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Rire et initiation… le rire rituel 24 décembre, 2023

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Rire et initiation… le rire rituel

Hilarion

Créateur du Festival d’Humour maçonnique d’Aix en Provence

 

C’est d’un souffle, d’un rire, que sur les rives du Nil le dieu Bès, gnome hideux, créa le monde. Ce souffle, ce rire, en l’assimilant au pet et au rot, le Gardien des Livres du Nom de la Rose redoutait qu’il ne s’arrogeât le droit, réservé à l’esprit, de souffler là où il veut…
Le rire des Dieux pas plus que leur plaisir, ne semblent donc être du goût de leurs prêtres !

Le plaisir des Dieux… Dans un chœur paillard, lorsque la grivoiserie et l’indécence sont sublimées par la voix humaine, qui n’a jamais ressenti cet élan émancipateur que provoque alors le chant sacrilège ?

Sacrilège… c’est par le rire que nous entrons dans le domaine du sacré, ou du moins à la marge du sacré, là où l’Homme trouble l’ordre divin.

A la marge du sacré, Momus, fils de la nuit, dieu de la raillerie et des bons mots, que ses collègues précipitèrent sur la terre parce que sa sagesse importune, sa manière de tourner en ridicule les hommes et les dieux, troublait l’ordre divin. Depuis, dit-on, les dieux rient beaucoup plus librement grâce aux bouffonneries du fameux Priape, ce dieu en bois de figuier dont je vous laisse imaginer les gauloiseries… mais grâce aussi à Tubalcaïn, le maître du feu et des forges, (Héphaïstos / mythologie grecque) celui-là même qui nous laisse passer ici, nous, les fils de la Lumière, mais dont vous ignoriez sans doute qu’il était aussi le bouffon attitré des festins divins. Sa boiterie, ses plaisanteries, ses bêtises (c’est Homère qui le dit) faisaient pouffer sous la table… c’est lui, Tubalcaïn, qui, surprenant son épouse Aphrodite au lit avec son amant Arès, entoura le lit de fils invisibles qui retinrent prisonniers les amants jusqu’à ce que les dieux de l’Olympe, conviés au spectacle, éclatent d’un rire « inextinguible »…

Les dieux rient tandis qu’en bas, Momus, l’exilé, pauvre bouffon, son masque d’une main et sa marotte de l’autre, quête l’hospitalité des mortels.

(Momus apparaît en Provence vers le XVème siècle dans les jeux de la Fête-Dieu, où il avait le droit, avant que la noblesse et le clergé s’en plaignent et le rejettent du cortège officiel au XIXème siècle, de dire aux uns et aux autres, en couplets rimés, leurs quatre vérités. C’est lui qui précédait également la procession qui conduisait le condamné à l’échafaud.)

Momus, c’est le fou qui se substitue au roi chaque fois que celui-ci se ressource par une mort rituelle dont il renaît en chassant le fou. De retrouver son trône et s’être joué de la mort, le roi, de joie, rit alors aux éclats. Symboliquement, le rire royal marque l’accession du Roi à l’éternité qu’il a obtenue par le jeu de la mort initiatique.

En quoi consiste d’ailleurs notre Art « Royal » sinon à nous initier à ce jeu royal, à nous faire pratiquer le jeu, à nous mettre en jeu… Dans le langage des oiseaux : nous faire pratiquer le JE, nous mettre en JE…

Pour qui comprend l’Art Royal, nos jeux ésotériques, les jeux du JE n’ont donc rien d’anodin. JE suis roi pour rire, JE suis gendarme ou voleur pour rire, JE suis Grand Élu Kadosh de la voûte sublime pour rire, JE meurs pour « de rire »… Ainsi la mort initiatique, mort illusoire « pour de rire », est le jeu par lequel l’initié se joue du temps et des contingences matérielles pour accéder à une expérience supérieure de la vie, celle de l’esprit, celle qui prévaut en loge, la seule qui devrait y prévaloir si les maçons sérieux que nous sommes n’y introduisaient parfois de pesantes raisons de paraître sérieux.

Le rire nous met à distance des choses, comme nous y mettent les rituels maçonniques. Un homme heureux rit ; un maçon heureux ne rirait-il pas ? Et quand bien même mourrait-il de rire ?… même pas mal !

Dans le jeu de la vie, le rire n’est-il pas notre meilleur atout ? Il est l’As ! Et quand on connait l’argot américain (ass), on comprend pourquoi il se la pète !

Pardonnez-moi ce calembour qui m’amène, par les voies naturelles, au capot – qui signifie « faire baiser le cul »- et au rituel de la Fanny par lequel le joueur qui n’a marqué aucun point est engagé à retrouver la force de vaincre en se ressourçant symboliquement dans la matrice, la mère divine… la lune.

Comme l’As, le Fou, le Joker (de Joke, blague en Anglais), est au-dessus de toutes les cartes du jeu. La blague au-dessus de tout ! Et dans la blague, qu’est-ce qui provoque le rire ?… La chute ! Or la chute, dans les traditions théologiques, est directement liée à la Révélation, à la Connaissance, à la prise de conscience. On sait comment l’Homme a déchu.  Et le rire jailli de sa chair qui a failli représente sa part du diable. Précipité du Paradis vers la terre l’Homme s’est retrouvé enfermé dans un corps physique et mortel… et quand on sait que les dieux nous ont fait à leur image, n’y a-t-il pas, à nous bien regarder, de quoi rire des Dieux ?

