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la forme & la pierre, triskell, pierre de vie 27 juin, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
la forme & la pierre, triskell, pierre de vie J. Bonvin

Édition MOSAÏQUE

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« Il y a cinq ans, Jacques Bonvin présentait les premiers résultats de ses travaux sur la tripartition des énergies. Aujourd’hui, dans ce nouveau livre revu et augmenté, il nous apporte d’autres révélations tout aussi troublantes, touchant l’action des formes sur notre santé et notre environnement. De nouvelles recherches enrichies de témoignages et de travaux de laboratoires de biophysique, spectrophotographies Kirlian ou Bioélectronique de Vincent.

Cette approche particulièrement riche se révélera utile à la fois pour le géobiologue ou le thérapeute, mais surtout pour le particulier, qui trouvera là des informations essentielles sur la dénitratation de l’eau, la régénération alimentaire, ou comment améliorer de façon considérable la production de son jardin, sans engrais, afin de retrouver le goût des légumes et des fruits sains.

Sensibilisé par le monde des formes, Jacques Bonvin retrouve aujourd’hui un principe de vie venu du monde des Celtes, qui est un apport incontestable pour les chercheurs de l’énergétique.

 

Une forme qui agit, parce que son procédé de fabrication géopolymérique est le même que celui utilisé par les anciens Égyptiens pour construite la pyramide de Kheops : le principe de la Pierre Coulée ! Une forme qui est une réalité régénératrice des principes de vie de l’Univers, une source de guérison tant physique que spirituelle ! »Pour Jean Servier, le Triskell ou Triscele est le symbole de l’évolution de l’homme dans le cosmos.

Le terme triskèle (triskell ou triskel) est issu du grec τρισκελης, “triskélès” signifiant à “trois jambes”. Bien qu’on prête communément une origine celtique à ce symbole, ce n’est en réalité que partiellement exact.

S’il est vrai que ce peuple en fit un usage fréquent durant le second âge du fer que l’on appelle la Tène (Ve – IIe siècle av. J.-C.), le triskèle était représenté par l’homme depuis la période Néolithique, comme en témoigne le tombeau de Newgrange, daté d’environ 3 200 avant notre ère. Le symbole est gravé à plusieurs endroits, notamment sur une grande pierre à l’entrée. il aurait donc été utilisé plus de 2 500 ans avant que les celtes soient présents en Irlande.

Après avoir été oublié un temps, le triskèle réapparut à la fin du VIe siècle dans l’art Mérovingien, avant d’être à nouveau mis de côté sauf en Irlande, où il reste présent sur de nombreux monuments et enluminures. Le symbole du triskèle fut populaire dans les milieux druidiques dès la fin du XIXe siècle. Dans les années 1914, il fut redécouvert en Bretagne, notamment dans des revues à caractère nationaliste. Ultérieurement, il fut propagé par le Parti national breton qui l’adopta comme insigne en 1940. Il est encore utilisé de manière officielle en Irlande (Il figure également sur le drapeau de l’île de Man).Le renouveau de la musique celtique et son succès (Alan Stivell par exemple) contribua largement à faire connaître le symbole. La mode du triskèle popularisée par les médias et les promotions de concerts se propagea en Bretagne puis un peu dans toute la France, sous forme de logos, de bijoux, de vêtements etc. Aujourd’hui, le triskèle est fortement installé dans l’image symbolique de la Bretagne.

Un triskèle représentant trois jambes est également présent sur le drapeau de la Sicile depuis 1285.La signification et la symbolique du triskèle donnent lieu à de nombreuses interprétations. En effet, il est difficile de donner au triskèle celtique une symbolique exacte, la transmission du savoir chez les druides n’ayant été effectuée que de manière orale. La forme giratoire et courbée de ses branches serait symbole de dynamisme, de mouvement et d’enthousiasme en opposition à tout ce qui est droit et figé. C’est donc un symbole de la vie.

En breton, il signifie les « trois rayons ». Certains, comme  l’archéologue et historien Venceslas Kruta, reconnaissent la nature solaire du triskèle. Le symbole pourrait représenter dans l’iconographie celtique les trois points du mouvement du soleil : le lever, le zénith et le coucher.

Dans la mythologie celtique, le panthéon des dieux est au nombre de trois: Lugh, Daghda, Ogme. Le triskèle pourrait les représenter. Il pourrait également incarner la déesse unique sous ses trois aspects: fille, mère, épouse.

Le triskèle pourrait  aussi symboliser le temps qui passe : passé-présent-avenir ou encore les trois âges de la vie (enfance-maturité-vieillesse)

le triskèle pourrait incarner les différents états des êtres humains : éveillé, endormi ou rêvant

il est également admis qu’il pourrait représenter les « Trois Mondes » : le monde des vivants, le monde des morts et le monde des esprits.

le triskell pourrait symboliser les trois éléments (eau, feu et terre), avec éventuellement l’air comme élément central. Cette signification ramène également aux trois états de la matière (solide, liquide, gazeux)

Certains pensent tout simplement que le triskèle serait un symbole végétal inspiré du trèfle. (voir notre article “signification des symboles : le trèfle”)

La symbolique du triskell nous amène à nous intéresser à celle du chiffre 3. En effet, Le 3 a une symbolique particulière. Outre le symbole celtique, La trinité, le symbolisme du triangle franc-maçonnique et bien d’autres choses font de ce chiffre, un chiffre à part. Le chiffre 3 est en premier lieu le symbole de la trinité, de l’union. Il est régulièrement associé à l’enfant, fruit de l’union entre l’homme et la femme (1+2 = 3). Il représente l’aboutissement, l’accomplissement et l’équilibre des forces. Bien qu’il soit très fortement associé au Christianisme, il n’est pas absent des autres religions comme de l’islam par exemple. Plus largement, le chiffre 3, se retrouve dans nombres d’éléments comme nous avons pu le voir concernant la symbolique du triskèle : les trois dimensions de l’espace (hauteur, longueur, largeur) ou les trois dimensions du temps (passé, présent, futur ou enfance, maturité, vieillesse).

Les trois états de la matière (solide, gazeux, liquide), les trois couleurs primaires (bleu, rouge et jaune) à l’origine de toutes les autres couleurs. Le chiffre 3 est également associé aux Trois mondes (spirituel, intellectuel, émotionnel), aux trois phases de la lune et aux trois règnes (animal, végétal, minéral) Dans la mythologie grecque, trois dieux se partagent le monde : Zeus le ciel, Hadès la terre  et Poséidon l’eau (La terre étant Gaïa) ;

Dans l’islam, les minarets des mosquées sont souvent surmontés de trois boules et d’un croissant. Ces trois boules symbolisent les trois mondes, céleste,  » intermédiaire  » et terrestre. Le croissant figure un quatrième monde, à savoir le monde inaccessible de Dieu.

Dans le Christianisme, le Dieu unique est représenté par le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est d’ailleurs, pour les Chrétiens, la perfection de l’Unité divine : Dieu est Un en trois Personnes. 3 est également le nombre de vertus théologales (foi, espérance et charité)

Chez les bouddhistes on compte trois caractéristiques de l’existence (impersonnalité, impermanence et insatisfaction) ainsi que trois « Poisons » (avidité, ignorance, colère). Le Bouddhisme possède également son expression achevée en un Triple Joyaux, ou Triratna (Bouddha, Dharma, Sangha).

Les taoïstes considèrent que le nombre 3 est parfait. Trois est universellement reconnu comme un nombre fondamental. Il exprime un ordre intellectuel et spirituel, en Dieu, dans le cosmos ou dans l’homme. Dans la mythologie chinoise, on retrouve les trois singes de la sagesse. Le caractère chinois Tsi, anciennement figuré par le triangle, exprime la notion d’union et d’harmonie. Ce triangle est d’autre part un symbole de la Grande Triade chinoise.

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Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie 18 juin, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie

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Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 7 avril 2019

 

Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie par Jean Mallinger

1. Les légendes

De même que l’on attribue à l’Ordre Maçonnique en général des origines légendaires — soit le Temple du roi Salomon, soit l’Ordre des Templiers, soit les collèges romains d’artisans —, chacun des rejetons de l’arbre maçonnique tente de se rattacher à une source aussi antique que possible.

Les rites dits « égyptiens » de la Maçonnerie n’échappent pas à cette règle ; ils tiennent, au surplus, dans la grande famille triangulaire une place particulière : leur échelle d’instruction comporte 90 degrés — sans compter les grades administratifs, qui se terminent au 98e, depuis la réforme de 1934.

Interrogeons l’abondante documentation que ces rites originaux soumettent au jugement de l’histoire.

Une première version nous est présentée par le grand propagandiste du rite de Misraïm en France, Marc Bédarride — né en 1776 à Cavaillon, dans le Comtat venaissin — dans son ouvrage sur cette Obédience (1).

Selon cet auteur, dépourvu de tout sens critique, la maçonnerie serait aussi ancienne que le monde. Israélite pratiquant, Bédarride s’en réfère à l’Ancien Testament ; selon lui, c’est Adam lui-même, qui aurait créé, avec ses enfants, la première loge de l’humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge ; Cham l’établit en Égypte, sous le nom de « Mitzraim » : c’est-à-dire les Égyptiens. C’est donc de ce peuple seul que doit venir la tradition secrète de l’ésotérisme. C’est à cette source unique que vinrent boire tous les pasteurs des peuples : Moïse, Cécrops, Solon, Lycurgue, Pythagore, Platon, Marc-Aurèle, Maïmonide, etc., tous les instructeurs de l’antiquité ; tous les érudits israélites, grecs, romains et arabes.

Le dernier maillon de cette chaîne ininterrompue est le propre père de l’auteur, le pieux Gad Bédarride, maçon d’un autre rite, qui aurait reçu en 1782 la visite d’un mystérieux Initiateur égyptien, de passage en son Orient et dont l’on ne connaît que le « Nomen mysticum » : le Sage Ananiah (2). Cet envoyé le reçut à la Maçonnerie égyptienne.

Signalons ici que ce n’est pas là la première allusion historique au passage d’un Supérieur inconnu de la Maçonnerie égyptienne dans le Comtat Venaissin : un autre écrivain en a donné la nouvelle vingt-trois années avant la parution de l’ouvrage de Bédarride : c’est l’initié Vernhes, qui, dans son plaidoyer pour le rite égyptien, paru en 1822, signale, lui aussi, le passage du missionnaire Ananiah dans le Midi de la France, en l’année 1782 (3).

Une seconde version, bien différente de la première, sur l’origine de la maçonnerie égyptienne nous est contée par le polygraphe français Jean-Étienne Marconis de Nègre, fils du créateur du Rite de Memphis.

Selon cet auteur abondant, romantique et touffu, l’apôtre St Marc, l’évangéliste, aurait converti au christianisme un prêtre « séraphique » nommé Ormus, habitant d’Alexandrie. Il s’agit évidemment d’une erreur de plume : le mot « séraphique » ne peut s’appliquer qu’à une catégorie d’anges bien connue des dictionnaires théologiques ; remplaçons-le ici par celui de « prêtre du culte de Sérapis » et la légende ainsi rapportée paraîtra moins choquante.

Cet Ormus, converti avec six de ses collègues, aurait créé en Égypte une société initiatique des Sages de la Lumière et initié à ses mystères des représentants de l’Essénisme palestinien, dont les descendants auraient à leur tour communiqué leurs secrets traditionnels aux chevaliers de Palestine, qui les auraient ramenés en Europe en 1118. Garimont, patriarche de Jérusalem, aurait été leur chef et trois de leurs instructeurs auraient créé à Upsal, à cette époque et introduits par après en Écosse, un Ordre de maçons orientaux (4). Il est regrettable que cette littérature ne soit appuyée par aucune référence historique.

Le nom même du vulgarisateur varie d’ailleurs avec les années. D’Ormus, il devient Ormésius dans un autre ouvrage de Marconis (5).

Divers auteurs font allusion à cette version (6). Soulignons, dès à présent, que ces deux versions parallèles — aussi fantaisistes l’une que l’autre — prouvent toutes deux la profonde ignorance de leurs propagateurs.

L’Égypte est, dans l’histoire des traditions ésotériques, un courant original, totalement distinct du courant judaïque comme du courant judéo-chrétien.

Sans doute, au moment où Napoléon fait sa campagne d’Égypte, l’on sait encore très peu sur la religion, l’écriture, le symbolisme de l’ancienne Égypte : Champollion n’avait pas encore découvert la clé des hiéroglyphes : il ne devait faire sa première et sensationnelle communication sur l’alphabet égyptien qu’à la date du 17 décembre 1822.

Que connaissait-on de l’Égypte à cette époque ?

De véritables fables couraient sur elle ; ses initiations sacerdotales étaient décrites de façon romanesque et invraisemblable ; deux Allemands, pleins d’imagination, von Koppen et von Hymmen avaient lancé depuis 1770 un rite théâtral, appelé : Crata Repoa, qu’ils traduisaient fort faussement par : Silence des Dieux, où l’initiation antique qui se donnait dans la Grande Pyramide était « fidèlement reproduite » par une réception symbolique à sept degrés successifs (Pastophore ; Néocore ; Mélanophore ; Christophore ; etc.) d’une lamentable fantaisie. Deux Français, Bailleul et Desétangs devaient en diffuser une version française en 1821. De son côté, l’abbé Terrasson avait déjà montré la voie, dans son roman initiatique : Sethos (7).

La « mode » des initiations « à l’égyptienne » avait d’ailleurs conquis Paris et devait provoquer l’inquiétude, puis la réaction sévère des autorités maçonniques de l’époque (8).

II. L’histoire

Interrogeons des contemporains et demandons-leur ce qu’ils savent des rites égyptiens au moment où ceux-ci tentent de conquérir la France.

