir s’affirmer comme une communauté structurée, cohérente et spirituellement assurée, l’ordre traditionnel de l’Empire cédait. Non sans retour, certes, comme la tentative de Julien en témoigne, mais, dans l’ensemble, comme si l’ordre traditionnel avait trouvé les voies de la réincarnation, ou du moins du renouveau.

Esclaves et barbares devenaient dignes de partager le festin des dieux. Plus simplement, ils étaient intégrés.

De plus, la conception christique affirmant l’alliance du ciel et de l’homme apportait aux esprits l’espoir et la possibilité d’un ordre humain, quoique dans l’au delà.

Le christianisme répondait aux difficultés du moment: l’existence de l’autre – l’étranger – l’esclave, le barbare – l’espace et l’exigence de centrer l’univers (problème résolu par l’individualisme du salut, et l’universalisme du christianisme) enfin le problème de l’ordre temporel, dans !a mesure où le spirituel investit et légitime le temporel. Un nouvel équilibre s’esquissait.

Mais la société occidentale eut à faire face à !’irruption dans son univers clos de forces nouvelles,

les rythmes solaires, les variations climatiques sont sans doute à l’origine des renouvellements collectifs.

La chrétienté, cherchant à élaborer un nouvel ordre traditionnel, capable de rassembler dans une même unité principale les trois pouvoirs, celui qui vient de l’esprit, celui qui vient du cœur, et celui qui vient du savoir, autrement dit, le pouvoir spirituel qui justifie, le pouvoir temporel qui ordonne, le pouvoir technique qui pourvoit, la chrétienté se trouvait à nouveau face à des éléments difficilement réductibles: d’autres hommes, d’autres espaces, d’autres sollicitations cosmiques.

Les invasions normandes, le commerce avec l’orient, l’existence d’un autre univers clos, élaboré à partir de principes plus épurés, en marge d’un sacerdoce mais selon des sources communes: l’Islam.

Il a sans doute manqué en ces temps une source initiatique assez puissante, assez géniale pour trouver une voie nouvelle. Nous avons encore de nos jours le sentiment  que quelque chose aurait pu se passer qui ne s’est pas passé alors. Les ordres monastiques essayèrent sans doute d’élaborer un ordre nouveau. Leur dernier échec fut celui des Templiers.

L’ordre spirituel se rompait sous l’effet de l’utilisation des techniques de l’énergie animale, des sciences arabes après avoir subi les coups des invasions normandes et musulmanes.

Ce qui est tragique, c’est que l’Église fut incapable de se défendre par la foi, mais qu’elle choisit le glaive. Les Normands détournés vers l’Angleterre et la Sicile, les Musulmans contenus ou refoulés, la caste sacerdotale dut céder de plus en plus à la Caste militaire, le Chevalier prenait le pas sur le clerc, le Roi sur le Pape.

Les Croisades furent une crise de conscience. Elles débouchèrent sur l’ordre temporel, le pouvoir royal, le nationalisme. St Louis partant aux croisades est un anachronisme.

C’est à cette époque que l’on perçoit mieux l’existence du troisième pouvoir, le pouvoir technique. Les métiers commencent de compter. Paris a pour devise, celle des nautoniers. Les bouchers sont puissants. Etienne Marcel un moment, joue un rôle, à partir de Philippe le Bel, et voilà pourquoi l’ordre du Temple a un rôle symbolique dans l’histoire, à partir de Philippe le Bel se développe une entreprise de rassemblement sous l’autorité du pouvoir royal.

Deux facteurs sont mis en jeu: l’un spirituel, l’autre hérité des pratiques romaines: l’un le sentiment d’allégeance à la foi, qui devait se muer en sentiment national, l’autre l’organisation administrative et législative.

Les luttes entre le religieux et le politique furent longues Pendant longtemps le religieux conserva une sorte de prééminence sur le temporel, bras séculier. Onction des princes, chevalerie, université.

Mais l’échec des Templiers marquait la brisure du monde. L’union au plus haut niveau, celui de la spiritualité et de la connaissance devenait impossible.

Philippe le Bel comprend nettement la situation, en roi. Il brise les Templiers, et se dresse contre la papauté, se servant de l’une contre les autres.

La conquête du pouvoir, la mission unificatrice délibérée ou empirique de la caste militaire et chevaleresque n’aurait pas connu un si rapide succès sans la crise spirituelle causée par la découverte de l’Amérique, les techniques de navigations et de diffusions.

On a voulu dire que la Réforme était un événement capital. Je crois plutôt qu’il est symbolique. St Thomas ne croyait pas à l’Immaculée conception.

Mais que chaque nation ait son roi et sa foi, voilà qui marquait l’échec définitif de l’unité religieuse du monde chrétien. Après l’échec rencontré devant l’existence du monde musulman.

A partir de ce moment là, l’université, l’administration échappent peu à peu à la clergie

Pendant trois siècles, de 1600 à 1900, les guerres dites religieuses n’ont vraiment de signification que sur le plan du pouvoir politique.

On assistait à une mutation considérable: l’ordre fondé sur l’intercession du Christ, sur la possibilité du salut, sur la fraternité en Dieu devenait un ordre où l’autorité était le Droit, où le sentiment national justifiait l’unité, où le civisme devenait la voie de la liberté.

