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L’ALCHIMIE 24 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’ALCHIMIE

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Rappel des grands principes des alchimistes

Sans que l’on puisse s’écarter de la composante spirituelle de l’alchimie, on peut considérer que l’aspect de la pratique répond à un certain nombre de grands principes qui n’ont pas beaucoup évolué depuis plusieurs centaines d’années.

La recherche pratique de la transmutation des métaux doit aller de pair avec la purification de l’âme. Loin d’être des personnages au matérialisme exacerbé, les alchimistes procèdent à leurs opérations, dans un « laboratoire » qui est toujours assez proche de « l’oratoire » …  c’est un des traits essentiels de l’alchimie traditionnelle,  » d’allier toujours au laboratoire un local consacré à la prière et aux exercices spirituels, autrement dit un oratoire « . Cet oratoire peut être situé, selon les dimensions des locaux, dans une pièce jouxtant le laboratoire. Dans l’oratoire l’alchimiste vient se recueillir, il prie, il réfléchit, il… se repose, et c’est aussi dans cet espace de méditation que se trouvent généralement les quelques livres de l’alchimiste, livres précieux, car n’oublions pas que l’imprimerie est juste en train de se développer.

Une des devises fortes des alchimistes est « Ora et labora », ce qui se traduit par « Prie et travaille ». L’alchimie est donc très proche de la religion, quelle qu’elle soit. C’est ce qui explique la tolérance par exemple de la religion catholique vis à vis des alchimistes, et ceci pendant très longtemps, alors que les membres d’autres sociétés, aux principes tout aussi secrets, ont été excommuniées, pourchassés et parfois brûlés.

Parmi les principes, se trouve celui de l’unicité. C’est une des figures les plus célèbres de la symbolique alchimiste avec ce serpent ou ce dragon selon les figures qui « se mord la queue  » et forme un cercle : l’Ouroboros. La devise en est  » Omnia in unum » ce qui signifie « Un et un tout ». Cette théorie est très moderne, on peut même dire que les alchimistes avaient une sacrée intuition. L’idée d’unicité est devenue ces dernières années, aussi bien en physique nucléaire que dans le domaine de la vie avec les gènes et l’ADN, un des axes de recherches du XXI e siècle. Tout ce qui est multiple vient de l’unité, et à la fin, c’est le parcours inverse. Ainsi toute manifestation dérive d’une seule et unique matière par une adaptation.

Parmi les autres grands principes, ceux qui ont trait aux quatre éléments d’Aristote ne font pas preuve d’une originalité farouche. L’air, l’eau, la terre et le feu accompagnent de nombreuses écoles de pensées.
C’est une tradition séculaire et cette vision du monde au travers des quatre éléments est le socle intangible de toute chose. Cancelier, l’exprimera ainsi :

 » Malgré les subtilités les plus extraordinaires, on ne pourra jamais faire que les quatre éléments ne soient à la base de toute création ».

L’air l’eau la terre et le feu sont des substances que l’on retrouve dans d’autres pratiques et d’autres civilisations. Ce ne sont pas des données propres aux alchimistes. Mais ce sont parfois des  » natures  » ou des  » substances  » permettant le passage de l’une à l’autre.

Le feu, c’est la chaleur et la sècheresse
L’air, c’est la chaleur et l’humidité 
La terre, c’est le froid et la sècheresse
L’eau , c’est le froid et l’humidité

Et puis avec ces quatre éléments, s’ajoute un…. Cinquième qui est la Quintessence (Quinte -essentia) et sans être à proprement parler d’un élément, c’est un résultat, une vertu. La quintessence,  » assure la cohésion des quatre éléments « , et est finalement un principe de perfection.

 

 

Soufre, Mercure et Sel des philosophes

Par contre, les grands principes qui gèrent l’alchimie sont des données originales, transmises depuis la nuit des temps. C’est la trilogie formée par :
- le Soufre
- le Mercure
- le Sel.

Aux premiers jours de l’alchimie, seuls le Soufre et le Mercure étaient présents., il faudra attendre le milieu du XV e siècle en Occident pour voir apparaître le Sel.

Le Soufre et le Mercure, éléments constitutif de toute matière, proviennent des métallurgistes qui ont remarqué que les minerais que l’on trouve dans la terre sont souvent formés de ce l’on appelle aujourd’hui des sulfures, c’est à dire des « mélanges » de Soufre et d’un Métal. Lorsque les forgerons par exemple chauffent à haute température ces minerais, le Soufre s’en va et fait place à un produit liquide qui est plus fin, plus clair et qui ressemble au Mercure.

On trouve dans ce domaine, le sulfure de plomb, (PbS), mais aussi le sulfure de fer (FeS).

Le grand principe des alchimistes est donc de travailler un minerai formé par définition de Soufre et de Mercure de le chauffer, en enlevant le Soufre, afin d’obtenir davantage de Mercure pour aboutir à davantage de pureté.

Un métal, dans la tradition des alchimistes, est formé de Soufre et de Mercure et ce degré de pureté est fonction des proportions respectives de Soufre et de Mercure. Le plomb par exemple est un métal « vil », comme le cuivre et l’étain, il possède beaucoup de Soufre, c’est un métal imparfait qui doit être purifié, afin de diminuer le Soufre, et après moult opérations, il s’approche de l’argent puis de l’or, pour devenir un métal parfait, formé de Mercure et de presque plus de Soufre !

On pensait à ces époques, que l’or était le métal qui comprenait le plus de proportion de Mercure, on utilisait d’ailleurs le mercure pour des amalgames afin d’imiter l’or, c’était le cas à partir du cuivre. Plus le métal contenait de Mercure, plus il était précieux.

Avec le temps, cette terminologie de mercure, soufre, cinabre…. qui sont des matières chimiques qui nous sont familières se transformèrent en produits génériques. C’était davantage la Qualité de la matière que le produit réel.

Certains auteurs cherchent à clarifier les écrits des alchimistes dans ce domaine complexe, car il y a une véritable ambiguïté entre le Soufre avec un grand S, celui des alchimistes et le soufre, élément chimique élémentaire et classique pour nous aujourd’hui, nommé S et comportant un atome de 16 électrons donc 16 protons pour assurer l’équilibre des charges électriques et 16 protons.
Comme souvent en alchimie, lorsque l’on évoque le Soufre du philosophe, ce n’est pas le métalloïde que l’on connaît aujourd’hui, pas plus que le Mercure du philosophe n’est le Mercure, métal liquide à température ordinaire que l’on mettait autrefois dans les thermomètres. Ce sont les mêmes mots qui n’ont pas la même signification. 
On parle du Soufre avec un S majuscule pour définir le principe, mais ce peut être le soufre pour un sulfure comme le sulfure de plomb connu sous le nom de blende, ou de l’oxygène dans le cas d’un minerai de fer, comme Fe2 O3 qui est un oxyde de fer que l’on extrait « des entrailles de la Terre ».
Quant au Sel, ce troisième principe, est censé favoriser le mariage philosophique du Soufre et du Mercure dans les entrailles de la Terre, ou dans l’œuf philosophique des alchimistes ».

La notion nouvelle de Sel aurait été introduit par Paracelse.

Ce ne sont pas des métaux ou des éléments chimiques, mais des principes. On découvre alors cette dénomination, du principe, suivi de  » Philosophe  » :

Le Soufre des Philosophes symbolise le corps, c’est un principe mâle, actif et sec, il utilise la chaleur et c’est un élément essentiel de la voie sèche.

Le Mercure des Philosophes symbolise quant à lui, l’âme. C’est un élément femelle, humide, volatil. Il est utilisé dans la voie humide. Il est froid et se symbolise parfois par le dragon.

Le Sel des Philosophes se situe entre les deux principes précédents. C’est un  » alkali « , appelé parfois le Feu Secret des Sages. C’est avec ce Sel que l’on obtient la cohésion du Mercure et du Soufre, il donne la stabilité à cet édifice.

Le mercure que l’on connaît aujourd’hui était appelé autrefois « le vif-argent ». Le Mercure, c’était la liquidité, l’humidité, la froideur de la matière. Il devint l’eau, la femelle alors que le Soufre était assimilé au feu, au mâle.

Chaque produit était appelé par des mots différents, comme par exemple le cinabre était le « dragon rouge « , et le vert de gris qui est un oxyde de zinc « semence de Vénus « , le cuivre « le lait d’un animal.

 

La transmutation

Pour le profane, l’alchimie est essentiellement basée sur la notion de transmutation. C’est simplement une théorie qui permet de faire passer, par une pratique précise, un métal donné vers un autre métal. Pour ce faire, il suffit de modifier les proportions de Soufre et de Mercure avec l’aide du Sel.

Lorsque l’alchimiste procède à une transmutation, il modifie les proportions de Soufre et de Mercure, avec un grand S et un grand M et cherche à atteindre le métal qui est le plus pur : l’Or.

L’aspect génial et visionnaire des alchimistes, c’est une certaine analogie avec la science moderne du XX e siècle. Un métal, ou un élément est formé de trois composants élémentaires qui forment un atome :
- le proton
- l’électron
- le neutron

L’atome est formé, en effet d’un noyau central composé de neutrons et de protons et autour de ce noyau, un nombre d’électrons tourne, en quantité égale au nombre de protons. Avec ces trois particules élémentaires, la science du XX e siècle a découvert que tous les atomes étaient formés de ces trois particules et que leurs quantités respectives donnaient un métal ou un autre.

La transmutation existe et il est possible comme l’on fait certains dont Soddy et Rutherford, de transformer de l’aluminium en silicium. C’était au tout début du XX e siècle en envoyant des rayons Alpha sur une fine plaque d’aluminium qu’ils virent des atomes de silicium apparaître sur la plaque.

C’est à ce moment que l’un de ces deux savants dit à l’autre,  » n’en parlons pas, ils vont nous prendre pour des alchimistes et nous brûler sur un bucher « .

Protons, Electrons et Neutrons d’un côté ne sont-ils pas identiques à Soufre, Mercure et Sel ? C’est le même concept, et entre le Plomb et l’Or, dans le tableau de Mendéliew, la différence porte sur 3 électrons…….Les alchimistes avaient-ils de géniales intuitions.

 

Le Grand-Œuvre

A l’origine du Grand-Oeuvre se trouve la théorie de la transmutation, puisqu’il s’agit de transformer un métal vil en or.
Mais les alchimistes, devant la difficulté de réaliser ce Grand-Œuvre ont mis en place une étape intermédiaire, appelée le Petit-Œuvre, dans laquelle, l’objectif est de transformer un métal vil en Argent qui, s’il n’est pas parfait, mérite une mention particulière.

Quant au Grand-Œuvre, appelé parfois Grand Magistère, c’est le « but ultime de tout alchimiste », celui qui mène à la pierre rouge, la célèbre pierre philosophale. Celui qui arrive à cette pratique obtient à la fois la pierre philosophale mais dans le même temps, la grande lumière, appelée l’illumination spirituelle, c’est à dire la Sagesse.

Il existe dans la tradition alchimique deux chemins, deux voies pour atteindre cette pierre philosophale. La voie sèche et la voie humide.

La voie humide se fait par une sorte de maturation de la prima matéria, qui est placée dans l’œuf philosophique. C’est en quelque sorte une gestation en milieu humide en prenant beaucoup de temps. Il faut selon les traités, une quarantaine de jours , et parfois plus. C’est l’école de la patience.

L’autre voie dite voie sèche est beaucoup plus rapide, elle aboutit au même résultat mais en chauffant la prima matéria de manière forte. On peut arriver au résultat en quelques heures. C’est une voie pour alchimiste pressé….. mais elle comporte beaucoup de danger et d’explosion des produits en cause.

Les métaux sont souvent assimilés à des êtres vivants, et il n’y a pas de différence entre métaux et matières organiques ou vivante. Le processus est curieux, c’est celui de l’évolution. On va d’un état de plus en plus évolué passant d’un métal vil à commencer par le fer, puis le cuivre, le plomb, l’étain, le vif-argent, vers un métal moins vil, l’argent et cela jusqu’à l’or, l’aboutissement du Grand Oeuvre.

 

l’Elixir de longue vie

On trouve encore l’Elixir de longue vie, que l’on peut lire dans un roman de Balzac, peu connu,

Malgré le scepticisme dont il était armé, don Juan trembla en débouchant la magique fiole de cristal. Quand il arriva près de la tête, il fut même contraint d’attendre un moment, tant il frissonnait. Mais ce jeune homme avait été, de bonne heure, savamment corrompu par les mœurs d’une cour dissolue ; une réflexion digne du duc d’Urbin vint donc lui donner un courage qu’aiguillonnait un vif sentiment de curiosité, il semblait même que le démon lui eût soufflé ces mots qui résonnèrent dans son cœur :  » Imbibe un œil !  » Il prit un linge, et, après l’avoir parcimonieusement mouillé dans la précieuse liqueur, il le passa légèrement sur la paupière droite du cadavre. L’œil s’ouvrit.

Dès le XIIIe siècle, mais sans doute avant, les hommes de science vont remettre au cœur de leur préoccupation : le mythe de l’éternelle jeunesse, qui avait une connotation relativement légendaire. Naît alors une nouvelle littérature sur « comment retarder la vieillesse » ou sur la « prolongation de la vie » qui est très vite aspirée par l’alchimie.
L’or nouveau, issu du Grand Oeuvre devient l’élixir de longue vie par excellence et  » occupe une place importante dans l’imaginaire occidental pendant des siècles.  » selon le professeur Agostino Paravicini Bagliani.

 

La pierre philosophale

La pierre philosophale était au centre des opérations de transmutation sans qu’il soit possible d’en déterminer la nature. Elle devait permettre par sa puissance de transformer le métal vil en argent ou en or. 
C’est un catalyseur de la transmutation, elle peut apparaître sous forme de pierre de couleur rouge, couleur rubis, et au toucher de cette pierre, le plomb se transforme en or, par simple contact ou frottement. La pierre peut aussi prendre la forme d’une poudre, et le jet d’une pincée de celle-ci sur le morceau de plomb le transforme là encore en or.

La pierre philosophale est aussi un principe qui rend meilleur et plus éclairé, c’est pour le métal, l’évolution vers l’argent ou l’or, donc le métal est plus beau, et….. il en est de même pour la vie et l’homme. La pierre philosophale soigne donc les métaux et aussi l’homme et ses maladies. C’est en effet l’Elixir de longue vie, celui qui donne l’immortalité et chasse la maladie et la souffrance, « soignant le corps ».

Enfin, la pierre philosophale soigne l’âme, et rend l’homme meilleur, lui apportant la Sagesse.

Quel beau programme pour celui qui réussit à mettre la main sur cette Pierre des philosophes, et cela explique que des femmes et des hommes, durant des siècles, aient cherché à l’acquérir, mettant en œuvre à la fois leur temps, leurs compétence et parfois leur vie. Cela explique aussi, à partir du XVI e siècle, l’appétit des charlatans et des escrocs de tout poil pour se procurer une once de cette pierre rouge si miraculeuse !

La pierre philosophale a donc un côté mystique, elle recèle l’âme du monde, mais au niveau technique, c’est un agent tinctorial des métaux, proche d’un colorant. De quoi est-elle composée, c’est un secret et y répondre reviendrait à nier l’alchimie. Ce secret doit demeurer inviolé……

Mais l’alchimie subit une évolution récente avec l’apport des philosophes et de nouvelles recherches. Il ressort que le travail de laboratoire pour certains n’était qu’un prétexte et que tout était dans la  » transformation psychique  » pour reprendre les termes de Pierre Lory dans les dix traités d’alchimie de Jâbir Ibn Hayyân. L’auteur ajoute qu’il est nécessaire de réhabiliter ce travail de recherche mentale, et d’étudier plutôt que de condamner. Il remarque que de grands savants comme Liebniz et Newton admettaient qu’il était possible d’effectuer des transmutations métallurgiques. Et sur un tout autre plan, Carl Jung a réalisé des travaux et  » il a été frappé par l’analogie entre le symbolisme des rêves et des hallucinations de certains de ses patients, et le symbolisme alchimique  » selon Eliade.
Pour Jung, il existe dans le psychisme de chacun une sorte de processus tendant vers un but final qui doit permettre l’accomplissement de soi.

Cette forme de l’alchimie traitée par Karine Djebari est une forme d’initiation,  » l’alchimiste est un chercheur, comme le philosophe, comme le sage indou, comme le franc-maçon « . C’est le célèbre  » connais-toi toi-même  » repris par Socrate.

 

La pratique et la gamme de fabrication du Grand-Oeuvre

Le nombre de documents donnant les moyens d’arriver à la Pierre philosophale et au Grand-Œuvre sont considérables, et cela est d’autant plus étonnant, de la part d’un « confrérie » qui met le secret au centre de ses préoccupations. Mais ces « recettes » sont-elles crédibles ? C’est la question de fond, d’autant plus que ces révélations partent d’un mystère primitif. Le point de départ, c’est à dire la composition de la matière première, laquelle matéria prima n’est jamais révélée !

Voici à titre d’exemple, quelques éléments historiques sur ce que doit être la réalisation devant aboutir à la pierre philosophale avec Basile Valentin :

 » Prends 100 livres de cette matière, la matéria-prima désignée avant comme de l’antimoine. Opère comme si elle était dans les entrailles de la terre. L’ayant pulvérisée avec soin très subtilement… qu’on la mette dans des cornues de verre et qu’on la distille. Au début, ce doit être un feu léger de charbon jusqu’à ce que sorte l’esprit ou mercure, et à la fin, le feu doit être très fort, de bois pour que le soufre s’attache dans la cornue….

