Dans le secret des hiéroglyphes : les frères Champollion (2022) | ARTE 31 mai, 2025
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Propos sur la Morale 30 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentairePropos sur la Morale
La morale pour Platon, c’est la connaissance des règles du jeu qui comprend également la politique et le droit d’une société. Dans La République, Platon explique que la morale consiste, non pas en ce que veut le peuple, mais en ce que le juste et la justice soient ajustés à l’ordre intelligible du cosmos.
Également en référence à Platon, en vue de la reconstruction de la cité, la mystique Simone Weil appelle «le soleil du Bien» à se lever ; pour elle, une nouvelle civilisation, plus humaine, respectant véritablement l’être humain ne peut naître que s’il existe une ferme volonté collective de faire le Bien.
Cette vie morale est indissociable de la liberté. Au-dessus des institutions destinées à protéger le droit, les personnes, les libertés démocratiques, il faut en inventer d’autres, destinées à discerner et à abolir tout ce qui, dans la vie contemporaine, écrase les âmes sous l’injustice, le mensonge et la laideur.
Pour Nietzsche, la morale est la force des faibles coalisés, elle est mortifère car elle interrompt l’élan vital, tout en ne récusant pas l’idée de bon et de mauvais, affaires de circonstances.
Aux exigences des bonnes mœurs citoyennes, la Franc-maçonnerie ajoute des exigences qui lui sont propres, et tout d’abord l’esprit du lien fraternel. «L’Ordre des Free-Maçons fut institué pour former des hommes et des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles adorateurs du Dieu de l’Amitié, plus amateurs de la vertu que des récompenses… De sorte que notre Institution renferme toute la philosophie des sentiments et toute la théologie du cœur» écrit le Chevalier Michel de Ramsay dans son fameux Discours de 1737.
Car, comme l’écrit Chevillon dans Le vrai visage de la maçonnerie, «l’amour prend sa source dans l’universelle fraternité des êtres appelés à une même fin. De cet amour résultent la compassion, la miséricorde, la bonté, la charité et toutes les vertus. Par conséquent, le maçon doit déraciner en lui-même l’égoïsme et avec lui tous les vices dont il est le support, cultiver et élargir sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cette tige embaumée».
Le mot hébreu «tsidakati» (צִדְקָתִי), peut se traduire par «ma droiture», sa racine signifie tout à la fois : innocence, justice, vérité, bonté, faveur, grâce, clémence, bienfait, délivrance !
C’est une aspiration vers un état de perfection, une façon idéaliste de concevoir un futur-être pour l’initié et l’humanité, avec ses kyrielles d’utopies sous-jacentes dont le temple idéal de l’humanité. Ce qui lui est particulier c’est le véhicule ; c’est-à-dire le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l’initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l’homme se révèle à lui-même, dépasse ses propres limites et son soi.

Comme pour Kant, la soumission au précepte moral est d’origine interne et procède de la seule voie de la conscience. La loi morale est obéie par respect pour l’impératif catégorique qui retentit en nous-mêmes : tu dois agir de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen.
Mais, ce qui fonde le jugement de quelque chose comme bien ou mal dépendrait-il des conséquences de cette action ou seulement de son intention ?
Paul Ricœur, définissant l’éthique comme la visée personnelle de l’action qui utilise les outils de la morale, ouvre des questionnements : L’éthique s’appuie-t-elle sur la morale ? Ou bien l’éthique se différencie-t-elle de la morale par le libre choix d’un individu qui est une prise de décision spontanée et libre, conforme à la conception du bien et du mal qu’il se fait, sans référence à une morale? «La morale : c’est un code de la société destiné à permettre la survie de l’individu ; l’éthique : c’est un code individuel destiné à permettre la survie de la société» (Théodore Sturgeon, Les plus qu’humains, p. 289, 1990).
