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Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 12 décembre, 2021

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Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 19 Juillet 2020, 23:14pm

Catégories : #FrancMaçonnerie, #GLDF, #PVI, #Revue, #Savoir, #Connaissance

Jean-Pierre Bayard, célèbre écrivain et membre de la Grande Loge de France est interrogé dans le N° 16 de Points de Vue Initiatiques de novembre 1974.

Voici le texte de son interview : 

La Grande Loge de France vous parle… 

LE SAVOIR N’EST PAS LA CONNAISSANCE

 

Le Savoir n'est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 dans Recherches & Reflexions
Jean-Pierre Bayard

Jean-Pierre BAYARD, nous sommes heureux de vous accueillir, car nous vous  considérons  comme  un  écrivain   spiritualiste,  recherchant   le   symbolisme et illustrant par-là la pensée maçonnique. Nous voudrions ainsi parler de votre recherche ; avez-vous écrit de nombreux ouvrages ?

 

 

JPB : – J’en ai publié une quinzaine, sans compter ceux en chantier.

- Y a-t-il longtemps que vous  écrivez  et  votre  pensée  s’est-elle  trans­formée ?

JPB : – Vers l’âge de 14 ou  15  ans  j’ai  voulu  écrire  ;  j’ai  alors  fréquenté Pierre Mac ORLAN et des artistes-peintres.  Cependant  j’ai  dû  faire  mes  études tournées vers les mathématiques,  vers  les  sciences  appliquées  ; malgré  la  discipline  des  intégrales  et  du  calcul  différentiel  j’ai  collaboré   à de nombreuses revues littéraires, poétiques, artistiques ; j’ai  eu  la  joie  de publier mes premiers articles aux Nouvelles Littéraires, d’assurer  des  posts dans divers grands journaux ou revues littéraires, de côtoyer  ainsi  de  nom­breux écrivains et artistes qui m’ont éduqué.

- Étiez-vous attiré par le symbolisme ?

JPB : – Sans doute, mais sans que Je le  sache  exactement.  J’ai  retrouvé  des notes  écrites  en  1940,  à  l’âge   de  20  ans,  sur   la  Franc-Maçonnerie  et   déjà  j’y  conservais  ce  qui  me   paraissait   essentiel,   c’est-à-dire   l’esprit   initiatique, les  rituels.  Puis  j’ai  été  attiré  vers  les  légendes,   le   folklore,   le   comporte­ ment de la pensée humaine.  Je  suis  venu  ainsi  à  la  profonde  recherche spirituelle  de  l’homme  et  petit  à   petit   j’ai   découvert   cet   esprit   initiatique. C’est sans doute en  écrivant  )’Histoire  des  Légendes  que  j’ai  mieux  perçu grâce à René Guénon cette chaîne initiatique ,  principalement  à  partir  de  la  queste du Graal. J’ai également étudié les contes  de  Perrault  en  fonction  d’un rituel d’initiation, tout en rattachant l’ensemble à la culture celtique.

- Vous vous êtes aussi Intéressé aux éléments, et vous avez écrit une véritable somme sur le Feu, sur son symbolisme.

JPB : – Effectivement j’ai cherché la signification et le rôle  du Feu  en prenant mes exemples dans toutes les civilisations , dans les traditions  religieuses  et dans les diverses formes de  la Sagesse. Le  Feu  anime,  vivifie, spiritualise  et en ce sens il reste le thème initiatique par excellence, puisque la Lumière spirituelle est – l’émanation du Feu. Mais j’ai aussi proposé  aux  lecteurs  la chaleur magique, les différentes eaux de feu, la combustion dans notre corps  avec son énergie génératrice ; au XII’ paragraphe j’ai étudié le feu  des Kabbalistes après avoir évoqué l’esprit des alchimistes.

- Votre livre est fort complet, et l’on a parlé d’une grande érudition.

JPB : – Pour étayer mes thèses j’ai dû effectivement confronter  des  textes, choisir parmi les exemples et donner des références  à ce que  j’avançais. Mais en réalité toute cette analyse minutieuse  ne  sert  qu’à  une  synthèse  par laquelle je veux faire ressortir les grands  thèmes  initiatiques,  retrouver  la pensée créatrice ; le mythe du Phénix, les thèmes de rajeunissement et de résurrection, l’analyse  des voyages  en enfer  -  un enfer  où le  feu  brûle  mais ne consume pas, n’anéantit pas -, tous ces  thèmes  prouvent  que  pour  être initié Il faut pouvoir passer par le Feu.

- Vous avez fait  rééditer  votre  autre  ouvrage,  sorte  lui  aussi  de  clas­sique, sur les épreuves de la Terre, que vous avez nommé La Symbolique du Monde Souterrain.

JPB : – Oui là aussi à travers les Thèmes de la mythologie et des récits légendaires du sous-sol j’ai voulu interroger ces bouches  de  l’enfer, examiner ces grottes sacrées, ces labyrinthes où séjournent les Vierges Noires. Ces étranges Vierges, venues du druidisme, ont un reflet alchimique. Aussi nous abordons le thème de la descente de l’esprit dans  la matière, mais  également des rites de sépultures. J’ai évoqué  l’eau  rédemptrice,  les  puits,  les  racines, les  pierres,  allant  du  simple  caillou  aux  gemmes  étincelantes,  ces   rosées du ciel coagulées au sein de la Terre.

- Y avez-vous décrit des thèmes initiatiques ?

JPB : – Oui  ce  sont  les  couloirs  initiatiques,  les   chambres   secrètes   enterrées et  l’on  y  rencontre  aussi  bien  Thésée  tuant  le  Minotaure  dans   un  baptême   de sang, que le cabinet de réflexion de la Franc-Maçonnerie. J’ai dégagé le symbolisme du Tombeau de la Chrétienne, cet étonnant monument  situé  près d’Alger  et  sur  lequel  je  voudrais  consacrer  un   ouvrage.   Mais   j’ai   surtout voulu  montrer  la  puissance  de  toutes  ces  énergies  mystérieuses  et   aboutir ainsi à la compréhension de la réalisation spirituelle de notre être.

- Tous vos ouvrages, au style aisé, avec leurs tables,  leurs  bibliographies, leurs  index  sont  de  précieux  instruments  de  travail  qui  s’adressent non seulement aux  spécialistes  mais  aussi  à  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la recherche de la spiritualité. Avez-vous en vue d’autres  ouvrages  de  ce  genre car vous n’avez pas terminé le cycle des éléments ?

JPB : - Effectivement ce cycle n’est pas complet. Mais  j’ai  terminé  un impor­tant ouvrage sur Le Symbolisme Maçonnique. Cet ouvrage qui comporte deux gros volumes cherche à faire le point sur le symbolisme rencontré aux divers grades maçonniques. Mon étude reste basée sur les  33  degrés  du  Rite Écossais Ancien et Accepté mais j’ai donné des variantes concernant d’autres rites maçonniques.

- Vous vous êtes aussi intéressé au symbolisme d’autres cérémonies.

JPB : – Effectivement j’ai étudié le Symbolisme  du  sacre  des  Rois,  et  en dehors de la recherche historique, j’ai voulu montrer la signification du fait liturgique, découvrir l’origine magique de la royauté, la relation de l’homme avec le cosmos, la valeur de cette institution qui vise à restaurer le premier citoyen du monde dans son unité primordiale.

Dans le même esprit, mais me basant sur une recherche historique  plus poussée j’ai fait paraître un ouvrage intitulé Les  Frans-Juges  de  la  Sainte­ Vehme. J’ai cherché à rétablir la vérité sur  ce  tribunal  médiéval,  né  en Westphalie, sur lequel il fut écrit tant de drames romantiques.

J’ai eu à me pencher sur !’Ordre des Chevaliers Teutoniques et  des mouvements terroristes avant le Nazisme. En réalité ce livre  cerne  une  longue quête humaine, à la poursuite du Sacré et de l’indéfinissable.

- Parmi  les  organisations  qui  ont  précédé   la   Franc-Maçonnerie   vous avez aussi évoqué la Rose-Croix. Voulez-vous en parler ?

JPB : – Ce mouvement né en Allemagne  vers 1614  doit beaucoup  à  la  Réforme ; la rose sur la Croix, emblème de Luther, était  le  signe  de  la  rébellion  contre l’Eglise de Rome. Après l’évocation des premiers  manifestes  et  de  la  figure centrale d’Andreae j’ai commenté les autres mouvements nés au siècle  des Lumières.

- Faites-vous  un  rapprochement  entre  la  Fraternité   de  la  Rose-Croix   et la Franc-Maçonnerie ?

JPB : – Il est indéniable que dans ces deux Ordres nous trouvons des pensées communes. Les Rose-Croix peuvent apparaître comme  des  surhommes,  des grands initiés. Pour d’autres les Rose-Croix ne  sont  que  des  mystiques hallu­cinés et même parfois des charlatans qui profitent de la crédulité de  leurs semblables.  Nous  côtoyons  le  délire  dans  l’imaginaire,  ou  le  scepticisme   le plus navrant

- Le Rose-Croix a-t-il  réellement  existé  et  n’avons-nous  pas  uniquement une projection sublimée?

- En dehors des quelques hommes du XVIème siècle qui ont cherché l’illumination  afin  de  venir  à  une  vie  meilleure,  le  vocable   Rose-Croix   couvre un  ensemble  de  sociétés  secrètes  se  disant  héritières  d’une  antique  sagesse  et  formant  une  fraternité  secrète.  On  y  trouve  ainsi  l’influence  de   l’hermé­tisme égyptien, du gnosticisme, de la Kabbale, de l’alchimie,  de  l’ésotérisme chrétien,  tout  un  monde  gravitant   autour   de   l’illumination   et   communiquant par le symbolisme.

Toutes ces sociétés sont  l’émanation  de  la  vie  d’un  groupe  ;  ce  sont  des œuvres collectives et !’Esprit s’est ainsi  propagé,  marquant  d’autres sociétés et d’autres individus. Ce ferment spirituel se renouvelle à  chaque  époque et marque des êtres qui visent une perfectibilité.

Les Sociétés des Rose-Croix et  de  la  Franc-Maçonnerie  ont  puisé  aux mêmes sources car eux-mêmes sont d’essence spirituelle.

Grâce  à  cette  pensée  millénaire  on  authentifie  mieux  la  valeur   initiatique de la Franc-Maçonnerie.

- Pensez-vous que l’on ne puisse trouver l’amour fraternel, la charité, ou même la recherche d’une médecine universelle que dans  ces  confréries secrètes et bien mystérieuses ?

JPB : – Sans doute non, mais la Franc-Maçonnerie,  grâce  à  son  organisation rigide, à  ses  rituels  bien  établis,  a  le  mieux  conservé  cette  pensée  spirituelle qui marque une époque.

Pour ma part je pense que l’étude des sociétés secrètes devient une nécessité si l’on veut avoir une compréhension tant des faits  anciens  que de ceux des temps modernes, car une fraternité de pensée a toujours une répercussion sur le milieu  qui  l’environne.  L’acte  politique  n’est  sans  doute pas commandé par un initié, mais il est  motivé  par une  atmosphère  générale qui se ressent de l’influence de penseurs, de chercheurs,  d’humanismes. On  peut dire que les encyclopédistes ont été le levain de la  révolution  française, sans pour autant agir directement sur les événements politiques.

Tous les adhérents de  ces  sociétés  parviennent  ainsi  à  leur  vérité,  une vérité qu’ils se sont forgée, difficilement  explicable  aux  autres,  à  moins  que ceux-ci  reprennent  le  même  processus,  un  très  long  chemin  qui  après  bien  des détours les mettra alors dans la même compréhension.

L’inexprimable n’est pas l’incompréhensible ; la recherche de sa  signifi­cation permet à l’adepte de passer  d’un état  extérieur  à  un  état intérieur  qui  est le propre de l’initiation. La société secrète fait appel aux symboles qui suggèrent par une correspondance analogique. Mais ce qu’il faut  bien  sou­  ligner c’est que ces symboles se retrouvent partout,  aussi  bien  dans  les sociétés archaïques, que chez les  Mayas,  dans  la  société  égyptienne,  dans les mystères de Mithra ou d’Éleusis. Dans les Sociétés initiatiques du monde occidental, à notre  époque,  la Franc-Maçonnerie et  le Compagnonnage  grâce à leur cadre précis savent faire revivre ces légendes qu’ils insèrent dans leurs rituels. Je travaille actuellement sur un livre concernant le Compagnonnage.

Ce  que  je  tente  d’établir  c’est  une  liaison  entre   ce  Monde   de   l’extérieur et  celui  de  ces  sociétés,  où  les  membres  sont  imprégnés  même  à  leur  insu par un même symbolisme, par un même rituel.

- Mais être initié ne veut-il  pas  dire  qu’il  faut  assimiler  une  doctrine  ? Ne faut-il pas pratiquer des cérémonies, connaître un catéchisme,  savoir répondre à des questions?

JPB : – Sans  doute  mais  tout  cela  n’est   valable   que   si   l’on   enregistre   un réel effort intérieur,  un  travail  de  décantation. «  Nul  n’est  initié  que  par  lui­-même »  dit Villiers de l’Isle Adam dans son roman Axël.

- Si je vous comprends bien l’homme  doit  rechercher  en  lui-même  et pour bien sentir une chose l’homme doit déjà posséder  un  germe  de  cette chose ; ce que l’on comprend doit se développer en soi-même. Ainsi l’effort intellectuel ne nous intègre pas obligatoirement dans  la  Connaissance  ;  le Savoir n’est pas la Connaissance.

- Exactement.  li  faut  ressentir  profondément  ce  que  nous   cherchons   et ce que nous  portons  en  nous,  même  peut-être  obscurément.  La  pensée  reste un  miroir  psychique,  une  valeur  extérieure.  La  raison  laisse   apparaître   un fossé  entre  le  miroir  et  l’objet,  entre  le  sujet  et  l’objet   ;   l’association   des idées nous fait souvent peur car  nous  craignons  encore  notre  reflet.  L’intelligence  ne  fait   rien   ;   seul   l’esprit  permet   d’unir   l’ensemble   au   Tout.  Seule la Beauté,  moteur  de  l’Amour,  nous  met  sur  la  voie  directe.  Mais  la  Sagesse ne s’enseigne pas, la vérité ne se commente pas.

PVI N°16, 4ème trimestre 1974

Pour tout contact :  pvi.fb@gldf.org

 

 dans Recherches & Reflexions

 

Jean-Pierre Bayard est un docteur ès lettres, ingénieur et écrivain français, né le 7 février 1920 à Asnières et mort le 5 mars 2008 à Angers.

Dès ses 14 ans, il fréquente Pierre Mac Orlan et rencontre par la suite Georges Duhamel, des poètes comme Francis Carco ou Philippe Chabaneix. À partir de 1959, il préside le Cercle Scarron qui remettait un prix littéraire de l’humour, le Prix Scarron.

Il soutient une thèse en 1977 à l’université de Rennes sur le compagnonnage en France, dont il tire un ouvrage. L’historien François Icher, mentionne que malgré quelques réserves de Compagnons du Devoir du fait d’interprétations plus maçonniques que compagnonniques, cet ouvrage est devenu « un classique de la littérature compagnonnique ».

Il est l’auteur d’ouvrages sur l’ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes, des symbolismes divers, l’esprit du compagnonnage et de l’aspect spirituel de la franc-maçonnerie.

Il est également directeur de collections d’ouvrages ésotériques (Dangles).

Initié à la Grande Loge de France en 1954, il est reçu 33ème (Rite écossais ancien et accepté) en 1980 et devient membre actif du Suprême Conseil de France. Il a entretenu de solides relations avec les principaux dirigeants de divers groupes maçonniques tels Jean Tourniac, Marius Lepage, Johannis Corneloup, Jean Baylot, Alec Mellor, Robert Ambelain, Paul Naudon, Philippe Encausse (fils de Papus). Il rencontre également souvent Mircea Eliade, Raymond Abellio ou Louis Pauwels.

Martiniste, il est initié par Robert Ambelain et Philippe Encausse.

 

Œuvres

Histoire des légendes, (PUF, Que sais-je, 1955, 3e éd. 1970)

Le feu, la symbolique (Flammarion, Coll. Symboles, 1958)

Le monde souterrain (Flammarion, Coll. Symboles, 1961)

Le sacre des rois (Édition de la Colombe, 1964)

Le symbolisme du caducée (Guy Trédaniel, Éditions de la Maisnie, 1964, 4e éd. 1990)

Les Francs-Juges de la Sainte-Vehme (Albin Michel, 1971 ; réédition : Dualpha, 2004)

La symbolique du feu (Payot, 1973 ; réédition : Trédaniel, 1990, Véga (16 mars 2009) (ISBN 978-2858295210))

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Payot, 1973, Véga (12 janvier 2009) (ISBN 978-2858295395))

Le symbolisme maçonnique traditionnel. Thesaurus Latomorum (Éditions du Prisme, 1974)

La symbolique de la Rose-Croix (Payot, 1975)

Les talismans (Tchou, 1976, Dangles, 1976, 1983, 1987, 1990…, 2011)

Le compagnonnage en France (Payot, 1977 – réédité en 1988, 1997)

Les pactes sataniques (Vernoy, 1980, Rééd. Dervy, 1994, 2002)

Le symbolisme maçonnique traditionnel (2 tomes) (Edimaf, 1981-1982, 1987)

Le diable dans l’art roman (Guy Trédaniel, 1982, 1996)

Les rites magiques de la royauté (avec Patrice de la Perrière) (Friant, 1982, Rééd. Bélisane, 1998)

L’occultisme (Éditions du Borrego, 1984)

Sacres et couronnements royaux (Guy Trédaniel, 1984)

La symbolique du cabinet de réflexion ou la lumière dans les ténèbres (Edimaf, 1984, Rééd. 1995, 2012)

La franc-maçonnerie (MA Éditions, 1986)

Les rose-croix (MA Éditions, 1986)

Guide des sociétés secrètes et des sectes (Philippe Lebaud, 1989, Rééd. Oxus, 2004)

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Trédaniel, 1990)

La spiritualité de la Rose-Croix. Histoire, traditions et valeur initiatique (Dangles, 1990 ; réédition : Dualpha, 2003)

La légende de saint Brendan, découvreur de l’Amérique. Légende du ixe siècle (Trédaniel, 1990)

Les origines compagnonniques de la franc-maçonnerie (avec Henri Gray) (Trédaniel, 1990)

Tradition et sciences secrètes (Soleil Natal, 1998, rééd. Dualpha, 2008)

Précis de franc-maçonnerie (Dervy, 1999)

La tradition cachée des cathédrales (Dangles, 1999, rééd. J’ai lu, Aventure Secrète, 2014)

L’Esprit du compagnonnage. Histoire, tradition, éthique et valeurs morales, actualités… (Dangles, 1994)

Plaidoyer pour Gilles de Rais, Maréchal de France, 1404-1440 (Soleil Natal, 1995 ; réédition : Dualpha, 2007)

La spiritualité de la Franc-Maçonnerie (Dangles, 1999)

La pratique du tarot. Symbolisme, tirages et interprétations (Dangles, 1999)

La grande encyclopédie maçonnique des symboles (Éditions Maçonniques de France, 2000)

Déesses mères et vierges noires (Éditions du Rocher, 2001)

La symbolique du Temple (Edimaf, 2001)

Symbolique du labyrinthe sur le thème de l’errance (Huitième jour, 2003)

Trente-trois – Histoire des degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté en France (Ivoire-Clair, 2004)

Papus : occultiste, ésotériste ou mage ? (Ediru, 2005)

Le Compagnonnage aujourd’hui (Dangles, 2005)

Credo Maçonnique (Dangles Collection : Horizons ésotériques, 2006 (ISBN 978-2703306412))

Le sens caché des rites mortuaires (Dangles, 2007)

Les regrets du peintre Faust (roman) (Dualpha, 2007)

G comme Géométrie (2 tomes) (Edimaf, 2012)

 

° Mélanges offerts à Jean-Pierre Bayard, préface de Michel Barat, études de A. Buisine, J. Fabry, J.-J. Gabut, C. Gilquin, J.-Y. Goéau-Brissonnière, C. Guérillot, C. Lochon, P. Négrier, H. Rochais, F. Rognon, réunies par Patrick Négrier, Paris, Grande loge de France 2001, 138 p.

Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne 31 janvier, 2020

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Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne
24 octobre 2017
par Léon Zeldis
Dans une région frappée par la guerre et le terrorisme, profondément divisée politiquement et religieusement, les loges maçonniques constituent un oasis de paix et de tolérance, où les hommes de bonne volonté transcendent leur différences pour joindre leur mains et leur esprits, liés par leur aspiration commune de créer un monde meilleur, de s’améliorer eux-mêmes et de contribuer à la construction d’une société plus rationnelle, fondée sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.
La Franc-maçonnerie en Terre Sainte, son développement et ses relations avec les pays voisins représente un exemple brillant de la puissance des valeurs maçonniques et de leur capacité à surmonter les différences notées plus haut.
La loge Egypte
L’origine et le développement original des loges maçonniques en Palestine était intimement lié à la Franc-maçonnerie égyptienne ce qui était tout à fait naturel, puisque les deux formaient une part de l’Empire Ottoman jusqu’à la fin de la première Guerre Mondiale (1919).
Cette communication tente de décrire les loges de Terre Sainte et leurs relations avec celles de l’Egypte, qui n’étaient pas forcément plus anciennes, mais plus nombreuses et mieux organisées.
Il n’existait pas de loges en Egypte quand Napoléon envahit la terre du Nil.
L’appartenance de Napoléon à la maçonnerie est une question non tranchée, bien que quelques preuves disponibles tendent à donner une réponse positive.
Ce qui est sûr, c’est que plusieurs de ses parents, de même que ses officiers d’armée, étaient maçons, y compris le Général Kléber, qui fut Gouverneur d’Egypte lorsque Napoléon retourna à Paris. A cette époque une loge Isis fut fondée à Alexandrie, avec Kléber comme Vénérable Maître. Toutefois, après son assassinat, la loge avait disparu.1
Alexandrie était alors, comme durant toute son histoire, une ville cosmopolite, polyglotte, et on peut juger de son caractère progressiste par le fait que la première projection cinématographique en Egypte (et probablement dans le Moyen-Orient tout entier) eut lieu dans cette ville en novembre 1896, à peine un an après la première mondiale présentée en France par les frères Lumière.2
Plusieurs maçons italiens d’Alexandrie créent en 1830 une loge Carbonari travaillant le Rite Ecossais.3
Quelques années plus tard, en 1838, la Loge Memphis fut établie au Caire sous patente du Grand Orient de France.4
Une autre loge établie à Alexandrie en 1845, dépendante aussi du Grand Orient de France, s’appelait La Loge des Pyramides.
L’auteur maçonnique américain Robert Morris visita cette loge en 1868 au cours de son voyage en Terre Sainte, et il signala qu’elle travaillait alternativement en français et en arabe, mais les rituels étaient imprimées en français.5
Le célèbre homme politique arabe Abd-el-Kader fut initié dans cette loge en Juin 1864.6
De nombreux ateliers furent établis au Caire, Alexandrie, Suez, Port-Said et Ismaïlia dans les années suivantes.
En 1876, sur les instances de Salvatore Zola, le Grand Orient d’Italie autorisa la création du Grand Orient de l’Egypte, pour travailler les hauts grades du Rite Ecossais Ancient et Accepté, aussi que la fondation d’une Grande Loge d’Egypte pour les grades symboliques.
Un Grand Orient d’Egypte du Rite de Memphis fut fondé en 1867 -7, dirigé par le Marquis de Beauregard ; lui succéda le Prince Halim Pasha, fils de Mehmet Ali, Vice-roi d’Egypte, considéré comme le vrai fondateur de l’Egypte moderne. Halim Pasha succéda à son père à la tête du pays.
Le 21 mars 1873 les différentes loges fonctionnant en Egypte s’unissaient à Alexandrie pour former la Grande Loge Nationale d’Egypte et le 5 mars 1878 son siège fut transféré au Caire mettant fin à l’état d’anarchie existant dans la maçonnerie égyptienne.
Tawfiq Pasha, alors Khedive (Vice-roi) fut élu Grand Maître en 1881, et un grand nombre de personnalités égyptiennes, tels que Jamal ed’din al-Afhani, le grand érudit islamique et réformateur, rejoignirent les ateliers maçonniques, qui se sont multipliés au point qu’on en comptait plus de 500, « travaillant en anglais, français, grec, hébreu et italien, en plus de l’arabe. » 8
Al-Afghani et son disciple Mohammed Abdou s’adressèrent à leurs camarades dans les cercles libéraux de l’Egypte comme “’ikhawan al saffa wa khullan al wafd” (sincères fréres et fidèles compagnons).9
Tawfik Pasha démissiona de son poste en 1890 et Idris Bey Raghib fut élu Grand Maître.
Fils d’un ancien Premier Ministre d’Egypte, Idris Bey était riche, il avait fondé le parti politique Al-Fatah (Jeune Egypte)10 (qui n’a aucun rapport avec le Fatah d’aujourd’hui). La Franc-maconnerie égyptienne fut florissante durant la période où il était Grand Maître.
On peut se rendre compte de la renommée de la Maçonnerie en ce temps-là par l’intérêt pour l’ouvrage Histoire Générale de la Franc-maçonnerie, du célèbre historien George Saidan, auteur d’une Histoire de l’Empire Ottoman réimprimée et vendu encore aujourd’hui. Saidan, maçon, publia son histoire de 256 pages chez les éditeurs « Al-Majrusa » du Caire en 1889. Le volume avait été épuisé longtemps mais il fut réédité en 2004.11
Un autre membre de la famille royale égyptienne, le Prince Muhammad Ali, en 1922 succéda à Idris Bey Raghib en tête de la Grande Loge Nationale d’Egypte, mais Idris Bey et quelques uns de ses partisans n’acceptèrent pas la décision de la Grande Loge et ils fondèrent une autre Grande Loge concurrente.
Le conflit entre les deux puissances maçonniques aboutit au retrait de leur reconnaissance par les Grandes Loges d’Angleterre et d’Ecosse.
Finalement, une solution fut trouvé sous l’égide du Grand Orient de France et une nouvelle Grande Loge Nationale d’Egypte fut fondé en 1932 avec Abdel Meguid Younis comme Grand Maître.
En dépit de ses efforts pour rétablir l’ordre dans le monde maçonnique égyptien, plusieurs loges irrégulières continuèrent à fonctionner et elles jetèrent le discrédit sur la Franc-maçonnerie par leurs actions.
En 1956, après la crise de Suez, le Président Gamal Abdel Nasser ordona la fermeture de toutes les loges maçonniques et la confiscation de leurs propriétés. La maçonnerie est encore interdite en Egypte aujourd’hui.
En Terre Sainte, la proximité de l’Egypte explique qu’une bonne part des premières loges avaient reçu leurs patentes de la Grande Loge Nationale d’Egypte, avant et après la première guerre mondiale.
Avant la guerre, la Palestine et l’Egypte appartenaient à l’Empire Ottoman, l’Egypte profitait d’un statut semi-autonome, tandis que la Palestine constituait une partie de la province Syrio-Palestinienne. Après la guerre, la Palestine fut placée sous mandat Britannique accordé par la Société des Nations.
En 1895 une loge Solomon (ou Suleiman) fut fondée à Jérusalem avec une patente de la Grande Loge Nationale d’Egypte. Malheureusement, nous n’avons aucun détail sur cette loge.
La première loge pour laquelle nous possédons des renseignements n’était pas sous juridiction égyptienne.
La loge Royal Solomon Mother Lodge N° 292 fut établie en 1873 sous la juridiction de la Grande Loge du Canada, Province d’Ontario, pour travailler à Jérusalem et dans ses environs.
Cette loge, créée grâce aux inlassables efforts de l’Américain Robert Morris,12 constituait déjà un exemple de coopération multiraciale. Cinq des six fondateurs étaient chrétiens tandis que le sixième était juif.
Le premier candidat initié dans la loge fut Moses Hornstein – un juif qui plus tard devint chrétien, probablement par l’intermédiaire du missionaire américain Dr. James Turner Barclay. Un autre maçon qui rejoignit la loge fut un Arabe chrétien d’origine libanais, Alexander Howard, de son véritable nom Iskander Awad.
Howard agissait comme l’agent local de Thomas Cook – fondateur de l’agence de tourisme anglaise – prenant en charge l’organisation des voyages au Proche Orient. Ce métier permit à Howard d’acquérir fortune et situation sociale. Il est devenu un des premiers entrepreneurs immobiliers de Jaffa au-delà du mur, bâtit un pâté de maisons dans une rue qui portait son nom.
Aujourd’hui nommée Rue Raziel, on peut y voir encore la maison de Howard avec une frise sur la porte portant la devise « Shalom al Israel », c’est-à-dire « La paix soit sur Israel ».
Les historiens n’arrivent pas à comprendre pourquoi un Arabe avait mis à l’entrée de son logement une devise en hébreu.
La maison servit de temple maçonnique et était aussi centre de réunion pour les immigrants juifs et autres qui arrivaient à la fin du XIXème siécle et au début du Xxème siècle.
Encore plus surprenant – compte tenu de l’évolution ultérieure des relations entre les deux communautés – aux environs de 1890, la maison de ce maçon arabe devint la siège du Comité Central des Hovevei Zion (Les Amants de Sion), un mouvement pionnier de Sionistes russes qui promouvait l’immigration en Palestine.
Conjointement avec Rolla Floyd, un autre maçon américain membre de la loge, Howard établit le premier service de diligence entre Jaffa et Jérusalem ; il bâtit des hôtels à Jérusalem, Jaffa et Latrun, à mi-chemin entre les deux villes. Floyd succéda à Howard comme agent de Thomas Cook. Il est mentionné Vénérable Maître de la loge en 1884.13
Un autre frère de la loge était Joseph Amzalak, membre d’une famille de riches juifs sépharades qui pendant ses pérégrinations après l’expulsion d’Espagne en 1492 avaient voyagés le long de la côte nord de l’Afrique pour arriver en Turquie. Puis, la famille s’était installée au Maroc pendant les XVI° et XVIII°siècles, revenant finalement dans la péninsule ibérique s’installer à Gibraltar.14
Joseph naquit là, mais en 1824 il résidait à Jérusalem, où il bâtit une maison dans l’enceinte de la ville près de la Porte de Jaffa, considérée à l’époque comme la plus belle de Jérusalem.15
La maison fut postérieurement transformée en l’Hôtel Mediterranean, qui existe aujourd’hui, sous un autre nom.
Le maçon Mark Twain et ses compagnons y résidèrent lorsqu’ils visitèrent Jérusalem en 1867.
La loge Royal Solomon eut une existence troublée.
Le manque d’expérience en procédure et protocole maçonniques occassionna de fréquents écarts, et les rares contacts avec la Grande Loge de Canada se sont conjugués pour que la loge soit rayée de la liste de la Grande Loge.
Certains des frères, malgré tout, voulaient travailler d’une façon régulière ; ils décidèrent d’établir une autre loge, à Jaffa, où habitaient la plupart des frères.
Ils soumirent une pétition à l’Ordre du Rite Oriental Misraim en Egypte et ils reçurent la patente en 1890 environ, pour la fondation de la Loge Le Port du Temple de Salomon.
La loge acceptait des candidats de toutes religions, elle connut une période d’essor quand plusieurs ingénieurs français, maçons, venus pour construire le chemin-de-fer de Jaffa à Jerusalem, la rejoignirent.16 Toutefois, après leur départ, elle entra en déclin et disparut pratiquement.
Un groupe de frères, se réunirent en février de 1906 et décidèrent de fonder une nouvelle loge, choisissant le nom Barkai, ou L’Aurore en francais.
Ce choix n’était pas un hasard, L’Aurore était le nom du journal français qui avait publié le fameux « J’Accuse! » d’Emile Zola, dénonçant les irrégularités et l’anti-sémitisme de l’affaire Dreyfus, toujours présente dans la mémoire des frères.17
Un des frères de la loge, l’horloger Maurice Schönberg, avait installé l’horloge à quatre cadrans dans la tour de Jaffa véritable point de répère dans la ville.
Schönberg visita souvent Paris pour ses affaires, où il prit contact avec le Grand Orient. Le 13 mars 1906 les membres de la nouvelle Loge Barkai adressèrent une pétition signée par douze frères. Le Vénérable proposé était Alexandre Fiani, un marchand chrétien né à Beyrouth, tandis que les autres étaient juifs, tels David Yudelovich journaliste et comptable, Marc Stein médecin né en Russie, et Yehuda Levy pharmacien né à Jaffa.18
La loge conduisait ses réunions à Jaffa, au numéro 1, rue Howard. La plupart des frères initiés dans la loge ne parlant pas le français, la langue des réunions et cérémonies était donc l’arabe, et seuls les rapports envoyées au Grand Orient étaient en français. Les rituels étaient des traductions en arabe, probablement imprimés en Egypte.19
Le premier maçon qui s’affilia à la loge était un Arménien chrétien, César Araktingi, marchand, drogman et Vice-Consul de Grande Bretagne, né à Jaffa et initié le 18 octobre 1891.
Son affiliation eut lieu le 13 mars 1906, c’est-à-dire, le même jour où les frères s’étaient réunis pour formuler leur pétition au Grand Orient. Araktingi remplaça bientôt Fiani comme Maître de la loge, et continua dans cette fonction jusqu’à 1929, c’est-à-dire, pendant 23 années !
Pendant les années d’avant-guerre (1914), la loge initia plus de 100 nouveaux membres.
L’analyse de leur affiliation religieuse est incertaine, seuls leurs noms et, parfois, leurs métiers permettent d’avancer une hypothèse sur leur origine ethnique. Les loges israéliennes ne demandent pas la religion des candidats. Une estimation approximative donne un total de 82 frères arabes et turcs, pour la plupart musulmans, 29 juifs, 6 chrétiens arméniens et 6 étrangers, probablement chrétiens aussi.
La loge comprenait beaucoup de personnalités, maires, gérants de banque, commandants de police, avocats, médecins, éducateurs et ingénieurs. Dans toutes les professions on trouvait des hommes de diverses religions et ethnicités.
Il est intéressant de noter la présence dans la loge de deux Consuls perses.
On sait qu’en Iran la Maçonnerie était répandue avant la chute du Shah (1979), puis l’Ayatollah Khomeini a interdit l’Ordre.
Une Grande Loge d’Iran en exil se trouve en Californie, et ses travaux se déroulent au Massachusetts.
La Grande Lodge Nationale d’Egypte établit treize loges en Palestine, ou quatorze, si on prend en compte la Loge Solomon mentionée plus haut.
La Loge Nur el Hachmat (Lumière de la Sagesse) N° 125 fut fondée en 1908 à Jérusalem. La loge travaillait en arabe ; elle avait cessé pendant la Première Guerre Mondiale, puis repris ses activités en 1924, mais elle ne rejoignit pas tout de suite la Grand Loge Nationale de Palestine quand celle-ci fut fondée en 1933. Au temps de la fondation de la Grande Loge de l’Etat d’Israël (1953) la loge n’existait pas.
La Loge Palestine N° 157 fut fondée à Jaffa en 1910. Son premier Maître était un juif, Simon Moyal, et le deuxième un arabe, Abdallah Samari.
On peut à nouveau se rendre compte des relations fraternelles existant alors entre les communautés dans le milieu de la Franc-maçonnerie.
En 1928 les frères décidèrent de transférer leur allégeance de la Grande Loge Nationale d’Egypte à une autre Grande Loge rivale qui avait de bonnes relations avec la famille royale. Ces relations donnèrent du prestige à la loge, qui changea son nom en Loge Prince, recevant le numéro 286. Néanmoins, la loge ne survécut pas longtemps, et quand la Grande Loge de Palestine fut fondée en 1933, elle n’existait déjà plus.
La Loge Jérusalem N° 262 fut établie dans la Ville Sainte en octobre 1924, et travaillait en français.
Les membres comprenaient autant de Juifs que d’Arabes. Le premier Vénérable était juif, Samuel Hashimshony, qui contribua à l’établissement de plusieurs autres loges.20
Hashimshony était l’agent local d’un grand bijoutier égyptien et ses affaires le conduisaient souvent au Caire, où il reçut tous les grades du REAA jusqu’au 33ème.
La Loge Jérusalem fut la première établie en Palestine par la Grande Loge Nationale d’Egypte après la première Guerre Mondiale. En 1936 la loge fusionna avec la Loge Pax pour finalement fermer ensemble. Parmi ses membres on doit signaler spécialement Choukry Houry, le deuxième Vénérable, et les frères Asher Koch, Mordechai Caspi et David Yellin, tous les quatre devenus Grand Maîtres.
La Loge El-Dugha (“L’Aurore” ou “L’étoile du Matin”) N° 263 fut fondée à Jaffa en 1926, pour travailler en arabe.
Certains frères de cette loge fondérent en 1928 la Logia Moriah de Tel Aviv, qui existe encore aujourd’hui, N° 3 sous la Grande Loge de l’Etat d’Israël.
La Loge Said N° 264 fut fondée aux environs de 1926, mais nous n’avons pas d’autres renseignements à propos d’elle.
La Loge Har-Zion (Mont Sion) N° 270 fut fondée à Jérusalem le 5 mars 1927.
C’était la première loge parlant hébreu à Jérusalem, alors que sa langue officielle était l’anglais. Le changement de langue de travail déplut aux autorités du Caire, provoquant un vif échange de lettres. La plupart des frères qui fondèrent la Loge Rashbi en 1933 venaient de cette loge.21
Parmi eux on peut signaler Raphaël Aboulafia, qui s’affilia à la loge dès son installation à Jérusalem. Aboulafia fut plusieurs années Vénérable de la Loge Hiram à Tel Aviv; il servit comme Grand Secrétaire de la Grande Loge Nationale de Palestine et fut aussi imprimeur éditeur du Haboneh Hahofshi, le journal officiel de la Grande Loge. En 1970 il fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël et tout suite après son installation donna le permis pour fonder la Loge La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, la première hispanophone en Israël,
La Loge Moriah N° 283 fut fondée à Tel Aviv le 20 juillet 1927, pour travailler en hébreu.
Elle avait une composition mixte Arabes et Juifs. Le premier Vénérable était le Dr. Abraham Abouchedid. Parmi ses membres on peut signaler S.A.R. le Prince Kadjar Salar ed-Dowleh de Perse, alors résident à Haifa, et Choukri Khouri de Jaffa.
La Loge Reuben N° 288 fut fondée à Haifa le 4 décembre 1927, pour travailler en hébreu.
Le premier Vénérable fut Shabtai Levy, maire de Haifa (et plus tard Grand Maître), qui donna son nom à la loge pour honorer la mémoire de son beau-frère Reuben Israeli, mort très jeune.
La Loge El Halil (Le Patriarche Abraham) N° 289 fut fondée à Jérusalem en 1928, pour travailler en arabe.
La loge ne rejoignit pas la Grande Loge de Palestine et disparut un peu plus tard.
La Loge Pax N° 291, fut fondée à Jérusalem en 1928 pour travailler en anglais.
Le premier Vénérable fut Asher Koch. Parmi ses fondateurs on trouve le premier maire juif de Jérusalem, Daniel Oster. La majorité des frères étaient professeurs, Juifs et Arabes. En 1929 ils établirent une Loge d’instruction sous le nom Pythagore. La loge déclinant, s’unit à la Loge Jérusalem, mais les conflits réligieux et politiques en Terre Sainte la perturbèrent, et elle fut contrainte d’abattre ses colonnes.
Une patente constitutive du 15 janvier 1929 autorisait la création de la Loge Mont Sinai N° 293, pour travailler à Jérusalem en anglais.
La loge fut officiellement consacrée le 25 janvier 1929. Elle était mixte, avec frères Arabes et Juifs, et en 1933 elle devint une des fondatrices de la Grande Loge Nationale de Palestine. Après un certain temps, elle passa sous la juridiction de la Grande Loge d’Ecosse, changeant son nom en Loge Mizpah (La tour de guet) N° 1383. Lors de la création de la Grande Loge de l’Etat d’Israël elle portait toujours son nom et reçut le numéro 6.
La Loge Hiram fut fondée en 1929 à Tel Aviv, et travaillait en hébreu.
Son premier Vénérable était Nathan Inbar. Un des premiers initiés dans la loge était le Juge Joseph Michael Lamm, qui fut élu en 1964-65 Grand Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël, et plus tard Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1971.22
La Loge Roi Salomon N° 298 fut fondée à Jaffa-Tel Aviv en 1932.
Nous n’avons pas d’information sur cette loge, qui probablement avait disparu lors de la fondation de la Grande Loge de l’Etat d’Israël.
Les relations sereines entre les diverses commnautés de Palestine sous le gouvernement turc furent bouleversées par la Grande Guerre.
Le démantèlement de l’Empire Ottoman entraîna la création de diverses nations dans le Proche-Orient, et un partage des « zones d’influence » entre les puissances victorieuses, l’Angleterre et la France.
La Palestine, à cette époque comprenait des territoires des deux côtés du Jourdain, rassemblant Israël, la Jordanie et l’Autorité Palestinienne d’aujourd’hui, placés sous contrôle de la Grande Bretagne, qui avait reçu mandat de la Société des Nations en 1922 pour gouverner le pays.
Les loges durent suspendre leurs travaux pendant la guerre, car un grand nombre de frères avaient été exilés par le Gouvernement Ottoman, qui craignait une coopération avec les forces britanniques.
Après la guerre, et aussitôt ses portes réouvertes, la loge Barkai dut les fermer à nouveau à la suite du massacre de 47 Juifs à Jaffa le 1er mai 1921. La loge reprit ses travaux en janvier 1925 dans un autre local, à Tel Aviv.
La plupart des frères arabes l’avaient quittée pour rejoindre une des loges sous la juridiction de la Grande Loge Nationale d’Egypte.
Les violentes émeutes qui continuèrent par intermittence jusqu’au début de la Deuxième Guerre Mondiale perturbèrent sans doute les relations entre les loges de différentes juridictions, sans pourtant les interrompre totalement. Il faut rappeler que les loges sous juridiction égyptienne comportaient aussi un grand nombre de juifs.
Au cours de l’année 1932, comme nous l’avons signalé, la Maçonnerie égyptienne subit une grave crise qui entraîna l’apparition de deux grandes loges concurrentes.
Les loges en Palestine sous juridiction égyptienne, opéraient alors au sein d’un organisme administratif, le Comité Permanent, dirigé par le prince perse Salar Ed Dowlah Gadjar nommé par les autorités du Caire. Le prince habitait à Haifa en attendant que son frère récupérât son trône.
Le Comité Permanent aurait du fonctionner comme une Grande Loge Provinciale, mais le prince agissait de façon arbitraire, donnant des ordres sans consulter les frères locaux, qui se sentaient humiliés et tentaient de se libérer de son pouvoir. Une série de réunions de Vénérables des loges locales eut lieu au début 1928, et, tenant compte de la situation en Egypte, ils prirent la décision de se rendre indépendants en créant une Grande Loge.
Le 12 mai 1932, sept des onze loges travaillant sous la juridiction égyptienne s’unirent, renvoyant leurs patentes et devenant de-facto la Grande Loge Nationale de Palestine.
Trois des loges égyptiennes, El Dugha N° 263 de Jaffa, Nur el Hakmah N° 125 de Jérusalem et El Halil N° 289 de Jérusalem refusèrent de rejoindre la nouvelle Grande Loge, tandis que la Loge Reuven N° 288 de Haifa décida de rejoindre la juridiction écossaise, recevant le numéro 1376.
Une pétition fut envoyée à la Grande Loge du Caire pour consacrer la nouvelle Grande Loge et cette demande fut acceptée par les autorités égyptiennes.
Bien que la majorité des frères en Palestine soient juifs, le caractère non sectaire de la maçonnerie locale est démontré par le fait qu’en tête de la délégation venue d’Egypte le 8 janvier 1933 se trouvait Fuad Bey Hussein, Grand Maître Passé de la Grande Loge d’Egypte, Procureur Général de la Cour Mixte d’Appel d’Alexandrie, accompagné par le Juif Albert Mizrahi, et Seddik Bey, Directeur Général de la Municipalité d’Alexandrie, qui servit comme Grand Chapelain Installateur.23
Hassan Shoukry Khoury, promoteur de Jaffa (1877-1932) avait été élu premier Grand Maître mais il décéda avant d’être installé, et Marc Gorodisky, un avocat de Tel Aviv, fut élu à sa place. Neanmoins, pour honorer la mémoire de Shoukry Khoury, il fut cité dans le registre de la Grande Loge comme étant le premier Grand Maître et Gorodisky le second.
La cérémonie de consécration fut conduite au siège du Young Men’s Christian Association à Jérusalem, proche du mur de la Vieille Ville, le lundi 9 janvier 1933. Quelques jours après sa fondation, la Grande Loge autorisa la création de nouvelles loges à Jérusalem, Tibériade et Jaffa.
Peu de temps après, la loge Nur el Hakmah décida elle aussi de rejoindre la Grande Loge, recevant le numéro 11, et quelques mois après la Loge El Shams N° 12 fut établie dans la ville arabe Ramallah. Moins d’un an après sa fondation, la Grande Loge Nationale de Palestine créa la Loge Kureish (Cyrus) N° 14 à Rabat Amon, aujourd’hui Amman, capitale de la Jordanie.
Les loges anglophones, fondées avec patentes d’Angleterre et d’Ecosse, refusérent de rejoindre la nouvelle Grande Loge et continuèrent de fonctionner dans les juridictions originales, tandis que les loges allemandes travaillaient dans le cadre de la Grande Loge Symbolique d’Allemagne en Exil, la maçonnerie ayant été supprimée dans l’Allemagne nazie.
En dépit des relations tendues entre les populations arabes et juives, la Grande Loge Nationale de Palestine faisait des efforts incessants pour attirer des candidats de toutes les communautés : Juifs, Arabes chrétiens, musulmans, Arméniens, Druses. Ainsi, plusieurs loges composées presque exclusivement d’Arabes furent établies.
La Loge Galilée de Nazareth mérite une mention spéciale.
Cette loge reçut le numéro 31 lors de la création de la Grande Loge de l’Etat d’Israël en 1953. Fondée en 1950, elle travaille en arabe, avec des membres musulmans et chrétiens dans toute leur diversité, reflétant l’importance de cette ville pour la Chrétienté. La loge resta en sommeil quelques années et fut ouverte à nouveau en 2002 avec Samir Farran comme Vénérable Maître.
En 1953 la maçonnerie israélienne fut réunie avec la création de la Grande Loge de l’Etat d’Israël. Des loges arabes additionelles furent établies au cours des années. La Loge Acco en Acre, forteresse des Croisades, la Loge Hidar à Kfar Yassif, ville Druse près de Haifa, et la Loge Al-Salaam (La Paix) de Jaffa-Tel Aviv. Les loges Hidar et Acco sont encore actives.
La Loge Ha-Lapid (Le Flambeau) fut fondée à Jérusalem en 1974, c’est-à-dire, juste un an après la Guerre de Yom Kippur.
Elle travaille en arabe et les membres sont musulmans, chrétiens et juifs. Le premier Maître fut David Greenberg, un Juif.
Une deuxième loge arabe fut fondée à Nazareth en 1983 : La Loge Nazareth, comprenant des membres musulmans et chrétiens.
La Loge Na’aman N° 61, loge mixte associant des arabes et des juifs, travaillant en hébreu, fut fondée à Haifa en 1958. Haifa avait toujours eu une composition ethnique mixte.
Parmi les 32 Vénérables Maîtres entre 1968 et 2003, plus de la moitié, 19, étaient arabes.
Afin de souligner le caractère non sectaire de la Franc-maçonnerie israélienne, le sceau de la Grande Loge présente au centre, entre l’équerre et le compas, la Croix chrétienne, le Croissant musulman et le Sceau de Salomon (ou Maguen David).
Sur l’autel des loges israéliennes se trouvent trois Volumes de la Loi : la Bible, le Tanakh hébreu et le Coran.
Trois Porteurs des livres sacrés avec le même grade maçonnique les portent à l’ouverture des travaux de la Grande Loge. Il y a aussi trois Grands Chapelains, un pour chaque religion monothéiste.
Les Officiers de la Grande Loge ont toujours inclus autant d’Arabes que de Juifs. Un avocat arabe de Haifa, Jamil Shalhoub, fut élu Grand Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël en 1981 et en 1982 il fut élu pour une deuxième année.
J’appartiens à la loge, La Fraternidad N° 62 de Tel Aviv, première loge hispanophone d’Israël, fondée en 1970. Elle a pour tradition d’organiser chaque année un « week-end fraternel » dans un hôtel touristique, où les frères et leurs familles se réunissent pour trois jours de détente. Le programme inclut un colloque d’une matinée consacré à des sujets maçonniques et questions diverses, avec la participation active des dames. Nous visitons également les lieux touristiques voisins et, bien sùr, la bonne table n’est pas ignorée.
En 1993 nous réalisâmes le week-end fraternel à Nazareth, et pour le banquet qui marque la fin de l’événement, notre frère, le Dr. Juan Goldwaser eut une inspiration. Pourquoi ne pas inviter les frères de la loge locale, Loge Nazareth, à nous rejoindre? Aussitôt dit aussitôt fait. Une vingtaine de frères sont venus, quelques-uns avec leur femmes, portant d’énormes plateaux de gâteaux arabes. Ce fut une réussite qui inaugurait une série de nombreuses rencontres.
Le Dr. Goldwaser invita chez lui un grand nombre de frères de Nazareth avec toute la loge La Fraternidad. Les frères arabes répondirent en ouvrant les portes de leurs maisons, et suivirent réunions, pique-niques, et des amitiés personnelles se développèrent entre les frères des deux loges et cela à une époque où le pays connaissait une situation permanente de tension et de terreur.
En 1995, le Dr. Eduardo Vaccaro, Grand Maître de la Grande Loge d’Argentine, et Gabriel Jesús Marín, Souverain Grand Commandeur, décidérent de créer une Academie Maçonnique de la Paix, dans le but de récompenser par un prix les personnes et les organisations qui oeuvraient pour la cause de la paix et la tolérance. On m’avait demandé de soumettre des candidats pour ce prix, et j’ai proposé deux noms : le Dr. Juan Goldwaser, pour son action dans le rapprochement des loges La Fraternidad et Nazareth, et Joseph E. Salem, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil d’Israël, né en Iraq, qui parle l’arabe et s’efforce toujours pour renforcer les liens fraternels entre tous les maçons. Mes deux propositions furent acceptées. Goldwaser se rendit à Buenos Aires, mais pas Jospeh Salem pour raisons de santé.
La fois suivante, on me demanda à nouveau de soumettre des noms pour le Prix Maçonnique de la Paix. Cette fois je proposai deux frères arabes : Samir Victor Farran, de Nazareth, et Elias Mansour de Haifa. Farran était un des fondateurs de la Loge Nazareth et fut le Vénérable de la Loge Galilee 31. Il s’était illustré par son appui enthousiaste à des relations fraternelles entre tous, sans distinction de foi ou nationalité. Mansour, pour sa part, était un pilier de la famille maçonnique de Haifa, et toute sa vie il fut un exemple de tolérance et bienveillance. Mes propositions furent à nouveau retenues.
Malheureusement, cette merveilleuse initiative de la Maçonnerie argentine ne dura pas. Les prix de la Paix de 1997 furent les derniers.
L’an 2003, en pleine Intifada palestinienne, Juan Goldwaser et moi même fûmes reconnus par la Loge Galilee avec le titre de Vénérable Maître d’Honneur ad-Vitam de la loge, qui organisa une cérémonie spéciale à cet effet. Et cette année – 2005 – la Loge La Fraternidad honora le frère Samir Farran avec le même titre, bouclant ainsi le cercle de fraternité entre les deux loges, une arabe et l’autre juive.
Ce témoignage me paraît important et plus de nos jours qu’autrefois.
Aujourd’hui, quand des forces d’intolérance et de fanatisme menacent les fondaments même de notre civilisation libre et démocratique, il est impératif de réfléchir à nouveau aux valeurs de la maçonnerie, la tolérance et la morale, et sur la contribution que cette Franc-maçonnerie est capable d’apporter dans la construction d’une société plus tolérante, plus libre et plus humaine, et cela même dans des circonstances les plus décourageantes.
Notes
1 – André Combes, « Le rite de Memphis au XIXème siècle », in Symboles, signes, langages sacrés, pour une sémiologie de la Franc-maçonnerie, Actes de colloque franco-italien, Pise, Edizioni ETC, 1995.
2 – Sandro Manzoni, « Alexandrie, passerelle entre l’Orient et l’Occident », Los Muestros, Bruxelles, N°58, mars 2005.
3 – F.D. Stevenson, « Freemasonry in Egypt –Part 1 », Ars Quator Coronatorum, Vol.81, 1968, p.210
4 – Nahdat Fathi Safwat, Freemasonry in the Arab World, Arab Research centre, ISBN 09097233031.
5 – Robert Morris, Freemasonry in the Holy Land, Masonic Publishing Co., New York 1872, p.219.
6 – Abd-el-Kader avait lutté contre les forces françaises en Algérie mais, après avoir été envoyé en exil à Damas, il donna refuge et sauva des centaines de familles chrétiennes au cours des émeutes de Damas. Cf. Stevenson, op.cit.
7 – Stevenson fixe la date à 1876, confirmant une charte provisoire datée du 4 septembre 1864.
8 – Stevenson, ibid.
9 – Karim Wissa, article sur la Maçonnerie égyptienne, cité par Samir Raafat, « Freemasonry in Egypt is it still around ? », Insight Magazine, 1er mars 1999. www.egy.com/community/99-03-01.shml.
10 – Aucune relation avec le Fatah palestinien.
11 – Isaac Bar Moshe, article non publié daté de juin 1999.
12 – L’historique détaillé de cette loge se trouve dans mon article « The first masonic lodge in the Holy Land », Ars Quator Coronatorum, Vol. 113 pour 2000 (publié en octobre 2001), pp.185-200.
13 – Rev. Henry R. Coleman, Light from the East – Travels and Researches in Bible lands, Louisville, KY, 1884.
14 – Joseph B. Glass & Ruth Kark, Sephardic Entrepreneurs in Eretz Istrael, The Amzalak Family 1816-1918, The Magnes Press, Jerusalem 1991, p. 52.
15 – William Henry Bartlett, Walks about the City and Environs of Jerusalem, London 1884, p. 191.
16 – Quelques historiens ont affirmé à tord que la loge fut fondée par les ingénieurs français, mais un diplôme de la loge trouvé par Baruch Eldad est antérieur à leur arrivée.
17 – Dreyfus avait été condamné pour trahison en 1894. L’article de Zola dans le journal l’Aurore fut publié le 13 janvier 1898, et Dreyfus gracié en 1899. Cf. wikepedia.org/wiki/dreyfus-affair.
18 – Yudelovich était un ami et assistant de Eliezer Ben Yehuda, le principal promoteur du renouvellement de l’hébreu comme langue usuelle. Ben Yehuda, Yudelovich et David Yellin, un autre maçon, établissaient les équivalents en hébreu des termes de la vie moderne. Yudelovich était aussi éducateur et il géra la première école en hébreu à Rishon Le Zion, et ii fut l’auteur du premier ouvrage en hébreu sur la franc-maçonnerie, et du premier sur le journalisme hébreu.
19 – André Combes, op. cit., p. 34.
20 – Loge Saïd N°264, Loge Har Zion N°279, Loge Reuven N°288 et Loge Har-Sinaï N°293.
21 – Fondé à Jérusalem 16 janvier 1933 sous la Grande Loge Nationale de Palestine, pour travailler en hébreu, et recevant le N°8.
22 – Haboneh Hahofshi, septembre 1971, p. 148.
23 – Haboneh Hahofshi, N°2, février 1933, p. 6.
Léon Zeldis, « Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne », Cahiers de la Méditerranée, 72 | 2006, 307-320.
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L’Arbre de Vie 30 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Arbre de Vie

La Création de l’Univers  
 

Ain_Ain Sphi Keter

 

 

Au commencement était l’Ain, le néant, le vide Absolu. Puis vint l’Ain Soph, l’espace infini, sans limite. Et enfin l’Ain Soph Aur, la lumière infinie, qui emplit d’abord l’Ain Soph, puis se contracta, faisant naître la vie, essence même de la lumière : Kether.