Prend ce soufre et purifie le en le sublimant trois fois dans un récipient et remet chaque fois ce qui est au fond avec ce qui est monté…

Prends l’esprit qui est le mercure et mets lui 10 grains de ce soufre. Qu’il soit placé pour 40 jours dans du fumier de cheval en alambic avec un tube fermé. Après ces 40 jours, distille tout, enlève les résidus qui sont au fond. »

Dans les traités connus, se trouvent des constantes, basées sur un autre des grands principes de alchimistes, le célèbre  » Solve et Coagulat », c’est à dire dissoudre et coaguler ou encore purifie et intègre.

Les recettes suivent alors :

 » Et tout d’abord : c’est effectivement par la distillation qu’il faut commencer les opérations, c’est à dire par la séparation des quatre éléments. Ceci est la première des trente paroles, elle est fondamentale. Cette distillation consiste à placer la Pierre dans une cucurbite déposée dans une marmite de cendres, sous laquelle on allume un feu jusqu’à l’évaporation complète, toute eau étant extraite…. « 

 Dans certains traités, ce sont 4 opérations qui président au travail des alchimistes :

- la purification du sujet, c’est à dire de la matière première.
- la dissolution ou volatilisation jusqu’à ce qu’il ne reste que l’être universel
- la solidification nouvelle
- une dernière combinaison sous l’empire de l’être le plus pur.

Comme avec ces 4 opérations élémentaires, de nombreux alchimistes ne purent arriver à leur fin, il semble que la pratique devint plus complexe, et 2 opérations supplémentaires furent ajoutées. C’est alors que la nouvelle gamme d’obtention de la pierre philosophale pour obtenir de l’or 
- la calcination, elle correspond à la couleur noire, c’est l’extension des désirs, la destruction des différences. C’est la réduction à l’état premier de la matière.
- la putréfaction, qui sépare les éléments calcinés
- la solution dont la couleur est blanche, c’est une matière totalement purifiée.
- la distillation
- la conjonction qui correspond à la couleur rouge ou à l’union des opposés.
- la sublimation qui correspond à l’or, c’est la couleur du soleil.

Le tout se résume dans ces mots : solve et coagula aussi valable pour la matière que pour l’être. Et c’est pourquoi on retrouve dans l’iconographie alchimique de nombreux exemples de couples  » faisant l’amour « , dans un bocal ou sur un champs…. La plupart étant rois et reines !

 

Les traités d’alchimie

Le nombre de traités sur l’alchimie est considérable, plusieurs dizaines de milliers. Avec toute cette documentation, comment comprendre que l’on ne puisse pas trouver aisément la gamme de fabrication de l’Oeuvre et transformer le plomb en or ?
Et puis l’ensemble des pratique ne devait-t-il pas rester secret ? alors pourquoi écrire ?

Le grand commandement éthique qui était imposé aux Alchimistes était d’être  » charitable  » et  » envieux « . Il devait partager avec d’autres la Sagesse, mais ne pas autoriser la divulgation au premier venu des techniques.
Donc il fallait fournir des indications pratiques pour les  » Frères  » et accéder à la vrai fraternité, celle des philosophes en séparant le bon du mauvais pour la suite.

Il est particulièrement difficile de lire les traités alchimiques quels qu’ils soient. Rien n’est simple car, il n’y a pas souvent de logique.
Les expressions sont souvent sibyllines, il y a aussi de longs chapitres sur la métaphysique, sur le cosmos, des digressions qui déroutent le lecteur.
Des textes sont parfois insérés pour abuser le lecteur profane.

Le langage utilisé était très ésotérique, il y avait un double cryptage :

- l’utilisation de symboles comme les dieux, les animaux fantastique, les monstres. Leurs rapports dévoilaient des principes et des opérations.
- le mode d’expression était de type labyrinthique, les successions chronologiques et la concaténation ( l’enchaînement) des causes n’était pas logique.

Une opération décrite en son milieu, puis on allait à la fin, on revenait vers le début et ainsi de suite. C’est peut être le problème des caissons du plafond de l’Hôtel Lallemand. On cherche depuis des lustres un cheminement logique, il faut commencer par les caissons proches de la fenêtre et lire les caissons comme les vitraux d’une cathédrale, de bas en haut et de gauche à droite. Ainsi, la lecture se ferait, en prenant notre logique du XXI ° siècle, de la fenêtre à la porte…. Sauf qu’il s’agit d’alchimie et qu’il est fort possible que la lecture soit plus complexe, en zig zag, ou en prenant un caisson ici, un autre plus loin, et ainsi de suite. C’est une éventualité qui sera évoquée dans le chapitre sur les révélations relatives à ces plafonds.

De même un processus pouvait se décomposer en différentes phases et se disperser dans un texte. C’est particulièrement déroutant.

Les traités d’alchimie sont souvent des ouvrages passionnants mais ils souffrent d’un hermétisme que l’on conçoit mal aujourd’hui. La plus grosse difficulté tient au langage des alchimistes : un seul terme n’a pas toujours la même signification.

Il apparaît donc que les traités d’alchimie comportent toujours plusieurs approches :
- d’une part, une référence à Dieu est une constante dans de nombreux traités alchimique. Cela signifie que les alchimistes peuvent être des religieux, mais aussi qu’ils ne veulent sans doute pas se mettre à mal avec l’institution religieuse,:   » que Dieu soit exalté « . 
- Puis, on trouve des conseils moraux ou des propos sur l’homme :

 » Les gens se situent à différents niveaux. Chez certains, la réflexion n’aboutit à rien de fructueux. D’autres apportent une solution après mûre réflexion. Il y a les bilieux dont la bile jaune s’est transformée en bile noire…..Un jugement pondéré, qui ne tombe pas dans l’erreur, est celui du mélancolique « .

- Des renseignements sur les outils et moyens à utiliser. Le monde des alchimistes est formé de gens qui ont inventé des procédés, comme le bain-marie, mais aussi des matériels, comme l’alambic pour la distillation, ou encore le célèbre athanor qui est le four des alchimistes. Mais les instruments de verre comme le pélican qui est « une cornue à col recourbé », ont été utilisés par les alchimistes puis… les chimistes.
Enfin, l’objet le plus célèbre des laboratoires souterrains des alchimistes est sans contexte ce ballon de forme ovoïde, fait le plus souvent de verre et que l’on va appeler l’œuf philosophique. C’est pour reprendre une terminologie d’alors, « un objet destiné à être placé dans l’athanor, ce qui constituait la chambre nuptiale où le Soufre et le Mercure devaient s’accoupler » comme le rapporte d’Histoire des Sciences.

 SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

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Traduction de la Sagesse de Ptahhotep 9 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Traduction de la Sagesse de Ptahhotep, sous la direction du Professeur P.

ptahhotep

(L’écriture droite : titres, sous-titres, commentaires, ajouts ; l’écriture italique : la traduction du texte égyptien ; les chiffres en gras sont des repères notant les lignes du texte original.  Les autres en italiques se réfèrent aux notes placées à la fin du texte.

L’énoncé- titre est écrit à l’encre rouge, tradition qui a perduré, d’où le nom en français, de « rubrique ». L’écriture en bleu est un « chapeau » non présent dans le texte et qui est le fait du traducteur.

 

(4,1)

ENSEIGNEMENT DU GOUVERNEUR DE LA VILLE ET VIZIR, PTAHHOTEP

Sous la majesté du roi de Haute et de Basse Egypte, Isési, qu’il soit vivant à jamais !

Le gouverneur de la Ville et Vizir dit : 

                                              

                                                    Préambule

 

« Souverain mon maître,

Le grand âge est advenu ! La vieillesse est arrivée ! (1) 

La faiblesse est venue, les tremblements ne cessent plus.

Celui qui dort,… à lui, l’inconfort de chaque jour !

Les yeux se sont affaiblis, les oreilles sont sourdes,

La force vient à manquer, mon cœur est fatigué,

La bouche est silencieuse, elle ne peut plus parler…

L’esprit a disparu ; il ne peut plus de souvenir d’hier…

Les os, c’est à cause de la longueur de l’usage, qu’ils ont souffert !

Le bien s’est transformé en mal.

Tout le goût s’en est allé.

Ce qu’induit la vieillesse aux hommes :

C’est mauvais en toute chose !

Le nez est obstrué ; il ne peut respirer,

(Tout) mouvement est devenu difficile !

…Que soit ordonné à cet humble serviteur de (se) faire un bâton de vieillesse (2)

Et je lui dirai les propos de ceux qui ont entendus  les dieux,

Les conseils des ancêtres

Qui ont été les premiers à entendre les dieux. (2bis)

Ainsi, agira-t-on en ta faveur pareillement

Et chassera-t-on la souffrance de la population,

Tandis que les Deux-Rives travailleront à ton profit (3) !

Et la majesté de ce dieu déclara : 

« Instruis-le donc des paroles d’autrefois !

Il sera ainsi la merveille des enfants des grands (4)

L’attention le pénètrera, ainsi que toute rectitude.

Quand il lui aura été précisé qu’il n’y a personne qui ait été mis au monde, sage (5) !

 

(5,6)                                        Corpus des maximes

 

DEBUT DU RECUEIL DES PAROLES PARFAITES

Qui ont été dites par le prince, gouverneur,

Le père divin, aimé du dieu,

Le fils aîné du roi, de son ventre,

Le gouverneur de la Ville et Vizir, Ptahhotep

En enseignant aux ignorants comment apprendre,

Afin d’être un modèle de rhétorique,

Ce qui est chose utile pour celui qui (y) prêtera attention,

Mais nuisible, pour qui passera outre.

Il dit à son fils (6) :

 

(5,8)                                             MAXIME 1

 

De l’humilité et de la découverte de la parole parfaite

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (7) !

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules

 

(5,10)                                                    MAXIME 2

 

De l’art du débat avec un supérieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR A L’ŒUVRE,

Un homme altier, et qui est plus important que toi,

Fléchis les bras ! Ploie le dos !

Et lorsque ton esprit est irrité contre lui,

Il ne peut te répliquer.

C’est en ne t’opposant pas à lui sur le vif (8),

Que tu dois réduire à l’impuissance celui qui parle mal !

C’est ainsi qu’il sera traité d’ignorant…

Ta modération aura contrebalancé ses richesses

 

                                            

 

(5,13)                                           MAXIME 3

 

De l’art du débat avec un égal

 

Si tu rencontres un contradicteur à l’œuvre,

Ton semblable, qui est de ton rang,

Tu ne dois manifester ta supériorité qu’en te taisant,

Alors qu’il est accaparé par une mauvaise querelle,

Nombreuses seront les huées (qu’il suscitera) des auditeurs

Tandis que ton renom sera parfait dans l’opinion des magistrats.

 

 (6,1)                                                   MAXIME 4

 

De l’art du débat avec un inférieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR À L’ŒUVRE,

 Un pauvre diable, et non ton égal,

Ne te montre pas arrogant envers lui sous prétexte qu’il se fait humble !

Néglige-le, il se punira lui-même (9) !

Ne t’adresse pas à lui jusqu’à ce que ton esprit s’allège !

Ne décharge pas ta colère au détriment de celui qui est devant toi !

C’est une chose bien pénible (à voir), que celui qui blesse un pauvre d’esprit !

On exécutera ce qui est dans ton esprit

Mais, veuille ne le frapper qu’au moyen d’une punition (infligée par) les magistrats.

 

(6,3)                                             MAXIME 5

 

De l’art d’être un chef en respectant la règle

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Qui commande la conduite d’une multitude,

Recherche donc tout acte efficace !

Jusqu’à ce que ta conduite soit sans faute…

Grande est la Maât ! Et durable, l’exactitude !

Elle n’a pas été bouleversée depuis le temps d’Osiris

On punit celui qui transgresse les lois,

Mais, aux yeux de l’avide, c’est de l’histoire ancienne (10) !

Seule, la prévoyance procure des richesses,

Mais, jamais, encore, la transgression n’a mené son action à bon port !

Il prétend : « C’est à mon détriment que je dois faire du profit (11),

Il ne dit pas : C’est en exerçant ma fonction que je dois faire (honnêtement) du profit,

Mais, la limite atteinte, seule la Maât demeure !

Que personne ne dise : « C’est le territoire de mon père (12) ! »

 

(6,8)                                             MAXIME 6

 

De la vanité des manœuvres humaines

 

EVITE D’ ËTRE UN HOMME QUI INSPIRE LA CRAINTE PARMI LES GENS !

Car c’est de même que le dieu punit (13) !

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui en vit, (de la crainte),

Il se prive du pain de la parole (14) »

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui est puissant,

Prétend que c’est à son détriment qu’il tire du profit, chaque fois qu’on le distingue. (15)

 (Tout) homme (se) dit : Celui qui dérobe autrui, il (en) arrive à se donner à un inconnu (16)

 « Jamais projet humain ne s’est encore réalisé, car c’est ce que le dieu ordonne qui se réalise ! »

Dira celui qui vit dans la sérénité,

 « …et c’est spontanément que vient ce qu’ils donnent » ! (17)

                                                                 

 

(6,11)                                            MAXIME 7

 

Des manières de table

 

SI TU ES UN CONVIVE, (18)

Au banquet d’un plus grand que toi,

Accepte ce qu’il donnera, (dès lors que) cela a été placé devant ton nez,

Et c’est seulement ce qui est devant toi que tu devras regarder !

Ne lui décoche pas de nombreux regards !

C’est une chose insupportable, pour un Ka, que d’être pris pour cible (19) !

Ne lui adresse pas la parole, tant que lui ne t’a pas appelé,

Car on ne peut prévoir le déplaisir…

Dès lors qu’il t’aura sollicité, tu parleras,

Et ce que tu diras sera  (bien sûr), plaisant !

Quant au grand, chaque fois qu’il se tient derrière les pains (20),

Sa conduite est conforme aux obligations de son Ka,

Il va donner à celui qu’il favorise,

C’est la coutume (à la tombée) de la nuit…                                     

C’est le Ka qui écarte ses bras (21) !

Quand le grand donne, l’homme (du commun) ne peut l’égaler

Le fait de manger du pain est soumis au dessein divin

Ce n’est donc que l’ignorant qui s’en plaindra !

 

(7,3)                                             MAXIME 8

 

Du respect de la mission confiée

 

SI TU ES UN HOMME DE CONFIANCE,

Envoyé par un grand à un (autre) grand,

Sois vraiment scrupuleux, quand il t’envoie,

Exécute la mission pour lui, comme il (le) dit !

Garde-toi de médire dans tes propos

Dont un grand serait friand envers un autre grand !

Respecte la mesure, ne l’outrepasse pas !

Une algarade n’est pas chose à renouveler (22)

Ne dis rien contre quiconque,

Grand ou petit, car c’est intolérable pour un Ka !

 

(7,5)                                             MAXIME 9

 

Du nécessaire silence du riche et de l’heureuse destinée de qui n’a pas d’enfants

 

SI TU LABOURES CONSTAMMENT DANS LA CAMPAGNE,

C’est en abondance que le dieu t’en donnera dans la main !

Mais, n’en aies pas plein la bouche, à côté de ton voisinage !

Il est important de pratiquer le détachement de l’homme silencieux !

Quant à l’homme de caractère qui est comblé de biens,
C’est tel un crocodile qu’il l’emporte dans une assemblée !

Ne te montre pas hautain envers ceux qui n’ont pas d’enfants !

Ne fais pas le modeste ! Ne t’en vante pas ! 

On trouve (sans difficulté) un père à la nombreuse progéniture qui est dans la misère,

(Comme) on trouve aussi une mère qui a enfanté et par rapport à qui, une autre, (sans enfant) est plus comblée qu’elle !                                                                         

C’est l’individu qui fait se manifester le dieu,

Alors que le chef de tribut ne cesse d’implorer qu’on lui rende service (23) !

                                                                            

(7,7)                                             MAXIME 10

 

De la nécessité de placer sa confiance en un être de qualité

 

SI TU T’AFFAIBLIS, SERS UN HOMME RICHE !

Que toute ta conduite se montre parfaite auprès du dieu

Dès lors que tu sais reconnaître des gens pauvres, devenus prépondérants

Evite de montrer du dédain à son égard !  ( à ton patron)

A propos de ce que tu connais de lui, alors qu’il est devenu prééminent,

Respecte-le en raison de ce qui lui est advenu !

Ce n’est pas d’elles-mêmes que les choses arrivent !

C’est leurs lois, pour celui qu’ils aiment (24)

Quant au surplus, il a été rassemblé de lui-même.

Or, c’est le dieu qui a créé sa richesse,

Et c’est même endormi que le dieu le protège !

 

 (7,9)                                                   MAXIME11

 

De la nécessité de suivre sa conscience et de ne pas gaspiller son énergie dans les tâches matérielles

 

CONDUIS-TOI SELON TON CŒUR, LE TEMPS DE TON EXISTENCE !

N’en fais pas plus que ce qui a été prescrit !

Ne réduis pas le temps de ta réflexion,

Car c’est une chose insupportable pour le Ka, que de gâcher son temps !

Ne détourne pas une partie de la journée,

Qui soit un surplus servant à l’entretien de ta (propre) maison !

Une fois les biens advenus,… Suis ta pensée (25) !

Car nul profit n’est à retirer de quelque chose, quand elle rend chagrin. (26)

 

  (7,10)                                                 MAXIME 12

 

Du comportement envers son fils

 

SI TU ES UN HOMME DE VALEUR,

Essaie d’engendrer un fils propre à charmer le dieu.

S’il se montre loyal, s’il manifeste son tempérament,

Et s’il prend soin de tes biens comme il faut,

Fais pour lui tout le bien !

C’est ton fils ! Il appartient à la semence de ton Ka.

Et évite de détacher tes pensées de lui !

