LES 7 LARMES D’UN VIEUX FRANC-MAÇON 19 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaireLES 7 LARMES D’UN VIEUX FRANC-MAÇON
Dans un coin du temple, assis sur un banc et regardant le Delta Lumineux, un vieux Maître Maçon triste pleurait.
De ses yeux, d’étranges larmes coulaient sur son visage ; Sans savoir pourquoi, je les ai comptés : ils étaient sept. Voulant connaître la raison, je me suis approché et j’ai demandé : « Parle, Vieux Maître, dis à cet Apprenti la raison de toute cette douleur ».
Il m’a répondu doucement ; « Voyez-vous ces frères aller et venir ? les larmes que vous avez vues sont dédiées à certains d’entre eux .

« La première s’adresse à ces personnes indifférentes qui n’apprécient pas l’histoire, l’ésotérisme, la liturgie et les rituels, et qui viennent ici en quête de distraction ; Ils sortent généralement en ironisant sur ce que leurs esprits aveugles ne peuvent pas concevoir ».
« La Seconde est causée par ces personnes éternellement incertaines qui prétendent croire, contrairement aux vieux Maestros, que l’attente d’un miracle les fera réaliser ce que leurs propres mérites leur refusent ».
« Le Troisième est dû aux méchants, ceux qui ne fréquentent la Loge que pour semer la discorde entre les Frères ».
« Le Quatrième est destiné aux Frères froids et calculateurs qui, sachant qu’il existe une Force Spirituelle, tentent d’en profiter de quelque manière que ce soit, sans connaître le mot Amour ».
« Le Cinquième s’adresse à ceux qui arrivent doucement, avec un sourire et une louange aux lèvres, mais qui se voient clairement sur leur visage : je crois au Grand Architecte de l’Univers, à l’Ordre et à mes Frères ; mais seulement s’ils me sont d’une certaine utilité ».
« Le Sixième est provoqué par l’inutile, l’insignifiant, qui se rend à la Loge à la recherche d’approches où se réfugier, mais dont les yeux révèlent un tout autre intérêt ».
Et le septième ?
« Le Septième , mon cher Frère, est grand et glisse doucement ! C’est la dernière larme ; celui qui vit aux yeux du vrai franc-maçon ».
« Que ces larmes, Cher Apprenti, servent à nous souvenir du II :. qui oublient ce que signifie réellement être franc-maçon et qu’il existe II :. et tant d’autres êtres humains ayant besoin de protection matérielle et spirituelle ».
Adapté de Ricardo Polo
Directeur de la revue maçonnique « Hiram Abiff » – Argentine
Faut-il déconstruire le GADLU ?
Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaireFaut-il déconstruire le GADLU ?
Frappé d’obsolescence, faut-il le supprimer, le jeter au rebut ? Faut-il au contraire le re-booster comme un vieil ordinateur fatigué, le reconditionner ? Ou au contraire, totem intouchable forgé en platine-iridium, faut-il le mettre sous trois cloches de verre, pour le conserver au Pavillon de Breteuil comme mètre-étalon ? La réponse est : OUI.
Au commencement n’était pas du tout le GADLU. Au commencement n’était même pas Dieu, si l’on en croit Frédéric Lenoir dans Petit Traité d’Histoire des Religions. Les premiers rites funéraires remonteraient à 100 000 ans. Il n’est pas encore question de religion, mais c’est à partir d’eux que se serait développée l’idée de l’immortalité de l’âme, et le culte des ancêtres, à la fois craints et vénérés. Puis ces esprits ont commencé à se détacher progressivement des lignées familiales pour s’attacher aux lieux et aux mystères. À commencer par le mystère de la vie, le mystère de la fécondité. Au commencement, Dieu était une femme, les premiers dieux étaient des déesses. C’est le patriarcat qui va instaurer la prédominance de dieux masculins. Puis, au fur et à mesure que les groupes humains se sont socialisés, sédentarisés, multipliés, il y a eu besoin de récits de plus en plus englobants, de figures tutélaires de plus en plus totémiques pour les réunir. Dans l’Antiquité, les dieux sont attachés à une terre et à un peuple. Il n’y a pas de guerres de religion. Quand un peuple remporte une victoire sur un autre peuple, c’est que ses dieux étaient les plus forts, il suffit de remplacer les vaincus par les vainqueurs et l’histoire continue. D’ailleurs le culte religieux est strictement intéressé. Quand on obtient ce qu’on veut d’une divinité, on continue de l’honorer, de lui présenter des offrandes et d’entretenir son culte. Dans le cas contraire, on va en voir une autre.
