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Les Oracles Chaldéens : Divination et Magie dans l’antiquité 24 juillet, 2026

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BLOG DE YANN – MOURIR DANS LA DIGNITÉ 22 juillet, 2026

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Publié le 20 Juillet 2026 par YANN

BLOG DE YANN – MOURIR DANS LA DIGNITÉ

BLOG DE YANN - MOURRIR DANS LA DIGNITÉ
Photo de alpn sur Unsplash

MOURIR DANS LA DIGNITÉ

 » Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale. »

PASCAL, Pensées, 347 

 

Dans ce billet à propos de la loi sur la fin de vie, votée par l’Assemblée nationale, j’aborde un débat difficile qui relève de notre propre philosophie par rapport à la mort et concerne aussi la société. 

 

Des interprétations différentes qu’il convient de préciser. 

 

L’assistance à mourir n’est autre que l’atténuation des douleurs physiques, psychologiques ou morales de l’agonie. Considérée longtemps comme faisant partie du rôle du médecin, elle est aujourd’hui facilitée par la multiplication des médications modernes. 

 

L’euthanasie passive consiste, soit à ne pas utiliser de procédés artificiels, comme l’alimentation intraveineuse ou les différentes techniques de réanimation lorsque l’état du patient est désespéré, soit à les retirer au malade lorsqu’ils ont été précédemment mis en œuvre. C’est à cette conception de l’euthanasie qu’entendait répondre la loi Claeys-Leonetti de 2016 mais la législation actuelle n’est pas encore totalement appliquée – l’hôpital français manquant cruellement de moyens pour les soins palliatifs – et, surtout, ne répond pas à la variété des situations. Ainsi, entre 2 000 et 4 000 euthanasies clandestines sont réalisées chaque année en France, selon l’Institut national d’études démographiques (INED). Et plusieurs dizaines de personnes par an font le choix de se rendre à l’étranger pour mourir. 

 

L’euthanasie active est, au contraire, le fait de donner la mort ou d’avancer délibérément la mort d’un incurable en proie à la souffrance. Le suicide secondé est un acquiescement plus ou moins actif donné à des demandes d’abréger la vie. Il pose, dans toute son ampleur, ce que certains appellent « le droit à la mort « ou le « droit à mourir », ce droit que chacun pense avoir d’être consulté au moment et sur les modalités de sa mort « naturelle » et de disposer des moyens d’en finir avec la vie. Dans ce contexte, le projet de loi débattu jeudi à l’Assemblée nationale propose « une mort rapide et sans douleur » avec une « assistance médicalisée », cette dernière étant définie comme « la prescription à une personne par un médecin, à la demande expresse de celle-ci, d’un produit létal et l’assistance à l’administration de ce produit par un médecin ». Toutefois, une clause de conscience pour les médecins est prévue et il est précisé que les personnes qui n’auraient plus la capacité de s’exprimer pourraient avoir accès à l’euthanasie, à la condition que cette demande figure expressément dans leurs directives anticipées ou qu’elle soit relayée par leur personne de confiance.

Les frontières de l’acceptable

 

La position de l’Ordre des médecins et aussi celle de nombreux comités d’éthique – dont je fus l’un des membres fondateurs à Rennes sous la présidence éclairée du professeur Yves Logeais – est de rester sur la ligne de la loi Léonetti, faisant valoir qu’elle est mal connue et surtout insuffisamment appliquée dans tous ses champ de possibilités, ce qui est vrai : les médecins ont encore cette tendance à prioriser la technique pour elle-même, reléguant les aspects humains plus que jamais fondamentaux chez les patients en fin de vie.

 

Pourtant, le serment d’Hippocrate est clair dans son principe « tu ne prolongeras pas abusivement les souffrances », avec l’aspect psychologique il stipule aussi « tu ne donneras pas la mort délibérément ».

 

Personnellement, je pense que la loi devrait pouvoir permettre d’aller plus loin dans des situations irréversibles ou le patient – en conscience – effectue une demande claire, qui devrait pouvoir être acceptée par un conseil de sages (jamais par une seule personne), ce qui reste conforme à l’esprit du serment.

 

D’ailleurs, dans leur exercice professionnel, nombre de médecins ont usé de la procédure autorisée de l’administration de cocktails lytiques dans le but de soulager la douleur, à des doses suffisantes pour s’avérer létales. Le but premier est de soulager, la conséquence, au second plan, est d’abréger la vie… Attitude dite « jésuite « dans notre culture.

 

Sur le débat euthanasie passive / euthanasie active, il convient de dire que soins palliatifs et euthanasie sont non pas seulement non-contradictoires mais même complémentaires parce que soins palliatifs et euthanasie, c’est la sollicitation d’une même mort : je choisis cette voie ou en choisis une autre. Il n’y a donc pas antinomie. De même, si je suis en soins palliatifs, je peux imaginer que devant la mort je n’aurai peut-être pas le courage de lutter – et a fortiori si je suis encore intubé, incontinent, … j’ai bien le droit de dire que je ne veux plus attendre, attendre quoi dans ce couloir de la mort ? Même en soins palliatifs, je suis autorisé à demander le droit à une délivrance douce. J’ai cette liberté. Je demande à être entendu pour ne pas souffrir au-delà de ce que juge acceptable ma conscience.

 

Loin de se limiter aux questions de fin de vie et d’obstination déraisonnable, ces problématiques démontrent les limites du droit, de l’intervention du juge et du recours aux droits fondamentaux. Elles convoquent des réflexions philosophiques et éthiques. Elles renforcent aussi la conviction que la société est légitime à fixer des frontières, quitte dans des cas exceptionnels à ne pas donner suite à des revendications individuelles.

 

Plus encore que dans d’autres circonstances, chaque situation humaine est particulière et doit être analysée comme telle. La loi (dans le sens de l’Esprit des lois de Montesquieu) doit rester un garde-fou, fixant des limites mais ne figeant pas les décisions pour lesquelles l’intelligence humaine est irremplaçable.

Yann.

 

BLOG DE YANN - MOURRIR DANS LA DIGNITÉ
Note : Mon obédience maçonnique a été sollicitée  dans le cadre de l’élaboration de cette loi sur l’aide à mourir. Ce fut  »Une question aux loges » le modeste groupe de travail dont j’ai fait partie, je dis modeste au regard de la qualification  des participants sur le plan scientifique à l’exception de notre coordinateur que nous avions désigné pour ses compétences de praticien hospitalier.
Notre débat à été serein, malgré certaines de nos divergences qui ont pu s’exprimer avec tous le respect possible.
Deux conclusions générales sont apparues: la première conclusion,  il y a presque autant d’avis que de personnes quand on aborde dans le détail les possibilités de mise en œuvre d’un texte juridique et son application. La deuxième conclusion est qu’il fallait avant tout et par priorité mettre en place les centres de soins palliatifs partout sur notre territoire avec bien sûr l’ensemble du personnel soignant : médecins spécialistes, infirmiers et infirmières, psychologues. etc… Ceci fait, observer les cas personnels « résiduels » au cas par cas. Une tâche qui paraît réalisable au regard du nombre de cas concernés.

Jean-François Guerry.

Pour que la lumière de la vie puisse briller jusqu’à son terme possible.

Alchimie Spirituelle : Façonner la Réalité par l’Esprit et le Cœur 21 juillet, 2026

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Alchimie Spirituelle : Façonner la Réalité par l’Esprit et le Cœur

Publié par Yann Leray sur 16 Novembre 2024

Alchimie Spirituelle,  Vibration, Loi d'attraction, loi de correspondance, Emotions, Pensées, physique quantique

Au cœur de l’immensité de l’Univers, nous demeurons à peine conscients des infinies interactions qui tissent la trame de l’existence. Ainsi, chaque pensée et émotion que nous émettons résonne avec une vibration unique, qui, à son tour, sculpte notre environnement et forge notre réalité. Cette vision, héritée des anciennes sagesses et éclairée par les révélations de la physique quantique, révèle que nous ne sommes pas de simples spectateurs dans l’arène de l’existence, mais bien des alchimistes opératifs de notre propre vie, façonnant continuellement notre destinée en des possibilités infinies.

La Puissance des Émotions et des Pensées

Dans la quête de comprendre comment nos états intérieurs influencent notre réalité extérieure, il est essentiel de plonger dans la nature de l’énergie et de l’information, considérées comme les deux piliers de la manifestation selon des principes alchimiques. Selon ces traditions, l’énergie et l’information se combinent pour créer la forme, symbolisée en l’alchimie par le soufre, le mercure et le sel.

Énergie : Le Soufre des Émotions

Dans l’alchimie spirituelle, le soufre représente le principe actif, souvent associé à la qualité ardente des émotions. Chaque émotion porte en elle une certaine qualité d’énergie : des émotions comme la joie, l’amour et la gratitude émettent une énergie chaude et expansive qui peut être comparée à une fréquence élevée. Cette qualité d’énergie est magnétique et tenue des circonstances qui résonnent avec sa chaleur et son expansion, favorisant ainsi des expériences de vie positives et enrichissantes.

Informations : Le Mercure des Pensées

Le mercure, quant à lui, symbolise l’aspect volatil et changeant des pensées. Les pensées, qu’elles soient conscientes ou inconscientes, structurent l’information qui façonne notre perception et nos réactions. Elles déterminent les cadres à travers lesquels nous interprétons nos expériences et agissons dans le monde. Des pensées claires et positives contribuent à un mental ordonné et orienté vers des objectifs constructifs, tandis que des pensées négatives ou chaotiques peuvent engendrer de la confusion et attirer des situations désordonnées.

Forme : Le Sel de la Manifestation

La fusion de l’énergie (soufre) et de l’information (mercure) engendre la forme (sel), manifestation tangible de ces essences subtiles dans le monde physique. Ce processus, semblable à une cristallisation des vibrations émotionnelles et mentales, matérialise nos fréquences intérieures en événements concrets et en circonstances de vie. En adoptant cette perspective alchimique, nous comprenons que, en cultivant de préférence des émotions et des pensées de haute qualité, nous avons le pouvoir de façonner la « forme » qui prendra notre existence, sculptant ainsi les contours de notre réalité avec précision et intention.

La Loi de Correspondance 

La Loi de Correspondance, un des principes hermétiques, déclare que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ». Ce principe suggère une harmonie et une analogie entre les différents plans de l’univers, du plus grand au plus petit, du plus subtil au plus matériel. Dans le contexte de nos vibrations personnelles, cette loi souligne que nos états intérieurs — nos pensées et émotions — correspondent et influencent directement nos circonstances extérieures.

En cultivant intentionnellement des pensées et des émotions positives, nous alignons notre monde intérieur avec des fréquences élevées qui, selon la Loi de Correspondance, attirent des conditions de vie similaires. Par exemple, la joie et la gratitude résonnent avec des expériences positives, car elles sont sur une fréquence qui correspond à la prospérité et au bien-être dans le monde physique.

Ainsi, en comprenant et en appliquant la Loi de Correspondance dans notre vie quotidienne, nous pouvons effectivement cocréer des réalités qui renvoient nos états les plus élevés et désirés. Cela nous encourage non seulement à surveiller et à ajuster nos pensées et émotions, mais également à reconnaître les manifestations externes comme des miroirs de notre état vibratoire interne.

La Science Derrière la Mystique

La relation entre la mystique et la science peut sembler ténue à première vue, mais le physique quantique a progressivement bâti un pont conceptuel qui relie ces deux mondes. En explorant les propriétés les plus fondamentales de la matière, les scientifiques ont découvert des phénomènes qui ressemblent étrangement à ceux décrits par les mystiques depuis des millénaires.

Intrication Quantique : L’Unité au-delà de l’Espace et du Temps

L’intrication quantique est un phénomène où deux particules deviennent si étroitement liées que le statut de l’une influence instantanément l’autre, déterminant de la distance qui les sépare. Ce phénomène, souvent qualifié de « spooky action at a distance » (action effrayante à distance) par Einstein, illustre une unité fondamentale de l’univers que les traditions mystiques ont toujours proclamée. Dans un contexte spirituel, cela peut être interprété comme une preuve que tout dans l’univers est connecté à un niveau profond, suggérant que nos actions et nos intentions peuvent influencer la réalité bien au-delà de notre environnement immédiat.

Le Champ Unifié : La Toile de la Réalité

Le concept de champ unifié, bien que toujours en cours de formulation définitive dans la physique moderne, propose que toutes les forces fondamentales de l’univers (gravitationnelle, électromagnétique, forte et faible) soient des manifestations d’une seule et même force ou champ. Cette idée résonne avec la notion mystique de l’Unicité de toute existence, où chaque partie de l’univers est interconnectée et interdépendante avec les autres. Sur un plan plus personnel, cela implique que l’individu et l’univers ne sont pas séparés mais sont des expressions différentes de la même réalité fondamentale.

