Laisser la vie te transformer – Taoïsme 12 décembre, 2025
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Digression … SYMBOLES et MYSTÈRES de l’ÉGYPTE ANTIQUE 16 novembre, 2025
Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaire13 Novembre 2015 – Paris 13 novembre, 2025
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11 Novembre 11 novembre, 2025
Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaireLIVRES … OCTOBRE 6025 1 novembre, 2025
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Même ne sachant ni Lire, ni Écrire …
Ce mois ci j’ai épelé avec un grand plaisir, entr’autres :
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le livre de THIERRY DIDIER
« LA TABLE D’ÉMERAUDE »
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le livre de PHILIPPE LIENARD
» LE PREMIER ORDRE DE L’HUMANITÉ »
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le livre de FREDERIC PANSON-MEILHAC
« L’INACCESSIBLE ÉTOILE – DU PROFANE AU FRANC-MAÇON »
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le livre de STEPHEN MEYER
« LE RETOUR DE L’HYPOTHÈSE DIEU »
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Chris
OCTOBRE 6025
Du règne minéral : Par Thierry Didier 4 septembre, 2025
Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaireDu règne minéral : Par Thierry Didier
Ce thème sur le monde minéral qui traverse le parcours initiatique et alchimique du Rite Écossais Ancien Accepté, fait surgir l’importance de la pierre brute, taillée, polie, burinée, travaillée, et sur sa quintessence, du Cabinet de réflexion au nec plus ultra de l’initiation.
Une incitation à penser ou repenser notre parcours sur ce chemin parsemé de pierres et de métaux. De notre rencontre avec le mythe de l’architecte légendaire qualifié de Maître dans l’art des métaux.
Dans cette riche réflexion, l’on devine la qualité de scientifique de l’auteur.
Le jeune initié comme tous ceux qui sont plus instruits dans l’art Royal découvriront l’importance souvent mal estimée ou occultée du monde minéral.
Bonne lecture.
Jean-François Guerry.
Du règne minéral
La science a coutume de définir l’organisme vivant à partir d’un critère simple : la capacité à se reproduire, et donc à se rendre pérenne par la descendance.
C’est pourquoi la limite inférieure que ladite science fixe à ce statut de vivant est celui de la bactérie, organisme monocellulaire apte par lui-même à subsister et se perpétuer.
C’est également pourquoi le virus, qui a besoin de la cellule infectée pour se reproduire, n’est pas classé dans la biologie au sens propre, c’est-à-dire la science du vivant. La postérité, qui découle de la vie organique, est un incontournable de l’existence, mais peut donner lieu, du fait d’un individualisme fort compréhensible, à une prise en compte exagérée du présent, qui ferait la part belle à la créature plutôt qu’au « créateur », au diktat de la contemporanéité plutôt qu’au doux souvenir d’un passé fondateur.
Tout ceci au détriment d’un lignage, d’une généalogie certes moins prégnants au quotidien que l’immédiateté d’une démarche ou d’une opinion. Cette attitude est tout à fait acceptable, simplement faut-il en tenir compte et évaluer, pour un initié, par quel biais nous pourrions aussi mettre en place un environnement dans lequel la vie, habitée par 3 règnes, végétal, animal et humain, laisserait parfois parler son origine, son induction divine. Cet endroit privilégié pourrait peut-être, par défaut, être le monde minéral : nous allons nous en expliquer. Relisons l’origine de la vie du point de vue biblique.
La Genèse nous dit :
06 Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux.
07 Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous et les eaux qui sont au- dessus. Et ce fut ainsi.08 Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.09
Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. Et ce fut ainsi ».
Ces quelques versets précèdent l’apparition génésiaque des végétaux, des animaux et des humains.
Le règne minéral n’est pas à proprement parler présent dans la Genèse, tout au plus nous apporte-t-elle symboliquement une nuance avec les eaux du 6ème verset et suivants, qui apparaissent comme une sorte de potentialité scindée, c’est-à-dire identifiée, par le firmament en « eaux au-dessous du ciel » et en « terre ferme ». Ces occurrences issues des eaux primordiales sont trop floues pour pouvoir s’affirmer porteuses d’une désignation minérale précise. Ce seront en fait les humains, alchimistes, franc-maçons et autres initiés qui mettront en évidence, a posteriori, le règne minéral à une place qui est la sienne, ambigüe s’il en est, et qui manifeste tout ce que la vie n’anime pas directement.
Cette « confession par défaut » rejoint le principe de ce que l’on appelle la théologie négative.
Cette dernière fonctionne à la façon du levier, qui peut soulever des montagnes en prenant un appui générant une force négative, bien plus importante qu’une force qui serait directement rattachée à notre force positive.
D’après Charles Wackenheim. « La théologie négative (ou apophatique) met en évidence l’inadéquation foncière de nos représentations et de nos énoncés par rapport à la mystérieuse altérité de Dieu ».
