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Il y a longtemps, très loin dans le passé … 4 septembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

A long time ago, very far in the past …

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Au milieu du désordre que les révolutions religieuses avaient provoqué, une renaissance de l’Esprit … se produisit encore ; elle était représentée par une sorte de congrégation sacrée, assemblée secrète de gens sages et religieux qui se répandit en Europe, en Asie et même en Afrique, et qui lutta contre l’ignorance et l’impiété.

Cette société secrète tendait à devenir universelle, elle rendit à l’humanité des services immenses. C’est ce que les Grecs ont caché sous le nom de Pythagore, quand on arriva à fonder à Crotone une succursale de cette société, déjà répandue partout.

Cette renaissance ne semble être qu’un aspect particulier d’un grand mouvement d’idées qui aurait pénétré le monde civilisé six siècles avant notre ère. Il y avait alors des sectes qui par leur science, leur vie austère, leur morale supérieure, faisaient opposition à l’envahissement de l’erreur et du mal que l’ignorance générale avait fait naître.

Origène, citant Celse, dit que les peuples les plus sages sont les Galactophages d’Homère, les Druides des Gaulois et les Gètes ; ces derniers, établis sur le Pont-Euxin, sont appelés aussi Galactophages parce qu’ils ne se nourrissaient guère que de lait et de fromage.

C’est évidemment parmi ces sages qu’il faut chercher le fondateur ou la fondatrice d’une nouvelle congrégation qui va devenir une société secrète appelée le Rite d’Hérodom.

Il existe encore dans la Franc-Maçonnerie moderne un Rite dit d’Hérodom, qui est considéré comme la continuation directe du Rite qui a précédé tous les autres. On l’appelle aussi Rite de Kilwinning, et encore Rite ancien et de Perfection.

On a beaucoup cherché l’étymologie du mot Hérodom, sans rien trouver parce qu’on n’est pas remonté assez loin dans l’histoire des sociétés secrètes. On y retrouve le mot latin hœres, héritier, au génitif pluriel hœredum, et, pour comprendre la réelle signification de ce mot, il faut se rappeler que Junon est appelée Souveraine, Hera, en grec, et que ceux qui avaient hérité étaient appelés Hérès. Ceux qui servaient Junon étaient les Hérésides, et c’est de ce mot qu’on a fait héritier.

Des représentations symboliques en l’honneur de Junon étaient appelées Héréenes, d’où Hérodom.

Les initiés de Kilwinning donnaient le nom de Très-Sage à leur président.

Ragon, ayant à parler de la légendaire montagne d’Hérodom, l’appelle une « montagne fictive ». (Rituel du Maître, p. 72,)

Ida est la montagne consacrée à Cybèle, quelquefois appelée Idæe, ou surnommée Idéenne. Les Corybanthes, qu’on trouve dans les Mystères, sont appelées Idéennes.

Rappelant les traditions passées, on montre que la grande Déesse des Galates portait le nom de Mater Idæa, que ses fidèles lui prêtaient serment sur le dolmen (eedt signifie serment, et hito pierre noire), et que de Madre Idæa on a fait Madrid. Enfin, sur les pierres qui formaient cette enceinte olympienne étaient les momies, c’est-à-dire les Grandes Déesses, oor-ahn (oor, grand, ahn, parent), ce qui fit donner au ciel symbolique le nom de Ouranos (Dictionnaire Celtique).

Nous trouvons encore une autre façon de représenter le Mont Ida. Le pays Kymris se disait aussi Cimmérien, et de ce mot on fit cime ; comme de Kaldée, qu’il avait formée, on fit crête ; une élévation, une montagne, une cime.

De là cette métaphore : « entasser montagne sur montagne pour escalader le ciel ».

Et pour prouver que ce sont bien les Kymris qui ont cette supériorité, on rappelle qu’un prêtre de Bélénus, d’après Ausone, est appelé Beleni Ædituus (professeur).

Or les prêtres de Bélénus, ce sont les Druides.

Le rite d’Hérodom se compose actuellement de 25 degrés ; mais sa première classe, qui fut sans doute la primitive, comprend trois degrés comme les Mystères druidiques. Ce sont les trois degrés de l’Ecole Pythagoricienne.

Si nous rapprochons maintenant le nom de Junon de sa forme première, nous voyons que c’est un dérivé du nom de Ana (Jana) qui signifie ancien.

Hera représente donc l’héritage de la science ancienne, celle qui fut formulée dans l’A-Vesta par Ardui-Ana-ita.

Le mot as (ans ou hans), qui signifie ancien (d’où ancêtre), est le titre honorifique des Mères (les anciennes). De là, la hanse germanique et les villes hanséatiques.

La Mère, appelée aïeule, donne l’idée du culte des ancêtres. On honore la Voluspa (Edda) et Thot, la première révélatrice.

C’est ce qui irrite l’orgueil des masculinistes. Pourquoi honorer une femme et pas un homme ? Et c’est là le premier germe de l’idée qui fit créer des dieux mâles.

Nous trouvons ces nouveaux Mystères en Egypte, d’où ils passent à Corinthe où Isis porte le surnom de Pélasgique.

En l’honneur de Cybèle, on célébrait les Phrygies. Cette Déesse est la Mère de la Phrygie, la Mère Phrygienne (Mater Phrygia), la bonne Mère, Mâ, appelée Dindymène par les Grecs. (N’est-ce pas de ce mot qu’on a fait dinde ?) De la Grèce, ces Mystères passent à Rome vers le temps de Sylla, dit-on.

Les Mégalésies étaient des fêtes et des jeux solennels en l’honneur de la Grande Mère des dieux.

Les Matralies étaient des fêtes en l’honneur de Matuta. La fête des Dames romaines était appelée Matronalies.

Il y avait aussi les Matères ou les Mères, qui étaient symbolisées par des Déesses révérées à Engyon, ville de Sicile.

On célébrait aussi des Mystères à Samos, île de la mer Méditerranée, vis-à-vis de l’Ionie, en l’honneur de Junon qui y était adorée et qu’on avait surnommée Samienne.

On appelait lustration une cérémonie religieuse très fréquente chez les Romains. Elle se faisait ordinairement par des aspersions, des processions, des sacrifices d’expiation. Les plus solennelles à Rome étaient celles des fêtes lustrales, qui se célébraient de cinq ans en cinq ans, d’où vient l’usage de compter par lustres (comme les Olympiades). C’était la période de renouvellement des unions consacrées pour cinq ans.

Le mot lustration, qui éveille une idée de propreté, rappelle le mot sabéisme (voir l’article sur la Perse) qui contenait la même idée ; ce qui prouve que les hommes n’ont gardé que ce souvenir, alors que toute la partie abstraite de l’enseignement donné dans les Mystères avait disparu. Les ministres de Cybèle se nommaient Galli, ainsi que les ministres de Mabog. (Voir Cailleux, Or. Celt., p. 298.)

On ridiculisa Cybèle et les Sibylles.

De Cybèle on fit Cyboleth, en attendant les Catholiques qui en feront Saint Sabadius, et comme les Sibylles avaient rétabli la loi de la communion sanctifiée et réglementée, la Sibylle devint le vase d’élection, ce qui fera donner le nom de ciboire au vase dans lequel les prêtres catholiques conservaient les hosties consacrées, image des anciens épis de la Déesse Cybèle.

La Sibylle garda le prestige mystérieux de la femme cachée comme l’antique Schyl (Achille) d’Homère, dont elle semble une résurrection. Faisons remarquer que les Mystères sont toujours fondés par trois femmes : un triangle. Et c’est de là que vient l’idée du tré-pied des Prêtresses. Dans la langue germanique, trois se dit drey et pied fus. Voilà donc un nom, Dreyfus, qui a une haute signification mystique.

La Prêtresse, pour enseigner, s’asseyait sur un trépied sacré, ordinairement d’or ou d’argent, devenu une espèce de petite table triangulaire qui existe encore dans les Loges maçonniques.

Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/

Cordialement.

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Merci ANWEN pour ce partage

Protégé : Une Parole circule n°36/2018 – 1°- 10 juillet, 2018

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L’Esotérisme Scientifique de la Genèse 1 juillet, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

octobre 12, 2005

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 19 janvier 2016

L’Esotérisme Scientifique de la Genèse par Auguste-Edouard Chauvet

La Clé Explicative

Je considère que tout porteur d’une semblable clef, se doit d’être â même de pouvoir pénétrer au-delà des Causes, des Principes, des Puissances, des Concepts, des Idéations, des Archétypes, des Pensées, en un mot être capable de sonder la Grandeur, la hauteur, la Profondeur des choses de Dieu.

(Eph. 3 – 18:1 – Cor. 2 – 6:7)

Dieu, l’Immuable Vie en Soi, le Tout Esprit, le Sans Cause, en pensant se manifeste Verbe-Créateur, Esprit – Cause – Active – Expansive de l’Ame divine d’ADAM אדם à travers l’Infini.

ADAM, Principe animateur de Vie, double en son Essence comme son créateur à la fois Actif-Expansif et Passif-Fixateur, est également par Sa Vie en Soi le Conducteur et l’Animateur de la Nature naturante dans le Monde Cieux-Lois où Dieu l’a placé.

Et cet ADAM, Principe Universel, avec sa Faculté auxiliaire diversifiée et indéfinie, que Dieu a extraite de son Centre spirituel et intellectuel, comme Faculté et comme son Âme humaine, son Moi personnel, fait d’ADAM אָדָם le Régisseur de la Puissance Mentale de l’Univers, et le Maître de la Nature Naturée.

Comme le lecteur peut s’en rendre compte dans le Livre des Principes, les ALHIM אֱלֹהִים sont la première Hiérarchie des Puissances Verbales, efficientes créées : l’Angélie. Et ce sont eux qui conçoivent ADAM אָדָם d’après le Concept Créateur.

ADAM ne sera réalisé par le Dieu Vivant qu’au chapitre 2:7. Naturellement il ne saurait y avoir un commencement à l’Infini de Dieu, et les ALHIM qui conçoivent ADAM en leur ombre réfléchie, d’après le Concept Divin, dont ils expriment le Verbe-Fils, celui dont l’Apôtre Paul déclare : « En Lui tout est établi de ce qui existe visible et invisible, dans l’Universalité des Cieux et de la Terre ; que ce soit les Trônes, les Dominations, les Principautés ou les Puissances. Tout a été créé par Lui et en Lui. Lui est antérieur â tous les êtres, et tout ce qui existe permane en Lui. » (col.1-16:17)

Les Patriarches antiques Pré-Diluviens, puis Abraham, Moise, Melchisédech, Jétroh, les Apôtres dont Paul surtout, ont possédé cette clef’ mystérieuse, leur permettant de comprendre le texte sacré.

Il y a soixante-dix ans que Dieu m’a fait la grâce de connaître Sa Parole, je suis maintenant dans ma quatre-vingt huitième année. I1 y a vingt ans que la bonté divine m’a fait connaître l’ouvrage du Dr E.A.Chauvet sur le sens Esotérique des dix premiers chapitres de la Genèse.

Nous prions le lecteur de prendre note que l’Oeuvre du Dr E.A. Chauvet a été examinée sérieusement par la Cour Pontificale, qui ne l’a pas rejetée. Je souhaite que Sa Sainteté Paul VI, et ses Pères Conseillers, remettent le dit ouvrage à l’étude, pour l’Unité et la Paix dans le monde.

La proposition d’un Nouveau Credo Universel m’est apparue nécessaire, pour donner aux aspirants de la Vie Divine, une base, un fondement, leur permettant, Dieu aidant, d’acquérir et de mettre en pratique une Foi Universelle, fondée sur la Révélation divine, sur la Science et la Vérité, ainsi que sur la future réalisation des promesses divines : « Seule une douloureuse application de ta faculté intellectuelle à la matérialité sensible, te permettra de parvenir à l’assimilation de la Substance spirituelle vitalisante, jusqu’à ta reprise de contact. avec la substance Adamique dont TU AS ETE FORME, CAR TU ES, TOI, LA COURONNE ; ET TU REDEVIENDRAS CETTE COURONNE » ( Genèse 3:19 )

« Les enfants de ce monde se marient et donnent en mariage, mais ceux qui sont jugés dignes du Monde à venir, ne se marient ni ne donnent en mariage, ils redeviennent comme les anges, ils ne peuvent plus mourir, parce qu’ils sont fils de la résurrection, fils de Dieu » (Luc 20-35:36)

I1 est nécessaire que le lecteur se souvienne qu’il y a trois Mondes dans notre Univers, qui sont :

Le Monde Divin, Monde des Principes essentiels comprenant les Puissances Divines en acte dans les autres Mondes, sous le contrôle du Principe suprême, éternel, absolu, leur Créateur en intime et parfaite participation avec ce Principe.

Le Monde des Lois et des Puissances informantes et conservatrices essentielles soumises à ces Lois ; c’est-à-dire réalisant, régissant et conservant, sous le contrôle du Créateur éternel et de ses Puissances actives, les formes spécifiques de toutes les entités visibles et invisibles susceptibles de se manifester existentiellement dans l’Univers créé : Formes allant de la forme substantielle générale et commune à l’ordre, au genre, à l’espèce, jusqu’à la forme adventice et accidentelle la plus inférieure et la moins active, capable pourtant de modifier en quelque manière toute entité substantielle, quelle qu’elle soit.

Nous pouvons donc définir la forme : Puissance intermédiaire créée, reliant le Monde des Principes-Monde divin Créateur- à celui des faits, actualisation temporelle de la conception créatrice éternelle.

Toute loi, en effet, par l’intermédiaire des Puissances informantes, promulgue une forme d’être intelligible ou sensible et maintient cette forme dans sa nature propre, dans sa spécificité active ou passive.

I1 importe toutefois, de remarquer que la forme primordiale -comme la forme secondaire d’ailleurs- est toujours par nature, intelligible en soi ; et c’est par l’union de cette entité purement intelligible à l’énergie en soi, intelligible aussi – puisque n’étant que de l’énergie pure inaccessible à notre contrôle sensoriel- que se constitue ce que nous nommons la MATIÈRE PASSIVE, qui est en vrai de l’énergie condensée sous l’action de 1a forme et à quoi cette forme communique la modalité sensible sur laquelle agiront, â leur tour, et sans modifier son en-soi, toutes les formes secondaires accidentelles et adventices.

C’est donc bien de l’union de la forme avec l’énergie que résulte la substance sensible, substratum de toutes les formations ; et c’est la Loi qui régit, dirige et maintient l’unité substantielle par la forme primordiale, tout en spécifiant et la diversifiant â l’infini, grâce aux qualités essentielles, d’une part, et aux accidents surajoutés, d’autre part.

L’ensemble des lois formatrices armées de leurs sanctions, partie intégrante d’elles-mêmes, réalise la manifestation éternelle de la Providence et de la Prévoyance divine dans l’Univers et correspond à ce qu’on a dénommé NATURE NATURANTE, expression de l’acte divin à jamais ininterrompu.

Le Monde effectué : Monde des faits ou des formations réalisées par l’activité des deux mondes supérieurs et soumis à leur contrôle.

Ce monde est le monde naturel et sensible, régi lui aussi par des Lois spéciales : Lois naturelles, reflet des Lois providentielles ; armées de sanctions, nous pourrions dire automatiques, et dont l’ensemble constitue ce qu’on a nommé le Destin ou Fatalité conditionnant – en tant que Nature naturée – la manifestation temporelle et spatiale sensible.

Jusque là la doctrine est commune à la tradition orthodoxe et à la Tradition hétérodoxe ; mais bientôt ces traditions vont se séparer. Pour l’orthodoxe et la tradition hétérodoxe ; mais bientôt, ces traditions vont se séparer. Pour l’Orthodoxe, en effet, la Triplicité cosmique est la simple image symbolique – quoique réelle et existante – de la Triplicité créatrice, qui embrasse et contient dans son Unité absolue, sans s’y mêler, ni s’y confondre, toute l’Universalité créée. Pour l’hétérodoxe au contraire : ou l’Unité créatrice se confond avec l’Unité créée : et c’est le Monisme-panthéisme, où la Nature naturée et la Nature naturante existent parallèlement et éternellement l’une à l’autre : et c’est le Dualisme zoroastrien ; ou la Nature naturée, ensemble des manifestations sensibles, seule existe : et c’est la Naturalisme et le Monisme athées ; à moins encore que rien n’existe et que tout soit illusion ; et c’est l’Idéalisme philosophique hindou.

Quant à la Trinité traditionnelle, c’est dans la doctrine que nous pourrions nommer le christianisme éternel, ou Religion éternelle du Verbe (antérieur â Moïse et planifiée par Jésus) qu’elle nous est présentée sous la forme suivante :

Le Père, Essence – Volonté absolue ; le Fils -Verbe, Vie-Existence absolue ; le Saint Esprit, Substance-Amour unitaire absolue. Trois Personnes ou Termes VIVANTS ET EXISTANTS, mais UN cependant ; puisque chacun d’eux est infini par nature et que l’Infini est, par essence, absolument indivisible.

Mystère profond, inaccessible à notre intelligence, mais sans la notion duquel l’esprit humain ne peut échapper au panthéisme et au matérialisme, sa conséquence fatale, ainsi que nous en fournissent la preuve toutes les doctrines religieuses ou philosophiques qui ont perdu ou rejeté cette notion.

Nous avons dit : Tradition antérieure à Moïse et planifiée par Jésus ; nous en aurons de multiples témoignages au cours de nos études sur la Genèse.

Et par surcroît, la démonstration que la doctrine de l’Ancien Testament, loin d’être – comme on le croit, et l’enseigne – une simple figure du Nouveau, lui est absolument identique dans son essence, si elle ne l’est pas complètement dans sa forme extérieure.

Mais en vérité, comment pourrait-il en être autrement, quand le Verbe – messie Lui-même nous assure : « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi et les Prophètes, je ne suis pas venu les abolir, mais les parfaire ». (Matthieu 17) Genèse Esotérique, page 38 -39.

Le lecteur sera surpris de lire qu’en ce qui concerne Eve, la version Esotérique n’y voit pas une femme, comme l’ont traduit les Versions Septante et Vulgate qui constituent la base de nos Bibles courantes, mais bien une faculté – matrice auxiliaire qui constitue son Âme humaine, son moi humain et le rend complètement-libre â l’égard de Dieu.

C’est ainsi que lorsque Dieu lui présente cette Faculté, Adam s’écrie : « Voici celle qui réalise et perpétue la diversification indéfinie ; car elle est substance existante mais non distinguée, dans mon unité essentielle. Elle est la Puissance identique, intermédiaire, voilée en moi (la Neshamah, נְשָׁמָה, la Vie en Soi, l’Ame divine) ». Et par sa parole il la formula : ‘AISHAH’ אִשָּׁה parce qu’elle avait été tirée d’AISH אִישׁ – la puissance spirituelle masculine de l’être Adamique.