Cette lumière illimitée se manifeste comme une étincelle, en haut de l’arbre de vie, au niveau de la première couronne que l’on appel Kether. A partir de Kether, la première manifestation de la lumière illimitée, l’étincelle va parcourir toute la structure de l’arbre de vie, de haut en bas, en passant successivement par les 10 Séphiroth qui représentent des émanations dégradées de la lumière.

 

L'Arbre de Vie dans Recherches & Reflexions

La lumière est née dans Ain Soph Aur (Lumière illimitée)

 

Le niveau le plus bas de l’arbre est représenté par Malkuth, correspondant à notre monde matériel.

La lumière adapte sa pureté ou sa fréquence, la dégradant au fur et à mesure qu’elle descend dans l’arbre de vie, afin que notre monde matériel puisse l’appréhender sans être aveuglé.

Chaque Séphirah représente une étape à comprendre et à intégrer pour être capable d’atteindre le niveau suivant, conduisant le disciple vers l’illumination, représenté par Kether.

La lumière descend jusqu’à nous, pour nous inviter à la comprendre et à la suivre, en remontant vers le sommet de l’arbre.

 
Les origines

L’arbre de vie Kabbalistique a été construit, pour l’essentiel, à partir d’un texte Hébreux très ancien ; Le Sépher Yetsirah, le livre Kabbalistique de la Formation, une sorte de traité de cosmologie qui représente la création de toutes choses par la permutation des lettres. On peut dire, sans trop se tromper, et pour simplifier (sachant qu’il existe une différence significative entre la tradition Juive officielle et l’Occidentale), que la tradition Kabbalistique puise ses sources dans l’arbre de vie, et donc par extension dans le Sépher Yetsirah.

Ceci dit, les enseignements contenus de cette Œuvre serait beaucoup plus anciens, renfermant des secrets d’une ancienne connaissance perdue depuis la nuit des temps. La tradition veut qu’Abraham soit le premier à avoir transmis ces précieux enseignements, et que la langue Hébraïque est été constituée à partir de la structure de cette connaissance. Abraham les aurait reçut de Melchisedeh, roi de Salem, grand prêtre du Très-Haut.

Ces connaissances ont certainement été véhiculées secrètement à travers les traditions égyptiennes, et protégé dans l’Arche d’alliance, par Moïse, puis transmis ensuite dans les rituels magiques du temple de Salomon. La Menora, le chandelier d’Or, est d’ailleurs la première représentation de cet Arbre de vie, ainsi que la structure du temple tout entier, qui a été perdu lors de sa destruction.

 

mondes

Philosophie de l’Arbre de Vie

L’arbre de vie est un arbre de lumière. De la plus pure et rayonnante étincelle en son sommet, elle transmet son énergie éternelle en descendant progressivement jusqu’aux racines, éclairant au passage chaque sphères de conscience, et retenant à chaque niveaux un peu plus de sa puissance, jusqu’à ce que cette lumière divine devienne matière. Commence alors le voyage de l’illumination qui consiste à retransformer la matière en lumière pure, en réponse à la générosité et à l’humilité de la Source infinie.

Matrice de l’Arbre de Vie

Il existe dans l’Arbre de vie une structure, une matrice, qui ordonne et oriente les choses de la vie. En observant ou en méditant sur cet enchevêtrement de relations harmonieuses, l’arbre de vie se présente comme une clé, qui permet, à tous ceux qui savent l’utiliser avec sagesse, d’atteindre les objectifs les plus ambitieux.

Il semblerait que cette matrice renferme tous les secrets du déroulement de toutes choses, à tous les niveaux et dans tous les contextes, une sorte de matrice universelle. En appliquant toutes sortes de thèmes sur cette structure, on s’aperçoit que le système qui engendre l’évolution pas à pas du sujet étudié, est parfaitement synchrone avec la matrice, elle coule de source, comme une évidence, comme un puzzle où chaque pièce a une place unique.

D’ailleurs son aspect visuel, qui relève de la géométrie sacrée, est une des clés du mystère de sa conception et de sa magie. L’arbre de vie est inscrit dans la Fleur de vie, qui elle-même est engendrée par la Graine et l’Oeuf de vie.

 dans Recherches & Reflexions

l’Arbre dans la Fleur de Vie

 

Si l’on tente de mesurer par radiesthésie, le niveau vibratoire de cette fleur de vie, le pendule dépasse tous les indices. En fait il s’agit de l’infini non mesurable, de même que la Parole de Dieu dans Ses Révélations. J’ajoute que ce dessin bien placé dans une pièce (voir le Feng Shui) augmente énormément le niveau vibratoire de la pièce en rétablissant l’équilibre avec les forces telluriques plus ou moins fortes du lieu. De plus cela annihile tous les effets néfastes des ordinateurs et autres émetteurs d’ondes électromagnétiques. Il est donc recommandé pour un cabinet de travail thérapeutique, mais pas pour une chambre à coucher ou une pièce à vivre.

La « Fleur de Vie »  est un dessin géométrique qui représente toute la structure de l’Univers, le Cosmos et son ordre parfait. Elle contient dans ses proportions, tous les principes vibratoires et aspects géométriques de l’Univers (dont les solides de Platon) et l’Etoile tétraédrique (découlant de l’icosaèdre à 20 côtés) qu’on dit être la forme du véhicule de conscience appelé MER KA VA. On trouve cette Fleur de Vie visuellement sur certains murs d’un des temples d’Abydos en Égypte, mais aussi dans de nombreuses cultures à travers le monde.

Elle est constituée d’un cercle, par le centre duquel passent 6 autres cercles qui engendrent eux-mêmes d’autres cercles ; on se limite à 5 cercles dans le sens de la hauteur et à 5 dans les diagonales, le tout étant contenu dans un grand cercle. L’Arbre des Sephiroth, dont nous avons parlé, est une des figures logées dans ce schéma.

Si vous réalisez vous-mêmes ce dessin et que vous tentez de le projeter en 3 dimensions, vous y découvrirez les 5 corps platoniciens ou polyèdres réguliers, bases de tous nos systèmes de vie : le cube à partir du carré, le tétraèdre à partir du triangle équilatéral divisé en 3, un octaèdre à partir de l’hexagone qui comporte 8 faces de triangles équilatéraux identiques et enfin un dodécaèdre pentagonal qui comporte douze facettes pentagonales identiques, et enfin l’icosaèdre à 20 faces triangulaires équilatérales et 12 sommets.

La rotation du cube à l’intérieur d’un cercle sur un angle de 72°, crée la molécule d’ADN qui est la base même de la vie. Ce nombre de 72, lié au nombre d’or, se rapporte au treillis de la Conscience cosmique existant tout autour de notre globe terrestre. Pour en savoir plus, lire le livre de Drunvalo « L’ancien secret de la Fleur de Vie » aux éditions Ariane (prendre bien le temps d’intégrer le tome I avant de lire la suite).

 

(1) Le symbolisme du corps humain aux éditions Dangles et en poche chez Albin Michel. Voir aussi le reste de sa bibliographie, plus tournée vers l’évolution spirituelle, mais tout aussi passionnante.

(2) La simple visualisation de nos maux sur l’Arbre des Sephiroth ne suffit pas à nous guérir. Encore faut-il entamer un travail de fond avec le thérapeute adéquat qui saura débusquer au fond de notre inconscient la douleur primale qui a engendré nos blocages. Bien entendu il s’agit en premier d’un travail actif de la part du consultant auquel le thérapeute apporte sa collaboration. Chacun apportera alors sa technique comme par exemple, l’analyse trans-générationnelle et psychosomatique ou une certaine forme de kinésiologie. Nous verrons au chapitre de la pratique Psycho-Spagyrique, qu’en cours de séances, et selon les personnes, des mémoires s’ouvrent d’elles-mêmes (sans régression programmée) amenant ainsi ces personnes à prendre conscience ou les mettant sur la voie de leur choc émotionnel primal). C’est la surveillance de nos comportements et réactions qui nous disent si on est débarrassé ou non de nos « démons ». En effet, on peut facilement retomber dans nos travers compte tenu des mauvaises habitudes prises et ancrées en nous depuis de nombreuses années. Après, il faut souvent avoir recours, à certains auxiliaires médicaux qui travailleront aussi sur nos blocages nerveux, musculaires et articulaires. Le Christ guérisseur est en fait notre part spirituelle, l’énergie de vie qui VEUT notre redressement et notre positionnement d’Homme Conscient dans sa voie d’évolution. C’est le Médecin Fidèle de Paracelse.

 

Les Sephiroth de l’Arbre de Vie

L’arbre kabbalistique est un concept purement hébraïque sans équivalence dans d’autres religions, il réflète une très belle  réalité, celle de l’énergie émanant de la Source des Sources qui se dirige d’une sphère de dilution vers une autre jusqu’au royaume de la matière, soit la Terre et son Humanité.

Extrait du livre « Mystères de la Kabbale » de Marc-Alain Ouaknin : « Lorsque la lumière primordiale de l’infini descend dans le monde pour donner le souffle de vie à tous les mondes et à toutes les créatures, elle se déploie, se diffracte sous forme de dix lumières, qui contiennent chacune un aspect de la puissance de la lumière nécessaire à la possibilité du vivant … » Dix lumières brillants dans l’éternité, guidant les hommes vers leur ultime évolution ; l’illumination.

L’énergie provenant de DIEU (de la Source) arrive donc au sommet de l’Arbre et est diluée par la première Sphère. Cette énergie nourrit chacune des sphères ou Séphiroth. La première Sphère (Séphira) représente aussi l’énergie d’une Qualité Divine. La Kabbale nous enseigne que pour bénéficier des ces Qualités, nous devons recevoir et faire mûrir les « fruits » de cette arbre de vie, chaque sphère ou fruit étant un ensemble de symboles et de qualités que nous pouvons étudier selon un certain système de concordances.
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Dans l’Arbre Kabbalistique, il y a 10 Séphiroth :

De Kether procède une série des neuf autres émanations divines, les Sephiroth ou sphères de Dieu, réunis l’un à l’autre par “l’Eclair étincelant” qui descend de Kether.

Le mot Sephira (pluriel Sephiroth) désigne une « émanation numérique » et suggère l’idée qu’une chose est engendrée par autre chose en respectant un certain ordre depuis Kether, l’étincelle divine de la vie, pour arriver à Malkut, le monde matériel.

Les Sephiroth sont donc, dans l’ordre d’involution : Kether, Hokmah, Binah, Chesed, Geburah, Tipheret, Netzah, Hod, Yesod et Malkut.  Cet ordre est dit « d’involution » car il est celui dans lequel l’univers a été créé. (A noter que la Séphira DAATH n’est pas considéré car elle n’est pas porteuse d’une «Qualité Divine Manifestée» selon la Kabbale; elle n’est pas comptée non plus parmi les 10 et ne porte donc aucun numéro bien qu’elle soit toujours dessinée sur l’Arbre. Son énergie est importante mais subtile).

 

DAAT est une lumière dissimulée. Pourtant, cette sphère cachée fait partie des étapes indispensables à la création, et marque en quelques sortes un passage obligé entre notre monde et celui du divin.

L’ordre d’évolution, est ce lui que l’on devra emprunter afin de pouvoir renouer avec l’origine, l’étincelle de vie divine qui sommeille en chacun de nous.  Il est important de signaler que chacune de ces Sephiroth contient une parcelle de toutes les autres situées « en amont » et l’énergie nécessaire pour engendrer celles qui se trouvent « en aval ».

 

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Les kabbalistes présentent parfois l’Arbre sous forme de 10 cercles concentriques comme sur la figure ci-contre.

Si le cercle de plus petit diamètre est associé à Kéther, le déploiement de l’Arbre peut faire penser à l’action d’une pierre jetée dans un lac paisible. Plus l’observateur est éloigné de l’impact, plus il y a d’ondes (de voiles) entre le centre et lui.

Si, au contraire, le plus petit cercle est associé à Malkuth, le parcours vers Kéther correspond à une augmentation progressive de la sphère de conscience. Celle-ci, active dans des enclaves de moins en moins denses, devient de plus en plus libre.

 

En revenant sur le schéma de l’Arbre des Sephiroth…  

·  Au-dessus de Kether, il existe trois autres étapes appelées Aïn (qui veut dire rien, point d’en haut, mais aussi œil (2) Aïn Soph (sans fin, infini), Aïn Soph Aor (infinie lumière), trois aspects divins, non inscrits dans l’arbre, expriment l’Inconnaissable, l’Innommable qui cependant S’est fait connaître et S’est laissé nommer à travers les 10 Séphiroth. Toutes émanent de Kether, la première d’entre elles et se déploient jusqu’en Malkhuth, la dernière qui les reçoit avant qu’elles ne se re-contractent en Kether (Annick de Souzenelle, Le symbolisme du corps humain page 43 – Edition Dangles – livre conseillé qui existe en « poche »).

·  L’entraînement vers le Rien passe d’abord par le Daath (au moment du franchissement de la Porte des Dieux) qui est une « non sephira », porte d’entrée de la Ténèbre Sacrée (où se tient le Sphinx), pour accéder au Labyrinthe intérieur (voir la littérature de Toni Céron sur le passage du Sphinx à la Pyramide et la déambulation initiatique dans cette Pyramide – Édition Col de Feu à Orcier).

Daath est celle qui a disparu de l’Arbre lors de la grande involution et de la formation du psychisme humain. Dans l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal, l’humanité expérimente la dualité et Daath reste voilée. Cette Daath est le Royaume béni, la Coupe première, l’Épouse du Roi. Cette coupe est située au-dessus du soleil de Tiphereth, ce point si particulier à hauteur du sternum chez l’homme mais intérieur au milieu d’une sorte de Pyramide. Cette coupe existait bien avant la création de l’Arbre car elle est la lumière du Premier Jour, lumière émanent de l’Unique qui s’y contempla. Elle est son Épouse éternelle. C’est le principe féminin par excellence mais bien au-delà de la compréhension humaine de ce concept, uni de toute éternité à son Roi. Elle ne regarde que Lui, le Joyau au centre de Kether. Leur regard est la Source de la Lumière vivante qui coule dans les univers.

C’est pourquoi, plus tard, au centre du Rien qu’est Aïn on va trouver la Source de tout qu’est Ayin. C’est quand à partir de rien que l’Époux et l’Épouse voulurent créer les mondes, l’Arbre se déploya, Daath se transféra en Binah et devint Mère. Alors la Lumière (ou énergie) du Très-Haut peut descendre vers les humains à travers les différents filtres (Sephiroth). Dieu ne peut être contemplé en face faute d’être brûlé immédiatement (c’est pourquoi on appelle le Triangle supérieure la Petite Face). Seul celui qui est passé par l’abandon absolu (en donnant la bonne réponse au Sphinx), peut enfin contempler la Grande Face.

· Toute la kabbale est contenue dans Daath et avec elle toutes les connaissances qu’on n’a pas besoin de chercher ailleurs. Mais la Connaissance accessible aux hommes est jusqu’à présent bien fragmentée, et chacun entretient cette division en revendiquant la vérité de la branche qu’il a trouvée, la compare et l’oppose à son voisin sans comprendre la beauté de l’Arbre qui pourrait les réunir.

· Lorsque Daath se dévoile, c’est le Saint-Graal qui apparaît, la coupe enchantée que les chevaliers des temps modernes recherchent encore aujourd’hui. Celui qui arriverait au bout de sa quête et trouverait enfin la Coupe serait emporté avec elle dans les plans subtils, hors de la matière. Mais contrairement à ce que d’aucuns veulent faire accroire, ce n’est pas l’homme qui doit ascensionner, comme Jésus en son temps, mais la totalité de la matière du corps de l’humain et du corps de la terre. Le Graal n’emportera pas l’homme hors de la matière mais l’illuminera enfin. Il sera la Pierre philosophale qui révèlera le Royaume et couronnera la terre.

· Ce sera alors la réduction à néant de tout ce que nous représentons en tant qu’humain qui couronnera finalement le parcours sephirotique. Et encore….

· Après avoir fait un tant soit peu l’expérience du Rien, au cours de laquelle, on peut vraiment arriver à se sentir perdu, puisque nous faisons l’expérience de quelque chose qui est avant la Conscience, l’Absolu de Dieu qu’on ne peut ni nommer ni objectiver. En effet, qui ne le serait, s’il devait d’un seul coup revivre les premiers temps de la Création du monde, avant que le Créateur ne se soit manifesté en créant la Conscience. C’est l’état du chaos indifférencié où rien n’existe pas plus l’esprit que la matière et encore moins la conscience de soi.

·  Il ne faut pas oublier que lorsqu’on a rompu avec le Faux-Prophète (celui qui est induit par Lucifer), on n’a plus rien sur quoi s’appuyer si ce n’est sur Dieu par la Prière et donc sur sa véritable identité qui est divine. Dans cette expérience du Rien, du vide, qui est la Création avant la Création, on peut vraiment se croire perdu. Si l’on a ce sentiment c’est que tout n’a pas été réglé dans notre vie d’humain et qu’il reste quelques « oripeaux » accrochés aux diverses portes. Alors, pour se sortir de ce sentiment de perte de soi, on doit repartir vers la matière de Malkhuth pour recommencer un périple et repasser par toutes les expériences déjà vécues (ou mal vécues ou insuffisamment). C’est pour cela que la tradition alchimique parle de refaire plusieurs fois le périple (7×7). Il convient de reprendre, après tests, les textes sur les étapes séphirotiques à repasser.

·  Vous recommencez alors l’ascension en repassant par chacune des Sephiroth (ou celles spécifiées), mais que vous allez aborder cette fois-ci d’une manière beaucoup plus libre, car vous connaissez déjà le chemin. Vous allez mettre à profit ce dernier parcours pour commencer à construire votre champ missionnaire (celui qui vous est indiqué par l’archétype de votre Licorne, le Nœud Nord lunaire mais aussi l’hexagramme de conception en YI Jing).

· Toutefois, il peut arriver que le passage de certaines portes ayant été fait préalablement sans douleur (car hors conscience) se fasse maintenant dans la douleur de la prise de conscience, comme le passage de la Porte des Hommes qui pourrait déclencher une « belle » sciatique ou un pincement discal ou alors celle de Yesod que beaucoup oublie de vivre complètement ou ignore tout simplement considérant la chasteté comme une condition d’élévation. Lorsque la porte de Yesod est fermée, l’androgyne Tsaddé (voir « La Lettre chemin de vie « d’Annick de Souzenelle) ne peut pas rejoindre son Dieu. Or il ne faut pas oublier que l’Androgyne est la justice parfaite puisqu’elle équilibre les forces opposées et différentes. Le Père-Mère voulut que l’humain, l’Adam originel puisse connaître la félicité et la puissance créatrice de l’amour. Il divisa alors en deux ses polarités pour qu’elles puissent se contempler et échanger leur regard, à l’image de leur Père et de leur Mère, à la fois deux et un.

· C’est pourquoi dans Yesod on doit parfaire ce travail de séparation-réunion. Alors le 3ème œil (Ayin) pourra s’ouvrir au centre du front de chacun, représentant une conscience infinie.

·  C’est au cours de ce nouveau parcours, que vous pouvons être amenés à régler des problématiques secondaires (filaments de la problématique principale restés accrochés) ou bien de libérer quelques ancêtres (co-latéraux de votre filiation directe) qui ont besoin de vous pour continuer leur évolution.

· Chaque étape va donc être conscientisée beaucoup plus profondément et affiner peu à peu notre perception de tous les aspects de la vie et nous affirmer de plus en plus dans votre identité en devenir en rendant de plus en plus limpide la vision trine. L’Œil de Dieu est partout, rien ne lui échappe car rien n’est en dehors de Son Corps. Ne craignez pas ce Regard qui vous met à nu, mais au contraire appelez-le pour vous unir à Lui. C’est comme cela que vous pourrez franchir la Porte Unique qui vous attend sur votre chemin.

· Sachez utiliser le 3ème œil pour voir la réalité derrière les apparences, les faux messies, faux-être réalisés (en fait il n’y a pas plus d’être réalisé que d’êtres réincarnés) et autres envoyés de Lucifer, écarter le doute et enfin utiliser le pouvoir de votre Verbe.

·  Si vous n’en avez pas encore fait plus tôt, c’est le moment de participer à des séances de PMT (Pyramidal Memories Transmutation) afin d’éliminer les mémoires archaïques sur lesquelles vous avez travaillé au long de votre développement. Mais a priori, vous n’en avez plus besoin car vous avez fini vos tours de lemniscate (croix karmique de la Lune noire – voir explications dans le livre de Luc Bigé).

 

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Les relations principales de l’Arbre de Vie

Chaque lumière entretient des relations particulières avec certaines autres lumières, formant ainsi des groupes spécifiques, et permettent d’aboutir à des objectifs communs. Les sentiers entre les sphères lumineuses constituent les générateurs d’évolutions et de changement, et sont presque plus importantes que les sephirot elle-même.

Il en existe 22, et elles ont formés l’écriture Hébraïque.

Les 22 sentiers et les 10 sephirot forment les 32 voies de la sagesse.

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AZILOUT, monde de l’émanation

BRIAT, monde de la création

YETSIRAH, monde de la formation

ASSIAH, monde de l’action

Colonne Gauche, la justice

Colonne Centrale, l’harmonie

Colonne Droite, l’amour

Horizontale du Haut, les expériences

Horizontale du Milieu, les sentiments

Horizontale du Bas, les relations

Triangle KETHER-HOCKMAH-BINAH, l’équilibre des trois célestes

Triangle HOCKMAH-BINAH-DAAT, l’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel

Triangle DAAT-HESED-GUEBURAH, l’accès aux connaissances secrètes

Triangle HESED-GUEBURAH-TIPHERETH, l’éthique du bien et du mal

Triangle TIPHERETH-NETSAH-HOD, la maîtrise des passions

Triangle NETSAH-HOD-YESOD, la fondation de la logique et des émotions

Relation YESOD-MALKUT, la transmission

 

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Les 3 Seuils

Si l’on considère l’Arbre comme un parcours initiatique décrivant divers états psychologiques, il est courant de placer sur le dessin de l’Arbre, trois seuils, trois prises de  conscience remarquables.

En partant de Malkuth, le premier fossé à franchir est appelé le Seuil.

Au-dessous de Tiphereth se trouve le Gouffre.

Enfin l’accès aux sephiroth Kether, Chokmah et Binah nécessite le franchissement de l’Abîme.

 

 

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Arbre des Séphiroth

 

Les quatre mondes

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Selon la Kabbale, l’Arbre peut être divisé en quatre Mondes,de la Lumière originelle (or qadoum) qui emplissait l’Infini (En Sof) de manière égale et sans différence de degré avant le tsimtsoum jaillit une lumière émanée (or nietsal) dans le vide laissé par la rétraction du tsimtsoum. De cette lumière émanée dérivent quatre mondes éternels cachés (Olamim).
•le monde de l’Emanation ou du Divin, le « olam ha-Atziluth« ,
•le monde de la Création, le olam haBriah,
•le monde de la Formation, le olam haYetzirah,
•et le monde de l’Action, le olam haAssiah

Le premier monde contient seulement Kether. Il est appelé Monde des Emanations ou encore Monde des Archétypes »Atziluth »). C’est le lieu du tout indivisible, de l’ensemble des potentialités, la racine des mondes.

Le deuxième monde comprend Chokmah et Binah. Il est appelé Monde de la Création (« Briah »). C’est le lieu de la première scission, de la complémentarité, des outils primordiaux.

Le troisième monde regroupe six sephiroth : Chesed, Geburah, Tiphereth, Netza’h, Hod et Yesod. Il est appelé Monde de la Formation (« Yetzirah »). C’est le lieu de la construction, du modelage, de l’architecte et du terrassier.

Le quatrième monde contient uniquement Malkuth. Il est appelé Monde de la Matière (« Assiah »). C’est le lieu où les éléments prennent forme, s’élèvent, résistent et se dégradent.

 

- Le monde de l’Emanation ou du Divin, le « olam ha-Atziluth « , monde de l’intuition et des archétypes. Ce monde donna naissance aux trois autres mondes qui contiennent chacun une répétition des Sephiroth, mais dans une échelle dégressive de luminosité.

- Le monde de la Création, le olam haBeryah, monde mental de la création. C’est l’émanation directe d’Atziluth où les Sephiroth y sont reflétées et y sont donc plus limitées bien qu’étant de la plus pure nature et sans adjonction de matière.

- Le monde de la Formation, le olam haYetzirah, monde astral de la formation. C’est le monde angélique où ces intelligences et êtres incorporels résident drapés dans un habit de lumière et qui prennent forme pour apparaître aux hommes.

- Le monde de l’Action monde de l’Action, le olam haAsiah, monde physique et concret de l’action. C’est le monde de la matière constitué des éléments les plus grossiers du précédant arbre. C’est aussi le domicile des esprits démoniaques nommés « coques » par la Qabalah. Les démons sont répartis en dix classes…

 

Les Démons sont les plus grossières et les plus déficientes de toutes les formes. Leur dix degrés correspondent à la décade Sephirothique, mais dans un degré inverse, ainsi, les ténèbres et l’impureté augmentent avec la descente de chaque degré. Les deux premiers ne sont rien qu’absence de forme visible et d’organisation. Le troisième est le domicile des ténèbres. Les sept Enfers suivants représentent les vices humains incarnés, où sont torturés ceux qui se sont adonnés à ces vices durant leur existence terrestre. Leur prince est Samael, l’ange du poison et de la mort. Sa femme est la Prostituée, Isheth Zenunim ; et unis, ils sont appelés Bête, CHIVA. Ainsi est complétée la trinité infernale qui est, pour ainsi dire, l’avers et la caricature de la Supernelle. Samaël est considéré identique à Satan.

L’essence de la Divinité se manifeste d’abord dans le Monde Atziluthique en se concentrant dans les Sephiroth, et les réflexions de ces dernières sont produites successivement dans chacun des quatre plans, avec une diminution graduelle de l’éclat et de la pureté, jusqu’à ce que le monde matériel soit atteint. Quelques auteurs nomment ces quatre plans les Mondes Intellectuel, Moral, Sensuel et Matériel.

Ces 4 Mondes, parfois appelés Plans, sont autant de dimensions subtiles de la Réalité de l’Univers que des étapes dans le processus selon lequel l’Esprit se densifie petit à petit sous forme de Matière.L’essence divine du Triple Voile de l’Ineffable / Inconnaissable dans la Kabbale (appelés Aïn Soph Aur, Aïn Soph et Aïn) se manifeste par le biais de la Sephirah Kether jusqu’à la Sephirah Malkuth, du plan le plus supérieur au plan le plus inférieur.

Il y a quatre noms secrets qui se réfèrent aux quatre mondes d’Atziluth, de Briah, de Yetzirah et d’Assiah ; et enfin, le Tétragrammaton est censé s’écrire d’une certaine manière dans chacun de ces mondes.

Le nom secret d’Atziluth est OB, celui de Briah est SEG, celui de Yetzirah est MAH, et celui d’Assiah est BEN. Ces noms opèrent ensemble avec les Sephiroth au travers des « 231 portes, » ainsi que les combinaison de l’alphabet sont appelées, mais prendrait trop de place ici que d’entrer trop profondément dans ce sujet.

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Aziluth ou la Grande Triade

C’est le 1er sous-ensemble qui comprend 3 Séphiroth Kether – Hochmah – Binah

On l’appelle Aziluth et c’est le monde de l’émanation et de l’union, le monde des archétypes, le monde de la volonté première où s’élabore l’intention de créer, émotion spirituelle.

Quand la lumière de l’infini entre dans l’espace vide qui résulte du tsimtsoum

C’est le premier monde qui se constitue

Pas encore tout à fait matière, mais plus seulement lumière, il est à la tangence des deux.

Il représente le monde le plus élevé de l’esprit, là ou l’homme peut entrer en contact avec le en sof

C’est le monde de la spiritualité qui englobe à la fois actions, sentiments, et pensées mais tous orientés vers un but d’élévation spirituelle et dans une volonté de contact avec la lumière de l’infini.

Pour exemple: Aziluth c’est l’intention de construire un bâtiment. Ce bâtiment n’a encore aucune existence, même pas sur papier. Pour bien comprendre la nature d’Aziluth, il est nécessaire de se souvenir de la dualité de Kether qui est en relation avec le plan le plus bas du « Ciel » au dessus d’elle: la triplicité Aïn Soph Aur – Aïn Soph – Aïn, et le sommet de l’Arbre. Kether est une porte entre 2 mondes. Kether c’est un peu notre tête , le poste de commande du corps. En Kether la pensée est unique et de cette pensée en émanent 2 autres contradictoires. Une thèse et une antithèse (la synthèse se fera en Daath). En Hochmah et Binah, Kether se dédouble, c’est pourquoi le Triangle d’Aziluth est pointé en haut.

 

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Briah

C’est le second monde qui est constitué du Triangle: Hesed – Gueburah – Tiphereth.

C’est le monde de la création, où la possibilité de créer devient effective. C’est le lieu de la première scission, de la complémentarité, des outils primordiaux.

C’est un monde de puresprit, ce qui ne signifie pas une  essence exclusivement intellectuelle ;

Ce monde représente davantage a capacité d’appréhender l’essence  authentique et intime des  choses. C’est l’esprit dans sa capacité  créatrice autant que dans sa faculté de concevoir et d’intégrer la connaissance.

C’est le point central où le flux qui s’élève des mondes inférieurs rencontre celui qui descend des centres supérieurs et où une sorte  de relation peut s’établir entre eux.

Pour reprendre notre exemple d’édification d’un bâtiment: le futur propriétaire en a eu l’idée en Kether et il a pesé le pour et le contre en Hochmah et Binah. Il a résolu de le faire en Daath. Il va voir l’architecte, il discute de son projet avec lui et tous deux tombent d’accord. Le bâtiment n’existe toujours pas , pas même sur papier. Mais ,il y a eu une première action. De l’intention, nous en sommes passé à un contrat de réalisation. Ce Triangle est pointé en bas, car Hesed et Gueburah fusionnent en Tiphereth. Tiphereth est l’accord de l’échange entre le propriétaire et l’architecte, représenté par la dualité Hesed – Gueburah.

Les créatures qui y vivent, si elles sont moins puissantes que celles d’Atziluth, n’en restent pas moins dotées d’un grand pouvoir, et on les appelle généralement les Archanges.

Briah est le monde de l’esprit, de l’élévation intellectuelle, et la couleur qu’on lui associe est le bleu du ciel. On met également parfois Briah en correspondance avec l’élément Air, l’air de l’élévation spirituelle, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur de l’Epée.

 

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Yetzirah

C’est le 3ème monde, composé de:
Netzah – Hod – Yesod

Yetzirah est le monde de la formation. C’est un plan psychique où les formes s’élaborent.

C’est un monde dont les diverses émotions que l’on peut éprouver constituent la principale substance, les sentiments.

Les existences vivantes que l’on y trouve sont soit des manifestations conscientes d’élans particuliers, destinés à agir ou réagir, soit  les manifestations de l’énergie nécessaire pour satisfaire, au travers d’une stimulation, telle inclination ou telle inspiration.

C’est le lieu de la construction, du modelage, de l’architecte et du terrassier.
L’architecte fait des calculs, choisit les matériaux en fonction de leurs prix, de leurs résistances et tout aboutit à un plan.
Puisqu’il y a aboutissement, Yetzirah sera également un Triangle pointé vers le bas.
Le bâtiment n’existe pas encore sur le terrain. Mais il est prévu sur le papier jusque dans ses moindres détails.

Yetzirah évoque la formation du monde, l’ultime étape avant la formation de la Terre, et donc chaque Sephirah est associée, en Yetzirah, à une planète de notre univers, la Terre étant bien sûr postérieure aux autres corps célestes et correspondant donc à Malkut. Yetzirah est le monde de l’émotion, de la psyché, intermédiaire entre le Ciel et la Terre. La couleur qui lui est associée est donc le violet, union du bleu de Briah et du rouge d’Assiah. On met également parfois Yetzirah en correspondance avec l’élément Eau, l’eau de la source, qui nourrit le monde et qui coule des sphères supérieures, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur de la Coupe.

 

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Assiah

C’est le 4ème monde qui est le monde de l’action, de la fabrication. C’est le plan matériel, les faits et phénomènes, l’existence. C’est le lieu où les éléments prennent forme, s’élèvent, résistent et se dégradent.
Il est constitué d’une seule Séphire Malkuth.
L’architecte a passé le relais aux artisants et à différents corps de métier qui suivront ses plans. Le bâtiment s’élève et s’achève.

Sa couleur associée est le rouge, le rouge du sang, le rouge de la terre. On met également parfois Assiah en correspondance avec l’élément Terre, la terre de notre planète et de notre monde matériel, et donc dans le tarot avec l’Arcane Mineur du Denier.

C’est  le  monde  ou  nous  vivons qui  comprend  à  la  fois notre  expérience  sensorielle  et  extrasensorielle

Ce  monde  à  deux  dimensions :

Sa  partie  inférieure, appelée monde des  actes matériels est constituée par le monde  physique, ou  prédominent les lois naturelles et en  particulier le principe de causalité.

Sa partie supérieure est  le  « monde  de  l’action  spirituelle « 

Chaque aspect de l’existence humaine est constituée à la fois de matière et  ’esprit

La pensée appartient au monde de l’action.

 

Certains kabbalistes font le regroupement suivant : Kether pour Atziluth ; Hokmah et Binah pour Briah ; Chesed, Geburah, Tipheret, Netzah, Hod et Yesod pour Yetzirah et Malkut pour Assiah. Cette façon de regrouper les Sephiroth n’est ni meilleure ni pire que celle présentée ici, car il faut bien se rendre compte que les limites ne sont pas rigides. L’important est de se souvenir de cette idée : Atziluth, le monde de l’émanation, a engendré Briah, le monde de la création, par une rupture (que cette rupture soit la rupture de Daath ou bien la division de Kether en deux principes masculin et féminin). Briah a pu ensuite donner naissance à Yetzirah, un monde où pourrait être formé Malkut, la seule Sephirah d’Assiah, le monde matériel. Par ailleurs, comme on le verra plus tard, seules les six Sephiroth de Chesed à Yesod ont des correspondances planétaires bien établies. Cela justifie ce regroupement original, qui place dans Yetzirah, le monde des correspondances planétaires, les six Sephiroth en question.  

 

Sagesse, Intelligence et Savoir

Hochma, Binah, Daath

La forme selon laquelle ces trois sefirots sont organisées est un segol, voyelle qui se prononce é.

Le segol est constitué de trois points qui forment un triangle équilatéral avec la base en haut . C’est le  symbole de l’équilibre et de l’harmonie.

La Binah est la capacité de déduire une chose de l’autre ou de l’induire.

La Hochma est la dimension d’écoute et d’ouverture, refus du dogmatisme. Elle ouvre au lieu de fermer, interroge au lieu de prouver, questionne au  lieu de vouloir posséder une réponse. C’est la force  du  quoi ?

Le Daath n’est pas le savoir positif et statique  mais le ressenti, ce que l’on nomme aujourd’hui, l’intelligence émotionnelle, résultant d’une  expérience existentielle.

Dans le langage de la kabbale, Hochma est appelée aba ( père ) et Binah est appelée ima ( mère ). Bina hest le langage logique, Hochma le langage poétique.

Hohma, Binah et Daath sont trois modalités différentes d’aborder le monde : poétique, logique et émotionnelle.

 

L’asymétrie cérébrale: les fonctions du cerveau

Les informations traitées de manière verbale, le sont par le cerveau gauche, celles traitées de manière visuelle, le sont par le cervea  droit.

La  musique est spécialement traitée, mémorisée, et comprise par le cerveau droit. Le rythme et la mesure sont perçus par le cerveau gauche, la mélodie, le ton et le timbre par le cerveau droit.

Le cerveau gauche est analytique et logique. C’est celui de la Binah, l’intelligence.

Le cerveau droit  perçoit  et comprend les émotions, les relations visuelles, spatiale, traite les informations de façon globale, synthétique. Il a  une connaissance plus intuitive qu’ nalytique. C’est celui de la Hochma

 

Hessed, Din et Tiferet

Ces trois séfirot offrent aussi une réflexion éthique sur la question du bien et du mal, et sur celle plus générale des structures ouvertes ou  fermées.

 

Pour la kabbale :

Est  »mal », ce qui consiste à refuser la réalité d’un monde imparfait, c.a.d. la possibilité même du processus de perfectionnement et de la liberté  qui le met en œuvre.

Par opposition le bien est donc d’accepter la réalité de ce monde imparfait et de mettre en œuvre la liberté que nous avons de  le faire  progresser vers la perfection.

Le mal dans notre monde réside dans tout ce qui diminue le rythme du perfectionnement et du développement, tant dans la nature et la matière, que dans le domaine de l’esprit .

Tout ce qui fige et affaiblit la libre volonté , par des habitudes, des répétions mécaniques, des inhibitions spirituelles et une passivité de  l’intelligence, est une porte ouverte sur le domain du mal.

 

La dialectique du parfait et de l’imparfait

Dans le talmud de Babylone, manque le premier feuillet de chaque traité, c.a.d. que tous les traités commencent à la page 2. Il explique cela en  disant :

C’est pour signifier à l’homme d’étude que quel que soit le nombre de pages qu’il aura lues, il ne doit jamais perdre de vue qu’il n’est point encore  parvenu à la première  page.

Le bien pour l’homme réside dans le décalage entre la perfection de Dieu et la transgression de cette perfection par la création du monde. Cette  création est un rupture dans l’immanence de la perfection.

Toute création est moins parfaite que la Source de toute perfection.

La réalité imparfaite du monde en dehors de Dieu, s’oppose logiquement à sa perfection. Mais pour l’homme, c’est cette imperfection qui devient son entrée dans la perfection au sens de la formule kabbaliste d’André  Neher :

 » La perfection de l’homme, c’est sa perfectibilité  » ….

 

La kabbale et l’art

L’art est la perfection des formes inexactes. Celles ci ne sont pas équilibrées en elles mêmes, à la différence des formes mathématiques, dont la  structure exprime la constance d’une loi.

L’œuvre d’art n’est pas une forme dans une matière, elle est ce qui traverse la matière de part en part, en lui offrant son rythme et son énergie.

 

Le cercle et la droite : Nécessité et Liberté 

Pour dire ces deux états que sont le parfait et l’imparfait, la kabbale de Louria propose le images du cercle et de la droite.

Le cercle symbolise la nécessité enclose à l’intérieure de ses lois, la fermeture qui interdit tout progrès de la liberté.

La  ligne droite qui se prolonge sans limitation aucune, symbolise la liberté ou l’essence de la réalité en développement .

La kabbale utilise deux termes clefs pour définir la situation fermée du cercle et l’ouverture du mouvement infini de la droite le Din et le Hessed.

 

Le Din ou la nécessité de structuration des formes

Le Din c’est ce qui permet essentiellement l’organisation des choses, physiques, organiques, sociales. C’est la rigueur et la justice. C’est  l’organisation contre l’anarchie

Les lois du Din sont nécessaires, car, sans elle il n’y aurait aucun point de repère et aucune forme possible.

Le Din est une configuration close. Il rend possible le vivant, car il donne forme aux choses .

Cependant le Din absolu qui ne contient pas l’ouverture que lui offrira le Hessed est un mouvement qui se retranche du lieu de la création et de la vie.

 

Le Hessed ou la Liberté réatrice

Le Hessed se rencontre dans tous les gestes qui disent le don et l’amour. Mouvement à l’extérieur de soi pour l’autre. Le Hessed c’est le geste de bonté concret pour l’autre homme. C’est aussi le désir insatiable d’infini.

Dans la dimension du Hessed l’homme ne tend pas seulement à mieux être ou à plus être, il désire avant tout être autre

Le Hessed est animé par la volonté dynamique d’être qui cherche à dépasser la pure nécessité de la physique des lois du monde pour atteindre une  métaphysique de la lumière et de la liberté créatrice.

 

Le Tiferet ou l’Harmonie

Dans la réalité, il est rare de rencontrer le Din et le Hessed à l’état absolu.

La rencontre équilibrée de ces deux états est l’harmonie du Din et du Hessed appelée Tiferet.

Dans toute réalité finie, il faut distinguer ce qui relève de la nécessité Din et ce qui relève de la volonté (Hessed) .

Toute réalité (sauf celle de Dieu) est finie. Et donc tout ce qui existe en ce monde,  a un fondement de nécessité (Din) et un fondement  de liberté (Hessed).

Tiferet est l’équilibre entre le clos (Din) et l’ouvert (Hessed)

 

Netsah et Hod

Maitrise et beauté, politique et esthétique

Netsah et Hod forment un diptyque dont l’image est celle de la voyelle tséré.

 

La politique, l’économie, la morale

Netsah en hébreu c’est la  »victoire » dans le sens de la maîtris sur quelque chose. C’est aussi  l’éternité .

L’homme de la  kabbale, ne peut se contenter d’être un contemplatif, il doit aussi s’investi dans les réalités concrètes de ce monde, donc dans l’organisation de la cité.

C’est la  nécessité du politique, de l’économie et de la maîtrise des passions.

 

Hod: esthétique et éthique

Le kabbaliste est par essence un artiste. Pour que le monde soi en harmonie, il ne suffit pas de satisfaire les besoins vitaux mais il faut y ajouter une dimension fondamentale, l’esthétique

 

Keter insiste sur la dimension du tempos présent sans pour autant nier les autres dimensions du temps.

Pour la kabbale les trois temps doivent être assumés  pleinement,  c’est le sens même du tétragramme qui signifie passé, présent et futur.

Est vieux celui qui a perdu l’espérance  .

La sefira de Hod c’est ne jamais désespérer, se dire que demain sera toujours possible, même si demain ne verra pas le  our.

Espérance pour rendre possible la naissance et la renaissance è un  seul  mot en  hébreu tiqva .

 

Yessod et Malkhout

Fondement et Royauté

Recevoir, transmettre, donner

Les deux dernières sefirot sont organisées comme  un diptyque et  dessinent la  voyelle  e  scheva

C’est une miniature du schéma fondamentale de la kabbale. C’est le donner et le recevoir en même temps que le masculin et le féminin

 

Yessod donne et Malkhot reçoit

Yessod et Malkhout c’est l’homme et la femme, l’homme et son prochain, les parents et les enfants,  le maitre et les disciples…..

La kabbale est une réception , un art de savoi recevoir la lumière de l’infini. C’est aussi un art de savoir donner. Le don et la réception son  totalement liés dans la kabbale.

 

 

Correspondances

Figura3

create3

Venons-en maintenant à un deuxième regroupement que l’on peut effectuer. Si l’on reprend l’histoire de la création de l’univers, on se rend compte que certaines Sephiroth sont regroupées par couples. Ainsi on peut noter la présence du couple Hokmah-Binah, qui a engendré le couple Chesed-Geburah, et enfin le couple Netzah-Hod, issu de Tipheret. Et à chaque fois, dans chaque couple, on pourra noter la présence d’un principe masculin, positif, porteur de la semence, du principe actif, et la présence d’un principe féminin, qui permet de concrétiser passivement cette semence, détruisant par là-même la raison d’être du couple. Les Sephiroth sont ainsi classées en d’une part celles qui sont associées au principe masculin, d’autre part celles qui sont associées au principe féminin.

 

Arbre des Séphiroth

 

Nous discernons 3 colonnes verticales ; ce sont les piliers de la SAGESSE.

1. A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.

2. A droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.

• Vision détaillée de la descente du Pouvoir Divin

Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR scintillant impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

 

Les trois piliers de la Sagesse

Enfin, un troisième groupe rassemble les Sephiroth qui, à l’équilibre entre les deux, ne font pas partie d’un tel couple. Ces trois groupes sont appelés les piliers ou colonnes, en référence aux piliers du temple de Salomon :

La colonne de gauche est appelée DIN soit la Justice et celle de droite HESED l’Amour. La colonne centrale est l’Harmonie nommée TIPHERETH,
découlant ou réunissant les deux autres.

Le pilier de la miséricorde, placé à droite, est appelé Yachin. Il comporte les Sephiroth porteuses de semence, de l’aspect masculin, positif de la création, à savoir Hokmah, Chesed et Netzah. Il est associé au yang asiatique, à tout ce qui insuffle la vie et pousse à son développement. Marqué de la lettre hébraïque Yod (la première du mot Yachin), il est souvent représenté comme une colonne de couleur blanche. On l’appelle aussi parfois pilier de la Force, par opposition à la Forme, en tant que Force créative

En loga maçonnique : droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.

Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin . Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR scintillant impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

 

Le pilier de la rigueur, placé à gauche, est appelé Boaz. Il comporte les Sephiroth réceptacles de la semence, les Sephiroth teintées de l’aspect féminin, négatif de la création, en ce sens qu’elles tendent à restreindre cette création : Binah, Geburah et Hod. Il est associé au yin asiatique, à tout ce qui contient, résorbe et confine la vie afin de mieux la contrôler. Marqué de la lettre hébraïque Beth (la première du mot Boaz), il est souvent représenté comme une colonne de couleur noire. On l’appelle aussi parfois pilier de la sévérité, ou même pilier de la Forme, par opposition à la Force, en tant que Forme du moule dans lequel vient s’inscire la Force de Yachin.

Loge maçonnique : A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.

 

Le pilier de l’équilibre, le pilier central, est celui auquel le kabbaliste doit tendre in fine. Ce pilier comporte les Sephiroth qui se trouvent marquées d’une union équilibrée entre les deux principes, à savoir Malkut, notre monde, Yesod, la porte vers les sphères plus hautes, Tipheret, l’enfant divin de Chesed et Geburah, et enfin Kether, la Sephirah de l’illumination, parfait équilibre entre ces deux principes qu’elle a elle-même engendrés. L’Arbre de Vie présente donc une structure géomètrique où ces regroupements peuvent être visibles. Quatre cercles, représentant les quatre Olanim, s’intersectent les uns avec les autres, tout en restant centrés sur un axe vertical, entouré de deux autres axes, ces trois segments représentant les trois piliers.

Dominé en loge maçonnique par le DELTA LUMINEUX, représente la ligne de VOLONTE DIVINE appelé KAV dans la Cabbale. Ce pilier part de KETHER (le CREATEUR) passe par THIPHERETH, Sephirah qui représente le Messie phare de l’Humanité et descend jusqu’à MALKUTH (le Royaume) qui représente l’INITIE potentiel au fond de chaque être humain, la ligne KAV descend jusque dans l’INFRA-HUMAIN (prouvant ainsi que chaque humain est secourable) et va jusqu’à KLIPOTH la Sephirah satanique. Le Vénérable Maître qui envoie la pulsion créatrice représente KETHER et le couvreur représente MALKUTH.

 

La présence sur les 4 figures proposées de l’Arbre, d’une mystérieuse SEPHIRAH (en pointillés) appelée DAATH n’aura pas échappé à votre vigilance. DAATH est située sur le pilier central, celui de l’EQUILIBRE sous la grande TRIADE sommitale entre la VOLONTE CREATRICE et la CREATION. DAATH représente cette Espérance que nous avons que l’évolution à un sens, qu’elle conduit à un aboutissement. DAATH est l’INTUITION, le sixième sens ajouté à nos cinq sens biologiques. Cette intuition est le reflet de KETHER dans MALKUTH, elle est le moteur de notre évolution vers plus de conscience

 

Le travail avec l’Office du Christ

Ce travail de co-création, sous la Lumière d’Aïn Soph Aor – se réalisera en coopération avec une triade se situant au-delà du triangle supérieur de l’Arbre mais en rapport subtil avec les trois dernières Sephiroth : c’est l’Office du Christ.

-  dans la colonne de la Justice et de la Force, nous collaborerons avec Melchitsedech et son Ordre de Prêtres-Rois de paix, celui qui bénit et désigne les guides terrestres ; les énergies des 10 Sephiroth par lesquelles nous sommes passés, sont sensées être intégrées. Melchitsedech nous donne alors la capacité d’ouvrir le pouvoir sephirotique directement d’en bas (dans l’humanité), afin que la nature créatrice de la Hiérarchie et la nature créatrice de l’homme puissent participer au même Arbre de Vie. En contrepartie, des « sacrifices » doivent être offerts, comme Abraham a donné jadis à Melchitsedech la dîme de ses biens (aujourd’hui le rite est celui de la Mémoire du Sacrifice tel que défini dans la R.d’A. (veillée 8 etc.). En quelque sorte, nous sommes adoubés par Melchitsedech pour parler des Lois divines au peuple, nous sacrifiant ainsi à la Flamme de l’Esprit en engendrant les Formes-pensées du Père.

-  dans la colonne de la Sagesse, nous rencontrerons Michaël, le Chef des Armées divines, capable de maîtriser l’adversaire Satanaël et ses alliés. En effet, c’est lui qui a su protéger les expérimentations de la Voie Infinie qui furent menacées lorsque les Cieux inférieurs et intermédiaires furent séparés par la rébellion angélique et hiérarchique. Il a, en outre, renégocié leurs pouvoirs. Ce sont ces hiérarchies déchues (encore en force, malgré tout) qui empêchent l’évolution spirituelle de notre planète en inspirant et en donnant des pouvoirs aux capitaines d’industrie et de la finance, aux chefs de partis politiques, aux mandarins scientifiques et médicaux, aux chefs religieux non adoubés par Melchitsedech. Pour casser leurs pouvoirs et libérer « les captifs », Michaël a établi un haut Commandement avec les Pères des Constellations et les Conseils de Lumière afin que le DAAT puisse s’accélérer (les humains qui ont réussi à franchir la Porte des Dieux, doivent savoir qu’ils le doivent en grande partie à ce travail michaëlique et aussi le fait qu’ils ont été choisi par Melchitsedech) et que les justes de toutes les nations puissent alors trouver la voie du retour dans le partenariat avec cette expression michaëlique de la Déité qui a la capacité de maîtriser les forces contraires.

-  dans la colonne du Milieu, celle de la Royauté, Metatron, le Porte Parole direct du UN (il est le marche pieds de Dieu) : c’est l’Initiateur à la lumière, pour pouvoir accéder à AÏN SOPH AOR, le jour où…

A ces niveaux subtils, ce n’est plus nous qui décidons de quoi que ce soit ; nous nous devons de continuer à appliquer les activités déjà mises en route, en rapport avec notre programme : nous pouvons alors subir une régénération de notre corps physique afin d’entreprendre une nouvelle action terrestre, ou alors, continuer nos activités malgré le vieillissement qui nous amènera, un jour, à disparaître (ascension ou mort physique) pour aller accomplir une autre mission ailleurs selon le bon vouloir des hiérarchies célestes, ou nous refondre tout simplement dans le UN.

 

1. Aspect psycho-spirituel

C’est surtout sous cet aspect qu’on peut le rattacher à l’Arbre de Vie structurant. A ce stade, il est un guide, car il pose des jalons sur notre chemin évolutif, en permettant de nous repérer quant aux étapes de travail sur soi. Pour « revenir à l’Image et Ressemblance de Dieu », l’humain à travers l’Arbre va intégrer devoir intégrer les divers attributs de Dieu, ceux qui avait été confiés à Adam.

La Lumière divine recueillie dans ses 10 réceptacles (sephiroth qui deviennent alors des roues d’énergie) est organisée selon un ordre irréprochable pour réaliser la vie sur terre.

Aujourd’hui, nous découvrons que le dessin de l’Arbre est contenu dans la Fleur de Vie, ce qui traduit une belle vision des kabbalistes du 16 ème siècle et notamment de Rabbi Issac Louria qui semble être à l’origine de la première représentation de l’Arbre sous la forme que l’on connaît, et notamment en la faisant superposer avec le corps humain (même si certains pensent que les principes de la Kabbale remonteraient à l’origine de notre civilisation à Sumer : pourquoi pas ? En tout cas, les Égyptiens anciens en avaient la connaissance).

Et comme nos étapes d’évolution sont intimement liées aux dérèglements psycho-organiques (et vice-versa), nous pouvons ainsi, dans l’autre sens, relier nos décalages de santé à nos blocages d’évolution, c’est-à-dire aux endroits en nous où l’énergie de Dieu ne pénètre pas.

Toute évolution spirituelle reste bloquée, tant que le problème soulevé ou désigné de la sorte n’est pas réglé et que la prise de Conscience des comportements erronés n’est pas venue.

 

Amour, Rigueur, Harmonie

Cet Arbre repose sur 3 colonnes qui permettent l’harmonie et l’équilibre du monde : la responsabilité réside bien sûr dans les hommes qui voudront ou non mettre en application la philosophie qui s’en dégage.

La colonne de gauche est appelée DIN soit la Justice et celle de droite HESED l’Amour. La colonne centrale est l’Harmonie nommée TIPHERETH, découlant ou réunissant les deux autres.

Le mot « Amour » de la colonne de droite relève sans doute d’une traduction juste dans un contexte général, mais certainement pas dans celui où nous l’entendons couramment dans notre société. En effet, sur un plan ontologique, « Hesed (1ère sephira de la colonne de droite) est une force d’expansion et d’extension qui se laisse aller à sa nature, de manière large, généreuse et spontanée. C’est la force qui va, la force de l’être qui n’est que ce qu’il est et qui travaille par identification, par union, communion, proximité, intimité et ressemblance. C’est la totalité. » (Armand Abecassis, Les temps du partage). Le Hesed est donc l’énergie incorporée par celui qui recherche son Dieu (dans son image première) et pour ce faire il est obligé de se désorganiser (casser ses structures premières) au maximum pour rejoindre « l’Etalé sur l’univers » (Dieu dans la Révélation d’Arès) en se donnant (en physique : entropie=désorganisation), et qui peut prendre toutes les formes de manière indifférenciée (en psychologie cela représente tous les lâchers-prises que l’on est obligé de faire en abandonnant toutes nos croyances et actes de vie erronés, grâce aux outils de discernement qui nous fait comprendre les vraies facettes de l’amour et permet ainsi de franchir la Porte des Dieux – sortie de l’Œuvre au Blanc). On pourrait, d’une certaine manière le comparer au dernier hexagramme du Yi-Jing n°64 « Avant l’accomplissement », ou tout est à faire maintenant que toutes les énergies ont été nommées. Et comment faire autrement que par l’Amour, qui est l’agent de créativité par excellence.

