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Chant of the Templars – Salve Regina 11 août, 2009

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Pour chercheur & Cherchant 4 août, 2009

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Pour chercheur & Cherchant

 

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Blog de la Loge de Recherche Indépendante Lawrence Dermott à l’Orient de Rennes

La décision de créer une Loge de Recherche indépendante est motivée par un Principe qui veut que la Recherche à besoin de la Liberté et qu’elle est au-delà des règles, dogmes ou frontières..

http://logedermott.over-blog.com/

 

Une belle richesse offerte à vos réflexions …

 

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RAPPORTS SPIRITUELS ET TEMPORELS DE L’ARC-EN-CIEL 2 août, 2009

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RAPPORTS SPIRITUELS ET TEMPORELS DE L’ARC-EN-CIEL

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Louis-Claude de Saint-Martin

 

 

 

 


 

Les lois de la sagesse et de la miséricorde divine sont tellement disposées, que toutes leurs productions portent l’empreinte de l’archétype d’où elles émanent ; et comme il y a plusieurs classes de ces productions, chacune d’elles est en quelque sorte l’image et la copie de celle qui la précède et qui lui est supérieure. C’est pour cela que le monde physique et matériel est le véritable emblème du monde des esprits, comme le monde des esprits est celui du monde divin.
Ce monde matériel doit donc nous représenter l’ordre dans lequel les différents esprits ont été constitués lors de la formation de l’univers et pour remplir les décrets du Créateur : il nous le présente en effet par une multitude de faits et de lois physiques, dont l’étude des êtres élémentaires nous donne et l’intelligence et la preuve de ce que je viens d’avancer ; mais parmi cette multitude d’objets que nous pouvons soumettre à nos observations, il n’en est guère de plus frappant que l’arc-en-ciel, parce qu’il réunit sous un seul point de vue et sans que la main de l’homme ait besoin d’opérer, tout ce que nous avons à désirer sur l’origine des choses, sur la nature de l’homme, sur la punition des prévaricateurs et sur les moyens qui leur sont donnés pour se réintégrer dans les droits de leur émanation.

 


L’arc-en-ciel se forme par la réfraction des rayons solaires sur les différents fluides qui composent les nuages : il est circulaire, et porte le nombre septénaire par les différentes couleurs qu’on y distingue, qui sont : le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, l’indigo et le violet ; enfin il sépare la partie nébuleuse et obscure de la partie pure et lumineuse de l’atmosphère : voilà les propriétés principales qu’il nous offre, et dont il est la plus grande facilité de faire l’application aux objets dont j’ai fait ci-dessus l’énumération.
L’arc-en-ciel ne paraît que lorsqu’il y a des nuages dans l’atmosphère ; c’est nous indiquer que le cercle universel-temporel n’existe que par l’opposition que les ténèbres spirituelles font avec la lumière divine, et que lorsque cette opposition sera à son terme, toutes les choses temporelles disparaîtront comme l’arc-en-ciel disparaît à mesure que les nuages se dissipent. Si, après la destruction de cette matière, il doit y avoir encore une expiation beaucoup plus rude que celle qui se sera passée dans le temps, les lois de l’arc-en-ciel nous offrent en nature physique la même vérité : car, après que les plantes et les différents corps terrestres ont été imbibés par l’eau des nuages et que le soleil vient ensuite prendre la place de la pluie, il arrive ou que ces plantes ne peuvent recevoir sa chaleur, quoique sa lumière vienne jusqu’à elles, et cela à cause de la fraîcheur que l’humidité a répandu dans l’atmosphère, ou que le soleil brûle et calcine ces mêmes plantes si l’humidité ne domine pas et qu’elles aient leurs pores trop ouverts. Dans l’un et dans l’autre cas, il faut un temps pour réparer ce désordre : il faut un temps pour que le feu du soleil consume ces impuretés de la région où les nuages se sont formés, et ce temps est l’indice de celui qu’il faudra aux êtres pervers pour se purifier, quoiqu’il ne soit donné à aucun homme d’en connaître ni d’en fixer la mesure.
L’arc-en-ciel est circulaire, pour nous renseigner que telles sont la figure et la forme de tous les corps et, par conséquent, du corps général-universel, parce que le fluide étant circulaire et le principe de toute corporisation, rien ne peut exister en apparence de matière, que sous la forme de son principe.
Il y a sept couleurs dans l’arc-en-ciel ; c’est l’image et le résultat de l’action des sept principaux agents universels qui ont été placés par le Créateur pour le soutien de Son oeuvre temporel et pour le secours des êtres qui peuvent s’approprier leurs puissances. C’est, en un mot, le signe visible des sept grands cercles spirituels indiqués par les sept sphères planétaires qui n’en sont que les ministres et les agents. Il est à remarquer aussi que parmi ces sept couleurs, la première ou le rouge, est seule de sa classe et dominante sur les six autres, au lieu que ces dernières, il y en a toujours deux qui ont entre elles de l’analogie, ce qui fait voir la loi binaire des choses inférieurs et la supériorité du feu sur toutes les autres substances, puisqu’il est réellement leur principe et leur Créateur.
L’arc-en-ciel ne peut être visible qu’à ceux qui se trouvent placés entre le soleil et les nuages, et quoique alors on reçoive quelque fois de la pluie, cela est si rare et en même temps si léger, par rapport à ce qui arrive sous le nuage même, qu’on peut regarder cette place intermédiaire comme l’asile de la sécurité, de la force, de la puissance et de la lumière.

 


Quand l’homme se trouve à cette place, il occupe toujours le centre de l’arc-en-ciel qu’il aperçoit, et il est le maître de faire changer de place à ces sept circonférences, en en changeant lui-même : car alors il en conserve toujours le centre, quelqu’effort qu’il fasse pour s’en écarter ; n’est-ce pas là un tableau assez frappant de ce qu’il était et du rang qu’il occupait lors de son émancipation temporelle ? N’est-ce pas nous montrer physiquement et corporellement les droits qu’il avait alors sur les sept esprits primordiaux de la création dont il pouvait diriger les actions à son gré et qui étaient toujours subordonnés à sa puissance ?
L’arc-en-ciel sépare le pur de l’impur, la lumière d’avec les ténèbres, pour nous rappeler que le cercle universel-temporel sépare en effet les impies d’avec les justes, les profanes d’avec les saints et les êtres d’abomination d’avec les êtres divins. Cet arc-en-ciel nous montre donc en nature quel est le lieu que les êtres, prévaricateurs occupent par rapport à tout autre être temporel ou spirituel ; il nous montre quelle est l’espèce de punition que la justice divine a prononcée pour leur molestation ; c’est d’être exclus du séjour de la lumière, c’est non seulement de ne plus pouvoir occuper le centre des circonférences spirituelles ni de les faire mouvoir à leur gré ; mais c’est de ne plus recevoir même les rayons de ce soleil divin qui les vivifiait tous avant leur crime, comme le soleil temporel vivifie et éclaire tous ceux qui se trouvent dans l’arc-en-ciel et lui et qui ne sont point enveloppés dans l’épaisse obscurité des nuages ; c’est enfin de ne ressentir que les effets de la justice divine sur eux-mêmes et d’être liés et assujettis par les sept puissances spirituelles-principales qui gouvernent l’univers, mais de ne pouvoir ni correspondre avec elles ni les apercevoir dans leur essence, quoiqu’ils en éprouvent chaque jour les influences rigoureuses : tel que ceux qui sont sous les nuages matériels sur lesquels l’arc-en-ciel se forme, éprouvant toute la rigueur de l’intempérie, sans apercevoir ce même arc-en-ciel qui, étant en effet une communication des rayons solaires, échauffe et divise par son feu les globules dont les nuages sont composés : car si la pluie commence toujours avant que l’arc-en-ciel paraisse, c’est que l’action de tous les êtres précède toujours leurs résultats et que l’effet des rayons du soleil ne peut être manifesté qu’après que leur action est parvenue jusque sur le nuage qu’ils devaient dissoudre, en faisant fermenter et se décomposer les différentes matières dont ce nuage est formé.
Toutes les observations qu’on vient de voir sur la loi de la molestation des êtres qui se sont séparés de la lumière, conviennent sans doute à toute espèce de prévaricateurs ; mais comme rien ne doit nous intéresser davantage que la connaissance de notre propre espèce et les différents faits de gloire, de justice et de réconciliation qui se sont opérés et qui s’opèrent sur elle, il est à propos d’examiner, relativement à l’homme, tous les rapports spirituels et temporels que nous n’avons examinés que d’une manière générale en confrontant les lois de l’arc-en-ciel physique avec les lois des êtres invisibles.

 


Nous avons dit que l’homme placé entre le soleil et l’arc-en-ciel était toujours au centre des sept circonférences que cet arc-en-ciel lui présentait. Nous avons dit qu’il pouvait à chaque pas faire changer de place à ces circonférences, sans qu’il pût jamais cesser d’occuper le centre qui est le vrai symbole de la puissance et de la supériorité ; mais ce que nous n’avons pas fait remarquer, c’est qu’il est le seul être de la nature qui puisse à son gré faire faire à l’arc-en-ciel ces transpositions ; elles ont lieu sans doute pour tout être animal dont les yeux formant le foyer et le réceptacle de tout amas de lumière, se trouveront toujours former le centre de leur sphère et, par conséquent, entraîneront avec eux les sept circonférences lumineuses de l’arc-en-ciel qu’ils auront aperçues ; mais quoique cette loi soit commune entre les animaux et l’homme, il y a cette différence infinie à faire, qu’elle s’opère sur les premiers par l’effet nécessaire de l’ordre physique et indépendamment de leur volonté, au lieu que l’homme seul est le maître de faire agir cette loi, de la soumettre à son usage et d’en multiplier les effets autant qu’il le veut. Or, cette supériorité physique dont l’homme est réellement revêtu, par rapport à tous les autres êtres de la nature corporelle, n’est-elle pas le signe évident de celle que sa nature spirituelle lui donne sur tous les esprits, et ne voyons-nous pas que s’il conserve encore dans la région sensible cette distinction frappante qui le rend actif et dominant sur les êtres passifs, il doit avoir cette même distinction parmi les êtres spirituels et avec infiniment plus d’éclat encore, puisque leur classe étant supérieure à la matière, les lois en sont beaucoup plus étendues. Ne doutons donc plus que la nature spirituelle et divine de l’homme ne l’ait destinée autrefois à disposer efficacement des êtres d’opération qui lui étaient subordonnés, comme il dispose aujourd’hui matériellement des êtres élémentaires dont l’action est peinte dans l’arc-en-ciel ; et comment pourrions-nous en douter, puisque nous voyons que dans cette seule observation physique où l’action des êtres élémentaires lui est en quelque sorte assujettie, il est directement en aspect de l’être vivifiant de la nature, qu’il reçoit immédiatement les influences de ce soleil matériel, qui, par son opération de vie active sur l’univers, est véritablement le dieu des corps et que, se trouvant occuper la place intermédiaire entre cet astre et les sept actions qui en proviennent, il est comme son organe et comme un agent dépositaire de ses vertus. N’est-ce pas là nous retracer sensiblement l’ancien état du premier homme qui, émané et émancipé pour manifester la gloire et la justice du Créateur, était en correspondance directe avec le soleil divin et éternel et qui occupait en effet la place intermédiaire entre cette divinité et les esprits temporels qu’elle avait soumis à sa puissance afin que, disposant de leur actions, il pût en faire usage selon les droits de son libre arbitre et pour molester les êtres prévaricateurs. Rien ne prouvera mieux la justesse et la réalité de cette observation, que les nombres mêmes attachés aux agents physiques dont le concours produit les lois du phénomène élémentaire que nous examinons. Le soleil corporel est seul et unique : c’est de lui que provient la réaction nécessaire à la vie de tous les corps ; ce qui est insuffisant pour nous apprendre que nul autre nombre ne lui convient mieux que l’unité, quoique toutefois cette unité temporelle ne soit qu’un assemblage ; et dès lors n’ait aucun des droits appartenant à l’unité simple et divine, qui est de ne pouvoir se dissoudre et d’avoir éternellement la vie en soi. Mais cet être étant unique dans son action temporelle, nous représente parfaitement l’unité de l’action et pour lors en doit prendre le signe temporel qui est l’unité dans le nombre.