Résonance Vibratoire : Le Langage Universel

La théorie de la résonance vibratoire en physique offre un socle scientifique fascinant pour soutenir l’idée que nos pensées et nos émotions, en émettant des vibrations spécifiques, peuvent influencer notre environnement. Dans l’univers, chaque entité, depuis les infimes particules jusqu’aux immenses galaxies, vibre continuellement. Cette activité incessante crée un tissu vibratoire complexe auquel nos propres vibrations—issues de nos pensées et émotions—s’intègrent. En se mêlant à ce réseau cosmique, nos vibrations personnelles peuvent se synchroniser avec celles qui leur sont similaires, créant ainsi des résonances qui peuvent effectivement modeler notre réalité tangible.

Vers une Compréhension Holistique

Ces parallèles entre la physique quantique et les principes mystiques ne sont pas là pour servir de preuves définitives pour que les doctrines spirituelles soient scientifiquement validées, mais ils offrent une perspective fascinante sur la façon dont la science moderne peut commencer à expliquer certains des phénomènes les plus ésotériques et spirituels. Ils encouragent un dialogue entre science et spiritualité, suggérant que peut-être, au-delà de nos compréhensions actuelles, il existe une réalité plus intégrée, où science et mystique se rejoignent pour dévoiler les secrets de l’univers.

L’Alchimie de l’Esprit et du Cœur

Harmoniser nos vibrations internes avec les fréquences que nous désirons inviter dans notre vie est un art délicat qui tisse ensemble intention, action et introspection, un véritable travail d’alchimie spirituelle. Inspirée par les anciens principes alchimiques, cette méthode utilise le mercure de nos pensées pour transmuter le soufre de nos émotions, afin de cristalliser le sel de notre existence. Bien qu’il nous soit souvent difficile de maîtriser directement nos émotions, qui peuvent nous submerger sans préavis, nous avons un accès plus immédiat et contrôlable à nos pensées. Le mercure, par sa double nature, incarne dans notre quête alchimique non seulement le flux de nos pensées quotidiennes, mais aussi des influences d’une portée bien plus vaste, telles que les archétypes universels qui nous relient.

En adoptant des méditations guidées, des techniques de visualisation et la prière, nous filtrons les impuretés de notre esprit. Tel l’alchimiste qui purifie son mercure pour le rendre philosophique, nous orientons consciemment nos pensées vers ce qui est léger et joyeux, tout en nous ouvrant aux dimensions supérieures de la conscience. Ce raffinement des pensées est notre Art Royal, où le mercure purifié de nos pensées devient un aimant au soufre sublimé de nos émotions, une véritable teinture alchimique qui capte les éléments les plus lumineux et repousse blessures et ombres. En visualisant des scénarios empreints de positivité et en aspirant à des réalités élevées, nous transmutons nos émotions en vibrations pures qui résonnent avec nos aspirations les plus élevées et nos désirs les plus purs.

Les affirmations positives, répétées comme des incantations magiques, infusent notre inconscient des intentions claires et des attentes joyeuses. Ce rituel quotidien est un pilier de notre pratique alchimique, maintenant une fréquence élevée qui appel à des circonstances bénéfiques et harmonieuses. Parallèlement, la pratique de la gratitude agit comme le creuset alchimique, transformant chaque instant de reconnaissance en or pur et lumineux qui enrichit notre parcours de vie.

Notre communion avec la nature nous reconnecte à la source originelle de toute création, aidant à réaligner nos vibrations personnelles avec celles de l’univers. Dans le grand livre de la nature, nous découvrons les secrets du Grand Œuvre, l’harmonie universelle qui résonne avec toutes les formes de vie. Ce processus nécessite une vigilance constante, où l’art de l’observation et du réajustement joue un rôle crucial. En scrutant les manifestations de notre réalité, nous discernons les signes de nos progrès dans la transmutation de nos vibrations, affinant ainsi notre alchimie personnelle pour modeler notre réalité avec précision et intention.

En intégrant ces pratiques alchimiques spirituelles, nous ne faisons pas seulement évoluer notre existence personnelle; nous participons à un acte de création cosmique, tissant les fils dorés de nos pensées et émotions à travers la trame vibratoire de l’univers. Chaque acte devient un rituel, chaque pensée une incantation, révélant que notre quotidien est l’atelier où s’opère la grande transmutation de la vie.

La Danse des Possibles

Au sein du grand théâtre cosmique, nous sommes non seulement les spectateurs, mais aussi les danseurs étoiles, chacun de nous possède le pouvoir d’orchestrer les mouvements de l’existence. Dans cet espace infini, nos pensées et émotions se mêlent dans une valse mystique, dessinant les contours de réalités encore inexplorées. Nous ne sommes pas des entités isolées ; nous sommes les tisseurs des destins, les peintres des horizons qui s’étendent bien au-delà de notre vue.

À travers la toile de notre conscience, chaque filament d’intention se tisse en un potentiel infini, chaque souffle d’émotion colore notre monde de nuances plus vives. C’est dans cet acte de création continu que se révèle la promesse d’une transformation sublime, un changement qui transcende les limitations du connu pour embrasser l’ampleur du possible.

Dans l’écho de l’Univers, nos plus petites actions résonnent avec la force d’un millier d’éclairs, illuminant les chemins ombragés de l’existence. Cette lumière, née de l’alchimie intérieure de notre être, expulse les ombres du doute pour révéler un chemin pavé de lumière et d’espoir.

Nous sommes appelés à danser au rythme des étoiles, à chanter avec les voix des galaxies lointaines, et à rêver avec la profondeur des océans cosmiques. Dans notre quête, chaque pas est un acte de foi, chaque geste une déclaration d’espoir. L’Univers, vaste et mystérieux, n’est pas simplement le décor de notre existence ; il est la scène sur laquelle nous sommes invités à déployer notre potentiel le plus lumineux.

Que ce voyage alchimique nous porte vers des aurores nouvelles, où la clarté de nos aspirations forge les avenirs que nous osons à peine imaginer. Dans cette symphonie des possibles, nous découvrons non seulement ce que nous sommes, mais aussi ce que nous pouvons devenir. Embrassons cette danse merveilleuse avec courage et joie, car c’est dans le creuset de notre propre cœur qui se forge le destin de l’Univers.

Yann LERAY @ 2024

SOURCE  :  https://www.lesamisdhermes.com/2024/11/alchimie-spirituelle-faconner-la-realite-par-l-esprit-et-le-coeur.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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La Tradition Primordiale : Aux origines des civilisations

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L’illuminisme 19 juillet, 2026

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Initiation maçonnique et Ordres de Société

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Initiation maçonnique et Ordres de Société
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par Pierre Noël

Le travail qui suit n’a rien d’historique. Il est le résultat d’une réflexion suscitée par la pratique d’un nombre, peut-être excessif, de degrés maçonniques, en Belgique et à l’étranger. L’excès nuit en tout, dit-on. C’est sans doute vrai et leur abus est peut-être l’occasion de m’interroger sur la raison de mon intérêt pour les soi-disant « hauts-grades », si souvent dénigrés.

On ne peut qu’être frappé par le déséquilibre manifeste des degrés bleus à prétention opérative, finalement peu nombreux, et de tous ces « hauts-degrés » dont l’inspiration est, à l’évidence, bien différente. L’histoire maçonnique explique mal cette profusion de degrés, de Rites et de systèmes dont l’origine est si souvent noyée dans les brumes d’un passé inaccessible et l’accumulation de dates, de lieux et de noms oubliés laisse sur sa faim le curieux qui cherche le sens de tout cela. L’analyse du contenu des rituels peut-elle donner une clef qui rendre compte de l’ensemble ? Je le crois, peut-être à tort. En tout cas, cette foi m’inspira les lignes qui suivent.

La franc-maçonnerie est un Ordre initiatique. La formule est lapidaire mais chacun la reconnaîtra sans toujours en percevoir le sens profond. Qu’est-ce en effet que l’initiation ? Le mot même n’apparut qu’assez tard dans le vocabulaire maçonnique, bien après l’organisation des premières Grandes Loges et l’apparition des premiers rituels écrits. Dans les pays anglo-saxons, il sert à désigner la réception au premier grade, celui d’Apprenti-Entré, les degrés suivants usant de termes spécifiques comme « passage », « élévation » ou « exaltation ». Dans ce contexte, le mot « initiation » se réfère sans plus au premier sens du mot latin « Initium » : début ou commencement. Ce ne serait ainsi que la première étape d’un long chemin qui conduit à la maîtrise des « secrets » de l’Ordre, connaissance à maints égards illusoire diront ceux qui n’y voient que textes creux, attouchements puérils et signes enfantins, jugement trop abrupt peut-être puisque cette « connaissance » désigne surtout une expérience personnelle, singulière et incommunicable par nécessité.

Mais le mot, « initium », a aussi un autre sens que rappela autrefois le « Philosophe Inconnu » :

« (Il faut observer) les premières applications du vrai sens du mot initier qui, dans son étymologie latine, veut dire rapprocher, unir au principe : le mot initium signifiant aussi bien principe que commencement. Et dès lors, rien de plus conforme à toutes les vérités exposées précédemment que l’usage des initiations chez tous les peuples, rien de plus analogue à la situation et à l’espoir de l’homme que la source d’où descendent ces initiations et que l’objet qu’elles ont dû se proposer partout, qui est d’annuler la distance qui se trouve entre la lumière et l’homme, ou de le rapprocher de son principe en le rétablissant dans le même éclat où il était au commencement » (Louis-Claude de Saint-Martin, « Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’homme et l’univers », 1782, t.II, p.235).

Par un étrange retour de l’histoire, Saint-Martin fut rejoint par les ethnologues lorsqu’ils décidèrent d’user du même mot, « initiation », pour décrire les diverses cérémonies ponctuant les étapes de la vie de l’homme primitif, voire « sauvage » : « passage » de l’enfance à l’âge adulte, admission dans les sociétés secrètes (souvent réservées aux mâles), réception dans la classe sacerdotale… Tous insistèrent à juste titre sur l’importance du mythe fondateur dans la genèse du rite initiatique dont il n’est souvent que la mise en scène ou plutôt la réitération cérémonielle, visant à frapper durablement l’imagination du néophyte et à le convaincre de l’importance insigne de sa démarche. Par analogie, l’expression fut appliquée aux rites et cérémonies de la société occidentale, depuis les « mystères » de l’antiquité classique jusqu’aux baptêmes et ordinations des Églises chrétiennes. Mircea Eliade joua dans cette analyse un rôle certain.

Un autre courant, plus dans la ligne « martiniste » et bien éloigné de toute prétention scientifique jusqu’à récuser le terme de « sciences humaines », voit en l’initiation la quête de toute une vie consacrée à la recherche de la vérité métaphysique, donc du principe spirituel caché derrière les apparences du monde matériel. René Guénon fut sans doute un exposant inspiré de cette école, soulignant entre autres que ce cheminement nécessitait la transmission effective d’une « influence spirituelle » de maître à disciple, légitimée par le maintien d’une chaîne ininterrompue depuis la nuit des temps, sinon la naissance des jours, sa source devant, d’après lui, être d’origine non-humaine.

« Le rattachement à une organisation traditionnelle régulière est non seulement une condition nécessaire de l’initiation, mais il est même ce qui constitue l’initiation au sens le plus strict du mot qui la désigne, et c’est lui qui est partout représenté comme une « seconde naissance », ou comme une « régénération »… le rattachement dont il s’agit doit être réel et effectif… un soi-disant rattachement « idéal » tel que certains se sont plu parfois à l’envisager à notre époque est entièrement vain et de nul effet » (René Guénon, « Aperçus sur l’initiation », 1953, p.35). 

Antoine Faivre, que j’aurai garde de placer parmi les auteurs non-scientifiques, exprime le même souci en termes très proches :

« Mettre l’accent sur la transmission implique qu’un enseignement ésotérique peut ou doit être transmis de maître à disciple… La « seconde naissance » serait à ce prix. A cela se rattachent deux notions : a) la validité des connaissances transmises par une filiation dont l’authenticité ou la « régularité » ne doit pas faire de doute… ; b) l’initiation, qui généralement s’effectue de maître à disciple (on ne s’initie pas tout seul, n’importe comment, il faut passer par un initiateur, un gourou). L’on sait l’importance de ces conditions dans la genèse et le développement des sociétés initiatiques, secrètes ou discrètes, en Occident. » (Antoine Faivre, « L’ésotérisme », 1992, p.21).

Savoir si la franc-maçonnerie moderne répond à cette définition est une question difficile à laquelle je ne puis apporter de réponse assurée (chacun jugera !). Contentons-nous de souligner que chaque étape de cette quête, et surtout la première, doit être perçue comme une mutation ontologique du cherchant, d’un changement d’état dont le paradigme est figuré par la mort symbolique de l’impétrant et sa renaissance à un mode supérieur d’être ».