Levesque qui rédigea en 1821 un « Aperçu général historique » des   sectes maçonniques de son temps parle en ces termes du nouveau venu : le rite de Misraïm, « II y a, je crois, cinq ou six ans que ce Rite est venu s’établir à Paris. Il venait du Midi de l’Italie et jouissait de quelque considération dans les Îles Ioniennes et sur les bords du golfe Adriatique. Il a pris naissance en Égypte (9). »

Après ce premier témoignage, interpellons le maçon le plus érudit de France, le célèbre Thory (1759-1817), qui dans ses deux tomes des « Acta Latomorum » reproduisit un nombre considérable de documents historiques précieux dont il avait été le conservateur (10).

Il précise : « Le Rite de Misraïm, qui ne date, en France, que de quelques années, était très en vigueur à Venise et dans les îles ioniennes, avant la Révolution française de 1789. Il existait aussi plusieurs Chapitres de Misraïm dans les Abruzzes et dans la Pouille. »

Et il ajoute cet élément intéressant : « Tous ces grades excepté les 88e, 89e et 90e ont des noms différents. Quant aux trois derniers, nous n’en connaissons pas la dénomination, on les a indiqués comme voilés, dans le manuscrit qui nous a été communiqué (11). »

Nous verrons plus loin l’extrême importance de cette observation.

Abordons maintenant Ragon, qui, après une courte collaboration avec les frères Bédarride, devint leur implacable adversaire.

Il nous apprend — il est ici un témoin oculaire — que les pouvoirs des dirigeants français du Rite, les FF. Joly, Gabboria et Garcia leur avaient été conférés à Naples en 1813. Les documents justificatifs étaient rédigés en langue italienne (12) et furent présentés aux commissaires du Grand-Orient le 20 novembre 1816.

Parlant plus loin des secrets des derniers degrés de ce Rite, le célèbre « auteur sacré de la maçonnerie », spécifie : « Nous reproduisons les quatre derniers degrés du Rite de Misraïm apporté du Suprême Conseil de Naples, par les ff. Joly, Gabboria et Garcia. Tout lecteur impartial, qui les comparera, verra combien ces degrés diffèrent de ceux qu’énoncent les FF. Bédarride. » Et il ajoute ailleurs en note : « Cette explication et les développements des degrés 87, 88 et 89, qui forment tout le système philosophique du vrai rite de Misraïm, satisfait l’esprit de tout maçon instruit… (13) »

LIRE  Rituel d’Apprenti de la Stricte Observance Templière

Le 1er août 1818 paraît à Bruxelles une défense du rite de Misraïm, signalant un ouvrage paru à Londres sur ce rite en 1805, sous forme d’in-quarto (14).

Nous avons d’autre part en notre possession à Bruxelles, où le rite de Misraïm fut introduit en 1817, une partie de ses archives : statuts (parus chez Remy, rue des Escaliers, le 5 avril 1818) ; diplômes ; polémique avec les autres Rites ; et un tuileur manuscrit, sur parchemin, contenant notamment les « Arcana Arcanorum » — sur papier et avec écriture absolument identique à un autre document daté de 1778.

De ces éléments, nous pouvons déduire : 1) que le rite égyptien était pratiqué en Méditerranée et en Italie avant 1789 ; 2) que ses derniers degrés se pratiquaient sous forme de deux régimes très différents : un régime à philosophie kabbalistique (Régime Bédarride) et un régime à philosophie égypto-hellénique (Arcana Arcanorum : Secrets des Secrets, ou Régime de Naples).

On conçoit dès lors facilement que ceux-ci aient été voilés pour l’historien Thory, dont on craignait les divulgations.

On comprend aussi l’avis de Ragon : « Tout ce rite se résume en fait aux quatre degrés philosophiques de Naples (15). » Le fait que Bédarride signale que son mystérieux Ananiah ait quitté le Midi de la France en 1782 pour l’Italie (16) prouve qu’au moins ce point de son histoire du rite n’est pas dépourvu de vraisemblance historique. C’est donc avec raison que l’historien Waite repousse comme très douteuse l’hypothèse de certains écrivains mal renseignés, qui attribuent « l’invention » de ce rite à un nommé Lechangeur, à Milan, en 1805 ! (17) »

Voici maintenant un nouvel élément, digne d’intérêt : le 17 décembre 1789, le célèbre Cagliostro, qui avait installé à Rome une loge de rite égyptien le 6 novembre 1787, se faisait arrêter par la police pontificale. On trouvait dans ses papiers les catéchismes et rituels de son Rite et notamment une statuette d’Isis 18. Or, Isis est le mot sacré d’un des degrés de Naples.

L’on peut se demander si Bédarride a connu Cagliostro. Il faut répondre par l’affirmative ; il ne conteste ni la réalité de son initiation en Égypte ni celle de ses pouvoirs, il se borne à lui reprocher d’avoir, en France, fait un rite égyptien personnel.

3. La philosophie du Misraïmisme

Si la maçonnerie est, en général, l’héritière et la propagandiste inlassable d’une morale sociale, qui vise, avant toute autre chose, à nous apprendre à nous transformer, par une discipline progressive, en « pierre taillée », en « pierre cubique », au lieu de demeurer une « pierre brute », inutilisable au bonheur de tous ; si elle impose à ses adeptes le respect le plus absolu des idées d’autrui, la plus parfaite égalité, une tolérance permanente et une fraternité réelle, si elle leur demande de chercher en toute chose la vérité et de pratiquer la justice, il va de soi que ces impératifs éthiques n’ont, ni de près ni de loin, aucun rapport avec l’initiation, dans le sens le plus élevé de ce mot.

Si par ce vocable nous entendons : « la communication de certains secrets d’ordre cosmique à un petit nombre d’élus, susceptibles d’en faire un bon usage », la maçonnerie actuelle n’est pas une école initiatique : elle ne donne aucun enseignement dogmatique ; elle respecte obligatoirement l’opinion de tous et celle de chacun ; elle n’est pas une université d’occultisme ; elle n’est pas dirigée par une hiérarchie de didascalies, qui enseignent des néophytes et leur transmettent secrets ésotériques et pouvoirs initiatiques ; ses dirigeants sont en certains pays des athées convaincus, que seul le progrès matériel et social intéresse directement ; sans doute, elle donne la plupart de ses instructions par le canal traditionnel du symbolisme ; mais ce dernier n’est pas religieux ; n’a pas de tendance mystique et repousse au contraire nettement toute intrusion d’un élément irrationnel dans la formation qu’elle donne à ses élèves (19) ».

Toute différente était la maçonnerie du 18e siècle ! Elle ne groupait, en la plupart des rites, que d’ardents spiritualistes. Loin de se limiter à la recherche du bonheur humain, à l’émancipation des esprits, à l’éducation du cœur, elle mettait sa préoccupation essentielle dans la conquête de la Vérité, dans l’effraction des mille secrets de la Nature, dans les expérimentations les plus hardies dans le domaine spirituel. De là, cette extraordinaire floraison des rites les plus variés, des obédiences les plus singulières, des hauts grades les plus mystiques et les plus hermétiques : pour nous en convaincre, il faut et il suffit de lire simplement la nomenclature des degrés qui constituent la maçonnerie égyptienne. Les religions, l’alchimie, l’hermétisme, la kabbale s’y rencontrent et s’y mélangent ; l’arbre de Misraïm est une école de secrets de toute espèce et ses quatre derniers degrés du régime napolitain, nous apportent les secrets les plus considérables de la tradition spiritualiste la plus vénérable.

L’on conçoit dès lors facilement le dédain, l’antipathie marquée, l’hostilité dont la maçonnerie égyptienne a toujours été, au cours de son histoire, la victime permanente de la part des autres rites.

Le Grand Orient de France battit, en ce domaine pénible, tous les records de la méchanceté, allant jusqu’à dénoncer le rite de Misraïm au pouvoir politique, à provoquer des perquisitions et des poursuites contre le rite de Misraïm, afin de rendre à ce dernier toute existence impossible (20).

Aussi certains dignitaires misraïmites parisiens eurent-ils la faiblesse de renoncer à certains de leurs grades supérieurs et tentèrent de se mettre au pas volontairement, en donnant aux matérialistes qui les critiquaient des gages de conformisme athée véritablement déplorables (21) — à ce prix, ils se firent facilement reconnaître.

 Mais ce n’est là que l’exception.

Les hauts grades du Rite n’ont jamais approuvé : ni la réduction de l’échelle égyptienne aux trente-trois degrés de l’écossisme, ordonnée par l’Hiérophante Pessina et mise en pratique en certains pays (notamment l’Argentine) ; ni la suppression de ses liturgies spiritualistes.

De tout temps, les « Arcanes » des quatre derniers degrés se sont transmis de façon régulière.

Peut-on dans une revue de vulgarisation destinée au monde profane, esquisser en ses grandes lignes un bref résumé de ce qui pourrait s’appeler : la philosophie de ce Rite ?

C’est là une œuvre nécessaire, car précisément Misraïm se distingue des autres Ordres maçonniques par la richesse de son enseignement ésotérique.

Un simple coup d’œil sur son organisation et sur son symbolisme suffit à définir son caractère.

1) Ses statuts authentiques — ceux de 1818 — montrent que cet Ordre est basé, non sur le nombre, mais sur la sélection ; non sur le vote de la masse, mais sur l’autorité de ses instructeurs. Le Grand-Maître, Souverain Grand Conservateur Général du Rite, Puissance Suprême, a tout pouvoir dogmatique et administratif au sein de l’Ordre. Il est son régent, ad vitam. Tout membre du 90e degré peut initier individuellement et sous sa propre responsabilité à tous les degrés successifs de l’Échelle du Rite. Au premier degré, un vote est exigé de l’atelier sur toute candidature de profane qui lui serait soumise, la majorité étant requise pour qu’une admission soit agréée.

Cette organisation est conforme aux traditions initiatiques. L’Hiérophante est le Père et l’instructeur de ses enfants spirituels. Il ne dépend pas d’eux, ce ne sont pas les enfants qui élisent leurs parents.

Ses collaborateurs directs, titulaires du dernier degré, ont le pouvoir d’initiation individuelle, en dehors de tout temple et de toute organisation. C’est là le précieux principe de l’Initiation Libre, qui a permis tant de diffusion à d’autres Fraternités initiatiques, telles que le Pythagorisme et le Martinisme.

LIRE  Rituel au Grade d’Apprenti selon le REAA

2) Ses symboles particuliers ne manquent pas d’intérêt : on y retrouve : d’une part le Triangle rayonnant, d’autre part, Le secret des Pythagoriciens, ainsi que le double Carré — Matière-Esprit — tout emboîté les uns dans les autres.

Les trois mondes sont symbolisés par trois cercles concentriques. La Kabbale y est représentée par l’Échelle de Jacob et les tables de la Loi, le courant égypto-hellénique, par le dieu Bélier Amon et l’Olivier sacré.

3) Ses enseignements ne sont pas seulement un compendium traditionnel des Vérités de l’ésotérisme. Ils confèrent de véritables secrets et assurent un Lien vivant avec l’Invisible.

Le parallélisme entre certains passages des Arcana et les traditions du rituel de Cagliostro est étonnant : par exemple : « le 89e degré de Naples donne, dit Ragon, une explication détaillée des rapports de l’homme avec la Divinité, par la médiation des esprits célestes ». Et il ajoute : « Ce grade, le plus étonnant et le plus sublime de tous, exige la plus grande force d’esprit, la plus grande pureté de mœurs, et la foi la plus absolue (22). »

Écoutons maintenant Cagliostro : « Redoublez vos efforts pour vous purifier, non par des austérités, des privations ou des pénitences extérieures ; car ce n’est pas le corps qu’il s’agit de mortifier et de faire souffrir ; mais ce sont l’âme et le cœur qu’il faut rendre bons et purs, en chassant de votre intérieur tous les vices et en vous embrasant de la vertu.

II n’y a qu’un seul Être Suprême, un seul Dieu éternel. Il est l’Un, qu’il faut aimer et qu’il faut servir. Tous les êtres, soit spirituels soit immortels qui ont existé sont ses créatures, ses sujets, ses serviteurs, ses inférieurs.

Être Suprême et Souverain, nous vous supplions du plus profond de notre cœur, en vertu du pouvoir qu’il vous a plus d’accorder à notre initiateur, de nous permettre de faire usage et de jouir de la portion de grâce qu’il nous a transmise, en invoquant les sept anges qui sont aux pieds de votre trône et de les faire opérer sans enfreindre vos volontés et sans blesser notre innocence (23). »

Ces rituels tendent tous au même but : purifier les assistants ; les plonger dans une vivifiante ambiance spirituelle ; les mettre en relation et en résonance sur les plans supérieurs à la débilité humaine ; les charger des grâces d’En-Haut.

C’est là, au fond, reprendre tout ce que le vieux courant égypto-grec avait enseigné à ses prêtres : Apollon descendait à Delphes et inspirait la Pythie ; Amon-Ra descendait à Thèbes et animait son image ; l’Invisible touche le visible, dans une osmose ineffable.

Tel n’est-il pas le seul, l’immense, l’indicible effet de l’Initiation véritable ? Donner à la vie un sens. Mener l’initié à la communion avec le Cosmos. Le ramener à sa Patrie céleste. Et si les rites modernes n’ont pas la puissance et le rayonnement des liturgies antiques, ils ont cependant cet avantage précieux de nous mettre sur le chemin de la Vérité et de nous donner une joyeuse confiance en nos destins…

Jean Mallinger, Avocat à la Cour d’Appel de Bruxelles.

Les plus belles prières des Rites égyptiens

I. Invocation pour l’ouverture des travaux au premier degré

« Puissance Souveraine qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seule, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous te saluons !