À nous bien regarder, quelle image découvrons-nous de nous lors de l’épreuve du miroir ? Nous découvrons l’envers de celui que nous imaginions être… Comme le Roi Dagobert, nous nous découvrons la culotte à l’envers. A faire pleurer de rire, non ? Selon des rites millénaires, la culotte à l’envers du roi serait le signe de sa qualité initiatique. L’envers énigmatique des choses n’est en effet accessible qu’à l’initié. Or l’envers prête à rire ! C’est pourquoi je profite de cette planche pour proposer qu’à l’instant précis où le nouvel initié maçon se découvre dans le miroir, on le frappe d’un immense éclat de rire inextinguible !

Quoi ? L’initiation, une farce ? D’une certaine manière, oui ! Car j’y vois, comme dans toute farce théâtrale -et je prétends que nos rites participent de l’art théâtral- j’y vois la manifestation de la part diabolique de l’Homme en réplique aux mystères divins avec lesquels on serait tenté de confondre nos rites laïques.

Prendre les choses à l’envers, prendre le contre-pied du bras séculier des dieux, le contre-pied des hiérarchies, des discours convenus, des préjugés, des dogmes et des superstitions, permet de s’élever au-dessus du commun des profanes. Tel est d’ailleurs le rôle emblématique du Carnaval qui abolit un moment l’ordre du monde. Carnaval, de carne levare « enlever la viande », ou selon une autre étymologie : « caro levare »: adieu la chair !… Ça parle, non ? Ainsi, en nous faisant passer du profane à un monde supra-humain sans espace ni temps, la transgression carnavalesque et nos rites maçonniques ont quelque chose de similaire. Certes on ne pratique pas sur nos colonnes le baise-cul consacré à Fanny, mais pourtant la lune est bien là tout près du Vénérable, la mère lune, la mère divine, la vieille qui rit cachée sous le voile pudique de nos mystères.

Je pourrais vous parler encore longtemps de tous les rires qui ont éclaté au cours des temps mythiques, rires qui traduisent chaque fois un basculement, un écart, une gradation, une métamorphose, un passage, autant de transformations brutales qui caractérisent une initiation : le rire de Zeus se réjouissant du malheur qu’apporte Prométhée aux hommes en leur donnant le feu ; le rire homérique du cyclope ivre découvrant sa vérité par l’aveuglement ; le rire moqueur de Cham surprenant la nudité de son père Noé en état d’ivresse ; le rire de Sarah apprenant de Dieu qu’elle sera mère malgré son grand âge ; le rire de son fils Issac -celui qui rit- que Dieu demande à Abraham en sacrifice pour preuve de sa loyauté, et qui finalement  lui annonce : « c’était une blague ! » ; le rire de Satan face aux efforts de l’Église pour l’éradiquer ; le rire de Dionysos et des bacchanales ; le rire de Zoroastre au moment où il découvre la Lumière en sortant du ventre de sa mère ; le rire de Bouddha qui a compris la dérision du monde ; le rire des fous… et tous les fous-rires de nos luttes épiques, les frères heurtant les frères, tous les mots épelés, les folles fariboles, les maillets, les ciseaux, les  boules et les symboles, et ton rire, Ô Kléber !

Je m’égare… quoi que le rire soit le socle sur lequel l’auteur des Châtiments aurait édifié le triptyque qui constitue la poésie romantique : le drame, le vers et le grotesque. Et comme l’a vécu Rabelais à ses dépends, il n’y a pas de paix possible entre le romancier et les agélastes, ceux qui ne rient pas, qui n’ont jamais entendu le rire des dieux, qui ne se reconnaissent jamais dans le miroir.

Pour terminer, il me faut symboliquement évoquer le principe de rythmique ternaire des mécanismes du rire… Je donne un exemple : Un dignitaire monte à l’orient, il tient son attaché-case d’une main et simule la mise à l’ordre de l’autre main : ça surprend ; un second le suit qui tient son attaché-case d’une main et simule la mise à l’ordre de l’autre main : ça surprend un peu plus ; mais lorsqu’apparaît un troisième dignitaire qui tient son attaché-case d’une main et simule la mise à l’ordre de l’autre main, alors l’initié éclate de rire !

            Un dernier exemple de ce mécanisme ternaire ? Comment faire pour trouver une loge orthodoxe, pleine d’esprit, ouverte aux sœurs ?… Il faut être affilié dans 3 loges.

J’ai ri… J’ai dit.

Auteur: Julio

hilarion

hilarion                       hilarion

http://www.hilarion-humour-maconnique.fr/

Ave Maria · Bach · Callas

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COMBATTRE L’IGNORANCE

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COMBATTRE L'IGNORANCE

COMBATTRE L’IGNORANCE.

Le meilleur moyen de combattre l’ignorance c’est l’instruction, l’éducation qui permet l’acquisition des savoirs, la transmission des traditions, la voie qui permet de passer des savoirs à la Connaissance. Cette voie qui préfère construire des ponts entre les hommes plutôt que des murs. L’Europe qui s’est construite pour mettre fin aux querelles et aux guerres, s’est dégradée en un vaste marché, formant des « épiciers » et a oublié sa mission primordiale faire que les humains soient des hommes, se parlent, partagent ensemble des valeurs et des vertus avant des biens, car tout, non tout ne se vend pas et ne s’achète pas. Ce grand rêve humaniste doit revenir au centre des préoccupations des hommes de bonne volonté.

