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Protégé : Les Gestes du CKS – 30° - 11 janvier, 2009

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Le Soufisme 8 janvier, 2009

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Le Soufisme

Le soufisme ou l’humanisme de l’Islam

 par Elias 

 Ce texte est paru dans la Tribune d’Octobre No 19
(El Badil, Montreuil, 25 mars 1990)

Le soufisme s’est développé dans un cadre particulièrement difficile. le pouvoir en place, sous les Omeyyades et plus particulièrement sous les ‘Abbassides, était très sourcilleux sur l’orthodoxie sunnite et jetait le discrédit sur toute fausse note susceptible de donner plus d’assise au chiisme.

Il n’est pas du tout surprenant d’assister à une lutte sans merci pour la mainmise sur la religion dès l’avènement du deuxième calife Omar. L’élaboration de la vulgate coranique sous Othman avait donnée le ton de ce qui allait advenir en matière de politisation de la croyance. La volonté de régenter le culte s’en est davantage accentuée.

Dès l’époque Omeyyade, il y eut un islam officiel, proche du pouvoir en place et un islam légitimiste incarné par les chi’ites qui réclamaient un « juste retour des choses ». Le message coranique subira dès lors beaucoup d’avatars pour culminer à l’époque ‘Abbasside par une volonté de faire triompher le courant litté-raliste qui s’est non seule-ment attaché à mettre en avant l’aspect exotérique des Écritures Saintes mais en plus selon la technique de l’abrogation, s’est rangé sur les positions les plus restrictives voire répressives du message. Cette lecture littéraliste était le propre des théologiens de cour occupant des positions prédominantes dans le clergé informel de la judicature islamique.

Face à cette formalisation excessive d’une croyance basée sur l’émancipation des individus, d’autres catégories ont vu le jour pour mettre les pendules à l’heure: les philosophes et les soufis.

Les philosophes hellénisants n’avaient pas à proprement parler les coudées franches. Ils devaient promouvoir leur activité spéculative à l’ombre du dogme sous peine d’être taxés d’hérésie.

 Les soufis

En schématisant à l’extrême, on pourrait dire que le soufisme est un ésotérisme par opposition à l’ésotérisme. Cette attitude ésotérique (batin) n’est pas fortuite, elle plonge ses racines dans le champ ouvert par le Coran. Dès lors que le soufisme représente l’aspect intérieur de l’Islam, sa doctrine est en substance un commentai-re ésotérique du Coran. Le prophète lui-même a donné la clef de toute exégèse coranique dans ses enseignements oralement transmis et vérifiés par la concordance d’intermédiaires.

Parmi ces paroles prophétiques, certaines sont fondamentales pour le soufisme, à savoir celles que le Prophète énonçait en sa qualité, non de législateur, mais de saint contemplatif, et qu’il adressait à ceux de ses compagnons qui furent, par la suite, les premiers maîtres soufis, puis celles où Dieu parla directement par la bouche du Prophète et qu’on appelle Sentences Saintes (Ahadith Qudsiya). Celles-ci relèvent du même degré d’inspiration que le Coran, mais non du même mode « objectif » de révélation; elles énoncent, du reste, des vérités qui n’étaient pas destinées à toute la communauté religieuse, mais aux seuls contemplatifs. C’est de là que part l’exégèse soufie du Coran, « se basant sur la parole du Prophète selon laquelle chaque parole du Coran comporterait plusieurs sens et sur le fait que chaque lettre a son sens (hadd) et que chaque définition implique un lieu d’ascension » (matla’) 1.

Le soufisme est né pratiquement avec l’Islam, cependant le terme tasawuf n’est apparu qu’aux confins du IIe et IIIe siècles de l’hégire. Un groupe de spirituels chi’ites aurait été le premier désigné sous le nom de soufis. Parmi eux un certain ‘Abdak (210/825) antérieur à Jonayd et son maître Sari al-Saqati.

La Tradition du Prophète abonde en préceptes mystiques. N’est-ce pas lui qui incita à une lecture ésotérique du Coran. Abou Hurayra disait: « j’ai gardé précieusement dans ma mémoire deux trésors de connaissance que j’avais reçu du messager de Dieu; l’un, je l’ai rendu public, mais si je divulguais l’autre, vous me trancheriez la gorge ».

Après la disparition du dernier calife qui était le chef légal, théologique et mystique, l’autorité se divisa entre les jurisconsultes, les théologiens et les mystiques. Hassan al Basri (mort en 728) était probablement le premier mystique « pur » n’ayant pas de responsabilité dans la direction de l’État. C’est aussi le premier, sans doute, à avoir posé explicitement ce qu’allait être le fondement du soufisme: « Qui connaît Dieu l’aime, et qui connaît le monde y renonce » 2.

Ce renoncement est repris par Dâwad at-Tâ’i, disciple et successeur de Habib al ‘Ajami (le persan) lui-même disciple de Hassan al Basri: « Fais ton jeûne de ce monde, fais ton déjeuner de la mort et fuis les hommes comme tu fuirais les bêtes » 3.

Ces principes vont inaugurer toute une lignée de mystiques qui ne vont pas se contenter de rechercher la haqiqa (vérité spirituelle permanente) au détriment de la Shari’a (la lettre de la loi divine). Au premier rang desquels Jonayd (mort en 297/909) surnommé Cheikh at-Taifa (le maître du groupe des soufis). Iranien d’origine, il reçut l’enseignement des plus grands maîtres de l’époque dont Abu Thawr al Kalbi et fût initié par son oncle Sari al Saqati. Il résida toute sa vie à Bagdad et laissa une quinzaine de traités dont Kitab at Tawhid (le Livre de l’Unicité) et Kitab al-Fana’ (le Livre de l’Extinction). Il disait à propos de l’absorption mystique (al Fana‘): « le soufisme, c’est que Dieu te fasse mourir à toi-même et vivre en lui » 4.

Le supplice de Hallaj  

En 264/977, Hallaj fait la rencontre de Jonayd et pratique sous sa direction les exercices spirituels. Il reçoit la Khirqa (le manteau de soufi) des mains du maître. Mais dès son premier pèlerinage à la Mecque, il rompt ses relations avec les soufis ainsi qu’avec les traditionalistes et les juristes.

L’union avec Dieu réalisée grâce à l’amour était le sujet de ses prédications en public à Bagdad. Les canonistes en conçurent beaucoup de colère et l’accusèrent de panthéisme. Les soufis ne le soutinrent pas sous prétexte qu’il aurait divulgué des secrets qui ne devaient être communiqués qu’aux initiés. Hallaj avait commis la faute de rompre publiquement « la discipline de l’arcane ». Les politiciens et les juristes réclamèrent une fatwa pour l’envoyer au gibet. Il fut mis à mort par un jour de printemps en l’an 922, le 24 Du’l-Qa’da.

Mais quels qu’aient pu être ses effets immédiat, son martyre se révéla finalement comme une source de force pour le statut des mystiques et pour le mysticisme lui-même au sein de la communauté dans son ensemble.

Le verdict déclarant que personne n’avait le droit de prononcer de telles paroles: « Ana al Haq » (je suis la Vérité) fut graduellement oublié en faveur d’une opinion selon laquelle ce n’était pas l’homme dans ce cas qui parlait et maintenant, pour un nombre croissant de musulmans la formule condamnée est elle-même d’abord un élément important de la preuve que Hallaj fut l’un des plus grands saints de l’Islam, alors qu’elle sert, en même temps, de démonstration générale du fait que les soufis ne sont pas toujours responsables de ce qu’ils expriment.

Cette reconnaissance graduelle et tardive est due en partie à des traités de soufisme plus simples. Des ouvrages accessibles à la masse comme Ta’aruf de Kalabadhi ou Kashf al Mahjub (le Dévoilement des choses cachées) de Hujwiri.

Les IVe et Ve siècles connurent un foisonnement sans pareil de grands maîtres. Niffari est une des figures les plus intéressantes. Auteur de Kitab al Mawaqif (Le Livre des Stations) ou il relate les révélations qu’il aurait eues en état d’extase:

« Il m’établit dans la Mort; et je vis que les actes, tous sans exception, étaient mauvais.
Et je vis la crainte régnant sur l’espérance;
et je vis la richesse changée en feu et adhérant au feu;
et je vis la pauvreté comme un adversaire qui dépose;
et je vis que, de toutes les choses, aucune n’avait pouvoir sur l’autre;
et je vis que le monde est une illusion et les cieux en mensonge.

Et j’appelai: « Connaissance » mais elle ne répondit pas.
Et je vis que toute chose m’avait abandonné, et que tout être créé m’avait fui, je restais seul. Alors l’acte vint à moi et je vis en lui une imagination secrète et cette partie secrète était ce qui restait; et rien ne fut de secours que la Miséricorde de mon Seigneur.

Il me dit: Où est ta connaissance?
et je vis le Feu.

Il me dit: Où est ta gnose?
et je vis le Feu.

Et il me dévoila Ses Gnoses d’Unicité et le Feu s’éteignit.
Et il me dit: « je suis ton ami » et je fus affermi.
Et il me dit: « Je suis ta Gnose » et je parlai. Et il me dit: « je suis Celui que tu cherches » et je sortis ».

Au-delà des propos d’extase qui ne peuvent être entendus que par une infime minorité d’initiés, il y eut un phénomène qui sauva le soufisme des griffes de ses détracteurs le jour où Ghazali 5 se convertit au soufisme.

Ce personnage exceptionnel ayant éprouvé les limites du rationalisme, fit l’expérience intense et providentielle de la nécessité du soufisme. Devenu l’un des premiers théologiens et juristes de Bagdad, il parvint à un état de crise durant lequel, comme il nous le rapporte, il fut pendant deux mois, en proie à des doutes sur la vérité de la religion. Le salut lui vint d’un contact avec le soufisme. Il raconte sa conversion (tawba) dans son autobiographie: al Munqidh min al Dhalal (Celui qui sauve de l’erreur) dont voici un extrait significatif:

« L’examen de ces doctrines terminé, je m’appliquai à l’étude de la Voie Soufie. Je vis que, pour la connaître parfaitement, il fallait joindre la pratique à la théorie. Le but que les soufis se proposent est celui-ci: arracher l’âme au joug tyrannique des passions, la délivrer de ses penchants coupables et de ses mauvais instincts, afin que dans le coeur purifié il n’y ait place que pour Dieu; le moyen de cette purification est le dhikr Allah, la commémoration de Dieu et la concentration de toute sa pensée en lui. Comme il m’était plus facile de connaître leur doctrine que de la pratiquer, j’étudierai d’abord ceux de leurs livres qui la renferment… les ouvrages… les fragments qui nous sont restés des cheikhs. J’acquis une connaissance approfondie de leurs recherches, et je sus de leur méthode tout ce qu’on peut savoir par l’étude et l’enseignement oral; il me fut démontré que son dernier terme ne pouvait être révélé par l’enseignement, mais seulement par le transport, l’extase et la transformation de l’être moral… J’en savais tout ce que l’étude peut en apprendre, et ce qui manquait était du domaine, non de l’enseignement, mais de l’extase et de l’initiation… Faisant un sérieux retour sur moi-même, je me vis enserré de toutes parts dans ces attaches. Examinant mes actions dont les plus honorables étaient l’enseignement et le professorat, je me surpris plongé dans plusieurs études de peu de valeur et sans profit pour mon salut. Je sondai le fond de mon enseignement et je vis qu’au lieu d’être sincèrement consacré à Dieu, il n’était stimulé que par le vain désir de l’honneur et de la réputation. Je m’aperçus que j’étais sur le bord de l’abîme et que, sans une conversion immédiate je serai condamné au feu éternel… Enfin sentant la faiblesse et l’accablement de mon âme, je me réfugiai en Dieu comme un homme à bout de courage et sans ressources. « Celui qui exauce le malheureux qui l’invoque » daigna m’exaucer; il facilita à mon coeur le sacrifice des honneurs, des richesses, de la famille ».

Si Ghazali, le juriste shaféite, avait donné sa caution en se jetant corps et âme comme en témoignent ses « confessions » dans le soufisme, son jeune contemporain Abd al Qadir al Jilani avait rendu cette reconnaissance pleinement effective. Abd al Qadir réussira à faire admettre définitivement le soufisme dans la cité. La tariqa qadiriya en tant que branche de la jonaydia se développera dans la majeure partie des pays musulmans.

Avant d’évoquer le prolongement du soufisme en confréries religieuses, il n’est pas inutile d’évoquer l’ultime sinon la figure la plus marquante de l’histoire du soufisme: Ibn ‘Arabi.

Al cheikh al akbar

Ibn ‘Arabi est sans conteste celui qui donnera tout son sens au soufisme tant par sa pratique que par les centaines d’ouvrages qu’il a rédigé.

Né à Murcia en Andalousie en 569/1165, il rencontre à l’âge de 17 ans Ibn Rochd (Averroès) qu’il ne devait jamais revoir. Ibn ‘Arabi peut être considéré comme un héritier d’Abou Madyan Shu’ayb 6 car il fut en contact étroit avec plusieurs de ses disciples et parlait toujours de lui avec la plus grande vénération, le désignant parfois comme son « Cheikh ».

Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés de fait, ils communiquèrent néanmoins grâce au miracle de la lévitation. Le lien spirituel existant entre eux fut confirmé au temps de la jeunesse d’Ibn ‘Arabi. Ce dernier raconte qu’un soir après avoir accompli la prière du maghrib [coucher du soleil], il se mit à penser très fort à Abou Madyan et ressentit un très vif désir de le voir. Quelques instants plus tard, un messager entra, le salua et l’informa qu’il venait de la part du saint avec lequel il venait d’accomplir la prière à Bougie. Abu Madyan l’avait chargé de dire à Muhyi’d-din: « Pour ce qui est de notre rencontre dans l’esprit, tout est bien, mais Dieu ne permettra pas celle que nous pourrions avoir dans ce monde matériel. Rassurez-vous, cependant, car le temps fixé pour une rencontre entre vous et moi se situe dans la sécurité de la miséricorde divine » 7.

Ce disciple de Abu Madyan, écrivain d’une prolixité colossale, produisit au cours de son existence quelques huit cent cinquante-six ouvrages dont seulement cinq cent cinquante nous sont parvenus et sont attestés dans deux mille neuf cent dix sept manuscrits. Son chef-d’oeuvre le plus célèbre s’intitule: Kitab al Futuhat al Makkiya (Le livre des conquêtes spirituelles de la Mecque ou Illuminations Mecquoises). Cet ouvrage fut rédigé à la Mecque sous l’injonction de l’ange de la révélation. Il comporte 565 chapitres répartis sur quatre volumes.

Ibn ‘Arabi s’éteignit paisiblement à Damas, entouré des siens, le 28 Rabi’ 11638/16 Novembre 1240 peu avant la prise de Bagdad par les Monghols en 1258.

Depuis la disparition du Khatem Al Awliya’ (Sceau des Saints), le soufisme n’a plus connu de théoricien de cette envergure. Les ordres soufis ont servi, depuis lors, de relais avec des fortunes diverses à ces penseurs qui incarnèrent la spiritualité de l’Islam.

1 Burkhardt. Introduction aux doctrines ésotériques de l’islam
2 Abu Sa’id al-Kharraz. Kitab aç-Cidq
3 Qushairî. Risâlah
4 Qushairî. Risâlah
6 Al Ghazali surnommé Hujjat al Islam (la Preuve de l’Islam) naquit en 451/1059 à Tus dans le Khorassan. Après une formation de théologien et de juriste, il est nommé professeur à la Madrasa Nizamîya de Bagdad en 484/1091. En 488/1095, il renonce à sa chaire et entame une retraite mystique jusqu’à sa mort survenue en 505/1111.
7 Abu Madyan Shu’ayb était né à Séville, mais il se rendit en Orient où il aurait reçu son investiture (Khirqa) des mains d’Abd al-Qâdir Jilani.

par ELIAS publié dans : Hauts grades

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Fraternité Libertaire 3 janvier, 2009

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Fraternité Libertaire

 

Maçon et Libertaire ?

Vaste sujet car traité maintes fois. Alors que pourrai-je apporter de plus? Bien sûr je pourrai remonter aux sources, relire les bons auteurs (comme on dit). Mais ils sont si nombreux. Lequel prendre et auquel adhérer sans me mettre en danger, risquer que ma pensée adopte une ligne de conduite toute faite ?

Pourquoi tel ou tel théoricien de la pensée libertaire serait-il le meilleur et digne de devenir un guide pour celui qui pense être de cette sensibilité ? Suivre un guide sans le soumettre à son esprit critique n’est-ce pas déjà accepter de ne plus être SOI?

Il me semble qu’être libertaire est le résultat d’une ascèse intellectuelle tournée vers le SOI tout en étant disponible pour l’AUTRE ; non pas l’ÉTRANGER, mais le SEMBLABLE. C’est se construire, faire de soi un HOMME, LIBRE dans ses pensées et ses actes.

C’est aussi être TOLÉRANT. Attitude positive vers tout ce qui aide et installe une reconnaissance de l’HOMME RESPONSABLE de ses actes.

Mon parcours professionnel m’avait déjà amené à pratiquer des formes d’actions peu courantes qui m’avaient mis parfois en porte-à-faux par rapport à mon Institution. La base des désaccords portait le plus souvent sur un non respect de règles. Règles ne me permettant pas d’œuvrer au mieux de ceux qui attendaient une réponse du système en place.

C’est ainsi que j’ai installé dans mes lieux d’affectation, la transparence des décisions, des orientations et des « comptes » et pratiqué la co-gestion, voir l’auto-gestion. Ne pouvant changer à moi seul un système, j’ai préféré agir en montrant que certaines formes d’actions pouvaient tout à fait venir battre en brèche l’existant et soi-disant impensable à changer. J’ai parfois été raillé mais aussi suivi et les réalisations de nouvelles formes pédagogiques centrées sur l’individu ont bel et bien vu le jour. De même dans la gestion des équipes administratives qui très vite ont été responsabilisées et libres de décisions dès lors que celles-ci allaient dans l’intérêt de l’INDIVIDU.