Le règne minéral fait partie de cette inadéquation supposée qui nous permettra de confronter cette « mystérieuse altérité de Dieu » au vécu ordinaire.
La théologie négative est appelée aussi apophatique : ce mot dérive étymologiquement du grec Apophatis, qui signifie à la fois déclaration et négation : ces 2 phases correspondent symboliquement aux 2 forces qui régissent l’action du levier : la poussée « déclarative , ostensible » symbolisant la vie organique et s’identifiant à la force descendante exercée sur le levier, et la force « négative », « en retour », symbolisant tout ce qui est inanimé, répondant à ce que Wackenheim appela la « stratégie de l’écart ».
Cette stratégie fut transposée chez Freud, qui voit l’homme comme nécessairement névrosé, par l’écart qui peut exister en lui entre foi et concept, entre langage discursif et langage symbolique, entre parole et silence, entre expérience subjective et fait objectif.
Et donc écart ici entre ce que la science considère comme vivant, et ce à quoi elle se réfère concernant le monde minéral et son caractère passif, statique et inertiel qui peut apparaître en négation de l’ostensibilité de la vie.
Cette stratégie de l’écart permet de préciser, d’amplifier, générer, et d’individuer un monde ou un principe, tel le règne minéral, en se contentant de modifier tout ce qui l’entoure.
Ainsi que reste-t-il du monde une fois écartés les 3 règnes végétal, animal et humain ?
Le règne minéral. À cet égard, le monde minéral occupe toujours une place particulière dans les processus initiatiques. Fondamentalement, déclaration et négation déjà évoquées plus tôt permettent d’induire des raisonnements puissants, qui nous permettent d’aller au-delà de la simple évidence physique, et d’envisager une réalité qui sera d’autant plus puissante qu’on ne se sera interdit aucune possibilité.
La prise en compte du minéral est de ce tonneau, et devient, sans pour autant dominer le monde, incontournable lorsqu’on se penche sur les liens de l’Homme avec la Nature, c’est-à- dire sur l’art initiatique.
La franc-maçonnerie, par exemple, est basée d’abord et avant tout sur une construction intérieure, mimétique à celle d’un édifice.
Les outils symboliques en sont les supplétifs, le matériau étant intuitivement perçu comme essentiellement minéral : la pierre, brute ou cubique, symbole de potentialité et de progressivité humaine, mais aussi le goudron, qui assurera, dans l’Ancien Testament, l’étanchéité de l’Arche de Noé, ou la glaise, d’où provient Adam, et qui participa à la construction de la Tour d’Achizar, au 10ème degré du REAA, et de la tour de Babel dans la Genèse.
Le fait d’incorporer dans le vivant le règne minéral s’entend philosophiquement si l’on considère que tout ce qui est immanent à notre existence est fait du même bois que nous-mêmes.
Or le règne minéral est bien présent devant nos yeux, au même titre qu’un végétal, un animal ou un autre humain, justifiant sa place dans la Nature. Je ne dis pas que le minéral peut être placé à égalité avec les 3 autres règnes, mais simplement qu’un travail symbolique accompli se doit d’intégrer, au niveau qui est le sien, ledit minéral.
En affirmant cette occurrence, je ne me pose pas en ésotériste fumeux, mais en utilisateur rationnel de tout ce qui est mis à ma disposition en tant que cherchant. L’alchimie reprend d’ailleurs cette conception minérale au travers des métaux, travaillés depuis le plomb jusqu’à l’or, introduisant ici subtilement l’idée d’une maturation de l’initié, illustrée par une échelle de valeurs depuis le plus vil (le plomb) vers le plus noble (l’or).
En fait, c’est moins ici l’aspect moral qui entre en jeu, que la maturation progressive de l’initié dont l’état primaire est porté symboliquement par le plomb, et l’état final, celui de maturité totale et de sagesse, porté symboliquement par l’or. L’alchimie, procède même d’une subtilité supplémentaire , dont l’occurrence est bien illustrée par ces 2 voies concomitantes que sont ésotérisme et exotérisme :
l’exotérisme alchimique correspond bien à cette vision simpliste qui satisfait le vulgus , là où l’initié plus abouti aura bien compris que le plomb, par exemple, n’est pas que lourdeur et archaïsme , mais symbole également d’une potentialité, d’une omniscience et d’une omnipotence toute entières contenues dans ce métal gris et mat, là où l’or brille de mille feux , ne symbolisant qu’une fraction infime du terreau fondateur.
Autre métaphore minérale, la Pierre Philosophale, qui représente en alchimie la quintessence de ce que l’initié peut devenir, porte cet avantage sémantique de conserver dans son acception tout ce qui fait sa substance, à savoir le substantif « pierre ».