L’Europe s’est inspiré d’un grand humaniste qualifié du titre de Prince de l’humanisme cet homme est Érasme, un religieux mais surtout un humaniste, un humaniste chrétien certes mais surtout un humaniste ayant une conscience de la fraternité universelle. Cet homme contemporain de Christophe Colomb, souhaitait un monde plus fraternel, plus solidaire, contemporain aussi de Pic de la Mirandole l’encyclopédiste génial qualifié lui de Phénix de son siècle, deux symboles réunis pour que les hommes puissent prendre conscience  que seule l’éducation permet de libérer l’homme, de le sortir des ténèbres de l’obscur pour aller vers la Lumière de la Connaissance qui sculpte l’homme pour en faire une figure de la Sagesse. Érasme, ce bâtard de Rotterdam fût un infatigable voyageur, il partit à la rencontre des penseurs de son temps comme Thomas More, il fût à l’écoute de Luther, le conseiller de Charles Quint et François Ier, fervent défenseur de la paix dans un monde qui pliai sous le joug de l’inquisition religieuse, il résista avec son style ironique et son humour comme en témoigne son Éloge de la folie dont on connaît souvent seulement le nom et non le contenu. Ce défenseur de la paix à sans aucun doute inspiré le philosophe des Lumières Emmanuel Kant et sa Paix perpétuelle. Pour combattre la guerre, le fanatisme, les erreurs et les excès des rois, des princes, qui en font des dictateurs et des despotes, Érasme à mis l’accent sur l’éducation des plus jeunes pour mettre fin à l’ignorance ferment des fanatismes qui engendrent la souffrance des hommes. Il est donc le père d’une philosophie de l’éducation, qui préconise le devoir de faire ses humanités. L’Europe a repris cette ambition avec le Programme Erasmus, il suffit d’interroger les jeunes pour voir que c’est une belle réussite, c’est un programme qui revendique : l’enrichissement des vies et l’ouverture des esprits. Un regret toutefois dans la profession de foi de ce programme l’on parle de renforcement des compétences ce qui est bien, mais aussi d’accroître l’employabilité des jeunes. Ce qui induit que la formation des jeunes doit-être au seul service de la marchandisation des savoirs, qui serait supérieure à la fraternité. Mais on ne peut pas faire la fine bouche ! L’essentiel est que les jeunes se rencontrent, se parlent, partagent ensemble des programmes communs, renonçant ainsi aux affrontements.

Érasme dans un cours traité sur l’éducation nommé Le Plan des études De Rationne studii, le latin à l’époque était la langue de transmission des savoirs, Érasme voulait en faire la langue universelle ou pour le moins européenne pour les jeunes étudiants, un rêve d’esperanto ? Il a écrit à la fois une méthode et un programme, pour comprendre son but il convient d’énoncer le titre développé de son plan : Ratio studii ac legendi interpretandi que auct ores. Ce que Jean-Claude Margolin traducteur et spécialiste d’Érasme nous restitue ainsi : Méthode d’enseignement du maître et d’apprentissage de l’élève, de l’apprenti ; une méthode pédagogique par excellence qui consiste précisément à lire et interpréter les auteurs. Un véritable jeu dialectique entre le maître et l’élève, de l’enseignant à l’enseigné. Bachelard parlerait de rationalisme enseignant et enseigné.

Cette méthode bien sûr rappelle ce que les sœurs et les frères appellent l’instruction maçonnique, celle pratiquée par les maçonnes et maçons qui ont la charge des apprentis, des compagnons Francs-maçons. Qui engagent leurs « élèves » à lire leur rituels non pas mécaniquement mais pour en extraire l’inspiration pour la pratique des valeurs et des vertus qu’ils contiennent, et qui sont propices à donner du sens et un sens à leur vie et permettent de vivre un peu mieux. On lit dans le Plan des études en dehors de la gradation des difficultés, Érasme soulignait l’impérieuse nécessité du respect de la liberté et de l’individualité des élèves, en quelque sorte une initiation aux savoirs de manière individuelle et collective c’est la méthode maçonnique ! Le Maître donne des clés à l’élève, et l’élève ouvre les portes observe, apprend, juge et agi. Cette méthode à l’époque au temps d’Érasme était radicalement opposée à celle pratiquée à son époque par les religieux en charge de l’enseignement et de l’éducation, exécuté de manière dogmatique, fait de répétitions interminables, de recettes toutes faites de préjugés. Érasme voulait que l’on fasse appel à l’entendement en même temps qu’à la mémoire, l’élève devait rédiger des notes personnelles en marge de ses écrits et faire appel à sa mémoire à se référer au meilleur des traditions. Un éclairage du passé qui permet de vivre au présent et d’envisager l’avenir. Il recommandait l’apprentissage de la grammaire, un des arts libéraux qui à son époque précédait la rhétorique et la dialectique.

Il est intéressant de constater que dans les années 1500 Érasme avait déjà compris la méthode pour sortir de l’ignorance bien avant tous les politiques qui se sont succédés depuis.

À ceux qui disaient à l’époque d’Érasme « Je ne sais ni lire ni écrire » on ne proposait alors que de longues tirades abstraites, des exercices mettant en valeur l’habileté de la plume ou de la parole. Érasme lui avec son humanisme chrétien, sa foi et sa charité chrétienne à préférer le faire plutôt que le dire, il a mis en œuvre les préceptes de Jean plutôt en actes qu’en paroles.

Il proposait à l’élève « la variété des savoirs » plutôt que le dogme, l’enrichissement des différences, un autre combat contre l’ignorance. L’importance de se forger son opinion et son style personnel. Il en est de même des travaux maçonniques en loge, lorsque le frère conférencier propose un travail, il aura pris le soin de s’instruire sur le sujet qu’il a choisi ou que l’on lui a proposé. Un travail qui n’est pas celui d’un documentaliste, ni un travail d’information, mais un exercice de formation. Au final il aura à cœur de rendre un travail personnel chargé de l’émotion de son ressenti c’est dans cette émotion que réside à mon sens l’essentiel du travail maçonnique.

