navigation

Digression … Richard Strauss: Also sprach Zarathustra /Herbert von Karajan · Berliner Philharmoniker 16 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Digression , ajouter un commentaire

 

 

Image de prévisualisation YouTube

La Voûte Etoilée …. 15 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

 

 

Protégé : VOUS AVEZ DEMANDE LA LUMIÈRE – 1°- 14 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Tibetan Mantra – ( OM TARE TU TARE TURE SOHA ) – Ballad from Tibet 13 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

 

 

Image de prévisualisation YouTube

Protestants et francs-maçons, entre affinités et divergences

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

 

 

Image de prévisualisation YouTube

Shintô : Voyage au Cœur de la Religion Traditionnelle Japonaise

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

 

 

Image de prévisualisation YouTube

Protégé : La Truelle outil de la Fraternité – 1°- 12 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Maçons célèbres… : Léo Campion 11 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaire

Maçons célèbres… : Léo Campion

 
Guillaume Schumacher

Par Guillaume Schumacher
9 août 2023
Maçons célèbres… : Léo Campion dans Silhouette leo-Campion
Leo Campion

Léon Campion, dit Léo Campion, né le 24 mars 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 6 mars 1992 dans le 15e arrondissement, est un personnage à multiples facettes, chansonnier, acteur, humoriste et caricaturiste, Régent de l’Institut de Pataphysique et Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses, mais aussi franc-maçon, libre-penseur, objecteur de conscience, pacifiste, antimilitariste, libertaire et historien de l’anarchisme.

Il est l’auteur, en 1969, de l’ouvrage Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union.

leo-Campion-2 dans Silhouette

Le père de Léo Campion est belge et sa mère française (montmartroise, de nationalité belge à la naissance). En 1923, Léo Campion est expulsé de France à l’issue d’une campagne menée contre lui par l’Action française : il est toujours de nationalité belge. Il s’installe à Bruxelles où il rencontre le bouquiniste anarchiste et franc-maçon, Marcel Dieu alias Hem Day. Une rencontre qui marquera sa vie. Il devient secrétaire de la Libre Pensée de Bruxelles et secrétaire de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG-WRI).

Premier objecteur de conscience avec Hem Day

« Le refus du service militaire est une assurance contre la mort, cette assurance sera viable dès qu’il y aura suffisamment d’assurés. »
— Léo Campion

En 1933, une figure de proue du parti libéral belge, Albert Devèze, ministre de la Défense nationale, dépose un projet de loi interdisant toute propagande pacifiste et toute diffusion d’idées antimilitaristes. Sans attendre, Léo Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires. La réponse ne tarde guère, un mois après, Albert Devèze rappelle les deux hommes sous les armes par mesure de discipline ; ils doivent rejoindre leur unité. Ce qu’ils refusent de faire. Ils sont arrêtés quelques jours plus tard.

Le 19 juillet 1933, la foule se presse dans l’enceinte du tribunal militaire. Personne n’attend une condamnation, mais seulement une joute oratoire, les notes relatives au service militaire des prévenus sont bonnes et tout ce que l’on peut leur reprocher, est d’avoir refusé de répondre à un rappel imposé à titre de sanction. Prenant la parole, tour à tour, les accusés se transforment en accusateurs et ridiculisent les autorités judiciaires et militaires (voir Hem Day). Malgré tout, Léo Campion est condamné, à dix-huit mois de prison, son casier judiciaire étant vierge. L’affaire risque de tourner au cercle vicieux puisqu’une fois leur peine purgée, les condamnés allaient être rappelés et refuseraient immanquablement à nouveau de se soumettre à cette injonction et seraient à nouveau condamnés. De nouvelles protestations s’élèvent et en appel, la peine est réduite pour chacun des condamnés. Mais, ceux-ci refusent toute sanction et, avec un autre objecteur, Lionel de Vlaminck, entament une grève de la faim. Les avocats des accusés, Deublet et le futur secrétaire général de l’OTAN, Paul-Henri Spaak, et d’autres citoyens renvoient leurs livrets militaires. Des anciens combattants sont prêts à les imiter.

leo-Campion-1

L’opinion publique, craignant que la plaisanterie ne tourne au tragique, exige une libération immédiate. La pression exercée est si forte que le sort du gouvernement s’en trouve menacé. Autorités et ministres ne savent comment se tirer de l’impasse. Par une formule saugrenue, ils tentent de sauver la face : Campion et Hem Day sont renvoyés de l’armée car indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs. Ils sont chassés de l’armée pour cause d’avoir été condamnés pour ne pas vouloir y rester. Toute cette agitation aboutit donc à la libération des deux premiers objecteurs de conscience et, également, à l’abandon du projet Devèze.

Une brochure, Autour d’un procès, publiée en 1968 aux Éditions Pensée et Action, reviendra sur cette affaire, documents à l’appui (comptes-rendus, plaidoiries, témoignages, protestations, lettres, articles, études, précisions).

Engagement dans la franc-maçonnerie

lo-campion

Le 7 avril 1930, Léo Campion est initié en franc-maçonnerie à la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles.

En 1937, il s’affilie à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France à Paris. Il en gravit tous les degrés écossais jusqu’au 33e et siège au Consistoire d’Île-de-France.

Homme de presse

De 1930 à 1936, il est caricaturiste pour le compte du journal bruxellois Le Rouge et le Noir tout en commençant une carrière de chansonnier.

Résistant et interné

À la fin des années 1930, Bruxelles devient un refuge pour de nombreux proscrits, dont les anarchistes Durruti et Ascaso (avec lequel Léo Campion lie une solide amitié). En 1937, il publie un journal d’informations sur la révolution espagnole : « Rebellion ».

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Léo Campion retourne en France. Fiché comme objecteur de conscience, il est interné avec d’autres anarchistes au camp de détention d’Argelès. Libéré après l’armistice, il repart à Bruxelles. Ensuite, ses allées et venues entre Paris et Bruxelles, motivées par sa profession de chansonnier, font de lui un messager idéal pour les mouvements de résistance français et belges. Malgré ses opinions (ancien secrétaire du « Comité maçonnique pour l’objection de conscience » et de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre), il reçoit à la Libération la Croix de guerre 1939-1945 pour ses actes de résistance.

Le spectacle continue

En décembre 1944, Léo Campion fonde à Bruxelles l’hebdomadaire Pan, feuille satirique (fusionnée en 2004 avec l’hebdomadaire Père Ubu).

