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Le rite Opératif de Salomon. ROS. 31 mai, 2020

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Le rite Opératif de Salomon. ROS

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Le Rite opératif de Salomon est un rite maçonnique apparu dans le courant des années 1960 à l’issue d’un travail de recherche mené par Jacques de La Personne, alors président de la commission des rituels et grand orateur adjoint du Grand Orient de France. Il propose aux francs-maçons qui le pratiquent une approche très symboliste de la franc-maçonnerie, avec un accent particulier mis sur le cérémonial des réunions maçonniques. Ce rite est principalement pratiqué au sein de l’Ordre initiatique et traditionnel de l’Art royal (OITAR) que Jacques de La Personne crée en 1974.

La Franc-maçonnerie et particulièrement la franc-maçonnerie française, est organisée en différentes « structures maçonniques » : Obédiences, Ordres Initiatiques, Loges Indépendantes… chacune avec ses particularités et son histoire. La franc-maçonnerie en France est riche de cette diversité qui permet à tout « cherchant » d’emprunter la voie qui lui convient le mieux.

Le ROS se distingue des autres Rites par plusieurs aspects.

 

L’expression orale.

L’OITAR et le ROS propose une démarche axée sur le symbolisme et son étude, en privilégiant le travail oral.

Cette expression orale ne concerne pas le rituel, dont la densité ne permettrait pas une restitution « par cœur » suffisamment précise. Elle concerne les travaux en Loge qui sont faits sans l’aide d’un support écrit.

Le travail oral favorise une expression de soi et non la mise en avant d’une érudition ou d’un travail rédactionnel. Il incite à aller à l’essentiel. Mais l’expression orale est plus bien plus qu’un simple dispositif pratique. Elle replace « la parole » au centre de la démarche maçonnique.

Les Loges de l’OITAR ne pratiquent pas le système des « planches » tel qu’il est pratiqué dans les autres Loges. La « planche » est souvent un travail écrit, présenté depuis le plateau de l’Orateur et sur lequel les frères et sœurs de l’atelier peuvent poser des questions.

Ce dispositif est totalement repensé dans les loges de l’OITAR. Déjà le frère ou la sœur qui introduit le sujet le fait « entre les Colonnes », debout et « à l’ordre ». En aucun cas l’Orateur, officier de la Loge, ne cède son plateau. Ensuite la parole circule non par un système de « questions-réponses » mais pour proposer des apports différents sur le même sujet. Chacun expose donc sa vision. Le terme de « planche » est donc inapproprié au ROS, sauf à considérer que la planche est collective et qu’elle se constitue de l’apport de tous.

Cette disposition est rendue possible par les types de sujets abordés en Loge : seuls les sujets symboliques sont autorisés. Or le symbole ne permet pas de discours figé : le symbole est ouvert et le symbolisme permet l’apprentissage de la Parole de l’Autre et de son respect.

Les sujets abordés ne sont donc jamais prétextes à polémique : la stricte « triangulation de la parole », interdit l’interpellation directe de celui ou celle qui vient de s’exprimer, et limite voire interdit une discussion contradictoire. Le but est moins de démêler le vrai du faux que d’apporter une pierre à l’édifice, sans déconstruire les apports précédents.

 

Des loges de petites tailles.

Conséquence de cette méthode de travail et de l’esprit du ROS : les loges de l’OITAR sont de petite taille. Atteindre la trentaine de membres est souvent le signal pour la Loge de l’ouverture d’une réflexion sur « l’essaimage », c’est à dire de la création d’une nouvelle Loge, par scissiparité. Peu de Loges fonctionnent au-delà d’une quarantaine de membres, ce qui permet à tous les compagnons et les maîtres de s’exprimer au cours d’une tenue.

 

Les tenues « de galerie ».

Les «Galeries» sont une autre spécificité du Rite Opératif de Salomon. Ces réunions, organisées par les Loges, sont des espaces de rencontre entre une Loge et des non-maçons intéressés par la démarche offerte par la franc-maçonnerie. Lieu d’échanges, la Galerie s’enrichit des exposés des maçons qui l’animent et des questions posées par les visiteurs.

Les non-maçons y sont reçus à visage découvert, à condition qu’ils soient dûment invités par un membre d’une Loge de l’Ordre. Chaque « galerie » est l’occasion de rappeler les buts de la franc-maçonnerie, de présenter les diverses Obédiences existantes, d’expliquer les Rites, d’aborder le rôle du symbolisme. L’Histoire de la franc-maçonnerie est présentée à chaque cycle de Galerie. Il s’agit de donner une image positive de notre Confrérie mais également d’orienter les non-maçons dans la voie qui leur permettra de s’accomplir le mieux possible.

L’entrée en franc-maçonnerie se fait donc en confiance. Au bout d’un cycle de galeries (en moyenne trois), les non-maçons intéressés font une lettre simple au Maître de Loge. Cette lettre déclenche une ou deux rencontres avec des maîtres de l’atelier, discussions conçues non comme des enquêtes mais comme une étape de discussion libre, portant souvent sur les aspects « pratiques » de la démarche : cotisation, engagement d’assiduité, rôle du conjoint, etc.

Ce résultat de discussion complète l’apport du parrain qui a conduit le non-maçon jusqu’à la porte du Temple ; il permet à la « Chambre des maîtres » de voter ou non l’admission de l’impétrant aux épreuves de l’initiation maçonnique. Vote qui se fait, comme tous les votes à l’OITAR, à l’unanimité des votants.

 

Les cérémonies.

Le ROS se distingue par la beauté formelle de ces cérémonies. La cérémonie d’initiation, reprend les grands fondamentaux des cérémonies d’initiation maçonnique, et surprend plus d’un visiteur par sa richesse symbolique, la cohérence des symboles présentés et vécus par l’impétrant.

Au delà de la cérémonie d’initiation, chaque tenue maçonnique se doit d’être un moment privilégié. La forme occupe une place importante : la vêture est stricte pour les sœurs comme pour les frères et ne retient que le noir et le blanc. Les déplacements dans le Temple sont ritualisés avec précision. La disposition du tapis de Loge, constitués de véritables outils que l’on dépose sur un tapis mosaïque, se fait graduellement : les apprentis déposant leur outils, les compagnons les leurs, l’Expert et le Messager complétant avec les symboles de la Maîtrise.

Le rituel permet aux frères et aux sœurs de se penser dans un autre espace, dans un autre temps. La phrase est recherchée, les mots sont choisis, l’expression est poétique.

 

Les degrés

Le Rite opératif de Salomon pratiqué à l’OITAR se divise en neuf degrés répartis en trois ordres :

Les trois premiers degrés : apprenti, compagnon, maître, sont, comme le veut la tradition maçonnique, gérés indépendamment des degrés suivants dits « de Perfection » (à partir du quatrième degré). Les trois premiers degrés sont gérés par un grand maître général, entouré d’un conseil des grands maîtres territoriaux. Les degrés dits « de Perfection » sont gérés par le Suprême Conseil universel du Rite.

 

https://www.oitar.info/nous-connaitre/les-specificites-du-rite-operatif-de-salomon.html

OITAR

Conférence de Michel Serres – « Sciences et société » 24 mai, 2020

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Le taoïsme 21 mai, 2020

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Le taoïsme

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Introduction

Rares sont ceux qui n’ont jamais entendu parler du yin et du yang, mais connaît-on vraiment la religion à laquelle se rattache ce symbole ? En effet, peu connaissent le taoïsme. Par contre, cette religion compte environ 20 millions d’adeptes à travers le monde (principalement en Chine), dont 30 000 en Amérique du Nord et 1 720 au Canada (d’après un recensement effectué en 1991). Beaucoup de gens sont également confrontés aux croyances et aux techniques taoïstes sans même le savoir… comme les sociétés de Taï-Chi et les diverses techniques de relaxation. Dans le cadre de notre recherche, nous avons donc choisi de recueillir différentes informations à propos de cette religion qui, à première vue, peut sembler mystérieuse…

Historique, fondateur et livre sacré

Le taoïsme qui, dans la tradition chinoise, fait partie de ce qu’on appelle les  » trois enseignements  » (avec le bouddhisme et le confucianisme) n’a pris forme que peu à peu en une lente gestation qui fut une intégration progressive de différents courants anciens. Aussi ne peut-on en dater la naissance de façon précise.

En outre, cette intégration d’éléments ambiants n’a cessé de se poursuivre. Si l’on ajoute à cela que, tout au long de son histoire, de nouvelles révélations ou de nouvelles impulsions sont venues l’enrichir, on comprendra combien le taoïsme est une religion ouverte, en perpétuelle progression et évolution, et combien il est difficile non seulement d’en cerner l’apparition, mais aussi d’en cerner les contours.

Quand à la date possible de l’émergence du taoïsme, dont il est clair qu’elle est liée à la définition qu’il faut donner à cette religion, certains retiennent la reconnaissance par Cao Cao, en 215 après J.-C., de l’Église des Tianshi (les  » Maîtres célestes « ). C’est un fait historique avéré, commode certes, mais on ne peut absolument pas réduire le taoïsme à cette Église. Une autre date peut alors s’ajouter : celle de la révélation du Shangqing (la  » Grande Pureté « ) entre 365 et 370, en ce qu’elle est une œuvre d’intégration et d’organisation de données antérieures rassemblées alors en un corpus qui a bénéficié d’une existence officiellement reconnue.

Nous arrivons ainsi à deux dates correspondant à deux tendances complémentaires du taoïsme qui ont pris une forme organisée et dont on peut considérer que la presque totalité des courants taoïstes ont hérité d’une façon ou d’une autre, à un degré ou à un autre. D’un certain point de vue, le taoïsme est davantage une philosophie de vie qu’une religion.

Celle-ci est basée sur l’observation de la nature et une profonde harmonie avec celle-ci. Lao-Tseu (né aux environs des III et IV siècles avant J-C) est considéré comme le fondateur de cette religion. Ce personnage, dont on ne sait s’il a vraiment existé, aurait, selon la légende, été archiviste-devin à la fin de la dynastie des Zhou (ou Tcheou). Il possède un statut ambigu dans le taoïsme. Par contre, si, pour certains, il est le  » père  » du taoïsme, pour d’autres, il n’est qu’un sage ou un Saint parmi d’autres.

Par ailleurs, en tant que divinité, il fait partie de la triade des dieux suprêmes du taoïsme liturgique, et sa figure est enrichie de légendes chargées de sens. Selon la légende du pays (la Chine), Lao-Tseu aurait acquis la sagesse et aurait été le grand astrologue des Tcheou. Vers la fin de sa vie, il aurait décidé de terminer ses jours dans les montagnes tibétaines. Grâce à sa réputation de sage rempli de vertu, il lui fut demandé par un officier chinois sur le chemin de la retraite de bien vouloir transmettre les fondements de son enseignement.

La légende veut que Lao-Tseu ait rédigé le Tao-Teh-Ching en une seule nuit. L’écriture de ce livre serait donc à la base de la religion taoïste. Le Tao-Teh-Ching, ou livre de la loi et de la vertu, ne contient qu’une vingtaine de pages. C’est pourquoi il est surnommé le livre des 5 000 mots (sous forme de caractères chinois). C’est un livre ayant exercé une très grande influence sur la culture chinoise. On dit même qu’il est le plus important de l’histoire de la Chine.

Outre le Tao-Teh-Ching, un autre livre est important dans la religion taoïste. Le Yi King ou  » Livre des transformations  » est un livre chinois de divination et de sagesse qui remonte à 3000 ans avant J.C. et qui s’organise autour de 64 hexagrammes, eux-mêmes constitués par six traits superposés Yin (- -) ou Yang ( — ). Dans certaines conditions, un trait Yin peut devenir Yang, et inversement. L’une des grandes richesses du Yi King est de nous suggérer des solutions (4 096 combinaisons possibles) qui dépassent de loin, en diversité et en sagesse, celles que nos habitudes nous dictent. Si la créativité de l’homme est sans limite, il faut admettre que nous utilisons souvent les mêmes programmes, ceux que nos expériences passées nous ont permis d’élaborer, et qui sont un frein à la résolution de bien des problèmes. Ainsi le Yi King fait merveille dans des situations de doutes, de choix difficiles, de conflit ou, plus simplement, quand il s’agit d’explorer des projets.

Il existe, bien entendu, beaucoup d’autres écrits taoïstes mais ceux-ci sont de moindre importance que ceux mentionnés plus haut.