On observe aussi qu’Érasme attachait de l’importance à la formation des maîtres conjointement aux élèves, afin d’éviter l’erreur de l’égalité transformée en égalitarisme.

Il conclut son Plan des études ainsi il écrit : J’estime qu’une méthode d’enseignement appropriée est d’une telle importance, pourvu qu’on ait un maître attentif et érudit (…) Cela pourrait aujourd’hui inspirer aujourd’hui nos ministres de l’éducation sur le sujet du recrutement des maîtres. Il rajoute enfin : Ainsi, pénétré des rudiments à l’école élémentaire, l’enfant devra par la suite, sous des auspices favorables, (C’est-à-dire en état de guerre), se consacrer à des disciplines plus élevées, et, dans quelques directions qu’il se tourne, il fera voir clairement combien il est important de commencer par ce qu’il y a de meilleur. L’éducation, l’instruction, n’a jamais été aussi importante en ces temps du retour des fanatismes, des dictatures politiques et religieuses propagées par des extrémistes incultes.

Jean-François Guerry.

 

Sources : Érasme Collection Bouquins Robert Laffont. Page 437- 439, 467.

SOURCE : http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2023/12/combattre-l-ignorance.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Protégé : LE SYMBOLISME COMME MOYEN D’ACCÈS A LA CONNAISSANCE – 2°- 23 décembre, 2023

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Des livres … Supplément 2 … 22 décembre, 2023

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Des livres … Supplément 2 …

 

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Curieusement, depuis quelques mois ma « sensibilité » c’est accentuée, notamment dans le choix de mes lectures, et de mes re-lectures … Maturité ? Heu …. Intuition ? Qui sait … Moment idoine ? Sûrement … ..

Des livres, des auteurs de facto itou, traversant l’espace-temps, ont enrichi et balisé mon cheminement entre ces deux derniers solstices estivaux …

Est-ce le fait du « hasard » ?

Pour moi, comme pour d’autres, le « hasard » n’existe pas, c’est une conviction qui est née en moi il y a des « lustres » …., quelques petites années, cinq environ, après avoir bénéficié d’un apport de lumière… Alors je fais avec, je fais sans, mais je fais (fée) …..

Il est cocasse n’est-ce pas d’avoir recours à des « écrits » pour tenter d’y percevoir un bornage hétéroclite, mais bien réel pour moi, faisant des « auréoles de clarté(s ?) » avant que mes pas laissent une trace, fugace, dans la poussière que je serai moi aussi, au moins provisoirement …

Pourtant l’écrit, quel qu’il, soit stimule l’intellect, et faire réagir l’intuition trop souvent bridée. En « lisant » nous sommes face, non pas à une toile privée, mais en symbiose avec notre conscient/inconscient entr’autres … .. Face à un écran, par la vue sollicitée, la « vitesse » des images, l’aspect trompeur de nos propres descriptions, et j’en passe, nous sommes « passifs » …. Et ces images vont venir subrepticement s’incruster sans notre volonté éveillée, et rester figées sans un contrôle personnel sur icelles ….

Peu me chaut le « style littéraire », il ne s’agit pas pour moi d’un « choix de ce type » ; seul compte à mes yeux, à mon cœur et à mon cerveau (à défaut d’esprit …) l’éther que ceux-ci ont pu produire dans les brumes de ma trajectoire, notamment dans un récent présent … ..

Parfois ce sont justes quelques phrases, quelques paragraphes qui ont heurtés les silex de mes réflexions personnelles, qui ont même parfois produit des « étincelles » ravivant celle que j’ai, comme vous, dans l’intimité de mon « essence » … … …

Dans cette « phase », si tant est qu’il y en ai au moins une autre, ce sont neuf (9) livres que j’ai choisis et/ou retenus. En fait l’objectivité m’incite à préciser que je « pense » que ce sont plutôt eux qui m’ont choisis, se sont « imposés » à ma conscience inconsciente, mais alerte … Aussi sachez bien que ce qui vaut pour moi …. n’est pas identique à ce qui vaudrait pour chacune et chacun d’entre vous …

Mais je n’ai pu m’empêcher de faire mention de deux (2) auteurs qui m’ont particulièrement touché, et qui continuent de me toucher au-delà de l’espace-temps habituel ; aussi je vous donne quelques indications sur ces « passeurs de visions, d’humanité, d’humanisme et de cœur »…

 

Qu’il en soit donc ainsi …… . en ce jour de décembre proche du solstice hivernal …

 

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… Supplément …

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Mémoires d’une fourmi

Bernard Werber

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                     En premier lieu, je vous retranscrits tel quelques éléments biographiques que je vous invite à compulser,

et en regard de cet auteur (entres autres) un lien le concernant dans tous ses aspects :

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https://www.ecosia.org/search?addon=firefox&addonversion=4.1.0&q=biographie%20werber

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Image de prévisualisation YouTube

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Bernard Werber est un écrivain-romancier-anticipateur-chercheur d’une ampleur pour le moins surprenante, tant au point de vue nombre d’ouvrages (au moins 30 – un par an) que par le contenu de chacun d’entre eux sur la forme ET sur le fond.

