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Lettres aux Morts dans l’Égypte Ancienne 4 décembre, 2025

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Lettres aux Morts dans l’Égypte Ancienne

Lettres aux Morts dans l’Égypte Ancienne dans Contribution

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Joshua J. Mark
de , traduit par Andréa Laby
publié le 02 juin 2017
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La question de ce qui advient après la mort est abordée, depuis les tout débuts de l’histoire écrite, par les croyances religieuses et les philosophies de toutes les civilisations du monde. L’Égypte ancienne est célèbre pour sa propre réponse aux mystères de l’au-delà. Ses tombeaux monumentaux et ses temples sont bien connus, mais une pratique bien moins remarquée mérite notre attention: celle des lettres aux morts.

Dans l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc, on trouve la parabole de « L’homme riche et Lazare ». Un homme de grande opulence et le plus misérable des mendiants moururent le même jour. Le mendiant, Lazare, se retrouva au paradis, tandis que l’homme riche était en proie aux tourments. Il leva les yeux au ciel et vit le père Abraham, avec Lazare à ses côtés, et il demanda que Lazare lui apporte un peu d’eau. Mais sa demande fut refusée, car un grand abîme séparait les habitants du ciel et ceux de l’enfer, et nul ne pouvait le franchir.

Alors l’homme riche supplia Abraham d’envoyer Lazare dans le monde des vivants pour avertir sa famille, car, dit-il, il avait cinq frères qui vivaient comme lui dans l’excès, et il ne voulait pas qu’ils subissent le même sort. Abraham répondit: « Ils ont Moïse et les prophètes; qu‘ils les écoutent. » Mais l’homme répliqua que ses frères n’écouteraient point les Écritures, et que si quelqu’un revenait d’entre les morts, ils seraient sûrement convaincus. Alors Abraham dit: « S‘ils n‘écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu‘un ressuscite » (Luc 16:19-31).

Au fil des siècles, cette histoire reçut des interprétations multiples, servant divers propos théologiques, mais son thème demeure intemporel: que se passe-t-il après la mort? L’homme riche pensait mener une vie irréprochable, mais il se retrouva dans le pire des au-delà, tandis que Lazare, qui avait souffert sur terre, fut accueilli dans la récompense céleste. La requête du riche paraît raisonnable: si un mort revenait pour raconter ce qu’il a vu, les vivants écouteraient sans doute son témoignage et changeraient leur conduite. Mais Abraham rejeta cette demande.

La réponse d’Abraham, si décevante qu’elle puisse paraître aux yeux du riche, exprime une vérité profonde. Aujourd’hui encore, les récits d’expériences de mort imminente sont reçus favorablement par ceux qui adhèrent déjà à l’idée d’un tel au-delà, et refusés par ceux qui n’y croient pas. Même si quelqu’un revenait d’entre les morts, ceux qui ne peuvent accepter une telle réalité ne croiraient pas son histoire. De même, ils refuseraient d’admettre les récits anciens relatant des événements semblables.

Letter to the Dead
Lettres aux morts The Trustees of the British Museum (Copyright)

Dans l’Égypte ancienne, cependant, l’existence d’une vie après la mort était tenue pour certaine pendant la majeure partie de l’histoire de la civilisation. Lorsqu’un individu mourait, son âme passait sur un autre plan d’existence, abandonnant le corps derrière elle, et espérait être jugée digne par les dieux afin de connaître la vie éternelle au paradis. L’existence de cet au-delà n’a été véritablement mise en doute qu’à l’époque du Moyen Empire (2040-1782 av. J.-C.), et encore: la littérature exprimant un certain scepticisme à ce sujet peut tout aussi bien être comprise comme un procédé littéraire que comme une réelle remise en cause théologique. L’âme d’un être cher ne cessait donc pas d’exister au moment de la mort, et il n’y avait aucun risque de surprise dans l’au-delà, comme ce fut le cas pour l’homme riche dans l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc.