J’ai rejoins la Franc-maçonnerie par idéal HUMANISTE, parce que le besoin se faisait sentir d’approfondir une réflexion sur ce que j’étais. Je voulais confronter mes « utopies », acquérir une méthode progressive permettant de dégager l’HOMME de sa gangue.

Aujourd’hui j’entrevois quelques réponses mais elles demandent encore à être soumises à critique. Je ne suis pas gêné dans mes pensées car comme le disait Léo Campion « la vocation libertaire de la Maçonnerie est indéniable (…) elle est la seule association à laquelle puisse adhérer celui qui n’adhère à rien ». Je prends bien sur « adhère à rien » dans le sens où une adhésion serait un renoncement à des idées personnelles par rapport à des dogmes, quels qu’ils soient.
Je trouve dans ma Loge une vraie Fraternité. Mes voyages me font connaître des Frères d’autres obédiences … et certains par leur comportement et leurs idées m’ont amené à une réflexion plus pointue sur les miennes. Ainsi être de sensibilité libertaire et être Franc-maçon ne serait pas incompatible ?

J’ai entrepris d’observer ma Loge pour voir si ses modes de fonctionnement cadraient avec ce que je mettais dans un comportement libertaire.

«Un maçon libre dans une loge libre». Je reconnais que cela se pratique dans ma Loge. Tout est fait pour que la liberté de chacun soit respectée et que le foisonnement des différences n’entraîne pas – comme on pourrait s’y attendre – le chaos. Chacun s’exprime très naturellement quel que soit le sujet. La parole est forte et entendue car chaque Frère est considéré comme responsable.

Étudions comment se passent la plupart des réunions-débats, des prises de paroles, des discussions de groupe. Souvent ce ne sont qu’attitudes convenues, interruptions, monopole de la parole, … autant d’outils qui entretiennent les dominations. En Loge, pas de cela. Nous nous sommes donné des règles pour débattre, pour favoriser l’écoute, la prise en compte des diverses opinions… Les dialogues sont exclus, la parole demandée est adressée à tous les membres présents. La parole s’autorégule. Elle n’en a donc que plus de valeur et de poids. On ne la conteste pas, on l’enrichit par des nouveaux apports, la critique est toujours positive. A chacun de suivre une démarche personnelle pour prendre en compte les multiples facettes d’un problème et se forger une ligne d’action. Cette ligne, résultat d’un apport collectif, ne peut qu’être un liant et en aucun cas une « Vérité révélée » à accepter comme telle.

De là découle cette nouvelle vision : ce n’est pas parce que les hommes sont égaux qu’ils ont les mêmes droits, c’est parce qu’ils ont les mêmes droits qu’ils sont égaux. Chacun devient responsable et contribue à la base de sa dignité. C’est pour cela que les Maçons cultivent l’amour fraternel, valeur universelle qui interdit la négation de l’autre, son exploitation et fait indiscutablement partie de la construction du Temple. Chacun de nous est donc à la fois responsable et tributaire de cette équité, base de notre dignité. L’équité entre Frères vise le «juste». Elle impose un travail intérieur, une recherche de l’absolu et une soif de justice.

Les règles de notre rituel apportent à notre formule «Liberté, Égalité, Fraternité» une force encore plus grande car ces mots deviennent des facteurs nécessaires et favorables au progrès humain et j’adhère aux paroles de René Valfort: « Un milieu comme la Franc-maçonnerie, dont les principes fondamentaux sont : la tolérance, la fraternité, la liberté de pensée, le respect de la personne humaine, dont l’objet principal est l’éducation des individus et la formation d’une élite, ne peut pas être inutile au progrès de l’Humanité. Et de cela les anarchistes, moins que quiconque, ne doivent douter, vu l’importance qu’ils attachent à l’éducation ».

C’est pourquoi je ne vois pas d’incompatibilité entre Franc-maçonnerie et attitude libertaire. Les deux sensibilités concourent au même but. Certes leurs formes d’actions sont différentes mais les idées sont les mêmes et la phrase « un maçon libre dans une loge libre » prend tout son sens : aucun dogme, aucun système d’autorité ne peut asservir l’Homme. Comment l’un et l’autre, le Maçon et le Libertaire, frères en Humanité ne pourraient-ils pas s’asseoir et œuvrer ensemble au sein d’une Loge. Pour eux le dénominateur commun est l’Homme.

Prenons encore les fonctions occupées au sein d’une Loge. Tous les ans il y a élection des Officiers. L’un d’entre eux est Le Vénérable Maître, qui en fait n’est que l’administrateur de la Loge. Ils ne sont donc « élus », « reconnus » par les Frères que pour un an.

Ces officiers ne sont pas des « gouvernants », des « mandataires », des « représentants » mais des pairs qui, conformément au mandat impératif, révocable et « tournant » qui les a désignés doivent rendre compte, ont la charge de tenir certains offices, et exécuter certaines « missions » dans l’intérêt de la Loge.

Leurs charges ne sont attribuées que pour favoriser un harmonieux travail de l’Atelier et leur actes « d’autorité » ne sont en fait que le respect des règles fixées en commun. A l’issue d’une charge chacun retourne sur les colonnes.

Si on lit le Règlement de l’Obédience on y voit tout un « système » pourvu de tous les attributs habituellement image de pouvoir ou au sens large d’autorité. Mais il y a une très grande différence : tout Maçon peut s’il le veut, quitter, librement, sa Loge. Même dans ce cas extrême il y a respect de son acte.

On est bien là dans une affirmation qui s’inscrit dans l’Humanisme, lequel est né avec la premier humain ayant pris conscience de ce qu’on pouvait naître à son humanité si on en faisait librement le choix. Choix de s’engager mais aussi de se désengager. L’engagement maçonnique est scellé par la Liberté : la liberté du choix de l’individu d’abord, puis Liberté ensuite, avec un grand « L », constitutive d’une condition humaine.

De plus, regardons nos rituels. Ils ont évolué au cours des siècles. Mais une Loge peut aussi se donner un rituel. Toutes les règles élaborées pour servir les besoins humains doivent être par nature adaptées aux circonstances et ne doivent jamais pouvoir « s’institutionnaliser ».

C’est pour cela que je me sens bien en Maçonnerie. Si mes aspirations libertaires sont, comme je le crois, installées et vécues elles ne gênent en rien mon engagement et à la pensée de Léo Campion j’ajouterai encore celle-ci: « Tu dis que tu as choisi une idée parce qu’elle est bonne, sache qu’en réalité tu dis qu’elle est bonne parce que tu l’as choisie. » afin d’être toujours en veille

Enfin, pour terminer une définition que j’adopte volontiers : « L’Anarchisme est la passion de la Liberté mise en théories. Et aussi en pratique lorsque faire se peut ». (Dictionnaire Universel de la Franc-maçonnerie).

Jean Rich:.

 http://www.motiflibertaire.net

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Danse et Initiation 1 janvier, 2009

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Danse et Initiation

 

La danse dit Xénophon n’est pas de ces sujets faciles et accessibles à tous, elle touche aux régions les plus élevées de toutes sciences rythmiques, géométrie, philosophie surtout, physique et morale puisqu’elle traduit les caractères et les passions. Elle est encore moins étrangère à la peinture et à la plastique : les actes de l’homme intéressent parfois le corps, parfois l’intelligence, tandis que la danse occupe l’un et l’autre : elle affine l’esprit, exerce les membres, instruit et charme les yeux, l’oreille et l’âme …»

Cette difficulté qu’évoque le philosophe grec m’est apparue comme une vibrante réalité dans l’étude de ce sujet. En effet, sa complexité, due à la multiplicité de ses manifestations s’étendant sur plusieurs millénaires, diverses ethnies et civilisations, la grande diversité de ses implantations géographiques ainsi que la richesse de ses traditions offrent à notre investigation, notre réflexion et nos méditations, une immensité et une plénitude digne des plus grandes oeuvres de l’humanité.

La Mythologie nous rapporte que Terpsichore entraînait le cortège des Muses … Cette vision poétique nous suggère, peut-être, une reconnaissance de l’antériorité de la danse par rapport aux autres formes d’expression de l’Art, son universalité et, pourquoi pas, sa supériorité ! … Cette conception confirmerait la thèse de tous les grands spécialistes : ethnologues, archéologues ou historiens de l’Antiquité, scientifiques, chercheurs et exégètes des textes anciens, qui affirment que les origines de la danse remontent aux sources les plus anciennes.

«Avec la création de l’Univers, disait le poète Lucien, naquit à son tour la danse qui symbolise l’union des éléments : la ronde des étoiles, les constellations des planètes reliées aux autres astres fixes, l’ordre et l’harmonie de tous les éléments, reflètent la danse originelle du temps de la création». On trouve les traces de la danse dès les premiers âges de l’Histoire, et, bien sûr, de la Préhistoire, mais ici n’est pas le propos d’entrer dans le détail de tous les vestiges qui témoignent de son existence, de sa pratique et de sa pérennité.

La constante préoccupation de l’homme a toujours été de concilier la faveur des forces mystérieuses dont il soupçonnait le pouvoir dans l’au-delà avec la réalité concrète. Il se rendit bien vite à l’évidence qu’il était soumis à des forces supérieures à la sienne et indépendantes de sa volonté : le soleil l’éclairait, le chauffait, le feu le brûlait, le tonnerre l’effrayait, l’eau le suffoquait, etc … Tous ces éléments exerçant sur lui une action puissante et irrésistible. Et nous trouvons là, les premiers gestes instinctifs, essentiels et primordiaux de la vie courante. Le geste, langage muet, inscrit dans l’espace, étant l’une des premières manifestations de l’homme, où se termine le geste et où commence la danse ?

Je pense que la danse née de l’élan naturel, instinctif et raisonné d’exprimer les divers sentiments et sensations de l’homme, commence réellement à partir du moment où le geste est ordonné : elle est donc, au départ, une manifestation de la volonté, elle nécessite, par conséquent, une participation de l’Esprit.«Un mouvement du corps est donc une conséquence d’un mouvement de l’Ame».

C’est l’esprit qui commande la matière. Platon disait à peu près la même chose : «Le mouvement est l’essence et l’idée même de l’Ame».

La danse, expression individuelle ou collective d’un état affectif, se manifeste par des gestes du corps ordonnés, unissant le son, le rythme, et le mouvement. Elle s’exprime dans le désir instinctif de libérer les tensions psychologiques dans le jeu des jambes qui produit les mouvements rythmiques, dans les battements de mains, les claquements de cuisses et les piétinements ; aux premiers âges de la danse, le corps humain était lui-même l’instrument de production des sons.

Tout, pour ces hommes, était occasion de danser : Joie, chagrin, amour, terreur, aube, mort, naissance, etc … le mouvement de la danse leur apportait un approfondissement d’expérience. Dans cette danse, l’imitation des sons et des mouvements observés autour d’eux, et, notamment, l’expression involontaire du mouvement par le son et le geste, précédait toute combinaison consciente et articulée de son et de danse.

Avant que la danse ne s’épanouisse en un rite religieux délibéré, elle est une libération rythmique d’énergie, un acte d’extase, mais aussi, le moyen naturel pour l’homme de se mettre au diapason des puissances du Cosmos. Ce n’est que très progressivement, sous l’influence des cultes officiels, que la danse, d’abord expression spontanée du mouvement, se transformera en un système fixe de pas et d’attitudes. Et, pourtant, sous quelque forme qu’elle se présente, le but de la danse est toujours d’approcher la divinité.

En tant qu’acte de sacrifice, par quoi l’homme s’en remet à Dieu, la danse est abandon total de soi. Ainsi le corps, à travers tout l’éventail de ses expériences, est l’instrument de la puissance transcendante ; et cette puissance, la danse la saisit directement, instantanément et sans intermédiaire.

Le corps est ressenti, dans sa dimension spirituelle, comme le canal par où s’opère la descente du Tout-Puissant. L’émancipation de l’homme par rapport à son Dieu s’opère par l’imitation de celui-ci : «L’homme, s’identifiant aux Dieux devient à son tour Créateur …»

LE SYMBOLISME DU CORPS HUMAIN

La danse est chose sérieuse, et, par certains aspects, chose très vénérable, selon Paul Valéry. Toute époque qui a compris le corps humain ou qui a éprouvé, du moins, le sentiment du mystère de cette organisation, de ses ressources, de ses limites, des combinaisons d’énergie et de sensibilité qu’il contient, a cultivé, vénéré la danse. C’est pourquoi il ne serait pas concevable d’évoquer quelque geste qui soit, sans approfondir le symbolisme de l’organisme dont il est l’émanation : Le corps Humain dans sa dualité : matière-Esprit.

Et là, nous sommes encore dans le domaine du concret et du plus mystérieux à la fois, du plus lié dans une fondamentale unité ; ce merveilleux instrument, certainement la plus belle création du Grand Architecte de l’Univers, autour duquel gravitent tous les efforts de pensée des savants, des philosophes et des théologiens depuis toujours, pour tenter d’en percer le mystère.

Le corps humain, disait Léonard de Vinci, comme tous ceux qui ne se bornent pas à ne considérer que l’extérieur des choses, est construit aussi rythmiquement que l’est un monde … Ceci est d’autant plus vrai que le rythme est dans tous les mouvements. Lamennais, dans son livre sur «L’Art et le Beau», affirme que la danse est le mouvement rythmique du corps ; Lamartine parlait d’harmonie. «A travers le rythme, il y a le nombre, qui est l’expression intérieure du rythme et c’est justement parce que le rythme est partie intégrante de la création et lui a donné sa formule au sortir des mains de celui qui est, lui-même, le Nombre et l’Harmonie, que tous les Grands Initiés, et plus particulièrement Pythagore, ont étudié dans le Nombre tous les secrets du Monde, aussi bien intérieur qu’extérieur».

Parmi les nombreuses interprétations symboliques du corps humain, il est certain que le dessin de l’Arbre des Séphiroths est celui qui nous révèle le mieux la structure spirituellement la plus élevée de l’être humain, chaque partie du corps correspondant aux dix énergies divines qui nous sont révélées par le livre du Zohar. Devant une voie aussi difficile, je me contenterai simplement d’évoquer les grandes lignes du schéma traditionnel que l’on retrouve un peu partout, à savoir : la verticalité et l’horizontalité, ces deux oppositions complémentaires.

L’axe vertical est la voie par où monte et descend la puissance transcendante, l’axe horizontal représente les forces créées à travers lesquelles elle se manifeste. C’est la croix statique, point d’interaction du microcosme et du macrocosme. L’anatomie humaine, avec sa sextuple orientation dans l’espace, possède en son centre, un septième point situé à l’intersection des deux axes : c’est la «caverne du cœur».

La subdivision de cette croix statique produit la croix dynamique, ou roue du mouvement, qui symbolise le pouvoir que possède l’homme de s’orienter et de se mouvoir dans l’espace, le mouvement cyclique étant rendu possible par l’interaction des contraires.

L’homme, étant appelé à s’insérer et à agir dans les dimensions de l’espace et du temps, a de nombreuses combinaisons possibles dans les positions du pied, du bras, de la tête et du corps, à l’intérieur de ses coordonnées spatiales. Cependant, malgré la multitude des potentialités, il s’avère que le nombre de figures utilisées depuis le début de l’humanité, est relativement restreint. En effet, en étudiant l’évolution de la danse et de son esthétique à travers les âges, j’ai remarqué, entre autres exemples, une analogie incroyable entre deux documents distants de plusieurs millénaires : Ci-dessous, une fresque égyptienne de la Sixième Dynastie (vers 2 400 ans avant J.-Christ), représentant une danse extatique en l’honneur de la déesse Hathor, et, le croirait-on, un tableau de Seurat du début de notre siècle, illustrant des danseuses de Cancan ! …( L’attitude de leur lancer de jambe, pratiquement identique ayant pourtant une signification et une connotation diamétralement opposée : la première étant une représentation rituelle et sacrée les ethnologues assurent que le lancer de jambe en l’air est l’antique figure d’un rite de fertilité accompli par les femmes et qu’ont pratiqué maintes races), la seconde, totalement profane, émanation d’une source de plaisir. Ceci prouve que l’usage, en réalité, n’a retenu qu’un petit nombre de figures, parmi toutes celles proposées. L’on pourrait aussi comparer un piétinement pesant et obstiné de certaines danses Primitives à la démarche des danses d’Asie, d’un sourcil mobile à une hanche flexible, d’une main éloquente à un orteil nu, chaque partie du corps est vivante …

LES PREMIERS GESTES ET PAS : DÉPLACEMENT-GIRATION-SALTATION LA MARCHE EN ROND (SYMBOLE DU CERCLE)

Une des particularités de l’homme, par rapport à l’espèce animale, réside en sa verticalité. Ses premières aspirations dans le domaine du mouvement, furent le déplacement, la saltation et la giration. Le principe essentiel du déplacement est contenu dans la marche : nous la retrouvons partout et à toutes les époques et civilisations qu’elles soient primitives ou évoluées, profanes ou rituelles.

