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Protégé : Le voyage, le chemin, la voie – 2° - 28 juin, 2008

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La Spirale

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LA SPIRALE

 

« Un vertige : celui de la rotation Un désir : celui de l’expansion »

Ainsi débute un monumental article qu’un des suppléments de l’Encyclopedia Universalis a consacré aux spirales et aux hélices. C’est cet article qui m’a donné l’idée du travail que je vous propose aujourd’hui, et je luis dois beaucoup, ainsi qu’au numéro d’Atlantis « Crosses et Spirales » et à l’ouvrage d’Olivier Beigbeder, « La Symbolique », de la Collection « Que sais-je ? » ainsi, naturellement, qu’aux nombreux dictionnaires des symboles dont j’ai toute facilité de me servir…

Mais si cette planche prend forme ici et maintenant c’est qu’elle se rattache quelque part au mythe de l’Eternel Retour, auquel elle sert d’aboutissement en même temps que d’élargisse­ment dans une dimension supplémentaire. D’ailleurs la spirale issue du cercle et parente du labyrinthe est une invitation à d’autres travaux, fidèle à sa vocation de structure ouverte.

Une spirale c’est d’abord une figure géométrique qui traduit une formule mathématique… On peut la définir comme la trajectoire d’un point qui s’éloigne ou se rapproche d’un autre en tournant. On peut la concevoir en deux ou en trois dimensions et il faut noter que la spirale devient hélice quand 1e mouvement d’ex­pansion se développe dans un autre plan que celui de la rotation…

Parmi les plus connues on distingue :

la spirale d’Archimède, dont les spires s’éloignent du centre selon une progression arithmétique (si on trace une droite issue du centre qui en coupe les spires, on y relève des distances de la spire au centre de a, 2a, 3a, 4a, etc. La valeur « a » séparant l’une de l’autre chacune des spires) ;

la spirale logarithmique dont les spires s’éloignent du centre selon une progression géométrique (sur la droite de tout à l’heure nous trouverons les longueurs a, a2, a3, etc., la distance entre deux spires s’élargissant à mesure due l’on s’éloigne du centre : c’est, nous le verrons, la structure de l’escargot) ;

la spirale hyperbolique dont on dit qu’elle représente l’ombre d’une hélice placée au soleil… plus les spirales de Fermat, de Galilée, de Poinsot et autres dont je serais bien en peine de faire plus que les énumérer… Quant aux formules mathématiques qui en sont la traduction, je vous en ferai grâce, si ce n’est cette jolie définition : « Lorsqu’un point a et une demi droite OX sont fixés comme base de repérage, tout point M du plan est repéré par sa distance r au point O et par l’angle t de OX et OM ; ce qui permet d’énoncer : le point M décrit une spirale si r est une fonction monotone de t croissante ou décroissante »… Voilà qui coule de source !

Tout cela est bel et bon, mais l’univers un peu froid des mathématiques nous amène à des réalités plus concrètes…

« Chaque fois qu’il y a proportionnalité entre un mouvement expansif et un mouvement rotatif, il y a quelque part une spirale d’Archimède » (par exemple les spires des disques microsillons, le tuyau d’arrosage sagement lové à terre, le boudin bien enroulé à l’étal du charcutier…) ;

« Chaque fois qu’un mouvement circulaire exerce un effet multiplicatif sur un mouvement linéaire, il y a quelque part une spirale logarithmique » (c’est le trajet de l’araignée sur sa toile, la structure des coquillages ou celle des crosses des fougères). C’est à partir de ce type de spirale que se construisent des carrés dont la surface constitue la fameuse « suite de Fibonacci » (chaque terme de cette suite est la somme des deux précédents, soit l, l, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, etc. Suite liée au nombre d’or :

phi = (racine carrée de 5) +1 : 2

valeur de plus en plus approchée du rapport de deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci).

Mais l’importance de la spirale repose surtout sur la place que ce type de structure occupe dans la nature, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Tout le monde a entendu parler de la présence dans le cosmos de nébuleuses – spirales, énormes concentrations de matière stellaire en prise aux actions conjuguées de la rotation et de l’expan­sion. La trajectoire du soleil par rapport aux galaxies, celle de la terre par rapport au soleil, celle de la lune par rapport à la terre sont des hélices – cas particuliers de notre spirale (je le rappelle, lorsque le plan de l’expansion n’est pas le même que celui de la rotation).

Les structures hélicoïdales ne se limitent pas à la mécanique céleste : le boomerang des primitifs, les hélices des navires et des avions, la fameuse « vis d’Archimède » – premier système pour faire monter de l’eau d’un niveau vers un autre, les turbines, les éoliennes, les ressorts – de ceux de mon matelas ou de ma montre aux amortisseurs de nos véhicules, ou tout simplement le tire-bouchon et tant de grosses machines ou de petits instruments qui nous facilitent la vie sont issus d’hélices et spirales.

Avant de quitter le domaine de la mécanique, n’oublions pas les lois qui régissent les fluides et pensons aux magnifiques structures spiralées des tornades et cyclones, du maelström et autres tourbillons – à commencer par ceux qu’esquissent le lavabo ou l’évier qui se vident.

Pensons aussi à l’usage que l’architecture a fait des spirales, escaliers en colimaçon, à double ou simple révolution comme à Blois ou Chambord, rampes hélicoïdales comme celle d’Amboise où chevaux et carrosses pouvaient atteindre le niveau de la terrasse du château, ou encore celles des modernes parkings ; pensons aussi à la structure du musée Cruggenheim à New-York, conçu en forme d’hélice à axe vertical, tout comme l’aquarium géant de Boston… à cette différence près qu’à New-York le visiteur regarde les cimaises vers l’extérieur, le coeur de l’édifice étant un « puits de lumière », tandis qu’à Boston la rampe réservée aux visiteurs s’enroule autour d’un énorme bassin transparent, de 12 m de diamètre et de 12 m de hauteur, grouillant de vie marine… ; outre leur élégance, les structures spiralées présentent l’avantage d’une économie d’encombrement qui en explique les nombreuses applications dès l’antiquité… Jardins de Babylone, minaret de Samara et sans doute tour de Babel… mais là nous touchons au symbole !

Le monde du vivant présente lui aussi un nombre très important de structures spiralées ou hélicoïdales qui conduisent à penser que les propriétés de l’espace ou les lois qui régissent le développement de la matière vivante favorisent la croissance en spirale, au détriment de la croissance linéaire.

Reste à considérer dans le pullulement des formes vivantes celles qui, comme la coquille du Nautile, sont symétriques par rapport au plan médian et celles qui ne le sont pas, les plus nombreuses d’ailleurs et puis dans quelle mesure la symétrie « droite » « gauche » coexiste dans la nature.

Le cas des cornes de bélier est significatif de cette symétrie.-. alors que les dents du narval – outre que l’une est très longue et que l’autre reste normale – présentent une même structure tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Beaucoup de plantes ont des vrilles allant alternativement vers la droite et vers la gauche mais la tige, quand elle s’enroule, le fait soit vers la droite (houblon, chèvrefeuille) soit vers la gauche (haricot, liseron).

De la même façon, la disposition des branches sur un tronc ou des feuilles ou une tige se fait selon une spirale : en la suivant, on trouvera trois feuilles d’aulne avant que l’une se place à la verticale d’une autre ; on en trouvera cinq pour le cerisier et deux seulement pour l’orme.

