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Protégé : GNOSE – GNOSIS – 1°- 26 novembre, 2018

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Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety 22 novembre, 2018

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Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 23 janvier 2016

Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety

Discours Préliminaire

 Le grand nombre d’Auteurs qui ont écrit sur les Hiéroglyphes des Égyptiens, & sur les Fables auxquelles ils ont donné lieu, sont si contraires les uns aux autres, qu’on peut avec raison regarder leurs ouvrages comme de nouvelles Fables. Quelque bien imaginés, quelque bien concertés que soient, au moins en apparence, les systèmes qu’ils ont formés, on en voit le peu de solidité a chaque pas qu’on y fait, quand on ne se laisse pas aveugler par le préjugé. Les uns y croient trouver histoire réelle de ces temps éloignés, qu’ils appel­lent malgré cela les temps fabuleux. Les autres n’y aperçoivent que des principes de morale, & il ne faut qu’ouvrir les yeux pour y voir partout des exemples capables de corrompre les mœurs. D’autres enfin, peu satisfaits de ces explications, ont puisé les leurs dans la Physique. Je demande aux Physiciens Naturalistes de nos jours, s’ils ont lieu d’en être plus contents.

 Les uns & les autres n’ayant pas réussi, il est naturel de penser que le principe général sur lequel ils ont établi leurs systèmes, ne fut jamais le vrai principe de ces fictions. Il en fallait un, au moyen duquel on pût expliquer tout, & jusqu’aux moindres circonstances des faits rapportés, quelque bizarres, quelque incroyables, & quelque contradictoires qu’ils paraissent. Ce système n’est pas nouveau, & je fuis très éloigné de vouloir m’en faire honneur, je l’ai trouvé par lambeaux épars dans divers Auteurs, tant anciens que modernes, leurs ouvrages sont peu connus ou peu lus, parce que la science qu’ils y traitent est la victime de l’ignorance & du préjuge. La plus grande grâce qu’on croie devoir accorder à ceux qui la cultivent, ou qui en prennent la défense, est de les regarder comme des fous, au moins dignes des Petites maisons. Autrefois ils passaient pour les plus sages des hommes, mais la raison, quoique de tous les temps, n’est pas toujours la maîtresse ; elle est obligée de succomber sous la tyrannie du préjugé & de la mode.

 Ce système est donc l’ouvrage de ces prétendus fous, aux yeux du plus grand nombre des modernes, c’est celui que je leur présente ; mais ne dois-je pas craindre que mes preuves établies sur les paroles de ces fous, ne fassent regarder mes raisonnements comme ceux donc parle Horace ?

[(. . . . . Ifti tabula fore librum

 Perfimilem, cujus velut agri fomnia , vana

 Fingentur fpecies : ut nec pes, nec caput uni

 Reddatur forma.

 Art. Poet ; )]

 Je m’attends bien à ne pas avoir l’approbation de ces génies vastes, sublimes & pénétrants qui embrassent tout, qui savent tout sans avoir rien appris, qui disputent de tout, & qui décident de tout sans connaissance de cause. Ce n’est pas à de tels gens qu’on donne des leçons ; à eux appartient proprement le nom de Sage, bien mieux qu’aux Démocrite, aux Platon, aux Pythagore & aux autres Grecs qui furent en Égypte respirer l’air Hermétique, & y puisèrent la folie donc il est ici question. Ce n’est pas pour des Sages de cette trempe qu’est fait cet ouvrage : cet air contagieux d’Egypte y est répandu partout ; ils y courraient les risques d’en être infectés, comme les Geber, les Synesius, les Moriens, les Arnaud de Villeneuve, les Raymond Lulle & tant d’autres, assez bons pour vouloir donner dans cette Philosophie. À l’exemple de Diodore de Sicile, de Pline, de Suidas, & de nombre d’autres anciens ils deviendraient peut-être assez crédules pour regarder cette science comme réelle, & pour en parler comme réelle. Ils pourraient tomber dans le ridicule des Borrichius, des Kunckel, des Beccher, des Scalh, assez fous pour faire des traités qui la prouvent, & en prennent la défense.

 Mais si l’exemple de ces hommes célèbres fait quelque impression sur les esprits exempts de prévention, & vides de préjugés à cet égard, il s’en trouvera sans doute d’assez sensés pour vouloir, comme eux, s’instruire d’une science, peu connue à la vérité, mais cultivée de tous les temps. L’ignorance orgueilleuse & la fatuité sont les seules capables de mépriser & de condamner sans connaissance de cause. Il n’y a pas cent ans que le nom seul d’Algèbre éloignait de l’étude de cette science, & révoltait, celui de Géométrie eût été capable de donner des vapeurs à nos petits Maîtres scientifiques d’aujourd’hui. On s’est peu à peu familiarité avec elles. Les termes barbares dont elles sont hérissées ne font plus peur ; on les étudie, on les cultive, l’honneur a succédé à la répugnance, & je pourrais dire au mépris qu’on avait pour elles.

La Philosophie Hermétique est encore en disgrâce, & par là même en discrédit. Elle est pleine d’énigmes, & probablement ne sera pas de long­temps débarrassée de ces termes allégoriques & barbares dont si peu de personnes prennent le vrai sens. L’étude en est d’autant plus difficile, que les métaphores perpétuelles donnent le change à ceux qui s’imaginent entendre les Auteurs qui en traitent, à la première lecture qu’ils en font.

Ces Auteurs avertissent néanmoins qu’une science telle que celle-là ne veut pas être traitée aussi clairement que les autres, à cause des conséquences funestes qui pourraient en résulter pour la vie civile. Ils en font un mystère, & un mystère qu’ils s’étudient plus à obscurcir qu’à développer. Aussi recommandent-ils sans cesse de ne pas les prendre à la lettre, d’étudier les lois & les procédés de la nature, de comparer les opérations donc ils parlent, avec les siennes, de n’admettre que celles que le Lecteur y trouvera conformes.

Aux métaphores, les Philosophes Hermétiques ont ajouté les Emblèmes, les Hiéroglyphes, les Fables, & les Allégories, & se sont rendus par ce moyen presque inintelligibles à ceux qu’une longue étude & un travail opiniâtre n’ont pas initiés dans leurs mystères. Ceux qui n’ont pas voulu se donner la peine de faire les efforts nécessaires pour les développer, ou qui en ont fait d’inutiles, ont cru n’avoir rien de mieux à faire que de cacher leur ignorance à l’abri de la négative de la réalité de cette science, ils ont affecté de n’avoir pour elle que du mépris ; ils l’ont traitée de chimère & d’être de raison.

 L’ambition & l’amour des richesses est le seul ressort qui met en mouvement presque tous ceux qui travaillent à s’instruire des procédés de cette science ; elle leur présente des monts d’or en perspective, & une santé longue & solide pour en Jouir. Quels appas pour des cœurs attachés aux biens de ce monde ! on s’empresse, on court pour parvenir à ce but, & comme on craint de n’y pas arriver assez lot, ou prend la première voie qui paraît y conduire plus promptement, sans vouloir se donner la peine de s’instruire suffisamment du vrai chemin par lequel on y arrive. On marche donc, on avance, on se croit au bout ; mais comme on a marché en aveugle, on y trouve un précipice, on y tombe. On croit alors cacher la honte de sa chute, en disant que ce prétendu but n’est qu’une ombre qu’on ne peut embrasser ; on traite ses guides de perfides ; on vient enfin à nier jusqu’à la possibilité même d’un effet, parce qu’on en ignore les causes. Quoi ! parce que les plus grands Naturalistes ont perdu leurs veilles & leurs travaux à vouloir découvrit quels procédés la Nature emploie pour former & organiser le fœtus dans le sein de sa mère, pour faire germer & croître une plante, pour former les métaux dans la terre, aurait-on bonne grâce à nier le fait ? regarderait-on comme sensé un homme dont l’ignorance serait le fondement de sa négative ? On ne daignerait même pas faire les frais de la moindre preuve pour l’en convaincre.

 Mais des gens savants, des Artistes éclairés & habiles ont étudié toute leur vie, & ont travaillé sans cesse pour y parvenir, ils sont morts à la peine : qu’en conclure ? Que la chose n’est pas réelle ? non. Depuis environ l’an 550 delà fondation de Rome, jusqu’à nos jours, les plus ha biles gens avaient travaillé à imiter le fameux miroir ardent d’Archimède, avec lequel il brûla les vaisseaux des Romains dans le port de Syracuse, on n’avait pu réunir, on traitait le fait d’histoire inventée à plaisir, c’était une fable, & la fabrique même du miroir était impossible. M. de Buffon s’avise de prendre un chemin plus simple que ceux qui l’avaient précédé ; il en vient à bout, on est surpris, on avoue enfin que la chose est possible.

 Concluons donc avec plus de raison, que ces savants, ces habiles Artistes faisaient trop de fond sur leurs prétendues connaissances. Au lieu de suivre les voies droites, simples & unies de la Nature, ils lui supposaient des subtilités qu’elle n’eut jamais. L’Art Hermétique est, disent les Philosophes, un mystère caché à ceux qui se fient trop en leur propre savoir : c’est un don de Dieu, qui jette un œil favorable & propice sur ceux qui sont humbles, qui le craignent, qui mettent toute leur confiance en lui, & qui, comme Salomon, lui demandent avec instance & persévérance cette sagesse, qui tient à sa droite la santé (Proverb. 5. v. l6.), & les richesses à sa gauche, cette sagesse que les Philosophes préfèrent à tous les honneurs, à tous les royaumes du monde, parce qu’elle est l’arbre de vie à ceux qui la possèdent (Ibid.v.18. ).

 Tous les Philosophes Hermétiques disent que quoique le grand Œuvre soit une chose naturelle, & dans sa matière, & dans ses opérations, il s’y passe cependant des choses si surprenantes, qu’elles élèvent infiniment l’esprit de l’homme vers l’Auteur de son être, qu’elles manifestent sa sagesse & sa gloire, qu’elles sont beaucoup au-dessus de l’intelligence humaine, & que ceux-là seuls les comprennent, à qui Dieu daigne ouvrir les yeux. La preuve en est assez évidente par les bévues & le peu de réussite de tous ces Artistes fameux dans la Chymie vulgaire, qui, malgré route leur adresse dans la main-d’œuvre, malgré toutes leur prétendue science de la Nature, ont perdu leurs peines, leur argent, & souvent leur santé dans la recherche de ce trésor inestimable.

Combien de Beccher, de Homberg, de Boherrave, de Geofroy & tant d’autres savants Chimistes ont par leurs travaux infatigables forcé la Nature à leur découvrir quelques-uns de ses secrets ! Malgré toute leur attention à épier ses procédés, à analyser ses productions, pour la prendre sur le fait, ils ont presque toujours échoué, parce qu’ils étaient les tyrans de cette Nature, & non ses véritables imitateurs. Assez éclairés dans la Chymie vulgaire, & assez instruits de ses procédés, mais aveugles dans la Chymie Hermé tique, & entraînés par l’usage, ils ont élevé des fourneaux sublimatoires (Novum lumen Chemicum. Tract. l.), calcinatoires, distillatoires ; ils ont employé une infinité de vases & de creusets inconnus à la simple Nature ; ils ont appelé à leur secours le fratricide du feu naturel, comment avec des procédés si violents auraient-ils réuni ? Ils sont absolument éloignés de ceux que suivent les Philosophes Hermétiques. Si nous en croyons le Président d’Espagnet (Arcan. Herm, Philosophia ; opus. Canone 6. ), « les Chimistes vulgaires se sont accourûmes insensiblement à s’éloigner de la voie simple de la Nature, par leurs sublimations, leurs distillations, leurs solutions, leurs congélations, leurs coagulations, par leurs différentes extractions d’esprits & de teintures, & par quantité d’autres opérations plus subtiles qu’utiles. Ils sont tombés dans des erreurs, qui ont été une suite les unes des autres, ils sont devenus les bourreaux de cette Nature. Leur subtilité trop laborieuse, loin d’ouvrir leurs yeux à la lumière de la vérité, pour voir les voies de la Nature, y a été un obstacle, qui l’a empêchée de venir jusqu’à eux. Ils s’en sont éloignés de plus en plus. La seule espérance qui leur reste, est dans un guide fidèle, qui dissipe les ténèbres de leur esprit, & leur fasse voir le soleil dans toute sa pureté. »

« Avec un génie pénétrant, un esprit ferme & patient, un ardent désir de la Philosophie, une grande connaissance de la véritable Physique, un cœur pur, des mœurs intègres, un sincère amour de Dieu & du prochain, tout homme, quelque ignorant qu’il soit dans la pratique de la Chymie vulgaire, peut avec confiance entreprendre de devenir Philosophe imitateur de la Nature. »

« Si Hermès, le vrai père des Philosophes, dit le Cosmopolite (Nov. lum, Chem. Tract. I.), si le subtil Geber, le profond Raymond Lulle, & tant d’autres vrais & célèbres Chimistes revenaient sur la terre, nos Chimistes vulgaires non seulement ne voudraient pas les regarder comme leurs maîtres, mais ils croiraient leur faire beaucoup de grâces & d’honneur de les avouer pour leurs disciples. Il est vrai qu’ils ne sauraient pas faire toutes ces distillations, ces circulations, ces calcinations, ces sublimations, enfin toutes ces opérations innombrables que les Chimistes ont imaginées pour avoir mal entendu les livres des Philosophes. »

Tous les vrais Adeptes parlent sur le même ton, & s’ils disent vrai, sans prendre tant de peines, sans employer tant de vases, sans consumer tant de charbons, sans ruiner sa bourse & sa santé, on peur travailler de concert avec la Nature, qui, aidée, se prêtera aux désirs de l’Artiste, & lui ouvrira libéralement ses trésors. Il apprendra d’elle, non pas à détruire les corps qu’elle produit, mais comment, avec quoi elle les compose, & en quoi ils se résolvent. Elle leur montrera cette matière, ce chaos que l’Être suprême a développé, pour en former l’Univers, ils verront la Nature comme dans un miroir, dont la réflexion leur manifestera la sagesse infinie du Créateur qui la dirige & la conduis dans toutes ses opérations par une voie simple & unique, qui fait tout le mystère du grand œuvre.

Mais cette chose appelée pierre Philosophale, Médecine universelle, Médecine dorée, existe-t-elle autant en réalité qu’en spéculation ? Comment, depuis tant de siècles, un si grand nombre de personnes, que le Ciel semblait avoir favorisés d’une science & d’une sagesse supérieure à celles du reste des hommes, l’ont-ils cherchée en vain ? Mais d’un autre côté tant d’Historiens dignes de foi, tant de savants hommes en ont attesté l’existence, & ont laissé par des écrits énigmatiques & allégoriques la manière de la faire, qu’il n’est guère possible d’en douter, quand on sait adapter ces écrits aux principes de la Nature.

Les Philosophes Hermétiques diffèrent absolument des Philosophes ou Physiciens ordinaires. Ces derniers n’ont point de système assuré. Ils en inventent tous les jours, & le dernier semble n’être imaginé que pour contredire & détruire ceux qui l’ont précédé. Enfin, si l’un s’élève & s’établit, ce n’est que sur les ruines de son prédécesseur, & il ne subsiste que jusqu’à ce qu’un nouveau vienne le culbuter, & se mettre à sa place.

Les Philosophes Hermétiques au contraire sont tous d’accord entre eux : pas un ne contredit les principes de l’autre. Celui qui écrivait il y a trente ans, parle comme celui qui vivait il y a deux mille ans. Ce qu’il y a même de singulier, c’est qu’ils ne se lassent point de répéter cet axiome que l’Église (Vincent de Lerin. Commonit.) adopte comme la marque la plus infaillible de la vérité dans ce qu’elle nous propose à croire : Quod unique, quod ab omnibus, & quod femper creditum eft, id firmiffimè credendum puta. Voyez, dirent-ils, lisez, médirez les choses qui ont été enseignées dans tous les temps, & par tous les Philosophes, la vérité est renfermée dans les endroits où ils sont tous d’accords.

 Quelle apparence, en effet, que des gens qui ont vécu dans des siècles si éloignés, & dans des pays si différents pour la langue, & j’ose le dire, pour la façon de penser, s’accordent cependant tous dans un même point ? Quoi ! des Égyptiens, des Arabes, des Chinois, des Grecs, des Juifs, des Italiens, des Allemands, des Américains, des Français, des Anglais, &c. seraient-ils donc convenus sans se connaître, sans s’entendre, sans s’être communiqué particulièrement leurs idées, de parler & d’écrire tous conformé ment d’une chimère, d’un être de raison ? Sans faire entrer en ligne de compte tous les ouvrages composés sur cette matière, que l’histoire nous apprend avoir été brûlés par les ordres de Dioclétien, qui croyait ôter par-là aux Égyptiens les moyens de faire de l’or, & les priver de ce secours pour soutenir la guerre contre lui, il nous en reste encore un assez grand nombre dans toutes les langues du monde, pour justifier auprès des incrédules ce que je viens d’avancer. La seule Bibliothèque du Roi conserve un nombre prodigieux de manuscrits anciens & modernes, composés fur cette science dans différences langues. Michel Maïer disait à ce sujet, dans une Épigramme que l’on trouve au commencement de son Traité, qui a pour titre Symbola auree, mensae :

Unum opus en prifcis haec ufque ad tempora feclis

Confina diffusis gentibus ora dedit.

Qu’on lise Hermès Égyptien, Abraham, Isaac de Moiros Juifs, cités par Avicenne ; Démocrite, Orphée, Aristote (De Secretis Secretorum), Olympiodore, Héliodore (De rébus Chemicis ad Theodofium Imperatorem), Etienne (De magna & sacrâ scientîâ, ad Heraclium Caesarem), & tant d’autres Grecs ; Synesius, Théophile, Abugazal, &c. Africains ; Avicenne (De re rectâ. Tractatus ad Assem Philosophum anima artîs), Rhasis, Geber, Artéphius, Alphidius, Hamuel surnommé Senior, Rosinus, Arabes ; Albert le Grand (De Alchymiâ. Concordantia Philofophorum. De compositione compositi, &c.) Bernard Trévisan, Basile Valentin, Allemands ; Alain (Liber Chemiae) Isaac père & fils, Pontanus, Flamands ou Hollandais ; Arnaud de Villeneuve, Nicolas Flamel, Denis Zachaire, Christophe Parisien, Gui de Montanor, d’Espagnet François ; Morien, Pierre Bon de Ferrare, l’Auteur anonyme du mariage du Soleil & de la Lune, Italiens. Raymond Lulle Majorquain ; Roger Bacon (Speculum Achemiae) Hortulain, Jean Dastin, Richard, George Riplée, Thomas Nor ton, Philalèthe & le Cosmopolite Anglais ou Écossais, enfin beaucoup d’Auteurs anonymes (Turba Philofophorum, feu Codex veritdtis. Clangor Buccinae. Scala Philofophorum. Aurora confurgens. Ludus puerorum. Thefaurus Philosophiae, &c.) de tous les pays & de divers siècles : on n’en trouvera pas un seul qui ait des principes différents des autres. Cette conformité d’idées & de principes ne forme-t-elle pas au moins une présomption, que ce qu’ils enseignent à quelque chose de réel & de vrai ? Si toutes les Fables anciennes d’Homère, d’Orphée & des Égyptiens ne sont que des allégories de cet Art, comme je prétends le prouver dans cet ouvrage, par le fond des Fables mêmes, par leur origine, & par la conformité qu’elles ont avec les allégories de presque tous les Philosophes, pourra-t-on se persuader que l’objet de cette science n’est qu’un vain fantôme, qui n’eut jamais d’existence parmi les productions réelles de la Nature ?

Mais si cette science a un objet réel, si cet Art a existé, & qu’il faille en croire les Philosophes sur les choses admirables qu’ils en rapportent, pourquoi est-elle si méprisée, pourquoi si décriée, pourquoi si discréditée ? Le voici : la pratique de cet Art n’a jamais été enseignée clairement. Tous les Auteurs tant anciens que modernes qui en traitent, ne l’ont fait que sous le voile des Hiéroglyphes, des Énigmes, des Allégories & des Fables, de manière que ceux qui ont voulu les étudier, ont communément pris le change. De la s’est formée une espèce de Secte, qui pour avoir mal entendu & mal expliqué les écrits des Philosophes, ont introduit une nouvelle Chymie, & se sont imaginé qu’il n’y en avait point de réelle que la leur. Nombre de gens se sont rendus célèbres dans cette dernière. Les uns, très habiles suivant leurs principes ; les autres, extrêmement adroits dans la pratique, & particulièrement pour le tour de main requis pour la réussite de certaines opérations, se sont réunis contre la Chymie Hermétique, ils ont écrit d’une manière plus intelligible, & plus à la portée de tout le monde. Ils ont prouvé leurs sentiments par des arguments spécieux, à force de faire souvent au hasard des mélanges de différentes matières, & de les travailler à l’aveugle, sans savoir ce qu’il en résulterait, ils ont vu naître des monstres, & le même hasard qui les avait produits, a servi de base & de fondement aux principes établis en conséquence. Les mêmes mélanges réitérés, le même travail répété, ont donné précisément le même résultat ; mais ils n’ont pas fait attention que ce résultat était monstrueux, & qu’il n’était analogue qu’aux productions monstrueuses de la Nature, & non à celles qui résultent de ces procédés, quand elle se renferme dans les espèces particulières à chaque règne. Toutes les fois qu’un âne couvre une jument, il en vient un animal monstrueux appelé mulet ; parce que la nature agit toujours de la même manière quand on lui fournit les mêmes matières, & qu’on la met dans le même cas d’agir, soit pour produire des monstres, soit pour former des êtres conformes à leur espèce particulière. Si les mulets nous venaient de quelque île fort éloignée, où l’on garderait un secret inviolable sur leur naissance, nous serions certainement tentés de croire que ces animaux forment une espèce particulière, qui se multiplie à la manière des autres. Nous ne soupçonnerions pas que ce fussent des monstres. Nous sommes affectés de la même façon par les résultats de presque toutes les opérations Chimiques, & nous prenons des productions monstrueuses pour des productions faites dans l’ordre commun de la Nature. De forte qu’on pourrait dire de cette espèce de Chymie, que c’est la science de détruire méthodiquement les mixtes produits par la Nature, pour en former des monstres, qui ont à peu près la même apparence & les mêmes propriétés que les mixtes naturels. En fallait-il davantage pour se concilier les suffrages du Public ? Prévenu & frappé par ces apparences trompeuses ; inondé par des écrits subtilement raisonnés, fatigué par les invectives multipliées contre la Chymie Hermétique, inconnue même à ses agresseurs, est-il surprenant qu’il la méprise ?

