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Protégé : Le Delta lumineux tel qu’il nous est connu – 1°- 19 mai, 2021

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Digression … Les chamans: des guérisseurs blessés qui transforment leur douleur en empathie pour aider les autres 18 mai, 2021

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ARCHIVES

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ARCHIVES

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La démarche maçonnique est fondamentalement une quête du sens, quête de la parole perdue celle d’Hiram assassine par les mauvais compagnons, celle de l’Après Babel et des « frères dispersés sur les deux hémisphères ».

De fait, la franc-maçonnerie se perçoit très tôt comme une diaspora. Dés lors, elle entretient avec l’archive une relation intense et complexe. Transcrire les rituels, c’est risquer que des profanes s’en emparent.

Préserver les mystères de l’initiation, les mots de passe, signes et attouchements suppose donc de privilégier une transmission orale, garantie contre les altérations par une pratique consommée de l’art de la mémoire, héritée de la Renaissance, plutôt que la consignation par écrit des rituels de l’Ordre.

Les franc-maçons britanniques attachent d’ailleurs toujours une extrême importance à cette mémoire orale. Cependant, et la multiplication des livres de divulgation l’atteste des la première moitié du XVIIIe siècle, les francs maçons ont eu très tôt recours à l’écrit, pour transcrire statuts et règlements, procès-verbaux de tenues, catéchismes et rituels, donnant naissance ainsi aux premières archives maçonniques.

En effet, si les archives peuvent trahir les frères, elles sont également le conservatoire de la mémoire de l’Ordre. D’où l’attitude ambivalente des francs maçons faite de méfiance et de séduction. Car très tôt les francs maçons ont le «goût de l’archive ».

Ils sont fortement influences par le mouvement anglais de l’antiquarianism, ces «antiquaires », qui partent à la recherche d’une mémoire, d’une langue, d’un patrimoine architectural (Stonehenge, châteaux médiévaux), des récits mythiques et légendaires qu’il faut consigner, inventorier avant qu’ils ne disparaissent.

Les antiquarians sont d’ailleurs nombreux dans les milieux dirigeants de la Royal Society et de la Grande Loge de Londres. Dans leur sillage, James Anderson et la commission qui l’entoure plongent dans les archives des opératifs à la recherche des matériaux qui permettront d’établir l’histoire légendaire de l’Art royal, promu Art des rois, de fonder la prétention de la Grande Loge de Londres à capter l’héritage des plus célèbres architectes et géomètres que le monde à connus depuis l’Antiquité, et à revendiquer le patronage de la nouvelle dynastie des Hanovre.

La connaissance des archives devient donc un enjeu de pouvoir symbolique, et même politique, puisque le but avoue est de rechercher un patronage royal, puis l’incorporation, c’est à dire la reconnaissance de l’utilité publique de la Grande Loge sanctionnée par sa reconnaissance officielle.

Lorsque Anderson, relaye dans les annexées 1760 par le duc de Beaufort, envisage cette entrée de la Grande Loge dans l’Establishment, il fait clairement référence à la Charte de 978 que le roi saxon Athelstan aurait octroyée à son propre fils (ou à son frère selon les éditions des Constitutions), le prince Edwin, « maître général » des maçons assembles à York. Il faut clairement comparer l’action d’Anderson à celle du collège des Pontifes de la Rome antique, dont les Annales tout à la fois forgent et consignent l’histoire et la mémoire officielle de la cite. Les archives opérative ont été malencontreusement brûlées, lit on dans les Constitutions; elles ne risquent pas de trahir les prétentions de leurs interprétés…

Pour comprendre cette séduction de l’archive, il faut insister sur le pouvoir symbolique que confère la charte de fondation prestigieuse voire mythique (patente jacobite, patente du Grand Orient de Bouillon) où le diplôme décerné par les Supérieurs Inconnus (Templiers, Rose Croix…). Les faux sont innombrables, souvent connus de tous, comme la patente du Dr Gerbier; mais qui à vraiment intérêt à semer le discrédit, symbolique et financier, sur la masse de titres maçonniques en circulation ? En effet, à l’instar des fausses chartes médiévales, ces pièces s’acquièrent fort cher et peuvent en retour se révéler fort rémunératrices par les délégations de pouvoirs constituants qu’elles autorisent.