« Dans le scénario des rites initiatiques, la « mort » correspond au retour provisoire au « Chaos » : elle est donc la fin d’un mode d’être ; celui de l’ignorance et de l’irresponsabilité enfantine ; la mort initiatique rend possible la « tabula rasa » sur laquelle viendront s’inscrire les révélations successives destinées à former un homme nouveau » (Mircea Eliade, « Naissances Mystiques », 1959, p. 17).

Dans une large mesure, la maçonnerie continentale d’expression française, s’inspira de cette conception, de manière plus formelle d’ailleurs que réellement vécue, défaut d’autant mieux accepté que Guénon a toujours insisté sur le caractère (selon lui) « dégénéré » et incomplet de la maçonnerie moderne, émasculée par l’incompréhension, l’ignorance et l’indifférence depuis que les Britanniques la muèrent en une société « ordinaire », exposée aux regards des profanes et aux aléas des ambitions individuelles.

Ces diverses conceptions, soit étymologique, soit dynamiques, ne sont certes pas antinomiques (ce ne serait que vaine querelle sémantique). Mieux vaut donc les englober en une approche globale dont l’axe serait la confiance en la perfectibilité spirituelle de l’homme. La quête initiatique, dès qu’entamée grâce au geste fondateur, se déploie sur deux plans distincts quoique inséparables, le cheminement intérieur et son support cérémoniel, le second n’étant que la représentation symbolique du premier et son incitant matériel. S’il nous est impossible d’exprimer en mots le vécu spirituel de cette quête, il est possible d’en examiner le support, représenté quotidiennement dans nos loges et chapitres.

Chaque étape, je l’ai dit, paraît la représentation scénique d’une mutation dont le schéma structurel est finalement peu varié. Trois grandes voies s’y retrouvent que j’appellerai, par facilité, opérative, aventureuse et ontologique (ou spéculative).

1 – L’opératif

L’œuvre est ici basée sur le travail de la main conduit par l’esprit, les deux étant inséparables et constituant une « praxis » au sens sartrien du terme. L’exemple classique en est le travail de la pierre, extraite des carrières, puis façonnée, polie et amenée à perfection, prête à prendre dans l’édifice la place que lui destina l’architecte. Ainsi en va-t-il de la pierre brute, devenant parpaing, puis pierre cubique et enfin clef de voûte. Par osmose, l’ouvrier vit la même transformation, se conformant lui aussi au plan divin jusqu’à être enfin digne de prendre place dans l’édifice voulu par ce dernier, « cette demeure non faite de mains d’homme, éternelle dans les cieux ». Dans ce contexte, l’initiation-commencement ne peut être que l’admission dans la communauté opérative (le travail dont il s’agit étant par nécessité collectif), marquée seulement par l’inscription dans le registre de celle-ci, la lecture des devoirs du métier et des règles que doit observer l’impétrant, la présentation enfin des outils… Quant à l’initiation effective, elle exige un long apprentissage, puis la répétition des gestes appris jusqu’à leur maîtrise totale. Alors seulement commencera le travail de réalisation, à la fois matérielle et spirituelle.

Beaucoup reconnaîtront dans cette description le maçon opératif, constructeur de pyramides ou de cathédrales, dont une certaine mythologie veut qu’il soit le prédécesseur du franc-maçon moderne. Je ne suis pas, je l’avoue, convaincu que tel soit le cas. Rien ne démontre que la franc-maçonnerie « spéculative » actuelle soit l’enfant lointain de ces bâtisseurs, ni d’ailleurs que ceux-ci se reconnaîtraient dans cette description idéalisée de leur labeur. Le fait, à vrai dire, importe peu. L’imaginaire est le champ de l’Ordre tel que nous le connaissons et la réalité socio-économique du maçon médiéval ne peut décevoir le rêve. Reconnaissons que les deux premiers degrés britanniques, dans leur simplicité, sont assez conformes à cette description et résument le long processus décrit ci-dessus. Le degré de Maître maçon de marque les complète admirablement qui décrit mieux que tout autre le but ultime du métier: la taille de la pierre de faîte, porte du ciel :

« Nous venons de faire allusion à la forme de la « pierre angulaire », et c’est là un point particulièrement important ; c’est parce que cette pierre a une forme spéciale et unique, qui la différencie de toutes les autres, que non seulement elle ne peut trouver sa place au cours de la construction, mais que même les constructeurs ne peuvent pas comprendre quelle est sa destination ; s’ils le comprenaient, il est évident qu’ils ne la rejetteraient pas… La destination de cette pierre ne peut être comprise que par une autre catégorie de constructeurs, qui à ce stade n’interviennent pas encore : ce sont ceux qui sont passés « de l’équerre au compas », et, par cette distinction, il faut naturellement entendre celle des formes géométriques que ces deux instruments servent respectivement à tracer, c’est à dire la forme carrée et la forme circulaire, qui symbolisent d’une façon générale, comme on le sait, la terre et le ciel ; ici, la forme carrée correspond à la partie inférieure de l’édifice, et la forme circulaire à sa partie supérieure, qui, dans ce cas doit donc être constituée par un dôme ou une voûte » (René Guénon, « La « pierre angulaire », 1940, in « Symboles fondamentaux de la Science Sacrée », 1962, pp.280-281)

Dans la maçonnerie continentale, les deux premiers grades du Rite Français, tel qu’il fut codifié vers 1786 par le Grand Orient de France, restent, malgré les apparences, assez proches du modèle britannique. Le grade de compagnon, notamment, cultive dans ces cinq voyages l’emprunt opératif et présente toutes les apparences d’une « initiation », c’est à dire l’apprentissage progressif du métier. Le fait est d’autant plus notable qu’il constituait à l’époque un retour aux sources : les premiers rituels français exposés dans les divulgations classiques des années 1745-1755 ignoraient ces développements. Les degrés équivalents du Rite Ecossais Ancien et Accepté ne s’éloignent guère du schéma de 1786, ce qui ne peut surprendre puisqu’ils ne sont qu’une réécriture des grades du Rite Français, peu ou prou adaptés à la mode anglaise des « Antients ». L’aspect de maçonnerie opérative fut par contre fortement occulté par les fondateurs du Rite Ecossais Rectifié.

Si j’ai pris l’exemple du travail de la pierre, pour des raisons évidentes, le même schéma conceptuel pourrait s’appliquer à bien d’autres domaines de l’activité humaine : le travail du forgeron, du charpentier ou du tisserand aurait également fait l’affaire. Il n’en reste pas moins que notre Fraternité s’est construite sur l’évocation d’un métier particulier et rien ne sert d’épiloguer sur les raisons de ce choix. Parmi ces autres « métiers », une mention particulière revient à l’alchimie, science aujourd’hui oubliée autant que décriée. L’exemple est intéressant à plus d’un titre. Le travail y était opératif, nécessitant des « opérations » matérielles d’une grande complexité, mais sous-tendues par une spéculation philosophique et une recherche spirituelle qu’expriment en termes abscons les écrits alchimiques. Ceux-ci confirment en tout cas que le succès éventuel, et combien hypothétique, de l’œuvre matérielle dépendait de la transformation intime de l’adepte, c’est à dire d’une mutation ontologique telle qu’évoquée plus haut.

« Il semble qu’une partie importante du corpus alchimique, particulièrement depuis le début du XVII° siècle, ait pour objet moins de décrire ces expériences de laboratoire que de présenter figurativement cette transmutation (de l’adepte) selon un parcours balisé : nigredo (mort, décapitation, de la matière première ou du vieil homme), albedo (œuvre au blanc), rubedo (œuvre au rouge)… il est souvent sous-entendu dans de tels contextes que la transmutation peut être autant celle de la Nature que celle d’expérimentateur lui-même ». (Antoine Faivre, « L’ésotérisme », 1992, p.19.)

Pour cause d’inefficacité pratique, le mouvement alchimique disparut lorsque naquit la science expérimentale. Il servit au préalable de support au développement de certains hauts-grades maçonniques, notamment ceux élaborés par le baron de Tschoudy et décrits dans son « Etoile Flamboyante » (1766), raison suffisante pour que je les cite ici. Le souvenir de cet enseignement contribua sans doute à donner au mot « initiation » le sens que lui donnèrent Guénon et ses émules.

Mais où se situe le mythe dans ces grades ou degrés qui, en apparence, ne véhiculent que le rappel de vérités morales élémentaires sous le couvert d’allégories et de symboles empruntés au métier de la pierre ? Il s’y trouve, ou plutôt s’y trouvait, dans l’histoire légendaire du métier relatée dans les « Old Charges », comme j’ai eu l’occasion déjà de le discuter (cf. P.Noël, « D’Hermès Trismégiste à Anderson« , Acta Macionica n°6, 1996). Cette histoire possède tous les caractères intrinsèques du mythe, à la fois récit fondateur et message intemporel dont la lecture peut être sans cesse réitérée. Que cette histoire dépasse celle du métier de maçon pour relater la découverte et la transmission de toutes « sciences », dont la géométrie, suggère que la franc-maçonnerie naissante fût bien, plus que la simple adaptation d’une organisation de bâtisseurs : une tentative originale de communication d’un savoir, celui du mage de la Renaissance, au moyen d’éléments empruntés au seul métier susceptible d’élever des ouvrages qui soient à l’image de la création.

2 – La quête aventureuse

Le prototype en est la geste chevaleresque, illustrée par les récits de la quête du Graal, du voyage des Argonautes… Certains contes de fées (« la belle au bois dormant », par exemple) et quelques œuvres littéraires relèvent de la même veine, « Les années d’apprentissage du jeune Werther » de Goethe et bien d’autres.

Le thème en est simple, autant qu’en sont variées les péripéties. Le héros doit affronter des épreuves périlleuses et des ennemis redoutables, monstres, dragons, chevaliers félons et autres forces du mal, à moins, bien sûr, qu’ils ne représentent les pulsions négatives de l’individu. Au terme de ces affrontements, la récompense offerte au vainqueur sera la découverte d’un secret ou trésor éminemment précieux. Qu’il s’agisse d’un vase, d’une toison, d’une femme ou d’un mot, il ne peut que symboliser la connaissance, la paix ou son corollaire, la vie éternelle.

Le héros de ces récits est par essence le chevalier, non le soudard analphabète de l’histoire militaire mais l’image idéalisée que voulurent en donner l’Église et les romans de Geste, celle qui finit par s’imposer dans l’imaginaire occidental bien après que l’arme à feu eut signé le glas de la chevalerie « de pratique ». Il a nom Perceval ou David, Galahad ou Jason, et du récit de ses exploits se nourrirent, à l’instar de Don Quichotte, certains hommes du XVIII° siècle, ceux-là mêmes qui rédigèrent les rituels des hauts-grades maçonniques. Nous leur devons quelques-uns des rituels les mieux pensés du corpus maçonnique dont le plus exemplaire est le « Chevalier d’Orient » (et ses variantes anglo-saxonnes, le « Chevalier de Babylone » anglais, le « Prince Maçon » irlandais ou la « Croix Rouge » américaine). Il nous montre Zorobabel menant de Babylone (qui signifie « lieu de confusion » ) à Jérusalem les Israélites exilés, après qu’il a répondu à l’énigme proposée par Cyrus, roi de Perse (l’énigme fait partie des épreuves que doit affronter le candidat sur le chemin de la connaissance, souvenons-nous d’Œdipe devant le sphinx ou de Perceval dans le château du Roi-Pêcheur). Quant à l’épisode du pont sur le fleuve, il est riche de significations :

« Il faut se représenter le pont comme constitué primitivement par des lignes ou par une corde fixée de la même façon que celles-ci, par exemple à des arbres croissant sur les deux rives, qui paraissent ainsi effectivement « attachées » l’une à l’autre… Les deux rives représentant symboliquement deux états différents de l’être, il est évident que la corde est ici la même chose que le « fil » qui unit ces états entre eux… Le caractère d’un tel lien, à la fois ténu et résistant, est aussi une image adéquate de sa nature spirituelle ; et c’est pourquoi le pont, qui est aussi assimilé à un rayon de lumière, est souvent décrit comme aussi étroit que le tranchant d’une épée. Cette étroitesse fait également apparaître le caractère « périlleux » de la voie dont il s’agit, qui est d’ailleurs la seule possible, mais que tous ne réussissent pas à parcourir et que bien peu même peuvent parcourir sans aide et par leurs propres moyens…Les deux mondes représentés par les deux rives sont, au sens le plus général, le ciel et la terre, qui étaient unis au commencement, et qui furent séparés par le fait même de la manifestation. » (René Guénon, « Le symbolisme du pont », 1947, in « Symboles fondamentaux… », 1962, pp. 378-379).