 


L’homme placé entre le soleil élémentaire et l’arc-en-ciel et ayant la faculté de faire mouvoir avec soi ce même arc-en-ciel, nous représente par ce pouvoir actif le nombre de l’action même de l’unité qui est quaternaire, et en effet, si l’on joint dans l’homme cette faculté active aux trois facultés passives qu’il a de commun avec tous les animaux et tous les être matériels qui habitent avec lui, on ne pourra se dispenser de lui attribuer le nombre quatre, d’autant qu’il est indiqué par l’essence même de l’homme, aussi bien que par son action. Nous apprendrons donc par là que vraiment le nombre spirituel que l’homme reçut lors de son émancipation du cercle divin, était le même nombre quaternaire dont il conserve encore aujourd’hui temporellement l’empreinte et les vestiges ; nous apprendrons, dis-je, qu’il avait été choisi pour être l’agent de l’action divine même, ou de cette unité indivisible, dont le quaternaire est la première puissance. Je ne parle point du nombre septenaire des couleurs qui composent l’arc-en-ciel, en ayant traité précédemment et ayant fait remarquer le rapport réel qui se trouve entre ce nombre d’actions matériel et celui des sept agents principaux spirituels, préposés pour soutenir l’univers et pour être les ministres de l’homme ; mais je ferai remarquer que ces trois nombres, un, quatre, sept , que nous reconnaissons si clairement dans le phénomène sensible que nous observons, sont réellement l’expression et le signe des trois puissances éternelles dont les résultats ternaires se manifestent universellement et dont j’ai montré simplement les vertus dans les discours qui ont précédé celui-ci. Leur addition rend douze ou trois , pour nous faire voir que les trois puissances divines elles-mêmes se sont employées pour la défense des lois éternelles du Créateur et pour la punition de ses ennemis : car de même que dans l’arc-en-ciel on voit les nuages se séparer de la partie lumineuse et insensiblement se dissoudre en présence des trois êtres temporels-corporels ; savoir : le soleil, l’homme et les sept circonférences, de même que les ennemis du Créateur ont été bannis du cercle divin et voient leurs iniquités se consumer et s’anéantir en présence des trois nombres puissants, un, quatre, sept, préposés pour les combattre, les diviser et détruire l’abomination de leurs criminelles pensées.

 


Si l’on s’arrêtait à cette idée que dans le fait, l’homme n’étant pour rien dans la production de l’arc-en-ciel, ne devrait pas être compté dans les nombres par lesquels j’en ai voulu démontrer les lois ; il faudrait se souvenir que l’homme spirituel ou le mineur, n’a pas eu en plus d’influence dans la production des choses corporelles-universelles de la création, que l’homme temporel n’en a dans les causes qui produisent l’arc-en-ciel, et cependant on ne peut se dispenser de compter sa puissance parmi celles qui ont été et qui sont encore employées par le Créateur pour l’exécution de ses décrets dans cette grande époque ; c’est pourquoi lui voyant tenir la place temporellement, par rapport à l’arc-en-ciel, et lui voyant une action corporelle parmi celles qui sont relatives à l’arc-en-ciel, se souvenant toutefois qu’elle ne se compte que par allusion avec celle qu’elle représente et que l’homme n’étant ici-bas que la figure la plus imparfaite de ce qu’il était avant qu’il y fut descendu, on ne doit pas exiger dans la copie la même activité ni la même vie que dans le modèle ; d’autant que l’arc-en-ciel lui-même et le soleil élémentaire, ne sont que des êtres morts en comparaison de ceux avec qui l’homme pouvait agir de concert avant qu’il fût souillé. Nous ne devons pas attendre ici-bas la réalité des actions divines, qu’au préalable nous ne nous soyons purgés de toutes nos iniquités ; mais nous pouvons y chercher des rapports et soyons assurés d’en trouver sans nombre et à tous nos pas : car la nature entière n’existe que pour nous en offrir.

 


Tous ceux que j’ai fait apercevoir jusqu’à présent, entre les lois de l’arc-en-ciel et les lois données à l’homme par les droits de son origine spirituelle-divine, sont trop nombreux, trop frappants pour qu’on puisse ne pas reconnaître le même ordre, le même emploi et la même destination dans les agents de l’une et de l’autre classe. On ne peut s’empêcher d’y voir tout ce qui nous est enseigné sur la fonction glorieuse dont l’homme avait été chargé, sur les pouvoirs immenses qui lui furent donnés pour la remplir ; en un mot, sur la sublimité de sa nature qui le fit choisir par le Créateur de préférence à tout être pour lui servir de médiateur universel et lui soumettre tous ses ennemis. On ne peut donc nier que cet emblème sensible et matériel que les rayons du soleil nous tracent par leur réfraction, ne porte un indice réel de l’ancienne dignité de l’homme, en ce que dans la place qu’il y peut occuper et dans l’action qu’il y peut exercer, il annonce vraiment qu’il était destiné à jouir de la lumière du principe éternel et à être à la fois son premier agent et le roi de l’univers.
Mais autant il est glorieux pour lui d’apercevoir encore, au milieu des ténèbres qu’il habite, les traces d’une aussi noble destination, autant il est douloureux d’être obligé d’avouer que ce ne sont que des traces, et même si imparfaites, qu’elles lui laissent voir avec une triste évidence la grandeur des biens qu’il a perdus. Dans le fait, il est réellement emprisonné dans la partie nébuleuse sur laquelle l’arc-en-ciel spirituel imprime le nombre septenaire des circonférences visuelles et puissantes préposées pour lier et enchaîner les prévaricateurs, il ne peut, comme les prévaricateurs qui l’ont précédé dans le crime, faire mouvoir les couleurs brillantes et lumineuses de ces immenses circonférences, et est assujetti comme eux à en subir les rigoureux effets sans en connaître ni la source ni la voie ni la main qui les opère ; au lieu d’occuper, comme dans son origine d’émanation divine et d’émancipation temporelle, cette place glorieuse ou ce poste intermédiaire entre le soleil divin et les sept circonférences de son action spirituelle, il est réduit comme tous les êtres rebelles à éprouver tantôt l’intempérie et l’obscurité des ténèbres les plus épaisses, tantôt la rigueur d’un froid insupportable, tantôt l’ardeur d’une chaleur brûlante et d’autant plus importune, qu’en quelque endroit que l’homme que l’homme se cache, il ne peut éviter le feu qui la communique.

 


Condamné à être en butte à la douleur et à l’amertume au lieu de la paix et des délices qu’il aurait goûter, il n’a d’autre flambeau que l’incertitude, d’autre aliment que l’erreur ou cette terre de malédiction qui fut donné jadis au serpent pour sa nourriture ; il n’a enfin d’autre société que ce serpent même ou cet ennemi terrible qui le poursuit à tous ses pas comme l’otage du traité criminel qu’ils ont fait ensemble et qui, n’ayant pour loi et pour arbitres qu’une justice de mort et des ministres destructeurs, transforme tous les otages en autant de victimes. Voilà quel est ce feu rongeur qui nous dévore malgré nous, pendant que nous traversons ce malheureux théâtre de pleurs et d’expiations. Voilà ce feu d’épreuves sur lequel nous devons être assis pendant le temps et qui doit dégager douloureusement pour nous toutes les substances étrangères dont nous avons laissé souillé notre essence : feu cruel, épouvantable, mais contre lequel nous ne pourrions sans injustice élever aucun murmure, puisque nous l’avons allumé nous-mêmes ; voilà en un mot la véritable situation spirituelle de l’homme, et voilà ce que nous indique par rapport à lui la partie nébuleuse et obscure de l’atmosphère sur laquelle s’imprime l’arc-en-ciel élémentaire : car il est sans aucun doute, relativement à la divinité et à l’esprit de lumière, ce que les nuages ténébreux sont relativement au soleil corporel et à l’arc-en-ciel qui en provient.
Que l’homme se console cependant et qu’il ne se laisse point aller au désespoir. Si les lois de la nature, que nous avons observées dans l’arc-en-ciel élémentaire, nous ont tracé le tableau de notre ancien état et celui de notre misère actuelle, elles peuvent aussi nous tracer celui des voies de notre réconciliation et de la gloire future à laquelle nous avons le droit d’aspirer. Autrement la nature élémentaire ne serait plus un hiéroglyphe universel.

 


Remarquons donc que l’homme, qui se trouverait placé dans la partie de la terre où les nuages se seraient rassemblés et qui par cette raison n’apercevrait point les sept circonférences colorées que le soleil imprimerait sur eux, pourrait néanmoins traverser cette partie ténébreuse et marcher jusqu’au point de laisser derrière lui ces mêmes circonférences qu’il ne pouvait apercevoir auparavant et, par conséquent, reprendre cette même place intermédiaire entre le soleil et l’arc-en-ciel, qui n’est que l’emblème de celle qui devait occuper spirituellement, en supposant toutefois que le nuage et l’arc-en-ciel corporel durasse assez pour lui en donner le temps : et même, quand cela n’arriverait pas, la possibilité de la loi que j’expose n’en serait point détruite ; bien plus cet emblème en serait beaucoup sublime encore puisque si l’arc-en-ciel et les nuages disparaissaient pour laisser dominer le soleil dans toute sa pureté, ce serait nous retracer une image corporelle et sensible de l’entière domination de l’ tre unique et éternel. Remarquons en second lieu, que l’homme ne parviendrait point à ce terme intermédiaire entre le soleil et l’arc-en-ciel, sans avoir passé sous ces mêmes circonférences septénaires dont l’usage et la vue lui étaient interdites pendant qu’il était sous le nuage : par là nous aurons une preuve sensible des pas que l’homme a la liberté de faire pour tendre à sa régénération divine, en abjurant ces ténèbres impures qui lui dérobent la lumière de son flambeau naturel ; et en se portant avec courage vers l’astre bienfaisant qui ne tend qu’à réchauffer par ses vertus tous les êtres qui le désirent ; nous verrons que si l’homme ne fait pas le premier pas, il espérerait en vain atteindre un terme, comme il ne jouirait pas de la vue du soleil élémentaire tant qu’il resterait sous le nuage : nous verrons enfin, si la route par laquelle il doit passer nécessairement pour recouvrer cette lumière temporelle n’est pas le signe emblématique et matériel de l’être septenaire-spirituel dont les opérations invisibles sont la vie indispensable qui lui est accordée pour son expiation et pour sa purification, de même que celui des sept régions temporelles qu’il est obligé de parcourir avant d’arriver à sa réintégration parfaite dans la demeure des justes et avant de pouvoir jouir de la lumière divine
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Oswald WIRTH 30 juillet, 2009

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Oswald WIRTH

 

 

Wirth, Oswald

 

Joseph Paul Oswald Wirth est né le 5 août 1860, vers 9 heures du matin, à Brienz, petite bourgade Suisse de 2500 habitants bordant le lac du même nom.

