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DIFFÉRENCE RELIGION ET SPIRITUALITÉ 23 juin, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

DIFFÉRENCE RELIGION ET SPIRITUALITÉ :

 

Ce grand homme s’appelait Pierre Teilhard de Chardin, paléontologue, prêtre jésuite , né en France en 1891 et mort en 1955. Voici l’un de ses brillants écrits :

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La religion n’est pas seulement une, il y en a des centaines.

La spiritualité est une.

La religion est pour ceux qui dorment.

La spiritualité est pour ceux qui sont éveillés.

La religion est pour ceux qui ont besoin que quelqu’un leur dise quoi faire et qui veulent être guidés.

La spiritualité est pour ceux qui font attention à leur voix intérieure.

La religion a un ensemble de règles dogmatiques.

La spiritualité invite à raisonner sur tout, à tout remettre en question.

La religion menace et fait peur.

La spiritualité donne la paix intérieure.

La religion parle de péché et de culpabilité.

La spiritualité dit : « Apprends de l’erreur ».

La religion réprime tout et dans certains cas elle est fausse.

La spiritualité transcende tout, elle te rapproche de ta vérité !

La religion parle d’un dieu ; ce n’est pas Dieu.

La spiritualité est tout et donc elle est en Dieu.

La religion invente.

La spiritualité trouve.

La religion ne tolère aucune question.

La spiritualité remet tout en question.

La religion est humaine, c’est une organisation avec des règles d’hommes.

La spiritualité est Divine, sans règles humaines.

La religion est une cause de divisions.

La spiritualité unit.

La religion te cherche pour croire.

La spiritualité il faut la chercher pour croire.

La religion suit les préceptes d’un livre sacré.

La spiritualité recherche le sacré dans tous les livres.

La religion se nourrit de la peur.

La spiritualité se nourrit de confiance et de foi.

La religion vit dans la basse astral.

La spiritualité vit dans la conscience.

La religion prend soin de faire.

La spiritualité est liée à l’Être.

La religion nourrit l’ego.

La spiritualité pousse à transcender.

La religion nous fait abandonner le monde pour suivre un dieu.

La spiritualité nous fait vivre en Dieu, sans nous abandonner.

La religion est un culte.

La spiritualité est la méditation.

La religion nous remplit de rêves de gloire au paradis.

La spiritualité nous fait vivre la gloire et le paradis ici et maintenant.

La religion vit dans le passé et dans le futur.

La spiritualité vit dans le présent.

La religion crée des cloîtres dans notre mémoire.

La spiritualité libère notre conscience.

La religion nous fait croire en la vie éternelle.

La spiritualité nous rend conscients de la vie éternelle.

La religion promet la vie après la mort.

La spiritualité promet de trouver Dieu en nous pendant la vie et la mort.

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SOURCE  : le net – Philippe Laporte

DEPUIS LES TEMPS IMMÉMORIAUX L’HUMANITÉ CÉLÈBRE LE SOLSTICE D’ÉTÉ

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

DEPUIS LES TEMPS IMMÉMORIAUX L’HUMANITÉ CÉLÈBRE LE SOLSTICE D’ÉTÉ

Le solstice d’été, également connu sous le nom de début de l’été, se produit lorsque l’un des pôles de la Terre atteint son inclinaison maximale par rapport au Soleil. Dans l’hémisphère nord, cela se produit lorsque le Soleil entre en Cancer, vers le 21 juin. Dans l’hémisphère sud, cela se produit lorsque le Soleil entre en Capricorne, vers le 21 décembre. En raison de cette inclinaison, le solstice d’été est le jour le plus long de l’année.

DEPUIS LES TEMPS IMMÉMORIAUX L’HUMANITÉ CÉLÈBRE LE SOLSTICE D’ÉTÉ dans Recherches & Reflexions SOLSTICE-ETE-FRANCMACON

Les humains célèbrent le solstice d’été depuis très, très longtemps. Dans le Wiltshire, en Angleterre, depuis le point d’observation situé au milieu du cercle de pierres du célèbre site de Stonehenge de l’âge du bronze, le soleil se lève directement sur la pierre du talon. À Fajada Butte, dans le Chaco Canyon, au Nouveau-Mexique, un poignard de lumière semble percer le cœur de la spirale du pétroglyphe. Le mécanisme grec d’Anticythère qui, selon le groupe de scientifiques auquel vous demandez, a été daté entre 250 et 60 avant JC, est une merveilleuse pièce d’ingénierie qui a été utilisée pour enregistrer, entre autres dates, le solstice d’été et le début des Jeux Olympiques.

 

Les druides d’aujourd’hui célèbrent le solstice d’été avec la fête d’ Alban Hefin , qui signifie « La Lumière de la Côte ». Pour eux, la côte maritime est un lieu entre les mondes, où se rencontrent le ciel, la mer et la terre. Ils voient le solstice d’été comme une expression de cette liminalité, car même si le Dieu Soleil est à son apogée, sa force diminue également et les jours raccourcissent.

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Les anciens druides récoltaient le gui sur les chênes à midi au solstice d’été. Le gui ne produit pas de baies en été et, sous cette forme, était apprécié pour ses pouvoirs protecteurs. Pour s’assurer que rien de ce pouvoir protecteur ne soit perdu, les druides étendaient ou tenaient du linge blanc sous chaque arbre afin que le gui ne tombe pas directement sur la terre et n’envoie pas le pouvoir dans le sol.

Les wiccans et les païens d’orientation similaire appellent le solstice d’été Litha . Nommée d’après la déesse anglo-saxonne des céréales, Litha célèbre les pouvoirs fertiles de la nature à leur apogée. C’est le moment de faire la fête, de nager, de faire des feux de joie et même des feux d’artifice. Comme le solstice d’été représente le mariage entre le ciel et la terre, c’est aussi une période populaire pour les mariages païens, où les couples « sautent sur le feu de joie » pour cimenter leurs vœux. Une tradition ancienne qui est relancée dans certaines régions est le rituel consistant à conduire le bétail sur les braises mourantes du feu de la Saint-Jean, mais avec la précaution de sécurité consistant à avoir deux feux plus petits avec un chemin entre eux pour conduire les animaux.

Parmi les adeptes de la métaphysique, une croyance commune à propos du solstice d’été est que c’est l’une des périodes de l’année où le « voile » entre le monde humain vivant et l’Autre Monde devient le plus fin. En particulier, de nombreuses histoires d’humains entrant dans le monde des fées, ou d’observations de fées dans le monde des humains, se produisent au milieu de l’été. Peut-être que certaines de ces histoires – ou ces observations elles-mêmes – ont inspiré William Shakespeare à écrire Le Songe d’une nuit d’été .

Le solstice d’été est une période traditionnelle pour récolter des herbes à des fins de protection, tant pour les maisons que pour les animaux. Les branches de Rowan peuvent être accrochées aux entrées des écuries, granges, poulaillers, enclos à moutons et chèvres, etc. – pour protéger les animaux des maladies ou des dommages causés par la magie maléfique. De même, une branche de sorbier suspendue au-dessus de l’endroit préféré d’un animal offrirait la même protection spéciale. La rue est considérée comme protectrice contre les maladies et les poisons, bien qu’elle soit elle-même toxique lorsqu’elle est ingérée en quantité suffisante. En Italie, la rue était considérée comme une herbe si importante que les fabricants de bijoux fabriquaient des répliques en argent pour se protéger du mauvais œil. En Angleterre, on croyait que la rue offrait une protection contre les enchantements féeriques.

Dans l’une des nombreuses tentatives de l’Église pour éradiquer les pratiques païennes au fil des ans, le 24 juin a été désigné « Jour de la Saint-Jean », dans l’espoir qu’il remplacerait les célébrations de la Saint-Jean, une autre herbe traditionnellement cueillie au solstice d’été. après lui. Le millepertuis fleurit autour du solstice d’été et ces fleurs sont d’un jaune joyeux et ensoleillé. En plus de produire une magnifique teinture jaune, le millepertuis est également crédité de la capacité de piéger les esprits partout où il est accroché.

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La verveine est une autre herbe traditionnellement récoltée au milieu de l’été et censée avoir le pouvoir de purifier et de bannir le mal et la négativité. La lavande est également récoltée à cette époque et est utilisée pour fabriquer de l’encens pour les rites de la Saint-Jean. Les graines de fougère, qui sont en fait des spores encore attachées à la feuille et portées dans la chaussure, étaient autrefois censées rendre celui qui les porte invisible. Actuellement, la racine de la fougère mâle, avec les feuilles intactes, est séchée dans le feu de la Saint-Jean pour créer l’amulette « main porte-bonheur ».

Dans la tradition est-anglienne, Midsummer est la septième des huit fêtes de l’année naturelle, qui célèbrent ce que Nigel Pennick appelle « les saisons ». Ces saisons expriment le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance qui fait partie intégrante du cycle agricole. En même temps, ils constituent également un moyen d’explorer les questions métaphysiques de la vie, de la mort et du chemin vers l’illumination spirituelle. Dans cette tradition, les saisons sont les suivantes :

Gare Festival Événement Cycle agricole
1 Aucun (c’est un mystère) Mort/renaissance La plante produit des graines et meurt.
2 équinoxe d’automne Appel/invocation Maturation/récolte des fruits.
3 Samhain (31 octobre) Éveil En lâchant prise, la graine est libérée.
4 Nouvelle année Éclairage Renaissance de l’étincelle de vie dans la graine.
5 Équinoxe vernal Réconciliation La graine, apparemment morte, revient à la vie.
6 Beltane (1er mai) union mystique La plante pousse en harmonie avec l’environnement.
7 Été Sanctification La fleur s’ouvre et est fécondée.
8 Lammas (1er août) Conclusion Le cercle tourne.

Les druides, les wiccans et les païens celtes ont une approche légèrement différente de l’observation du cycle global du monde naturel. Ils l’appellent « La Roue de l’Année » et conçoivent le cycle comme suit :

Festival Événement Cycle agricole
Samhuinn (31 octobre) Fin et début d’année. Souvenir et contact avec les morts honorés. Récolte finale ; abattage du bétail qui ne peut pas survivre à l’hiver.
Solstice d’hiver (Alban Arthan) Mort et renaissance. Mort du Holly King et renaissance du Oak King. La nuit la plus longue de l’année.
Imbolc (2 février) Honorez la Déesse Mère. Premiers signes du printemps, naissance des agneaux (sous certains climats).
Equinoxe de printemps (Alban Eilir, Eostre) Célébrez la Résurrection de Dieu, la lumière qui triomphe des ténèbres. Égalité du jour et de la nuit ; les fleurs commencent à apparaître ; les premières graines sont plantées.
Beltane (1er mai) Célébrez la fertilité de la terre. Le printemps est en pleine floraison.
Solstice d’été (Alban Hefin) Célébration de l’union du ciel et de la terre. Le jour le plus long de l’année.
Lughnasadh (1er août) Rendons grâce à la Déesse. Première récolte, à savoir les céréales.
Equinoxe d’Automne (Alban Elfed, Mabon) Rendons grâce à la Déesse et préparez-vous au retour des ténèbres. Même jour et même nuit. Deuxième récolte, à savoir les fruits.

Bien que le solstice d’été se classe au septième rang des saisons et au quatrième rang de la roue de l’année la plus courante, sa signification essentielle est la même dans les deux calendriers. Le solstice d’été est le moment de célébrer la lumière lorsqu’elle est à son apogée, lorsque la croissance luxuriante est à son apogée. En même temps, cela nous rappelle que la lumière commencera à faiblir après cela et que nous ferions bien de réfléchir à la nature de notre récolte spirituelle.

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Source : Blog de la Société Philosophique

Laïcité et franc-maçonnerie 22 juin, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Laïcité et franc-maçonnerie

Laïcité et franc-maçonnerie, voilà un sujet qui soulève bien des passions, notamment en France. Laïcité et franc-maçonnerie sont-elles indissolublement et nécessairement liées ? Ont-elles des origines communes ? La franc-maçonnerie est-elle un auxiliaire indispensable de la laïcité ? Et finalement, de quelle laïcité parlons-nous, dans la société comme en franc-maçonnerie ? N’y a-t-il pas une certaine nombre de malentendus qui entourent la notion de laïcité, y compris en franc-maçonnerie ?

 

La notion de laïcité 

 

Le terme laïcité vient du mot laïc, qui appartient au langage ecclésiastique. Venant du latin « laicus », qui remonte lui-même au grec « laïkos », de « laos », le peuple. Le terme laïc désigne donc toute personne qui n’appartient pas au clergé, dans l’Église catholique mais aussi dans les Églises protestantes, même si ces dernières n’ont pas de clergé au sens traditionnel du terme.

L’Église ayant détenu le quasi monopole du savoir pendant des siècles, le terme laïc en vint assez vite à signifier « ignorant », sens qu’il a conservé dans la langue anglaise, pour laquelle « lay »ou « layman » désigne quelqu’un qui ignore un domaine du savoir, par exemple scientifique ; en français, on dira plutôt un profane (pas dans le sens maçonnique, bien sûr).

Le terme laïcité n’apparaît en France qu’à la fin du Second Empire et prendra un sens assez différent de son origine ecclésiastique. Il désigne le principe de séparation de l’Église et de l’État et de non ingérence de l’un dans l’autre. Il s’agit ainsi d’abord d’une notion juridique, fixant les limites d’intervention tant de l’Église et de l’État. Mais d’un point de vue philosophique et politique, il s’agit plus largement de la volonté de faire sortir la société de l’emprise du discours et des normes religieuses.

Selon la pensée laïque, le religieux et la sphère publique sont deux réalités distinctes qui peuvent coexister, mais sans interférences. Elle ne signifie pas la négation du religieux, mais sa réduction à la sphère privée.

 

Origines de la laïcité 

 

Si la laïcité telle que nous l’entendons aujourd’hui remonte au dernier tiers du XIXe siècle et peut ainsi paraître très moderne, ses origines sont en fait très anciennes. On peut même dire que volonté de distinguer la sphère religieuse de la sphère de la politique remonte aux Évangiles mêmes ; Jésus ne dit-il pas « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » ? Le message chrétien originel ne préconisait-il pas déjà l’autonomie des deux sphères temporelles et spirituelle ?

Mais force est de constater qu’au cours des siècles, l’Église catholique n’a eu de cesse d’accroître son influence, pour ne pas dire sa domination, sur la sphère politique. Elle reconnaissait que les souverains détenaient le Pouvoir (Potestas), mais prétendait détenir l’Autorité (Auctoritas), qui lui est supérieure. Elle était grandement aidée dans ses prétentions par le fait que l’enseignement supérieur était pratiquement son monopole. Les hautes charges administratives de l’État étaient ainsi souvent occupées par des ecclésiastiques et des pans entiers de ce nous paraît aujourd’hui ressortir des compétences de l’État étaient entre ses mains, tels que l’école et l’hôpital.