Il revient ensuite à ses passions : comédien, directeur de cabaret et producteur16. Il devient ainsi au début des années cinquante le directeur du Caveau de la République (1951-1953) et du Tabou (1952-1953) où il se produit avec Pierre Dac.

Producteur à la Radio Télévision française (RTF) entre 1951 et 1961, il anime à la radio Le Cabaret du soir et participe au feuilleton Signé Furax de Pierre Dac et Francis Blanche. Il y tient le rôle de Clodomir, président de la planète Astérix, lors des saisons 2 (La lumière qui éteint) et 3 (Le gruyère qui tue).

Acteur de théâtre, après avoir fait ses classes dans une pièce d’Henri Monnier en 1953, puis dans Phi-Phi mis en scène par Georges Atlas en 1957, Jean-Louis Barrault le fait jouer dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco en 1961. Il joue également au cinéma dans French Cancan de Jean Renoir ou La Lectrice de Michel Deville et tient le rôle principal de série télévisée La Brigade des maléfices en 1971.

Il découvre par ailleurs quelques talents belges, dont Jacques Lippe qui joue dans Le Mariage de mademoiselle Beulemans, mais il ne cesse pas ses activités militantes pour autant. Il participera ainsi à plusieurs galas de soutien en faveur de la Fédération anarchiste et apportera souvent aide et solidarité aux libertaires, faisant preuve d’une véritable continuité entre l’artiste et l’anarchiste.

Anarchiste et franc-maçon

Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas est un recueil de biographies d’anarchistes francs-maçons et/ou de francs-maçons anarchistes écrit par Léo Campion.

Le_drapeau_noire_lequerre_et_le_compas_-_Leo_Campion-698x1024

Léo Campion a d’abord réservé cet ouvrage à une diffusion strictement interne à la franc-maçonnerie. Il fut édité une première fois en 1969, sous le titre Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou Les Maillons Libertaires de la Chaîne d’Union aux Éditions Culture et liberté (Marseille).

En 1978, revu et considérablement remanié, il fut édité cette fois à l’intention de tous les publics, sous le titre actuel Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas aux Éditions Goutal-Darly (Montrouge).

En 1996, une synthèse de ces deux versions fut éditée par la « Maison de la Solidarité et de la Fraternité » d’Évry et les Éditions Alternative libertaire (Bruxelles-Oléron), rééditée une première fois en 2002, puis en 2004, sous la forme d’une brochure afin de lui donner une plus large diffusion.

À Grenoble, une loge maçonnique du Grand Orient de France a été fondée le 8 juin 1996 sous le nom de « Léo Campion », en hommage à l’idée de celui-ci de permettre à des libertaires de « vivre de manière libertaire leur franc-maçonnerie ».

SOURCE  :   https://450.fm/2023/08/09/macons-celebres-leo-campion/

Logoheader450FM

Digression … MERCI D’ÊTRE FRANC-MAÇON 10 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Digression , ajouter un commentaire

MERCI D’ÊTRE FRANC-MAÇON

 

Par un beau samedi après-midi de début septembre, ma femme Brooke et moi avons visité le centre-ville de Chicago. En faisant du shopping, nous sommes tombés sur l’ancien temple des Shriners de Médine, vendu lorsque le sanctuaire de Médine a déménagé en banlieue. Ce bâtiment abrite aujourd’hui un magasin Bloomingdales et est bien conservé. À l’extérieur, il est encore possible de voir l’architecture remarquable du bâtiment et de nombreux éléments liés à la symbolique des Shriners.

Digression ... MERCI D’ÊTRE FRANC-MAÇON dans Digression

Curieux de voir à quoi ressemblait le bâtiment de l’intérieur, je suis allé à l’intérieur pour regarder autour de moi. L’intérieur n’est pas moins impressionnant que l’extérieur. Il devait être évident que je n’étais pas là pour faire du shopping, car quelques vendeurs ont demandé comment ils pouvaient aider. Je leur ai dit que j’étais un Shriner et que je voulais voir ce bâtiment remarquable. L’un d’eux m’a indiqué des vitrines au deuxième étage qui contenaient de nombreux souvenirs liés aux Medinah Shriners.

 

Alors que je regardais les différents objets dans la fenêtre, une dame est apparue et nous avons eu une conversation sur ce qu’était le sanctuaire et sur le fait qu’il faut d’abord être un maître maçon (publié sur freemason.pt) avant de devenir un Shriner . Elle m’a dit que son père, aujourd’hui décédé, était maçon à Milwaukee et qu’il a toujours eu la plus haute opinion de toute la fraternité maçonnique. Puis il a dit quelque chose auquel je ne m’attendais pas :  » merci d’être franc-maçon « .

Elle a poursuivi en déclarant que, selon elle, la franc-maçonnerie est exactement ce dont les jeunes ont besoin aujourd’hui. Les valeurs morales que nous défendons, la possibilité pour les hommes d’une génération d’encadrer les hommes des générations à venir, les incroyables hôpitaux Shriners, ne sont que quelques-unes des raisons qu’il a données. J’étais vraiment émue d’avoir cette conversation avec elle. Je l’ai remerciée pour ses aimables commentaires et l’ai assurée qu’en tant que fraternité, nous sommes toujours là et travaillons exactement à ce qu’elle avait souligné. De toute évidence, le père a laissé une impression formidable sur sa fille quant à ce que représente la fraternité et la haute estime qu’elle nous porte.

Dans les semaines qui ont suivi cette conversation, j’ai beaucoup réfléchi aux simples mots « merci d’être franc-maçon ». Puis-je être à la hauteur des attentes de cette femme vis-à-vis de la Fraternité ? Est-ce que j’en fais assez pour amener d’autres candidats dignes dans l’Ordre qui peuvent aider à les encadrer ou avoir une influence positive sur eux ? Est-ce que j’encourage d’autres membres de l’Ordre à faire de même ? Mon défi personnel pour moi-même est de faire plus de toutes ces choses.

Alors, en terminant, si personne ne vous a jamais dit « merci d’être franc-maçon », je partage avec vous ce merci du fond du cœur.