L’artichaut dispose ses feuilles comestibles (ce sont, en fait des bractées) selon huit lignes spiralées vers la gauche et cinq vers la droite : l’ananas présente huit spirales dans un sens, treize dans l’autre et la pomme de pin cinq et huit. Quant au cœur d’une marguerite il offre 21 spirales dans le sens des aiguilles d’une montre et 34 dans l’autre sens… de quoi donner envie d’y regar­der de plus près ! D’autant que ces valeurs appartiennent à la fa­meuse suite de Fibonacci !

Mais nos seuls yeux ne suffiraient pas pour découvrir le ruban spiralé de la chlorophylle dans l’algue verte appelée spiro­gyre, la structure hélicoïdale des minuscules aiguilles fossiles qui constituent des bancs calcaires, ni non plus, l’essentielle, la primordiale, double spirale de l’A.D.N. à l’origine même de la vie…

Faut-il penser que c’est l’observation des formes naturelles qui amena l’homme – et ceci dans des périodes très reculées – à privilégier le motif de la spirale, à titre décoratif et plus probablement symbolique ?

On en trouve sur des fragments d’os gravés de la fin de l’Aurignacien, sur des ornements en ivoire de mammouth de la fin du paléolithique : on en trouve surtout, au néolithique, sur de nombreux monuments mégalithiques en terre celtique. Le dolmen de Gavr’inis en offre le plus bel exemple : vingt-trois des vingt-huit dalles qui supportent le couvercle de pierre sont entièrement cou­vertes de spirales juxtaposées. En Irlande, plusieurs tumulus contiennent des dalles gravées d’une ou plusieurs spirales orientées de façon à ce que le soleil les frappe au matin du solstice d’hiver…

Dans tous les vestiges qui restent des civilisations antiques, la spirale abonde avec un rôle décoratif lié sans doute à une signification symbolique. A Sumer, sur des bijoux retrouvés dans des tombes royales ; en Egypte, dans le décor des céramiques ou en intaille sur le ventre des scarabées de pierre dure ; dans tout le monde méditerranéen où elle abonde, souvent en frise décorative tout comme sa variante orthogonale, « la grecque ».

Même profusion de spirales en Europe du Nord ou Centrale : Danemark, Suède, Hongrie nous ont laissé des bijoux ou des armes qui en sont décorés… sans oublier les formes en crosse des drakkars vikings.

Les Celtes en raffolaient, comme le montrent les bracelets à structure spiralée, les torques gaulois, les fibules : le triscèle et la svastika en sont des formes dérivées.

L’art chrétien fera aussi grand usage des spirales : depuis la crosse des évêques jusqu’aux plis en tourbillon des vêtements des christs romans ; des crosses végétales des chapiteaux gothiques aux pinacles « flamboyants » on ne saurait en faire la liste…

L’art classique va les privilégier en architecture, avec les chapiteaux ioniens et corinthiens, et dans les arts décoratifs. J’ai évoqué, en parlant de l’économie d’espace que permettent les structures spiralées, du rôle qu’elles ont et continuent de jouer dans la conception de nombre d’édifices. Pour en finir – on ne saurait tout citer – rappelons la fortune réservée aux courbes et spirales dans l’art du début du siècle style « nouille », modern style, « art déco », des entrées du métro, oeuvre de Grimaud, aux toiles de Klimt ou aux cheminées que Gaudi multiplia dans les parcs et édifices de Barcelone.

Reste à s’interroger, et là est l’essentiel, sur la connotation symbolique donnée à la spirale… et ce n’est pas évident. A l’in­verse de beaucoup d’objets ou de figures dont la correspondance avec des notions ou idées abstraites semble aller de soi, la spirale laisse un peu perplexe au premier coup d’oeil : symbole très riche, porteur de significations multiples liées au contenu imaginaire ou au degré de civilisation de ses utilisateurs, elle ouvre un large champ à l’interprétation… répétons-le, vertige de la rotation, désir de l’expansion.

A prendre en compte d’abord l’origine du mot : le latin spira, dérivé du grec speira (enroulement) et la jolie transcription du XVIe siècle français « espiralle »… A nous dire que les numéro­logues grecs en extrayaient le nombre 396, multiple de 2, 3 et 11 et qu »`élis » de son côté faisait apparaître la somme des 14 pre­miers nombres entiers, 105, multiple de trois nombres sacrés, 3, 5 et 7… Ce n’est pas là domaine où je me sens à l’aise… Je cite mais ne suis pas capable d’aller plus loin que le constat.

La plus ancienne implication de la spirale est liée à la mort, aux rites funéraires. Aux temps paléolithiques et néolithiques le mort était enduit d’ocre rouge et paré de coquilles généralement de structure hélicoïdale (des escargots, des coquillages marins). Faut-il penser que les spirales figurant sur des morceaux d’os ou d’ivoire servaient de substitut aux coquilles par trop rares ou même introuvables ? Qui sait ? de telles traditions sont trop loin de nous pour laisser autre chose que des questions sans réponse…

Sans doute est-ce cette liaison de la spirale aux rites funéraires qui en explique l’ abondance sur les dolmens qui abritaient le plus souvent une ou plusieurs sépultures. Mais, puisque certaines dalles étaient placées de manière à être éclairées par le soleil du solstice, on peut penser à un symbolisme cosmique de la spirale, lié sans doute au déroulement cyclique des saisons et à la course du soleil.

Chez les Celtes en tout cas la spirale est associée à la foudre et à l’orage, via les tourbillons nuageux probablement. On en voit portées par le dieu celte Taranis, version gauloise du Jupiter ton­nant ! Nos « ancêtres », dont la seule crainte était que le ciel leur tombât sur la tête, utilisaient-ils les spirales comme une sorte de conjuration ? Là aussi le problème reste entier…

Dans le croissant fertile, à l’opposé, les structures hélicoï­dales et spiralées sont rattachées à l’eau et à la lune… donc à la Femme, en l’occurrence la Déesse-mère source de toute fécondité

On peut penser que cela découle de l’observation des tour­billons de l’eau – si précieuse sous ces climats – et des phases de la lune, croissante et décroissante liée aux cycles féminins. Les plantes, avec leur développement en crosses et leurs structures hélicoïdales ont pu aussi amener ces premiers peuples d’agricul­teurs à lier la spirale à la notion de fertilité – Les cornes des ani­maux, béliers ou taureaux, hélicoïdales ou en forme de croissant de lune renforcent le lien qui conduit des formes spiralées à l’idée de vie. Le serpent, le caducée, les noeuds et les liens relèvent du même imaginaire.

La double spirale affrontée, celle du caducée – celle aussi de l’ADN – est symbole de vie en même temps qu’image même de la vie.

La spirale à double enroulement que l’on rencontre fréquem­ment dans les symboles celtiques est plus complexe : évolution/ involution, double polarité cosmique dans une notion de va-et­vient, d’aller et retour… on peut en rapprocher le symbole mathé­matique de l’infini, en forme de 8 horizontal, que le Tarot reprend dans le couvre-chef du Bateleur (lame 1) et de la Force (lame 11) : ces deux figures, la première et la dernière avant le retournement, le changement de plan que constitue la lame 12, le Pendu, ouvrent et ferment la première phase du chemin initiatique qui peut se lire dans le Tarot et que l’on peut inscrire sur une spirale à double en­roulement. C’est aussi une ligne de cette sorte qui sépare le blanc du noir dans le beau symbole extrême-oriental du yin-yang.