Huit mille ans avant J.-C., une scène gravée dans la grotte d’Addaura, près de Palerme, représente la plus ancienne figuration de danse en groupe : La marche de sept personnages autour de deux centraux, formait une ronde allant de la gauche vers la droite comme celle des astres : le Soleil et la Lune. Faut-il y voir une danse cosmique ? C’est, en tous cas, une préfiguration de celle qu’exécutaient les prêtres en Egypte, quatre millénaires plus tard. «Au moment où la nuit commençait à pâlir et que s’éteignaient les astres dont la danse céleste était l’image même de la nature, à l’aube, les Prêtres rangés autour de l’Autel, dansaient majestueusement, et leur ronde simulait le Cercle du Zodiaque. «Alors commençait la danse de l’Etoile du matin, et ce ballet symbolique, contemporain de la naissance de l’astronomie, enseignait aux enfants de l’homme, par le mouvement figuré des planètes, les lois qui régissent le cycle harmonieux des jours et des saisons» …

Cette danse astronomique, faisant partie de l’initiation aux Mystères d’Isis, n’était pas la seule pratiquée par les Egyptiens : les prêtres de Memphis et de Thèbes dansaient aussi autour du Boeuf Apis. L’on trouve bien d’autres manifestations de danse en cercle, à des époques bien différentes. Citons, par exemple : la danse Mystique des Druides, qu’ils interprétaient en nombre impair, glorifiant les astres. Et puis, il y a toutes les marches en forme de procession, avec des parties chorégraphiques : telles, les pleureuses, sorte de coryphées, qui accompagnaient les funérailles, ou celles que les bas-reliefs des temples nous retracent, comme à Louxor, où des danseurs à massue ou à boomerang figuraient le cortège de la visite qu’accomplissait le Dieu Amon, venant de Karnac, ou ces prêtres-danseurs, dits «Mouou» que l’on voit depuis l’Ancien Empire, IIIème millénaire avant notre Ere, relayer les danseurs de cortèges funèbres pour aider les morts dans leur initiation à la vie intemporelle. Plus près de nous, les marches traditionnelles des pèlerins étaient considérées, par certains, comme des danses : Il suffit d’observer le chemin en forme de labyrinthe comme il en existe dans certaines cathédrales, pour s’apercevoir, comme à Chartres, qu’en suivant son tracé, avec ses angles droits et ses formes géométriques, l’on obtient réellement des pas.


LA GIRATION : LE TOURNOIEMENT = L’EXTASE

Après avoir évoqué la marche comme premier élément du mouvement collectif, son déplacement et sa signification à travers quelques exemples, son prolongement et le symbolisme du sens giratoire, ceci nous amenant directement à explorer la giration, en tant que technique particulière, amenant à l’extase. Saint Ambroise, Evêque de Milan au IVème Siècle, s’exprimait ainsi : «Et tout comme l’acte physique de la danse dans le tournoiement éperdu des membres, donne au danseur le droit de prendre part à la ronde sacrée, de même, le croyant qui s’abandonne à l’extase de la danse Spirituelle, acquiert le droit d’entrer dans la ronde universelle de la création».

Dans la grotte dite des «Trois Frères», une figure gravée et peinte de l’époque néolithique, situe la première manifestation d’un homme, indiscutablement en action de danse, dont l’abbé Breuil, qui l’a découverte, a relevé les particularités suivantes : La position de cet homme prouve qu’il exécute un mouvement de giration sur lui-même, réalisé par un piétinement de plain-pied, or, la constitution anatomique des hommes de cette époque étant, selon les spécialistes, analogue à la nôtre, les effets psychosomatiques de ce tournoiement sont ceux que chacun peut expérimenter : la perte du sens de la localisation dans l’espace, le vertige, une sorte de dépossession de soi-même, une extase au sens étymologique du mot.

Il faut remarquer, comme une analogie éloquente, que partout dans le monde et à toute époque, y compris la nôtre, les danses sacrées par lesquelles les exécutants veulent se mettre dans un état «second» où ils se croient en communion directe avec un esprit, se font par tournoiement.

Les chamans, les lamas, les derviches tourneurs, les exorcistes musulmans, les sorciers africains, tournent sur eux-mêmes dans leurs exercices religieux qui les mènent à un état de transe provoquée par la danse comme «tournoie», le danseur des Trois Frères.

LE CHAMANISME

Pour le chaman, c’est par une technique archaïque de l’extase pratique, c’est-à-dire voulue, qu’il entre en transe, et c’est seulement à ce moment-là qu’il peut entrer en communication avec les esprits et entreprendre son voyage cosmique. Il ne le fait pas par souci métaphysique, ni par désir personnel ou par amour de Dieu, mais par la volonté d’obtenir des résultats concrets, par exemple : la guérison d’uchaman (à la fois chef, sorcier, médecin et premier danseur), est la communion avec les forces qui animent la nature.

Le premier élément de la danse chamanique (le chamanisme n’étant pas une religion), est un tournoiement autour d’un centre. Ce tournoiement permet de s’identifier ou de s’intégrer au Cosmos et de reproduire le mouvement des corps célestes.

Les circumambulations rituelles veulent imiter le cours apparent du soleil. Il ne fait pas de doute que ces mouvements circulaires sont cosmiques, leur nombre d’abord le prouverait : 3-7-9, chiffres sacrés chez les Altaïques se rapportent aux 3-7-9 planètes et aux 3-7-9 étapes de l’Univers du Ciel.

L’ISLAM : LES DERVICHES TOURNEURS ET LE SOUFISME

Quant aux derviches tourneurs, nous retrouvons les mêmes principes évoqués précédemment. Pénétrant plus profondément dans l’étude du Soufisme, nous découvrons qu’il existe de nombreuses analogies avec notre Ordre : Si l’on regarde attentivement le plan schématique d’un Sama-Khana, c’est-à-dire le lieu où se réunissent les Derviches, il y a bien des affinités avec nos Temples, chaque officiant ayant une place bien déterminée et orientée, sous l’œil vigilant du Cheikh, leurs déplacements étant réglés d’une façon très précise. Nous retrouvons les termes de Vénérable Maître, de daître, de Frères, etc …, il y a plusieurs étapes dans la vie du Derviche, avant et après son noviciat, il y a aussi plusieurs degrés dans la pratique du Samâ. Le Samâ est interdit aux hommes qui sont dominés par les passions de leur âme et c’est par l’ascèse qu’ils parviendront à les maîtriser.

Pour le derviche, le fait de tourner indique l’adhésion de l’esprit à Dieu par son mystère et son être. Le mouvement circulaire de son regard et de sa pensée, ainsi que la pénétration par lui des degrés existants, sont autant d’éléments qui constituent l’état d’un «Chercheur de Vérité». Ces sauts du derviche indiquent qu’il est attiré du degré humain vers le degré unique et que les Etres acquièrent de lui des effets spirituels et des appuis lumineux. Lorsque son esprit a dépassé les voiles et atteint les degrés de la rectitude, il découvre sa tête. Quant il est séparé de ce qui n’est pas Dieu et est arrivé à Dieu Très-Haut, il retire une partie de ses vêtements …

Il est absolument impossible de traiter toutes les danses ayant un caractère sacré, symbolique ou rituélique qui enrichissent l’histoire des peuples et il faut comprendre que je fus obligé de faire un choix. Cependant, il est intéressant de constater qu’il existe toujours, à la base de la recherche de ceux qui les pratiquent, malgré une origine très différente et souvent fort éloignée, les mêmes aspirations : le détachement des contingences humaines et matérielles vers la spiritualité, l’évasion de la Terre pour le Cosmos, la recherche du Divin, de l’Identité Suprême, l’Unité … rejoignant ainsi en haut de la Pyramide tout ce que nous apprenons en Maçonnerie au fil de notre évolution dans le chemin de la Connaissance.

LES DANSES SACRÉES ORIENTALES : CAMBODGE ET CHINE

Les danses orientales, en ce sens, sont très significatives, ayant toujours à la base un caractère sacré. C’est pourquoi, parallèlement, il faudrait étudier aussi leurs religions, tellement ces deux entités sont indissociables. Que ce soit en Chine, au Japon, à Bali, à Java, en Birmanie ou au Cambodge, elles sont, pour nous européens, très hermétiques, et nous ne pouvons en saisir le véritable sens.

Leur particularité, par rapport aux normes occidentales, réside en leur caractère statique, dont les positions, à l’opposé des nôtres, sont concentriques, c’est-à-dire repliées vers l’intérieur. Notons que, si les rondes évoquées précédemment étaient toutes, en Occident, orientées dans le sens des astres, allant de gauche à droite – comme c’est le cas en loge bleue, lorsque le Vénérable Maître et les deux Surveillants procèdent à l’allumage des Trois Colonnes, lors de l’ouverture des travaux, en Orient, elles tournent dans le sens contraire. Statiques, mais pas figées, ces danses ont tout de même un mouvement, bien qu’il se manifeste d’une manière inhabituelle pour notre oeil.

La danseuse animée d’une sorte de frisson dans le repos, semble craindre de «déplacer les lignes» pour parler comme Baudelaire. Elle se déplace par modulations discrètes, ces mouvements n’étant que des transitions pour passer d’une pose à une autre. Je ne parle évidemment pas des danses de combat qui sont des exceptions.

Si nos danses sont, par essence, exécutées par les pieds et avec les jambes, chez l’Asiatique, au contraire, les pieds n’assument pas un rôle prépondérant, étant d’ordinaire nus et collés au sol. Par contre, les bras, les mains, la tête, le buste entier, toujours en mouvement, même dans la station de repos, prennent, ici, une part immense. La flexibilité des bras, des poignets et des doigts, avec leurs multiples combinaisons, compose un aspect frappant du système asiatique, dans un langage minutieusement fixé et codifié. Ce langage, sans perdre son sens symbolique, devenant simplement messager d’une beauté décorative pour le non-initié.

Ayant eu l’occasion de voir le Ballet Royal Cambodgien, je fus frappé par la concentration de ces danseuses Khmères : Presque immobiles, telles des fresques des Temples d’Angkor, expressives en des gestes savants, doigts retroussés, genoux ployés, taille et cou doucement infléchis, l’extrême lenteur du déroulement, l’extrême hiératisme des gestes, laissaient présumer un symbolisme profond, totalement inconnu pour le profane que j’étais.

Pour arriver à ce degré de perfection, ces jeunes filles, choisies parmi l’aristocratie, passaient par plusieurs phases d’évolution allant de l’apprentissage jusqu’au jour de l’ultime cérémonie où elles subissaient une véritable initiation. Présentées toutes jeunes aux monitrices, les petites filles poudrées et fardées, munies de bouquets de fleurs tressées, étaient soumises d’abord à l’approbation du Souverain, faisant devant lui le Salut Ancien, l’Anjali Indien, les mains jointes à la hauteur du visage.

C’est un jeudi que commencera l’apprentissage, jour faste, placé sous la protection du Génie de la danse. Dès lors, pendant des années, de longues séances scandées par la baguette de rotin seront consacrées à des exercices d’hypertension des bras, des mains et des jambes, dont la signification dépasse de beaucoup la volonté d’assouplissement.

La désarticulation permet seule à la danseuse de s’évader des gestes humains et d’accomplir des évolutions mythiques : coudes en dehors, mains retournées, jambes dans la position de «l’envol», ce n’est pas acrobatie gratuite, mais imitation des êtres surnaturels. Lorsque les monitrices jugent que leurs élèves ont acquis l’habileté désirée, elles les préparent à l’importante cérémonie qui feront d’elles de vraies «Lokhon», danseuses consacrées, danseuses professionnelles.

Je passerai sur certains détails, pour aller vers l’essentiel.

D’abord par groupes restreints, elles dansent sous des masques. Chaque geste ayant une signification codifiée, stéréotypée. Attitudes presque immobiles, maintenues en suspens, équilibres difficiles, ici statique et dynamique s’opposent, mesures, silences et points d’orgues s’enchaînent. Rien de plus savant, de plus concerté que cette expression de la danse. Rien de plus conventionnel que ce langage, quintessence du langage par le geste, et pour cause : C’est la pantomime de l’Irréel et rien n’y doit être exprimé selon les normes humaines …

L’INDE : LE BARAT-NATHYAM – CIVA ET KRISHNA

L’origine de la danse hindoue se perd dans la nuit des temps, mais elle était toujours, depuis ses débuts, une forme de culte, un moyen de communiquer avec l’Esprit Suprême, de s’unir à lui.

Que ce soit dans le Barat-Nathyam ou à travers les Dieux danseurs Civa ou Krishna, dans toutes les danses de l’Inde, s’inscrit en filigrane l’idée que le Manifesté n’est que le symbole du Non-Manifesté ; tout ce qui arrive dans le temps a son équivalent dans l’éternel et l’initié seul peut distinguer ce qui les joint l’un à l’autre.

Pour le profane, les mouvements du danseur peuvent être beaux et stylisés, mais pour celui qui saisit la signification des «Mudras» et les secrets de l’Abhinaya», les doigts effilés du danseur racontent l’histoire de la création : Les battements du tambour brisent le mur qui sépare le tangible du mystère et le danseur devient réellement un «dévadàsa», un esclave de Dieu qui révèle à chacun l’Ultime Réalité.

En Inde, lorsque la Fête est dédiée aux Dieux, la danse est prière. Pour les Hindous «le corps qui danse est visité par Dieu», car, pour eux, «l’âme n’est pas à distinguer du corps». Dans l’expression de l’unité organique de l’homme et de la nature, l’Inde a fait de la danse de Civa, l’image la plus claire de l’activité de Dieu. Rodin, voyant un jour une image du Nataraja la déclara la plus haute conception sculpturale du corps en mouvement.

Pour délivrer les âmes humaines de l’illusion, la danse de Civa a lieu au Centre du Monde, c’est-à-dire, le cœur de l’homme.

Civa, le Grand Yogi, le Seigneur du Monde est aussi Nataraja, le Roi de la danse. La danse de Civa a pour thème l’activité cosmique qui crée et détruit l’Univers.

LES HÉBREUX

Ayant analysé, trop succinctement, bien sûr, le symbolisme et le rituel des danses sacrées orientales et extrême-orientales, il convient d’aborder maintenant les danses des peuples qui sont à la source des origines liturgiques et culturelles de notre monde occidental.

Pour nous, imprégnés de civilisation judéo-chrétienne, ce sont les Hébreux qui, par les textes bibliques, nous transmettent les premières informations sur leurs rites et leur gestuelle : accompagnement de la prière, adoration, louanges, etc …

Contrairement aux civilisations environnantes où les représentations iconographiques, par les fresques, les vases, et la statuaire, nous apportent la preuve exacte des figures et mouvements utilisés dans leurs danses, nous n’avons, en ce qui concerne les Hébreux, aucune attestation archéologique, la loi religieuse hébraïque interdisant formellement toute représentation imagée. Ce sont donc, par les écrits que nous pouvons nous faire une idée sur les danses qui étaient pratiquées et dont il est souvent fait allusion dans la Bible :

Dans le livre de l’Exode (chapitre 15) relatant le passage de la Mer Rouge avec les danses en files conduites par Myriam la Prophétesse ; au chapitre 32, les rondes sont évoquées lorsque Moïse descend du Sinaï trouvant le peuple en train de danser devant le Veau d’Or, et, surtout, la fameuse danse de David, quasi-nu, devant l’Arche d’Alliance (Samuel chapitre 6- verset 5). L’on trouve aussi des indications sur ce sujet dans les premiers livres de la littérature rabbinique et dans le Talmud en particulier.

LA GRECE

Les Grecs ont toujours tenu la danse en grande estime puisqu’ils lui donnèrent le nom de «Nomos» (règle, loi du corps, ou règle des mouvements du corps), et qu’ils la qualifiaient d’Art Divin. De sa naissance à sa mort, la civilisation grecque fut toute imprégnée de danse. A Athènes, à Sparte, à Lacédémone, elle était regardée comme la science de tous les gestes, de tous les mouvements, faisant partie intégrante de l’éducation. Les récits légendaires des Grecs placent tous l’origine de leurs Danses et de leur art lyrique en Crète.

C’est dans «L’Ile Montueuse», selon le qualificatif homérique, que les Dieux ont enseigné la danse aux mortels, et c’est là que furent réunis les premiers «Thiases», groupes de célébrants en l’honneur de Dyonisos. Citons au passage que le geste symbolique revêt en Crète une signification particulièrement importante : en général, on représente la danseuse tendant le bras horizontalement, cassant l’avant-bras au coude, en opposition, l’un vers le haut, l’autre vers le bas ; dans le premier cas, la paume est ouverte vers le ciel, dans l’autre, vers la terre.

Toujours cette relation Terre-Ciel, que l’on a remarqué chez les Egyptiens, que l’on retrouvera chez les danseurs dionysiaques, puis chez les Etrusques. Précisons que le langage des gestes, la chironomie des Grecs était des mouvements bien codifiés qui n’employaient pas que les mains, mais aussi tout le corps et qu’il fallait toute une étude pour les déchiffrer. Les plus grands auteurs ont écrit ou parlé sur la danse : Xénophon, Socrate et Platon, en particulier. Pour les Grecs, la danse était principalement d’essence religieuse et spirituelle, don des Immortels et moyen de communication.

LA DANSE DANS LA LITURGIE CHRÉTIENNE

Dans la liturgie chrétienne et plus particulièrement dans les cérémonies pontificales de l’Eglise Catholique, toute inspiration des rituels pour les costumes et les mouvements du clergé découle du Temple de Jérusalem. Les processions de l’introït, l’aspersion des fidèles, l’encensement de l’autel, entre autres, sont réglés comme des chorégraphies.

A cet effet, nous pourrions rappeler que la prostration, lors de l’ordination sacerdotale qui permet aux futurs impétrants de «dépouiller le vieil homme», selon l’expression consacrée, pour renaître à l’homme nouveau, n’est pas sans évoquer la mort initiatique. Mais il ne s’agit là que d’une interprétation des gestes symboliques et non de danses réelles.

Pourtant, elles ne manquent pas de s’illustrer tout au long de la chrétienté, malgré l’interdiction du clergé condamnant, à de nombreuses reprises, les Danses et les Caroles dans les églises : Par le Concile de Vannes en 465, puis de Tolède en 587, par la Décrétale du Pape Zacharie, puis à Avignon en 1209, à la Sorbonne en 1444, enfin le Concile de Trente en 1562, lors de la grande remise en ordre de l’Eglise.

Toutefois, les Pères de l’Eglise Primitive ne semblaient pas, au départ, hostiles à la danse, considérant même qu’elle existait au début du christianisme comme faisant partie des rites. Citons : la Chronique de Saint-Martial de Limoges, indiquant l’organisation d’une «Choréa» en 1205, puis une autre pour le départ des Croisés. Carole encore à Sens, le soir de Pâques, autour du puits du cloître : archevêque en tête, les dignitaires du Chapitre dansaient intercalés avec les enfants du chœur, etc….

