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Digression … Symbolique des couleurs 12 janvier, 2022

Posté par hiram3330 dans : Digression , ajouter un commentaire

Symbolique des couleurs

Symbolique des couleurs 18102202213824319815956003 

 

Bonjour à tous,

Je vous propose ici un rappel des sens symbolique et spirituel de différentes couleurs.

 

Bleu foncé: Le bleu foncé est la couleur de la profondeur des émotions et des secrets enfouis de son Être intérieur. Rêver de cette couleur, sous quelque forme que ce soit, est un appel à s’écouter. L’appel est plus grand encore si le bleu est celui de l’eau qui nous entoure dans le rêve.

Bleu indigo: Couleur de la force spirituelle, le bleu indigo est vu pour signaler la nécessité d’effectuer un travail de guérison sur soi ou sur les autres. Ce travail doit conduire à un rapprochement de l’âme et de l’esprit.

Bleu clair:  Le bleu clair est la couleur de la douceur et de la sagesse qui se fait jour chez un individu. Le bleu clair renvoie à l’âme et à sa pureté originelle en tant que part de l’Amour. Rêver de cette couleur est le signe que vous êtes ou entrez dans une période de calme et parfois de tendresse.

Vert foncé: Le vert foncé renvoie à la Nature mais également et surtout à la nature profonde de l’individu. Couleur de la maturité émotionnelle, elle se rencontre surtout dans les rêves ou la Nature a une place prépondérante. Rêver de porter un vêtement de cette couleur est le signe que la maturité se fait jour ou est bien établie. Sauf si le vêtement est abîmé ou délavé.

Vert clair: Le vert clair est la couleur de la guérison spirituelle, surtout s’il est lumineux. Couleur de l’énergie qui émane du chakra du cœur le vert clair indique la compassion et la générosité. Si vous en rêvez, vous êtes une personne qui vous ouvrez volontiers à votre cœur. Le reste du rêve précisera le domaine où il faut tenir compte de cette information.

 

Jaune: Le jaune est la couleur du soleil et de la joie, pas celle de la Lumière. Le jaune est une couleur pimpante qui redynamise et revitalise. Si vous en rêvez c’est que vous en avez moralement besoin pour une raison ou une autre. Votre subconscient, et donc votre Être, vous soutient.   

Orange: Couleur de l’amour terrestre passionné sans excès toutefois, l’orange est une couleur idéale pour quiconque est amoureux. En revanche si celui qui en rêve ou la voit en vision ne l’est pas, il doit comprendre qu’il reçoit de l’aide sur le plan affectif. Son âme lui fait savoir qu’il est aimé et qu’il ne doit pas s’inquiéter. L’orange est une couleur éminemment positive.

 

Marron: Le marron ou brun est la couleur de la terre, du monde matériel et par conséquent des choses crédibles et réalistes. Lorsqu’on en rêve ou qu’on en voit il faut comprendre que l’objet concerné nous renvoie directement à notre réalité.

Bordeaux: caractérise les personnes capables d’agir avec force, sérénité et maturité. Le bordeaux est la couleur de la maturité effective, acquise avec le temps. Dans les rêves cette couleur signifie que vous savez ou avez su allier savoir et expérience dans le règlement d’une affaire donnée tout en conservant votre intégrité. 

Rouge: Le rouge est la couleur de la force extérieure et de la combativité. Elle peut devenir celle de l’agressivité également. Mais d’un point de vue spirituel, le rouge est une couleur plutôt positive qui indique à l’individu qui en voit dans ses rêves ou dans une vision qu’il a ce dont il a besoin pour atteindre ses objectifs.

Rose: Couleur de l’enfance, de l’amour romantique et de la tendresse, le rose est une couleur très douce mais très puissante qui n’indique que des choses positives. A moins qu’il soit sale ou figure sur un objet abîmé. Car le rose est également la couleur de la nostalgie et du passé regretté. 

Violet foncé: Couleur de la spiritualité par excellence puisqu’elle allie le bleu de l’intérieur et le rouge de l’extérieur, le violet foncé est une couleur qui sort rarement pour indiquer des choses négatives. Le plus souvent vous devez comprendre que dans un domaine au moins vous agissez avec sagesse.

Mauve: Cette couleur douce et méconnue sur le plan spirituel indique que la puissance de l’âme s’est alliée à la sagesse d’une personne pour le règlement d’un problème ou la gestion d’une situation. 

Gris: Le gris est la couleur de la fin, du renoncement et du passé détaché. Si on en rêve c’est que quelque chose en nous ou dans notre vie s’achève. A moins d’avoir une relation particulière avec cette couleur. Auquel cas il faut lui appliquer sa signification personnelle.   

Noir: Loin d’être une couleur annonçant des choses dramatiques, le noir est une teinte neutre. Si dans votre rêve ou dans votre vision elle vous inspire des choses négatives, observez l’objet en cause. C’est de lui que vient le problème.

Blanc: La couleur de la Lumière, de la pureté et de la sensibilité. Le blanc est la couleur de l’âme de ceux qui ont choisi de suivre la voie lumineuse.

Argent: L’argent est la couleur de la perfection en devenir chez l’homme. L’argent de la Lune représente la Déesse Mère dans certaines traditions, mais pour nous cette couleur symbolise surtout que nous sommes sur la voie de la réalisation intérieure. La route est encore longue, l’argent n’est pas l’or. Mais l’encouragement est certain. C’est un signe très positif que de se voir portant ce métal ou quelque chose le rappelant.

Or: Couleur de la perfection, du Soleil et du Père, l’or caractérise la réalisation à un degré des plus élevés mais seulement dans un domaine bien particulier et ce pour une durée limitée. Il faut bien comprendre que tout est toujours en mouvement et que par conséquent la fin d’un cycle annonce forcément le début d’un autre.

SOURCE : http://crystallia.unblog.fr/symbolique-des-couleurs/

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Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 12 décembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 19 Juillet 2020, 23:14pm

Catégories : #FrancMaçonnerie, #GLDF, #PVI, #Revue, #Savoir, #Connaissance

Jean-Pierre Bayard, célèbre écrivain et membre de la Grande Loge de France est interrogé dans le N° 16 de Points de Vue Initiatiques de novembre 1974.

Voici le texte de son interview : 

La Grande Loge de France vous parle… 

LE SAVOIR N’EST PAS LA CONNAISSANCE

 

Le Savoir n'est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 dans Recherches & Reflexions
Jean-Pierre Bayard

Jean-Pierre BAYARD, nous sommes heureux de vous accueillir, car nous vous  considérons  comme  un  écrivain   spiritualiste,  recherchant   le   symbolisme et illustrant par-là la pensée maçonnique. Nous voudrions ainsi parler de votre recherche ; avez-vous écrit de nombreux ouvrages ?

 

 

JPB : – J’en ai publié une quinzaine, sans compter ceux en chantier.

- Y a-t-il longtemps que vous  écrivez  et  votre  pensée  s’est-elle  trans­formée ?

JPB : – Vers l’âge de 14 ou  15  ans  j’ai  voulu  écrire  ;  j’ai  alors  fréquenté Pierre Mac ORLAN et des artistes-peintres.  Cependant  j’ai  dû  faire  mes  études tournées vers les mathématiques,  vers  les  sciences  appliquées  ; malgré  la  discipline  des  intégrales  et  du  calcul  différentiel  j’ai  collaboré   à de nombreuses revues littéraires, poétiques, artistiques ; j’ai  eu  la  joie  de publier mes premiers articles aux Nouvelles Littéraires, d’assurer  des  posts dans divers grands journaux ou revues littéraires, de côtoyer  ainsi  de  nom­breux écrivains et artistes qui m’ont éduqué.

- Étiez-vous attiré par le symbolisme ?

JPB : – Sans doute, mais sans que Je le  sache  exactement.  J’ai  retrouvé  des notes  écrites  en  1940,  à  l’âge   de  20  ans,  sur   la  Franc-Maçonnerie  et   déjà  j’y  conservais  ce  qui  me   paraissait   essentiel,   c’est-à-dire   l’esprit   initiatique, les  rituels.  Puis  j’ai  été  attiré  vers  les  légendes,   le   folklore,   le   comporte­ ment de la pensée humaine.  Je  suis  venu  ainsi  à  la  profonde  recherche spirituelle  de  l’homme  et  petit  à   petit   j’ai   découvert   cet   esprit   initiatique. C’est sans doute en  écrivant  )’Histoire  des  Légendes  que  j’ai  mieux  perçu grâce à René Guénon cette chaîne initiatique ,  principalement  à  partir  de  la  queste du Graal. J’ai également étudié les contes  de  Perrault  en  fonction  d’un rituel d’initiation, tout en rattachant l’ensemble à la culture celtique.

- Vous vous êtes aussi Intéressé aux éléments, et vous avez écrit une véritable somme sur le Feu, sur son symbolisme.

JPB : – Effectivement j’ai cherché la signification et le rôle  du Feu  en prenant mes exemples dans toutes les civilisations , dans les traditions  religieuses  et dans les diverses formes de  la Sagesse. Le  Feu  anime,  vivifie, spiritualise  et en ce sens il reste le thème initiatique par excellence, puisque la Lumière spirituelle est – l’émanation du Feu. Mais j’ai aussi proposé  aux  lecteurs  la chaleur magique, les différentes eaux de feu, la combustion dans notre corps  avec son énergie génératrice ; au XII’ paragraphe j’ai étudié le feu  des Kabbalistes après avoir évoqué l’esprit des alchimistes.

- Votre livre est fort complet, et l’on a parlé d’une grande érudition.

JPB : – Pour étayer mes thèses j’ai dû effectivement confronter  des  textes, choisir parmi les exemples et donner des références  à ce que  j’avançais. Mais en réalité toute cette analyse minutieuse  ne  sert  qu’à  une  synthèse  par laquelle je veux faire ressortir les grands  thèmes  initiatiques,  retrouver  la pensée créatrice ; le mythe du Phénix, les thèmes de rajeunissement et de résurrection, l’analyse  des voyages  en enfer  -  un enfer  où le  feu  brûle  mais ne consume pas, n’anéantit pas -, tous ces  thèmes  prouvent  que  pour  être initié Il faut pouvoir passer par le Feu.

- Vous avez fait  rééditer  votre  autre  ouvrage,  sorte  lui  aussi  de  clas­sique, sur les épreuves de la Terre, que vous avez nommé La Symbolique du Monde Souterrain.

JPB : – Oui là aussi à travers les Thèmes de la mythologie et des récits légendaires du sous-sol j’ai voulu interroger ces bouches  de  l’enfer, examiner ces grottes sacrées, ces labyrinthes où séjournent les Vierges Noires. Ces étranges Vierges, venues du druidisme, ont un reflet alchimique. Aussi nous abordons le thème de la descente de l’esprit dans  la matière, mais  également des rites de sépultures. J’ai évoqué  l’eau  rédemptrice,  les  puits,  les  racines, les  pierres,  allant  du  simple  caillou  aux  gemmes  étincelantes,  ces   rosées du ciel coagulées au sein de la Terre.

- Y avez-vous décrit des thèmes initiatiques ?

JPB : – Oui  ce  sont  les  couloirs  initiatiques,  les   chambres   secrètes   enterrées et  l’on  y  rencontre  aussi  bien  Thésée  tuant  le  Minotaure  dans   un  baptême   de sang, que le cabinet de réflexion de la Franc-Maçonnerie. J’ai dégagé le symbolisme du Tombeau de la Chrétienne, cet étonnant monument  situé  près d’Alger  et  sur  lequel  je  voudrais  consacrer  un   ouvrage.   Mais   j’ai   surtout voulu  montrer  la  puissance  de  toutes  ces  énergies  mystérieuses  et   aboutir ainsi à la compréhension de la réalisation spirituelle de notre être.

- Tous vos ouvrages, au style aisé, avec leurs tables,  leurs  bibliographies, leurs  index  sont  de  précieux  instruments  de  travail  qui  s’adressent non seulement aux  spécialistes  mais  aussi  à  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la recherche de la spiritualité. Avez-vous en vue d’autres  ouvrages  de  ce  genre car vous n’avez pas terminé le cycle des éléments ?

JPB : - Effectivement ce cycle n’est pas complet. Mais  j’ai  terminé  un impor­tant ouvrage sur Le Symbolisme Maçonnique. Cet ouvrage qui comporte deux gros volumes cherche à faire le point sur le symbolisme rencontré aux divers grades maçonniques. Mon étude reste basée sur les  33  degrés  du  Rite Écossais Ancien et Accepté mais j’ai donné des variantes concernant d’autres rites maçonniques.

- Vous vous êtes aussi intéressé au symbolisme d’autres cérémonies.

JPB : – Effectivement j’ai étudié le Symbolisme  du  sacre  des  Rois,  et  en dehors de la recherche historique, j’ai voulu montrer la signification du fait liturgique, découvrir l’origine magique de la royauté, la relation de l’homme avec le cosmos, la valeur de cette institution qui vise à restaurer le premier citoyen du monde dans son unité primordiale.

Dans le même esprit, mais me basant sur une recherche historique  plus poussée j’ai fait paraître un ouvrage intitulé Les  Frans-Juges  de  la  Sainte­ Vehme. J’ai cherché à rétablir la vérité sur  ce  tribunal  médiéval,  né  en Westphalie, sur lequel il fut écrit tant de drames romantiques.

J’ai eu à me pencher sur !’Ordre des Chevaliers Teutoniques et  des mouvements terroristes avant le Nazisme. En réalité ce livre  cerne  une  longue quête humaine, à la poursuite du Sacré et de l’indéfinissable.

- Parmi  les  organisations  qui  ont  précédé   la   Franc-Maçonnerie   vous avez aussi évoqué la Rose-Croix. Voulez-vous en parler ?

JPB : – Ce mouvement né en Allemagne  vers 1614  doit beaucoup  à  la  Réforme ; la rose sur la Croix, emblème de Luther, était  le  signe  de  la  rébellion  contre l’Eglise de Rome. Après l’évocation des premiers  manifestes  et  de  la  figure centrale d’Andreae j’ai commenté les autres mouvements nés au siècle  des Lumières.

- Faites-vous  un  rapprochement  entre  la  Fraternité   de  la  Rose-Croix   et la Franc-Maçonnerie ?

JPB : – Il est indéniable que dans ces deux Ordres nous trouvons des pensées communes. Les Rose-Croix peuvent apparaître comme  des  surhommes,  des grands initiés. Pour d’autres les Rose-Croix ne  sont  que  des  mystiques hallu­cinés et même parfois des charlatans qui profitent de la crédulité de  leurs semblables.  Nous  côtoyons  le  délire  dans  l’imaginaire,  ou  le  scepticisme   le plus navrant

- Le Rose-Croix a-t-il  réellement  existé  et  n’avons-nous  pas  uniquement une projection sublimée?

- En dehors des quelques hommes du XVIème siècle qui ont cherché l’illumination  afin  de  venir  à  une  vie  meilleure,  le  vocable   Rose-Croix   couvre un  ensemble  de  sociétés  secrètes  se  disant  héritières  d’une  antique  sagesse  et  formant  une  fraternité  secrète.  On  y  trouve  ainsi  l’influence  de   l’hermé­tisme égyptien, du gnosticisme, de la Kabbale, de l’alchimie,  de  l’ésotérisme chrétien,  tout  un  monde  gravitant   autour   de   l’illumination   et   communiquant par le symbolisme.

Toutes ces sociétés sont  l’émanation  de  la  vie  d’un  groupe  ;  ce  sont  des œuvres collectives et !’Esprit s’est ainsi  propagé,  marquant  d’autres sociétés et d’autres individus. Ce ferment spirituel se renouvelle à  chaque  époque et marque des êtres qui visent une perfectibilité.

Les Sociétés des Rose-Croix et  de  la  Franc-Maçonnerie  ont  puisé  aux mêmes sources car eux-mêmes sont d’essence spirituelle.

Grâce  à  cette  pensée  millénaire  on  authentifie  mieux  la  valeur   initiatique de la Franc-Maçonnerie.

- Pensez-vous que l’on ne puisse trouver l’amour fraternel, la charité, ou même la recherche d’une médecine universelle que dans  ces  confréries secrètes et bien mystérieuses ?

JPB : – Sans doute non, mais la Franc-Maçonnerie,  grâce  à  son  organisation rigide, à  ses  rituels  bien  établis,  a  le  mieux  conservé  cette  pensée  spirituelle qui marque une époque.

Pour ma part je pense que l’étude des sociétés secrètes devient une nécessité si l’on veut avoir une compréhension tant des faits  anciens  que de ceux des temps modernes, car une fraternité de pensée a toujours une répercussion sur le milieu  qui  l’environne.  L’acte  politique  n’est  sans  doute pas commandé par un initié, mais il est  motivé  par une  atmosphère  générale qui se ressent de l’influence de penseurs, de chercheurs,  d’humanismes. On  peut dire que les encyclopédistes ont été le levain de la  révolution  française, sans pour autant agir directement sur les événements politiques.

Tous les adhérents de  ces  sociétés  parviennent  ainsi  à  leur  vérité,  une vérité qu’ils se sont forgée, difficilement  explicable  aux  autres,  à  moins  que ceux-ci  reprennent  le  même  processus,  un  très  long  chemin  qui  après  bien  des détours les mettra alors dans la même compréhension.

