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Le Talmud : Les Meilleures Citations Inspirantes | Atlas Motivation 19 avril, 2021

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Écoutez cette histoire bouddhiste chaque fois que vous avez besoin de ressentir la paix

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L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage 14 avril, 2021

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L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage

 

Voici l’un de mes thèmes préférés, le décodage du symbolisme, car tout dans le monde fonctionne par symboles. La difficulté est de relier les points. Richard Cassaro nous parle cette fois du logo traditionnel des franc-maçons.

L’équerre et le compas maçonniques décodés

Le symbole de l’équerre et du compas franc-maçon est un mystère pour les médias, les spécialistes, les historiens et même pour les franc-maçons. Personne ne sait d’où il vient ou ce qu’il signifie. Nous allons voir comment ce symbole détient un sens ancien, mystique et magique qui peut  »éclairer » les initiés.

L'Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage dans Contribution 1
 
L’équerre et le compas franc-maçons avec un  »G » au milieu, chapeautés de l’oeil de l’esprit (3ème œil) dans un triangle.
 

La plupart des franc-maçons, si on leur demande le sens de leur logo, déclarent :

 »Ce sont deux …outils d’architecte …pour enseigner des leçons symboliques… »

—Wikipédia

(Voir aussi cet article assez confus sur la signification du logo, NdT)

Pourtant, le logo de l’équerre et du compas a une signification qui va beaucoup plus loin que les simples leçons enseignées. Remarquez comme le compas en tant qu’outil présente à son sommet une forme  »en cercle » :

2 dans Recherches & ReflexionsL’équerre en tant qu’outil montre en bas une forme  »carrée » :
 
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Une fois réunis, comme dans le logo des franc-maçons, les outils compas et équerre forment un carré et un cercle :
 
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La forme carré et cercle est rapportée dans le 47ème problème d’Euclide, la  »quadrature du cercle », qu’on dit être le but principal de la réalisation maçonnique.

La quadrature du cercle, pourtant, ne se réfère pas dans ce cas à un problème mathématique : c’est une référence spirituelle à la quête instinctive de l’homme pour harmoniser ses natures physique et spirituelle.
Depuis l’antiquité, le carré a représenté le corps physique. Le cercle, d’un autre côté, a toujours représenté l’esprit.
L’équerre et le compas symbolisent donc la condition de l’Homme en tant qu’éternel esprit se manifestant dans un corps transitoire. Le cercle est notre côté spirituel qu’on ne peut voir, entendre, toucher, palper ou sentir. C’est notre Soi réel, inné et parfait, la partie que nous sentons en fermant les yeux et en pensant  »moi ».

 »Généralement, pour la poésie de la Renaissance, le cercle était un symbole de perfection et … un symbole de l’esprit humain. »—J. Douglas Canfield, Université d’Arizona

Les compas, sont cependant entourés d’une équerre ; notre cercle est entouré par notre corps. Réfléchissez ici au carré à quatre côtés et à la manière dont nous expérimentons les  »quatre » dans la Nature :

  • Les quatre points cardinaux (nord, sud, est, ouest)
  • Les quatre saisons (hiver, printemps, été, automne)
  • Les quatre éléments (terre, air, eau, feu)
  • Les quatre états de la matière (solide, liquide, gazeux, plasma)

Quatre représente le corps physique imparfait, ainsi que les désirs primaires et les appétits charnels qui alourdissent le corps. La vie humaine est vulnérable et temporaire, en saisissant contraste avec l’esprit invulnérable et permanent.

 »Il y a un signe qui n’a jamais changé de signification dans le monde civilisé – le compas et l’équerre. Un signe d’union entre le corps et l’esprit. »

Deman Wagstaff, La norme maçonnique (1922)


 »… Les compas représentent … le côté spirituel de l’homme, alors que l’équerre appartient au monde matériel … l’équerre représente la matière. Dans le cas des compas … ils représentent … le Spirituel. »

J. S. Ward, Interprétation de nos symboles maçonniques

 »Un homme est un dieu en ruine »Emerson

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 Ci-dessus : William Rimmer, Le Soir, Tombée du Jour (1869).
C’est une représentation ésotérique de ce qui est arrivé à chacun d’entre nous quand le  »dieu intérieur » s’est incarné en tant qu’Homme.

Nous sommes des anges déchus, des étincelles du divin vivant maintenant dans le monde matériel, comme l’illustre merveilleusement la peinture de William Rimmer.

Nous avons tous chuté et sommes descendus dans la matière, qui est le monde matériel dans lequel nous vivons maintenant. Les deux outils équerre et compas symbolisent la  »double nature » de l’Homme après la Chute :

 »Le compas, en tant que symbole des cieux, représente la partie spirituelle de cette double nature de l’Humanité … et l’équerre, en tant que symbole de la Terre, sa partie matérielle, sensuelle, la plus basique. »

—Albert Pike, Morales & Dogme

Il est intéressant de voir que de nombreux érudits et philosophes ont remarqué ce type de symbolisme. Les philosophes grecs ont compris ce concept et sont même allés jusqu’à dire que l’esprit est  »emprisonné » dans le corps, parce qu’on doit prendre soin du corps et constamment :

  • Respirer
  • Manger
  • Boire
  • Maintenir une température constante
  • Combattre les maladies

Le corps ne peut subsister pour toujours et sera finalement détruit par la mort, ce qui libérera à nouveau l’esprit.
L’esprit, bien que piégé dans le corps humain, notre condition actuelle, est loin d’être impuissant. Parce qu’il est éternel, l’esprit arrive complet avec ses propres pouvoirs inhérents – pouvoirs qui peuvent être redécouverts et entraînés ici dans le monde matériel.
Bien qu’ayant chuté, l’esprit n’a jamais perdu ces pouvoirs ; ils ont été simplement  »revêtus » d’un corps, les rendant méconnaissables.
La maçonnerie existe non seulement pour révéler à l’Homme la présence de son esprit inné, mais pour l’aider à redécouvrir ses pouvoirs les plus élevés, pouvoirs recouverts par le corps même qu’il habite.

L’homme de Vitruve

 

Reconnaître ces pouvoirs intérieurs est la clé de la quadrature du cercle, ou le devenir d’un dieu vivant sur terre en tant que mortel plutôt qu’un mortel s’efforçant de devenir un dieu. Cette idée est ce que les anciens appelaient l’Homme de Vitruve :
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L’homme de Vitruve du mondialement connu Léonard de Vinci (1487)
 

Notez la manière dont de Vinci dessine l’Homme de Vitruve à l’intérieur d’un cercle dans un carré : il a compris les implications de la doctrine maçonnique.

De Vinci n’était pas juste le célèbre artiste qui a créé l’homme de Vitruve, ni le seul à l’associer au cercle et au carré :
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L’Homme de Vitruve vit en parfait état d’équilibre, appréciant une vie bien intentionnée, ésotérique, stable, capable d’abondance. Le cercle est son esprit éternel. Le carré est son corps transitoire. Il sait cela ; il est illuminé de sa  »gnose » (connaissance).
Les grands franc-maçons des ères passées étaient des Hommes de Vitruve, comme Washington et Franklin. C’est parce qu’ils avaient compris la franc-maçonnerie, à la différence des franc-maçons modernes qui ont perdu la profondeur et le symbolisme de leur tradition.
Remarquez le très grand cercle derrière Washington :

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 L’apothéose de Washington est une pièce maîtresse d’art qui se voit à l’intérieur du dôme du Capitole américain à Washington D.C.
 