Le judaïsme instaure le premier dieu unique pour un peuple nomade. Les Hébreux étant itinérants, ils ne pouvaient pas adorer des dieux attachés à des lieux et logeant dans des temples en pierre. Il fallait un temple nomade qu’on emporte avec soi : l’Arche d’Alliance. Comme un contrat passé entre ce dieu et le peuple qu’il a élu. Ça n’allait pas tout seul. Frédéric Lenoir montre comment le judaïsme reste emprunt de polythéisme à ses débuts, et même tardivement. Il en ira un peu de même avec le christianisme. A la différence du judaïsme, il est prosélyte, il cherche à se répandre par la conversion et par le baptême. Il n’est pas attaché à un peuple en particulier, mais c’est en entrant dans cette religion, par le baptême, qu’on deviendrait membre de ce peuple. Pour autant, le christianisme apparaît largement comme un pseudo monothéisme, dans la mesure où il s’est employé à digérer toutes les croyances des peuples dits païens, à remplacer les divinités celtes par des saints, et donc à faire semblant de les supprimer tout en perpétuant leur culte. Les missionnaires ont fait la même chose en Afrique.
Dieu est l’explication du monde. Non seulement, il est, d’après les textes sacrés, celui qui l’a créé en 6 jours, mais il est aussi sa raison ultime, la source de tous les phénomènes naturels, la source de toutes les lois de la nature, lesquelles ne sont pas autre chose que les lois de Dieu. La nature et l’Homme sont censées s’y soumettre, ils risquent son courroux s’ils osent s’en écarter. Et comme Dieu ne se manifeste pas directement, ce sont les clercs qui prétendent agir en son nom. La science n’est autorisée que dans la mesure où elle se contente d’illustrer et de confirmer le dogme religieux. Galilée, Copernic, peuvent en témoigner. Le mouvement humaniste, autour du XVIème siècle va chercher à s’affranchir de ce carcan pour permettre à la science, et plus généralement à la pensée, de se développer sur la base de ses propres références, sous l’égide de la raison, et avec une méthode d’approche basée sur l’observation et la preuve.
La science et la religion, séparées l’une de l’autre, vont suivre des routes qui, pour être parallèles, se rencontrent pourtant. Les humanistes sont profondément croyants, qu’ils soient catholiques ou protestants. On connaît l’anecdote de Pierre-Simon Laplace présentant les premiers volumes de la Mécanique Céleste à Napoléon. A cette remarque de l’Empereur : “Mais vous ne parlez pas de Dieu”, il aurait répondu “Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse”. La raison de la religion et celle de la science sont distinctes, mais elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Pour dire les choses autrement, il y a eu un renversement de perspectives. Autrefois, c’était à la science de se conformer au dogme religieux. Désormais, c’est à la religion de s’adapter à l’avancée des connaissances scientifiques.
Mais alors pourquoi le GADLU ? Justement, parce que cette fonction d’explication ultime du monde n’était plus prise en charge par la figure de Dieu et que cependant, tout n’était pas expliqué par la science, et ne le serait jamais. Voltaire, dans Les Cabales, reconnaissait : “ “L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger.” Le monde serait une superbe mécanique qu’un artisan suprême aurait conçu, construit et dont il se chargerait de maintenir l’harmonie. Horloger ou architecte ? Notre frère Gilbert Garibal, ici-même sur 450.fm, attribue à Philibert de l’Orme l’invention de la profession d’architecte. Philibert de l’Orme, grand architecte de la Renaissance né à Lyon en 1514, on lui doit notamment le château de Fontainebleau. Dans ses écrits théoriques, il distingue la fonction de bâtisseur de celle de concepteur. Pour la tradition maçonnique, à travers la figure d’Hiram, les deux figures sont mêlées. Si l’architecture devient non pas seulement une pratique, mais une discipline intellectuelle, alors, elle va du concret vers l’abstrait et peut-être même… vers l’esprit. C’est dans les constitutions de 1723 que le terme de Grand Architecte de l’Univers apparaît pour la première fois : “Adam notre premier père créé à l’image de Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, dut avoir les sciences libérales gravées dans le cœur… ». Mais c’est en 1835 seulement que le REAA l’adopte comme référence dans ses rituels pour remplacer toute mention à Dieu. En ce qui concerne le rite français, en 1877 le Grand Orient de France, après le Grand Orient de Belgique (1872), l’abandonne pour permettre de s’ouvrir à ceux qui se réclament de l’athéisme. Cette appellation est bien pratique. Elle va permettre à chacun, quelle que soit sa religion, de projeter la transcendance à laquelle il se réfère, dans cette figure. Mais elle pose problème, elle décrit l’œuvre de cet Architecte comme une construction purement minérale alors que la “Création” était vivante. Une construction immobile, immuable, incompatible avec la théorie de l’Évolution des Espèces ? Une construction dont le plan aurait été établi préalablement, en s’appuyant sur une science qui aurait préexisté…même au GADLU ?.
Qu’en est-il au XXième siècle ? Y a-t-il un Grand Architecte dans l’Univers? C’est la question que se pose Stephen Hawking dans un livre éponyme paru en 2011. Depuis les Grecs Thalès et Démocrite, les hommes cherchent à percer les mystères de la nature, du macrocosme comme du microcosme. Mais à l’époque des Anciens, on croyait généralement que la Terre était plate et que le soleil tournait autour. Depuis le mouvement humaniste on conçoit les lois de la nature non pas comme l’expression d’une volonté divine à laquelle il faudrait se soumettre, mais comme le constat d’une régularité qui permet des prédictions vérifiables : au nom de la gravité de Newton, toutes les pommes qui se détachent de l’arbre vont tomber par terre. Mais ces lois de la nature posent différentes questions. La première est celle de leur origine, et là, l’hypothèse de Dieu re-montre le bout de son delta lumineux. La deuxième cherche à savoir s’il y aurait des exceptions, des situations où la “nature “‘dérogerait à ses propres lois. Si la réponse à cette question est : non; cela voudrait dire que le Grand Architecte serait soumis à des lois qui lui seraient supérieures et qui lui pré-existeraient, des lois auxquelles lui-même ne pourrait pas déroger. Si la réponse est oui, s’il est possible de déroger aux lois, cela voudrait dire que le GADLU fait un peu n’importe quoi et que les lois n’existent pas vraiment.