Cet homme, car ce n’est qu’un homme (particulier certes à plus d’un égard), serait un « touche à tout » si les « romans »  n’étaient lus que superficiellement …. Car en fait, sous des abords originaux, cocasses également, étranges parfois, il nous entraine  tel un « Hermès » à considérer « le haut, comme le bas » en une vision cohérente, et …. passionnante …

Avec lui, en sa compagnie, nous naviguons de la « science fiction » à « l’anticipation », du « roman » à « l’histoire en devenir (?) », de « l’être humain » à « l’Univers » dans sa globalité sans faille ….

Pouvons nous le « classer » ? Je ne le pense pas car il arrive à nous entrainer, avec le sourire et l’humour souvent, dans des « cheminements » au travers de ce que l’on nomme aujourd’hui le « multivers » ….. De la fourmi, à la mort, du chat à un Dieu, des abeilles à l’écologie réelle et concrète, de nous à nous en plus …..

Un de ses plus récents ouvrages « Mémoires d’une fourmi » nous donne un éclairage, via une auto-biographie que l’on pourrait être tenté de croire « romancée », de son parcours, de ses raisons d’aller toujours en avant et plus loin, de sa « façon » de travailler, des ses qualités humaines, de ses problèmes humains aussi ….

En ce qui me concerne, je le trouve attachant, profondément humain, sensible, ouvert voire un zeste « visionnaire », mais toujours je pense sincère et attentif aux richesses de notre (nos ?) univers, et à la Vie….. N’hésitez pas à le re-découvrir d’un regard, attentif et pourquoi pas … affectueux ….. aigu

Qu’il en soir ainsi, c’est le vœu que je formule sincèrement pour vous, pour nous tous en période pré-solsticiale, prémices d’une « re-naissance » telle « l’œuvre au noir de l’Alchimie » …

 

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Protégé : De l’atome à l’Etoile – 2°- 21 décembre, 2023

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Des livres … Supplément 1 … 20 décembre, 2023

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Des livres … Supplément 1 …

 

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Curieusement, depuis quelques mois ma « sensibilité » c’est accentuée, notamment dans le choix de mes lectures, et de mes re-lectures … Maturité ? Heu …. Intuition ? Qui sait … Moment idoine ? Sûrement … ..

Des livres, des auteurs de facto itou, traversant l’espace-temps, ont enrichi et balisé mon cheminement entre ces deux derniers solstices estivaux …

Est-ce le fait du « hasard » ?

Pour moi, comme pour d’autres, le « hasard » n’existe pas, c’est une conviction qui est née en moi il y a des « lustres » …., quelques petites années, cinq environ, après avoir bénéficié d’un apport de lumière… Alors je fais avec, je fais sans, mais je fais (fée) …..

Il est cocasse n’est-ce pas d’avoir recours à des « écrits » pour tenter d’y percevoir un bornage hétéroclite, mais bien réel pour moi, faisant des « auréoles de clarté(s ?) » avant que mes pas laissent une trace, fugace, dans la poussière que je serai moi aussi, au moins provisoirement …

Pourtant l’écrit, quel qu’il, soit stimule l’intellect, et faire réagir l’intuition trop souvent bridée. En « lisant » nous sommes face, non pas à une toile privée, mais en symbiose avec notre conscient/inconscient entr’autres … .. Face à un écran, par la vue sollicitée, la « vitesse » des images, l’aspect trompeur de nos propres descriptions, et j’en passe, nous sommes « passifs » …. Et ces images vont venir subrepticement s’incruster sans notre volonté éveillée, et rester figées sans un contrôle personnel sur icelles ….

Peu me chaut le « style littéraire », il ne s’agit pas pour moi d’un « choix de ce type » ; seul compte à mes yeux, à mon cœur et à mon cerveau (à défaut d’esprit …) l’éther que ceux-ci ont pu produire dans les brumes de ma trajectoire, notamment dans un récent présent … ..

Parfois ce sont justes quelques phrases, quelques paragraphes qui ont heurtés les silex de mes réflexions personnelles, qui ont même parfois produit des « étincelles » ravivant celle que j’ai, comme vous, dans l’intimité de mon « essence » … … …

Dans cette « phase », si tant est qu’il y en ai au moins une autre, ce sont neuf (9) livres que j’ai choisis et/ou retenus. En fait l’objectivité m’incite à préciser que je « pense » que ce sont plutôt eux qui m’ont choisis, se sont « imposés » à ma conscience inconsciente, mais alerte … Aussi sachez bien que ce qui vaut pour moi …. n’est pas identique à ce qui vaudrait pour chacune et chacun d’entre vous …

Mais je n’ai pu m’empêcher de faire mention de deux (2) auteurs qui m’ont particulièrement touché, et qui continuent de me toucher au-delà de l’espace-temps habituel ; aussi je vous donne quelques indications sur ces « passeurs de visions, d’humanité, d’humanisme et de cœur »…

 

Qu’il en soit donc ainsi …… . en ce jour de décembre proche du solstice hivernal …

 

copia de regle-esc i comps

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… Supplément …

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Quand on n’a que l’humour….:

L’humour face au handicap

Étienne Moulron

 rire

                     En premier lieu, je vous retranscrits tel que une biographie récente dont la source, que je vous invite à compulser, est :

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https://journeesdesecrituresdecluny.fr/2022/08/27/etienne-moulron/

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https://www.facebook.com/emoulron

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https://maisonhumouretdesartsburlesques.blogspot.com/2020/12/de-lhumour-et-des-arts-burlesques.html

 