La Révolution française ne fut pas une révolution, mais un accomplissement. Elle consacrait le fait, le pouvoir fondé sur la légitimité et le consentement n’avait plus à chercher ses sources en Dieu, mais dans le peuple. Renversement, si l’on veut, mais aussi continuité.

Le consentement populaire est d’ordre tout aussi mystique que l’onction divine, c’est certain, mais ce n’est pas en lui que parait la nouveauté. Sous le roi, comme sous l’empereur, l’administration assure la légalité, l’université prépare à l’administration, et le droit et la loi sont la sauvegarde du citoyen.

Les nations, puis les états ont réalisé une unité certes fractionnelle, mais qui tend par le patriotisme à reconstituer l’unité première.

L’individualisme, puis l’humanisme, ou sur un autre plan le collectivisme seront des réponses à une situation inconfortable. Seule, un temps, la franc-maçonnerie essaiera de réduire la tendance à la dispersion. L’Europe des lumières fut un espoir. Et un échec.

L’alliance du spirituel et du temporel n’est possible que sur le plan des principes. Dans le fait, les libéraux sont les jouets des autocrates. Despotisme éclaire, sans doute, mais despotisme. Les états nouveaux libérés du colonialisme nous donnent l’image de ce fut cette période.

En fait, nous assistons, sous prétexte de démocratisation à l’élaboration d’un ordre administratif, à un exercice du pouvoir étatique, morcelé, agressif, ayant à compter avec les passions populaires et jouant à les soulever ou à les apaiser.

Si la religion usurpait le pouvoir spirituel, l’ordre politique utilisait les valeurs sentimentales. Mais il n’y a pas plus d’unité pour le pur esprit que pour le cœur livré à lui-même.

Les valeurs suprêmes n’étaient plus Dieu, ni même le Dieu homme, mais l’homme, et bientôt le surhomme.

Regardez le vingtième siècle et demandez si le pouvoir n’y fut pas symbolisé par l’Homme, fatal ou providentiel selon les lieux et l’humeur, mais l’homme élevé au-dessus des autres. Faute d’une spiritualité assez haute, l’humanité se dispersait et s’avilissait.

Au nom de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, on avait brûlé, opprimé, pressuré.

Au nom de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, on allait conquérir, exploiter, convertir.

L’apparition des métiers s’était déjà manifestée. Transports, échanges, fabriques imposaient leurs exigences. Le règne de l’argent comme signe du pouvoir commençait. La royauté de tradition méprisait l’argent. Mais le pouvoir politique eut bientôt à compter avec lui. Et n’a pas fini de faire ses comptes.

Un troisième pouvoir, aussi dégénéré de l’unité première que les deux autres, et aussi incapable sans doute de rassembler les hommes, de reconstituer l’unité spirituelle et affective de l’humanité entrait en jeu.

Ce qu’il en sera de cette nouvelle entreprise de rassemblement, tout aussi empirique dans ses aspirations, que formelle dans ses prétentions, je n’en sais rien.

Ce que je constate c’est qu’elle triomphe, sous l’aspect d’une certitude abstraite et mécanique au moment où sans doute en relation avec ses effets, l’humanité traverse une crise notable.

Crise de la conscience religieuse face à la découverte, au niveau de l’opinion, de l’unité du monde animal des théories de l’évolution et de l’impossibilité de maintenir l’image de l’homme au centre de l’univers, face aux inégalités et aux injustices réelles ou imaginaires, mais inconciliables avec l’image d’une divinité universelle telle que la conçoivent les occidentaux.

Crise de conscience civique, crise de l’ordre et de la communauté, face à la découverte de la volonté de puissance des entreprises, de la colonisation des États par les banques, face à la vanité des distinctions entre les peuples, entre les nations, entre les races, quand il s’agit de les exploiter politiquement.

Crise de la conscience morale, devant l’incapacité de concevoir un ordre sensé, une valeur justificatrice un espoir légitimant la conduite et orientant la vie.

Certes, les hommes qui représentent l’ordre nouveau répondent:ce qui justifie notre confiance en l’avenir c’est la méthode scientifique, son ascèse, et l’efficacité de nos actes. Nous sommes sur les voies qui conduisent à la connaissance. Ces voies passent par l’organisation de la vie, par la primauté de l’économique sur le politique, par la nécessité pour réaliser l’unité souhaitée de soumettre notre comportement aux exigences de l’ordre mécanique.

S’agit-il de salut ? Non, mais de jouissance.

S’agit-il de liberté et de responsabilité ? Non, mais de confort. Et quant à la solidarité, elle n’est plus qu’un ordre de fait. Organisation, efficacité, collectivité.

Certes, il y a dans l’analyse que je présente bien des considérations rapides, bien des interprétations sans doute contestables. Pourtant, j’ai le sentiment d’avoir mis l’accent sur une évolution assez caractéristique de la communauté sociale.

Elle est assurée par des contraintes, elle se perpétue par des rites et des institutions, elle se dépasse par le caractère des valeurs qu’elle reconnaît mais elle se ferme lentement sur soi, jusqu’au moment où des éléments étrangers à son horizon, à ses normes, à ses certitudes, viennent tout remettre en question.

J’aurai pu rapporter ce que les ethnologues disent des sociétés fermées, dont les rites et l’initiation assurent la cohérence, et qui se trouvent bouleversées par l’irruption des enquêteurs, qui ne résistent pas en tout cas à un quelconque envahisseur , mais j’ai le sentiment que nous mettons trop complaisamment des distances entre ces sociétés restreintes et les nôtres.