La première brèche dans cet édifice catholique fut la Réforme protestante du XVIe siècle. Pour les Églises nées des Réformes luthérienne et calviniste, de même que pour l’Église Anglicane, le modèle va s’inverser. Les Églises étant organisées sur un plan national et ne dépendant plus d’une puissance extérieure (Rome), c’est immanquablement le pouvoir temporel qui aura tendance à prendre le dessus. C’est dans cette brèche que s’engouffrèrent les premiers philosophes politiques anglais du XVIIe siècle, comme John Locke (1632-1704). Introduisant la notion de Contrat Social, la philosophie politique va faire échapper le fondement de la société à tout déterminisme religieux. Par un consentement originel (et forcément mythique), la future société humaine s’est dotée de dirigeants, dont la tâche est de faire respecter l’ordre et la justice : nul n’est peut donc se revendiquer de droit divin, et l’Église doit prendre acte que la société ne dépend pas d’elle, même si elle peut conserver un rôle important comme pourvoyeuse de valeurs morales.

Laïcité et franc-maçonnerie dans Contribution

On sait le succès que la notion de Contrat Social eut chez les Philosophes des Lumières au XVIIIe siècle. Ces nouvelles théories s’incarnèrent, de manières certes bien différentes, dans les deux plus importants événements politiques du siècle, l’Indépendance des États-Unis et la Révolution Française.

Mais la laïcité au sens actuel a vu le jour en Europe, et notamment en France, au XIXe siècle. Après la chute de l’Empire napoléonien se refermait apparemment la parenthèse révolutionnaire. Les vielles monarchies et l’Église catholique crurent qu’il leur serait aisé de reconquérir le terrain perdu. Une vague de conservatisme s’abattit sur l’Europe, et la question religieuse se radicalisa. L’Église catholique entra dans une guerre idéologique contre le libéralisme politique et religieux, la démocratie, les droits de l’homme, les progrès de la science… Mais c’était sans compter les grandes mutations qu’avait amorcées la Révolution industrielle, qui avait généré la classe ouvrière et donnerait bientôt naissance au socialisme.

En France en particulier, le combat pour la République et la démocratie fit progressivement cause commune avec l’anticléricalisme et la libre-pensée, unissant dans un même effort ouvriers, socialistes, anarcho-syndicalistes et bourgeois républicains modérés. La composante anticléricale était encore discrète lors de la Révolution de 1830, beaucoup plus affirmée en 1848, et la lutte pour la laïcité devint un objectif clairement assumé par la Troisième République, qui adopta en 1905 la loi de séparation de l’Église et de l’État.

 

Différentes pratiques de la laïcité 

 

Contrairement à ce que pensent beaucoup de Français, la laïcité peut se décliner de bien des manières, qui seront peut-être surprenantes pour eux. La laïcité en soi n’existe pas, elle est toujours liée à un pays, une culture, une histoire.

Dans les pays catholiques à composante surtout latine, la lutte pour la laïcité a le plus souvent pris une coloration très polémique et agressive, au point parfois de confondre les différents enjeux. La laïcité, qui n’est qu’un mode de fonctionnement politico-juridique fixant les relations entre l’Église et l’État, affirmant la neutralité de ce dernier en matière religieuse, se mua souvent en combat contre la religion elle-même, contre le fait même de croire. Comme si défendre la laïcité signifiait forcément être agnostique ou même athée.

Dans les pays de tradition majoritairement protestante, la laïcité a généralement pris un visage beaucoup plus serein. Le fondement de la laïcité n’y fut pas comprise comme une guerre contre l’Église, mais bien plus comme l’expression de la liberté de conscience : l’État constate qu’il existe plusieurs religions, il en reconnaît l’existence et la pratique (pour autant qu’elle ne porte pas atteinte à l’ordre public), mais n’accorde à aucune d’entre elles le droit de s’ingérer directement dans l’exercice du pouvoir. Dans les faits, cette laïcité peut prendre des formes assez variées. Voici quelques exemples.

Aux États-Unis, la constitution garantit la totale liberté de culte, mais l’État ne reconnaît aucune religion d’État et ne subventionne aucune Église ni aucune école ou hôpital de nature confessionnelle. Il s’agit bien d’une forme de laïcité. Mais cela n’empêche pas que les Présidents américains prêtent serment sur la Bible, que le devise « In God We Trust » soit inscrite sur la monnaie, et que les Églises reconnues bénéficient d’avantage fiscaux. Bien plus, le fait même de croire en Dieu (qu’elle que soit la confession ou la religion) est le ciment de la société américaine, et c’est l’athéisme qui est traditionnellement suspect dans ce pays. Dans le contexte américain, la laïcité n’est donc pas du tout considérée comme une hostilité à la religion, bien au contraire.

 dans Contribution

En Suisse, formée de canton protestants réformés ou catholiques, la Constitution Fédérale garantit la liberté de culte et interdit que quiconque soit forcé ou empêché de pratiquer une religion. Aucune religion n’est officiellement reconnue au niveau fédéral, ce qui n’empêche pas la Constitution Fédérale de commencer par les mots « Au nom de Dieu Tout-Puissant ». Les relations entre l’Église et l’État sont de la compétence des Cantons : certains ont choisi la séparation. Mais dans le Canton de Vaud, par exemple, de tradition majoritairement réformée, les Églises Réformée et Catholique sont des « institutions de droit public » et les pasteurs et les prêtres salariés par l’État ; bien plus, les pasteurs réformés continuent à prêter serment entre les mains du Conseil d’État (gouvernement cantonal) lors de leur consécration.

Enfin en Suède, pays de tradition protestante luthérienne, la séparation de l’Église et de l’État a été promulguée en 1999, mais la Constitution exige toujours que le roi soit de confession luthérienne.

Ces différents exemples montrent que la laïcité peut se décliner de bien des manières dans les pays marqués par le protestantisme. Ainsi certains signes de la présence des Églises historiques peuvent rester imprimés sur certains aspects de la vie publique, sans que le principe de la neutralité confessionnelle du gouvernement soit mis en cause. C’est que le principe de laïcité s’y est imposé naturellement, du fait de la perte d’influence des Églises historiques et de l’apparition de nouvelles communautés religieuses, et non comme un combat idéologique mené contre une Église en particulier. Dans ces pays, la mention de Dieu ou la présence d’une Bible n’aura pour la plupart des citoyens aucun caractère choquant.

 

Laïcité et franc-maçonnerie 

 

La franc-maçonnerie n’a pas inventé le concept de laïcité au sens moderne du terme, mais il est évident qu’elle est l’un des multiples facteurs qui ont favorisé son éclosion. La franc-maçonnerie a toujours été en effet l’un des vecteurs des nouvelles conceptions philosophiques apparues dès le XVIIe siècle et un laboratoire d’idée. Pour autant, le combat pour la laïcité n’appartient pas au noyau dur de la franc-maçonnerie si on la considère sur plan mondial. C’est le cas par contre pour un certain nombre d’Obédiences maçonniques situées dans des pays de tradition catholique et dont le Grand Orient de France est probablement l’exemple le plus connu. Cette Obédience fut même, sous la Troisième République, à l’origine de la loi de séparation de l’Église et de l’État.

Ce combat pour la laïcité (et surtout contre l’influence du catholicisme romain) a conduit la plupart des Obédiences maçonniques dites libérales, à ne plus exiger que leurs membres croient en Dieu, à ne plus exposer la Bible lors des rituels et ne plus travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Le principe de la laïcité agressive entrait donc à l’intérieur des Loges, ce qui constituait une grande rupture avec la tradition antérieure. Était-ce bien nécessaire ?

La franc-maçonnerie moderne née de la Grande Loge de Londres de 1717 (ou plus probablement 1721) était-elle tellement inféodée à la religion qu’elle représentait une réelle menace pour la liberté de conscience de ses membres ? Ce serait aberrant de le prétendre. Bien au contraire, le projet de la Grande Loge de Londres représentait une forme de laïcité avant la lettre. Dans les Constitutions d’Anderson de 1723, on peut lire :

« Un maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux. Mais, quoique dans les temps anciens les maçons fussent astreints dans chaque pays d’appartenir à la religion de ce pays ou de cette nation, quelle qu’elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des hommes bons et loyaux ou hommes d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la maçonnerie devient le centre d’union et le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement éloignées. »

Est-on encore capable de mesurer aujourd’hui ce que ces propos avaient de novateurs et de choquant en leur temps ? Il ne s’agissait rien moins que de fonder une nouvelle sociabilité qui ne dépendrait en rien des appartenances confessionnelles, ce qui était alors inconcevable. L’idée d’un Dieu, conçu de manière théiste ou déiste, et le fait même de croire ne sont en rien attaqués, laissant ainsi à chacun la liberté de conscience.

Les Obédiences maçonniques peuvent ainsi être partagées en deux catégories qui, comme c’est le cas en ce qui concerne la manière dont la laïcité est conçue dans les États, sont globalement déterminées par la tradition religieuse majoritaire du pays où elles sont implantées, catholique ou protestante.

Ainsi, dans les pays anglo-saxons, de tradition protestante, il n’est absolument pas choquant que les rituels maçonniques soient truffés de références bibliques, qu’il y a un Chapelain au lieu d’un Orateur, que la Bible soit exposée dans le temple et que nombreuses prières soient prononcées. Pour autant, la liberté de conscience de chacun est respectée et aucune Église ou institution religieuse n’est favorisée. C’est seulement dans les cas où la laïcité a été confondue avec l’anticléricalisme, l’agnosticisme et l’athéisme que les choses se sont compliquées…

 

Vers une laïcité équilibrée et sereine 

 

Pour certains francs-maçons, la laïcité est une valeur maçonnique, qu’ils veulent imposer dans les Loges d’abord, puis dans la société dans un deuxième temps. Mais la laïcité n’est pas une valeur philosophique abstraite : il ne s’agit que d’un mode de fonctionnement social, un principe politico-juridique que s’appuie sur des valeurs telles que la liberté de conscience. Elle n’a en elle-même aucun contenu positif et ne peut en avoir, puisqu’elle n’est qu’un simple principe de neutralité confessionnelle.

La laïcité commence à avoir un contenu propre quand on la confond avec la promotion de l’agnosticisme et de l’athéisme. Aurait-elle alors pour vocation d’imposer un athéisme d’État là où il y avait jadis une religion d’État ? Prodigieux progrès pour la liberté de conscience, en vérité !

Mieux que quiconque, les francs-maçons devraient être capables de distinguer les divers plans sur lesquels s’applique leur pensée. Les réactions épidermiques et les généralisations simplificatrices ne nous semblent pas faire partie des valeurs que l’on transmet à un nouvel Apprenti. Constater l’influence qu’à pu prendre telle ou telle Église sur un régime donné, œuvrer à éviter que nos sociétés ne retombent dans les mêmes travers, c’est bien du ressort du franc-maçon. Mais se tromper de cible et combattre le fait même de croire en Dieu nous paraît ressortir d’un dogmatisme indigne de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie nous semble au contraire être le lieu par excellence où les différents enjeux de l’existence humaine, y compris dans ses aspects religieux, sont abordés avec objectivité et bienveillance. Lieu de Sagesse plus que de combat, elle devrait nous inciter à porter un regard lucide mais serein sur la réalité du monde.

SOURCE  : https://www.nos-colonnes.com/blogs/nos-articles/laicite-et-franc-maconnerie?utm_source=Klaviyo&utm_medium=klaviyo&_kx=W5tXHW3kdYVlwE5tzD2FaHMKz0hZgIQcfONlbljHq-E.WUWhpF

Comment le Monde Fut Créé: Récit de Création Cherokee 21 juin, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Comment le Monde Fut Créé: Récit de Création Cherokee

Article

 
Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 09 avril 2024
Disponible dans ces autres langues: anglais
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How the World Was Made (Comment le Monde fut créé) est un récit de création de la nation Cherokee qui, comme beaucoup de récits de ce type des peuples autochtones d’Amérique du Nord, commence par un monde recouvert d’eau à partir duquel la terre ferme se forme et l’ordre naturel est créé par des êtres d’un monde supérieur. L’histoire explique pourquoi les choses sont telles qu’elles sont.

 

Great Smoky Mountains
Great Smoky Mountains
ReverieHikes (CC BY-SA)

 

Comme le récit de la création des Sioux Lakota et le récit de la création des Cheyennes, parmi beaucoup d’autres, Comment le monde fut créé commence par un monde de chaos indifférencié à partir duquel les animaux de Galun lati (le royaume supérieur) mettent de l’ordre. Au fil de l’histoire, on explique pourquoi il y a des vallées et des montagnes, pourquoi l’écrevisse est rouge et pourquoi les Cherokee ne la mangent pas, pourquoi le soleil se déplace dans le ciel comme il le fait, comment les animaux en sont venus à avoir certaines caractéristiques et pourquoi les femmes ne peuvent donner naissance qu’à un seul enfant par an.

L’histoire fut traduite pour la première fois en anglais par l’ethnographe américain James Mooney (1861-1921), qui vécut avec les Cherokees et consigna leurs coutumes et légendes dans son livre Myths of the Cherokee (1900). L’histoire peut avoir des centaines ou des milliers d’années. Il n’existe aucun moyen de la dater, car elle avait été transmise par tradition orale par des conteurs cherokees bien avant que Mooney ne l’entende. Voici ce qu’il écrit à propos de la datation de ces pièces:

De même que nos grands-mères commencent [une histoire par] « Il était une fois », le conteur cherokee introduit son récit en disant: « C’est ce que les vieux m’ont raconté quand j’étais enfant. » (232)

Par conséquent, le conte revêt un caractère intemporel, conformément à la conception cherokee du temps, qui est cyclique et immuable. Les événements diffèrent d’une année à l’autre selon l’entendement humain, mais pour l’univers, tout temps donné est le temps de tous les temps depuis la création du monde.

Croyances et récits cherokee

À l’époque où Mooney entra en contact avec eux, les Cherokees considéraient le monde physique comme une terre intermédiaire entre un monde supérieur peuplé d’esprits bienveillants et du grand Créateur, Unetlanvhi, et un monde inférieur peuplé d’esprits sombres qui apportaient la maladie, le désordre et la mort. Dans ce monde intermédiaire, les humains étaient chargés par le Créateur de maintenir l’équilibre entre les mondes, dans leur propre vie, dans la vie de la communauté et entre les humains et le monde naturel en général. Les humains n’étaient pas considérés comme supérieurs à la terre, aux plantes et aux animaux, mais comme des intendants chargés de maintenir l’ordre créé.

L’équilibre était une valeur centrale de la nation cherokee et le but à atteindre dans la vie: l’équilibre personnel se reflétait dans l’équilibre communautaire et mondial.