Gregory J. Knott

 

SOURCE  :  https://www.gadlu.info/merci-detre-franc-macon/

GADLUINFOLOGOBLOG-2

L’Atlantide de Platon 9 août, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Atlantide de Platon

L’Atlantide de Platon dans Recherches & Reflexions ArcanaAoût 8

– De la Mythologie moderne à l’Histoire antique —

La légende de l’Atlantide :

Cela fait presque 2 400 ans que l’histoire de l’Atlantide fascine et attire de nombreux érudits et passionnés, qui se penchent sur le sujet. La question centrale concerne la réalité ou la fiction de l’île légendaire, puis dans un second temps, se pose la question de sa localisation et de la datation de l’hypothétique civilisation perdue. Pour finir, viennent ensuite les questions sur sa nature, le cataclysme de sa disparition, ainsi que l’hypothétique héritage qu’elle aurait laissé ! L’auteur de cette histoire nous livre la description d’une île fabuleuse, d’une société utopique aux multiples richesses. Une civilisation bénie des dieux, mais qui sombre dans l’arrogance et devient belliqueuse, provoquant sa propre destruction, ayant provoqué la colère des dieux.

Avant de commencer toute recherche, la chose essentielle est de considérer qu’il existe (uniquement) deux sources primaires à cette légende, soit « le Timée et le Critias » du philosophe Platon, écrits au cours du 4e siècle av. J.-C. Dans un second temps, d’autres éléments seront rattachés à la légende littéraire de l’Atlantide, mais a posteriori, et nous analyserons les principaux. Enfin, je vous proposerai une théorie « que vous pourrez retrouver de façon complète dans mon ouvrage », concernant les mystères de l’Atlantide, en me basant sur le récit platonicien, l’histoire et la mythologie antique.

Au niveau des historiens et archéologues, le consensus actuel présente l’Atlantide comme un mythe complexe, élaboré par Platon, en tant qu’allégorie politique pour ses contemporains. Il existe une autre hypothèse largement discutée, qui ferait de la civilisation minoenne (-2000 à -1200) de l’île de Crète une inspiration à la légende de l’Atlantide de Platon. Cette deuxième proposition trouve sa source dans l’éruption du volcan de Santorin (-1628 et -1600) qui aurait servi de base à Platon pour illustrer la destruction de l’Atlantide. Néanmoins, notons que la civilisation minoenne ne fut pas détruite par l’éruption de Santorin, mais va perdurer plusieurs siècles.

Dans le monde de la recherche alternative, il existe pléthore d’hypothèses sur la nature et la localisation de l’île mystérieuse, de l’Antarctique à la mer Morte en passant par les Açores, les fonds marins de l’Atlantique ou même dans les étoiles, l’Atlantide se retrouve partout ! D’ailleurs, certains chercheurs lui prêtent une nature mondiale, il s’agirait alors d’une ancienne civilisation détruite par un cataclysme (type déluge) et dont les traces se retrouveraient dans les vestiges de plusieurs civilisations antiques. La date de l’Atlantide de 9 000 ans avant Solon, dans le texte, correspond sensiblement à la montée des eaux du Dryas récent (-18 000 à -8500). De fait, on présente l’Atlantide comme une civilisation planétaire en lui associant de nombreux sites archéologiques à travers le monde, malgré le fait que ces monuments soient de datation variable et de civilisations parfois bien identifiées.

Que faire avec tout cela ?

L’Atlantide, un mythe protéiforme :

L’île légendaire de Platon n’a pas attendu le 21e siècle pour fasciner, et voici ce que les chercheurs nous ont transmis au gré des siècles de recherche. Notez bien que toutes ces données sont postérieures à Platon. Cette liste de références est non exhaustive et a simplement pour but de présenter la chronologie de la recherche et son évolution progressive, aujourd’hui très éloignée de la présentation du philosophe antique.

Les contemporains de Platon n’ont pas tous adhéré à la réalité de l’Atlantide, notamment Aristote et Ératosthène, qui n’accordent aucune validité à la légende. Il s’agissait pour eux d’un conte philosophique présentant l’utopie d’une gloire passée et incitant à son retour, le tout en ciblant les Athéniens. Diodore de Sicile (1er siècle av. J.-C.) va tenter de compléter l’œuvre de Platon en proposant une représentation géographique de l’Atlantide, grâce aux descriptions du philosophe grec, et place cette hypothétique civilisation dans la Méditerranée occidentale, entre la Sicile et Gibraltar. Dans sa bibliothèque historique, il ajoute de nouvelles légendes, notamment celle de Myrina, une princesse Amazone qui combat les Atlantes. Strabon (-60 à 20) déclare que l’histoire ne doit pas être une simple fiction et doit reposer sur une base historique. Il ne valide pas pour autant l’intégralité et suggère simplement que certains éléments historiques ont pu l’inspirer.

Par la suite, durant la fin de l’Antiquité et le Moyen Âge, la légende de l’Atlantide tombe progressivement dans l’oubli avant d’être exhumée pendant la Renaissance, suite aux traductions des textes de Platon par Marsile Ficin (1433 à 1499). L’Atlantide devient une terre de légende, siège d’un antique royaume « utopique antédiluvien » que les humanistes de l’époque vont idéaliser comme un nouveau paradis perdu. C’est également à partir de là que la description de l’Atlantide se trouve associée au mythe du déluge, ce qui n’était pas spécifiquement le cas chez Platon, comme nous le verrons par la suite. Au 17e siècle, l’auteur Francis Bacon (1561 à 1626) va amplifier le mythe avec l’écriture de « La Nouvelle Atlantide », où il propose la vision d’une société utopique dirigée par des sages. L’engouement pour l’Atlantide n’était pas près de s’arrêter, et la découverte du Nouveau Monde allait offrir de nouvelles perspectives à la légende. De fait, des auteurs comme Bacon commencent à situer l’île à divers endroits de la planète, bien loin du champ de connaissance grec de l’Antiquité. De nombreuses cartes fantaisistes circulent, plaçant l’île perdue dans l’Atlantique. De la même façon, le mythe d’Hyperborée suit le même chemin d’évolution. Il ne faudra que quelques siècles pour qu’ils se rejoignent, fusionnent ou s’opposent, suivant les auteurs.

D’autres emplacements apparaîtront progressivement au gré des découvertes, notamment en Antarctique, à l’île de Pâques, etc.

Ce qui est important de prendre en compte à ce stade, c’est que chaque nouvelle terre devient une « Atlantide potentielle » et je vous fais le pari que lorsqu’une nouvelle planète sera identifiée dans un autre système solaire, je ne donne pas une semaine pour que quelqu’un émette l’hypothèse qu’il s’agisse de la « véritable Atlantide »…

Au début du 19e siècle, c’est Goethe qui va assimiler la légende de l’Atlantide avec la mythique Hyperborée. L’île perdue de Platon devient le berceau du romantisme germanique, image d’un passé glorieux qui va lourdement inspirer le mouvement « Völkisch » du XIXe siècle et plus tristement certains dignitaires nazis, comme Heinrich Himmler. Ce dernier va créer une organisation appelée l’Ahnenerbe qui avait notamment pour mission de retrouver la trace des anciens Germains et de l’Atlantide, au Tibet, en Islande, au Groenland, à Dogger Bank, etc.