Taoïsme religieux et philosophique

Avant l’an 25 après J.C. (environ) le taoïsme était surtout philosophique, c’est-à-dire que c’était plutôt un mode de réflexion qu’une religion. Le taoïsme était alors pratiqué par des prophètes qui recherchaient sans cesse des réponses à diverses questions et qui, aussi, cherchaient des moyens d’améliorer la vie humaine. Mais, principalement à cause de la carence de religion en Chine, certains ont fait du taoïsme une religion. Diverses sectes taoïstes sont alors apparues. Le taoïsme religieux a  » emprunté  » plusieurs croyances et divinités à la religion bouddhiste. Par exemple, une des déesses des taoïstes, Bodhisattva de la compassion, appartient au bouddhisme.

Les croyances des taoïstes, leur vision de la vie…

En deçà de son existence officielle, même lorsqu’il était bien en cour, le taoïsme a toujours eu un caractère secret, au moins en partie , aussi bien dans les couches populaires que chez les lettrés, pour qui l’adhésion au taoïsme était affaire privée; si bien qu’il serait vain de croire que tout en est connu. La vie taoïste est une vie de simplicité, d’humilité, de pureté, d’harmonie et de quiétude. Le taoïste ne connaît pas l’égoïsme et n’a que peu de désirs. De plus, il évite la discorde et rejette les profits et l’excès. À la haine, il répond par la vertu…

La religion taoïste a ses propres temples, prêtres, rites et images symboliques (dont le symbole représentant le yin et le yang). Le yin et le yang sont les deux principes de base de la religion taoïste. Ils se présentent toujours sous forme d’une dualité, c’est-à-dire d’une lutte et d’une transformation de deux principes opposés. Par exemple : le chaud et le froid, le feu et l’eau…

Le yin et le yang regroupent la totalité des phénomènes de la vie et leur étude approfondie s’applique à des domaines tels que l’astronomie, la géomancie, l’art divinatoire et la médecine chinoise. Le yin et le yang sont aussi un élément déterminant de la perception de l’humain par le taoïsme. Par exemple, le yin est souvent associé au côté féminin et le yang, au côté masculin. Mais cela ne veut pas dire que la femme n’a pas de yang et l’homme pas de yin. Bien au contraire, car chaque être vivant possède les deux polarités. Par exemple, imaginez un feu de foyer. Celui-ci se compose à la fois des bûches (qui représentent le yang) et des flammes (qui représentent le yin). La présence des deux, tout comme le yin et le yang est indispensable.

Parlons maintenant du symbole et de sa signification…Le monde est un cercle (ou une sphère) partagé par deux axes ; l’un, vertical, va du nord (placé en bas) au sud (en haut) : à gauche se situe le Yang et à droite, le Yin ; l’autre axe est horizontal et délimite une moitié supérieure qui est Yang et une autre inférieure qui est Yin. De la sorte, la sphère est partagée en quatre secteurs : celui du sud-est est yang, celui du nord-ouest est Yin ; les deux autres sont composés de Yin et de Yang, le quartier situé au nord-est étant, comme disent les Chinois, celui du Yang dans le Yin, et celui du sud-ouest celui du Yin dans le Yang. De manière beaucoup moins complexe, on pourrait dire que le point dans chaque partie signifie que le yin est dans le yang et le yang dans le yin, donc, que la nature est en perpétuelle transformation.

Au yang correspondent la chaleur du corps, la vigueur de l’énergie vitale, notre système immunitaire, le bon fonctionnement de nos organes, etc. Au yin correspondent les liquides corporels comme le sang, la qualité physique des tissus et la bonne lubrification des muqueuses.

En résumé, le yang est une énergie de chaleur et de vitalité, le yin est une énergie qui calme et ralentit. En somme, les deux sont indispensables.

Voici certains signes d’une carence de yin ou de yang dans le corps.

Si vous manquez de yin, vous pourriez avoir les symptômes suivants :
la nervosité, l’insomnie, l’irritabilité, urine foncée, hyperactivité, bouffées de chaleur, signe d’hyperfonctionnement.

Si vous corps souffre d’une carence en yang, vous pourriez être incommodé par :
la frilosité, la rétention d’eau, une incontinence urinaire, la fatigue et l’épuisement, urine fréquente et claire, des défenses du corps affaiblies, signe d’hypofonctionnement.

Lorsqu’il y a une carence en yin ou en yang, nous devons nourrir le corps avec des herbes spécialement sélectionnées pour leurs propriétés énergétiques yin ou yang ou les deux à la fois…

Les croyances des taoïstes

Le Tao est la première cause de l’univers.
L’objectif de tous est de ne faire qu’un avec le Tao.
Les trois bijoux que tout un chacun doit rechercher sont la compassion, la modération et l’humilité.
Le yin (côté foncé) est le souffle qui a formé la Terre.
Le yang (côté pâle) est le souffle qui a formé les cieux.
Chaque personne doit entretenir le souffle qui lui a été fourni.
Les 5 organes du corps correspondent aux 5 parties du ciel (eau, feu, bois, métal, terre).

Signification de l’eau, du feu, du bois, du métal et de la terre selon le tao

1. L’eau : métaphore de la mort pour le taoïste, elle est liée au mythe des  » sources jaunes « , pays des morts, que l’on enterrait au nord des villes, situées au fond du septentrion.
2. Le feu : image de la vie, de l’amour, le feu procure la chaleur bienfaisante à l’amour-explosion et à l’amour destruction.
3. Le bois : celui-ci représente l’abattage et la mort d’un arbre comme symbole d’une forêt, d’une nature réellement assassinée.
4. Le métal : tout comme le feu, le métal inverse l’objet perçu selon que l’on passe par la vue ou par l’écoute. De matière solide, il devient, après le choc, vibration pure.
5. La terre : avant la création, elle symbolisait la symétrie et l’immobilité. Ensuite, elle symbolise l’asymétrie, le mouvement, le choc, l’énergie libérée, les particules, l’organisation de la matière, le magma, le flux et le reflux, la manifestation de la matière et l’union. Elle peut aussi symboliser l’échec et la reprise…

La perception des dieux, la vie après la mort…

Le taoïsme n’a jamais été une religion unifiée et a constamment été une combinaison d’enseignements fondés sur des révélations originelles diverses. Elle s’exprime par la croyance en une société humaine primordiale et idéale où le souverain, ici le Saint, n’intervient pas, où la loi naturelle joue spontanément et sans entrave de telle sorte que l’ordre s’établit harmonieusement entre les hommes et avec la Nature et le Ciel. On parle également du taoïsme comme étant une religion animiste; tout ce qui compose la nature est donc partie intégrante de la vie des taoïstes.

Au début, la religion taoïste était monothéiste puis, au cours des siècles, de nombreux dieux et esprits subordonnés se sont ajoutés. Sauf de rares exceptions, les dieux taoïstes sont impersonnels. Au contraire des saints populaires et Lao Tseu mis à part, les dieux n’ont pas d’histoire, sinon purement éthérée, céleste et impersonnelle, et ils se distinguent par leurs titres plus que par leurs noms. Plus que des individus, ils sont l’incarnation de fonctions. Même lorsqu’ils ont une généalogie, comme les filles de la Reine mère de l’Ouest par exemple, on dit qu’ils sont nés par  » transformation du Souffle primordial  » et non d’un embryon, au contraire des esprits des morts. Voici les dieux les plus importants (ce sont les  » trois Purs « ) : le Yuanshi tianzun (le  » Vénérable céleste du Commencement originel « ), le Dao jun (Seigneur Tao) et Lao jun (Seigneur Lao).
Les taoïstes ont aussi une déesse d’importance secondaire, Bodhisattva de la compassion. Celle-ci serait en quelque sorte un ange gardien pour tous les taoïstes. Elle représente une personne qui ne serait jamais parvenue à l’élimination; elle est donc immortelle. Son rôle principal est d’aider les gens à atteindre les dieux taoïstes lors de leur mort corporelle.
Nous avions mentionné plus haut que le taoïsme avait ses propres prêtres… La situation de l’adepte ou du prêtre est double : pour une part, il est le maître de certains dieux qu’il rassemble et met à son service, pour l’autre il est leur solliciteur et en reçoit une sanctification. A l’égard de ceux auxquels il commande, il est dans la même situation que l’empereur vis-à-vis des fonctionnaires et de certains dieux, mais non pas devant les grands dieux célestes (qui n’ont pas de fonction définie), pas plus que l’empereur devant Shangdi ( » l’empereur d’en haut « ). Il existe fondamentalement une affinité étroite entre l’empereur et le maître taoïste qui s’est souvent manifestée dans l’histoire de la Chine. Les taoïstes possèdent des objets sacrés de nature semblable à celle des palladia garants de la légitimité du pouvoir impérial, et leurs talismans sont censés leur avoir été conférés par des souverains mythiques, faisant d’eux, en quelque sorte, leurs successeurs spirituels. L’investiture d’un maître taoïste est comparable à celle des empereurs, car elle le place au centre du monde, comme le maître des hommes, le met en relation avec les puissances célestes, et s’effectue selon un rite remontant à la dynastie des Tcheou qui plonge ses racines dans les rites féodaux d’alliance jurée avec délégation de pouvoir.

Le monde des taoïstes est avant tout le monde naturel, celui de la nature, plus que celui de la société. Les taoïstes sont connus pour cela ; souvent ermites dans les montagnes reculées, ce sont eux qui ont en quelque sorte appris aux Chinois à apprécier les paysages avec la sensibilité que l’on sait. On peut donc dire que c’est en étant en perpétuel contact avec la nature que les taoïstes communiquent avec leurs dieux. Ils utilisent aussi diverses formes de méditation pour entrer en contact avec les divinités et ainsi accroître leur sagesse. En ce qui a trait au lieu de culte des taoïstes, nous savons qu’ils se rencontrent en cérémonies et qu’ils ont leurs propres temples. Il existe également diverses sectes taoïstes à travers le monde. Certaines pensent que si nous pratiquons la méditation taoïste, nous emmagasinons trois types d’énergie :
l’énergie vitale, l’énergie spirituelle et l’énergie mentale. D’après eux,ces énergies se fusionnent dans notre être et, quand nous finissons notre vie terrestre, ces énergies (qui représentent alors tout ce que nous avons été dans notre vie) quittent notre corps et vont rejoindre les dieux taoïstes.

Les conduites caractéristiques et les fêtes

À cause de leur profond respect de la nature et des animaux, certains taoïstes prônent le végétarisme. Ils croient aussi à l’astrologie mais, pour eux, celle-ci est basée sur le cycle lunaire et non sur le cycle du soleil. Pour les taoïstes, la santé du corps et de l’esprit est très importante, c’est pourquoi ils pratiquent diverses formes d’activités pour améliorer la santé physique et mentale. Tout le monde connaît sans doute le taï-chi…
La pratique régulière du taï-chi taoïste procure un exercice physiologique complet. Elle permet d’accroître la flexibilité, d’améliorer la circulation, de fortifier les muscles et de délier les points de tensions du corps, notamment ceux de la colonne vertébrale. Ses mouvements d’étirement et de rotation produisent un massage des organes internes favorisant l’harmonie de toutes les fonctions vitales.

Le Qi Gong est l’une des grandes sciences chinoises anciennes pour cultiver l’énergie vitale qui assure la santé et la jeunesse du corps et de l’esprit. L’approche consiste en une série de mouvements et de respirations très simples, basés sur la compréhension des forces complémentaires yin / yang inhérentes à tout ce qui vit. S’ajouteront à ces exercices auto-massage, visualisation, détentes guidées et techniques d’intériorisation. Cette approche énergétique offre des moyens de réduire le stress qui cause l’épuisement, l’angoisse ainsi que la difficulté d’être présent et de se centrer.

Les fêtes de la religion se retrouvent dans le calendrier chinois. Voici les principales :
5 février : fête de l’empereur de jade
17 mars : (avec la lune) Goon yam (ou Bouddhisadvra de la compassion)
22 août au 20 septembre : Festival de toutes les âmes
3 décembre: Seigneur du Royaume des eaux.

Annie Bourbonnais

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Autre

Taoïsme

La doctrine de Lao tseu est le Taoïsme. Lao-tseu avait pour nom de famille Ly et pour prénom Nhi, pour pseudonyme Ba Dung, pour nom posthume Dam. Originaire du village de Khuc-nhân dans le huyên de Hô, du pays de So, il naquit en la troisième année du règne de Dinh Vuong de la dynastie des Tcheou Orientaux, fut contemporain de Confucius. Sa mère le porta pendant 80 ans avant qu’il naquit et lorsqu’il vint au monde, il avait les cheveux tout blancs, c’est pourquoi on l’appela Lao-tseu. Lao-tu fut mandarin Tru Ha Su sous la dynastie des Tcheou, puis, constatant que la dynastie tombait en décadence, il cessa ses fonctions et se retira.
Il s’aperçut qu’à cette époque l’on attachait de l’importance aux rites et comme la question présentait de grandes confusions, il voulut réformer ce défaut et composa un ouvrage le Tao To King de plus de 5.000 mots dont l’idée maîtresse était de suivre le principe suivant : « en toutes choses il faut se fier à la nature; il n’est pas nécessaire de se faire du souci, alors on peut jouir du bonheur et de la joie ». Les Annales ont noté : Confucius demandant ce qu’étaient les rites, Lao-Tseu répondit : « L’homme supérieur, lorsqu’il en a l’occasion, va en voiture, s’il n’en a pas l’occasion, il porte un chapeau de feuilles et marche pieds nus. J’ai entendu dire : le commerçant habile à accumuler des richesses ne diffère pas d’un homme qui ne possède rien; l’homme supérieur qui est vertueux a apparemment l’aspect d’un ignorant. Rejetez l’aspect orgueilleux et le coeur vertueux, vous trouverez également l’esprit de luxure et la propension à la débauche nuisibles à l’homme ».