Les récits des Cherokees expriment systématiquement ce point de vue, non seulement en expliquant pourquoi les choses sont telles qu’elles sont, mais aussi en soulignant le rôle de chacun dans la protection du monde. Dans Comment le monde fut créé, ce point de vue n’est évoqué que dans le dernier paragraphe, où les gens sont décrits comme se reproduisant trop rapidement. Un nouvel enfant naît tous les sept jours, et les gens manquent de retenue, si bien que les êtres du royaume supérieur leur imposent des restrictions, décrétant que les femmes ne pourront accoucher qu’une fois par an.

 

Cette décision fut prise pour maintenir l’ordre et les gens étaient alors censés reconnaître et maintenir cet ordre tout au long de leur vie. D’autres contes d’origine cherokee évoquent également la responsabilité des peuples à l’égard d’un lieu donné, tout en expliquant pourquoi un ruisseau ou une rivière coule comme il le fait ou pourquoi une certaine formation rocheuse présente des caractéristiques distinctes. Mooney écrit:

Tout comme pour d’autres tribus et d’autres pays, presque chaque rocher et chaque montagne proéminents, chaque coude profond de la rivière, dans l’ancien pays Cherokee a sa légende. Il peut s’agir d’une petite histoire qui peut être racontée en un paragraphe, pour expliquer une caractéristique naturelle, ou d’un chapitre d’un mythe qui trouve sa suite dans une montagne située à une centaine de kilomètres de là. Comme c’est souvent le cas lorsqu’un peuple a vécu longtemps dans le même pays, presque tous les mythes importants sont localisés et prennent ainsi un caractère plus précis. (231)

Dans le cas de Comment le monde fut créé, ce « caractère défini » est global. Le monde entier est aussi interconnecté que les aspects de sa propre terre, et ce que l’on fait de cette terre affecte d’autres endroits à des kilomètres et des kilomètres de distance. De même que les animaux travaillent ensemble à la création de ce monde (inspirés ou guidés silencieusement par Unetlanvhi), les hommes doivent travailler ensemble à son maintien. L’équilibre était – et est toujours – une valeur centrale de la nation cherokee et est devenu, en fait, le but à atteindre dans la vie: l’équilibre personnel se reflète dans l’équilibre communautaire et, par extension, dans l’équilibre mondial.

Ce concept est clairement exploré dans le conte cherokee The Origin of Medicine (L’origine de la médecine), où les humains sont décrits comme ayant perdu l’équilibre. Les hommes ont oublié ce qu’ils doivent au monde naturel et à ses habitants non humains, et les animaux décident donc de les détruire. Les plantes, quant à elles, se rangent du côté des humains et leur fournissent la « médecine » nécessaire pour guérir les maux que les animaux ont décidé de déclencher. L’histoire explique donc comment la médecine est apparue et pourquoi, mais elle souligne également l’importance de se souvenir de sa relation avec le monde naturel et de son obligation de le soigner. Comment le monde fut créé fournit un modèle de coopération entre les animaux – ainsi que leurs défauts – afin d’encourager une bonne compréhension et une interaction avec l’ensemble de la nature, que ce soit au sein de sa propre communauté ou ailleurs.

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Echinacea Flower
Fleur d’échinacée
Ulf Eliasson (CC BY-SA)

 

Ce même thème est traité dans l’histoire L’origine du gibier et du maïs, dans laquelle les deux jeunes garçons servent de contrepoids aux deux parents. Selon certains spécialistes, le concept d’équilibre est également au cœur du jeu chunkey, pratiqué par les Cherokee, les Pawnees, les Sioux Lakota, les Chickasaw et bien d’autres. Les deux équipes du chunkey peuvent représenter des forces spirituelles opposées, et l’équilibre est maintenu par leurs victoires et leurs défaites respectives.

Cadre et objectif

La nation cherokee vivait dans l’Alabama, la Géorgie, la Caroline du Nord, une partie de la Caroline du Sud, le sud du Tennessee et la Virginie d’aujourd’hui. L’histoire, bien qu’elle traite de la création du monde, se déroule dans cette région, et les montagnes et vallées créées au paragraphe 3 sont les Great Smoky Mountains en particulier et les Appalaches en général. L’objectif du conte est clair – il s’agit d’un mythe d’origine expliquant comment le monde est apparu, pourquoi il est tel qu’il est, et pourquoi certains animaux se comportent de manière distincte – mais l’histoire avait également la même fonction que toute autre légende locale, à savoir relier les gens à leurs terres.

Comme personne ne savait vraiment comment le monde avait été créé, toute histoire d’origine pouvait être vraie, et le fait de situer un tel récit dans sa propre région est une caractéristique commune aux contes, mythes et légendes amérindiens. Selon Mooney, Comment le monde fut créé faisait autrefois partie d’un cycle narratif plus large qui s’était perdu au moment où il rencontra les Cherokee, en raison des politiques du gouvernement américain qui avait déraciné et déplacé le peuple loin de sa terre ancestrale. Mooney écrit:

 

La question de l’origine des mythes offre de nombreuses possibilités de théories ingénieuses en l’absence de toute possibilité de preuve. Ceux des Cherokees sont trop décomposés pour être à nouveau tissés en une légende d’origine reliée depuis longtemps, comme on en trouve dans certaines tribus, bien que quelques-uns présentent encore une certaine séquence qui indique qu’ils formaient autrefois les éléments d’un cycle. (232)

Envoyés loin à l’ouest dans le « Territoire indien » (Oklahoma) par l’Indian Removal Act de 1830, les Cherokees continuèrent à faire vivre leurs terres dans la mémoire collective en racontant les histoires qu’ils avaient toujours connues. Parmi ces histoires, Comment le monde fut créé, avec ses images vivantes qui auraient rappelé à un public la maison qu’il avait été forcé de laisser derrière lui, mais qui existait toujours, existerait toujours dans la mémoire, et ces souvenirs seraient transmis à la génération suivante en racontant les contes traditionnels.

 

James Mooney, American Ethnographer
James Mooney, ethnographe américain
Smithsonian Institution (Public Domain)

 

Texte

Le texte suivant est extrait de Myths of the Cherokee de James Mooney. L’expression « aller à l’eau » au cinquième paragraphe fait référence aux rituels de purification cherokee au cours desquels on s’immergeait dans un cours d’eau (parfois sept fois) pour se laver de ses péchés, qui étaient alors emportés par l’eau.

La terre est une grande île qui flotte dans une mer d’eau et qui est suspendue à chacun des quatre points cardinaux par une corde accrochée à la voûte céleste; elle est en roche solide. Lorsque le monde deviendra vieux et usé, les gens mourront et les cordes se rompront, laissant la terre s’enfoncer dans l’océan et tout redeviendra de l’eau. Les Indiens en ont peur.

Quand tout était dans l’eau, les animaux étaient en haut, à Gälûñ’lätï, au-delà de l’arche; mais il y avait beaucoup de monde, et ils voulaient plus de place. Ils se demandaient ce qu’il y avait sous l’eau, et finalement Dâyuni’sï, « le petit-fils du castor », le petit scarabée d’eau, proposa d’aller voir s’il pouvait l’apprendre. Il s’élança dans toutes les directions à la surface de l’eau, mais ne trouva pas d’endroit solide où se reposer. Il plongea alors au fond de l’eau et remonta de la boue molle, qui commença à croître et à s’étendre de tous côtés jusqu’à devenir l’île que nous appelons la terre. Elle fut ensuite attachée au ciel par quatre cordes, mais personne ne se souvient de l’auteur de ce geste.

 

Au début, la terre était plate, très molle et humide. Les animaux avaient hâte d’y descendre et envoyèrent différents oiseaux pour voir si elle avait déjà séché, mais ils ne trouvèrent pas d’endroit où se poser et revinrent à Gälûñ’lätï. Enfin, le moment parut venu, et ils envoyèrent la buse en lui disant d’aller se préparer pour eux. C’était la Grande Buse, le père de toutes les buses que nous voyons aujourd’hui. Elle vola sur toute la terre, très bas, près du sol, qui était encore mou. Lorsqu’elle atteignit le pays des Cherokees, elle était très fatiguée et ses ailes commencèrent à battre et à frapper le sol, et partout où elles frappaient la terre, il y avait une vallée, et là où elles remontaient, il y avait une montagne. Lorsque les animaux d’en haut virent cela, ils eurent peur que le monde entier ne soit plus que montagnes, et ils le rappelèrent, mais le pays Cherokee reste encore aujourd’hui plein de montagnes.

Lorsque la terre fut sèche et que les animaux descendirent, il faisait encore sombre. Ils obtinrent donc le soleil et le placèrent sur une trajectoire qui devait traverser l’île chaque jour d’est en ouest, juste au-dessus de leur tête. Il faisait trop chaud de cette façon, et Tsiska’gïlï’, l’écrevisse rouge, vit sa carapace brûler d’un rouge vif, de sorte que sa chair fut gâchée; les Cherokee ne la mangent pas. Les sorciers élevèrent le soleil d’un centimètre dans les airs, mais il faisait encore trop chaud. Ils l’élevèrent encore une fois, et encore une fois, jusqu’à ce qu’il soit à sept pouces de hauteur et juste sous la voûte céleste. C’était alors parfait, et ils le laissèrent ainsi. C’est pourquoi les sorciers appellent l’endroit le plus élevé Gûlkwâ’gine Di’gäl ûñ’lätiyûñ’, « la septième hauteur », parce qu’il se trouve à sept pouces au-dessus de la terre. Chaque jour, le soleil passe sous cette arche et revient la nuit, par le côté supérieur, à son point de départ.

Il y a un autre monde sous cette voûte, et il est semblable au nôtre en tout – animaux, plantes et hommes – sauf que les saisons sont différentes. Les ruisseaux qui descendent des montagnes sont les sentiers par lesquels nous atteignons ce monde souterrain, et les sources à leur tête sont les portes par lesquelles nous y entrons, mais pour cela il faut jeûner et aller chercher de l’eau, et avoir l’un des peuples souterrains pour guide. Nous savons que les saisons dans le monde souterrain sont différentes des nôtres parce que l’eau des sources est toujours plus chaude en hiver et plus fraîche en été que l’air extérieur.

Lorsque les animaux et les plantes furent créés – nous ne savons pas par qui – on leur a dit de veiller et de rester éveillés pendant sept nuits, tout comme les jeunes hommes jeûnent et restent éveillés lorsqu’ils prient leur remède. Ils essayèrent de le faire, et presque tous restèrent éveillés la première nuit, mais la nuit suivante, plusieurs s’endormirent, et la troisième nuit, d’autres s’endormirent, puis d’autres encore, jusqu’à ce que, la septième nuit, de tous les animaux, seuls le hibou, la panthère et un ou deux autres restèrent éveillés. Ceux-ci reçurent le pouvoir de voir et de se déplacer dans l’obscurité, et de faire leur proie des oiseaux et des animaux qui doivent dormir la nuit. Parmi les arbres, seuls le cèdre, le pin, l’épicéa, le houx et le laurier restèrent éveillés jusqu’à la fin, et il leur fut donné d’être toujours verts et d’être les meilleurs pour la médecine, mais il fut dit aux autres: « Parce que vous n’avez pas tenu jusqu’au bout, vous perdrez vos cheveux chaque hiver ».

Les hommes sont venus après les animaux et les plantes. Au début, il n’y avait qu’un frère et une sœur, jusqu’à ce qu’il ne la frappe avec un poisson et ne lui dise de se multiplier, et c’est ce qui arriva. En sept jours, un enfant lui naquit, puis tous les sept jours un autre, et ils se multiplièrent très vite jusqu’à ce qu’il y ait un danger que le monde ne puisse pas les garder. Il fut alors décidé qu’une femme n’aurait qu’un seul enfant par an, et il en est ainsi depuis lors.

 

Questions & Réponses

De quoi parle l’histoire cherokee « Comment le monde fut créé » ?

Comment le monde fut créé est un récit de la création cherokee qui explique comment le monde a été créé, pourquoi certains animaux ont des caractéristiques particulières et pourquoi les femmes ne peuvent accoucher qu’une fois par an.

L’histoire cherokee « Comment le monde fut créé » est-elle similaire à d’autres contes amérindiens?

Comment le monde fut créé est similaire aux récits de création d’autres nations amérindiennes en ce sens que le monde est recouvert d’eau et que de la boue est remontée du fond pour former la terre ferme. Il est également similaire dans la mesure où il explique pourquoi les choses sont généralement telles qu’elles sont.

Comment le concept d’équilibre cherokee est-il abordé dans Comment le monde fut créé?

Le concept cherokee d’équilibre est abordé tout au long de Comment le monde fut créé à travers les actions des animaux et les contraintes imposées aux humains pour que les femmes ne puissent donner naissance qu’à un seul enfant par an, limitant ainsi la population.

Quelle est la date de composition de Comment le monde fut créé?

La date de composition de Comment le monde fut créé n’est pas connue. L’histoire a été transmise oralement jusqu’à ce qu’elle ne soit enregistrée à la fin du XIXe siècle par James Mooney.

Traducteur

 
Babeth Étiève-Cartwright

Babeth s’est consacrée à la traduction après avoir enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir l’histoire et le patrimoine d’autres cultures.
 

Auteur

 
Joshua J. Mark

Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l’Égypte. Il a enseigné l’histoire, l’écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2024, avril 09). Comment le Monde Fut Créé: Récit de Création Cherokee [How the World Was Made: A Cherokee Creation Story]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2415/comment-le-monde-fut-cree-recit-de-creation-cherok/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. « Comment le Monde Fut Créé: Récit de Création Cherokee. » Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le avril 09, 2024. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2415/comment-le-monde-fut-cree-recit-de-creation-cherok/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. « Comment le Monde Fut Créé: Récit de Création Cherokee. » Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 09 avril 2024. Web. 19 juin 2024.

Protégé : Les Cathares – 3°- 20 juin, 2024

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Les enseignements fondamentaux du Bouddhisme 19 juin, 2024

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MAGIE La voie du cœur dans l’ Égypte antique – Fernand Schwarz 18 juin, 2024

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Protégé : La Métaphysique – 3°- 17 juin, 2024

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Vous avez dit 33 … 95 répondit l’écho ! 16 juin, 2024

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Vous avez dit 33 … 95 répondit l’écho !

 

You said 33? … You said 95 ?

 

¿Has dicho 33? ¿Has dicho 95?

 
 
 
 
 

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Là, surgit une multitude de questionnements. Souvent avec un sourire moqueur … parfois avec un zeste d’admiration. Les vindictes sont à l’échelle, si je puis m’exprimer ainsi.

 

En numérologie la différence entre 33 et 95 est de 62 … et comme nous le savons tous, 62 est égal à 8. Le nombre 8 est le symbole du fondement

 

- 33 a pour valeur 6 dont la représentation symbolique suggère un équilibre parfait des polarités (triangle « pointe en haut » et triangle « pointe en bas », pour réaliser une fusion) … Équilibre difficile à réaliser cependant, raison pour laquelle les Maçons savent que « Ordo Ab Chaos ».

