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Le Secret de l’alchimie : Documentaire Complet 29 mai, 2022

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Vivons-nous dans un trou noir ? | 42, la réponse à presque tout | ARTE

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Étienne Klein – Appréhender la mort 24 mai, 2022

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Les Origines | L’odyssée de l’écriture (1/3) | ARTE 22 mai, 2022

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Boadicée, la reine celte qui a défié Rome 21 mai, 2022

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Histoire

Boadicée, la reine celte qui a défié Rome

En 60 après J.-C., cette reine rebelle défia Rome, qui occupait depuis peu la Bretagne. Elle mena des milliers d’hommes et de femmes contre l’oppresseur romain, n’hésitant pas à tout brûler sur son passage.

De Richard Hingley
Warrior Queen

Lorsqu’ils représentent des personnages du passé, les artistes se tournent souvent vers des documents historiques et archéologiques à la recherche

de détails sur leurs caractéristiques, leurs vêtements et leurs biens. Pour créer un portrait de Boadicée pour la couverture de National Geographic Histoire,

l’artiste s’est tourné vers les anciens récits d’historiens romains (en particulier Dion Cassius) et des preuves archéologiques pour créer cette représentation de la reine Iceni.

PHOTOGRAPHIE DE Illustration de Almudena Cuesta

Rebelle, reine, guerrière, veuve, mère, femme : Boadicée endossa de nombreux rôles tout au long de sa vie… et pourtant, elle n’est citée que dans deux sources historiques, toutes deux écrites par des historiens romains. En 60 après J.-C., elle aurait pris la tête d’un soulèvement qui lui a non seulement assuré une place de choix dans l’Histoire, mais a aussi révélé les complexes relations des Romains envahisseurs avec le peuple breton (Britannia en latin), habitants de la province romaine qui, du 1er au 5e siècle, couvrait une partie de l’île de Grande-Bretagne.

L’œuvre de l’historien romain Tacite (début du 2e siècle) est l’une des deux seules sources écrites connues sur Boadicée. L’autre est l’œuvre de l’historien Dion Cassius (3e siècle). Chacun fournit des détails sur le soulèvement breton : les causes, les personnages principaux, les victoires et les défaites. Ces événements sont traditionnellement datés de 60 à 61 après J.-C. Des recherches récentes suggèrent cependant que la révolte a peut-être pris fin à la fin de l’an 60, car les informations contenues dans les tablettes romaines récemment mises au jour indiquent que Londinium (Londres moderne) était à nouveau un carrefour commercial florissant.

A Queen Commands Her People

Boadicée exhorte les Bretons à défendre leur pays contre les envahisseurs romains.

William Sharp, à partir d’une gravure de Thomas Stothard, National Portrait Gallery, Londres

PHOTOGRAPHIE DE NATIONAL PORTRAIT GALLERY, LONDRES / SCALA, FLORENCE COULEUR: SANTI PÉREZ

Les deux auteurs offrent à leurs lecteurs des perspectives bien différentes sur cette révolte. Tacite présente les deux côtés de l’histoire en décrivant les provocations endurées par les Bretons. Bien que lui-même membre de l’élite romaine, Tacite n’était pas un fervent défenseur de la dictature et la rébellion lui servit de prétexte pour remettre en question la manière dont la province était gérée.

Mais seul Dion Cassius a brossé un portrait de Boadicée :

Buduica [sic], une femme bretonne de la famille royale qui possédait une plus grande intelligence qu’il n’est souvent donné de voir chez une femme. [...] Grande, terrible à voir et dotée d’une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombaient jusqu’aux genoux, et elle portait un torque d’or, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Elle était armée d’une longue lance et inspirait la terreur à ceux qui l’apercevaient. 

Trouble Ahead

La tête de Claude a été séparée de sa statue par les rebelles à Camulodunum. En 1907, elle a été découverte dans une rivière. British Museum, Londres

PHOTOGRAPHIE DE British Museum, Scala, Florence

Dans son récit, l’auteur romain recrée le moment où la reine guerrière parla avec force à son contingent de 120 000 personnes. Debout sur une plate-forme, saisissant une lance, ses cheveux retombant en cascade sur ses hanches, elle exhorta son peuple de s’ériger contre Rome. Un torque en or – symbole de statut élevé dans la société bretonne de l’âge du fer – encerclait son cou au moment où elle prononçait ces mots.

Les écrits de Dion Cassius sont la seule description détaillée connue à ce jour d’un ou une Breton(ne) de l’époque romaine, mais les détails qui la composent doivent être considérés avec prudence. Les sources de Dion sont inconnues : il peut s’agir en grande partie d’un récit d’invention. Dion dépeint le comportement et l’apparence de Boadicée – sa façon de mener ses soldats, son goût du combat et sa stature – comme autant de sources d’indignation et de scandale pour les Romains, dès lors que ces attributs sont ceux d’une femme. La lance qu’elle brandissait fièrement était un autre aspect martial jugé incompatible avec les normes en vigueur pour les femmes de l’empire romain. 

La représentation de Dion Cassius de cette grande femme aux cheveux lâches enveloppée dans des vêtements colorés était censée choquer le public contemporain. Mais quelques siècles plus tard, les écrivains, les artistes et les poètes se sont inspirés de Boadicée, symbole de liberté, de révolte, de courage et de force.

 

LA BRETAGNE DE BOADICÉE

Du vivant de Boadicée, la Bretagne était une jeune province romaine. L’armée romaine y faisait campagne depuis le débarquement d’une force militaire substantielle dans le Kent en 43 après notre ère. Rome remporta alors une victoire majeure qui aboutit à la reddition de onze rois britanniques à Colchester dans l’Essex. Ce nouveau territoire était si important que l’empereur Claude lui-même fit le voyage depuis Rome pour assister à la victoire, accompagné d’importants membres du Sénat romain.

Au 1er siècle de notre ère, la Bretagne antique était occupée par un grand nombre de tribus et peuples indépendants. L’époux de Boadicée, Prasutagos, était le roi des Icéni. Les historiens rapportent que le couple royal avait deux filles et que Prasutagos n’était pas hostile à Rome. Certains historiens formulent l’hypothèse que les Romains aient pu désigner Prasutagos comme représentant de l’Empire en terres icéniennes après l’invasion de 43. Si tel était le cas, il est probable que lui et sa famille auraient été considérés comme des alliés de Rome.

À la mort de Prasutagos, les autorités romaines furent contrariées d’apprendre qu’il n’avait pas légué ses biens à Rome. Au lieu de cela, il laissa la moitié de sa richesse et de son territoire à ses filles et l’autre moitié à l’empereur Néron. Les administrateurs romains, indignés, ignorèrent ses dernières volontés. Ils saisirent tous ses biens sans exception. Ils battirent publiquement Boadicée, désormais veuve, et violèrent leurs filles. Ces outrages contre les Iceni et leur reine ne firent que nourrir la colère populaire. Tacite décrit comment une tribu bretonne voisine, les Trinovantes, rejoignit les Iceni. Beaucoup d’autres se rallièrent à leur cause peu après.

Dans le discours que lui attribua Dion Cassius, Boadicée rallia ses forces, les préparant à la guerre. Elle exposa ainsi, selon l’auteur, les causes du soulèvement :

Bien que certains d’entre vous aient pu auparavant, par ignorance, être trompés par les promesses séduisantes des Romains… vous avez appris à quel point c’était une erreur de préférer un despotisme étranger à votre mode de vie ancestral, et vous en êtes venus à réaliser à quel point la pauvreté sans maître est meilleure que la richesse en esclavage.

