navigation

Mystères d’OSIRIS Égypte antique Douât Profane 22 février, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Mystères d’OSIRIS Égypte antique Douât Profane

5316_734895239971556_7091040980235230540_n

Observé par anciens Égyptiens

Type Célébration religieuse

Signification Commémoration du martyre d’Osiris

Commence 12 Khoiak

Finit 30 Khoiak

Célébrations inhumations d’effigies d’Osiris

Observances procession de barques sacrées,

Hommages aux défunts

Lié à Calendrier nilotique

Les Mystères d’Osiris sont des festivités religieuses célébrées en Égypte antique en commémoration du meurtre et de la régénération d’Osiris. Le déroulement des cérémonies est attesté par des sources écrites variées, mais le document majeur est le Rituel des mystères d’Osiris au mois de Khoiak, une compilation de textes du Moyen Empire gravés durant la période ptolémaïque dans une chapelle haute du temple de Dendérah. Dans la religion égyptienne, sacré et secret sont intimement liés. De ce fait, les pratiques rituelles sont hors d’atteinte des profanes, car réservées aux prêtres, seuls habilités à pénétrer dans les sanctuaires divins. Le mystère théologique le plus insondable, le plus empreint de précautions solennelles, est la dépouille d’Osiris. D’après le mythe osirien, cette momie est conservée au plus profond de la Douât, le monde souterrain des morts. Chaque nuit, durant son voyage nocturne, Rêle dieu solaire vient s’y régénérer en s’unissant momentanément à Osiris sous la forme d’une âme unique.

Après l’effondrement de l’Ancien Empire, la ville d’Abydos devient le haut-lieu de la croyance osirienne. Chaque année s’y tient alors un ensemble de processions publiques et de rituels secrets mimant la passion d’Osiris et ordonnés selon les rituels funéraires royaux memphites. Durant le 1er millénaire av. J.-C., les pratiques d’Abydos se diffusent dans les principales villes du pays (Thèbes, Memphis, Saïs, Coptos, Dendérah, etc.) Sous les Lagides, chaque ville réclame de posséder un lambeau de la sainte dépouille ou, à défaut, les lymphes qui s’en sont écoulées. Les Mystères se fondent sur la légende du dépiècement du cadavre d’Osiris par Seth et sur la dissémination de ses membres à travers toutes les régions du territoire égyptien. Retrouvés un à un par Isis, les membres disjoints sont rassemblés en une momie dotée d’une puissante force vitale.

La régénération de la dépouille osirienne par Isis-Chentayt, la « veuve éplorée », est pratiquée chaque année durant le mois de Khoiak, le quatrième du calendrier nilotique (situé à cheval sur nos mois d’octobreet de novembre). Au sein des temples, les officiants s’attellent à fabriquer de petites figurines momiformes, appelées « Osiris végétants », destinées à être pieusement conservées durant toute une année. Ces substituts du corps osirien sont ensuite inhumés dans des nécropoles spécialement dédiées, les Osiréions ou « Tombeaux d’Osiris ». Les Mystères sont observés durant l’amorce de la décrue du Nil, quelques semaines avant que les champs puissent à nouveau être ensemencés par les paysans. Chaque ingrédient entrant dans la composition des figurines (orge, terre, eau, dattes, minéraux, aromates) est doté d’un fort symbolisme, en relation avec les principaux cycles cosmiques (révolution solaire, phases lunaires, crue nilotique, germination). Leur mélange et leur moulage sous la forme du corps d’Osiris ont pour but d’invoquer les forces divines assurant le renouvellement de la vie, la renaissance de la végétation ainsi que la résurrection des morts.

L’égyptosophie européenne

Projet de modification du panthéon parisien en pyramide, vers 1798.

Durant l’Antiquité, des auteurs de culture grecque tels Hérodote, Diodore de Sicile, Plutarque et Jamblique ont développé l’idée que l’Égypte, du fait de l’ancienneté de sa civilisation, est le berceau originel de tous les savoirs théologiques, mythologiques et rituéliques. Cette vision est parfois qualifiée d’« égyptosophie », un mot-valise forgé à partir des termes « Égypte » et « philosophie ». Depuis la Renaissance, cette manière d’appréhender l’histoire des religions a grandement marqué la culture occidentale. Son influence est plus particulièrement manifeste auprès d’individus engagés dans les voies de l’hermétisme, de l’ésotérisme et de la pseudoscience [n 1]. L’égyptosophie a ainsi influencé des courants spirituels plus ou moins occultes comme l’alchimie [1], la Rose-Croix [2], la Franc-maçonnerie [3],[4] ou la théosophie [5]. Depuis la décolonisation de l’Afrique, cette idée est aussi devenue la pierre d’angle des théoriciens afrocentristes et kémitistes ; ces derniers étant en quête d’une « renaissance africaine » basée sur un retour aux antiques enseignements égyptiens [6].

À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, le cliché de « l’Égypte, pays des mystères » se diffuse dans l’Europe des Lumières. Ce lieu commun s’expose le plus parfaitement dans l’opéra La Flûte enchantée de W. Mozart et E. Schikaneder, créé en 1791. Au milieu de l’œuvre, les initiés Tamino et Pamina voient leur vision du monde bouleversée par leur initiation aux Secrets par Sarastro, grand-prêtre du Royaume de la Lumière et adorateur des dieux Isis et Osiris. À la même époque, les francs-maçons croient déceler dans les « mystères égyptiens » l’existence d’une religion double. Au sein d’une fausse religion polythéiste réservée au peuple, aurait existé une vraie religion monothéiste réservée à un cercle restreint d’initiés. Pour la masse des incultes, la religion est axée sur la piété, les fêtes et les sacrifices aux divinités. Il ne s’agirait là que de simples coutumes destinées à maintenir la paix sociale et la pérennité de l’État. En parallèle, dans la pénombre souterraine des cryptes, sous les temples et les pyramides, les prêtres égyptiens auraient dispensé aux élites en quête de vérité, des formations morales, intellectuelles et spirituelles, lors de cérémonies initiatiques.

Les Mystères face à la science égyptologique

Sources textuelles

Portrait d’Émile Chassinat (1868-1948), égyptologue français.

Depuis les années 1960, la connaissance scientifique des mystères égyptiens a considérablement progressé grâce à l’étude attentive d’inscriptions laissées sur des papyrus ou sur des parois de temples et tombeaux. De nombreux apports philologiques et archéologiques ont mis à mal les clichés européens sur les « Mystères d’Osiris », en révélant la nature véritable des rituels et les pratiques effectives des prêtres égyptiens. Dans les années 1960, la communauté égyptologique a porté à la connaissance générale plusieurs textes majeurs ; d’abord, la traduction en langue française, par Émile Chassinat, du Rituel des mystères d’Osiris au mois de Khoiak, une compilation d’inscriptions tentyrites (ce travail remonte aux années 1940 mais n’est paru à titre posthume qu’en 1966 et 1968, en deux volumes, sous les presses de l’IFAO) ; ensuite les importantes publications du Papyrus N.3176 du Louvre par Paul Barguet en 1962, du Papyrus Salt 825 par Philippe Derchain en 1964-1965 et du Cérémonial de glorification(Louvre I.3079) par Jean-Claude Goyon en 1967 []. Ces travaux ont depuis été augmentés d’ouvrages plus récents comme la publication exhaustive des textes des chapelles osiriennes de Dendérah par Sylvie Cauville en 1997, par la thèse de Catherine Graindorge sur le dieu Sokaris à Thèbes en 1994] et les apports de Laure Pantalacci (1981), de Horst Beinlich (1984 et de Jan Assmann (2000) sur les reliques osiriennes. Parallèlement, l’archéologie des vestiges liés au culte d’Osiris a enrichi la connaissance des espaces dédiés aux rituels des mystères telles les catacombes de Karnak et d’Oxyrhynchos].

Rituel des mystères de l’Osiréion de Dendérah

Article détaillé : Rituel des mystères d’Osiris.

Texte et illustration du Rituel des mystères (colonnes 106 à 121), temple de Dendérah.

Dans le milieu académique de l’égyptologie, la connaissance des « Mystères d’Osiris » s’appuie principalement sur les inscriptions tardives des temples de la période gréco-romaine. Parmi ces données, les textes des six chapelles de l’Osiréion de Dendérah (situées sur le toit du temple d’Hathor) constituent la source majeure. La compréhension du rituel, de ses variantes locales et de son contexte religieux, s’appuie surtout sur le Rituel des mystères d’Osiris gravé à l’extrême fin de la période ptolémaïque (vers 50 av. J.-C.) Cette source est riche en détails, mais se montre souvent confuse, car il s’agit d’une compilation de sept livres d’origines diverses (Busiris et Abydos) et d’époques différentes (Moyen Empire et période ptolémaïque). L’inscription se présente comme une succession de cent cinquante-neuf colonnes de hiéroglyphes disposées sur trois des quatre parois d’une cour à ciel ouvert (première chapelle orientale). La première traduction d’envergure en langue française est donnée en 1882 par Victor Loret(1859-1946), sous le titre Les fêtes d’Osiris au mois de Khoiak. Cependant, la traduction commentée d’Émile Chassinat (1868-1948), Le Mystère d’Osiris au mois de Khoiak (834 pages), publiée tardivement en 1966 et 1968, demeure l’ouvrage de référence En 1997, cette traduction est modernisée, quoique presque inchangée, par Sylvie Cauville dans sa publication exhaustive et commentée des textes des chapelles osiriennes de Dendérah.

Nature des mystères égyptiens

Rites secrets

Porte et mur d’enceinte du temple de Deir el-Médineh.

La civilisation égyptienne a indéniablement connu des rites secrets. La majeure partie des gestes cultuels exécutés par les prêtres sont accomplis derrière les murs des temples, en absence de tout public. Le peuple n’a généralement pas accès au temple. Les jours de fêtes, la foule est admise à entrer dans les avant-cours, mais jamais dans le saint des saints du sanctuaire. Dans la mentalité égyptienne, djeser le « sacré » et seshta le « secret » sont deux notions qui vont de pair. Le terme « sacré » signifie aussi « séparer » ou « tenir à l’écart ». Le sacré est donc, par essence, quelque chose que l’on doit tenir à l’écart du profane. La puissance divine n’est pas seulement cantonnée au Ciel ou à l’au-delà. Sa présence se manifeste aussi sur Terre parmi les humains. Les temples, pour les dieux, et les nécropoles, pour les ancêtres, sont des lieux où les prêtres exercent leurs rôles de médiateur entre le genre humain et les forces de l’invisible. Ce sont des lieux à part, tenus à l’écart de la majorité des vivants, leur accès étant soumis à des restrictions de toutes sortes comme la pureté corporelle, le jeûne, l’obligation de silence.

Cette nette distinction entre lieux sacrés et monde profane a conduit les anciens Égyptiens à doter la sacralité d’une forte obligation de secret. Les prêtres qui accomplissent les rites dans les temples sont donc soumis au silence. Ils ne doivent rien dire de ce qu’ils font. Dans le Livre des Morts, le prêtre défunt se félicite d’avoir participé aux cérémonies cultuelles dans les principales villes du pays et souligne qu’il n’a rien divulgué de ce qu’il a fait, vu et entendu.

« L’Osiris N ne dira rien de ce qu’il a vu, l’Osiris N. ne répétera pas ce qu’il a entendu de mystérieux »

— Livre des Morts, chap 133. Traduction de Paul Barguet.

Secrets cosmiques

Parcours solaire

Les deux plus grandes puissances divines, les plus secrètes et les plus inaccessibles, sont Rê, le dieu Soleil et Osiris d’Abydos, le souverain des morts. Dans son traité Les mystères d’Égypte, consacré aux religions égyptienne et babylonienne, le philosophe néoplatonicien Jamblique (242-325), résume en une courte formule les deux plus grands mystères de la croyance égyptienne :

« Si toutes choses persévèrent dans l’immobilité et la perpétuité renouvelée, c’est que jamais ne s’arrête la course du soleil ; si toutes choses demeurent parfaites et intégrales, c’est parce que les mystères d’Abydos ne sont jamais dévoilés. »

— Jamblique, Les Mystères d’Égypte, VI, 7.

Union de Rê en Osiris sous la protection de Nephtys et Isis (tombe de Néfertari).

La course du Soleil a inspiré aux Égyptiens une littérature religieuse très abondante et développée. On peut cependant établir une nette distinction quant à leurs destinataires. Certains textes sont manifestement destinés au plus grand nombre. Il s’agit d’hymnes au Soleil, des prières adressées à l’astre à des moments particuliers de la journée, le matin quand l’astre apparaît hors des montagnes de l’horizon oriental, à mi-course pour célébrer sa culmination et le soir lorsqu’il disparaît à l’horizon occidental. Pour la plupart des hymnes, il s’agit d’inscriptions gravées à l’entrée des tombeaux, sur des stèles placées à l’intérieur ou à l’extérieur de chapelles ou, encore, sur les papyrus du Livre des Morts. Accessibles à tous, ces textes ne prétendent pas transmettre ou passer sous silence un enseignement secret. L’autre groupe de textes codifie et transmet un savoir réservé au seul pharaon. Il s’agit des « Livres de l’au-delà » : le Livre de l’Amdouat, le Livre des portes, le Livre des cavernes, etc. Leurs images et leurs textes ornent exclusivement les parois des tombeaux des souverains du Nouvel Empire. Ils présentent, heure par heure, le voyage nocturne du Soleil à travers les contrées de l’au-delà. Cette littérature secrète expose le plus occulte des savoirs, la régénération du Soleil au fond de la Terre, c’est-à-dire son renouveau nocturne dans un circuit qui relie la fin au début dans une existence libérée de la mortalité. Au milieu de la nuit, l’astre solaire s’unit passagèrement à la momie d’Osiris. De cette union, il tire la force de vie nécessaire à sa régénération. Contrairement aux autres morts, le Soleil ne devient pas Osiris mais repose en lui, un bref instant, en une âme unique connue sous le nom de « ba réuni », réunion de Rê et Osiris ou sous l’aspect d’une momie criocéphale dénommée « Celui à la tête de bélier » :

« Rê se couche dans la montagne de l’Occident et illumine le monde souterrain de ses rayons.

C’est Rê qui repose en Osiris, c’est Osiris qui repose en Rê. »

— Livre des Morts, chapitre 15 (extrait).

Cadavre osirien

Renaissance du soleil après son union avec Osiris figuré sous la forme d’un pilier Djed surmonté d’un nœud Ânkh anthropomorphisé (Papyrus d’Ani).

D’après la littérature occulte des Livres de l’au-delà, le plus grand secret, le mystère le plus insondable des croyances égyptiennes, est la dépouille momifiée d’Osiris. Dans ces textes, le dieu soleil est « Celui dont le secret est caché », le monde souterrain étant le lieu « qui abrite le secret ». Le mot « secret » désigne ici le cadavre osirien sur lequel chaque nuit vient se poser l’astre fatigué :

« Ils gardent le secret du grand dieu, invisible de ceux qui sont dans la douât. […] Rê leur dit : Vous avez reçu mon image, vous avez embrassé mon secret, vous reposez dans le château de Benben, à l’endroit qui abrite ma dépouille, ce que je suis. »

— Livre des Portes

Les Égyptiens avaient pour usage de ne pas parler de la mort d’Osiris. D’une manière générale depuis les Textes des Pyramides et jusqu’aux documents gréco-romains, le meurtre d’Osiris, son deuil et son tombeau ne sont évoqués que par des allusions ou par d’habiles périphrases. On peut ainsi lire « Quant à l’arbre-ârou de l’Occident, il se dresse pour Osiris pour l’affaire qui est arrivée sous lui. » (Papyrus Salt 825). L’affaire en question est, évidemment, l’inhumation d’Osiris, l’arbre étant planté sur l’emplacement du tombeau divin. Les Égyptiens usaient aussi d’euphémismes, surtout à l’époque tardive. Ainsi au lieu de dire « il est arrivé malheur à Osiris », le propos est inversé en disant « il est arrivé malheur à l’ennemi d’Osiris ». En postulant que la parole et l’écrit avaient en eux une puissance magique, les Égyptiens craignaient que le simple fait de parler d’un épisode mythique comme la mort d’Osiris risque de le faire advenir à nouveau par simple énonciation. Dans le Papyrus Jumilhac, le meurtre d’Osiris est ainsi éludé : au lieu d’écrire « Alors Seth renversa Osiris à terre », le scribe écrit « Alors il renversa les ennemis d’Osiris à terre » [27].

Initiation aux mystères

Article détaillé : Initiation en Égypte antique.

Crypte du temple de Dendérah aux décorations mystiques.

Les textes égyptiens ne disent rien de l’existence d’une cérémonie initiatique qui aurait permis à un nouveau prêtre d’accéder pour la première fois au temple et à ses secrets théologiques. Il faut attendre le IIe siècle, sous le règne de l’empereur romain Hadrien, pour rencontrer un texte de ce type. La source n’est pas égyptienne, mais le contexte est égyptisant. Il s’agit de l’initiation de Lucius, le personnage principal de L’Âne d’or, un roman rédigé au IIe siècle par Apulée de Madaure. La scène se passe non pas en Égypte, mais en Grèce, à Cenchrées, où se trouvait alors un temple d’Isis. Dans ce contexte grec, il semble que les adeptes hellènes des dieux égyptiens ont réinterprété les rites funéraires nilotiques, pour les mettre en scène en une initiation des vivants et non pas en tant qu’enterrement des morts. La cérémonie apparaît comme une mort anticipée et une descente aux enfers en vue d’approcher la divinité solaire lors de son union avec Osiris. La question de l’existence, en Égypte même, de rituels initiatiques reste largement controversée. Alors que l’idée de l’initiation est largement acceptée dans les cercles de l’égyptosophie, cette éventualité est majoritairement refusée par les tenants de l’égyptologie académique. À Alexandrie et en Grèce, dans une interprétation syncrétique, il est probable que les rituels osiriens aient fusionné avec les mystères grecs, tels ceux d’Éleusis où de jeunes impétrants étaient éprouvés psychologiquement lors de cérémonies nocturnes, avant de recevoir une révélation sur le monde divin.

Il n’y a donc pas de sources écrites égyptiennes évoquant une initiation des prêtres à l’époque pharaonique. Pour l’égyptologue allemand Jan Assmann, il n’est cependant pas aberrant de penser que les anciens Égyptiens ont acquis de leur vivant les secrets de l’au-delà, en vue de se préparer à la mort. On peut alors imaginer que le myste égyptien était conduit, lors d’un voyage symbolique, dans des salles souterraines, telles l’Osiréion d’Abydos, les cryptes des temples tardifs, ou dans d’autres lieux richement décorés d’illustrations mystiques et symboliques.

11081090_10206362569651897_7510301442221929711_n

Méditation sur la marche du Temps … 14 février, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

0320

 

fichier pdf

Knl-MeditationSurLaMarcheDuTemps

11579_700874283329767_3374651982734422700_n

Merci à notre Sœur Cannelle pour ce partage …

Du Cabinet De Réflexion À La Méditation Maçonnique 7 février, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Du Cabinet De Réflexion À La Méditation Maçonnique

Tp grotte bleue panorama

❝ Ce Qui Est Regrettable Surtout, C’est D’avoir Trop Souvent À Constater, Chez Un Grand Nombre De Maçons, L’ignorance Complète Du Symbolisme Et De Son Interprétation Ésotérique. ❞ René Guénon, L’Orthodoxie Maçonnique, La Gnose n°6, avril 1910.

Peut-on Penser Que La Pratique Maçonnique Traditionnelle Repose Sur Une Approche De La Méditation Comme, Par Exemple, Le Bouddhisme Zen Ou Tibétain ?

Il y a beaucoup plus de similitudes que l’on ne peut l’imaginer au prime abord. Mais avant de revenir sur ce point, il est nécessaire de remédier à un grave malentendu : La Méditation maçonnique n’est pas une pratique de la réflexion comme on l’entend actuellement. Le Cabinet de Réflexion, dans lequel le néophyte est — avant toute initiation — invité à descendre, justifie en soi la distinction de niveau qui devrait être établie entre Méditer et Réfléchir. Un auteur comme Jules Boucher a d’ailleurs judicieusement fait remarquer qu’il s’agissait d’un « Cabinet de Réflexion » et non d’un « cabinet de réflexions ».

Cet « Occulte » lieu de « Réflexion » qui, symboliquement, constitue une descente aux enfers vise davantage à « Choquer » le profane en le renvoyant à ses peurs et à ses angoisses « Fondamentales » face à l’approche de la Vérité, d’abord sur lui-même !, plutôt qu’à l’inciter à réfléchir de manière discursive. D’ailleurs, si le néophyte est conduit, au moment convenu, dans l’enceinte du Cabinet de Réflexion, il est amené bien plus au questionnement qu’à une réflexion discursive. La Parole Perdue que l’initié a pour tâche de retrouver est profondément enfouie sous cette habitude profane que nous avons tous : celle qui consiste à discuter ou à disserter sans cesse.

Voulez-vous dire qu’à l’instar des pratiques orientales, il faille s’abstenir de penser ?

Comme je le mentionnais, tout à l’heure, je ne veux aucunement comparer, pour l’instant, une pratique orientale avec la méditation maçonnique… Mais pour revenir à votre question, il ne s’agit pas du tout de s’interdire de penser ou de réfléchir, mais plutôt de découvrir la nature du « voile épais qui me couvrait les yeux ».

Le silence auquel, traditionnellement, est soumis l’apprenti confirme l’importance de cette approche : la parole et la pensée profane doivent être démasquées ; car la Parole Perdue ne peut être retrouvée sans Vigilance et Persévérance dans la découverte approfondie des éléments qui constituent la vanité insoupçonnée de notre vie profane.

520px Pieter Claesz Still Life with a Skull and a Writing Quill
« Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en !
Si tu crains d’être éclairé sur tes défauts, tu seras mal parmi nous.
Si tu es capable de dissimulation, tremble, on te pénétrera.
Si tu tiens aux distinctions humaines, sors, on n’en connaît point ici !… »
 
Habituellement, on prend trop à la légère ces injonctions inscrites sur les murs du Cabinet de Réflexion. Les éléments symboliques que l’on y trouve — la tête de mort, les ossements, le sablier et la faux — devraient nous convier à reconsidérer complètement notre vie profane…
 
IL S’agit Donc D’une Réflexion…
Bien sûr, le Récipiendaire n’est pas encore capable de méditation ; mais toutes les indications du Cabinet de Réflexion convergent vers une pratique totalement nouvelle, complètement inhabituelle : une initiation qui étymologiquement signifie une « Entrée Dans Le Chemin ». 
 
Au-delà de la rédaction du fameux testament qui devrait marquer l’arrêt de la vie profane, la formule hermétique « Visitetis Interiora Terrae Rectificando Invenietis Occultum Lapidem Veram Medicinam » — Visitez les entrailles de la Terre, en rectifiant, vous trouverez la pierre cachée, véritable médecine — indique, très clairement, une voie de dissolution des métaux par le V.I.T.R.I.O.L.U.M.. 
 
Opération alchimique de dissolution de toutes nos manifestations profanes : « Véritable Médecine » ! L’analogie avec, par exemple, la Méditation Tantrique devient désormais évidente : le VITRIOL œuvre au cœur de la « Vigilance », cette qualité d’éveil sur laquelle repose également la méditation orientale.
Le Cabinet De Réflexion Selon Les Rites

Avant même la cérémonie d’initiation, le néophyte, les yeux bandés, est introduit dans une petite pièce. Il sera confronté à ses propres aspirations par « Réflexion ».
Selon les Rites Émulation et Nova Scotia, la « cellule » est nue, n’offrant aucun attrait extérieur. Une Bible et divers symboles ornent cette « cave » suivant les autres Rites.
 
― Au Rite Français, quelques maximes sont inscrites au mur et des tableaux représentent un coq et un sablier ; à gauche de la Bible, on peut voir, éclairés par une simple bougie, un crâne, du sel et du soufre, et, à droite, du pain et de l’eau.
 
― Au Rite Ecossais Rectifié, sont présentés deux tableaux : l’un avec des maximes d’Ordre, l’autre avec un crâne et deux os en sautoir joints au texte : « Tu viens de te soumettre à la mort ».
 
― Le Rite Ecossais Ancien et Accepté se rapproche du Rite Français auquel se joint un tableau sur lequel s’inscrit la formule alchimique « V.I.T.R.I.O.L. » dont la sentence latine, plus complète, « V.I.T.R.I.O.L.U.M. » – « Visitetis Interiora Terrae Rectificando Invenietis Occultum Lapidem Veram Medicinam » – signifie : Visitez les entrailles de la Terre, en rectifiant, vous trouverez la pierre cachée, véritable médecine.
 
N.B. :La Tradition n’est nullement exclusive de l’évolution et du progrès ; les rituels peuvent et doivent donc se modifier toutes les fois que cela est nécessaire, pour s’adapter aux conditions variables de temps et de lieu, mais, bien entendu, dans la mesure seulement où les modifications ne touchent à aucun point essentiel.
 
René Guénon, L’Orthodoxie Maçonnique, La Gnose N°6, avril 1910.
 
La Méditation Maçonnique Est Une Voie D’éveil Au Sens Oriental Du Terme, Cela Ne Fait Aucun Doute…
Cela ne fait aucun doute… La représentation du Coq, associée aux termes clef de l’Initiation que sont « Vigilance et Persévérance » évoque incontestablement un véritable Éveil, et non un soporifique discours pseudo-initiatique. Il est d’ailleurs aisé de voir une profonde similitude entre la Pierre Occulte, ou Pierre Cubique à Pointe, et le Diamant qui symbolise la voie de la Méditation Tantrique.
 
Cette « Pierre » extraordinaire, qu’est le diamant, est une métamorphose du charbon issu du vivant putréfié, réduit au silence de la mort et de l’oubli. La Méditation maçonnique n’a aucun rapport avec un mode de réflexion discursive, surtout sous son aspect « spéculatif ».
On entend pourtant par « Spéculation » une sorte de réflexion abstraite déconnectée de la réalité.
 
Le qualificatif de « Spéculatif » associé à la Maçonnerie moderne se rattache, traditionnellement, à une étymologie initiatique : la « Spectulatio » est l’« Art d’observer » qui au XIVe siècle est un « Ars d’amour » — « Spéculor », c’est « Être en observation d’en haut ». Dans l’explicitation que nous tentons de faire ici du Cabinet de Réflexion, cette « Art d’observer », de « Spéculer » réellement, se rattache autant au substantif « Specula » qui nomme un « lieu d’observation sur une hauteur », un observatoire, que « Speculum » qui désigne un miroir. Ces brèves remarques étymologiques ne sont pas sans évoquer la nécessité d’une pratique de connaissance libératrice de soi par élévation suivant la verticale des Trois Colonnes du Temple spirituel de la Maçonnerie que sont : Sagesse, Force et Beauté.
 
Cet « Art d’observer », Ars d’amour, est donc déjà suggéré dans le Cabinet de Réflexion comme voie alchimique.
En effet, tous les éléments présents dans le Cabinet de Réflexion indiquent la nécessité d’une opération alchimique – et sur ce point, tous les auteurs sont unanimes. Il reste, par conséquent, à apprendre à discerner ce qui, en nous, est profane ; pour découvrir ces qualités « Transformatrices », c’est-à-dire « Purificatrices », de l’« Art d’observer » que sont Vigilance et Persévérance. La tâche est extrêmement ardue, car c’est toute notre manière de penser qui est profane, de « Méditer », de « Réfléchir », de croire, d’espérer, d’aimer, de vouloir, etc., qui sont profanes.
Et ce n’est pas de manière ingénue qu’il est écrit sur les parois du Cabinet de Réflexion : « … Si Ton Âme A Senti L’effroi, Ne Va Pas Plus Loin ! ― Si Tu Persévères, Tu Seras Purifié Par Les Éléments, Tu Sortiras De L’abîme Des Ténèbres, Tu Verras La Lumière ! »
 
Pour L’Occidental Formé À Une Certaine Cogitation Méditative, Il Est Difficile D’accepter Cette Perspective Qui Semble Très Orientale.
L’Orient n’est pas du tout exclu du Temple maçonnique qui y est entièrement consacré. Une des « Missions » modernes de la Franc-Maçonnerie reste d’ailleurs de permettre cette inévitable et heureuse rencontre entre Orient et Occident. Ce ne serait qu’une vue partielle de se contenter de n’y voir que des images intérieures évoquant le cœur l’« Orient » et la raison l’« Occident », on risquerait de faire échouer cette si précieuse rencontre qui s’est précisée tout au long du XXe siècle avec l’affaissement du Catholicisme et du Protestantisme et l’implantation des spiritualités orientales.
 
Relier Orient et Occident implique la nécessité de découvrir le vécu intérieur du Cabinet de Réflexion qui nous habite, et nous interpelle dans les moments obscurs de nos vies profanes.

F••• ― G•••

 
Extrait De « 3e Millénaire 67 »
Prière Et Méditation
Vers Un Sens De La Profondeur Au-delà Des Techniques


Qu’avez-vous appris en entrant en Loge ? ― Rien que l’esprit humain puisse comprendre : un voile épais me couvrait les yeux.
 
Comment expliquez-vous cette réponse ? ― Il ne suffit pas à l’homme d’être mis en présence de la Vérité pour qu’elle lui soit intelligible. La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Tant que les illusions ou les préjugés nous aveuglent.
 
▲ Aron O’Raney

SOURCE :  https://oraney.blogspot.com/

Savoir et connaissance 13 janvier, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Savoir et connaissance

savoirconnaissance1

 

Le savoir nous l’utilisons tous. Rappelons-nous l’école et la façon d’apprendre. Il s’agit d’accumuler des informations, de les mémoriser, pour ensuite les réutiliser dans notre vie. Beaucoup de nos actions dépendent de ce type de mécanisme : au travail, nous nous souvenons de ce qui a été dit à la dernière réunion et que nous appliquons. Nous utilisons les mêmes procédés pour apprendre à parler, pour apprendre une langue étrangère. Le savoir est donc une accumulation d’informations qui influe sur notre comportement, ces informations font appel à la mémoire, et, se situent, temporellement, en amont de l’utilisation qui en est faite. On le voit, le savoir est nécessaire. Sans lui, la vie deviendrait vite impossible. Il ne s’agit donc pas d’opposer savoir et connaissance mais de reconnaître l’utilité de l’un et de l’autre.

Le savoir scientifique a considérablement fait progresser la condition humaine. Elle repose sur une accumulation de données, sur l’expérimentation. La science croit qu’elle est la mieux placée pour dire ce qu’est la réalité. Mais considère l’homme comme observateur extérieur à la démarche du savoir. A la différence de la connaissance et donc de la Franc Maçonnerie, qui place l’homme au centre de ses recherches. Où, d’observateur il devient acteur. « Connait toi même et tu connaitras l’univers et les Dieux ». Ce concept se retrouve dans toute l’ antiquité et dans la culture chrétienne  jusqu’à la renaissance où la vision scientifique du monde sépare radicalement le sujet  de l’objet de cette connaissance. Le monde est alors perçu comme une réalité que l’homme explore et exploite à son profit. Il est ainsi devenu, petit à petit étranger au monde et à lui même. C’est peut être une des explication qui fait que ce sont des hommes bien diplômés, plein de savoir qui ont jeté des avions contre les tours de New York. Cette analyse appartient, peut être, maintenant au passé car les progrès de la physique quantique semblent remettre en cause ce savoir. Jean Staune écrit « Un des grands enseignements de la physique quantique est que les particules élémentaires sont indéterminées en dehors de l’observation.  Elles ne sont pas fixes mais dépendent de la façon dont les observe.  Cela récuse l’idée d’une objectivité intrinsèque de la matière». Ainsi, nous découvrons que l’homme est un acteur, même pour le savoir scientifique, qui du coup trouve des corrélations entre les grandes traditions, en particulier orientales, et la science.