L’examen de ces quelques paroles suffisent pour nous faire connaître les principes de l’enseignement de Lao-tseu. On ignore en quelle année ce dernier est mort. Plus tard Liêt Ngu Khau rédigea le livre Liêt Tu, et Trang-Chu le livre Trang-tu.

Ils étaient des adeptes du taoïsme. Ce ne fut que sous les dynasties des Tsin et des Wei que l’enseignement de Lao-tseu se répandit. Depuis le roi, les princes, jusqu’aux lettrés, tout le monde honora le taoisme, respecta Lao Tseu et le nomma « Seigneur Lao, le très grand ».

Le taoïsme parvint dans notre pays pendant ces périodes de domination chinoise.

On ignore comment on le pratiquait à cette époque. Mais sous Dinh Tiên-hoàng Truong Ma Ni a été promu Tàng Luc et Ly Anh Tôn employa les lauréats des concours pour les trois religions; Lê Thân-tôn autorisa Trân-Lôc à fonder une école taoïste à l’intérieur du palais, ce sont là des témoignages de croyance du pays.

Le taoïsme ne s’est pas répandu comme le confucianisme et le bouddhisme, mais les gens de condition élevée et les intellectuels retirés, pour la plus grande part ont été influencés par le taoïsme et en ont saisi l’esprit. Les hommes indépendants, ceux à l’esprit subtil, les résignés, ceux qui aiment le calme et ceux qui sont las de l’existence ont tous compris l’esprit taoïste. Quant aux formes extérieures, comme les fantômes, les esprits, les interdits, les abstentions, les conjurations des calamités, les demandes de bonheur, ceux qui y croient sont nombreux; mais quels que soient les gens, ne croient que ceux qui le veulent ; il n’est pas de secte religieuse, de croyants, que l’on contraigne à croire.

Quant aux adeptes, ils ne sont pas très nombreux; ils comprennent quelques sorciers taoïstes. Ceux-ci se contentent de suivre quelques pratiques extérieures anciennes, d’utiliser amulettes et talismans pour exorciser les démons et cela pour gagner leur vie dans les basses classes de la société, mais ils ne saisissent pas grand chose aux principes de la doctrine taoïste.

Zodiac

enseignement ésotérique: DANTE

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Le Secret des Alchimistes 14 mai, 2020

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Le rite Oriental de Misraïm

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Le rite Oriental de Misraïm

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(Par le frère Robert MINGAM)

 

Il faut ici composer entre l’Histoire et la légende en présentant l’énigmatique personnage que fut Alexandre Cagliostro, de son vrai nom Joseph Balsamo, aigrefin de renom, un peu souteneur et un peu espion pour les uns, Grand Initié sans attache, magicien et enchanteur pour les autres, acteur occulte de la Révolution française pour l’ensemble et certainement, être moralement indéfinissable, tant le Rite qu’il a fondé attire des caractères trempés dans une eau, tout sauf plate.

Notre homme, très proche du Grand Maître de l’Ordre des Chevaliers de Malte, Manuel Pinto de Fonseca, avec lequel il aurait effectué des expériences alchimiques, fonda en 1784 le Rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne. Bien que ne possédant que trois degrés (apprenti, compagnon et maître égyptien), le Rite de Misraïm semble lui être indirectement relié même si, aujourd’hui encore, il est difficile d’établir avec certitude où Cagliostro fut réellement initié et comment il bâtit son Rite. Une chose est certaine, il reçut entre 1767 et 1775 du Chevalier Luigi d’Aquino, frère du Grand Maître national de la Maçonnerie Napolitaine, les Arcana Arcanorum, trois très hauts grades hermétiques, venus en droite ligne des secrets d’immortalité de l’Ancienne Égypte. Et c’est en 1788, non loin de Venise, qu’il transféra ces hauts degrés hermétiques au sein de Misraïm, un Rite maçonnique d’inspiration ésotérique, nourri de références alchimiques, occultistes et égyptiennes, dont on trouve les traces dès 1738, en lui en octroyant une patente.

 Déjà demi centenaire à cette époque, le Rite de Misraïm constituait un écrin idéal pour recevoir un tel dépôt initiatique, et attirait alors de nombreux adeptes qui se réclamait d’une antique tradition égyptienne.

 Le Rite de Misraïm serait donc le plus ancien des Rites maçonniques en France. Son origine remonterait à plus de 200 ans. Parmi l’ensemble des Rites maçonniques, Misraïm a toujours occupé une position particulière, et ce, depuis son origine. Il a sa place parmi les rites égyptiens qui s’abreuvèrent à la source des antiques traditions initiatiques du bassin méditerranéen : pythagoriciens, auteurs hermétiques alexandrins, néoplatoniciens, sabéens de Harrân, ismaéliens… Il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour trouver sa trace en Europe.

 Le rite de Misraïm, revendique le titre ou la qualité de rite « oriental”. Il a un véritable tempérament “oriental” et une histoire tellement mouvementée qu’il a longtemps été regardés avec condescendance par les grandes obédiences maçonniques. Pourtant, Robert Ambelain, a réussi à imposer les rites égyptiens dans le paysage maçonnique français, en lui donnant une certaine importance numérique, et en faisant de Misraïm l’un des rites les plus symboliques et des plus attrayants.

 Rite de Misr (Misraïm) Ile de Zante 1782

 Le nom de Misraïm en hébreu ancien signifie « Les Égyptiens« .

 1792 L’Ordre de Mizraïm, R+C Pythagoricienne, dont le siège était toujours en Italie, fit initier ses adeptes, en grand secret, à son rite.

 Dans les années 1797-1798, les FF\ de l’Ordre, et en particulier les FF\ R+C Pyt\ , durent fuir à Palerme l’invasion autrichienne.

 1801 ils réformèrent le Rite de Mizraïm, réforme déjà étudiée à Venise, mais qui demeurait toutefois dans un cercle intérieur à l’Ordre. Cette réforme prit la dénomination officielle de Rite Oriental de Misraïm. A cette époque, le Rite recrutait aussi bien des personnalités aristocratiques que des bonapartistes et des républicains, parfois même des révolutionnaires carbonari.

 La plupart des membres de la mission d’Égypte qui accompagnèrent Bonaparte étaient Maçons de très anciens Rites Initiatiques : Philalètes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre le grand Orient de France. C’est la découverte, au Caire d’une survivance gnostico-hermétique, (premier Memphis) qui va conduire ces Frères à renoncer à la filiation reçue jadis par la Grande Loge de Londres.

 1804 Les deux rites (Misraïm et premier Memphis) furent réunis au moment de la proclamation du Royaume d’Italie par Napoléon. L’empereur les reconnut alors comme Ordre Oriental Ancien et Primitif de Mizraïm et de Memphis En retour, tout naturellement, l’Ordre se montra favorable à Napoléon et à sa politique.

 Une première version nous est présentée par le grand propagandiste du rite de Misraïm en France, Marc Bédarride — né en 1776 à Cavaillon, dans le Comtat Venaissin.

 Selon cet auteur, la maçonnerie serait aussi ancienne que le monde. Israélite pratiquant, Bédarride s’en réfère à l’Ancien Testament ; selon lui, c’est Adam lui-même, qui aurait créé, avec ses enfants, la première loge de l’humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge ; Cham l’établit en Egypte, sous le nom de « Mitzràim » : c’est-à-dire les Egyptiens. C’est donc de ce peuple seul que doit venir la tradition secrète de l’ésotérisme. C’est à cette source unique que vinrent boire tous les pasteurs des peuples : Moïse, Cécrops, Solon, Lycurgue, Pythagore, Platon, Marc-Aurèle, Maï-monide, etc., tous les instructeurs de l’antiquité ; tous les érudits israélites, grecs, romains et arabes.

 Le dernier maillon de cette chaîne ininterrom­pue aurait été le propre père de l’auteur, le pieux Gad Bédarride, maçon d’un autre rite, qui aurait reçu en 1782 la visite d’un mystérieux Initiateur égyp­tien, de passage en son Orient et dont l’on ne connaît que le « Nomen mysticum » : le Sage Ananiah. Cet envoyé l’aurait reçut à la Maçonnerie égyptienne.

Signalons ici que ce n’est pas là la première allusion historique au passage d’un Supérieur inconnu de la Maçonnerie égyptienne dans le Comtat Venaissin : un autre écrivain en avait donné la nouvelle vingt-trois années avant la parution de l’ouvrage de Bédarride : c’est l’initié Vernhes, qui, dans son plaidoyer pour le rite égyptien, paru en 1822, signale, lui aussi, le passage du mis­sionnaire Ananiah dans le Midi de la France, en l’année 1782 .

Une seconde version, bien différente de la pre­mière, sur l’origine de la maçonnerie égyptienne nous est contée par le polygraphe français Jean-Etienne Marconis de Nègre, fils du créateur du Rite de Memphis.

Selon cet auteur abondant, romantique et touffu, l’apôtre St Marc, l’évangéliste, aurait converti au christianisme un prêtre « séraphique » nommé Ormus, habitant d’Alexandrie. Il s’agit évidem­ment d’une erreur de plume : le mot « séraphique » ne peut s’appliquer qu’à une catégorie d’anges bien connue des dictionnaires théologiques ; rem­plaçons-le ici par celui de «prêtre du culte de Sérapis » et la légende ainsi rapportée paraîtra moins choquante.

Cet Ormus, converti avec six de ses collègues, aurait créé en Egypte une société initiatique des Sages de la Lumière et initié à ses mystères des représentants de l’Essénisme palestinien, dont les descendants   auraient   à   leur   tour   communiqué leurs secrets traditionnels aux chevaliers de Pa­lestine, qui les  auraient ramenés en Europe en 1118. Garimont, patriarche de Jérusalem, aurait été leur chef et trois de leurs instructeurs auraient créé  à   Upsal,  à  cette  époque  et  introduit peu après en Ecosse, un Ordre de maçons orientaux. Il est regrettable que cette littérature ne soit appuyée par aucune référence historique.

 Le nom même du vulgarisateur varie d’ailleurs avec les années. D’Ormus, il devient Ormésius dans un autre ouvrage de Marconis.

 Divers auteurs font allusion à cette version. Soulignons, dès à présent, que ces deux ver­sions  parallèles   —   aussi   fantaisistes   l’une  que l’autre — prouvent toutes deux la profonde igno­rance de leurs propagateurs.

Si nous interrogeons les maçons contemporains et leur demandons ce qu’ils savent des rites égyptiens au moment où ceux-ci tentent de conquérir la France :

Levesque qui rédigea en 1821 un « Aperçu général  historique »  des   sectes  maçonniques  de son temps parle en ces termes du nouveau venu : le rite de Misraïm, « II y a, je crois, cinq ou six ans que ce Rite est venu s’établir à Paris. Il venait du Midi de l’Italie et jouissait de quelque consi­dération dans les Iles Ioniennes et sur les bords du golfe Adriatique. Il a pris naissance en Egypte. »

 Après ce premier témoignage, interpellons le maçon le plus érudit de France, le célèbre Thory (1759-1817), qui, dans ses deux tomes des « Acta Latomorum » reproduisit un nombre considérable de documents historiques précieux dont il avait été le conservateur. Il précise : « Le Rite de Misraïm, qui ne date, en France, que de quelques années, était très en vigueur à Venise et dans les îles Ioniennes, avant la Révolution française de 1789. Il existait aussi plusieurs Chapitres de Misraïm dans les Abruzzes et dans la Pouille. » Et il ajoute cet élément intéressant : « Tous ces grades, excepté les 88e, 89e et 90e ont des noms différents. Quant aux trois derniers, nous n’en connaissons pas la dénomination, on les a indiqués comme voilés, dans le manuscrit qui nous a été communiqué

Nous verrons plus loin l’extrême importance de cette observation.