Seule l’épithète associée témoignera de son évolution : de brute à équarrie, d’équarrie à cubique, de cubique à philosophale. La force de cette épithète, « philosophale », sera d’abord qu’elle s’apparentera, sans s’y fondre, à la philosophie, qui demeure l’exercice d’une matière, là où le statut « philosophal » traduit plutôt un état acquis, une conformation qui modèle, tout en l’accompagnant, ladite pierre. On ne parlera jamais, par exemple, car ça serait un contre-sens, d’or philosophal, qui nous amènerait alors à une forme de redondance, de pléonasme stérile.
Si l’alchimie considéra le règne minéral comme opératif, c’est avant tout parce que l’alchimiste avait la conviction, au moins inconsciente, que ses expériences redondantes furent le siège d’une mise en abyme d’interactions entre sa psyché et la réalité expérimentale, nécessitant un milieu particulier, isolé des évènements du quotidien.
La notion de minéral sous-entend intuitivement, dans l’imaginaire collectif, celle d’un immobilisme, d’une forme de statisme fort à propos lorsqu’il s’agira, pour le préserver, d’isoler un mouvement de la vie : par exemple la cornue de verre, ou le creuset de terre cuite de l’alchimiste protégeait la réaction chimique en son sein.
L’espace sacré est aussi une façon inertielle de préserver la tenue maçonnique, par le dépôt des métaux maçonniques avant l’ouverture des travaux, et leur récupération une fois la tenue terminée.
On peut concevoir moralement ce dépôt en y voyant une manière de se débarrasser momentanément de nos passions tristes et de notre concupiscence, obstacles métaphysiques à une réflexion intime. Mais on peut aussi considérer ce dépôt collectif comme une gangue protégeant paradoxalement nos débats les plus intimes.
Transposé à l’alchimie, l’Athanor répondait à ce besoin de séparation, d’isolation, laissant libre cours et protégeant la réaction alchimique de la pollution extérieure, que cette pollution soit projective (conditionnée par la psyché de l’expérimentateur) ou ambiante (conditionnée par les éléments tangibles du milieu).
Les alchimistes considéraient, ou en tout cas promouvaient le fait que le minéral était bien vivant, mais avec un temps d’expression si long que nous, pauvres humains, ne pouvions en saisir les subtilités de la manifestation.
Cette approche intuitive du minéral par l’alchimiste peut paraître quelque peu saugrenue, il n’en demeure pas moins qu’elle est relayée dans la « vraie vie » par un postulat qui allie légende biblique et corroboration physicochimique, au travers de ce que l’on appelle en physique des matériaux le « nombre de Déborah ».
Le nombre de Déborah est une valeur de mesure utilisée pour caractériser la fluidité d’un matériau.
Certains matériaux amorphes apparemment rigides comme le goudron, certains polymères ou certains verres s’écoulent si on les observe sur une longue durée ou à une température assez élevée. Cet écoulement est bien sûr imperceptible en temps réel, mais est bien documenté par la science. Cette dénomination fait référence, dans le Livre des Juges 5 :5, à un chant de la prophétesse Déborah, seule femme parmi les douze juges d’Israël, qui nous dit : « Les montagnes coulèrent devant le Seigneur ».
On trouve une mention semblable dans le Livre de Michée 1 :4, ou encore dans le Psaume 97 :5 : « Les montagnes se fondent comme la cire devant… ».
Formellement, le nombre de Déborah est défini comme le rapport entre le temps de relaxation, caractérisant la fluidité intrinsèque d’un matériau, et l’échelle de temps caractéristique d’une expérience testant la réponse du matériau. Plus le nombre de Déborah est petit, plus le matériau apparaît fluide.
Je ne prétends pas, bien entendu, assimiler le minéral à un élément vivant, mais simplement noter l’aspect relativiste que peut prendre la vie quand on la réduit au simple entendement de l’esprit humain.
Et combien la réalité peut changer lorsqu’on lui applique des paramètres ou des circonstances différents. Or l’initiatique, et donc la franc-maçonnerie, sont justement là pour ne rien s’interdire, en gardant toutefois en permanence une cohérence qui nous préserve des cogitations fumeuses ou déviantes.
Alors si la minéralité soutient, précède ou accompagne l’initié, c’est aussi qu’elle est ontologiquement partie prenante de la vie du maçon. Factuellement, l’être humain a besoin, dans sa chair, des minéraux pour transmettre l’influx nerveux, contracter ses muscles ou former la trame structurelle de son squelette.
D’autres minéraux sont utiles, en tant que tels, dans le soin :
l’or est cicatrisant, antiseptique, et intervient aussi dans le traitement de certaines polyarthrites sévères.
L’argent est cicatrisant, le platine est utilisé en oncologie, etc…
Au 25ème degré du R.E.A.A., l’usage concomitant de l’étain et du cuivre au sein de l’alliage airain transparaîtra dans la constitution du serpent d’Airain, qui comporte 3 Minéraux, l’étain et le cuivre, plastiques et malléables, et leur combinaison en un alliage particulièrement résistant, l’Airain.