Une exception apparaît toutefois dans un récit fictif de l’Égypte romaine (30 av. J.-C. – 646 ap. J.-C.) intitulé Setné II (également connu sous le nom de Setné et Si-Osire), probable source d’inspiration de l’histoire rapportée par saint Luc. Dans un passage de Setné II, Si-Osire conduit son père, Setné, dans le royaume des morts et lui montre comment un riche et un pauvre y expérimentent l’au-delà. Contrairement à ce que croyait Setné, selon qui l‘homme riche serait plus heureux que le pauvre, le riche souffre, tandis que le pauvre est élevé et honoré. Si-Osire mène ainsi son père dans l’autre monde afin de corriger son erreur, et leur brève traversée illustre combien les anciens Égyptiens percevaient le lien avec l’au-delà comme étroit et tangible. Les morts continuaient d’exister et, si l’on le souhaitait, il était même possible de communiquer avec eux. Ces échanges sont aujourd’hui connus sous le nom de « lettres aux morts ».

La vie dans l’au-delà et la mort

On croyait que, lorsqu’une personne mourait et que les rituels funéraires adéquats avaient été accomplis, elle comparaissait devant Osiris et son tribunal. Si elle avait mené une vie vertueuse, elle était déclarée justifiée et accédait au paradis. La question « Qu’est-ce qu’une vie vertueuse? » trouvait sa réponse dans la Confession négative récitée devant le tribunal d’Osiris et dans la pesée du cœur sur la balance, face à la plume blanche de la vérité. Mais, bien avant sa mort, chacun pouvait déjà se faire une idée assez précise de ses chances dans la Salle de la Vérité.

Les Égyptiens ne s’appuyaient pas sur d’anciens textes pour déterminer leur conduite morale: ils se fondaient sur le principe de la maât, l’harmonie et l’équilibre, qui les incitait à vivre en paix avec la terre et avec leurs semblables. Ce principe, certes incarné par la déesse du même nom et illustré dans des récits religieux ou dans des textes médicaux et hymniques, restait avant tout une notion vivante que chacun pouvait mesurer à travers ses actions quotidiennes. Nul n’avait besoin qu’un mort ne revienne le prévenir: ses actes et leurs conséquences suffisaient, ou auraient dû suffire, à lui donner une idée claire de ce qui l’attendait après la mort.

Papyrus of Ani
Papyrus d’Ani Cesar Ojeda (CC BY-NC-ND)

Les défunts justifiés, désormais au paradis, bénéficiaient de l’écoute des dieux et pouvaient être sollicités pour intercéder en faveur des vivants, que ce fût pour répondre à des questions, prédire l’avenir ou défendre un suppliant victime d’une injustice. Les dieux avaient créé un monde d’harmonie, et il ne fallait, pour atteindre le paradis après la mort, que mener une vie digne de l’éternité. Si l’on faisait de chaque jour un exercice destiné à façonner une existence que l’on souhaiterait prolonger pour toujours, fondée sur l’harmonie et l’équilibre, ce qui impliquait bien sûr bienveillance et considération envers autrui, on pouvait avoir confiance en sa place dans l’au-delà.

Cependant, des forces surnaturelles à l’œuvre dans l’univers pouvaient troubler cet équilibre: démons malveillants, dieux irrités ou esprits mécontents et vindicatifs des morts pouvaient, à tout moment et pour n’importe quelle raison, nuire à la santé ou au bonheur des vivants. Être favorisé par un dieu comme Thot dans sa vie ou sa carrière n’impliquait nullement qu’un autre, tel Seth, ne pût vous accabler de malheurs. À cela s’ajoutaient les difficultés naturelles de l’existence, maladie, déception, chagrin, perte d’un proche, qui ébranlaient l’âme et rompaient l’équilibre intérieur. Lorsque de tels troubles, qu’ils fussent ordinaires ou plus mystérieux, s’abattaient sur quelqu’un, il existait un moyen direct d’agir: écrire une lettre aux morts.