La définition d’Emmanuel Lévinas éclaire particulièrement ce concept. L’éthique n’est pas seulement un discours formaliste mais une attitude. L’éthique ouvre la possibilité de passer de l’émotion à l’action. Pour Lévinas, on n’est pas homme instinctivement. «On devient homme par la réflexion que l’on a soi-même sur l’homme». Désirer le bien dans l’élan naïf du cœur est nécessaire, mais n’est pas suffisant. La passion, dit-il, doit se méfier de son pathos, devenir et redevenir conscience. Ainsi définie, l’éthique constitue le fait de culture par excellence. Le maître mot de la définition de l’éthique est donné ici à l’étude : la conscience. «L’appartenance à l’homme en tant qu’homme suppose la tradition, la littérature et la science. La justice est difficile à l’ignorant. L’humanisme est une extrême conscience.» L’éthique, c’est «la morale plus l’étude». Nous retrouvons ici l’union de l’âme et du cœur, de l’esprit et du corps. Cette définition s’applique pleinement me semble-t-il à une démarche maçonnique adogmatique et à visée de réflexion sociale. Parler avec son cœur et son vécu émotionnel ne permet pas seul de répondre à la question : «à quoi me servent, en tant que citoyen, les outils symboliques que je manipule ?». De plus, l’émotion ne demeure souvent que le produit de notre vécu et donc de notre égo. L’émotion est furtive, changeante et manipulable, surtout lorsque l’on se déplace sur les questions de politiques et de normes sociales. L’abstraction de la réflexion construit la réflexivité de la perception, le miroir de l’esprit, peut-être est-ce cela la conscience.
Devenir Franc-maçon c’est aussi apprendre, par l’étude analogique des outils symboliques à passer du ressenti à l’engagement. Mais la réflexion en sens inverse est aussi possible : l’émotion est nécessaire, l’intellectualisation extrême ne construit pas le travail de connaissance humaniste de soi. L’identification de la globalité de chaque individu comme phénomène implique le dépassement d’un existant émotionnel non renié, mais assumé[1].
La connaissance de la symbolique des outils, des mythes utilisés et des rituels atteste que la Franc-maçonnerie veut, par leur approfondissement, permettre d’accomplir une œuvre de perfectionnement de soi en favorisant l’ouverture de la conscience. La Franc-maçonnerie se définit elle-même comme un système de philosophie morale, à visée personnelle, enseigné sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles ; elle est une proposition d’éthique.
La Franc-maçonnerie est une pratique des vertus et un idéal avec sa spécificité quant à ses sources, sa finalité, son contenu, son domaine et sa sanction. La Franc-maçonnerie est un syncrétisme des vertus cardinales héritées de la Grèce antique, des vertus théologales obtenues de la chrétienté et des apports moraux des Lumières du XVIIIe siècle, mâtinés de modernité ; elle est une philosophie apportant des réponses à la question de la vie bonne. Pour le franc-maçon, la morale s’apparente au respect d’autrui auquel s’ajoute, surtout, quelque chose de l’ordre de la bonté, de la bienveillance, de la bienfaisance et de la prudence. À creuser un tombeau pour les Vices, on pourrait oublier d’ériger des autels à la Vertu !
«La Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal moral que nous croyons au moins égal sinon supérieur à celui des religions ; cependant, si les maçons disaient qu’il y a parmi eux plus de vertu effective, c’est-à-dire moins de défaillances que dans un groupe quelconque d’honnêtes gens, nous serions les premiers à rire d’une si outrecuidante sottise.» (Pierre Tempels).
Les Codes maçonniques
Il s’agit de textes où on y entend aussi la notion de préceptes, de devoirs maçonniques
Le Code maçonnique serait d’origine belge (gravé initialement sur une médaille avec le titre de Préc\ maç\) pour répondre aux accusations d’hérésie, de satanisme et de complotisme des francs-maçons qui ont conduit à leur excommunication de l’église en 1837. Cependant, ce Code possède une antériorité, maçonnique, dans un texte allemand de 1784, Taschenbuch für Brüder Freymaurer auf das Jahr en 1784 [2] .
Certains ont prétendu que ce code fut repris par Grillot de Givry, ajoutant un texte à la fin, avec des références à l’alchimie et à l’ésotérisme, tranchant avec l’esprit moraliste de l’époque[3]. Dans son ouvrage Grand Œuvre, XII Méditations sur la voie ésotérique de l’Absolu, ne se trouve que cette partie, à la Méditation VI !
