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Franc-Maçonnerie Féminine 18 juillet, 2008

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Franc-Maçonnerie Féminine

 

 

 

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Sur la déesse Isis 17 juillet, 2008

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Sur la déesse Isis

 

Extraits d’un texte de Gobinau de Montluisant intitulé : Les Statues d’Isis

Isis et Osiris représentent la nature et la chaleur du feu solaire, humide radical et chaleur naturelle.

Les statues d’Isis portent les symboles de la Lune et du Ciel Astral.

Tantôt vêtue de noir pour marquer la voie de la corruption et de la mort, commencement de toute génération naturelle, comme elles en font le terme et la fin où tendent toutes créatures vivantes dans la roue de la Nature.
Noir = Lune= Mercure philosophique :
ces termes reçoivent la lumière d’autrui : du Soleil et de son esprit vivifiant.

Sur la tête, elle portait un chapeau de cyprès sauvage (d’auronne ) pour désigner le deuil de la mort physique d’où elle sortait et d’où elle faisait sortir tous les êtres mortels, pour revenir à la vie naturelle et nouvelle, par le changement de forme, et les gradations à la perfection des composés naturels.

Son front était orné d’une couronne d’or, ou guirlande d’olivier, comme marques insignes de sa souveraineté, en qualité de Reine du grand monde, et de tous les petits mondes, pour signifier l’onctuosité aurifique ou fulgureuse du feu solaire et vital qu’elle portait et répandait dans tous les individus par une circulation universelle ; et en même temps pour montrer qu’elle avait la vertu de pacifier les qualités contraires des éléments qui faisaient leurs constitutions et leurs tempéraments, en leur rendant et entretenant ainsi la santé.
La figure d’un serpent entrelacé dans cette couronne, et dévorant sa queue, lui environnant la tête, pour noter que cette oléaginosité n’était point sans venir de la corruption terrestre, qui l’enveloppait et entourait orbiculairement, et qui devait être mortifiée et purifiée par les Sept circulations planétaires, ou aigles volantes, pour la santé des corps.
De cette couronne sortaient trois cornes d’abondances pour annoncer la fécondité de tous les biens, sortant de trois principes antés sur son chef, comme procédant d’une seule et même racine qui n’avait que les cieux pour origines.

Isis rassemble les vertus vitales des trois règnes et familles de la Nature sublunaire ; elle est notre mère originelle, l’Artiste et le sujet essentiel.

A son oreille droite l’on remarquait l’image du croissant de Lune et à sa gauche la figure du Soleil pour enseigner qu’ils étaient le père et la mère, les Seigneur et Dame de tous les êtres naturels, et qu’elle avait en elle ces deux flambeaux ou luminaires, pour communiquer leurs vertus, donner la lumière et l’intelligence au monde, et commander à tout l’empire des animaux, végétaux et minéraux : sur le haut du col de sa veste étaient marqués les caractères des planètes et les signes du Zodiaque qui les assistaient en leurs offices et fonctions, pour faire connaître qu’elle les portait et distribuait aux principes et semences des choses, comme étant leurs influences et propriétés, comme étant les gouverneurs de tous les corps de l’univers, desquels corps elle faisait ainsi des petits mondes.

Cette déesse portait un petit Navire ayant pour mât un fuseau, et duquel sortait une équerre dont l’angle figurait un serpent enflé de venin ; pour faire comprendre qu’elle conduisait la barque de la vie sur Saturnie, c’est-à-dire sur la Mer orageuse du temps ; qu’elle filait les jours, et en ourdissait la trame : elle démontrait encore par là qu’elle abondait en humide sortant du sein des eaux, pour allaiter, nourrir et tempérer les corps, même pour les préserver et garantir de la trop grande adustion du feu solaire, en leur versant copieusement de son giron l’humidité nourricière qui est la cause de la végétation, et à laquelle adhérait toujours quelque venin de la corruption terrestre, que le feu de nature devait encore mortifier, cuire, diriger, astraliser et perfectionner, pour servir de remède universel à toutes maladies, et renouveler les corps ; d’autant que le Serpent se dépouillant de sa vieille peau, se renouvelle, et est le signe de la guérison et de la santé : ce qu’il ne fait pas au Printemps, au retour de l’esprit vivifiant du Soleil, qu’après avoir passé par la mortification et la corruption hivernale de la nature : cette statue avait en la main gauche une cymbale, et une branche d’auronne, pour marquer l’harmonie qu’elle entretenait ainsi dans le monde, et en ses générations et régénérations , par la voie de la mort et des corruptions, qui faisaient la vie d’autres êtres sous diverses formes, par une vicissitude perpétuelle : cette cymbale était à quatre faces pour signifier que toutes choses, ainsi que le Mercure philosophique, changent et se transmuent selon le mouvement harmonieux des quatre éléments, causé par la motion et l’opération perpétuelle de l’esprit fermentateur qui les convertit l’un et l’autre jusqu’à ce qu’ils aient acquis la perfection.