De trois frères, deux moururent en bas âge, et Edward, officier de zouaves, périt au champ d’honneur en 1894. Une soeur, Elise, née en 1875, fut la compagne d’Oswald de sa jeunesse jusqu’à sa mort.

Il disait humblement tout devoir à Stanislas de Guaita, rencontré pour la première fois au printemps 1887, et qui le fit son secrétaire et ami. (…) l’entrée en relation avec Stanislas de Guaita devint pour moi un événement capital. Il fit de moi son ami, son secrétaire, et son collaborateur. Sa bibliothèque fut à ma disposition, et, bénéficiant de sa conversation, j’eus en lui un professeur de Qabbale, de haute métaphysique, autant que de langue française. Guaita prit la peine de me former le style, de me dégrossir littérairement (…) je lui dois d’écrire lisiblement. (Dédicace au Tarot des imagiers du moyen âge).

Même si l’on peut aisément convenir que Guaita ait pu lui enseigner l’art de tourner heureusement ses phrases, dans notre langue que les étrangers considèrent comme si difficile – Oswald Wirth était originaire de Suisse allémanique –, il est indéniable que le disciple a par la suite égalé, sinon dépassé le maître, au moins dans le domaine du symbolisme; on lui doit en effet un certain nombre d’ouvrages qui sont devenus des classiques : Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’alchimie et la Franc-Maçonnerie, Le symbolisme astrologique, et surtout Le Tarot des imagiers du moyen-âge dans lequel il reprend l’étude symbolique des lames majeures qu’il avait dessinées pour Guaita.

D’une manière générale, et contrairement à celui qu’il considérait comme son maître, il s’est davantage intéressé à la Franc-Maçonnerie qu’à la Rose-Croix. Les mystères de l’art royal, et La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes en rendent compte brillamment.

Oswald Wirth mourut le 9 mars 1943 à 11 heures. Il est enterré au cimetière de Monterre-sur-Blourde, au sud de Poitiers (86).

Remerciements à M. Hugues de Charnay, à qui je dois de nombreuses précisions sur Oswald Wirth.

 

 

 

Source : La Rose-bleue

Chant of the Templars – Honor Virtus et Potestas 26 juillet, 2009

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Rituel et esprit maçonnique dans la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui 25 juillet, 2009

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Rituel et esprit maçonnique  dans la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui

 

Après les questions relatives à la nouvelle éthique, et à la possibilité pour les sciences humaines de dire ce qu’elle pourrait être, le Grand Collège avait confié à la Commission III de « Sources » mission de traiter la question « Rituel et esprit maçonnique dans la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui » L’exposé des motifs destiné à en préciser le sens était de suivant :

- Quelle est l’originalité de ce qu’on peut appeler l’esprit maçonnique ?

- La Franc-Maçonnerie ne saurait être enfermée dans une seule philosophie. Quelle proposition peut-elle dès lors faire pour répondre aux interrogations philosophiques et éthiques des Francs-Maçons ?

- Quel est le sens du rituel maçonnique ?

- Au fond, quelle est l’essence de la Maçonnerie ?

« Sources » propose un texte d’une ampleur et d’une importance considérables. C’est un texte essentiellement philosophique qui, à première approche, pourrait effrayer nombre de lecteurs peu habitués au langage de l’anthropologie et de la philosophie. Impression assurément trompeuse, car, au prix d’un effort d’attention un peu soutenu, tout homme de bonne culture doit pouvoir en tirer enseignement et profit. La table des matières très complète qui en expose le plan est un fil conducteur très utile.

Néanmoins, il est apparu opportun au Grand Collège qu’en soit faite une présentation qui, en en marquant les points forts, en facilite une lecture qui, seule, pourra révéler toutes ses richesses. En raison même de son importante dimension et de sa densité, il ne saurait être question d’en faire un résumé qui le suivrait d’une façon en quelque sorte linéaire. D’autant plus que le lecteur distrait ou insuffisamment attentif risquerait de considérer comme des redites ce qui est en fait une succession de reprises des mêmes idées, mais chaque fois placées sous un éclairage différent. C’est ainsi que, tout au long de ce texte, on trouvera l’exposé des conceptions du rite et de l’homme. Plusieurs fois également le lecteur trouvera des considérations sûr la méthode à employer pour mener à bien l’étude demandée.

C’est pourquoi nous avons choisi dans cette présentation de dégager les grands thèmes qui courent durant tout l’exposé, et dont la connaissance claire permettra au lecteur d’apprécier toutes les remarques incidentes qui s’y ajoutent et qui, à chaque fois, l’enrichissent de nouvelles facettes.

Nous avons cru bon de distinguer les thèmes suivants: Problèmes de méthode ; examen critique de la thèse de René Girard ; nature du rite et essence de l’homme ; rite et spiritualité maçonnique ; l’homme Franc-Maçon.

Encore ne pourrons-nous pousser trop loin l’analyse, car tous ces thèmes interfèrent les uns avec les autres. Il n’est que trop évident par exemple, que l’idée qu’on peut se faire du rite et de l’homme dépend étroitement du mode de connaissance adopté pour étudier l’un et l’autre. Inversement, on ne saurait cacher que le choix de ce mode de connaissance peut être lui-même largement influencé par l’idée préalable qu’on se fait de l’homme et de son essence.

 

Problèmes de méthode

S’interroger sur le rituel et l’esprit maçonnique dans la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui invite en effet la pensée à s’engager dans deux voies divergentes, mais non nécessairement opposées. Ou bien à partir d’une étude anthropologique, et qui se veut par conséquent scientifique et objective, des rites, à partir d’une typologie et d’une interprétation fonctionnelle de ceux-ci, on peut essayer de situer les rites maçonniques, d’en dégager la spécificité, et proposer une définition de ce qui fait l’originalité de l’esprit maçonnique. Ou bien, partant au contraire de l’esprit maçonnique, tel que nos pratiques rituelles et symboliques nous le font vivre et connaître, on peut essayer de dégager la métaphysique qui le sous-tend et qui l’anime, et par là même éclairer le sens de nos rites. On peut même aller plus loin. Fort de l’expérience vécue dont on peut penser qu’elle nous révèle sa vraie nature, on peut s’élever à une conception du rite en général, et, à partir de celle-ci, porter un jugement sur les diverses théories qui en proposent une interprétation. Pourquoi pas en effet ? La compréhension d’un certain type de comportement humain, en l’occurrence ici le comportement rituel, devrait-elle donc toujours et exclusivement être cherchée, ainsi que le fait l’anthropologie, dans ses origines oubliées, ou dans des structures inconscientes ? Ne seraient-ce pas plutôt ses formes les plus récentes, et peut-être de ce fait les plus accomplies, qui, soumises à une analyse phénoménologique serrée et lucide, sont susceptibles de nous en faire connaître le vrai sens ?

Il convient d’ouvrir ici une importante parenthèse. Ce n’est pas dévoiler un secret de dire que, depuis la naissance de l’Aréopage, les Frères de « Sources », en dépit des inévitables renouvellements, se partagent à peu près équitablement, lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes humains, entre ceux qui inclinent vers l’étude anthropologique, et ceux qui préfèrent l’approche philosophique. C’est pourquoi il importe de souligner le bel exemple d’esprit maçonnique donné par les Frères anthropologues de « Sources » qui, en présence d’un texte dont ils ne partagent peut-être pas toutes les thèses, ont reconnu l’éminent travail accompli par le Frère Rapporteur, et décidé de le présenter au nom de tous.

Assurément, le texte ne fait aucune concession à l’égard d’une approche anthropologique qui se voudrait exclusive de toute autre. On resterait alors, y est-il dit, tributaire du modèle d’une science de la matière, tel qu’H s’est constitué à partir de la Renaissance finissante, selon lequel penser scientifiquement, c’est penser par structures fermées, progressivement compliquées, et dès que possible mathématisables. Autant dire qu’on ne peut penser par structure que le mort, que ce qui se laisse traiter comme un objet technique, une matière inerte, et soumise au surplus (ce qui révèle la structure comme ne pouvant se poser comme autosuffisante dans l’être) à la loi insurmontable de la dégradation de son énergie d’inertie.

Sont donc récusées les doctrines philosophiques se réclamant du structuralisme qui, s’étant mises à l’école de l’anthropologie, ont proclamé dans le même temps et la mort de la philosophie et la mort de l’homme, et célébré la décadence de l’humanisme. « Le développement des sciences humaines, affirmait il y a vingt ans Michel Foucault, nous conduit beaucoup plutôt à une disparition de l’homme qu’à une apothéose. Elles ne nous découvrent pas l’homme dans sa vérité, dans ce qu’il peut avoir de positif. Ce qu’elles découvrent, c’est de grands systèmes de pensée, de grandes organisations formelles qui sont en quelque sorte comme le sol sur lequel les individualités historiques apparaissent. Nous voulons montrer que ce qu’il y a d’individuel, ce qu’il y a de vécu et de singulier chez l’homme, n’est qu’une sorte d’effet de surface au-dessus des grands systèmes formels sur lesquels flotte de temps en temps l’écume et l’image de l’existence propre ». (Émission télévisée « Lecture pour tous », 1966).

Il est bien évident qu’aborder l’étude des rites selon une telle perspective structuraliste ne peut qu’aboutir à faire voir en eux, ainsi que nous y invitent les dictionnaires, que des choses mortes, des pratiques dont le sens n’apparaît même plus à ceux qui en sont les acteurs, pas plus que n’apparaît au locuteur la façon dont s’organisent les phonèmes de sa parole. Son expérience vécue de Franc-Maçon, ainsi que ses convictions profondément humanistes, aux évidentes résonances existentialistes et personnalistes, commandaient impérieusement au Frère Rapporteur de s’engager dans une toute autre direction. C’est sans doute pour les mêmes raisons que les Frères de « Sources » l’ont suivi et ont voulu procéder avec lui à une herméneutique, c’est-à-dire à une recherche du sens. Recherche du sens des rites en général, et des rites maçonniques, en particulier, sans méconnaître pour autant les enseignements et les apports de l’étude anthropologique.

 

La thèse de René Girard.

Il rencontrait alors sur sa route une interprétation fonctionnaliste du rite qui eut un succès considérable, il y a une quinzaine d’années, celle que l’anthropologue René Girard a exposée dans son livre « La violence et le sacré ». Sa thèse est simple et tranchée : le rite est essentiellement archaïque ; sa fonction est d’assurer la cohésion sociale. Tous les rites en effet sont d’origine sacrificielle, et le sacrifice a pour fonction de détourner sur une victime émissaire la violence existant dans la société.

