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Vous avez dit 33 … 95 répondit l’écho ! 16 juin, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Vous avez dit 33 … 95 répondit l’écho !

 

You said 33? … You said 95 ?

 

¿Has dicho 33? ¿Has dicho 95?

 
 
 
 
 

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Là, surgit une multitude de questionnements. Souvent avec un sourire moqueur … parfois avec un zeste d’admiration. Les vindictes sont à l’échelle, si je puis m’exprimer ainsi.

 

En numérologie la différence entre 33 et 95 est de 62 … et comme nous le savons tous, 62 est égal à 8. Le nombre 8 est le symbole du fondement

 

- 33 a pour valeur 6 dont la représentation symbolique suggère un équilibre parfait des polarités (triangle « pointe en haut » et triangle « pointe en bas », pour réaliser une fusion) … Équilibre difficile à réaliser cependant, raison pour laquelle les Maçons savent que « Ordo Ab Chaos ».

 

- 95 a pour valeur 5 qui est le symbole parfait de l’homme en devenir. Lequel par son ascèse atteint sa complétude par le 10 (son double), c’est à dire l’Unité … celle qui rassemble parfaitement ce qui est épars …

 

Notons que 9+5 vaut 14. C’est à 12 et son double. 12 est le nombre de fenêtres ouvertes, dans notre temple, vers le voûte sacrée. Le rapport de 10 à 12 est bien connu des constructeurs : Il participe d’un lien intime entre PI et PHI (Une invitation à considérer la spiritualité de la matière).

 

Pour simplifier notre propos le nombre 8 qui sépare le 33 de 95 est le symbole du fondement.

Cette méditation concerne, le lecteur l’aura deviné, plus particulièrement des Rites dits Égyptiens dont nous savons d’ailleurs qu’ils n’en portent que le nom puisque prétendre se référer à l’Ancienne Égypte pour accomplir sa métamorphose spirituelle. Cela me semble quelque peu osé si l’on regarde les matières symboliques, Philosophiques, Alchimiques et Hermétiques réellement travaillées.

 

Avant de partager ma méditation avec vous, je pense qu’il serait juste de me présenter.

 

Je suis né une deuxième fois le 27 février 1983 à la Respectable Loge Jean Moulin du Grand Orient de France à l’Orient de la « rue cadet » à Paris. Mes parrains sont le frère Paul Fortunet et Eric, mon deux fois frère. En cette espace « sacré » j’y ai pratiqué le Rite Français jusqu’en 1996. Mes cultures Chrétienne et Tibétaine ne pouvant pleinement s’exprimer le Frère Grand Orateur me dirigea vers une Obédience pleinement reconnue en ces temps là : La Grande Loge Française de Memphis Misraïm dont la sensibilité initiatique rassemblait un peu plus que les champs sociaux et philosophiques associés à la vie de l’homme … vivant dans un espace « sociétal » comme l’on dit aujourd’hui, même si, au demeurant, la spiritualité pouvait y être présente …

J’ai donc découvert ce Rite, surgi d’une histoire extra-ordinaire à la faveur des campagnes Napoléoniennes …  Celle qui la fit devenir le centre de rencontre de nombreuses traditions ésotériques, y compris certaines pouvant être comprises de nous en provenance d’artefacts  enfouis dans les terres de Memphis … là où Terre rouge fusionne avec la Terre noire … foyer de toute Alchimie … même spirituelle.

Ce Rite est le résultat d’une confrontation entre ces multiples sources. Allait-il devenir adulte, autonome, cohérent, utile au service de nos Frères et de nos Sœurs en cette fin de 20ème siècle ?

 

A l’aube du 21ème siècle,  se déroula « non un tremblement de terre, mais un chaos de l’esprit ».

 

Très exactement entre 1999 et 2002 … Ses principes de base sont tout simplement contestés : Grande Hiérophanie, Fonctions ad-Vitam, pas de Mixité, et … un parcours maçonnique dont beaucoup disait qu’il s’inspirait un peu trop du Rite Écossais Ancien et Accepté, sans oublier quelques teintures natives de Régime Écossais Rectifié. En plus 95 degrés !!! Fallait-il plusieurs vies pour en faire le tour ?

Rappelons-le : Tout est une question de fondement.

Voyons cela de plus près …

 

Après 20 ans d’études approfondies sur ce Rite hautement spirituel : le Rite ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il m’est possible de dégager un point de vue.

 

Pour cela il me faut préciser sur quels piliers une Franc-Maçonnerie emprunte de spiritualité doit se reposer.

Elle doit être :

  • le centre de l’union fraternelle entre toutes les inspirations ésotériques.

  • un chemin de partage des savoirs et des connaissances acquises.

  • un athanor où les idées et les pensées se confrontent ou s’unissent.

  • véhicule menant à l’éveil et donc à la réalisation de soi.

Pour cela, elle doit être le lieu où initiations et réceptions informent (in-forment – forment à l’intérieur de soi) les frères et les sœurs afin que les savoirs transmis ou les connaissances acquises les mènent à des ouvertures de conscience élargie.

Ainsi, a l’instar de la maçonnerie opérative une maçonnerie spéculative peut apporter à ses membres les outils, moyens, nécessaires à l’apprentissage de leur métier : celui de constructeur de « ponts » entre les multiples univers qui ont pris forme sur notre planète ; celui de liant au sein des bigarrures ethniques et organisationnelles d’aujourd’hui pour combattre l’ignorance et l’injustice ; enfin celui de concepteur de futurs afin que, par leurs décisions et leurs visions éclairées, le monde retrouve une réelle harmonie au service de la vie

La Franc-maçonnerie doit, donc, être une école où ne sont pas suggérées des vérités mais où les Frères et les Sœurs apprennent à regarder le monde tel qu’il est, dans son essence. Pour cela les instruire par le biais de l’initiation et  la pratique individuelle de recherches et de méditations devient une urgence. Ainsi peuvent-ils devenir des vrais opératifs.

A la lumière de ces piliers, énoncés ainsi, il est, alors, possible de « peser » dans une balance nos nombres 33 et 95 …

 

Il est tentant, par une envie de simplicité un peu hâtive, de décréter que les Rites Égyptiens devraient, pour être considéré comme sérieux et … suffisamment modestes quant à leur ambition, accepter la parité avec le Rites Écossais Ancien et Accepté : 33 degrés cela est bien suffisant.

L’échelle des Rites Égyptiens ayant la même taille que celle du Rite Écossais Ancien et Accepté … les frères et les sœurs n’ont à se poser la question que sur le critère de la « reconnaissance ».

Cette « reconnaissance » n’étant accordé qu’aux Obédiences ou Ordres qui ont accepté la tutelle du Grand Ordre Égyptien du Grand Orient de France, un bon nombre d’entre-elles, pour obtenir « ces nouveaux land Marks » seront contraints à penser leur échelle qu’en 33 degrés.

A la question comment faire rentrer 1,5 litres dans une bouteille de 1 litres ? La réponse est ci-dessous.

 
 
 

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Le Rite Ancien et Primitif Ancien et Primitif de Memphis Misraïm[1] dont j’ai reçu toutes les transmissions est bien celui qui fut structuré par le T.S.F[2] Robert Ambelain et qui, alors, était reconnu par toutes les obédiences les plus enracinées dans le paysage maçonnique moderne. Comme dit supra ce Rite se pratiquait sous patente de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm. Patente qui, cela dit en passant n’a jamais été donnée au Grand Ordre Égyptien (Celle de Yarker ne désigne, donc, pas le même Rite).

Ce Rite se déroule sur une échelle en 95 degrés dont seulement quelques degrés sont transmis selon les formes habituelles, c’est à dire avec la mise en œuvre d’une ouverture des travaux, puis d’une initiation ou d’une réception et, enfin, d’une fermeture des travaux. Précisons :

 

1 :  Apprenti …

 

2 : Compagnon … Dans ce cadre il y avait trois versions de transmissions rituelles : Une simplifiée, Une philosophique et une très enrichie de racines prises dans l’ancienne Égypte (Misraïm).   

 

3 : Maître selon la base mythologique de la passion de Maître Hiram … 

 

Puis, les degrés essentiels amenant à examiner la prise de conscience des hébreux à se considérer d’être assujettis à un modèle conceptuel d’existence à travers l’Arbre de vie, ses fameux séphiroth et ses canaux de liaisons. Lesquels introduisent, naturellement à l’art Kabbalistique.

 

Quatre degrés sont transmis : le Maître Secret, le Maître Élu des neuf, et enfin un tandem Chevalier Royal Arche et Chevalier Grand Élu de la Voûte Sacrée de Jacques VI d’Écosse.

 

Vient ensuite un espace charnière dans l’épopée judéo-chrétienne : le degré Chevalier Prince Rose+Croix (Rituel du bon Pasteur) ou Chevalier de l’Aigle noir (Plus Alchimique).

 

La sensibilité Rose+Croix permet aux maçons qui le pratiquent d’investir d’autres espaces non maçonniques tout à fait recherchés en matière de travail initiatique …

 

Ensuite viennent deux degrés d’importance : Chevalier du Soleil et Chevalier Kadosh.

 

Le premier, toujours, dans le champ judéo-chrétien, a pour objectif d’aborder des éléments d’Alchimie Spirituelle et de Théurgie. Le second de revisiter la passion templière et de méditer sur la jonction entre le mode temporel et spirituel.

 

Était naturellement  très recherchées des fonctions de gouvernance et notamment le tant désiré degré, pour ses prérogatives : le Souverain Grand Inspecteur Général (33ème degré).

 

Comment aller de ce degré, 33, à 90 puis 95 ?

Nous voici, dans un espace où les règles étaient très diverses et dépendaient des Grands Maîtres en charge de cette transmission. En tous les cas du 34ème degré au 86ème très très peu de degrés étaient transmis de façon rituelle …

Enfin, sans doute, avez-vous approché les quatre degrés qui forment les « fameux Arcanes ». Disons pour très simplifier les trois arcana et l’Arcana Arcanorum  (l’Arcane des Arcanes) …

 

Ces quatre degrés font la caractéristique essentiel de notre Rite … Je conseille vivement la lecture de :

 

- Isis, clef des métamorphoses au rite de Memphis Misraïm (de la TSS Bernadette Capello),

 

- Initiation à la lumière d’Orient (du T.S.F. Edmond Fieschi qui est un de mes Maître de référence),

 

- Les Arcana Arcanorum (du T.S.F. Axek Karol).

 

Dois-je compléter que ce Rite a une autre particularité : celle de voir dans ses rangs des « Patriarches Grands Consécrateurs » dont la mission est la « Sacralisation et la Fondation des temples ». La transmission de cette fonction contraint le récipiendaire à subir une réception secrète et à avoir le statut minimum de « Prêtre ».

Ce rite mis en œuvre par les T.S.F. Robert Ambelain avait donc pour objectif de formation, ces  14 degrés transmis de façon rituelle et 3 très souvent par communication. Comme nous le remarquons nous sommes assignés à un ésotérisme occidental inspiré largement de sources moyen-orientales … cela, laissait le temps à nos Frères puis ; aujourd’hui, à nos Sœurs de se diriger vers des pratiques ésotériques plus spécialisées comme : le Martinisme,  l’élu Coën, la Rose+Croix d’Orient, l’Ordre cabalistique de la Rose+Croix, les Églises Gnostiques, …

 

Le dernier degré (95) est le « Patriarche Grand Conservateur du Rite », son nom décrit sa fonction et son niveau de conscience (dans le principe).                                  

 

En conclusion temporaire 95 ? … en fait 17 réels plus le cheminement personnel du Frère ou de le Sœur, très souvent, dans le monde judéo-chrétien.

 

Même dans ce rétrécissement de champ de vision par rapport à une universalité recherchée … il y eut et il y a, encore de véritables Maîtres … pas beaucoup … 

 

En effet cette façon de travailler, même s’il elle n’est pas reconnue subsiste heureusement car conservée par d’authentiques Grands Conservateurs. Il faudra, cependant, savoir les choisir si l’on ne veut pas « prendre des vessies pour des lanternes ».

 
 
 

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L’aurore du 21ème siècle s’est levé avec une implosion des instances de direction du rite. Le Grand Orient de France fort d’une patente très ancienne que lui avait accordée par notre T.S.F John Yarker s’est pensé comme un Maître d’œuvre, constatant, ici et là, la désolation d’un Rite en crise. Ce Maître d’œuvre s’est mis à concevoir ce que devrait être un vrai « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. S’appuyant sur des éléments proposés par John Yarker et en le rectifiant, il donna corps au « Grand Ordre Égyptien ». A-t-il trouvé la pierre philosophale ? Rien n’est moins sûr. Ce rite compte 33 degrés (contenant) et un champ d’investigation spirituel « contenu » dans le monde « Égypto – Grec ».

Adieu l’approche universelle d’un monde multipolaire sur le plan spirituel. Bonjour la focalisation sur nos origines supposées Pythagoriciennes et sur des débordements initiatiques fort limités par les exigences de la raison.