Cependant, la progéniture est (aussi) fauteuse de troubles.

S’il erre, s’il s’écarte de ta ligne de conduite,

Si tout ce qui est dit s’oppose à lui,

Si sa bouche s’égare en vils propos,

Aiguillonne-le donc pour la moindre de ses paroles (27) !

Prends donc pour cible quelqu’un qu’ils détestent (28) 

Car c’est le genre d’homme pour lequel le malheur a été assigné dès la gestation !

Celui qu’ils guident ne saurait errer,

Tandis que celui qu’ils privent de barque ne saurait trouver un moyen de traverser.

 

 (8,2)                                                   MAXIME 13

 

De l’attitude juste à la cour de justice

 

SI TU TE TROUVES DANS LE PORCHE, (lieu des audiences, et où l’on rend la justice.)

 LEVE-TOI ET ASSIEDS-TOI selon ta position 

Qui t’a été assignée dès le 1° jour (29)

Ne dépasse pas, ou il arrivera qu’on te refoule !

Clairvoyant est le regard de celui qui entre, ayant été annoncé !

Large est la place de celui qui est convoqué !

Le porche se conforme à un modèle de régulation.

Toute conduite est mesurée au fil à plomb !

C’est le dieu qui fait progresser la position (dans la hiérarchie).

Et l’on n’a jamais nommé à une fonction ceux qui ont joué des coudes !

 

 (8,6)                                                   MAXIME 14

 

De l’esprit franc qui rend heureux, et du ventre qui condamne au malheur

 

SI TU ES AVEC DES GENS,  (En général),

Sois donc un compagnon de confiance !

Un homme franc, qui ne tergiverse jamais,

Et se montre lui-même un chef.

Un homme capable et disponible selon sa ligne de conduite.

Une fois ta renommée devenue bonne, abstiens-toi de parler.

Une fois ton corps repu, et te montrant attentif à ton entourage,

C’est même ce que tu ignores qu’on rassemblera pour toi !

L’esprit de celui qui obéit à son ventre,

Déclenchera (immanquablement, envers lui), de la haine au lieu de l’amour.

Puisque son esprit est inculte et son corps est non oint.

Le cynique est l’ennemi des créatures du dieu (30)

Celui qui obéit à son ventre est un suppôt de la rébellion !

 

(8,11)                                                    MAXIME 15

 

De la rigueur du chargé de mission

 

RENDS COMPTE DE TA MISSION SANS NEGLIGENCE !

Fais part de ta conduite, lors de l’audience de ton maître !

Quant à se montrer prolixe à son détriment, lorsqu’il parle,

Ce n’est pas difficile pour un messager,

Mais c’est sans possibilité d’objection de la part de celui qui est informé

Qu’il doit être fait rapport, alors qu’il s’est fourvoyé par (la faute d’) un grand, à propos de son affaire.

Quant à celui qu’il imaginerait affronter à cause de cela,

Il se tait, sur un : « J’ai dit ! » (31)

                                               

 (8,14)                                                   MAXIME 16

 

De l’art de gouverner avec efficacité et rigueur

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Larges sont les procédures d’exécution dans ce qui te sera ordonné,

Implique-toi, car, est distingué…, celui dont on évoque le souvenir

Jours après jours !

Jamais, une parole litigieuse n’est venue du sein de la faveur

Ainsi, le crocodile à l’affût n’émerge que lorsque la disgrâce s’est manifestée. (32)

 

(9,3)                                                    MAXIME 17

 

De la nécessité d’entendre les requêtes

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Il est convenu (de par ta fonction) que tu entendes la parole d’un plaignant !

Ne l’éconduis pas jusqu’à ce qu’il se soit épanché

De ce qu’il avait envisagé de te dire !

Le désir d’une victime de se soulager (de sa plainte),

Dépasse la réalisation de ce pourquoi elle est venue. (33)

Quant à celui qui repousse systématiquement les plaintes, (qui lui sont présentées),

On dit (de lui) : « Pourquoi, donc, va-t-il encore les repousser ? »

Car, même si aucune plainte, qu’on lui adresse, n’a vocation à se réaliser,

Prêter une oreille attentive est un moyen de pacifier les esprits.

 

  (9,7)                                                 MAXIME 18

 

Du danger de la séduction

 

SI TU DESIRES rendre durable

L’amitié dans la maison, (34)

Dans laquelle tu entres, en tant que maître, en tant que frère,

Ou en tant qu’ami, comme en tous lieux,

C’est armé (contre toi-même, vigilant) que tu entreras en tant que tel !

Ne t’approche pas des épouses !

Le lieu où cela se pratique ne peut devenir de bon aloi, (35)

Et comme le visage ne peut regarder en face parce que cela est permis, (36)

Un millier d’hommes sont détournés constamment de ce qui leur est utile,

En un instant réduit, semblable à un rêve,

Chaque fois, on atteint la mort, en en prenant conscience… (37)

C’est un vil principe que de tirer sur qui est en face (38).

On  finit de s’y adonner, car l’esprit s’y oppose…

Mais, quant à celui qui succombe constamment en le convoitant,

Aucun projet ne peut réussir de son fait.

 

  (9,13)                                                  MAXIME 19

 

De l’avidité : mal incurable, qui réduit la durée de vie et annihile l’espérance de vie éternelle

 

SI TU DESIRES que ta conduite s’améliore,

Préserve-toi de tout mal !

Garde-toi de faire preuve d’avidité !

Car c’est une maladie douloureuse comme, infligée par un serpent venimeux.

Comme la confiance ne peut en résulter,

Elle fait se séparer père et mère,

Ainsi que les frères de (même) mère.

Elle sépare femme et mari,

C’est un composé de tous les maux,

Un sac de tout ce qui est odieux (39)

L’homme ne vit longtemps qu’en se conformant à la Maât :

Celui qui va à son pas,

En fait son testament,

Nulle tombe pour l’avide !

 

 (10,5)                                                   MAXIME 20

 

De la juste attitude envers l’avoir

 

NE REVELE PAS UN ESPRIT AVIDE LORS D’UN PARTAGE !

Ne convoite rien d’autre que ce qui doit être ta part !

Abstiens-toi de te révéler avide au détriment de ton entourage !

Il est plus important, pour un homme affable, une demande polie, qu’un étalage de force !

Celui qui abandonne son entourage : C’est quelqu’un qui perd au change,

Privé des bienfaits de la parole (40)

Or, c’est seulement un peu, de ce que l’on convoite,

Qui transforme un querelleur en quelqu’un de sang froid !

 

 (10,8)                                                    MAXIME 21

 

Recette pour une bonne harmonie conjugale

 

SI TU DEVIENS IMPORTANT, QUE TU FONDES TA MAISON,

Et que tu aimes ton épouse du fond du cœur,

Emplis son ventre, revêt son dos (41) !

C’est un remède pour son corps, (aussi nécessaire) que l’huile (42) !

Mets-la en joie, le temps de ton existence !

Comme c’est une terre profitable pour son maître,

Abstiens-toi de la répudier !

Empêche-la d’exercer le pouvoir :

C’est un moyen de prévenir le désordre qu’elle provoquerait, chaque fois qu’elle exercerait son regard, (sur les affaires du monde)

Et c’est aussi le moyen de la faire durer dans ta maison.

Donc, canalise-la : C’est de l’eau !

Une femme, chaque fois qu’elle est laissée à elle-même, (43)

Ce qu’elle réclame a engendré un océan !

 

 (11,1)                                                   MAXIME 22

 

De la nécessité de satisfaire ses familiers

 

SATISFAIS TES INTIMES GRÄCE À CE QUI T’ES ECHU !

Car c’est échu à quelqu’un que le dieu favorise !

Au sujet de celui qui manque à satisfaire ses intimes,

On dit (de lui) : « C’est un avare ! »

Etant donné que l’on ne peut discerner l’avenir, ce n’est que le lendemain qu’il s’en rendra compte…

C’est un Ka intègre, le Ka du juste en qui l’on peut se fier…

Si des marques de faveur surgissent,

Ce sont les intimes qui disent : « (C’est) Bienvenue ! »

Et comme on ne peut acquérir d’apaisement au port,

On recherche les intimes en cas de perte survenue.

 

(11,5)                                                    MAXIME 23

 

Du refus de la rumeur et de l’exemplarité de son attitude en toutes circonstances,

 

NE REPETE PAS DE MEDISANCES !

Alors que tu n’en connais pas le fondement

C’est la manifestation de quelqu’un d’impulsif

Que de divulguer des ragots,

-Celui dont il a été constaté qu’il ne pouvait en prendre connaissance-,

Se ridiculise complètement en parlant.

Vois, ton interlocuteur est parfaitement au courant !

De même qu’on suscite le vol, chaque fois qu’on le commet, (44)

Celui qui incite à le perpétrer

Est un objet de haine conformément à la loi.

Vois, c’est dissiper un songe,

Que de placer un voile devant lui ! (4)

 

(11,8)                                                    MAXIME 24

 

Du bon usage de la parole

 

SI TU ES UN UN HOMME important,

Qui siège au conseil de son maître,

Concentre-toi sur ce qui est important et garde le silence !

C’est plus utile que  la plante ‘teftef’ (46)

Ne parle qu’en sachant argumenter.

Seul, l’orateur parle au Conseil !

L’éloquence est le plus ardu de tous les arts !

Celui qui en fait preuve, la place à son service !

 

(11,12)                                                    MAXIME 25

 

De la vraie puissance et de la maîtrise de soi

 

SI TU DEVIENS PUISSANT, tu ne dois inspirer le respect

Que par le discernement, et le calme de l’élocution !

N’intime jamais (à quiconque) d’ordres, sauf, selon les directives. (47)

L’impulsif entre (fatalement) dans la privation :

N’exalte pas ton esprit et tu ne seras pas humilié !

Ne garde pas le silence de peur de stagner (48)

Quand tu réponds à une polémique, ne t’enflamme pas !

Une fois cela étant écarté de toi, maîtrise-toi !

En effet, l’ardeur de celui à l’esprit enflammé submerge (tout),

Tandis que l’homme agréable laisse une trace et construit son chemin,

Celui qui ne cesse de gémir à longueur de journée,

Ne peut passer d’instant heureux !

Et l’insouciant, tout au long de la journée, 

Ne peut fonder une maison.

Après avoir été rejeté, ayant été enrôlé

Comme barreur, et ayant été laissé à terre,

Un autre a été embarqué (à sa place)…

Celui qui obéit à sa perspicacité est destiné à faire preuve de maîtrise.

 

(12,6)                                                    MAXIME 26

 

De la juste utilisation de l’énergie

 

NE T’OPPOSE PAS À L’ACTION D’UN GRAND !

N’irrite pas celui qui est accablé (de responsabilités)

Car il ne fait obstacle qu’à celui qui s’oppose à lui

Ainsi, le Ka ne laisse le champ libre qu’à celui qu’il apprécie !

C’est quelqu’un qui, de concert avec un dieu, dispense des moyens d’existence.

Ce qu’il aime : C’est que l’œil soit tourné vers lui !

(Ou :) C’est qu’il aime : Ce qui doit être fait pour lui !

Recompose-toi donc un visage après une colère !

(Ou :) Fais (de ton mieux) pour que le visage (du chef) se recompose après une colère !

En effet, la prospérité découle de son Ka (49)

Les déboires dérivent de l’opposition.

(Moralité :) C’est un ‘combustible’ qui accroît l’attachement ! (50)

 

 (12,9)                                                   MAXIME 27

 

De l’instruction d’un grand

 

INSTRUIS UN PUISSANT DE CE QUI LUI EST UTILE !

Crée pour lui un climat favorable à son action dans l’opinion publique !

Et fais que sa science se répercute sur son maître !

C’est auprès de son Ka que l’approvisionnement te sera (inévitablement) attribué !

De même, le ventre de celui qu’on apprécie est promis à la satisfaction,

De même, ton dos sera vêtu grâce à cela.

Que soit accueillie favorablement son action !

Ta vigilance va être la cause de la fortune de ta maison auprès du dignitaire (51)

Auquel tu es loyal, car celui-ci en vit. (de ta vigilance) (52)

S’il fait de toi son bras droit. (53)

Garde le silence ! Et que perdure ainsi l’estime que tu inspires 

Dans la poitrine de ceux qui t’affectionnent !

Vois, celui qui entend,… c’est un Ka apprécié !

 

(13,1)                                                    MAXIME 28

 

De la nécessité de l’impartialité

SI TU AGIS TEL LE FILS DUN HOMME DU TRIBUNAL, (54)

Instrument de l’harmonie publique,

Prends la palanche (55)

Quand tu vas parler, ne te montre pas partial,

Car c’est le garde qui exprimera son avis (56)

Mais c’est le propre du magistrat qui jugera objectivement (57)

Que l’affaire dont tu es chargée se résolve par un jugement !

 

  (13,4)                                                 MAXIME 29

 

De l’indulgence

 

SI TU INSTRUIS AVEC BIENVEILLANCE UNE AFFAIRE À L’ORDRE DU JOUR, (58)

La tolérance dont tu feras preuve, doit dépendre de son attitude,

Néglige-le, ne lui accorde plus la moindre pensée,

Dès lors qu’il garde le silence envers toi (dès) le premier jour ! (59)

 

 

(13,6)                                                    MAXIME 30

 

De la discrétion

 

SI TU DEVIENS GRAND APRES UNE POSITION MODESTE

Et que tu amasses du bien après une pauvreté antérieure,

Dans une ville que tu connais,

N’expose pas publiquement ce qu’il t’est arrivé auparavant !

Ne fais pas étalage de ta fortune ! (60)

Car si cela t’est advenu comme un don du dieu,

(Il arrive aussi) que quelqu’un qui n’a pas de protection, et qui est un autre de tes semblables,

Il lui est arrivé la même chose ! (61)

 

 (13,9)                                                   MAXIME 31

 

De la bonne attitude envers un supérieur et le voisinage

SI TON DOS EST COURBE, DEVANT TON SUPERIEUR,

Ton directeur de l’administration royale,

Ta maison sera établie sur ses biens

Et tes émoluments seront à leur juste place.

C’est une chose pénible qu’un adversaire quand il est un supérieur !

On ne vit que le temps d’entretenir sa bienveillance

Le geste par lequel il dépouille de ses bienfaits est inflexible. (62)

Ne pille pas une maison voisine !

N’usurpe pas les biens de celui qui est proche de toi ! (63)

Qu’il ne se plaigne pas de toi jusqu’à ce qu’on t’entende ! (64)

Comme l’insubordination, c’est pure folie !

S’il s’en avise, il sera quelqu’un qui (la) réprimera.

 

  (14,4)                                                  MAXIME 32

 

De la nécessité d’éviter de violer l’épouse d’un subalterne

EVITE DE VIOLER L’EPOUSE D’UN SUBALTERNE que tu connais !

C’est chose propre qui s’oppose aux humeurs qui irriguent son cœur.

Ce qui est dans son ventre ne pourrait s’apaiser. (65)

Puisse-t-il ne pas s’obscurcir (l’esprit), jusqu’à commettre une action répréhensible ! (66)

Car, c’est au préjudice de son esprit qu’il se réconforterait (67)

 

 (14,6)                                                   MAXIME 33

 

Comment éprouver un collaborateur et connaître sa véritable nature

 

SI TU SONDES  la nature de quelqu’un de l’entourage (des affaires, professionnel),

Ne questionne surtout pas l’un de ses proches !
Fais-le avec lui seul ! (68)

Jusqu’à ce que tu aies fini d’éprouver sa fiabilité

Dialogue avec lui, et après un certain temps, (69)

Réforme son esprit par l’éloquence

Quant à celui, à qui ont échappé les fruits de son expérience,

Au point de commettre  une action pour laquelle tu te mets en colère,

Ou envers laquelle il se montre bienveillant,

Ne prends pas un visage renfrogné ! Ne lui cherche pas querelle !

Ne réagis pas contre lui par une rebuffade !

Ne t’écarte pas de lui ! Ne l’humilie pas !

Son occasion (de servir) n’a jamais encore manqué de venir.

On ne peut faillir étant celui qui la prédétermine. (70)

 

 (14,12)                                                MAXIME 34

 

De la nécessité d’une conduite sans faille  et de la pratique de la bienveillance

 

PUISSES-TU TE MONTRER IRREPROCHABLE (TOUT) LE TEMPS DE TON EXISTENCE

Car « celui qui est sorti du grenier ne peut (y) rentrer » (71)

Aussi vrai que le pain du partage est la seule chose qui vaille la peine d’être recherché avec appétit, (72)

N’est un homme exemplaire que celui qui s’est purgé de ses passions.

Comme un séditieux se révèle toujours un instrument de malheur,

N’en fais pas un de tes proches !

En effet, la bienveillance fait tout le souvenir d’un l’homme

Pour les années qui suivent l’exercice de (ses) fonctions.

 

 (15,2)                                                  MAXIME 35

 

De la nécessité d’un caractère clairvoyant, attaché à l’harmonie sociale

 

APPRENDS À RECONNAÎTRE TES COLLABORATEURS ! Et, dans la mesure où tes biens existent

Ne te montre pas mesquin au détriment de ton entourage, car c’est une terre riveraine. (73)

Celui qui en est comblé, il est plus grand que ses propres richesses (74)

En effet, les biens de l’un sont à l’autre.

Ainsi le caractère du fils d’un homme lui est profitable (75)

Les bonnes manières sont destinées à marquer les mémoires.

 

 (15,5)                                                   MAXIME 36

 

De la nécessité de punir à bon escient, sans état d’âme.

 

PUNIS AU NOM D’UNE VERITABLE INSTRUCTION !

On déchire le voile de l’ignorance jusqu’à ce que, seul, le bon exemple perdure.