Abordons maintenant Ragon, qui, après une courte collaboration avec les frères Bédarride, devint leur implacable adversaire. Il nous apprend — il est ici un témoin oculaire — que les pouvoirs des dirigeants français du Rite, les ff. Joly, Gabboria et Garcia leur avaient été conférés à Naples en 1813. Les documents justificatifs étaient rédigés en langue italienne et furent présentés aux commissaires du Grand-Orient le 20 novembre 1816.

Parlant plus loin des secrets des derniers degrés de ce Rite, le célèbre « auteur sacré de la maçon­nerie », spécifie : « Nous reproduisons les quatre derniers degrés du Rite de Misraïm apporté du Suprême Conseil de Naples, par les ff. Joly, Gab­boria et Garcia. Tout lecteur impartial, qui les comparera, verra combien ces degrés diffèrent de ceux qu’énoncent les ff. Bédarride. » Et il ajoute ailleurs en note : « Cette explication et les développements des degrés 87, 88 et 89, qui for­ment tout le système philosophique du vrai rite de Misràim, satisfait l’esprit de tout maçon ins­truit… paru à Londres sur ce rite en 1805, sous forme d’in-quarto.

 Nous avons d’autre part en notre possession à Bruxelles, où le rite de Misraïm fut introduit en 1817, une partie de ses archives : statuts (parus chez Remy, rue des Escaliers, le 5 avril 1818) ; diplômes ; polémique avec les autres Rites ; et un tuileur manuscrit, sur parchemin, contenant notamment les « Arcana Arcanorum » — sur papier et avec écriture absolument identique à un autre document daté de 1778.

De ces éléments, nous pouvons déduire :

1) que le rite égyptien était pratiqué en Méditerranée et en Italie avant 1789 ;

2) que ses derniers degrés se pratiquaient sous forme de deux régimes très différents : un régime à philosophie kabbalistique (Régime Bédarride) et un régime à philosophie égypto-hellénique (Arcana Arcanorum : Secrets des Secrets, ou Régime de Naples).

On conçoit dès lors facilement que ceux-ci aient été voilés pour l’historien Thory, dont on craignait les divulgations.

 On comprend aussi l’avis de Ragon : « Tout ce rite se résume en fait aux quatre degrés phi­losophiques de Naples. » Le fait que Bédarride signale que son mystérieux Ananiah ait quitté le Midi de la France en 1782 pour l’Italie prouve qu’au moins ce point de son histoire du rite n’est pas dépourvu de vraisemblance historique. C’est donc avec raison que l’historien Zaite repousse comme très douteuse l’hypothèse de certains écrivains mal renseignés, qui attribuent « l’invention » de ce rite à un nommé Lechangeur, à Milan, en 1805 !

 Voici maintenant un nouvel élément, digne d’intérêt : Le 17 décembre 1789, le célèbre Cagliostro, qui avait installé à Rome une loge de rite égyptien le 6 novembre 1787, se faisait arrêter par la police pontificale. On trouvait dans ses papiers les catéchismes et rituels de son Rite et notamment une statuette d’Isis. Or, Isis est le mot sacré d’un des degrés de Naples.

 L’on peut se demander si Bédarride a connu Cagliostro. Il faut répondre par l’affirmative ; il ne conteste ni la réalité de son initiation en Egypte ni celle de ses pouvoirs, il se borne à lui reprocher d’avoir, en France, fait un rite égyptien personnel.

Le  1er août 1818 paraît à Bruxelles une dé­fense du rite de Misraïm, signalant un ouvrage.

 1810 Michel Bédarride aurait reçu à Naples, les pouvoirs magistraux du Frère De Lassalle. Filiation par transmission directe.

 Selon Reghellini de Schio, ce serait le 24 décembre 1813, à Naples, que François Joly, ayant rempli les fonctions de secrétaire général du Ministère de la Marine à « Naples », aurait été initié à la franc-maçonnerie de Cagliostro, ainsi que les Frères Lechangeur et Marc Bédarride, demi-soldes de la campagne d’Italie, et auraient reçu par délégation et pouvoirs du Souverain Conseil Universel (qui comprenait les Zénith de Venise, du Caire et de Palerme) une charte les autorisant à propager le Rite maçonnique égyptien de Misraïm en France.

 Dès 1814, existait à Montauban, une mission particulière, initiée par les Frères de Venise, selon l’ancienne rituélie du “premier” Memphis. Ce rite, se situant dans le prolongement des communautés israélites médiévales de Provence et du Languedoc suivait le rite Juif Séfarade de Carpentras, et était en outre très versée dans des études kabbalistiques. Plus kabbalistique qu’égyptien, il fut donc introduit et développée et dirigée en France par les frères Bédarrides, à une époque où les Juifs n’avaient aucun droit de cité au sein de la Franc maçonnerie, et cela quasiment sous la protection du Rite Écossais. Le Rite de Misraïm comptait, en effet, des noms maçonniques illustres à sa tête : comme le Comte de Saint Germain, le Comte Muraire, Souverain Grand Commandeur du Rite Écossais Ancien Accepté, le Duc Decazes, le Duc de Saxe-Weimar, le Duc de Leicester, le Lieutenant Général Baron Teste, etc…

 Si, très rapidement, le Rite de Misraïm rassemble les jacobins nostalgiques de la République, c’est au sein du Rite de Memphis que se regroupent les demi-soldes de l’ex-Grande Armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle. Notons du reste que les deux Rites ont en 1816 le même Grand-Maître Général, prémisses de la fusion future.

 Sous la Terreur Blanche, c’est Misraïm qui transmet leur nécessaire maîtrise aux Carbonari. Violemment anticlérical et anti royaliste, le Rite groupe alors une cinquantaine de Loges à travers le pays. Cependant le pouvoir politique et certaines obédiences maçonniques dont le Grand Orient de France, alors majoritairement monarchiste et catholique, qui pénétrées par le vent de liberté de la démocratie porté par la révolution Française, supportaient mal un rite qui se déclarait aristocratique et qui comportait un tel système de hauts grades. Le Grand Orient de France, avec l’appui de la police de la Restauration, obtient sa dissolution.

 Interdit en 1817, suite à l’affaire des Quatre Sergents de La Rochelle et à l’inquiétude suscitée par les Carbonari. Le Rite Oriental de Misraïm, dénoncé aux forces de police comme un repaire de séditieux, «antimonarchiques et anti-religieux », prêts pour l’insurrection devint l’espace de rencontre de tous les opposants au régime, ce qui entraîna progressivement son déclin.

Clandestin pendant dix-huit années, le rite de Misraïm fut restauré en 1838, quand fut créé le Rite de Memphis.

 1838 Le Rite de Memphis est le premier grand système qui porte la marque du XIXe. Il est réveillé le 23 mars 1838  d’une synthèse effectuée par Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1868) entre le Rite de Misraïm, le Rite Écossais Ancien et Accepté et d’anciens rites d’inspiration ésotérique ou orientale (Rite Primitif, Rite Écossais Philosophique, Parfaits Initiés d’Égypte) avec une tonalité plus égyptienne que le Rite de Misraïm.

Le 25 Février 1841, la préfecture de police ordonne la fermeture des loges du Rite, sous le motif qu’elles affichent des sympathies républicaines. Les travaux sont repris en 1848. Le 21 Décembre 1851, suite au coup d’état de Louis-Napoléon, l’Ordre est à nouveau interdit. En 1862, le Rite de Memphis s’unit au Grand Orient qui l’admet dans son Grand Collège des Rites. A cette occasion, Marconis abdique de sa charge de Grand Hiérophante.

 dissous à nouveau en 1841, Misraïm sort de la clandestinité en 1848.

 En 1846, Marc Bédarride cède sa fonction de Sérénissime Grand Maître à son frère Michel. La Loge Mère « l’Arc en Ciel », fondée par son successeur J.Y. Hayère fut la seule à pratiquer le rite depuis 1856 jusque sa mise en sommeil en 1899.

 Dissous de nouveau en 1850, réveillé en 1853, Misraïm est reconnu par le Grand Orient de France en 1862.

 Se sont alors succédés à la tête du Rite de Misraïm Dr Girault (1864), Hippolyte Osselin 1864, Jules Osselin (1877), Emile Combet. Le rite maçonnique dit « de Misraïm » qui signifie en hébreu « égyptien » (Misr étant le nom de l’Egypte) fut maintes fois condamné, voir interdit, pour avoir exprimé des pensées subversives contraires à l’éthique de la franc maçonnerie dont elle se réclamait, et fut longtemps soupçonnée de vouloir infiltrer cet Ordre pour y placer ses membres. Nous savons de source sûre qu’il n’y eu aucune survivance directe à sa mise en sommeil, et que c’est dans cette Loge que s’était manifestée pour la première fois la tradition d’Ormus, le légendaire et sage Egyptien fondateur de la Rose-Croix.

 Nous savons de source sûre qu’un certain Maurice Joly, maçon Misraïmite, avocat juif et opposant au régime politique de Napoléon III, petit fils du François Joly qui, à Naples, à reçu la charte du Rite de Misraïm, était l’auteur d’un ouvrage s’intitulant « Dialogue aux enfer entre Machiavel et Montesquieu » dont fut tirés un grand nombre de paragraphes des « Protocoles des Sages de Sion ». Ces textes avaient déjà été utilisé contre le pouvoir en place, ce qui avait conduit son auteur en prison. Notons pour mémoire que Maurice Joly était intime de Victor Hugo qui fut Grand Maître de l’Ordre du Prieuré de Sion, et qu’il était le protégé d’Adolphe Crémieux, (le fondateur de l’Alliance Israélite Universelle).

 Ces protocoles, schéma directeur pour la conquête du monde par le monde juif, avait circulé dès 1884, et transité entre les mains d’un membre de la Loge « l’Arc en Ciel » nommé Schorst, dit Schapiro, à laquelle appartenait Papus. Monseigneur Fry, dans son ouvrage « le juif, notre Maître », précise qu’en 1895, la fille du Général Russe, Mademoiselle Glinka, avait envoyé de Paris, des renseignements politiques au Général Tcheréwine, alors Ministre de l’intérieur, un exemplaire des Protocoles des Sages de Sion que lui aurait vendu pour 2500 francs un certain Schapiro, membre de la Loge de Misraïm à Paris. Le Docteur Encausse, alias le « mage alchimiste » Papus, qui par la suite allait devenir le grand maître du Rite de Misraïm, était un anti-évolutionniste fervent, critique de la tendance athéiste de la maçonnerie du Grand Orient et ami du Tsar et de la tsarine de Russie où se sont passés les premiers pogroms contre les juifs, suite à la diffusion des Protocoles des Sages de Sion.

Jusqu’en 1881, les Rites de Memphis et Misraïm cheminent parallèlement et de concert, dans un même climat particulier. Or, les deux Rites commencent à rassembler sous double appartenance des Maçons du Grand Orient de France et du Rite Écossais Ancien et Accepté qu’intéressent l’Ésotérisme de la Symbolique Maçonnique, la Gnose, la Kabbale, voire l’Hermétisme.

 En effet, outre leurs dépôts égyptiens, Misraïm et Memphis sont toujours les héritiers et les conservateurs des vieilles Traditions Initiatiques du XVIII ème siècle : Philalèthes, Philadelphes, Rite Hermétique, Rite Primitif.

 Misraïm comptait 90 Grades divers, et Memphis, 95.

 En 1877, les survivants de la branche française de Misraim par l’intermédiaire de leur grand maître Emile Combet, entrent en relations avec le Grand Orient National d’Egypte qui pratique le rite de Memphis. Un traité de reconnaissance réciproque est signé par les deux juridictions. Ferdinando Oddi transmet le 95° de Memphis à Emile Combet, lequel transmet le 90° de Misraim à Ferdinando Oddi.

 Comportant alors de très nombreuses Loges à l’étranger, le rite Oriental de Misraïm compte des personnalités telles que Louis Blanc et Garibaldi qui, dix-neuf années plus tard, sera l’artisan de l’unification de Memphis et de Misraïm.

Le 04 août 1889, le Rite de Misraïm célèbre sa fête d’Ordre en présence des Frères PROAL et OPPORTUN (le bien nommé), membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. En cette même année, le Rite de Misraïm compte 3 Loges à Paris, 8 en province, 2 à New-York, 1 à Buenos-Aires et 1 à Alexandrie. Ceci sous la juridiction française, sans compter la juridiction italienne qui est indépendante à cette époque.

 Vers 1890, au sein du Rite de Misraïm un nouveau conflit éclate entre une minorité de Spiritualistes et une majorité de Laïcisants. Conduits par le Grand Secrétaire Henri CHAILLOUX, ils se rallièrent au Grand Orient. Le F:. CHAILLOUX avait en effet annoncé dans un discours : Si on peut lire dans notre déclaration de principe, imprimée en 1885, la Base fondamentale et immuable, l’existence de l’être suprême, l’immortalité de l’âme et l’amour du prochain ; aujourd’hui on peut lire dans notre Constitution réformée : « Autonomie de la personne humaine, justice et altruisme ».