Reçois, ô mon Dieu, l’hommage de notre amour, de notre admiration et de notre culte !

Nous nous prosternons devant les Lois éternelles de Ta Sagesse. Daigne diriger nos Travaux ; éclaire-les de Tes lumières ; dissipe les ténèbres qui voilent la Vérité et laisse-nous entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, dont Tu gouvernes le monde, afin que, devenus de plus en plus dignes de Toi, nous puissions célébrer en des hymnes sans fin l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. »

Extrait de : Le Sanctuaire de Memphis, par le F. E.-J. MARCONIS DE NEGRE, pages 62-63, Paris, Bruyer, 1849.

II. Prière de clôture des travaux au premier degré

« Dieu Souverain, qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seul, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous Te saluons !

Pleins de reconnaissance pour Ta Bonté infinie, nous Te rendons mille actions de grâces, et au moment de suspendre nos travaux, qui n’ont d’autre but que la gloire de Ton Nom et le bien de l’humanité, nous Te supplions de veiller sans cesse sur Tes enfants.

Écarte de leurs yeux le voile fatal de l’inexpérience ; éclaire leur âme ; laisse-leur entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, avec laquelle Tu gouvernes le monde, afin que, dignes de Toi, nous puissions chanter avec des hymnes sans fin Tes ouvrages merveilleux et célébrer, en un chœur éternel, l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. » Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Ton Nom, gloire à Tes Œuvres ! »

Id. : page 102.

III. Prière d’ouverture du Souverain Chapitre

« Seigneur, Père de Lumière et de Vérité, nos pensées et nos cœurs s’élèvent jusqu’au pied de Ton trône céleste, pour rendre hommage à Ta Majesté Suprême.

Nous Te remercions d’avoir rendu à nos vœux ardents Ta Parole vivifiante et régénératrice : Gloire à Toi !

Elle a fait luire la Lumière au milieu des ténèbres de notre intelligence : Gloire à Toi !

Accumule encore Tes dons sur nous et que, par la science et par l’amour, nous devenions aux yeux de l’univers, Tes parfaites images ! »

Id. : page 135

IV. Prière de clôture du Souverain Chapitre

« Dieu Souverain, Ta bonté paternelle nous appelle au repos. Reçois l’hommage de notre reconnaissance et de notre amour. Et pendant que le sommeil fermera nos paupières, que l’œil de l’âme, éclairé de Tes splendeurs, plonge de plus en plus dans les profondeurs de Tes divins Mystères ! »

Id. : page 137.

V. Prière sur un initié

« Mon Dieu, créez un cœur pur en lui et renouvelez l’esprit de Justice en ses entrailles ! Ne le rejetez point de devant Votre face ! Rendez-lui la joie de Votre assistance salutaire. Et fortifiez-le par un esprit, qui le fasse volontairement agir. Il apprendra Votre voie aux injustes ; et les impies se retourneront vers Vous… »

CAGLIOSTRO : « Rituel du 3e degré », page 65 (Éditions des Cahiers astrologiques, Nice 1948).

VI. Prière finale

« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, Ame de l’Univers, que Tu remplis de Ta gloire et de Tes bienfaits, nous adorons Ta Majesté Suprême ; nous nous inclinons devant Ta Sagesse Infinie, qui créa et qui conserve toutes choses.

Daigne, Etre des êtres, recevoir nos prières et l’hommage de notre amour ! Bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi !

Éclaire-les de Ta Lumière Divine. Qu’ils n’aient d’autre but que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l’Ordre et le bien de l’humanité.

Veuille unir les humains, que l’intérêt et les préjugés séparent les uns des autres ; écarte le bandeau de l’erreur, qui recouvre leurs yeux. Et que, ramené à la Vérité par la Philosophie, le genre humain ne présente plus devant Toi qu’un peuple de frères, qui T’offre de toutes parts un encens pur et digne de Toi ! »

Extrait de : Marc Bédarride : De l’Ordre Maçonnique de Misraïm, tome II, page 419, Paris, Bénard, 1845.

Notes :

1 Marc BEDARRIDE : « De l’Ordre Maçonnique de MISRAÏM, de son antiquité, de ses luttes et de ses progrès », Paris — Bénard, 1845 — en deux tomes.

LIRE  Aleister Crowley & la Franc-Maçonnerie

2 Id. : Tome II, page 125.  Histoire répétée, par John YARKER dans son livre « The Arcane Schools », page 488, Ed. William Tait, Belfast, 1909.

3 VERNHES : « Défense de Misraïm et quelques aperçus sur les divers rites maçonniques en France », page 21, Paris, Imprimerie Constant-Champie, 1822.

4 J.-E. MARCONIS et E.-N. MOUTTET : « L’Hiérophante », page 6, Paris, 1839, chez Morel. E.-J. MARCONIS DE NEGRE : « Le Sanctuaire de Memphis », page 11, Paris, Bruyer, 1849. MARCONIS : « Le Soleil mystique », page 193, Paris, A. Goubaud, 1853.

5 « Le Temple mystique », page 7, Paris, octobre 1854.

6 Notamment : Reg. Gambier MAC BEAN : « Notes on the A. and P. Oriental Rite of Memphis », page 3, Palerme, 1927. Arthur WAITE : « A new encyclopaedia of Freemasonry », tome 2, p. 241, London, Rider, 1921.

7 cf. une version française des Crata Repoa dans la revue HIRAM, dirigée par le Dr PAPUS, fascicules 4 à 7 du 1er avril 1909 au  1er juillet 1909, Paris ; un résumé détaillé dans WAITE : « Encyclopaedia of Freemasonry », tome I, pages 218 à 225 ; et une réédition récente : « Freemasonry of the ancient Egyptians », par Manly HALL, The Philosophers Press, Los-Angelès, 1937. Une gravure sensationnelle, montrant l’initié passant par l’eau et par le feu à l’intérieur de la Grande Pyramide, avait d’autre part été publiée par Alexandre LENOIR (1761-1839) dans son livre : « La Franche Maçonnerie rendue à sa véritable origine », Paris, 1814. cf. cette gravure dans : Manly HALL, op. cit., page 81. Elle a paru dans l’ouvrage : « Histoire générale et particulière des religions et du culte de tous les peuples du monde », par le célèbre érudit Fr. H. DE LAULNAYE, tome I, Paris, Fournier, 1791 — il la reproduit d’après SETHOS dont la première édition date de 1728 (dessin de J.-M. MOREAU le jeune).

8 cf. dans Jean-Marie RAGON, Tuileur Général, Paris, Collignon, 1861, pages 250-252 : Compte rendu des tenues égyptiennes des 15 mai et 12 juin 1817. « Cette représentation fit fureur ; elle fit pâlir le symbolisme ordinaire, mais sa renommée fut par trop retentissante, tant l’admiration fut grande. »

9 LEVESQUE : Aperçu général et historique des   sectes maçonniques, page 105, Paris, 1821.

10 THORY : « Acta Latomorum », en deux tomes, pages 327-328, Paris, 1815.

11. Ibid.

12 RAGON : op. cit., pages 247 et 307, note I.

14 BRETEL, aîné : « Réponse à un libelle », page 7, publiée en août 1818.

15 RAGON : Tuileur 1856, page 307, note 1.

16 BEDARRIDE : « Histoire de Misraïm », tome 2, page 125.

17 WAITE : « Encyclopaedia of the Freemasonry », tome 2, page 75.

18 Sur CAGLIOSTRO, cf. « Vie de Joseph Balsamo, extraite de la procédure instruite contre lui à Rome en 1790 », Paris, éd.   Treuttel, 1791 ;   et : Dr Marc HAVEN : « Le Maître Inconnu, Cagliosto », Paris, Dorbon aîné, 1913 ; cf. aussi : « Rituel de la Maçonnerie Égyptienne », Nice, Ed. des Cahiers Astrologiques, 1947.

19 Oswald WIRTH l’a d’ailleurs précisé en 1931 de façon très claire : « Le penseur se fait lui-même : il est le fils de ses œuvres. La F. M. le sait, aussi évite-t-elle d’inculquer des dogmes. Contrairement à toutes les églises, elle ne se prétend point en possession de la Vérité. En Maçonnerie, on se borne à mettre en garde contre l’erreur, puis on exhorte chacun à chercher le Vrai, le Juste et le Beau » (« Le Livre de l’Apprenti », page 8, éd. Dorbon aîné)… Elle veut obliger ses adeptes à penser et ne propose, en conséquence son enseignement que voilé sous des allégories et des symboles… » (Id.)

Edmond GLOTON est tout aussi formel : « La F. M. est formée des éléments les plus disparates, tant au point de vue professions, confessions ou idéologies politiques ; les idées les plus contraires s’y affrontent, se confrontent, s’affirment, mais est-il possible de faire une synthèse de ces éléments disparates et de déterminer une moyenne ? Non, ce serait aller contre la Maçonnerie que de vouloir lui assigner une doctrine ; ce serait limiter son champ d’action. La F. M. ne mettant pas de limite à la recherche de la Vérité, ne peut avoir de doctrine. » (« Instr. Mac. du 1er degré », pages 96-97, 1934.

Le Dr Raymond CORBIN est plus affirmatif encore : « Nous avons vu que le symbole maçonnique n’est jamais, lui, figé dans une interprétation définitive et qu’il est au contraire toujours vivant, toujours nouveau et toujours rajeuni, renaissant peut-on dire, chaque fois qu’il est étudié et interprété par un nouvel initié. Il ne saurait donc être question entre la Maçonnerie et ses symboles des mêmes rapports que ceux que nous venons d’apercevoir entre les religions et leurs rites » (« Symboles initiatiques et mystères chrétiens », pages 111-112, 1929).

Et Edouard PLANTAGENET de conclure : « Nous l’avons dit, le maître maçon n’a pas plus à être un occultiste savant qu’un exégète subtil des mystères cosmogoniques. L’Initiation ne doit l’amener qu’à la pratique d’une vie supérieure, imprégnée de réel, de beauté, d’harmonie » (« Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu », page 41, Paris, 1931).

20 Cf. THORY : « Acta Latomorum », tome 2 ; cf. années 1818, 1819, 1821, 1822, 1836, où des exclusives, dénonciations, saisies eurent lieu en France et aux Pays-Bas. cf. l’intéressante étude parue en avril-mai 1935 dans le « Bulletin Mensuel des Ateliers Supérieurs du Suprême Conseil de France » — 8, rue Puteaux, Paris — numéros 4 et 5, sous la plume du F. Fernand CHAPUIS, sur l’histoire et les tribulations de la loge misraïmite de Besançon, en 1822. Il signale qu’en 1822, le rite avait en tout en France 73 ateliers de grades divers, notamment à Paris 7 loges et 15 Conseils.

21 cf. Rite Oriental de Misraïm ou d’Égypte — Fête d’ordre du 4 août 1889 — Paris — discours du F. Dr CHAILLOUX, Grand Secrétaire : « Mais vient l’instant où il lui est permis enfin de disposer de ses forces vives pour les mettre au service des idées de progrès ; cette institution est amenée par la force des choses à se transformer, à évoluer dans un sens progressif. Chez nous, la réorganisation a commencé par la refonte des rituels. Ces rituels ont été mis en harmonie, non seulement avec les principes maçonniques et démocratiques, mais avec les données scientifiques les plus modernes (pages 10-11). En supprimant complètement tout ce qui, de près ou de loin, pouvait rappeler le caractère si religieux de ce grade à son origine, la maçonnerie n’ayant et ne devant avoir rien de commun avec la religion… etc. (p. 12). Si on peut lire en notre Déclaration de principes imprimée en 1885 : Base fondamentale et immuable : l’existence de l’Être Suprême : l’immortalité de l’âme ; l’amour du prochain, on peut lire dans notre Constitution réformée : autonomie de la personne humaine, justice, altruisme (p. 13).

22 RAGON : Tuileur universel, page 307, 1856.

23 cf.   «Rituel de CAGLIOSTRO»,   pages 54,  55,   61,  62. L’enseignements de ce dernier est totalement étranger aux doctrines du Régime de Naples ; c’est celui inséré au 3e degré d’adoption de Cagliostro où il donne (cf. pages 140-142) les détails pratiques d’une opération, devant durer quarante jours et provoquer un rajeunissement complet de tous les organes physiques de l’adepte !   C’est là, évidemment, un symbole, que les gens crédules ont cru bon de prendre à la lettre : non seulement aucun d’eux n’a pu réussir cette cure « d’élixir de longue vie », mais Cagliostro lui-même a avoué un jour n’avoir jamais expérimenté ni réussi la méthode, dont il se faisait le propagandiste ! (cf.  Vie de Balsamo, page 206, 1791.)

SOURCE : https://www.esoblogs.net/6783/les-rites-dits-egyptiens-de-la-maconnerie/?fbclid=IwAR0zyeI2NQFYy93WHET9ZVLV4m1p6CnE1xFYS6caASneXQl6wDemCLoJgoc

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L’influence illusoire du pouvoir en Franc-maçonnerie 6 juin, 2019

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L’influence illusoire du pouvoir en Franc-maçonnerie

1 avril 2019

 
L’influence illusoire du pouvoir en Franc-maçonnerie dans Recherches & Reflexions citation-la-justice-sans-la-force-est-impuissante-696x328

« La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. » Ainsi s’exprime Pascal dans ses célèbres pensées.