Selon l’Objet de leurs « études », cité, notamment, dans le site officiel du G.O.E[3], le parcours maçonnique concerne « les rituels et les travaux qui plongent le cherchant véritable dans l’Égypte alexandrine, creuset des cultures, philosophies et religions de l’Égypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés ».

Le Rite de John Yarker subit, alors, un méthodique épissage sous la houlette du Frère Ludovic Marcos avec  l’assistance zélée du Frère Jean Louis de Biasi.

Il est, dès lors aisé, de voir le recentrage symbolique, philosophique, hermétique et plus largement ésotérique opéré par le G.O.E[4] … nous sommes dans un autre monde … Exit le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm promu par le T.S.F Robert Ambelain.

 

Sur ces 33 degrés référencés en leur sein, très peu font l’objet d’une transmission rituelle :

 

- Apprenti,  Compagnon et Maître à condition de ne pas citer certaines invocations qui seraient par trop proches d’une posture d’adeptat.

- Le Chevalier de l’Aigle rouge (Monde Kabbalistique du Sefer Yetsirah) ; le Philosophe Hermétique (les mystères Grecs et Latins) ; Patriarche d’Isis (un retour à l’Égypte ancienne mais dont le rituel est une forme particulièrement édulcorée de la version du T.S.F. John Yarker) ; Les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre qui « seraient réputés pour maîtriser une alchimie interne » dont on a du mal à voir les effets et les résultats opératifs ; Les Grands défenseurs du Rite (cela ne concerne que l’aspect de la « justice maçonnique ») ; les sublimes Princes de Memphis (Ceux qui maîtrisent l’ensemble) ; les Patriarches Grands Conservateurs du Rite.

Ainsi de 33 degrés de leur échelle, seuls 10 font l’objet d’une initiation ou réception rituelle. Les autres feraient l’objet de « communications ».

 

Alors 33 ou 95 ?

 

Le choix devrait dépendre de la liberté de croyance ou de l’état de conscience de chacun … mais les présupposés d’une maçonnerie qui se voudrait universelle du point de vue de la plus grande connaissance de l’humanité tout entière ne sont acquis en ce contexte.

Hélas, la loi de l’échelle en 33, selon la vision du G.O.E, qui forme la base de la « reconnaissance » des Institutions Maçonniques, ne contribuera pas à permettre la réalisation des piliers que nous avons définis plus haut !

 

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Pour éclairer la diversité des sensibilités. Celui de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, voie Orientale. Il présente une échelle qui tente de répondre le plus complètement possible aux piliers fondateurs évoqués en introduction. Comment prétendre semer harmonie et paix si nous nous interdisons de connaître l’autre dans sa différences, dans sa diversité d’expression. Comment dialoguer pour amorcer une osmose favorable à la rencontre entre nos cultures et  nos pratiques différentes. Comment ne pas devenir liberticide[5] ou épistémicide[6] par rejet de l’autre si nous ne faisons pas la démarche de pénétrer son univers ?

 

Ainsi ce « 95 » propose au Frère et au Sœur un chemin  … juste un chemin initiatique.  Partant, ainsi, sur cette voie initiatique en 95 refuges[7] obtiendra-t-il l’éveil qu’il/elle cherche ? Chaque maçon sur ce sentier apercevra des portes qui le mèneront, selon sa nature vers des pratiques plus conformes à sa véritable nature.  

 

Sera-t-il/elle, alors, celui ou celle par lequel (laquelle) tout monde futur trouvera les clefs vers une réelle fraternité universelle ? Dans cette « échelle » (ou chemin des refuges) :  

 

- Apprentis ? Les maçons voyageront dans un monde dit « Isiaque » c’est à dire un monde à la recherche des lois intimes qui régissent l’univers.

- Compagnons ? Ces mêmes maçons investigueront le monde réel, le monde objectif. Ils prendront conscience des outils qui sont à leur disposition pour comprendre, mesurer, peser, écouter, … , enfin comprendre que le réel pourrait ne pas être … « réel ». Pour cela, ils pratiquent les « Arts Royaux ».

- Maître Apprentis ? Ils seront inviter à pénétrer le monde subtil au moyen de la passion Osirienne. Un premier éveil à la transcendance.

- Maître Compagnons ? Ils partirons effectuer cinq voyages :

 

  1. > le premier les transportera dans un espace temps occupé par les Anciens Hébreux : « la longue épopée du peuple juif dans sa relation avec le divin ». (16 refuges).

  2. > le  second sera consacré à « celui qui fit, de nouveau jaillir la lumière ». (5 refuges).

  3. > le troisième pénétrera  « le monde des templiers » (6 refuges).

  4. > le quatrième surgira du second voyage (comme le troisième). Son espace temps sera celui de la pensée et la maîtrise de l’être profond. On y trouvera le souffle extrême oriental avec les Bouddhismes, l’Hindouisme et le shivaïsme. (2 refuges).

  5. > le cinquième voyage, il a été nommé celui du « flash ancestral ». (4 refuges). Les pas des frères et des sœurs seront conduits dans les arcanes de la mythologie, au sein des peuples premiers, dans les cultures nord européennes, mais, aussi, dans des espaces-temps très anciens tels que ceux du « croissant fertile » …

Enfin le groupe des Maîtres Accomplis qui comprend :

> les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre (Memphis) du T.S.F Jean Étienne Marconis de Nègre. Ici règne la haute philosophie.

> les Sublimes Maîtres du Grand Œuvre (Régime de Naples) structurés en quatre refuge : les un arcana qui donnera vie à deux autres arcana et l’Arcana Arcanorum (l’arcane des arcanes).

> les Patriarches Grands Conservateurs du Rite.

Nous n’oublierons pas la fonction de « Patriarche Grand Consécrateur » dont nous avons déjà évoqué les attributs en présentant le Rite en 95 degrés du T.S.F Robert Ambelain.

Le 95 ainsi décrit comporte 41 transmissions rituelles au minimum… Dès lors le chemin parcourus enseigne … il est voyage-initiation … Il est ouverture de conscience maximale … Il inclut les moyens de l’universalité d’où naissent et se construisent des formes les plus abouties des actions humaines dans un amour profond de la vie sous tous ses aspects. 

 

Alors 33 ou 95 ?

 

Les Maçons tels des moines cheminent, incarnent ce qu’ils apprennent et ce qu’ils comprennent, agissent pour mettre en harmonie tout souffle de vie … car seule compte la « Sagesse », la « Force » et la « Beauté »

 

Pour comprendre la nature des incidences dans le choix d’un parcours maçonnique à « n » degrés, j’ai choisi ces trois exemples.

Le lecteur pourra découvrir que d’autres Rites Égyptiens ont d’autres échelles. Je dois les évoquer pour saluer leur sérieux dans leurs démarches initiatiques : l’Ancien et Primitif Rite Oriental de Misraïm Memphis (Grand Sanctuaire Adriatique[8]) ; le Rite d’Orient Égyptien  et le Rite de la Vielle Égypte (Ordre Maçonnique des Rites Anciens[9]) ; les Rites de Venise (Ordre des Rites de Venise[10]) ; Rite de la Voie Sacrée (Ordre Initiatique Maçonnique de la Voie Sacrée qui anime un cursus initiatique a-typique fondé sur les travaux de René et Isha Schwaller de lubicz) …    

 

 Alors : « Heureux[11] qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison, … »

 

… et reviennent dans le monde profane pour y faire ce que la conscience inspire !

 
 

33 ? ou 95 ? Pour ma part, le cherchant que je suis a choisi  95 dans sa version des 95 refuges … vous vous en doutiez ?

 
 
 
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Frère Gérard Baudou Platon,

Celui qui creuse

 
 
 

[1]Il est pratiqué à l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Willy Reamaker  (https://memphismisraim.fr/) ; La Grande Loge Françaises de Memphis Misraïm historique qui s’est jointe à la Grande Loge Régulière de Memphis Misraïm pour fonder l’Ordre Philosophique Hermétique filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat ; la Grande Loge Symbolique de France, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Georges Claude Vieilledent (https://www.grandelogesymboliquedefrance.org/) ; l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat, Guy Duval …

 

[2]T.S.F (Très Sublime Frère)

 

[3]https://www.grandordreegyptien.net/

 

[4]Toutes les Grandes Loges ou Ordres reconnus font partie des cette catégorie …

 

[5]Liberticide … « qui prive de la jouissance de la liberté » … ici, de la liberté d’expression spirituelle

 

[6]Épistemicide … « action qui tend à effacer une culture ou à la rendre inaudible »

 

[7]l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Guy Renaudin, Gérard Baudou Platon …

 

[8]https://www.sgsafrance.com/ … Suivre les travaux de la Respectable Loge Hathor …

 

[9]http://omra-fm.fr/ …

 

[10]https://omvs.fr/ …

 

[11] (Joachim Du Bellay)

 
 
 
 
 

You said 33? … You said 95 ?

 
 
 

There arises a multitude of questions. Often with a mocking smile… sometimes with a touch of admiration. The vindictives are on the scale, if I may put it that way.

 
 
 

In numerology the difference between 33 and 95 is 62…and as we all know, 62 is equal to 8. The number 8 is the symbol of foundation…

 

- 33 has the value 6, the symbolic representation of which suggests a perfect balance of polarities (“point up” triangle and “point down” triangle, to achieve a fusion)… A difficult balance to achieve, however, which is why Masons know that like “Ordo Ab Chaos.”

 

- 95 has the value 5 which is the perfect symbol of the man in the making. Which through its asceticism reaches its completeness through the 10 (its double), that is to say Unity… that which perfectly brings together what is scattered…

 

Note that 9+5 is worth 14. That’s 12 and its double. 12 is the number of windows open, in our temple, towards the sacred vault. The ratio of 10 to 12 is well known to builders: It is part of an intimate link between PI and PHI (An invitation to consider the spirituality of matter).

 
 
 

To simplify our subject, the number 8 which separates 95 from 33 is the symbol of the foundation.

 

This meditation concerns, the reader will have guessed, more particularly the so-called Egyptian Rites which we know moreover only bear the name since claiming to refer to Ancient Egypt to accomplish its spiritual metamorphosis. It seems to me to be somewhat little daring if we look at the symbolic, Philosophical, Alchemical and Hermetic materials actually worked.

 

Before I share my meditation with you, I think it would only be fair to introduce myself. I was born a second time on February 27, 1983 at the Respectable Loge Jean Moulin du Grand Orient de France in the Orient of “rue cadet” in Paris. My godfathers are brother Paul Fortunet and Eric, my brother twice. In this “sacred” space I practiced the French Rite until 1996. My Christian and Tibetan cultures could not fully express themselves, the Brother Great Orator directed me towards an Obedience fully recognized at that time: The French Grand Lodge of Memphis Misraïm whose initiatory sensitivity brought together a little more than the social and philosophical fields associated with the life of man… living in a « societal » space as we say today, even if, moreover, spirituality could be present there…

 

So I discovered this Rite, which emerged from an extra-ordinary history thanks to the Napoleonic campaigns… The one which made it become the meeting center of numerous esoteric traditions, including some that can be understood by us from artifacts buried in the lands of Memphis… where the red Earth merges with the black Earth… home of all Alchemy… even spiritual.

 
 
 

This Rite is the result of a confrontation between these multiple sources. Was he going to become adult, autonomous, coherent, useful in the service of our Brothers and Sisters at the end of the 20th century?

 
 
 

At the dawn of the 21st century, “not an earthquake, but a chaos of the spirit” took place. Exactly between 1999 and 2002… Its basic principles are quite simply contested: Great Hierophany, Ad-Vitam Functions, no Mixity, and… a Masonic path which many said was inspired a little too much by the Ancient Scottish Rite and Accepted, without forgetting some native tinctures of the Rectified Scottish Diet. Plus 95 degrees!!! Did it take several lifetimes to go around it?

 
 
 

Let’s remember: It’s all a question of foundation.

 

Let’s take a closer look…

 
 
 

After 20 years of in-depth study on this highly spiritual Rite: the ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm, it is possible for me to emerge from a point of view. For this I must specify on which pillars a Freemasonry imbued with spirituality must rest.

 

It must be the center of fraternal union between all esoteric inspirations.

 

It must be a path for sharing knowledge and acquired knowledge.

 

It must be an athanor where ideas and thoughts confront or unite.

 

It must be a vehicle leading to awakening and therefore to self-realization.

 

For this, it must be the place where initiations and receptions inform (in-form – form within oneself) the brothers and sisters, so that the knowledge transmitted or the knowledge acquired, leads them to openings of expanded consciousness.

 
 
 

Thus, like operative masonry, speculative masonry can provide its members with the tools and means necessary to learn their profession: that of constructor of “bridges” between the multiple universes which have taken shape on our planet. ; that of unifying within today’s ethnic and organizational divisions to combat ignorance and injustice; finally that of designer of futures so that, through their decisions and their enlightened visions, the world finds real harmony in the service of life.

 
 
 

Freemasonry must, therefore, be a school where truths are not suggested but where Brothers and Sisters learn to look at the world as it is, in its essence. To do this, instructing them through initiation and individual practice of research and meditation becomes an emergency. So, they can become truly operational.