Les herméneutiques, les interprétations des mythes prennent plusieurs directions, mais la plus communément admise et la plus répandue est l’herméneutique moralisatrice. Les créateurs du mythe d’Hiram ont voulu enseigner des vérités morales. Cette herméneutique est aussi propédeutique, le mythe maçonnique a des visées pédagogiques ; se perfectionner, pratiquer la bienfaisance et respecter ses engagements sont les piliers sur lesquels s’appuie l’idéal d’un maître…
Le code maçonnique est une doctrine qui trouve tout son sens par l’engagement et le comportement du franc-maçon en loge et dans la vie profane. Le Code maçonnique constitue, surtout, une référence pour appréhender et comprendre une exigence morale, il est presque une admonition.
Il existe plusieurs codes maçonniques dont les deux exemples ci-dessous montrent le visage spécifique qui différencie sans opposer deux courants : celui qui se réclame de la Régularité de la GLUA (en trois points, croire en Dieu, pas de femme, pas de discussions politiques) et les autres.


[1] Note 17 de l’article La Louve (Lewis) et ses compléments…
[2] Remarque faite dans le commentaire 22, par Daxad le 29 mai 2020. Accès réservé aux abonnés.
[3] Robert DUFAUT, Réflexions sur le Code maçonnique.
SOURCE : https://450.fm/2022/05/03/propos-sur-la-morale/
Protégé : TOUT EST SYMBOLE – 3°- 29 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.Le sage qui avait trouvé tout seul le chemin de la liberté 28 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaireLe sage qui avait trouvé tout seul le chemin de la liberté

Le sage qui avait trouvé tout seul le chemin de la liberté
Une rumeur s’était répandu dans ce pays-là, d’abord silencieusement, puis de façon plus insistante. Il y a comme cela des paroles muettes qui circulent entre des êtres en recherche. Quelqu’un prétendait connaître l’existence d’un sage « ayant découvert tout seul le chemin de la liberté. »
Un adolescent, un jour, entreprit le voyage et se renseigna. On lui indiqua une direction, et sur le chemin qu’il suivit il rencontra l’amour d’une qui ne cherchait pas la liberté mais qui avait besoin surtout d’être aimée. Il l’aima donc et quand elle fut sûre d’être aimée, elle put le quitter. Il y a comme cela des amours de besoin, qui s’épuisent quand ils sont satisfaits. Le jeune homme se retrouva seul. Il reprit sa route et rencontra une qui l’aima et se laissa aimer.
Il grandit dans cet amour-là jusqu’au jour où il fut suffisamment grand pour quitter l’aimante. Il y a comme cela des amours pépinières, qui permettent de croître. Il reprit le chemin et durant plusieurs années parcourut la solitude.
Un matin, il s’éveilla avec un désir, celui de rencontrer un autre désir. Il le rencontra et ce fut la fête. La fête dura mille jours et mille nuits.
À l’aurore d’une nuit, il se quittèrent, comblés, rassasiés, chacun tellement émerveillé l’un par l’autre qu’ils imaginèrent que rien de plus beau ne pourrait leur arriver. Aussi chacun de leur côté multiplièrent-ils les rencontres. Lui en trouva beaucoup, beaucoup.
Un jour cependant, il reprit le chemin, et sur ce chemin il rencontra une femme qui lui demanda avec ferveur: « agrandis-moi, prolonge-moi, donne-moi un enfant de toi.
Il lui en donna cinq. Il croyait à la générosité de la vie. Quelques années plus tard, un midi de plein soleil, il reprit le chemin.
Ce n’était plus un jeune homme, c’était maintenant un homme traversé de cicatrices, à la fois vulnérable et puissant, qui s’avançait sur le chemin de la liberté. Il lui fallut encore d’autres rencontres, d’autres errances, d’autres enthousiasmes et d’autres étonnements pour découvrir et rencontrer enfin le sage de la liberté.
Quand il furent face à face, l’homme interrogea le sage sur son secret, sur le meilleur de son enseignement, sur la rigueur de sa recherche, sur le noms des maîtres qu’ils avaient eus, sur les souffrances et les thérapies engagées qu’il avait traversées.
Le sage ne répondit à aucune des questions. Il dit seulement :
« La seule connaissance intime que j’ai est liée à ma seule découverte: je sais aujourd’hui dire non ou oui, sans me blesser. »
Ainsi se termine le conte de l’homme qui chercha longtemps, longtemps le chemin de la liberté.