 Une telle prise de position à l’encontre totale des Statuts et des Principes du Rite en excluait ipso facto son auteur. Les derniers Maçons du Rite attachés à leurs principes déistes et spiritualistes se regroupèrent dans la seule Loge Arc-en-Ciel (Loge Mère du Rite) dirigé par le Grand Président OSSELIN. En étaient membres des ésotéristes de haute valeur et c’est sous son patronage que parait la « Bibliothèque Rosicrucienne », cette dernière rééditant un certain nombre de grands classiques de l’occulte. Puis fin 1899, la grande loge de Misraim pour la France, présidée par Jacques de Villaréal, cesse ses travaux.

 Le 30 mars 1900, Ferdinando Oddi était reconnu détenteur de la double juridiction suprême de Memphis et de Misraim. Lorsque cette même année Garibaldi est désigné comme premier Grand-Maître Général « ad vitam » pour chacune de ces deux Obédiences, après bien des discussions, une fusion de fait s’accomplit entre les Rites de Misraïm et de Memphis qui avaient, dans la plupart des pays étrangers, les mêmes hauts dignitaires, fusionnèrent en un unique Ordre maçonnique, à Naples, rendant possible l’établissement d’une échelle commune de grades. (Seul le Souverain Grand Conseil Général du Rite de Misraïm pour la France refusa d’entrer dans la Confédération des Rites-Unis de Memphis-Misraïm, et conserva sa hiérarchie de 90e , comme Rite Oriental de Misraïm, avec le P. Fr. Ferdinando Oddi comme Grand Maître.)

 En 1902, à la suite de divers conflits au sein du Grand Orient National d’Égypte, le Grand Conservateur Général des Rites de Memphis et de Misraim, Ferdinando degli Oddi démissionna de ses fonctions. John Yarker, » ancien vice Grand Hiérophante pour l’Europe », se considéra de facto comme le » nouveau Grand Conservateur mondial de Memphis et Misraïm« . Cependant, Le frère Ellic Howe de la loge Quator Coronati lodge de Londres et le professeur Helmut Möller de l’université de Göttingen affirment que Yarker aurait acquit les rites de Memphis et de Misraim, d’une source américaine douteuse en 1872–(Fringe masonry- the Quator Coronati lodge, vol.85,91,92,109 London 1972,78,79,97). Cette nomination ne fut pas entérinée par l’Égypte et en 1902, Ferdinando degli Oddi transmit ses titres de Grand Commandeur-Grand Maître du Grand Orient National d’Égypte (Grand Collège des Rites) et de Souverain Grand Conservateur Général des Rites de Memphis et de Misraim au T.S. frère Idris Bey Ragheb, et à son successeurs le prince Mohamed Aly Tewfik, petit-fils du khédive Mehemet-Aly, et Youssef Zakq grand chancelier – dont filiation jusqu’à nos jours.

 La France et Memphis-Misraïm

 Théodore Reuss, Grand Maître du Souverain Sanctuaire d’Allemagne par une charte reçue le 24 septembre 1902 de John Yarker, dirigeait également l’O.T.O. (Ordo Templi Orientis) et diverses petites sociétés paramaçonniques. Sans avoir l’autorité pour le faire (il n’était pas Grand Maître Général), il accorda en date du 24 juin 1908 à Berlin la constitution à Paris d’un Suprême Grand Conseil et Grand Orient du Rite Ancien et Primitif. Pourtant, John Yarker, chef mondial du  » rite  » était seul habilité à créer de nouveaux Souverains Sanctuaires, (si l’on ferme les yeux sur les origines illicites de sa filiation du Rite de Memphis, et sur son auto-nomination comme Grand Hiérophante de ce « rite  » ainsi que sur l’absence de patente du Rite de Misraïm).

 Outre la triple illégitimité de son origine, ce Suprême Grand Conseil français se trouvait dans une position ambiguë. Il n’avait pas rang de Souverain Grand Sanctuaire (nom donné aux Grandes Loges dans le Rite Ancien et Primitif) et ne pouvait donc pas fonder de nouvelles loges. Le texte de la patente berlinoise, perdue, est connu par le compte rendu du convent de Juin 1908. Il ne prévoyait pas la possibilité de créer des organismes subordonnés (loges, chapitres, etc.).

 John Yarker fut le dernier Grand Hiérophante de cette lignée hybride. Après sa mort, le 20 mars 1913, le Souverain Grand Sanctuaire (Théodore Reuss, Aleister Crowley, Henry Quilliam, Leon Engers-Kennedy) se réunit à Londres le 30 juin 1913. A l’unanimité, le frère Henry Meyer, habitant 25 Longton Grove, Sydenham, S.E., County de Kent, fut nommé Souverain Grand Maître Général. Théodore Reuss, Souverain Grand Maître Général ad Vitam pour l’Empire Germanique et Grand Inspecteur Général, participait à cette réunion. Les minutes de la convocation précisent que Aleister Crowley proposa la nomination de Henry Meyer aux fonctions de Grand Maître Général, appuyée par Théodore Reuss qui l’approuva et la signa. Néanmoins, le 10 septembre 1919, se considérant comme Grand Maître Général mondial de cet amalgamme Memphis-Misraim, il délivra à Jean Bricaud une charte pour la reconstitution en France et dépendances, d’un « Souverain Sanctuaire de Memphis-Misraïm ».

 Sensiblement préjudiciable fut la persécution systématique menée au siècle dernier par le gouvernement autrichien dans la Lombardie et la Vénétie et par les autres gouvernements dans les différents petits états de la péninsule, par l’Eglise en général et, à notre siècle, par le régime fasciste; également préjudiciable fut la lutte conduite par les différents Grands Orients, qui ont essayé par tous les moyens d’absorber le rite de Misraïm. Malgré tout, les documents les plus importants ont été conservés et transmis jusqu’à nos jours.

 En 1923, l’Eminent Frère Marco Egidio Allegri, devint Puissance Suprême du rite de Misraïm de Venise ainsi que Grand Conservateur à vie du Rite de Memphis de Palerme, tombé ensuite en sommeil en 1925.

 De 1936 à 1939, ce « rite » connut une période prospère, pendant laquelle Constant Chevillon ouvrit de nombreuses loges en France et à l’étranger. Pendant la guerre, la franc-maçonnerie et les autres sociétés initiatiques furent interdites.

 Robert Ambelain, éminent ésotériste, favorable au maintien de la tradition initiatique, telle qu’elle existait à travers PAPUS et Eliphas LEVI, symboliste doté d’une bonne logique et d’un esprit critique, fut initié la Maçonnerie Traditionnelle, par le F\ Constant CHEVILLON 96ème, au début de l’année 1939, à la Loge HUMANIDAD à Lyon. Le Grand Maître des rites confédérés fut également reçu apprenti cette même année dans une loge parisienne du rite de Memphis-Misraïm, la Jérusalem des Vallées égyptiennes, par Constand Chevillon et Nauwelaers. Peu après le début de la guerre de 39/45, la Loge dû se mettre en sommeil, compte tenu de l’absence de nombre de participants, puis d’une chasse aux Francs maçons orchestrée par VICHY. En conséquence, les archives des rites de Misraïm, de Memphis, de Memphis Misraïm, Early Grand Scottish Ecossais (Cernau) furent confiées à Robert Ambelain qui les cacha dans sa cave. En 1942, Constand Chevillon alors Grand Maître des rites confédérés et Robert Ambelain en son domicile, réussirent à rouvrir clandestinement la loge maçonnique, Alexandrie d’Égypte. C’est là que Robert Amadou fut reçu en 1943.

 F\ Robert AMBELAIN, le 15 août 1939, pour raison de force majeure en temps de guerre et pour services rendus à l’Ordre durant cette période d’occupation, est proclamé 95ème degré de l’Ordre Initiatique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

 Le F\Georges BOGÉ de LAGREZE Grand Hiérophante Substitut 97ème, du Grand Hiérophante Mondial Guérino TROILO 98ème, déclare:

 NOUS, Grand Maître Général, Président du Souverain Sanctuaire pour la France et ses Dépendances de l’Ordre International Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, membre du Suprême Conseil International, Grand Hiérophante Substitut décrétons ce qui suit. En date de ce jour, élevons et proclamons Notre T\ Ill\ F\ Robert AMBELAIN : 95ème degré de Notre Rite, et Membre du Souverain Sanctuaire de France, en qualité de Substitut Grand Maître, et ordonne à tout Membre du Rite de le reconnaître comme tel, lui donne pouvoir de créer, installer, diriger, tout collège symbolique, capitulaire, et mystique de notre Ordre y compris les Grands Conseils des Sublimes Maîtres du Grand Œuvre 90ème degré, de notre Hiérarchie.

 En foi de quoi la présente patente lui est remise pour lui servir de titre authentique et régulier auprès les de tous Membres de l’Ordre et des Frat\ affiliées.

 Donnée en la Vall\ Egyp\ de Memphis, au Zénith de Paris, timbrée et scellée par nous, le 15 août 1939.

 Signé : Le Grand Maître Général, Grand Hiérophante Substitut : Georges BOGÉ de LAGREZE 33ème 96ème 97ème.

 Constant Chevillon qui voyageait comme Inspecteur de Banque se trouvait en mission à Clermont-Ferrand. Un matin, un inspecteur de police vint le chercher à son bureau, l’emmena à son hôtel, visita sa chambre et rafla tout ce qui était à lui, valise, papiers, manuscrits qu’il préparait pour l’édition. Ramené à la Sûreté, il y fut interrogé tout le jour avec des intervalles où il est mis en cellule avec des détenus de droit commun au nom de son idéal de liberté et de fraternité. Il y fut assassiné le 25 mars 1944 par des miliciens vichystes. Le Grand Maître de Belgique Delaive quant à lui fut décapité par les nazis.

 Henri-Charles Dupont prit alors légitimement la direction de l’Ordre à la Libération jusqu’à l’élection de Pierre DEBEAUVAIS (90e du Rite de Misraïm et 96e du rite de Memphis Misraïm).

 En 1945, la Libération permet la reprise des activités de l’A.R.O.T., avec la constitution d’un Comité Directeur de reprise des travaux, comprenant trois membres qui sont, toujours par ordre alphabétique : Robert AMBELAIN, Jules BOUCHER et Robert CABORGNE. Ils créent une fondation rituelle et occulte, avec projection d’un germe d’égrégore en astral.

 Au début de l’année 1945, le Grand Maître Pierre DEBEAUVAIS 96ème démissionne et rend la Grande Maîtrise des Rites Unis à Charles-Henry DUPONT 96ème.

 En 1956, le F\ Jean-Henri PROBST-BIRABEN rétablit le Rite Ancien et Primitif de Memphis, reçoit les patentes du Régime de Naples du Rite de Misraïm (Arcana Arcanorum) et devient Grand Hiérophante Mondial de Misraïm.

 En 1957 Le F\ Jean-Henri PROBST-BIRABEN passe à l’Orient Éternel et Henri Dubois recueille la direction des Ordres égyptiens pour la France, dont il conservera les orientations respectives : mystères égyptiens pour Memphis, hermétisme et kabbale hébraïque pour Misraïm.

 En 1958 Le F\ Dubois installe à Lyon un Suprême Conseil des Ordres Maçonniques de Memphis et de Misraïm réunis (les rituels restant distincts) dont la Grande Loge (Amon Râ) fusionne en 1960 avec les hauts grades de Memphis et de Misraïm conservant leur individualité.

 Après quelques vicissitudes, Henri Dupont mourut le 1er Octobre 1960, laissant à Robert Ambelain sa succession maçonnique.

 Le 13 août 1960 Le Grand Maître Général Charles Henry DUPONT 96ème degré, désigne par écrit le F\ Robert AMBELAIN 96ème comme son successeur à la tête des Rites Unis. Le F\ Robert AMBELAIN est nommé Substitut Grand Maître du Rite de Memphis Misraïm par Georges BOGÉ de LAGREZE, charte de John YARKER en 1909 et de Jean BRICAUD en 1921.

 Au Zénith De Coutances, le 13 août 1960, le Souv\ Sanct\ de Memphis-Misraïm et Sup\Gr\Cons\ des Rites Confédérés pour la France et ses Dépendances.