Elle dénonça l’avarice romaine et les lourdes taxes prélevées dans les territoires conquis. Boadicée appela alors à l’unité du peuple dans ce combat contre la tyrannie :

Mes compatriotes, amis et parents – car je vous considère tous comme des parents, compte tenu que nous habitons une seule île et que nous sommes appelés par un nom commun – faisons notre devoir tout en nous rappelant encore quelle liberté nous souhaitons laisser à nos enfants, pas seulement son appellation mais sa réalité. Car, si nous oublions complètement l’état de bonheur dans lequel nous sommes nés et avons été élevés, que feront-ils, eux qui seront élevés en esclaves ?

Unis derrière leur reine, les Bretons se soulevèrent et mirent à sac plusieurs campements romains. 

 

PREMIÈRES VICTOIRES

Trouvé dans la Tamise en 1857, un bouclier en cuivre daté de 350 à 50 avant ...

Trouvé dans la Tamise en 1857, un bouclier en cuivre daté de 350 à 50 avant J.-C. Ce savoir-faire artisanal renvoie à la complexité culturelle des tribus bretonnes. British Museum, Londres

PHOTOGRAPHIE DE Werner Forman, Gtres

L’armée de Boadicée, qui comprenait peut-être des guerrières, attaqua d’abord Camulodunum, la colonie romaine de Colchester dans l’est de l’Angleterre. Cette colonie était le principal symbole culturel de la puissance romaine en Bretagne ; c’est là que l’empereur Claude avait accepté la reddition des rois britanniques en 43 après J.-C. Camulodunum resta la principale base militaire romaine jusqu’en 50 après J.-C., quand le campement fut remplacé par une colonie romaine – une cité avec des maisons, des bâtiments publics, des prémices d’industrie.

Le temple en pierres, massif et imposant, avait été construit dans le style romain classique et consacré au culte de Claude, à Camulodunum, pour commémorer la campagne de Bretagne. L’armée de Boadicée brûla cet édifice, ne laissant aucune pierre derrière elle. La statue en bronze de l’empereur Claude, qui se trouvait probablement dans un espace public tel que le forum de Camulodunum, fut sauvagement décapitée par les insurgés. En 1907, la tête a été mise au jour dans la rivière Alde dans le Suffolk, à près de 65 kilomètres de Colchester, et est maintenant exposée au British Museum.

Après avoir tendu une embuscade et vaincu une unité de la 9e Légion romaine envoyée pour protéger la colonie, les Bretons se déplacèrent vers Londinium, au sud-ouest. Rapidement établie sur les rives de la Tamise après 43 après J.-C., la future capitale britannique était le deuxième centre urbain le plus important de la province impériale. Avec une population d’environ 9 000 personnes, le port de la ville était le principal port de commerce pour les personnes et les marchandises arrivant et partant de Bretagne. Le gouverneur romain, Gaius Suetonius Paulinus, marcha vers Londinium mais décida de ne pas engager le combat contre les Bretons. De nombreux habitants purent fuir avant que la colonie ne soit férocement dévastée.

Tacite décrit comment Verulamium tomba ensuite elle aussi sous la colère des troupes de Boadicée. Cette ville romaine près de l’actuel St. Albans dans le Hertfordshir, différait de Camulodunum, qui était une colonie de citoyens romains et de Londinium, principal port de la province avec une population comprenant de nombreux commerçants d’outre-mer ; Verulamium était une ville de « natifs ». Dans cette colonie, des Bretons alliés des Romains jouissaient d’un nouveau développement urbain sur le modèle romain.

Rising From the Ashes

La construction du théâtre du 2e siècle à Verulamium a eu lieu lorsque la ville a été reconstruite après l’attaque dévastatrice des rebelles.

PHOTOGRAPHIE DE Verulamium Museum, Bridgeman, ACI

À Londres, Colchester et St. Albans, les archéologues ont découvert des traces d’incendie datées à 60 après J.-C. environ, comme autant de témoignages de la fureur bretonne face à la domination romaine. 

 

ÉCRASER LA RÉVOLTE

Suetonius Paulinus, gouverneur de Bretagne, était un membre éminent de l’élite romaine. Né à Rome et ayant servi dans d’autres provinces avant d’être nommé gouverneur de Bretagne vers 58 après J.-C., il était comme les autres gouverneurs provinciaux de l’Empire romain, responsable de la gestion du territoire et du contrôle militaire.

Peu de temps avant la révolte menée par Boadicée, Suetonius Paulinus avait été appelé à Mona, un bastion druide sur la grande île d’Anglesey au large de la côte nord-ouest du Pays de Galles. Tacite décrit comment les Romains ont été « accueillis » par des femmes vêtues de noir sur la rive opposée, qui maudissaient les soldats romains alors qu’ils tentaient de traverser. Cette attaque contre l’île sacrée des druides a vraisemblablement intensifié la colère des Bretons. Quand le gouverneur eut vent de la révolte de Boadicée dans le sud de la Bretagne, il fut contraint de se retirer et de se diriger vers le sud-est.

Après avoir décidé de ne pas combattre les rebelles à Londinium, Suetonius Paulinus se prépara à affronter Boadicée sur un autre site. Il choisit de déployer une armée d’environ 10 000 hommes issus des 14e et 20e légions, auxquels s’ajoutaient des soldats auxiliaires, dans une vallée adossée à des bois. Les Romains étaient plus nombreux que les Bretons, qui étaient si confiants en leurs chances de victoire qu’ils avaient dit à leurs familles de venir assister à la batailler en amont.

Fast Fighting

Au moment de l’invasion en 55-54 avant J.-C., Jules César a rapporté l’utilisation par les Bretons de chars, comme le montre ce denier romain, frappé vers 48 avant J.-C., montrant un guerrier celtique sur un char. Musée Ashmolean, Oxford

PHOTOGRAPHIE DE Bridgeman, ACI

Le lieu exact de la bataille finale fait l’objet de spéculations. Il est probable que l’affrontement a eu lieu dans les Midlands de l’Angleterre moderne, quelques temps après le sac de Verulamium et alors que les Bretons se déplaçaient vers le nord-ouest le long de la route romaine connue sous le nom de Watling Street. Tacite écrit que Boadicée et ses filles ont fait le tour du champ de bataille dans un char en criant à l’armée rebelle :

Voyez la fierté des esprits guerriers, et considérez les motifs pour lesquels nous tirons l’épée vengeresse. À cet endroit, nous devons vaincre ou mourir avec gloire. Il n’y a pas d’alternative. Bien que femme, ma résolution est entière : les hommes, s’ils le souhaitent, peuvent survivre dans l’infamie et vivre dans la servitude.

La bataille qui suivit, comme le décrit Dion Cassius, fut des plus passionnées : « Ils se disputèrent longtemps, les deux partis étant animés du même zèle et de la même audace. Mais finalement, tard dans la journée, les Romains prévalurent. » Le récit plus détaillé de Tacite donne l’impression que les légions passionnées de Boadicée ont été effectivement vaincues par la discipline romaine :

Les Bretons formèrent sur le terrain une multitude incroyable. Ils ne formaient aucune ligne de bataille régulière. Les partis détachés et les bataillons dispersés ont affiché leur nombre, bondissant d’exultation, et si sûrs de leur victoire, qu’ils avaient placé leurs femmes dans des chariots à l’extrémité de la plaine, où elles pouvaient observer l’action en cours, et admirer la valeur bretonne.

On estime que 80 000 Bretons, y compris des femmes, furent tués, tandis que les victimes romaines s’élevaient à environ 400 morts et quelques blessés. Après leur victoire, les militaires romains jetèrent probablement les corps dans de grandes fosses ou les brûlèrent. La seule trace de cette bataille pourrait être de grandes fosses remplies de squelettes démembrés ou d’armes cassées. Peut-être cet endroit sera-t-il un jour découvert.