Je crois, en- fait, que toute société à vocation à se fermer sur elle-même. L’idéal totalitaire qui de nos jours comme toujours se manifeste, le goût des solutions immédiates et tranchées, la soif de certitude et d’ordre, le refus des responsabilités personnelles, autant d’éléments d’une disposition constante et qui peut se retrouver partout.

Pourtant on peut schématiser l’économie des grandes orientations de la manière suivante: Société religieuse, organisation ecclésiale, salut. Société nationale, État, Liberté individuelle. Société administrative, organisation économique, bonheur.

Mais, ce qui est sensible, d’après ce que nous savons de l’histoire des hommes, c’est que, en dépit des désordres, et des incohérences, ils n’ont jamais cessé de rêver à une société ordonnée, où chacun à sa place trouverait à la fois le sens de sa fonction et les voies de son accomplissement.

Et il est non moins vrai que rares sont les époques où les hommes n’ont pas eu le sentiment d’un échec, d’une impuissance radicale, et d’une exigence de dépassement.

Faudra-t-il considérer l’étape actuelle comme la dernière ?

L’humanité arrive-t-elle au bout de sa course comme le prétendent certains sociologues, dressant les courbes asymptotes des menaces, accumulation d’énergie, de population, d’engins mécaniques ?

Il est indiscutable que la complexité des communautés, l’insuffisance des responsables – et c’est là sans doute que les fortes marques de l’initiation primitive font défaut – la masse même des forces en jeu – ne permettent pas d’autres expériences que celles que nous connaissons dans notre société européenne.

Cela ne veut pas dire que dans d’autres continents des solutions ne seront pas trouvées.

Cela signifie cependant clairement que nous sommes dans l’alternative suivante: ou notre société va disparaître parce qu’elle a atteint le degré de formulation le plus avancé, ou bien, l’éternel renouveau des manifestations de la vie va apporter de nouvelles espérances.

Or, je me refuse à croire que l’ordre de demain se fera sans moi, je veux dire, sans le consentement, sans l’accord, sans l’espérance des hommes. Je me refuse d’accepter de marcher solitaire, vers l’inconnu que l’on me prépare.

Certes, cette situation est terriblement banale. Mais je voudrais comprendre. Sommes-nous des objets que l’on manipule ? Utilise ? Et, qui décide en l’absence de Dieu?

Comment puis-je avoir foi dans une connaissance toujours partielle et fragmentaire, si je suis isolé, compté, recensé, sans qu’une part soit laissée à ma liberté?

Quelle communion est possible hors de la liberté?

Est-ce que l’on peut avoir encore un espoir de faire son salut , quelle que soit d’ailleurs la signification que l’on donne à cette démarche intérieure?

Le monde marche, c’est vrai, il marche selon deux rythmes évidents: le premier celui d’un élargissement continu des relations perçues, le second selon la dispersion des efforts et des pensées !

Où chercher, comment chercher l’unité organique dont nous sentons le besoin ?

Le Dieu homme, l’homme Dieu dont l’intercession fut l’espérance de beaucoup, quel est son visage aujourd’hui aux dimensions de l’espace, devant les lois de la matière et les mystères de la Vie ?

L’absolu, nous le cherchons au-delà de l’objet, à travers la décomposition de la matière. Mais ne nous fuit-il pas aujourd’hui comme hier ?

Dans notre quête, que nous reste-t-il sinon le sentiment de la communauté, celui de l’espoir et la foi dans l’action et l’amour des hommes pour affronter l’inconnu ?

René Huyghe, recevant Roger Caillois, à l’Académie française lui confirmait qu’il avait comme lui perçu « l’incontestable et troublante unité qui englobe les créations de l’Homme et celle de la Nature ».

Nous sommes aujourd’hui, à l’évidence, devant une impasse. « Le risque s’accroît sans cesse que chaque ouvrier ne finisse par creuser son secteur en taupe aveugle et obstiné » dirai-je, en citant cette fois Roger Caillois.

Mais cette inefficacité du travail et de la recherche est doublement dangereuse, d’abord parce qu’elle ruine l’espoir, et encore plus peut-être parce qu’elle plonge les peuples dans les convulsions de l’histoire.

Or, au-delà de l’histoire, au-dessus de toutes les théories de toutes les doctrines, l’homme a toujours perçu la voie de la délivrance.

Je citerai à nouveau Huyghe:

« Pourquoi l’humanité, armée de l’esprit, n’atteindrait-elle pas à cette unité organique que vous n’avez pas cessé de percevoir jusque dans la matière aveugle ? « 

dit-il à Roger Caillois.

Disons autrement, pourquoi l’humanité ne retrouverait-elle pas le chemin de la communion essentielle, qui fit sa force première.

Je suis convaincu, pour ma part, qu’en dépit des erreurs tragiques et de l’incompréhension, les efforts désespérés de tous les hommes de bonne volonté visent à reconstituer, sur des bases élargies, à un niveau plus haut de conscience et d’amour, par des voies inexplorées encore sans doute, mais sûres, un ordre traditionnel, c’est à dire où l’homme prenne sa place, entre le ciel et la terre, et où il lui soit possible d’accéder à la plénitude de son être.

L’avènement d’une société au sens communautaire, et l’élaboration d’un statut de l’homme, la mise en place d’un support spirituel qui permette à chacun de trouver le sens de sa propre existence, voilà notre tâche précise.

