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Musique maçonnique … 29 mai, 2008

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Musique maçonnique …

 

 

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Rite Ecossais Rectifié 27 mai, 2008

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Rite Écossais rectifié

 

 

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Protégé : LA PROGRESSIVITÉ lNlTlATlQUE – 1° - 25 mai, 2008

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Protégé : Mixité … – 1° - 22 mai, 2008

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Protégé : Cent cinquante années d’histoire … – 1° -

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Vertus des pierres 14 mai, 2008

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Vertus des pierres

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AGATE

Une variété de calcédoine. Pierre naturelle de différentes couleurs : grise, bleue, verte, orange etc…

Renforce le corps et l’esprit. Donne un sens de vigueur et de courage. Facilite l’habileté de discerner la vérité et d’accepter les circonstances. Apaise et donne aussi de l’énergie. Donne l’estime de son corps.

L’agate soulage les maux de tête et toutes douleurs en général.

L’agate bleue apporte calme, sérénité. Richesse.

AMAZONITE

Une variété de feldspath, souvent de couleur verte

Apaise le système nerveux, Renforce le coeur et le corps physique. Aide à aligner le corps mental avec le corps éthérique. Apporte de la joie et une élévation morale. Expression créatrice.

Facilite une vision plus claire de nos tendances nuisibles ce qui nous permet de s’en libérer plus facilement.

Chakra : de la gorge.

AMETHYSTE

Variété de quartz. Cette pierre est de couleur violette

Renforcit les glandes endocrines et le système immunitaire. Accroît l’activité du côté droit du cerveau ainsi que les glandes pinéale et pituitaire. Purifie le sang et l’infuse d’énergie. Bénéfique pour la guérison des dérangements d’esprit. Purification et régénération à tous les niveaux du conscient. Purifie nos qualités négatives les transformant ainsi en qualités positives. Symbole physique du rayon violet d’alchimie et de la transformation. Enlève toute illusion. Accroît l’habileté psychique. Excellent pour la méditation.

Améliore l’habileté du « channeling ». Calmant, fortes qualités protectrices. Guérison,amour divin, inspiration, intuition.

Chakras : du troisième oeil et coronal.

cette pierre aide à lutter contre le stress, les brûlures, les maux de tête, le mal être, l’insomnie et l’empoisonnement.

ARGENT

Accroît le fonctionnement des facultés mentales. Bénéfique pour la circulation. Renforce le système circulatoire et les glandes pinéale et pituitaire. Réduit le stress. Est relié à la Lune, le subconscient et l’aspect féminin.

Équilibreur émotionnel. Excellent conducteur d’énergie.

AVENTURINE

Variété de quartz de couleur verte

Purifie les corps mental, émotionnel et éthérique. Aide à relâcher toutes anxiétés et craintes. Stimule les tissus musculaires. Soulage les maladies de peaux liées à la nervosité.

Renforce le sang. Tranquillité émotionnelle, attitudes positives envers la vie. Elle équilibre nos sentiments et calme les émotions du coeur et les excès de colère. Bénéfique pour les problèmes cardiaques.

Elle apaise les enfants nerveux et apporte maîtrise de soi.

Nous aligne de la tête aux pieds. Indépendance, santé, bien-être.

Chakra : du coeur

CITRINE

La citrine est de couleur jaune transparent, elle est une variété de quartz et est bénéfique pour les reins, le côlon, le foie, la vésicule biliaire, les organes digestifs et le coeur. Elle est aussi régénératrice de tissus et désintoxique les corps physiques, émotionnel, mental, elle accroît les énergies curatives du corps. De plus, elle réduit les tendances autodestructives, accroît le respect de soi et apporte gaieté, espoir et contentement. Elle est un cordial stimulant et attire l’abondance.

Elle correspond au chakra ombilical et coronal.

CORNALINE

De couleur rouge orangée, la cornaline est une variété de calcédoine. Ce minéral dont les pouvoirs curatifs sont puissants infuse d’énergie le système circulatoire. Elle est également bénéfique pour les reins, le foie, la vésicule biliaire et le pancréas. Très bonne pour la régénération des tissus. Elle vitalise le corps physique, mental et émotionnel et aligne les corps. Elle accroît l’harmonisation avec le moi intérieur, facilite la concentration, ouvre le coeur et permet d’adopter une attitude de joie, de gaieté, de sociabilité et de cordialité.

Elle correspond au chakra du coeur, ombilical et au plexus solaire.

CUIVRE

Le cuivre a une très bonne influence sur le système circulatoire et fournit des énergies au corps et à l’esprit. Très bénéfique pour l’épuisement et le déséquilibre sexuel. Il aligne les corps, accroît le respect de soi et est un très bon conducteur d’énergie.

GRENAT

De couleur rouge foncé, le grenat renforce, purifie, vitalise et régénère les systèmes physiques et circulatoires.

Il est fortement lié au chakra de la base et aide à harmoniser les forces puissantes du kundalini.

Il stimule la glande pituitaire et aligne les corps. Il accroît l’amour et la compassion ainsi que l’imagination.

JADE

De couleur vert clair, le jade renforce le coeur, les reins et le système immunitaire. Il aide à purifier le système circulatoire et accroît la longévité et la fertilité. Très bénéfique pour les désordre de l’oeil et ceux relatifs aux femmes. Puissant équilibreur, le jade irradie l’amour divin. Apporte clarté, modestie, courage, justice, sagesse et paix et dissipe toute influence négative.

JASPE

Le jaspe renforce le foie, la vésicule biliaire, la vessie. Puissant curatif surtout pour le corps physique, il représente les éléments terrestres.

LAPIS LAZULI

De couleur bleue, le lapis lazuli fortifie le système squelettique et active la glande thyroïde. Il permet de relâcher la tension et l’anxiété.

Il énergétise le chakra de la gorge et accroît nos forces, la vitalité et la virilité.

Il facilite également l’ouverture des chakras et permet d’obtenir une clarté d’esprit et une illumination.

Il accroît les pouvoirs psychiques et la communication avec le moi supérieur et favorise l’expression créatrice.

Correspond au chakra du troisième oeil et de la gorge.

MALACHITE

de couleur verte

Bénéfique pour le fonctionnement du pancréas et de la rate. Réduit le stress et la tension. Aide à la régénération des tissus. Renforce le coeur, le système circulatoire et les glandes pituitaire et pinéale.

Aide à s’endormir. Vitalise le corps et l’esprit. Révèle les obstructions mentales. Développe la spiritualité et l’altruisme.

Rétablit l’ordre entre les sentiments et le moral. Très bénéfique pour la vue, les rhumatismes, l’arthrite et les douleurs articulaire. Bon équilibreur à tous les niveaux.

Chakras : du coeur et du plexus solaire.

OEIL DE TIGRE

Bénéfique pour la rate, le pancréas, le colon, et les organes reliés à la digestion. Il aide à lutter contre l’asthme. Il est aussi un équilibreur émotionnel et apaise les énergies excessives. Il aide à adoucir la ténacité de volonté, accroît la clarté de perception et la perspicacité. Il donne l’etime de son corps.