 

- 95 a pour valeur 5 qui est le symbole parfait de l’homme en devenir. Lequel par son ascèse atteint sa complétude par le 10 (son double), c’est à dire l’Unité … celle qui rassemble parfaitement ce qui est épars …

 

Notons que 9+5 vaut 14. C’est à 12 et son double. 12 est le nombre de fenêtres ouvertes, dans notre temple, vers le voûte sacrée. Le rapport de 10 à 12 est bien connu des constructeurs : Il participe d’un lien intime entre PI et PHI (Une invitation à considérer la spiritualité de la matière).

 

Pour simplifier notre propos le nombre 8 qui sépare le 33 de 95 est le symbole du fondement.

Cette méditation concerne, le lecteur l’aura deviné, plus particulièrement des Rites dits Égyptiens dont nous savons d’ailleurs qu’ils n’en portent que le nom puisque prétendre se référer à l’Ancienne Égypte pour accomplir sa métamorphose spirituelle. Cela me semble quelque peu osé si l’on regarde les matières symboliques, Philosophiques, Alchimiques et Hermétiques réellement travaillées.

 

Avant de partager ma méditation avec vous, je pense qu’il serait juste de me présenter.

 

Je suis né une deuxième fois le 27 février 1983 à la Respectable Loge Jean Moulin du Grand Orient de France à l’Orient de la « rue cadet » à Paris. Mes parrains sont le frère Paul Fortunet et Eric, mon deux fois frère. En cette espace « sacré » j’y ai pratiqué le Rite Français jusqu’en 1996. Mes cultures Chrétienne et Tibétaine ne pouvant pleinement s’exprimer le Frère Grand Orateur me dirigea vers une Obédience pleinement reconnue en ces temps là : La Grande Loge Française de Memphis Misraïm dont la sensibilité initiatique rassemblait un peu plus que les champs sociaux et philosophiques associés à la vie de l’homme … vivant dans un espace « sociétal » comme l’on dit aujourd’hui, même si, au demeurant, la spiritualité pouvait y être présente …

J’ai donc découvert ce Rite, surgi d’une histoire extra-ordinaire à la faveur des campagnes Napoléoniennes …  Celle qui la fit devenir le centre de rencontre de nombreuses traditions ésotériques, y compris certaines pouvant être comprises de nous en provenance d’artefacts  enfouis dans les terres de Memphis … là où Terre rouge fusionne avec la Terre noire … foyer de toute Alchimie … même spirituelle.

Ce Rite est le résultat d’une confrontation entre ces multiples sources. Allait-il devenir adulte, autonome, cohérent, utile au service de nos Frères et de nos Sœurs en cette fin de 20ème siècle ?

 

A l’aube du 21ème siècle,  se déroula « non un tremblement de terre, mais un chaos de l’esprit ».

 

Très exactement entre 1999 et 2002 … Ses principes de base sont tout simplement contestés : Grande Hiérophanie, Fonctions ad-Vitam, pas de Mixité, et … un parcours maçonnique dont beaucoup disait qu’il s’inspirait un peu trop du Rite Écossais Ancien et Accepté, sans oublier quelques teintures natives de Régime Écossais Rectifié. En plus 95 degrés !!! Fallait-il plusieurs vies pour en faire le tour ?

Rappelons-le : Tout est une question de fondement.

Voyons cela de plus près …

 

Après 20 ans d’études approfondies sur ce Rite hautement spirituel : le Rite ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il m’est possible de dégager un point de vue.

 

Pour cela il me faut préciser sur quels piliers une Franc-Maçonnerie emprunte de spiritualité doit se reposer.

Elle doit être :

  • le centre de l’union fraternelle entre toutes les inspirations ésotériques.

  • un chemin de partage des savoirs et des connaissances acquises.

  • un athanor où les idées et les pensées se confrontent ou s’unissent.

  • véhicule menant à l’éveil et donc à la réalisation de soi.

Pour cela, elle doit être le lieu où initiations et réceptions informent (in-forment – forment à l’intérieur de soi) les frères et les sœurs afin que les savoirs transmis ou les connaissances acquises les mènent à des ouvertures de conscience élargie.

Ainsi, a l’instar de la maçonnerie opérative une maçonnerie spéculative peut apporter à ses membres les outils, moyens, nécessaires à l’apprentissage de leur métier : celui de constructeur de « ponts » entre les multiples univers qui ont pris forme sur notre planète ; celui de liant au sein des bigarrures ethniques et organisationnelles d’aujourd’hui pour combattre l’ignorance et l’injustice ; enfin celui de concepteur de futurs afin que, par leurs décisions et leurs visions éclairées, le monde retrouve une réelle harmonie au service de la vie

La Franc-maçonnerie doit, donc, être une école où ne sont pas suggérées des vérités mais où les Frères et les Sœurs apprennent à regarder le monde tel qu’il est, dans son essence. Pour cela les instruire par le biais de l’initiation et  la pratique individuelle de recherches et de méditations devient une urgence. Ainsi peuvent-ils devenir des vrais opératifs.

A la lumière de ces piliers, énoncés ainsi, il est, alors, possible de « peser » dans une balance nos nombres 33 et 95 …

 

Il est tentant, par une envie de simplicité un peu hâtive, de décréter que les Rites Égyptiens devraient, pour être considéré comme sérieux et … suffisamment modestes quant à leur ambition, accepter la parité avec le Rites Écossais Ancien et Accepté : 33 degrés cela est bien suffisant.

L’échelle des Rites Égyptiens ayant la même taille que celle du Rite Écossais Ancien et Accepté … les frères et les sœurs n’ont à se poser la question que sur le critère de la « reconnaissance ».

Cette « reconnaissance » n’étant accordé qu’aux Obédiences ou Ordres qui ont accepté la tutelle du Grand Ordre Égyptien du Grand Orient de France, un bon nombre d’entre-elles, pour obtenir « ces nouveaux land Marks » seront contraints à penser leur échelle qu’en 33 degrés.

A la question comment faire rentrer 1,5 litres dans une bouteille de 1 litres ? La réponse est ci-dessous.

 
 
 

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Le Rite Ancien et Primitif Ancien et Primitif de Memphis Misraïm[1] dont j’ai reçu toutes les transmissions est bien celui qui fut structuré par le T.S.F[2] Robert Ambelain et qui, alors, était reconnu par toutes les obédiences les plus enracinées dans le paysage maçonnique moderne. Comme dit supra ce Rite se pratiquait sous patente de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm. Patente qui, cela dit en passant n’a jamais été donnée au Grand Ordre Égyptien (Celle de Yarker ne désigne, donc, pas le même Rite).

Ce Rite se déroule sur une échelle en 95 degrés dont seulement quelques degrés sont transmis selon les formes habituelles, c’est à dire avec la mise en œuvre d’une ouverture des travaux, puis d’une initiation ou d’une réception et, enfin, d’une fermeture des travaux. Précisons :

 

1 :  Apprenti …

 

2 : Compagnon … Dans ce cadre il y avait trois versions de transmissions rituelles : Une simplifiée, Une philosophique et une très enrichie de racines prises dans l’ancienne Égypte (Misraïm).   

 

3 : Maître selon la base mythologique de la passion de Maître Hiram … 

 

Puis, les degrés essentiels amenant à examiner la prise de conscience des hébreux à se considérer d’être assujettis à un modèle conceptuel d’existence à travers l’Arbre de vie, ses fameux séphiroth et ses canaux de liaisons. Lesquels introduisent, naturellement à l’art Kabbalistique.

 

Quatre degrés sont transmis : le Maître Secret, le Maître Élu des neuf, et enfin un tandem Chevalier Royal Arche et Chevalier Grand Élu de la Voûte Sacrée de Jacques VI d’Écosse.

 

Vient ensuite un espace charnière dans l’épopée judéo-chrétienne : le degré Chevalier Prince Rose+Croix (Rituel du bon Pasteur) ou Chevalier de l’Aigle noir (Plus Alchimique).

 

La sensibilité Rose+Croix permet aux maçons qui le pratiquent d’investir d’autres espaces non maçonniques tout à fait recherchés en matière de travail initiatique …

 

Ensuite viennent deux degrés d’importance : Chevalier du Soleil et Chevalier Kadosh.

 

Le premier, toujours, dans le champ judéo-chrétien, a pour objectif d’aborder des éléments d’Alchimie Spirituelle et de Théurgie. Le second de revisiter la passion templière et de méditer sur la jonction entre le mode temporel et spirituel.

 

Était naturellement  très recherchées des fonctions de gouvernance et notamment le tant désiré degré, pour ses prérogatives : le Souverain Grand Inspecteur Général (33ème degré).

 

Comment aller de ce degré, 33, à 90 puis 95 ?

Nous voici, dans un espace où les règles étaient très diverses et dépendaient des Grands Maîtres en charge de cette transmission. En tous les cas du 34ème degré au 86ème très très peu de degrés étaient transmis de façon rituelle …

Enfin, sans doute, avez-vous approché les quatre degrés qui forment les « fameux Arcanes ». Disons pour très simplifier les trois arcana et l’Arcana Arcanorum  (l’Arcane des Arcanes) …

 

Ces quatre degrés font la caractéristique essentiel de notre Rite … Je conseille vivement la lecture de :

 

- Isis, clef des métamorphoses au rite de Memphis Misraïm (de la TSS Bernadette Capello),

 

- Initiation à la lumière d’Orient (du T.S.F. Edmond Fieschi qui est un de mes Maître de référence),

 

- Les Arcana Arcanorum (du T.S.F. Axek Karol).

 

Dois-je compléter que ce Rite a une autre particularité : celle de voir dans ses rangs des « Patriarches Grands Consécrateurs » dont la mission est la « Sacralisation et la Fondation des temples ». La transmission de cette fonction contraint le récipiendaire à subir une réception secrète et à avoir le statut minimum de « Prêtre ».

Ce rite mis en œuvre par les T.S.F. Robert Ambelain avait donc pour objectif de formation, ces  14 degrés transmis de façon rituelle et 3 très souvent par communication. Comme nous le remarquons nous sommes assignés à un ésotérisme occidental inspiré largement de sources moyen-orientales … cela, laissait le temps à nos Frères puis ; aujourd’hui, à nos Sœurs de se diriger vers des pratiques ésotériques plus spécialisées comme : le Martinisme,  l’élu Coën, la Rose+Croix d’Orient, l’Ordre cabalistique de la Rose+Croix, les Églises Gnostiques, …

 

Le dernier degré (95) est le « Patriarche Grand Conservateur du Rite », son nom décrit sa fonction et son niveau de conscience (dans le principe).                                  

 

En conclusion temporaire 95 ? … en fait 17 réels plus le cheminement personnel du Frère ou de le Sœur, très souvent, dans le monde judéo-chrétien.

 

Même dans ce rétrécissement de champ de vision par rapport à une universalité recherchée … il y eut et il y a, encore de véritables Maîtres … pas beaucoup … 

 

En effet cette façon de travailler, même s’il elle n’est pas reconnue subsiste heureusement car conservée par d’authentiques Grands Conservateurs. Il faudra, cependant, savoir les choisir si l’on ne veut pas « prendre des vessies pour des lanternes ».

 
 
 

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L’aurore du 21ème siècle s’est levé avec une implosion des instances de direction du rite. Le Grand Orient de France fort d’une patente très ancienne que lui avait accordée par notre T.S.F John Yarker s’est pensé comme un Maître d’œuvre, constatant, ici et là, la désolation d’un Rite en crise. Ce Maître d’œuvre s’est mis à concevoir ce que devrait être un vrai « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. S’appuyant sur des éléments proposés par John Yarker et en le rectifiant, il donna corps au « Grand Ordre Égyptien ». A-t-il trouvé la pierre philosophale ? Rien n’est moins sûr. Ce rite compte 33 degrés (contenant) et un champ d’investigation spirituel « contenu » dans le monde « Égypto – Grec ».

Adieu l’approche universelle d’un monde multipolaire sur le plan spirituel. Bonjour la focalisation sur nos origines supposées Pythagoriciennes et sur des débordements initiatiques fort limités par les exigences de la raison.

Selon l’Objet de leurs « études », cité, notamment, dans le site officiel du G.O.E[3], le parcours maçonnique concerne « les rituels et les travaux qui plongent le cherchant véritable dans l’Égypte alexandrine, creuset des cultures, philosophies et religions de l’Égypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés ».

Le Rite de John Yarker subit, alors, un méthodique épissage sous la houlette du Frère Ludovic Marcos avec  l’assistance zélée du Frère Jean Louis de Biasi.

Il est, dès lors aisé, de voir le recentrage symbolique, philosophique, hermétique et plus largement ésotérique opéré par le G.O.E[4] … nous sommes dans un autre monde … Exit le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm promu par le T.S.F Robert Ambelain.

 

Sur ces 33 degrés référencés en leur sein, très peu font l’objet d’une transmission rituelle :

 

- Apprenti,  Compagnon et Maître à condition de ne pas citer certaines invocations qui seraient par trop proches d’une posture d’adeptat.

- Le Chevalier de l’Aigle rouge (Monde Kabbalistique du Sefer Yetsirah) ; le Philosophe Hermétique (les mystères Grecs et Latins) ; Patriarche d’Isis (un retour à l’Égypte ancienne mais dont le rituel est une forme particulièrement édulcorée de la version du T.S.F. John Yarker) ; Les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre qui « seraient réputés pour maîtriser une alchimie interne » dont on a du mal à voir les effets et les résultats opératifs ; Les Grands défenseurs du Rite (cela ne concerne que l’aspect de la « justice maçonnique ») ; les sublimes Princes de Memphis (Ceux qui maîtrisent l’ensemble) ; les Patriarches Grands Conservateurs du Rite.

Ainsi de 33 degrés de leur échelle, seuls 10 font l’objet d’une initiation ou réception rituelle. Les autres feraient l’objet de « communications ».

 

Alors 33 ou 95 ?

 

Le choix devrait dépendre de la liberté de croyance ou de l’état de conscience de chacun … mais les présupposés d’une maçonnerie qui se voudrait universelle du point de vue de la plus grande connaissance de l’humanité tout entière ne sont acquis en ce contexte.

Hélas, la loi de l’échelle en 33, selon la vision du G.O.E, qui forme la base de la « reconnaissance » des Institutions Maçonniques, ne contribuera pas à permettre la réalisation des piliers que nous avons définis plus haut !

 

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Pour éclairer la diversité des sensibilités. Celui de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, voie Orientale. Il présente une échelle qui tente de répondre le plus complètement possible aux piliers fondateurs évoqués en introduction. Comment prétendre semer harmonie et paix si nous nous interdisons de connaître l’autre dans sa différences, dans sa diversité d’expression. Comment dialoguer pour amorcer une osmose favorable à la rencontre entre nos cultures et  nos pratiques différentes. Comment ne pas devenir liberticide[5] ou épistémicide[6] par rejet de l’autre si nous ne faisons pas la démarche de pénétrer son univers ?