Histoire et Finalité

Les lettres aux morts remontent de l’Ancien Empire (c. 2613–2181 av. J.-C.) jusqu’à la Basse Époque (525–332 av. J.-C.), couvrant ainsi presque toute l’histoire de l’Égypte pharaonique. Lorsqu’un tombeau était construit, la richesse et le statut du défunt déterminaient souvent l’édification d’une chapelle d’offrandes destinée à permettre à son âme de recevoir chaque jour nourriture et boisson. Les lettres aux morts, fréquemment rédigées sur des bols à offrandes, y étaient déposées avec les provisions pour être lues par l’esprit du disparu. L’égyptologue David P. Silverman note: « Dans la plupart des cas, toutefois, l’interaction entre les vivants et les morts devait être plus informelle, faite de prières prononcées à haute voix qui n’ont laissé aucune trace » (142). C’est cette informalité qui explique que si peu de lettres aux morts soient parvenues jusqu’à nous. Néanmoins, celles conservées suffisent à comprendre leur portée et leur importance.

On rédigeait ces lettres comme on l’aurait fait pour un correspondant vivant. David P. Silverman explique:

Qu’elles soient inscrites sur des bols de poterie, du lin ou du papyrus, ces lettres adoptent la forme d’une correspondance classique, comportant l’indication du destinataire et de l’expéditeur et, selon le ton du message, une salutation: “Un certain Mérirtyfy s’adresse à la défunte nommée Nébétit: comment vas-tu? Est-ce bien [conformément] à ton désir que l’Occident se préoccupe de ta condition?” (142)

L’ »Occident » désignait le royaume des morts, censé se trouver dans cette direction. Osiris était d’ailleurs appelé le « Premier des Occidentaux » en sa qualité de Seigneur des Morts. Comme le rappellent David P. Silverman et d’autres égyptologues, une réponse était attendue, car les formules 148 et 190 du Livre des morts des Anciens Égyptiens permettaient à un esprit de communiquer avec les vivants pour leur faire part de leur vie dans l’au-delà.

Egyptian God Osiris
Le Dieu Égyptien Osiris A.K. (Copyright)

Après les salutations et les formules de courtoisie, l’auteur en venait au cœur de son message, toujours une requête d’intercession. Souvent, il rappelait au défunt une bonté qu’il lui avait accordée ou les moments heureux qu’ils avaient partagés de son vivant. L’égyptologue Gay Robins rapporte notamment:

Un homme rappelle à sa femme défunte qu’il l’avait épousée “quand j’étais jeune. J’étais avec toi quand j’exerçais toutes sortes de fonctions. J’étais avec toi, et je ne t’ai pas répudiée. Je n’ai pas attristé ton cœur. Je l’ai fait quand j’étais jeune et que je remplissais diverses charges importantes pour le pharaon, vie, prospérité, santé, sans te répudier, disant: ‘Elle a toujours été à mes côtés, c’est ce que j’ai dit !’” (63–64)

Cet époux rappelle donc à sa femme la fidélité dont il fit preuve avant de solliciter son aide pour résoudre un problème. L’égyptologue Rosalie David précise: « Les requêtes formulées dans ces lettres sont variées: certaines cherchent de l’aide contre des ennemis morts ou vivants, notamment dans des querelles familiales; d’autres demandent un soutien juridique en vue d’une comparution devant le tribunal divin du Jour du Jugement; d’autres encore implorent des bénédictions ou des faveurs particulières » (282). Les demandes les plus courantes concernaient toutefois la fécondité et la naissance, prières pour une grossesse heureuse ou l’arrivée d’un enfant en bonne santé, le plus souvent un fils.