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SOURCE : https://www.gadlu.info/le-sage-qui-avait-trouve-tout-seul-le-chemin-de-la-liberte-2/
La Coupe Mystique 27 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaireLa Coupe Mystique
Publié par Yann Leray 27 Juin 2024
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Dans l’antre où murmurent les échos des anciens,
Où la flamme danse sur l’orée des secrets éteints,
Se forge, sous la veille des astres immortels,
La Coupe, sanctuaire d’amours éternels.
Forgée non de métal, mais d’un aimant mystique,
Elle attire à elle l’éther pur et bénéfique.
Tel un cœur ouvert, vibrant d’un amour profond,
Elle aspire la rosée céleste, au-delà des éons.
Cette coupe, écrin sacré de la divine alchimie,
Repose dans l’ombre, fruit d’une douce symphonie.
Chaque atome en son sein est un chant de sirène,
Appelant l’eau d’en haut, essence pure et sereine.
Car l’eau qui descend n’est autre que le souffle des cieux,
Un liquide d’azur, nectar des lieux pieux.
Elle se manifeste, limpide et sacrée,
Dans le creuset aimant, par l’amour sanctifié.
Là se tient le secret du Grand Œuvre convoité,
Un ballet silencieux où tout est destiné
À l’union des contraires, des éléments liés,
Pour enfin révéler ce que les sages ont médité.
Ainsi la coupe aime, et par son amour, elle attire
Le firmament même, pour que l’homme puisse s’unir
À la nature divine, en un éclat sublime,
Où le ciel et la terre dans un seul souffle s’abîment.
Voilà le secret ultime, dans l’ombre et la lumière caché,
Une coupe sacrée, par l’amour de l’éther sanctifiée,
Un portail entre deux mondes, par un mystère forgé,
Manifestation de l’Éternel, souffle de vie révélée.
Yann LERAY @ 2024
SOURCE :
https://www.lesamisdhermes.com/2024/06/la-coupe-mystique.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail
Protégé : Chevalier Grand Elu Kadosch ou de l’Aigle Blanc et Noir – 30°- 26 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Noire , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.un vieux Maître Maçon … 25 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaireDans un coin du temple, assis sur un banc et regardant le Delta Lumineux, un vieux Maître Maçon triste pleurait.
De ses yeux, d’étranges larmes coulaient sur son visage ; Sans savoir pourquoi, je les ai comptés : ils étaient sept. Voulant connaître la raison, je me suis approché et j’ai demandé : « Parle, Vieux Maître, dis à cet Apprenti la raison de toute cette douleur ».
Il m’a répondu doucement ; « Voyez-vous ces frères aller et venir ? les larmes que vous avez vues sont dédiées à certains d’entre eux .

« La première s’adresse à ces personnes indifférentes qui n’apprécient pas l’histoire, l’ésotérisme, la liturgie et les rituels, et qui viennent ici en quête de distraction ; Ils sortent généralement en ironisant sur ce que leurs esprits aveugles ne peuvent pas concevoir ».
« La Seconde est causée par ces personnes éternellement incertaines qui prétendent croire, contrairement aux vieux Maestros, que l’attente d’un miracle les fera réaliser ce que leurs propres mérites leur refusent ».
« Le Troisième est dû aux méchants, ceux qui ne fréquentent la Loge que pour semer la discorde entre les Frères ».
« Le Quatrième est destiné aux Frères froids et calculateurs qui, sachant qu’il existe une Force Spirituelle, tentent d’en profiter de quelque manière que ce soit, sans connaître le mot Amour ».
« Le Cinquième s’adresse à ceux qui arrivent doucement, avec un sourire et une louange aux lèvres, mais qui se voient clairement sur leur visage : je crois au Grand Architecte de l’Univers, à l’Ordre et à mes Frères ; mais seulement s’ils me sont d’une certaine utilité ».
« Le Sixième est provoqué par l’inutile, l’insignifiant, qui se rend à la Loge à la recherche d’approches où se réfugier, mais dont les yeux révèlent un tout autre intérêt ».
Et le septième ?
« Le Septième , mon cher Frère, est grand et glisse doucement ! C’est la dernière larme ; celui qui vit aux yeux du vrai franc-maçon ».
« Que ces larmes, Cher Apprenti, servent à nous souvenir du II :. qui oublient ce que signifie réellement être franc-maçon et qu’il existe II :. et tant d’autres êtres humains ayant besoin de protection matérielle et spirituelle ».