Une autre implication symbolique importante de la spirale vient de sa capacité à assumer l’ordre de l’être au sein du change­ment puisqu’elle permet d’assurer la croissance sans modifier la structure totale comme le montrent les coquillages qui s’enroulent autour d’un axe grandissant sans changer de forme. De là viennent dans les sociétés primitives les chants-spirales et les danses-­spirales qui tendent – selon Gilbert Durand – à « assurer la perma­nence de l’être à travers les fluctuations du changement ». Tout change certes mais tout recommence, similaire sinon identique et le rite est là pour le réaffirmer en réponse à toutes les angoisses du lendemain…

Enfin, quand la spirale se donne une dimension supplémen­taire dans l’espace ou dans le temps, le symbole acquiert sa di­mension ultime en direction du ciel, en direction aussi du futur à construire.

Plus haut, toujours plus haut, et les hommes construisent les rampes, les ziggourats et les tours de Babel… Ils escaladent en processions spiralées les montagnes sacrées, ils tournent, patiem­ment, inlassablement, toujours plus haut de spire en spire à la re­cherche de ce qui les dépasse et les transcende à la fois.

Toujours plus haut, toujours plus loin : si l’expansion se fait dans le temps, la spirale allie les mythes, apparemment inconci­liables, de l’Eternel Retour et de la marche vers le progrès. Certes l’humanité, périodiquement, retrouve ses vieilles traces, mais le plus souvent, loin de retomber dans les mêmes ornières, elle passe au-dessus dans sa courbe ascendante…

Le chemin initiatique est le même, il est lente ascension, non point circulaire mais hélicoïdale, marqué non de retours à la case départ, mais de survols de situations passées qu’il s’agit d’ap­prendre à surmonter, car malheur à celui qui n’a pas su se dépas­ser lui-même : faute de pouvoir emprunter la spire supérieure il risque de tourner en rond…

Telle est la leçon de la spirale : dans les grands cycles de la vie elle doit nous apprendre à nous élever à une plus grande di­mension de l’Etre qui nous permette de croître sans changer de forme, d’évoluer sans cesser d’être nous-mêmes, sans jamais non plus nous renier…

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La Franc-Maçonnerie présentée aux profanes 25 juin, 2008

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La Franc-Maçonnerie présentée aux profanes

 

Des Loges de la région parisienne se sont groupées pour réaliser entre elles un Stage Pré-Maçonnique destiné aux profanes en instance de candidature devant ces Loges.

L’expérience est en cours et se développe dans le cadre d’un Centre d’Etudes Philosophiques et Morales, à la satisfaction non seulement de ses promoteurs, mais également, semble-t-il, des profanes qui suivent ces travaux.

Il nous a paru intéressant de publier l’Avertissement qui est lu aux profanes au cours de ces réunions

 

 

AVERTISSEMENT AU PROFANE QUI VEUT ENTRER DANS LA FRANC-MAÇONNERIE

 

N’entrez pas dans la FRANC-MAÇONNERIE par une puérile curiosité, vous n’auriez que déception.

Ne vous engagez qu’avec la résolution d’étudier l’Institution sérieusement.

Si, avec l’amour du VRAI et du BIEN, vous n’avez pas l’esprit un peu tourné vers la poésie des choses, et la raison un peu mêlée de sensibilité, n’y venez pas, vous vous ennuierez.

Si, étant avocat ou médecin, industriel ou négociant, fonctionnaire ou employé, vous cherchez des clients ou des protecteurs, ne venez pas, vous auriez des mécomptes.

Fonctionnaire, vous feriez rire le ministre de votre parti, fût-il Maçon, et son successeur vous nuirait peut-être,

Marchand, vous feriez suspecter votre marchandise et votre Maçonnerie,

Avocat ou médecin, vous paraîtriez indigne de professions qui ne s’ap­précient qu’au travers d’un certain désintéressement.

Si, étant ambitieux, vous avez des capacités à la hauteur de votre ambi­tion venez et vous apprendrez à vous réaliser.

Mais si vous cherchez des échasses pour’ vos jambes trop courtes, ne venez pas, notre idéal ne vous portera point assez haut.

Politicien, ne rêvez pas de vous faire des partisans dans une Loge : vous n’auriez que ceux que vous avez déjà ; vous perdriez sans doute ceux qui vous reprocheront d’avoir introduit la discorde et votre succès ne sera pas long.

Tant que les hommes s’entre-déchireront dans les conflits de leurs intérêts, de leurs passions et de leurs préjugés, la Franc-Maçonnerie continuera d’enseigner à ses initiés que les violences nuisent à tous, que les idées sont soumises à la loi de croissance comme des êtres vivants, qu’une réforme ne réussit que dans un milieu préparé, et que les impatients du progrès lui suscitent souvent plus d’obstacles que ses adversaires.

Mais si vous croyez en l’Homme et en sa perfectibilité, si vous avez une conception élevée du bonheur et si, dans la confusion d’un monde dominé par les faiblesses humaines, vous aspirez à la sagesse ; si donc, vous ne demandez rien aux Francs-Maçons, qui ne sont que des hommes, alors venez à la Franc-Maçonnerie, elle vous donnera assurément beaucoup de ce que vous cherchez.

 

Savoir au juste la quantité d’avenir qu’on peut introduire dans le présent, c’est là tout le secret d’un grand gouvernement. Mettez toujours de l’avenir dans ce que vous faites, seulement, mesurez la dose.

Victor HUGO, 1848. (Tas de pierres).

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Le Symbolisme des Nombres chez PYTHAGORE

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Le Symbolisme des Nombres chez PYTHAGORE

 

La science actuelle, et avec elle le monde moderne, vit sous le signe du chiffre, du nombre, de la statistique (On remarquera que le mot « chiffre », venu de l’arabe sifr, « vide », par l’intermédiaire de l’italien zefiro, veut dire…« zéro »,d’ailleurs contraction de zefiro; que dès le deuxième siècle avant notre ère, se trouve dans les textes grecs la lettre o (omicron), équivalent de notre zéro, et première lettre aussi du mot oudèn, c’est-à-dire « rien »; que le vocable « statistique » connote l’idée de stabilité, donc tout le contraire du mouvement; or la vie est mouvement.)

Le nombre apparaît symbole, le chiffre aussi. « Symbole », du grec sumballein, « jeter ensemble », implique la présence simultanée de deux choses: l’une apparente, l’autre cachée, deux analogues et non deux similaires, l’une évoquant l’autre, répondant à l’autre, à la façon d’un écho. « Le symbole est la suggestion invincible de l’un par l’autre. »

Le symbolisme du chiffre s’atteste par le sens même qu’a pris ce mot dans certains services gouvernementaux. Le « chiffre », dès Philippe de Commines, se définit une écriture secrète, recourant aux chiffres. « Déchiffrer » veut dire expliquer ce qui ne s’entend point à première lecture.

Mais pour nous modernes, ce caché, ce secret, cet «autre», n’entraîne aucune donnée religieuse ou cosmique. Il s’agit de l’amener au jour pour des fins pratiques. Le symbole peut même – ainsi le symbole mathématique – être uniquement un moyen commode de travail, abréviation, sténographie toute pratique. Nous sommes loin du symbole chez Pythagore – lequel d’ailleurs ne néglige pas pour cela la mathématique.

La symbolique pythagorienne – il s’agira uniquement ici du pythagorisme ancien, fleurissant depuis la fin du sixième siècle, av. J.-C. (époque à laquelle vécut le philosophe de Samos établi en Italie méridionale) jusqu’au milieu du quatrième – la symbolique pythagoricienne, dis je, se fonde sur le nombre, et sur l’harmonie des nombres. « Qu’y a-t-il de plus sage ? le nombre. Qu’y a-t-il de plus beau ? l’harmonie. »

Ce credo des acousmata (Littéralement: « ce qu’on entend », paroles ou musique, c’est-à-dire des articles de foi du pythagorisme, s’opposait – la chose est à noter pour notre dessein – à celui des mathemata, c’est-à-dire des sciences. Toutes les choses qu’il nous est donné de connaître possèdent un nombre, et rien ne peut être conçu ni connu sans le nombre » a écrit Philolaos, contemporain de Socrate (donc vivant au cinquième siècle), à qui l’on attribue les fragments subsistant de l’ancien pythagorisme.