Le même thème se retrouve dans le « Prince de Jérusalem » du Rite Ecossais Ancien et Accepté, le « Maître Ecossais de saint André » du Rite Ecossais Rectifié et dans la version américaine du « Royal Arch ». La Croisade est une autre variation sur le même thème que l’on retrouve dans le Chevalier Kadosch et le Prince du Royal Secret comme dans le « Knight templar » britannique. Un exemple moins connu est l’Hérédom de Kilwinning dont tout le rituel n’est que l’évocation d’un « voyage » (une des premières questions du rituel est : « Voulez-vous voyager ? ») qui appelle la traversée périlleuse d’un donjon, l’ascension d’une colonne, la solution d’une énigme, le franchissement d’un pont-levis, la traversée de déserts et de montagnes avant que l’impétrant puisse pénétrer dans le « Cabinet de la Sagesse ».

La maçonnerie continentale, très tôt, introduisit dans les deux premiers grades des éléments empruntés à la quête chevaleresque. Alors que son homologue britannique se limita, à ce stade, aux éléments opératifs, la franc-maçonnerie française donna aux « voyages » du candidat le caractère d’épreuves purificatoires (saignée, marque du feu, ablution…) et à la consécration celui d’un adoubement par l’épée.

L’innovation s’explique par le recrutement des loges françaises naissantes. Les premiers initiés furent souvent de grands seigneurs, comme les ducs d’Aumont, de Villeroy ou d’Antin, tous également infatués de leur naissance. Nous leur devons le port, en loge, de l’épée et du cordon de l’ordre du Saint-Esprit, ainsi que la revendication d’une origine prestigieuse autant qu’imaginaire, chantée dans son « Discours » (1737) par le « Chevalier » Ramsay : la noblesse guerroyante du temps des Croisades. Lorsqu’ils furent remplacés par les plumassiers, tailleurs et autres négociants du faubourg Saint-Antoine, leur héritage fut adopté avec enthousiasme par ces bourgeois fortunés en quête de respectabilité sociale. Certains crurent voir en ces cérémonies une accession bien réelle à une qualité civile que la naissance ne leur avait pas accordée. Cette soif de reconnaissance explique sans doute en partie le développement des grades chevaleresques dont les rituels furent calqués sur l’ancien cérémonial d’adoubement imposé par l’Église médiévale aux « Milites » remuants de son époque. C’est le cas du Chevalier de la Cité sainte, adaptation française et bourgeoise du Chevalier du Temple de la très aristocratique Stricte Observance allemande.

Au-delà de ses apparences opératives, le premier grade « français », tel qu’il est exposé dans les rituels montois du marquis de Gages (1767), relève déjà de l’expérience chevaleresque ou « aventureuse ». Le point fort de la cérémonie en est l’introduction du candidat dans la loge, c’est à dire sa montée à l’Orient par trois grands pas sur le tableau de la loge, geste parfois considéré comme « sacrilège » par certains (qui feraient mieux de se taire !). En effet la « loge » n’est autre que le tapis, ou tableau, qu’entouraient autrefois les frères, debout, en rangées ou « colonnes ». Au préalable, le candidat a effectué les trois voyages, décrits plus haut, autour du tapis et derrière les frères, donc hors de la loge. Le tapis, ou tableau, est à l’évidence une représentation stylisée, ou plutôt, analogique de l’Univers créé (étendu du Septentrion au Midi, de l’Occident à l’Orient et du Zénith au Nadir). La disposition des éléments terrestres (les colonnes du temple et son parvis) à l’Occident et des corps célestes (le soleil, la lune et l’étoile flamboyante) à l’Orient ne peut que confirmer qu’il s’agit là d’une représentation « symbolique » de l’univers dont le tableau est l’image plus vraie que nature. La fin de l’initiation est donc bien l’accès à ce monde réel et non imaginaire, lequel ne peut être perçu et pénétré que par celui qui a surmonté victorieusement les épreuves initiatiques. Ce rituel, exemplaire dans sa simplicité, unit les ingrédients chevaleresques et opératifs en un ensemble déroutant et souvent mal compris.

3 – L’expérience ontologique 

J’emploie le mot « ontologique » à dessein, voulant signifier qu’il s’agit ici d’une « création » ou d’un « changement d’état », but final de l’initiation. Le thème de cette expérience est soit la palingénésie (étymologiquement « nouvelle naissance », « re-naissance » ou plus simplement « création ») soit le voyage de l’âme dans le domaine des morts ou des Esprits immatériels.

Dans le premier cas, il s’agit que meure le vieil homme pour que naisse un homme nouveau, supérieur car plus proche du Principe Divin. Cette « mort » symbolique peut être représentée avec grand appareil comme de manière très simple, l’agenouillement qui précède l’adoubement en est un exemple. Lors de son ordination, le prêtre est couché sur le ventre, bras en croix ; le moine bénédictin est couché sous un drap mortuaire entre quatre hauts cierges.

La réception du Maître-Maçon relève bien sûr de ce mécanisme. Pour bien connue qu’elle soit, cette cérémonie appelle quelques remarques. Il n’est pas inutile de souligner que le Maître Hiram, assassiné dans les circonstances que l’on sait, est mort et bien mort, comme l’atteste son inhumation ultérieure. C’est le candidat, et lui seul, qui est « relevé » du tombeau, qui donc « renaît » par l’action conjointe du Vénérable Maître et des deux Surveillants. Mais si « renaissance » ou « résurrection » il y a, elle se déroule dans des circonstances très particulières : le tombeau dans lequel est couché l’impétrant n’est pas celui d’un quelconque architecte, mais bien celui du Dieu des trois grandes religions monothéistes, dénommé ici, à tort ou à raison, Jéhovah, puisque ce nom est inscrit sur la tombe comme le montrent les gravures des premières divulgations françaises du XVIII° siècle (pl. 1 et 2 ; Jan Snoek, « The lost secrets of a Master Mason« , Acta Macionica n°5, 1994). Le néophyte est ainsi entré en contact intime, charnel, avec ce Dieu dont il a partagé la couche, recevant de lui un souffle, une étincelle, qui le fait dorénavant participer à l’essence divine. L’opération peut être comparée à une théophagie déguisée, très comparable à l’eucharistie chrétienne.

Qui est Hiram, dans la liturgie maçonnique, sinon, en dernière analyse, un prête-nom de Dieu ? Rien d’étonnant dès lors que certains soient tentés de le comparer à ces dieux qui meurent et renaissent, si communs dans l’est du bassin méditerranéen, Osiris, Attis ou Adonis, autrefois étudiés par James Frazer (« Le rameau d’or« ). Des Étangs, Ragon, Chemin-Dupontès puis Goblet d’Alviella firent de la légende cette lecture simpliste qui caractérise la version « romantique » des grades bleus du REAA. Encore faudrait-il que l’Hiram de la légende ressuscite, ce qui, nous le savons, n’est pas le cas, si ce n’est au grade de « Maître Ecossais de saint André », quatrième du Rite Rectifié, dont le troisième tableau montre Hiram

 « ressuscitant… dégagé de ses linceuls funéraires et sortant glorieusement du tombeau ». (pl.3)

Gardons-nous cependant d’y voir un avatar de ces dieux proche-orientaux si chers à Frazer. La résurrection d’Hiram, dans ce contexte très particulier, n’est que l’annonce de la « Réintégration » de l’homme dans son État originel, perdu par la faute d’Adam, dont la signification exacte ne prend sens qu’à la lecture des écrits théosophiques de Martines de Pasqually. Si comparaison il peut y avoir avec un personnage divin, c’est avec le Christ qu’il faut l’entendre, lui dont la résurrection est, selon la doctrine martinéziste, une « Réintégration » exemplaire (mais non la seule).

Le grade de Souverain Prince Rose-Croix, d’origine française et non britannique, est un exemple, le plus parfait sans doute, de palingénésie, enté cette fois sur le thème de la Passion du Christ. Il en est le paradigme exemplaire, contenant tout à la fois mort, traversée des enfers et renaissance. Toutes les versions du grade (la plus ancienne date de 1760, celle du marquis de Gages de 1767) jusqu’aux plus récentes, présentent un message identique. C’est à dessein que je cite celle du manuscrit Francken (1783), source de l’actuel Rite Ancien et Accepté. Le premier et le troisième appartement représentent le Golgotha à l’heure de la mort puis de la résurrection, le second l’enfer où séjourna le Christ durant trois jours, du vendredi au dimanche :

« La loge doit comporter deux appartements, le premier représentant le Mont Calvaire et le second le tombeau du fils du Grand Architecte de l’Univers afin de reproduire symboliquement la mort et la résurrection de Jésus-Christ… le tableau de loge est un carré long… (comportant) trois carrés inscrits dans un plus grand et contenant chacun trois cercles représentant le Mont Calvaire… En outre, il devra y avoir un troisième appartement, séparé des deux premiers, qui servira à représenter l’Enfer et dans lequel doit être représentée l’horreur des tourments infligés aux damnés ».

Le discours « historique » du grade, commun aux textes du XVIIIème siècle mais négligé par la suite, est encore plus explicite. Il débute après l’achèvement du deuxième temple:

Après que le Temple eut été reconstruit, les maçons négligèrent leur travail, ils abandonnèrent aux vicissitudes du temps le précieux édifice qu’ils avaient pourtant érigé avec tant de peine. l’œuvre et les sages ouvriers se corrompirent, la force des matériaux et la beauté de l’architecture firent place à la discorde et au vice. »

Il se poursuit avec la crucifixion du Christ, sous la figure d’une rose (la »Rose de Saron ») clouée sur une croix :

« Le Grand Architecte de l’Univers décida de manifester sa gloire, d’abandonner le Temple et d’ériger à sa place, par sa suprême géométrie, un temple spirituel dont l’existence ne pourrait être en butte à l’ingratitude humaine et qui pourrait exister pour l’éternité… Cela s’accomplit lorsque les ouvriers des fondations du Temple brisèrent la pierre d’angle, lorsqu’elle fut jetée au rebut, lorsque la Rose maçonnique fut sacrifiée sur une Croix plantée au faîte d’une montagne, lorsque s’élevèrent vers les cieux trois carrés, trois triangles et trois cercles taillés dans le diamant. Alors en un instant, l’humaine maçonnerie fut détruite, le voile fut déchiré, la Terre fut recouverte de ténèbres, la lumière s’obscurcit, les outils des maçons furent brisés, l’Etoile Flamboyante disparut et la Parole fut perdue ».

Il s’achève avec la résurrection et la conversion des maçons à la Loi Nouvelle :

« Par la volonté de celui qui gouverne toutes choses,… la lumière reparut au bout de trois jours et cela s’accompagna d’étranges phénomènes. Les outils des maçons, qui étaient brisés, reprirent leurs formes ordinaires, l’Etoile Flamboyante reparut, plus brillante que jamais, la Parole fut retrouvée… »

On ne sait ce qu’il faut plus admirer, le subtil mélange de références maçonniques et d’éléments spirituels ou la clarté d’un texte qui assimile le Christ, l’Etoile Flamboyante et la Parole, perdue puis retrouvée. Le grade de Rose-Croix est bien le plus achevé que nous ait laissé la tradition maçonnique et l’attachement que lui portent ses adeptes paraît plus que légitime (pl.4).

Les thèmes de mort et de renaissance se retrouvent dans d’autres grades moins connus, le Maître Parfait du Rite Ecossais Ancien et Accepté, qui commémore l’inhumation d’Hiram, ou le Chevalier du Saint Sépulcre, Ordre « attaché » à celui de la Croix Rouge de Constantin, qui est peut-être la version la plus achevée du Rose-Croix.

Les grades d’Élu appellent une mention particulière car les éléments mythiques s’y trouvent inversés : le candidat est amené à mettre à mort les assassins d’Hiram, qu’il découvre en un lieu caché et souterrain. Ces assassins, diversement désignés selon les versions, ne sont en dernière analyse que les initiateurs du maître-maçon, ceux qui lors de sa réception lui ont assené les trois coups fatals, et surtout le dernier, porté par le Vénérable maître de la loge bleue. En toute logique, c’est lui que tue l’Élu dans la caverne ! Ce renversement de situation ne peut surprendre : il est inhérent au langage des mythes, qui traite chaque élément constitutif de celui-ci comme un mot dont on peut à loisir changer la place dans l’ordre du discours, C.Levi-Strauss l’a démontré de façon lumineuse dans « Le cru et le cuit » et ses séquelles. Cette nouvelle version du drame hiramique appelle plusieurs interprétations dont la plus simple enseigne que l’arrivée à maturité de l’individu, donc l’achèvement de l’initiation, exige que le néophyte « tue » son initiateur. Une autre souligne cette constante des sociétés primitives qui veut que le Roi vieillissant soit mis à mort par celui-là même qui est appelé à le remplacer afin que se perpétue le cycle humain, à l’image de la succession des saisons. La victime « revit » dans l’exécuteur qui lui succédera, en un processus de palingénésie inversé. Dans le système de hauts-grades anglais dit, familièrement, des « opératifs », le Grand Maître-Maçon, « élu » à la direction de ses frères, doit immoler rituellement son prédécesseur descendant de charge. En ce sens, les grades d’Élu pourraient avoir été conçus comme une épreuve initiatique préparatoire à l’installation dans le trône du Roi Salomon. Ces grades sont bien loin, on le voit, d’être la pantomime sanglante si souvent décriée par des auteurs superficiels.