 Nous, Souverain Grand Maître, du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM pour la France & ses Dépendances, Président du Souverain Sanctuaire de France, désireux de permettre le réveil et l’épanouissement du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM en France, confions à dater de ce jour, pour les Territoires susmentionnés, la Charge de GRAND-ADMINISTRATEUR du Rite au T\ Ill\ F\ Robert AMBELAIN, déjà 95ème du Rite depuis 1943, le dit Frère étant de ce fait et ipso facto désigné comme mon Successeur à la Charge de GRAND-MAÎTRE du Rite de MEMPHIS-MISRAÏM pour la France et ses Dépendances.

 Donné au Zénith de COUTANCES, ce 13ème jour d’Août 5960.

 Signé) Henry-Charles DUPONT, Souverain Grand-Maître.

 A Coutances le 1er octobre 1960 Charles-Henry Dupont, passe à l’Orient Éternel dans sa 84ème année.

 Le Grand Maître Général Robert Ambelain (96e) fonde la Grande Loge Française de Memphis Misraïm en 1960, qui est déposée sous la loi associative de 1901, le 22 juin 1963. Celui ci établit des liens avec le GODF, la GLDF, la GLTSO mais n’est pas rejoint par les rites non fusionnés de Memphis et de Misraïm alors en sommeil.

 Robert AMBELAIN rétablit ainsi le Rite de Memphis-Misraïm, réussissant au fil des ans à mettre sur pied une dizaine de loges au travail remarquable.

 En 1966, au troisième Convent International du Rite de Memphis Misraïm, le Grand Maître Général Robert AMBELAIN 96e degré, devient Grand Hiérophante et Grand Maître Mondial 99e degré. Celui ci, à l’aide de plusieurs FF:., réécrit tous les rituels du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, car il n’avait que partiellement reçu les archives et les rituels de ses prédécesseurs.

 Dans la nuit du 31 Décembre 1984 au 1er Janvier 1985, Robert Ambelain transmit la charge de Grand Maître ad-vitam du rite de Memphis Misraïm à Gérard Kloppel, mais conserva la direction des Rites Confédérés.

 Le souhait de trouver place parmi les grandes obédiences conduisit Gérard Kloppel à d’indispensables compromis. On assista à la multiplication des loges bleues et à une banalisation des travaux. Une dissidence s’opéra alors mais néanmoins, certains dirigeants (dont Gérard Kloppel lui-même) demeuraient de véritables  » maçons opératifs « . Cependant, en 1996, faisant suite à différents scandales impliquant leur Grand Maître, de nombreux membres ayant connu l’époque Ambelain se retirèrent pour rejoindre la première dissidence. Quelques loges restèrent fidèles à la Grande Loge française de Memphis-Misraïm, désormais dirigée par un autre grand-maître, et un petit nombre de Frères, en désaccord avec l’esprit initial de Memphis Misraïm mais désireux de continuer d’utiliser son rite formèrent de nouvelles obédiences dites laïques, républicaines et démocratiques, considérant l’occultisme comme une littérature indigeste, confuse, laborieuse et infatuée, qui n’a réussi qu’à mettre un peu plus de fumée dans des cervelles déjà bien échauffées par le théosophisme. Dans ce même état d’esprit, un dernier groupe de loges intégra le Grand Orient de France qui, pour saisir l’opportunité, accepta en 1999 la création de loges de Rite Egyptien en son sein.

 Certains autres Frères, pour la plupart issus d’autres obédiences, se sont rapproché de Robert Ambelain pour obtenir les patentes nécessaires à la régularité de leurs travaux. Celui ci s’étant déjà dépossédé de la patente de Memphis Misraïm au profit de Gérard Kloppel, proposa le réveil du Rite Oriental de Misraïm dont il avait conservé la charge au sein des Rites Confédérés. En janvier 1996, une première patente fut délivrée au Très Illustre Frère Jean Marc Font, en qualité de Sérénissime Grand Maître (ad-vitam) du rite de Misraïm. Celui ci, ami de Patrick Leterme  qui tentait de fonder les Rites confédérés « de France » avec des patentes photocopiées en couleur empruntées à Robert Ambelain « pour informations » dixit Robert Ambelain dans un courrier adressé au Très Illustre Frère Robert Mingam, avait voulu rejoindre cette formation en y déposant sa patente. Les Frères fondateurs de la toute récente Grande Loge Française de Misraïm refusèrent d’adhérer à cette fédération de rites sans fondement, d’autant que Misraïm était encore sous la juridiction des Rites confédérés présidés par Robert Ambelain Après quelques mois, le 25 mai 1996, en son domicile parisien, le Grand Conservateur et Président des Rites Confédérés Robert Ambelain, déclara annuler la patente antérieurement confiée au Très Illustre Frère Jean Marc Font et lui substitua une nouvelle patente au nom du Rite Oriental de Misraïm, au Très Illustre Frère Robert Mingam (90e) en qualité de Grand Conservateur du Rite.

 Après quelques difficultés administratives, « la Grande Loge Française de Misraïm » vit le jour, suivie de « l’Ordre Ancien du Rite Oriental de Misraïm« . Cependant, les Grands appareils que sont les Obédiences Françaises et Européennes, qui se refusent d’accorder leur reconnaissance à quiconque n’a pas acquis une certaine notoriété, obligèrent les Sœurs et les Frères du Rite Oriental de Misraïm à s’intégrer dans l’un d’entre eux. C’est ainsi que nous trouvons des Loges Misraïmites qui travaillent sous les Auspices de la Grande Loge Mixte de France, et notamment à la GLISRU (Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis).

 Aujourd’hui encore, les obédiences maçonniques dites « égyptiennes » n’ont pas bonne réputation. Elles attirent les vocations spiritualistes mais ne savent pas les canaliser, et encore moins les fidéliser. A croire que ces rites importés par la juiverie provençale sont amalgamés au destin de ce peuple qui, tout au long de son histoire fut continuellement persécuté.

Après les trois premiers degrés de la Maçonnerie Universelle, les particularités de Misraïm s’affirment dans les Ateliers supérieurs qui pratiquent obligatoirement les 4 ème Degré (maître Secret), 12 ème (Grand Maître Architecte ) , 13 ème Degré (Royal Arche), 14 ème Degré (Grand Élu de la Voûte Sacrée), 18 ème Degré (Chevalier Rose + Croix), 28 ème Degré (Chevalier du Soleil), 30 ème Degré (Chevalier Kadosh), 32 ème Degré (Prince du Royal Secret), 33 ème Degré (Souverain Grand Inspecteur Général).

 Les 66 ème et 90 ème Degrés sont conférés à des Maçons en récompense de leur valeur, de leurs connaissances, et de leur fidélité ; le 90 ème Degré leur confère le droit de siéger au « Conseil des Sages » en qualité de Grand Conservateur du Rite.

 Les autres Degrés tels que celui de Royal Arche sont facultatifs mais la Chevalerie peut être transmise avec le 20ème Degré dit Chevalier du Temple, issu directement de l’Ancienne Stricte Observance Templière et des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte de Jean-Baptiste Willermoz.

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Source :http://www.lesmisraimites.com/pages/le-rite-oriental-de-misraim.html

Gérard Platon – RAPMM Voie Orientale 6 mai, 2020

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Publié le 16 avril 2020 par Gérard Baudou-Platon

Le temps que nous vivons est d’une curieuse nature et comme diraient nos frères Africains : « il y a margouillat sous cailloux ». Les mots prononcés par les autorités ont un sens mais pas le sens d’une réelle authenticité car sur le terrain « il y a loin de la coupe aux lèvres ». l’usage de la rhétorique est utile pour exprimer le vérité mais elle est utile, aussi, pour d’autres destinées !!! … La réalité n’est plus décrite …. Les discours évoquent ce qui n’est pas. L’Etat ment, manifestement, effrontément. La science, la recherche et l’expérimentation sont aux mains d’une étreinte fatale et dogmatique, faisant exploser en mille éclats les obligations de l’urgence. De ces affrontements inutiles, en cette période, découlent l’inefficacité qui en est le fruit.

A cela s’ajoutent toutes les autres souffrances dont l’intensité s’amplifie car leurs traitements sont devenus … secondaires. La solidarité est cassée par un « régime de gens d’armes » intransigeants et plus soucieux de répression que de d’incarner l’esprit des lois. Droit dans leurs bottes interprètent-ils les ordres incohérents suggérés par une gouvernance inappropriée et visiblement inefficiente. Dès lors tout est possible, l’injustice comme l’inhumain … heureusement certains des leurs sont attentifs et compréhensifs mais pour les humbles citoyens que nous sommes un « contrôle » ressemble étrangement à une « roulette russe ». Car, comme toujours, les sanctions financières associées rendent plus pauvres, encore ceux qui le sont déjà.

Pendant ce même temps, le monde meurt. Il se délite et pour échapper à la réalité, il est contraint de s’inventer des palliatifs consternants le plus souvent. Même les plus amusants laissent un goût amer car gouverner « c’est, tout de même prévoir » !!! Ce virus est mortel par ces effets secondaires mais quelle serait la situation, aujourd’hui, si un mal veillant aurait fait circuler « une chose » beaucoup plus agressive.Notre Pays se trouve dans une im-préparation coupable. Cela fait « froid dans le dos » car d’autres événements sont en cours. Ils conditionnent réellement notre vie sur Terre.

Les gilets jaunes ont payé un lourd tribut face à l’ignorance et l’inconséquence de nos dirigeants. Les Pompiers qui veillent sur notre vie quotidienne furent mal traités par un exécutif sourd  à toutes revendications, les enseignants dans le marasme, le secteur hospitalier asphyxié par des restrictions budgétaires, les retraités mis face à une diminution de leurs retraites. Des personnes âgées à qui on promet des robots bien nourris en IA, afin de se substituer au contact humains (faute de grives les anciens mangeront des merles), sinon il y aura l’EPAD à budget rétréci, pourtant chèrement payés par ses pensionnaires. Une réforme des retraites pour les actifs menée dans le cadre d’une « conduite de projet folklorique ». Un droit du travail déconstruit sans aucune étude sur les profils des emplois futurs et des nécessaires reconversions professionnelles qui en découlent. Des Avocats excédés qui jettent leur robe, démontrant leur refus d’une « tutelle » insupportable. bref une gouvernance générale qui ne respecte aucune autorité régionale ou locale et qui en matière de Santé ne sait, même, plus qu’un médecin est seul habilité à dire et à faire dans l’esprit de leur serment … l’état n’a pas à se mêler d’une science pour laquelle il n’a aucune compétence … Les Médecins ont un Conseil de l’Ordre dont la mission devrait être d’organiser une éthique dans les pratiques, une éthique dans les recherches et une éthique dans les processus d’expérimentations …  Quant aux travaux à mettre en œuvre sur le champ de l’Ecologie, du changement climatique, de protection de l’environnement, de  l’éthique et de nos styles de vie … nous voici, dans un vide abyssal,  un vide absolu … seul la publicité nous vente ce qui sera important de consommer demain et de l’importance du travail qu’il nous faudra fournir pour redresser notre pays … rétablir un PIB et une croissance !!!! …

Notre esprit est modelé par des chaines TV qui martèlent, en boucle, l’inconcevable sans jamais prendre le recul nécessaire afin de permettre l’expression de la plus petite prise de conscience sur l’urgence d’un changement de paradigme. Et si une lueur de conscience a la chance de naitre, notre hémicycle reste rivé à un exécutif autiste (A part certains dont la pétillante énergie de changement est la bien venue).   Ainsi, Seuls quelques-uns s’égosillent et semblent pour l’heure prêcher dans un désert …

Pourtant il faudra bien aborder ce temps nouveau qui approche et dont nous sentons qu’il ne peut se reconstruire utilement sans le réveil de chacun et le choix de personnages imprégnés de cette urgence et habités fortement par une force inflexible face à des réseaux mortifères pour notre vie et notre planète ….

La vie a ses raisons que les conventions humaines ignorent, trop souvent … Il est venu le temps de rappeler à l’ordre celles et ceux qui, chargés de hautes fonctions, se rendent coupables d’une ignorance … réelle, feinte ou délibérée.

Je me fais le relais, ci-dessous, du résumé publié sur le Site de « Sain et Naturel » concernant une très réaliste réflexion de  l’Astrophysicien, Aurélien Barrau, qui s’exprime, ainsi :

————————————-

Invité à parler dans « L’académie du monde d’après », une chaîne YouTube créée par Pablo Servigne, il nous rappelle que dans le monde « parfait » dans lequel nous vivions avant le Covid-19, tuait des millions de personnes de faim, de pollution ou encore par la maladie chaque année.