 
 
 

In the light of these pillars, stated thus, it is, then, possible to “weigh” our numbers 33 and 95 in a balance…

 
 
 

It is tempting, out of a somewhat hasty desire for simplicity, to decree that the Egyptian Rites should, to be considered serious and… sufficiently modest in terms of their ambitions, accept parity with the Ancient and Accepted Scottish Rites: 33 degrees that is quite enough.

 
 
 

The scale of the Egyptian Rites being the same size as that of the Ancient and Accepted Scottish Rite… brothers and sisters only have to ask the question on the criterion of « recognition ».

 
 
 

This “recognition” being granted only to Obediences or Orders which have accepted the supervision of the Grand Egyptian Order of the Grand Orient of France, a good number of them, to obtain “these new Land Marks” will be forced to think their scale only in 33 degrees.

 
 
 

To the question how to fit 1.5 liters into a 1 liter bottle? The answer is below.

 
 
 

The Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm of which I received all the transmissions is indeed the one which was structured by the T.S.F. Robert Ambelain and which, then, was recognized by all the most deeply rooted obediences in the modern Masonic landscape . As said above, this Rite was practiced under the license of the Grand French Lodge of Memphis Misraïm. Patent which, that said in passing, was never given to the Grand Egyptian Order (That of Yarker does not, therefore, designate the same Rite).

 

This Rite takes place on a 95 degree scale of which only a few degrees are transmitted according to the usual forms, that is to say with the implementation of an opening of the works, then an initiation or a reception and, finally, a closure of the works…

 
 
 

Let’s clarify

 

1: Apprentice…

 

2: Companion… In this context there were three versions of ritual transmissions: A simplified one, A philosophical

 

one and a very enriched one with roots taken in ancient Egypt (Misraïm).

 

3: Master according to the mythological basis of Master Hiram’s passion…

 
 
 

Then, the essential degrees leading to examine the awareness of the Hebrews to consider themselves subject to a conceptual model of existence through the Tree of life, its famous sephiroth and its connecting channels. Which

 

naturally introduce Kabbalistic art.

 

Four degrees are transmitted: the Secret Master, the Elect Master of the nine, and finally a tandem Royal Arch Knight and Grand Elect Knight of the Sacred Vault of James VI of Scotland.

 
 
 

Next comes a pivotal space in the Judeo-Christian epic: the degree Knight Prince Rose+Cross (Ritual of the Good Shepherd) or Knight of the Black Eagle (more Alchemical).

 
 
 

The Rose+Croix sensitivity allows masons who practice it to invest in other non-Masonic spaces that are highly sought after in terms of initiatory work…

 
 
 

Then come two degrees of importance: Knight of the Sun and Knight Kadosh.

 
 
 

The first, always, in the Judeo-Christian field, aims to address elements of Spiritual Alchemy and Theurgy. The second to revisit the Templar passion and to meditate on the junction between the temporal and spiritual mode.

 
 
 

Governance functions were naturally highly sought after and in particular the much desired degree, for its prerogatives: the Sovereign Grand Inspector General (33rd degree).

 
 
 

How do you go from this degree, 33, to 90 to 95?

 
 
 

Here we are, in a space where the rules were very diverse and depended on the Grand Masters in charge of this transmission. In any case from the 34th degree to the 86th very very few degrees were transmitted ritually…

 
 
 

Finally, without doubt, you have approached the four degrees which form the “famous Arcana”. Let’s say, to very simplify, the three arcana and the Arcana Arcanorum (the Arcana of Arcana)…

 
 
 

These four degrees are the essential characteristic of our Rite… I strongly recommend reading:

 

- Isis, key to metamorphoses in the rite of Memphis Misraïm (from the T.S.S. Bernadette Capello),

 

- Initiation to the light of the East (from T.S.F. Edmond Fieschi who was one of my reference Masters),

 

- The Arcana Arcanorum (from T.S.F. Axek Karol).

 
 
 

Should I add that this Rite has another particularity: that of seeing in its ranks “Patriarchs Great Consecrators” whose mission is the “Sacralization and Foundation of the temples”. The transmission of this function requires the recipient to undergo a secret reception and to have the minimum status of “Priest”.

 
 
 

This rite implemented by the T.S.F Robert Ambelain therefore had the training objective, these 14 degrees transmitted ritually and 3 very often by communication. As we notice, we are assigned to a Western esotericism inspired largely by Middle Eastern sources… this left time for our Brothers then; today, it is up to our Sisters to move towards more specialized esoteric practices such as: Martinism, the elect coën, the Rose+Croix of the Orient, the Cabalistic Order of the Rose+Croix, the Gnostic Churches, etc.

 

The last degree (95) is the “Patriarch Great Preserver of the Rite”, his name describes his function and his level of consciousness (in principle).

 
 
 

In temporary conclusion 95? … in fact 17 real ones plus the personal journey of the Brother or Sister, very often, in the Judeo-Christian world.

 
 
 

Even in this narrowing of field of vision in relation to a sought-after universality… there were and still are true Masters… not many…

 
 
 

Indeed, this way of working, even if it is not recognized, fortunately survives because it is preserved by authentic Great Conservatives. However, you will need to know how to choose them if you do not want to “mistake bladders for lanterns”.

 
 
 

The dawn of the 21st century dawned with an implosion of the rite’s management bodies. The Grand Orient of France, with the strength of a very old patent granted to it by our T.S.F. John Yarker saw himself as a Project Manager, noting, here and there, the desolation of a Rite in crisis. This Master Builder set about designing what a true “Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm” should be. Building on elements proposed by John Yarker and correcting them, he gave substance to the “Grand Egyptian Order”. Did he find the Philosopher’s Stone?

 
 
 

Nothing is less sure. This rite has 33 degrees (containing) and a “contained” spiritual field of investigation in the “Egyptian – Greek” world.

 
 
 

Away ! the universal approach of a multipolar world on a spiritual level. Hello ! the focus on our supposed Pythagorean origins and on initiatory overflows very limited by the demands of reason.

 
 
 

According to the Object of their “studies”, cited, in particular, in the official website of the G.O.E, the Masonic course concerns “the rituals and the works which immerse the true seeker in Alexandrian Egypt, melting pot of cultures, philosophies and religions of Ancient Egypt, Ancient Greece, Mesopotamia and Asia Minor. The works of the Plato or Medici Academy are also reactivated ».

 
 
 

The Rite of John Yarker then underwent a methodical splicing under the leadership of Brother Ludovic Marcos with the zealous assistance of Brother Jean Louis de Biasi.

 
 
 

It is, therefore, easy to see the symbolic, philosophical, hermetic and more broadly esoteric refocusing carried out by the G.O.E… we are in another world… Exit the Ancient and Primitive Rite of Memphis Misraïm promoted by the T.S.F Robert Ambelain.

 
 
 

Of these 33 degrees referenced within them, very few are the subject of ritual transmission:

 

- Apprentice, Companion and Master provided that you do not cite certain invocations which would be too close to an adept posture.

 

- The Knight of the Red Eagle (Kabbalistic World of Sefer Yetsirah); the Hermetic Philosopher (the Greek and Latin mysteries); Patriarch of Isis (a return to ancient Egypt but whose ritual is a particularly watered down form of the T.S.F. John Yarker version); The Sublime Masters of the Great Work who “are said to have mastered an internal alchemy” whose effects and operative results are difficult to see; The Great Defenders of the Rite (this only concerns the aspect of “Masonic justice”); the sublime Princes of Memphis (Those who master the whole); the Patriarchs Great Preservers of the Rite.

 

Thus of 33 degrees of their scale, only 10 are the subject of an initiation or ritual reception. The others would be the subject of “communications”.

 
 
 

So 33 or 95?

 
 
 

The choice should depend on the freedom of belief or the state of conscience of each person… but the

 

presuppositions of a masonry which would like to be universal from the point of view of the greatest knowledge of all humanity are not acquired in this context.

 

Alas, the law of scale in 33, according to the vision of the G.O.E, which forms the basis of the “recognition” of

 

Masonic Institutions, will not contribute to enabling the realization of the pillars that we have defined above!

 

To illuminate the diversity of sensitivities, that of the Ancient and Primitive Initiatory Order of Memphis Misraïm,

 

Eastern Way. It presents a scale which attempts to respond as completely as possible to the founding pillars

 

mentioned in the introduction.

 

How can we claim to sow harmony and peace if we prohibit ourselves from knowing the other in their differences,

 

in their diversity of expression.

 

How to dialogue to initiate an osmosis favorable to the meeting between our different cultures and practices.

 
 
 

How can we not become liberticidal or epistemicidal through rejection of the other if we do not take the step of penetrating their universe?

 
 
 

So this “95” offers the Brother and Sister a path… just an initiatory path. Starting, thus, on this initiatory path in 95 refuges will he obtain the awakening that he/she seeks? Each mason on this path will see doors which will lead him, according to his nature, towards practices more in accordance with his true nature.

 
 
 

Will he/she, then, be the one through whom every future world will find the keys to a real universal fraternity?

 

In this “ladder” (or path of refuge):

 

- Apprentices? Masons will travel to a world called “Isiac”, that is to say a world in search of the intimate laws which govern the universe.

 
 
 

- Companions? These same masons will investigate the real world, the objective world. They will become aware of the tools that are at their disposal to understand, measure, weigh, listen, …, finally understand that reality might not be… « real ». For that they practice Royal Arts.

 

- Master Apprentices? They will be invited to penetrate the subtle world by means of Osirian passion. A first awakening to transcendence.

 

- Master Companions? They will leave on five trips:

 

> the first will transport them to a time space occupied by the Ancient Hebrews: “the long epic of the Jewish people in their relationship with the divine”. (16 refuges).

 

> the second will be dedicated to “the one who made the light shine again”. (5 refuges).

 

> the third will enter the “world of the Templars” (6 refuges).

 

> the fourth will emerge from the second journey (like the third). Its time space will be that of thought and mastery of the deep being. We will find the Far Eastern breath there with Buddhism, Hinduism and Shaivism. (2 refuges).

 

> the fifth journey, it was named that of the “ancestral flash”. (4 refuges). The footsteps of brothers and sisters will be led into the mysteries of mythology, among the first peoples, in northern European cultures, at the time of the « fertile crescent »…

 
 
 

Finally the group of Accomplished Masters which includes:

 

> the Sublime Masters of the Great Work (Memphis) of the T.S.F. Jean Étienne Marconis de Negre.

 
 
 

Here reigns high philosophy.

 

> the Sublime Masters of the Great Work (Regime of Naples) structured into four refuges: the one arcana which will give life to two other arcana and the Arcana Arcanorum (the arcana of arcana).

 

> the Patriarchs Great Preservers of the Rite.

 
 
 

We will not forget the function of “Patriarch Grand Consecrator” whose attributes we have already mentioned by presenting the 95 degree Rite of T.S.F. Robert Ambelain.

 
 
 

The 95 thus described includes 41 ritual transmissions at least… From then on the path traveled teaches… it is journey-initiation… It is opening of maximum consciousness… It includes the means of universality from which the most forms are born and constructed. results of human actions in a deep love of life in all its aspects.

 
 
 

So 33 or 95?

 
 
 

Masons like monks walk, embody what they learn and what they understand, act to bring into harmony every breath of life… because only « Wisdom », « Strength » and « Beauty » count.

 

To understand the nature of the implications in choosing an “n” degree Masonic path, I chose these three examples.

 
 
 

The reader will discover that other Egyptian Rites have other scales. I must mention them to salute their seriousness in their initiatory steps: the Ancient and Primitive Oriental Rite of Misraïm Memphis (Great Adriatic Sanctuary); the Egyptian Eastern Rite and the Rite of Old Egypt (Masonic Order of Ancient Rites); the Rites of Venice (Order of the Rites of Venice); Rite of the Sacred Way (Masonic Initiatory Order of the Sacred Way which runs an a-typical initiatory course based on the work of René and Isha Schwaller de lubicz)…

 
 
 

Then:

 

“Happy1 who, like Ulysses, has made a beautiful journey,

 

Or like those who conquered the fleece, And then returned, full of use and reason,… » (Joachim Du Bellay)

 

…and return to the secular world to do what conscience inspires!

 
 
 

33? or 95?

 

For my part, the seeker that I am chose 95 in his version of the 95 refuges… could you imagine that?

 
 
 
 
 

Brother Gerard Baudou Platon

 
 
 
 
 

¿Has dicho 33? ¿Has dicho 95?

 
 
 

Surgen multitud de preguntas. A menudo con una sonrisa burlona … a veces con un toque de admiración. La reivindicación está en una escala, si se puede decir así.

 

En numerología, la diferencia entre 33 y 95 es 62… y como todos sabemos, 62 es igual a 8. El número 8 es el símbolo del fundamento…

 

- 33 tiene un valor de 6, cuya representación simbólica sugiere un equilibrio perfecto de polaridades (triángulo « punta arriba » y triángulo « punta abajo », para lograr la fusión) … Un equilibrio difícil de alcanzar, sin embargo, lo que los masones saben: « Ordo Ab Chaos ».