Une image de hessed est l’eau, qui peut prendre toutes les formes de façon indifférenciée. Si elle n’est pas maîtrisée, elle déborde et se  répand partout. De même qu’un enfant à qui on dirait qu’il peut faire ce qu’il veut serait conduit à des situations non maîtrisables et  dangereuses pour lui et son entourage.

 

La colonne de gauche « Justice » ou « Rigueur » est la force de limitation, de détermination et de définition. C’est l’univers de la maîtrise et du pouvoir, de la justesse. Par la différence et l’altérité, elle permet l’extériorisation radicale. Elle est la séparation et la distinction entre les termes en relation. Mais par sa force de retenue et de suspension au sein même de l’expansion, elle évite le débordement. Le Yi-Jing offre encore ici une image comparative avec son avant-dernier hexagramme n°63 « Après l’accomplissement », ou les 2 énergies de la vie – Feu et Eau – se trouvent distinguées et en parfait équilibre qui est aussi un arrêt du mouvement, donc de la vie. C’est aussi la structuration nécessaire, le cadre indispensable à la créativité, qui doit passer par des règles et lois.

On comprend dès lors que le monde ne peut reposer ni sur l’amour seul, ce qui serait destructeur, ni sur la seule justice, ce qui serait insupportable. L’enfant a besoin de limites pour s’épanouir et pour devenir ensuite l’adulte (a-dualité), comme le fleuve a besoin d’un lit pour ne pas déborder sur les champs alentours… comme une partition musicale qui possède des lois est plus riche qu’une libre improvisation, même la plus brillante, et comme les millions de combinaisons offertes au jeu d’échecs, résultent de règles que les joueurs connaissent et respectent.

 

La colonne du milieu « Harmonie » est la réalité véritable qui consiste dans l’équilibre de ces deux forces, ce qui consiste pour un être humain à rester lui-même dans la relation à l’autre (encore cela nécessite-il qu’il ait intégré son archétype, son identité véritable), et de ce fait respecté dans sa singularité (ou qui devrait l’être). Il s’agit d’aller de tout son élan généreux vers l’autre et de le laisser « être » en même temps, selon ce qu’il est et ce qu’il désire être (à noter qu’il y a à ce niveau tout un travail psychothérapeutique – trop souvent tardif – à réaliser, puisque malheureusement les éducations sont organisées hors de la connaissance du plan de l’être). Il s’agit d’autoriser et, en même temps, de donner les règles du jeu (ontologiques et divines et non pas celles créées par les humains, quoiqu’il faille aussi malheureusement composer avec elles). Pour pouvoir aimer tout le monde, il faut d’abord être capable d’aimer quelqu’un dans sa singularité, en commençant par soi-même, en s’adressant à lui en tant qu’être de réalité unique et irremplaçable. C’est dans la différence reconnue et aimée que chacune des parties en relation émerge alors de la confusion, du désordre et de l’anonymat. Beaucoup de professionnels de l’entraide, et du service social – religieux ou non, et les politiques, devraient bien méditer cela avant de lancer « leurs mesures » sur le terrain.

La relation sépare et relie à la fois, relie parce qu’elle sépare et ne peut relier que parce qu’elle distingue. L’amour a besoin de distinction : c’est telle personne et pas une autre, tel visage et tel parfum, etc. Aimer c’est s’adresser à quelqu’un qui existe à titre de réalité unique, irremplaçable. Un Hesed sans Din conduirait à cette forme de confusion radicale qui irait jusqu’à l’inceste. L’Amour équilibré par la « Rigueur » se produit donc dans la lucidité et la maturité, et leur rencontre dans la limitation réciproque (on peut ainsi comprendre pourquoi tant de mariages et concubinages ne durent qu’un temps). La différence de l’autre s’impose comme appel à l’enrichissement et à l’ouverture. On peut alors avancer que « Compassion » et « Splendeur » découlent de la relation à égale distance entre domination et soumission, fusion et altérité, continuité et séparation. C’est ce qui peut alors se déployer à partir de la sephira « Malkhuth », le royaume (correspondant au chakra de base où est lovée la Kundalini, l’énergie de vie), entraînant alors l’humain dans son évolution qui est aussi ascension pour son retour vers Dieu (ou dit autrement pour retrouver l’Image et la Ressemblance).

 

2. Aspect physiologique

C’est ainsi que l’Arbre est la représentation du corps humain au plan physiologique, et à ce titre, les dix Sephiroth sont organisées, on pourrait dire dressées à la manière d’un corps (c’est là qu’on va commencer à comprendre que c’est vraiment une structure de vie, le squelette temporel de l’homme divin). L’Énergie première de Dieu se matérialisant dans la première Sephira représente les racines que sont les jambes (Malkuth : le Royaume), puis monte au complexe uro-génital et ses fonctions éliminatrices et sexuelles (Yesod), ensuite viennent le ventre et le torse avec leurs organes transformateurs et enfin le retour à la tête au poste de commande (Kether). De par leur rapport avec les organes, les Sephiroth ont également leurs correspondances avec l’énergétique chinoise et l’enseignement indien et nous y retrouverons, outre les huit « merveilleux vaisseaux », les centres d’énergie que sont les « chakras ».

 

3. Aspect guérisseur

C’est parce qu’il y a en permanence un échange entre physique, énergétique, psychologique et spirituel, que l’Arbre des Sephiroth peut être considéré comme un Arbre guérisseur ; en fait il nous renvoie invariablement à notre conscience et nos propres capacités internes de guérison. C’est le Christ guérisseur que Paracelse appelait « Médecin fidèle », qui est en nous et qui fera le travail, dans la mesure où il est sollicité : pour cela il nous faut entrer dans l’acceptation que nous sommes réellement des « Elohim », des êtres divins par essence.

Chaque individu, en pénétrant l’Arbre des Sephiroth, incorpore en même temps le Tétragramme divin YHVH (l’Arbre en étant aussi une projection puisque comme nous l’avons dit il est le réceptacle de la Lumière de Dieu) et entre donc bien dans sa destinée terrestre qui est avant tout spirituelle (la matérialité n’étant qu’un outil pour la réaliser). Le cheminement sur notre voie d’évolution devient alors une véritable progression alchimique (transformations successives) qui nous emmène du sommeil de l’inconscience vers l’Œuvre au Noir, puis vers l’Œuvre au Blanc par la Porte des Hommes, pour nous préparer au « Banquet des Dieux », c’est-à-dire les « Noces Alchimiques » avec notre Créateur, aboutissement de l’Œuvre au Rouge en passant la Porte des Dieux…, et après avoir réussi à faire le Vide pour saisir l’insaisissable, comme nous l’avons dit plus haut (voir définition).

 

Ajoutons que selon une certaine tradition alchimique, l’être humain doit parcourir plusieurs fois le circuit complet de l’Arbre, avant d’entrer dans cette pleine conscience. C’est ainsi qu’à chaque passage, il affine le travail sur lui, en débusquant certaines facettes de lui qui étaient restées masquées aux précédents passages.

Les Mondes

Enfin, une dernière structure kabbalistique peut être établie si l’on prête attention aux humeurs des créatures. Ceci est toutefois difficile, et reconnaître le monde d’origine d’une entité nécessite déjà une grande maîtrise des Arcanes de cette science occulte. Ainsi seuls les Kabbalistes ayant atteint le deuxième cercle d’initiation, celui des Pentacles, peuvent prétendre saisir toutes les subtilités que cela implique. En effet, l’Arbre de Vie est présent dans tous les champs magiques, tous éléments confondus. Cependant, si l’on observe en vision-Ka un fil particulier d’un champ magique donné, on notera qu’il possède certaines caractéristiques (dont sa couleur) qui font qu’il appartient à cet élément, mais également une sorte de « comportement » qui le distingue des autres fils. Ceci est très difficile à discerner, et les kabbalistes ont dû attendre pas moins d’un millénaire après la diffusion de la Kabbale grâce à Jésus pour qu’une classification rigoureuse puisse être établie. Chaque « fil » de champ magique appartient donc à une parmi cinq catégories d’ »humeurs ». Ces humeurs correspondent en fait à ce qu’on appelle couramment les Mondes de Kabbale, dans lesquels vivent les créatures que l’on invoque par les rituels kabbalistiques. Chaque Monde contient l’Arbre de Vie en entier et possède son humeur, et toutes les créatures de ce Monde ont en général un caractère assez proche. On recense :

Sohar, le Monde Parfait. Sohar est un monde où tout est structures, codes à respecter, interdits à observer. Les créatures de ce monde sont très pointilleuses sur les principes, ce qui a pour conséquence que les Kabbalistes qui se penchent plus sur l’étude de ce monde s’entourent de quantités de rituels répétitifs et rigoureusement codifiés. Ainsi sont-ils considérés comme les plus religieux des Kabbalistes, des mystiques qui respectent des traditions millénaires dont le sens reste souvent très obscur.

Zakaï, le Monde Pur. Zakaï est un monde où la nature de l’univers s’exprime dans sa plus grande pureté. Ainsi, les créatures de ce monde sont souvent très proches des éléments, et les Kabbalistes qui suivent les voies de ce monde sont souvent attachés à la préservation de cette pureté élémentaire, mise en danger depuis la Chute et la corruption de l’Orichalque. Ils ont conscience de ce danger, et sont tels des chevaliers luttant dans l’honneur pour restaurer l’intégrité des champs magiques.

Pachad, le Monde de l’Apocalypse. Pachad est un monde où les champs magiques sont perpétuellement soumis au cycle du changement. Les lieux que recèle Pachad sont souvent emprunts d’une grande beauté, mais cette beauté n’est jamais que temporaire, et laisse souvent place à la décrépitude la plus sordide, à la dissolution, à la pourriture, avant que de ce terreau fertile ne renaissent à nouveau de sublimes paysages. Les créatures de ce monde sont souvent les ouvrières du cycle du renouveau permanent, et les Kabbalistes de Pachad sont souvent d’humeur changeante, difficiles à cerner. Ils oeuvrent en général en accord avec les cycles de la nature, qu’il s’agisse de cycles ascendants, créateurs, ou de cycles descendants, destructeurs.

Meborack, le Monde de l’Equilibre. Meborack est un monde où tout n’est qu’harmonie, subtiles nuances savamment dosées. Dans Meborack, toute chose est le résultat de mélanges fins mais balancés, c’est d’ailleurs certainement ce qui donne aux paysages de ce monde une beauté si saisissante. Les créatures de ce monde sont toujours soucieuses de cet équilibre, et de même les Kabbalistes de Meborack sont les plus attachés à la recherche de l’équilibre du pilier central de l’Arbre de Vie. Ce sont ceux qui cherchent à rétablir en toute chose l’harmonie, synonyme de perfection.

Aresh, le Monde de l’Adversité. Aresh est un monde où tout n’est que bataille et furie. Les cinq éléments s’y livrent une guerre qui dure depuis l’aube des temps, et toutes les créatures d’Aresh sont, à un degré ou à un autre, destinées au combat. De même, les Kabbalistes d’Aresh sont en général des combattants redoutables, emportés, qui recherchent dans cette voie le dépassement de soi par l’adversité. Leur but n’est pas tant l’anéantissement de l’adversaire que la progression au travers des épreuves, tant physiques que spirituelles.

On voit maintenant de façon plus claire comment est organisé l’Arbre de Vie. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes (Sohar, Zakaï, Pachad, Meborack et Aresh), vient s’ajouter la structure des Olanim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d’entre elles (ce quel que soit le regroupement que l’on ait choisi d’adopter). Une créature de Kabbale sera donc déterminée par toutes ces caractéristiques à la fois : la Sephirah dont elle vient, le monde dont elle vient, l’Olam auquel elle appartient, et bien sûr, son Ka-élément, lorsqu’elle est monoélémentaire. Or, si l’on a vu à quoi correspondaient les Mondes et les Olanim, les Sephiroth ne sont pour l’instant regroupées que par piliers et par Olanim.

 

Correspondances

 

A chaque Séphira est associé une Qualité Divine mais aussi une lettre hébraïque, un ordre angélique, un Archange et encore bien d’autres concordances. A Kether (la couronne) se trouve l’Archange le plus puissant et le seul à pouvoir regarder Dieu sur son Trône, Métatron. Son jumeau, Sandalphon, est associé quant à lui à la Séphira Malkuth (le Royaume), soit le monde de la matière (la Terre), il n’y a aucune hiérarchie dans l’attribution des Archanges aux Séphiroth. Il y a un ordre dans la circulation des énergies mais pas de grade, tous les Archanges sont à égalité, seule leur fonction diffèrent. Ces associations ou correspondance sont un ensemble de symboles et de qualités qui donne une certaine idée de ce que la Sephira représente.

Si nous transposons l’arbre séphirotique sur le corps humain, nous découvrons où se situe en nous les Séphiroth ainsi que les énergies de celles-ci. Nous recevons les énergies du Ciel par la couronne puis elles descendent dans notre corps selon les principes de l’Arbre Kabbalistique et ressortent par la Séphira Malkut à nos pieds pour être redistribuées à la Terre (ancrage). La Terre Gaïa, reçoit des énergies de la Source par l’intermédiaire des êtres vivants à sa surface et l’Homme y joue un rôle capital dans la réception et la diffusion de celle-ci. Selon les kabbalistes modernes, les Sephiroth seraient en réalité de vrais mondes aussi réels que notre monde physique. « Yesod serait ce que certains appellent le monde astral, lunaire où se rendent ceux qui expérimentent les états proches de la mort et également toutes les personnes décédées dans les premiers moments de leur vie non physique ». – extrait de Wikipedia.

Il est possible  d’entrer en communication avec chacun des Archanges liés aux Séphiroth et de recevoir leurs messages, ceux-ci nous guident vers la maîtrise de chacune de ces Qualités Divines.

 

Méditation séphirotique  

Ordre d’Evolution :  

Malkuth : le Royaume : Planète ou relation au cosmos : Cholem Yesodeth (la sphère des éléments, la Terre), Elément : la terre, Couleur : le brun, Nombre : 10, Image utilisée lors de la méditation : une Jeune Femme Couronnée, assise sur un Trône, Correspondance briatique ou essence de la sphère : la stabilité,Vertu : discernement et Vice : avarice & inertie, le vice et la vertu sont les énergies propres à la sphère et émanées par elle, Qlipah (écorce) ou énergie négative associée à la séphira : stase, Expérience Spirituelle : Vision du Saint Ange Gardien, Titres ou noms alternatifs: la Porte, la Porte de la Mort, la Porte des Larmes, la Porte de la Justice, la Mère inférieure, Malkah, la Reine, Kallah, la Promise, la Vierge, Nom de Dieu ou clé pour invoquer la puissance de la sphère en aziluth : Adonaï ha Aretz, Adonaï Malekh, Archange ou médiateur de l’énergie de la séphira en briah : Sandalphon, Ordre Angélique qui gouverne l’energie de la sphère en yetsirah : Ishim, Noms Communs ou signification humaine : le monde réel, la matière physique, la terre, la Terre-Mère, les éléments physiques, le monde naturel, la solidité, la stabilité, l’inertie, la mort corporelle, l’incarnation, …

Yesod : Fondation : Planète : Levanah (la Lune), Elément : l’Ether, Couleur : le mauve, Nombre : 9, Image : une Bel Homme très fort, Correspondance briatique : la réceptivité, la perception, Vertu : l’indépendance, Qlipah : obéissance aveugle, Expérience Spirituelle : la Vision du Mécanisme de l’Univers, Titres : le Palais aux Images, Nom de Dieu : Shaddaï el Chaï,  Archange : Gabriel, Ordre Angélique : Chérubin, Noms Communs : perception, imagination, instinct, apparence, la lune, l’inconscient, l’instinct, les liens, l’illusion, les rêves, la divination, l’éther, le sexe, les portes secrètes, …

Hod : Gloire, Splendeur : Planète : Kokab (Mercure), Elément : Air, Couleur : orange, Nombre : 8, Image : un Hermaphrodite, Correspondance briatique : l’abstraction, Vertu : honnêteté, confiance, Vice : volonté, Qlipah : la rigidité Expérience Spirituelle : la Vision de la Splendeur, Nom de Dieu : Elohim Tzabaoth, Archange : Raphaël, Ordre Angélique : Bnei Elohim, Noms Communs : la raison, l’abstraction, la communication, la conceptualisation, les sciences, le langage, l’argent, les mathématiques, la médecine, la philosophie, la Qabale, la loi, les « droits », la magie rituelle.

Netzach : Victoire, Fermeté : Planète : Nogah (Vénus), Elément : l’Eau, Couleur briatique : le vert, Nombre : 7, Image : une magnifique femme nue, Vertu : ouverture sur les autres, Vice : fermeture aux autres Qlipah : routine, habitude, Expérience Spirituelle : Vision de la Beauté Triomphante, Nom de Dieu : IHVH, Tsabaoth, Archange : Haniel, Ordre Angélique : Elohim, Noms Communs : la passion, le plaisir, la luxure, la beauté sensuelle, les sentiments, les émotions – l’amour, la haine, la rage, la joie, la dépression -, la misère, l’excitation, la sympathie, l’empathie, le désir, la magie extatique.

Tipheret : Beauté : Planète : Shemesh (le Soleil), Elément : le Feu, Couleur briatique : le jaune, Nombre : 6, Image : un roi, un Enfant, un Dieu sacrifié, Correspondance briatique : centré, totalité, Vertu : la dévotion au Grand Oeuvre, Vice : fierté, importance donnée à sa propre personne, Qlipah : fausseté Expérience Spirituelle : la vision de l’Harmonie, Titres : Lelek, le Roi ; Zoar Anpin, le microprosope ; le Fils ; Rachamin, la charité, Nom de Dieu : Aloah ve Daath,  Archange : Michaël, Ordre Angélique : Malachim, Noms Communs : l’harmonie, l’intégrité, la totalité, l’auto-sacrifice, la Pierre de Dieu, centre, la Pierre philosophale, l’identité, le plexus solaire, un Roi, le Grand Œuvre.

Gevurah : Force: Planète : Madim (Mars), Couleur briatique : le rouge, Nombre : 5,  Image : un Puissant Guerrier Correspondance briatique : le pouvoir, Vertu : le courage & l’énergie, Vice : la cruauté,  Qlipah : la bureaucratie, Expérience Spirituelle : la vision de la Puissance, Titres : Pachad, la Peur ; Din, la Justice Nom de Dieu : Elohim Gibor,  Archange : Kamaël, Ordre Angélique : Seraphim, Noms Communs : la puissance, la justice, la rétribution, la Loi dans son exécution, la cruauté, l’oppression, la domination, la sévérité, les arts martiaux.

Chesed : Miséricorde : Planète : Tzadekh (Jupiter),  Couleur briatique : le bleu, Nombre : 4, Image : un Puissant Roi, Correspondance briatique : l’autorité, Vertu : l’humilité & l’obéissance, Vice : la tyrannie, l’hypocrisie, la bigoterie & la gloutonnerie, Qlipah : l’idéologie, Expérience Spirituelle : la Vision de l’Amour, Titres : Gedulah, la Magnificence, l’Amour, la Majesté, Nom de Dieu : El,  Archange : Tzadkiel, Ordre Angélique : Chasmalim, Noms Communs : l’autorité, la créativité, l’inspiration, la vision, l’excès, le pouvoir séculier & spirituel, la soumission, la naissance.   Daath : la Connaissance : Cette Sephirah, qui n’en est pas une, n’a aucune qualité manifestée & ne peut être invoquée directement. Noms Communs : un trou, un tunnel, une porte, un trou noir, un vortex.

Binah : Compréhension :  Planète : Shabbathaï (Saturne), Couleur briatique : le noir, Nombre : 3 Image : une Vieille Femme sur un Trône, Correspondance briatique : la compréhension, Vertu : le silence, Vice : l’inertie,  Qlipah : le fatalisme, Expérience Spirituelle : la Vision de la Peine, Titres : Aïma, la Mère ; Ama, la Couronne ; Marah, la Mer d’Amertume ; la Mère des Formes, la Mère Supérieure. Nom de Dieu : Elohim, Archange : Cassiel, Ordre Angélique : Aralim, Noms Communs : la limitation, la contrainte, la lenteur, la stérilité, l’incarnation, la karma, le destin, la mère, la fertilité, la mort.

Hochmah : Sagesse :  Planète : Mazlot (le Zodiac, les Etoiles Fixes), Couleur briatique : argenté, gris-blanc, Nombre : 2, Image : un Homme Barbu, Correspondance briatique : la révolution, Vertu : le bien, Vice : le mal, Qlipah : l’arbitraire, Expérience Spirituelle : la Vision de Dieu, Titres : Abba, le Père, le Père Supernel. Nom de Dieu : Jah, Archange : Ratziel, Ordre Angélique : Auphanim, Noms Communs : la pure énergie créatrice, la force de vie.

Kether : Couronne :  Planète : Rashith ha Gilgalim, le Feu Tourbillonnant (le Big Bang), Couleur briatique : la blanc pur, Nombre : 1, Image : un Homme Barbu vu de côté, Correspondance briatique : l’Unité, Vertu : le sucès Qlipah : la futilité, Expérience Spirituelle : l’Union avec Dieu Titres : l’Ancien des Jours, le Macroprosope, la Tête Blanche, l’Existence des Existences, Rum Maalah. Nom de Dieu : Eheieh Archange : Metatron, Ordre Angélique : Hahioth ha Qodesh Noms Communs : l’unité, l’union, tout, la pure conscience, Dieu, la Divinité, la Manifestation, le Commencement, la Source, l’Emanation.

 

Ordre d’Involution ou le Sentier Inversé :

L’Arbre de Mort. Celui que NUL ne devrait arpenter sous peine d’être détruit.

Après la Malkuth de l’Arbre de Vie, nous sommes au seuil de l’anti-Malkuth, la Prostituée.   Ici nous entrons dans le domaine du Mal, dans le sens de contre-nature.  » Tout ce qui, dans la Vie, est corrompu, contraire aux éternels dessins de l’ABSOLU, éternellement rejeté par Lui, dot être expulsé et cette sorte d’exécration métaphysique a lieu dans l’Arbre Inversé, l’ARBRE DE MORT, hors de l’EPOUSE, dans la PROSTITUEE  » R. Ambelain – La Kabbale Pratique éd. Bussière.

Si Malkuth est le point le plus bas au sein de la Création, au sein d’Assiah, l’on se trouve en fait devant l’Attribut à partir duquel une remontée vers Kether est possible, mais aussi au seuil de la descente dans l’Arbre de Mort !

La Qlipah ! (Epluchure)   Tout ce qui est contraire à la Création et aux objectifs de Dieu se trouve projeté de l’Autre Côté, chez la Prostituée, dans cet Arbre de Mort.

La Malkuth de l’Arbre de Mort est en contact avec la Malkuth de l’Arbre de Vie et à partir de celle-ci nous descendons vers la Kether de la Klipah ( écorce , épluchure) … éminemment inverse de celui des 32 Sentiers de la Sagesse…

Voici très succintement des données sur cet Avers, mais il ne faut  pas s’essayer à la méditation sur les images qui vont être ici données !

La tradition kabbalistique classe les être pervers dans cet Arbre inversé dans des catégories qui sont les miroirs ténébreux des Classes de Bienheureux et des Choeurs angéliques.

 

Voici en regard des noms des Sephiroth de l’Arbre de Vie, le nom des Sephiroth de l’Arbre de Mort et les noms des Etres Pervers et les « images » de visualisation :

Malkuth – Aretz (Le Monde) – Behemoth (la Bête) – Femme Ecarlate parée d’or assise sur une hydre écarlate à sept têtes et dix cornes.   Yesod – Sheol (La Fosse) – Mammon (La Cupidité) – Femme cornue montée sur un taureau, vêtue de blanc et de vert, deux serpents s’enroulent à ses cornes et à chacun de ses pieds et de ses mains.

Hod – Abron (La Perdition) – Astaroth (L’Espion) – Homme à cheval sur un paon, aux pieds d’aigle, une crète sur la tête tenant du feu dans sa main gauche.

Netzah - Tit Aïsoun (L’Ordure) – Abbadon (L’Exterminateur) – Femme à tête d’oiseau et aux pieds d’aigle tenant une flèche dans sa senestre.

Tipheret – Bershoat (Le Puit de l’Abîme) – Meririm (Le Démon de Midi) – Roi couronné vêtu de jaune assis sur un trône avec un corbeau en son sein et sous ses pieds un globe.   Geburah – Irasthoum (L’Ombre de la Mort) – Shatan (L’Adversaire) -Homme armé, monté sur un lion à la dextre une épée nue et à la senestre une tête d’homme.

Chesed – Ozlomoh (Les Portes de la Mort) – Asmodée (L’Exécutant) – Homme à tête de bélier aux pieds d’aigle et vêtu de jaune.

Binah – Gehenne (La Vallée du Sommeil) – Bélial (Le Rebel) – Homme à tête de cerf, assis sur une pierre d’aimant, elle-même sur un dragon. Pieds de chameau, tient une faux à sa main droite et une flèche à la gauche.

Hokhmah – Gehenoum (Le Vallée de l’Oubli) – Python (le Serpent) – Léopard ayany sept têtes et dix cornes aux pieds d’ours et aux gueules de lions.

Kether – Gehenomoth (La Vallée de la Mort) – Belzébuth (La Vieux Dieu) – Dragon roux ayant sept têtes et dix cornes.
Relations des Séphiroth avec les noms de Dieu, les anges, les planètes, l’homme et les 10 commandements :

Dix  Séphiroths Dix  noms de Dieu Dix  membres de l’homme archétype, ou dix ordres des anges Dix  planètes, ou membres de l’homme céleste Dix  membres de l’homme terrestre Les  dix commandements de la Loi
La  Couronne Je  suis celui qui suis. Haiot,  Hakkodes, ou les Séraphins le  ciel empyrée Le  Cerveau Tu  n’auras point d’autre Dieu
La  Sagesse Jah,  l’Essence Ophanim,ou  chérubins Le  Premier Mobile Le  Poumon Tu  ne te feras point d’image taillée
L’Intelligence yaveh Aralim,  ou Trônes Le  firmament Le  Coeur Tu  ne prendras point le nom de Dieu en vain
La  Magnificence Dieu  créateur Haschemalim,  ou Dominations Saturne L’Estomac Tu  sanctifieras le jour du repos
La  Force Dieu  puissant Séraphim,  ou Vertus Jupiter Le  Foie Honore  ton père et ta mère
La  Beauté Dieu  fort Mélachim  ou Puissances Mars Le  Fiel Tu  ne tueras point
La  Victoire Dieu  des armées Elohim,  ou les Principautés Le  soleil La  Rate Tu  ne paillarderas point
La  Gloire Le  Seigneur Dieu des armées Ben  Elohim, ou les Archanges Vénus Les  Reins Tu  ne déroberas point
Le  Fondement Le  Tout-Puissant Chérubin,  ou les Anges Mercure Les  Parties nobles de l’homme Tu  ne diras point de faux témoignage
Le  Royaume Le  Seigneur Adonaï Ischim,  ou les Ames La  Lune La  Matrice Tu  ne convoiteras point

 

 

Numérologie : Les nombres et les Sephiroth nous parlent   Un livre à télécharger d’urgence : Le Sepher Yetsirah

ou le livre de la Formation est un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soit parvenu.

Ce manuel philosophique traite de l’origine de l’univers et de l’humanité. Il est important de préciser que la langue hébraïque associe des lettres et des nombres : chaque lettre suggérant un nombre et chaque groupe de lettres possède une signification numérique vitale.

Le principe de renversement des lettres et de leur substitution par d’autres lettres selon des combinaisons préalablement définies est également utilisé. D’après, le Sepher Yetzirah, l’esprit humain est fixé sur la vérité et sur la raison tout en étant capable de prendre en compte les développements de l’intelligence par des nombres.

Le Zohar représente la vérité absolue et le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l’atteindre et de l’utiliser. Les dix sefirot (Sephiroth ) sont les dix nombres primordiaux.

Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter (numération – numérologie).

Le terme sefirot signifie qu’il ne s’agit pas de nombres ordinaires mais de « nombres principes» identifiés comme étant les dix dimensions infinies du cosmos, à savoir les six dimensions de l’espace, les deux du temps et celles du bien et du mal.

0. Tout le pouvoir qui fut ou sera est ici, maintenant. Le point Source de tous les potentiels, celui vers lequel nous devons tendre puisque depuis notre séparation de ce plan, nous avons oublié notre réelle identité.

1. Je suis un centre d’expression pour le Désir du Bien Primal qui crée éternellement et soutient l’univers. Avec lui nous osons quitter le familier pour aller vers le mystérieux, nous expérimentons l’affirmation, l’indépendance, l’énergie Yang de notre Masculin Intérieur.

2. Par ma Sagesse infaillible, je prends forme en pensée et en parole. Là nous allons à la rencontre de l’autre en nous, l’énergie yin de notre Féminin Intérieur, dans l’acceptation de sa différence, de la Complémentarité.

3. Empli de la Compréhension de la loi parfaite, je suis guidé, seconde par seconde, sur le chemin de la libération. De l’union du Masculin et du Féminin naît l’Enfant Intérieur. Le premier ternaire est construit : Corps/Ame/esprit, prêt à libérer l’Oeuvre, la Création.

4. Des richesses inépuisables de la Substance Illimitée, je retire toutes choses nécessaires à ma fois spirituelles et matérielles. Voici venu le Temps de l’Intégration qui engendre la Maturation, la première pierre de l’édifice en Construction est posée.

5. Je reconnais la manifestation de la Justice qui ne dévie pas dans toutes les circonstances de ma vie. Avec lui, l’Ame anime le Mouvement, l’Audace et L’Intuition se conjuguent pour expérimenter la Liberté Individuelle.

6. En toutes choses, grandes et petites, je vois la Beauté de l’expression divine. Avec lui nous célébrons les Noces, il est l’Etoile de David ou le Sceau de Salomon. Le Masculin et le Féminin sont couronnés et prêts pour les grandes Noces Alchimiques. Fin du deuxième Ternaire.

7. Vivant par cette volonté, soutenu par sa Sagesse et ma compréhension infaillible, ma Vie est Victorieuse. Avec lui nous expérimentons la descente solitaire dans les profondeurs de l’Etre, l’ouverture du 3ème Oeil, la connexion au Soi Supérieur. Sur l’Autel de notre Etre, nous présentons notre Oeuvre pour la faire bénir par nos Instances Supérieures.

8. J’attends impatiemment et avec confiance la réalisation parfaite de la Splendeur Éternelle de la Lumière Illimitée. Avec lui, nous atteignons la Foi et la Paix, il faut désormais accepter l’Initiation qui apporte la Puissance, nous sommes construits, nous devenons Bâtisseur.

9. En pensée, en parole et en action, je repose ma vie, jour après jour sur le Fondement certain de l’Être Éternel. Avec lui nous entrons dans le transpersonnel, nous devenons Porteur de Lumière pour un monde de Progrès et de Partage.

10. Le Royaume de l’Esprit a pris corps dans ma chair : le Nombre 10 est le symbole de l’univers,  il exprime également l’ensemble des connaissances humaines. Somme de 5 + 5, il représente les deux sens de courant contraire de la conscience: celle en involution et celle en évolution. Selon H.‑P. Blavatsky, le 1 suivit du 0 indique la colonne et le cercle, c’est‑à‑dire le principe mâle et femelle, et ce symbole se rapporterait à la nature Androgyne et aussi à celle de YHVH, qui est à la fois mâle et femelle.

Le zéro en forme de cercle est un symbole d’unité, complétant ainsi la signification du chiffre 1 pour montrer que le nombre 10 renferme tous les nombres précédents comme un tout contient ses parties. Il représente le premier couple, le mariage: 1 = l’homme, 0 l’oeuf fécondé par le 1. Le dix donne l’image d’une régression spirituelle puisque le mariage est une conséquence de la chute de l’homme.

 

Les sephiroth servent à décrire la naissance du monde ( bereshit).  La première sephirah est le pneuma divin.  De celui-ci sort la seconde sephirah, l’air…

De l’air sont issus l’eau et le feu.

Les 6 dernières sephiroth représentent les six directions dans l’espace.  Elles sont scellées au moyen de 6 permutations du grand nom de dieu YHW.

Une Structure mathématique les six permutations : le YI KING ou Livre des Transformations   Le Livre des Transformations était à l’origine une collection de signes à usage d’oracles. Les oracles étaient partout en usage dans l’antiquité et les plus anciens d’entre eux se limitaient aux réponses « oui » et « non ». Ce type de jugement oraculaire se trouve également à la base du Yi King. Le « oui » était exprimé par un simple trait plein et le « non », par un trait brisé .

La nécessité d’une différenciation plus grande paraît s’être fait sentir de très bonne heure et les traits simples donnèrent naissance à des combinaisons par redoublement auxquelles un troisième élément vint s‘ajouter, produisant ainsi la série des huit trigrammes donnant naissance aux soixante quatre Hexagrammes.

 

On consulte le Yi King à travers les deux Trigrammes formant un Hexagramme, que l’on tire trait par trait.

Les hexagrammes sont des figures basées sur la combinaison de six traits dont chacun peut prendre l’une de ces deux formes : le trait plein Yang  et le trait redoublé Yin . Ces deux formes elles-mêmes se subdivisent en deux catégories : trait naissant et trait mutant. A chaque hexagramme a été ajouté ultérieurement un commentaire comportant des indications sur la qualité de l’état concerné.

Le Sefer Yetsirah nous apprend donc que « le réel » est constitué par la combinaison des 22 lettres hébraïques, générant les 231 combinaisons binaires, à l’origine de la création du monde.

Le premier groupe de lettres est composé des trois consonnes mères aleph, mem, shin. Le second groupe est composé des sept consonnes doubles.  Elles représentent les sept planètes du cosmos, les sept jours de la semaine ainsi que les sept orifices de la tête de l’homme. Le dernier groupe est celui des douze consonnes simples placées en rapport avec les douze manifestations psychosomatiques qui se déroulent chez l’homme ainsi qu’avec les douze organes principaux. Elles représentent les douze mois de l’année.

 

Les 22 Arcanes Majeurs du TAROT :  

Selon Alexandro JODOROWSKI : « les Arcanes du tarot sont un coffre où a été déposé un Trésor Spirituel. l’ouverture de ce coffre équivaut à une révélation. Le travail initiatique consiste à rassembler les fragments jusqu’à retrouver l’unité… » -LA VOIE DU TAROT – éditions Albin Michel.   L’origine du Tarot semble se perdre dans la nuit des temps. Même l’étymologie du mot reste obscure, certains parlent d’origine égyptienne : Tar« voie ou chemin » et Ro « roi ou royal » qui signifierait « voie royale de la vie »… ou la déformation de Ptah « Maître de la création » et RA « Dieu Soleil », ou encore RA-TA, « Grand prêtre descendant des Atlantes », ou de Taroet  » Celui qui consulte ». D’autres penchent pour une origine Tzigane, ou hindoue: Taru « sagesse amassée » aux indes ou Torok « jeu de cartes » en Hongrie. On parle aussi de Torah « tradition hébraîque » ou Rota « roue de l’existence » en latin. Il y a aussi le terme sanscrit Tar-Ô « étoile polaire ou guide », le perse Tarok « réponds-moi », l’arabe Tariqa « manière de vivre » ou Turuq « les quatre chemins ».

Les Tarots pourraient être tout aussi bien d’origine Egyptienne, Maya, inca, Hébraïque, Hindoue, Islamique, etc… ou tout simplement d’origine Atlante …

 

L’ ATLANTIDE: Un mythe qui n’a pas encore été démontré scientifiquement, le concept de l’ Atlantide  a traversé toutes les civilisations connues depuis des millénaires. Toutes les religions – même y compris la Bible – parlent de grands ancêtres supérieurs, de dieux, demi-dieux et géants. Allégorie, fantaisie des anciens peuples ?

Toutes ces histoires se retrouvent néanmoins dans les traditions orales – transmises de génération en génération – de toutes les cultures amérindiennes et méditerranéennes. On parle aussi de déluge: qui lui, a été scientifiquement prouvé par des fouilles géologiques… Donc, selon la légende, le peuple Atlante aurait été très avancé côté connaissances et technologie. Néanmoins, il semble qu’au fil du temps beaucoup de ses gens avaient perdu leur but premier dans la vie (la spiritualité), en ne se préoccupant que du monde matériel et de la puissance. Ce peuple, autrefois spirituel, a été déchiré entre deux groupes distincts: alors que l’un perpétuait la tradition spirituelle de leurs aïeux, l’autre s’absorbait à satisfaire ses appétits physiques et ses désirs.

Cette division mena à une guerre entre les deux clans; puis à la chute du continent, et à sa destruction. Selon le mythe, les Atlantes en vinrent à se concentrer presque exclusivement que sur la matérialité: tout en ignorant leur vraie nature spirituelle. Conséquemment, ils auraient attiré sur eux une série de trois cataclysmes.

Le premier, survenu quelques 50 000 années avant J.C., aurait détruit leur source principale de pouvoir. Le second, vers l’an 28 500 avant J.C., aurait disloqué le continent en trois îles plus petites. Alors que la troisième et dernière destruction – celle dont parle le philosophe Platon – se serait produite aux environs des années 10 500 avant J.C. et aurait causé l’engloutissement des trois îles (le Déluge); ceux qui ont réussi à survivre ont dû émigrer vers d’autres parties du monde, dont l’Égypte et l’Amérique.

Plusieurs survivants de la légendaire Atlantide ayant émigré en Égypte, ceux-ci se sont finalement intégrés dans une culture qui a atteint le sommet de sa gloire en même temps que le troisième cataclysme atlante.  Il semble que sous la direction d’un Grand Prêtre nommé Ra Ta – référence très possible à « TARO », « ROTA » ou Tarot -, l’Égypte a commencé à mener le monde à une politique sociale visant à l’égalité, la transformation personnelle, et la responsabilité morale vis à vis les autres. Rappelons que la civilisation égyptienne est considérée comme non égalée dans l’histoire scientifique du monde; et est créditée de l’introduction de l’écriture, de la science médicale, de l’irrigation, de l’architecture, et du nationalisme.

Quand à l’arbre de vie, selon Drunvalo Melkizedek,: « son origine remonterait à la nuit des Temps : « Beaucoup de gens pensent que l’Arbre de vie tient son origine des Juifs ou des Hébreux, mais la vérité est autre. La kabbale n’est pas à l’origine de l’Arbre de vie, et en voici la preuve. L’Arbre de vie n’appartient à aucune culture – pas même à celle des Égyptiens, qui l’ont sculpté sur deux piliers en Egypte, à la fois à Karnak et à Luqsor, il y a environ cinq mille ans. Il est en dehors de toute race et de toute religion. Ce dessin fait intimement partie de la nature.Tout récemment, nous avons trouvé l’image de la Fleur de vie dans dix-huit endroits différents dans le monde, y compris en Suède, en Laponie, en Islande et dans le Yucatan.  L’Arbre de vie et la Graine de vie inscrits l’un dans l’autre, sur d’autres planètes où la conscience existe, je suis sûr que vous trouverez la même image. »

Le secret de l’arbre de Vie par Drunvalo melkizedek qui nous donne aussi une origine du peuple hébreu qui n’est pas habituelle mais qui pourrait expliquer bien des choses …..

Trouvez une mine de renseignements relatifs à l’Atlantide, sur ce site:  « L’ÉPOPÉE ATLANTE AUTOUR DE L’ATLANTIDE – Rêves, mythes, hypothèses et réalités ».

 

La Magie des Mondes  

L’Arbre de Vie est présent dans tous les champs magiques, tous éléments confondus. C’est l’Arbre de Vie Kabbalistique duquel toutes choses dépendent. Il y a une grande analogie entre celui-ci et l’arbre Yggdrasil des Scandinaves. Cependant, si l’on observe en vision-Ka un fil particulier d’un champ magique donné, on notera qu’il possède certaines caractéristiques (dont sa couleur) qui font qu’il appartient à cet élément, mais également une sorte de « comportement » qui le distingue des autres fils. Ceci est très difficile à discerner, et les kabbalistes ont dû attendre pas moins d’un millénaire après la diffusion de la Kabbale grâce à Jésus pour qu’une classification rigoureuse puisse être établie. Chaque « fil » de champ magique appartient donc à une parmi cinq catégories d’ « humeurs ». Ces humeurs correspondent en fait à ce qu’on appelle couramment les Mondes de Kabbale, dans lesquels vivent les créatures que l’on invoque par les rituels kabbalistiques.

Chaque Monde contient l’Arbre de Vie en entier et possède son humeur, et toutes les créatures de ce Monde ont en général un caractère assez proche. On recense :

• Sohar, le Monde Parfait. Sohar est un monde où tout est structures, codes à respecter, interdits à observer. Les créatures de ce monde sont très pointilleuses sur les principes, ce qui a pour conséquence que les Kabbalistes qui se penchent plus sur l’étude de ce monde s’entourent de quantités de rituels répétitifs et rigoureusement codifiés. Ainsi sont-ils considérés comme les plus religieux des Kabbalistes, des mystiques qui respectent des traditions millénaires dont le sens reste souvent très obscur.

Zakaï, le Monde Pur. Zakaï est un monde où la nature de l’univers s’exprime dans sa plus grande pureté. Ainsi, les créatures de ce monde sont souvent très proches des éléments, et les Kabbalistes qui suivent les voies de ce monde sont souvent attachés à la préservation de cette pureté élémentaire, mise en danger depuis la Chute et la corruption de l’Orichalque. Ils ont conscience de ce danger, et sont tels des chevaliers luttant dans l’honneur pour restaurer l’intégrité des champs magiques.

Pachad, le Monde de l’Apocalypse.

Pachad est un monde où les champs magiques sont perpétuellement soumis au cycle du changement. Les lieux que recèle Pachad sont souvent emprunts d’une grande beauté, mais cette beauté n’est jamais que temporaire, et laisse souvent place à la décrépitude la plus sordide, à la dissolution, à la pourriture, avant que de ce terreau fertile ne renaissent à nouveau de sublimes paysages. Les créatures de ce monde sont souvent les ouvrières du cycle du renouveau permanent, et les Kabbalistes de Pachad sont souvent d’humeur changeante, difficiles à cerner. Ils oeuvrent en général en accord avec les cycles de la nature, qu’il s’agisse de cycles ascendants, créateurs, ou de cycles descendants, destructeurs.

Meborack, le Monde de l’Equilibre. Meborack est un monde où tout n’est qu’harmonie, subtiles nuances savamment dosées.

Dans Meborack, toute chose est le résultat de mélanges fins mais balancés, c’est d’ailleurs certainement ce qui donne aux paysages de ce monde une beauté si saisissante. Les créatures de ce monde sont toujours soucieuses de cet équilibre, et de même les Kabbalistes de Meborack sont les plus attachés à la recherche de l’équilibre du pilier central de l’Arbre de Vie. Ce sont ceux qui cherchent à rétablir en toute chose l’harmonie, synonyme de perfection.

Aresh, le Monde de l’Adversité. Aresh est un monde où tout n’est que bataille et furie. Les cinq éléments s’y livrent une guerre qui dure depuis l’aube des temps, et toutes les créatures d’Aresh sont, à un degré ou à un autre, destinées au combat. De même, les Kabbalistes d’Aresh sont en général des combattants redoutables, emportés, qui recherchent dans cette voie le dépassement de soi par l’adversité. Leur but n’est pas tant l’anéantissement de l’adversaire que la progression au travers des épreuves, tant physiques que spirituelles.

On voit maintenant de façon plus claire comment est organisé l’Arbre de Vie. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes (Sohar, Zakaï, Pachad, Meborack et Aresh), vient s’ajouter la structure des Olamim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d’entre elles (ce quel que soit le regroupement que l’on ait choisi d’adopter).

Une créature de Kabbale sera donc déterminée par toutes ces caractéristiques à la fois : la Sephirah dont elle vient, le monde dont elle vient, l’Olam auquel elle appartient, et bien sûr, son Ka-élément, lorsqu’elle est monoélémentaire. Or, si l’on a vu à quoi correspondaient les Mondes et les Olamim, les Sephiroth ne sont pour l’instant regroupées que par piliers et par Olamim.

Les quatre Kerubim sont fortement associés aux lettres du Tétragrammaton. Maintenant, il ne doit pas être oublié que ces formes dans les visions d’Ezechiel supportent le trône de la Divinité, sur lequel l’Homme Céleste est assis – l’Adam Qadmon, l’image Sephirothique ; et qu’entre le trône et les créatures vivantes (hayoth hakodesh), il y a le firmament.

Ici, nous avons donc les quatre mondes – Atziluth, la forme déifiée ; Briah, le trône ; Yetzirah, le firmament ; Assiah, les Kerubim. Donc, les Kerubim représentent le pouvoir des lettres du Tétragrammaton sur le plan matériel, et tous quatre représentent l’opération des quatre lettres dans chacun des quatre mondes.

 

Donc, les Kerubim sont les formes vivantes des lettres, symbolisés dans le Zodiaque par le Taureau, le Lion, le Poisson et le Scorpion.

Le mystère de l’homme terrestre et mortel suit le mystère du Surpernel et Immortel, et ainsi fut créée l’image de Dieu sur la terre. Dans la forme du corps trouve-t-on le Tétragrammaton. La tête est Yod, les bras et les épaules sont Hé, le corps est Vav et les jambes représentent le Hé final. Donc, comme la forme extérieure de l’homme correspond au Tétragrammaton, ainsi l’âme animée correspondra-t-elle aux dix Sephiroth, et comme celles-ci trouvent leur expression dans la trinité de la Couronne, du Roi et de la Reine, ainsi, la division principale de l’âme sera-t-elle :

- La première est Neshamah, qui est le plus haut degré de l’être, correspondant à la Couronne.

- Le second est Ruah’, le siège du bien et du mal, correspondant à Tiphereth, le monde moral.

- La troisième à Nephesh, la vie animale et les désires, correspondant à Yesod, le monde matériel, sensuel.

 

Toutes les âmes préexistaient dans le monde des émanations et ont leur état originel dans l’androgynat, mais, en descendant sur terre ils se séparent en mâles et femelles et habitent différents corps. Ainsi, si dans cette vie mortelle, la moitié masculine rencontre sa moitié féminine, un grand attachement naît entre eux et ils est dit que dans le mariage les moitiés séparées sont conjointes, et les formes cachées s’apparentent alors aux Kerubim.   Mais cette vision triple de l’âme est seulement applicable aux trois formes de l’intellectuel, du moral et du matériel. Ne perdons pas de vue la grande idée kabbalistique que la trinité est toujours complétée et trouve sa réalisation dans le quaternaire ; d’où, YHV est complété et réalisé dans YHVH.

La trinité de : Couronne Roi Reine Père Fils Esprit Absolu Formation Réalisation

Est complétée par le quaternaire de : Absolu Père et Mère Fils Fiancée Macroprosopus Père et Mère Microprosopus Malkuth, la Reine et Fiancée •Atziluth.- Archétype •Briah- Créatif •Yetzirah – Formatif •Assiah – Matériel

Et à ces quatre, l’âme répond dans les quatre formes suivantes :

•H’ayah à Atziluth.

•Neshamah à Briah.

•Ruah’ à Yetzirah.

•Nephesh à Assiah.

 

Mais, H’ayah est, en l’âme, une forme archétypale analogue au Macroprosopus, alors que Neshamah, Ruach et Nephesh représentent en elles-mêmes le Tétragrammaton, sans H’ayah, qui néanmoins symbolisée « dans le point le plus haut du Yod, » ; comme le Macroprosopus est censé être symbolisé par le point la haut du Yod de YHVH. Car, « Yod est l’Ancien caché et occulté. »

Dans les enseignements qabalistiques d’Eliphas Levi dans sa « Clés des mystères. » Il donne l’essence des idées de Rabbi Moïse Cordoverro et de Rabbi Yitzh’aq Luria. « L’âme est une lumière voilée.

Cette lumière est triple : ’Neshamah = pur esprit ; Ruah’ = esprit ou âme ; Nephesh = médiateur plastique.’ »Le voile de l’âme est la coque de l’image. ’L’image est double car elle reflète à la fois l’ange du bien et du mal de l’âme. Nephesh est immortelle car elle se renouvelle elle-même par la destruction des formes ; Ruah’ progresse au travers de l’évolution des idées ; Neshamah progresse sans destruction .’

« Il y a trois demeures à l’âme : ’l’Abîme de la Vie ; Le Paradis supérieur ; Le Paradis inférieur.’ »

L’image Tzelem est un sphinx qui propose une énigme de vie. ’L’image fatale (c-à-d, à laquelle on succombe à l’extérieur) dote Nephesh de ses attributs, mais Ruah’ peut substituer l’image conquise par l’inspiration de Neshamah. Le corps est le voile de Nephesh, Nephesh est le voile de Ruah’ qui est le voile de Neshamah. La lumière se personnifie elle-même en se voilant, et la personnification est stable uniquement quand le voile est parfait. Cette perfection sur terre est relative à l’âme universelle de la terre (c-à-d comme macrocosme, donc le microcosme est l’homme.)’   « Il y a trois atmosphères pour les âmes. La troisième finit là où l’attraction planétaire des autres mondes commence. Les âmes qui se sont perfectionnées sur cette terre passent alors à un autre plan. Après avoir traversé les planètes elle arrivent au soleil ; puis, elles montent dans un autre univers et recommencent leurs évolutions planétaires de mondes en mondes et de soleils en soleils. »

Dans les soleils elles se rappellent et dans les planètes, elles oublient. Les vies solaires sont les jours de la vie éternelle, et les vies planétaires sont les nuits avec leurs rêves.

« Les anges sont de lumineuses émanations personnifiées, pas par jugement ni voile, mais par l’influence divine. Les anges aspirent à devenir des hommes, car l’homme parfait, l’homme-Dieu, (pour le distinguer du Dieu-homme) est au-dessus de tous les anges. » Les vies planétaires sont composées de dix rêves d’une centaine d’années chacun, et chaque vie solaire est d’un millier d’années. Ainsi, il est dit qu’un millier d’années sont à la vue de dieu comme un jour.

« Chaque semaine – c’est à dire chaque 14.000 ans – l’âme se baigne et se repose dans un rêve jubilatoire d’oubli. En se réveillant de là, elle a oublié le mal et ne s’est rappelée que le bien. »

De Ruah et de Nephesh, influencées par les bonnes aspirations de Neshamah, procède Michaël, l’ange bénéfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des bonnes idées, ou, dans une phraséologie bouddhiste ésotérique, le « Bon Karma » de l’homme. De Nephesh dominant Ruah’ et sans l’influence bénéfique de Neshamah, procède Samaël, l’ange maléfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des idées mauvaises, le « mauvais Karma de l’homme. Et le Tzelem, ou image, est double car elle reflète et Michaël et Samaël.

Il existe un cinquième niveau de l’âme appelé Yéhidah.

L’âme a cinq noms :  •Rouah’  •Nefech  •Nechama  •Haya  •Yehida

Ces niveaux de l’âme sont à mettre en rapport avec les quatre mondes de l’arbre des Sephiroth :

néfèch : monde de l’action ;

rouah : monde de la formation ;

nechama : monde de la création ;

haya : monde de l’émanation ;

yehida : tangence avec le en sof (l’infini) – (situation de devéqout – adhésion/union à D.ieu).

 

La nechama correspond au programme de la création, sa bonne organisation.   Pour ce qui est de la yehida…Tous les membres, dans le corps, vont par deux. Mais elle est une. (Tanhouma Noah 1)

La nechama est appelée lumière. (Devarim raba : 82)   Programme de la création ?

Ce qui, en toi, t’incite à acquérir ta stature, ta valeur, ta beauté. Cette lumière, en toi, qui te voit aimer la grandeur, la noblesse, la bonté.Quant à la yehida, elle fait de toi un être unifié.Même si tu as deux bras, deux jambes, deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux glandes génitales, tu es Un. La dualité ne t’ampute pas, ne te dénature pas, ne te dupe pas.

Le niveau d’âme de YEHIDA que possédait Adam avant la faute lui permettait d’unifier extériorité et intériorité. Le jour où Adam a fauté, la YEHIDA l’a quitté. Depuis la faute d’Adam, aucun homme au monde n’est parvenu à ce degré d’unification. Lorsque HENOCH (fils d’Adam) parvint à ce niveau, le monde ne put le supporter et il fut obligé de le quitter. De même le prophète ELIE quitta ce monde lorsqu’il fut atteint de cet éclat supérieur. La YEHIDA désigne l’âme du MACHIAH qui unifiera le monde d’en haut et le monde d’en bas.

L’animal possède les quatre modalités de l’être, désignées par les termes néfèch, rouah, nechama, haya. Il ne posséderait pas la modalité designée par le terme « yehida ». D’après Marc-Alain Ouaknin, selon la tradition hébraïque yehida désigne la manière d’être unique à chaque être humain. Celui-ci a une vocation propre qu’il doit réaliser et qu’il est le seul à pouvoir réaliser. La ressemblance avec Dieu se trouverait à ce niveau-ci (Cf Marc-Alain Ouaknin, « Tsimtsoum », Spiritualités vivantes, série judaïsme, Albin Michel, Paris 1992, pp. 182-186).

 

Définition des niveaux de l’âme  

Néfèch   La première dimension de la personne est son néfèch. Le néfèch est tout d’abord le corps et l’ensemble de ses possibilités d’action. De ce fait, il correspond au monde de l’action (Olam ha Assia). Pour bien comprendre les différents niveaux de l’âme de la personne, il est important de faire une distinction entre ce que le texte biblique nomme demout et tsélèm. Dans le premier chapitre de la Genèse, nous lisons à propos de la création de l’homme :

Et Dieu-Elohim dit : « Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance » ; et Il créa, Dieu-Elohim, l’homme à son image, à l’image de Dieu-Elohim Il le créa, masculin et féminin Il les créa.

Ce verset, mille fois traduit et dix mille fois commenté, propose une terminologie intéressante et importante qui va nous éclairer sur la question du corps.

En plus de l’étonnant pluriel « faisons », le redoublement de l’« image » par la « ressemblance » pose un problème fondamental.

Le verset met en place la distinction fondamentale entre l’image (tsélèm) et la ressemblance (demout).   Que recouvrent précisément ces termes de tsélèm et de demout ?

Le sens de demout est donné par les commentaires comme celui d’aspect « visible et extérieur » ; celui de tsélèm comme dimension « invisible et intérieure ». Ainsi Rabbi Itshaq Ben Hayyim, le fils de Rabbi Hayyim de Volozhin, écrit-il : « Le Zohar et les écrits du Ari affirment que le tsélèm se rapporte au monde caché, tandis que le demout se rapporte au monde révélé. »

Rouah   Le rouah, c’est tout d’abord l’ensemble des émotions, pulsions et autres forces intérieures qui nous poussent en avant et nous font exister ; c’est le moteur émotionnel du néfèch. Selon la terminologie que nous avons utilisée plus haut, c’est l’image spirituelle que nous nous faisons de notre corps. La manière, non seulement physique mais aussi intérieure, que nous avons de nous sentir dans notre corps. Le rouah correspond au monde de la formation (Olam ha Yetsira).