Basile Valentin (Azot des Philosophes) compare les Chimistes aux Pharisiens, qui étaient en honneur & en autorité parmi le Public, à cause de leur extérieur affecté de religion & de piété. C’étaient, dit-il, des hypocrites attachés uniquement à la terre & à leurs intérêts ; mais qui abusaient de la confiance & de la crédulité du peuple, qui se laisse ordinairement prendre aux apparences, parce qu’il n’a pas la vue assez perçante pour pénétrée jusqu’au-dessous de l’écorce. Qu’on ne s’imagine cependant pas que par un tel discours je prétende nuire à la Chymie de nos jours. On a trouvé le moyen de la rendre utile, & l’on ne peut trop louer ceux qui en font une étude assidue. Les expériences curieuses que la plupart des Chimistes ont faites, ne peuvent que satisfaire le Public. La Médecine en retire tant d’avantages, que ce serait être ennemi du bien des Peuples, que de la décrier. Elle n’a pas peu contribué aussi aux commodités de la vie, par les méthodes qu’elle a donné pour perfectionner la Métallurgie, & quelques autres Arts. La porcelaine, la faïence, sont des fruits de la Chymie. Elle fournit des matières pour les teintures, pour les verreries, &c. Mais parce que son utilité est reconnue, doit-on en conclure qu’elle est la seule & vraie Chymie ? & faut-il pour cela rejeter & mépriser la Chymie Hermétique ? Il est vrai qu’une infinité de gens se donnent pour Philosophes, & abusent de la crédulité des sots. Mais est-ce la faute de la science Hermétique ? Les Philosophes ne crient-ils pas assez haut pour se faire entendre à tout le monde, & pour le prévenir contre les pièges que lui tendent ces sortes de gens ? Il n’en est pas un qui ne dise que la matière de cet Art est de vil prix, & même qu’elle ne court rien, que le feu, pour la travailler, ne coûte pas davantage, qu’il ne faut qu’un vase, ou tout au plus deux pour tout le cours de l’œuvre. Écoutons d’Espagnet (Can. 35.) : « L’œuvre Philosophique demande plus de temps & de travail que de dépenses, car il en reste très peu à faire à celui qui a la matière requise. Ceux qui demandent de grandes sommes pour le menée à sa fin ont plus de confiance dans les richesses d’autrui, que dans la science de cet Art. Que celui qui en est amateur se tienne donc sur ses gardes, & qu’il ne donne pas dans les pièges que lui tendent des fripons, qui en veulent à sa bourse dans le temps même qu’ils leur promettent des monts d’or. Ils demandent le Soleil pour se conduire dans les opérations de cet Art, parce qu’ils n’y voient goutte. » Il ne faut donc pas s’en prendre à la Chymie Hermétique, qui n’en est pas plus responsable que la probité l’est de la friponnerie. Un ruisseau peut être sale, puant par les immondices qu’il ramasse dans son cours, sans que sa source en soit moins pure, moins belle & moins limpide.

Ce qui décrie encore la science Hermétique, sont ces bâtards de la Chymie vulgaire, connus ordinairement sous les noms de souffleurs, & de chercheurs de pierre Philosophale. Ce sont des idolâtres de la Philosophie Hermétique. Toutes les recettes qu’on leur propose, sont pour eux autant de Dieu, devant lequel ils fléchissent le genou. Il se trouve un bon nombre de cette sorte de gens très bien instruits des opérations ce la Chymie vulgaire ; ils ont même beaucoup d’adresse dans le tour de main, mais ils ne sont pas instruits des principes de la Philosophie Hermétique, & ne réussiront jamais. D’autres ignorent jusqu’aux principes mêmes de la Chymie vulgaire, & ce sont proprement les souffleurs. C’est à eux qu’il faut appliquer le proverbe : Alchemia est ars, cujus initium laborare, médium mentiri, finis mendicare.

La plupart des habiles Artistes dans la Chymie vulgaire ne nient pas la possibilité de la pierre Philosophale ; le résultat d’un grand nombre de leurs opérations la leur prouve assez clairement. Mais ils sont esclaves du respect humain ; ils n’oseraient avouer publiquement qu’ils la reconnaissent possible, parce qu’ils craignent de s’exposer à la risée des ignorants, & des prétendus savants que le préjugé aveugle. En public ils en badinent comme bien d’autres, ou en parlent au moins avec tant d’indifférence, qu’on ne les soupçonne même pas de la regarder comme réelle, pendant que les essais qu’ils font dans le particulier tendent presque tous à sa recherche. Après avoir passé bien des années au milieu de leurs fourneaux sans avoir réussi, leur vanité s’en trou ve offensée, ils ont honte d’avoir échoué, & cherchent ensuite à s’en dédommager, ou à s’en venger en disant du mal de la chose donc ils n’ont pu obtenir la possession. C’étaient des gens qui n’avaient pas leurs semblables pour la théorie & la pratique de la Chymie, ils s’étaient don­nés pour tels ; ils l’avaient prouvé tant bien que mal ; mais à force de le dire ou de le faire dire par d’autres, on le croyait comme eux. Que sur la fin de leurs jours ils s’avisent de décrier la Philosophie Hermétique, on n’examinera pas s’ils le font à tort ; la réputation qu’ils s’étaient acquise répond qu’ils ont droit de le faire, & l’on n’oserait ne pas leur applaudir. Oui, dit-on, si la chose avait été faisable, elle n’eût pu échapper à la science, à la pénétration & à l’adresse d’un aussi habile homme. Ces impressions se fortifient insensiblement ; un second, ne s’y étant pas mieux pris que le premier, a été frustré de son espérance & de ses peines ; il joint sa voix à celle des autres, il crie même plus fort s’il le peut ; il se fait entendre, la prévention se nourrit, on vient enfin au point de dire avec eux que c’est une chimère, & qui plus est, on se le persuade sans connaissance de cause. Ceux à qui l’expérience a prouvé le contraire, contents de leur sort, n’envient point les applaudissements du peuple ignorant. Sapientiam & doctrinam ftulti (Prov. c. I.) defcipiunt. Quelques-uns ont écrit pour le désabuser (Beccher, Stalh, M. Potth, M. de Justi dans ses Mémoires, en prennent ouvertement la défense.) , il n’a pas voulu secouer le joug du préjugé, ils en sont restés là.

Mais enfin en quoi consiste donc la différence qui se trouve entre la Chymie vulgaire & la Chymie Hermétique ? La voici. La première est proprement l’art de détruire les composés que la Nature a faits ; & la seconde est l’art de travailler avec la Nature pour les perfectionner. La première met en usage le tyran furieux & destructeur de la Nature : la seconde emploie son agent doux & bénin. La Philosophie Hermétique prend pour matière de son travail les principes secondaires ou principiés des choses, pour les conduire à la perfection donc ils font susceptibles, par des voies & des procédés conformes à ceux de la Nature. La Chymie vulgaire prend les mixtes parvenus déjà au point de leur perfection, les décompose, & les détruit. Ceux qui seront curieux de voir un parallèle plus étendu de ces deux Arts, peuvent avoir recours à l’ouvrage qu’un des grands antagonistes de la Philosophie Hermétique, le P. Kircker Jésuite, a composé, & que Mangée a inféré dans le premier volume de sa Bibliothèque de la Chymie curieuse. Les Philosophes Hermétiques ne manquent guère de marquer dans leurs ouvrages la différence de ces deux Arts. Mais la marque la plus infaillible à laquelle on puisse distinguer un Adepte d’avec un Chymiste, est que l’Adepte, suivant ce qu’en disent tous les Philosophes, ne prend qu’une seule chose, ou tout au plus deux de même natures, un seul vase ou deux au plus, & un seul fourneau pour conduire l’œuvre à sa perfection ; le Chymiste au contraire travaille sur toutes sortes de matières indifféremment. C’est aussi la pierre de touche à laquelle il faut éprouver ces fripons de souffleurs, qui en veulent à votre bourse, qui demandent de l’or pour en faire, & qui, au lieu d’une transmutation qu’ils vous promettent, ne font en effet qu’une translation de l’or de votre bourse dans la leur. Cette remarque ne regarde pas moins les tourneurs de bonne foi & de probité, qui croient être dans la bonne voie, & qui trompent les autres en se trompant eux-mêmes. Si cet ouvrage fait assez d’impression sur les esprits pour persuader la possibilité & la réalité de la Philosophie Hermétique, Dieu veuille qu’il serve aussi à désabuser ceux qui ont la manie de dépenser leurs biens à souffler du charbon, à élever des fourneaux, à calciner, à sublimer, à distiller, enfin à réduire tout à rien, c’est-à-dire, en cendre & en fumée. Les Adeptes ne courent point après l’or & l’argent. Morien en donna une grande preuve au Roi Calid. Celui-ci ayant trouvé beaucoup de livres qui traitaient de la science Hermétique, & ne pouvant y rien comprendre, fit publier qu’il donnerait une grande récompense à celui qui les lui expliquerait (Entretien du Roi Calid). L’appas de cette récompense y conduisit un grand nombre de souffleurs. Morien, l’Hermite Morien sortit alors de son désert, attiré non par la récompense promise, mais par le désir de manifester la puissance de Dieu, & combien il est admirable dans ses œuvres. Il fut trouver Calid, & demanda, comme les autres, un lieu propre à travailler, afin de prouver par ses œuvres la vérité de ses paroles. Morien ayant fini ses opérations, laissa la pierre parfaite dans un vase, autour duquel il écrivit : « Ceux qui ont eux-mêmes tous ce qu’il leur faut, n’ont besoin ni de récompense, ni du secours d’autrui ». Il délogea ensuite sans dire mot, & retourna dans sa solitude. Calid ayant trouvé ce vase, & lu l’écriture, sentit bien ce qu’elle signifiait ; & après avoir fait l’épreuve de la poudre, il chassa ou fit mourir tous ceux qui avaient voulu le tromper.

Les Philosophes disent donc avec raison que cette pierre est comme le centre & la source des vertus, puisque ceux qui la possèdent, méprisent toutes les vanités du monde, la sotte gloire, l’ambition, qu’ils ne font pas plus de cas de l’or, que du sable & de la vile poussière (Sapient. cap. 7.), & l’argent n’est pour eux que de la boue. La sagesse seule fait impression sur eux, l’envie, la jalousie & les autres passions tumultueuses n’excitent point de tempêtes dans leur cœur ; ils n’ont d’autres désirs que de vivre selon Dieu, d’autre satisfaction que de se rendre en secret utile au prochain, & de pénétrer de plus en plus dans intérieur des secrets de la Nature. La Philosophie Hermétique est donc l’école de la piété & de la Religion. Ceux à qui Dieu en accorde la connaissance étaient déjà pieux, ou ils le deviennent (Flamel Hiéroglyp.). Tous les Philosophes commencent leurs ouvrages par exiger de ceux qui les lisent, avec dessein de pénétrer dans le sanctuaire de la Nature, un cœur droit & un esprit craignant Dieu : Initium fapientiae, timor Dominii ; un caractère compatissant, pour secourir les pauvres, une humilité profonde, & un dessein formel de tout faire pour la gloire du Créateur, qui cache ses secrets aux superbes & aux faux sages du monde, pour les manifester aux humbles (Matth. c. II.).

Lorsque notre premier Père entendit prononcer l’arrêt de mort pour punition de sa désobéissance, il entendit en même temps la promesse d’un Libérateur qui devait sauver tout le genre humain. Dieu tout miséricordieux ne voulut pas permettre que le plus bel ouvrage de ses mains pérît absolument. La même sagesse qui avait disposé avec tant de bonté le remède pour l’âme, n’oublia pas sans doute d’en indiquer un contre les maux qui devaient affliger le corps. Mais comme tous les hommes ne mettent pas à profit les moyens de salut que Jésus-Christ nous a mérités, & que Dieu offre à tous, de même tous les hommes ne savent pas user du remède propre à guérir les maux du corps, quoique la matière dont ce re mède se fait soit vile, commune, & présente à leurs yeux, qu’ils la voient sans la connaître, & qu’ils l’emploient à d’autres usages qu’à, celui qui lui est véritablement propre (Basile Valentin, Azot des Phil. & le Cosmopol.). C’est ce qui prouve bien que c’est un don de Dieu, qui en favorise celui qu’il lui plaît. Vir insipiens non cognoscet, & sulltus non intelliget haec. Quoique Salomon, le plus sage des hommes, nous dise : Altissimus de terra, creavit medicinam : & posuit Deus super terram medicamentum quod sapiens non despiciet (Eccl.c. 38.).

C’est cette matière que Dieu employa pour manifester sa sagesse dans la composition de tous les êtres. Il l’anima du souffle de cet esprit, qui était porté sur les eaux, avant que sa toute-puissance eût débrouillé le chaos de l’Univers. C’est elle qui est susceptible de toutes les formes, & qui n’en a proprement aucune qui lui soit propre (Bas. Val.). Aussi la plupart des Philosophes comparent-ils la confection de leur pierre à la création de l’Univers. Il y avait, dit l’Écriture (Genes. c. I.) , un chaos confus, duquel aucun individu n’était distingué. Le globe terrestre était submergé dans les eaux : elles semblaient contenir le Ciel, & renfermer dans leur sein les semences de toutes choses. Il n’y avait point de lumière, tout était dans les ténèbres. La lumière parut, elle les dissipa, & les astres furent placés au firmament. L’œuvre Philosophique est précisément la même chose. D’abord c’est un chaos ténébreux, tout y paraît tellement confus, qu’on ne peut rien distinguer séparément des principes qui composent la matière de la pierre. Le Ciel des Philosophes est plongé dans les eaux, les ténèbres en couvrent toute la surface ; la lumière enfin s’en sépare ; la Lune & le Soleil se manifestent, & viennent répandre la joie dans le cœur de l’Artiste, & la vie dans la matière.

Ce chaos consiste dans le sec & l’humide. Le sec constitue la terre, l’humide est l’eau. Les ténèbres sont la couleur noire, que les Philosophes appellent le noir plus noir que le noir même, nigrum nigro nigrius. C’est la nuit Philosophique, & les ténèbres palpables. La lumière dans la création du monde parut avant le Soleil, c’est cette blancheur tant désirée de la matière qui succède à la couleur noire. Le Soleil paraît enfin de couleur orangée, dont le rouge se fortifie peu à peu jusqu’à la couleur rouge de pourpre : ce qui fait le complément du premier œuvre.

Le Créateur voulut ensuite mettre le sceau à son ouvrage : il forma l’homme en le pétrissant de terre, & d’une terre qui paraissait inanimée : il lui inspira un souffle de vie. Ce que Dieu fit alors à l’égard de l’homme, l’agent de la Nature, que quelques-uns nomment son Archée (Paracelse, Van Helmont.), le fait sur la terre ou limon Philosophique. Il la travaille par son action intérieure, & l’anime de manière qu’elle commence à vivre, & à se fortifier de jour en jour jusqu’à sa perfection. Morien (Loc. cit.) ayant remarqué cette analogie, a expliqué la confection du Magistère par une comparaison prise de la création & de la génération de l’homme. Quelques-uns même prétendent qu’Hermès parle de la résurrection des corps, dans son Pymandre, parce qu’il la conclut de ce qu’il voyait se passer dans le progrès du Magistère. La même matière qui avait été poussée à un certain degré de perfection dans le premier œuvre, se dissout & se putréfie ; ce qu’on peut très bien appeler une mort, puisque notre Sauveur l’a dit du grain que l’on sème (Loc. cit. (c) Flamel.) nisi granum frumenti cadens in terram mortuum suerit, ipsum solum manet. Dans cette putréfaction, la matière Philosophique devient une terre noire volatile, plus subtile qu’aucune autre poudre. Les Adeptes l’appellent même cadavre lorsqu’elle est dans cet état, & disent qu’elle en a l’odeur : non, dit Flamel (Flamel.), que l’Artiste sente une odeur puante, puisqu’elle se fait dans un vase scellé ; mais il juge qu’elle est telle par l’analogie de sa corruption avec celle des corps morts. Cette poudre ou cendre, que Morien dit qu’il ne faut pas mépriser, parce qu’elle doit revivre, & qu’elle renferme le diadème du Roi Philosophe, reprend en effet vigueur peu à peu, à mesure qu’elle sort des bras de la mort, c’est-à-dire, de la noirceur : elle se revivifie & prend un éclat plus brillant, un état d’incorruptibilité bien plus noble que celui qu’elle avait avant sa putréfaction.

Lorsque les Égyptiens observèrent cette métamorphose, ils en prirent occasion de feindre l’existence du Phénix, qu’ils disaient être un oiseau de couleur de pourpre, qui renaissait de ses propres cendres. Mais cet oiseau absolument fabuleux n’est autre que la pierre des Philosophes parvenue à la couleur de pourpre après sa putréfaction.

Plusieurs anciens Philosophes éclairés par ces effets admirables de la Nature en ont conclu avec Hermès, dont ils avaient puisé les principes en Égypte, qu’il y avait une nouvelle vie après que la mort nous avait ravi celle-ci. C’est ce qu’ils ont voulu prouver i quand ils ont parlé de la résurrection des plantes de leurs propres cendres en d’autres plantes de même espèce. On n’en trouve point qui ait parlé de Dieu & de l’homme avec tant d’élévation & de noblesse. Il explique même comment on peut dire des hommes qu’ils sont des Dieux, Ego dixi Dii estis, & filii excelsi omnes, dit David, & Hermès (Pymand. c. II.) : « L’âme, o Tat, est de la propre essence de Dieu. Car Dieu a une essence, & telle qu’elle puisse être, lui seul se connaît. L’âme n’est pas une partie séparée de cette essence divine, comme on sépare une partie d’un tout matériel, mais elle en est comme une effusion ; à peu près comme la clarté du Soleil n’est pas le Soleil même. Cette âme est un Dieu dans les hommes, c’est pourquoi l’on dit des hommes qu’ils sont des Dieux, parce que ce qui constitue proprement l’humanité confine avec la Divinité. »

Quelles doivent donc être les connaissances de l’homme ? est-il surprenant qu’éclairé par le Père des lumières, il pénètre jusque dans les replis les plus sombres & les plus cachés de la Nature ? qu’il en connaisse les propriétés, & qu’il sache les mettre en usage ? Mais Dieu est maître de distribuer ses dons comme il lui plaît. S’il a été assez bon pour établir un remède contre les maladies qui affligent l’humanité, il n’a pas jugé à propos de le faire connaître à tout le monde. Morien dit en conséquence (Entret, de Calid. & de Morien.), « que le Magistère n’est autre que le secret des secrets du Dieu très-haut, grand, sage & créateur de tout ce qui existe, & que lui-même a révélé ce secret à ses saints Prophètes, dont il a placé les âmes dans son saint Paradis. »

Si ce secret est un don de Dieu, dira quelqu’un, il doit sans doute être mis dans la classe des talents que Dieu confie, & que l’on ne doit pas enfouir. Si les Philosophes sont des gens si pieux, si charitables, pourquoi voit-on si peu de bonnes œuvres de leur part ? Un seul Nicolas Flamel en France a bâti & doté des Églises & des Hôpitaux. Ces monuments subsistent encore aujourd’hui au milieu & à la vue de tout Paris. S’il y a d’autres Philosophes, pourquoi ne suivent-ils pas un si bon exemple ? Pourquoi ne guérissent-ils pas les malades ? Pourquoi ne relèvent-ils pas des familles d’honnêtes gens que la misère accable ? Je réponds à cela, qu’on ne sait pas tout le bien qui se fait en secret. On ne doit pas le faire en le publiant à son de trompe, la main gauche, selon le précepte de Jésus-Christ notre Sauveur, ne doit pas savoir le bien que la droite fait. On a même ignoré jusqu’après la mort de Flamel qu’il était l’auteur unique de ces bonnes œuvres. Les figures hiéroglyphes qu’il fit placer dans les Charniers des Saints Innocents, ne présentaient rien que de pieux & de conforme à la Religion. Il vivait lui-même dans l’humilité, sans faste, & sans donner le moindre soupçon du secret dont il était possesseur. D’ail leurs il pouvait avoir dans ce temps là des facilités que l’on n’a pas eues depuis longtemps pour faire ces bonnes œuvres. Les Philosophes ne sont pas si communs que les Médecins. Ils sont en très petit nombre. Ils possèdent le secret pour guérir toutes les maladies, ils ne manquent pas de bonne volonté pour faire du bien à tout le monde ; mais ce monde est si pervers, qu’il est dangereux pour eux de le faire. Ils ne le peuvent sans courir risque de leur vie. Guériront-ils quelqu’un comme par mira cle ? On entendra s’élever un murmure parmi les Médecins & le Peuple, & ceux mêmes qui doutaient le plus de l’existence du remède Philosophique le soupçonneront alors existant. On suivra cet homme, on observera ses démarches, le bruit s’en répandra ; des avares, des ambitieux le poursuivront pour avoir son secret. Que pourra-t-il donc espérer, que des persécutions, ou l’exil volontaire de sa patrie ?

Les exemples du Cosmopolite & de Philalèthe en sont une preuve bien convaincante. « Nous sommes, dit ce dernier (Introit. Apert, c. 13.) comme enveloppés dans la malédiction & les opprobres : nous ne pouvons jouir tranquillement de la société de nos amis ; quiconque nous découvrira pour ce que nous sommes, voudra ou extorquer notre secret, ou machiner notre perte, si nous le lui refusons. Le monde est si méchant & si pervers aujourd’hui, l’intérêt & l’ambition dominent tellement les hommes, que toutes leurs actions n’ont d’autre but. Voulons-nous, comme les Apôtres, opérer des œuvres de miséricorde ? On nous rend le mal pour le bien. J’en ai fait l’épreuve depuis peu dans quelques lieux éloignés. J’ai guéri comme par miracle quelques moribonds abandonnés des Médecins, & pour éviter la persécution, je me suis vu obligé plus d’une fois en pareil cas de changer de nom, d’habit, de me faire raser les cheveux & la barbe, & de m’enfuir à la faveur de la nuit ». À quels dangers encore plus pressants ne s’exposerait pas un Philosophe qui ferait la transmutation ? Quoique son dessein ne fût que d’en faire usage pour une vie fort simple, & pour en faire-part à ceux qui sont dans le besoin. Cet or plus fin, & plus beau que l’or vulgaire, suivant ce qu’ils en disent, sera bientôt reconnu. Sur cet indice seul on soupçonnera le porteur, & peut-être de faire la fausse monnaie. Quelles affreuses conséquences n’aurait pas à craindre pour lui un Philosophe chargé d’un tel soupçon ?