 

- 95 tiene un valor de 5, que es el símbolo perfecto del hombre en formación. Mediante su ascetismo, alcanza la plenitud a través del 10 (su doble), es decir, la Unidad… lo que reúne perfectamente lo disperso…

 
 
 

Observa que 9+5 es igual a 14. Es decir, 12 y su doble. En nuestro templo, 12 es el número de oberturas hacia la bóveda celeste. La proporción de 10 a 12 es bien conocida por los constructores: forma parte de un vínculo íntimo entre PI (π) y PHI (φ) (una invitación a considerar la espiritualidad de la materia).

 
 
 

Para simplificar nuestro tema, el número 8 que separa el 33 del 95 es el símbolo de los cimientos.

 

Como el lector habrás adivinado, esta meditación se refiere más concretamente a los llamados Ritos Egipcios, que sólo conocemos por su nombre, ya que pretenden remitirse al Antiguo Egipto para realizar su metamorfosis espiritual. Esto me parece un tanto atrevido si nos fijamos en los materiales simbólicos, filosóficos, alquímicos y herméticos realmente utilizados.

 
 
 

Antes de compartir contigo mi meditación, creo que sería justo presentarme. Nací por segunda vez el 27 de febrero de 1983 en la Respetable Logia Jean Moulin del Gran Oriente de Francia, en el Oriente de la « rue cadet » de París.

 
 
 

Mis padrinos son el hermano Paul Fortunet y Eric, mi doble hermano. En este espacio « sagrado », practiqué el Rito Francés hasta 1996. Como mis culturas cristiana y tibetana no podían expresarse plenamente, el Hermano Gran Orador me orientó hacia una Obediencia plenamente reconocida en aquella época: la Gran Logia Francesa de Memphis Misraïm, cuya sensibilidad iniciática abarcaba algo más que los ámbitos social y filosófico asociados a la vida del hombre… viviendo en un espacio « societal », como decimos hoy, aunque, por cierto, la espiritualidad pudiera estar presente…

 

Así descubrí este Rito, que surgió de una historia extraordinaria durante las campañas napoleónicas … que lo convirtió en el punto de encuentro de muchas tradiciones esotéricas, incluidas algunas que podemos comprender a partir de artefactos enterrados en las tierras de Menfis … donde la Tierra Roja se funde con la Tierra Negra … el foco de toda Alquimia … incluso de la Alquimia espiritual.

 
 
 

Este Rito es el resultado de una confrontación entre estas múltiples fuentes. ¿Iba a hacerse adulto, autónomo, coherente y útil al servicio de nuestros Hermanos y Hermanas a finales del siglo XX?

 

En los albores del siglo XXI, se produjo « no un terremoto, sino un caos mental ». Entre 1999 y 2002, para ser exactos, se impugnaron sus principios básicos: la Gran Hierofanía, las funciones ad-Vitam, la no pertenencia mixta y una trayectoria masónica que, según muchos, se inspiraba demasiado en el Rito Escocés Antiguo y Aceptado, por no mencionar algunos tintes autóctonos del Régimen Escocés Rectificado. Además, ¡¡¡95 grados!!! ¿Harían falta varias vidas para abarcarlo todo?

 

Recuerda: todo es cuestión de fundamento.

 
 
 

Echemos un vistazo más de cerca…

 
 
 

Tras 20 años de estudio en profundidad de este Rito altamente espiritual: el Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm, me es posible exponer un punto de vista. Para ello, debo precisar los pilares sobre los que debe apoyarse una Francmasonería de mentalidad espiritual.

 
 
 

Debe ser el centro de unión fraternal entre todas las inspiraciones esotéricas.

 

Debe ser una forma de compartir los conocimientos adquiridos.

 

Debe ser un athanor donde se confronten o se unan ideas y pensamientos.

 

Debe ser un vehículo para el despertar y la autorrealización.

 

Para lograrlo, debe ser el lugar donde las iniciaciones y recepciones informen (in-formen – formen dentro de uno mismo) a los hermanos y hermanas para que el conocimiento transmitido o el conocimiento adquirido les conduzca a aperturas más amplias de conciencia.

 
 
 

Así pues, al igual que la masonería operativa, la masonería especulativa puede proporcionar a sus miembros las herramientas y los recursos que necesitan para aprender su oficio: el de construir « puentes » entre los múltiples universos que han tomado forma en nuestro planeta; el de unir los fanatismos étnicos y organizativos actuales para combatir la ignorancia y la injusticia; y, por último, el de diseñar el futuro para que, mediante sus decisiones y sus visiones iluminadas, el mundo encuentre una armonía real al servicio de la vida.

 
 
 

La Masonería debe ser, por tanto, una escuela en la que las verdades no se sugieran, sino en la que los Hermanos y Hermanas aprendan a mirar el mundo tal como es, en su esencia. Para ello, es urgente instruirles mediante la iniciación y la práctica individual de la investigación y la meditación. De este modo, podrán llegar a ser verdaderamente operativos.

 
 
 

A la luz de estos pilares, expuestos de este modo, es entonces posible « pesar » nuestros números 33 y 95 en la balanza…

 
 
 

Resulta tentador, por un deseo de simplicidad un tanto precipitado, decretar que los Ritos Egipcios deberían, para ser considerados serios y… suficientemente modestos en su ambición, aceptar la paridad con los Ritos Escoceses Antiguos y Aceptados: 33 grados es más que suficiente.

 
 
 

Puesto que la escala de los Ritos Egipcios es del mismo tamaño que la del Rito Escocés Antiguo y Aceptado … los hermanos y hermanas sólo tienen que preguntarse por el criterio del « reconocimiento ».

 

Como este « reconocimiento » sólo se concede a las Obediencias u Órdenes que han aceptado la tutela de la Gran Orden Egipcia del Gran Oriente de Francia, un buen número de ellas, para obtener « estas nuevas Marcas terrestres », se verán obligadas a pensar en su escala en términos de 33 grados.

 
 
 

Entonces, ¿cómo caben 1,5 litros en una botella de 1 litro? La respuesta está más abajo.

 
 
 

El Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm, del que he recibido todas las transmisiones, es el que estructuró el T.S.F (Très Sage et Parfait) (Muy Sabio y Perfecto) Robert Ambelain y que, en su momento, fue reconocido por todas las obediencias más arraigadas en el panorama masónico moderno. Como ya se ha dicho, este Rito se practicaba bajo patente de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm. Esta patente, por cierto, nunca se concedió a la Gran Orden Egipcia (la de Yarker no designa, por tanto, el mismo Rito).

 
 
 

El Rito se basa en una escala de 95 grados, de los cuales sólo unos pocos se transmiten de la forma habitual, es decir, con la apertura de los trabajos, seguida de una iniciación o recepción y, por último, la clausura de los trabajos.

 
 
 

Para aclarar:

 

1: Aprendiz …

 

2: Aprendiz … En este marco, existían tres versiones de la transmisión ritual: una versión simplificada, una versión filosófica y una versión enriquecida con raíces tomadas del antiguo Egipto (Misraïm).

 

3: El Maestro según la base mitológica de la pasión del Maestro Hiram …

 
 
 

A continuación, los pasos esenciales que conducen al examen de la conciencia de los hebreos de estar sujetos a un modelo conceptual de existencia a través del Árbol de la Vida, sus famosas sefirot y sus canales de conexión. Éstos conducen naturalmente al arte de la Cábala.

 
 
 

Se transmiten cuatro grados: el Maestro Secreto, el Maestro Elegido de los Nueve y, por último, un tándem de Caballero del Arco Real y Gran Caballero Elegido de la Bóveda Sagrada de Jaime VI de Escocia.

 
 
 

A continuación viene un punto de inflexión en la epopeya judeocristiana: el grado de Caballero Príncipe Rosa+Cruz (Ritual del Buen Pastor) o Caballero del Águila Negra (Más Alquímico).

 
 
 

La sensibilidad rosacruz permite a los masones practicantes adentrarse en otros ámbitos no masónicos muy solicitados para el trabajo iniciático…

 
 
 

A continuación vienen dos grados de importancia: Caballero del Sol y Caballero Kadosh.

 
 
 

El primero, aún en el ámbito judeocristiano, pretende abordar elementos de la Alquimia Espiritual y la Teurgia. El segundo, retomar la pasión templaria y meditar sobre la confluencia entre lo temporal y lo espiritual.

 
 
 

Las funciones de gobierno fueron naturalmente muy solicitadas, y en particular el grado tan esperado, por sus prerrogativas: el de Soberano Gran Inspector General (33o grado).

 
 
 

¿Cómo se pasa de este grado, el 33, al 90 y luego al 95?

 
 
 

Aquí estamos, en un espacio en el que las reglas eran muy diversas y dependían de los Grandes Maestros encargados de esta transmisión. En cualquier caso, del grado 34 al 86, muy pocos grados se transmitían ritualmente…

 
 
 

Por último, sin duda te has acercado a los cuatro grados que componen los « famosos Arcanos ». Para simplificar las cosas, digamos los tres arcanos y los Arcana Arcanorum (los Arcanos de los Arcanos)…

 
 
 

Estos cuatro grados son la característica esencial de nuestro Rito … Recomiendo encarecidamente la lectura de :

 

- Isis, clef des métamorphoses au rite de Memphis Misraïm (por la TSS Bernadette Capello),

 

- Initiation à la lumière d’Orient (de T.S.F. Edmond Fieschi, que es uno de mis maestros de referencia),

 

- Los Arcana Arcanorum (por el T.S.F. Axek Karol).

 
 
 

Es necesario añadir que este Rito tiene otra particularidad: la de contar entre sus filas con « Patriarcas Grandes Consagradores » cuya misión es la « Sacralización y Fundación de Templos ». La transmisión de esta función requiere que el destinatario se someta a una recepción secreta y que tenga el estatus mínimo de « Sacerdote ».

 

Este rito, puesto en práctica por el T.S.F. Robert Ambelain, tenía pues como objetivo de formación estos 14 grados transmitidos ritualmente y 3 muy a menudo por comunicación. Como hemos señalado, estamos adscritos a un esoterismo occidental inspirado en gran medida en fuentes de Oriente Medio… esto dejó tiempo a nuestros Hermanos y, hoy, a nuestras Hermanas para acercarse a prácticas esotéricas más especializadas como: el Martinismo, los elegidos de Coën, la Rosa+Croix de Oriente, la Orden Cabalística de la Rosa+Croix, las Iglesias Gnósticas, …

 
 
 

El último grado (95) es el « Patriarca Gran Conservador del Rito ». Su nombre describe su función y su nivel de conciencia (en principio).

 
 
 

En conclusión, un 95 temporal … en realidad 17 grados reales más el recorrido personal del Hermano o Hermana, muy a menudo, en el mundo judeocristiano.

 
 
 

Incluso en este estrechamiento del campo de visión en relación con una universalidad buscada … hubo y sigue habiendo verdaderos Maestros … no muchos …

 
 
 

De hecho, esta forma de trabajar, aunque no se reconozca, afortunadamente sobrevive porque la conservan auténticos Grandes Conservadores. Sin embargo, hay que saber elegirlos si no se quiere « tomar las vejigas por las linternas ».

 
 
 

Los albores del siglo XXI han amanecido con la implosión de los órganos de gobierno del rito. El Gran Oriente de Francia, fortalecido por una patente muy antigua que le concedió nuestro T.S.F. John Yarker, se consideró a sí mismo un Maestro constructor, constatando aquí y allá la desolación de un Rito en crisis. Este Maestro constructor se puso a diseñar lo que debería ser un verdadero « Rito Antiguo y Primitivo del Misraïm de Menfis ». Inspirándose en elementos propuestos por John Yarker y rectificándolos, dio sustancia al « Gran Orden Egipcio ». ¿Encontró la Piedra Filosofal? Nada es menos cierto. Este rito tiene 33 grados (contenedor) y un campo de investigación espiritual « contenido » en el mundo « egipcio-griego ».

 
 
 

Adiós al enfoque universal de un mundo espiritualmente multipolar. Hola al enfoque centrado en nuestros orígenes supuestamente pitagóricos y en arrebatos iniciáticos severamente limitados por las exigencias de la razón.

 
 
 

Según el Objeto de sus « estudios », citado en el sitio web oficial del G.O.E., la vía masónica se refiere a « rituales y trabajos que sumergen al verdadero buscador en el Egipto alejandrino, crisol de culturas, filosofías y religiones del Antiguo Egipto, la Antigua Grecia, Mesopotamia y Asia Menor. También se reviven las obras de la Academia de Platón y de los Médicis.

 
 
 

El Rito de John Yarker se sometió a un empalme metódico bajo la dirección del Hermano Ludovic Marcos con la celosa ayuda del Hermano Jean Louis de Biasi.

 

Por tanto, es fácil ver el reenfoque simbólico, filosófico, hermético y más generalmente esotérico llevado a cabo por la G.O.E. … estamos en otro mundo … Atrás queda el Rito Antiguo y Primitivo de Memphis Misraïm promovido por el T.S.F Robert Ambelain.

