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La Franc-Maçonnerie a pour pères Enoch et Elie 26 avril, 2014

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Cette affirmation de CAGLIOSTRO en son Rituel  mérite que l’on s’interroge sur le sens  spirituel donné à cette assertion, sans nous attarder pour autant sur les indications rapportées par celui qui fut le fondateur des Rites Egyptiens. Chrétien, CAGLIOSTRO l’est, n’en déplaise aux tenants d’une Maçonnerie a-dogmatique et libérale, ou de ceux qui croiraient percevoir en lui un occultiste, de ce fait, comme cela va être exposé, en énonçant que tout à la fois ENOCH et ELIE sont les Pères de la Franc- Maçonnerie, CAGLIOSTRO va nous permettre de rappeler ce que doit être la Franc- Maçonnerie de Tradition qui s’oppose à cette vision moderne et erronée qui présente le maçon comme un être libre dans une loge libre. Non, il y  des Devoirs résultant d’une Conscience née d’une discipline qui prend sa source dans ce qui constitue précisément les bases de la Franc Maçonnerie de Tradition.

I

Qu’il me soit permis d’ouvrir préalablement une parenthèse.

La F M a-dogmatique et libérale a inventé tardivement le mythe de la mort d’Hiram. Si le roi de Tyr envoya à David des  charpentiers et des tailleurs de pierre pour construire une maison pour David (II Samuel V, 11), si par ailleurs « Hiram acheva tout l’ouvrage qu’il devait faire pour le roi Salomon dans la Maison du SEIGNEUR (I Rois, VII, 40) que par voie de conséquence en remerciement Hiram, roi de Tyr, se fit donner par le roi Salomon vingt villes du pays de Galilée., il s’avère qu’Hiram sortit de Tyr pour voir les villes que Salomon lui avait données, mais elles ne lui plurent pas. (I Rois IX, 11, 12), il écherra de noter que d’une part en nul endroit il n’est parlé de la mort d’Hiram que par ailleurs Hiram refusera des villes de Galilée, de cette Galilée où s’incarnera Dieu fait homme. Alors que la première apparition de la Légende d’Hiram dans le cadre d’un catéchisme s’avère provenir de Samuel PICHARD en 1730 en son opuscule La maçonnerie disséquée il n’en demeure pas mois que c’est Anderson qui dès 1723 évoque Hiram sans y joindre alors la légende partagée par tant de francs- maçons, lorsque dans le cadre des Anciens Devoirs, le Manuscrit  GRAHAM de 1726 propose une vision toute différente, préférant évoquer NOE plutôt qu’HIRAM. Ainsi, ayant préalablement rappelé qu’aucune construction ne peut se maintenir avant l’Incarnation du Christ sans la Foi et la prière, il est fait état du relèvement du corps non pas d’HIRAM mais de NOE par ses trois fils :  » Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent : « Aide-nous, 0 Père ! « . Comme s’ils avaient dit :  » 0 Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas « . Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L’un d’eux dit alors : « Il y a encore de la moëlle dans cet os »,et le second dit : « mais c’est un os sec  » ; et le troisième dit : « il pue » . Ils ‘accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc- Maçonnerie de nos jours. »  

Ce qui importera de souligner, quand bien même relativement au redressement du corps qu’il s’agisse d’HIRAM ou de NOE, aucune référence scripturaire ne confirme ces faits, ce qui importe donc c’est de percevoir la différence entre Hiram qui ne se rattache à aucune spiritualité ni aucun lien avec Dieu, et NOE par qui une Alliance est confirmée par l’arc en ciel (Genèse IX, 12-17), NOE tout à la fois sauvé (Hébreux XI, 7) et prémisse du Salut (Sagesse XIV, 6).

Il est bien deux Maçonneries, l’Ancienne Maçonnerie dite de Tradition à laquelle se rattache l’Ordre de Lyon, et la nouvelle Maçonnerie a-dogmatique et libérale promue par ANDERSON : CAGLIOSTRO pour sa part, se rattache à la Maçonnerie de Tradition.

N’oublions pas ces deux mots souventes fois rappelés dans le Manuscrit GRAHAM : FOI et PRIERE !

II

Il échet que nous revenions à Enoch et Elie.

Alors que les légendes attachées à NOE et HIRAM portent sur le relèvement de leur corps, par des mains d’hommes, ENOCH et ELIE partagent un tout autre relèvement, il s’agit d’un enlèvement, non pas opéré par l’homme, mais venant de Dieu.

 » Hénoch marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. »  (Genèse, V, 24) Le motif à ce choix nous est donné dans l’Ecclésiastique XLIV, 16 : « Hénoch fut agréable au Seigneur, et il a été transporté, exemple de pénitence pour les générations » et l’Apôtre l’atteste, Hénoch avait plu à Dieu : » « C’est par la foi qu’Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu.«  (Hébreux XI, 5).

Plaire à Dieu… «  et voici qu’un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon. »  (II Rois, II, 11) Elie aura une triple mission énoncée en I Rois XIX, 9-18 et, principalement s’opposer à l’idolâtrie, et l’Apôtre nous rappelle cette plainte d’Elie en I Rois XIX, 10 :  » Ne savez-vous pas ce que l’Écriture rapporte d’Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël:  Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie? » (Romains XI, 2, 3)

Annihiler l’idolâtrie …

Annihiler l’idolâtrie, se débarrassant des idoles, de Baal, du Veau d’or, pour ne plus que chercher à plaire à Dieu, Dieu unique et invisible jusqu’à ce que, par l’Incarnation, Il se rende visible où alors l’adoration des Mages, comme le soulignera PELADAN signifie l’abdication des ésotérismes devant l’Incarnation de la Vérité.

Plaire à Dieu !

Je ne serrai pas  parjure à un Serment maçonnique si je dis seulement qu’à un certain stade de notre cheminement, il nous est rappelé qu’il nous échet de :

- »Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit.

- « Proclamer Sa Gloire par des actes. »

Mais avant de prétendre proclamer la Gloire de Dieu par des actes, alors que par Jésus+Christ nous sommes déjà sauvés, il nous revient de reconnaître la Grâce qui nous est faite en disant avec le Christ Jésus : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc XIV, 36).

La Grâce qui nous est faite : « Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père ! » (Galates  IV, 6). Cette Grâce qu’il nous convient de tenter de comprendre, – il est tant de Grâces offertes par Dieu -, dès lors que nous l’associons à cette mystérieuse parole de Jésus+Christ  rappelée il y a peu d’instants par Marc où le Sauveur associe à l’exclamation Abba Père, la présence de cette coupe emplie de tous nos péchés, et par cette coupe, la souffrance morale de notre refus provisoire de Dieu, cette Grâce liée à la Gloire, passe par une souffrance, aussi l’Apôtre ne manque -t-il pas de rappeler : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » (Romains VIII, 18). Cette Grâce qui nous est faite, se manifeste selon deux périodes :

- l’acceptation de suivre les Evangiles, c’est-à-dire suivre le Christ et prendre sa croix dès maintenant,

- la récompense de la Gloire à venir, dès lors que tout sera restauré dans le Christ.

Pour Irénée de Lyon, la Gloire n’interviendra que lors de ce qu’avec la Tradition j’aime nommer le 8° Jour, qui pour ce Père est le 7° Jour, ainsi déclare-t-il : « ce septième jour est le septième millénaire, celui du royaume des justes, dans lequel ils s’exerceront à l’incorruptibilité, après qu’aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans ce but. C’est ce que confesse l’apôtre Paul, lorsqu’il dit que la création sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. »  

Mais les prémisses de cette Gloire ne peuvent-ils être déjà manifestés dans le cadre de notre actuel pèlerinage terrestre ? A Gethsémani notre Seigneur en Son dialogue avec le Père ne déclare-t’-il pas :  » Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un. »  (Jean XVII, 22).

Clément d’Alexandrie souligne : « Une compréhension intelligente suite de près la foi. ‘Père des hommes et des dieux’, s’écrie aussi Homère, quoi qu’il ne sache pas quel est le Père, ni comment il est Père. Mais de même qu’il est naturel aux mains de saisir, à l’œil qui n’est pas malade de voir la lumière, de même quiconque a reçu la foi possède la faculté de participer à la connaissance, pourvu qu’il veuille tailler l’or, l’argent, les pierres précieuses, et bâtir sur les fondements qu’il a posés. Il ne dit point : Je participerai un jour : il commence à participer. Il ne remet point sa gloire aux chances de l’avenir : roi lumineux, gnostique, il l’est déjà. »

Il convient de participer déjà à la Gloire de Dieu.

Ainsi, comme l’explique Irénée : « Enoch, pour avoir plu à Dieu, fut transféré en son corps même en lequel il avait plu à Dieu, préfigurant ainsi le transfert des justes. Elie aussi fut enlevé tel qu’il se trouvait dans la substance de sa chair modelée, prophétisant par là l’enlèvement des hommes spirituels. »  

Pour Irénée, ENOCH et ELIE annoncent la résurrection dans le Royaume, mais pas seulement, ils bénéficient d’une anticipation face au 8° Jour parce qu’ils agirent selon le souhait de Dieu, dès lors ils participèrent à la Gloire du Père.