Lettres et réponses des morts

Celui qui écrivait recevait la réponse du défunt de diverses manières. Il pouvait entendre la voix du disparu en rêve,recevoir un message ou un « signe » au cours de la journée, consulter un devin ou encore voir son problème se résoudre soudainement. Les morts vivaient en compagnie des dieux, et ceux-ci, dont l’existence ne faisait aucun doute, ne voulaient que le bien des humains. Il n’y avait donc aucune raison de douter que la requête avait été entendue et qu’une réponse finirait par arriver.

Osiris, Seigneur de la Justice, conférait une autorité particulière aux âmes placées en sa présence, leur donnant plus d’influence que les vivants sur terre. Si cette croyance peut sembler étrange ou « archaïque » à un lecteur moderne, il faut rappeler qu’elle perdure encore aujourd’hui: dans de nombreuses traditions, on pense que les âmes des défunts, en particulier celles considérées comme saintes, dispose d’un accès privilégié au divin. David P. Silverman écrit:

Dans tous les cas, le défunt est pressé d’agir au nom de l’auteur, souvent contre des esprits malveillants qui ont affligé l’auteur ou sa famille. Ces requêtes se réfèrent fréquemment au tribunal de l’au-delà et au rôle du défunt en son sein: “Tu dois intenter un procès contre lui, puisque tu as des témoins à ta disposition dans cette même cité des morts.” Le principe est énoncé de façon concise sur un bol conservé au Louvre à Paris: “De même que tu étais quelqu’un d’excellent sur terre, tu es maintenant quelqu’un de respecté dans la nécropole.” Malgré cet aspect juridique, les lettres ne sont jamais protocolaires, mais varient en contenu et en longueur. (142)

Écrire à quelqu’un dans l’au-delà revenait donc à écrire à une personne demeurant dans une autre ville terrestre: il n’existait presque aucune différence entre les deux formes de correspondance. Ainsi, une lettre du IIᵉ siècle ap. J.-C. envoyée par une jeune femme nommée Sérapis à son père, suit le même modèle:

Sérapis à Ammonios, son père et seigneur, nombreuses salutations. Je prie constamment pour ton bien-être et je me prosterne en ton nom devant Philoteris. J’ai quitté Myos Hormos précipitamment après avoir accouché. Je n’ai rien emporté de Myos Hormos… Envoie-moi une petite coupe à boire et un petit oreiller pour ta fille. (Bagnall & Cribiore, 166)

On écrivait donc à un mort exactement comme à un vivant.

La seule différence entre cette lettre et celle d’un fils adressée à sa mère défunte (Première Période intermédiaire, 2181–2040 av. J.-C.) tient au contenu: Sérapis demande des objets matériels, tandis que le fils sollicite une intervention spirituelle. Il commence sa lettre de la même façon puis, au lieu d’énumérer des besoins matériels, formule sa requête d’aide. Il rappelle également à sa mère la piété filiale dont il avait fait preuve: « Tu disais à ton fils: “Apporte-moi des cailles pour que j’en mange”, et ton fils t’en apporta sept, et tu les mangeas » (Robins, 107). De telles lettres précisaient aussi que l’auteur n’avait pas « déformé les paroles d’une formule » au cours des rituels, élément essentiel pour que l’âme du défunt puisse continuer d’être honorée et à vivre paisiblement dans l’au-delà.

Une fois la lettre offerte, l’auteur n’avait plus qu’à attendre patiemment la réponse. S’il n’avait commis aucun péché et avait accompli les rituels comme il se devait, il pouvait s’attendre à une réponse favorable. Après avoir formulé leur requête, les auteurs promettaient souvent des offrandes en retour ou une conduite exemplaire. Gay Robins rapporte:

Dans une lettre adressée à une défunte datant de la Première Période Intermédiaire, un mari dit à sa femme: « Je n’ai jamais bafouillé un seul sort devant toi alors que je faisais en sorte que ton nom vive sur terre », et il promet de faire plus pour elle si elle le guérit de sa maladie: « J’offrirai pour toi des présents dès que la lumière du soleil se lèvera, et j’érigerai pour toi un autel. » Le frère de la femme sollicite lui aussi son aide et déclare: « Je n’ai pas bafouillé un seul sort devant toi; je n’ai retiré aucune offrande qui t’était destinée. (173)