Au niveau élémentaire, celui de la loge, l’importance des archives est tout aussi essentielle. Elles conservent la mémoire de l’atelier, notamment le livre d’architecture, qui retrace au fil des séances les efforts des frères dans le travail de la pierre brute, et leur détermination à ne pas fléchir sur le chemin semé d embûches qui mène vers la lumière. Les archives portent trace des jours ordinaires de la vie d’une communauté maçonnique, mais aussi des grandes heures: installation, fêtés solsticiales, élection du vénérable et des officiers dignitaires visites d’hôtes de marque…

Déposer un discours prononce à cette occasion dans les archives de la loge est une marque de l’estime que la communauté porte à l’orateur et de la qualité qu’elle reconnaît à sa « planche ». La garde des sceaux et archives (deux symboles de l’identité de l’atelier associée de manière révélatrice) est donc une charge importante. Elle revient souvent au vénérable sorti de charge, manière de souligner la pérennité de l’atelier. Lire et adopter le procès-verbal de la tenue rédige par le frère secrétaire, au début des travaux de l’assemblée suivante, prend également un sens très fort. Cette pratique réalise l’accord des frères sur ce qu’ils ont vécu et décide ensemble. La loge est une, elle peut l’inscrire dans ses archives, donc dans sa mémoire.

On comprend mieux, dans ces conditions pourquoi lors de dissensions internes, les archives deviennent un enjeu de convoitise essentiel dans la lutte entre les factions qui se déchirent pour le contrôle d’un atelier.

S’emparer des archives c’est s’emparer de la mémoire de l’atelier, de son capital de légitimité. On s’empresse de rayer les décisions de la faction adverse sur le livre d’architecture, voire d’en arracher les pages, afin de nier leur existence même.

Les archives maçonniques exercent la même fascination sur les anti maçons. Ils y voient très tôt une arme pour dévoiler l’Ordre, ses «pratiques puériles » où au contraire révéler à la lumière, profane.

Les complots tramés dans l’antre ténébreux des « arrière loges » (Barruel). Tel lieutenant de police fait publier des rituels maçonniques, pour tourner les frères en ridicule; les autorités bavaroises qui font la chasse aux Illuminaten rendent publiques leurs archives et éditent des recueils des meilleures pièces

Les Documents maçonniques de Bernard Fay ne font pas autre chose sous Vichys. Ils ont une prédilection particulière pou les archives maçonniques du XVIIIe siècle dont ils publient les pièces sensées refléter la pénétration du venin philosophique dans l’opinion et expliquer par l’inexplicable le surgissement du chaos révolutionnaire C’est d’ailleurs aux services de B. Fay., administrateur général de la Bibliothèque nationale, en charge de la lutte contre les sociétés secrètes, que l’on doit la profanation des locaux et temples du Grand Orient. la saisie des archives de l’ordre et leur dépôt pour exploitation partisane à la Bibliothèque nationale, ils forment aujourd’hui l’essentiel du fonds maçonnique du Département des Manuscrits, compose des correspondances administratives entre les loges, civiles et militaires, la Grande Loge et surtout le Grand Orient de France, depuis le XVIIIe siècle, des archives centrales de l’obédience, d’un nombre plus restreint de livres d’architecture des loges, d’écrits maçonniques, de patentes, diplômes et rituels.

L’ensemble constitue un fonds remarquable qu’il est nécessaire de compléter par la prospection de sources profanes, où d’archives privées des frères, afin de pallier le caractère stéréotype de correspondances essentiellement administratives d’autant plus dommageable lorsqu’on explore une composante essentielle du champ de la sociabilité d’Ancien Régime.

Il s’agit donc d’un véritable défi pour l’historien de la franc maçonnerie qui doit inventer d’autres archives : baux de location d’un temple signes devant notaire, correspondance privée, occurrences relatives à la franc maçonnerie dans des journaux intimes, livres de comptes des loges, et d’autres pratiques de l’archive, afin de réaliser la prosopographie des élites maçonniques sans laquelle la sociologie maçonnique se réduit à un triste et squelettique profil socioprofessionnel de tel atelier.

Or, il se trouve que le front pionnier des archives maçonniques s’anime depuis l’effondrement du bloc communiste. Les archives que les nazis avaient saisies dans l’Europe occupée et notamment en France, parallèlement et concurremment à l’action des services vichystes, avaient été transportées en Prusse orientale.