 

LE DESTIN DE BOADICÉE

Qu’est-il ensuite arrivé à Boadicée ? Nul ne le sait. Tacite écrit qu’elle s’est empoisonnée. Le récit de Dion Cassius diffère sur ce point-là aussi. Il écrit que Boadicée est tombée malade et est morte, et a enfin eu le droit à un ensevelissement élaboré. 

Du 16e au 19e siècles, des générations d’archéologues ont cherché le lieu de sépulture de la reine guerrière, avec en tête des sites comme Stonehenge ou même la gare de Charing Cross, à Londres. Il y a cependant peu d’informations disponibles sur les rituels funéraires iceni. Certaines tribus de la Bretagne de l’âge du fer plaçaient leurs morts dans des endroits spécifiques, les confiant aux éléments ; si les Iceni suivaient cette pratique, il ne resterait plus rien de leur célèbre reine.

Les représailles romaines contre la révolte bretonne furent sévères et Tacite décrit comment les colonies furent ravagées par le feu. Bien que les preuves archéologiques des actions romaines après la défaite de Boadicée aient été difficiles à trouver, des fouilles récentes à Londres ont permis de localiser un fort dans le quartier financier de la ville. Il a été construit pour servir de base aux troupes amenées d’Allemagne pour aider Suetonius Paulinus dans sa campagne pour rétablir l’ordre dans la province.

Londinium s’est rapidement rétabli. Une lettre de 62 après J.-C., faisant référence à un envoi de marchandises à transporter de Verulamium à Londres, indique que le marché de Londinium a été rapidement reconstruit après sa destruction par les rebelles. Dans la foulée, l’empereur Néron a peut-être envisagé de retirer complètement Rome de la Bretagne, bien qu’il ait manifestement changé d’avis. 

L’influence immédiate de la rébellion est incertaine : aucune trace écrite de ces événements n’a survécu en dehors de celles laissées par Tacite et Dion Cassius. Les Romains reprirent leur conquête de la Bretagne et, en 84 après J.-C., le gouverneur Gnaeus Julius Agricola avait sous sa responsabilité une grande partie des territoires du nord. Les Romains ne réussirent cependant pas à conquérir les Highlands écossais.

"Boadicée et ses filles", création du XIXe siècle conçue par Thomas Thornycroft, à proximité du Parlement ...

« Boadicée et ses filles », création du XIXe siècle conçue par Thomas Thornycroft, à proximité du Parlement de Londres

PHOTOGRAPHIE DE Anthony Hatley, Alamy, ACI

L’histoire de Boadicée serait sans doute tombée dans l’oubli sans la redécouverte des écrits de Tacite au 16e siècle, à la Renaissance. 

Plutôt qu’une sauvage, Boadicée était considérée comme un parallèle à la reine d’Angleterre Elizabeth Ire. Les Victoriens ont plus tard réinventé Boadicée comme une vaillante défenseuse de la nation britannique. Son interprétation la plus célèbre de cette période était la statue « Boadicée et ses filles », conçue par Thomas Thorneycroft, installée sur pont de Westminster à Londres, comme symbole durable de l’esprit et de la force britanniques.

SOURCE : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/09/boadicee-la-reine-celte-qui-a-defie-rome?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_campaign=JARVIS&fbclid=IwAR3z7vJPJcI-WzdfucAqSc-e-S_tbv6kVRTP4Yr2pjRbqN1rqRIt-nq9140

La vie après la mort chez les Égyptiens – Le parcours du combattant 19 mai, 2022

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Lancelot-Graal – Le cycle des légendes arthuriennes 17 mai, 2022

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POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ? 15 mai, 2022

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POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ?

 

Les francs-maçons disent qu’ils sont plus que jamais nécessaires. Alors pourquoi leurs rangs diminuent-ils ?

Les francs-maçons ont longtemps exercé les qualités les plus irrésistibles pour les auteurs de thrillers et les théoriciens du complot : le secret, la politique, le pouvoir et la célébrité. Parmi leurs membres figurent des pères fondateurs, des présidents, des musiciens, des artistes et des hommes d’affaires. Mais aujourd’hui, alors que le nombre de membres s’effondre au sein de l’une des plus anciennes organisations fraternelles internationales à avoir jamais existé, une nouvelle question persiste : à quoi ça sert ?

POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ? dans Recherches & Reflexions

Les défis auxquels l’organisation est confrontée remontent à des décennies. Bien qu’une partie du problème réside dans le fait que les Américains ne rejoignent tout simplement plus des clubs ou des fraternités aussi souvent qu’avant, certains critiques affirment que les maçons ont également eu du mal à suivre le visage changeant de la nation. De nombreuses loges n’autorisent toujours pas les femmes à se joindre, et d’autres ont du mal à attirer des membres de couleur. Ces dernières années, le nombre de membres a chuté d’environ 75 % par rapport à un sommet de plus de 4,1 millions en 1959, alors qu’environ 4,5 % de tous les hommes américains étaient membres.

Dans les rangs de l’organisation, certains membres espéraient que la pandémie de coronavirus pourrait offrir l’occasion de se défaire de sa réputation de mystère et de secret et de présenter à la place le travail caritatif que les maçons effectuent dans les communautés du pays. Mais cela n’a pas été le cas. Au lieu de cela, le virus continue de balayer la nation, éloignant les hommes de leurs loges et rendant encore plus difficile l’intronisation de nouveaux membres – quelque chose que certains disent est trop ancré dans la tradition pour être tenté sur Zoom.

« Je ne sais pas vraiment comment nous combattons [la perte de membres]. Si j’avais eu la réponse à cela, nous aurions résolu le problème il y a des années », a déclaré Christopher Hodapp, historien et auteur de plusieurs livres sur la franc-maçonnerie. . « Mais je vais vous dire, quelque chose qui me fait peur, c’est ce truc d’arrêt du COVID. Dieu nous aide tous quand nous prenons du recul et examinons l’épave en ruine que cela a causée. »

Expliquer le déclin Comme de nombreuses organisations confrontées à un avenir incertain – un avenir qui pourrait être plus en ligne et moins interconnecté – les francs-maçons approchent d’un point d’inflexion.

« Certes au 18e siècle et au milieu du 19e siècle, vous pouviez être puissant et influent sans être franc-maçon, mais il était plus probable que vous ayez été franc-maçon », a déclaré Jessica Harland-Jacobs, une associée. professeur d’histoire à l’Université de Floride qui étudie la franc-maçonnerie. De nombreux francs-maçons voient dans la baisse du nombre de membres un symptôme du déclin général de toutes les associations bénévoles, plutôt qu’un problème spécifique à leur fraternité.

Selon un rapport du Congrès de 2019, le nombre de membres a régulièrement diminué dans tous les domaines, des groupes religieux et des associations scolaires aux syndicats et aux organisations grecques. Le rapport du Joint Economic Committee a révélé que les taux d’adhésion dans certaines organisations sont passés de 75% en 1974 à 62% en 2004. À 52%, la baisse a été la plus forte parmi les organisations fraternelles telles que les francs-maçons ou les Chevaliers de Colomb.

Ce ne serait pas la première fois. Les loges ont connu une forte baisse du nombre de membres en 1826 à la suite de la mystérieuse disparition de William Morgan, qui aurait rompu son vœu de secret en tant que franc-maçon en travaillant sur un livre révélant les secrets de l’organisation. Le scandale a alimenté un mouvement politique national chargé de faire tomber la fraternité. Mais les francs-maçons ont survécu au scandale – et à d’autres qui ont suivi.