Si on se tourne maintenant vers le sens étymologique du mot pouvoir. On retrouve des réponses tel que : « désigne quelqu’un qui possède l’autorité, la puissance de faire quelque chose. » ou encore « Être responsable en quelque chose ». Tout cela nous parle dans le fond d’ascendant sur les autres et pourtant l’étymologie latine « posse » est intrinsèquement un verbe composé de potis sum « je suis maître de ». Or être Maître, n’est-ce pas ce que nous venons cultiver en Loge. Je ne parle évidement pas de contrôle mais bien de Maîtrise. Le contrôle c’est le pouvoir sur l’extérieur, alors que la maîtrise concerne l’intérieur. Le latin magister nous dit que c’est « celui qui commande, celui qui dirige » et diriger c’est bien une notion de sens. Or le sens ou la direction, c’est précisément ce que la géométrie sacrée de la Franc-maçonnerie nous enseigne. C’est grâce à elle que nous pouvons nous centrer et nous orienter vers la destination finale du même nom… l’Orient, qui devient pour l’occasion éternel.

En résumé, et pour en finir avec mon introduction, on peut certainement dire que « Le pouvoir c’est acquérir une puissance couronnée de sagesse, afin de devenir exemplaire pour animer les autres »

Le lieu où nous sommes ne permet pas les débats, les commentaires ou les éclats de rire, mais j’entends d’ici quelques sarcasmes et autres commentaires intérieurs. J’entends par exemple certaines petites voix susurrer : « Tout cela n’est que foutaise dans la pratique, car le Maître est généralement celui qui ordonne à l’esclave ». Ce n’est pas faux, Etienne de la Boétie avec son « Discours de la servitude volontaire », il y a 5 siècles, nous a dressé un portait toujours d’actualité des rapports abusifs du Maître, mais aussi et de la soumission du dominé.

Avouez quand même que sans la soumission complice des victimes, il ne peut plus y avoir de Maître abusif. Chacun sait que le renard est le prédateur des poules et pourtant en mars dernier, en Bretagne, on a pu lire dans la presse « Des poules prennent leur revanche et tuent un renard à coups de bec ». On peut certainement en déduire que lorsque les victimes se lèvent pour occuper leur vraie place, les Maîtres se ravisent et les relations changent. Sans vouloir nier le statut de certaines victimes du pouvoir abusif, il est intéressant de soulever un point qui est celui de l’acte d’indignation, si chère à Stéphane Hessel (à voir sur Youtube). Se tenir droit et devenir Maître ainsi d’un pouvoir qui n’aura jamais de prise sur celui qui ne baisse pas les yeux. L’Homme debout en somme ! A l’image de Nelson Mandela qui durant 27 ans de captivité cultiva la Sagesse et la Puissance.

Nous nous souvenons tous de l’expérience de Stanley Milgram en 1962, sur la soumission à l’autorité. A l’époque, 1000 personnes ont participé à une expérience médicale dont le thème annoncé était : « l’effet de la punition sur la mémoire ». Ils devaient administrer de 15 volts en 15 volts des décharges électriques à un autre participant assis dans une chaise « électrique » lorsque ce dernier commettait des erreurs dans ses réponses (à voir sur Youtube). En réalité, tout était truqué. Le but était de voir jusqu’où un individu sous l’emprise d’une autorité est capable de se soumettre à celle-ci, s’il la juge légitime et s’il n’a aucune responsabilité dans les conséquences. Le résultat fut effrayant. Sur 1000 individus comme vous et moi, 66 %, les 2/3, poussèrent le curseur de 450 volts. Une torture abominable pour les participants… s’ils n’avaient pas été eux aussi des comédiens complices de l’expérience. Vous me direz certainement que tout cela, c’était avant. Mais non, l’expérience à été reproduite en 2010 dans un studio TV avec l’animatrice Tania Young qui remplaçait le docteur Milgram en blouse blanche (à voir sur Youtube). Une horde de spectateurs écervelés stimulait les participants au jeu. L’expérience médicale était remplacée par un banal jeu TV. Depuis le temps qu’on remémore les génocides et autres tueries humaines, nous sommes tous devenus des êtres responsables. Pourtant, il y a moins de 10 ans de cela, 81 % des participants sont allés jusqu’à 450 Volts. 15% de soumission supplémentaire par rapport à 50 ans plus tôt.

Ainsi, la soumission au pouvoir sans conscience est une maladie mortelle et dangereuse du côté des victimes, car elle en fait de dangereux bourreaux par procuration. Comme l’a écrit le pasteur protestant Martin Niemöller, « Le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes. »

J’affirme pour ma part que la complicité des participants sans conscience est le terreau de la dictature.

Reparlons maintenant du pouvoir en Franc-maçonnerie. Nous savons tous qu’il s’agit d’un simulacre de pouvoir. Il dure tout au plus 3 heures par mois pendant 3 an. Pourtant, une horde d’ambitieux se querellent pour savoir qui va se faire appeler Illustrissime Machin, Sérénissime Truc ou Très Respectable Bidule. J’ai l’habitude de dire que si on dote les dignitaires maçonniques de décors aussi lourds et puissants, c’est pour les lester afin que les leur orgueil ne les fasse pas s’envoler. Le problème c’est qu’après trois ans, ils ne veulent plus quitter leurs décors. C’est comme au football, il faudrait leur offrir à tous un ballon afin qu’ils n’aient plus à courir et ainsi, on se débarrasserait par la même occasion des supporters. Imaginez un instant, tout le monde ici serait sérénissime avec des guirlandes électriques et une crèche à roulette derrière pour faire office de traîne. Il n’y aurait plus bagarre, car tout le monde serait chef.

Le problème c’est qu’ensuite, tout le monde se battrait pour devenir Apprenti et il y aurait des compétitions pour savoir qui est le plus humble et qui possède le tablier le plus petit et le plus blanc. Avouons quand même que tout cela n’est pas très sérieux. Le rôle d’un dignitaire est justement d’être digne. Or la dignité c’est avant tout le respect, le principe selon lequel une personne ne doit jamais être traitée comme un objet ou comme un moyen. Cela signifie que le Grand Maître est à votre service et non au sien. Il n’est pas celui qui parle, mais celui qui écoute. Il n’est pas celui qui abuse ou qui favorise les abus, mais celui qui est juste et permet à chacun de grandir. Pour revenir aux pensées de Pascal, c’est justement celui qui est puissant et qui est juste. Ainsi, c’est celui qui travail sur lui-même et qui est censé représenter la Sagesse. Le philosophe américain Ralph Waldo Emerson avait une phrase que j’aime beaucoup « Qui tu es parle tellement fort que je n’entends pas ce que tu dis ». Il me semble justement que le dignitaire, quel qu’il soit, doit être avant tout dans son corps et dans son esprit, un fil à plomb guidé par l’amour fraternel.

Malheureusement, l’illusion du pouvoir l’emporte trop souvent et c’est justement là que se trouve la racine du mal de la Franc-maçonnerie. L’illusion et le monde des apparences sont les deux sources de notre perdition future si nous n’ouvrons pas les yeux.

Franck Fouqueray

SOURCE :

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Voyage en franc-maçonnerie … 21 mai, 2019

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Franc-maçonnerie et émancipation dans la Caraïbe anglophone 13 mai, 2019

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Franc-maçonnerie et émancipation dans la Caraïbe anglophone

caraibe

Cécile Révauger, Université de Bordeaux.

Franc-maçonnerie et émancipations dans la Caraïbe anglophone : Barbade, Grenade, Trinidad.

Fille des Lumières anglaises et écossaises, la franc-maçonnerie moderne date de 1717 en Angleterre et de 1736 en Ecosse, même si des loges et guildes existaient aux siècles précédents, sous différentes formes. Elle ne tarda pas à se développer en dehors des îles britanniques, suivant de très près la progression de l’Empire colonial. C’est aux Antilles britanniques que nous nous intéresserons ici, plus particulièrement à trois îles, la Barbade, la Grenade et Trinidad, avec quelques incursions à Ste Lucie mais en laissant malheureusement de côté la Jamaïque qui représente à elle seule un champ d’étude très riche. Des recherches sur le terrain ont permis d’affiner cette étude et de compléter les archives conservées à la Bibliothèque de la Grande Loge Unie d’Angleterre [1]. Citons en particulier la collection d’annual returns, ces comptes rendus envoyés régulièrement par les loges de la Caraïbe aux Grandes Loges britanniques auxquelles elles étaient rattachées. Outre un séjour fructueux aux archives nationales de la Barbade, j’ai pu rencontrer des historiens locaux, proches des loges locales, qui ont mis gracieusement à ma disposition leurs archives privées [2]. Leur aide m’a été d’autant plus précieuse que des cyclones ont ravagé une grande partie des collections conservées dans les bibliothèques publiques de la Grenade et de la Barbade. En dépit de convergences certaines, c’est la grande diversité des paysages maçonniques locaux qui frappe tout regard extérieur. Chaque loge est ancrée dans un contexte bien particulier, qui diffère selon les îles.

La première loge caribéenne fut celle d’Antigue, la Parham Lodge qui obtint une patente de la Grande Loge d’Angleterre le 31 janvier 1738[3]. Selon Gould, historien de la franc-maçonnerie britannique célèbre au début du vingtième siècle, il existait déjà trois loges à Antigue en 1739, qui travaillaient directement sous l’égide de la Grande Loge d’Angleterre tandis qu’une quatrième dépendait de la Grande Loge Provinciale de Nouvelle Angleterre. Jessica Harland Jacob cependant n’a pu en identifier avec certitude que deux en 1743 [4]. La Jamaïque fut la deuxième île de l’archipel à voir apparaître la franc-maçonnerie, en 1739, suivie de près par la Barbade. Un certain Alexander Irvine, un Anglais qui venait de s’installer à la Barbade, y fonda la loge St Michael n°94 le 12 mars 1740. La loge La Sagesse St Andrew n°243 fut la première loge constituée à la Grenade en 1764 par les Anglais, mais rayée du registre de la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1813[5] . Ce « titre distinctif » français n’est guère surprenant car la Grenade était encore peuplée d’un grand nombre de Français et n’était devenue anglaise que depuis peu. On trouve le même cas de figure à Trinidad, trente ans plus tard, lorsque La Loge Les Frères Unis, s’y installe en 1794. Son titre français se justifie doublement, d’une part parce que la loge est importée de Sainte Lucie et a été fondée par le Grand Orient de France, et d’autre part parce que l’île de Trinidad est alors majoritairement peuplée de planteurs français, bien qu’appelée à devenir anglaise trois ans plus tard [6]. Les premiers pas de la franc-maçonnerie furent très différents à la Barbade, à la Grenade et à Trinidad, et ce pour des raisons qui tiennent bien davantage aux différences de contextes qu’à des idiosyncrasies liées aux rituels. Contrairement aux autres îles, la Barbade qui fut même surnommée « Little England » demeura britannique des débuts de la colonisation à son indépendance. Trinidad en revanche fut tout d’abord espagnole, mais peuplée essentiellement de planteurs français qui restèrent pour la plupart lorsque le général écossais Ralph Abercrombie s’empara de l’île en 1797 pour le compte du gouvernement britannique. Abercrombie leur laissa la liberté de culte tout en autorisant le gouvernement espagnol local – le Cabildo – à rester en place et à continuer à légiférer selon la loi espagnole. La Loge les Frères Unis prit soin de ne pas froisser les autorités britanniques et préféra changer d’allégeance, renonçant à sa patente française au profit d’une patente de la Grande Loge de Pennyslvanie puis de la Grande Loge d’Ecosse, au gré des événements géopolitiques (Révauger, 2008, 33-47). La Grenade quant à elle demeura française jusqu’en 1763, date à laquelle elle fut cédée au Royaume Uni. Les Français cependant s’emparèrent de nouveau de l’île pour une courte période, de 1779 à 1783, avant de devoir y renoncer définitivement. En 1795, Julien Fédon, petit planteur mulâtre, tenta une dernière fois de placer l’île sous contrôle français en libérant ses propres esclaves, en vue de suivre l’exemple des Jacobins et de la première émancipation de 1794, en tuant le gouverneur britannique, et en terrorisant les Anglais une année entière [7]. On sait peu de chose des débuts de la franc-maçonnerie à la Grenade mais Gould mentionne l’existence de deux loges françaises dans les années 1780 ainsi que la création d’une troisième en 1828, la Loge La Bienfaisance, sous la bannière du Grand Orient de France (Gould, V, 101). Le fait qu’une loge ait pu être rattachée à la France alors que l’île était désormais britannique mérite d’être signalé, mais n’est pas si étonnant : la présence française était encore très forte, ne serait ce que par la mémoire de Fédon, mais aussi en raison du grand nombre de francophones, comme l’atteste la survivance aujourd’hui encore de noms de localités tels que « Sauteurs », « Fontenoy », Molinière » et quelques autres…

Notre principale interrogation portera sur le rôle joué par la franc-maçonnerie à la Caraïbe. Dans quelle mesure a-t-elle servi de relais à l’autorité coloniale ou bien au contraire favorisé les émancipations ? Les loges ayant surgi dans le sillage de l’Empire britannique, elles ont longtemps favorisé l’implantation des élites coloniales et contribué à renforcer les liens avec la métropole. Cependant elles ont également établi de nombreuses passerelles entre les îles et tissé des liens précieux pour favoriser l’émergence d’élites locales et structurer des identités nationales.

Les loges de la Caraïbe, agents de l’Empire britannique ?