Cette apothéose n’est pas  »un homme devenant un dieu » ou  »Washington devenant un dieu ». C’est une mauvaise interprétation criticable. C’est plus comme  »un homme réalisant qu’il est déjà un dieu », un esprit se manifestant en tant que corps – ou en termes symboliques, un cercle entouré d’un carré.
Cette pensée hérétique de la franc-maçonnerie est très différente du christianisme dominant, qui explique pourquoi les franc-maçons étaient historiquement une société secrète.
Toute cette sagesse Équerre et Compas est basée sur une antique sagesse, et pas seulement sur une ancienne culture. Les égyptiens et les chinois, deux antiques cultures dont les spécialistes pensent qu’ils n’ont jamais été en contact, utilisaient toutes deux le symbole du cercle pour indiquer  »l’esprit intérieur ».

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Le glyphe égyptien Aton est formé d’un cercle avec un point au centre. À droite, le symbole de l’ancienne Chine du Yin Yang est un cercle avec le symbole de poissons jumeaux à l’intérieur.
 

Le Tai Chi est le Soi éternel. Le Soi fait germer des paires d’opposés durant la manifestation – les symboles des deux poissons jumeaux, l’un noir et l’autre blanc.
L’Aton égyptien est également le Soi éternel. Il était souvent dessiné en tant que disque ailé, deux serpents et des ailes.
Le Tai Chi et Aton symbolisent tous deux notre esprit intérieur ou cercle intérieur parfait. Les deux symboles apparaissent souvent au-dessus des entrées principales de temples et d’importants édifices religieux dans l’ancienne Égypte :

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Ils symbolisent l’esprit parfait, éternel, un état que chaque être humain doit réaliser (l’état de Bouddha, de Christ).

 »Pour les égyptiens, le sens de la vie était de reconnaître que nous ne sommes pas le corps physique qui s’incarne dans le monde de la matière, mais un point d’esprit silencieux dans le corps qui est toujours antérieur au corps et survit à la mort du corps.

 »Le cercle … représente l’état omniscient de l’esprit quand il a atteint la pleine conscience, est libéré et vit en dehors de la matière. »

—Thomas Wilson, Svastika, le symbole connu le plus ancien et sa migration

Cette idée est traduite dans la façade des cathédrales gothiques – la rosace au centre, qui symbolise l’esprit intérieur parfaitement circulaire.

 »La rosace est … une représentation de perfection, d’équilibre et d’harmonie de l’esprit purifié »

—Michael S. Rose

Notez comment dans la rosace le carré et le cercle sont mêlés, la quadrature du cercle, but de tout franc-maçon :

Ci-dessous: vue extérieure de la rosace sud de Notre Dame de Paris
rosace+sud
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Extérieur de la rosace ouest, sculptée au 12ème siècle
 
11bis
  Détail de la façade gothique de la cathédrale d’Orvieto, la rosace.
 

Les bâtiments franc-maçons sont des structures sacrées d’initiation, encodées de schémas intriqués et d’art qui parlent de quadrature du cercle ; ils sont lourdement chargés de langage symbolique que les érudits doivent toujours décoder.
Ce ne sont pas uniquement les cathédrales gothiques. Nous voyons dans tous les édifices maçonniques l’interaction de carrés et de cercles. C’est un thème constant, la lumière (notre esprit) spirituelle/divine se manifestant dans le monde physique/matériel (notre corps).

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Ces photos montrant les symboles maçonniques du carré et du cercle entrelacés ont été prises à l’intérieur de Reid Hall, un château franc-maçon construit en 1864 et qui abrite aujourd’hui le Collège Manhattanville à Purchase, New York. 
 

Il n’y a pas que des carrés et des cercles. Ce sont des carrés et des cercles en équilibre, unis en un rythme harmonieux, une réunion des opposés.

En conclusion
 
Cet article a donc mis à nu le secret égaré de la franc-maçonnerie : l’homme est à la fois une Équerre (corps) et un Compas (esprit). Ce secret, doctrine commune autrefois dans les anciennes cultures païennes, devait être gardé secret et caché à la Sainte Inquisition par peur de représailles.
 
Sa sagesse enseigne la doctrine interdite que chacun de nous ici-bas est un  »dieu » emballé dans la matière, un esprit à l’intérieur d’un corps. Nous pouvons voir clairement notre corps, mais le Compas nous enseigne sur la partie que nous ne pouvons pas voir, l’esprit. C’est l’idée totale d’une l’initiation dans la sagesse sacrée disparue.

SOURCE

Traduit par Hélios

par Hélios Libellés :
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/05/lequerre-et-le-compas-de-la-franc.html

Méditations, par Constant Chevillon

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Méditations, par Constant Chevillon

novembre 04, 2004

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 1 mars 2018

 

Méditations, par Constant Chevillon dans Recherches & Reflexions Emanation

Par Constant Chevillon

– Dieu dans la conscience humaine –

Dieu est infini, absolu, ineffable. Il est parfaitement inintelligible, dans son essence suprême, pour tout être créé, cet être eût-il gravi la plus haute cime de la spiritualité. Les hommes pourtant peuvent s’élever vers les confins de la sphère divine, grâce à la foi soutenue par l’espérance et l’amour. Ils se haussent par l’intelligence et consolident leur position de croyant par la volonté. Mais, si la volonté, dans sa faiblesse, ne connaît pas de borne pour son amour, la raison et l’intellect sont impuissants à saisir les choses et les êtres dans leur ipséité elle-même, impuissants à transgresser la relativité des rapports engendrés par la science. Ils ne peuvent s’asseoir en des notions définitives et « ne varietur », la connaissance, comme son instrument, est un devenir. Nous ne pourrons donc jamais connaître Dieu, l’acte pur, sinon par ses qualités et attributs, envisagés à la manière humaine. En d’autres termes, nous ne comprenons pas Dieu, mais la divinité, et celle-ci, un des plus grands mystiques du XIIIe siècle nous le dit sans ambages, est loin de Dieu, comme la terre l’est du ciel ; nous pouvons ajouter, comme la matière l’est de l’esprit. La divinité est un concept ; Dieu c’est l’être et c’est la vie. Aucune définition, de ces deux derniers termes, ne peut être donnée, car leur somme d’intelligibilité humaine résulte d’une comparaison entre eux et le néant ou la mort.

Ainsi, chaque homme, dans sa soif de savoir, peut se faire une idée, non pas de Dieu inaccessible, mais de la divinité, selon la forme et la puissance de son entendement et il adhère à cette notion transcendantale avec toutes les forces de son être. L’humanité, en somme, a le Dieu qu’elle mérite, le Dieu de sa culture et de ses désirs, et chaque individu, selon son ascèse ou sa médiocrité intellectuelle, se forge, à chaque minute de son existence, un Dieu à sa portée, un Dieu à sa mesure, car il n’y a pas d’athées, malgré toutes les affirmations contraires. Pour les uns, Dieu, c’est la nature, matrice commune de toutes choses, champ clos où se déroulent les séries phénoménales. Pour d’autres, c’est l’énergie, âme de la masse, génératrice du mouvement et de la résistance. Pour ceux-ci, ce sont les principes universels et les lois régulatrices de l’équilibre cosmique. Certains passent outre à ces notions mécaniques ou dynamiques et les incorporent dans une conception plus haute et plus féconde. Pour eux, Dieu n’est pas seulement le fleuve vital torrentiel, aux berges imprécises dont les eaux, sans cesse renouvelées, s’enfuient vers l’Océan de la mort ; ce n’est pas l’énergie aveugle, la matière inerte ou la loi impondérable. Ils considèrent les formules mathématiques ou cosmogoniques comme la codification humaine de l’activité créatrice. Leur Dieu est une hypostase principielle dont aucune science ne peut donner la clef ; ils le revêtent de toutes les potentialités énergétiques, intellectuelles et morales répandues par Lui, Un, dans toutes les manifestations diversifiées de sa puissance. Il est la source, le pivot, le moyen et la fin. La parole du Buisson Ardent retentit dans leur pensée : « Je suis celui qui suis. » Mais ils s’inclinent sans comprendre ; le contingent est une fumée devant l’absolu. Ils sentent, dans les replis de leur conscience dont la nature est divine, et parfois emportés sur les ailes d’une méditation dans laquelle les paroles n’ont plus aucune valeur, ils voient comme il leur est donné de voir, car selon la parole de l’Écriture : il y a plusieurs demeures dans la maison du Père.