Ce que l’on appelle communément religion, c’est-à-dire une forme de croyance, appartient aussi au champ du savoir. Elle fait référence à des dogmes, l’expérience d’un saint ou d’un gourou, à un livre, pour que le croyant calque son comportement sur ces éléments du passé, qui sont présentés comme une vérité absolue. L’église a toujours été consciente du danger qu’est le connait toi toi même. Dans une encyclique, le Pape Jean Paul II précisait : «La conscience n’est pas une source autonome pour décider ce qui est bon et ce qui est  mauvais car la vérité n’est pas créée par l’être humain, elle est établie par la loi divine, norme universelle et objective de la moralité. » Un concile, par ailleurs déclarait que « c’est Dieu qui révèle et qu’il faut apporter l’obéissance de la foi. Et ainsi, la vérité que la révélation nous fait connaître n’est pas le fruit mûr ou le point culminant d’une pensée élaborée par la raison ». L’église a tellement combattu cette approche que ce n’est qu’en 1945 que l’on a retrouvé les principaux textes gnostiques à Nag Hammadi. Gnose. Il s’agit, selon wikipedia, « d’un concept dans lequel le salut de l’âme  passe par une connaissance  directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. Le mot Gnose a notamment été utilisé de façon polémique, par des théologiens chrétiens pour désigner certains mouvements du christianisme ancien dénoncés comme hérétiques.

Les cathares qui sont souvent présentés comme inspirés par la gnose » ont subit le sort que l’on connaît. D’autre part, il aura fallu attendre 750 ans pour qu’en 2010 Maître Eckart soit réhabilité.

Un savoir plus subtil est celui qui concerne notre psychologie. Nous accumulons des sentiments, des plaisirs, des blessures, une éducation, des jugements, en bref tout un conditionnement qui agit sur nous de façon plus ou moins consciente. Henri Michaux dit cela d’une façon poétique et humoristique : « Je suis habité, je parle à qui je fus et qui je fus me parlent. Parfois, j’éprouve une gêne comme si j’étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m’arriver que je ne m’entend plus moi même ». Nous croyons entendre, voir, être en contact avec le monde, mais, le filtre de notre conscience fait que nous ne voyons le plus souvent qu’une projection de nous même, de notre mémoire. Il en résulte une erreur de perception qui fait que le monde extérieur n’a pas le caractère de réalité absolue que nous lui accordons. C’est donc ainsi, que nous sommes dans l’impossibilité de voir le monde tel qu’il est. Les psychologues, les psychanalystes ont beaucoup travaillé pour libérer l’homme de cette forme de savoir.

Voici, donc, 3 descriptions de savoirs. On pourrait en trouver d’autres.  Le savoir sépare, il appartient, à un groupe humain, on peut ainsi parler d’un savoir scientifique, religieux, philosophique ou psychanalytique. Il a ses mots, son schéma de pensée, ses communautés. C’est pour dépasser les limites que nous accueillons des hommes de toutes nationalité, de toute religion et que nous laissons nos métaux à la porte du temple. Le savoir est comme des pommes que l’on met dans un panier, chaque pomme est une part de notre culture, de notre expérience mais qui, malgré le panier, restent toujours séparé, fragmenté, prêt à susciter l’opposition, le conflit. C’est notre pavé mosaïque. Le savoir à pris dans nos sociétés une place importante, en envahissant le champ de la conscience. Il fonctionne comme une sorte de comblement en réaction à la peur, l’isolement, une recherche du plaisir, une façon de se sentir vivre, peut être, pour conjurer la peur de la mort. Les nouvelles technologies de communication on accentué cette emprise. C’est quand l’Esprit se détache de cette emprise qu’apparaît alors ce qui a toujours été là mais que le savoir cachait. La connaissance a quelque chose à voir avec le silence et le vide. Si le savoir fonctionne par accumulation, la connaissance fonctionne par épuration comme lorsque l’on taille une pierre brute. L’ignorance spirituelle n’est pas un manque d’accumulation de faits, de données, mais, un manque de connaissance de soi. Savoir c’est apprendre de l’autre, connaître est apprendre de soi. Il y a, donc, à l’intérieur de nous quelque chose à découvrir, qui nous met en relation avec le tout, avec les autres hommes par un sentiment de compassion, avec l’univers par la reconnaissance d’un ordre à la fois individuel et cosmique. C’est ce que dit, abondamment  notre rituel avec Vitriol, le fil à plomb, la pierre brute, la voute étoilée… La connaissance unit les oppositions du pavé mosaïque qui recouvre la loge, réunit se qui est épars, jusqu’à l’Orient, jusqu’au sommet du delta lumineux, jusqu’au Principe, à la non dualité. La connaissance est relation. Elle est intérieure à l’individu. Elle est unique. Elle demande une introspection, mais, se réalise aussi dans la relation: « si tu as un véritable ami, tu n’as pas besoin de miroir » dit un proverbe indien. D’où l’importante de la bienveillance, de la fraternité, du dialogue que notre rituel régit.

Une autre  bonne représentation de ce qu’est le savoir est l’ordinateur. Cette machine a la capacité d’apprendre beaucoup plus vite et infiniment plus de choses que le cerveau qui l’a pourtant inventé. Avec sa mémoire vive et son disque dur, il fait, toujours référence à la mémoire, il croise un fait, une information avec ce que sa mémoire contient et cela ne fonctionne que si sa mémoire contient quelque chose en relation à cette information.

Donc le savoir n’est jamais neuf, il fait toujours référence  au passé. Il ne peut découvrir que ce qu’il contient. Le savoir, par définition est inapte au renouveau, ne connaît pas la fraicheur. Le savoir, ne peut donc  fonctionner que dans le champ  du connu et pas au delà. Pozarnik écrit : «Du vieil homme, nous ne pouvons créer que du vieux. L’inconnu est toujours ce qui se trouve au-delà du connu, des certitudes. Là où nous refusons d’aller voir. Il faut vraiment oser aller vers l’inconnu en nous, même s’il est contraire à notre personnalité habituelle, et ainsi aborder aux rives de notre essence oubliée. » Et Krishnamurti disait : « Le passé et l’inconnu ne peuvent se rencontrer. Aucun acte, quel qu’il soit, ne peut les rassembler. Le passé doit cesser pour que puisse être cette immensité. » Le savoir ne pourra donc pas approcher le Grand Architecte, car l’infini, la spiritualité et plus sûrement le sacré, c’est l’inconnu, l’inimaginable, l’informulé. Le passage du savoir à la connaissance est vécu comme une mort suivie d’une naissance. Cette naissance est l’entrée dans l’inconnu, dans le neuf, dans un autre monde de pensée. C’est ce qu’indique ce que l’on prend souvent pour l’étymologie de co naitre. Naître avec. En fait, il s’agit d’un jeu de mot, qui rend bien compte de ce dont il s’agit, que l’on trouve dans plusieurs écrits. L’Etymologie du mot « Connaissance » nous vient du latin et du grec, et au delà du mot sanskrit « jna » qui donne le mot « janati » qui signifie « connaître ». Cette racine sanskrite à évolué pour donner to know en anglais, gnose, ignorance, et connaitre en français. Le jnana yoga est encore aujourd’hui une part importante de la pensée hindou. Sa philosophie, l’Advaita, trouverait son origine dans les Védas dont les premiers écrits dateraient d’il y a 15000 ans. La plupart des maîtres hindous ont sont issus. Le contemporain le plus connu est Ramana Maharshi. Ce concept spirituel s’est propagé à tout le monde oriental : bouddhisme, taoïsme, puis au monde occidental avec Platon, les stoïciens, les néoplatoniciens, la gnose, le soufisme, Spinoza, maître Eckart, Jean de la Croix, Jung. Il a conservé le principal de cette philosophie en se propageant et il est intéressant de constater que l’étymologie en garde le souvenir.

Jean Pierre Bayard disait « que la Sagesse ne s’enseigne pas « . En effet, la connaissance ne se transmet pas, car comme la plus belle fille du monde, nous ne pouvons donner, transmettre que ce que l’on a, ce que l’on possède. La connaissance n’appartient à personne. Elle ne s’enseigne pas. Elle est de ce fait inaltérable. Nous ne pouvons transmettre que la façon de la reconnaître. Et, cette transmission est toute relative car il s’agit d’abord d’une enquête personnelle.

Le prologue de Jean présent dans la loge dès le début des travaux nous dit : « Au commencement était le logos, la parole. En elle était la vie, la lumière des hommes. Et les ténèbres ne l’ont point saisie ». Le Logos nous vient de la Grèce antique et selon le dictionnaire :  » il est parole, discours, raison, relation »(Wikipedia) Il s’agit de la raison divine, raison organisatrice, explicative de l’univers. Logos, c’est la manifestation de l’être ou de la raison suprême. C’est la « loi du monde »(CNRTL). Pour Héraclite le logos est à l’origine de la pensée humaine. Il est  dans le non manifesté, il  est le principe, l’un, qui gouverne le cosmos, le tout. La source de toute activité, de toute création. Le logos, but de recherche initiatique, ne se reconnait pas par la croyance, mais par la connaissance qui suppose le doute. En FM, en loge de St Jean, nous devons retrouver la lumière et la parole. Cela rejoint  cette phrase d’Aurobindo qui pourrait être un résume de la symbolique d’une loge maçonnique, et, qui conclura cette planche : « Mais quand fut le commencement ? A nul instant dans le temps, car le commencement est à tous les instants ; le commencement toujours fut, toujours est et toujours sera. »

M. D.

Source : http://www.masoniclib.com/

http://hautsgrades.over-blog.com/

savoirconnaissance2

PARACELSE 8 janvier, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

PARACELSE

« La Nature ne suit pas l’homme;
c’est l’homme qui doit la suivre. »

PARACELSE dans Recherches & Reflexions _wsb_267x361_Paracelsus
«Mes écrits dureront et subsisteront jusqu’au dernier jour du monde comme véritables et incontradicibles.»- Paracelse -

Paracelse (né Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim en 1493 à Einsiedeln en Suisse centrale – 1541) était un alchimiste & médecin suisse de la Renaissance.

Son père, Wilhelm von Hohenheim, était alchimiste et médecin. De 1502 à 1507, il enseigna à son fils les rudiments de la pensée humaniste. Paracelse, sous la houlette de Trithème, s’intéressa ensuite à l’alchimie.

Dans les années 1520, Paracelse, qui se fait nommer ainsi parce qu’il estime sa connaissance supérieure à celle de Celse, critique les principes de la médecine établie. Pour ce médecin itinérant, l’idée d’un cycle de vie cosmique fondé sur la cuisson et les éléments aristotéliciens est fausse et mérite une révision.

Malgré sa mauvaise réputation, due à sa personnalité caustique et à ses croyances religieuses radicales, il convainc les médecins des cours d’Europe d’abandonner leurs anciens principes et d’en chercher de nouveaux.

Paracelse, en effet, ne se contentait pas d’approximations. Il considérait que les médecins authentiques se devaient, au début de leur pratique, de prêter ce serment:

« Je fais le serment de ne pas faire de supposition mais de savoir. »- Paracelse -
Paracelse était un Spagyriste. « Spagyrie » est, d’ailleurs, un mot inventé par Paracelse, qui vient de « Spao » (séparer) et « Ageiro » (réunir).Autrement dit: Décomposer la vie, la débarrasser de ses impuretés, puis la recomposer à un niveau supérieur d’évolution. Ceci s’applique, dans le domaine des préparations de substances, avec l’intervention d’un alchimiste spagyriste, maître du Feu.Il va séparer les 3 Principes, les purifier, pour enfin les réunir, afin de puissamment en augmenter les vertus.

« De l’Unité tirez le Nombre ternaire et ramenez le Ternaire à l’Unité. »
- Paracelse -

Les 3 Principes spagyriques d’une plante sont:

1 – L’huile essentielle (Âme de la plante – Soufre)
2 – La teinture liquoreuse (Esprit de la plante – Mercure)
3 – Les sels minéraux et les oligo-éléments (Corps de la plante – Sel).

La plante ou le minéral subit une transformation alchimique pour révéler sa quintessence. Cette sublimation, cet Elixir est ensuite utilisé au profit de l’équilibre de l’homme. Le travail spagyrique est un art rigoureux calqué sur les rythmes de la Nature.

Une plante ne délivrera jamais son Élixir Spagyrique avec un forcing, pour satisfaire une commande pressante, car il est l’œuvre d’un authentique mûrissement. Il agit comme un catalyseur sur les plans physique, psychique, et spirituel de l’être.

La spagyrie c’est aussi l’application des lois alchimiques dans le domaine de la thérapie.

D’une façon synthétique, l’n peut dire que la spagythérapie englobe plusieurs aspects des médecines naturelles. Elle fait indéniablement figure de médecine holistique. Elle a notamment recours à l’Arbre des Sephiroth, aux tests énergétiques issus de la Médecine Traditionnelle Chinoise, aux Chakras et à la médecine énergétique.

Un Spagyriste prépare les Elixirs selon un protocole bien déterminé.

L’Elixir spagyrique est une Quintessence végétale qui a mûri jusqu’à être réellement bio-disponible.
A ce titre, il est bien supérieur aux simples teintures ou composés aromatiques, car il rassemble en lui tous les principes actifs de la plante:
- Les principes actifs et ciblés des huiles essentielles.
- Les vertus purifiées et subtiles des teintures végétales.
- La force de cohésion, de structuration et d’équilibre des oligo-éléments et minéraux propres au végétal choisi. Le tout dans une bonne cohésion naturelle.

Un Elixir spagyrique ne peut être comparé à un mélange d’huiles essentielles, de teintures et d’oligo-éléments qui ne serait qu’un simple assemblage de parties sans jamais pouvoir former un TOUT harmonieux, une Quintessence, une Synergie, point de départ du Mouvement énergétique.

Il ne suffit pas de faire des mélanges d’ingrédients pour retrouver et faire naître la Quintessence de la plante, l’Archétype, ou Premier Être, ainsi que l’appelaient les anciens Spagyristes.

Cela implique un mode de préparation des plantes tout à fait particulier:

« Mais les herbes et leurs semblables doivent être prises d’abord et macérées et « putréfiées » dans une bonne eau-de-vie, ainsi pendant un mois. Distille-les ensuite au bain-marie, rajoute encore et procède comme précédemment jusqu’à ce que la quantité de l’eau-de-vie soit réduite à un quart du suc des plantes; redistille le produit au bain-marie pendant un mois, en y ajoutant à nouveau des plantes, puis sépare-les et possède un magistère de l’herbe que tu désires ».

 - Paracelse -

Paracelse, médecin suisse de la Renaissance, connut une vie tumultueuse. Sa tentative pour rénover la médiocrité de la médecine de son époque lui valut de nombreux ennemis, d’où une vie d’errance parsemée de guérisons spectaculaires dans les villes qui l’accueillaient reçu par les princes, puis chassé par ses « confrères » jusqu’à sa mort mystérieuse en 1541.

Ses écrits sont denses et, pour y accéder, nécessitent une forte concentration, mais ils demeurent toujours brûlants d’actualité à l’heure où se réveillent de nombreuses médecines dites « énergétiques ».

Paracelse était donc alchimiste, sans doute déjà initié très jeune par son père, lui même médecin. Biochimiste, physiologiste et pathologiste, il établit les fondements de la médecine moderne et pressent les principes essentiels de l’homéopathie.

Paracelse développe ses thèses à partir de la « doctrine des signatures ». Il prédit la découverte d’ingrédients actifs dans les plantes.

Il pensait que l’univers matériel ne peut être séparé de l’univers spirituel et que tout dans la création a son importance. Alors, il posait comme principe que toute maladie traduit un écart, dû à la faillibilité de l’esprit et des sens, entre notre situation présente et notre nature spirituelle originelle. Il s’agissait donc de trouver le remède susceptible de nous ramener à notre nature spirituelle, seule source véritable de la guérison.

« C’est pourquoi apprends donc l’Alchimie,
qui porte aussi le nom de Spagyria,
qui enseigne l’Art de séparer le faux du vrai.
Ainsi est la lumière de la Nature. »
- Paracelse -

Il a aussi dit:

« Tout est poison, rien n’est poison.
La dose fait le poison. »
«Tout est poison, rien n’est {sans} poison.
Seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison.»

« Les blessures et les plaies ont leur loi de réparation. »

« Chaque heure apporte avec elle du neuf, de sorte que rien ne demeure identique à soi. Car, s’il en était ainsi, le malade demeurerait malade et ne connaîtrait ni amélioration ni aggravation, et l’homme bien portant demeurerait bien portant. L’on ne peut pas guérir une maladie avant l’heure; il faut le temps. »

Paracelse dans Recherches & Reflexions

- Paracelse -

Définition de la Quintessence:

« La Quintessence est une certaine matière extraite de toutes choses que la Nature a produites et de chaque chose qui possède sa vie corporelle en elle-même, une matière la plus subtilement purgée de toute impureté et de toute mortalité, et séparée de tous éléments. D’après ceci, il est évident que la quintessence est, pour tout dire, une nature, une force, une vertu, et une médecine, à la fois, en vérité, enfermée en toutes choses, mais désormais libre de tout domicile et de toute incorporation extérieure. » (Paracelse: « Le Quatrième Livre des Archidoxes ».)

Bref, la même chose que: « Yaspis » – « Le Pur, le Noble ».

Tout doit, cependant, être constamment vérifié:

« Il n’est pas dans nos habitudes de croire, d’enseigner et de suivre ce qui ne peut être confirmé par l’expérience et la pratique véritables. »   - Paracelse -

Et voici, pour clore la présente introduction, sa prodigieuse conception – aujourd’hui, l’on en est loin! – de ce que c’est que l’Art du médecin:

« Il appartient donc au Médecin qui veut s’instruire de savoir ce qu’est la Calcination et la Sublimation, non seulement les opérations superficielles mais et qui, fait bien plus important, permettent celles qui modifient intérieurement les choses la préparation et aussi le mûrissement que la Nature ne leur a pas donnés.

Le Médecin doit posséder l’Art de faire mûrir les choses; car il est l’Automne, l’Hiver… Il est l’Astre qui doit agir sur les choses pour les achever ».  – Paracelse -

C’est ainsi que Paracelse a montré les rôles respectifs de la Nature et de l’Homme: L’homme – médecin – doit porter les éléments de la Nature à un degré de mûrissement qui ne peut être atteint par la seule action de la Nature.

« L’homme est l’ »acheveur » de la Nature! »
SOURCE : http://ecoledevie.fr/35.html
11201610_10207964077645728_1090502966700773902_n

L’Arbre de Vie 30 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Arbre de Vie

La Création de l’Univers  
 

Ain_Ain Sphi Keter

 

 

Au commencement était l’Ain, le néant, le vide Absolu. Puis vint l’Ain Soph, l’espace infini, sans limite. Et enfin l’Ain Soph Aur, la lumière infinie, qui emplit d’abord l’Ain Soph, puis se contracta, faisant naître la vie, essence même de la lumière : Kether.

Cette lumière illimitée se manifeste comme une étincelle, en haut de l’arbre de vie, au niveau de la première couronne que l’on appel Kether. A partir de Kether, la première manifestation de la lumière illimitée, l’étincelle va parcourir toute la structure de l’arbre de vie, de haut en bas, en passant successivement par les 10 Séphiroth qui représentent des émanations dégradées de la lumière.

 

L'Arbre de Vie dans Recherches & Reflexions

La lumière est née dans Ain Soph Aur (Lumière illimitée)

 

Le niveau le plus bas de l’arbre est représenté par Malkuth, correspondant à notre monde matériel.

La lumière adapte sa pureté ou sa fréquence, la dégradant au fur et à mesure qu’elle descend dans l’arbre de vie, afin que notre monde matériel puisse l’appréhender sans être aveuglé.

Chaque Séphirah représente une étape à comprendre et à intégrer pour être capable d’atteindre le niveau suivant, conduisant le disciple vers l’illumination, représenté par Kether.

La lumière descend jusqu’à nous, pour nous inviter à la comprendre et à la suivre, en remontant vers le sommet de l’arbre.

 
Les origines

L’arbre de vie Kabbalistique a été construit, pour l’essentiel, à partir d’un texte Hébreux très ancien ; Le Sépher Yetsirah, le livre Kabbalistique de la Formation, une sorte de traité de cosmologie qui représente la création de toutes choses par la permutation des lettres. On peut dire, sans trop se tromper, et pour simplifier (sachant qu’il existe une différence significative entre la tradition Juive officielle et l’Occidentale), que la tradition Kabbalistique puise ses sources dans l’arbre de vie, et donc par extension dans le Sépher Yetsirah.

Ceci dit, les enseignements contenus de cette Œuvre serait beaucoup plus anciens, renfermant des secrets d’une ancienne connaissance perdue depuis la nuit des temps. La tradition veut qu’Abraham soit le premier à avoir transmis ces précieux enseignements, et que la langue Hébraïque est été constituée à partir de la structure de cette connaissance. Abraham les aurait reçut de Melchisedeh, roi de Salem, grand prêtre du Très-Haut.

Ces connaissances ont certainement été véhiculées secrètement à travers les traditions égyptiennes, et protégé dans l’Arche d’alliance, par Moïse, puis transmis ensuite dans les rituels magiques du temple de Salomon. La Menora, le chandelier d’Or, est d’ailleurs la première représentation de cet Arbre de vie, ainsi que la structure du temple tout entier, qui a été perdu lors de sa destruction.

 

mondes

Philosophie de l’Arbre de Vie

L’arbre de vie est un arbre de lumière. De la plus pure et rayonnante étincelle en son sommet, elle transmet son énergie éternelle en descendant progressivement jusqu’aux racines, éclairant au passage chaque sphères de conscience, et retenant à chaque niveaux un peu plus de sa puissance, jusqu’à ce que cette lumière divine devienne matière. Commence alors le voyage de l’illumination qui consiste à retransformer la matière en lumière pure, en réponse à la générosité et à l’humilité de la Source infinie.

Matrice de l’Arbre de Vie

Il existe dans l’Arbre de vie une structure, une matrice, qui ordonne et oriente les choses de la vie. En observant ou en méditant sur cet enchevêtrement de relations harmonieuses, l’arbre de vie se présente comme une clé, qui permet, à tous ceux qui savent l’utiliser avec sagesse, d’atteindre les objectifs les plus ambitieux.

Il semblerait que cette matrice renferme tous les secrets du déroulement de toutes choses, à tous les niveaux et dans tous les contextes, une sorte de matrice universelle. En appliquant toutes sortes de thèmes sur cette structure, on s’aperçoit que le système qui engendre l’évolution pas à pas du sujet étudié, est parfaitement synchrone avec la matrice, elle coule de source, comme une évidence, comme un puzzle où chaque pièce a une place unique.

D’ailleurs son aspect visuel, qui relève de la géométrie sacrée, est une des clés du mystère de sa conception et de sa magie. L’arbre de vie est inscrit dans la Fleur de vie, qui elle-même est engendrée par la Graine et l’Oeuf de vie.

 dans Recherches & Reflexions

l’Arbre dans la Fleur de Vie

 

Si l’on tente de mesurer par radiesthésie, le niveau vibratoire de cette fleur de vie, le pendule dépasse tous les indices. En fait il s’agit de l’infini non mesurable, de même que la Parole de Dieu dans Ses Révélations. J’ajoute que ce dessin bien placé dans une pièce (voir le Feng Shui) augmente énormément le niveau vibratoire de la pièce en rétablissant l’équilibre avec les forces telluriques plus ou moins fortes du lieu. De plus cela annihile tous les effets néfastes des ordinateurs et autres émetteurs d’ondes électromagnétiques. Il est donc recommandé pour un cabinet de travail thérapeutique, mais pas pour une chambre à coucher ou une pièce à vivre.

La « Fleur de Vie »  est un dessin géométrique qui représente toute la structure de l’Univers, le Cosmos et son ordre parfait. Elle contient dans ses proportions, tous les principes vibratoires et aspects géométriques de l’Univers (dont les solides de Platon) et l’Etoile tétraédrique (découlant de l’icosaèdre à 20 côtés) qu’on dit être la forme du véhicule de conscience appelé MER KA VA. On trouve cette Fleur de Vie visuellement sur certains murs d’un des temples d’Abydos en Égypte, mais aussi dans de nombreuses cultures à travers le monde.

Elle est constituée d’un cercle, par le centre duquel passent 6 autres cercles qui engendrent eux-mêmes d’autres cercles ; on se limite à 5 cercles dans le sens de la hauteur et à 5 dans les diagonales, le tout étant contenu dans un grand cercle. L’Arbre des Sephiroth, dont nous avons parlé, est une des figures logées dans ce schéma.

Si vous réalisez vous-mêmes ce dessin et que vous tentez de le projeter en 3 dimensions, vous y découvrirez les 5 corps platoniciens ou polyèdres réguliers, bases de tous nos systèmes de vie : le cube à partir du carré, le tétraèdre à partir du triangle équilatéral divisé en 3, un octaèdre à partir de l’hexagone qui comporte 8 faces de triangles équilatéraux identiques et enfin un dodécaèdre pentagonal qui comporte douze facettes pentagonales identiques, et enfin l’icosaèdre à 20 faces triangulaires équilatérales et 12 sommets.

La rotation du cube à l’intérieur d’un cercle sur un angle de 72°, crée la molécule d’ADN qui est la base même de la vie. Ce nombre de 72, lié au nombre d’or, se rapporte au treillis de la Conscience cosmique existant tout autour de notre globe terrestre. Pour en savoir plus, lire le livre de Drunvalo « L’ancien secret de la Fleur de Vie » aux éditions Ariane (prendre bien le temps d’intégrer le tome I avant de lire la suite).

 

(1) Le symbolisme du corps humain aux éditions Dangles et en poche chez Albin Michel. Voir aussi le reste de sa bibliographie, plus tournée vers l’évolution spirituelle, mais tout aussi passionnante.

(2) La simple visualisation de nos maux sur l’Arbre des Sephiroth ne suffit pas à nous guérir. Encore faut-il entamer un travail de fond avec le thérapeute adéquat qui saura débusquer au fond de notre inconscient la douleur primale qui a engendré nos blocages. Bien entendu il s’agit en premier d’un travail actif de la part du consultant auquel le thérapeute apporte sa collaboration. Chacun apportera alors sa technique comme par exemple, l’analyse trans-générationnelle et psychosomatique ou une certaine forme de kinésiologie. Nous verrons au chapitre de la pratique Psycho-Spagyrique, qu’en cours de séances, et selon les personnes, des mémoires s’ouvrent d’elles-mêmes (sans régression programmée) amenant ainsi ces personnes à prendre conscience ou les mettant sur la voie de leur choc émotionnel primal). C’est la surveillance de nos comportements et réactions qui nous disent si on est débarrassé ou non de nos « démons ». En effet, on peut facilement retomber dans nos travers compte tenu des mauvaises habitudes prises et ancrées en nous depuis de nombreuses années. Après, il faut souvent avoir recours, à certains auxiliaires médicaux qui travailleront aussi sur nos blocages nerveux, musculaires et articulaires. Le Christ guérisseur est en fait notre part spirituelle, l’énergie de vie qui VEUT notre redressement et notre positionnement d’Homme Conscient dans sa voie d’évolution. C’est le Médecin Fidèle de Paracelse.

 

Les Sephiroth de l’Arbre de Vie

L’arbre kabbalistique est un concept purement hébraïque sans équivalence dans d’autres religions, il réflète une très belle  réalité, celle de l’énergie émanant de la Source des Sources qui se dirige d’une sphère de dilution vers une autre jusqu’au royaume de la matière, soit la Terre et son Humanité.

Extrait du livre « Mystères de la Kabbale » de Marc-Alain Ouaknin : « Lorsque la lumière primordiale de l’infini descend dans le monde pour donner le souffle de vie à tous les mondes et à toutes les créatures, elle se déploie, se diffracte sous forme de dix lumières, qui contiennent chacune un aspect de la puissance de la lumière nécessaire à la possibilité du vivant … » Dix lumières brillants dans l’éternité, guidant les hommes vers leur ultime évolution ; l’illumination.

L’énergie provenant de DIEU (de la Source) arrive donc au sommet de l’Arbre et est diluée par la première Sphère. Cette énergie nourrit chacune des sphères ou Séphiroth. La première Sphère (Séphira) représente aussi l’énergie d’une Qualité Divine. La Kabbale nous enseigne que pour bénéficier des ces Qualités, nous devons recevoir et faire mûrir les « fruits » de cette arbre de vie, chaque sphère ou fruit étant un ensemble de symboles et de qualités que nous pouvons étudier selon un certain système de concordances.
cabale11-e1276164289554

Dans l’Arbre Kabbalistique, il y a 10 Séphiroth :

De Kether procède une série des neuf autres émanations divines, les Sephiroth ou sphères de Dieu, réunis l’un à l’autre par “l’Eclair étincelant” qui descend de Kether.

Le mot Sephira (pluriel Sephiroth) désigne une « émanation numérique » et suggère l’idée qu’une chose est engendrée par autre chose en respectant un certain ordre depuis Kether, l’étincelle divine de la vie, pour arriver à Malkut, le monde matériel.

Les Sephiroth sont donc, dans l’ordre d’involution : Kether, Hokmah, Binah, Chesed, Geburah, Tipheret, Netzah, Hod, Yesod et Malkut.  Cet ordre est dit « d’involution » car il est celui dans lequel l’univers a été créé. (A noter que la Séphira DAATH n’est pas considéré car elle n’est pas porteuse d’une «Qualité Divine Manifestée» selon la Kabbale; elle n’est pas comptée non plus parmi les 10 et ne porte donc aucun numéro bien qu’elle soit toujours dessinée sur l’Arbre. Son énergie est importante mais subtile).

 

DAAT est une lumière dissimulée. Pourtant, cette sphère cachée fait partie des étapes indispensables à la création, et marque en quelques sortes un passage obligé entre notre monde et celui du divin.

L’ordre d’évolution, est ce lui que l’on devra emprunter afin de pouvoir renouer avec l’origine, l’étincelle de vie divine qui sommeille en chacun de nous.  Il est important de signaler que chacune de ces Sephiroth contient une parcelle de toutes les autres situées « en amont » et l’énergie nécessaire pour engendrer celles qui se trouvent « en aval ».

 

émanation

Les kabbalistes présentent parfois l’Arbre sous forme de 10 cercles concentriques comme sur la figure ci-contre.

Si le cercle de plus petit diamètre est associé à Kéther, le déploiement de l’Arbre peut faire penser à l’action d’une pierre jetée dans un lac paisible. Plus l’observateur est éloigné de l’impact, plus il y a d’ondes (de voiles) entre le centre et lui.