La troisième question cherche à déterminer s’il existe un seul ensemble de lois possibles dans l’univers…ou plusieurs? Scientifiquement, cela correspond à la poursuite de la M-Theorie, une méga-explication du monde qui engloberait toutes les connaissances disponibles à la fois en physique quantique et en physique classique, une théorie capable de décrire chaque aspect de l’univers. Mais cet univers n’est plus cantonné à la planète bleue, ni même au système solaire, ni même à notre galaxie la Voie Lactée, ni même aux milliards de milliards de galaxies qui composent ce qu’on en perçoit, ni même la seule matière qui le compose puisqu’elle ne représente que 5% du tout, les 95 % restants étant faits de matière noire et d’énergie noire c’est à dire du contraire de l’énergie et du contraire de la matière ? Et cet univers n’est pas le seul possible : “toutes les versions possibles de l’univers coexistent simultanément au sein de ce qu’on appelle une superposition quantique” (p.52).
Alors Grand Architecte de quoi ? Et puis : pourquoi “architecte”? S’il y avait une organisation générale volontaire, un “plan”, il faudrait expliquer pourquoi cette Brève Histoire du Temps est composée d’une succession quasi-ininterrompue d’échecs depuis 13,8 milliards d’années, l’apparition de la vie n’étant que l’exception. Hacking conclut, après Laplace, que l’hypothèse GADLU n’est pas plus nécessaire que l’hypothèse Dieu. La question reste entière, et elle n’est pas scientifique mais philosophique : s’il fallait postuler une intention dans tout cela, s’il fallait mettre au dessus de sa tête un idéal, s’il fallait se référer à une transcendance, fut-elle spirituelle et non religieuse, comment pourrait-on l’appeler puisque le terme de Grand Architecte de l’Univers est maintenant dépassé ?
SOURCE : https://450.fm/2024/08/30/faut-il-deconstruire-le-gadlu/
Prophétie de l’espoir 18 avril, 2026
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L’Homme Dieu : Adam Kadmon – Les Mystères de la Kabbale 17 avril, 2026
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Protégé : LE TUILEUR – 1°- 16 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.DE LA CONNAISSANCE… À LA SAGESSE 15 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaireDE LA CONNAISSANCE… À LA SAGESSE
La « Théorie de la connaissance » vise à expliquer le processus qui suit la personne qui « dit » se rapporte à l’objet « à connaître » ou « connu » et, par conséquent, à la nature de cette connaissance et au statut qui doit lui être accordé. à lui/elle. Parmi tout ce que chacun « sait », il y a la « conscience de soi », qui est peut-être la chose la plus difficile à « savoir ».
Le mot « savoir » vient du latin « co-gnoscere », mot composé de « cum », préposition utilisée comme préfixe dans la formation des mots, à laquelle nous avons voulu donner un sens renforçant. En fait, la forme simple du verbe latin qui signifie « connaître » a le sens de « connaître, être informé » existe en latin et était « noscere ». L’utilisation du mot composé est née de la nécessité de mettre en valeur le concept, en donnant à la formule « cognoscere » le sens renforcé du concept de « noscere ».
Ainsi, « connaître » signifie : « apprendre à connaître, chercher à connaître, étudier ». De même, le concept représenté graphiquement par « connaissance » peut être plus ou moins riche de sens, selon le contexte dans lequel il s’insère.
D’un autre côté, le concept de « Sagesse », ainsi qu’il s’inscrit dans la « connaissance », qui a aussi un contenu de signification différente : pas même lorsqu’il se traduit par une idée d’accumulation de connaissances, plus à définir idéal supérieur de vie, propose une doctrine morale ou philosophique. Il est Sage, c’est-à-dire doté de Sagesse, qui atteint un contrôle absolu sur sa conscience et a l’intention de créer un modèle de vie, dans le cadre de ces paramètres, capable de porter un jugement juste, droit. et bien sûr.
Pour nous francs-maçons, tout commence par l’initiation. Je cite Daniel Béresniak :
« La franc-maçonnerie est une école d’éveil »… « Les loges maçonniques installent, dans nos vies, des lieux pour redonner nos forces. Que signifie cellule ? Que dans ces lieux, le dialogue cesse d’être un combat entre gagnants et perdants, comme cellule arrive entre profanes, et devient un échange qui donne du sens et du bien-être à chacun de nous »… « Et quand chacun de nous, Après une Séance maçonnique, vous vivrez des moments heureux, renouvelés, enrichis, vous souvenez d’un moment privilégié. Mais il n’est aucun cas certain de pouvoir revivre ce moment, même si toutes les conditions formelles nécessaires au bon déroulement d’une Session étaient défendues. Ces conditions ne sont pas nécessaires, mais jamais suffisantes .» … « Il y a toujours autre chose et cette autre chose, la « pierre cachée », est en chacun de nous, en chacun de nous avec tous les autres ».