Précisons maintenant la nature d’AISH אִישׁ et AISHAH אִשָּׁה, en prenant bien la précaution de ne pas les considérer comme deux êtres complètement séparés l’un de l’autre et vivant… « chacun d’une vie individuelle distincte, ainsi que tend à le faire admettre le sens ésotérique faisant de l’un le mari humain, et de l’autre l’épouse humaine. Au vrai, et le texte lui-même y insiste, AISH אִישׁ et AISHAH אִשָּׁה ne constituent que la double modalité supérieure et inférieure que nous avons accoutumé de voir en toute unité active créée. Pour être exact, AISHAH אִשָּׁה est le terme symbolique exprimant l’ensemble des facultés, peut-on dire inférieures le NESHAMAH נְשָׁמָה, alors que AISH אִישׁ correspond aux qualités, peut-on dire inférieures, de NESHAMAH נְשָׁמָה, alors que AISH אִישׁ correspond aux qualités super- intellectuelles et spirituelles de cette âme. »

« Aussi bien, alors même que l’ADAM אָדָם primordial après sa chute (matérialisation) dont nous trouverons le récit au chapitre suivant, se sera enlisé dans le monde matériel effectué ; alors même que soumis â la Loi de ce monde, il aura fallu -pour qu’il remplisse son rôle de transmetteur de vie humaine dans son nouveau milieu- que soit rompu définitivement son unité primordiale, et qu’il apparaisse sous la forme de deux êtres physiques et psychiques sexuellement différenciés, chacun de ces deux êtres n’en continuera pas moins à posséder, autant que faire se peut, l’ensemble des qualités de l’Adam primitif. De la sorte, l’AISH אִישׁ dont l’homme matérialisé mâle sera, en quelque manière, le symbole vivant, contiendra en soi les facultés qui constituaient l’AISHAH אִשָּׁה primordial ; tout de même que l’AISHAH אִשָּׁה homme-femelle, possédera celles des facultés intimes du primitif AISH אִישׁ qui providentiellement auront été conservées à l’usage de l’actuel ADAM אָדָם ».

En cela nous sommes en plein accord avec l’enseignement ésotérique du grand Apôtre : « Dans le concept du Dieu-Vivant, il n’y a pas d’AISH אִישׁ sans AISHAH אִשָּׁה, ni d’AISHAH אִשָּׁה sans AISH אִישׁ ; pas d’homme spirituel sans facultés intellectuelles, ni d’homme intellectuel sans qualités spirituelles ».

Et si cela est vrai pour l’homme spirituel-intellectuel, ce ne l’est pas moins pour l’homme devenu pour une part matériel, en vertu de la Loi unique qui, dans l’Univers créé, préside à la réalisation de la vie sous tous ses modes, des plus élevés aux plus bas. Ne savons-nous pas en effet, en ce qui regarde la vie physique, image et reflet des modes supérieurs de vie, que chez l’homme comme dans l’ensemble de l’animalité, le fœtus est primitivement bisexué et le demeure pendant la première période de sa vie. Puis sous une influence que nous ignorons, l’être évolue vers une sexualité particulière ; mais lors même qu’il a acquis son entier développement et est devenu animal parfait, doué d’un sexe unique, il conserve et conservera pendant toute son existence, la réplique plus ou moins modifiée mais toujours reconnaissable des organes spécifiant le sexe contraire ou pour mieux dire, complémentaire de celui qu’il manifeste.

Enfin n’oublions pas que « l’Etre unique AYSH אִישׁ – אִשָּׁה AISHAH ne correspond pas â la personnalité humaine individuelle telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais bien â L’HUMANITÉ TOTALE ET COMPLÈTE en possession de toutes ses qualités essentielles. Telle qu’elle fut de toute éternité dans le Concept du Créateur et telle qu’ELLE DOIT REVENIR ». (Luc 20 – 34 à 40 – Matt. 22:30 Marc 12:25 – Gen. 3:19) Voir Genèse Esotérique, Page 381-382 et 384. Or si de ces textes il résulte que les fils de résurrection, les fils de Dieu ne peuvent plus mourir, c’est qu’ils ont cessé de revenir ici-bas.

Pour parvenir à cette libération suprême de notre être intérieur, le seul créé par Dieu, il faut, ainsi que nous l’explique le Dr Chauvet â la page 417, que « les deux ordres hiérarchiques constituant l’unité naturelle d’ADAM אָדָם descendent, l’un comme l’autre â l’ordre inférieur. Car, tandis que l’ensemble de ses facultés intellectuelles pures, l’AISHAH אִשָּׁה, prend contact avec la substance sensible, ses facultés spirituelles pures, dont l’ensemble est l’AISH אִישׁ, perdent au contraire le contact avec le Monde Divin, par l’assimilation au monde purement intellectuel ». Il est établi par la suite la preuve, page 422 : « Il ressort en effet nettement, du sens ésotérique de ce verset que CE N’EST PAS DIEU QUI MATÉRIALISA ADAM DES SA CRÉATION, MAIS BIEN ADAM LUI-MEME QUI FIT, VOLONTAIREMENT, LES PREMIERS PAS VERS LA MATÉRIALISATION ».

Pour parvenir à la libération de la matière, il faut, nous dit le Christ en Jésus, ÊTRE NE DE NOUVEAU DE L’ESPRIT, et pour y parvenir le candidat se doit de ‘s’examiner lui-même’, et après il accepte en connaissance de cause, l’intervention en lui de la Cause suprême, véritable RÉVÉLATION.

« Par révélation nous entendons, nous dit le Dr Chauvet, page 18, la quadruple notion que nous retrouvons, plus ou moins déformée, au fond, et comme base de toute forme religieuse humaine, mais que la Tradition chrétienne, héritière et complétive de la Tradition chaldéo – judaïque, propose â ses fidèles, comme soutien inébranlable de leur foi :

1° L’existence d’un Dieu-Vivant, unique en trois personnes distinctes, créateur ; avec, comme corollaire, la réalité de la création universelle, par l’acte propre et volontaire de ce Dieu-Vivant. Affirmation qui implique celle d’un ordre surnaturel supérieur à l’ordre nature et distinct de lui.

2c L’existence d’une âme spécifique humaine, distincte de toutes les âmes présidant à la vie naturelle sensible. Affirmation qui implique l’essence surnaturelle de cette âme.

3° La réalité d’une chute de l’Homme de l’ordre ou monde surnaturel pour quoi, et en quoi il avait été créé, à l’ordre ou au monde naturel.

4° La réalité de la RÉDEMPTION de l’homme déchu, lui permettant de revenir à l’ordre surnaturel : Rédemption ne pouvant s’accomplir que par l’acte direct et volontaire du Verbe créateur dans l’ordre naturel. Affirmation qui implique l’INCARNATION SENSIBLE de ce VERBE.

Or il est évident que si la Bible, comme nous espérons le prouver, nous offre l’exposé pur et complet de cette quadruple notion, nous devons la tenir pour un livre révélé. Car ces notions, en leur en-soi ne relèvent nullement de la philosophie ni même de la théologie humaine, mais du seul THÉOLOGAL divin et constituent « la base surnaturelle spécifique VIVANTE de l’humanité » ».

L’Évolution religieuse n’est donc pas seulement un retour vers notre état primordial, mais un progrès infini, car dit Saint Paul : « Adam est un type de l’homme à venir (Rom. 5:15) Et comme Dieu est infini, I1 nous parait grandir plus nous avançons, d’où l’expression apostolique : de Gloire en Gloire à l’image du Seigneur ».

Le lecteur lira par ailleurs la description de 1a création, d’après le texte hébreu ésotérique. Mais ce qui le surprendra c’est d’apprendre que notre Système Solaire, et notre humanité charnelle n’est apparue au cours du temps sans bornes, qu’avec NOACH נֹחַ.

Quelques années avant que ne paraisse la Genèse Esotérique, un illustre savant : Monsieur Lecomte de Nouy, ancien Directeur à l’École des Hautes Etudes de la Sorbonne, écrivait dans son livre : L’Homme et sa destinée qu’il lui paraissait nécessaire que l’on révise l’interprétation du deuxième chapitre de la Genèse. Il a quitté ce monde sans avoir vu le splendide ouvrage du Dr Chauvet, qui lui aurait donné satisfaction.

Encore une fois il faut comprendre que la première Humanité. Adamique , s’est déroulée dans l’Astralité et que c’est là qu’ADAM אָדָם doté de Son AlSH אִישׁ, subit de plus en plus, l’attraction de son AISHAH אִשָּׁה, c’est-à-dire de son âme, personnelle, de son moi., et que ses actes l’éloignaient plus fortement de son Créateur et de Sa Volonté à tel point que le récit sacré nous dit que Dieu va procéder à son anéantissement.

C’est alors que surgit NOACH נֹחַ, l’Homme juste qui symbolise le « Principe Cosmogonique de l’Univers, et qui sera chargé par Dieu de réaliser l’avertissement que Dieu avait fait à ADAM : qu’il subirait un changement d’état. »

1-NOACH נֹחַ – Principe Général, et non une individualité humaine, préposée par la Volonté Divine à être dans la Substance VITALISABLE de la Nature Naturée, le Réalisateur-Fixateur des Formes spécifiques générales : Genres, Espèces, Individus y compris le cas échéant, l’Homme, en ce qui concerne son Corps terrestre ; préparant ainsi la Réalisation et la Vitalisation futures des Entités physiologiques universelles.

2-NOACH נֹחַ -Personnalité HUMAINE DÉFINIE ET UNIQUE dans le Temps : LÉGISLATEUR moral et social, INSTAURATEUR – â la suite de tout déluge (et il y aurait eu six déluges – Voir Pierre II – 3:6) de la LÉGALITÉ humaine substituée, par nécessité, â la LÉGITIMITÉ divine obnubilée dans l’Humanité ou rejetée par elle ; mais concernant néanmoins avec le Dieu vivant, une relation concordataire.

3-NOACH נֹחַ – Personnalité humaine VARIABLE selon les Temps et les Lieux, destinée à être, le cas échéant, le RÉNOVATEUR de la Tradition orthodoxe, par l’établissement de l’Initiation ésotérique, donc chargée de maintenir de la sorte, le contact que nous venons de dire entre les deux lois et, par suite, entre le Dieu-Vivant et l’Homme ; tout au moins au sein d’une sélection humaine, sous le couvert du Symbolisme Universel.

Après le chapitre VI, nous prions le lecteur de retenir dans le récit historique du troisième monde et de son effectuation temporelle et sensible cette constatation que cette effectuation est calquée sur la création universelle et éternelle en Dieu et ses Puissances (Genèse Esaü. 595)

C’est au chapitre V II: 22 que s’effectue le changement de l’être humain, mais non pas de l’être qui. possède en propre une âme spirituelle pure, la « NESHAMAH » נְשָׁמָה qui est intangible.

Cette nouvelle création s’effectue comme la première en six périodes.

« Effectuation de la Thébah (l’Arche) תֵּבָה, concentration dans la dite Thébah תֵּבָה des puissances effectuantes et de leurs expansions – et des substances informables dans les “MAIM”, מַיִם – Informations énergiques, et organisation des substances spécifiques (Chap. VIII) et enfin vérification des substances organiques spécifiques. »

Dieu, de toute éternité, nous dit le Dr Chauvet page 635, a conçu dans sa totalité le Triple Univers. I1 en a transmis la vision à Ses Puissances effectuantes créées qui constituent le premier Monde et qui, par participation intime avec leur Divin Créateur et leur réalisation éternelle en Lui, peuvent être considérées comme co-éternelles à leur Principe vivant qui ne leur est antérieur, en quelque sorte, que par priorité de raison. Adam a été créé pour être l’informateur et le maître du second Monde, monde des Lois spécifiant les formes, mais sa faute l’ayant fait déchoir du rang de Puissances de la Nature Naturante qu’il occupait jusqu’alors, le rabaissait pour une part tout au moins, au niveau des productions de la Nature sensible, et le soumettait aux lois de cette Nature. I1 devait donc pour un temps, devenir un mélange hétéroclite d’esprit et de matière sensible ; et par suite il lui fallait, avant de pouvoir commencer sa pénible remontée, attendre la réalisation du troisième Monde, Monde sensible en lequel, pour une période indéterminée, il était condamné à vivre.

Maintenant le moment est venu, fixé par la volonté divine, de l’effectuation du monde sensible : physiologique et physique, allant de l’atome matériel â la corporéité humaine ; et c’est “NOACH” נֹחַ , le Maître et le Législateur naturel qui, sous la direction et le contrôle du Dieu-Vivant et de ses Puissances, va préparer et informer la substance nécessaire à cette effectuation. Si bien que “NOACH” נֹחַ qui par nature, devait être dans le monde des informations sensibles, le SIMPLE EXECUTEUR en quelque manière des concepts informateurs de l’ADAM primordial, va devenir par suite de la faute et de la carence consécutive de ce dernier et conformément aux Lois providentielles immuables, le MAÎTRE et le REGULATEUR DE L’HUMANITÉ pendant toute la durée de la vie terrestre de la descendance adamique ; réserve faite de l’Essence spirituelle de cette Humanité, qui ne dépend que de Dieu Lui-même, et dont le relèvement ne pourra venir que du seul et divin libérateur : Fils de Dieu.

Dans ces conditions, “NOACH” נֹחַ aura donc à mettre en acte les trois modalités actives que nous lui avons reconnues au cours de notre étude le concernant. Comme principe universel, il prépara l’effectuation physique et physiologique de l’Univers ; comme principe spécifiquement et spécialement adapté à l’Humanité terrestre, il établira la législation naturelle morale, contrôlée par l’initiation et reflet de la Loi spirituelle divine ; comme fondateur enfin de la Législation naturelle sociale il maintiendra, autant : que faire se pourra, l’Humanité en union avec son modèle social éternel : le Tri-Unité Principe.

*

**

***

Au lecteur à complèter, Dieu aidant, son initiation et de fortifier sa foi en étudiant les dix premiers chapitres de la Genèse Esotérique, en suivant leur ordre

Le génial St Yves d’Alveydre dans son immortel ouvrage de la Mission des Juifs déclare que : « la première humanité principale est donc bien en la Proto-synthèse de Moyse » et « que la deuxième qui commence avec NOACH est le Deudo-synthèse » ;

Notons également que Monsieur Lecomte de Noüy déclare à son tour dans son ouvrage scientifique L’homme et sa Destinée, qu’il est nécessaire d’interpréter différemment le 2ème chapitre de la Genèse, du fait que c’est là qu’Adam prend possession de sa liberté ; ce qui lui donne une indépendance réelle voulue par Dieu, qui devient dans l’espèce humaine, l’outil de la sélection. Ce n’est plus le plus fort, le plus agile, le plus adapté physiquement qui doit survivre mais le meilleur, le plus évolué moralement. Et cette nouvelle suprématie ne peut se manifester que si l’homme est libre de choisir sa voie. C’est donc là une apparente limitation de la Toute – Puissance du Créateur consentie en faveur de l’espèce élue comme une dernière épreuve dont le prix est la dignité et la perfection humaine. (Et c’ est bien cela qui résulte de la version ésotérique).

L’Esotérisme Scientifique de la Genèse par Auguste-Edouard Chauvet

SOURCE :https://www.esoblogs.net/

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L’ALCHIMIE 24 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , 1 commentaire

L’ALCHIMIE

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Rappel des grands principes des alchimistes

Sans que l’on puisse s’écarter de la composante spirituelle de l’alchimie, on peut considérer que l’aspect de la pratique répond à un certain nombre de grands principes qui n’ont pas beaucoup évolué depuis plusieurs centaines d’années.

La recherche pratique de la transmutation des métaux doit aller de pair avec la purification de l’âme. Loin d’être des personnages au matérialisme exacerbé, les alchimistes procèdent à leurs opérations, dans un « laboratoire » qui est toujours assez proche de « l’oratoire » …  c’est un des traits essentiels de l’alchimie traditionnelle,  » d’allier toujours au laboratoire un local consacré à la prière et aux exercices spirituels, autrement dit un oratoire « . Cet oratoire peut être situé, selon les dimensions des locaux, dans une pièce jouxtant le laboratoire. Dans l’oratoire l’alchimiste vient se recueillir, il prie, il réfléchit, il… se repose, et c’est aussi dans cet espace de méditation que se trouvent généralement les quelques livres de l’alchimiste, livres précieux, car n’oublions pas que l’imprimerie est juste en train de se développer.

Une des devises fortes des alchimistes est « Ora et labora », ce qui se traduit par « Prie et travaille ». L’alchimie est donc très proche de la religion, quelle qu’elle soit. C’est ce qui explique la tolérance par exemple de la religion catholique vis à vis des alchimistes, et ceci pendant très longtemps, alors que les membres d’autres sociétés, aux principes tout aussi secrets, ont été excommuniées, pourchassés et parfois brûlés.

Parmi les principes, se trouve celui de l’unicité. C’est une des figures les plus célèbres de la symbolique alchimiste avec ce serpent ou ce dragon selon les figures qui « se mord la queue  » et forme un cercle : l’Ouroboros. La devise en est  » Omnia in unum » ce qui signifie « Un et un tout ». Cette théorie est très moderne, on peut même dire que les alchimistes avaient une sacrée intuition. L’idée d’unicité est devenue ces dernières années, aussi bien en physique nucléaire que dans le domaine de la vie avec les gènes et l’ADN, un des axes de recherches du XXI e siècle. Tout ce qui est multiple vient de l’unité, et à la fin, c’est le parcours inverse. Ainsi toute manifestation dérive d’une seule et unique matière par une adaptation.

Parmi les autres grands principes, ceux qui ont trait aux quatre éléments d’Aristote ne font pas preuve d’une originalité farouche. L’air, l’eau, la terre et le feu accompagnent de nombreuses écoles de pensées.
C’est une tradition séculaire et cette vision du monde au travers des quatre éléments est le socle intangible de toute chose. Cancelier, l’exprimera ainsi :

 » Malgré les subtilités les plus extraordinaires, on ne pourra jamais faire que les quatre éléments ne soient à la base de toute création ».

L’air l’eau la terre et le feu sont des substances que l’on retrouve dans d’autres pratiques et d’autres civilisations. Ce ne sont pas des données propres aux alchimistes. Mais ce sont parfois des  » natures  » ou des  » substances  » permettant le passage de l’une à l’autre.

Le feu, c’est la chaleur et la sècheresse
L’air, c’est la chaleur et l’humidité 
La terre, c’est le froid et la sècheresse
L’eau , c’est le froid et l’humidité

Et puis avec ces quatre éléments, s’ajoute un…. Cinquième qui est la Quintessence (Quinte -essentia) et sans être à proprement parler d’un élément, c’est un résultat, une vertu. La quintessence,  » assure la cohésion des quatre éléments « , et est finalement un principe de perfection.

 

 

Soufre, Mercure et Sel des philosophes

Par contre, les grands principes qui gèrent l’alchimie sont des données originales, transmises depuis la nuit des temps. C’est la trilogie formée par :
- le Soufre
- le Mercure
- le Sel.

Aux premiers jours de l’alchimie, seuls le Soufre et le Mercure étaient présents., il faudra attendre le milieu du XV e siècle en Occident pour voir apparaître le Sel.

Le Soufre et le Mercure, éléments constitutif de toute matière, proviennent des métallurgistes qui ont remarqué que les minerais que l’on trouve dans la terre sont souvent formés de ce l’on appelle aujourd’hui des sulfures, c’est à dire des « mélanges » de Soufre et d’un Métal. Lorsque les forgerons par exemple chauffent à haute température ces minerais, le Soufre s’en va et fait place à un produit liquide qui est plus fin, plus clair et qui ressemble au Mercure.