Si, au contraire, le plus petit cercle est associé à Malkuth, le parcours vers Kéther correspond à une augmentation progressive de la sphère de conscience. Celle-ci, active dans des enclaves de moins en moins denses, devient de plus en plus libre.

 

En revenant sur le schéma de l’Arbre des Sephiroth…  

·  Au-dessus de Kether, il existe trois autres étapes appelées Aïn (qui veut dire rien, point d’en haut, mais aussi œil (2) Aïn Soph (sans fin, infini), Aïn Soph Aor (infinie lumière), trois aspects divins, non inscrits dans l’arbre, expriment l’Inconnaissable, l’Innommable qui cependant S’est fait connaître et S’est laissé nommer à travers les 10 Séphiroth. Toutes émanent de Kether, la première d’entre elles et se déploient jusqu’en Malkhuth, la dernière qui les reçoit avant qu’elles ne se re-contractent en Kether (Annick de Souzenelle, Le symbolisme du corps humain page 43 – Edition Dangles – livre conseillé qui existe en « poche »).

·  L’entraînement vers le Rien passe d’abord par le Daath (au moment du franchissement de la Porte des Dieux) qui est une « non sephira », porte d’entrée de la Ténèbre Sacrée (où se tient le Sphinx), pour accéder au Labyrinthe intérieur (voir la littérature de Toni Céron sur le passage du Sphinx à la Pyramide et la déambulation initiatique dans cette Pyramide – Édition Col de Feu à Orcier).

Daath est celle qui a disparu de l’Arbre lors de la grande involution et de la formation du psychisme humain. Dans l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal, l’humanité expérimente la dualité et Daath reste voilée. Cette Daath est le Royaume béni, la Coupe première, l’Épouse du Roi. Cette coupe est située au-dessus du soleil de Tiphereth, ce point si particulier à hauteur du sternum chez l’homme mais intérieur au milieu d’une sorte de Pyramide. Cette coupe existait bien avant la création de l’Arbre car elle est la lumière du Premier Jour, lumière émanent de l’Unique qui s’y contempla. Elle est son Épouse éternelle. C’est le principe féminin par excellence mais bien au-delà de la compréhension humaine de ce concept, uni de toute éternité à son Roi. Elle ne regarde que Lui, le Joyau au centre de Kether. Leur regard est la Source de la Lumière vivante qui coule dans les univers.

C’est pourquoi, plus tard, au centre du Rien qu’est Aïn on va trouver la Source de tout qu’est Ayin. C’est quand à partir de rien que l’Époux et l’Épouse voulurent créer les mondes, l’Arbre se déploya, Daath se transféra en Binah et devint Mère. Alors la Lumière (ou énergie) du Très-Haut peut descendre vers les humains à travers les différents filtres (Sephiroth). Dieu ne peut être contemplé en face faute d’être brûlé immédiatement (c’est pourquoi on appelle le Triangle supérieure la Petite Face). Seul celui qui est passé par l’abandon absolu (en donnant la bonne réponse au Sphinx), peut enfin contempler la Grande Face.

· Toute la kabbale est contenue dans Daath et avec elle toutes les connaissances qu’on n’a pas besoin de chercher ailleurs. Mais la Connaissance accessible aux hommes est jusqu’à présent bien fragmentée, et chacun entretient cette division en revendiquant la vérité de la branche qu’il a trouvée, la compare et l’oppose à son voisin sans comprendre la beauté de l’Arbre qui pourrait les réunir.

· Lorsque Daath se dévoile, c’est le Saint-Graal qui apparaît, la coupe enchantée que les chevaliers des temps modernes recherchent encore aujourd’hui. Celui qui arriverait au bout de sa quête et trouverait enfin la Coupe serait emporté avec elle dans les plans subtils, hors de la matière. Mais contrairement à ce que d’aucuns veulent faire accroire, ce n’est pas l’homme qui doit ascensionner, comme Jésus en son temps, mais la totalité de la matière du corps de l’humain et du corps de la terre. Le Graal n’emportera pas l’homme hors de la matière mais l’illuminera enfin. Il sera la Pierre philosophale qui révèlera le Royaume et couronnera la terre.

· Ce sera alors la réduction à néant de tout ce que nous représentons en tant qu’humain qui couronnera finalement le parcours sephirotique. Et encore….

· Après avoir fait un tant soit peu l’expérience du Rien, au cours de laquelle, on peut vraiment arriver à se sentir perdu, puisque nous faisons l’expérience de quelque chose qui est avant la Conscience, l’Absolu de Dieu qu’on ne peut ni nommer ni objectiver. En effet, qui ne le serait, s’il devait d’un seul coup revivre les premiers temps de la Création du monde, avant que le Créateur ne se soit manifesté en créant la Conscience. C’est l’état du chaos indifférencié où rien n’existe pas plus l’esprit que la matière et encore moins la conscience de soi.

·  Il ne faut pas oublier que lorsqu’on a rompu avec le Faux-Prophète (celui qui est induit par Lucifer), on n’a plus rien sur quoi s’appuyer si ce n’est sur Dieu par la Prière et donc sur sa véritable identité qui est divine. Dans cette expérience du Rien, du vide, qui est la Création avant la Création, on peut vraiment se croire perdu. Si l’on a ce sentiment c’est que tout n’a pas été réglé dans notre vie d’humain et qu’il reste quelques « oripeaux » accrochés aux diverses portes. Alors, pour se sortir de ce sentiment de perte de soi, on doit repartir vers la matière de Malkhuth pour recommencer un périple et repasser par toutes les expériences déjà vécues (ou mal vécues ou insuffisamment). C’est pour cela que la tradition alchimique parle de refaire plusieurs fois le périple (7×7). Il convient de reprendre, après tests, les textes sur les étapes séphirotiques à repasser.

·  Vous recommencez alors l’ascension en repassant par chacune des Sephiroth (ou celles spécifiées), mais que vous allez aborder cette fois-ci d’une manière beaucoup plus libre, car vous connaissez déjà le chemin. Vous allez mettre à profit ce dernier parcours pour commencer à construire votre champ missionnaire (celui qui vous est indiqué par l’archétype de votre Licorne, le Nœud Nord lunaire mais aussi l’hexagramme de conception en YI Jing).

· Toutefois, il peut arriver que le passage de certaines portes ayant été fait préalablement sans douleur (car hors conscience) se fasse maintenant dans la douleur de la prise de conscience, comme le passage de la Porte des Hommes qui pourrait déclencher une « belle » sciatique ou un pincement discal ou alors celle de Yesod que beaucoup oublie de vivre complètement ou ignore tout simplement considérant la chasteté comme une condition d’élévation. Lorsque la porte de Yesod est fermée, l’androgyne Tsaddé (voir « La Lettre chemin de vie « d’Annick de Souzenelle) ne peut pas rejoindre son Dieu. Or il ne faut pas oublier que l’Androgyne est la justice parfaite puisqu’elle équilibre les forces opposées et différentes. Le Père-Mère voulut que l’humain, l’Adam originel puisse connaître la félicité et la puissance créatrice de l’amour. Il divisa alors en deux ses polarités pour qu’elles puissent se contempler et échanger leur regard, à l’image de leur Père et de leur Mère, à la fois deux et un.

· C’est pourquoi dans Yesod on doit parfaire ce travail de séparation-réunion. Alors le 3ème œil (Ayin) pourra s’ouvrir au centre du front de chacun, représentant une conscience infinie.

·  C’est au cours de ce nouveau parcours, que vous pouvons être amenés à régler des problématiques secondaires (filaments de la problématique principale restés accrochés) ou bien de libérer quelques ancêtres (co-latéraux de votre filiation directe) qui ont besoin de vous pour continuer leur évolution.

· Chaque étape va donc être conscientisée beaucoup plus profondément et affiner peu à peu notre perception de tous les aspects de la vie et nous affirmer de plus en plus dans votre identité en devenir en rendant de plus en plus limpide la vision trine. L’Œil de Dieu est partout, rien ne lui échappe car rien n’est en dehors de Son Corps. Ne craignez pas ce Regard qui vous met à nu, mais au contraire appelez-le pour vous unir à Lui. C’est comme cela que vous pourrez franchir la Porte Unique qui vous attend sur votre chemin.

· Sachez utiliser le 3ème œil pour voir la réalité derrière les apparences, les faux messies, faux-être réalisés (en fait il n’y a pas plus d’être réalisé que d’êtres réincarnés) et autres envoyés de Lucifer, écarter le doute et enfin utiliser le pouvoir de votre Verbe.

·  Si vous n’en avez pas encore fait plus tôt, c’est le moment de participer à des séances de PMT (Pyramidal Memories Transmutation) afin d’éliminer les mémoires archaïques sur lesquelles vous avez travaillé au long de votre développement. Mais a priori, vous n’en avez plus besoin car vous avez fini vos tours de lemniscate (croix karmique de la Lune noire – voir explications dans le livre de Luc Bigé).

 

eso_Lamen202

Les relations principales de l’Arbre de Vie

Chaque lumière entretient des relations particulières avec certaines autres lumières, formant ainsi des groupes spécifiques, et permettent d’aboutir à des objectifs communs. Les sentiers entre les sphères lumineuses constituent les générateurs d’évolutions et de changement, et sont presque plus importantes que les sephirot elle-même.

Il en existe 22, et elles ont formés l’écriture Hébraïque.

Les 22 sentiers et les 10 sephirot forment les 32 voies de la sagesse.

sephiroth

 

AZILOUT, monde de l’émanation

BRIAT, monde de la création

YETSIRAH, monde de la formation

ASSIAH, monde de l’action

Colonne Gauche, la justice

Colonne Centrale, l’harmonie

Colonne Droite, l’amour

Horizontale du Haut, les expériences

Horizontale du Milieu, les sentiments

Horizontale du Bas, les relations

Triangle KETHER-HOCKMAH-BINAH, l’équilibre des trois célestes

Triangle HOCKMAH-BINAH-DAAT, l’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel

Triangle DAAT-HESED-GUEBURAH, l’accès aux connaissances secrètes

Triangle HESED-GUEBURAH-TIPHERETH, l’éthique du bien et du mal

Triangle TIPHERETH-NETSAH-HOD, la maîtrise des passions

Triangle NETSAH-HOD-YESOD, la fondation de la logique et des émotions

Relation YESOD-MALKUT, la transmission

 

seuils

 

Les 3 Seuils

Si l’on considère l’Arbre comme un parcours initiatique décrivant divers états psychologiques, il est courant de placer sur le dessin de l’Arbre, trois seuils, trois prises de  conscience remarquables.

En partant de Malkuth, le premier fossé à franchir est appelé le Seuil.

Au-dessous de Tiphereth se trouve le Gouffre.

Enfin l’accès aux sephiroth Kether, Chokmah et Binah nécessite le franchissement de l’Abîme.

 

 

mundo-1

6c5b4675a5c5b289b19edbb4bec0c7e4

Arbre des Séphiroth

 

Les quatre mondes

triangles1

Selon la Kabbale, l’Arbre peut être divisé en quatre Mondes,de la Lumière originelle (or qadoum) qui emplissait l’Infini (En Sof) de manière égale et sans différence de degré avant le tsimtsoum jaillit une lumière émanée (or nietsal) dans le vide laissé par la rétraction du tsimtsoum. De cette lumière émanée dérivent quatre mondes éternels cachés (Olamim).
•le monde de l’Emanation ou du Divin, le « olam ha-Atziluth« ,
•le monde de la Création, le olam haBriah,
•le monde de la Formation, le olam haYetzirah,
•et le monde de l’Action, le olam haAssiah

Le premier monde contient seulement Kether. Il est appelé Monde des Emanations ou encore Monde des Archétypes »Atziluth »). C’est le lieu du tout indivisible, de l’ensemble des potentialités, la racine des mondes.

Le deuxième monde comprend Chokmah et Binah. Il est appelé Monde de la Création (« Briah »). C’est le lieu de la première scission, de la complémentarité, des outils primordiaux.

Le troisième monde regroupe six sephiroth : Chesed, Geburah, Tiphereth, Netza’h, Hod et Yesod. Il est appelé Monde de la Formation (« Yetzirah »). C’est le lieu de la construction, du modelage, de l’architecte et du terrassier.

Le quatrième monde contient uniquement Malkuth. Il est appelé Monde de la Matière (« Assiah »). C’est le lieu où les éléments prennent forme, s’élèvent, résistent et se dégradent.

 

- Le monde de l’Emanation ou du Divin, le « olam ha-Atziluth « , monde de l’intuition et des archétypes. Ce monde donna naissance aux trois autres mondes qui contiennent chacun une répétition des Sephiroth, mais dans une échelle dégressive de luminosité.

- Le monde de la Création, le olam haBeryah, monde mental de la création. C’est l’émanation directe d’Atziluth où les Sephiroth y sont reflétées et y sont donc plus limitées bien qu’étant de la plus pure nature et sans adjonction de matière.

- Le monde de la Formation, le olam haYetzirah, monde astral de la formation. C’est le monde angélique où ces intelligences et êtres incorporels résident drapés dans un habit de lumière et qui prennent forme pour apparaître aux hommes.

- Le monde de l’Action monde de l’Action, le olam haAsiah, monde physique et concret de l’action. C’est le monde de la matière constitué des éléments les plus grossiers du précédant arbre. C’est aussi le domicile des esprits démoniaques nommés « coques » par la Qabalah. Les démons sont répartis en dix classes…

 

Les Démons sont les plus grossières et les plus déficientes de toutes les formes. Leur dix degrés correspondent à la décade Sephirothique, mais dans un degré inverse, ainsi, les ténèbres et l’impureté augmentent avec la descente de chaque degré. Les deux premiers ne sont rien qu’absence de forme visible et d’organisation. Le troisième est le domicile des ténèbres. Les sept Enfers suivants représentent les vices humains incarnés, où sont torturés ceux qui se sont adonnés à ces vices durant leur existence terrestre. Leur prince est Samael, l’ange du poison et de la mort. Sa femme est la Prostituée, Isheth Zenunim ; et unis, ils sont appelés Bête, CHIVA. Ainsi est complétée la trinité infernale qui est, pour ainsi dire, l’avers et la caricature de la Supernelle. Samaël est considéré identique à Satan.

L’essence de la Divinité se manifeste d’abord dans le Monde Atziluthique en se concentrant dans les Sephiroth, et les réflexions de ces dernières sont produites successivement dans chacun des quatre plans, avec une diminution graduelle de l’éclat et de la pureté, jusqu’à ce que le monde matériel soit atteint. Quelques auteurs nomment ces quatre plans les Mondes Intellectuel, Moral, Sensuel et Matériel.

Ces 4 Mondes, parfois appelés Plans, sont autant de dimensions subtiles de la Réalité de l’Univers que des étapes dans le processus selon lequel l’Esprit se densifie petit à petit sous forme de Matière.L’essence divine du Triple Voile de l’Ineffable / Inconnaissable dans la Kabbale (appelés Aïn Soph Aur, Aïn Soph et Aïn) se manifeste par le biais de la Sephirah Kether jusqu’à la Sephirah Malkuth, du plan le plus supérieur au plan le plus inférieur.

Il y a quatre noms secrets qui se réfèrent aux quatre mondes d’Atziluth, de Briah, de Yetzirah et d’Assiah ; et enfin, le Tétragrammaton est censé s’écrire d’une certaine manière dans chacun de ces mondes.

Le nom secret d’Atziluth est OB, celui de Briah est SEG, celui de Yetzirah est MAH, et celui d’Assiah est BEN. Ces noms opèrent ensemble avec les Sephiroth au travers des « 231 portes, » ainsi que les combinaison de l’alphabet sont appelées, mais prendrait trop de place ici que d’entrer trop profondément dans ce sujet.

y1888_051_p1

Aziluth ou la Grande Triade

C’est le 1er sous-ensemble qui comprend 3 Séphiroth Kether – Hochmah – Binah

On l’appelle Aziluth et c’est le monde de l’émanation et de l’union, le monde des archétypes, le monde de la volonté première où s’élabore l’intention de créer, émotion spirituelle.

Quand la lumière de l’infini entre dans l’espace vide qui résulte du tsimtsoum

C’est le premier monde qui se constitue

Pas encore tout à fait matière, mais plus seulement lumière, il est à la tangence des deux.

Il représente le monde le plus élevé de l’esprit, là ou l’homme peut entrer en contact avec le en sof

C’est le monde de la spiritualité qui englobe à la fois actions, sentiments, et pensées mais tous orientés vers un but d’élévation spirituelle et dans une volonté de contact avec la lumière de l’infini.

Pour exemple: Aziluth c’est l’intention de construire un bâtiment. Ce bâtiment n’a encore aucune existence, même pas sur papier. Pour bien comprendre la nature d’Aziluth, il est nécessaire de se souvenir de la dualité de Kether qui est en relation avec le plan le plus bas du « Ciel » au dessus d’elle: la triplicité Aïn Soph Aur – Aïn Soph – Aïn, et le sommet de l’Arbre. Kether est une porte entre 2 mondes. Kether c’est un peu notre tête , le poste de commande du corps. En Kether la pensée est unique et de cette pensée en émanent 2 autres contradictoires. Une thèse et une antithèse (la synthèse se fera en Daath). En Hochmah et Binah, Kether se dédouble, c’est pourquoi le Triangle d’Aziluth est pointé en haut.

 

23900

 

Briah

C’est le second monde qui est constitué du Triangle: Hesed – Gueburah – Tiphereth.

C’est le monde de la création, où la possibilité de créer devient effective. C’est le lieu de la première scission, de la complémentarité, des outils primordiaux.

C’est un monde de puresprit, ce qui ne signifie pas une  essence exclusivement intellectuelle ;

Ce monde représente davantage a capacité d’appréhender l’essence  authentique et intime des  choses. C’est l’esprit dans sa capacité  créatrice autant que dans sa faculté de concevoir et d’intégrer la connaissance.

C’est le point central où le flux qui s’élève des mondes inférieurs rencontre celui qui descend des centres supérieurs et où une sorte  de relation peut s’établir entre eux.

Pour reprendre notre exemple d’édification d’un bâtiment: le futur propriétaire en a eu l’idée en Kether et il a pesé le pour et le contre en Hochmah et Binah. Il a résolu de le faire en Daath. Il va voir l’architecte, il discute de son projet avec lui et tous deux tombent d’accord. Le bâtiment n’existe toujours pas , pas même sur papier. Mais ,il y a eu une première action. De l’intention, nous en sommes passé à un contrat de réalisation. Ce Triangle est pointé en bas, car Hesed et Gueburah fusionnent en Tiphereth. Tiphereth est l’accord de l’échange entre le propriétaire et l’architecte, représenté par la dualité Hesed – Gueburah.

Les créatures qui y vivent, si elles sont moins puissantes que celles d’Atziluth, n’en restent pas moins dotées d’un grand pouvoir, et on les appelle généralement les Archanges.

Briah est le monde de l’esprit, de l’élévation intellectuelle, et la couleur qu’on lui associe est le bleu du ciel. On met également parfois Briah en correspondance avec l’élément Air, l’air de l’élévation spirituelle, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur de l’Epée.

 

24100

 

Yetzirah

C’est le 3ème monde, composé de:
Netzah – Hod – Yesod

Yetzirah est le monde de la formation. C’est un plan psychique où les formes s’élaborent.

C’est un monde dont les diverses émotions que l’on peut éprouver constituent la principale substance, les sentiments.

Les existences vivantes que l’on y trouve sont soit des manifestations conscientes d’élans particuliers, destinés à agir ou réagir, soit  les manifestations de l’énergie nécessaire pour satisfaire, au travers d’une stimulation, telle inclination ou telle inspiration.

C’est le lieu de la construction, du modelage, de l’architecte et du terrassier.
L’architecte fait des calculs, choisit les matériaux en fonction de leurs prix, de leurs résistances et tout aboutit à un plan.
Puisqu’il y a aboutissement, Yetzirah sera également un Triangle pointé vers le bas.
Le bâtiment n’existe pas encore sur le terrain. Mais il est prévu sur le papier jusque dans ses moindres détails.

Yetzirah évoque la formation du monde, l’ultime étape avant la formation de la Terre, et donc chaque Sephirah est associée, en Yetzirah, à une planète de notre univers, la Terre étant bien sûr postérieure aux autres corps célestes et correspondant donc à Malkut. Yetzirah est le monde de l’émotion, de la psyché, intermédiaire entre le Ciel et la Terre. La couleur qui lui est associée est donc le violet, union du bleu de Briah et du rouge d’Assiah. On met également parfois Yetzirah en correspondance avec l’élément Eau, l’eau de la source, qui nourrit le monde et qui coule des sphères supérieures, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur de la Coupe.

 

24300
Assiah

C’est le 4ème monde qui est le monde de l’action, de la fabrication. C’est le plan matériel, les faits et phénomènes, l’existence. C’est le lieu où les éléments prennent forme, s’élèvent, résistent et se dégradent.
Il est constitué d’une seule Séphire Malkuth.
L’architecte a passé le relais aux artisants et à différents corps de métier qui suivront ses plans. Le bâtiment s’élève et s’achève.

Sa couleur associée est le rouge, le rouge du sang, le rouge de la terre. On met également parfois Assiah en correspondance avec l’élément Terre, la terre de notre planète et de notre monde matériel, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur du Denier.

C’est  le  monde  ou  nous  vivons qui  comprend  à  la  fois notre  expérience  sensorielle  et  extrasensorielle

Ce  monde  à  deux  dimensions :

Sa  partie  inférieure, appelée monde des  actes matériels est constituée par le monde  physique, ou  prédominent les lois naturelles et en  particulier le principe de causalité.

Sa partie supérieure est  le  « monde  de  l’action  spirituelle « 

Chaque aspect de l’existence humaine est constituée à la fois de matière et  ’esprit

La pensée appartient au monde de l’action.

 

Certains kabbalistes font le regroupement suivant : Kether pour Atziluth ; Hokmah et Binah pour Briah ; Chesed, Geburah, Tipheret, Netzah, Hod et Yesod pour Yetzirah et Malkut pour Assiah. Cette façon de regrouper les Sephiroth n’est ni meilleure ni pire que celle présentée ici, car il faut bien se rendre compte que les limites ne sont pas rigides. L’important est de se souvenir de cette idée : Atziluth, le monde de l’émanation, a engendré Briah, le monde de la création, par une rupture (que cette rupture soit la rupture de Daath ou bien la division de Kether en deux principes masculin et féminin). Briah a pu ensuite donner naissance à Yetzirah, un monde où pourrait être formé Malkut, la seule Sephirah d’Assiah, le monde matériel. Par ailleurs, comme on le verra plus tard, seules les six Sephiroth de Chesed à Yesod ont des correspondances planétaires bien établies. Cela justifie ce regroupement original, qui place dans Yetzirah, le monde des correspondances planétaires, les six Sephiroth en question.  

 

Sagesse, Intelligence et Savoir

Hochma, Binah, Daath

La forme selon laquelle ces trois sefirots sont organisées est un segol, voyelle qui se prononce é.

Le segol est constitué de trois points qui forment un triangle équilatéral avec la base en haut . C’est le  symbole de l’équilibre et de l’harmonie.

La Binah est la capacité de déduire une chose de l’autre ou de l’induire.

La Hochma est la dimension d’écoute et d’ouverture, refus du dogmatisme. Elle ouvre au lieu de fermer, interroge au lieu de prouver, questionne au  lieu de vouloir posséder une réponse. C’est la force  du  quoi ?

Le Daath n’est pas le savoir positif et statique  mais le ressenti, ce que l’on nomme aujourd’hui, l’intelligence émotionnelle, résultant d’une  expérience existentielle.

Dans le langage de la kabbale, Hochma est appelée aba ( père ) et Binah est appelée ima ( mère ). Bina hest le langage logique, Hochma le langage poétique.

Hohma, Binah et Daath sont trois modalités différentes d’aborder le monde : poétique, logique et émotionnelle.

 

L’asymétrie cérébrale: les fonctions du cerveau

Les informations traitées de manière verbale, le sont par le cerveau gauche, celles traitées de manière visuelle, le sont par le cervea  droit.

La  musique est spécialement traitée, mémorisée, et comprise par le cerveau droit. Le rythme et la mesure sont perçus par le cerveau gauche, la mélodie, le ton et le timbre par le cerveau droit.

Le cerveau gauche est analytique et logique. C’est celui de la Binah, l’intelligence.

Le cerveau droit  perçoit  et comprend les émotions, les relations visuelles, spatiale, traite les informations de façon globale, synthétique. Il a  une connaissance plus intuitive qu’ nalytique. C’est celui de la Hochma

 

Hessed, Din et Tiferet

Ces trois séfirot offrent aussi une réflexion éthique sur la question du bien et du mal, et sur celle plus générale des structures ouvertes ou  fermées.

 

Pour la kabbale :

Est  »mal », ce qui consiste à refuser la réalité d’un monde imparfait, c.a.d. la possibilité même du processus de perfectionnement et de la liberté  qui le met en œuvre.

Par opposition le bien est donc d’accepter la réalité de ce monde imparfait et de mettre en œuvre la liberté que nous avons de  le faire  progresser vers la perfection.

Le mal dans notre monde réside dans tout ce qui diminue le rythme du perfectionnement et du développement, tant dans la nature et la matière, que dans le domaine de l’esprit .

Tout ce qui fige et affaiblit la libre volonté , par des habitudes, des répétions mécaniques, des inhibitions spirituelles et une passivité de  l’intelligence, est une porte ouverte sur le domain du mal.

 

La dialectique du parfait et de l’imparfait

Dans le talmud de Babylone, manque le premier feuillet de chaque traité, c.a.d. que tous les traités commencent à la page 2. Il explique cela en  disant :

C’est pour signifier à l’homme d’étude que quel que soit le nombre de pages qu’il aura lues, il ne doit jamais perdre de vue qu’il n’est point encore  parvenu à la première  page.

Le bien pour l’homme réside dans le décalage entre la perfection de Dieu et la transgression de cette perfection par la création du monde. Cette  création est un rupture dans l’immanence de la perfection.

Toute création est moins parfaite que la Source de toute perfection.

La réalité imparfaite du monde en dehors de Dieu, s’oppose logiquement à sa perfection. Mais pour l’homme, c’est cette imperfection qui devient son entrée dans la perfection au sens de la formule kabbaliste d’André  Neher :

 » La perfection de l’homme, c’est sa perfectibilité  » ….

 

La kabbale et l’art

L’art est la perfection des formes inexactes. Celles ci ne sont pas équilibrées en elles mêmes, à la différence des formes mathématiques, dont la  structure exprime la constance d’une loi.

L’œuvre d’art n’est pas une forme dans une matière, elle est ce qui traverse la matière de part en part, en lui offrant son rythme et son énergie.

 

Le cercle et la droite : Nécessité et Liberté 

Pour dire ces deux états que sont le parfait et l’imparfait, la kabbale de Louria propose le images du cercle et de la droite.

Le cercle symbolise la nécessité enclose à l’intérieure de ses lois, la fermeture qui interdit tout progrès de la liberté.

La  ligne droite qui se prolonge sans limitation aucune, symbolise la liberté ou l’essence de la réalité en développement .

La kabbale utilise deux termes clefs pour définir la situation fermée du cercle et l’ouverture du mouvement infini de la droite le Din et le Hessed.

 

Le Din ou la nécessité de structuration des formes

Le Din c’est ce qui permet essentiellement l’organisation des choses, physiques, organiques, sociales. C’est la rigueur et la justice. C’est  l’organisation contre l’anarchie

Les lois du Din sont nécessaires, car, sans elle il n’y aurait aucun point de repère et aucune forme possible.

Le Din est une configuration close. Il rend possible le vivant, car il donne forme aux choses .

Cependant le Din absolu qui ne contient pas l’ouverture que lui offrira le Hessed est un mouvement qui se retranche du lieu de la création et de la vie.

 

Le Hessed ou la Liberté réatrice

Le Hessed se rencontre dans tous les gestes qui disent le don et l’amour. Mouvement à l’extérieur de soi pour l’autre. Le Hessed c’est le geste de bonté concret pour l’autre homme. C’est aussi le désir insatiable d’infini.

Dans la dimension du Hessed l’homme ne tend pas seulement à mieux être ou à plus être, il désire avant tout être autre

Le Hessed est animé par la volonté dynamique d’être qui cherche à dépasser la pure nécessité de la physique des lois du monde pour atteindre une  métaphysique de la lumière et de la liberté créatrice.

 

Le Tiferet ou l’Harmonie

Dans la réalité, il est rare de rencontrer le Din et le Hessed à l’état absolu.

La rencontre équilibrée de ces deux états est l’harmonie du Din et du Hessed appelée Tiferet.

Dans toute réalité finie, il faut distinguer ce qui relève de la nécessité Din et ce qui relève de la volonté (Hessed) .

Toute réalité (sauf celle de Dieu) est finie. Et donc tout ce qui existe en ce monde,  a un fondement de nécessité (Din) et un fondement  de liberté (Hessed).

Tiferet est l’équilibre entre le clos (Din) et l’ouvert (Hessed)

 

Netsah et Hod

Maitrise et beauté, politique et esthétique

Netsah et Hod forment un diptyque dont l’image est celle de la voyelle tséré.

 

La politique, l’économie, la morale

Netsah en hébreu c’est la  »victoire » dans le sens de la maîtris sur quelque chose. C’est aussi  l’éternité .

L’homme de la  kabbale, ne peut se contenter d’être un contemplatif, il doit aussi s’investi dans les réalités concrètes de ce monde, donc dans l’organisation de la cité.

C’est la  nécessité du politique, de l’économie et de la maîtrise des passions.

 

Hod: esthétique et éthique

Le kabbaliste est par essence un artiste. Pour que le monde soi en harmonie, il ne suffit pas de satisfaire les besoins vitaux mais il faut y ajouter une dimension fondamentale, l’esthétique

 

Keter insiste sur la dimension du tempos présent sans pour autant nier les autres dimensions du temps.

Pour la kabbale les trois temps doivent être assumés  pleinement,  c’est le sens même du tétragramme qui signifie passé, présent et futur.

Est vieux celui qui a perdu l’espérance  .

La sefira de Hod c’est ne jamais désespérer, se dire que demain sera toujours possible, même si demain ne verra pas le  our.

Espérance pour rendre possible la naissance et la renaissance è un  seul  mot en  hébreu tiqva .

 

Yessod et Malkhout

Fondement et Royauté

Recevoir, transmettre, donner

Les deux dernières sefirot sont organisées comme  un diptyque et  dessinent la  voyelle  e  scheva

C’est une miniature du schéma fondamentale de la kabbale. C’est le donner et le recevoir en même temps que le masculin et le féminin

 

Yessod donne et Malkhot reçoit

Yessod et Malkhout c’est l’homme et la femme, l’homme et son prochain, les parents et les enfants,  le maitre et les disciples…..

La kabbale est une réception , un art de savoi recevoir la lumière de l’infini. C’est aussi un art de savoir donner. Le don et la réception son  totalement liés dans la kabbale.

 

 

Correspondances

Figura3

create3

Venons-en maintenant à un deuxième regroupement que l’on peut effectuer. Si l’on reprend l’histoire de la création de l’univers, on se rend compte que certaines Sephiroth sont regroupées par couples. Ainsi on peut noter la présence du couple Hokmah-Binah, qui a engendré le couple Chesed-Geburah, et enfin le couple Netzah-Hod, issu de Tipheret. Et à chaque fois, dans chaque couple, on pourra noter la présence d’un principe masculin, positif, porteur de la semence, du principe actif, et la présence d’un principe féminin, qui permet de concrétiser passivement cette semence, détruisant par là-même la raison d’être du couple. Les Sephiroth sont ainsi classées en d’une part celles qui sont associées au principe masculin, d’autre part celles qui sont associées au principe féminin.