Mais, pour les uns comme pour les autres, en tout ceci se rencontre inévitablement un anthropomorphisme, au moins virtuel, nécessité par nos facultés représentatives et expressives, il jette un voile sur l’essence intangible de Dieu.

C. C. Texte publié dans le N° 73 des Annales Initiatiques, Avril-Mai-Juin 1938)

– La mission de la douleur –

Les membres d’une même famille sont solidaires du bien ou du mal réalisé par chacun d’eux. Il en est ainsi chez une tribu, au sein d’une nation et dans l’humanité tout entière. La répercussion d’un seul acte pèse sur l’ensemble de la collectivité. Telle est la loi qui lie les hommes.

Lorsque le bien l’emporte sur le mal, l’harmonie et la paix règnent dans la société, lorsque le mal est en surcroît, c’est le désordre et c’est la guerre. Le Bien, en effet, est un ferment d’union et d’euphorie ; le mal, au contraire, introduit la division, non seulement dans l’individu lui-même, mais encore entre les individus et les peuples. Or, selon la parole évangélique, toute maison divisée contre elle doit périr ; c’est pourquoi la division est la source de toute douleur et pourquoi la souffrance est dissolvante.

Si le bien n’est pas supérieur au mal, la douleur se déclenche automatiquement pour rétablir l’équilibre, car elle est un rachat, la monnaie par laquelle se résorbe le déficit de la balance spirituelle. Mais, dans ce retour à l’ordre et à l’harmonie, les individus souvent sont broyés suivant l’axiome, à première vue inhumain : « Oportet unum pro omnibus mori », un seul doit mourir pour tous. L’innocent parfois souffre et meurt, d’où le doute atroce de certains penseurs sur la justice et la miséricorde de Dieu. Dans leur désarroi, ils le comparent au Moloch insatiable de Tyr et de Sidon, au Minotaure repu de la chair des vierges. Ces hommes méditent en surface, la profondeur des idées leur est inconnue.

L’homme, à sa naissance, dans son âme et son corps, reflète l’indéfinie divisibilité de la matière. Son unité est factice, elle résulte d’un amalgame d’éléments irréductibles les uns aux autres. Pétri dans la diversité, il porte en lui-même le germe du mal et ne pourra se hausser vers le bien sans opérer la sublimation de ses éléments constitutifs. La plupart des individus sont incapables de comprendre et de réaliser cette ascèse, car ils suivent leur propension naturelle au lieu de réagir. Le mal monte donc inlassablement, jusqu’au jour où la balance de la justice est totalement faussée. La souffrance, tel l’ange exterminateur, apparaît alors sous la forme la plus apte à combler la somme des défaillances. Mais l’ange de la douleur peut nous paraître aveugle, il ne discrimine pas ses victimes selon les lois de nos piètres contingences. La balance s’équilibre par un choix dont la clef nous échappe.

L’homme est libre de choisir sa voie et Dieu n’intervient pas dans l’accomplissement du mal. Il n’a pas à intervenir dans la répression, il laisse la loi s’accomplir : « relinquit mundum disputationibus eorum ». Seule la norme vitale est le dieu de la vengeance, dieu abstrait, anonyme, inexorable comme l’antique Némésis. Il faut payer, un pour tous, tous pour un. La justice est un rouleau de fer, elle ne laisse subsister aucune aspérité sur son passage. Comme l’iniquité s’est répandue, la douleur s’épanche dans le sein des individus, au milieu des peuples, nul ne peut s’y soustraire, fut-il innocent, tant la solidarité est rigoureuse.

Sans doute, pour notre petit raisonnement humain, l’innocence devrait être un bouclier contre la souffrance. La logique de la vie est différente de la logique des hommes. Un individu paye pour un autre, la dette est éteinte et la justice immanente est satisfaite. Dans notre ignorance des lois transcendantales, nous les accusons de jouer à tort, et nous ne savons rien ou pas grand’chose de la réversibilité. Du reste, quelle compensation sera donnée au libérateur, volontaire ou involontaire, du coupable ? Ici encore l’obscurité nous envahit. Ne nous obstinons pas à comparer la justice et l’équité, ne nous cantonnons pas sur le seul plan accessible à nos sens. L’innocent, pour nous injustement frappé, est, sans nul doute, un nouveau Christ, un rédempteur méconnu dont le nom flamboie parmi les cohortes célestes. Non seulement il rachète de sa souffrance le démérite occasionné par le mal auquel il fut étranger, mais il réalise pour son propre compte, une balance positive dans la voie du bien. D’une part, il manifeste la solidarité, de l’autre, il résorbe le vice originel de sa naissance. Sa douleur n’est donc pas une entorse à la justice, c’est une conséquence de son humanité.

Penchons-nous sur tous les êtres douloureux, efforçons-nous de les soulager dans la mesure de nos moyens, mais n’incriminons pas Dieu de leur souffrance, il n’a rien à voir avec elle. Il ne l’a pas voulue et il ne peut rien pour la souffrance sans notre concours ou celui de nos frères humains. Elle est inhérente à notre existence spatiale et temporelle, dont seuls nous sommes responsables, malgré les apparences contraires. Sa mission est sacrée ; elle est un feu purificateur, de gré ou de force nous devons le subir pour restituer notre nature essentielle à sa fin primitive.

C. C. Texte publié dans le N° 71 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1937

– La Foi, faculté spirituelle –

La Foi n’est pas seulement une vertu théologale, une certitude intellectuelle et morale d’ordre spéculatif. C’est aussi une lumière vivante qui s’incorpore, en quelque sorte, à la volonté, et devient une puissance spirituelle, un dynamisme effectif dont les potentialités s’actualisent et se répercutent en tous nos actes. Elle est une réalisation continue de l’expérience humaine.

Cette foi dynamique est le levier des Écritures et le point d’appui d’Archimède. Appliquée dans l’axe des lois naturelles, elle peut les déclencher brusquement, renforcer leur action ou en détourner le cours pour introduire dans le cycle normal de la création visible les lois supérieures du monde invisible. Elle peut guérir les maladies, illuminer les intelligences, fortifier les volontés, anéantir les obstacles, accomplir des miracles. Mais c’est là le moindre côté de sa puissance réalisatrice. Elle est à l’origine même de notre conscience, elle nous donne la certitude absolue de notre réalité, elle est la racine radicale du « Cogito » de Descartes. Elle nous confirme donc dans une sécurité morale, intellectuelle et physique dont nos cogitations et nos actes subséquents sont l’épreuve et la conséquence immédiate. Les assises du jugement par lequel notre personnalité prend sa valeur, engage ses responsabilités, s’élève ou s’abaisse à un certain niveau, sont fonction de son dynamisme propre. En chaque homme la foi peut devenir un « Fiat » créateur susceptible de le projeter vers le plan divin et de le rendre coparticipant des attributs de Dieu. Car, non contente d’une auto-création interne de la conscience, elle est le support et l’aiguillon de la liberté dont la volonté est l’organe ; elle en assure le développement et l’usage dans le cadre de notre être, mais en reportant toujours plus loin la limite de ses possibilités. Monade essentiellement expansive, elle s’irradie, en effet, dans le néant pour y susciter une création analogue à celle qu’elle a réalisé en nous ; elle est le Même en gestation de l’Autre.