On trouve dans ce domaine, le sulfure de plomb, (PbS), mais aussi le sulfure de fer (FeS).

Le grand principe des alchimistes est donc de travailler un minerai formé par définition de Soufre et de Mercure de le chauffer, en enlevant le Soufre, afin d’obtenir davantage de Mercure pour aboutir à davantage de pureté.

Un métal, dans la tradition des alchimistes, est formé de Soufre et de Mercure et ce degré de pureté est fonction des proportions respectives de Soufre et de Mercure. Le plomb par exemple est un métal « vil », comme le cuivre et l’étain, il possède beaucoup de Soufre, c’est un métal imparfait qui doit être purifié, afin de diminuer le Soufre, et après moult opérations, il s’approche de l’argent puis de l’or, pour devenir un métal parfait, formé de Mercure et de presque plus de Soufre !

On pensait à ces époques, que l’or était le métal qui comprenait le plus de proportion de Mercure, on utilisait d’ailleurs le mercure pour des amalgames afin d’imiter l’or, c’était le cas à partir du cuivre. Plus le métal contenait de Mercure, plus il était précieux.

Avec le temps, cette terminologie de mercure, soufre, cinabre…. qui sont des matières chimiques qui nous sont familières se transformèrent en produits génériques. C’était davantage la Qualité de la matière que le produit réel.

Certains auteurs cherchent à clarifier les écrits des alchimistes dans ce domaine complexe, car il y a une véritable ambiguïté entre le Soufre avec un grand S, celui des alchimistes et le soufre, élément chimique élémentaire et classique pour nous aujourd’hui, nommé S et comportant un atome de 16 électrons donc 16 protons pour assurer l’équilibre des charges électriques et 16 protons.
Comme souvent en alchimie, lorsque l’on évoque le Soufre du philosophe, ce n’est pas le métalloïde que l’on connaît aujourd’hui, pas plus que le Mercure du philosophe n’est le Mercure, métal liquide à température ordinaire que l’on mettait autrefois dans les thermomètres. Ce sont les mêmes mots qui n’ont pas la même signification. 
On parle du Soufre avec un S majuscule pour définir le principe, mais ce peut être le soufre pour un sulfure comme le sulfure de plomb connu sous le nom de blende, ou de l’oxygène dans le cas d’un minerai de fer, comme Fe2 O3 qui est un oxyde de fer que l’on extrait « des entrailles de la Terre ».
Quant au Sel, ce troisième principe, est censé favoriser le mariage philosophique du Soufre et du Mercure dans les entrailles de la Terre, ou dans l’œuf philosophique des alchimistes ».

La notion nouvelle de Sel aurait été introduit par Paracelse.

Ce ne sont pas des métaux ou des éléments chimiques, mais des principes. On découvre alors cette dénomination, du principe, suivi de  » Philosophe  » :

Le Soufre des Philosophes symbolise le corps, c’est un principe mâle, actif et sec, il utilise la chaleur et c’est un élément essentiel de la voie sèche.

Le Mercure des Philosophes symbolise quant à lui, l’âme. C’est un élément femelle, humide, volatil. Il est utilisé dans la voie humide. Il est froid et se symbolise parfois par le dragon.

Le Sel des Philosophes se situe entre les deux principes précédents. C’est un  » alkali « , appelé parfois le Feu Secret des Sages. C’est avec ce Sel que l’on obtient la cohésion du Mercure et du Soufre, il donne la stabilité à cet édifice.

Le mercure que l’on connaît aujourd’hui était appelé autrefois « le vif-argent ». Le Mercure, c’était la liquidité, l’humidité, la froideur de la matière. Il devint l’eau, la femelle alors que le Soufre était assimilé au feu, au mâle.

Chaque produit était appelé par des mots différents, comme par exemple le cinabre était le « dragon rouge « , et le vert de gris qui est un oxyde de zinc « semence de Vénus « , le cuivre « le lait d’un animal.

 

La transmutation

Pour le profane, l’alchimie est essentiellement basée sur la notion de transmutation. C’est simplement une théorie qui permet de faire passer, par une pratique précise, un métal donné vers un autre métal. Pour ce faire, il suffit de modifier les proportions de Soufre et de Mercure avec l’aide du Sel.

Lorsque l’alchimiste procède à une transmutation, il modifie les proportions de Soufre et de Mercure, avec un grand S et un grand M et cherche à atteindre le métal qui est le plus pur : l’Or.

L’aspect génial et visionnaire des alchimistes, c’est une certaine analogie avec la science moderne du XX e siècle. Un métal, ou un élément est formé de trois composants élémentaires qui forment un atome :
- le proton
- l’électron
- le neutron

L’atome est formé, en effet d’un noyau central composé de neutrons et de protons et autour de ce noyau, un nombre d’électrons tourne, en quantité égale au nombre de protons. Avec ces trois particules élémentaires, la science du XX e siècle a découvert que tous les atomes étaient formés de ces trois particules et que leurs quantités respectives donnaient un métal ou un autre.

La transmutation existe et il est possible comme l’on fait certains dont Soddy et Rutherford, de transformer de l’aluminium en silicium. C’était au tout début du XX e siècle en envoyant des rayons Alpha sur une fine plaque d’aluminium qu’ils virent des atomes de silicium apparaître sur la plaque.

C’est à ce moment que l’un de ces deux savants dit à l’autre,  » n’en parlons pas, ils vont nous prendre pour des alchimistes et nous brûler sur un bucher « .

Protons, Electrons et Neutrons d’un côté ne sont-ils pas identiques à Soufre, Mercure et Sel ? C’est le même concept, et entre le Plomb et l’Or, dans le tableau de Mendéliew, la différence porte sur 3 électrons…….Les alchimistes avaient-ils de géniales intuitions.

 

Le Grand-Œuvre

A l’origine du Grand-Oeuvre se trouve la théorie de la transmutation, puisqu’il s’agit de transformer un métal vil en or.
Mais les alchimistes, devant la difficulté de réaliser ce Grand-Œuvre ont mis en place une étape intermédiaire, appelée le Petit-Œuvre, dans laquelle, l’objectif est de transformer un métal vil en Argent qui, s’il n’est pas parfait, mérite une mention particulière.

Quant au Grand-Œuvre, appelé parfois Grand Magistère, c’est le « but ultime de tout alchimiste », celui qui mène à la pierre rouge, la célèbre pierre philosophale. Celui qui arrive à cette pratique obtient à la fois la pierre philosophale mais dans le même temps, la grande lumière, appelée l’illumination spirituelle, c’est à dire la Sagesse.

Il existe dans la tradition alchimique deux chemins, deux voies pour atteindre cette pierre philosophale. La voie sèche et la voie humide.

La voie humide se fait par une sorte de maturation de la prima matéria, qui est placée dans l’œuf philosophique. C’est en quelque sorte une gestation en milieu humide en prenant beaucoup de temps. Il faut selon les traités, une quarantaine de jours , et parfois plus. C’est l’école de la patience.

L’autre voie dite voie sèche est beaucoup plus rapide, elle aboutit au même résultat mais en chauffant la prima matéria de manière forte. On peut arriver au résultat en quelques heures. C’est une voie pour alchimiste pressé….. mais elle comporte beaucoup de danger et d’explosion des produits en cause.

Les métaux sont souvent assimilés à des êtres vivants, et il n’y a pas de différence entre métaux et matières organiques ou vivante. Le processus est curieux, c’est celui de l’évolution. On va d’un état de plus en plus évolué passant d’un métal vil à commencer par le fer, puis le cuivre, le plomb, l’étain, le vif-argent, vers un métal moins vil, l’argent et cela jusqu’à l’or, l’aboutissement du Grand Oeuvre.

 

l’Elixir de longue vie

On trouve encore l’Elixir de longue vie, que l’on peut lire dans un roman de Balzac, peu connu,

Malgré le scepticisme dont il était armé, don Juan trembla en débouchant la magique fiole de cristal. Quand il arriva près de la tête, il fut même contraint d’attendre un moment, tant il frissonnait. Mais ce jeune homme avait été, de bonne heure, savamment corrompu par les mœurs d’une cour dissolue ; une réflexion digne du duc d’Urbin vint donc lui donner un courage qu’aiguillonnait un vif sentiment de curiosité, il semblait même que le démon lui eût soufflé ces mots qui résonnèrent dans son cœur :  » Imbibe un œil !  » Il prit un linge, et, après l’avoir parcimonieusement mouillé dans la précieuse liqueur, il le passa légèrement sur la paupière droite du cadavre. L’œil s’ouvrit.

Dès le XIIIe siècle, mais sans doute avant, les hommes de science vont remettre au cœur de leur préoccupation : le mythe de l’éternelle jeunesse, qui avait une connotation relativement légendaire. Naît alors une nouvelle littérature sur « comment retarder la vieillesse » ou sur la « prolongation de la vie » qui est très vite aspirée par l’alchimie.
L’or nouveau, issu du Grand Oeuvre devient l’élixir de longue vie par excellence et  » occupe une place importante dans l’imaginaire occidental pendant des siècles.  » selon le professeur Agostino Paravicini Bagliani.

 

La pierre philosophale

La pierre philosophale était au centre des opérations de transmutation sans qu’il soit possible d’en déterminer la nature. Elle devait permettre par sa puissance de transformer le métal vil en argent ou en or. 
C’est un catalyseur de la transmutation, elle peut apparaître sous forme de pierre de couleur rouge, couleur rubis, et au toucher de cette pierre, le plomb se transforme en or, par simple contact ou frottement. La pierre peut aussi prendre la forme d’une poudre, et le jet d’une pincée de celle-ci sur le morceau de plomb le transforme là encore en or.

La pierre philosophale est aussi un principe qui rend meilleur et plus éclairé, c’est pour le métal, l’évolution vers l’argent ou l’or, donc le métal est plus beau, et….. il en est de même pour la vie et l’homme. La pierre philosophale soigne donc les métaux et aussi l’homme et ses maladies. C’est en effet l’Elixir de longue vie, celui qui donne l’immortalité et chasse la maladie et la souffrance, « soignant le corps ».

Enfin, la pierre philosophale soigne l’âme, et rend l’homme meilleur, lui apportant la Sagesse.

Quel beau programme pour celui qui réussit à mettre la main sur cette Pierre des philosophes, et cela explique que des femmes et des hommes, durant des siècles, aient cherché à l’acquérir, mettant en œuvre à la fois leur temps, leurs compétence et parfois leur vie. Cela explique aussi, à partir du XVI e siècle, l’appétit des charlatans et des escrocs de tout poil pour se procurer une once de cette pierre rouge si miraculeuse !

La pierre philosophale a donc un côté mystique, elle recèle l’âme du monde, mais au niveau technique, c’est un agent tinctorial des métaux, proche d’un colorant. De quoi est-elle composée, c’est un secret et y répondre reviendrait à nier l’alchimie. Ce secret doit demeurer inviolé……

Mais l’alchimie subit une évolution récente avec l’apport des philosophes et de nouvelles recherches. Il ressort que le travail de laboratoire pour certains n’était qu’un prétexte et que tout était dans la  » transformation psychique  » pour reprendre les termes de Pierre Lory dans les dix traités d’alchimie de Jâbir Ibn Hayyân. L’auteur ajoute qu’il est nécessaire de réhabiliter ce travail de recherche mentale, et d’étudier plutôt que de condamner. Il remarque que de grands savants comme Liebniz et Newton admettaient qu’il était possible d’effectuer des transmutations métallurgiques. Et sur un tout autre plan, Carl Jung a réalisé des travaux et  » il a été frappé par l’analogie entre le symbolisme des rêves et des hallucinations de certains de ses patients, et le symbolisme alchimique  » selon Eliade.
Pour Jung, il existe dans le psychisme de chacun une sorte de processus tendant vers un but final qui doit permettre l’accomplissement de soi.

Cette forme de l’alchimie traitée par Karine Djebari est une forme d’initiation,  » l’alchimiste est un chercheur, comme le philosophe, comme le sage indou, comme le franc-maçon « . C’est le célèbre  » connais-toi toi-même  » repris par Socrate.

 

La pratique et la gamme de fabrication du Grand-Oeuvre

Le nombre de documents donnant les moyens d’arriver à la Pierre philosophale et au Grand-Œuvre sont considérables, et cela est d’autant plus étonnant, de la part d’un « confrérie » qui met le secret au centre de ses préoccupations. Mais ces « recettes » sont-elles crédibles ? C’est la question de fond, d’autant plus que ces révélations partent d’un mystère primitif. Le point de départ, c’est à dire la composition de la matière première, laquelle matéria prima n’est jamais révélée !

Voici à titre d’exemple, quelques éléments historiques sur ce que doit être la réalisation devant aboutir à la pierre philosophale avec Basile Valentin :

 » Prends 100 livres de cette matière, la matéria-prima désignée avant comme de l’antimoine. Opère comme si elle était dans les entrailles de la terre. L’ayant pulvérisée avec soin très subtilement… qu’on la mette dans des cornues de verre et qu’on la distille. Au début, ce doit être un feu léger de charbon jusqu’à ce que sorte l’esprit ou mercure, et à la fin, le feu doit être très fort, de bois pour que le soufre s’attache dans la cornue….

Prend ce soufre et purifie le en le sublimant trois fois dans un récipient et remet chaque fois ce qui est au fond avec ce qui est monté…

Prends l’esprit qui est le mercure et mets lui 10 grains de ce soufre. Qu’il soit placé pour 40 jours dans du fumier de cheval en alambic avec un tube fermé. Après ces 40 jours, distille tout, enlève les résidus qui sont au fond. »

Dans les traités connus, se trouvent des constantes, basées sur un autre des grands principes de alchimistes, le célèbre  » Solve et Coagulat », c’est à dire dissoudre et coaguler ou encore purifie et intègre.

Les recettes suivent alors :

 » Et tout d’abord : c’est effectivement par la distillation qu’il faut commencer les opérations, c’est à dire par la séparation des quatre éléments. Ceci est la première des trente paroles, elle est fondamentale. Cette distillation consiste à placer la Pierre dans une cucurbite déposée dans une marmite de cendres, sous laquelle on allume un feu jusqu’à l’évaporation complète, toute eau étant extraite…. « 

 Dans certains traités, ce sont 4 opérations qui président au travail des alchimistes :

- la purification du sujet, c’est à dire de la matière première.
- la dissolution ou volatilisation jusqu’à ce qu’il ne reste que l’être universel
- la solidification nouvelle
- une dernière combinaison sous l’empire de l’être le plus pur.

Comme avec ces 4 opérations élémentaires, de nombreux alchimistes ne purent arriver à leur fin, il semble que la pratique devint plus complexe, et 2 opérations supplémentaires furent ajoutées. C’est alors que la nouvelle gamme d’obtention de la pierre philosophale pour obtenir de l’or 
- la calcination, elle correspond à la couleur noire, c’est l’extension des désirs, la destruction des différences. C’est la réduction à l’état premier de la matière.
- la putréfaction, qui sépare les éléments calcinés
- la solution dont la couleur est blanche, c’est une matière totalement purifiée.
- la distillation
- la conjonction qui correspond à la couleur rouge ou à l’union des opposés.
- la sublimation qui correspond à l’or, c’est la couleur du soleil.

Le tout se résume dans ces mots : solve et coagula aussi valable pour la matière que pour l’être. Et c’est pourquoi on retrouve dans l’iconographie alchimique de nombreux exemples de couples  » faisant l’amour « , dans un bocal ou sur un champs…. La plupart étant rois et reines !

 

Les traités d’alchimie

Le nombre de traités sur l’alchimie est considérable, plusieurs dizaines de milliers. Avec toute cette documentation, comment comprendre que l’on ne puisse pas trouver aisément la gamme de fabrication de l’Oeuvre et transformer le plomb en or ?
Et puis l’ensemble des pratique ne devait-t-il pas rester secret ? alors pourquoi écrire ?

Le grand commandement éthique qui était imposé aux Alchimistes était d’être  » charitable  » et  » envieux « . Il devait partager avec d’autres la Sagesse, mais ne pas autoriser la divulgation au premier venu des techniques.
Donc il fallait fournir des indications pratiques pour les  » Frères  » et accéder à la vrai fraternité, celle des philosophes en séparant le bon du mauvais pour la suite.

Il est particulièrement difficile de lire les traités alchimiques quels qu’ils soient. Rien n’est simple car, il n’y a pas souvent de logique.
Les expressions sont souvent sibyllines, il y a aussi de longs chapitres sur la métaphysique, sur le cosmos, des digressions qui déroutent le lecteur.
Des textes sont parfois insérés pour abuser le lecteur profane.

Le langage utilisé était très ésotérique, il y avait un double cryptage :

- l’utilisation de symboles comme les dieux, les animaux fantastique, les monstres. Leurs rapports dévoilaient des principes et des opérations.
- le mode d’expression était de type labyrinthique, les successions chronologiques et la concaténation ( l’enchaînement) des causes n’était pas logique.

Une opération décrite en son milieu, puis on allait à la fin, on revenait vers le début et ainsi de suite. C’est peut être le problème des caissons du plafond de l’Hôtel Lallemand. On cherche depuis des lustres un cheminement logique, il faut commencer par les caissons proches de la fenêtre et lire les caissons comme les vitraux d’une cathédrale, de bas en haut et de gauche à droite. Ainsi, la lecture se ferait, en prenant notre logique du XXI ° siècle, de la fenêtre à la porte…. Sauf qu’il s’agit d’alchimie et qu’il est fort possible que la lecture soit plus complexe, en zig zag, ou en prenant un caisson ici, un autre plus loin, et ainsi de suite. C’est une éventualité qui sera évoquée dans le chapitre sur les révélations relatives à ces plafonds.

De même un processus pouvait se décomposer en différentes phases et se disperser dans un texte. C’est particulièrement déroutant.

Les traités d’alchimie sont souvent des ouvrages passionnants mais ils souffrent d’un hermétisme que l’on conçoit mal aujourd’hui. La plus grosse difficulté tient au langage des alchimistes : un seul terme n’a pas toujours la même signification.

Il apparaît donc que les traités d’alchimie comportent toujours plusieurs approches :
- d’une part, une référence à Dieu est une constante dans de nombreux traités alchimique. Cela signifie que les alchimistes peuvent être des religieux, mais aussi qu’ils ne veulent sans doute pas se mettre à mal avec l’institution religieuse,:   » que Dieu soit exalté « . 
- Puis, on trouve des conseils moraux ou des propos sur l’homme :

 » Les gens se situent à différents niveaux. Chez certains, la réflexion n’aboutit à rien de fructueux. D’autres apportent une solution après mûre réflexion. Il y a les bilieux dont la bile jaune s’est transformée en bile noire…..Un jugement pondéré, qui ne tombe pas dans l’erreur, est celui du mélancolique « .