Il est d’ailleurs dit dans le rituel du 25ème degré, que le Chevalier du Serpent d’Airain est « l’homme en bonne santé », bonne santé qu’il faut entendre là sur le plan métaphysique. L’alliage métallique renvoie symboliquement à l’alliance des hommes, qui se veut un mélange de circonstance, face à un intérêt ou à un péril commun.
L’étain, plastique, malléable, source de liant, symbolise la mémoire et la cohésion.
L’étain forme une trame qui soude les idées et les hommes, et mêle sa substance à ce qu’il faut unir, il en constitue le pont.
Le cuivre est lui symbole de conductivité, de transmission, et en même temps c’est un métal tendre, susceptible d’être gravé, et régi par Vénus, symbole d’une potentialité de type féminin, symbole de la réserve gestative, faisant appel à la douceur et à la profondeur.
Assembler ces métaux fusible et conducteur amène symboliquement à fondre le lien et la transmission en une forme de pugnacité et de solidité particulières.
L’airain va faire des 2 métaux précités qui, pris isolément, symbolisent la fragilité morale comme physique de l’être humain, et qui semblent donc bien mal armés face à la vie, un mariage symbole de résistance, de robustesse, d’invincibilité.
L’alliage de ces 2 métaux symbolise donc l’orthodoxie couplée au renouvellement permanent.
Et nous voyons bien là en quoi le minéral peut expliciter de la façon la plus pure les affres et les bonheurs de l’humain.
Le règne minéral se manifeste essentiellement lorsqu’il s’agira, du 1er au 16ème degré, d’utiliser la substitution comme méthode initiatique : en effet, nous avons déjà dit que l’humain ne peut pas se référer directement à la déité, tant que cette déité ne s’est pas encore incarnée en nous et demeure donc transcendante.
La substitution est la seule façon de cultiver l’analogie entre initié et monde minéral, la simple confrontation étant impossible : trop de choses opposent minéral et humain, et c’est heureux : par exemple, le minéral est dur, il ne s’en laisse pas facilement compté, et l’humain apparaît d’une certaine façon bien fragile face à l’acutesse d’un silex, à la rugosité d’une pierre, ou même à la beauté d’une gemme.
Les mondes humain et minéral sont définitivement incompatibles : c’est ce qui fait leur force respective, et l’avantage de ne pas induire l’un pour l’autre des compromissions qui toujours affaiblissent ceux qui en sont porteurs.
Les choses changeront partiellement au 18ème degré, où le fait de ressentir dans sa chair la déité rendra moins prégnant l’usage d’un intermédiaire minéral.
La pratique analogique de la construction de soi-même vis-à-vis de celle, habituelle, d’un édifice tel que le Temple de Salomon permettra le recul nécessaire.
En mimétisant notre construction intime sur celle d’un édifice fait de glaise, de pierre ou de ciment permettra d’installer un garde-fou bien tangible et différencié grâce auquel l’humain pourra générer une démarche parallèle et originale, sans le risque d’une confusion possible.
C’est tout le sens de la balustrade du 4ème degré.
Isaac Newton
Imaginez que l’on réfère notre construction intime à celle d’un autre individu : il en ressortirait des risques possibles d’assimilation, d’amalgame à ce dernier, avec ce qui relèverait alors de la subjectivité, de la relativité, aboutissant au pire au culte de la personnalité et à une possible sectarisation.
Ce sera tout le sens, cette fois, de l’idolâtrie, telle qu’elle est définie au 4ème degré du R.E.A.A.
Ici, le minéral pallie à ce risque, au moins jusqu’au 16ème degré inclus, c’est pourquoi, jusqu’à ce degré, la construction est mimétisée à celle du Temple matériel de Salomon.
Le minéral est donc le biais, pour un initié, à utiliser pour assimiler notre expérience à celle de la nature : nous aurons ensuite toute latitude à voir en notre temple intérieur celui de l’incarnation de l’esprit : ce sera le cas au grade de Chevalier Rose +Croix, à partir du 18ème degré, et plus tard celui de la somme des relations tissées avec notre environnement : ce sera là le grade de Commandeur, à partir du 27ème degré. Le règne minéral va aussi apparaître par touches plus ou moins visibles dans le cursus initiatique maçonnique assurant des fonctions subsidiaires mais incontournables, préparant toujours l’initié à progresser, en lui créant un cadre particulier propice à des avancées initiatiques majeures : par exemple la Mer d’Airain, cathartique et lustrale au 14ème degré. Cette eau lustrale est le produit des éléments, c’est-à-dire une exposition pleine et entière à ce que renvoie notre propre nature.