La ceinture qui entourait le corps était attachée par quatre agrafes en forme de quadrangle pour faire voir qu’Isis ou la Nature, ou bien encore la matière première, était la quintessence des quatre éléments qui se croisaient par leurs contraires en formant les corps ; qu’ainsi la chose signifiée et entendue était une, et tout, c’est-à-dire un abrégé du grand monde, que l’on appelle petit monde : un très grand nombre d’étoiles était parsemé en cette ceinture pour dire que ces flambeaux de la nuit l’environnaient pour éclairer au défaut de la lumière du jour, et que ces Éléments n’étaient point leurs luminaires non plus que les corps élémentés, qui tous les tenaient d’elles.

Sous ses pieds, l’on voyait une multitude de serpents et d’autres bêtes venimeuses qu’elle terrassait, pour indiquer que la Nature avait la vertu de vaincre et surmonter les esprits impurs de la malignité terrestre et corruptrice, d’exterminer leurs forces, et évacuer jusqu’au fond de l’abîme leurs scories et terre damnée ; ce qui exprimait par conséquent que sa même vertu en cela était de faire du bien, et d’écarter le mal, de guérir les maladies, rendre la vie, et préserver d’infirmités mortifères ; enfin d’entretenir les corps en vigueur et bon état, et d’éviter l’écueil et la ruine de la mort, en revoyant les impuretés des qualités grossièrement élémentés et corruptibles, ou corrompues, dans les bas lieux de leur sphère pour les empêcher de nuire aux êtres qu’elle conservait sur la surface de la Terre.
En ce sens est bien vérité l’Axiome des Sages : “nature contient nature ; nature s’éjouit en nature ; nature surmonte nature ; nulle nature n’est amendée, sinon en sa propre nature” : c’est pourquoi en envisageant la Statue, il ne faut pas perdre de vue le sens caché de l’allégorie qu’elle présentait à l’esprit pour pouvoir être comprise ; car sans cela elle était un Sphinx dont l’énigme était inexplicable, et un noeud-gordien impossible à résoudre.

L’on observait encore un petit cordon descendant du bras gauche de la Statue, auquel était attachée et suspendue jusqu’à l’endroit du pied du même côté une boite oblongue, ayant son couvercle, et entrouverte, de laquelle sortaient des langues de feu représentées : Isis porte le feu sacré et inextinguible, le vrai feu de nature, éthéré, essentiel, et de vie, ou l’huile incombustible si vantée par les Sages ; c’est-à-dire, selon eux le Nectar, ou l’Ambroisie céleste, le baume vital-radical et l’Antidote souverain de toutes infirmités naturelles.

Du bras droit d’Isis descendait aussi le cordonnet de fil d’or d’une balance marquée pour symbole de la justice que la Nature observait, et pour symbole des poids, nombre, et mesure qu’elle mettait en tout ; on voyait dans la balance un anneau conjugal destiné à elle.

Isis avait la figure humaine, la forme du corps et les traits d’une femme en embonpoint et d’une bonne nourrice ; comme si l’on eût voulu manifester qu’elle était corporifiée personnellement en cette nature, et famille privilégiée des trois règnes, en faveur de laquelle elle disposait le plus abondamment de toutes les grandes propriétés, fécondes et souveraines pour l’allaiter, nourrir et entretenir.

Souvent Isis était accompagné d’un grand boeuf noir et blanc, pour marquer le travail assidu avec lequel son culte philosophique doit être observé et suivi dans l’opération du noir et blanc parfait qui en est engendré pour la Médecine universelle hermétique.

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Harpocratès à Isis :

“ Les choses de la religion doivent demeurer cachées sous les mystères sacrés ; en sorte qu’elles ne soient entendues par le commun Peuple, non plus que furent entendues les énigmes du Sphinx. “

Apulée :

Isis :
“ Ma religion commencera demain, pour durer éternellement.”
“ Lorsque les tempêtes de l’Hivers seront apaisées, que la Mer émue, troublée et tempétueuse sera faite calme, paisible et navigable, mes Prêtres m’offriront une nacelle, en démonstration de mon passage par Mer en Égypte, sous la conduite de Mercure, commandé par Jupiter.”

Ceci est la clef du grand secret philosophique pour l’extraction de la matière des sages, et l’oeuf dans lequel ils la doivent enclore et oeuvrer en l’Athanor à tour, en commençant le Régime de la Saturnie Égyptienne, qui est la corruption de bon augure, pour la génération de l’Enfant royal philosophique, qui en doit naître à la fin des siècles ou circulations requises. Peu de personnes en feront la découverte parce que les gens du monde sont trop présomptueux de leur ignorance. Ces quelques personnes croient en la science, pour se dépouiller de leurs vains préjugés, et s’attacher à scruter la science véritable de la Nature universelle.