 

Ainsi ce « 95 » propose au Frère et au Sœur un chemin  … juste un chemin initiatique.  Partant, ainsi, sur cette voie initiatique en 95 refuges[7] obtiendra-t-il l’éveil qu’il/elle cherche ? Chaque maçon sur ce sentier apercevra des portes qui le mèneront, selon sa nature vers des pratiques plus conformes à sa véritable nature.  

 

Sera-t-il/elle, alors, celui ou celle par lequel (laquelle) tout monde futur trouvera les clefs vers une réelle fraternité universelle ? Dans cette « échelle » (ou chemin des refuges) :  

 

- Apprentis ? Les maçons voyageront dans un monde dit « Isiaque » c’est à dire un monde à la recherche des lois intimes qui régissent l’univers.

- Compagnons ? Ces mêmes maçons investigueront le monde réel, le monde objectif. Ils prendront conscience des outils qui sont à leur disposition pour comprendre, mesurer, peser, écouter, … , enfin comprendre que le réel pourrait ne pas être … « réel ». Pour cela, ils pratiquent les « Arts Royaux ».

- Maître Apprentis ? Ils seront inviter à pénétrer le monde subtil au moyen de la passion Osirienne. Un premier éveil à la transcendance.

- Maître Compagnons ? Ils partirons effectuer cinq voyages :

 

  1. > le premier les transportera dans un espace temps occupé par les Anciens Hébreux : « la longue épopée du peuple juif dans sa relation avec le divin ». (16 refuges).

  2. > le  second sera consacré à « celui qui fit, de nouveau jaillir la lumière ». (5 refuges).

  3. > le troisième pénétrera  « le monde des templiers » (6 refuges).

  4. > le quatrième surgira du second voyage (comme le troisième). Son espace temps sera celui de la pensée et la maîtrise de l’être profond. On y trouvera le souffle extrême oriental avec les Bouddhismes, l’Hindouisme et le shivaïsme. (2 refuges).

  5. > le cinquième voyage, il a été nommé celui du « flash ancestral ». (4 refuges). Les pas des frères et des sœurs seront conduits dans les arcanes de la mythologie, au sein des peuples premiers, dans les cultures nord européennes, mais, aussi, dans des espaces-temps très anciens tels que ceux du « croissant fertile » …

Enfin le groupe des Maîtres Accomplis qui comprend :

> les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre (Memphis) du T.S.F Jean Étienne Marconis de Nègre. Ici règne la haute philosophie.

> les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre (Régime de Naples) structurés en quatre refuge : les un arcana qui donnera vie à deux autres arcana et l’Arcana Arcanorum (l’arcane des arcanes).

> les Patriarches Grands Conservateurs du Rite.

Nous n’oublierons pas la fonction de « Patriarche Grand Consécrateur » dont nous avons déjà évoqué les attributs en présentant le Rite en 95 degrés du T.S.F Robert Ambelain.

Le 95 ainsi décrit comporte 41 transmissions rituelles au minimum… Dès lors le chemin parcourus enseigne … il est voyage-initiation … Il est ouverture de conscience maximale … Il inclut les moyens de l’universalité d’où naissent et se construisent des formes les plus abouties des actions humaines dans un amour profond de la vie sous tous ses aspects. 

 

Alors 33 ou 95 ?

 

Les Maçons tels des moines cheminent, incarnent ce qu’ils apprennent et ce qu’ils comprennent, agissent pour mettre en harmonie tout souffle de vie … car seule compte la « Sagesse », la « Force » et la « Beauté »

 

Pour comprendre la nature des incidences dans le choix d’un parcours maçonnique à « n » degrés, j’ai choisi ces trois exemples.

Le lecteur pourra découvrir que d’autres Rites Égyptiens ont d’autres échelles. Je dois les évoquer pour saluer leur sérieux dans leurs démarches initiatiques : l’Ancien et Primitif Rite Oriental de Misraïm Memphis (Grand Sanctuaire Adriatique[8]) ; le Rite d’Orient Égyptien  et le Rite de la Vielle Égypte (Ordre Maçonnique des Rites Anciens[9]) ; les Rites de Venise (Ordre des Rites de Venise[10]) ; Rite de la Voie Sacrée (Ordre Initiatique Maçonnique de la Voie Sacrée qui anime un cursus initiatique a-typique fondé sur les travaux de René et Isha Schwaller de lubicz) …    

 

 Alors : « Heureux[11] qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison, … »

 

… et reviennent dans le monde profane pour y faire ce que la conscience inspire !

 
 

33 ? ou 95 ? Pour ma part, le cherchant que je suis a choisi  95 dans sa version des 95 refuges … vous vous en doutiez ?

 
 
 
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Frère Gérard Baudou Platon,

Celui qui creuse

 
 
 

[1]Il est pratiqué à l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Willy Reamaker  (https://memphismisraim.fr/) ; La Grande Loge Françaises de Memphis Misraïm historique qui s’est jointe à la Grande Loge Régulière de Memphis Misraïm pour fonder l’Ordre Philosophique Hermétique filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat ; la Grande Loge Symbolique de France, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Georges Claude Vieilledent (https://www.grandelogesymboliquedefrance.org/) ; l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat, Guy Duval …

 

[2]T.S.F (Très Sublime Frère)

 

[3]https://www.grandordreegyptien.net/

 

[4]Toutes les Grandes Loges ou Ordres reconnus font partie des cette catégorie …

 

[5]Liberticide … « qui prive de la jouissance de la liberté » … ici, de la liberté d’expression spirituelle

 

[6]Épistemicide … « action qui tend à effacer une culture ou à la rendre inaudible »

 

[7]l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Guy Renaudin, Gérard Baudou Platon …

 

[8]https://www.sgsafrance.com/ … Suivre les travaux de la Respectable Loge Hathor …

 

[9]http://omra-fm.fr/ …

 

[10]https://omvs.fr/ …

 

[11] (Joachim Du Bellay)

 
 
 
 
 

You said 33? … You said 95 ?

 
 
 

There arises a multitude of questions. Often with a mocking smile… sometimes with a touch of admiration. The vindictives are on the scale, if I may put it that way.

 
 
 

In numerology the difference between 33 and 95 is 62…and as we all know, 62 is equal to 8. The number 8 is the symbol of foundation…

 

- 33 has the value 6, the symbolic representation of which suggests a perfect balance of polarities (“point up” triangle and “point down” triangle, to achieve a fusion)… A difficult balance to achieve, however, which is why Masons know that like “Ordo Ab Chaos.”

 

- 95 has the value 5 which is the perfect symbol of the man in the making. Which through its asceticism reaches its completeness through the 10 (its double), that is to say Unity… that which perfectly brings together what is scattered…

 

Note that 9+5 is worth 14. That’s 12 and its double. 12 is the number of windows open, in our temple, towards the sacred vault. The ratio of 10 to 12 is well known to builders: It is part of an intimate link between PI and PHI (An invitation to consider the spirituality of matter).

 
 
 

To simplify our subject, the number 8 which separates 95 from 33 is the symbol of the foundation.

 

This meditation concerns, the reader will have guessed, more particularly the so-called Egyptian Rites which we know moreover only bear the name since claiming to refer to Ancient Egypt to accomplish its spiritual metamorphosis. It seems to me to be somewhat little daring if we look at the symbolic, Philosophical, Alchemical and Hermetic materials actually worked.

 

Before I share my meditation with you, I think it would only be fair to introduce myself. I was born a second time on February 27, 1983 at the Respectable Loge Jean Moulin du Grand Orient de France in the Orient of “rue cadet” in Paris. My godfathers are brother Paul Fortunet and Eric, my brother twice. In this “sacred” space I practiced the French Rite until 1996. My Christian and Tibetan cultures could not fully express themselves, the Brother Great Orator directed me towards an Obedience fully recognized at that time: The French Grand Lodge of Memphis Misraïm whose initiatory sensitivity brought together a little more than the social and philosophical fields associated with the life of man… living in a « societal » space as we say today, even if, moreover, spirituality could be present there…

 

So I discovered this Rite, which emerged from an extra-ordinary history thanks to the Napoleonic campaigns… The one which made it become the meeting center of numerous esoteric traditions, including some that can be understood by us from artifacts buried in the lands of Memphis… where the red Earth merges with the black Earth… home of all Alchemy… even spiritual.

 
 
 

This Rite is the result of a confrontation between these multiple sources. Was he going to become adult, autonomous, coherent, useful in the service of our Brothers and Sisters at the end of the 20th century?

 
 
 

At the dawn of the 21st century, “not an earthquake, but a chaos of the spirit” took place. Exactly between 1999 and 2002… Its basic principles are quite simply contested: Great Hierophany, Ad-Vitam Functions, no Mixity, and… a Masonic path which many said was inspired a little too much by the Ancient Scottish Rite and Accepted, without forgetting some native tinctures of the Rectified Scottish Diet. Plus 95 degrees!!! Did it take several lifetimes to go around it?

 
 
 

Let’s remember: It’s all a question of foundation.

 

Let’s take a closer look…

 
 
 

After 20 years of in-depth study on this highly spiritual Rite: the ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm, it is possible for me to emerge from a point of view. For this I must specify on which pillars a Freemasonry imbued with spirituality must rest.

 

It must be the center of fraternal union between all esoteric inspirations.

 

It must be a path for sharing knowledge and acquired knowledge.

 

It must be an athanor where ideas and thoughts confront or unite.

 

It must be a vehicle leading to awakening and therefore to self-realization.

 

For this, it must be the place where initiations and receptions inform (in-form – form within oneself) the brothers and sisters, so that the knowledge transmitted or the knowledge acquired, leads them to openings of expanded consciousness.

 
 
 

Thus, like operative masonry, speculative masonry can provide its members with the tools and means necessary to learn their profession: that of constructor of “bridges” between the multiple universes which have taken shape on our planet. ; that of unifying within today’s ethnic and organizational divisions to combat ignorance and injustice; finally that of designer of futures so that, through their decisions and their enlightened visions, the world finds real harmony in the service of life.

 
 
 

Freemasonry must, therefore, be a school where truths are not suggested but where Brothers and Sisters learn to look at the world as it is, in its essence. To do this, instructing them through initiation and individual practice of research and meditation becomes an emergency. So, they can become truly operational.

 
 
 

In the light of these pillars, stated thus, it is, then, possible to “weigh” our numbers 33 and 95 in a balance…

 
 
 

It is tempting, out of a somewhat hasty desire for simplicity, to decree that the Egyptian Rites should, to be considered serious and… sufficiently modest in terms of their ambitions, accept parity with the Ancient and Accepted Scottish Rites: 33 degrees that is quite enough.

 
 
 

The scale of the Egyptian Rites being the same size as that of the Ancient and Accepted Scottish Rite… brothers and sisters only have to ask the question on the criterion of « recognition ».

 
 
 

This “recognition” being granted only to Obediences or Orders which have accepted the supervision of the Grand Egyptian Order of the Grand Orient of France, a good number of them, to obtain “these new Land Marks” will be forced to think their scale only in 33 degrees.

 
 
 

To the question how to fit 1.5 liters into a 1 liter bottle? The answer is below.

 
 
 

The Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm of which I received all the transmissions is indeed the one which was structured by the T.S.F. Robert Ambelain and which, then, was recognized by all the most deeply rooted obediences in the modern Masonic landscape . As said above, this Rite was practiced under the license of the Grand French Lodge of Memphis Misraïm. Patent which, that said in passing, was never given to the Grand Egyptian Order (That of Yarker does not, therefore, designate the same Rite).

 

This Rite takes place on a 95 degree scale of which only a few degrees are transmitted according to the usual forms, that is to say with the implementation of an opening of the works, then an initiation or a reception and, finally, a closure of the works…

 
 
 

Let’s clarify

 

1: Apprentice…

 

2: Companion… In this context there were three versions of ritual transmissions: A simplified one, A philosophical

 

one and a very enriched one with roots taken in ancient Egypt (Misraïm).

 

3: Master according to the mythological basis of Master Hiram’s passion…

 
 
 

Then, the essential degrees leading to examine the awareness of the Hebrews to consider themselves subject to a conceptual model of existence through the Tree of life, its famous sephiroth and its connecting channels. Which

 

naturally introduce Kabbalistic art.

 

Four degrees are transmitted: the Secret Master, the Elect Master of the nine, and finally a tandem Royal Arch Knight and Grand Elect Knight of the Sacred Vault of James VI of Scotland.

 
 
 

Next comes a pivotal space in the Judeo-Christian epic: the degree Knight Prince Rose+Cross (Ritual of the Good Shepherd) or Knight of the Black Eagle (more Alchemical).

 
 
 

The Rose+Croix sensitivity allows masons who practice it to invest in other non-Masonic spaces that are highly sought after in terms of initiatory work…

 
 
 

Then come two degrees of importance: Knight of the Sun and Knight Kadosh.

 
 
 

The first, always, in the Judeo-Christian field, aims to address elements of Spiritual Alchemy and Theurgy. The second to revisit the Templar passion and to meditate on the junction between the temporal and spiritual mode.

 
 
 

Governance functions were naturally highly sought after and in particular the much desired degree, for its prerogatives: the Sovereign Grand Inspector General (33rd degree).

 
 
 

How do you go from this degree, 33, to 90 to 95?

 
 
 

Here we are, in a space where the rules were very diverse and depended on the Grand Masters in charge of this transmission. In any case from the 34th degree to the 86th very very few degrees were transmitted ritually…

 
 
 

Finally, without doubt, you have approached the four degrees which form the “famous Arcana”. Let’s say, to very simplify, the three arcana and the Arcana Arcanorum (the Arcana of Arcana)…

 
 
 

These four degrees are the essential characteristic of our Rite… I strongly recommend reading:

 

- Isis, key to metamorphoses in the rite of Memphis Misraïm (from the T.S.S. Bernadette Capello),

 

- Initiation to the light of the East (from T.S.F. Edmond Fieschi who was one of my reference Masters),

 

- The Arcana Arcanorum (from T.S.F. Axek Karol).

 
 
 

Should I add that this Rite has another particularity: that of seeing in its ranks “Patriarchs Great Consecrators” whose mission is the “Sacralization and Foundation of the temples”. The transmission of this function requires the recipient to undergo a secret reception and to have the minimum status of “Priest”.

 
 
 

This rite implemented by the T.S.F Robert Ambelain therefore had the training objective, these 14 degrees transmitted ritually and 3 very often by communication. As we notice, we are assigned to a Western esotericism inspired largely by Middle Eastern sources… this left time for our Brothers then; today, it is up to our Sisters to move towards more specialized esoteric practices such as: Martinism, the elect coën, the Rose+Croix of the Orient, the Cabalistic Order of the Rose+Croix, the Gnostic Churches, etc.