Je fais qu’un bon nombre de Médecins n’exercent pas leur profession, tant par des vues d’intérêt, que par envie de rendre service au Public, mais tous ne sont pas dans ce cas là. Les uns se réjouiront de voir faire du bien à leur prochain, d’autres seront mortifiés de ce qu’on les prive de l’occasion de grossir leurs revenus. La jalousie ne manquerait pas de s’emparer de leur cœur, & la vengeance tarderait-elle à faire sertir ses effets ? La science Hermétique ne s’apprend pas dans les écoles de Médecine, quoiqu’on ne puisse guère douter qu’Hippocrate ne l’ait sue, lorsqu’on pèse bien les expressions éparses dans ses ouvrages, & l’éloge qu’il fit de Démocrite aux Abdéritains, qui regardaient ce Philosophe comme devenu insensé, parce qu’au retour d’Égypte, il leur distribua presque tous les biens de patrimoine qui lui restaient, afin de vivre en Philosophe dans une petite maison de campagne éloignée du tumulte. Cette preuve serait cependant bien insuffisante pour l’antiquité de la science Hermétique, mais il y en a tant d’autres, qu’il faut n’avoir pas lu les Auteurs anciens pour la nier. Que veut dire (Olymp. 6.) Pindare, lorsqu’il débite que le plus grand des Dieux fit tomber dans la ville de Rhode une neige d’or, faite par l’art de Vulcain ? Zosime Panopolite, Eusebe, & Synesius nous apprennent que cette science fut longtemps cultivée à Memphis en Égypte. Les uns & les autres citent les ouvrages d’Hermès. Plutarque (Théolog. Phyfico Graecor.) dit que l’ancienne Théologie des Grecs & des Barbares n’était qu’un discours de Physique caché sous le voile des Fables. Il essaye même de l’expliquer, en disant que par Latone ils entendaient, la nuit ; par Junon, la terre ; par Apollon, le soleil ; & par Jupiter, la chaleur. Il ajoute peu après que les Égyptiens disaient qu’Osiris était le Soleil, Isis la Lune, Jupiter l’esprit universel répandu dans toute la Nature, & Vulcain le feu, &c. Manéthon s’étend beaucoup là-dessus.

Origène (L. I. Contre Celse) dit que les Égyptiens amusaient le peuple par des fables, & qu’ils cachaient leur Philosophie sous le voile des noms des Dieux du pays. Coringius, malgré tout ce qu’il a écrit contre la Philosophie Hermétique, s’est vu contraint par des preuves solides d’avouer que les Prêtres d’Égypte exerçaient l’art de faire de l’or, & que la Chymie y a pris naissance. Saint Clément d’Alexandrie fait dans ses Stromates un grand éloge de six ouvrages d’Hermès sur la Médecine. Diodore de Sicile parle allez au long (Antiq. 1. 4. c. 2.) d’un secret qu’avaient les Rois d’Égypte pour tirer de l’or d’un marbre blanc qui se trouvait sur les frontières de leur Empire. Strabon (Geogr. 1. 17.) fait aussi mention d’une pierre noire dont on faisait beaucoup de mortiers à Memphis. On verra dans la suite de cet ouvrage, que cette pierre noire, ce marbre blanc & cet or n’étaient qu’allégoriques, pour signifier la pierre des Philosophes parvenue à la couleur noire, que les mêmes Philosophes ont appelé mortier, parce que la matière se broie & se dissout. Le marbre blanc était cette même matière parvenue à la blancheur, appelée marbre, à cause de sa fixité. L’or était l’or Philosophique qui se tire & naît de cette blancheur, ou la pierre fixée au rouge : on trouvera ces explications plus détaillées dans le cours de cet ouvrage.

 Philon Juif (Lib. I. de vitâ Mesis) rapporte que Moïse avait appris en Égypte l’Arithmétique, la Géométrie, la Musique, & la Philosophie symbolique, qui ne s’y écrivaient jamais que par des caractères sacrés, l’Astronomie & les Mathématiques. S. Clément d’Alexandrie s’exprime dans les mêmes termes que Philon, mais il ajoute la Médecine & la connaissance des Hiéroglyphes, que les Prêtres n’enseignaient qu’aux enfants des Rois du pays & aux leurs propres.

 Hermès fut le premier qui enseigna toutes ces sciences aux Égyptiens, suivant Diodore de Sicile (Lib. 2. c. I.), & Strabon (Lib. 17.). Le P. Kircker, quoique fort déchaîné contre la Philosophie Hermétique, a prouvé lui-même (Oedyp. -Aegypt, T. 2.p.2.) qu’elle était exercée en Égypte. On peut voir aussi Diodore (Antiq. i. c. 11. ) & Julius Matern. Firmicus (lib. 3.0. i. de Petosiri & Nicepso.) S. Clément d’Alexandrie (Strom. 1. 6.) s’exprime ainsi à ce sujet : Nous avons encore quarante-deux ouvrages d’Hermès très utiles & très nécessaires. Trente-six de ces livres renferment toute la Philosophie des Égyptiens ; & les autres six regardent la Médecine en particulier : l’on traite de la construction du corps ou anatomie ; le second, des maladies ; le troisième, des instruments ; le quatrième, des médicaments ; le cinquième, des yeux ; & le sixième, des maladies des femmes.

 Homère avait voyagé en Égypte (Diod. de Sic. 1. I. c. 2.), & y avait appris bien des choses dans la fréquentation qu’il eut avec les Prêtres de ce pays-là. On peut même dire que c’est là qu’il puisa ses Fables. Il en donne de grandes preuves dans plusieurs endroits de ses ouvrages, & en particulier dans son Hymne III. à Mercure, où il dit que ce Dieu fut le premier qui inventa l’art du feu. Homère parle même d’Hermès comme de l’auteur des richesses, & le nomme en conséquence. C’est pour cela qu’il dit (Ibid. v. 249. ) qu’Apollon ayant été trouver Hermès pour avoir des nouvelles des bœufs qu’on lui avait volés, il le vit couché dans son antre obscur, plein de nectar, d’ambroisie, d’or & d’argent, & d’habits de Nymphes rouges & blancs. Ce nectar, cette ambroisie & ces habits de Nymphes seront expliqués dans le cours de cet ouvrage. Esdras, dans ton Quatrième liv. chap. 8. s’exprime ainsi. Quomodo interrogabis terram, & dicet tibit quoniam dabit terram multam magis, unde fiat fictile, parvum autem pulverem unde aurum sit.

 Étienne de Byzance était si persuadé qu’Hermès était l’auteur de la Chymie, & en avait une si grande idée, qu’il n’a pas fait difficulté de nommer l’Égypte même [mot manquant], & Vossius (de Idol. ) a cru devoir corriger ce mot par celui [mot manquant]. C’est sans doute ce qui avait aussi engagé Homère à feindre que ces plantes Moly & Nepenthes, qui avaient tant de vertus, venaient d’Égypte. Pline (Lib.13.c : 2.) en rend témoignage en ces termes ; Homerus quidem primus dodrinarum & antiquitatis parens, multus alias in admiratione Circes, gloriam herbarum AEgypto tribuit. Herbas certe a Egyptias à regis uxore traditas suae Helenae plurimas narrat, ac nobile illud nepenthes, oblivionem tristitiae veniamque afferens, ab Helena nuque omnibus mortalibus propinandum.

 Il est donc hors de doute que l’Art Chymique d’Hermès était connu chez les Égyptiens. Il n’est guère moins constant que les Grecs qui voyagèrent en Égypte, l’y apprirent, au moins quelques-uns, & que l’ayant appris sous des hiéroglyphes, ils l’enseignèrent ensuite sous le voile des fables. Eustathius nous le donne assez à en tendre dans son commentaire sur l’Iliade.

 L’idée de faire de l’or par le secours de l’Art n’est donc pas nouvelle ; outre les preuves que nous en avons données, Pline (Lib. 33. c. 4) le confirme par ce qu’il rapporte de Caligula : « L’amour & l’avidité que Caïus Caligula avait pour l’or, engagèrent ce Prince à travailler pour s’en procurer. il fit donc cuire, dit cet Auteur, une grande quantité d’orpiment, & réussit en effet à faire de l’or excellent, mais en petite quantité, qu’il y avait beaucoup plus de perte que de profit ». Caligula savait donc qu’on pouvait faire de l’or artificiellement, la Philosophie Hermétique était donc connue.

 Quant aux Arabes, personne ne doute que la Chymie Hermétique & la vulgaire n’aient été toujours en vigueur parmi eux. Outre qu’Albusaraius nous apprend (Dynastiâ nonâ.) que les Arabes nous ont conservé un grand nombre d’ouvrages des Chaldéens, des Egyptiens & des Grecs par les tra ductions qu’ils en avaient faites en leur langue, nous avons encore les écrits de Geber, d’Avicenne, d’Abudali, d’Alphidius, d’Alchindis & de beaucoup d’autres sur ces matières. On peut même dire que la Chymie s’est répandue dans toute l’Europe par leur moyen. Albert le Grand, Archevêque de Ratisbonne, est un des premiers connus depuis les Arabes. Entre les autres ouvrages pleins de science & d’érudition sur la Dialectique, les Mathématiques, la Physique, la Métaphysique, la Théologie & la Médecine, on en trouve plusieurs sur la Chymie, dont l’un porte pour titre de Alchymia : on l’a farci dans la suite d’une infinité d’additions & de sophistications. Le second est intitulé De concordantia. Philosophorum, le troisième, De compositione compositi. Il a fait aussi un traité des minéraux, à la fin duquel il met un article particulier de la matière des Philosophes sous le nom de Electrum minerale.

 Dans le premier de ces Traités il dit : « L’envie de m’instruire dans la Chymie Hermétique, m’a fait parcourir bien des Villes & des Provinces, visiter les gens savants pour me mettre au fait de cette science. J’ai transcrit, & étudié avec beaucoup de soins & d’attention les livres qui en traitent, mais pendant longtemps je n’ai point reconnu pour vrai ce qu’ils avancent. J’étudiai de nouveau les livres pour & contre, & je n’en pus tirer ni bien ni profit. J’ai rencontré beaucoup de Chanoines tant savants qu’ignorants dans la Physique, qui se mêlaient de cet Art, & qui y avaient fait des dépenses énormes ; malgré leurs peines, leurs travaux et leur argent, ils n’avaient point réussi. Mais tout cela ne me rebuta point ; je me mis moi-même à travailler ; je fis de la dépense, je lisais, je veillais ; j’allais d’un lieu à un autre, & je méditais sans cesse sur ces paroles d’Avicenne ; Si la chose est, comment est-elle ? si elle n’est pas, comment n’est-elle pas ? Je travaillais donc, j’étudiai avec persévérance, jusqu’à ce que je trouvais ce que je cherchais. J’en ai l’obligation à la grâce du Saint-Esprit qui m’éclaira, & non à ma science ». Il dit aussi dans son Traité des minéraux (Lib. 3. c. I.) : « Il n’appartient pas aux Physiciens de déterminer & de juger de la transmutation des corps métalliques, & du changement de l’un dans l’autre : c’est là le fait de l’Art, appelé Alchimie. Ce genre de science est très bon & très certain, parce qu’elle apprend à connaître chaque chose par sa propre cause ; & il ne lui est pas difficile de distinguer des choses mêmes les parties accidentelles qui ne sont pas de sa nature ». Il ajoure ensuite dans le chapitre second du même livre : « La première matière des métaux est un humide onctueux, subtil, incorporé, &mêlé fortement avec une matière terrestre. » C’est parler en Philosophe, & conformément à ce qu’ils en disent tous, comme on le verra dans la suite.

 Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle son difficile, & Flamel parurent peu de temps après ; le nombre augmenta peu à peu, & cette science se répandit dans tous les Royaumes de l’Europe. Dans le siècle dernier, on vit le Cosmopolite, d’Espagnet, & le Philalèthe, sans doute qu’il y en avait bien d’autres, & qu’il en existe encore aujourd’hui ; mais le nombre en est si petit ou ils se trouvent tellement cachés, qu’on ne saurait les découvrir. C’est une grande preuve qu’ils ne cherchent pas la gloire du monde, ou du moins qu’ils craignent les effets de sa perversité. Ils se tiennent même dans le silence, tant du côté de la parole, que du côté des écrits. Ce n’est pas qu’il ne paraisse de temps en temps quelques ouvrages sur cette matière ; mais il suffit d’avoir lu & médité ceux des vrais Philosophes, pour s’apercevoir bientôt qu’ils ne leur ressemblent que par les termes barbares, & le style énigmatique, mais nullement pour le fond. Leurs Auteurs avaient lu de bons livres ; ils les citent assez souvent, mais ils le font si mal à propos, qu’ils prouvent clairement, ou qu’ils ne les ont point médités, ou qu’ils l’ont fait de manière à adapter les expressions des Philosophes aux idées fausses que la prévention leur avait mises dans l’esprit à l’égard des opérations & de la matière, & non point en cherchant à rectifier leurs idées sur celle des Auteurs qu’ils lisaient. Ces ouvrages des faux Philosophes sont en grand nombre ; tout le monde a voulu se mêler d’écrire, & la plupart sans doute pour trouver dans la bourse du Libraire une ressource qui leur manquait d’ailleurs, ou du moins pour se faire un nom qu’ils ne méritent certainement pas. Un Auteur souhaitait autrefois que quelque vrai Philosophe eût assez de charité envers le Public pour publier une liste de bons Auteurs dans ce genre de sciences, afin d’ôter à un grand nombre de personnes la confiance avec laquelle ils lisent les mauvais qui les induisent en erreur. Olaus Borrichius, Danois, fit imprimer en conséquence, sur la fin du siècle dernier, un ouvrage qui a pour titre : Conspectus Chymicorum celebriorum. Il fait des articles séparés de chacun, & dit assez prudemment ce qu’il en pense. Il exclut un grand nombre d’Auteurs de la classe des vrais Philosophes : mais tous ceux qu’ils donnent pour vrais le sont-ils en effet ? D’ailleurs, le nombre en est si grand, qu’on ne sait lesquels choisir préférablement à d’autres. On doit être par conséquent fort embarrassé quand on veut s’adonner à cette étude. J’aimerais donc mieux m’en tenir au sage conseil de d’Espagnet, qu’il donne en ces ter mes dans son Arcanum Hermeticae Philofophiae opus, can. 9. « Celui qui aime la vérité de cette science doit lire peu d’Auteurs ; mais marqués au bon coin ». Et can. 10. « Entre les bons Auteurs qui traitent de cette Philosophie abstraite, & de ce secret Physique, ceux qui en ont parlé avec le plus d’esprit, de solidité & de vérité sont, entre les anciens, Hermès (Table d’Émeraude & les sept chapitres.) & Morien Romain (Entretien du Roi Calid & de Morien.), entre les modernes, Raymond Lulle, que j’estime & que je considère plus que tout les autres, & Bernard, Comte de la Marche-Trévisanne, connu sous le nom du bon Trévisan (La Philosophie des Métaux, & sa Lettre à Thomas de Boulogne.). Ce que le subtil Raymond Lulle a omis, les autres n’en ont point fait mention. Il est donc bon de lire, relire & méditer sérieusement son testament ancien & son codicille, comme un legs d’un prix inestimable, dont il nous a fait présent ; à ces deux ouvrages on joindra la lecture de ses deux pratiques (la plupart des autres livres de Raymond Lulle qui ne sont pas cités ici sont plus qu’inutiles.). On y trouve tout ce qu’on peut désirer, particulièrement la vérité de la matière, les degrés du feu, le régime au moyen duquel on parfait l’œuvre ; toutes choses que les Anciens se sont étudiés de cacher avec plus de soins. Aucun autre n’a parlé si clairement & si fidèlement des causes cachées des choses, & des mouvements secrets de la Nature. Il n’a presque rien dit de l’eau première & mystérieuse des Philosophes ; mais ce qu’il en dit est très significatif ».

 « Quant à cette eau limpide recherchée de tant de personnes, & trouvée de si peu, quoiqu’elle soit présente à tout le monde & qu’il en fait usage. Un noble Polonais, homme d’esprit & savant, a fait mention de cette eau qui est la base de l’œuvre, assez au long dans ses Traités qui ont pour titre : Novum lumen, Chemicum ; Parabola ; Enigma ; de Sulfure. Il en a parlé avec tant de clarté, que celui qui en demanderait davantage ne serait pas capable d’être contenté par d’autres. »

 « Les Philosophes, continue le même Auteur, s’expliquent plus volontiers & avec plus d’énergie par un discours muet, c’est-à-dire, par des figures allégoriques & énigmatiques, que par des écrits ; tels sont, par exemple, la table de Senior ; les peintures allégoriques du Rosaire ; celles d’Abraham Juif, rapportées par Flamel, & celles de Flamel même. De ce nombre sont aussi les emblèmes de Michel Maïer, qui y a renfermé, & comme expliqué si clairement les mystères des Anciens, qu’il n’est guère possible de mettre la vérité devant les yeux avec plus de clarté. »

 Tels sont les seuls Auteurs loués par d’Espagnet, comme suffisants sans doute pour mettre au fait delà Philosophie Hermétique, un homme qui veut s’y appliquer. Il dit qu’il ne faut pas se contenter de les lire une ou deux fois, mais six fois & davantage sans se rebuter ; qu’il faut le faire avec un cœur pur & détaché des embarras fatigants du siècle, avec un véritable & ferme propos de n’user de la connaissance de cette science, que pour la gloire de Dieu & l’utilité du prochain, afin que Dieu puisse répandre ses lumières & sa sagesse dans l’esprit & le cœur ; parce que la sagesse, suivant que dit le Sage, n’habitera jamais dans un cœur impur & souillé de péchés. D’Espagnet exige encore une grande connaissance de la Physique ; & c’est pour cet effet que j’en mettrai à la suite de ce discours un traité abrégé qui en renfermera les principes généraux tirés des Philosophes Hermétiques, que d’Espagnet a recueillis dans son Enchyridion. Le traité Hermétique qui est à la suite est absolument nécessaire pour disposer le Lecteur à l’intelligence de cet ouvrage. J’y joindrai les citations des Philosophes, pour faire voir qu’ils sont tous d’accord sur les mêmes points.

On ne saurait trop recommander l’étude de la Physique, parce qu’on y apprend à connaître les principes que la Nature emploie dans la composition & la formation des individus des trois règnes animal, végétal & minéral. Sans cette connaissance on travaillerait à l’aveugle, & l’on prendrait pour former un corps, ce qui ne serait propre qu’à en former un d’un genre ou d’une espèce tout à fait différente de celui qu’on se propose. Car l’homme vient de l’homme, le bœuf du bœuf, la plante de sa propre semence, & le métal de la sienne. Celui qui chercherait donc, hors de la nature métallique, l’art & le moyen de multiplier ou de perfectionner les métaux, serait certainement dans l’erreur. Il faut cependant avouer que la Nature ne saurait par elle seule multiplier les métaux, comme le fait l’art Hermétique. Il est vrai que les métaux renferment dans leur centre cette propriété multiplicative, mais ce sont des pommes cueillies avant leur maturité, suivant ce qu’en dit Flamel. Les corps ou métaux parfaits (Philosophiques ) contiennent cette semence plus parfaite & plus abondance ; mais elle y est si opiniâtrement attachée, qu’il n’y a que la solution Hermétique qui puisse l’en tirer. Celui qui en a le secret, a celui du grand œuvre, si l’on en croit tous les Philosophes. Il faut, pour y parvenir, connaître les agents que la Nature emploie pour réduire les mixtes à leurs principes ; parce que chaque corps est composé de ce en quoi il se résout naturellement. Les principes de Physique détaillés ci-après sont très propres à servir de flambeau pour éclairer les pas de celui qui voudra pénétrer dans le puits de Démocrite, & y découvrir la vérité cachée dans les ténèbres les plus épaisses. Car ce puits n’est autre que les énigmes, les allégories, & les obscurités répandues dans les ouvrages des Philosophes, qui ont appris des Égyptiens, comme Démocrite, à ne point dévoiler les secrets de la sagesse, dont il avait été instruit par les successeurs du père de la vraie Philosophie.

Les Fables Égyptiennes et Grecques, Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire Mytho-Hermétique, 1787.

Les Fables Égyptiennes et Grecques

 Pyramides de Gizeh, David Roberts, 1838.

Peintre orientaliste écossais, David Robert (1796 – 1864) est connu pour ses nombreuses peintures à l’huile de l’Egypte et du Proche-Orient réalisées pendant les années 1840 à partir de croquis pris au cours de ses périples dans la région.

SOURCE  : https://www.esoblogs.net

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Qi Gong et Gestuelle Maçonnique 17 novembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Qi Gong et Gestuelle Maçonnique

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Rappel sur la gestuelle

Le mouvement du corps, c’est par définition le geste ; cela n’intéresse pas uniquement la main comme on pourrait le croire. On peut définir huit grandes fonctions dans les mouvements du corps ; ce sont :

Le déplacement,

La communication,

La prise de nourriture,

La sexualité,

Le combat pour la vie,

La préparation au repos,

Le ressenti,

Le soin.

Dans les sociétés modernes, le mouvement lié au combat pour la vie a changé de nature ; on parlera d’activité productrice et créatrice, de sport ou de jeu.

Dans ce préambule, évoquons trois sujets connexes en rapport avec la gestuelle : il s’agit du lien entre gestuelle et langage, de l’influence du transfert sur la gestuelle et de la gestuelle dans la symbolique de l’Egypte Antique :

A proprement parler le langage fait partie du mouvement mais on a pris l’habitude de distinguer langage et gestuelle pour en faire les deux composantes de la communication : il est classique de dire qu’une communication comporte 20 à 30 % d’éléments verbaux et 70 à 80% d’éléments gestuels non verbaux. Le geste spontané est plus riche de sens que le langage pour la simple raison qu’il est souvent plus authentique.

le transfert pourrait se définir comme la préoccupation inconsciente qui, chez chacun d’entre nous, fait un lien avec les premiers objets de notre investissement ; cela touche bien sûr notre petite enfance. Cette préoccupation inconsciente affecte notre comportement et donc notre gestuelle.