Le nombre est partout chez Pythagore, comme dans la science moderne, mais il n’a pas le même contenu qu’aujourd’hui. II connote l’espace, l’étendue. 1 est le point, 21a ligne, 3 le triangle, etc. ll a donc figure et grandeur, il baigne dans le concret, mais dans le secret aussi, étant symbole. Il n’est ni désincarné, ni, on va le voir, désacralisé.

Par le gnomon, notre équerre, les nombres se définissent matériellement, passent de l’ombre du mystère à la lumière de la connaissance, tout en gardant leur attache avec le mystère.

Ainsi 3 est le premier nombre sacré parce qu’ayant commencement, milieu et fin, figurant donc le Tout.

7 est aussi un nombre privilégié, nombre orchestique, nombre de la danse, nombre d’Athéna : 7 Muses, 7 sages de la Grèce, 7 merveilles du monde, 7 jeunes filles et 7 jeunes garçons envoyés en tribut sanglant au Minotaure de Crète, 7 jeunes filles formant choeur aux fêtes de Callisteia, ou concours des beautés de Lesbos, etc.

Le nombre sacré par excellence sera donc 7 + 3 = la décade, « principe et guide de la vie, aussi bien divine et céleste qu’humaine ». (Philolaos)

Comme l’a écrit Léon Robin (La pensée grecque (Bibliothèque de Synthèse historique), p. 73. ) « toutes ces spéculations arithmétiques dérivent de l’inspiration religieuse; c’est un approfondissement de cette inspiration mystique qui a détaché définitivement l’arithmétique spéculative des calculs utilitaires ».

Mais les nombres, chez Pythagore, ne se conçoivent pas isolément: ils ont des rapports entre eux, étant personnes quasi-vivantes. Et comme elles, ils diffèrent, se heurtent, s’opposent. C’est par l’harmonie que s’évanouiront leurs antinomies. Phïlolaos définit l’harmonie « l’unification du multiple composé et l’accord du discordant ». L’illimité ou pair s’oppose au limité ou impair, le multiple à l’un, la gauche à la droite, le repos au mouvement, la femelle au mâle, le mauvais au bon, l’obscurité à la lumière. Le nombre déjà harmonise les opposés, et les nombres s’harmonisent dans chaque chose.

Les nombres sont donc inséparables de la musique. (On relèvera ici le sens étendu du mot mousikè en grec, qui désigne – outre la musique proprement dite, donc l’art des sons – la danse, la pantomime, en bref tout ce qui est réglé par le rythme). De neuf Muses, seule Euterpe présidait à ce que nous appelons la musique; Terpsychore s’occupait de la danse, mais Calliope, Clio, Erato, Melpomène, Polymnie; Thalie, Uranie veillaient respectivement à l’éloquence, lllistoire, l’élégie, la tragédie, la poésie lyrique, la comédie et l’astronomie).

Les qualités et les rapporta des accords musicaux – c’est un fait d’expérience – se fondent essentiellement sur les nombres, puisque l’acoustique nous enseigne la variation de la hauteur des sons selon la longueur et la tension des cordes du violon par exemple, entraînant des variations dans le nombre des vibrations de ces cordes. Or longueur et vibrations peuvent se mesurer, se chiffrer. Les sons sont donc liés à des nombres.

Mais les sons ne peuvent être dissociés du rythme. Le rythme, selon la belle définition d’un musicien et compositeur, Victor Berlioz, est  » la division symétrique du temps par le son  » Symétrique, donc réduite à une commune mesure (metria). Le rythme se définit encore « nombre, cadence, mesure  » (Dictionnaire de l’Académie), « mouvement réglé et mesuré » (Dictionnaire grec-français de Bailly) et dans le mot grec ruthmos, on trouve rein, « couler « , donc une idée de mouvement, l’eau figurant ainsi le mouvement perpétuel.

Les nombres, l’harmonie, le rythme qui est mouvement ordonné, les pythagoriciens leur trouvent confirmation dans le cosmos. Pour eux, il y a comme un concert céleste, des accords insaisissables aux seules oreilles humaines vibrent entre les astres en mouvement, donc chacun est le lieu propre d’un nombre : 2 pour la terre, 7 pour le soleil.

La vie humaine aussi est un accord des contraires, une harmonie s’exprimant par l’âme. Ainsi le microcosme de la terre apparaît comme un écho du macrocosme de cette harmonie des sphères dont on prête aux pythagoriciens la théorie.

Nous ne pouvons vivre sans symbole. Le langage recourt au symbole, l’écriture aussi, et la science. Mais face à la conception grandiose du symbole pythagoricien, liant dans un continu supra-naturel le nombre aux choses, invisibles comme visibles, ainsi ne le séparant point de l’homme, de la vie matérielle qui est mouvement, et aussi de la vie secrète et profonde, pas plus que du cosmos, que voyons-nous se dresser aujourd’hui ? un nombre désincarné, uniquement attaché au quantitatif, coupé du sacré comme du cosmos; un instrument incomparable de progrès matériel certes, mais un instrument d’autant plus dangereux que ce  » progrès », qui n’est qu’un pur en-soi, peut devenir un regrès. Certaine science d’aujourd’hui nous en administre la preuve.

L’âme, harmonie du corps, doit avoir commerce avec le divin et suivre Dieu, prescrivait Pythagore : Dieu réglant le rythme et l’ordre du monde exprimés qualitativement dans les nombres.

Aujourd’hui, les nombres non plus acousmata, mais uniquement mathemata, coupés de leurs réelles attaches symboliques, désacralisés, décosmisés, ne sont plus que des notations sèches qui envahissent toutes les sciences, et dont on ne peut actuellement se déprendre. Ils flottent comme des choses vides, mortes, mais accablantes cependant.

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Protégé : Le joaillier de Saint Guilhaume – 1° - 24 juin, 2008

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Protégé : Le Coq – 1° - 23 juin, 2008

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Toi, mon Ami, mon Frère

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Toi, mon Ami, mon Frère,

La main sur mon épaule,

Toi qui as su leur dire, ô combien j’ai souffert

Car dans mon cœur troublé, tu vis la douleur folle

Toi, mon ami, mon Frère,

Toujours resté dans l’ombre,

Toi qui à su décrire, ma vision de l’enfer

Car dans mes yeux mouillés, tu vis ses flammes sombres

Toi, mon ami, mon Frère,

Chaleur quand il fait froid,

Vaincu par leur silence, je ne sais que me taire,

Ton unique présence m’aide à me tenir droit.

Toi, mon Ami, mon Frère,

Cent visages, un seul cœur,

Je ne sais rien de toi, mais tu n’en as que faire,

Et c’est bien grâce à toi que mon espoir demeure.

22/12/01

Jérôme G – Béziers

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Le symbolisme des cathédrales gothiques 22 juin, 2008

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Le symbolisme des cathédrales gothiques


A la suite des invasions barbares surgies en Occident du Ve au lXe siècles, les derniers constructeurs qui appartenaient aux Collé­giales romaines et détenaient tous les secrets de métiers, durent s’intégrer aux congrégations monastiques, car, après l’effondrement de l’Empire romain, il n’existait plus de statut légal leur permettant d’exister.