Adapté de Ricardo Polo
Directeur de la revue maçonnique « Hiram Abiff » – Argentine
SOURCE : https://www.gadlu.info/les-7-larmes-dun-vieux-franc-macon/
Gnose Qui était Yeshoua 1 et Gnose Qui était Yeshoua 2
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De l’Égo au Tout
Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaireDe l’Égo au Tout
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Souvent décrié, parfois mal compris ou même idolâtré, l’égo détient une place centrale dans notre quête de compréhension de la nature humaine.
Et si nous envisagions l’égo comme la « colle » qui maintient l’âme dans le corps ?
En tant que médiateur entre le corps et l’âme, il peut agir à la fois comme un lien vital et une barrière. Trouver un équilibre entre ces deux entités, tout comme harmoniser notre volonté d’agir avec notre foi, devient alors primordial. Ainsi, l’égo navigue entre les rôles d’ancrage et de libération.
L’égo, dérivé du latin « ego » qui signifie « je », est la manifestation de notre conscience individuelle. Il se distingue du reste du monde et des autres individus, agissant comme le miroir de notre identité personnelle. Cette conscience unique est la pierre angulaire de notre perception de nous-mêmes et le pilier de notre individualité.
Mais au-delà de cette première définition, l’égo joue un rôle bien plus complexe dans notre existence. Il ne se contente pas simplement de nous différencier ; il nous inscrit dans une dynamique particulière avec le monde qui nous entoure. Notre égo, tout en étant le reflet précieux de notre singularité, est également ce qui nous sépare de la Source originelle, cet élan primordial ou cette essence fondamentale d’où nous venons tous.
Cette séparation induite par l’égo est alimentée par une peur profondément enracinée dans notre psyché. Ce n’est pas seulement la peur de la mortalité qui hante l’être humain, mais une peur encore plus primordiale : la terreur de perdre notre individualité, notre essence unique. Cette angoisse est l’un des dilemmes fondamentaux de l’existence humaine, car bien que notre individualité soit le trésor que nous chérissons le plus, c’est aussi ce qui peut nous éloigner de la plénitude et de l’unité avec la Source.
Ainsi, l’égo, tout en étant le garant de notre individualité, nous présente également le défi de surmonter les barrières qu’il érige, afin de retrouver une connexion plus profonde avec nous-mêmes et avec l’univers.
Imaginons l’égo comme une substance adhésive, jouant le rôle crucial de liant entre l’âme, cette partie immatérielle et éthérée de nous, et le corps, notre enveloppe physique et tangible. C’est cette « colle » qui nous permet de vivre des expériences terrestres tout en conservant un sens de spiritualité. Grâce à l’égo, l’âme peut ressentir le monde matériel à travers les cinq sens, et le corps peut, en retour, être influencé et guidé par les aspirations et les intuitions de l’âme.
Cependant, ce lien précieux, s’il n’est pas compris et maîtrisé, peut s’avérer doublement tranchant. Sans une prise de conscience de la force et de l’influence de l’égo, nous risquons de nous laisser submerger par lui. Il peut, peu à peu, nous éloigner de notre véritable essence, en accentuant notre attachement excessif au monde matériel et en minimisant notre connexion à la dimension spirituelle. C’est alors que l’égo, au lieu de servir de pont, devient un obstacle, une barrière qui nous sépare de notre véritable nature et, par extension, de la Source originelle.
L’enjeu est donc de reconnaître l’importance de cet égo tout en demeurant vigilants face à ses excès. En équilibrant son influence, nous pouvons véritablement embrasser la dualité de notre existence, en vivant pleinement dans le monde matériel tout en restant connectés à la dimension spirituelle qui nous rappelle d’où nous venons et ce que nous sommes véritablement.
La prise de conscience de la nature et du rôle de l’égo est le premier pas vers un équilibre harmonieux entre nos dimensions physiques et spirituelles. Sans cette reconnaissance, nous sommes susceptibles de nous perdre dans les illusions et les distractions du monde extérieur, ou de nous laisser envahir par des pensées intérieures égocentriques. Cependant, en prenant le temps de comprendre l’égo, nous nous ouvrons à la possibilité de vivre de manière plus centrée et alignée.