Ainsi, la foi n’est pas une croyance timide sans cesse ébranlée par les événements extérieurs, toujours en quête d’une consolidation problématique. C’est une conscience absolue des possibilités intérieures de notre être et de leurs réactions victorieuses. C’est une possession anticipée du futur, l’enclume sur laquelle nous forgeons durement notre devenir, car l’homme, malgré les contingences individuelles ou collectives, est l’artisan de son propre destin ; il le fait grand, mesquin ou misérable, au rythme de la foi dont il est animé.

Dans son unicité substantielle, la foi revêt un triple aspect : foi en Dieu, foi en soi-même, foi en la destinée. Si nous perdons la première, nous perdons aussi les autres, car Dieu est le pivot de l’Univers et il est encore une fin. Si l’aspect divin disparaît de nos facultés, il n’y a plus de support ni de fin adéquats à notre essence intime. Aucun raisonnement, aucune pensée, aucun geste ne pourront nous mettre en présence d’un avenir suffisant pour nos aspirations. Nous serons ballottés d’une rive à l’autre du fleuve vital, prêts à sombrer dans le gouffre des contingences.

Or la foi ne naît pas dans la dispersion animique et intellectuelle, elle repose sur l’unicité spirituelle. Un homme, un peuple divisé contre lui-même, réfractaire à l’unité, périra dans la désagrégation de ses éléments. Au contraire, rendu cohésif par l’unification de ses parties constitutives, il vivra dans le temps et l’espace, car il est confirmé dans la sécurité intérieure, contre laquelle les discordes extérieures restent impuissantes.

Mettez deux hommes aux prises, dans la lutte pour la vie, le triomphe appartiendra au détenteur de la foi la plus énergique et la mieux actualisée. Il est, en effet, le mieux adapté à la fin réelle de la race humaine, car cette adaptation résulte de la foi, partie intégrante et centre de son moi.

La foi véritable est peu commune, les hommes s’en détournent, ils préfèrent la facilité des volontés chancelantes, le doute à la certitude et l’emprise passionnelle à la pureté du cœur.

C. C. Texte publié dans le N° 75 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1938.

– Prédestinés –

Tous les êtres d’une même espèce sont constitués sur un seul archétype, avec une essence, des qualités et des modalités exactement semblables.

Ainsi, tous les hommes ont un esprit, une âme et un corps identiques dans leur substance particulière et leurs potentialités. Ils sont donc tous appelés à la même fin. D’où vient le petit nombre des élus ? Parce que la réalisation de leurs possibilités suit des voies divergentes, désirées et voulues délibérément par chaque individu. Chacun de nous, en effet, participe, qu’on l’admette ou non, à la divine lumière du libre arbitre. Tous les hommes sont bien semblables dans leur unité essentielle et primordiale, – racine de l’égalité, – mais ils de viennent ce qu’ils se font eux-mêmes par l’emploi de leurs puissances de réalisations respectives. Celles-ci sont sous l’action du centre volitif ; il les dirige selon des vues écloses sous le régime de la liberté inviolable ; d’où la diversité sociale, intellectuelle et spirituelle, d’où le bien (accord avec la norme, harmonie avec le plan de la création) et le mal (désaccord avec la loi, dés-harmonisation évolutive).

Or, pour Dieu, tous les siècles des siècles sont comme un jour et réciproquement. Du sein de l’éternité, d’où la succession est exclue, il voit donc intuitivement, comme d’un seul coup d’œil, l’ensemble de la création et son évolution depuis le commencement jusqu’à la fin. Tout le problème de la prédestination, si souvent évoqué sans être résolu, est réglé par cette vision divine. Dès l’origine, Dieu voit la naissance, la vie entière et la mort de chaque homme, sa perdition ou son salut. Il peut dire, comme le musulman fataliste (ce n’est point un blasphème, mais une adoration) : Mektoub, c’était écrit. Il ne prédestine pas les uns au bonheur, les autres au malheur, sa grâce sanctifiante et efficace plane sur tous et ils peuvent la capter dans une même mesure. Il ne peut l’imposer ni ne veut la refuser à quiconque, il se doit de respecter la liberté d’action de sa créature et il voit les coopérateurs et les dissidents. Il sait donc de toute éternité quels êtres émanés de lui réintègreront le monde divin de l’Unité ou se perdront irrévocablement dans la douleur de la dispersion. Ainsi, il n’y a point de prédestinés, de créatures privilégiées créées pour la béatitude éternelle à l’exclusion des autres. Il y a pour tous la même chance et le même risque, tout dépend pour chacun de l’usage de sa propre liberté.

C. C. Texte publié dans le petit livre de Constant Chevillon, Méditations Initiatiques.

Source : https://www.esoblogs.net/

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le nombre Neuf – 9

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Symbolisme et chiffre : le nombre Neuf – 9

neuf

Dans les écrits homériques, le nombre neuf à une valeur rituelle. Déméter parcourt le monde pendant neuf jours à la recherche de sa fille Perséphone ; Letô souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l’enfantement ; les neuf Muses sont nées de Zeus, lors de neuf nuits d’amour. Neuf semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses et symbolise le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création.

Clio-Thalie-Erato-Euterpe-Polhymnie-Calliope-Terpsichore-Uranie-Melpomène

Les Anges, selon le Pseudo- Denys l’Aéropagite, sont hiérarchisés en neuf chœurs, ou trois triade : la perfection de la perfection, l’ordre dans l’ordre, l’unité dans l’unité.

Chaque monde st symbolisé par un triangle, un chiffre ternaire : le ciel, la terre, les enfers. Neuf est la totalité des trois mondes.

Neuf est un des nombres de la sphère céleste. Il est encore, symétriquement, celui des cercles infernaux. C’est la raison des neuf nœuds du bambou taoïste, des neuf (ou des sept) encoches du bouleau axial sibérien. C’est la raison aussi des neuf degré du trône impérial chinois, et des neufs portes qui le séparent du monde extérieur, car le microcosme est à l’image du Ciel. Aux neuf Cieux s’opposent les neuf Sources, qui sont le séjour des morts.

Les cieux bouddhiques sont neuf également, mais, selon Houai-nan tseu, le ciel chinois a neuf plaines et 9999 coins.

Le nombre neuf est à la base de la plupart des cérémonies taoïstes du temps des Han.

Neuf est le nombre de la plénitude : 9 est le nombre du yang. C’est pourquoi les chaudrons de Yu sont neuf et- pourquoi le cinabre alchimique ne devient potable qu’à la neuvième transmutation.

Neuf est aussi la mesure de l’espace chinois : nombre carré du lo-cho, nombre des régions dont les neufs pasteurs apportèrent le métal pour la fonte des neufs chaudrons. Ultérieurement la Chine comptait 18 provinces, soit deux fois neuf ; mais selon Sseuma ts’ien , elle occupait 1/81 du monde. Dans le mythe de Houang-ti, Tch’eyeou n’est pas un, mais 81 (ou 72), ce qui exprime la totalité d’une confrérie. Et ce n’est pas par hasard si le Tao-te king compte 81 chapitres (9×9).

Si neuf est chez Dante comme partout ailleurs le nombre du Ciel, il est aussi celui de Béatrice, laquelle est elle-même un symbole de l’Amour. (Marcel Granet, la pensée chinoise, Paris, 1934 – René Guénon, l’ésotérisme de Dante, Paris, 1925).

Selon l’ésotérisme islamique, descendre neuf marches sans chute signifie avoir dompté les neuf sens. C’est également le nombre qui, correspondant aux neuf ouvertures de l’homme, symbolise pour lui les voies de communication avec le monde.