A partir du VIe siècle, au droit romain avaient succédé les coutumes féodales qui définissaient les protections garanties aux diverses catégories de la société du bas Moyen Âge.

Tout d’abord, il y avait les gens de la terre, divisés en :

- vilains, qui avaient conservé leurs propriétés gallo-romaines ou à qui, en tant que population germanique nouvellement implantée, l’on avait donné les terres des anciens propriétaires romains. (Le nom de vilain correspondant à l’ancienne désignation romaine de villa, qui signifiait domaine agricole.) Ces vilains avaient droit à la protection moyennant paiement de la taille et de la dîme ;

- serfs, ouvriers agricoles qui cultivaient les terres appartenant au seigneur féodal.

C’était ensuite les gens de métiers, dénommés – francs « , non parce qu’ils appartenaient à la race franque, mais parce que, au VIe siècle, cette appellation désignait les hommes libres d’aucune attache avec la terre. Groupés dans les cités, les gens de métiers étaient exploités par chacune des communautés gallo-romaines ou germa­niques – La cité ayant droit à la protection à condition d’exécuter des travaux gratuits de taille ou de fournir des gens d’armes, au service du seigneur.

Les congrégations monastiques créèrent les couvents, sociétés communalistes de propriétés collectives à but altruiste de bonnes oeuvres, de pénitences, de prières et d’évangélisation. Ces couvents, sous le bénéfice des droits de l’Église catholique au temporel reconnus par les continués féodales, avaient rang de seigneur avec droit de haute et basse justice.

Sous l’impulsion de Grégoire 1er le Grand, pape de 590 à 6114, qui avait enrichi l’évêché de Rome par l’exploitation des domaines agricoles, les couvents allaient devenir autant d’exploitations indus­trielles ou agricoles.

Les lois et usages concernant la production et les échanges, codifiés par le droit romain, avaient totalement disparu au VIe siècle, les coutumes germaniques à l’échelon de la peuplade les ayant insuffisamment remplacés. Cette forme nouvelle de société communautaire fit créer, dans l’intérieur même des couvents, les premières coopératives de production dans toutes les branches indispensables à la vie collective et communautaire. Les gens de métiers ayant perdu leur riche clientèle romaine, trouvèrent dans les couvents leur principale clientèle. Ce fut notamment le cas des personnes pratiquant l’art de construire : il fallait des couvents, des églises et même des ouvrages d’art militaire pour se protéger contre les invasions permanentes.

Les couvents qui dérivaient du principe de saint Augustin de la Cité de Dieu, intégrée à la Société des Hommes, avaient, comme toute l’Eglise, conservé les principes d’organisation romaine et de droit romain. Aussi, tant pour s’assurer à bon marché une main-d’oeuvre qualifiée devenue très rare que pour assurer la formation professionnelle des nouvelles générations, de nombreuses congrégations monastiques fondèrent des Tiers-Ordres essentiellement laïques.

Le principal Ordre qui ait regroupé les Collégiales romaines des constructeurs est celui des Bénédictins, fondé à la fin du Ve siècle, par saint Benoît de Murcie, au Mont-Cassin. La règle bénédictine donne la priorité aux travaux manuels. C’est à cet Ordre que l’on doit la création et le développement de l’architecture gothique.

Nous, distinguons dans le gothique trois périodes : le roman ou gothique ancien, le gothique ogival et le gothique ogival frisé, appelé communément « Xve frise » ou  » flamboyant « .

LE ROMAN

L’architecture romane date d’un peu avant l’an mille, époque de la Grande Peur, qui marque aussi le début de l’ère médiévale. L’Occident, qui vivait alors dans un certain obscurantisme, fut soudain illuminé par la transmission de la philosophie antique par la voie de l’Espagne musulmane.

Les Bénédictins venaient de s’installer à Cluny, depuis 910 ; l’un d’entre eux, Gerbert, savant architecte, se rendit à Cordoue puis à Grenade, en 980. II en ramena l’A.B.A.C.U.M. ou Ars Subtila Arithmeticae, qui contenait, outre l’algèbre et la géométrie euclidienne, le livre du jeu d’échecs, le traité des poids et mesures, la philosophie platonicienne, la métaphysique d’Aristote et le symbolisme pythagoricien.

Gerbert – par la suite fait pape par Otton lll – régna de 995 à 1003, introduisit les mathématiques et la géométrie dans l’art de construire sous forme de l’Art du Trait, qu’il codifia en une sorte de satigraphie (dont on trouve des traces dans les manuscrits du Mont-Saint-Michel). Encore à l’heure actuelle, les résultats en sont surprenants : témoins l’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames de Caen, la cathédrale de Bayeux et celle de Vézelay, qui en est le plus bel exemple. Les traces de la métaphysique d’Aristote persistent à Vérelay où l’allégorisme primitif des églises mérovingiennes et carolingiennes s’épanouit.

Puis, vient l’ère des croisades. La première, prêchée par Urbain II, dura de 1096 à 1099. Elle créa l’Empire latin d’Orient qui couvrait pratiquement toute la côte est de la Méditerranée, depuis l’Egypte du Sud jusqu’à l’Empire byzantin, au Nord.

Entre la première croisade et la seconde, prêchée à Vézelay par saint Bernard, en 1147, et dirigée par Louis VII le Jeune, cinquante années s’écoulent. Pendant cette période, les troupes laïques et religieuses qui assuraient l’occupation de l’Empire latin d’Orient, pour regagner leur pays d’origine – le comté d’Edesse, la principauté d’Antioche, le comté de Tripoli ou le royaume de Jérusalem – devaient obligatoirement passer par la Grèce et les possessions de Byzance.

Or, parmi ces occupants, se trouvaient les moines bénédictins et les moines soldats, Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et Chevaliers Teutoniques ; les membres qui faisaient partie du Tiers-Ordre laïque étaient les ouvriers opératifs de ces nouvelles congrégations. Ces constructeurs ramenèrent de Byzance les traditions des collégiales romaines qui, n’ayant pas souffert des invasions barbares, avaient conservé tous les anciens secrets de métiers connus depuis la plus haute antiquité et que l’Occident avait presque totalement perdus. Leurs connaissances s’étaient épanouies voire enrichies sous l’influence de la tradition grecque et aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe arrivée a l’apogée de son évolution.

L’OGIVAL

Cette deuxième période nous intéresse le plus, car c’est elle qui apporte tout le symbolisme en architecture. Elle doit tout aux Templiers.

Ce type d’architecture remonte en Europe à 1125. On commençait alors à voir les premiers arcs outre-passés, notamment à Cîteaux qui venait d’être fondé, puis à l’abbaye de Fontevrault, en 1150. C’est le début du style gothique que l’on dénomme  » gothique Plantagenet  » (du patronyme de Henri II, duc d’Anjou qui allait devenir roi d’Angleterre).

L’Ordre des Templiers fut fondé à Jérusalem, en 1116, par neuf chevaliers auxquels, dix ans plus tard, s’adjoindra Hugues, comte de Champagne, donateur de Clairvaux. C’est sous le patronage du Bénédictin cistercien Bernard que l’Ordre reçut sa Constitution au concile de Troyes, en 1128, Honorius III étant pape. Dès I’origine, pour les besoins de la construction, des moines bénédictins habiles dan; l’art de construire y furent introduits; Les Templiers fondèrent en France leur premier établissement sous Louis VI le Gros qui, à la demande de saint Bernard, leur donna, en 1130, une maison à Paris à proximité de l’église Saint-Gervais, au début de la petite rue à gauche. (Cette maison existe encore. Elle est actuellement occupée par une société compagnonnique). A quelques jours de là, le roi leur fit don du domaine du Colombier, avec droit de haute et de basse justice. Ce

domaine longeait l’actuelle rue de Rivoli, depuis la rue des Blancs-Manteaux jusqu’à la rue Saint-Martin incluse ; en largeur, il était limité par le square du Temple et l’église Saint-Martin (à proximité du Conservatoire des Arts et Métiers). L’ensemble était marécageux. Les Templiers I’assainirent.