Une partie de la fonction de nombreuses organisations fraternelles était de servir de sorte de filet de sécurité sociale pour ses membres, une force motrice derrière certains membres, selon Harland-Jacobs. Jusque vers les années 1930, a-t-elle dit, une partie de l’attrait de groupes tels que les francs-maçons était qu’ils offraient aux membres un moyen de souscrire une assurance. « Certains étaient peut-être plus intéressés par l’aspect social, et d’autres par l’aspect assurance : ce sont les jours qui précèdent l’assurance proprement dite, il serait donc agréable de pouvoir compter sur vos frères si vous en aviez besoin. , » dit-elle. John Dickie, historien à l’University College de Londres et auteur de The Craft : How the Freemasons Made the Modern World, souligne également l’idée que le secret de la fraternité qui aurait pu autrefois intriguer les hommes est moins séduisant. « Je pense que le problème est peut-être que le secret a perdu quelque chose de sa magie », a déclaré Dickie. « Peut-être que nous sommes devenus un peu fatigués par tout le tirage au sort de l’exposé, et à une époque où cela peut prendre deux minutes ou moins sur Google pour découvrir quels sont vraiment les secrets des francs-maçons, je ne suis pas sûr qu’ils puissent détiennent vraiment autant de mystique pour les membres. C’est un tour qu’ils ont joué avec beaucoup de succès depuis 1717 ou même avant. On se demande quel succès il aura dans les décennies à venir.

« Pratiques exclusives » Certains en dehors de l’organisation disent que les francs-maçons seraient en mesure de compenser plus facilement la baisse du nombre de membres si le groupe était considéré comme plus inclusif envers les femmes et les personnes de couleur. « [Les francs-maçons] devraient s’attaquer de front à ces problèmes : secret, race, sexe, sexualité, toutes ces choses », a déclaré Dickie à propos de la façon dont la fraternité pourrait attirer de nouveaux membres. Mais si cela devait arriver, a ajouté Dickie, cela pourrait se retourner contre lui et conduire à des « ruptures immédiates dans la franc-maçonnerie » parce que certains hommes sont dans la fraternité précisément à cause de ces « limitations ». « Un homme, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa position sociale et quelle que soit sa race, est éligible pour être membre de la confrérie. Cette promesse est évidemment très attrayante pour les groupes traditionnellement exclus », a déclaré Harland-Jacobs. Mais l’histoire de la franc-maçonnerie, a-t-elle dit, « a été l’histoire de cette tension entre cette promesse inclusive et souvent ses pratiques exclusives ». Les hommes de n’importe quelle race peuvent rejoindre la franc-maçonnerie, mais cela n’a pas toujours été le cas. Au moment de sa création, vous deviez être un homme libre pour rejoindre – ce qui signifie que les personnes réduites en esclavage ne le pouvaient pas. Lorsque Prince Hall, un homme noir abolitionniste, a tenté de rejoindre une loge à la fin des années 1700, il a été refusé alors qu’il était un homme libre. Lui, avec plus d’une douzaine d’autres hommes noirs, a finalement créé sa propre branche de la franc-maçonnerie appelée Prince Hall Freemasonry, qui est toujours active aujourd’hui. L’adhésion est plus compliquée pour les femmes. Toutes les loges aux États-Unis n’initieront pas les femmes, et même si elles le faisaient, il est peu probable que cela inverse les baisses d’adhésion, selon Brent Morris, directeur des communications stratégiques au Conseil suprême du Rite écossais de la franc-maçonnerie à Washington, D.C. « Je ne pense pas qu’il y aurait une ruée vers les portes », a déclaré Morris, ajoutant que l’adhésion était « une expérience sociale que les hommes recherchent et apprécient ». Morris a noté, cependant, que les femmes peuvent rejoindre des fraternités affiliées telles que l’Ordre de l’Étoile de l’Est ou l’Ordre de l’Amarante.

Sur la question de la race, Morris a déclaré que c’était un défi sur lequel les francs-maçons ont fait des progrès majeurs. « Je suis maçon depuis près de 50 ans – 49 ans et demi – et j’ai vu des changements à couper le souffle qui se sont produits au cours de cette période avec l’acceptation des personnes de couleur, avec l’acceptation de Prince Hall [Franc-maçonnerie], avec des hommes noirs rejoignant le courant dominant lodges, des hommes blancs rejoignant les lodges de Prince Hall … et c’est certainement un pas à couper le souffle dans la bonne direction », a-t-il déclaré. Amitiés et évasion Morris a rejoint la franc-maçonnerie parce qu’il voulait une communauté d’hommes de soutien semblable à sa fraternité universitaire et a déclaré qu’il était heureux de découvrir que cela l’avait aidé à « établir des amitiés au niveau local et des amitiés que vous n’auriez peut-être pas autrement ». « L’une des choses que j’ai trouvées très attrayantes dans la franc-maçonnerie, ce sont les hommes d’horizons différents », a déclaré Morris. « C’est agréable d’aller quelque part… et de socialiser sur une base autre que votre occupation. » Les francs-maçons soutiennent que la raison de défendre la fraternité va au-delà du maintien des traditions historiques ou de l’appartenance à quelque chose qui a autrefois exercé une immense influence. Ce n’est peut-être pas une société secrète pleine de présidents et d’hommes puissants tirant les ficelles de la société de l’ombre, mais cela n’a jamais été le but de ces membres. Au lieu de cela, ils se sont joints pour nouer des amitiés en dehors du travail et vibrer avec une communauté qui ne divise pas. À une époque où la polarisation et la division aux États-Unis s’intensifient, les francs-maçons ont déclaré qu’il était rafraîchissant de passer du temps avec des gens qui ne se disputaient pas. « Les gens sont isolés », a déclaré Hodapp, l’historien et auteur. « Les gens sont enfermés dans leurs appartements, ou enfermés dans le sous-sol de leurs parents à l’âge de 35 ans, et ne s’associent pas, et les médias sociaux les font crier à l’écran de l’ordinateur à 3 heures du matin parce que quelqu’un leur a dit de être bourré de quelque chose. Chaque maçon à qui vous parlez se tiendra là et dira: ‘Oui, on a besoin de nous maintenant plus que jamais.’  » Le défi, a-t-il dit, est de trouver un moyen de communiquer cela. « Comment obtenez-vous le message de, oui, il y a un endroit où vous pouvez aller où les gens ne sont pas à la gorge les uns des autres, il y a un endroit qui arrête délibérément le genre de disputes qui vous rendent la vie misérable. »

SOURCE :  https://www.gadlu.info/pour-la-franc-maconnerie-u-s-est-elle-en-declin/

Un article paru en novembre 2020 sur le site NPR.ORG

SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes

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SpiritualitéAutres Voies Spirituelles

SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes

 
SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes dans Recherches & Reflexions Ida-Radogowski-150x150

Par Ida Radogowski
7 mai 2022
Sakhiadita dans Recherches & Reflexions

Sakyadhita « les filles de Bouddha », principale organisation internationale de femmes bouddhistes, est une alliance de femmes (et d’hommes) qui entend se vouer à la transformation du mode de vie des femmes dans les sociétés où fleurit le bouddhisme. Elle a été fondée lors du premier Congrès International des Femmes Bouddhistes à Bodhgaya (Inde) en 1987.

Sakyadhita cherche à unir des femmes de nationalités et de traditions bouddhistes différentes afin de promouvoir leur bien-être et de faciliter leurs activités pour le bien de tous.

Elles sont 300 millions de femmes bouddhistes dans le monde, dont plus de 130.000 moniales. Pour un très grand nombre, elles vivent dans la pauvreté et n’ont pas accès à l’éducation ou aux structures qui soutiennent la pratique bouddhiste.