Des livres ... Supplément 1 ... dans Contribution moulron

Etienne Moulron

· 72 ans, né en Belgique, a travaillé plus de 35 ans dans le secteur de la librairie et de l’édition ( Gallimard et Flammarion: Benelux/Maghreb/Suisse/France)
· Cofondateur du village du livre de Cuisery créé en 1999 et président durant plusieurs années.
· Créateur de l’association ʺ La Maison du Rire et de l’Humour ʺ, à Cluny.
· Auteur des livres « L’Humour Attitude, Petit Traité de Savoir-Rire en attendant la mort », du « Petit éloge de l’Humour et du Savoir-Rire en attendant la mort» de « Histoire passionnée de la Frite », de « Quand on n’a que L’Humour : L’humour face au handicap ! » et de « Leo Campion, l’Anartiste fraternel »
· Fondateur du « Centre d‘information, de documentation et de recherches sur l’Humour Michel Froidevaux » de Cluny
• Ce centre aura une activité et une fonction de bibliothèque classique et sera un lieu de conservation d’un patrimoine culturel essentiel.
• Ce centre se voudra également être un lieu de réflexion, d’animation et de partage autour de l’humour dans toutes ses expressions, ses mécanismes et ses différents types ainsi qu’en ses nombreux champs d’investigation .
• Divers séminaires, colloques et réunions seront organisés sur ce thème
• Il s’y développera une activité d’édition lié à l’humour, de rééditions et de promotion autour de celles-ci
• Nous publierons une revue bimestrielle entièrement consacrée à ce thème intitulée «L’Humour, c’est comme les essuie-glaces, ça n’empêche pas la pluie mais ça permet d’avancer !»
• Seront organisées diverses manifestations culturelles et littéraires ainsi que son « Prix de l’humour de résistance »
En témoignant ainsi de notre intention d’apporter à de Cluny et à sa communauté de communes un bel écho culturel et médiatique en étant la seule bibliothèque en francophonie consacrée et entièrement dédiée à l’humour.

 

 

Parmi les ouvrages qu’Étienne MOULRON a buriné au cours des années encore récentes, j’ai choisi « Quand on n’a que l’humour … : L’humour face au handicap » qui « expose sans complexes ni fioritures » mais avec une tendresse d’un « cœur gros comme ça, et plus … » via des ressentis (quinze – 15) qui  grattouillent notre « conscience et notre mauvaise conscience, ainsi que notre mal-aise » sur un/des sujet(s) terriblement humains …

Il a su, et sait nous mettre face au miroir de nos regards aveugles, face à notre gêne occasionnée par une absurde crainte de l’humain différent, naïfs que nous sommes, et honteux en plus !

« Cerise sur le gâteau » nous voici dans « l’Humour » ! Oui dans l’Humour et par le nôtre mais celui des ces Êtres Humains dont la force, le courage, la lucidité nous rendent « Petit », oui petit.

N’ayons pas peur des mots : nous sommes lâches car nous ne voulons pas « voir » au-delà des apparences l’individu qui est dans le fond et profondément notre « Frère en l’Humanité », ni plus, ni moins …..

Et le « handicap » fondamentalement est nôtre face à ce miroir d’humour et de « luttes quotidiennes » !

Étienne Moulron nous présente notre part de « vérité » pour que nous puissions la « sublimer » et devenir tout « simplement » « Humain »  qui font progresser notre « spiritualité », mais surtout notre modestie et notre compréhension de la Vie, car l’Humanité s’est toujours enrichie de différences…

Encore faut-il que nous acceptions, sans réticences, avec résolution et avec Humour le fait que nous, « soi-disant normaux (?!) », sommes les « handicapés » du « cœurs et de l’esprit » …

Aussi avec sourires, humour et rires (oui rires !) prenons ensemble le chemin de la « Liberté », de « l’Égalité » et de la Fraternité » …

Qu’il en soir ainsi, c’est le vœu que je formule sincèrement pour vous, pour nous tous en ce mois de décembre, prémices d’une « re-naissance » telle « l’œuvre au noir de l’Alchimie » …

en guise d’humour pour aller vers l’amour

 

 riren

 

Ni trois, ni rois… La véritable histoire des Rois mages 19 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Ni trois, ni rois… La véritable histoire des Rois mages

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Publié le samedi 5 janvier 2019
 
"L’adoration des Mages", une huile sur toile de Diego Velázquez datée de 1619

« L’adoration des Mages », une huile sur toile de Diego Velázquez datée de 1619

C’est l’Épiphanie ! Entre deux parts de galette, prenez le temps de vous pencher sur la véritable histoire des mages telle qu’elle a été racontée dans la Bible (avant qu’elle soit réécrite par la tradition) et d’en découvrir le sous-texte.

Serez-vous reine ou roi de la galette cette année ? Douze jours après Noël, l’Épiphanie célèbre la visite des mages venus d’Orient, à Jésus nourrisson. Aujourd’hui, on les connaît sous les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar, comme les a nommés au VIe siècle la tradition, qui a pérennisé l’idée qu’ils étaient trois, venus de continents différents, et en a fait des rois. En réalité, l’épisode initial tel qu’il est raconté par Saint Matthieu, le seul évangéliste à avoir évoqué ces mages, est extrêmement énigmatique, et surtout très peu historique.