- Des renseignements sur les outils et moyens à utiliser. Le monde des alchimistes est formé de gens qui ont inventé des procédés, comme le bain-marie, mais aussi des matériels, comme l’alambic pour la distillation, ou encore le célèbre athanor qui est le four des alchimistes. Mais les instruments de verre comme le pélican qui est « une cornue à col recourbé », ont été utilisés par les alchimistes puis… les chimistes.
Enfin, l’objet le plus célèbre des laboratoires souterrains des alchimistes est sans contexte ce ballon de forme ovoïde, fait le plus souvent de verre et que l’on va appeler l’œuf philosophique. C’est pour reprendre une terminologie d’alors, « un objet destiné à être placé dans l’athanor, ce qui constituait la chambre nuptiale où le Soufre et le Mercure devaient s’accoupler » comme le rapporte d’Histoire des Sciences.

 SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

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Traduction de la Sagesse de Ptahhotep 9 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Traduction de la Sagesse de Ptahhotep, sous la direction du Professeur P.

ptahhotep

(L’écriture droite : titres, sous-titres, commentaires, ajouts ; l’écriture italique : la traduction du texte égyptien ; les chiffres en gras sont des repères notant les lignes du texte original.  Les autres en italiques se réfèrent aux notes placées à la fin du texte.

L’énoncé- titre est écrit à l’encre rouge, tradition qui a perduré, d’où le nom en français, de « rubrique ». L’écriture en bleu est un « chapeau » non présent dans le texte et qui est le fait du traducteur.

 

(4,1)

ENSEIGNEMENT DU GOUVERNEUR DE LA VILLE ET VIZIR, PTAHHOTEP

Sous la majesté du roi de Haute et de Basse Egypte, Isési, qu’il soit vivant à jamais !

Le gouverneur de la Ville et Vizir dit : 

                                              

                                                    Préambule

 

« Souverain mon maître,

Le grand âge est advenu ! La vieillesse est arrivée ! (1) 

La faiblesse est venue, les tremblements ne cessent plus.

Celui qui dort,… à lui, l’inconfort de chaque jour !

Les yeux se sont affaiblis, les oreilles sont sourdes,

La force vient à manquer, mon cœur est fatigué,

La bouche est silencieuse, elle ne peut plus parler…

L’esprit a disparu ; il ne peut plus de souvenir d’hier…

Les os, c’est à cause de la longueur de l’usage, qu’ils ont souffert !

Le bien s’est transformé en mal.

Tout le goût s’en est allé.

Ce qu’induit la vieillesse aux hommes :

C’est mauvais en toute chose !

Le nez est obstrué ; il ne peut respirer,

(Tout) mouvement est devenu difficile !

…Que soit ordonné à cet humble serviteur de (se) faire un bâton de vieillesse (2)

Et je lui dirai les propos de ceux qui ont entendus  les dieux,

Les conseils des ancêtres

Qui ont été les premiers à entendre les dieux. (2bis)

Ainsi, agira-t-on en ta faveur pareillement

Et chassera-t-on la souffrance de la population,

Tandis que les Deux-Rives travailleront à ton profit (3) !

Et la majesté de ce dieu déclara : 

« Instruis-le donc des paroles d’autrefois !

Il sera ainsi la merveille des enfants des grands (4)

L’attention le pénètrera, ainsi que toute rectitude.

Quand il lui aura été précisé qu’il n’y a personne qui ait été mis au monde, sage (5) !

 

(5,6)                                        Corpus des maximes

 

DEBUT DU RECUEIL DES PAROLES PARFAITES

Qui ont été dites par le prince, gouverneur,

Le père divin, aimé du dieu,

Le fils aîné du roi, de son ventre,

Le gouverneur de la Ville et Vizir, Ptahhotep

En enseignant aux ignorants comment apprendre,

Afin d’être un modèle de rhétorique,

Ce qui est chose utile pour celui qui (y) prêtera attention,

Mais nuisible, pour qui passera outre.

Il dit à son fils (6) :

 

(5,8)                                             MAXIME 1

 

De l’humilité et de la découverte de la parole parfaite

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (7) !

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules

 

(5,10)                                                    MAXIME 2

 

De l’art du débat avec un supérieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR A L’ŒUVRE,

Un homme altier, et qui est plus important que toi,

Fléchis les bras ! Ploie le dos !

Et lorsque ton esprit est irrité contre lui,

Il ne peut te répliquer.

C’est en ne t’opposant pas à lui sur le vif (8),

Que tu dois réduire à l’impuissance celui qui parle mal !

C’est ainsi qu’il sera traité d’ignorant…

Ta modération aura contrebalancé ses richesses

 

                                            

 

(5,13)                                           MAXIME 3

 

De l’art du débat avec un égal

 

Si tu rencontres un contradicteur à l’œuvre,

Ton semblable, qui est de ton rang,

Tu ne dois manifester ta supériorité qu’en te taisant,

Alors qu’il est accaparé par une mauvaise querelle,

Nombreuses seront les huées (qu’il suscitera) des auditeurs

Tandis que ton renom sera parfait dans l’opinion des magistrats.

 

 (6,1)                                                   MAXIME 4

 

De l’art du débat avec un inférieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR À L’ŒUVRE,

 Un pauvre diable, et non ton égal,

Ne te montre pas arrogant envers lui sous prétexte qu’il se fait humble !

Néglige-le, il se punira lui-même (9) !

Ne t’adresse pas à lui jusqu’à ce que ton esprit s’allège !

Ne décharge pas ta colère au détriment de celui qui est devant toi !

C’est une chose bien pénible (à voir), que celui qui blesse un pauvre d’esprit !

On exécutera ce qui est dans ton esprit

Mais, veuille ne le frapper qu’au moyen d’une punition (infligée par) les magistrats.

 

(6,3)                                             MAXIME 5

 

De l’art d’être un chef en respectant la règle

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Qui commande la conduite d’une multitude,

Recherche donc tout acte efficace !

Jusqu’à ce que ta conduite soit sans faute…

Grande est la Maât ! Et durable, l’exactitude !

Elle n’a pas été bouleversée depuis le temps d’Osiris

On punit celui qui transgresse les lois,

Mais, aux yeux de l’avide, c’est de l’histoire ancienne (10) !

Seule, la prévoyance procure des richesses,

Mais, jamais, encore, la transgression n’a mené son action à bon port !

Il prétend : « C’est à mon détriment que je dois faire du profit (11),

Il ne dit pas : C’est en exerçant ma fonction que je dois faire (honnêtement) du profit,

Mais, la limite atteinte, seule la Maât demeure !

Que personne ne dise : « C’est le territoire de mon père (12) ! »

 

(6,8)                                             MAXIME 6

 

De la vanité des manœuvres humaines

 

EVITE D’ ËTRE UN HOMME QUI INSPIRE LA CRAINTE PARMI LES GENS !

Car c’est de même que le dieu punit (13) !

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui en vit, (de la crainte),

Il se prive du pain de la parole (14) »

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui est puissant,

Prétend que c’est à son détriment qu’il tire du profit, chaque fois qu’on le distingue. (15)

 (Tout) homme (se) dit : Celui qui dérobe autrui, il (en) arrive à se donner à un inconnu (16)

 « Jamais projet humain ne s’est encore réalisé, car c’est ce que le dieu ordonne qui se réalise ! »

Dira celui qui vit dans la sérénité,

 « …et c’est spontanément que vient ce qu’ils donnent » ! (17)

                                                                 

 

(6,11)                                            MAXIME 7

 

Des manières de table

 

SI TU ES UN CONVIVE, (18)

Au banquet d’un plus grand que toi,

Accepte ce qu’il donnera, (dès lors que) cela a été placé devant ton nez,

Et c’est seulement ce qui est devant toi que tu devras regarder !

Ne lui décoche pas de nombreux regards !

C’est une chose insupportable, pour un Ka, que d’être pris pour cible (19) !

Ne lui adresse pas la parole, tant que lui ne t’a pas appelé,

Car on ne peut prévoir le déplaisir…

Dès lors qu’il t’aura sollicité, tu parleras,

Et ce que tu diras sera  (bien sûr), plaisant !

Quant au grand, chaque fois qu’il se tient derrière les pains (20),

Sa conduite est conforme aux obligations de son Ka,

Il va donner à celui qu’il favorise,

C’est la coutume (à la tombée) de la nuit…                                     

C’est le Ka qui écarte ses bras (21) !

Quand le grand donne, l’homme (du commun) ne peut l’égaler

Le fait de manger du pain est soumis au dessein divin

Ce n’est donc que l’ignorant qui s’en plaindra !

 

(7,3)                                             MAXIME 8

 

Du respect de la mission confiée

 

SI TU ES UN HOMME DE CONFIANCE,

Envoyé par un grand à un (autre) grand,

Sois vraiment scrupuleux, quand il t’envoie,

Exécute la mission pour lui, comme il (le) dit !

Garde-toi de médire dans tes propos

Dont un grand serait friand envers un autre grand !

Respecte la mesure, ne l’outrepasse pas !

Une algarade n’est pas chose à renouveler (22)

Ne dis rien contre quiconque,

Grand ou petit, car c’est intolérable pour un Ka !

 

(7,5)                                             MAXIME 9

 

Du nécessaire silence du riche et de l’heureuse destinée de qui n’a pas d’enfants

 

SI TU LABOURES CONSTAMMENT DANS LA CAMPAGNE,

C’est en abondance que le dieu t’en donnera dans la main !

Mais, n’en aies pas plein la bouche, à côté de ton voisinage !

Il est important de pratiquer le détachement de l’homme silencieux !

Quant à l’homme de caractère qui est comblé de biens,
C’est tel un crocodile qu’il l’emporte dans une assemblée !

Ne te montre pas hautain envers ceux qui n’ont pas d’enfants !

Ne fais pas le modeste ! Ne t’en vante pas ! 

On trouve (sans difficulté) un père à la nombreuse progéniture qui est dans la misère,

(Comme) on trouve aussi une mère qui a enfanté et par rapport à qui, une autre, (sans enfant) est plus comblée qu’elle !                                                                         

C’est l’individu qui fait se manifester le dieu,

Alors que le chef de tribut ne cesse d’implorer qu’on lui rende service (23) !

                                                                            

(7,7)                                             MAXIME 10

 

De la nécessité de placer sa confiance en un être de qualité

 

SI TU T’AFFAIBLIS, SERS UN HOMME RICHE !

Que toute ta conduite se montre parfaite auprès du dieu

Dès lors que tu sais reconnaître des gens pauvres, devenus prépondérants

Evite de montrer du dédain à son égard !  ( à ton patron)

A propos de ce que tu connais de lui, alors qu’il est devenu prééminent,

Respecte-le en raison de ce qui lui est advenu !

Ce n’est pas d’elles-mêmes que les choses arrivent !

C’est leurs lois, pour celui qu’ils aiment (24)

Quant au surplus, il a été rassemblé de lui-même.

Or, c’est le dieu qui a créé sa richesse,

Et c’est même endormi que le dieu le protège !

 

 (7,9)                                                   MAXIME11

 

De la nécessité de suivre sa conscience et de ne pas gaspiller son énergie dans les tâches matérielles

 

CONDUIS-TOI SELON TON CŒUR, LE TEMPS DE TON EXISTENCE !

N’en fais pas plus que ce qui a été prescrit !

Ne réduis pas le temps de ta réflexion,

Car c’est une chose insupportable pour le Ka, que de gâcher son temps !

Ne détourne pas une partie de la journée,

Qui soit un surplus servant à l’entretien de ta (propre) maison !

Une fois les biens advenus,… Suis ta pensée (25) !

Car nul profit n’est à retirer de quelque chose, quand elle rend chagrin. (26)

 

  (7,10)                                                 MAXIME 12

 

Du comportement envers son fils

 

SI TU ES UN HOMME DE VALEUR,

Essaie d’engendrer un fils propre à charmer le dieu.

S’il se montre loyal, s’il manifeste son tempérament,

Et s’il prend soin de tes biens comme il faut,

Fais pour lui tout le bien !

C’est ton fils ! Il appartient à la semence de ton Ka.

Et évite de détacher tes pensées de lui !

Cependant, la progéniture est (aussi) fauteuse de troubles.

S’il erre, s’il s’écarte de ta ligne de conduite,

Si tout ce qui est dit s’oppose à lui,

Si sa bouche s’égare en vils propos,

Aiguillonne-le donc pour la moindre de ses paroles (27) !

Prends donc pour cible quelqu’un qu’ils détestent (28) 

Car c’est le genre d’homme pour lequel le malheur a été assigné dès la gestation !

Celui qu’ils guident ne saurait errer,

Tandis que celui qu’ils privent de barque ne saurait trouver un moyen de traverser.

 

 (8,2)                                                   MAXIME 13

 

De l’attitude juste à la cour de justice

 

SI TU TE TROUVES DANS LE PORCHE, (lieu des audiences, et où l’on rend la justice.)

 LEVE-TOI ET ASSIEDS-TOI selon ta position 

Qui t’a été assignée dès le 1° jour (29)

Ne dépasse pas, ou il arrivera qu’on te refoule !

Clairvoyant est le regard de celui qui entre, ayant été annoncé !

Large est la place de celui qui est convoqué !

Le porche se conforme à un modèle de régulation.

Toute conduite est mesurée au fil à plomb !

C’est le dieu qui fait progresser la position (dans la hiérarchie).

Et l’on n’a jamais nommé à une fonction ceux qui ont joué des coudes !

 

 (8,6)                                                   MAXIME 14

 

De l’esprit franc qui rend heureux, et du ventre qui condamne au malheur

 

SI TU ES AVEC DES GENS,  (En général),

Sois donc un compagnon de confiance !

Un homme franc, qui ne tergiverse jamais,

Et se montre lui-même un chef.

Un homme capable et disponible selon sa ligne de conduite.

Une fois ta renommée devenue bonne, abstiens-toi de parler.

Une fois ton corps repu, et te montrant attentif à ton entourage,

C’est même ce que tu ignores qu’on rassemblera pour toi !

L’esprit de celui qui obéit à son ventre,

Déclenchera (immanquablement, envers lui), de la haine au lieu de l’amour.

Puisque son esprit est inculte et son corps est non oint.

Le cynique est l’ennemi des créatures du dieu (30)

Celui qui obéit à son ventre est un suppôt de la rébellion !

 

(8,11)                                                    MAXIME 15

 

De la rigueur du chargé de mission

 

RENDS COMPTE DE TA MISSION SANS NEGLIGENCE !

Fais part de ta conduite, lors de l’audience de ton maître !

Quant à se montrer prolixe à son détriment, lorsqu’il parle,

Ce n’est pas difficile pour un messager,

Mais c’est sans possibilité d’objection de la part de celui qui est informé

Qu’il doit être fait rapport, alors qu’il s’est fourvoyé par (la faute d’) un grand, à propos de son affaire.

Quant à celui qu’il imaginerait affronter à cause de cela,

Il se tait, sur un : « J’ai dit ! » (31)

                                               

 (8,14)                                                   MAXIME 16

 

De l’art de gouverner avec efficacité et rigueur

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Larges sont les procédures d’exécution dans ce qui te sera ordonné,

Implique-toi, car, est distingué…, celui dont on évoque le souvenir

Jours après jours !

Jamais, une parole litigieuse n’est venue du sein de la faveur

Ainsi, le crocodile à l’affût n’émerge que lorsque la disgrâce s’est manifestée. (32)

 

(9,3)                                                    MAXIME 17

 

De la nécessité d’entendre les requêtes

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Il est convenu (de par ta fonction) que tu entendes la parole d’un plaignant !

Ne l’éconduis pas jusqu’à ce qu’il se soit épanché

De ce qu’il avait envisagé de te dire !

Le désir d’une victime de se soulager (de sa plainte),

Dépasse la réalisation de ce pourquoi elle est venue. (33)

Quant à celui qui repousse systématiquement les plaintes, (qui lui sont présentées),

On dit (de lui) : « Pourquoi, donc, va-t-il encore les repousser ? »

Car, même si aucune plainte, qu’on lui adresse, n’a vocation à se réaliser,

Prêter une oreille attentive est un moyen de pacifier les esprits.

 

  (9,7)                                                 MAXIME 18

 

Du danger de la séduction

 

SI TU DESIRES rendre durable

L’amitié dans la maison, (34)

Dans laquelle tu entres, en tant que maître, en tant que frère,

Ou en tant qu’ami, comme en tous lieux,

C’est armé (contre toi-même, vigilant) que tu entreras en tant que tel !

Ne t’approche pas des épouses !

Le lieu où cela se pratique ne peut devenir de bon aloi, (35)

Et comme le visage ne peut regarder en face parce que cela est permis, (36)

Un millier d’hommes sont détournés constamment de ce qui leur est utile,

En un instant réduit, semblable à un rêve,

Chaque fois, on atteint la mort, en en prenant conscience… (37)

C’est un vil principe que de tirer sur qui est en face (38).

On  finit de s’y adonner, car l’esprit s’y oppose…

Mais, quant à celui qui succombe constamment en le convoitant,

Aucun projet ne peut réussir de son fait.

 

  (9,13)                                                  MAXIME 19

 

De l’avidité : mal incurable, qui réduit la durée de vie et annihile l’espérance de vie éternelle

 

SI TU DESIRES que ta conduite s’améliore,

Préserve-toi de tout mal !

Garde-toi de faire preuve d’avidité !

Car c’est une maladie douloureuse comme, infligée par un serpent venimeux.

Comme la confiance ne peut en résulter,

Elle fait se séparer père et mère,

Ainsi que les frères de (même) mère.

Elle sépare femme et mari,

C’est un composé de tous les maux,

Un sac de tout ce qui est odieux (39)

L’homme ne vit longtemps qu’en se conformant à la Maât :

Celui qui va à son pas,

En fait son testament,

Nulle tombe pour l’avide !

 

 (10,5)                                                   MAXIME 20

 

De la juste attitude envers l’avoir

 

NE REVELE PAS UN ESPRIT AVIDE LORS D’UN PARTAGE !

Ne convoite rien d’autre que ce qui doit être ta part !

Abstiens-toi de te révéler avide au détriment de ton entourage !

Il est plus important, pour un homme affable, une demande polie, qu’un étalage de force !

Celui qui abandonne son entourage : C’est quelqu’un qui perd au change,

Privé des bienfaits de la parole (40)

Or, c’est seulement un peu, de ce que l’on convoite,

Qui transforme un querelleur en quelqu’un de sang froid !

 

 (10,8)                                                    MAXIME 21

 

Recette pour une bonne harmonie conjugale

 

SI TU DEVIENS IMPORTANT, QUE TU FONDES TA MAISON,

Et que tu aimes ton épouse du fond du cœur,

Emplis son ventre, revêt son dos (41) !

C’est un remède pour son corps, (aussi nécessaire) que l’huile (42) !

Mets-la en joie, le temps de ton existence !

Comme c’est une terre profitable pour son maître,

Abstiens-toi de la répudier !

Empêche-la d’exercer le pouvoir :

C’est un moyen de prévenir le désordre qu’elle provoquerait, chaque fois qu’elle exercerait son regard, (sur les affaires du monde)

Et c’est aussi le moyen de la faire durer dans ta maison.

Donc, canalise-la : C’est de l’eau !

Une femme, chaque fois qu’elle est laissée à elle-même, (43)

Ce qu’elle réclame a engendré un océan !

 

 (11,1)                                                   MAXIME 22

 

De la nécessité de satisfaire ses familiers

 

SATISFAIS TES INTIMES GRÄCE À CE QUI T’ES ECHU !