Dès les années 1730 la Grande Loge d’Angleterre nomma des Grands Maîtres Provinciaux, à la fois en Angleterre et dans les colonies, chargés d’encourager la création de loges dans un secteur particulier puis de veiller à leur bon fonctionnement et à leur régularité et de rendre compte de leurs activités auprès des instances de la métropole. Il arrivait que la fonction de Grand Maître Provincial soit purement honorifique mais dans la plupart des cas elle facilita les liens avec l’Angleterre, puis l’Ecosse et l’Irlande. La concurrence entre les Grandes Loges fut de nature différente en fonction du contexte politique. A la Barbade, ce sont les Grandes Loges anglaises des Modernes et des Anciens, la Grande Loge d’Ecosse et la Grande Loge d’Irlande qui rivalisèrent. A la Grenade en revanche Français, Anglais et Ecossais animèrent le paysage maçonnique. A Trinidad les Grandes Loges française et américaines ne tardèrent pas à s’éclipser au profit des Grandes Loges anglaises, écossaise et irlandaise. Les Grandes Loges britanniques s’implantèrent dans les Antilles britanniques à la fois par l’intermédiaire de loges militaires et en fondant des loges sur les terres conquises. Toutes encouragèrent l’existence de ces loges itinérantes –travelling lodges- qui étaient en fait des loges militaires suivant les régiments au cours de leurs déplacements. Selon Harland Jacob la Grande Loge irlandaise fut particulièrement active dans ce domaine. Dans certains cas une rivalité exista entre les loges militaires et les loges civiles, comme à la Barbade, car même si elles comprenaient souvent les mêmes membres, les premières étaient sans doute considérées comme des agents de l’Empire alors que les secondes étaient composées certes de Britanniques, mais vivant désormais dans « leur » nouveau pays, la Barbade. Ainsi le « chapitre » des hauts grades rattaché à la loge locale[8], nommée de façon tout à fait révélatrice Albion Lodge, ce qui montre bien que cette dernière revendiquait son lien direct avec l’Angleterre, porta plainte contre la loge militaire implantée à la garnison de Ste Anne, à Bridgetown, pour avoir délivré le degré du Royal Arch à l’un des membres de cette loge et avoir ainsi empiété sur ses prérogatives[9]. La loge militaire dut présenter ses excuses et s’engager à ne plus recommencer ! Les officiers et sous officiers britanniques ne se contentaient pas de « maçonner » dans les loges militaires : une proportion énorme de militaires rejoignait également les loges civiles locales [10].

A la Barbade comme à Trinidad une grande partie de l’élite coloniale appartenait à la franc-maçonnerie. Sir Ralph Abercrombie, qui conquit Trinidad en 1797, avait été initié en Ecosse, tout comme William Fullerton, l’un des trois commissaires mis en place par le gouvernement britannique pour neutraliser Picton, le gouverneur tyrannique de l’époque. Aucun des deux ne semble cependant avoir fréquenté la seule loge de l’époque, et pour cause, car elle était essentiellement composée de planteurs français et de membres du Cabildo : l’île étant une colonie de la Couronne, récemment acquise par les Britanniques, elles ne disposait pas d’assemblée législative propre comme la Barbade ou la Jamaïque [11]. Cependant, étant donné qu’elle avait conservé la législation espagnole, tout en étant placée directement sous l’autorité de la Couronne britannique, elle était encore dotée d’un gouvernement local, le Cabildo, vestige de l’occupation espagnole, aux pouvoirs nécessairement un peu réduits depuis qu’elle était sous autorité britannique.

Les gouverneurs et hommes politiques de la Barbade occupèrent parfois des fonctions prestigieuses au sein des Grandes Loges Provinciales locales. Ainsi, Lord Seaforth , un Ecossais, gouverneur en 1801, fut sollicité par les maçons locaux pour devenir leur Grand Maître Provincial, ce que la Grande Loge d’Irlande, accepta de faire (Downes, 2007, 55-57). En 1817, la Grande Loge Unie d’Angleterre nomma John Alleynes Beckles, qui occupait alors un poste stratégique puisqu’il était président de l’assemblée législative locale (Speaker), Grand Maître Provincial de la Barbade. Les deux hommes s’affrontèrent plus ou moins directement en se mêlant à la principale controverse politique de l’époque. Le Gouverneur Seaforth et Grand Maître Provincial d’Irlande apporta son soutien au parti des « Salmagundis », des petits propriétaires qui prônaient des réformes libérales et qui organisèrent un grand meeting au temple maçonnique de Bridgetown (Freemasons’Hall) tandis que le Speaker Beckles, le Grand Maître Provincial d’Angleterre, soutint le parti des riches planteurs, les « Pumpkins » qui s’opposaient à toute démocratisation. Cependant, « tous resserrèrent les rangs lorsqu’on débattit de questions raciales et d’esclavage » (Downes, 2007, 59-60). On sait que les planteurs de la Barbade, comme ceux de la Jamaïque, s’opposèrent à la volonté du gouvernement britannique, qui sous l’impulsion des abolitionnistes, voulait adoucir le sort des esclaves en réduisant les horaires de travail ou en interdisant l’usage du fouet à l’égard des femmes, ou pour améliorer le rendement[12]. Le gouverneur qui succéda à Lord Seaforth, de 1817 à 1820, Stapleton Cotton, 1er Vicomte de Combermere (1773-1865) fut également franc-maçon. Sir Evan John Murray Mac Gregor, gouverneur des Iles sous le vent de 1833 à 1836, fut inhumé dans le caveau de Alexander Irvine en 1841, dans la cathédrale St Michael de Bridgetown. Bien que son appartenance à la franc-maçonnerie n’ait pu être prouvée, elle seule peut expliquer que le gouverneur ait été placé dans la tombe du fondateur de la première loge de la Barbade et que en 1966 le clan Mac Gregor ait organisé une cérémonie pour déposer une plaque en mémoire de leur ancêtre dans cette même cathédrale, en présence du Premier Ministre de la Barbade, Errol W. Barrow, lui-même maçon, du Grand Maître de la Barbade et du vénérable de la loge historique, Albion Lodge [13].

L’intégration des Noirs dans les loges britanniques et irlandaises ne se fit pas sans mal. L’un des premiers incidents connus remonte au 8 janvier 1823, lorsque le secrétaire de la loge Albion, James Cummins, écrivit à Thomas Harper, alors Grand Maître adjoint de la Grande Loge anglaise pour lui faire part de son inquiétude : en effet un Noir nommé Lovelace Oviton (ou Overton) venait de solliciter son admission dans cette loge en tant que visiteur, car il était détenteur d’un certificat maçonnique établi par la loge Royal Clarence de Brighton, affiliée à la Grande Loge anglaise des « modernes » en 1806, donc quelques années avant l’unification des « Anciens » et des « Modernes ». Etant donné que la Grande Loge anglaise était maintenant unifiée, le vénérable de la loge Albion pouvait difficilement arguer de différences rituelles. Pire, le dénommé Oviton avait exprimé le souhait de fonder une loge de maçons noirs …Cummins avait tenté de l’en dissuader mais s’en référait maintenant à la Grande Loge d’Angleterre. Le même Oviton, mulâtre libre, n’en signait pas moins une déclaration de loyauté au gouverneur la même année pour s’opposer à l’amélioration du sort des esclaves… (Downes, 2007, 62). Or paradoxalement c’est cette même loge d’Albion qui une vingtaine d’années plus tard attira l’attention de la Grande Loge Unie d’Angleterre sur la nécessité de changer les règlements afin de permettre aux loges de la Caraïbe d’initier des hommes noirs, en 1840, précisément au moment où la Grande Loge apportait son soutien aux abolitionnistes du monde entier en hébergeant dans ses locaux prestigieux –le Freemasons’Hall de Londres- la convention internationale de l’Anti-Slavery Society. Le secrétaire de la loge expliquait maintenant que plusieurs hommes noirs avaient sollicité leur admission, alors que les constitutions maçonniques stipulaient encore que seuls des hommes « nés libres » pouvaient être initiés. Or, comme le faisait remarquer le secrétaire d’Albion Lodge, les francs-maçons anglais eux-mêmes semblaient avoir enfreint ce règlement sur le sol britannique en admettant des Noirs à quelques reprises [14]. Ce souhait d’intégration des Noirs était loin d’être partagé par toutes les loges de la Caraïbe. Ainsi la Loge Amity 277 envoya le 2 juillet 1840 une missive à la Grande Loge d’Irlande, à laquelle elle était affiliée, pour demander si l’émancipation des esclaves devrait vraiment entraîner leur admission dans les loges [15]. Les loges d’Antigue et de St Vincent en revanche adoptèrent une démarche semblable à celle d’Albion Lodge. La Grande Loge Unie d’Angleterre se donna le temps de la réflexion, mais en 1847 elle finit par voter une résolution modifiant les termes de ses Constitutions en substituant l’expression « homme libre » à celle de « né libre » (Proceedings, 1847). Pour une fois, ce sont les loges de la Caraïbe qui semblent avoir donné le la et il semblerait que la Grande Loge Unie d’Angleterre ait attendu d’être certaine de leur approbation avant de se décider à effectuer ce changement majeur.

De façon générale, les loges de la Caraïbe s’évertuèrent sans relâche à prouver leur fidélité à l’Empire britannique. Ainsi les maçons de la Barbade envoyèrent une lettre au roi pour le féliciter d’avoir échappé à l’attentat perpétré contre sa personne en 1800, ainsi que le firent les deux Grandes Loges anglaises ( Harland-Jacob, 2007, 141). Presque un siècle plus tard, en 1887, la plupart des loges de l’Empire célébrèrent le jubilé de la Reine Victoria. A cette occasion, la loge Albion fit même une exception, en rendant hommage à la seule femme maçonne de l’Empire britannique, Mrs St Leger Aldworth, une Irlandaise qui aurait été initiée dans les années 1710 à la suite d’une indiscrétion mais aurait ensuite rendu de précieux services à l’Ordre (Atwell, 1976, 52-53). Sans doute la loge, qui ne montrait aucun enthousiasme particulier pour la franc-maçonnerie féminine, fit elle un effort spécial pour être dans l’air du temps et plaire à la reine Victoria, qui n’était elle-même pourtant pas particulièrement féministe…

Avant les émancipations, la première fonction de la franc-maçonnerie fut bien de maintenir le contact le plus étroit possible entre les élites coloniales et la métropole et de renforcer ainsi l’Empire britannique. Paradoxalement cependant elle favorisa aussi la transition entre élites coloniales et élites locales lorsque chaque pays prit son indépendance. Ainsi le premier gouverneur général nommé par les Britanniques une fois que la Barbade eut pris son indépendance en 1966 fut un franc-maçon noir, Sir Winston Scott, membre de Thistle Lodge [16]. Aujourd’hui encore, à l’exception des Grandes Loges de Prince Hall qui sont indépendantes, la plupart des loges de la Caraïbe sont encore affiliées soit à la Grande Loge d’Ecosse soit à la Grande Loge Unie d’Angleterre, par l’intermédiaire d’une Grande Loge Provinciale. Cependant ce lien historique entre la franc-maçonnerie de la Caraïbe et le Royaume Uni ne devrait pas éclipser les rapports très fréquents et très étroits qui se sont peu à peu établis entre les différentes îles, en franc-maçonnerie comme dans les autres domaines.
La solidarité maçonnique entre les îles des Antilles britanniques.

La légendaire solidarité maçonnique n’a pas été un vain mot dans le contexte des Antilles britanniques. Elle s’est exercée à plusieurs reprises à la fois de façon interne et externe entre les îles de Sainte Lucie, de la Barbade, de la Grenade et de Trinidad. D’une part, les loges se sont aidées mutuellement pour créer d’autres loges ou des chapitres conférant les hauts grades, d’autre part elles ont apporté leur contribution financière en cas de catastrophes naturelles, fort fréquentes dans la zone Caraïbe, en s’adressant souvent non plus simplement aux maçons mais à l’ensemble de la population.

Plusieurs exemples pourraient être cités. Ainsi, lorsque les révolutionnaires français s’emparèrent de Saine Lucie, plusieurs planteurs redoutèrent la vindicte de Victor Hugues et préférèrent s’enfuir : ce fut précisément le cas de Benoît Dert , « maître des cérémonies » de la Loge Les Frères Unis, constituée par le Grand Orient de France, qui s’empara de la patente avant que le temple maçonnique ne soit brûlé dans la petite ville de Micoud, avant de fuir l’île et de se réfugier chez son frère qui possédait une plantation de cacao à Trinidad. C’est là qu’il donna un nouvel essor à la loge qui ne tarda pas à initier des planteurs locaux, dont le propre frère de Benoît. Bientôt la loge allait troquer sa patente française contre une charte américaine puis écossaise (Révauger, 2008, 33-47) au gré des évolutions du contexte politique international.

Les Grandes Loges Provinciales, tout en rendant régulièrement compte de leurs activités aux instances métropolitaines, prirent de nombreuses initiatives pour créer des loges dans les îles avoisinantes. De nos jours, les Grandes Loges Provinciales anglaise et écossaise de la Caraïbe exercent leur autorité sur des juridictions différentes et ne regroupent pas les îles de la même façon. Ainsi à la Grenade, les loges d’affiliation écossaise (Scottish Constitution) dépendent de la Grande Loge provinciale de Trinidad (District Grand Lodge) alors que celles d’affiliation anglaise (English Constitution) sont rattachées à celle de la Barbade (Provincial Grand Lodge). Les rapports avec les Grandes Loges du Royaume Uni étaient forcément formels et distants, alors que ceux avec les îles proches étaient beaucoup plus concrets. Pour des raisons pratiques, les loges ont eu tendance à tisser des liens de proximité, ce qui leur permettait de se rendre visite et de concrétiser leur désir de solidarité, indépendamment souvent de leur choix initial d’affiliation à l’Angleterre plutôt qu’à l’Ecosse ou qu’à l’Irlande.

La communication avec le Royaume Uni était loin d’être aisée, comme l’atteste cet incident en 1813, lors de l’unification des deux Grandes Loges anglaises, l’ « Ancienne » et la « Moderne », lorsque les loges de la Barbade firent une erreur d’interprétation : elles comprirent que l’une des Grandes Loges anglaises avait fusionné avec la Grande Loge d’Irlande et lorsqu’elles s’aperçurent de cette bévue, elles en conçurent un assez fort ressentiment à l’égard de la nouvelle Grande Loge Unie d’Angleterre qui n’avait pas pris la peine de les informer directement (Downes, 2007, 56-57).