À la fin du 19e siècle, plusieurs mythes concurrents vont se construire, comme le continent perdu de Mu par Augustus Le Plongeon et popularisé par James Churchward et ses hypothétiques tablettes Naacals. C’est aussi la légende de l’Agartha ou le monde souterrain qui va apparaître, mais dans un roman de Louis Jacolliot en 1873. Par la suite, ce récit de fiction sera repris comme une réalité par de nombreux auteurs, notamment René Guénon.

Aux portes du 20e siècle, l’Atlantide n’est plus qu’un mythe antédiluvien parmi d’autres. Parfois mis en concurrence, parfois fusionnant, aboutissant à de nombreuses hypothèses. La légende de Platon va s’ouvrir de nouvelles portes grâce aux mondes du New Âge. Sous la plume du médium Edgar Cayce, l’Atlantide devient une terre magique (évhémérisme) où aurait fleuri une brillante civilisation plus avancée spirituellement et technologiquement que la nôtre. Paul La Cour crée la société Atlantis quelques années avant la Seconde Guerre mondiale afin de percer le secret des Atlantes qu’il présente comme les détenteurs de la tradition primordiale chère à René Guénon.

Après la Seconde Guerre mondiale, les hypothèses sur l’Atlantide continuent de se multiplier, se marient et se divorcent alternativement des autres mythes antédiluviens. Mais le changement principal intervient avec l’apparition du néo-évhémérisme (Théorie des anciens astronautes) par plusieurs auteurs, notamment Robert Charroux ou Erich von Däniken. L’Atlantide se trouve maintenant dans les étoiles, c’est du moins le scénario de la série Stargate, dont le créateur du film d’origine, ainsi que de 10,000, Roland Emmerich, s’est basé sur le livre de Graham Hancock, L’empreinte des dieux, qui présente l’Atlantide comme une civilisation mondiale ayant donné naissance aux grandes civilisations antiques que nous connaissons (Sumer, Égypte, Inde, etc.).

Nous arrivons alors au cœur du problème. Ce n’est plus la réalité qui inspire la fiction, mais l’œuvre de fiction qui produit les nouvelles réflexions sur l’Atlantide, et nous sommes bien loin des textes de Platon. Aux portes du 21e siècle, l’Atlantide n’est plus une « civilisation perdue », mais un « label » que l’on impose à toute anomalie archéologique ou à tout fantasme idéologique afin de légitimer ses dires. L’Atlantide en Antarctique, en Chine, en Afrique subsaharienne, au Tibet, sur Sirius ou dans une autre dimension sont autant de propositions illégitimes au vu des simples données des deux textes d’origine (le Timée et le Critias), qui ne présentent aucune technologie extraterrestre ou même démesurément avancée par rapport aux connaissances de l’Antiquité grecque. Pas plus que de machines volantes, ni de portes des étoiles, ni de bombe nucléaire. Platon ne fait pas mention de connaissance mystique supérieure ni même de pouvoir psychique.

Le label Atlantide s’impose partout, à Yonaguni, à Teotihuacan, à Carnac, à l’île de Pâques et bien d’autres. Il ne s’agit pas pour nous de nier la complexité de l’histoire des civilisations, bien au contraire, il s’agit de leur redonner de la précision et une chronologie en se basant sur les sources et les données archéologiques. Or, la légende de Platon nous présente simplement une civilisation de la haute Antiquité, qu’elle soit réelle ou imaginaire, avec des rites, des descriptions, une localisation « précise en réalité » et une suite d’événements qu’il nous semble possible de décoder. Il ne s’agit pas d’invalidé la possibilité d’un événement type déluge, d’une civilisation bien établie avant la période classiquement admise, ou même de nier qu’il ait pu exister (et c’est même probable) des civilisations non encore découvertes ou du moins identifiées. Mais ces questions ont-elles un rapport avec l’Atlantide ?

Qui est Platon, l’inventeur de l’Atlantide :

Nous allons fermer la porte de la mythologie moderne pour ouvrir celle de l’histoire antique, et la première étape consiste à reprendre la recherche à sa base, à savoir les deux textes du philosophe Platon. C’est lui qui utilise le terme « Atlantide » pour la première fois, mais avant d’analyser « le Timée et le Critias », il nous faut apprendre à connaître l’auteur, ses motivations et objectifs, ainsi que les connaissances géographiques et historiques de son époque. Platon est né en 428 av. J.-C. dans la cité d’Athènes, pendant la période classique. Il a vécu la grande époque de la démocratie athénienne, mais également la période de troubles qui a suivi la guerre du Péloponnèse (431 à 404 av. J.-C.).

Sur le plan historique, à l’époque classique, la civilisation grecque est déjà répandue sur le pourtour méditerranéen, en Sicile, en Italie, en Afrique, en Espagne, en France et bien sûr dans les Balkans et l’Asie mineure. Outre la civilisation grecque, c’est l’âge d’or de la civilisation carthaginoise en Méditerranée occidentale, le déclin des Étrusques et la naissance de Rome en Italie, et l’expansion de la culture celtique en Gaule, tous en contact commercial avec les comptoirs grecs.

La cité d’Athènes, qui a vu naître Platon, vient de subir une lourde défaite contre Sparte, et ses désirs d’hégémonie s’effondrent, du moins sur le plan militaire. La ville a du mal à se redresser et plusieurs gouvernements se succèdent, provoquant une large instabilité dans la vie sociale et les mœurs des Athéniens qui rêvent de leurs gloires passées, ce que les philosophes tels que Platon se chargeront d’illustrer.

Sur le plan des idées, de grands philosophes ont précédé Platon et l’ont inspiré, tels que Pythagore, Parménide, Héraclite, mais aussi et surtout Socrate, qui fut son maître. La jeunesse du philosophe semble le diriger vers une vie politique, et il participe un certain temps à la vie de la cité, notamment lors du règne des Trente Tyrans (404 av. J.-C.). Révolté par la violence du gouvernement, il quitte la vie politique pour se consacrer à ses études de philosophie. Platon aurait voyagé en Égypte (bien que cela reste de l’ordre de l’hypothèse, car le témoignage de Plutarque est daté du 1er siècle de notre ère) et séjourné chez les prêtres d’Héliopolis. Par la suite, il se rend à Tarente en Italie, où il perfectionne sa pensée métaphysique et ses critiques politiques. Il passe également par Syracuse en Sicile, un élément qui nous semble déterminant pour notre sujet. Il est important de noter que les influences de Platon se retrouvent chez de nombreux philosophes d’Ionie (Asie Mineure). De fait, que Platon se soit réellement rendu en Égypte ou non n’a que peu d’importance, sachant que les philosophes ioniens des 6e et 5e siècles avaient, de leur côté, de nombreux liens avec la terre des Pharaons, mais aussi la Mésopotamie.