Dans une optique un peu différente, évoquons aussi les danses des brandons, qui avaient lieu le premier dimanche de Carême, autour de bûches enflammées et celles de la Saint-Jean, nous concernant davantage, où les fidèles décrivaient de grandes rondes autour des feux allumés en l’honneur de l’Apôtre ; ces deux manifestations ayant une origine commune : Les Palilies romaines, fêtes purificatoires et le même symbole : celui du feu. Danse du feu, encore, que relate le Père de Charlevoix dans le journal de son voyage en Amérique Septentrionale, interprétée par cinq ou six femmes, côte à côte sur la même ligne, se tenant fort serrées, les bras pendants, qui dansaient et chantaient jusqu’à l’extinction du feu.

Dans certains pays, et notamment l’Espagne, on danse encore dans les églises et surtout autour d’elles, à l’occasion des fêtes traditionnelles. Qui n’a pas entendu parler des Pénitents Blancs de Séville, des Confréries de Burgos ou de Saragosse, dont les grandes exhibitions ont lieu au cours des processions de la Semaine Sainte. Il y avait aussi la danse en chaîne ouverte, et celle en chaîne fermée.

Autre survivance, l’étrange procession d’Echternach au Luxembourg, qui a lieu le mardi de Pentecôte. Païenne à son origine, cette Fête fut transformée par les Bénédictins qui lui assignèrent un but précis : l’imploration de Saint-Willibrod pour la guérison des épileptiques et des malades atteints de la danse de Saint-Guy ! ..

C’est à partir du XIIème Siècle que la danse fut bannie de la liturgie ; elle ne survivra que dans les Danses Macabres, danse de la Mort contre la mort, à une époque de hantise de la famine, de la guerre et de la peste. Au temps de la Peste Noire (1349), se multiplieront, avec des danses convulsives, les phénomènes de transe et de possession, en dehors de quoi, ne se développeront que des danses profanes.

LE MOYEN-AGE

Au Moyen-Age, la danse est présente à tout moment : les moresques et momeries, les mascarades, carnavals et défilés, le danseur y apparaissant sous diverses formes : en saltimbanque, jongleur, et même montreur d’animaux savants, comme un simple exécutant profane.

En fait, si l’on étudie plus profondément leurs mouvements et le contexte dans lequel ils les exécutaient, l’on s’aperçoit que ces «gens du voyage», tels les Compagnons Opératifs, étaient en possession d’un véritable savoir ésotérique et initiatique. Ils se reconnaissaient par des signes, véritables mots de passe. Cette gestuelle acquise de longue date était transmise par les Maîtres dans la plus pure tradition orale, dans le même esprit que dans la Maçonnerie où le cheminement initiatique est ponctué par des gestes rituels et symboliques propres à chaque grade.

Quant aux danses compagnonniques, elles relèvent des mêmes principes.

LE BAROQUE

Parti de l’Italie sous la Renaissance, le centre d’intérêt de la danse se déploiera petit à petit vers la France, sous l’impulsion de Marie de Médicis. Le baroque italien et français renferme une foule de détails qu’il serait intéressant d’analyser, mais cela nous entraînerait trop loin.

Le premier chorégraphe de l’histoire du ballet, Balthazar de Beaujoyeux, réalisa en 1581 le «Ballet Comique de la Reine», point de départ des ballets de cour. Il définissait le ballet comme une combinaison géométrique de plusieurs personnes dansant ensemble, dont le dessin des mouvements au sol, vu du haut des balcons, loggias ou estrades, représentant cercles, carrés, losanges, rectangles ou triangles. Ce symbolisme des formes et figures géométriques, allait donner naissance, un peu plus tard, au système classique.

LE SYSTEME CLASSIQUE

Le Système Classique, appelé également Système Occidental, en opposition avec l’Oriental, vit le jour au XVIIème Siècle, sous le règne de Louis XIV.

C’est aux alentours de 1660 que furent codifiées les cinq positions fondamentales et les pas de base de la danse classique, par Charles-Louis Pierre de Beauchamp, Premier Maître à Danser du Roi, et compositeur des Ballets de sa Majesté. La particularité de la danse classique, réside principalement dans son principe d’en dehors, dont le grand théoricien Noverre disait qu’il avait été dicté fondamentalement pour des raisons d’esthétique.

Une autre interprétation, plus intéressante, fait remarquer que Terpsichore a son beau visage tourné vers l’extérieur, comme les cinq positions de pieds du danseur académique. Ces positions forment l’élément de base de la grammaire chorégraphique, point de départ et d’arrivée de n’importe quel pas ou mouvement. Ainsi, le danseur doit se mouvoir et s’exprimer physiquement et techniquement au rebours du commun des mortels.

L’élévation, but essentiel du système, se manifeste partout ; combinée avec l’amplitude et le parcours, c’est l’âme de la danse classique.

Ce dessein de fuite, d’envol, tout le proclame à nos yeux. Non seulement les grands temps en l’air, mais aussi les pas vifs et légers de la danse à terre. En fait, c’est tout le psychisme qui est orienté vers le haut : l’immobilité même fugitive, à la vérité, des positions de repos, parle un langage identique : la noblesse, le lyrisme des lignes déployées. L’élévation de la danseuse sur la pointe (au XIXième Siècle, en plein Romantisme), qui hausse l’interprète vers le ciel, la fluidité des ports de bras donnant l’impression de gestes allant vers l’infini, sont autant d’images évoquant la même aspiration.

Abstraite combinaison de formes mouvantes, géométrie dans l’espace, architecture animée, caractérisent ce système autonome et «parfait», qui, peu à peu, s’est acquis une extrême précision, condition de sa beauté. Moins encore que les autres arts, il n’admet la médiocrité, ni l’à-peu-près, car, la moindre déviation ou bavure compromet immédiatement l’harmonieux ensemble.

Nous l’avons remarqué, la Nature a fourni à la danse et à l’homme les Positions, l’expérience lui a donné les règles. Goethe n’a-t-il pas dit «Personne n’ose danser à la légère sans avoir appris selon les règles».

Cette description idéalisée, peut-être, prouve tout de même que cet art, devenu par son évolution dépouillée de tout artifice inutile, monte vers l’abstraction la plus pure et atteint l’esthétique parfaite de la Beauté, retrouvant l’Univers de la Spiritualité et des forces qui dominent la Matière. Mais on ne peut y parvenir qu’avec rigueur, méthode et connaissance, dont les exercices dans leur langage codifié mais hermétique, forment un rituel que l’on ne cesse de répéter quotidiennement

Après ce long parcours, retraçant les diverses interprétations du symbolisme «des Pas et des Gestes Rituels à la danse» dans l’histoire de l’humanité, il est temps de conclure.

Définie par les philosophes comme étant «L’Art des Gestes» par excellence, la danse est, selon Jean-Clarence Lambert :

«L’incorporation de la volonté de participer toujours plus activement à la Vie de l’Univers et de la nostalgie de dépasser la condition humaine dans l’accomplissement d’une métamorphose glorieuse …»

- Moyen de communication et de communion entre les Hommes,
- Présence de l’esprit dans la chair et manifestation spirituelle,
- Expression spontanée des émotions et des langages humains,
- La danse est éternelle !

Gilbert MAYER

http://www.cgagne.org

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LE RÉGIUS 28 décembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

LE RÉGIUS
(Manuscrit datant environ de 1390)
STATUTS DE L’ART DE GÉOMÉTRIE SELON EUCLIDE.

Celui qui se donnera la peine de chercher et de lire, trouvera dans un vieux livre l’histoire de grands seigneurs et dames qui avaient beaucoup d’enfants, et n’avaient pas de revenus pour les entretenir ni en ville, ni aux champs, ni dans les bois.
Ils tinrent conseil par amour pour leurs enfants, afin de voir comment ils pourraient mener leur vie confortablement, sans souci et sans lutte. Ils étaient fort préoccupés par le sort de leurs descendants après leur mort. Ils envoyèrent alors chercher des clercs instruits pour leur enseigner de bons métiers.
 » Et nous les prions, pour l’amour de Notre Seigneur, de donner à nos enfants un travail qui leur permette de gagner leur vie de façon décente et honnête, et en toute sécurité « .
C’est ainsi que, grâce à la bonne géométrie, cet honnête métier qu’est la bonne maçonnerie fut constitué et créé, et mis au point par les clercs. À la demande des seigneurs ils créèrent un art qu’ils nommèrent maçonnerie, en se basant sur le modèle de la géométrie, décidés à en faire le plus honnête des métiers.
Les enfants des seigneurs étudièrent le métier de géométrie, et les clercs mirent tout leur soin à les en instruire de cet honnête métier pour satisfaire leurs pères et mères.
Celui qui apprenait le mieux, était honnête et le plus appliqué, avait droit à plus d’égards et en était honoré.
Le nom de ce grand clerc était Euclide et sa renommée s’est répandue au loin. Il ordonna que celui qui était le plus doué devait instruire celui qui l’était moins pour l’améliorer dans cet art honnête ; ainsi ils devaient s’instruire l’un l’autre et s’aimer tous comme frères et s¦urs.
Il ordonna encore que le plus avancé soit appelé maître, afin qu’il soit particulièrement honoré. Mais les maçons ne devaient jamais s’appeler entre eux de noms de sujets ou de serviteurs, car ils sont unis dans le métier, même si l’un est moins avancé que l’autre. Ils doivent s’appeler compagnons, ca ils sont tous de noble naissance.
Voilà comment, grâce à la bonne science de la géométrie, naquit le métier de maçonnerie.
C’est ainsi que le clerc Euclide a inventé cet art de la géométrie sur les bords du Nil. Il l’enseigna dans toute l’Égypte, et en divers pays, de tous côtés.
De nombreuses années passèrent, avant que le métier arrive dans notre pays. Il arriva en Angleterre, au temps du bon roi Athelstan.
Il fit construire des châteaux et des demeures, et des temples majestueux pour son plaisir de jour comme de nuit, et pour honorer son Dieu de toutes ses forces. Ce bon seigneur aimait notre métier, et il entreprit de consolider divers points qu’il trouvait faibles.
Il fit convoquer dans tout le royaume quiconque était maçon, pour qu’ils viennent corriger les défauts au moyen de bons conseils, s’ils le pouvaient. Il put alors réunir une assemblée comprenant divers seigneurs, ducs, comtes, barons, chevaliers et écuyers et bien d’autres, ainsi que des grands bourgeois de la ville. Tous étaient là, chacun à son rang, et ils siégèrent sans désemparer pour donner un statut aux maçons.
Chacun avec sa connaissance, chercha comment il pourrait définir le métier et leurs recherches produisirent quinze articles et quinze points.
Article premier.
Le maître maçon doit être loyal stable et sincère ; on doit pouvoir se fier à lui et jamais il ne le regrettera.
Il doit payer les compagnons selon le prix des vivres, et payer sans tricher ce que chacun d’eux aura mérité.
Il n’exigera que le travail qu’ils peuvent faire pour le prix de leur salaire.
Il ne touchera pas, de pot de vin d’un côté ou de l’autre, du compagnon ou du seigneur. Il ne recevra rien d’aucune sorte et tel un juge il se tiendra droit, de manière à être juste pour tous.
Il agira sans tricher, où qu’il aille, et son honneur et son renom en seront agrandis.
Article second.
Tout maître doit, s’il est maçon, être présent à la congrégation.
Il faut bien l’informer du lieu exact de l’assemblée. Il doit y aller à moins d’avoir une excuse raisonnable, sans quoi il est indiscipliné ou hypocrite, sauf s’il est gravement malade et empêché de se joindre aux autres. C’est là une excuse valable pour l’assemblée.
Article troisième
Le maître ne doit prendre d’apprenti que s’il est sûr de pouvoir le garder sept ans avec lui pour lui apprendre son métier et le mettre à profit. Un stage plus court, ce qui est évident si l’on y songe, n’est pas utile pour lui, ni pour le seigneur.
Article quatrième
Le maître doit veiller à ne pas prendre de serf comme apprenti, ni en engager un par avarice, car le seigneur qui a le serf est lié peut venir le rechercher où qu’il se trouve. Si un serf était pris dans une loge, cela créerait bien des tracas, et il pourrait arriver que l’un ou tous en pâtissent, car tous les maçons d’une région se tiennent unis.
Si un serf fait partie du métier, attendez-vous à bien des ennuis ; pour la paix, et donc l’honnêteté, prenez un apprenti bien né. Dans de vieux traités, j’ai lu que l’apprenti doit être de naissance noble et l’on a vu des fils de nobles pratiquer la géométrie.
Article cinquième
L’apprenti doit être de naissance légitime. Le maître ne doit, en aucun cas prendre un apprenti qui soit difforme ; cela signifie qu’il doit avoir ses membres entiers. Pour le métier ce serait une honte d’engager un bancal, un boiteux, un invalide au sang impur, ce serait préjudiciable à l’art.
Chacun de vous saura ainsi que le métier veut qu’on soit fort ; un estropié n’a pas de force, on s’en rend compte rapidement.
Article sixième
Le maître ne doit pas léser le seigneur en demandant pour l’apprenti autant que pour les compagnons car si eux sont parfaits en cet art, lui ne l’est pas, c’est évident. Ce serait donc folie de lui donner un salaire égal à celui des compagnons. Voilà pourquoi cet article dit de donner moins à l’apprenti qu’aux meilleurs compagnons.
Sachez que le maître peut instruire son apprenti sur bien des points, si bien que son salaire augmentera avant qu’il ait fini son stage
Article septième
Aucun maître ne doit vêtir ni nourrir un voleur de gré ou de force. Il n’abritera ni voleur ni assassin, ni personne de mauvaise réputation, car cela déshonorerait le métier.
Article huitième
Le maître a droit de remplacer un homme du métier qui n’est pas aussi bon ouvrier qu’il faudrait, et prendre à sa place un homme plus habile, car un homme négligent peut nuire au renom du métier.
Article neuvième
Le maître doit être habile et sage ; qu’il n’entreprenne aucun ouvrage qu’il ne puisse mener à bien. C’est dans l’intérêt du seigneur et dans celui de son métier, où qu’il soit, qu’il assoie les fondations de telle sorte qu’elles ne glissent ni ne s’effondrent.
Article dixième
Dans le métier, un maître ne doit jamais en évincer un autre, mais ils doivent vivre ensemble comme frères et s¦urs, car notre métier est exigeant. Il ne supplantera donc pas un autre homme de l’ouvrage dont il s’est chargé. La peine pour ce délit est forte, elle ne pèse pas moins de dix livres, à moins que soit trouvé en faute celui qui a commencé l’ouvrage.
Car personne en maçonnerie n’en évincera un autre à moins que le travail soit très compromis. Dans ce cas un maçon peut demander à reprendre l’¦uvre pour la sauver, dans l’intérêt du seigneur.
Celui qui fait les fondations, s’il est maçon habile et compétent, a dans l’esprit tout ce qu’il faut pour mener l’¦uvre à son terme.
Article onzième
Il est interdit formellement à tout maçon de travailler de nuit, si ce n’est pour améliorer ses connaissances.
Article douzième
Un maçon doit être probe, où qu’il se trouve. Il ne blâmera pas l’Oeuvre d’autrui s’il tient à garder son propre honneur. Qu’il fasse un éloge équitable de l’¦uvre, grâce au savoir donné par Dieu et la rende encore meilleure en y collaborant parfaitement.
Article treizième
Si le maître a un apprenti, il doit l’instruire complètement, en lui faisant connaître l’art de mesurer, de telle sorte qu’il connaisse bien le métier, où qu’il aille sous le soleil.
Article quatorzième
Le maître ne prendra point d’apprenti à moins d’avoir assez d’oeuvres diverses, pour qu’il puisse acquérir, au cours de son stage, toute la connaissance du métier.
Article quinzième
Aucun maître ne doit avoir une équipe malhonnête et ne doit avoir de pêcheur pour compagnon, quelque puisse être l’avantage qu’il puisse en retirer ; ni souffrir qu’ils fassent de faux serments, car il doit se soucier du salut de leurs âmes ; s’il y manquait, il déshonorerait le métier et le ferait critiquer.
STATUTS DIVERS.
Autres points adoptés par cette assemblée de grands seigneurs ainsi que de maîtres.
Premier point.
Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu’il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier.
Second point
Que le maçon travaille en semaine, aussi consciencieusement qu’il peut pour mériter son salaire et pour le jour de congé ; celui qui a bien travaillé a mérité sa récompense.
Troisième point
L’apprenti doit tenir secret les avis de son maître et de ses compagnons, l’atelier doit rester privé, et secret ce qui se passe en loge.
Quoi que tu voies ou entendes, ne le dis à personne, où que tu ailles ; gardes secrets les propos de la salle ou de la chambre, mets ton point d’honneur à bien les garder, de peur d’être critiqué et de déshonorer le métier.
Quatrième point
Personne ne doit être traître au métier ; il ne doit entretenir aucune erreur contre le métier mais la bannir ; et il ne doit causer aucun tort, ni à son maître, ni à ses compagnons ; et l’apprenti qui n’est pas libre, suivra à la même loi.
Cinquième point
Quand le maçon reçoit sa paye du maître, au tarif fixé, il doit la recevoir humblement. Quant au maître, il doit l’avertir avant midi, s’il ne veut plus de ses services comme il la fait jusqu’à ce jour. Il ne peut récriminer contre cet ordre, s’il a envie de réussir.
Sixième point
Un incident peut avoir lieu entre quelques maçons ou bien entre tous ; par envie ou aversion s’élèvent de grandes discordes. Alors, le maçon doit, s’il le peut, fixer un jour pour la discussion. Ce rendez-vous se fera à la fin de la journée. Pendant les jours de congé on peut trouver un temps pour cette entrevue, de peur qu’en la plaçant un jour ouvrable on cesse de travailler. Amenez-les à se réconcilier pour que tous suivent la loi de Dieu.
Septième point
Pour obtenir de Dieu une longue vie, il est prescrit bien clairement de ne pas coucher avec la femme de son maître ou d’un compagnon, ni avec sa concubine, comme tu ne voudrais pas qu’il couche avec la tienne, sous peine d’encourir le mépris du métier.
Que la peine soit sévère : rester apprenti sept années complètes. Celui qui a fauté sur l’un des points doit être puni par ce châtiment, car de grands désordres pourraient naître de cet infect péché mortel.
Huitième point
Si tu deviens responsable, reste loyal envers ton maître, jamais tu ne le regretteras. Tu te montreras un vrai médiateur entre maître et compagnons, fais vraiment tout ce que tu peux sans distinction, car c’est justice.
Neuvième point
Si l’intendant de notre grande salle et toi, vous vous trouvez en chambre ensemble, servez-vous l’un l’autre, avec joie.
Les nobles compagnons, seront intendants à tour de rôle, semaine après semaine ; ils seront tous intendants et devront s’aider les uns les autres avec amour comme il convient à des frères et s¦urs. Jamais personne ne le fera aux frais d’un autre, mais tous exerceront cette charge avec la même largesse, comme il se doit.
Veille à payer chacun de ceux qui ont livré des vivres pour éviter des réclamations contre toi ou tes compagnons. Nous voulons que tu paies homme ou femme avec justice. Ton compagnon doit trouver trace des dépenses réelles que tu auras faites, de peur d’être embarrassé et d’être fort critiqué.
Tu tiendras compte de tout article que tu lui as remis, des frais dus par tes compagnons. Tu dois retrouver rapidement le lieu, la date et la raison des comptes pour répondre à tes compagnons.
Dixième point
Si un maçon à une mauvaise vie, s’il est malhonnête dans son travail, et s’il calomnie ses compagnons pour s’excuser, il peut faire du tort au métier.
S’il agit mal envers vous, ne lui rendez aucun service, ne l’aidez pas dans sa mauvaise conduite, sous peine de tracas et querelles ; mais sommez-le immédiatement et contraignez-le par tous les moyens de comparaître où bon vous semble, à l’assemblée.
Vous l’inviterez à affronter ses compagnons, et s’il refuse de se présenter, il devra quitter le métier ; il subira le châtiment prévu dans les temps anciens.
Onzième point
Un maçon connaissant bien son métier, qui voit un compagnon tailler une pierre et juge qu’il est sur le point de la gâter, lui viendra en aide autant qu’il peut, et lui montrera comment faire pour ne pas gâcher l’¦uvre.
Montre-lui donc comment s’y prendre, avec les bons conseils que Dieu t’inspirera, pour l’amour de celui qui siège aux cieux.
Douzième point
Là où se tiendra l’assemblée, il y aura des maîtres et des compagnons, et maints grands seigneurs, il y aura le shérif de la région, et aussi le maire de la cité ; il y aura des chevaliers et des écuyers et aussi des autres notables. Les décisions qui y seront prises s’appliqueront sans exception, quiconque appartient à ce beau métier.
S’il se révolte contre eux, il sera emprisonné.
Treizième point
On doit jurer de ne jamais voler et de ne jamais être complice, ni partager des gains mal acquis, tant pour sa fortune que pour celle des siens.
Quatorzième point
Celui qui sera sous la crainte et le respect doit prêter un serment sincère à son maître et à ses compagnons ; il doit être fidèle à ces lois où qu’il se trouve et être loyal par-dessus tout à son seigneur.
Tu dois jurer de garder ces divers points mentionnés, et tous les maçons feront le même serment de les respecter, de gré ou de force, car ils sont le fruit d’une excellente tradition.
Qu’on examine si chacun connaît les règlements qui le concernent. Si un quelqu’un est reconnu coupable d’avoir enfreint l’un de ces points, qu’il soit humble ou puisant, qu’on le recherche et qu’on l’amène devant l’assemblée.
Quinzième point
Cette assemblée de nobles seigneurs et de maîtres a légiféré contre ceux qui contreviendraient à toutes les dispositions des articles qui y furent décidés par les maçons et les seigneurs.
Si leurs fautes sont mises au jour devant l’assemblée, et qu’ils refusent s’en corriger, il leur faudra quitter le métier de maçon et jurer de ne plus jamais l’exercer.
Et s’ils refusent de se soumettre, le shérif se saisira d’eux sans délai et les jettera dans un cachot pour le délit qu’ils ont commis. Il remettra l’entièreté de leur fortune et leurs biens, au profit du roi, et il les laissera en prison aussi longtemps qu’il plaira au roi.