On peut examiner la gestuelle dans la symbolique de l’Egypte Antique en étudiant l’iconographie ; à titre d’exemple, chacun ici sait que pour les égyptiens les mains renvoient à un code binaire : actif pour la main droite ou réceptif pour la main gauche ; on verra donc des représentations de personnages avec deux mains droites ou deux mains gauches pour bien signifier de quelle polarité il s’agit. On pourrait aussi parler de l’attribut de la barbe qui permet d’en affubler une déesse sans choquer le moins du monde ; mais tout cela dépasse mon modeste travail.

Les gestuelles sont utilitaires, mais elles s’adressent aussi à la jouissance et bien sûr à la réflexion, la philosophie et la religion. Le sujet de ce soir renvoie à deux gestuelles imprégnées de pensée philosophique. J’ai pratiqué le Qi Gong et j’en garde un très bon souvenir ; la gestuelle maçonnique ne m’est pas inconnue : mais en travaillant ce sujet, je me suis étonné d’y découvrir des nouveautés que je n’imaginais pas ! Je vais essayer de vous les faire partager !

Le Qi-Gong

 

Le Qi gong est souvent présenté comme une simple gymnastique procurant souplesse articulaire et détente musculaire. En réalité, cette simplicité apparente cache la complexité de la relation entre le contenu symbolique du geste et la notion de Qi (aussi appelé Chi).

Le Qi (souvent traduit par énergie) est un concept issu de la connaissance intuitive des phénomènes naturels que possédaient les anciens sages de la Chine antique. Pour eux, le Qi est à l’origine du monde ; chaque élément de l’Univers résulte de ses mouvements et de ses modifications. Ainsi il est écrit :

«Tout être et toute chose résultent du Qi du Ciel et de la Terre. »

Le Qi fait partie des trois trésors (ou San Bao) avec le Jing assimilé au corps et le Shen qui se rapporte à l’esprit. En ce qui concerne le geste, le shen (l’esprit) donne un ordre (l’intention), le qi transforme celui-ci en « impulsion » et le jing (le corps) déclenche la manifestation physique de cet ordre.

Cette conception taoïste, qui date de plusieurs siècles avant Jésus-Christ, offre une lecture originale du fonctionnement de l’être vivant : la transformation de l’énergie vitale, la notion d’énergie saine et l’influence d’énergies perverses en expliquent les perturbations.

Le Qi Gong, par une gestuelle appropriée, permet à l’individu de conscientiser son immersion dans l’univers énergétique ; ce faisant il peut prendre une distance avec sa quotidienneté et rechercher une mise en harmonie avec l’Univers. De nos jours, le Qi Gong se pratique avec une grande variété de modalités selon le degré de connaissance des participants et des animateurs des séances.

Il existe même une utilisation simplifiée qui a facilité sa pratique dans tous les continents au-delà du berceau géographique d’origine. Sans exégèse, la voie choisie du geste, de la respiration et de la concentration suffit à produire ses effets.

Il arrive parfois que les européens qui découvrent le qi gong soient fixés sur le geste à accomplir tel que le professeur le leur montre ; pour eux, toute la séance consistera à tenter de reproduire le geste de manière si possible parfaite.

Tendre la main droite en plaçant la paume vers le haut peut être un geste à réaliser ; au premier degré, c’est un geste banal sans signification ; si je donne un contenu à ce geste, par exemple en le présentant comme une offrande et qu’en l’exécutant, je me concentre sur cette main, sur le sens que j’ai donné, en pratiquant une respiration ventrale, toutes les idées parasites négatives disparaissent, la main devient l’offrande !

L’intelligence du Qi Gong n’est pas de demander une perfection du geste mais de mettre dans le geste une perfection d’intention.

Par ailleurs, il se trouve qu’à la suite des travaux scientifiques effectués depuis les années 1980, nous savons aujourd’hui que cette intention, en réalisant une concentration mentale sur le contenu symbolique du geste, provoque une activité cérébrale spécifique avec une augmentation significative de l’activité alpha à l’électro-encéphalogramme. Cette activité cérébrale a plusieurs conséquences : elle procure, en particulier :

Une plus grande capacité de concentration,

Et une sensation de détente et de relâchement.

Comme la gestuelle du Qi Gong vise aussi à faciliter la circulation énergétique, on comprend mieux les gestes pratiqués en visualisant le trajet des méridiens et le sens de la circulation énergétique.

Rappelons que, selon la conception taoïste, l’énergie circule dans les 12 méridiens principaux de chaque hémicorps et dans les circuits spécialisés (les 8 méridiens dits curieux et les 12 méridiens dits distincts). L’énergie imprègne le méridien pendant une heure chinoise (qui correspond à deux heures classiques) ; la journée est ainsi découpée en 12 heures. Le passage de l’énergie dans un méridien se fait à toujours à la même heure chinoise.

Globalement, le Qi Gong, à travers des gestuelles adaptées, permet une meilleure concentration, une plus grande capacité d’adaptation et un bien-être ressenti. Il se rapporte essentiellement aux fonctions de communication, de combat pour la vie et de soin.

On peut s’interroger sur la fonction soin présente dans le Qi Gong : en fait, le taoïsme a la grande sagesse de modéliser la fragilité du fonctionnement de l’être humain ! Cette fragilité est une réalité scientifique, mais nous n’en avons pas toujours conscience !

Fragilité physique mais aussi psychologique et mentale qui explique combien la folie humaine est une compagne qui n’hésite pas à venir influencer nos pensées … à l’insu de notre plein gré pour reprendre une célèbre expression !

Par cette fonction dans le soin, le Qi Gong nous aide à prendre conscience de notre dysfonctionnement énergétique, à y remédier et nous aide à nous protéger.

Un mot sur une gestuelle particulière qui, à mon humble avis pourrait symboliser la réussite d’une séance de Qi Gong quand on y arrive : il s’agit du sourire intérieur. Lorsque l’harmonie est rétablie, « le sourire intérieur» resplendit.

La gestuelle maçonnique

On étudiera successivement :

La gestuelle maçonnique intégrée dans les rituels,

Et celle qui est pratiquée par les francs-maçons en dehors des rituels,

 

A – La gestuelle maçonnique intégrée dans les rituels

Dans la franc-maçonnerie opérative des tailleurs de pierre, au XVème siècle, si les gestes sont nombreux, deux gestes rituels semblent essentiels :

le geste de reconnaissance propre à chaque corporation ;

Et le serment en rapport avec la sauvegarde du secret du Maître ; on sait maintenant la nature de ce secret qui lui était vital.

Dans les premières réunions de la franc-maçonnerie spéculative, au XVIIème siècle, les gestes rituels restent les gestes de reconnaissance et le serment ; ensuite, progressivement on verra s’ajouter (en particulier sous influence française) une prolifération de compositions. Ces ajouts dénotent souvent la volonté d’influencer la démarche maçonnique en y intégrant des gestuelles empruntées à d’autres courants de pensée ou à des modes.

Aujourd’hui, la gestuelle maçonnique du premier degré se subdivise en une trentaine de gestuelles spécifiques. Certains gestes sont destinés à produire un son : comme par exemple, le coup de maillet, le claquement des mains, les tapes sur l’épaule ou la pose des canons ; ils avaient des significations précises mais on continue à les pratiquer.

Mis à part, l’allongement du dernier apprenti, l’agenouillement du récipiendaire pendant la consécration et la demande de parole, la gestuelle maçonnique est principalement pratiquée en position debout.

Il n’est pas possible de détailler le contenu symbolique de tous les gestes pratiqués pendant les rituels. Il y aurait tant à dire. Limitons-nous au signe d’ordre et à des observations sur d’autres gestes.

1 / La gestuelle du signe d’ordre

En Angleterre : on l’appelle SIGN OF AN ENTERED APPRENTICE ( que l’on pourrait traduire par le signe du nouvel apprenti) ! Je cite une traduction des instructions : «Il se fait, en étant debout les deux pieds en équerre, le bras droit horizontal replié, paume de la main tournée vers le sol, pouce à l’équerre contre le cou.»

Il est classique de lire dans les manuels que ce signe d’ordre signifie : je cite :

« Je contrôle et j’apaise mes instincts, j’apprends à modérer mes paroles, à maîtriser mes passions… »

« La main droite, placée en équerre sur la gorge, paraît contenir le bouillonnement des passions qui s’agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile susceptible de compromettre la lucidité de l’esprit. L’Ordre de l’Apprenti signifie qu’il cherche à être en possession de lui-même et qu’il s’attache à juger avec impartialité.»

A vrai dire, ces interprétations n’ont aucune référence biblique ou historique ; ce sont de libres propos dus à des auteurs comme Boucher et Wirth ; ils sont d’ailleurs fréquemment repris dans le cadre des instructions des apprentis.

Ce signe du nouvel apprenti ou signe d’ordre est historique pour deux raisons essentielles :

Il était pratiqué par les membres des loges compagnonniques bien avant la création de la grande loge de Londres en 1717. Il prouve ainsi notre filiation compagnonnique.

il constitue le geste rituel commun à toute la fraternité maçonnique de tous les pays et de tous les continents !

Dans les anciens rituels compagnonniques, son existence est consubstantielle de celle du signe pénal ; l’important c’était d’abord le serment de garder secret de ce que l’on pourrait savoir ; ensuite, le signe pénal était une confirmation du serment par un engagement sacrificiel ; au final, le signe d’ordre se comprend comme un passage obligé dans la compréhension du signe pénal.

Cependant, l’absence dans les rituels d’explication quant à la signification du signe d’ordre en lui-même, m’a interpellé. Après avoir beaucoup cherché, et n’ayant rien trouvé dans les ouvrages de maçonnologie, c’est en analysant les termes hébreux utilisés dans la Bible que j’en suis venu à élaborer une explication dont je voudrais vous parler.

Cette interprétation est fondée sur l’importance du symbolisme de la gorge dans la bible ; on en déduit que le sacré impacte le corps humain dans cette zone corporelle : la gorge est non seulement le passage du souffle, c’est-à-dire l’esprit, mais aussi ce qui pénètre dans le corps que cela soit l’air ou la nourriture !

La bible en hébreu fait référence à la gorge de différentes manières ; l’utilisation du mot Nèphésh mérite toute notre attention. Une étude répertorie 754 références à Nèphésh dans l’ancien testament. Le plus souvent, Nèphésh est traduit par esprit, âme ou élan vital. Mais en hébreu le sens est beaucoup plus large ; Daniel Lys dans son ouvrage « Nèphésh, Histoire de l’âme dans la révélation d’Israël au sein des religions proche-orientales » paru en 1959 aux PUF, nous met sur la piste quand il relève que, dans plusieurs passages, Nèphésh doit se comprendre comme signifiant la gorge. Nèphésh désigne la gorge mais également le pouce !

Mettre la main à la gorge c’est approcher la main du souffle vital et on pourrait ajouter, c’est donner à la main ce souffle vital ; cette transmission se fait par l’intermédiaire du pouce placé sur la gorge : le même mot se retrouve dans les trois éléments : l’esprit, la gorge en qualité de contenant et le pouce !

Mettre la main à la gorge en prenant appui sur le pouce c’est transmettre à la main une part de sacré qui nous vient du souffle !

Quoi de plus logique quand on sait que cette main va transformer la pierre brute pour en faire une pierre taillée constituante du temple de Salomon ; et cette main, c’est la nôtre à nous francs-maçons, nous qui avons ce génie dans nos gènes !

Cette symbolique du signe d’ordre se prolonge dans la symbolique du premier travail du nouvel apprenti qui prend possession du maillet et du ciseau pour tailler la pierre brute : si on a conscience du sens de ces deux gestes, ne pourrait-on pas affirmer qu’avec eux tout est dit ?

A partir d’une inspiration divine, nos initiateurs nous orientent vers une dynamique de construction, construction qui chez les opératifs était religieuse et militaire, et qui, dans la loge maçonnique, devient une construction sociale fondée sur la solidarité imprégnée de spiritualité.

Le signe du nouvel apprenti, que nous appelons signe d’ordre, avec le pouce sur la gorge, est un geste fondamental et riche de sens : c’est un signe qui nous identifie ! C’est un signe qui met en œuvre une intention et une réalisation !

2 / De quelques observations personnelles :

Comme chacun peut s’en rendre compte, la gestuelle pratiquée en loge est très diverse et pas toujours spécifiquement maçonnique ; pour illustrer cette remarque voici deux exemples (sachant qu’il vous sera facile d’en trouver d’autres) :

1ère situation : si pendant la lecture d’une planche, je regarde mon ipad ou mon smartphone pour surveiller l’arrivée d’un post ou d’un mail, ma gestuelle fait douter de l’intérêt que je porte au suivi des travaux ;

2ème exemple : En imposant certains éléments de leurs gestuelles dans les rituels, des idéologies ont voulu nous annexer ! A titre d’exemples citons les symboliques napoléonienne, aristocratique ou templière pour ne citer que les déviations les plus criantes et malheureusement toujours actuelles.

Mais parlons de quatre sujets qui permettent de faire allusion à d’autres apports de la gestuelle.

a / à propos des quatre épreuves de l’initiation :

Dans l’initiation, comme pour d’autres phases du rituel, on peut confronter la verbalisation du rituel et la gestuelle ; lors des quatre épreuves de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, le rituel évoque une purification ; or ces quatre éléments par leur contenu symbolique biblique renvoient directement à l’initiation chrétienne : à partir de la terre, le profane est mis en contact avec Jésus-Christ (par le symbolisme de l’eau), puis avec l’esprit sain (par le symbolisme du souffle c’est-à-dire l’air) et enfin avec Dieu (par le symbolisme du feu et de l’épée flamboyante dont vous savez que dans la Bible elle est, par l’intermédiaire des chérubins, un élément du geste divin) ; tout se passe comme si la gestuelle complétait la verbalisation du rituel en ajoutant un sens caché.

b / à propos de la gestuelle en rapport avec la fraternité :

Si la fraternité est un élément de langage maçonnique, la gestuelle porteuse de fraternité apparaît un peu figée et réduite : seule la chaîne d’union fait exception.

Dès lors, comment expliquer que les rituels aient aussi peu de gestes pratiqués avec une réelle intention d’amour fraternel ?

En vérité, la fraternité ne doit pas être confondue avec l’amour fraternel ; aujourd’hui lorsqu’on évoque la fraternité on introduit un contenu affectif ; il ne me semble pas que c’était le cas au XVIIème siècle ; à cette époque la fraternité est un concept essentiel de partage de l’objet commun à tous les frères, c’est-à-dire l’amour de Dieu. Quand la bible évoque l’amour, on met d’abord en avant l’amour pour Dieu.

c / à propos de la gestuelle du signe pénal

Evoquer le signe pénal permet de rappeler qu’il rentre dans le cadre d’une gestuelle particulière rencontrée dans les rituels maçonniques : la gestuelle des châtiments rituels.

Dans l’ouvrage Masonry Dissected de Samuel Prichard, paru en 1730, il est écrit : je cite la traduction :

- « Sachant que j’aurais ma gorge tranchée, ma langue arrachée et mon corps enterré dans les sables grossiers de la côte à marée basse, chahuté par le flux et le reflux journalier des vagues, pourrai- je violer sciemment mon obligation d’Apprenti ? « 

Sans pouvoir développer ce chapitre, on peut relever que dans le rituel, la menace d’avoir la gorge coupée, affirme l’assurance d’une mort horrible spirituellement car elle sera sans sépulture !

Faire le signe pénal, c’est aussi renouveler l’engagement à respecter le serment, cette obligation du secret dont on sait qu’il est lui d’origine compagnonnique et non biblique !

Signalons aussi que le geste pénal n’est pas spécifiquement maçonnique ; on le retrouve dans le monde profane soit avec la main soit plus souvent avec l’index ou le pouce : il signifie la menace de meurtre par égorgement généralement pour se venger ou par volonté de faire peur en particulier à celles et ceux qui ne respecteraient pas la loi du silence !

d / à propos de la colonne d’harmonie

La colonne d’harmonie, héritière du Shofar, est une gestuelle très particulière ; elle ne prend tout son sens que si elle est prévue par le rituel et produite en loge par les membres de l’atelier.

Il serait sûrement intéressant de conceptualiser l’utilisation contemporaine de l’apport du son dans le rituel pour ne pas le réduire à ce qu’il a tendance à devenir aujourd’hui, c’est-à-dire un divertissement !

 

B – La gestuelle maçonnique pratiquée en dehors des rituels.

En dehors du rituel, on parle de gestuelle maçonnique parce qu’il s’agit de gestes pratiqués par des francs-maçonnes ou des francs-maçons ; elle est très intéressante à observer et à analyser ; on y découvre en particulier nos secrets ; comme précédemment on pourra distinguer :

une gestuelle ritualisée utilisée par un ou plusieurs groupes de francs-maçons ;

et une gestuelle spontanée propre à chacun – chacune d’entre nous.

Ces gestes, plus ou moins discrets, sont très variables selon les pays, les orients et les loges ; je pense en particulier :

aux attouchements des doigts et des mains selon le degré des interlocuteurs,

à la triple accolade

à la triple tape de l’épaule droite

au sourire

au signe d’ordre,

à l’utilisation d’accessoires vestimentaires.

Bien d’autres gestes existent aussi.

Cette gestuelle maçonnique a essentiellement une fonction de reconnaissance ; mais la tape sur l’épaule est aussi un encouragement et un témoignage de sympathie. Il est d’ailleurs classique de voir une modulation des triples tapes selon l’humeur et le lien existant entre les frères et les sœurs qui se saluent.

Dans ce chapitre, un mot sur le sourire ! Gestuelle non prévue dans le rituel, omniprésente en loge et en dehors de la loge.

Physiologiquement le sourire correspond à l’activité musculaire des 13 muscles faciaux qui affectent les lèvres, les paupières, le nez, les sourcils, les oreilles et les muscles peauciers proprement dits ; cette musculature est principalement sous l’influence du nerf facial. Chez l’adulte, la mise en œuvre du sourire est sous la dépendance d’une action volontaire ; par l’apprentissage social le sourire fait aussi partie du comportement communautaire.

En loge, on sourit souvent ; la plupart du temps, ce sont des sourires de façade, réflexes, habituels dans la sphère commerciale ou politique ; mais il arrive aussi qu’il s’agisse d’un vrai sourire affectueux témoignant d’une réelle fraternité.

Schématiquement on parlera de sourires sincères ou de sourires composés ; on pourrait les distinguer car en réalité ils ne mettent pas en jeu la même musculature mais cela suppose un regard spécialisé.

 

Conclusion

Redécouvrir le contenu symbolique du geste a renforcé mon adhésion à un rituel renouvelé : telle est la première conclusion que je tire de ce travail.

On retrouve dans le Qi Gong et la gestuelle maçonnique quatre points communs :

Leurs gestes sont chargés de sens,

On retrouve, de la part des initiateurs, l’inspiration spiritualiste,

Ces deux gestuelles nous viennent du passé mais conservent une actualité contemporaine,

Ces deux gestuelles bénéficient aujourd’hui d’une approche renouvelée avec la liberté de conscience.

Et aussi des différences ; je me limiterai à deux :

Le Qi Gong a une fonction de soin qui n’existe pas dans la gestuelle maçonnique ;

La gestuelle maçonnique est très diversifiée et impose différentes grilles de lecture.

Evoquer la fonction de soin du Qi Gong renvoie au débat récurrent sur la capacité ou non pour l’engagement maçonnique de transformer un individu. Ne pourrait-on pas imaginer que le volontarisme judéo-chrétien de la démarche maçonnique bénéficie de l’apport de la profonde humilité taoïste ? Cet apport pourrait peut-être permettre de favoriser la transformation bénéfique des nouveaux et anciens initiés !

Quoi qu’il en soit, j’ai pris un grand intérêt à ce travail ; bien sûr, dans la vie courante, nous savons que la plupart de nos gestes sont exécutés de façon machinale et nous n’y attachons que peu d’importance ; mais en loge, à l’image de ce qui se fait au Qi Gong, la gestuelle ne mériterait-elle pas d’être réalisée en « pleine conscience » pour reprendre une expression d’origine boudhique ?

Personnellement, je rêve d’une gestuelle maçonnique débarrassée de ce que j’appellerai des anachronismes :

Le port de l’épée ;

Le salut romain qui est devenu un symbole nazi ; son remplacement par le signe de fidélité serait plus conforme à notre symbolique ;

Le déplacement dans le temple avec son allure martiale à connotation militariste pourrait évoluer vers une déambulation plus intimiste et plus fraternelle retrouvant le sens premier du cercle et de l’orientation ;

les attitudes théâtrales, peu crédibles ici.

Par ailleurs, si une démarche de vérité et d’authenticité était recherchée dans le consensus, la loge pourrait collectivement ré investir deux positions corporelles:

D’une part la position d’écoute : le regard tourné vers le pavé mosaïque, les mains sur les genoux, en effectuant une respiration ventrale et en se concentrant sur les paroles entendues sans se laisser aller à une réactivité spontanée.

D’autre part, la position à l’ordre : la pratiquer en se concentrant sur cette relation entre l’esprit, la gorge, le pouce et la main droite devrait renforcer son contenu.

J’ai dit

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source : https://www.idealmaconnique.com/?fbclid=IwAR1EUCwB2egdU6DjOAzQSgbUbgsnoG3Ln41tBBd6dlS38s3-4867B2y_WrU

Qi Gong et Gestuelle Maçonnique dans Recherches & Reflexions

L’influence Celtique et Druidique 12 novembre, 2018

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L’influence Celtique et Druidique

 T1

Rattacher l’Ordre du Temple, fer de lance de la chrétienté moyenâgeuse aux cultes celtiques et aux druides pourrait sembler une gageur, et bon nombre d’auteurs s’y refusent d’ailleurs.
Mais nous le savons, telle Isis la Déesse Mère, la vérité avance souvent voilée… Soulevons donc (un peu) le voile d’Isis.