Dans la toute proche église Saint-Gervais, on voit encore. dans le, stalles du choeur, de nombreuses figures ésotériques ainsi qu’un maçon initié genou découvert, suivant l’ancienne tradition. Par l’équerre et le compas placés à côté, on se rend compte que le maçon étudie l’oeuvre

On retrouve le même symbolisme à Gisors ; en outre, dans la chapelle Sainte-Claire, un gisant dénommé le Maître Parfait – fait penser au symbolisme du troisième grade.

L’OEUVRE DES TEMPLIERS

Les Templiers couvrirent l’europe d’églises remarquables de châteaux forts, tel le « château Gaillard pour le compte de Richard Coeur de Lion « , dans le but de s’opposer à Philippe Auguste, roi de France. Ils bâtirent de véritables villes fortifiées — comme Coucy-le-château, construit par Enguerrand de Coucy – pour résister à saint Louis, qui voulait refréner son droit féodal. Les Allemands, en 1914, employèrent dix tonnes de dynamite pour faire sauter la tour ventrale bâtie en 1240.

Les Templiers édifièrent leurs couvents qui, rappelant leur vocation de moines-soldats, se dénommaient  » Commanderies  » . Chacune d’elles était reliée à une autre suivant la hiérarchie du grade du chevalier qui la dirigeait. Les commanderies de base avaient pour commandeur un maître charpentier qui assurait l’instruction perma­nente des ouvriers maçons, tant religieux que laïques.

En Orient, les Templiers remplirent le rôle de constructeur pour le compte des Croisés ; ils formaient aussi le corps de génie militaire. Dès 1123, ils bâtirent avec les Hospitaliers les lieux nouvellement conquis des églises et des forteresses (1).

En Occident comme en Orient, les Templiers, qui étaient des religieux. avaient recours pour l’exécution de leurs travaux de bâtiment, à la main-d’oeuvre locale.

En France,en Angleterre, en Allemagne et dans toute l’europe le Tiers-Ordre du VIe siècle, qui formait des associations d’ouvriers du bâtiment vivant dans la dépendance conventuelle, cessa d’exister au début du XII e siècle. jusqu’à cette époque, le couvent avait été le seul centre de la science, les arts pouvant s’y développer en sécurité. Mais, avec l’extension des libertés municipales, les grandes cités médiévales devinrent de grands ventres – Paris, Chartres, Amiens, Londres, Oxford. Laon, Noyon, Reims, Soissons, Strasbourg, Cologne – où, aux Tiers-Ordres monastiques succédaient les Francs-Métiers : ceux-ci, sous le nom de Jurantes ou de Guildes, rassemblaient les ouvriers de métiers en fraternité laïques.

FRATERNITES DE CONSTRUCTEURS

Les membres du chaque corps de métier étaient groupés en une association professionnelle chrétienne placée sous la protection d’un saint ou d’une sainte. Pour y être admis, il fallait se soumettre à des épreuves symboliques particulières à chaque profession. Les épreuves des fraternités de constructeurs étaient celles que nous connaissons encore aujourd’hui dans la Maçonnerie spéculative, héritière , en cette matière, de la tradition de la plus haute antiquité.

Ce genre de confrérie paraît avoir pris naissance à Chartres, lors de la construction de la cathédrale, aux alentours de 1125. C’est de cette époque que date la franc-maçonnerie opérative, entièrement composée de laïcs et n’allant qu’au troisième grade. Si ses membres devaient tous leurs enseignements aux Templiers, on ne doit pas néanmoins les confondre avec ces religieux fort savants ni avec les Moines-Chevaliers, très bons architectes et déjà  » maçons spécu­latifs « .

L’existence légale de ces confréries laïques professionnelles était régie par extension des droits des anciens Tiers-Ordres transférés aux fraternités laïques de la franchise. Les Francs-Maçons obtenaient ces franchises des congrégations de Bénédictins, des Templiers et des Hospitaliers qui exigeaient des redevances peu importantes. Pour d’autres francs-métiers, soumis à la protection seigneuriale ou royale les redevances étaient très lourdes. Cette différence fit que la dépendance aux congrégations religieuses subsistait. De plus, en vertu des conventions féodales conclues entre les suzerains, les franchises religieuses donnaient droit de  » cité  » aussi bien sur les territoires ecclésiastiques que seigneuriaux ou royaux. Par ailleurs, la formation professionnelle des constructeurs s’est poursuivie dans les couvents jusqu’au début du XIVe siècle.

Les maîtres d’oeuvres laïques, tels Jean d’Orbais, Villard de Honnecourt et Pierre de Corbie, oeuvrèrent à Chartres ; Pierre de Montreuil, à la cathédrale de Paris et à la Sainte-Chapelle. Mais ne devenait pas maître d’oeuvre qui voulait.

En premier lieu, tout compagnon accompli, cinq à sept ans au minimum après avoir été reçu comme tel parmi les maîtres, devait encore travailler pendant un certain temps et acquérir les connaissances de ceux-ci. Ensuite, il était consacré maître d’oeuvre si le chef d’oeuvre qu’il avait exécuté était jugé satisfaisant.

Mais ce n’était point tout. Débordant du cadre professionnel, une enquête municipale faite auprès du candidat concernait sa moralité, sa piété et les possibilités financières qui lui permettaient de payer les matériaux et le salaire de ses ouvriers.

Tout maître d’oeuvre devait être capable d’assurer la conception de l’oeuvre, d’organiser le chantier, de recruter les ouvriers et d’en régler les dépenses. Ces trois conditions étaient impératives. Le maître d’oeuvre, lorsqu’il était religieux, prenait le titre de vénérable maître. A l’époque de la construction des grandes cathédrales gothiques, à Reims, Laon, Paris, Chartres, Cologne, Amiens, les Templiers – en contact en Orient avec les ordres religieux des Ismaéliens karmates et ascasines, sectes schismatiques musulmanes – adoptèrent à la fois leurs secrets de métiers ainsi que les rites et les formes d’architecture orientale. C’est d’Orient qu’ils ramenèrent le secret de la construction de l’arc brisé qui existait déjà dans des constructions orientales, ainsi que la voûte de croisée de transept s’équilibrant en son milieu par la masse formée par son pendentif. C’est en Orient aussi que les Croisés apprirent des Byzantins, qui le tenaient eux-mêmes de Babylone, à fortifier les châteaux.

Les Templiers, en adoptant ces formes d’architecture, ont emprunté les symboles de celles-ci, et aussi l’art de penser : la dialectique, qui permettait de philosopher sur les sens cachés, a donné la rhétorique. Le symbolisme des nombres et des dimensions que nous trouvons dans les églises date de cette époque. Ce sont eux aussi qui répandirent en Europe la pensée gnostique platonicienne et aristotélicienne, déjà propagée en Espagne par Averroès et Maïmonidès, ainsi que par les Cathares albigeois dans le Midi de la France, particulièrement dans tout le comté de Raymond de Toulouse. Ils ramenèrent d’Orient, non seulement l’art de construire, mais aussi l’algèbre, l’alchimie, aïeule de notre chimie moderne, ainsi que l’alchimie intellectuelle qui tendait à rendre l’homme meilleur.