Comme les morts conservaient leur personnalité dans l’autre monde, on leur écrivait en employant les mêmes formules qui avaient déjà fonctionné de leur vivant. Si l’on obtenait ce que l’on désirait par la menace, on y recourait de nouveau. Cependant, cela demeurait risqué, car cesser d’apporter des offrandes pouvait attirer la colère d’un esprit offensé. Des offrandes étaient régulièrement présentées aux dieux dans leurs sanctuaires et leurs temples, et l’on savait que les dieux les entendaient et y répondaient. On pensait donc que les morts faisaient de même. Mais le danger de telles menaces était clair: cesser d’apporter des offrandes exposait davantage à la colère d’un esprit offensé qu’à la faveur de voir sa requête exaucée. De même que les dieux réprouvaient l’impiété capricieuse de ceux qui retenaient leurs offrandes, les morts la condamnaient tout autant.

Conclusion

Toutes les civilisations anciennes élaborèrent leur propre conception de l’au-delà, mais celle de l’Égypte fut la plus achevée, et sans doute la plus idéale. L’égyptologue Jan Assmann souligne:

Le préjugé selon lequel la théologie serait une création exclusive des religions bibliques, voire chrétiennes, est sans fondement en ce qui concerne l’Égypte ancienne. Bien au contraire, la théologie égyptienne est bien plus élaborée que tout ce que l’on trouve dans la Bible. (2)

Les Égyptiens ne laissaient rien au hasard, comme en témoignent les prouesses techniques de leurs monuments et de leurs temples, toujours debout aujourd’hui, et cette rigueur s’appliquait autant à leur vision de l’éternité qu’à toute autre chose. Chaque acte de l’existence entraînait des conséquences, non seulement dans le présent, mais pour l’éternité. La vie terrestre n’était qu’une étape d’un voyage sans fin, et la conduite de chacun déterminait son avenir, à court comme à long terme. En mesurant ses actions à l’aune de l’harmonie universelle, de l’exemple des dieux et de l’ordre naturel, chacun pouvait entrevoir son destin dans l’au-delà.

Egyptian Pottery Soul House
Maison de l’âme, poterie égyptienne Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

La version égyptienne du récit conservée dans Setné II, quoique similaire, diffère profondément de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc. Dans Setné II, l’homme riche savait qu’il subirait un châtiment dans l’au-delà pour avoir manqué au principe de la maât. Le pauvre, quant à lui, ne s’attendait nullement à une récompense, ni a y avoir droit, simplement parce qu’il avait souffert: tous connaissaient la souffrance, et les dieux ne devaient rien à personne pour cela.

Dans le récit égyptien, l‘homme riche et le pauvre sont punis ou récompensés selon que leurs actes terrestres ont trahi ou honoré la maât. Les vivants pouvaient les envier ou les plaindre, mais chacun savait ce qui l’attendait après la mort. Dans la version christianisée du récit, ni l’homme riche ni Lazare n’ont conscience de leur sort à venir. Cette histoire aurait sans doute déconcerté un ancien Égyptien qui, s’il s’était posé la moindre question sur l’au-delà et sur ce qui l’y attendait, aurait tout simplement pris un calame pour écrire une lettre… et demander.

Traducteur

 
Andréa Laby

Étudiante en master de traduction multilingue spécialisée à l’Université de Lille, passionnée par les langues, les échanges culturels et les projets de traduction bénévoles de l’anglais vers le français.
 

Auteur

 
Joshua J. Mark

Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l’histoire, la philosophie, la littérature et l’écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ? 3 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ?

 

En tant que francs-maçons, nous nous trouvons souvent au carrefour de la tradition et de la modernité.

Un sujet pertinent dans nos loges et nos discussions est la notion d’inclusivité, notamment dans le contexte des tendances sociétales de 2024.