Revenons donc à l’école canoniale de Châtillon sur Seine où un jeune novice (de 9 ans…) appelé Bernard de Fontaine (et oui…) se recueille dans l’église Saint – Vorles devant une image de la Vierge :
Celle-ci est représentée en majesté, en une pose aristocratique et princière, elle tient son enfant devant elle, le visage de Jésus est moins soigné comme si le plus important était la représentation de la mère… sa robe arbore le bleu, le blanc et le rouge (couleur alchimique…) mais elle est sombre, tant par l’âge que par l’art.

Il s’agit d’une Vierge Noire !

 

T2

Quelques écrits de l’église, authentifieraient  la légende qui dit que Bernard, s’adressant alors à la
Vierge Noire demanda : – « Monstra te esse matrem… »
La Vierge Marie pressa son sein, et 3 gouttes de lait jaillirent miraculeusement sur ses lèvres, venant nourrir le futur St Bernard !

Il s’agit là d’une allégorie alchimique*1, signifiant également que le futur Bernard de Clairvaux, nourri du lait de la Vierge Noire, s’est abreuvé aux sources même de la tradition druidique !

Lui-même donne pour ses maîtres les chênes et les hêtres, et certaines de ses paroles sont éminemment celtiques :

- « Vous trouverez plus de choses dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les pierres, vous apprendront ce que les maîtres ne sauraient vous enseigner. Pensez-vous que vous ne puissiez sucer le miel de la pierre, l’huile du rocher le plus dur ? Est-ce que des collines ne coulent point le lait et le miel ? Est-ce que les vallées ne sont point remplies de froment ? »

Remontons maintenant l’histoire……… jusqu’à Joseph d’Arimathie !

 

Et fixons notre attention sur une petite localité du nom de «Glastonbury »

Glastonbury: (le cimetière caché des glaces ou le brillant caché lumineux), est le nom d’une localité du Somerset anglais, (autrefois au cœur du Wessex) qui deviendra plus tard siège d’une importante abbaye cistercienne (…) au Moyen-âge… Elle passe pour avoir été, auparavant, un des hauts lieux du celtisme antique avec l’Ile d’Avalon ! Résidence favorite des fées, localisation de l’Autre monde chez les Celtes.

Deux idées se dégagent de ce nom, celle de gel, de glace, de lumière (Glass) et celle d’enterrement, de cache, de cimetière (bury) et relient d’emblée ce lieu au séjour des morts et à un univers lumineux.
Avalon, elle, est l’île des pommes, le verger sacré toujours florissant, lieu de séjour des héros celtes, jardin paradisiaque de l’Autre monde. C’est là, si l’on en croit le trouvère anglo normand Robert Wace, qu’Arthur, lassé des batailles et navré mortellement se fit porter pour soigner ses blessures, les bretons attendent qu’il en revienne : « rex Arturus, rex Futurus ».
A Glastonbury, s’établit, avant la conquête saxonne, sur les traces d’un ancien sanctuaire celte, attesté par la configuration des lieux et souligné par les historiens, un monastère de chrétienté celtique dédié à la Vierge !

Et qui deviendra une Abbaye cistercienne…

T3


Joseph d’Aimathie tenant le Graal (vitrail église de Glastonbury)

L’histoire de l’Abbaye comme l’imaginaire qui se développe autour d’elle ne sont pas non plus sans intérêt, car sa vocation, s’affirmant au delà des âges, est celle de rendre compte d’un sens caché, véritable symbole des connexions qui existent entre la religion des celtes et le christianisme au cours du premier millénaire…

 

Parmi celles-ci, notons:

- après la mort du Christ, Joseph d’Arimathie, aurait transporté le Graal jusqu’en Occident et vint sur ces lieux avec douze compagnons pour fonder la première église d’Angleterre non sans avoir passé accord avec le druide Arvirogus, qui alla jusqu’à lui concéder un terrain, la tradition ésotérique chrétienne dont Joseph d’Arimathie était un des dépositaires s’accordant profondément avec la tradition celtique.

Le choix de Glastonbury comme lieu sacré du christianisme celtique en  » Bretagne la bleue  » n’est évidemment pas du au hasard… C’est là que les druides avaient bâti l’un de leurs centres les plus importants des îles britanniques.


Le lieu, d’une grande beauté, est constitué de trois monuments, également rattachés aux deux traditions:

- l’Abbaye elle-même, dont les fidèles revendiquent l’antériorité sur toutes les autres églises de la chrétienté, y compris celle de Rome, sise à l’emplacement où Joseph d’Arimathie planta son bâton, geste fondateur s’il en est, tombeau sacré de Joseph et du Roi Arthur et de Guenièvre.

- la Tor, (éminence qui domine Glastonbury et connut la double occupation celte et chrétienne), possède à son sommet une chapelle dédiée à Saint Michel, le tueur de dragon à l’épée flamboyante qui, en bien des endroits, est invoqué là où les celtes s’adressaient à Bélénos le Brillant, l’Apollon celte…

- le puits du calice (Chalice Well) au pied de la Tor où Joseph d’Arimathie, dit la légende, cacha le Graal. Ce lieu est très fréquenté par les pèlerins qui tentent de percevoir dans les eaux du puits le secret de leur avenir. De même, les celtes se rendaient prés des fontaines réputées comme lieux de mise en contact avec le royaume des Immortels.


Prolongeant le celtisme, le christianisme a sacralisé les lieux sacrés d’Avalon et Glastonbury, a sublimé les éléments qui en faisaient la sacralité: l’arbre (l’aubépine*2 du bâton de Joseph d’Arimathie), la source sacrée (Chalice Well), l’île (île d’Avalon), l’éminence (la Tor). Ces différents indices nous renforcent dans la conviction que l’Eglise Celte n’a pas été détruite par l’Eglise Catholique romaine, mais qu’elle s’est fondue en elle, cela participe moins d’une conquête culturelle que d’une véritable incorporation spirituelle !

Véritable Haut Lieu des celtes comme du monachisme occidental, celto chrétien d’abord, puis cistercien ensuite, l’Ile d’Avalon conserve tout son mystère que ne sauraient percer les yeux qui ne voient pas l’invisible…

De l’Angleterre à l’Irlande celtique il n’y a qu’un pas…

C’est en Irlande que naît Colomban (ou Columban, en latin Columbanus) exactement la même année qui voit mourir le père des Bénédictins, Benoît de Nursie. Son nom est classique en Irlande, et signifie colombe. Né d’une mère chrétienne, il fut confié, selon la coutume irlandaise, à un fer leighinn (homme lisant), de qui il apprit le latin. Son éducation littéraire et sa formation religieuse furent acquises au sein des monastères de Clauin Inis ( » île penchée « ) et Bangor.

Colomban est formé dans le contexte particulier d’une Irlande celtique et chrétienne (christianisme celtique), coupée de l’Église romaine, ce qui lui vaudra quelques désagréments plus tard…

Vers quarante ans, il lui parut entendre la voix de Dieu, lui proposant de prêcher l’Évangile dans les pays étrangers.

T4 

Saint Colomban

Il quitte Bangor et part ainsi vers le continent, douze compagnons avec lui : Attala (saint), Columban le jeune, Cummain, Domgal, Eogain, Eunan, Bile (saint), Gurgano, Libran, Lua, Sigisbert et Waldoleno. Le groupe fait une halte en Grande-Bretagne, vraisemblablement sur la côte écossaise, puis arrive sur les côtes bretonnes, vers 585.

Ils débarquent sur la plage du Guesclin en Saint Coulomb près de Saint-Malo en Bretagne. Une croix en marque le souvenir.

Ensuite, ils se dirigent vers Reims en passant par Rouen et Noyon. Colomban souhaite rencontrer Childebert II, le roi d’Austrasie pour solliciter un lieu de séjour. Il obtient le droit de s’installer dans ce royaume. Le groupe repart alors vers Châlons-en-Champagne, Langres, à la recherche d’un endroit propice à leur installation.

Le groupe de prédicateurs irlandais et armoricains allait redonner un nouvel élan à la vie religieuse, par leur ardeur, leur goût de l’étude et du dépassement. Leur réputation arrive tout naturellement aux oreilles des princes, en particulier celles de Gontran, roi de Bourgogne qui lui octroie un domaine dans les solitudes des montagnes vosgiennes et c’est là, à la place de la forteresse romaine en ruine d’Annegray (sur la commune actuelle de Voivre, en Haute-Saône), que Colomban fondera son premier monastère. Puis devant l’affluence et le succès il en créera trois autres.

Pour elles, il écrivit sa propre Règle, inspiré des coutumes de Bangor et, plus encore, de la culture celtique dont il était issu.

Il met par écrit les principes sévères du monachisme irlandais à destination des monastères de la gaule. Il rédige trois documents :

- le Pénitentiel, qui est un recueil de sanctions pour les fautes commises, pour les laïcs, les clercs, et les moines.

- la Règle conventuelle qui ne contient que des peines pour les fautes commises.

- la Règle des Moines qui est une véritable règle, et insiste sur les vertus des moines.

Elle existe en deux versions :

Regula cujusdam patris ad monachos, longue de vingt-deux chapitres et destinée aux communautés d’hommes.

Regula cujusdam patris ad virgines, longue de vingt-quatre et destinée aux communautés de femmes.

Cette règle est d’abord en vigueur à l’abbaye de Luxeuil, puis à celles de Lure et de Fontaine-lès-Luxeuil.

La règle connaît un certain succès, et près de 90 monastères l’adoptent !

Mais, extrêmement sévère, parfois imprécise, elle est modifiée ou abandonnée : dès 628, la règle de saint Benoît est associée à celle de saint Colomban dans les monastères qui en relèvent. En 745, le concile des Francs, dirigé par saint Boniface, archevêque de Mayence, préconise l’adoption de la règle bénédictine pour tous les monastères du royaume.

Cependant, lors de sa réforme au Xe siècle, saint Benoît d’Aniane reprend quelques articles de la règle de saint Colomban qu’il incorpore à la règle de saint Benoît !

 

Puis ce sera le départ forcé…

D’une part, les évêques n’en peuvent plus de supporter les libertés que prenait de jour en jour l’abbé irlandais, (sans compter que sa renommée grandissante devait leur causer beaucoup de jalousie et leur faire de l’ombre), et d’autre part, Colomban ayant rencontré à Boucheresse Brunehilde, grand-mère du roi Thierry II de Bourgogne, refuse des bénir ses petits enfants qu’elle souhaite lui présenter, car pour lui, ce sont des  » bâtards « . En effet, le roi Thierry II de Bourgogne n’avait pas d’épouse et ses enfants étaient issus de plusieurs concubines.

Pour comprendre ce qui vient d’être dit des libertés prises par Colomban, il faut préciser que le monachisme irlandais ne se soucie pas beaucoup des évêques. En Irlande, les frontières entre abbaye et évêché ne sont pas claires, le concept de siège épiscopal non plus, et les limites mêmes des charges abbatiales ou épiscopales ne sont pas établies une fois pour toutes (elles se cumulent parfois).
L’abbé irlandais prend soin, par exemple, d’établir une hostellerie à côté du cloître et d’interdire l’accès de ce dernier aux personnes du siècle. Il entre d’ailleurs à ce sujet en conflit avec le roi Thierry II, mais surtout, les évêques s’irritèrent de son entêtement à conserver le calendrier pascal tel qu’on l’observait encore dans les rites celtiques, et qui diffère du rite romain…

Les deux premières lettres qu’il adressa au pontife à ce sujet ne lui furent par remis ou ne parvinrent à destination, quant à la troisième, si on la retrouve dans la correspondance de Grégoire, elle n’a jamais reçu de réponse, événement peut-être concomitant avec la mort du pontife, en 604.
Cette lettre défendait avec autant de douceur que de liberté la tradition celtique !


Nous venons de voir (sommairement) l’influence celte dans les débuts de la chrétienté, puis chez les bénédictins et les cisterciens.

Il est temps de retrouver notre Saint Bernard agenouillé devant la Vierge Noire…


Les Vierges noires ne sont pas implantées n’importent où… Les druides étaient des initiés de la Tradition Primordiale, tous les lieux possédant une authentique Vierge Noire sont tous des lieux connus comme lieux d’adoration de divinités celtiques ou païennes et les lieux de culte celtique sont disposés sur des nœuds de courant, où l’intensité des radiations du sol est très forte, ils utilisaient leur connaissance des courants telluriques et cosmiques.


Religieusement, les gaulois n’avaient que des lieux sacrés, marqués d’arbres ou de pierres non taillées tels les menhirs et des dolmens, or les moines s’installèrent sur les lieux sacrés des gaulois… reconnaissant ainsi implicitement la base du druidisme dans l’église catholique.


De plus, lorsqu’on analyse l’implantation des Commanderies et des maisons templières on remarque qu’elles sont pour la plupart bâties sur d’anciennes routes celtiques…


Alors… initié celte Bernard de Clairvaux ? Druide ?


Être affirmatif serait pour le moins présomptueux, mais on ne peut nier indéfiniment les coïncidences… surtout qu’elles ne doivent jamais rien au hasard !


Le terme « Notre Dame » par exemple, fut inventé par Bernard de Clairvaux, les historiens sont au moins d’accord là-dessus, et les Cathédrales gothiques du Moyen-Âge dédiées à Notre Dame furent construites grâce aux Templiers, elles furent de plus, implantées sur des lieux de culte celte…

Bernard de Fontaine était cistercien, l’Ordre de l’abbé Etienne Harding. (Qui l’envoya créer l’abbaye de Clairvaux)


Harding était anglais, terre de Celtes et de Druides avec l’Irlande, on lui prête la création des armoiries de Cîteaux : un chêne décapité… On peut y voir la symbolique évidente et le lien avec la culture celte.

Est-ce lui qui a initié le futur St Bernard ? On ne le sait…


Ce qui est sûr en revanche, c’est que c’est entre les bras de Bernard que viendra mourir Meal O’Morgair en 1148. Meal O’Morgair, archevêque d’Armagh en Irlande… qui fut Saint Malachie, auteur de la fameuse prophétie dite des papes ! Et qui établissait ses célèbres prophéties à partir de tables astrologiques druidiques !


Laissons la parole à Alain Degris auteur d’ouvrages remarquables sur les Templiers :

- « Le Grand Druide René Bouchet, rencontré récemment, m’a raconté que la réorganisation druidique datait de 1088 quand Pierre de Brueys (Grand Druide des Gaules) souleva la Savoie et le Languedoc en prêchant un christianisme conforme aux traditions mais « pauvre »  heurtant ainsi les intérêts des riches abbayes, des évêques et des seigneurs. Les collèges druidiques, après que le Grand Druide fut brûlé en 1147 à Saint Gilles avec son disciple Henri de Toulouse, rentrèrent dans la clandestinité et se dissimulèrent sous la robe de bure des Bénédictins.

Il me parla de Bernard de Clairvaux comme un des Grands Druide des Gaules et lorsque je cherchais à m’enquérir des raisons qui avaient pu faire que des communautés druidiques, auraient pu, selon lui, survivre au sein d’un Ordre Chrétien, il me répondit que l’adhésion du Collège Druidique à l’évangile du Christ, n’était pas de même nature que d’admettre l’autorité de Rome et de sa hiérarchie… et que souvent un Ordre initiatique se cache ainsi au milieu d’autre chose… »


J’ajouterai pour conclure :

Il est dit qu’une nuit Aleth  (Mère de Bernard de Clairvaux) eut un songe : l’enfant qu’elle portait lui apparu sous la forme d’un petit chien blanc, taché de roux qui aboyait fortement. Troublée, elle alla consulter un saint homme qui lui prédit ceci :

- « Votre enfant sera le gardien de la maison de Dieu, il fera entendre à sa porte de grands aboiements contre les ennemis de la foi… et comme un bon chien, de sa langue salutaire, il guérira en beaucoup de gens les maladies des âmes… ».

Geoffroy, secrétaire de Saint Bernard, dans le sermon pour l’anniversaire de Bernard n° 16, écrivit à ce propos :

- « Ceux qui ont éprouvés en eux la force des aboiements de Bernard, qui ont connu avec une certitude la grâce médicinale de sa langue, redisent combien il est vrai l’oracle qui prédisait l’éloquence de cet homme fidèle, et combien grande en fut l’efficacité. »


Ce qui n’est pas sans rappeler la légende celtique du chien de Culann et le geste du héros Cou’Houlainn…


Et en guise de clin d’œil…

Les premiers templiers étaient 9*3, durant 9 ans de 1119 à 1128 ils restèrent 9… 

Si l’on additionne 1+1+1+9 on obtient 12 = 1+2 = 3

Si l’on additionne 1+1+2+8 on obtient encore 12 = 1+2 = 3 et 3 X 3 = 9 !

Jacques de Molay finit ses jours le 18 Mars 1314 !

1+8 = 9  et 1+3+1+4 = …9

Ceux que la valeur des nombres intéresse, n’ont pas manqué pas de remarquer la prédominance du 9 dans l’histoire des templiers, mais savent-ils que les Triades (Textes celtes recopiés au Moyen-âge) sont au nombre de 81 ? Soit 9 X 9…

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*1 : concernant les couleurs et l’alchimie : Dans les opérations alchimiques, la matière première (materiae prima) se transforme en se colorant de diverses façons. Trois couleurs dominent… oeuvre au noir, oeuvre au blanc et oeuvre au rouge. Le bleu nuit est assimilé au noir (putréfaction), le blanc, phase suivante (purification) et le rouge (rubification, action du feu secret).

*2 : l’aubépine, je reviendrai sur elle, car son symbolisme rattache aussi la tradition celtique aux Templiers…

*3 : plus tard, quand j’aurai un peu plus de temps, je développerai plus en détail la symbolique du neuf

SOURCE : http://ordredutemple.canalblog.com/archives/2007/08/11/5866987.html?fbclid=IwAR36odhL8FAW6wq36vRaBjWKJyAGtl0ltr2dWiP_3w4i5nvyBy3_9N88BlE

La Mort, mode d’emploi 2 novembre, 2018

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La Mort, mode d’emploi dans Recherches & Reflexions watercolor-200x150

La Mort, mode d’emploi

Que se passe-t-il après la mort ? Les traditions parlent de la Grande Initiation, les Franc-Maçons de l’Orient Eternel.
Simon Leclerc, cherchant et enseignant au Quebec nous livre ici son expérience d’enseignant spirituel et de canalisation sans tabou ni langue de bois. Un article passionnant qui lève bien des craintes et des idées reçues. Laissons-lui maintenant la parole.  
 

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La deuxième mort

Cela fait un long moment que je souhaite partager avec vous ma compréhension des passages qui se présentent à nous après la vie terrestre, soit “entre les mondes”. Je ne prétends évidemment pas détenir la vérité sur le sujet, mais comme plusieurs, j’ai débuté mon parcours spirituel en voulant apprivoiser la mort, un thème si sensible pour la plupart des gens. J’ai d’ailleurs compris plus tard qu’en vérité, je voulais surtout apprendre à vivre. Je vous partage donc ici mon propre parcours et mes expériences vécues sur le sujet.

Je suis conscient aussi que le thème de la mort est délicat, car il réfère à des croyances, religieuses ou autres, acquises individuellement et collectivement. Mon but n’est donc pas d’interférer avec votre vision de “la vie après la vie”, mais de vous présenter ma vérité, celle qu’il m’a été donné d’expérimenter et de comprendre au fil du temps. Et je vous laisse conserver (ou non) ce qui entrera en résonnance avec vous. Pour le reste, je vous suggère simplement de le mettre de côté.

Collectivement, nous craignons la mort. Il suffit de contempler le culte que notre société voue à la jeunesse et les dérivés que cela engendre (chirurgies et modifications esthétiques de toutes sortes) pour comprendre que nous tentons de la repousser. Pourquoi ? Parce qu’elle suscite une peur. Elle éveille en nous la peur du vide, du néant, la peur de ne plus exister, du moins dans la forme que nous connaissons. C’est un changement d’état que nous appréhendons, car il nous est inconnu. Pourtant, nous avons traversé ce passage à tellement de reprises par le passé, soit à la fin de chacune de nos incarnations (nous avons chacun eu en moyenne entre 400 et 800 réincarnations, certains jusqu’à 3000).

 

Apprendre à vivre

En vérité, on meurt tous les jours. Chaque fois que l’on renonce à un comportement spécifique qui nous limite, chaque fois que l’on transforme un élément de soi, chaque fois que l’on accepte de laisser aller une situation qui nous alourdit, on meurt à quelque chose de nous. D’ailleurs, les rêves de mort sont très rarement annonciateurs d’une mort physique. Ils sont plutôt initiatiques, ils nous invitent à laisser aller quelque chose de nous qui, au niveau évolutif de notre être, nous alourdit. Même au tarot, la carte de la mort est un présage de renaissance. Apprendre à mourir, c’est apprendre à vivre.

Que ce soit pour mieux comprendre notre propre parcours ou pour accompagner nos proches qui nous quittent, la “vie après la vie” fascine et inquiète aussi. Que se passe-t-il vraiment après le grand passage, ce que les Guides appellent “la première mort” ? Je reçois régulièrement des questions sur le sujet et je réalise qu’il existe autant de perception qu’il y a d’individu. Chacun envisage “la suite” selon ce qu’il comprend de la vie, et je ne crois pas qu’il existe de vérité absolue sur le sujet. Cependant, il est possible de tracer de grands principes à partir de la compréhension que la vie terrestre est le prolongement de la vie universelle.

Si “la vraie vie” débute ailleurs, nous sommes donc soutenus sur Terre par cet “ailleurs”, qui agit sur nous comme une présence bienveillante. Il nous accompagne sur le parcours du retour au souvenir de nos origines universelles. Mais chacun doit marcher son propre sentier, car personne ne peut le faire à notre place. L’aide est disponible, mais nous sommes responsables de créer notre vie à la hauteur de nos aspirations les plus profondes, tant sur Terre que dans l’autre monde.