 
 
 

Muy pocos de los 33 grados referenciados en el Rito se transmiten ritualmente:

 

- Aprendiz, Compañero y Maestro, a condición de que no se citen ciertas invocaciones, ya que estarían demasiado cerca de una postura de adepto.

 

- El Caballero del Águila Roja (mundo cabalístico del Sefer Yetzirah); el Filósofo Hermético (misterios griegos y latinos); el Patriarca de Isis (un retorno al antiguo Egipto, pero cuyo ritual es una forma particularmente suavizada de la versión de la T.S.F.. John Yarker); los Sublimes Maestros de la Gran Obra que « tienen fama de dominar una alquimia interna » cuyos efectos y resultados operativos son difíciles de ver; los Grandes Defensores del Rito (esto sólo se refiere al aspecto de la « justicia masónica »); los sublimes Príncipes de Menfis (los que dominan el conjunto); los Patriarcas Grandes Conservadores del Rito.

 
 
 

De los 33 grados de su escala, sólo 10 son objeto de iniciación o recepción ritual. Los demás son objeto de « comunicaciones ».

 
 
 

Entonces, ¿33 o 95?

 
 
 

La elección debería depender de la libertad de creencia o del estado de conciencia de cada individuo… pero los presupuestos de una masonería que pretende ser universal desde el punto de vista del mayor conocimiento de toda la humanidad no se adquieren en este contexto.

 
 
 

Por desgracia, la ley de la escalera en el 33, según la visión del G.O.E., que constituye la base del « reconocimiento » de las Instituciones Masónicas, ¡no contribuirá a la realización de los pilares que hemos definido anteriormente!

 
 
 

Aclarar la diversidad de sensibilidades. La de la Antigua y Primitiva Orden Iniciática de Memphis Misraïm, Vía Oriental. Presenta una escala que intenta responder lo más plenamente posible a los pilares fundadores mencionados en la introducción. ¿Cómo podemos pretender sembrar la armonía y la paz si nos negamos la oportunidad de conocer a los demás en todas sus diferencias y diversidad de expresión? ¿Cómo podemos entablar un diálogo para iniciar una ósmosis favorable al encuentro entre nuestras diferentes culturas y prácticas? ¿Cómo evitar volvernos liberticidas o epistémicos rechazando a los demás si no damos el paso de penetrar en su universo?

 
 
 

Así que este « 95″ ofrece al Hermano y a la Hermana un camino… sólo un camino de iniciación. Si emprenden este camino de iniciación en 95 refugios, ¿encontrarán el despertar que buscan? Cada masón en este camino verá puertas que le conducirán, según su naturaleza, hacia prácticas más acordes con su verdadera naturaleza.

 
 
 

¿Será entonces aquel a través del cual todos los mundos futuros encontrarán las claves de la verdadera fraternidad universal? En esta « escalera » (o camino de refugios):

 

- ¿Aprendices? Los masones viajarán a un mundo conocido como « Isíaco », es decir, un mundo en busca de las leyes íntimas que rigen el universo.

 

- ¿Compañeros? Estos mismos masones investigarán el mundo real, el mundo objetivo. Tomarán conciencia de las herramientas de que disponen para comprender, medir, pesar, escuchar, etc., y finalmente comprenderán que la realidad puede no ser… « real ». Para ello, practican las « Artes Reales ».

 

- ¿Maestros aprendices? Se les invitará a penetrar en el mundo sutil a través de la pasión osiriana. Un primer despertar a la trascendencia.

 

- Maestros Compañeros ? Emprenderán cinco viajes:

 

> el primero les llevará a un espacio de tiempo ocupado por los antiguos hebreos: « la larga epopeya del pueblo judío en su relación con lo divino ». (16 refugios).

 

> El segundo estará dedicado a « aquél que hizo brillar de nuevo la luz ». (5 refugios).

 

> El tercero explorará « el mundo de los templarios » (6 refugios).

 

> el cuarto surgirá del segundo viaje (como el tercero). El cuarto surgirá del segundo viaje (como el tercero). Aquí encontraremos el aliento del Extremo Oriente con el budismo, el hinduismo y el shivaísmo (2 refugios).

 

> El quinto viaje, llamado « destello ancestral ». (4 refugios). Los pasos de los hermanos y hermanas les conducirán a los misterios de la mitología, al corazón de los primeros pueblos, a las culturas del norte de Europa, pero también a espacios temporales muy antiguos como los del « creciente fértil »…

 
 
 

Por último, el grupo de los Maestros Consumados, que incluye a :

 
 
 

> los Maestros Sublimes de la Gran Obra (Menfis) de la T.S.F. Jean Étienne Marconis de Nègre. Aquí reina la alta filosofía.

 

> los Sublimes Maestros de la Gran Obra (Régimen de Nápoles) estructurados en cuatro refugios: los arcanos únicos que darán vida a otros dos arcanos y los Arcana Arcanorum (los arcanos de los arcanos).

 

> los Patriarcas Grandes Conservadores del Rito.

 
 
 

No olvidaremos la función del « Patriarca Gran Consagrador », cuyos atributos ya hemos mencionado al presentar el Rito de 95 grados de la T.S.F. Robert Ambelain.

 
 
 

El 95 así descrito comprende un mínimo de 41 transmisiones rituales… A partir de ahí, el camino recorrido enseña… es un viaje de iniciación… Es una apertura máxima de la conciencia… Incluye los medios de universalidad de los que nacen las formas más logradas de la acción humana y se construyen en un profundo amor a la vida en todos sus aspectos.

 
 
 

¿Así que 33 o 95?

 
 
 

Como los monjes, los masones recorren el camino, encarnando lo que aprenden y comprenden, y actuando para que todo el aliento de la vida esté en armonía… porque sólo cuentan la « Sabiduría », la « Fuerza » y la « Belleza ».

 
 
 

He elegido estos tres ejemplos para comprender la naturaleza de las implicaciones de elegir un camino masónico con « n » grados. El lector podrá descubrir que otros Ritos Egipcios tienen otras escalas. Debo mencionarlos para saludar su seriedad en sus planteamientos iniciáticos: el Rito Oriental Antiguo y Primitivo de Misraïm Memphis (Gran Santuario Adriático); el Rito Oriental Egipcio y el Rito del Antiguo Egipto (Orden Masónica de los Ritos Antiguos); los Ritos de Venecia (Orden de los Ritos de Venecia); Rito de la Vía Sagrada (Orden Iniciática Masónica de la Vía Sagrada que lleva a cabo un curso iniciático atípico basado en la obra de René e Isha Schwaller de lubicz) . ..

 
 
 

Así pues: « Felices los que, como Ulises, han realizado un hermoso viaje, O como aquel que conquistó el vellocino, Y luego regresaron, llenos de utilidad y razón, … « . … ¡y vuelven al mundo profano para hacer lo que su conciencia les inspira!

 
 
 

¿33 ? o 95 ? Por mi parte, el buscador que soy eligió el 95 en su versión de los 95 refugios … ¿lo sospechabas?

 

Hermano Gérard Baudou Platón,

 

El que cava

 

[1] Il est pratiqué à l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Willy Reamaker (https://memphismisraim.fr/) ; La Grande Loge Françaises de Memphis Misraïm historique qui s’est jointe à la Grande Loge Régulière de Memphis Misraïm pour fonder l’Ordre Philosophique Hermétique filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat ; la Grande Loge Symbolique de France, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Georges Claude Vieilledent (https://www.grandelogesymboliquedefrance.org/) ; l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Gerard Lovat, Guy Duval …

[2]T.S.F (Très Sublime Frère)

[3] https://www.grandordreegyptien.net/

[4]Toutes les Grandes Loges ou Ordres reconnus font partie des cette catégorie …

[5]Liberticide … « qui prive de la jouissance de la liberté » … ici, de la liberté d’expression spirituelle

[6]Épistemicide … « action qui tend à effacer une culture ou à la rendre inaudible »

[7] l’Ordre Initiatique Ancien est primitif de Memphis Misraïm, Voie Traditionnelle, filiation Robert Ambelain, Gérard Kloppel, Cheikna Sylla, Guy Renaudin, Gérard Baudou Platon …

[8] https://www.sgsafrance.com/ … Suivre les travaux de la Respectable Loge Hathor …

[9] http://omra-fm.fr/

[10] https://omvs.fr/

[11] (Joachim Du Bellay)

SOURCE  : https://www.webfil.info/post/vous-avez-dit-33-95-r%C3%A9pondit-l-%C3%A9cho

L’Eau androgyne du Nil 13 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaire

L’Eau androgyne du Nil

Je-suis

Je suis

Je suis l’eau, l’onde, la goutte, qui abreuve et s’écoule. Éternité fluide, je suis le Noun des Anciens Egyptiens, matrice universelle, océan primordial figuré par trois vases et trois ondes. Les vases me contiennent, m’enrobent, me délimitent, comme autant de points d’eau en nombre limité. Les ondes vont au-delà, débordent et se répandent où des espaces abondent sur la terre abreuvée.

Je suis le Nil des Anciens Egyptiens, limité par des rives mesurées par les scribes, aux ondes nourricières, limon noir plein de vie. « Hâpy, père des dieux », dieu du Nil, hermaphrodite à la fois vase et onde, se représente sous les traits d’un homme aux seins tombants et au ventre rebondi et symbolise la fertilité offerte par le Nil à l’Egypte. La grenouille « Heket », déesse de l’eau, se tient auprès du dieu « Khnoum, le maître de l’eau fraîche » à tête de bélier, dieu de l’inondation, de la crue et de la création, source de toute vie, façonnant Pharaon et les hommes sur son tour de potier. Il tourne son argile, le limon noir fertile du Nil, pour façonner les corps et leur insuffler le Ka, siège de l’énergie vitale qui les anime de l’intérieur, embrase leur cœur et leur transmet la connaissance et l’amour de la vie.

« Je suis le Maître de l’univers, je suis Atoum, je suis Khépri, je suis l’aîné de Rê ! Je suis l’Ibis vénérable, je suis Hâpy le premier baï d’Osiris… » dit le défunt, nouvel Osiris dans les rites funéraires. « Je suis Thot, le scribe excellent, aux mains pures, maître de pureté, qui chasse le mal, le scribe de la Maât, dont l’abomination est le mal, dont le jonc (le calame) protège le maître de l’Univers, maître des lois, qui fait parler l’écrit, dont les paroles ont fondé les deux rives. » (1) « Je suis le dieu Atoum qui a fait le ciel et créé ce qui est, qui est sorti de la terre et a fait naître toute semence, qui a mis au monde les dieux, lui le dieu advenu par lui-même, le maître de la vie qui a fait prospérer les deux assemblées divines. » (2)

Je suis le défunt renaissant à soi-même de son vivant, artisan de sa propre régénérescence, travaillant à renaître d’une mort latente pour vivre en conscience et avec cœur chaque instant, passant d’une existence en survie à une sur-vie régénérante, revivifiant le Soi en soi-même, et Dieu en Soi. Je suis le vivant souriant en soi-même de son cœur aimant intelligent à ses Frères et Sœurs et aux dieux. En égyptien, un être intelligent est dit « délié du cœur », la joie est appelée « dilatation du cœur » et correspond à « l’ouverture du cœur » de celui qui cherche et trouve la clé de lecture du niveau secret des textes sacrés des Traditions. Il sourit de ces sourires paisibles et intimes éclairant les visages des égyptiens gravés sur les murs des temples et des tombes, lumière du cœur filtrant à travers l’enveloppe charnelle, exprimant le lien indicible établi avec l’invisible, un au-delà des apparences ici déjà omniprésent. Son cœur exerce en conscience son libre arbitre et libère à la fois son mental de l’oppression des passions incontrôlées et tout son amour, rayonnant de spiritualité. Mais à l’inverse s’il ferme son cœur, disent les égyptiens, il s’immerge dans le Noon qui est sans mémoire et sans conscience.