Valéry disait : « La plus haute intelligence est et ne peut être que dans les relations saisies entre les choses dont nous échappe la loi de continuité!’

Ces relations, entre l’homme et l’univers, entre l’homme et son semblable, entre l’homme et lui-même, il importe que nous les redécouvrions, et nous y parviendrons. C’est la certitude de l’Éternel renouveau.

Il se peut que le renouveau de l’ordre humain doive passer par l’épreuve actuelle, et par les voies de l’organisation formelle. L’unité s’y trouve réalisée sur un ordre inspiré suggéré par la diffusion systématique des idées et des informations convenables, par la puissance des moyens de contrainte mis en oeuvre, par la systématisation et la mécanisation de l’administration.

Mais, comment sauver la qualité de la vie, c’est à dire la conscience que nous avons de notre place, de notre rôle, de la noblesse du sacrifice et de la grandeur de l’homme ?

Le pouvoir politique fondait son autorité sur la légitimité, sur le droit, et sur la Loi.

Le pouvoir technique assurera le sien sur la compétence ,la nécessité et l’efficacité. Mais l’humanité est trop vieille pour être réduite sans un cataclysme à l’unité formelle et organisée.

Les ordres religieux, et les pouvoirs politiques n’abandonneront pas leurs exigences

Le sacerdoce cherche à justifier son intervention par l’ordre rituel et le sens de la justice.

Mais, qui croit de nos jours que le salut et la justice soient entre les mains des seuls religieux ? Sinon précisément ceux qui conçoivent l’avenir, comme lié aux perfections d’un appareil – technico-politique -? Le communisme, c’est le socialisme plus l’électricité disait Lénine. Mais, le salut, la paix intérieure, comment y parvient-on ? N’y a-t-il d’autre moyen que la drogue ?

Les Pouvoirs politiques justifient leur autorité par le consentement populaire. C’est gribouille. Car il n’y a pratiquement plus aucune décision qui ne soit imposée de l’extérieur, en fonction d’impératifs techniques. La machine est en marche, on l’appelle le progrès. Mais ce n’est pas vrai qu’elle le soit car elle se détruit elle-même. Elle est seulement une force dévoratrice à laquelle l’humanité est sur le point de sacrifier son âme, parce qu’elle se justifie en fonction d’un ordre futur, que personne ne conçoit clairement.

J’ai toutefois la conviction profonde qu’au dessus des tentatives empiriques, des expédients pragmatiques, des tâtonnements de la politique, il existe un art royal qui enseigne l’ordre des rapports entre les hommes, entre les hommes et les choses, entre les hommes et l’univers.

Cette conviction, est-elle une sorte de foi ? C’est possible. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne m’interdit nullement de chercher au-delà d’elle-même, et dans la mesure où elle éclaire l’expérience de ma vie, je ne peux que la tenir pour un facteur lumineux.

J’ai compris qu’il y avait au centre de tout la conscience éclairante, et le jugement.

J’ai appris, par une douloureuse épreuve, qui nous est commune à tous, que l’on ne se trouvait, que l’on ne se retrouvait vraiment qu’au-delà du sacrifice et que la rose généreuse ne fleurissait que dans les cœurs écartelés.

Ce qui m’est apparu à la réflexion, et à la suite d’un certain nombre de tentatives pour trouver la foi qui me manquait, c’est que finalement il n’y avait que deux exigences à maintenir pour vivre en homme: le respect des lois de la cité, et le jugement libre.

Le respect des lois répondant aux exigences de la nécessité. L’intelligence des situations répondant elles aux impératifs de la liberté.

Obéir, et acquérir la maîtrise de soi dans le jugement et dans l’action.

C’est ce que les enseignements initiatiques ne cessent de répéter. Mais c’est ce que chacun de nous doit redécouvrir pour son compte.

Pourquoi les sociétés initiatiques ?

Parce qu’elles jouissent de ce curieux privilège dans nos sociétés sur – conditionnées, d’être devenues des sociétés purement symboliques.

Si la société initiatique est au commencement de la vie communautaire, elle y est l’effet d’une dure contrainte, la manifestation d’un impératif de survie.

Tandis que dans nos sociétés, elles ne représentent plus que l’aspect symbolique de ces mêmes exigences.

La société initiatique, détachée de ses charges immédiates devient un lieu de réflexion, une chambre d’analyse, un temple où les hommes peuvent juger avec recul et sans passion ces mêmes nécessités que la vie quotidienne leur impose, ces mêmes fonctions que l’exercice leur dissimule.

Si la liberté passe par le jugement et non par l’engagement alors j’ai vraiment compris le rôle des sociétés initiatiques contemporaines. Qu’est-ce à dire ?

Et bien, simplement ceci, perdu entre le ciel et la terre, avançant vers l’horizon inconnu ouvert devant lui, ignorant le sens de la marche et le rôle qui lui prescrit, l’homme ne peut se fortifier sans le secours d’une sagesse et d’une expérience éprouvées.

J’ai découvert, dans l’expérience traditionnelle une vertu qui venait des sources même de la vie, et qui convenait, en cet âge qui est le mien, et dans le cadre de notre vie, aux exigences fondamentales de l’être.

L’homme ne peut se libérer vraiment que s’il a successivement répondu à l’appel de sa nature propre dans la communauté à laquelle il appartient, et aux exigences du milieu physique qui le définissent.