 

Un changement d’état

Mon travail d’accompagnant individuel m’a amené à rencontrer des gens qui étaient décédés et qui ne le savaient pas. Même si cela peut surprendre au départ, c’est tout de même assez fréquent. J’avoue que j’étais moi aussi subjugué par cette réalité, ne comprenant pas comment cela était possible.

goeland ciel bleu

En réalité, la mort est un changement d’état qui nous amène à passer du corps physique au corps astral. Ce n’est pas douloureux, c’est comme se laisser aller dans une douce glissage d’eau. La médecine nous dit que nous arrêtons de respirer à la mort, mais en vérité, le souffle se poursuit dans le corps astral. Nous l’amenons avec nous en quelque sorte. C’est le fil conducteur qui relie les différents corps entre eux.

Le corps astral est une copie exacte du corps physique. Leur ressemblance est parfaite. Certains êtres qui décèdent ne réalisent pas qu’ils ont changé d’état, parce que la sensation dans le corps astral demeure la même, mais avec une légèreté ajoutée. Cela survient souvent dans les cas de mort subite accidentelle. En effet, il est fréquent d’observer dans l’énergie un être qui marche à pied le long d’une autoroute après un accident mortel. Il s’agit du défunt qui attend que l’on vienne le chercher. Il se demande pourquoi personne ne l’a invité à entrer dans un véhicule lorsque les secouristes sont venus.

À ce moment, surtout au début, l’être qui n’a pas cultivé sa conscience spirituelle ne comprend pas ce qui s’est produit. Comme il est toujours conscient et que son apparence semble être la même, il se dit qu’il ne peut pas être mort. Habituellement, les gens finissent par comprendre, mais cela peut prendre un certain temps. J’ai cependant vu des gens errer pendant des années avant de réaliser qu’ils étaient décédés, puisque leur nouvel état ne correspondait pas à la définition qu’ils avaient de la mort. Ils pourront éventuellement être aidés par un humain sensible à leur réalité qui leur expliquera la situation.

 

Une copie exacte

Il faut comprendre qu’à priori, le plan astral se présente lui aussi comme une copie exacte du plan terrestre. Par exemple, s’il y a une chaise dans votre environnement, celle-ci aura aussi une correspondance dans la dimension subtile, soit “une autre” chaise qui y sera visible et palpable. En réalité, il y aura une chaise visible à la fois dans la 3e dimension et sur le plan astral. L’être qui s’y trouve la verra donc aussi.

 

Quand nous décédons, la réalité immédiate qui se présente à nous est exactement la même que celle que nous connaissions avant, à la différence qu’elle est plus “vaporeuse”. Et cela peut prendre un certain temps pour apprivoiser ce changement d’état. Plusieurs expérimentations sont souvent requises pour que l’être réalise qu’il peut traverser la matière et voyager à la vitesse de la pensée. Au début, il voudra ouvrir les portes et se déplacer via les moyens de transport connus.

 

Le plan astral

Sur le plan astral plus dense, que certains nomment “inférieur”, plusieurs poursuivent la vie qu’ils avaient sur Terre. Pour simplifier le propos de ce message, j’utiliserai le mot “astral” pour décrire ce plan dit “inférieur”,

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mais en réalité, l’astral présente un spectre de réalités parallèles très vaste, du plus dense au plus lumineux.

Après la mort, plusieurs êtres retournent dans les lieux qui leurs étaient familiers et interagissent avec d’autres êtres décédés qui partagent leur nouvelle réalité. Nous côtoyons au quotidien des êtres qui ont quitté notre plan de conscience et qui poursuivent leur vie d’avant. Ils sont partout autour de nous. Ils fréquentent les lieux publics et interagissent avec les dimensions subtiles des objets qui font partie de notre réalité. Ceux qui craignent les fantômes ne comprennent pas qu’ils en sont entourés. Les craindre revient à avoir peur de voir un oiseau. Il y en a partout.

Certaines entités de l’astral continuent de vivre dans les lieux qui leurs étaient familiers, simplement parce qu’ils ne savent pas où aller ailleurs. Les vieilles maisons sont souvent “habitées”, car les êtres qui y ont passé une grande partie de leur vie continuent d’y vivre après leur mort. Comme ils poursuivent leur vie d’avant, pourquoi changeraient-ils soudainement de lieu de vie ?

Et plus leur état de conscience était lourd dans l’incarnation, plus les énergies du lieu où ils se trouvent seront chargées. Nous ressentirons à ce moment qu’il y a une “entité” dans la pièce, souvent via une contraction du chakra du plexus solaire. À l’inverse, d’autres présences seront plus douces et moins dérangeantes à nos côtés. Cependant, les êtres plus “légers” s’accrochent rarement à un lieu de vie après leur passage, car ils ont plutôt envie d’explorer leur nouveau monde et les possibilités qu’il offre.

 

Un lieu habité

Lorsqu’un lieu est habité, il faut expliquer à l’entité qui s’y trouve qu’elle est décédée et que son parcours de vie l’amène maintenant ailleurs. Il faut lui dire que le lieu est désormais habité par d’autres. Il faut aussi le lui verbaliser à haute voix, car les entités de l’astral n’ont pas appris à communiquer par la pensée. Ils continuent d’interagir à partir des sens qu’ils connaissent.

Nous n’avons pas le rôle de les reconduire vers la lumière. Nous pouvons leur expliquer que d’autres plans de conscience existent et qu’ils peuvent s’y rendre, mais nous n’avons pas le mandat de les y accompagner, à moins d’être un passeur dans l’âme. Mais là encore, si l’on ne sait pas comment procéder, il est préférable de les confier à d’autres Guides invisibles plus “spécialisés”.

 

Pour ce faire, il suffit de prendre quelques respirations profondes et bien ressenties pour augmenter son propre rythme vibratoire. On crée alors un “pont vibratoire” entre les Guides et l’entité, et on laisse ensuite ces êtres interagir entre eux [je reviendrai sur le sujet de cet autre passage sous peu]. Ce qui importe pour nous c’est d’inviter l’être à quitter le lieu, amoureusement, mais fermement.

Bien qu’intéressants, les rituels ne sont pas nécessaires ici. Ce qui importe surtout c’est la sensation de souveraineté ressentie, une qualité de présence à soi qui exprime sa légitimité à habiter le lieu. À ce moment, aucune entité n’est autorisée à y demeurer, à moins que vous ne le lui permettiez. En vérité on ne chasse personne, on se réapproprie un endroit. Et tout ce qui n’est plus en harmonie avec cette nouvelle réalité se transformera naturellement.

 

Les entités

Un moment hors du temps

Plusieurs craignent les entités. Mais sachez qu’il est impossible pour un être de l’astral de s’accrocher à un humain, à moins que celui-ci ne lui ait d’abord ouvert la porte. Comment ouvre-t-on une telle porte ? Par l’inconscience.

Si quelqu’un expérimente par exemple une peur chronique du manque dans sa vie et qu’il n’arrive pas à la transformer, d’autres entités qui auront résonné avec cette même peur durant leur vie terrestre pourront être attirées vers lui à partir de l’astral. Pour ces êtres, chaque fois que le thème est ressassé, c’est comme si quelqu’un organisait un rassemblement sur le thème du manque. Ils se sentent familiers avec l’énergie qui se présente devant eux et ont envie de se joindre au groupe.

Au niveau évolutif, les entités servent la vie, car elles ont un effet amplificateur sur nos ombres. Il ne faut pas les percevoir comme de simples envahisseurs, car leur présence n’est jamais le fruit du hasard. Elle est autorisée par notre Âme. Les entités nous forcent en quelque sorte à nous positionner plus clairement face à nos ombres. Sans le savoir, elles accroissent nos lourdeurs pour nous aider à mieux les ressentir, et par le fait même, à choisir de les laisser aller. Elles répondent énergétiquement à l’appel évolutif de notre Âme.

 

Perdre son centre

J’ai remarqué dans ma vie que chaque fois que je ressentais une entité plus lourde dans mes énergies, cela survenait toujours après une expérience vécue où j’avais perdu mon centre, souvent en lien avec un jugement que j’entretenais envers moi-même.

Je me souviens d’une fois où j’avais rencontré un homme qui expérimentait un handicap physique qui m’incommodait. Je vivais un malaise à la vue de cette personne, sans vraiment savoir pourquoi. Au lieu d’accueillir ma sensation, je me suis plutôt détourné de cet être, cherchant à l’éviter. Quelque temps après, j’ai commencé à ressentir des entités dans mes énergies. Je ne comprenais pas ce qui s’était produit, jusqu’à ce que je revois le fil des événements. J’ai réalisé à ce moment que la vue de cet homme éveillait en moi le souvenir d’une vie passée où j’étais moi-même handicapé et où j’avais rejeté cette expérience, comme si elle n’avait jamais existé.

Au niveau magnétique, mon Âme avait attiré cet être pour réveiller en moi un souvenir que j’avais jugé et qui cherchait ma lumière. Il s’agit ici d’une expérience passée, mais je pouvais aisément retrouver des traces de ce malaise ailleurs dans cette vie-ci. Il n’était donc pas nécessaire de retracer ma vie passée pour entreprendre la guérison, j’avais des correspondances dans cette vie. Je le mentionne ici pour éviter d’interpréter qu’il faut percevoir ses vies passées pour se guérir. Ce n’est pas nécessaire, car chaque incarnation est aussi un tout en soi.

 

Les vies passées

Dans ma pratique de consultation, j’utilise surtout les vies passées pour sortir les gens (ou moi-même) d’un état de victime. Lorsqu’un être se sent impuissant ou victime d’un autre et qu’il se déresponsabilise de sa situation,

Lumière

il devient intéressant de lui présenter une autre vie où l’expérience était totalement inversée. Cela remet les choses en perspective et offre une compréhension nouvelle à l’expérience créée par l’Âme.

L’évolution n’est possible que si nous assumons l’entière responsabilité de notre vie, de tout ce que nos créons, consciemment ou inconsciemment. Ce que nous nommons “les autres” fait partie de nous et nous faisons partie d’eux. Croire que nous sommes séparés est une illusion. Les autres sont là pour nous aider à nous découvrir. Si nous attirons certaines facettes moins intéressantes “des autres”, c’est parce que ces facettes recherchent notre lumière.

Revenons maintenant à mon expérience. Suite à la rencontre de l’homme handicapé, je me suis retrouvé rapidement “inondé” d’entités qui créaient beaucoup de malaises et de fatigue en moi. Je ne comprenais pas ce qui venait de se produire, mais je savais que quelque chose avait changé.

Quand j’ai croisé le regard de cette personne, un malaise inconscient s’est éveillé en moi. Le problème n’était cependant pas associé à la sensation ressentie, mais plutôt au fait que j’ai voulu l’occulter et me débarrasser de ce qui me dérangeait. C’est ce déni qui a ouvert la porte aux entités qui étaient présentes chez cet être et qui ont simplement “traversé” vers moi. Dès que j’ai conscientisé ma fuite et ma propre expérience passée reflétée par l’homme que j’avais croisé, j’ai repris mon pouvoir dans la situation. J’y ai ramené l’amour et j’ai ensuite pu proclamer ma souveraineté dans mes énergies. Les entités se sont alors éloignées.

Je ne fais aucun lien ici entre le fait que l’homme vivait avec un handicap et qu’il “transportait” des entités. Ces dernières s’associent aux êtres qui ont un état d’esprit plus lourd, peu importe la situation concrète qu’ils vivent.

 

Les cohabitations

Nous nous exposons tous à cohabiter de temps à autre avec des entités – ou de façon plus prolongée pour certains – car elles résonnent avec les thèmes qui ne sont pas pacifiés en nous. Dès que ces derniers remontent à la surface et s’inscrivent dans notre champ aurique, il est naturel que des entités s’y intéressent, car pour elles, ce sont des énergies familières. Et dès que nous conscientisons et éclairons la lourdeur qui se présente, l’entité s’éloigne naturellement de nous, car elle n’est plus autorisée à “demeurer” dans nos énergies. Notre souveraineté retrouvée la repousse.

Il ne faut pas non plus juger ces êtres “sans domicile fixe”. Ils vivent dans un monde parallèle à la Terre et tout ce qu’ils connaissent de la vie est associé à l’humain qu’ils étaient. Ils veulent donc poursuivre l’aventure terrestre et ils continuent d’interagir avec le seul plan qu’ils connaissent, soit celui de la Terre. Ils s’accrochent ainsi à ce qu’ils peuvent, ce à quoi ils ont encore de l’emprise. Mais ils n’ont aucun pouvoir réel, sauf celui que nous leur octroyons, consciemment ou inconsciemment.

 

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Les plans subtils

Revenons maintenant au sujet principal de ce propos, soit le passage vers les plans plus subtils. Je disais donc qu’au départ, la plupart des gens qui décèdent continuent de vivre la vie qu’ils avaient sur Terre. Ils continuent de s’identifier à leur personnalité et à ce qu’ils aimaient, ainsi qu’à réagir à ce qu’ils n’aimaient pas.

À moins d’être ostracisés dans sa vie humaine et de craindre profondément les jugements de son entourage, tous les êtres assistent à leurs funérailles. C’est une invitation incontournable pour tout être qui souhaite compléter la boucle de son incarnation. Mais l’être n’est pas observateur comme s’il était “une étoile dans le ciel”. Il est vraiment là, présent aux côtés de ses proches. Il se promène concrètement dans la pièce avec son corps astral.

Quand mon père est décédé, je me souviens que j’étais dans un état second presque de transe. Il m’était alors possible de le percevoir et de l’entendre. Au salon funéraire, je l’entendais s’étonner des gens qui venaient le visiter. Il s’exclamait de joie en voyant les visiteurs arriver et il allait les accueillir à la porte. À un moment, je l’ai invité à “aller vers la lumière”, tel que je l’avais appris dans les livres. C’était en 1996, alors que je débutais mon cheminement spirituel. Il m’a alors dit “je sais que la lumière est là et j’irai, mais pour le moment, laisse-moi vivre mon expérience”. Je n’avais pas compris qu’il était important de faire une transition, même dans l’astral. C’est pourtant quelque chose de si naturel sur Terre, pourquoi en serait-il autrement “de l’autre côté”.

J’ai compris depuis qu’il n’y a aucune urgence à “aller vers la lumière”. Il est même plutôt rare que des gens “traversent” avant une période d’au moins deux mois. Les êtres qui décèdent ont besoin d’un temps pour saluer leur proche une dernière fois (et parfois chercher à pacifier certains liens), visiter des lieux qui leur étaient chers, ou s’assurer que leurs dernières volontés soient adéquatement exhaussées. Ils ne peuvent plus rien y changer, mais beaucoup accompagnent tout de même leur exécuteur testamentaire dans ses fonctions. C’est une façon pour eux de passer le flambeau de leur vie à leurs proches et à leurs descendants.

 

Le passage

Maintenant, parlons de ce passage en tant que tel. Qu’en est-il ? Est-ce une porte spécifique qu’il nous faut rechercher après la mort ? Devons-nous parcourir vents et marées pour la découvrir ? Faut-il prier intensément pour qu’elle se présente à nous ? Suffit-il d’y croire ?

En vérité, le portail qui ouvre la voie aux plans plus subtils de ce que nous pouvons nommer le “paradis” (faute d’un meilleur terme) existe réellement. Certaines entités de l’astral vous diront que le concept du “paradis à la fin de ses jours” n’existe pas, car ils ne le perçoivent tout simplement pas. “La main de Dieu” n’est jamais venue les chercher. Ils se disent donc qu’il n’y a rien de plus après la mort que le prolongement de la vie terrestre. C’est pourquoi plusieurs continuent leur vie humaine. Et pourtant…

La “porte du paradis” est associée à ce que les Guides nomment “la deuxième mort”. Pourquoi ? Parce que pour la percevoir, il faut accepter de mourir à son identité humaine. Il faut accepter de laisser aller ce que l’on croit être, pour changer son état et renaître à une “version améliorée” de soi-même.

Pour ouvrir cette porte, nous acceptons de retirer notre manteau humain. Nous ne sommes plus celui que nous croyons être. Nous délaissons nos attachements, les liens qui nous unissaient à la Terre. Nous laissons aller les ressentiments, les hontes et les culpabilités reliés à des événements vécus. Nous acceptons de mourir aux éléments qui nous alourdissaient, mais qui pourtant nous faisaient sentir vivant sur Terre.

 

Une renaissance

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Beaucoup d’êtres imaginent qu’il s’agit d’un renoncement, d’un deuil. Mais en vérité, c’est une renaissance à une partie plus grande de son être. Nous ne mourrons pas, nous revivons pleinement. Mais pour porter de nouveaux vêtements, il faut accepter de laisser aller les anciens. L’ennui est que plusieurs attendent de voir les nouveaux, pour décider s’ils acceptent de laisser aller les anciens. Cela est incompatible avec le concept de confiance et de lâcher-prise que nous apprenons à intégrer sur Terre.

L’évolution dans la dualité ne serait pas possible si tout nous était présenté d’avance. Nous n’aurions jamais besoin de nous dépasser et de ressentir l’inspiration, car nous comprendrions instantanément la portée de chacun de nos choix.

La confiance consiste à savoir que l’on est continuellement soutenu par l’Univers, tout en acceptant de vivre l’illusion de la séparation. Cela est au cœur de l’expérience terrestre et du choix d’évolution de notre Âme dans la matière.

Pour ouvrir le portail vers les plans supérieurs, il faut accepter de laisser aller son identité humaine. C’est cela la deuxième mort. Cette mort est plus difficile à effectuer que la première, car elle correspond à un choix conscient d’évolution. Si l’Âme initie la première mort, nous sommes responsables de la seconde.

Environ 40% des êtres qui décèdent vivent la seconde mort. D’ailleurs, de plus en plus d’humains sont et seront appelés à accompagner ces êtres en quête de direction vers les portails de lumière, car le plan de l’astral se transforme lui aussi. Nous nommons ces travailleurs de lumière des passeurs, ils sont de la famille des guérisseurs.

Le plan de l’astral est une zone intermédiaire où l’évolution est très limitée, car les êtres qui s’y trouvent ne peuvent plus interagir avec la matière, qui est son prolongement. Et comme ils ont renoncé à leur croyance puisque leur nouvelle réalité ne correspond à rien de ce qu’ils imaginaient, ils cessent de cultiver leur conscience spirituelle et de croire en une présence supérieure. Ils ne perçoivent pas non plus les Guides ou les anges qui nous accompagnent, car leur rythme vibratoire est trop dense. Ils sont donc en attente de sensations extérieures et ils s’accrochent aux humains qui en vivent à leur place.

 

Élever son rythme vibratoire

Toute personne qui pratique la méditation régulièrement apprend à reconnaître sa conscience supérieure. Il comprend qu’il n’est pas que son corps physique et le passage vers sa seconde mort en est facilité. Il sait comment élever ses vibrations. Ce nouvel état d’être ouvre naturellement la porte aux plans supérieurs.

Aucune technique n’est requise pour y accéder. Au moment souhaité, il suffit de s’arrêter, d’élever son rythme vibratoire et d’inviter à soi une dimension plus vaste de son être. Et alors, le portail s’ouvre et nous ressentons l’invitation d’y entrer. Nous pouvons attendre et y revenir plus tard, peu importe. La porte nous sera toujours accessible. L’évolution n’est pas une course au premier rendu. Chacun évolue au rythme qui lui est le plus juste.

 

Une histoire

Il m’a été donné de connaître l’histoire d’un homme qui est décédé subitement et qui entretenait, de son vivant, une vision spirituelle de la vie. Il pratiquait la méditation et la contemplation régulièrement. Cependant, son décès subit avait créé beaucoup de tristesse en lui et une sensation d’injustice avec laquelle il n’était pas en paix. Il laissait dans le deuil un petit enfant et cela le perturbait encore plus.

Après son décès, une amie à moi l’a contacté pour l’accompagner vers les plans supérieurs. Quand il l’a vu, la première chose qu’il lui a dite est que tout ce qu’il avait appris sur les plans subtils de l’amour et de la lumière n’était finalement pas vrai, car il ne les percevait pas. Pourtant, mon amie me disait que de nombreux Guides étaient à ses côtés, mais lui ne les voyait pas. Son état plus lourd l’empêchait d’élever son regard. Même s’il connaissait intellectuellement les plans de l’amour et de la lumière, sa réalité du moment ne correspondait pas à sa compréhension, et il se sentait perdu.

Il a d’abord fallu qu’il transforme son état, pour ensuite élever son rythme vibratoire, et enfin, percevoir l’autre plan qu’il recherchait. Il a dû faire la paix avec son départ subit et accepter de laisser aller les êtres qui lui étaient chers. Et alors, les portes se sont ouvertes.

En vérité, les plans subtils sont superposés à l’astral. Seul le rythme vibratoire diffère. Il faut donc changer son état pour y accéder. La porte en est le symbole concret, mais elle n’est pas extérieure à soi.

 

Expérience de mort clinique

Je souhaite terminer mon propos en expliquant une réalité qui nous est souvent présentée par les gens qui ont vécu une expérience de mort clinique. Beaucoup disent avoir perçu une lumière intense lors de leur “sortie de

Une grotte... soudain, la lumière !

corps”, une sorte de “lumière au bout d’un tunnel”. Ils disent avoir été portés par une énergie amoureuse, et souvent, ils expriment avoir rencontré des Guides, des anges ou des êtres chers, dans un cocon d’amour.

À priori, cette description s’apparente davantage à la version “catholique” de la mort qu’à la description que je vous en fais. Vous pourriez y voir là une incohérence, mais ce n’est pas le cas. Permettez-moi de vous expliquer ce qu’il m’a été donné de comprendre.

À chaque fois qu’un être vit une telle expérience, il en revient complètement transformé. Il est amené à rencontrer des énergies qui lui sont nouvelles et absolument fascinantes. Toute sa vie durant, jamais il n’oubliera son “voyage”. Mais il faut comprendre que ces expériences sont toujours orchestrées par l’Âme, et non par la dimension humaine ni par la personnalité. Ainsi, le “voyage” s’effectue “sur les ailes de l’Âme” pour ainsi dire. La “lumière au bout du tunnel”, c’est la lumière des plans subtils de l’amour et de la conscience qui s’ouvrent devant nous.

Comprenons ensemble que lorsqu’un être vit sur le plan de l’astral, d’autres parties de lui demeurent connectées aux plans plus subtils, puisque nous n’en sommes jamais séparés. Si la conscience demeure dans l’astral, l’Âme n’y est aucunement limitée. Donc si cette dernière crée une expérience de mort clinique afin d’amener sa dimension humaine à vivre un saut de conscience qui la transformera à jamais, elle choisira assurément de le faire via un plan de conscience élevé. Autrement, l’expérience n’aurait aucun sens.