III

Il convient de replacer ces rappels dans le catéchisme de CAGLIOSTRO. Selon la version que nous étudions, à la question : « Quel moyen faut-il employer pour obtenir cette grâce de Dieu? », il est répondu :   » En l’adorant, en respectant son souverain et surtout en se consacrant au bonheur et au soulagement de son prochain, la charité étant le premier devoir d’un philosophe et l’œuvre la plus agréable à la Divinité. À cette conduite, il faut y joindre des prières ferventes. »

Sur les motifs de l’engagement que devra prendre le Maçon, CAGLIOSTRO précise : «  ce serment ne consiste que dans la promesse d’adorer Dieu, de respecter votre souverain et d’aider votre prochain. Vous serez obligé de plus de promettre personnellement à votre maître de lui obéir aveuglément, de ne jamais passer les bornes qu’il vous aura prescrites, de ne jamais avoir l’indiscrétion de demander la connaissance des choses purement curieuses, enfin de vous soumettre à ne jamais travailler que pour la gloire de Dieu et pour l’avantage de son souverain et de son prochain. »

Si le terme  » Grâce » apparait souvent dans ce catéchisme, la Gloire qui vient d’être évoquée l’est tout autant et pour asseoir s’il était besoin cette importance liée à la conscience  de la Gloire présente comme l’est d’ailleurs la Grâce dans le Rituel de CAGLIOSTRO, qu’il me soit permis une dernière citation à cet égard, d’autant plus importante que je l’extraie du Rituel de réception à la Maîtrise, de cette Maçonnerie Egyptienne où il fallait déjà être Maître Maçon dans un autre Rite pour prétendre être admis comme Apprenti : « À l’ordre, mes frères. Au nom du Grand Copte, notre fondateur, cherchons à agir et à travailler pour la gloire de Dieu, de qui nous tenons la sagesse, la force et le pouvoir et tâchons d’obtenir sa protection et sa miséricorde, pour nous, pour les souverains et pour notre prochain. Joignez vos prières aux miennes pour implorer en ma faveur son secours et les lumières qui me sont nécessaires. »

CAGLIOSTRO a parfaitement raison de donner à la Franc- Maçonnerie, ENOCH et ELIE comme Pères : ils travaillaient à la plus grande gloire de Dieu !

IV

La F M doit demeurer une voie rendant Gloire à Dieu !

Mes Bien Aimés Frères,

Pour sa part, l’Ordre de Lyon est fidèle aux Anciens Devoirs, à l’Ancienne Maçonnerie, qui était résolument Chrétienne,  lors de votre Affiliation il vous fut rappelé que notre Rite ne pouvait être suivi que par un observateur fidèle des usages anciens, et l’on vous fit lecture d’un extrait des « Règles et Devoirs de l’Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » l’Ordre de Lyon se référant à la version française la plus ancienne, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l’effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède.

Chrétien ! Il est de fait que les œuvres priment sur la Foi come le rappelle Origène en son Entretien avec Héraclide de la sorte être Chrétien serrait idéalement tout à la fois professer la Foi en la résurrection de NSJ+C et aimer son prochain, mais l’amour du prochain seul face à une foi de Pharisien fera du Publicain un Chrétien plus proche de Dieu que ne le serait un grand prêtre du Sanhédrin.

Notre Maître en Maçonnerie, Constant Chevillon, a souhaité dans son bel ouvrage Le vrai visage de la Franc- Maçonnerie rappeler, face aux dérives de notre auguste fraternité (provoquées par la révolution Andersonienne, le pensons-nous et comme exposé en d’autres travaux) que cette école méritait le nom d’école de vertu dès lors qu’elle expose (et oblige oserais-je dire) l’initié à une ascèse. Aucune ascèse ne se fait sans douleur. Aussi notre Très Illustre Frère précisait-il :  » Pour infuser une vie nouvelle, une vie expansive, dans le corps anémié de la maçonnerie, il ne suffit pas de procéder par des exhortations qui seraient, selon le texte de l’Ecriture : Vox clamantis in deserto, la voix dans le désert. Il faut descendre dans l’arène, montrer à tous, les gestes précis de la lutte, les gestes de la victoire. Il faut restituer les assises et les coordonnées de la voie triomphale des réalisations, dont le début s’annonce dans la voie douloureuse de l’ascèse individuelle ; car personne ne peut connaître les gloires de l’ascension sans avoir gravi, d’abord, le Golgotha. » 

Quel travail ascétique nous revient-il d’entreprendre, de faire ?

Si CAGLIOSTRO pour sa part joint aux prières, les bonnes actions en faveur de notre prochain qui n’est pas obligatoirement notre Frère ou notre Sœur en Maçonnerie, mais l’Autre, tous les Autres, il accomplit le rappel donné par Origène à la suite de l’enseignement des Evangiles que résumera s’il était besoin l’Apôtre (II Pierre, III, 11, 12), ce choix d’action s’oppose à l’égoïsme, nous oblige à nous oublier nous-mêmes, nous mentirions à prétendre que la voie ainsi choisie n’est pas douloureuse,  du moins en ses débuts ou durant un temps pouvant se prolonger, mais nous aurons peut-être en partage de prendre un jour conscience que cette voie est Joie.

Cette conscience, résulte d’une réciprocité entre le Don offert et la Grâce reçue, nous entrerons peut-être alors dans l’antichambre de La Présence,  et  pourra résonner en notre cœur cette exclamation de l’Apôtre : « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Galates II, 20).

La Présence du Christ Jésus, l’adhésion à l’Evangile, conduisent naturellement celui qui aurait pu être aux prises avec des idoles, à prendre conscience qu’il s’agissait de mirages, d’illusions, comme pourrait l’autoriser la confusion suggérée par une  Maçonnerie Libre et a-dogmatique où tout serait équivalent : en matière de Religion cela ne peut être, puisque l’Alliance entre Dieu et Sa créature doit être manifeste et non présumée. L’Apôtre nous met en garde : « si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi »

 (I Cor. XV, 14).

Ainsi que le rappelle l’Apôtre : « N’éteignez pas l’Esprit » (I Thes. V, 19), saint Séraphim de Sarov  explique à Motovilov que le but du christianisme demeure l’acquisition du Saint Esprit : « C’est donc dans l’acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l’aumône et les autres actions vertueuses faits au Nom du Christ, ne sont que des moyens pour l’acquérir. » 

Avant que l’impétrant ne pénètre dans le Temple, en vue de son initiation, le Grand Expert lui rappelle : « Il est presque toujours nécessaire à l’âme humaine, enténébrée, qu’elle soit assistée d’une intervention providentielle, d’une prédestination occulte et mystérieuse, pour qu’elle retrouve le chemin de sa liberté première ».

Par Sa résurrection, Jésus+Christ nous a délivré du joug de notre chute, Il a accepté de laver par avance tous les clichés du Désespoir, alors qu’Il ne doutait pas, alors qu’Il n’avait pas à trébucher, il demanda que cette coupe s’éloigna de Lui, Il tomba par trois fois pour nous permettre de trébucher tel le reniement de Pierre, Il exprima le sentiment d’abandon exorcisant par avance nos éventuels doutes, désespoirs et chutes, dans et par Sa chair en complément à Sa Passion que l’on oublie trop comme étant cette Nuit de Gethsémani, Passion morale plus intense sans nul doute que la Passion physique, importante certes, puisqu’elle permet la victoire sur la mort conséquence du péché.

« nul être de Désir ne saurait entrer ou demeurer au sein de l’Ordre, s’il ne se trouve aidé par la Grâce, être Chrétien selon la Tradition de la Franc-Maçonnerie et des Anciens Devoirs, sa Foi l’engageant à se placer sous la protection du Sublime Architecte des Mondes et à pratiquer l’Evangile. » est-il déclaré par l’Ordre de Lyon.

Si donc l’être de Désir, notre Frère, Notre Sœur, nous- même, sommes fidèles aux Devoirs de l’Evangile, non seulement nous le serons envers l’Ancienne Maçonnerie, mais parce que nos actions rendrons Gloire à Dieu, sans être ni HENOCH, ni ELIE, mais de simples êtres de Désir, nous comprendrons pourquoi CAGLIOSTRO place ces prophètes comme les pères de notre auguste fraternité.

J’ai dit V M.

 

Source : http://www.masoniclib.com

et

http://hautsgrades.over-blog.com/

cagliostro

De l’Initiation Égyptienne à Memphis-Misraïm 8 mars, 2014

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De l’Initiation Égyptienne à Memphis-Misraïm

 

EzoOccult > Sociétés Secrètes > Franc-Maçonnerie > De l’Initiation Égyptienne à Memphis-Misraïm

Article publié le 6 fév 2010

Par Claude Jousseaume

 

A la Mémoire de Robert Jar.°. 18e RMM & IIIème Ordre RF

 

Cet article a pour vocation de présenter au grand public un aperçu sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Chacun en retirera ce que son âge lui permettra de reconnaître et les « Géomètres » devineront par les « nombres qui leur sont connus ».

Il est désormais classique que l’Initiation occidentale provient de trois courants : le Gnosticisme, la Kabbale hébraïque et la Rose Croix qui toutes trois ont hérité des traditions ésotériques de l’ancienne Égypte (Misraïm, ne signifie-t-il pas Égypte en hébreu ?).

L’initiation serait partie de cette ancienne Égypte par le biais du Pythagorisme et de l’hermétisme Alexandrin véhiculé par un courant néo gnostique rosicrucien pour enfin nous parvenir sous l’aspect de rites maçonniques de Misraïm puis de Memphis et enfin de Memphis-Misraïm.

 

« Toute Lumière vient de l’Orient : Toute Initiation de l’Égypte ».

 

Depuis la Renaissance, cet Orient mythique s’est souvent confondu avec l’Égypte ancienne des Mystères d’Isis et d’Osiris.

Dès 1450 se fondera l’Académie Platonicienne de Florence grâce à Cosme de Médicis et Marsile Ficin qui traduira en latin le Corpus Hermeticum du mythique Hermès Trismégiste (le trois fois grand) derrière lequel se profile l’ombre hiératique de Thot.