PERIDOT

De couleur verte translucide

Équilibre le système glandulaire. Bénéfique pour la régénération des tissus. Influence positive sur le coeur, le pancréas, la rate, le foie, les glandes surrénales. Purifie le corps. Bon pour le système circulatoire. Aligne les corps subtils. Accroît le sens de l’intuition. Réduit le stress. Stimule le mental. Accroît l’épanouissement individuel, ouvre les portes pour de nouvelles opportunités.

Chakras : ombilical et du plexus solaire.

PIERRE DE LUNE

de couleur blanche avec des reflets de toutes les couleurs

Bénéfique pour l’estomac, la rate, le pancréas et la glande pituitaire.

Dégage le système lymphatique. Réduit l’anxiété et le stress. Bon pour l’accouchement et les problèmes féminins.

Équilibreur émotionnel, aide à réduire la tendance à surréagir au niveau des émotions. Flexibilité attitudinale. Réussite

Chakra : du coeur.

TOURMALINE

De toutes les couleurs; elle aide à équilibrer le système endocrinien. Pierre bénéfique pour le sommeil. Elle renforce et vitalise le corps et l’esprit. Elle active et renforce les propriété crystalline du corps et de l’esprit. De forte influence protectrice, elle dissipe la peur et les influences négatives. Elle accroît la concentration, l’inspiration, la sensibilité et la compréhension. Elle a de puissants pouvoirs curatifs et possède des propriétés électromagnétiques.

TURQUOISE

La turquoise est une pierre naturelle qui purifie et renforce le corps entier. Elle aide à la régénération des tissus organiques. Très bénéfique pour le système circulatoire, les poumons et le système respiratoire mais aussi vitalise le sang et le système nerveux. Elle a le pouvoir d’aligner les chakras et d’accroître l’habileté à méditer. Apporte l’expression créatrice, la tranquilité d’esprit, l’équilibre émotionnel, la communication, l’amitié, la fidélité.

Elle correspond au chakra de la gorge.

 

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Rite Suédois 13 mai, 2008

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L’Histoire de l’Ordre
La franc-maçonnerie est arrivée en Suède par l’intermédiaire du Comte Axel Wrede-Sparre, qui s’est fait maçon en France pendant son travail comme officier de cavalerie. Après son retour en Suède, il réunit quelques amis qui comme lui s’étaient initiés maçons à l’étranger. En 1735, il initia à Stockholm son beau-frère le Comte Carl Gustaf Tessin, le fils du grand architecte du Château Royal. La plupart des frères qui appartenaient à la loge de Wrede-Sparre venaient de la haute aristocratie. Les tenus se sont arrêtés à la fin des années 1740.

Au début des années 1750, il y avait un nombre de maçons assez important en Suède, initiés soit dans la loge de Wrede-Sparre, soit à l’étranger. En 1752, le Comte Knut Posse créa la loge de St Jean Auxiliaire. Wrede-Sparre et la plupart des frères de sa loge s’associèrent à cette nouvelle loge, et Wrede-Sparre donna ses rituels et d’autres documents à St Jean Auxiliaire.

La loge de St Jean était considérée comme la Loge Mère de Suède et accréditait d’autres loges dans le royaume et en Finlande, qui faisait partie de la Suède à l’époque. Le Comte Carl Fredrik Scheffer, qui fut maçon à Paris en 1737, fut élu Grand Maître National en 1753. Pendant les années 50, les loges s’ouvrirent leurs portes aux frères venant d’autres classes sociales que l’aristocratie.

En 1756, Carl Fredrik Eckleff et six autres frères créèrent la Loge Ecossais l’Innocente à Stockholm, qui travaillait dans les grades de St André Ecossais. Le développement de la maçonnerie suédoise se poursuivit en 1759 quand Eckleff établit un Grand Chapitre à Stockholm. Eckleff, employé au ministère des Affaires Etrangères, possédait une accréditation qui l’autorisait à créer des loges. Il a été impossible de définir la date et l’origine de cette accréditation et des rituels utilisés. En 1760, la Grande Loge de Suède fut créée.

Le rite suédois
Eckleff construisait son système maçonnique sur une base chrétienne. La philosophie morale du rite suédois était approfondie par le Duc Charles, futur roi Charles XIII, qui succéda à Eckleff comme Maître Suprême de la maçonnerie. Grâce à deux réformes du rite en 1780 et 1800, il forma un système homogène avec dix degrés. Les degrés se suivent dans une logique progressive assez remarquable. Chaque degré prépare le suivant tout en résumant les précédents. Le système est regroupé en trois parties comme suit:

Les degrés de St Jean
I Apprenti
II Compagnon
III Maître Maçon

Les degrés de St André Ecossais
IV-V Apprenti-compagnon de St André
V Maître de St André

Les degrés du Chapitre
VII Haut illustre frère
VIII Très haut illustre frère
IX Frère illuminé
X Frère haut illuminé

Au-dessus de ce système, pour les hauts officiers de l’Ordre
Frère très haut illuminé, Chevalier et commandeur de la Croix rouge R&K

En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre Royal du Roi Carl XIII. C’est un ordre civil, toujours confié par le roi, uniquement destiné au maçon appartenant au R&K. Les membres sont limités à 33. Pourtant, ceci n’est pas un degré maçonnique.

La montée des grades ne se fait pas automatiquement. Un frère doit montrer une certaine assiduité et acquérir une compétence maçonnique.

Pendant la période 1774-1997, tous les Grands Maîtres furent membres de la Maison Royale de Suède, jusqu’à la mort du Prince Bertil, Grand Maître depuis 1973. Le Roi Carl XVI Gustav est Grand Protecteur de l’Ordre Maçonnique en Suède. Depuis 2001, le docteur en Science Anders Fahlman est Grand Maître.

Le palais Bååt à Stockholm, un somptueux édifice baroque de 1666, fut transformé et agrandi en 1874-77 pour devenir Le Temple Maçonnique de l’Ordre des Francs-maçons suédois.

Organisation actuelle
Aujourd’hui, il y a 43 loges de St Jean, 23 loges de St André, une Steward loge, sept Chapitres et une loge de recherche en Suède. On y trouve aussi 63 associations fraternelles (des loges d’instruction) dans les petites villes. En Finlande, il y a sept loges de St Jean, deux loges de St André, une Steward loge et un Chapitre à Helsinki, puis deux associations fraternelles ; tous travaillant selon le rite suédois.

14 200 francs-maçons en Suède et 1000 en Finlande travaillent sous les auspices de l’Ordre des Francs-maçons suédois. Comme les loges sont peu nombreuses, il y a souvent beaucoup de membres dans une loge suédoise. Seules les personnes qui se définissent comme chrétiennes sont admis.

Le vénérable Maître d’une loge est normalement nommé pour six ans. Tous les officiers doivent impérativement descendre de leur chaire à l’age de 75 ans.

Le Rite Suédois est utilisé en Suède/Finlande, en Norvège, au Danemark et en Islande. Un rite, basé sur des documents du Carl Friedrich Eckleff de 1760, est pratiqué en Allemagne dans la Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland. Aujourd’hui ce rite ne présent guère ressemblance au Rite Suédois.