AUTRE DISPOSITION SUR LE MÉTIER DE LA GÉOMÉTRIE

On décida qu’une assemblée se tiendrait une fois l’an dans le royaume, où l’on voudrait, pour corriger éventuellement les défauts de l’art. Tous les trois ans ou chaque année, se tiendra une assemblée à tel endroit que l’on voudra ; les date et le lieu seront fixés pour savoir où l’on se réunira.
Les gens de métier et les grands seigneurs doivent y assister, pour corriger les fautes qu’on aurait pu y dénoncer.
Là, tous ceux qui ont la connaissance du métier prêteront serment de respecter ces règlements établis par Athelstan :  » Ces statuts consignés ici, s’appliqueront à tout mon royaume, pour le bien de ma couronne que je détiens par mon office.  »
Aux assemblées que vous tiendrez, demandez audience au souverain pour solliciter de sa haute grâce d’être avec vous en tout lieu, afin de confirmer ce qu’Athelstan à ordonné pour ce métier.

L’ART DES QUATRE COURONNÉS

Prions Dieu, roi tout-puissant et sa mère immaculée Marie que nous gardions ces règlements et ces points, à l’exemple des quatre martyrs renommés, qui furent bons maçons, sculpteurs et imagiers.
Comme ils étaient des ouvriers d’élite, ils plurent à l’empereur. Celui-ci voulut leur faire graver son portrait pour le faire adorer ; il faisait faire de telles idoles pour empêcher d’être chrétiens.
Mais ils restèrent fidèles au Christ, et à leur métier, sans compromis ; ils adoraient Dieu et ses commandements, et restaient loyalement à son service. En ce temps-là, ils vivaient saintement dans la loi de Dieu ; ils ne voulaient pas fabriquer des idoles, quel que soit le profit à en retirer, ni les adorer. Ils refusèrent, risquant sa colère, de renier leur foi pour adopter sa fausse loi.
L’empereur les fit saisir et jeter dans un cachot ; plus ils souffraient dans leur prison, plus ils se réjouissaient dans le Christ. Alors, ne voyant rien d’autre à faire, l’empereur ordonna de les tuer.
Si tu veux en savoir plus sur leur vie, tu pourras trouver les noms des quatre couronnés dans le livre de la légende des saints. Ils sont fêtes le huitième jour après la Toussaint.
Écoutez maintenant ce que j’ai lu : bien après l’effroi résultant du Grand Déluge, on bâtit la tour de Babylone, solide ouvrage de pierre et de chaux comme on n’en avait jamais vu. Elle était si longue et si large que l’ombre à midi, avait sept miles. C’est Nabuchodonosor qui la fit construire, pour protéger les hommes, s’il survenait un nouveau déluge.
Leur orgueil et leur vantardise fut la cause de la fin de l’entreprise. Leurs langues furent divisées et ils ne se comprenaient plus.
Beaucoup plus tard, le noble Euclide enseigna l’art de la géométrie, et il enseigna aussi, en ce temps-là, divers arts et métiers ; par la faveur du Christ des cieux il fut le fondateur de nos sept sciences :
Grammatica est la première ;
Dialectica, par Dieu, est la seconde ;
Rhetorica est, sans nul doute, la troisième ;
Musica est la quatrième, je vous le dis ;
Astronomia est, par ma barbe, la cinquième ;
; Arsmetica, est la sixième ;
Geometria, clôt la liste étant ensemble humble et serviable.
Grammaire est bien la racine pour qui s’instruit par la lecture ; mais le savoir-faire est supérieur, ainsi que le fruit de l’arbre vaut plus que la racine.
Rhétorique est la beauté du rythme, et la Musique un chant suave ; l’Astronomie dénombre et l’Arithmétique établit l’art des preuves ; la Géométrie est la septième science qui permet de montrer le vrai du faux. Ce sont là les sept sciences, dont l’usage conduit au ciel.
Mes bien chers enfants, soyez de bon sens ; je vous enjoins de ne pas être envieux, de vous appliquer à bien juger et à vous bien conduire, où que vous alliez.
Je vous prie donc d’être bien attentifs, car il faut que vous sachiez ces règles et d’autres encore qui ne sont pas notées ici
Si le bon sens te manque, prie Dieu de t’en faire don car c’est le Christ qui nous l’enseigne : la sainte église est la maison de Dieu, elle n’est bâtie que pour y prier, comme il est dit ; c’est là que le peuple doit se réunir pour prier et pleurer sur ses péchés.
Veille à n’y pas être en retard ni plaisanter sur le chemin de l’église, pense bien, à tout instant, d’adorer Dieu jour et nuit de tout ton c¦ur et de toute ta force.
En arrivant à la porte de l’église, tu prendras de l’eau bénite, car chaque goutte qui te touche efface un péché véniel.
Mais d’abord tu dois baisser ton capuchon pour l’amour de Dieu qui est mort sur la croix.
A l’intérieur de l’église, tourne aussitôt ton c¦ur vers le Christ et lève les yeux vers la croix ; agenouille-toi bien à deux genoux ; prie que tu puisses ¦uvrer selon la loi de la sainte Église, garder les dix commandements que Dieu donna à tous les hommes ; et prie-le encore, à voix douce, de te garder des sept péchés, afin que tu sois, dans cette vie, à l’abri des tracas et des querelles ; demande lui encore la grâce de t’accueillir en paradis.
Dans la sainte église ne prononce pas de paroles sottes ou obscènes, abandonne toute pensée frivole, dis un Pater ou un Ave ; ne fais pas de bruit, mais reste en prière ; et si tu ne veux pas prier, n’en empêche pas les autres.
Ne te tiens ni assis, ni debout, mais agenouille-toi par terre, et quand on lira l’évangile, lève-toi sans t’appuyer au mur, et signe-toi, si tu sais le faire ; quand le gloria commence et quand l’Évangile est terminé, tu peux de nouveau t’agenouiller sur tes deux genoux pour l’amour de Dieu qui nous sauva.
Quand tu entends sonner la cloche qui annonce le saint mystère, agenouillez-vous tous, jeunes et vieux, et levez au ciel vos deux mains et dites, à voix basse, et sans faire de bruit :  » Seigneur Jésus, sois le bienvenu sous l’aspect du pain, par ton saint nom protège-moi du péché, accorde-moi l’absolution de mes péchés avant que j’aille à la communion, et le repentir de mes fautes, afin que je ne meure en paix avec le Seigneur. Toi qui es né d’une vierge, fais que jamais je ne me perde, et quand je m’en irai, accorde-moi le bonheur sans fin ; Amen ! Amen ! Ainsi soit-il ! Et vous, douce Dame, intercédez « .
Voilà ce que tu peux dire, quand tu t’agenouilles devant le saint mystère.
Si tu veux faire le bien, n’épargne rien pour adorer Celui qui a tout créé ; car celui qui a pu une fois Le voir est heureux, et nul ne peut en dire le prix ; cette vue fait tant de bien, comme saint Augustin le dit, que le jour où tu vois le corps du Christ, tu auras suffisamment à manger et à boire, aucun coup ne te fera mal, Dieu te pardonnera les mauvais jugements et les paroles vaines ; tu n’auras pas à craindre la mort subite ce jour-là, tes yeux ne perdront pas la vue ; et chaque pas que tu feras pour aller voir la sainte vision sera compté en ta faveur. Quand tu en auras grand besoin, Gabriel, le messager en tiendra le juste compte.
Après cela, je pourrais te dire d’autres vertus dues à la messe ; viens donc à l’église chaque jour entendre la messe, si tu peux ; si tu ne peux pas y assister, à l’endroit où tu travailles, quand tu entends sonner la messe, prie Dieu dans ton c¦ur, de t’unir à ce service célébré dans l’église.
Je vous donnerais encore d’autres conseils pour enseigner aux compagnons. En abordant un seigneur dans une pièce ou à table, tu dois ôter capuchon ou chapeau avant d’être près de lui ; tu dois t’incliner devant ce seigneur deux ou trois fois, en fléchissant le genou droit, c’est ainsi que tu te feras estimer.
Ne remets pas ton chapeau ou ton capuchon tant qu’on ne te l’aura pas dit.
Tout le temps que vous parlerez, aies un visage aimable, et regarde-le avec grâce.
Tiens tranquilles tes pieds et tes mains, attends d’être seul pour te moucher ou cracher, et si tu es habile et sage, tu sentiras le besoin de bien te conduire.
Quand tu entres dans la grande salle, parmi les nobles, ne donne pas trop d’importance de toi-même, de ta naissance, ni de ton savoir en voulant t’asseoir ou t’appuyer, ce ne serait pas bien. Ne te laisse pas aller dans ton maintien, les belles manières font croire à la bonne condition. Quels que soient le père et la mère, bel est l’enfant qui se conduit bien ; en salle, en chambre, où que tu ailles, c’est le maintien qui fait l’homme.
Fais attention de saluer dans l’ordre d’importance ; ne les salue pas à la file à moins de bien les connaître.
Lorsque tu es à table, mange proprement ; tu dois avoir les mains propres, un couteau tranchant et bien aiguisé ; et ne te coupe pas plus de pain que tu ne peux en avaler.
Si ton voisin est un homme d’un rang supérieur au tien, laisse-le se servir avant toi.
Ne pique pas le meilleur morceau, même si tu le préfères ; évite de te salir les mains pour ne pas salir ta serviette ; ne t’en sers pas pour te moucher, et ne te cure pas les dents à table.
Ne bois pas avidement, cela te ferait larmoyer, ce qui serait inconvenant.
Veille à ne pas avoir la bouche pleine quand tu te mets à boire ou à parler et si tu vois un homme qui boit du vin ou de la bière tout en écoutant tes propos, arrête de parler.
Veille à n’offenser ni ne médire de personne si tu veux être respecté, car tu pourrais prononcer des mots qui te mettraient mal à l’aise, retiens ton poing dans ta main fermée pour ne pas avoir à dire si j’avais su !
En privé chez les belles dames, tiens ta langue et regardes ; ne ris pas aux éclats, sois décent et ne vas pas répéter tout ce que tu entends ; ne te vantes pas par plaisanterie car cela peut t’aider ou te discréditer.
Quand tu rencontres un homme de bien, ôte ton chapeau ou ton capuchon ; à l’église, au marché ou en route, salue-le selon son rang.
Si tu marches avec un homme supérieur à ton rang, reste en retrait d’une épaule, c’est l’usage ; tais-toi lorsqu’il parle ; parle quand il a fini ; sois habile dans tes propos et fais bien attention à ce que tu dis ; ne l’interromps pas dans son discours, s’il boit du vin ou de la bière.
Que le Christ dans sa bonté, vous donne et l’esprit et le temps nécessaire pour lire et méditer ceci, et mériter le ciel.

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Les 33 degrés du REAA 27 décembre, 2008

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Les 33 degrés du REAA

 

Il n’existe pas en franc-maçonnerie de rang supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. C’est un des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » que tous les maîtres maçons soient placés sur un pied d’égalité, sans considération de position sociale ou d’appartenance à d’autres degrés maçonniques. C’est pourquoi les degrés d’un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme des degrés d’instruction, ou de perfectionnement, et non pas comme des grades impliquant un pouvoir particulier et dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre supérieur aux autres.

Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA avant l’accès aux autres grades de celui-ci.

Degré n°

Titre

Jur.Sud France

Belgique

Angleterre

Jur.Nord

Apprenti

Loge symbolique
(dans certains pays,
ces degrés sont pratiqués à un autre rite)

Compagnon

Maître

Maître Secret

Loge de Perfection

Chapitre

Chapter

Lodge of Perfection

Maître Parfait

Secrétaire Intime

Prévôt et Juge

Intendant des Bâtiments

Maître Élu des Neuf

10°

Illustre Élu des Quinze

11°

Sublime Chevalier Élu

12°

Grand Maître Architecte

13°

Chevalier de Royal Arche

14°

Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée

15°

Chevalier d’Orient ou de l’Épée

Chapitre

Council

16°

Prince de Jérusalem

17°

Chevalier d’Orient et d’Occident

Chapter

18°

Souverain Prince Chevalier Rose + Croix

19°

Grand Pontife

Aréopage ou Council

Aréopage

Supreme Council

Consistory

20°

Maître Ad Vitam

21°

Chevalier Prussien

22°

Prince du Liban

23°

Chef du Tabernacle

24°

Prince du Tabernacle

25°

Chevalier du Serpent d’Airain

26°

Prince de Mercy

27°

Grand Commandeur du Temple

28°

Chevalier du Soleil

29°

Grand Ecossais de Saint-André d’Écosse

30°

Chevalier Kadosh

31°

Grand Inspecteur Inquisiteur

Consistoire

Consistoire

32°

Sublime Prince du Royal Secret

33°

Souverain Grand Inspecteur Général

Conseil suprême

Conseil suprême

Supreme Council

Exceptions, particularités, désaccords

Dans de nombreuses juridictions, il existe également des particularités, généralement minimes, mais parfois plus importantes. Elles concernent principalement les degrés qui sont réellement pratiqués, les autres degrés sont transmis « par communication », suivant l’usage fréquent du XVIIIe siècle, c’est à dire sans que le rituel du degré ne soit réellement pratiqué.