Tant de tentatives successives d’apporter une réponse aux besoins des hommes et aux interrogations du monde sont restées vaines ! Mais pourquoi ? C’est que rien n’est définitif, et que toute réponse qui se veut la dernière est une réponse dérisoire.

Je me suis dit que si les hommes d’aujourd’hui semblent avoir perdu le sens de leur vie, c’est peut-être que nul ne songe plus qu’il implique une direction reconnue, une perspective annoncée, et une recherche continue.

Nul ne peut dire, ici s’arrête la quête des hommes, et c’est cela le véritable sens du net progrès. Mais bien sûr, il ne s’agit pas d’exclure de notre quête les conditions mêmes de notre liberté.

La fonction de sociétés initiatiques m’apparaît donc clairement de ce point de vue.

Ne serait-elle pas précisément, et d’ailleurs à toutes les époques sans doute, dans toutes les civilisations et sous tous les climats, de communiquer, de génération en génération le sentiment fondamental d’une continuité dans l’être, et d’une exigence incoercible de dépassement.

Dans le cadre universel d’une cohérence élaborée, d’une harmonie supposée, voulue, et construite, de la possibilité d’une connaissance, respectueuse de l’unité, de la communion profonde de tout ce qui est et doit être.

Certes, cette reconnaissance de l’interdépendance de toute chose marque les limites de notre science, de notre puissance, et même de notre bonheur. Mais quoi ? Que nous a-t-on promis ?

C’est sans doute pour ne pas vouloir admettre ces limites que nous nous précipitons dans les expériences , les plus orgueilleusement folles.

Pourrons-nous retrouver l’âge d’or ?

L’âge d’or, c’est sans doute celui de l’enfance innocente, inconsciente en somme. C’est celui de la société communiant dans un même élan, coordonnée par les rites et les mythes reconnus.

Mais l’âge d’or, les hommes l’ont-ils jamais vécu ? Je crois bien qu’ils en ont seulement rêvé.

Il n’y a pas de paradis sur terre, pas plus que de vérité achevé. Le but est toujours plus loin.

Oui, les hommes ont souffert de mesurer la fragilité de l’ordre humain. ils ont souffert de la relative impuissance de leurs efforts.

Ils ont cherché, les meilleurs d’entre eux ont cherché , je veux dire, ceux qui ont été placés dans les conditions où la recherche était non seulement nécessaire mais possible. Les autres ont suivi. Pourquoi pas ?

Ce dont je suis sûr cependant, c’est que l’exigence symbolique de dépassement dont la société maçonnique est la plus fervente mise en oeuvre, qu’on appelle, cette exigence, progrès ou recherche, ou liberté, ou salut, c’est la loi de l’homme. Et c’est pourquoi je suis reconnaissant à l’Ordre auquel j’appartiens de me l’avoir enseignée.

Jean MOURGUES

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Protégé : Transmettre – 2° - 23 octobre, 2008

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Protégé : Les 5 Points Parfaits de la Maîtrise – 3° -

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LA LEGENDE D’HIRAM 17 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

LA LEGENDE D’HIRAM

 

Chaque mois de juillet, le « Tour de France » ressuscite la grande fête du vélo. Il peut être vu comme un carnaval moderne où un univers, centré sur le profit, laisse une place à l’expression mouvante et rituelle des rêves populaires. Mais le « Tour de France » exprime un rapport capital avec le temps, le changement et l’avenir.

Dans ce moment de la vie, une nouvelle classe d’âge succède à la précédente. Le temps détrône l’ancien monde et couronne le nouveau.

Naissance et mort y sont intimement liées. L’épreuve est une fête, un temps joyeux, qui interdit à l’ancien temps de se perpétuer et qui engendre le temps nouveau. Dans cette alternance temporelle qui donne vie et mort, la naissance et la mort ne sont pas coupées l’une de l’autre. Les deux pôles du devenir sont englobés dans leur unité contradictoire. Chaque étape est un nouveau commencement qui est porteur d’une virtualité future.

Les champions qui dominent la course cherchent à acquérir une « maîtrise » de la vie, une forme de perfection humaine où l’imitation des aînés joue un grand rôle. Cette recherche de la perfection pourrait se définir par trois maximes : « L’apprentissage, long et difficile, doit être méthodique », « Les chefs-d’œuvre sont marqués par le temps », « La mort vient toujours à son heure ». Mais, dans le « Tour de France », on parle de la mort en faisant la fête. Dans les cris de la foule, de nouveaux champions, pleins de force et d’espoir, viennent pour perpétuer la tradition.

Le maillot jaune est un symbole qui fait entrer son détenteur dans la catégorie des hommes-dieux qui meurent. Comme dans le cycle du « Rameau d’Or » décrit par James Frazer, « Il faut tuer l’homme-dieu, dès qu’apparaissent les signes de son déclin et transmettre son âme à un successeur vigoureux ».

Ainsi, de maillot jaune en maillot jaune, la course cycliste du « Tour de France » forme une longue chaîne de meurtres rituels. Héros solaire, le vainqueur conquiert la « Toison d’Or » après une longue lutte et par un acte de rupture : la mise à mort rituelle et symbolique de son prédécesseur, exécutée au nom de la pérennité des valeurs. Cette mise à mort est réalisée dans un moment de fête, d’une grande sacralité. L’ordre du monde se restaure et le nouvel élu symbolise l’éternelle jeunesse du monde nouveau.