De nos jours, ce n’est qu’au sein de trois traditions bouddhistes (chinoise, coréenne et vietnamienne) que les femmes peuvent recevoir une ordination dont le statut est identique à celui des hommes.

Sakyadhita œuvre à la réalisation de l’égalité hommes/femmes dans le bouddhisme, c’est-à-dire à l’obtention, pour les femmes bouddhistes du monde entier, de l’égalité des chances en matière d’éducation et de formation. Ses membres leur apportent l’aide nécessaire afin qu’elles développent leurs potentiels et capacités, en tant que chercheuses, pratiquantes, enseignantes, avocates, artistes, membres ou organisatrices de mouvements associatifs, personnes compatissantes engagées dans le domaine social.

Les objectifs de Sakyadhita sont :

Etablir une alliance internationale de femmes bouddhistes

Faire progresser le bien-être spirituel et temporel des femmes dans le monde

Œuvrer à l’égalité hommes/femmes en matière d’éducation, de formation, d’ordination et de structures institutionnelles.

Promouvoir l’harmonie et le dialogue entre les diverses traditions bouddhistes, ainsi qu’avec les autres religions.

Encourager la recherche et la publication de travaux ayant trait à des sujets concernant les femmes bouddhistes.

Favoriser l’action sociale axée sur le bien de l’humanité.

Promouvoir la paix mondiale au travers des enseignements du Bouddha.

Une conscience aigüe et un engagement pour l’action sociale se développent naturellement parmi les femmes qui participent aux Conférences Internationales Sakyadhita des femmes bouddhistes. Jusqu’ici les conférences internationales de Sakyadhita se sont tenues à Bodhgaya en 1987, Bankgok en 1991, à Colombo en 1993, au Ladak en 1995, à Phnom Penh en 1998, à Lumbini (lieu de naissance du Bouddha) en 2000, à Taipei en 2002, à Séoul en 2004, à Kuala Lumpur en 2006, à Ulanbator en 2008, et Ho Chi Minh ville en 2009, et de nouveau à Bangkok en 2011, en Inde en 2013, en Indonésie en 2015, à Hong Kong en 2017, Blue Mountain (Australie) en 2019 et la dernière s’est déroulée à Bornéo en 2021.

Bouddhistes

Les femmes ont joué un rôle très important dans l’histoire du Bouddhisme. Le Bouddha leur a conféré la pleine ordination. Elles ont été tour à tour enseignantes, Yoginis, grands Maîtres, fondatrices de lignées, et ont atteint l’illumination. Elles ont grandement contribué, de différentes manières, à venir en aide aux êtres.

L’accès à l’éducation ayant toujours été très difficile, la plupart d’entre elles ne savaient ni lire, ni écrire. Il leur était donc souvent impossible de transmettre leur haute expérience spirituelle, en tous cas d’en laisser un témoignage écrit ou durable.

Il aura fallu mener des recherches très poussées pour retrouver la trace de ces femmes d’exception et de leurs précieuses expériences.

Afin de faciliter dorénavant aux femmes l’accès à l’éducation et au savoir, de nombreux projets ont récemment vu le jour. Nous aimerions présenter et soutenir activement certains projets.

Pour plus d’infos et d’éventuels dons suivre ce lien :

www.buddhistwomen.eu/FR/index.php/Main/HomePage

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

 

SOURCE : https://450.fm/2022/05/07/31696/

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L’apport égyptien à la Franc-maçonnerie symbolique 10 mai, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’apport égyptien à la Franc-maçonnerie symbolique

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Liminaire

 

Même si l’on peut remonter plus loin quant aux sources qui lui ont donné naissance, l’histoire de la Franc-maçonnerie débute véritablement en ses formes modernes au 18ème siècle, soit officiellement il y a 300 ans en cette année 2017 avec la création de la Grande Loge de Westminster.

 

Or le 18ème siècle, surtout dans sa deuxième moitié, est celui qui voit apparaître une ferveur sans précédent pour l’Egypte et ses mystères, on parle d’ailleurs d’égyptomanie pour qualifier ce phénomène historique qui atteindra son apogée après la fameuse campagne menée par le Général Bonaparte puis avec le décryptage des Hiéroglyphes quelques années plus tard par Champollion en 1822.

 

La proximité de cet engouement pour l’Egypte avec une Franc-maçonnerie qui cherche parfois à affirmer ses racines dans les âges les plus reculés, mêle fantasmes aux réalités et donne à penser que l’Egypte est le berceau de toute initiation. Cette proximité suffira à créer un lien de causalité presque naturel entre l’une et l’autre.

D’autre part, l’Egypte ayant été capable de maîtriser l’art de bâtir à un tel niveau de réalisation – que nous ne connaissons d’ailleurs toujours pas bien – les franc-maçons d’alors, qui fondent leur mythe sur la construction, ne pouvaient voir en l’Egypte des bâtisseurs que l’évidence d’une filiation toute tracée.

 

Cette idée, presque fondatrice, influencera considérablement la manière d’appréhender le message initiatique en général et celui de la Franc-maçonnerie en particulier. Outre le phénomène de mode autour de l’Egypte, nous verrons que cette idée peut avoir un sens plus profond et renvoyer à une certaine réalité, mais à condition de l’envisager autrement que sous l’angle purement historique. C’est cette réalité que le présent propos vise à vous faire toucher du doigt.

 

Influence mythique de l’Egypte

 

Pour évaluer l’influence de l’Egypte nous rencontrons principalement deux problèmes majeurs :

 

Le premier concerne ce que nous savons de l’Egypte.

 

Nous devons avoir à l’esprit que ce que nous connaissons de l’Égypte aujourd’hui, c’est l’Egypte vue et commentée par les grecs et l’Egypte vue et expliquée par les égyptologues. L’Égypte vue et expliquée par les égyptiens nous est inconnue car il n’y a pas de traces de philosophie égyptienne, d’écrits développés qui auraient pu nous rapporter véritablement leurs mystères.

Nous avons bien-sûr les hiéroglyphes qui nous renseignent sur des aspects fondamentaux de leur culture, mais c’est très insuffisant, les sources sont donc extrêmement minces comparativement à la période qu’il s’agit de couvrir.

 

Deuxième problème tout aussi important : de quelle Egypte parlons-nous ?

 

Quels pourrait être le lien, par exemple, entre l’Egypte d’il y a 5000 ans avec celle d’il y a 3000 ans ? En deux mille ans d’évolution il ne reste probablement plus rien du mode de vie précédent si bien qu’il ne s’agit plus de la même Egypte.

Si nous appliquions se raisonnement à notre propre civilisation aujourd’hui, c’est comme si nous devions nous même établir et trouver ce qu’il pourrait y avoir de commun avec ce qu’il se passait il y a deux milles ans ! Autant dire que toute connaissance à ce sujet ne peut être que fragmentaire et il nous faut donc, en la matière, rester particulièrement prudent et humble quant à nos prétentions historiques.

 

Dans ces conditions, où faut-il chercher cette influence si elle existe ?

 

Les papyri et les hiéroglyphes se sont généralisés en Egypte environ 3200 ans avant notre ère alors que la basse et la haute Egypte existent déjà depuis 800 ans à peu près. L’Égypte connaîtra au cours des siècles de nombreux bouleversements jusqu’à une période qui nous intéresse particulièrement, celle de l’influence par la civilisation grecque après qu’Alexandre Le Grand ait fondé la ville d’Alexandrie et alors que l’Egypte est gouvernée par la dynastie du général macédonien Ptolémée. 300 ans avant notre ère, la Grèce va doucement s’imprégner de la culture égyptienne, s’en inspirer, s’en émerveiller, se l’approprier et l’assimiler notamment dans certains de ses aspects religieux.

