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Protégé : L’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition – 4°- 18 avril, 2021

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Protégé : Une approche de la gnose – 2°- 17 avril, 2021

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Protégé : L’escalier qui ne mène nul part ! – 3°- 16 avril, 2021

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Protégé : LE QUATRIÈME PILIER – 1°- 15 avril, 2021

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L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage 14 avril, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage

 

Voici l’un de mes thèmes préférés, le décodage du symbolisme, car tout dans le monde fonctionne par symboles. La difficulté est de relier les points. Richard Cassaro nous parle cette fois du logo traditionnel des franc-maçons.

L’équerre et le compas maçonniques décodés

Le symbole de l’équerre et du compas franc-maçon est un mystère pour les médias, les spécialistes, les historiens et même pour les franc-maçons. Personne ne sait d’où il vient ou ce qu’il signifie. Nous allons voir comment ce symbole détient un sens ancien, mystique et magique qui peut  »éclairer » les initiés.

L'Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage dans Contribution 1
 
L’équerre et le compas franc-maçons avec un  »G » au milieu, chapeautés de l’oeil de l’esprit (3ème œil) dans un triangle.
 

La plupart des franc-maçons, si on leur demande le sens de leur logo, déclarent :

 »Ce sont deux …outils d’architecte …pour enseigner des leçons symboliques… »

—Wikipédia

(Voir aussi cet article assez confus sur la signification du logo, NdT)

Pourtant, le logo de l’équerre et du compas a une signification qui va beaucoup plus loin que les simples leçons enseignées. Remarquez comme le compas en tant qu’outil présente à son sommet une forme  »en cercle » :

2 dans Recherches & ReflexionsL’équerre en tant qu’outil montre en bas une forme  »carrée » :
 
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Une fois réunis, comme dans le logo des franc-maçons, les outils compas et équerre forment un carré et un cercle :
 
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La forme carré et cercle est rapportée dans le 47ème problème d’Euclide, la  »quadrature du cercle », qu’on dit être le but principal de la réalisation maçonnique.

La quadrature du cercle, pourtant, ne se réfère pas dans ce cas à un problème mathématique : c’est une référence spirituelle à la quête instinctive de l’homme pour harmoniser ses natures physique et spirituelle.
Depuis l’antiquité, le carré a représenté le corps physique. Le cercle, d’un autre côté, a toujours représenté l’esprit.
L’équerre et le compas symbolisent donc la condition de l’Homme en tant qu’éternel esprit se manifestant dans un corps transitoire. Le cercle est notre côté spirituel qu’on ne peut voir, entendre, toucher, palper ou sentir. C’est notre Soi réel, inné et parfait, la partie que nous sentons en fermant les yeux et en pensant  »moi ».

 »Généralement, pour la poésie de la Renaissance, le cercle était un symbole de perfection et … un symbole de l’esprit humain. »—J. Douglas Canfield, Université d’Arizona

Les compas, sont cependant entourés d’une équerre ; notre cercle est entouré par notre corps. Réfléchissez ici au carré à quatre côtés et à la manière dont nous expérimentons les  »quatre » dans la Nature :

  • Les quatre points cardinaux (nord, sud, est, ouest)
  • Les quatre saisons (hiver, printemps, été, automne)
  • Les quatre éléments (terre, air, eau, feu)
  • Les quatre états de la matière (solide, liquide, gazeux, plasma)

Quatre représente le corps physique imparfait, ainsi que les désirs primaires et les appétits charnels qui alourdissent le corps. La vie humaine est vulnérable et temporaire, en saisissant contraste avec l’esprit invulnérable et permanent.

 »Il y a un signe qui n’a jamais changé de signification dans le monde civilisé – le compas et l’équerre. Un signe d’union entre le corps et l’esprit. »

Deman Wagstaff, La norme maçonnique (1922)


 »… Les compas représentent … le côté spirituel de l’homme, alors que l’équerre appartient au monde matériel … l’équerre représente la matière. Dans le cas des compas … ils représentent … le Spirituel. »

J. S. Ward, Interprétation de nos symboles maçonniques

 »Un homme est un dieu en ruine »Emerson

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 Ci-dessus : William Rimmer, Le Soir, Tombée du Jour (1869).
C’est une représentation ésotérique de ce qui est arrivé à chacun d’entre nous quand le  »dieu intérieur » s’est incarné en tant qu’Homme.