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Ordonnances de la cathédrale d’York 26 décembre, 2008

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Ordonnances de la cathédrale d’York

 

ORDONNANCES DE LA CATHEDRALE D’YORK (1370)

Le chapitre de l’Eglise Saint-Pierre d’York (1) ordonne ce qui suit pour les maçons qui travailleront aux ouvrages de la dite Eglise Saint-Pierre : de la Saint-Michel jusqu’au premier dimanche de Carême, ils se rendront chaque matin à leur travail dans la loge qui est disposée pour le travail des maçons dans l’enceinte qui se trouve à côté de la dite Eglise ; et ils devront y être dès qu’il fera suffisamment jour pour y voir clair et travailler. Et ils y resteront à travailler consciencieusement toute la journée, tant qu’il fera suffisamment jour pour y voir et travailler (2) ; ou bien jusqu’à ce que l’horloge ait sonné midi plein, les jours où le travail finit à midi ; tout cela durant toute la dite période de la Saint-Michel au Carême. Et tout le reste de l’année, ils pourront dîner avant midi, s’ils le désirent, et de plus ils pourront prendre le repas de midi où ils voudront. Mais à aucune époque de l’année il ne leur sera permis, à l’heure du dîner, de rester trop longtemps éloignés de l’ouvrage qui les attend à ladite loge : leur absence devra être assez courte pour qu’aucun habile homme du métier ne puisse y trouver à redire. Et à aucune époque de l’année ils ne devront, à l’heure du repas de midi, s’absenter de la loge et de leur ouvrage plus d’une heure ; et dans l’après-midi ils peuvent boire dans la loge, mais de la Saint-Michel au Carême ils ne doivent pas cesser le travail, pour boire, plus du temps nécessaire pour faire un demi-milee. Du premier dimanche de Carême jusqu’à la Saint-Michel, ils seront au travail à ladite loge au lever du soleil, et ils y resteront à travailler aux ouvrages de l’Eglise, consciencieusement et activement, toute la journée. Ils cesseront le travail le temps d’un demi-mile avant le coucher du soleil, pas plus tôt, si c’est un jour de travail complet (3) ; ou bien, comme il a été dit précédemment, jusqu’à midi. Du premier dimanche de Carême à la Saint-Michel, ils prendront leur dîner dans les conditions qui ont été fixées précédemment, et dans l’après-midi ils pourront boire et faire la sieste dans la loge ; mais ils ne pourront cesser le travail, pour dormir ni pour boire, plus du temps d’un mille, et il ne leur sera permis de dormir l’après-midi qu’entre la Sainte-Hélène et la Saint-Pierre-ès-liens. Et si un homme s’absente de son travail ou, en quelque époque de l’année que ce soit, manque aux prescriptions de la présente ordonnance, il sera puni par une retenue sur son salaire, retenue dont le montant sera décidé par le maître maçon ; et tous les temps et les heures seront marqués par une cloche disposée pour cela. Le chapitre ordonne également qu’aucun maçon ne sera embauché pour l’œuvre de ladite église sans que la qualité de son travail ait d’abord été éprouvée pendant au moins une semaine ; et après qu’il aura été reconnu propre au travail, il sera embauché par l’accord unanime du maître et des gardiens de l’œuvre (4) et du maître maçon ; et il jurera sur le livre (5) de garder et observer consciencieusement et aussi activement qu’il le pourra, sans ruse, feinte ni tromperie, tous les points de la présente ordonnance, en tout ce qui le concerne ou pourrait le concerner, depuis le moment où il aura été embauché audit Œuvre, durant tout le temps qu’il restera maçon salarié attaché audit Œuvre de l’Eglise Saint-Pierre ; et il jurera de ne point s’absenter dudit Œuvre, sauf si le maître lui donne congé. Et quiconque contreviendra à cette ordonnance et la violera, contre la volonté du chapitre, subira la malédiction de Dieu et de Saint-Pierre.

Traduction Ed. MAZET. Extrait de Knoop et Jones, The Mediaeval Mason.

Notes :

(1) La cathédrale, aussi connue sous le nom de York Minster.
(2) A York (54° nord), au solstice d’hiver, le soleil se lève vers 9 heures et se couche vers 15 heures. La Saint-Michel est le 29 septembre.
(3) Au solstice d’été le soleil se lève vers 3 heures et se couche vers 21 heures.
(4) Il y avait donc à York, chantier particulièrement important, un magister operis assisté de (vraisemblablement) deux custodes operis.
(5) La Bible.

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Circulaire aux deux Hémisphères – REAA 21 décembre, 2008

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Circulaire aux deux Hémisphères

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Cette circulaire, qui date de 1802, a créé la structure du R.E.A.A.

 

UNIVERSI TERRARUM ORBIS ARCHITECTONIS
GLORIA AB INGENTIS

Deus Meumque Jus

ORDO AB CHAO

 

De l’Orient du Grand et Suprême Conseil des Très Puissants Souverains, Grands Inspecteurs Généraux, sous la Voûte Céleste du Zénith situé par 32 deg. 45 Min. de L.N A nos Illustres, très Vaillants et Sublimes Princes du Royal Secret, Chevaliers K.H, Illustres Princes et Chevaliers, Grands, Ineffables et Sublimes Maçons, Francs Maçons Acceptés de tous les degrés, Anciens et Modernes, répandus à la surface des deux Hémisphères. A tous ceux auxquels parviendra cette correspondance: Santé Constance et VigueurLors d’une assemblée de Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e degré, dûment et légalement réunie, tenue dans la Chambre du Grand Conseil, le 14e jour du 7e Mois appelé Tisri 5563, l’an de Vraie Lumière 5802, et 10e jour d’Octobre 1802 de l’Ère chrétienne. Union Plénitude et Sagesse

Le Grand Commandeur a informé les Inspecteurs qu’ils avaient été convoqués afin de prendre en considération l’opportunité d’adresser aux Grandes Loges Symboliques, aux Grandes Loges Sublimes et aux Grands Conseils répandus sur les deux Hémisphères, des Lettres circulaires expliquant l’origine et la nature des Degrés Sublimes de la Maçonnerie et leur institution en Caroline du Sud.

Une proposition à cet effet fut alors adoptée sur-le-champ, et une commission, composée des Illustres Frères le Dr. Frederick Dalcho, le Dr. Isaac Auld et M. Emmanuel De La Motta, Grands Inspecteurs Généraux, fut nommée pour rédiger et soumettre cette lettre au Conseil lors de sa prochaine tenue.

A l’assemblée des Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e &c. &c. &c. Ie 10e jour du 8e Mois appelé Chislev 5563, an de la V. L.. 5802, ce 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
La Commission, qui avait été saisie de ladite résolution, soumit respectueusement au Conseil le Rapport suivant:

Retracer le cours de la Maçonnerie depuis l’époque la plus lointaine et fixer avec précision les dates de la constitution de chacun des degrés, relève de la plus grande difficulté. En tant que Maçons Symboliques, nous faisons remonter notre origine à la Création du Monde, lorsque le Créateur Tout-Puissant, le Grand Architecte de l’Univers, instaura les lois immuables qui ont donné naissance aux Sciences.
Des nécessités et besoins communs poussèrent nos frères originels à rechercher assistance mutuelle. La diversité de leurs aptitudes, dons et inclinations les rendit, dans une certaine mesure, dépendants les uns des autres, et c’est ainsi que se constitua la société profane; il s’ensuivit tout naturellement que les hommes de dispositions et de caractères semblables s’associèrent plus intimement, ce qui donna naissance a des institutions se rapportant à leurs desseins et adaptées à leur esprit; ceci aboutit à l’exclusion de ceux qui, par leurs aptitudes, leur tempérament ou leur condition, étaient incapables de participer au savoir des autres, ou inutiles, voire dangereux au bien-être de l’intérêt général.

Comme la civilisation commençait à se propager de par le monde, et que l’esprit des hommes se développait de par la contemplation des Oeuvres de la nature, les hommes les plus intelligents cultivèrent les arts et les sciences. La contemplation du système Planétaire, en tant qu’Oeuvre d’un Artiste Tout-Puissant, ainsi que des attributs de leur Dieu, donna naissance à la religion et à la Science de l’Astronomie. La mesure de la terre, la division et le bornage de leur propriété donnèrent naissance à la Géométrie. Ces trois occupations, mises en commun, donnèrent naissance à l’Ordre Mystique ; et l’on institua des mots, signes et attouchements d’ordre pour désigner les membres initiés ou reconnus.

Il est probablement impossible de fixer avec précision le moment où les premiers degrés furent constitués sous la forme où ils nous sont conférés de nos jours, par suite de la perte ou de la destruction en Angleterre de la majeure partie des archives du Métier au cours des guerres contre les Danois et les Saxons . L’imaginaire se mêle grandement à l’histoire de la Maçonnerie des premiers âges et la poussière du temps la recouvre à un point tel qu’il est impossible d’en tirer des conclusions satisfaisantes; mais, à mesure que nous remontons vers l’époque actuelle, nous possédons d’authentiques archives pour notre gouverne. La façon particulière dont les trois premiers degrés, ou degrés Bleus, sont conférés, ainsi que leur contenu prouvent à l’évidence que ce sont purement et simplement des symboles des degrés supérieurs, ou degrés sublimes. Ils ont été formés pour représenter le meilleur de la conduite et des capacités des initiés avant qu’ils soient admis à la connaissance des mystères les plus importants. Au troisième degré, on nous informe que, par suite de la mort de H.A, le mot du Maître fut perdu et qu’un nouveau mot, qui n’était pas connu avant la construction du Temple, lui fut substitué. Si, selon la croyance générale, et comme l’indiquent nombre de nos anciennes archives, la Maçonnerie tire son origine de la création et s’est développée dès les premiers âges de l’humanité, les Maîtres possédaient un mot secret dont les Maçons du temps de Salomon n’avaient pas connaissance. Voici donc un changement de l’un des principes fondamentaux du métier et une suppression de l’un des anciens Landmarks; cependant, nous ne sommes pas disposés à admettre ce fait. Le Maître Bleu sait bien que le Roi Salomon et son royal visiteur possédaient le vrai mot primitif, mais qu’il doit rester dans l’ignorance, à moins d’être initié aux degrés sublimes. La preuve de l’authenticité de ce mot Mystérieux, tel que nous le connaissons et pour lequel notre vénéré Maître est mort, est établie, même à l’esprit le plus sceptique, dans les pages
sacrées des Saintes Écritures et dans l’histoire juive dès l’aube des temps.

Le Docteur Priestley, dans ses lettres aux Juifs, écrit ce remarquable passage quand il parle des miracles du Christ: « et il a été dit depuis par vos auteurs qu’il a accompli ses miracles par quelque nom Ineffable de Dieu, qu’il avait dérobé au Temple ». Bien que les Maçons Symboliques déclarent que leurs sociétés tirent leurs origines des premiers âges du monde et remontent à la création, on ne leur enseigne pourtant dans leurs degrés que des événements qui ont eu lieu à la construction du premier Temple (sur une période infime de sept ans), 2992 ans après la création. Ils ignorent l’histoire de leur ordre antérieurement à cette période et les progrès considérables et importants de l’art à la fois avant et depuis cette période.

De nombreuses Planches des degrés Sublimes contiennent un abrégé des arts et des sciences; et dans leur histoire sont consignés nombre de faits d’importance et de valeur recueillis dans les archives authentiques dont dispose notre société et qui, de la façon dont ils sont communiqués, ne pourront jamais être tronqués ou déformés. Ceci constitue un objet de première grandeur dans une société dont les principes et les pratiques devraient être invariables. Malheureusement des variantes et des irrégularités se sont insinuées en masse dans les degrés Symboliques, par suite du manque de connaissance maçonnique chez nombre de ceux qui président aux tenues bleues; et c’est particulièrement le cas chez ceux qui ne connaissent pas la langue hébraïque où tous les Mots et Mots de Passe sont donnés. Ceci est si fondamentalement nécessaire à un homme de science pour présider une Loge qu’un grand préjudice peut naître de la plus infime dérogation au cours d’une cérémonie d’initiation ou dans les Planches d’instruction on lit dans le Livre des Juges que la transposition d’un simple point sur le schîn, par suite d’un défaut de prononciation inhérent à la nation éphraïmite a trahi les Cowans et a abouti au massacre de quarante-deux mille d’entre eux. La représentation Sublime de la Divinité formée dans le degré de Compagnon ne peut être expliquée de façon correcte que par ceux qui ont quelque connaissance du Talmud. La plupart des Mots dans les degrés Sublimes sont dérivés des langues chaldéenne, hébreux et latine. Les diverses traductions d’une langue à l’autre, qu’ont fréquemment subies les degrés Symboliques depuis leur création, par des hommes ignares même dans leur langue maternelle, constituent une deuxième cause de la diversité que nous déplorons. Il en va différemment des degrés supérieurs qui se présentent dans la parure Sublime que leur ont donnée leurs auteurs et qui sont fondés sur la science et agrémentés par leur pouvoir évocateur.

Nombre de degrés Sublimes sont fondés sur les arts savants et dévoilent aux Maçons une masse de connaissances de prime importance. Bien que nombre de degrés Sublimes soient, en fait, le prolongement des degrés Bleus, il n’y a pas pour autant ingérence entre les deux institutions. D’un bout à l’autre du continent européen et aux Antilles, où ils sont universellement connus, ces degrés sont reconnus et leur essor favorisé. Les Maçons Sublimes ne procèdent jamais à des initiations aux degrés Bleus sans autorisation de droit accordée dans ce but par une Grande Loge Symbolique; excepté lorsqu’ils communiquent les secrets de la présidence d’un Atelier aux postulants qui n’y ont pas encore été admis, préalablement à leur initiation dans une Loge Sublime, mais dans ce cas les postulants sont informés que cela ne leur confère pas le rang de Passé Maître dans la Grande Loge.

La Grande Loge Sublime, parfois appelée Loge Ineffable ou Loge de Perfection, va du 4e au 14e degré inclus, dont le dernier est celui de Perfection. Le 16e degré constitue le Grand Conseil des Princes de Jérusalem qui exerce sa juridiction sur le 15e degré appelé Chevalier de l’Orient et également sur la Grande Loge Sublime; ce Grand Conseil est par rapport à elle ce qu’est une Grande Loge Symbolique par rapport à ses Loges subordonnées. Sans charte et sans Constitution délivrées par les Grands Conseils ou par un Conseil plus élevé ou par un Inspecteur, ces loges sont jugées irrégulières et sanctionnées en conséquence. Tous les degrés supérieurs au 16e sont placés sous la juridiction du Suprême Conseil des Grands Inspecteurs Généraux qui sont Souverains de la Maçonnerie. Quand il est nécessaire de constituer les degrés Sublimes dans un pays où ils sont inconnus, un Frère du 29′ degré, appelé K.H., est désigné comme Inspecteur Général Délégué pour ce territoire. Il sélectionne parmi les Frères du Métier ceux qu’il estime faire honneur à la société et confère les degrés Sublimes au nombre de Frères nécessaire à la première organisation de la Loge; celle-ci élit alors ses propres officiers et se gouverne au moyen de la Constitution et de la charte qui lui a été fournie. La juridiction d’une Loge de Perfection s’étend sur vingt-cinq lieues .

Il est notoire qu’environ 27.000 Maçons accompagnèrent les Princes chrétiens aux Croisades, pour reprendre la Terre Sainte aux Infidèles. Pendant leur séjour en Palestine, ils découvrirent chez les descendants des anciens Juifs plusieurs manuscrits Maçonniques importants qui sont venus enrichir nos Archives d’authentiques actes, et sur lesquels sont fondés certains de nos degrés.
Certaines découvertes extraordinaires furent faites et certains événements extraordinaires se produisirent au cours des années 5304 et 5311, et ceci donne à l’Histoire Maçonnique de cette période une importance extrême. Cette période est chère au coeur du Maçon plein d’ardeur pour la cause de son Ordre, de son Pays et de son Dieu.
Une autre découverte d’importance fut faite en l’an 5553: il s’agit d’un registre en caractères syriaques concernant la plus haute antiquité, d’après lequel il semblerait que le monde soit plus vieux de plusieurs milliers d’années que ne l’indique le récit mosaïque; c’est un avis que partagent nombre d’érudits. Seuls quelques passages ont été traduits avant le règne de notre Illustre et très Éclairé Frère Frédéric II Roi de Prusse, dont l’ardeur bien connue pour le métier fut la cause de grand avancement de la société qu’il daigna présider.
A mesure que progressait la société et que d’anciens documents étaient découverts, le nombre de nos degrés augmenta jusqu’au moment où, avec le temps, le système fut achevé.
D’après celles de nos archives qui sont authentiques, nous sommes informés de la constitution des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie en Écosse, en France et en Prusse sitôt après les Croisades.

Mais à la suite de circonstances de nous inconnues, après l’an 4658 (18), ils tombèrent dans l’oubli jusqu’en l’an 5744, lorsqu’un gentilhomme d’Écosse vint visiter la France et rétablit la Loge de Perfection de Bordeaux .
En 5761, les Loges et conseils des degrés supérieurs s’étant étendus sur l’ensemble du continent européen, Sa Majesté le Roi de Prusse, en qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, fut reconnu par la totalité des membres du Métier comme chef des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie sur l’ensemble des deux Hémisphères. Son Altesse Royale Charles, Prince Héréditaire des Suédois, des Goths et des Vandales, Duc de Sudermanie, Héritier de Norvège, &c. &c. &c. fut et est toujours le Grand Commandeur et protecteur des Maçons Sublimes de Suède; et son Altesse Royale Louis de Bourbon, Prince du sang, Duc de Chartres, &c. &c. &c., et le Cardinal, Prince et Évêque de Rouen, furent à la tête de ces degrés en France.

Le 25 Octobre 5762, les Grandes Constitutions Maçonniques furent définitivement ratifiées à Berlin et proclamées pour le gouvernement de toutes les Loges de Maçons Sublimes et Parfaits, Chapitres, Conseils, Collèges et Consistoires de l’Art Royal et Militaire de la Franc Maçonnerie sur la surface des deux Hémisphères. Il y a des Constitutions secrètes, existant de temps immémorial, auxquelles il est fait allusion dans ces documents.