N.B : Ce texte est tiré de l’Anthologie du XVII° ème de Salmon.
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d’après L’Âne d’or ou les Métamorphoses d’Apulée
Description de la déesse Isis
D’abord elle avait une épaisse chevelure, dont les anneaux légèrement bouclés et dispersés çà et là sur son cou divin, s’y répandaient avec un mol abandon. Une couronne formée de diverses fleurs rattachait sa chevelure au sommet de sa tête. Elle avait au-dessus du front un cercle lumineux en forme de miroir, lequel jetait une lumière blanche et indiquait que c’était la Lune. A droite et à gauche, sa chevelure était retenue, en guise de bandeau, par des vipères qui se redressaient et par des épis de blé qui revenaient se balancer au dessus de son front. Sa robe, faite d’un lin de la dernière finesse, était de couleur changeante, et se nuançait tour à tour de l’éclat de l’albâtre, de l’or, du safran, de l’incarnat de la rose. Mais ce qui était frappait le plus vivement mes regards, c’était un manteau si parfaitement noir, qu’il en était éblouissant, et qui, jeté sur elle, lui descendait de l’épaule droite au-dessus du côté gauche, comme eût fait un bouclier. Un des bouts pendait avec mille plis artistiquement disposés, et il se terminait par des noeuds en franges qui flottaient de la manière la plus gracieuse. Tout le bord, ainsi que le fond, étincelait d’innombrables étoiles, au centre desquelles une lune dans son plein lançait sa radieuse et vivante lumière. Ce qui n’empêchait pas que dans toute la longueur de ce manteau sans pareil régnât une guirlande de broderie représentant des fruits et des fleurs. La déesse portait plusieurs objets différents : dans sa main droite elle avait un sistre d’airain, dont la lame étroite et courbée en forme de baudrier était traversée par trois petites verges qui, agitées toutes ensemble, rendaient au mouvement de son bras un tintement aigu. De sa main gauche pendait un vase d’or en forme de gondole, lequel, à la partie la plus saillante de son anse était surmontée d’un aspic à la tête droite et au cou démesurément gonflé. Ses pieds divins étaient recouverts de sandales tissées avec les feuilles du palmier, cet arbre de la victoire.

Prière de Lucius à Isis

“ Reine du Ciel, soit qu’étant la bienfaisante Cérès, la mère et l’inventrice des moissons, qui, joyeuse d’avoir retrouvé sa fille, enseigna aux hommes à remplacer l’antique gland, cette nourriture sauvage, par de plus doux aliments, vous habitiez les campagnes d’Eleusis ; soit qu’étant la Vénus céleste, qui aux premiers jours du monde rapprocha les différents sexes par le sentiment d’un amour inné, et propagea, par une éternelle fécondité, les générations humaines, vous soyez adorée dans l’île sainte de Paphos ; soit qu’étant la divinité Phébé, qui par les secours précieux qu’elle prodigue aux femmes enceintes et à leurs fruits, a mis tant de peuples au monde, vous soyez aujourd’hui révérée dans le magnifique temple d’Ephèse ; soit qu’étant la redoutable Proserpine aux nocturnes hurlements, dont la triple forme arrête l’impétuosité des spectres, qui tient fermées les prisons de la terre, qui parcourt les divers bois sacrés, vous soyez rendue propice par des cultes variés ; ô vous ! qui de votre lumière féminine éclairez toutes murailles, de vos humides rayons nourrissez les précieuses semences, et qui, remplaçant le soleil, dispensez une inégale lumière ! sous quelque nom, sous quelque forme, avec quelque rite qu’il soit permis de vous invoquer, assistez-moi dans mon malheur extrême ; raffermissez ma fortune chancelante ; accordez-moi un moment de paix ou de trêve après de si rudes traverses. Qu’il suffise de ces travaux, qu’il suffise de ces épreuves.”

Réponse d’Isis à Lucius

“ Je viens à toi, Lucius, émue par tes prières. Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, souveraine des divinités, reine des mânes, première entre les habitants du Ciel, type commun des dieux et des déesses. C’est moi qui gouverne les voûtes lumineuses du Ciel, les souffles salutaires de l’Océan, le silence lugubres des Ombres. Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous mille formes, avec des cérémonies diverses et sous mille noms différents : les Phrygiens, premiers habitants de la terre, m’appellent Déesse de Pessinonte et Reine des Dieux. Les athéniens autochtones me nomment Minerve Cécropienne ; je suis Vénus de Paphos chez les habitants de l’île de Chypre ; Diane Dictynnne chez les Crétois habiles à lancer des flèches ; Proserpine Stygienne chez les Siciliens à l’île triangulaire ; l’antique déesse Cérès chez les habitants d’Eleusis ; Junon chez les uns ; Bellone chez les autres ; Hécate chez ceux-ci ; chez ceux-là Rhamnusie. Mais ceux qui les premiers sont éclairés des divins rayons du soleil naissant, les peuples d’Éthiopie, de l’Ariane et les Égyptiens, si admirables par leur antique sagesse, m’honorent seuls du culte qui me convient, seuls ils m’appellent par mon véritable nom : à savoir la reine Isis. Je viens, touchée de tes infortunes, je viens favorable et propice. Cesse désormais tes pleurs, fais trêve à tes lamentations, bannis ton désespoir : déjà la providence fait luire pour toi le jour du salut.”

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Le Sphinx 16 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Le Sphinx

 

Le sphinx était assis sur son roc solitaire,
Proposant une énigme à tout front prosterné,
Et si le roi futur succombait au mystère,
Le monstre disait : Meurs, tu n’as point deviné !

Oui, pour l’homme ici-bas la vie est un problème,
Que résout le travail sous la faux de la mort.
De l’avenir pour nous la source est en nous-même,
Et le sceptre du monde appartient au plus fort.

Souffrir c’est travailler, c’est accomplir sa tâche !
Malheur au paresseux qui dort sur le chemin !
La douleur, comme un chien, mord les talons du lâche
Qui d’un seul jour perdu surcharge un lendemain.