 

Le premier aspect concerne un axe majeur de la culture égyptienne, c’est le thème de la mort. Celui-ci est extrêmement prégnant dans leur culture et il soutient la plupart des textes sacrés comme le célèbre livre des morts égyptien qui est emblématique de cet intérêt.

 

Le deuxième aspect, en lien aussi avec le premier, concerne l’héritage mythologique, Osiris, Isis Sérapis etc. Par sa mort et sa résurrection celui d’Osiris influencera considérablement les rites initiatiques à venir.

 

Ces deux aspects, la mort et la mythologie égyptienne, ont considérablement marqué les grecs et contribué à façonner un nouveau rapport au religieux ainsi que la production d’une pensée singulière chez les philosophes grecs pendant plusieurs siècles. L’héritage le plus intéressant se situe donc dans cette période cruciale qui débute environ vers 350 avant JC et il ne faut donc pas chercher chez les égyptiens mais chez les grecs ce que l’Egypte nous a légué.

 

Les « Écoles de Mystères »

 

La Grèce antique, ou classique, est beaucoup mieux connue que l’Egypte, d’abord parce qu’elle est plus récente historiquement, qu’elle a largement inspiré notre civilisation et notre culture, et surtout parce qu’elle nous a laissé beaucoup de témoignages écrits sur les grecs eux-mêmes et leurs origines réelles ou mythiques, alors qu’il reste peu d’écrits des égyptiens.

Le Grec est une langue qui est encore étudiée et parlée, et chacun sait que la langue à une influence sur la structure de la pensée et donc sur notre manière d’appréhender le Réel.

Nous avons encore la même structure de langage, ce qui nous offre une proximité avec le grec que nous n’avons pas avec l’égyptien qui est une langue morte chamito-sémitique écrite à l’aide de hiéroglyphes, elle est donc totalement étrangère à notre manière de formuler le monde du vivant.

C’est là un aspect très important à prendre en compte car c’est une véritable barrière pour la compréhension. Mais ce qui nous intéresse ici chez les grecs ce n’est pas la langue, c’est ce que l’on appelle les écoles de mystères, car se sont elles qui ont recueilli principalement l’héritage égyptien d’une part et qu’elles sont, d’autre part, les ancêtres des systèmes initiatiques tels que nous les concevons aujourd’hui.

 

Le sujet n’est pas ici de présenter les divers systèmes et cultes car il y en eu de nombreux, Mithra, Apollon, Éleusis, l’Orphisme etc.

Chacun pourra se pencher sur ces sujets.

 

Mais, de quoi s’agit-il ?

 

Mystère vient du Grec mystếrion, signifiant « rites secrets », l’individu pratiquant les Mystères était qualifié d’initié ou plus exactement, de myste. Pour les grecs, ces écoles sont l’héritage de l’Egypte, Hérodote lui-même, considéré aujourd’hui comme le premier de tous les historiens, affirmera à cet égard que les Mystères seraient venus d’Inde en Egypte puis de l’Egypte à la Grèce.

Dans tous les cas, l’idée que la Grèce est héritière de l’Egypte est une perception normale et très partagée depuis cette époque.

C’est ainsi que les dieux égyptiens investissent progressivement les Temples, qu’ils façonnent certains cultes, leurs pratiques et leurs croyances.

 

En quoi est-ce que ces mystères consistaient ?

 

Pour comprendre la nature de ce qu’était ces cultes nous devons nous en rapporter à ce qu’en dit Plutarque au 1er siècle à ce propos :

« L’âme au moment de la mort, éprouve la même impression que ceux qui sont initiés aux grands mystères ».

 

Voici dévoilé, en une affirmation très simple, le cœur de l’héritage Egypto-Hellénique : permettre à l’homme de dépasser sa propre condition, de vivre l’épreuve de la mort dans un corps de chair durant cette vie même afin que, parvenu à la fin de son existence, l’âme humaine ne disparaisse pas dans l’oubli mais au contraire accède à l’éternité des Champs Élysées.

 

Il y a là quelque chose de fondamental à saisir.

 

Si on veut comprendre ce qu’est l’initiation, il est impératif de constater la place de la mort dans les systèmes initiatiques depuis la plus haute antiquité, car elle en est toujours le sujet central sous une forme ou une autre.

A cet égard, il y a ici une première influence directe sur la Franc-maçonnerie, puisqu’elle reprend également ce thème dans ses propres Rites, ce qui en fait le véhicule de traditions multiséculaires.

 

Mais la Franc-maçonnerie se distingue cependant sur la manière d’approcher cette question, car à l’époque de la Grèce antique, les mystères n’étaient pas symboliques, les serments étaient pris au pied de la lettre et quiconque trahissait le secret des rites risquait sa vie réellement.

C’est la raison pour laquelle on ne retrouve à cet égard qu’assez peu de description des mystères antiques eux-mêmes, nous n’avons en général que des commentaires comme ceux de Plutarque.

 

Pour comprendre l’influence de l’Egypte, nous devons aller un peu plus loin et nous intéresser au processus initiatique de ces écoles …

 

Les rites avaient pour vocation de placer progressivement l’initié dans des dispositions intérieures spéciales, telles que celui-ci expérimentait des états de conscience censés lui conférer une connaissance spirituelle pouvant concerner aussi bien l’âme humaine que sa place dans l’univers.

Les expériences spirituelles étaient donc concrètes, avaient un caractère de réalité, exactement comme dans la définition de Plutarque donnée plus haut. Mais avant d’en arriver à ces expériences, l’impétrant devait s’adonner à des pratiques de purifications préalables parfois très longues et difficiles, destinées à préparer son corps et sa psyché à ces expériences.

Lorsque celui-ci était prêt, on lui faisait alors vivre des situations rituelles spéciales, après lui avoir parfois fait prendre dans certains cas des substances psychotropes. La conjonction de cette ascèse préalable, avec la contextualisation rituelle réalisée par les prêtres, devaient permettre que les effets de ces substances sur le postulant soient complètements différents de ceux obtenus sans ces mises en conditions corporelles et psychiques.

 

Il existait donc véritablement une science et un art de la transmission initiatique.

 

Tout cela était l’objet d’un épais mystère et nous en savons peu sur les détails de ces pratiques.

Pour se faire une idée, on retrouve encore les vestiges ce genre de méthodes dans la plupart des traditions chamaniques actuelles (voir le film de Jean Rouch « les maîtres fous – 1955).

Ces dernières n’ont cependant pas pour vocation à transmettre l’expérience spécifique décrite par Plutarque. Seule l’approche méthodologique a été conservée, ce qui peut vous donner une idée de ce que pouvaient vivre ceux qui entraient dans les écoles de mystères.

 

Nous sommes aujourd’hui, en Franc-maçonnerie, très loin de ce genre de pratiques.

 

Néanmoins, c’est peut-être la forme objective la plus ancienne dont nous pourrions dire qu’elle a influencée la Franc-maçonnerie. Car hormis les psychotropes évidemment, la franc-maçonnerie a repris à son compte certains aspects majeurs des mystères antiques dans sa façon de mettre en scène rituellement les postulants.

 

Essayons de comparer :

 

Tout d’abord les mystères antiques sont célébrés dans des Temples et ceux qui y participent sont des initiés (premier point).

Les mystères antiques avaient pour objet une quête spirituelle dont les rites pratiqués devaient permettre d’en véhiculer les connaissances (deuxième point).