Je vous ai parlé du « Tour de France » car il n’est pas sans analogie avec le Compagnonnage. Mais j’aurais pu vous entretenir tout aussi bien du « Mundial », des « Jeux Olympiques » ou de la « Corrida ».

Parce que j’ai la certitude que la démarche maçonnique ne consiste pas à « s’envoler » ou à « se réfugier » dans les « nuages théologiques » des rituels et des symboles. Et que j’ai l’intime, mais absolue, conviction qu’elle doit, au contraire, enraciner tout ce qui constitue sa substance, dans les traditions populaires, mythologiques et religieuses, afin d’y chercher tout ce qui peut y révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine.

Les origines de la légende

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique, entre les récits abondants et variés issus de l’imagination populaire et les données authentiques, dont on peut déduire, à défaut d’une certitude, une conjecture raisonnable. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d’Hiram, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu.

Il suffira d’interroger un maître, de préférence un ancien, un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter… Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’il resteront peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint-Léon, dans son livre sur le Compagnonnage, paru en 1901, expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : « Les Compagnons du Devoir et de Liberté », « Les Enfants de Maître Jacques », « Les Enfants du Père Soubise ». Chacun des trois Ritespossède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes.

Selon Perdiguier, dans son livre sur le Compagnonnage, Maître Jacques aurait étél’un des premiers maîtres-artisans de Salomon et compagnon d’Hiram. Il travailla à la construction du Temple de Salomon et fut nommé Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers.

Le Temple achevé, il quitta la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille, avec ses disciples. C’est alors qu’il dut se défendre contre ceux de Soubise qui décidèrent un jour de jeter Maître Jacques dans un marais, afin de le faire disparaître.

La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard.

Sa dépouille mortelle fut rituellement ensevelie par ses Compagnons près de Saint Maximin et le traître eut la même fin que Judas.

Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée injuste et un autre récit raconte que Soubise versa des larmes amères sur la tombe de son ancien ami et qu’il flétrit son assassinat

Mais une autre version de la légende, veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers, brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, initiés et grands constructeurs, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et Charpentiers qui travaillaient pour « Le Temple » et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique.

Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et les confréries ouvrières, d’où est issu le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente.

Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté.

Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du « Devoir et de Liberté », Enfants de Salomon, prétendent eux,que leur fondateur est le roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitre 5, paragraphes 13 à 18 – 26 à 31 – dans l’édition de La Pléiade) :

« Salomon leva une corvée dans tout Israël et la corvée comprenait 30.000 hommes. Il les envoya au Liban, 10.000 par mois, par relèves.

Adoniram était préposé à la corvée. Salomon avait aussi 70.000 porteurs et90.000 carriers dans la montagne, sans compter les officiers nommés par les préfets et qui étaient préposés au travail, soit 3.300 qui avaient autorité sur les gens qui exécutaient le travail. Le roi ordonna d’extraire de grandes pierres, des pierres de prix, pour poser, en pierres de taille, les fondations de la Maison.

Puis les maçons ainsi que les Giblites, taillèrent et préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la Maison… Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était un Tyrien, artisan en airain. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages (Premier Livre des Rois, Chapitre 7, paragraphes 13 à 15).

Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Suivant la version d’Agricol Perdiguier, dans son livre sur le compagnonnage, les travaux étaient exécutés sous la direction d’un maître habile, nommé Hiram. Hiram travaillait le bronze et il était rempli de sagesse, d’intelligence et de science. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un nouveau mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, les assignations et les mots de passe qui lui permettaient de se faire reconnaître. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le « Mot » de maître ou de l’assassiner. C’est cette version qui constitue la trame du rituel que nous venons de vivre ensemble.

La signification de la légende

A quelque mythologie qu’elle se rattache, la légende peut être belle en elle-même. Elle peut même satisfaire l’esprit pendant des années, sans qu’il y décèle l’ouverture d’un chemin vers la philosophie. Puis un jour, mûr pour cette expérience, il perçoit d’instinct l’appel qui incite au mouvement. Double invitation au voyage. Mais invitation patiente et renouvelée dans le silence, car chacun partira s’il le veut et quand il le voudra… Pilate tue l’Esprit, mais au lieu de le mettre en croix, il met une croix dessus. Et c’est toujours la même opération, toujours à refaire. Mais on n’a pas assez de croix. Le Christ est mort, Pilate est né. Et tout irait parfaitement bien, comme Pilate l’entend, si l’on pouvait être sûr d’avoir tué l’Esprit.

Mais les esprits reviennent, comme on dit.

C’est pourquoi il faut avoir le courage de regarder jusqu’au fond du tombeau pour savoir qu’il est bien vide et que c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Le suprême malheur, pour le sanctuaire, serait de devenir le tombeau scellé, devant lequel on monte la garde. Et on ne le ferait que parce qu’il y aurait là un cadavre. C’est pourquoi le suprême courage est de proclamer que le tombeau, tous les tombeaux, sont vides : celui de Persée, immortalisé dans les étoiles, celui du Christ, au matin de Pâques, celui d’Hiram, qui revit en chacun de nous.