Plusieurs loges de la Grenade furent constituées grâce à celles de la Barbade. Ainsi, le 4 novembre 1819 c’est la Grande Loge Provinciale d’Irlande, siégeant à la Barbade, qui accorda une charte pour fonder la loge St George. Cependant de 1845 à 1904 la franc-maçonnerie fut « en sommeil », pour utiliser l’expression consacrée, et ne retrouva « force et vigueur », toujours selon la terminologie d’usage, qu’au début du XXe siècle, grâce aux efforts d’un certain John Charles Mc Queen, ingénieur de la Grenade impliqué dans la production de la canne à sucre. Mc Queen, qui avait été initié en 1893 dans la loge anglaise la plus prestigieuse de la Barbade, la loge d’Albion, redonna vie à la loge de St George (aujourd’hui loge St George n° 3073 sur le registre de la Grande Loge Unie d’Angleterre) avant d’encourager la création d’une autre loge à Ste Lucie, la Loge Abercrombie, du nom du célèbre général écossais qui colonisa Sainte-Lucie et Trinidad. Comme on le voit, de façon paradoxale, tout en développant les échanges inter îles, les maçons de la Caraïbe ne voyaient aucun inconvénient à donner des « titres distinctifs » très impériaux à leurs loges. Mac Queen utilisa apparemment le même rituel pour les deux cérémonies à la Grenade et à Ste Lucie, afin de relancer l’activité de la loge St George et de créer la loge Abercrombie. Ce rituel est actuellement en possession des membres de la loge St George[17]. Le premier vénérable de la loge St George fut un ecclésiastique, le Révérend Cark-Holman, qui avait lui aussi rallié la loge Albion de la Barbade en 1886, et qui mit à la disposition des « frères » l’aile Nord de l’église anglicane de St George. Ainsi c’est dans une enceinte religieuse que se réunirent ces maçons de la Grenade au début du siècle. Lorsqu’une deuxième loge fut créée à la Grenade, la loge de la Conception, le discours d’inauguration fut prononcé par le maître des cérémonies de la loge Albion. L’aide apportée par cette loge de la Barbade aux francs-maçons de la Grenade est donc indéniable.

La même solidarité s’exerça dans la constitution de chapitres des hauts grades. La Grande Loge anglaise des « anciens », la Grande Loge d’Ecosse encouragèrent les initiatives des maçons de la Caraïbe. Ainsi la franc-maçonnerie des Templiers, perçue comme particulièrement prestigieuse, existait à la Barbade sous la houlette des Anglais, mais pas encore sous celle des Ecossais. Or dans l’île de Trinidad, les maçons avaient un chapitre écossais des Templiers –Scottish Preceptory. Les maçons de la Barbade sollicitèrent ces derniers pour les aider à fonder un chapitre écossais sur le même modèle en 1955 [18].

De même, lorsque les maçons de la Barbade décidèrent en 1947 de se doter d’une société d’entraide – Provident Society – ils adoptèrent le concept en vigueur à Trinidad (Atwell, 1976, 54). Les catastrophes naturelles qui frappèrent les îles de la Caraïbe à multiples reprises donnèrent aux maçons l’occasion de s’entraider. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, en 1927 la loge St George de la Grenade fit un don à la loge Abercrombie de Ste Lucie après qu’un incendie air ravagé cette île [19]. En 1955 la même loge de la Grenade apporta son secours aux maçons de la Dominique, frappés par le cyclone Janet qui venait également de ravager leur propre île. A son tour la même loge St Georgs bénéficia de l’aide de la Grande Loge Provinciale de la Barbade après le cyclone de 2004.

Une franc-maçonnerie en phase avec chaque île de la Caraïbe.

Bien que la franc-maçonnerie ait surtout attiré les élites sociales du temps des sociétés de plantation, et bien que ce soit encore en partie le cas, peu à peu elle parvint à gagner d’autres secteurs de la population. Les loges accueillirent bientôt une grande variété de membres, sans que l’on puisse parler pour autant de véritable brassage social.

Tout d’abord l’intégration de maçons noirs dans des loges à l’origine composées essentiellement de planteurs se fit très progressivement. La Grande Loge Unie d’Angleterre n’ouvrit la porte des loges aux esclaves émancipés et à leurs descendants qu’en 1847 (voir ci-dessus). Trinidad connut des évolutions significatives en accueillant, tardivement certes, mais tout de même avant la disposition anglaise, la population locale. Alors que la Loge Les Frères Unis avait longtemps régné sans partage, la Loge les Frères Choisis de Naparime, fondée en 1823 dans la ville de San Fernando, fut la première à initier des Noirs, après qu’elle ait obtenu non sans mal une patente, accordée par la Grande Loge Provinciale anglaise, suite au refus que lui avaient opposé les maçons de Trinidad qui travaillaient sous la houlette des Ecossais et des Irlandais (Révauger, 2008, 33-47). Le lieu de cette fondation, San Fernando, est significatif : cette ville, éloignée du centre du pouvoir, a toujours connu un métissage important. Les activités de la nouvelle loge ne durèrent que deux ans cependant. C’est la Philantropic Lodge 856 (de Constitution anglaise également), consacrée en 1835, qui donna de nouveau à des Noirs l’accès à la « lumière ». La loge existe encore de nos jours. A la Barbade, un directeur d’école, Lee Skeete fut cependant victime de préjugés raciaux et se vit refuser l’entrée dans les loges anglaises dans les années 1950, ce qui l’incita à fonder sa propre loge, Union Lodge n°7551, en 1958. La loge organise de nos jours encore une journée annuelle, avec une conférence sur un sujet maçonnique, la Lee Skeete Memorial Lecture [20]. Certains maçons ont préféré créer des loges totalement indépendantes des Grandes Loges britanniques et se regrouper au sein de la Grande Loge de Prince Hall de la Caraïbe. Cette dernière a des loges à la Barbade, à Trinidad et à Ste Lucie. Si son organisation est indépendante, il est évident que tous les regards des « frères » de Prince Hall de la Caraïbe se portent vers la franc-maçonnerie américaine noire. Tous les ans les maçons de Prince Hall de la Barbade participent à une série de conférences consacrées à l’histoire de la franc-maçonnerie et plus largement à l’histoire des Noirs et au patrimoine culturel africain, le « Black History Month. »

Certaines loges de Trinidad semblent correspondre à des affinités ethniques ou professionnelles : ainsi, des maçons espagnols fondèrent la Phoenix Lodge 1213EC (de Constitution anglaise) en 1877 (Charles, 1995, 38) et en 1838 des membres de la communauté chinoise furent à l’initiative de la loge Caribbean Light, de constitution écossaise, une loge encore active de nos jours (Charles, 1995, 43-44).

Les loges n’acceptèrent jamais de femmes, pas plus dans la Caraïbe que dans les autres pays du monde anglophone, si l’on excepte les chapitres de l’Eastern Star : les femmes n’y sont pas considérées comme franc-maçonnes à part entière mais comme membres d’associations de bienfaisance travaillant en liaison étroite avec des loges masculines et essentiellement destinées à exercer la charité pour le compte des « frères ». L’Eastern Star n’existe qu’à la Barbade, et que pour les loges de Prince Hall, cette obédience spécifiquement noire, créée à l’origine à Boston en 1784.

Il faut émettre une autre réserve importante si l’on évoque la capacité d’intégration sociale des loges : la franc-maçonnerie à la Caraïbe comme ailleurs a rarement attiré les milieux les plus défavorisés. Traditionnellement ce sont les élites qui ont rejoint les loges. Les ouvriers et les petits artisans ont souvent préféré rejoindre les friendly societies, ces sociétés de secours mutuel, pour utiliser une traduction approximative, telles que les Foresters et les Mechanics, ces associations que l’on dénomme parfois « la maçonnerie du pauvre ». Les Foresters et les Mechanics sont encore très actifs à la Grenade, et contrairement aux loges, initient à la fois des hommes et des femmes [21]. Pour une raison mystérieuse, les Foresters sont officiellement reconnus par les loges maçonniques locales, contrairement aux Mechanics. Dans la tradition des sociétés de secours mutuel britanniques des dix-huitièmes et dix-neuvièmes siècles, ces associations qui attirent des ouvriers agricoles ou des petits artisans, portent secours à leurs membres en cas de maladie ou de revers de fortune. Ils ont un rituel qui leur est propre, fondé sur des valeurs chrétiennes.

A l’exclusion des secteurs les plus défavorisés, les loges maçonniques ont cependant accueilli de larges pans de la population, des classes moyennes aux classes supérieures, mais pas nécessairement dans les mêmes loges. Le choix de l’affiliation à une loge de « constitution anglaise », de « constitution écossaise », ou même de « constitution irlandaise » permettait une grande diversification rituelle qui correspondait de fait aussi souvent à une répartition sociale, en fonction des affinités des membres. Traditionnellement les loges affilées à la Grande Loge anglaise des « anciens » recrutaient dans des milieux moins aristocratiques que les « modernes »[22]. Ce fut le cas de la loge d’Albion, de la Barbade, par exemple. Parmi les fondateurs , sur la liste de 1791, on note la présence d’un orfèvre, d’un négociant, de deux planteurs, d’un commissaire des comptes, d’un charpentier de navires, d’un menuisier, d’un ferronnier, d’un coroner, d’un officier de marine … (Atwell, 1976, 58). En juin 1824, et un mois plus tard, en juillet de la même année, la loge Albion conféra les trois degrés d’un coup (« apprenti », « compagnon » et « maître ») à huit ouvriers qualifiés de nationalité portugaise qui avaient été embauchés pour refaire le plafond du château d’un certain Samuel Lord. Les membres d’Albion espéraient ainsi que ces hommes en profiteraient pour restaurer les locaux maçonniques de Fontabelle, ce qu’ils firent effectivement à la suite de leur réception dans la loge (Atwell, 1976, 32).

D’autres loges, telles que Les Frères Unis de Trinidad, continuèrent à attirer essentiellement les élites, foncières mais aussi commerciales et politiques. Peu à peu, à la suite des émancipations, les loges s’ouvrirent à d’autres secteurs de la population tout en contribuant à la formation des nouvelles élites au fur et à mesure que les représentants de l’Empire britannique se faisaient plus rares.

Les maçons s’impliquèrent dans plusieurs domaines de la Cité, dans l’éducation et dans la religion essentiellement, mais aussi, de façon plus indirecte dans la vie politique, par l’intermédiaire de quelques uns de leurs membres.

Les maçons ont de tout temps accordé une importance primordiale à l’éducation, en apportant leur contribution financière à des écoles, en attribuant des bourses d’études aux enfants de leurs membres. Ainsi la loge Albion tenta de fonder une institution charitable avec l’aide d’autres loges, d’affiliation écossaise et irlandaise, dès 1808. Ce plan semble avoir échoué. Cependant, cette même loge fit un certain nombre de dons à l’organisme de gestion des écoles de la Barbade –the Central School Board- et reçut en échange le droit d’envoyer régulièrement deux garçons et deux filles dans des écoles de la Barbade sans payer de frais de scolarité [23]. Les deux premiers boursiers ne furent pas des enfants de maçons, note Atwell, et le vénérable de la loge obtint le droit de siéger au conseil d’administration des écoles de la Barbade, un droit que lui reconnaissait encore la Loi sur l’Education de 1890 (Atwell, 1976, 27-28). Il semble que la loge Albion ait continué à envoyer quatre enfants régulièrement en vertu de ce privilège jusque dans les années 1960 (Atwell, 1976, 28). De plus la loge Albion patronnait trois instituts dans les années 1950, le « Royal Masonic Institute for Boys », le « Royal Masonic Institute for Girls » ainsi que le « Royal Masonic Benevolent Institute » (Atwell, 1976, 48-49). Les loges de la Grenade alimentaient dans les années 1980 un fonds pour offrir des bourses d’études aux enfants de maçons, la De Vere Archer Scholarship (Lodge St George 3072, E.C., A Record of the Proceedings). Les maçons de Prince Hall, fidèles à leur fondateur qui avait incité les Noirs à s’éduquer dès la fin du dix-huitième siècle à Boston, multiplient également les initiatives dans ce domaine. Ils décernent régulièrement une bourse pour prendre en charge un étudiant dans le cadre de l’Austin Belle Programme, du nom de son fondateur.

Par ailleurs, les maçons de la Caraïbe, peu sensibles à l’idéal de laïcité de leurs homologues français, ont soutenu les diverses Eglises de leurs pays. Dès 1875 la loge Albion fit l’acquisition d’un tombeau dans l’enceinte de la cathédrale St Michael de Bridgetown en vue d’y enterrer les maçons les plus célèbres. Des processions funèbres maçonniques furent régulièrement organisées avec le soutien des autorités religieuses locales. Les maçons de Trinidad eurent des contacts réguliers avec l’Eglise catholique, puis lorsque cette dernière cessa d’être l’Eglise officielle, avec les autres Eglises. Les maçons de la Grenade organisèrent une souscription pour financer la construction de l’église écossaise presbytérienne, St Andrew’s Kirk. C’est le gouverneur Sir James Campbell, lui-même franc-maçon, qui posa la première pierre, un événement qui fut couvert dans la presse de la Grenade, la Grenada Free Press and Public Gazette, le 30 novembre 1831(notes manuscrites en possession de la loge St George). A l’occasion du 150e anniversaire, une plaque fut déposée en l’honneur des francs-maçons de la Grenade. En 2004 cependant le cyclone Ivan arracha le toit de l’église, la mettant hors d’état, tout comme les deux autres églises de St George, la catholique et l’anglicane. Le 21 juin 2007 le secrétaire de la loge écossaise St Andrew’s de la Grenade adressa une requête au nom des membres de la loge auprès de la Grande Loge de District de Trinidad et de Tobago afin de leur demander d’intercéder en leur faveur auprès de la Grande Loge d’Ecosse pour tenter d’obtenir une aide financière pour la reconstruction de ce toit [24]. Les loges de la Barbade, de la Grenade et de Trinidad comptèrent plusieurs ecclésiastiques.