De retour dans sa ville natale, Platon fonde l’Académie en -387, sur le modèle des écoles pythagoriciennes, ce qui atteste une nouvelle fois de son lien avec l’Ionie et la pensée mystique du philosophe. Vingt ans plus tard, Platon laisse la direction de son académie et prend une nouvelle fois la route de la Sicile. Platon enseigne toujours la philosophie, mais ses idées lui posent quelques problèmes avec les autorités, ce qui était déjà le cas dans la ville d’Athènes et ce qui pourrait expliquer son départ.

Le philosophe se retrouve en cellule pendant un an, pour avoir proposé sa vision politique au Tyran de Syracuse (Denys le Jeune, 397 à 343 av. J.-C.), sans succès. À sa libération, il rentre dans la ville d’Athènes, mais reprendra une dernière fois la route de Syracuse en 360 av. J.-C., où il composera les œuvres « le Timée et le Critias ». Platon meurt dans la ville d’Athènes vers 348 av. J.-C.

Le plus connu des philosophes antiques a écrit de nombreux textes, mais seuls deux parlent de l’Atlantide. Un troisième texte, l’Hermocrate, devait terminer la série et raconter la guerre entre les Athéniens et les Atlantes, mais Platon n’aura pas le temps de l’écrire ou bien le texte sera perdu. Ce qu’il faut retenir de Platon, dans le cadre du sujet qui nous intéresse, c’est qu’il n’était pas historien. Un génie sans aucun doute, mais également un homme habité par les passions de son temps, un philosophe politicien qui transmet par ses écrits des concepts sociaux et moraux. Une bonne part des travaux de Platon concerne en effet la métaphysique, l’immortalité de l’âme et bien d’autres sujets passionnants, mais sans rapport avec l’histoire de l’île mythique.

Platon est le premier à écrire le mot « Atlantide ». De nombreux auteurs antiques suivront, mais toujours dans une tentative d’interprétation des textes de Platon.

Le mot « Atlante », en revanche, se retrouve précédemment. Il a été employé par Hérodote (480 à 425 av. J.-C.) pour parler des habitants de l’Atlas, un peuple semi-légendaire qu’il n’avait jamais vu, mais qui se trouvait aux confins du monde connu : 

« Les habitants du pays disent que c’est une colonne du ciel. Ils ont pris de cette montagne le nom d’Atlantes » 

– Hérodote, l’enquête Livre 4 —

Dans la bouche d’Hérodote, les Atlantes sont un peuple légendaire à l’image des Hyperboréens. Il ne parle à aucun moment des peuples berbères d’Afrique du Nord qu’il nomme « Libyens » de façon générique. De la même façon, l’océan « Atlantique » a pris ce nom en référence au pays des Atlantes d’Hérodote : 

« Cette mer est une mer par elle-même, et n’a aucune communication avec l’autre; car toute la mer où naviguent les Grecs, celle qui est au-delà des colonnes d’Hercule, qu’on appelle mer Atlantique. » 

– Hérodote, l’enquête Livre 1 —

Platon est donc l’auteur du terme « Atlantide », qui pourrait se traduire par le pays des Atlantes, en référence au récit d’Hérodote, un peuple et un pays légendaires se trouvant aux confins du monde connu, sans plus de précision à ce stade.

À l’époque de l’écriture « du Timée et du Critias », Platon se trouve en Sicile et la Méditerranée occidentale est sous la domination quasi exclusive de Carthage sous la forme d’une thalassocratie. Une inspiration possible pour les descriptions de l’Atlantide ?

Pour finir le portrait de Platon, ce dernier était parfaitement au courant des connaissances historiques et géographiques du monde grec de son époque, comme nous l’avons vu, il connaît les travaux d’Hérodote (480 à 425 av. J.-C.) et ceux d’Hécatée de Milet (550 à 475 av. J.-C.). Il connaît l’existence des peuples de l’occident et de l’orient via ces auteurs (voir carte du monde d’Hérodote), mais connaît également les mythes fondateurs de la civilisation grecque, notamment celui du déluge de Deucalion qui fut raconté par Pindare (518 à 438 av. J.-C.): 

« Je dirai donc qu’à cette époque, un déluge engloutit la terre sous la profondeur de ses ondes; mais que bientôt les flots, refoulés au loin, rentrèrent dans les abîmes creusés par la puissante main de Zeus. » 

– Pindare, Olympiques IX —

Or, un premier constat, Platon n’associe pas le mythe du déluge de Deucalion avec la submersion de l’Atlantide, ni même avec le déluge d’Oxygès ! Sans plus de précision, il pourrait s’agir de deux événements ou mythes distincts. De nos jours, le rattachement du mythe du déluge n’est d’ailleurs associé à la seule Atlantide, mais à la plupart des cités mythiques.

Alors maintenant, avant d’ouvrir les textes de Platon, faisons le point sur la situation historique qui précède l’écriture « du Timée et du Critias », mais sans oublier que nous devons la regarder avec les yeux de Platon et non pas les nôtres, avec nos connaissances historiques du 21e siècle.

Au 5e siècle av. J.-C. : les Grecs ont remporté les guerres médiques contre la Perse (490 à 479 av. J.-C.), la colonisation grecque s’est étendue sur les pourtours de la mer Noire, l’Asie Mineure et la Méditerranée occidentale, notamment les Phocéens qui ont bâti Massalia (Marseille) vers l’an 600 av. J.-C. ou encore les Corinthiens qui ont fondé Syracuse au 8e siècle av. J.-C.

Les Grecs sont en contact commercial et parfois en conflit avec les Étrusques d’Italie du Nord (que les Grecs nomment les Tyrrhéniens, Étrusques étant le mot latin) et les Carthaginois qui dominent l’Afrique du Nord, l’Italie, la Sardaigne, le sud de l’Espagne et une partie de la Sicile, mais surtout, ils contrôlent le détroit de Gibraltar que les Grecs nomment les colonnes d’Héraclès (chez Pindare et Hérodote), colonne d’Hercule chez les Romains et autrefois appelées les colonnes d’Atlas du temps d’Hésiode (8e siècle av. J.-C.).