Hésiter, c’est mourir ; se tromper, c’est un crime
Prévu par la nature et d’avance expié.
L’ange mal affranchi retombe dans l’abîme,
Royaume et désespoir de Satan foudroyé !

Dieu n’a jamais pitié des clameurs ni des larmes,
Pour nous consoler tous, n’a-t-il pas l’avenir ?
C’est nous qui du malheur avons forgé les armes,
C’est nous qu’il a chargés du soin de nous punir !

Pour dominer la mort il faut vaincre la vie,
Il faut savoir mourir pour revivre immortel ;
Il faut fouler aux pieds la nature asservie
Pour changer l’homme en sage et la tombe en autel !

Du sphinx le dernier mot c’est le bûcher d’Alcide,
C’est la foudre d’Oedipe et la croix du Sauveur.
Pour tromper les efforts du serpent déicide,
Il faut au saint amour consacrer la douleur !

Le front d’homme du sphinx parle d’intelligence,
Ses mamelles d’amour, ses ongles de combats ;
Ses ailes sont la foi, le rêve et l’espérance,
Et ses flancs de taureau le travail ici-bas !

Si tu sais travailler, croire, aimer, te défendre,
Si par de vils besoins tu n’es pas enchaîné,
Si ton coeur sait vouloir et ton esprit comprendre,
Roi de Thèbes, salut ! te voilà couronné !

Eliphas Levi

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Protégé : Le chemin que l’on nomme n’est déjà plus le chemin – 18° - 15 juillet, 2008

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La méthode Assimil du langage maçonnique

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La méthode Assimil du langage maçonnique

extrait de : http://www.hiram.be (site à consulter quotidiennement …)

 

 

 

Langage profane :
Tu as raison.
Langage maçonnique :
Je partage ce point de vue.

Langage profane :
Tu as tout faux.
Langage maçonnique :
Mon raisonnement (ma perception) est différent(e).

Langage profane :
Ça ne tient pas debout.
Langage maçonnique :
Il me faut contester vigoureusement les bases de ce raisonnement.

Langage profane :
C’est complètement débile.
Langage maçonnique :
Il me semble percevoir des contradictions au niveau de la logique.

Langage profane :
Mon prédécesseur à la tribune a parlé pour ne rien dire.
Langage maçonnique :
Je suggère d’en revenir à l’objet du débat.

Langage profane :
Jamais vu un b… pareil.
Langage exagérément maçonnique :
Permettez-moi de vous féliciter pour l’organisation parfaite de ce Rituel.

Langage profane :
Petit con d’la dernière averse.
Langage maçonnique :
La juvénile ardeur manifestée par notre Frère.

Langage profane :
Vieux cons des neiges d’antan.
Langage maçonnique :
Je ne crois pas que « on a toujours fait comme ça » soit un argument définitif.

Langage profane :
Je dénonce ce scandaleux abus de pouvoir du Comité .
Langage maçonnique :
Une telle décision ne relevait pas des compétences de la COD, qui n’est qu’un pouvoir exécutif.

Langage profane :
Cette salope n’a évidemment pas pu s’empêcher de me viser personnellement.
Langage maçonnique :
Je me suis piqué à quelques échardes qu’a laissé subsister notre Très Chère Soeur en rabotant sa planche.

Langage profane :
Balaye d’abord devant ta porte !
Langage maçonnique
Notre Très Cher Frère vient de démontrer qu’il était au moins aussi adroit à lancer sa pierre dans le jardin de son voisin qu’à la tailler.

Langage profane :
Je ne vais quand même pas laisser ma femme sortir avec des mecs que je ne connais pas.
Langage maçonnique (au choix) :
- elle est à la GLF, et moi du GO
- nous sommes tous les deux au DH
- moi, je suis un régulier

Ce texte circule depuis « un certain temps » sur le web; il disparaît et resurgit. Il est dû à la plume de « jb.bienvenue » (c’est son pseudo), le webmestre des très documentés sites web chansmacLa méthode Assimil du langage maçonnique dans Chaine d'union t et musicmact dans Humour.

 

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Le meilleur Maçon

 

 

 

Cinq francs-maçons se rencontrent autour d’un verre, avant une réunion.

Un premier déclare : Je suis le meilleur maçon de l’atelier, c’est le Vénérable Maître qui me l’a dit.

Le second réplique : Peut-être, mais en ce qui me concerne, je suis le meilleur maçon de la région, c’est l’Inspecteur du GOB qui me l’a dit.

Le troisième dit à son tour : Certes, mais moi je suis le meilleur maçon du pays, c’est le Sérénissime qui me l’a assuré.

Le quatrième, tourne vers eux un regard suffisant et affirme enfin : Tout ça est bien possible, mais je suis le meilleur franc-maçon du monde et c’est le Grand Architecte De L’Univers qui me l’a révélé.

Le cinquième, sincèrement surpris, réplique alors : Moi, je t’ai dit ça ?

 

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Souvenir 14 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

BIANCO René Louis.

Né le 4 octobre 1941 à Marseille, mort le 31 juillet 2005 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; anarchiste ; enseignant, docteur en histoire.