Nous sommes des anges déchus, des étincelles du divin vivant maintenant dans le monde matériel, comme l’illustre merveilleusement la peinture de William Rimmer.

Nous avons tous chuté et sommes descendus dans la matière, qui est le monde matériel dans lequel nous vivons maintenant. Les deux outils équerre et compas symbolisent la  »double nature » de l’Homme après la Chute :

 »Le compas, en tant que symbole des cieux, représente la partie spirituelle de cette double nature de l’Humanité … et l’équerre, en tant que symbole de la Terre, sa partie matérielle, sensuelle, la plus basique. »

—Albert Pike, Morales & Dogme

Il est intéressant de voir que de nombreux érudits et philosophes ont remarqué ce type de symbolisme. Les philosophes grecs ont compris ce concept et sont même allés jusqu’à dire que l’esprit est  »emprisonné » dans le corps, parce qu’on doit prendre soin du corps et constamment :

  • Respirer
  • Manger
  • Boire
  • Maintenir une température constante
  • Combattre les maladies

Le corps ne peut subsister pour toujours et sera finalement détruit par la mort, ce qui libérera à nouveau l’esprit.
L’esprit, bien que piégé dans le corps humain, notre condition actuelle, est loin d’être impuissant. Parce qu’il est éternel, l’esprit arrive complet avec ses propres pouvoirs inhérents – pouvoirs qui peuvent être redécouverts et entraînés ici dans le monde matériel.
Bien qu’ayant chuté, l’esprit n’a jamais perdu ces pouvoirs ; ils ont été simplement  »revêtus » d’un corps, les rendant méconnaissables.
La maçonnerie existe non seulement pour révéler à l’Homme la présence de son esprit inné, mais pour l’aider à redécouvrir ses pouvoirs les plus élevés, pouvoirs recouverts par le corps même qu’il habite.

L’homme de Vitruve

 

Reconnaître ces pouvoirs intérieurs est la clé de la quadrature du cercle, ou le devenir d’un dieu vivant sur terre en tant que mortel plutôt qu’un mortel s’efforçant de devenir un dieu. Cette idée est ce que les anciens appelaient l’Homme de Vitruve :
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L’homme de Vitruve du mondialement connu Léonard de Vinci (1487)
 

Notez la manière dont de Vinci dessine l’Homme de Vitruve à l’intérieur d’un cercle dans un carré : il a compris les implications de la doctrine maçonnique.

De Vinci n’était pas juste le célèbre artiste qui a créé l’homme de Vitruve, ni le seul à l’associer au cercle et au carré :
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L’Homme de Vitruve vit en parfait état d’équilibre, appréciant une vie bien intentionnée, ésotérique, stable, capable d’abondance. Le cercle est son esprit éternel. Le carré est son corps transitoire. Il sait cela ; il est illuminé de sa  »gnose » (connaissance).
Les grands franc-maçons des ères passées étaient des Hommes de Vitruve, comme Washington et Franklin. C’est parce qu’ils avaient compris la franc-maçonnerie, à la différence des franc-maçons modernes qui ont perdu la profondeur et le symbolisme de leur tradition.
Remarquez le très grand cercle derrière Washington :

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 L’apothéose de Washington est une pièce maîtresse d’art qui se voit à l’intérieur du dôme du Capitole américain à Washington D.C.
 

Cette apothéose n’est pas  »un homme devenant un dieu » ou  »Washington devenant un dieu ». C’est une mauvaise interprétation criticable. C’est plus comme  »un homme réalisant qu’il est déjà un dieu », un esprit se manifestant en tant que corps – ou en termes symboliques, un cercle entouré d’un carré.
Cette pensée hérétique de la franc-maçonnerie est très différente du christianisme dominant, qui explique pourquoi les franc-maçons étaient historiquement une société secrète.
Toute cette sagesse Équerre et Compas est basée sur une antique sagesse, et pas seulement sur une ancienne culture. Les égyptiens et les chinois, deux antiques cultures dont les spécialistes pensent qu’ils n’ont jamais été en contact, utilisaient toutes deux le symbole du cercle pour indiquer  »l’esprit intérieur ».