Un tel cas (de faiblesse, complaisance), sauf provoqué par la fatalité,

Cela revient à ce qu’un plaignant a été laissé se transformer en contestataire.

 

 (15,6)                                                   MAXIME 37

 

Du choix de son épouse et de la manière adéquate de la traiter

 

SI TU PRENDS POUR EPOUSE UNE FEMME BIEN EN CHAIR, à l’esprit joyeux,

Connue de ses concitoyens et en règle avec la loi, (76)

Montre-toi aimable à son égard au bon moment !

Ne la tiens pas à l’écart ! Laisse-la donc manger (comme il lui plait) !

Son esprit joyeux contrôle ses sautes d’humeur (77)

 

 (15,8)                                              EPILOGUE-Première section

 

De la transmission de la Sagesse

 

SI TU PRÊTES ATTENTION A CE QUE JE T’AI DIT, (78)

Ta carrière aura de l’avenir…

Quant au grain de vérité qui s’y attache, c’est sa richesse qui s’y trouve (79)

Et c’est, grâce à la beauté de leurs formulations

Que, dans la bouche des hommes, s’envolera leur souvenir…

Quand on a recourt à un texte, quel qu’il soit,

Il ne peut périr dans ce pays,

Et si on le cite, c’est au mieux que l’on a fait mouche !

Les magistrats ne parleront qu’en conformité avec lui !

En effet, c’est un (précieux) modèle pour apprendre à parler à un homme pour la postérité.

Il ne peut l’assimiler qu’après être devenu un expert en audition (80)

Il est bon de prononcer des paroles pour la postérité, car c’est elle qui l’entendra ! (81)

Si une bonne occurrence advient du fait de quelqu’un qui est un chef,

Et que cet évènement demeure mémorable pour toujours,

Toute sa sagesse (du chef), est promise à l’immortalité.

En effet, seul le savant nourrit son Bâ ! (82)

En établissant sa compétence lui-même, sur terre (83)

Le sage n’est nourri de ce qu’il sait (84)

Que par le magistrat à l’œuvre (85)

C’est sous la seule influence de son esprit,

Que parfaite est sa langue !

Et que ses yeux, quand ils voient juste,

Et ses oreilles réunies, quand il entend ce qui est utile à son fils,

Rendent exactes ses lèvres, quand il parle :

A savoir : « Celui qui accomplit la Maât est exempt du mensonge » (86)

 

 (16,3)                                              EPILOGUE- Deuxième section

 

De l’art d’être tout ouïe, clé de voûte de l’acquisition de la sagesse

 

Il EST UTILE D’ÊTRE TOUTE OUÏE, AU FILS QUI PRÊTE ATTENTION !

Car le don d’entendre n’est accessible qu’à celui qui est toute ouïe.

C’est en celui qui sera entendu que se transforme quelqu’un d’attentif. (87)

Ainsi, celui dont la qualité d’écoute est exemplaire, est quelqu’un dont l’éloquence est sublime. (88)

Et celui qui se montre attentif est détenteur de quelque chose d’utile. (89)

Il est utile de se montrer attentif pour l’auditeur ! (90)
Et c’est lorsqu’une véritable inclination s’est manifestée que le fait de se montrer attentif s’avère meilleur que tout ! (91)

Il est bon qu’un fils se montre attentif au(x) dire(s) de son père,

Car, grâce à cela, la vieillesse devra lui échoir !

Celui qui dresse l’oreille, est quelqu’un que le dieu aime.

Qui n’est pas attentif est (forcément) abhorré du dieu ;

Seul, l’esprit fait se métamorphoser son détenteur 

En quelqu’un d’attentif ou en quelqu’un d’inattentif !

Car c’est pour l’homme, la vie, l’intégrité et la santé que son esprit ! (92)

Seul, celui qui se montre attentif entend celui qui parle,

C’est quelqu’un qui est enclin à se montrer attentif et qui fait ce qui est dit.

Il est bon qu’un fils tende l’oreille à son père !

Heureux, celui à qui a été dit cela !

Quant au fils, sa maîtrise de l’ouïe, suffit à le rendre agréable !

Et celui qui se montre attentif, et à qui a été dit cela, devient inébranlable dans ses passions.

Quant au vénérable, auprès de son père, (93)

Son souvenir est dans la bouche des vivants

Qui sont sur terre et de ceux qui viendront à l’existence.

 

(16,13)                                   EPILOGUE- Troisième section

 

Du fils, disciple de son père et de l’ignorant voué aux gémonies

 

SI LE FILS D’UN HOMME EST RECEPTIF AU(X) DIRE(S) DE SON PERE,

Aucun de ses projets ne saurait aller à la dérive. (94)

Celui que tu guides comme un fils attentif,

C’est quelqu’un qui deviendra influent chez les magistrats (95)

Celui dont la bouche est guidée par ce qui lui a été dit

Est considéré (une fois pour toutes), comme un homme qui a le don d’entendre

Un fils n’acquiert de l’importance que si ses errements ont été relevés

Tandis que l’égarement est échu à celui qui est inattentif,

L’intelligent ne se lève à l’aube que pour se former,

Alors que l’ignorant n’adhère qu’à lui-même. (96)

 

(17,4)                                               EPILOGUE- Quatrième section

 

De l’ignorant

 

QUANT À L’IGNORANT, DONT L’ATTENTION N’EXISTE PAS,

Il ne peut rien faire,

Car il ne perçoit le savant que comme un ignorant,

Et ce qui est utile, qu’en élément nuisible

Chaque jour il transforme ce qui est odieux en source de répugnance à son encontre.

Il ne se nourrit que de ce dont on meurt.

Dénaturer le sens des mots, c’est sa nature.

Son caractère est en cela dans la perception des magistrats, (97)

Dans le fait de dire : « Vivre (ainsi), c’est mourir chaque jour. » (97bis)

On ne passe sur ses actes (98)

Qu’à cause du nombre de malheurs qui fondent sur lui, chaque jour.

 

(17,10)                                               EPILOGUE- Cinquième section

 

Des devoirs et du destin du fils spirituel

 

LE FILS ATTENTIF SERAIT DIGNE D’ÊTRE UN SUIVANT D’HORUS,

Il n’acquiert cette perfection que dès lors qu’il se montre attentif.

 (Quand) il devient vieux, il n’atteint l’état de vénérable

Qu’en s’obligeant à parler de la même manière à ses enfants,

C’est-à-dire en reproduisant la manière d’instruire de son père.

Tout homme est instruit comme il (son père), avait vocation à le faire.

Qu’il s’oblige donc à parler auprès de (ses) enfants,

De sorte que leurs enfants, (les petits enfants) leur diront : « Sois un exemple ! »

Ne permets pas qu’on te chahute ! Maintiens l’ordre !

Tes enfants ne doivent vivre que selon un tel principe …

Alors qu’ils sont venus (nés), porteurs de désordre

De sorte que les gens diront que ce qu’ils voient

Est une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep)(99)

Qui ne parlait à l’auditoire qu’une fois qu’il s’était installé.

C’est aussi une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep) (99)

Celui qui ne prêtait considération à leur groupe, qu’une fois la foule rendue silencieuse (100)

Les bienfaits (du savoir) ne sauraient se parachever sans eux. (Les auditeurs)

Ne t’empare pas d’un mot ! Ne va pas le chercher !  (Pour en détourner le sens ou l’usage)

Ne place pas l’un à la place de l’autre ! (101)

Prends garde ! N’ouvre pas, car il y a des clôtures en toi ! (102)

De peur de dire : « Savant,

Fais donc attention !… »  (Si) tu désires faire de toi un exemple,

Dans la bouche des auditeurs,

N’envisage de parler que, si après avoir assimilé les règles de l’art,

C’est à la perfection que tu parles,

Et que chacune de tes idées soit à sa place !

 

(18,12)                                               EPILOGUE- Sixième section

 

De la parole juste

 

DANS LA MESURE OÙ TON ESPRIT EST IMMERGE, QUE TA BOUCHE EST CONTRÔLEE  (103)

De sorte que tes projets soient prépondérants parmi les magistrats, (104)

Montre-toi vraiment scrupuleux auprès de ton maître !

Agis jusqu’à ce qu’il ait dit : « C’est un fils (disciple) d’homme célèbre » (105)

Jusqu’à ce que ceux qui l’entendront aient dit cela :

« Loué, soit celui pour qui il a été mis au monde ! »

Que son esprit soit posé le temps que tu parles

Tu n’évoqueras les choses que de manière remarquable,

De sorte que les magistrats qui entendront diront :

« Parfaites sont ses sentences ! » (106)

 

 (19,3)                                              EPILOGUE- Septième section

 

Conclusion

 

AGI JUSQU’À CE QUE TON MAÎTRE AIT DIT DE TOI:

« Parfait est celui que son père a instruit !

C’est, comme issu de son corps qu’il est sorti ! (107)

Car ce qu’il lui a dit est entièrement intériorisé

Plus grand ce qu’il a fait que ce qui lui a été dit !

Vois, c’est un fils parfait qu’un dieu donne !

Celui qui a donné plus que ce qui lui avait été dit par son maître,

Il ne pratiquera Maât que dans la mesure où sa conscience aura été guidée par sa conduite..

Dans la mesure où tu m’égales, ton corps sera intact

Et le roi sera satisfait de tout ce qui est advenu.

C’est, sans que diminuent celles que j’ai passées sur terre,

Que tu ne gagneras pas moins d’années à vivre !

Je n’ai gagné 110 années à vivre (108)

Que par don du roi de Haute Egypte, (109)

Ainsi qu’une faveur dépassant celles de ceux qui ont vécu auparavant,

Que par la pratique de Maât, à l’avantage du roi, jusqu’à l’état de vénérable (110)

 

C’est ainsi que le document doit aller de son début à sa fin (111)

COMME CELA À ETE TROUVE ECRIT

                                                  XXXXXXX

 

Version du papyrus Prisse, Bibliothèque Nationale de France. La version du papyrus Prisse est la version majeure de cette œuvre.

Datation : La scène se passe à l’Ancien Empire, sous le règne du roi Djedkarê Isési, huitème et avant-dernier roi de la V° dynastie, vers 2400 av JC. Sa rédaction devrait se situer dans la période : Fin de l’Ancien Empire, début de la XII° dynastie, au Moyen Empire. Cette « Sagesse », peut être considérée comme l’œuvre fondatrice de la culture classique de l’Egypte Pharaonique.

Notes :

(1) : litt : « la vieillesse est descendue »

(2) :« cet humble serviteur » : manière de parler déférente envers un supérieur- « se faire un bâton de vieillesse », >un successeur dans ses fonctions, que le fils succède à son père.

(2bis) : « dieu », il faut entendre par cette traduction de -nTr-, traditionnelle, et source de compréhension erronée, « lois, principes fonctionnels de la nature », qui, pour être appréhendé par l’esprit humain est anthropomorphisé.

(3) : Les Deux-Rives : L’Egypte

(4) : « Les grands » : Les hauts fonctionnaires, les notables, les magistrats.

(5) : C’est-à-dire totalement instruis

(6) : Il faut entendre dans « fils », la dimension de « disciple »

(7) : « La pierre verte », la malachite, et par extension les pierres de couleur verte ; voir l’important symbolisme qui y est attaché

(8) : litt : « lorsqu’il est à l’œuvre »

(9) : « Néglige-le » : litt : « Laisse-le à terre »

(10) : « de l’histoire ancienne » : Oubli des conséquences, du châtiment à venir.

(11) : L’avide se dit qu’il ne peut faire autrement que de faire du profit, même s’il sait que, transgressant les lois de Maât, il ruine ses chances dans l’Au-delà.

(12) : « Que personne ne dise » : litt : « Qu’un homme ne dise pas »

          « C’est le territoire de mon père » : C’est du passé, cela ne me concerne pas !

(13) : le dieu punit de même : en inspirant la crainte.

(14) : Il s’isole, devient asocial.

(15) : L’homme puissant pense qu’il n’est remarqué, adulé, courtisé qu’en fonction de ses richesses, même mal acquises, dérogeant alors aux lois de Maât et à ses conséquences.

(16) : Se jeter dans les bras du premier venu.

(17) : « Ils » : les dieux

(18) : litt : « Si tu fais partie des gens qui sont assis » (à table)

(19) : « le Ka » : Le personnage, la personne publique, la personnalité

(20) : « se tenir derrière les pains » : être assis à table

(21) : « un Ka qui ouvre ses bras » : qui donne

(22) : Une algarade : « Un lavage », « une purgation de l’esprit »

(23) : Rendre service : litt : « être escorté »

(24) : « leurs lois » : Il s’agit des lois des dieux

(25) : Une fois que tu auras rassemblé tes biens

(26) : Inutile de continuer par avidité à amasser (déséquilibre, perte de repère, conscience dévoyée.

(27) : « la moindre de ses paroles », litt : « sa bouche toute entière »

(28) : « Ils » : jusqu’à la fin de la maxime, = « les dieux »

 (29) : « Dès le 1° jour » de ta naissance, ou « dès le 1° jour » de ta prise de fonction

(30) : « Les créatures du dieu » : Les gens de bien

(31) : Il faut comprendre qu’il s’agit, pour un grand, envoyé en mission , d’être capable d’établir un rapport rigoureux et sans faille, même à partir d’informations erronées,

tronquées, même venant de la bouche d’un grand ; autrement dit : Savoir, avec clairvoyance, démêler le vrai du faux. Et s’il devait affronter qui que ce soit, lui portant contradiction, il devrait se taire sur un : « J’ai dit ! », donc, ne pas déroger !

(32) : Agir efficacement selon les principes de Maât, ne pas chercher querelle : On évite ainsi les ennuis et la disgrâce… et son souvenir restera gravé dans les mémoires pour toujours.

(33) : Dans les Instructions au Vizir, chez Rekhmirê, ligne 16, on a : « Un plaignant tiendra plus à ce qu’on prête attention à ses paroles, plutôt que d’entendre ce pourquoi il est venu. »

(34) : « Dans la maison » : litt : « à l’intérieur »

(35) : Une « maison de passe », où l’on peut côtoyer des femmes à visage découvert, voir la suite

(36) : « cela est permis » : litt : « découvert »

(37) : D’avoir gâché sa vie ! Ah ! Les femmes !!!

(38) : « Tirer sur qui est en face » : Que d’avoir des rapports sexuels sur quiconque de rencontre.

(39) : L’équivalent de la boite de Pandore.

(40) : « Les bienfaits de la parole » : Être privé de contacts sociaux, et de ce qu’il aurait pu obtenir.

(41) : Souvent, on peut lire « à plusieurs niveaux, comme ici, il s’agit de la rassasier, et/ou de la féconder.

(42) : L’huile est indispensable pour protéger sa peau des ardeurs du soleil.

(43) : Pour désigner « une femme », l’auteur n’hésite pas, il la désigne ainsi ! Litt, « un vagin »

Et pour la ligne suivante : litt : « un bassin » > « un océan » ses exigences sont démesurées.

(44) : C’est-à-dire : Prêcher l’exemple.

(45) : Que de se voiler la face

(46) : Plante teftef, une plante dont la racine évoquent des gouttes qui tombent ( ?) postillonner ? Bonimenter ?

(47) : Les directives appliquant la Maât.

(48) : Il s’agit, à la fois de ne pas parler par impulsivité, mais aussi de n’être pas muet et trop en retrait.

(49) : « la prospérité découle de son Ka » : découle de la personnalité dont on dépend.

(50) : « le combustible », « l’alimentaire » « les aliments »  ….Toujours d’actualité !

Le texte est plus fort en égyptien car c’est la même étymologie, « k3w » et « k3 ».

(51) : « ton visage »> « ta vue »> « ta vigilance » : « la vie »> « la fortune »

(52) : litt : « Celui que tu aimes » > « Auquel tu es loyal »

(53) : litt : «une bonne épaule »  >« son bras droit »

(54) : Ce fils est un apprenti/un substitut, d’un magistrat.

(55) : = Prends la place du juge…- le bâton d’épaule= le bâton de portefaix, la palanche, image du fléau de la balance, très souvent évoqué ; il doit être rigoureusement équilibré pour un jugement juste.

(56) : Le garde : agent de la force publique.

(57) : litt : « qui placera l’affaire sur le côté approprié »

(58) : litt : « une affaire alors qu’elle s’est produite ».

(59) : Absence de collaboration.

(60) : litt : « Ne te dévoile pas à cause de ta fortune ! »

(61) : La fortune peut être due à la protection du dieu, mais aussi, …au hasard !

(62) : litt : «le coude de son dépouillement ne peut se courber ».

(63) : Ne pas piller, ni les voisins, ni les proches.

(64) : Il s’agit d’être entendu devant un tribunal.

(65) : litt : « se rafraîchir » > « s’apaiser »

(66) : Il s’agit que son esprit ne s’obscurcisse pas d’une telle attaque. (Plusieurs exemples dans papyrus Ebers)

(67) : Son ventre ne se calmerait qu’au détriment de son esprit.

(68) : Quand il est seul, pour se forger sa propre opinion.

(69) : Pour le tester.

(70) : Celui qui prévoit l’utilité future d’un collaborateur, même modeste, réussit.

(71) : Proverbe : « Quand le grain est sorti du grenier, il ne peut y rentrer ». Equivalent en français : « Quand le vin est tiré, il faut le boire ! » 

(72) : L’ardente nécessité de l’harmonie sociale.

(73) : Une terre riveraine (du Nil), est évidemment très fertile.

(74) : Car il reçoit, il est comblé par l’entourage.

(75) : Quelqu’un qui a un état civil, qui n’est pas un esclave sans patrimoine.