L’inexprimable n’est pas l’incompréhensible ; la recherche de sa  signifi­cation permet à l’adepte de passer  d’un état  extérieur  à  un  état intérieur  qui  est le propre de l’initiation. La société secrète fait appel aux symboles qui suggèrent par une correspondance analogique. Mais ce qu’il faut  bien  sou­  ligner c’est que ces symboles se retrouvent partout,  aussi  bien  dans  les sociétés archaïques, que chez les  Mayas,  dans  la  société  égyptienne,  dans les mystères de Mithra ou d’Éleusis. Dans les Sociétés initiatiques du monde occidental, à notre  époque,  la Franc-Maçonnerie et  le Compagnonnage  grâce à leur cadre précis savent faire revivre ces légendes qu’ils insèrent dans leurs rituels. Je travaille actuellement sur un livre concernant le Compagnonnage.

Ce  que  je  tente  d’établir  c’est  une  liaison  entre   ce  Monde   de   l’extérieur et  celui  de  ces  sociétés,  où  les  membres  sont  imprégnés  même  à  leur  insu par un même symbolisme, par un même rituel.

- Mais être initié ne veut-il  pas  dire  qu’il  faut  assimiler  une  doctrine  ? Ne faut-il pas pratiquer des cérémonies, connaître un catéchisme,  savoir répondre à des questions?

JPB : – Sans  doute  mais  tout  cela  n’est   valable   que   si   l’on   enregistre   un réel effort intérieur,  un  travail  de  décantation. «  Nul  n’est  initié  que  par  lui­-même »  dit Villiers de l’Isle Adam dans son roman Axël.

- Si je vous comprends bien l’homme  doit  rechercher  en  lui-même  et pour bien sentir une chose l’homme doit déjà posséder  un  germe  de  cette chose ; ce que l’on comprend doit se développer en soi-même. Ainsi l’effort intellectuel ne nous intègre pas obligatoirement dans  la  Connaissance  ;  le Savoir n’est pas la Connaissance.

- Exactement.  li  faut  ressentir  profondément  ce  que  nous   cherchons   et ce que nous  portons  en  nous,  même  peut-être  obscurément.  La  pensée  reste un  miroir  psychique,  une  valeur  extérieure.  La  raison  laisse   apparaître   un fossé  entre  le  miroir  et  l’objet,  entre  le  sujet  et  l’objet   ;   l’association   des idées nous fait souvent peur car  nous  craignons  encore  notre  reflet.  L’intelligence  ne  fait   rien   ;   seul   l’esprit  permet   d’unir   l’ensemble   au   Tout.  Seule la Beauté,  moteur  de  l’Amour,  nous  met  sur  la  voie  directe.  Mais  la  Sagesse ne s’enseigne pas, la vérité ne se commente pas.

PVI N°16, 4ème trimestre 1974

Pour tout contact :  pvi.fb@gldf.org

 

 dans Recherches & Reflexions

 

Jean-Pierre Bayard est un docteur ès lettres, ingénieur et écrivain français, né le 7 février 1920 à Asnières et mort le 5 mars 2008 à Angers.

Dès ses 14 ans, il fréquente Pierre Mac Orlan et rencontre par la suite Georges Duhamel, des poètes comme Francis Carco ou Philippe Chabaneix. À partir de 1959, il préside le Cercle Scarron qui remettait un prix littéraire de l’humour, le Prix Scarron.

Il soutient une thèse en 1977 à l’université de Rennes sur le compagnonnage en France, dont il tire un ouvrage. L’historien François Icher, mentionne que malgré quelques réserves de Compagnons du Devoir du fait d’interprétations plus maçonniques que compagnonniques, cet ouvrage est devenu « un classique de la littérature compagnonnique ».

Il est l’auteur d’ouvrages sur l’ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes, des symbolismes divers, l’esprit du compagnonnage et de l’aspect spirituel de la franc-maçonnerie.

Il est également directeur de collections d’ouvrages ésotériques (Dangles).

Initié à la Grande Loge de France en 1954, il est reçu 33ème (Rite écossais ancien et accepté) en 1980 et devient membre actif du Suprême Conseil de France. Il a entretenu de solides relations avec les principaux dirigeants de divers groupes maçonniques tels Jean Tourniac, Marius Lepage, Johannis Corneloup, Jean Baylot, Alec Mellor, Robert Ambelain, Paul Naudon, Philippe Encausse (fils de Papus). Il rencontre également souvent Mircea Eliade, Raymond Abellio ou Louis Pauwels.

Martiniste, il est initié par Robert Ambelain et Philippe Encausse.

 

Œuvres

Histoire des légendes, (PUF, Que sais-je, 1955, 3e éd. 1970)

Le feu, la symbolique (Flammarion, Coll. Symboles, 1958)

Le monde souterrain (Flammarion, Coll. Symboles, 1961)

Le sacre des rois (Édition de la Colombe, 1964)

Le symbolisme du caducée (Guy Trédaniel, Éditions de la Maisnie, 1964, 4e éd. 1990)

Les Francs-Juges de la Sainte-Vehme (Albin Michel, 1971 ; réédition : Dualpha, 2004)

La symbolique du feu (Payot, 1973 ; réédition : Trédaniel, 1990, Véga (16 mars 2009) (ISBN 978-2858295210))

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Payot, 1973, Véga (12 janvier 2009) (ISBN 978-2858295395))

Le symbolisme maçonnique traditionnel. Thesaurus Latomorum (Éditions du Prisme, 1974)

La symbolique de la Rose-Croix (Payot, 1975)

Les talismans (Tchou, 1976, Dangles, 1976, 1983, 1987, 1990…, 2011)

Le compagnonnage en France (Payot, 1977 – réédité en 1988, 1997)

Les pactes sataniques (Vernoy, 1980, Rééd. Dervy, 1994, 2002)

Le symbolisme maçonnique traditionnel (2 tomes) (Edimaf, 1981-1982, 1987)

Le diable dans l’art roman (Guy Trédaniel, 1982, 1996)

Les rites magiques de la royauté (avec Patrice de la Perrière) (Friant, 1982, Rééd. Bélisane, 1998)

L’occultisme (Éditions du Borrego, 1984)

Sacres et couronnements royaux (Guy Trédaniel, 1984)

La symbolique du cabinet de réflexion ou la lumière dans les ténèbres (Edimaf, 1984, Rééd. 1995, 2012)

La franc-maçonnerie (MA Éditions, 1986)

Les rose-croix (MA Éditions, 1986)

Guide des sociétés secrètes et des sectes (Philippe Lebaud, 1989, Rééd. Oxus, 2004)

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Trédaniel, 1990)

La spiritualité de la Rose-Croix. Histoire, traditions et valeur initiatique (Dangles, 1990 ; réédition : Dualpha, 2003)

La légende de saint Brendan, découvreur de l’Amérique. Légende du ixe siècle (Trédaniel, 1990)

Les origines compagnonniques de la franc-maçonnerie (avec Henri Gray) (Trédaniel, 1990)

Tradition et sciences secrètes (Soleil Natal, 1998, rééd. Dualpha, 2008)

Précis de franc-maçonnerie (Dervy, 1999)

La tradition cachée des cathédrales (Dangles, 1999, rééd. J’ai lu, Aventure Secrète, 2014)

L’Esprit du compagnonnage. Histoire, tradition, éthique et valeurs morales, actualités… (Dangles, 1994)

Plaidoyer pour Gilles de Rais, Maréchal de France, 1404-1440 (Soleil Natal, 1995 ; réédition : Dualpha, 2007)

La spiritualité de la Franc-Maçonnerie (Dangles, 1999)

La pratique du tarot. Symbolisme, tirages et interprétations (Dangles, 1999)

La grande encyclopédie maçonnique des symboles (Éditions Maçonniques de France, 2000)

Déesses mères et vierges noires (Éditions du Rocher, 2001)

La symbolique du Temple (Edimaf, 2001)

Symbolique du labyrinthe sur le thème de l’errance (Huitième jour, 2003)

Trente-trois – Histoire des degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté en France (Ivoire-Clair, 2004)

Papus : occultiste, ésotériste ou mage ? (Ediru, 2005)

Le Compagnonnage aujourd’hui (Dangles, 2005)

Credo Maçonnique (Dangles Collection : Horizons ésotériques, 2006 (ISBN 978-2703306412))

Le sens caché des rites mortuaires (Dangles, 2007)

Les regrets du peintre Faust (roman) (Dualpha, 2007)

G comme Géométrie (2 tomes) (Edimaf, 2012)

 

° Mélanges offerts à Jean-Pierre Bayard, préface de Michel Barat, études de A. Buisine, J. Fabry, J.-J. Gabut, C. Gilquin, J.-Y. Goéau-Brissonnière, C. Guérillot, C. Lochon, P. Négrier, H. Rochais, F. Rognon, réunies par Patrick Négrier, Paris, Grande loge de France 2001, 138 p.

La franc-maçonnerie aux États-Unis

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La franc-maçonnerie aux États-Unis

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De par son histoire, la franc-maçonnerie aux USA est très différente de celle qui prédomine en Europe.

Elle se caractérise par sa transparence et par son nombre important de membres qui, quoi que décroissant, représente encore près de deux millions répartis dans environ 15’000 ateliers, pour cinquante grandes loges.

La structure fédérale du pays conduit à ce que chaque État des États-Unis dispose de sa propre grande loge. La franc-maçonnerie s’implante dans ce pays par les mouvements migratoires et la tutelle de l’Empire britannique sur sa colonie.

À ce titre, le premier document attestant la présence maçonnique dans le « Nouveau Monde » date du 30 juillet 1733 et relate la nomination du grand maître provincial d’Amérique du Nord Henri Price, par le grand maître d’Angleterre d’alors le vicomte de Montagu.

La première loge se réunit ainsi à la taverne « La Grappe de raisin » sur King Street à Boston. La franc-maçonnerie américaine est née autour de la Grande Loge de Saint John, quoique sa souveraineté limitée n’échappe pas au contexte historique.

Dès 1734, Benjamin Franklin imprimera les Constitutions d’Anderson affirmant ainsi la portée de la franc-maçonnerie dans la colonie. Le 24 juin de la même année, il sera nommé grand maître provincial de Pennsylvanie et motivera la première volonté d’indépendance à la couronne britannique dans le cadre maçonnique.

Mais la franc-maçonnerie américaine est toujours inféodée au « Vieux Continent ». La Grande Loge d’Écosse crée en 1752 à Boston la loge Saint Andrews qui sera aux balbutiements de la Grande Loge du Massachusetts créée en 1759. L’opposition entre anciens et modernes en sera d’ailleurs nourrie. La Grande Loge de Saint John était résolument dans le camp des modernes alors que la Grande Loge du Massachusetts, dans celui des anciens. Cette opposition maçonnique reflète néanmoins une opposition historique.

Les divisions au sein de la franc-maçonnerie américaine s’accentueront entre 1752 et 1778. La Grande Loge de Saint John, à Boston, réunissait la bourgeoisie locale et aspirait largement à l’indépendance. Alors que sa rivale restait fidèle au Royaume-Uni ; elle était essentiellement composée de soldats (majoritairement irlandais) envoyés par la couronne. De cette date jusqu’à la guerre d’indépendance, les francs-maçons américains resteront largement divisés.

C’est de la loge « Saint André » de Boston, dirigée par Joseph Warren, que naquit la Boston Tea Party7, événement qui déclencha la guerre d’indépendance.

Grand maître provincial, Joseph Warren fut tué à la bataille de Bunker Hill. Pendant la guerre, dans la plupart des provinces, les membres des loges « anciennes » se rangèrent plutôt du côté de George Washington, Joseph Warren et Benjamin Franklin, alors que ceux des loges « modernes » s’engagèrent plutôt du côté de l’Angleterre. Parmi les cinquante-six signataires de la déclaration d’indépendance de 1776, cinquante environ auraient été francs-maçons.

Benjamin Franklin vint à Paris en tant que « ministre plénipotentiaire des États-Unis d’Amérique septentrionale », où il devint de 1779 à 1781 vénérable maître de la loge les Neuf Sœurs qui organisa le soutien français à la cause américaine. Parmi les francs-maçons français, le marquis de La Fayette, joua un rôle notable dans la guerre d’indépendance.

Profitant du conflit, la Grande Loge de Pennsylvanie se séparera officiellement de la Grande Loge d’Angleterre en 1778.

Après la guerre, le système des grandes loges à juridiction exclusive sur le territoire de chaque État de l’Union fut établi. Il posa quelques problèmes dans les États où coexistaient deux grandes loges (« ancienne » et « moderne »), mais il finit par s’imposer totalement au bout d’une vingtaine d’années.

En 1800, il y avait aux États-Unis onze grandes loges, regroupant 387 loges et 16’000 francs-maçons.

Politique La franc-maçonnerie a joué un rôle important dans la politique américaine des origines jusqu’à nos jours. Nombreux politiciens ont assumé et assument au grand jour leur appartenance à l’ordre maçonnique.

George Washington, le premier président des États-Unis, fut l’initiateur de cette tradition américaine en posant avec les décors maçonniques pour un portrait officiel.

Seize autres présidents, à la fois francs-maçons, ont leur portrait au Mémorial maçonnique d’Alexandria (Virginie).

Toutefois, l’influence de la franc-maçonnerie dans la vie politique américaine est aujourd’hui en déclin.

Au cours des trente dernières années, ses effectifs seraient passés de quatre millions de membres (Naudon 1981) à environ deux millions.

On constate que depuis Gerald Ford, plus aucun président n’appartient à l’ordre. Spécificités de la franc-maçonnerie américaine.

La principale particularité de la franc-maçonnerie américaine est la prédominance en son sein d’un rite maçonnique qui lui est presque exclusif : le Rite d’York.

En ce qui concerne les trois premiers grades, dits « symboliques », ce rite est principalement issu du Rite des Anciens et n’a pas subi les évolutions qui ont abouti en Angleterre, après la guerre d’indépendance, au Rite anglais de style Émulation.

Il interdit dans ses loges toute discussion de sujets politiques, religieux ou de tout autre sujet controversé et ne revendique comme objectif que celui de l’amélioration de ses membres.

La franc-maçonnerie américaine est également spécifique en ce qu’elle comprend des ordres para-maçonniques importants et en ce qu’elle se particularise dans son histoire récente selon les nombreuses minorités du pays.

Enfin, la franc-maçonnerie américaine est très différente de celle que l’on rencontre sur le continent européen en ce qui concerne la manière dont elle envisage la progression initiatique de ses membres : Aux États-Unis, il est fréquent qu’un nouveau membre atteigne le troisième degré en quelques mois, et les derniers degrés du Rite écossais ancien et accepté en quelques années. La progression peut même parfois être encore plus rapide. C’est ainsi par exemple que l’acteur Richard Dreyfuss fut nommé maître maçon et promu au 32e degré du Rite écossais ancien et accepté par un simple décret du grand-maître de la Grande Loge du District de Columbia en date du 10 juin 2011.

Prince Hall Dans le contexte de discrimination raciale qui régna longtemps aux États-Unis, les afro-américains se réunirent dans leur propre obédience dénommée en 1827 Prince Hall Grand Lodge.

Cette forme de la franc-maçonnerie prit naissance en 1775, lorsqu’un Afro-Américain du nom de Prince Hall fut introduit au sein de la Irish Constitution Military Lodge, en compagnie de quatorze autres afro-américains, tous nés libres (de l’esclavage). Quand la Military Lodge quitta la région, ces quinze hommes noirs reçurent l’autorisation de se réunir en loge, d’organiser des processions à la fête de la Saint-Jean, de procéder à des funérailles maçonniques, mais non de conférer des degrés, ni d’entreprendre d’autres travaux maçonniques.

Ces hommes obtinrent un Warrant for Charter de la Grande Loge d’Angleterre (Grand Lodge of England) en 1784 et formèrent la Loge africaine no 459 (African Lodge #459). En 1787 on sait qu’il y avait au moins 73 maçons afro-américains au Massachusetts.

Ils ont produit une lettre adressée au gouvernement pour exprimer leurs souhaits de retourner en Afrique : « Desire to return to Africa, our native country . . . for which the God of nature has formed us. » (« Nous désirons retourner en Afrique, notre pays d’origine… pour lequel le Dieu de la nature nous a formés. »).

Après avoir été rayée des registres pour cause de non-paiement des cotisations en 1813, la loge s’est renommée la « Grande Loge africaine n°1 » (« African Grand Lodge #1 », à ne pas confondre avec les diverses grandes loges du continent africain), et séparée de la maçonnerie communément reconnue. Elle donna ensuite naissance à de nombreuses grandes loges exclusivement noires dans l’ensemble des États-Unis.

Des efforts ont été entrepris par plusieurs maçons dès le début du XIXe siècle afin d’intégrer tous les Afro-Américains et les Caucasiens dans des obédiences communes.

Cependant le racisme et la ségrégation à cette époque rendaient impossible la participation « harmonieuse » des Afro-Américains dans les loges « traditionnelles ».

De plus, beaucoup de grandes loges traditionnelles refusaient de reconnaitre les loges Prince-Hall arguant que cela allait à l’encontre d’un des principes de la « régularité » qui affirme qu’il ne doit y avoir qu’une grande loge par juridiction territoriale et que la Grande Loge d’Angleterre en 1784 n’avait pas autorité pour ce faire.

Aux États-Unis, la ségrégation raciale est entretenue dans les loges : ainsi les loges blanches refusent de reconnaître ou d’initier les membres des loges afro-américaines. Cette ségrégation aurait eu des implications politiques dans les états sudistes, où les maçons sont très présents et où les noirs furent privés de leurs droits économiques, juridiques, scolaires et politiques.

Albert Pike était lui-même connu pour ses idées racistes.