Respiration et parole  

D’un point de vue sémantique, le mot rouah signifie « vent, air, souffle, respiration, esprit ». Il s’agit d’un aspect du système respiratoire depuis la bouche et le nez jusqu’aux poumons. Les poumons sont l’« interface » entre l’intérieur et l’extérieur en ce qui concerne l’oxygène. La circulation de l’air, entre le nez et la bouche d’une part, et les poumons d’autre part, est le rouah.

Le mot a subi deux évolutions. Il a commencé par signifier « esprit » puis aussi « parole ». De fait, la parole est aussi une modulation du souffle sur les cordes vocales. Dans le Zohar et le Tiqouné Zohar, les organes du rouah se retrouvent dans le Tétragramme sous la forme de la lettre vav (la trachée) et des deux hé (les poumons). La physiologie de la respiration, bien que très complexe, peut cependant être présentée schématiquement comme un lieu d’échange au niveau des poumons, qui prennent en charge l’oxygène qui passe dans le sang, fixé sur les globules rouges, et qui rejettent le gaz carbonique porté par le sang depuis les cellules et fixé sur l’hémoglobine.

Quand nous respirons, très souvent nous pensons « air-oxygène » (entrée et sortie), en oubliant l’articulation des systèmes circulatoire et respiratoire. Le rouah vivant est conséquent d’une vie émotionnelle riche. Celle-ci peut s’atteindre par une prise de conscience des échanges qui existent entre notre corps et nos émotions avec le monde extérieur.

Nechama   La nechama est le troisième niveau de l’âme et correspond au monde de la création (Olam ha Beriya). De ce fait, c’est plus la dimension intellectuelle de l’âme. Il est intéressant cependant de noter que ce terme plus que les deux précédents est devenu synonyme de l’« âme » au sens vague et populaire de ce mot. En fait, originellement, la nechama vient de la racine nacham qui veut dire « respirer ». Le mot nechima, c’est la respiration, le souffle.

Il est donc a priori bien difficile de faire une distinction entre rouah et nechama.

Cependant, on peut dire que la nechama est la dimension spirituelle de l’homme. Une fois qu’il possède un corps sain (néfèch) dans lequel les énergies circulent correctement et qu’il est capable par sa respiration et sa parole d’énergétiser son corps d’une manière vécue profondément en équilibrant ses émotions (rouah), l’homme peut organiser sa vie spirituelle en approfondissant les textes de la tradition et ses commentaires. C’est le moment où la méditation se fait étude.

 

Lecture et interprétation.  

Le premier niveau concerne le corps, le second, la voix et les émotions, le troisième, le texte et l’esprit. La nechama est donc une respiration intellectuelle et spirituelle qui va passer par un rapport au texte. L’homme n’est plus, comme dans le second niveau du rouah, un « animal – parlant – sentant », mais un « animal – lisant – pensant – commentant ». En dehors de l’étude des textes de la tradition, il est possible de faire des exercices de méditation liés à l’écriture et à la visualisation.

Une respiration intellectuelle : l’étude  

L’étude est l’un des niveaux les plus élevés de la méditation. Il est dit dans la michna : « Talmud Tora kenéguèd koulam » ; c’est-à-dire : « L’étude de la Tora a autant d’importance que tous les autres rites réunis. » Les maîtres de la qabale font remarquer que le verbe « étudier » est symbolisé par la lettre lamèd (voulant dire « étude »), qui a la particularité d’être la seule des vingt-deux lettres de l’alphabet à dépasser la ligne d’écriture vers le haut. Etudier, c’est s’élever, se dépasser, ouvrir la porte de l’infini..

Un des lieux fondamentaux de la vie du qabaliste est la maison d’étude ou bèt-hamidrach. On parle aussi de yechiva, au pluriel yechivot). C’est un lieu où se retrouvent à la fois les talmudistes et les qabalistes. Pas besoin de diplômes pour entrer… Seul est nécessaire le désir d’apprendre. Pas de limite d’âge non plus. Monde hors du temps, on y rencontre des enfants et des sages. Sans doute est-il important de faire une visite dans ce « dojo » des qabalistes

 

Poussons la porte…

La salle d’étude n’a pas beaucoup changé avec le temps. Il y règne la même atmosphère que dans les yechivot de Pologne, de Russie ou du Maroc aux siècles derniers. Les récits et les témoignages nous confirment cette impression d’atemporalité et nous donnent parfois la sensation de nous rapprocher de quelque dimension nommée par les poètes « éternité ».

Désordre, brouhaha, gesticulation véhémente, allées et venues incessantes, ainsi se présente le bèt-hamidrach. La maison d’étude est un lieu de vie qui sert aussi de synagogue, voire, à de nombreuses occasions, de salle à manger. Les étudiants talmudistes ou qabalistes n’ont pas la quiétude du moine. Le silence n’est pas de règle autour des tables, rarement alignées, où foisonnement pêle-mêle des livres ouverts empilés les uns sur les autres.

Les étudiants – assis, debout, un genou sur le banc ou la chaise – sont penchés sur les textes ; l’un à côté de l’autre, ou plus généralement l’un en face de l’autre, il lisent à haute voix, se balançant d’avant en arrière, de gauche à droite, ponctuant les articulations difficiles du raisonnement de larges gestes du pouce, frappant parfois frénétiquement les livres ou la table, voire l’épaule du compagnon d’étude, feuilletant avec fébrilité les pages des commentaires pris et remis rapidement dans les rayons de l’immense bibliothèque qui fait le tour de la salle. Les protagonistes de cette « guerre du sens » essaient de comprendre, d’interpréter et d’expliquer.

Avant la leçon magistrale, c’est la hakhana ou « préparation ». Après la leçon, c’est la hazara ou « répétition ». Il n’y a qu’un seul cours par jour, et dans les grandes classes, il ne peut y avoir qu’un seul cours par semaine !

Le plus surprenant est que les couples d’étudiants ne sont pas systématiquement constitués de personnes du même âge. Il peut y avoir un jeune de vingt ans avec un homme de quarante, voire de soixante ans ou plus. Ici, le savoir n’a pas d’âge ! Les étudiants vont consulter le maître – rarement, heureusement, quant au sens du passage étudié -, qui explique, prend position sur les thèses proposées et calme, pour un instant, le combat passionné des consultants.

Ici, deux hommes âgés, aux barbes blanches, s’approchent d’un jeune homme pour lui demander d’arbitrer un différend dans l’interprétation d’un texte. Le jeune homme doit être un ilouï (nom que l’on donne aux étudiants particulièrement doués). Certains relèvent plus du génie que de la simple sagesse. L’étude étant essentiellement orale, on écrit rarement dans la maison d’étude : il se développe chez les talmudistes et les qabalistes une extraordinaire mémoire visuelle du texte, au point que certains ilouïm (« génies ») sont capables non seulement de réciter des milliers de pages du Talmud avec leurs commentaires, mais aussi de situer des passages sur la page talmudique. Il existait en Europe de l’Est ou en Afrique du Nord, comme aujourd’hui en Israël ou aux Etats-Unis, des personnes capables de réciter tous les mots traversés par une épingle que l’on aurait plantée dans un traité du Talmud.

Sur une autre table, plus loin, un étudiant s’est endormi, les bras croisés sur un texte du Talmud ; à côté de lui, un autre sirote un café et fume une cigarette en prenant un air méditatif, concentration nécessaire à la poursuite de l’étude. Tout à coup, les corps se soulèvent et on a l’impression de voir des vagues sur une mer agitée. Les étudiants se sont levés et rassis, mus par une force invisible qui les a effleurés : le maître est passé ! Le respect dû au maître s’est traduit par cette danse des corps en harmonie avec le déroulement de la réflexion.

L’étude n’est pas seulement une science ou un art, mais la possibilité même de l’existence de la force cosmique qui maintient le monde. Pour les mystiques de l’étude, il est nécessaire de faire des tours de garde pour que jamais l’étude ne s’arrête un seul instant : le monde pourrait en venir à disparaître…

Tout bouge ! Le bèt-hamidrach connaît une effervescence ininterrompue où, de jour comme de nuit, résonnent les voix, le bruissement infini de l’étude… le chant de l’étude.

L’étude hébraïque concerne l’esprit. C’est un acte spirituel d’une grande portée dès lors qu’on comprend qu’étudier, c’est se lier à la lumière de l’infini qui arrive en ce monde portée par les lettres de l’alphabet hébraïque ou, comme dit le texte du Tiqouné Zohar, portée par des « chevaux de feu ».

 

Haya

C’est le quatrième niveau de l’âme, qui correspond au monde de l’émanation (atsilout). C’est un degré de spiritualité qui englobe aussi bien la conscience du corps que les sentiments et les réflexions intellectuelles.

Haya est un mot qui apparaît aussi dans le livre de la Genèse lors de la « formation » de l’homme et qui est associé aux mots néfèch et nechama : « vayitsère hachem Elohim èt haadam afar min haadama, vayipah beapav nichmat hayyim, vayehi haadam lenéfèch haya », ce qui veut dire : « Et Yhvh-Elohim forma l’homme : poussière de la terre. Il souffla dans ses narines une respiration de vie [nichmat hayyim] et l’homme fut un être vivant [néfèch haya]. » Le mot haya, du verbe hayo, signifie « vivre ». Hayim, c’est la vie.

D’après le texte biblique, néfèch haya désigne toute créature vivante, homme ou animal. Ce souffle de vie n’est pas seulement le fait que l’homme respire et parle, mais que celui-ci est aussi capable de prier.

Le niveau de haya se traduit par la prière : la tefila.

La prière est un des plus hauts niveaux de la méditation.   Haya est l’état dans lequel l’homme ressent la possibilité d’un dialogue avec l’infini et se perçoit comme recevant la lumière du en sof. Si la prière possède une structure complexe, on peut cependant dire qu’elle est essentiellement construite sur les psaumes de David.

 

Yehida  

Yehida est le plus haut niveau de l’âme. Très rares sont ceux qui peuvent l’atteindre.   C’est un état d’être au-delà du monde de l’émanation où le mystique entre en contact tangentiellement avec le divin. Certains maîtres pensent qu’il existe une véritable devéqout, unio mystica, d’autres pensent que l’on s’approche d’une véritable communion avec la lumière de l’infini, mais que le qabaliste ne perd pas conscience de son propre moi.   Etymologiquement, le mot yehida signifie « singularité », « unicité ». Dans une première approche, cela correspond au niveau éthique, c’est la manière d’être unique de chacun. Unicité fondamentale d’où découle l’idée de responsabilité. Pour la tradition hébraïque, chaque être humain a une vocation propre, singulière à réaliser, et qu’il est seul à pouvoir réaliser. Il doit répondre à cette vocation, ce projet unique. Là est sa responsabilité.   Au niveau de la méditation, c’est une stade au-delà de la prière.

Les paroles prononcées ici ne sont pas celles qui se disent dans les mots communs des prières que tous prononcent, ce qui était le cas des psaumes. Ici, le qabaliste invente ses propres prières au cours d’une retraite solitaire dans la forêt ou dans la nature.

C’est ce que l’on nomme la hitbodébout (« esseulement »). Cette méditation est très pratiquée encore de nos jours dans le groupe mystique des hassidim de Braslav. Une grande littérature est consacrée à ce sujet.

Le mystique seul médite en silence sur sa vie et son comportement. Il est dans un retour sur lui-même (techouva) et souvent se laisse aller à des pleurs. La qabale contient en effet de nombreux récits où le qabaliste entre dans un état de « pleurement » mystique et de lamentations diverses.

 

Les 12 sephiroth

 

Les dix Sephiroth de vibration universelle émanent de l’Ain Soph qui est l’étoile microcosmique qui guide notre intérieur, l’Être réel de notre Être (voir l’étoile à cinq pointes et le Pentagramme de l’Arcane 5 du Tarot nde). •On parle des dix Sephiroth, mais en réalité elles sont au nombre de douze Sephiroth.

L’Ain Soph est la onzième Sephiroth et son antithèse ténébreuse l’abîme est la douzième Sephiroth (les Kliphos nde).

Ce sont douze sphères ou régions universelles qui se pénètrent et s’interpénètrent mutuellement sans se confondre. Les douze sphères gravitent dans l’atome central du signe de l’infini. Dans ces douze sphères se développe l’humanité solaire. Nous avons déjà dit que le signe de l’infini se trouve au centre de la Terre, dans son cœur. •Les Sephiroth sont atomiques. •Les dix Sephiroth peuvent se réduire à trois tables : 1.La table des quanta, de l’énergie rayonnante qui vient du Soleil ; 2.La table des poids atomiques des éléments de la nature ; 3.La table des poids moléculaires des composés.

* C’est l’échelle de Jacob, qui va de la terre jusqu’au ciel. Tous les mondes de conscience cosmique se réduisent aux trois tables.

** Une Sephiroth ne peut être comprise sur un seul plan, car sa nature est quadruple. C’est pourquoi les kabbalistes s’expriment clairement en disant qu’il y a quatre mondes.

 

Aziluth : C’est le monde des archétypes ou monde des émanations. C’est le monde divin.

Briah : C’est le monde de la création, aussi appelé Khorcia, c’est-à-dire le monde des sections.

Yetzirah : C’est le monde de la formation et des anges.

Assiah : C’est le monde de l’action, le monde de la matière. •Les Trois Sephiroth de la forme se trouvent sur le Pilier de la Rigueur (Binah, Geburah, Hod). •Les Trois Sephiroth de l’énergie se trouvent sur le Pilier de la Miséricorde (Chokmah, Chesed, Netzah).

Entre ces deux Piliers se trouve le Pilier de l’Equilibre, où sont les différents niveaux de la conscience (Kether, Tiphereth, Jesod, Malkuth).

•Les dix Sephiroth connues proviennent de Sephira, la Mère divine qui réside dans le Temple Cœur.

 

IO est le mantra de la Mère divine et les émanations de la Prakriti sont au nombre de 10, en d’autres mots les dix Sephiroth.

 

* Kether est le Père en nous, un souffle de l’Absolu qui est en lui-même profondément inconnu. Kether est l’Ancien des Jours et chacun de nous au fond, est un bienheureux Ancien des Jours.

Chokmah est le Fils (le Fils de l’Homme nde), le Christ atomique en nous. Binah est la Mère en nous, l’Esprit Saint en nous.

Kether, Chokmah et Binah sont notre Couronne des Sephiroth (le chakra Sahasrara, chakra coronal ou chakra couronne, appelé église de Laodicée en ésotérisme chrétien – voir les chakras dont les sept chakras ou 7 chakras, les sept églises ou 7 églises de la fin des temps nde).

* Le Père très aimé, le Fils très adoré et le très sage Esprit Saint vivent dans les profondeurs de notre conscience superlative, attendant l’instant suprême de notre réalisation.

* L’Esprit Saint est notre Mère divine, qui revêt un manteau bleu et une blanche tunique aux splendeurs exquises. La Mère porte dans sa main une lampe précieuse. Cette lampe est l’Intime qui brille au fond de nos cœurs.

 

L’Intime est contenu dans un vase d’albâtre fin et transparent. Ce vase est notre propre conscience superlative, c’est notre Bouddhi. L’Intime est la sephiroth Chesed, la Bouddhi est la sephiroth Geburah. •L’Intime et la Bouddhi s’expriment à travers l’âme humaine.

L’âme humaine est Tiphereth, la volonté, la beauté. Ainsi donc l’Intime avec ses deux âmes, la divine (âme spirituelle nde) et l’humaine, officie sur son trône qui est le système nerveux cérébro-spinal. •L’Intime est couronné de la Couronne des Sephiroth. •L’Intime habite dans son Temple.

Le Temple de l’Intime a deux Colonnes : Jakin et Bohaz. Jakin est le corps mental et Bohaz est le corps astral. Le mental est la Sephiroth Netzah, l’astral est la Sephiroth Hod.

** Ces deux Colonnes du Temple s’appuient sur la pierre cubique de Jesod. Cette pierre cubique sert également de fondement au royaume de Malkuth. Cette pierre cubique est le corps éthérique et Malkuth est le corps physique.

 

L’homme est donc une décade complète. Nous avons dix doigts dans les mains, dix Sephiroth et dix commandements. •Lorsque l’Ancien des Jours réalise les dix Sephiroth en lui-même, il se transforme en Adam-Kadmon, en homme céleste.

Celui qui réalise les dix Sephiroth en lui-même resplendit dans le monde de la lumière avec un éclat christique ineffable. •Quand l’Ancien des Jours réalise les dix Sephiroth en lui-même, les dix Sephiroth resplendissent dans le monde de la lumière comme des pierres précieuses, comme des pierres resplendissantes dans le corps de l’Ancien des Jours.

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’esprit dit aux Eglises (les sept églises nde) : au vainqueur, je ferai manger de l’Arbre de Vie placé dans le Paradis de Dieu. » Apocalypse 2:7 (le Message du Verseau est le livre de l’Apocalypse dévoilé pour la fin des temps nde). •Les dix Sephiroth resplendissent comme des pierres précieuses dans le corps de l’ANCIEN DES JOURS.

 

C’est ainsi que nous nous convertissons en la Jérusalem Céleste, qui est ainsi décrite :

« Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toute sorte : la première assise est de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d’émeraude, la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolite, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d’hyacinthe, la douzième d’améthyste. » Apocalypse 21:19-20. •Les dix Sephiroth sont atomiques. •Les dix Sephiroth sont la ville sainte, la Jérusalem Céleste qui vient à resplendir au fond de notre cœur.

« Au milieu de la place de part et d’autre du fleuve, il y a des arbres de vie qui fructifient douze fois, une fois chaque mois ; et leurs feuilles peuvent guérir les païens ».

« De malédiction, il n’y en aura plus ; le Trône de Dieu et de l’Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront, ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. » (voir le chakra Ajna, le chakra frontal ou chakra du troisième oeil, appelé église de Philadelphie nde).

« De nuit, il n’y en aura plus ; ils se passeront de lampe ou de soleil pour s’éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière, et ils régneront pour les siècles des siècles. » Apocalypse 22:2-5.

* Quand l’homme aura incarné en lui-même sa Couronne de Sephiroth, alors l’Ancien des Jours l’éclairera et régnera pour les siècles des siècles.

** Cependant, frères de mon âme, je vous dis en vérité que personne ne parvient au Père si ce n’est par le Fils (le fils de l’homme nde). Le Fils est le Christ atomique en nous, il est Chokmah, la divine sagesse christique, la Gnose qui resplendit au fond de notre cœur (la doctrine du coeur est Amour, Don et Compassion nde).

# Nous devons inonder tous nos véhicules d’atomes de nature christique (cultiver l’Amour, le Don et la Compassion avec l’Esprit de Dieu nde), nous devons former le Christ en nous pour monter au Père, car personne ne parvient au Père sans passer par le Fils.

*** Même si le Christ naissait mille fois à Bethléem, cela ne servirait à rien s’il ne naissait aussi dans notre cœur. Il faut former le Christ en nous pour entrer par les portes de la ville triomphante et victorieuse, le dimanche des Rameaux.

La nativité est un événement cosmique qui doit se réaliser en chacun de nous. La nativité est absolument individuelle. Il est nécessaire que le Christ naisse en nous, la nativité du cœur est urgente.

Il faut transformer l’Arbre de la science du bien et du mal en l’Agneau immolé de la cité sainte.

 

« Le vainqueur, j’en ferai une Colonne dans le Temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus jamais. » Apocalypse 3:12.

« Reste fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la Couronne de Vie. » Apocalypse 2:10.

« Je suis le pain de vie, Je suis le pain vivant. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier Jour (voir la résurrection nde). Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » Jean 6:48,51,54,56.

 

Le Christ est réellement une Couronne de Sephiroth d’une sagesse incommensurable, dont les atomes les plus purs resplendissent dans Chokmah, le monde d’Ophanim.

* Cette Couronne de Sephiroth incommensurable envoya son Bouddha, Jésus de Nazareth, qui se prépara à travers d’innombrables réincarnations dans notre évolution terrestre. Ce fut dans le Jourdain que la couronne christique, le Logos solaire, resplendit et pénétra dans son Bouddha, Jésus de Nazareth.

C’est là le mystère de la double personnalité humaine, l’un des mystères les plus grands de l’occultisme. •Quand l’homme reçoit sa Couronne de Sephiroth, alors l’Ancien des Jours l’illumine et le conduit vers les eaux pures de la vie (les eaux très pures de l’Eden sont le divin miroir de l’Amour nde).

Cependant, mes frères, personne ne parvient au Père sans passer par le Fils, et le Fils (le Fils de Dieu nde) se trouve au fond de l’Arche de l’Alliance, attendant l’instant de la réalisation.

Cette Arche de l’Alliance, ce sont les organes sexuels. Ce n’est qu’au moyen de la chasteté parfaite que nous pouvons former le Christ en nous et monter au Père.

Maintenant, mes frères, je vous ai livré l’Arche du Nouveau Testament. Je vous ai maintenant enseigné le chemin de la Magie sexuelle (le sentier du fil du rasoir nde).

« Alors s’ouvrit le temple de Dieu dans le ciel et son Arche d’Alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru. » Apocalypse 11:19.

 

Source : compilation

Martinez de Pasqually, par Constant Chevillon 20 décembre, 2017

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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L’homme dont je veux aujourd’hui vous retracer l’existence visible, la doctrine et les réalisations, a traversé le monde comme un météore. Un voile opaque recouvre ses origines et l’absorbe à l’heure de sa mort. On ignore à peu près tout de ses antécédents et sa postérité semble s’être engloutie avec lui dans un tombeau inconnu.

Cet homme, c’est Dom Martinez de Pasqually, plus connu dans les milieux occultistes sous le nom de Martinez Pasqually. Est-ce là son véritable patronyme ? On l’ignorera probablement toujours, car Martinez, pour dépister les curieux s’est décerné lui-même mille identités diverses. Il s’est fait appeler aussi Jacques Delivron, Joachim de la Tour, de la Case, de las Cases ou de las Casas… Son nom est aussi protéïforme que son esprit, mais historiquement, il est et restera Martinez de Pasqually.

Jamais peut-être au cours des âges, une floraison d’illuminisme comparable à celle du XVIIIème siècle n’avait été enregistré. On vit tour à tour, ou simultanément : St Germain, Cagliostro, Dom Pernetty, Falck, Swedenborg, Weishaupt, l’Elias d’Artista de Hambourg, le groupe des Philalèthes, et cent autres… Des princes et des rois comme Frédérick de Prusse et Stanislas-Auguste de Pologne versèrent dans la science sacrée. Mais parmi ses figures titanesques de l’Occulte, aucune n’eut le relief et l’éclat de MZ de PY.

Quel était donc cet homme étrange et mystérieux ? Mille légendes ont couru et courent encore sur son compte. Sa race a été fortement discutée. On a prétendu qu’il était juif ou d’extraction sémitique orientale, portugais, espagnol, italien, allemand et enfin français. Était-il juif ?

Les tenants de l’opinion ont exploité comme preuve à l’appui le fait que son prénom était Joachim et que son habitat prolongé à Bordeaux se situait dans la rue judaïque, qui était une sorte de ghetto. C’est un raisonnement simpliste et sans consistance, d’autant plus que Martinez protesta toujours de sa catholicité, qu’il se maria à l’Église catholique, qu’il fit baptiser ses enfants et qu’il montra en diverses occasions ses billets de confession.

Était-il de famille juive convertie ?

C’est possible, mais rien ne le prouve et l’énoncer est une assertion gratuite.

Était-il français ?

C’est aussi improbable, car sa façon maladroite de manier notre langue – ce qui lui est véhémentement reproché par les voix de la critique – prouve le contraire. Il était très probablement espagnol. Ceci résulte de la patente maçonnique délivrée à son père par la grande Loge de Stuart en 1738, dont une copie fut déposée à la Grande Loge de France en 1763 par MZ de PY lui-même. D’après cette patente, le père de MZ portait le titre d’Écuyer et était né à Alicante en 1671… Et ceci serait corroboré par les connaissances kabbalistiques approfondies de notre illuminé, car l’Espagne reste la patrie incontestable de la Kabbale moderne.

L’année de sa naissance est assez controversée, mais il est probable qu’elle se situe dans l’année 1710. Il naquit à Grenoble, ou tout au moins dans la région dauphinoise… D’où la tendance de certains historiens à le proclamer français.

Sa vie en quelque sorte publique est postérieure à 1750. Nous n’avons aucun renseignement sur la formation et les occupations de MZ de PY avant cette date. Ses disciples, même les plus aimés, comme l’Abbé Fournié, de Grainville, Saint Martin, Willermoz, ont tout ignoré de cette période. Aussi la légende eut et a beau jeu… On a fait voyager Martinez de par toute la terre.

Il serait retourné en Espagne (c’est probable, mais pas prouvé), il aurait visité l’Italie, l’Allemagne et les pays scandinaves, l’Angleterre, le proche, le moyen et l’Extrême-Orient… On a prétendu, et Papus s’en est fait personnellement l’écho, qu’il aurait été initié à Londres par Swedenborg. Or de tout ceci, rien n’est certain et aucun document historique ne peut-être fourni à l’appui de la moindre assertion. L’initiation swedenborgienne en particulier a été inventée de toutes pièces. Des recherches multiples ont été effectuées et aucune trace de la venue de MZ de PY à Londres n’a été découverte. Du reste, les similitudes de doctrines constatées entre le martinézisme et l’Église du prophète du Nord, s’expliquent facilement… Elles sont basées toutes deux sur la commune tradition retrouvée et rénovée à cette époque. Les occultistes savent à quoi s’en tenir et pas est besoin de faire appel ici à un contact entre les deux illuminés. L’esprit critique de Papus a été singulièrement en défaut, dans ce cas comme dans plusieurs autres. Bref, de tous les voyages, plus ou moins imaginaires que l’on prête à Martinez, un seul ne peut être sujet à caution, c’est celui qu’il fit en Chine… Car il dit en propres termes dans son traité de la réintégration qu’il a vu par lui-même les craintes des Chinois au sujet de certains êtres hideux, vraisemblablement des dragons.

À partir de 1754, Martinez avait alors 40 ans, son passage est relaté dans plusieurs villes du sud-est de la France. Il était alors en possession de ses théories principales, sinon « in extenso » et nettement formulées par écrit, du moins en puissance dans son esprit… Il commençait son apostolat, sa mission initiatique. On le voit tour à tour à Marseille, Avignon, Montpellier, Narbonne, Foix et Toulouse. On sait quand il arrive, on ne sait pas d’où il vient… On le voit partir, on ne sait pas où il va… C’est le mystère qui continue. En chaque ville où il s’arrête, Martinez fréquente les Loges maçonniques et là, il prêche sa doctrine, recueille des adhérents pour son Ordre des Élus Cohens. Nous verrons tout à l’heure la teneur des doctrines et le fonctionnement du Rite des Élus Cohens… C’est à dire des prêtres élus. En 1762, il est à Bordeaux… C’est là qu’il va s’établir et que pendant 10 ans, il rayonnera son influence, soit directement par lui-même, soit indirectement par ses disciples sur une grande partie de l’Occident Européen. Dès son arrivée, il s’affilie à la Loge « La Française », la seule alors en activité dans la ville. Il va la rénover, lui insuffler son esprit et lui donner de nouvelles constitutions sous le nom de la « Française Elue et Ecossaise ». Il la fera agréer par la Grande Loge de France en 1765 et établira en France, au moins, une dizaine de Temples Cohens sans compter les groupes incomplets. Ses disciples sont nombreux et de qualité, car il s’adresse à la seule élite. Citons parmi eux de Grainville, de Lusignan, Saint Martin, Bacon de la Chevalerie, Willermoz, de Ségur, l’abbé Fournié, l’abbé Rosier, Cazotte, du Chanteau, d’Holbach, du Ray d’Hauterive, le prince de Hesse-Cassel, Lavalette de Lange, le baron de Gleichen, etc., etc.

En 1767, Martinez donne à son Ordre une forme administrative en créant le suprême tribunal de Paris avec Bacon comme substitut, de Loos, du Guers, de Lusignan et Faugier. Cette même année, il se marie avec la nièce d’un ancien major du régiment de Foix, Melle de Colas de Saint Michel qui lui donna deux fils, l’un en 1768, l’autre en 1771. Mais ces deux enfants disparurent probablement pendant la période révolutionnaire, sans laisser de traces. L’année 1768 fut particulièrement brillante pour l’Ordre des Élus Cohens. À cette date, en effet, L.C. de Saint Martin entre dans l’intimité de MZ et J.B. Willermoz est ordonné Réaux-Croix par Bacon de la Chevalerie. L’influence de ces deux hommes fut énorme, car par eux, l’enseignement du Maître a été transmis à la postérité. Les années suivantes furent moins fécondes et surtout plus agitées. En 1769, du Guers, un des disciples favoris de Martinez, se révolte contre lui et le couvre d’opprobres…, il faut même aller devant la Justice pour mettre fin aux calomnies et aux accusations tendancieuses. L’expulsion de du Guers ne ramena pas pour autant la paix…, les adeptes, et surtout les R+ se plaignent amèrement d’être laissés sans directives et de tout ignorer des doctrines suprêmes dont la révélation leur a été promise. Ils réclament souvent avec véhémence, Bacon de la Chevalerie en tête, qui reprend à son compte les attaques de du Guers. La raison de cette levée de boucliers est simple et quelque peu plausible. Martinez, malgré son génie initiatique, travaille par tempérament dans l’incohérence et il exprime difficilement ce qu’il conçoit à la perfection. Il a donc négligé de rédiger ses enseignements essentiels… Il ne laisse apercevoir à ses disciples anxieux que des lueurs dans la nuit. La lutte est longue et parfois douloureuse, mais MZ finit par s’imposer. Il réagit contre son indolence naturelle… Les instructions se suivent plus régulièrement, et Willermoz en particulier se voit gratifié d’une volumineuse correspondance cérémonielle. Puis en 1771, St Martin quitte définitivement la carrière militaire, il devient le secrétaire de Martinez. Sous l’impulsion de cet esprit ordonné, de cette intelligence lucide, le maître travaille pour ainsi dire, jour et nuit. Les rituels des divers grades sont écrits, les catéchismes paraissent, et le livre de la réintégration des êtres, cet exposé parfois magistral et souvent nuageux de la doctrine martinéziste, est mis en chantier. Sa rédaction, hélas, est interrompue par le départ de MZ, et il ne l’a jamais achevé. En 1772, en effet, MZ s’embarque pour St Domingue. Il devait y recueillir un héritage. Il avait dans cette île des parents plus ou moins proches, mais leur identité est restée inconnue et personne n’a jamais tenté de sonder le mystère de cette parenté qui eut pu sans doute jeter quelque lumière sur les origines du Maître. A St Domingue, MZ continue son prosélytisme. Il créa à Port-au-Prince, 1773, un tribunal souverain analogue à celui de Paris avec Coignet de Lestève comme substitut général. Plusieurs Temples furent créés, notamment à Léogane. Mais, épuisé par son effort, et peut-être aussi par le climat, il fut pris par les fièvres et mourut le 20 septembre 1774 en désignant pour ses successeurs à la tête de l’Ordre des Élus Cohens, Coignet de Lestève. Mourut-il à Port-au-Prince, à Léogane ou ailleurs… Nul ne le sait, et en tout cas le lieu de sa sépulture n’a jamais été identifié.

Telle fut la vie de MZ de PY dans ce qu’elle a d’historique. Il a donc bien traversé le ciel de l’illuminisme comme un météore, son lieu d’origine évident, sans terme d’aboutissement. Mais il reste de lui sa doctrine et son Ordre des Élus Cohens. Tous les historiens sont allés prônant que les Élus Cohens n’existaient plus…, avaient disparu avec Willermoz… Ils se sont trompés et se trompent… L’Ordre de Martinez a existé sans interruption jusqu’à nos jours, et il est encore bien vivant à l’heure actuelle. Seulement, nos modernes R+ sont des silencieux… Ils se connaissent entre eux, et personne ne les connaît, les historiens profanes de l’ésotérisme moins que tout autre. Certes, leurs doctrines et leurs pratiques ne s’identifient pas de façon absolue avec celles du XVIIIème siècle, car ils ont assimilé 150 ans de sciences positives, mais les enseignements donnés par MZ restent les colonnes de leur Temple et le but de jadis est toujours leur étoile flamboyante.

Quelle fut donc la doctrine de MZ de PY et où la trouverons-nous ?

Elle est contenue dans trois séries de documents qui sont : Les rituels de l’Ordre des Cohens… Les lettres fort longues et explicites écrites à Willermoz… Son traité De la réintégration des êtres.

Je ne vous parlerai pas des premiers ni des seconds. Ces documents préparent en effet les adeptes à l’intelligence et à la réalisation des opérations théurgiques… et il ne m’appartient pas, en ce lieu, et en ce moment, de vous guider dans cette voie. Mais la doctrine du Maître, celle exposée tout au long de son traité De la réintégration des êtres, est d’ordre universel et n’est pas l’apanage de tel ou tel individu… elle appartient à l’humanité toute entière. Le traité, du reste, a été publié de façon intégrale dans un texte qui semble s’écarter quelque peu de sa version originale, mais qui, néanmoins, la laisse transparaître dans toute son ampleur. Nous allons d’abord, si vous le voulez bien, en établir le schéma… puis nous en examinerons le développement et je vous en donnerai un court extrait pour vous familiariser avec la manière du Maître qui n’est pas ordinaire et demande au débutant une attention plus que soutenue.

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Le traité De la Réintégration, en effet, est écrit en un style apocalyptique, sans syntaxe et sans construction… preuve évidente que MZ de PY, né en un siècle où la langue littéraire était tout particulièrement chatiée et impeccable, n’était pas d’extraction française. De plus, on n’y trouve, ni plan d’ensemble, ni division, ni suite logique des idées. L’exposé des doctrines est toujours incomplet et laisse entrevoir des sous-entendus gros de conséquences. Souvent pour ne pas dire toujours, la solution d’un problème est séparée des prémisses par des pages et des pages à première vue sans portée. L’étude de cet ouvrage est âpre pour tous, elle est hors des possibilités d’un lecteur superficiel, mais, par instant, des éclairs fulgurants, des traits de Lumière insondable terrassent l’intelligence et montrent le génie du rédacteur. C’est le type même du livre hermétique.

Que contient donc ce traité à la fois merveilleux et caché ? La prévarication et la chute de l’esprit.

La prévarication et la chute de l’homme dans la matière. L’histoire du monde consécutive à ces chutes successives.

L’explication transcendante du Mal et la puissance corrélative des forces mauvaises…, puis, pour couronner cette dramatique genèse de l’Univers visible et invisible, il expose la possibilité et la nécessité de la réintégration hominale, c’est-à-dire le retour de la race humaine dans un état primitif de sainteté, de Gloire et de puissance anté-catabolique. Ici, précisément, interviennent les documents dont je vous parlais tout à l’heure et qui, tout en développant sous des voiles adéquats les mêmes théories, donnent les raisons et les moyens de ce retour à notre premier état d’émanation.

Ce simple exposé indique avec évidence la source des inspirations de Martinez. Il a puisé dans la tradition universelle transmise aux constructeurs de cosmogonies…, à Moïse, comme aux autres. Mais il dépasse singulièrement tous les systèmes développés avant lui-même, même le Pentateuque. Il prend l’oeuvre divine à son origine elle-même, au moment des émanations spirituelles…, il entrevoit la chute des Esprits, c’est à dire la catabole luciférienne.

Puis, il décrit et commente la catabole édénale, non seulement dans ses conséquences purement matérielles, mais dans son essence spirituelle en abordant le problème du Mal…, et non content de ces constatations, qu’on peut qualifier de pseudo-historiques sans en affaiblir la réalité, il aperçoit le cycle de réversibilité qui permettra à l’homme de transposer sa chute verticale en courbe parabolique pour réintégrer la sphère des émanations divines.

Examinons maintenant les détails de l’enseignement du Maître. Au début de la cosmogonie, nous assistons à la première émanation des essences spirituelles. Ces essences, et ici, je commente moi-même, car Martinez n’en dit pas tant…, ces essences sont la projection des Idées de Dieu… leur extériorisation est menée à l’existence par sa Volonté toute puissante. Elles sont donc, non pas identiques, mais analogues à Dieu. Leur potentialité est divine et par conséquent, les actes qu’elles sont appelées à réaliser seront des actes divins. Mais ces actes n’auront de valeur effective qu’avec le concours de Dieu…. la puissance émanée étant en vertu de la force centripète, entièrement au centre d’émanation. Elles agiront donc selon la norme prévue et Dieu animera leurs actes de son souffle personnel…, il y aura collaboration intime et voulue. Ainsi pourraient être émanés d’autres êtres spirituels…, les essences premières engendreront une postérité soumise au Principe Emanateur…, et l’orgueil s’empara de certains éléments émanés. Pesant toute la puissance qu’ils avaient reçue, ils conçurent le projet d’émaner par eux-mêmes sans la collaboration divine, pour devenir, comme Dieu, des centres radiants de Gloire et de Vie Spirituelle. Ils entrèrent en action, mais Dieu tua dans l’oeuf leur réalisation en s’abstenant d’y participer. Les essences rebelles avaient émané des êtres de raison sans vie et sans puissance qui les alourdirent et les précipitèrent du monde divin, du monde des rapports et des nombres vivants dans le monde des rapports et des nombres morts…, et ce monde devint leur géhenne et leur prison.

Alors Dieu divisa les essences fidèles selon leur degré de puissance, en deux clans…, les esprits supérieurs qui reçurent en partage la sphère sur-céleste, et les esprits majeurs qui habitèrent la sphère céleste, tous deux en rapport direct et harmonieux avec la sphère divine. Puis, pour mettre un sceau, un verrou infrangible, entre le ciel et la sphère terrestre, prison des esprits déchus, il créa un esprit mineur, l’Adam Spirituel chargé de surveiller et de contrôler les exilés. Or, l’Adam Spirituel, en un plan surbaissé, avait néanmoins toutes les qualités du supérieur et du majeur…, il voyait Dieu face à face et lui parlait familièrement…, il pouvait oeuvrer en accord avec Lui et procréer à son tour une postérité spirituelle sans borne et sans fin, animée comme lui-même du Souffle Divin.

Malheureusement, le Mineur se laissa tromper par ceux qu’il était chargé de contrôler et de maintenir en dehors de la sphère céleste. La catabole luciférienne se renouvela. Adam voulut lui aussi créer, non pas des essences spirituelles en accord avec Dieu, mais des êtres semblables à lui et qui lui seraient soumis et lui obéiraient comme il obéissait lui-même à son Créateur. Et comme les essences premières, il émana des corps sans âme et sans Gloire, des formes matérielles qui le happèrent de leurs tentacules et l’entraînèrent dans la sphère terrestre. La matière était créée et consolidée autour de la race humaine. Mais si l’esprit mineur était devenu, par sa rébellion consciente et délibérée, un homme englué dans la matière, et par là privé des prérogatives célestes, le courroux de Dieu ne s’appesantit pas irrémédiablement sur lui. Il s’était laissé séduire et c’était là, pour employer notre moderne langage, une circonstance atténuante. Il obtint donc son pardon conditionnel et il eut désormais pour mission de vaincre les puissances matérielles et de se réintégrer dans sa situation première. Il devait donc procréer une race, selon sa norme nouvelle, qui fut susceptible, avec le concours de Dieu, de supprimer la déchéance attachée à la forme humaine. Malheureusement, Adam et Eve, entraînés par la nouveauté des sensations matérielles, s’abandonnèrent à leur emprise, et la race de Caïn en résulta…, ils retardèrent ainsi leur évolution. Les excès des Caïnistes amenèrent chez eux une salutaire réaction et ils sollicitèrent la collaboration divine qui fut entièrement efficace dans la procréation d’Abel. Celui-ci fut revêtu par Dieu de toutes les vertus spirituelles nécessaires à la complète réintégration. Hélas, la spiritualité d’Abel était trop haute pour ne point porter ombrage à Caïn, l’homme passionnel, et comme sa forme matérielle le rendait vulnérable, son frère l’assassina. Tout était à recommencer.

Adam et Eve procréèrent donc Seth et sa lignée, mais sur un plan mitoyen qui maria la spiritualité à la matière…, or les descendants de Seth, entraînés par cette dernière, s’unirent aux enfants nés de Caïn, et notre actuelle humanité fut le résultat de cette malheureuse union. La déchéance, au lieu de se résorber, s’accentua…, les hommes enorgueillis par leur puissance sur les forces tangibles du Cosmos, devinrent peu à peu ce qu’ils sont aujourd’hui. Ils se ruèrent vers les réalisations phénoménales, s’attachèrent aux jouissances corporelles, s’élançant parfois à l’assaut d’une spiritualité en désaccord avec les principes immuables fixés par le Créateur, pour retomber lourdement dans les griffes de la sensualité.

Or, Martinez, au lieu de se laisser emporter par une vague de pessimisme, nous ouvre ici une fuite vers un chemin. Rares parmi les hommes, quelques unités pourtant, ont conservé les connaissances du mineur ancestral et travaillent inlassablement à nous restituer notre liberté spirituelle. Ainsi, un lien est resté entre la sphère terrestre et les sphères célestes et sur-célestes. Il y a toujours un moyen de reconquérir les privilèges divins de notre race. Les explications du Maître à ce sujet sont parfois fort claires, d’autres fois, elles sont à peine claires et indiquées et deviennent nébuleuses… mais à travers le voile de ses phrases, le plus souvent boiteuses, on aperçoit assez nettement – celui du moins qui possède la volonté de savoir à tout prix – le moyen d’arriver au but… et ce but, Martinez en parle comme de l’« Éther vital », « axe central », « Feu incréé » et des moyens de l’utiliser pour des opérations théurgiques. L’Axe Central, c’est l’Agent de la Réintégration…, cet agent conduit à la « Chose ». La Chose, c’est le signe certain que la réintégration est acquise… c’est le prodrome de l’Illumination et de la béatitude. Comment par l’Agent arriver à la Chose ?… c’est là le secret des opérations théurgiques de Martinez, secret qui appartient à son ordre, dans son ordre, aux seuls R+. Ce secret a été jusqu’à maintenant bien gardé. Certains auteurs ont voulu le percer à l’aide de documents tombés dans leurs mains et ils se sont moqués plus ou moins spirituellement des efforts de Martinez et des R+… eh, bien…, ils se sont trompés et en sont pour leur frais d’esprit. Ils n’ont pas compris parce qu’ils ont voulu pénétrer par violence dans un sentier qui demande une longue marche d’approche… ils ont voulu voir une Lumière subtile sans préparer leurs yeux à la discerner…, ils ont voulu parvenir à la coupole du Temple sans emprunter l’escalier qui permet d’en faire l’ascension. C’est là du reste, l’héritage de tous les exégètes qui veulent sonder un texte à la seule lumière de la logique et de la raison sans se préoccuper de l’ambiance… sans se mettre en état de réceptivité vis-à-vis de la pensée éventuellement enfouie sous le voile des termes et des concepts.

Pour comprendre la doctrine de MZ de PY, et le bien-fondé de ses opérations théurgiques, il faut autre chose qu’une analyse, même approfondie de ses oeuvres…, il faut se soumettre à la discipline physique, intellectuelle et morale…, il faut placer en fondation de l’ascèse ultérieure : l’humilité…, l’abnégation…, et la charité. Hors de cela tout est vain et tout effort est parfaitement stérile.

Je vais maintenant vous donner lecture d’un court passage du traité De la réintégration. Ce texte est particulièrement caractéristique de la doctrine du Maître Illuminé et de sa manière de s’exprimer. Il va illustrer tout ce que je viens de vous dire en y jetant un curieux rayon de lumière vive. Il s’agit de la prévarication d’Adam et de ses suites jusqu’à sa postérité actuelle ( Page 59 à 68 ):

« Adam et Eve, ayant éprouvé la peine cruelle dont nous venons de parler, et ne connaissant rien de positif que cet événement annonçait, soit pour eux, soit pour la postérité première et celle à venir, se prosternèrent dans la plus grande douleur et la plus grande Foi devant le Seigneur, pour lui demander grâce et miséricorde du crime que Caïn avait commis sur leur fils, Abel, n’ayant en lui ni le pouvoir, ni la force de venger de leur propre autorité le sang du juste par l’effusion de celui du coupable, et sachant bien que la vengeance n’appartient qu’au Créateur.

L’Éternel exauça les prières et lamentations d’Adam et d’Eve sur la mort de leur fils, Abel. Il leur envoya un interprète spirituel qui leur apparut et leur expliqua le type du crime commis par Caïn, en leur disant :

“…, Vous avez bien raison de regarder le meurtre d’Abel comme une perte considérable et comme une marque de la colère de Dieu qui doit rejaillir sur vos descendants jusqu’à la fin des siècles. Vous devez encore la considérer comme un reste du fléau de la justice divine pour l’entière rémission de votre premier crime, et pour votre parfaite réconciliation ; mais le Créateur, qui a connu votre retour parfait et votre résignation, m’envoie auprès de vous pour calmer vos peines et vos larmes sur le malheureux évènement que vous regardez comme irréparable. Le Créateur vous dit par ma parole que vous n’avez l’un et l’autre produit cette postérité d’Abel que pour être le vrai type de celui qui viendra dans un temps, pour être le véritable et l’unique réconciliateur de toute votre postérité. Sachez encore, l’un et l’autre, que Caïn, que vous regardez avec raison comme criminel, ne l’est pas tant qu’Adam l’a été envers le Créateur. Caïn n’a frappé que la matière et Adam a pris le trône de Dieu par la force : voyez s’il est plus criminel que vous.

Votre fils Caïn est encore un type de la prévarication des premiers esprits qui ont séduit Adam et qui lui ont réellement donné la mort spirituelle, en précipitant son être mineur dans une forme de matière passive, ce qui l’a rendu susceptible de privation divine, et a changé sa forme glorieuse en une forme matérielle sujette à être anéantie, sans pouvoir être mise dans sa première nature de forme apparente, après sa réintégration dans le premier principe des formes apparentes, que l’axe central dissipera aussi promptement qu’il l’a formé. Soyez fermes et persévérants dans votre confiance dans l’éternel ; le terme de votre réconciliation est rempli…

Adam répondit :

« …, que la volonté de mon Créateur soit la mienne… » Je vais entrer maintenant dans l’explication des types véritables que font tous les événements que j’ai racontés. Adam, par sa postérité temporelle, fait la figure du Créateur…, et cette postérité d’Adam fait la figure des esprits que le Créateur avait émané de Lui pour sa plus grande Gloire et pour lui rendre un culte spirituel. Vous avez vu que ces esprits peuvent se considérer comme aînés à Adam, ayant été émanés avant lui. Vous savez aussi que ces esprits ayant prévariqué, l’Éternel les éloigna de sa présence, qu’il émana et qu’il émancipa de son Immensité Divine un être spirituel mineur pour les contenir en privation, et que ce mineur que nous nommons Adam et Réaux, n’était par conséquent que le second né spirituellement de ces premiers esprits, et qu’il sortait, ainsi qu’eux, du Père Divin Créateur de toutes choses.

Je veux donc faire observer que Caïn, fils aîné d’Adam, est le type de ces premiers esprits émanés par le Créateur, et que son crime est le type de celui que ces premiers esprits ont commis contre l’Éternel. Abel, second né d’Adam, fait par son innocence et par sa sainteté le type d’Adam émané après ces premiers esprits dans son premier état de justice et de Gloire divines. Et la destruction du corps d’Abel, opérée par Caïn, son frère ainé, est le type de l’opération que les premiers esprits firent pour détruire la forme de gloire dont le premier homme était revêtu, et le rendre par ce moyen susceptible d’être comme eux en privation divine. Voilà l’explication certaine du premier type que font Adam, Caïn et Abel, par les fâcheux évènements qui leur sont advenus.

Le second type que font ces trois mineurs n’est pas moins considérable, soit par le rapport qu’ils ont avec tout être corporel, céleste, général et terrestre, soit par les évènements qu’ils annonçaient devoir survenir à la postérité du premier homme. Pour s’en convaincre, il faut observer qu’Adam, par les trois principes spiritueux qui composent sa forme de matière apparente, et par les proportions qui y règnent, est l’exacte figure du Temple général Terrestre, que nous savons être un triangle équilatéral, ainsi qu’on le verra physiquement par la suite. Adam avait en son pouvoir une végétation corporelle, de même qu’il est de la nature de la Terre de végéter. Adam n’a pu végéter que deux sortes de végétations : la masculine et la féminine. La terre ne peut également produire que ces deux espèces de végétations, soit dans les animaux passifs, soit dans les plantes et autres végétaux. Mais je vous apprendrais que, outre le pouvoir qu’a le corps de l’homme de se reproduire corporellement, il a encore celui de végéter des animaux passifs, qui sont réellement innés dans la substance de cette forme matérielle. Voici d’où nous l’apprenons :

Lorsque l’être-agent spirituel a quitté sa forme, cette forme devient en putréfaction. Après que cette putréfaction est faite, il sort de cette formecorporelle des êtres que nous appelons reptiles qui subsistent jusqu’à ce que les trois principes spiritueux, qui ont coopéré à la forme corporelle de l’homme, soient réintégrés. Il ne faut pas croire que cette putréfaction vienne d’elle-même, ni directement de la forme corporelle, mais il faut savoir que le séminal de toutes choses sujettes à la végétation est inné dans l’enveloppe soit terrestre, soit aquatique. Ainsi le corps de l’homme, étant provenu de la Terre générale et ayant innés dans sa forme de matière les trois principes qui ont coopéré chez lui à former son enveloppe soit terrestre, soit aquatique, il n’est pas douteux qu’il réside encore en cette forme particulière un séminal d’animaux susceptibles de végétation. C’est par ce séminal que la putréfaction arrive dans les corps après ce que l’on appelle vulgairement la Mort.

Les trois principes que nous appelons, Soufre, Sel et Mercure, opérant par leur réintégration, entrechoquent, par leur réaction, les ovaires séminaux qui sont dans toute l’étendue du corps. Ces ovaires reçoivent encore par là une nouvelle chaleur élémentaire qui dépouille l’espèce animale reptile de son enveloppe, et cette enveloppe ainsi dissoute, se lie intimement avec l’humide grossier du cadavre. C’est la jonction de cette enveloppe des reptiles avec l’humide grossier du cadavre qui opère la corruption générale du corps de l’homme et qui le met ensuite à sa dernière fin de forme apparente. C’est donc toujours par la réaction des trois principes opérants que provient la putréfaction.

On peut vérifier ceci sur la forme d’un cadavre où l’on verra opérer la vérité de ce que je dis en touchant la putréfaction. (Mav Benach?).

Outre le type de la prévarication des premiers esprits et celui de leur attaque victorieuse contre le premier homme, Caïn fait encore le type de la séduction impie et funeste dont ces mauvais esprits useraient envers les futures postérités d’Adam, ainsi qu’il venait de la faire dans sa première postérité. Nous le voyons dans le premier crime qu’il commit sur son frère Abel, et dans la séduction dont il usa envers ses propres soeurs, lorsqu’il les engagea d’être les témoins de ce qu’il allait effectuer sur la personne de leur frère, selon qu’ils avaient projeté ensemble. Caïn, après sa prévarication, fut obligé d’aller vivre avec ses deux soeurs dans la partie du midi où il fut relégué à demeure fixe par l’ordre du Créateur et par l’autorité d’Adam. C’est là le type du lieu où les démons ont été relégués pour être contraints d’y opérer leur volonté et leur intention malfaisante, soit contre le Créateur, soit contre les mineurs des deux sexes, l’homme et la femme étant susceptibles de retenir impression de l’intellect démoniaque. Ce lieu du Midi est encore le type de la partie universelle où le Créateur manifestera sa justice et sa gloire à la fin des temps. C’est aussi dans ces lieux que les justes manifesteront leurs vertus et puissances, à la honte des esprits pervers et à celle des mineurs réprouvés.

Cette partie méridionale, ayant été maudite du Créateur, et étant marquée par l’écriture pour être l’asile des Majeurs et des mineurs qui auront prévariqué, je dirai de plus de ces trois personnages : Caïn et ses deux soeurs, par leur nombre ternaire, annoncent la prévarication de la forme corporelle terrestre de l’homme que l’intellect démoniaque séduit par la jonction, qu’il fait avec les trois principes spiritueux qui constituent toute forme corporelle.

Vous savez que le nombre ternaire est donné à la terre, où à la forme générale, et aux formes corporelles de ses habitants, de même qu’aux formes des habitants célestes. Ce nombre ternaire provient de trois substances qui composent les formes quelconques que nous nommons : les principes spiritueux qui sont le Soufre, le Sel et le Mercure qui émanent de l’imagination et de l’intention du Créateur. Ces trois produits ayant été produits dans un état d’indifférence, l’Axe Central les a disposés et les a opérés pour leur faire prendre une forme et une consistance plus consolidée ; et c’est de cette opération de l’Axe Central que proviennent toutes les formes corporelles, de même que celles dont les esprits pervers doivent revêtir pour leur plus grande suggestion.

C’est aussi par conséquent, de ces mêmes substances qu’étaient composées les formes corporelles de Caïn et de ses deux soeurs dont nous expliquons maintenant le type. Au sujet du nombre neuvaire ( Ternario Formatur – nonenario dissolvitur) je dirai donc qu’il n’est point étonnant que les esprits majeurs pervers et leurs agents se tiennent de préférence et plus volontiers à la forme corporelle de l’homme qu’à tout autre, puisque cette forme humaine avait été premièrement destinée pour eux. Nous voyons d’ailleurs la preuve de l’ultime liaison des esprits malins avec le corps de l’homme dans les paroles que le Christ adressa à ses apôtres, à la fin de sa dernière opération temporelle au jardin des Oliviers. Quand il fut revenu les rejoindre, il les trouva endormis et leur dit en les réveillant : « Ne dormez pas, car la chair est faible et l’esprit est prompt ». C’est par cette facilité avec laquelle l’esprit malin se communique à la forme corporelle de l’homme que les trois personnes dont nous parlons laissèrent corrompre les principes spiritueux qu’ils avaient innés dans leur forme. L’intellect démoniaque s’insinua et se joignit entièrement à la forme de ces trois mineurs ; et de là parvint à séduire l’agent spirituel qui y était renfermé et qui devait diriger et gouverner cette forme au gré du Créateur. Cette insinuation produisit une telle révolution sur ces trois mineurs qu’il ne fut plus en leur pouvoir de se délier de l’intime correspondance qui régnait entre eux ; par la parfaite sympathie qu’ils avaient contractée tous les trois avec l’intellect démoniaque., il n’y avait entre eux qu’une seule intention, qu’une seule pensée et une seule action. On a jamais vu une pareille union parmi les hommes de tous les siècles, et il est impossible que trois personnes différentes et libres agissent de la sorte, si elles ne sont conseillées et conduites par un bon ou un mauvais esprit.

C’est donc de ces trois personnes, possédées du Prince des démons, que nous sortons, comme je l’ai dit, le nombre neuvaire de matière, savoir : en additionnant les trois principes spiritueux et essences premières, leurs trois vertus et leurs trois puissances démoniaques, ainsi qu’il suit :

1°- Trois principes à Caïn, trois à sa soeur aînée, trois à sa soeur cadette = 9 .