 Gérard Platon – RAPMM Voie Orientale  dans Recherches & Reflexions Barrau-Aurelien « On ne veut plus continuer cette partie de Monopoly, voyez-vous, dans un avion qui est en train de se crasher. Ils veulent continuer à jouer. Nous voulons continuer à vivre. Donc ça ne va pas être simple, mais ça ne va pas se passer comme ça. On ne peut pas être les victimes collatérales de personnes qui n’ont simplement pas compris les rouages fondamentaux de l’existence. Changer les règles du jeu, n’importe quel enfant sait le faire quand la partie devient injouable. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.

On ne pourra pas faire revivre les espèces éteintes, on ne pourra pas faire revivre les morts, on ne pourra pas épurer le CO2, mais on peut changer des règles qui sont tout à fait aberrantes, qui sont socialement injustes, qui sont écologiquement dramatiques, qui sont climatiquement suicidaires. Ça on peut le faire.

Ça ne tient qu’à nous, mais il faut le faire maintenant, il faut le faire vite, il faut le faire bien, et il faut le faire avec intelligence, c’est-à-dire en osant regarder les choses en face au-delà de ce que l’on apprend à l’ENA ou à Science Po, c’est-à-dire en regardant les réalités physiques climatiques médicales et pas seulement les conventions arbitraires de la politique et de l’économie qui relèvent quand même d’une grande tartufferie. Ça ne nous intéresse plus, nous voulons maintenant un peu de sérieux. (…)

Ce n’est pas une croissance. Du point de vue physique, c’est à dire du point de vue réel, c’est une décroissance. Il n’y a pas de réalité économique, ça n’existe pas. Il n’y a que des conventions économiques, d’un claquement de doigt on peut les changer. On ne pourra pas revenir en arrière sur le C02 émis, ce qui est là, est là pour toujours. Il n’y a aucun retour en arrière possible. Alors il va être temps d’être un peu sérieux.»

Si nous ne voulons pas que cette situation se reproduise, nous devons avoir le courage et la volonté de changer notre façon de vivre une bonne fois pour toutes et revoir nos valeurs. Le monde de l’après confinement ne doit plus ressembler au monde de l’avant confinement. …

Lettre ouverte aux francs-maçons et autres républicains

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Les esprits de la Nature

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POURQUOI ET COMMENT LA FRANC MAÇONNERIE EST NÉE EN ANGLETERRE AU MILIEU DU XVI° SIECLE

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POURQUOI ET COMMENT LA FRANC MAÇONNERIE EST NÉE EN ANGLETERRE AU MILIEU DU XVI° SIÈCLE

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Notre FM spéculative (un anglicisme signifiant «composé par l’esprit») est cette école de pensée humaniste, réglementée en 1723 par les «Constitutions» d’Anderson. Elle y est définie comme «le centre de l’union d’hommes de bien et loyaux» ayant pour but de promouvoir la fraternité universelle au service du bien commun de l’humanité, par la recherche de la vérité et la lutte contre les injustices.

En retraçant l’histoire de la pensée philosophique anglaise, l’on peut constater que l’Angleterre était destinée à voir naître notre FM sur son sol.

Avant d’exposer ce cheminement, il faut rappeler le contexte ambiant du Moyen-âge européen, où l’art et toute méditation de l’esprit devaient servir la même Foi monolithique tout en glorifiant le Christ. Or, il s’était trouvé que la pensée d’Aristote ayant réussi à traverser les Pyrénées à la fin du XII° siècle, beaucoup de moines savants furent séduits par sa dialectique entre l’essence et l’existence. Parmi eux, St Thomas d’Aquin (1226-1274) sut récupérer cette dialectique dans sa «Somme Théologique», où il affirme que Dieu seul réunit en Lui l’essence et l’existence et que c’est grâce à Son intervention dans l’essence de l’homme que celui-ci peut donner un sens à son existence. De la sorte, l’Eglise continua à imposer sa pensée unique, soutenue par l’Inquisition puis par l’Index. Et même Descartes, en 1637 encore, dut se réfugier en Hollande par suite de la mise à l’Index du « Discours de la méthode » où le « doute systématique » fut jugé contraire à la Foi.

 

L’EXCEPTION ANGLAISE

 

Seuls, les penseurs Anglais surent résister aux pressions du Pape, et ce, bien avant le schisme anglican de 1534. Cette exception anglaise s’explique, en partie,  par l’isolement insulaire et par son héritage de l’esprit indépendant et entreprenant des Vikings qui avaient envahi les côtes anglaises dès le VIII° siècle ; leur esprit se retrouva aussi chez les Normands, vikings d’origine, et qui instaurèrent le royaume d’Angleterre en 1066 à travers les troupes et la cour royale de Guillaume le Conquérant.

En outre, en 1071, ce 1er Roi d’Angleterre fit spécialement venir en Angleterre une communauté juive, composée d’hommes d’affaires et de savants, estimant que leurs compétences en ces domaines feraient prospérer son nouveau royaume. Et, parmi les savants juifs, se trouvait le grand astronome, Pedro Alfonso, qui avait fui les persécutions antisémites au Portugal. Evidemment, il fut invité par le Roi à diffuser sa nouvelle technique d’étudier l’astronomie à partir d’instruments de mesure et de calculs mathématiques, en faisant fi du dogme Ptoléméen de l’Eglise. Cette liberté de pensée dans la recherche marqua la façon de travailler des futurs savants anglais, du fait que l’astronomie était alors considérée comme la reine de toutes les sciences.

 

Et cette démarche intellectuelle eut pour conséquence que, début XIII°, le théologien Robert Grosseteste, Chancelier de l’Université naissante d’Oxford (qui bénéficiait alors d’un statut indépendant, unique en Europe, la mettant à l’abri de toutes pressions extérieures, royales ou ecclésiastiques) y institua le mode de pensée empirique, en appliquant les mathématiques à l’étude de la Nature tout en testant les hypothèses avancées, sans souci du reste. Devenu évêque, il osa critiquer les abus des droits féodaux et des bénéfices ecclésiastiques, au service du bien commun.

 

A la même époque, la «Grande Charte» de 1215 imposa au Roi de consulter la Noblesse avant la création de tous nouveaux impôts.

Ainsi, les libertés individuelles naquirent en Angleterre dès le début du  XIII° siècle, dans la faculté de critiquer et de dire NON.

Puis, à la fin XIII° siècle, le franciscain savant Roger Bacon (1214-1294) fonde la science expérimentale par sa phrase : «La preuve par le raisonnement ne suffit pas, il faut en plus l’expérimentation». Cela mit définitivement en place la recherche de la vérité humaine et expérimentale, distincte des Ecritures Saintes.

 

Aussi, tandis que les Papes cherchaient à soumettre les Rois chrétiens durant tout le XIII° siècle, le franciscain Duns Scot (1265-1308) professait à Oxford qu’il faut distinguer le domaine de la foi, qui est métaphysique, du domaine profane, qui exige des réponses claires et sans mystères.

 

A sa suite, un autre franciscain, William of Occam (1285-1347) va professer la séparation entre foi et raison en reniant toute hiérarchie entre philosophie et théologie. Il en déduit que le Pape n’a pas à s’ingérer dans les affaires temporelles où le bon sens humain suffit. Sa façon d’exposer s’apparente à celle de la philosophie analytique moderne, par son raisonnement rationnel reposant sur des faits, sans métaphysique, annonçant la méthode scientifique de Newton et du Siècle des Lumières.

 

Le statut totalement indépendant de l’Université d’Oxford et la liberté de pensée précoce des savants anglais, vont prédisposer l’Université d’Oxford à accueillir tous les ouvrages de l’Antiquité et de la civilisation arabe, qui étaient censurés par l’Eglise sur le Continent. Oxford devint alors le grand centre européen de recherches, où l’on pouvait débattre librement des idées, notamment des doctrines ésotériques de l’Antiquité (condamnées par l’Eglise) qui intéressaient tous les cherchants de la Renaissance, comme source de la Connaissance primordiale ayant existé avant la chute de l’Homme puni par le Déluge.

 

A ce sujet, il faut savoir que, pour comprendre et découvrir cette Vérité primordiale, ces doctrines ésotériques, émanant de l’Ecole d’Alexandrie datant des 1er/2ème/3ème siècles, stipulaient qu’il fallait atteindre une certaine illumination de l’esprit, laquelle exige sa purification préalable à travers une discipline de contemplation menant à l’extase qui, seule, peut unir l’homme à Dieu dans «l’Unité Primordiale». Cependant, il était aussi stipulé que, seule une élite (dits «Mages» de la Renaissance), pouvait accéder à cette Vérité primordiale, et que cette sélection était justifiée par la nécessité d’en protéger les secrets contre les esprits impurs, capables d’en faire mauvais usage pour nuire à l’Humanité. Et c’est pourquoi, pour transmettre cette «Vérité Primordiale» à l’homme, Dieu a usé du symbolisme (dont les hiéroglyphes des Pyramides), qui demeurent inaccessibles à la compréhension de tous ceux qui ne suivent pas ce cheminement initiatique, empreint de méditation et de mysticisme. Ce cheminement initiatique s’inspirait surtout de l’Hermétisme, philosophie attribuée à Hermès Trismégiste, censé avoir retransmis à l’humanité survivant au Déluge, la «Connaissance» et les 7 arts libéraux à l’humanité.

Notons, ici, que le symbolisme, l’Hermétisme sont repris par le REAA.

 

Par ailleurs, alors que la Renaissance européenne oppose partout les monarques à la noblesse et à la bourgeoisie d’affaires, il se trouve qu’en Angleterre, Henri VIII, en créant l’anglicanisme en 1534, va séculariser les biens du Clergé catholique pour les céder à bas prix à l’aristocratie et à la bourgeoisie pour en faire des alliés politiques.

 

Une autre exception anglaise se trouve dans le fait que, partout en Europe, des hommes d’Etat œuvraient pour renforcer l’absolutisme du pouvoir royal en invoquant la raison d’Etat (il suffit de se référer à Machiavel dans son ouvrage «LE PRINCE», publié en 1529), alors qu’en Angleterre Thomas More (1478-1535), Chancelier de Henri VIII, veut soumettre la raison d’Etat au bien-être du peuple. Il l’exprime dans son œuvre imaginaire, «UTOPIA» (=nulle part), publiée en 1516, où il décrit une société égalitaire, sans propriété privée, dont l’harmonie repose sur la loi qui organise le fonctionnement rationnel de la société, en lui évitant toute injustice et calamité. A travers cet ouvrage, diffusé à grande échelle à travers l’Université d’Oxford, Thomas More critique l’état misérable de la société et ses grandes inégalités depuis la «peste noire» qui l’avait affligée aux XIV° et XV° siècles. Il insinue notamment que les malheurs de la société ne sont pas des fatalités, mais le résultat d’une mauvaise gouvernance, qui a manqué d’instruire chaque citoyen à agir de façon responsable envers la société. C’est un message fort, disant que l’homme peut agir sur son destin et améliorer la société, annonçant, 2 siècles à l’avance, le but final de notre FM. Aussi, son immolation, par Henri VIII en 1536, servira-t-elle d’exemple socratique à la pensée politique anglaise.

 

Moins d’un siècle plus tard, un autre grand homme d’Etat, Chancelier et ami de Jacques 1er d’Angleterre, Francis Bacon (1561-1626), lancera une nouvelle forme de pensée, la logique expérimentale ainsi que l’introspection et l’élimination des aspérités de notre Pierre Brute. Dans son ouvrage «Novum Organum», publié en 1620, il propose «une purge de l’intellect» en faisant table rase des 4 catégories d’«idoles» qui encombrent l’esprit humain : l’hérédité, la culture acquise dans son milieu, les vices de son ego personnel et les habitudes acquises par ses fréquentations. Par ce moyen, chacun deviendra en un homme nouveau, libre, responsable et donc efficace au service de la société, sans plus avoir besoin de remonter aux doctrines de l’Antiquité pour orienter son action. Il croît au progrès de l’humanité, découlant des innovations de nos idées pour repenser le monde à venir et  des créations de techniques nouvelles pour accroître notre efficacité productive au service de la société.

 

C’est là une révolution dans la pensée européenne. Aussi, dans son livre «Nova Atlantis», il encourage l’Etat à créer des «instituts de recherche» et à favoriser les échanges entre savants du monde, servant à balayer le mythe obscurantiste des «Mages de la Nature», idolâtrés par la Renaissance.

 

En outre, il prône la tolérance religieuse comme facteur de progrès social, et la justifie par l’enrichissement que la diversité communautaire apporte à une nation. C’est alors qu’il plaide pour le retour de la communauté juive en Angleterre (dont elle avait été expulsée en 1290), ce que le Parlement de Cromwell adoptera en 1656 dans le souci de rebâtir la Nation ruinée par la guerre civile.

 

Ainsi Francis Bacon annonce-t-il le V.I.T.R.I.O.L, la mort de l’homme ancien en nous, la foi dans le progrès de l’Humanité ainsi que la tolérance, tout cela caractérisant notre méthode initiatique.