 

La multiple présence

Lorsque nous quittons le plan terrestre, plusieurs aspects de nous continuent d’exister en parallèle, comme c’est le cas actuellement sur Terre. Ici, selon le niveau de conscience que nous cultivons, nous pouvons accompagner ces parties plus subtiles de notre être en expérimentant la multiple présence. C’est un processus évolutif dans lequel nous sommes tous engagés, que nous en soyons conscients ou non. Tôt ou tard, ce sera

transmutation

notre destination. Il en va de même pour la vie dans “l’autre monde”.

D’ailleurs, les êtres qui “hantent” des lieux humains ne sont pas toujours des consciences Âme-Esprit comme nous le sommes. Ces “fantômes” sont parfois des mémoires résiduelles d’un être qui a traversé vers les dimensions supérieures, mais dont une partie de lui plus dense n’a pas été pacifiée. Elle a donc été “laissée derrière” pour ainsi dire.

Si cela est vrai au niveau de la densité, cela est aussi vrai au niveau des plans plus subtils. Nous sommes des êtres multiples, et plus nous évoluons, plus nous devenons conscients de notre multiplicité.

Les passages vers la mort sont des passages vers la vie. Nous mourons un peu tous les jours, pour mieux renaître à nous-mêmes. Apprendre à mourir, c’est apprendre à vivre. Plus nous résistons à laisser aller ce qui cherche à mourir en nous, plus nous sommes alourdis par la vie. À l’inverse, plus nous apprivoisons la mort sous toutes ses formes, plus nous nous élevons dans l’amour et la conscience.

La mort est une illusion, qu’elle soit physique ou énergétique. Nous sommes éternels, sans début ni fin. Seule la forme se transforme.

Simon Leclerc
www.psychologiedelame.com

SOURCE : http://spiritualites.fr/la-mort/la-mort-mode-demploi/

Prière d’Akhenaton 14 octobre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Prière d’Akhenaton

 
 
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 dans Recherches & Reflexions
SOURCE : https://christiandesaintfrancois.blogspot.com/2018/08/priere-dakhenaton.html?view=mosaic

Esotérisme dans jeux et contes pour enfants 12 octobre, 2018

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ASTROLOGIE ET TAROT 29 septembre, 2018

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jeudi 16 août 2012

ASTROLOGIE ET TAROT

ASTROLOGIE ET TAROT dans Recherches & Reflexions Symbole-astrologie
Des Étoiles et des Arcanes 
 
L’astrologie et le « Tarot » sont parfois considérés comme des jeux de salon populaires. Tous les amoureux sont heureux quand leurs signes zodiacaux sont compatibles ou quand ils tirent la carte « n°6 – « L’Amoureux » durant une séance de Tarot. 
 
Aucune connaissance supplémentaire n’est nécessaire pour faire ce type d’expérience agréable, de la même façon qu’ils n’ont besoin d’aucune compréhension théorique de la façon de tomber amoureux… 
 
Mais ceux qui s’y intéressent de plus près se rendront vite compte que l’astrologie ne divise pas la vie en bien et en mal, ou en bon et mauvais; mais que c’est un système bien plus complexe. Ils se rendront compte également que le Tarot est moins simple qu’il n’en a l’air. Qu’ont alors en commun ces deux techniques divinatoires? 
 
Toutes les deux fonctionnent avec des symboles, et ces symboles soulèvent de nouvelles questions. Ils doivent être interprétés… 
 
Les signes abstraits de la carte du ciel sont traduits en images et en figures. Les noms des différents symboles, comme le Verseau, Mars ou Vénus, montrent la dimension archétypale qui représente nos images intérieures. Est-ce le fruit du hasard? 
 
Il apparaît que les rythmes célestes constituent seulement une analogie, tandis que le contenu réel de l’astrologie est la psyché humaine, y compris l’inconscient. Et l’inconscient utilise un langage figuratif. 
 
L’emploi d’un langage figuratif est commun à l’astrologie et au Tarot. L’excellent système des arcanes du Tarot ne nous donne pas des symboles abstraits ayant besoin d’être traduits en images pour avoir une signification: il nous donne des images complètes de notre vie intérieure. 
 
À cet égard, le Tarot constitue un excellent complément à l’astrologie. Le Tarot traite également de symboles. Et, tout comme en astrologie, ils doivent être interprétés. 
 
Naturellement, le consultant qui tire « LE DIABLE » ne rencontrera pas le diable avec ses sabots fendus dans la vie réelle. Il ne s’agit pas de l’image elle-même mais d’une figure semblable dans la psyché du client. 
 
Les deux systèmes se complètent de façon idéale au niveau pratique. Certaines cartes du Tarot semblent représenter directement certains symboles astrologiques, et pourtant elles ne sont pas complètement identiques. La similitude entre le symbole astrologique et l’image du Tarot est assez grande pour voir leur relation, mais d’un autre coté, il y a également des différences qui peuvent nous donner de nouvelles impulsions. 
 
Le langage symbolique de deux techniques divinatoires 
 
La connaissance du symbolisme astrologique dans le Tarot est nécessaire à une bonne combinaison des deux techniques. Il est également utile de savoir quelque chose de l’histoire et du symbolisme du Tarot. 
 
Astrologie et Tarot fonctionnent avec des images et des symboles ouverts. Les deux arts exigent du conseiller responsabilité et compétence afin de pouvoir reconnaître certaines chances et dangers. 
 
Le grand avantage du Tarot, cependant, est sa compréhension immédiate. Si nous incluons l’imagination qui participe aussi à l’interprétation. Cette procédure démocratise le processus de développement personnel. Le consultant, ici, dépend moins des connaissances spécialisées de l’expert. Et l’astrologue se sent moins contraint à offrir « la bonne interprétation » en toute occasion si les cartes du Tarot interviennent. La séance devient plus riche et plus profonde en introduisant cet élément créatif, parce que les images parlent directement à l’âme. 
 
Les images des rêves peuvent avoir le même effet positif. Si vous avez fait l’expérience de la profondeur accrue que peut revêtir une consultation astrologique quand un client parle d’un rêve, vous saurez combien les images archétypales travaillent de façon intense et profonde. Si le consultant n’a pas de rêve à proposer, nous en avons un à portée de main: le Tarot ne contient pas moins qu’une collection des rêves archétypaux du genre humain. 
 
Les 78 arcanes du Tarot résument les modèles oniriques de l’humanité. Avant même que le travail du Tarot ne commence, nous connaissons ces 78 scènes, parce que nous rêvons tout le temps de ces figures anciennes, même si elles revêtent parfois des costumes différents. Les cartes du Tarot sont directes, implacables, magiques et réconfortantes, comme nos rêves, comme notre vie intérieure. 
 
Correspondances entre les planètes et les cartes
 
Quelle carte de Tarot correspond à chaque planète ou signe du zodiaque? Différents astrologues et tarologues ont leurs propres attributions, mais malheureusement, elles sont toutes différentes! Il n’y a pas une seule carte du Tarot qui soit attribuée au même symbole astrologique. Par conséquent, j’ai décidé d’attribuer à chaque image astrologique plusieurs images du Tarot, illustrant différentes facettes de ce symbole. 
 
Il y a 22 cartes dites « atouts », les arcanes majeurs. Ce fait a séduit certains astrologues qui en ont tiré les considérations suivantes : il y a dix planètes connues et douze signes du zodiaque, un total de 22 symboles, et en conséquence, chaque carte devrait correspondre exactement à une planète ou un signe. 
 
Mais il s’est vite avéré que les deux systèmes ne pouvaient être traduits par des correspondances individuelles. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère les origines différentes des deux oracles: l’astrologie se base sur les cycles naturels, tandis que les symboles du Tarot ont été dessinés à la main par des individus. 
 
Ceux qui insistent pour attribuer une carte à une planète ou un signe particulier devraient également se montrer capable d’expliquer comment traiter des planètes qui n’ont pas encore été découvertes, car nous ne pouvons pas inventer simplement quelques nouvelles cartes. 
 
De plus, ils devraient expliquer pourquoi ce système devrait être si convaincant, en dépit du fait qu’au moment de la création du Tarot et durant les trois premiers siècles de son existence, sept planètes seulement étaient connues, et l’astrologie ne comptait donc que 19 symboles. De sorte que la tâche ne semble pas aussi simple que cela. Quel dommage! Notre esprit structuré aurait aimé résoudre cette troublante ambiguïté! 
 
L’Hermite – plus que Saturne
C’est justement ce flou qui s’avère très utile dans la pratique du conseil. Prenons l’exemple de l’Hermite. Saturne est représenté dans le Tarot par l’Hermite – mais pas à cent pour cent. Cette figure présente des caractéristiques typiques de Saturne: le pas mesuré, l’image archétypale du vieux sage, le manteau protecteur, et bien plus. Mais peut-être le voyons-nous un jour suivant seul son chemin, solitaire comme un mystique – nous avons alors découvert les traits neptuniens de cet ermite. Ou bien nous remarquons sa lampe avec la flamme, ou son solide bâton – nous percevons alors le côté ardent de sa nature. Comme presque toutes les images, l’Hermite est un symbole ambigu contenant différentes fonctions astrologiques qui, ensemble, forment un tout. 
 
Ainsi, le consultant perçoit l’isolement mystique de l’Hermite, cet aspect sera significatif pour l’individu. Nous pouvons presque toujours relever un lien entre les deux archétypes dans le thème natal. Il peut y avoir un aspect entre Saturne et Neptune, ou Saturne se trouve en Poissons ou en maison XII. 
 
Si nous envisageons la carte de l’Hermite de cette manière, nous ne percevons pas seulement l’image générale de Saturne, mais la coloration individuelle qu’elle revêt pour une personne particulière à un moment donné. La déclaration subjective du client : « l’Hermite est si cruellement isolé! » nous aide aussi à travailler sur des perspectives constructives. 
 
Nous pouvons poser des questions du type : « Qu’est-ce qu’il y a exactement de cruel dans sa solitude? Quels points forts peuvent représenter cet isolement? Pouvez-vous imaginer un type de solitude satisfaisant? », etc…
Relations ambiguës 
Non seulement les symboles eux-mêmes et le rapport entre arcanes et planètes sont ambigus, mais l’ambiguïté principale réside dans notre perception du monde. Il est stupéfiant de constater comment différentes personnes peuvent voir des choses différentes dans une seule et même image du Tarot. 
 
C’est un point crucial, car nous savons que différents points de vue peuvent mener à des portées d’action différentes. Et de fait, nous pouvons choisir la manière dont nous voulons traduire un certain symbole en expérience vécue. Nous pouvons transformer Saturne en souffrance ou en plaisir, en défaite ou en succès. 
 
Astrologie et Tarot sont deux méthodes différentes ayant un objectif commun : nous inciter à repenser notre vie. Ces outils nous aident à réinterpréter, remodeler, retourner en tous sens quelque chose que nous percevons comme négatif jusqu’à ce qu’il ait changé d’aspect. Quelque chose peut entrer dans notre vie sous l’aspect d’un problème, mais se changera progressivement en source de compréhension, en une cause de libération et d’acceptation de la responsabilité personnelle de notre soi-disant destin. 
 
Je ne considère pas l’astrologie et le Tarot avant tout comme des méthodes pour décrire des états présents, mais plutôt comme des instruments de changement, de métamorphose. Ils peuvent nous aider à reconnaître la signification de notre souffrance, à trouver le défi que présente un problème ou le message qu’envoie notre bonheur. 
 
Si nous connaissions une technique fournissant des vérités claires et dénuées d’ambiguïté, capable de distinguer nettement et logiquement la lumière de l’obscurité, cette technique ne serait d’aucune utilité pour la connaissance et la libération de soi. 
 
Au contraire, nous pouvons faire bon usage de l’ambiguïté de ces deux systèmes symboliques. Cela exige cependant que nous n’agissions pas comme des experts omniscients du Tarot, mais que nous demandions leurs impressions à nos clients et les laissions participer à l’interprétation. 
 
Symboles masculins et féminins
Pour terminer, un mot concernant la distribution des symboles masculins et féminins. Fondamentalement, une figure masculine dans les deux systèmes représente un principe masculin dans notre propre psyché intérieure, que la personne soit un homme ou une femme. Il en est de même pour les planètes et symboles féminins. C’est seulement dans un second temps que nous interpréterions une figure féminine (en tant que projection) comme indice que le client est invité à confronter, ou à traiter avec, une femme de son entourage. 
 
Nous sommes tous faits d’un mélange de principes masculins et féminins. Pourtant, nous pensons d’abord à un homme quand nous voyons l’image d’un guerrier ou d’un roi. Par conséquent, le conseiller devrait toujours préciser que chaque carte comporte une perspective complémentaire (le côté masculin de la psyché d’une femme, etc.) 
 
Le Tarot est l’un des rares systèmes occidentaux n’obéissant pas à l’habituelle domination patriarcale des hommes. Même un système aussi parfait que l’astrologie présente plus de dieux et de planètes masculins que féminins. Par exemple, Poséidon-Neptune est un dieu masculin, même si le Neptune astrologique représente sans aucun doute un principe féminin. Les 22 cartes du Tarot, quant à elles, contiennent à peu près autant de figures féminines que masculines. 
 
Les nombreuses femmes puissantes représentées sur les cartes constituent une des principales raisons pour lesquelles le Tarot a toujours dû rester secret, car prêtres, censeurs, scientifiques et agents secrets, tous des hommes, ont toujours suspecté que les tarologues pourraient défier les autorités traditionnelles. Cette suspicion n’était certainement pas dénuée de raison. 
 
Une autre raison de la méfiance des puissants était le fait que même des gens simples pouvaient comprendre le Tarot, puisqu’il était composé d’images plutôt que d’informations écrites, et ne nécessitait pas de calculs complexes. 
 
Rappelons que l’école accessible à tous n’a été civilement introduite en Europe, il y a de cela moins de 200 ans. Avant cela, instruction et éducation n’étaient accessibles qu’à une élite masculine peu nombreuse. 
 
L’éducation incite souvent les gens à vouloir se libérer et exprimer leurs opinions. De ce point de vue, l’éducation par les images est particulièrement puissante, car elle représente une image complète, holistique de l’homme. 
 
En arrière-plan de cette tradition du Tarot démocratique et favorable aux femmes, il est regrettable que même au XXème siècle, les deux jeux de Tarot les plus célèbres ne portent pas le nom des femmes qui les ont peints et créés, mais plutôt des hommes avare de célébrité qui en ont eu l’idée et les ont commandés. (Rider et Waite n’ont pas dessiné une seule ligne de « leurs » cartes – ce fut Pamela Coman Smith qui les peignit. Et quelle que soit l’inspiration apportée par maître Crowley, le « Tarot de Crowley » fut en réalité peint par Frieda Harris.) 
 
Juste pour illustrer combien cela est injuste pour ces femmes : imaginez que les célèbres Tournesols de Vincent van Gogh doivent s’appeler « Les tournesols de Claude » simplement parce que monsieur Claude, son voisin, aurait dit un jour : « Oh monsieur Vincent, pourriez-vous me peindre quelques bons gros tournesols! »
 
Cela dit… Une place privilégiée est réservée à la femme dans les domaines de l’Astrologie et du Tarot. On le remarque dans la suite des arcanes du Tarot, entre autre, on se voit confronté à des femmes de hauts-rangs (La Papesse, L’Impératrice), ou des femmes qui représentent des clés initiatiques (La Justice, La Force, L’Étoile) et la femme se trouvent au centre du Monde!! 
 
L’Astrologie, quant à elle, nous amène à reconnaître des personnages influents ou, voir même, des divinités (Cassiopée, Séléné, Astrée, Vénus,…) 
 
Et les associations et dénominateurs communs entre l’Astrologie et le Tarot sont parfois d’une grande évidence. 
 
Nous avons donc pu voir comment astrologie et tarot pouvaient non seulement converger et s’éclairer mutuellement. Les possibilités d’interactions entre astrologie et cartomancie restent nombreuses et ouvertes : il existe par exemple un tirage semestriel (correspondant à une demi-révolution solaire) et un tirage mensuel (correspondant à une révolution lunaire). 
 
Le principal intérêt du rapprochement entre astrologie et tarot – outre le fait qu’il peut servir à affirmer ou infirmer une interprétation – réside dans la possibilité offerte au praticien d’affiner ses interprétations en fonction de la technique qui lui convient le mieux. Ainsi, celui qui connaît déjà bien le tarot peut facilement assimiler les symboles astrologiques tandis que l’astrologue amateur pourra utilement s’initier au tirage du tarot. 
 
L’ARIA DES CORRESPONDANCES
 
Quand il s’agit de débattre au sujet des correspondances ésotériques, il est pratiquement impossible de s’entendre… Qu’il s’agisse des couleurs, des symboles ou des correspondances astrologiques, difficile d’arriver à un consensus, surtout quand il s’agit de fixer ses correspondances aux arcanes du Tarot. 
 
L’astrologie et le tarot ont de nombreux points communs ; les deux principales convergences sont la puissance du symbolisme et la valeur de l’interprétation. Ces deux arts ésotériques s’accommodent donc facilement l’un avec l’autre et s’enrichissent mutuellement. 
 
Nous définirons en premier lieu ce qu’est un symbole, un archétype, puis nous établirons les correspondances entre chaque lame du tarot de Marseille (le plus utilisé des jeux divinatoires à ce jour) et les grands facteurs astrologiques : planètes, signes et maisons. 
 
I. Tarot et astrologie : correspondances symboliques 
 
Disons d’abord un mot sur l’origine du tarot. Entrés vers la fin du XVème siècle en Occident par l’entremise des Bohémiens, les tarots semblent bien véhiculés des archétypes ancestraux qui ont été régulièrement remis au goût du jour par divers ésotéristes (Papus étant sans doute le plus connu par nos contemporains). Bien que l’origine exacte du tarot se perde dans la nuit des temps, on peut au moins dire que la méthode et le symbolisme dont nos versions modernes sont imprégnées datent d’environ 2000 ans. 
 
Il est peut être aussi utile de donner ici la définition d’un archétype : « ensemble de dispositions acquises et universelles de l’imaginaire humain ; réseau de mythes ayant leur origine dans une vision collective. » 
 
Un archétype est donc un symbole fort, ressenti au plus profond de chacun de la même façon, quelque soit l’époque ou la culture d’origine (valeur universelle). Ainsi, les os représentent la mort tandis que le sang ou le cœur sont symbole de vie. 
 
L’enseignement que je vous livre ici n’a pas la prétention de donner une liste exhaustive des archétypes véhiculés par l’astrologie, ses signes, maisons et planètes et par le tarot et chacune de ses lames (ou cartes). Ces deux disciplines couvrent des domaines vastes et complexes et offrent une large palette interprétative. 
 
Il est néanmoins possible d’établir des correspondances entre les facteurs astrologiques et les arcanes du tarot. 
 
Voici la liste des correspondances kabbalistiques (adaptation de l’alphabet hébreux aux arcanes majeurs du Tarot) 
 
kabal dans Recherches & Reflexions
Voici la liste établie par Oswald Wirth : 
wirrrt
Voici la liste que maitre Henri Corbeau a établit (une liste qui se rapproche à certains égards de celle établie par Oswald Wirth) 
 
ARCANES + CONSTELLATIONS + PLANÈTES 
 
1- BATELEUR = Constellation du Corbeau + Mercure 
 
2- PAPESSE = Constellation du Taureau + Cassiopée + Croix du sud + La Lune 
 
3- IMPÉRATRICE = Constellation de la Vierge + Sirius + Vénus 
 
4- EMPEREUR = Constellation de l’Aigle + Couronne Boréale + Jupiter 
 
5- PAPE = Constellation du Bélier + Neptune 
 
6- AMOUREUX = Constellation du Sagittaire + La Terre 
 
7- CHARIOT = Constellation d’Orion + Grande Ourse 
 
8- JUSTICE = Constellation de la Balance + Astrée 
 
9- HERMITE = Constellation du Bouvier + Saturne 
 
10- ROUE DE FORTUNE = Constellation du Capricorne 
 
11- FORCE = Constellation du Lion + Mars 
 
12- PENDU = Constellation des Poissons + 
 
13- MORT = Constellation du Phénix + Dragon du Pôle + 
 
14- TEMPÉRANCE = Constellation du Verseau 
 
15- DIABLE = Constellation du Cocher + Vesper 
 
16- MAISON-DIEU = Constellation du Scorpion 
 
17- L’ÉTOILE = Constellation de la Voûte Céleste + Étoile polaire + Les Étoiles + Vénus 
 
18- LA LUNE = Constellation du Cancer + Persée + Éclipse 
 
19- LE SOLEIL = Constellation du Gémeaux + Le Soleil 
 
20- LE JUGEMENT = Constellation du Cygne + Les Nœuds Lunaires 
 
21- LE MONDE = L’Univers + L’Infini + (La Terre, Le Soleil, La Lune, Les Planètes et Les Étoiles) 
 
22- LE MAT = Constellation du Lynx 
 
LA ROUE ZODIACALE (tirage annuel) 

 

Le tirage dit de la « Roue Zodiacale » est à pratiqué une fois l’an. De préférence, on le pratique autour de la date de son anniversaire et il est valable jusqu’au suivant. Il met l’accent, domaine par domaine, sur les climats à venir. 
 
On tire 12 cartes parmi les majeures, chacune représentant dans l’ordre de sa sortie la maison astrologique (et le domaine lié) correspondante. Ainsi la première carte représente la maison I, la seconde la maison II, etc. 
 
Il suffit ensuite d’interpréter selon les lois d’analogie. 
 