Accepter l’égo ne signifie pas le laisser nous dominer ou nous définir. Au contraire, cela signifie reconnaître son existence, comprendre sa nature et apprendre à travailler avec lui pour atteindre un état d’équilibre. En effet, l’égo peut servir de pont, un lien qui unit le corps et l’âme. Ce pont n’est pas simplement une structure statique ; il peut être ajusté, renforcé et adapté en fonction de nos besoins et de nos expériences.
Lorsque ce pont est solidement établi, il permet une symbiose parfaite entre notre réalité physique et notre essence spirituelle. Dans cet état d’équilibre, le corps peut recevoir les messages et les guidances de l’âme, et l’âme peut vivre et s’exprimer à travers les expériences et les actions du corps.
Mais le rôle de l’égo ne s’arrête pas là. Une fois que nous avons atteint cet équilibre, l’égo peut être progressivement canalisé pour servir l’Esprit. L’Esprit, cette essence immuable et éternelle en nous, aspire à guider notre voyage terrestre dans la direction de la vérité, de la sagesse et de l’amour universel. En mettant l’égo au service de l’Esprit, nous transcendons les limitations humaines pour embrasser une vision plus vaste et plus profonde de l’existence.
Ainsi, l’équilibre recherché n’est pas une destination finale, mais plutôt un voyage continu d’alignement, d’ajustement et de croissance, où le corps, l’âme et l’égo collaborent en harmonie pour réaliser notre potentiel le plus élevé.
Le passage de l’espoir à la foi est un chemin emblématique de la quête humaine vers une compréhension et une connexion plus profonde. L’espoir, en soi, est une anticipation, une attente d’un futur meilleur ou d’une réalisation de nos désirs. Il est souvent teinté d’incertitude, d’une lueur qui guide, mais sans la certitude absolue de sa réalisation.
La foi, en revanche, est une assurance intérieure, une conviction inébranlable qui transcende le doute. Elle ne dépend pas des circonstances extérieures mais repose sur une confiance profonde en quelque chose de plus grand que soi. C’est dans cette volonté d’agir que l’égo, mis au service de nos aspirations les plus nobles, peut véritablement s’exprimer. La volonté est le pont dynamique qui transforme l’espoir passif en foi active. Elle symbolise notre désir ardent non seulement d’espérer le meilleur mais également d’agir en conséquence, de prendre des mesures pour manifester ce en quoi nous croyons profondément.
Cependant, cette transmutation ne s’arrête pas à la foi. Car pour vraiment s’ancrer dans la foi, et par extension dans un amour qui est inconditionnel et universel, un autre pas est nécessaire : l’abandon. Cela peut sembler paradoxal. Comment l’action fervente et la volonté peuvent-elles mener à l’abandon ? Pourtant, c’est dans ce lâcher-prise, dans cet abandon de la volonté propre, que réside la véritable puissance de la foi. Car la foi véritable n’est pas une force de contrôle, mais une réceptivité, une ouverture à la guidance universelle.
En fin de compte, résider pleinement dans la foi implique d’abandonner l’ego, d’embrasser l’incertitude et de se rendre totalement réceptif à l’univers. C’est dans cet état de réceptivité que nous trouvons l’unification la plus profonde, où le corps, l’âme et l’Esprit se fondent en une harmonie parfaite, guidés par l’amour et la foi inébranlables. C’est là que nous découvrons que la foi n’est pas seulement une croyance, mais une expérience vécue de connexion divine.
La Source, perçue comme l’origine de toute existence, représente l’énergie primordiale à laquelle nous appartenons tous. Pourtant, tout au long de notre vie terrestre, bon nombre d’entre nous ressentent un sentiment de séparation d’avec cette Source. Cette distance est en grande partie due à l’égo, qui, en cherchant à nous protéger, nous isole aussi, créant une illusion d’individualité distincte.
Mais il est essentiel de comprendre que l’égo, malgré ses mécanismes de défense, n’est pas notre ennemi. Au contraire, il peut être notre plus grand guide sur le chemin du retour à la Source. Car c’est en reconnaissant et en acceptant les peurs et les limitations de l’égo que nous pouvons commencer à les transcender.
La peur de perdre notre individualité est profondément ancrée en nous. Elle est à la base de nombre de nos actions, de nos désirs et de nos insécurités. Mais cette peur, si elle est correctement comprise et confrontée, peut devenir le point de départ de notre voyage vers la réunification. Plutôt que de la repousser, nous devons l’accueillir, la reconnaître, et chercher à comprendre d’où elle vient.