Chez les Aztèques, le roi Tecoco, Nezahualcoyotl, construisit un temple de neuf étages, comme les neuf cieux, ou les neuf étapes que devait parcourir l’âme pour gagner le repos éternel. Il était dédié au Dieu inconnu et créateur de toutes choses, celui du voisinage immédiat, celui par qui nous vivons. (Mythologies des Montagnes, des Forêts et des Iles, (p.187) sous la direction de P. Grimal, Paris, 1963).

Dans la mythologie mezo-américaine, le chiffre neuf symbolise les neuf cieux, sur lesquels gravite le soleil. D’autre part, neuf est également le chiffre sacré de la déesse lune : dans la glyptique maya, Bolon Tiku, Déesse Neuf, est la déesse de la pleine lune. (Raphaël Girard, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, (p.309) Paris, 1954).

Neuf, pour les aztèques, est spécifiquement le chiffre symbolique des choses terrestres et nocturnes ; l’enfer est fait de neuf plaines et le panthéon aztèque compte neuf divinités nocturnes, gouvernées par le dieu des enfers, qui se situe, dans leur liste, au cinquième rang, donc au milieu des huit autres.. Dans la plupart des cosmogonies indiennes, il existe également neuf mondes souterrains. Chez les Mayas, le nombre neuf, considéré au contraire comme faste, est particulièrement important en magie et en médecine (Eric S. Thompson J., Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouvelle édition, 1960).

La divinité du 9° jour est le serpent, qui commande aussi le treizième jour. Mais dans la croyance populaire aztèque, neuf, étant lié aux divinités de la nuit, de l’enfer et de la mort, est un nombre redouté.

Le nombre neuf joue un rôle éminent, tant dans la mythologie que dans les rites chamaniques des peuples turco-mongols. A la division du ciel en neuf couches s’associe souvent la croyance aux neuf fils ou serviteurs de Dieu qui, selon Gonzarov correspondraient à neuf étoiles adorées par les Mongols, les Tchouvaches de la Volga, qui classent leurs dieux par groupes de neuf, observant des rites sacrificiels, comprenant souvent neuf sacrificateurs, neuf victimes, neuf coupes, etc. Les Tchérémisses païens offrent au Dieu du Ciel neuf pains et neuf coupes d’hydromel. Les Yakoutes placent également neuf coupes sur leurs autels de sacrifice ; à titre de comparaisons mentionnons que, selon Masmoudi, les Sabéens Syriens organisèrent leur clergé d’après les neuf cercles célestes (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduit de l’allemand par Jean-Louis Perret, (p.117-118) Paris, 1959).

Selon René Allendy (Dr.René Allendy, Le Symbolisme des Nombres, (p.256, s.) Paris, 1948) le nombre neuf apparaît comme le nombre complet de l’analyse totale. Il est le symbole de la multiplicité faisant retour à l’unité et, par extension, celui de la solidarité cosmique et de la rédemption.

Tout nombre, quel qu’il soit, dit Avicenne, n’est autre que le nombre neuf ou son multiple, plus un excédent, car les signes des nombres n’ont que neuf caractères et valeurs avec le zéro.

Les Egyptiens nommaient le nombre neuf la Montagne du Soleil : la grande neuvaine était faite de l’évolution dans les trois mondes, divin, naturel et intellectuel, de l’archétype trinitaire Osiris-Isis-Horus, représentant l’Essence, la Substance et la Vie.

Pour les platoniciens d’Alexandrie, la Trinité divine primordiale se subdivisait également par trois, formant les neuf principes. C’est volontairement, ajoute Allendy, que l’architecture chrétienne a cherché à exprimer le nombre neuf : ainsi le sanctuaire de Paray-le-Monial est-il éclairé par neuf fenêtres.

On retrouve neuf principes universels dans les enseignements de la plus ancienne secte philosophique de l’Inde, les Vaïses-hica.

L’initiation orphique aurait de même admis trois ternaires de principes, le premier comprenait la Nuit, le Ciel, le Temps ; le second, l’Ether, la Lumière, les Astres ; le troisième, le Soleil, la Lune, la Nature ; ces principes constituaient les neuf aspects symboliques de l’Univers. Le nombre neuf, dit Parménide, concerne les choses absolues.

Les neuf muses représentent, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.

Liturgiquement, la neuvaine représente l’achèvement, le temps complet. Elle existait dans le culte mazdéen, on le retrouve dans le Zend-Advesta, où de nombreux rites purificatoires sont formés d’une triple répétition ternaire : ainsi les vêtements d’un mort doivent être lavés neuf fois dont trois fois avec de l’urine, trois fois avec de la terre et trois fois avec de l’eau. Cette triple répétition ternaire se retrouve dans de nombreux rites de magie et de sorcellerie.

Trois étant le nombre novateur, son carré représente l’universalité. Il est significatif que tant de contes, de toute origine, expriment l’infini, le surnombre, par la répétition du neuf, tels les 999.999 Fravashis des anciens Iraniens : ils gardaient la semence de Zoroastre, dont devaient naître tous les prophètes.

L’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, image du retour du multiple à l’Un, et donc de l’Unicité primordiale et finale, est graphiquement apparenté à la reproduction du nombre neuf

Dans de multiples alphabets : tibétain, persan, hiératique, arménien, égyptien, etc.

Mystiquement cette acception du neuf l’apparente au Hak des Soufis, suprême étape de la Voie, béatitude conduisant au fana : l’annihilation de l’individu dans la totalité retrouvée ; ou, comme dit Allendy, la perte de la personnalité dans l’amour universel.

La tradition indienne précise cette acception rédemptrice du symbole Neuf, avec les neuf incarnations successives de Vishnu, qui, chaque fois, se sacrifie au salut des hommes. De même, selon les Evangiles, Jésus crucifié à la troisième heure, commence son agonie à la sixième heure (crépuscule) et expire à la neuvième.

Louis-Claude de Saint-Martin voyait dans le neuf, l’anéantissement de tout corps et de la vertu de tout corps

Les Francs-Maçons, conclue Allendy, en ont fait le nombre éternel de l’immortalité humaine et neuf maître retrouvèrent le corps et le tombeau d’Hiram. Suivant la symbolique maçonnique le nombre 9 représente aussi, dans son graphisme, une germination vers le bas, donc matérielle ; tandis que le chiffre 6 représente au contraire une germination vers le haut, donc spirituelle. Ces deux nombres sont le début d’une spirale. Dans l’ordre humain, le nombre neuf est (en effet) celui des mots nécessaires à l’achèvement du fœtus, qui est néanmoins complètement formé dès le septième mois. (On peut observer aussi que le nombre 6 est celui de l’achèvement de la création, qui culmine le sixième jour avec l’apparition de l’homme). (Jules Boucher, La symbolique maçonnique, 2ème édition, (p.227), Paris 1953).

Le nombre neuf intervient fréquemment dans l’image du monde décrite dans la Théogonie d’Hésiode. Neuf jours et neuf nuits sont la mesure du temps qui sépare le ciel de la terre et celle-ci de l’enfer : une enclume d’airain tomberait du ciel durant neuf jours et neufs nuits, avant d’atteindre le dixième jour, à la terre ; et, de même, une enclume d’airain tomberait de la terre durant neuf jours et neuf nuits, avant d’atteindre, le dixième jour, au Tartare (Hésiode, Théogonie, les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par Paul. Mazon, (v.720-725), Paris, 1928). De même la punition des dieux parjures consiste-t-elle à demeurer neuf années pleines loin de l’Olympe, où siège le conseil et se tient le banquet des divinités (ibid.60-61).