Deux noms sont aussi à retenir : Guillaume Postel et le malheureux philosophe panthéiste qui fût brûlé par le « Saint-Office » Giordano Bruno. Enfin, un jésuite Athanase Kircher dans son ouvrage Œdipius Ægyptiacus donnera le pont de départ de l’égyptophilie que l’ésotérisme ne cessera plus de cultiver. Combiné avec le roman de l’Abbé Terrasson Sethos ou vie tirée des monuments et des anecdotes de l’ancienne Égypte édité en 1731, ces œuvres influencèrent la plupart des rites égyptiens dont le premier initiateur fut sans conteste Alexandre de Cagliostro.

 

De Misraïm.

 

De son vrai nom Giuseppe Balsamo (Alexandre Dumas en fera un roman célèbre Joseph Balsamo avec beaucoup d’erreurs historiques d’ailleurs) qui « serait » né à Palerme en 1743, docteur pratiquant le français, l’italien, le Portugais, le latin et l’allemand et « aurait » rencontré le Comte de Saint Germain dans le cadre de la Rose Croix.

Il inaugura à Lyon, le 24 décembre 1784 son rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne dans le cadre de la Loge « La Sagesse Triomphante » qui comporta trois grades : Apprenti Égyptien, Compagnon Égyptien et Maître Égyptien, il en fut le Grand Cophte.

Il devait mourir après de terribles tortures que lui infligea la « Très Sainte Inquisition Catholique Romaine » assassiné le 26 août 1795 dans son cachot de la forteresse de San Leone.

D’autre part, le rite Primitif des Philadelphes de Narbonne, établi vers 1779 dans la ville dont il porte le nom par le Marquis François Anne de Chefdebien, fait appel aux Orients d’Égypte et de Syrie et parle du Grand Cophte enseveli sous son grand voile noir. Cet atelier suspendit ses travaux le 6 décembre 1814 après le décès du Marquis.

 

À Memphis.

 

Par ailleurs, le Rite Primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient de France en 1806. Il avait été en 1798 importé de l’Égypte par des officiers de l’armée de Bonaparte (il a même été dit que Napoléon y aurait reçu la Lumière selon une circulaire interne du G.O.D.F.) qui avaient installé une loge au Caire. Pour notre part nous pensons que le futur Empereur a plutôt reçu une Initiation relevant des Grands Mystères en étant élevé probablement au Grade de Minerval sous les auspices des Illuminés de Bavière ou d’une de leurs survivances occultes comme le suggère d’ailleurs une gravure de l’époque.

C’est dans cet atelier du Caire que fut initié Samuel Home qui en 1814 créera une loge sous le vocable de « Les Disciples de Memphis » avec l’assistance de Gabriel Marconis de Nègre, du Baron Dumas, du marquis de la Roque et de petit et Hippolyte Labrunie. Le Grand Maître était Marconis de Nègre.

Sujet à des intrigues, cet atelier fut mis en sommeil en 1816. Les travaux furent repris en 1826 sous les auspices du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, Jean Étienne Marconis de Nègre (le fils du précédent) réveille le rite par l’installation à Paris en 1838 de la Loge Osiris. Il a aussi l’idée de réunir les degrés des différents Rites pratiqués. Il donna à cette organisation le titre de Rite Ancien et Primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries.

La première série, grades 1 à 36, enseigne la partie morale, offre l’explication, des symboles, des emblèmes et des allégories et prépare à la Philosophie maçonnique.

La deuxième série 36 à 68 comprend l’étude de l’histoire, des sciences naturelles et des Rites Maçonniques les plus répandus ainsi que des mythes et initiations de l’antiquité.

Enfin, la troisième série 69 à 95 renferme le complément de la partie historique de la philosophie, et mystique et transcendante composée d’ésotérisme et des Grands Mystères maçonniques, cette dernière révèle la Gnose.

Telle est l’origine du Rite Ancien et Primitif de Memphis auquel est venu s’adjoindre par la suite le Rite de Misraïm.

Enfin, un autre Rite notable antérieur à celui de Cagliostro fut le Rite des Architectes africains crée à Berlin vers 1767 par Friedrich Von Koppen officier de l’armée prussienne. Il voulait reproduire les initiations aux anciens Mystères d’Égypte qui se seraient déroulées dans la grande Pyramide (Crata Repoa, Rite égyptien à 7 grades du Pastophoris au Propheta). Il devait subsister jusqu’à 1827 avant son absorption par le Grand Orient de France

 

Vers Misraïm.

 

Après la campagne d’Égypte, c’est en Italie sous l’occupation napoléonienne que naquit le Rite de Misraïm en 90 degrés, une loge dans les Abruzzes de Lancrano en 1811 puis la famille Bedarrides (frères et père) militaires dans l’armée du prince Murat dans la République de Venise.

C’est semble-t-il le Grand Maître à Naples Pierre de LaSalle qui semble avoir introduit les 87, 88, 89 et 90° des Hauts Grades « Arcana Arcanorum » dans le régime de Naples de Misraïm et le père Gad et les fils Marc Joseph et Michel Bedarrides qui introduiront Misraïm en France (1814-1815).

 

Memphis-Misraïm.

 

En 1881, le Souverain Grand Inspecteur Général (33e REAA) Joseph Garibaldi, ancien Grand Maître du grand Orient d’Italie est nommé au Sublime Grade de Grand Hiérophante Général (97e) Chef Mondial du Rite et entreprend de fédérer l’union des deux courants de cette maçonnerie « égyptienne » et qui sera parachevée en septembre 1881 par l’échange entre Yarker et Pessina.

L’œuvre continuera au 20e siècle, des degrés seront ajoutés. Des personnes comme Papus, Bricaud, Constantin Chevillon (assassiné par les nazis pendant l’occupation) et surtout Robert Ambelain continuèrent l’ouvrage.

À notre époque, l’unité entre les différents courants est loin d’être réalisée et c’est aussi peut-être par la diversité de ses courants et la richesse des personnalités qu’elle engendre que le Rite de Memphis-Misraïm est si attachant.

Après ce que nous venons d’exposer on comprendra, que cette méthode initiatique ne peut convenir qu’à un nombre restreint d’individus se recrutant principalement parmi les étudiants en occultisme et hermétisme qui sont souvent plus aptes que les autres du fait de leur quête à appréhender les secrets maçonniques réels et chez les Maçons soucieux de travailler plus de « cinq minutes de symbolisme » et voulant remonter aux sources de leur Art.

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Temple de Gyrshe, David Roberts, Egypt & Nubia, 1845 – 1849.

Peintre orientaliste écossais, David Robert (1796 – 1864) est connu pour ses nombreuses peintures à l’huile de l’Egypte et du Proche-Orient réalisées pendant les années 1840 à partir de croquis pris au cours de ses périples dans la région.

Source : de l’excellent site

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http://www.esoblogs.net/5938/de-l-initiation-egyptienne-a-memphis-misraim/

Maître ECKHART 26 janvier, 2014

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Le soufisme 27 décembre, 2013

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Le soufisme, méthode, spiritualité depuis le 10ème siècle

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Dans le Soufisme comme dans la Maçonnerie, il y a une multitude de courants d’importance diverse, échelonnés entre les débuts de l’lslam (c’est a dire le 7ème siècle) et l’époque actuelle.

Certains courants n’ont eu qu’une existence éphémère,et d’autres vivent encore.

Le Soufisme est né en Irak au 10ème siècle. Les soufis, auparavant dispersés dans l’ensemble du Proche-Orient, commencent à former des écoles autour de quelques maîtres de Bagdad et de Bassora. Les thèmes qui relèvent de l’expérience mystique sont alors développés publiquement, puis consignés en des traités.

Les premières confréries Soufies proprement dis apparaissent au 12ème siècle. Elles deviendront la forme dominante du Soufisme jusqu’à l’époque moderne.

Il existe deux sortes de confréries: confréries de cour et d’aristocrates, telles que les MEVLEVIS d’Anatolie fondée par AL ROUMI et des confréries plus populaires telles que le RIFA’IYYA de BABYLONIE fondée par AHMAD AL-RIFA’I. Certaines, nées à cette époque, subsistent encore aujourd’hui à travers des ramifications multiples telles que la QADIRIYYA de Bagdad fondée par ABD AL-QADIR AL-DJILANl mort en 1166 et dont le tombeau à Bagdad est un lieu de pèlerinage des Soufis aujourd’hui encore.

Le Soufisme est d’abord l’expérience du vécu individuel des questions qui nous brûlent l’esprit pour tout ce qui est de l’énigme de la vie et de ses racines si lointainement implantées dans les ténèbres de notre origine.

Et ceci présuppose au moins un pressentiment de la possibilité d’une perception intérieure directe, pressentiment qui pourrait devenir germe d’inspiration.

Voici près de mille ans, un grand Soufi disait du Soufisme qu’il était une «saveur», parce que son but et sa fin pourraient se définir comme la connaissance directe des vérités transcendantes, sa nature est en effet plus comparable aux expériences des sens qu’une connaissance procédant du mental.

Le Soufisme, se réclame des temps les plus anciens puisque il concédait que Adam était un initié par ailleurs selon les Soufis l’usage du sceau de Salomon est une des clefs pour l’interprétation de nombreux textes dont le sens a échappé à la compréhension de ceux qui ignorent les lois du symbolisme.