Sur le plan purement spirituel, les Templiers s’imprégnèrent de l’esprit gnostique des Ismaeliens qui considéraient l’univers comme une émanation de la divinité. La gnose était enseignée sur un mode initiatique: C’était une catéchèse appropriée à toutes les confessions, toutes les races, toutes les castes fondées sur la raison, la tolérance et l’égalité. Ces théories attireront plus tard, tant Raymond Lulle que Pic de La Mirandole.

L’esprit de Platon et d’Aristote régnait à Chartres, lors de la première construction, entre 1124 et 1154 ; des réalisations comme ces cathédrales démontraient – et elles démontrent encore – les parfaites connaissances de leurs bâtisseurs.

En même temps, l’évolution et la philosophie aristotélicienne allaient permettre à l’homme de se délivrer des contraintes dogmatiques religieuses et de reprendre l’autonomie de ses investigations. Ainsi, de la moitié du XIIe siècle jusqu’au milieu du XIVe se construisit-il, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie – avec les méthodes particulières que l’on admire encore aujourd’hui -, les merveilleuses cathédrales ogivales que nous connaissons. Elles se ressemblent toutes, avec un air de famille certain.

II est intéressant de retrouver dans la tradition du grand-oeuvre qu’est une cathédrale les origines du symbolisme de la Franc­Maçonnerie spéculative.

LES SYMBOLES

Signalons d’emblée deux grands principes philosophiques qui constituaient le programme directeur : les cathédrales, de même que les temples antiques, et plus particulièrement le temple de Salomon, sont construites à la fois en plan à la forme et dans les proportions humaines.

Le plan de celle de Chartres le met en évidence : à la croisée du transept se trouve le coeur, la tête étant au sanctuaire ou saint des saints. A l’endroit où se trouve l’autel, il y avait, dans le Temple de Salomon, des Tables de la Loi. Les proportions sont rigoureusement celles du corps humain, le sanctuaire était le septième du reste.

Ces cathédrales sont toutes vouées à Notre-Dame. Non à la mère du Christ, mais à la Vierge-Mère, qu’elle s’appelle Gaea, Rhéa, Cybèle, Déméter, Isis, la Bonne Déesse, la Terre Mère. Dans la célèbre cathédrale de Chartres notamment, la Vierge qui trône est noire avec un puits qui descend aux entrailles de la Terre. C’est donc bien la Natura Naturans.

Les connaissances que devaient avoir les constructeurs des cathédrales se rapprochaient de celles des alchimistes dont ils employaient les symboles ; leur initiation comprenait l’étude du cercle, ainsi que l’indique le Mystérieux Quatrain des Tailleurs de Pierre :

Un point dans le cercle

Et qui se place dans le carré et dans le triangle

Connais-tu le point – tout est bien

Tu ne le connais point – tout est vain.

Arrivant dans une ville étrangère, un compagnon ou un maître devait justifier dans son milieu qu’il pouvait retrouver le cercle directeur et le pôle de symétrie. En dehors des deux principes philosophiques, des règles symboliques déterminaient l’orientation, les proportions et l’ordonnancement extérieur. La première pierre d’une cathédrale était placée à l’angle nord-est où avait été reçu le dernier apprenti. La cathédrale, tout comme la Loge maçonnique, est orientée à l’Orient. Son Sanctum Sanctorum est à l’est, d’où vient la lumière du soleil levant. L’entrée du sanctuaire, placée à l’occident, est constituée par trois portes ; celle du milieu, la plus importante, ne sert que dans les circonstances exceptionnelles, tandis que celle de gauche demeure ouverte.

Le sens circumcirculatoire y est nécessairement de l’ouest vers l’est par le nord, puis, au retour, de l’est à l’ouest par le midi. C’est le mouvement apparent du soleil, du couchant au levant, ensuite du levant au couchant ; c’est encore celui que l’on doit suivre dans une Loge maçonnique.

La façade de la cathédrale gothique est presque toujours flanquée de deux clochers latéraux symbolisant le binaire, comme les deux colonnes du temple maçonnique. En outre, ils sont, comme dans le Temple de Salomon, placés à l’extérieur. Le plus souvent, le clocher de gauche domine celui de droite : ainsi à Strasbourg, à Troyes, à Bourges, à Amiens, à Cologne. La cathédrale de Chartres l’explicite clairement : la flèche de gauche porte le Soleil, la flèche de droite la Lune. Invariablement, entre les deux, il y a le triangle, symbole du ternaire.

La cathédrale, de même que la Loge maçonnique, représente le cosmos. A l’intérieur, la nef et le transept sont divisés dans le sens de la hauteur en deux parties d’inégales hauteurs :

- la partie basse formant le soubassement est toujours aveugle, comme une Loge maçonnique, sauf pour les portes, cette partie de l’édifice représentant l’homme dans l’univers, proportion 3/15 de haut limitée de la partie supérieure d’où part l’éclairage par une frise dénommée en architecture  » chien courant  » (du fait que, parfois, des animaux sont mélangés au feuillage) ;

- la partie supérieure représente la divinité 12/5 répartie en une partie verticale signifiant la perfection des proportions : 7/15 et une partie voûtée symbolisant la connaissance : 5/15 (le pentagone a été, dans toutes les religions, le symbole de la science).

Le nombre, directeur est généralement exprimé par le polygone, par les arêtes des voûtes faisant leur jonction avec la croisée du transept ou de la grande rosace qui constitue un lieu d’équilibre de

l’action et de la réaction des charges bien plus qu’un moyen d’éclairage et de beauté.

Quand on retrouve d’anciens tracés, on est frappé par l’absence de mesures indiquées : c’est qu’il n’y en avait pas.

Tout résidait dans les proportions de l’oeuvre en fonction du cercle directeur.

Sans connaître le grand secret, on peut aisément constater que l’unité de base se trouve à la croisée du transept, lequel est toujours construit sur plan carré ; que la largeur du transept est égale à la largeur de la nef ; que la travée courante constitue un rectangle dont le petit côté représente la moitié du grand, soit la moitié du carré du transept ; que chacun des bas-côtés est construit sur un plan carré égal au petit côté du rectangle de la travée ; enfin, la largeur des baies latérales est égale à la moitié du côté du carré des bas-côtés. soit le quart du côté du carré du transept.

Les rapports des baies en hauteur étaient proportionnés par des procédés analogues. La grande rosace était de dimensions semblables au cercle inscrit dans la croisée du transept. Le reste était stéréotomie et art du trait. II est aisé de voir que, à partir de la croisée du transept, l’édifice se bâtissait en tenant compte des proportions reportées à partir du cercle directeur du transept qui commandait tout.

Quant aux murs extérieurs, une règle générale en déterminait l’ordonnancement qui est vraiment symbolique :

- au nord : les scènes bibliques de l’Ancien Testament ; – au sud, brille la loi nouvelle donnée par l’Evangile ; – l’occident regarde le Jugement dernier ;

- à l’orient : les faits relatifs à l’époque.

Les costumes des métiers de l’époque que nous trouvons à Chartres constituent une importante documentation historique.

Quant aux imageries extérieures, qui étaient le livre du pauvre, elles représentent une partie de la pensée médiévale. Elles découlaient de l’allégorie édifiante et pédagogique employée par les Grecs et les Romains.