Après avoir été pour plusieurs raisons, tenues à l’écart pendant des décennies des grandes loges blanches (dites « caucasiennes ») des États-Unis, les grandes loges dites de « Prince Hall » sont depuis le début des années 1990 reconnues par un nombre chaque année croissant de celles-ci.

Les obédiences dites régulières

Les obédiences dites «régulières» de traditions et se reconnaissent entre elles. La majorité étant reconnus par la Grande Loge unie d’Angleterre. Elles demandent – entre autres – la croyance en Dieu à leurs membres.

Aux États-Unis, sans compter Prince Hall qui est reconnue par la majeure partie des obédiences comme étant traditionnelle et régulière, chaque État ne peut avoir qu’une seule obédience dite «régulière». Certains conseils nationaux ou supranationaux chapeautent les rites au sein de ces mêmes obédiences. Il existe ainsi pour le Rite écossais ancien et accepté, le : • Suprême Conseil de la Juridiction Sud, il réunit les hauts degrés dans la moitié sud des États-Unis. • Suprême Conseil de la Juridiction Nord, institution équivalente à la précédente, mis à part qu’elle officie pour la moitié nord des États-Unis.

Pour le rite d’York, les institutions sont plus nombreuses. Il y a le : Grand Chapitre général des maçons de l’Arche royale, qui administre les hauts degrés de l’Arche Royale. Grand Conseil général des maçons cryptiques, qui administre les hauts degrés dits Cryptiques. Grande Commanderie des chevaliers templiers, juridiction nationale comme les précédentes pour les hauts degrés de « Chevaliers du Temple ».

Les obédiences libérales

Il existe quelques obédiences dites «libérales» aux États-Unis. À l’exemple de l’Europe, on trouve un peu toutes les tendances. Mais celles-ci ne sont pas reconnues par les obédiences dites «régulières».

Par cet ostracisme, les obédiences libérales américaines ont tendance à se rapprocher de celles existant en Europe. C’est le cas de la George Washington Union qui a adhéré en 1979 au Centre de liaison et d’information des puissances maçonniques signataires de l’appel de Strasbourg (CLIPSAS) réunissant plusieurs obédiences dans le monde.

Depuis 1903 l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » s’est implanté aux États-Unis. La Fédération américaine du Droit humain est présente dans de nombreuses grandes villes.

En 2007 s’est constituée une nouvelle obédience de type libéral, regroupant des loges masculines, voulant être identifiée dans la franc-maçonnerie moderne et libérale : le Grand Orient des États-Unis d’Amérique.

En 2014 s’est constituée une nouvelle obédience libérale mixte, pratiquant le Rite moderne: la « Grande Loge du Rite moderne en Amérique du Nord et dans les Caraïbes ».

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GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie 24 octobre, 2021

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GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie

René Guénon

Paru dans La Gnose, mars 1910 (n° 5 1909-1910), sous la signature « T Palingenius »

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« La Gnose, a dit le T∴ Ill∴ F∴ Albert Pike, est l’essence et la moelle de la Franc-maçonnerie. » Ce qu’il faut entendre ici par Gnose, c’est la Connaissance traditionnelle qui constitue le fonds commun de toutes les initiations, et dont les doctrines et les symboles se sont transmis, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, à travers toutes les Fraternités secrètes dont la longue chaîne n’a jamais été interrompue.

 

Toute doctrine ésotérique ne peut se transmettre que par une initiation, et toute initiation comprend nécessairement plusieurs phases successives, auxquelles correspondent autant de grades différents. Ces grades et ces phases peuvent toujours se ramener à trois ; on peut les considérer comme marquant les trois âges de l’initié, ou les trois époques de son éducation, et les caractériser respectivement par ces trois mots : naître, croître, produire.

Voici ce, que dit à ce sujet le F∴ Oswald Wirth : « L’initiation maçonnique a pour but d’éclairer les hommes, afin de leur apprendre à travailler utilement, en pleine conformité avec les finalités mêmes de leur existence.

Or, pour éclairer les hommes, il faut les débarrasser tout d’abord de tout ce qui peut les empêcher de voir la Lumière.

On y parvient en les soumettant à certaines purifications, destinées à éliminer les scories hétérogènes, causes de l’opacité des enveloppes qui servent d’écorces protectrices au noyau spirituel humain.

Dès que celles-ci deviennent limpides, leur transparence parfaite laisse pénétrer les rayons de la Lumière extérieure jusqu’au centre conscient de l’initié. Tout son être, alors, s’en sature progressivement, jusqu’à ce qu’il soit devenu un Illuminé, dans le sens le plus élevé du mot, autrement dit un Adepte, transformé désormais lui-même en un foyer rayonnant de Lumière.

« L’initiation maçonnique comporte ainsi trois phases distinctes, consacrées successivement à la découverte, à l’assimilation et à la propagation de la Lumière.

Ces phases sont représentées par les trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, qui correspondent à la triple mission des Maçons, consistant à rechercher d’abord, afin de posséder ensuite, et pouvoir finalement répandre la Lumière.

« Le nombre de ces grades est absolu : il ne saurait y en avoir que trois, ni plus ni moins. L’invention des différents systèmes dits de hauts grades ne repose que sur une équivoque, qui a fait confondre les grades initiatiques, strictement limités au nombre de trois, avec les degrés de l’initiation, dont la multiplicité est nécessairement indéfinie.

« Les grades initiatiques correspondent au triple programme poursuivi par l’initiation maçonnique. Ils apportent dans leur ésotérisme une solution aux trois questions de l’énigme du Sphinx : d’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Et ils répondent par là à tout ce qui peut intéresser l’homme. Ils sont immuables dans leurs caractères fondamentaux, et forment dans leur trinité un tout complet, auquel il n’y a rien à ajouter ni à retrancher : l’Apprentissage et le Compagnonnage sont les deux piliers qui supportent la Maîtrise.

« Quant aux degrés de l’initiation, ils permettent à l’initié de pénétrer plus ou moins profondément dans l’ésotérisme de chaque grade ; il en résulte un nombre indéfini de manières différentes d’entrer en possession des trois grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître.

On peut n’en posséder que la forme extérieure, la lettre incomprise ; en Maçonnerie, comme partout, il y a, sous ce rapport, beaucoup d’appelés et peu d’élus, car il n’est donné qu’aux initiés véritables de saisir l’esprit intime des grades initiatiques. Chacun n’y parvient pas, du reste, avec le même succès ; on sort à peine, le plus souvent, de l’ignorance ésotérique, sans s’avancer d’une manière décidée vers la Connaissance intégrale, vers la Gnose parfaite.

« Celle-ci, que figure en Maçonnerie la lettre G∴ de l’Étoile Flamboyante, s’applique simultanément au programme de recherches intellectuelles et d’entraînement moral des trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître.

Elle cherche, avec l’Apprentissage, à pénétrer le mystère de l’origine des choses ; avec le Compagnonnage, elle dévoile le secret de la nature de l’homme, et révèle, avec la Maitrise, les arcanes de la destinée future des êtres.

Elle enseigne, en outre, à l’Apprenti à élever jusqu’à leur plus haute puissance les forces qu’il porte en lui-même ; elle montre au Compagnon comment il peut attirer à lui les forces ambiantes, et apprend au Maître à régir en souverain la nature soumise au sceptre de son intelligence.

Il ne faut pas oublier, en cela, que l’initiation maçonnique se rapporte au Grand Art, à l’Art Sacerdotal et Royal des anciens initiés. » (L’Initiation Maçonnique, article publié dans L’Initiation, 4e année, n° 4, janvier 1891.)

L’organisation initiatique, telle qu’elle est ici indiquée dans ses traits essentiels, existait dès l’origine dans le Gnosticisme comme dans toutes les autres formes de Tradition. C’est ce qui explique les liens qui ont toujours uni le Gnosticisme et la Maçonnerie, liens que nous montrerons mieux encore en reproduisant quelques discours maçonniques (déjà publiés autrefois dans La Chaîne d’Union) du F∴ Jules Doinel (Ŧ Valentin), qui fut, en même temps que Patriarche de l’Église Gnostique, membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

Sans vouloir traiter ici la question si complexe des origines historiques de la Maçonnerie, nous rappellerons simplement que la Maçonnerie moderne, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, est résultée d’une fusion partielle des Rose-Croix, qui avaient conservé la doctrine gnostique depuis le moyen-âge, avec les anciennes corporations de Maçons Constructeurs, dont les outils avaient déjà été employés d’ailleurs comme symboles par les philosophes hermétiques, ainsi qu’on le voit en particulier dans une figure de Basile Valentin. (Voir à ce sujet Le Livre de l’Apprenti, par le F∴ Oswald Wirth, pp. 24 à 29 de la nouvelle édition.)

Mais, en laissant de côté pour le moment le point de vue restreint du Gnosticisme, nous insisterons surtout sur le fait que l’initiation maçonnique, comme d’ailleurs toute initiation, a pour but l’obtention de la Connaissance intégrale, qui est la Gnose au sens véritable du mot. Nous pouvons dire que c’est cette Connaissance même qui, à proprement parler, constitue réellement le secret maçonnique, et c’est pourquoi ce secret est essentiellement incommunicable.

Pour terminer, et afin d’écarter toute équivoque, nous dirons que, pour nous, la Maçonnerie ne peut et ne doit se rattacher à aucune opinion philosophique particulière, qu’elle n’est pas plus spiritualiste que matérialiste, pas plus déiste qu’athée ou panthéiste, dans le sens que l’on donne d’ordinaire à ces diverses dénominations, parce qu’elle doit être purement et simplement la Maçonnerie.

Chacun de ses membres, en entrant dans le Temple, doit se dépouiller de sa personnalité profane, et faire abstraction de tout ce qui est étranger aux principes fondamentaux de la Maçonnerie, principes sur lesquels tous doivent s’unir pour travailler en commun au Grand Œuvre de la Construction universelle.

Source: Hiram Abiff le FM

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LA GNOSE ( AL OURFAN) : LA VOIE DE L’UNITE DIVINE ENTRE DIVINITE ET HUMANITE 27 septembre, 2021

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Photo : de gauche à droite : Messieurs Pierre Lory, Sami Makarem, Rahmatoullah Rahmatoullah, le Grand Maître Mondial du G.O.A.O. le TSF Jean-Marc Aractingi , le Père Lelong, Gilles Le Pape

Hommage à Sami MAKAREM (14 avril 1931, Aytat, Liban – Date de décès : 21 août 2012)

Jean-Marc ARACTINGI : Je voudrai en ce jour commémorant le décès de mon ami Sami MAKAREM, lui rendre hommage en reproduisant la traduction de l’anglais de son intervention lors du Colloque que j’ai organisé en Octobre 2011 à la Mairie du 5e arrondissement de Paris sur la Gnose Druze :

LA GNOSE ( AL OURFAN) :LA VOIE DE L’UNITE DIVINE ENTRE DIVINITE ET HUMANITE

1-Introduction Historique : La Voie de l’Unité Divine « Al Tawhid », est la définition que les Unitaristes Druzes préfèrent donner à cette branche Musulmane Chi îte, et qui est née d’un schisme, à partir du courant ISMAELIEN, à l’époque de l’Imam AL HAKIM BI AMR ALLAH, sixième Calife Fatimide, et ce, en l’Année 1017aprés JC ( ou 408 de l’Hégir), et sous son égide, selon les sources des Mouwahhides. Cette Voie Monothéiste a été fondée par HAMZA BEN ALI, et soutenu par le Calife AL HAKIM, jusqu’à leurs disparitions en 1021 Ap JC( 411 de l’Hégir). HAMZA a confié cette mission de Prédication du TAWID, à Abi Al Haasan El TAI’Î, connu sous le nom de AL MOUKTANA BAHAA EDDINE, jusqu’à l’année 1043 ( 435 H). Date à la quelle « LA PORTE » de la DAAWA (TAWHID) a été fermée. 2- le SENS de la Divinité ( Al Lahout) et de l’Humanité (Al Nassout=Immanence Théophanique ou AnthropoMorphose Al Nassoutia, objet de notre conférence, veut dire le processus de l’Anthropomorphie Humaine de par son Existence et sa Mystique Gnostique, alors que Al Lahoutia ( La Divinité), exprime ce qui est Divin de par son Existence et l’Accès à Sa Connaissance. Etant donné que Dieu, selon la Conception SOUFIE en général, et celle du courant TAWHIDI DRUZE en particulier, est l’UN et l’UNIQUE ABSOLU ( Absconditum = Hyperousion) sans aucun Attribut spécifique (Apophatique), Sa Divinité donc ne peut, en aucun cas, être Intelligée par l’Humain, qui, dont la spécificité est « l’Etant » = Al Zatia ; D’où l’Humain, malgré tous les Degrés de son Elévation vers la Perfection, ne peut percevoir du Divin, que, ce que lui permet son degré de sa Transcendance Humaine. C’est-à-dire, ce que lui permet, sa possibilité limitée, de percevoir Dieu par la Mystique Gnostique et Transcendantale. Le Principe Absolu (Dieu= Absconditum), n’a pas Créé l’UNIVERS, y compris l’Homme, Ex-Nihilo (mais Ab Initio), car ce concept (Intérieur et Extérieur= Ex-Nihilo), donne l’apparence de Limites au Créateur- Dieu. Mais « IL ABDA-A », a créé l’Homme ( et l’Univers), d’une façon INCOMPARABLE ( AL IBDA-Â). C’est-à-dire qu’IL l’a Intelligé de sa Propre Lumière, par une Apparence absolue, car c’est sa propre Nature d’Intelliger (Al Izhar). L’Univers, dont l’Homme fait partie, est la Traduction Obligatoire de Dieu  Sa Manifestation Théophanique). D’où, la Création dans le sens de rendre Existent l’Univers (l’Etant) Ex Nihilo, hors de la LUMIERE DIVINE, est en contradiction avec le Principe Créateur Absolu (Absconditum), et rend la Quiddité Divine limitée. Aussi, affirmer cela, est un processus Non Unifique-Unifiant, et contraire à l’Unité Divine, car il mène obligatoirement à une DUALITE : Celle de Dieu et celle de l’Univers. Cela est en complète contradiction avec le TAWHID, ou l’Unicité Divine. Pour cela, le Soufisme et le Tawhid, ne croient pas à l’Existence de Deux Mondes séparés : Monde de Dieu et Monde de l’Homme, ou le Ciel et la Terre, le Monde de l’Immanence et le Monde Eschatologique. Par conséquent, ils ne croient pas que Dieu est quelque part et que l’Homme est ailleurs. Le Principe Absolu= Dieu, est hors du Temps (Chronos) et de l’Espace (L’Etant- Lieu). On peut dire aussi que Dieu « n’Est pas » (de verbe Être) partout, mais tout Lieu Physique est en Lui, sans pour autant dire que « en » signifie un lieu .D’où les Mouwahhidoun (Unitaristes), disent que l’Humanité (dans le sens de l’Homme) Théophanique ( Al Nassoutia), n’est pas séparée ou distincte de la Divinité. Car l’Homme est à la Divinité, ce que le Sens (Créatif) est à la Parole, et qui est l’Expression de la Divinité. Et comme la Divinité Absolue est sans limites, Sa Manifestation Humaine, à vrai dire, n’est pas extérieure à sa propre Existence, mais c’est Son Expression (Matérialisation Spirituelle). La liaison de la Parole (Créatrice) qui a son propre Sens (Matérialisation du Verbe), ne veut absolument pas dire que l’Ecriture (en tant que figure Non Symbolique) est Son Expression. Il en va de même pour l’Univers, qui, malgré qu’il exprime Dieu, et qu’il lui soit lié, n’est pas Dieu Lui-même. Il est lié, de part sa son Emanation, et Lui est distinct, de part sa propre Vérité d’Existence (Quiddité de l’Existence Divine). D’où le Paradis est sur « Terre » (L’Existence Immanente) et non pas au « Ciel », car il n’y a pas de Ciel séparée de la Terre. D’où le SOUFISME, et la Voie Unitaire Druze (Monothéiste) appellent tous les deux à se libérer de la Dualité, c’est-à-dire, de la Croyance que l’Existence est Duelle (Dichotomique) : Existence Céleste et Existence Terrestre, ou Existence bonne et autre mauvaise. Le Soufisme et la Mystique Unitaire Druze pensent que le Monde mauvais, c’est celui, dont l’Adepte fait en sorte à ce qu’il soit séparé de l’Eternité ; Alors que le Monde Immanent, non séparé, par l’Adepte, de l’Eternité, fait de cette dernière une Eternité Bonne et Vraie. Le Monde Immanent est destruction, s’il n’est pas l’Expression de l’Eternité. Si l’Homme croit qu’il est la Théophanie de Son Créateur (ThéoAnthropoMorphie), et par conséquent existe par son Humanitude en Dieu, non pas en tant qu’Individu, ou encore moins en tant qu’Entité exempte de Divinité, alors il devient Mouwahhid (Ayant la Foi en l’Unicité Divine) Mais si l’Adepte croit que Dieu (Principe Créateur) possède une Quiddité particulière, et qu’il l’a créé Ex Nihilo, indépendamment du temps et de des Lieux (Espace), le gouvernant comme une simple créature, alors cet adepte « adore » Dieu par crainte de « l’Enfer », ou dans l’Espérance du Paradis. La soumission à Dieu n’est pas cela, mais plutôt celle de sa Prosternation (Adoration= Contemplation), pour qu’il puisse SE REALISER lui-même EN DIEU. Comment se réaliser en Dieu, l’UN, l’UNIQUE ; est-ce avec son Intellect ou son Cœur ? Il ne peut se réaliser avec son Intellect seul, car l’Intellect seul est impuissant, et l’impuissance est le résultat de l’Être (Etant) impuissant, comme le dit le grand Soufi Abou El Hussein El Nouri. Il ne peut se réaliser avec son cœur seulement, car le cœur seul mène à la croyance. La simple croyance est exposée au phénomène Subjectif du Moi, et le Moi est créateur de Multiplicité (Séparateur). Ce processus est contraire à l’Unicité Divine (Al Tawhid). L’Homme SE REALISE PAR L’AMOUR, et cela présuppose Deux conditions : L’Intellect montre à l’Homme, loin de l’orgueil (du Savoir), son impuissance. Le Cœur qui attire l’Homme vers Dieu comme faisant partie de lui-même. ET Dieu vers lui. Par ce phénomène, l’Homme prend conscience qu’il est de LUI, en LUI, avec LUI, et vers LUI. Cette double action d’Attraction est un Chiasme, et l’Homme sentira le Mouvement (Spirituel) de lui en Dieu, et de Dieu en lui. Alors il devient le Témoin de la Manifestation Divine, et dieu se montre à lui, autant que l’Homme représente une apparence Théophanique. La Théophanie Divine se rencontre avec la Théophanie Humaine, quant à la Divinité (Al Lahout), elle reste le moteur de cette rencontre. « Lui » est dans la Théophanie , et la Théophanie est en Lui. C’est sur cette Herméneutique que la Gnose (Unitaire Druze) base sa Foi Esotérique, qui va au-delà du Monothéisme Exotérique (de l’Islam), jusqu’à l’ÎHHSSAN, comme il été dit dans le « AL HADITH AL CHARIF » du Prophète, s’adressant à ses disciples, en définissant l’Islam ; C’est la Foi et la Bienfaisance. Quant à l’Ange Gabriel, il a dit à propos de la Bienfaisance : « Prosternes toi devant Dieu comme s’il te voit, car si toi tu ne LE vois pas, LUI, il te voit ». Cette « BIEN-FAISANCE » c’est le TAWHID DRUZE (Monothéisme Esotérique) où la Contemplation (Adoration- Prosternation- Prière) devient la démonstration de la Manifestation Visionnaire, et celle là ne peut être DUELLE. La Vision de la Manifestation, comme je l’ai dit dans mon Livre (La Connaissance dans la Voie de l’Unicité ; Londres, Fondation L’Héritage Druze, page 216  ne se réalise pas simplement par la volonté du MOURID, ou postulant ; volonté subjective du Moi, mais cette Connaissance se réalise plutôt en Dieu UN et UNIQUE. A ce propos, le Grand Soufi M.B.A.J.NAFRI dans son Livre Oracles Divins : « Ô Homme, JE suis au devant de ton savoir et de ton action (travail), comme JE suis au devant de ta Vision (Théophanique) ». La Vraie Vision du Manifesté, c’est la réalisation de « Ta » Théophanie avec « Sa » Théophanie. Quant à AL Lahout (Le Principe Créateur), l’Humain ne peut y avoir accès. D’où la Connaissance (La Gnose) dans le SOUFISME en général, et dans la VOIE du TAWHID (DRUZE) en particulier, c’est la prise de conscience du Manifesté (Théophanique), et cette Théophanie c’est Dieu Lui-même, AL MOUNAZZAH (Absconditum), qui se plait à se MANIFESTER en l’Homme. On a demandé à un CHEIKH (Haut Dignitaire), si l’Homme peut abandonner DIEU ; il répondit : « Comment peut-il l’abandonner, alors qu’IL est en lui ». C’est cela la Connaissance Divine (AL- OURFAN= GNOSE) ; c’est la Rencontre de la Théophanie Divine avec la Théophanie Humaine.