« Libérées » par l’armée Rouge, elles ont à l’instar des « Archives du communisme » été déplacées à Moscou, classées et inventoriées par le K.G.B. et les services qui l’ont précède

Elles forment aujourd’hui 27 000 dossiers des Archives spéciales de la rue Vyborgskaïa, à Moscou.

Plusieurs milliers concernent la France du XVIIIe siècle, et parcourir leur inventaire sommaire suffit à comprendre combien leur ouverture permettrait de renouveler l’histoire d’orients aussi importants que celui de Bordeaux et, au-delà de l’ensemble de la franc-maçonnerie française, que peuvent éclairer également les fonds d’archives riches et accessibles du Grand Orient des Pays Bas, à La Haye, et de la bibliothèque universitaire de Poznan.

Des questions financières. Un certain manque de coordination dans les efforts en direction des autorités russes ont ralenti le traitement du dossier.

Cependant le micro filmage de l’ensemble des dossiers concernant les Pays Bas autrichiens et la Belgique, obtenu par l’université Libre de Bruxelles et son Institut d’histoire des religions, est porteur d’espoir.

De même, en attendant l’ouverture des fonds ex-soviétiques, les anciennes archives secrètes de Prusse, fonds maçonniques et des Illuminaten, conservées à Merseburg, en ex R.D.A., ont été transférées à Berlin.

Un catalogue des fonds à été public. Il s’agit d’un ensemble documentaire de premier ordre qui intéresse la France puisqu’il s’agit de la Stricte Observance et de la correspondance des loges allemandes avec des loges françaises.

Le recours au français comme langue officielle maçonnique au XVIIIe siècle facilite l’accès à certains dossiers, mais les obédiences allemandes ont exigé et obtenu que toute consultation soit soumise à leur accord préalable.

Il semble cependant, si l’on en croit l’évolution perceptible aujourd’hui à Londres aux archives de la Grande Loge Unie d’Angleterre, que l’accès des chercheurs, maçons d’obédiences réputées irrégulières voire profanes, aux archives des obédiences soit plus aisée.

La dernière source d’espoir pour l’étude de la franc-maçonnerie latine, dont les archives sont lacunaires en raison de la répression qui s’est exercée contre elle, réside bien sur dans l’ouverture récente des archives du Saint Office. P.Y. B.

 

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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Digression … L’archéologue Amandine Marshall lance ToutankaTube, la première chaîne consacrée à l’Egypte ancienne sur le net

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https://www.geo.fr/histoire/larcheologue-amandine-marshall-lance-toutankatube-la-premiere-chaine-video-consacree-a-legypte-ancienne-197740?fbclid=IwAR2MgUOj07DwOyjZwwsz5hUMIgfsatKabiG_gqMHY1r940D17GD3kWyH-0w

 

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Qu’est-ce que la parole perdue ?

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Qu’est-ce que la parole perdue ?

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L’expression la parole perdue apparaît dans des rituels du 3e degré, où l’on parle aussi de la perte des secrets véritable du maître maçon. Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables ; ainsi le document Prichard de 1743 et l’instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Écossaise de l’Orient d’Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? – R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu’est ce qui a été perdu ? – R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? – R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

 

Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. Alors, est-ce un savoir que lui seul possède ? Est-ce une partie d’un mot à prononcer avec d’autres pour qu’il soit complet et efficient ? La parole d’Hiram serait-elle autre chose que celle d’un seul homme ? Que peut-être cette parole pour le franc-maçon d’aujourd’hui ? N’oublions pas que le mot Hiram porte en lui-même des mystères et parmi ses nombreuses traductions de l’hébreu, il peut aussi être lu comme HaReM qui désigne la chose cachée.

 

Le savoir personnel

 

Quel serait ce savoir ?

  • Au Rite York, à la mort d’Hiram, il est dit : « Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer pour permettre aux ouvriers de poursuivre leur travail, et le G :. M :. H :. A :.  a disparu ». Sur la planche, le maître d’œuvre modifie le plan selon lequel la construction du Temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repaire pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. La conception théologique de l’art de la construction peut se résumer en une recherche de médiété parfaite entre la beauté pure qui n’appartient qu’à Dieu et le miroir que doit lui offrir, par son œuvre, l’architecte afin qu’elle se révèle aux yeux des hommes. Concrètement, ce qui fut perdu serait-ce cette capacité architecturale de concevoir l’édifice et de terminer l’œuvre ?
  • Mais allons plus loin. Hiram, a été envoyé par le roi de Tyr à Salomon pour ses savoirs aussi particuliers que ceux que possédait Betsaléel, le constructeur de l’Arche d’alliance du désert : il était habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes en pourpre et en bleu, en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objets d’art qu’on lui donne à exécuter (II Chroniques, 2, 13 et 14).