« Je suis Osiris l’incandescent, frère d’Isis l’incandescente. » (3) « Osiris est représenté, sur une grande quantité de monuments égyptiens, sous des formes efféminées, ou sous celle d’Isis, avec laquelle il se confond. On représentait donc Osiris et Isis sous les deux natures, mâle et femelle, parce qu’on leur supposait à l’un et à l’autre la puissance d’imprimer le mouvement et la vie par le pouvoir seul de la volonté. Dieu créa l’homme à son image ; il le créa mâle et femelle ; il lui donna une compagne qu’il forma de la substance du premier homme, et il a dit : ils seront deux dans une seule chair… Osiris est androgyne comme Apollon, Atys, Adonis et Bacchus, auxquels on donnait indistinctement les formes des deux sexes. » (4)

« Je suis, moi, ce qui demeure, dit Atoum, après m’être transformé en serpents que les hommes ne connaissent pas et que les dieux ne voient pas. » (5) Comme Atoum, chez tous les peuples de la Terre et depuis la nuit des temps, la Mère Universelle de la création est androgyne et symbolise le Serpent primordial, la Source, le Principe d’avant la Manifestation, mâle et femelle à la fois, et non pas le Dieu-Père masculin des religions issues d’Abraham, ni la Déesse-Mère païenne qui serait uniquement féminine. « Les couples alchimiques où les deux êtres sont androgynes imagent l’unité, la Mère Universelle, et sont inspirateurs et créateurs. La Mère Universelle, les hommes l’ont adorée sous les noms d’Atoum, Astarté, Nammu, Maât, Isthar, Tanit, Cybèle, Dana, Koridwen, Brigitt, Belisama, Marie… et tant d’autres noms chez tous les peuples de la Terre, lui donnant le plus souvent l’apparence féminine, mais la Féminité manifestée est la vraie Masculinité et donc cette activité par la vraie réceptivité est l’androgynie. Cette Identité suprême peut être désignée par les noms de l’un ou l’autre de ses principes conjoints, on peut la concevoir comme féminine ou masculine, ou les deux à la fois » (6)

Je suis, Je suis

« Je suis, Je suis » dit à deux voix l’androgyne, ses deux natures masculine et féminine s’exprimant en même temps d’une seule voix. A l’instar des dieux égyptiens, l’androgyne serait l’incarnation d’un être ancien, originaire, complet et parfait, et contenant en puissance toutes les possibilités, qu’il s’agit de réactiver en dépassant les oppositions grâce à la réflexion philosophique et à la contemplation, une androgynie plus spirituelle que physique entretenant un rapport constant avec le divin. L’androgyne symbolise l’être non manifesté destiné à l’être : d’une part l’état primordial non manifesté et ses deux natures opposées fusionnées, « appelées » à se dissocier pour devenir les Principes alchimiques du Grand Œuvre, et d’autre part l’état final de l’être manifesté où ces natures fusionnent à nouveau, l’être ayant alors accompli en soi-même sa ré-intégration et son processus d’individuation, et rejoint l’Unité primordiale. Cette union de principes opposés participe à l’éclosion d’un tout plus grand que la somme de ses parties. « Malheureusement, notre esprit occidental en conséquence de son manque de culture dans cette perspective n’a pas encore trouvé une notion et encore moins une dénomination pour exprimer l’union des contraires, cette cheville ouvrière fondamentale de l’expérience intérieure telle que l’exprime par exemple le Tao des Chinois. Une telle union des contraires constitue à la fois le fait le plus individuel et l’accomplissement le plus rigoureux, le plus universel de la vie en nous et de son sens. » (7)

« Je suis, Je suis » dit l’androgyne préparant la célébration en soi-même des « noces chymiques » du moi conscient et du Soi inconscient. Le Soi est peuplé de « constellations psychiques » semblables à celles de l’espace et du cosmos, des héros, dieux et déesses mis en scène dans la mémoire collective par les mythes et l’art. Selon C.G. Jung, ces archétypes (du grec ancien « αρχέτυπον, arkhêtupon, modèle primitif ») sont des racines psychiques susceptibles de déclencher des transformations profondes de l’être et d’orienter celles de la psyché dans sa quête de sens, jusqu’à les propulser dans un processus de développement psychique et de connaissance de soi conduisant à l’individuation. Le moi conscient est dirigé et régulé principalement par l’intellect, la logique et le calcul, alors que le Soi inconscient est plutôt inspiré par des modes de pensées symbolique et analogique, et tend à déployer une vision du monde globale, intuitive et spirituelle, holistique et harmonique. Le fonctionnement du moi relève d’abord d’informations ponctuelles, et celui du Soi des relations établies entre toutes ces informations et celles de l’inconscient collectif.

« Je suis, Je suis » disent le petit moi et le grand Soi ensemble et à deux reprises lors des deux conjonctions de ce processus alchimique. La première transforme le Soi en être unifié Soi-moi, doué d’une fonction transcendante de mentor du moi et appelé à guider le moi vers les états de conscience élevés d’un Je. La deuxième conjonction est celle d’un Soi-Je, sujet global harmonisant les plans corps/âme/esprit de l’être, apte dès lors à exprimer ses capacités spirituelles régénérées en pleine conscience. Les alchimistes assimilent ces deux conjonctions à celles des principes mercure et soufre, et aux unions d’une vierge (le Soi), avec un vieillard d’abord (le moi), et un plus jeune ensuite (le Je), « engendrant chacune un rejeton de sexe différent : le soufre, de complexion sèche et ignée, et le mercure, de tempérament lymphatique et mélancolique. C’est ce que veulent enseigner Philalèthe et d’Espagnet en disant que notre vierge peut être mariée deux fois sans rien perdre de sa virginité ». (8)

« Je suis, Je suis » dit le REBIS alchimique, à la fois soufre et mercure, roi et reine, mâle et femelle, représenté dans l’Œuf philosophique par un corps humain à deux têtes d’homme et de femme. Il symbolise les conjonctions opérées dans l’Œuvre, signalées par la couleur noire du compost, « première apparence de la décomposition consécutive à la mixion parfaite des matières de l’Œuf. C’est, au dire des Philosophes (autre nom des Alchimistes), la marque certaine du succès futur, le signe évident de l’exacte préparation du compost… le mot REBIS (ou RE RE), fréquemment employé par les Philosophes, caractérise leur compost, ou composé prêt à subir les métamorphoses successives sous l’influence du feu. Résumons. RE, une matière sèche, or philosophique ; RE, une matière humide, mercure philosophique ; RERE ou REBIS, une matière double, à la fois humide et sèche, amalgame d’or et de mercure philosophique, combinaison qui a reçu de la nature et de l’art une double propriété occulte exactement équilibrée. » (9)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste portant témoignage par son œuvre extérieure sur la matière de ses propres bouleversements successifs intérieurs, comme aimanté par sa raison d’être et, dirait-on dans la Langue des Oiseaux, devenant de lui-même et par lui-même l’aimant du sage aimant. L’aimant (du grec ancien « ἀδάμας, adámas, indomptable ») « désigne, sur le plan terrestre, « l’acier le plus dur », employé pour « Άδάμαστος », c’est-à-dire « indomptable » et « encore vierge », ce qui caractérise bien la nature profonde du premier homme céleste et du premier corps terrestre, comme étant solitaires et non soumis au joug de l’hymen… Ce premier Adam, le « sujet des sages » lui-même, qualifié « première matière » (prima materia) de l’art, est proprement la « mère » de l’Œuvre, comme Eve est la mère des hommes. C’est elle qui dispense aux corps qu’elle enfante, ou plus exactement qu’elle « réincrude », la vitalité, la végétabilité, la possibilité de mutation. » (10)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste en qui s’attirent la « Magnésie » (du grec « μάγνης, aimant »), la matière féminine brute, et l’esprit enclos sous la dure écorce de l’acier des sages. « Celui-ci, pénétrant comme une flamme ardente le corps de la nature passive, brûle, consume ses parties hétérogènes, en chasse le soufre arsenical (ou lépreux) et anime le pur mercure qu’elle renferme, lequel paraît sous la forme conventionnelle d’une liqueur à la fois humide et ignée – eau-feu des Anciens -, que nous qualifions « Esprit de la Magnésie » et dissolvant universel. Comme l’« acier tire à soi l’aimant », écrit Philalèthe, de même l’aimant se tourne vers l’acier. C’est là ce que l’« aimant des sages » fait à l’égard de leur acier. » (11)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste dont l’eau se purifie en s’imprégnant de cet Esprit de Magnésie et en devenant eau divine. « Dans le récit intitulé Isis à Horus (Berthelot, Collection des anciens alchimistes grecs), l’ange qui apparaît apporte un petit vase rempli d’eau transparente ou mieux, sans doute, « brillante ». Il faut, conformément à la nature alchimique du traité, concevoir cette eau comme l’eau divine de l’art ; celle-ci représente en effet, outre la prima materia, l’« arcane » proprement dit. L’eau (du Nil) possède dans l’ancienne Egypte une signification singulière : elle est Osiris, le dieu démembré par excellence. Il est dit dans un texte d’Edfou : « Je t’apporte les vases avec les membres du dieu (c’est-à-dire le Nil) pour que tu en boives ; je rafraîchis ton cœur pour que tu sois content. » Les membres du dieu sont ses quatorze parties. Les textes alchimiques contiennent de nombreuses allusions à la nature divine secrète de la matière mystérieuse. Conformément à cette ancienne tradition, l’eau possède la faculté de permettre la résurrection, car elle est Osiris qui est ressuscité des morts. » (12)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste dont l’eau possède le double pouvoir de vivifier et tuer, tuer pour revivifier. « L’idée de l’eau merveilleuse tire son origine première de la philosophie naturelle hellénistique influencée vraisemblablement par l’Egypte, et nullement de sources chrétiennes ou bibliques. Grâce à cette vertu mystique, elle vivifie et féconde, mais elle tue aussi. Ce cycle de vie et de mort a déjà été représenté par l’alchimie ancienne dans le symbole de l’ouroboros, celui qui mange sa queue, c’est-à-dire le dragon qui se mord la queue. Cette manducation correspondait à l’autodestruction. L’union de la queue et de la gueule du dragon était également conçue comme une fécondation de lui-même. C’est pourquoi les textes disent : « Le dragon se tue lui-même, s’épouse lui-même, se féconde lui-même. » Dans l’eau divine, dont la double nature est sans cesse soulignée, deux principes se tiennent en équilibre, l’un actif, l’autre passif, l’un masculin, l’autre féminin, et ils constituent dans l’éternelle alternance rythmique de la naissance et de la mort l’essence même de la force créatrice. » (13)

Je suis Qui Je suis

« Je suis Qui Je suis », Qui débordant de la force vitale symbolisée par l’ânkh, la croix de vie conjuguant les pouvoirs bénéfiques du soleil et de l’eau représentés dans de nombreuses scènes par une enfilade de sigles ânkh. Mais ici le sens du symbole n’est pas imposé de l’extérieur par le dogme d’une pensée religieuse. Le symbole s’anime de lui-même dans l’imaginaire de l’égyptien qui en saisit et comprend le sens, ressentant sa vitalité en conjuguant en lui-même ses pensées sensible et imaginaire. Le sens du symbole se re-sent autant qu’il se comprend par le cœur, et se découvre à mesure qu’il révèle ses arcanes à l’initié comme Khépri vient au jour. En Egypte on ne voit pas le Dieu, on le sent, sa présence dans le temple se manifeste par son parfum divin, un parfum qui comme le Ren (le nom) est un phénomène vibratoire très subtil et un signe de reconnaissance. Les onctions rituelles de parfum sur les statues divines sont destinées à éveiller et réveiller leur puissance, et à la mise en sympathie cosmique de l’officiant avec la divinité. Le sens de la vie s’appréhende peu à peu, pas à pas, dans la lumière du cœur, par degrés croissants de connaissance et de conscience, à mesure que s’éclaire et rayonne par soi-même et en soi-même l’esprit religieux égyptien.

« Je suis Qui Je suis », le mort accédant à l’état de Pharaon dans l’au-delà, et l’initié parvenu de son vivant au sommet de la réalisation spirituelle et à l’union des « deux terres » noire et rouge de son royaume intérieur, Pharaon portant la double couronne de la terre noire du nord, humide et lunaire, et de la terre rouge du sud, aride et solaire, les deux couleurs du début et de la fin de l’œuvre de transformation intérieure de l’Alchimiste. Semblable à l’homme religieux égyptien, l’initié « Qui » ne se dessaisit jamais de sa propre théogonie et ressent en tout la force vitale de l’univers qui le relie à « Celui qui » et « Celle qui » prennent des formes innombrables : « Celui qui vient à l’existence » : Khépri, manifestation du soleil naissant, de son passage de l’état latent à l’état actif ; « Celui aux parcours secrets » ; « Celui à la parole joyeuse » ; « Celle qui est parée » ; « Celle qui parle sur la barque »…

« Je suis Qui Je suis », verbe actif à deux voix de l’androgyne qui se suffit à soi-même pour engendrer en soi-même et par soi-même un être renouvelé. Qui s’intercale entre ses géniteurs Je suis, Je suis, tel le dieu égyptien Horus (de l’égyptien Hor, Horou, le Lointain), fils posthume d’Osiris démembré et d’Isis, sa mère, qui s’unit pour le concevoir avec le phallus d’Orisis qu’elle a elle-même reconstitué avec le limon du Nil. Son nom Hor fait référence au soleil, semblable au faucon planant dans le ciel où il décrit de larges cercles, et désigne une divinité céleste confondue avec le ciel lui-même, immense face divine dont le soleil et la lune sont respectivement l’œil droit et l’œil gauche. Cet œil gauche perdu par Horus lors d’un combat avec son oncle Seth, dieu du désordre, est reconstitué par le dieu Thot morceau par morceau et devient l’Oudjat, l’œil d’Horus protégeant des maladies et voyant l’invisible.