 

LA PLACE DE «INVISIBLE COLLEGE» DANS LA NAISSANCE DE LA FM

 

Il était de coutume de créer au sein des 21 «College» de l’Université d’Oxford, des groupes de recherche composés de chercheurs des divers «College» et ayant l’intérêt commun de traiter d’un thème. C’est ainsi que s’était constitué en 1574 le groupe «The Antiquarians», intéressé par l’archéologie et l’origine de la vérité primordiale chez les Druides au lieu d’aller la chercher dans l’Antiquité égyptienne ou grecque, comme cela se faisait sur le Continent.

Mais ce groupe fut interdit par Jacques 1er dès son accession au trône d’Angleterre en 1603, parce que les Antiquarians, comme les anciens Druides, rejetaient la légitimité du pouvoir royal comme étant de droit divin. C’est alors que ce groupe fut accueilli par le groupe «UTOPIA», qui fusionna ensuite avec le groupe «NOVA ATLANTIS» en 1645, pour donner naissance à un nouveau grand groupe, «INVISIBLE COLLEGE», ayant pour objet de traiter des problèmes de société.

 

Cet «Invisible College» fut animé par Elias Ashmole (1617-1692), Thomas Vaughan (1602-1666) et Robert Moray, tous trois rosicruciens prônant les principes de tolérance en cette période de guerre civile (1629-1659), où était souhaitable cette purification de l’être intérieur en vue de réaliser le grand œuvre alchimique d’une société parfaite.

 

Et comme Ashmole, Professeur à Oxford, et Moray, 1er Président de la « Royal Society », avaient reconnu, dans leurs écrits, avoir été initiés « Accepted free mason », cela révèle qu’au XVI° siècle anglais, les 2 mouvements de pensée, «Rose+croix» et «Franc maçon accepté», étaient unis dans la pensée et l’action.

ET c’est ce cercle de pensée humaniste qui va pousser Robert Moray, proche du roi Charles II en exil, à convaincre celui-ci à créer la « Royal Society » en 1660, sorte d’Académie scientifique le conseillant utilement dans sa gouvernance du royaume, en vue de le redresser après 30 années de guerre civile.

Ainsi, cette forme d’institut de recherche, entourant spécialement le Roi, va agir conformément à la pensée de Francis Bacon, exprimée dans «NOVA ATLANTIS», en contribuant à l’amélioration de la gouvernance de la société, grâce à une équipe des meilleurs savants, accomplis à l’amour du prochain.

 

LA PLACE DE LA «ROYAL SOCIETY» DANS LA NAISSANCE DE LA FM

 

La «Royal Society» fera accepter par le Roi, en 1679, l’Act «Habeas Corpus», protégeant la personne contre toute arrestation arbitraire sans jugement préalable. Elle fit aussi adopter par le Roi, en 1683, le «Parliament Act» qui institue les droits du Parlement et donc la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. En ces 2 lois se trouve le socle de toute démocratie républicaine. C’est ce qui inspirera Montesquieu (initié à Londres en 1730) dans «l’Esprit des lois» publié en 1758.

 

Ce rôle de la Royal Society est inspiré de Francis Bacon, qui voulait faire conseiller les gouvernants par les meilleurs savants soucieux de la meilleure façon de gérer la société. Il pensait qu’ainsi, les Rois rejetteraient l’influence des «Mages» de la Renaissance pour pouvoir préparer rationnellement l’avènement d’un ordre nouveau, conforme au vœu de la société des Rose+croix, dont F. Bacon est reconnu en avoir été un membre éminent, bien sûr dans le secret qui prévalait au XVI° siècle.

 

Et, conformément au souhait de Francis Bacon exprimé dans « Nova Atlantis », le règlement intérieur de la «Royal Society» spécifiait que les travaux des savants devaient servir le bien commun sous l’égide de «la raison générale de l’humanité». C’est d’ailleurs cela qui permit à l’Angleterre de dominer économiquement le monde durant les 2 siècles suivants.

 

Cependant, du fait que le nouveau Roi d’Angleterre, George de Hanovre, ne parlant pas l’anglais, ne réunissait plus la «Royal Society» depuis son accession au trône en 1714,  ce sont des membres de la « Royal Society », dont Desaguliers, qui créèrent la Grande Loge de Westminster au solstice d’été de 1717, dans le but secret de pouvoir remplir cette fonction informelle de conseiller les hommes politiques au service de la bonne gouvernance et du bonheur de l’humanité. C’est pourquoi les «Constitutions» d’Anderson ont pour 1er article  la règle de réunir des «gens de bien et loyaux» ayant le souci d’œuvrer pour le bien de l’humanité.

 

Il faut aussi savoir que, par souci d’instaurer la tolérance au sein de son groupe, la «Royal Society» avait dans son règlement intérieur que l’athéisme ne doit pas être « stupide », pour la simple raison qu’un tel ordonnancement de l’univers ne pouvait être que l’œuvre d’une puissance divine, dénommée « Grand Architecte ». Par contre, elle admettait qu’une certaine forme d’athéisme puisse se développer en réponse aux abus du pouvoir religieux, contraires au bien commun. Et c’est pourquoi le règlement intérieur de la «Royal Society» avait interdit toutes discussions à caractère politique ou religieux, et exigé que tout désaccord entre ses membres soit exprimé avec civilité. Or, c’est justement ce qu’on retrouvera comme règle des travaux en loge.

 

Par ailleurs, les travaux de l’équipe de Newton, (dont Desaguliers était le secrétaire général) ayant établi que l’univers est gouverné par la loi de gravitation universelle, cela ne fit que renforcer le prestige de l’alchimie et de la Kabbale, dont le contenu affirme que «tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas».

Ce concept put ainsi être repris dans les hauts grades du REAA.

 

LE ROLE DES «ANTIQUARIANS» DANS LE DIVORCE ENTRE LA FM ANGLAISE ET LA FM FRANÇAISE

 

Une opposition avait existé entre 2 sous-groupes de l’ «Invisible College», les «Antients» et les «Moderns». Ils donnèrent deux idéologies opposées au sein de la «Royal Society» :

- d’une part, ceux qui tenaient aux traditions druidiques et à leur Vérité Primordiale, surnommés « Antients » et croyants dogmatiques ;

- et d’autre part, ceux qui croyaient au progrès des sciences, surnommé « Moderns », plutôt déistes, regroupés autour de Newton et Desaguliers.

 

Cette dualité se répercutera plus tard sur l’évolution de la Franc-maçonnerie anglaise. En effet, 6 mois après la création, au solstice d’été de 1717, de la «Grande Loge» de Westminster, par le groupe des « Moderns » dirigé par J.T. Desaguliers, un autre groupe d «Antients» créèrent, au solstice d’hiver de 1717, une autre « Grande Loge», concurrente, dite druidique.

Ces 2 obédiences londoniennes se feront concurrence jusqu’en 1738, où interviendra un 1er rapprochement avec la 1ère révision des « Constitutions » de 1723 portant sur une foi en un «Dieu révélé» remplaçant la «Loi Morale» conçue par les Pasteurs Anderson et Desaguliers dans l’édition de 1723.

 

Puis, en 1813, les 2 Grandes Loges fusionneront en «Grande Loge Unie d’Angleterre», dominée par les «Antients» qui imposèrent la foi dogmatique en Dieu révélé de la Chrétienté. Cela débouchera sur la rupture avec la Franc-maçonnerie française, attachée à la laïcité et au déisme des «Moderns», la loi morale, plus conformes à la philosophie des Lumières. La rupture définitive interviendra au Convent de Lausanne en 1875, suite à l’adoption par le GODF du principe de «GADLU», et se différentiant de la GLUA, obédience anglaise se réclamant d’être la seule autorisée à donner sa patente à une seule obédience par pays, qu’elle qualifie de «régulière».

 

LIENS ENTRE LOGES OPERATIVES ECOSSAISES ET LA FM

 

Rien ne prédispose normalement de passer des professions manuelles à une association de cherchants intellectuels. Il a fallu un concours de circonstances exceptionnel pour que des Universitaires anglais empruntent à des loges de maçons opératifs leurs mots de passe ainsi que leur rituel.

Comment cela a-t-il pu se passer ?

 

Il s’est trouvé qu’en 1598/1599, Jacques VI d’Ecosse, un Roi de la Renaissance, ayant le souci de rattraper le retard de développement de son royaume par rapport aux autres royaumes d’Angleterre et de France, qui avaient déjà acquis leur propre style architectural, a décidé de confier à son intendant des édifices royaux, William Schaw, le soin de former des maçons/architectes, capables de créer un nouveau style d’architecture qui n’ait rien à envier aux autres royaumes.

Or, Jacques VI d’Ecosse était féru des doctrines ésotériques de l’Antiquité et notamment des doctrines ésotériques de l’hermétisme, et il estimait qu’en les faisant enseigner aux élèves maçons/architectes, cela les rendrait plus intelligents et plus créatifs, et donc capables de créer un nouvel ordre architectural à sa gloire. Et il fit mettre à leur programme d’enseignement, ces doctrines ésotériques ainsi que «l’Art de la mémoire» qui devait servir à les mémoriser pour mieux les assimiler.

Et pour enseigner ces matières, ignorées des loges opératives du Moyen-âge, il a dû faire appel à des enseignants-chercheurs de l’Université d’Oxford, réputée en la matière, puisque, même le Père dominicain Giordano Bruno dut s’y rendre plusieurs fois, venant d’Italie, pour enrichir ses connaissances hermétistes et les enseigner avant d’être brûlé comme hérétique en 1600 du fait que ces sciences étaient condamnées par Rome.

Et, durant 26 ans, de 1599 au décès de Jacques VI en 1625, des enseignants anglais vont donc venir former les maçons-architectes écossais dans une trentaine de loges de Schaw, répandues à travers l’Ecosse.

 

Puis, lorsque la guerre civile anglaise sévira entre 1629 et 1659, ces Intellectuels anglais, rentrés d’Ecosse (ayant reçu dans ces loges opératives dites de Schaw, le mot de passe ainsi que les signes de reconnaissance et la connaissance du rituel de ces loges en s’y faisant initier préalablement à l’autorisation d’y entrer comme «accepted free mason», c’est à dire acceptés et libérés de leurs obligations opératives), et choqués par l’intolérance pratiquée par les divers protagonistes de cette guerre civile, durent se rencontrer et se réunir en secret et en divers lieux, en usant des signes de reconnaissance et du «mot de maçon» leur permettant de se faire mutuellement confiance. Et, étant acquis à la philosophie de Francis Bacon qui avait animé l’«Invisible College», dont ils avaient été membres au cours de leurs études et recherches à Oxford,  ils devaient sûrement discuter des moyens de résoudre leur drame national de guerre civile, qui se déroulait sous leurs yeux. 

 

Et, comme cela était déjà de coutume dans «l’Invisible College» qu’ils avaient fréquenté à Oxford, ils ont dû reconduire cette habitude de se réunir dans une auberge («Tavern» en anglais), pour se reconnaître et travailler ensemble à l’abri des regards pour l’amélioration de la société. Et, pour donner un caractère solennel à ces réunions, rien de plus facile que de s’inspirer des pratiques des loges opératives qu’ils avaient fréquentées en Ecosse en y enseignant. Et, par la suite, ils ont dû recruter d’autres Intellectuels, cherchant le bien public, en les initiant et en les baptisant aussi de «accepted free mason», comme eux-mêmes l’avaient été dans les loges opératives d’Ecosse, dites «loges Schaw».

 

Et c’est pourquoi nous retrouvons dans nos rituels du 1er et du 2nd degré (dans les loges Schaw il n’y avait que 2 grades, «apprenti entrant» et «apprenti accompli») de fortes similitudes avec les 2 rituels des loges de Kilwinning, d’Edimbourg ou d’Aberdeen du début XVII° siècle, que William Schaw avait été pêché dans les «Old Charges» ou «Anciens devoirs», qu’il avait trouvé sur le Continent. Et, c’est ainsi qu’ils reçurent le mot de maçon, à l’occasion de leur acceptation en loge, d’où le titre de «ACCEPTED FREE MASON», signifiant qu’il était accepté en loge et, à la fois, libéré de ses obligations opératives de maçon/architecte.       J’ai Dit.        

N. M. Kalife <loeildecain@yahoo.fr>

 

P.S. En concluant, j’ajoute que ces 5 pages sont le condensé des pages 19 à 126 de mon livre intitulé «REFLEXIONS D’UN MAÇON SUR SON CHEMIN INITIATIQUE», Tome II, Editions DETRADE, 320 pages, et que ces recherches ont été effectuées entre 2001 et 2005. Paris 25.11.2010

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