Le Soufisme lui même de par sa nature est un peu comme une énigme. La racine arabe «çouf» qui comprend les trois lettres «çâd-fâ-wâw-fâ» a comme sens de base «pureté». Elle possède selon la science des lettres une identité secrète avec la racine «çfou» qui s’écrit «çâd-fâ-wâw» et qui a pour sens de base «pureté» et désignant ce qui a été passé au tamis pour séparer les graines de la balle. En outre, il découle de cette racine une forme verbale qui, si on I’écrit sans voyelle comme cela se fait couramment en arabe, est en apparence identique à «çûfi» et signifie «il a été choisi comme un ami intime». Cependant les Soufis parlent le plus souvent d’eux-mêmes en disant les Pauvres «al-fuqarâ». La pauvreté (dans le sens de savoir) a pour eux un pouvoir alchimique en tant que vide demandant à être comblé. Les premiers Soufis portaient des vêtements en laine. Or, la science des symboles nous indique que le mouton a toujours été spécialement consacré au soleil; ainsi, en portant un vêtement de laine on revêt la robe de cet «éveil du cœur» symbolisé par la lumière du soleil et constituant l’aspect central de tout ce que le Soufi entreprend de reconquérir. Les soufis justifient le port de la robe de laine en affirmant qu’elle a été l’habit des prophètes (nabi) d’avant Mahomet et notamment celui de Moïse (Moussa) et de Jésus (Isa). Le Soufisme s’appuie également sur des valeurs Gamtatriques « numériques ».

Dieu possède dans la langue arabe (99) noms allant de l’éternel en passant par le grand, le fort, le puissant, le miséricordieux, etc… Les Soufis disent que la totalisation de (99), (9) plus (9), donne (18), (1) plus (8) donne (9), et la multiplication de (9) par (9) donne (81). (8) plus (1) donnant (9), la soustraction du premier et du deuxième donne (0) qui se dit «sifr», en arabe, ce qui signifie littéralement «néant», d’où la recherche soufique permanente auprès de la divinité car les lois de la nature et de la physique ne reconnaissent pas le néant.

«Fais-moi entrer, ô Seigneur, dans les profondeurs de l’océan de ton unité infinie». L’océan est souvent utilisé comme référence symbolique du terme vers lequel conduit le chemin Soufi.

De temps à autre, une révélation entre guillemets «flue» comme un grand flot de marée venant de l’Océan d’lnfinitude vers les rives de notre monde fini; et le Soufisme est la vocation, la discipline et la science permettant de se plonger dans le reflux de l’une de ses vagues et d’être ramené avec elle à sa source éternelle et infinie.

Il n’y a qu’une seule eau, mais deux Révélations selon les nécessités particulières de temps et de lieu. Elles peuvent être reçues de manière différentes:

•les croyants dogmatiques sont dans leur grande majorité concernés exclusivement par l’eau qui constitue l’aspect formel de la religion.

•Les Soufis se préoccupent de l’eau laissée à découvert par la vague lors du reflux. Pour les Soufis le corps ne saurait refluer c’est-à-dire revenir vers sa source primordiale, avant la résurrection: quant à l’âme, elle doit attendre la mort du corps; jusque là, elle est, bien qu’immortelle, emprisonnée dans le monde mortel. A la mort du grand Maître Soufi Ghazâlî, au 11ème siècle, on trouva sous sa tête un poème qu’il avait écrit durant sa dernière maladie:

 

« Je suis un oiseau :ce corps était ma cage,mais je me suis envolé,le laissant comme un signe.»

Chez les grands Soufis, quelque chose de plus essentiel que l’âme, qui doit attendre la mort pour parvenir à la liberté, avait déjà reflué et ceci malgré leur corps «cage», je veux dire AL-BARAKA.

Le centre de connaissance, I’Océan, est aussi bien au dedans qu’au dehors et le Târîka Soufi (c’est à dire la méthode Soufie) est un éveil progressif comme si l’on «reculait» en direction de la racine de son Être; c’est un « ressouvenir » du Soi Suprême qui transcende infiniment l’Ego humain et qui n’est autre que les profondeurs vers lesquelles la vague reflue.

Les âmes sont comme des arbres. Celui qui se distingue des autres est celui qui, comme disent les Hindous est «libéré vivant»; il a réalisé ce que les Soufis appellent la «Station Suprême»; et le Soufisme est une voie et un moyen de prendre racine, à travers la «porte étroite» qui est dans la profondeur de l’âme, dans l’Esprit pur qui débouche lui-même dans la divinité.

Le Soufisme exige que l’âme se dépouille des limitations de l’homme, de ses habitudes et de ses préjugés qui étaient devenus une «seconde nature» et se couvre des caractéristiques de la nature primordiale de l’homme, c’est à-dire la pureté, la sincérité, la générosité etc…

Le Soufisme comme la Maçonnerie comporte des grades et des degrés d’initiation débutant par l’apprenti «Talib» qui en suivant un long et difficile parcours initiatique deviendra un aspirant «Murîd». Celui-ci passera par des «Maqâmat», étapes d’initiations successives, accédera à la dignité de «Murshid», directeur spirituel, guide des disciples, collaborateur du maître, gardien des règles et rites. Le moment venu, toutes les épreuves surmontées, le maître confère l’investiture au «Murshid» pour devenir un «Cheikh» maître possédant la «baraka» et le secret de la science divine «al-ma’rifa».

A ce stade là, il est dit que le maître sait distinguer I’homme (son maître passé) de son enseignement, s’attacher à la valeur propre de cet enseignement et non pas du comportement du maître. Il lui appartient alors de vérifier sur lui-même l’enseignement qu’il reçoit, sans s’attarder à en juger l’auteur.

le rite d’initiation Soufi, prend la forme d’une investiture: un manteau «Khirqah» est placé par le maître sur les épaules de l’initié il lui confère un pouvoir temporel rappelant la cape.

Un autre symbole Soufique est celui du «Silsila», la chaîne: au moment du serment, le «cheikh» maître tend son rosaire au récipiendaire; celui-ci en saisit l’autre extrémité qu’il tient pendant la prononciation de la formule d’initiation. Le lien de la chaîne spirituelle permet à l’initié de progresser le long du chemin, la traction de la chaîne transcende les efforts du voyageur, lesquels sont pourtant nécessaires pour la rendre opérante.

L’humain entre dans ce monde par une porte cosmique. Pour éviter de refluer par la même issue, sa petite vague individuelle doit atteindre le point culminant de la grande vague et pour cela, il a le pouvoir de jeter une chaîne traçant une lignée spirituelle remontant jusqu’à la verticalité divine de son initiateur.

Après l’initiation, le novice prend le genre de Vie de l’Adepte, qui consiste à anticiper sur la fin, c’est à dire la mort physique; ce qui l’amène par la puissance de la «Tariquah» à devenir un membre central «Salik», ce qui signifie voyageur. Le Soufi prend alors un sac, avec un morceau de pain, un papier et une plume. Il voyagera à travers les pays afin de rencontrer les Savoirs, mais les Soufis entendent aussi par voyage l’approfondissement intérieur ou le reflux du soi fini en direction de son principe divin.

Le Soufisme considère que l’homme étant un exilé, c’est seulement à partir du centre de l’état terrestre, c’est-à-dire au degré de la perfection humaine, qu’il est possible d’avoir accès aux états de l’Etre supérieur.

Le Soufisme enseigne que l’on ne peut exister à l’encontre de l’Etre, ni penser à l’encontre de l’Intelligence; il nous faut accorder nos rythmes à ceux de l’Infini.

Quand nous respirons, une partie de l’air est assimilée, I’autre est rejetée, il en est de même pour la résorption de la manifestation universelle, et le but suprême du Soufisme est d’être «Inspiré» par la divinité et réabsorbé donc de ne plus être expiré par la suite.

L’approche Soufique du Coran est très Symbolique et intérieure, contrairement aux Musulmans car si l’on se pose la question: Quelle est la forme prise par le flot de la marée, la réponse est un Livre «le Coran».

Les Soufis parlent de chercher à se noyer «istighrâq», mais en réalité ce qu’ils cherchent c’est l’extinction «fanâ» du créé dans I’Incréé, du temporel dans l’Éternel, du fini dans l’infini ; et, pour certains Soufis, la récitation du Coran a constitué le principal moyen de Concentration, notamment en Inde et en Afrique occidentale, même s’ils savent très peu d’arabe; et si l’on objecte à cela qu’une telle récitation ne saurait avoir sur l’Âme qu’un effet fragmentaire étant donné que l’intelligence des récitants ne peut y participer, on répondra que leur Intelligence est pénétrée par la Conscience de participer à la Parole Divine.

Par ailleurs, beaucoup d’écoles Soufis libèrent leurs adeptes des pratiques de la doctrine musulmane, ce qui leur a valu persécutions voire même exécutions sommaires sous prétexte d’hérésie et d’infidélité car les Soufis croient pouvoir approfondir le sens des paroles divines par une herméneutique de l’intériorité grâce à une expérience spirituelle toute intuitive et illuminative qu’ils vivent parfois jusqu’à l’extase.

Al-HALLAJ disait:

«je ne préfère aucune doctrine déterminée»…

L’intrusion du Soufisme dans la pensée religieuse d’alors va susciter des réactions. d’où des procès à la fin du 9ème siècle. Le Grand Maître Al-Halladj va accentuer ces réactions, lorsqu’il rendra public certains propos; telle la fameuse locution :

«Je suis vérité, c’est-à-dire Dieu».