En transcendant cette peur et en dépassant les limitations de l’égo, un chemin s’ouvre devant nous, nous menant vers une expérience de plénitude et d’unité. Se fondre dans le Tout ne signifie pas perdre son essence, mais plutôt rejoindre une conscience plus vaste, une existence où l’individualité et l’unité coexistent harmonieusement.
Ainsi, le retour à la Source n’est pas une disparition de soi, mais une expansion de la conscience, une reconnexion à l’amour universel et à l’énergie primordiale qui réside en chacun de nous. Et c’est dans cette union que nous découvrons la véritable signification de la plénitude.
Yann LERAY @ 2023
SOURCE : https://www.lesamisdhermes.com/2023/10/de-l-ego-au-tout.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email
Michel Dumesnil de Gramont, « Racisme et maçonnerie » 24 mai, 2025
Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire1 jour, 1 texte. Numéro 78 / Michel Dumesnil de Gramont, « Racisme et maçonnerie », Le Droit de Vivre, janvier 1947
Fonctionnaire au ministère de l’Éducation nationale, Michel Dumesnil de Gramont (1888-1953) occupa des postes de direction à l’Office des recherches scientifiques, qui devint le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1939. Spécialiste de la langue russe, il traduisit plusieurs grands auteurs comme Gorki et Tolstoï. Il fut aussi critique littéraire, essayiste et romancier.
Militant socialiste, il s’engagea dans la franc-maçonnerie à l’âge de 24 ans, à la Grande Loge de France (GLDF), et fut Grand maître de cette obédience à quatre reprises, dans l’avant et l’après-guerre.
Directeur de cabinet d’Albert Sérol, ministre de la Justice, au printemps 1940, il fut relevé de ses fonctions par Vichy en juin 1941. La répression menée par le nouveau régime contre la franc-maçonnerie le conduisit à détruire une partie des archives de la GLDF. Il s’engagea dans la Résistance, dans le réseau Patriam recuperare et le mouvement Libération-Sud.
Il siégea à l’Assemblée consultative provisoire d’Alger comme délégué de Libération-Sud. Il signa le 15 décembre 1943 une ordonnance du Comité français de Libération nationale abolissant la législation maçonnique. Dans l’après-guerre, il poursuivit ses activités à la GLDF.
Michel Dumesnil de Gramont fut actif à la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA). Il rejoignit son comité central, fut, sans discontinuer, vice-président de l’association et rédigea plusieurs articles pour Le Droit de Vivre. À sa mort, la direction de l’association rendit hommage à un « véritable apôtre de la tolérance et de la fraternité humaine, marquant derrière un sourire une délicatesse de cœur exquise, alliant la passion à la raison, poussant le goût de la vérité jusque dans ses plus extrêmes limites ». Dans l’article qui suit, initialement publié dans les Cahiers antiracistes, en février 1944, et publié dans le premier numéro du Droit de Vivre de l’après-guerre (janvier 1947), Michel Dumesnil de Gramont explique en quoi la franc-maçonnerie est incompatible avec le racisme.
« C’est un fait qu’en Allemagne, et dans tous les pays qui tombèrent sous la domination hitlérienne, le premier soin des nazis fut de détruire les organisations maçonniques.
Pour justifier cette dissolution des Loges, la confiscation de leurs biens, la persécution de leurs membres, les hitlériens et leurs amis accusèrent l’Ordre maçonnique d’être l’un des plus grands responsables de la guerre actuelle.
Accusation ridicule, s’il en fut jamais ! La franc-maçonnerie fut toujours une institution essentiellement pacifique. Aussi bien, ceux-là mêmes, germanophobes de la veille, pronazis du lendemain, qui reprochent aux Maçons leurs menées belliqueuse, leur faisaient naguère grief de trop aimer la paix et d’avoir, en recherchant le rapprochement franco-allemand, livré notre pays désarmé aux entreprises de nos voisins d’outre-Rhin.
Ces contradictions, nées de la sottise ou de la mauvaise foi, sont si évidentes, si grossières, qu’elles ne valent pas qu’on s’y arrête.