Svenska Frimurare Orden
Nybrokajen 7, SE-111 48 Stockholm, la Suède
Grand secrétaire: tél +46 8 463 37 06
Mél: info@frimurarorden.se Site internet: www.frimurarorden.se
Grand temple maçonnique: Blasieholmsgatan 6, Stockholm

 

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Bouddhisme et franc-maçonnerie 9 mai, 2008

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Bouddhisme et franc-maçonnerie

Présentation et historique de deux traditions et de leur mode de transmission

 

Par Lama Denys

Lama Denys

Le terme bouddhisme est apparu vers 1825. C’est ce que nous apprend Roger-Paul Doit dans un de ses derniers livres. Bouddhisme est un néologisme qui n’est pas très heureux pour rendre justice à la tradition du Bouddha.

Donc, nous parlerons plutôt de Dharma ou de tradition du Bouddha, entendu qu’il n’est pas plus juste, de notre point de vue, de parler de bouddhisme qu’il ne le serait de parler de franc-maçonnisme avec tout ce que « bouddhisme » implique de théories, de doctrines.

La voie du Bouddha

Il faut s’imaginer, à son origine, le Bouddha, vingt-cinq siècles auparavant, au centre de l’Inde à Bodhgaya, sous l’arbre de la Bodhi. Il enseigna à partir d’une expérience -l’éveil-, un important canon qui se diffusa vers le Sud, jusqu’à l’océan, Ceylan, Sumatra, Bornéo, et vers le Nord, au Tibet, puis par la route de la soie en Chine, au Japon, en Corée et vers l’Ouest jusqu’aux confins du monde grec.

L’enseignement du Bouddha, le Dharma, est, d’une certaine façon, le fond commun de la vision traditionnelle de l’Orient. En tout cas il est largement son dénominateur commun.

Le thème de notre rencontre est tradition/transmission.

Depuis le Bouddha, depuis vingt-cinq siècles, une filiation s’est perpétuée. Elle nous a transmis… Que nous a -t-elle transmis ? Tout d’abord, au centre du Dharma, il y a une expérience : l’expérience de l’éveil. En termes de transmission, l’accent est mis sur l’expérience. C’est le vécu qui est ici très important.

Il ne s’agit pas d’une philosophie, ni d’une métaphysique, encore moins d’une théologie, ni d’une vérité écrite, inscrite de façon définitive, même s’il y a un corpus énorme de textes d’enseignements.

Le coeur de la transmission du Bouddha est une expérience : l’expérience de l’éveil, l’expérience du Bouddha, l’expérience de la nature de Bouddha. Elle peut se nommer aussi expérience de l’intelligence en soi, expérience de la claire lumlière, expérience immédiate, directe, de l’état de présence.

C’est cet état de présence direct, immédiat, non dualiste, qui a inspiré l’enseignement du Bouddha, le Dharma comme moyen offert – pour ceux qui le souhaitent – de découvrir cet état, cette expérience fondamentale et la réintégrer. Car elle est notre nature la plus profonde, la plus intime.

Cette expérience se nomme en sanscrit. « bouddhayana », l’intelligence immédiate d’un Bouddha.

Il y a donc dans la transmission un aspect central, fondamental, qui est de l’ordre du vécu, puis un enseignement qui rend compte de ce vécu et sert de tremplin, d’accès, à la réalisation de celui-ci.

On présente traditionnellement le Dharma en trois points : sa vision, son ou ses points de vue, ensuite la méditation ou la qualité d’expérience dans la vie, puis, la discipline.

La vision du Bouddha est d’abord celle du non-soi. La découverte que ce que nous sommes et que ce que nous vivons n’est pas une expérience solide, monolithique, statique, ou une réalité en soi, inhérente, comme nous avons tendance à le percevoir.

Cette vision du non-soi se traduit aussi comme la vision de l’interdépendance, dans la mesure où il n’est rien qui n’existe en soi et par soi. Toute chose, tout ce que nous vivons, tout ce que nous sommes, tout ce que nous expérimentons, existe et n’existe qu’en tant qu’événements interdépendants.

Tout ce qui est inter-est n’est (naît) que dans l’inter-être, dans l’inter-relation, dans l’interdépendance. C’est cette vision qui est connue comme celle de la vacuité. Vacuité et interdépendance sont à entendre comme synonymes. Cette vision débouche aussi sur cette expérience que nous avons appelée « état de présence ».

Lorsque la conscience habituelle se dégage de ses illusions, de ses fixations, elle s’ouvre à une expérience de clarté, de lucidité qui se comprend, s’expérimente en elle-même et c’est cette lucidité autoconnaissante en soi, cette intelligence en soi qui est nommée expérience d’éveil, nature de Bouddha, ou plénitude de l’expérience de vacuité. Voici, très schématiquement, quelques aspects de la vision du Dharma.

Sa pratique est, extérieurement, une discipline d’action fondée sur la compassion et, intérieurement, une qualité d’expérience que l’on nomme habituellement méditation.

Le terme de méditation est assez impropre au sens où ce dont il s’agit est une expérience d’ouverture, de lucidité, une expérience de présence, de vigilance, d’attention : une présence attentive, vigile dans une qualité d’expérience ouverte, dégagée, claire.

Il est différentes façons de découvrir et de cultiver cette expérience. La méditation assise le permet dans les maintes formes des différentes traditions selon leurs aspects, leurs lignées. Puis, il s’agit surtout d’intégrer cette qualité de présence, d’ouverture vigile et lucide, dans les faits et gestes de la vie quotidienne.

Il est ensuite une relation entre cette qualité d’expérience et l’action : c’est ce que l’on entend par discipline.

Extérieurement, l’éthique du Dharma, ou discipline, est fondée sur la compassion entendue comme un état de non-agression, de non-violence.

Nous entendons par compassion cette attitude ouverte, cette intelligence du coeur qui est à la fois réceptivité, disponibilité au-delà des blocages. C’est cette qualité de compassion, de non-violence, qui est le fondement, le coeur de l’éthique du Dharma.

Cette éthique peut être dite universelle. Elle recoupe très largement une éthique que l’on pourrait dire monothéiste, chrétienne, à cette différence près qu’il y a dans la perspective bouddhiste une vision beaucoup plus médicale, fondée sur l’harmonie et sur la compassion plutôt qu’une perspective plus juridique fondée sur les commandements et des arguments d’autorité.

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Présentation de la franc-maçonnerie

Alain Lorand

A la différence de Lama Denys, qui est un maître dans le bouddhisme, je n’ai de leçon de franc-maçonnerie à donner à personne. Ma présentation de la franc-maçonnerie sera la plus large, la plus exhaustive possible, et, bien sûr, reflétera la façon, qu’à titre personnel, je vois la franc-maçonnerie. Cette présentation est à l’attention des non-maçons. Les maçons n’apprendront certainement rien de nouveau.

Comme nous sommes dans le thème tradition et transmission, je tiens à vous faire part de ma petite transmission à moi. Je voudrais rappeler trois frères qui sont passés à l’Orient éternel et qui ont été mes maîtres, en quelque sorte : les frères Gaston Chazette, Francis Viaud et N’Guyen Tanh Khiet. C’est ma petite lignée personnelle, à laquelle je tenais à rendre hommage parce que, si ces frères n’avaient pas été là, je ne serais pas là non plus en train de vous parler de la franc-maçonnerie ! Il y a un rattachement qui ne remonte pas à vingt-cinq siècles mais qui est néanmoins existant car eux-mêmes se rattachaient à …, qui se rattachaient à…, etc.