Cette transition symbolique depuis le mur d’airain, évoqué au 8ème degré vers la Mer d’Airain est l’illustration de ce qu’est la progression maçonnique, qui veut qu’on ne possède vraiment un degré que lorsqu’on l’a dépassé : d’obstacle transitoire, témoin un temps d’une carence à combler, l’airain deviendra quelques degrés plus tard quelque chose qui s’offrira au récipiendaire.
Le règne minéral est donc là pour initier à bas bruit le maçon jusqu’au sans pour autant être invasif, d’où le choix de la substitution.
Au 15ème degré, l’eau du Starbuzanaï , par essence minérale, se charge de débris humains, manifestant ce passage mêlé du minéral à l’organique, et donc d’une «Liberté De Passer» qui est l’aptitude que présente tout Chevalier d’Orient et de l’Épée à être capable de dépasser les blocages que suscite inévitablement tout élan : Les couleurs vert d’eau et rouge sang symbolisent ce double sentiment, celui de l’eau vive , minérale qui nettoie, qui lave, qui draine les plaies rougeâtres et organiques de la bataille.
La liberté de passer concerne symboliquement le passage du minéral à l’organique, de la substitution à la future incarnation, de la loge de perfection au Souverain Chapitre.
C’est un changement radical. Non pas que le minéral devient d’un seul coup obsolète, au contraire : il ouvre la voie à une nouvelle conformation qui s’ajoute à la précédente, appelant alors de nouvelles valeurs, telles la charité, l’amour ou la foi, valeurs viscérales, incarnées, immanentes reflétant l’esprit du Nouveau Testament. Plus tard, au 21ème degré, les cendres de Phaleg et les fragments de pierre et de marbre enfouis nourriront au 22ème degré par leur minéralité les cèdres du Liban, symboles vivants d’une continuation spirituelle par cette matière infiniment renouvelable dont seront faites les « saintes entreprises », c’est-à-dire les arches et les temples.
La terre-creuset, mix de minéral et d’organique, accueillera, assistera, participera et donc rendra possible, au grade de Chevalier de Royal Hache, ce mariage du bois et de la pierre, en permettant la pousse des cèdres.
Le cèdre est la continuation de la recherche ésotérique du 21e degré, en ce sens qu’il se nourrit de cette terre mêlée qui est le fond de l’humanité et des ponts ainsi dressés entre monde vivant et monde minéral.
Résonner sur la matière minérale conduit symboliquement à creuser dans celle-ci, à en déceler les fragments, tous relatifs à ce que la vie a pu laisser comme traces. La matière est une mémoire, où s’inscrivent par l’enfouissement des fragments d’une existence d’antan.
Cet enfouissement, tout comme les strates qui composent notre mémoire, connaît un degré variable, où le plus profond signe le plus ancien, à la façon dont se comporte la nature. Mais en même temps la matière se mêle à l’histoire d’un fragment, et c’est cet ensemble qui devient l’Histoire.
En creusant, on s’approche du sol commun, et des multiples édifices qui en signent l’existence et l’utilité : on retrouve Phaleg à une place enfouie qui est la sienne, à la façon d’un Hiram Abi jeté dans un puits ou d’un Galaad enseveli sous les ruines du Temple.
Ces édifices minéraux sont des jalons posés à travers l’histoire par des mythes fondateurs.
Narrativement, les différentes trouvailles apparaîtront au fur et à mesure que l’on creuse : symboliquement, il faut bien avoir à l’esprit qu’ils ne sont que la matérialisation transitoire d’une vérité plus générale. Ainsi ce qui apparaît comme une colonne de marbre blanc, massive et homogène, gravée de caractères identifiés, devient plus bas des fragments de ce même matériau, gravés cette fois de caractères plus anciens.
Les six fragments minéraux enfouis et retrouvés de marbre blanc comportent désinscriptions « différentes qui n’ont pu toutes être traduites », ce qui signifie qu’elles témoignent de langues différentes, datant d’un passé encore plus ancien. Les pierres d’agate, le tombeau, la colonne et les fragments de marbre furent déposés dans les archives du roi de Prusse : symboliquement, cela signifie que le Noachite établit et dirige son parcours en ayant en permanence en lui ce que le passé y a logé. Sa vie est en permanence remémorée, et tous les actes qu’il peut accomplir se mesurent à l’aune de cette totalité en mouvement. Nous retrouvons aussi l’esprit des « 12 pierres commémoratives », passées et présentes, évoquées en Josué 4,1-9, qui portèrent l’empreinte du franchissement du Jourdain par les 12 tribus d’Israël, et qui furent utilisées pour obstruer le fleuve le temps du passage des hébreux.
Les pierres, au sens large, sont aussi des jalons et des passages, commémoratrices car posées à travers l’histoire par des mythes fondateurs. Commémoratrices aussi car la légende de nos grades conditionne, comme dans tout mythe, le fait que tout est présent dès le départ, et que l’initié s’ouvre à la connaissance de faits qui ne peuvent être qu’antérieurs, dans la mesure où tout, dans un mythe, est déjà inscrit dans notre patrimoine mémoriel.