Alors, comment aborder la légende d’Hiram, avec un regard résolument tourné vers le futur ? Peut-être en se demandant pourquoi il est impossible d’éviter de réfléchir son propre portrait dans le miroir qu’est par définition une légende. Car il n’existe aucun maçon sérieux qui n’ait trouvé dans ce récit autre chose que sa propre image. Voilà qui place la légende au cœur du véritable étonnement philosophique, au chapitre des miroirs… Et l’on peut se demander si la question du miroir n’est pas précisément la question fondamentale de l’initiation. Car le piège dans lequel la légende prend tout maçon, est qu’elle ne nous permet pas d’échapper à l’auto-portrait, du moins après avoir tenté de jeter un regard vers le miroir qui nous regarde. Car en fait, la véritable question est bien de savoir comment sont montés une légende, un mythe, un temple ou un rituel, en forme de miroirs. Et l’on essayera donc d’observer comment le miroir est construit, en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de notre propre moi symbolique. Ainsi la légende d’Hiram engendre-t-elle ses propres lecteurs, car il n’y a pas plus de lecteur universel d’une légende ou d’un mythe qu’il n’y a
d’auditeur universel de la cinquième symphonie.

La légende d’Hiram, c’est donc d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est sans doute bien là que se trouve le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est- ce donc que l’Initiation, sinon la traversée des épreuves, à travers lesquelles l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens. Il ne me semble donc pas que je ne vous parlerai que partiellement de la légende, car le pire serait de croire que la quête s’achève, que l’Initiation se termine et que l’on pourrait y mettre le point final d’une dissertation.

Ce sont des mots prononcés au hasard, qui m’ont peu à peu tout révélé. Les sonnets de Gérard de Nerval éveillèrent tout d’abord mon attention, puis mon intérêt. Et l’auteur de ces vers avait effectué un « Voyage en Orient » dont je compris qu’il ne serait pas sans intérêt de lire le récit qu’il en avait rapporté. Et c’est ainsi que je découvris « l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman, Prince des génies ». Au fil des douze chapitres, d’« Adoniram », le premier, à « Macbenah », le dernier, la égende m’apparaissait plus symbolique. Les trois mauvais compagnons symbolisaient l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltaient les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une fille.

Et je retrouvais la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres, où figurent David ainsi que Salomon et la Reine de Saba.

Voici que de symbole, la légende devenait histoire… Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du « premier temple », détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonodor II. Tout près, se trouve Zorobabel, architecte du « second temple », embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 66 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du « troisième temple », a disparu du portail à la Révolution, mais Saint Jean-Baptiste présente « au passant » l’emblème de « la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau ». Ainsi, n’y avait-il pas qu’un seul temple… Et peut-être pourrait-il s’agir ici de celui dont il est écrit : « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours »…

La légende d’Hiram pose en fait la vraie question : crucifixion, résurrection, mort et renaissance, là est le vrai problème… La mort à soi-même que prônent les morales, les philosophies, les religions et la franc-maçonnerie elle-même, qui n’est pas une religion, ne peut être considérée comme l’écrasement devant l’autre ou encore comme la soumission à un sur-moi légaliste et culpabilisant. La signification en est toute autre… Mourir à soi-même, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange profond avec autrui. C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et à des tabous, au stade sujet, autonome, responsable, capable de s’aimer profondément et d’aimer profondément l’autre.

C’est là sans doute le véritable sens de la résurrection ou de la re- naissance qui font de nous des êtres libres.

« Ici, tout est symbole », cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la « parole » qui a été perdue. La « parole » est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent « qu’il n’y a rien à voir… ». La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Car le symbole est le langage du sens et il peut nous permettre d’accéder à la signification. Ainsi la « parole perdue » est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures.

Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli par celui qui se contente du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une « révélation » de la part de ses maîtres.

Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la « parole » ne pourra se dire. Elle sera montrée, sortie d’une boite, sous l’égide de la Rose, sous forme d’initiales, qui resteront le symbole du « mot » et non le « mot » lui-même, enfin retrouvé… Connaître, ce n’est point démontrer ni participer. Et c’est un rude apprentissage. C’est pourquoi on cherche toujours « des hommes de bonne volonté ». Et voici l’évangile nouveau : « La Paix se fera, si les hommes la font. La Justice sera, si les hommes la font. Nul destin, ni favorable, ni contraire, n’est écrit. Les choses ne veulent rien du tout. Nul dieu dans les nuages… Mais le héros seul sur sa petite planète, seul avec les dieux de son cœur, Foi, Espérance, Charité. »… C’est pourquoi il faut avoir le courage de proclamer que le tombeau est vide et que l’acacia refleurira .

La suite de la légende

Jules Boucher donne, en complément de son livre sur « la symbolique maçonnique », la belle légende maçonnique, kabbalistique et profondément ésotérique « des trois Mages qui ont visité la grande voûte et qui ont découvert le centre de l’idée » (page 355).

« Longtemps après la mort d’Hiram et de Salomon, après que les armées de Nabuchodonosor eurent détruit le royaume de Juda, rasé la ville de Jérusalem et détruit le Temple, trois voyageurs arrivèrent au pas lent de leurs chameaux. C’étaient des Mages, des initiés de Babylone, qui venaient en pèlerinage et en exploration sur les ruines de l’ancien sanctuaire.

Après un repas frugal, en parcourant l’enceinte ravagée, ils découvrirent une excavation. C’était un puits, situé à l’angle sud- est du Temple. Le plus âgé des Mages, qui semblait être le chef, se couch à plat ventre sur le bord et regarda dans l’intérieur du puits. Un objet brillant frappa ses yeux et il appela ses compagnons.