Al-Halladj décrit ce processus de Bassora du mot Dieu qui s’accomplit dans l’intimité d’une union d’amour en disant :

«J’ai en moi un ami, je le visite dans les solitudes, présent même quand il échappe aux regards… c’est comme si j’étais devenu l’interlocuteur de moi même… présent, absent, proche, éloigné, insaisissable aux descriptions par qualités, Il est plus proche que la conscience pour l’imagination et plus intime que Bassora des inspirations» AL-Halladj fut emprisonné une dizaine d’années avant d’être jugé puis crucifié en 909.

La fin tragique de Al- Halladj mettait un point final à la mystique de la rupture c’est-à-dire de l’abandon du matériel. Les survivants du mouvement se rendirent soit en Irak soit en Iran. Depuis ils se cantonnent dans une discrétion qui consiste à ne tenir de propos d’une haute spiritualité qu’à ceux qui sont préparés à les entendre, donc des Initiés.

«O toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée; entre parmi Mes serviteurs; entre dans Mon Paradis».

A ces propos coraniques un grand Soufi dit :

« Je suis entré en me laissant au dehors. »

En effet, puisque rien ne saurait être ajouté au Paradis de l’infini, ne peut y entrer que rien.

Le Cœur ou plutôt la Vision du cœur est l’un des plus importants symboles Soufiques «Ceux qui ont des cœurs» cette formule un peu énigmatique montre que la perspective est en accord avec celle de tout le monde antique, aussi bien de l’Orient que de l’Occident, lorsqu’elle attribue la faculté de vision au cœur et qu’elle mentionne celui-ci pour désigner, non seulement l’organe corporel de ce nom, mais aussi le centre de l’âme auquel il donne accès, alors que ce centre sert lui-même de passage vers un «Cœur» plus élevé, I’Esprit.

Ainsi le «Cœur» est-il souvent synonyme d’«intellect» dans le plein sens du latin «intellectus», nom de la faculté permettant de percevoir le transcendant.

Martin Lings explique très bien ce point en soulignant que :

Si le corps dans son ensemble est «horizontal» en ce qu’il est limité à son propre plan d’existence, le cœur possède, en plus de cela, une certaine verticalité du fait qu’il est l’extrémité inférieure de l’axe vertical venant de la Divinité elle même et passant par les centres de tous les degrés de l’univers.

Selon la doctrine soufique toute vie est divine. Le cœur physique reçoit la vie de la Divinité et l’épanche dans le corps, dans la direction opposée. Le cœur physique peut servir de foyer de concentration à toutes les forces de l’âme qui aspirent à l’infini.

Le Grand Maître Soufi Al-Hallâj dit :

«J’ai vu mon Seigneur par l’œil du Cœur. Je dis: Qui es-tu? Il répondit: TOI».

Le Cœur est l’isthme «barzakh» qui sépare les deux mers qui représentent le Ciel et la terre, I’agréable mer d’eau douce étant le domaine de l’Esprit, et la mer salée et amère celui de l’Âme et du corps:

La lune transmet indirectement la lumière du soleil à l’obscurité de la nuit; et, semblablement, le Cœur transmet la lumière de l’Esprit à l’obscurité de l’âme.

En un mot la vision du Cœur c’est «Avoir un pressentiment de ses états supérieurs».

Notre F :. René Guénon devenu également Soufi, considère ce pressentiment comme un motif valable pour chercher à s’engager dans une voie spirituelle et comme critère de qualification pour une telle voie; et la manifestation de ce pressentiment est le sens, si reculé soit-il, est, ce que Guénon appelle «I’ldentité Suprême», une sorte d’avant-goût de la vérité qui rend au mot Saveur toute sa dimension de la connaissance directe du Cœur par opposition à celle du mental.

L’harmonie de l’Univers dépend parallèlement des similitudes et des différences, non seulement entre les individus, mais aussi entre les mondes. Il est ainsi possible de parler de mariage «du ciel et de la terre»; la réflexion d’un objet est l’image fidèle mais inversée de I’objet lui-même, ce qui est le prototype naturel du sceau de Salomon de la perfection Zenitho/Nadiral active et passive.

«Détends ton esprit, et apprends à nager.»

Voici le terme le plus approprié, à mon sens, qu’un maître Soufi doit dire à son élève; en d’autres termes, libère ton mental de telle sorte que ton âme, ayant perdu pieds, puisse expérimenter les mouvements spontanés de l’intuition.

Si tu es dans un état de perplexité, prends soin de ne pas te cramponner à quoi que ce soit, de peur que tu ne fermes de ta propre main, la porte de la nécessité, car cet état prend pour toi, la place du Nom Suprême.

Le message du soufisme est celui du miracle de l’union entre l’âme individuelle et l’Absolu de la nature divine. L’homme reçoit la révélation et peut déployer son âme. Ce déploiement se fait dans l’extase, la dissolution de l’ego et du soi. Touchant alors directement tout être et toute chose, l’âme de l’individu devient conscience divine.

Les similarités évidentes qui existent entre la FM et le soufisme ont souvent suscité l’intérêt des historiens. Car voilà deux courants à priori en antinomie totale -l’un prônant le tout religieux, l’autre la totale liberté de conscience- qui tendent vers un seul but : rendre l’homme meilleur, et avec la même arme, si l’on peut dire, le chemin initiatique. L’émir Abdelkader, maçon illustre et disciple de Ibn Arabi, personnalité charismatique des confréries soufies expliquait volontiers qu’il voyait dans la FM la « plus admirable institution de la Terre ». Son engagement maçonnique et sa qualité de professeur en théologie s’étant jusqu’à sa mort nourris l’un de l’autre. Pour l’anthropologue Faouzi Sqalli, spécialiste de l’histoire des religions, « toutes les traditions ou philosophies spirituelles qui promeuvent le travail sur l’humain, comme c’est le cas pour le soufisme et la FM ont, à tout le moins, des affinités de valeurs ». Bien que le soufisme soit largement antérieur à la FM, nous pouvons imaginer que celle-ci pourrait constituer une étape sur le long chemin qui mène vers l’ascèse soufie. Nous pouvons d’ailleurs observer selon Sqalli que : « René Guénon, référence magistrale en matière de spiritualité, embrassera le soufisme après avoir pris ses distances avec une FM qui lui paraissait trop théorique et sociale. Il sera reconnu sous le nom de Cheikh Abdelouahed Yahia ».

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Merci Ana …

Âme du monde … frédéric Lenoir 2 novembre, 2013

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Âme du monde ... frédéric Lenoir dans Recherches & Reflexions 7804_565597920159608_969144272_n-300x255

Un maître demande à ses disciples :
– Comment reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour se lève ?
– Lorsque l’on peut distinguer un chien d’un loup, répond un disciple.
– Ce n’est pas la réponse, dit le maître.
– Quand on peut différencier un figuier d’un olivier, suggère un autre.
– Ce n’est pas non plus la réponse, dit le maître.
– Alors comment ? demandent ensemble les disciples.
– Quand, voyant un inconnu, nous reconnaissons en lui un frère, alors le jour se lève et la nuit prend fin.

Extrait de « L’âme du monde » de Frédéric Lenoir

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Le Dalaï-Lama, Figure Spirituelle Du Bouddhisme Tibétain 16 octobre, 2013

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Le Dalaï-Lama, Figure Spirituelle Du Bouddhisme Tibétain

Posted: 23 Sep 2013 10:00 PM PDT

Le Dalaï-Lama, Figure Spirituelle Du Bouddhisme Tibétain  dans Recherches & Reflexions dalai-lama-figure-spirituelle1-300x168

Photo : AFP/Saul Loeb

Tenzin Gyatso A Trois Ans Lorsqu’il Est Appelé À Devenir Dalaï-Lama. Aux Yeux Des Tibétains, Son Destin Est Maintenant Celui D’incarner Leur Chef Religieux Et Spirituel.

Chassé de son pays par la Chine en 1959, il choisira le chemin de la revendication pacifique afin de faire valoir les droits du peuple tibétain. Encore aujourd’hui, le symbole de paix qu’il incarne s’étend au-delà du seul aspect politique. Comme l’enseigne la tradition bouddhiste, il doit aussi prôner le renoncement à ses désirs et à l’attachement au « soi ».

Dans la tradition religieuse tibétaine, le Dalaï-Lama est l’incarnation physique du Bodhisattva de la compassion, le Bouddha en devenir. Le titre de Dalaï-Lama existe depuis le 14e siècle et celui qui le détient est le chef spirituel et temporel des Tibétains. Son rôle est de présider aux destinées du peuple tibétain dans le respect de tous les êtres vivants.

— Un Destin Exceptionnel

Tenzin Gyatso a vu le jour dans une famille paysanne le 6 juillet 1935, à Taktser, un petit village du nord-est du Tibet. Selon la doctrine bouddhiste tibétaine, chaque être se réincarne après sa mort.

C’est ainsi qu’au décès du Dalaï-Lama, le clergé bouddhiste entreprend des recherches afin de retrouver celui ou celle qui en serait la réincarnation.

À l’âge de trois ans, Tenzin Gyatso est reconnu, grâce à une série de signes, comme la réincarnation de ses Treize prédécesseurs.

Le 22 février 1940, il est intronisé Dalaï-Lama à Lhassa, la capitale du Tibet. Il a alors Quatre ans. Tenzin Gyatso est maintenant Dalaï-Lama, mais il lui reste beaucoup à faire avant de pouvoir prendre la direction des affaires de l’État.

À l’âge de Six ans, il devient moine et entreprend l’éducation religieuse et académique qui va le préparer aux tâches qui l’attendent.

Il poursuit de hautes études théologiques et philosophiques et obtient avec succès un doctorat en études bouddhiques en 1959. Il accède du même coup au titre de Geshe Lharampa, le rang universitaire le plus élevé.