Les rites devaient favoriser des expériences qui permettaient, croyaient-on, d’avoir dans la mort une autre destinée que celle de l’homme commun (3ème point en partie égal).

Ces rites initiatiques fonctionnaient par degré, et chaque degré transmettait des expériences différentes de plus en plus approfondies (4ème point).

En règle générale (et c’est peut-être là le plus significatif pour nous) ces rites consistaient à mettre en scène des dieux mythologiques afin que l’impétrant, placé dans le rôle du dieu, puisse vivre par lui-même les épreuves de ce dernier afin d’accéder à une catégorie d’expérience symbolique lui offrant un nouveau mode de compréhension de sa propre existence (5ème point).

 

Tel était le fond de la question de l’initiation dans les écoles de mystères. La Franc-maçonnerie, sans dévoiler ses rituels, procède encore de la sorte puisque l’initié, à un certain moment de son parcours maçonnique, prendra lui aussi la place d’un personnage mythique central pour en éprouver les mêmes expériences symboliques. Inutile de dire que la mort (symbolique) y joue une place majeure.

 

D’ailleurs à cet égard, le mythe d’Osiris pourrait tout à fait s’y substituer, démontrant si besoin était, la nature du lien entre l’Egypte et la Franc-maçonnerie.

 

Le but et le caractère de réalité évoqué par Plutarque a disparu des initiations maçonniques. C’est là une différence majeure car il revient au Franc-maçon de faire vivre en lui-même et par lui-même les vertus que ses expériences initiatiques impriment en sa psyché.

C’est d’ailleurs le sens moderne le plus intéressant du secret maçonnique, puisqu’il est impossible d’expliquer l’expérience initiatique à qui ne l’a pas vécu. Il est donc impossible de le trahir.

 

En terme de parcours, la Franc-maçonnerie a gardé le thème universel de la « mort » initiatique, et comme dans les mystères antiques, met en scène les postulants dans des situations mythiques porteuses de significations, qui reprennent toutes les mêmes fondamentaux depuis des siècles, ce qui constitue selon moi une forme majeure de cette influence dont nous essayons d’esquisser les contours.

 

L’héritage des « Écoles de Mystères » et l’Hermétisme

 

Cependant les écoles de mystère ne seront pas la seule source de ce que l’on pourrait considérer comme l’héritage égyptien. En effet, il faut citer également ce que l’on appelle l’Hermétisme Greco-Égyptien.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Le mot Hermétisme a pour racine le nom du dieu Grec Hermès qui sera d’ailleurs très souvent identifié au Dieu égyptien Thot. On voit très bien dans ce lien, fait entre Thot et Hermès, le souci chez les grecs de vouloir faire des ponts entre les cultures grecques et égyptiennes.

 

L’hermétisme est constitué par un ensemble de textes très obscurs qui apparaissent dans la même période citée plus haut lorsque « la Grèce reprend le flambeau de l’Egypte », c’est à dire à partir de -350. D’ailleurs la toute jeune ville d’Alexandrie avec sa bibliothèque est considérée, aujourd’hui encore, comme la capitale spirituelle de l’hermétisme et des études qui s’y rattachent.

 

L’Hermétisme, très concrètement, correspond à des textes que l’on peut classer en deux catégories.

 

La première catégorie correspond à l’hermétisme pratique, c’est-à-dire des textes datant du 3ème siècle avant JC jusqu’au 1er siècle et se rapportant à l’étude des astres (astronomie et astrologie), de la magie (science des rituels, des talismans et écritures magiques etc.) et de l’alchimie (science de la matière), mais aussi plus largement de botanique et de sciences naturelles. (Trivium Hermeticum).

 

La deuxième catégorie de textes correspond à ce que l’on pourrait appeler l’hermétisme philosophique. Cela regroupe des textes mystico-philosophiques qui sont un syncrétisme de philosophie grecque et de croyances égypto-helléniques.

Mais c’est au 15ème siècle de notre ère qu’un recueil de 14 traités grecs fut apporté en Italie à Florence et vendu à Cosme de Médicis qui les fera traduire par Marsile Ficin. Nous y retrouvons des textes majeurs comme le Poinmandres ou l’Asceplios. Ces 14 textes forment les 14 premiers traités du Corpus Hermeticum qui sera le fondement théorique et pratique, direct ou indirect, de quasiment toutes les sociétés secrètes initiatiques depuis le 16ème siècle.

 

Bien entendu, la Franc-maçonnerie naissante, n’échappera pas à cette influence et en prendra sa part.

 

Influence de la symbolique hermétique sur la maçonnerie

 

Au 18ème siècle, soit près de trois siècles après la traduction par Marsile FICIN du Corpus Hermeticum, toutes les sciences que l’on appelle alchimie, astrologie, kabbale, magie sont à la mode dans les milieux ésotériques mondains. Ajoutons à cela la redécouverte de l’Egypte et il n’en fallait pas plus pour attiser chez les chercheurs d’absolu un attrait du mystère qui offrira une aura sans précédent à l’Egypte.

Cependant cet attrait pour l’hermétisme n’est pas seulement le fait de quelques curieux, cela va beaucoup plus loin et concerne des personnages de premier plan, que l’on songe par exemple à Isaac Newton dont nous oublions en général de dire que 70% de ses études concernaient l’alchimie, qui fut considérée comme une science jusqu’à ce que Lavoisier mette fin à la théorie des 4 éléments quelques années plus tard par sa démonstration sur la décomposition de l’air.

 

Comme je le disais, depuis la diffusion du Corpus Hermeticum, la plupart des sociétés initiatiques organiseront leurs rites et leurs approches philosophiques en fonction des principes issus de l’hermétisme.

La Franc-maçonnerie reprendra donc, à des degrés divers bien-sûr, un certain nombre de concepts et de symboles dans ses propres mythes alors qu’ils n’appartiennent pourtant pas strictement à l’art du bâtisseur. Ceux d’entre-nous qui ont connu l’initiation maçonnique ont probablement traversé les 4 éléments d’Empédocle dont nous venons de parler, peut-être ont-ils reconnu les symboles des 3 principes alchimiques au début de leur quête ou encore la formule VITRIOL.

Certains ont peut-être reconnu aussi l’équivalent du mythe osirien à travers celui d’un Maître maçon mythique bien connu et utilisé sans même le savoir des mots et du vocabulaire issus de langues sacrées.

 

La Franc-maçonnerie regorge ainsi de références en provenance de l’hermétisme considéré comme l’héritage culturel Egyptien, perpétue des initiations et des rites qui reprennent les mythes fondamentaux des écoles de mystères, elles-mêmes ayant hérité d’une part de ce que pouvait offrir l’Egypte…

 

On peut retrouver les traces plus précises encore de cette culture hermétique dans l’étude de très vieux rituels maçonniques, les constellations zodiacales décorent les temples, des symboles alchimiques investissent de nombreuses gravures maçonniques au 18ème siècle, les symboles des 7 planètes symboliques qui ont donné naissance aux sept jours de la semaine ainsi qu’à l’ordre dans lesquels ils se trouvent etc.

 

La Franc-maçonnerie moderne a donc profondément été influencée par des sources venues de très loin afin de façonner sa propre manière de transmettre l’initiation et il nous semble qu’à cet égard, l’influence « égyptienne », indirecte au moins, puisse être établie suffisamment formellement.

 

Les rites maçonniques égyptiens au 18ème siècle

 

Avant de conclure il semble intéressant d’évoquer un instant le sujet de ce que l’on appelle la Franc-maçonnerie dite Egyptienne.

 

Si l’influence de l’Egypte peut être établie en raison de la nature de certains symboles et de leur provenance, en raison des modalités de transmission des initiations maçonniques, une partie des maçons du 18ème siècle désiraient se réclamer de l’Egypte plus directement encore.