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Le glyphe égyptien Aton est formé d’un cercle avec un point au centre. À droite, le symbole de l’ancienne Chine du Yin Yang est un cercle avec le symbole de poissons jumeaux à l’intérieur.
 

Le Tai Chi est le Soi éternel. Le Soi fait germer des paires d’opposés durant la manifestation – les symboles des deux poissons jumeaux, l’un noir et l’autre blanc.
L’Aton égyptien est également le Soi éternel. Il était souvent dessiné en tant que disque ailé, deux serpents et des ailes.
Le Tai Chi et Aton symbolisent tous deux notre esprit intérieur ou cercle intérieur parfait. Les deux symboles apparaissent souvent au-dessus des entrées principales de temples et d’importants édifices religieux dans l’ancienne Égypte :

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Ils symbolisent l’esprit parfait, éternel, un état que chaque être humain doit réaliser (l’état de Bouddha, de Christ).

 »Pour les égyptiens, le sens de la vie était de reconnaître que nous ne sommes pas le corps physique qui s’incarne dans le monde de la matière, mais un point d’esprit silencieux dans le corps qui est toujours antérieur au corps et survit à la mort du corps.

 »Le cercle … représente l’état omniscient de l’esprit quand il a atteint la pleine conscience, est libéré et vit en dehors de la matière. »

—Thomas Wilson, Svastika, le symbole connu le plus ancien et sa migration

Cette idée est traduite dans la façade des cathédrales gothiques – la rosace au centre, qui symbolise l’esprit intérieur parfaitement circulaire.

 »La rosace est … une représentation de perfection, d’équilibre et d’harmonie de l’esprit purifié »

—Michael S. Rose

Notez comment dans la rosace le carré et le cercle sont mêlés, la quadrature du cercle, but de tout franc-maçon :

Ci-dessous: vue extérieure de la rosace sud de Notre Dame de Paris
rosace+sud
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Extérieur de la rosace ouest, sculptée au 12ème siècle
 
11bis
  Détail de la façade gothique de la cathédrale d’Orvieto, la rosace.
 

Les bâtiments franc-maçons sont des structures sacrées d’initiation, encodées de schémas intriqués et d’art qui parlent de quadrature du cercle ; ils sont lourdement chargés de langage symbolique que les érudits doivent toujours décoder.
Ce ne sont pas uniquement les cathédrales gothiques. Nous voyons dans tous les édifices maçonniques l’interaction de carrés et de cercles. C’est un thème constant, la lumière (notre esprit) spirituelle/divine se manifestant dans le monde physique/matériel (notre corps).

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Ces photos montrant les symboles maçonniques du carré et du cercle entrelacés ont été prises à l’intérieur de Reid Hall, un château franc-maçon construit en 1864 et qui abrite aujourd’hui le Collège Manhattanville à Purchase, New York. 
 

Il n’y a pas que des carrés et des cercles. Ce sont des carrés et des cercles en équilibre, unis en un rythme harmonieux, une réunion des opposés.

En conclusion
 
Cet article a donc mis à nu le secret égaré de la franc-maçonnerie : l’homme est à la fois une Équerre (corps) et un Compas (esprit). Ce secret, doctrine commune autrefois dans les anciennes cultures païennes, devait être gardé secret et caché à la Sainte Inquisition par peur de représailles.
 
Sa sagesse enseigne la doctrine interdite que chacun de nous ici-bas est un  »dieu » emballé dans la matière, un esprit à l’intérieur d’un corps. Nous pouvons voir clairement notre corps, mais le Compas nous enseigne sur la partie que nous ne pouvons pas voir, l’esprit. C’est l’idée totale d’une l’initiation dans la sagesse sacrée disparue.

SOURCE

Traduit par Hélios

par Hélios Libellés :
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/05/lequerre-et-le-compas-de-la-franc.html

le nombre Neuf – 9

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Symbolisme et chiffre : le nombre Neuf – 9

neuf

Dans les écrits homériques, le nombre neuf à une valeur rituelle. Déméter parcourt le monde pendant neuf jours à la recherche de sa fille Perséphone ; Letô souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l’enfantement ; les neuf Muses sont nées de Zeus, lors de neuf nuits d’amour. Neuf semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses et symbolise le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création.