Neuf, étant le dernier de la série des chiffres, annonce à la fois une fin et un recommencement, c’est-à-dire une transposition sur un nouveau plan. On retrouverait ici l’idée de nouvelle naissance et de germination, en même temps que celle de mort ; idées dont a été signalée l’existence dans plusieurs cultures à propos des valeurs symboliques se ce nombre. Dernier des nombres de l’univers manifesté. Il ouvre la phase des transmutations. Il exprime la fin d’un cycle, l’achèvement d’une course, la fermeture de la boucle.

C’est en ce sens que l’on peut interpréter le titre et la répartition de l’œuvre de Plotin, tels qu’ils furent transmis par ses disciples, et notamment par Porphyre, sous une influence pythagoricienne : Ennéades (ensemble de neuf). C’est un ensemble de 54 petits traités, assez arbitrairement découpés, mais correspondant au produit de 6×9 ; deux nombres qui sont chacun multiples de trois et renforcent la symbolique du trois. Porphyre s’en émerveille : j’eus la joie de trouver le produit du nombre parfait six par le nombre neuf. Cette structure numérologique tend à symboliser la vision totale, cosmique, humaine, théologique, depuis l’origine jusqu’à l’eschatologie du monde, que représente l’enseignement du maître. Après l’émanation de l’Un et le retour à l’Un, la boucle de l’univers s’achève. Les Ennéades constituent par leur seul titre, le manifeste global d’une école et d’une vision du monde.

*

En plus des Sources multiples citées, il convient de noter :

Dictionnaire des Symboles – Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres. – Par Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, édité chez Robert Laffont / Jupiter dans la collection Bouquins

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Les chemins du sacré | ARTE

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Mont-Saint-Michel – Le labyrinthe de l’archange 7 avril, 2021

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https://www.arte.tv/fr/videos/069092-000-A/mont-saint-michel-le-labyrinthe-de-l-archange/

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La Franc-Maçonnerie dans le Monde arabe et musulman

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La Franc-Maçonnerie dans le Monde arabe et musulman

Par

ReneNaba

29 septembre 2016

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Le Grand Orient au Moyen Orient

L’Angleterre aura durablement façonné le Moyen-Orient à son image, plus que toute autre puissance coloniale.

En partenariat avec Madaniya.info – Des accords Sykes-Picot, en 1916, portant démembrement de l’Empire ottoman et son partage en zone d’influence entre la France et la Grande Bretagne, à l’avantage des Anglais, à la Promesse Balfour, en 1917, portant création d’un Foyer National Juif en Palestine, à la propulsion de la dynastie wahhabite à la tête du royaume saoudien et de la dynastie hachémite sur le trône jordanien, à la mainmise enfin sur le golfe pétrolier, tout, absolument tout, aura porté la marque de son empreinte, y compris l’introduction de la Franc-Maçonnerie dans le Monde arabe et musulman. À l’ancrage du Grand Orient au Moyen Orient en vue d’accompagner le Monde arabo-musulman dans son accession à la modernité.

 

La première loge de la Grande Loge d’Écosse en Syrie remonte en effet à 1748, soit trente ans avant la Révolution française. Elle a été instituée d’ailleurs par Alexandre Drummondville, Consul britannique à Alep et frère de Georges Drummond, Grand Maître de la Grande loge d’Écosse (1752-1753), lui même grand provincial (1739-1747).

L’objectif sous-jacent de l’ancrage du Grand Orient au Moyen Orient sera repris d’une manière agressive, deux siècles plus tard, par les néoconservateurs américains, sous la présidence du républicain George Bush Jr (2008-2008) en vue d’édifier un «Grand Moyen Orient» sur les débris du Moyen orient, avec les désastreuses conséquences générées tant au niveau des relations entre Islam et Occident que sur le plan de la radicalisation xénophobe entre les deux rives de la Méditerranée.

Le Grand Manitou Jean Marc Aractingi ou les pesanteurs sociologiques de l’européocentrisme

Le halo de mystère qui entoure la Franc-Maçonnerie dans le Monde arabe et musulman pourrait se dissiper à la lecture de l’ouvrage en quatre tomes rédigé par l’un des siens, Jean Marc Aractingi, un hyper-capé du cursus universitaire français en même temps qu’un grand ponte de la Franc-Maçonnerie.

Maître à la Grande Loge de France et de l’Orient de Paris, membre correspondant de la célèbre loge de recherche Jean Scott européenne de la Grande Loge de France, haut dignitaire du Souverain Sanctuaire International des rites égyptiens de Memphis Misraim et Commandeur de l’Ordre de La Fayette, Jean Marc Aractingi, Grand maître du Grand Orient Arabe, est pour les initiés (33e,99e, CBCS, 7e R), autrement dit le «Grand Manitou».

Son cursus universitaire n’en est pas moins impressionnant.

Diplôme de l’École Centrale de Paris (DEA thermique), cet ingénieur en énergie solaire est titulaire d’un triple diplôme : DEA thermique-Centrale, DEA en Développement de l’Université Paris I-Sorbonne, Diplôme de 3e cycle en Diplomatie Supérieure du Centre des Études Diplomatiques et Stratégiques de Paris (CEDS), par ailleurs ancien stagiaire au Collège Interarmées de défense (anciennement École de Guerre)-Exercice COALITION 2003.

Ancien PDG du Groupe ARCORE-SOLARCORE SA, il est Président de l’Association Franco-Arabe des Diplômés des Grandes Écoles Françaises. Il est l’auteur du livre «Peintres orientalistes», Éditions vues d’Orient (2003) et co-auteur avec Christian Lochon du livre sur «Confréries soufies: secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques (Harmattan 2008). En préparation pour 2017 : «Les Druzes, Francs Maçons de l’Orient» aux Éditions Erik Bonnier.

Cet état de service, paradoxalement, ne lui sera d’aucune utilité devant les pesanteurs sociologiques de l’européocentrisme. La Franc-maçonnerie est certes une instance d’ouverture, sous réserve toutefois que les maçons arabes et musulmans souscrivent aux Canons de l’Occident.

Dans le cas d’espèce, le Grand Manitou» arabe détient le «Grand Chelem» faisant ses preuves avec brio dans les enceintes universitaires occidentales. Arabe et lettré, voire hyper-capé… un cursus qui fait tâche.

L’obédience maçonnique en France -Le Grand Orient Arabe- est ainsi, sinon boycottée, sinon ostracisée à tout le moins ignorée pat les grands médias français, et, fait plus grave, par la plupart des grandes obédiences, du Grand Orient de France à la Grande Loge Nationale de France (GNLF).

Pas un article, ni le moindre entrefilet, sur ses activités ou ses prises de position, alors que site central de l’obédience enregistre près de 500.000 visiteurs, en dépit de l’attrait qu’exerce, ne serait-ce qu’à titre de curiosité, cette structure à la faveur de la séquence dite du «printemps arabe».

La Franc-Maçonnerie en terre d’Islam (Turquie, Égypte, Iran, Algérie, Maroc)

Sans surprise, la franc-maçonnerie a été introduite en terre d’islam par les diplomates européens accrédités auprès des pays appartenant à l’Empire ottoman.

Ainsi les premières loges ont vu le jour à Smyrne (Turquie) et à Alep en Syrie dès 1738. Elles ont attiré les «Autochtones» issus la plupart de personnalités appartenant à l’élite (intellectuels, hauts fonctionnaires, magistrats). Plusieurs dirigeants ont appartenu à ces loges comme Ismaël Pacha le fils du khédive d’Égypte, l’émir Abdelkader en Algérie, le prince Askari Khan en Iran, le sultan Mourad V en Turquie.