C’est ainsi que nous allons nous concentrer sur la Méditerranée occidentale, où rappelons-le, Platon a passé de nombreuses années. Atlantide faisant directement référence à l’océan Atlantique, c’est en occident qu’il faut chercher.

Les Grecs de Syracuse vont combattre à plusieurs reprises les Carthaginois, à la bataille d’Himmère en 480 av. J.-C. et les Étrusques à la bataille de Cumes en 474 av. J.-C. Ils remportent de brillantes victoires, mais de nouveaux conflits ont lieu avec Carthage entre 410 et 340 av. J.-C. (Deuxième guerre gréco-punique). N’allons pas plus loin dans la chronologie historique, car c’est dans ce terreau que Platon a écrit la légende de l’Atlantide.

L’Atlantide du Timée et du Critias :

Ouvrons les textes afin d’analyser certains des points clés de cette énigme, cela nous permettra de les confronter aux données historiques et géographiques. La taille modeste de cet article ne nous permettra pas d’explorer l’intégralité des textes de Platon, nous tenterons néanmoins de donner les éléments essentiels qui faciliteront la lecture des autres. Concentrons-nous sur les questions fondamentales de l’Atlantide de Platon : les sources de la légende, les dates et la chronologie, la localisation des Atlantes, la guerre avec Athènes et la destruction de l’Atlantide.

La source et la date : Dans ses textes, Platon nous dit que la légende de l’Atlantide est authentique et que le récit lui vient de Solon (640 à 558 av. J.-C.) via Critias (460 à 403 av. J.-C.), ce qui, vous en conviendrez, nécessite au moins un autre intermédiaire entre les deux.

Solon aurait rapporté le récit depuis l’Égypte, grâce aux prêtres d’Héliopolis, et les événements se seraient déroulés 9 000 ans avant Solon : 

« Avant tout, rappelons-nous qu’en somme il s’est écoulé neuf mille ans depuis la guerre qui, d’après les révélations des prêtres égyptiens, éclata entre les peuples qui habitaient au-dehors par-delà les colonnes d’Héraclès et tous ceux qui habitaient en deçà. »

– Critias —  

Il est important de noter que les anciens Grecs n’avaient pas une grande connaissance des civilisations qui les ont précédés, notamment en ce qui concerne la civilisation mycénienne. Celle-ci a régné en Grèce de 1600 à 1200 av. J.-C., possédait une écriture appelée le linéaire B et a laissé de nombreux vestiges. Les auteurs grecs ne connaissaient les Mycéniens que sous l’aspect légendaire de la race des héros, que l’on retrouve dans la mythologie fondatrice (Thésée, Persée, Héraclès, la guerre de Troie, etc.).

La datation de 9000 ans avant Solon est donc très fragile pour un peuple qui n’a pas d’estimation sur ses ancêtres directs. Il est à noter que l’exagération des dates et des nombres était un trait courant dans la culture grecque de l’époque, notamment chez Hérodote qui présentait de nombreuses extravagances dans ses récits (du moins largement exagérées par rapport à la réalité archéologique, notamment sur le chantier de Gizeh ou les hauteurs des murailles de Babylone, où il multipliait la réalité par dix).

La date proposée ne repose sur rien de concret et me semble être un piège qui engendre de nombreux biais méthodologiques, car pour dater, il faut avoir des repères temporels, même pour les grands philosophes que furent Solon et Platon.

Le récit nous parle ensuite d’un conflit entre les Athéniens et les Atlantes, entre ceux qui vivent des deux côtés de Gibraltar (colonne d’Hercule), comme le suggère la citation précédente, à laquelle nous pouvons ajouter celle-ci :

« Nous gardons ici par écrit beaucoup de grandes actions de votre cité (Athènes) qui provoquent l’admiration, mais il en est une qui les dépasse toutes en grandeur et en héroïsme. En effet, les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance (l’Atlantide) qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. »

— Timée —

Athènes n’existait pas en 9000 av. J.-C., tout comme l’ancien empire égyptien d’ailleurs. Selon les connaissances actuelles de l’archéologie, la sédentarisation était à ses balbutiements en Anatolie, avec des sites tels que Göbekli Tepe et Çatalhöyük. Nous nous trouvons ici dans un processus philosophique visant à valoriser la cité d’Athènes.

La plupart des historiens considèrent que la guerre entre les Athéniens et les Atlantes illustre de manière allégorique le conflit avec les Perses lors des guerres médiques du début du 5e siècle av. J.-C. Cela peut sembler simpliste, mais nous y reviendrons par la suite, lors de nos propositions.

Bien qu’il soit indéniable que les textes du Timée et du Critias aient une visée avant tout politique ou utopique envers les Athéniens, cela ne signifie pas que la légende de l’Atlantide ne repose sur rien d’historique. Il est courant de transmettre des concepts philosophiques en s’appuyant sur des éléments réels, même si ces derniers peuvent être largement altérés, modifiés et exagérés. Nous tenterons d’explorer les diverses inspirations possibles utilisées par Platon et sur lesquelles il s’appuie pour créer la légende de l’Atlantide.

Pour conclure sur les sources et les datations, si le récit provient réellement d’Égypte, cela suggère que l’événement était connu de leur histoire ou du moins qu’il les a impactés. De plus, il nous faut chercher un conflit d’importance qui s’est déroulé en Méditerranée et qui s’est suffisamment éloigné dans le temps pour que les Grecs n’en gardent qu’un souvenir mythologique, soit avant la période archaïque, approximativement la période de l’introduction de l’écriture en Grèce (avant 900 av. J.-C.). Cela nous donne une fourchette temporelle assez large, entre -9000 et -900, mais nous pourrons la préciser davantage par la suite.

Le nom et la localisation : il a été donné par Platon en référence aux Atlantes d’Hérodote, mais le récit précise que ce n’est pas le véritable nom (qui devrait être en égyptien si l’on suit le texte). La première observation concernant le nom est que Platon souhaite nous donner une notion géographique. En d’autres termes, le récit du peuple légendaire se situe dans la région de l’océan Atlantique, ou du moins à la frontière occidentale du monde connu. Les récits placent l’Atlantide des deux côtés des colonnes d’Hercule (Gibraltar, comme nous l’avons vu précédemment dans les sources antiques de l’époque). Les Atlantes étendraient leur domination sur plusieurs territoires :

Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, «intérieur de la Méditerranée» ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. 