 

Arbre des Séphiroth

 

Nous discernons 3 colonnes verticales ; ce sont les piliers de la SAGESSE.

1. A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.

2. A droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.

• Vision détaillée de la descente du Pouvoir Divin

Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR scintillant impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

 

Les trois piliers de la Sagesse

Enfin, un troisième groupe rassemble les Sephiroth qui, à l’équilibre entre les deux, ne font pas partie d’un tel couple. Ces trois groupes sont appelés les piliers ou colonnes, en référence aux piliers du temple de Salomon :

La colonne de gauche est appelée DIN soit la Justice et celle de droite HESED l’Amour. La colonne centrale est l’Harmonie nommée TIPHERETH,
découlant ou réunissant les deux autres.

Le pilier de la miséricorde, placé à droite, est appelé Yachin. Il comporte les Sephiroth porteuses de semence, de l’aspect masculin, positif de la création, à savoir Hokmah, Chesed et Netzah. Il est associé au yang asiatique, à tout ce qui insuffle la vie et pousse à son développement. Marqué de la lettre hébraïque Yod (la première du mot Yachin), il est souvent représenté comme une colonne de couleur blanche. On l’appelle aussi parfois pilier de la Force, par opposition à la Forme, en tant que Force créative

En loga maçonnique : droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.

Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin . Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR scintillant impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

 

Le pilier de la rigueur, placé à gauche, est appelé Boaz. Il comporte les Sephiroth réceptacles de la semence, les Sephiroth teintées de l’aspect féminin, négatif de la création, en ce sens qu’elles tendent à restreindre cette création : Binah, Geburah et Hod. Il est associé au yin asiatique, à tout ce qui contient, résorbe et confine la vie afin de mieux la contrôler. Marqué de la lettre hébraïque Beth (la première du mot Boaz), il est souvent représenté comme une colonne de couleur noire. On l’appelle aussi parfois pilier de la sévérité, ou même pilier de la Forme, par opposition à la Force, en tant que Forme du moule dans lequel vient s’inscire la Force de Yachin.

Loge maçonnique : A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.

 

Le pilier de l’équilibre, le pilier central, est celui auquel le kabbaliste doit tendre in fine. Ce pilier comporte les Sephiroth qui se trouvent marquées d’une union équilibrée entre les deux principes, à savoir Malkut, notre monde, Yesod, la porte vers les sphères plus hautes, Tipheret, l’enfant divin de Chesed et Geburah, et enfin Kether, la Sephirah de l’illumination, parfait équilibre entre ces deux principes qu’elle a elle-même engendrés. L’Arbre de Vie présente donc une structure géomètrique où ces regroupements peuvent être visibles. Quatre cercles, représentant les quatre Olanim, s’intersectent les uns avec les autres, tout en restant centrés sur un axe vertical, entouré de deux autres axes, ces trois segments représentant les trois piliers.

Dominé en loge maçonnique par le DELTA LUMINEUX, représente la ligne de VOLONTE DIVINE appelé KAV dans la Cabbale. Ce pilier part de KETHER (le CREATEUR) passe par THIPHERETH, Sephirah qui représente le Messie phare de l’Humanité et descend jusqu’à MALKUTH (le Royaume) qui représente l’INITIE potentiel au fond de chaque être humain, la ligne KAV descend jusque dans l’INFRA-HUMAIN (prouvant ainsi que chaque humain est secourable) et va jusqu’à KLIPOTH la Sephirah satanique. Le Vénérable Maître qui envoie la pulsion créatrice représente KETHER et le couvreur représente MALKUTH.

 

La présence sur les 4 figures proposées de l’Arbre, d’une mystérieuse SEPHIRAH (en pointillés) appelée DAATH n’aura pas échappé à votre vigilance. DAATH est située sur le pilier central, celui de l’EQUILIBRE sous la grande TRIADE sommitale entre la VOLONTE CREATRICE et la CREATION. DAATH représente cette Espérance que nous avons que l’évolution à un sens, qu’elle conduit à un aboutissement. DAATH est l’INTUITION, le sixième sens ajouté à nos cinq sens biologiques. Cette intuition est le reflet de KETHER dans MALKUTH, elle est le moteur de notre évolution vers plus de conscience

 

Le travail avec l’Office du Christ

Ce travail de co-création, sous la Lumière d’Aïn Soph Aor – se réalisera en coopération avec une triade se situant au-delà du triangle supérieur de l’Arbre mais en rapport subtil avec les trois dernières Sephiroth : c’est l’Office du Christ.

-  dans la colonne de la Justice et de la Force, nous collaborerons avec Melchitsedech et son Ordre de Prêtres-Rois de paix, celui qui bénit et désigne les guides terrestres ; les énergies des 10 Sephiroth par lesquelles nous sommes passés, sont sensées être intégrées. Melchitsedech nous donne alors la capacité d’ouvrir le pouvoir sephirotique directement d’en bas (dans l’humanité), afin que la nature créatrice de la Hiérarchie et la nature créatrice de l’homme puissent participer au même Arbre de Vie. En contrepartie, des « sacrifices » doivent être offerts, comme Abraham a donné jadis à Melchitsedech la dîme de ses biens (aujourd’hui le rite est celui de la Mémoire du Sacrifice tel que défini dans la R.d’A. (veillée 8 etc.). En quelque sorte, nous sommes adoubés par Melchitsedech pour parler des Lois divines au peuple, nous sacrifiant ainsi à la Flamme de l’Esprit en engendrant les Formes-pensées du Père.

-  dans la colonne de la Sagesse, nous rencontrerons Michaël, le Chef des Armées divines, capable de maîtriser l’adversaire Satanaël et ses alliés. En effet, c’est lui qui a su protéger les expérimentations de la Voie Infinie qui furent menacées lorsque les Cieux inférieurs et intermédiaires furent séparés par la rébellion angélique et hiérarchique. Il a, en outre, renégocié leurs pouvoirs. Ce sont ces hiérarchies déchues (encore en force, malgré tout) qui empêchent l’évolution spirituelle de notre planète en inspirant et en donnant des pouvoirs aux capitaines d’industrie et de la finance, aux chefs de partis politiques, aux mandarins scientifiques et médicaux, aux chefs religieux non adoubés par Melchitsedech. Pour casser leurs pouvoirs et libérer « les captifs », Michaël a établi un haut Commandement avec les Pères des Constellations et les Conseils de Lumière afin que le DAAT puisse s’accélérer (les humains qui ont réussi à franchir la Porte des Dieux, doivent savoir qu’ils le doivent en grande partie à ce travail michaëlique et aussi le fait qu’ils ont été choisi par Melchitsedech) et que les justes de toutes les nations puissent alors trouver la voie du retour dans le partenariat avec cette expression michaëlique de la Déité qui a la capacité de maîtriser les forces contraires.

-  dans la colonne du Milieu, celle de la Royauté, Metatron, le Porte Parole direct du UN (il est le marche pieds de Dieu) : c’est l’Initiateur à la lumière, pour pouvoir accéder à AÏN SOPH AOR, le jour où…

A ces niveaux subtils, ce n’est plus nous qui décidons de quoi que ce soit ; nous nous devons de continuer à appliquer les activités déjà mises en route, en rapport avec notre programme : nous pouvons alors subir une régénération de notre corps physique afin d’entreprendre une nouvelle action terrestre, ou alors, continuer nos activités malgré le vieillissement qui nous amènera, un jour, à disparaître (ascension ou mort physique) pour aller accomplir une autre mission ailleurs selon le bon vouloir des hiérarchies célestes, ou nous refondre tout simplement dans le UN.

 

1. Aspect psycho-spirituel

C’est surtout sous cet aspect qu’on peut le rattacher à l’Arbre de Vie structurant. A ce stade, il est un guide, car il pose des jalons sur notre chemin évolutif, en permettant de nous repérer quant aux étapes de travail sur soi. Pour « revenir à l’Image et Ressemblance de Dieu », l’humain à travers l’Arbre va intégrer devoir intégrer les divers attributs de Dieu, ceux qui avait été confiés à Adam.

La Lumière divine recueillie dans ses 10 réceptacles (sephiroth qui deviennent alors des roues d’énergie) est organisée selon un ordre irréprochable pour réaliser la vie sur terre.

Aujourd’hui, nous découvrons que le dessin de l’Arbre est contenu dans la Fleur de Vie, ce qui traduit une belle vision des kabbalistes du 16 ème siècle et notamment de Rabbi Issac Louria qui semble être à l’origine de la première représentation de l’Arbre sous la forme que l’on connaît, et notamment en la faisant superposer avec le corps humain (même si certains pensent que les principes de la Kabbale remonteraient à l’origine de notre civilisation à Sumer : pourquoi pas ? En tout cas, les Égyptiens anciens en avaient la connaissance).

Et comme nos étapes d’évolution sont intimement liées aux dérèglements psycho-organiques (et vice-versa), nous pouvons ainsi, dans l’autre sens, relier nos décalages de santé à nos blocages d’évolution, c’est-à-dire aux endroits en nous où l’énergie de Dieu ne pénètre pas.

Toute évolution spirituelle reste bloquée, tant que le problème soulevé ou désigné de la sorte n’est pas réglé et que la prise de Conscience des comportements erronés n’est pas venue.

 

Amour, Rigueur, Harmonie

Cet Arbre repose sur 3 colonnes qui permettent l’harmonie et l’équilibre du monde : la responsabilité réside bien sûr dans les hommes qui voudront ou non mettre en application la philosophie qui s’en dégage.

La colonne de gauche est appelée DIN soit la Justice et celle de droite HESED l’Amour. La colonne centrale est l’Harmonie nommée TIPHERETH, découlant ou réunissant les deux autres.

Le mot « Amour » de la colonne de droite relève sans doute d’une traduction juste dans un contexte général, mais certainement pas dans celui où nous l’entendons couramment dans notre société. En effet, sur un plan ontologique, « Hesed (1ère sephira de la colonne de droite) est une force d’expansion et d’extension qui se laisse aller à sa nature, de manière large, généreuse et spontanée. C’est la force qui va, la force de l’être qui n’est que ce qu’il est et qui travaille par identification, par union, communion, proximité, intimité et ressemblance. C’est la totalité. » (Armand Abecassis, Les temps du partage). Le Hesed est donc l’énergie incorporée par celui qui recherche son Dieu (dans son image première) et pour ce faire il est obligé de se désorganiser (casser ses structures premières) au maximum pour rejoindre « l’Etalé sur l’univers » (Dieu dans la Révélation d’Arès) en se donnant (en physique : entropie=désorganisation), et qui peut prendre toutes les formes de manière indifférenciée (en psychologie cela représente tous les lâchers-prises que l’on est obligé de faire en abandonnant toutes nos croyances et actes de vie erronés, grâce aux outils de discernement qui nous fait comprendre les vraies facettes de l’amour et permet ainsi de franchir la Porte des Dieux – sortie de l’Œuvre au Blanc). On pourrait, d’une certaine manière le comparer au dernier hexagramme du Yi-Jing n°64 « Avant l’accomplissement », ou tout est à faire maintenant que toutes les énergies ont été nommées. Et comment faire autrement que par l’Amour, qui est l’agent de créativité par excellence.

Une image de hessed est l’eau, qui peut prendre toutes les formes de façon indifférenciée. Si elle n’est pas maîtrisée, elle déborde et se  répand partout. De même qu’un enfant à qui on dirait qu’il peut faire ce qu’il veut serait conduit à des situations non maîtrisables et  dangereuses pour lui et son entourage.

 

La colonne de gauche « Justice » ou « Rigueur » est la force de limitation, de détermination et de définition. C’est l’univers de la maîtrise et du pouvoir, de la justesse. Par la différence et l’altérité, elle permet l’extériorisation radicale. Elle est la séparation et la distinction entre les termes en relation. Mais par sa force de retenue et de suspension au sein même de l’expansion, elle évite le débordement. Le Yi-Jing offre encore ici une image comparative avec son avant-dernier hexagramme n°63 « Après l’accomplissement », ou les 2 énergies de la vie – Feu et Eau – se trouvent distinguées et en parfait équilibre qui est aussi un arrêt du mouvement, donc de la vie. C’est aussi la structuration nécessaire, le cadre indispensable à la créativité, qui doit passer par des règles et lois.

On comprend dès lors que le monde ne peut reposer ni sur l’amour seul, ce qui serait destructeur, ni sur la seule justice, ce qui serait insupportable. L’enfant a besoin de limites pour s’épanouir et pour devenir ensuite l’adulte (a-dualité), comme le fleuve a besoin d’un lit pour ne pas déborder sur les champs alentours… comme une partition musicale qui possède des lois est plus riche qu’une libre improvisation, même la plus brillante, et comme les millions de combinaisons offertes au jeu d’échecs, résultent de règles que les joueurs connaissent et respectent.

 

La colonne du milieu « Harmonie » est la réalité véritable qui consiste dans l’équilibre de ces deux forces, ce qui consiste pour un être humain à rester lui-même dans la relation à l’autre (encore cela nécessite-il qu’il ait intégré son archétype, son identité véritable), et de ce fait respecté dans sa singularité (ou qui devrait l’être). Il s’agit d’aller de tout son élan généreux vers l’autre et de le laisser « être » en même temps, selon ce qu’il est et ce qu’il désire être (à noter qu’il y a à ce niveau tout un travail psychothérapeutique – trop souvent tardif – à réaliser, puisque malheureusement les éducations sont organisées hors de la connaissance du plan de l’être). Il s’agit d’autoriser et, en même temps, de donner les règles du jeu (ontologiques et divines et non pas celles créées par les humains, quoiqu’il faille aussi malheureusement composer avec elles). Pour pouvoir aimer tout le monde, il faut d’abord être capable d’aimer quelqu’un dans sa singularité, en commençant par soi-même, en s’adressant à lui en tant qu’être de réalité unique et irremplaçable. C’est dans la différence reconnue et aimée que chacune des parties en relation émerge alors de la confusion, du désordre et de l’anonymat. Beaucoup de professionnels de l’entraide, et du service social – religieux ou non, et les politiques, devraient bien méditer cela avant de lancer « leurs mesures » sur le terrain.

La relation sépare et relie à la fois, relie parce qu’elle sépare et ne peut relier que parce qu’elle distingue. L’amour a besoin de distinction : c’est telle personne et pas une autre, tel visage et tel parfum, etc. Aimer c’est s’adresser à quelqu’un qui existe à titre de réalité unique, irremplaçable. Un Hesed sans Din conduirait à cette forme de confusion radicale qui irait jusqu’à l’inceste. L’Amour équilibré par la « Rigueur » se produit donc dans la lucidité et la maturité, et leur rencontre dans la limitation réciproque (on peut ainsi comprendre pourquoi tant de mariages et concubinages ne durent qu’un temps). La différence de l’autre s’impose comme appel à l’enrichissement et à l’ouverture. On peut alors avancer que « Compassion » et « Splendeur » découlent de la relation à égale distance entre domination et soumission, fusion et altérité, continuité et séparation. C’est ce qui peut alors se déployer à partir de la sephira « Malkhuth », le royaume (correspondant au chakra de base où est lovée la Kundalini, l’énergie de vie), entraînant alors l’humain dans son évolution qui est aussi ascension pour son retour vers Dieu (ou dit autrement pour retrouver l’Image et la Ressemblance).

 

2. Aspect physiologique

C’est ainsi que l’Arbre est la représentation du corps humain au plan physiologique, et à ce titre, les dix Sephiroth sont organisées, on pourrait dire dressées à la manière d’un corps (c’est là qu’on va commencer à comprendre que c’est vraiment une structure de vie, le squelette temporel de l’homme divin). L’Énergie première de Dieu se matérialisant dans la première Sephira représente les racines que sont les jambes (Malkuth : le Royaume), puis monte au complexe uro-génital et ses fonctions éliminatrices et sexuelles (Yesod), ensuite viennent le ventre et le torse avec leurs organes transformateurs et enfin le retour à la tête au poste de commande (Kether). De par leur rapport avec les organes, les Sephiroth ont également leurs correspondances avec l’énergétique chinoise et l’enseignement indien et nous y retrouverons, outre les huit « merveilleux vaisseaux », les centres d’énergie que sont les « chakras ».

 

3. Aspect guérisseur

C’est parce qu’il y a en permanence un échange entre physique, énergétique, psychologique et spirituel, que l’Arbre des Sephiroth peut être considéré comme un Arbre guérisseur ; en fait il nous renvoie invariablement à notre conscience et nos propres capacités internes de guérison. C’est le Christ guérisseur que Paracelse appelait « Médecin fidèle », qui est en nous et qui fera le travail, dans la mesure où il est sollicité : pour cela il nous faut entrer dans l’acceptation que nous sommes réellement des « Elohim », des êtres divins par essence.

Chaque individu, en pénétrant l’Arbre des Sephiroth, incorpore en même temps le Tétragramme divin YHVH (l’Arbre en étant aussi une projection puisque comme nous l’avons dit il est le réceptacle de la Lumière de Dieu) et entre donc bien dans sa destinée terrestre qui est avant tout spirituelle (la matérialité n’étant qu’un outil pour la réaliser). Le cheminement sur notre voie d’évolution devient alors une véritable progression alchimique (transformations successives) qui nous emmène du sommeil de l’inconscience vers l’Œuvre au Noir, puis vers l’Œuvre au Blanc par la Porte des Hommes, pour nous préparer au « Banquet des Dieux », c’est-à-dire les « Noces Alchimiques » avec notre Créateur, aboutissement de l’Œuvre au Rouge en passant la Porte des Dieux…, et après avoir réussi à faire le Vide pour saisir l’insaisissable, comme nous l’avons dit plus haut (voir définition).

 

Ajoutons que selon une certaine tradition alchimique, l’être humain doit parcourir plusieurs fois le circuit complet de l’Arbre, avant d’entrer dans cette pleine conscience. C’est ainsi qu’à chaque passage, il affine le travail sur lui, en débusquant certaines facettes de lui qui étaient restées masquées aux précédents passages.

Les Mondes

Enfin, une dernière structure kabbalistique peut être établie si l’on prête attention aux humeurs des créatures. Ceci est toutefois difficile, et reconnaître le monde d’origine d’une entité nécessite déjà une grande maîtrise des Arcanes de cette science occulte. Ainsi seuls les Kabbalistes ayant atteint le deuxième cercle d’initiation, celui des Pentacles, peuvent prétendre saisir toutes les subtilités que cela implique. En effet, l’Arbre de Vie est présent dans tous les champs magiques, tous éléments confondus. Cependant, si l’on observe en vision-Ka un fil particulier d’un champ magique donné, on notera qu’il possède certaines caractéristiques (dont sa couleur) qui font qu’il appartient à cet élément, mais également une sorte de « comportement » qui le distingue des autres fils. Ceci est très difficile à discerner, et les kabbalistes ont dû attendre pas moins d’un millénaire après la diffusion de la Kabbale grâce à Jésus pour qu’une classification rigoureuse puisse être établie. Chaque « fil » de champ magique appartient donc à une parmi cinq catégories d’ »humeurs ». Ces humeurs correspondent en fait à ce qu’on appelle couramment les Mondes de Kabbale, dans lesquels vivent les créatures que l’on invoque par les rituels kabbalistiques. Chaque Monde contient l’Arbre de Vie en entier et possède son humeur, et toutes les créatures de ce Monde ont en général un caractère assez proche. On recense :

Sohar, le Monde Parfait. Sohar est un monde où tout est structures, codes à respecter, interdits à observer. Les créatures de ce monde sont très pointilleuses sur les principes, ce qui a pour conséquence que les Kabbalistes qui se penchent plus sur l’étude de ce monde s’entourent de quantités de rituels répétitifs et rigoureusement codifiés. Ainsi sont-ils considérés comme les plus religieux des Kabbalistes, des mystiques qui respectent des traditions millénaires dont le sens reste souvent très obscur.

Zakaï, le Monde Pur. Zakaï est un monde où la nature de l’univers s’exprime dans sa plus grande pureté. Ainsi, les créatures de ce monde sont souvent très proches des éléments, et les Kabbalistes qui suivent les voies de ce monde sont souvent attachés à la préservation de cette pureté élémentaire, mise en danger depuis la Chute et la corruption de l’Orichalque. Ils ont conscience de ce danger, et sont tels des chevaliers luttant dans l’honneur pour restaurer l’intégrité des champs magiques.

Pachad, le Monde de l’Apocalypse. Pachad est un monde où les champs magiques sont perpétuellement soumis au cycle du changement. Les lieux que recèle Pachad sont souvent emprunts d’une grande beauté, mais cette beauté n’est jamais que temporaire, et laisse souvent place à la décrépitude la plus sordide, à la dissolution, à la pourriture, avant que de ce terreau fertile ne renaissent à nouveau de sublimes paysages. Les créatures de ce monde sont souvent les ouvrières du cycle du renouveau permanent, et les Kabbalistes de Pachad sont souvent d’humeur changeante, difficiles à cerner. Ils oeuvrent en général en accord avec les cycles de la nature, qu’il s’agisse de cycles ascendants, créateurs, ou de cycles descendants, destructeurs.

Meborack, le Monde de l’Equilibre. Meborack est un monde où tout n’est qu’harmonie, subtiles nuances savamment dosées. Dans Meborack, toute chose est le résultat de mélanges fins mais balancés, c’est d’ailleurs certainement ce qui donne aux paysages de ce monde une beauté si saisissante. Les créatures de ce monde sont toujours soucieuses de cet équilibre, et de même les Kabbalistes de Meborack sont les plus attachés à la recherche de l’équilibre du pilier central de l’Arbre de Vie. Ce sont ceux qui cherchent à rétablir en toute chose l’harmonie, synonyme de perfection.

Aresh, le Monde de l’Adversité. Aresh est un monde où tout n’est que bataille et furie. Les cinq éléments s’y livrent une guerre qui dure depuis l’aube des temps, et toutes les créatures d’Aresh sont, à un degré ou à un autre, destinées au combat. De même, les Kabbalistes d’Aresh sont en général des combattants redoutables, emportés, qui recherchent dans cette voie le dépassement de soi par l’adversité. Leur but n’est pas tant l’anéantissement de l’adversaire que la progression au travers des épreuves, tant physiques que spirituelles.

On voit maintenant de façon plus claire comment est organisé l’Arbre de Vie. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes (Sohar, Zakaï, Pachad, Meborack et Aresh), vient s’ajouter la structure des Olanim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d’entre elles (ce quel que soit le regroupement que l’on ait choisi d’adopter). Une créature de Kabbale sera donc déterminée par toutes ces caractéristiques à la fois : la Sephirah dont elle vient, le monde dont elle vient, l’Olam auquel elle appartient, et bien sûr, son Ka-élément, lorsqu’elle est monoélémentaire. Or, si l’on a vu à quoi correspondaient les Mondes et les Olanim, les Sephiroth ne sont pour l’instant regroupées que par piliers et par Olanim.

 

Correspondances

 

A chaque Séphira est associé une Qualité Divine mais aussi une lettre hébraïque, un ordre angélique, un Archange et encore bien d’autres concordances. A Kether (la couronne) se trouve l’Archange le plus puissant et le seul à pouvoir regarder Dieu sur son Trône, Métatron. Son jumeau, Sandalphon, est associé quant à lui à la Séphira Malkuth (le Royaume), soit le monde de la matière (la Terre), il n’y a aucune hiérarchie dans l’attribution des Archanges aux Séphiroth. Il y a un ordre dans la circulation des énergies mais pas de grade, tous les Archanges sont à égalité, seule leur fonction diffèrent. Ces associations ou correspondance sont un ensemble de symboles et de qualités qui donne une certaine idée de ce que la Sephira représente.

Si nous transposons l’arbre séphirotique sur le corps humain, nous découvrons où se situe en nous les Séphiroth ainsi que les énergies de celles-ci. Nous recevons les énergies du Ciel par la couronne puis elles descendent dans notre corps selon les principes de l’Arbre Kabbalistique et ressortent par la Séphira Malkut à nos pieds pour être redistribuées à la Terre (ancrage). La Terre Gaïa, reçoit des énergies de la Source par l’intermédiaire des êtres vivants à sa surface et l’Homme y joue un rôle capital dans la réception et la diffusion de celle-ci. Selon les kabbalistes modernes, les Sephiroth seraient en réalité de vrais mondes aussi réels que notre monde physique. « Yesod serait ce que certains appellent le monde astral, lunaire où se rendent ceux qui expérimentent les états proches de la mort et également toutes les personnes décédées dans les premiers moments de leur vie non physique ». – extrait de Wikipedia.

Il est possible  d’entrer en communication avec chacun des Archanges liés aux Séphiroth et de recevoir leurs messages, ceux-ci nous guident vers la maîtrise de chacune de ces Qualités Divines.

 

Méditation séphirotique  

Ordre d’Evolution :  

Malkuth : le Royaume : Planète ou relation au cosmos : Cholem Yesodeth (la sphère des éléments, la Terre), Elément : la terre, Couleur : le brun, Nombre : 10, Image utilisée lors de la méditation : une Jeune Femme Couronnée, assise sur un Trône, Correspondance briatique ou essence de la sphère : la stabilité,Vertu : discernement et Vice : avarice & inertie, le vice et la vertu sont les énergies propres à la sphère et émanées par elle, Qlipah (écorce) ou énergie négative associée à la séphira : stase, Expérience Spirituelle : Vision du Saint Ange Gardien, Titres ou noms alternatifs: la Porte, la Porte de la Mort, la Porte des Larmes, la Porte de la Justice, la Mère inférieure, Malkah, la Reine, Kallah, la Promise, la Vierge, Nom de Dieu ou clé pour invoquer la puissance de la sphère en aziluth : Adonaï ha Aretz, Adonaï Malekh, Archange ou médiateur de l’énergie de la séphira en briah : Sandalphon, Ordre Angélique qui gouverne l’energie de la sphère en yetsirah : Ishim, Noms Communs ou signification humaine : le monde réel, la matière physique, la terre, la Terre-Mère, les éléments physiques, le monde naturel, la solidité, la stabilité, l’inertie, la mort corporelle, l’incarnation, …

Yesod : Fondation : Planète : Levanah (la Lune), Elément : l’Ether, Couleur : le mauve, Nombre : 9, Image : une Bel Homme très fort, Correspondance briatique : la réceptivité, la perception, Vertu : l’indépendance, Qlipah : obéissance aveugle, Expérience Spirituelle : la Vision du Mécanisme de l’Univers, Titres : le Palais aux Images, Nom de Dieu : Shaddaï el Chaï,  Archange : Gabriel, Ordre Angélique : Chérubin, Noms Communs : perception, imagination, instinct, apparence, la lune, l’inconscient, l’instinct, les liens, l’illusion, les rêves, la divination, l’éther, le sexe, les portes secrètes, …

Hod : Gloire, Splendeur : Planète : Kokab (Mercure), Elément : Air, Couleur : orange, Nombre : 8, Image : un Hermaphrodite, Correspondance briatique : l’abstraction, Vertu : honnêteté, confiance, Vice : volonté, Qlipah : la rigidité Expérience Spirituelle : la Vision de la Splendeur, Nom de Dieu : Elohim Tzabaoth, Archange : Raphaël, Ordre Angélique : Bnei Elohim, Noms Communs : la raison, l’abstraction, la communication, la conceptualisation, les sciences, le langage, l’argent, les mathématiques, la médecine, la philosophie, la Qabale, la loi, les « droits », la magie rituelle.

Netzach : Victoire, Fermeté : Planète : Nogah (Vénus), Elément : l’Eau, Couleur briatique : le vert, Nombre : 7, Image : une magnifique femme nue, Vertu : ouverture sur les autres, Vice : fermeture aux autres Qlipah : routine, habitude, Expérience Spirituelle : Vision de la Beauté Triomphante, Nom de Dieu : IHVH, Tsabaoth, Archange : Haniel, Ordre Angélique : Elohim, Noms Communs : la passion, le plaisir, la luxure, la beauté sensuelle, les sentiments, les émotions – l’amour, la haine, la rage, la joie, la dépression -, la misère, l’excitation, la sympathie, l’empathie, le désir, la magie extatique.

Tipheret : Beauté : Planète : Shemesh (le Soleil), Elément : le Feu, Couleur briatique : le jaune, Nombre : 6, Image : un roi, un Enfant, un Dieu sacrifié, Correspondance briatique : centré, totalité, Vertu : la dévotion au Grand Oeuvre, Vice : fierté, importance donnée à sa propre personne, Qlipah : fausseté Expérience Spirituelle : la vision de l’Harmonie, Titres : Lelek, le Roi ; Zoar Anpin, le microprosope ; le Fils ; Rachamin, la charité, Nom de Dieu : Aloah ve Daath,  Archange : Michaël, Ordre Angélique : Malachim, Noms Communs : l’harmonie, l’intégrité, la totalité, l’auto-sacrifice, la Pierre de Dieu, centre, la Pierre philosophale, l’identité, le plexus solaire, un Roi, le Grand Œuvre.

Gevurah : Force: Planète : Madim (Mars), Couleur briatique : le rouge, Nombre : 5,  Image : un Puissant Guerrier Correspondance briatique : le pouvoir, Vertu : le courage & l’énergie, Vice : la cruauté,  Qlipah : la bureaucratie, Expérience Spirituelle : la vision de la Puissance, Titres : Pachad, la Peur ; Din, la Justice Nom de Dieu : Elohim Gibor,  Archange : Kamaël, Ordre Angélique : Seraphim, Noms Communs : la puissance, la justice, la rétribution, la Loi dans son exécution, la cruauté, l’oppression, la domination, la sévérité, les arts martiaux.

Chesed : Miséricorde : Planète : Tzadekh (Jupiter),  Couleur briatique : le bleu, Nombre : 4, Image : un Puissant Roi, Correspondance briatique : l’autorité, Vertu : l’humilité & l’obéissance, Vice : la tyrannie, l’hypocrisie, la bigoterie & la gloutonnerie, Qlipah : l’idéologie, Expérience Spirituelle : la Vision de l’Amour, Titres : Gedulah, la Magnificence, l’Amour, la Majesté, Nom de Dieu : El,  Archange : Tzadkiel, Ordre Angélique : Chasmalim, Noms Communs : l’autorité, la créativité, l’inspiration, la vision, l’excès, le pouvoir séculier & spirituel, la soumission, la naissance.   Daath : la Connaissance : Cette Sephirah, qui n’en est pas une, n’a aucune qualité manifestée & ne peut être invoquée directement. Noms Communs : un trou, un tunnel, une porte, un trou noir, un vortex.

Binah : Compréhension :  Planète : Shabbathaï (Saturne), Couleur briatique : le noir, Nombre : 3 Image : une Vieille Femme sur un Trône, Correspondance briatique : la compréhension, Vertu : le silence, Vice : l’inertie,  Qlipah : le fatalisme, Expérience Spirituelle : la Vision de la Peine, Titres : Aïma, la Mère ; Ama, la Couronne ; Marah, la Mer d’Amertume ; la Mère des Formes, la Mère Supérieure. Nom de Dieu : Elohim, Archange : Cassiel, Ordre Angélique : Aralim, Noms Communs : la limitation, la contrainte, la lenteur, la stérilité, l’incarnation, la karma, le destin, la mère, la fertilité, la mort.