 

René Bianco était issu d’un milieu modeste, son père, Antonin Louis fut facteur auxiliaire des postes à Auriol puis à Plan de Cuques (Bouches du Rhône). C‘est dans cette dernière localité qu’il fréquenta l’école. Il obtint une bourse qui lui permit de poursuivre ses études comme pensionnaire au lycée Saint-Charles de Marseille jusqu’au Baccalauréat de philosophie. Pour ne pas être à la charge de sa famille, il exerça divers métiers (ouvrier dans une usine de jouets, livreur, préparateur en pharmacie, etc.).Il fut recruté comme instituteur suppléant en octobre 1961. Il passa son CAP en mai 1963 et fut titularisé l’année suivante. Assez rapidement, il se vit alors chargé des classes réservées aux élèves difficiles et obtint en décembre 1967 son diplôme d’instituteur spécialisé (classes pratiques). Il devint PEGC en septembre 1975 et professeur certifié d’Histoire et Géographie (septembre 1989).

Au début des années 1960, il fréquentait rue du Terras, à Marseille, le dojo fondé par Pierre Jouventin (spécialiste des terres australes et devenu directeur de recherches au CNRS). René Bianco a été un secrétaire de la Ligue de Provence d’Aïki-do. Dans le même temps, il milite au sein du SNI dans le courant École émancipée, dont il démissionnera après les événements de 68, à la Libre Pensée et à la FA. Il soutint également, de façon très active, l’action entreprise par Louis LECOIN en faveur de l’objection de conscience et participa à un petit groupe clandestin de lutte contre l’OAS et d’aide aux insoumis. Sursitaire, il réussit à se faire réformer (octobre 1963) et resta donc à Marseille où avec une vingtaine de jeunes dont la moitié issue de familles espagnoles exilées, il fonda, en avril 1960, les Jeunes Libertaires dont il assurera l’animation pendant près de dix ans. À ce titre, il participa activement à l’organisation des Campings internationaux qui permettaient, chaque été et dans un lieu différent (en France ou à l’étranger) aux familles libertaires de diverses nationalités de se retrouver et d’échanger des idées. Ces rencontres l’entraînent à participer un moment aux activités de la F.I.j.L. (Fédération Ibérique des jeunesses Libertaires) qui s’efforçait de manifester une présence libertaire dans l’Espagne franquiste.

René Bianco fut l’un des principaux animateurs, avec André Arru (voir ce nom) du groupe Marseille-Centre. Il fut à de nombreuses reprises délégué aux congrès de la FA à laquelle le groupe adhérait. En 1965 et 1966, il fut président de séance. C’est à cette période qu’il fonda, avec son ami Roland Lewin du groupe de Grenoble (voir ce nom) la Commission d’Histoire et d’édition de la FA. En décembre 1965) il se marie avec Lilyane Naviuat, sa compagne depuis déjà plusieurs années. Ils eurent une fille, Karine, née en juillet 1967.

En 1967, il fonda à Marseille en 1967, les éditions Culture et liberté. Par ailleurs, il participa à la création de plusieurs associations culturelles (théâtre, poésie etc…).

En juin 1968, il organisa, avec le groupe de Marseille, le congrès de la FA qui le désigna comme responsable de la rédaction et de l’administration du Bulletin intérieur de la Fédération, poste où il succèdait à Aristide LAPEYRE et qu’il occupa jusqu’au printemps 1970. Cette même année lors du congrès extraordinaire de Paris (29-30 juin 1968) il avait été désigné avec cinq autres délégués pour représenter la Fédération Anarchiste de langue française au Congrès international anarchiste de Carrare (Italie) qui se déroula du 31 août au 2 septembre 1968. Au congrès d’Asnières (29-31 mai 1971) de la FA. Il fut désigné avec Gérard Escoubet et Jean Barrué au Secrétariat aux Relations internationales et, à ce titre, il fonda alors l’Agence de Presse Anarchiste. Elle faisait parvenir à la presse anarchiste mondiale des informations diverses sur les luttes sociales, etc. Sa démission de la Fédération Anarchiste entraîna la disparition de cette activité.

Tout en exerçant ses activités militantes et professionnelles, il s’inscrivit à la faculté des Lettres d’Aix-en-Provence et entreprit des études supérieures à la rentrée 1969. En 1972, il obtint le diplôme de l’IEP (Institut d’Études Politiques) d’Aix-en-Provence, qui lui décerna en outre la même année le prix du meilleur Mémoire. Il soutient également à l’Université de Provence, en octobre 1977, un doctorat de 3e cycle en Histoire et en avril 1988, une thèse d’État Un siècle de presse anarchiste d’expression française dans le monde, 1880-1983 (7 vol, 3 503 p.). Il se consacra surtout au développement et aux activités du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme de Marseille, qu’il avait fondé en juin 1965. En avril 1979, il organisa à Marseille la Première Rencontre des Centres d’Études et de documentation libertaires existants qui donna naissance à la Fédération internationale (F.I.C.E.D.L.). Il collabora à la rédaction de notices pour le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français et participa également régulièrement à partir de 1980 à plusieurs jurys de thèse et à de très nombreux colloques.

En outre, il adhéra en février 1963 à une loge du Grand Orient de France dans laquelle il occupa plusieurs offices y compris celui de Vénérable (président). Il constitua par la suite d’autres ateliers affiliés à la même obédience ainsi qu’une loge totalement indépendante. Il a successivement gravi tous les degrés du Rite Écossais ancien accepté et après avoir présidé une Loge de Perfection, un Chapitre et enfin le Consistoire Hermès de Provence, il a été coopté en 1997 au sein du Suprême Conseil du Grand Collège des Rites, organe sommital de cette juridiction.