Car c’est échu à quelqu’un que le dieu favorise !

Au sujet de celui qui manque à satisfaire ses intimes,

On dit (de lui) : « C’est un avare ! »

Etant donné que l’on ne peut discerner l’avenir, ce n’est que le lendemain qu’il s’en rendra compte…

C’est un Ka intègre, le Ka du juste en qui l’on peut se fier…

Si des marques de faveur surgissent,

Ce sont les intimes qui disent : « (C’est) Bienvenue ! »

Et comme on ne peut acquérir d’apaisement au port,

On recherche les intimes en cas de perte survenue.

 

(11,5)                                                    MAXIME 23

 

Du refus de la rumeur et de l’exemplarité de son attitude en toutes circonstances,

 

NE REPETE PAS DE MEDISANCES !

Alors que tu n’en connais pas le fondement

C’est la manifestation de quelqu’un d’impulsif

Que de divulguer des ragots,

-Celui dont il a été constaté qu’il ne pouvait en prendre connaissance-,

Se ridiculise complètement en parlant.

Vois, ton interlocuteur est parfaitement au courant !

De même qu’on suscite le vol, chaque fois qu’on le commet, (44)

Celui qui incite à le perpétrer

Est un objet de haine conformément à la loi.

Vois, c’est dissiper un songe,

Que de placer un voile devant lui ! (4)

 

(11,8)                                                    MAXIME 24

 

Du bon usage de la parole

 

SI TU ES UN UN HOMME important,

Qui siège au conseil de son maître,

Concentre-toi sur ce qui est important et garde le silence !

C’est plus utile que  la plante ‘teftef’ (46)

Ne parle qu’en sachant argumenter.

Seul, l’orateur parle au Conseil !

L’éloquence est le plus ardu de tous les arts !

Celui qui en fait preuve, la place à son service !

 

(11,12)                                                    MAXIME 25

 

De la vraie puissance et de la maîtrise de soi

 

SI TU DEVIENS PUISSANT, tu ne dois inspirer le respect

Que par le discernement, et le calme de l’élocution !

N’intime jamais (à quiconque) d’ordres, sauf, selon les directives. (47)

L’impulsif entre (fatalement) dans la privation :

N’exalte pas ton esprit et tu ne seras pas humilié !

Ne garde pas le silence de peur de stagner (48)

Quand tu réponds à une polémique, ne t’enflamme pas !

Une fois cela étant écarté de toi, maîtrise-toi !

En effet, l’ardeur de celui à l’esprit enflammé submerge (tout),

Tandis que l’homme agréable laisse une trace et construit son chemin,

Celui qui ne cesse de gémir à longueur de journée,

Ne peut passer d’instant heureux !

Et l’insouciant, tout au long de la journée, 

Ne peut fonder une maison.

Après avoir été rejeté, ayant été enrôlé

Comme barreur, et ayant été laissé à terre,

Un autre a été embarqué (à sa place)…

Celui qui obéit à sa perspicacité est destiné à faire preuve de maîtrise.

 

(12,6)                                                    MAXIME 26

 

De la juste utilisation de l’énergie

 

NE T’OPPOSE PAS À L’ACTION D’UN GRAND !

N’irrite pas celui qui est accablé (de responsabilités)

Car il ne fait obstacle qu’à celui qui s’oppose à lui

Ainsi, le Ka ne laisse le champ libre qu’à celui qu’il apprécie !

C’est quelqu’un qui, de concert avec un dieu, dispense des moyens d’existence.

Ce qu’il aime : C’est que l’œil soit tourné vers lui !

(Ou :) C’est qu’il aime : Ce qui doit être fait pour lui !

Recompose-toi donc un visage après une colère !

(Ou :) Fais (de ton mieux) pour que le visage (du chef) se recompose après une colère !

En effet, la prospérité découle de son Ka (49)

Les déboires dérivent de l’opposition.

(Moralité :) C’est un ‘combustible’ qui accroît l’attachement ! (50)

 

 (12,9)                                                   MAXIME 27

 

De l’instruction d’un grand

 

INSTRUIS UN PUISSANT DE CE QUI LUI EST UTILE !

Crée pour lui un climat favorable à son action dans l’opinion publique !

Et fais que sa science se répercute sur son maître !

C’est auprès de son Ka que l’approvisionnement te sera (inévitablement) attribué !

De même, le ventre de celui qu’on apprécie est promis à la satisfaction,

De même, ton dos sera vêtu grâce à cela.

Que soit accueillie favorablement son action !

Ta vigilance va être la cause de la fortune de ta maison auprès du dignitaire (51)

Auquel tu es loyal, car celui-ci en vit. (de ta vigilance) (52)

S’il fait de toi son bras droit. (53)

Garde le silence ! Et que perdure ainsi l’estime que tu inspires 

Dans la poitrine de ceux qui t’affectionnent !

Vois, celui qui entend,… c’est un Ka apprécié !

 

(13,1)                                                    MAXIME 28

 

De la nécessité de l’impartialité

SI TU AGIS TEL LE FILS DUN HOMME DU TRIBUNAL, (54)

Instrument de l’harmonie publique,

Prends la palanche (55)

Quand tu vas parler, ne te montre pas partial,

Car c’est le garde qui exprimera son avis (56)

Mais c’est le propre du magistrat qui jugera objectivement (57)

Que l’affaire dont tu es chargée se résolve par un jugement !

 

  (13,4)                                                 MAXIME 29

 

De l’indulgence

 

SI TU INSTRUIS AVEC BIENVEILLANCE UNE AFFAIRE À L’ORDRE DU JOUR, (58)

La tolérance dont tu feras preuve, doit dépendre de son attitude,

Néglige-le, ne lui accorde plus la moindre pensée,

Dès lors qu’il garde le silence envers toi (dès) le premier jour ! (59)

 

 

(13,6)                                                    MAXIME 30

 

De la discrétion

 

SI TU DEVIENS GRAND APRES UNE POSITION MODESTE

Et que tu amasses du bien après une pauvreté antérieure,

Dans une ville que tu connais,

N’expose pas publiquement ce qu’il t’est arrivé auparavant !

Ne fais pas étalage de ta fortune ! (60)

Car si cela t’est advenu comme un don du dieu,

(Il arrive aussi) que quelqu’un qui n’a pas de protection, et qui est un autre de tes semblables,

Il lui est arrivé la même chose ! (61)

 

 (13,9)                                                   MAXIME 31

 

De la bonne attitude envers un supérieur et le voisinage

SI TON DOS EST COURBE, DEVANT TON SUPERIEUR,

Ton directeur de l’administration royale,

Ta maison sera établie sur ses biens

Et tes émoluments seront à leur juste place.

C’est une chose pénible qu’un adversaire quand il est un supérieur !

On ne vit que le temps d’entretenir sa bienveillance

Le geste par lequel il dépouille de ses bienfaits est inflexible. (62)

Ne pille pas une maison voisine !

N’usurpe pas les biens de celui qui est proche de toi ! (63)

Qu’il ne se plaigne pas de toi jusqu’à ce qu’on t’entende ! (64)

Comme l’insubordination, c’est pure folie !

S’il s’en avise, il sera quelqu’un qui (la) réprimera.

 

  (14,4)                                                  MAXIME 32

 

De la nécessité d’éviter de violer l’épouse d’un subalterne

EVITE DE VIOLER L’EPOUSE D’UN SUBALTERNE que tu connais !

C’est chose propre qui s’oppose aux humeurs qui irriguent son cœur.

Ce qui est dans son ventre ne pourrait s’apaiser. (65)

Puisse-t-il ne pas s’obscurcir (l’esprit), jusqu’à commettre une action répréhensible ! (66)

Car, c’est au préjudice de son esprit qu’il se réconforterait (67)

 

 (14,6)                                                   MAXIME 33

 

Comment éprouver un collaborateur et connaître sa véritable nature

 

SI TU SONDES  la nature de quelqu’un de l’entourage (des affaires, professionnel),

Ne questionne surtout pas l’un de ses proches !
Fais-le avec lui seul ! (68)

Jusqu’à ce que tu aies fini d’éprouver sa fiabilité

Dialogue avec lui, et après un certain temps, (69)

Réforme son esprit par l’éloquence

Quant à celui, à qui ont échappé les fruits de son expérience,

Au point de commettre  une action pour laquelle tu te mets en colère,

Ou envers laquelle il se montre bienveillant,

Ne prends pas un visage renfrogné ! Ne lui cherche pas querelle !

Ne réagis pas contre lui par une rebuffade !

Ne t’écarte pas de lui ! Ne l’humilie pas !

Son occasion (de servir) n’a jamais encore manqué de venir.

On ne peut faillir étant celui qui la prédétermine. (70)

 

 (14,12)                                                MAXIME 34

 

De la nécessité d’une conduite sans faille  et de la pratique de la bienveillance

 

PUISSES-TU TE MONTRER IRREPROCHABLE (TOUT) LE TEMPS DE TON EXISTENCE

Car « celui qui est sorti du grenier ne peut (y) rentrer » (71)

Aussi vrai que le pain du partage est la seule chose qui vaille la peine d’être recherché avec appétit, (72)

N’est un homme exemplaire que celui qui s’est purgé de ses passions.

Comme un séditieux se révèle toujours un instrument de malheur,

N’en fais pas un de tes proches !

En effet, la bienveillance fait tout le souvenir d’un l’homme

Pour les années qui suivent l’exercice de (ses) fonctions.

 

 (15,2)                                                  MAXIME 35

 

De la nécessité d’un caractère clairvoyant, attaché à l’harmonie sociale

 

APPRENDS À RECONNAÎTRE TES COLLABORATEURS ! Et, dans la mesure où tes biens existent

Ne te montre pas mesquin au détriment de ton entourage, car c’est une terre riveraine. (73)

Celui qui en est comblé, il est plus grand que ses propres richesses (74)

En effet, les biens de l’un sont à l’autre.

Ainsi le caractère du fils d’un homme lui est profitable (75)

Les bonnes manières sont destinées à marquer les mémoires.

 

 (15,5)                                                   MAXIME 36

 

De la nécessité de punir à bon escient, sans état d’âme.

 

PUNIS AU NOM D’UNE VERITABLE INSTRUCTION !

On déchire le voile de l’ignorance jusqu’à ce que, seul, le bon exemple perdure.

Un tel cas (de faiblesse, complaisance), sauf provoqué par la fatalité,

Cela revient à ce qu’un plaignant a été laissé se transformer en contestataire.

 

 (15,6)                                                   MAXIME 37

 

Du choix de son épouse et de la manière adéquate de la traiter

 

SI TU PRENDS POUR EPOUSE UNE FEMME BIEN EN CHAIR, à l’esprit joyeux,

Connue de ses concitoyens et en règle avec la loi, (76)

Montre-toi aimable à son égard au bon moment !

Ne la tiens pas à l’écart ! Laisse-la donc manger (comme il lui plait) !

Son esprit joyeux contrôle ses sautes d’humeur (77)

 

 (15,8)                                              EPILOGUE-Première section

 

De la transmission de la Sagesse

 

SI TU PRÊTES ATTENTION A CE QUE JE T’AI DIT, (78)

Ta carrière aura de l’avenir…

Quant au grain de vérité qui s’y attache, c’est sa richesse qui s’y trouve (79)

Et c’est, grâce à la beauté de leurs formulations

Que, dans la bouche des hommes, s’envolera leur souvenir…

Quand on a recourt à un texte, quel qu’il soit,

Il ne peut périr dans ce pays,

Et si on le cite, c’est au mieux que l’on a fait mouche !

Les magistrats ne parleront qu’en conformité avec lui !

En effet, c’est un (précieux) modèle pour apprendre à parler à un homme pour la postérité.

Il ne peut l’assimiler qu’après être devenu un expert en audition (80)

Il est bon de prononcer des paroles pour la postérité, car c’est elle qui l’entendra ! (81)

Si une bonne occurrence advient du fait de quelqu’un qui est un chef,

Et que cet évènement demeure mémorable pour toujours,

Toute sa sagesse (du chef), est promise à l’immortalité.

En effet, seul le savant nourrit son Bâ ! (82)

En établissant sa compétence lui-même, sur terre (83)

Le sage n’est nourri de ce qu’il sait (84)

Que par le magistrat à l’œuvre (85)

C’est sous la seule influence de son esprit,

Que parfaite est sa langue !

Et que ses yeux, quand ils voient juste,

Et ses oreilles réunies, quand il entend ce qui est utile à son fils,

Rendent exactes ses lèvres, quand il parle :

A savoir : « Celui qui accomplit la Maât est exempt du mensonge » (86)

 

 (16,3)                                              EPILOGUE- Deuxième section

 

De l’art d’être tout ouïe, clé de voûte de l’acquisition de la sagesse

 

Il EST UTILE D’ÊTRE TOUTE OUÏE, AU FILS QUI PRÊTE ATTENTION !

Car le don d’entendre n’est accessible qu’à celui qui est toute ouïe.

C’est en celui qui sera entendu que se transforme quelqu’un d’attentif. (87)

Ainsi, celui dont la qualité d’écoute est exemplaire, est quelqu’un dont l’éloquence est sublime. (88)

Et celui qui se montre attentif est détenteur de quelque chose d’utile. (89)

Il est utile de se montrer attentif pour l’auditeur ! (90)
Et c’est lorsqu’une véritable inclination s’est manifestée que le fait de se montrer attentif s’avère meilleur que tout ! (91)

Il est bon qu’un fils se montre attentif au(x) dire(s) de son père,

Car, grâce à cela, la vieillesse devra lui échoir !

Celui qui dresse l’oreille, est quelqu’un que le dieu aime.

Qui n’est pas attentif est (forcément) abhorré du dieu ;

Seul, l’esprit fait se métamorphoser son détenteur 

En quelqu’un d’attentif ou en quelqu’un d’inattentif !

Car c’est pour l’homme, la vie, l’intégrité et la santé que son esprit ! (92)

Seul, celui qui se montre attentif entend celui qui parle,

C’est quelqu’un qui est enclin à se montrer attentif et qui fait ce qui est dit.

Il est bon qu’un fils tende l’oreille à son père !

Heureux, celui à qui a été dit cela !

Quant au fils, sa maîtrise de l’ouïe, suffit à le rendre agréable !

Et celui qui se montre attentif, et à qui a été dit cela, devient inébranlable dans ses passions.

Quant au vénérable, auprès de son père, (93)

Son souvenir est dans la bouche des vivants

Qui sont sur terre et de ceux qui viendront à l’existence.

 

(16,13)                                   EPILOGUE- Troisième section

 

Du fils, disciple de son père et de l’ignorant voué aux gémonies

 

SI LE FILS D’UN HOMME EST RECEPTIF AU(X) DIRE(S) DE SON PERE,

Aucun de ses projets ne saurait aller à la dérive. (94)

Celui que tu guides comme un fils attentif,

C’est quelqu’un qui deviendra influent chez les magistrats (95)

Celui dont la bouche est guidée par ce qui lui a été dit

Est considéré (une fois pour toutes), comme un homme qui a le don d’entendre

Un fils n’acquiert de l’importance que si ses errements ont été relevés

Tandis que l’égarement est échu à celui qui est inattentif,

L’intelligent ne se lève à l’aube que pour se former,

Alors que l’ignorant n’adhère qu’à lui-même. (96)

 

(17,4)                                               EPILOGUE- Quatrième section

 

De l’ignorant

 

QUANT À L’IGNORANT, DONT L’ATTENTION N’EXISTE PAS,

Il ne peut rien faire,

Car il ne perçoit le savant que comme un ignorant,

Et ce qui est utile, qu’en élément nuisible

Chaque jour il transforme ce qui est odieux en source de répugnance à son encontre.

Il ne se nourrit que de ce dont on meurt.

Dénaturer le sens des mots, c’est sa nature.

Son caractère est en cela dans la perception des magistrats, (97)

Dans le fait de dire : « Vivre (ainsi), c’est mourir chaque jour. » (97bis)

On ne passe sur ses actes (98)

Qu’à cause du nombre de malheurs qui fondent sur lui, chaque jour.

 

(17,10)                                               EPILOGUE- Cinquième section

 

Des devoirs et du destin du fils spirituel

 

LE FILS ATTENTIF SERAIT DIGNE D’ÊTRE UN SUIVANT D’HORUS,

Il n’acquiert cette perfection que dès lors qu’il se montre attentif.

 (Quand) il devient vieux, il n’atteint l’état de vénérable

Qu’en s’obligeant à parler de la même manière à ses enfants,

C’est-à-dire en reproduisant la manière d’instruire de son père.

Tout homme est instruit comme il (son père), avait vocation à le faire.

Qu’il s’oblige donc à parler auprès de (ses) enfants,

De sorte que leurs enfants, (les petits enfants) leur diront : « Sois un exemple ! »

Ne permets pas qu’on te chahute ! Maintiens l’ordre !

Tes enfants ne doivent vivre que selon un tel principe …

Alors qu’ils sont venus (nés), porteurs de désordre

De sorte que les gens diront que ce qu’ils voient

Est une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep)(99)

Qui ne parlait à l’auditoire qu’une fois qu’il s’était installé.

C’est aussi une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep) (99)

Celui qui ne prêtait considération à leur groupe, qu’une fois la foule rendue silencieuse (100)

Les bienfaits (du savoir) ne sauraient se parachever sans eux. (Les auditeurs)

Ne t’empare pas d’un mot ! Ne va pas le chercher !  (Pour en détourner le sens ou l’usage)

Ne place pas l’un à la place de l’autre ! (101)

Prends garde ! N’ouvre pas, car il y a des clôtures en toi ! (102)

De peur de dire : « Savant,

Fais donc attention !… »  (Si) tu désires faire de toi un exemple,

Dans la bouche des auditeurs,

N’envisage de parler que, si après avoir assimilé les règles de l’art,

C’est à la perfection que tu parles,

Et que chacune de tes idées soit à sa place !

 

(18,12)                                               EPILOGUE- Sixième section

 

De la parole juste

 

DANS LA MESURE OÙ TON ESPRIT EST IMMERGE, QUE TA BOUCHE EST CONTRÔLEE  (103)

De sorte que tes projets soient prépondérants parmi les magistrats, (104)

Montre-toi vraiment scrupuleux auprès de ton maître !

Agis jusqu’à ce qu’il ait dit : « C’est un fils (disciple) d’homme célèbre » (105)

Jusqu’à ce que ceux qui l’entendront aient dit cela :

« Loué, soit celui pour qui il a été mis au monde ! »

Que son esprit soit posé le temps que tu parles

Tu n’évoqueras les choses que de manière remarquable,

De sorte que les magistrats qui entendront diront :

« Parfaites sont ses sentences ! » (106)

 

 (19,3)                                              EPILOGUE- Septième section

 

Conclusion

 

AGI JUSQU’À CE QUE TON MAÎTRE AIT DIT DE TOI:

« Parfait est celui que son père a instruit !

C’est, comme issu de son corps qu’il est sorti ! (107)

Car ce qu’il lui a dit est entièrement intériorisé

Plus grand ce qu’il a fait que ce qui lui a été dit !