2°- Trois vertus à Caïn, trois à sa soeur aînée, trois à sa soeur cadette = 9. 3°- Trois Puissances à Caïn, trois à sa soeur aînée, trois à sa soeur cadette = 9 .

Mais pour vous convaincre que le nombre neuvaire de matière sort de ses mineurs, il ne faut que voir leur opération démoniaque, et comme ils ont perpétué leurs opérations criminelles jusqu’au juste châtiment que le Créateur exerça sur toute leur postérité, châtiment que l’Écriture nous a fait connaître en nous apprenant que l’Éternel frappa toute la terre et ses habitants par le fléau des eaux, et que, par ce moyen, la postérité coupable de ces trois mineurs, ainsi que les hommes qu’ils avaient séduits, furent anéantis. C’est depuis cette époque que le nombre neuvaire est parvenu à la connaissance, de même que la mystérieuse addition qui suit :

3 Additionnez le produit de tous ces 3 nombres qui est 27, vous y trouverez 3 2 et 7 font 9.

Multipliez 27 par 9, cela vous donnera 3 toujours 9. Si vous multipliez ce produit à l’infini il vous reviendra toujours 9.

C’est là ce que j’avais à vous dire sur le nombre neuvaire. Voulant vous faire connaître les autres types considérables que Caïn fait encore dans cet Univers, je vous apprendrai que Caïn fait le type de l’élection des prophètes que le Créateur devait envoyer par la suite des temps parmi la postérité d’Adam. Il vous a été enseigné que, lorsque Caïn eut détruit l’individu de son frère Abel, il se retira dans sa demeure ordinaire, où, étant à réfléchir sur son crime, il lui survint une voix spirituelle divine qui lui demanda ce qu’il avait fait de son frère Abel. Caïn répondit brusquement : « suis-je le gardien de mon frère ? ». Après cette réponse, l’esprit lui fit une attraction si considérable, soit sur sa forme corporelle, soit sur son être mineur qu’il fut aussitôt terrassé ; et dans cette situation, il se réclama à son Créateur en disant : « Seigneur ! Ceux qui me rencontreront me tueront ». À cette considération, l’Éternel, Père de miséricorde, voyant la consternation de Caïn et voulant le préserver du reproche et de la vengeance que sa postérité aurait pu exercer contre lui, le fit marquer d’un sceau préservatif et l’esprit qui le marqua dit : « De par l’Éternel, quiconque frappera Caïn de mort sera puni de mort sept fois ». Caïn se retira ensuite avec ses soeurs dans le lieu qui lui avait été relégué. Il eut dans cet endroit une postérité de dix mâles et de onze femelles. Il bâtit dans cet endroit une ville qu’il nomma Hénoch. Il imagina, pour coopérer à son entreprise, de fouiller dans les entrailles de la Terre, et il prépara les matières qu’il en retira afin de leur donner les formes convenables aux usages qu’il voulait en faire, et fit cette opération avec son premier-né qu’il avait nommé Hénoch. Il laissa son secret, soit pour la fonte des métaux, soit pour la découverte des mines, à son fils nommé, Tubal-Cain. C’est de là qu’il nous est venu que Tubal-Caïn était celui qui avait découvert le premier la fonte des métaux.

Caïn était un grand homme de chasse, il avait également élevé tous ses enfants mâles à la chasse, et surtout son dixième fils, en qui il avait mis tout son attachement. Il ne donna à ce fils d’autre talent que celui de la chasse. Ses autres enfants étaient plus portés aux travaux d’imagination et aux ouvrages manuels. Caïn donna à ce dixième fils le nom de Booz, qui veut dire « fils d’occision ». C’est ce dernier fils qui donna la mort à son père Caïn. Caïn ayant résolu d’aller à la chasse des bêtes féroces, accompagné de ses deux enfants, Hénoch, ses petits fils, ne prévint pas Booz de son projet. Booz de son côté projeta d’aller aussi à la chasse, le même jour que son père avec deux de ses neveux, fils de Tubal-Caïn. Booz n’ayant pas d’enfants avait mis toute son amitié dans ses deux neveux. Ils partirent donc ensemble pour aller à la chasse ; mais Booz, sans le savoir, prit la même route que son père Caïn, et, étant tous deux deux dans un fourré qu’ils avaient coutume de battre, Booz aperçut l’ombre d’une figure au travers de ce fourré nommé Onam, qui veut dire douleur, décocha alors une flèche qui alla percer le coeur de son père, l’ayant pris pour une bête féroce. Jugez de la surprise et du frémissement de Booz, lorsqu’il se fut transporté dans l’endroit où il avait tiré son coup de flèche et qu’il vit son père tué par sa propre main. La douleur de Booz fut d’autant plus grande qu’il savait la punition et la menace que le créateur avait lancées contre celui qui frapperait à mort la personne de Caïn qui serait frappé de sept fois de peines mortelles ou serait puni de sept morts.

Booz appela à lui ses deux neveux et les présenta devant le cadavre. Aussitôt ils eurent reconnu la forme et la figure de Caïn, ils jetèrent un grand cri d’exclamation et firent en même temps un signe d’horreur, ce qui augmenta encore plus la désolation d malheureux Booz. Après qu’il eut raconté comment il était la cause innocente de la destruction de la forme corporelle de son père Caïn, il leur dit : « Mes amis, vous êtes témoins de mon crime ; quoiqu’involontairement, j’ai transgressé les ordres et la défense du Créateur, je suis coupable devant l’Éternel et les hommes. Je suis le plus jeune des fils de Caïn, le dernier de sa postérité, le plus coupable et le plus criminel. Vengez sur la personne de ce dernier né, la mort de son père et le scandale qu’il vient de vous donner ».

L’intellect démoniaque qui connaît la faiblesse des hommes quand ils sont dans l’affliction suscita aussitôt une passion outrée de vengeance aux deux neveux de Booz sur la mort de Caïn. Ils armèrent leurs arcs d’une flèche pour tirer sur leur oncle. Mais lorsqu’ils étaient prêts de la lancer sur lui, une voix se fit entendre et dit : « Quiconque frappera de mort celui qui a tué Caïn, sera puni soixante-dix-sept fois de mort ».

À cette effrayante menace spirituelle divine, les deux neveux de Booz tombèrent à la renverse, mais étant revenus de leur évanouissement, ils portèrent leurs armes à Booz en disant : « Le Créateur t’a fait grâce, Booz, de la mort que tu as donnée à ton père Caïn. Nous sommes à présent les plus coupables devant l’Éternel, puisque nous avons conçu volontairement d’exécuter sur toi notre pensée vindicative ». Booz répondit à ses neveux : « Que la volonté du Créateur s’accomplisse ».

Après cette résignation de Booz, ils se retirèrent tous ensemble dans la ville d’Hénoch. La tristesse et l’abattement avec lesquels ils se présentèrent dans la ville, mirent la postérité de Caïn dans la dernière consternation, cette douleur redoubla encore quand cette postérité apprit que la destruction de la forme de leur père Caïn avait été faite par le dernier de sa lignée. Le malheureux Booz, se voyant réduit à supporter l’inimitié générale fut forcé de se retirer de cette troupe de possédés d’intellect démoniaque et fut prendre sa retraite dans le désert de Jéraniaz, qui veut dire : « Écoutez le Créateur ». C’est dans cet endroit que Booz finit ses jours dans la contrition et la pénitence.

Voilà comment Caïn fut le vrai type de la prophétie lorsqu’il dit, après le crime qu’il commit sur son frère Abel : « Ceux qui me rencontreront, Seigneur, me tueront ». Na-t-il pas été rencontré par son fils dans un fourré ? N’a-t-il pas été tué par un homme comme il l’avait dit ? Ce qui forme réellement le type de prophétie, c’est que la rencontre des deux personnes, Caïn et Booz, n’est point préméditée, et que l’un et l’autre se sont trouvés sans se connaître, dans le lieu où Caïn reçut le coup de la Mort. Je veux vous faire remarquer combien est ridicule et absurde l’observation que les hommes du siècle ont faite sur ce parricide de Caïn par son fis Booz. Ce type, ignoré de la plus grande partie des hommes d’aujourd’hui, leur a fait croire et même assurer qu’Adam n’est pas le premier homme, puisque, disent-ils, lorsque Caïn eut tué son frère Abel, il dit au Seigneur : « Seigneur, que vais-je devenir ? Ceux qui me rencontreront me tueront ! ». Si ces hommes avaient été instruits du type que faisaient ces paroles adressées au Créateur, ils auraient vu clairement que c’était celui des prophètes, ainsi que nous l’avons vu s’effectuer réellement parmi les hommes de la terre et sur Caïn lui-même. Mais me direz-vous, comment le Créateur pouvait-il mander des prophètes chez les hommes pour les contenir dans leurs actions aux lois qu’il leur avait données, puisque vous dites que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes qui s’opèrent parmi les hommes ? Je répondrais que le Créateur ne peut ignorer l’être pensant démoniaque qui opère continuellement des faits séduisants et pernicieux pour le mineur spirituel, ainsi qu’il était déjà arrivé dans la séduction d’Adam et de sa postérité. Le Créateur a jugé nécessaire pour l’avantage de l’homme d’élire spirituellement des êtres mineurs et de les douer de l’esprit prophétique, non seulement pour contenir l’homme dans ses lois, préceptes et commandements, mais encore pour la plus grande molestation des esprits malins et pour la manifestation de la plus grande gloire divine. La pensée de l’être spirituel bon ou mauvais, comme l’action bonne ou mauvaise devant le Créateur, voilà comment l’Éternel prend conscience des causes secondes. Les grands élurent prêtres et prophètes après Abel et Hénoch sont, Noé, Mekisedek, Joseph, Moïse, David, Salomon, Zorobabel, Le Messiah.

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Telle est dans ses grandes lignes la doctrine originale de Martinez. On a prétendu tour à tour qu’il l’avait tirée de la Kabbale, du Talmud, des mystères anciens, du néo-platonisme, d’Ammonius Sacca et de Plotin, de la gnose du IIème siècle et enfin des enseignements rosicruciens du moyen-âge. Aucune de ces suppositions n’est exacte au sens propre du terme. Elle ressemble par un point ou par un autre à chacun de ces mouvements parce que, comme eux, elle dérive, ainsi que je vous l’expliquais tout à l’heure, de la tradition universelle primordiale à laquelle se rattacheront bien plus tard, les Vintras et les illuminés modernes. Elle constitue un rameau de la gnose universelle, souche commune sur laquelle se sont épanouies toutes les religions connues et toutes les initiations véritables. Martinez y a ajouté le sceau particulier de son génie…, il ne doit rien à personne et tout à Dieu.

Tous les fondateurs de religions, tous les maîtres de l’ésotérisme entrent en effet en contact plus ou moins immédiat avec la sphère spirituelle…, c’est à dire avec le monde des idées…, c’est à dire avec Dieu. Ils voient la vérité une et essentielle, c’est pourquoi au fond de toutes les doctrines, on retrouve la même substance. Mais chacun d’eux jette sur cette substance unique le voile des concepts et du vocabulaire adaptés à sa culture propre, à son époque et à la mentalité de ses auditeurs…, pour la rendre intelligible d’abord…, efficace ensuite. D’où les divergences que le lecteur superficiel assimile à des contradictions ou à des antinomies irréductibles lorsque le voile, c’est à dire la forme, seul est en jeu.

Aussi Martinez fut critiqué et même bafoué en maints volumes appuyés de documents dont une intelligence avertie aurait dû tirer des conclusions tout autre que péjoratives. L’une de ces critiques alla même jusqu’à traiter le Maître d’escroc et de charlatan tout en se glorifiant de ne point être un initié. Il est parfaitement exact que cet auteur, malgré des prétentions à des connaissances kabbalistiques supérieures à toutes celles de ses contemporains, soit, en effet étranger aux idées qu’il condamne d’un ton doctoral et sans appel. Il a même poussé l’inconscience jusqu’à démolir le Comte Joseph de Maistre dont il n’est pas digne, comme littérateur et philosophe, de dénouer la chaussure. Mais, laissons là les critiques dont aucune n’a enlevé un seul disciple à Martinez, ni atteint en quoi que ce soit à la réalité des enseignements du Maître, et revenons, non plus aux doctrines, mais à l’oeuvre de Martinez.

Tous les adeptes de Martinez, exception faite pour Du Guers dont nous avons parlé plus haut, ont considéré leur Maître comme le plus grand des Initiés qu’ils aient rencontré au cours de leur vie. Bacon de la Chevalerie, lui-même, malgré les injures dont il l’abreuve, même après sa mort, s’est drapé dans sa dispute de R+ comme dans un sacerdoce idéal, au-dessus de toute discussion. Voyons donc par quelles réalisations pratiques le Grand Illuminé concrétisa sa doctrine de la réintégration. Je serai bref, car ici, nous sommes sur un terrain dont l’exploration doit être circonspecte.

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, Martinez a recruté tous ses disciples dans les loges maçonniques. Il considérait la Maçonnerie comme une base nécessaire pour l’oeuvre qu’il avait entreprise. Dans sa pensée, en effet, l’enseignement maçonnique du XVIIIème siècle était un acheminement progressif vers les doctrines des Élus Cohens. Il avait raison, et tout initié compétent doit le reconnaître. Aussi, la faute commise par les rénovateurs, si elle est excusable dans une certaine mesure, n’en est pas moins flagrante. Ils se sont trompés, non pas sur le principe lui-même, mais sur la manière de l’exploiter pour en tirer les conséquences ultimes, les seules efficaces. C’est pourquoi dès les années 1897-1900, ceux qui savaient ont réagi dans l’ombre et amorcé le redressement essentiel qui a pris toute sa valeur à partir de 1920…, mais, n’anticipons pas !

L’Ordre des Élus Cohens, appuyé sur la Maçonnerie conduit en quatre étapes à l’initiation intégrale. Ces étapes constituent une échelle dont chaque degré correspond à une possibilité plus grande de réintégration.

Au bas de l’échelle se trouvent les trois grades de la maçonnerie symbolique, connus de tous ceux que la question intéresse. Ces grades aboutissent dans ce cycle préliminaire à un quatrième : le Grand Elu qui complète et développe l’idée maçonnique dans sa totalité. C’est ce que Martinez appelait « la première classe ». Dans la deuxième la doctrine maçonnique se hausse sur un plan supérieur. Elle comprend trois échelons : Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen et Maitre-Cohen. Alors, s’ouvre la troisième classe, le Temple proprement dit, avec deux échelons : le Grand Elu Cohen ou Grand Architecte, et le Grand Elu de Zorobabel.

Enfin, voici le Saint des Saints, la quatrième classe, constituée par un seul échelon : le R+ .

Cette classe est entièrement secrète et seuls les Adeptes en connaissent la valeur, la forme et les procédés de réalisation… à noter que certains grades sont divisés en deux parties dont chacune est une étape partielle sur la voie hiérarchique. Ici, j’attirerai votre attention sur un point spécial : la 1ère classe comprend 4 grades, la 2ème classe trois grades, la 3ème classe, deux grades et la 4ème classe, 1 seul grade. Si vous partez du sommet, vous obtenez la formule théosophique : 1+2+3+4 = 10. Ceux qui sont familiers avec la science des nombres en comprennent la signification.

Comment l’enseignement de Martinez était-il inculqué aux adeptes à travers cette hiérarchie ?

Voici, la première classe était nettement maçonnique et c’est à peine si quelques allusions très voilées laissaient soupçonner une lointaine lumière. Ces allusions devenaient plus transparentes dans le 4ème grade et provoquaient inévitablement le désir de savoir.

Dans la deuxième classe, appelée Elone du Porche, nous sommes en plein système mixte. D’un coté l’affirmation nette des doctrines maçonniques courantes et de l’autre un enseignement par paraboles et énigmes, précurseurs immédiats d’une nouvelle révélation.

Dans la troisième classe, l’ésotérisme maçonnique fait place à l’occulte martinéziste. Toutes les allusions dogmatiques convergent vers la doctrine du traité de la réintégration. Dans cette classe, on n’initie pas les adeptes, on leur donne une ordination…, et cette ordination leur transmet les pouvoirs sacerdotaux correspondant à leur situation dans la hiérarchie…, pouvoirs encore incomplets, mais bien déterminés et bien réels.

Quant au Grand Elu de Zorobabel, il était considéré comme un compagnon R+ et ce degré correspondait à la période de recueillement qui doit précéder toute accession à la suprême investiture sacerdotale. Je ne vous parlerais pas des R+, sinon en vous indiquant qu’ils étaient des hommes aptes à se réintégrer dans les pouvoirs des esprits mineurs, autant qu’un corps matériel appelé à se dissoudre dans la mort, peut le permettre.

Je ne vous dirais pas aujourd’hui comment la doctrine de martinez fut amputée d’un coté et agrandie de l’autre par L.C. de Saint Martin…, comment elle fut conservée dans son intégralité par Willermoz lorsqu’il l’incorpora dans les hauts grades de la stricte observance templière, comment elle fut renovée par Papus entre 1884 et 1887 sous une forme plus simple et malheureusement défectueuse…, comment le courant primitif, jamais interrompu, quoiqu’en pensent les écrivains profanes, reprit sa force et même une vigueur nouvelle avec Jean Bricaud…, tout cela nous entraînerait trop loin et hors du cadre qui a été tracé et n’ajouterait rien au mérite de Martinez et à la teneur de son message.

Je vais donc m’arrêter ici, en portant, si cela m’est permis, un jugement sur ce grand illuminé du XVIIIème siècle.

Martinez ne fut pas un thaumaturge au sens propre du terme…, il n’a jamais prétendu opérer de miracle et l’histoire ne nous livre à son actif aucun fait précis de l’ordre supra-normal. Il fut tout simplement un illuminé et un mage. Il se cantonna, en effet, dans l’enseignement d’une doctrine, tirée, comme nous l’avons déjà dit, de la tradition gnostique universelle, dans une méthode théurgique entièrement classique et suprêmement désintéressée, et enfin dans la prédication d’une ascèse dégagée de toute préoccupation temporelle.

Il n’eut jamais qu’un but : la spiritualisation des individus et par là, l’acheminement de toute l’humanité vers une tension béatifique spéciale, susceptible de restituer dès ici-bas la Cité Céleste, le royaume de Dieu sur la terre. C’est pourquoi son enseignement, après la théorie, enseigne la pratique, c’est-à-dire les moyens de réaliser l’Idéal. En somme, Martinez s’apparente d’un coté à l’Aéropagite ou aux augustins, la forme à part bien entendu, d’un autre il rejoint les mystiques comme les François d’Assise et les Thomas d’Aquin.

Compte tenu du milieu très spécial dans lequel il a évolué, il est certain que sa doctrine eut un impact important sur le plan social, à l’insu des historiens et critiques, et par là, il se rattache indubitablement aux grands réformateurs.

Constant Chevillon, 1935.

Source : https://www.esoblogs.net/3884/martinez-de-pasqually-par-constant-chevillon/?utm_source=ReviveOldPost&utm_medium=social&utm_campaign=ReviveOldPost

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TIERNO BOKAR Bokar Salif Habi ou Tierno Bokar, maître Bokar, ou Tierno 1875-1939 15 février, 2017

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TIERNO BOKAR

Bokar Salif Habi ou Tierno Bokar, maître Bokar, ou Tierno
1875-1939

Soufi 

LE SAGE DE L’ISLAM 

Une Vie exemplaire

Ce fut le naturaliste Théodore Monod qui l’un des premiers révéla la vie et l’enseignement de cet homme humble et extraordinaire.

En 1938, Amadou Hampâté Bâ, alors simple fonctionnaire exilé à Ouagadougou avait un grand dessein, celui de faire connaître l’enseignement de Tierno Bokar auprès de qui il avait séjourné plusieurs années et dont il se considérait l’élève et le disciple.

Il avait rédigé un manuscrit qu’il soumit à Théodore Monod.

C’est grâce à ce livre Le Sage de Bandiagara, que nous connaissons un peu mieux Tierno Bokar.

Cet ouvrage ne sera publié qu’en 1957, mais Théodore Monod aura eu la joie de connaître personnellement le «Sage de Bandiagara» avant sa mort.

Il dira, en 1943, à son propos :

«C’est une grande joie pour le chercheur sincère et sans doute un des rares motifs qui lui reste de ne pas désespérer entièrement de l’être humain, que de retrouver sans cesse, dans tous les temps, dans tous les pays, chez toutes les races, dans toutes les religions, la preuve de cette affirmation de l’Écriture :  «L’Esprit souffle où il veut.»

Theodore MonodThéodore Monod

Parlant d’Amadou Hampâté Bâ «Il était musulman et j’étais chrétien, mais nos convictions religieuses convergeaient vers la même direction.»

L’enseignement de Tierno Bokar ne pouvait que séduire le protestant Monod qui vouait une immense admiration au Sage de Bandiagara dont il se sentait très proche par l’esprit.

Mais ce qui le bouleversait le plus était que Tierno Bokar qui avait vécu confiné dans une province reculée du Mali tînt des propos identiques à ceux de certains auteurs chrétiens d’Europe avec qui il n’avait jamais été en contact.

«Je ne m’enthousiasme que pour la lutte qui a objet de vaincre en nous nos propres défauts. Cette lutte n’a rien à voir, hélas, avec la guerre que se font les fils d’Adam au nom d’un Dieu qu’ils déclarent aimer beaucoup, mais qu’ils aiment mal, puisqu’ils détruisent une partie de son œuvre.»

Ou encore :

«En vérité, une rencontre des vérités essentielles des diverses croyances qui se partagent la terre pourrait se révéler d’un usage religieux vaste et universel. Peut-être serait-elle plus conforme à l’Unité de Dieu, à l’unité de l’esprit humain et à celle de la Création tout entière.»

«Ces rapprochements de l’esprit, disait-il aussi, confondent l’imagination et démontrent que le progrès moral et spirituel n’est pas l’apanage d’un siècle ou d’une race.»

Maison

L’Émeraude des Garamantes

Voici ce que dit Théodore Monod dans son ouvrage «L’Émeraude des Garamantes» publié aux Éditions Actes Sud.

«Je regardai et voici que m’apparut un coin de paysage soudanais, un pan de mur d’argile, une cour noyée de soleil, au loin un éboulis de pierrailles calcinées, de maigres buissons, la haute silhouette de quelques rôniers. Un homme, tourné vers l’Orient, se prosterne pour la prière canonique du dhohor ; c’est un pieux musulman, un noir, Tierno Bokar, celui que l’on a pu appeler le saint François d’Assise soudanais.»

Connu plus tard sous le nom de Tierno Bokar, ou « maître Bokar », Bokar Salif Habi appelé Tierno tout court par ses disciples, serait né en 1875 et se serait établi à Bandiagara en 1893 peu après la prise de Ségou par Archinard.

Il subit fortement la double influence d’une mère courageuse, douce et pieuse, Aïssata, et d’un maître vénéré qui lui enseigna les sciences islamiques, Amadou Tafsirou Bâ.

Sa naissance le destinait au métier des armes mais il se fait tailleur-brodeur, sur le conseil de sa mère : «Plutôt que d’ôter la vie aux hommes, apprends à couvrir leur nudité de leur corps en leur cousant des vêtements, avant d’être appelé à l’honneur de couvrir, en prêchant l’Amour, leur nudité morale.»

École coranique

Tierno BokarTierno Bokar le sage de Bandiagara

Il commencera bientôt à enseigner lui-même et ouvre en 1907 une modeste école coranique avec 5 élèves.

Trente ans durant, la vie quotidienne de Tierno Bokar sera entre toutes la plus monotone, quant à son déroulement matériel. Un emploi du temps ne varietur, une parfaite absence d’événements, d’imprévu, d’excitation extérieure.

«Il n’y a rien à raconter : un petit marabout de village récite, encore en pleine nuit, son chapelet, et partage ses journées entre les offices à la mosquée et son enseignement.»

C’est tout.

«En apparence, il ne se passe rien, pas plus qu’à Jérusalem d’ailleurs quand y séjourne, y enseigne et y meurt un autre maître non moins inconnu de la « bonne société » et des « bien pensants ».

«Serait-ce que l’aventure véritable est invisible, est intérieure, que la grandeur véritable est plus dans l’être que dans le faire, qu’il n’est d’autre royauté durable et illimitée que celle des esprits et qu’à côté du saint, califes, sultans, vizirs, chefs de guerre ou de bureau, ne sont qu’ombres fugaces ou éphémères apparences ?

Ecole coraniqueÉcole coranique

Une vie sans événements, tout entière enclose entre des murs d’argile dévorés de soleil, ceux de la maison, ceux des ruelles étroites de la petite ville, ceux de l’humble mosquée.

Austère et pauvre, au sens où nous entendons ces mots, sans confort, sans distractions, sans cinéma, sans radio, sans journaux, ni magazines. Nullement surhumaine, bien sûr, ni même ascétique – le célibat, dans l’islam, est ignoré même des spirituels et des mystiques -, vie limitée dans ses connaissances, mais limitée à l’essentiel.

Cet essentiel qui, par définition, suffit à une existence largement ouverte, par la porte de la méditation et de la piété, sur les profondeurs de la vie spirituelle, sur les réalités invisibles, sur les problèmes de l’être, résolus d’ailleurs aux clartés de l’orthodoxie coranique, sur ceux aussi, non moins graves n’en déplaise aux théologiens, de la morale pratique: l’eupraxie après l’orthodoxie, et la rectitude de la conduite sachant au besoin, allant au plus pressé, bousculer amicalement, quand il le faut, celle de la croyance.»

Rien du professeur universitaire

«Bokar n’a rien du professeur. D’ailleurs, on ne saurait dogmatiser ex cathedra quand tous, maître et disciples, sont assis par terre, dans un réduit poussiéreux, le vestibule intercalé entre la rue et la partie privée de la maison, et sans cesse traversé par quelque passant, un négrillon habillé d’une ficelle, une chèvre, une porteuse de bois, d’eau ou de lait.»

«Son enseignement est direct, donné le plus souvent sous une forme imagée, prenant prétexte pour illustrer une vérité morale de quelque incident matériel, un petit fait, un objet, un rayon de soleil, la route, le ruisseau, la pluie, l’écume et les vagues, la lessive, les soins de beauté de la coquette, l’ombre du feuillage, le troupeau qui s’égaille, le puits, la lampe à beurre de karité, l’oiseau, la pirogue, le chien, le fer rouge, le beurre ont peut-être servi de symbole.»

L’Évangile n’en use pas autrement

«Le monde visible n’est qu’un gigantesque trésor de paraboles, un livre d’images à déchiffrer. Mais qu’il faut savoir interpréter. Rien de plus direct, de moins systématique.

Tierno veut à ses disciples – à ses « frères réfléchis » – un cœur ouvert, de la bonne volonté, une âme ardente. Il faut chercher sans relâche les choses spirituelles, les seules durables :»

«L’esprit humain tient à la beauté, mais persiste à rester à la surface des choses, où il n’est pas d’harmonie permanente. La féerie des nuages multicolores qui fêtent le lever ou le coucher du soleil disparaît en quelques instants, la beauté physique s’estompe avec le crépuscule de la vieillesse…

«Toi, adepte venu au seuil de la zaouïa où nous souhaitons voir briller la flamme sacrée du bon conseil, sache que la beauté matérielle se fane rapidement, elle ne peut être qu’éphémère et illusoire. Détourne tes efforts de sa poursuite mais applique-les à la conquête de la beauté véritable, permanente, la beauté morale qui fleurit dans le champ de l’Esprit.»

Mosquee BandiagaraBandiaraga : Ancienne mosquée

L’enseignement de Tierno Bokar

«Cherche à travers les ténèbres de la vie matérielle et l’étoile brillante te guidera vers le jardin des beautés réelles et éternelles.»(Coran: Sourate 83, verset 3)

Le contenu de l’enseignement de Tierno Bokar, il est, dans son évangélique simplicité, facile à définir.

C’est d’abord, bien entendu, l’amour de Dieu et l’unicité de Dieu. C’est la base, l’alpha et l’oméga de la révélation : Ecris le nom divin face à ta couche de façon qu’elle soit le matin, au réveil la première chose qui s’offre à ta vue.

«Au lever prononce-le avec ferveur et conviction comme le premier mot sortant de ta bouche et frappant ton oreille. Le soir à ton coucher, une fois étendu fixe-le comme le dernier objet entrevu avant de sombrer dans le sommeil. A la longue, la lumière contenue dans le secret des quatre lettres (°) se répandra sur toi et une étincelle de l’essence divine enflammera ton âme… Répéter sans cesse le nom d’Allah ou la formule attestant l’unicité de Dieu est un sûr moyen d’introduire en soi à souffle qui entretiendra en nous la chaleur mystique.»

(°) Allah s’écrit en arabe avec un alif, deux lam et un ha.

«Il y a des degrés dans la connaissance religieuse, celle des croyants ordinaires, « blottis dans un petit coin de la tradition », puis celle de ceux qui se sont engagés résolument dans la voie qui conduit à la vérité, où l’homme et les autres êtres vivants se réconcilient dans la paix. Mais la troisième, qui la décrira ?»

«Lumière sans couleur, obscurité brillante, c’est, enfin, le séjour de la totale Vérité : Ceux qui ont le bonheur de parvenir au degré de cette lumière perdent leur identité et deviennent ce que devient une goutte d’eau tombant dans le Niger ou plutôt dans une mer infiniment vaste en étendue et en profondeur…

Mais l’union divine ne dispense pas, bien au contraire, de la pratique du devoir moral, qui se résume en peu de mots : amour, charité, pitié, tolérance.»

Un poussin tombé du nid

«Un jour, en 1933, au cours d’une leçon de théologie, un poussin d’hirondelle tombe d’un nid fixé au plafond. Tout attristé de l’indifférence générale, Tierno Bokar interrompit son exposé et dit: « Donnez-moi ce fils d’autrui. »

Il examine le petit oiseau qu’il venait d’appeler si humainement « fils d’autrui », reconnaît que sa vie n’était pas menacée et s’écrie : « Louange à Dieu dont la grâce prévenante embrasse tous les êtres. » Puis levant les yeux, il constata que le nid était fendu et que d’autres petits risquaient encore de tomber.

Aussitôt, ayant demandé du fil, il grimpe sur un escabeau improvisé et raccommode à l’aiguille le nid endommagé, avant d’y replacer l’oisillon. Puis, au lieu de reprendre son cours, il dit: « Il est nécessaire que je vous parle de la charité, car je suis peiné de voir qu’aucun de vous ne possède en suffisance cette vraie bonté de cœur. Et cependant quelle grâce!

Si vous aviez un cœur charitable, il vous eût été impossible de continuer à écouter une leçon quand un petit être misérable à tous les points de vue vous criait au secours et sollicitait votre pitié : vous n’avez pas été ému par ce désespoir, votre cœur n’a pas entendu cet appel.

«Eh bien, mes amis, en vérité, celui qui apprendrait par cœur toutes les théologies de toutes les confessions, s’il n’a pas de charité dans son cœur, ses connaissances ne seront qu’un bagage sans valeur.»

«Nul ne jouira de la rencontre divine, s’il n’a pas de la charité au cœur. Sans elle, les cinq prières canoniques sont des gestes purement matériels sans valeur religieuse ; sans elle le pèlerinage au lieu d’être un voyage sacré devient une villégiature sans profit. Si j’avais à symboliser la religion, je la comparerais à un disque en vannerie dont l’une des faces est amour et l’autre charité.»

Cet épisode est d’autant plus remarquable que la pitié envers les animaux tient bien peu de place dans les religions monothéistes, il y a toutefois d’heureuses exceptions individuelles.

TIERNO BOKAR Bokar Salif Habi ou Tierno Bokar, maître Bokar, ou Tierno 1875-1939  dans Contribution bandiaraga-falaiseFalaise de Bandiaraga

Abou Bakr Al Chibli, mystique du Xe siècle

C’est ainsi qu’un disciple du mystique musulman Chibli (Xe Siècle) pouvait raconter :

«Dieu m’a fait venir et m’a dit :

- Sais-tu pourquoi je t’ai donné ma miséricorde ?

- C’est parce que j’ai beaucoup prié.

- Non pas.

- Parce que j’ai beaucoup jeûné ?

- Non plus : c’est parce qu’un soir d’hiver, dans une rue de Bagdad, tu as ramassé une chatte abandonnée et l’as réchauffée dans ton manteau.»

La violence : un pis-aller

Pour Tierno Bokar la violence est un scandaleux et inutile pis-aller :

«Si l’on tue par les armes l’homme qu’anime le Mal, ce dernier bondit hors du cadavre qu’il ne peut plus habiter et pénètre par les narines dilatées dans le meurtrier pour y reprendre racine et redoubler de puissance. C’est seulement quand le Mal est tué par l’Amour qu’il l’est pour toujours …»

Questionné sur la guerre sainte, il avoue : « Personnellement je n’admire qu’une seule guerre, celle qui a pour but de vaincre en nous nos défauts… Parmi ceux-ci l’orgueil reste un des plus malfaisants » :

« Notre planète n’est ni la plus grande ni la plus petite de toutes celles que Notre Seigneur a créées… Nous ne devons nous croire ni supérieurs, ni inférieurs à tous les autres êtres.

« Les meilleures des créatures seront parmi celles qui s’élèvent dans l’amour, la charité et l’estime du prochain. Celles-là seront lumineuses comme un soleil montant tout droit dans le ciel. »

L’humilité nécessaire conduit au sentiment de la fraternité humaine et à cette haute certitude que les chemins divers peuvent conduire à une unique Vérité. Grande et difficile leçon que refusent tous les fanatismes mais qu’inlassablement répétera Tierno Bokar.

«Frère en Dieu, venu au seuil de notre zaouïa, cellule d’Amour et de Charité, ne querelle pas l’adepte de Moïse ni celui de Jésus, car Dieu a témoigné en faveur de leurs prophéties.

- Et les autres ?

- Laisse-les entrer et même salue-les fraternellement pour honorer en eux ce qu’ils ont hérité d’Adam… il y a en chaque descendant d’Adam une parcelle de l’Esprit de Dieu. Comment oserions-nous mépriser un vase renfermant un tel contenu ? »

«L’arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs. De même, nous regardons les voix des croyants divers qui s’élèvent de tous les points de la terre, comme une symphonie de louanges à l’adresse d’un Dieu qui ne saurait être que l’Unique.

Un homme, quelle que soit sa race, dès que l’adoration illumine son âme, celle-ci prend l’éclat du diamant mystique. Ni sa couleur, ni sa naissance n’entrent en jeu. »

Message résolument universaliste on le voit, et qui rejoint aisément celui des prophètes d’Israël, celui de l’Évangile, celui d’un Ramakrisna ou d’un Vivekananda dans leur essentielle affirmation que l’Esprit souffle où il veut et qu’il y a « plusieurs demeures dans la maison de mon père. »

Tierno Bokar avait disparu derrière le mur d’argile, souriant au nid d’hirondelle et retournant à son travail de brodeur.

dogon-jf dans Recherches & ReflexionsJeune fille du pays « dogon »

Paroles de Sagesse

La Charité

«Celui qui apprendrait par cœur toutes les théologies de toutes les confessions, s’il n’a pas la charité dans son cœur il pourra considérer ses connaissances comme un bagage sans valeur. Nul ne jouira de la rencontre divine, s’il n’a pas de charité au cœur. Sans elle les cinq prières sont des gesticulations sans importance. Sans elle le pèlerinage est une promenade sans profit.»

Dieu«Dieu est l’embarras des intelligences parce que tout ce que tu conçois dans ta pensée et matérialises par ta parole comme étant Dieu, cesse pas là-même d’être Dieu, pour n’être plus que ta propre manière de le concevoir. Il échappe à toute définition.»

Foi et incroyance«La foi et l’incroyance sont comme deux champs contigus. La prière marque leur limite. Celui qui prie est appelé fidèle, quel que soit le poids de ses péchés. Celui qui ne prie pas est infidèle, quelle que soit la sagesse de sa vie.»

Parcelle de lumière«Tout homme bon ou mauvais est le dépositaire d’une parcelle de lumière.»

La Vérité«Il y a trois vérités : Ta vérité, ma vérité et la vérité.»

La Vie et la Mort«Quand un enfant naît ici bas, je vois ses parents ivres de bonheur se congratuler et annoncer l’événement à grands cris de joie. Quant un des leurs s’en va, je vois les parents affligés porter sur leurs visages et leurs vêtements tous les signes du chagrin et de la douleur.

L’inconséquence humaine apparaît ainsi à ceux qui réfléchissent. Notre race humaine désire la vie et fuit la mort. Or, qu’est-ce que naître? C’est entrer dans un jardin d’où l’on ne pourra sortir que par la porte de la mort, unique issue, commune aux justes et aux injustes, aux croyants et aux incrédules.

Qu’est-ce que mourir ? C’est renaître à la vie éternelle. L’homme qui meurt retourne au jardin paradisiaque où règne Dieu, l’éternelle source de lumière. C’est alors que nous devrions nous réjouir.»

Parabole des oiseaux blancs
et des oiseaux noirs

Oiseaux

«Non seulement, Tierno Bokar s’abstenait de juger autrui, mais encore il essayait de nous faire comprendre qu’une bonne pensée est toujours préférable à une mauvaise, même lorsqu’il s’agit de ceux que nous considérons comme nos ennemis. Il n’était pas toujours facile de nous convaincre, comme le montre l’anecdote suivante où il fut amené à nous parler des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.

«Ce jour-là, Tierno avait commenté ce verset : « Celui qui a fait le poids d’un atome de bien le verra ; celui qui a fait le poids d’un atome de mal, le verra » (Coran XC, 7 et 8).»

Comme nous le questionnions sur les bonnes actions, il nous dit :

- La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.

- Comment ! m’étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs ennemis plutôt qu’à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu stupide que de prier pour nos ennemis ?

- Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n’ont pas compris. Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu’en les bénissant.

- Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le mettre à l’aise ?

- En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n’est alors qu’une satisfaction de l’âme égoïste, donc une satisfaction d’un niveau inférieur, matériel.

Du point de vue occulte, c’est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable. Même si l’on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse.»

- Pourquoi ? lui demandai-je. C’est alors que Tierno, pour m’aider à comprendre, parla des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.

- Les hommes, dit-il, sont les uns par rapport aux autres, comparables à des murs situés face à face.

Chaque mur est percé d’une multitude de petits trous où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises paroles.

Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles. Les oiseaux blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d’oiseaux blancs et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des trous d’oiseaux noirs.

Dogon

Youssouf et Ali

« Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l’un de l’autre. Appelons-les Youssouf et Ali.

Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son égard et lui envoie une très mauvaise pensée.

Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s’envole vers Ali et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme.

Si, de son côté, Ali n’a pas envoyé d’oiseau noir vers Youssouf, c’est-à-dire s’il n’a émis aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide.

Ne trouvant pas où se loger, l’oiseau noir de Youssouf sera obligé de revenir vers son nid d’origine, ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et détruire Youssouf lui-même.

Mais imaginons qu’Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré un trou où l’oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d’y déposer une partie de son mal et y accomplir sa mission de destruction.

Pendant ce temps, l’oiseau noir d’Ali volera vers Youssouf et viendra loger dans le trou libéré par l’oiseau noir de ce dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire l’homme auquel ils étaient destinés.

Mais une fois leur tâche accomplie, ils reviendront chacun à son nid d’origine car, est-il dit :

Toute chose retourne à sa source

«Le mal dont ils étaient chargés n’étant pas épuisé, ce mal se retournera contre leurs auteurs et achèvera de les détruire.

L’auteur d’une mauvaise pensée, d’un mauvais souhait, d’une malédiction est donc atteint à la fois par l’oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir lorsque celui-ci revient vers lui.

La même chose se produit avec les oiseaux blancs. Si nous n’émettons que de bonnes pensées envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées, ses oiseaux noirs ne trouveront pas de place où loger chez nous et retourneront à leur expéditeur.

Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes pensées que nous lui aurons envoyés, s’ils ne trouvent aucune place libre chez notre ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l’énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.

Ainsi, si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être.

C’est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.»>

C’est ce que les soufis appellent l’égoïsme souhaitable. C’est l’Amour de Soi valable, lié au respect de soi-même et de son prochain parce que tout homme, bon ou mauvais, est le dépositaire d’une parcelle de la Lumière divine. C’est pourquoi les soufis, conformément à l’enseignement du Prophète, ne veulent souiller ni leur bouche, ni leur être par de mauvaises paroles ou de mauvaises pensées, même par des critiques apparemment bénignes. »

Amadou Hampata Ba

Amadou Hampaté Bâ

«Amadou Hampaté Bâ est l’auteur de la formule : En Afrique, chaque fois qu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.

Si cet écrivain peul a toute sa vie lutté contre l’extinction de sa culture, en encourageant l’alphabétisation de son peuple ou encore en transcrivant lui-même une part de ses traditions, c’est peut-être parce qu’il ne voulait pas que l’enseignement coranique oral de son maître, le Sage de Bandiagara, fût à jamais perdu.

Comme Platon a transmis la pensée de Socrate, Amadou Hampaté Bâ a retracé « La Vie et l’Enseignement de Tierno Bokar ».

De ce livre magnifique Peter Brook et sa collaboratrice Marie-Hélène Estienne ont tiré un spectacle bouleversant qui a fait le tour du monde.

Au théâtre, la pièce se présente comme une veillée, au cours de laquelle sont célébrés tour à tour l’intelligence, la bienveillance, le stoïcisme et la douceur inaltérable de cet adepte du soufisme. Au moment où l’angoisse nous pousse parfois à fourrer foi et fanatisme dans le même sac, cette fervente leçon de tolérance donnée par un musulman tombe à pic. Outre son actualité Tierno Bokar est un spectacle aérien. Un souffle de grâce et de paix. C’est le Malien Sotigui Kouyaté, un fidèle compagnon de Peter Brook qui tient le rôle du marabout : il incarne la noblesse même.»

Ma visite à Bandiagara

Lorsque, en 1969, je suis retourné sur le plateau de Bandiagara (Mali), sur les lieux où avait vécu et enseigné Tierno Bokar, le souvenir de cet homme exceptionnel n’avait laissé que peu de traces.

Le site était magnifique. Dressés au-dessus de la plaine de Gondo, les admirables villages de Dogons semblaient sortir intacts de la nuit des temps et de la légende.

BandiagaraMaison du sage que l’on montre aux touristes

Après quelques années d’animation, la curiosité suscitée par le succès de la pièce de théâtre et du livre sur la vie de Bokar s’était dissoute.

L’emplacement même où se trouvait la case de sa zaouïra était incertain car plusieurs familles prétendaient que leur demeure avait été celle du saint homme.

Quant aux tombes d’Aïssata et de Tierno, miraculeusement redécouvertes et entretenues par un guide et « chercheur de trésors », elles ne sont visitées que par des touristes.

Seul un très vieux conteur se souvenait du « sidi » dont il affirmait qu’ il volait dans les airs avec les oiseaux, qu’il faisait tomber la pluie les années de sécheresse, qu’il transformait les pierres en pain et les sauterelles en sauvagines.

© : Gérald Lucas

 

TombesTombes présumées d’Aïssata et de Tierno Bokar

SOURCES :

  • Borowicz (Brontislav) : Les Maîtres du Savoir, Chez l’auteur, Lausanne, 1968
  • Hampaté Bâ (Amadou) : Le Sage de Bandiagara, Editions du Seuil
  • Hampaté Bâ (Amadou) : Vie et enseignement de Tierno Bokar,Collection Points Seuil
  • Lucas (Gérald) : Tierno Bokar : le Sage du Désert, Editions de la Louve, Genève, 1977
  • Monod (Théodore) : L’Émeraude des Garamantes, Actes Sud, 1992
  • Schweizer (Marc) : Les Sages de l’Islam, in Science & Magie, 1992
  • Un site pour mieux connaître Théodore Monod, l’un des géants du XXe siècle :

Théodore Monod 

Sage 

Dernière mise à jour: 27 octobre 2013

Merci à toi mon B:. A:. F:. Christian l’africain universel

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:. 29 décembre, 2016

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Discours de Réception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

 

Mon bien cher Frère Christ:. … Mon bien cher Frère Mic:. .., je vous ai rangé par ordre alphabétique, mais bien sûr, vous l’avez deviné il n’y a pas de préséance, vous êtes maintenant des Frères Compagnons Jumeaux. Quelle belle soirée  et quel honneur pour notre RL :.

Vous êtes sûrement abasourdis par tout ce qui s’est passé et vos esprits sont sans doute un peu emmêlés et confus.

Afin de vous aider à reprendre souffle et à vous remettre, si j’ose dire, « d’équerre et de niveau ! » je vais vous résumer et commenter les points essentiels qu’il vous faudra, bien sûr, étudier en profondeur.. Ce résumé espère être plus qu’une simple conclusion à cette cérémonie…

En effet, maintenant que la rituélie est terminée, maintenant que vous n’êtes plus au cœur de l’arène, maintenant que vos sens mis à rude épreuve, reprennent gentiment leurs rythmes naturels, ce résumé se propose de revenir sur les moments particulièrement riches, de façon à ce qu’ils suscitent d’emblée votre envie, de vous mettre au travail, dans votre nouvelle vie de Compagnon. Ces coups de projecteurs que je vais essayer d’orienter au mieux, sont aussi destinés à vous donner l’envie de revivre cette cérémonie, non plus comme acteurs, mais comme spectateurs attentifs et gourmands lors d’une prochaine cérémonie d’élévation au 2ème degré.

Grâce à cette « 2ème couche en live », si je puis dire, beaucoup de choses confuses vont s’ordonner de manière naturelle et surtout beaucoup plus facilement que par la lecture sèche du rituel. Je vous recommande de faire ce voyage dans un autre atelier, le plus vite possible, étant libérés maintenant du silence,  pendant que vos cœurs et vos esprits sont encore chauds de ces belles émotions. Une autre astuce que je vous propose, avant d’effectuer cette visite … ce voyage, c’est de bien relire tout le rituel du second degré, d’en noter les points obscurs à vos yeux pour les étudier avec votre Frère 1er Surveillant J-Claude. Vous pourrez effectuer ce voyage à votre guise car votre qualité de Compagnon vous autorise désormais à voyager librement sans être chaperonné par un Maître. Vous pourrez même demander à prendre la parole pour la 1ère fois…et vous verrez que ce n’est pas si facile afin de présenter les salutations de notre RL :. comme le veut la coutume et de son VM :. en chaire.

la 1ère fois…et les fois suivantes d’ailleurs…..  et si tel est votre désir, je vous accompagnerai volontiers… Vous connaissez mon goût prononcé pour les voyages, que cela soit dans le monde profane ou en Franc-Maçonnerie. C’est si enrichissant et souvent plein de surprises … comme dit un FF de notre Loge absent ce soir «  Que du bonheur »    … Et oui mes FF :.  Comment mieux assurer et consolider l’Universalisme de la Franc-Maçonnerie si ce n’est par des échanges fréquents entre les Frères, sous forme de voyages et, ce point est particulièrement important pour vous, mes Frères Compagnons, car l’une de vos tâches essentielles va être de découvrir le Monde extérieur, vous mettant ainsi dans les pas des premiers Compagnons opératifs.

 

Mes TC :. FF :.  Christ:. et Mic:. , après avoir connu une période d’introspection et de silence, orientée sur le principe « Connais-toi, toi-même », cher aux Francs-Maçons, vous nous avez présenté des planches remarquables et au vu de vos travaux, les Maîtres de la Loge ont estimé que vous méritiez maintenant de découvrir d’autres aspects de la Franc-Maçonnerie. Dans les épreuves de réception au grade d’Apprenti vous aviez été purifiés par les éléments : terre, air, eau, feu. On s’occupait de vous…on vous travaillait au corps…et à l’esprit… et l’on vous invitait vivement à continuer…

Au 2ème degré, tout change, et le Vénérable Maître vous a prévenu d’emblée ! Soyez attentifs, vous a t il dit, le Temple de la Franc Maçonnerie va s’éclairer et vous allez connaître de nouveaux symboles…. Vous allez maintenant découvrir le Monde extérieur ! Aujourd’hui, on vous a mis en possession des moyens et des objets de la Connaissance avec un grand C majuscule (plutôt qu’un grand G) pour mieux appréhender ce monde extérieur.

Au 1er voyage, on vous a montré les 5 sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat et vous apprenez qu’il va falloir continuer à tailler votre pierre… mais, ce n’est plus un travail de dégrossissement qui vous est proposé comme c’était le cas lors de votre apprentissage. Non, maintenant et avec une meilleure connaissance de vous-mêmes, par vos 5 sens, vous allez polir votre Pierre en un cube parfait. Le travail « connais-toi, toi-même » continue donc mais de manière plus précise, plus raffinée, plus subtile.

Au 2ème voyage, on vous a confié le niveau et la perpendiculaire.  Vous découvrez également les divers styles d’architecture, dorique, ionique, corinthien, toscan. Ainsi, il vous est proposé de construire le Temple en étant vous-même une colonne vivante, harmonieuse qui s’élève vers les hauteurs tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance.. ce que nous dénommons l’Art Royal.

Au 3è Voyage, vous découvrez Les 7 arts libéraux, Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie et qui représentent l’ensemble des arts et des sciences humaines J’attire votre attention sur le dernier, l’Astronomie… Il est bien sur question des Sphères, céleste et terrestre qui vous suggèrent que désormais, c’est tout le domaine de l’Univers qui est proposé à vos investigations Vertigineux…quelle confiance on vous accorde par rapport à votre ancien degré d’Apprenti Attention, ne vous laissez pas griser non plus par votre nouvelle liberté…

le Vénérable Maître vous rappelle que l’Initié ne doit pas présumer de ses forces et qu’il doit demeurer modeste et c’est justement ainsi qu’il obtiendra des résultats qui sont refusés à la présomption du profane.

Au 4è voyage, vous n’avez plus qu’ deux outils dont un essentiel … la règle et je vous le rappelle qui représente la loi du GADLU. Toujours crescendo dans vos découvertes….. on vous propose, ni plus ni moins, de devenir l’intime de quelques-uns des plus grands Initiés de l’histoire de l’Humanité : Solon, Socrate, Lygure,  Pythagore et  I N R . Illustres grands Initiés qui, chacun, selon ses moyens et dans le cadre de son époque a délivré un enseignement basé sur la raison, l’imagination, l’amour. Sous ce sigle INRI bien entendu c’est bien tout un programme d’éducation mais surtout celui de nos illustres chevaliers R+C.

Au 5ème Voyage…grande surprise…vous voilà mes chers Frères, mains libres……et vous découvrez le dernier cartouche … Ce cartouche vous a peut – être paru, dans un premier temps, bien rébarbatif… travail impératif… devoir incontournable…etc…. Mais le Vénérable Maître vous a souligné qu’en tant qu’Initiés, nous ne devons pas travailler à contrecœur, sous la pression de la nécessité, mais au contraire, avec entrain, en artistes. Oui, mon TC FF :. , travailler en artiste, au sens le plus noble du terme, pour qui, l’œuvre seule compte et n’est pas nécessairement subordonnée à une récompense.

Vous connaissez, peut-être déjà, cette histoire qui se déroule sur un chantier du temps des Cathédrales.

Le Maître demande à 2 Compagnons tailleurs de pierre :

« que fais-tu sur ce chantier ? »

le 1er répond d’un air fatigué : « je taille des pierres ! »

le 2ème répond avec enthousiasme : « je construis une cathédrale ! »

Voilà toute la différence entre le travail subi et le travail sublimé par le grand Œuvre, qui devient alors plaisir, joie, épanouissement partagé avec les autres Hommes Quelle que soit la place que vous occuperez sur le chantier, même la plus humble, vous saurez que votre effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique et qu’ainsi vous coopérerez à l’exécution du Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers. Enfin, à l’issue de cet ultime voyage, vous avez été conduit au pied de l’Orient et où brillait à vos yeux le grand symbole du Compagnon … l’Etoile Flamboyante …

Ah…mes Frères, vous n’avez pas fini de découvrir des choses inouïes derrière ce symbole, en premier lieu, l’interprétation qui est traditionnellement donnée par les anciens rituels : à savoir : – Le Grand Architecte de l’Univers, créateur du Monde entier Ou bien…..tenez-vous bien, mes Frères… L’Initié, celui qui a été élevé jusqu’au faite du temple sacré…c’est-à-dire …Vous, mes Frères … ou tout au moins…Vous, potentiellement… comme tous les Frères ici présents…… Vous imaginez le travail à accomplir…. mais que ce travail proposé est bien enthousiasmant au regard du but, de l’idéal à atteindre. Mon cher Christ:. , mon cher Mic:. , cela peut vous paraître bien fou, bien insensé, étant donné notre petitesse par rapport à l’Univers…..mais n’oubliez pas que, comme l’indique notre rituel ; en tant qu’Initiés, vous savez que vous portez en vous-mêmes un reflet de la Grande Lumière et que par conséquent, vous pouvez vous mettre au travail avec confiance, ardeur, joie pour exécuter ce Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers.

Que de clins d’œil encore vous allez découvrir… 5 Que l’Homme s’inscrit parfaitement dans l’Etoile à 5 branches et que c’est sans doute le symbole de l’Alliance entre l’Humain et le « Divin », entre la Terre et le Ciel, le Tout, le Grand Architecte de l’Univers…… Quand vous aurez vraiment travaillé, vraiment étudié, ce symbole si riche, ainsi que les autres symboles du 2ème degré, vous vous approcherez de plus en plus de l’Initié, réconcilié avec lui-même, intérieurement harmonisé et heureux. Vous serez alors parmi les Hommes, facteurs de paix, de Joie et d’Amour.

L’Etoile Flamboyante vous donnera la clé du passage de l’Equerre au Compas. A ce stade, mon cher Christ:., mon cher Mic:., et avec l’aide bienveillante de tous vos FF :. Et principalement du Frère 1er Surveillant, JClaude vous reviendrez vers nous, les bras chargés d’un superbe morceau d’architecture, digne d’un Maître.

En attendant ce moment heureux pour toute la Loge, Je vous dis simplement…

Allez mes Frères… Au Travail !!!

Dans la Confiance, la Joie et la bonne humeur….

et que l’Etoile Flamboyante illumine votre chemin !

 

J’ai dit, V:. M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.
SOURCE : l’excellent blog  de anck131 http://anck131.over-blog.com/
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LA MACONNERIE DISSEQUEE 24 février, 2016

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Union Maçonnique Universel du Rite Moderne

 

LA MACONNERIE DISSEQUEE

Samuel Prichard 1730

                       

Eques a Leopardo aureo

Liberaliter agere

 

Ce texte est un des textes fondateurs, en particulier pour ceux qui pratiquent les rites basés sur les principes des Moderne.  C’est la première divulgation complète avec le grade de Maître. Je pense donc qu’il est de mon devoir de Franc-Maçon, dans la recherche de la vérité, de le mettre gracieusement à la disposition des Sœurs et des Frères. Que le traducteur et les frères qui m’ont aidé soient remerciés.

J’ai inclus le tableau de la Grand Loge de Londres fait par Picart en 1735. On le trouve dans Illustrations de Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde.   Source : Bibliothèque nationale de France.