— L’Exil

En 1950, les visées expansionnistes de la Chine communiste qui a perdu le Tibet au profit des Britanniques en 1917 se font de plus en plus fortes sur le territoire. La même année, plus de 80 000 soldats de l’armée chinoise envahissent le Tibet.

Le 7 novembre, les Tibétains réclament que les pleins pouvoirs du pays soient remis au jeune Dalaï-Lama, alors âgé de Quinze ans. Désireux de préserver la paix et de protéger son peuple face à un envahisseur aussi puissant, le jeune Tenzin Gyatso se montre ouvert et déploie de nombreux efforts pour maintenir le dialogue avec Pékin.

Le Dalaï-Lama rencontrera même Mao Zedong, en 1954, pour tenter de trouver une issue pacifique à l’occupation de son pays par les Chinois. En vain.

En mars 1959, des milliers de Tibétains se rassemblent dans la capitale, Lhassa, pour réclamer le départ de l’envahisseur chinois et démontrer leur allégeance au gouvernement tibétain du Dalaï-Lama.

Mais les Chinois ne tolèrent aucune manifestation nationaliste de ce genre. Pour briser la résistance tibétaine, ils se préparent à attaquer les manifestants et à bombarder la ville.

Craignant un bain de sang, le Dalaï-Lama quitte à regret la capitale dans l’espoir de désamorcer la situation. Mais rien n’y fait. Les Chinois répriment violemment les manifestations des Tibétains rassemblés dans la capitale.

Devant cette montée de violence, le Dalaï-Lama quitte le Tibet et trouve asile en Inde. Il s’installe à Dharamsala, où il érige le siège du gouvernement tibétain en exil.

Dans les années qui suivent, les autorités chinoises démantèlent plusieurs monastères bouddhistes et répriment la pratique religieuse.

Plus de 80 000 Tibétains imitent leur chef spirituel et fuient le pays. Ils seraient plus de 120 000 aujourd’hui à avoir quitté leur terre d’origine.

— La Mission Du Dalaï-Lama

De son exil, le Dalaï-Lama fait appel aux Nations unies pour dénoncer l’occupation militaire de son pays par la Chine ainsi que les nombreuses violations des droits de la personne par les militaires chinois à l’endroit des civils tibétains.

En tout, trois résolutions des Nations Unies en 1959, 1961 et 1965, demandent à la Chine de veiller au respect des droits de l’homme au Tibet et de respecter les aspirations indépendantistes des Tibétains.

En 1963, soucieux de donner à un futur Tibet libéré des assises modernes et démocratiques, le Dalaï-Lama promulgue une constitution démocratique inspirée des principes bouddhistes et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Aujourd’hui, les membres du Parlement tibétain en exil sont tous élus au suffrage universel direct, et ce Parlement élit ensuite les membres du gouvernement. Le Dalaï-Lama est d’ailleurs réputé pour avoir démocratisé le mode de gouvernance tibétaine.

Depuis, le Dalaï-Lama n’a jamais cessé de travailler pacifiquement à l’élaboration d’un plan de paix et d’un dialogue avec le gouvernement chinois sur la désignation du Tibet comme un espace de paix.

Même s’il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, ses efforts auprès de la Chine ont été infructueux. Depuis 2001, le Dalaï-Lama nie être indépendantiste. Il prône désormais pour le Tibet une « autonomie réelle ».

À ce jour, la Chine s’est toujours opposée à ce qu’il rencontre des chefs d’État à l’étranger.

En octobre 2007, le Dalaï-Lama entreprend une tournée nord-américaine.
Il visite alors le Canada. La Chine réagit en qualifiant la rencontre de « conduite dégoûtante ».

En 2010, c’est au tour du président Barack Obama de passer outre aux protestations de Pékin et de recevoir le Dalaï-Lama à la Maison-Blanche.
Cette rencontre a eu lieu un an après que le président démocrate eut refusé de discuter avec le chef spirituel lors de sa précédente visite à Washington en octobre 2009.

En 2012, lors de la visite du Dalaï-Lama à Ottawa, le premier ministre rencontre le chef spirituel des Tibétains, mais cette fois en privé. En plus de rencontrer de nombreux dirigeants politiques et spirituels, le Dalaï-Lama a aussi participé à de nombreuses cérémonies œcuméniques.

Toujours En 2012, une vague d’immolation par le feu sévit au Tibet.
Cette année-là, près d’une centaine de Tibétains posent ce geste politique afin de dénoncer l’emprise de la Chine sur la région.

Le gouvernement chinois accuse alors le Dalaï-Lama de glorifier les immolations, mais ce dernier réfute les arguments de Pékin. Le Dalaï-Lama se dit opposé à ces gestes désespérés, car ils vont à l’encontre des préceptes bouddhistes.

— Un Homme De Son Temps

En 2011, Tenzin Gyatso renonce à son titre de chef de gouvernement en exil afin d’occuper son rôle de chef spirituel à temps plein.

Le flambeau politique est relayé à un nouveau chef élu, Lobsang Sangay, un juriste de quarante-trois ans qui fait le vœu de libérer son peuple du « colonialisme chinois ».

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Lobsang Sangay béni par le Dalaï-Lama Photo : PC/Ashwini Bhatia

Le Dalaï-Lama n’abandonne pas pour autant ses tournées mondiales, pendant lesquelles il continue de défendre la cause tibétaine tout en promulguant les valeurs de sa religion.

Réputé pour son sens de l’humour, Tenzin Gyatso aime faire retentir son rire discret, mais contagieux. Aussi à l’aise devant des dignitaires que devant des foules de sympathisants, le Dalaï-Lama continue de piquer la curiosité.

En 2012, il est convoqué à Londres pour une réunion avec certains des plus grands banquiers du monde.

L’explication de la crise économique que traverse le monde rejoint ses valeurs religieuses : « tout compte fait, la crise financière a été provoquée par la cupidité elle-même — par l’incapacité à faire preuve de la modération et de la retenue nécessaires, dans la quête aveugle de profits toujours plus élevés ». La solution ? Des cours en « éthique séculière ».

Le 6 juillet 2013, alors qu’il soufflait sa 78e bougie, le Dalaï-Lama a mis en ligne une vidéo de lui où il évoque son vœu le plus cher pour son anniversaire.

En attendant que son souhait de voir un jour le Tibet devenir autonome se réalise, il s’exclame : « le plus beau cadeau que l’on puisse me faire est celui de voir les hommes ouvrir leur cœur et leur esprit à la compassion ».

Le Dalaï-Lama évoque parfois sa retraite, même si la date reste indéterminée. Il a déjà parlé de choisir lui-même le prochain Dalaï-Lama ou même de l’élire démocratiquement.

Sa succession risque toutefois de se produire sous haute tension avec la Chine, Pékin ayant déjà déclaré le prochain Dalaï-Lama « illégal ».

La réplique humoristique du Dalaï-Lama n’a pas tardé. « Si le gouvernement chinois a l’intention de se charger de nommer ma réincarnation, il doit alors accepter la religion et le concept de vie future.

Ils doivent aussi, en premier lieu, trouver les réincarnations de Mao Zedong et de Deng Xiaoping. Après, seulement, ils pourront trouver ma réincarnation ».

Billet proposé par Aron O’Raney

Source l’excellent site : http://oraney.blogspot.fr/

Francs-Maçons En Terres D’Islam 4 octobre, 2013

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Francs-Maçons En Terres D’Islam