La commémoration, dans son sens initiatique, est aussi le renouvellement induit par chaque initiation, initiation qui étymologiquement nous renvoie à ce « recommencement perpétuel » que porte chacune de nos cérémonies maçonniques.
La minéralité a cette force symbolique d’être à la fois partie prenante, mais aussi suffisamment en retrait pour laisser les grandes phases de la vie maçonnique se dérouler devant elle : la construction aux 1er et 2ème degrés (outils) la transcendance au 13ème degré (triangle d’or et agate) la mesure au 12ème degré (instruments) la transgression et la formalisation aux 3ème, 9ème et 30ème degrés (armes, par destination, couteau, dague ou épée); la transmission et la célébration (chaine d’union, formé symboliquement d’ « anneaux de pur métal ») .
La substitution ne signifie pas remplacement, mais complémentation, accompagnement, enjambement ou découverte, L’agate dans laquelle est souché au 13ème degré le triangle gravé du nom ineffable symbolise dans sa structure visible les errements auxquels personne n’échappe et dans ses strates colorées et diverses les méandres de l’existence.
L’agate est à cet égard notre mémoire mimétique, une archive inscrite dans la masse de la roche, à la façon des souvenirs et des attitudes qui nous ont façonnées. L’agate est aussi la meilleure façon de marquer dans notre chair, par le biais de l’initiatique, nos aspirations métaphysiques.
L’agate est donc là pour « séculariser » le triangle au nom ineffable, c’est-à-dire formaliser à l’entendement de l’humain l’image du Nom créateur, non par l’imposition de son image, mais par les circonvolutions de différentes duretés et de différentes couleurs que révèle sa trame minérale.
L’or mêlé aux gemmes trahit ce télescopage entre des intuitions relatives au principe créateur (l’or), et l’impossibilité de comprendre pleinement cette occurrence, Ce théâtre neutre qu’impose finalement le nom ineffable en lien avec le minéral permettra à Guibulum de ne pas se bruler les ailes.
Il ne s’agira pas ici de feux et de nuées, témoins physiques auprès de tout un peuple de la transcendance éphémère de Dieu, mais d’un réceptacle à la fois suffisamment explicité, et en même temps distancié de cette corporéité qui nous cache parfois la finesse de la manifestation du divin. Le nom ineffable transcende ontologiquement tout effet de la vie, puisqu’il en est la source : c’est pourquoi il ne peut être porté que par un support neutre, non vivant au sens biologique, qui sera celui du minéral : son épellation, c’est-à-dire sa mesure, ne peut se faire s’il y a interférence avec la vie organique : d’où l’usage du minéral.
Au 13ème degré, la rencontre fondamentale entre l’initié-témoin, en l’occurrence Guibulum et le nom ineffable se doit d’échapper au maximum aux manifestations objectives de la vie, qui ne seraient ici que des freins, des perturbations brouillant la source, la cause, à savoir le nom ineffable. : en effet, on imagine mal ce triangle gravé posé au milieu de la nature, dont il est symbole de transcendance, tout simplement parce qu’il est le Verbe qui génère ladite nature, et qu’à cet égard il ne peut en aucune façon s’y trouver mêlé
L’environnement purement tellurique et minéral de Guibulum, au 13ème degré du REAA (terre battue, triangle d’or, gemmes et agate) permet d’éviter ce qu’on appelle en physique quantique la décohérence, c’est-à-dire le moment où s’entrechoquent 2 réalités incompatibles : ici, celle de la source, du Verbe, de la cause, et celle de la manifestation, de l’effet, de la nature et de la vie tangible. La décohérence, pour le nom ineffable, serait de le trouver mêlé à la vie tangible.
Or ici le théâtre complètement minéral évite ce qui pourrait créer des accointances entre ce nom et ce qu’il régit, perdant alors son caractère de transcendance et d’ineffabilité.
Le milieu des 9 arches, froid, obscur et stérile se prête au théâtre purement minéral qui présidera et préservera la rencontre entre Guibulum et le nom ineffable.