Hochmah : Sagesse :  Planète : Mazlot (le Zodiac, les Etoiles Fixes), Couleur briatique : argenté, gris-blanc, Nombre : 2, Image : un Homme Barbu, Correspondance briatique : la révolution, Vertu : le bien, Vice : le mal, Qlipah : l’arbitraire, Expérience Spirituelle : la Vision de Dieu, Titres : Abba, le Père, le Père Supernel. Nom de Dieu : Jah, Archange : Ratziel, Ordre Angélique : Auphanim, Noms Communs : la pure énergie créatrice, la force de vie.

Kether : Couronne :  Planète : Rashith ha Gilgalim, le Feu Tourbillonnant (le Big Bang), Couleur briatique : la blanc pur, Nombre : 1, Image : un Homme Barbu vu de côté, Correspondance briatique : l’Unité, Vertu : le sucès Qlipah : la futilité, Expérience Spirituelle : l’Union avec Dieu Titres : l’Ancien des Jours, le Macroprosope, la Tête Blanche, l’Existence des Existences, Rum Maalah. Nom de Dieu : Eheieh Archange : Metatron, Ordre Angélique : Hahioth ha Qodesh Noms Communs : l’unité, l’union, tout, la pure conscience, Dieu, la Divinité, la Manifestation, le Commencement, la Source, l’Emanation.

 

Ordre d’Involution ou le Sentier Inversé :

L’Arbre de Mort. Celui que NUL ne devrait arpenter sous peine d’être détruit.

Après la Malkuth de l’Arbre de Vie, nous sommes au seuil de l’anti-Malkuth, la Prostituée.   Ici nous entrons dans le domaine du Mal, dans le sens de contre-nature.  » Tout ce qui, dans la Vie, est corrompu, contraire aux éternels dessins de l’ABSOLU, éternellement rejeté par Lui, dot être expulsé et cette sorte d’exécration métaphysique a lieu dans l’Arbre Inversé, l’ARBRE DE MORT, hors de l’EPOUSE, dans la PROSTITUEE  » R. Ambelain – La Kabbale Pratique éd. Bussière.

Si Malkuth est le point le plus bas au sein de la Création, au sein d’Assiah, l’on se trouve en fait devant l’Attribut à partir duquel une remontée vers Kether est possible, mais aussi au seuil de la descente dans l’Arbre de Mort !

La Qlipah ! (Epluchure)   Tout ce qui est contraire à la Création et aux objectifs de Dieu se trouve projeté de l’Autre Côté, chez la Prostituée, dans cet Arbre de Mort.

La Malkuth de l’Arbre de Mort est en contact avec la Malkuth de l’Arbre de Vie et à partir de celle-ci nous descendons vers la Kether de la Klipah ( écorce , épluchure) … éminemment inverse de celui des 32 Sentiers de la Sagesse…

Voici très succintement des données sur cet Avers, mais il ne faut  pas s’essayer à la méditation sur les images qui vont être ici données !

La tradition kabbalistique classe les être pervers dans cet Arbre inversé dans des catégories qui sont les miroirs ténébreux des Classes de Bienheureux et des Choeurs angéliques.

 

Voici en regard des noms des Sephiroth de l’Arbre de Vie, le nom des Sephiroth de l’Arbre de Mort et les noms des Etres Pervers et les « images » de visualisation :

Malkuth – Aretz (Le Monde) – Behemoth (la Bête) – Femme Ecarlate parée d’or assise sur une hydre écarlate à sept têtes et dix cornes.   Yesod – Sheol (La Fosse) – Mammon (La Cupidité) – Femme cornue montée sur un taureau, vêtue de blanc et de vert, deux serpents s’enroulent à ses cornes et à chacun de ses pieds et de ses mains.

Hod – Abron (La Perdition) – Astaroth (L’Espion) – Homme à cheval sur un paon, aux pieds d’aigle, une crète sur la tête tenant du feu dans sa main gauche.

Netzah - Tit Aïsoun (L’Ordure) – Abbadon (L’Exterminateur) – Femme à tête d’oiseau et aux pieds d’aigle tenant une flèche dans sa senestre.

Tipheret – Bershoat (Le Puit de l’Abîme) – Meririm (Le Démon de Midi) – Roi couronné vêtu de jaune assis sur un trône avec un corbeau en son sein et sous ses pieds un globe.   Geburah – Irasthoum (L’Ombre de la Mort) – Shatan (L’Adversaire) -Homme armé, monté sur un lion à la dextre une épée nue et à la senestre une tête d’homme.

Chesed – Ozlomoh (Les Portes de la Mort) – Asmodée (L’Exécutant) – Homme à tête de bélier aux pieds d’aigle et vêtu de jaune.

Binah – Gehenne (La Vallée du Sommeil) – Bélial (Le Rebel) – Homme à tête de cerf, assis sur une pierre d’aimant, elle-même sur un dragon. Pieds de chameau, tient une faux à sa main droite et une flèche à la gauche.

Hokhmah – Gehenoum (Le Vallée de l’Oubli) – Python (le Serpent) – Léopard ayany sept têtes et dix cornes aux pieds d’ours et aux gueules de lions.

Kether – Gehenomoth (La Vallée de la Mort) – Belzébuth (La Vieux Dieu) – Dragon roux ayant sept têtes et dix cornes.
Relations des Séphiroth avec les noms de Dieu, les anges, les planètes, l’homme et les 10 commandements :

Dix  Séphiroths Dix  noms de Dieu Dix  membres de l’homme archétype, ou dix ordres des anges Dix  planètes, ou membres de l’homme céleste Dix  membres de l’homme terrestre Les  dix commandements de la Loi
La  Couronne Je  suis celui qui suis. Haiot,  Hakkodes, ou les Séraphins le  ciel empyrée Le  Cerveau Tu  n’auras point d’autre Dieu
La  Sagesse Jah,  l’Essence Ophanim,ou  chérubins Le  Premier Mobile Le  Poumon Tu  ne te feras point d’image taillée
L’Intelligence yaveh Aralim,  ou Trônes Le  firmament Le  Coeur Tu  ne prendras point le nom de Dieu en vain
La  Magnificence Dieu  créateur Haschemalim,  ou Dominations Saturne L’Estomac Tu  sanctifieras le jour du repos
La  Force Dieu  puissant Séraphim,  ou Vertus Jupiter Le  Foie Honore  ton père et ta mère
La  Beauté Dieu  fort Mélachim  ou Puissances Mars Le  Fiel Tu  ne tueras point
La  Victoire Dieu  des armées Elohim,  ou les Principautés Le  soleil La  Rate Tu  ne paillarderas point
La  Gloire Le  Seigneur Dieu des armées Ben  Elohim, ou les Archanges Vénus Les  Reins Tu  ne déroberas point
Le  Fondement Le  Tout-Puissant Chérubin,  ou les Anges Mercure Les  Parties nobles de l’homme Tu  ne diras point de faux témoignage
Le  Royaume Le  Seigneur Adonaï Ischim,  ou les Ames La  Lune La  Matrice Tu  ne convoiteras point

 

 

Numérologie : Les nombres et les Sephiroth nous parlent   Un livre à télécharger d’urgence : Le Sepher Yetsirah

ou le livre de la Formation est un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soit parvenu.

Ce manuel philosophique traite de l’origine de l’univers et de l’humanité. Il est important de préciser que la langue hébraïque associe des lettres et des nombres : chaque lettre suggérant un nombre et chaque groupe de lettres possède une signification numérique vitale.

Le principe de renversement des lettres et de leur substitution par d’autres lettres selon des combinaisons préalablement définies est également utilisé. D’après, le Sepher Yetzirah, l’esprit humain est fixé sur la vérité et sur la raison tout en étant capable de prendre en compte les développements de l’intelligence par des nombres.

Le Zohar représente la vérité absolue et le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l’atteindre et de l’utiliser. Les dix sefirot (Sephiroth ) sont les dix nombres primordiaux.

Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter (numération – numérologie).

Le terme sefirot signifie qu’il ne s’agit pas de nombres ordinaires mais de « nombres principes» identifiés comme étant les dix dimensions infinies du cosmos, à savoir les six dimensions de l’espace, les deux du temps et celles du bien et du mal.

0. Tout le pouvoir qui fut ou sera est ici, maintenant. Le point Source de tous les potentiels, celui vers lequel nous devons tendre puisque depuis notre séparation de ce plan, nous avons oublié notre réelle identité.

1. Je suis un centre d’expression pour le Désir du Bien Primal qui crée éternellement et soutient l’univers. Avec lui nous osons quitter le familier pour aller vers le mystérieux, nous expérimentons l’affirmation, l’indépendance, l’énergie Yang de notre Masculin Intérieur.

2. Par ma Sagesse infaillible, je prends forme en pensée et en parole. Là nous allons à la rencontre de l’autre en nous, l’énergie yin de notre Féminin Intérieur, dans l’acceptation de sa différence, de la Complémentarité.

3. Empli de la Compréhension de la loi parfaite, je suis guidé, seconde par seconde, sur le chemin de la libération. De l’union du Masculin et du Féminin naît l’Enfant Intérieur. Le premier ternaire est construit : Corps/Ame/esprit, prêt à libérer l’Oeuvre, la Création.

4. Des richesses inépuisables de la Substance Illimitée, je retire toutes choses nécessaires à ma fois spirituelles et matérielles. Voici venu le Temps de l’Intégration qui engendre la Maturation, la première pierre de l’édifice en Construction est posée.

5. Je reconnais la manifestation de la Justice qui ne dévie pas dans toutes les circonstances de ma vie. Avec lui, l’Ame anime le Mouvement, l’Audace et L’Intuition se conjuguent pour expérimenter la Liberté Individuelle.

6. En toutes choses, grandes et petites, je vois la Beauté de l’expression divine. Avec lui nous célébrons les Noces, il est l’Etoile de David ou le Sceau de Salomon. Le Masculin et le Féminin sont couronnés et prêts pour les grandes Noces Alchimiques. Fin du deuxième Ternaire.

7. Vivant par cette volonté, soutenu par sa Sagesse et ma compréhension infaillible, ma Vie est Victorieuse. Avec lui nous expérimentons la descente solitaire dans les profondeurs de l’Etre, l’ouverture du 3ème Oeil, la connexion au Soi Supérieur. Sur l’Autel de notre Etre, nous présentons notre Oeuvre pour la faire bénir par nos Instances Supérieures.

8. J’attends impatiemment et avec confiance la réalisation parfaite de la Splendeur Éternelle de la Lumière Illimitée. Avec lui, nous atteignons la Foi et la Paix, il faut désormais accepter l’Initiation qui apporte la Puissance, nous sommes construits, nous devenons Bâtisseur.

9. En pensée, en parole et en action, je repose ma vie, jour après jour sur le Fondement certain de l’Être Éternel. Avec lui nous entrons dans le transpersonnel, nous devenons Porteur de Lumière pour un monde de Progrès et de Partage.

10. Le Royaume de l’Esprit a pris corps dans ma chair : le Nombre 10 est le symbole de l’univers,  il exprime également l’ensemble des connaissances humaines. Somme de 5 + 5, il représente les deux sens de courant contraire de la conscience: celle en involution et celle en évolution. Selon H.‑P. Blavatsky, le 1 suivit du 0 indique la colonne et le cercle, c’est‑à‑dire le principe mâle et femelle, et ce symbole se rapporterait à la nature Androgyne et aussi à celle de YHVH, qui est à la fois mâle et femelle.

Le zéro en forme de cercle est un symbole d’unité, complétant ainsi la signification du chiffre 1 pour montrer que le nombre 10 renferme tous les nombres précédents comme un tout contient ses parties. Il représente le premier couple, le mariage: 1 = l’homme, 0 l’oeuf fécondé par le 1. Le dix donne l’image d’une régression spirituelle puisque le mariage est une conséquence de la chute de l’homme.

 

Les sephiroth servent à décrire la naissance du monde ( bereshit).  La première sephirah est le pneuma divin.  De celui-ci sort la seconde sephirah, l’air…

De l’air sont issus l’eau et le feu.

Les 6 dernières sephiroth représentent les six directions dans l’espace.  Elles sont scellées au moyen de 6 permutations du grand nom de dieu YHW.

Une Structure mathématique les six permutations : le YI KING ou Livre des Transformations   Le Livre des Transformations était à l’origine une collection de signes à usage d’oracles. Les oracles étaient partout en usage dans l’antiquité et les plus anciens d’entre eux se limitaient aux réponses « oui » et « non ». Ce type de jugement oraculaire se trouve également à la base du Yi King. Le « oui » était exprimé par un simple trait plein et le « non », par un trait brisé .

La nécessité d’une différenciation plus grande paraît s’être fait sentir de très bonne heure et les traits simples donnèrent naissance à des combinaisons par redoublement auxquelles un troisième élément vint s‘ajouter, produisant ainsi la série des huit trigrammes donnant naissance aux soixante quatre Hexagrammes.

 

On consulte le Yi King à travers les deux Trigrammes formant un Hexagramme, que l’on tire trait par trait.

Les hexagrammes sont des figures basées sur la combinaison de six traits dont chacun peut prendre l’une de ces deux formes : le trait plein Yang  et le trait redoublé Yin . Ces deux formes elles-mêmes se subdivisent en deux catégories : trait naissant et trait mutant. A chaque hexagramme a été ajouté ultérieurement un commentaire comportant des indications sur la qualité de l’état concerné.

Le Sefer Yetsirah nous apprend donc que « le réel » est constitué par la combinaison des 22 lettres hébraïques, générant les 231 combinaisons binaires, à l’origine de la création du monde.

Le premier groupe de lettres est composé des trois consonnes mères aleph, mem, shin. Le second groupe est composé des sept consonnes doubles.  Elles représentent les sept planètes du cosmos, les sept jours de la semaine ainsi que les sept orifices de la tête de l’homme. Le dernier groupe est celui des douze consonnes simples placées en rapport avec les douze manifestations psychosomatiques qui se déroulent chez l’homme ainsi qu’avec les douze organes principaux. Elles représentent les douze mois de l’année.

 

Les 22 Arcanes Majeurs du TAROT :  

Selon Alexandro JODOROWSKI : « les Arcanes du tarot sont un coffre où a été déposé un Trésor Spirituel. l’ouverture de ce coffre équivaut à une révélation. Le travail initiatique consiste à rassembler les fragments jusqu’à retrouver l’unité… » -LA VOIE DU TAROT – éditions Albin Michel.   L’origine du Tarot semble se perdre dans la nuit des temps. Même l’étymologie du mot reste obscure, certains parlent d’origine égyptienne : Tar« voie ou chemin » et Ro « roi ou royal » qui signifierait « voie royale de la vie »… ou la déformation de Ptah « Maître de la création » et RA « Dieu Soleil », ou encore RA-TA, « Grand prêtre descendant des Atlantes », ou de Taroet  » Celui qui consulte ». D’autres penchent pour une origine Tzigane, ou hindoue: Taru « sagesse amassée » aux indes ou Torok « jeu de cartes » en Hongrie. On parle aussi de Torah « tradition hébraîque » ou Rota « roue de l’existence » en latin. Il y a aussi le terme sanscrit Tar-Ô « étoile polaire ou guide », le perse Tarok « réponds-moi », l’arabe Tariqa « manière de vivre » ou Turuq « les quatre chemins ».

Les Tarots pourraient être tout aussi bien d’origine Egyptienne, Maya, inca, Hébraïque, Hindoue, Islamique, etc… ou tout simplement d’origine Atlante …

 

L’ ATLANTIDE: Un mythe qui n’a pas encore été démontré scientifiquement, le concept de l’ Atlantide  a traversé toutes les civilisations connues depuis des millénaires. Toutes les religions – même y compris la Bible – parlent de grands ancêtres supérieurs, de dieux, demi-dieux et géants. Allégorie, fantaisie des anciens peuples ?

Toutes ces histoires se retrouvent néanmoins dans les traditions orales – transmises de génération en génération – de toutes les cultures amérindiennes et méditerranéennes. On parle aussi de déluge: qui lui, a été scientifiquement prouvé par des fouilles géologiques… Donc, selon la légende, le peuple Atlante aurait été très avancé côté connaissances et technologie. Néanmoins, il semble qu’au fil du temps beaucoup de ses gens avaient perdu leur but premier dans la vie (la spiritualité), en ne se préoccupant que du monde matériel et de la puissance. Ce peuple, autrefois spirituel, a été déchiré entre deux groupes distincts: alors que l’un perpétuait la tradition spirituelle de leurs aïeux, l’autre s’absorbait à satisfaire ses appétits physiques et ses désirs.

Cette division mena à une guerre entre les deux clans; puis à la chute du continent, et à sa destruction. Selon le mythe, les Atlantes en vinrent à se concentrer presque exclusivement que sur la matérialité: tout en ignorant leur vraie nature spirituelle. Conséquemment, ils auraient attiré sur eux une série de trois cataclysmes.

Le premier, survenu quelques 50 000 années avant J.C., aurait détruit leur source principale de pouvoir. Le second, vers l’an 28 500 avant J.C., aurait disloqué le continent en trois îles plus petites. Alors que la troisième et dernière destruction – celle dont parle le philosophe Platon – se serait produite aux environs des années 10 500 avant J.C. et aurait causé l’engloutissement des trois îles (le Déluge); ceux qui ont réussi à survivre ont dû émigrer vers d’autres parties du monde, dont l’Égypte et l’Amérique.

Plusieurs survivants de la légendaire Atlantide ayant émigré en Égypte, ceux-ci se sont finalement intégrés dans une culture qui a atteint le sommet de sa gloire en même temps que le troisième cataclysme atlante.  Il semble que sous la direction d’un Grand Prêtre nommé Ra Ta – référence très possible à « TARO », « ROTA » ou Tarot -, l’Égypte a commencé à mener le monde à une politique sociale visant à l’égalité, la transformation personnelle, et la responsabilité morale vis à vis les autres. Rappelons que la civilisation égyptienne est considérée comme non égalée dans l’histoire scientifique du monde; et est créditée de l’introduction de l’écriture, de la science médicale, de l’irrigation, de l’architecture, et du nationalisme.

Quand à l’arbre de vie, selon Drunvalo Melkizedek,: « son origine remonterait à la nuit des Temps : « Beaucoup de gens pensent que l’Arbre de vie tient son origine des Juifs ou des Hébreux, mais la vérité est autre. La kabbale n’est pas à l’origine de l’Arbre de vie, et en voici la preuve. L’Arbre de vie n’appartient à aucune culture – pas même à celle des Égyptiens, qui l’ont sculpté sur deux piliers en Egypte, à la fois à Karnak et à Luqsor, il y a environ cinq mille ans. Il est en dehors de toute race et de toute religion. Ce dessin fait intimement partie de la nature.Tout récemment, nous avons trouvé l’image de la Fleur de vie dans dix-huit endroits différents dans le monde, y compris en Suède, en Laponie, en Islande et dans le Yucatan.  L’Arbre de vie et la Graine de vie inscrits l’un dans l’autre, sur d’autres planètes où la conscience existe, je suis sûr que vous trouverez la même image. »

Le secret de l’arbre de Vie par Drunvalo melkizedek qui nous donne aussi une origine du peuple hébreu qui n’est pas habituelle mais qui pourrait expliquer bien des choses …..

Trouvez une mine de renseignements relatifs à l’Atlantide, sur ce site:  « L’ÉPOPÉE ATLANTE AUTOUR DE L’ATLANTIDE – Rêves, mythes, hypothèses et réalités ».

 

La Magie des Mondes  

L’Arbre de Vie est présent dans tous les champs magiques, tous éléments confondus. C’est l’Arbre de Vie Kabbalistique duquel toutes choses dépendent. Il y a une grande analogie entre celui-ci et l’arbre Yggdrasil des Scandinaves. Cependant, si l’on observe en vision-Ka un fil particulier d’un champ magique donné, on notera qu’il possède certaines caractéristiques (dont sa couleur) qui font qu’il appartient à cet élément, mais également une sorte de « comportement » qui le distingue des autres fils. Ceci est très difficile à discerner, et les kabbalistes ont dû attendre pas moins d’un millénaire après la diffusion de la Kabbale grâce à Jésus pour qu’une classification rigoureuse puisse être établie. Chaque « fil » de champ magique appartient donc à une parmi cinq catégories d’ « humeurs ». Ces humeurs correspondent en fait à ce qu’on appelle couramment les Mondes de Kabbale, dans lesquels vivent les créatures que l’on invoque par les rituels kabbalistiques.

Chaque Monde contient l’Arbre de Vie en entier et possède son humeur, et toutes les créatures de ce Monde ont en général un caractère assez proche. On recense :

• Sohar, le Monde Parfait. Sohar est un monde où tout est structures, codes à respecter, interdits à observer. Les créatures de ce monde sont très pointilleuses sur les principes, ce qui a pour conséquence que les Kabbalistes qui se penchent plus sur l’étude de ce monde s’entourent de quantités de rituels répétitifs et rigoureusement codifiés. Ainsi sont-ils considérés comme les plus religieux des Kabbalistes, des mystiques qui respectent des traditions millénaires dont le sens reste souvent très obscur.

Zakaï, le Monde Pur. Zakaï est un monde où la nature de l’univers s’exprime dans sa plus grande pureté. Ainsi, les créatures de ce monde sont souvent très proches des éléments, et les Kabbalistes qui suivent les voies de ce monde sont souvent attachés à la préservation de cette pureté élémentaire, mise en danger depuis la Chute et la corruption de l’Orichalque. Ils ont conscience de ce danger, et sont tels des chevaliers luttant dans l’honneur pour restaurer l’intégrité des champs magiques.

Pachad, le Monde de l’Apocalypse.

Pachad est un monde où les champs magiques sont perpétuellement soumis au cycle du changement. Les lieux que recèle Pachad sont souvent emprunts d’une grande beauté, mais cette beauté n’est jamais que temporaire, et laisse souvent place à la décrépitude la plus sordide, à la dissolution, à la pourriture, avant que de ce terreau fertile ne renaissent à nouveau de sublimes paysages. Les créatures de ce monde sont souvent les ouvrières du cycle du renouveau permanent, et les Kabbalistes de Pachad sont souvent d’humeur changeante, difficiles à cerner. Ils oeuvrent en général en accord avec les cycles de la nature, qu’il s’agisse de cycles ascendants, créateurs, ou de cycles descendants, destructeurs.

Meborack, le Monde de l’Equilibre. Meborack est un monde où tout n’est qu’harmonie, subtiles nuances savamment dosées.

Dans Meborack, toute chose est le résultat de mélanges fins mais balancés, c’est d’ailleurs certainement ce qui donne aux paysages de ce monde une beauté si saisissante. Les créatures de ce monde sont toujours soucieuses de cet équilibre, et de même les Kabbalistes de Meborack sont les plus attachés à la recherche de l’équilibre du pilier central de l’Arbre de Vie. Ce sont ceux qui cherchent à rétablir en toute chose l’harmonie, synonyme de perfection.

Aresh, le Monde de l’Adversité. Aresh est un monde où tout n’est que bataille et furie. Les cinq éléments s’y livrent une guerre qui dure depuis l’aube des temps, et toutes les créatures d’Aresh sont, à un degré ou à un autre, destinées au combat. De même, les Kabbalistes d’Aresh sont en général des combattants redoutables, emportés, qui recherchent dans cette voie le dépassement de soi par l’adversité. Leur but n’est pas tant l’anéantissement de l’adversaire que la progression au travers des épreuves, tant physiques que spirituelles.

On voit maintenant de façon plus claire comment est organisé l’Arbre de Vie. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes (Sohar, Zakaï, Pachad, Meborack et Aresh), vient s’ajouter la structure des Olamim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d’entre elles (ce quel que soit le regroupement que l’on ait choisi d’adopter).

Une créature de Kabbale sera donc déterminée par toutes ces caractéristiques à la fois : la Sephirah dont elle vient, le monde dont elle vient, l’Olam auquel elle appartient, et bien sûr, son Ka-élément, lorsqu’elle est monoélémentaire. Or, si l’on a vu à quoi correspondaient les Mondes et les Olamim, les Sephiroth ne sont pour l’instant regroupées que par piliers et par Olamim.

Les quatre Kerubim sont fortement associés aux lettres du Tétragrammaton. Maintenant, il ne doit pas être oublié que ces formes dans les visions d’Ezechiel supportent le trône de la Divinité, sur lequel l’Homme Céleste est assis – l’Adam Qadmon, l’image Sephirothique ; et qu’entre le trône et les créatures vivantes (hayoth hakodesh), il y a le firmament.

Ici, nous avons donc les quatre mondes – Atziluth, la forme déifiée ; Briah, le trône ; Yetzirah, le firmament ; Assiah, les Kerubim. Donc, les Kerubim représentent le pouvoir des lettres du Tétragrammaton sur le plan matériel, et tous quatre représentent l’opération des quatre lettres dans chacun des quatre mondes.

 

Donc, les Kerubim sont les formes vivantes des lettres, symbolisés dans le Zodiaque par le Taureau, le Lion, le Poisson et le Scorpion.

Le mystère de l’homme terrestre et mortel suit le mystère du Surpernel et Immortel, et ainsi fut créée l’image de Dieu sur la terre. Dans la forme du corps trouve-t-on le Tétragrammaton. La tête est Yod, les bras et les épaules sont Hé, le corps est Vav et les jambes représentent le Hé final. Donc, comme la forme extérieure de l’homme correspond au Tétragrammaton, ainsi l’âme animée correspondra-t-elle aux dix Sephiroth, et comme celles-ci trouvent leur expression dans la trinité de la Couronne, du Roi et de la Reine, ainsi, la division principale de l’âme sera-t-elle :

- La première est Neshamah, qui est le plus haut degré de l’être, correspondant à la Couronne.

- Le second est Ruah’, le siège du bien et du mal, correspondant à Tiphereth, le monde moral.

- La troisième à Nephesh, la vie animale et les désires, correspondant à Yesod, le monde matériel, sensuel.

 

Toutes les âmes préexistaient dans le monde des émanations et ont leur état originel dans l’androgynat, mais, en descendant sur terre ils se séparent en mâles et femelles et habitent différents corps. Ainsi, si dans cette vie mortelle, la moitié masculine rencontre sa moitié féminine, un grand attachement naît entre eux et ils est dit que dans le mariage les moitiés séparées sont conjointes, et les formes cachées s’apparentent alors aux Kerubim.   Mais cette vision triple de l’âme est seulement applicable aux trois formes de l’intellectuel, du moral et du matériel. Ne perdons pas de vue la grande idée kabbalistique que la trinité est toujours complétée et trouve sa réalisation dans le quaternaire ; d’où, YHV est complété et réalisé dans YHVH.

La trinité de : Couronne Roi Reine Père Fils Esprit Absolu Formation Réalisation

Est complétée par le quaternaire de : Absolu Père et Mère Fils Fiancée Macroprosopus Père et Mère Microprosopus Malkuth, la Reine et Fiancée •Atziluth.- Archétype •Briah- Créatif •Yetzirah – Formatif •Assiah – Matériel

Et à ces quatre, l’âme répond dans les quatre formes suivantes :

•H’ayah à Atziluth.

•Neshamah à Briah.

•Ruah’ à Yetzirah.

•Nephesh à Assiah.

 

Mais, H’ayah est, en l’âme, une forme archétypale analogue au Macroprosopus, alors que Neshamah, Ruach et Nephesh représentent en elles-mêmes le Tétragrammaton, sans H’ayah, qui néanmoins symbolisée « dans le point le plus haut du Yod, » ; comme le Macroprosopus est censé être symbolisé par le point la haut du Yod de YHVH. Car, « Yod est l’Ancien caché et occulté. »

Dans les enseignements qabalistiques d’Eliphas Levi dans sa « Clés des mystères. » Il donne l’essence des idées de Rabbi Moïse Cordoverro et de Rabbi Yitzh’aq Luria. « L’âme est une lumière voilée.

Cette lumière est triple : ’Neshamah = pur esprit ; Ruah’ = esprit ou âme ; Nephesh = médiateur plastique.’ »Le voile de l’âme est la coque de l’image. ’L’image est double car elle reflète à la fois l’ange du bien et du mal de l’âme. Nephesh est immortelle car elle se renouvelle elle-même par la destruction des formes ; Ruah’ progresse au travers de l’évolution des idées ; Neshamah progresse sans destruction .’

« Il y a trois demeures à l’âme : ’l’Abîme de la Vie ; Le Paradis supérieur ; Le Paradis inférieur.’ »

L’image Tzelem est un sphinx qui propose une énigme de vie. ’L’image fatale (c-à-d, à laquelle on succombe à l’extérieur) dote Nephesh de ses attributs, mais Ruah’ peut substituer l’image conquise par l’inspiration de Neshamah. Le corps est le voile de Nephesh, Nephesh est le voile de Ruah’ qui est le voile de Neshamah. La lumière se personnifie elle-même en se voilant, et la personnification est stable uniquement quand le voile est parfait. Cette perfection sur terre est relative à l’âme universelle de la terre (c-à-d comme macrocosme, donc le microcosme est l’homme.)’   « Il y a trois atmosphères pour les âmes. La troisième finit là où l’attraction planétaire des autres mondes commence. Les âmes qui se sont perfectionnées sur cette terre passent alors à un autre plan. Après avoir traversé les planètes elle arrivent au soleil ; puis, elles montent dans un autre univers et recommencent leurs évolutions planétaires de mondes en mondes et de soleils en soleils. »

Dans les soleils elles se rappellent et dans les planètes, elles oublient. Les vies solaires sont les jours de la vie éternelle, et les vies planétaires sont les nuits avec leurs rêves.

« Les anges sont de lumineuses émanations personnifiées, pas par jugement ni voile, mais par l’influence divine. Les anges aspirent à devenir des hommes, car l’homme parfait, l’homme-Dieu, (pour le distinguer du Dieu-homme) est au-dessus de tous les anges. » Les vies planétaires sont composées de dix rêves d’une centaine d’années chacun, et chaque vie solaire est d’un millier d’années. Ainsi, il est dit qu’un millier d’années sont à la vue de dieu comme un jour.

« Chaque semaine – c’est à dire chaque 14.000 ans – l’âme se baigne et se repose dans un rêve jubilatoire d’oubli. En se réveillant de là, elle a oublié le mal et ne s’est rappelée que le bien. »

De Ruah et de Nephesh, influencées par les bonnes aspirations de Neshamah, procède Michaël, l’ange bénéfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des bonnes idées, ou, dans une phraséologie bouddhiste ésotérique, le « Bon Karma » de l’homme. De Nephesh dominant Ruah’ et sans l’influence bénéfique de Neshamah, procède Samaël, l’ange maléfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des idées mauvaises, le « mauvais Karma de l’homme. Et le Tzelem, ou image, est double car elle reflète et Michaël et Samaël.

Il existe un cinquième niveau de l’âme appelé Yéhidah.