Donc, très respectable Lama Denys, frères et soeurs de la congrégation, frères et soeurs en vos grades et qualités, chers amis, pour cette présentation de la franc-maçonnerie, je ne vais pas reprendre le travail fourni par le frère Jean-Pierre Schnetzler lors du premier colloque et qui figure in extenso dans le livre que l’on vous a présenté. Je vais décrire l’historique, la genèse, de la franc-maçonnerie moderne. J’insisterai sur ce qui l’anime, sur l’esprit maçonnique et ce qui fait son originalité.

Pour définir la franc-maçonnerie, je vais reprendre les termes du programme du colloque. La franc-maçonnerie est un ordre initiatique, traditionnel, d’origine artisanale, fondée sur le symbolisme de la construction et ayant son origine dans les initiations antiques des constructeurs développées en milieu judéo-chrétien. Sa vocation est universelle. La franc-maçonnerie a pour objet de construire le temple intérieur afm de réaliser le temple extérieur, c’est-à-dire une société fraternelle.

En 1723, en Angleterre, le pasteur Désaguliers dédicace au duc de Montaigu la Constitution comprenant l’histoire, lois, obligations, ordonnances, règlements et usages de la respectable confrérie des francs-maçons. C’est de ce document fondamental que naît la franc-maçonnerie d’origine anglaise, chrétienne et protestante.

Tout phénomène ayant une cause, que se passait-il donc, à cette époque et en ce lieu ?

En 1710, Georges 1er de Hanovre, donc allemand, monte sur le trône d’Angleterre et s’adresse à ses sujets lors de son discours inaugural, en latin et en français, car il ne connaissait pas l’Anglais. Traumatisés par les luttes entre les stuartistes, les papistes, les Hanovriens, et j’en passe, une élite à dominante protestante cherche à se rassembler, à réunir ce qui est épars, en trouvant un dénominateur commun, un élément de croyances minimales sur lequel s’entendraient les hommes d’honneur.

En 1723, en Angleterre, l’individu qui se proclamait athée ne pouvait être qu’un stupide complet ou un libertin notoirement corrompu par oubli ou, plus, par mépris des lois de son Créateur.

Tout porte à croire que les fondateurs, en 1723, n’avaient aucunement l’intention de fonder une nouvelle religion ou une secte. Ils avaient le désir de rassembler le plus grand nombre possible de gentlemen en laissant les querelles religieuses au vestiaire et en déposant les métaux, comme l’on dit, à la porte du temple. Leur but était de se rassembler, autour d’un idéal spirituel, d’un besoin de solidarité et de fraternité, dans le secret et la liberté de la loge, hors des Eglises et des corps constitués. Cet idéal est resté le même aujourd’hui.

Mais d’où vient le terme franc-maçon ? Les francs-maçons sont des constructeurs, donc des maçons. Au moyen-âge, l’apprenti, le compagnon et le maître d’une corporation médiévale donnaient à leur labeur un caractère sacré. La cité humaine était une ébauche de la cité divine. Le travail fait avec amour devenait une prière. Il avait un caractère sacré s’il était exécuté avec un état d’esprit se référant à la tradition. Au moyen-âge, maçon signifiait tout à la fois ouvrier, conducteur de travaux et architecte. On distinguait les maçons ordinaires ou rough-masons et les maçons instruits ou free-masons. Ces free-masons étaient groupés en corporations puissantes dans toute la chrétienté. Nous leur devons les chefs-d’oeuvre du roman et de l’ogival. Ils circulaient librement d’un royaume à l’autre, au gré des chantiers. Ils jouissaient de privilèges matériels et d’une certaine liberté de pensée.

Fiers d’être une élite, ils se protégeaient par des barrières de secrets traditionnels et se recrutaient par cooptation. Ils se réunissaient dans un lieu clos, à l’écart des autres, dans un local nommé loge. Ils formaient des apprentis cooptés à une discipline sévère en veillant à leur instruction technique et sur leur valeur morale. En effet, une grande oeuvre n’est réalisée que si l’on garde le coeur pur.

Pour se distinguer des rough-masons et autres manoeuvres, les free-masons échangeaient entre eux des signes, mots et gestes qui leur servaient de passeport et de reconnaissance dans leurs déplacements. Eux seuls savaient manier certains outils, appliquaient des règles de mécanique, de projection, de trigonométrie leur permettant de tracer les plans et de dégrossir une pierre brute jusqu’à ce qu’elle devienne une clef de voûte. Il n’y avait pas de livre imprimés, donc beaucoup d’analphabètes dans leurs rangs. L’enseignement se transmettait oralement, dans le secret des loges, en utilisant largement les symboles.

Lorsque l’âge des cathédrales déclina, on cessa d’utiliser les maillets et les ciseaux pour construire. Vint alors, l’ère des outils symboliques pour tailler les esprits et bâtir les cathédrales spirituelles : les temples intérieurs. Telle fut la naissance de la franc-maçonnerie moderne dite spéculative (du latin speculare qui signifie qui observe) qui a pour objet l’étude des faits de conscience.

Il est remarquable de constater que les sociétés recrutant par cooptation et se protégeant par des secrets fonctionnent sur un modèle standard. Ce type de sociétés date de l’aube de la civilisation. Elles s’imposent pour mission essentielle d’être gardiennes d’une forme élaborée de la vérité qui serait inassimilable voire dangereuse pour le tout-venant et d’initier leurs membres par transmission directe, les chaînons se prolongeant d’un côté vers le lointain passé et l’autre vers l’avenir selon ce que les hermétistes appelaient la chaîne d’or d’Homère. A l’origine de chaque société, est une proclamation du ou des fondateurs qui, en quelque sorte, s’auto-initient. Le fait de résister à l’usure du temps et de perdurer sanctifie toute institution qui tend à faire reculer le plus loin possible son origine en perdant celle-ci dans le passé le plus lointain. Ce qui en augmente considérablement le mystère.

L’initiation en général et maçonnique en particulier se confère par des rituels obéissant à la thématique suivante, commune à toutes les sociétés qui fonctionnent par cooptation et initiation :

1. choix et consécration d’un lieu sacré, templum, temporaire ou définitif ;

2. éloignement des profanes, ou de ceux qui n’ont pas atteint le degré où s’ouvre la cérémonie ;

3. ouverture des travaux par un personnage qualifié qui consacre l’espace et le temps ;

4. introduction, mort et résurrection symbolique du candidat ;

5. épreuves sous formes de voyages et purification, le plus souvent, par les quatre éléments alchimiques, terre, feu, air et eau ;

6. psychodrame évoquant la vie d’un personnage archétypique, à l’origine de la société ;

7. prestation par le néophyte d’un serment solennel qui le lie ad vitam à l’association et à ses frères ;

8. marques d’une personnalité nouvelle, nom mystique, âge symbolique ; vêture particulière, tablier du franc-maçon, épée et éperon du chevalier, canne du compagnon ;

9. transmission des moyens de reconnaissance, signes, mots, gestes, attouchements, marches ;

l0. il lui est dévoilé, directement ou allusivement, les idéaux de la société ;

11. retour au monde devenu profane (du latin pro, en avant et fanum, temple), marqué par une libation, un repas cérémoniel, voire une orgie (Est-ce au programme ? Lama Denys confirme. Rires).