(76) : Elle est honorablement connue, elle appartient à la société locale et n’est pas étrangère.

(77) : litt : «…contrôle le juste écoulement des humeurs ».

(78) : litt : «…à ce que je viens de te dire ».

(79) : Chacun apporte à la société son « grain de sel », son étincelle de vérité qui fait la richesse d’une carrière.

(80) : « il ne peut l’entendre », > le comprendre, l’assimiler…

(81) : Car c’est la postérité qui l’entendra et le gardera en mémoire pour la suite des générations qui s’en inspireront.

(82) : Son Bâ : sa réputation qui vole de bouche en bouche et continue à nourrir les générations suivantes.

(83) : litt : « sa perfection » > sa compétence.

(84) : litt : « gavé » > nourri

(85) : Qu’en observant le magistrat et en s’en inspirant.

(86) : Aphorisme- litt : « purgé » > exempt

(87) : Un homme attentif est forcément quelqu’un à qui on prête attention.

(88) : nfr> parfaite> exemplaire, sublime

(89) : Euphémisme : par quelque chose d’utile, il faut entendre « un trésor ».

(90) : L’auditeur auquel il fait allusion est d’un niveau d’étude supérieur. L’enseignement débutait par l’apprentissage de l’écriture.

(91) : Importance de l’adhésion de l’élève, voir : transfert Freudien

(92) : Le « jb » : >l’esprit, l’intelligence, la capacité intellectuelle, mentale, la sensibilité, la spiritualité, etc.

(93) : Prise en charge du disciple par le maître.

(94) : « aller à la dérive » verbe fondé sur la racine nmj, vagabonder, se fourvoyer

(95) : jqr=excellent> influent

(96) : Pas de projet construit, vagabonde sans méthode.

(97) : Voila le trait dominant de son caractère qui sera retenu par les magistrats.

(97bis) : Ptahhotep, s’exprime souvent par des formules lapidaires, dont l’interprétation suppose une connaissance qui nous échappe, avec une liberté laissée au lecteur qui doit se débrouiller…Il parle du destin fâcheux de l’ignorant.

Commentaire de Mr Grandet : « Le type en question est le modèle de la confusion il rejette ce qui lui permettrait de vivre. »

Donc, concernant l’ignorant, dont on a démontré au préalable qu’il gâche sa vie, on pourrait dire en français : «vivre ainsi, c’est mourir à petit feu »…

 (98) : On l’excuse.

(99) :Celui-là > à valeur méliorative, ex: « ce fameux », « cet homme célèbre » ici, Ptahhotep.

(100) : …que l’auditoire s’était assis et calmé.

(101) : Stricte intégrité du texte et de sa transmission. Pas de manipulation.

(102) : Ouvrir des clôtures internes : se libérer (à mauvais escient) de ses inhibitions.

(103) : Esprit immergé, plongé, > maîtrisé et donc dissimulé… Bien voir : le couple intellect qui conçoit/bouche qui exprime.

(104) : litt : « pour que tes projets se réalisent »

(105) : Ptahhotep.

(106) : litt : « Ce qui est sorti de sa bouche est parfait ».

(107) : litt : « C’est hors de son corps à lui, (le disciple), qu’il est sorti »

(108) : L’âge idéal pour les anciens égyptiens.

(109) : Que le roi est en mesure de dispenser.

(110) : JmAx >vénérable> ici, retraite.

(111) : Formule de clôture

Cours Institut Khéops, Années 2010/2011

Professeur : Monsieur P. 

(Les erreurs possibles n’étant que de mon fait.)

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L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx) 4 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Conférence 2015

L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx)

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Mes BB:. CC:. FF:. et SS:., chers amis, bonsoir à tous, nous voici réunis autour d’un sujet bien trop imposant pour une soirée, simplement, puissent quelques étoiles filantes, dans le ciel étoilé, nous apporter leurs traces lumineuses…

Pénétrer un tant soit peu cette si ancienne, si étrange, et si riche pensée est un défi que nous allons essayer d’affronter ensemble car vous êtes plus que tout autre, par votre qualité de FM, préparés à penser à la manière égyptienne.

Je n’aborderai que quelques points, et j’ai prévu de faire des pauses pour que la parole circule.

En guise d’entrée en matière, je voudrais, avant toute chose, rappeler qu’à travers l’écoulement du temps, les données de la pensée de l’Egypte ancienne qui a rayonné durant près de 4000 ans a baigné la pensée grecque, puis romaine et, qu’à travers la suite de l’histoire, à Byzance, puis à la Renaissance, elle a resurgie dans des écrits connus de vous tel, Le Corpus Hermeticum d’Hermès Trismegiste, -écrits qui ont été, au 18° siècle, l’objet d’études attentives dans les cercles d’initiés,-  tels que la FM ou encore « les Illuminés de Bavière »,   particulièrement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche et c’est ainsi que l’on peut citer Von Lessing, ayant écrit sur le papier peint de son salon la célèbre devise grecque, mais d’origine égyptienne, « Hen Kaï Pan », « Le Un et le Tout » ou encore les travaux dans les loges autrichiennes sur la Sagesse égyptienne où un certain Mozart les a écouté et a composé « La Flûte Enchantée » qui en est, elle aussi, imbibée. Je ne développe pas plus ce soir, mais ces faits témoignent d’une imprégnation de la pensée égyptienne souterraine dans la tradition que vous continuez à faire vivre. Tout ceci, s’ajoutant au culte Isiaque qui perdura en Europe fort longtemps.

*Pause1, la parole peut-elle circuler V:.M:. ?…………………..

Bien allons chercher nos étoiles filantes et leur traces lumineuses…

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*1- A propos de la pensée dite « symbolique »

2 citations.

Claude Levi-Strauss

Je cite : « L’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens, modernes, primitifs et civilisés. »

Claude Traunecker, un éminent égyptologue :

Je cite : «La pensée analogique qui consiste à puiser dans le monde sensible du vivant des modèles pour imaginer l’inconnu, supporte parfaitement la superposition des images, même paradoxales…

Attention, ces métaphores ne sont pas des actes de foi, des croyances comme dans la pensée judéo-chrétienne, mais plutôt comme des icônes logiques, (Sirius), explicatives des coulisses encore inconnues de l’Univers. C’est, au détour d’une de ses tentatives de l’explication du monde que nous pouvons surprendre les égyptiens se livrant à une réflexion scientifique sur les rapports entre la pensée et l’action avec la Pierre de Chabaka qui en est le plus brillant exemple ».

Une pierre qui va bientôt nous occuper en relation avec Le Verbe !

Avant cela, je voudrai évoquer avec vous une caractéristique de la pensée égyptienne concernant la logique en relation avec la pensée symbolique :

La pensée égyptienne est « bizarre », elle fonctionne sur 2 modes :

-Celui de la logique dite Aristotélicienne pour  ce qui est des données rationnelles, tel, le calcul d’un angle, la visée de l’étoile polaire pour l’implantation d’un temple, un univers de pensée où 2×2 font toujours 4 ! La logique aristotélicienne est marquée par sa loi d’exclusion, une logique basée sur le « oui/non », et qui exclu un tertium datur, l’exclusion d’un 3° possible « ce qui est blanc est blanc et ne peut être noir » qui s’applique bien à la compréhension du monde dans son champ conceptuel central mais qui ne fonctionne plus si l’on s’approche des frontières de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

-Un autre type de logique

 On rejoint là, les données de la physique moderne en rappelant que le physicien,  Niels Bohr, en 1927, confronté aux phénomènes inexplicables de la matière quand elle concerne les quantas pose le postulat d’une autre logique fonctionnant sous le régime de la complémentarité et incluant elle un 3° possible.

-Ainsi fonctionne la pensée égyptienne quand le besoin s’en fait sentir. Elle devient « plastique » ; elle fonctionne selon un mode de complémentarité, (Thot,Nefertari)une logique de type quantique qui suppose une approche herméneutique. C’est une logique qui pourrait être  comparée à l’œil de la mouche où de très nombreux angles de vues montrent une réalité complexe et évolutive, à l’image de la Vie, donc,  des angles de vue multiples d’une même chose.

Elle s’appuie sur des images, sur des formes, sur des formules écrites de type allusive, le tout pour exprimer l’inexprimable, quand elle pense la Création, ses lois et ses dieux.

Si 2×2 font toujours 4, le ciel est Nout, Hathor, la vache, la truie, le baldaquin, l’eau, etc…, chaque image, chaque forme, chaque texte s’ajoutant pour circonscrire au mieux ce qu’est l’essence du ciel.

C’est un monde où la forme d’un dieu, d’un objet…, où le texte n’est pas à prendre au 1° degré. La seule chose qui importe est ce qu’ils représentent, ce dont ils témoignent dans l’architecture de la Création et le message ne s’éclaircit que si l’on en a exploré tous les aspects…

Cela s’applique bien sûr aussi au domaine de l’écriture, des signes.

Par exemple si l’on regarde ensemble quelques exemples de  l’écriture de Maât, « la fille de Rê »,  - Maât, en résumant, la totalité des lois de la création et du vivant, y compris la concorde des vivants-,  je peux utiliser différentes manière de l’écrire, et le lecteur devra se demander : Pourquoi ? Et il trouvera alors le message complémentaire qui y est contenu.

… Je pense, pour tenter de relier mon propos à l’univers de la pensée M, à titre d’exemple, qu’il y a bien des manières de présenter une équerre et un compas et que si l’on pose la même question : Pourquoi ? Différents concepts deviendront clairs…

Nous baignons dans ce nous appelons la pensée symbolique et sa logique est de type « complémentaire »,  « quantique » !

A partir de cet instant, l’on peut admettre que le « Un et le Tout », (le fameux Hen Kaï Pan) ne sont pas contradictoires, mais issus d’une « logique complémentaire », nous y reviendrons en nous intéressant au 3 !

*Pause2,………………………

2**- Abordons maintenant la Cosmogonie de Ptah, « La création par le Verbe », et la Pierre de Chabaka

* Cette cosmogonie de Ptah est arrivée à nous par l’entremise de la Pierre de Chabakha, (BM), un roi tardif, -25°d, vers -700), qui dit avoir recueilli un papyrus très vieux, très abimé et rongé par les vers. Il l’a pieusement recueilli pour le faire graver dans une pierre de basalte qui, un jour, fut récupérée par un paysan cherchant une meule dormante pour moudre son grain, ce qui a provoqué un effacement d’une partie du texte…

Dans les Textes des Sarcophages du Moyen Empire, issus des T. des Pyramides  vers -2000, une phrase des TdesS : « Je suis l’Eternel… Je suis celui qui a créé le Verbe, … Je suis le Verbe », évoque la 1° phrase de l’Evangile selon St Jean… Il y a de quoi à méditer là-dessus et sur bien autre chose !…

 « La parole », en égyptien mdw-nTr, est qualifiée, elle est : « la parole divine », à travers la cosmogonie de Ptah une divinité très ancienne, le maître des artisans, le forgeron, l’ancêtre de Tubalcaïn, décrite dans cette fameuse pierre de Chabaka, (BM). On comprendra aisément que grâce à son origine divine, elle ait été aussi bien conservée et stable pendant quelques 3800 ans !

* Ptah va donc être l’artisan de la création… Mais quel était l’état des lieux, avant la création ? L’égyptien répond par des formules négatives apportant un début de réponse traduisant par « quand … n’était pas encore », (ou n’avait pas encore), exemple, « quand l’ascension de Chou n’a pas encore eu lieu », (négation de l’espace) ou « quand le dieu créateur n’avait pas encore trouvé un lieu sur lequel se dresser », « quand n’était annoncé le nom de quoi que se soit » une allusion au travail du dieu créateur par lequel il appela à l’existence toute créature et toute chose : « Ce qui existe est nommé et ce n’existe pas n’est pas nommé ».

Avant la création, il n’y avait rien, un état appelé

Avant la création : un état appelé l’état de non-existant le Noun, liquide, indifférencié contenant toutes les potentialités mais inerte, latent, une unicité plongée dans les ténèbres totales, un état de la matière où « il n’existait pas encore 2 choses », « une unité indivisible en 2 choses ».

*** Schémas Non-existant/existant> ouroboros, l’état du non-existant continue à transpirer dans l’existant, d’où la nessacité d’une attantion constante à l’entretien de la création

* La création décrite dans la pierre de Chabaka :

-1- Ptah, le Démiurge, est appelé « Cœur et Langue ». Il est l’image l’image de celui qui, muni de la puissance-Heka  va s’auto-engendrer dans cette étendue inerte, le Noun,…

Le texte décrit Ptah, « le très ancien », « celui qui a tout pouvoir », « celui qui est venu à l’existence en tant que cœur et langue sous l’apparence d’Atoum »,

Atoum est le démiurge de la cosmogonie Héliopolitainne,  il marque le passage crucial entre le non-existant et l’existant, il passe la frontière, tel une entité amphibie, comme nous le montre son nom, tm , « ne pas être », mais aussi, tm, « la totalité » en tant qu’entité  liminaire, placée entre le rien et le tout.

Par la puissance de Heka, nommée chez Ptah, « Cœur et Langue ». il  s’auto-engendre,  je cite, « qui  vient à l’existence par lui- même » (xpr Ds=f) .

Mais quelle est cette puissance contenue dans« Cœur et Langue » dont se sert Ptah pour émerger du non –existant ?… Quelle est donc cette force diffuse dans la pré-création, dans le non-existant, qui permet de basculer dans l’existant ?

A cette question, toujours d’actualité, tant, chez les physiciens que chez les théologiens d’aujourd’hui, les Egyptiens ont apportés plusieurs réponses… Le ch. 261 des TdesS, affirme et montre que Heka préexiste à toute chose et qu’elle est présente dans toute la création, (xpr m HqA).

Mais que signifie Heka ? Une sorte de potentialité universelle et incréée… et mal traduite en français par « magie » ; aussitôt, nos esprits contemporains sont hérissés par cette notion ! Donc, je vais employer le mot égyptien : Heka, c’est une formidable puissance, un champ de forces, une énergie qui fonctionne de manière automatique, instantanée, qui ne nécessite aucun médium pour sa transmission,  et qui met en branle les forces de la Nature. C’est une puissance du même ordre que ce que nous avons appelé « le Big-bang » et dont l’énergie nucléaire ne nous donne qu’une mince approche.

*Notes complémentaires  sur Héka : Heka – la puissance primitive qui a permis au démiurge de se créer lui-même, au début de la création. Elle est  présente en latence avant la création. Heka agit avec deux autres puissances, Sia, la connaissance, l’omniscience intuitive, le Cœur-esprit de Ptah, (le jb et le hathy), et Hou, le Verbe, la Parole créatrice, la Langue de Ptah….

Héka, HkA, est  la puissance, la force, (écrit dans la tombe de Banentyou),  he, H, « ce qui stimule », kA « la force de la vie », le potentiel vital, énergétique, de chaque chose créée… Tout recours à Heka suppose d’affronter une grande puissance donc l’intervention doit être faite par quelqu’un en état de pureté, physique et mentale,  par quelqu’un,  inspiré par Sia, la connaissance, et par Hou, le Verbe, la parole créatrice, la parole performative, efficiente, (et avec la prononciation adéquate). L’intervention se fait sous forme de rites, oraux et manuels. Elle permet donc d’activer les forces de Heka pour atteindre l’état optimum de la création, « la création de la 1° fois »,selon Maât, paix, prospérité, santé, harmonie, etc, et donc, de se défendre contre les forces négatives en général et donc les « ennemis » de tous genres, par ex, animaux vénéneux, par ex, la maladie. (>médecine)

*Pause3…………….

2- Le texte indique ensuite  que Cœur et Langue est présent chez tous les êtres vivants, je cite, « Il se trouve que « Cœur et Langue » ont pouvoir sur les membres de par l’enseignement qu’ils existent en tout corps et en toute bouche de tous les dieux, de tous les hommes, de tout être rampant, et de tout vivant, par la pensée et par les paroles, ordonnant toute choses qu’ils désirent »

Le texte annonce l’universalité du couple « Cœur et Langue », conception/action dans tout le monde vivant. Les membres soumis à leur pouvoir sont ceux d’un corps vivant. L’évidence est que Cœur et Langue existent dans tous les corps vivants et il est spécifié qu’ils agissent par la pensée, (le Cœur conçoit), puis par la Parole. La pensée est anticipatrice de la parole, le verbe choisi l’indique, (kAj, penser à, découvrir que, idée de futur)…Alors, Langue, Dents et lèvres » permettent de passer à l’action .

3- Le processus cognitif est décrit : le cœur produit la pensée, il recueille et coordonne les informations fournies par les sens .

Je cite : « Les yeux voient, les oreilles entendent, le nez respire le souffle et ils sont élevés vers le cœur et c’est lui, (le cœur), qui fait que sortent toutes conclusions et c’est la langue qui proclame les desseins du cœur. »

[ Indispensables à la vie, ils seront réactivés pour le défunt avec le rituel de l’ouverture de la bouche du défunt au ch.1 du LdesM, lui redonnant ses facultés opératives].

Un peu plus loin : « C’est ainsi que sont créés tout travaux et tout œuvre d’artisans ». La pensée, puis la parole déclenche l’action. Tout ce que font les membres, les mains, les jambes sont le résultat de la pensée et de la parole.

- Le processus cognitif est enclenché, il est bien défini. Les informations des trois sens, (vue, ouïe, odorat) sont centralisées par le cœur-esprit, l’intellect, en fait la synthèse et en tire des conséquences, une compréhension, et des résolutions, une volonté, qui déclenche une action pertinente qui passe dans la réalité.

Il faut noter que les « desseins du cœur » relève de la conscience individuelle et du libre-arbitre de tout être pensant devant une situation donnée.