Docteur Sami MAKAREM 22 octobre 2011

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 Source : https://www.grandorientarabe.fr/444294644

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Le baiser maçonnique 13 septembre, 2021

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Symbolisme du baiser

 

Le baiser maçonnique

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Les maçonnes et les maçons ont coutume de se témoigner physiquement leur affection fraternelle ; ils le font généralement soit en se donnant l’accolade soit en s’embrassant ; peut-être peut-on trouver l’origine de ce baiser dans la célèbre injonction de Paul « Salutate invicem in osculo sancto » (2ème épître aux Corinthiens) ou dans « Saluez tous les frères par un saint baiser » (I Thessaloniciens 5 :26).

A propos de l’accolade, il y a parfois une confusion avec la colade qui est d’origine chevaleresque (que l’on retrouve aussi en franc-maçonnerie de nos jours avec la triple frappe sur l’épaule gauche) .

Le baiser maçonnique lui se fait généralement par trois : le premier sur la joue droite, le second sur la joue gauche et le troisième à nouveau sur la joue droite ; il faut noter que dans les loges africaines on ne pratique généralement pas ce baiser mais un fraternel et triple affrontement des fronts.On retrouve le baiser sur le front dans les rituels des hauts grades et on voit aussi parfois des vénérables maîtres dans certains rites faire ce troisième baiser sur le front au moment de la réception du nouvel initié à la place du troisième baiser sur la joue droite.

Quelles significations donner à ce baiser sur le front ?

Dans le monde profane, le baiser sur le front n’est généralement pas précédé par un ou des baisers sur les joues. Il symbolise une affection particulière avec une forte connotation de protection.

Si les études concernant le baiser sur la bouche sont nombreuses, le baiser sur le front suscite beaucoup moins de littérature. L’utilisation de cette pratique au cours de l’histoire entre le plus souvent dans les relations entre vassal et seigneur, ou dans les premiers temps de l’Église chrétienne.

La majeure partie des références aux baisers au front concernent des relations entre sujets engagés dans un rapport de filiation ou de protection. Car il faut noter que celui-qui donne le baiser n’est pas le même que celui qui le reçoit, contrairement au baiser sur la joue, ou sur les lèvres ; « Les pères et les mères doivent baiser leurs enfants au front. » énonce le Dictionnaire de Furetière en 1690.

in XIXe-début XXe siècle, on retrouve ce conseil dans les « bons usages » :

«La comtesse de Gencé conseille aux jeunes filles qui se respectent de rester « sobres d’embrassades ».

On s’embrasse entre amies d’enfance ou entre parents, sur la joue si la différence d’âge n’est pas grande, sinon sur le front. C’est toujours le plus âgé qui prend l’initiative, et aucun baiser ne peut être échangé dans la rue ou dans un endroit public. » (référence : Le Baiser : premières leçons d’amour )

En Franc-Maçonnerie, on retrouve une référence au baiser sur le front au rite pratiqué par la Mère-Loge écossaise de Marseille (1750), ou Rite philosophique en 18 degrés, dans le rituel du double grade Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or (10ème et 11ème grade) où dans le cadre de l’instruction du récipiendaire il est dit :

« L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.»

On voit bien dans ce texte la filiation entre la colade chevaleresque, l’accolade et le baiser sur le front. On pourrait dire que celui-ci n’a plus vraiment le même contenu de protection que dans le sens profane mais celui de reconnaissance et d’admission.

Il en est aussi fait mention dans le livre de William Morgan « Mysteries of Freemasonry » (1826) dans une réception d’un grade de perfection « Some Knights, in addition to this, kiss the forehead of the brother saying « Alpha » to which he answers « Omega ». » Dans ce cas il n’entre pas dans le cadre du triple baiser.

Au Rite Ecossais Rectifié, c’est au troisième degré qu’après l’élévation, le rituel enjoint le V:. M:. :
« Il l’embrasse en lui donnant le baiser fraternel sur les deux joues et au front. »

On pourrait se poser la question de la place du baiser sur le front dans le rituel maçonnique ; geste symbolique qui se place dans la reconnaissance, la protection ou la fraternité , ne mériterait-il pas d’être plus pratiqué ?

 

source : https://www.idealmaconnique.com

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Historique du rite ancien et primitif de Memphis – Misraïm 21 juillet, 2021

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Historique du rite ancien et primitif de Memphis – Misraïm

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15 Février 2016 , Rédigé par RAPMM

La Franc-maçonnerie est une institution pluri centenaire, car les premières révélations historiques remontent au XIIIème siècle. Cette association de métier, à l’origine dite opérative…, au caractère corporatiste autant que moral et spirituel, devient, dès le Carrefour de 1723, un « centre d’union » où se retrouvent, en toute fraternité, des hommes qui, sans elle, ne se seraient pas reconnus… Adopter une vision tranchée et univoque de la Franc-maçonnerie moderne, dite spéculative.., semble difficile, car celle-ci, selon les temps et les lieux, a revendiqué des origines et des finalités bien différentes, bien qu’elle s’inscrive dans le courant judéo-chrétien. En outre, sa philosophie ne s’exprime que par le truchement des symboles : or leur sens dépend de la tradition initiatique à laquelle se rattache chaque Rite, qui représente l’Esprit de chaque Ordre existant Ainsi, les différentes Obédiences françaises couvrent un large spectre, allant du social au spirituel, de l’athéisme au déisme ; elles ont toutes cependant en commun leur essence initiatique et leurs trois premiers degrés représentent un centre adogmatique de perfectionnement individuel, intellectuel, moral et de travail sur soi. Ce n’est que par la suite que l’empreinte du Rite, propre à chaque Obédience se manifeste dans toute son amplitude : il donne à ses cérémonies une qualité, une densité, une stabilité, une impulsion et une prégnance à nulle autre pareille. De telle sorte que cette juxtaposition de mille et une nuances dans l’Art Royal entrouvre l’accès à une voie adaptée à la nature du Cherchant et à ses exigences, dans le respect le plus strict de sa liberté absolue de conscience. La Franc-maçonnerie du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm possède ses spécificités propres, qui font d’elle une Maçonnerie peu connue, mais d’une grande richesse à la fois rituelle et historique. Parmi celles-ci, se distinguent entre autres :
Son orientation spiritualiste et déiste dans le cadre de la Voie Initiatique.
Sa volonté de donner l’accès à la Connaissance Essentielle par l’alliance de l’intelligence du cœur à celle du mental ;
Sa représentation en tant que gardien des traditions de l’ancienne Egypte, berceau de toute initiation. Sa vocation de conserver et de développer une Tradition intacte (comprise comme la Tradition Primordiale transmise dans les courants hermétiques, gnosticistes, kabbalistes, templiers et rosicruciens), propre à libérer l’homme de ses chaînes matérielles, au travers de son évolution spirituel
le. Cette Tradition se veut dépositaire des antiques initiations de la vallée du Nil, perpétuées au travers de divers mouvements, parmi lesquels se retrouvent les pythagoriciens (qui détiennent l’héritage d’une Géométrie d’essence sacrée), les Hermétistes Alexandrins (dont les ouvrages de référence sont le Corpus Hermeticum et La Table d’émeraude attribués à Hermès Trismégiste), les Néo-platoniciens, les Sabéens de Harrân, les Ismaéliens, les descendants d’Abraham, les Templiers et les Rose Croix. Pour une Obédience spiritualiste comme celle du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le Rituel est donc l’occasion d’une régénération spirituelle, d’une réintégration métaphysique, de la personne qui y participe et joue le rôle de catalyseur sur le sentier de l’évolution intérieure. Mais en même temps, il reste attaché à son héritage humaniste, profondément engagé au côté des valeurs de la dignité, du droit, et de la défense de l’opprimé. C’est là sa grande force, son côté insolite, et la raison pour laquelle, peut-être, il attire autant qu’il intrigue…

LE RITE DE MISRAÏM

Il faut ici commencer à mi-chemin entre l’histoire et la légende… Peut-être par « il était une fois »…en présentant l’énigmatique personnage que fut Alexandre Cagliostro, de son vrai nom Joseph Balsamo, aigrefin de renom un peu souteneur et un peu espion pour les uns, Grand Initié sans attache, magicien et enchanteur pour les autres…en tout cas acteur occulte de la Révolution Française pour l’ensemble -, et certainement un être moralement indéfinissable, tant ce Rite attire des caractères trempés dans une eau qui n’a pas grand-chose à voir avec l’eau plate. Notre homme, très proche du Grand Maître de l’Ordre des Chevaliers de Malte Manuel Pinto de Fonseca avec lequel il aurait effectué des expériences alchimiques…, fonde en 1784 le « Rite de la Haute-Maçonnerie Egyptienne »… Bien que celui-ci n’ait eu que trois degrés (Apprenti, Compagnon et Maître Egyptien), le Rite de Misraïm semble lui être directement relié. On sait encore mal, aujourd’hui, où Cagliostro fut réellement initié (sans doute à Malte) et comment il bâtit son Rite : selon Gastone Ventura, il reçoit entre 1767 et 1775 du Chevalier Luigi d’Aquino, frère du Grand Maître National de la maçonnerie napolitaine, les Arcana Arcanorum, trois très hauts degrés hermétiques, venus en droite ligne des secrets d’immortalité de l’Ancienne Egypte, afin qu’il les dépose dans un Rite maçonnique d’inspiration magique, kabbalistique et divinatoire. Ce qu’il semble avoir fait en 1788, non loin de Venise, en y établissant une Loge où il opère le transfert des Arcana Arcanorum dans le Rite de Misraïm. Ce Rite, à demi-centenaire lorsque Cagliostro en fait le dépositaire du Secret des Secrets, est un écrin idéal pour le joyau qu’il reçoit, nourri de références alchimiques et occultistes, il attire alors de nombreux Adeptes. Il se réclame de plus d’une antique tradition égyptienne, le terme « Misraïm » signifiant ou « les Egyptiens » ou « Egypte » en hébreu…et possède 90 degrés… Dans l’état actuel des recherches, il apparaît surtout que les sources du Rite de Misraïm se situent dans la République de Venise et dans les Loges Franco-italiennes du Royaume de Naples de Joachim Murat, et qu’il a subi douloureusement à la fin du siècle l’occupation autrichienne qui en interdit la pratique. Les trois frères Bédarride, dont les plus marquants, Marc et Michel, auraient été initiés dans le Rite de Misraïm en 1803, l’introduisent en France à Paris en 1814 et 1815, à l’époque où les Ordres maçonniques sont interdits en Italie. Le Rite recrute aussi bien de hautes personnalités aristocratiques, que des bonapartistes et des républicains, parfois des révolutionnaires, Carbonari, comme Pierre Joseph Briot, – membre de la société secrète républicaine des Philadelphes…, ou bien encore Charles Teste, frère cadet du baron François Teste, lieutenant de Philippe Buonarrotti, le célèbre conspirateur qui utilisa la Charbonnerie pour servir la cause de son pré communisme, et qui fut, avec Babeuf, le coauteur du Manifeste des Egaux. Or, dès 1817, le Grand Orient, qui n’apprécie guère le système des Hauts Degrés, devient un vigoureux opposant au Rite de Misraïm. Ainsi, en 1822, alors que les affaires semblent florissantes, le Grand Orient, à cette époque monarchiste et catholique, profite de l’affaire des Quatre Sergents de La Rochelle et de l’inquiétude suscitée par les Carbonari pour dénoncer aux ordres de police, l’Ordre de Misraïm comme un repaire de séditieux « antimonarchiques et antireligieux » prêts pour l’insurrection armée. L’essor de ce nouveau Rite plein de promesses est ainsi stoppé net. En tant que Rite interdit, il devient tout naturellement un espace de rencontre pour tous les opposants au régime. Mais déjà il commence à péricliter. Vers 1890, les derniers Maçons du Rite attachés à leurs principes déistes et spiritualistes, se retrouvent bientôt dans une seule Loge, la fameuse Loge Arc-en-Ciel… Le Rite de Misraïm reviendra presqu’un siècle plus tard, lorsque Robert Ambelain, ancien Grand Maître ad vitam, démissionnaire du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le ravive en 1992, malgré ses engagements pris de ne jamais le ranimer. (cf. les correspondances Robert Ambelain / Gérard Klopp el)

LE RITE DE MEMPHIS

Le Rite de Memphis est une variante du Rite de Misraïm, constitué par Jacques-Etienne Marconis de Nègre en 1838. Pour autant, s’il reprend la mythologie égypto-alchimique du Rire, il la fortifie d’emprunts templiers et chevaleresques…les références à la légende d’Ormuz et à la Chevalerie de Palestine sont là-dessus très significatives…Robert Ambelain estime pour sa part, …mais l’information demande encore sa confirmation définitive…que ce Rite serait né de la fusion de divers rites ésotériques d’origine occitane, notamment le Rite Hermétique d’Avignon, le Rite Primitif de Narbonne, le Rite des Architectes Africains de Bordeaux, et un Rite Gnostique d’origine Egyptienne… Là où Misraïm est le Rite des Adeptes entre Ciel et Terre, des révolutionnaires insaisissables, et des comploteurs libertaires…selon ce qu’en disent les documents de police de l’époque Memphis durcit la ligne des références mythiques, et veut conquérir des hommes de force, à l’idéal chevaleresque. Le Rite connaît un succès certain, justement du côté des Loges militaires, tant et si bien qu’en 1841, les frères Bédarride le dénoncent à leur tour aux autorités, et le Rite de Memphis est contraint de se mettre en sommeil… Il faudra attendre 1848 et la destitution de Louis-Philippe pour que le Rite de Memphis reprenne une vigueur toute relative, luttant pour ne pas péricliter… Mais c’est plutôt Outre-manche, que le Rite perdure… A partir des années 1850, des Loges anglaises, travaillant en français au Rite de Memphis, se multiplient. Elles sont restées célèbres pour avoir été essentiellement composées d’ardents républicains ayant fui la France après le coup d’Etat du 2 décembre 1851. On y retrouve Louis Blanc, Alfred Talandier, Charles Longuet le gendre de Karl Marx, et Joseph Garibaldi membre d’honneur dont nous reparlerons par la suite. En 1871, l’écrasement de la Commune attire en Grande-Bretagne de nouveaux réfugiés… Ceux-ci contribuent à la vivification du Rite, mais toutes ces Loges s’éteignent en 1880, lorsque le nouveau gouvernement républicain déclare l’amnistie. Parallèlement, le Rite de Memphis semble avoir connu un important développement en Egypte à partir de 1873, sous l’impulsion du Frère Solutore Avventore Zola, nommé Grand Hièrophante… Jusqu’à l’époque du roi Farouk, il ne cesse de se développer, en tant que continuateur des anciens Mystères Egyptiens, à telle enseigne que les frères de Memphis sont unanimement appréciés et respectés. Le Rite de Memphis s’implante également aux Etats-Unis vers 1856-57, lors du voyage à New-York de Marconis de Nègre… Il connaît un certain essor, notamment sous la grande maîtrise de Seymour en 1861, et sera reconnu, un temps, par le Grand Orient de France.