Ces rites de retour ne font pas perdre les qualités d’initié qui sont gardées pour l’éternité.

La rituélie met en oeuvre des symboles s’adressant aux cinq sens car seule la forme permet d’accéder à la non-forme, à l’informel. Tout ce squelette, cette carrosserie symbolique, fonctionne remarquablement. Mais tout va dépendre de ce qui l’anime et du pilote qui orientera vers le bien ou le mal, le noir ou le blanc, le bien des êtres ou leur asservissement. Les forces de la contre-initiation dont parle René Guénon sont aussi à l’oeuvre. Très proches de nous, les nazis ont largement utilisé ces procédés jusqu’à l’emploi de la croix gammée, notamment. Donc, il faut se méfier.

Qu’est-ce donc qui anime l’ordre maçonnique ? Quels sont les buts qu’il se propose d’atteindre ? Quels moyens met-i1 à disposition ? En entrant en franc-maçonnerie, il n’y a pas à adhérer à un programme prédéfini, à croire les enseignements d’un fondateur éclairé. On devient franc-maçon petit à petit, au fil du temps, par imprégnation, par osmose. Par le travail en loge. C’est en maçonnant que l’on devient franc-maçon. Pour gravir les échelons, il est une sorte une vérification

des connaissances.

Ce qui sous-tend le tout, c’est une foi, une foi dans le sens de confiance, une foi inaltérable dans l’individu et sa perfectibilité incessante. Le franc-maçon, femme ou homme, se veut libre autant que faire ce peut et désir améliorer, élever les hommes, ses frères, et améliorer la société humaine en la rendant fraternelle.

La micro-société de la loge doit servir de modèle, de maquette à la société en générale. Ce qui se traduit « par répandre en dehors du temple les vérités qu’il y aura acquises ». C’est par le dialogue, la non-violence, en ayant laissé les certitudes politiques religieuses ou autres, dans un esprit d’ouverture et de tolérance, que le franc-maçon souhaite contribuer à l’apaisement des conflits jusqu’à ce qu’enfin la lumière chasse les ténèbres et que l’ordre se substitue au chaos.

Comment procéder pour que des hommes et des femmes venant d’horizons très différents finissent par se reconnaître comme frères et soeurs, par développer une réelle fraternité où le sens de l’entraide naîtra spontanément ?

C’est toujours et uniquement par la pratique, la pratique du travail en loge, dans un cadre rituel, avec l’aide de symboles, que l’on finit par se sentir franc-maçon et que l’on est reconnu comme tel par la communauté fraternelle.

Juste avant de procéder à l’initiation du profane, celui-ci descend dans une cave éclairée d’une bougie, rappel de la graine que l’on enfouit en terre et qui doit mourir pour devenir épi. Au mur, une inscription reprenant les premières lettres d’une formule alchimique V.I.T.R.I.O.L., signifiant : « visite l’intérieur de la terre et tu y trouveras la pierre cachée ».

C’est donc, avant même le départ, une invitation pressante à cultiver le regard intérieur, à se connaître soi-même. C’est une invitation au « connais-toi toi-même », au « gnôthi seauton » maxime écrite au fronton du temple de Delphes et adoptée par Socrate. N’est-ce pas là une injonction à la méditation, à calmer et à voir le fond de l’esprit ? Cette recommandation n’est, hélas, complétée par aucune instruction technique sur le comment faire, ni par aucune disposition pour en réaliser le suivi.

C’est là le point fondamental qui, à mon sens manque, et où l’enseignement du Bouddha peut apporte une aide inestimable.

Néanmoins au fil des ans, en loge, par la pratique de l’écoute fraternelle et compatissante, le franc-maçon viendra à penser par lui-même, à construire ses propres vérités, à être son propre flambeau.

Cette qualité de pensée libre lui attirera les foudres de tous les totalitarismes, politiques et autres, de tout dogmatisme sans exception. S’il est difficile de cerner avec précision les contenus de l’esprit maçonnique, il est en revanche facile d’en définir les adversaires. Ce sont les mêmes qui ont détruit les universités bouddhistes en Inde, qui ont incendié la bibliothèque d’Alexandrie, les synagogues, allumé les bûchers de l’Inquisition, exterminé les cathares et, en islam, exterminés les babis, édifié les camps de la mort etc., le catalogue serait sans fin.

Les trois mauvais compagnons : l’ignorance, le fanatisme et le mensonge, rôdent toujours. Ils sont actifs et réveillent sans cesse les forces obscures tapies au fond de nos esprits.

A la veille du XXIe siècle, dans deux ans, les forces de lumière et de tolérance doivent contribuer à prendre conscience, à faire prendre conscience à l’humanité, que seule la paix intérieure permettra de réaliser la paix extérieure.

J’ai un peu étudié l’enseignement du Bouddha. Deux points, en tant que franc-maçon, m’ont interpellé. Le premier est : « Ne croyez pas ce que je dis, mais en pratiquant mon enseignement, voyez et observez les résultats. Le second est : « Ne jetez pas le trouble dans les croyances d’autrui, toutes les spiritualités sont respectables. »

En conclusion, qui mieux que la poésie pourrait tenter de cerner la subtilité, le parfum, l’essence de l’esprit maçonnique. Voici quelques extraits d’un poème écrit en 1896 par le frère Rudyard Kipling de retour en Angleterre après un séjour en Inde.

Il s’intitule La Loge mère.

« II y avait Rundle, le chef de station,

Beazeley, des voies et travaux,

Ackmam, de l’intendance,

Dankin, de la prison,

Et Blacke, le sergent instructeur,

Qui fut deux fois notre Vénérable,

Et aussi le vieux Franjee Eduljee

Qui tenait le magasin « Aux denrées européennes ».

Dehors, on se disait : « Sergent, monsieur, salut, salam. »

Dedans c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.

Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.

Moi, j’étais second diacre dans ma loge-mère, là-bas.

Comme nous nous en revenions à cheval,

Mahomet, Dieu et Shiva

Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.

Combien je voudrais les revoir tous

Ceux de ma loge-mère, là-bas !

Dehors, on se disait : « Sergent, monsieur, salut, salam. »

Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi.

Comme je voudrais les revoir,

Mes frères noirs et bruns,

Et me retrouver parfait maçon,

Une fois encore, dans ma loge d’autrefois. »

Que l’esprit de tolérance, d’amour et de fraternité éclaire et dirige les travaux de ce deuxième colloque franc—maçonnerie et bouddhisme.

J’ai dit.

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Questions-réponses

Le fondement du bouddhisme est la compassion. Je crois que l’on pourrait dire que la fraternité est le fondement de la franc-maçonnerie. Pourriez-vous développer les similitudes et les différences entre fraternité et compassion ?