C’est grâce à 3 vertus que le premier temple fut construit par Betsaléel car il est écrit en Exode 31,3 : «Je [dieu] l’ai rempli de l’esprit d’Élohim en sagesse, en intelligence et en savoir»,  » בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת « , vertus que l’on retrouve en Hiram dans I Roi 7, 14 « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir »  » אֶת-הַחָכְמָה וְאֶת-הַתְּבוּנָה וְאֶת-הַדַּעַת « 

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Ces trois vertus, concepts, attributs divins, types de forces, ou niveaux de conscience, sont les processus à l’œuvre des structures vivantes, correspondant aux 3 séphiroth  :     Hokhmah, la sagesse ; Tébouna, alias Binah, l’intelligence ; Daath, le savoir, la connaissance.

La somme de leurs valeurs guématriques, après réduction, est équivalente à ce qui relie les 2 colonnes Yakin et Boaz[1] qu’Hiram a fondues. La parole perdue serait-elle l’esprit d’Elohim, cette capacité de création, comme celle du maharal de Prague avec son Golem dont aurait été doté Hiram ?

John Yarker qui, dans un article sur Le rite d’York et l’ancienne maçonnerie en général, remarque qu’«en vérité, des ouvriers complotèrent illégalement pour extorquer d’Hiram Abif un secret, celui de l’animal étonnant qui avait le pouvoir de couper les pierres.  Le secret qui a été perdu par les trois Grands Maîtres est celui de l’insecte shermah (shamir), qui a été employé pour donner un parfait polissage aux pierres. Considérant cette remarque de Yarker, le secret opératoire du shamir serait-il «ce qui a été perdu» ?

De même, dans la présentation du rituel Wooler, qui ressemble au texte de Yarker, on lit dans un catéchisme du troisième degré : «Après la construction du Temple, les ouvriers du plus haut degré, connus sous le nom de« Most «Excellent», ont accepté les grands secrets concernant le noble In… Sh…, qui était ce qui constituait le secret des trois Grands Maîtres et [pour] lequel HAB fut tué » ; l’utilisation d’abréviations prouvant le caractère autrefois ésotérique, ou supposé tel, de l’information.

Dans son Miscellanae Latomorum, le Dr William Wynn Westcott propose un passage d’un vieux rituel qui parle précisément du secret de l’insecte shamir et des trois Grands Maîtres. Voilà notre intérêt maçonnique éveillé.

Cette tradition maçonnique est ignorée de nos jours, mais intéressons nous à ce shamir ; essayons de trouver quelques sources à cette incroyable histoire.

Ce shamir miraculeux aurait été spécialement créée au début du monde pour cette utilisation opératoire. Selon cette légende, quand Salomon demanda aux rabbins comment construire le Temple sans utiliser d’outil de fer, pour se conformer, bien sûr, à l’injonction du Deutéronome (Exode, 20,21 ; Si toutefois tu m’ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes), ils attirèrent son attention sur le shamir par lequel Moïse avait gravé le Nom des tribus sur le pectoral du grand prêtre.

Voyons cela de plus près.

Ranulf Higden (1300-1363), dans son Polychronicon, cite la légende du ver de fendillement de pierre, qu’il nomme thamir.

Dans l’Encyclopédie juive on trouve cette légende qui raconte que, sur la recommandation des rabbins et afin de ne pas utiliser le fer, Salomon taillait les pierres au moyen du shamir, un animal, un ver dont le seul contact fendait la pierre. On retrouve cette légende également dans la littérature arabe et même dans  le Coran.

Dans la littérature talmudique, il existe de nombreuses références à Shamir. Des qualités inhabituelles lui ont été attribuées. Par exemple, il pourrait désintégrer quoi que ce soit, même dur comme des pierres. Parmi ses possessions, Salomon la considérait comme la plus merveilleuse. Le roi Salomon était désireux de posséder le Shamir parce qu’il en avait entendu parler. La connaissance du Shamir est en fait attribuée par des sources rabbiniques à Moïse. Après avoir beaucoup cherché le Shamir de la taille d’un grain d’orge, il a été trouvé dans un pays lointain, au fond d’un puits, rapporté à Salomon, mais étrangement, il perdra ses capacités et est deviendra inactif plusieurs siècles plus tard, à peu près au moment où le Temple de Salomon a été détruit par Nabuchodonosor.