 

Aujourd’hui, nous examinons pourquoi la franc-maçonnerie doit défendre ses valeurs fondamentales et éviter à tout prix l’interprétation moderne de l’inclusivité et ses impacts potentiels sur notre estimée institution.

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ? dans Contribution

En tant que maçons, nous avons toujours cru et encouragé l’acceptation des hommes bons qui croient en un être suprême, en regardant au-delà de toutes les différences externes, en nous concentrant plutôt sur les qualités internes d’un homme.

Nos cérémonies et enseignements renforcent constamment cette pratique et nous incitent à nous unir sous des vertus et des valeurs communes en un seul corps : les francs-maçons.

L’introduction de toute notion d’inclusivité externe modifiera notre orientation, ce qui entraînera la création d’un fossé là où il n’en a jamais existé.

Ce changement non seulement contredit nos principes de longue date, mais redéfinit également la compréhension claire de ce que signifie réellement être franc-maçon.

Le concept d’inclusivité, bien que noble dans de nombreux contextes, pose un défi unique à la franc-maçonnerie.

Notre chemin est celui du perfectionnement personnel, du développement moral et des défis personnels rigoureux.

Être maçon, c’est avant tout un parcours personnel, de la pierre de taille brute à la pierre de taille parfaite. Pour transformer la pierre brute et informe en pierre parfaite, vous devez être sélectif. Sélectif de l’endroit où vous frappez la pierre, en supprimant le superflus.

La notion d’inclusivité conduit à faciliter ces chemins, ce qui dilue le voyage profond qu’entreprend chaque maçon. Supprimer sa valeur, supprimer son sens et supprimer son importance.

La dilution de la franc-maçonnerie nuit non seulement à l’expérience individuelle du maçon, mais affaiblit également potentiellement la force collective et l’unité de notre fraternité.

Ce qui distingue la franc-maçonnerie de toute autre philosophie, éducation, organisation ou institution humaine, c’est l’expérience transformatrice qu’elle offre aux maçons à mesure qu’ils gagnent grâce à leur progrès grâce au mérite.

Cette transformation est née de défis qui repoussent nos limites, nous permettant de grandir au-delà de ce que nous pensions autrefois possible.

Proposer un toast, apprendre une charge, être diacre, prendre ses fonctions, travailler avec des frères pour atteindre un objectif commun. Ce sont tous des défis qui nous mettent à rude épreuve, nous aident à apprendre et à grandir, faisant de nous de meilleurs hommes dans le processus.

En rendant la franc-maçonnerie « facile » ou trop accessible – « inclusive pour tous », nous supprimons cet aspect critique de notre parcours. La valeur, l’épanouissement et le sens du but découlant du fait de surmonter ces défis sont ce qui nous lie et donne un sens à nos vies maçonniques.

Ce sentiment de satisfaction lorsque vous livrez une charge que vous avez passé des mois à apprendre est inégalé et incomparable à la simple lecture d’un livre sans aucun effort.

La franc-maçonnerie n’a jamais consisté à faire de fortes déclarations d’inclusivité ou à adopter une tendance sociale après l’autre.Freemasonry has never been about loud statements of inclusivity or adopting one social trend after another.

Notre force a toujours résidé dans nos actions, notre intégrité en tant que maçons et l’impact que nous avons sur nos communautés.

En maintenant notre concentration sur les qualités internes et le parcours de transformation, nous continuons à défendre le véritable esprit de la franc-maçonnerie – un esprit qui est ressenti et vécu plutôt que simplement évoqué.

Nous n’avons pas besoin de dire que nous sommes inclusifs envers tous ceux qui partagent les mêmes convictions que nous. Cela ne fait que renforcer et mettre en évidence ces différences externes. La société et la politique de notre vie moderne veulent nous étiqueter avec chacune de nos différences. Ceux-ci nous divisent. La franc-maçonnerie nous unit tous par une seule identité.