La Maîtrise et l’Élection ont en tout cas le mérite de rappeler que la genèse du processus rituel est inséparable de la violence, collective ou solitaire, dont R.Girard a montré quelle était un des fondements vénéneux de la nature humaine que la culture seule peut canaliser en un geste stylisé et inoffensif (« La violence et le Sacré« , 1972).

Le deuxième thème de cette voie métaphysique est le voyage de l’âme dans le domaine des Esprits, infernaux ou célestes. Le premier est peu développé dans la liturgie maçonnique, si ce n’est de façon allusive (c’est le cas dans la traversée du second appartement du Rose-Croix, dans la découverte du caveau de l’Arche Royale et dans les trois voyages anti-horaires du candidat au grade d’Hérédom de Kilwinning) alors qu’il est une constante de la littérature initiatique, que ce soit le mythe d’Orphée, la quête d’Ulysse, celle d’Énée ou de Dante. Tous pénètrent les Enfers et en reviennent, vivants mais transformés. La traversée des mondes célestes est suggérée par l’échelle, présente dès le premier degré britannique, gravie par le Prince de Mercy (26° degré du REAA) et plus tard par le Chevalier Kadosch (30° du même). Elle est à la base de la version tardive (XIX° siècle ?) du « Chevalier du Soleil » (28° degré du REAA) qui voit l’impétrant gravir les sept « cieux planétaires » qui constituaient, dans la tradition antique, les marches du domaine divin. Ce grade peut à juste titre passer pour l’exemple le plus achevé du processus initiatique offert à l’adepte par le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Paul Naudon l’a bien compris qui écrit :

« Ce grade hermétique, essentiel dans l’échelle initiatique du Rite, marque l’ascension de l’homme dépouillé de tout ce qui l’alourdissait et l’attachait à la Terre, vers le Soleil d’or, l’Etre Suprême, vers la réintégration dans son essence originelle. C’est l’accomplissement de l’Initiation, la réalisation du grand Œuvre de l’alchimie mystique ». (P.Naudon, « Histoire et Rituels des Hauts grades Maçonniques. le Rite Ecossais Ancien et Accepté », 1966, p. 239).

 Sa position relativement mineure dans l’échelle des grades n’en paraît que plus surprenante (il fut sans doute à l’origine le degré terminal d’un Rite oublié).

Un grade clef : l’Arche Royale

Sa structure est particulièrement complexe ! Les trois séjournants sont d’abord des aventuriers. N’ont-ils pas traversé les déserts pour rejoindre Jérusalem, sur les traces de ce Zorobabel dont nous connaissons l’épopée ? La version américaine du grade, mieux que son homologue britannique, insiste sur cet aspect chevaleresque, curieusement rappelé d’ailleurs par l’usage néerlandais de qualifier de « ridder » (chevalier) celui qui est pour nous un « compagnon ».

Mais ces compagnons-chevaliers sont aussi des constructeurs. Leur tâche est la reconstruction du temple détruit, tâche qu’ils effectuent la truelle à la main et l’épée au côté. Opératifs donc, autant que combattants, ils relèvent bien des deux voies que je définissais plus haut.

Ce constat ne peut masquer que l’essentiel du grade est ailleurs : l’élément clef en est la descente dans le caveau, dans les profondeurs souterraines où se cache le Nom de l’Éternel, dont nous savons qu’il aime habiter les ténèbres, qu’il s’agisse du Saint des Saints ou de cette voûte royale que celui-ci recouvre (on ne rappellera jamais assez que le mot anglais « Arch » signifie d’abord « voûte » !). Ce voyage souterrain du candidat, la découverte qu’il y fait et sa remontée vers la lumière sont une autre représentation de cette nouvelle naissance, illustrée ailleurs par le grade de Maître ou celui de Rose-Croix. Dans les trois cas d’ailleurs, il s’agit de découvrir le divin (« caché dans l’homme » dit le rituel belge) et les remarques que je fis précédemment concernant la maîtrise s’appliquent sans difficulté à la découverte de ce Nom qu’on n’approche qu’avec une « crainte révérencielle ».

L’Arche Royale résume à lui seul les trois voies que je décrivais. Il est à la fois opératif, aventureux et ontologique, et ce n’est par hasard que la lecture du Nom sur la plaque d’or survient après qu’aient été accomplies les tâches opératives et chevaleresques. Le retour à la lumière en acquiert doublement un caractère de « renaissance » effective.

Là ne s’arrête pas le scénario du degré. Encore faut-il que le candidat soumette le produit de sa découverte à trois personnages énigmatiques, revêtus des fonctions royales, prophétiques et sacerdotales. Au-delà de l’anecdote pseudo-biblique, apocryphe autant qu’anachronique, la question se pose : qui sont ces trois nouveaux venus et que représentent-ils ? La réponse mérite qu’on l’examine, à la lecture de ce qui vient d’être dit.

La tripartition fonctionnelle

Les trois « voies » initiatiques décrites s’observent à des titres divers dans le corpus maçonnique, non sans un certain syncrétisme d’ailleurs puisqu’il les fond ou les superpose en des échelles souvent arbitraires. Elles font appel à des types d’hommes bien différents, artisans, aventuriers ou purs spéculatifs, toutes caractéristiques qui se rencontrent rarement chez un même individu. Sans doute peut-on y voir le reliquat de la division trine des classes fonctionnelles de la société indo-européenne traditionnelle (« ceux qui prient, ceux qui se battent et ceux qui travaillent »), tripartition proposée par Georges Dumézil sur base des mythologies, des particularités linguistiques et de l’organisation cultuelle des peuples classiques de l’Inde, du bassin méditerranéen et de l’Europe septentrionale ?

« La structure religieuse, conceptuelle, qui se manifeste dans ces trois termes hiérarchisés est maintenant bien connue des indo-européanisants : c’est celle que, avec des particularités propres à chacune des sociétés, on observe aussi bien chez les Indiens et les Iraniens que chez les anciens Scandinaves, avec des altérations plus fortes chez les Celtes et aussi, à en juger par quelques « témoins » qui subsistent malgré la précoce refonte des traditions, celle que connaissaient plusieurs vagues d’envahisseurs grecs, les Achéens, les Ioniens. J’ai proposé, pour faire court, d’appeler cette structure « l’idéologie des trois fonctions ». Les principaux éléments et rouages du monde et de la société y sont répartis en trois domaines harmonieusement ajustés qui sont, en ordre décroissant de dignité, la souveraineté avec ses aspects magiques et juridiques et une sorte d’expression maximale du sacré ; la force physique et la vaillance dont la manifestation la plus voyante est la guerre victorieuse ; la fécondité et la prospérité avec toutes sortes de condition et de conséquences qui sont presque toujours minutieusement analysées et figurées par un grand nombre de divinités parentes, mais différentes, parmi lesquelles tantôt l’une, tantôt l’autre résume l’ensemble des énumérations divines à valeur formulaire. Le groupement « Juppiter Mars Quirinus », avec des nuances propres à Rome, répond aux listes-types qu’on observe en Scandinavie comme dans l’Inde védique et prévédique : Odinn, Thorr, Freyr ; Mitra-Varuna, Indra, Nasatya. » (Georges Dumézil, « La religion romaine archaïque », 1966, pp. 166-167).

Cette tripartition commune à tant de peuples distincts suggérerait une origine unique, une société primordiale apparue il y bien longtemps entre le Caucase et l’Himalaya, celle des

 « …cavaliers-migrateurs qui vers la fin du IIIème millénaire avant Jésus-Christ, peut-être d’une région située quelque part dans le sud de la Russie, envahirent, submergèrent par vagues centrifuges et successives la majeure partie du continent européen et poussèrent à travers l’Iran jusqu’aux confins de l’Inde, ces conquérants qui parlaient approximativement la même langue et auxquels, par commodité et convention, on a attribué le nom tout symbolique d’Indo-Européens, partageaient une vision du monde tripartite où s’articulent selon un ordre hiérarchique la souveraineté magique et juridique (la première fonction), la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction), la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). (Joël H. Griswald, « Il était trois fois », préface à la réédition de : G.Dumézil, « Mythe et épopée I, II, III », 1995, pp. 9-10)

Son vestige le plus apparent serait le régime indien des castes, lequel impliquerait, d’après René Guénon, une voie initiatique spécifique à chacune d’elles :

« On sait que la tradition hindoue distingue trois « voies » (mârgas) qui sont respectivement celles de Karma, de Bhakti et de Jnâna… Il n’en est pas moins vrai qu’il existe un rapport entre les caractères respectifs des trois mârgas et les éléments constitutifs de l’être répartis suivant le ternaire « esprit, âme, corps » »… ceci confirme pleinement ce que nous disions de la correspondance des gunas : la voie « jnânique » ne peut évidemment convenir qu’aux êtres en lesquels prédomine la tendance ascendante et qui, par-là même, sont prédisposés à viser directement à viser directement à la réalisation des états supérieurs plutôt qu’à s’attarder à un développement détaillé des possibilités individuelles ; les deux autres voies, par contre, font tout d’abord appel à des éléments proprement individuels, fût-ce pour les transformer finalement en quelque chose qui appartient à un ordre supérieur, et ceci est bien conforme à la nature de rajas, qui est la tendance produisant l’expansion de l’être au niveau même de l’individualité, laquelle est constituée par l’ensemble des éléments psychique et corporel » (René Guénon, « Les trois voies et les formes initiatiques » in « Initiation et réalisation Spirituelle », 1967, pp. 144-146).

 Au-delà du jargon hindouisant, Guénon rejoint et dépasse Dumézil : la tripartition n’est pas seulement fonction opératoire, mais surtout vocation qui appelle à une réalisation initiatique d’ordre immédiatement métaphysique les hommes de caste supérieure. Ce faisant, il ajoute au système une dimension que Dumézil ignora toujours, la fatalité de la naissance! Les hommes, selon leur nature, seraient élus (ou condamnés ) à exercer leurs facultés dans une sphère d’activité prédéterminée. Certains, appartenant à la classe sacerdotale, seraient appelés à s’élever dans le domaine de la Connaissance métaphysique, d’autres au contraire à s’étendre dans celui des réalisations matérielles, par la force (les guerriers) ou le travail (les artisans et les agriculteurs). Là où Dumézil voit une distinction fonctionnelle soudant l’ordre social, Guénon lit une destinée initiatique de valeur intrinsèque et inéluctable. Il exprima d’ailleurs cette différence dans un compte rendu d’un ouvrage de Dumézil, « L’héritage indo-européen à Rome » :

« M.Dumézil est parti d’un point de vue tout profane, mais il lui est arrivé, au cours de ses recherches, de rencontrer certaines données traditionnelles, et il en tire des déductions qui ne manquent pas d’intérêt, mais qui ne sont pas toujours entièrement justifiées… A la base de sa théorie est la considération du ternaire des divinités constituées par Jupiter, Mars et Quirinus, qu’il regarde comme correspondant à trois fonctions sociales ; il semble d’ailleurs qu’il cherche un peu trop à tout ramener au point de vue social, ce qui risque d’entraîner assez facilement un renversement des rapports réels entre les principes et leurs applications. »
(« Etudes Traditionnelles », 1949, réédité dans « Formes traditionnelles et cycles cosmiques », 1970, pp.172-174)

Qu’il y ait dans la conception guénonienne une forme d’hypocrisie n’est guère douteux : il est plus facile d’expliquer les inégalités de fortune par une fatalité génétique que par des facteurs combien plus prosaïques d’ordre économique ou guerrier! La dérive est aussi nette chez un auteur plus récent qui reprend les thèmes guénoniens sans guère plus de nuances :

« La (cosmologie traditionnelle) est construite à partir des principes de l’ontologie et, finalement, de la métaphysique, seul moyen de donner à une science un fondement indiscutable. La cosmologie a servi, sous une forme ou sous une autre, à établir la structure de la société et la constitution de ses groupes. C’est elle, par exemple, qui est à la base de l’institution visant à maintenir la conformité entre l’ordre humain et l’ordre cosmique sur le plan social. En effet, les castes sont fondées sur les données premières de la cosmologie, c’est à dire les éléments et les tendances. Les éléments Air, Feu, Eau et Terre, sont les principes constitutifs des êtres corporels, leurs déterminations substantielles. Les tendances sont les qualités constitutives des corps et sont au nombre de trois : la tendance ascendante (sattwa), la tendance expansive (rajas) et la tendance descendante (tamas). Le jeu des éléments et des tendances détermine les natures individuelles et les castes sont les répartitions de ces natures individuelles en groupes homogènes. Les individus en qui domine la tendance ascendante et l’élément feu sont les Brahmanes ; ceux en qui ce sont l’air et la tendance expansive, sont les Kshatriyas (guerriers, nobles) ; ceux en qui ce sont l’eau et un mélange de tendance expansive et de tendance descendante, sont les vaishyas (commerçants, artisans, agriculteurs) ; ceux enfin en qui ce sont la terre et la tendance descendante seule, sont les shudras, le bas de l’échelle sociale. Ces quatre catégories d’individus se caractérisent, en fin de compte, par le but qu’ils se proposent d’atteindre dans la vie : pour le brahmane, c’est la dharma, c’est à dire « la justice », au sens biblique, la sagesse et la sainteté ; pour le kshatriya, c’est la puissance et la gloire ; pour le vaishya, c’est la puissance par la possession de biens matériels ; pour le shudra, c’est la satisfaction des besoins les plus matériels ». (Jean Hani, « La royauté sacrée. Du pharaon au roi très chrétien », 1984, pp.67-68).