Signification abrégée des secteurs 
 
On nomme ces secteurs « LES MAISONS » 
 
MAISONS ASTROLOGIQUES DE LA ROUE ZODIACALE
I BÉLIER : ÉTAT D’ÂME : la ou le consultant(e), son état d’esprit actuel, son comportement général sur l’année à venir 
 
II TAUREAU : LES AVOIRS : ses biens et finances, l’argent qu’il gagne 
 
III GÉMEAUX : L’ENTOURAGE : sa vie sociale, ses proches (frères et sœurs), ses études, ses écrits 
 
IV CANCER : LE FOYER ET LA FAMILLE : son domicile, son foyer, ses parents 
 
V LION : LES OCCUPATIONS ET PRÉOCCUPATIONS : ses enfants, ses amis, sa créativité 
 
VI VIERGE : SANTÉ ET TRAVAIL : son travail, ses obligations, sa vie au quotidien, son état de santé général 
 
VII BALANCE : LES LIENS : son couple, ses associations, ses rapports administratifs 
 
VIII SCORPION : LES CHANGEMENTS ET LA SEXUALITÉ : ses transformations, les sources d’argent indirectes, la sexualité 
 
IX SAGITTAIRE : VOYAGE ET SPIRITUALITÉ : ses voyages, sa philosophie, son insertion au monde 
 
X CAPRICORNE : RÉUSSITE : ses réussites, ses accomplissements 
 
XI VERSEAU : ESPÉRANCE : ses projets, sa conception du futur, ambitions 
 
XII POISSON : ÉPREUVES : sa spiritualité, sa santé, les épreuves majeures de l’année. 
 

Source : http://secretsdutarot.blogspot.fr/2012/08/astrologie-et-tarot.html

Ordre de Malte : un Etat dans l’Etat ? 26 septembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Ordre de Malte : un Etat dans l’Etat ?

par Nicolas Kirkitadze
jeudi 16 août 2018

Ordre Malte

Les romans à sensations et les théories du complot ont popularisé les sociétés mystérieuses comme la franc-maçonnerie, le Bohemian Club ou encore l’Opus Dei. Du Moyen-âge, tout le monde connaît les Templiers et – dans une moindre mesure – les Chevaliers Teutoniques. D’autres sociétés dont les origines se perdent dans les méandres des Croisades sont en revanche moins connues du grand public car plus discrètes. Il en est ainsi pour l’Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, couramment appelé « Ordre de Malte », une société de moines-soldats fondée au XIème siècle qui devint par la suite un organisme caritatif international puissant et riche dont l’influence se fait encore voir jusqu’au Vatican. Comment cette confrérie née pour offrir le gîte et le couvert aux pèlerins devint un véritable État dans l’État ?

C’est dans les années 1070, avant même les Croisades, que des marchands et des moines d’Amalfi (une ville du sud de l’Italie) fondèrent avec l’accord du calife Al-Mustansir un « hospital » en Terre Sainte. Ce terme générique comprend aussi bien l’hôpital tel qu’on l’entend mais aussi la maison d’hôtes, l’auberge et l’hospice. Pour ces chrétiens, il s’agissait de fournir le gîte, le couvert et les soins aux pèlerins venus parfois de très loin. D’après la tradition, c’est un certain Gérard (1047-1113), connu sous le nom de Fra’Gérard qui fut le premier chef de l’Ordre. Tous ses successeurs apposèrent le préfixe Fra’ à leur nom. C’est à sa mort, en 1113, que la société devient l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et se dota bientôt de statuts, du fait du nombre croissant de membres.

Placé sous la protection exclusive du Pape, l’Ordre accumula les richesses et la puissance, notamment au moyen d’importantes donations et de relations d’affaires avec les Musulmans. Bien que qualifié d’ordre militaire et exclusivement composé de moines soldats, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem semblent avoir peu participé aux combats, délaissant la chose militaire à leurs confrères templiers pour se concentrer sur l’aspect « social ». Après l’expulsion des Croisés en 1291, l’Ordre dut se réfugier à Chypre, puis à Rhodes en 1310, après une conquête facile : ce qui montre que, malgré tout, ces chevaliers étaient des soldats aguerris. La période rhodienne (1310-1522) marque l’expansion de l’Ordre à travers toute l’Europe catholique. N’ayant plus de mission en Terre Sainte, c’est en effet vers les pauvres d’Europe qu’ils durent se tourner, tout en gardant leur fonctionnalité militaire. Bientôt l’Ordre eut des terres et des biens dans toute la Chrétienté et il fallut trouver une nouvelle organisation pour diriger ce véritable empire : dirigé par un grand-maître élu à vie, l’Ordre était divisé en huit grandes régions nommées « langues » (France, Provence, Auvergne, Allemagne, Angleterre, Portugal, Castille et Aragon) ayant chacun un Grand-Prieur qui assistait le Grand-Maître. Ces « langues » étaient divisées en régions nommés Prieurés qui étaient elles aussi divisées en commanderies sous les ordres d’un commandeur à la tête d’un couvent dont la composition variait d’une dizaine à une centaine de chevaliers, selon l’importance de la commanderie.

La période rhodienne marque également un accroissement de la puissance politique et militaire de l’ordre qui ne se contente plus de prodiguer gîte et couvert aux nécessiteux. Ils battent désormais monnaie à l’effigie de leurs grand-maîtres et ont l’autorisation expresse du pape pour armer leurs navires et recourir à la « guerre de course », un joli nom pour désigner la piraterie organisée. Eh oui, des moines pirates ! Une réputation qui ne se démentira pas tout au long de l’histoire de l’Ordre.

L’ère de prospérité prit brutalement fin en 1522 lorsque le sultan Soliman le Magnifique assiégea l’île de Rhodes où 7000 chevaliers tinrent tête pendant plus de six mois aux 180 000 soldats ottomans. Impressionné, le sultan épargna les vaincus et les laissa partir. Après plusieurs années d’errance, l’empereur Charles Quint leur accorda en 1530 l’île de Malte. Les chevaliers seront désormais connus sous le nom d’Ordre souverain de Malte, qui est toujours leur appellation officielle. L’empereur avait compris la nécessité d’un ordre chrétien en Méditerranée, tant pour tenir tête aux Ottomans et aux pirates Barbaresques, que pour asseoir sa propre autorité et avoir des alliés de taille face à des ennemis comme la France. En effet, bien que la majeure partie des grand-maîtres soient nés en France, l’appartenance à l’ordre primait sur toutes les autres solidarités.

Le grand-maître de l’ordre, détenteur désormais du titre de « prince de Malte », pouvait parler (au moins) d’égal à égal avec les monarques européens. La domination sur l’archipel maltais dura jusqu’en 1798 et constitua une véritable apogée pour l’ordre qui connut une apogée militaire : la marine, plusieurs dizaines de galions, était réputée comme l’une des plus puissantes d’Europe et joua un rôle décisif dans la victoire de la Chrétienté à la bataille de Lépante (1571). Et pour renflouer plus encore les caisses, l’ordre n’hésita pas à se faire le mercenaire de tel ou tel État et à pratiquer la piraterie (capture de bateaux musulmans ou ennemis, rançonnage) ainsi que la traite d’esclaves. La Valette (qui doit son nom au grand-maître Fra’ Jean de Valette) devint ainsi le principal marché aux esclaves du monde chrétien à partir du XVIIème siècle. Mais les rivalités et le ramollissement suivirent de près l’apogée de l’ordre. Au XVIIIème siècle, les Maltais n’étaient plus qu’un ramassis de factions intriguant les unes contre les autres pour imposer leur chef respectif comme grand-maître. En 1770, une partie des chevaliers frondait ainsi ouvertement contre le grand-maître Fra’ Manoel de Fonseca. En outre, la pressure fiscale exercée par l’ordre sur le peuple maltais avait creusé un fossé entre les chevaliers et la population qui se sentait dépossédée de son archipel. En mai 1798, Napoléon Bonaparte embarque pour l’Égypte. Il s’empare de Malte le 11 juin et en chasse les chevaliers. C’est la fin de l’Ordre de Malte… ou pas.

De nombreux chevaliers trouvent refuge en Russie dont le tsar Paul Ier, bien qu’orthodoxe, leur offre un asile et se déclare l’ami de l’ordre. Après des années d’errance, de divergences internes, de scissions et de réconciliations, cet « état sans territoire » se voit accorder un couvent et une église à Ferrare en 1826. En 1834, l’ordre, réduit à un état-major d’une centaine de religieux, s’installe définitivement à Rome, sur l’Aventin où il siège toujours. Renonçant à toute ambition territoriale et militaire, les chevaliers se consacreront désormais à l’humanitaire : lutte contre la lèpre, la pauvreté, les catastrophes naturelles, l’analphabétisme.

1961 marque la renaissance de l’Ordre sur le plan international. Cette année, de nouveaux statuts sont adoptés et propulsent la société millénaire dans la modernité. Les nouveaux statuts de 1961 font de l’Ordre de Malte une véritable force indépendante au sein de l’Église. Bien qu’il ne s’agisse pas juridiquement d’un État, l’Ordre est un sujet de droit international jouissant d’une souveraineté fonctionnelle, ayant sa propre gouvernance, sa propre diplomatie et émettant des passeports reconnus par la communauté internationale ainsi que des timbres très prisés par les philatélistes. Il est politiquement indépendant du Vatican et entretient des relations avec 107 pays, soit plus que la Suisse. L’Ordre de Malte jouit en outre du statut d’observateur au sein de l’ONU.

Ses 120 000 bénévoles et 13 500 chevaliers sont répartis dans plus de 120 pays et divisés en grands-baillages. Le Grand-Maître de l’Ordre, élu à vie par les onze membres du Conseil Souverain, est le chef politique et spirituel de l’Ordre de Malte. Il est assisté du Conseil Souverain qui se compose entre autres d’un Grand-Chancelier (numéro deux de l’Ordre) chargé de la diplomatie et de la justice) ; le Grand Commandeur, supérieur des religieux de l’Ordre ; le Grand-Hospitalier, équivalent du ministre de la Santé ; le Grand Receveur du Trésor, qui administre le budget de la confrérie. Le Souverain Conseil est élu pour cinq ans par le Chapitre Général qui détient le pouvoir législatif. La fonction judiciaire est quant à elle assurée par les divers Tribunaux de l’Ordre dont chacun a une compétence bien définie. Meme si en pratique la confrérie est indépendante du Saint-Siège, elle a un « cardinal-patron », nomme par le Pape qui représente le Vatican en son sein, une fonction plutôt honorifique. Ainsi, bien qu’on ne puisse parler d’État (absence de citoyenneté, de territoire) l’Ordre de Malte est doté d’un authentique système de gouvernance qui a su concilier la Tradition et la Modernité.

Les missions de l’Ordre (plus de 2000 projets chaque année) varient du secourisme à la formation des détenus, en passant par la lutte contre les maladies et l’aide apportée aux sans-abris ou aux réfugiés. La Charte de l’Ordre précise que la vocation de ses membres et bénévoles est de « combattre la détresse humaine, sans distinction de race, de religion ou d’origine ». De fait, l’Ordre s’est implanté aussi bien dans des pays chrétiens qu’au sein de peuples musulmans ou bouddhistes. Cependant, des dissensions existeraient au sein des dignitaires : certains voulant aider en priorité les chrétiens. Bien sûr, cette affirmation est vivement réfutée par le discours officiel où l’accent est mis sur l’humanité. Mais, comme nous le verrons plus loin, certains hauts dignitaires ont pris des positions aux antipodes de l’humanisme qui est officiellement ânonné. Les 5 milliards d’euros qui composent le budget de la confrérie ont aussi excité quelques convoitises.

Si l’Ordre de Malte est entré de plain-pied dans le troisième millénaire, il n’a pas pour autant dit adieu à ses pratiques médiévales. L’Ordre est ainsi composé de bénévoles, de collaborateurs salariés et de membres. La qualité de membre s’obtient par cooptation, après de longues années passées comme bénévole ou collaborateur salarié. Depuis 1961, les femmes ont obtenu l’autorisation de devenir pleinement membres, après d’âpres discussions au sein des dignitaires de l’Ordre. Ces membres sont donc des « dames » ou des « chevaliers » selon leur sexe. A l’ancienneté s’ajoutent d’autres conditions : être un(e) catholique pratiquant(e), être d’une « moralité sans tache ». L’exigence d’extraction noble n’est plus de mise, même si « ça aide quand-même », comme le concède un chevalier visiblement agacé. Ces chevaliers et dames sont divisés en trois classes : les chevaliers ou dames pleinement laïcs, dits de « troisième classe » ; les chevaliers de seconde classe dits « d’obédience » à cause du vœu d’obéissance qu’ils font à l’ordre ; et enfin, les « chevaliers profès » qui constituent la première classe uniquement réservée aux hommes. Ces derniers ont fait les trois vœux monastiques (pauvreté, chasteté, obéissance) même s’ils vivent « dans le siècle ». Les responsables nationaux, les membres des instances dirigeantes et, bien sûr, les Grand-Maîtres sont recrutés dans cette dernière catégorie. Si la noblesse n’est plus exigée pour être chevalier, elle est toujours de mise pour devenir Grand-Maître et siéger au Conseil Souverain, ce qui agace de nombreux membres pour lesquels seule la noblesse d’âme devrait compter, en vertu du message évangélique.

L’Ordre de Malte, jusque là réputé pour sa discrétion et son humilité, a fait récemment les gros titres de la presse. Le 25 janvier 2017, le Grand-Maître Fra’ Matthew Festing, en place depuis 2008, démissionnait « avec la bénédiction du Saint-Père » après une polémique qui a jeté au grand jour les dissensions entre l’Ordre et le Saint-Siège et les querelles intestines au sein de l’Ordre même.

La brouille entre les chevaliers de Malte et le Vatican avait commencé dès février 2016, lorsque des tracts hostiles au Pape (l’accusant de détruire l’Église) avaient été placardés dans les rues de Rome. Certains y avaient vu la main de l’Ordre de Malte dont certains hauts dignitaires s’étaient ouvertement prononcés contre les réformes tant doctrinales que politiques et financières de François. La presse italienne avait directement incriminé certains membres de l’Ordre ainsi que des traditionalistes. « Les tracts hostiles au Pape, ce n’est certainement pas nous. Nous sommes dans la ligne du Saint-Père, on a été pris en otage par ses opposants« , avait alors tempéré Alain de Tonquédec, vice-président de la branche française.

Les faits ne lui ont pourtant pas donné raison, puisque le 6 décembre 2016, Albrecht von Boeselager, le Grand-Chancelier a été démis de ses fonctions par le Grand-Maître qui l’accusait d’être « un catholique libéral, traître aux enseignements de l’Église ». Le baron allemand, fils d’un officier antinazi et figure de proue de l’Ordre en Allemagne, est effectivement un partisan des réformes du Pape. Sa destitution avait pour motif officiel une distribution de préservatifs qu’il avait organisée en 2005 en Birmanie. L’affaire avait pourtant été classée dès 2006…

Certains vaticanistes ont dès lors soupçonné une guerre d’influence. Matthew Festing, Grand-Maître de l’Ordre et le cardinal Raymond Burke, cardinal-patron, auraient voulu se débarrasser de ce libéral allemand trop réformiste à leur goût. Il faut dire que Festing est un prélat ultraconservateur qui a signé plusieurs pétitions pour le retour de la messe en latin et pour la réhabilitation de l’évêque négationniste Richard Williamson. Raymond Burke est quant à lui, avec le cardinal Robert Sarah, un des chefs de file de l’opposition conservatrice au sein de la Curie. Ce cardinal états-unien, ami de Steve Bannon, avait appelé ses ouailles à voter pour Trump et accuse les féministes de provoquer le courroux divin. Des rumeurs fuitaient depuis des années sur la lutte des factions papistes et conservatrices au sein de l’Ordre, cette destitution aux allures de complot n’a fait que les confirmer.

Mais, l’affaire des capotes birmanes pourrait aussi cacher une histoire de gros sous. En effet, cette « affaire » a éclaté en décembre 2016, dix jours après que le frère de Boeselager ait été nommé à l’IOR (banque du Vatican). Tout comme son frère, Georg von Boeselager est un fidèle du Pape. L’économiste émérite avait été nommé par le Saint-Père dans le cadre de sa politique de réforme financière et d’épuration à l’IOR, une banque entachée par de nombreux scandales. Or, depuis des décennies, c’est la branche conservatrice de la Curie qui avait la mainmise sur les finances vaticanes. Attaquer le baron Albrecht von Boeselager dix jours après la nomination de son frère constituait ainsi un signal lancé au pape. Pour rappel, l’affaire des préservatifs birmans a été exhumée par l’Institut Lépante, une officine ultraconservatrice de catholiques états-uniens dirigée par le prêtre Keith Fournier, un curé de Virginie, admirateur des Confédérés et proche du cardinal Burke qui est soupçonné par de nombreux journalistes d’être à la manœuvre dans cette affaire.

C’est donc sans surprise que la Pape a défendu Boeselager, désavouant le Grand-Maître de l’Ordre et le cardinal-patron, poussés à la démission le 25 janvier 2017. Après une année d’intérim et de déchirements entre les factions rivales de l’Ordre, c’est le réformiste Giacomo Dalla Torre qui a été élu Grand-Maître le 2 mai 2018. Partisan convaincu des réformes du pape, l’homme de 74 ans a promis de mener une politique de « renouvellement spirituel de l’Ordre ». Son frère, Giuseppe, est juge au tribunal du Vatican. Les frères Boeselager ont, quant à eux, été maintenus dans leurs fonctions respectives de banquier du Vatican et de Grand-Chancelier de l’Ordre de Malte. Pour les observateurs, c’est une victoire du Pape sur les prélats conservateurs de la Curie. Car, les rivalités au sein de l’Ordre de Malte ne sont qu’une transposition de celles qui agitent l’ensemble du Vatican et de l’Église catholique.

Une profonde restructuration est donc à attendre dans les prochaines années, ce qui inquiète certains chevaliers attachés à l’ancienne mode : « Le lobby germanique a pris les commandes, ils vont laïciser l’Ordre de Malte qui va perdre toute consistance« , rouspète ainsi un chevalier italien qui craint que les hautes distinctions ne soient ouvertes aux membres roturiers de l’Ordre. En effet, seuls les chevaliers nobles ayant fait les trois vœux monastiques (chasteté, pauvreté, obéissance) sont éligibles aux fonctions de Prieur provincial, de membre du Conseil et de Grand-Maître. Une coutume que de nombreux membres (laïcs ou religieux) trouvent désuète. Il y a néanmoins une part de vrai dans les déclarations de ce mécontent : la branche allemande de l’Ordre est effectivement l’une des plus puissantes : la Croix Rouge ayant trop flirté avec les Nazis, une partie de leur fortune a été cédée à l’Ordre de Malte après la guerre. Ce qui explique les subventions nationales et européennes que perçoit la branche allemande qui est partisane d’une ouverture de l’ordre et soutiens les réformes papales, contrairement aux branches anglaises et américaines qui sont proches des cardinaux conservateurs. Les dernières années ont d’ailleurs été marquées par l’opposition de ces deux « lobbys » au sein de la confrérie.

L’Ordre de Malte surmontera-t-il ses dissensions et arrivera-t-il à se moderniser comme il l’a fait jadis en passant d’un ordre militaire à un ordre humanitaire ? Ou bien les dissensions entre « Anglo-américains » et « germaniques » auront-ils raison de cette confrérie millénaire ? L’avenir de l’Ordre est entre les mains de ses chevaliers.

 

 

SOURCE : https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/ordre-de-malte-un-etat-dans-l-etat-206862

J’ai eu beaucoup d’Amis, même des Amis très chers.. 22 septembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

J’ai eu beaucoup d’Amis, même des Amis très chers.

Aujourd’hui j’ai d’innombrables FRÈRES !

Autrefois j’avais grand besoin d’Amitié.

Aujourd’hui je me nourris de FRATERNITÉ !

 

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Voilà ce que cela m’a permis d’apprendre et de comprendre :

 

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                                      L’Amitié est ressource, la FRATERNITÉ est source.

                                      L’Amitié se choisit, s’acquiert comme un bien et, comme lui, se gère, alors que la FRATERNITÉ Est ou n’Est pas !

                                      On se fait des Amis, on ne se fait pas des FRÈRES.

                                      L’Amitié se gagne, s’entretient et se perd, la FRATERNITÉ, quand elle est, à pour Elle l’Éternité !

                                      L’Amitié est un pacte, la FRATERNITÉ est un Lien !

                                      L’Amitié s’use avec le temps, la FRATERNITÉ est à l’épreuve du temps !

                                      La distance nuit à l’Amitié, elle n’a pas d’effet sur la FRATERNITÉ…

                                      On n’a d’Amis qu’en nombre limité, les FRÈRES existent en nombre illimité !

                                      Entre Amis il peut y avoir envie, la richesse d’un FRÈRE naturellement enrichit !

                                      Entre Amis il y a nécessairement affinité, entre FRÈRES cela n’est pas nécessité !

                                      Avoir des Amis c’est avoir des relations, avec des FRÈRES j’ai une relation !

 

Un Ami est un allié, sans quoi il ne serait pas un Ami !

Un FRÈRE est simplement un FRÈRE !

 

                                      Un Ami peut être charitable, Un FRÈRE ne peut être que Solidaire !

 

                                      Un Ami prête et je me sens en dette avec lui, un FRÈRE s’enquiert sur ce que je deviens !

                                      On risque parfois de déranger un Ami, un FRÈRE est toujours disponible !

 

Avec un Ami je suis exigeant,

Avec un FRÈRE je sais être Tolérant !

 

                                      Avec un Ami on discute, avec un FRÈRE on échange.

                                      Un Ami peut faire en secret des confidences, un FRÈRE simplement témoigne en confiance !

                                      On peut dire qu’un Ami est fidèle et sincère, on ne qualifie pas ainsi un FRÈRE !

                                      Un Ami peut être distant, même en étant proche…un FRÈRE est toujours proche, même à distance !

                                      Un Ami peut décevoir, comme s’il manquait à ses devoirs…un FRÈRE ne peut jamais décevoir, quoi qu’il fasse !

                                      Si à un Ami je peux vouer estime et respect, c’est le FRÈRE qu’invariablement j’aimerai !

 

                                      S’il arrive un jour que d’Ami tu deviennes FRÈRE, je serai libéré du souci de te plaire, car, ayant l’un et l’autre cessé de paraître, nous nous retrouverons ENSEMBLE et nous satisferons tout simplement d’Être…

 

                                      L’Avenir est quelque chose qui se surmonte, on ne subit pas l’Avenir, on le construit !

 

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                                   L’Avenir est à toi, mon FRÈRE, si tu sais le partager !

 

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                                      La richesse et l’amitié font-elles bon ménage ? Nous avons l’amitié, nous recherchons la FRATERNITÉ, c’est notre ultime richesse !

Source : CLARTÉ

 

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