LE RITE DE MEMPHIS – MISRAÏM

Survient en fin décembre 1870 un événement, apparemment anodin, mais qui aura de grandes conséquences : le 28 décembre, quatre Maçons menés par Robert Wentworth Little, qui avait crée quatre ans auparavant la S.R.I.A. (Societas Rosicruciana In Anglia)…invoquent une prétendue consécration pour établir en Angleterre, auprès de Yarker, un « Suprême Conseil Général 90ème du Rite de Misraïm », Yarker associe donc au Rite de Memphis qui lui fut transmis par Seymour en 1872, le Rite de Misraïm introduit par Little puis légitimé par la Charte de Pessina en 1881… Et pour affermir cette alliance de Memphis et de Misraïm, il place à la tête du Rite la figure emblématique du chef des Camissia Rossa, Garibaldi, premier Grand Hiérophante des deux Rites en 1881, qui, trop âgé, ne put exercer ses fonctions et mourût peu après en 1882… …La réunification de la maçonnerie de Rite Egyptien fût brève, et des dissensions successives éclatèrent quant à la succession au titre de Grand Hiérophante entre les Souverains Sanctuaires des différents pays, principalement l’Egypte… Finalement, Yarker devient le Grand Hiérophante de Memphis-Misraïm pour tous les pays d’Europe seulement, de 1903 à 1913, date de son trépas. La fusion définitive des deux Rites ne devait réellement se faire, en fait, qu’en 1989…

LE RITE DE MEMPHIS-MISRAÏM en France

Il nous faut maintenant parler d’une autre figure mystérieuse et étrange, agaçante pour certain, fascinante pour d’autre, et dont le profil rappellera Cagliostro : le célèbre Docteur Gérard Encausse, alias Papus. Celui qu’Anatole France pressentait pour une chaire de Magie, si d’aventure elle se faisait, laissa un profond sillage dans cette France entre deux siècles. On suppose que Papus fut initié par des Frères dissidents de la Loge Souveraine L’Arc en Ciel avant la fin du siècle, mais on n’en a aucune preuve… En tout cas, en 1901, John Yarker lui délivre une patente, pour ouvrir son Chapitre I.N.R.I… Une Charte la transformera en « Suprême Grande Loge de France du Rite Swedenborgien » en 1906… Ce « Temple de Perfection » ne l’autorise pas cependant à initier aux trois premiers degrés… En 1906, Papus réussit à obtenir de Villarino del Villar, Grand Maître de la Grande Loge Symbolique Espagnole du Souverain Grand Conseil Ibérique, une charte du Rito National Espanol, Rite en sept degrés dérivé du Rite Italien de Memphi-Misraïm de Pessina et contesté par la Maçonnerie régulière. Celle-ci lui permet d’ouvrir une nouvelle Loge Symbolique Humanidad et d’y travailler aux trois premiers degrés du « Rite Ecossais ».Enfin, en juin 1908, Papus constitue à Paris un Suprême Grand Conseil et Grand Orient du Rite « Ancien et Primitif de la Maçonnerie», mais ce dernier n’a cependant pas le Statut de Souverain Sanctuaire et ne peut créer de Loges. Le Rite évoqué est vraisemblablement le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 97 degrés créé avec l’impulsion de John Yarker lors de la fusion des Rites de Memphis et de Misraïm entre 1881 et 1889. C’est donc par les initiatives de Papus que le Rite a pu revenir en France, par l’intermédiaire de sa Loge Mère Humanidad, pour les trois premiers degrés et de son Chapitre INRI converti au Rite Ancien et Primitif des Hauts-Degrés. Jean Bricaud, successeur de Papus, prend en main les affaires de l’Ordre, en 1919, et cherche à faire gagner à son Obédience une respectabilité maçonnique qu’elle négligeait un peu pendant les années d’avant-guerre. Il enrichit les Rituels, avec malheureusement un mélange d’apports gnostiques, ouvre le Rite vers les profanes, fait disparaître l’efflorescence des innombrables sociétés occultes atomisées du début du siècle en ouvrant l’accès à son Ordre Martiniste, à l’Ordre de la Rose Croix Kabbalistique et Gnostique, et à l’Eglise Catholique Gnostique. Quand Jean Bricaud s’éteint en 1934, Constant Chevillon est choisi pour lui succéder. Hélas, la menace de l’holocauste plane bientôt sur le monde. Le Rite, alors en pleine expansion subit de plein fouet la violence de la barbarie nazie. George Delaive, qui fut l’un des Grands Maîtres du Rite en Belgique, est emprisonné et bientôt assassiné par les nazis à la prison de Brandebourg, après avoir rejoint la Résistance en France. Raoul Fructus, qui avait de hautes responsabilités dans le Rite avant la guerre, meurt en déportation en février 1945. Otto Westphal, responsable du Rite en Allemagne, est interné en camp puis torturé, Constant Chevillon, Grand Maître National du Rite après Jean Bricaud, est abattu à quelques kilomètres de Lyon au printemps 1944, par la milice de Vichy après dénonciation…
…Le Rite de Memhis-Misraïm a donc payé un lourd tribut au fléau nazi, celui de son attachement à la Liberté. Au sortir de la guerre, c’est Henri-Charles Dupont qui prend légitimement la direction du Rite de Memphis-Misraïm pour la France. H-C Dupont nomme Pierre De Beauvais Grand Maître Général de Memphis-Misraïm, mais, comme celui-ci trop autoritaire, est mal perçu, il doit vite reprendre la Grande Maîtrise Générale par la suite. Peu avant sa mort, Henri-Charles Dupont remet le 13 août 1960 à Robert Ambelain une patente de Grand Administrateur du Rite et de successeur… Ce dernier a reçu de 1941 à 1945 tous les Hauts Degrés du Rite Ecossais Ancien Accepté, du Rite Ecossais Rectifié, en plus de ceux du Rite de Memphis-Misraïm, il détient également la transmission du Suprême Conseil du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish Rite dit Cerneau) conférée au Grand Maître Jean Bricaud, en 1920, par le Suprême Conseil des Etats-Unis. Robert Ambelain, une fois devenu Grand Maître, va tenter de rassembler, dans une même Obédience mondiale, les Ordres se réclamant du Rite de Memphis-Misraïm. Il parvient à établir des relations fraternelles avec la plupart des Grandes Obédiences Françaises. Il ne réussit pas néanmoins à unifier certains groupuscules de Memphis séparés, ni les Rites de Memphis-Misraïm d’Italie issus d’une filiation différente… Sous la Grande Maîtrise de Robert Ambelain, il est décidé que le siège de la Grand Maîtrise générale sera obligatoirement Paris et que le Grand Maître devra autant que possible être francophone… En outre, en 1963, les 33 premiers degrés de Memphis-Misraïm sont revus pour les conformer au « Rite Ecossais Ancien Accepté » et faciliter ainsi les contacts avec les autres Obédiences. Dans la nuit du 31 décembre 1984 au 1er janvier 1985, Robert Ambelain transmet sa charge de Grand Maître ad-vitam du Rite à Gérard Kloppel, alors Grand Maître Général adjoint depuis 2 ans et responsable de la pyramide jusqu’au 32ème degré. Quelques mois plus tard, en juillet, il lui transmettra également les degrés du Rite Ecossais Primitif…en 1987, Gérard Kloppel fonde le premier Souverain Sanctuaire féminin, mais ce Souverain Sanctuaire prend son indépendance en 1990 ; une nouvelle fédération féminine, devenue par la suite Grande Loge sera recréée en 1993. Depuis 1997 est mise en place la structure mixte…

En conclusion…

Le Rite de Memphis-Misraïm est un Rite de Tradition, c’est-à-dire qu’il suppose que le Rituel a une opérativité réelle pour retrouver cette Parole Perdue, qui n’est d’aucun siècle mais qui les traverse tous. Résolument spiritualiste et symbolique, il estime en outre que les Arts traditionnels, Alchimie, Kabbale, Théurgie, Gnose., sont essentiels pour quiconque veut travailler à son propre perfectionnement et à celui de la Nature et de l’Humanité toute entière… En outre, le Rite de Memphis-Misraïm s’est toujours attaché à défendre ces valeurs fondamentales que sont : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité… Le courage n’a jamais manqué à ces « Maçons de la Terre de Memphis », lorsqu’il s’est agi de protéger l’opprimé contre le puissant…il lui en a coûté, on l’a vu, beaucoup de martyrs… Mais c’est le prix de l’intransigeance morale. Ce Rite a rayonné à chaque période de bouleversements sociaux ou politiques, lorsqu’il a fallu que des âmes fortes témoignent de leur attachement à l’humanisme et à la solidarité, tandis que s’étendait partout la plus sombre obscurité. Ainsi, fidèle à ses principes et à son identité historique le Rite demeure soucieux du monde à la fois spiritualiste, traditionnel et social : il a toujours contemplé avec le même attachement et le même Amour de la Voûte étoilée et ses Frères humains, fidèle à l’éternelle parole d’Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Car c’est là, à la croisée des Chemins, entre la contemplation des Cieux et l’engagement pour la Fraternité, les pieds ancrés dans la terre à la recherche de son être divin que se révèle et s’épanouit la Lumière du Rite de Memphis-Misraïm dans le cœur du maçon…

Source :

Hauts Grades

Hauts Grades

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Connaissez-vous les Fractales ? 4 juillet, 2021

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SpiritualitéAutres Voies Spirituelles

Connaissez-vous les Fractales ?

Connaissez-vous les Fractales ? dans Recherches & Reflexions

Par La Rédaction
25 juin 2021
Fractale de Benoît Mandelbrot
Fractale de Benoît Mandelbrot, Mandala, fractale, symétrie

Les fractales, qu’est-ce que c’est ? Ce sujet pour bûcheurs de classe préparatoire n’est évoqué que très rarement . Pourtant, il intéresse la perception de « l’ordre et du désordre dans la nature ».
Comme tout bon cherchant, je suis assez loin d’en maîtriser intimement tous les aspects.

Toute notre éducation mathématique a été conditionnée par la géométrie dite euclidienne. (Euclide : mathématicien grec censé avoir vécu vers l’an 300 avant J.-C.). Pour rappel, ses axiomes ou postulats furent les suivants :

• Un segment de droite peut être tracé en joignant deux points quelconques. • Un segment de droite peut être prolongé indéfiniment en une ligne droite.
• Étant donné un segment de droite quelconque, un cercle peut être tracé en prenant ce segment comme rayon et l’une de ses extrémités comme centre.

La géométrie fractale est une théorie mathématique formulée par le mathématicien franco-américain Benoît MANDELBROT dans les années 1970, donc très récemment à l’échelle du temps des mathématiques.

Il s’agit d’une nouvelle révolution mathématique comme l’ont été les nombres irrationnels chers à Pythagore, et ensuite les nombres négatifs et complexes apparus à la Renaissance.

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MANDELBROT a non seulement formalisé la théorie fractale, mais il en a fixé les règles grammaticales et étymologiques.

Fractal vient du latin « fractus » qui désigne un objet fracturé, de forme très irrégulière. (Le nom est féminin et a son pluriel en « als », ce qui n’est pas banal.)

Oui, mais c’est quoi, la géométrie fractale ?

Eh bien, qu’ont en commun un arbre, des nuages, une côte rocheuse, nos poumons, un cristal de glace (flocon de neige) et certains choux.
Rien du point de vue de la géométrie classique, euclidienne, et pourtant…

Vous aurez, par ailleurs, remarqué que la cabane de notre Mère Catault (je renvoie ici au rite forestier) ne s’orne pas du chou blanc traditionnel ,mais d’un chou romanesco qui est une forme fractale parfaite.

Ces objets ne peuvent être décrits selon les normes de cette géométrie « linéaire ».

Selon MANDELBROT, « Les fractales sont des objets, qu’ils soient mathématiques, dus à la nature ou dus à l’homme, qu’on appelle irréguliers, rugueux, poreux ou fragmentés, et qui, de plus, possèdent ces propriétés au même degré à toutes les échelles. C’est-à-dire que ces objets ont la même forme, qu’ils soient vus de près ou de loin. »

Pour comprendre la différence entre la géométrie classique et la géométrie fractale, prenons la différence entre la lame d’un couteau et la côte bretonne. Observée au microscope, la lame du couteau apparaît très irrégulière et pleine d’aspérités. Mais, si on change d’échelle, à l’œil nu, la lame apparaît parfaitement droite. A l’opposé, si vous observez la côte bretonne d’un avion à faible altitude, vous observerez une côte irrégulièrement découpée. Et si vous changez d’échelle, en augmentant l’altitude de l’avion, vous observerez toujours une côte irrégulière !

Nous sommes tous habitués aux objets de la géométrie euclidienne : aux droites, aux rectangles, aux cubes…
Ils nous permettent de décrire simplement ce que l’on trouve dans la nature.
Les troncs d’arbres sont approximativement des cylindres et les oranges des sphères.

Mais, face à des objets plus complexes, tels que les nuages, les côtes rocheuses, les feuilles, les reliefs, un flocon de neige, un chou-fleur, la géométrie euclidienne est inadéquate, on fait donc appel à la géométrie fractale.

La géométrie fractale est donc un langage utile pour décrire les formes complexes, et permet la description de processus non linéaires.

La complexité des formes des objets naturels résulte généralement de processus simples, souvent de remise en cause antérieures.

Dans la géométrie classique, une ligne est un objet à une dimension, une surface un objet à deux dimensions, un volume un objet à trois dimensions. Nous sommes donc habitués à des objets dont la dimension est un nombre entier 1, 2 ou 3.

Dans ce but, le terme de dimension fractale a été introduit par Mandelbrot en 1970. La dimension fractale est donc un nombre qui mesure le degré d’irrégularité ou de fragmentation d’un objet ou qui mesure la rugosité d’une surface.

La notion de dimension fractale s’applique aux objets invariants d’échelle : on y trouve des parties qui sont semblables à l’objet lui-même à une dilatation (agrandissement) près. Quand on change l’échelle d’observation d’un objet invariant d’échelle, on conserve les formes.

Chaque portion d’une fractale reproduit la forme générale, quelque soit le grossissement : c’est la propriété d’auto-similarité.

Retenons donc qu’une fractale, c’est une forme dont le détail reproduit la partie et le tout, quelle que soit l’échelle.

Exemple : L’auto-ressemblance peut être exacte : dans ce cas, en changeant d’échelle, on a un objet agrandi identique à l’original. Si vous prenez un triangle, qu’au milieu de chaque côté, vous y dessinez un triangle équilatéral, que sur chaque segment, vous répétez cette opération, vous obtiendrez une forme fractale régulière, exacte et vous dessinerez un flocon de neige dit de von KOCH.

Mais pour beaucoup d’objets naturels, l’auto-ressemblance n’est pas exacte : l’objet agrandi ressemble à son image initiale, mais ce n’est pas exactement le même. C’est le cas, par exemple, d’une côte rocheuse ou d’un profil topographique. Dans ces cas, l’auto-ressemblance est statistique.

Prenons une côte, Bretagne, Angleterre, Islande.
Si un paquebot en fait le tour en restant au large pour ne pas se faire couler par les récifs, il tracera le parcours en forme de W typique de la forme de la côte.

Si un petit bateau cabote le long de la côte, en suivant les principales sinuosités, il ajoutera beaucoup de V au W initial et le trajet sera rallongé de nombreux kilomètres. Si un randonneur marche le long du rivage, il parcourra encore plus de chemin.
Si un crabe courageux contourne scrupuleusement chaque rocher, il accumulera encore plus de kilomètres au compteur de ses pattes. Si une puce de mer géographe suit chaque grain de sable, nul doute que son chemin sera encore plus long, à force de tours et de détours.

 
Autre exemple :
On voit ainsi le caractère anfractueux (un mot qui a la même racine que fractale…) de la côte étudiée, dont la sinuosité se réplique (pas forcément de manière exacte mais sûrement de manière statistique) quelle que soit l’échelle où l’on se trouve. On peut même considérer que plus on va vers l’infiniment petit, plus le contour de la côte tend vers l’infini…
Ces considérations bouleversent tout ce que l’on a appris à l’école sur les périmètres des figures comme les carrés (4 fois le côté), les rectangles (2 fois la largeur plus 2 fois la longueur), les cercles (deux fois pi fois le rayon), etc. En transformant le triangle équilatéral (dont le périmètre vaut trois fois le côté) en flocon de von Koch, en transformant la forme de la côte d’un grand W en une infinité de W, on est entré dans le monde fractal. On a quitté le pays simple des figures lisses pour la forêt vierge des figures rugueuses.