 

The last degree (95) is the “Patriarch Great Preserver of the Rite”, his name describes his function and his level of consciousness (in principle).

 
 
 

In temporary conclusion 95? … in fact 17 real ones plus the personal journey of the Brother or Sister, very often, in the Judeo-Christian world.

 
 
 

Even in this narrowing of field of vision in relation to a sought-after universality… there were and still are true Masters… not many…

 
 
 

Indeed, this way of working, even if it is not recognized, fortunately survives because it is preserved by authentic Great Conservatives. However, you will need to know how to choose them if you do not want to “mistake bladders for lanterns”.

 
 
 

The dawn of the 21st century dawned with an implosion of the rite’s management bodies. The Grand Orient of France, with the strength of a very old patent granted to it by our T.S.F. John Yarker saw himself as a Project Manager, noting, here and there, the desolation of a Rite in crisis. This Master Builder set about designing what a true “Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm” should be. Building on elements proposed by John Yarker and correcting them, he gave substance to the “Grand Egyptian Order”. Did he find the Philosopher’s Stone?

 
 
 

Nothing is less sure. This rite has 33 degrees (containing) and a “contained” spiritual field of investigation in the “Egyptian – Greek” world.

 
 
 

Away ! the universal approach of a multipolar world on a spiritual level. Hello ! the focus on our supposed Pythagorean origins and on initiatory overflows very limited by the demands of reason.

 
 
 

According to the Object of their “studies”, cited, in particular, in the official website of the G.O.E, the Masonic course concerns “the rituals and the works which immerse the true seeker in Alexandrian Egypt, melting pot of cultures, philosophies and religions of Ancient Egypt, Ancient Greece, Mesopotamia and Asia Minor. The works of the Plato or Medici Academy are also reactivated ».

 
 
 

The Rite of John Yarker then underwent a methodical splicing under the leadership of Brother Ludovic Marcos with the zealous assistance of Brother Jean Louis de Biasi.

 
 
 

It is, therefore, easy to see the symbolic, philosophical, hermetic and more broadly esoteric refocusing carried out by the G.O.E… we are in another world… Exit the Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm promoted by the T.S.F Robert Ambelain.

 
 
 

Of these 33 degrees referenced within them, very few are the subject of ritual transmission:

 

- Apprentice, Companion and Master provided that you do not cite certain invocations which would be too close to an adept posture.

 

- The Knight of the Red Eagle (Kabbalistic World of Sefer Yetsirah); the Hermetic Philosopher (the Greek and Latin mysteries); Patriarch of Isis (a return to ancient Egypt but whose ritual is a particularly watered down form of the T.S.F. John Yarker version); The Sublime Masters of the Great Work who “are said to have mastered an internal alchemy” whose effects and operative results are difficult to see; The Great Defenders of the Rite (this only concerns the aspect of “Masonic justice”); the sublime Princes of Memphis (Those who master the whole); the Patriarchs Great Preservers of the Rite.

 

Thus of 33 degrees of their scale, only 10 are the subject of an initiation or ritual reception. The others would be the subject of “communications”.

 
 
 

So 33 or 95?

 
 
 

The choice should depend on the freedom of belief or the state of conscience of each person… but the

 

presuppositions of a masonry which would like to be universal from the point of view of the greatest knowledge of all humanity are not acquired in this context.

 

Alas, the law of scale in 33, according to the vision of the G.O.E, which forms the basis of the “recognition” of

 

Masonic Institutions, will not contribute to enabling the realization of the pillars that we have defined above!

 

To illuminate the diversity of sensitivities, that of the Ancient and Primitive Initiatory Order of Memphis Misraïm,

 

Eastern Way. It presents a scale which attempts to respond as completely as possible to the founding pillars

 

mentioned in the introduction.

 

How can we claim to sow harmony and peace if we prohibit ourselves from knowing the other in their differences,

 

in their diversity of expression.

 

How to dialogue to initiate an osmosis favorable to the meeting between our different cultures and practices.

 
 
 

How can we not become liberticidal or epistemicidal through rejection of the other if we do not take the step of penetrating their universe?

 
 
 

So this “95” offers the Brother and Sister a path… just an initiatory path. Starting, thus, on this initiatory path in 95 refuges will he obtain the awakening that he/she seeks? Each mason on this path will see doors which will lead him, according to his nature, towards practices more in accordance with his true nature.

 
 
 

Will he/she, then, be the one through whom every future world will find the keys to a real universal fraternity?

 

In this “ladder” (or path of refuge):

 

- Apprentices? Masons will travel to a world called “Isiac”, that is to say a world in search of the intimate laws which govern the universe.

 
 
 

- Companions? These same masons will investigate the real world, the objective world. They will become aware of the tools that are at their disposal to understand, measure, weigh, listen, …, finally understand that reality might not be… « real ». For that they practice Royal Arts.

 

- Master Apprentices? They will be invited to penetrate the subtle world by means of Osirian passion. A first awakening to transcendence.

 

- Master Companions? They will leave on five trips:

 

> the first will transport them to a time space occupied by the Ancient Hebrews: “the long epic of the Jewish people in their relationship with the divine”. (16 refuges).

 

> the second will be dedicated to “the one who made the light shine again”. (5 refuges).

 

> the third will enter the “world of the Templars” (6 refuges).

 

> the fourth will emerge from the second journey (like the third). Its time space will be that of thought and mastery of the deep being. We will find the Far Eastern breath there with Buddhism, Hinduism and Shaivism. (2 refuges).

 

> the fifth journey, it was named that of the “ancestral flash”. (4 refuges). The footsteps of brothers and sisters will be led into the mysteries of mythology, among the first peoples, in northern European cultures, at the time of the « fertile crescent »…

 
 
 

Finally the group of Accomplished Masters which includes:

 

> the Sublime Masters of the Great Work (Memphis) of the T.S.F. Jean Étienne Marconis de Negre.

 
 
 

Here reigns high philosophy.

 

> the Sublime Masters of the Great Work (Regime of Naples) structured into four refuges: the one arcana which will give life to two other arcana and the Arcana Arcanorum (the arcana of arcana).

 

> the Patriarchs Great Preservers of the Rite.

 
 
 

We will not forget the function of “Patriarch Grand Consecrator” whose attributes we have already mentioned by presenting the 95 degree Rite of T.S.F. Robert Ambelain.

 
 
 

The 95 thus described includes 41 ritual transmissions at least… From then on the path traveled teaches… it is journey-initiation… It is opening of maximum consciousness… It includes the means of universality from which the most forms are born and constructed. results of human actions in a deep love of life in all its aspects.

 
 
 

So 33 or 95?

 
 
 

Masons like monks walk, embody what they learn and what they understand, act to bring into harmony every breath of life… because only « Wisdom », « Strength » and « Beauty » count.

 

To understand the nature of the implications in choosing an “n” degree Masonic path, I chose these three examples.

 
 
 

The reader will discover that other Egyptian Rites have other scales. I must mention them to salute their seriousness in their initiatory steps: the Ancient and Primitive Oriental Rite of Misraïm Memphis (Great Adriatic Sanctuary); the Egyptian Eastern Rite and the Rite of Old Egypt (Masonic Order of Ancient Rites); the Rites of Venice (Order of the Rites of Venice); Rite of the Sacred Way (Masonic Initiatory Order of the Sacred Way which runs an a-typical initiatory course based on the work of René and Isha Schwaller de lubicz)…

 
 
 

Then:

 

“Happy1 who, like Ulysses, has made a beautiful journey,

 

Or like those who conquered the fleece, And then returned, full of use and reason,… » (Joachim Du Bellay)

 

…and return to the secular world to do what conscience inspires!

 
 
 

33? or 95?

 

For my part, the seeker that I am chose 95 in his version of the 95 refuges… could you imagine that?

 
 
 
 
 

Brother Gerard Baudou Platon

 
 
 
 
 

¿Has dicho 33? ¿Has dicho 95?

 
 
 

Surgen multitud de preguntas. A menudo con una sonrisa burlona … a veces con un toque de admiración. La reivindicación está en una escala, si se puede decir así.

 

En numerología, la diferencia entre 33 y 95 es 62… y como todos sabemos, 62 es igual a 8. El número 8 es el símbolo del fundamento…

 

- 33 tiene un valor de 6, cuya representación simbólica sugiere un equilibrio perfecto de polaridades (triángulo « punta arriba » y triángulo « punta abajo », para lograr la fusión) … Un equilibrio difícil de alcanzar, sin embargo, lo que los masones saben: « Ordo Ab Chaos ».

 

- 95 tiene un valor de 5, que es el símbolo perfecto del hombre en formación. Mediante su ascetismo, alcanza la plenitud a través del 10 (su doble), es decir, la Unidad… lo que reúne perfectamente lo disperso…

 
 
 

Observa que 9+5 es igual a 14. Es decir, 12 y su doble. En nuestro templo, 12 es el número de oberturas hacia la bóveda celeste. La proporción de 10 a 12 es bien conocida por los constructores: forma parte de un vínculo íntimo entre PI (π) y PHI (φ) (una invitación a considerar la espiritualidad de la materia).

 
 
 

Para simplificar nuestro tema, el número 8 que separa el 33 del 95 es el símbolo de los cimientos.

 

Como el lector habrás adivinado, esta meditación se refiere más concretamente a los llamados Ritos Egipcios, que sólo conocemos por su nombre, ya que pretenden remitirse al Antiguo Egipto para realizar su metamorfosis espiritual. Esto me parece un tanto atrevido si nos fijamos en los materiales simbólicos, filosóficos, alquímicos y herméticos realmente utilizados.

 
 
 

Antes de compartir contigo mi meditación, creo que sería justo presentarme. Nací por segunda vez el 27 de febrero de 1983 en la Respetable Logia Jean Moulin del Gran Oriente de Francia, en el Oriente de la « rue cadet » de París.

 
 
 

Mis padrinos son el hermano Paul Fortunet y Eric, mi doble hermano. En este espacio « sagrado », practiqué el Rito Francés hasta 1996. Como mis culturas cristiana y tibetana no podían expresarse plenamente, el Hermano Gran Orador me orientó hacia una Obediencia plenamente reconocida en aquella época: la Gran Logia Francesa de Memphis Misraïm, cuya sensibilidad iniciática abarcaba algo más que los ámbitos social y filosófico asociados a la vida del hombre… viviendo en un espacio « societal », como decimos hoy, aunque, por cierto, la espiritualidad pudiera estar presente…

 

Así descubrí este Rito, que surgió de una historia extraordinaria durante las campañas napoleónicas … que lo convirtió en el punto de encuentro de muchas tradiciones esotéricas, incluidas algunas que podemos comprender a partir de artefactos enterrados en las tierras de Menfis … donde la Tierra Roja se funde con la Tierra Negra … el foco de toda Alquimia … incluso de la Alquimia espiritual.

 
 
 

Este Rito es el resultado de una confrontación entre estas múltiples fuentes. ¿Iba a hacerse adulto, autónomo, coherente y útil al servicio de nuestros Hermanos y Hermanas a finales del siglo XX?

 

En los albores del siglo XXI, se produjo « no un terremoto, sino un caos mental ». Entre 1999 y 2002, para ser exactos, se impugnaron sus principios básicos: la Gran Hierofanía, las funciones ad-Vitam, la no pertenencia mixta y una trayectoria masónica que, según muchos, se inspiraba demasiado en el Rito Escocés Antiguo y Aceptado, por no mencionar algunos tintes autóctonos del Régimen Escocés Rectificado. Además, ¡¡¡95 grados!!! ¿Harían falta varias vidas para abarcarlo todo?

 

Recuerda: todo es cuestión de fundamento.

 
 
 

Echemos un vistazo más de cerca…

 
 
 

Tras 20 años de estudio en profundidad de este Rito altamente espiritual: el Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm, me es posible exponer un punto de vista. Para ello, debo precisar los pilares sobre los que debe apoyarse una Francmasonería de mentalidad espiritual.

 
 
 

Debe ser el centro de unión fraternal entre todas las inspiraciones esotéricas.

 

Debe ser una forma de compartir los conocimientos adquiridos.

 

Debe ser un athanor donde se confronten o se unan ideas y pensamientos.

 

Debe ser un vehículo para el despertar y la autorrealización.

 

Para lograrlo, debe ser el lugar donde las iniciaciones y recepciones informen (in-formen – formen dentro de uno mismo) a los hermanos y hermanas para que el conocimiento transmitido o el conocimiento adquirido les conduzca a aperturas más amplias de conciencia.

 
 
 

Así pues, al igual que la masonería operativa, la masonería especulativa puede proporcionar a sus miembros las herramientas y los recursos que necesitan para aprender su oficio: el de construir « puentes » entre los múltiples universos que han tomado forma en nuestro planeta; el de unir los fanatismos étnicos y organizativos actuales para combatir la ignorancia y la injusticia; y, por último, el de diseñar el futuro para que, mediante sus decisiones y sus visiones iluminadas, el mundo encuentre una armonía real al servicio de la vida.

 
 
 

La Masonería debe ser, por tanto, una escuela en la que las verdades no se sugieran, sino en la que los Hermanos y Hermanas aprendan a mirar el mundo tal como es, en su esencia. Para ello, es urgente instruirles mediante la iniciación y la práctica individual de la investigación y la meditación. De este modo, podrán llegar a ser verdaderamente operativos.

 
 
 

A la luz de estos pilares, expuestos de este modo, es entonces posible « pesar » nuestros números 33 y 95 en la balanza…

 
 
 

Resulta tentador, por un deseo de simplicidad un tanto precipitado, decretar que los Ritos Egipcios deberían, para ser considerados serios y… suficientemente modestos en su ambición, aceptar la paridad con los Ritos Escoceses Antiguos y Aceptados: 33 grados es más que suficiente.

 
 
 

Puesto que la escala de los Ritos Egipcios es del mismo tamaño que la del Rito Escocés Antiguo y Aceptado … los hermanos y hermanas sólo tienen que preguntarse por el criterio del « reconocimiento ».

 

Como este « reconocimiento » sólo se concede a las Obediencias u Órdenes que han aceptado la tutela de la Gran Orden Egipcia del Gran Oriente de Francia, un buen número de ellas, para obtener « estas nuevas Marcas terrestres », se verán obligadas a pensar en su escala en términos de 33 grados.

 
 
 

Entonces, ¿cómo caben 1,5 litros en una botella de 1 litro? La respuesta está más abajo.

 
 
 

El Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm, del que he recibido todas las transmisiones, es el que estructuró el T.S.F (Très Sage et Parfait) (Muy Sabio y Perfecto) Robert Ambelain y que, en su momento, fue reconocido por todas las obediencias más arraigadas en el panorama masónico moderno. Como ya se ha dicho, este Rito se practicaba bajo patente de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm. Esta patente, por cierto, nunca se concedió a la Gran Orden Egipcia (la de Yarker no designa, por tanto, el mismo Rito).