Lama Denys. Je vais essayer très brièvement de définir la compassion qui est, dans son ouverture, un moment d’accueil, de réceptivité, de partage. Compatir est partager. Il y a dans la compassion une empathie, une communion entre l’amant et l’aimé, le compatissant et son sujet. Réceptivité aussi dans la compassion où il y a cette sensibilité qui est le fait d’être disponible, sans retenue, sans blocage, dans la situation telle qu’elle est. C’est cette sensibilité qui permet, dans l’harmonie, que la réponse juste, non violente et adaptée – la réponse bonne de toute bonté – agisse. La compassion entendue dans ce sens peut aussi être synonyme d’amour. Mais ce terme, très connoté, prête à confusion.

Compassion et vacuité ont le même dénominateur commun. Tout à l’heure, en quelques mots, j’ai suggéré que la vacuité soit comprise comme l’intelligence dans l’interdépendance, dans une attitude de non-ego, dans une attitude non égocentrée, non égoïste.

L’interdépendance est au plan humain, relationnel, social, économique, cette capacité à interagir, à interdépendre les uns des autres d’une façon non égocentrée, non égoïste. Il y a, dans l’interdépendance et la compassion, la notion de solidarité. Nous sommes solidaires : ne fais pas à

l’autre ce que l’on ne voudrait pas que l’on te fit. J’essaye juste de suggérer la continuité qu’il y a entre interdépendance, compassion, non-violence et solidarité. Je crois que, de la solidarité à la fraternité, la transition est assez évidente.

Jean-Pierre Schnetzler. Fraternité et compassion sont certainement des vertus essentielles aussi bien en franc-maçonnerie qu’en bouddhisme. Mais, comme vient de le suggérer Lama Denys, eIles sont complétées par d’autres vertus. En franc-maçonnerie, on se réfère souvent au ternaire : sagesse, force et beauté. Dans le bouddhisme, la sagesse et la compassion sont dites devoir être cultivées de façon égale. Il y a donc là deux principes complémentaires. Il est très intéressant de noter que trois bodhisattvas sont fréquemment invoqués dans le bouddhisme tantrique : Manjoushri, Vajrasattva, Avalokitechvara, la sagesse, la force et la bonté ou la beauté. On retrouve donc un ternaire équivalent dans les deux cas. Relevons enfin un dernier parallèle symbolique. Dans le bouddhisme, la compassion suppose un sens très aigu de notre appartenance à la totalité de l’univers. Or, les dimensions du temple maçonnique vont du nadir au zénith, du septentrion au midi, de l’orient à l’occident.

On devient maçon en maçonnant, que devient le maître sans tablier ?

Alain Lorand. Il y a des gens qui ont toutes les qualités d’un franc-maçon, mais les circonstances de la vie ont fait qu’ils ne se sont pas fait initier, qu’ils n’en ont pas eu l’occasion ni le désir, peut-être. Cela n’enlève rien à leurs qualités. Le travail en loge permet une facilité. Par la fraternité, par le groupe et par l’étude des symboles, on avance davantage. Il y a des profanes tout à fait honorables qui sont des maçons sans tablier. D’ailleurs, on les cite souvent.

Les participants sont présentés comme francs-maçons et bouddhistes, ou inversement. Est-ce l’ancienneté dans l’une ou l’autre tradition, et si oui, qu’est-ce qui a mené le bouddhiste vers la franc-maçonnerie ?

On a été ainsi présenté effectivement. En ce qui me concerne, j’ai été présenté comme bouddhiste et franc-maçon. Or, il se trouve que je suis devenu simultanément l’un et l’autre. Le frère qui m’a enquêté m’a parlé du bouddhisme et c’est pratiquement en même temps que je suis devenu l’un et l’autre.

Alors, me direz-vous, pourquoi me présenté-je comme bouddhiste et comme franc-maçon ? Ce n’est pas une question de hiérarchie. Je pense simplement que, dans l’ordre du transcendantal, je mettrais le bouddhisme avant la franc-maçonnerie.

Si je devais abandonner l’un ou l’autre, j’abandonnerais peut-être la maçonnerie. Voilà pourquoi je me présente d’abord comme bouddhiste. Il est évident aussi que, dans certains cas et je crois que c’est le cas de certains des intervenants, il s’agit simplement d’une question chronologique.

Jean-Pierre Pilorge. Je voudrais enchaîner sur cette présentation que vous vous proposez de faire de nous-mêmes. Il faut toujours connaître l’heure qu’il est à la montre de l’autre. C’est ce que l’un de mes amis et directeur spirituel m’a enseigné aux cours des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.

Moi, qui suis désigné sous la terminologie de franc-maçon et de chrétien, je suis né catholique romain. J’ai été dans le mouvement scout et dans toutes les formes de responsabilité de ce mouvement à vocation catholique. Puis, je me suis éloigné du catholicisme au début de ma vie d’homme.

En grande recherche, j’ai eu un certain nombre de pratiques dans des domaines orientaux, soit zen, soit soufi, ou encore dans les lettres hébraïques, avant d’entrer en franc-maçonnerie. Au bout de quelques années de pratique maçonnique, j’ai été renvoyé par la maçonnerie comme à travers la vision d’un miroir à ma religion d’origine qui était le catholicisme romain. Je suis redevenu pratiquant depuis une quinzaine d’année dans la religion catholique romaine en essayant, sans jamais faire de confusion, aucun amalgame, de rechercher dans ma pratique religieuse, catholique romaine, s’il y avait une voie initiatique parallèle aux exigences que je trouvais en franc-maçonnerie. J’ai trouvé, par maçonne interposée, les exercices spirituels de St Ignace de Loyola que j’ai pratiqués de nombreuses fois. Là, je suis entré, aussi, dans une démarche catholique, chrétienne, qui a les mêmes exigences que la maçonnerie, la même universalité de vue à travers une pratique. Je dois dire que, depuis ce temps-là, j’ai trouvé parfaitement ma stabilité et mon équilibre.

Et j’insiste beaucoup, l’un enrichissant l’autre par les mêmes exigences et ne devant faire l’objet d’aucun syncrétisme, car le syncrétisme est contraire à la tradition, chacun restant dans ses différences de vocabulaire et de mise en mouvement.

Lama Denys. Je répondrai très brièvement parce que nous aurons le temps de revenir sur ces thèmes ; mais auparavant nous nous étions entendus pour que les personnes qui posent des questions se déclarent afin que nous sachions à qui nous nous adressons.

Le premier Bouddha et les autres Eveillés ont vécu une expérience verticale. Quand ils transmettent, ils sont sur l’horizontale avec leur éducation, leur environnement différents. Leurs enseignements s’en ressentent. Il y a, verticalement, l’immédiateté, qui est une expérience primordiale, fondamentale, aconceptuelle, universelle. Cette expérience a été celle de tous les bouddhas. Le Bouddha Sakyamouni est le quatrième de mille bouddhas d’un kalpa dans une perspective cyclique où les kalpas – cycles cosmiques – se succèdent.