En réalité, ce que le national-socialisme ne pouvait pardonner à la Maçonnerie, ce qui exigeait impérieusement qu’elle fût anéantie, c’est qu’elle est foncièrement antiraciste. C’est même trop peu dire : pour parler juste, il faudrait proclamer que, pour un Maçon, le racisme est une notion totalement incompréhensible et qu’il est aussi impossible à la Maçonnerie de vivre dans le racisme qu’à un poisson de vivre hors de l’eau. Il y a là une opposition, une antinomie fondamentale, nous dirions presque : organique.
(…) Ces théories racistes dont le monde épouvanté a vu la mise en œuvre logique, la Maçonnerie n’a jamais cessé de les combattre. Elle s’y oppose par ses principes, par ses méthodes – par son existence même.
Fondée avant tout sur la liberté d’examen, elle ne peut que rejeter avec horreur ce dogmatisme aberrant qui, en affirmant la supériorité indémontrable d’un certain groupe d’êtres humains, tend inévitablement à réduire le reste de l’humanité en une foule d’esclaves qui, ayant le devoir de travailler pour leur maîtres, ne sauraient plus avoir le droit de penser.
La Maçonnerie, au contraire, se flatte d’être tolérante. Mais que l’on ne s’y trompe pas : elle ne donne pas à ce mot le sens étriqué, mesquin, qu’il a pris dans le langage moderne. Sa tolérance n’est pas celle de l’homme qui, persuadé de posséder la vérité, admet qu’on ne partage pas sa croyance ou ses idées et consent avec condescendance, voire avec courtoisie, à entendre la contradiction, mais avec l’intention bien arrêtée de n’en rien retenir.
La tolérance maçonnique est tout autre chose. Elle est non point passive, mais dynamique. Elle vise non plus à accepter les opinions adverses, mais bien à les provoquer avec le sincère et ardent désir d’en tirer tout le bien possible. C’est, somme toute, l’expression d’une curiosité passionnée héritée de nos habitudes d’esprit nationales.
Qui ne voit combien cette attitude est à l’antipode du racisme ? Il ne serait point paradoxal de dire que, pour un Maçon vraiment fidèle aux principes de l’Institution, plus un homme est loin de lui par l’origine, les mœurs, l’éducation, et plus il est intéressant et digne d’être écouté. Est-ce en fréquentant des compagnons ayant la même formation et les mêmes idées que soi-même que l’on enrichit beaucoup son intelligence ? La réponse, pour quiconque réfléchit un peu, sera nette. Il est vrai que, pour un hitlérien, elle ne le sera pas moins. Il vous rétorquera : « Qu’importe que l’intelligence soit riche, pourvu que la panse soit pleine ! »
N’est-ce pas là, au fond, l’explication vulgaire mais véridique du racisme ? Ses laborieuses théories que contredisent les constatations scientifiques les plus élémentaires ne cachent-elles pas l’utilitarisme le plus odieux ? Ne sont-elles pas la façade – que l’on voudrait faire colossale – derrière laquelle se dissimulent les plus cyniques appétits ?
Et ne pourrait-on dire que, hier, un certain racisme vaguement déguisé et comme honteux tendait à la défense de situations acquises, alors que, récemment encore, infiniment plus fort et mieux organisé, il se présentait comme l’éclatante légitimation de la rapine ?
Il n’est pas besoin, pensons-nous, de poursuivre la démonstration de cette vérité après que l’Allemagne hitlérienne, sous les regards du monde frappé de stupeur et d’horreur, eut prononcé, derrière ses armées, l’exaction et le massacre.
La Maçonnerie n’a nul besoin, pour s’élever contre cette abomination, de faire appel à des principes qui lui seraient particuliers. Tout ce qu’elle pourrait proclamer, par ses voix les plus autorisées, ne serait jamais que l’écho de ce que pensent tous les gens d’honneur et de probité.
Honnie, traquée, mais gardant en l’avenir une entière confiance, elle a accueilli sans trouble ni surprise ces persécutions et elle se serait sentie quelque peu déshonorée si elle ne les avait pas subies. »
SOURCE : https://www.licra.org/1-jour-1-texte-numero-80-michel-dumesnil-de-gramont-racisme-et-maconnerie-le-droit-de-vivre-janvier-1947




