L’âme a cinq noms :  •Rouah’  •Nefech  •Nechama  •Haya  •Yehida

Ces niveaux de l’âme sont à mettre en rapport avec les quatre mondes de l’arbre des Sephiroth :

néfèch : monde de l’action ;

rouah : monde de la formation ;

nechama : monde de la création ;

haya : monde de l’émanation ;

yehida : tangence avec le en sof (l’infini) – (situation de devéqout – adhésion/union à D.ieu).

 

La nechama correspond au programme de la création, sa bonne organisation.   Pour ce qui est de la yehida…Tous les membres, dans le corps, vont par deux. Mais elle est une. (Tanhouma Noah 1)

La nechama est appelée lumière. (Devarim raba : 82)   Programme de la création ?

Ce qui, en toi, t’incite à acquérir ta stature, ta valeur, ta beauté. Cette lumière, en toi, qui te voit aimer la grandeur, la noblesse, la bonté.Quant à la yehida, elle fait de toi un être unifié.Même si tu as deux bras, deux jambes, deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux glandes génitales, tu es Un. La dualité ne t’ampute pas, ne te dénature pas, ne te dupe pas.

Le niveau d’âme de YEHIDA que possédait Adam avant la faute lui permettait d’unifier extériorité et intériorité. Le jour où Adam a fauté, la YEHIDA l’a quitté. Depuis la faute d’Adam, aucun homme au monde n’est parvenu à ce degré d’unification. Lorsque HENOCH (fils d’Adam) parvint à ce niveau, le monde ne put le supporter et il fut obligé de le quitter. De même le prophète ELIE quitta ce monde lorsqu’il fut atteint de cet éclat supérieur. La YEHIDA désigne l’âme du MACHIAH qui unifiera le monde d’en haut et le monde d’en bas.

L’animal possède les quatre modalités de l’être, désignées par les termes néfèch, rouah, nechama, haya. Il ne posséderait pas la modalité designée par le terme « yehida ». D’après Marc-Alain Ouaknin, selon la tradition hébraïque yehida désigne la manière d’être unique à chaque être humain. Celui-ci a une vocation propre qu’il doit réaliser et qu’il est le seul à pouvoir réaliser. La ressemblance avec Dieu se trouverait à ce niveau-ci (Cf Marc-Alain Ouaknin, « Tsimtsoum », Spiritualités vivantes, série judaïsme, Albin Michel, Paris 1992, pp. 182-186).

 

Définition des niveaux de l’âme  

Néfèch   La première dimension de la personne est son néfèch. Le néfèch est tout d’abord le corps et l’ensemble de ses possibilités d’action. De ce fait, il correspond au monde de l’action (Olam ha Assia). Pour bien comprendre les différents niveaux de l’âme de la personne, il est important de faire une distinction entre ce que le texte biblique nomme demout et tsélèm. Dans le premier chapitre de la Genèse, nous lisons à propos de la création de l’homme :

Et Dieu-Elohim dit : « Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance » ; et Il créa, Dieu-Elohim, l’homme à son image, à l’image de Dieu-Elohim Il le créa, masculin et féminin Il les créa.

Ce verset, mille fois traduit et dix mille fois commenté, propose une terminologie intéressante et importante qui va nous éclairer sur la question du corps.

En plus de l’étonnant pluriel « faisons », le redoublement de l’« image » par la « ressemblance » pose un problème fondamental.

Le verset met en place la distinction fondamentale entre l’image (tsélèm) et la ressemblance (demout).   Que recouvrent précisément ces termes de tsélèm et de demout ?

Le sens de demout est donné par les commentaires comme celui d’aspect « visible et extérieur » ; celui de tsélèm comme dimension « invisible et intérieure ». Ainsi Rabbi Itshaq Ben Hayyim, le fils de Rabbi Hayyim de Volozhin, écrit-il : « Le Zohar et les écrits du Ari affirment que le tsélèm se rapporte au monde caché, tandis que le demout se rapporte au monde révélé. »

Rouah   Le rouah, c’est tout d’abord l’ensemble des émotions, pulsions et autres forces intérieures qui nous poussent en avant et nous font exister ; c’est le moteur émotionnel du néfèch. Selon la terminologie que nous avons utilisée plus haut, c’est l’image spirituelle que nous nous faisons de notre corps. La manière, non seulement physique mais aussi intérieure, que nous avons de nous sentir dans notre corps. Le rouah correspond au monde de la formation (Olam ha Yetsira).

Respiration et parole  

D’un point de vue sémantique, le mot rouah signifie « vent, air, souffle, respiration, esprit ». Il s’agit d’un aspect du système respiratoire depuis la bouche et le nez jusqu’aux poumons. Les poumons sont l’« interface » entre l’intérieur et l’extérieur en ce qui concerne l’oxygène. La circulation de l’air, entre le nez et la bouche d’une part, et les poumons d’autre part, est le rouah.

Le mot a subi deux évolutions. Il a commencé par signifier « esprit » puis aussi « parole ». De fait, la parole est aussi une modulation du souffle sur les cordes vocales. Dans le Zohar et le Tiqouné Zohar, les organes du rouah se retrouvent dans le Tétragramme sous la forme de la lettre vav (la trachée) et des deux hé (les poumons). La physiologie de la respiration, bien que très complexe, peut cependant être présentée schématiquement comme un lieu d’échange au niveau des poumons, qui prennent en charge l’oxygène qui passe dans le sang, fixé sur les globules rouges, et qui rejettent le gaz carbonique porté par le sang depuis les cellules et fixé sur l’hémoglobine.

Quand nous respirons, très souvent nous pensons « air-oxygène » (entrée et sortie), en oubliant l’articulation des systèmes circulatoire et respiratoire. Le rouah vivant est conséquent d’une vie émotionnelle riche. Celle-ci peut s’atteindre par une prise de conscience des échanges qui existent entre notre corps et nos émotions avec le monde extérieur.

Nechama   La nechama est le troisième niveau de l’âme et correspond au monde de la création (Olam ha Beriya). De ce fait, c’est plus la dimension intellectuelle de l’âme. Il est intéressant cependant de noter que ce terme plus que les deux précédents est devenu synonyme de l’« âme » au sens vague et populaire de ce mot. En fait, originellement, la nechama vient de la racine nacham qui veut dire « respirer ». Le mot nechima, c’est la respiration, le souffle.

Il est donc a priori bien difficile de faire une distinction entre rouah et nechama.

Cependant, on peut dire que la nechama est la dimension spirituelle de l’homme. Une fois qu’il possède un corps sain (néfèch) dans lequel les énergies circulent correctement et qu’il est capable par sa respiration et sa parole d’énergétiser son corps d’une manière vécue profondément en équilibrant ses émotions (rouah), l’homme peut organiser sa vie spirituelle en approfondissant les textes de la tradition et ses commentaires. C’est le moment où la méditation se fait étude.

 

Lecture et interprétation.  

Le premier niveau concerne le corps, le second, la voix et les émotions, le troisième, le texte et l’esprit. La nechama est donc une respiration intellectuelle et spirituelle qui va passer par un rapport au texte. L’homme n’est plus, comme dans le second niveau du rouah, un « animal – parlant – sentant », mais un « animal – lisant – pensant – commentant ». En dehors de l’étude des textes de la tradition, il est possible de faire des exercices de méditation liés à l’écriture et à la visualisation.

Une respiration intellectuelle : l’étude  

L’étude est l’un des niveaux les plus élevés de la méditation. Il est dit dans la michna : « Talmud Tora kenéguèd koulam » ; c’est-à-dire : « L’étude de la Tora a autant d’importance que tous les autres rites réunis. » Les maîtres de la qabale font remarquer que le verbe « étudier » est symbolisé par la lettre lamèd (voulant dire « étude »), qui a la particularité d’être la seule des vingt-deux lettres de l’alphabet à dépasser la ligne d’écriture vers le haut. Etudier, c’est s’élever, se dépasser, ouvrir la porte de l’infini..

Un des lieux fondamentaux de la vie du qabaliste est la maison d’étude ou bèt-hamidrach. On parle aussi de yechiva, au pluriel yechivot). C’est un lieu où se retrouvent à la fois les talmudistes et les qabalistes. Pas besoin de diplômes pour entrer… Seul est nécessaire le désir d’apprendre. Pas de limite d’âge non plus. Monde hors du temps, on y rencontre des enfants et des sages. Sans doute est-il important de faire une visite dans ce « dojo » des qabalistes

 

Poussons la porte…

La salle d’étude n’a pas beaucoup changé avec le temps. Il y règne la même atmosphère que dans les yechivot de Pologne, de Russie ou du Maroc aux siècles derniers. Les récits et les témoignages nous confirment cette impression d’atemporalité et nous donnent parfois la sensation de nous rapprocher de quelque dimension nommée par les poètes « éternité ».

Désordre, brouhaha, gesticulation véhémente, allées et venues incessantes, ainsi se présente le bèt-hamidrach. La maison d’étude est un lieu de vie qui sert aussi de synagogue, voire, à de nombreuses occasions, de salle à manger. Les étudiants talmudistes ou qabalistes n’ont pas la quiétude du moine. Le silence n’est pas de règle autour des tables, rarement alignées, où foisonnement pêle-mêle des livres ouverts empilés les uns sur les autres.

Les étudiants – assis, debout, un genou sur le banc ou la chaise – sont penchés sur les textes ; l’un à côté de l’autre, ou plus généralement l’un en face de l’autre, il lisent à haute voix, se balançant d’avant en arrière, de gauche à droite, ponctuant les articulations difficiles du raisonnement de larges gestes du pouce, frappant parfois frénétiquement les livres ou la table, voire l’épaule du compagnon d’étude, feuilletant avec fébrilité les pages des commentaires pris et remis rapidement dans les rayons de l’immense bibliothèque qui fait le tour de la salle. Les protagonistes de cette « guerre du sens » essaient de comprendre, d’interpréter et d’expliquer.

Avant la leçon magistrale, c’est la hakhana ou « préparation ». Après la leçon, c’est la hazara ou « répétition ». Il n’y a qu’un seul cours par jour, et dans les grandes classes, il ne peut y avoir qu’un seul cours par semaine !

Le plus surprenant est que les couples d’étudiants ne sont pas systématiquement constitués de personnes du même âge. Il peut y avoir un jeune de vingt ans avec un homme de quarante, voire de soixante ans ou plus. Ici, le savoir n’a pas d’âge ! Les étudiants vont consulter le maître – rarement, heureusement, quant au sens du passage étudié -, qui explique, prend position sur les thèses proposées et calme, pour un instant, le combat passionné des consultants.

Ici, deux hommes âgés, aux barbes blanches, s’approchent d’un jeune homme pour lui demander d’arbitrer un différend dans l’interprétation d’un texte. Le jeune homme doit être un ilouï (nom que l’on donne aux étudiants particulièrement doués). Certains relèvent plus du génie que de la simple sagesse. L’étude étant essentiellement orale, on écrit rarement dans la maison d’étude : il se développe chez les talmudistes et les qabalistes une extraordinaire mémoire visuelle du texte, au point que certains ilouïm (« génies ») sont capables non seulement de réciter des milliers de pages du Talmud avec leurs commentaires, mais aussi de situer des passages sur la page talmudique. Il existait en Europe de l’Est ou en Afrique du Nord, comme aujourd’hui en Israël ou aux Etats-Unis, des personnes capables de réciter tous les mots traversés par une épingle que l’on aurait plantée dans un traité du Talmud.

Sur une autre table, plus loin, un étudiant s’est endormi, les bras croisés sur un texte du Talmud ; à côté de lui, un autre sirote un café et fume une cigarette en prenant un air méditatif, concentration nécessaire à la poursuite de l’étude. Tout à coup, les corps se soulèvent et on a l’impression de voir des vagues sur une mer agitée. Les étudiants se sont levés et rassis, mus par une force invisible qui les a effleurés : le maître est passé ! Le respect dû au maître s’est traduit par cette danse des corps en harmonie avec le déroulement de la réflexion.

L’étude n’est pas seulement une science ou un art, mais la possibilité même de l’existence de la force cosmique qui maintient le monde. Pour les mystiques de l’étude, il est nécessaire de faire des tours de garde pour que jamais l’étude ne s’arrête un seul instant : le monde pourrait en venir à disparaître…

Tout bouge ! Le bèt-hamidrach connaît une effervescence ininterrompue où, de jour comme de nuit, résonnent les voix, le bruissement infini de l’étude… le chant de l’étude.

L’étude hébraïque concerne l’esprit. C’est un acte spirituel d’une grande portée dès lors qu’on comprend qu’étudier, c’est se lier à la lumière de l’infini qui arrive en ce monde portée par les lettres de l’alphabet hébraïque ou, comme dit le texte du Tiqouné Zohar, portée par des « chevaux de feu ».

 

Haya

C’est le quatrième niveau de l’âme, qui correspond au monde de l’émanation (atsilout). C’est un degré de spiritualité qui englobe aussi bien la conscience du corps que les sentiments et les réflexions intellectuelles.

Haya est un mot qui apparaît aussi dans le livre de la Genèse lors de la « formation » de l’homme et qui est associé aux mots néfèch et nechama : « vayitsère hachem Elohim èt haadam afar min haadama, vayipah beapav nichmat hayyim, vayehi haadam lenéfèch haya », ce qui veut dire : « Et Yhvh-Elohim forma l’homme : poussière de la terre. Il souffla dans ses narines une respiration de vie [nichmat hayyim] et l’homme fut un être vivant [néfèch haya]. » Le mot haya, du verbe hayo, signifie « vivre ». Hayim, c’est la vie.

D’après le texte biblique, néfèch haya désigne toute créature vivante, homme ou animal. Ce souffle de vie n’est pas seulement le fait que l’homme respire et parle, mais que celui-ci est aussi capable de prier.

Le niveau de haya se traduit par la prière : la tefila.

La prière est un des plus hauts niveaux de la méditation.   Haya est l’état dans lequel l’homme ressent la possibilité d’un dialogue avec l’infini et se perçoit comme recevant la lumière du en sof. Si la prière possède une structure complexe, on peut cependant dire qu’elle est essentiellement construite sur les psaumes de David.

 

Yehida  

Yehida est le plus haut niveau de l’âme. Très rares sont ceux qui peuvent l’atteindre.   C’est un état d’être au-delà du monde de l’émanation où le mystique entre en contact tangentiellement avec le divin. Certains maîtres pensent qu’il existe une véritable devéqout, unio mystica, d’autres pensent que l’on s’approche d’une véritable communion avec la lumière de l’infini, mais que le qabaliste ne perd pas conscience de son propre moi.   Etymologiquement, le mot yehida signifie « singularité », « unicité ». Dans une première approche, cela correspond au niveau éthique, c’est la manière d’être unique de chacun. Unicité fondamentale d’où découle l’idée de responsabilité. Pour la tradition hébraïque, chaque être humain a une vocation propre, singulière à réaliser, et qu’il est seul à pouvoir réaliser. Il doit répondre à cette vocation, ce projet unique. Là est sa responsabilité.   Au niveau de la méditation, c’est une stade au-delà de la prière.

Les paroles prononcées ici ne sont pas celles qui se disent dans les mots communs des prières que tous prononcent, ce qui était le cas des psaumes. Ici, le qabaliste invente ses propres prières au cours d’une retraite solitaire dans la forêt ou dans la nature.

C’est ce que l’on nomme la hitbodébout (« esseulement »). Cette méditation est très pratiquée encore de nos jours dans le groupe mystique des hassidim de Braslav. Une grande littérature est consacrée à ce sujet.

Le mystique seul médite en silence sur sa vie et son comportement. Il est dans un retour sur lui-même (techouva) et souvent se laisse aller à des pleurs. La qabale contient en effet de nombreux récits où le qabaliste entre dans un état de « pleurement » mystique et de lamentations diverses.

 

Les 12 sephiroth

 

Les dix Sephiroth de vibration universelle émanent de l’Ain Soph qui est l’étoile microcosmique qui guide notre intérieur, l’Être réel de notre Être (voir l’étoile à cinq pointes et le Pentagramme de l’Arcane 5 du Tarot nde). •On parle des dix Sephiroth, mais en réalité elles sont au nombre de douze Sephiroth.

L’Ain Soph est la onzième Sephiroth et son antithèse ténébreuse l’abîme est la douzième Sephiroth (les Kliphos nde).

Ce sont douze sphères ou régions universelles qui se pénètrent et s’interpénètrent mutuellement sans se confondre. Les douze sphères gravitent dans l’atome central du signe de l’infini. Dans ces douze sphères se développe l’humanité solaire. Nous avons déjà dit que le signe de l’infini se trouve au centre de la Terre, dans son cœur. •Les Sephiroth sont atomiques. •Les dix Sephiroth peuvent se réduire à trois tables : 1.La table des quanta, de l’énergie rayonnante qui vient du Soleil ; 2.La table des poids atomiques des éléments de la nature ; 3.La table des poids moléculaires des composés.

* C’est l’échelle de Jacob, qui va de la terre jusqu’au ciel. Tous les mondes de conscience cosmique se réduisent aux trois tables.

** Une Sephiroth ne peut être comprise sur un seul plan, car sa nature est quadruple. C’est pourquoi les kabbalistes s’expriment clairement en disant qu’il y a quatre mondes.

 

Aziluth : C’est le monde des archétypes ou monde des émanations. C’est le monde divin.

Briah : C’est le monde de la création, aussi appelé Khorcia, c’est-à-dire le monde des sections.

Yetzirah : C’est le monde de la formation et des anges.

Assiah : C’est le monde de l’action, le monde de la matière. •Les Trois Sephiroth de la forme se trouvent sur le Pilier de la Rigueur (Binah, Geburah, Hod). •Les Trois Sephiroth de l’énergie se trouvent sur le Pilier de la Miséricorde (Chokmah, Chesed, Netzah).

Entre ces deux Piliers se trouve le Pilier de l’Equilibre, où sont les différents niveaux de la conscience (Kether, Tiphereth, Jesod, Malkuth).

•Les dix Sephiroth connues proviennent de Sephira, la Mère divine qui réside dans le Temple Cœur.

 

IO est le mantra de la Mère divine et les émanations de la Prakriti sont au nombre de 10, en d’autres mots les dix Sephiroth.

 

* Kether est le Père en nous, un souffle de l’Absolu qui est en lui-même profondément inconnu. Kether est l’Ancien des Jours et chacun de nous au fond, est un bienheureux Ancien des Jours.

Chokmah est le Fils (le Fils de l’Homme nde), le Christ atomique en nous. Binah est la Mère en nous, l’Esprit Saint en nous.

Kether, Chokmah et Binah sont notre Couronne des Sephiroth (le chakra Sahasrara, chakra coronal ou chakra couronne, appelé église de Laodicée en ésotérisme chrétien – voir les chakras dont les sept chakras ou 7 chakras, les sept églises ou 7 églises de la fin des temps nde).

* Le Père très aimé, le Fils très adoré et le très sage Esprit Saint vivent dans les profondeurs de notre conscience superlative, attendant l’instant suprême de notre réalisation.

* L’Esprit Saint est notre Mère divine, qui revêt un manteau bleu et une blanche tunique aux splendeurs exquises. La Mère porte dans sa main une lampe précieuse. Cette lampe est l’Intime qui brille au fond de nos cœurs.

 

L’Intime est contenu dans un vase d’albâtre fin et transparent. Ce vase est notre propre conscience superlative, c’est notre Bouddhi. L’Intime est la sephiroth Chesed, la Bouddhi est la sephiroth Geburah. •L’Intime et la Bouddhi s’expriment à travers l’âme humaine.

L’âme humaine est Tiphereth, la volonté, la beauté. Ainsi donc l’Intime avec ses deux âmes, la divine (âme spirituelle nde) et l’humaine, officie sur son trône qui est le système nerveux cérébro-spinal. •L’Intime est couronné de la Couronne des Sephiroth. •L’Intime habite dans son Temple.

Le Temple de l’Intime a deux Colonnes : Jakin et Bohaz. Jakin est le corps mental et Bohaz est le corps astral. Le mental est la Sephiroth Netzah, l’astral est la Sephiroth Hod.

** Ces deux Colonnes du Temple s’appuient sur la pierre cubique de Jesod. Cette pierre cubique sert également de fondement au royaume de Malkuth. Cette pierre cubique est le corps éthérique et Malkuth est le corps physique.

 

L’homme est donc une décade complète. Nous avons dix doigts dans les mains, dix Sephiroth et dix commandements. •Lorsque l’Ancien des Jours réalise les dix Sephiroth en lui-même, il se transforme en Adam-Kadmon, en homme céleste.

Celui qui réalise les dix Sephiroth en lui-même resplendit dans le monde de la lumière avec un éclat christique ineffable. •Quand l’Ancien des Jours réalise les dix Sephiroth en lui-même, les dix Sephiroth resplendissent dans le monde de la lumière comme des pierres précieuses, comme des pierres resplendissantes dans le corps de l’Ancien des Jours.

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’esprit dit aux Eglises (les sept églises nde) : au vainqueur, je ferai manger de l’Arbre de Vie placé dans le Paradis de Dieu. » Apocalypse 2:7 (le Message du Verseau est le livre de l’Apocalypse dévoilé pour la fin des temps nde). •Les dix Sephiroth resplendissent comme des pierres précieuses dans le corps de l’ANCIEN DES JOURS.

 

C’est ainsi que nous nous convertissons en la Jérusalem Céleste, qui est ainsi décrite :

« Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toute sorte : la première assise est de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d’émeraude, la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolite, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d’hyacinthe, la douzième d’améthyste. » Apocalypse 21:19-20. •Les dix Sephiroth sont atomiques. •Les dix Sephiroth sont la ville sainte, la Jérusalem Céleste qui vient à resplendir au fond de notre cœur.

« Au milieu de la place de part et d’autre du fleuve, il y a des arbres de vie qui fructifient douze fois, une fois chaque mois ; et leurs feuilles peuvent guérir les païens ».

« De malédiction, il n’y en aura plus ; le Trône de Dieu et de l’Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront, ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. » (voir le chakra Ajna, le chakra frontal ou chakra du troisième oeil, appelé église de Philadelphie nde).

« De nuit, il n’y en aura plus ; ils se passeront de lampe ou de soleil pour s’éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière, et ils régneront pour les siècles des siècles. » Apocalypse 22:2-5.

* Quand l’homme aura incarné en lui-même sa Couronne de Sephiroth, alors l’Ancien des Jours l’éclairera et régnera pour les siècles des siècles.

** Cependant, frères de mon âme, je vous dis en vérité que personne ne parvient au Père si ce n’est par le Fils (le fils de l’homme nde). Le Fils est le Christ atomique en nous, il est Chokmah, la divine sagesse christique, la Gnose qui resplendit au fond de notre cœur (la doctrine du coeur est Amour, Don et Compassion nde).

# Nous devons inonder tous nos véhicules d’atomes de nature christique (cultiver l’Amour, le Don et la Compassion avec l’Esprit de Dieu nde), nous devons former le Christ en nous pour monter au Père, car personne ne parvient au Père sans passer par le Fils.

*** Même si le Christ naissait mille fois à Bethléem, cela ne servirait à rien s’il ne naissait aussi dans notre cœur. Il faut former le Christ en nous pour entrer par les portes de la ville triomphante et victorieuse, le dimanche des Rameaux.

La nativité est un événement cosmique qui doit se réaliser en chacun de nous. La nativité est absolument individuelle. Il est nécessaire que le Christ naisse en nous, la nativité du cœur est urgente.

Il faut transformer l’Arbre de la science du bien et du mal en l’Agneau immolé de la cité sainte.

 

« Le vainqueur, j’en ferai une Colonne dans le Temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus jamais. » Apocalypse 3:12.

« Reste fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la Couronne de Vie. » Apocalypse 2:10.

« Je suis le pain de vie, Je suis le pain vivant. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier Jour (voir la résurrection nde). Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » Jean 6:48,51,54,56.

 

Le Christ est réellement une Couronne de Sephiroth d’une sagesse incommensurable, dont les atomes les plus purs resplendissent dans Chokmah, le monde d’Ophanim.

* Cette Couronne de Sephiroth incommensurable envoya son Bouddha, Jésus de Nazareth, qui se prépara à travers d’innombrables réincarnations dans notre évolution terrestre. Ce fut dans le Jourdain que la couronne christique, le Logos solaire, resplendit et pénétra dans son Bouddha, Jésus de Nazareth.

C’est là le mystère de la double personnalité humaine, l’un des mystères les plus grands de l’occultisme. •Quand l’homme reçoit sa Couronne de Sephiroth, alors l’Ancien des Jours l’illumine et le conduit vers les eaux pures de la vie (les eaux très pures de l’Eden sont le divin miroir de l’Amour nde).

Cependant, mes frères, personne ne parvient au Père sans passer par le Fils, et le Fils (le Fils de Dieu nde) se trouve au fond de l’Arche de l’Alliance, attendant l’instant de la réalisation.

Cette Arche de l’Alliance, ce sont les organes sexuels. Ce n’est qu’au moyen de la chasteté parfaite que nous pouvons former le Christ en nous et monter au Père.

Maintenant, mes frères, je vous ai livré l’Arche du Nouveau Testament. Je vous ai maintenant enseigné le chemin de la Magie sexuelle (le sentier du fil du rasoir nde).

« Alors s’ouvrit le temple de Dieu dans le ciel et son Arche d’Alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru. » Apocalypse 11:19.

 

Source : compilation

DIEU ! POURQUOI l’être humain cherche DIEU . LA SCIENCE PEUT ELLE PROUVER SON EXISTENCE ? …. 26 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Image de prévisualisation YouTube

Le Maître et son Disciple, ou les huit clefs de la Sagesse 12 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Maître et son Disciple, ou les huit clefs de la Sagesse

.sagesse

Le Maître, s’adressant un jour à son Disciple :

Depuis combien de temps me suis-tu ?

Le Disciple : Depuis 33 ans

Le Maître : Qu’est ce que tu as appris durant toutes ces années ?

Le Disciple : Je n’ai appris et retenu que huit leçons !

Le Maître : Dieu m’en soit témoin ! J’ai perdu ma vie à t’enseigner, et tu n’as retenu que huit leçons !

Le Disciple : Oui Maître, je ne peux pas vous mentir, j’ai retenu seulement huit leçons.

Le Maître : Hélas ! Mais dis moi quand même en quoi consiste ces huit leçons.

Le Disciple : J’ai observé ce monde et je me suis aperçu que chacun est amoureux de quelqu’un ou de quelque chose, et qu’il s’y accroche sa vie durant ; or, à son enterrement, l’objet aimé le quitte. Je me suis alors efforcé de n’avoir pour amour que celui de faire le Bien, pour qu’à mon enterrement, mon bien aimé soit enterré avec moi.

Le Maître : Excellent, et la deuxième ?

Le Disciple : J’ai longtemps médité sur les paroles de Dieu :  » Celui qui craint Dieu, et qui s’empêche de faire le mal, sa récompense est le Paradis  » J’ai compris alors que les paroles divines sont la Vérité. Je me suis alors consacré à ne faire que le Bien, jusqu’à ce que je me sente fondu tout entier dans cette vérité.

Le Maître : Et la troisième ?

Le Disciple : J’ai vu que toute personne qui possède un bien ou un objet précieux le cache et le protège avec avidité, alors je me suis souvenu des paroles de Dieu :  » Ce que vous possédez finit, mais ce qui est chez Dieu ne finit jamais « . Alors, chaque fois qu’un bien précieux me tombe entre les mains, je l’offre à Dieu, pour qu’il me le garde.

Le Maître : Et la quatrième ?

Le Disciple : J’ai vu que dans ce bas monde les gens se vantent entre eux, qui de richesse, qui de descendance noble, qui de progéniture ou d’alliance. J’ai médité, et trouvé que tout cela n’est rien, et suis revenu aux paroles de Dieu :  » Le meilleur d’entre vous est le plus pieux « . Je me suis efforcé de l’être, pour mériter d’être accepté dans le Royaume de Dieu et être considéré parmi les meilleurs.

Le Maître : Et la cinquième ?

Le Disciple : J’ai vu des gens s’insulter, se maudire, s’entre-déchirer par envie, et je me suis souvenu des paroles de Dieu :  » Nous leur avons partagé leurs biens dans ce monde « . Aussi j’ai soustrait toute envie, délaissé les gens et compris que le partage des biens terrestres provient de Dieu, donc je me suis gardé de ne pas me faire d’ennemis.

Le Maître : Et la sixième ?

Le Disciple : J’ai vu que les gens s’attaquent les uns les autres, s’entre-tuent, se déchirent mutuellement par les actes et par la parole, sans aucune raison valable, alors je me suis souvenu des paroles de Dieu :  » Satan est votre ennemi, prenez-le pour votre ennemi. De ce fait, je me suis épargné de faire de mes semblables mes ennemis.

Le Maître : Et la septième ?

J’ai vu que les gens utilisent tous les moyens, même vils, pour parvenir à obtenir le pain quotidien, et je me suis souvenu des paroles de Dieu :  » Il n’y a pas de créature sur Terre à laquelle je n’aie réservé sa nourriture.  » J’ai constaté alors que j’étais l’une de ces créatures !

Le Maître : Et la huitième ?

Le Disciple : J’ai constaté que chaque créature compte sur une autre créature, qui sur une ferme, qui sur un commerce, qui sur un métier, qui sur sa force corporelle, et chacune compte sur l’autre, alors je suis revenu aux paroles divines :  » Qui compte sur Dieu, Dieu lui vient en aide  » J’ai compté alors sur Dieu, Il est mon seul Appui et mon Seul Soutien !

Le Maître, après avoir médité un long moment : Que Dieu te vienne en aide et éclaire ton chemin, j’ai étudié la Torah (l’Ancien Testament) l’Evangile, le Zabour (les Psaumes de David) et le Fourquan (le Coran), j’ai trouvé que la vie du mystique s’articule autour de ces huit clefs aussi bien sur la terre que dans le ciel, et tous ceux qui parviennent à les trouver et à en déchiffrer les mystères, sont les élus de Dieu pour accomplir Son œuvre, et tous les biens de ce monde et ceux de l’au-delà tournent autour de ces huit leçons. Quant à celui qui les applique, c’est comme s’il avait suivi les préceptes des Quatre Livres. Et ceux qui parviennent à comprendre le sens profond et mystique de ces clefs sont les sages qui se sont adonnés à l’étude des mystères de l’au-delà, mais point ceux qui gaspillent leur vie à la recherche des biens éphémères de la vie terrestre.

Source: Anonyme

.sagesse1

Sur la piste des Amazones… 8 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Sur la piste des Amazones…

 

Les Dames arrêtent, avec deux rubans, les deux côtés de leurs robes, pour la soutenir à la hauteur de leurs poches, ce qui signifie qu’elles sont prêtes à marcher au combat : elles découvrent une partie de la mamelle gauche et se couvrent absolument la droite d’un nœud de ruban rouge et blanc ; elles portent sur l’épaule gauche un carquois garni de flèches : elles tiennent un arc de la même main [en posant][& portent la droite sur le côté] la droite sur le côté. La reine ajoute une couronne sur sa tête. Cette couronne doit être de laurier ornée de fleurs de la saison & elle tient un sceptre.

Les hommes portent une barbe postiche & ils ajoutent sur le côté gauche de leur habit une plaque, un drap brodé représentant le Delta. Ils ont le chapeau rabattu & sont sans épée.

Les chambres [salle d’assemblée] d’assemblée se nomment Conseil. Elles doivent être décorées le plus richement qu’il est possible, principalement en lustres & girandoles dont le nombre est illimité.