Ce fut une période véritablement égypto-maniaque et certains Maçons ont donc organisé des Rites maçonniques se référant directement à l’Egypte.

 

Le plus connu fut le Rite de Misraïm (pluriel d’égyptien), son origine est mal connue mais on considère en général qu’il est apparu en Italie entre 1750 et 1810, sans doute en plusieurs étapes (voir G.Galtier : Maçonnerie égyptienne, Rose-Croix et Néo-Chevalerie: les fils de Cagliostro).

Il sera implanté en France en 1814 par les Frères BEDARRIDE.

 

Ce rite constitue un véritable mystère quant à ses sources, car cela nous conduit à une petite Loge du Royaume de Naples appelée « la parfaite union » qui était un carrefour ésotérique au 18ème siècle et où se pratiquaient presque tous les Rites d’alors.

 

Plus ancien que le rite de Misraïm, le Rite de la Haute Maçonnerie Egyptienne fondé en 1784 à Lyon par le très célèbre Joseph Balsamo alias Cagliostro.

Ce Rite très étrange ne perdura pas, mais sa particularité fut de propager une vision très hermético-pratique.

 

Ce rite également tire ses sources de cette petite Loge Napolitaine.

 

Le rite de Memphis créé en 1838 par Jean-Etienne Marconis de Nègre et qui sera plus tard associé au rite de Misraïm en 1881 par GARIBALDI lors de la réunification de l’Italie, et qui deviendra à cette occasion le Rite de Memphis-Misraïm qui est aujourd’hui le rite égyptien le plus répandu.

 

D’autres rites plus éphémères ont vu le jour mais n’ont, la plupart du temps, pas survécu à leur auteur.

 

Si cette référence directe à l’Egypte relève évidemment de l’exagération, tandis qu’une l’influence réelle peut être reconnue comme nous venons de le voir, elle dévoile cependant quelque chose de plus fondamental dans le cœur des maçons du 18ème siècle.

 

L’apparition d’un courant maçonnique égyptien pourrait être considérée, dans l’histoire de la Franc-maçonnerie, comme la phénoménologie d’une recherche d’absolu, une sensibilité dont le marqueur principal se manifeste par une recherche permanente de la tradition primordiale si chère à René GUENON, d’une source toujours plus pure et authentique.

 

Dès lors, si l’on veut bien se départir du qualificatif d’égyptien, qui peut être trompeur, nous pourrions aisément faire entrer dans cette catégorie de vieux Rites Hermétiques comme le rite de l’étoile Flamboyante du Baron TSCHOUDY, qui lui aussi provient du milieu napolitain que j’ai mentionné puisque le Baron TSCHOUDY fut l’un des Vénérables Maîtres de la Loge « la parfaite union » ; nous pourrions citer celui des illuminés d’Avignon de Dom PERNETY, ou encore le trop peut étudié Rite Ecossais Philosophique dont les Loges portaient souvent des noms de dieux égyptiens et qui connu un développement important au 18ème siècle, et dont la nature et les contenus le rendait précisément bien plus « égyptien » et « hermétique » que les rites de Misraïm ou de Memphis qui lui empruntèrent d’ailleurs discrètement certains de ses rituels jusqu’à une période très récente.

 

Aujourd’hui encore, les rites « égyptiens » ont gardé cet attrait pour les études hermétiques et l’attachement à la perpétuation de la tradition maçonnique.

 

Conclusion

 

Au fond, se demander si l’Egypte a influencé la maçonnerie n’est peut-être pas la question la plus pertinente, la question qu’il s’agirait plutôt d’examiner serait : de quelle manière l’Egypte a influencé la Franc-maçonnerie ?

 

Pour y répondre, nous devrions peut-être revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à ce qui fonde le parcours initiatique et à la manière de le proposer, car c’est là le cœur de l’explication de cette influence.

 

Le thème central de toute initiation est toujours, directement ou indirectement, celui de la mort et le destin posthume de l’âme humaine. L’homme a toujours cherché à répondre à la question de son existence et il y a donc ici, quelque chose d’intemporel qui nous invite, comme nos ancêtres égyptiens le furent en leur temps, à ressentir et nous questionner d’une façon strictement identique.

Face au vertige qui nous saisit à l’idée de notre propre extinction, il ne saurait y avoir de différence fondamentale entre les hommes de quelques époques ou cultures qu’ils soient.

Nous sommes face à l’indéfinitude de l’existence qui fait appel à ce qu’il y a d’antéprédicatif en nous, et il fallait donc répondre par des approches relevant elles-mêmes des fonctions archaïques du psychisme humain, pour les solliciter d’une manière telle que l’homme puisse trouver « quelque chose » en lui de différent, convoquer une aptitude à la spiritualité que les mots ne peuvent saisir, et dont les concepts ne peuvent rendre compte.

 

Cette question n’appartient donc pas à l’horizontalité de l’histoire, mais aux diverses manifestations verticales du vivant dont les hommes essaient de se saisir depuis toujours. Il était donc presque évident que parmi toutes les choses pouvant être transmises depuis l’Egypte, celles qui concernaient ce rapport à la mort et au divin avaient plus de chance de passer les épreuves du temps et de l’histoire, et c’est bien ce qui s’est passé.

 

Les Grecs ont eux-mêmes repris ce qu’ils ont pu des égyptiens, ils ont gardé dans leurs Temples quelques-uns des secrets des cérémonies sacrées destinées à mettre l’homme dans les conditions spéciales censées lui ouvrir les portes d’une compréhension nouvelle que les mots ne peuvent traduire.

 

Les vérités métaphysiques, extirpées depuis des siècles par ceux qui ont connu le difficile sentier de l’initiation, ont été rapportées parfois dans des textes obscurs comme ceux du Corpus Hermeticum, transmis par des cérémonies étranges dont les hommes ont parfois perdu les clés.

 

Ce fut le cas en Egypte, en Grèce, dans la Rome antique et la franc-maçonnerie s’inscrit, tant sur la forme que sur le fond, dans une perspective semblable à cette différence près qu’elle n’impose aucun dogme, qu’elle invite seulement l’initié à abandonner le vieil homme en lui pour renaître d’une manière différente au Réel.

 

Il existe donc bien une influence spirituelle considérable, toujours d’actualité, dont on retiendra principalement qu’elle s’est surtout transmise dans la manière de faire vivre l’initiation ainsi que dans les textes du Corpus Hermeticum dont on retrouve les concepts ou les symboles dans presque tous les rites maçonniques.

Nous y retrouvons de même le thème central de la mort initiatique avec une ambition différente de celle de nos ancêtres, celle-ci ne renvoyant plus au destin posthume de l’âme humaine, mais à l’art de mourir à soi-même ici et maintenant par l’introspection continue.

 

La franc-maçonnerie ne donne donc aucune vérité toute faite à adopter, on pourrait même dire qu’elle propose l’inverse en offrant des outils pour apprendre à désapprendre, dans notre langage maçonnique nous dirions, pour tailler une pierre un peu trop brute en une pierre par conséquent plus petite.

La franc-maçonnerie véhicule pour cela des symboles sans âge qui renvoient à l’existence même de l’homme et aux questions qui sont apparues avec lui.

 

La Franc-maçonnerie égyptienne que nous véhiculons essaie de rester au plus proche de ce désir de reconnaissance de soi, au plus près d’un héritage traditionnel antique que le temps ne saurait effacer parce que les questions restent les même pour tous.

 

Dans un monde en perte de repères, qui se cherche de plus en plus, elle est donc terriblement d’actualité.

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Source : https://www.gltmm.fr

 

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