Les Francs-maçons du Moyen Orient ont œuvré pour la diffusion des idées de laïcité, de tolérance et de fraternité qui ont largement contribué au déclin de l’Empire Ottoman.

Libanais, Syriens, Palestiniens se sont retrouvés en maçonnerie pour mener le même combat, celui de l’éveil des consciences politiques. Ils jouèrent un rôle important dans l’émergence de divers nationalismes (arabe, panislamique, libanais) ainsi que dans le mouvement d’éveil littéraire et social connu sous le nom de Nahda (Renaissance).

Dans la décennie 1920, cette maçonnerie connaîtra un foisonnement de loges, avec l’arrivée d’une élite comprenant des hommes politiques, écrivains (Gibran Khalil Gibran…), philosophes, journalistes, médecins ou avocats. Après le démembrement de l’Empire ottoman, elle trouvera son âge d’or en Égypte et surtout au Liban et en Syrie sous le Mandat français. Il en est de même pour les pays du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc).

Des présidents et des Premiers ministres y ont adhéré :

  1. La Loge «Union d’Orient» qui comptait dans ses rangs des personnalités de haut rang le Prince Mustapha Fazil, le grand vizir (premier ministre) Ibrahim Ehdem Pacha
  2. La Loge «I Proodos» a eu comme membre le Sultan Mourad V et l’intellectuel Namik Kemal
  3. La Loge «Macedonia Risorta» qui abritera des membres de l’organisation «Jeunes Turcs» comme le grand vizir Talaat Pacha

Jamal Eddine Al Afghani était, lui, membre du «Kawkab Al Charq» (l’Astre de l’Orient) appartenait à la Grande Loge Unie d’Angleterre. Déçu par son manque d’activité politique, il fondera sa propre loge «Al Mahfal Al Watani» (La Loge Nationale). De concert avec le Mufti Mohammad Abdo et Adib Ishaq, Jamal Eddine Al Afghani a été l’un des trois précurseurs du mouvement «An Nahda», la renaissance culturelle et politique du Monde arabe.

Iran: Amir Abbas Hoveyda

La célèbre loge «Le Réveil de l’Iran», affiliée au «Grand Orient de France» comptait parmi ses membres le prince Askari Khan et plusieurs futurs premiers ministres dont Mohammad Foroughi et Amir Abbas Hoveyda, condamné à la mort par la Révolution Islamique, passé à la postérité non pour ses méfaits mais pour l’épouvantable interview, conduite toute honte bue, à la veille de son supplice et dans la cellule de sa prison par la célèbre «Reine» Christine Ockrent.
http://www.renenaba.com/christine-ockrent-le-passe-droit-permanent/

Plus de 150 photos de francs-maçons, de listes de maçons turcs, égyptiens et iraniens, etc.. de loges célèbres illustrent cet ouvrage comme autant de «preuves par le texte» des affirmations de l’auteur dont l’objectif pédagogique est de «mettre à la portée de tous un ouvrage de vulgarisation, avec pour toile de fond, l’histoire des loges et des hommes célèbres qui ont façonné tout au long des siècles cette franc-maçonnerie arabo-musulmane si méconnue du grand public».

 

SOURCE : https://libnanews.com/franc-maconnerie-monde-arabe-musulman/?fbclid=IwAR19iLczVb3WfI2k0f4MJMjUwpKps3wCtaj-7Qe_TrASq6q11Bx2fhQLh4U

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Les symboles FRANCS-MAÇONS au CINÉMA et dans les SÉRIES

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Le gui

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Publié par Yann Leray – 26 Février 2021

Le gui

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Je me suis projetée au temps des Gaulois habillée de blanc et couronnée de feuilles de chêne. Je me tenais dans un majestueux chêne, une serpe d’or à la main coupant du gui. J’incarnai là un druide à la recherche de ces précieuses boules blanches et de ses feuilles.

Cela se passait au 6ème jour après la pleine lune au solstice d’hiver, aux alentours du 21 décembre, moment qui marque le retour du soleil et des jours qui commencent à rallonger. C’est le triomphe de la Lumière au cœur de la grande Nuit, le temps de la renaissance après la mort apparente. Au cœur de la nuit la plus longue, dans le silence de la terre endormie, les grains commencent à germer, répondant à l’appel de la vie.

Je ne peux qu’associer le gui aux druides, nom donné aux prêtres par les gaulois. Ces hommes et ces femmes cherchent à travers leurs pratiques liées à la nature, à ré-harmoniser l’être humain, à renouer le lien subtil entre le ciel et la terre en honorant les Dieux et Déesses du panthéon celtique.
Ces druides étaient considérés comme des sages et ont été par le passé souvent qualifiés « d’hommes du chêne ».

Les druides considèrent toutes les formes de vie, et la terre elle-même, comme un des nombreux aspects du divin, la nature étant vue elle-même comme une création divine. Ils honorent et célèbrent la vie dans toutes ses manifestations visibles et invisibles, travaillant avec les 4 éléments que sont la terre, l’air, le feu et l’eau comme étant la combinaison se retrouvant dans toute la nature.

Les fêtes druidiques d’aujourd’hui expriment une vision cyclique du temps. La fonction principale est d’inscrire le cycle humain dans le grand cycle de la nature. Chaque fête revêt une dimension spirituelle et véhicule un enseignement au travers d’un symbolisme inspiré de la période de l’année.

Lors du solstice d’hiver, le gui est cueilli et partagé entre les participants lors de la cérémonie. Il exprime la survie de l’âme, la continuité de la vie après la mort apparente de la nature qui suit la chute des feuilles. C’est le symbole du retour de la lumière solaire originelle.

Il existe 3 sortes de gui : le gui des feuillus, le gui du pin et le gui du sapin. Il est considéré par certains comme une plante parasite de l’arbre mais pour d’autres, le gui aide et soutient l’arbre. Il aurait le pouvoir de reconnaitre des structures, des cellules non physiologiques, de repérer des dysfonctionnements cellulaires et d’agir en conséquence grâce notamment aux lectines, substances dont la fonction est de freiner la division cellulaire, la formation de tumeurs et de recréer des connexions quand s’installe des fonctionnements trop autonomes (ex : les pathologies cancéreuses).
Pour l’arbre comme pour le corps humain, le gui crée un espace de vie qui ne serait pas possible sans lui.

Dans l’hémisphère nord, le gui fleurit de mars à mai, fructifie d’août à novembre et renouvelle son feuillage peu après.
Son fruit globulaire d’une transparence ambrée comme la lumière lunaire, représente la lune. Sa baie écrasée peut-être comparée à la semence masculine. Sa tige et ses feuilles de part leur forme courbe sont la terre réceptrice, source de toute fécondité.
Le gui se nourrissant de la sève de l’arbre qui le porte, serait le modèle de solidarité (humaine, sociale, familiale) en même temps que le symbole de l’union (des sexes, de l’esprit et du corps, des générations).
Par sa forme de touffe et celles de ses baies, il est un monde en soi, clos, force concentrée, perfection, puissance.
Sa symbolique est alors due au fait qu’il pousse en hauteur et sans racines dans la terre. Il pousse à mi chemin entre le ciel et la terre et c’est aussi une des seules plantes à pousser la tête en bas.
Le gui porte aussi le nom de rameau d’or quand celui-ci en vieillissant devient mordoré rouille.

Dans l’art celte, la queue du coq, animal solaire, est souvent stylisé par une faucille. Sa forme rappelle le croissant de lune, symbole de fécondité, signe de féminité. On peut voir là, l’interprétation d’un signe de l’androgynat.
De même que pour la moisson, la faux tranche la tige de blé, cordon ombilical qui la relie à la terre nourricière, pour recueillir le grain qui deviendra nourriture ou semence, de même la serpe d’or sépare de l’arbre sacré le gui « qui guérit tout ».