Étonnant et curieux Shamir ? Qu’est-ce donc ?

  • Selon les auteurs médiévaux, Rachi, Maimonides et d’autres, Shamir était une créature vivante, un ver ; soutenant que Shamir ne pouvait pas être un minéral parce qu’il était actif. Ce ver magique était doté du pouvoir de modifier la pierre, le fer et le diamant, par son simple regard. Par ailleurs, les sources rabbiniques ont transmis la description de la gravure des noms des douze tribus sur les douze pierres précieuses de la cuirasse du grand-prêtre (le pectoral) ; Moïse le fit non pas par sculpture, mais en écrivant avec un certain fluide et en les «montrant» à Shamir, ou en les exposant à son action. De l’avis des auteurs modernes, l’expression «montré à Shamir » indique clairement que c’était le regard d’un être vivant qui a effectué la division de bois et de pierres. On admet cependant que dans les sources talmudiques et midrashiques, on ne dit jamais explicitement que le Shamir était une créature vivante. 3 Alors Shamir/ schamir/ samur, comme on en trouve l’expression, un ver de la taille d’un grain, ou autre chose, une pierre selon les différentes sources littéraires ?
  • Une vieille source, La Légende de Soliman et testament de Salomon[2], ouvrage écrit en grec, probablement au début du troisième siècle de l’ère actuelle, se réfère à Shamir comme une «pierre verte», page 10 note 31 : le shamir serait une pierre de cristal vert de grande puissance. Le nom dérive probablement de samir/ épine ou tranchant. Un seul shamir est reconnu avoir existé. Il est sculpté en forme de coléoptère, scarabée de l’espèce sacer ateuchus. C’est la raison pour laquelle on a confondu le shamir avec un insecte.

Mais comment une pierre verdâtre aurait-t-elle pu couper le plus dur des diamants avec son seul regard ?

Reprenons ce que raconte Louis Guinzberg, en 1909, dans Les légendes des juifs, qui, inspiré par l’exégèse rabbinique, rapporte l’histoire de manière très fantastique : le shamir fut créé au crépuscule du sixième jour avec d’autres choses extraordinaires. Il n’était pas plus grand qu’un grain d’orge et possédait le pouvoir remarquable de tailler les diamants les plus durs. C’est pour cette raison qu’il fut utilisé pour les pierres du pectoral porté par le grand prêtre. D’abord on traça à l’encre les noms des douze tribus sur les pierres qui devaient être serties dans le pectoral ensuite le shamir fut conduit sur les lignes tracées et celles-ci furent ainsi gravées. Circonstance miraculeuse, le tracé ne porta aucune particule de pierre. On avait également utilisé le shamir pour tailler les pierres dont fut construit le Temple, car la loi interdisait d’utiliser des ustensiles de fer pour tout ouvrage destiné au Temple. Pour le conserver, il ne faut placer le shamir dans aucun réceptacle de fer, ni d’aucun métal, il le ferait éclater. On le conserve enveloppé dans une couverture de laine qui à son est tour est placée dans une corbeille de plomb remplie de son d’orge. Le shamir fut gardé au Paradis jusqu’au jour où Salomon eut besoin de lui. Il envoya l’aigle pour y chercher le ver. Lors de la destruction du Temple, le shamir disparut[3].

La manière dont Shamir était gardé en sûreté peut nous donner un indice: «Le Shamir ne peut être mis dans un vase de fer pour la garde, ni dans aucun vaisseau métallique: il éclaterait un tel récipient. Il est gardé enveloppé dans de la laine à l’intérieur d’une boîte de plomb rempli de son d’orge. Cette phrase est tirée du chapitre 48b du Talmud de Babylone et contient un indice important ; car, avec la connaissance actuelle nous pouvons facilement deviner qui ou plutôt ce qu’était Shamir : c’était une substance radioactive ; les sels de radium, par exemple, agissant sur certaines autres substances chimiques, peuvent émettre une luminescence de couleur jaune-vert.