Il doit y avoir, au midi, un trône surmonté d’un dais.

NOMS AU CONSEIL

La 1ère dame, qui est en possession [tient] des Constitutions prend le titre de Reine.

La 2e est appelée Courageuse Généralissime.

– 3e prend le titre de Courageuse Inspectrice.

– 4e Celui de Courageuse Introductrice.

– 5 – de Courageuse Intendante.

Les autres dames sont appelés Courageuse Scythienne[1].

Le 1er homme prend le titre de Grand Patriarche.

– 2e le titre de Patriarche Gardien.

– 3e — de Patriarche Orateur

– 4e ——————–Trésorier.

Le 5e de Patriarche présentateur.

Les autres sont désignés sous le titre de Patriarche Scythien.

PLACES AU CONSEIL

La reine [est] sur le trône.

Les Courageuses à sa gauche  tenant aupré [?] vers le nord.

Il faut observer que si le nombre des dames ou des hommes est plus grand l’un que l’autre, ceux ou celles qui seront de trop seront obligés de s’asseoir pendant toute la tenue du conseil, sur les marches du trône, aux pieds de la reine, ce qui – appartient aux derniers reçus, parce que les exercices ne peuvent être faits avec justesse que quand le nombre des dames est égal à celui des hommes.

Ainsi commence un des plusieurs curieux textes, qualifié de « maçonnique ». Mais qu’est-ce qu’un texte, fut-il maçonnique ? Si l’on en croit Roland Barthes[2], c’est la surface phénoménale de l’œuvre littéraire, le tissu des mots engagés dans l’œuvre et agencés de façon à imposer un sens stable et autant que possible unique. Le texte apporte la garantie de la chose écrite par rapport à la fragilité de l’oral. Il relève de la stabilité et de la sécurité. Il est donc souvent lié aux institutions dont il exprime la légitimité et les activités. Néanmoins l’existence de manuscrits ne préjuge pas d’un fonctionnement. Présentement, aucun autre document (décors, diplômes, discours, etc.) ne vient confirmer la réalité de la mise en œuvre dudit texte, mais une découverte est toujours possible, infirmant cette hypothèse.

Présentement, le rituel des Amazones est connu par cinq ( ?) exemplaires dont nous avons tenté un classement chronologique :

* BNF, Paris, FM4 76, L’Amazonie anglaise in [volume sans titre] ff. 36r-41v, le texte est compris entre le Maître Parfait Irlandais & le 3e Grand Grade Maître Anglais (daterait entre la fin de la décennie 1760 & le début de la décennie 1770)

* BNF, Paris, FM4 1323 : Maçonnerie de Dames [ou] L’azille Enchanté Ou la Réunion des deux Sexes (1780-1785) (daterait d’entre 1771 et 1775 selon JS[3]), 121r-139v

* The Morison Library (GL of S), Edimbourg, ML 495 : Maçonnerie d’Adoption (1780) dont L’Amazonnerie Anglaise ou l’Ordre des Amazonnes (85-113)

* Centre culturel maçonnique Prins Frederik (GOdPB), La Haye, Fonds Georg Kloss, 240.E.123 Amazonerie Anglaise ou Ordre des Amazonnes (c. 1818)

* BM Lyon Part-Dieu, SJ Mss 8/709, 1 volume 188 pages (L’Amazone à partir de la page 137) (semble une copie du précédent)

 

*** Un Ordre « antique » redécouvert dans les ruines d’Herculanum ?

Sur la piste des Amazones… dans Recherches & ReflexionsSi on en croit le texte lui-même, on apprend que ledit rituel fut trouvé « dans les Ruines de la Ville d’Herculanum ». Au demeurant, le mot de passe (BRA-CO-MA-PRE) confirmerait cette origine puisqu’il serait formé par les premières lettres des « quatre lords anglais qui découvrirent, dans les ruines de la ville d’Herculanum, l’Ordre » à savoir Braïn, Cointer, Madine & Pretemmer [4]. Néanmoins, ces quatre noms ne semblent pas appartenir à l’honorable catégorie des antiquarian gentlemen. Pourtant diverses sociétés étaient fort actives dans la Grande-Bretagne, à l’image de la Dilettanti Society, fondée en 1734, qui enverra en mission des architectes, des dessinateurs, des arpenteurs, des épigraphistes, en Grèce et en Asie Mineure. À partir des années 1740, les voyages « archéologiques » dans le bassin méditerranéen s’étaient multipliés. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, en matière d’expéditions, de voyages, d’explorations, de transfert d’œuvres et de publications d’ouvrages « scientifiques » fut active. Pour illustrer cette rivalité, citons Leroy Julien-David (1724-1803), d’un côté [5], et Stuart James (1713-1788) & Nicholas Revett (1720-1804) [6], de l’autre.

Les fouilles sur le site d’Herculanum (découvert en 1709) furent menées de 1738 à 1745, à l’initiative du roi Charles (V de Sicile & VII de Naples) [7](1716-1788), roi de 1734 à 1759, despote éclairé [qui laissera le royaume à son fils Ferdinand (III & V) (1751-1825), roi de 1759 à 1806 [8]], par l’ingénieur espagnol Rocque Joaquim de Alcubierre (1702-1780) qui prospectera également Pompéi. Ces travaux seront poursuivis par le Suisse Karl Jacob Weber (1712/64). Les découvertes sur les sites d’Herculanum et de Pompéi (fouillé à partir de 1748) eurent de profondes conséquences sur la culture du temps.

Emmanuel Maurice de Lorraine-Guise (1677-1763), futur duc d’Elbeuf (1748), colonel maréchal des troupes autrichiennes (1710) qui occupèrent Naples, marié en 1713, à Marie Thérèse Stramboni, des ducs de Salsa, fut à l’origine de la découverte des ruines de Portici. Pompéi fut exploré à partir de 1748. Mais très vite la fouille fut délaissée et les efforts se reportèrent sur Herculanum où l’on venait de découvrir la Maison des Papyri, ses statues de bronze et sa bibliothèque riche de mille huit cents manuscrits. Quand les travaux reprirent à Pompéi, en 1765, on procéda à de grands déblaiements : l’Odéon, le temple d’Isis et la caserne des gladiateurs.

Ces fouilles connurent une grande popularité tout au long du siècle, en dépit ou peut-être à cause de la tentative de les garder secrètes. Elles firent donc l’objet de diverses publications à succès. Le prêtre florentin Antonio Francesco Gori (1691-1757), considéré comme l’un des hommes les plus savants d’Italie, rédigea, dès 1748, les Notizie del memorabile scoprimento dell’antica città di Ercolano, vicina a Napoli [9]. La même année, l’écrivain et érudit véronais, le marquis Scipione Maffei (1675-1755) narrait la découverte dans un recueil de lettres la seconda sopra le nuove scoperte d’Ercolano [10]. Les Descrizione delle prime scoperte della antica città d’Ercolano (Description des premières découvertes de l’antique cité d’Herculanum)[11], de Marcello Venuti (1700-1755) furent présentées par Charles de Brosses (1709-1777), futur président du Parlement de Bourgogne (1775), en 1749, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à Paris. Le Antichità di Ercolano [12] (Les Antiquités d’Herculanum) de Francesco Valleta (1680-1760), publiées en 1757 (huit volumes [13] jusqu’en 1792) sous le patronage de Charles III et d’une académie de quinze membres, exposèrent aux amateurs impatients des copies des peintures, sous forme de gravures, que l’ambassadeur de France à Naples communiqua au directeur (1751-1775) de l’Académie de France (villa Médicis), à Rome, Charles Natoire (1700-1777), puis à Paris. Le protonotaire apostolique d’origine parmesane Ottavio Antonio Baiardi (1694-1764), ancien gouverneur de Narni, puis de Bénévent, publia successivement le Prodromo delle antichità d’Ercolano [14] & le Catalogo degli antichi monumenti dissotterrati della discoperta città di Ercolano [15]. Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) [16], un des fondateurs de l’archéologie comme science, visita les fouilles de Pompéi et d’Herculanum à quatre reprises (1758, 1762, 1764 & 1767) et les signala, de manière critique, dans diverses correspondances :  Sendschreiben von den Herculanischen Entdeckungen [17], au comte saxon Heinrich von Brühl (1700-1763), favori et premier ministre de l’Electeur (1733) Auguste III (1696-1763), par ailleurs roi de Pologne (1733/1763) et beau-père du Roi Charles (V & VII) de Naples et Sicile [et père du comte Aloïs/Alojzy, dont nous reparlerons plus loin] et den Nachrichten von neuesten Herculanischen Entdeckungen [18] à l’historien et éditeur zurichois Johann Heinrich Füssli (1745-1832). Le Lausannois Gabriel Seigneux de Correvon (1695-1775) fit publier ses Lettres sur la découverte de l’ancienne ville d’Herculanum et sur ses principales antiquités, à Yverdon, en 1770, en deux volumes.

Si l’on voulait trouver un idéaltype de l’antiquarian gentleman, on se référerait sans doute à l’Ecossais Sir William Hamilton (1731-1803), ancien lieutenant aux 3rd Foot Guards, ancien député de Midhurst (Sussex)[19] et ambassadeur de Sa Très Gracieuse Majesté à Naples de 1764 à 1800. Pendant son ambassade mission, Hamilton étudia l’activité volcanique et les séismes de la Campanie. Il envoya diverses communications à la Royal Society, en particulier un compte-rendu de l’éruption du Vésuve de 1766. Il s’intéressa aux fouilles et écrira un livre sur Pompéi[20]. Il constitua une des plus importantes collections de vases grecs de son temps, et autres antiquités gréco-romaines. La partie de sa collection vendue au British Museum en 1772 servit de base de son département antiquités grecques et romaines. La seconde partie de sa collection sera perdue lors du naufrage du HMS Colossus pendant son voyage vers la métropole. C’est d’après les collections du diplomate que l’historien et marchand d’art nancéen Pierre-François Hughes dit d’Hancarville (1719-1805) exécuta son grand mais onéreux ouvrage, orné de magnifiques gravures : Antiquités étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamilton, envoyé extraordinaire de S.M. britannique en Cour de Naples u chevalier W. Hamilton, (en anglais et en français[21]), Naples, 1766-67, 4 vol. in-fol.

Néanmoins, en France, l’Académie des inscriptions se concentrait principalement sur les monnaies antiques. Les érudits et savants ne prenaient en considération que les textes anciens, et comme Pline le Jeune n’avait pas fait mention d’Herculanum dans son récit de l’éruption du Vésuve, l’indifférence persista chez les Français plusieurs années en dépit de l’intérêt manifesté par de Brosse ou par Caylus[22]. Malgré ce dédain pour les « antiquaires », l’Encyclopédie publiait en 1758 un article enthousiaste de quatre pages sur Herculanum[23] écrit par Louis de Jaucourt (1704-1779), dit l’esclave de l’Encyclopédie, puisqu’il écrivit environ un quart des articles.

 

*** Un ordre légitimé par l’intelligentsia gréco-romaine ?

 dans Recherches & ReflexionsCet Ordre « antique » fut et demeure légitimé par 38 historiens et 12 poètes [24], à savoir pour les premiers :

Appien d’Alexandrie (+ 161), Apollodore d’Artemida (130/87), Arrien de Nicomédie (c. 90/170), Athénée de Naucratis (c. 170/225-30 ?), Cicéron (Marcus Tullius Cicero, 106/43), Lucius Coelius Antipater (c. 180/ C. 120), Denys d’Halicarnasse (c. -60/+8), Diodore de Sicile (90/30), Dion Cassius (155/235), Etienne (Stephanus) de Byzance (VIe siècle), Eustathe (Eustatius) d’Epiphanie (c. 455/518-27), Hérodote (c. 480/c. 425), Hygin (Caius Julius Hyginus, -67/+17), Isidore de Séville (Isidorus Hispalensis, c.560-70/636), Isocrate (436/338), Jordanès (Jornandès) (VIe siècle), Justin (Marcus Junianus Justinus, IIIe siècle), Juvenal (45-65/c.128-30), Memnon d’Héraclée, Monoetius ( ?), illisible (Oratien ?, Oratibus ?), Paulus Orosius (385-420), Pausanias (c. 115/c.180), Philostrate d’Athènes (c. 170/ 244-9), Pline le Jeune (61-2/113-5), Plutarque (c. 46/c. 125), T. Mufidius Pollianus, Pollidomin ( ?), Polybe (c. 206/c. 124), Pomponius Mela (c. 15/50-60 ?), Posidonius d’Apamée (135/51), Quinte Curce (Ier siècle), Salluste (85/35-4), Maurus Servius Honoratus (Ive siècle), Strabon (c. -64/21-5), Suètone (c. 70/c. 122), Suidas le lexicographe (IXe siècle), Thucydite (c. 460/400-395) & illisible (Tserxes ?) ;

Et pour les seconds :

Claudien (Claudius Claudianus, 370/408), Homère (BC VIIIe siècle° ? Horace (65/8), Silius Italicus (526/101), Juvenal (I/II siècles), Martial (c. 40/ C.104), Ovide (-43/+7-8), Properce (c. 47/16-5), Sénèque[25] (- 4-1/65), Stace (40/96) et Virgile (70/19).

 

*** Un texte pas très maçonnique !

Le texte présentement uniquement des références mythologiques gréco-latines empruntées entre autres à Aristote, Virgile, Diodore de Sicile & Justin, mais on n’y trouve aucune allusion à l’Art royal, pourtant dès le Moyen Âge occidental, on voyait parmi les femmes guerrières en général et les Neuf Preuses [26] en particulier, quelques bâtisseuses comme la reine Sémiramis ou dans d’autres registres, la fée constructrice Mélusine ou la Reine de Saba.

Comme souvent dans le corpus amazonique, le texte présente les caractéristiques ambiguës des Amazones : féministes ou femmes virilisées. La haine des hommes n’y est pas du tout évidente. Les Amazones n’y sont point androphobes ou misandres, mais simplement opposées à la domination masculine. Depuis le XVe siècle et en particulier chez Christine de Pizan (1364/c. 1430), elles apparaissaient déjà comme politiquement et sexuellement autonomes, libres d’agir et non dépendantes des hommes, et comme on le voit à partir de la fin du XVIIe siècle, un tantinet asexuées. Ces guerrières semblent faire peu la guerre et l’amour. Elles n’incarnent ni la barbarie (bouleversement de l’ordre naturel par le refus des femmes d’accepter la destinée qui leur est assignée par « nature », entrainant l’état de barbarie, thématique développée par les auteurs gréco-romains, repris par les Pères de l’Eglise, les compilateurs médiévaux & divers écrivains contemporains), ni l’animalité, mais semblent plus signifier l’altérité, voire l’utopie (l’île des Femmes, gynécocratie).

Cependant, le caractère « extraordinaire » de ces femmes guerrières peut aussi légitimer l’ordre social existant comme l’avait déjà fait le thème littéraire des Neuf Preuses. Depuis le Haut Moyen Âge, la chevalerie occidentale en tant que société et culture militaro-politiques était en déclin constant, mais n’en demeurait pas moins un modèle toujours exalté. N’étant plus un fait social et culturel pertinent, la chevalerie s’évada dans l’imaginaire comme le montre l’essor de la thématique chevaleresque dans les grades post-magistraux maçonniques. Pendant féminin des chevaliers, les Amazones étaient très présentes dans la culture occidentale dès le premier roman écrit en langue romane le Roman de Troie (1160/1170) en vers octosyllabes à rimes plates du poète normand (ou angevin) Benoît de Sainte-Maure. Dès ce moment, elles apparurent sous les traits flatteurs de Preuses, de reines célibataires et vertueuses, alliant courage et vertu et donc dignes d’entrer dans une société où l’on disait élever des temples à ladite vertu.

 

*** Un manifeste « féministe » prônant l’égalité hommes/femmes ?

Il est également possible de lire le texte des Amazones comme un manifeste « féministe » prônant l’égalité des sexes à la suite de divers auteurs du XVIIe siècle, comme la « fille d’alliance » de Montaigne, Marie de Gournay (1565-1645) [27], la poétesse et savante néerlandaise Anna Maria Van Schurman (1607-1678) [28], la philosophe catholique Gabrielle Suchon (1632-1703) [29] ou le philosophe cartésien converti au protestantisme François Poullain de la Barre (1647-1725) [30]. De même la théologienne anglaise Mary Astell (1666-1731) avait dénoncé le caractère politico-culturel de l’assujettissement féminin. Son ouvrage Serious Proposal to the Ladies for the Advancement of their True and Greatest Interest [31] présentait un plan d’enseignement exclusivement réserve aux filles et aux jeunes femmes qui n’est pas sans annoncé le « programme pédagogique » du rituel étudié.

Ce thème « féministe » reprend force et vigueur au milieu du XVIIIe siècle, de part et d’autre de la Manche. Il semble se retrouver comme un fil rouge dans le rituel, sans doute par qu’il est dans l’esprit du temps. En effet, un courant de réaction à la prééminence du masculin sur le féminin s’exprimera à travers les écrits d’auteurs et surtout d’auteures qui généralement sous couvert d’anonymat manifestèrent leurs revendications. Reprenant des arguments déjà développés par Gournay & Poullain de La Barre, l’ouvrage précurseur est celui de Sophia, A Person of Quality [32]. Il s’agit d’une remise ne cause fondamentale du postulat machiste de la supériorité naturelle, intellectuelle, culturelle et sociale de l’homme sur la femme. Ce texte connut en France un certain succès.

Selon une hypothèse, il aurait été repris par l’écrivaine moraliste Madeleine de Puisieux (1720-1798), par ailleurs maîtresse de Diderot [33] depuis environ 1745, d’abord sous le titre de Dissertation dans laquelle on prouve que la femme n’est pas inférieure à l’homme (1749), puis sous celui de La femme n’est pas inférieure à l’homme [34]. Il sera republié l’année suivante sous le titre Le Triomphe des dames [35]. On attribue parfois les deux textes au mari de Madeleine, Philippe-Florent de Puisieux (1713-1772), avocat de Parlement de Paris, ambassadeur de France en Suisse car il était en effet l’auteur de nombreuses traductions depuis l’anglais. Selon d’autres, le texte de Mary Wortley Montagu serait une réécriture de l’égalité des sexes (1673) de François Poullain de La Barre (1647-1725), lors de son exil à Genève (1690).

Quoiqu’il en soit ses thématiques se retrouvent peu ou prou dans le rituel des Amazones.

 

*** Un invitation à une certaine égalité, voire une égalité certaine frères/sœurs en loge ?

 

Faut-il inclure ce texte dans la littérature qui durant tout le XVIIIe siècle présentait les arguments défavorables ou favorables à la présence des femmes en loge ? En effet, en autre chose, la maçonnerie des Dames exprima un proto-féministe, au moins dans sa forme marginale et non réglementée des années 1750, à l’exemple de la loge de Juste, à La Haye (1751). Lorsque, notamment en France, s’institutionnalisa la maçonnerie dite d’adoption, la question de l’admission des femmes en loge (à égalité avec les hommes) se reposa. Ce débat est particulièrement vif dans les décennies 1770/1780 comme le montrent les quelques exemples suivants, d’autant que c’est en 1774 que le GOdF codifia le statut de la maçonnerie des Dames.

* Discours du 5 mai 1777 de Pierre-Louis Goulliard Aîné (173 1-1800), ancien séminariste, avocat au Parlement, régent de la faculté de Droit de Paris, censeur royal, officier du GOdF & vénérable de la loge Sainte-Sophie (1772-1785). Texte cité par G.O. Vat, Etude sur les loges d’Adoption, Paris, V. Gloton, 1933, p. 38/42.

* 15 mai 1777 : discours de Pierre A. F. Choderlos de Laclos (1741-1803), lors de l’installation des loges masculine & d’adoption L’Union parfaite, sise à Salins (BM Besançon, ms).

* Beyerlé-Philalète, Jean-Pierre Louis (de) Beyerlé (1738-1805), Essai sur la franche-maçonnerie ou du But essentiel et fondamental de la franche-maçonnerie, Latomopolis, X, Andron, l’an de la V.L. 5784, 2 volumes, appendice De la FM d’Adoption, à partir de la page 241.

. Le texte est très contemporain des écrits cités ci-dessus. Il est donc possible qu’un nouvel ordre mixte ait été envisagé dans l’attente (ou par substitution) d’une maçonnerie des deux sexes ?

 

*** Un texte inclus dans l’omniprésente thématique amazonique du XVIIIe siècle.

 

Au XVIIIe siècle, la thématique amazonique sera omniprésente dans les arts, les lettres, l’histoire et la géographie.

* Ce fut Francisco de Orellana (c.1490/1511-1545) qui définitivement donna le nom d’Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le grand fleuve de l’actuel Brésil, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières. Il est également à l’origine du mythe de l’El Dorado.

* Mocquet, Jean, Voyages en Afrique, Asie, Indes Orientales & Occidentales garde du cabinet des singularités du roi, aux Tuileries, enrichi de figures, 6 vol., Paris, Jean de Heuqueville, 1617.

* Pierre Petit (1617-1687), « De Amazonibus dissertatio qua an vere extiterint, necne, vanis ultro citroque argumentis et conjecturis disputatur », Paris, A. Cromoisy, 1685; (voir plus loin : Traité historique sur les Amazones, Leyde, J.A. Langerak, 1718) [36].

* Le jésuite tchéque Samuel Fritz, après avoir parcouru l’Amazone de 1689 à 1692, dressa la carte du fleuve qui sera publiée à Quito en 1707. La version française a été publiée en 1717 à Paris.

* La Neuville, P. de, Chaillou Michel., Saltiel, M., « Lettre sur le fleuve des Amazones », (Journal de Trévoux, novembre 1722) dans La Petite vertu : huit années de prose courante sous la régence, Paris, Bailland, 1980, p. 337-340.

* Guyon, Claude-Marie, Histoire des Amazones anciennes et modernes : enrichie de médailles : avec une préface historique pour servir d’introduction, Bruxelles, Jean Leonard, 1741 [37].

* La Condamine, Charles Marie de, Journal de voyage fait par ordre du roi à l’Equateur, servant d’introduction historique à la « Mesure de trois premiers degrés du méridien dans l’hémisphère austral », Paris, Imprimerie Royale, 1751

[* Charles-Marie de La Condamine (1701-1774) qui relate l’expédition faite en 1737-1743 avec le mathématicien Pierre Bouguet (1698-1760) et l’astronome Louis Godin (1704-1760), [1]« Relation abrégée d’un voyage fait dans l’intérieur de l’Amérique méridionale, en descendant la rivière des Amazones »].

 

  1. NB : L’omniprésence du mythe des Amazones dans les récits et travaux des voyageurs et géographes aux Amériques est si importante qu’elle va entrainer dans l’iconographie la représentation/symbolisation du continent américain sous les traits d’une Amazone.

 

Au XVIIIe siècle, les Amazones sont également omniprésentes dans les arts (François Verdier, Louis Elle Le Jeune, Jean-Germain Drouais, Wilhelm Tischbein, Johann Platzer) dans la littérature : sans être exhaustif (loin s’en faut), citons :

* Marthésie, première reyne des Amazones, tragédie chantée devant le roi, à Fontainebleau (octobre 1699) et à l’Académie de musique (Paris), le 29 novembre 1699, musique d’André-Cardinal Destouches (1672-1749), paroles d’Antoine Houdar de La Motte (1672-1731).

* Louis Fuzelier (c.1672-1732), auteur prolixe (240 pièces environ), Thésée ou la défaite des Amazones, pièce en trois actes et intermèdes, avec un nombre variable de personnages, 1701, Paris, foire Saint-Laurent, au théâtre de marionnettes d’Alexandre Bertrand (1684-1723).

* François Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770), de l’Académie française (1733), Zéloïde & Amanzarifdine, contes indiens, 1715

* François de Salignac de La Mothe-Fénélon (1651-1715), archevêque de Cambrai (1695), Voyage dans l’île des Plaisirs, extrait des Fables et opuscules pédagogiques, édition posthume (1718), collationnée par le Chevalier Michel André de Ramsay (1686-1743) & par Gabriel de Salignac de La Mothe, marquis de Fénélon (1688-1746)

* traduction en français du De Amazonibus dissertation de P. Petit (1685) sous le titre de Traité historique des Amazones où l’on retrouve tout ce que les auteurs tant anciens que modernes ont écrit pour ou contre ces héroïnes, Leïde, Marchand, 1718 & J. A. Langerak, 1718, tous deux en deux volumes.

* Alain-René Lesage (1668-1747) & Jacques Philippe d’Orneval (c. 1700- c. 1766), L’Isle des Amazones, opéra-comique, pièce en un acte qui devait être jouée à la foire St Laurent, en 1718, mais éditée seulement en 1721.

* Marc-Antoine Legrand (1673-1728), Les Amazones modernes, comédie, Théâtre de Monsieur le Grand (1727).

* Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763), La nouvelle colonie ou la Ligue des femmes, présentée (une seule fois) au Théâtre-Italien de Paris, le 18 juin 1729, puis publiée sous le titre la colonie, comédie en prose et 18 scènes, dans Le Mercure en décembre 1750.

* Louis (don Luis) Le Maingre de Boucicaut (Bouciquault), Les Amazones révoltées, comédie en cinq actes, roman moderne en forme de parodie sur l’Histoire universelle, Rotterdam, 1730.

* Le Nouveau Gulliver ou voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver, Traduit d’un manuscrit anglois par Monsieur L.D.F. [l’abbé Pierre-François Guyot-Desfontaines, 1685-1745], Paris, La veuve Clouzier & François Le Breton, 1730.

* Louis Rustaing de Saint-Jorry (c. 1690-1752), Les femmes militaires, relation historique d’une isle nouvellement découverte, chez Claude Simon & Pierre De Bats, A Paris 1735.

* Anonyme, Zensoli & Bellina ou la tragédie de la nature, La Haye, 1746.

* Anonyme, Antiope, reine des Amazones, traduit du grec par M.D.N***, Paris, J. Clousier, 1749.

* Anne-Marie du Boccage (1710-1802), Les Amazones, tragédie en cinq actes, Paris, F.Mérigot, 1749.

*Thème amazonique repris dans La Colombiade ou la Foi portée au Nouveau Monde, Paris, (1758).

* Farin de Hautemer (c. 1700- c. 1770), Les femmes corsaires ou l’Île des Amazones, opéra-comique ballet en un acte, représenté pour la première fois sur le théâtre de la foire St Laurent, le 24 août 1753 (plagiat de la comédie de Lesage et d’Orneval).

* Talestri, regina delle Amazzoni, dramma per musica, musique et livret d’Ermelinda Talea (pseudonyme de Marie Antoinette Walpurgis de Bavière (1724-1780), princesse de Saxe), Nymphenburger Schloss, près de Munich, 6 février 1760.

* Jean-Pierre Louis dit le marquis de Luchet (1740-1792), La reine de Berni, nouvelle historique, Amsterdam & Paris, Grangé, 1766.

* Etienne Lauchery (1732-1820), L’Amour vainqueur des Amazones (1769), ballet héroï-pantomine, musique de Johann Christian Innocenz Cannabich (1731-1798).

 

***Mais la thématique amazonique est peu présente dans le corpus maçonnique

A mis-siècle, on trouve bien l’œuvre d’Antoine Alexandre Henri Poinsinet (1735-1769), les Fra-Maçonnes. Parodie de l’Acte des Amazones, [opéra-ballet de Rameau, livret de Louis de Cahusac, et plus spécialement de la première entrée dite Osiris ou les Amazones] dans l’Opéra des Fêtes de l’Amour et de l’Himen, en un acte, représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire Saint-Laurent, le 28 août 1754, A Paris, chez Duchesne, Libraire…

En réalité, il s’agit d’une tentative de femmes pour percer le secret des loges.

Postérieur aux premières versions du rituel, la Société Olympique (souchée sur la loge parisienne L’Olympique de la Parfaite Estime) possède un chapitre des Amazones (au rôle par encore précisé) qui selon le tableau de 1786 compterait onze sœurs /

* Jeanne David, comtesse de Colbert par mariage avec Louis Henri François Colbert (1737-1792), comte de Chabanais.

* Marie Anne Rosalie Adam, Dame Cheyssac, par mariage avec André de Cheyssac, sieur de La Rivière

* Antoinette Louise, marquise de Corberon, par mariage avec Pierre Philibert Bourrée, marquis de Corberon (1746-1794), vénérable de la loge Olympique.

* Marie Marguerite des Hayes, comtesse Dauvet, par mariage avec Alaoin Louis, seigneur de Bouffé, dit le comte Dauvet.

* Marie Josèphe de Robert de Lignerac de Caylus, comtesse Duplessis, par mariage avec Pierre François Olivier de Rouget dit le comte Duplessis de Bellière (1756-1816).

* Marie Adelaïde Bouret, dame Lahaye, par mariage avec Charles Marin de La Haye des Fosses, fermier général.

* Petronille de La Lande, dame Delaunay, par mariage avec Louis Guillaume Cordier de Launay de Montreuil.

* Marie Elisabeth Des Brets, marquise de Lucenay, par mariage avec Pierre Louis Randon dit le marquis de Lucenay.

* Charlotte Marie Lelong de Vadancourt, dite la marquise de Pardieu par mariage avec Guy-Félix Centurion, marquis de Pardieu (1758-1799).

* Elisabeth Langloys, mariée à Jean-Baptiste Pavée, seigneur de Vandeuvre (1752-1814).

* Jeanne Louise d’Aumont (1731-1816), duchesse de Villeroy par mariage avec le 5e duc de Villeroy, Gabriel de Neufville (1731-1794).

 

*** Faut-il alors se tourner vers la Pologne, le pays des Sarmates ?

En 1767 est fondée à Varsovie, la loge Le Vertueux Sarmate (Cnotliwego Sarmaty), présidée par le comte Alojzy Brühl (1739-1793), grand maître de l’artillerie du roi de Pologne et fils du comte Heinrich évoqué plus haut. En juin 1769, August Moszynski (1731-1786), lui succède à la tête d’un atelier auto-proclamé Grande Loge.

Par une politique d’alliance matrimoniale, le saxon Brühl se fit patriote « sarmate ». Le sarmatisme était à la fois un mouvement culturel & patriotique, une idéologie de caste et un mode de vie pour la Szlachta (noblesse) polonaise. Au bas Moyen Âge, le mythe sarmate était apparu en Pologne. En 1555, Marcin Kromer (1512-1586), prince-évêque d’Ermeland et secrétaire royal des rois Sigismond 1er et Sigismond 2e théorisa l’origine sarmate de la Pologne. La noblesse polonaise vit dans les Sarmates sa propre origine, différente de celle du peuple[38]. Des traditions, comme le costume sarmate (inspiré de vêtements persans et/ou turcs) ou l’habitude de se raser le crâne furent « inventées ». Ce corpus servit de construction légitimatrice à la confiscation de la vie publique par l’aristocratie. Formant 4 à 12% de la population, mais très hétérogène, de la magnateria (haute aristocratie) jusqu’à la gueuserie nobiliaire, en passant par le Ziemianstwo (moyenne noblesse terrienne), cette « élite » fut idéologiquement et culturellement unifiée par le sarmatisme. Mélange de traditions équestres, de culte du terroir, d’esprit de caste, de religiosité flamboyante & d’activités civiques, le sarmatisme pénétré par les Lumières et l’influence française, s’étendit à tous les aspects de la société aristocratique (philosophie, style, habillement, habitat, conversation, décoration) [39]. Les malheurs de la Pologne dans le dernier tiers du XVIIIe siècle amenèrent une revalorisation du sarmatisme comme défense et illustration identitaires et patriotiques de la nation.