 Sans adopter le caractère inéluctable et prédestiné de ces distinctions, on peut poser la question de leur éventuelle survie au sein d’une société plurielle, apparue en Occident au cours des XVII° et XVIII° siècles, modelée par les hommes de ce temps et façonnée au gré de leurs fantasmes. En d’autres termes, retrouve-t-on dans la maçonnerie moderne une trace de cette tripartition fonctionnelle évoquée tant par les « ésotéristes » que par certains sociologues ? Reconnaissons que les deux « voies » décrites plus haut, opérative et chevaleresque, se coulent sans difficulté dans ce schéma.

Avant d’analyser plus avant le problème, il est bon de se demander si la survie de conceptions pré-modernes, ou plutôt proto-historiques, est simplement concevable dans la société policée de l’Ancien Régime. Est-elle d’ailleurs compatible avec l’organisation sociale de l’Occident chrétien ? La réponse est sans doute affirmative. Nos lointains ancêtres nourrissaient à titre d’idéal une conception de la société que chérira longtemps le Moyen-Age occidental, lequel distinguera différentiellement et hiérarchiquement les « prêtres », les « guerriers », et les « éleveurs-agriculteurs ». La division en trois « Ordres » de la France d’Ancien Régime en est la preuve évidente, même si son effondrement en 1789 confirme qu’il ne s’agissait plus à l’époque que de formes vidées de leur sens.

L’analyse critique et combien pertinente de la permanence de la tripartition sociale dans la société occidentale fut proposée par Georges Duby en un ouvrage essentiel, « Les trois ordres ou l’imaginaire du féodalisme » (1978). L’ouvrage rappelle que la figure trifonctionnelle est « une forme », décelable dans de nombreux textes qui vont de l’époque carolingienne jusqu’aux temps classiques. S’il est un rouage majeur d’un système idéologique dont on ne sait pourquoi ni comment il fut choisi, ce modèle n’est jamais évoqué que dans ses liaisons avec une cosmologie, une théologie et une morale. Il servit aussi (ou surtout) à asseoir un pouvoir, une image simple de l’organisation sociale et il est bien difficile de dire ce que furent ses rapports avec le concret des rapports de société, car l’idéologie n’est pas un reflet du vécu mais un projet d’agir sur lui. G. Duby confronte l’imaginaire de cette idéologie au concret historique et ses conclusions sont trop riches pour être ici résumées (il démontre notamment comment la chevalerie se constitua en « Ordre », s’appropriant en quelque sorte la deuxième fonction dont elle n’était initialement que l’instrument). L’important pour notre propos est la permanence de cette idéologie jusqu’aux derniers temps de l’Ancien Régime puisque c’est alors que furent inventées les structures rituelles qui nous occupent.

Comment ne pas voir que cette analyse répond aisément au schéma structurel de nombreux grades maçonniques ? La tripartition est évidente déjà dans quelques grades clefs, à commencer par les grades bleus qui reconnaissent, depuis Anderson, un roi-prêtre, Salomon, un roi-guerrier, Hiram de Tyr, et un architecte, Hiram Abi. La même tripartition se retrouve à l’Arche Royale avec ses trois Principaux dont je me demandais plus haut qui ils étaient. Certes, dans la version anglaise, c’est de pouvoirs royal, prophétique et sacerdotal qu’il s’agit, mais cette objection perd de sa pertinence lorsqu’on sait que dans la version américaine du degré, plus « ancienne » (aux deux sens du mot) que son homologue anglaise, le troisième officier du chapitre est un scribe, représentant de cette classe laborieuse. Enfin qui ne verra la similitude des deux « voies » initiatiques que j’ai décrites et des deux « fonctions » subalternes de Dumézil ?

Si les grades « opératifs » et « chevaleresques » appartiennent sans conteste au fonds maçonnique de tous les Rites continentaux, Français ou Ecossais, le problème d’éventuels grades « sacerdotaux » reste entier. Aucun des degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté ne répond pleinement à leur définition. Certes les grades de Prince de Mercy, de Chevalier du Soleil et de Chevalier Kadosch font allusion à l’ascension des Cieux « supra-lunaires » et par-là rappellent la réalisation de l’état supra-humain propre à l’initiation sacerdotale, selon la vulgate guénonienne, mais ces grades, dénaturés de longue date, ne peuvent donner le change : ils ne sont que vestiges d’un message depuis longtemps oublié. Force sera de nous tourner vers d’autres systèmes peu connus dans notre pays.

Le processus que j’ai appelé « ontologique » sous-tend d’une manière ou d’une autre tout processus initiatique et n’a rien de spécifiquement sacerdotal. La maîtrise, l’élection, le Rose-Croix ne peuvent guère nous aider. Seuls répondent à la définition certains degrés anglo-saxons : le troisième Principal d’un chapitre de l’Arche Royale, le Chevalier-Templier Prêtre de la Sainte Arche Royale ou le Prêtre-Maçon de l’Ordre de la Croix Rouge de Constantin. Tous ont en commun une onction imposée à l’impétrant par l’officiant. Le risque néanmoins est de s’arrêter à ce geste, de lui attribuer une valeur discriminante et d’ainsi confondre, dirait Guénon, les domaines exo- et ésotériques, d’autant que l’onction rituelle n’est pas propre au sacerdoce. Elle est aussi le signe de la royauté « par la grâce de Dieu » comme le veut la tradition juive :

« Alors Samuel prit la fiole d’huile et en versa sur (la) tête (de Saül), puis il le baisa et dit : « N’est-ce pas Yahvé qui t’a oint comme chef sur son peuple, Israël ? Et c’est toi qui gouverneras le peuple de Yahvé, toi qui le sauveras de ses ennemis d’alentour… » (I Samuel 10)

Ces réserves étant faites, le grade maçonnique du « Holy Royal Arch Knight Templar Priest » reste le plus proche de la définition de la première fonction, que l’on suive Guénon ou Dumézil : « ceux qui prient ». Ce degré apparut en Irlande vers 1770-1780, avant d’être pratiqué dans le Nord de l’Angleterre et en Ecosse. Il ne constitue pas une section « sacerdotale » du Knight Templar quoiqu’il faille être KT, en plus de Royal Arch et de Maître Installé, pour le recevoir. Proche du Chevalier d’Orient et d’Occident, 17ème du REAA, par ses références apocalyptiques, le rituel, très complexe et parfois surprenant, culmine en une onction qui marque la réception de l’impétrant « dans l’Ordre de Melchisedek », autre nom du degré.

La question se pose alors du simulacre! Ces grades maçonniques, accessibles à tous, ne sont-ils pas une simple singerie de la fonction sacerdotale, bien définie dans nos sociétés et même protégée par la Loi. Pour mieux cerner le problème, mieux vaut citer sans commentaires les propos de Jean Granger (mieux connu sous son nom de plume, Jean Tourniac) dans une lettre personnelle du 10 novembre 1990 :

« Je crois qu’il faut faire au sujet du Prêtre KTP (c’est à dire d’une chevalerie qui n’est pas à confondre avec les Ordres chevaleresques profanes, fussent-ils prestigieux) la même observation que l’on peut faire à propos des chevaliers maçons et même des maçons en général : si le « prêtre chevalier templier » n’a pas reçu de sacrements religieux (j’oserais dire « exotériques ») et n’exerce pas la fonction sacerdotale, présidant à la messe, de même le chevalier maçon de tous les grades, dans la plupart des cas, n’a pas reçu vraiment une transmission « ne varietur » de l’ordène de chevalerie, ne sait pas monter à cheval (eques !), ni croiser le fer, de même enfin le franc-maçon ne sait pas tailler matériellement la pierre et n’a pas reçu le compagnonnage de métier.
Alors que ces trois aspects du sacré dans l’Ordre maçonnique se réfèrent non plus aux « fonctions » extérieures qui en sortent, mais à ce qui les légitiment du point de vue symbolique et initiatique, leur « essentialité » n’est pas non plus liée à leur traduction extérieure et institutionnelle.
Il faut donc distinguer clairement ces deux domaines…
Il faut encore observer que :
.– la franc-maçonnerie, donc les constructeurs, comprend les trois degrés de « métier » (1,2,3), le Maître Installé (4), le Compagnon de l’Arche Royale (5).
.– la chevalerie s’épanouit dans différents degrés maçonniques mais est nettement templière au KT et au CBCS (6).
– le sacerdoce initiatique culmine au KTP (7). C’est bien la division étagée des initiations telle que décrite par Guénon (encore une fois, je ne fais pas de Guénolâtrie, mais une simple comparaison doctrinale). Il est curieux de constater que cette graduation en paliers, avec les signes pénaux des grades, permet de toucher à l’artère coronale au 7ème, le KTP. Enfin le nom de Melquitzédeq, Roi et Prêtre, sans génération humaine donc sans appartenance institutionnelle ni référence confessionnelle, est symbolique. Un dernier point : j’ai été frappé par le fait que ce rituel KTP est totalement biblique, l’apport individuel, type gloses et discours redondants qui sentent l’apport des individus est totalement inexistant. Il est donc, si l’on veut, extra-temporel, et ne peut pas plus être déformé, arrangé etc… que ne le sont les livres des deux Testaments auxquels ce rituel se réfère ».

Ce texte, remarquable à plus d’un titre, peut servir de trait d’union entre les conceptions de Guénon et de Dumézil. Il enlève aux premières ce qu’elles ont d’excessif sans altérer le caractère novateur et empirique des secondes. Si nous acceptons que les grades maçonniques soient d’abord des créations de l’imaginaire, que le monde dans lequel ils se déploient est celui du rêve et du fantasme, sans lien réel avec le concret de nos destinées, le rapprochement de leurs contenus thématiques et du modèle trifonctionnel n’est pas sans pertinence, pour autant que l’on n’exige pas une concordance parfaite. Ainsi perçue la maçonnerie paraît la stylisation de modes fonctionnels, sans rapport avec les impératifs de la vie profane. Chacun peut, selon son goût, « jouer » à l’artisan, au chevalier, voire au prêtre, sans qu’un importun vienne lui rappeler qu’il n’est en fait ni l’un ni l’autre ! De la « vocation », si chère à Guénon, il ne reste que l’inclination personnelle qui poussera plus vers une loge bleue ou un chapitre de hauts-grades, sans qu’un tel choix implique un jugement de valeur.

Une maçonnerie atypique : le Rite Ecossais Rectifié

Les trois modes opérationnels décrits plus haut se retrouvent à des degrés divers dans tous les Rites maçonniques, distincts ou confondus selon le cas. De même la tripartition fonctionnelle s’y devine avec plus ou moins d’acuité. Le Rite Ecossais Rectifié n’échappe pas à la règle, lui qui contient des degrés bleus « opératifs », des grades « chevaleresques » et, selon la tradition, un « Saint Ordre » au caractère énigmatique (même si ce dernier a cessé depuis longtemps d’avoir une existence officielle). Certes le caractère « opératif » y est remarquablement estompé et le « chevaleresque » enflé, dans le décorum notamment, mais là n’est pas l’essentiel. Celui-ci réside dans le recours constant à une double lecture des rituels, dont la seconde n’est accessible qu’aux « initiés », entendez aux maçons revêtus des derniers grades du système. En effet ce Rite, quoique solidement implanté sur les racines opératives britanniques, ne se peut pleinement comprendre qu’à la lumière de la doctrine de Martines de Pasqually, cet étrange théosophe du XVIIIème siècle, fondateur de l’Ordre des « Chevaliers Elus Coens de l’Univers » et auteur du « Traité de la Réintégration des Etres… ».