Il n’a fait qu’ouvrir une voie ancienne, universelle, atemporelle. C’est cette expérience, dans ce qu’elle a d’universel, d’atemporel, qui, ensuite, s’inscrit horizontalement dans les différents milieux socioculturels, les différentes matrices sociolinguistiques, et qui se transmet aussi avec différents véhicules langagiers, différentes expressions, avec les spécificités et les différentes façons d’exprimer, de pointer vers cette expérience. Etant entendu, pour être bref, qu’il ne faut pas confondre le doigt et la lune, selon l’adage.

Le bouddhisme évoque et fonde son enseignement sur la non-dualité. En revanche, dans la franc-maçonnerie, nous serions dans l’univers de la multiplicité, donc de la dualité. Où se situe le point de convergence entre bouddhisme et franc-maçonnerie ? C’est une question qui est au centre de notre rencontre, et que je laisse pour plus tard, si vous le voulez bien.

Merci de préciser, au sujet de l’amour, la notion d’amour inconditionnel qui donne à l’amour une toute autre dimension. Il en est une autre que je traiterai en même temps et qui lui est apparentée : la compassion dans son rapport à la non-violence.

Bouddha ne s’est-il jamais mis en colère ? Alors compassion égale non-violence ? Oui, mais la non-violence ne signifie pas la compassion de grand-mère, molle, complaisante, qui satisfait n’importe quel caprice de façon idiote. Il est une compassion qui doit savoir trancher, dire non, qui, lorsqu’une tumeur est maligne, doit savoir en faire l’ablation. En certaines circonstances, le Bouddha savait trancher et c’est là un acte de compassion.

Amour et compassion peuvent être relationnels et immédiats : un relationnel inconditionnel. L’amour et la compassion commencent dans la relation, dans la participation que nous évoquons et ils trouvent leur forme la plus profonde dans ce que l’on pourrait nommer une communion en laquelle l’amant et l’aimé, le sujet et l’objet, ne se vivent plus comme deux séparés. C’est ce que l’on nomme traditionnellement amour-compassion non dualiste, inconditionnel, qui est sans pourquoi.

Y a-t-il plusieurs degrés de lucidité ou un seul ?

Lama Denys. Il y a beaucoup de degrés de lucidité, de vigilance ou de clarté. Toute la pratique de la méditation est une voie d’entrée dans la lumière. On entend ici par lumière aussi bien la clarté que la lucidité. Il y a une toute petite lucidité qui est au départ de la vigilance attentive, une lucidité qui s’éclaire et qui devient de plus en plus claire jusqu’à la lucidité éveillée, la lucidité d’un Bouddha qui est l’intelligence qui se comprend en elle-même ou la lucidité qui se vit en soi dans l’expérience immédiate non dualiste. Il y a une infinité de degrés de lucidité.

Octobre 1997

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Lama Denys

Institut Karma Ling
Hameau de St Hugon
F-73110 ARVILLARD
TEL. : 04.79.25.78.00 – FAX : 04.79.25.78.08

http://www.karmaling.org/

Extrait de : http://www.buddhaline.net

Jean, chapitre 1 6 mai, 2008

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Jean, chapitre 1

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Jn 1:1- Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.
Jn 1:2- Il était au commencement avec Dieu.
Jn 1:3- Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut.
Jn 1:4- Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
Jn 1:5- et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.
Jn 1:6- Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean.
Jn 1:7- Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
Jn 1:8- Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
Jn 1:9- Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde.
Jn 1:10- Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu.
Jn 1:11- Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.
Jn 1:12- Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
Jn 1:13- lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.
Jn 1:14- Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jn 1:15- Jean lui rend témoignage et il clame :  » C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.  »
Jn 1:16- Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce.
Jn 1:17- Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Jn 1:18- Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître. Le témoignage de Jean.
Jn 1:19- Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander :  » Qui es-tu ?  »
Jn 1:20- Il confessa, il ne nia pas, il confessa :  » Je ne suis pas le Christ.  » –
Jn 1:21-  » Qu’es-tu donc ? lui demandèrent-ils. Es-tu Élie ?  » Il dit :  » Je ne le suis pas.  » –  » Es-tu le prophète ?  » Il répondit :  » Non.  »
Jn 1:22- Ils lui dirent alors :  » Qui es-tu, que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ?  » –
Jn 1:23- Il déclara :  » Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit Isaïe, le prophète.  »
Jn 1:24- On avait envoyé des Pharisiens.
Jn 1:25- Ils lui demandèrent :  » Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète ?  »
Jn 1:26- Jean leur répondit :  » Moi, je baptise dans l’eau. Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas,
Jn 1:27- celui qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale.  »
Jn 1:28- Cela se passait à Béthanie au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.
Jn 1:29- Le lendemain, il voit Jésus venir vers lui et il dit :  » Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.
Jn 1:30- C’est de lui que j’ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu’avant moi il était.
Jn 1:31- Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c’est pour qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l’eau.  »
Jn 1:32- Et Jean rendit témoignage en disant :  » J’ai vu l’Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui.
Jn 1:33- Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-là m’avait dit : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint.  »
Jn 1:34- Et moi, j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu.  »
Jn 1:35- Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples.
Jn 1:36- Regardant Jésus qui passait, il dit :  » Voici l’agneau de Dieu.  »
Jn 1:37- Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus.
Jn 1:38- Jésus se retourna et, voyant qu’ils le suivaient, leur dit :  » Que cherchez-vous ?  » Ils lui dirent :  » Rabbi – ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ?  »
Jn 1:39- Il leur dit :  » Venez et voyez.  » Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui de jour-là. C’était environ la dixième heure.
Jn 1:40- André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus.
Jn 1:41- Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit :  » Nous avons trouvé le Messie  » – ce qui veut dire Christ.
Jn 1:42- Il l’amena à Jésus. Jésus le regarda et dit :  » Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Céphas  » – ce qui veut dire Pierre.
Jn 1:43- Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée ; il rencontre Philippe et lui dit :  » Suis-moi !  »
Jn 1:44- Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre.
Jn 1:45- Philippe rencontre Nathanaèl et lui dit :  » Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.  »
Jn 1:46- Nathanaèl lui dit :  » De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?  » Philippe lui dit :  » Viens et vois.  »
Jn 1:47- Jésus vit Nathanaèl venir vers lui et il dit de lui :  » Voici vraiment un Israélite sans détour.  »
Jn 1:48- Nathanaèl lui dit :  » D’où me connais-tu ?  » Jésus lui répondit :  » Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu.  »
Jn 1:49- Nathanaèl reprit :  » Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.  »
Jn 1:50- Jésus lui répondit :  » Parce que je t’ai dit : « Je t’ai vu sous le figuier », tu crois ! Tu verras mieux encore.  »
Jn 1:51- Et il lui dit :  » En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. « 

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La Bible de Jérusalem

 

esquisse colorée

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Symbolisme de la couleur

 

Le symbolisme de la couleur peut être abordé à partir de plusieurs points de vue.

Ce qui est avancé ici pour la couleur pourrait d’ailleurs être appliqué, aux sons, aux formes et d’une manière générale à toute activité sensorielle.

La couleur est en premier lieu une vibration d’une certaine longueur d’onde, c’est une modulation de la lumière solaire. Cette lumière peut être décomposée au moyen de prismes en un spectre coloré traditionnellement composé de 7 bandes (Rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet) mais qui de fait comporte une infinité de nuances dont 300 environs sont différentiables par un œil humain déjà exercé.