« Je suis Qui Je suis », voyant à la fois de l’œil gauche d’Horus, dans le monde lunaire et la nuit noire de l’invisible, de l’œil droit de Rê dans le monde solaire baigné de lumière, et surtout du troisième œil Oudjat, voyant dans le noir la sphère solaire Atoum tourner du soir au matin, pré-voyant et illustrant sa renaissance au matin par le dieu scarabée Khépri oeuvrant à pousser sa bouse sphérique en mouvement, et voyant le disque solaire du dieu Rê du matin au soir. Horus le voyant voit et se voit existant à tous les temps : présent et hors-présent, et se nomme tout à tour Atoum, Khépri et Rê. Maillon intermédiaire entre les mondes des dieux et des hommes, Horus est le premier Pharaon, et s’incarne en chacun de ses successeurs, conférant à la fonction royale sa dimension sacrée.

« Je suis Qui Je suis », le dieu Sobek surgi des eaux boueuses de l’océan primordial pour créer l’univers, et condensant en lui les quatre dieux élémentaires et les quatre éléments : Rê, le feu, Shou, l’air, Geb, la terre et Osiris, l’eau ; Qui Sobek le crocodile, dieu souverain des eaux et de la fertilité, couronné par une paire de plumes, protecteur d’Horus avant sa naissance, adoré dans un temple au double sanctuaire à Kom Ombo, l’un consacré à Horus et l’autre à Sobek, le premier incarnant la lumière et le second l’eau, éléments primordiaux de la vie. En ce temple double s’entrecroisent les lieux de cultes consacrés à la dualité Horus-Sobek : deux entrées, deux couloirs mystérieux entourant le naos, des passages dédoublés entre les parties de l’édifice, deux types de culte dans le Saint des saints divisé en deux parties séparées par un naos. Loin de les dissocier et de les opposer, cette dualité conjugue les natures de ces deux divinités présentes côte à côte, l’une étant honorée dans la partie du temple consacrée à l’autre et réciproquement, l’entrecroisement des salles des temples rappelant ô combien l’entrelacement des deux serpents du caducée Mercure et semblant composer un REBIS alchimique divinisé géant sous forme de temple.

« Je suis Qui Je suis », l’initié s’initiant soi-même en son propre temple-REBIS, nouvel Horus remontant le cours de sa vie jusqu’à sa naissance comme fils d’Isis et d’Osiris, et encore plus avant comme protégé de Sobek, jusqu’à sa résorption dans le principe Eau. Zosime dit de cette « eau divine » : « C’est le divin et le grand mystère, la chose recherchée. C’est en effet le Tout. Le Tout vient de lui et le Tout est par lui. Deux natures, une essence. Et l’une (l’essence unique) attire l’autre. Et cette une domine l’une. C’est l’eau d’argent, l’homme-femme, qui toujours fuit… car il n’est pas dominé. C’est le Tout en tous. Il a vie et esprit et il est destructeur. » « L’eau est tout autant l’« arcane » de l’alchimie que le « Mercure », la « pierre », le « filius philosophorum », etc. Comme eux, elle est une image de la totalité… l’eau est le tout… Le « tout » de Zosime est un microcosme, c’est-à-dire le tout ou la totalité dans le plus petit point matériel, et il se trouve donc dans toute chose animée ou inanimée. Puisque le microcosme est identique au macrocosme, le premier attire le second, ce qui amène à la réalisation d’une sorte d’apocatastasis, un rétablissement de tout ce qui est isolé dans la totalité originelle. Ainsi « chaque grain devient froment et tout métal devient or » comme le dit Maître Eckart, et le petit homme isolé devient le « grand homme », l’homo maximus ou anthropos, c’est-à-dire le Soi ; à la transmutation alchimique en or, au sens « physique », correspond au sens moral la connaissance de soi, qui signifie une réminiscence de l’homme total. » (14)

« Je suis Qui Je suis », embarquant sur l’eau du Nil vers Abydos, centre spirituel vers lequel vont en pèlerinage les égyptiens du nord et du sud, comme des poissons remontant à leur source. La barque est l’emblème du voyage du pèlerin, du mouvement en soi-même de l’être décidé à prendre en main son destin, à devenir pour être. « Je suis l’enfant d’hier sur la route de demain » dit l’égyptien, étant ici et maintenant pour mieux être hier et demain, pensée paradoxale initiatique maintenant le cœur-mémoire en éveil par un travail sur soi-même renouvelé régulièrement, loin des sirènes de la paresse et du renoncement. La source de la paresse est la perte de mémoire de l’individu qui oublie la finalité de ses actes et de sa présence au monde, le sens à donner à sa vie en étant solidaire de tout ce qui est vivant, et surtout la notion de restitution. Pour sortir de l’inertie et agir à nouveau, les Egyptiens préconisent de faire de l’action une offrande, ce qui explique la présence récurrente de scènes d’offrande dans les scènes d’action.

« Je suis Qui Je suis » par le cœur, étant qui je vois et voyant qui je suis, cœur/conscience androgyne reliant et croisant en soi-même les pensées symboliques et les pensées sensibles, cultivant par soi-même cette double nature de pensées s’entrechoquant comme des pierres de lune et éclairant d’étincelles nouvelles son champ de conscience. Les hiéroglyphes, ces pensées tracées et gravées par les scribes, non seulement représentent des objets et des actions, mais participent à l’œuvre de transformation intérieure des scribes eux-mêmes qui, dans le même temps, conjuguent mentalement les temps de la gravure et de l’intellection, l’une retenant l’attention du scribe et l’autre la stimulant. Pharaon croise sur sa poitrine les symboles de ces deux actions mentales, le sceptre-héqa et le fléau-nekhekh, le premier servant au pasteur Pharaon à retenir par la patte ses brebis et le second à les faire avancer dans la bonne direction.

Je suis l’eau

Je suis l’eau de chaque cellule du cœur de l’homme, ondulant sous les rayons de sa conscience, chaque pensée imprimant sa marque dans cette eau sensible à toute vibration, comme la plume de Maât vibre au moindre souffle, à l’onde la plus infime de volonté de faire bien ou mal, d’être vrai ou faux. Car la déesse Maât, non seulement symbolise la justice, la vérité, la paix, l’ordre, l’équité, mais garde en mémoire les choix faits par l’homme durant sa vie d’être juste ou injuste, vrai ou faux, en paix ou en guerre, et du fait de ces choix d’être aussi léger ou plus lourd que la plume de Maât au moment de la pesée du cœur du défunt dans le tribunal d’Osiris. La plume de Maât vibre dans la vie comme dans la mort, et c’est aussi devant soi-même que l’être vivant se traduit en conscience, le jugement d’Osiris étant l’équivalent de celui rendu par un cœur conscient de son vivant. Tout action bonne ou mauvaise est gardée en mémoire dans le cœur, et c’est bien pour en être conscient qu’il faut ouvrir son cœur de son vivant, le choix de l’inconscience et de l’oubli étant fait par des cœurs fermés. Cœur, conscience, mémoire, eau, tout est lié chez l’être vivant sa vie comme une initiation permanente à la dimension divine de l’existence.

Je suis l’eau de l’homme océan, des cellules du cœur et du cerveau composées comme tout le corps humain de 98% de molécules d’eau H2O, l’eau reflet vivant permanent des pensées et des états d’âme. Masaru Emoto, scientifique et artiste croisant avec génie les connaissances sensibles et rationnelles, l’a démontré par des photos de cristaux d’eau sensibles à toutes sortes de vibrations : musique, image, voix, parole, pensée, et même à de simples mots écrits sur du papier comme haine ou amour. Il suffit de voir ces cristaux pour immédiatement ressentir la force ou la faiblesse de leur structure, leur joie ou leur détresse semblable à celle d’un être vivant. Cette vraie symphonie cristalline parle d’autant plus à cœur ouvert au cœur des hommes et des femmes qui les contemplent, qu’ils prennent conscience d’en être les créateurs permanents dans leur environnement et en eux-mêmes. Non seulement l’eau étanche la soif du corps physique, mais elle abreuve de lumière et de beauté l’esprit avide de boire à sa source.

Je suis l’eau mémoire de chaque musique, image, voix, parole, pensée, chacune de leurs vibrations imprimant leurs marques dans la matière fluide, même à doses infinitésimales. Car l’eau peut émettre et capter des ondes, comme l’ont démontré les chercheurs Jacques Benveniste et Luc Montagnier, en mettant en contact une molécule d’ADN avec de l’eau, puis en faisant disparaître cette molécule par une dilution extrême, équivalente à la dilution d’une goutte dans tout l’océan Atlantique. Il subsiste une onde électromagnétique de cette molécule de base qui en conserve les propriétés et les vertus, et n’agit plus par contact avec d’autres molécules, selon les règles de la biologie classique, mais selon les normes régissant l’univers de l’infiniment petit. On passe de l’atome au quantum, où à cette échelle la matière n’existe plus, les atomes et les molécules devenant des fréquences d’information.

Je suis l’eau de la mémoire totale, qui relie tout à tout, tout au Tout. Dans une goutte d’eau tout est déjà là pour émettre et recevoir les ondes du monde, comme un être conscient du monde dans une enveloppe transparente. Sur cette enveloppe, tendue par les réactions physico-chimiques qui s’opèrent à la surface, s’effectuent des échanges de charges électriques et des transferts d’énergie, sources de champs électromagnétiques et d’ondes. C’est au mental de l’être conscient qu’il revient de s’approprier ces phénomènes énergétiques, d’initier et de renouveler cette tension régulièrement pour être soi-même une onde reliée aux champs d’ondes de l’univers aux propriétés extra-ordinaires.

Je suis l’onde

« Contrairement à la matière qui ne peut se trouver en deux lieux différents au même instant, les ondes possèdent la propriété d’ubiquité, c’est à dire la capacité d’être présentes en plusieurs lieux simultanément. De plus, alors que la matière transfère l’énergie lors de chocs ou de contacts physiques, certaines ondes peuvent véhiculer l’énergie à distance à travers le vide sans contact physique direct… La science regroupe en sept catégories les différents types d’ondes que l’on peut rencontrer dans la nature : 1. élastiques, 2. capillaires, 3. acoustiques ou sonores, 4. électromagnétiques, 5. gravitationnelles, 6. de probabilité, 7. subtiles. Les catégories 1 à 3 sont des vibrations qui ont besoin d’un support matériel pour se propager : solide (1), liquide (2) ou gazeux (3). S’il n’y a pas de matière, aucune énergie ne peut être transportée via de telles ondes (…) Les catégories 4 et 5 sont des vibrations qui peuvent propager l’énergie en l’absence de matière, c’est à dire dans le vide (…) Comme ces ondes de catégorie 4 et 5 transportent de l’énergie, elle ne peuvent se propager plus vite que la vitesse de la lumière (principe de relativité). Comme les ondes précédentes, il est néanmoins possible de propager de l’information via la phase de l’onde. La catégorie 6 sont des ondes qui se propagent à des vitesses supérieures à la vitesse de la lumière et ne peuvent donc véhiculer que de l’information et pas d’énergie. Il s’agit des fameuses ondes de matière de Louis de Broglie et qui sont abondamment traitées dans les nombreux livres de physique quantique…

« Il est bon de savoir que la recherche scientifique académique ne reconnaît que les catégories 1 à 6. Pour la recherche non académique il existe une septième catégorie où l’on trouve : les ondes psychiques (télépathie), les ondes biologiques (dynamisation de l’eau), les ondes de forme (parapsychologie, Feng-Shui), les ondes telluriques (radiesthésie, réseaux Hartmann, Curie, etc), et bien d’autres encore. Pour la commodité du langage, j’ai l’habitude de regrouper ces phénomènes sous l’appellation « ondes subtiles ». Si de telles ondes existent bel et bien, une seule chose est sûre : il ne peut s’agir que d’ondes de phase purement informationnelles, similaires ou distinctes des ondes de probabilité. Si de telles ondes véhiculaient une réelle énergie physique, elles seraient en effet détectables avec les appareils de mesure physiques de la science actuelle et seraient donc officiellement reconnues au même titre que les autres. En fait, le point commun à toutes ces ondes subtiles, c’est qu’elles ne sont pas invariantes par changement d’observateur comme les ondes officielles. Il faut impérativement faire intervenir ici le sujet qui réalise la mesure. Le cadre théorique quantique a été formulé par le physicien Joel Sternheimer qui a montré que de telles ondes impliquant le sujet ou l’observateur n’étaient pas des ondes de Broglie mais de nouvelles ondes assurant la propagation de l’information d’échelle en échelle, raison pour laquelle elles ont été baptisées « ondes d’échelle » (…)

« L’existence des ondes d’échelle découle simplement du fait que l’on ne peut décrire l’univers comme un objet vu de l’extérieur, puisque nous en faisons partie et conduit donc à prendre en compte le sujet dans la description des phénomènes. Or, les deux piliers de la physique contemporaine que sont la théorie de la relativité et la physique quantique, incluent l’un et l’autre dans leurs postulats des propriétés d’invariance de leurs objets. Le monde décrit par ces deux théories est ainsi un monde d’objets, que le sujet qui effectue la description considère en quelque sorte « du dehors », alors qu’il en fait partie. Pour résoudre ce paradoxe, Joël Sternheimer a introduit un autre type d’invariance, l’invariance du rapport sujet-objet (…) Ainsi, il existe à côté des ondes de matière de Schrödinger-De Broglie associées à l’espace-temps physique, des ondes dites d’échelle associées à l’appareil de mesure qui à une échelle donnée observe le phénomène spatio-temporel. Grosso modo ce sont les ondes d’échelles qui assurent la cohérence entre les différentes échelles de description et de manifestation d’un même objet physique, de la même manière que les ondes de matière assurent la cohérence du système en différents points de l’espace-temps.