A Notre-Dame de Paris, le porche d’entrée est surtout décoré de symboles alchimistes. Sur le trumeau central qui partage les deux baies, une série de vingt-huit figures représente les sciences médiévales, dont l’alchimie avec ses deux livres : l’un fermé= l’ésotérisme, lautre ouvert l’hermétisme ; maintenue contre ce dernier, une échelle de neuf échelons symbolise les opérations alchimiques successives et la patience. Au portail Nord, celui  » de la Vierge « , on est d’abord surpris de voir Marie tenir dans ses mains un symbole rosicrucien ; puis, sur le tympan, une vie du Christ avec un sarcophage qui porte les symboles alchimiques des métaux planétaires, le Soleil étant placé juste au milieu, ce qui tend déjà à prouver les connaissances héliocentriques.

Certaines églises abbatiales, notamment celle de Fontevrault, construites à cette époque, l’ont été sur les mêmes principes que les cathédrales.

Les procédés de construction gothique ont permis de vastes dimensions. La cathédrale de Reims : 6.650 mètres de superficie ; celle de Bourges : 6.200 mètres ; celle de Paris : 5.500 mètres. Chacune d’elles pouvait contenir quinze à vingt mille personnes. C’est que, lors des grands pèlerinages du Moyen Age, la cathédrale était à la fois l’hôtel où l’on dormait et le sanctuaire. Elle était également le refuge hospitalier de toutes les infortunes, et les médecins y donnaient leurs consultations. L’Université, pour être indépendante, vint y tenir ses assises et y resta jusqu’en 1454. Les alchimistes se rencontraient régulièrement au jour de Saturne, à Notre-Dame de Paris, au portail Saint-Marcel.

Les cathédrales furent aussi des symboles de liberté municipale : c’est là que se retrouvaient les confréries des gens de métiers et que prirent naissance Guildes et Jurantes.

Après les persécutions des Templiers par Philippe le Bel, la dissolution de l’Ordre par Clément V et les derniers autodafés ordonnés en France en 1314, nombre de Francs-Maçons, privés de la formation professionnelle templière, créèrent leurs propres écoles où professait Maître Charpentier, ancien commandeur du Temple. Dès lors, les arts libéraux, l’astronomie, la philosophie, la rhétorique et la dialectique et l’administration furent enseignés par des Templiers qui, sans être constructeurs, étaient formés dans l’art d’enseigner les pensées. Ainsi naquirent les premiers Francs-Maçons acceptés, anciens Chevaliers du Temple (2).

Cette nouvelle formation professionnelle aboutit à ce que l’on appelle le XVe frisé. Un des modèles du genre est l’église Saint-Merri à Paris (rue de la Verrerie, à l’angle dé la rue Saint-Martin), commencée en 1520 sous François Ier , terminée en 1612 sous Louis XIII. Il est curieux d’y retrouver – deux siècles après la disparition de l’Ordre – les règles templières et cabalistiques. On est frappé de voir sur le porche des statues de saints représentés par des principes destinés à mettre en évidence des allégories ésotériques, bases des principes gnostiques du XIIe siècle, de retrouver aussi bien: les quatre éléments, la Cabale et les nombres 3, 4, 5.

Saint-Merri est une des dernières églises du type des cathédrales. Ici, toute la science hermétique, dissimulée au XIIe siècle, franchissant le voile de l’ésotérisme, a la transparence du symbolisme élémentaire.

En effet, à la porte sortant de la clé de voûte ogivale centrale, l’Androgyne, élément mâle et femelle, à seins de femme, au menton barbu et portant les cornes au front, reproduisant l’image de la quinzième lame des tarots, fait l’inverse du signe de l’ésotérisme qui signifie la priorité de la matière sur l’esprit. C’est le baphomet des Templiers et des gnostiques ismaéliens. Lors de la fameuse condamna­tion, l’Inquisition prétendit que les Templiers adoraient une idole et que cette appellation était une déformation du nom de Mahomet.

En réalité, les Templiers, kabalistes comme les Ismaéliens, avaient exprimé sous les trois consonnes hébraïques : beth – alef – mem – signifiant : science – volonté – transformation de l’homme – accompagnées des suffixes qualitatifs : phe (espérance) et heth (équilibre universel), le sens gnostique du Dieu Noir des Manichéens, Maître des lois naturelles terrestres. Ce sens suivant la valeur ésotérique des lettres hébraïques définies ci-dessus, était le suivant : La science au service de la volonté fait espérer une transformation harmonieuse de l’homme étendue à l’univers.

En fait, à l’église Saint-Merri, ces lois naturelles sont ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la matière qui correspond à l’élément de terre.

Dans le vitrail éclairant le transept de gauche, domination du jaune, du bleu et du bleu verdâtre, dont la vitrauphanie correspond au signe d’eau.

- Dans le vitrail éclairant le transept de droite, domination du jaune et du rouge, correspondant au signe de feu.

- Dans le Saint des Saints, un Christ portant au-dessus de la tête un cercle avec un triangle inscrit ; à l’intérieur, le tétragramme représentant le signe d’air.

- Quant à la voûte de la croisée du transept, elle dessine un octogone ; le pendentif avec ses deux renflements fait apparaître les nombres 9 et 10.

Ce cercle kabaliste avec l’arbre  » séphirotique  » est d’ailleurs reporté sur les modénatures en pierre (découpes de pierre formant des corniches ou colonnettes) portant les vitraux de la grande rosace ainsi que sur celles qui portent les vitraux du transept droit et gauche.

Dans les chapelles rayonnantes arrière, celle du centre est réservée à Marie. Au fond, un vitrail met en exergue la lettre romaine M (treizième lettre de l’alphabet) et la lettre hébraïque meme (également la treizième de l’alphabet) qui est l’attribut de la transformation engendrée par la Mère Nature.

Dans une chapelle de gauche, l’annonce faite à Marie ‘représente Dieu le Père dans un triangle, Dieu le Fils, le Christ, dans un carré, Dieu Esprit universel, Saint-Esprit, dans un pentagone.

L’ensemble symbolise et affirme le principe du ternaire des catholiques et des gnostiques.

D’une façon générale, toutes ces dispositions concernent les églises gothiques ogivales ou flamboyantes.

L’élément de terre, défini par le baphomet, a été souvent remplacé par d’autres figures. La disposition des éléments de terre se trouvait à l’extérieur. Les éléments d’eau étaient placés dans le transept de gauche, ceux du feu dans le transept de droite. L’élément d’air a été presque toujours précisé par le tétragramme soit en clef de voûte du Sanctum Sanctorum, soit au milieu d’une voûte bleue étoilée.

Il est également à rappeler que les couleurs de base employées pour chacun des éléments font partie du symbolisme chromatique qui remonte à la nuit des temps. Ces couleurs furent codifiées par Grégoire le Grand, qui avait été moine bénédictin avant de devenir pape.

Il est intéressant de constater que l’emploi du nombre directeur, abandonné pendant les grandes invasions des Ve au VIII’ siècles, a été , repris dans les cathédrales gothiques sous l’influence des Templiers qui le ramenèrent d’Orient.

Cet emploi du nombre en architecture remonterait, d’après Viollet-le-Duc, aux Egyptiens, à la période du roi Chéops (vers 2600 av. J.-C.) ; cela plus particulièrement en ce qui concerne le triangle équilatéral et les nombres 3, 4 et 5.

(1) Les Hospitaliers ne reçurent leur charte qu’en 1137.

(2) Tous les francs-métiers, y compris la maçonnerie opérative, furent dissous par Louis XIV, en 1690, peu de temps après la révocation de l’Edit de Nantes. C’est à cette époque que le compagnonnage succéda à la franc-­maçonnerie opérative.

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Protégé : Le Soleil – 1° - 21 juin, 2008

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