Cela expliquerait comment le pectoral du grand-prêtre avait été gravé : les lettres étaient écrites à l’encre, et les pierres étaient exposées l’une après l’autre au «regard» ou au rayonnement du Shamir. Cette encre devait contenir du plomb en poudre ou des oxydes de plomb. Les parties des pierres qui n’étaient pas protégées par le plomb se désintégrèrent sans laisser de particules de poussière qui, selon ce Talmud, paraissaient particulièrement merveilleuses. Les parties protégées par de l’encre de plomb se dressaient en relief sur la surface des pierres précieuses[4].

La possession la plus précieuse de Salomon, son Shamir, n’a pas survécu avec le temps, il est devenu inactif. La version habituelle de l’histoire, « le Shamir disparu », ne correspond pas à la traduction exacte texte hébreu. Le mot batel utilisé pour décrire la fin, ou la disparition, de Shamir  n’a qu’une seule signification : « Pour devenir inactif. ». Dans les quatre cents ans qui ont passé de la construction du premier Temple à sa destruction par Nabuchodonosor en -587, une substance radioactive aurait pu devenir inactive[5].

Le secret d’Hiram serait-il celui de l’utilisation d’une sorte de laser radioactif[6] ?

 

La connaissance partagée

 

Et si la « parole » était un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !

Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, le roi de Tyr et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu’au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital.

Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu’aucun d’entre eux n’ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ?

Les exégètes des rituels assimilent la prononciation du Tétragramme à la « parole perdue ». Elle devait être trisyllabique. La syllabe est l’élément réellement indécomposable de la parole prononcée, même si elle s’écrit naturellement en quatre lettres. En effet, quatre (4) se rapporte ici à l’aspect « substantiel » de la parole et 3 à son aspect « essentiel ». Il est d’ailleurs à remarquer que le mot substitué  lui-même, dans sa prononciation rituelle, sous ses différentes formes, est toujours composé de trois syllabes qui sont énoncées séparément.

Considérant que chez les Hébreux, le grand prêtre, le Cohen Gadol, était seul détenteur de la prononciation recta dictio et totale du mot sacré qu’il vocalisait une fois par an dans le saint des saints, cela pourrait vouloir dire que la parole ne fut pas perdue et que si Salomon la substitua, c’est qu’il pensait que son Maître d’œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs en la dévoilant : il fallut donc changer cette parole.

 

Dans ce même registre, on remarquera que lors de la destruction du Temple de Jérusalem et de la dispersion du peuple juif, la véritable prononciation du Nom tétragrammatique fut perdue ; il y eut bien un nom substitué, celui d’Adonaï, mais il ne fut jamais regardé comme l’équivalent réel de celui qu’on ne savait plus prononcer. En effet, la transmission régulière de la prononciation exacte du principal nom divin, désigné comme ha-Shem ou le Nom par excellence, était essentiellement liée à la continuation du sacerdoce dont les fonctions ne pouvaient s’exercer que dans le seul Temple de Jérusalem ; serait-il le centre spirituel de la tradition qui fut perdu ?

Les mystères des sociétés initiatiques de l’Antiquité perpétuaient les premières traditions du genre humain et les nouveaux acquits des corps savants pour élever, au-dessus de leurs semblables, des initiés jugés aptes à en faire un usage utile pour tous. Cet enseignement leur était donné de bouche à oreilles après avoir pris l’engagement, par un serment menaçant, de ne le transmettre à d’autres initiés que sous les mêmes formes et conditions. Il est raconté qu’ils étaient possesseurs de secrets scientifiques redoutables et bienfaisants, dont leur haute morale imposait le respect, mais susceptibles, étant détournés de leur action bénéfique, d’être transformés dans un but malfaisant. Les initiations furent interrompues ; des initiés s’éteignirent, emportant dans la mort les secrets qui leur avaient été confiés. Les secrets des rites initiatiques pour l’intromission des pharaons, véritables mystères de la lignée royale d’Égypte, furent définitivement perdus à la mort du roi Sekenenrê Taâ qui mourut sans les avoir dévoilés à son ennemi qui voulait les lui arracher.