Seule une partie du spectre lumineux est perceptible pour l’homme. Les infra-rouges ou ultra-violets par exemple sont totalement en dehors de notre champ de perception sauf à utiliser quelque artifice.

Dans le domaine physique, les radiations lumineuses en bas du spectre (infra-rouge) ont des effets calorifiques, celles qui s’étendent en haut du spectre (ultra-violet) ont des effets chimiques et électriques, la plus grande luminosité se trouve au centre du spectre (jaune).

En étudiant le spectre coloré, on constate une certaine complémentarité des couleurs. Le mélange des couleurs donne le blanc. Si on retire du blanc une couleur (par exemple le rouge) la résultante sera la couleur complémentaire (dans notre exemple le vert). C’est ce contraste , cette complémentarité des couleurs qui crée en fait la couleur physique des objets. Ainsi un objet rouge est vu de cette couleur parce qu’il absorbe toutes les couleurs sauf le rouge qu’il réfléchit. Et si on éclaire un objet qui paraissait rouge avec une lumière verte, cet objet deviendra noir. La complémentarité des couleurs illustre également une des lois du vivant, celle de l’équilibre entre forces opposées ou polarisation. Les trois couleurs fondamentales sont le rouge, le jaune et le bleu.

Si on aborde le point de vue perceptif, les choses sont un peu différentes. Nous abordons là les limites des capacités humaines et ses conditionnements. En quelques mots, la perception que nous avons des couleurs ne correspond pas toujours à leur réalité physique. Nous avons vu que seule une partie du spectre lumineux nous est accessible, de plus certaines combinaisons de couleur interfèrent dans leur perception. Sans vouloir entrer dans le détail, la façon dont nous percevons une couleur dépend de son environnement. Ainsi, du blanc entouré de rouge vif paraîtra légèrement verdâtre. De même le « présence » des couleurs est très différente selon la partie du spectre concernée. Le jaune par exemple est beaucoup plus « présent » que le bleu et si nous voulons composer un « graphisme » équilibré, composé de bleu et de jaune, il faudra beaucoup de bleu et peu de jaune. Certains artistes comme Item ( l’art de la couleur) ont beaucoup travaillé sur les couleurs, leurs résonances et leur « présence » et en ont tiré des conclusions intéressantes. L’aspect perceptif ne se limite pas là, il existe également un aspect culturel à la perception des couleurs. Cet aspect culturel est à rapprocher d’une certaine « culture du regard ». On peut l’illustrer de cette façon. Les anciens Grecs avaient semble t’il des difficultés à distinguer nettement certaines nuances vertes du bleu, et leur donnaient un nom générique. Ceci nous amène à nous interroger sur la relation qui existe entre perception et langage. Une autre façon d’illustrer ce dernier point est de constater la différence de perception qui peut exister celle « d’un oeil exercé »(celui d’un peintre par exemple) et celle de l’homme « moyen ».

Là ou l’un perçoit des centaines de nuances, l’autre en percevra au plus quelques dizaines. Il en serait de même si l’on comparait la perception d’un adulte et celle d’un enfant. Notre perception des couleurs est donc très liée avec notre éducation et peut faire l’objet d’un apprentissage.

L’aspect esthétique de la couleur découle de ce dernier point. Cet aspect est présent dés lors que nous nous trouvons confrontés avec une œuvre d’art ou de façon plus générale avec un spectacle coloré (coucher de soleil par exemple). Le caractère esthétique est issu de la résonance ( émotionnelle, intellectuelle, harmonique…) qu’il induit en nous. Les lois de l’harmonie ont été décrites par les artistes, elles sont relatives à nos modes de perception. Liées à la vibration physique des couleurs, elles dépendent également de notre culture, de notre langue et de notre structure mentale. On a pu interpréter ces « lois de l’harmonie » en fonction du modèle mathématique (proportions, formes, valeurs…), qui n’est somme toute qu’un modèle parmi d’autres.

De l’aspect esthétique, ou le précédant, découle l’aspect émotionnel des couleurs. Les couleurs nous parlent, nous excitent, nous attirent, nous repoussent, nous dépriment. Nous restons là encore dans un domaine très proche du domaine culturel. Le domaine symbolique, spirituel ou magique est le dernier aspect que nous traiterons ici.

La symbolique des couleurs dépend de tous ces aspects que nous venons d’évoquer, mais aussi des correspondances analogiques que peuvent avoir les couleurs selon les systèmes étudiés.

D’un point de vue « naturaliste » les couleurs représentent les modalités de manifestation de l’énergie vitale. Le vert est lié à la végétation, à la Terre , à la Manifestation. Le rouge est lié au sang, à la vie animale qui s’ouvre vers le haut. Le Noir est la couleur de la mort, de la nuit, de la décomposition alors que le blanc est celle de la Lumière.

esquisse colorée dans Recherches & Reflexions couleur

Selon d’autres grilles, les 7 couleurs fondamentales correspondent aux 7 planètes, aux 7 notes de musique , aux 7 chakras… Chaque système est donc porteur de ses propres références. Comme dans tout système symbolique, les correspondances établies ne sont réellement valide que pour le système concerné. Ce qu’il importe de préserver, c’est la cohérence interne des symboles entre eux et non pas le sens absolu de ceux ci.

Nous donnons ci après un tableau de correspondances traditionnelles qui devra être lu en fonction de ce que nous venons de dire plus haut.

Noir : Les ténèbres, le mal, la mort, la matière première, la gestation , le non-être, l’inconscient, la Terre du tombeau, le temps, Saturne, le « sable » du blason.

Vert : La végétation, la création, le cuivre, Vénus, la fonction végétative, la Terre fertile, la régénération, le « sinople » du blason, le vert est le complément du rouge avec lequel il possède quelques affinités occultes.

Jaune: Le jaune est la Lumière, l’Or, mais aussi l’orgueil et la Chute. C’est une couleur solaire, active en concordance avec le Verbe. C’est l’initiation, en Qabal le jaune est la couleur de l’Air.

Rouge: C’est la couleur du sang et du Feu. Celle de la vie animale, active qui possède à la fois un aspect dynamique et destructeur. C’est l’évolution mais aussi l’aspect guerrier de Mars. Le rouge est la couleur de la Pierre aboutie. En blason le rouge est nommé « gueule » qui traduit à la fois le coté animal, l’élan vital et le coté destructeur de la couleur.

Bleu: c’est la couleur de l’Eau en Qabal, celle de Jupiter mais aussi du ciel azuré. Couleur froide le bleu est aussi féminin. C’est la couleur mariale. Le bleu est une couleur apaisante qui « dématérialise » les choses.

Blanc : couleur absolue, à la fois le Tout et l’Un. Astrologiquement c’est la couleur de la Lune et de l’Argent. le blanc est la pureté froide, le reflet de l’Absolu dans la matière. C’est la blancheur des spectres, celle des os, qui comme le noir est symbole de mort, initiatiquement ce serait une mort dont on se relève. Le blanc est pureté, innocence c’est la couleur de la révélation.

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