Tout commence donc par le broyage de la pierre brute. Ils nous annoncent un état d’esprit réceptif aux enseignements, aux conseils qui nous seront donnés, une pédagogie spécifique qui nous préparera à découvrir le monde et à nous éclater nous-mêmes.
Nous attendrons successivement qu’ils nous enseignent, comme à l’école, tout ce que d’autres ont appris avant nous : un chemin pour recevoir et garder tout ce que d’autres ont reçu et gardé avant nous.
Mais après tout, ce n’est pas du tout ça, ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Broyer la pierre brute, c’est découvrir un inconscient inconnu mais existant. Broyer la pierre brute, c’est amorcer un chemin de conquête et de connaissance de soi, qui consiste à apprendre à distinguer le Bien du Mal, la Beauté du Laid, la Vérité du Mensonge.
Pour ce faire, nous devons nourrir notre inconscient de découvertes successives qui pourraient même exister en nous, au sein de notre inconscient. Tout cella, brut, brouillon, inconnu, échappant tantôt à notre perception, à notre compréhension, tantôt se laissant démêler, restant ou non dans notre mémoire, selon la force avec laquelle notre inconscient l’a reçu.
Ainsi, l’apprentissage est donc une accumulation de petits savoirs qui constituent notre Savoir, ce Savoir qui nous apprend à regarder les choses et à les voir, comme le disait André Gide : « Que l’importance soit à vos yeux et non, dans quoi ». vous considérez ».
La capacité de regarder le monde de cette manière peut être appelée Sagesse…
La sagesse, c’est savoir capter ce qui ne se manifeste pas, tout ce qui peut même être caché, mais qui se révèle à celui qui sait le capter.
L’Initié est invité, dès l’initiation, à apprendre à changer sa voie de voir le monde. Votre recherche, le développement de votre capacité de perception progresseront au cours de votre parcours maçonnique : vous taillerez votre pierre brute et comprendrez pourquoi on compréhension souvent dire qu’un franc-maçon sera apprenti toute sa vie.
Et que doit faire l’apprenti pour accroître ses connaissances ? Vivez simplement… Observez simplement tout ce qui vous entoure… Captez simplement l’importance de tout ce qui se passe autour de vous, car tout est important, car cellule fait partie de la vie…
La philosophie maçonnique nous donne un pouvoir de renouveau que, à son tour, nous empêche d’ignorer l’énorme expérience multi-séculaire qui met à notre disposition tout ce que nos ancêtres ont vécu, dans sa diversité, dans sa force et dans sa faiblesse, dans sa dans ses défendants sites comme dans ses échecs donc, pour un Franc-maçon, le fait de remettre en question en permanence, personnellement et collectivement, toute cette accumulation de Connaissances, est la source de notre progrès moral.
Ce progrès, « notre quête », doit commencer par nous-mêmes. « Connaissez-vous vous-et même vous connaissez l’Univers et les Dieux ». Cette exhortation socratique est en effet la plus difficile à mettre en œuvre, mais aussi la plus trousse de toilette. Jusqu’à ce qu’il commence à se développer, rien d’autre ne se développera. A tel point que nous ne serons pas capables d’analyser le bien et le mal en nous-mêmes, nous ne pourrons pas analyser le bien et le mal chez les autres.
Mais d’un autre côté, cela n’arrivera que lorsqu’au moins un minimum de Sagesse aura été installé en nous. Pour nous, l’introspection n’est pas une plaisanterie ; Le travail, qu’un franc-maçon considère comme un devoir et un droit, est une condition sine qua non de son épanouissement mental et est au centre de son éthique.
La différence entre le Savoir et la Sagesse est indistincte, subtile et ne peut être dominée que lorsque la compréhension s’étend à la perception rationnelle. Un certain discernement doit donc être nécessaire pour pouvoir pénétrer le sens profond de tout ce qui nous entourage.
Broyer la pierre brute, c’est dépouiller notre inconscient des doutes qui nous accompagnent, du manque de connaissance de la nature humaine et des réactions, de la capacité de réagir face à l’inconnu…
Tout franc-maçon, lorsqu’il broie sa pierre brute, sait que cette tâche ne fait rien d’autre que recommencer. C’est pourquoi nous serons toujours des apprentis. Elle, lui, pourra se faire une idée de la dimension de leur Connaissance, c’est-à-dire « qu’ils ne savent rien comparé à ce qui leur manque de savoir » et ils n’en prendront conscience que lorsque leur Sagesse aura commencé à éveiller.
La connaissance est un chemin que nous suivons, acquérant progressivement ce que nous ne connaissons pas encore.
La sagesse est ce qui fait partie de nous, de notre inconscient. Cette partie de notre MOI qui révèle ce qui nous est inconnu et qui ajoute et perfectionne ce que nous acquérons.