Un très court passage dans la Bible : « Tout l’effort de chercher là un épisode qui se serait véritablement déroulé est erroné. »

Il n’y a pas grand chose d’historique en dépit de tout ce que l’on peut chercher. Je crois que ce texte est déjà volontairement écrit comme une légende« , commentait à propos de l’épisode des mages l’anthropologue Jean Lambert, chercheur au CNRS, dans Les Chemins de la connaissance en 1993. Seul Saint Matthieu parle de « mages » dans son Évangile, écrite entre 70 et 90 ans après la naissance de Jésus. Assez peu de lignes sont consacrées à ces mystérieux astrologues ; voici l’extrait central de ce court récit :

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus l’adorer. Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. [...] Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils eurent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Ni trois, ni rois, et privés de noms

 
"L'Adoration des mages" (détail), peinture attribuée à Jérôme Bosch. Après 1514

« L’Adoration des mages » (détail), peinture attribuée à Jérôme Bosch. Après 1514

D’après le Nouveau Testament, le nombre des mages n’est donc pas mentionné, pas plus que leurs noms, ou que leur provenance précise, comme le soulignait Jean Lambert : « Le texte de Matthieu ne dit pas qu’ils sont des rois, pas plus qu’il ne dit qu’ils sont trois, ou qu’il y en a un qui serait noir et les deux autres arabes. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils viennent, ils donnent, et ils partent par une autre route.« 

C’est en fait le nombre des cadeaux (or, encens et myrrhe) qu’a retenu la tradition, pour pérenniser l’idée que ces mages étaient au nombre de trois. Et c’est à l’éminent théologien de Carthage, Tertullien, qu’ils doivent leur couronne : au IIe siècle, celui-ci, qui s’est converti au christianisme, rapproche le texte de Saint Matthieu d’autres textes bibliques, et notamment du psaume 72 qui claironne : « Les rois de Tarsis et des îles enverront des présents, les rois de Saba et de Séva paieront le tribut, tous les rois se prosterneront devant lui ». Les mages deviennent-ils rois dès ce moment-là ? L’histoire de l’art témoigne qu’il faut quand même attendre le XIIe siècle pour les voir représentés avec une couronne.

Enfin, c’est un manuscrit du…. VIIIe siècle, intitulé Excerpta latina barbari (« Extraits latins d’un barbare ») qui les baptisera « Gaspard », « Melchior » et  »Balthazar » :

In his diebus sub Augusto kalendas ianuarias magi obtulerunt ei munera et adoraverunt eum, magi autem vocabantur Bithisarea, Melichior, Gathaspa. « Excerpta latina barbari », extrait 

Un texte écrit comme une légende

Pour Jean Lambert, le récit de Matthieu a clairement des allures de légende ; il s’agit d’un récit de naissance royale comme il en existe pléthore dans la tradition proche-orientale : 

On peut rappeler les caractéristiques de ces légendes-types : il s’agit souvent d’un individu dont les parents sont de filiation royale [la filiation avec le roi David pour Jésus, NDR]… Quant à savoir si c’est une réalité ou une interprétation théologique de Matthieu… Pour faire que Jésus soit roi, il est naturel d’utiliser les ressources littéraires de légendes de nativités royales : elles disent presque toujours que l’enfant est l’objet d’une conception inhabituelle, parfois même fils d’un dieu. Sa naissance est dramatique, des tentatives pour le tuer sont extrêmement courantes [rappelons que chez Matthieu, le roi Hérode veut faire tuer Jésus pour conserver sa couronne, NDR], la naissance est généralement signalée par un signe cosmique, l’étoile…

Généalogie de Jésus narrée en trois moments, couple instruit par un ange, arrivée des mages, étoile, Hérode… autant d’éléments auxquels s’ajoute la séquence centrale de la prosternation des mages, qui relève de manière protocolaire du récit d’un rituel d’intronisation royale. Toutes les étapes spécifiques amenant à la reconnaissance du caractère royal du protagoniste sont en effet méthodologiquement respectées, le premier indice étant bien sûr l’étoile ayant guidé les mages. Car l’anthropologue rappelle qu’en Perse, en Iran, les constellations sont le signe par excellence de la désignation qu’un nouvel individu dispose d’un mandat céleste. 

Un roi ne règne que par mandat céleste dans ce monde indo-européen. Et donc, quand le roi cesse d’avoir sur lui le signe visible qu’il est désigné comme celui qui doit régner, non seulement il perd son pouvoir, c’est le successeur qui le reçoit, mais le roi déchu doit faire allégeance. Or, quand on voit qu’Hérode dit : “Dites-moi où il est pour que j’aille moi aussi me prosterner”, avant d’y trouver une ironie, je crois qu’il faut y trouver tout simplement un rituel. [...] Chez Hérodote, il y a une remarque curieuse où il dit que succède chez les Perses à un autre roi celui qui le premier voit l’étoile à l’Occident. Or, les mages ont vu l’étoile à l’Orient, qui les conduit à l’Occident, et celui qui le premier verra l’étoile à l’Occident, c’est effectivement l’enfant Jésus.

Mithra, Hérodote… Les emprunts à d’autres religions, d’autres traditions, et d’autres textes

A travers ce récit de Saint Matthieu, apparaissent quelques clairs emprunts à des croyances antérieures au christianisme, à commencer par le culte de Mithra (un dieu indo-iranien dont le nom apparaît pour la première fois en 500 avant J.-C. , et dont le culte se diffusa surtout au IIe siècle) :

Ces mages renvoient à des savants qui ne sont pas juifs, vraisemblablement Perses, et qui sont en lien avec le monde romain. La première hypothèse est que ça fait un peu penser à la religion de Mithra. On sait bien par ailleurs que Noël est très mêlé, dans sa datation, sa fixation, à des éléments du culte solaire ou du culte de Mithra. C’est assez piquant de se rappeler que l’une des plus anciennes mosaïques chrétiennes que l’on connaisse, à Rome, représente Jésus sur un char solaire.