Vois, c’est un fils parfait qu’un dieu donne !

Celui qui a donné plus que ce qui lui avait été dit par son maître,

Il ne pratiquera Maât que dans la mesure où sa conscience aura été guidée par sa conduite..

Dans la mesure où tu m’égales, ton corps sera intact

Et le roi sera satisfait de tout ce qui est advenu.

C’est, sans que diminuent celles que j’ai passées sur terre,

Que tu ne gagneras pas moins d’années à vivre !

Je n’ai gagné 110 années à vivre (108)

Que par don du roi de Haute Egypte, (109)

Ainsi qu’une faveur dépassant celles de ceux qui ont vécu auparavant,

Que par la pratique de Maât, à l’avantage du roi, jusqu’à l’état de vénérable (110)

 

C’est ainsi que le document doit aller de son début à sa fin (111)

COMME CELA À ETE TROUVE ECRIT

                                                  XXXXXXX

 

Version du papyrus Prisse, Bibliothèque Nationale de France. La version du papyrus Prisse est la version majeure de cette œuvre.

Datation : La scène se passe à l’Ancien Empire, sous le règne du roi Djedkarê Isési, huitème et avant-dernier roi de la V° dynastie, vers 2400 av JC. Sa rédaction devrait se situer dans la période : Fin de l’Ancien Empire, début de la XII° dynastie, au Moyen Empire. Cette « Sagesse », peut être considérée comme l’œuvre fondatrice de la culture classique de l’Egypte Pharaonique.

Notes :

(1) : litt : « la vieillesse est descendue »

(2) :« cet humble serviteur » : manière de parler déférente envers un supérieur- « se faire un bâton de vieillesse », >un successeur dans ses fonctions, que le fils succède à son père.

(2bis) : « dieu », il faut entendre par cette traduction de -nTr-, traditionnelle, et source de compréhension erronée, « lois, principes fonctionnels de la nature », qui, pour être appréhendé par l’esprit humain est anthropomorphisé.

(3) : Les Deux-Rives : L’Egypte

(4) : « Les grands » : Les hauts fonctionnaires, les notables, les magistrats.

(5) : C’est-à-dire totalement instruis

(6) : Il faut entendre dans « fils », la dimension de « disciple »

(7) : « La pierre verte », la malachite, et par extension les pierres de couleur verte ; voir l’important symbolisme qui y est attaché

(8) : litt : « lorsqu’il est à l’œuvre »

(9) : « Néglige-le » : litt : « Laisse-le à terre »

(10) : « de l’histoire ancienne » : Oubli des conséquences, du châtiment à venir.

(11) : L’avide se dit qu’il ne peut faire autrement que de faire du profit, même s’il sait que, transgressant les lois de Maât, il ruine ses chances dans l’Au-delà.

(12) : « Que personne ne dise » : litt : « Qu’un homme ne dise pas »

          « C’est le territoire de mon père » : C’est du passé, cela ne me concerne pas !

(13) : le dieu punit de même : en inspirant la crainte.

(14) : Il s’isole, devient asocial.

(15) : L’homme puissant pense qu’il n’est remarqué, adulé, courtisé qu’en fonction de ses richesses, même mal acquises, dérogeant alors aux lois de Maât et à ses conséquences.

(16) : Se jeter dans les bras du premier venu.

(17) : « Ils » : les dieux

(18) : litt : « Si tu fais partie des gens qui sont assis » (à table)

(19) : « le Ka » : Le personnage, la personne publique, la personnalité

(20) : « se tenir derrière les pains » : être assis à table

(21) : « un Ka qui ouvre ses bras » : qui donne

(22) : Une algarade : « Un lavage », « une purgation de l’esprit »

(23) : Rendre service : litt : « être escorté »

(24) : « leurs lois » : Il s’agit des lois des dieux

(25) : Une fois que tu auras rassemblé tes biens

(26) : Inutile de continuer par avidité à amasser (déséquilibre, perte de repère, conscience dévoyée.

(27) : « la moindre de ses paroles », litt : « sa bouche toute entière »

(28) : « Ils » : jusqu’à la fin de la maxime, = « les dieux »

 (29) : « Dès le 1° jour » de ta naissance, ou « dès le 1° jour » de ta prise de fonction

(30) : « Les créatures du dieu » : Les gens de bien

(31) : Il faut comprendre qu’il s’agit, pour un grand, envoyé en mission , d’être capable d’établir un rapport rigoureux et sans faille, même à partir d’informations erronées,

tronquées, même venant de la bouche d’un grand ; autrement dit : Savoir, avec clairvoyance, démêler le vrai du faux. Et s’il devait affronter qui que ce soit, lui portant contradiction, il devrait se taire sur un : « J’ai dit ! », donc, ne pas déroger !

(32) : Agir efficacement selon les principes de Maât, ne pas chercher querelle : On évite ainsi les ennuis et la disgrâce… et son souvenir restera gravé dans les mémoires pour toujours.

(33) : Dans les Instructions au Vizir, chez Rekhmirê, ligne 16, on a : « Un plaignant tiendra plus à ce qu’on prête attention à ses paroles, plutôt que d’entendre ce pourquoi il est venu. »

(34) : « Dans la maison » : litt : « à l’intérieur »

(35) : Une « maison de passe », où l’on peut côtoyer des femmes à visage découvert, voir la suite

(36) : « cela est permis » : litt : « découvert »

(37) : D’avoir gâché sa vie ! Ah ! Les femmes !!!

(38) : « Tirer sur qui est en face » : Que d’avoir des rapports sexuels sur quiconque de rencontre.

(39) : L’équivalent de la boite de Pandore.

(40) : « Les bienfaits de la parole » : Être privé de contacts sociaux, et de ce qu’il aurait pu obtenir.

(41) : Souvent, on peut lire « à plusieurs niveaux, comme ici, il s’agit de la rassasier, et/ou de la féconder.

(42) : L’huile est indispensable pour protéger sa peau des ardeurs du soleil.

(43) : Pour désigner « une femme », l’auteur n’hésite pas, il la désigne ainsi ! Litt, « un vagin »

Et pour la ligne suivante : litt : « un bassin » > « un océan » ses exigences sont démesurées.

(44) : C’est-à-dire : Prêcher l’exemple.

(45) : Que de se voiler la face

(46) : Plante teftef, une plante dont la racine évoquent des gouttes qui tombent ( ?) postillonner ? Bonimenter ?

(47) : Les directives appliquant la Maât.

(48) : Il s’agit, à la fois de ne pas parler par impulsivité, mais aussi de n’être pas muet et trop en retrait.

(49) : « la prospérité découle de son Ka » : découle de la personnalité dont on dépend.

(50) : « le combustible », « l’alimentaire » « les aliments »  ….Toujours d’actualité !

Le texte est plus fort en égyptien car c’est la même étymologie, « k3w » et « k3 ».

(51) : « ton visage »> « ta vue »> « ta vigilance » : « la vie »> « la fortune »

(52) : litt : « Celui que tu aimes » > « Auquel tu es loyal »

(53) : litt : «une bonne épaule »  >« son bras droit »

(54) : Ce fils est un apprenti/un substitut, d’un magistrat.

(55) : = Prends la place du juge…- le bâton d’épaule= le bâton de portefaix, la palanche, image du fléau de la balance, très souvent évoqué ; il doit être rigoureusement équilibré pour un jugement juste.

(56) : Le garde : agent de la force publique.

(57) : litt : « qui placera l’affaire sur le côté approprié »

(58) : litt : « une affaire alors qu’elle s’est produite ».

(59) : Absence de collaboration.

(60) : litt : « Ne te dévoile pas à cause de ta fortune ! »

(61) : La fortune peut être due à la protection du dieu, mais aussi, …au hasard !

(62) : litt : «le coude de son dépouillement ne peut se courber ».

(63) : Ne pas piller, ni les voisins, ni les proches.

(64) : Il s’agit d’être entendu devant un tribunal.

(65) : litt : « se rafraîchir » > « s’apaiser »

(66) : Il s’agit que son esprit ne s’obscurcisse pas d’une telle attaque. (Plusieurs exemples dans papyrus Ebers)

(67) : Son ventre ne se calmerait qu’au détriment de son esprit.

(68) : Quand il est seul, pour se forger sa propre opinion.

(69) : Pour le tester.

(70) : Celui qui prévoit l’utilité future d’un collaborateur, même modeste, réussit.

(71) : Proverbe : « Quand le grain est sorti du grenier, il ne peut y rentrer ». Equivalent en français : « Quand le vin est tiré, il faut le boire ! » 

(72) : L’ardente nécessité de l’harmonie sociale.

(73) : Une terre riveraine (du Nil), est évidemment très fertile.

(74) : Car il reçoit, il est comblé par l’entourage.

(75) : Quelqu’un qui a un état civil, qui n’est pas un esclave sans patrimoine.

(76) : Elle est honorablement connue, elle appartient à la société locale et n’est pas étrangère.

(77) : litt : «…contrôle le juste écoulement des humeurs ».

(78) : litt : «…à ce que je viens de te dire ».

(79) : Chacun apporte à la société son « grain de sel », son étincelle de vérité qui fait la richesse d’une carrière.

(80) : « il ne peut l’entendre », > le comprendre, l’assimiler…

(81) : Car c’est la postérité qui l’entendra et le gardera en mémoire pour la suite des générations qui s’en inspireront.

(82) : Son Bâ : sa réputation qui vole de bouche en bouche et continue à nourrir les générations suivantes.

(83) : litt : « sa perfection » > sa compétence.

(84) : litt : « gavé » > nourri

(85) : Qu’en observant le magistrat et en s’en inspirant.

(86) : Aphorisme- litt : « purgé » > exempt

(87) : Un homme attentif est forcément quelqu’un à qui on prête attention.

(88) : nfr> parfaite> exemplaire, sublime

(89) : Euphémisme : par quelque chose d’utile, il faut entendre « un trésor ».

(90) : L’auditeur auquel il fait allusion est d’un niveau d’étude supérieur. L’enseignement débutait par l’apprentissage de l’écriture.

(91) : Importance de l’adhésion de l’élève, voir : transfert Freudien

(92) : Le « jb » : >l’esprit, l’intelligence, la capacité intellectuelle, mentale, la sensibilité, la spiritualité, etc.

(93) : Prise en charge du disciple par le maître.

(94) : « aller à la dérive » verbe fondé sur la racine nmj, vagabonder, se fourvoyer

(95) : jqr=excellent> influent

(96) : Pas de projet construit, vagabonde sans méthode.

(97) : Voila le trait dominant de son caractère qui sera retenu par les magistrats.

(97bis) : Ptahhotep, s’exprime souvent par des formules lapidaires, dont l’interprétation suppose une connaissance qui nous échappe, avec une liberté laissée au lecteur qui doit se débrouiller…Il parle du destin fâcheux de l’ignorant.

Commentaire de Mr Grandet : « Le type en question est le modèle de la confusion il rejette ce qui lui permettrait de vivre. »

Donc, concernant l’ignorant, dont on a démontré au préalable qu’il gâche sa vie, on pourrait dire en français : «vivre ainsi, c’est mourir à petit feu »…

 (98) : On l’excuse.

(99) :Celui-là > à valeur méliorative, ex: « ce fameux », « cet homme célèbre » ici, Ptahhotep.

(100) : …que l’auditoire s’était assis et calmé.

(101) : Stricte intégrité du texte et de sa transmission. Pas de manipulation.

(102) : Ouvrir des clôtures internes : se libérer (à mauvais escient) de ses inhibitions.

(103) : Esprit immergé, plongé, > maîtrisé et donc dissimulé… Bien voir : le couple intellect qui conçoit/bouche qui exprime.

(104) : litt : « pour que tes projets se réalisent »

(105) : Ptahhotep.

(106) : litt : « Ce qui est sorti de sa bouche est parfait ».

(107) : litt : « C’est hors de son corps à lui, (le disciple), qu’il est sorti »

(108) : L’âge idéal pour les anciens égyptiens.

(109) : Que le roi est en mesure de dispenser.

(110) : JmAx >vénérable> ici, retraite.

(111) : Formule de clôture

Cours Institut Khéops, Années 2010/2011

Professeur : Monsieur P. 

(Les erreurs possibles n’étant que de mon fait.)

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L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx) 4 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Conférence 2015

L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx)

sphinx0 

Mes BB:. CC:. FF:. et SS:., chers amis, bonsoir à tous, nous voici réunis autour d’un sujet bien trop imposant pour une soirée, simplement, puissent quelques étoiles filantes, dans le ciel étoilé, nous apporter leurs traces lumineuses…

Pénétrer un tant soit peu cette si ancienne, si étrange, et si riche pensée est un défi que nous allons essayer d’affronter ensemble car vous êtes plus que tout autre, par votre qualité de FM, préparés à penser à la manière égyptienne.

Je n’aborderai que quelques points, et j’ai prévu de faire des pauses pour que la parole circule.

En guise d’entrée en matière, je voudrais, avant toute chose, rappeler qu’à travers l’écoulement du temps, les données de la pensée de l’Egypte ancienne qui a rayonné durant près de 4000 ans a baigné la pensée grecque, puis romaine et, qu’à travers la suite de l’histoire, à Byzance, puis à la Renaissance, elle a resurgie dans des écrits connus de vous tel, Le Corpus Hermeticum d’Hermès Trismegiste, -écrits qui ont été, au 18° siècle, l’objet d’études attentives dans les cercles d’initiés,-  tels que la FM ou encore « les Illuminés de Bavière »,   particulièrement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche et c’est ainsi que l’on peut citer Von Lessing, ayant écrit sur le papier peint de son salon la célèbre devise grecque, mais d’origine égyptienne, « Hen Kaï Pan », « Le Un et le Tout » ou encore les travaux dans les loges autrichiennes sur la Sagesse égyptienne où un certain Mozart les a écouté et a composé « La Flûte Enchantée » qui en est, elle aussi, imbibée. Je ne développe pas plus ce soir, mais ces faits témoignent d’une imprégnation de la pensée égyptienne souterraine dans la tradition que vous continuez à faire vivre. Tout ceci, s’ajoutant au culte Isiaque qui perdura en Europe fort longtemps.

*Pause1, la parole peut-elle circuler V:.M:. ?…………………..

Bien allons chercher nos étoiles filantes et leur traces lumineuses…

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*1- A propos de la pensée dite « symbolique »

2 citations.

Claude Levi-Strauss

Je cite : « L’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens, modernes, primitifs et civilisés. »

Claude Traunecker, un éminent égyptologue :

Je cite : «La pensée analogique qui consiste à puiser dans le monde sensible du vivant des modèles pour imaginer l’inconnu, supporte parfaitement la superposition des images, même paradoxales…

Attention, ces métaphores ne sont pas des actes de foi, des croyances comme dans la pensée judéo-chrétienne, mais plutôt comme des icônes logiques, (Sirius), explicatives des coulisses encore inconnues de l’Univers. C’est, au détour d’une de ses tentatives de l’explication du monde que nous pouvons surprendre les égyptiens se livrant à une réflexion scientifique sur les rapports entre la pensée et l’action avec la Pierre de Chabaka qui en est le plus brillant exemple ».

Une pierre qui va bientôt nous occuper en relation avec Le Verbe !

Avant cela, je voudrai évoquer avec vous une caractéristique de la pensée égyptienne concernant la logique en relation avec la pensée symbolique :

La pensée égyptienne est « bizarre », elle fonctionne sur 2 modes :

-Celui de la logique dite Aristotélicienne pour  ce qui est des données rationnelles, tel, le calcul d’un angle, la visée de l’étoile polaire pour l’implantation d’un temple, un univers de pensée où 2×2 font toujours 4 ! La logique aristotélicienne est marquée par sa loi d’exclusion, une logique basée sur le « oui/non », et qui exclu un tertium datur, l’exclusion d’un 3° possible « ce qui est blanc est blanc et ne peut être noir » qui s’applique bien à la compréhension du monde dans son champ conceptuel central mais qui ne fonctionne plus si l’on s’approche des frontières de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

-Un autre type de logique

 On rejoint là, les données de la physique moderne en rappelant que le physicien,  Niels Bohr, en 1927, confronté aux phénomènes inexplicables de la matière quand elle concerne les quantas pose le postulat d’une autre logique fonctionnant sous le régime de la complémentarité et incluant elle un 3° possible.

-Ainsi fonctionne la pensée égyptienne quand le besoin s’en fait sentir. Elle devient « plastique » ; elle fonctionne selon un mode de complémentarité, (Thot,Nefertari)une logique de type quantique qui suppose une approche herméneutique. C’est une logique qui pourrait être  comparée à l’œil de la mouche où de très nombreux angles de vues montrent une réalité complexe et évolutive, à l’image de la Vie, donc,  des angles de vue multiples d’une même chose.

Elle s’appuie sur des images, sur des formes, sur des formules écrites de type allusive, le tout pour exprimer l’inexprimable, quand elle pense la Création, ses lois et ses dieux.

Si 2×2 font toujours 4, le ciel est Nout, Hathor, la vache, la truie, le baldaquin, l’eau, etc…, chaque image, chaque forme, chaque texte s’ajoutant pour circonscrire au mieux ce qu’est l’essence du ciel.

C’est un monde où la forme d’un dieu, d’un objet…, où le texte n’est pas à prendre au 1° degré. La seule chose qui importe est ce qu’ils représentent, ce dont ils témoignent dans l’architecture de la Création et le message ne s’éclaircit que si l’on en a exploré tous les aspects…

Cela s’applique bien sûr aussi au domaine de l’écriture, des signes.

Par exemple si l’on regarde ensemble quelques exemples de  l’écriture de Maât, « la fille de Rê »,  - Maât, en résumant, la totalité des lois de la création et du vivant, y compris la concorde des vivants-,  je peux utiliser différentes manière de l’écrire, et le lecteur devra se demander : Pourquoi ? Et il trouvera alors le message complémentaire qui y est contenu.

… Je pense, pour tenter de relier mon propos à l’univers de la pensée M, à titre d’exemple, qu’il y a bien des manières de présenter une équerre et un compas et que si l’on pose la même question : Pourquoi ? Différents concepts deviendront clairs…

Nous baignons dans ce nous appelons la pensée symbolique et sa logique est de type « complémentaire »,  « quantique » !

A partir de cet instant, l’on peut admettre que le « Un et le Tout », (le fameux Hen Kaï Pan) ne sont pas contradictoires, mais issus d’une « logique complémentaire », nous y reviendrons en nous intéressant au 3 !

*Pause2,………………………

2**- Abordons maintenant la Cosmogonie de Ptah, « La création par le Verbe », et la Pierre de Chabaka

* Cette cosmogonie de Ptah est arrivée à nous par l’entremise de la Pierre de Chabakha, (BM), un roi tardif, -25°d, vers -700), qui dit avoir recueilli un papyrus très vieux, très abimé et rongé par les vers. Il l’a pieusement recueilli pour le faire graver dans une pierre de basalte qui, un jour, fut récupérée par un paysan cherchant une meule dormante pour moudre son grain, ce qui a provoqué un effacement d’une partie du texte…

Dans les Textes des Sarcophages du Moyen Empire, issus des T. des Pyramides  vers -2000, une phrase des TdesS : « Je suis l’Eternel… Je suis celui qui a créé le Verbe, … Je suis le Verbe », évoque la 1° phrase de l’Evangile selon St Jean… Il y a de quoi à méditer là-dessus et sur bien autre chose !…

 « La parole », en égyptien mdw-nTr, est qualifiée, elle est : « la parole divine », à travers la cosmogonie de Ptah une divinité très ancienne, le maître des artisans, le forgeron, l’ancêtre de Tubalcaïn, décrite dans cette fameuse pierre de Chabaka, (BM). On comprendra aisément que grâce à son origine divine, elle ait été aussi bien conservée et stable pendant quelques 3800 ans !