Selon l’arbre sur lequel il pousse, il semblerait que le gui va développer des qualités différentes.

Pour les Gaulois le chêne qui résistait à la foudre incarnait leur dieu principal, équivalent de Jupiter. Ses fidèles ont donc cherché à s’approprier les faveurs du détenteur de la foudre chez ceux capables d’y résister et la présence de gui sur certains arbres marquait l’élection de ces arbres par les dieux comme nous le rappelle Pline (Hist. Nat. XVI, 249) je cite, « Tout ce qui pousse sur ces chênes, ils le croient d’origine céleste ». Vous savez que de nos jours encore, un laboratoire suisse (Velléda pour ne pas le nommer) écume les guis des chênes d’Europe pour la fabrication de médicaments homéopathiques ou d’extraits utilisés contre les cancers dans certaines cliniques privées.

Les druides considéraient le chêne et surtout le chêne rouvre comme l’arbre le plus fort dans la forêt occidentale. Ils le symbolisaient comme l’arbre de l’immortalité. Ils pensaient que le gui captait la sève de l’arbre et donc possédait l’énergie du chêne. Ils pensaient que tout ce qui croit sur ces arbres est d’origine céleste et que la présence du gui révèle la préférence de la divinité pour l‘arbre qui le porte.

Considérée donc comme plante sacrée, le gui était censé guérir tous les maux. Il devenait donc une panacée. De nature féminine, il est en relation avec le divin et particulièrement avec la terre. De nature masculine, il représente la semence du chêne, symbole de puissance, de fertilité et d’immortalité.

Le gui, le chêne et le rocher sont 3 symboles étroitement associés par les druides.
Le gui et chêne fournissent aux druides un arsenal thérapeutique, énergétique et initiatique. Détaché au solstice d’hiver, le gui du chêne était traité conformément aux lois de la nature au cours du printemps suivant.
Dans la préparation très secrète du gui, en tant qu’élixir du savoir et non en tant que remède, l’on pouvait opérer de 2 façons : soit sur la plante totale, soit exclusivement sur les baies visqueuses, lesquelles au cours du travail, prenaient l’aspect d’une bave ou d’une écume blanchâtre. L’on utilisait de préférence l’élixir extrait des feuilles à l’intérieur, et l’onguent obtenu par la sublimation des baies, à l’extérieur sur l’emplacement de certains plexus.

Le gui est très connu dans l’univers celtique mais ailleurs ?

En Inde, le gui n’est autre que l’authentique Sôma. Les éloges adressés à Sôma dont la mythologie a fait un dieu-lune, s’adresse tantôt à la teinture « remède universel », tantôt à l’élixir breuvage magique des initiés, tantôt à la forme supérieure du symbole où le chêne est l’homme et le gui ou sôma la sagesse divine, la lumière du verbe.

Les écrits canoniques de l’Iran nous avertissent que Haôma qui est l’équivalent du Sôma est double : blanc ou jaune, céleste ou terrestre comme l’est le mercure des sages. Ce haôma céleste est personnifié sous l’espèce d’un Yazata ou génie bienfaisant. On lit dans le Yacna « O Zarathustra, je suis Haôma le pur, celui qui éloigne la mortalité »
Et zarathustra de répondre « Hommage à Haôma, saint parfait et très juste. Il guérit tous les maux, donne le salut…est le meilleur viatique pour l’âme. Il procure aux femmes stériles une brillante postérité … » etc.

Je ne peux faire l’impasse de relater l’histoire que nous connaissons tous de ce petit village gaulois d’Armorique dont les habitants résistent à l’envahisseur grâce à une potion magique concoctée par le druide du village, Panoramix.

Parmi toutes les péripéties, il y a celle où Astérix, Obélix et Panoramix se rendent en Egypte pour aider la reine Cléopâtre à construire un palais dans le désert en un temps record. Panoramix, le druide emporte avec lui dans ses bagages le précieux gui afin de préparer sur place la potion magique.
Mais… c’est une histoire ….

D’après mes recherches, je n’ai pas trouvé trace de gui en Egypte même si beaucoup d’arbres ont été introduit dans le pays.
Il existe en Egypte 2 plantes aquatiques d’une importance capitale : le papyrus en Basse Egypte et 3 espèces de lotus dont la fleur peut être rose, blanche ou bleue que l’on retrouve en Haute Egypte :
– le lotus rose des indes introduit par les Perses.
– le lotus blanc qui s’ouvre à la tombée de la nuit
– le lotus ou nénuphar bleu, d’un arôme suave et doux qui s’épanouit le jour, ouvrant ses pétales aux premiers rayons du soleil, puis le soir venu, fermé pour la nuit, il disparait sous les eaux dont il ne ressortira que le lendemain matin.
Symbole de naissance, et aussi celui de la re-naissance. Il est considéré par les anciens égyptiens comme la fleur initiale et le symbole de la naissance de l’astre divin. Il porte alors le nom de Nefer, terme évoquant toute idée de perfection, d’accomplissement mais également de rajeunissement et de beauté.

Les égyptiens voyaient à travers le lotus, le dieu créateur sortant des eaux chaotiques de Noun et une victoire sur le monde des eaux et ses chaos, comme les inondations et les tempêtes. Le lotus incarne le souffle de vie.

Le lotus bleu représente l’invisible et le monde souterrain mais aussi l’utérus cosmique et la véritable fleur de vie. Les graines de lotus peuvent se maintenir pendant extrêmement longtemps et peuvent devenir un aliment de survie pendant des périodes troubles. Le lotus a également des propriétés médicinales, reconnues pour ses vertus toniques, narcotiques et aphrodisiaques, contre les effets du vieillissement ou les pannes sexuelles et est utilisé également pour les parfums spécialisés.

Le lotus est souvent représenté dans la décoration des temples et également sur les fresques dans les scènes dite de banquet où les convives sont parés de fleurs de lotus dont ils respirent la corolle ou en ornent leur coiffure. L’odeur capiteuse est sans doute en relation avec les facultés sexuelles recouvrées qui symbolisent le retour à la vie du défunt.

Cette fleur était divinisée sous les traits du dieu Nefetoum « le lotus à la narine de Rê » Divinité de l’odeur agréable.

Le culte du lotus était tellement consacré en Egypte, que l’on retrouve son image sur tous les monuments des arts. Le sceptre des rois était surmonté d’une fleur de lotus, le bâton augural des prêtres est orné du même symbole et les égyptiens ont souvent représenté Isis, Osiris et Horus assis sur une fleur de lotus, comme le trône de la suprême puissance ou de la force régénératrice de l’univers, il est donc l’image de la fécondité.

Le lotus dépeint l’être totalement accompli qui a quitté les profondeurs des eaux obscures pour la pleine clarté du jour.

Le lotus a également un rôle extrêmement important dans la tradition hindouiste. Vishnu dort à la surface des eaux primordiales. Un lotus rose émerge de son nombril. Au milieu de la fleur se tient Brahmâ. Le lotus rose nommé padma associé à Vishnu est symbole diurne et solaire. Contrairement au lotus bleu nommé utpala propre à la nuit et à la lune et en relation avec Shiva.
Ces 3 dieux représentent la triple manifestation : Brahma le Créateur, Vishnu le Préservateur et Shiva le Transformateur. La préservation se fait au grand jour tandis que la transformation opère la nuit.

Le lotus qui pousse dans la boue et la vase pour donner une fleur d’une exquise beauté, dépeint la nature du Bouddha depuis son émanation jusqu’à sa sublime fragrance.

Extrait de la conférence du 22 janvier 2019 de Dorine Weideneder

Source : http://www.lesamisdhermes.com/2021/02/le-gui.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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