Ce document est particulièrement intéressant : il montre bien la forme en équerre de la table autour de laquelle les Frères se réunissaient et l’emplacement des trois chandeliers.

Je vous joins en introduction un petit texte de l’érudit de notre Ordre en ce début du 3ème millénaire: Alain Bernheim.

Jean-Claude Villant                        jvillant@yahoo.fr

Membre de l’académie Internationale du Vème Ordre U.M.U.R.M.

 

Que nous apprennent les plus anciens documents maçonniques écrits en anglais?

Tout ce que nous savons des anciennes cérémonies maçonniques en Grande-Bretagne se trouve réuni dans un livre intitulé The Early Masonic Catechisms, publié en 1943 par Douglas Knoop, G. P. Jones et Douglas Hamer. Une seconde édition de cet ouvrage, revue et complétée, fut publiée en 1963, avec une Préface de Harry Carr. Elle comprend notamment la transcription de dix manuscrits (catechisms) et de dix divulgations imprimées.

Les trois plus anciens manuscrits transcrits dans ce livre proviennent d’Écosse et furent écrits dans les années 1700, c’est-à-dire avant qu’aucune Grande Loge au monde n’ait été fondée. Ils sont divisés en deux parties distinctes: l’une comprend les questions et les réponses que l’on posait à un Maçon qui affirmait être en possession du « Mot de Maçon » avant de le reconnaître (comme tel). Ces questions et réponses deviendront ce que nous appelons aujourd’hui instructions ou mémentos (les Anglais les appellent catechisms ou lectures) et donneront naissance au milieu du 18è siècle à l’ouverture et à la clôture rituelle des travaux d’une loge. L’autre partie décrit notamment une cérémonie se rapportant à la communication du « Mot de Maçon » à un Apprenti. Cette cérémonie est l’ancêtre de ce que nous appelons aujourd’hui initiation, passage et élévation, c’est-à-dire la manière de recevoir un profane dans la Franc-Maçonnerie (l’initier comme Apprenti), puis de lui conférer deux autres grades, ceux de Compagnon et de Maître.

La première divulgation imprimée fut publiée à Londres en avril 1723. La dernière divulgation de cette première période, Masonry Dissected de Samuel Prichard, date d’octobre 1730. Ce texte célèbre est particulièrement intéressant pour deux raisons: il est le premier à reproduire en trois parties séparées les questions et les réponses concernant les grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître; il est également le premier à narrer les circonstances dans lesquelles l’architecte Hiram fut assassiné. Comme la mention de ce meurtre ne se trouve ni dans la Bible ni dans les Old Charges (les anciens manuscrits des maçons opératifs), on peut en conclure que son récit a dû être inventé aux environs de 1730.

Aucun de ces vingt textes ne constitue un « rituel » au sens contemporain du mot, c’est-à-dire le dialogue et la description des actions accomplies pour ouvrir et fermer les travaux d’une loge, ou pour conférer un grade. Mais presque tous comprennent différentes versions du serment que prêtait, comme aujourd’hui, un nouveau Maçon, serment par lequel il s’engageait, sous peine de châtiments graves, à ne révéler d’aucune manière les secrets qui lui avaient été transmis. Les précédentes générations d’historiens maçonniques en tirèrent la conclusion apparemment logique qu’on ne saurait accorder d’authenticité aux textes de ces divulgations puisqu’ils ne pouvaient avoir été écrits que par des parjures… Jusqu’au jour où le hasard fit qu’on s’aperçut que quelques lignes écrites en 1702 dans le Livre d’Architecture d’une loge d’Écosse se retrouvaient presque identiquement dans les anciens manuscrits des années 1700 (cf. Harry Carr, AQC 63, 1950, pp. 259-263). Les historiens anglais comprirent alors qu’il convenait de ne pas confondre les documents manuscrits qui avaient sans doute servi d’aide-mémoire, avec certains textes imprimés, publiés dans le but de ridiculiser la Franc-Maçonnerie ou de lui porter tort. Ils en conclurent que plusieurs de ces textes étaient très vraisemblablement authentiques.

Ils estiment d’autre part qu’aucune autre divulgation de caractère authentique ne fut publiée en  anglais pendant la période comprise entre octobre 1730 et avril 1760.

Alain Bernheim  33ème

 

La maçonnerie disséquée

(1730)

Samuel Prichard

Commentaire et traduction nouvelle par Gilles Pasquier

 

Description générale et véridique de toutes ces parties depuis l’origine jusqu’au moment présent. Telle qu’elle est donnée dans les Loges régulières constituées tant en ville qu’à la campagne, selon les différents grades d’admission. Donnant un récit impartial de leur procédure régulière lors de l’initiation de leurs nouveaux membres à l’ensemble des trois grades de la Maçonnerie, c’est-à-dire 

I. Apprenti Entré.  II Compagnon du Métier.  III Maître.

A cela est ajoutée sa propre défense par 1’auteur.

 

Troisième édition par Samuel PRICHARD  ancien membre d’une Loge constituée.

LONDRES: Imprimé pour J. Wilford aux Trois Fleurs de Lys* derrière la maison du chapitre près de Saint -Paul

1730

Prix : 6 pence

(SERMENT)

Samuel Prichard a fait le serment que le texte ci-annexé est un texte authentique et véridique dans tous les détails.

(A juré le 13e jour d’octobre 1730 Aérant moi R. Hopkins)

                                  SAM. PRICHARD

(Dédicace)

A la Très Vénérable et Honorable Fraternité des Maçons France et Acceptés.

Frères et compagnons,

Si les feuillets qui suivent, écrits avec impartialité, obtiennent l’approbation unanime d’une si illustre Société, je ne doute pas que leur caractère général ne soit diffusé et estimé parmi le reste de l’humanité cultivée, ce qui, je l’espère, donnera, entière satisfaction à tous les amis de la vérité, et je resterai, avec une très humble soumission, le plus obéissant et le plus humble serviteur de la Fraternité.

Ce « catéchisme » est assurément un grand classique du corpus des textes anciens de la maçonnerie, puisqu’on en connaît plus de trente éditions sans tenir compte des éditions pirates. La première parution est du 20 octobre 1730 et ce fut sans doute un succès de librairie, car un second tirage intervint le 23 octobre suivant et un troisième le 31 octobre. C’est sur cette troisième édition, dont un exemplaire est conservé au British Muséum et dont le texte est reproduit dans Tue Early Masonic Catechisms de Knoop, Joncs et Hamer que nous avons travaillé.

On disposait jusqu’à présent d’une traduction française de Masonry Dissected datée de 1743 (reproduite en 1976 par les éditions du Baucens). Cette dernière traduction était précieuse mais incomplète, voire erronée sur quelques points; il convenait donc d’en présenter une nouvelle aux curieux de la tradition maçonnique.

Les faux frères ou imposteurs

On se posera bien sûr la question de savoir si l’auteur était maçon. D’après Harry Carr (AQC, n° 94, p. 107) Samuel Prichard était en 1728 visiteur de la loge « Le Cygne et la Coupe» et membre de la loge « La Tête d’Henry VIII ».

Samuel Prichard se présente lui-même comme un ancien maçon, mais aussi comme un adversaire résolu de la maçonnerie. C’est du moins ce qui apparaît dans la justification qui suit le texte du catéchisme proprement dit. Pour S. Prichard, la maçonnerie est une escroquerie à laquelle il ne faut pas se laisser prendre. C’est d’ailleurs pour lever ce leurre et le rendre inopérant que S. Prichard dévoile du mieux qu’il peut les « secrets » de la maçonnerie.

Du mieux qu’il peut et c’est déjà très bien: cet adversaire de la maçonnerie est très informé sur le sujet, le contenu du pamphlet en fait foi. C’est justement au vu de cette richesse documentaire que la réaction de S. Prichard à l’égard de la maçonnerie nous étonne. La raison de cet étonnement, c’est que l’on sait qu’une position initiatique implique, pour être soutenue, certaines conditions, nécessaires mais non suffisantes il est vrai. Ces conditions font l’objet de la plus grande attention de la part des maçons du XXè siècle où règne la quantité: pureté des rituels et mise en pratique effective. Nous n’avons pas à dire ici quels effets portent les rituels qui remplissent ces conditions. Seulement, nous devons remarquer qu’en 1730 lesdites conditions étaient indubitablement respectées: le rituel était alors dans sa pureté d’origine et Masonry Dissected nous donne le reflet d’un rituel déjà très complet. Quant à la pratique, elle n’était à coup sûr pas remplacée par une simple lecture. Or, il semble que S. Prichard – s’il a été comme il l’affirme, maçon et donc impétrant dans un rite maçonnique – n’ait rien vécu: il ne lui est rien arrivé. Pour lui les secrets de la maçonnerie se réduisent aux mots, signes et attouchements qu’il dévoile et il a tout à fait l’air d’un profane avec tablier (alors que nous connaissons des maçons sans tablier).

Entrait-on facilement dans une loge en 1730 ? C’était sans doute difficile, mais faisable: les tavernes où se réunissaient les loges étaient des lieux publics. Dans la mesure où l’information sur les individus circulait plus lentement que de nos jours, un « voyageur » pouvait se faire passer pour « visiteur » après avoir prêté l’oreille au bon moment, ou même après avoir lu A Mason’s  Examination. Tout cet arrière-plan donne au maçon S. Prichard une responsabilité qui dut peser lourd dans la décision du député grand maître de proposer dès le 15 décembre 1730 (E.M.C., p. 17), que désormais l’entrée en loge ne soit plus accordée qu’à des visiteurs dont les membres de la loge pourraient se porter garants. Les minutes de la Grande Loge précisent bien que cette proposition faisait suite à la parution de Masonry Dissected. On comprend dès lors l’opinion défendue par B.E. Jones dans Freemason’s  Guide and Compendium, selon laquelle I interversion des mots de reconnaissance avait été rendue nécessaire par les publications de A Mason’s Examination et de Masonry Dissected. Il est vrai que, pas plus dans Masonry Dissected que dans A Mason’s  Examination, on ne discerne entre J. et B. quel mot est spécifique du premier ou du second grade: les deux textes attribuent à la fois J. et B. à l’apprenti. Mais outre qu’ils exposent des détails propres à chacun des deux grades, ces pamphlets permettaient à un patron de taverne de faire ce que l’on vit à l’époque: créer de faux maçons pour quelques shillings. L’interversion des mots allait s’ajouter à la précaution, déjà mentionnée, voulue par le député grand maître et contribuer à protéger les loges des « faux frères ou imposteurs »., selon son expression.

Les cowans

Les imposteurs ont leurs pendants opératifs, les cowans, à propos desquels le catéchisme de 1730 se montre très sévère dès le grade d’apprenti: si un cowan était surpris pendant les tenues on le condamnait à rester sous la gouttière de la loge par temps de pluie! Le malheureux devait y être contraint, sauf bien sûr si cette peine était fictive comme celle de l’obligation. Mais le fait que le rôle de couvreur, chargé de tenir les cowans à l’écart, soit dévolu au plus jeune apprenti est significatif: même le débutant de la loge était supérieur aux cowans, qu’il apprenait très tôt à traiter en ennemis.

Qui étaient donc ces cowans?

En nous référant au regretté Harry Carr (The Free-Mason at Work, p. 86) et à Knoop et Jones (The Genesis of Freemasonry, p. 28) nous pouvons dresser le portrait de ces ouvriers. C’étaient des bâtisseurs non maçons qui, à l’origine, n’avaient le droit de construire que des murs en pierres sèches. En 1636, à Canongate, on autorise les cowans à utiliser de la glaise comme mortier, mais pas du mortier à la chaux. En 1623 à Glasgow, on autorise un cowan, un certain John Shedden, à construire des murs avec un mortier de glaise, mais sans chaux ni sable, et jusqu’à une hauteur d’une aune seulement. Dans ce dernier cas, le cowan était dûment enregistré dans la liste des ouvriers du chantier, mais il s’agit là d’une exception dans tous les autres cas il était interdit à un maçon de donner du travail à un cowan. Les Statuts Schaw de 1598 comportent cette interdiction. Il existe même un document de la célèbre loge « Mary’s Chapel » d’Édimbourg, document daté de 1599, qui rapporte qu’un maçon avait dû reconnaître et confesser avoir offensé le surveillant et les maîtres en donnant du travail à un cowan. Ce maçon dut faire une « humble soumission » et promettre de ne pas recommencer.

Harry Carr remarque encore qu’à Kilwinning, les maçons qui acceptaient des cowans étaient condamnés par la loge à des amendes assez lourdes. Et, à Edimbourg, les cowans n’étaient admis au chantier du château que les semaines où aucun maçon n’y travaillait. C’est l’occasion pour notre historien de constater que le terme de cowan est d’origine écossaise. 11 faut souligner à ce propos que les sources de l’Oxford English Dictionary, à l’article cowan, sont toutes écossaises; et que le Chambers Scots Dictionary, qui est un dictionnaire de langue écossais-anglais, comporte bien un article cowan. La présence de ce mot dans Masonry Dissected serait un signe certain de l’influence de l’Ecosse sur la maçonnerie anglaise.

Le rituel de la Première Grande Loge

On ne possède pas le rituel de la Grande Loge de Londres ou Première Grande Loge, fondée en 1717, mais c’est à ce rituel que se réfère Masonry Dissected comme on va le voir. Il va de soi que nous ne considérons pas que la Première Grande Loge avait unifié le rituel de ses loges en 1730. On sait qu’avant 1717 existaient des différences d’une loge à l’autre puisque les «catéchismes», dont notre revue publie les traductions, ne sont pas semblables les uns aux autres. Cela continua sans doute au sein de la Première Grande Loge. C’est d’ailleurs ce qu’explique B.E. Jones dans son récit sur la querelle des Anciens et des Modernes. Les grades mêmes n’étaient pas unifiés: en 1738 certaines loges de la Première Loge sont signalées comme ayant « aussi » un grade de maître (Constitutions d’Anderson, p. 184-190). Cela prouve au moins qu’en 1738 le système à trois grades n’était pas pratiqué par toutes les loges de l’obédience.

Néanmoins, on peut se faire une idée approximative de ce qu’était, en 1730, le rituel de la Première Grande Loge en lisant Masonry Dissected car c’est bien de cette maçonnerie-là que S. Prichard nous parle.

Les preuves de ce que nous avançons là sont dans le pamphlet même: il s’agit de la liste de loges qui fait suite à la justification de l’auteur. Cette liste est apparue dans la troisième édition de Masonry Dissected, édition faite par Prichard lui-même et non par un éditeur pirate. C’est la liste des loges « constituées » et il faut savoir que ce qu’on appelait « loges constituées » en Angleterre en 1730, c’étaient celles de la Grande Loge et non d’autres. On trouve ce terme de constituted dès 1723 dans les Constitutions d’Anderson (p. 71) où il est dit que les loges doivent être solen­nellement constituées par le grand maître ». L’usage de ce mot est d’ailleurs resté de nos jours pour désigner cette cérémonie spéciale au cours de laquelle le grand maître constitue une loge.

C’est donc bien la liste de loges de la Grande Loge de Londres, année 1730, que S. Prichard donne à la fin de son pamphlet. Au reste, si l’on avait quelque doute, il suffirait de comparer cette liste au tableau publié par Erich Lindner dans L’Art royal illustré (p. 257). Ce tableau donne une série de petites images. Ce sont les enseignes des tavernes où se réunissaient les loges de la Première Grande Loge en 1735, soit cinq ans seulement après la publication de S. Prichard. Les enseignes sont numérotées et accompagnées des noms des rues, des quartiers ou des villes où sont situées les tavernes. Les loges prenaient tout simplement, comme titre distinctif, le nom de la taverne où elles se réunissaient. Par exemple, l’enseigne numéro 23 nous montre un croissant de lune accompagné de la mention « Cheapside ». Cela veut dire qu’en 1735, la loge n°23 se réunissait dans la taverne de la Demi-Lune située dans le quartier lon­donien de Cheapside. Or, que trouvons-nous dans la liste donnée par S. Prichard? Qu’en 1730 une loge portant le numéro 23 s’appelait La Demi-Lune et se réunissait dans Cheapside les premier et troisième mar­dis de chaque mois.

Autre exemple: dans la liste de 1730 nous trouvons, au numéro 11, la loge de « la Tête de Reine » qui se réunissait dans Knaves-acre les premier et troisième mercredis de chaque mois. Et dans le tableau de 1735 on voit, au numéro 11, une enseigne constituée par un portrait de femme couronnée, accompagnée de cette mention de lieu: Knaves-acre ».

On retrouve en tout trente-cinq loges de la liste de 1730 dans le tableau de 1735. Certaines ont entre-temps changé de numéro, mais pas de nom ni de lieu de tenue, comme la loge du « Cerf blanc » qui se réunissait à Bishopsgate et portait les numéros 44 en 1730 et 45 en 1735. Cela ferait vraiment trop de coïncidences: c’est bien de la maçonnerie de la Première Grande Loge dont nous parle S. Prichard. Il faut d’ailleurs noter au passage qu’il y a, en plus des similitudes, des différences entre les deux listes. En 1730 la liste comporte soixante-sept loges alors que le tableau de 1735 en donne cent vingt-neuf, dont plusieurs d’ateliers supérieurs au grade de maître. Par ailleurs, sur les soixante-sept loges de 1730, trente-deux ont disparu (ou changé de nom?) en 1735. Tout cela donne l’impression d’un formidable bouillonnement et l’impression est encore plus forte si l’on continue les comparaisons en utilisant la liste publiée à la fin de l’édition de 1738 des Constitutions d’Anderson.

Hiram enfin

Avec le manuscrit Graham (1726) on assistait au premier redressement d’un corps, mais ce n’était pas encore du cadavre d’Hiram qu’il s’agissait. Depuis quand était-il question de cet assassinat dans la franc-maçonnerie? Dans Early masonic Pamphlets (p. 193), Knoop et Jones nous rapportent un texte qui constitue une sorte de prospectus destiné à un public de maçons; « La Maçonnerie antédiluvienne ». Ce document fait allusion au « fils d’une veuve, tué d’un coup de masse». En 1723, le pasteur Anderson mentionnait Hiram dans la première édition des Constitutions, mais ne soufflait mot de la destinée du maître et de sa position de référent dans le rituel d’élévation (11-12, note). Il est vrai qu’en 1723, la Première Grande Loge ne fonctionnait encore qu’avec un système à deux grades, ainsi qu’en témoigne l’article IV des Constitutions de 1723.

Comment la mise au point, ou pour mieux dire la mise en rite, de la légende d’Hiram avait-elle pu s’opérer? Nous devons bien admettre que le processus est encore très mal connu et nous espérons que des documents anciens restent à découvrir qui nous apprendront la vérité sur tout cela. Toutefois il est possible de résumer la situation de la maçonnerie en 1730 de la façon suivante:

La Grande Loge de Londres, ou Première Grande Loge, fondée en 1717, avait débuté avec un système à deux grades: l’apprenti et le compagnon ou maître; le maître en titre étant le maître de la loge, celui qui préside.

Par ailleurs, il existait un système à trois grades. Témoignent de l’existence de ce système les manuscrits Trinity College (1711) et Graham (1726). En témoigne également un document de la loge de Dumbarton Kilwinning, daté de 1726 et que nous rapporte Harry Carr (The Free Mason at Work, p. 274): ce texte dit que le compagnon Gabraël Portefield a été reçu maître « après avoir renouvelé son serment et payé son droit d’entrée».

Si l’on admet que le grade de maître est apparu au terme d’une évolution, on peut considérer que le manuscrit Graham (1726) nous donne un état primitif du grade: pas encore de meurtre, Noé tient la place d’Hiram, mais on relève bien un corps. Dans cette perspective et compte tenu du fait que les deux textes peuvent appartenir à deux «courants »différents, Masonry Dissected donne un état du rite très avancé dans l’évolution du grade. Très avancé, mais pas encore achevé: les trois grades ont encore entre eux des adhérences et la distinction de chaque grade par rapport aux autres n’est pas tout à fait réalisée. Par exemple, l’apprenti reçoit deux mots alors que, quelques années plus tard, un de ces deux mots sera attribué à l’apprenti, l’autre au compagnon. Autre exemple:

Harry Carr (The Free-Masons at Work, p. 104) souligne que d’après S. Prichard, c’est dans la Chambre du Milieu que se trouve la lettre G et que le compagnon reçoit son salaire. Enfin, on verra en lisant Masonry Dissected que les cinq points par lesquels on relève le maître, sont encore les cinq points du « compagnonnage».

Ces quelques réflexions nous rendent évident le fait que les maçons spéculatifs ont intérêt à savoir ce qu’est la maçonnerie opérative, la franc-maçonnerie ayant connu une mutation en passant de l’état opératif à l’état spéculatif. Ce changement de nature qui a pris en tout et pour tout une vingtaine d’années semble s’être accompagné de l’avènement du mythe d’Hiram dans le rituel du troisième grade.

Le judéo-christianisme de la maçonnerie

On verra dans Masonry Dissected que le livre sur lequel se prête l’obligation du maçon est la Bible. La Bible est d’ailleurs la source de plusieurs éléments du catéchisme concernant le Temple de Salomon, sa construction et certaines de ses parties. Le passage de la Bible, dans lequel se trouvent les mots, est cité dès le grade d’apprenti et, bien sûr, le roi Salomon est cité dans le grade de maître. On trouve également au grade d’apprenti la précision suivante: la loge est située dans la vallée de Josaphat, et si elle est orientée c’est parce que toutes les églises et chapelles le sont. Au grade de compagnon la description des colonnes est empruntée à la Bible et accompagnée de la référence biblique. Enfin, toujours au grade de compagnon, il est expliqué que si les loges s’appellent loges de Saint Jean, c’est que celui-ci fut le prédécesseur du Sauveur et qu’il traça la première ligne parallèle à l’Evangile.

Tout cela donne à Masonry Dissected un caractère nettement judéo-chrétien. Cela ne doit pas surprendre les maçons du XXè siècle, même s’ils ont acquis la conviction du contraire. Il nous semble  utile de faire ici la distinction entre ce qui est de l’ordre de la conviction ou de l’opinion, et ce qui est  de l’ordre de l’information. L’étude des textes anciens de la maçonnerie et des versions d’origine des différents rites encore pratiqués à notre époque montre à l’évidence que la franc-maçonnerie est une des formes d’expression de la tradition judéo-chrétienne, indépendamment des différentes convictions  et opinions qui ont pu se former à ce sujet et dont chacun est libre.

Dans les rituels de langue française cela est vrai même pour le plus récent des rites encore actifs de nos jours, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, dont la plus ancienne version connue remonte au plus tôt à 1804.

Dans ce rite, c’est sur la Bible qu’est prêtée l’obligation d’apprenti (Guide, p. 22 et 31) de même que celles de compagnon et de maître (p. 62 et 89). L’hypothèse selon laquelle on pourrait remplacer la Bible, non plus pour un impétrant mais en permanence, par divers livres tels que le Coran ou le Zend Avesta est certes intéressante, mais ce serait sortir de son cadre propre le livre qui doit s’y trouver pour y insérer des livres appartenant à d’autres traditions. Bien sûr, il existe une initiation chinoise Ming dans laquelle l’impétrant pose le genou nu sur une équerre, mais cela ne prouve qu’une chose: que l’acte de construire prête partout à sacralisation. Le premier homme qui construisit, fût-ce une cabane, fit sortir l’humanité des cavernes. En cessant de vivre sous terre et dans les abris naturels, en accédant à la surface de l’ordre naturel et en le modifiant par des constructions l’homme savait, comme les alchimistes, qu’il aidait la nature et que la nature l’aidait. Construire c’était toucher à l’Œuvre de Dieu, mais aussi participer à celle-ci. Il est bien normal qu’il ait été saisi de crainte et d’adoration tout à la fois, d’une part, et que ce comportement fondamental n’ait pas été propre  au monde occidental ni à la maçonnerie, d’autre part.

Les maçons du Rite Ecossais Ancien et Accepté des origines n’utilisaient d’ailleurs pas la Bible sans savoir ce qu’ils faisaient. Des signes de cette conscience apparaissent dans le corps du rituel dès le grade d’apprenti: — Pourquoi votre loge est-elle située est et ouest?

— Parce que tous les temples le sont ainsi.

— Pourquoi cela?

— Parce que l’Evangile fut d’abord prêché dans l’est et s’étendit ensuite dans l’ouest. (Guide, p. 33.)

Il en va ainsi jusqu’au grade de maître. On demande au maître:

— Pourquoi étiez-vous sans souliers?

Et le maître de répondre

— Parce que le lieu où je fus reçu était une terre sainte, sur laquelle Dieu dit à Moïse: « Ote tes souliers, car le lieu où tu marches est une terre sainte. »

Ce n’est donc pas â l’étourdie que le Rite Écossais Ancien et Accepté avait un caractère judéo-chrétien: c’était témoigner de ses sources mêmes. C’est également évident pour le Rite Français et encore plus pour le Rite Ecossais Rectifié.

Ce ne sont pas là des remarques ponctuelles. Le Rite Ecossais Ancien et Accepté plonge ses racines dans la maçonnerie des « Anciens » et c’est même là ce qui lui valut son titre d’Ancien. Cette maçonnerie des « Anciens »a été elle aussi victime d’une divulgation: en 1760 un ouvrage intitulé Trois Coups distincts donnait une description complète de ce qu’était le rite des Anciens.

Cela nous permet de vérifier qu’en 1760, aux trois grades, on prêtait les obligations sur la Bible(Three Distinct Knocks, p. 19, 40 et 54) et que dès le grade d’apprenti, il était fait référence au roi Salomon et â la construction du Temple (ibid., p. 30). Entre autres preuves de l’ancrage judéo-chrétien de ce rite des «Anciens », on trouve, toujours au grade d’Apprenti, ces questions et réponses (p. 32):

— Pourquoi, mon frère, onze font-ils une loge?

—Parce qu’il y avait onze patriarches quand Joseph fut vendu en Egypte et qu’on le crut perdu.

— Quelle est la seconde raison mon frère?

— il n’y avait plus que onze apôtres après que Judas eût trahi le Christ.

Là encore si la maçonnerie décrite dans Trois Coups distincts ne doit rien au hasard quant à ses sources, c’est bien que la maçonnerie britannique de 1760 descendait de celle de 1730 que Prichard nous montre émerger dans un système à trois grades.

Ce qui n’était pas nouveau pour la maçonnerie de 1760 ne l’était pas davantage pour celle d’avant 1730. Il n’est pour le vérifier que de lire les textes anciens publiés en traduction dans ce cahier.

Il est clairement question de Noé, de Salomon et du Christ dans le manuscrit Graham de 1726. Cela n’est d’ailleurs pas spécifique des textes anglais. Dans le manuscrit Dumfries (1710), peut-être d’origine écossaise, les données extraites de l’Ancien et du Nouveau Testament abondent. Nous n’en rappellerons que trois tirées des questions et réponses de ce caté­chisme:

1)                David prescrivait que les fondations du Temple fussent posées sur une « aire à blé, comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle dénomma l’aire d’Oman le Jébuséen ».

2)- Combien d’échelons y avait-il dans l’échelle de Jacob?

—     Trois.

—      Lesquels?

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

3) Le Christ est le marbre blanc sans tache, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée, mais que Dieu a choisie d’entre les autres pour que le Temple puisse être construit.

Il n’est pas jusqu’aux textes écossais de 1696 et 1700 qui ne précisent que c’est sur la Bible que l’on prête l’obligation du maçon. Ces deux manuscrits, Edimbourg (1696) et Chetwode Crawley (1700), donnent même, en dépit de leur brièveté et de leur dépouillement, deux références bibliques pour les mots J et B: I Rois, 7-21, et II Chroniques 3, dernier verset.

Nous ne citons même pas ici tous les textes anciens. Qu’on y aille voir: le manuscrit Sloane (1700) et le manuscrit du Trinity College (1710) n’infirment pas notre thèse, bien au contraire. A Mason’s  Confession (1727) ou le manuscrit Wilkinson (1727). Une telle constance de la part des maçons, de 1696 à 1804, n’a d’autre explication que celle que nous avancions au début de notre propos: la maçonnerie est une des formes d’expression de la tradition judéo-chrétienne.

Ceci nous amène à une double réflexion.

Bien des maçons pensent que puisqu’il est interdit par les Constitutions d’Anderson (1723) d’être un athée stupide, il suffit d’être un athée intelligent pour faire un maçon régulier. Nous n’avons pas la prétention d’être nous-mêmes un très fort angliciste mais enfin, il faut être vraiment très faible en langue anglaise pour donner dans le panneau. Relisons Anderson: « … If lie rightly understands the Art, lie will never be a stupid Atheist, nor an irreligious Libertine. »Si d’après cette phrase il est possible, selon certains traducteurs d’Anderson, d’être un athée intelligent, il sera tout autant possible d’être un libertin religieux. Voilà ce qu’on gagne à philosopher prématurément: la position de l’adjectif devant le substantif ne doit pas faire illusion, en anglais c’est la règle – ça s’appelle de la syntaxe – et pour le pasteur Anderson et ses lecteurs anglophones, un athée est stupide tout comme un libertin est irréligieux. Par suite, ni l’un ni l’autre ne pouvaient être maçons en 1723. La seconde réflexion découle de la première. Il n’entre aucune part d’interprétation dans notre traduction de la phrase d’Anderson citée plus haut, en voici la preuve. On s’est beaucoup servi de cette phrase pour le plus grand profit des athées intelligents, mais aussi pour promouvoir une sorte de « religion maçonnique »: la religion naturelle ou déisme. Cette religion naturelle serait sans révélation, une religion d’avant les opinions particulières que sont par exemple le judaïsme et le christianisme. Ce dernier point est exact, et c’est bien à la religion de Noé que pensait Anderson; il le dit nettement dans ses Constitutions de 1738. Mais il faut être aussi ignorant de la Bible que les athées intelligents le sont de la syntaxe anglaise pour croire que le pasteur Anderson proposait une religion naturelle en 1723 et 1738 aux maçons de la Première Grande Loge. Il eût été étonnant en effet qu’un pasteur ne connaisse pas la Bible et en l’occurrence les passages desquels il ressort que Noé, tout au long de son histoire, a bénéficié de nombreuses révélations sur lesquelles il réglait ses actes. Noé ne marchait dans les voies du Seigneur que parce que celles-ci lui étaient tracées d’en haut. Voici trois citations parmi bien d’autres qui confirment ce que nous disons:

1)   Alors Dieu dit à Noé: la fin de toute chair est arrêtée par-devers moi; car ils ont rempli la terre de violence; voici, je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors (Genèse, 6-13, 14).       2)      L’Eternel dit à Noé: entre dans l’arche, toi et toute ta maison; car je t’ai vu juste, devant moi parmi cette génération (Genèse, 7-1).

3)     Dieu parla encore à Noé et à ses fils avec lui, en disant: voici, j’établis mon alliance avec vous et avec votre postérité après vous (Genèse, 9-8, 9).   Ainsi Noé, après avoir été sauvé grâce à l’avertissement de Dieu, devint l’ouvrier de Dieu en servant à la création selon Ses directives. Si l’on admet que le pasteur Anderson avait lu la Bible, on admettra aussi que la religion noachide dont il parlait en 1738 n’était pas le déisme. Cela méritait d’être précisé avant que le lecteur n’entre, par la lecture de Samuel Prichard, dans les secrets et mystères de la Maçonnerie du pasteur Anderson.

Traduction

INTRODUCTION

L’institution primitive de la Maçonnerie repose sur le fondement des sciences et Arts Libéraux, mais plus spécialement sur le cinquième, C’est-à-dire la Géométrie. Car c’est lors de la construction de la Tour de Babel  que l’Art et le Mystère de la Maçonnerie furent en premier introduits, et de là transmis par Euclide, digne et excellent mathématicien des Egyptiens, et il les communiqua à Hiram, le Maître-Maçon qui s’occupa de la construction du Temple de Salomon à Jérusalem, où il y eut un excellent et singulier Maçon qui commandait sous les ordres de leur Grand-Maître Hiram; son nom était Xannon Grecus, il enseigna I’ Art de la Maçonnerie à un certain Carolos Marcil en France, qui fut élu plus tard Roi de France. Et de là ensuite il fut introduit en Angleterre à l’époque du Roi Athelstone, qui ordonna qu’une assemblée fût tenue une fois chaque année à York, ce qui fut sa première introduction en Angleterre. Et les Maçons étaient faits de la manière suivante.

“Tune unus ex Senioribus teneat Librum, ut illi vel ille ponant vel ponat Manus supra Librum ; tum Praecepta debeant legi”. C’est-à-dire:  Tandis que l’un des Anciens tient le Livre, qu’il (ou ils) mette(nt) leurs mains sur le Livre pendant que le Maître devra lire les Lois ou Devoirs,

Lesquels Devoirs étaient: qu’ils soient sincères les uns envers les autres sans exception, et s’engagent à secourir les Frères et les Compagnons dans la nécessité, ou bien leur donnent du travail et les rétribuent en conséquence,

Mais durant ces derniers temps, la Maçonnerie n’est plus composée d’artisans, comme elle l’était dans son état primitif, lorsqu’un petit nombre de questions par demandes et réponses était suffisant pour déclarer un homme suffisamment qualifié comme Maçon opératif.

Les termes de Maçonnerie Franche et Acceptée n’ont pas été entendus (tels qu’ils le sont maintenant), jusqu’à ces dernières années. Il n’a été question d’aucune Loge Constituée ni de communications trimestrielles jusqu’en 1691 lorsque des Lords et des Ducs, des Hommes de Loi et des Commerçants, et autres négociants plus modestes; les portiers, n’étant pas exceptés, furent admis dans ce Mystère ou dans cette absence de Mystère. La première catégorie fut reçue en versant une très grosse somme, la seconde à un taux moyen, la dernière pour la somme de six ou sept shillings, en échange de quoi ils reçurent l’insigne honneur qui est (comme ils disent) plus ancien et plus honorable que l’Etoile et la Jarretière ; son ancienneté repose d’après les Règles de la Maçonnerie, sur le fait qu’il aurait été transmis par leur tradition sans interruption depuis Adam, ce que je laisse au lecteur Impartial le soin d’examiner

Des Maçons Acceptés proviennent les Vrais Maçons et des deux proviennent les Gorgomons, dont le Grand-Maître, le Volgl, tire son origine des Chinois, dont les écrits, si on peut les croire, soutiennent l’hypothèse des Pré-Adamites, et par conséquent doivent être plus anciens que la Maçonnerie.

La société la plus libre et la plus ouverte est celle du Grand Kaihebar, qui consiste en une compagnie choisie de gens compétents, dont le principal, sujet de conversation concerne le Commerce et les Affaires, et développe une amitié mutuelle sans contrainte ni restriction.

Mais si, après son admission dans les secrets de la Maçonnerie, quelque nouveau frère n’aime pas leurs façons et se met à réfléchir en voyant qu’on lui a soutiré aussi aisément son argent, se retire de la fraternité ou  bien se tient éloigné à cause des dépenses trimestrielles de la. Loge et des Communications trimestrielles, bien qu’il ait été légitimement admis dans une Loge Régulière et Constituée, il lui sera refusé le Privilège (en tant quo Frère Visiteur) de connaître le Mystère pour lequel il a déjà payé, ce qui est en contradiction manifeste avec l’Institution do la Maçonnerie elle-même, ainsi qu’il apparaîtra de toute évidence dans le  traité qui suit.

 

 

     Gravure de Bernard Picart Grande Loge de Londres 1735

Gravure de Bernard   Picart Grande Loge de Londres 1735

    

Illustrations de   Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde

Source : Bibliothèque   nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b23005558/f105.item   vue 105

 

 

Le Grade de l’Apprenti Entré

 

1   D. D’où   venez-vous?
    R. De la    Sainte Loge de Saint Jean
       
2   D. Quelles   recommandations en avez-vous apportées ?
    R. Les   recommandations que j’ai apportées des Très vénérables Frères et Compagnons   de la Très Vénérable   et Sainte Loge de Saint Jean d’où je viens, et vous salue trois fois de tout   cœur.
       
3   D. Que   venez-vous faire ici ?
    R. Non   pas faire ma propre volonté.

Mais   soumettre mes passions: prendre en mains les Règles de la Maçonnerie. Et   ainsi  faire des progrès quotidiens.    4 D.Etes-vous Maçon ?  R.Je suis   reconnu et accepté comme tel parmi les Frères et Compagnons.    5 D.Comment   connaîtrai-je  que vous êtes Maçon ?  R.Par les   Signes et les Attouchements et les points parfaits de mon Entrée.    6 D.Que   sont les signes?  R.Toutes   équerres, angles et perpendiculaires    7 D.Quels sont   les attouchements?  R.Certaines poignées de main régulières et fraternelles    8 Examinateur:Donnez-moi   les Points de votre Entrée.  Répondant:Donnez-moi le premier et je vous donnerai le second.    9 Examinateur:Je le garde.  Répondant:Je le cache.    10 Examinateur:Que   cachez-vous ?  Répondant:Tous secrets   et mystères des Maçons et de la    Maçonnerie, sauf à un Frère véritable et légitime après un   examen en due forme, ou dans une Loge juste et vénérable de Frères et de   Compagnons régu1ièrement assemb1és.    11 D.Où avez-vous   été fait Maçon?  R.Dans une Loge juste et parfaite.    12 D.Qu’est-ce   qui fait une Loge juste et parfaite ?  R.Sept ou plus.    13 D.De quoi se   composent-ils ?  R.D’un Maître,   de deux Surveillants, de deux Compagnons du Métier et de deux Apprentis   Entrés.    14 D.Qu’est-ce   qui fait une Loge ?  R.Cinq    15 D.De quoi se   compose-t-ils ?  R.D’un Maître,   de deux survei1lants, d’un Compagnon du Métier, d’un Apprenti Entré.

16 D.Qui vous a   amené en Loge ?  R.Un Apprenti Entré.17 D.Comment vous   y a-t-il amené ?  R.Ni nu ni   vêtu, ni pied nu ni chaussé,   dépouillé de tous métaux et avançant dans une attitude droite.    18 D.Comment   avez-vous été admis ?  R.Par trois grands coups.    19 D.Qui vous a reçu ?  R.Un Deuxième   Surveillant.    20 D.Qu’a-t–il   fait de vous ?  R.Il. m’a   conduit à la partie Nord-Est de la    Loge et m’a ramené ensuite à l’ouest  et m’a remis entre les mains du Premier   Surveillant.    21 D.Qu’a fait de   vous le Premier Surveillant?  R.Il m’a présenté et m’a montré comment marcher (par trois   pas) vers le Maître.    22 D.Qu’a fait de   vous le Maître ?  R.Il m’a fait   Maçon.    23 D.Comment vous   a-t-il fait Magon ?  R.Avec le   genou nu fléchi et le corps dans l’Equerre, le Compas ouvert sur le sein   gauche nu, la main droite nue sur la Sainte Bible. Dans cette posture, j’ai prêté   l’Obligation (ou serment) du Maçon.    24 D.Pouvez-vous   répéter cette Obligation?  R.Je vais m’y efforcer,

(Ce qui est comme suit).

25     Moi, par ceci, solennellement   je fais vœu et jure en Présence de Dieu Tout-Puissant et de cette Très   Vénérable Assemblée, que je garderai et cacherai et jamais ne révélerai les   Secrets ou Mystères des Maçons ou de la Maçonnerie qui me seront révélés, sauf à un   Frère véritable et légitime, après un examen en due forme, ou dans une Loge   juste et vénérable de Frères et de Compagnons régulièrement assemblés.

Je promets et fais vœu en outre que je nie les écrirai, ni   ne les imprimerai, ni ne les marquerai, ni ne les taillerai ni ne les   graverai, ou les ferai écrire, imprimer, marquer, tailler ou graver sur le   bois ou la pierre, en sorte que le caractère ou l’impression visible d’une   lettre puisse apparaître, par quoi on pourrait l’obtenir illicitement.

Tout ceci   sous un châtiment qui ne saurait être moindre que d’avoir la gorge coupée, la   langue ôtée du palais(1) de la bouche le cœur arraché la bouche, le cœur   arraché d’en dessous le sein gauche, et qu’ils soient enterrés dans les   sables do la mer, à une encablure du rivage, là où la marée monte et descend   deux fois en 24 heures, mon corps étant réduit en cendres, mes cendres   dispersées sur la surface de la terre en sorte qu’il ne subsiste plus aucun   souvenir de moi parmi les Maçons.

Ainsi que Dieu me soit en aide.

1 Le texte anglais porte roof, mais il faut vraisemblablement lire   root.

26 D.Quelle est la forme de la loge?  R.Une équerre.    27 D.Quelle   longueur?  R.De l’Est à   l’Ouest.28 D.Quelle   largeur?  R.Du Nord au   Sud.    29 D.Quelle   hauteur?  R.Des pouces,   des pieds et des toises innombrables, aussi haut que les cieux.    30 D.Quelle   profondeur?  R.Jusqu’au   centre de la terre.    31 D.Où se tient la Loge ?  R.Sur une   terre sainte, ou sur la plus haute colline ou la plus profonde vallée, ou   dans la vallée de Josaphat, ou en tout autre lieu secret.    32 D.Comment   est-elle située ?  R.Plein Est et Ouest.    33 D.Pourquoi   ainsi?  R.Parce   que toutes Eglises et Chapelles le sont ou devraient l’être ainsi.    34 D.Qu’est-ce   qui soutient une Loge ?  R.Trois   grandes colonnes.    35 D.Comment les   nomme-t-on?  R.Sagesse, Force et Beauté.    36 D.Pourquoi   ainsi?  R.Sagesse pour   créer, Force pour soutenir et Beauté pour orner.    37 D.De quoi   votre Loge est-elle couverte?  R.D’un dais   nuageux de couleurs variées (ou des nuages).    38 D.Avez-vous   des meubles dans votre Loge ?  R.Oui.    39 D.Quels   sont-ils ?  R.Le pavé   mosaïque, l’étoile flamboyante et la houppe dentelée. Quel est leur usage?    40 D.Quel est   leur usage?  R.Le pavé   mosaïque est le sol de la Loge,   l’Etoile Flamboyante, le Centre, et La houppe dentelée la bordure tout   autour.    41 D.Quels sont   les autres meubles d’une loge ?  R.La Bible, le Compas et   1’Equerre.    42 D.A qui   appartiennent-ils en propre?  R.La Bible à Dieu, le Compas an   Maître et 1’Equerre au Compagnon du Métier.    43 D.Avez-vous   des bijoux dans votre Loge ?  R.Oui.    44 D.Combien ?  R.Six. Trois   Mobiles et trois immobiles.    45 D.Quels sont   les bijoux mobiles ?  R.L’équerre,   le niveau et la perpendiculaire.    46 D.Quel est   leur usage ?  R.L’équerre   sert à tracer des lignes exactement à angle droit, le niveau à vérifier   toutes les horizontales et la perpendiculaire à vérifier toutes les   verticales.    47 D.Quels sont   les bijoux immobiles ?  R.La planche à tracer, la pierre brute et la pierre ouvrée.    48 D.Quel est   leur usage ?  R.La planche à   tracer sert au Maître pour y dessiner ses projets, la pierre brute sert aux   compagnons du Métier pour y essayer leurs bijoux et la pierre ouvrée à   l’Apprenti Entré pour y apprendre à travailler.    49 D.Avez-vous   des Lumières dans votre Loge?  R.Oui, trois.    50 D.Que   représentent-elles?  R.Le Soleil, la Lune et le Maître Maçon.

Ces lumières sont trios grandes chandelles placées   sur de hauts chandeliers.

  51 D.Pourquoi   cela ?  R.Le Soleil pour gouverner le Jour, La Lune, la Nuit et le Maître Maçon sa   Loge.    52 D.Avez-vous   des lumières fixes dans votre Loge ?  R.Oui.    53 D.Combien?  R.Trois.    N.B. Ces   lumières fixes sont trois fenêtres, Qu’on suppose (mais ce n’est pas   le toujours le cas) se trouver dans toute salle où une Loge est tenue, mais   plus exactement les quatre points cardinaux conformément aux antiques règles   de la Maçonnerie.     54 D.Comment   sont-elles disposées ?  R.L’Est, au Sud et à l’Ouest.    55 D.Quel est   leur usage ?  R.Eclairer les   hommes lorsqu’ils vont au travail, lorsqu’ils y sont, et lorsqu’ils en   reviennent.    56 D.Pourquoi n’y   a-t-il pas de lumière au Nord?  R.Parce   que le Soleil n’envoie aucun rayon à partir de cette région.    57 D.Où se tient   votre Maître ?  R.A l’Est.    58 D.Pourquoi   cela?  R.Comme le   Soleil se lève à l’est pour ouvrir le jour, de même le Maître se tient à   l’Est (avec la main droite sur le sein gauche, ce qui est un signe et   l’équerre au cou) pour ouvrir la    Loge et mettre ses hommes au travail.    59 D.Où se   tiennent vos Surveil1ants ?  R.A l’Ouest.    60 D.Quel est   leur devoir?  R.Comme le   soleil se couche à l’ouest pour fermer le jour, de même les Surveillants se   tiennent à l’ouest (avec la main droite sur le sein gauche, ce qui est un   signe et le niveau et l’équerre au cou) pour fermier la Loge et renvoyer les hommes   du travail en leur payant leur salaire.    61 D.Où se tient   le plus ancien Apprenti Entré?  R.Au Sud.    62 D.Quel est son   office?  R.Entendre et   recevoir les instructions et accueillir les Frères étrangers.    63 D.Où se tient   le dernier Apprenti entré ?  R.Au Nord.    64 D.Quel est son   devoir?  R.Ecarter les   manœuvres et les indiscrets.    65 D.Si un   manœuvre (ou un écouteur aux portes) est attrapé, comment doit-on le punir?  R.En le   plaçant sous les gouttières des Maisons (lorsqu’il pleut) jusqu’à’ à ce que 1’ eau lui entrant par les   épaules ressorte par les souliers    66 D.Quels sont les secrets d’un Maçon?  R.Des signes,   des attouchements et de nombreux mots.    67 D.Où   conservez-vous ces secrets ?  R.Sous mon   sein gauche.    68 D.Avez-vous   une clé pour ces secrets ?  R.Oui.    69 D.Où la   gardez-vous ?  R.Dans une   boîte en os qui ne peut être ouverte ou fermée qu’avec des clés d’ivoire.    70 D.Pend-elle ou   gît-elle ?  R.Elle pend.    71 D.A quoi   pend-elle ?  R.A un câble   de 9 pouces   ou un empan.    72 D.De quel   métal est-elle ?  R.D’aucun   métal ; mais c’est une langue du bon renom aussi bonne dans le dos d’un Frère   qu’en face de lui.

N.B. La clé est la langue, la boîte en os les dents, le   câble la racine de la bouche(1).

 (1)Le texte   anglais porte également ici roof. II faut vraisemblablement lire encore root.

 73 D.Combien y   a-t-il de principes en Maçonnerie?  R.Quatre.    74 D.Quels   sont-ils?  R.Le point, la   ligne, la surface et le volume.    75 D.Expliquez-les.  R.Le point est   le centre  (à partir duquel le   Maître ne peut s’égarer) la ligne est la longueur sans largeur, la   surface la longueur et la largeur, le volume englobe le tout.    76 D.Combien de   signes principaux ?  R.Quatre.    77 D.Quels   sont-ils?  R.Le Guttural,   le pectoral, le manuel et le pédestre.    78 D.Expliquez-les.  R.Le Guttural,   la gorge; le pectoral, la poitrine; le manuel, la main; le pédestre, le pied.    79 D.Qu’apprenez-vous   comme gentilhomme Maçon?  R.La discrétion, la moralité et la bonne amitié.    80 D.Qu’apprenez-vous   comme Maçon opératif ?  R.A tailler, à   équarrir, à façonner la pierre, à poser un niveau et à dresser une   perpendiculaire.    81 D.Avez-vous vu   votre Maître aujourd’hui ?  R.Oui.    82 D.Comment   était-il vêtu ?  R.D’une veste   jaune et d’une culotte bleue.

N.B. La veste jaune est le compas et la culotte bleue   les pointes d’acier.

 83 D.Pendant   combien de temps servez-vous votre Maître ?  R.Du lundi   matin au samedi soir.    84 D.Comment le   servez-vous ?  R.Avec la   craie, le charbon de bois et la   terrine.    85 D.Que   désignent-i1 ?  R.Liberté, Ferveur et Zèle.    86 Examinateur :D ormez-moi   le signe d‘Apprenti Entré  Répondant:Etendre les   quatre de la main droite et les retirer en travers de la gorge, o’ est le   signe, et il demande l’attouchement,

N.B. L’attouchement se fait en pressant l’extrémité   du pouce de_1a main droite sur la première articulation de1’index de   1a main droite du Frère. Il demande un mot.

 87 D.Donnez-moi   le mot,  R.Je l’épellerai avec vous.    88 Examinateur:BOAZ  R.(N, B.    L’Examinateur dit B, le Répondant   O, l’Ex. A, le Rép. Z, c’est-à-dire BOAZ).    89 D.Donnez-moi   un autre.  R.JACHIN

(N.B. Boaz et Jachin étaient deux colonnes dans le   porche de Salomon.    I Rois chap.   VII, vers. 21)

90 D.Quel âge   avez-vous ?  R.Moins de sept (signifiant qu’il n’est  passé-Maître).    91 D.A quoi sert   le jour?  R.A voir.    92 D.A quoi sert   la nuit ?  R.A entendre.    93 D.Comment   souffle le vent?  R.Plein est et   ouest.    94 D.Quelle heure   est-il?  R.Midi plein

Fin de la partie de   l’Apprenti Entré

                              

 

Le   Grade du Compagnon du Métier.

 

 95 D.Etes-vous   Compagnon du Métier ?   R.Je le suis.      96 D.Pourquoi   avez-vous été fait Compagnon du Métier ?   R.Pour   connaître la lettre G.      97 D.Que signifie   ce G?   R.Géométrie,   ou la cinquième science.      98 D.Avez-vous   jamais voyagé?   R.Oui. A l’est   et à l’ouest.      99 D.Avez-vous   jamais travaillé ?   R.Oui, à la   construction du Temple.      100D.Où avez-vous   reçu votre salaire ?   R.Dans la chambre du milieu.      101D.Comment   êtes-vous parvenu  dans la chambre du   milieu ?   R.Par le   porche.      102D.Lorsque voua êtes passé par le porche, qu’avez-vous vu?   R.Deux grandes   colonnes.      103D.Comment les appelle-t-on?   R.J. B., c’est-à-dire   Jachin et Boaz.      104 D.Quelle est leur hauteur?   R.Dix-huit coudées.      105D.Quelle est   leur circonférence ?   R.Douze   coudées.      106D.De quoi   étaient-elles ornées ?   R.De deux   chapiteaux.      107D.Quelle était   le, hauteur des chapiteaux ?   R.Cinq   coudées.      108D.De quoi   sont-ils ornés ?   R.D’un réseau   et de grenades.      109D.Comment   êtes-vous parvenu dans la chambre du milieu?   R.Par un   escalier double en forme de vis.      110D.De combien ?   R.Sept ou   plus.      111D.Pourquoi   sept ou plus ?   R.Parce que   sept ou plus font une Loge Juste et parfaite.      112D.Lorsque vous   êtes parvenu à la porte de la chambra du milieu, qui avez-vous vu ?   R.Un   surveillant. 113D.Que vous   a-t-il demandé ?   R.Trois   choses,      114D.Lesquelles ?   R.Un signe, un   attouchement et un mot.      

N.B. Le signe se fait en plaçant la main droite sur   le sein gauche, l’attouchement se fait en joignant votre main droite à celle   de la Personne   qui le demande, et en pressant avec 1’extrémité du pouce sur la première   articulation du médium, et  le mot est   Jachin.

 115D.Quelle   hauteur avait la porte de la chambre du milieu?   R.Elle était si grande qu’un manœuvre ne pouvait l’atteindre pour y   piquer une épingle. (gros clou, cheville, broche, axe d’une clé)      116D.Lorsque vous   êtes arrivé dans la chambre du milieu, qu’avez-vous vu?   R.La   ressemblance de la lettre G.      117D.Que signifie   ce G?   R.Quelqu’un   qui est plus grand que vous.      118D.Qui est plus grand que moi, qui suis un Maçon Franc et accepté, le   Maître d’une Loge?   R.Le Grand Architecte et Créateur de l’univers, ou Celui qui fut porté   sur le sommet du pinacle du saint Temple.      119D.Pouvez-vous   répéter la  lettre G?   R.Je vais m’y   efforcer      

            La répétition de la lettre   G.

   Répondant:Au milieu du   Temple de Salomon il y a un G,

 

Lettre pour   tous belle à lire et à voir.

Mais seul un   petit nombre comprend

Ce que   signifie cette lettre G.        Examinateur:Mon ami, ai vous prétendez être

De cette Fraternité

Vous pouvez   dire exactement et sur-le-champ

Ce que   signifie cette lettre G.   Répondant :P ar les   sciences sont amenés à la lumière

Des corps de   diverses sortes,

Qui apparaissent parfaitement à la vue ?

Mais   personne sinon des mâles ne connaîtra ma pensée.        Examinateur:Le Très le   fera.   Répondant:Si   Vénérable.        Examinateur:A la fois   Très et Vénérable je suis De vous saluer j’ai ordre,

Afin que   voue me fassiez savoir sur-le-champ, comment  je puis vous comprendre.      

Répondant :P ar Lettres   quatre et Science cinq

Ce G se tient exactement

En juste art et proportion,

Voua avez votre réponse, Ami.      

N.B. Les quatre lettres sont BOAZ. La cinquième   Science Géométrie

 Examinateur:Mon Ami, vous   répondez bien,

Si les droits et libres principes vous découvrez

Je changerai votre nom d’Ami

Et désormais   tous appelleront frère.   Répondant:Les sciences   sont bien composées

De vers d’une noble venue,

Un point, une ligne et un extérieur ;

Mais un   solide est le dernier.        Examinateur:Que le bon   salut de Dieu soit dans notre heureuse rencontre.   Répondant:Et tous les   Très Vénérables Frères et Compagnons.        Examinateur :D e la Très Vénérable et   Sainte Loge de St Jean.   Répondant :D ’où je   viens.        Examinateur:Vous   saluent, vous saluent, vous saluent trois fois, de tout cœur, vous priant de   faire connaître votre nom.   Répondant:Timothy   Ridicule.        Examinateur:Bienvenue,   Frère, par la Grâce   de Dieu. N.B. La   raison pour laquelle ils se disent de la Saintes Loge de   Saint Jean est qu’il fut le précurseur de Notre Sauveur, et qu’il trace la   première ligne parallèle à l’Evangile (d’autres assurent que notre Sauveur   lui même fut accepté Franc-Maçon lors de son incarnation) mais combien cela   semble ridicule et profane. Je le laisse à la réflexion du lecteur sensé.

 Fin de la partie de   Compagnon du Métier.