* Ptah va donc être l’artisan de la création… Mais quel était l’état des lieux, avant la création ? L’égyptien répond par des formules négatives apportant un début de réponse traduisant par « quand … n’était pas encore », (ou n’avait pas encore), exemple, « quand l’ascension de Chou n’a pas encore eu lieu », (négation de l’espace) ou « quand le dieu créateur n’avait pas encore trouvé un lieu sur lequel se dresser », « quand n’était annoncé le nom de quoi que se soit » une allusion au travail du dieu créateur par lequel il appela à l’existence toute créature et toute chose : « Ce qui existe est nommé et ce n’existe pas n’est pas nommé ».

Avant la création, il n’y avait rien, un état appelé

Avant la création : un état appelé l’état de non-existant le Noun, liquide, indifférencié contenant toutes les potentialités mais inerte, latent, une unicité plongée dans les ténèbres totales, un état de la matière où « il n’existait pas encore 2 choses », « une unité indivisible en 2 choses ».

*** Schémas Non-existant/existant> ouroboros, l’état du non-existant continue à transpirer dans l’existant, d’où la nessacité d’une attantion constante à l’entretien de la création

* La création décrite dans la pierre de Chabaka :

-1- Ptah, le Démiurge, est appelé « Cœur et Langue ». Il est l’image l’image de celui qui, muni de la puissance-Heka  va s’auto-engendrer dans cette étendue inerte, le Noun,…

Le texte décrit Ptah, « le très ancien », « celui qui a tout pouvoir », « celui qui est venu à l’existence en tant que cœur et langue sous l’apparence d’Atoum »,

Atoum est le démiurge de la cosmogonie Héliopolitainne,  il marque le passage crucial entre le non-existant et l’existant, il passe la frontière, tel une entité amphibie, comme nous le montre son nom, tm , « ne pas être », mais aussi, tm, « la totalité » en tant qu’entité  liminaire, placée entre le rien et le tout.

Par la puissance de Heka, nommée chez Ptah, « Cœur et Langue ». il  s’auto-engendre,  je cite, « qui  vient à l’existence par lui- même » (xpr Ds=f) .

Mais quelle est cette puissance contenue dans« Cœur et Langue » dont se sert Ptah pour émerger du non –existant ?… Quelle est donc cette force diffuse dans la pré-création, dans le non-existant, qui permet de basculer dans l’existant ?

A cette question, toujours d’actualité, tant, chez les physiciens que chez les théologiens d’aujourd’hui, les Egyptiens ont apportés plusieurs réponses… Le ch. 261 des TdesS, affirme et montre que Heka préexiste à toute chose et qu’elle est présente dans toute la création, (xpr m HqA).

Mais que signifie Heka ? Une sorte de potentialité universelle et incréée… et mal traduite en français par « magie » ; aussitôt, nos esprits contemporains sont hérissés par cette notion ! Donc, je vais employer le mot égyptien : Heka, c’est une formidable puissance, un champ de forces, une énergie qui fonctionne de manière automatique, instantanée, qui ne nécessite aucun médium pour sa transmission,  et qui met en branle les forces de la Nature. C’est une puissance du même ordre que ce que nous avons appelé « le Big-bang » et dont l’énergie nucléaire ne nous donne qu’une mince approche.

*Notes complémentaires  sur Héka : Heka – la puissance primitive qui a permis au démiurge de se créer lui-même, au début de la création. Elle est  présente en latence avant la création. Heka agit avec deux autres puissances, Sia, la connaissance, l’omniscience intuitive, le Cœur-esprit de Ptah, (le jb et le hathy), et Hou, le Verbe, la Parole créatrice, la Langue de Ptah….

Héka, HkA, est  la puissance, la force, (écrit dans la tombe de Banentyou),  he, H, « ce qui stimule », kA « la force de la vie », le potentiel vital, énergétique, de chaque chose créée… Tout recours à Heka suppose d’affronter une grande puissance donc l’intervention doit être faite par quelqu’un en état de pureté, physique et mentale,  par quelqu’un,  inspiré par Sia, la connaissance, et par Hou, le Verbe, la parole créatrice, la parole performative, efficiente, (et avec la prononciation adéquate). L’intervention se fait sous forme de rites, oraux et manuels. Elle permet donc d’activer les forces de Heka pour atteindre l’état optimum de la création, « la création de la 1° fois »,selon Maât, paix, prospérité, santé, harmonie, etc, et donc, de se défendre contre les forces négatives en général et donc les « ennemis » de tous genres, par ex, animaux vénéneux, par ex, la maladie. (>médecine)

*Pause3…………….

2- Le texte indique ensuite  que Cœur et Langue est présent chez tous les êtres vivants, je cite, « Il se trouve que « Cœur et Langue » ont pouvoir sur les membres de par l’enseignement qu’ils existent en tout corps et en toute bouche de tous les dieux, de tous les hommes, de tout être rampant, et de tout vivant, par la pensée et par les paroles, ordonnant toute choses qu’ils désirent »

Le texte annonce l’universalité du couple « Cœur et Langue », conception/action dans tout le monde vivant. Les membres soumis à leur pouvoir sont ceux d’un corps vivant. L’évidence est que Cœur et Langue existent dans tous les corps vivants et il est spécifié qu’ils agissent par la pensée, (le Cœur conçoit), puis par la Parole. La pensée est anticipatrice de la parole, le verbe choisi l’indique, (kAj, penser à, découvrir que, idée de futur)…Alors, Langue, Dents et lèvres » permettent de passer à l’action .

3- Le processus cognitif est décrit : le cœur produit la pensée, il recueille et coordonne les informations fournies par les sens .

Je cite : « Les yeux voient, les oreilles entendent, le nez respire le souffle et ils sont élevés vers le cœur et c’est lui, (le cœur), qui fait que sortent toutes conclusions et c’est la langue qui proclame les desseins du cœur. »

[ Indispensables à la vie, ils seront réactivés pour le défunt avec le rituel de l’ouverture de la bouche du défunt au ch.1 du LdesM, lui redonnant ses facultés opératives].

Un peu plus loin : « C’est ainsi que sont créés tout travaux et tout œuvre d’artisans ». La pensée, puis la parole déclenche l’action. Tout ce que font les membres, les mains, les jambes sont le résultat de la pensée et de la parole.

- Le processus cognitif est enclenché, il est bien défini. Les informations des trois sens, (vue, ouïe, odorat) sont centralisées par le cœur-esprit, l’intellect, en fait la synthèse et en tire des conséquences, une compréhension, et des résolutions, une volonté, qui déclenche une action pertinente qui passe dans la réalité.

Il faut noter que les « desseins du cœur » relève de la conscience individuelle et du libre-arbitre de tout être pensant devant une situation donnée.

« Cœur et Langue » est à l’origine de tous les travaux, tous les  Arts et toutes les productions… où, même les gestes simples de l’artisan sont soumis au processus cognitif pensée anticipatrice/parole/action.

4-  Puis, « Cœur et Langue » affirme la venue au monde des dieux et de tout ce qui existe, dont, l’Humanité, il met en place l’état de distinction et justifie le libre-arbitre de la conscience.

« C’est ainsi que sont nés tous les dieux, ainsi qu’Atoum et sa compagnie et que sont venus à l’existence toutes les paroles divines par la pensée du cœur et l’ordre de la langue… »

« Cœur et Langue » met en place l’état de la distinction, la dualité la fécondité et la destinée humaine en s’attachant à préciser les bases sur lesquelles la création a été conçue

Mais là, au lieu de citer le texte de la Pierre de Chabaka qui s’y réfère, je vais vous citer celui, plus clair, du TdesS. CT7-462d-464f, concernant le monologue d’Atoum, créateur : (les 4 actes fondateurs de la création, où Atoum donne l’air à  tout ce qui vit, le Nil pour pourvoir à leur nourriture et le moyen de conserver en bon état la création), et dans le 3° acte:

« J’ai créé chaque homme semblable à l’autre. Je n’ai pas ordonné qu’ils fassent le mal mais leurs cœurs ont désobéi à mes propos, c’est l’une des actions ».

Faire le Bien, ou faire le Mal, nous avons le choix… Nous avons le libre-arbitre de nos consciences.

…. Ce qui n’est pas sans évoquer la devise de la France, « Liberté, Egalité, Fraternité »,

*La fin du texte s’achève sur le repos de Ptah qui a créé le monde tangible de l’Egypte, ses villes ses temples, ses cultes, etc, sous la responsabilité de son roi, mandataire des dieux pour la maintenir en Harmonie selon les lois de Maât, l’ordre de la création parfait, exemple, l’ordre du ciel,  (SethyI°).

Je résume, « Cœur-Langue », d’essence « Heka » :

Dans un 1° temps la pensée éclot dans son cœur. (le cœur-esprit), Il « prend conscience »… « Il pense, donc il est », (voir Descartes !!!) et, de son cœur-esprit, il va déclencher la création par le Verbe : Le cœur-esprit conçoit et crée les formes ; ces formes se constituent en écriture interne dans son cœur, (signa), puis trouvent une expression externe par sa langue, ses dents et ses lèvres, (verba), et, grâce à la puissance créatrice Heka du dieu, les mots se réalisent et sont transposés dans le monde visible des phénomènes en constitution, ce sont les choses, (res)…

Thot est chargé de la besogne.

Le processus est instantané, quand la parole créatrice de dieu a été prononcée, Heka déclenche instantanément la réalité de la venue à l’existence.

Les signa, les « formes »  et donc, les hiéroglyphes, sont donc la totalité de la Création advenue, autrement dit, « tout est hiéroglyphe », « tout est Verbe »

C’est une écriture où le signifiant est en symbiose avec le signifié. Tout ce qui est nommé existe et ce qui n’est pas nommé n’existe pas ; d’origine divine, la stabilité du système hiéroglyphique a été maintenue durant 3700 ans !

 J’ajoute que « ces divines paroles » sont « efficientes », « performatives », « opératives », autrement dit chargées d’efficacité heka, et pour l’éternité !…

… Une devinette pour vous permettre de souffler un peu : Comment pensez-vous qu’un homme reconnu coupable d’un crime pouvait être châtié ? Certes, il pouvait être condamné à être battu, voire à être condamné à aller travailler aux mines mais le plus grave c’était ?…

***Pause4 question ?

Revenons un instant sur le Un, le Multiple, et le 3

* La création enclenche la distinction, (faucille, mAa), la division, la dualité, d’où découle la multiplicité.

« celui qui se transforma en millions », est une épithète courante du Créateur, quelque soit son nom, (Rê, Amon, Ptah, etc…). Avec la création et la diversité qu’elle engendre, elle devient multiple…, une intuition que le monde est nécessairement divers et multiforme et qu’il doit cet état au dieu créateur.… Le Un et la Multiplicité sont les deux bornes du non-existant et de l’existant.

*  Mais,…pourquoi le 3 a-t-il une importance dans ce processus ?

Titulature Toutankhamon : nb-xprw-ra HoA-mAat- Rê est le maître  des manifestations, souverain de Maât, et Titulature d’Horemheb : Djeser- Khéperou-Rê- setep-en-Rê Sacrées sont les manifestations de Rê, l’élu de Rê : Dsr-xprw stp.n-ra

Voilà les signes qui permettent d’écrire noter l’Unité, la Dualité et la Multiplicité, si la valeur « trois » est réelle, par exemple dans les textes de comptabilité, ce même signe marque la multiplicité, la Multiplicité de la création, une valeur hautement symbolique s’en dégage, et

la notion de trinité, la tri-unité a évidemment, une origine égyptienne, et la valeur symbolique du trois en est renforcée d’autant.

* L’état sympathique de la création

L’une des particularités de la pensée logique complémentaire est de mettre en lumière que toute cette multiplicité est « Une » dans le fait qu’elle est en interaction et donc, elle offre  une organisation « sympathique » de la Nature : Des données semblables produisent des effets semblables, et ceci, en utilisant tous les règnes de la Création : humain, animal, végétal, minéral. Tout comme ce que nous connaissons dans le domaine de l’Homéopathie… (Isis, scorpion)

* La démarche à suivre dans ce système de pensée symbolique appliquant la logique complémentaire, est, non de poser la question du Comment ? Mais la question du Pourquoi ? Et même la question du pourquoi du pourquoi !… et, pour ma part,…  m’inspirer de la vieille Sagesse égyptienne dont je vous livre un extrait qui m’est cher :

La 1° maxime de la Sagesse de Ptahotep vers – 2350

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art (en ce monde),

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise ne soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (la malachite),

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules »

* Il y aurait tant à dire sur bien des choses, par exemple sur l’œil, la règle, le pavé mosaïque, la Lumière, la pureté, les 4 éléments, la nature d’Osiris et son redressement, le geste-henou, etc… Mais, il est l’heure et nous aspirons au repos…

Simplement pour terminer sur une note plus légère, je vous ferais remarquer que si la pierre du meunier n’avait pas été rectangulaire, si elle avait été carrée ou circulaire, la subtile démonstration des penseurs memphites disparaissait à tout jamais, dissoute dans la farine !

 

Merci de votre patiente attention, j’ai dit V:.M:.

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Notre Dame … Isis 13 mai, 2018

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http://chris.unblog.fr/2018/05/12/notre-dame-isis/

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Protégé : Lecture ésotérique de Tintin, l’Oeuvre d’Hergé – 1°- 11 mai, 2018

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie 6 mai, 2018

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie

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27 Août 2017 , Rédigé par G\ L\

Cette planche a pour but de vous faire découvrir modestement et succinctement un monde que vous ne connaissez peut-être pas.

Préambule

Surface, chassez partout ! L’ordre du commandant fuse dans les hauts parleurs. Chassez partout ! Répète l’officier chef de quart, chassez partout ! Répète à son tour le Maître de central, chassez partout ! Reprend l’électricien de central en actionnant les leviers du tableau de chasse vers le bas. L’air comprimé s’engouffre dans les ballastes en un bruit strident y chassant l’eau. Le submersible s’allège et perce la surface en un instant, passant de la pénombre des fonds sous-marins à la lumière du jour. Sanglé dans mon uniforme, le panneau supérieur du sas ouvert, j’accède à la passerelle sur les talons du chef de quart. Après trois longues semaines de plongée, la lumière du soleil sur une mer étrangement calme me remplit de bonheur. Quelles ont été longues ces journées passées au fond, seulement rythmées par les quarts où seule la couleur de l’éclairage, blanc pour le jour et rouge pour la nuit, permet de ne pas perdre le fil du temps. J’ai 18 ans et je suis maintenant un vrai sous-marinier, reconnu par mes paires, je repense à mon baptême qui a consisté lors de la première descente à 300 mètres d’immersion à ingurgiter un bol d’eau de mer puisé à cette profondeur suivi d’un bol de vin rouge au goût âcre et amère. Combien de symboles maçonniques dans ce court préambule ? Répétition des ordres, grade d’officier, grade de maître, passage de l’ombre à la lumière, uniforme, calice d’amertume lors du baptême qui s’apparente à l’initiation… J’ai maintenant 49 ans et j’ai l’honneur et la fierté d’être compagnon Franc-maçon. Perdu dans mes pensées, je me rends compte des nombreuses similitudes entre ce que j’ai vécu durant mes quinze années passées au sein des forces sous marines et mon expérience actuelle au cœur de notre belle confrérie, cela me donne envie de poursuivre. Un sous marin peut-il s’apparenter à une loge ? Pourquoi ne pas essayer ? Après tout, il s’agit bien là d’un milieu clos, complètement isolé du monde extérieur. L’amitié et la fraternité y règne dans une vie monacale qui comporte également de nombreux rituels, des traditions et un langage particulier. Les repas pris à bord s’apparentent à l’agape.

Les grades

Comparons rapidement les différents grades des deux organisations qui nous intéressent en commençant par le bas : Le mousse ou le matelot, chapoté par un quartier-maître ou un second-maître est incontestablement l’apprenti. Il a été initié, il est là pour apprendre et se former durant quelques années. Tout comme l’apprenti, il se sent perdu, ne comprend pas, alors il observe, analyse, essaie de se familiariser avec les nombreuses coutumes et pratiques de la marine. A bord d’un sous marin, il est corvéable à merci, il met la table, sert ses compagnons, débarrasse, nettoie, fait la vaisselle. Il ne parle pas beaucoup, répond seulement lorsqu’on lui pose une question en faisant bien attention de ne pas dire d’idiotie. Les quartiers-maîtres sont les compagnons, durant leurs différentes affectations ou pourrait-on dire voyages, ils vont parfaire leur instruction et acquérir les connaissances nécessaires à la prochaine étape. Chacun va apprendre à utiliser les différents outils propres à sa spécialité. Comme chez nous cette période peu durer 5 ans avec une progression régulière vers l’acquisition complète de la pratique et de la théorie relatives à la formation de chacun. Nous avons bien là les cinq voyages de l’augmentation de salaire. Compagnon Franc-maçon je revis cette période. Je suis passé de la colonne J à la colonne B, j’ai gravi les cinq degrés mystérieux du temple, j’ai découvert l’étoile flamboyante et la lettre G, j’ai lu, j’ai travaillé avec mes frères surveillants, j’ai voyagé et visité d’autres loges et découvert d’autres rites, suis je maintenant digne de passer maître ? Grade ou tout commence m’a-t-on dit ? Dans la Marine comme en franc maçonnerie, le maître a acquis l’expérience indispensable à la pratique de sa spécialité. Tout en continuant à se perfectionner, il est maintenant apte à jouer le rôle d’instructeur vis-à-vis des matelots et quartiers-maîtres, il est habité d’un devoir de transmission. Maîtres mécanicien, maître électricien, maître timonier, détecteur, torpilleur, radio, et bien d’autres. Ces hommes constituent l’ossature, les piliers de l’équipage, sans eux et leur savoir rien n’est possible, au fond des mers et des océans aucune erreur n’est permise. Les officiers sont la pour diriger le bâtiment et l’équipage. L’officier en second serait le premier surveillant son rôle étant d’aider le commandant il est également le trésorier du bord, l’officier en troisième chargé de la navigation pourrait être le maître de cérémonie qui à la charge de faire entre guillemet naviguer les frères au sein de la loge. L’officier en quatrième plus particulièrement chargé de la détection, des munitions et des torpilles est le couvreur qui avec son épée garde la porte du temple en détectant puis empêchant toute intrusion utilisant son arme si nécessaire. L’officier en cinquième a la responsabilité des transmissions il est alors l’orateur car souvent en relation directe avec le commandant pour le tenir informé. Le commandant, seul maître à bord après Dieu ou devrais-je dire GADLU serait ainsi le Vénérable Maître en chair. Je reprends mon rituel d’apprenti : « de même que le soleil se lève à l’Orient pour ouvrir la carrière du jour, ainsi le maître de la loge se tient à l’Orient pour ouvrir la loge, éclairer les travaux, et mettre les ouvriers à l’œuvre ». Au poste de combat, le commandant est au périscope, il est alors le seul à voir la lumière du jour. Il dirige l’attaque, la responsabilité pèse sur ses épaules, de lui dépend la survie de l’équipage. Durant des siècles, combien de commandant de navires ont attendu avec impatience le levé du soleil à l’Orient afin de faire le point au sextant et connaître ainsi la position de leur bâtiment ? Action indispensable à l’équipage pour la poursuite du voyage ou de la mission. Au fait, outre le sextant, quels sont les instruments utilisés pour faire le point ? Une carte bien sûr, mais également un compas ainsi qu’une règle graduée, autant de symboles maçonniques forts. Dans ce cas, le compas sert à mesurer les distances, en traçant plusieurs arcs sur la carte il va permettre de situé précisément la position du navire, associé à la règle il sera utile pour tracer la route, nous retrouvons là la lettre G de géométrie.