 
 
 

El Rito se basa en una escala de 95 grados, de los cuales sólo unos pocos se transmiten de la forma habitual, es decir, con la apertura de los trabajos, seguida de una iniciación o recepción y, por último, la clausura de los trabajos.

 
 
 

Para aclarar:

 

1: Aprendiz …

 

2: Aprendiz … En este marco, existían tres versiones de la transmisión ritual: una versión simplificada, una versión filosófica y una versión enriquecida con raíces tomadas del antiguo Egipto (Misraïm).

 

3: El Maestro según la base mitológica de la pasión del Maestro Hiram …

 
 
 

A continuación, los pasos esenciales que conducen al examen de la conciencia de los hebreos de estar sujetos a un modelo conceptual de existencia a través del Árbol de la Vida, sus famosas sefirot y sus canales de conexión. Éstos conducen naturalmente al arte de la Cábala.

 
 
 

Se transmiten cuatro grados: el Maestro Secreto, el Maestro Elegido de los Nueve y, por último, un tándem de Caballero del Arco Real y Gran Caballero Elegido de la Bóveda Sagrada de Jaime VI de Escocia.

 
 
 

A continuación viene un punto de inflexión en la epopeya judeocristiana: el grado de Caballero Príncipe Rosa+Cruz (Ritual del Buen Pastor) o Caballero del Águila Negra (Más Alquímico).

 
 
 

La sensibilidad rosacruz permite a los masones practicantes adentrarse en otros ámbitos no masónicos muy solicitados para el trabajo iniciático…

 
 
 

A continuación vienen dos grados de importancia: Caballero del Sol y Caballero Kadosh.

 
 
 

El primero, aún en el ámbito judeocristiano, pretende abordar elementos de la Alquimia Espiritual y la Teurgia. El segundo, retomar la pasión templaria y meditar sobre la confluencia entre lo temporal y lo espiritual.

 
 
 

Las funciones de gobierno fueron naturalmente muy solicitadas, y en particular el grado tan esperado, por sus prerrogativas: el de Soberano Gran Inspector General (33o grado).

 
 
 

¿Cómo se pasa de este grado, el 33, al 90 y luego al 95?

 
 
 

Aquí estamos, en un espacio en el que las reglas eran muy diversas y dependían de los Grandes Maestros encargados de esta transmisión. En cualquier caso, del grado 34 al 86, muy pocos grados se transmitían ritualmente…

 
 
 

Por último, sin duda te has acercado a los cuatro grados que componen los « famosos Arcanos ». Para simplificar las cosas, digamos los tres arcanos y los Arcana Arcanorum (los Arcanos de los Arcanos)…

 
 
 

Estos cuatro grados son la característica esencial de nuestro Rito … Recomiendo encarecidamente la lectura de :

 

- Isis, clef des métamorphoses au rite de Memphis Misraïm (por la TSS Bernadette Capello),

 

- Initiation à la lumière d’Orient (de T.S.F. Edmond Fieschi, que es uno de mis maestros de referencia),

 

- Los Arcana Arcanorum (por el T.S.F. Axek Karol).

 
 
 

Es necesario añadir que este Rito tiene otra particularidad: la de contar entre sus filas con « Patriarcas Grandes Consagradores » cuya misión es la « Sacralización y Fundación de Templos ». La transmisión de esta función requiere que el destinatario se someta a una recepción secreta y que tenga el estatus mínimo de « Sacerdote ».

 

Este rito, puesto en práctica por el T.S.F. Robert Ambelain, tenía pues como objetivo de formación estos 14 grados transmitidos ritualmente y 3 muy a menudo por comunicación. Como hemos señalado, estamos adscritos a un esoterismo occidental inspirado en gran medida en fuentes de Oriente Medio… esto dejó tiempo a nuestros Hermanos y, hoy, a nuestras Hermanas para acercarse a prácticas esotéricas más especializadas como: el Martinismo, los elegidos de Coën, la Rosa+Croix de Oriente, la Orden Cabalística de la Rosa+Croix, las Iglesias Gnósticas, …

 
 
 

El último grado (95) es el « Patriarca Gran Conservador del Rito ». Su nombre describe su función y su nivel de conciencia (en principio).

 
 
 

En conclusión, un 95 temporal … en realidad 17 grados reales más el recorrido personal del Hermano o Hermana, muy a menudo, en el mundo judeocristiano.

 
 
 

Incluso en este estrechamiento del campo de visión en relación con una universalidad buscada … hubo y sigue habiendo verdaderos Maestros … no muchos …

 
 
 

De hecho, esta forma de trabajar, aunque no se reconozca, afortunadamente sobrevive porque la conservan auténticos Grandes Conservadores. Sin embargo, hay que saber elegirlos si no se quiere « tomar las vejigas por las linternas ».

 
 
 

Los albores del siglo XXI han amanecido con la implosión de los órganos de gobierno del rito. El Gran Oriente de Francia, fortalecido por una patente muy antigua que le concedió nuestro T.S.F. John Yarker, se consideró a sí mismo un Maestro constructor, constatando aquí y allá la desolación de un Rito en crisis. Este Maestro constructor se puso a diseñar lo que debería ser un verdadero « Rito Antiguo y Primitivo del Misraïm de Menfis ». Inspirándose en elementos propuestos por John Yarker y rectificándolos, dio sustancia al « Gran Orden Egipcio ». ¿Encontró la Piedra Filosofal? Nada es menos cierto. Este rito tiene 33 grados (contenedor) y un campo de investigación espiritual « contenido » en el mundo « egipcio-griego ».

 
 
 

Adiós al enfoque universal de un mundo espiritualmente multipolar. Hola al enfoque centrado en nuestros orígenes supuestamente pitagóricos y en arrebatos iniciáticos severamente limitados por las exigencias de la razón.

 
 
 

Según el Objeto de sus « estudios », citado en el sitio web oficial del G.O.E., la vía masónica se refiere a « rituales y trabajos que sumergen al verdadero buscador en el Egipto alejandrino, crisol de culturas, filosofías y religiones del Antiguo Egipto, la Antigua Grecia, Mesopotamia y Asia Menor. También se reviven las obras de la Academia de Platón y de los Médicis.

 
 
 

El Rito de John Yarker se sometió a un empalme metódico bajo la dirección del Hermano Ludovic Marcos con la celosa ayuda del Hermano Jean Louis de Biasi.

 

Por tanto, es fácil ver el reenfoque simbólico, filosófico, hermético y más generalmente esotérico llevado a cabo por la G.O.E. … estamos en otro mundo … Atrás queda el Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm promovido por el T.S.F Robert Ambelain.

 
 
 

Muy pocos de los 33 grados referenciados en el Rito se transmiten ritualmente:

 

- Aprendiz, Compañero y Maestro, a condición de que no se citen ciertas invocaciones, ya que estarían demasiado cerca de una postura de adepto.

 

- El Caballero del Águila Roja (mundo cabalístico del Sefer Yetzirah); el Filósofo Hermético (misterios griegos y latinos); el Patriarca de Isis (un retorno al antiguo Egipto, pero cuyo ritual es una forma particularmente suavizada de la versión de la T.S.F.. John Yarker); los Sublimes Maestros de la Gran Obra que « tienen fama de dominar una alquimia interna » cuyos efectos y resultados operativos son difíciles de ver; los Grandes Defensores del Rito (esto sólo se refiere al aspecto de la « justicia masónica »); los sublimes Príncipes de Menfis (los que dominan el conjunto); los Patriarcas Grandes Conservadores del Rito.

 
 
 

De los 33 grados de su escala, sólo 10 son objeto de iniciación o recepción ritual. Los demás son objeto de « comunicaciones ».

 
 
 

Entonces, ¿33 o 95?

 
 
 

La elección debería depender de la libertad de creencia o del estado de conciencia de cada individuo… pero los presupuestos de una masonería que pretende ser universal desde el punto de vista del mayor conocimiento de toda la humanidad no se adquieren en este contexto.

 
 
 

Por desgracia, la ley de la escalera en el 33, según la visión del G.O.E., que constituye la base del « reconocimiento » de las Instituciones Masónicas, ¡no contribuirá a la realización de los pilares que hemos definido anteriormente!

 
 
 

Aclarar la diversidad de sensibilidades. La de la Antigua y Primitiva Orden Iniciática de Memphis Misraïm, Vía Oriental. Presenta una escala que intenta responder lo más plenamente posible a los pilares fundadores mencionados en la introducción. ¿Cómo podemos pretender sembrar la armonía y la paz si nos negamos la oportunidad de conocer a los demás en todas sus diferencias y diversidad de expresión? ¿Cómo podemos entablar un diálogo para iniciar una ósmosis favorable al encuentro entre nuestras diferentes culturas y prácticas? ¿Cómo evitar volvernos liberticidas o epistémicos rechazando a los demás si no damos el paso de penetrar en su universo?

 
 
 

Así que este « 95″ ofrece al Hermano y a la Hermana un camino… sólo un camino de iniciación. Si emprenden este camino de iniciación en 95 refugios, ¿encontrarán el despertar que buscan? Cada masón en este camino verá puertas que le conducirán, según su naturaleza, hacia prácticas más acordes con su verdadera naturaleza.

 
 
 

¿Será entonces aquel a través del cual todos los mundos futuros encontrarán las claves de la verdadera fraternidad universal? En esta « escalera » (o camino de refugios):

 

- ¿Aprendices? Los masones viajarán a un mundo conocido como « Isíaco », es decir, un mundo en busca de las leyes íntimas que rigen el universo.

 

- ¿Compañeros? Estos mismos masones investigarán el mundo real, el mundo objetivo. Tomarán conciencia de las herramientas de que disponen para comprender, medir, pesar, escuchar, etc., y finalmente comprenderán que la realidad puede no ser… « real ». Para ello, practican las « Artes Reales ».

 

- ¿Maestros aprendices? Se les invitará a penetrar en el mundo sutil a través de la pasión osiriana. Un primer despertar a la trascendencia.

 

- Maestros Compañeros ? Emprenderán cinco viajes:

 

> el primero les llevará a un espacio de tiempo ocupado por los antiguos hebreos: « la larga epopeya del pueblo judío en su relación con lo divino ». (16 refugios).

 

> El segundo estará dedicado a « aquél que hizo brillar de nuevo la luz ». (5 refugios).

 

> El tercero explorará « el mundo de los templarios » (6 refugios).

 

> el cuarto surgirá del segundo viaje (como el tercero). El cuarto surgirá del segundo viaje (como el tercero). Aquí encontraremos el aliento del Extremo Oriente con el budismo, el hinduismo y el shivaísmo (2 refugios).

 

> El quinto viaje, llamado « destello ancestral ». (4 refugios). Los pasos de los hermanos y hermanas les conducirán a los misterios de la mitología, al corazón de los primeros pueblos, a las culturas del norte de Europa, pero también a espacios temporales muy antiguos como los del « creciente fértil »…

 
 
 

Por último, el grupo de los Maestros Consumados, que incluye a :

 
 
 

> los Maestros Sublimes de la Gran Obra (Menfis) de la T.S.F. Jean Étienne Marconis de Nègre. Aquí reina la alta filosofía.

 

> los Sublimes Maestros de la Gran Obra (Régimen de Nápoles) estructurados en cuatro refugios: los arcanos únicos que darán vida a otros dos arcanos y los Arcana Arcanorum (los arcanos de los arcanos).

 

> los Patriarcas Grandes Conservadores del Rito.

 
 
 

No olvidaremos la función del « Patriarca Gran Consagrador », cuyos atributos ya hemos mencionado al presentar el Rito de 95 grados de la T.S.F. Robert Ambelain.

 
 
 

El 95 así descrito comprende un mínimo de 41 transmisiones rituales… A partir de ahí, el camino recorrido enseña… es un viaje de iniciación… Es una apertura máxima de la conciencia… Incluye los medios de universalidad de los que nacen las formas más logradas de la acción humana y se construyen en un profundo amor a la vida en todos sus aspectos.

 
 
 

¿Así que 33 o 95?

 
 
 

Como los monjes, los masones recorren el camino, encarnando lo que aprenden y comprenden, y actuando para que todo el aliento de la vida esté en armonía… porque sólo cuentan la « Sabiduría », la « Fuerza » y la « Belleza ».

 
 
 

He elegido estos tres ejemplos para comprender la naturaleza de las implicaciones de elegir un camino masónico con « n » grados. El lector podrá descubrir que otros Ritos Egipcios tienen otras escalas. Debo mencionarlos para saludar su seriedad en sus planteamientos iniciáticos: el Rito Oriental Antiguo y Primitivo de Misraïm Memphis (Gran Santuario Adriático); el Rito Oriental Egipcio y el Rito del Antiguo Egipto (Orden Masónica de los Ritos Antiguos); los Ritos de Venecia (Orden de los Ritos de Venecia); Rito de la Vía Sagrada (Orden Iniciática Masónica de la Vía Sagrada que lleva a cabo un curso iniciático atípico basado en la obra de René e Isha Schwaller de lubicz) . ..

 
 
 

Así pues: « Felices los que, como Ulises, han realizado un hermoso viaje, O como aquel que conquistó el vellocino, Y luego regresaron, llenos de utilidad y razón, … « . … ¡y vuelven al mundo profano para hacer lo que su conciencia les inspira!

 
 
 

¿33 ? o 95 ? Por mi parte, el buscador que soy eligió el 95 en su versión de los 95 refugios … ¿lo sospechabas?

 

Hermano Gérard Baudou Platón,

 

El que cava

 

[1] Il est pratiqué à l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Willy Reamaker (https://memphismisraim.fr/) ; La Grande Loge Françaises de Memphis Misraïm historique qui s’est jointe à la Grande Loge Régulière de Memphis Misraïm pour fonder l’Ordre Philosophique Hermétique filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat ; la Grande Loge Symbolique de France, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Georges Claude Vieilledent (https://www.grandelogesymboliquedefrance.org/) ; l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat, Guy Duval …

[2]T.S.F (Très Sublime Frère)

[3] https://www.grandordreegyptien.net/

[4]Toutes les Grandes Loges ou Ordres reconnus font partie des cette catégorie …

[5]Liberticide … « qui prive de la jouissance de la liberté » … ici, de la liberté d’expression spirituelle

[6]Épistemicide … « action qui tend à effacer une culture ou à la rendre inaudible »

[7] l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Guy Renaudin, Gérard Baudou Platon …

[8] https://www.sgsafrance.com/ … Suivre les travaux de la Respectable Loge Hathor …

[9] http://omra-fm.fr/

[10] https://omvs.fr/

[11] (Joachim Du Bellay)

SOURCE  : https://www.webfil.info/post/vous-avez-dit-33-95-r%C3%A9pondit-l-%C3%A9cho

La Franc-maçonnerie est-elle toujours d’actualité ?

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La Franc-maçonnerie est-elle toujours d’actualité ?