La violence a pour origine le désir. A la différence du besoin qui, lui, est inscrit dans la nature physiologique de l’homme, le désir est désir de s’emparer de ce que l’autre désire lui-même et possède. C’est en cela qu’il engendre la violence et la réciprocité des vengeances. Cycle sans fin, car le désir, à la différence du besoin, ne saurait être rassasié, et ne connaît pas de limites. Mais la violence est vite ressentie comme insupportable, et c’est pour en rompre l’enchaînement sans fin, que l’homme archaïque a imaginé le subterfuge de détourner et de concentrer la violence sur une victime émissaire. Ainsi, en même temps qu’elle sera détournée de son objet, la violence sera attribuée à une force étrangère et supérieure à l’homme, c’est-à-dire à la puissance même de la nature, considérée comme divine et sacrée. Mais pour être efficace, ce subterfuge doit demeurer inconscient. Le rite – et non seulement le rite sacrificiel – aurait donc surgi comme instrument magique d’exorcisme, et il serait à l’origine des religions archaïques, et du sentiment du sacré.

Girard ne nie pas pour autant toute transcendance. Mais il est un scientifique chrétien, et il réserve l’authenticité de sa visée à la seule religion chrétienne. Aux religions archaïques, il oppose la seule religion authentique à ses yeux, le christianisme, qui opère sur les hommes un peu à la façon d’une cure psychanalytique. Les hommes ne seront délivrés du désir générateur de violence qu’à partir du moment où il sera sublimé, transcendé, réorienté vers la Rédemption. Le sacrifice du fils de Dieu mettra fin à la longue série des errances violentes qui font la vie des sociétés primitives. En consentant à mourir par violence, le Christ-Dieu force les hommes à reconnaître ce qu’est la violence dans son horreur, et qu’elle est sans force devant l’Amour, seul libérateur et civilisateur.

Ainsi, comme celui de beaucoup de scientifiques chrétiens, le théisme de Girard le conduit au dualisme. Dieu est séparé de la Nature. La Nature physique peut alors être réduite à la seule matière, livrée à l’inertie mécanique et à l’entropie ; la nature humaine être livrée au mimétisme du désir et de la violence, avant de pouvoir être réhabilitée par la Rédemption. Dualisme bien commode pour qui veut concilier les exigences de la science et celles de la religion. Nous sommes loin de nos rites maçonniques qui, dès la première initiation, confient le néophyte aux quatre éléments, aux grandes forces de la Nature : la Terre, l’Eau, l’Air, le Feu.

Mais dénoncer les arrière-pensées de Girard ne suffit pas. Encore faut-il le rencontrer sur le terrain des faits et de leur interprétation. La critique du Frère Rapporteur portera sur deux points essentiels, et lui donnera l’occasion d’esquisser une tout autre conception de l’homme et de son rapport avec les rites : a) le caractère totalitaire et exclusif de la conception du rite selon Girard. b) sa conception du désir.

Peut-on vraiment affirmer que le rite n’a d’autre fonction que de verrouiller la violence afin de restaurer et d’assurer la cohésion d’un groupe ? Même dans le cas du rite sacrificiel, mort de l’animal ou même de l’homme, la mise à mort est-elle toujours recherchée comme éliminatrice d’un mal plus grand ? C’est le « toujours » qui fait ici problème. Ne pourrait-on au contraire la concevoir comme l’envers d’une renaissance ? Il est remarquable que Girard passe sous silence les rites agraires tels que les rogations, dans lesquels l’offrande s’accompagne d’un sacrifice de riz, de maïs, de rameaux ou de fleurs. La mort végétale y est offerte parce qu’elle apparaît comme la condition d’un renouvellement. La mort de la Nature n’est pas indice d’immobilité, mais d’une décomposition ouvrant la voie des germinations recréatrices.

Entrent également difficilement dans l’interprétation de Girard les cinq grands mythes fondateurs qu’on trouve présents dans toutes les sociétés humaines ; mariage, reconnaissance des enfants, entrée dans l’adolescence, élection des chefs, culte des morts. Ils apparaissent bien plutôt comme destinés à conférer à l’existence et à ses rythmes biologiques une valeur proprement humaine en assurant l’émergence de la Culture. D’une culture qui ne saurait être coupée de la nature, puisqu’ils visent tous à situer les actions humaines dans le mouvement des forces de vie de la nature, inséparablement en nous et hors de tous.

En ce qui concerne le désir, Girard a bien vu qu’il est autre chose que le besoin, et qu’il est le propre de l’homme. Certes le désir peut être mimétique et générateur de jalousie, de rivalité, et par conséquent de violence. Mais n’est-il que cela ? Est-il essentiellement cela ? Serait-il le signe de la chute originelle ? En même temps qu’il aurait conféré à l’homme son humanité, aurait-il donc fait de lui un être de faute ?

A ce pessimisme, inspiré par une certaine interprétation du christianisme, le rapport va opposer une conception toute différente du désir, dont les développements permettront de répondre à la question que tout Maçon se pose dans son parcours initiatique « Qu’est-ce que l’homme ? » si l’on se réfère à son étymologie latine « de sidus, sidera », le désir est tendance à refaire en soi l’étoile. Il est la quête d’une étoile, au sens d’une réalité qu’on éprouve symboliquement comme infiniment éloignée en perfection. Ce qui est alors désiré, c’est le déplacement de l’être vers cet objet projeté comme impossible à rejoindre. Le désir ne désire rien d’autre en définitive que lui-même. Le propre du désir est de s inventer selon une fécondité ouvreuse de perspectives d’actions, de raisons de vivre, de buts constitutifs de rôles. Si le désir est donc l’homme même, il fait alors apparaître celui-ci non comme être déjà fait, non comme objet constitué, mais comme surgissement, comme l’acte d’une essence portant en elle une puissance d’infini, et constamment en route sur le chemin de sa réalisation (mire, initium). Par nature, le désir est initiatique.

Une telle conception peut surprendre les esprits qui ne peuvent penser que par concepts aux contours arrêtés ; elle ne fait cependant que rejoindre toutes les grandes philosophies qui ont en effet compris l’homme de cette façon. L’homme est Amour dit le Platon du « Banquet ». Parcelle de l’âme du Monde, il est pneuma, tonos, souffle et tension, disent les anciens Stoïciens. Il est appétit infini de béatitude, dit St Thomas. Il porte en lui l’idée de Parfait, dit Descartes ; il est « mouvement pour aller plus loin », dit Malebranche.

Certes, et de façon plus prosaïque, le désir est aussi demande de biens matériels et finis. C’en est l’instance indispensable destinée à assurer la survie de chacun. De même peut-il se fixer, s’arrêter et s’exaspérer dans la recherche constante et toujours à refaire de ces biens, et devenir avidité. Sur ce point, notre société de consommation caractérisée par la production et par la demande effrénée et jalouse de biens ostentatoires, semblerait donner raison à René Girard. Mais là n’est pas la vérité du désir. C’en est une forme dévoyée. La recherche indéfinie des biens n’est qu’une manifestation décevante de cette puissance d’infini que le désir porte en lui. En fait le désir est l’essence de l’homme. Il est l’amour de soi d’un être qui se crée à travers un amour indissociable des êtres et des choses.

 

L’homme et le rite

C’est en fonction de cette conception de l’homme qu’on peut maintenant apprécier comme il convient la signification des rites. Tout désir vrai appelle le rite, ou y tend, pour la simple raison qu’il ne saurait exister comme tel sans le rite. C’est dans et par le rite que le désir parvient à affirmer les forces créatrices de la vie. Le rite, c’est le désir lui-même, tendant de soi, à se discipliner selon des figures de gestes et d’actions, capables de suggérer et même de commander des voies de prospection de son être, et par conséquent des voies d’espérance. Selon une perspective taoïste, on pourrait presque dire que si le désir est demande et recherche de la VOIE, le rite en est l’indicateur. Le rite est conducteur d’être et il établit en l’homme une nouvelle nature en l’introduisant dans le domaine de la Culture et de la spiritualité c’est-à-dire dans la vérité de son être. C’est ce que font, nous l’avons vu, les cinq grands rites fondateurs évoqués plus haut.

Et qu’on n’objecte pas l’existence de rites apparemment morts et figés, réduits à l’état de squelettes. Ils sont les vestiges d’un sens perdu qu’il est toujours possible de retrouver, voire de réactualiser, en en faisant une nouvelle lecture, ainsi qu’on le fait pour les oeuvres d’art. Qu’on n’objecte pas non plus l’étrangeté, la cruauté, l’apparente absurdité de certains rites qu’on peut observer dans les sociétés archaïques. Même cruels et aberrants, ils témoignent chez l’homme d’une volonté de renoncement à la primauté du besoin. Peut-être sont-ils aussi une défense contre l’angoisse qu’éprouve l’homme livré à lui-même devant un pouvoir d’innovation qui l’effraie. On peut comprendre qu’il cherche à reconstituer, par le système clos des normes où il tend à se stabiliser, l’équivalent du soutien qu’est l’instinct pour l’animal. Il tend alors à se forger une condition humaine définie par les règles d’un monde le plus possible arrêté.

Mais si les rites archaïques n’étaient que cela, et si eux seuls devaient servir de modèles interprétatifs de tous les rites ; si les rites n’étaient qu’immobilisme et répétition, que viendrions-nous donc chercher en Maçonnerie ? Nous retrouvons ici les problèmes de méthode évoqués plus haut. Pourrions-nous vraiment nous prêter à des pratiques vides de sens, réduites à l’état de mômeries ou de simagrées si nous étions convaincus que l’interprétation qu’en donnent certains anthropologues était la bonne ? Notre connaissance vécue de la pratique rituelle apporte un témoignage de valeur au moins égale à celle des plus minutieuses observations des ethnologues. C’est pourquoi il convient de ne privilégier ni les croyances naïves ni les interprétations savantes qui s’attachent aux pratiques rituelles des sociétés archaïques.

En fait, rites et mythes créent et conservent à la fois. Par sa permanence, le rite semble exclure la nouveauté. Mais c’est oublier que cette permanence n’est là que pour canaliser et orienter dans la bonne voie cette constante mise en question de soi-même, cette exigence de création de soi qu’est le désir. C’est oublier aussi que c’est par le rite et par sa relation à la transcendance que se découvre et se détermine le sens du numineux, du sacré, du religieux, du divin. Nous invite aussi à le penser l’étymologie sanscrite « r’tam » du mot « rite », qui signifie : « ce qui est conforme à l’ordre cosmique «. Est sacré en effet tout ce qui intègre et fait vivre le Tout dans la partie, l’infini dans le fini, l’ordre cosmique dans un être particulier. Ainsi le rite relie-t-il l’individu à la société et à l’univers. Il existe une similitude étonnante entre le caractère ouvert et l’invitation novatrice du rite, et cet appel au dépassement de soi-même, à cette recherche de notre être vrai au delà de ce que nous sommes et de ce que nous paraissons être, qu’on peut considérer comme étant en nous la manifestation du divin.