 

Dans certains cas, au lieu de la perte d’une langue, il est parlé seulement de celle d’un mot, tel qu’un nom divin par exemple, caractérisant une certaine tradition et la représentant en quelque sorte synthétiquement ; et la substitution d’un nouveau nom remplaçant celui-là marquera alors le passage d’une tradition à une autre. Quelquefois aussi, il est fait mention de « pertes » partielles s’étant produites, à certaines époques critiques, dans le cours de l’existence d’une même forme traditionnelle : lorsqu’elles furent réparées par la substitution de quelque équivalent, elles signifient qu’une réadaptation de la tradition considérée fut alors nécessitée par les circonstances ; dans le cas contraire, elles indiquent un amoindrissement plus ou moins grave de cette tradition auquel il ne peut être remédié ultérieurement[7].

 

Que peut-être la parole perdue pour un F:. M:. d’aujourd’hui ?

 

Les remarques que nous venons de faire montrent que la parole perdue serait soit un savoir, soit une prononciation, soit une connaissance spirituelle ou magique soit encore la trace du passage d’une tradition à une autre. La parole perdue du F:. M:. me paraît un peu différente. Nous ne pouvons faire l’erreur des mauvais compagnons qui croyaient que le secret du maître maçon relevait de la communication d’un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu’elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l’être et du spirituel, de l’immanence et de la transcendance.

Dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte.

La parole perdue met en relief la nécessité d’une nouvelle perception et d’un nouveau langage relatif à la notion d’essence et de présence au-delà de la forme. Elle n’est pas à comprendre comme uniquement une perte dans la transmission, mais comme le commencement d’un apprentissage d’autres éléments de langages.

Il nous reste à nous interroger sur comment trouver cette parole[8] ou comment lui en substituer une autre de même puissance.

À suivre…

 


[1] Si, comme en guématrie simple on ne donne pas une valeur particulière aux lettres finales : Yakin s’écrit

«יָכִין» yod, kaph, yod, noun et a une valeur de 10+20+10+50 = 90 ; Bo’az s’écrit « בֹּעַז» beth, eïn, zaïn et a une valeur de 2+70+7 = 79.

Entre les deux il y a une différence, une présence de 11.

Hakhmah, « חָכְמָה», la sagesse , (heith, kaph, mem, hé) soit 8+20+40+5 = 73

Tébouna, alias Binah, «תְבוּנָה »l’intelligence (tav, beith, vav, noun, hé) soit 400+2+6+50+5 = 463

Daath, « דַעַת » le savoir, la connaissance (dalethh, eïn, tav) soit 4+70+400 = 474

L’ensemble des  3 vertus : 73+463+474 = 1010 soit en réduction 11

[2] D’après les chroniques de Tabari Me d Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour. https://books.google.fr/books?id=-oEaEmuYFPoC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

[3] À rapprocher de l’Ourim et le Thoummim qui sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l’art de la divination. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un instrument qui servait à donner la révélation et à déclarer la vérité. Ils disparurent avec la destruction du 1er Temple, le shamir, quant  lui, disparut avec la destruction du second Temple. Ils sont tous en rapport avec le pectoral porté par le Grand prêtre d’Israël.

[4] La plupart des gemmes, tels que le diamant, le saphir, l’émeraude ou la topaze, sont décolorés par la radioactivité. D’autres pierres précieuses, comme l’opale, sont constituées de cristaux de silice hydratée. Le rayonnement alpha les désintègre en rompant la liaison avec l’eau ; celle-ci se volatilise sans laisser de résidu.

[5] Le radium perd environ un pour cent de sa radioactivité tous les 25 ans

[6] Pour compléter cet aspect : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1424&mode=print

[7] La mort d’Hiram et la Parole perdue de René Guénon :  

https://legende-hiram.blogspot.fr/2016/05/1948-la-mort-dhiram-et-la-parole-perdue.html

[8] Rite émulation

V.- (au ler S.) Qu’est-ce donc qui est perdu ?

1er S.- Les véritables secrets des MM. MM.

V.- (au 2e S.) Comment se sont-ils perdus ?

2° S.- Par la mort prématurée de notre M. H.A.

V.- (au ler S.) Où espérez-vous les trouver ?

l er S.- Au Centre

V.- (au 2e S.) qu’est-ce que le Centre ?

2e S.- Un point à l’intérieur d’un cercle qui se trouve à une distance égale de toutes les parties de la circonférence.

V.- (au ler S.) Pourquoi au centre ?

ler S.- Parce que c’est le point où le M.M, ne peut faillir.

V.- Nous vous aiderons à réparer cette perte.

 

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/

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L’Hermétisme, la tradition ésotérique d’Hermès Trismégiste

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