Clio-Thalie-Erato-Euterpe-Polhymnie-Calliope-Terpsichore-Uranie-Melpomène

Les Anges, selon le Pseudo- Denys l’Aéropagite, sont hiérarchisés en neuf chœurs, ou trois triade : la perfection de la perfection, l’ordre dans l’ordre, l’unité dans l’unité.

Chaque monde st symbolisé par un triangle, un chiffre ternaire : le ciel, la terre, les enfers. Neuf est la totalité des trois mondes.

Neuf est un des nombres de la sphère céleste. Il est encore, symétriquement, celui des cercles infernaux. C’est la raison des neuf nœuds du bambou taoïste, des neuf (ou des sept) encoches du bouleau axial sibérien. C’est la raison aussi des neuf degré du trône impérial chinois, et des neufs portes qui le séparent du monde extérieur, car le microcosme est à l’image du Ciel. Aux neuf Cieux s’opposent les neuf Sources, qui sont le séjour des morts.

Les cieux bouddhiques sont neuf également, mais, selon Houai-nan tseu, le ciel chinois a neuf plaines et 9999 coins.

Le nombre neuf est à la base de la plupart des cérémonies taoïstes du temps des Han.

Neuf est le nombre de la plénitude : 9 est le nombre du yang. C’est pourquoi les chaudrons de Yu sont neuf et- pourquoi le cinabre alchimique ne devient potable qu’à la neuvième transmutation.

Neuf est aussi la mesure de l’espace chinois : nombre carré du lo-cho, nombre des régions dont les neufs pasteurs apportèrent le métal pour la fonte des neufs chaudrons. Ultérieurement la Chine comptait 18 provinces, soit deux fois neuf ; mais selon Sseuma ts’ien , elle occupait 1/81 du monde. Dans le mythe de Houang-ti, Tch’eyeou n’est pas un, mais 81 (ou 72), ce qui exprime la totalité d’une confrérie. Et ce n’est pas par hasard si le Tao-te king compte 81 chapitres (9×9).

Si neuf est chez Dante comme partout ailleurs le nombre du Ciel, il est aussi celui de Béatrice, laquelle est elle-même un symbole de l’Amour. (Marcel Granet, la pensée chinoise, Paris, 1934 – René Guénon, l’ésotérisme de Dante, Paris, 1925).

Selon l’ésotérisme islamique, descendre neuf marches sans chute signifie avoir dompté les neuf sens. C’est également le nombre qui, correspondant aux neuf ouvertures de l’homme, symbolise pour lui les voies de communication avec le monde.

Chez les Aztèques, le roi Tecoco, Nezahualcoyotl, construisit un temple de neuf étages, comme les neuf cieux, ou les neuf étapes que devait parcourir l’âme pour gagner le repos éternel. Il était dédié au Dieu inconnu et créateur de toutes choses, celui du voisinage immédiat, celui par qui nous vivons. (Mythologies des Montagnes, des Forêts et des Iles, (p.187) sous la direction de P. Grimal, Paris, 1963).

Dans la mythologie mezo-américaine, le chiffre neuf symbolise les neuf cieux, sur lesquels gravite le soleil. D’autre part, neuf est également le chiffre sacré de la déesse lune : dans la glyptique maya, Bolon Tiku, Déesse Neuf, est la déesse de la pleine lune. (Raphaël Girard, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, (p.309) Paris, 1954).

Neuf, pour les aztèques, est spécifiquement le chiffre symbolique des choses terrestres et nocturnes ; l’enfer est fait de neuf plaines et le panthéon aztèque compte neuf divinités nocturnes, gouvernées par le dieu des enfers, qui se situe, dans leur liste, au cinquième rang, donc au milieu des huit autres.. Dans la plupart des cosmogonies indiennes, il existe également neuf mondes souterrains. Chez les Mayas, le nombre neuf, considéré au contraire comme faste, est particulièrement important en magie et en médecine (Eric S. Thompson J., Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouvelle édition, 1960).