      

Le Grade de Maître

 

D.Etes-vous   Maître Maçon?   R.Je le suis ;   examinez-moi, éprouvez-moi, désapprouvez-moi si vous pouvez.       D.Où avez-vous   été passé Maître ?   R.Dans une   Loge parfaite de Maître.        D.Qu’est-ce   qui fait une Loge parfaite de Maîtres ?   R.Trois.        D.Comment   êtes-vous parvenu à être passé Maître ?   R.Avec le secours   de Dieu, l’Equerre et mon propre travail.        D.Comment   avez-vous été passé Maître?   R.De l’Equerre   au Compas.        D.Je présume   que vous avez été Apprenti Entré ?   R.Jachin   et Boaz j’ai vu; Un très bon Maître-Maçon j’ai été fait, Avec le   losange, la Pierre   taillée et l’Equerre.       D.Si un Maître-Maçon vous voulez être    Vous devez comprendre parfaitement la Règle de Trois. Et M.B. (Machbenah) vous rendra   libre : Et ce que vous désirez en Maçonnerie Te sera montré dans cette Loge.  R.Je comprends   la bonne Maçonnerie Les clés de toutes les Loges sont à ma disposition.       D.Vous êtes un   Compagnon héroïque ; d’où venez-vous ?   R.De l’Est.        D.Où   allez-vous ?   R.A l’Ouest.        Examinateur: Qu’allez-vous   faire dans cette direction ?   R.Chercher ce   qui a été perdu et est maintenant retrouvé.        Examinateur Qu’est-ce   qui a été perdu et est maintenant retrouvé ?   R.Le mot de   Maître-Maçon.        Examinateur: Comment   a-t-il été perdu?   R.Par Trois   Grands Coups, ou la Mort   de notre Maître Hiram.        Examinateur: Comment   trouva-t-il la mort?   R.Il était   Maître Maçon lors de la construction du temple de Salomon, et à 12 heures de midi plein, tandis que les hommes étaient partis   se reposer, il vint inspecter les travaux comme il en avait l’habitude.   Lorsqu’il fut entré dans le Temple, trois scélérats, supposés être trois   Compagnons du Métier, se postèrent aux trois entrées du Temple. Lorsqu’il   sortit, l’un lui demanda le Mot de Maître ; et il lui répondit qu’il ne   l’avait pas reçu de cette manière mais que le temps et un peu de patience le   lui ferait obtenir. Mécontent de cette réponse, le scélérat lui porta un coup   qui le fit chanceler. Il alla à l’autre porte où, accosté de la même manière   et donnant la même réponse, il reçut un coup plus fort, et au troisième son coup   de grâce.       Examinateur Avec quoi   les scélérats la tuèrent-ils?   R.Un maillet,   un levier et une masse.        Examinateur Comment se   débarrassèrent-ils de son corps?   R.Ils le   transportèrent hors du Temple par la porte Ouest et le cachèrent sous des   décombres jusqu’à 12 heures   pleines à nouveau.      

Examinateur

Quelle heure   était-ce ?   R.12 heures pleines de la nuit,   tandis que les hommes étaient au repos.        Examinateur Comment se   débarrassèrent-ils de son corps ensuite?   R.Ils le   transportèrent jusqu’en haut d’une colline où ils firent une tombe décente et   l’ensevelirent.       Examinateur Quand   s’aperçut-on de son absence?   R.Le même   jour.        Examinateur Quand fut-il   retrouvé?   R.Quinze jours   plus tard.        Examinateur Qui le   retrouva?   R.Quinze   Frères dévoués, sur l’ordre du Roi Salomon, sortirent par la porte   ouest du Temple et se dispersèrent de droite à gauche, à portée de voix l’un   de l’autre. Ils convinrent que, s’ils ne trouvaient pas le Mot sur lui ou   près de lui, le premier Mot serait le Mot de Maître. Un des Frères, plus las   que les autres, s’assit pour se reposer et, saisissant un arbuste, qui céda   aussitôt, et s’apercevant que le sol avait été défoncé, il appela ses Frères.   En poursuivant leurs recherches, ils le trouvèrent décemment enseveli dans   une belle tombe de 6 pieds   à l’est, 6 pieds   à l’ouest et 6 pieds   perpendiculaires; elle était couverte de mousse et de gazon verts, ce qui les   surprit. Sur quoi, ils s’écrièrent : Nuscus Domus Dei Gratia, ce qui,   selon La Maçonnerie,   veut dire Rendons grâce à dieu, notre Maître a une maison moussue,   Aussi la recouvrirent-ils avec soins, et, comme autre ornement, placèrent une   branche de Cassia à la tête de sa tombe. Puis ils revinrent avertir le   Roi Salomon.       Examinateur Que dit le   Roi Salomon de tout cela ?   R.Il ordonne   de le relever et de l’ensevelir décemment et que 15 compagnons du métier en   gants et tabliers blancs assistent à ses obsèques ( qui doivent être   célébrées parmi les Maçons jusqu’à ce jour ).      Examinateur Comment Hiram   fut-il élevé ?   R.Comme le   sont tous les autres Maçons, lorsqu’ils reçoivent le Mot de Maître.       Examinateur Comment cela   ?   R.Par les cinq   points du Compagnonnage.        Examinateur Quels   sont-ils?   R.Main à Main,   Pied à Pied, Joue à Joue, Genou à Genou, Main dans le dos.      N.B.  Lorsque Hiram fut relevé, ils le prirent   par les index et la peau se détacha, ce qu’on appelle le glissement. Étendre   la main droite et placer le médium sur le poignet, en serrant l’index et   l’annulaire sur les côtés du poignet, cela s’appelle la poignée de main. Le   signe se fait en plaçant le pouce de la main droite sur le sein gauche et en   étendant les doigts.   Examinateu rQuel est le   nom d’un Maître Maçon ?   R.Cassia   est son nom, et je viens d’une Loge juste et parfaite.        Examinateur Hiram   fut-il enterré ?   R.Dans le sanotum   Sanatorum. (1) 

(1) Le Saint des Saints.

  Examinateur Par Où   fut-il amené?   R.Par la porte   ouest du Temple.        Examinateur Quels sont   les bijoux du Maître ?   R.L’arcade, le   dormant et le pavé d’équerre        D.Expliquez-les.   R.L’Arcade est   l’entrée du sanctum sanctorum, le dormant les fenêtres ou les lumières   à l’intérieur, le pavé d’équerre le sol.       Examinateur Donnez-moi   le Mot de Maître.   R.Il le   murmure à l’oreille, et, dans la posture des Cinq Points du Compagnonnage   ci-dessus indiqués, dit Machbenah, ce qui signifie L’Architecte   est  frappé.    N.B. Si   des Maçons sont au travail sur un chantier, et si vous désirez reconnaître   les Maçons Acceptés des autres, prenez un morceau de pierre, et demandez-lui   ce qu’il sent : il répondra immédiatement: ni le cuivre, ni le fer, ni   l’acier, mais le Maçon. Ensuite, si vous lui demandez son  âge, il répondra «au-dessus de sept», ce   qui signifie qu’il est passé Maître.     

Fin de la Partie de   Maître

 

L’AUTEUR SE JUSTIFIE LUI-MÊME EN RAISON DES PRÉJUGES D’UNE PARTIE DE L’HUMANITÉ.

De tous les abus qui sont apparus dans l’humanité, aucun n’est aussi ridicule que le Mystère de la Maçonnerie, qui a diverti le monde et suscité diverses interprétations. Ces soi-disant secrets, (qui sont) sans valeur, ont été, quoique incomplètement, révélés, et l’Article essentiel, c’est-à-dire l’Obligation, a été plusieurs fois imprimée dans les journaux publics, mais il est entièrement authentique dans le Daily  Journal du Samedi 22 août 1730 qui s‘accorde par sa véracité avec ce qui est donné dans cet opuscule. En conséquences, lorsque l’obligation du secret est abrogée, le susdit Secret devient sans effet et doit être entièrement aboli. Car quelques Maçons Opératifs (mais selon la manière polie de s’exprimer, des Maçons Acceptés) rendirent visite, venant de la première et  plus ancienne Loge constituée (selon le Livre des Loges de Londres), dans une Loge réputée de cette ville, où l’entrée leur fut refusée sous le motif que leur vieille Loge s’était transférée dans une autre maison, ce qui, bien qu’en contradiction avec ce grand Mystère, exige une autre constitution, à un prix qui n’est pas inférieur à douze guinées, avec un divertissement élégant, sous le prétexte de servir à des fins charitables, ce qui, si c’est exact, mériterait de grands éloges à une si digne entreprise. Mais on peut en douter et il est plus raisonnable de penser que cela sera dépensé en vue de constituer un autre système de Maçonnerie, l’ancienne structure étant si délabrée que, à moins d’être renforcée par quelque Mystère occulte, elle sera bientôt réduite à néant.

J’ai été amené à publier ce puissant Secret pour le Bien public, à la demande de plusieurs Maçons,  et cela donnera, j’espère, entière satisfaction, et cela aura son effet souhaité en empêchant un si grand nombre de personnes crédules d’être attirées dans une Société aussi pernicieuse.

 

FINIS

LISTE DES LOGES RÉGULIÈRES

PAR ORDRE D’ANCIENNETÉ ET DE CONSTITUTION

 

1.         Les Armes du Roi, dans Saint Paul’s Church Yard. 1er et 3e lundis de chaque mois. Constituée en 1691.

2.         La Rose et le Taureau, contre l’auberge Furnival, Holborn. 1er mercredi. 1712.

3.         La Taverne de la Corne, à Westminster. 3e vendredi.

4.         Le Cygne, Hampstead. 1er et 3e samedis. 17 janv. 1722.

5.         Les Trois Cygnes, dans Poultry. 2ème vendredi. 11 juillet 1721.

6.         Le Café de Tom, dans Clare Street près Clare Market. 2e et 4e mardis. 19 janv. 1722.

7.         La Coupe, dans Queen Street, Cheapside. 2e et 4e jeudis. 28 janv. 1722.

8.         La Taverne du Diable, à Temple Bar. 2e mardi. 25 avril 1722.

9.         Le Tonneau, dans Noble Street. 1er et 3e mercredis. Mai 1722.

10.       Le Lion et le Bouclier, dans Brewer Street. Dernier jeudi. 25 nov. 1722.

11.       La Tête de Reine, dans Knaves Acre. 1er et 3e mercredis. 27 février 1722-3.

12.       Les Trois Tonneaux, dans Swithin’s Alley. Vè mardi. 27 mars 1723.

13.       L’Ancre, dans Dutchy Lane. 2e vendredi et dernier lundi. 28 mars 1723.

14.       La Tête de Reine, dans Great Queenstreet. 1er et 3e lundis. 30 mars 1723.

16.       Le Lion Rouge, dans Tottenham Court Road. 3e lundi. 3 avril 1723.

17.       Le Taureau et la Jarretière, dans Bloomsbury. ler et 3e jeudis. 1723.

18.       La Couronne et le Coussin, à Ludgate Hill. ler mercredi. 5 mai 1723.

19.       Le Dragon vert, à Snow Hill. let et 3e lundis. 1723.

20.       Le Dauphin, dans Tower Street. 3e mercredi. 12juin 1723.

21.       La Tête de Baudet, dans Prince’s Street, Drury Lane. 2e et dernier jeudis.

22.       Le Navire, à Fish Street Hill. 1er vendredi. 11 septembre 1724.

23.       La Demi-Lune, dans Cheapside.1er et 3e mardis. 11 septembre 1723.

24.       La Couronne, hors les murs à Cripplegate. 2e et 4e vendredis.

25.       La Mitre, à Greenwich. Dernier samedi. 24 décembre 1723.

26.       Les Armes du Roi, dans le Strand. 4e mardi. 25 mars 1724.

27.       La Couronne et le Sceptre, dans St Martin’s Lane. 2e et dernier lundis. 27 mars 1734.

28.       La Tête de Reine, dans la ville de Bath. Dernier jeudi.

29.       La Tête de Reine, dans la ville de Norwich.

30.       Le Cygne, dans la ville de Chichester. 3e vendredi.

31.       Le Taureau Fie, dans Northgate Street, Ville de Chester.

32.       Le Château et le Faucon, dans Watergate Street, ville de Chester,

33.       La Tête de Baudet, dans Carmarthen, Galles du Sud.

34.   Les Armes de l’East India, à Gosport dans le Hampshire. 2e jeudi à 3 heures.

35.       L’Ange, à Congleton dans le Cheshire.

36.       Les Trois Tonneaux, dans Wood Street. 1er et 3e jeudis. Juillet 1724.

37.       Le Cygne, à Tottenham High Cross. 2e et 4e samedis. 22janvier 1725.

38.       Le Cygne et la Coupe, dans Finch Lane. 2e et dernier mercredis. Février 1725.

39.       La Tête de St-Paul, dans Ludgate Street. 2e et 4e lundis. Avril 1725.

40.   Le Sarment de Vigne, dans Flolborn. W lundi. 10 mai 1725.

41.   La Têté d’Henry VIII, dans St Andrew Street, près des sept cadrans. 4è lundi.

42.   La Rose, à Mary-la-Bone. W lundi l’hiver et 3e lundi l’été. 25 mai 1725.

43.       Le Cygne, dans Grafton Street, Ste Anne, Soho. W et dernier mercredis. Septembre 1725.

44.       Le Cerf Blanc, hors les murs à Bishopsgate. 1~ mardi. 19janvier 1726.

45.   Le Café Mount, dans Grosvenor Street, près de Hanover Square. 1er mercredi. 12janvier 1727.

46.       Les Trois Couronnes, à Stoke Newington. 1er samedi. 9 août 1727.

47.       La Tête de Roi, à Salford, près de Manchester. 1er lundi.

48.       Le Château, dans Holborn. 2e et dernier mercredis. 31 janvier 1727-8.

49.       Les Trois Fleurs de Lys, dans St Bernard Street, à Marid. ler dimanche.

50.       Le Sac de Coton, dans Warwick. 1er et 3e vendredis. 22 avril 1728.

51.       Le Café de Bishopsgate. 1er et 3e mercredis. 1728.

52.       La Rose et la Couronne, dans Greek Street, à Soho. 1er et 3e vendredis. 1728.

53.       Le Lion Blanc, à Richmond. 1er et 3e samedis à midi.

54.       La Couronne et l’Ancre, dans Shorts Gardens.

55.       La Tête de la Reine Elizabeth, dans Pittfield Street à Hoxton. W 1er et 3è lundis.

56.       La Couronne, dans la Halle aux blés, à Oxford. Chaque jeudi. 8 août 1729.

57.       Les Trois Tonneaux, à Scarsborough. 1er mercredi. 7 août 1729.

58.       Les Trois Tonneaux, à Billingsgate. 2e et 4e jeudis. 22janvier 1730.

59.   Les Armes du Roi, dans Cateton Street. 1er et 3e vendredis. 24janvier 1730.

60.   Ceorge, à Northampton. W samedi. 16janvier 1730.

61.   Prince William, à Charing Cross. 2e et 4e lundis. 26 février 1730.

62.   L’Ours, dans Butcher Row. W et 3e vendredis. 6 mars 1730.

63.   La Colline St Roch, près de Chichester dans le Sussex. Une fois l’an, c’est-à-dire le mardi de la semaine de Pâques. Sous le règne de Jules César.

64.       Le Lion Rouge, dans la ville de Canterbury. 1er et 3e mardis. 3 avril 1730.

65.       Le Café de Dick, dans Gravel Street à Hatton garden. Dernier jeudi. 16 avril 1730.

66.       Les Clous Dorés, à Hamstead. 2e et 4e samedis, 28 avril 1730.

67.       La Tête de Roi, dans Fleet Street. 2e et 4e vendredis. 22 mai 1730.

 

NOTES

 

1.  Catechetical: de catéchèse. Nous nous sommes risqué à traduire par catéchisme car les problèmes de catéchèse sont le fait de clercs, alors que les questions que l’on peut poser ~ un candidat maçon ne peuvent être de catéchèse, mais de catéchisme.

2.         On comprendra que le terme furnitures ne pouvait mieux se traduire que par s meubles ». Étant donné ce que sont ici les meubles, il n’était pas sans intérêt de noua en tenir à ce terme qui possède, entre autres, un sens héraldique.

3.         Rough ashler. Ashler désigne une pierre taillée utilisée pour la face extérieure du mur, ou pierre cubique. (Early Masonic Catechisms p. 241.) Le terme rough suggère qu’il s’agit d’une pierre dure, propre à l’appareil du mur.

4.         Broach’d thurnel. C’est une corruption de broached ornel: une pierre assez tendre travaillée au ciseau ou à la laie (E.M.C., p. 241). Le travail à la laie ne donne pas une pierre polie, c’est pourquoi nous traduisons par le terme de pierre dégrossie

5.         On remarquera les nombreuses erreurs que comportent le signe, l’attouchement et les mots.

6.         Notre traduction est de nature à ne pas dérouter les maçons de langue française. Il convient toutefois de noter qu’en anglais la phrase est: « For the sake of the letter  G. . Cela pourrait se traduire par: Pour l’amour de la lettre G.»  C’est là une traduction extrême mais le caractère polémique de sake devait laisser ce sens présent à l’esprit du maçon de 1730.

7.         Combien? Juste après la question des escaliers, constituait un coq-à-l’âne incompréhensible. C’est pourquoi nous avons ajouté entre crochets un complément explicatif autorisé par la suite du texte.

8.         Where was you pass’d Master? dit le texte anglais. Il ne s’agit pas pour autant de devenir passé maître » mais simplement d’être reçu maître. L’expression est cependant ~ retenir car les ~‘ passed masters » apparaîtront quelques années plus tard dans la Franc-Maçonnerie.

9.         Nous soumettons bien volontiers cette réplique à la discussion des anglicistes: « A Setting Maul, Setting Tool and Setting Beadle.» Beadle est sans doute une altération de beetle (masse). Quant à setting tool, « outil de pose », nous avons cru pouvoir le traduire par « niveau ». On pourrait aussi le traduire par « levier », dans la mesure où le verbe to set signifie « poser» mais aussi « mettre en place».

SOURCE :

Numérisation jvillant@yahoo.fr   http://unionmasonicauniversalritomoderno.blogspot.com http://www.lespertuis.fr  

Zirkel_und_Winkel

RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHlS ET MISRAïM SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN 19 novembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 5 commentaires

 

RITE ANCIEN ET PRIMITIF

DE MEMPHlS ET MISRAïM

SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN

 

Rite Primitif des Philadelphes (Narbonne 1779)

Rite de Misraïm (Venice 1788)

Rite de Memphis (Montauban 1815)

Rites Unis de Memphis et Misraïm (1881)

 

FRANC MACONNERIE UNIVERSELLE

GRAND ORIENT D’ITALIE

 

 

NOTES HISTORIQUES

ET ACTIVITES EN ITALIE

Giancarlo Seri

 

INDEX

 

Présentation

Avant propos: La maçonnerie Opérative dans l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Notes Historiques sur l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Origine du Rite de Misraïm ou Egyptien (jusqu’à l’unification avec le Rite Oriental de Memphis en 1881)

Origine du Rite de Memphis ou Oriental (jusqu’à l’unification avec le Rite de Misraïm en 1881)

Fusion des deux Rites

Les grades dits « Administratifs »

Docétîque initiatique de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Structure Opérative actuelle de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Titres usuels dans l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm.

Calendrier Sacré

Réouverture des Travaux de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm au sein de la Communion Maçonnique du Grand Orient d’italie . Actes et Successions

Conclusions  

 

PRESENTATION

Nous avons élaboré ce fascicule dans le but de présenter et éclairer les objectifs, les activités et le développement ( en perspective ) de l’Ancien Rite Primitif de Memphis et Misraïm, au sein de la Communion Maçonnique laquelle, à compter du 14 Avril 1879, a assumé le nom historique de Grand Orient d’Italie.

Par ce travail, nous chercherons, pour autant que possible, de fournir des indications utiles aux Frères Maîtres, soit pour un premier contact avec les thématiques développées dans les Chambres Rituelles qui constituent l’Echelle Philosophique que propose notre Vénérable Rite, soit pour montrer – dans les grandes lignes – les points de référence nécessaires à ceux qui veulent approfondir la recherches sous l’aspect hîstorio-graphique.

Durant ces quinze dernière années, le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm, a été indiscutablement un phénomène de grand intérêt dans le panorama maçonnique. En effet si d’une part il a suscité de grands enthousiasmes parmi les Frères Maîtres, il a par ailleurs, nous devons, hélas, le souligner, soulevé des réactions incentestablement peu fraternelles.

Cependant, nous souhaitons que la lecture de cet opuscule, permette aux Frères Maîtres de comprendre quels sont les éléments traditionnels essentiels qui distinguent le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm des autres Corps Rituels Maçonniques confrères, soit dans la forme que dans la substance. Nous allons tenter de définir, en synthèse, quelles propositions, quels instruments et quelles activités Opératives notre vénérable Rite compte présenter aux Frères Maîtres, afin de développer et accroître – avec toujours plus de vigueur – toutes les qualités et vertus spirituelles nécessaires à chaque Maître Maçon pour réaliser – en lui-même et par lui-meme – le véritable et authentique  » status intereriore  » de l’Adepte.

Nous sommes conscients que le » CHEMIN « est difficile et hérissé d’obstacles, mais avec l’aide du Très Haut, de la Charité et de la Solidarité fraternelle, il sera possible de distinguer et comprendre quelles sont les  » colonnes portantes  » du PROJET MACONNIQUE UNIVERSEL. A ce stade il est nécessaire de souligner que « spéculation  » et » operativité » maçonnique basent leur enseignement sur l’observation attentive et profonde de la NATURE. Mère et Maîtresse, ELLE nous montre depuis toujours, la Voie qui conduit à la découverte et a la compréhension du Secret des Secrets, inné et casché dans la mystérieuse pulsation de la vie que la tradition alchimico-hermétique nous indique, avec une simplicité lapidaire, au travers de la devise:

SOLVE ET COAGULA

Observons comment naît une fleur et comment l’arbre génère un fruit, réfléchissons sur la perpétuelle alternance des saisons alors petit à petit, dans l’esprit de celui qui cherche la vérité avec une âme honnête, sincère et humble, se fera jour, de façon toujours plus concrète, la connaissance et la participation au  » noumène  » qui gouverne le  » phénomène naturel « . L’objectif de l’Adepte est donc la possession et la connaissance des dynamiques occultes de la LOI UNIVERSELLE et ETERNELLE de CAUSE à EFFET. Que dire de plus à ceux qui s’approchent de Notre Vénérable Rite?

Il ne nous reste quâ leur souhaiter que la Lumière de la Force, de la Beauté et de la Sagesse devienne substance de la propre substance et que la Couronne d’Osiris se pose sur leur tête.

 

Le Souverain Grand Maître

Grand Commandeur

Grand Hiérophante Général

Giancarlo Seri 33:. 90:. 97:.

 

AVANT PROPOS

 

L’OPERATIVITE’ MACONNIQUE

DANS LE RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Il est nécassaire d’éclaircir un malentendu historique, selon nous typiquement italien, sur la signification correcte de l’expression  » operativité maçonnique « .

Selon nos expériences et en l’observance des enseignements reçus, nous sommes d’un avis diffèrent par rapport aux opinions courantes dans la Communauté Maçonnique Italienne sur la signification du terme  » operativité « .

D’après les entendements de certains,  » opérer  » signifie intervenir indu ment et improprement au nom de l’Institution Maçonnique, dans les structures sociales profanes, dans les partis politiques et dans les Instituitions.

Nous au contraire, nous définissons ce comportement comme la  » grande tentation « , ou, mieux encore, la  » force déviante  » du comportement correct maçonnique. Personne ne peut nier que ces  » déviations  » ont depuis toujours, provoqué, avec une cadence périodique constante, des dommages incalculables à la saine diffusion de Ja véritable Tradition Maçonnique.

Dans un passé assez récent nous avons eu les désastreuses sanctions des lois fascistes envers des FF.-. en particulier et contre l’institution Maçonnique en général. Plus récomment, l’affaire – bien trop connue – de l’irrégulière et anti~nitiatique loge  » Propaganda 2  » ( mieux connue sous le sigle  » P2  » ), a mis la F.-. M.-. dans une situation certes pas du tout confortable aux yeux du monde profane. Il n’est pas difficile de comprendre, en réfléchissant sur la signification du titre distinctif de cet atelier, que les fondateurs et les animateurs de ce groupe pseudo – maçonnique, étaient inspirés.par des idéaux qui, toujours à notre avis, n’ont rien de maçonnique et encore moins d’initiatique. En effet la Tradition n’enseigne pas a ses adeptes des théories anticonformistes, des délires exaltant l’ordre social et moral (de quelle morale?) ou des préceptes de nature nettement cléricale et puritaine.

Donc, en revenant a notre concept d’operativité, nous disons que l’ceuvre Maçonnique est de nature essentiellement intérieure et spirituelle. Elle s’exprime seulement au travers de dynamiques qui tendent à la découverte et â l’étude de ce  » profond  » qui existe au cantre de la conscience de chaque être intelligent, c’est à dire de cet univers composite et complexe qui attend de se révéler àl’observateur attentif et discret.

Seulement au travers d’une observation attentive et silencieuse, on peut réintégrer son propre être dans l’Harmonie Eternelle et Universelle. Le Maître Maçon Libre, par un travail de rectification constant et équilibré, met sa propre individualité au service de I’ évolution humaine et universelle. Il passe ainsi d’un travail essentiellement personnel, à un travail trans-personnel, d’un petit et égocentrique  » moi  » à un  » SOIT  » vibrant et resplendissant dans le glorieux et éternel travail de Ammon-Ra, source de vie, Père de toutes choses.

Ce que nous venons d’exposer peut sembler difficile et hors d’atteinte, mais aux FF.-. Maîtres nous disons: il suffit de commencer, le reste vient après.

 

NOTES HISTORIQUES

SUR L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm est un double système maçonnique -illuministique qui renferme en soit le grand système initiatique occidental. Il part de la base ell~même, la maçonnerie  » bleue « , pour atteindre les cimes rosicruciennes de la Gnose, y compris les systêmes hermétiques, philosophiques et ésotériques des anciens Hiérophantes égyptiens et des prêtres de Mitra.

Notre Vénérable Rite, à cause de sa référence à Misraïm (ce mot dérive de  » mizr  » qui dans l’ancienne langue hébraïque faisait allusion à l’Egypte) est appelé aussi Rite Egyptien, ce qui génère une confusion erronée avec le Rite Egyptien – ou Maçonnerie Egyptienne de Cagliostro – lequel, tout en se reliant à I’A.R. P.M.M. dans l’étude des pratiques mystiques et théurgiques, – est profondément différent.

Les deux Rites unis, de Memphis et de Misraïm, forment dans leur complexe un authentique Ordre et non pas un simple Rite, dans le sens que l’on attribue généralement à ce mot. Ils furent conçus dans le but de rassembler en un organisme unique, qui mette en commun dans ses grades toute la sagesse, la connaissance et le désir de croissance intérieure des initiés épars dans les innombrables Corps Rituels Maçonniques supérieurs et dans les Ordres Illuministiques et chevaleresques, qui opéraient au débuts du 18ème siècle.

Donc l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm assuma la caractéristique d’un Ordre Universel dont la mission, rédimensionnée dans le temps, fut ceIle d’assumer la direction suprême de tous ces Ordres et Rites de véritable et traditionnel caractère initiatique, en réunissant dans une collaboration fraternelle, sous un seul corps, les Maçonneries et les Ordres Illuministiques du monde entier. Il y eut ainsi une prodigieuse synthèse des écoles orientales et occidentales.

A partir de 1881, par la volonté du Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général F.~. Giuseppe Garibaldi, fut opérée la fusion des deux Rites de Memphis et de Misraïm, dans un climat d’intime et harmonieuse intégration. Pour les besoins de la présentation, même Si très schématisée, de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm, nous mentionnons ci-dessous une brève description de chacun des Rites.

 

ORIGINE DU RITE DE MISRAÏM ou EGYPTIEN

(jusqu’à l’unification avec le Rite Oriental de Memphis en 1881)

Plusieurs auteurs sont d’accord sur ses origines, sur sa diffusion à Venise et dans l’Italie du Sud.

Tory précise.:

 » – - – en 1815 il était très répandus à Venise et dans les îles Ioniques avant même la révolution française de 1789. On trouvait beaucoup de Chapitres dans les Abbruzzes et dans le Pouilles. « 

Levesque en 1821 dit que:

 » . – - depuis cinq ou six ans ce Rite s’est établis à Paris. provient du Sud et il jouit d’une certaine considération dans les îles Ioniques et sur les bords de l’Adriatique. Il est né en Egypte. « 

Il est clair, a ce point, que ce Rite eut ses origines en Italie, vu les affirmations de ces auteurs et d’autres encore.

Donc, en partant des obscurités « des débuts, il est possible d’affirmer, selon les théories les plus acceptables et dignes de foi, que le Rite de Misraïm naquit à Naples et, quand la Maçonnerie abandonna ses contenus ésotériques pour s’ouvrir au courant révolutionnaire, plusieurs FF.-. émigrèrent de Naples vers leurs propriétés dans l’Adriatique en emmenant avec eux leurs certitudes historiques de là partit sa diffusion.

Selon les affirmations de Gastone Ventura, ce fut le  » Filalete  » Abraham en 1801 qui reconstruit àVenise la L.-. du Rite de Misraïm mise en sommeil après l’occupation Autrichienne; cette L.-. aurait existé depuis 1796. Le F.-. Abraham ne serait autre que le Baron Tassoni de Modene. Au contraire, selon d’autres savants, comme Robert Ambelain et Robert Cools, ce fut Cagliostro qui porta le Misraïm à Venise.

De toute façon en résumant, brièvement et succinctement, la succession des événements historiques qui favorisèrent l’apparition de ce Rite, il nous paraît utile de mentionner que, fondamentalement, les historiens nôus reportent à deux différentes versions sur la naissance de ce Rite.

Pour ce qui nous concerne, l’examen attentif des différentes versions qui nous sont fournies par l’historiographie contemporaine, et forts de l’expérience initiatique proposée par Notre Vénérable Rite, nous avons la ferme conviction que, en y apportant les corrections qui s’imposent, les deux hypothèses sur les origines du Rite de Misraïm puissent êtres considérées véridiques.

 

1ère Version

 

Le Rite aurait été introduit dans la République vénitienne aux débuts du XVIII0 siècle puis, àtravers différentes vicissitudes, depuis les îles ioniques et très précisément de la L.~. égyptienne Zante (de la quelle faisait partie Ugo Foscolo) aboutit en 1782 à Venise. Immédiatement après, un groupe de FF.-. maçons (appartenant à la communauté protestante anti – trinitaire de Socino), membres de la susdite L:. égyptienne, reçurent de Cagliostro ( qui à cette époque séjournait à Trento ) une autre initiation maçonnique.

Peu après soit Gad Bedarride soit son fils Marc reçurent, justement par ces LL:. égyptiennes, les relatives initiations qu’ils intégrèrent dans la même période avec d’autres filiations, toujours originaires de l’ancienne terre d’Egypte.

 

2ème Version

 

Elle nous est fournie directement par Marc Bedarride dans son livre  » LOrdre Maçonnique de Misraïm  » publié à Paris en 1845 par Bernard et Comp. , dans lequel est détaillée toute la généalogie, laquelle, à rebours, remonte jusque à Adam

De la confrontation entre ces différentes sources et versions il apparaît sommairement:

1747, d’Egypte et de Malte, au travers de l’ceuvre initiatique d’illustres personnages – parmi lesquels émerge l’ceuvre du Prince de San Severo, Raimondo de Sangro – conflue à Naples une intense activité de recherche et d’étude de la Science Maçonnique de tradition égyptienne.

1782, de puis la L:.. égyptienne de Zante, se propage à Venise et dans les régions limitrophes un système initiatique maçonnique ayant de très évidentes caractéristiques rituelles égyptiennes. Au cours de cette même année, Marc Bedarride, affirme que son père Gad eut la visite d’un Initié égyptien qui se nommait Ananiah le Sage, duquel il eut la filiation et les pouvoirs de transmission d’une Tradition maçonnique de provenance égyptienne.

1788/1801 naissance à Venise, grâce aux synergies des très actives LL .-. maçonniques égyptiennes, en partie promues par Cagliostro et en partie par Ananiah le Sage et par Abraham (le Baron Tassoni de Modena), de l’ORDRE EGYPTIEN DE MISRAÏM.

1804/1805, le Rite Ancien et Primitif Egyptien de Misraïm commence, depuis Venise, à se diffuser en Lombardie. En 1805 le F.: Le Changeur fonde à Milan le Suprême Conseil du Rite ayant iuridiction sur les 90 grades.

1810/1813, selon les hypothèses les plus dignes de foi, en 1813, les FF~. Bedarride, JoIy, Gaborria et Garcia reçoivent à Naples le pouvoir de diffuser le Rite de Misraïm.

1856, le Rite de Misraïm, directement gouverné par Marc Bedarride, après de nombreuses vicissitudes, est définitivement absorbé par le Rite de Memphis. Entre 1856 et 1870 restent, toujours actives, certaines obédiences nationales de ce rite (voir la filiation de Mallinger en Belgique) lesquelles constituent le dépôt initiatique dénommé  » ARCANA ARCANORUM  » Une grande partie de ces obèdiences, toujours actives, vinrent ensuite unifiées en un Rite unique par Giuseppe Garibaldi.

1881, le F.. Giuseppe Garibaldi déjà Grand Maître du Rite de Misraïm en 1860, élus Grand Hiérophante Général en 1881, en vertu de ses pouvoirs souverains unifie les deux Rites de Misraïm et Memphis lesquels, sur le plan formel, étaient restés séparés jusqu’à cette date.

Ici se termine notre très brève et succincte description des faits sur l’histoire de ce Rite. Ceux qui voudraient apprfondir ce type de recherche peuvent demander les cahiers que le Grand Secrétariat de l’A.P.R.M.M. pourras fournir à ceux qui lui en formulerons la demande.

Pour ce qui, au contraire, concerne l’organisation de l’Echelle Philosophique que le Rite de Misraïm en contemple 90, distribués en 4 series

Série SYMBOLIQUE du 1° au 33° grade

Série PHILOSOPHIQUE du 34° au 66° grade

Série MYSTIQUE du 67° au 77° grade

Série CABALISTIQUE du 78° au 90° grade

 

ORIGINES DU RITE DE MEMPHIS OU ORIENTAL

(Jusqu’à l’unification avec le Rite de Misraïm en 1881)

De nombreuses légendes existent sur les origines de ce Rite qui se perdent dans la nuit des temps. Son propre fondateur, Jean Etienne Marconis, raconte que son père, Gabriel, officier italien de l’armée napoléonienne, fut initié pendant la campagne d’Egypte à la L.-. égyptienne  » Isis  » et que, à son retour en Italie en 1798, il fonda avec ses compagnons d’armes et FF.-., une L.-. avec de très fortes caractéristiques rituelles égyptiennes, dont le titre distinctif était:

 » Les Disciples de Memphis « . Sur cette L.-. affluèrent et s’intégrèrent très tôt des FF.-. lesquels, dans les années précédant 1798, ceuvraient déjà en France avec des Rituels toujours d’origine égyptienne.

Successivement J.E. Marnons, en se basant sur les dires de son père Gabriel et des FF.-. de sa L.-. reconstruit le profil, la substance et l’histoire (peut-ètre légendaire) d’un Rite qui devait réunir en un « corps » rituel, les nombreux rituels, de la tradItion initiatique égyptienne, présents dans la multiplicité des Rites qui étaient utilisés à cette époque.

Pour donner tout de suite une idée du message initiatique que le Rite de Memphis devait offrir aux Fran~Maçons de tous les temps, nous emploierons les mêmes mots que Marconis utilisa, dans son livre « Le Sanctuaire de Memphis  » ( Paris 1849, aux éditions Bruyer ), pour tracer les principes fondamentaux qui devaient constituer la structure docétique du Rite de Memphis. « Le Rite maçonnique de Memphis est l’héritier des Mystères de l’antiquité « .

Donc Etienne Marconis, en utilisant d’autres enseignements et filiations initiatiques d’origine égyptienne, élabora en 1839 un ultérieur système Maçonnique dénommé  » Rite de Memphis ou Oriental « . En un premier temps il s’articulait en 90 grades qui furent ensuite portés, pour les besoins du travail initiatique, à 95. Ce Rite eut un très vif succès à Milan et en France.

Les 95 grades furent divisés en trois séries:

 

1° série: du ler au 35ème grade

Elle englobait, à son tour, trois classes: LOGES, CHAPITRES, AREOPAGES où l’on enseignait la morale, la signification des symboles, des emblèmes et la première partie de l’histoire de I’ Ordre, outre l’exercice de la philanthropie.

2° série: du 36ème au 68ème grade

Elle comprenait deux classes: SENATS et CONSISTOIRES, où l’on apprenait les sciences naturelles et la deuxième partie de l’histoire de l’Ordre. Etaient fournis aux  » étudiants  » les matériaux d’étude sur l’organisation et sur la doctrine de tous les Rites pratiqués dans la Maçonnerie Universelle. On y étudiait en outre le sens occulte de la mythologie poétique.

3° série: du 69ème au 95ème grade

Elle comportait une seule classe: le CONSEIL. Dans cas chambres Rituelles on prenait connaissance du complément de l’histoire de l’Ordre, on y développait la partie mystique et transcendantale de la Maçonnerie Universelle, on y cultivait les spéculations théosophiques les plus hardies et les plus sublimes. On étudiait de façon particulière la philosophie des religions de toutes les disciplines qui, dans leur ensemble, constituaient la SCIENCE SECRETE mieux définies comme ART ROYAL.

Les dates les plus significatives de I’ histoire de I’ Ancien Rite Oriental de Memphis sont:

1773 le Fr.. Savalette de Lange, avec de nombreux autres FF.~. Maîtres Maçons, après avoir créée à Paris, le 23 Avril 177, la L.~.  » Les Amis Réunis  » fonde I’ Ordre Maçonnique des  » FILALETES « .

1779 en prenant modèle et en s’inspirant de l’Ordre des  » Filalêtes « , le RITE des « FILALETES  » voit le jour à Narbonne.

1789 le F:. Samuel Honis devient Grand Maître de la Grande L… des Filalètes.

1798 de nombreux officiers de l’armée napoléonienne, appartenant déjà au Rite des Philadelphes, entrent en contact, pendant la campagne d’Egypte, avec des FF… de la Grande L… d’Egypte ( descendant de R+C de la période constantinienne ) qui est organisée en 70 grades rituels. De récentes découvertes, comme nous l’avons déjà dit, confirment qu’en cette même période Napoléon a été initié dans la L…  » ISIS « , présidée par le Général Kleber.

1814 de retour en France, plusieurs officiers, rescapés de la campagne napoléonienne d’ Egypte, fondent à Montauban la L…  » Les Disciples de Memphis  » laquelle, immédiatement après deviendra la L.-. Mère de l’Ancien Rite Oriental de Memphis. Parmi les membres fondateurs de cet extraordinaire Atelier, on trouve l’Officier d’origine Italienne, Gabriel Mathieu Marconis de Negre (son fils deviendra ensuite l’héritier de la Tradition Maçonnique que le Rite de Mémphîs avait ramené d’Egypte).

25 Mai 1815 de l’intense et productive activité maçonnique développée par la L…  » Les Disciples de Memphis », est issu l’Ancien et Primitif Rite Oriental de Memphis. Le F… Samuel Honis est proclamé Grand Maître de la Grande L.-. de ce Rite.

21 Janvier 1816 au F:. Honis, succède, en qualité de Grand Maître, le F:. Gabriel M. Marconis de Negre grâce auquel le Rite acquiert un échelle rituelle de 95 grades.

1816/1837 durant cette période le Rite, en passant par phases alternées, qui vont d’une intense activité maçonnique à des moment de profonde stagnation, réussit malgré tout à survivre.

23 Mars 1838 Jean Etienne Marconis de Negre, ayant hérité de son père Gabriel, la succession de la Grande Maîtrise du Rite de Memphis, réveille et réactive ca Rite en France et en Belgique.

DE 1838 A 1863:

1849 le Rite ouvre ses travaux en Roumanie.

1851 16 Juillet, le Rite ouvre ses travaux en Angleterre où le F.-. Beryeau est nommé Grand Maître. les travaux du Rite de Memphis sont ouverts en Australie. La même année est constitué à Alexandrie d’Egypte un Sublime Conseil du Rite de Memphis dont le Grand Maître sera Giuseppe Beauregard. Le 19 Novembre est fondé à New York un Souverain Conseil du 94ème grade dont le Grand Maître sera le F.-. Donald Mac Lellan.

1856 les travaux du Rite de Memphis sont ouverts en Australie. La mème année est constitué à Alexandrie d’Egypte un Sublime Conseil du Rite de Memphis dont le Grand Maître sera Giuseppe Beauregard. Le 19 Novembre est fondé à New York un Souverain Conseil du 94ème Grade dont le Grand Maître sera le F.-. Donald Mac Lellan.

1860 Giuseppe Garibaldi et certains de ses officiers sont initiés, à Palerme, dans une L:. du Rite de Memphis.

1862 le F:. Harry Seymur est nommé Grand Maître du Souverain Conseil pour les U.S.A.

1863 le Grand Hiérophante J.E. Marconis de Negre 97°Grade, délivre la Patente N° 2005 pour l’institution à Alexandrie d’Egypte d’un Temple Mystique et du Suprême Grand Conseil des Princes Patriarches Grand Conservateurs, 95° et demier grade du Rite. La patente a été libellée au nom du F:. L. Reginald de la Grèce, Marquis de Beauregard et lui défère le titre de Grand Maître.

26 Août 1865 le F… Guseppe Garibaldi et le F… Francesco de Luca, grand Maître du Grand Orient d’italie, sont élus membres honoraires du Suprême Conseil d’Alexandrie.

21 Novembre 1868 le Grand Hiérophante J.E. Marconis de Negre passe à l’Orient Eternel.

21 Mars 1873 le F… Salvatore A. Zola est nommé Grand Maître effectif du Grand Orient NationaI d’Egypte et du Souverain Sanctuaire du Rite de Memphis.

19 Mai 1875 le F:. Giuseppe Garibaldi est proclamé Grand Maître Honoraire ad vitam du Grand Sanctuaire du Rite de Memphis et reçois les 95° et 96° Grades.

11 Janvier 1876 le F… Salvatore A. Zola est élu Grand Hiérophante 97° Grade du Rite de Memphis.

1881 le F:. Giuseppe Garibaldi, devenu Grand Hiérophante, unifie les deux Rites de Memphis et Misraïm, en un seul et unique Corps Rituel.

 

FUSION DES DEUX RITES

 

En une réelaboration définitive, les deux Rites furent groupées en un seul organisme sous la dénomination de: ORDRE MACONNIQUE ORIENTAL DU RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS ET MISRAÏM ( par la volonté du F.~. Giuseppe Garibaldi ) et, aux 95 Grades déjà existants, en furent ajoutés deux autres de caractère administratif: le 96° et le 97°. Le premier réservé aux Grands Maîtres Nationaux et le deuxième au Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général, Sublime Maître de la Lumière.

Plusieurs savants de la Franc Maçonnerie Supérieure ont essayé d’établir une comparaison des Grades de l’A.P.R.M.M. à ceux des autres Corps Rituels Maçonniques. Bien entendu, faire des comparaisons est toujours très difficile, surtout dans ce domaine. Cependant nous essayerons de donner certaines indications pour une orientation plus aisée de l’étude de ce problème. En résumant par points, nous pouvons dire:

 

  1. La docétique de l’A.P.R.M.M. commence déjà au premier grade de la Maçonnerie Bleue, alors que les Corps Rituels Maçonniques, généralement, commencant leur docétique seulement après le 3ème grade.
  2. On ne peut pas dire, par exemple, que le 95ème grade de l’A.P.R.M.M. puisse correspondre au 33ème grade du Rite Ecossais Ancien et .Accepté, même Si dans certaines réalités maçonniques dans d’autres pays, pour des raisons qui ne nous regardent pas, ces correspondances on étés, et peut-être sont-elles encore, adoptées de façon erronée. Pour ce qui nous concerne il n’existe pas d’équivalences possible entre notre Vénérable Rite et le R.E.A.A. et, par conséquence, il ne pourra jamais exister une reconnaissance réciproque et, encore moins, des correspondances entre les grades.
  3. L’A.P.R.M.M. est un Corps Rituel Maçonnique chevaleresque et illuministique à caractère fortement rosicrucien et hermétique, avec des fonctions cabalistiques particulières qui ne peut, dans ses hauts grades, avoir de correspondance avec les grades pratiqués dans les autres Corps Rituels Maçonniques.

Toutefois, Si certains FF.~. voulaient faire des vérifications et des comparaisons utiles, il leur est fortement conseillé la pratique et l’expérimentation soit de la Rituelle de notre Vénérable Rite, soit de celIe relative à d’autres Corps Rituels opérant dans Notre Communion.

 

LES GRADES DIT  » ADMINISTRATIFS « 

Le 96ème grade appartient aux Souverains Grands Maîtres, Grands Commandeurs des Obédiences Nationales. La charge est décerné  » ad vitam  » elle est transmise à un successeur, par droit d’investiture.

Le 97ème grade appartient au Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général, Sublime Maître de la Lumière. Il s’agit d’une prérogative indélébile du Grand Magistère Sacerdotal Egyptien et d’une investiture  » ad vitam « . Elle est transmise à un successeur toujours par droit d’investiture.

 

DOCETIQUE INITIATIQUE

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Les 95 grades de notre Vénérable Rite, doivent être considérés comme un déambulatoire, ou mieux, comme un projet de voyage dans les profondeurs de son propre être, lequel, prévoyant d’innombrables possibilités de parcours, conduit toujours et de toute façon, à une seule approche: l’accomplissement du Grand Oeuvre.

Le Corpus rituel de l’A.P.R.M.M. doit être considéré, dans sa complexe unité structurale, comme un dépôt des grades maçonniques qui, par suite d’événements singuliers, ne sont plus pratiqués. Se serait se fourvoyer que de vouloir attribuer une échelle de valeurs aux divers grades. Une telle attitude mentale occasionnerait à l’initié une perte d’orientation, ou, pour le moins, la perte d’une précieuse et considérable partie de son temps. Même Si l’homme est, parmi les êtres vivants, un de ceux à la durée de vie la plus longue, il n’est certainement pas utile pour son évolution de se perdre derrière des buts éphémères et illusoires.

Pour se maintenir sur le plan de la sincérité, comme nous l’avons toujours fait, et comme nous le ferons aussi dans le futur, il est opportun de préciser que la rituelle de l’A.P.R.M.M. est seulement une précieuse opportunité d’étude et d’approfondissement de tous les courants d’orientation spirituelle qui ont transité à l’intérieur de la Maçonnerie Universelle, depuis sa naissance à nos jours. Simultanément, pour ceux qui réussissent à écouter la voix de leur propre  » essence intérieure », elle représente aussi une extraordinaire et concrète possibilité de comprendre3 de réaliser et posséder la science du SECRET ROYAL.

Autre caractéristique fondamentale de Notre Vénérable Rite: son intime nature fermement déiste et spiritualiste. Il s’agit, en fait, de l’acceptation du principe fondamental de l’éternité de l’esprit et de l’immortalité de l’âme ou d’une survîvance certaine de cette dernière après la mort du corps. Ici s’arrête le dogmatisme de l’A.P.R.M.M. – En effet il n’est pas lié et ne dépend d’aucune religion particulière et laisse à chacun de ses membres la pleine et totale liberté d’opinion et de pensée.

Aux FF:.qui auraient l’intention de travailler et de perfectionner leur maîtrise de nos Chambres rituelles, nous signalons, ultérieurement, qu’un des objectif de I’A.P.R.M.M. est de fournir les éléments nécessaires à la compréhension pour ce qui concerne la TRADITION GNOSTIQUE CLASSIQUE, étant donné que de tels enseignements sont peu diffusés et traités superficiellement pendant les travaux qui se déroulent au sein des rituels de la Maçonnerie Bleue Universelle.

Pour être plus clairs, précisons que lorsque nous parlons de GNOSE CLASSIQUE nous entendons:

L’étude des ces arcanes, qui suivent les trois premiers grades de la Maçonnerie Bleue, sera traité par d’opportuns rituels contenant symboles et éléments provenant d’ancienne disciplines traditionnelles ( comme, par exemple, la Gnose Alexandrine et la Kabbale hébraïque ) et caractérises par une gestuelle (signes, marches, mots de passe) que l’on peut rattacher aux anciennes traditions orientales ( comme le taoïsme et le bouddhisme tibétain ). Nous ne nous attardons pas sur les nombreuses références du symbolisme, utilisé dans les Chambres rituelles, relatif aux sciencas appelées  » occultes  » telles que l’Alchimie, l’Astrologie et la Théurgie.

 

STRUCTURE OPERATIVE ACTUELLE

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

La structure rituelle opérative que Notre Vénérable Rite pratique actuellement, se développe en 4 sections: Section Symbolique, Section Philosophique, Section Gnostic~Hermétique, Section Hermétique.

A son tour, chaques section, outre le fait d’avoir une caractéristique bien précise et une fonction bien particulière, est composée par un ou plusieurs Corps Rituels qui sont en partie pratiqués rituellement et en partie étudiés et conférés par communication.

SECTION SYMBOLIQUE

 

Elle est composée des Corps Rituels dénommés Loges. Le but de cette section est l’étude et la pratique des trois premiers grades de la Maçonnerie Universelle: Apprenti, Compagnon et Maître. Actuellement notre Rite pratique la section symbolique, à la suite d’un protocole d’entente, au sein de la Communion Maçonnique du Grand Orient d’italie.

 

SECTION PHILOSOPHICO-CABALISTIQUE

 

Cette section est composée de 30 Chambres Rituelles desquelles 7 sont rituellement pratiquées, alors que les autres grades viennent conférés par communication ( sur l’épée ). Les 7 Chambres pratiquées sont:

4èmeGrade: Collège des MAîTRES DISCRETS

7ème Grade: Chapitre des MAîTRES SUBLIMES, GRANDS ELUS, CHEVALIER DE LA VOUTE DE PERFECTION.

11ème Grade: Sénat de CHEVALIERS DE L’AIGLE ET DU PELICAN, PRINCES ROSE + CROIX.

16ème Grade: Sénat des CHEVALIERS DU SOLEIL, SAGES DE LA VERITE’, PRINCES. ADEPTES.

21ème Grade: Sénat des SUPREMES COMMANDEURS DES ASTRES.

30ème Grade: Sénat des CHEVALIERS DE L’AIGLE BLANC ET NOIR CHEVALIERS KADOSH.

33ème Grade: Suprême Conseil des SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS.

 

SECTION GNOSTICO – HERMETIQUE

 

Elle est composée de 38 Chambres Rituelles. De cette section, seul le 66ème grade est pratiqué, celui des Patriarches Grands Consacrateur. Sa docétique fonde son étude et sa recherche sur la GNOSE CLASSIQUE et sur ces dérivations.

66ème Grade: Grand Consistoire des PATRIARCHES GRANDS CONSACRATEURS.

 

SECTION HERMETIQUE

 

La section hermétique représente la conclusion de l’iter initiatique que les FF.~. Maîtres ont accomplis – en tant qu’ouvriers de l’Art Royal – dans les déambulatoires traditionnels, dépôt immémorial et mystérieux, que l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Mîsraïm possède depuis toujours. Dans cette section, composée de 24 Grades Rituels, on pratique rituellement:

90ème Grade: Grands Conseils des SOUVERAINS PRINCIPES, SUBLIMES PATRIARCHES, MAîTRES DU GRAND OEUVRE.

91ème Grade: Grand Tribunal des SOUVERAINS PRINCIPES, GRANDS DEFENSEURS DE L’ORDRE ET DU RITE.

94ème Grade: Grand Temple Mystique des SUBLIME PATRIARCHES PRINCES DE MEMPHIS.

95ème Grade: Souverain Sanctuaire des SUBLIMES PATRIARCHES GRANDS CONSERVATEURS DE L’ORDRE.

 

GRANDE MAîTRISE DU SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN

97ème Grade: SOUVERAIN GRAND MAÎTRE, GRAND COMMANDEUR, GRAND HIEROPHANTE GENERAL DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM.

 

TITRES USUELS

DANS L’ANCIEN ET PRIMITIF RlTÈ DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Il nous paraît utile de donner certaines indications quant à l’usage des titres qui traditionnellement reviennent aux FF:.. Maîtres, et que la traditions leur reconnaît. Un examen très attentif nous montre de façon évidente que ces titres ne sont point destinés à satisfaire la vanité humaine mais à souligner et à rappeler les  » facultés occultes  » que les grades correspondants confèrent réellement – à travers de l’initiation – à qui est en mesure de les vivres.

Il faut se souvenir, en outre, que le SECRET ROYAL , ou pour mieux nous comprendre, le SECRET MACONNIQUE, (le vrai), est lié à l’action posthume de qui le détient véritablement. C’est àdire que les Maîtres qui le possèdent sont obligés, depuis leurs DHARMA, de continuer leur  » action occulte » en faveur des finalités ultimes de la FRANC MACONNERIE UNIVERSELLE, même lorsqu’ils seront passés au delà du seuil de leur existence terrienne et humaine, c’est à dire à L’ORIENT ETERNEL.

Ces FF:. constituent la chaîne invisible des vrais Philosophes Inconnus qui soutient et protège l’éternel devenir humain, au travers de leur continuelle, vigilante et constante  » action mystérieuse « . En vertu de ce que nous venons d’exposer, nous pouvons affirmer que les titres qui sont reconnus, aux différents grades, aux FF:. Maîtres, sont des attributs sacrés qui ne doivent pas êtres considérés comme les coquilles vides d’éphémères et impuissantes vanités humaines.

Les titres en question sont: Respectable, Vénérable, Puissant, Illustre, Parfait, Sublime et Sérénissime, auxquels traditionnellement nous attribuons les significations suivantes:

 

RESPECTABLE

Celui qui assume ce titre est conscient que le  » respect  » (du latin  » respectus  » qui définit tout regard jeté en arrière ) est la reconnaissance de sa propre dignité et de calle des autres. Il en découle que chaque parole et action de celui qui est  » respectable  » est basée sur cette reconnaissance. Démocrite fonda le principe de l’éthique, justement sur le respect en soutenant:

 » Tu ne dois pas avoir de respect pour les autres hommes plus que pour toimême, ni agir mal sans que personne ne le sache, plus que quand tous lesavent; mais tu dois avoir pour toi même le maximum de respect et imposerà ton âme cette loi: NE PAS FAIRE CE QUI NE DOIT PAS ETRE FAIT. »

Alors que dans le discours avec lequel Protagore expose, dans le dialogue homonyme de Platon, l’origine de la société humaine il est dit que:

 » Zeus, craignant que la totalité de notre lignée ne s’éteigne, envoya Hermès apporter parmi les hommes le respect réciproque et la justice afin qu’ils fussent ordonnateurs des cités et qu’ils créassent entre les citoyens des liens de bienveillance « .

Donc le Maître qui devient  » respectable  » comprend bien, en le mettant en pratique, que le respect réciproque et la justice, sont les deux ingrédients fondamentaux de I’ ART POLITIQUE, c’est à dire l’Art de vivre ensemble.