Les autres symboles

Quels autres symboles pouvons-nous trouver ? La mer, l’océan ou le voyage initiatique Le premier qui me vient à l’esprit est l’état de la mer. En effet, celle-ci peut être déchaînée, passer par plusieurs étapes jusqu’à devenir calme, voir très calme, on appel cela une mer d’huile. Lorsque le sous marin transite en surface, et que la mer est déchaînée, la vie à bord devient extrêmement pénible, tout bouge, tout ce qui n’est pas arrimé tombe, le navire tremble, grince sous les coups de boutoir de l’océan. L’équipage est presque en survie dans ce mouvant tumulte, en passerelle les veilleurs, transis de froid, sont harnachés pour éviter de se faire emporter par une lame. Comment ne pas faire tout d’abord le rapprochement une fois de plus avec l’initiation. De nouveau je reprends mon rituel d’apprenti : le premier voyage, emblème de la vie humaine, tumulte des passions, difficulté, obstacle, une fois de plus beaucoup de similitudes. Puis comme par enchantement la météo s’améliore, le vent commence à faiblir. A bord, doucement tout se calme, la vie devient moins difficile, nous sommes au deuxième voyage puis après quelques temps l’océan devient lisse, la vie reprend son cours normale de nouveau la sérénité s’installe au sein de l’équipage, c’est le troisième voyage. La seconde idée serait de comparer l’état de la mer au pavé mosaïque. L’océan déchaîné étant le pavé noir, la mer calme le blanc… Nous avons là une notion de dualité extrêmement forte. Le poste de combat de vérification ou la mise en place de la loge Avant chaque appareillage, toujours le même rituel, l’équipage au grand complet procédait au poste de combat de vérification. Toujours à quai, il s’agissait de vérifier le bon état du bâtiment en faisant fonctionner tous ses matériels, des moteurs diésel au sonar en passant par les émetteurs radio et l’étanchéité, tout y passait car hors de question de partir en mer à bord d’un sous-marin déficient.Où avez-vous été reçu maçon ? Dans une loge juste et parfaite. Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Trois la composent, cinq la gouvernent et sept la rendent juste et parfaite. En tant qu’apprenti j’ai eu souvent à effectuer la mise en place de la loge avant l’entrée du vénérable maître en chaire et de ses officiers. Comme pour le sous marin, pas question d’ouvrir les travaux si la loge n’est pas juste et parfaite.

L’uniforme ou le tablier

Dans la marine comme en franc Maçonnerie, chacun se reconnaît à son uniforme et à ses insignes, du mousse à l’amiral, comme de l’apprenti au Très Respectable Grand Maître de notre obédience. A chaque grade équivalent un uniforme et des galons ainsi que différents insignes définissant la spécialité de chacun. Tout comme chez nous, plus le grade est élevé, plus la tenue est étoffée. Tout ceci me fait immédiatement penser aux ornements de tablier et aux bijoux d’officiers.

La pesée ou le niveau

En plongée une de nos préoccupations principales est la pesée. Un sous marin bien pesé est un bâtiment qui, en immersion, moteur stoppé, ne doit ni monter, ni descendre et conserver une assiette stable, « être de niveau ». Le réglage s’effectue en admettant ou en chassant de l’eau et en passant celle-ci de l’avant vers l’arrière ou vice versa. La pesée parfaite ne s’obtient qu’après une multitude de mouvements d’eau et reste éphémère et sans cesse à corriger car au fil du temps le submersible s’allège au fur et a mesure de la consommation de gasoil, de vivre et d’eau douce. Quels symboles maçonniques pouvons-nous déduire ? J’en vois deux : – Le niveau, bijoux du second surveillant et symbole de l’équilibre ainsi que de l’égalité entre tous les frères. – D’autre part, dans mon esprit, ce sous marin bien pesé, donc parfait, pourrait être la pierre taillée, qui va s’imbriquer précisément au sein du temple en construction mais aussi l’emblème du frère en quête de perfectionnement, tentant de corriger en permanence ses défauts et de vaincre ses passions afin d’essayer d’arriver à la sérénité et à un équilibre satisfaisant.

L’échelle ou la verticale

Aucun moyen de sortir d’un submersible sans emprunter une échelle verticale faisant passer le sous-marinier de l’ombre à la lumière. Je retrouve là les notions de verticalité, d’élévation, de fil à plomb qui me semblent fondamentales.

Le matricule

Le matricule définit dans la Marine comme en franc maçonnerie l’ancienneté de ses membres. 057700083 j’ai été le 83ème marin à signer un engagement en 1977. 80221 je suis le 80221ème frère à avoir été initié au sein de notre obédience.

L’inspection générale ou la visite du Grand Maître Provincial

Une fois par an, nous avions droit à l’inspection générale de l’Amiral commandant les forces sous marines. Nettoyage, bricage, peinture, remise en état de tous les matériels, un mois avant la date fatidique tout l’équipage était au travail et sur les dents afin que tout soit parfait le moment venu. Le jour J, les hommes en grande tenue, rangés et alignés et au garde à vous attendaient cette visite non sans quelque anxiété pour le passage en revue. Combien de fois me suis-je remémoré ces instants lorsque étant à l’ordre, les frères surveillants passent entre nos colonnes afin de vérifier que nous sommes bien maçons. Puis c’était le départ pour une journée en mer avec inspection de tous les compartiments par l’amiral, accompagné du commandant et suivi par le maître d’hôtel tenant rituellement un plateau d’argent sur lequel est posé une paire de gants blancs que l’inspecteur pouvait utiliser à sa guise afin de vérifier la propreté du bord, gare à la poussière… La visite du grand maître Provincial n’est pas sans me rappeler ces moments.

Le salut ou le signe

Vous me reconnaitrez à mes mots, signes, et attouchement. Dans l’armée en général, le salut qui s’apparente à l’ordre et au signe est ancestral, il marque le respect et l’appartenance à un même clan. Il s’effectue en portant la main droite tendue, paume vers l’extérieur au niveau de la tempe, à ce moment, le bras forme une équerre avec la verticale du corps, encore un beau symbole.

Quart de nuit en surface ou La voute étoilée

Je me souviens comme si c’était hier de ces longues heures de quart de nuit, passées à faire la veille dans le kiosque lorsque le sous marin était en surface. Là, au milieu de l’océan, c’est-à-dire de nulle part, j’ai pu voir des ciels étoilés magnifiques car aucunement altérés par une quelconque source lumineuse humaine. Dans ces moments de méditation intense j’ai souvent ressenti une très grande sérénité prémices à l’égrégore rencontrée parfois en loge.

La corvée de câble ou le branchement du temple de st Colomban

Depuis mon arrivée parmi vous, j’ai l’impression que tout me ramène au passé même les choses les plus inattendues comme le spécifique branchement du câble pour éclairer notre loge. En effet lors de nos retours au port, une fois le bâtiment amarré il était indispensable de le raccorder électriquement au quai, s’ensuivait la sempiternelle corvée de câbles pour laquelle tous les matelots étaient requis.

Conclusion

Vous aurez compris, mes frères, que lorsque j’ai entendu parler de franc maçonnerie pour la première fois et après quelques recherches personnelles, je me suis rapidement rendu compte, comme une évidence que ma place était parmi vous tant les similitudes entre la vie d’une loge, d’une obédience et mon passé militaire sont grandes. Je retrouve cette même fraternité, la vraie, celle qui lie les hommes de bonne volonté. Je retrouve la rigueur, le travail et beaucoup d’autres choses avec en plus le côté spirituel qui m’ouvre de nouveaux horizons à explorer, des horizons encore plus vastes que l’océan. Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de citer une phrase prononcée ici par un frère qui se reconnaîtra : « Souhaitons que cet homme qui fut maître dans la marine le redevienne un jour en franc-maçonnerie ».

J’ai dit très vénérable.

 

SOURCE : http://hautsgrades.over-blog.com/

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Isis déesse-mère 17 mars, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

ISIS

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Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé.

Isis est l’une des déesses les plus populaires du panthéon égyptien.

Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des V° et VI° siècles.

Une des particularités d’Isis, est de figurer à la fois une déesse, mais aussi une reine mythique de l’Égypte antique.

Les Égyptiens étaient en effet persuadés qu’Isis avait régné sur l’Égypte longtemps auparavant, aux côtés de son époux et frère Osiris  (lui aussi pharaon, vivant, en chair et en os).

Isis et Osiris sont à la fois époux et frère et sœur. Oui, ça nous semble étrange, mais dans un monde où le partage du pouvoir et/ou de la terre sont problématiques, ce genre d’union est bien commode.

Isis et Osiris sont les enfants de Nout, la déesse-ciel et Geb, le dieu-terre. Ces divins parents ont aussi engendré le couple Seth et Nephtis, plus attirés par le mal que le couple précédent.

Osiris reçoit donc le trône d’Égypte et devient pharaon, aux côtés d’Isis. C’est cette dernière qui enseigne aux hommes qu’il est mauvais de manger d’autres êtres humains. Osiris, dans sa grande bonté, leur enseigne l’agriculture. Isis a mené un rude combat pour protéger son mari Osiris des griffes de Seth, le dieu du désert. En effet, celui-ci était jaloux de son frère Osiris qui possédait la terre fertile alors que lui héritait du désert… Seth décida donc de se venger d’Osiris, il fit, dans un premier temps construire une malle dans laquelle seul Osiris (qui faisait 3 mètres !) pouvait rentrer. Il invita tous les êtres magiques à une fête et il lança un défi à tous, je suppose que vous voyez de quoi je veux parler, celui qui rentrait parfaitement dans la malle gagnait quelque chose… Quand ce fut le tour du malheureux Osiris Seth l’enferma dans la malle et le jeta au Nil ! Mais Isis, furieuse retrouva Osiris et demanda à Anubis le dieu de l’embaumement, de le refaire vivre.

Osiris retrouva donc la vie mais pas pour longtemps…

Seth découvrit que son frère était en vie ! il l’invita donc chez lui, il le prit par derrière et le découpa en 14 morceaux qu’il répartit dans toute l’Egypte ! Isis, ayant découvert l’atrocité que Seth avait fait à son mari, partit à la recherche des 14 morceaux et pendant des mois et des mois elle chercha… elle retrouva 13 morceaux. Le morceau manquant était ses parties génitales. Elle confia tous les morceaux à Anubis qui l’embauma et lui rendit la vie.

C’est un texte très inhabituel dans le contexte de Nag Hammadi, car il ne contient rien de chrétien ni de juif. Il ne peut pas non plus être classé parmi les textes gnostiques, dont l’esprit prévalait à l’époque où les manuscrits retrouvés furent écrits, à savoir entre le 4e siècle AEC et l’an 60 EC. Aussi les commentateurs sont-ils perplexes devant ce texte sans équivalent connu.

« Dans son contenu, la Foudre (ou le Tonnerre) est virtuellement unique dans le corpus de Nag Hammadi. C’est une révélation faite par un personnage féminin qui n’est pas particulièrement identifiée par ailleurs, à part peut-être dans le titre. »

La Foudre, ici, c’est l’éclair qui donne l’éveil, et c’est aussi, sous sa forme divinisée, Isis, la grande déesse des Egyptiens. La Foudre, donc, personnifiée en déesse, va s’adresser à nous dans un texte qui n’a pas été compris par le traducteur, celui du grec en anglais, M. MacRae.

Pour pallier ce défaut qui rend le texte incompréhensible, j’en propose la lecture qui suit.

J’y ai associé ce qui, à l’époque, était évoqué par les images et les expressions de la Déesse Foudre, la grande Isis des Egyptiens.

« Je suis la Foudre qui rend l’esprit parfait, la puissance m’envoie à ceux qui m’attendent. Ne m’ignorez pas, vous les Grecs, forts de vos nouvelles croyances.

Car je suis la première et la dernière, la grande déesse et la plus humble des servantes.

Car je suis celle qui est honorée dans la vieille religion, et celle qui est méprisée dans le culte grec. Je suis celle qui est stérile, car l’éveil ne se transmet pas par l’hérédité ; et nombreux sont mes fils, car j’en ai éveillé plus d’un. Vous qui m’avez connu, ignorez-moi, car l’éveil n’est plus à la mode des Grecs.

Et vous les Grecs qui m’ignorez, connaissez-moi, recevez de moi votre éveil. Ne soyez pas arrogants avec moi quand je suis bannie de la terre. Quand la vieille religion décline, ne méprisez pas Isis l’esprit parfait.

Je suis la pécheresse quand mon éclair prend la vie, et je suis la sainte quand mon éclair donne l’éveil.

Je suis l’épouse quand je m’unis à l’initié, et je suis la vierge car aucun homme ne me possède.

Je suis stérile car ceux que j’éveille ne transmettent pas l’éveil à leurs enfants et je suis féconde car nombreux sont ceux à qui j’ai donné la connaissance.

Je suis la sage-femme car j’accouche le dieu qui est dans l’homme et je ne donne pas naissance car le mystère de la vie est plus grand que moi.

Je suis la force, celle que je donne à travers mon esprit parfait ; et je suis la peur car mes adeptes redoutent mon baiser. Car autant qu’il peut tuer il peut diviniser.

Je suis compatissante quand je donne la lumière de l’esprit parfait et je suis cruelle quand je foudroie l’imprudent. Faites attention !

Je suis insensée et je suis sage. Je suis la connaissance absolue, la science infuse, la mémoire totale. Toute la puissance du monde arrive par ma connaissance. La puissance des anges est issue de ma parole, car ils sont les fils de la foudre.

Et je fus la puissance des premiers dieux. Et je suis la puissance des esprits qui se sont unis à moi.

Je suis le contrôle car l’éveillé sait se maîtriser lui-même et je suis l’incontrôlable car la toute-puissance de mon éclair dépasse les forces humaines. Ecoutez-moi dans la douceur et apprenez de moi la rudesse.

Je suis celle qui tonne, jetée à la face de la terre.

Je suis l’ouïe qui est à la portée de tous, quand je fais gronder mon tonnerre.

Et je suis la parole qui ne peut être saisie, O Isis, ô foudre qui rend divin, étends ta bénédiction sur les hommes de ce temps. Tu as laissé ton testament dans une prière magique, Foudre, Esprit Parfait. Et pour tous tes bienfaits, pour ton don si bénéfique, pour la force de ta lumière, nous te louons, Isis.

Qui es-tu, ô sainte Isis, la mère et la sœur des hommes, la grande déesse, la première et la dernière, toi qu’on a appelé la déesse aux dix mille noms ?

Une autre secte faisait fureur à cette époque, le culte de Mithra qu’on appelait aussi Sol Invictus.

Sous des dehors exotiques assez éloignés de la source égyptienne, cette religion des Fils du Soleil repose sur la même initiation, l’éveil – ou la mort – par la foudre.

Basé sur le culte païen de l’énergie Sol Invictus qui pratiquait l’éveil par la foudre, le christianisme contient des traces de ce chamanisme originel. La Pentecôte nous montre comment l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, est descendu sur les apôtres. Jésus n’était plus, avant de partir il leur avait confié une mission : « Allez enseigner toutes les nations et donnez-leur la bonne nouvelle. Quand vous serez chez eux, mangez ce qu’ils mangent et suivez leurs coutumes. Guérissez ceux qui chez eux seront malades. »

Aussi l’Esprit Saint est-il descendu sur eux, qui tremblaient de peur, et quand il fut sur eux, ils ne craignaient plus. Ils se mirent à parler en langues. Ils reçurent le don de guérir toutes maladies.

La Mère Divine en nous a cinq aspects, symbolisés par la vache blanche à cinq pattes.

- Le premier est NEPHTYS. Ce n’est rien moins que la Prakriti NON-MANIFESTÉE.

- Le deuxième aspect, c’est « ISIS, de qui aucun mortel n’a levé le voile ». La Prakriti manifestée possède le symbolisme aztèque de Tonantzin, la Mère adorable. Les Grecs ont symbolisé ce second aspect de la Mère cosmique par la chaste Diane.

- Le troisième aspect de la Mère divine, chez les Aztèques, est la terrible Coatlicue ; elle est la Proserpine égyptienne, l’effroyable Hécate, maîtresse des enchantements et de la mort chez les Grecs.

- Quant au quatrième aspect, que dirons-nous ? Comment pourrait-on obtenir, par exemple, l’union du spermatozoïde avec l’ovule si le quatrième aspect n’existait pas, la MÈRE NATURE en nous… La Mère Nature particulière, individuelle qui est une partie de notre propre Être. – Qui nous donne ces impulsions ou instincts, l’impulsion sexuelle, qui ? D’où sort cette impulsion sexuelle que tout être humain porte en lui ?

Toutes ces impulsions instinctives, tous ces instincts qui sont si élémentaires proviennent simplement de la Mère Nature Élémentale, de la MAGICIENNE ÉLÉMENTALE en nous, qui est une autre partie de notre propre Être. (Le cinquième aspect) Dieu comme Mère réside dans le Temple-Cœur

La Mère Cosmique n’a pas de forme, mais elle aime prendre une forme pour répondre au suppliciant. Elle peut se présenter comme Isis, Rhéa, Cybèle, Tonantzin, Marie, etc.

Quand la Divine Mère a donné sa réponse au dévot, elle désintègre sa forme instantanément parce qu’elle n’en a pas besoin.

La Divine Mère est le second aspect de Cela, et on l’appelle l’Amour. L’Amour est une substance qui est coessentielle à l’Espace Abstrait très profond. La Divine Mère n’est ni une femme ni un individu. C’est uniquement une substance inconnue. Quelle que soit la forme qu’Elle prenne, elle se désintègre quelques instants après.

Ceci est l’Amour. Dieu Mère est Amour. Dieu Mère nous adore, nous aime terriblement. La déesse Mère du monde monte par le canal médullaire convertie en Serpent de feu quand nous travaillons avec l’Arcane AZF.

La déesse Mère du monde est Devi Kundalini. La Divine Mère porte son fils dans ses bras amoureux. Le Christ interne de chaque homme est un enfant. La Mère est Cela, Cela, Isis, Amour, Mystère.

Merci à mon F:. François de cet apport …

isis .

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