En tant que francs-maçons, nous devons naviguer dans les marées changeantes des normes sociétales tout en nous accrochant fermement à nos principes fondamentaux.

Il est crucial que nous ne détournions jamais des yeux la promotion des qualités internes d’un homme, le maintien du parcours rigoureux de développement personnel qui nous définit et la possibilité pour nos actions de démontrer la véritable universalité de la franc-maçonnerie.

Nous existons depuis des temps immémoriaux, nous n’avons pas besoin d’adopter une nouvelle approche, mais plutôt de nous concentrer sur l’application des leçons du métier dans notre vie quotidienne. Cette approche garantit que notre fraternité reste forte, unie et fidèle à ses principes intemporels dans un monde en constante évolution, et qu’elle sera là pendant encore 1 000 ans en tant que franc-maçonnerie.

Merci mon F:. Robert pour ce partage

La franc-maçonnerie a-t-elle un avenir

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La franc-maçonnerie a vu ses effectifs diminuer aux États-Unis, où sa situation est préoccupante, ainsi qu’au Royaume-Uni, bien que dans une moindre mesure. En revanche, en France, les effectifs de la franc-maçonnerie ont triplé en trente ou quarante ans.

 
La franc-maçonnerie a-t-elle un avenir  dans Recherches & Reflexions de-24

Les crises économiques, les menaces de récession et les inquiétudes concernant la croissance ont fait disparaître l’optimisme des années 1970, où l’on croyait en une croissance infinie et un plein emploi durable. La protection sociale d’État s’est développée, mais a ses limites, ce qui a remis en avant les solidarités locales, familiales et associatives.

Les classes moyennes, qui étaient présentes dans les loges maçonniques, font face à une nouvelle précarité, ce qui affecte leur capacité à soutenir financièrement les œuvres de bienfaisance de la franc-maçonnerie. Cependant, la franc-maçonnerie se montre solidaire envers ses membres et pourrait être sollicitée de plus en plus pour jouer un rôle d’assurance mutuelle face aux difficultés économiques.

L’évolution sociale

Les  sociétés occidentales modernes, les « communautés naturelles » traditionnelles se sont dissoutes au profit de l’individualisme et de la quête de performance personnelle. Cependant, cela a également entraîné une désaffection pour la militance, les partis politiques et les Églises traditionnelles. La franc-maçonnerie a également vu ses effectifs diminuer au cours des dernières décennies, notamment dans les pays anglo-saxons, où elle était fortement institutionnalisée.

Émergence d’un nouveau tribalisme

Néanmoins, comme le montrent les travaux du sociologue Michel Maffesoli sur les nouvelles « tribus » de la société postmoderne. Maffesoli constate l’émergence d’un nouveau tribalisme, et la franc-maçonnerie pourrait être perçue comme une communauté idéale, offrant un réseau de réassurance matérielle et morale, ainsi qu’une appartenance signifiante dans un contexte où les grandes idéologies politiques et religieuses ont failli. La franc-maçonnerie pourrait ainsi continuer à prospérer en tant que communauté symbolique.

Un avenir prometteur ?

La franc-maçonnerie fait face à des défis importants, tant sur le plan économique que social. Cependant, elle pourrait trouver un nouvel élan en répondant aux besoins de solidarité de ses membres et en proposant une forme d’appartenance significative dans un monde en mutation. Les enjeux et les défis de la franc-maçonnerie sont donc nombreux, mais elle pourrait encore avoir un avenir prometteur à Londres comme à Paris.

Anaïs Lamarge

 

Source : Site Entreprendre – Publié le 15/01/2024 · Article de « La franc-maçonnerie a-t-elle un avenir ? » de Anaïs Lamarge

Protégé : Des lamentations stériles aux larmes d’argent – 4°- 2 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Perfection.... , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

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LE DOUTE

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

LE DOUTE

Le doute

Le doute

LE DOUTE.