Posted: 27 Aug 2013 10:00 PM PDT

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 L’Emir Abd el-Kader
Du Maroc À L’Iran, De La Turquie À L’Arabie Saoudite, Leur Histoire Est Ignorée, Leur Place Et Leur Influence Sont Largement Niées. Antoine Sfeir, Écrivain Et Rédacteur En Chef Des Cahiers De L’orient, Lève Le Voile, Il Évoque La Franc-Maçonnerie Dans Les Pays Musulmans — Ainsi Qu’en Israël
Vous avez décidé de consacrer le dernier numéro de la revue que vous dirigez, Les Cahiers de l’Orient, aux francs-maçons. Pourquoi ce choix?
D’abord parce qu’il s’agit d’un véritable tabou. J’ai toujours entendu parler des francs-maçons au Moyen-Orient, mais, en l’absence de transparence, je n’ai jamais vraiment su quels étaient leur influence ni leur poids réel.
Alors, j’ai voulu en savoir davantage, d’autant plus que des signes de renouveau apparaissent çà et là. D’où l’idée d’y consacrer le dernier numéro des Cahiers de l’Orient.
Est-ce qu’on peut tenter de situer, sur un plan historique, la grande histoire de la maçonnerie au Moyen-Orient?
Au Machrek l’Orient Arabe, c’est, incontestablement, à partir du XIXe siècle que l’on a vu poindre la « lumière » de la maçonnerie, les premières tentatives voyant le jour essentiellement au Liban.
Tout commence avec les entreprises de soierie françaises qui viennent, dans les vallées du Chouf et ailleurs, exploiter des usines de vers à soie et envoyer leur production à Lyon.
Parallèlement, sur le plan culturel, les Jésuites et les congrégations s’installent au Liban et dépendent de la province de Lyon. Les Lyonnais, ou des industriels originaires de la région lyonnaise sont très présents.
Et, paradoxalement, les premiers maçons qui viennent de France, puis leurs émules libanais, sont d’abord des élèves de ces congrégations religieuses, formés à l’excellence puis convertis à ce qui est alors perçu comme une religion du progrès, version émancipée de la foi chrétienne.
La maçonnerie au Liban va se développer à la fin du XIXe siècle, au moment où, dans l’Empire ottoman, commence à poindre la révolution des Jeunes Turcs de 1908, parce que se répand dès cette époque le rêve d’un grand royaume arabe qui sera activé par la promesse anglaise faite à Lawrence d’Arabie.
À ce moment-là, les maçons, réunis dans des comités d’indépendance, sont les artisans de l’indépendance des États-nations, sous l’influence, bien entendu, de différents intellectuels français.
Les deux comités les plus importants, du reste, se trouvent au Caire et à Paris, notamment pour l’indépendance du Liban et de la Syrie. On assiste à un vrai travail, parallèle d’ailleurs à la Renaissance arabe, un vrai renouveau culturel.
On peut dater les débuts de la franc-maçonnerie aux années 1850-1860. Au Liban et en Syrie.
Par la suite, le mouvement va faire tache d’huile. La Jordanie n’existe pas encore, mais la Palestine, elle, existe. Or, avec l’arrivée des Anglais dans la région, et selon une démarche similaire, l’établissement des protestants, vers 1830, va également aboutir à l’installation des maçons en Palestine.
Ce qui s’accélérera pendant la Première Guerre mondiale et le mandat britannique.
La franc-maçonnerie, pur produit de la colonisation?
Il faut être plus subtil que cela. C’est une forte aspiration arabe à l’indépendance et au progrès qui rencontre une structure européenne efficace. Voilà pourquoi il se produit une floraison de loges maçonniques avec l’arrivée des Européens.
Un tremplin sera constitué par les événements survenus au Liban en 1860 : les massacres des chrétiens par les Druzes jouent un grand rôle dans la prise de conscience des élites.
Surtout lorsque les intellectuels mesureront la portée de l’intervention d’Abd El-Kader, exilé par les Français en Syrie, qui va sauver à lui seul plus de 10 000 chrétiens, à Damas.
Or Abd el-Kader est maçon. Depuis l’Algérie. Dans son silence forcé, à Damas, il va être un maçon assidu et lui donner un autre départ dans tout le Levant.
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Qu’en est-il du reste du monde arabe?
Il faut mettre l’Égypte à part, car, dans ce pays, on voit apparaître des maçons et des germes de maçonnerie universels dès l’expédition de Bonaparte.
Mais le développement se fera par étapes. La première phase sera, bien entendu, incarnée par les saint-simoniens, qui vont arriver, chez Ibrahim Pacha, pour enseigner le français aux officiers égyptiens, dans les casernes.
Parmi ces saint-simoniens, Ismaïl Urbain, qui sera aussi tenté par la maçonnerie, mais qui ne fera pas, d’après ce qu’on sait, acte d’initiation.
Le second départ, ce sera l’initiation d’Ismaïl Pacha, fils d’Ibrahim Pacha, khédive d’Égypte.
Il va être initié par les Français, notamment par le groupe de Ferdinand de Lesseps qui compte surtout des maçons constructeurs.
Et le Maghreb?
Là, on peut parler davantage du poids de la colonisation. Nous avons d’ailleurs les contributions très détaillées des colons français à l’édification d’une maçonnerie locale.
Dès l’arrivée des Français, les loges vont se multiplier. Avant tout en Algérie, puis en Tunisie et au Maroc.
Cela prendra plus de temps au Maroc, en raison du caractère très construit de la société traditionnelle et de l’ancrage islamique, très fort.
Mais, tout de même, le futur roi Mohammed V, père de Hassan II, aura la réputation tenace d’être franc-maçon, même s’il n’a jamais été vraiment possible de le prouver.
L’Algérie semble toutefois être une terre d’élection…
Absolument. Et le fait demeure. Quand on retrouve aujourd’hui des « Arabes » musulmans dans les loges en France, ce sont à 90 % des Algériens.
La maçonnerie a toujours connu un vrai succès en Algérie. Et également en Tunisie.
En raison d’un engouement de la part des classes moyennes et du lien naturel entre la maçonnerie et l’éducation.
Pour les mêmes raisons, il y aura une vraie influence maçonnique en Turquie et en Iran.
Cela dit, la Turquie et l’Iran sont un peu à part.
Deux cas intéressants, en effet. Deux énormes morceaux. On se rend compte que, dès 1916, les constitutionnalistes en Iran sont avant tout des francs-maçons. Ils constituent la charpente, la pierre de touche du nouvel État iranien.
Ils se laisseront un peu dépasser par la nomination du chah, le père du dernier chah, mais resteront quand même très présents.
Ils le seront également aux côtés des zoroastriens, bien entendu, dans la classe moyenne, dans la haute bourgeoisie et dans la fonction publique. Ce sont de grands serviteurs de l’État iranien.
En Turquie, c’est entièrement différent. De tout temps, c’est-à-dire depuis les liens instaurés entre l’Empire ottoman et l’Occident, il a existé des échanges, grâce aux nombreux Ottomans qui poursuivaient leurs études ou allaient accomplir leur spécialité en Europe, notamment en Angleterre.
Dans un premier temps, il va y avoir une influence primordiale de la loge anglaise, donc le rite écossais ancien, mais, en même temps, on va assister, dès la IIIe République, à une implantation du Grand Orient français.
Cette mixité des cultures, ce syncrétisme est très propre à la Turquie. Au point qu’il y aura une sorte de va-et-vient entre les francs-maçons turcs et certains courants mystiques de l’Islam, et ce jusqu’à nos jours.
Il semble ainsi que, selon certaines rumeurs, beaucoup des islamistes prétendument modérés aujourd’hui au pouvoir en Turquie aient fait un passage par l’initiation…
Donc la Turquie est un pays où la maçonnerie est encore très forte…
Oui, ainsi qu’en Iran. Les maçons iraniens ont été pointés du doigt au moment de la révolution khomeiniste. Ils ont très mal supporté les dix ans qui ont suivi. Mais depuis le cessez-le-feu avec l’Irak, à la fin des années 1980, ils ont retrouvé une certaine visibilité.
Peut-on dire qu’au Moyen-Orient, d’une manière générale, les maçons jouent actuellement un rôle très important, par exemple dans des structures laïques comme le parti Baas, en Syrie ou en Irak?
Oui, dans tout parti séculier, ils sont importants.
Si on veut dresser un tableau global, les maçons sont très bien implantés en Turquie, en Syrie, au Liban et en Israël. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs.
En Israël aussi?
Dès l’établissement du premier kibboutz, en 1910, c’est l’introduction, en Palestine, de la franc-maçonnerie, qui existait, notamment dans les grandes villes, grâce aux Anglais, comme on l’a dit, et aux protestants, mais très peu dans les campagnes.
Dès l’arrivée des juifs en Palestine, jusqu’à la création d’Israël, en 1948, la maçonnerie s’implante solidement grâce aux vecteurs de pénétration des kibboutzim et des moshavim.
À partir de la proclamation de l’État d’Israël, le milieu travailliste et laïque des grands leaders, des pères fondateurs, va entretenir des liens étroits avec la maçonnerie.
Seulement travailliste?
À présent, on compte beaucoup de maçons de l’autre côté, parmi la droite laïque, mais on n’en trouve pas au point de départ, en 1948. Cela viendra plus tard, essentiellement du fait des Azkhénazes d’ailleurs. Les Séfarades restent encore très méfiants…
Et les pays du golfe Persique?
Au Yémen dans et toute la péninsule arabique, la maçonnerie est très faible et pratiquement inexistante, sauf parmi les expatriés, qu’ils soient Arabes ou étrangers.
Quels sont les domaines de prédilection de la maçonnerie orientale?
Exactement les mêmes centres d’intérêt qu’en Europe. Les mêmes thèmes. Mais on ne parle pas de « laïcité » ; on parle de « sécularisation ».
Les sujets clefs sont l’éducation, la réforme de l’État et, parfois, un grand thème de société tel celui de la femme, l’interruption volontaire de grossesse, la contraception, le planning familial.
Le champ de la réflexion reste quand même nettement plus restreint qu’en Occident. Ce ne sont pas les mêmes moyens qui sont utilisés. Beaucoup de médecins travaillent entre eux. Dans ce qu’ils nomment les fraternelles.
Le planning familial a été introduit grâce au travail des maçons, notamment en Égypte, par l’intermédiaire des Nations unies… Travail de très longue haleine, commencé sous Nasser.
Mais quand, en 1971, 1972, 1973, on a commencé à vouloir être vraiment efficace, on s’est rendu compte qu’il fallait également former les intéressées, et notamment les femmes paysannes.
Un véritable travail sur le terrain a été accompli, à la fois par l’Unicef et par les maçons locaux…