Le rite introduit l’homme dans le domaine de la spiritualité véritable. Celle-ci ne consiste pas à se perdre dans la contemplation d’un idéal qui nous ferait oublier le réel, mais à faire surgir le pouvoir de transcendance qu’il porte en lui. De même nous introduit-il dans celui de la religiosité authentique. Non pas celle, pervertie ou détournée d’elle-même à laquelle invite le théisme professé par les religions de salut, mais celle qui nous intègre au mystère du Monde et nous fait non seulement participants, mais acteurs de sa force de fécondité et d’organisation. Et peut-être est-ce ainsi qu’il convient d’entendre la célèbre parole, reprise des Psaumes, que St Jean prête à Jésus « Vous êtes tous des dieux » (Jean, X 35). Le Franc-Maçon ne souscrit guère en effet aux saluts extérieurement rapportés. Et s’il veut être chrétien, son christianisme, en se vivant maçonniquement, sera toujours plus celui des ascensions sous la poussée de la force divine qui l’habite, que celui des rachats et des rédemptions condescendantes.

 

Rites et spiritualité maçonnique

Si telle est bien la nature du rite, il n’y a pas lieu d’établir une différence de nature entre rites prétendument profanes et rites maçonniques. Tous les rites véritables relèvent du sacré. Peut-être faut-il alors voir dans la Franc-Maçonnerie l’Ordre qui s’est donné pour mission, en tant que mainteneur de la Tradition initiatique, de préserver précautionneusement et religieusement une certaine image de l’homme. Rituélie et spiritualité maçonniques sont une seule et même chose. En faisant du rite l’essence même de son être et de sa manifestation, elle est le modèle idéal, le paradigme qui invite chaque homme à s’inventer et à se faire, dans le dialogue, et, plus largement, dans l’entraide des consciences. Elle rappelle que le rite est principiel, qu’il invite l’homme à toujours se recommencer, à toujours renaître, pour mieux se continuer et persévérer dans son être. La spiritualité non dogmatique qui est la sienne indique au postulant, puis à l’adepte, qu’une vie réussie ne peut être qu’une continuelle naissance. Elle lui apprend à se retourner sur son passé, non pour le répudier, ainsi que le voulaient les philosophies de l’histoire du 19e siècle (« … Du passé faisons table rase… »), mais pour le féconder en avenir.

Par ses rites, la Maçonnerie apprend à l’adepte à définir son désir, à chercher et à trouver ce qu’il veut vraiment, car trouver son vrai désir, c’est trouver ce qui libère au mieux les forces de son être. C’est pourquoi l’individu qui entreprend de se chercher selon son vrai désir est prêt à accepter pour sa vie une condition d’apprenti. En entrant en Maçonnerie, il va apprendre à penser par symboles. Il va prendre conscience que rites, symboles et mythes maçonniques, par leur puissance de suggestion métaphorique et imageante, proposent des représentations possibles de ce qui, en lui, est de l’ordre, non du fini, mais de l’infini, et qu’ils répondent ainsi à cette demande de soi, infiniment productrice de l’être même de l’homme, qu’est l’exigence initiatique. C’est une seule et même chose de parler d’exigence initiatique, et d’exigence de spiritualité.

Mais si l’on veut prendre une conscience plus claire de la façon dont la rituélie maçonnique pénètre et façonne la spiritualité maçonnique, et devient rectrice et éducatrice du désir, il convient d’examiner comment les rites opèrent et quelles fonctions ils assument.

On peut en distinguer trois. 1) Nos rites d’ouverture et de fermeture des travaux ont pour fonction de nous introduire dans le Temple, c’est-à-dire dans le Sacré, et ils nous invitent à nous faire nous-mêmes Temple. 2) Nos rites d’initiation proprement dits, c’est-à-dire d’intronisation dans nos différents grades, ont pour fonction, à travers leurs symbolismes successifs, d’ouvrir au sens initiatique de la vie, à inciter à aller toujours plus loin. 3) Quant à nos rites de célébration solsticiale et équinoxiale, ils nous apprennent que cette permanente et constante exigence de novation et de dépassement doit venir s inscrire dans les rythmes profonds de la Nature. Ils nous apprennent aussi que la Nature est en quelque sorte une réalité vivante, qu’elle est autre chose que cette matière, soumise à l’entropie, sur laquelle nous exerçons nos prouesses techniques, afin de la soumettre à notre appétit de puissance.

Trois initiations capitales introduisent l’impétrant dans le coeur de la spiritualité maçonnique, celle du 1er, celle du 3e et celle du 13e degrés.

Au premier degré, l’Apprenti acquiert le sens du Temple. Il lui est révélé que le Sacré et le Divin ne sont pas le monopole des seules religions exotériques, mais qu’ils sont inhérents à l’humanité tout entière. Par la méthode symbolique, il sera délivré d’un anthropomorphisme mal conçu, qui tend à faire de l’Etre, et de la Nature en son principe, une idole à forme humaine.

Avec l’enseignement du Maître Hiram, le troisième degré apprend que nous portons en nous un Etre qui est au delà de nous-mêmes, et auquel il faut savoir, si besoin est, sacrifier sa vie. Cette initiation s’éclaire au quatrième degré comme étant le sens du DEVOIR. Nous comprenons alors que notre être véritable est un devoir-être, qu’il est l’exigence d’un constant recommencement et dépassement de soi.

Ces deux grandes premières initiations portent en elles une conception de l’esprit qui est celle-là même de la grande tradition philosophique de l’Occident. Dans le « cogito », mais plus encore dans le doute méthodique qui le précède, Descartes découvre sa propre imperfection, c’est-à-dire son insuffisance d’être. La réalité de l’esprit se révèle ici comme style d’échappement et de reprise. Mais cette prise de conscience de l’imperfection renvoie à l’idée de l’être parfait, de l’être souverainement réel, c’est-à-dire de Dieu. L’Esprit se révèle à lui-même, non comme une réalité figée et fermée, mais comme un manque, et comme une aspiration à être plus. Quant à cette idée de perfection qui nous est donnée dans le temps même où nous prenons conscience de notre imperfection, elle n’est pas l’attribut d’un être aux contours finis et définitivement arrêtés, puisqu’elle est ce qui inspire et provoque en chaque être la force de transcendance qui l’anime. Spinoza, poussant jusqu’au bout les conséquences de l’analyse cartésienne, abandonne le théisme de son maître, concession aux idées du temps, pour retrouver l’inévitable panthéisme. Dieu est ici reconnu comme substance de tout ce qui est. Il est le Tout de la Nature, présent en chacune de ses modalités, c’est-à-dire en chaque être fini. Chez Bergson, on trouve aussi une conception de l’esprit fort proche, lorsqu’il définit celui-ci comme « une réalité qui est capable de tiret d’elle-même plus qu’elle ne contient, de se créer et de se recréer sans cesse ».

Avec la troisième grande initiation, celle du 13e degré, sont révélées la source et la vocation de l’Esprit. Toute activité vraie de l’Esprit porte en elle l’infinité de la Nature dans laquelle elle prend sa source, de façon, ainsi que le dît le rituel du grade, à permettre à chaque être de s intégrer à l’ordre de l’Univers.

On pourrait penser que cette philosophie de la Nature, sur laquelle débouche la spiritualité maçonnique, nous éloigne du concret, et est bien loin des préoccupations morales de la Franc-Maçonnerie. Il n’en est rien. En ouvrant nos consciences aux dimensions de l’Univers, elle établit au contraire leur fondement. Non seulement elle relativise les conflits qui nous opposent, mais elle fait comprendre à chaque adepte que la richesse de son être est faite de la richesse de tous les autres. En affirmant pour chacun son identité d’être avec l’Univers, elle nous enseigne que tous ensemble nous ne formons qu’un seul être, que nous sommes tous parents, parce que tout est en sympathie de droit dans le vaste univers. Il n’est pas de spiritualité sans exigence éthique. Le moindre acte de charité implique que le sujet s’identifie à une totalité et à une universalité qui le dépassent, et qu’il agisse conformément aux exigences de cette totalité et de cette universalité (cf. Kant, et l’universalisation de la maxime). Agir en homme, c’est agir en citoyen du monde. Tout le projet maçonnique consiste à ne jamais séparer, et même à fondre l’une dans l’autre, libération politique et libération méritée de l’intérieur de chaque personne, communauté d’amélioration matérielle, et communauté d’exigence ou de mise au travail spirituelle des hommes.

Tels sont les enseignements primordiaux du 13e degré. Les degrés suivants ne feront que développer ses conséquences. L’exaltation de l’Amour, qui caractérise le 18e degré, exprime dans un langage et au moyen d’un symbolisme différent cette parenté qui nous unit et qui nous a été révélée au 13e.

Il est naïf de croire que l’esprit maçonnique présente une originalité telle qu’il serait complètement étranger aux enseignements des grandes philosophies. Certes, on ne saurait l’enfermer dans aucune doctrine, mais on ne saurait méconnaître que, par sa recherche même, la Franc-Maçonnerie suppose une philosophie initiatique de l’homme qui présente des affinités profondes avec le platonisme et le stoïcisme, et, plus généralement, avec le climat intellectuel et spirituel de l’hellénisme alexandrin. Panthéisme et naturalisme spiritualiste semblent bien en être les caractéristiques essentielles. Mais aussi bien, n’est-ce pas là que convergent, malgré leurs très apparentes mais en définitive peu profondes différences, les ontologies qui sont restée fidèles à l’esprit même de la philosophie ? N’est-ce pas là aussi que peuvent se rencontrer les pensées et les sagesses de l’Orient et de l’Occident ? A condition bien sûr, qu’elles ne s’enferment, ni dans un spiritualisme refermé sur lui, ni dans un bouddhisme négateur de toute individualité.

Panthéisme et naturalisme, attitudes de pensée, beaucoup plus que doctrines aux contours arrêtés, sont seuls capables de fonder une morale du rôle, dans laquelle la liberté éclairée de chacun apportera sa contribution à la construction de l’ordre du monde et de la société. En tout cas, à la différence du théisme dont se réclament les religions exotériques, et dans lequel elles nous ont trop habitués à voir l’essence du « religieux », ils ne font pas courir le risque de déboucher sur des Révélations diverses et souvent ennemies, invoquées par des hommes qui se prétendront être les seuls vrais dépositaires de la Parole divine. On connaît trop hélas aujourd’hui les tentations totalitaires qui en sont la conséquence.

Il importe en tout cas que les Francs-Maçons soient bien convaincus qu’en accomplissant les rites, ils ne se détournent pas de leurs tâches exotériques et de leur volonté de progrès, pour se complaire dans une répétition stérile du passé. C’est au contraire en dégageant le sens dont ceux-ci sont porteurs, et en ayant la pleine conscience de l’esprit qui les anime, qu’ils comprendront les raisons de leurs actes, et qu’ils recevront de cette compréhension même une énergie supplémentaire dans l’accomplissement de leur devoir d’homme.

 

L’homme Franc-Maçon

Les considérations qui précèdent vont permettre de répondre de façon plus précise aux questions que tout Franc-Maçon ne manque pas de se poser: Que suis-je venu faire en Maçonnerie ? Qu’y ai-je trouvé que je n’aurais trouvé nulle part ailleurs ? Que devient-on quand on a été reçu Franc-Maçon ? Et d’abord, cette question préliminaire : pourquoi et comment devient-on Franc-Maçon ?