Dans la nature, c’est le phénomène de hasard qui va régir la formation des fractales : les arbres ont tous des caractéristiques communes, leur forme géométrique se ressemblent, et pourtant, même au sein d’une même espèce, chaque arbre est unique. Cette différence est attribuable au hasard, c’est à dire les processus non contrôlés de leur développement (ou tout au moins, tellement complexes que nous n’y avons pas accès).
Le rôle du hasard dans la formation des objets de la nature joue un rôle capital, c’est lui qui différencie les fractales aléatoires de la nature et l’objet mathématique pur.

Le hasard, c’est l’ensemble des processus qu’on ne peut pas contrôler et qui interviennent dans la formation de l’objet fractal : l’érosion, la tectonique des plaques, les contraintes naturelles…

Une application de la théorie mathématique des fractales pures est la modélisation informatisée de formes telles les montagnes, les nuages utilisées dans les images de synthèse : jeux vidéos, cinéma, …

Nous sommes forestiers et parlons donc des formes fractales dans le vivant :

Dans les végétaux, nous avons le chou-fleur et surtout le chou romanesco qui figurent parmi les plus belles formes de cette catégorie.
A l’œil nu, ils ont la forme d’une section de sphère entourée de feuilles. Cependant si l’on regarde de plus près leurs surfaces, on peut noter que celles-ci sont constituées de cônes qui se juxtaposent de manière enroulée en spirales, formant ainsi des volutes qui constituent elles-mêmes des cônes similaires aux premiers, mais d’échelle plus grande

Si on coupe le chou-fleur de haut en bas, on note une organisation en branches principales qui se séparent en branches plus petites. La première division se produit sur la branche principale d’origine, et peut donner 3 à 8 branches secondaires. De même si on coupe le chou romanesco, on note une structure identique. La première division se produit sur la branche principale d’origine et peut donner de 10 à15 branches secondaires. Cette division se renouvelle de la même manière à chaque étage avec une régularité impressionnante pour les deux. A vue d’œil on peut remarquer entre 5 et 8 étages de divisions entre la branche d’origine et la surface du chou-fleur et on peut remarquer entre 10 et 15 étages de divisions entre la branche d’origine et la surface du chou romanesco. Les dimensions des surfaces de ces deux choux sont comprises entre 2, le périmètre et 3, le volume, le développement périmétrique tendant à s’approcher, à s’approprier le volume.

Donc pour les deux, chacune des branches (ou sous branches agrandies plusieurs fois) peut être confondue avec le chou lui-même ou avec la branche principale d’origine.
Le chou-fleur et le chou romanesco présentent donc une auto-similarité et peuvent être considérés comme fractals

La fougère est un autre exemple de forme fractale. Ce sont en particulier les feuilles ou frondes de la plante qui présentent cette particularité d’auto similarité. La dimension fractale des fougères est d’environ 1,7.

Même si l’étude des formes fractales est assez récente, il ressort que les espèces végétales développent ces formes pour pouvoir augmenter leur surface externe, c’est-à-dire, leur surface d’échange avec le milieu extérieur, et cela pour pratiquer par exemple la photosynthèse, l’absorption racinaire…
La croissance d’une plante s’accompagne nécessairement d’un changement de forme. En effet, les plantes essaient d’adopter une forme qui s’éloigne le plus possible d’une sphère (car si elles étaient trop volumineuses, c’est à dire massiques, elles seraient trop lourdes et perdraient beaucoup trop d’énergie pour pouvoir survivre).
Les plantes vont arriver à ce résultat grâce au fractionnement de la croissance le long d’un certain nombre d’axes, (tronc et branches au-dessus du sol, pivot et racines latérales au-dessous).

A mesure que la plante poursuit sa croissance, apparaît la nécessité d’une ramification aérienne et souterraine, qui donne accès à l’espace tridimensionnel sans les inconvénients liés au volume ; la plante s’approprie l’espace en le remplissant d’une surface complexe finement repliée sur elle-même, de sorte que le volume laisse la place aux dimensions linéaires (racines, tiges) et aux surfaces (feuilles et brachyrhizes : homologues souterraines des feuilles).
La croissance de la plante va aussi être régie par les contraintes du milieu extérieur qui sont souvent les mêmes à différentes échelles.

Autres fractales naturelles : les poumons…..

Conclusion :

Il existe une très grande variété de formes fractales dans la nature ; dans des domaines et conditions expérimentales en apparence très différentes comme la croissance des plantes et l’organisation du poumon, on observe des phénomènes et des géométries très similaires du point de vue de leur complexité et de leur dimension fractale.
La découverte des formes fractales dans la nature constitue une forme d’universalité insoupçonnée jusqu’alors, qui permet de comparer et de modéliser des objets, de résoudre des problèmes jusqu’à présent ouverts, comme par exemple la simple caractérisation d’une côte rocheuse.

La théorie fractale a déjà trouvé de nombreuses applications en géologie, biologie, informatique… et il est fort probable qu’elle puisse aussi s’étendre à d’autres domaines encore. En particulier, tous les phénomènes chaotiques, c’est à dire sensibles aux conditions initiales, qui font appel à des structures fractales (par exemple les phénomènes météorologiques).

Les perspectives qu’elle a ouvertes laissent penser que la théorie nous aidera à mieux comprendre le monde qui nous entoure.

J’avoue que ce sujet est assez épineux, mais dans la nature rien n’est simple.

Frère Thierry Bui:.

SOURCE :  https://450.fm/2021/06/25/connaissez-vous-les-fractales/?fbclid=IwAR1ExcC4mV2GbGH_LWk62h6K8HecRfIecPTsqZvx-spnI_VLBEGbCRqZtgc

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Les pyramides 20 juin, 2021

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Les pyramides

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Très récemment, quelqu’un m’a posé des questions sur les pyramides, à savoir le mode de construction, le savoir pour y parvenir, et pourquoi la structure pyramidale se retrouve ailleurs dans le monde.

La plupart de ces sujets sont encore âprement discuté, tout le monde a sa théorie sur le sujet, très souvent au mépris des récentes découvertes et tout un chacun veut avoir raison, certains vont même jusqu’à falsifier/arranger des résultats pour justifier/prouver leurs conclusions.

Mais avant toute chose, il serait intéressant de se pencher sur l’origine de ce mot « pyramide ».

1. Un peu d’étymologie

Le mot « pyramide » vient du grec ancien « puramîs-dos », latinisé en « pyramis-idis ». Le mot grec « puramîs » veut dire « gâteau » et il est un dérivé du mot grec « puros » qui veut dire « froment », désignant ainsi un gâteau à la farine de froment. Ce type de gâteau (à base de miel également) était offert par les grecs lors de leur cérémonie mortuaire. Cette recherche étymologique a été faite par Wladimir Brunet de Presle (10/11/1809 – 12/09/1875), helléniste byzantiste et historien, en 1850.

C’est Platon (427 avant J-C à 347 avant J-C) qui donna le mot de « puramîs » au polyèdre formé en reliant une base polygonale de plusieurs côtés à un point, ce qui est quand même plus court. Puis Euclide (vers 300 avant J-C) reprit le mot pour désigner le même solide.

A ce stade étymologique, il est inutile de faire un (fallacieux) rapport entre les « pyramides » en tant que tombeau et le fait que le mot d’origine grecque désignait un gâteau offert lors des cérémonies mortuaires. Platon s’est juste contenté de donner un nom à un solide et non à un monument par analogie de forme.

Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) mentionne la « pyramide de Khéops » comme « le plus haut monument du plateau de Gizeh attribué à Khéops », il n’utilise pas le mot pyramide…

C’est grâce à Hérodote, dans sa description des ouvrages extraordinaires, que la « pyramide de Khéops » est rangée parmi les « sept merveilles du monde », même si à son époque il n’y avait aucune liste établie. Cette fameuse liste a été établie entre le 2ème siècle avant J-C et 14ème siècle, d’ailleurs Jean-Pierre Adam (né le 24/11/1937), architecte et archéologue, a dénombré un peu plus de 19 variantes de cette liste.

Gaston Maspero (23/06/1846 – 30/06/1916), égyptologue, a avancé la théorie que les grecs se seraient inspirés du mot égyptien « pr-m-ous » (peremous) qui désigne la hauteur de l’édifice en partant du centre de la base quadrangulaire jusqu’à son point le plus haut (apex).

Les égyptiens, à l’époque, les nommaient toute par un nom qui leur étaient propre précédé du symbole hiéroglyphique égyptien qui se prononce « mer », qui représente une pyramide avec une base rectangulaire. La pyramide de Khéops (en grec) ou de Khoufou (en égyptien) avait pour nom « aht-xwfw » (l’horizon de Khoufou).

2. Pas une mais plusieurs pyramides

Généralement quand on parle des pyramides, nous avons tous en image le complexe de Gizeh avec ses trois pyramides monumentales et nous avons tendance à croire qu’elles sont les seules et uniques pyramides d’Egypte, alors qu’elles ne sont juste que les plus connues.

Rien que sur le plateau de Gizeh, on ne dénombre pas moins de onze pyramides, même s’il est vrai que les huit suivantes sont plus petites que les trois grosses, elles n’en restent pas moins des pyramides.

Actuellement, nous dénombrons au moins cent-vingt-trois pyramides en Egypte, la dernière ayant été découvertes par une équipe d’archéologues belges en 2013. Ce décompte n’est bien entendu que provisoire parce que nous savons (d’après des anciens écrits égyptiens) que des souverains (et souveraines) se sont fait construire leurs propres pyramides mais elles n’ont juste pas encore été découvertes à ce jour.

Dans ce décompte, il y a les pyramides qui se sont effondrées, celles qui ont été saccagées et celles qui n’ont pas été finies.

Pour l’instant (donc de nos jours), la plus ancienne pyramide connue est celle de Djoser (pharaon de la 3ème dynastie qui a régné au 27ème siècle avant JC), la fameuse pyramide à degrés et la plus récente pyramide connue est celle d’Ahmosis (pharaon de la 18ème dynastie qui a régné au 16ème siècle avant J-C).

Donc, après un rapide calcul, on peut voir que les égyptiens ont construit des pyramides pendant près de onze siècles.

3. Avant les pyramides

Si la plus ancienne pyramide connue est celle du pharaon Djoser, la question à se poser est de se demander comment les pharaons d’avant se faisaient enterrer.

Avant les pyramides (et même pendant et après), les pharaons se faisaient ensevelir dans des mastabas qui étaient des constructions rectangulaires d’un ou deux étages. Ces constructions ont pris le nom mastaba au 19ème siècle, c’est un terme arabe qui signifie « banc ».

La (première) pyramide est d’ailleurs à degrés et l’on pense (mais « on » n’en n’est pas sûr) qu’elle a été construite comme un empilement de différents mastabas.

Il faut voir dans le mastaba une évolution des tertres funéraires (tumulus) qui étaient élevés au-dessus des fosses mortuaires.

Ce tertre est une symbolisation de la butte primordiale (benben en égyptien) qui émergea de l’océan primordial (Noun en égyptien) et sur lequel apparut le soleil pour la première fois.

Ce tertre était entouré d’une infrastructure. Le tertre servant de lieu de sépulture et le reste de l’infrastructure au culte rendu au défunt.

4. Pharaon

Le mot pharaon vient du latin chrétien « pharao-onis » emprunté au grec ancien « pharao » et à l’hébreu biblique « par’oh » qui vient de l’égyptien « per-aä » (grande maison ou palais) puis par métonymie « l’occupant du palais/grande maison ».

Il est le souverain qui règne sur la haute et basse Egypte. Il est à la fois le chef religieux, chef militaire, chef politique, chef administratif, etc., il est l’un et le tout.

La nature de Pharaon est double, à la fois humaine et divine. Cependant la nature divine de Pharaon a évolué selon les différentes périodes de l’histoire égyptienne. A l’époque de l’ancien empire (2.700 à 2.200 avant J-C), il est le fils du Dieu et il est chargé de maintenir en ordre la création divine. Après la première période intermédiaire (2.200 à 2.030 avant J-C), sous le moyen empire (2.065 à 1.735 avant J-C), il est choisi par le Dieu Rê. Sous le nouvel empire (1.580 à 1.077 avant J-C), il est le fils charnel du Dieu.

La divinité de Pharaon n’est acquise que lorsque sa forme humaine fusionne avec sa part d’immortalité, lors de son couronnement. Pharaon ne devient un dieu que lors de son sacre, quand il prend place sur le trône d’Hor (fils d’Usere et de Rê), quand il s’identifie à lui, quand il devient lui.

5. C’est quoi une pyramide ?

La pyramide, étant une évolution architecturale du tumulus initial, s’inscrivait dans un complexe funéraire complexe avec un temple bas, centre d’accueil des processions funéraires et/ou cérémonielles (c’est dans ce temple qu’était pratiqué le rite d’embaument puis, après l’enterrement, c’était l’endroit où l’on apportait les offrandes), une chaussée, ceinte de murs (c’est le parcours qu’empruntait le corps momifié et sa procession, puis après l’enterrement servait de passage vers le temple haut), un temple haut (au départ une simple chapelle qui s’est agrandie au fur et à mesure du temps jusqu’à devenir un temple à l’architecture complexe), quelques pyramides secondaires (destinées à des cérémonies et/ou à des proches comme les mères et/ou épouses et/ou enfants) et la pyramide. Dans certains complexes, on peut aussi trouver des fosses à barques.

La fonction de ce gigantesque complexe n’est pas que d’être un lieu de sépulture pour celui qui était l’incarnation même du Dieu, mais aussi une structure qui servirait à lui vouer un culte avec des prêtres qui lui seront dédiés. Ce culte pouvant dépasser plusieurs générations.

Donc il faut appréhender la pyramide comme un élément d’une structure complexe et excessivement codifiée.

6. Quand construisait-on une pyramide ?

Après la mort de Pharaon, le lendemain matin (donc après la fin du cycle solaire d’une journée) il y avait une prise de pouvoir du futur Pharaon (qui est considéré comme l’année zéro de son règne), puis celui-ci laissait passer un délai de 70 jours (temps nécessaire à la momification) pour organiser la cérémonie funéraire de son prédécesseur. A la suite de quoi, il préparait sa cérémonie de couronnement (qui devint de plus en plus complexe au fil du temps) dont la date était généralement fixée à une date symbolique dans le calendrier ou bien dans le cycle des récoltes ou bien celui lunaire (cela a varié en fonction des époques).

Peu de temps après son sacre (couronnement), Pharaon s’attelait à la construction de sa future dernière demeure. Pourquoi si tôt, parce que les temps de construction étaient longs et que les égyptiens s’avaient que la vie sur terre pouvait être courte. Plus la construction était monumentale, plus cela durait longtemps et plus le risque que la dernière demeure ne soit pas achevée à la mort de Pharaon était grand (pour preuve les quelques pyramides inachevées (généralement au début de la construction) et les témoignages d’autres pharaons qui ont expliqué avoir terminé la construction du complexe de leurs prédécesseurs).

La première cérémonie était celle du choix du lieu du futur complexe (selon des critères avec lesquels aucun spécialiste n’est d’accord). La deuxième était celui du tracé au sol de la future pyramide. Et uniquement après venaient les travaux de préparation du terrain afin d’en recevoir la base, puis la construction jusqu’à l’achèvement finale du complexe dans son intégralité.

7. Des méthodes de construction de plus en plus précises

L’erreur faite par de nombreuses personnes (surtout les récents égyptophiles amateurs autoproclamés) est de vouloir chercher/percer le secret de la construction des pyramides en se focalisant sur celle de Khoufou (Khéops en grec). De la première pyramide connue qui est celle de Djoser (qui a régné au 27ème siècle avant J-C) et jusqu’à celle de Khoufou (qui a régné au 25ème siècle avant J-C), on peut dénombrer (en fonction des découvertes actuelles) 16 pyramides construites.

Si celle de Khoufou (à Gizeh) est la plus haute avec 146,6 mètres pour une base carrée de 230,3 mètres de côté, vient celle de Khafrê (Khephren en grec) (à Gizeh) qui mesure 143,5 mètres de haut sur une base carrée de 215,2 mètres de côté, vient celle de Snéfrou (à Dahchour) 109,5 mètres de hauteur pour une base carrée de 219,1 mètres de côté, puis celle encore de Snéfrou (à Dahchour) 104,7 mètres de hauteur pour une base carrée de 189,4 mètres, puis celle de Houni (à Abou Rawash) d’une hauteur estimée (ce ne peut être qu’une estimation, elle n’a pas été terminée) de 105,0 mètres sur une basse carrée de 215,0 mètres de côté, puis celle de Snéfrou (encore lui) (à Meïdoum) de 91,9 mètres de hauteur pour une base carrée de 144,3 mètres, et ainsi de suite…

La pyramide de Menkaourê (Mykérinos en grec) (à Gizeh) parait bien petite avec ses 65,6 mètres de haut et sa base rectangulaire de 102,2 mètres par 104,6 mètres, mais dont les dimensions seraient à rapprocher de celle de Djéser (à Saqqarah) qui mesure 62,0 mètres de haut sur base rectangulaire de 109,0 mètres par 121,0 mètres.