2. NB : Le sarmatisme remit à la mode l’épisode des Amazones de Bohème. Imaginées par la princesse Libussa, fille du « roi » Krok, elles furent organisées par une jeune guerrière Wlasta (début VIIIe siècle). A la mort de la princesse (c. 722-5), un conflit naquit avec le prince consort Premysl le Laboureur. Wlasta incita à la formation d’un état gynécocratique indépendant qui se maintint sept ou huit ans avant d’être vaincu, par la ruse, par les Bohémiens. Cette histoire est narrée dans la Chronica Boemorum (Histoire des habitants de la Bohême, pays des Tchèques), rédigée par Cosmas de Prague, un intellectuel européen des 11ème et 12ème siècles, devenu doyen de la cathédrale de Prague et historien de son peuple. Le 210e pape Pie II (1458/1464), sous le pseudonyme d’Anéas Sylvius, dans sa Historica Bohemica (1457) attribue une parenté amazonienne à cet événement.

Cette histoire sera reprise par le savant polonais et franc-maçon Jan Potocki (1761-1816) au 18ème siècle dans Fragments historiques et géographiques sur les Slaves[40]. La date est postérieure d’une vingtaine d’années à la rédaction dudit rituel, mais on peut supposer que l’épisode des Amazones de Bohème était connu dans la Pologne sarmate.

 

*** La Pologne est aussi le pays des Ordres androgynes

 

Sternkreuz-Orden (congrégation de la Croix étoilée), ordre féminin fondé à Vienne en 1683, mais avec de nombreuses ramifications en Pologne, notamment grâce à la polono-écossaise Izabela Morstin (1671-1758), mariée au prince Kazimierz Czartoryski (1674-1741)[41].

Confrérie rouge (Czerwone Bractwo), fraternité mixte fondée à Varsovie en 1720 (siège à Torun).

Ordre des Mopses d’origine « allemande » mais avec des groupes en Pologne dont le roi (1733/63) Auguste III est le grand maître.

Ordre des Chevaliers et des Dames de la Persévérance, avec une implantation en Pologne grâce à Anna Teresa Potocka et la complicité du roi Stanislas II.

Société de la Table Ronde.

Ordre des Hermines (quelques Polonaises).

Le Vieux Sarmate possédait une brillante loge d’adoption présidée entre autres par la sœur du roi la comtesse Isabelle Branicka [42] (1730-1813), dite Madame de Cracovie[43] & Anna Teresa Potocka (1746-1810) [44], dame chevalière du Sternkreuz-Orden. On y trouvait également deux cousines germaines, petites-filles d’Izabela Czartoryska (Morstin), Izabela Poniatowka[45](Brancka) (1730-1813), mariée au comte Jan Klemens Branicki  & sœur du roi Stanislas II, & Izabela Czartoryska[46] (Lobomirska) (1733/1816), mariée au prince grand maréchal Stanislas Lobomirski (172261782).

Cf. http://mvmm.org/c/docs/div19/elsner3.html

  1. Néanmoins la France demeure le grand pays des ordres et sociétés androgynes badines, galantes et/ou culturelles.

 

Hypothèse

Faute d’autres documents, il est donc difficile de préciser la nature exacte du Rituel de l’Amazone anglaise.

On ne peut émettre que des hypothèses qui seront confirmées, modifiées ou infirmées en fonction de la découverte de nouvelles sources.

Peut-être s’agit-il d’un Ordre (simplement imaginé) androgyne, « inventé » dans les milieux polonais sarmates maçonniques & importé en France par des Polonais (décennie 1760) ?[47]

Peut-être s’agit d’un projet d’un Ordre androgyne élaboré en France comme moyen de « contournement » (d’entrisme) dans la maçonnerie qui par le système de l’adoption tenait les femmes en infériorité dans les loges ?

Peut-être s’agit d’un manifeste « proto-féministe » arrivé dans le corpus maçonnique un peu par hasard ?

Peut-être… ?

Ensuite ledit rituel aurait été inscrit (délibérément ou par hasard) dans un cahier maçonnique (fin décennie 1760/début 1770)…

Puis cette version aurait été recopiée à la fin d’un cahier d’adoption (1771-1775)…

Avant d’être déclarée 7e grade d’un système d’adoption (1818) ???

Non idem est si duo dicunt idem.

 

[1] Du Pays des Scythes. Le héros Héraclès, aidé de Thésée, après avoir vaincu comme neuvième des travaux imposés à lui par le roi Eurysthée d’Argolide, les Amazones à la bataille du fleuve Thermodon, en Cappadoce, au cours de laquelle leur reine Hippolyté fut tuée, avait fait monter les survivantes prisonnières sur trois navires pour les amener en Grèce. Durant la traversés, les guerrières se révoltèrent et massacrèrent leurs geôliers, mais ignorant tout de l’art de la navigation, elles errèrent sur les flots du Pont Euxin avant d’échouer sur les rivages du Palus Maiotis (peut-être l’embouchure du Don ?), avant-pays de la Scythie. Ayant débarqué, les Amazones s’emparèrent d’un troupeau de chevaux et s’empressèrent d’attaquer les autochtones, lesquels furent tout à la fois irrités, surpris et consternés quand ils découvrirent que leurs agresseurs étaient de jeunes guerrières. Préférant l’amour et la diplomatie à la guerre, les Scythes envoyèrent les plus jeunes d’entre eux auprès des Amazones pour les amadouer, les séduire et plus si affinité(s). La stratégie fut payante. Les indigènes proposèrent aux Amazones de s’installer avec eux en Scythie, mais elles refusèrent invitant à leur tour leurs compagnons à les suivre, ce qu’ils firent. Ainsi fut fondée la nation des Sauromates (Sarmates), peuple des steppes de l’actuelle Russie méridionale, connue par la description faite par Hérodote, au livre IV de ses Histoires.

[2] Théorie du texte, in Encyclopedia Universalis, 1973, tome 22 (2002), p. 461/65.

[3] Cf. Snoek Jan, Le rite d’adoption et l’initiation des femmes en franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2012.

[4] Pour le ms de Lyon : Brin/Evinter/Madine/Prentemev.

[5] Ruines des plus beaux bâtiments de la Grèce, Paris, H.L. Guerin, Delatour & Nyon, & Amsterdam, Nevalme, 1758.

[6] [& William Newton (1735-1790)], Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn, 1762 à 1816.

[7] Il deviendra roi d’Espagne de 1759 à 1788 sous le nom de Charles III.

[8] Puis roi des Deux-Siciles de 1816 à 1825.

[9] Florence, Stamperia imperiale, 1748.

[10] Vérone, Stamperia del Seminario, 1748.

[11] A Venise, Lorenzo Baseggio, 1749.

[12] Naples, Regia Stamperia.

[13] I-V, Le pitture antiche d’Ercolanoe contorni incise con qualche spiegazione, 1757-1779 ; De’bronzi di Ercolano, 1767-1771, 2 vol.; VI, I busti…1767 ; VII, Le statue… 1771 ; VIII, Le lucerne…1792.

[14] Naples, Regale Stamperia Palatina, 1752, 4 volumes.

[15] Naples, Regia Stamperia di S.M., 1755.

[16] Né protestant et pauvre, lettré, Winckelmann fut secrétaire (1748/1753) du comte Heinrich von Bünau (1697/1762), puis se convertit au catholicisme et partit pour Rome où il fut successivement bibliothécaire des cardinaux Alberico Archinto (1698-1758) et Alessandro Albani (1692-1779).

[17] Dresde, George Conrad Malther, 1762.

[18] Dresde, Malther, 1764.

[19] Un des plus célèbres Rollen Buroughs (Bourgs Pourris) de l’Angleterre qui élisait deux députés de 1311 à 1832.

[20] Account of the discoveries at Pompeii, Londres, W. Bowyer & J. Nichols, 1777.

[21] Naples, F. Morelli, 1766/7, 4 volumes.

[22] Anne-Claude de Pestels, dit le comte de Caylus (1692-1765) avait largement contribué à l’histoire et au succès de l’archéologie par la rédaction d’un recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines qu’il rédigea entre 1752 et 1765. Le dernier et septième volume avait été publié à titre posthume en 1767. Cet ouvrage présente les objets et les monuments antiques, au nombre total de 2890, qui composent le cœur de sa collection. On compte pourtant pas moins de 400 objets qui ne lui appartiennent pas. Il publie ainsi un grand nombre d’objets provenant des fouilles de Pompéi et d’Herculanum, en dépit des interdictions du Roi des Deux-Siciles. Ces interdictions concernaient tout autant le commerce des antiquités de Campanie que leur diffusion par le dessin et la gravure.

[23] Herculanum, L’Encyclopédie, tome VIII, 1766, p.150/154.

[24] On trouve cette référence (trente-deux historiens et douze poètes, à quelques variantes près) dans un auteur à la vie méconnue, le numismate et historien François de Chassipol, dans son Histoire nouvelle des Amazones, Lyon, imprimeur-libraire Thomas Amaulry & Paris, Claude Barbin, 1678. Ce détail inciterait à penser que le dit texte est d’origine française, ou du moins conçu dans un milieu francophile et/ou francophone. Le même ouvrage donne une description adoucie des guerrières, régies par une sororité franche construite sur des principes équitables, chaleureux et égalitaires. Il semble donc être une des sources dudit rituel. Le nombre d’historiens et de poètes est supérieur à trente-huit et douze car selon les divers manuscrits, les listes ne sont pas tout à fait identiques.

[25] Considéré comme un poète tragique.

[26] Selon le Vœux du Paon (1312/3) de Jacques de Longuyon, les neuf étaient quatre reines (Déiphyle d’ArgosS, Sémiramis de Babylone et Teuca d’Illyrie. Tomirys, reine des Massagètes (cousins des Scythes) est considérée par Christine de Pisan (La Cité des Dames, VII) comme la dernière reine des Amazones) & cinq amazones (Hippolyte, Lampeta, Ménalippe, Penthésilée & Sinope).

[27] Egalité des hommes et des femmes, Paris, n.a., 1622.

[28] Question célèbre, s’il est nécessaire ou non que les Filles soiens Sçavantes, Paris, R. Le Duc, 1646.

[29]Petit traité de la faiblesse, de la légèreté et de l’inconstance qu’on attribue aux femmes mal à propos, publié sous le pseudonyme  de G.S. Aristophile. (G.S. pour Gabrielle Suchon), Lyon, B. Vignieu & Jean Certe, 1693.

[30] De l’Égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, chez Jean du Puis, 1673.

[31] Londres, T.V. pour R. Wilkin, 1694.

[32] Lady Mary Wortley Montagu (1689-1762), Woman Not Inferior to Man, Londres, J. Hawkins, 1739.

[33] L’article « Réflexions sur le Courage des Femmes« , paru dans le Mercure de France en mars 1745, révèle un Diderot nettement féministe. Dans Le Rêve de d’Alembert, rédigé en 17693, Diderot revient sur le rapport homme/femme, mais dans un contexte avant tout biologique. Entre-temps, en vue de la rédaction de L’Encyclopédie, il a suivi intensément le mouvement de la pensée médicale (surtout de 1754 à 1769). Dans ce texte est proposée une identification entre les deux sexes, identification non contraignante, libératrice…[ D’après Jean Varloot {Le Rêve de d’Alembert, Editions Sociales, Paris 1971, p. LIV, LV), la publication des dialogues se fit dans La Correspondance littéraire d’août 1782 sous forme restreinte. Ils ne furent édités intégralement qu’en 1830].

[34] Traduit de l’Anglois, à Londres, 1750.

[35] De Milledi P****, à Londres, 1751.

[36] Compte tenu de la multiplicité et de l’importance des textes amazoniens, Pierre Petit en déduit la réalité historique de l’existence des Amazones constituées en République, preuve que les femmes sont capables de gouverner et de s’organiser politiquement.

[37] L’abbé Guyon défend lui aussi la réalité historique des Amazones, mais constate que les femmes d’aujourd’hui ont perdu leurs qualités guerrières d’antan d’autant que plus la guerre, elles ont la propension à vivre en paix.

[38] Cf. L’Empire des Sarmates : aujourdhuy royaume de Pologne, Nuremberg, Lochner, 1748, du prince Jozef Jablonowski (1711-1771) : les Polonais sont des descendants des Sarmates & des Amazones (et/ou les Amazones sont des Sarmates).

[39] Les « Républicains Sarmates » sont dirigés par le clan Potocki, fortement maçonnisé.

[40] Brunsvic [Brunswick], dans la Librairie des Ecoles, 1796.

[41] Une de ses filles, Konstancja (1700-1759), fut la mère du roi Stanislas II August.

[42] Sœur de Stanislas II Auguste Poniatowski (1732-1798), roi de Pologne (1764-1795).

[43] Veuve, Izabela épousa Andrzej Mokronowski (1713-1784) qui avait fait et fera diverses missions en France avant de devenir le 26 février 1784 grand-maître du Grand Orient de Pologne, avant de décéder le 4 juin courant.

[44] Née Ossolinska, mariée au comte Josef Potocki (1735-1802).

[45] Fille de Konstancja Czartoryska (1700/1759) & de Stanislas Poniatowski (1676-1762).

[46] Fille d’August Aleksander Czartoryski (1697-1782), lui-même frère de Konstancja (et par elle oncle du roi Stanislas II).

[47] Cette hypothèse avait été avancée et développée par Olivia Harman, dans un article pertinent et novateur L’Azille enchnaté ou la réunion des deux sexes, in Renaissance Traditionnelle, n° 127/128, juillet-octobre 2001.

NB. La thématique amazonique (amazonienne) a été grandement renouvelée par l’ouvrage d’Adrienne Mayor, The Amazons, Lives and Legends of Warriors Women Accros the Ancien World,  Princeton (New Jersey), Princeton University Press, 2014; traduit de l’anglais par Philippe Pignarre, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe  siècle av. J.C.-Ier siècle apr. J.C.), Paris, La Découverte, 2017, bibliographie, p. 537/551.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2017/07/28/sur-la-piste-des-amazones/

DE LA FRATERNITE : DEUX OU TROIS CHOSES QUE l’ON SAIT D’ELLE 4 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

DE LA FRATERNITE : DEUX OU TROIS CHOSES QUE L’ON SAIT D’ELLE

DE LA FRATERNITE : DEUX OU TROIS CHOSES QUE l’ON SAIT D’ELLE dans Recherches & ReflexionsLa fraternité est un mot à la fois complexe, polysémique et opaque, mais c’est également un objet insaisissable et un sentiment fort et troublant que chaque humain peut ressentir. On laissera de côté la question du genre, encore qu’il soit loisible de se demander si la sororité[1] est identique à la fraternité ! Le français ne dispose pas d’un nom collectif signifiant à la fois « sœur(s) et frère(s) », au contraire de l’anglais siblings ou de l’allemand Geschwister.

 

*** Fraternité, fratrie, fratricide.

Stricto sensu, la fraternité (du latin fraternitas) désigne le lien de parenté biologique et de sentiments mutuels entre frères, et par extension entre enfants d’un même couple. L’amour fraternel (la relation affective adelphique [2]) est souvent forte et durable entre frères et sœurs, pouvant aller comme dans la fratrie de Musset jusqu’à une empathie fusionnelle et fictionnelle. Paul (1804-1880) vouait à Alfred un véritable culte tandis que ce dernier considérait Paul comme un modèle, une muse et une mère au point que l’auteur de La Confession d’un enfant du siècle (1836) voyait dans la fraternité stricto sensu le modèle de toute relation et qu’il proposera à George Sand en guise d’amour, une « camaraderie fraternelle ». Au-delà de toutes les particularités des parcours individuels, la fraternité repose entre autres sur la consanguinité, la vie commune et la durée car le plus souvent les relations dans une fratrie ont plus de chances  dans Recherches & Reflexionsde se prolonger si elles se sont appuyées sur une histoire riche, partagée et longue durent l’enfance. Néanmoins, faites d’inclination profonde, de solidarité matérielle et affective et de complicité, les relations au sein d’une fratrie sont tout sauf simples. La recomposition des familles (qui est un phénomène très ancien) n’a pas simplifié le problème [3]. Les rapports au sein de la fratrie sont complexes et changeants, la rancœur, la jalousie, voire plus, peuvent ne pas être très loin de l’affection. Le mot fratrie d’origine latine est porteur de cette ambiguïté alors que les grecs distinguaient la phratia [4] (les liens affinitaires) et l’adelphie (les liens du sang). Ambivalence qui se retrouve dans les arts et les lettres comme dans les frères Karamazov (1879/80) de Fiodor Dostoïevski où chacun des fils s’identifie à un idéal-type de la psychologie et de la société russes ou chez les sensibilités des Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott (1868). Dans l’œuvre de Victor Hugo, on note même un apparent contraste entre les évocations adelphiques, heureuses dans sa poésie sombres dans ses romans. La psychologie et la psychanalyse ont investi la thématique des rapports infra-fraternels. Jacques Lacan popularisa le concept explicite de frérocité tandis que Philippe Caillé[5] et Robert Neuburger parlent de fratitude, état de concurrence mimétique, la fratrie sans la fraternité. En effet la fraternité ne s’identifie pas toujours à la fratrie car la fratrie est aussi le lieu du fratricide. Au-delà des crimes réels [6], l’inceste et le fratricide sont une constante incontournable et fondatrice de nombreuses mythologies (Osiris/Set ; Caïn/Abel ; Remus/Romulus ; Gilgamesh/Enkidu[7] ; Gwyn/Gwythyr[8], Sunda/Upasunda[9] et nolens volens Hiram et ses « frères » mauvais compagnons).

 

***fraternisation, confrérie et fraternité.

  1. a) La fratrie est un fait, la fraternité reste à faire. La fratrie est une donnée sociale et ethnologique, la fraternité est un concept moral et spirituel. Si la fratrie est génétique et reçue (liens du sang), la fraternité est symbolique et volontaire. Ainsi la fraternité serait de se comporter dans les rapports interpersonnels, et plus largement dans les rapports sociaux, comme des frères/sœurs, il faudrait préciser comme de « bon(ne)s » frères/sœurs. On ne choisit pas sa famille [10], mais on peut choisir son équipe, son club, son parti, son église, son association, sa loge. On sort de la famille biologique pour entrer dans une famille construite, adoptée [11], plus vaste : cette sortie/entrée prend des formes plus ou moins denses, de la camaraderie juvénile, professionnelle ou politique [12] à la fraternité d’armes [13]. La fraternité présuppose la fraternisation, l’alchimie de se constituer frère. Elle relève d’une logique sentimentale, de l’inclination, de l’affect, de l’attachement, l’idée de sexualité en étant théoriquement exclue[14]. Fraterniser suppose la rencontre, l’échange, l’apprivoisement de l’altérité, la réconciliation. Comment ne pas noter que la fraternisation désigne également ce temps de suspension des hostilités entre belligérants ou ces moments le plus souvent fugaces (quelques jours, voire quelques heures) durant lesquels une sorte d’égrégore sociale semble abolir les frontières infrahumaines comme le « moment fraternité »[15] qui suivit la révolution parisienne de février 1848 ou la semaine de juillet 1998 qui vit la victoire au mondial de football de l’équipe black blanc beur sur l’air de I will survive.
  2. b) La fraternité est également le ciment d’un nombre certain d’associations [16], légales ou non, secrètes ou non, plus ou moins ritualisées dont les membres se considèrent comme frère (sœur) le plus souvent à la suite d’une réception plus ou moins cérémonieuse, d’une intronisation ou d’une initiation. La fraternité initiatique, ou plus exactement la fraternisation (au sens de se construire comme frère avec l’autre) dans le processus initiatique présuppose un corpus et des modes d’amalgame qui constituent le moyen d’agrégation du néophyte, de sa déconstruction/reconstruction et de sa transformation. Entre frères (et sœurs) choisi(e)s, la socialisation, la fraternisation au sens psycho-affectif, passe ainsi par des conduites d’initiation qui comprennent des pratiques rituéliques, des discours partagés, des homologations symboliques et le plaisir d’être inclus ensemble. La fraternité/fraternisation comme composante d’un processus initiatique (à la fois comme mise en chemin (initium/initio) et comme objectif/but (télétè/télos) implique ainsi, engendre et soutien de nouveaux rapports à soi et aux autres.
  3. c) Par élargissements successifs, cette acception a débordé le cadre familial et confraternel pour investir le champ du politique, du social, du philosophique et du religieux à un niveau plus vaste, y compris jusqu’à la nation/état [17]. C’est le cas de la France. Progressivement, la fraternité fut associée à la liberté et à l’égalité durant la période révolutionnaire, avant que ce triptyque ne soit adopté comme devise officielle d’abord le 27 février 1848 (Seconde République), puis le 14 juillet 1880[18] (Troisième République). Néanmoins, les trois termes ne sont pas isonomiques. La liberté et l’égalité relèvent du contrat social, de la loi, du droit, du statut. Elles peuvent être définies par des bénéfices et des devoirs. La fraternité est un impératif moral. Elle assure par l’affect, le sentiment, le regard vers l’autre, l’équilibre entre la liberté et l’égalité, valeurs antagonistes et complémentaires. C’est elle qui devrait empêcher la liberté d’être individualiste et l’égalité d’être niveleuse.

A cause de sa nature présumée sensible, voire romanesque, d’aucuns ont pensé lui préférer deux notions censées être plus concrètes, plus objectivées : la solidarité et/ou la laïcité, deux termes éloignés de la dimension émotionnelle et de la fragilité conceptuelle de la fraternité. Dans ce nouveau triptyque, la fraternité serait la vertu par laquelle les concitoyens admettent qu’ils sont amis, libres, ressemblants et solidaires et qu’ils acceptent de faire à la fois communauté et différence ensemble. La solidarité est l’expression concrète du contrat social, destinée à maintenir et conforter la cohésion sociale, en mettant en œuvre une justice distributive, par un transfert des revenus et des richesses. La laïcité, dans son principe, peut être définie comme un lien constitutif obligatoire de la cité démocratique. Elle permet à tous les individus d’un pays, qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas, qu’ils fassent partie d’une institution religieuse ou pas, qu’ils pratiquent ou non une religion ou qu’ils se réfèrent à une spiritualité ou une philosophie particulière ou à aucune, de participer en citoyens à la vie publique, à égalité de droits et de devoirs. Si la solidarité et la laïcité peuvent être définies concrètement, juridiquement, la fraternité reste toujours un sentiment d’appartenance, de reliance, voire plus si affinités, diffus et imprécis plus qu’un principe de droit. On ne peut légiférer sur la fraternité.

 

*** Du frère à l’autre, au tout-autre comme frère.

Lien, mode et éthique familiaux et socio-politiques, la fraternité est aussi un lien, un mode et une éthique universels. Il est difficile de préciser quand ce sentiment a germé chez l’homo sapiens, où et comment dans le long et lent processus d’humanisation, il est devenu (ou plutôt qu’il a eu l’intuition qu’il pouvait être) homo humanus fraternitatis. Peu ou prou, la fraternité est présente dans diverses religions, spiritualités et philosophies dès l’antiquité.

Le Lévitique élargit les rapports des frères à l’autre en général :

« Tu ne te vengeras point et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (XIX, 19).

Le Bouddha préconise l’amour familial et l’amitié tout en cultivant Maitrī, la bienveillance incommensurable pour tous les êtres :

« Ainsi qu’une mère surveille et protège son unique enfant au péril de sa vie, ainsi doit-on chérir tout être vivant avec un esprit sans limite »[19].

L’Ecole pythagoricienne fut en même temps une société ésotérique fermée sur ses spécificités et une société exotérique ouverte sur l’universel.

L’adelphie se déploie dans le Nouveau Testament, notamment les Actes des apôtres. La fraternitas apparaît au IIe siècle chez des auteurs chrétiens. Elle est présente dans les paroles de Muhammad :

« Nul ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même »[20].

En Occident, la fraternité prit une forme laïcisée à partir de la Renaissance et de la Réforme. Depuis, elle fut et demeure le ciment de nombreux projets utopistes et/ou communautaires, des courants pacifistes et non-violents et de divers mouvements citoyens et modes de vie alternatifs. Elle figure (comme obligation) dans l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 :

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.»

Cette adelphie universelle a répondu et répond à un impératif humaniste, comme y invitait le pasteur Martin Luther King :

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » (1968)[21].

La fraternité à l’échelle du monde suppose la prise en compte et le respect de l’humanité et de chacun de ses membres dans leurs droits et leurs besoins. Elle implique l’acceptation de tous dans leur singularité sans poser de critères de race, d’âge, de différence physique, de catégorie sociale, de culture, d’orientation sexuelle. Elle doit même prévoir le désaccord. Elle s’inscrit dans l’opposition au désir mimétique cher à René Girard. Elle induit l’impérative obligation (comme une sorte de fatum) aux humains de s’aimer, grâce à une identification réciproque, précisément parce qu’ils sont frères, comme l’énonce Emmanuel Levinas :

« Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain »[22].

Au-delà des mots, de la spéculation intellectuelle et de l’émotion, la fraternité universelle est difficile à cerner, à définir : Agapè à l’échelle de la planète ? Conscience forte, individuelle et collective, d’appartenir à une même humanité ? Dénominateur altruiste à toutes les grandes visions humanistes du monde ? Philosophie de l’universel ? La fraternité universelle est peut-être un doux rêve ? Une utopie ? [23] Une uchronie ?

La fraternité est pour le moins un véritable programme (idéal) de développement social, intellectuel, éthique et spirituel de l’humanité en marche, dans un élan vital de construction. Plus largement, elle s’inscrit dans une interdépendance totale avec le vivant. Peut-être ce processus de fraternisation serait à la fois l’outil, le but et le sens (signification) de l’humanisation ? Quoiqu’il en soit, il ne semble pas y avoir de fraternité universelle sans sacralisation [24]. Le sacré est le plus sur (au sens d’efficace) moyen de mise en commun dont dispose un ensemble massif, hétérogène et hétéroclite (bref l’humanité) pour faire corps et perpétuer. Inutile cependant de lever les yeux au ciel, la fraternité est immanente. Elle n’est pas un viatique du salut. La fraternité n’est pas la grâce.

 

 

La fraternité est un mot agréable, sonore, emphatique, chimérique peut-être ? Comment articuler son aspiration et son incarnation, sa verticalité et son horizontalité ? Aimer son frère comme soi-même ? Aimer tous les humains en frère (en sœur) ? La voie est étroite, rugueuse, longue. Il faut donc postuler que la fraternité est ontologique. Etre humain, c’est être frère (sœur), c’est être en empathie avec l’autre. On peut toujours se déclarer frère (sœur), l’essentiel est de se faire frère (sœur). La fraternité est une réalité anthropologique. La fraternité est un projet éthique. Vivre en fraternité, c’est être soi-même comme un autre [25] comme le développe Paul Ricoeur. La fraternité co-fonde l’individu et l’humanité, le temple de chacun, un temple pour tous.

 

[1] L’anglais dispose de deux mots pour traduire cette notion : sorority traduit les liens entre filles nées d’une même mère et sisterhood, les relations d’affinités et/ou de proximité entre femmes.

[2] Adelphie : naissance d’une même mère.

[3] L’empereur Auguste, cousin au 4e degré, puis fils adoptif et héritier de Jules César, adopta à son tour comme fils et héritier Tibère, fils d’un premier mariage de sa 3e femme Livie, laquelle fit ensuite adopter à son empereur de mari, un de ses arrière-petit-fils issu de sa première union Caligula, et les recompositions continuèrent au sein de la dynastie Julio-claudienne.

[4] Fratrie latine et phratria grecque. La phratria (de phratêr, membre d’une même « clan ») désignait une association d’individus liés par des rites et usages communs et qui se disaient apparentés.

[5] Fratries sans fraternité in Cahiers critiques de thérapie…, 2004/1, n° 32, p. 11/22.

[6] Cf. Haddad Gérard, Le complexe de Caïn. Terrorisme, haine de l’autre et rivalité fraternelle, Clamecy, éditions Premier Parallèle, 2016.

[7] Mythologie mésopotamienne.

[8] Mythologie galloise.

[9] Mythologie indienne.

[10] C’est vrai pour sa famille utérine, mais on peut construire sa famille conjugale.

[11] Néanmoins dans de nombreuses sociétés, les initiations d’âge sont quasi-obligatoires.

[12] Cf. la proposition de la révolutionnaire féministe russe Alexandra M. Kollontai (1872/1952) d’une nouvelle divise : Liberté, égalité, camaraderie, ce dernier terme désignant une nouvelle morale sentimentale, l’amour-camaraderie ou l’amitié érotique.

[13] Paradoxe, la fraternité d’armes est d’origine belliciste. Elle n’est pas empathie mais construction contre l’ennemi. On se fait frère contre l’autre.

[14] Cf. l’expression : vivre comme frère et sœur.

[15] Le 27 février 1848, la nouvelle république adopte pour la première fois comme devise officielle « Liberté, Egalité, Fraternité ». Dans la Constitution du 4 novembre 1848 précisera dans son article IV que la République « a pour principe la Liberté, l’Égalité et la Fraternité » et « pour base la Famille, le Travail, la Propriété et l’Ordre public ».

[16] Sans être exhaustif, citons les Fraternités ou Sororités d’étudiants (comme la célèbre Skull and Bones, de l’Université Yale, au Connecticut), les groupes scouts, les loges maçonniques, certaines confréries religieuses ou corporations de métier, mais également des sociétés secrètes politiques comme l’Irish Republican Brotherhood, voire des associations criminelles ritualisées (Cosa Nostra, Triades chinoises, Yakusas japonais).

[17] Cf. Debray Regis, Le moment fraternité, Paris, Gallimard, 2009.

[18] Inscription sur les frontons des édifices publics.

[19] Metta Sutta [Metta = Maitrī] en pali (vieille langue indo-aryenne)] [Sutta de la bonté bienveillante] / Suttanipâta = Choix d’instructions, I, 8.

[20] Selon deux recueils de hadîths [propos tenus par Muhammad et rapportés par ses compagnons] le Sahîh d’Al-Bukhârî & le Sahîh Muslim.

[21] Discours du 31 mars 1968, à Washington, cinq jours avant son assassinat.

[22] Totalité et infini. Essai sur l’extériorité, La Haye, M. Nijhoff, 1961.

[23] Attali Jacques, Fraternités. Une nouvelle utopie ? Paris, Fayard, 1991.

[24] Attention à ne pas amalgamer : sacré/spirituel/religieux/divin !

[25] Paris, Seuil, 1990.

 

Extraits de De la Fraternité : deux ou trois choses que l’on sait d’elle, in GLNF.Magazine n° 117, Paris, mars 2018, p.  28/30.

SOURCE  :

Yves Hivert-Messeca :

https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2018/05/30/de-la-fraternite-deux-ou-trois-choses-que-lon-sait-delle/

12345...41

Atelier Ecrire Ensemble c&#... |
Au fil des mots. |
Spiralée |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Attala Blog
| jepensedoncjesuis13
| Les chroniques d'Astéria