Donc la femme est un objectif important…
Très. Même si très peu de femmes peuvent imaginer entrer en maçonnerie dans l’Orient actuel. Malgré certaines avancées, la femme reste surtout un sujet d’intérêt pour les maçons masculins.
Politiquement, les francs-maçons ont-ils une spécificité?
On les retrouve essentiellement à gauche. Parce que, dans tout l’Orient, c’est la gauche qui essaie encore de faire bouger les choses, alors que la droite, elle, non seulement détient le pouvoir, mais aussi a fait de telles concessions aux islamistes qu’elle ne peut plus maintenant accueillir les francs-maçons.
Les francs-maçons ne peuvent pas accepter, par exemple, le fait que Sadate ait pu autant céder aux islamistes, sur la question de l’excision des femmes ainsi que sur celle de la charia ou, pour être plus précis, l’inspiration de la Constitution égyptienne à travers la charia. Du reste, Sadate est un homme qui nous a tous fascinés par son recueillement à Jérusalem, mais on s’est peu penchés sur son bilan intérieur…
Il ne faut pas oublier que, du jour au lendemain, il a fait passer son pays entre les mains des États-Unis, alors que l’Égypte était autonome ou autosuffisante sur le plan céréalier : 85 % du blé égyptien proviennent du surplus américain. En conséquence, les maçons ne peuvent pas se sentir à l’aise dans le parti au pouvoir en Égypte.
Plus généralement, il y a un engagement, chez tous les maçons orientaux quels qu’ils soient, dans la lutte pour la démocratisation. C’est une constante qui prend beaucoup plus de poids aujourd’hui où l’on assiste à une telle rupture de représentativité.
Est-ce qu’il y a des professions où ils sont plus présents?
Oui, les professions libérales : médecins, avocats, magistrats, enseignants. On les retrouve également dans la haute fonction publique, surtout chez les magistrats. En ce qui concerne les enseignants, il faut savoir que l’école publique n’est pas très considérée en Orient.
Je ne parle pas de la Turquie et de l’Iran, mais du reste des pays arabes, où l’enseignement privé est tenu pour beaucoup plus prestigieux. En toute logique, on compte de nombreux francs-maçons dans l’enseignement privé.
On en rencontre aussi énormément parmi les milieux d’affaires. Beaucoup de businessmen, qui ont utilisé dans le passé la maçonnerie comme des réseaux, sont maintenant militants au sein des obédiences acceptées.
Est-ce que les francs-maçons ont joué un rôle, par exemple, dans le dialogue israélo-arabe?
Ils ont essayé, certainement. À travers un tissu associatif : Identité et dialogue, par exemple, pour le Maroc.
En Tunisie aussi, un peu. Au Levant, ils ont été obligés de s’adapter, j’allais dire, à l’hypocrisie ambiante : on parlait avec les Israéliens, mais dehors, dans le secret et la clandestinité.
On ne communiquait pas à l’intérieur du système national. Pas dans les pays, pas dans le cadre classique. À l’extérieur, en visite à Paris, ou à Londres. À Paris, par exemple, on se retrouvait, on échangeait, il y avait même des réunions entre loges, entre obédiences… mais, pas officiellement, pas institutionnellement.
Grâce à cette discrétion, des travaux importants ont été accomplis dans les loges. Ces travaux-là — ces planches, comme ils disent — ont été passés à qui de droit et ont fait leur chemin. C’est incontestable dans des domaines comme l’éducation. Un exemple : à un moment donné, il y a eu des négociations très dures entre la Syrie et le Liban concernant la mise à niveau de l’éducation entre les deux pays.
Un travail de fourmi a été mené, à tous les échelons de l’institution, pour que l’éducation libanaise ne pâtisse pas de cette mise à niveau.
Il faut expliquer que le cœur de l’État, en Syrie, est noyauté par les Alaouites et que l’on compte parmi ces derniers beaucoup de maçons.
On a souvent dit que Hafez El-Assad en faisait partie.
Y a-t-il beaucoup de noms aussi célèbres chez les maçons?
On cite généralement Assad, mais aussi Moussa Prince, qui était un grand avocat libanais représentant un pôle du débat intellectuel au Liban, avant et durant la guerre. Il fut surtout l’inspirateur de Camille Chamoun, président de la République entre 1952 et 1958, puis l’un des dirigeants incontestés des partis chrétiens libanais.
Moussa Prince était certainement l’un des meilleurs représentants du Grand Orient. Son décès a laissé un vide immense. Il faut aussi parler de la famille sunnite Sohl. Sami Sohl, l’un des pères de l’indépendance, et Premier ministre de Camille Chamoun, était un maçon.
Il y a eu également d’autres dirigeants musulmans, comme certains anciens Premiers ministres, toujours vivants, qui ont accepté, par exemple, de soutenir le fameux traité Libano-Israélien de 1983, qu’Amine Gemayel n’a pas ratifié.
On cite également beaucoup l’entourage d’Assad, tel Mustapha Tlass. Difficile à vérifier.
Les musulmans ne revendiquent plus leur appartenance, comme Abd El-Kader a pu le faire. Désormais, ils ont peur. N’oublions pas, quand même, qu’il existe des pays où il suffit qu’un citoyen soit montré du doigt par un islamiste influent pour qu’il passe aussitôt en justice.
Est-ce qu’il existe des lois contre les maçons dans les pays arabes?
Oui, dans toute la péninsule arabique, puisque les maçons y sont considérés comme des mécréants.
Le Yémen est en train de changer, parce que c’est un régime marxiste. Mais, en Arabie saoudite et dans les Émirats, il y a une véritable suspicion.  Au Maroc, actuellement, on ne peut pas dire non plus que les maçons aient le vent en poupe.
En revanche, au Levant, il y a une sorte de regain, de même qu’en Jordanie, où, sans se déclarer publiquement, les maçons n’hésitent plus à tenir la dragée haute aux islamistes, notamment dans des débats, qu’ils soient politiques, parlementaires, médiatiques ou intellectuels.
Peut-on tenter d’avancer quelques chiffres?
C’est très difficile. Autant peut-on avancer une fourchette pour Israël, aux alentours de 10 000, l’Iran et la Turquie, autant il est impossible d’évoquer sérieusement une donnée chiffrée pour les autres pays.
Depuis cinq ans, il y a une véritable renaissance de la maçonnerie au Liban, et en Syrie, assez étonnamment d’ailleurs mais pas paradoxalement, parce que ce pays reste quand même aux mains d’un régime très séculier.
Comment expliquez-vous ce regain?
Les loges locales ont acquis une forme d’autonomie nouvelle. Elles sont devenues autocéphales. Par exemple, on sait, d’une façon certaine, que l’ancien patron de la chambre de commerce et d’industrie de Syrie, un sunnite de Damas décédé il y a deux ans, était l’un des grands maîtres de la maçonnerie.
Mais, à la limite, il en a presque usé comme d’un moyen de se créer des relations d’affaires. On suppose que son fils, qui a repris le flambeau, est aussi franc-maçon.
Quant au Maghreb, on pense que les maçons y sont plus nombreux chez les Kabyles que dans le Constantinois. Ils sont également assez nombreux dans l’Algérois. Mais, pour en savoir davantage, il faudrait ouvrir les cartons consacrés à l’Algérie qu’on a découverts au Grand Orient, lesquels ne sont pas encore exploités.
Et l’Égypte?
C’est redevenu un pays important. Sous Nasser, beaucoup de petits ou grands entrepreneurs sont partis s’établir au Canada, en Angleterre et quelques-un aux États-Unis.
Sous Sadate, ils sont en majeure partie revenus. Aujourd’hui, il y a en Égypte des entreprises énormes, de taille internationale. Oaskom, par exemple, qui occupe une position de force dans la téléphonie mobile, du Moyen-Orient à l’Afrique. Ces groupes internationaux ont ramené avec eux des cadres qui ont fait des études supérieures et qui sont concernés par la maçonnerie.
Si la maçonnerie locale était une sorte d’Église autocéphale, avec ce sang neuf, on constate un renouveau dans la bourgeoisie égyptienne, cette nouvelle classe moyenne qui fait la force de l’Égypte, même si le pays est en cessation de paiement. Un nombre élevé de maçons commencent depuis un certain temps à s’organiser.
Et ils essaient de tenir la dragée haute aux islamistes. Car le grand danger, partout, reste l’islamisme, beaucoup plus que l’État. On connaît, hélas ! la rengaine des fondamentalistes musulmans contre l’ennemi judéo-maçonnique.
Compte tenu du besoin criant de modernité dans le monde arabe, iriez-vous jusqu’à dire que les maçons ont plus de poids dans le monde arabe qu’ils n’en ont en Europe?
C’est à peu de chose près exact. Dans le cadre d’une citoyenneté communautaire, ils aident à transcender, ne serait-ce que dans un premier temps, les clivages anciens de la société.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir en 2000, au Liban, des maçons musulmans être les premiers à dénoncer la « maladie de l’Islam » ! On se plaignait, après les attentats du 11 septembre 2001, que les intellectuels musulmans n’aient pas dénoncé la fièvre islamiste.
Je n’ai constaté cette dénonciation ni en Europe ni en Occident, en général, sauf au Proche-Orient, dans les loges maçonniques. En Syrie, par exemple, il existe actuellement un véritable mouvement de réforme qui dit clairement que l’Islam doit s’arrêter à 622 et doit rester confiné aux relations de l’homme avec son créateur.
Ce mouvement-là, qui commence à avoir du succès, puisque le livre Nouvelle Lecture du Coran a été vendu à près de 300 000 exemplaires, est dû au Professeur Mohammed Chahrour ou à des gens comme Ziad Hafez, qui cherche à tracer un pont entre l’Orient et les États Unis.
Les deux sont certainement influencés par des idées maçonniques, et d’autres intellectuels avec eux.
Est-ce que ce mouvement de réforme va aboutir à l’aggiornamento tant désiré
L’avenir nous le dira.
— Le dernier numéro des Cahiers de l’Orient, fondés en 1985 par Antoine Sfeir, écrivain et rédacteur en chef, est intitulé L’Équerre et le Croissant, enquête sur la franc-maçonnerie en terres d’islam. Revue trimestrielle d’études et de réflexion sur le monde arabe et musulman, les Cahiers de l’Orient se veulent très attachés à la Francophonie, qui constitue, selon leur charte rédactionnelle, « l’un des derniers lieux privilégiés de la liberté ».
Propos recueillis par Christian Makarian, le 29/05/2003
Antoine Sfeir
Billet proposé par Aron O’Raney
Source l’excellent site : http://oraney.blogspot.fr/

Protégé : Une Parole circule … n° 17 3 octobre, 2013

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