– Timée — 

Ils régnaient sur beaucoup d’autres îles de l’Océan et, comme je l’ai déjà dit, ils étendaient en outre leur empire, de ce côté-ci, à l’intérieur du détroit, jusqu’à l’Égypte et à la Tyrrhénie. 

– Critias — 

Platon ne peut pas être plus clair : si l’Atlantide existe, et quel que soit son véritable nom, elle se situe aux portes de l’Atlantique et sur certains territoires de la Méditerranée et de la mer Tyrrhénienne. De plus, l’Atlantide correspond en tous points à une thalassocratie, un empire maritime. Ainsi, l’Atlantide ne se limite pas à un territoire unique, mais à une vaste zone d’influence.

Les terres méditerranéennes peuvent facilement faire référence aux îles de la mer Tyrrhénienne (Corse, Sardaigne, Sicile), aux îles Baléares, ainsi qu’au territoire d’Afrique du Nord et d’Espagne, notamment la cité disparue, mais bien réelle, de Tartessos. Plus difficile est l’interprétation de l’auteur concernant l’île principale qui se trouve dans l’Atlantique. Que veut-il dire exactement ?

D’ailleurs, quelles sont les connaissances des Grecs ou même des Égyptiens sur l’Atlantique ? Pour les Égyptiens, elles sont quasiment inexistantes. La navigation des anciens Égyptiens se limitait aux côtes orientales de la Méditerranée et de la mer Rouge. Leur connaissance des territoires au-delà de Gibraltar provient uniquement des navigateurs phéniciens et carthaginois qui, entre le 10e et le 5e siècle av. J.-C., contrôlaient Gibraltar et les voies maritimes vers l’Atlantique.

Quant aux Grecs, de meilleurs navigateurs que les Égyptiens notamment grâce à l’influence phénicienne, ils découvrent l’aventure atlantique dans la mythologie dès le 8e siècle av. J.-C., ce qui atteste d’une certaine connaissance, même limitée, du sujet. Au moment où Platon écrit, au 4e siècle av. J.-C., les navigateurs carthaginois sont les maîtres incontestés de Gibraltar, et les Grecs ont donc une connaissance modeste des terres au-delà. Les seuls éléments dont ils disposent proviennent des échanges avec les commerçants carthaginois, qui, d’ailleurs, sont bien informés des côtes atlantiques. Le commerce des Phéniciens et des Carthaginois avec les îles britanniques, notamment pour l’étain, est attesté grâce au voyage d’Himilcon au 5e siècle av. J.-C.

Il faut donc être prudent avec les éléments du texte de Platon. Quand il parle de l’île de l’Atlantide, s’agit-il réellement d’une île ou plutôt des terres espagnoles, portugaises ou éventuellement marocaines qui se trouvent dans les territoires inconnus de l’Atlantique ? Platon s’est probablement inspiré des connaissances maritimes des habitants de Syracuse, qui étaient en contact permanent avec les marins de Carthage, la seule puissance atlantique à cette époque. Il est d’ailleurs frappant de constater des similitudes entre les descriptions architecturales de l’Atlantide et le grand port de Carthage en Tunisie.

Certains avanceront que l’île principale de l’Atlantide se trouvait en pleine mer atlantique, et que les Açores n’en seraient qu’un vestige. Bien que cela ne puisse être affirmé comme inexact, il convient de souligner que la preuve est loin d’être établie. Nous sommes certains que les Carthaginois ont réussi à atteindre les Açores, mais tout le reste n’est que supposition sans preuve archéologique.

« De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. »

– Timée — 

Certains ont voulu voir l’Amérique dans l’Atlantide, mais cela soulève deux problèmes : les capacités de navigation et la datation des événements. À l’époque de Platon, les Grecs, ainsi que les Carthaginois et les Étrusques, utilisaient des trières, des navires performants mais principalement adaptés à la navigation côtière et non à la haute mer de l’Atlantique. Si l’on remonte quelques siècles plus tôt, les biremes phéniciennes sont moins performantes que les navires précédemment mentionnés, et le problème s’accentue si l’on remonte encore plus loin dans le temps.

Certains pourraient argumenter que l’Atlantide disposait d’une technologie bien supérieure à celle des Grecs ou des Carthaginois à l’époque de Platon. En réponse, j’attends des preuves archéologiques de navigations datables ainsi que des éléments dans les textes de Platon (Timée et Critias) attestant de l’existence de cette technologie dans la légende originelle de l’Atlantide. Nous ne pouvons donc pas rejeter logiquement la possibilité de navigation dans la zone géographique de l’Atlantide de Platon, qui s’étend du détroit de Gibraltar jusqu’à la mer Tyrrhénienne.

Quant au véritable nom de l’Atlantide, qui est né de l’invention de Platon, nous n’avons aucune certitude à ce sujet. En ce qui concerne la localisation, il est plus simple de constater que l’empire maritime qui domine le détroit de Gibraltar et les îles de la mer Tyrrhénienne, qui possède une civilisation puissante et prospère, finira par être vaincu par les Grecs après une terrible bataille. La civilisation punique répond parfaitement à tous ces critères géographiques, architecturaux et descriptifs, et la bataille d’Himère pourrait même être une analogie, car elle marque le moment où les Carthaginois sont repoussés de la mer Tyrrhénienne par les Syracusains (qui, bien qu’ils ne soient pas des Athéniens, sont néanmoins des Grecs). De plus, Platon écrit sur place à cette époque. Il ne nous manque plus que la destruction de l’Atlantide, et l’histoire serait une analogie parfaite, car Carthage était alors à son apogée et sa destruction n’interviendra que 200 ans plus tard.

Cependant, il est peu probable que l’Atlantide soit en réalité Carthage, car les deux étaient contemporains de Platon. En revanche, il semble que Carthage ait pu servir aisément de modèle sur plusieurs points, notamment en ce qui concerne les possessions territoriales et les descriptions en tant que modèle pour l’Atlantide.

La guerre de l’Atlantide : Quand et qui ? Dans le récit, Athènes rassemble une coalition sous son commandement pour affronter les Atlantes, mais quand cela se produit-il ? Athènes n’existe que depuis le 10e siècle av. J.-C. et n’était pas une cité importante avant le 7e siècle av. J.-C. L’illustration ressemble beaucoup à la grande coalition grecque contre les Perses lors de la bataille de Salamine (480 av. J.-C.). Si l’on pousse plus loin, cela ressemble également à la bataille d’Himère (480 av. J.-C.) déjà mentionnée. Ces événements auraient pu servir de modèle à Platon pour construire sa fable historique en changeant les noms, selon de nombreux historiens. Cependant, il existe une autre possibilité, plus ancienne, qui se déroule dans les temps anciens, l’âge des héros selon le point de vue d’un Grec de l’époque classique.