« Cœur et Langue » est à l’origine de tous les travaux, tous les  Arts et toutes les productions… où, même les gestes simples de l’artisan sont soumis au processus cognitif pensée anticipatrice/parole/action.

4-  Puis, « Cœur et Langue » affirme la venue au monde des dieux et de tout ce qui existe, dont, l’Humanité, il met en place l’état de distinction et justifie le libre-arbitre de la conscience.

« C’est ainsi que sont nés tous les dieux, ainsi qu’Atoum et sa compagnie et que sont venus à l’existence toutes les paroles divines par la pensée du cœur et l’ordre de la langue… »

« Cœur et Langue » met en place l’état de la distinction, la dualité la fécondité et la destinée humaine en s’attachant à préciser les bases sur lesquelles la création a été conçue

Mais là, au lieu de citer le texte de la Pierre de Chabaka qui s’y réfère, je vais vous citer celui, plus clair, du TdesS. CT7-462d-464f, concernant le monologue d’Atoum, créateur : (les 4 actes fondateurs de la création, où Atoum donne l’air à  tout ce qui vit, le Nil pour pourvoir à leur nourriture et le moyen de conserver en bon état la création), et dans le 3° acte:

« J’ai créé chaque homme semblable à l’autre. Je n’ai pas ordonné qu’ils fassent le mal mais leurs cœurs ont désobéi à mes propos, c’est l’une des actions ».

Faire le Bien, ou faire le Mal, nous avons le choix… Nous avons le libre-arbitre de nos consciences.

…. Ce qui n’est pas sans évoquer la devise de la France, « Liberté, Egalité, Fraternité »,

*La fin du texte s’achève sur le repos de Ptah qui a créé le monde tangible de l’Egypte, ses villes ses temples, ses cultes, etc, sous la responsabilité de son roi, mandataire des dieux pour la maintenir en Harmonie selon les lois de Maât, l’ordre de la création parfait, exemple, l’ordre du ciel,  (SethyI°).

Je résume, « Cœur-Langue », d’essence « Heka » :

Dans un 1° temps la pensée éclot dans son cœur. (le cœur-esprit), Il « prend conscience »… « Il pense, donc il est », (voir Descartes !!!) et, de son cœur-esprit, il va déclencher la création par le Verbe : Le cœur-esprit conçoit et crée les formes ; ces formes se constituent en écriture interne dans son cœur, (signa), puis trouvent une expression externe par sa langue, ses dents et ses lèvres, (verba), et, grâce à la puissance créatrice Heka du dieu, les mots se réalisent et sont transposés dans le monde visible des phénomènes en constitution, ce sont les choses, (res)…

Thot est chargé de la besogne.

Le processus est instantané, quand la parole créatrice de dieu a été prononcée, Heka déclenche instantanément la réalité de la venue à l’existence.

Les signa, les « formes »  et donc, les hiéroglyphes, sont donc la totalité de la Création advenue, autrement dit, « tout est hiéroglyphe », « tout est Verbe »

C’est une écriture où le signifiant est en symbiose avec le signifié. Tout ce qui est nommé existe et ce qui n’est pas nommé n’existe pas ; d’origine divine, la stabilité du système hiéroglyphique a été maintenue durant 3700 ans !

 J’ajoute que « ces divines paroles » sont « efficientes », « performatives », « opératives », autrement dit chargées d’efficacité heka, et pour l’éternité !…

… Une devinette pour vous permettre de souffler un peu : Comment pensez-vous qu’un homme reconnu coupable d’un crime pouvait être châtié ? Certes, il pouvait être condamné à être battu, voire à être condamné à aller travailler aux mines mais le plus grave c’était ?…

***Pause4 question ?

Revenons un instant sur le Un, le Multiple, et le 3

* La création enclenche la distinction, (faucille, mAa), la division, la dualité, d’où découle la multiplicité.

« celui qui se transforma en millions », est une épithète courante du Créateur, quelque soit son nom, (Rê, Amon, Ptah, etc…). Avec la création et la diversité qu’elle engendre, elle devient multiple…, une intuition que le monde est nécessairement divers et multiforme et qu’il doit cet état au dieu créateur.… Le Un et la Multiplicité sont les deux bornes du non-existant et de l’existant.

*  Mais,…pourquoi le 3 a-t-il une importance dans ce processus ?

Titulature Toutankhamon : nb-xprw-ra HoA-mAat- Rê est le maître  des manifestations, souverain de Maât, et Titulature d’Horemheb : Djeser- Khéperou-Rê- setep-en-Rê Sacrées sont les manifestations de Rê, l’élu de Rê : Dsr-xprw stp.n-ra

Voilà les signes qui permettent d’écrire noter l’Unité, la Dualité et la Multiplicité, si la valeur « trois » est réelle, par exemple dans les textes de comptabilité, ce même signe marque la multiplicité, la Multiplicité de la création, une valeur hautement symbolique s’en dégage, et

la notion de trinité, la tri-unité a évidemment, une origine égyptienne, et la valeur symbolique du trois en est renforcée d’autant.

* L’état sympathique de la création

L’une des particularités de la pensée logique complémentaire est de mettre en lumière que toute cette multiplicité est « Une » dans le fait qu’elle est en interaction et donc, elle offre  une organisation « sympathique » de la Nature : Des données semblables produisent des effets semblables, et ceci, en utilisant tous les règnes de la Création : humain, animal, végétal, minéral. Tout comme ce que nous connaissons dans le domaine de l’Homéopathie… (Isis, scorpion)

* La démarche à suivre dans ce système de pensée symbolique appliquant la logique complémentaire, est, non de poser la question du Comment ? Mais la question du Pourquoi ? Et même la question du pourquoi du pourquoi !… et, pour ma part,…  m’inspirer de la vieille Sagesse égyptienne dont je vous livre un extrait qui m’est cher :

La 1° maxime de la Sagesse de Ptahotep vers – 2350

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art (en ce monde),

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise ne soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (la malachite),

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules »

* Il y aurait tant à dire sur bien des choses, par exemple sur l’œil, la règle, le pavé mosaïque, la Lumière, la pureté, les 4 éléments, la nature d’Osiris et son redressement, le geste-henou, etc… Mais, il est l’heure et nous aspirons au repos…

Simplement pour terminer sur une note plus légère, je vous ferais remarquer que si la pierre du meunier n’avait pas été rectangulaire, si elle avait été carrée ou circulaire, la subtile démonstration des penseurs memphites disparaissait à tout jamais, dissoute dans la farine !

 

Merci de votre patiente attention, j’ai dit V:.M:.

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Notre Dame … Isis 13 mai, 2018

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http://chris.unblog.fr/2018/05/12/notre-dame-isis/

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Protégé : Lecture ésotérique de Tintin, l’Oeuvre d’Hergé – 1°- 11 mai, 2018

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie 6 mai, 2018

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie

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27 Août 2017 , Rédigé par G\ L\

Cette planche a pour but de vous faire découvrir modestement et succinctement un monde que vous ne connaissez peut-être pas.

Préambule

Surface, chassez partout ! L’ordre du commandant fuse dans les hauts parleurs. Chassez partout ! Répète l’officier chef de quart, chassez partout ! Répète à son tour le Maître de central, chassez partout ! Reprend l’électricien de central en actionnant les leviers du tableau de chasse vers le bas. L’air comprimé s’engouffre dans les ballastes en un bruit strident y chassant l’eau. Le submersible s’allège et perce la surface en un instant, passant de la pénombre des fonds sous-marins à la lumière du jour. Sanglé dans mon uniforme, le panneau supérieur du sas ouvert, j’accède à la passerelle sur les talons du chef de quart. Après trois longues semaines de plongée, la lumière du soleil sur une mer étrangement calme me remplit de bonheur. Quelles ont été longues ces journées passées au fond, seulement rythmées par les quarts où seule la couleur de l’éclairage, blanc pour le jour et rouge pour la nuit, permet de ne pas perdre le fil du temps. J’ai 18 ans et je suis maintenant un vrai sous-marinier, reconnu par mes paires, je repense à mon baptême qui a consisté lors de la première descente à 300 mètres d’immersion à ingurgiter un bol d’eau de mer puisé à cette profondeur suivi d’un bol de vin rouge au goût âcre et amère. Combien de symboles maçonniques dans ce court préambule ? Répétition des ordres, grade d’officier, grade de maître, passage de l’ombre à la lumière, uniforme, calice d’amertume lors du baptême qui s’apparente à l’initiation… J’ai maintenant 49 ans et j’ai l’honneur et la fierté d’être compagnon Franc-maçon. Perdu dans mes pensées, je me rends compte des nombreuses similitudes entre ce que j’ai vécu durant mes quinze années passées au sein des forces sous marines et mon expérience actuelle au cœur de notre belle confrérie, cela me donne envie de poursuivre. Un sous marin peut-il s’apparenter à une loge ? Pourquoi ne pas essayer ? Après tout, il s’agit bien là d’un milieu clos, complètement isolé du monde extérieur. L’amitié et la fraternité y règne dans une vie monacale qui comporte également de nombreux rituels, des traditions et un langage particulier. Les repas pris à bord s’apparentent à l’agape.

Les grades

Comparons rapidement les différents grades des deux organisations qui nous intéressent en commençant par le bas : Le mousse ou le matelot, chapoté par un quartier-maître ou un second-maître est incontestablement l’apprenti. Il a été initié, il est là pour apprendre et se former durant quelques années. Tout comme l’apprenti, il se sent perdu, ne comprend pas, alors il observe, analyse, essaie de se familiariser avec les nombreuses coutumes et pratiques de la marine. A bord d’un sous marin, il est corvéable à merci, il met la table, sert ses compagnons, débarrasse, nettoie, fait la vaisselle. Il ne parle pas beaucoup, répond seulement lorsqu’on lui pose une question en faisant bien attention de ne pas dire d’idiotie. Les quartiers-maîtres sont les compagnons, durant leurs différentes affectations ou pourrait-on dire voyages, ils vont parfaire leur instruction et acquérir les connaissances nécessaires à la prochaine étape. Chacun va apprendre à utiliser les différents outils propres à sa spécialité. Comme chez nous cette période peu durer 5 ans avec une progression régulière vers l’acquisition complète de la pratique et de la théorie relatives à la formation de chacun. Nous avons bien là les cinq voyages de l’augmentation de salaire. Compagnon Franc-maçon je revis cette période. Je suis passé de la colonne J à la colonne B, j’ai gravi les cinq degrés mystérieux du temple, j’ai découvert l’étoile flamboyante et la lettre G, j’ai lu, j’ai travaillé avec mes frères surveillants, j’ai voyagé et visité d’autres loges et découvert d’autres rites, suis je maintenant digne de passer maître ? Grade ou tout commence m’a-t-on dit ? Dans la Marine comme en franc maçonnerie, le maître a acquis l’expérience indispensable à la pratique de sa spécialité. Tout en continuant à se perfectionner, il est maintenant apte à jouer le rôle d’instructeur vis-à-vis des matelots et quartiers-maîtres, il est habité d’un devoir de transmission. Maîtres mécanicien, maître électricien, maître timonier, détecteur, torpilleur, radio, et bien d’autres. Ces hommes constituent l’ossature, les piliers de l’équipage, sans eux et leur savoir rien n’est possible, au fond des mers et des océans aucune erreur n’est permise. Les officiers sont la pour diriger le bâtiment et l’équipage. L’officier en second serait le premier surveillant son rôle étant d’aider le commandant il est également le trésorier du bord, l’officier en troisième chargé de la navigation pourrait être le maître de cérémonie qui à la charge de faire entre guillemet naviguer les frères au sein de la loge. L’officier en quatrième plus particulièrement chargé de la détection, des munitions et des torpilles est le couvreur qui avec son épée garde la porte du temple en détectant puis empêchant toute intrusion utilisant son arme si nécessaire. L’officier en cinquième a la responsabilité des transmissions il est alors l’orateur car souvent en relation directe avec le commandant pour le tenir informé. Le commandant, seul maître à bord après Dieu ou devrais-je dire GADLU serait ainsi le Vénérable Maître en chair. Je reprends mon rituel d’apprenti : « de même que le soleil se lève à l’Orient pour ouvrir la carrière du jour, ainsi le maître de la loge se tient à l’Orient pour ouvrir la loge, éclairer les travaux, et mettre les ouvriers à l’œuvre ». Au poste de combat, le commandant est au périscope, il est alors le seul à voir la lumière du jour. Il dirige l’attaque, la responsabilité pèse sur ses épaules, de lui dépend la survie de l’équipage. Durant des siècles, combien de commandant de navires ont attendu avec impatience le levé du soleil à l’Orient afin de faire le point au sextant et connaître ainsi la position de leur bâtiment ? Action indispensable à l’équipage pour la poursuite du voyage ou de la mission. Au fait, outre le sextant, quels sont les instruments utilisés pour faire le point ? Une carte bien sûr, mais également un compas ainsi qu’une règle graduée, autant de symboles maçonniques forts. Dans ce cas, le compas sert à mesurer les distances, en traçant plusieurs arcs sur la carte il va permettre de situé précisément la position du navire, associé à la règle il sera utile pour tracer la route, nous retrouvons là la lettre G de géométrie.

Les autres symboles

Quels autres symboles pouvons-nous trouver ? La mer, l’océan ou le voyage initiatique Le premier qui me vient à l’esprit est l’état de la mer. En effet, celle-ci peut être déchaînée, passer par plusieurs étapes jusqu’à devenir calme, voir très calme, on appel cela une mer d’huile. Lorsque le sous marin transite en surface, et que la mer est déchaînée, la vie à bord devient extrêmement pénible, tout bouge, tout ce qui n’est pas arrimé tombe, le navire tremble, grince sous les coups de boutoir de l’océan. L’équipage est presque en survie dans ce mouvant tumulte, en passerelle les veilleurs, transis de froid, sont harnachés pour éviter de se faire emporter par une lame. Comment ne pas faire tout d’abord le rapprochement une fois de plus avec l’initiation. De nouveau je reprends mon rituel d’apprenti : le premier voyage, emblème de la vie humaine, tumulte des passions, difficulté, obstacle, une fois de plus beaucoup de similitudes. Puis comme par enchantement la météo s’améliore, le vent commence à faiblir. A bord, doucement tout se calme, la vie devient moins difficile, nous sommes au deuxième voyage puis après quelques temps l’océan devient lisse, la vie reprend son cours normale de nouveau la sérénité s’installe au sein de l’équipage, c’est le troisième voyage. La seconde idée serait de comparer l’état de la mer au pavé mosaïque. L’océan déchaîné étant le pavé noir, la mer calme le blanc… Nous avons là une notion de dualité extrêmement forte. Le poste de combat de vérification ou la mise en place de la loge Avant chaque appareillage, toujours le même rituel, l’équipage au grand complet procédait au poste de combat de vérification. Toujours à quai, il s’agissait de vérifier le bon état du bâtiment en faisant fonctionner tous ses matériels, des moteurs diésel au sonar en passant par les émetteurs radio et l’étanchéité, tout y passait car hors de question de partir en mer à bord d’un sous-marin déficient.Où avez-vous été reçu maçon ? Dans une loge juste et parfaite. Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Trois la composent, cinq la gouvernent et sept la rendent juste et parfaite. En tant qu’apprenti j’ai eu souvent à effectuer la mise en place de la loge avant l’entrée du vénérable maître en chaire et de ses officiers. Comme pour le sous marin, pas question d’ouvrir les travaux si la loge n’est pas juste et parfaite.

L’uniforme ou le tablier

Dans la marine comme en franc Maçonnerie, chacun se reconnaît à son uniforme et à ses insignes, du mousse à l’amiral, comme de l’apprenti au Très Respectable Grand Maître de notre obédience. A chaque grade équivalent un uniforme et des galons ainsi que différents insignes définissant la spécialité de chacun. Tout comme chez nous, plus le grade est élevé, plus la tenue est étoffée. Tout ceci me fait immédiatement penser aux ornements de tablier et aux bijoux d’officiers.

La pesée ou le niveau

En plongée une de nos préoccupations principales est la pesée. Un sous marin bien pesé est un bâtiment qui, en immersion, moteur stoppé, ne doit ni monter, ni descendre et conserver une assiette stable, « être de niveau ». Le réglage s’effectue en admettant ou en chassant de l’eau et en passant celle-ci de l’avant vers l’arrière ou vice versa. La pesée parfaite ne s’obtient qu’après une multitude de mouvements d’eau et reste éphémère et sans cesse à corriger car au fil du temps le submersible s’allège au fur et a mesure de la consommation de gasoil, de vivre et d’eau douce. Quels symboles maçonniques pouvons-nous déduire ? J’en vois deux : – Le niveau, bijoux du second surveillant et symbole de l’équilibre ainsi que de l’égalité entre tous les frères. – D’autre part, dans mon esprit, ce sous marin bien pesé, donc parfait, pourrait être la pierre taillée, qui va s’imbriquer précisément au sein du temple en construction mais aussi l’emblème du frère en quête de perfectionnement, tentant de corriger en permanence ses défauts et de vaincre ses passions afin d’essayer d’arriver à la sérénité et à un équilibre satisfaisant.

L’échelle ou la verticale

Aucun moyen de sortir d’un submersible sans emprunter une échelle verticale faisant passer le sous-marinier de l’ombre à la lumière. Je retrouve là les notions de verticalité, d’élévation, de fil à plomb qui me semblent fondamentales.

Le matricule

Le matricule définit dans la Marine comme en franc maçonnerie l’ancienneté de ses membres. 057700083 j’ai été le 83ème marin à signer un engagement en 1977. 80221 je suis le 80221ème frère à avoir été initié au sein de notre obédience.