Parmi les matériaux composites qui constituent l’épisode des mages de Saint Matthieu, on peut aussi relever des emprunts au Mahabharata, la grande épopée sanskrite de la mythologie hindoue. A commencer par la référence au recensement dans le texte de l’évangéliste, qui est également importante dans les traditions indiennes ; mais aussi l’importance de la louange publique et de la proclamation anticipée des mérites du roi qui vient de naître :

Ce qui accompagne cette proclamation, ce sont des cadeaux. Prenons l’exemple d’épisodes comme celui du roi Prithu, le premier roi mythologique en Inde : aussitôt né, il fait en direction des mages un geste de respect montrant qu’il se conformera en tout à leurs conseils, et les mages, par un certain nombre de gestes se mettent à son service. Il y a déjà ce genre d’allégeance. Ils lui donnent des cadeaux, la terre, l’océan et les monts… ces cadeaux sont différents mais ils ont la même signification, ils sont tri-fonctionnels, ils renvoient aux fonctions du roi.

Enfin, parmi les textes voisins dont Matthieu aurait pu s’inspirer, Jean Lambert mentionne aussi la naissance de Cyrus le grand, fondateur de l’empire perse, telle qu’elle est relatée par Hérodote au Ve siècle avant J.-C. dans le premier livre de son Enquête : « Une naissance qui ne convient pas au roi, annoncée par des signes célestes… Celui-ci consulte des mages, décide finalement de tuer l’enfant, il y aura substitution d’enfant, déplacement du héros vers le loin, puis une enfance cachée et une réapparition vers une dizaine d’années, où il reviendra chez lui et commencera ses actions spécifiques. » Malgré tout, selon le chercheur, si l’évangéliste Matthieu s’amuse avec l’intertextualité, il se démarque pourtant assez clairement des récits dont il s’inspire, et avec un certain humour : 

Chez Hérodote, les mages qui dans un premier temps ont sauvé la vie du roi Cyrus, mourront empalés dans un deuxième temps. Si Matthieu savait cela, il y a beaucoup d’humour de sa part à placer des mages. A mon sens, il retourne les traditions, ces formes légendaires annoncent un héros dans les textes dont nous parlons. Ici, pas du tout, elles n’annoncent pas véritablement un héros, bien que ce personnage soit destiné à une mort tragique.

SOURCE : https://www.radiofrance.fr/franceculture/ni-trois-ni-rois-la-veritable-histoire-des-rois-mages-7030560

 

Protégé : Bien au-delà des soucis de la vie matérielle s’ouvre pour le Franc-maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action. – 1°- 18 décembre, 2023

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Le courant anarchiste en franc-maçonnerie 17 décembre, 2023

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Le courant anarchiste en franc-maçonnerie

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C’est une des originalités des loges que d’accepter des profanes porteurs d’une individualité minoritaire dans la société de leur temps.

Si l’anarchie est souvent citée comme une forme de désordre, c’est aussi un art de vivre et une philosophie éminemment respectable tout en étant très minoritaire dans l’opinion.

C’est ainsi que l’on trouve dans les loges maçonniques des sœurs et des frères qui s’en réclament :

Libertaires jusqu’au bout des ongles, anticléricaux, opposés à la notion d’État, revendiquant l’autogestion, etc. Certains sont restés fidèles à ces deux engagements, d’autres ont changé d’opinion au fil du temps.

Aujourd’hui, ils se font discrets mais fut un temps où ils n’hésitaient pas à revendiquer leurs convictions et à s’engager dans les combats sociaux.

Parmi eux, citons quelques célébrités :

Anselmo Lorenzo (1841-1914) membre de la loge barcelonaise Les fils du travail (Hijos del Trabajo)

Bakounine Mikhaïl Aleksandrovitch (1814- 1876), aurait été initié en 1845, fréquente des loges allemandes jusqu’en 1848 ; en 1865, il est membre du Grand Orient de la Maçonnerie Italienne

Campion Léo (1905-1992) initié le7 avril 1930, à la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles, auteur de »Le drapeau noir, l’équerre et le compas »

Faure Sébastien (1858-1942) initié le 28 juin 1884 à la loge Vérité du Grand Orient de France, à Bordeaux

Ferrer Francisco (1859-1909), le pédagogue libertaire de l’École Nouvelle, initié en 1884, dans la loge maçonnique Verdad (Vérité) de Barcelone.

Le Gall Jules , (1881-1944), membre de la loge des Amis de Sully, (Orient de Brest, Grand Orient)

Lepage Marius (1902-1972), initié le 24 janvier 1926 dans la « Loge Volney » du Grand Orient de France, auteur dans le numéro 12 (novembre- décembre 1930 ) de La Revue anarchiste, d’un article intitulé « Plaidoyer pour la Franc-Maçonnerie ».

Proudhon Pierre-Joseph (1809-1865), initié le 8 janvier 1847, à la loge Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié du Grand Orient de France à Besançon.

Reclus Élisée (1830-1905) qui présenta un texte célèbre, L’Anarchie, à la loge des Amis philanthropes de Bruxelles

Serra Jaime (1915-2023), membre de la RL « La Chaîne d’Union ».

Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum dit Voline, (1882-1945) ukrainien, (théoricien de la synthèse anarchiste, initié à la loge Clarté du Grand Orient de France à Paris le 27 janvier 1930 .

Sources :

- Jules Le Gall, anarchiste et franc-maçon (1881- 1944) par Jean-Yves Guengant dans Chroniques d’histoire maçonnique 2019/2 (N° 84),

- Encyclopédie Wikipédia

- Le Maitron , Dictionnaire biographique du mouve- ment ouvrier

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SOURCE : fil infos loge n° 3

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