La réalité transcendante ne peut en effet faire saillie que dans un environnement libre de toute manifestation objective qui en polluerait le message. Cet espace minéral se rencontre à chaque fois qu’il est donné à un témoin d’être confronté à la transcendance du divin : je citerai les 2 tables de pierre gravé de la Loi, qui ne sont pas transmis par Yahvé à Moïse uniquement au sommet d’une montagne, et donc loin du peuple, mais aussi sur un édifice rocheux, minéral, qui n’inter réagira pas avec cet acte sacré. Je citerai enfin le don, dans un endroit souterrain comparable à celui de Guibulum, par Hermès à un témoin nommé Bélinous, thaumaturge grec, du texte hermétique de la Table d’Émeraude, gravé sur un support minéral, l’Émeraude. Là encore, la puissance transcendance portée par les mots gravés cette table, ne peut rester vertueuse que dans un environnement dépourvu de toutes vie ostensible, sans quoi interférait-elle avec cette dernière. Le minéral est donc, dans l’initiatique, fondamental, car il permet de sous-tendre, de préparer cette aventure humaine que représente la franc-maçonnerie qui devra, à terme, incarner le principe créateur. Mais cette incarnation ne pourra se faire ex nihilo, le sujet que nous sommes doit d’abord être un objet, confronté comme il se doit aux forces de la nature.
Ces forces sont originellement telluriques, et donc essentiellement minérales comme le subodore le soufre le sel et le mercure du Cabinet de Réflexion.
A cette étape, le minéral est encore assimilé aux métaux, telle que l’entend la connotation morale attachée à ceux-ci dans le rituel. Cette coloration morale est fondamentale car l’énergie d’imprégnation du futur apprenti passe avant tout par la qualification la plus évidente, la plus grossière et la plus immédiate : la morale, souvent violente et rédhibitoire, et donc chargée d’énormément d’affects, collera bien à cette fonction guerrière, nécessaire pour un candidat souvent perclus de certitudes.
Nombre de dispositions minérales feront le lit du nouvel initié, le Pavé Mosaïque, le fer des épées, le miroir mais aussi la craie des sentences inscrites dans le Cabinet de Réflexion, certains outils ferreux.
Tout ceci tranchera avec l’organique de la cire des bougies, du pain du Cabinet de Réflexion, de la terre battue et surtout des frères qui nous entoureront. D’autres référents, cosmologiques, se manifesteront : luminaires, voûte étoilée, perspectives spatiales (Occident, Nadir, Septentrion etc…) seront là pour situer cet amalgame du minéral et de l’organique dans un cadre transcendant.
Thierry Didier.
Publié le 6 Octobre 2024 par Thierry Didier
RÉFLEXION : L’ANDROGYNE 23 août, 2025
Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaireRÉFLEXION : L’ANDROGYNE
Adam et Eve, Adam et Lilith, Janus, les deux Jean, la dualité, le bien et le mal, l’initiation écossaise à la recherche de son soi, du principe d’unité.
Chercher la réponse, les réponses aux questions existentielles avec l’aide des mythes, des légendes, de leurs héros extraordinaires.
Par exemple Dionysos ne craint ni les dieux ni les hommes, parce qu’il est fils de Dieu et d’une mortelle : soit de Zeus et de Sémélé déesse terre ou selon les mystères orphiques, de Zeus et de Déméter ou de Perséphone. Il est le produit de l’alliance entre le ciel et la terre, entre le macrocosme et le microcosme qualifié de « feu divin », il est aussi le dieu du vin symbole de la connaissance. Il ne craint donc ni les dieux, ni les hommes, ce rebelle incarne l’hubris la démesure. Il serait apparenté à une famille de bancals ou de boiteux en grec nyos = boiteux.
Ce dieu nous est sympathique, car nous sommes nous-mêmes des boiteux redressés par l’initiation. Il suffit de voir nos premiers pas en loge et notre redressement après nos trois voyages. De fils de la terre, nous cherchons à devenir fils du ciel ? On plutôt fils de la terre et du ciel, une manière de concilier foi et raison. Savoir garder la mesure : rien de trop c’est l’injonction de l’oracle. Si nous devons être des architectes de notre avenir comme Dédale, nous devons nous garder de brûler nos ailes trop près du feu ardent du soleil comme Icare. ; Ou encore nous protéger de l’ardeur de ce feu comme Moïse en s’initiant progressivement en prenant soin de retirer nos sandales, de protéger notre visage avec notre main. Il nous faut éviter toute ostentation, même si petit Dionysos nous sommes sorti de la cuisse de Zeus ou Sémélé nous avait placé pour parfaire notre croissance, notre perfectionnement. Nous n’en restons pas moins grâce à notre initiation comme Dionysos deux fois né.
À sa naissance Dionysos dieu cornu à la tête couronnée de serpents, ce bâtard fut découpé en morceaux par les Titans sur ordre de la « femme légitime » de Zeus Héra, de son sang paraît-il jaillir les grenades, est-ce ces grenades placées sur les chapiteaux des colonnes du temple. (B et J). L’histoire de Dionysos ne s’arrête pas là, sa grand-mère Rhéa rassembla les morceaux de son corps (voir la correspondance avec le Mythe d’Osiris). Dionysos fut ensuite déguisé en fille par Hermès, puis en chevreau confié à des nymphes. Adulte il découvrit la fabrication du vin, retrouvé par Héra, elle le rendit fou. Il partit pour un long voyage, il chemina si bien, dans différentes contrées qu’il fut confondu dans certaines d’entre elles avec Noé.