La question de savoir si la franc-maçonnerie est toujours pertinente dans notre société en constante évolution est souvent posée dans les forums maçonniques et par les profanes.

Cela indique que c’est important pour la majorité des Frères. De plus, la question est souvent posée lorsqu’on discute des conditions dans lesquelles se trouvent actuellement nos Loges, peut-être même du désespoir face à ce qui semble être l’avenir de la Franc-Maçonnerie. À mon avis, il s’agit d’un aspect plutôt limité de la « pertinence », c’est-à-dire de la capacité de contribuer positivement à la solution des problèmes ou des obstacles rencontrés par la franc-maçonnerie et les frères, en tant que tels, dans leur vie quotidienne.

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Le dictionnaire Webster définit « pertinent » comme suit : « Étymologie : latin médiéval « pertinent » -, du latin, participe présent de « révéler » élever. 1. Avoir un soutien significatif et démontrable sur le sujet en question 2. Fournir des preuves visant à prouver ou réfuter tout sujet en débat ou en discussion 3. Avoir une pertinence sociale 4. La qualité ou l’état d’être pertinent ; pertinence; applicabilité. »

Pour les besoins de cet article, je soulignerais les deux dernières définitions. Malgré tout, nous voulons nous assurer que ce que nous faisons vaut nos efforts !

Je vais essayer d’aborder cette question principalement sous ses aspects moraux. Cependant, il serait presque impossible de présenter un traité complet dans un seul article. Une discussion complète nécessite la preuve de chaque affirmation ou opinion, ce qui dépasse la portée des présentes réflexions. Ce qui reste est un effort pour souligner brièvement plusieurs angles possibles de « pertinence » et laisser le développement de ces questions aux lecteurs.

Lorsque nous discutons de la « pertinence » dans nos vies de francs-maçons, nous devons distinguer quatre aspects principaux :

  1. La franc-maçonnerie est-elle pertinente dans ma vie quotidienne ?
  2. Est-ce que d’autres personnes considèrent que le fait que je suis franc-maçon affecte mes attitudes et mes actions, ce qui prouve sa pertinence pour moi ?
  3. La franc-maçonnerie, en tant qu’organisation, a-t-elle une quelconque pertinence dans les sociétés actuelles, telles qu’elles existent ?
  4. La société considère-t-elle notre corps maçonnique comme pertinent pour résoudre les problèmes présents ou futurs de la société humaine ?

Dans le texte suivant, je tenterai de traiter uniquement du premier aspect ci-dessus. Il me semble que ce que les autres pensent de nous en tant que francs-maçons ou de notre organisation ne fait pas douter de notre pertinence auprès des Frères. C’est nous qui devons nous convaincre que l’appartenance à la franc-maçonnerie a de la valeur pour nous, en tant qu’individus.

La plupart d’entre nous sont confrontés à des expressions de doute, voire de ridicule, à l’égard de la franc-maçonnerie. Parfois, nous pouvons aussi douter de la pertinence de notre artisanat ancien face à notre société en évolution rapide et en évolution. Lorsque nous utilisons l’expression « un système particulier de moralité », évaluons-nous les enseignements moraux de notre système comme étant pertinents pour nos vies et les jugements moraux que nous devons porter, ou est-ce que tout cela est « passé » ? Pour répondre à ces questions, il faut remonter à nos ancêtres, qui se réunissaient pour spiritualiser ou moraliser, comme ils appelaient autrefois leur philosopher. Il est important de se poser quatre questions :

  1. Le besoin de l’homme de socialiser avec les autres a-t-il changé ?
  2. Le besoin de sentiments fraternels proches a-t-il complètement cédé la place au seul besoin de réalisations personnelles ?
  3. Le besoin de discuter ou de réfléchir aux questions morales a-t-il cessé d’exister ?
  4. Tous ces changements nécessitent-ils une modification de nos principes moraux ? 

Essayons d’examiner ces quatre questions :

a) Le besoin de socialisation de l’homme – Concernant la première question, j’espère que vous conviendrez avec moi que le besoin de socialisation de l’homme n’a certainement pas disparu. Les motivations ont peut-être changé, peut-être que les objectifs de la socialisation avec les autres servent également d’autres objectifs, mais le véritable besoin de l’individu existe toujours. L’homme reste un « animal social » et, malgré les moyens de communication modernes, nous avons toujours besoin d’un contact humain direct.

En même temps, nous devons comprendre les implications de l’accent mis sur le fait d’être une Fraternité, sur le maintien de relations fraternelles. Sans une longue discussion sur les significations sociologiques, on peut affirmer avec certitude qu’une telle relation est basée sur un lien émotionnel. Elle s’inscrit dans le domaine des relations familiales et ne peut exister que lorsqu’il y a une implication personnelle. Lorsque nous rencontrons un étranger pour la première fois, nous savons tous ce que nous ressentons dès que nous apprenons que cet étranger est un Frère. Pensez à la rapidité avec laquelle nous nous sommes ouverts les uns aux autres, en échangeant nos expériences. C’est à mes yeux une preuve de l’importance que nous accordons à l’appartenance à notre Ancienne Fraternité et à son système de principes moraux.

b) Compétitivité contre Fraternité – Sans aucun doute, dans les démocraties occidentales modernes, nous vivons dans une société compétitive, une société orientée vers la conquête. J’espère que vous conviendrez avec moi que ces aspects de notre vie moderne ne nient en aucun cas notre besoin de socialisation. La société moderne nous a rendus plus compétitifs et avec un besoin évident de faire nos preuves dans ce que nous faisons. Cependant, nous devons nous demander si les réalisations personnelles sont devenues, dans tous les cas, plus importantes que les contacts personnels (émotionnels). Est-il devenu prédominant dans nos activités quotidiennes, dépassant tout le reste ? À mon avis, la réponse est : NON. Nous avons encore besoin de notre place.

En même temps, nous devons comprendre que lorsque nous utilisons le terme « Frère », nous entendons un lien émotionnel, typique des petits groupes comme notre cellule familiale. Sans enquêter de manière exhaustive sur les théories sociologiques sur les petits groupes, j’espère qu’il est clair pour chacun, à partir de ses expériences personnelles, que, dans des groupes sociaux aussi petits, les forces augmentant la cohésion sont considérées comme légitimes et devraient être renforcées, tandis que la concurrence au sein d’un si petit groupe est considérée comme illégitime et est fortement censuré. Non seulement cela est considéré comme illégitime, mais cela donne aussi lieu à des antagonismes émotionnels très forts. Il s’ensuit que dès qu’il y a de rudes compétitions entre Frères au sein d’une Loge, elles suscitent des réactions émotionnelles très fortes – elles peuvent réduire une Loge en miettes. Une caractéristique typique des petits groupes est qu’ils ont tendance à être monolithiques et ne permettent pas la diversité. Contrairement à cela, notre société moderne est basée sur la diversité. Pourquoi prêchons-nous la tolérance et la modération ? Nous espérons bien sûr que les Frères laisseront leurs antagonismes hors des portes de la Loge, afin que l’harmonie puisse être préservée.

D’après ce que je viens de dire, nous devons réaliser qu’il existe une tension inhérente entre notre comportement compétitif et axé sur la réussite en dehors de la Loge et l’engagement fraternel entre nous en tant que Frères de la Loge et en tant que francs-maçons. De plus, cela peut indiquer pourquoi les compétitions au sein de nos Loges donnent souvent lieu à de fortes tensions et pourquoi elles sont contraires à ce que nous considérons comme des relations fraternelles.

c) La nécessité de discuter de questions générales – Bien que nous nous soyons engagés à ne pas discuter de politique (parti) et de religion (foi) dans les Loges, il me semble qu’échanger des points de vue sur des questions morales reste une nécessité pour l’homme moderne. C’est peut-être même l’un des attraits de la franc-maçonnerie. Moralisez, comme nos ancêtres le faisaient.

Ce qui me semble extrêmement important, c’est qu’on entre dans une Loge, et dans la Franc-maçonnerie, pour satisfaire d’autres besoins. Un néophyte initié estime généralement qu’il a suffisamment d’opportunités pour concourir en dehors de la Franc-Maçonnerie et de la Loge. Il semble qu’en fin de compte, après avoir pris soin de nos besoins matériels, après avoir satisfait à tous nos besoins personnels et familiaux, il nous reste encore à répondre à nos besoins sociaux et spirituels. C’est ce que nous souhaitons réaliser en devenant Frères de ce lien mystique. Devenir francs-maçons.

À mon avis, l’un des facteurs qui influencent la force ou la faiblesse de la franc-maçonnerie aujourd’hui est notre perception selon laquelle nous devons satisfaire ce besoin ou perdre l’intérêt de nombreux jeunes Frères. Ceux qui viennent chercher des relations intellectuelles – au moins comme facteur supplémentaire – seront déçus et partiront bientôt. C’est pourquoi je considère que répondre aux besoins intellectuels est une partie importante de nos Loges.

d) Devons-nous changer nos principes de moralité ? – Revenons à la question des principes moraux et à savoir si eux aussi évoluent rapidement au rythme où évolue la société moderne. Commençons par convenir que non seulement la société humaine évolue au fil du temps, mais que le degré de changement s’est considérablement accru, créant de nouvelles conditions et de nouveaux problèmes. La situation que nous appelons « Le Village Global », avec ses moyens de communication modernes, a sans aucun doute changé de nombreux aspects de nos vies. Cependant, j’espère que vous conviendrez avec moi que les principes fondamentaux de la moralité sont restés inchangés, même si leurs usages ont pu évoluer au fil du temps.

Considérons deux exemples. La question de l’égalité est le premier principe qui vient à l’esprit. Au XVIIIe siècle, « tous les hommes sont créés égaux » signifiait uniquement la noblesse. Ensuite, la bourgeoisie a été incluse et enfin tous les hommes ont été inclus, même si les femmes n’étaient pas considérées comme « égales » : elles ont été les dernières à être incluses.

Il est plus probable que nous soyons à l’origine du droit à l’autodétermination, qui est progressivement devenu applicable aux droits nationaux au XIXe siècle et au-delà, et que le droit des nations a influencé la question des minorités et de leurs droits. Comme nous pouvons le constater, le principe ne s’appliquait au départ qu’à une partie de la société et s’est progressivement étendu à tous les êtres humains.

Ce ne sont que deux exemples. Le principe de l’égalité avait été discuté dans les loges maçonniques et adopté par les réformateurs sociaux. Cela a commencé avec l’égalité des droits (politiques et judiciaires), mais s’applique désormais à l’égalité des chances pour tous, sans tenir compte de la race, de la religion et du sexe. L’idée de l’État providence est une descendante directe des principes moraux adoptés pour la première fois par les francs-maçons. Maintenant, en tant que maçons qui « atteignent le niveau », croyons-nous que cela s’applique uniquement à nos frères, ou acceptons-nous l’applicabilité plus large du principe d’égalité ? En tant que francs-maçons, avons-nous quelque chose à dire sur les inégalités dans la société en dehors de notre Loge ? Avons-nous que dire des violations des droits des minorités ? Cela ne nous concerne-t-il pas en tant que citoyens ?

J’espère que vous conviendrez avec moi que ce que nous venons de dire signifie que la nécessité de discuter de questions morales avec les autres est restée inchangée. Je vais plus loin et je dis qu’il est nécessaire d’évaluer constamment les principes eux-mêmes et de les ajuster si nécessaire aux nouvelles situations. En d’autres termes : lorsque nous parlons du principe de règle majoritaire, également répandu dans la franc-maçonnerie, nous discutons en réalité des principes moraux maçonniques qui caractérisent tout système de vie démocratique. C’est le besoin constant pour un citoyen démocratique de vérifier les limites de sa liberté par rapport à celles de ses voisins ; ses droits contre ceux d’autrui ; les limites qui devraient être imposées à la règle de la majorité. Ici aussi, nous devons conclure que les principes de notre « système moral particulier » sont toujours aussi valables qu’ils l’étaient il y a plusieurs décennies. Notre système est « particulier » dans la manière dont il est enseigné à travers des symboles et des allégories. C’est la seule particularité de notre système.

Alors, la franc-maçonnerie est-elle toujours d’actualité ? Qu’est-ce que tout ce qui précède a à voir avec la franc-maçonnerie ?

Tous!

La franc-maçonnerie est un système de moralité qui nous aide à nous reformater selon des principes moraux idéaux . Faites ce que Socrate appelait « vivre la bonne vie », c’est-à-dire : la seule vie qui vaut la peine d’être vécue, une vie conforme aux principes moraux en soi. Est-ce que nous réussissons tous ? Certainement pas! En tant qu’êtres humains normaux – du moins je l’espère – nous avons nos faiblesses humaines. Nous n’obtenons pas toujours ce que nous attendons, mais au moins nous essayons de nous rapprocher le plus possible de cet objectif. Ne serait-ce pas mieux ainsi, même si on allait seulement un peu plus loin ?

Il est intéressant de noter que la franc-maçonnerie prospère dans les sociétés dans lesquelles les hommes ont des croyances profondément ancrées et un sens de l’engagement. Une atmosphère dans laquelle quelqu’un se fait un devoir de se battre pour les causes auxquelles il croit. La franc-maçonnerie ne peut pas prospérer dans une société dans laquelle règne une atmosphère d’apathie, due à l’idée que rien ne peut être fait pour remédier aux injustices, et dont l’homme se sent aliéné.

Il faut peut-être comprendre que de nouveaux mouvements d’extrémistes politiques et religieux, de fondamentalisme, se sont développés à travers le monde et tentent d’accéder à la suprématie. Qu’avons-nous, en tant que francs-maçons, à dire à ce sujet, sur la base de nos principes moraux ?

Dois-je en dire plus ? Il me semble que dans toute société moderne, la franc-maçonnerie peut contribuer à un meilleur climat social et à une plus grande sensibilité aux besoins de tous les membres de cette société. Surtout les faibles et les nécessiteux. En tant que francs-maçons, nous devrions en être fiers.

En tant qu’organisation, nous nous abstenons de nous impliquer dans les questions politiques et religieuses, mais les francs-maçons – en tant qu’individus – font partie d’une confrérie internationale d’hommes qui ont exprimé leur attachement à certains principes moraux et à leur conservation permanente ; d’hommes qui pourraient influencer la société en donnant le bon exemple. Nous ne prêchons pas et ne faisons pas de publicité pour nos contributions. D’autre part, nous nous efforçons de certifier et de re-certifier constamment, et essayons d’être dignes du titre « homo sapiens ». Sommes-nous prêts à être – au moins de temps en temps – plus attentifs aux autres et plus critiques envers nous-mêmes et non envers les autres ?

Nos propres vies deviendront-elles plus riches du fait d’être francs-maçons en actes et en pensées ? Eh bien, je laisse à chacun d’entre vous le soin d’y réfléchir.

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SOURCE : Daniel Doro, 33e – Grande Loge d’Israël 

(Adapté de la traduction de Rafael Rocca dos Santos)

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