Les connaissances se structurent au fur et à mesure qu’elles s’ajoutent, elles s’enrichissent, grandissent, occupent notre mémoire et notre conscience.
La sagesse est une capacité qui crée et développe en nous une force mentale sensible, qui nous permet d’évaluer et de développer la Connaissance, en la sélectionnant, en permettant nos choix personnels, mais en connaissant et en évaluant des choix différents des nôtres.
On peut lire dans la Bible, dans le « Livre des Proverbes » : « Bienheureux l’homme qui trouve la Sagesse et l’homme qui acquiert la Connaissance ».
Il y aura certainement un moment où chaque apprenti pourra dire :
Plus je travaille chez Perpendiculaire, plus je me sens à l’aise Hors du Temple.
SOURCE : Adapté par un auteur inconnu
Pour lire le livre « Cours pratique d’astrologie horaire » par Denis Labouré 14 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
Protégé : Lumière – 2°- 13 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.Pierre Brossolette , par Alexandre Adler 12 avril, 2026
Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaireInauguration du Temple Pierre Brossolette – Grande Loge de France – GLDF, le 25 juin 2014
Pierre Brossolette , par Alexandre Adler
Je voudrais d’abord saluer ici la famille de Pierre Brossolette, qui nous fait l’honneur d’assister à cette commémoration, et il est évident que leur présence nous conduit tous à ce recueillement, à cette émotion, qui ne peut pas ne pas nous étreindre en ce moment.
Mesdames, messieurs, mes très chères sœurs et très chers frères, en vos grades et qualité, je m’adresse à vous bien entendu, pas tellement en spécialiste de Pierre Brossolette, je dirai qu’en simple témoin, bien entendu je ne suis pas de la génération de la résistance mais de la génération des enfants, mais témoin de l’aura que le rôle de Pierre Brossolette lui aura valu, pour toute la génération issue de la résistance. Mon père lui-même, qui eut ses responsabilités, m’en a toujours parlé avec une émotion contenue, et considérait qu’il était un des hommes qu’il a été amené à côtoyer dont l’aura, cette espèce de mélange de sobriété permanente et de ferveur, a probablement exercé sur lui une des impressions les plus profondes ; il n’était pas le seul.
Je pense que Pierre Brossolette est certainement l’un des hommes les plus exemplaires, rare par ses qualité, mais exemplaire aussi parce qu’il exprime en lui probablement énormément de choses que la résistance a fait coaguler et qui ont permis à la France de traverser l’épreuve probablement la plus difficile de son histoire récente. Alors, peut-être est-il besoin de commencer par le commencement, et de dire quelques mots de Pierre Brossolette l’intellectuel, l’intellectuel militant, le journaliste, l’analyste de son temps. Car c’est bien ainsi que Pierre Brossolette a commencé à être connu des Français, notamment pas ses éditoriaux du Populaire, et par son engagement d’une très grande continuité contre les accords de Munich et contre la politique de renoncement qui à cette époque recueillait encore malheureusement les suffrages de nombreux Français de bonne foi. Pierre Brossolette est, d’abord et avant tout, l’expression la plus ramassée, la plus concentrée de l’idéal républicain. C’est effectivement très exactement ce que les Jules Ferry et leurs continuateurs avaient souhaité que devienne la France. Un grand père qui plonge ses racines dans le département de l’Aube, dans lequel il commencera son activité politique, et bien entendu une lignée d’instituteurs, un père qui est déjà professeur de l’école d’application de l’École Normale d’Auteuil, et puis lui-même normalien ; ici peut-être si vous me permettez ce coup de patte au passage, j’entends trop souvent dans le populisme ambiant, nous dire que les simples gens, les vrais gens, les gens sans distinction, ont une importance très grande ; loin de moi l’idée de me faire une attitude méprisante à l’égard du peuple ; mais il n’est pas interdit, surtout lorsqu’il s’agit de méritocratie républicaine, de souligner que la résistance a vu aussi venir à elle les meilleurs, les premiers de la classe : le général Leclerc était le major de Saint-Cyr, Jean Cavaillès était sans aucun doute le philosophe le plus doué de sa génération, et Pierre Brossolette était la quintessence du savoir et de la distinction normalienne. Savoir et distinction qui ont été reconnus très tôt puisqu’à l’époque on classait ensemble les scientifiques et les littéraires, et cette année-là Pierre Brossolette fut le cacique général c’est-à-dire le premier de la classe. Un premier de la classe qui n’en a tiré jamais le moindre orgueil, mais qui a eu le sentiment qu’il ne devait pas démériter des leçons de ses maîtres, et je dirais de cette espèce de poussée extraordinaire qui lui vient de sa famille, et qui l’a amené très tôt donc au fait des études classiques françaises de l’époque.