La divinité du 9° jour est le serpent, qui commande aussi le treizième jour. Mais dans la croyance populaire aztèque, neuf, étant lié aux divinités de la nuit, de l’enfer et de la mort, est un nombre redouté.

Le nombre neuf joue un rôle éminent, tant dans la mythologie que dans les rites chamaniques des peuples turco-mongols. A la division du ciel en neuf couches s’associe souvent la croyance aux neuf fils ou serviteurs de Dieu qui, selon Gonzarov correspondraient à neuf étoiles adorées par les Mongols, les Tchouvaches de la Volga, qui classent leurs dieux par groupes de neuf, observant des rites sacrificiels, comprenant souvent neuf sacrificateurs, neuf victimes, neuf coupes, etc. Les Tchérémisses païens offrent au Dieu du Ciel neuf pains et neuf coupes d’hydromel. Les Yakoutes placent également neuf coupes sur leurs autels de sacrifice ; à titre de comparaisons mentionnons que, selon Masmoudi, les Sabéens Syriens organisèrent leur clergé d’après les neuf cercles célestes (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduit de l’allemand par Jean-Louis Perret, (p.117-118) Paris, 1959).

Selon René Allendy (Dr.René Allendy, Le Symbolisme des Nombres, (p.256, s.) Paris, 1948) le nombre neuf apparaît comme le nombre complet de l’analyse totale. Il est le symbole de la multiplicité faisant retour à l’unité et, par extension, celui de la solidarité cosmique et de la rédemption.

Tout nombre, quel qu’il soit, dit Avicenne, n’est autre que le nombre neuf ou son multiple, plus un excédent, car les signes des nombres n’ont que neuf caractères et valeurs avec le zéro.

Les Egyptiens nommaient le nombre neuf la Montagne du Soleil : la grande neuvaine était faite de l’évolution dans les trois mondes, divin, naturel et intellectuel, de l’archétype trinitaire Osiris-Isis-Horus, représentant l’Essence, la Substance et la Vie.

Pour les platoniciens d’Alexandrie, la Trinité divine primordiale se subdivisait également par trois, formant les neuf principes. C’est volontairement, ajoute Allendy, que l’architecture chrétienne a cherché à exprimer le nombre neuf : ainsi le sanctuaire de Paray-le-Monial est-il éclairé par neuf fenêtres.

On retrouve neuf principes universels dans les enseignements de la plus ancienne secte philosophique de l’Inde, les Vaïses-hica.

L’initiation orphique aurait de même admis trois ternaires de principes, le premier comprenait la Nuit, le Ciel, le Temps ; le second, l’Ether, la Lumière, les Astres ; le troisième, le Soleil, la Lune, la Nature ; ces principes constituaient les neuf aspects symboliques de l’Univers. Le nombre neuf, dit Parménide, concerne les choses absolues.

Les neuf muses représentent, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.

Liturgiquement, la neuvaine représente l’achèvement, le temps complet. Elle existait dans le culte mazdéen, on le retrouve dans le Zend-Advesta, où de nombreux rites purificatoires sont formés d’une triple répétition ternaire : ainsi les vêtements d’un mort doivent être lavés neuf fois dont trois fois avec de l’urine, trois fois avec de la terre et trois fois avec de l’eau. Cette triple répétition ternaire se retrouve dans de nombreux rites de magie et de sorcellerie.

Trois étant le nombre novateur, son carré représente l’universalité. Il est significatif que tant de contes, de toute origine, expriment l’infini, le surnombre, par la répétition du neuf, tels les 999.999 Fravashis des anciens Iraniens : ils gardaient la semence de Zoroastre, dont devaient naître tous les prophètes.

L’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, image du retour du multiple à l’Un, et donc de l’Unicité primordiale et finale, est graphiquement apparenté à la reproduction du nombre neuf

Dans de multiples alphabets : tibétain, persan, hiératique, arménien, égyptien, etc.

Mystiquement cette acception du neuf l’apparente au Hak des Soufis, suprême étape de la Voie, béatitude conduisant au fana : l’annihilation de l’individu dans la totalité retrouvée ; ou, comme dit Allendy, la perte de la personnalité dans l’amour universel.