VENERABLE

Personne ou chose digne de vénération, parce que symbole de « . valeur  » incontestablement et universellement acceptable comme modèle idéal de vie ou de pensée. VENERABLE est le titre qui est assumé par le Maître Maçon qui préside l’Atelier maçonnique, en ce sens qu’il représente la Lumière de la Sagesse que la Tradition maçonnique lui confère dans I’exercice de ses fonctions.

PUISSANT

Celui qui possède la force et la capacité d’accomplir une transformation quelconque en soi même et par soi même.

ILLUSTRE

Du latin  » illustri « , signifie que la personne ou la chose illustre porte avec soi la lumière et la irradie, en illuminant à son tour, les autres corps encore plongés dans l’obscurité.

PARFAIT

Du latin  » perfectus « , signifie terminé, accompli.

SUBLIME

Sublimation est un terme qui a aussi une valeur scientifique signifiant le passage de l’état solide directement à l’état gazeux sans passer par la phase intermédiaire, le liquide. Par conséquent, par sublime, on entend indiquer celui qui possède la faculté de passer, sans traumatisme, du plan humain et quatemaire de l’existence, au plan divin et spirituel, et vice versa.

SERENISSIME

Du latin  » serenus « , ou mieux,  » serum « , qui a pour lointaine racine  » serenum « , signifiant  » sec « , exempt d’humidité. Il indique le statut mental de l’initié qui, devenu Adepte, parcourt, dans son devenir, la Voie sèche, la Voie du sentier de gauche, la Voie rapide mais extrêmement néfaste à ceux qui sont insuffisamment préparés. C’est la Voie de I’Audace.

De ce qui a été dit, même sommairement, nous souhaitons que les FF:. Maîtres puissent comprendre que l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm s’adresse seulement à ces initiés qui, en suivant patiemment les multiples occasions de méditation inspirée, réussissent à découvrir les canaux de force qui permettent de se mettre en parfaite résonance avec les plans d’existence supérieure et avec la transmutation personnelle de l’être.

La fonction de Notre Vénérable Rite est de constituer un fil invisible, mais réellement présent, qui lie le bas avec le haut. Il offre la clef des arcanes à tous les hommes de bonne volonté, afin que ces mêmes arcanes puissent être révélés et pratiqués.

Ils nous semble opportun souligner ce que nous venons d’exposer par la citation des affirmations reportées dans l’introduction des Statuts et Réglements Généraux de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm:

HOMME TU AS DEUX OREILLES POUR ENTENDRE LE MEME SON, DEUX YEUX POUR PERCEVOIR LE MEME OBJET DEUX MAINS POUR EXECUTER LE MEME ACTE.DE MEME LA SCIENCE MACONNIQUE,

SCIENCE PAR EXCELLENCE,EST ESOTERIQUE ET EXOTERIQUE.L’ESOTERISME CONSTITUE LA PENSEE, L’EXOTERISME L’ACTE.L’EXOTERISME S’APPREND, S’ENSEIGNE, SE DONNE;L’ESOTERISME NE S’APPREND PAS, NE S’ENSEIGNE PAS, NE SE DONNE PAS,

IL VIENT D’EN HAUT

 

CALENDRIER SACRE’

 

La tradition Maçonnique classique fait partir sa chronologie sacrée de la Création du Monde qui, selon la Genèse et les supputations judéo-chrétiennes, remonte à 4000 ans précédents ceux de notre ère. Par exemple pour dater l’année 1987, selon l’usage courant dans le système maçonnique contemporain, il existe deux systèmes de datation:

1èr système

on fait suivre 1987 des lettres » E:. V:.  » qui signifient  » Ere Vulgaire  » (du latin ‘vulgaris’ ou’ vulgo’ qui signifie  » public » – « commun à tout le monde » -, c’est à dire aux initiés et aux profanes ).

 

2ème système

on ajoute au chiffre 1987 le nombre 4000 (qui indique les années précédant notre ère) en rejoignant ainsi le total de 5987, indiquant le temps écoulé » depuis la création du monde ».

La tradition maçonnique de l’A.P.R.M.M., désireuse de montrer, si non l’éternité de l’Univers, au moins l’Eternité de l’activité divine, dans le courant de laquelle les univers se succèdent aux univers et les Créations aux créations, utilise elle aussi deux systèmes de datation:

 

1er système

 

à la date du temps profane on antépose I ‘inscription  » en l’Année 000.000.000. de la vraie lumière et 1° Janvier 1987 E:.V:. « , les neuf zéro précédant la date ordinaire, sont le symbole, mathématiquement représenté, de la LUMIERE ETERNELLE, puisque le zéro est le symbole qui permet à tous les nombres de se multiplier à l’infini.

2ème système

 

Actuellement la documentation officielle de l’A.P.R.M.M. respecte sa propre tradition en faisant débuter sa chronologie de l’an 1292 avant Jésus Christ, date de l’avènement au trône de Ramses lI~, premier grand Roi de la vingtième dynastie et dernier des grands Pharaons, créateur des fameux Temples d’ Abu Simbel. Par exemple pour dater 1° Janvier 1987 on procède de la façon suivante: on ajoute à 1987 le nombre sacré 1292 et l’année 1987 devient l’an Sacré 3279, alors que le jour et le mois deviennent, selon le Calendrier Egyptien: le sixième jour du mois de Tybi.

Pour calculer le jour et le mois correspondants au calendrier égyptien, il faut tenir compte du tableau des saisons ci-dessous qui était en vigueur dans l’Ancien Egypte:

 

SAISON DE SCHA’ : l’Automne

 

Premier mois: débute le 29 Août – calendrier égyptien: THOT

Deuxième mois: débute le 29 Septembre – calendrier égyptien: PAOPHI

Troisième mois: débute le 28 Octobre – calendrier égyptien: ATHYR

Quatrième mois: débute le 27 Novembre – calendrier égyptien: KHAOIAK

 

SAISON DE PRE’: L’Hiver

 

Cinquième mois: débute le 27 Décembre – calendrier égyptien: TYBI

Sixième mois: débute le 26 Janvier – calendrier égyptien: MEKHEIN

Septième mois: débute le 25 Février – calendrier égyptien: PHAMENOTH

Huitième mois: débute le 27 Mars – calendrier égyptien: PHARMOUTHI

 

SAISON DE SCHEMON : le Printemps

 

Neuvième mois: débute le 26 Avril – calendrier égyptien : PAKHOUS

Dixième mois: débute le 26 Mai – calendrier égyptien : PSYRIE

Onzième mois: débute le 25 Juin – calendrier égyptien : EPIPHI

Douzième mois: débute le 25 Juillet – calendrier égyptien : MESORI

 

LES JOURS EPAGOMENES

 

Dans le calendrier égyptien existent les JOURS EPAGOMENES. Ils célèbrent le temps sacré dans lesquels naissent les Divinités Egyptiennes, qui coïncident avec le premier jour de notre zodiaque de la Vierge céleste. Ces jours sont à considérer en dehors du temps chronologique et réservés à de très particulières et profondes méditations sur la création du monde. Durant cette période aucun travail rituel n’est effectué.

Ces jours sont les suivants:

24 Août – Premier jour épagomène : Naissance d’OSIRIS

25 Août – Deuxième jour épagomène : Naissance d’HORUS

26 Août – Troisième jour épagomène : Naissance de SETH

27 Août – Quatrième jour épagomène : Naissance de NEFITIS

 

 

REOUVERTURE DES TRAVAUX

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAïM

AU SEIN DE LA COMMUNION MACONNIQUE

DU GRAND ORIENT D’ITALIE

 

ACTES ET SUCCESSIONS

 

Nous n’avons pas la certitude absolue que la tabulation chronologique des actes et des successions, réportée ci-dessous, soit parfaitement répondante aux exigences rigides d’une complète recherche historique. Toutefois Si l’on considère la rareté des documents qui nous sont parvenus, directement ou indirectement, il nous semble déjà important de pouvoir compter sur la quantité, même limitée, des données qu’il a été possible d’en récupérer.

En effet, le poids que les deux derniers conflits mondiaux et les vingt années de clandestinité (de 1925 à 1945 sous le régime fasciste) ont eu non seulement au sein même de l’institution mais au regard de toute la documentation qui a été dispersée et, hélas, en grande partie détruite, n’est pas du tout négligeable.

Il est évident, donc, qu’une ultérieure documentation, qu’à ce jour nous ne possédons pas, aurait témoigné avec beaucoup plus de validité l’exactitude et la véridicité de ces événements qui aujourd’hui apparaissent, à tort, comme de fumeuses légendes.

Pour corroborer çe que nous avons précisé dans le tableau récapitulatif sur la genèse de l’A.P.R.M.M., nous détaillerons, ci dessous, la tabulation chronologique des événements et des actes les plus significatifs qui ont amené notre Vénérable Rite à l’actuelle configuration structurelle.

14 Novembre 1973: le F:. F. Brunelli est investi des pouvoirs Souverains par le F.. Robert Ambelain, héritier de la filiation française de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et.

22 Novembre 1973: Les FF:. de la Respectable Loge  » Les Fils d’Horus  » N° 742 à l’Orient de Perugia et à l’Obédience du Grand Orient d’Italie, par décision unanime, adoptent officiellement le Rituel de l’A.P.R.M.M. aux trois premiers grades.

 

15 Dècembre 1973 Le F:.. F. Brunelli, en vertu des pouvoirs magistraux reçus et en sa qualité de Grand Maître pour l’Italie, ranime au sein du Grand Orient d’italie, l’A.P.R.M.M en conférant les premiers grades à 15 FF.-. Maîtres, tous appartenant régulièrement au G.O.l.

1973/1978: L’activité du Rite en cette période est très limitée, mais malgré tout suffisante pour représenter significativement, dans la réalité maçonnique italienne, un incisif et réel témoignage de la tradition maçonnique d’origine italique et méditerranéenne.

29 Septembre 1979: Un traité d’amitié est stipulé entre le Rite Symbolique Italien et l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm. Il est souscrit, pour R.S.I., par les FF.-. Stefano Lombardi, Grand Maître et Antonio de Stefano Grand Secrétaire, et pour l’A:.P:.R:.M:.M:. par les FF:. Francesco Brunelli Souverain Grand Maître et Giancarlo Seri Grand Secrétaire Chancelier.

1° Février 1982 Le Grand Maître du Grand Orient d’Italie le F:. Ennio Battelli, confirme, (par un document écrit ) l’autorisation accordée à I’A:.P:.R:.M:.M:., depuis le début de son mandat magistral, la possibilité d’utiliser le Rituel de notre Vénérable Rite aux trois premiers grades de la maçonnerie bleue et, toujours dans le même document, il réitère:

« dans les réunions à l’occasion de visites à caractère officiel, les Loges doivent travailler selon le Rituel en usage dans la Communauté « 

28 Mars 1982: Le F:. Francesco Brunelli désigne le F:. Giancarlo Seri comme son propre successeur et le l’installe rituellement en qualité de Substitut Grand Maître.

2 Avril 1982: Le F:. Francesco Brunelli, à cause de très graves problèmes de santé, transfère ses pouvoirs et les insignes de la Souveraineté Magistrale de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm, au F:. Giancarlo Seri.

19 Août 1982-.Assisté par les FF:., le très cher et regretté F:. Francesco Brunelli, passe à l’Orient Etemel.

14 Novembre 1982: A Paris en présence des autres Grands Maîtres des obédiences nationales européennes, le F.-. Robert Ambelain, Souverain Grand Maître de la filiation française de I’A:.P:.R:.M:.M:. reconnaît, la légitimité et la régularité initiatique de la succession du F:. Francesco Brunelli par le F:. Giancarlo Seri

26 Septembre 1983: L’A.P.R.M.M., après de longs pourparlers avec le G.O.l. ( presque 10 ans ), réaffirme et confirme (comme déjà l’avait fait en 1973 le F:. Francesco Brunelli, lorsqu’il rouvrit les travaux de Notre Vénérable Rite au sein du G.O.I. ) de ne pas pratiquer de façon autonome les trois premiers grades de la Maçonnerie Bleue, mais d’accepter intégralement la Constitution et les Règlements du G.O.l., au travers de la seule pratique des grades relatifs à l’Echelle Philosophique que l’A.P.R.M.M. propose, àpartir du 4ème grade, et de les conférer exclusivement au Maîtres Maçons, actifs et cotisants, appartenant au G.O.I.

La Commission du G.O.I. , en la personne du Grand Maître, le F:. Armando Corona, en prenant acte de la volonté, déjà éprouvée par le Souverain Sanduaire Italien de l’A.P.R.M.M., publie la  » Balaustra  » N° 5/AC, 26 Septembre 1983, où il est dit:

…Le Grand Orient d’Italie entretient des rapports de courtoisie et de réciproque collaboration avec les Corps Rituels Suivants

- Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté Souverain Grand Commandeur le très estimé F.-. Manlio Virgilio Gaito.

- Rite de York composé des Corps Rituels ci dessous:

a) Grand Concile des Maçons de l’Arc Royal en Italie, -Prêtre Suprême l’Ecc.mo F.-. Franco Raffaele Rizzi.

b) Grand Concile des Maçons Cryptique d’italie – Grand Maître l’Ecc.mo F.-. Franco Raffaele Rizzi.

c) Commanderie des Chevaliers Templiers;

- Souverain Sanctuaire Italien de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm – Grand Hiérophante et Très Puissant F.-.Giancarlo Seri.

Les FF.-. peuvent adhérer aux Corps Rituels sus mentionnés et fréquenter leurs réunions.

30 Mars 1985: Le F:. Giancarlo Seri est reçu, pour la première fois, en qualité de Souverain Grand Maîtré de l’A:.P:.R:.M:.M:. aux travaux de la Grande Loge du G.O.I.

14 Février 1986: Un Protocole d’Entente est stipulé entre le G.O.l et l’A.P.R.M.M.

06 Février 1988: Un deuxième Protocole d’Entente est stipulé entre le G.O.I. et l’A.P.R.M.M.

02 Juin 1988: Le Protocole d’Entente entre le G.O.I. et l’A.P.R.M.M. souscrit par chacune des parties le 06 Février 1988, nous est restitué contresigné et accepté par le G.O.I. le 02 Juin 1988.

 

CONCLUSIONS

Nous n’avons pas la certitude que, en quelques pages, nous ayons réussi à expliquer clairement et définitivement l’histoires et les entrelace des ces événements qui, dans leur ensemble, constituent la mémoire et les racines de notre Vénérable Rite. Cependant, nous sommes convaincus d’avoir fourni aux FF.-. Maîtres qui bénévolement nous suivent et nous estiment, des instruments de connaissance valables, qui leurs seront certainement utiles pour avoir une idée d’ensemble sur le rôle et l’activité de l’A. P.R.M.M. dans l’actuelle réalité maçonnique.

Notre ceuvre de divulgation et de recherche ne fini pas, évidemment, avec la publication de cet opuscule, mais ouvre la voie à toute une série de recherches et publications qui seront mises à la disposition de ceux qui veulent approfondir ce genre de connaissances.

A tous ceux qui recherchent le bien, la justice et la vérité. nous souhaitons Santé, Prospérité et Fraternité.

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« LA REINE DE SABA », DE CHARLES GOUNOD 26 avril, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

www.charles-gounod.com/vi/oeuvres/operas/mystsaba.htm

   
UN OPERA MACONNIQUE FRANÇAIS MECONNU :
« LA REINE DE SABA », DE CHARLES GOUNOD

Avant propos

Les rituels maçonniques sont tenus  » secrets  » par les Maçons, qui n’ont pas le droit de les divulguer aux  » profanes « . La maçonologie qui aborde les aspects historiques, sociologiques et philosophiques de la maçonnerie, étudie entre autres les légendes dont s’inspirent les rituels. Aussi, tout ce qui peut être rapporté dans cette présentation, ainsi qu’en témoigne la bibliographie jointe, provient de livres accessibles à tous, traitant soit des rapports entre la musique et la maçonnerie, soit du livre des Rois dans la Bible, soit de la légende d’Hiram, légende commune à la maçonnerie et au compagnonnage, soit surtout du recueil de nouvelles intitulé  » Voyage en Orient  » de Gérard de Nerval. Cependant, le  » secret maçonnique  » reste paraît-il intransmissibleŠ

Les rapports entre la Maçonnerie et la musique sont apparemment nombreux et anciens. Les musiciens réputés Francs-Maçons sont archi-connus et sans doutes répertoriés par excès. L’excellent livre de Roger Cotte sur la musique maçonnique les inventorie avec prudence, distinguant les compositeurs Francs-Maçons avérés comme Haydn et Mozart ou plus récemment Sibelius, de ceux dont l’appartenance n’a jamais été prouvée comme Beethoven, dont on retient cependant  » Les 33 variations diabelli «  comme un élément de présomption à charge ! Il signale encore ceux qui sont réputés l’avoir été mais ne l’ont finalement point été, comme Wagner et rapporte enfin ceux qui ont eu des liens avec des mouvements plus ou moins proches de la maçonnerie, comme Erik Satie qui a écrit de la musique rituelle pour les rosicruciens à la demande de Joséphin Pelladan. Les oeuvres dites maçonniques sont tout aussi connues et le moins mélomane des Francs-Maçons citera d’emblée la  » Flûte Enchantée «  de Mozart. D’autres, plus fins connaisseurs, citeront des oeuvres moins connues dont l’inspiration maçonnique dépend de l’interprétation de chacun, les Francs-Maçons n’ayant pas le monopole des légendes ou des symboles. Citons ainsi  » la Création «  de Haydn. Enfin, des musiciens dont on sait qu’ils n’ont pas été Francs-Maçons, mais simplement proches de ce courant de pensée, ont pu écrire des oeuvres que des exégèses très convaincus ont décrété maçonniques, citons Wagner dont Jacques Chailley fait une analyse du «  Parsifal «  où il voit une analogie frappante avec la légende du 18ème degré du Rite Ecossais. Signalons enfin que des compositeurs Francs-Maçons n’ont parfois pas écrit de musique dite maçonnique. Qu’est ce qu’une musique maçonnique ? Cela peut être soit de la musique spécifiquement écrite pour des cérémonies rituelles, soit de la musique à contenu explicitement initiatique par les paroles comme  » la Flûte Enchantée «  de Mozart, soit encore de la musique purement instrumentale mais à contenu symbolique et/ou initiatique comme le «  Quatuor des dissonances  » du même Mozart, dont le début chaotique pour les oreilles de l’époque fait bientôt place à une composition tonale tout à fait classique, l’initiation ayant mis de l’ordre dans le chaos. Citons donc par exemple, Adrien Boieldieu, compositeur français Maçon, auteur d’un très mozartien concerto pour harpe, dont on peut toujours chercher le symbolisme caché !

A contrario, se pourrait-il qu’il existe une oeuvre française manifestement maçonnique, bien plus explicite encore que tous les ouvrages cités jusque là, mais tombée totalement dans l’oubli, bien que composée au 19ème siècle par un auteur des plus célèbres, j’ai nommé Charles Gounod, lequel n’était absolument pas « suspect » d’être Franc-Maçon et qui plus est ne l’était effectivement certainement pas ?

Cet opéra ignoré de l’immense majorité des mélomanes Francs-Maçons ou non, absent de bien des bibliographies de référence, se nomme  » La Reine de Saba « , oeuvre tirée d’une nouvelle de Gérard de Nerval extraite du  » Voyage en Orient « , qui s’intitule  » La Reine du Matin et Soliman Prince des Génies « , nouvelle au sein de plusieurs autres regroupées sous le titre  » Les nuits de Ramazan « . La redécouverte récente du contenu surprenant de cet opéra oublié à l’occasion d’un premier enregistrement mondial, invite à la réflexion.

Voyons donc l’intrigue du livret :

Au premier acte : à Jérusalem, le Maître d’oeuvre Adoniram (forme emphatique d’Hiram) travaille à la construction du temple du roi Soliman (comprenez Salomon). Alors qu’on annonce à Adoniram la venue de la Reine de Saba Balkis, précédée par sa réputation de grande beauté et qui est promise à Soliman, arrivent trois ouvriers Compagnons qui viennent réclamer le titre de Maître ou plus exactement le mot de passe des Maîtres, ce qui leur permettrait d’obtenir un salaire équivalent à celui des vrais Maîtres. En effet au moment de la paye, les ouvriers glissent à l’oreille d’Adoniram un mot de passe qui correspond à leur qualification et ils sont donc payés en conséquence. Adoniram refuse, au motif que le salaire de Maître ne vient récompenser que des oeuvres méritoires et fustige les mauvais Compagnons qui ont semé la zizanie parmi les ouvriers. Les mauvais Compagnons quittent la scène en promettant de se venger. Arrive Balkis accompagnée de Soliman son futur époux. A la simple vue de la Reine de Saba, Adoniram, tiraillé par un sentiment de lointain souvenir, de reconnaissance, a le coup de foudre et réciproquement. C’est comme cela que cela se passe dans les opéras, ce qui simplifie considérablement le travail du librettiste, c’est la licence poétique, pas besoin de préliminaires, on se voit, on se plait, surtout s’il s’agit de la femme d’un autre et on se jure fidélité jusqu’à la mort, qui arrive d’ailleurs souvent plus tôt que prévue. Un humoriste anglais a pu ainsi définir l’opéra : c’est l’histoire d’un ténor qui tombe amoureux d’une soprano et d’un baryton qui fait tout ce qu’il peut pour les séparer. Une très belle scène est consacrée à l’exaltante rencontre, mais dès la suivante, on butte sur un cadavreŠ Aux tessitures près, c’est bien ce qui va se passer ! Et donc, Adoniram flatté par Balkis et à sa demande, fait la démonstration de sa puissance en contrôlant la foule éparse des ouvriers à l’aide d’un signe magique évoquant le dieu Tubal-Kaïn. Il s’agit d’un T, qui peut aussi représenter la première lettre de la ville de Tyr, la lettre hébraïque Tau, un fil à plomb sous un niveau ou encore deux équerres accolées. Tous les ouvriers étaient mélangés, maçons, charpentiers, mineurs, fondeurs, etcŠ et bientôt dans ce désordre apparent les ouvriers se regroupent par spécificités. L’ordre apparaît issu du désordre et les corps de métiers rassemblés défilent alors sous leurs bannières  » compagnonniques « . Balkis subjuguée par cette puissance donne son collier de perle à Adoniram sous les yeux de Soliman qui devrait songer à se méfier.

Au deuxième acte : Adoniram, spécialiste comme il est dit dans la Bible de la fonte de l’airain, s’apprête sur le haut plateau de Sion à réaliser son chef d’oeuvre, à savoir couler la Mer d’Airain. Ceux qui ont lu le livre des Rois dans la Bible, au chapitre consacré à la construction du temple de Salomon ont connaissance de cet objet insolite : une gigantesque vasque remplie d’eau, soutenue par douze taureaux, qui servait à la purification des prêtres. Il invoque pour ce faire la puissance du dieu Tubal-Kaïn. Mais les ouvriers précédemment rabroués ont saboté le processus et le bronze en fusion est projeté sur la foule.

Au troisième acte : Malgré l’échec précédent, Balkis médite sur les signes extérieurs de richesse intérieure d’Adoniram et les compare au pragmatisme bassement matérialiste de Soliman. Adoniram survient et rapidement ils tombent dans les bras l’un de l’autre, Adoniram se flattant de la supériorité de l’Architecte sur un Roi qui n’aurait que le mérite de sa naissance. Et décidément tout va bien, puisqu’on apprend que pendant la nuit, une intervention surnaturelle a achevé le travail commencé, sous les coups de marteaux sont apparus les taureaux supportant la vasque remplie d’eau de la Mer d’Airain.

Au quatrième acte : la belle légende maçonnique commence à tourner au mauvais feuilleton. Soliman frustré et jaloux reçoit la visite des trois mauvais Compagnons qui viennent lui rapporter l’infidélité de Balkis. Adoniram et Soliman, s’affrontent verbalement, Soliman déclare qu’il va quitter Jérusalem, mais Balkis a le temps de lui verser un narcotique qui permet de lui dérober l’anneau royal, puis de prendre la fuite pour rejoindre Adoniram.

Au cinquième acte : l’ambiance devient plus tragique, n’oublions pas que nous sommes à l’opéra et qu’on y tire traditionnellement des émotions à travers les drames que subissent les protagonistes dans leur chair ou leur âme. Adoniram à la place de Balkis qu’il attendait, voit arriver les trois mauvais Compagnons qui lui demandent à nouveau le mot de passe des Maîtres. Adoniram refuse bien sûr et alors que la tempête éclate, les trois mauvais Compagnons le poignardent. Balkis, arrive enfin, pour le voir mourir dans ses bras et va donc devenir  » La Veuve  » chère aux Francs-Maçons, mais elle a cependant le temps de lui passer l’anneau royal arraché à Soliman. Adoniram mort est accueilli dans les cieux par Tubal-Kaïn, pour une vie éternelle, salué par le choeur des ouvriers. Il a choisit d’affronter son destin et après sa propre mort, il accède à la renaissance.

Au total :

Un livret sans grande imagination ni poésie, sans prise réelle sur les préoccupations de l’époque, une intrigue prévisible et une fin un peu bâclée, pas de quoi tenir l’affiche et passer à la postérité. Or c’est bien ce qui arriva, essayons d’en préciser les causes.

Tout d’abord un opéra est souvent plus apprécié pour sa musique que pour son intrigue. Celle-ci est même parfois tellement compliquée qu’on en oublie sa crédibilité et qu’au fond elle passe au second plan. Que celui qui peut raconter précisément et de mémoire l’argument du «  Trouvère «  ou de  » la Force du Destin «  de Verdi vienne dire le contraire ! Il n’empêche que des oeuvres peuvent compter par leur contenu littéraire ou dramatique. «  Tosca «  est de celle-ci s’insurgeant contre les pouvoirs politiques, Verdi avec  » Aïda «  a joué un rôle non négligeable dans le risorgimento, la «  Traviata «  a fait pleurer dans les chaumières. Bien souvent, pour comprendre l’action, il vaut mieux avoir connaissance du livret, au pire acheter le programme et le lire dans la pénombre, car il ne faut pas compter sur la représentation pour comprendre les tenants et les aboutissants, d’autant qu’on voit souvent les opéras dans une langue qui n’est pas la nôtre, avec certes maintenant le plus souvent des sous-titres, y compris quand on chante en français, car la diction peut être médiocre ! Certes au 19ème siècle les opéras étaient souvent chantés dans la langue du pays où ils étaient donnés, mais cela ne se fait guère plus. Terminons encore pour dire que le français est peut être  » une langue qui résonne « , mais qu’elle est aussi diablement difficile à chanter et par conséquent rares sont les chanteurs d’origine étrangère que l’on peut comprendre facilement.

La puissance émotionnelle de la musique passe donc souvent au premier plan. Mais si actuellement on fait preuve de tolérance, d’ouverture d’esprit, de culture, n’oublions pas que les pesanteurs de l’époque faisaient qu’il était extrêmement délicat d’innover. Ajoutons les réactions nationalistes qui faisaient qu’il était fort risqué d’apprécier Wagner à la fin du 19ème siècle et de vouloir s’en inspirer ouvertement comme l’a reconnu Charles Gounod.

Cet opéra n’est donc pas passé à la postérité, il était pourtant l’oeuvre d’un compositeur premier Prix de Rome, qui allait devenir fort célèbre et parfaitement reconnu de son vivant, et honoré à sa mort, ayant reçu des obsèques nationales à l’Eglise de la Madeleine, son cercueil étant accompagné par l’Orphéon de Paris que dirigeait Camille Saint-Saëns.

La première de  » La Reine de Saba «  eut lieu en février 1862 à l’Opéra de Paris mais l’oeuvre ne tînt l’affiche que 15 jours, le temps que la critique s’acharne à son sujet. On lui portait la grande accusation de wagnérisme, leitmotiv d’une certaine critique parisienne dont eurent à souffrir Bizet, Saint Saëns et Massenet. Dans la  » Revue des deux Mondes  » du 18 mars 1862, Paul Scudo, l’ennemi de Berlioz, écrivait que Charles Gounod avait eu le malheur d’admirer certaines pages altérées des derniers quatuors de Beethoven, source troublée d’où étaient sortis les mauvais musiciens de l’Allemagne moderne, les Liszt, les Wagner, les Schumann et même les Mendelsohn. Quel visionnaire !

Voilà pour la musique, dont Berlioz écrivait, que certes il :  » cherchait à soutenir l’auteur, mais qu’il n’y avait rien dans sa partition, absolument rien. Comment soutenir ce qui n’a ni os ni muscles ? « . Etonnante écriture après un  » Faust «  qui fut une réussite mélodique avec une partition d’orchestre puissante, variée et efficace. Etonnante aparté encore quand on sait qu’il écrira encore deux autres chefs d’oeuvre avec  » Mireille «  et  » Roméo et Juliette «  quelques années après.

Puisque la musique n’était pas à la hauteur, quid du livret ? Il faut malheureusement reconnaître que ce n’est pas l’intrigue un peu compliquée tirée des écrits de Gérard de Nerval, dépourvue de situations fortes et sans idées saillantes qui aurait pu captiver le public. A sa décharge, il faut savoir aussi que les opéras possèdent le plus souvent plusieurs versions et que certaines scènes peuvent être finalement coupées ou que les ballets classiques de cette époque étaient parfois supprimés faute de moyens. Certaines scènes n’ont ainsi jamais été jouées et on ne les retrouve parfois que 150 ans après, par exemple quand Michel Plasson enregistre pour la première fois l’air du  » Scarabée « , variante d’une scène du  » Faust « . Aussi les premières représentations sont parfois décousues et il faut un peu de rodage pour peaufiner l’ensemble en fonction des réactions du public,  » La Reine de Saba «  n’a pas eu ce sursis. Ainsi quelques coupures ont concerné des scènes expliquant ce sentiment de souvenir lointain, de reconnaissance, lors de la rencontre entre Balkis et Adoniram, une autre enfin, rapportant une attitude un peu désobligeante de Soliman à l’égard de Balkis, parfaitement présente chez Nerval, aurait expliqué les quelques réticences de la reine à l’égard de son prétendant. La scène de la fonte de la Mer d’Airain aurait été coupée en raison des risques d’incendie et pour gagner du temps au bénéfice des ballets tellement prisés par les protecteurs des danseuses.

Parfois c’est l’interprétation qui peut venir sauver un ouvrage médiocre ou au contraire l’enfoncer. Or pour cette première, le chef d’orchestre Louis Dietsch était celui dont Wagner avait eu à se plaindre pour son «  Tannhäuser «  et son exécution fut jugée  » filandreuse « .

Enfin la réceptivité sociale ou politique du moment va faire le succès éventuel de l’événement. Or, vous avez compris quelles que soient vos connaissances des légendes et rituels maçonniques, que le thème global de la  » Reine de Saba «  est profondément maçonnique puisque la légende d’Hiram chère aux Loges bleues, c’est à dire des trois premiers degrés, apprentis, compagnons et maîtres, y est rapportée bien fidèlement. Le nom d’Adoniram à la place de celui d’Hiram peut trouver sa justification soit plus loin dans d’autres degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté, soit encore dans d’autres rites. Plus encore, sans trahir d’autres secrets accessibles dans toutes les bonnes librairies, même à l’époque, la maçonnerie des Hauts Grades s’inspire pour ses premiers degrés de la symbolique salomonienne et de la construction du temple de Jérusalem. De ce fait, il y est fait mention du chef d’oeuvre que prétend réaliser Adoniram. On peut s’étonner de ce mélange entre les noms et symboles des Loges bleues et ceux des Hauts Grades, mais les rites autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté sont multiples et les personnages volontiers désignés par plusieurs noms. Un même  » mot de passe  » peut correspondre à différents grades selon les rites. Enfin, quand ni l’écrivain, ni les librettistes, ni le compositeur ne sont Francs-Maçons, des erreurs peuvent se produire. Ainsi Oswald Wirth, dont les écrits maçonniques à la fin du 19ème siècle firent autorité, ne nourrissait aucune bienveillance à l’égard de l’oeuvre de Gérard de Nerval, qui à ses yeux n’aurait eu qu’une vision bassement politique de la légende d’Hiram. Le texte suit cependant fidèlement les rituels maçonniques, certaines expressions sont typiquement empruntées aux Loges, par exemple le jour de la fête le Roi  » suspend les Travaux « , le premier mauvais Compagnon déclare  » Je suis Maçon « . Le nom même de Tubal-Kaïn qui apparaît à certains moments, correspond à un mot de passe parmi bien d’autres, là encore variable suivant les degrés et les rites. On en est donc pas à une vague inspiration, mais à une retranscription précise et pas du tout anodine sous Napoléon III. Celui-ci, amateur surtout d’opéra-bouffe avait pris d’ailleurs l’oeuvre en horreur, ne supportant guère l’idée de l’artiste placé au-dessus du monarque absolu. Pour certains, l’opéra aurait même été interdit, avatar ayant des précédents, par exemple avec le  » Don Carlos «  de Verdi qui critiquait l’inquisition. Il faut dire que c’était aussi la grande époque du compagnonnage et des corporations avec en figure de proue le célèbre Agricol Perdiguier, qui inspira Georges Sand. En 1848 les compagnons avaient organisé une grande manifestation à Paris, c’était encore dans les mémoires. C’est Crosnier, qui remplaçait Nestor Roqueplan à la direction de l’Opéra, qui décida de bannir  » une pareille ordure « . Dans ses  » Mémoires d’un artiste «  Gounod écrit :  » Les décisions directoriales ont parfois des dessous qu’il serait inutile de vouloir pénétrer : en pareil cas, on donne des prétextes ; les raisons demeurent cachées « .

Si on écoute cet opéra 140 ans après, enfin enregistré en première mondiale dans une version hélas assez médiocre avec des voix étrangères de plusieurs nationalités, ce qui se fait hélas souvent maintenant et que le français avec ses e muets tolère mal, on retient néanmoins quelques belles scènes et quelques innovations, la cavatine de Balkis étant la plus connue. Le savoir-faire existe à défaut d’une forte inspiration. Comme dit le Larousse au début du 20ème siècle, il y a plus de science que de musiqueŠ Par contre, la partition d’orchestre paraît plus insipide que ce que le compositeur a pu produire au cours de sa longue carrière. On disait même que si  » Faust «  avait été l’ » Austerlitz «  de Charles Gounod, cet opéra serait son  » Waterloo «  ! Certes, l’appréciation de la musique est subjective, mais parmi le public, si peu de spectateurs sont capables d’une analyse musicologique poussée, par contre de façon subjective, ils peuvent être plus ou moins charmés. Or dans cette oeuvre, on retrouve globalement toutes les habitudes les plus convenues de Charles Gounod, toute ses  » ficelles  » , l’expression existant déjà dans la critique du 19ème siècle. On notera cependant des motifs de rappels apparentés à des personnages ou des situations, qui reviennent plus ou moins altérés au cours de l’oeuvre. Par exemple, l’origine divine d’Adoniram est suggérée par un motif de cornet à piston et de trombone symbolisant sa puissance originelle. C’est là une petite nouveauté, un procédé qui sera repris dans tout l’opéra, songez par exemple à «  Tosca «  célèbre pour l’usage répété des leitmotivs. Pour trouver un jugement objectif, on peut lire l’avis de musicologues avérés, capables de juger l’événement avec du recul et sans parti pris. Mais là, même avec le temps, ce n’est pas l’enthousiasme qui prédomineŠ On cite habituellement l’air du choeur des jeunes filles juives et sabéennes, deux airs de Balkis et une marche empruntée au livret d’  » Ivan le Terrible « .

Alors livret insipide ou partition d’orchestre bâclée, critique injuste ou moment mal choisi, non-observance des règles mélodramatiques élémentaires ? Il est vrai qu’il est difficile de se prendre de sympathie pour les protagonistes. Comme le résumait de façon lapidaire le critique Johannes Weber dans  » Le Temps «  le 14 mars 1862 :  » Quel intérêt peut éveiller une pièce où les six personnages les plus importants sont sots et ridicules, quand ils ne sont pas lâches, fourbes, scélérats et repoussants « . Il est vrai qu’Adoniram apparaît bien suffisant, parfois méprisant, y compris vis à vis de Balkis et qu’il ne doit son salut qu’à une intervention divine. Enfin, pour susciter l’empathie, le personnage principal doit être confronté au choix entre l’idéologie et l’amour or nul trace ici d’un tel déchirement. Les recettes habituelles d’une bonne intrigue sont donc absentes.

Cet échec restera une blessure majeure pour Charles Gounod qui à côté de quelques opéras mineurs, voire à peine joués quelques jours, a commis au moins trois chefs-d’oeuvre qui ont fait le tour du monde avec  » Faust  » ,  » Roméo et Juliette «  et  » Mireille « . Il confia même à un critique allemand qu’il avait entrepris un voyage pour se consoler d’un deuil familial en lui disant :  » J’ai perdu une femme que j’aimais profondément : la Reine de SabaŠ « . Cet échec sera aussi à l’origine d’un épisode dépressif qui sera l’occasion pour lui de séjourner quelques temps chez son fidèle ami le Dr Blanche.

Ne pouvait-on donner une seconde chance à  » La Reine de Saba «  ? Sans doute pas de sitôt, car monter un opéra nécessite un long travail impliquant de nombreuses personnes : chef d’orchestre, metteur en scène, musiciens de l’orchestre et des choeurs, solistes, danseurs, chef de choeur et de ballet, costumiers et maquilleurs, décorateurs, machinistes quand ils ne sont pas en grève, etcŠ Si le succès commercial n’est pas là rapidement, il vaut mieux s’arrêter à temps. «  La Reine de Saba «  fut rejouée une fois en 1900 sans grand succès, une autre en 1969 à Toulouse sous la direction de Michel Plasson, dans une version avec de multiples coupures et vient donc enfin d’être donnée et enregistrée en Italie dans une version approximative. Enfin cette année, à Saint-Etienne, l’opéra est à nouveau joué, dans une version complète avec d’excellents ballets. Mais qu’il soit donc passé à la trappe en 1862 n’est pas étonnant et Charles Gounod connût d’autres échecs relatifs avec d’autres opéras: «  La Nonne sanglante, Cinq-Mars, Polyeucte, Philémon et Baucis, Sapho, le Tribut de Zamora « . Ces titres ne sont guère connus et pour cause !

Le texte du livret est quand même bien curieux pour avoir été accepté par ce compositeur qui ne fut jamais Franc-Maçon, même s’il appelait sa chambre sa  » Loge « , durant son séjour à la Villa Médicis à Rome.

Mais au fait, d’où vient-il ce livret ?

Relisons la page de garde de la partition de la maison Choudens :  » La Reine de Saba, grand opéra en 5 actes de MM. Jules Barbier et Michel Carré mis en musique et dédié à son Excellence Monsieur le Comte Walewski-Colonna, ministre d’Etat, par Charles Gounod. Partition chant et piano arrangée par Georges Bizet -Paris, Choudens éditeur « .

On constate donc qu’il n’y est nullement fait référence à Gérard de Nerval dans cet intitulé. Cela pourrait s’expliquer honorablement par le fait qu’il pouvait être malséant ou simplement pas très commercial de rappeler le nom d’un écrivain suicidé et fou de surcroît. Le  » fol délicieux « , le «  suicidé de la société « , était mort, paix à ses cendres. Notons aussi au passage, qu’il n’avait pas d’héritiers pour défendre sa mémoireŠ

Pourtant c’est bien Gérard de Nerval qui fut l’inspirateur de cette histoire d’amour, histoire malheureuse bien sûr, comme il les aimait tant, blessé qu’il fut dans sa jeunesse par la non concrétisation de ses aspirations romantiques. Nerval a fréquenté un certain nombre d’illuminés, mais aussi de poètes de renom, souvent Francs-Maçons, très probablement sans l’être lui-même. S’il l’avait été, rassurez-vous les Francs-Maçons l’aurait revendiqué depuis longtemps ! Ainsi certains exégèses ont voulu à travers l’analyse de son portrait par E. Gervais, en déduire que son attitude, sa posture, la position de ses mains etcŠ révélaient qu’il était Maître Secret (4ème degré), voire Maître Parfait ( 5èmeème siècle, la multiplication des grades et rites, comme par exemple les 99 degrés de celui dit de  » Memphis Misraïm « , font que toutes les poses immortalisées sur un daguerréotype doivent pouvoir donner lieu à des élucubrations fantasmatiques sur l’appartenance maçonnique éventuelle du poseur ! degré). Or, il est rare qu’on se prévale de ces tous premiers degrés des Hauts Grades et par ailleurs, surtout au 19

Mais d’ailleurs, est-ce primordial de connaître l’appartenance maçonnique éventuelle d’un auteur ? Cette particularité maçonnique n’a pas forcément la même valeur pour chacun. Deux baptisés catholiques ont-il pour autant la même foi ? On doit pouvoir être Maçon et n’avoir rien compris à la maçonnerie, de même qu’un non-Maçon peut avoir compris la portée de son symbolisme. C’est la thèse qui prévaudrait pour Gérard de Nerval. Il ne serait pas maçon, mais aurait une profonde connaissance des textes fondamentaux et des rites déjà divulgués au 19ème siècle. Il faut dire qu’avec sa traduction du Faust de Goethe, Gérard de Nerval fut rapidement au contact d’une littérature symbolique. Notons bien sûr que Charles Gounod a commis son chef d’oeuvre avec précisément ce même Faust du même auteur quelques années auparavant. C’est sa mère, Victoire Lemachois, qui lui avait glissé dans ses bagages la traduction qu’en avait faite Gérard de Nerval, lors de son départ à la Villa Médicis. Néanmoins ce thème a été couramment utilisé par les musiciens avec entre autres Boïto, Liszt, Schuman, Berlioz etcŠ

Par contre la légende d’Hiram servant de base aux rituels maçonniques de l’époque existait déjà, sous une forme condensée, retransmise en partie par voie orale. Il est vrai qu’Hiram est déjà cité dans la Bible ! Nerval l’a donc sciemment reprise à son propre compte pour en faire une assez longue nouvelle, au sein du recueil  » Voyage en Orient « , écrit en effet après avoir visité le moyen Orient et notamment l’Egypte. On y appréciera la fluidité de sa prose et la clarté du propos sans adjonction de délires interprétatifs. On trouvera un symbolisme plus onirique dans d’autres oeuvres de Gérard de Nerval, comme par exemple  » Aurélia « . La thèse qui prévaut tendrait donc à penser que l’auteur n’était pas Maçon, mais qu’il connaissait bien les rituels. Il a pu même s’amuser dans sa correspondance à laisser traîner quelques signes ambigus évocateurs. Par exemple, il se targue d’être  » louveteau « , terme d’origine anglo-saxonne réservé à un mineur parrainé par un Maçon, comme il existe des  » lionceaux «  » Lyons « . Peut-être voulait-il seulement faire référence au fait que son père, le Dr. Labrunie, était maçon, tout comme le Dr. Blanche d’ailleurs. Enfin, certains ont même pu être convaincus de sa qualité maçonnique en justifiant néanmoins son absence des tableaux de Loges officiels par l’appartenance à une Loge  » sauvage « , c’est à dire non inféodée aux obédiences officielles. L’argument devient spécieuxŠ parrainés par les membres du

Alors quid de Gérard de Nerval librettiste ?

Il faut tout d’abord savoir que l’écrivain avait un goût prononcé pour la musique. Il a ainsi fréquenté les plus grands musiciens de son temps : Liszt, avec qui il avait le projet d’écrire un  » Second Faust « , Berlioz, Meyerbeer et Rossini. Il rêvait depuis longtemps d’écrire un livret d’opéra, dans le but avoué d’en offrir le rôle principal à l’élue de son coeur Jenny Colon. Il avait d’ailleurs projeté de réécrire le livret de  » La Flûte enchantée « , ni plus ni moins ! Mais là, il envisageait pour la cantatrice de lui offrir le personnage de Balkis, Reine du Matin et non celui de la Reine de la Nuit qu’elle avait déjà chanté ! Gérard de Nerval avait dans un premier temps essayé de concrétiser son projet d’opéra avec Meyerbeer, qui avait connu le succès parisien en 1831 avec son  » Robert le Diable «  et qui était notoirement Franc-Maçon, mais ce désir ne fut pas couronné de succès, car celui-ci était pris par un autre sujet à ce moment. Nerval aurait pour cela écrit le premier acte et lui aurait envoyé, mais Meyerbeer l’aurait  » gardé sous le coude  » quelques années sans y donner suite et ensuite on n’en a plus trouvé la trace. Quelques années plus tard Nerval voyageant au Proche Orient en 1843, ayant enrichi sa connaissance du monde arabe insère alors l’histoire de Balkis au sein de nouvelles que narre un conteur professionnel dans un café turc. C’est d’ailleurs la façon dont se présentera la mise en scène lors de sa reprise cette année à Saint-Etienne, reprenant l’artifice du théâtre dans le théâtre cher à Shakespeare. Mais si Nerval en a probablement tiré effectivement un livret d’opéra en cinq actes, celui-ci a bien disparu.

Diverses hypothèses sont donc échafaudées :

- La dédicace de l’opéra au Comte Walewski propose une première piste. Le ministre dirigeait le journal  » Le Messager  » auquel Gérard de Nerval aurait aimé collaborer et les liens entre eux furent étroits. Or Alexandre Walewski fît jouer au Théâtre Français une comédie dont il s’attribua la paternité :  » L’Ecole du Monde ou la Coquetterie sans le savoir « , laquelle aurait en fait été écrite par M. Gérard (comme on nommait Gérard de Nerval à l’époque). Certains inclinent donc à penser que Walewski aurait pu avoir le livret complet de  » La Reine de Saba «  et que devenu ministre d’un état autoritaire, il aurait pu le faire signer par Barbier et Carré devenus fournisseurs attitrés de Gounod et en accepter la dédicace. Dans le plan manuscrit de ses oeuvres complètes, quelques jours avant sa mort, Nerval à la rubrique  » sujet  » écrit :  » La Reine de Saba, 5a . Halèvy « , ce qui dans sa terminologie pourrait signifier qu’il ne s’agissait que d’un projet, car quand ceux-ci étaient achevés, c’était en règle précisé.

- Deuxième hypothèse à partir d’une certitude : Nerval connaissait Michel Carré. On trouve ainsi dans sa correspondance une lettre du 7 mars 1854 concernant un projet d’opéra comique sur le thème de son proverbe  » Corilla « . On peut imaginer qu’il aurait plus tard reçu un livret complet de  » La Reine de Saba «  et qu’il l’aurait adapté en le simplifiant. Ou encore, puisque Meyerbeer avait reçu le premier acte, la suite a peut-être existé et aurait pu être retrouvé dans les archives de l’Opéra, où les librettistes l’auraient retrouvée et adaptée, honorant ainsi la mémoire de l’écrivain dans un  » pieux larcin « Š Notons que la première rencontre entre Charles Gounod et ces fameux librettistes eut lieu en 1856.

La troisième hypothèse reste la plus vraisemblable : puisqu’il s’agissait d’un désir exprimé de la part de Nerval, Barbier et Carré auraient eux-même écrit entièrement le livret à partir des  » Nuits du Ramazan « , avec une adaptation très proche du texte à quelques exceptions près que leur connaissance de l’opéra leur suggérait. Quelques éléments de la nouvelle de Nerval se trouvent transformés dans un souci d’efficacité lyrique et mélodramatique. Ainsi par exemple, il est malséant de mourir dès le début d’un opéra et donc Bénoni, le fidèle et dévoué apprenti qui meurt avant la fonte de la mer d’airain chez Nerval survivra chez Gounod. Pour ce qui est de l’écriture, partant du texte initial, les librettistes en font une réduction en prose pour la versifier secondairement. Si le procédé  » colle au texte  » facilement pour une pièce de théâtre, il en est bien entendu tout autre pour un récit romanesque, la description des lieux et des actions ne se prêtant guère à la forme narrative, sauf à imaginer l’intervention d’un récitant, qui casse toujours un peu l’ambiance et le rythme. L’absence in fine du nom de Nerval obéissant donc comme on l’a vu, à des règles de  » marketing « , plus qu’à une volonté éhontée de plagiat.

Une dernière hypothèse est soulevée par André Lebois. On ne présente à un compositeur avéré qu’une oeuvre complète. Le livret de  » la Reine de Saba «  existerait donc, peut-être rédigé avec l’aide de Michel Carré et puisque Meyerbeer est indisponible, Nerval s’adresse à Halévy, qui en est le poulain et qui vient d’écrire  » Charles VI «  et  » la Reine de Chypre « . Cela faisait beaucoup de souverains et craignant peut-être la raillerie en ajoutant une  » Reine de Saba « , Halévy déclina l’offre. Et ce serait alors Halévy qui aurait fait appel à Gounod et Bizet (qui avait épousé la fille d’Halèvy) en a donc arrangé la partition pour piano. Barbier et Carré auraient purement gardé le livret de Nerval, avec pour toute contribution la suppression du tableau de la descente aux enfer, car  » Faust «  avait déjà présenté la  » Nuit de Walpurgis « , et cela aurait un peu fait doublon. Ils auraient rajouté, car Gounod appréciait cette forme musicale, la scène du choeur des juives et des sabéennes. Le livret original de Nerval n’a jamais été retrouvé, il aurait évidemment été détruit, peut être par Nerval lui-même d’ailleurs. Cette hypothèse n’est évidemment pas la plus glorieuse, elle reste hélas plausible, Gérard de Nerval s’étant fait dépossédé de plusieurs projets au cours de sa carrière.

Son oeuvre ne sera donc mise en musique que quinze ans après son projet initial. Gérard de Nerval était déjà mort depuis quelques années, Jenny Colon aussi. On ne trouve donc pas trace dans sa correspondance d’un projet avec Charles Gounod. L’avait-il évoqué entre eux où n’était-ce que le fruit des intermédiaires ? On ne le saura jamais. Et s’ils ont tous deux fréquenté la maison du Dr Blanche, c’est de façon indépendante dans le temps et par ailleurs, Gérard de Nerval n’assistait pas aux réunions musicales qu’organisait le psychiatre.

Alors puisque ni le compositeur ni l’écrivain n’étaient Francs-Maçons, peut être faudrait-ils s’intéresser aux librettistes ? Car à part Wagner qui écrivait les textes de ses opéras, habituellement les compositeurs font appel à des librettistes. Ceux-ci sont en quelques sortes les paroliers qui à partir d’un thème littéraire proposent des paroles pour le mettre en musique. C’est une écriture en règle réductrice mais efficace, comme pour le dialoguiste au cinéma. Pour n’avoir pas eu recours à un librettiste de métier, Claude Achille Debussy s’est retrouvé dans une impasse quand il s’est agit d’écrire un opéra du nom d’ » Orphée « . Il y avait une inadéquation entre le style littéraire que lui proposait le Dr Segalen et l’efficacité d’une écriture nécessairement plus concise. C’est sans doute pour cela que les poèmes peuvent néanmoins être plus facilement mis en musique. En l’occurrence pour Charles Gounod, il s’agissait de ses librettistes attitrés de longue date, Barbier et Carré, dont les autres livrets connus ne sont nullement maçonniques et qui n’étaient pas Francs-Maçons eux-même. Toutefois le livret reste in fine sous la responsabilité du compositeur et il est douteux qu’on ait pu lui faire accepter une telle histoire sans son assentiment. Il ne s’agissait en effet pas d’une quelconque légende appartenant à la culture commune de cette époque, même si le goût pour l’orientalisme était naissant. Charles Gounod, était en effet un catholique fervent, ayant même passé quelques temps au séminaire en se prévalant à l’époque du titre d’abbé. Plus tard il composera de nombreuses messes, oratorio, Te Deum, Requiem, Gloria, Ave Maria, pièces pour orgue, marche pontificale etcŠ La Maçonnerie d’alors, non pas dans ses principes mais dans sa sociologie, était assez anticléricale et cela paraît assez antinomique avec sa personnalité. Charles Gounod était homme de grande culture, fin lettré et ami de tout le monde artistique de l’époque. Chrétien catholique convaincu, tendance christianisme social, il avait su se frotter aux philosophes et découvrir que l’Amour de l’autre était la seule solution durable pour la sauvegarde de notre univers. Mais si on retrouve dans sa correspondance une lettre du Sâr Peladan, nulle trace par contre de la Maçonnerie, organisation qu’il ne pouvait méconnaître. Quant à la légende d’Hiram, elle préexiste bien entendu à l’oeuvre de Gérard de Nerval, puisque la naissance de la Maçonnerie en tant que corps constitué, date de 1717, à l’époque des Constitutions d’Anderson qui en fixent les principes et règlements. Gérard de Nerval, intéressé de longue date par divers courants ésotériques a donc repris de façon enjolivée et romantique la légende qui servait de support au rituel maçonnique, sous forme d’un conte d’une centaine de pages où figurent quelques belles considérations sur la vanité du pouvoir temporel et la fragilité des institutions et civilisations qui reposeraient sur un principe ou une base matérielle fragiles. Pour autant, certains chapitres reprennent mot pour mot des phrases des rituels maçonniques, tels qu’ils étaient déjà dévoilés à l’époque, venant par exemple au chapitre intitulé  » Makbenah  » expliciter une phase essentielle du rituel de la maîtrise.

Cet opéra reste donc un mystère : comment l’oeuvre la plus explicitement maçonnique du répertoire français du 19ème peut-elle être le fruit d’un non-Maçon ? Reste que ce compositeur a peut-être été Franc-Maçon sans que je le sache, mais outre que la Maçonnerie a tendance à se glorifier de ses membres célèbres et que je ne l’ai jamais entendu nommer à ce titre, il me semble que je l’aurais de toutes façon su, puisque ce compositeur était donc mon arrière-arrière grand-père et qu’à travers ses objets personnels ou sa nombreuse correspondance, nulle allusion n’a jamais été retrouvée concernant la Maçonnerie.

Alors s’agissait-il d’une incartade volontaire et éclairée, fut-ce un incident de parcours non significatif, ou Charles Gounod fut-il la victime involontaire d’un intermédiaire parfaitement au courant, le secret n’est pas prêt d’être élucidé !

 

Nicolas GOUNOD, Mars 2003

Bibliographie :

Discographie :

- « La Reine de Saba » de Charles Gounod

* avec Francesca Scaini, Jean-Won Lee, Anna Lucia Alessio, Annalisa Carbonara, Luca Grassi, Salvatore Cordella. Direction Manlio Benzi. Bratislava Chamber Choir. Orchestra Internazionale d’Italia. 2002. Dynamic. CDS 387/1-2

* avec Suzanne Sarroca, Gérard Serkoyan, Gilbert Py, Yvonne Dalou, Jean-Paul Calfi, Henry Amiel, Gerad Blatt. Direction Michel Plasson. Toulouse 1969.

* Extraits: air de Balkis « Plus grand dans son obscurité », Françoise Pollet, Orchestre philharmonique de Montpellier, direction Cyril Diederich, 1CD Erato Musifrance 1990.

* Extraits: « Valse » du 2e Acte, London Symphony Orchestra, Direction Richard Bonynge; ‘Ballet Gala &endash;Ballet Music from Opera’ (avec oeuvres de Rossini, Donizetti, Massenet, Berlioz, Saint-Saëns). Enregistré: 1972, Decca 444 198-2

* Air D’Adoniram par Gustave Botiaux Récital n°3 ORPHEE LDO B 21051-51052

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