Néanmoins Pierre Brossolette est un impatient ; cet enfant de la guerre de 14, qui voit la France renaitre mais combien difficilement, et qui est totalement fidèle aux idéaux de ses parents et de ses grands-parents, songe que au fond la carrière publique et notamment le journalisme où ses qualités évidentes, rapidité du style, esprit de synthèse, connaissance profonde, vont trouver assez vite à s’exprimer, Pierre Brossolette donc, néglige l’université qui lui tendait les bras pour devenir journaliste. Une condition certainement plus humble que celle qui lui était réservée au départ, comportant ses risques de la vie économique, mais aussi les risques d’une position polémique, une position toujours en avant de l’opinion, et des risques qu’il assume avec vaillance.
Radical au départ, comme l’était sa famille, il est séduit par la grande personnalité de Léon Blum, qui va l’appeler, comme on l’a rappelé, à la rédaction du Populaire, et c’est donc à l’ombre de Léon Blum et dont il partage l’essentiel des idéaux que Pierre Brossolette s’épanouit au tournant des années 1920 – 1930, c’est là précisément où il trouvera sa place dans la franc-Maçonnerie, de la manière je dirai la plus complémentaire et la plus naturelle.
Et puis, Pierre Brossolette commence à devenir un personnage national, évidemment qu’il n’est pas parmi les premiers personnages de la gauche, mais en tout cas quelqu’un qui est connu et apprécié pour son courage et sa détermination, j’ai évoqué ici son combat immédiat contre les accords de Munich, contre lesquels il se dresse, comme un certain nombre de personnages que nous retrouverons, comme par hasard, dans la France libre et dans la résistance. Peut-être que cette entrée dans la résistance précoce peut être datée de ce moment de novembre 1938, où Daladier arrive sur l’aéroport du Bourget, écrase sa cigarette et murmure du coin de ses lèvres « les cons » devant la foule qui l’acclame pour avoir sauvé la paix. Eh bien, Pierre Brossolette n’a jamais pensé que le peuple était con, bien au contraire, mais en revanche il a pensé qu’il y avait beaucoup d’imbéciles et quelques traitres qui s’étaient faufilés et avaient fait accepter à la France ce qui était l’inacceptable. Sa résistance commence là, et bien entendu aussi, sa volonté avec la petite librairie dans laquelle il s’installe après la défaite, pour avoir les moyens indépendants et faire face à une répression qu’il juge imminente, de continuer à éclairer ses compatriotes, ses lecteurs, tous ceux pour lesquels déjà son nom n’est pas totalement inconnu.
Et puis l’engagement, le résistant. Cet engagement, je l’ai dit, est une suite absolument logique de son engagement politique, et je dirai de son engagement moral. Il est absolument logique parce que jamais Pierre Brossolette n’a dissocié l’analyse de l’action, jamais il n’a trempé sa plume dans une tisane apaisante, et il n’a jamais non plus eu la moindre hésitation à croiser le fer et à engager des polémiques quand il le jugeait nécessaire. Quand on lit les articles de cette époque d’ailleurs, une polémique qui n’est jamais personnelle, cet homme ignorait la méchanceté, ignorait la bassesse, ignorait les coups bas, qui notamment se donnaient libre cours dans la presse d’extrême droite, mais en revanche la fermeté de sa pensée est frappante. Et de la pensée à l’action, il y a un rapport nécessaire qui est justement celui que toute cette génération intellectuelle juge comme naturel. Alors évidemment, intellectuel il va entrer dans la résistance avec d’autres intellectuels, dans cet étrange mouvement pathétique à souhait et aussi porteur de tant d’espoir qui s’appelait le petit mouvement du musée de l’Homme, vite décapité par les Allemands, qui au départ nait de deux grands intellectuels d’origine russe, Boris Vildé et Anatole Lewinsky, tous les deux bien sur tombés au champ d’honneur, et qui à partir de justement leur position d’ethnologues au musée de l’Homme, vont commencer à recruter autour d’eux : Germaine Tillon qu’on a honorée au côté de Pierre Brossolette a fait partie brièvement de ce mouvement avant de connaitre la déportation à Ravensbrück, Pierre Brossolette ne fera qu’un passage éclair dans ce mouvement mais c’est le début de son entrée dans la résistance et déjà les textes qu’il écrit montrent toute la lucidité qu’il met dans cet engagement, il pense qu’il y a beaucoup trop d’amateurisme, qu’il y a une trop grande continuité entre l’action politique telle que la démocratie la favorisait, et l’action clandestine qui demande d’autres qualités, une résolution peut être plus grande, plus forte, et certainement aussi la soumission à des règles formelles qui ne sont pas celles du temps de paix. Donc au fond c’est ce premier texte de Pierre Brossolette, est déjà la préparation de ce qui va venir par la suite, c’est-à-dire son ralliement direct au général de Gaulle, le franchissement de la Manche et beaucoup plus encore que cela, son entrée dans la France libre, et son intégration au côté de son ami le colonel Passy, dans ce qu’on appelle le BCRA, le Bureau Central de Renseignement et d’Action, service secret de la France libre, devenu sur le modèle du SOE britannique, un service d’action de plus en plus important sur le territoire national. Pierre Brossolette va inspirer de ses pensées une grande partie de la philosophie spontanée de ce BCRA, un homme comme le colonel Passy lui rendra hommage toute sa vie, mais en même temps cet homme qui veut de l’action et qui considère que le devoir des chefs est justement de s’exposer plus que les autres, ne cessera de faire des pétitions et des représentations tant au colonel Passy qu’au général de Gaulle pour qu’il lui soit permis de se rendre en France occupée pour y remplir des missions.