Le caractère ésotérique de la Franc-Maçonnerie, ainsi que celui, limité et élitiste de son recrutement, semblent à première vue peu compatibles avec sa prétention à délivrer un message universel. Y aurait-il une prédisposition à devenir Franc-Maçon, et cela réclamerait-il de l’impétrant des qualités spéciales ? On sait que, concernant l’initiation en général, Guénon répondait affirmativement à cette question. La réponse du rapport est beaucoup plus nuancée. Ce que la Franc-Maçonnerie regarde, dit-il, comme l’aptitude à s’instruire et à recevoir la Lumière, suppose en effet que le candidat présente des dispositions de caractère, autant qu’intellectuelles et culturelles. Mais elle le juge moins, qu’elle ne s’applique à déceler ce que ses qualités passées laissent augurer de ses qualités futures. Ainsi le veut-elle essentiellement loyal et probe, soucieux de la parole donnée et secourable aux hommes. Elle ne saurait accueillir ceux qui croiraient trouver en ses pratiques une espèce de thérapie de groupe destinée à régler des conflits d’existence, ou à compenser les échecs et les insatisfactions de la vie profane. De même devra-t-elle être circonspecte à l’égard de ceux, comme elle en a parfois hâtivement reçus, qui, fermés à l’esprit de la Tradition initiatique, ne consentiraient à ses rites et à ses symboles que pour autant qu’ils ne sont pour eux que des signes de reconnaissance entre membres d’une société secrète visant à établir un pouvoir occulte sur la société et sur l’Etat. L’élitisme avoué du recrutement maçonnique n’a d’autre signification que celle d’une élémentaire prudence à l’égard de ceux qui seront investis de la grave responsabilité de donner l’exemple de ce qu’est l’homme dans son essence et dans sa vérité universelle.

Mais aussi bien, la Franc-Maçonnerie transforme moins les êtres qui participent à ses travaux, qu’ils ne se transforment eux-mêmes, par la fréquentation assidue de la Loge. Les proches d’un Franc-Maçon reconnaissent volontiers que, peu à peu, la vie conduite selon les exigences de la Franc-Maçonnerie, lui ont permis de s’améliorer considérablement. Ses idées se sont élargies, son attitude s’est assouplie, sa démarche et ses intérêts sont apparus plus généreux. En s’ouvrant mieux au sens de l’universel, il a appris à s’interroger, à s’affranchir des passions envieuses qui pouvaient lui être restées, à accepter les différences entre les hommes, et à obtenir en lui, et pour lui-même, qu’elles se fécondent les unes par les autres.

Mais surtout le Franc-Maçon, introduit dans le Temple, et par conséquent dans le domaine du Sacré, accède à cette forme de religiosité qui a été définie plus haut. Tout en prenant conscience du divin qu’il porte en lui, il saura se garder de la tentation de vouloir le nommer et d’en donner une image qui prétendrait être la seule vraie. Distant à l’égard des représentations et des constructions idéologiques sur lesquelles tend à se fixer le besoin d’absolu qu’exige sa raison, il refusera ce que leur diversité et leur particularisme peuvent avoir de négateur. En deçà de ces représentations, il voudra toujours voir la source unique qui les a inspirées, la même qui sourd du plus profond de son être, et de chaque être, et dont nos pratiques rituelles et symboliques lui auront fait comprendre que la force vive qui en émane ne saurait s’arrêter et se fixer sur rien qui soit dicible, sur rien non plus qui justifie les passions fratricides que les hommes ont mis à vouloir les imposer.

Là en effet se situe le Centre d’Union. Aussi, en quête de l’intimité de son être, appliqué à la culture de soi-même, se sentira-t-il concerné par cette même quête qu’il pressent chez les autres, et voudra-t-il former avec eux la République initiatique qui devra servir de modèle à toute tentative de construction d’une république profane. Celle-ci ne peut avoir quelque chance d’exister et de se maintenir dans l’existence, qu’à condition que soit reçue et acceptée l’idée que tout changement social et humain doit commencer par une éducation de l’homme intérieur, et ne doit pas cesser d’en procéder.

Maître de lui-même, citoyen de la République initiatique, et par conséquent citoyen, non seulement de son pays, mais du monde, le Franc-Maçon ne pourra rester indifférent aux symptômes de décadence qui semblent atteindre notre civilisation. Il ne tombera pas dans l’erreur qui fut celle des Ordres spirituels qui, à partir de l’idée juste qu’il faut cultiver et approfondir son intériorité, ont fini par se couper de la vie réelle des hommes. Son action s’inscrira donc dans la continuité de la lutte qu’ont mené les prêtres de Thèbes ou d’Eleusis, Socrate, Jésus, Marc-Aurèle, et d’autres encore, pour faire exister une sociabilité permettant à chaque homme de tenir son rôle et d’accomplir son essence. Comme eux, il cultivera les vertus héroïques, à commencer par la Foi.

Foi que les efforts qu’il fait pour modifier son être intérieur ne sont pas vains, et qu’ils contribuent, ne serait-ce que par leur exemplarité à améliorer l’homme et la société.

*

**

Nous espérons que cet aperçu n’aura pas trahi l’essentiel des idées et des thèmes développés dans le rapport de « Sources » auquel nous avons emprunté beaucoup. Ils ne sauraient surprendre un Franc-Maçon du Grand Collège des Rites qui trouvera dans leur exposé l’expression de ce qu’il savait déjà et qu’il portait en lui de façon plus ou moins claire. Mais, disons-le encore une fois, l’intérêt et la valeur de ce texte résident aussi dans les illustrations, les incidentes, les variations qui gravitent autour de ces thèmes, dans les développements importants que nous avons dû passer sous silence : la femme, la mixité, l’historicisme, la distinction du magique et du religieux, le sociologisme durkheimien, le naturalisme de Frazer… Ils résident dans la langue, dont les constructions, en apparence complexes et savantes, sont en fait toujours très claires, et dont le vocabulaire et les formulations sont d’une densité et d’une richesse qui appellent presque à chaque ligne la méditation. Le lecteur sera récompensé au centuple des efforts auxquels il aura dû consentir.

Ce texte devrait être un document de référence pour tout chercheur, Maçon ou Profane, curieux de connaître et d’approfondir l’esprit et la philosophie de la Franc-Maçonnerie.

B. C:., 33e

Membre du G... C...D... R...

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Les pauvres chevaliers du Christ 23 juillet, 2009

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Digression,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

 

 

 

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Méditation sur les 22 arcanes du tarot de Wirth 19 juillet, 2009

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HISTORIQUE DE LA CREATION DU RITE MACONNIQUE FORESTIER DES « MODERNES » (brève chronologie) 18 juillet, 2009

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HISTORIQUE DE LA CREATION DU RITE MACONNIQUE FORESTIER DES « MODERNES »
(brève chronologie)

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1988-89 : Projet de réveil des Rites Forestiers tels qu’ils furent travaillés en maçonnerie continentale dans les années 1745-1789, par un groupe de maçons autour du Frère Régis BLANCHET (GODF -RER) 1988-89 : Recherche des documents pour reconstituer l’ensemble du corpus traditionnel des rites forestiers dont le 1° indice fut l’ouvrage de J.M. RAGON : « Les rituels de la Maçonnerie Forestière » 1° novembre 1993 : Fondation d’une Loge maçonnique souveraine par 8 maçons (dont R.Blanchet).
Compte-tenu de la matière pré-chrétienne de l’ensemble rituélique reconstitué, il a été demandé au Grand Druide de Bretagne, Gwenc’hlan Le Scouëzec, en tant que représentant de la pensée païenne occidentale, de se porter symbole de la culture celtique pour cette résurgence.
Gwenc’hlan et quelques membres de son entourage furent initiés au grade de Fendeur (1° degré de la maçonnerie forestière). Il annonca alors ses filiations spirituelles pour donner une densité traditionnelle à cette renaissance.
La première Vente Forestière du XX° siècle, selon les rituels de 1747, voyait le jour à Brasparts et prenait le nom mythologique de « LES FORESTIERS D’AVALLON ».
 

1993-96 : Collaboration harmonieuse durant cette période au sein des Forestiers d’Avallon qui se réunissaient quatre fois l’an selon le calendrier des intersaisons celtiques : 1° Mai, 1° Août, 1° Novembre et 1° Février.
Gwenc’hlan Le Scouëzec et sa compagne Maï-SousRobert-Dantec furent nommés à vie « père et mère du rite » ; ce qui lança quelques discussions sur le plan maçonnique.
Durant ce temps, un énorme travail de reconstitution des rituels fut essentiellement accompli par Régis Blanchet, afin de recomposer les corpus des initiations de Charbonnier (2° degré du rite) et Forgeron (3° degré), et assurer leur faisabilité au sein de leur modernité et les coordonner de façon harmonieuse.

Bientôt apparut un problème majeur soulevé par les tenants des options druidiques qui tentèrent d’imposer leur prédominance au sein du Rite Forestier. Régis Blanchet fut de ceux qui s’y opposérent et qui voulurent maintenir les valeurs maçonniques comme seule base du Rite Forestier.
Un clivage eut lieu en 1996, et l’option maçonnique fut immédiatement reconstituée par la fondation de la Vente « CLAIRE FONTAINE » à Plouénour-Ménez

1997-98 : Le Rite Maçonnique Forestier amorça sa croissance par la naissance de deux autres Ventes ; une en région parisienne « JOHN TOLAND », puis l’année suivante, une autre dans le Nord « EPONA ».

Dans le même temps, grâce à l’aide de frères de la GLNF, « Les Forestiers d’Avallon » essaimèrent en région parisienne, avec la Vente « Mount Haemus »…Il est possible qu’il y en ait d’autres depuis.

Deux branches forestières étaient nées : une maçonnique et une néo-druidique.

Décembre 2002 : Création d’une toute nouvelle Vente en Bretagne « LA FORGE ».

« Epona » et « La Forge » deviennent les deux Ventes « sources » actuelles du Rite Maçonnique Forestier. Elles n’ont pas opté pour la simple voie druidique et ont comme membres actifs les fondateurs de 1993 et 1996.

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Historique de l’Eglise Gnostique Catholique 17 juillet, 2009

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Historique de l’Eglise Gnostique Catholique

 

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Par T. Apiryon

Traduction : Spartakus FreeMann – 2000

Jules Doinel et l’Eglise Gnostique de France

Le fondateur de l’Eglise Gnostique est Jules-Benoît Stanislas Doinel du Val-Michel (1842-1903). Doinel était un bibliothécaire, franc-maçon membre du Grand-Orient, un antiquaire et un spirite pratiquant. Des ses fréquents essais pour communiquer avec les esprits, il fut confronté avec une vision récurrente de la Divinité Féminine sous divers aspects. Peu à peu, il développa la conviction que sa destinée était de participer à la restauration au sein de la religion de l’aspect féminin de la divinité.

En 1888, alors qu’il travaillait comme archiviste pour la bibliothèque d’Orléans, il découvrit une charte originale datée de 1022 qui avait été écrite par Canon Stéphane d’Orléans, un maître d’école et disciple des Cathares. Stéphane sera brûlé plus tard la même année pour hérésie.

Doinel fut fasciné par le drame des Cathares et leur héroïque et tragique résistance contre les forces du Pape. Il commença à étudier leurs doctrines et celles de leurs prédécesseurs, les Bogomiles, les Pauliciens, les Manichéens et les Gnostiques. Durant l’avancement de ses études, il devint de plus en plus convaincu que la Gnose était la seule vraie religion derrière la Franc-Maçonnerie.