Le doute entraverait la recherche de la Vérité ? C’est ce que pensent ceux qui n’ont pas eu le bonheur de connaître le doute. Ceux qui ne méditent pas, ne lèvent pas les yeux, ceux qui prennent les mots pour idées, ceux qui ne voient que l’extrémité de leur index. Ceux- là, ne connaissent pas la sagesse du silence qui précède le choix et l’action la plus juste possible.

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Le doute par François VH

La Foi maçonnique celle qui croit en l’homme perfectible, celle qui cherche obstinément dans l’homme plus sa beauté et sa bonté que ses errances dans les ténèbres du mal. Cette Foi, comme la Foi religieuse a ses nuits de doute, de ténèbres. Tous les grands mystiques, les grands initiés, ont été soumis à l’épreuve du doute. Jésus lui-même sur la croix a douté. L’épreuve du doute est nécessaire à l’approche de la Vérité. Par quel miracle serions-nous sûr de tout ? Ce sont nos certitudes, les certitudes qui enferment notre esprit, notre capacité de penser par nous-mêmes, empêchent notre maturité. Les certitudes rivent notre pensée. Celui qui n’a jamais tressailli d’émotion devant ses certitudes, a cloué son cœur pour l’empêcher de battre.

Le doute nous construit, nous mène vers la Vérité, il resserre nos vérités vers la Vérité. Le doute de tout temps a été le stimulant de la recherche de la Vérité. Socrate parcourant les rues d’Athènes sans fausse modestie disait : je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ! Je rajouterais c’est déjà beaucoup et une preuve de sagesse et d’humilité. Douter est le début du chemin vers la Connaissance. S’il est sincère et pas seulement animé d’une mauvaise curiosité, celui qui frappe à la porte du Temple, reconnaît qu’il est en plein de doute et recherche la lumière de la Vérité. Ceux qui n’errent pas, pour trouver leur voie, ceux qui ne demandent rien aux autres, sont aveuglés par leur vanité et leur égoïsme. Celui qui doute demande, celui qui doute cherche et il a toutes les chances d’apercevoir un jour s’il persévère un fragment de la Vérité, de vivre un instant de Vérité. Celui qui erre, est assoiffé de Vérité, le doute le libère l’empêche de sombrer dans l’ignorance et le fanatisme au lieu de vivre par l’esprit. Le doute est source de la Vérité. Ainsi par exemple l’errance du pèlerin chérubinique qu’Angelus Silésius illustre dans ses épigrammes, ou Farîd od-dîn’Attâr avec les distiques de son Cantique des Oiseaux, sont des moments, des pensées extatiques de l’âme, des approches de la Lumière, des frôlements de la Vérité. Dans ces moments l’Un et le multiple ne font qu’Un.

 dans Contribution

Le doute est donc au service de la Vérité, cette Vérité qui rend libre selon Jean (VIII, 31) (…) vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libre. Alors ne doutons pas de la valeur du Doute, n’ayons pas peur de douter.

 

Jean-François Guerry.

 

Ce sont tes yeux, hélas, qui sont fermés.

Entre dans le désir alors tu verras, que la porte n’est jamais fermée devant toi.

Attâr- Les sept vallées- distique 3355. Le Cantique des oiseaux- Traduction de Leilli Anvar. Éditions Diane de Seilliers.

 

Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le doute de Jésus sur la croix témoignage de son humanité

 

SOURCE  : http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2024/05/le-doute.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Livres … Novembre 6025 1 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Livres , ajouter un commentaire

Livres

Même ne sachant ni Lire, ni Écrire …

Ce mois ci j’ai épelé avec un grand plaisir, entr’autres :

Δ

le livre de FABRIZIO BAJEC

« DOMPTER LE LION »

 Dompter-le-lion-Un-zen-sauvage

Δ

le livre 

 » HISTORIA OCCULTE  »

historiaocculten16

Δ

le livre de THIERRY ROUSSEAU DE SAINT-AGNAN

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le livre de FABRICE DEVOS

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