Suicidaire, non ! Je crois que jamais la personnalité de Pierre Brossolette ne faisait une place au suicide ou au sacrifice. C’était une idée qui lui était étrangère, toute sa formation humaniste répugnait à cette idée, en revanche, ce qui est très différent, il était prêt à prendre tous les risques et il les assumait, ce qui n’est peut-être pas tout à fait la même chose. Et il savait que l’ombre de la mort était descendue sur ses épaules, du jour où il avait accepté ces missions clandestines à haut risque. Et c’est évidemment l’honneur d’un intellectuel comme Pierre Brossolette d’avoir montré que l’action et la pensée étaient indissociables. Je le dis parce que, peu de temps avant sa dernière mission en France occupée, qui se terminera dans les conditions que l’on sait, il a prononcé des discours en Angleterre absolument fondamentaux, pour fonder je dirai la pensée de la résistance ; notamment un célèbre discours à l’Albert Hall qui lui sera reproché de par de nombreuses parts, et qui au fond va être l’élément de clivage qui l’oppose à un homme pourtant aussi semblable que lui, Jean Moulin. Peut-être un mot parce que on a beaucoup, après avoir mis le boisseau sur cette affaire, exagéré l’opposition de Jean Moulin et de Pierre Brossolette, essayé même de faire deux positions absolument incompatibles au sein d’un seul mouvement, la résistance. C’est évidemment intenable. Ce qui frappe le plus lorsque l’on prend un peu l’avantage de la rétrospection, c’est de voir combien Pierre Brossolette et Jean Moulin sont des frères jumeaux ; et on sait bien qu’entre frères jumeaux c’est souvent comme cela que ça se passe mal, mais en tout cas rien ne rapproche plus Jean Moulin que Pierre Brossolette. Jean Moulin est un brillant étudiant en droit, qui lui aussi est un promu de cette école républicaine, son père était Vénérable de la plus importante loge du Grand Orient à Bézier, lui-même a baigné dans cette culture maçonnique et républicaine, il n’avait pas le temps, lui aussi était un impatient, de se faire initier, de participer à la vie sur les colonnes, mais il se considérait quand même de la famille maçonnique, et les premières recrues qu’il commence à faire en France occupée, tout de suite après avoir été révoqué de la préfectorale par l’administration de Vichy, sont des Francs-Maçons, parfois proches de son père. Donc il y a une grande similitude culturelle, il y a aussi une grande similitude politique, aussi bien Jean Moulin que Pierre Brossolette se distinguent pas la vigueur de leur opposition aux accords de Munich, et aussi leur condamnation sans appel du pacte germano-soviétique, avec probablement plus de regret chez un Jean Moulin, qui sous l’influence de Pierre Cot croyait à l’évolution du parti communiste que chez Pierre Brossolette, mais les convictions sont exactement les mêmes et aussi la décision, pour l’un comme pour l’autre, de gagner Londres et de se mettre au service du général de Gaulle. Donc comment parler ici d’une opposition elle est minime. Jusqu’à ce qu’effectivement, on arrive à la question de l’organisation de la résistance, dans les années 43 et 44 qui sont les années décisives. Et là effectivement, ils ne pensent pas tout à fait la même chose. Pierre Brossolette, lui, a idée qu’est né dans la résistance un creuset d’une force extraordinaire, quelque chose de nouveau, d’absolument nouveau qui donne son congé aux anciens partis de la 3ème République, et qui doit donc émerger autour du général de Gaulle comme une force de rénovation permanente de la société française, non pas contre comme on l’a dit, mais à côté d’un Parti Communiste pour lequel il n’a aucune antipathie, il a un peu d’ironie normalienne puisqu’il a baptisé le réseau avec lequel il est en contact de fanas, à la fois des fanatiques certainement, mais enfin c’est les fanas tels que les voient les normaliens, c’est-à-dire avec un ironie plutôt bienveillante. Donc en effet, Pierre Brossolette n’a jamais voulu construire une machine de guerre contre le parti communiste, par contre il pensait que la page de la 3ème République et de ses anciens partis était tournée. Et Jean Moulin, en préfet, lui ne pensait pas cela : il pensait au contraire que, comme on fait de la poussette au tour de France pour certains coureurs qui ne sont pas tout à fait capables de monter les cimes, et bien il fallait faire de la poussette avec tous ces vieux partis, le Parti Radical, la Fédération Républicaine, l’Alliance Démocratique, donner le sentiment aux Français que ces partis existaient toujours, leur faire une place dans un conseil national de la résistance avec les mouvements de résistance nés de l’occupation et du régime de Vichy, et donner à cet ensemble un peu le statut de ce qu’étaient les assemblées des tribus gauloises, qui devaient procéder par acclamation, acclamation du général de Gaulle, cela va sans dire. Nous sommes au moment où le général Giraud n’a pas désarmé, n’a pas cessé de vouloir prendre la tête de la France combattante et le plébiscite de toute la résistance intérieure va être organisé comme l’on sait par Jean Moulin, donc au bénéfice du général de Gaulle et au sacrifice de sa vie. Alors, il y a cet épisode raconté par le colonel Passy dans ses mémoires, où les deux hommes sont face-à-face et s’injurient réciproquement, mais comment penser que ces injures sont fondamentales, les deux hommes sont jeunes, ils ont le sentiment de la gravité de ce qu’ils traversent, ils savent l’un comme l’autre que l’ombre de la mort plane sur eux, et donc ils ont cette impatience qui a toujours caractérisé la démarche de l’un comme de l’autre. Impatience ne signifie pas la haine, et bien entendu on peut aujourd’hui, et c’est même la moindre des choses, unir l’image et le souvenir de Pierre Brossolette à celui de Jean Moulin.