L’inspection générale ou la visite du Grand Maître Provincial

Une fois par an, nous avions droit à l’inspection générale de l’Amiral commandant les forces sous marines. Nettoyage, bricage, peinture, remise en état de tous les matériels, un mois avant la date fatidique tout l’équipage était au travail et sur les dents afin que tout soit parfait le moment venu. Le jour J, les hommes en grande tenue, rangés et alignés et au garde à vous attendaient cette visite non sans quelque anxiété pour le passage en revue. Combien de fois me suis-je remémoré ces instants lorsque étant à l’ordre, les frères surveillants passent entre nos colonnes afin de vérifier que nous sommes bien maçons. Puis c’était le départ pour une journée en mer avec inspection de tous les compartiments par l’amiral, accompagné du commandant et suivi par le maître d’hôtel tenant rituellement un plateau d’argent sur lequel est posé une paire de gants blancs que l’inspecteur pouvait utiliser à sa guise afin de vérifier la propreté du bord, gare à la poussière… La visite du grand maître Provincial n’est pas sans me rappeler ces moments.

Le salut ou le signe

Vous me reconnaitrez à mes mots, signes, et attouchement. Dans l’armée en général, le salut qui s’apparente à l’ordre et au signe est ancestral, il marque le respect et l’appartenance à un même clan. Il s’effectue en portant la main droite tendue, paume vers l’extérieur au niveau de la tempe, à ce moment, le bras forme une équerre avec la verticale du corps, encore un beau symbole.

Quart de nuit en surface ou La voute étoilée

Je me souviens comme si c’était hier de ces longues heures de quart de nuit, passées à faire la veille dans le kiosque lorsque le sous marin était en surface. Là, au milieu de l’océan, c’est-à-dire de nulle part, j’ai pu voir des ciels étoilés magnifiques car aucunement altérés par une quelconque source lumineuse humaine. Dans ces moments de méditation intense j’ai souvent ressenti une très grande sérénité prémices à l’égrégore rencontrée parfois en loge.

La corvée de câble ou le branchement du temple de st Colomban

Depuis mon arrivée parmi vous, j’ai l’impression que tout me ramène au passé même les choses les plus inattendues comme le spécifique branchement du câble pour éclairer notre loge. En effet lors de nos retours au port, une fois le bâtiment amarré il était indispensable de le raccorder électriquement au quai, s’ensuivait la sempiternelle corvée de câbles pour laquelle tous les matelots étaient requis.

Conclusion

Vous aurez compris, mes frères, que lorsque j’ai entendu parler de franc maçonnerie pour la première fois et après quelques recherches personnelles, je me suis rapidement rendu compte, comme une évidence que ma place était parmi vous tant les similitudes entre la vie d’une loge, d’une obédience et mon passé militaire sont grandes. Je retrouve cette même fraternité, la vraie, celle qui lie les hommes de bonne volonté. Je retrouve la rigueur, le travail et beaucoup d’autres choses avec en plus le côté spirituel qui m’ouvre de nouveaux horizons à explorer, des horizons encore plus vastes que l’océan. Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de citer une phrase prononcée ici par un frère qui se reconnaîtra : « Souhaitons que cet homme qui fut maître dans la marine le redevienne un jour en franc-maçonnerie ».

J’ai dit très vénérable.

 

SOURCE : http://hautsgrades.over-blog.com/

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Isis déesse-mère 17 mars, 2018

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ISIS

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Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé.

Isis est l’une des déesses les plus populaires du panthéon égyptien.

Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des V° et VI° siècles.

Une des particularités d’Isis, est de figurer à la fois une déesse, mais aussi une reine mythique de l’Égypte antique.

Les Égyptiens étaient en effet persuadés qu’Isis avait régné sur l’Égypte longtemps auparavant, aux côtés de son époux et frère Osiris  (lui aussi pharaon, vivant, en chair et en os).

Isis et Osiris sont à la fois époux et frère et sœur. Oui, ça nous semble étrange, mais dans un monde où le partage du pouvoir et/ou de la terre sont problématiques, ce genre d’union est bien commode.

Isis et Osiris sont les enfants de Nout, la déesse-ciel et Geb, le dieu-terre. Ces divins parents ont aussi engendré le couple Seth et Nephtis, plus attirés par le mal que le couple précédent.

Osiris reçoit donc le trône d’Égypte et devient pharaon, aux côtés d’Isis. C’est cette dernière qui enseigne aux hommes qu’il est mauvais de manger d’autres êtres humains. Osiris, dans sa grande bonté, leur enseigne l’agriculture. Isis a mené un rude combat pour protéger son mari Osiris des griffes de Seth, le dieu du désert. En effet, celui-ci était jaloux de son frère Osiris qui possédait la terre fertile alors que lui héritait du désert… Seth décida donc de se venger d’Osiris, il fit, dans un premier temps construire une malle dans laquelle seul Osiris (qui faisait 3 mètres !) pouvait rentrer. Il invita tous les êtres magiques à une fête et il lança un défi à tous, je suppose que vous voyez de quoi je veux parler, celui qui rentrait parfaitement dans la malle gagnait quelque chose… Quand ce fut le tour du malheureux Osiris Seth l’enferma dans la malle et le jeta au Nil ! Mais Isis, furieuse retrouva Osiris et demanda à Anubis le dieu de l’embaumement, de le refaire vivre.

Osiris retrouva donc la vie mais pas pour longtemps…

Seth découvrit que son frère était en vie ! il l’invita donc chez lui, il le prit par derrière et le découpa en 14 morceaux qu’il répartit dans toute l’Egypte ! Isis, ayant découvert l’atrocité que Seth avait fait à son mari, partit à la recherche des 14 morceaux et pendant des mois et des mois elle chercha… elle retrouva 13 morceaux. Le morceau manquant était ses parties génitales. Elle confia tous les morceaux à Anubis qui l’embauma et lui rendit la vie.

C’est un texte très inhabituel dans le contexte de Nag Hammadi, car il ne contient rien de chrétien ni de juif. Il ne peut pas non plus être classé parmi les textes gnostiques, dont l’esprit prévalait à l’époque où les manuscrits retrouvés furent écrits, à savoir entre le 4e siècle AEC et l’an 60 EC. Aussi les commentateurs sont-ils perplexes devant ce texte sans équivalent connu.

« Dans son contenu, la Foudre (ou le Tonnerre) est virtuellement unique dans le corpus de Nag Hammadi. C’est une révélation faite par un personnage féminin qui n’est pas particulièrement identifiée par ailleurs, à part peut-être dans le titre. »

La Foudre, ici, c’est l’éclair qui donne l’éveil, et c’est aussi, sous sa forme divinisée, Isis, la grande déesse des Egyptiens. La Foudre, donc, personnifiée en déesse, va s’adresser à nous dans un texte qui n’a pas été compris par le traducteur, celui du grec en anglais, M. MacRae.

Pour pallier ce défaut qui rend le texte incompréhensible, j’en propose la lecture qui suit.

J’y ai associé ce qui, à l’époque, était évoqué par les images et les expressions de la Déesse Foudre, la grande Isis des Egyptiens.

« Je suis la Foudre qui rend l’esprit parfait, la puissance m’envoie à ceux qui m’attendent. Ne m’ignorez pas, vous les Grecs, forts de vos nouvelles croyances.

Car je suis la première et la dernière, la grande déesse et la plus humble des servantes.

Car je suis celle qui est honorée dans la vieille religion, et celle qui est méprisée dans le culte grec. Je suis celle qui est stérile, car l’éveil ne se transmet pas par l’hérédité ; et nombreux sont mes fils, car j’en ai éveillé plus d’un. Vous qui m’avez connu, ignorez-moi, car l’éveil n’est plus à la mode des Grecs.

Et vous les Grecs qui m’ignorez, connaissez-moi, recevez de moi votre éveil. Ne soyez pas arrogants avec moi quand je suis bannie de la terre. Quand la vieille religion décline, ne méprisez pas Isis l’esprit parfait.

Je suis la pécheresse quand mon éclair prend la vie, et je suis la sainte quand mon éclair donne l’éveil.

Je suis l’épouse quand je m’unis à l’initié, et je suis la vierge car aucun homme ne me possède.

Je suis stérile car ceux que j’éveille ne transmettent pas l’éveil à leurs enfants et je suis féconde car nombreux sont ceux à qui j’ai donné la connaissance.

Je suis la sage-femme car j’accouche le dieu qui est dans l’homme et je ne donne pas naissance car le mystère de la vie est plus grand que moi.

Je suis la force, celle que je donne à travers mon esprit parfait ; et je suis la peur car mes adeptes redoutent mon baiser. Car autant qu’il peut tuer il peut diviniser.

Je suis compatissante quand je donne la lumière de l’esprit parfait et je suis cruelle quand je foudroie l’imprudent. Faites attention !

Je suis insensée et je suis sage. Je suis la connaissance absolue, la science infuse, la mémoire totale. Toute la puissance du monde arrive par ma connaissance. La puissance des anges est issue de ma parole, car ils sont les fils de la foudre.

Et je fus la puissance des premiers dieux. Et je suis la puissance des esprits qui se sont unis à moi.

Je suis le contrôle car l’éveillé sait se maîtriser lui-même et je suis l’incontrôlable car la toute-puissance de mon éclair dépasse les forces humaines. Ecoutez-moi dans la douceur et apprenez de moi la rudesse.

Je suis celle qui tonne, jetée à la face de la terre.

Je suis l’ouïe qui est à la portée de tous, quand je fais gronder mon tonnerre.

Et je suis la parole qui ne peut être saisie, O Isis, ô foudre qui rend divin, étends ta bénédiction sur les hommes de ce temps. Tu as laissé ton testament dans une prière magique, Foudre, Esprit Parfait. Et pour tous tes bienfaits, pour ton don si bénéfique, pour la force de ta lumière, nous te louons, Isis.

Qui es-tu, ô sainte Isis, la mère et la sœur des hommes, la grande déesse, la première et la dernière, toi qu’on a appelé la déesse aux dix mille noms ?

Une autre secte faisait fureur à cette époque, le culte de Mithra qu’on appelait aussi Sol Invictus.

Sous des dehors exotiques assez éloignés de la source égyptienne, cette religion des Fils du Soleil repose sur la même initiation, l’éveil – ou la mort – par la foudre.

Basé sur le culte païen de l’énergie Sol Invictus qui pratiquait l’éveil par la foudre, le christianisme contient des traces de ce chamanisme originel. La Pentecôte nous montre comment l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, est descendu sur les apôtres. Jésus n’était plus, avant de partir il leur avait confié une mission : « Allez enseigner toutes les nations et donnez-leur la bonne nouvelle. Quand vous serez chez eux, mangez ce qu’ils mangent et suivez leurs coutumes. Guérissez ceux qui chez eux seront malades. »

Aussi l’Esprit Saint est-il descendu sur eux, qui tremblaient de peur, et quand il fut sur eux, ils ne craignaient plus. Ils se mirent à parler en langues. Ils reçurent le don de guérir toutes maladies.

La Mère Divine en nous a cinq aspects, symbolisés par la vache blanche à cinq pattes.

- Le premier est NEPHTYS. Ce n’est rien moins que la Prakriti NON-MANIFESTÉE.

- Le deuxième aspect, c’est « ISIS, de qui aucun mortel n’a levé le voile ». La Prakriti manifestée possède le symbolisme aztèque de Tonantzin, la Mère adorable. Les Grecs ont symbolisé ce second aspect de la Mère cosmique par la chaste Diane.

- Le troisième aspect de la Mère divine, chez les Aztèques, est la terrible Coatlicue ; elle est la Proserpine égyptienne, l’effroyable Hécate, maîtresse des enchantements et de la mort chez les Grecs.

- Quant au quatrième aspect, que dirons-nous ? Comment pourrait-on obtenir, par exemple, l’union du spermatozoïde avec l’ovule si le quatrième aspect n’existait pas, la MÈRE NATURE en nous… La Mère Nature particulière, individuelle qui est une partie de notre propre Être. – Qui nous donne ces impulsions ou instincts, l’impulsion sexuelle, qui ? D’où sort cette impulsion sexuelle que tout être humain porte en lui ?

Toutes ces impulsions instinctives, tous ces instincts qui sont si élémentaires proviennent simplement de la Mère Nature Élémentale, de la MAGICIENNE ÉLÉMENTALE en nous, qui est une autre partie de notre propre Être. (Le cinquième aspect) Dieu comme Mère réside dans le Temple-Cœur

La Mère Cosmique n’a pas de forme, mais elle aime prendre une forme pour répondre au suppliciant. Elle peut se présenter comme Isis, Rhéa, Cybèle, Tonantzin, Marie, etc.

Quand la Divine Mère a donné sa réponse au dévot, elle désintègre sa forme instantanément parce qu’elle n’en a pas besoin.

La Divine Mère est le second aspect de Cela, et on l’appelle l’Amour. L’Amour est une substance qui est coessentielle à l’Espace Abstrait très profond. La Divine Mère n’est ni une femme ni un individu. C’est uniquement une substance inconnue. Quelle que soit la forme qu’Elle prenne, elle se désintègre quelques instants après.

Ceci est l’Amour. Dieu Mère est Amour. Dieu Mère nous adore, nous aime terriblement. La déesse Mère du monde monte par le canal médullaire convertie en Serpent de feu quand nous travaillons avec l’Arcane AZF.

La déesse Mère du monde est Devi Kundalini. La Divine Mère porte son fils dans ses bras amoureux. Le Christ interne de chaque homme est un enfant. La Mère est Cela, Cela, Isis, Amour, Mystère.

Merci à mon F:. François de cet apport …

isis .

Le testament de Nicolas Flamel 18 février, 2018

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Le secret des Assassins 7 février, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 17 janvier 2016

Les Secrets des Assassins

Les Secrets des Assassins par Peter Lamborn Wilson

Après la mort du Prophète Muhammad, la nouvelle communauté islamique fut dirigée par une succession de quatre de ses anciens Compagnons, choisis par le peuple & appelés les Califes « Justement Guidés ». Le dernier de ceux-ci fut Ali ibn Abu Talib : le gendre du Prophète.

Ali eut ses propres disciples ardents parmi les croyants, qui furent ensuite appelés Shi’a ou « adhérents ». Ils croyaient qu’Ali devait succéder à Muhammad de plein droit, & qu’après lui ses fils (les petits-enfants du Prophètes) Hassan et Hussein auraient dû régner ; et après eux leurs fils et ainsi de suite dans une succession quasi-monarchique.

En fait, excepté Ali, aucun d’entre eux ne dirigea l’entièreté de l’Islam. Au lieu de cela, ils devinrent une lignée de prétendants et, en fait, les chefs d’une branche de l’Islam appelée Shi’isme. Par opposition aux Califes orthodoxes (sunnites) de Bagdad, ces descendants du Prophète furent connus sous le nom d’Imam.

Pour les chiites, un Imam est bien plus et d’un rang bien plus élevé qu’un Calife. Ali dirigea de droit du fait de sa grandeur spirituelle que le Prophète avait reconnue en lui en le nommant comme son successeur (en fait, Ali est également révéré par les soufis en tant que « fondateur » et prototype du Saint musulman). Les chiites diffèrent des musulmans orthodoxes ou sunnites par leur croyance que cette pré-éminence spirituelle fut transférée aux descendants d’Ali au travers de Fâtima, la fille du Prophète.

Le sixième Imam chiite, Jaffar al-Sadiq, eut deux fils. L’aîné, Ismaël, fut choisi en tant que successeur. Mais il mourut avant son père. Jaffar déclara alors son plus jeune fils Musa comme nouveau successeur.

Mais Ismaël avait déjà donné naissance à un fils – Muhammad ibn Ismaël – qu’il proclama comme prochain Imam. Les disciples d’Ismaël se séparèrent de Jaffar au sujet de cette question et suivirent le fils d’Ismaël au lieu de Musa. Ils furent alors connus en tant qu’Ismaéliens.

Les descendants de Musa régnèrent sur le Shi’isme « orthodoxe ». Quelques générations plus tard, le Douzième Imam de cette lignée disparut du monde matériel sans laisser de traces. Il vit encore sur le plan spirituel, d’où il reviendra à la fin de ce cycle du temps. Il est l’« Imam Caché », le Mahdi dont parlait le Prophète. Le Shi’isme « duédodécimain » est la religion de l’Iran actuel.

Les Imams Ismaéliens languirent dans l’occultation, chefs d’un mouvement underground qui attirait les mystiques et révolutionnaires les plus extrêmes du Shi’isme. Ils émergèrent en tant que force puissante à la tête d’une armée et conquirent l’Égypte et y établirent la dynastie Fatimides, les anti-Califes du Caire.

Les premiers Fatimides régnèrent de manière éclairée, et le Caire devint la ville de l’Islam la plus culturelle et la plus ouverte. Ils ne réussirent, cependant, jamais à convertir le reste du monde islamique ; en fait, même la majorité des égyptiens n’embrassèrent pas l’ismaélisme. Le mysticisme très élevé de la secte fut sa principale force d’attraction mais aussi sa principale limitation.

En 1074, un brillant jeune perse converti arriva au Caire afin d’être introduit dans les plus hauts rangs initiatiques (et politiques) de l’ismaélisme. Mais Hassan i Sabbah se trouva bientôt emmêlé dans une lutte pour le pouvoir. Le Calife Mustansir avait nommé son fils aîné Nizar comme successeur. Mais un de ses plus jeunes fils, al-Mustali, intrigua afin de la supplanter. Lorsque Mustansir mourut, Nizar – l’héritier légitime – fut emprisonné et assassiné.