En septembre 2002, il prit sa retraite et partagea dès lors son temps entre la Provence et la Champagne tout en poursuivant ses recherches et en participant aux activités de quelques sociétés savantes.

 

Sources :

Cette notice a été rédigée à partir du témoignage écrit de René Bianco (janvier 2004) ; Léo Campion, Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie, ou les maillons libertaires de la chaîne d’Union, Ed. Culture et liberté, Marseille, 1969, 242 p

Oeuvres :

Outre les travaux universitaires mentionnés dans la notice, de nombreux articles dans la presse anarchiste et plusieurs articles des revues universitaires comme, par exemple, Le Mouvement social. Il est l’auteur de Le Mouvement anarchiste à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône de 1880 à 1914, éd. du CIRA, Marseille, 1978, tome 1,453 p. tome 2, (dictionnaire biographique), 82 p. (reproduction en fac simile de la thèse soutenue à Aix-en-Provence en octobre 1977) ; Une figure originale de l’anarchisme français, Paraf-Javal, Ed. Culture et Liberté, Marseille, 1980,24 p ; Où en est l’Histoire de l’Anarchisme ?, Ed. du C.I.R.A., Marseille, 1984,74 p. ; Les Anarchistes et la Résistance – Témoignages (1939-1945), éd. du CIRA, Marseille, 1985, 188 p.

René Bianco a également collaboré au Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Ed. de Navarre, Paris. 1974. 2 vol., 1454 p. (rééd. P.U.F., 1988) ; Le Théâtre Social, un essai de culture ouvrière, Ed. du C.I.R.A., Marseille, 1978,72 p. ; Quand le Coq Rouge chantera (Bibliographie sur les anarchistes français et italiens aux États-Unis). Presses Universitaires de Montpellier, 1986,94 p. et Marseille, un destin culturel, Ed. Via Valeriano, Marseille, 1995, 304 p.

Sylvain Boulouque

© Association des Amis du Maitron 2003

 

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Nostalgie bienheureuse 13 juillet, 2008

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Nostalgie bienheureuse

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Ne le dites à personne, à l’exception des sages

Car la multitude est prompte à railler

Je veux louer l’être vivant

Qui aspire à mourir dans la flamme.

Dans la fraîcheur des nuits d’amour

Où tu reçus, où tu donnas la vie.

Un sentiment étrange te saisit,

Quand brille l’immobile flambeau.

Tu ne restes plus enfermé

Dans l’ombre ténébreuse

Et un désir nouveau t’emporte

Vers des épousailles plus hautes.

Nulle distance ne te rebute,

Tu accours en volant, fasciné par la flamme,

Et finalement, amant de la lumière

O papillon, te voilà consumé.

Et tant que tu n’as pas compris

Ce « Meurs et deviens »!

Tu n’es qu’un obscur passager

Sur la terre ténébreuse.

 

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Goethe

DU CONVENT

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
DU CONVENT

Les convents ne sont pas de véritables assemblées initiatiques. D’où, sans aucun doute, les tentations auxquelles les participants succombent souvent de se croire des espèces de parlementaires.

Chaque maçon est libre de ses opinions et ne peut être engagé par quelque décision que ce soit hors de celles qui concernent la vie administrative des loges. Si l’on touche à cette exigence fondamentale, il n’y a plus de liberté maçonnique, il n’y a plus de maçonnerie possible. Tout ce qui concerne une obédience qui violerait la liberté de conscience de ses membres serait sans valeur, radicalement frappé de nullité.

Les débats portent généralement sur l’administration et sur la conclusion des travaux effectués en loge. Il y a également des opérations électorales dont la procédure peut différer, mais dont l’intérêt passe de loin la légitime préoccupation de choisir pour l’Obédience des conseillers dignes de la tradition maçonnique, ou, plus exactement, de l’espérance maçonnique.

Faut-il dire que le plaisir des rencontres, la chaleur des propos, le souci de s’éclairer mutuellement de l’évolution des esprits l’emportent en matière de justification des convents, sur la vanité de se croire un parlementaire au petit pied? Sans doute: parce que tout va mieux comme le disait notre frère Talleyrand en le disant.

Pour en revenir aux convents: sont-ils utiles? N’y a-t-il pas là une justification de l’appareil plutôt qu’une inspiration prospective? Faut-il créer une sorte de courant collectif qui entraîne les loges ou serait-il nécessaire de méditer sur la difficulté de demeurer lucide au milieu des sollicitations partisanes ?

Ne dénonçons-nous pas trop souvent le caractère superficiel de certaines procédures pour n’avoir pas quelque inquiétude à constater combien de propositions discutables sont discutées dans la confusion ?

Bref, n’est-il pas nécessaire que chacun s’interroge sur ses véritables motivations en tant que maçon eu égard à la manifestation de masse que constitue le convent de son Obédience ?

**

Mais le fait-on dans la sérénité convenable, avec le temps nécessaire à la réflexion, dans le cadre voulu pour les analyses exemptes de passions ?

J’ai bien peur que le parlementarisme, qui est souvent impuissant au niveau des institutions de l’Etat, ne se double, lorsqu’il est singé par des délégués qui n’ont aucune responsabilité de fait dans l’ordre social d’une inquiétante légèreté.