La tradition indienne précise cette acception rédemptrice du symbole Neuf, avec les neuf incarnations successives de Vishnu, qui, chaque fois, se sacrifie au salut des hommes. De même, selon les Evangiles, Jésus crucifié à la troisième heure, commence son agonie à la sixième heure (crépuscule) et expire à la neuvième.

Louis-Claude de Saint-Martin voyait dans le neuf, l’anéantissement de tout corps et de la vertu de tout corps

Les Francs-Maçons, conclue Allendy, en ont fait le nombre éternel de l’immortalité humaine et neuf maître retrouvèrent le corps et le tombeau d’Hiram. Suivant la symbolique maçonnique le nombre 9 représente aussi, dans son graphisme, une germination vers le bas, donc matérielle ; tandis que le chiffre 6 représente au contraire une germination vers le haut, donc spirituelle. Ces deux nombres sont le début d’une spirale. Dans l’ordre humain, le nombre neuf est (en effet) celui des mots nécessaires à l’achèvement du fœtus, qui est néanmoins complètement formé dès le septième mois. (On peut observer aussi que le nombre 6 est celui de l’achèvement de la création, qui culmine le sixième jour avec l’apparition de l’homme). (Jules Boucher, La symbolique maçonnique, 2ème édition, (p.227), Paris 1953).

Le nombre neuf intervient fréquemment dans l’image du monde décrite dans la Théogonie d’Hésiode. Neuf jours et neuf nuits sont la mesure du temps qui sépare le ciel de la terre et celle-ci de l’enfer : une enclume d’airain tomberait du ciel durant neuf jours et neufs nuits, avant d’atteindre le dixième jour, à la terre ; et, de même, une enclume d’airain tomberait de la terre durant neuf jours et neuf nuits, avant d’atteindre, le dixième jour, au Tartare (Hésiode, Théogonie, les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par Paul. Mazon, (v.720-725), Paris, 1928). De même la punition des dieux parjures consiste-t-elle à demeurer neuf années pleines loin de l’Olympe, où siège le conseil et se tient le banquet des divinités (ibid.60-61).

Neuf, étant le dernier de la série des chiffres, annonce à la fois une fin et un recommencement, c’est-à-dire une transposition sur un nouveau plan. On retrouverait ici l’idée de nouvelle naissance et de germination, en même temps que celle de mort ; idées dont a été signalée l’existence dans plusieurs cultures à propos des valeurs symboliques se ce nombre. Dernier des nombres de l’univers manifesté. Il ouvre la phase des transmutations. Il exprime la fin d’un cycle, l’achèvement d’une course, la fermeture de la boucle.

C’est en ce sens que l’on peut interpréter le titre et la répartition de l’œuvre de Plotin, tels qu’ils furent transmis par ses disciples, et notamment par Porphyre, sous une influence pythagoricienne : Ennéades (ensemble de neuf). C’est un ensemble de 54 petits traités, assez arbitrairement découpés, mais correspondant au produit de 6×9 ; deux nombres qui sont chacun multiples de trois et renforcent la symbolique du trois. Porphyre s’en émerveille : j’eus la joie de trouver le produit du nombre parfait six par le nombre neuf. Cette structure numérologique tend à symboliser la vision totale, cosmique, humaine, théologique, depuis l’origine jusqu’à l’eschatologie du monde, que représente l’enseignement du maître. Après l’émanation de l’Un et le retour à l’Un, la boucle de l’univers s’achève. Les Ennéades constituent par leur seul titre, le manifeste global d’une école et d’une vision du monde.

*

En plus des Sources multiples citées, il convient de noter :

Dictionnaire des Symboles – Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres. – Par Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, édité chez Robert Laffont / Jupiter dans la collection Bouquins

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Les deux piliers du temple de Salomon: Jakin et Boaz(1ère et 2ème Partie)

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Franc-maçonnerie  – Rituels, secrets et fantasmes | Faut pas croire

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Protégé : ÊTRE FRANC MAÇON OU NE PLUS L’ETRE…. – 3°- 13 avril, 2021

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Protégé : Qu’est-ce que la gnose ? Définition et différence avec le gnosticisme. Quelle est l’origine de la gnose ? Qu’est-ce que la gnose maçonnique ? – 2°- 12 avril, 2021

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