Il me reste un point quand même que je voudrais soulever ici, et qui nous concerne si nous voulons dire au premier chef, la Franc-Maçonnerie. Je le dis d’autant plus que je suis ici juge et partie, étant moi-même Franc-Maçon, ou plus exactement, comme nous le disons dans nos rites, mes frères me reconnaissent pour tel. Eh bien, il n’y a pas du tout un aspect anecdotique dans cet engagement maçonnique que, au fond, Pierre Brossolette a contracté à la sortie des études et de la jeunesse, mais à un moment où il est encore un très jeune homme. Et qui fait partie intégrante de sa conception du monde. Laquelle ? Et bien Pierre Brossolette, bien sûr, a appris de son initiation maçonnique toute sorte de choses amusantes, divertissantes, intéressantes et parfois profondes, qui font le charme de la vie maçonnique qu’il n’a jamais répudiée, mais il a appris aussi quelque chose de plus profond : il a senti que, dans les colonnes du temple où nous l’évoquons aujourd’hui, quelque chose battait du pouls de la République et de l’Europe, de la civilisation européenne qui était attaquée en son cœur par le projet nazi. Et il a pensé que faisant partie de la Franc-Maçonnerie, il restait fidèle à la leçon de ses parents et de ses grands-parents : c’est quelqu’un qui n’est pas dans la révolte contre le père comme l’ont été tant de jeunes gens à la sortie de la guerre de 14, il sait ce qu’il doit à la génération précédente, et il veut la suivre et la continuer. La continuer, mais aussi bien sûr tout en la continuant avec la plus grande fidélité, la démentir. Pourquoi ? Parce que Pierre Brossolette, comme toute sa génération, a été le témoin de l’affaiblissement et de l’abaissement des idéaux de la 3ème République : affaires, affairisme, scepticisme, manque de ferveur, c’est de cette époque que l’ancienne maxime « ha comme la République était belle sous l’Empire », est devenue un proverbe accepté de tous, eh oui, c’est vrai la République c’est Jean Moulin, capable de se suicider plutôt que de signer un texte mensonger, que ses geôliers allemands veulent lui imposer lorsqu’il est préfet de Chartres, contre nos tirailleurs sénégalais qui s’étaient battus avec héroïsme pour les couleurs de la France. Pierre Brossolette est exactement de la même trempe, et je pense au cri du député Baudin qui a tellement frappé Victor Hugo : « Oui, je vais vous montrer comment un député peut mourir pour cent sous », parce que déjà à l’époque, les insinuations sur le parlementarisme corrompu, qui appelait nécessairement le régime de Napoléon III, sur les approximations de cette démocratie d’assemblées qui n’était pas parvenu à transformer la France, et bien s’est répercuté pendant toute la jeunesse de Pierre Brossolette. Et dans son engagement maçonnique comme dans son héroïsme ultérieur qui est dans la droite ligne de cet engagement, celui d’Egmont, et bien il y a ce cri : « Je vais vous montrer comment on peut mourir pour cent sous. ». Oui, parfaitement, vous nous avez présentés comme des affairistes, des magouilleurs, des fanatiques de l’action ministérielle, je n’ai jamais été député, je n’ai jamais été ministre mais je suis capable de mourir pour la France, et de mourir pour la République, et je vous en donne, par mon sacrifice, l’image telle que Goethe l’a rendu immortelle pour le sacrifice d’Egmont. Oui, la liberté vaut bien qu’on lui sacrifie la vie. Non pas pour se suicider, mais par amour de la vie, par exaltation de la vie, qui sont toutes ces valeurs maçonniques qui lui ont été inculquées bien sûr au berceau, par des ancêtres qui l’étaient déjà Francs-Maçons, mais qu’il a ensuite voulu élaborer, pour son compte propre, pour sa réflexion, et où il a puisé à la fois cet amour de l’humanité, ce respect des autres, et ce courage indomptable, qui sont ce qui unit pour nous l’image de Pierre Brossolette. Je suis fier d’être Franc-Maçon, et je suis encore plus fier que Pierre Brossolette ait été Franc-Maçon , ce Franc-Maçon là que nous honorons aujourd’hui.
Alexandre Adler
Merci mon F:. Lionel pour ce rappel …
Lilith, déesse ou démon
Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire






