J’entends bien que la confrontation des idées est une riche moisson virtuelle, mais toute idée qui n’est pas éprouvée par les faits n’a d’intérêt que spéculatif. La Franc-Maçonnerie dite spéculative ne peut et ne doit pas oublier qu’elle n’est qu’une chambre de réflexion. Chambre du milieu, la bien nommée, et là si rarement utilisée!

Il y aurait effectivement un travail profitable dans un Convent qui se tiendrait entre un nombre plus réduit de frères responsables. Un nombre de frères en contacts directs avec leur loge et exprimant non leurs fantasmes profanes, mais leurs préoccupations profondément humaines.

La désignation des Conseillers, et du grand Maître est-elle une formalité, ou une reconnaissance ? Je laisse aux délégués de demain le souci d’y réfléchir.

Je pense, après tant d’années de Franc-Maçonnerie que l’essentiel n’est pas le convent, tout en sachant que ce rassemblement est une fête.

***

Il y a un fait, c’est que la loge est une unité dont la voix représentative ne repose ni sur le nombre, ni sur la notoriété de ses membres, dès lors qu’elle est constituée régulièrement de sept frères justifiant du grade de Maître.

Savoir si ce grade est attribué trop facilement pour qu’il constitue une garantie est assurément une question que chacun doit se poser au niveau de la loge, mais il n’y a plus de Franc-Maçonnerie possible le jour où le convent pèsera ou comptera les voix, parce qu’il n’y aura plus de loge souveraine.

S’agissant de thèmes de recherches, dont la Loge aurait à débattre, s’agissant de questions profanes, ou Maçonniques, dont il paraîtrait nécessaire d’examiner la portée et le sens, il y a parfois intérêt et même quelquefois nécessité pour le Convent d’inspirer le travail des Loges.

Mais, il ne s’agit alors que d’une réflexion étendue. Il ne peut être question de définir une conclusion, de présenter une formule, de proposer un texte comme l’expression de la volonté maçonnique.

La Maçonnerie, en tant que corps, ne veut rien, en tant que communauté, elle n’a pas à prendre position sur des questions profanes, son action se situe à partir de la perfection, disons de la réflexion individuelle.

C’est l’idée la plus difficile à formuler dans notre époque d’agitation collective: il n’y a pas d’action possible pour un homme libre sans réflexion, sans recul, sans échange, et sans détermination singulière. Tout ce qui se passe au niveau de l’affrontement des points de vue collectifs est à proscrire dans nos temples, et bien sûr ne doit avoir, aucune relation avec le comportement du maçon.

Le rayonnement de l’Ordre Maçonnique passe nécessairement et uniquement par la conscience de chaque Maçon. Ce n’est pas dire qu’il n’y a que cette voie qui soit possible pour les hommes, c’est dire clairement que la voie Maçonnique est celle là, et non d’autres.

Précisément, le choix est offert. La maçonnerie ne peut courir le risque de perdre sa qualité singulière pour satisfaire aux opportunités temporelles. Quant aux maçons, en tant qu’individus dans la cité que leur conscience leur dicte leur conduite, et non l’Obédience.

 

Jean MOURGUES

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Conférence et hommage Anne Franck 12 juillet, 2008

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Conférence et hommage Anne Franck

 

Intervention du 11 Janvier 2004 – Nîmes – Jean-Paul Pelras

C’est notre ami Jean Carrière qui devait intervenir ici aujourd’hui. Mais souffrant, et ne pouvant se déplacer, il m’a demandé de bien vouloir rédiger ce texte à l’occasion de cet hommage.

Le 12 juin 2004 Anne Franck aurait pu fêter ses soixante-quinze ans et se souvenir. Se souvenir d’une vie passée à aimer les siens, ses enfants, ses petits-enfants, tous ceux qui l’auraient côtoyée, tournant encore autour d’elle ou déjà partis de l’autre côté du monde, à cause de l’âge ou de ce que la vie nous réserve comme inavouables certitudes.

Le 12 juin 2004 Anne Franck aurait pu évoquer quelques voyages à Valpareiso ou dans les rues gelées de Reykjavik au bras d’un passant inoubliable, elle aurait pu se souvenir d’un parfum qu’il lui aurait offert dans une boutique des Champs Élysées, d’un soir de Noël en famille passé dans un chalet au coeur des Alpes françaises, de ce mois d’août où ils auraient fêté le diplôme de leur fils aîné autour d’une table de campagne dans la lumière orangée d’un vignoble toscan. Elle aurait probablement aimé Piazza d’Italia d’Antonio Tabucchi, conduit ses petits-enfants au cinéma pour la sortie du Roi Lion, admiré la voix de Björk qui chante avec la grande vacuité du nord, fredonné L’Estaca de Lluis llach ou Le p’tit bonheur de Félix Leclerc, et adoré les galettes bretonnes au blé noir sur la vieille place de Locronan. Elle aurait pu voir marcher les hommes sur la lune, “surfer” sur internet, converser avec Jankélévitch, Picasso, Sartre ou Modiano, et publier une vingtaine de romans.

Enfin, elle aurait pu être là aujourd’hui et nous aurions probablement parlé d’autre chose.