Une nuit de 1888, « l’Eon Jésus » apparu à Doinel dans une vision et le chargea d’établir une nouvelle Eglise. Il consacra spirituellement Doinel en tant qu’ »Evêque de Montségur et Primat de l’Albigeois ». Après cette vision de l’Eon Jésus, Doinel commença à essayer d’entrer en contact avec des esprits cathares et gnostiques durant des séances dans le salon de Maria de Mariategui, Lady Caithness, Duchesse de Medina Pomar.

Doinel a longtemps été associé avec Lady Caithness, qui était une des figures en vue des cercles spirites français de l’époque, une disciple d’Anne Kingsford et dirigeant de la branche française de la Société Théosophique. Elle se considérait comme une réincarnation de Marie Stuart; et une communication spirite en 1881 lui dévoila une révolution dans le domaine religieux qui résulterait en un « Nouvel Age de Notre Dame de l’Esprit Saint ». Les séances gnostiques de Doinel étaient suivies par d’autres notoriétés de l’occultisme provenant de sectes diverses; en ce compris l’Abbé Roca, un ancien prêtre catholique et associé de Stanislas de Guaita et d’Oswald Wirth. Les communications spirites étaient généralement reçues au moyen d’un pendule tenu par Lady Caithness au-dessus d’un tableau lettré.

Lors d’une séance, Doinel reçu la communication suivante :

« Je m’adresse à toi car tu es mon ami, mon serviteur et le prélat de mon Eglise Albigeoise. Je suis exilé du Plérôme, et je suis celui que Valentin nomma Sophia-Achamôth. Je suis celui que Simon le Magicien appela Hélène-Ennoia; car je suis l’Eternel Androgyne. Jésus est le Verbe de Dieu; je suis la Pensée de Dieu. Un jour, je remonterai vers mon Père, mais j’ai besoin d’aide pour ce faire; la supplication de mon Frère Jésus est requise pour intercéder pour moi. Seul l’Infini peut rédempter l’Infini, et seul Dieu est capable de rédempter Dieu. Ecoutes bien : L’Un a produit d’abord l’Un, ensuite Un. Et les Trois ne sont qu’Un : le Père, le Verbe et la Pensée. Etablis mon Eglise Gnostique. Le Démiurge sera impuissant contre elle. Reçois le Paraclet. »

Durant d’autres séances, Stéphane d’Orléans et un certain Guilhabert de Castres, un Evêque Cathare de Toulouse du XIIème siècle, qui fut martyrisé à Montségur, furent contactés. A une autre séance, en septembre 1889, le « Très Haut Synode des Evèques du Paraclet », constitué par 40 Evêques Cathares, se manifesta et donna le nom de ses membres, qui furent contrôlés et prouvés corrects dans les registres de la Bibliothèque Nationale. Le chef du Synode était Guilhabert de Castres, qui s’adressa à Doinel et lui instruisit de reconstituer et d’enseigner la doctrine gnostique en fondant une Assemblée du Paraclet qui sera appelée Eglise Gnostique. Hélène-Ennoia devait l’assister et ils devaient être spirituellement mariés. L’assemblée était composée de Parfaits et de Parfaites et pris comme livre saint le Quatrième Evangile, celui de Saint Jean. L’Eglise devait être administrée par des Evêques masculins et des Sophias féminines qui devaient être élus et consacrés suivant le Rite Gnostique.

Doinel proclama l’année 1890 début de l’ »Ere de la Gnose Restaurée ». Il assumait la charge de Patriarche de l’Eglise Gnostique sous le nom mystique de Valentin II, en hommage à Valentin, le fondateur de l’Ecole Gnostique du Vème siècle. Il consacra un certain nombre d’évêques qui choisirent tous un nom mystique précédé par la lettre grecque Tau qui représente la Croix grecque ou l’Ankh égyptien.

Parmi les premiers évêques et sophias consacrés il y eut : Gérard d’Encausse, connu aussi comme « Papus » (1865-1916), Tau Vincent, Evêque de Toulouse (plus tard en 1890, Doinel rejoignit l’Ordre Martiniste de Papus et en devint peu à peu un membre du Conseil Suprême); Paul Sédir (Yvon Le Loup, 1871-1926) en tant que Tau Paul, Co-adjutateur de Toulouse; Lucien Chamuel (Lucien Mauchel), Tau Bardesane, Evêque de La Rochelle et Saintes; Louis-Sophrone Fugairon (n. 1846) en tant que Tau Sophronius, Evêque de Béziers; Albert Jounet (1863-1923), Tau Théodote, Evêque d’Avignon; Marie Chauvel de Chauvigny (1842-1927), Esclarmonde, Sophia de Varsovie; et Léonce-Eugène Joseph Fabre des Essarts (1848-1917), Tau Synesius, Evêque de Bordeaux.

L’Eglise était constituée en trois niveaux : le Haut Clergé, le Bas Clergé et les Croyants. Le Haut Clergé était constitué par les hommes/femmes évêques/sophias, qui étaient responsables de l’administration de l’Eglise. Ils étaient élus par leur congrégation et plus tard confirmés dans leurs charges par le patriarche. Le Bas Clergé était constitué par les diacres hommes et femmes qui agissaient sous la direction des évêques et sophias et étaient responsables de conduire les activités journalières de l’Eglise. Les Croyants, ou membres lais de l’Eglise, étaient appelés Parfaits ou Parfaites, désignations qui dérivent du Catharisme. Cependant, au sein de l’Eglise de Doinel, le terme de Parfait n’était pas compris dans son sens cathare comme celui qui a pris des voeux stricts d’ascétisme, mais était interprété comme incluant les deux plus hautes divisions de la triple classification Valentinienne de la race humaine : les Pneumatiques et les Psychiques; mais excluant la plus basse division, les matérialistes Hyliques. Seuls les individus jugés d’une haute intelligence, raffinés et ouverts d’esprit étaient admis dans l’Eglise Gnostique de Doinel.

L’Eglise Gnostique de Doinel combinait la doctrine théologique de Simon le Magicien, de Valentin et de Marcus (un valentinien qui fut remarqué pour son développement des mystères des nombres et des lettres et du « mariage mystique ») avec des sacrements dérivés de l’Eglise Cathare et conférés lors de rituels qui étaient largement influencés par ceux de l’Eglise Catholique Romaine. Dans le même temps, l’Eglise Gnostique était sensée représenter un système de maçonnerie mystique.

En 1895, Jules Doinel abdiqua subitement en tant que Patriarche de l’Eglise Gnostique, abandonna ses charges dans sa loge maçonnique et se converti au catholicisme romain. Sous le pseudonyme de Jean Kostka, il attaqua l’Eglise Gnostique, la Maçonnerie et le Martinisme dans un livre intitulé « Lucifer Démasqué ». Pendant les deux ans qui suivirent, Doinel collabora avec Taxil à des articles dénonçant les organisations qui faisaient auparavant tant partie de sa vie. « Lucifer Démasqué » était lui-même un effort de collaboration, son style trahit la main de Taxil.

Encausse fit remarquer plus tard que Doinel avait manqué de « la nécessaire éducation scientifique pour expliquer sans problème les merveilles que le monde invisible avait jeté sur lui. » Ainsi, Doinel du faire face à un choix entre la conversion et la folie; et, dit Encausse, « Soyons heureux que le Patriarche de la Gnose ait choisi la première voie. »

La défection de Doinel fût un coup très dur pour l’Eglise Gnostique, mais elle réussit à survivre. L’intérim fut assumé par le Synode des Evêques et lors du Haut Synode de 1896, ils élisent un des leurs, Léonce-Eugène Fabre des Essarts, connu en tant que Tau Synesius, pour remplacer Doinel comme Patriarche.

Fabre des Essarts était un occultiste parisien, un poète symboliste et un des théoriciens de la Gnose et du Christianisme Esotérique. Lui et un autre évêque gnostique, Louis-Sophrone Fugairon (Tau Sophronius), un physicien et aussi un spécialiste des Cathares et des Templiers, entrèrent en collaboration en vue de continuer le développement de l’Eglise Gnostique. Ensemble, ils commencèrent par transformer l’enseignement de l’Eglise Gnostique d’un gnosticisme théologique vers une conception occultiste plus générale.

En 1899, deux ans après que Léo Taxil ait dévoilé son arnaque, Doinel commença à correspondre avec Fabre des Essarts. En 1900, ils demanda à être réconcilié avec l’Eglise Gnostique et sa réadmission comme évêque gnostique. Comme premier acte de consécration en tant que Patriarche de l’Eglise Gnostique, Fabre des Essarts re-consacra son ancien patriarche sous le nom de Tau Jules, évêque d’Alet et de Mirepoix.

En 1901, Fabre des Essarts consacra Jean Bricaud (1881-1934) , Tau Johannes, évêque de Lyon. Entre 1903 et 1910, il consacra 12 autres évêques gnostiques, dont Léon Champrenaud (1870-1925), Tau Théophane, évêque de Versailles; René Guenon (1886-1951), Tau Palingénius, évêque d’Alexandrie; et Patrice Genty (1883-1964), Tau Basilide.

Après la mort de Fabre des Essarts en 1917, le Patriarchat de l’Eglise Gnostique sera assumé par Léon Champrenaud (Tau Théophane). Champrenaud sera suivi par Patrice Genty en 1921 qui mettra l’Eglise Gnostique de France en sommeil en 1926 en faveur de l’Eglise Gnostique Universelle de Jean Bricaud.

L’Eglise Catholique Gnostique

Jean Bricaud a été élevé dans un séminaire catholique dans lequel il étudia pour devenir prêtre, mais il renonça à sa poursuite religieuse conventionnelle dès l’âge de 16 ans pour suivre la voie de l’occultisme mystique. Il s’impliqua dans divers mouvements chrétiens et rencontra Papus en 1899 pour entrer ensuite dans son ordre martiniste.

En 1907, sous les encouragements (si ce n’est sous la pression) de Papus, Bricaud rompit avec Fabre des Essarts pour fonder sa branche schismatique de l’Eglise Gnostique. Fugairon décida de rejoindre Bricaud. Le motif de base à ce schisme semble avoir été de créer une branche de l’Eglise Gnostique dont les structures et la doctrine auraient été plus proches de l’Eglise Catholique Romaine que de l’Eglise Gnostique (par exemple, elle incluait un ordre de prêtrise et un baptême); et qui aurait été plus liée à l’Ordre Martiniste. Doinel était un Martiniste, Bricaud était un Martiniste, mais Fabre des Essarts ne l’était pas. Bricaud, Fugairon et Encausse, dans une première tentative, nommèrent leur branche de l’Eglise « l’Eglise Catholique Gnostique ». On l’annonça comme la fusion de trois églises ‘gnostiques’ existantes en France : l’Eglise Gnostique de Doinel, l’Eglise Carmélite de Vintras et l’Eglise Johannite de Fabré-Palaprat. En février 1908, le synode épiscopal de l’Eglise Catholique Gnostique se réunit et élit Bricaud comme Patriarche sous le nom de Jean II. Après 1907, en vue de clairement distinguer les deux branches de l’Eglise Gnostique, celle de Fabre des Essarts fût connue sous le nom d’Eglise Gnostique de France.