Etant donné l’importance de la religion dans les îles de la Caraïbe, le lien étroit entre la franc-maçonnerie et les Eglises est un signe qui ne trompe pas de l’implication des loges dans la vie locale. Les maçons ont également joué un rôle dans la vie politique des îles, non point à travers les loges, mais à un niveau individuel. En effet, plusieurs membres des assemblées législatives locales, plusieurs gouverneurs et après les émancipations plusieurs gouverneurs généraux ont été maçons. Deux figures de poids de la politique barbadienne ont appartenu aux loges locales, Grantley Adams et Errol Walton Barrow. Bien que n’ayant jamais pris de position politique officielle, la franc-maçonnerie semble avoir accompagné les émancipations. Elle n’a pas été le moins du monde affectée par la révolution populaire de Maurice Bishop en 1979 à la Grenade. La loge locale fêta son 75e anniversaire en toute sérénité, en pleine révolution, déplorant simplement l’absence de la délégation barbadienne qui s’était montrée un peu craintive et avait annulé sa visite…

La franc-maçonnerie de la Caraïbe anglophone fut à son origine un pur produit de l’Empire britannique, tantôt anglais, tantôt écossais ou irlandais, et ne fut que très marginalement d’ascendance française comme ce fut le cas à Ste Lucie et à Trinidad. Cependant, en exerçant une influence dans la vie religieuse et éducative, la franc-maçonnerie tissa des liens sociaux et politiques et accompagna de fait les émancipations en encourageant ses membres à s’impliquer activement dans la Cité. Elle ne tarda pas à se forger une identité propre, ce qui fut facilité par les liens entre les différentes structures maçonniques, par les solidarités inter îles, à la fois pour créer de nouvelles loges, pour faire face aux catastrophes naturelles ou tout simplement pour soutenir les institutions locales. Cette volonté de coopération maçonnique entre les îles de la Caraïbe est à rapprocher du souci général de construction régionale dans le cadre du CARICOM. La franc-maçonnerie apporta ainsi peu à peu « sa pierre » à la construction des édifices nationaux, des identités nationales et régionales.

source :

revaugercecile.over-blog.com

le blog revaugercecile

Bmab

 

Ouverture des 7 Chakras 9 mai, 2019

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25 règles de vie à apprendre de Bouddha 28 avril, 2019

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25 règles de vie à apprendre de Bouddha

boudha

Il existe tant de belles leçons à apprendre en étudiant le Bouddhisme, qu’il est difficile d’en faire une liste succincte.  Néanmoins,  aujourd’hui, je tiens à partager avec vous quelques leçons tirées de l’enseignement de Bouddha.

Voici donc 25 règles de vie à apprendre de Bouddha:

1 – L’amour soigne tout

« Jamais la haine ne cesse par la haine ; c’est la bienveillance qui réconcilie. »

2 – Ce n’est pas ce que vous dites mais ce que vous faites qui définit qui vous êtes

« Un chien n’est pas considéré comme un bon chien parce qu’il est bon aboyeur. Un homme n’est pas considéré comme un homme bien parce que c’est un bon orateur. »

« Ce n’est pas un homme sage parce qu’il parle beaucoup ; mais celui qui est calme, affectueux et courageux est appelé sage. »

3 – Le secret d’une bonne santé est de vivre pleinement l’instant présent.

« Le secret de la santé, autant pour le corps que pour l’esprit, c’est de ne pas pleurer sur le passé, ne pas s’inquiéter du futur, ni anticiper les problèmes… mais de vivre dans le moment présent, sagement et sincèrement. »

« Ne vous attardez pas sur le passé, ne rêvez pas de l’avenir, concentrez votre esprit sur le moment présent. »

4 – Les mots ont le pouvoir de blesser et de soigner en même temps.

« Les mots ont le pouvoir de détruire ou de guérir ; lorsqu’ils sont justes et généreux, ils peuvent changer le monde. »

5 – Qui regarde à l’intérieur s’éveille.

« Le chemin n’est pas dans le ciel. Le chemin est dans le cœur. »

6 –  Le bonheur ne diminue jamais lorsqu’il est partagé.

« Des milliers de bougies peuvent être allumées d’une seule bougie, et la vie de la bougie ne sera pas raccourcie. Le bonheur ne diminue jamais en étant partagé. »

7 – Lâchez prise et les choses vous reviendront éternellement.

« Vous ne perdez que ce à quoi vous vous accrochez. »

8 – Personne ne peut marcher sur votre voie pour vous.

« Personne ne peut nous sauver à part nous-mêmes. Personne ne le peut et personne ne le fera pour nous. Nous devons marcher nous-mêmes dans notre propre voie. »

9 – Ne croyez pas en quelque chose simplement parce qu’on vous a dit d’y croire.

« Ne croyez pas en quelque chose simplement parce que vous l’avez entendu. Mais après observation et analyse, lorsque vous trouverez que tout est en accord avec la raison et est propice au bien et au profit de tous et chacun, alors acceptez-le et vivez pour cela. »

10 – Vous êtes ce que vous pensez.

« Tout ce que nous sommes est le résultat de ce que nous avons pensé : c’est fondé sur nos pensées et fait de nos pensées. »

11 – Personne n’est plus digne de votre amour que vous.

« Vous pouvez chercher à travers l’univers tout entier quelqu’un qui sera plus digne de votre amour et de votre affection que vous ne l’êtes vous-même, et cette personne ne doit pas être trouvée n’importe où. Vous, autant que n’importe qui dans l’univers tout entier, méritez votre amour et votre affection. »

12 -  Règles de vie de Bouddha – Connaître les autres est de la sagesse, la connaissance de soi est de l’illumination.

« Mieux vaut se vaincre soi-même que de gagner un millier de batailles. Ensuite, la victoire vous appartient. On ne peut pas vous la reprendre, ni par les anges ni par les démons, ni par le paradis et ni par l’enfer. »

13 – La spiritualité n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

« Tout comme une bougie ne peut brûler sans feu, les hommes ne peuvent vivre sans vie spirituelle. »

14 – Remplacez la jalousie par l’admiration.

« Ne soyez pas jaloux des qualités des autres, mais adoptez-les par admiration. »

15 – Renoncez aux étiquettes

« Dans le ciel, il n’y a pas de différence entre l’est et l’ouest; les gens créent des distinctions dans leur esprit puis croient qu’elles sont réelles. »

16 – Il n’existe pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur est le chemin.

« Il n’y a pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur est le chemin. »

17 – Choisissez intelligemment vos amis.

« Un ami qui n’est pas sincère et méchant est beaucoup plus à craindre qu’une bête sauvage. Une bête sauvage peut blesser votre corps, mais un mauvais ami blessera votre esprit.

18 – Détachez-vous.

« Pour vivre une vie pure et désintéressée, il ne faut compter que sur soi-même dans le milieu de l’abondance. »

19 – Recherchez la paix intérieure.

« La paix vient de l’intérieur. Ne la cherchez pas à l’extérieur. »

20 – Aimez. Vivez. Laissez-vous aller.

« Au final ce sont ces choses qui comptent le plus : A quel point avez-vous aimé ? A quel point avez-vous vécu? A quel point vous êtes-vous laissé aller? »

21 – Soyez gentil avec tout le monde.

« Soyez tendre avec les jeunes, ayez de la compassion pour les personnes âgées, soyez sympathique avec ceux qui ont des difficultés et soyez tolérant avec les faibles et les méchants. A un moment dans votre vie vous aurez été tout cela.»

22 – Contrôlez votre esprit ou c’est lui qui vous contrôlera.

« Pour jouir d’une bonne santé, pour apporter le vrai bonheur à sa famille, pour apporter la paix à tous, il faut d’abord discipliner et contrôler son esprit. Si un homme peut contrôler son esprit, il peut trouver la voie de l’Eveil, et toute la sagesse et la vertu viendront naturellement à lui. »

«C’est l’esprit d’un homme, non son ennemi ou son adversaire, qui l’attire dans les mauvaises voies. »

23 – La vérité s’échappe toujours d’une façon ou d’une autre.

« Trois choses ne peuvent pas être cachées longtemps : le soleil, la lune et la vérité. »

24 – Laissez vos peurs derrière vous.

« Tout le secret de l’existence est de ne pas avoir peur. N’ayez pas peur de qui vous deviendrez, ne dépendez de personne. Vous ne serez libéré qu’au moment où vous rejetterez toute aide.

25 – Le doute sépare. La confiance rassemble.

« Il n’y a rien de plus terrible que l’habitude de douter. Le doute sépare les gens. C’est un poison qui désintègre les amitiés et rompt les relations agréables. C’est une épine qui irrite et blesse, c’est une épée qui tue. »

Si vous avez d’autres règles de vie à nous faire partager, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous!

Source: Esprit Science Métaphysiques

Les idéaux et les lois de Maât 19 avril, 2019

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Les idéaux et les lois de Maât

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Les 42 idéaux de Maât du Temple d’Isis et les 77 commandements de Maât

 

Les idéaux et les lois de Maât ont été révélées aux prêtres et prêtresses de l’Égypte ancienne et codifiées plus de 5000 ans avant l´ère chrétienne. Ce sont des règles à observer et à chérir pendant notre vie sur terre.

 

Les 42 idéaux de Maât du Temple d’Isis

  1. J’honore la vertu
  2. Je profite avec gratitude
  3. Je suis en paix
  4. Je respecte la propriété d’autrui
  5. J’affirme que toute vie est sacrée
  6. Je donne des offrandes véritables
  7. Je vis dans la vérité
  8. Je regarde toutes les autels avec respect
  9. Je parle avec sincérité
  10. Je ne consomme que ma juste part
  11. J’offre les messages de bonnes intentions
  12. Je raconte dans la paix
  13. J’honore les animaux avec respect
  14. Je peux faire confiance
  15. Je me soucie de la terre
  16. Je garde mon propre conseil
  17. Je parle de façon positive des autres
  18. Je reste en équilibre avec mes émotions
  19. Je suis confiant dans mes relations
  20. Je tiens en haute estime la pureté
  21. Je répands la joie
  22. Je fais du mieux que je peux
  23. Je communique avec compassion
  24. J’écoute des opinions opposées
  25. Je crée l’harmonie 26. J’invoque le rire
  26. Je suis ouvert à l’amour sous diverses formes
  27. Je suis indulgent
  28. Je suis peu
  29. J’agis de manière respectueuse des autres
  30. J’accepte
  31. Je suis ma guidance intérieure
  32. Je converse avec la sensibilisation
  33. Je fais le bien
  34. Je donne des bénédictions
  35. Je garde les eaux pures
  36. Je parle avec de bonnes intentions
  37. Je loue la Déesse et le Dieu
  38. Je suis humble
  39. Je réalise avec intégrité
  40. J’avance à travers mes propres capacités
  41. J’embrasse le Tout

 

Les 77 commandements de Maât

  1. Tu ne causeras aucune souffrance aux humains
  2. Pour assouvir ton ambition, tu n’intrigueras pas
  3. Tu ne dépouilleras point de sa subsistance, une personne pauvre.
  4. Tu ne feras pas d’ actes condamnés par les Dieux
  5. Tu ne causeras aucune souffrance aux autres
  6. Tu ne voleras pas les offrandes des temples
  7. Tu ne voleras pas le pain destiné aux Dieux
  8. Tu ne voleras pas les offrandes destinées aux esprits sanctifiés
  9. Tu ne commettras aucun acte honteux dans l’enceinte sacrée des temples
  10. Tu ne pêcheras pas contre nature avec quelqu’un comme toi
  11. Tu n’enlèveras pas le lait de la bouche d’un enfant
  12. Tu ne pêcheras pas en utilisant un poisson comme appât
  13. Tu n’éteindras pas le feu quand il devrait brûler
  14. Tu ne violeras pas les lois sur les offrandes de viande
  15. Tu ne prendras pas possession des propriétés des temples et des Dieux
  16. Tu n’empêcheras pas à un Dieu de se manifester
  17. Tu ne causeras pas les pleurs
  18. Tu ne feras pas de signes dédaigneux
  19. Tu ne te fâcheras pas ou, sans cause, n’entreras dans une dispute
  20. Tu ne seras pas impur
  21. Tu ne refuseras pas d’écouter justice et vérité
  22. Tu ne blasphémeras pas
  23. Tu ne mentiras pas, par un flot de paroles
  24. Tu n’auras pas de langage méprisant
  25. Tu ne maudiras pas une Divinité
  26. Tu ne tricheras pas sur les offrandes faites aux Dieux
  27. Tu ne gaspilleras pas les offrandes faites aux morts
  28. Tu ne t’empareras pas de la nourriture des enfants et tu ne devras jamais mentir contre les Dieux de la cité
  29. Tu ne tueras pas les animaux divins avec une intention mauvaise
  30. Tu ne tromperas pas (tu ne tricheras pas)
  31. Tu ne voleras, ni ne pilleras
  32. Tu ne déroberas pas
  33. Tu ne tueras pas
  34. Tu ne détruiras pas les offrandes
  35. Tu ne diminueras pas les arpentages (mesures)
  36. Tu ne voleras pas les propriétés appartenant aux Dieux
  37. Tu ne mentiras pas
  38. Tu ne déroberas ni nourriture ni trésors
  39. Tu ne causeras pas de douleur
  40. Tu ne forniqueras pas avec le fornicateur
  41. Tu n’agiras pas malhonnêtement
  42. Tu ne transgresseras pas
  43. Tu n’agiras pas avec malice
  44. Tu ne voleras pas les terres des fermiers
  45. Tu ne dévoileras pas les secrets
  46. Tu ne feras pas la cour à une femme mariée
  47. Tu ne dormiras pas avec une autre épouse
  48. Tu ne causeras pas de terreur
  49. Tu ne te rebelleras pas
  50. Tu ne seras pas la cause de colère ou d’emportements
  51. Tu n’agiras pas avec insolence
  52. Tu ne causeras pas de différends (mauvaises compréhensions)
  53. Tu ne méjugeras pas (tromperas pas) ou tu e jugeras pas hâtivement
  54. Tu ne seras pas impatient
  55. Tu ne causeras pas de maladies ou blessures
  56. Tu ne maudiras pas un roi
  57. Tu ne troubleras pas l’eau à boire
  58. Tu ne déposséderas pas
  59. Tu n’useras pas de violence contre la famille
  60. Tu ne fréquenteras pas les personnes violentes
  61. Tu ne substitueras pas l’injustice à la justice
  62. Tu ne commettras pas de crimes
  63. Tu ne feras pas les autres travailler plus pour le même gain
  64. Tu ne maltraiteras pas tes serviteurs
  65. Tu ne proféras pas de menace
  66. Tu ne permettras pas à un maître de maltraiter un serviteur
  67. Tu ne provoqueras pas de famine
  68. Tu ne te fâcheras pas
  69. Tu ne tueras pas ou ordonner un meurtre
  70. Tu ne commettras pas d’actes abominables
  71. Tu ne commettras pas de trahison
  72. Tu ne tenteras pas d’augmenter ton domaine en usant de moyens illégaux
  73. Tu n’usurperas pas les fonds et propriétés des autres
  74. Tu ne saisiras pas de bestiaux dans les prairies
  75. Tu ne prendras pas au piège les volailles destinées aux Dieux
  76. Tu ne feras pas obstruction à l’écoulement de l’eau
  77. Tu ne dois pas briser les digues établies pour l’eau courante