Mais l’absurde des hommes en a décidé autrement et les correspondances pour Kitty, l’amie imaginaire, ont donc cessé le 4 août 1944, ou plus précisément on peut imaginer qu’elles se sont définitivement interrompues dans un camp de Bergen Belsen en mars 1945.

Tant de choses ont été dites sur ces évènements qui entachent non seulement l’histoire, mais également et de façon indélébile l’humanité toute entière. Le temps s’est écoulé, le sablier des survivants coule ses derniers cristaux, et nous n’aurons bientôt plus que des livres, des photographies, des films et des lieux pour ne pas oublier, pour ne pas oublier que les hommes ont été capables d’inventer l’horreur.

Nous savons tous aujourd’hui, au regard de l’armement existant et des tensions géopolitiques qui parcourent la planète, qu’aucune menace ne pourra jamais être définitivement écartée, la probabilité d’un génocide à l’échelle planétaire est toujours suspendue au bon vouloir de quelques docteurs Folamour ou dictateurs en mal d’émotions fortes.

Les dominos de la guerre et de la violence n’ont pas besoin d’un vent bien fort pour s’effondrer et entraîner des millions d’hommes dans un nouveau conflit exacerbé par quelques prétextes religieux, dopés au racisme, et justifiés par la dégradation de quelques conjonctures économiques. La méthode, les causes et les conséquences ne viendraient varier que sur l’intensité du désastre.

Car à t-on vraiment retenu la leçon? Combien de miliciens, chefs de centaine, délateurs pitoyables arborent impunément quelques rosettes au revers de leur veston, quand les médailles servent ici, encore quelques fois à rendre l’histoire plus présentable? Combien de notables et de braves gens préfèrent ne plus se souvenir et dire qu’il est temps désormais de passer à autre chose?

“Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent…” Ils furent des millions et le temps s’est écoulé. Alors, effectivement il reste quelques initiatives, comme ces classes d’étudiants qui se rendent à Aushwitz ou ailleurs, pour voir, pour s’émouvoir, et pour témoigner. Parce que la mort n’est pas un spectacle de variété, ni un jeu virtuel, quand notre société va désormais jusqu’à banaliser l’image de la violence, de la terreur et du meurtre, quand le doute des révisionnistes plane à nouveau sur nos mémoires occidentales, quand peut-être pour diluer un peu les consciences on nous parle ces temps-ci du plus ignoble criminel sans évoquer ses crimes.

Loin de ces approximations, loin de ces déguisements, nos adolescents, qui lisent de moins en moins, ont probablement besoin d’être confrontés à la difficile réalité de cette triste période. Il faut qu’ils puissent côtoyer du regard ce qu’il reste de l’horreur, de l’inimaginable, avec leurs convictions et ce qu’ils ont retenu de l’histoire.

Mais il ne faut pas que ce genre de voyage devienne une excursion touristique et il appartient au monde enseignant, aux hommes politiques et aux intellectuels de trouver le juste milieu qui saura préserver la mémoire sans la rendre confidentielle, tout en diffusant inlassablement les preuves de cet holocauste.

Notre capacité d’indignation est régulièrement jaugée par des évènements qui occupent alternativement le devant de la scène aux quatre coins de la planète. Catastrophes climatiques, conflits, génocides, épidémies, séismes, contre lesquels nous luttons à distance en grappillant au rayon des idées généreuses. La médiatisation des évènements a paradoxalement le don d’effrayer et de rassurer des gens, qui bien installés dans leurs fauteuils restent sains et saufs face aux catastrophes. Alors, il nous faut demeurer très prudent au regard des messages qui peuvent ballotter nos populations et ne jamais oublier, dans le bien comme le mal, ce dont sont capables les hommes. Depuis les années soixante, on a su tantôt nous expliquer qu’il fallait mettre une fleur au bout du fusil, mais qu’il fallait aussi parfois savoir prendre un fusil pour aller défendre nos fleurs. Car on marche plus difficilement seul avec une pensée personnelle qu’on ne le ferait en compagnie de millions d’individus avec une pensée unique…

Alors, bien sûr, il nous reste des documents comme ce journal d’Anne Franck miraculeusement récupéré par Miep et Eli dans le pauvre désordre laissé sur le sol de cette pièce, après le passage de la Gestapo.

Pour un écrivain, tout au long d’une vie, l’écriture peut devenir un poison exquis et s’installer comme une petite malédiction, car elle soulève des réalités dont on ne peut plus se débarrasser, car elle nous condamne à continuer, car elle est la seule façon possible de tricher avec nos rêves, car elle est la seule traduction possible de nos illusions. Elle est en quelque sorte notre propre prison.

Mais pour ceux qui comme Anne Franck ont écrit en captivité, elle est au contraire un formidable moyen d’évasion. Rappelez-vous cette phrase de Camus dans L’Etranger : “Toute la question encore une fois était de tuer le temps, j’ai fini par ne plus m’ennuyer du tout à partir de l’instant où j’ai appris à me souvenir…”

Anne Franck, bien sûr n’avait pas suffisamment de vie derrière elle pour posséder beaucoup de souvenirs.

Mais ne nous a-t-elle pas confié d’une certaine façon ce qu’aurait pu être sa vie et le destin d’une toute autre humanité.

Escaro (France),

le 10 janvier 2005.

Jean-Paul Pelras

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