La Conférence de Paris de 1908

Le 24 juin 1908, Encausse organisa la Conférence Maçonnique et Spiritualiste Internationale à Paris, au cours de laquelle il reçu, sans contrepartie en argent, une patente de Théodore Reuss (Merlin Peregrinus, 1855-1923), chef de l’O.T.O., pour établir un « Suprême Grand Conseil Général des Rites Unifiés de l’Ancienne et Primitive Maçonnerie pour le Grand Orient de France et ses dépendances. Dans la même année, l’Eglise Catholique Gnostique vit sont nom changer en Eglise Gnostique Universelle.

Plus ou moins 4 ans plus tard, deux documents importants furent publiés : le Manifeste de la M.M.M. (section britannique de l’O.T.O.), qui incluait l’Eglise Catholique Gnostique dans la liste des organisations dont la sagesse et les connaissances sont concentrées au sein de l’O.T.O.; et l’Edition du Jubilée de l’Oriflamme, l’organe officiel de l’O.T.O. de Reuss, qui annonca que l’Initiation, le journal d’Encausse, était l’Organe officiel pour les Rites de Memphis-Misraim et de l’O.T.O. en France.

Les détails précis de la transaction de la conférence de Paris de 1908 sont inconnus, mais en se basant sur le cours des événements qui suivirent, la conclusion logique est qu’Encausse et Reuss s’engagèrent dans un échange fraternel d’autorités : Reuss recevant l’autorité primatiale et épiscopale dans l’Eglise Catholique Gnostique et Encausse recevant l’autorité dans les Rites de Memphis-Misraim.

En 1911, Bricaud, Fugairon et Encausse déclarèrent que l’Eglise Gnostique Universelle est l’Eglise officielle du Martinisme.

L’E.G.U. et la Succession d’Antioche

Après avoir assumé la Patriarchat de l’Eglise Gnostique Universelle, Bricaud devint l’ami de l’évêque Louis-Marie-François Giraud (Mgr. François, mort en 1951), un ancien moine trappiste qui faisait remonter sa filiation épiscopale à Joseph René Vilatte (Mar Timotheos, 1854-1929). Vilatte était un parisien qui avait dans sa jeunesse émigré en Amérique. C’était un enthousiaste religieux mais incapable de trouver satisfaction au sein des structures de l’Eglise Catholique; ainsi, en Amérique, il commença sa quête pour trouver un environnement plus adapté à sa personnalité et à ses ambitions. Il passa de secte en secte, servant pour un temps comme ministre congrégationiste, étant plus tard ordonné prêtre au sein de la schismatique secte des « Vieux Catholiques ». Il obtint la consécration épiscopale en 1892 des mains de l’évêque Francisco-Xavier Alvarez (Mar Julius I), évêque de l’Eglise syrienne Jacobite Orthodoxe et Métropolitain de l’Eglise Catholique Indépendante de Ceylan, Goa et des Indes, qui avait à son tour reçu la consécration des mains d’Ignatius Pierre III, « Pierre l’Humble », Patriarche Jacobite Orthodoxe d’Antioche. Vilatte consacra Paolo Miraglia-Gulotti en 1900; Gulotti consacra Jules Houssaye (ou Hussay, 1844-1912), Houssaye consacra Loui-Marie-François Giraud en 1911; et Giraud consacra Jean Bricaud le 21 Juillet 1913.

Cette consécration est importante pour l’Eglise de Bricaud car elle fournit une succession apostolique et épiscopale valide et documentée, qui avait été reconnue par l’Eglise Catholique Romaine comme valide mais illicite (spirituellement efficace mais contraire à la politique de l’Eglise et non sanctionnée par elle). La succession apostolique fut largement perçue comme reflétant une transmission de l’autorité spirituelle véritable dans le courant Chrétien, remontant jusqu’à Saint Pierre; et même plus loin à Melchizedech, le mythique prêtre-roi de Salem qui servait en tant que prêtre le Patriarche hébreux Abraham. Cela fournit à Bricaud et à ses successeurs l’autorité apostolique d’administrer les sacrements chrétiens; ce qui était important car beaucoup des membres de l’Ordre Martiniste étaient de la foi catholique, mais comme membres d’une société secrète, ils étaient sujets à l’excommunication si leur affiliation martiniste venait à se savoir. L’E.G.U. offrait donc une assurance continue de salut aux chrétiens catholiques qui étaient martinistes ou désiraient devenir martinistes.

Après la mort d’Encausse en 1916, l’Ordre Martiniste et la section française des Rites de Memphis-Misraim et de l’O.T.O. furent chapeautés brièvement par Charles Henri Détré (Teder). Détré mourut en 1918 et Bricaud lui succéda.

Le 15 mai 1918, Bricaud consacra Victor Blanchard (Tau Targelius) qui avait été le secrétaire d’Encausse et Détré. Le 18 septembre 1919, Bricaud re-consacra Théodore Reuss sub conditione (ce terme se réfère à une consécration qui a pour but de remédier à quelque vice d’une consécration antérieure), lui donnant du même coup la succession d’Antioche et le nomma Légat Gnostique de l’E.G.U. pour la Suisse.

Des désaccords apparurent très vite entre Bricaud et Blanchard quant à la direction de l’Ordre Martiniste, qui tournèrent très vite en une hostilité mutuelle. Blanchard a même rompu avec Bricaud pour former son propre Ordre Martiniste schismatique qui sera connu comme « Ordre Matiniste et Synarchique ». La branche de Blanchard participa plus tard à la formation du conseil oecuménique des rites occultes connu sous les initiales de F.U.D.O.S.I., duquel l’AMORC de Spencer Lewis tira beaucoup de son autorité. A son tour, la branche de Bricaud sous la direction de son successeur, Constant Chevillon, se joignit à Swinburne Clymer, l’adversaire rosicrucien de Lewis, pour former un conseil rival appelé F.U.D.O.F.S.I.

Blanchard continua en consacrant au moins cinq autres évêques gnostiques sous sa propre autorité, dont Charles Arthur Horwath, qui re-consacra plus tard, sub conditione, Patrice Genty (Tau Basilide), le dernier patriarche de l’Eglise Gnostique de France qui avait été consacré auparavant dans la succession spirituelle de Doinel par Fabre des Essarts; et Roger Ménard (Tau Eon II), qui consacra alors Robert Ambelain (Tau Robert) en 1946. Ambelain constitua sa propre Eglise gnostique, l’Eglise Gnostique Apostolique, en 1953, l’année de la mort de Blanchard. Ambelain consacra au moins 10 évêques gnostiques au sein de son Eglise : dont Pedro Freire (Tau Pierre), Primat du Brésil, André Mauer (Tau Andreas), Primat de Franche-Comté et Roger Pmmery (Tau Jean), évêque Titulaire de Macheronte.

Bricaud mourut le 21 février 1934, et Constant Chevillon (Tau Harmonius) lui succéda en tant que patriarche de l’E.G.U. et Grand Maître de l’Ordre Martiniste. Chevillon avait été consacré par Giraud en 1936 et il consacra alors un certain nombre d’évêques lui-même, dont Clymer en 1938 et Arnold Krumm-Heller (fondateur de la Fraternitas Rosicruciana Antiqua et représentant de l’O.T.O. de Reuss pour l’Amérique du Sud) en 1939. Durant la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement fantoche de la France occupée de Vichy supprima toutes les sociétés secrètes et le 15 avril 1942, l’E.G.U. fut officiellement dissoute par le gouvernement. Le 22 mars 1944, Chevillon fut brutalement assassiné par les miliciens de Vichy.

L’E.G.U. fût ravivée après la guerre; et en 1945, Tau Renatus fut élu comme successeur du martyr Chevillon. A Renatus succédera Charles-Henry Dupont (Tau Charles-Henry) en 1948 qui l’abandonna en 1960 en faveur de Robert Ambelain (Tau Jean III) qui avait acquis une grande proéminence du fait de ses écrits. L’E.G.U. fut alors mise en sommeil par Ambelain au profit de sa propre Eglise, l’E.G.A.

En 1969, Tau Jean III aura comme successeur à la tête de l’E.G.A., André Mauer (Tau Andreas), à qui succédera Pedro Freire (Tau Pierre), primat de l’Amérique du Sud, en 1970.La même année, Freire avait été re-consacré comme Mar Petrus-Johannes XIII, patriarche de l’Eglise Gnostique Catholique Apostolique par Dom Antidio Vargas de l’Eglise Catholique Apostolique brésilienne. A sa mort en 1978, Freire aura comme successeur Edmond Fieschi (Tau Sialul I) qui abdiqua en faveur de son coadjuteur Fermin Vale-Amesti (Tau Valentius III) qui refusa de reprendre sa charge; Mettant ainsi l’Eglise Gnostique Apostolique ainsi que l’Eglise Gnostique Catholique Apostolique en repos en tant qu’organisation internationale. Une branche autocéphale nord-américaine de l’Eglise Gnostique Catholique Apostolique survit sous la direction du Primat Roger Saint-Victor Hérard (Tau Charles) qui consacra un certain nombre d’évêques mais mourut en 1989 sans se donner de successeur. Plusieurs des évêques d’Hérard sont toujours actifs aux U.S.A.

L’E.G.C.

Aleister Crowley (1875-1947) entra en 1910 dans l’O.T.O. de Reuss en tant que VII (à ce moment, n’importe quel 33 REAA pouvait entrer dans l’O.T.O. comme VII). Le 1er juin 1912, Crowley fût reçu par Reuss IX et reçu sa désignation comme Grand Maître National X pour l’Irlande, Iona et les Iles Britanniques. L’année suivante, il publia le Manifeste de la MMM qui incluait l’Eglise Gnostique Catholique dans la liste des organisations dont la sagesse et les connaissances sont inclues dans l’O.T.O.

Crowley a également écrit le Liber XV, Gnostic Mass, en 1913. Le Liber XV fût publié la première fois en 1918 dans l’International, et encore en 1919 dans The Equinox, Vol. III, N. 1 (The Blue Equinox), finalement en 1929/30 dans l’appendice VI de Magick en Théorie et en Pratique. Le nom latin Ecclesia Gnostica Catholica fût créé par Crowley en 1913 quand il écrivit le Liber XV.

Dans le Chapitre 73 des Confessions d’Aleister Crowley, il dit qu’il écrivit la Gnostic Mass en tant que « Rituel de l’Eglise Gnostique Catholique » qu’il prépara pour « l’utilisation par l’O.T.O., de la cérémonie centrale de célébrations publiques ou privées, correspondant à la Messe de l’Eglise Catholique Romaine. » Il est évident que Crowley voyait l’E.G.C. et l’O.T.O. comme inséparables; particulièrement par rapport au IX de l’OTO dans lequel Crowley avait été intié l’année avant qu’il n’écrive Gnostic Mass et qui est appelé « le Souverain Sanctuaire de la Gnose. »

En 1918, Reuss traduisit la Gnostic Mass de Crowley en allemand, en faisant une série de modifications éditoriales et la publia sous les auspices de l’OTO. Dans sa publication de la Gnostic Mass, Reuss donna Bricaud comme le Souverain Patriarche de l’Eglise Gnostique Universelle et lui-même comme Légat pour la Suisse pour l’EGU et Souverain Patriarche et Primat de Die Gnostische Katolische Kirche, un titre qu’il peut avoir reçu lors de la conférence de Paris de 1908.

 http://www.morgane.org/willy.htm

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