Aux 13e et 12e siècles av. J.-C., l’invasion des Peuples de la Mer a frappé les peuples de la Méditerranée orientale, entraînant la destruction de l’empire des Hittites, de la civilisation minoenne de Crète, de la civilisation mycénienne de Grèce continentale, et affaiblissant durablement l’empire égyptien. On appelle cette période l’effondrement de l’âge du bronze, et les origines et les causes de l’invasion font l’objet de nombreux débats au sein de la communauté scientifique, qu’il serait malheureusement trop long d’aborder dans cet article. Je vous renvoie donc au chapitre dédié à ce sujet dans mon livre, où je soutiens que les Peuples de la Mer étaient originaires de la mer Tyrrhénienne, des Baléares et des côtes espagnoles.

Lors de ces événements, Athènes n’existait pas, mais les Mycéniens si. Il s’agit de la fameuse période héroïque et mythologique des Grecs, et donc des ancêtres des Athéniens, Spartiates et autres Thébains. Platon place Athènes dans une perspective nationaliste, mais derrière ce voile, il parle probablement par analogie des ancêtres grecs de l’âge mythologique. Il est important de comprendre que la légende de l’Atlantide n’est pas une fin en soi pour Platon, mais une histoire destinée à ouvrir une réflexion intellectuelle. D’ailleurs, l’Atlantide n’occupe qu’une petite place dans les textes.

La destruction de l’Atlantide : S’il est bien une question épineuse, c’est celle-ci, et je doute que la longueur de cet article permette d’explorer l’intégralité du sujet.

Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages.  

– Critias —

« Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfaste, tout ce que vous aviez de combattant fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas-fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. »

– Timée —  

« C’est cette guerre qu’il me faut maintenant raconter en détail. En deçà, c’est notre ville, dit-on, qui eut le commandement et soutint toute la guerre; au-delà, ce furent les rois de l’île Atlantide, île qui, nous l’avons dit, était autrefois plus grande que la Libye et l’Asie, mais qui, aujourd’hui, engloutie par des tremblements de terre, n’a laissé qu’un limon infranchissable, qui barre le passage à ceux qui cinglent d’ici vers la grande mer. »

– Critias —

L’association avec le mythe du déluge est une facilité, et pourtant bien hasardeuse. Platon, ayant connaissance du mythe de Deucalion, le mentionne séparément et de manière distincte du cataclysme de l’Atlantide. La connexion avec la montée des eaux du Dryas récent (-18 000 à -8500) est également évoquée. Cependant, il est important de rappeler que la montée des eaux du Dryas s’est produite sur une très longue période et n’a pas été un événement violent. L’hypothèse d’un cataclysme localisé, tel qu’un tsunami, une éruption volcanique ou un tremblement de terre, est envisageable, notamment dans la région du parc de Doñana en Andalousie, à proximité de l’antique cité de Tartessos.

Il est à noter que dans le récit de Platon, la flotte grecque « tout ce que vous aviez de combattant fut englouti » disparaît également avec l’engloutissement de l’Atlantide, ce qui nous conduit facilement vers l’idée philosophique du paradis perdu. On peut aussi faire le lien avec la gloire d’Athènes avant la guerre du Péloponnèse, qu’elle a perdue à cause de son arrogance. Alors, Athènes et l’Atlantide sont-elles différentes ? Platon joue avec ses auditeurs dans une habile fable philosophique, mais s’agit-il seulement d’une fable ?

Conclusion :

À ce stade de notre enquête, les motivations de Platon sont claires : il s’adresse à ses contemporains, véhicule l’idée d’une gloire ancienne et met en garde contre le risque de décadence d’un peuple glorieux pouvant sombrer dans l’arrogance (Atlantide/Athènes), mais aussi la possibilité de renaissance de ce même peuple, tel qu’à son âge d’or passé.

Nous pourrions aisément conclure que l’Atlantide est uniquement un conte philosophique, mais c’est toute la subtilité de l’œuvre de Platon. Plusieurs histoires se superposent et s’entremêlent, mélangeant histoire et mythe, et la difficulté réside dans leur séparation.

Au vu des différents éléments abordés, on peut distinguer plusieurs éléments historiques que Platon utilise pour créer le mythe :

  • Le souvenir et le traumatisme des guerres médiques contre les Perses, la victoire finale des Grecs lors des batailles de Salamine et de Platées, mais aussi les terribles pertes subies. Cela symbolise également l’union des Grecs contre l’empire arrogant des Achéménides (assimilés aux Atlantes dans le texte).
  • Carthage, la plus puissante thalassocratie de l’époque, qui règne de manière insolente sur les mers, tant l’Atlantique que la Méditerranée occidentale, les îles Tyrrhéniennes, l’Espagne, etc. Carthage offre la localisation et la description architecturale de l’Atlantide utilisées par Platon.
  • L’invasion des peuples de la mer, qui fut probablement une source d’inspiration en raison du traumatisme profond qu’elle a engendré. Cette invasion marque l’effondrement de l’âge du bronze récent (1200 av. J.-C.), et dans le récit de Platon, la datation de 9000 ans avant Solon permet un saut dans un passé mythique, en dehors des périodes connues des Grecs (avant l’an 900). Ainsi, le récit se place dans l’âge des héros mythologiques, tels qu’Héraclès ou Persée. C’est une façon de dire que l’Atlantide est très ancienne, mais surtout qu’Athènes l’est aussi.

Pour conclure, y a-t-il une inspiration centrale et historique derrière le mythe de l’Atlantide, cette civilisation ou cet empire de la mer, à chercher sur les terres maritimes de Carthage et à une époque associée aux invasions des peuples de la mer, soit les 13e et 12e siècles av. J.-C. ? Nous délaissons alors le nom inventé de « l’Atlantide » par Platon pour découvrir en arrière-plan la civilisation de Tartessos en Espagne, ainsi que les cultures Tyrrhéniennes de la même époque…

Ludovic Richer – Arcana 

Sources : 

123

Atelier Ecrire Ensemble c&#... |
Au fil des mots. |
Spiralée |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Attala Blog
| jepensedoncjesuis13
| Les chroniques d'Astéria