On peut retenir qu’il fut à la fois masculin et féminin, maléfique et divin, en clair un héros ambigu. L’androgyne n’est t- il pas la figure aboutie, majeure de l’altérité ? Le travestissement rituel présent dans plusieurs initiations, n’a-t-il pas pour objectif la découverte du véritable soi ?
Dans nos rituels maçonniques, il y a souvent une dualité des rôles, confère le 3ème degré et le 30ème degré. On peut penser aussi à la notion d’ange gardien, ou notre double, de notre « daïmon ». Le vin prisé par Dionysos est à la foi divin et diabolique en excès. On peut faire ici encore le rapprochement avec le patriarche Noé. Faut-il descendre aux enfers et se confronter à son double maléfique pour s’initier et remonter de la caverne à la recherche de la Lumière ? Il est constant d’observé que si le grain n’est pas mis profondément dans la terre il meurt, se dessèche. Il faut ouvrir et fermer les portes. Celui qui n’a pas connu l’initiation terrestre dans la caverne, peut-il prétendre à l’élévation céleste ? Paul Diel le psychanalyste qui distingue le bien et le mal, écrit aussi : il est cependant clair que la frénésie dionysiaque est exclusivement accessible à des hommes d’envergure, dont l’aspiration originellement élevée se trouve déviée de son but évolutif [1] Le parcours initiatique nous enseigne, que nous pouvons être autre en restant le même pourtant. Que notre désir de perfectionnement est à la fois infini et limité par notre condition de mortel. Dit autrement les arbres sont bien en terre et n’atteignent jamais le ciel. Quelques grands initiés paraît-il ont eu le privilège de contempler le principe, l’un, Dieu comme Moïse. Pourtant Franc-maçon nous avons retenu de ce héros bègue, ne sachant pas lire à peine qu’épeler, nous avons retenu nos premiers pas hésitants sur le pavé mosaïque, ni nu, ni vêtu, un pied nu pour ne pas profaner l’espace sacré. Plus tard, pour certains, ce signe pour se protéger de la Grande Lumière de cette flamme éternelle qui brûle dans le buisson ardent, sensée nous protéger du mal ? Il est sûr et certain que pour atteindre une forme d’unité harmonieuse, il nous faut associer les deux oracles de Delphes : le connais-toi… et rien de trop…
Jean-François Guerry.
SOURCE : la Franc Maçonnerie au Coeur
[1] Paul Diel, la Symbolique dans la mythologie grecque : étude psychanalytique. Éditions Payot 1952. Citation reprise dans Mythes et concepts de Jean-Bernard Levy. Éditions Selena.
Livres … Avril 6025 14 mai, 2025
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Même ne sachant ni Lire, ni Écrire …
Ce mois ci j’ai épelé avec un grand plaisir, entr’autres :
Δ
le livre de CHARLY SAMSON
« L’ÉGYPTE DE TOUS LES MYSTÈRES,
LES PHARAONS ET LEURS POUVOIRS OCCULTES »
Δ
le livre de MEDDY VIARDOT
« CAHIER MAÇONNIQUE DE LA PETITE MAITRISE »
Δ
le livre de GUY MARCEL BÊCHE
« LA LUMIÈRE D’AUJOURD’HUI »
Δ
le livre de PHILIPPE LIENARD
« LE PREMIER ORDRE DE L’HUMANITÉ »
Δ
Chris
Avril 6025
25 décembre 25 décembre, 2024
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Obédiences, Impuissance ! 3 novembre, 2024
Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaireObédiences, Impuissance !
Dernière mise à jour : 25 janv. 2022

C’est un mal insidieux !
On le cache ! Oh mon Dieu !
On se rêve tout puissant
Et toujours bien-pensant.
Mais le miroir est là
Qui lui ne plaisante pas !
C’est une honte cachée,
Jamais explicitée !
Il faut faire bonne figure,
Mystifier les augures,
Toujours de grands discours
Pour battre le tambour !
On s’invente des exploits,
Jamais les gueules de bois !
C’est aussi l’ironie,
Pour les plus mal lotis
Un humour qui rit jaune,
Univers monochrome !
C’est le temps des parures
Pour faire bonne figure
Des cordons à foison,
Et beaucoup de blasons,
Sans oublier les titres
Pompeux comme des mitres !
Que faire pour leur donner
L’impression d’exister,
D’avoir une parole
Qui n’soit pas gaudriole ?
Des mots qui aient un sens
Pour nourrir l’espérance !
Quel temple, pour leur offrir
Cette Force désirée,
Exaucer leur désir
D’un Amour sublimé,
Sans jamais oublier
















