Il y avait là un objet digne d’attention, sans doute un bijou sacré.

Ce bijou était un Delta d’une palme de côté, fait du plus pur métal, sur lequel Hiram avait gravé le nom ineffable et qu’il portait sur lui, le revers uni exposé aux regards.

Le Mage, descendu au fond du puits, ramassa le bijou, constata avec émotion qu’il portait le nom ineffable. Il regarda autour de lui et distingua dans la muraille une ouverture fermée par une porte d bronze. En remontant, il dit à ses compagnons ce qu’il avait vu et leur parla de la porte de bronze. Ils pensèrent qu’il devait y avoir là un mystère et résolurent de partir ensemble à sa découverte.

Chacun des Mages, tenant une torche, se laissa glisser jusqu’au fond du puits. Puis, sous la conduite de leur chef, ils s’enfoncèrent tous les trois dans le couloir menant à la porte de bronze… »

Il y a une définition du secret maçonnique qui prétend que : « dire quelque chose à quelqu’un, c’est l’appauvrir, parce que c’est l’empêcher de le découvrir seul ». Je vous laisserai donc partir seuls à la recherche de cette légende en vous souhaitant d’avoir un jour le bonheur de la vivre vous-mêmes en maçonnerie.

http://fr.groups.yahoo.com/group/qabalah/message/957

20. Juin 6005

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http://www.troispoints.info/

Protégé : Un autre éclairage sur Midi et Minuit ou le temps des chats gris. – 1° -

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Un voyage à 5 ans ! 9 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Voici le récit de voyage de notre S:. Alphonsine!   

Un voyage à 5 ans !   

 

Voici le récit de mon compagnon de voyage, nomade somali du Kenya.  


« Un garçon somali gardait son troupeau de bœufs quand il s’aperçut de la disparition de la plus belle de ses bêtes. Craignant les réprimandes de son père, il ramena le troupeau au campement et s’en retourna à la recherche de l’animal.

Après avoir parcouru 3 kilomètres, il entendit un « houhouhou » s’élever des broussailles situées dans la direction où le soleil se couche.

Se courbant, il effectua trois pas dans cette direction, convaincu d’y trouver sa bête. Il ne vit rien.

Il se releva et entendit un deuxième « houhouhou » légèrement vers sa gauche. Il suivit la direction d’où venait ce bruit et parcourut ainsi deux kilomètres de plus. Pris de fatigue, il s’assit dans l’herbe sèche et se mit à pleurer: « à quoi bon retourner au campement, si c’est pour entendre les reproches de mon père. Je suis le plus idiot de tous les garçons bergers du clan. Il vaut mieux pour moi mourir que d’aller porter la honte devant les miens et les autres membres du clan ».  

Il se lamentait ainsi quand il entendit un « houhouhouhouhou » prolongé dans la direction où le soleil se lève. Il se remit sur ses jambes et fit un pas, deux pas, trois pas, quatre pas puis cinq pas avant de se retrouver nez à nez avec une hyène. Tremblant de peur, il crut que son heure était venue, qu’il allait être manger pour cette laide hyène. Il voulut se prosterner pour faire sa dernière prière, mais dans la précipitation, il se trompa de direction. (la prière musulmane se fait en direction de l’est).

C’est alors qu’il reçut un grand coup sur le derrière et se retrouva par terre.

Alors s’asseyant en face du malheureux, la hyène lui dit:

« premièrement, quelle que soit l’urgence dans laquelle tu te trouves, tu ne devras jamais confondre la direction du lever et du coucher du soleil; c’est là le premier devoir d’un nomade digne de ce nom ;

deuxièmement quelle que soit la souffrance qui te dévore, tu ne devras jamais suivre les bruits qui viennent de l’extérieur de toi, ils sont souvent trompeurs ;

troisièmement regarde -moi bien et tu verras que je ne suis pas aussi laide que le disent les tiens ;

quatrièmement ta mort aurait été une plus grande perte pour ton père que son bœuf et,

cinquièmement ne cherche jamais une bête perdue en suivant le cri d’une hyène car, pour vous induire en erreur vous les humains, nous faisons trois pas de côté vers l’occident tout en lançant notre cri dans cette direction, un pas sur place pour vous désorienter et un pas vers l’orient ; c’est par là que nous cachons les bêtes que nous enlevons de vos troupeaux car nous savons que lorsque vous vous prosternez pour votre prière vos regards toujours se portent soit sur la terre, soit vers le ciel mais jamais droit devant vous pour voir ce qui s’y trouve.

Sur ce, la hyène exécuta trois pas vers l’occident, lança le « houhouhou », s’arrêta, leva la tête vers le ciel lança un « houhou », fit un pas vers l’orient et hurla « houhouhouhouhou ». A ses pieds était couchée la belle bête perdue du troupeau. Il la remit au jeune berger qui s’en fut parmi les siens. »   

 

MMTTCCSS&FF, cette traduction n’est certainement pas parfaite. Cela se comprend car le conte original est en langue somalie, il m’a été traduit en Anglais et je vous l’écris en Français. 

 

Merci à toi mon F:. DDD de cette transmission … 

octobre 6008

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Protégé : SOLIDARITE CHARITE – 1° -

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Protégé : La Grenade – 1° -

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Protégé : LA LUMIERE – 1° - 4 octobre, 2008

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Protégé : Le miroir – 1° -

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