Hassan i Sabbah intrigua pour Nizar, et fut alors forcé de s’enfuir d’Égypte. Il retourna en Perse à nouveau où il prit la tête d’un mouvement révolutionnaire nizâri. Par quelque ruse intelligente, il acquit le commandement de l’imprenable forteresse montagneuse d’Alamut (« Nid d’Aigle ») près de Qazvin dans le nord-ouest de l’Iran.

La vision de Hassan i Sabbah, cruelle et romantique, est devenue une légende dans le monde islamique. Avec ses disciples, il rebâtit en miniature les gloires du Caire dans ce refuge rocheux aride.

Afin de protéger Alamut et sa petite, mais intense, civilisation, Hassan i Sabbah se fondait sur l’assassinat. Tout dirigeant ou politicien ou chef religieux qui menaçait les nizâri se mettait sous le danger de la dague d’un fanatique. En fait, le premier coup public d’Hassan fut l’assassinat du premier ministre de Perse, peut-être l’homme le plus puissant de cette époque (et selon la légende, un ami d’enfance d’Hassan).

Une fois que leur réputation fut établie, la simple menace d’être sur la liste des éso-terroristes était suffisante pour empêcher les gens d’agir contre les hérétiques haïs. Un théologien fut une fois menacé par un couteau (laissé sur son oreiller lorsqu’il dormait), et ensuite corrompu par de l’or. Lorsque ses disciples lui demandèrent pourquoi il avait cessé de fulminer contre Alamut, il répondit de son pupitre que les arguments des ismaéliens étaient « à la fois pointus et de poids ».

Du fait que la grande bibliothèque d’Alamut fut certainement brûlée, on sait peu de choses sur les véritables enseignements d’Hassan i Sabbah. Apparemment, il forma une hiérarchie initiatique constituée de Sept Cercles et basée sur celle du Caire, avec les assassins à la base et les mystiques érudits à son sommet.

Le mysticisme ismaélien est basé sur le concept de ta’vil, ou « herméneutique spirituelle ». Ta’vil signifie en fait « reprendre quelque chose à sa source ou dans sa signification la plus profonde ». Les chiites avaient toujours pratiqué cette exégèse sur le Coran lui-même, lisant certains versets comme étant des allusions voilées ou symboliques à Ali et aux Imams. Les ismaéliens étendirent la ta’vil de manière bien plus radicale. Toute la structure de l’Islam leur apparaissait comme une coque, afin d’en pénétrer le coeur, la coque doit être pénétrée par la ta’vil, et en fait elle doit être brisée afin d’être ouverte totalement.

La structure de l’Islam, plus que dans toutes autres religions, est basée sur la dichotomie entre l’exotérique et l’ésotérique. D’un côté, il y a la Loi Divine (Shariah), et de l’autre la Voie Spirituelle (Tariqah). Habituellement, la Voie est perçue comme le coeur ésotérique et la Loi comme la coque exotérique. Mais pour l’ismaélisme, les deux ensembles représentent un tout qui à son tour devient un symbole qui doit être pénétré par la ta’vil. Derrière la Loi et la Voie, se tient l’Ultime Réalité (Haqiqah), Dieu Lui-même en des termes théologiques – l’Être Absolu en termes métaphysiques.

Cette réalité n’est pas quelque chose en dehors de l’objet humain ; en fait, si elle existe alors elle doit se manifester elle-même complètement au niveau de la conscience. Donc, elle doit apparaître en tant qu’homme, Homme Parfait – l’Imam. La connaissance de l’Imam est la perception directe de la Réalité elle-même. Pour les chiites, la Famille d’Ali est identique à la conscience parfaite.

Une fois l’Imam réalisé, les niveaux de la Loi et de la Voie disparaissent naturellement comme des coquilles brisées. La connaissance de la signification intérieure libère de l’attachement à la forme extérieure : l’ultime victoire de l’ésotérique sur l’exotérique.

L’« abrogation de la Loi », cependant, fut considérée comme une hérésie ouverte par l’Islam. Pour leur propre protection, les chiites furent toujours autorisés à pratiquer la taqqiya, « la dissimulation permise » ou « occultation », et à prétendre être des orthodoxes afin d’échapper à la mort ou à la punition. Les ismaéliens pouvaient prétendre être chiites ou sunnites, selon ce qui était le plus avantageux.

Pour les nizâris, pratiquer l’occultation c’était pratiquer la Loi ; en d’autres mots, prétendre être orthodoxes signifiait obéir à la Loi Islamique. Hassan i Sabbah imposa la dissimulation à tous sauf aux rangs les plus élevés d’Alamut, car en l’absence de l’Imam les voiles de l’illusion doivent naturellement cacher la vérité ésotérique de la liberté parfaite.

En fait, qui était l’Imam ? Pour autant que l’histoire soit concernée, Nizar et son fils moururent emprisonnées et intestats. Hassan i Sabbah fut, par conséquent, un légitimiste supportant un prétendant qui n’existait pas ! Il n’a jamais prétendu être lui-même l’Imam, ni son successeur en tant que « Vieil Homme de la Montagne », et aucun de ses successeurs ne le fit non plus. Et cependant, ils prêchèrent tous au « nom de Nizar ». Il est probable que la réponse à ce mystère fut révélée au sein du septième cercle de l’initiation.

Le troisième Vieil Homme de la Montagne eut un fils appelé Hassan, un jeune érudit, généreux, éloquent et aimable. De plus il était un mystique et enthousiaste étudiant des plus profonds enseignements de l’ismaélisme et du soufisme. Même durant la vie de son père, quelques alamutis commencèrent à murmurer que le jeune Hassan était le véritable Imam ; le père entendit ces rumeurs et les nia. « Je ne suis pas l’Imam, comment donc mon fils pourrait-il être l’Imam ? »

En 1162, le père mourut et Hassan (appelé Hassan II pour le distinguer de Hassan i Sabbah) devint le chef d’Alamut. Deux ans plus tard, le 17e jour de Ramadan (8 août) 1164, il proclama la Qiyamat, ou Grande Résurrection. Au milieu du mois de jeûne, Alamut brisa le jeûne à jamais et proclama ce jour fête perpétuelle.

La résurrection des morts dans leur corps à la « fin des temps » est une des doctrines les plus difficiles de l’Islam (et de la chrétienté également). Prise littéralement, elle est absurde. Prise symboliquement, cependant, elle renferme l’expérience du mystique. Il « meurt avant la mort » lorsqu’il réalise les aspects séparateurs et aliénés du moi, l’ego en tant qu’illusion programmée. Il est « rené » en conscience mais il est rené dans le corps en tant qu’individu, « l’âme en paix ».

Lorsqu’Hassan II proclama la Grande Résurrection qui marque la fin des Temps, il leva le voile de l’occultation et abrogea la loi religieuse. Il offrit la participation commune et individuelle dans la grande aventure mystique, dans la liberté parfaite.

Il agit au nom de l’Imam, et il ne prétendit pas être lui-même l’Imam (en fait, il prit le titre de Calife ou de « représentant »). Mais si la famille d’Ali est identique à la conscience parfaite, alors la conscience parfaite est identique à la famille d’Ali. Le mystique qui s’est réalisé « devient » un descendant d’Ali (comme le Salman perse qu’Ali adopta en le couvrant avec son manteau, et qui est révéré par les soufis, les chiites et les ismaéliens).

Dans la Réalité, dans la haqiqah, Hassan II était l’Imam car dans la phraséologie ismaélienne, il avait réalisé l’« Imam de son propre être ». La Qiyamat était donc une invitation pour chacun de ses disciples à faire de même, ou du moins à participer aux plaisirs du paradis sur terre.

La légende du jardin d’Eden à Alamut où les houris, les porteurs de coupes, le vin et le haschich du paradis dont jouissaient les assassins dans leur chair, peut provenir de la mémoire populaire de la Qiyamat. Ou bien, il se peut que cela soit littéralement vrai. Pour une conscience réalisée dans ce monde il n’y a d’autre paradis, et ses délices et ses plaisirs sont tous permis. Le Coran décrit le paradis comme un jardin. Il est donc logique pour les membres d’Alamut de devenir le reflet de l’état spirituel de la Qiyamat.

En 1166, Hassan II fut assassiné après seulement quatre années de règne. Ses ennemis se sont peut-être ligués avec des éléments conservateurs d’Alamut qui pressentaient la Qiyamat comme étant la dissolution de l’ancienne hiérarchie secrète (et donc de leur propre pouvoir en tant que hiérarches)et qui craignaient de vivre ouvertement en tant qu’hérétiques. Le fils d’Hassan II, cependant, lui succéda et établit fermement la Qiyamat en tant que doctrine nizarite.

Si la Qiyamat avait été acceptée dans toutes ses implications, cependant, elle aurait probablement apporté la dissolution et la fin de l’ismaélisme nizarite en tant que secte séparée. Hassan II, en tant que Qa’im ou « Seigneur de la Résurrection » avait relevé les alamutis de tout combat et de tout sens légitimiste. L’ésotérisme pur après tout ne peut être lié par quelque forme que ce soit.

Le fils d’Hassan II, par conséquent, se compromit. Apparemment, il décida de « révéler » que de son père était de fait et par le sang un descendant direct de Nizar. L’histoire court qu’après qu’Hassan i Sabbah eut établi Alamut, un mystérieux émissaire lui remit le petit-fils de Nizar. L’enfant fut élevé secrètement à Alamut. Il grandit, eut un fils, il mourut. Le fils eut un fils. Ce bébé naquit le même jour que le fils du Vieux de la Montagne. Les deux enfants furent secrètement échangés dans leur berceau. Même le Vieil Homme de la Montagne ne connut jamais cette ruse. Une autre version est que l’Imam Caché avait commis l’adultère avec la femme du Vieux de la Montagne, et qu’il eut un enfant naturel, qui fut Hassan II.

Les ismaéliens acceptèrent ces prétentions. Même après la chute d’Alamut sous les coups des hordes mongoles, la lignée survécut et le chef actuel de la secte, l’Aga Khan, est connu en tant que quarante-neuvième descendant d’Ali (et prétendant au trône d’Égypte). L’accent sur la légitimité des alides a préservé la secte en tant que secte. Si celle-ci est littéralement vraie ou non, cependant, n’a pas d’importance si l’on veut comprendre la Qiyamat.

Avec la proclamation de la Résurrection, les enseignements de l’ismaélisme furent à jamais étendus au-delà des frontières qui leur étaient imposées par les événements historiques. La Qiyamat reste un état de conscience auquel n’importe qui peut adhérer, un jardin sans murs, une secte sans église, un moment perdu de l’histoire islamique qui refuse de se voir oublié, se tenant en dehors du temps, un reproche ou un challenge à tout légalisme et tout moralisme, à toute cruauté de l’exotérique. Une invitation au paradis.

Les Secrets des Assassins, reproduit de « Scandal : Essays in Islamic Heresy » par Peter Lamborn Wilson – Autonomedia, PO Box 568, Williamsburg Station, Brooklyn, NY, USA. Traduction française par Spartakus FreeMann.

Illustration : Odoric of Pordenone at Alamut, Maître de la Mazarine, 1410-1412.

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

https://www.esoblogs.net/wp-content/uploads/2012/09/EzoOccultlogo105.png

 

20 RÈGLES DE VIE A SUIVRE D’UN SAMOURAÏ 25 janvier, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

20 règles de vie à suivre d’un samouraï japonais écrites il y a près de 400 ans


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1. APPRENEZ À ACCEPTER LA VIE COMME ELLE VIENT

Pour la santé mentale, vous devez accepter la vie qui vous a été donnée. Le stress, l’anxiété et le désespoir sont des éléments naturels de la vie d’une personne et ils ne devraient jamais être attaqués. L’acceptation des aspects les plus difficiles de la vie vous rendra plus fort pour progresser.

2. ABANDONNEZ TOUTES VOS OBSESSIONS POUR ATTEINDRE LE PLAISIR

En tant qu’humains, nous passons beaucoup de temps à poursuivre le plaisir, nous cédons à nos envies, nous visons plus haut pour des promotions, et nous faisons partie d’une société obsédée par le plaisir intime. Musashi a déclaré que nous devrions essayer simplement de vivre la vie dans le moment présent et de jouir du plaisir quand il vient naturellement au lieu de le chercher.

3. N’AGISSEZ PAS SOUS LE COUP DE L’IMPUSILVITÉ

On nous dit souvent de suivre notre cœur, mais les enseignements de Musashi indiquent que ce n’est jamais une bonne idée. Face à un sentiment qui semble provenir de nulle part, suivre son chemin peut conduire à de mauvaises décisions. Il est conseillé de s’en tenir à ce que nous savons à coup sûr, et de ne pas céder à l’impulsion.

4. NE SOYEZ PAS OBSÉDÉ PAR VOUS-MÊME

Être obsédé par soi-même est courant dans l’humanité. Ces derniers temps, nous sommes tellement concentrés sur la présence en ligne, à prendre un selfie parfait et à rechercher la perfection, que nous oublions ce qui compte dans la vie. Efforcez-vous de vous séparer de vous et de votre ego pour avoir une meilleure perception de ce qui est important.

5. NE LAISSEZ JAMAIS LA JALOUSIE PRENDRE LE CONTRÔLE DE VOTRE VIE

La jalousie est une très grande forme de haine, et Musashi a déclaré que la laisser prendre le contrôle de votre vie vous briserait. Il a dit de ne jamais être jaloux des autres, et d’être simplement reconnaissant pour ce que vous avez.

6. ABANDONNEZ L’ATTACHEMENT AU DÉSIR

De la même manière que le plaisir, le désir ne fait que nous donner envie de choses que nous ne pourrons jamais acquérir. L’idée proposée était de ne pas vouloir plus que ce que vous avez et d’attendre que de bonnes choses viennent à vous.

7. NE VIVEZ JAMAIS DANS LE REGRET

Comme nous nous disons souvent, on ne peut pas changer le passé. Musashi croyait que tout arrivait pour une raison, et tout cela faisait partie de votre chemin dans la vie. Vous attarder sur des choses que vous avez faites ne pourrait jamais les changer.

8. NE VOUS ATTARDEZ PAS SUR UNE SÉPARATION DOULOUREUSE

Réfléchir constamment à une séparation douloureuse d’amis ou de famille nous empêche de continuer et d’avancer dans notre vie. Musashi pensait que puisqu’il n’y avait aucun moyen de ramener les morts, ils devaient être laissés dans le passé.

9. LES PLAINTES NE DEVRAIENT AVOIR AUCUNE PLACE DANS VOTRE VIE

Beaucoup d’entre nous trouvent du réconfort à se plaindre quand les choses vont mal, mais selon les enseignements de Musashi, nous devrions simplement laisser ces choses passer. Se plaindre de ce qui ne va pas ne fait que prolonger la vie du passé.

10. NE LAISSEZ PAS LA LUXURE DOMINER VOTRE VIE

Les humains sont des êtres intimes par nature, et beaucoup de gens gâchent leur vie dans des pensées lubriques. Musashi pensait que nous devrions plutôt chercher l’amour et des relations durables.

11. GARDEZ VOS OPTIONS OUVERTES

N’écartez pas les questions d’avenir avec des pensées fermées. Gardez vos options ouvertes pour permettre aux meilleures opportunités de venir à votre rencontre.

12. NE SOYEZ PAS ESCLAVE DE VOTRE ENTOURAGE

Les possessions et une maison de luxe peuvent sembler importantes, mais il y a des choses plus importantes à chérir dans la vie. L’amour, la santé et la vie elle-même devraient être plus précieux que tout le reste.

13. APPRENEZ À NE PAS ÊTRE GOURMAND

Nous, en tant que société, sommes obsédés par la nourriture et les plaisirs de la gastronomie, ou même par un bon plat à emporter. Cependant, Musashi pensait que nous ne devrions pas prendre autant de plaisir à manger.

14. ABANDONNEZ LES POSSESSIONS POUR LE MINIMALISME

Ne gardez pas des choses dont vous n’avez plus besoin, en d’autres termes. Si c’était autrefois important, vous pouvez désormais mettre ces choses de côté pour vivre une vie pure et simple.

15. NE CROYEZ PAS À QUELQUE CHOSE JUSTE PARCE QU’ON VOUS DIT D’Y CROIRE

Laissez vos propres pensées et croyances avoir de l’espace. Ne vous contentez pas de suivre la foule et d’écouter l’opinion des autres. Formez vos propres idées.

16. RESPECTEZ LES DIEUX, MAIS NE COMPTEZ PAS UNIQUEMENT SUR LEURS CONSEILS

Les dieux ne peuvent pas vous guider dans chacun de vos mouvements. Ils doivent être une figure d’orientation, mais à la fin, une personne doit faire son propre chemin.

17. N’AYEZ PAS PEUR DE MOURIR

Craindre la mort ne fait que vous empêcher de vivre pleinement. Vivez chaque jour individuellement et ne craignez pas les conséquences de chaque action.

18. N’UTILISEZ PAS D’ARMES À MOINS QUE CELA NE SOIT NÉCESSAIRE

Même si Musashi était connu pour avoir une épée, il croyait que l’armement devait être utilisé avec parcimonie et seulement si nécessaire. Il a déclaré qu’il était normal de se défendre, mais qu’imposer une attaque sans raison était un péché.

19. NE VOUS ATTARDEZ PAS SUR LES RICHESSES POUR LA RETRAITE

Beaucoup de gens épargnent pour la retraite, pour pouvoir vivre une vie de luxe, mais il a affirmé que nous n’avions pas besoin de biens pour vivre heureux. Encore une fois, nous devrions vivre dans le moment et ne pas poursuivre le bonheur sous la forme de possessions.

20. DÉFENDEZ TOUJOURS VOTRE HONNEUR

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Source : Site Esprit Science Métaphysique

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