En moins de deux siècles, on peut (quand même) considérer que les égyptiens avaient progressé en matière de construction de pyramide. Cela reviendrait à essayer de déduire les méthodes de construction de l’arc de Triomphe (à Paris et dont la construction a duré de 1806 à 1836) en analysant celles de la tour Montparnasse (à Paris toujours et dont la construction a duré de 1969 à 1973), ou bien de déduire celles de la villa Godi Malinverni (en Italie à Lugo di Vicenza et dont la construction a duré de 1537 à 1542) en analysant celles de l’hôtel des invalides (à Paris encore et dont la construction a duré de 1670 à 1679).

Mis à part l’exemple (très moqueur, je le concède) de comparer la tour Montparnasse avec l’arc de Triomphe, il est évident qu’en un laps de temps aussi long, on peut penser que les différents ouvriers aient perfectionné leurs méthodes de construction.

Ou alors, il faut faire comme certains adeptes de la pyramidologie (les pyram-idiots comme on les nomme aussi) qui font des spéculations pseudo-scientifiques et dont la plus amusante est celle qui considère que les pyramides sont l’œuvre des atlantes et plus récemment des extra-terrestres.

8. L’organisation du travail

Un élément qui est souvent oublié quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est celui de l’organisation administrative et excessivement hiérarchisée de ce pays. C’est sans doute pour cette raison que ce pays (l’Egypte) a pu rester pendant tant de millénaires une des grandes civilisations dans le monde.

Nous avons retrouvé des écrits (d’époque en plus) qui mentionnent les noms, les fonctions et les « grades » des ouvriers qui opéraient sur les chantiers des pyramides. Il y avait une hiérarchie et une organisation très perfectionnées pour l’époque (n’oublions pas que nous parlons du 3ème millénaire avant J-C).

Nous savons qu’il y avait des équipes sur le chantier de construction, des équipes pour l’extraction et la taille des pierres et des équipes pour le transport des pierres. Il a été estimé qu’il y avait en permanence sur le chantier 5.000 personnes qui étaient hautement spécialisés et à peu près 15.000 personnes qui travaillaient de manière temporaire sur le chantier. Le personnel du chantier était divisé en brigades de 1.000 hommes, elles-mêmes divisées en cinq équipes (dont chacune avait un nom différent) de 200 hommes. Les équipes ne travaillaient pas toutes en même temps et se relayaient.

Nous avons pu retrouver les restes du village des ouvriers (et les tombes de certains) sur le plateau de Gizeh et nous savons aussi que les ouvriers avaient droit à des soins médicaux, qu’ils vivaient avec leur famille, qu’ils étaient bien nourris et qu’ils venaient de toute l’Egypte. Il y a fort à penser que c’étaient les femmes qui s’occupaient de l’intendance et de l’approvisionnement alimentaire.

L’analyse des squelettes des ouvriers a également montré (en plus de la riche alimentation et des bons soins médicaux) que le travail y était particulièrement pénible et dure. On peut estimer que l’espérance de vie était de 40 ans.

Il faut voir ce chantier de complexe funéraire comme l’œuvre d’un pays entier, après tout il s’agissait de la construction d’un ouvrage destiné à un Dieu. Il faut voir aussi cette construction comme un instrument de la cohésion sociale du pays et du régime politique.

C’est Hérodote qui nous a raconté que les pyramides avaient été construites en trente ans avec 100.000 hommes qui étaient des esclaves. Quand Hérodote a visité l’Egypte, cela faisait plus de 2.000 ans que les pyramides du plateau de Gizeh avaient été construites. Le nombre d’hommes avancé aurait correspondu au 10ème de la population de l’Egypte. La notion d’esclave est en contradiction avec le résultat des dernières fouilles.

N’oublions pas que c’est Hérodote qui a colporté la légende selon laquelle Khéops (là je laisse le nom en grec) aurait prostitué sa fille et où chaque client la payait avec une pierre. La pyramide représentant 6 millions de tonnes, cela aurait fait quelques passes pour la jeune fille, et je vous laisse imaginer la prestation sexuelle à laquelle le monsieur a eu droit quand il l’a payé avec un bloc de 60 tonnes (tout ceci laisse rêveur !!!).

En fonction des derniers éléments connus sur le nombre estimé des ouvriers sur le chantier, il a été calculé qu’il aurait fallu 4 ans pour la préparation du chantier, 10 ans pour la construction de la pyramide, 4 ans pour le polissage des faces et le démontage des rampes et 2 à 4 ans pour la construction des petites pyramides, des temples et de la chaussée. Mais tout ceci n’est qu’une estimation…

9. Les blocs de pierre de la pyramide

La pyramide (celle de Khoufou pour cet exemple) est constituée de pierres. Les nombreuses analyses ont permis de les classer en cinq catégories, ce qui va permettre de répondre à quelques questions.

- Des quartiers de pierre équarris grossièrement en calcaire nummulitique (au moins 85% du volume de la pyramide). Ces pierres provenaient d’une carrière située sur le plateau de Gizeh (à une centaine de mètres de la grande pyramide).
– Des gradins bien taillés en calcaire nummulitique (de la même provenance que les pierres citées ci-dessus) qui sont encore visibles sur les faces de la pyramide de Khoufou.
– Des blocs de parement extérieur en calcaire fin provenant des carrières de Tourah et d’El-Maasara (au sud du Caire et à moins de 20 kilomètres de Gizeh), que l’on peut encore voir sur la 1ère assise de Khéops, sur le sommet de Khephren ou bien sur la Rhomboïdale de Dahchour.
– Des blocs de parement intérieur, qui sont minutieusement taillés et ajustés, en calcaire fin provenant aussi des carrières de Tourah et d’El-Maasara. Certains sont aussi en granit.
– Des blocs mégalithiques (de plusieurs dizaines de tonnes) en syénite qui proviennent des carrières d’Assouan.

Quand on nous représente les transports des blocs de pierre ayant servi à la construction des pyramides, on nous fait voir une image avec une cohorte de bateaux longeant le Nil, toutes voiles dehors. Cette image ne peut s’appliquer que pour les pierres issues des carrières d’Assouan en rajoutant qu’en plus de la navigation par la force du courant et des voiles, le halage était fréquent.

D’après les comptes rendus des carriers d’Assouan, nous savons qu’il fallait à peine une semaine pour rejoindre le plateau de Gizeh en bateau. Nous savons également, qu’afin de livrer au plus près les gigantesques blocs, que les égyptiens avaient construits des canaux qui allaient presque au pied de la grande pyramide. Une théorie récente envisage que le quai de déchargement aurait servi par la suite aux fondations du temple bas.

Quant aux blocs extraits des carrières de Tourah et d’El-Maasara, il a surement été plus rapide de transporter les différents blocs par voie de terre, plutôt que de les descendre jusqu’au Nil pour les charger dans un bateau, les faire voyager en bateau, puis les décharger, puis de nouveau les transporter.

Le transport des carrières de Gizeh au site de construction, même si les distances sont courtes (une centaine de mètres), fait encore l’objet de questionnement. Mais à priori, des différentes méthodes envisagées (j’évite d’aborder celles délirantes du transport par télékinésie ou bien par des soucoupes volantes), celles utilisant des chariots en forme de traineau, celles envisageant de faire glisser les blocs sur des rondins de bois et celles de blocs montés sur un chariot glissant sur des rondins ont dû toutes être utilisées. Les découvertes de dessins nous ont permis de comprendre que ces chariots étaient tirés ou poussés par la force humaine et/ou la force animale (comme des bœufs).

10. Comment les blocs ont-ils été taillés ?

Quand on aborde le sujet des outils des égyptiens (à l’époque des pyramides de l’ancien empire), on nous explique que la majorité des outils était héritée du néolithique. Et nous imaginons donc des hommes en train de tailler des pierres avec d’autres pierres… Mais ce n’est pas aussi simple que cela.

Depuis le néolithique, les artisans avaient perfectionné leurs outils, ils étaient nombreux et complexes (même si nous les qualifions encore de rudimentaires). Les artisans avaient également développé une connaissance des différentes échelles de dureté des matériaux et plus précisément des pierres, et tout ceci bien avant la création de l’échelle de Mohs en 1812 ou bien celle de Knoop en 1939 (ce sont les deux échelles de dureté des pierres les plus utilisées de nos jours).

Nous avons pu retrouver quelques outils en cuivre sur les différents sites des chantiers de l’ancien empire. Le minerai de cuivre extrait à l’époque pourrait être aujourd’hui considéré comme n’étant pas pur à cause des pourcentages d’arsenic et de bismuth contenus à l’intérieur. Si ce taux d’impureté rend ce métal moins précieux, il a la particularité d’en faire un alliage très dur. Donc ce n’était pas une volonté des égyptiens de trouver un alliage dur, il l’avait déjà sous la main du fait du hasard…

Mais les découvertes des outils sont rares (surtout en métal) sur les sites archéologiques et pour cela il faut y avoir quelques raisons.

La première est que les ouvriers étaient employés d’un chantier à l’autre et les ouvriers spécialisés se déplaçaient (comme de nos jours) avec leurs outils qui étaient leurs propriétés personnelles. Je connais un tailleur de pierre qui m’a raconté avoir perdu une truelle sur un chantier et il en rêve encore la nuit. A part le fait qu’un bon ouvrier finit par avoir bien dans sa main son propre outil, leur fabrication devait être onéreuse, surtout pour les outils avec du métal (cuivre ou autre).

La deuxième est que les professions se transmettaient d’une génération à l’autre et généralement dans la transmission/héritage il y avait les outils de la génération précédente. Et si l’ouvrier/artisan n’avait pas de descendance (ou bien une descendance qui avait choisi une autre voie), il léguait ses outils à son meilleur apprenti. Le même tailleur de pierre, que je citais plus haut, a dans sa besace des outils ayant appartenus à son grand-père.

Donc, on peut en déduire que les outils (re)trouvés ont été égarés ou bien trop abimés pour être réparables.

Pour comprendre la rapidité d’exécution et la précision des gestes des tailleurs de pierre de l’époque égyptienne, je vous recommande d’aller sur un chantier pour voir nos tailleurs de pierre contemporains (en plus ce sont des gens charmants et très ouverts qui aiment faire partager leur métier). Vous verrez qu’avec de nombreuses années de pratique, on apprend à tailler avec une économie de geste et une grande précision. Et vous pourrez voir que leur sac à outils contient aussi des outils que l’on pourrait qualifier de rudimentaires…

11. Comment les blocs ont-ils été montés ?

Quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est surtout la manière dont les pierres ont été montées au fur et à mesure de la construction qui focalise l’attention (alors qu’il y a une multitude d’autres problèmes à résoudre aussi). Les égyptologues avancent des théories, les ingénieurs en démontrent d’autres, etc. et finalement « on » ne trouve aucune solution qui puisse satisfaire tout le monde.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet affrontement sur le hissage des pierres est très ancien. Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) est à l’origine de la théorie « machiniste » puisqu’il avait expliqué qu’on lui avait raconté que les pierres avaient été montées à l’aide de systèmes de levier. Diodore de Sicile (vers le 1er siècle avant J-C) est à l’origine de la théorie « rampiste » qu’on lui aurait également raconté lors de son voyage en Egypte où les pierres étaient montées par glissement le long d’une rampe de terre.

Pour les « rampistes », les hypothèses sont nombreuses d’autant que l’on a retrouvé au pied de quelques pyramides des vestiges de rampes, tout comme pour les « machinistes » où l’on a retrouvé des vestiges de leviers. La réalité doit surement se trouver sur un mélange et/ou l’utilisation de ces deux théories.

12. Les autres pyramides

Si effectivement on peut constater que, de part le monde, la forme pyramidale a toujours fasciné, il serait très hasardeux d’en tirer des conclusions trop hâtives.

Comme nous l’avons vu plus haut, les égyptiens voyaient dans la structure pyramidale une représentation stylisée et parfaite de la butte primordiale, mais les autres civilisations ont pu y voir la même chose (à condition que leur mythe de la création s’en rapproche), ou bien une manière de s’approcher au plus près des dieux, ou bien du soleil, ou de la lune, ou des étoiles, ou bien juste dans la volonté de donner un caractère imposant et magistral aux monuments.

S’il devient de plus en plus évident (en fonction des découvertes archéologiques) que les pyramides aient été des tombeaux (même si pour certaines, nous savons qu’elles étaient des cénotaphes), ce n’est pas toujours le cas des pyramides dans le reste du monde.

13. Les pyramides chinoises

Le décompte des pyramides de Chine n’est pas encore terminé, mais on les estime (de nos jours) à plus de deux-cents.

Certaines de ces pyramides sont des collines naturelles dans lesquels on a creusé, d’autres sont des monticules de terres ou bien de briques recouvertes de terre.

La construction de pyramides en Chine s’étale sur une période qui va du 3ème siècle avant J-C au 16ème siècle. A contrario, nous savons que chaque pyramide abritait une sépulture (et même là, il y a des controverses).

14. Les pyramides nubiennes

On dénombre un peu plus de 220 pyramides en Nubie qui sont les tombeaux des rois et reines de Napata et de Méroé. Les dates estimées pour les constructions vont du 7ème siècle avant J-C jusqu’au 1er siècle avant J-C.

Si la structure pyramidale (et la fonction de tombeaux) est directement empruntée à la culture égyptienne, elle ne fait pas référence aux pyramides de l’ancien empire égyptien mais à la culture égyptienne et essentiellement les pharaons qui étaient rentrés dans le mythe.

Les pyramides nubiennes ont cette particularité d’être très pointues (une pente d’à peu près 70°) et d’être moins imposantes.

15. Les pyramides amérindiennes

Quand on parle des pyramides, on fait souvent (surtout les pyram-idiots) le parallèle avec celles du Mexique et celles du Pérou.

Si effectivement la construction est en forme pyramidale, les dimensions, les inclinaisons, les méthodes de construction, la finalité n’ont pas de rapport avec celles que l’on trouve en Egypte et en plus il y a un problème de date. On confond les cultures (qui étaient très nombreuses sur le continent américain), les religions et les dates.

Il y a aussi d’autres pyramides dans le monde entier, des petites comme des grandes, des anciennes comme des récentes. La plus récente a été construite au Kazakhstan à Astana, c’est le palais de la paix et de la réconciliation qui a été achevé en 2006.

16. Conclusion

Il est malhonnête intellectuellement (même si certains ne s’en privent pas) de vouloir comparer l’incomparable, de vouloir faire des liens avec des civilisations qui justement n’en avaient aucun (sauf à moins de vouloir faire des raccourcis stupides avec des hypothèses fantaisistes sur des transports aériens ou même spatiaux), etc.

Il y a bien une quête d’un savoir perdu et cette discipline a un nom, elle se nomme l’archéologie. Cependant l’archéologie n’est considérée comme une science que depuis la fin du 19ème siècle. Si l’archéologie utilise de plus en plus des techniques modernes pour l’aider dans la compréhension du passé, elle passe parfois plus de temps à poser des questions qu’à y répondre, et les réponses ouvrent souvent sur de nouvelles questions encore plus difficiles.

Les archéologues essaient d’avoir une démarche scientifique en appliquant le principe de la preuve démontrable, mais cela n’est pas facile à appliquer quand les preuves sont peu nombreuses, qu’elles ont disparues ou bien ont été détruites (pour de nombreuses raisons).

Mais il ne faut pas prendre la réflexion d’un archéologue qui vous répondra, en toute honnêteté intellectuelle, « je ne sais pas » ou « nous ne savons pas » pour une porte ouverte à tous les délires dont l’origine est souvent une quête du merveilleux et de l’irrationnel (dans le meilleur des cas).

La tendance actuelle (surtout utilisée par des personnes peu scrupuleuses) est de considérer les archéologues comme des vieux (alors que certains sont jeunes) messieurs (alors qu’il y a aussi des dames) imbus de leur personne et qui savent tout. Les archéologues ne savent qu’une seule chose avec certitude, c’est qu’ils ne savent pas tout et ce qu’ils ne savent pas encore, ils le sauront un jour (ou bien les générations suivantes…) et surtout ils savent qu’une superbe théorie peut être démontrée et invalidée à tout moment. Rien n’est acquit, ni ferme, ni définitif… et encore moins les théories…

De nombreuses découvertes ont été faites par des amateurs (donc des non professionnels de l’histoire et/ou de l’archéologie) mais surtout de nombreuses découvertes sont le fruit du hasard…

Mais avant de prendre les historiens et/ou les archéologues en défaut, il faut savoir faire preuve de rigueur dans les recherches et une théorie basée sur des hypothèses tronquées (quand ce ne sont pas de purs mensonges) n’est pas une théorie mais une escroquerie intellectuelle.

Frédéric de Villard – Aubaud

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Qu’est-ce que la parole perdue ? 18 mai, 2021

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Qu’est-ce que la parole perdue ?

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L’expression la parole perdue apparaît dans des rituels du 3e degré, où l’on parle aussi de la perte des secrets véritable du maître maçon. Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables ; ainsi le document Prichard de 1743 et l’instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Écossaise de l’Orient d’Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? – R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu’est ce qui a été perdu ? – R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? – R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

 

Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. Alors, est-ce un savoir que lui seul possède ? Est-ce une partie d’un mot à prononcer avec d’autres pour qu’il soit complet et efficient ? La parole d’Hiram serait-elle autre chose que celle d’un seul homme ? Que peut-être cette parole pour le franc-maçon d’aujourd’hui ? N’oublions pas que le mot Hiram porte en lui-même des mystères et parmi ses nombreuses traductions de l’hébreu, il peut aussi être lu comme HaReM qui désigne la chose cachée.

 

Le savoir personnel

 

Quel serait ce savoir ?