 

Extrait du Papyrus D’Ani

Source : le net …

Horus-winged-sun

Musique cérémonielle … 15 avril, 2019

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L’origine des Sephiroth 10 avril, 2019

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L’origine des Sephiroth

janvier 04, 2009

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 6 janvier 2016

 

Kircher Sephiroth

Par Spartakus FreeMann

A Melmothia

Une discussion avec Melmothia m’a interpelé sur l’origine des Dix Sephiroth. Tout d’abord, la réponse à cette question me semblait si évidente que j’ai répondu par un tour de passe-passe kabbalistique : « oh ma bonne dame, les dix sephiroth, ben c’est le Sepher Yetsirah ». À y réfléchir ce court-circuit me déplaît, et je me suis rendu compte que je n’avais jamais essayé de brosser ne fut-ce qu’un très bref historique de la doctrine des Émanations. J’espère qu’ici cet oubli sera réparé.

Dans le courant de la Kabbale, un des concepts les plus importants est sans conteste celui des Émanations ou Sephiroth (singulier : sephirah ) par lesquelles Dieu se révèle. Ces Émanations sont des attributs ou des caractères archétypaux que la littérature kabbalistique décrit souvent comme des « sphères », des « régions » ou des « vases » contenant l’énergie émanée de Dieu, de l’En-Soph () l’infini et sans limite, inconnaissable par nature. Ce n’est qu’au travers de ces Émanations que l’on peut accéder à une connaissance (partielle) de Dieu et de Sa création.

Les 10 Sephiroth sont selon la représentation traditionnelle :

1. Kether ou Kether Elyon, la Suprême Couronne

2. Hokhmah, la Sagesse

3. Binah, l’Intelligence

4. Gedoulah ou Hesed, la Grandeur ou l’Amour

5. Guebourah ou Din, la Puissance ou le Jugement

6. Rahamim ou Tiphereth, la Compassion ou la Beauté

7. Netzach, la Victoire

8. Hod, la Majesté

9. Tzaddik ou Yesod Olam ou Yesod, le Juste, le Fondement du Monde ou la Fondement.

10. Malkhuth, le Royaume.

Sephiroth Pardes rimonim

Arbre de Vie tiré du Pardes Rimmonim

de Moïse Cordovéro (16e siècle).

Les noms des dix Sephiroth semblent avoir leur source dans I Chroniques 29, 11 :

« À toi, Éternel, est la grandeur, et la force, et la gloire, et la splendeur, et la majesté ; car tout, dans les cieux et sur la terre, est à toi. À toi, Éternel, est le royaume et l’élévation, comme Chef sur toutes choses » (traduction Darby).

Ce sont là les 7 attributs associés au 7 Sephiroth inférieures. Au 13e siècle, Isaac l’Aveugle de Narbonne, que certains veulent pour père de la Kabbale, fera le rapprochement dans son Commentaire du Sepher Yetsirah, avec ce passage des Écritures pour parler de la doctrine des Sephiroth.

Le Sepher Yetsirah (ou Livre de la Formation) est une autre source de la doctrine des Émanations. En effet, ce bref traité kabbalistique nous parle des « 32 Sentiers de la Sagesse » par lesquels Dieu a créé le monde. Ces Sentiers comprennent les 22 lettres de l’alphabet hébraïque et 10 numérations, ou Sephiroth terme dérivé, selon G. Scholem, de l’hébreu « sapar », compter.

Plus tardivement, nous trouvons le Sepher ha-Bahir, traité dans lequel les Sephiroth ne sont plus perçues comme des nombres mais comme des éons, des logoï ou des attributs (middoth en hébreu) qui servent d’instruments à la création. Le Bahir identifie ces attributs aux 10 ma’amoroth ou 10 Paroles par lesquelles le monde fut créé (voir le Pirke Avoth 5:1. Traité Avoth).

Cette vision fait écho au Talmud où nous lisons : « Par dix choses le monde fut créé, par la sagesse et par l’intelligence, et par la raison et la force, par la rigueur et par la puissance, par la justice et par le jugement, par l’amour et par la compassion » (Talmud : Traité Haguiga, 12a).

Avec Azriel de Gérone (13e siècle), nous obtenons un développement philosophique du système des Émanations que l’on pourrait résumer en trois traits fondamentaux :

1° les Sephiroth sont des manifestations finies de En-Soph

2° En-Soph est Infini, Parfait, Inconnaissable

3° les Sephiroth et En-Soph ne font qu’un.

En outre, les Émanations sont au nombre de 10 car elles sont limitées par les expressions de l’existence du monde « physique » de la création à laquelle elles participent : la substance, la longueur, la hauteur, la profondeur, le temps, le lieu…

Cette dernière idée se rapproche fortement de la théorie aristotélicienne des catégories de l’être. Si Dieu est inconnaissable, le monde a été créé par les Dix Paroles et selon Luzzatto :

« En-Sof est la Volonté telle qu’Il aurait pu la vouloir, celle qui n’a ni terme ni mesure, ni fin ; les Sephiroth sont ce qu’Il a voulu avec limite et qui constitue des attributs particuliers qu’Il a voulu ».

Le Zohar, ce volumineux et cryptique traité de la Kabbale, ne parle pas explicitement des Sephiroth, mais utilise une foule de termes différents que l’on peut rapprocher des qualités des Sephiroth (dans le folio 176b on les retrouve citées par leurs initiales, cependant, il semble que ce soit là un ajout tardif – du 16e siècle – dans la version du Codex de Mantoue). Cependant, le Zohar nous offre une explication quant à la structure de l’Arbre de Vie : les Sephiroth sont disposées en son sein selon la forme d’une Mishkal, ou balance, avec ses deux plateaux (les deux colonnes de gauche et de droite) et son centre. Ainsi, chaque Sephirah est un équilibre de la force et de l’énergie des deux Sephiroth qui la précèdent.

La source la plus claire semble bien être le Patah Eliyahu – une prière récitée lors de certaines liturgies juives – que l’on retrouve dans le Tikkunei Zohar (folio 19a), une œuvre postérieure au Zohar lui-même. Les références aux Sephiroth n’apparaissent souvent que dans les additions (tosaphoth) ou dans les commentaires (comme dans la traduction du Baal haSoulam par exemple). Daniel Matt, auteur d’une traduction anglaise contemporaine du Zohar écrit ainsi : « les commentateurs aiment à trouver des références aux Sephiroth que n’ont pas toujours voulu les ba’alei ha-Zohar (les auteurs du Zohar). Mais, les gloses sont plus innocentes, n’ajoutant pas de Sephiroth mais réduisant la poésie du Zohar en persistant à vouloir nommer les différentes Sephiroth là où le texte original n’y fait une subtile allusion ». En outre, les spécialistes sont presque tous unanimes pour dire que le Zohar « utilise rarement le terme Sephirah ou le nom même des Sephiroth » (Sperling et Simon, traduction 1931, 384).

La doctrine des Sephiroth sera développée par Isaac Louria. Il sort du cadre de cet article de décrire plus avant celle-ci et nous renvoyons le lecteur à notre travail La Kabbale lourianique. Qu’il nous suffise de dire ici que selon Louria, la création d’un monde fini par nature est une indication de l’auto-limitation de Dieu par voie du Tsimtsoum, ou retrait, contraction. Par cet acte, Dieu préserve un espace libre à sa création qui se déroule alors par l’épanchement de Sa lumière au travers des « vases » (Sephiroth).

Ce processus ne s’est pas déroulé correctement, menant au « bris des vases » et à la chute dans la matérialité, mais cette imperfection devrait, selon Louria, se conclure dans un tikkun, une réparation apparaissant alors comme la réalisation d’une parousie de Dieu au sein de la création rétablie dans sa perfection originelle.

Isaac Louria donne une autre classification des Sephiroth, omettant Kether et ajoutant Da’ath (Etz Chaim 23:5,8), que voici (Etz Chaim 23 : 1, 2, 5, 8; 25 : 6; 42 : 1) :

1. Hokhmah

2. Binah

3. Da’ath

4. Hesed

5. Guebourah

6. Tiphereth

7. Netzach

8. Hod

9. Yesod

10. Malkhuth

Moïse Cordovéro, quant à lui, mettra l’accent sur une structure basée sur les Quatre Mondes (Pardes Rimonim 3 : 1 et Or Ne’erav 6 : 1) et il organisera les Sephiroth selon l’ordre suivant : Atsiluth (Émanation) comprend Kether et Hokhmah ; Briah (la Création) comprend Binah ; Yetsirah (la Formation) comprend Tiphereth, Hesed, Guebourah, Netzach, Hod et Yesod (qui sont les 6 directions du monde) ; et enfin Assiah (L’Action) comprend Malkhuth. Chacun de ces 4 niveaux, calqué sur les 4 mondes, se voit attribué une des lettres du Tétragramme divin YHVH.

« Les trois premières Sephiroth doivent être considérées comme une seule et même chose. La première représente la « Connaissance », la seconde le « Connaisseur » et la troisième « ce qui est connu ». Le Créateur est Lui-même connaissance, connaisseur et chose connue… Ainsi, toutes les choses de l’univers ont leur forme au sein des Sephiroth et les Sephiroth ont leur source dans ce qui les émane » (Cordovéro, Pardes Rimonim).

Le diagramme ci-dessous représente l’ordre des Sephiroth selon Cordovéro. Chaque Sephirah y étant représentée par l’initiale de son nom :

Pardes Rimmomim

Moïse Cordovero, Pardes Rimmonim, 1592

Il est à noter que les diverses représentations des Sephiroth disposées sous la forme d’un arbre, bien qu’elles soient privilégiées par la tradition, ne sont pas les seules. Il y a déjà celle-ci-dessus de Cordovéro, on trouve également une représentation dite « cœur de Dieu » où Tiphereth est au centre d’une roue constituée des autres Sephiroth, sans parler de la Menorah ou chandelier à sept branches (voir ci-après). Quoi qu’il en soit, l’Arbre demeure le schéma le plus parlant, ne serait-ce qu’au vu de sa symbolique dans la Kabbale et le Judaïsme.

 

En-Soph

En-Soph et les 10 Sephiroth

 

L'origine des Sephiroth

Représentation extraite d’un manuscrit anonyme

Au fil des siècles, de la Cabale Chrétienne de Reuchlin au contemporain new-age navrant et réducteur, en passant par l’occultisme syncrétique de Crowley, la doctrine des Sephiroth sera étoffée, trahie, pervertie, embellie, complexifiée, dénaturée. Chacun tirant la « couverture » à soi, ajoutant ici ou là des attributs angéliques, voire démoniaques ; discourant sur les vertus magiques de telle Sephirah ou de telle autre ; rédigeant des pages absconses sur les interactions plus ou moins fumeuses de l’énergie (comme si l’Arbre de Vie était un tableau électrique) ; bref, d’une théorie limpide, d’un saphir, si l’on permet ce jeu de mot, l’on nous a bâti une tour branlante que personne aujourd’hui ne peut plus comprendre. Le brouillard est aujourd’hui tel que certains en arrivent à reproduire une interprétation des Sephiroth tirée d’un jeu de rôle !

Pour conclure donc, nous invitons le lecteur à revenir à la source, à s’imprégner de la simplicité d’un système qui pose comme principe que le monde fut créé par 10 « numérations », ni plus ni moins.

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Les Dix Sephiroth dans la Menorah

de Kether (1) à Malkhuth (10).

Spartakus FreeMann, décembre 2008 e.v.

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

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