Son enseignement est fondé sur la Chute et la Rédemption, ici nommée « Réintégration », du « Mineur Spirituel », c’est à dire l’homme. Partant du constat que l’homme est imparfait, en proie à la souffrance, appelé à disparaître et conditionné dans son existence terrestre par des forces qu’il ne peut maîtriser (il est, écrit-il, « pensif » et non « pensant »), Martinez enseigne que cette déchéance est la conséquence d’une « faute » originelle (autrement complexe que celle rapportée dans la Genèse) dont l’Adam primordial se rendit coupable, faute dont le châtiment fut l’enfermement du coupable dans cette enveloppe charnelle qui est notre lot commun. La « Réintégration », entendez le retour à l’état adamique, n’est possible qu’aux adeptes qui, conscients de leur déchéance présente, luttent pour leur salut à l’instar de ces êtres privilégiés qui, par l’élection divine, purent retrouver la pureté primitive, soit en ce monde soit dans l’au-delà. Les grades « Rectifiés », tout en employant le langage classique de la maçonnerie traditionnelle, ne racontent rien d’autre ! Les phrases les plus anodines de ces rituels, rédigés par J.B.Willermoz entre 1778 et 1809, en acquièrent un double sens, le premier que comprendra le maçon de tout Rite, le second qui ne sera reconnu que par une minorité des maçons « Rectifiés », ceux qui ont atteint le quatrième grade du système, lequel expose de façon déjà explicite la doctrine martinéziste. Quelques exemples aideront à comprendre cette dualité.

Au cours de son initiation, le candidat doit reconnaître trois « éléments », le feu, l’eau et la terre, qui se retrouvent dans d’autres Rites continentaux, Français ou Ecossais. Mais chaque découverte est ponctuée par une maxime qui révèle à demi-mot que ces « éléments », constitutifs du corps humain, ne sont autre que ces chaînes qui lient l’homme en sa déchéance :

« Le feu consume la corruption mais il dévore l’être corrompu ».
« C’est par la dissolution des choses impures que l’eau lave et purifie ; mais elle recèle leurs influences funestes et les principes de la putréfaction ».
« Le grain mis en terre reçoit vie, mais si son germe est altéré, la terre même en accélère la putréfaction ».

Chaque maxime offre de l’élément concerné une double face, bénéfique ou maléfique, en une équivoque désenchantée qui souligne à la fois la nécessite et la limite de support charnel.

Le miroir du deuxième grade n’a pas la finalité assez simple qu’on lui connaît au Rite Moderne, lequel y voit seulement le « juge suprême » des valeurs morales de l’individu. Il s’agit au contraire d’y découvrir la malédiction de ce corps de chair auquel l’homme est condamné par sa faute :

« Arrachez donc le voile, mon frère, afin de vous voir tel que vous êtes. Mais que vos difformités ne vous effraient point et ne perdez pas de vue que d’un bloc informe et sans beauté l’artiste peut faire une image exacte de l’être le plus accompli qui soit dans la nature ».

Les « difformités » désignent l’apparence matérielle du candidat et non son degré de moralité ! L’artiste est sans doute le Créateur qui autrefois châtia l’homme fautif et lui donna son enveloppe périssable et repoussante comme il peut, si tel est son désir, lui rendre son apparence première.

Echapper à la condition humaine appelle le rejet des métaux (argent, fer, cuivre, plomb et or) qui arriment le cherchant à son état présent, rejet qui fait l’objet du deuxième grade. La mort enfin, annoncée dans le troisième, est la condition nécessaire à cette « résurrection » promise par le tableau du quatrième grade dont j’ai parlé plus haut.

La doctrine martinéziste est, je l’ai dit déjà, exposée presque ouvertement dans le quatrième grade du Rite Ecossais Rectifié, « presque » car encore recouverte du manteau de l’allégorie salomonienne : la destinée de l’homme est comparée aux révolutions du temple de Jérusalem, de la vision de David à celle de Jean, tandis qu’Hiram ressuscité devient le paradigme de l’homme « réintégré » (pl.5). Ce degré, le Maître Ecossais de Saint André, est aussi une véritable réécriture chrétienne du « Royal Arch » britannique et par-là conserve un caractère maçonnique, relevant encore de la modalité opérative décrite plus haut.

L’Ordre Intérieur qui lui fait suite, composé des Ecuyers Novices et des Chevaliers de la Cité Sainte, est chevaleresque, conforme à la définition de la seconde fonction (« ceux qui combattent ») et dénué de toutes références opératives comme d’ailleurs de tout enseignement théosophique. Certes Willermoz et ses amis tentèrent-ils de lui insuffler quelques éléments « sacerdotaux » (les templiers n’étaient-ils pas moines autant que soldats ?) mais ces velléités se limitèrent à quelques éléments vestimentaires que leurs successeurs helvétiques s’empressèrent d’oublier.

Est-il donc au-delà un « Ordre » d’inspiration sacerdotale auquel ne seraient admis que les meilleurs des chevaliers ? La question a fait couler beaucoup d’encre et reste pour certains sujet d’actualité. On sait que Willermoz établit en 1778, lors du Convent des Gaules tenu à Lyon, une classe secrète de Profès et de Grands Profès auxquels font déjà allusion les instructions des 5° et 6° grades :

« Au moment où vous fûtes admis au noviciat, on prit le soin de vous faire connaître l’excellence de l’Ordre Bienfaisant des Chevaliers maçons de la Cité Sainte. La cause de son union avec l’Initiation symbolique des Maçons dans le Régime rectifié vous fut expliquée, et l’on vous présenta en même temps les rapports de la Chevalerie et de l’initiation maçonnique avec l’Initiation parfaite, qui renferme le but essentiel, et qui n’est connu que du Haut et Saint Ordre ». (Instruction du 6° grade, 1784).

Le « Haut et Saint Ordre » n’avait d’autre but que la diffusion de la doctrine de Martines et les « Instructions », rédigées par Willermoz, se voulaient l’exposé fidèle de la doctrine du Maître. Autrefois secrètes, elles sont aujourd’hui du domaine public. Conservées en diverses bibliothèques (Copenhague, Lyon, La Haye), elles ont été publiées en divers ouvrages d’accès aisé (Paul Vuillaud, « Joseph de Maistre, franc-maçon« , 1926, pp. 231-247 ; annexe, pp. 1023-1049, à : René Le Forestier, « La franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIème et XIXème siècles« , 1970). Le « cérémonial des assemblées de l’Ordre des grands Profès », conservé dans le fonds Kloss à La Haye, ne contient que des prières d’ouverture et de fermeture, très proches de la prière du premier grade Rectifié et dénuées de tout caractère chrétien, y compris dans les variantes prévues pour les jours de réception, une formule d’engagement, la communication d’un signe et de mots.

« On n’entrait point dans cette classe secrète par quelque initiation cérémonielle ni par quelque nouvelle décoration. La simplicité vers quoi tend le système entier des CBCS y culmine dans la pure spiritualité ». (« Maharba, « A propos du R.E.R. et de la Grande Profession », in « Le Symbolisme », 1969, 391:63-67, p. 66).

Les « Statuts et Règlements de l’Ordre des Grands Profès » (même source) révèlent que les assemblées étaient consacrées, outre les réceptions, à des « lectures, conférences et instructions » (art. 32) ; on y discutait « sans qu’il puisse être fait aucune distinction de rang entre les frères » (art. 37). L’originalité de la Profession et de la Grande Profession est flagrante : cercle d’études plutôt que société initiatique, elle n’a d’autre raison d’être que la communication et l’exégèse de la doctrine de la réintégration, présentée, à tort ou à raison, comme le dépôt de « l’ancienne et primitive maçonnerie ».

Rien là qui puisse rappeler la première fonction. Et pourtant, certains firent de cette troisième classe une initiation, voire une ordination sacerdotale. Ce fut le cas de l’organisation présidée par Robert Ambelain qui utilisait un cérémonial très élaboré comprenant exorcismes, onction, évocation de l’Esprit-Saint, lectures des psaumes 133 et 72, récitation du Notre-Père… Ce n’est certes pas critiquer ces innovations que de souligner qu’elles s’éloignent des intentions du fondateur ! Elles ont, par contre, le mérite d’aligner le Régime Rectifié sur le système trifonctionnel de Dumézil et méritent à ce titre d’être ici évoquées.

Sagesse, Force, Beauté

Au terme de cette brève analyse, il est permis de conclure, provisoirement du moins. Les degrés, grades et Rites maçonniques ne sont que les éléments d’un alphabet dont la connaissance est nécessaire à la compréhension du langage qu’ils servent à exprimer. Une appréhension globale du phénomène peut seule le replacer dans le cadre général des sociétés humaines et enchâsser l’Ordre maçonnique dans leur économie globale. Que la maçonnerie relève de l’imaginaire me paraît l’évidence, laquelle suffit à expliquer qu’une approche purement historique du phénomène ne pourra jamais donner une explication suffisante de sa signification profonde, ni de la fascination qu’elle continue à exercer sur des hommes de qualité en cette fin de siècle. La diversité de l’Ordre, l’efflorescence de ses manifestations et l’apparente contradiction des aspects les plus visibles de son contenu demandent une analyse sociologique, une analyse de ce que Marx appelait les superstructures : idéologies, systèmes explicatifs et justificatifs des comportements sociaux. L’approche de Dumézil, amplement utilisée ici, rend compte, me semble-t-il, de certains aspects de l’ordre maçonnique, mieux que l’éternelle référence aux constructeurs de cathédrales, aux croisés initiés à l’ésotérisme islamique ou aux alchimistes rosicruciens. Elle se reflète en tout cas, et ce n’est pas le moins inattendu, dans le ternaire classique de l’Ordre : Sagesse, Force et Beauté, qui ne va pas sans rappeler la tripartition des ordres de société. Qu’importe qu’il ne soit apparu dans le bréviaire maçonnique que dans le sillage de l’année matrice (1717) et ne puisse nous donner quelque autre lettre de noblesse ? Anderson s’y référa lorsqu’il fit de Salomon, d’Hiram de Tyr et d’Hiram Abi les trois Grands Maîtres qui présidèrent à la construction du premier temple. Au premier appartenait la sagesse, au second la force, au dernier la beauté ! N’était-ce pas là prescience de ce qu’aujourd’hui nous savons ?

SOURCE  :  https://www.hiram.be/initiation-maconnique-et-ordres-de-societe/

Protestants et francs-maçons, entre affinités et divergences 10 juillet, 2026

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BÂTIR L’HOMME ENTRE RAISON ET SACRE 8 juillet, 2026

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Les différents types d’étoiles : leur signification secrète 5 juillet, 2026

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différents types d'étoiles symbolisme

Les différents types d’étoiles :

leur signification secrète

20 septembre 2024


Les différents types d’étoiles : quelle est leur signification ? Quel est le symbolisme de l’étoile à 3, 5, 6 ou 7 branches ?

L’étoile est un symbole universel que l’on retrouve dans nombre de cultures, traditions, religions et spiritualités, en lien avec le symbolisme de la croix, de la fleur ou du soleil. On remarquera cependant que l’étoile est plus lointaine, plus froide, plus blanche que le soleil.

Le symbolisme des étoiles est le plus souvent favorable. Il est synonyme de rayonnement, d’ouverture et d’espérance. Les étoiles organisent le chaos et éclairent la nuit, symbolisant la Vérité qui nous appelle. Guidant les voyageurs égarés, elles sont des points de repère dans l’univers comme dans le labyrinthe de notre psychisme.

Les étoiles peuvent évoquer les dieux, les mystères, l’éveil, l’intuition, la conscience ou encore la quête spirituelle. Les étoiles sont à la fois lointaines et proches. Lointaines parce qu’elles traduisent un idéal inaccessible ; proches parce qu’elles représentent un potentiel qui est déjà en nous. Ce potentiel, c’est notre capacité à dépasser notre individualité pour rejoindre l’absolu, l’universel.

Il existe une infinité de types d’étoiles. Le but ici n’est pas d’établir une liste exhaustive, mais d’évoquer les principales sortes d’étoiles selon le nombre de leurs branches.

Voici les différents types d’étoiles et leur signification.

Lire aussi notre article : Les différents types de croix et leur signification

Les différents types d’étoiles et leur signification

Chaque type d’étoile présente des variantes, les branches pouvant être droites, bombées ou concaves.

L’étoile à trois branches

L’étoile à trois branches évoque le chiffre 3, le ternaire, c’est-à-dire la réconciliation ou le dépassement de deux éléments qui paraissaient opposés, ce qui en fait un symbole à haute valeur spirituelle.

étoile à 3 branches

Cette étoile est l’équivalente du triangle et du delta lumineux que l’on trouve dans les représentations chrétiennes et maçonniques : c’est l’image de Dieu ou du Grand Architecte de l’Univers.

On peut y voir, comme pour la fleur de lys, la Trinité.

Parallèles symboliques : le trèfle, la lettre Y, la triquetra, le triskel, etc.

L’étoile à quatre branches

L’étoile à quatre branches évoque d’abord la croix, qu’elle soit latine, grecque ou de Saint-André.

étoile à 4 branches symbolisme

La croix réunit horizontalité et verticalité, immanence et transcendance, matière et Esprit, dualité et unité. Son centre figure l’invariable milieu : un point de paix qui permet d’accéder à toutes les réponses.