La même année, ces Constitutions furent transmises à notre Illustre Frère Stephen Morin qui, le 27 Août 5761, avait été nommé Inspecteur Général de toutes les Loges, &c. &c. &c. du nouveau monde par le Grand Consistoire des Princes du Royal Secret réuni à Paris et que présidait le délégué du Roi de Prusse, Chaillon de Jonville, suppléant Général de l’Ordre, Très Vénérable Maître de la première Loge de France, appelée de Saint-Antoine, Chef des degrés Éminents, Commandeur et Sublime Prince du Royal Secret, &c. &c. &c.

Étaient également présents les Illustres Frères suivants:
Le Frère Prince de Rouen, Maître de la Grande Loge l’Entendement, et Souverain Prince de la Maçonnerie, &c.
La Corne, suppléant du Grand Maître, Très Vénérable Maître de la Loge la Trinité, Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c. Maximilien de St. Simon, Premier Grand Surveillant Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Savalette de Buchelay, Grand Garde des Sceaux, Grand, Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Ie Duc de Choiseul, Très Vénérable Maître de la Loge les Enfants de la Gloire, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Topin, Grand Ambassadeur de son Altesse Sérénissime Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Boucher de Lenoncour, Très Vénérable Maître de la Loge la Vertu, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Brest de la Chaussée, Très Vénérable Maître de la Loge l’Exactitude, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Les Sceaux de l’Ordre furent apposés et la Patente contresignée par Daubertain, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, Très Vénérable Maître de la Loge St. Alphonso, Grand Secrétaire de la Grande Loge et du Conseil Sublime des Princes Maçons, &c.

Quand le Frère Morin arriva à St. Domingue, conformément à sa Patente, il nomma un Inspecteur Général Délégué pour l’Amérique du Nord. Ce grand honneur fut conféré au Frère M.M. Hayes, avec pouvoir de nommer d’autres Inspecteurs Généraux en cas de besoin. Le Frère Morin nomma également le Frère Frankin Inspecteur Général Délégué pour la Jamaïque et les Iles Britanniques sous le Vent, et le Frère Colonel Provost pour les Iles au Vent et l’Armée britannique.

Le Frère Hayes nomma Inspecteur Général Délégué pour l’état de Caroline du Sud le Frère Isaac Da Costa lequel, en l’an 5783, établit la Sublime Grande Loge de Perfection à Charleston. Après la mort du Frère Da Costa, le Frère Joseph Myers fut nommé Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Hayes qui avait au préalable également nommé le Frère Colonel Solomon Bush Inspecteur Général Délégué pour l’état de Pennsylvanie et le Frère Barend M. Spitzer au même titre pour la Géorgie; ces décisions furent ratifiées lors d’une réunion d’inspecteurs quand ils furent assemblés à Philadelphie le 15 Juin 5781.

Le 1er Mai 5786, la Grande Constitution du 33e degré appelé, le Conseil Suprême des Souverains Grands Inspecteurs Généraux fut définitivement ratifiée par Sa Majesté le Roi de Prusse qui, en sa qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, détenait le pouvoir Maçonnique Suprême sur l’ensemble du Métier. Dans la nouvelle Constitution, ces hauts Pouvoirs furent conférés dans chaque Nation à un Suprême Conseil de neuf Frères qui détiennent dans leur propre territoire toutes les prérogatives Maçonniques que Sa Majesté détenait à titre individuel; et ce sont les Souverains de la Maçonnerie.

Le 20 Février 5788, fut ouvert dans cette Ville le Grand Conseil des Princes de Jérusalem auquel étaient présents le Frère J. Myers, I.G.D. pour la Caroline du Sud, le Frère B.M. Spitzer, I.G.D. pour la Géorgie, et le Frère A. Forst, I.G.D. pour la Virginie. Peu après l’ouverture du Conseil, une lettre fut adressée à Son Altesse Royale le Duc d’Orléans à ce propos sollicitant l’envoi de certains actes des archives de la société française; dans sa réponse par l’entremise du Colonel Shee, son Secrétaire, il promit très aimablement de les transmettre; mais malheureusement, les prémices de la révolution française empêchèrent cet envoi.

Le 2 Août 5795, le Frère Colonel John Mitchell, ci-devant Sous-Intendant Général des Armées des États-Unis, fut fait Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Spitzer par suite du départ de ce pays du Frère Myers.
L’action du Frère Mitchell fut limitée jusqu’après la mort du Frère Spitzer qui survint l année suivante.
De nombreux Frères de degrés éminents étant arrivés de l’étranger, des Consistoires de Princes du Royal Secret se tinrent de temps à autre pour des initiations et pour d’autres propos.

Le 31 Mai 5801, le Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis fut inauguré avec toutes les hautes personnalités de la Maçonnerie par les Frères John Mitchell et Frederick Dalcho, Souverains Grands Inspecteurs Généraux, et, dans le courant de la présente année, le nombre total de Grands Inspecteurs Généraux fut complété, conformément aux Grandes Constitutions.

Le 21 Janvier 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Loge de Maîtres Maçons de la Marque dans cette Ville .

Le 21 Février 5802 notre Illustre Frère le Comte Alexandre François Auguste De Grasse, Inspecteur Général Délégué fut nommé par le Suprême Conseil Grand Inspecteur Général et Grand Commandeur des Antilles françaises; et notre Illustre Frère Jean-Baptiste Marie De La Hogue, Inspecteur Général Délégué, fut également reçu Grand Inspecteur Général et nommé Lieutenant Grand Commandeur des mêmes Iles.

Le 4 Décembre 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Grande Loge Sublime à Savannah, Géorgie.

Les Dénominations des Degrés Maçonniques sont comme suit, à savoir:
le Degré Apprenti Admis
2e Compagnon
3e Maître Maçon, conférés par la Loge Symbolique
4e Maître Secret
5e Maître Parfait
6e Secrétaire Intime
7e Prévôt et Juge
8e Intendant des Bâtiments
9e Maître Élu des Neuf, conférés par la G. Loge Sublime
10e Illustre Élu des Quinze
11e le Sublime Chevalier Élu
12e Grand Maître Architecte
13e Royal-Arche
14e Perfection
15e Chevalier d’Orient,conférés par les Princes de Jérusalem, qui forment un Conseil Souverain
16e Prince de Jérusalem
17e Chevalier d’Orient et d’Occident
18e Souverain Prince de Rose-Croix d’Hérodom
19e Grand Pontife
20e Grand Maître de toutes les Loges Symboliques
21e Patriarche Noachite ou Chevalier Prussien
22e Prince du Liban
23e Chef du Tabernacle,
24e Prince du Tabernacle, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie.
25e Prince de Merci,
26e Chevalier du Serpent d’Airain
27e Commandeur du Temple
28e Chevalier du Soleil
29e K H
30 31 32e Prince du Royal Secret, Prince des Maçons, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie
33e Souverains Grands Inspecteurs Généraux, Officiers nommés à vie.

Outre ces degrés, qui se succèdent régulièrement, la plupart des Inspecteurs possèdent un certain nombre de degrés séparés, conférés dans diverses parties du monde et qu’ils communiquent en général, sans frais, aux Frères qui ont l’élévation suffisante pour les comprendre. Ainsi les Maçons Choisis des 27 et le Royal-Arche, conférés sous l’égide de la Constitution de Dublin. Six degrés de la Maçonnerie D’Adoption, Compagnon Écossais, Le Maître Écossais & Le Grand Maître Écossais, &c., faisant en tout 52 degrés.

La Commission soumet respectueusement à la réflexion du Conseil le rapport ci-dessus sur les principes et l’établissement des degrés Sublimes en Caroline du Sud, extraits des archives de la Société. Elle ne saurait, toutefois, conclure sans exprimer ses voeux ardents de prospérité et de dignité aux Institutions que préside ce Suprême Conseil; et elle se flatte que, si des Frères des degrés Bleus ont pu avoir des impressions défavorables par méconnaissance des principes et pratiques de la Maçonnerie Sublime, cela sera aboli, et que l’harmonie et l’affection seront l’heureux ciment de la société universelle des Francs Maçons Acceptés. Que, de même que tous aspirent à l’amélioration de la condition générale de l’humanité par la pratique de la vertu et l’exercice de la liberté, de même la Commission souhaite sincèrement qu’il soit mis fin aux petits différends qui ont pu naître, à l’occasion de formalités insignifiantes entre Anciens et Modernes, pour faire place aux principes originels de l’ordre qui sont les nobles remparts de la société: l’universelle bonté et l’amour fraternel; et que la vaste confrérie des Francs Maçons sur l’ensemble des deux Hémisphères ne forme qu’un seul lien de Fraternité. « Voyez comme il est bon et agréable pour des Frères de cohabiter dans l’unité. »

La Commission salue respectueusement votre Suprême Conseil par les Nombres Sacrés .
Charleston, Caroline du Sud, ce 10e jour du 8e Mois appelé Chisleu 55v3′ année de VL. 5802, le 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
FREDERICK DALCHO, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Lieutenant Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.
ISAAC AULD, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e.
E. DE LA MOTTA, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Trésorier du S. Empire.

Le rapport ci-dessus a été pris en considération et le Conseil exprimé sa satisfaction en lui accordant sa totale approbation. Après quoi, le Conseil a décidé que ledit rapport soit imprimé et transmis à toutes les Grandes Loges Sublimes et à toutes les Grandes Loges Symboliques répandues sur les deux Hémisphères.
Signé JOHN MITCHELL K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.

Extrait fidèle des délibérations du Conseil.
Signé Ab. ALEXANDER K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e, Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Secrétaire du Saint-Empire.

DEUS MEUMQUE JUS

 

 

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Les anciennes obligations

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Les anciennes obligations

 

ANCIENNES OBLIGATIONS des MAÇONS FRANCS ET ACCEPTES Loi fondamentale de la
Franc-Maçonnerie Universelle

I – Concernant DIEU et la RELIGION.
II – Du MAGISTRAT CIVIL Suprême et Subordonné.
III – Des LOGES IV – Des MAITRES, Surveillants, Compagnons et Apprentis.
V – De la Direction du MÉTIER pendant le travail.
VI – De la CONDUITE, à savoir :
1. Dans la Loge quand elle est constituée.
2. Conduite après la fermeture de la Loge et avant le départ des Frères.
3. Conduite quand des Frères se rencontrent sans présence Etrangère mais hors d’une Loge constituée.
4. Conduite en présence d’Étrangers non Maçons.
5. Conduite Chez Vous et dans votre Entourage.
6. Conduite envers un Frère étranger.

I. Concernant DIEU et la RELIGION Un MAÇON est obligé par sa Tenure d’obéir à la Loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. Mais, quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des Personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement Éloignées.

II. Du MAGISTRAT CIVIL SUPRÊME et SUBORDONNÉ Un Maçon est un paisible Sujet à l’égard des Pouvoirs Civils, en quelque lieu qu’il réside ou travaille, et ne doit jamais être mêlé aux Complots et Conspirations contre la Paix et le Bien-Être de la Nation, ni manquer à ses devoirs envers les Magistrats inférieurs; car la Maçonnerie a toujours pâti de la Guerre, de l’Effusion de Sang et du Désordre; aussi les anciens Rois et Princes ont toujours été fort disposés à encourager les Frères, en raison de leur Caractère Pacifique et de leur Loyauté par lesquelles ils répondaient en fait aux chicanes de leurs Adversaires et défendaient l’Honneur de la Fraternité qui fut toujours florissante dans les Périodes de Paix.
Aussi, si un Frère devenait Rebelle envers l’État, il ne devrait pas être soutenu dans sa Rébellion, quelle que soit la pitié que puisse inspirer son infortune; et s’il n’est convaincu d’aucun autre Crime, bien que la loyale Confrérie ait le devoir et l’obligation de désavouer sa Rébellion, pour ne provoquer aucune Inquiétude ni Suspicion politique de la part du Gouvernement au pouvoir, il ne peut pas être chassé de la Loge et ses relations avec elle demeurent indissolubles.

III. Des LOGES Une LOGE est un lieu où des Maçons s’assemblent pour travailler : d’où le nom de LOGE qui est donné à l’Assemblée ou à la Société de Maçons régulièrement organisée, et l’obligation pour chaque Frère d’appartenir à l’une d’elles et de se soumettre à ses Règlements Particuliers ainsi qu’aux Règlements Généraux. La Loge est soit particulière, soit générale et plus on la fréquente, mieux on la comprend, de même que les Règlements de la Loge générale ou Grande Loge annexés ci- après.
Dans les Temps anciens, aucun Maître ou Compagnon ne pouvait s’en absenter, spécialement lorsqu’il y avait été convoqué, sans encourir une sévère Censure à moins que le Maître ou les Surveillants n’aient constaté qu’il en avait été empêché par une impérieuse nécessité.
Les Personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l’Age de la maturité d’esprit et de la Prudence, ni Serfs ni Femmes ni Hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.

IV. Des MAITRES, SURVEILLANTS, COMPAGNONS et APPRENTIS Toute Promotion parmi les Maîtres Maçons est fondée uniquement sur la Valeur réelle et sur le Mérite personnel; afin que les Seigneurs puissent être bien servis, que les Frères ne soient pas exposés à l’Humiliation et que l’Art Royal ne soit point décrié : pour cela aucun Maître ou Surveillant n’est choisi à l’Ancienneté, mais bien pour son Mérite. Il est impossible de dépeindre ces choses par écrit, chaque Frère doit rester à sa propre place et les étudier selon les méthodes particulières de cette Confrérie. Tout ce que les Candidats peuvent savoir c’est qu’aucun Maître n’a le droit de prendre un Apprenti s’il n’a pas un Travail suffisant à lui fournir et s’il n’est pas un Jeune Homme parfait ne souffrant d’aucune Mutilation ou Tare Physique qui puisse l’empêcher d’apprendre l’Art et de servir le Seigneur de son Maître et de devenir un Frère, puis un Compagnon en temps voulu après avoir servi durant le Nombre d’Années fixé par la Coutume du Pays; et s’il n’est issu de Parents honnêtes; ceci afin qu’après avoir acquis les qualités requises il puisse parvenir à l’Honneur d’être le Surveillant, puis le Maître de la Loge, le Grand Surveillant et enfin, selon son Mérite, le Grand Maître de toutes les Loges.
Nul Frère ne peut être Surveillant avant d’avoir passé le degré de Compagnon; ni Maître avant d’avoir occupé les fonctions de Surveillant; ni Grand Surveillant avant d’avoir été Maître d’une Loge, ni Grand Maître s’il n’a pas été Compagnon avant son Election. Celui-ci doit être, en outre, de noble naissance ou GENTILHOMME de bonnes Manières ou quelque SAVANT éminent ou quelque ARCHITECTE distingué ou quelque autre HOMME DE L’ART d’une honnête ascendance et jouissant d’une grande Estime personnelle dans l’Opinion des Loges. Et afin de pouvoir s’acquitter le plus utilement, le plus aisément et le plus honorablement de son Office, le Grand Maître détient le pouvoir de choisir son propre Député Grand Maître qui doit être alors ou avoir été précédemment le Maître d’une Loge particulière et qui a le Privilège d’agir comme le ferait le Grand Maître lui-même, son Commettant, sauf quand le dit Commettant est présent ou qu’il manifeste son Autorité par une Lettre.
Ces Administrateurs et Gouverneurs, supérieurs et subalternes de la Loge ancienne, doivent être obéis dans leurs Fonctions respectives par tous les Frères, conformément aux Anciennes Obligations et Règlements, en toute Humilité, Révérence, Amour et Diligence.

V. De la DIRECTION du METIER pendant le TRAVAIL Tous les Maçons travailleront honnêtement pendant les jours ouvrables afin de profiter honorablement des jours de fête; et l’horaire prescrit par la Loi du Pays ou fixé par la coutume sera respecté.
Le Compagnon Maçon le plus expert sera choisi ou délégué en qualité de Maître ou Surintendant des Travaux du Seigneur; ceux qui travaillent sous ses ordres l’appelleront Maître. Les Ouvriers doivent éviter tout Langage déplacé, et ne point se donner entre eux de sobriquets désobligeants, mais s’appeler Frère ou Compagnon; et se conduire avec courtoisie à l’intérieur de la Loge.
Le Maître, confiant en son Habileté, entreprendra les Travaux du Seigneur aussi raisonnablement que possible et tirera parti des matériaux comme s’ils étaient à lui, ne donnant à aucun Frère ou Apprenti plus que le salaire qu’il mérite vraiment.
Le Maître et les Maçons recevant chacun leur juste Salaire seront fidèles au Seigneur et achèveront leur Travail consciencieusement, qu’il soit à la Tâche ou à la Journée; et ils n’effectueront pas à la Tâche l’Ouvrage qu’on a l’habitude de faire à Temps.
Nul ne se montrera Envieux de la Prospérité d’un Frère ni ne le supplantera, ni ne l’écartera de son Travail s’il est capable de le mener à bien; car personne ne peut achever le Travail d’autrui, à l’avantage du Seigneur, sans être parfaitement au courant des Projets et Conceptions de celui qui l’a commencé.
Quand un Compagnon Maçon est désigné comme Surveillant des Travaux sous la conduite du Maître, il sera équitable tant à l’égard du Maître que des Compagnons, surveillera avec soin le Travail en l’absence du Maître dans l’intérêt du Seigneur; et ses Frères lui obéiront.
Tous les Maçons employés recevront leur salaire uniment, sans Murmure ni Révolte, et ne quitteront pas le Maître avant l’achèvement du Travail.
On instruira un Frère plus jeune dans le travail pour que les Matériaux ne soient point gâchés par manque d’Expérience et pour accroître et consolider l’Amour Fraternel.
On n’utilisera dans le travail que les Outils approuvés par la Grande Loge.
Aucun Manoeuvre ne sera employé aux Travaux propres à la Maçonnerie; et les Francs-Maçons ne travailleront pas avec ceux qui ne sont pas francs, sauf nécessité impérieuse; et ils n’instruiront ni les Manoeuvres ni les Maçons non acceptés, comme ils instruiraient un Frère ou un Compagnon.