  • Au Rite York, à la mort d’Hiram, il est dit : « Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer pour permettre aux ouvriers de poursuivre leur travail, et le G :. M :. H :. A :.  a disparu ». Sur la planche, le maître d’œuvre modifie le plan selon lequel la construction du Temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repaire pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. La conception théologique de l’art de la construction peut se résumer en une recherche de médiété parfaite entre la beauté pure qui n’appartient qu’à Dieu et le miroir que doit lui offrir, par son œuvre, l’architecte afin qu’elle se révèle aux yeux des hommes. Concrètement, ce qui fut perdu serait-ce cette capacité architecturale de concevoir l’édifice et de terminer l’œuvre ?
  • Mais allons plus loin. Hiram, a été envoyé par le roi de Tyr à Salomon pour ses savoirs aussi particuliers que ceux que possédait Betsaléel, le constructeur de l’Arche d’alliance du désert : il était habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes en pourpre et en bleu, en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objets d’art qu’on lui donne à exécuter (II Chroniques, 2, 13 et 14).

C’est grâce à 3 vertus que le premier temple fut construit par Betsaléel car il est écrit en Exode 31,3 : «Je [dieu] l’ai rempli de l’esprit d’Élohim en sagesse, en intelligence et en savoir»,  » בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת « , vertus que l’on retrouve en Hiram dans I Roi 7, 14 « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir »  » אֶת-הַחָכְמָה וְאֶת-הַתְּבוּנָה וְאֶת-הַדַּעַת « 

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Ces trois vertus, concepts, attributs divins, types de forces, ou niveaux de conscience, sont les processus à l’œuvre des structures vivantes, correspondant aux 3 séphiroth  :     Hokhmah, la sagesse ; Tébouna, alias Binah, l’intelligence ; Daath, le savoir, la connaissance.

La somme de leurs valeurs guématriques, après réduction, est équivalente à ce qui relie les 2 colonnes Yakin et Boaz[1] qu’Hiram a fondues. La parole perdue serait-elle l’esprit d’Elohim, cette capacité de création, comme celle du maharal de Prague avec son Golem dont aurait été doté Hiram ?

John Yarker qui, dans un article sur Le rite d’York et l’ancienne maçonnerie en général, remarque qu’«en vérité, des ouvriers complotèrent illégalement pour extorquer d’Hiram Abif un secret, celui de l’animal étonnant qui avait le pouvoir de couper les pierres.  Le secret qui a été perdu par les trois Grands Maîtres est celui de l’insecte shermah (shamir), qui a été employé pour donner un parfait polissage aux pierres. Considérant cette remarque de Yarker, le secret opératoire du shamir serait-il «ce qui a été perdu» ?

De même, dans la présentation du rituel Wooler, qui ressemble au texte de Yarker, on lit dans un catéchisme du troisième degré : «Après la construction du Temple, les ouvriers du plus haut degré, connus sous le nom de« Most «Excellent», ont accepté les grands secrets concernant le noble In… Sh…, qui était ce qui constituait le secret des trois Grands Maîtres et [pour] lequel HAB fut tué » ; l’utilisation d’abréviations prouvant le caractère autrefois ésotérique, ou supposé tel, de l’information.

Dans son Miscellanae Latomorum, le Dr William Wynn Westcott propose un passage d’un vieux rituel qui parle précisément du secret de l’insecte shamir et des trois Grands Maîtres. Voilà notre intérêt maçonnique éveillé.

Cette tradition maçonnique est ignorée de nos jours, mais intéressons nous à ce shamir ; essayons de trouver quelques sources à cette incroyable histoire.

Ce shamir miraculeux aurait été spécialement créée au début du monde pour cette utilisation opératoire. Selon cette légende, quand Salomon demanda aux rabbins comment construire le Temple sans utiliser d’outil de fer, pour se conformer, bien sûr, à l’injonction du Deutéronome (Exode, 20,21 ; Si toutefois tu m’ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes), ils attirèrent son attention sur le shamir par lequel Moïse avait gravé le Nom des tribus sur le pectoral du grand prêtre.

Voyons cela de plus près.

Ranulf Higden (1300-1363), dans son Polychronicon, cite la légende du ver de fendillement de pierre, qu’il nomme thamir.

Dans l’Encyclopédie juive on trouve cette légende qui raconte que, sur la recommandation des rabbins et afin de ne pas utiliser le fer, Salomon taillait les pierres au moyen du shamir, un animal, un ver dont le seul contact fendait la pierre. On retrouve cette légende également dans la littérature arabe et même dans  le Coran.

Dans la littérature talmudique, il existe de nombreuses références à Shamir. Des qualités inhabituelles lui ont été attribuées. Par exemple, il pourrait désintégrer quoi que ce soit, même dur comme des pierres. Parmi ses possessions, Salomon la considérait comme la plus merveilleuse. Le roi Salomon était désireux de posséder le Shamir parce qu’il en avait entendu parler. La connaissance du Shamir est en fait attribuée par des sources rabbiniques à Moïse. Après avoir beaucoup cherché le Shamir de la taille d’un grain d’orge, il a été trouvé dans un pays lointain, au fond d’un puits, rapporté à Salomon, mais étrangement, il perdra ses capacités et est deviendra inactif plusieurs siècles plus tard, à peu près au moment où le Temple de Salomon a été détruit par Nabuchodonosor.

Étonnant et curieux Shamir ? Qu’est-ce donc ?

  • Selon les auteurs médiévaux, Rachi, Maimonides et d’autres, Shamir était une créature vivante, un ver ; soutenant que Shamir ne pouvait pas être un minéral parce qu’il était actif. Ce ver magique était doté du pouvoir de modifier la pierre, le fer et le diamant, par son simple regard. Par ailleurs, les sources rabbiniques ont transmis la description de la gravure des noms des douze tribus sur les douze pierres précieuses de la cuirasse du grand-prêtre (le pectoral) ; Moïse le fit non pas par sculpture, mais en écrivant avec un certain fluide et en les «montrant» à Shamir, ou en les exposant à son action. De l’avis des auteurs modernes, l’expression «montré à Shamir » indique clairement que c’était le regard d’un être vivant qui a effectué la division de bois et de pierres. On admet cependant que dans les sources talmudiques et midrashiques, on ne dit jamais explicitement que le Shamir était une créature vivante. 3 Alors Shamir/ schamir/ samur, comme on en trouve l’expression, un ver de la taille d’un grain, ou autre chose, une pierre selon les différentes sources littéraires ?
  • Une vieille source, La Légende de Soliman et testament de Salomon[2], ouvrage écrit en grec, probablement au début du troisième siècle de l’ère actuelle, se réfère à Shamir comme une «pierre verte», page 10 note 31 : le shamir serait une pierre de cristal vert de grande puissance. Le nom dérive probablement de samir/ épine ou tranchant. Un seul shamir est reconnu avoir existé. Il est sculpté en forme de coléoptère, scarabée de l’espèce sacer ateuchus. C’est la raison pour laquelle on a confondu le shamir avec un insecte.

Mais comment une pierre verdâtre aurait-t-elle pu couper le plus dur des diamants avec son seul regard ?

Reprenons ce que raconte Louis Guinzberg, en 1909, dans Les légendes des juifs, qui, inspiré par l’exégèse rabbinique, rapporte l’histoire de manière très fantastique : le shamir fut créé au crépuscule du sixième jour avec d’autres choses extraordinaires. Il n’était pas plus grand qu’un grain d’orge et possédait le pouvoir remarquable de tailler les diamants les plus durs. C’est pour cette raison qu’il fut utilisé pour les pierres du pectoral porté par le grand prêtre. D’abord on traça à l’encre les noms des douze tribus sur les pierres qui devaient être serties dans le pectoral ensuite le shamir fut conduit sur les lignes tracées et celles-ci furent ainsi gravées. Circonstance miraculeuse, le tracé ne porta aucune particule de pierre. On avait également utilisé le shamir pour tailler les pierres dont fut construit le Temple, car la loi interdisait d’utiliser des ustensiles de fer pour tout ouvrage destiné au Temple. Pour le conserver, il ne faut placer le shamir dans aucun réceptacle de fer, ni d’aucun métal, il le ferait éclater. On le conserve enveloppé dans une couverture de laine qui à son est tour est placée dans une corbeille de plomb remplie de son d’orge. Le shamir fut gardé au Paradis jusqu’au jour où Salomon eut besoin de lui. Il envoya l’aigle pour y chercher le ver. Lors de la destruction du Temple, le shamir disparut[3].

La manière dont Shamir était gardé en sûreté peut nous donner un indice: «Le Shamir ne peut être mis dans un vase de fer pour la garde, ni dans aucun vaisseau métallique: il éclaterait un tel récipient. Il est gardé enveloppé dans de la laine à l’intérieur d’une boîte de plomb rempli de son d’orge. Cette phrase est tirée du chapitre 48b du Talmud de Babylone et contient un indice important ; car, avec la connaissance actuelle nous pouvons facilement deviner qui ou plutôt ce qu’était Shamir : c’était une substance radioactive ; les sels de radium, par exemple, agissant sur certaines autres substances chimiques, peuvent émettre une luminescence de couleur jaune-vert.

Cela expliquerait comment le pectoral du grand-prêtre avait été gravé : les lettres étaient écrites à l’encre, et les pierres étaient exposées l’une après l’autre au «regard» ou au rayonnement du Shamir. Cette encre devait contenir du plomb en poudre ou des oxydes de plomb. Les parties des pierres qui n’étaient pas protégées par le plomb se désintégrèrent sans laisser de particules de poussière qui, selon ce Talmud, paraissaient particulièrement merveilleuses. Les parties protégées par de l’encre de plomb se dressaient en relief sur la surface des pierres précieuses[4].

La possession la plus précieuse de Salomon, son Shamir, n’a pas survécu avec le temps, il est devenu inactif. La version habituelle de l’histoire, « le Shamir disparu », ne correspond pas à la traduction exacte texte hébreu. Le mot batel utilisé pour décrire la fin, ou la disparition, de Shamir  n’a qu’une seule signification : « Pour devenir inactif. ». Dans les quatre cents ans qui ont passé de la construction du premier Temple à sa destruction par Nabuchodonosor en -587, une substance radioactive aurait pu devenir inactive[5].

Le secret d’Hiram serait-il celui de l’utilisation d’une sorte de laser radioactif[6] ?

 

La connaissance partagée

 

Et si la « parole » était un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !

Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, le roi de Tyr et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu’au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital.

Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu’aucun d’entre eux n’ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ?

Les exégètes des rituels assimilent la prononciation du Tétragramme à la « parole perdue ». Elle devait être trisyllabique. La syllabe est l’élément réellement indécomposable de la parole prononcée, même si elle s’écrit naturellement en quatre lettres. En effet, quatre (4) se rapporte ici à l’aspect « substantiel » de la parole et 3 à son aspect « essentiel ». Il est d’ailleurs à remarquer que le mot substitué  lui-même, dans sa prononciation rituelle, sous ses différentes formes, est toujours composé de trois syllabes qui sont énoncées séparément.

Considérant que chez les Hébreux, le grand prêtre, le Cohen Gadol, était seul détenteur de la prononciation recta dictio et totale du mot sacré qu’il vocalisait une fois par an dans le saint des saints, cela pourrait vouloir dire que la parole ne fut pas perdue et que si Salomon la substitua, c’est qu’il pensait que son Maître d’œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs en la dévoilant : il fallut donc changer cette parole.

 

Dans ce même registre, on remarquera que lors de la destruction du Temple de Jérusalem et de la dispersion du peuple juif, la véritable prononciation du Nom tétragrammatique fut perdue ; il y eut bien un nom substitué, celui d’Adonaï, mais il ne fut jamais regardé comme l’équivalent réel de celui qu’on ne savait plus prononcer. En effet, la transmission régulière de la prononciation exacte du principal nom divin, désigné comme ha-Shem ou le Nom par excellence, était essentiellement liée à la continuation du sacerdoce dont les fonctions ne pouvaient s’exercer que dans le seul Temple de Jérusalem ; serait-il le centre spirituel de la tradition qui fut perdu ?

Les mystères des sociétés initiatiques de l’Antiquité perpétuaient les premières traditions du genre humain et les nouveaux acquits des corps savants pour élever, au-dessus de leurs semblables, des initiés jugés aptes à en faire un usage utile pour tous. Cet enseignement leur était donné de bouche à oreilles après avoir pris l’engagement, par un serment menaçant, de ne le transmettre à d’autres initiés que sous les mêmes formes et conditions. Il est raconté qu’ils étaient possesseurs de secrets scientifiques redoutables et bienfaisants, dont leur haute morale imposait le respect, mais susceptibles, étant détournés de leur action bénéfique, d’être transformés dans un but malfaisant. Les initiations furent interrompues ; des initiés s’éteignirent, emportant dans la mort les secrets qui leur avaient été confiés. Les secrets des rites initiatiques pour l’intromission des pharaons, véritables mystères de la lignée royale d’Égypte, furent définitivement perdus à la mort du roi Sekenenrê Taâ qui mourut sans les avoir dévoilés à son ennemi qui voulait les lui arracher.

 

Dans certains cas, au lieu de la perte d’une langue, il est parlé seulement de celle d’un mot, tel qu’un nom divin par exemple, caractérisant une certaine tradition et la représentant en quelque sorte synthétiquement ; et la substitution d’un nouveau nom remplaçant celui-là marquera alors le passage d’une tradition à une autre. Quelquefois aussi, il est fait mention de « pertes » partielles s’étant produites, à certaines époques critiques, dans le cours de l’existence d’une même forme traditionnelle : lorsqu’elles furent réparées par la substitution de quelque équivalent, elles signifient qu’une réadaptation de la tradition considérée fut alors nécessitée par les circonstances ; dans le cas contraire, elles indiquent un amoindrissement plus ou moins grave de cette tradition auquel il ne peut être remédié ultérieurement[7].

 

Que peut-être la parole perdue pour un F:. M:. d’aujourd’hui ?

 

Les remarques que nous venons de faire montrent que la parole perdue serait soit un savoir, soit une prononciation, soit une connaissance spirituelle ou magique soit encore la trace du passage d’une tradition à une autre. La parole perdue du F:. M:. me paraît un peu différente. Nous ne pouvons faire l’erreur des mauvais compagnons qui croyaient que le secret du maître maçon relevait de la communication d’un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu’elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l’être et du spirituel, de l’immanence et de la transcendance.

Dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte.

La parole perdue met en relief la nécessité d’une nouvelle perception et d’un nouveau langage relatif à la notion d’essence et de présence au-delà de la forme. Elle n’est pas à comprendre comme uniquement une perte dans la transmission, mais comme le commencement d’un apprentissage d’autres éléments de langages.

Il nous reste à nous interroger sur comment trouver cette parole[8] ou comment lui en substituer une autre de même puissance.

À suivre…

 


[1] Si, comme en guématrie simple on ne donne pas une valeur particulière aux lettres finales : Yakin s’écrit

«יָכִין» yod, kaph, yod, noun et a une valeur de 10+20+10+50 = 90 ; Bo’az s’écrit « בֹּעַז» beth, eïn, zaïn et a une valeur de 2+70+7 = 79.

Entre les deux il y a une différence, une présence de 11.

Hakhmah, « חָכְמָה», la sagesse , (heith, kaph, mem, hé) soit 8+20+40+5 = 73

Tébouna, alias Binah, «תְבוּנָה »l’intelligence (tav, beith, vav, noun, hé) soit 400+2+6+50+5 = 463

Daath, « דַעַת » le savoir, la connaissance (dalethh, eïn, tav) soit 4+70+400 = 474

L’ensemble des  3 vertus : 73+463+474 = 1010 soit en réduction 11

[2] D’après les chroniques de Tabari Me d Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour. https://books.google.fr/books?id=-oEaEmuYFPoC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

[3] À rapprocher de l’Ourim et le Thoummim qui sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l’art de la divination. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un instrument qui servait à donner la révélation et à déclarer la vérité. Ils disparurent avec la destruction du 1er Temple, le shamir, quant  lui, disparut avec la destruction du second Temple. Ils sont tous en rapport avec le pectoral porté par le Grand prêtre d’Israël.

[4] La plupart des gemmes, tels que le diamant, le saphir, l’émeraude ou la topaze, sont décolorés par la radioactivité. D’autres pierres précieuses, comme l’opale, sont constituées de cristaux de silice hydratée. Le rayonnement alpha les désintègre en rompant la liaison avec l’eau ; celle-ci se volatilise sans laisser de résidu.

[5] Le radium perd environ un pour cent de sa radioactivité tous les 25 ans

[6] Pour compléter cet aspect : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1424&mode=print

[7] La mort d’Hiram et la Parole perdue de René Guénon :  

https://legende-hiram.blogspot.fr/2016/05/1948-la-mort-dhiram-et-la-parole-perdue.html

[8] Rite émulation

V.- (au ler S.) Qu’est-ce donc qui est perdu ?

1er S.- Les véritables secrets des MM. MM.

V.- (au 2e S.) Comment se sont-ils perdus ?

2° S.- Par la mort prématurée de notre M. H.A.

V.- (au ler S.) Où espérez-vous les trouver ?

l er S.- Au Centre

V.- (au 2e S.) qu’est-ce que le Centre ?

2e S.- Un point à l’intérieur d’un cercle qui se trouve à une distance égale de toutes les parties de la circonférence.

V.- (au ler S.) Pourquoi au centre ?

ler S.- Parce que c’est le point où le M.M, ne peut faillir.

V.- Nous vous aiderons à réparer cette perte.

 

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/

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