L’étoile à quatre branches renvoie au symbolisme du chiffre 4 : c’est la perfection matérielle, les quatre éléments, les quatre directions cardinales. De manière générale, les étoiles à 4, 8, 16 ou 32 branches évoquent les directions, la capacité à se repérer dans l’espace et en soi, mais aussi le carrefour du monde, le point central.

L’exemple le plus typique est celui de la Rose des vents :

étoile type rose des vents

Etoile à 16 branches : Rose des vents

L’étoile à cinq branches

L’étoile à cinq branches ou pentagramme est, parmi les différents types d’étoiles, celle qui se rapporte le plus à l’être humain. Elle représente l’individu-étoile, la « star », l’initié ou l’être éveillé, debout les bras ouverts.

pentagramme symbolisme

Pentagramme

En franc-maçonnerie, l’Etoile flamboyante, issue du pentagramme pythagoricien, est le symbole de la manifestation de la Lumière universelle dans le coeur de l’initié, du moins en potentialité. C’est le symbole du Compagnon, homme qui rayonne par sa fraternité et son amour.

L’étoile à cinq branches peut encore évoquer le centre de la matière, la Quintessence ou la gnose. C’est le cinquième élément qui donne à la matière et à l’existence tout leur sens.

Parmi les différents types d’étoiles à cinq branches, il y a le pentacle, symbole des forces occultes, ou encore le pentagramme renversé, au pouvoir négatif.

Exemples d’étoiles à cinq branches : étoile verte de la langue internationale espéranto, étoile islamique, étoile rouge communiste, étoile militaire, étoiles sur les trottoirs du Hollywood Walk of fame.

L’étoile à six branches ou hexagramme

L’étoile à six branches ou à six pointes recèle un symbolisme particulièrement riche. On peut d’abord y voir une croix à six branches, s’épanouissant dans toutes les directions, composée des quatre horizontales de la Rose des vents et des deux verticales du zénith au nadir.

Elle rappelle en particulier le chrisme à six rais, croix chrétienne primitive formée des lettres I et X (iota et khi), initiales de Jésus-Christ.

Chrisme étoile

Chrisme

Le chrisme doit être relié au symbolisme de l’hexagone.

Par ailleurs, ce type d’étoile évoque aussi la forme des cristaux de glace, de neige ou de givre :

étoile des neiges

Autre étoile à six branches remarquable, le sceau de Salomon ou étoile de David est un symbole particulièrement important dans le judaïsme. Il évoque l’Alliance, l’appartenance, la sagesse, la perfection, l’achèvement, ou encore le sacré.

A partir du Moyen Age, le sceau de Salomon est intimement lié à l’alchimie : à chaque élément alchimique est attribué un symbole qui est une décomposition du sceau de Salomon.

4 éléments alchimie : sceau de Salomon

Exemples d’étoiles à six branches : drapeau d’Israël, mandalas bouddhistes, sceaux hindouistes, insignes musulmans, etc.

L’étoile à sept branches, à sept pointes ou heptagramme

Parmi les différents types d’étoiles, l’étoile à sept branches ou heptagramme est certainement celle qui a le plus à voir avec l’occultisme.

étoile à 7 branches heptagramme

Etoile à 7 branches ou heptagramme

On retrouve l’heptagramme dans la Kabbale, dans des courants mystiques tels Otherkin, Thelema (cf. le sceau de Babalon), le wiccanisme (cf. la Blue star wicca, l’étoile elfique, l’étoile féérique…), le chamanisme, la sorcellerie ou certains courants du néopaganisme.

L’étoile à 7 branches est associée entre autres au pouvoir des femmes, à leur force sexuelle, à la puissance de Mère-Nature, à Marie-Madeleine ou encore à la magie.

Dans le christianisme, l’étoile à 7 branches véhicule un symbolisme positif, en lien avec la perfection du chiffre 7 (les 7 jours de la semaine, les 7 vertus théologales et cardinales…) ; l’heptagramme permet d’invoquer Dieu pour repousser le mal.

En alchimie spirituelle, l’heptagramme est un symbole largement utilisé qui renvoie aux 7 planètes, aux 7 métaux ou encore aux 7 étapes du processus alchimique.

Exemples d’étoiles à 7 branches : étoile de shérif, Félibrige d’Occitanie.

L’étoile à huit branches ou octogramme

Le symbolisme de l’étoile à huit branches ou octogramme est proche de celui de l’étoile à 4 branches, fondé sur le carré et le chiffre 4, chiffre de la matière abordée dans toute sa perfection.

octogone signification

Octogramme

Il s’agit d’une étoile régulière dont les qualités esthétiques sont reconnues depuis longtemps.

En Mésopotamie, l’octogramme était utilisé pour représenter les principaux astres, les dieux ou les déesses, notamment Ishtar.

L’octogramme a été plus tard associé à Vénus. Pour les Chrétiens, c’est l’étoile de Bethléem (étoile de Noël) qui guide les rois mages vers le nouveau-né :

étoile de Bethléem noël 8 branches

Etoile de Bethléem

L’octogramme est aussi présent sur la lame « l’Étoile » du Tarot de Marseille. On remarquera la proximité avec la Rose des vents.

L'étoile tarot de marseille camoin

On retrouve l’octogramme sous une forme stylisée dans de nombreux motifs de l’art islamique (ci-dessous à droite). Il est aussi associé à Lakshmi, déesse hindoue de la fortune et de la prospérité (ci-dessous au centre).

double carré octogramme octogone

Voir aussi notre article sur le symbolisme de l’octogone

L’étoile à neuf branches ou ennéagramme

L’étoile à 9 branches est à mettre en lien avec l’étoile à 6 branches ou sceau de Salomon : de deux triangles entrelacés, on passe à trois.

étoile 9 branches secrétaire intime 3 triangles entrelacés

Etoile à neuf branches ou ennéagramme

Les neuf pointes peuvent symboliser les attributs de Dieu, qui se déploient dans un rythme ternaire.

Dans le bahaïsme, religion monothéiste du Moyen-Orient, l’ennéagramme est central. Il renvoie au chiffre 9, qui est la valeur du mot Baha ; il symbolise la perfection et contient tous les autres chiffres. L’étoile à 9 pointes du bahaïsme fait aussi référence aux neuf grands éducateurs de l’humanité (Krishna, Abraham, Moïse, Bouddha, Zoroastre, Jésus, Mahomet, le Bab et Bahaʾ-Allah).

étoile bahai

Etoile du bahaïsme

L’ennéagramme est aussi une méthode de connaissance de l’âme dans le soufisme et d’autres courants spirituels ou religieux. Il est dans tous les cas synonyme de sagesse.

L’étoile à dix branches

La signification de l’étoile à dix branches est proche de celle du pentagramme (2 x 5 branches), mais son côté pair et régulier lui donne une plus grande stabilité, ce qui en fait un symbole plus esthétique, parfois utilisé dans l’art.

L’étoile à quatorze branches

Dans la basilique de la nativité de Béthleem, une étoile à quatorze branches est insérée sur le lieu supposé de la naissance de Jésus. Les 14 branches peuvent représenter la double perfection (2 fois le chiffre 7) ou encore les 14 stations du chemin de croix…

étoile 14 branches jésus

SOURCE  :  https://www.jepense.org/differents-types-etoiles/

JePense.org

A la recherche de la vérité…

Le soleil ailé, ou disque solaire ailé 4 juillet, 2026

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Le soleil ailé, ou disque solaire ailé,

est un symbole fondamental de la cosmogonie et de la théologie de l’Égypte ancienne. Il est souvent représenté comme un disque rouge ou doré (incarnant le soleil) flanqué de deux ailes déployées et parfois accompagné de serpents cobras dressés appelés uraei.

Ce symbole est fréquemment sculpté ou peint au-dessus des portes de temples, sur des linteaux, dans des tombes ou sur des objets magiques. Il incarne une force protectrice, céleste et divine, mais son sens dépasse la simple fonction de talisman ou de décoration sacrée. Il s’agit d’un condensé visuel de très nombreux principes spirituels et cosmiques.

À l’origine, ce symbole représente Rê, le dieu du Soleil, parfois fusionné avec Horus dans la figure de Rê-Horakhty, le « Rê d’horizon ». Le disque symbolise le soleil divin, source de vie, de chaleur et de lumière, mais aussi de savoir et de vérité. Les ailes, souvent celles d’un faucon, représentent le ciel, l’élévation et la rapidité divine, car les dieux égyptiens étaient souvent considérés comme des forces célestes capables de traverser les mondes.

Le soleil ailé protège ainsi la Maât, c’est-à-dire l’ordre cosmique, la vérité et la justice. Il agit comme une barrière contre les puissances chaotiques, les démons, l’oubli, la nuit, l’ignorance et la mort spirituelle. Dans les temples, le placer au-dessus d’une porte sacrée revenait à bénir le passage vers un lieu où règnent les forces cosmiques équilibrées.

Dans l’ésotérisme et l’occultisme

Dans les traditions ésotériques, le soleil ailé devient un symbole d’initiation. Il représente le processus de transformation intérieure, par lequel l’initié passe des ténèbres de l’ignorance à la lumière de la connaissance divine. Le disque solaire devient alors une métaphore de l’illumination de l’âme, et les ailes déployées illustrent le fait que cette âme, éveillée à sa véritable nature, est capable de s’élever au-delà des limites humaines, dans une quête d’union avec le divin.

Le soleil ailé est également un symbole de transcendance : il marque l’aboutissement d’un travail intérieur, la révélation de la sagesse, l’activation de la conscience supérieure (souvent appelée « l’œil du cœur » ou « l’œil d’Horus » en prolongement du même symbolisme solaire).

Utilisé en talisman ou en rituel magique, ce symbole est considéré comme une force protectrice active, capable d’écarter les influences négatives, les entités du bas astral, ou encore les pensées sombres. C’est aussi une porte entre les mondes, une clé énergétique permettant de circuler entre différents plans d’existence (physique, astral, spirituel).

Dans l’alchimie

Du point de vue alchimique, le soleil ailé est intimement lié au soufre, l’un des trois principes fondamentaux de la matière (avec le sel et le mercure). Le soufre représente l’esprit actif, le feu intérieur, le principe masculin, souvent relié au soleil. Lorsqu’il est ailé, cela signifie que ce feu est purifié, sublimé, capable d’ascension. Ce n’est plus un feu destructeur, mais un feu régénérant.

L’aile, dans le langage symbolique alchimique, est associée au « volatile », c’est-à-dire à ce qui s’élève, ce qui est subtil, ce qui échappe à la pesanteur matérielle. Le soleil ailé devient alors le feu spirituel qui transcende la matière, le cœur illuminé de l’initié, l’or alchimique, fruit du Grand Œuvre.

Il représente aussi l’union des contraires : le disque (rond, solaire, central) représente le principe fixe (le but ultime, l’essence), tandis que les ailes représentent le principe volatil (le mouvement, la quête, l’ascension). Leur union symbolise le mariage du céleste et du terrestre, de l’homme et du divin, du corps et de l’esprit.

Dimension spirituelle profonde

Le soleil ailé exprime la dynamique du divin en mouvement. Il ne s’agit pas d’un dieu statique ou lointain, mais d’une force vivante, protectrice, présente à chaque instant dans l’ordre du monde, dans l’élan vital, dans la lumière du jour, dans l’éveil intérieur de l’homme.

Sur un plan spirituel, il peut représenter :

Le Soi divin, le centre lumineux de l’Être ;

Le guide intérieur, celui qui éclaire et conduit l’âme sur son chemin d’élévation ;

La victoire de la lumière sur l’ombre, de l’ordre sur le chaos.

Pour les initiés, méditer sur ce symbole revient à s’accorder avec le rythme solaire universel, à développer une perception supérieure de soi et du monde, et à activer les forces de régénération spirituelle.

Utilisation magique et talismanique

Dans la magie traditionnelle, qu’elle soit égyptienne, hermétique ou rituelle moderne, le soleil ailé peut être :

Gravé sur des sceaux pour la protection et la bénédiction,

Porté en pendentif ou amulette pour assurer un bouclier énergétique contre les énergies néfastes,

Utilisé dans des visualisations pour activer la lumière intérieure ou accompagner des rituels de purification.

Il est parfois invoqué dans des rituels liés à la renaissance, la transformation de l’être, la quête de vérité, ou la guérison spirituelle.

Le soleil ailé égyptien est un archétype lumineux et sacré, porteur d’une multitude de sens entrelacés. Il est à la fois :

Un gardien des seuils sacrés,

Une expression du divin solaire,

Un outil d’éveil spirituel,

Un symbole de l’ascension intérieure et de l’unité retrouvée.

Il invite à devenir soi-même un « soleil ailé » : éclairant, équilibré, conscient, protecteur, et libre

Source : net

 

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