VI. De la CONDUITE, à savoir:

1. Dans la LOGE quand elle est CONSTITUÉE.
Vous ne devez pas tenir de Réunions privées, ni de Conversations à part sans Autorisation du Maître, ni parler de choses inopportunes ou inconvenantes; ni interrompre le Maître, ou les Surveillants ni aucun Frère parlant au Maître: ne vous conduisez pas non plus de manière ridicule ou bouffonne quand la Loge traite de choses sérieuses et solennelles; et sous aucun prétexte n’usez d’un Langage malséant; mais manifestez à votre Maître, à vos Surveillants et à vos Compagnons la Déférence qui leur est due et entourez-les de respect.
Si quelque Plainte est déposée, le Frère reconnu s’inclinera devant le Jugement et la Décision de la Loge, qui est le seul Juge compétent pour tous ces Différends (sous réserve d’Appel devant la Grande Loge), et c’est à elle qu’il doit être déféré, à moins que le Travail d’un Seigneur ne risque d’en souffrir, dans lequel cas il serait possible de recourir à une Procédure particulière; mais les affaires Maçonniques ne doivent jamais être portées en Justice, à moins d’absolue Nécessité dûment constatée par la Loge.

2. CONDUITE après fermeture de la LOGE et avant le départ des FRÈRES.
Vous pouvez jouir d’innocents plaisirs, vous traitant réciproquement suivant vos Moyens, mais en évitant tout Excès et en n’incitant pas un Frère à manger ou à boire plus qu’il n’en a envie, en ne le retenant pas lorsque ses Affaires l’appellent, en ne disant et en ne faisant rien d’offensant ou qui puisse interdire une Conversation aisée et libre; car cela détruirait notre Harmonie, et ruinerait nos louables Desseins. C’est pourquoi aucune Brouille ni Querelle privée ne doit passer le Seuil de la Loge, et moins encore quelque Querelle à propos de la Religion, des Nations ou de la Politique car comme Maçons nous sommes seulement de la Religion Catholique mentionnée ci-dessus; nous sommes aussi de toutes Nations, Idiomes, Races et Langages et nous sommes résolument contre toute POLITIQUE comme n’ayant jamais contribué et ne pouvant jamais contribuer au Bien-Etre de la Loge. Cette Obligation a toujours été strictement prescrite et respectée; surtout depuis la Réforme en Grande-Bretagne, ou la Séparation et la Sécession de ces Nations de la Communion de Rome.

3. CONDUITE quand les FRÈRES se rencontrent sans présence étrangère mais hors d’une LOGE CONSTITUÉE.
Vous devez vous saluer réciproquement de manière courtoise, comme on vous l’enseignera, vous appelant mutuellement Frère, échangeant librement les Instructions que vous jugerez utiles, sans être vus ni entendus, sans prendre le pas l’un sur l’autre, ni manquer aux marques de Respect qui seraient dues à un Frère, s’il n’était pas Maçon: car quoique les Maçons en tant que Frères soient tous sur un pied d’Egalité, la Maçonnerie ne prive pas un Homme des Honneurs auxquels il avait droit auparavant; bien au contraire, elle ajoute à ces Honneurs, spécialement lorsqu’il a bien mérité de la Fraternité qui se plaît à honorer ceux qui le méritent et à proscrire les mauvaises manières.

4. CONDUITE en Présence d’ÉTRANGERS non MAÇONS.
Vous serez circonspects dans vos Propos et dans votre Comportement, pour que l’Étranger le plus perspicace ne puisse découvrir ni deviner ce qu’il ne doit pas connaître, et vous aurez parfois à détourner la Conversation et à la conduire prudemment pour l’Honneur de la vénérable Fraternité.

5. CONDUITE Chez Vous et dans votre Entourage.
Vous devez agir comme il convient à un homme sage et de bonnes moeurs; en particulier n’entretenez pas votre Famille, vos Amis et Voisins des Affaires de la Loge, etc., mais soyez particulièrement soucieux de votre propre Honneur, et de celui de l’ancienne Fraternité, ceci pour des Raisons qui n’ont pas à être énoncées ici. Ménagez aussi votre Santé en ne restant pas trop tard ensemble ou trop longtemps dehors, après les Heures de réunion de la Loge; et en évitant les excès de chère ou de boisson, afin que vos Familles ne souffrent ni désaffection ni dommage, et que vous-même ne perdiez pas votre capacité de travail.

6. CONDUITE envers un FRÈRE étranger.
Vous devez l’éprouver consciencieusement de la Manière que la Prudence vous inspirera, afin de ne pas vous en laisser imposer par un Imposteur ignorant, que vous devez repousser avec Mépris et Dérision, en vous gardant de lui dévoiler la Moindre Connaissance.
Mais si vous le reconnaissez comme un Frère authentique et sincère, vous devez lui prodiguer le respect qu’il mérite; et s’il est dans le besoin, vous devez le secourir si vous le pouvez, ou lui indiquer comment il peut être secouru: vous devez l’employer pendant quelques Jours ou le recommander pour qu’on l’emploie.
Vous n’êtes pas obligé de faire plus que vos moyens ne vous le permettent mais seulement dans des circonstances identiques, de donner la préférence à un Frère pauvre, qui est un Homme bon et honnête, avant toute autre Personne dans le besoin.
Enfin, toutes ces OBLIGATIONS doivent être observées par vous, de même que celles qui vous seront communiquées d’autre manière; cultivez l’Amour Fraternel, Fondement et clé de voûte, Ciment et Gloire de cette ancienne Fraternité, repoussez toute Dispute et Querelle, toute Calomnie et Médisance, ne permettez pas qu’un Frère honnête soit calomnié, mais défendez sa Réputation, et fournissez-lui tous les Services que vous pourrez, pour autant que cela soit compatible avec votre Honneur et votre Sûreté, et pas au-delà. Et si l’un d’eux vous fait Tort, vous devez recourir à votre propre Loge ou à la sienne, ensuite vous pouvez en appeler à la GRANDE LOGE en Assemblée Trimestrielle, et ensuite à la GRANDE LOGE annuelle, selon l’ancienne et louable Coutume de nos Ancêtres dans chaque Nation; n’ayez jamais recours à un procès en Justice sinon quand l’Affaire ne peut pas être tranchée autrement, et écoutez patiemment les Conseils du Maître et des Compagnons lorsqu’ils veulent vous éviter de comparaître en Justice avec des Profanes ou vous inciter à mettre un terme rapide à toutes Procédures, ceci afin que vous puissiez vous occuper des Affaires de la MAÇONNERIE avec plus d’Alacrité et de Succès; mais en ce qui concerne les Frères ou Compagnons en Procès, le Maître et les Frères doivent offrir bénévolement leur Médiation, à laquelle les Frères en opposition doivent se soumettre avec gratitude; et si cet Arbitrage s’avère impraticable, ils doivent alors poursuivre leur Procès ou Procédure Légale, sans Aigreur ni Rancune (contrairement à l’ordinaire) en ne disant et en ne faisant rien qui puisse altérer l’Amour fraternel, et les bonnes Relations doivent être renouées et poursuivies; afin que tous puissent constater l’Influence bienfaisante de la MAÇONNERIE, ainsi que tous les vrais Maçons l’ont fait depuis le commencement du Monde et le feront jusqu’à la fin des Temps.

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Lyon et ses mages

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

 

 

 

Du dieu Lug aux martyrs chrétiens

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Lyon est une ville élue par les dieux. Déjà par son nom ! Sur les hauteurs de la ville, les Celtes rendaient sans doute un culte au dieu Lug.

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Sous le nom de Lugdunum, Lyon devint province romaine une cinquantaine d’années avant l’ère chrétienne. Sur la colline de Fourvière, les romains consacrèrent un temple à Cybèle, la mère des dieux. Chacun connaît le martyre de l’évêque Pothin ou celui de Blandine, esclave chrétienne de 19 ans. D’où le nom attribué à deux églises de la ville.

En moins de trois siècles, trois religions auront marqué la ville. Avec un tel départ, Lyon ne pouvait pas décevoir les esprits assoiffés de mystère et de spiritualité.

Enjambons un millénaire et demi. Faisons connaissance avec cinq figures hautes en couleurs qui marquèrent l’histoire lyonnaise.

Nostradamus publie ses célèbres prédictions

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Michel de Notredame, dit Nostradamus (1503-1566) tenait son nom du village de ses ancêtres ; Notre-Dame d’Alet (vallée de l’Aude). Il réunit les qualités de Médecin, astrologue, devin et mage.

Dans une de ses Centuries (1, 35), il annonce un tournoi. Le plus âgé des deux adversaires verra son heaume traversé par l’arme du plus jeune. L’œil sera crevé et il en mourra. Le 30 juin 1559, le roi Henri II meurt effectivement dans un tournoi, tué par le comte de Montgomery. Tous les détails se vérifient. Les Centuries de Nostradamus deviennent célèbres.

Catherine de Medicis le fait venir à Paris en 1555. L’année suivante, Catherine de Médicis et Henri II le réclament à Blois, pour le consulter sur l’avenir de leurs sept enfants. Emmanuel de Savoie et Marguerite de France le consultent en 1559. Charles IX le consulte en 1564.

Le 2 juillet 1566, Nostradamus meurt vers les trois heures et demi du matin. Dans ses éphémérides, sur la page de fin juin 1566, il avait écrit : « Ici, la mort est proche ». Le soir du 1er juillet, il prit congé en annonçant : « Vous ne me verrez pas en vie au soleil levant ».

Les éditeurs de la ville de Lyon publièrent l’essentiel des textes rédigés par Nostradamus. Le fonds général de la Bibliothèque de Lyon était déjà riche. Mais Michel Chomarat l’a considérablement augmenté en y déposant son fonds privé. Les chercheurs ont ainsi accès au plus important fonds mondial consacré au mage. En furetant sur le site de la Bibliothèque (bm-lyon.fr), vous y trouverez de multiples archives et documents. Dont une exposition (virtuelle) reprenant celle organisée à Salon de Provence sur les « Prophéties en temps de crise ».

La dernière victime de l’Inquisition séjourne dans la capitale des Gaules

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20 octobre 1784. Cagliostro arrive à Lyon et descend à l’hôtel de la Reine. Cet hôtel occupait l’emplacement de la maison qui fait actuellement l’angle de la rue d’Algérie et de la rue Sainte-Catherine. Il parcouru l’Europe entière, multipliant les guérisons miraculeuses, soignant les pauvres, effectuant des opérations de haute-magie. Mozart l’immortaliserait bientôt dans sa Flûte Enchantée, sous le nom de Sarastro.

En novembre 1776, Cagliostro séjournait à Londres. Il s’y était fait remarquer en prédisant à six reprises successives le numéro gagnant de la Loterie Royale. Ce Cette raison et quelques autres avaient entraîné son expulsion.

Si certains soyeux craignaient de s’ennuyer, ils se trompaient ! Les disciples lyonnais se cotisent et bâtissent un temple magnifique aux Brotteaux. Le 24 décembre 1784, Cagliostro inaugure un nouveau rite maçonnique, le « Rite de la Haute Maçonnerie égyptienne ». Dans sa loge, des évocations sont organisées en présence du duc de Richelieu. Elles culminent dans des visions accessibles à tous. Prost du Royer, chef d’une loge lyonnaise, était mort le 21 septembre de la même année. Qu’à cela ne tienne ! Son fantôme apparut et fut reconnu par les membres de cette loge qui étaient présents. J. B. Delorme, premier d’une longue série, fut guéri d’une maladie incurable. Des enfants devenaient, sous son commandement, capables de la clairvoyance la plus spectaculaire.

Mais Cagliostro a la bougeotte. C’est un nomade. Le 27 janvier 1785, il quitte Lyon pour Paris. L’aventure continue. Le 22 août 1785, Cagliostro est arrêté et accusé d’avoir trempé dans l’affaire du collier de la Reine. Il est enfermé à la Bastille. Le 31 mai 1786, il est blanchi et acquitté par le Parlement de Paris. Le roi, désavoué par sa justice, le bannit de France. C’est alors que Cagliostro annonce, trois ans à l’avance, la destruction de la Bastille, la convocation des Etats Généraux et la destruction des lettres de cachet.

Tout cela devait mal finir. Le 27 décembre 1789, alors qu’il séjournait à Rome, le pape Pie VI ordonna son arrestation. Le 7 avril 1791, Cagliostro fut condamné à l’emprisonnement perpétuel. Enfermé le 21 avril au fort de San Leo (près de Rimini), il y passa le reste de sa vie dans des conditions ignobles, au fond d’un cachot nommé Il Pozzetto, nom qui signifie quelque chose comme « oubliette », « puits » ou « égout ». Il y mourut le 26 août 1795, deux ans et demi avant l’arrivée des troupes françaises qui firent sauter la forteresse de San Leo. Cagliostro fut peut-être la dernière victime de l’Inquisition. Dans son cachot, qui se visite aujourd’hui, les visiteurs déposent des roses rouges.

Un lyonnais fait tourner les tables

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Hippolyte-Léon Rivail naquit à Lyon en 1804 et mourut en 1869. Il formalisa le spiritisme. Ce nom recouvre plusieurs modes de communication avec les esprits, dont les célèbres tables tournantes. Un des esprits lui révèle que, dans une existence antérieure en Gaule, il fut druide sous le nom d’Allan Kardec.

Il réunit ses enseignements dans deux livres constamment réédités : Le Livre des Esprits et Le Livre des médiums. Il répandit en France l’idée d’un perfectionnement de l’âme par des réincarnations successives. Lyon fut un centre spirite important. Sait-on que la première crèche de la ville fut organisée par les spirites ? Et jusqu’au 15 janvier prochain, ne manquez pas l’exposition « Lyon, cœur du spiritisme » organisée par la Bibliothèque de Lyon (Part-Dieu) !

Le spiritisme devait se répandre dans le monde. Il imprégna et domina la religion de pays entiers, du Brésil au Vietnam. Si vous allez dans le second, visitez les temples du spiritisme local, le cao-daïsme. Vous y verrez trôner la statue de Victor Hugo, un autre spirite célèbre. 

A Paris, Allan Kardec est enterré au cimetière du Père Lachaise. Toujours fleurie, sa tombe reproduit un monument mégalithique.

Le guérisseur devient médecin des armées impériales

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Nizier Anthelme Philippe (1849-1905) est mieux connu sous le nom « Maître Philippe de Lyon ». A l’âge de 14 ans, il quitte son village natal (Loisieux, en Savoie) pour rejoindre son oncle Vachod, boucher à Lyon.

Il vécut à l’Arbresle. Guérisseur, il avait poursuivi en auditeur libre des études de médecine et de pharmacie pour exercer légalement ses dons. La popularité de Maître Philippe était immense. Il soignait par le magnétisme et dispensait gratuitement ses soins aux pauvres.

Sa renommée se répandit dans toute l’Europe. A partir de 1901, il séjourna à plusieurs reprises à la cour de Russie pour soigner l’hémophilie du fils du tsar Nicolas II. Il y opéra des guérisons remarquées. Au point que le tsar demanda au président de la République française, Emile Loubet, un diplôme en médecine ad honorem pour le guérisseur. Irrité par le refus qui lui fut opposé, le tsar nomma Philippe médecin des armées impériales !

L’influence de Maître Philippe à la cour de Russie fut supplantée par celle de Raspoutine. Pourtant, le français avait  tenté de mettre en garde la famille impériale contre le personnage, et avait annoncé l’irruption de la révolution russe.

Allez au cimetière de Loyasse, sur le plateau de Fourvière. La tombe est fleurie par des admirateurs venant du monde entier.

Les petites Eglises parallèles et leur patriarche

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Joseph-René Vilatte était un prêtre fâché avec la hiérarchie catholique. Fondateur d’une communauté au Québec, il lui fallait en assurer la survie. En 1892, trois évêques orthodoxes (l’un d’eux a été canonisé depuis) le consacrèrent évêque. Ce nouvel évêque en consacra d’autres à son tour. L’un des successeurs fut l’abbé Julio, grand guérisseur. Il rassembla une multitude de prières recueillies dans les campagnes. Ses livres portent des titres qui rappellent la Belle époque. Ainsi, ces Grands secrets merveilleux pour aider à la guérison de toutes les maladies physiques et morales, constamment réédité.

En 1913, le successeur de l’abbé Julio consacra un lyonnais, Jean Bricaud (1881-1934).

Cette petite Église parallèle était indépendante de l’Église romaine. Elle était composée de plusieurs courants regroupés sous le vocable « Église Gnostique ». En mémoire des Gnostiques, chrétiens des premiers siècles exterminés par Rome pour dissensions doctrinales.

Il y a cent ans, les francs-maçons étaient déjà automatiquement excommuniés. Si peu s’en soucient de nos jours, beaucoup en devenaient insomniaques à l’époque. A leur mort, les rites funéraires catholiques leur étaient refusés. L’Église Orthodoxe était alors réservée aux communautés étrangères (russe, grecque, arménienne, etc.) dont elles utilisaient la langue et la liturgie. Ce n’était donc pas une issue possible. Aussi, des francs-maçons et occultistes de toutes sortes se dirigeaient-ils vers de petites Églises parallèles.

Allez au cimetière de Francheville-le-Haut. Vous trouverez une tombe étrange. Y sont enterrés Constant Chevillon et Jean Bricaud. Le premier dirigea un rite maçonnique occultiste. En 1944, il fut assassiné par la milice de Vichy à qui cela ne plaisait guère. Le second fut à la tête de l’Église Gnostique et mourut en 1934. Leurs titres sont gravés sur la pierre tombale. Le monument est à l’abandon, alors que celles des mages précédents sont couvertes de fleurs. Les « initiés » qui se recommandent aujourd’hui de Chevillon et de Bricaud seraient-ils plus ingrats ?

Denis Labouré

Pour lire d’autres articles de Denis Labouré : http://astrocours.free.fr/pages/articles/hermetique.htm Pour connaître les cours qu’il diffuse : http://astrocours.free.fr/pages/apprendreeso.htm Pour vous procurer ses livres: http://reikimarc.ifrance.com/ Pour connaître les séminaires qu’il anime : http://astrocours.free.fr/pages/seminaireeso.htm .

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