« Ces ondes d’échelle qui n’apparaissent pas dans les traités de physique quantique ou relativiste académiques nous sont pourtant bien familières à partir du moment où l’on accepte de se poser la question de savoir comment un individu arrive à reconnaître les différentes parties qui le constituent. Grâce aux ondes d’échelle, un même individu ressent son unité quelque soit l’échelle qu’il utilise pour se décrire. Il peut ainsi se percevoir comme étant lui-même soit au niveau de son corps macroscopique (échelle du mètre), soit au niveau de ses organes (échelle du centimètre), de ses tissus (échelle du millimètre), de ses cellules (échelle du micron), de ses biopolymères (échelle du nanomètre), de ses atomes (échelle de l’angström), de ses noyaux atomiques (échelle du femtomètre) ou de ses quarks (échelle de Planck). Ces mêmes ondes d’échelle permettent aussi à l’individu de se percevoir comme lui-même à l’échelle d’une planète (échelle du km), du système solaire (échelle de l’année-lumière), d’une galaxie (échelle du parsec) ou de l’univers tout entier (échelle du mégaparsec). » (15)

Je suis le bain d’ondes permanent, l’eau mémoire de la conscience, de toutes les ondes à tout moment, l’eau de la goutte consciente dans l’immensité de l’océan et l’eau des ondes inconscientes, l’eau du cœur et ses battements. L’être pensant dans sa goutte émet ces ondes et les reçoit, et change ses degrés de conscience comme il change de longueurs d’ondes cérébrales. Aux ondes Delta (0,5-3,5 Hz) correspondent le sommeil profond, l’immunité et la guérison, aux ondes Thêta (4-8 Hz) le synchronisme des deux cerveaux, la visualisation lucide, les états de transe, l’hypnose et la méditation profonde, aux ondes Alpha (8-12 Hz) la relaxation, la méditation, les pensées calmes et claires, l’apprentissage accéléré, la visualisation, aux ondes Bêta (12-45 Hz) les activités quotidiennes, la concentration, les pensées actives, la vivacité d’esprit, et aux ondes Gamma (35-45 Hz) le dynamisme mental et la créativité.

Je suis l’eau des ondes en phase des deux hémisphères cérébraux, de l’éclairante synergie des fonctions logiques (cerveau gauche) et créatives (cerveau droit), source des performances mentales et intellectuelles et du sentiment de bien-être qui en résultent. Ainsi s’opère le passage de la synchronisation des ondes et de leurs performances matérielles cérébrales, à la synchronicité de leur survenue dans la conscience et au bien-être spirituel du cœur. La synchronicité se manifeste par « les coïncidences qui ne sont pas rares, d’états de faits subjectifs et objectifs qui ne peuvent pas être expliqués de façon causale, tout au moins à l’aide de nos moyens actuels. C’est sur ce postulat que repose la méthode du Yi King. » (16) Ce passage de la synchronisation à la synchronicité éclaire la conscience d’une telle luminosité/numinosité qu’elle lui confère un caractère véritablement spirituel, moment sanctuarisé par des cérémonies et des rituels conférant l’état d’initié.

Je suis l’eau de l’être mental, générateur de sa propre lumière, « des scintillae, des étincelles que sous forme d’illusion d’optique, on rencontre dans la « substance de transformation ». « L’intelligence humaine est également une telle scintillae. Par l’étincelle de feu de l’âme du monde, la substance mystérieuse (de la terre aqueuse ou eau terrestre/limon de l’Etre universel) est universellement animée. Dans l’eau de l’art, dans notre eau qui est aussi le chaos se trouvent les étincelles de feu de l’âme du monde comme pures formes essentielles des choses. Ces « formes » correspondent aux idées platoniciennes, ce qui placerait les scintillae sur le même plan que les archétypes, si l’on admet que les images éternelles de Platon conservées en un lieu supracéleste sont une forme philosophique des archétypes psychologiques. De cette vision alchimique on devrait tirer la conclusion que les archétypes possèdent en eux-mêmes une certaine clarté, une certaine similitude avec la conscience et qu’une luminositas correspond à la numinositas. » (17)

Je suis l’œil d’Horus, l’« oudjat », signifiant « complet » en ancien égyptien, l’œil qui voit tout et protège. Sa forme ressemble à s’y méprendre à la coupe anatomique de la zone médiane du cerveau entourant la glande pinéale, le thalamus et l’hypothalamus qui intègrent toutes les informations transmises par les cinq sens, ainsi, disent les égyptiens, celles générées par la pensée. Dans la mythologie égyptienne, Seth tue son frère Osiris et s’en prend à son fils posthume Horus. Au cours d’un combat, il lui arrache l’œil gauche, le coupe en six morceaux qu’il le jette dans le Nil. A l’aide d’un filet, Thot, maître suprême de l’arithmétique, de la parole, des scribes, de la science et de la magie, récupère les morceaux mais il en manque un. En effet, la somme des fractions de l’oudjat, correspondant aux parts respectives des cinq sens et de la pensée, ne fait que 63/64 et c’est le 1/64 manquant qui est rajouté par Thot par magie pour permettre à l’œil d’Horus de voir tout. Ces fractions désigneraient selon les traditions les parties de l’oudjat : (1/2 = la conjonctive gauche), (1/4 = la pupille) (1/8 = le sourcil), (1/16 = la conjonctive droite), (1/32 = la larme spiralée), (1/64 = la tache descendante du faucon). Elles rappellent surtout les formes du système ventriculaire du cerveau, et dans le dessin de l’œil d’Horus, le troisième ventricule, les ventricules latéraux, le quatrième ventricule et l’hypophyse, qui remplacent respectivement les deux conjonctives de l’œil, le sourcil, la larme spiralée et la tache du faucon.

Je suis l’eau vive

Je suis le liquide céphalorachidien circulant entre les ventricules latéraux, le troisième et le quatrième ventricule, et le canal central de la moelle épinière, et l’eau baignant les cellules de l’épiphyse et de l’hypophyse, deux glandes androgynes constituées de deux parties en étroite symbiose, dont les principes actifs stimulés et les vertus conjuguées par paires concourent au développement cognitif et spirituel. Car dans cette zone centrale du cerveau où tout va de paire comme dans tout le corps, les croisements des fonctions hormonales et nerveuses se démultiplient, concourant à l’équilibre de l’organisme, à sa vie et à sa survie. Ainsi, l’hypophyse, située au-dessous du Chiasma où se croisent les nerfs optiques dans le cerveau, conjugue les réactions hormonales et nerveuses respectivement dans ses parties antérieure et postérieure, donnant aux pensées la capacité d’influencer les flux hormonaux et nerveux d’informations.

Je suis cette eau vive omniprésente et fluctuante, comme le flux et le reflux de la marée sous l’influence de la lune. « La circulation du liquide céphalorachidien (LCR) se fait au rythme des mouvements du corps et des mouvements respiratoires. Il se renouvelle quatre fois par jour, se glisse, tel un liquide dans un liquide, à partir du canal arachnoïdien dans lequel il s’écoule, et se prolonge dans le sang et la lymphe où il devient palpable à plusieurs niveaux. Comme la force de la rivière que l’on vient de libérer d’un barrage, le LCR gonfle les liquides existants et les pousse à fluctuer, se déverse dans les canaux et les dilate. Il rétablit ou renforce le mouvement dans les étangs d’eau stagnante. Le facteur premier pour établir une circulation correcte est le mouvement, et liquide dans un liquide, c’est le LCR qui dynamise ce mouvement renforcé par l’alternance enroulement/déroulement du cerveau dans lequel il est produit. Il a son propre rythme que l’on peut retrouver dans chaque cellule. » (18)

Je suis l’eau des courants cycliques en action dans tout ce qui se fait, se crée, se transforme, évolue et se transcende. Du microcosme de la cellule au macrocosme de l’univers, qu’il soit lunaire, solaire, climatique, hormonal, de croissance, de reproduction, de mort, de renaissance, le cycle est à l’œuvre partout depuis la nuit des temps et assure le développement de l’ensemble des formes d’existence et le passage des unes aux autres. Son symbole, l’Ouroboros, est déjà mentionné en Egypte dans les Textes des Pyramides et ses premières représentations remontent à la XVIIIè dynastie. Au-delà du passage d’une phase d’existence matérielle à une autre, il figure surtout le passage de la vie matérielle à la vie spirituelle, du vivant même de ceux et celles qui choisissaient d’éveiller leur conscience sans attendre la vie après la mort, de convertir leur vie en initiation.

Je suis à la fois l’eau de vie matérielle des organismes en recherche instinctive d’équilibre, et l’eau de sur-vie spirituelle des êtres à la conscience éclairée. Mais je suis le plus souvent « entre deux eaux », dans une zone intermédiaire semblable à celle de la glande hypophyse, entre les humeurs lunaires des hormones sécrétées dans sa partie antérieure et le rayonnement solaire des influx nerveux de sa partie postérieure. C’est dans cette zone intermédiaire que s’entremêlent et se dissocient les vies mentale et morale, pour concourir, au terme d’un long travail régulièrement renouvelé, à un équilibre global de l’être physique, moral/mental, et spirituel. C’est toute cette œuvre en soi-même, par soi-même et sur soi-même, qui est symbolisée par le caducée, symbole des soignants et des médecins, un bâton autour duquel se croisent et s’écartent à plusieurs reprises deux serpents qui finissent par se faire face et se conjoindre au sommet, symbole de l’œuvre accomplie avec succès.

Je suis l’eau androgyne

Je suis l’eau androgyne baignant les deux lobes de la glande hypophyse, aux polarités opposées, l’un rattaché au mental et l’autre aux pensées mystiques, et l’eau androgyne de l’épiphyse de l’Alchimiste, le troisième œil ou œil d’Horus de l’être éveillé, cette glande endocrine creuse de 8mm, située en position médiane en arrière du troisième ventricule du cerveau entre les deux thalamus, en forme de pomme de pain ou de goutte. L’épiphyse, aux deux hémisphères physiquement presque fusionnés et évoquant de ce fait la conjonction alchimique des principes soufre et mercure, masculin et féminin, est activée par le rayonnement lumineux et contrôle les différents biorythmes du corps, en particulier le cycle veille-sommeil. La présence de cristaux d’apatite dans l’épiphyse expliquerait la sensibilité aux ondes électromagnétiques, et la régulation du cycle menstruel d’après les phases de la lune.

Je suis l’eau de source purifiant les cellules du corps et les glandes endocrines, loin des eaux polluées et traitées artificiellement pour alimenter les réseaux d’eau potable. Pourtant, même l’eau du robinet peut être purifiée grâce à la sauge, plante aux propriétés médicinales traitant toutes sortes d’inflammations, récoltée lors de cérémonies par les Romains, et bien avant par les Egyptiens pour traiter l’infertilité. Des feuilles de sauge purifient et dynamisent l’eau d’une bouteille en verre mise au réfrigérateur durant quatre heures, lui redonnant tout son pouvoir régénérant.

Je suis « entre deux eaux », l’interface des dimensions matérielle et spirituelle de l’existence, des niveaux de conscience en rapport avec le degré de pureté de l’eau, et donc à la mesure du travail de purification de l’eau accompli. Tout se tient dans l’eau, la conscience, la mémoire, le cœur, à condition de s’y plonger symboliquement et d’en perfectionner la connaissance pour se purifier soi-même, et inversement de purifier son eau pour se perfectionner soi-même. Ainsi les Anciens Egyptiens traduisaient dans leurs rituels cette double purification de l’eau et de la conscience, par des cérémonies collectives où chacun se retrouvait face à sa conscience comptable de ses propres efforts. Ils ne déléguaient aux dieux la charge de les juger qu’après leur mort, gardant la main de leur vivant sur la destinée qu’ils façonnaient jour après jour, transformant ainsi insensiblement, mais certainement, leur vie en initiation à la vie divine.

Je suis l’eau de la vie liturgique des Anciens Egyptiens. « Les rites liés à l’eau, voir le rôle de l’eau dans l’exercice cultuel, sont très variés. Dans le rite funéraire de la libation, l’accent est mis sur l’eau en tant que boisson, procurant la satiété rafraîchissante au défunt dans l’au-delà, et donc sur la capacité de renouvellement de l’énergie du mort dans l’éternité. Mais l’eau purifie également. Outre le nettoiement par l’eau des aliments déposés sur les tables d’offrande du mort, la purification est un autre rite, subi par la statue divine dans le temple ou encore par les hommes dans le contexte de leur entrée dans le temple. Rois, prêtres et soldats en étaient alors l’objet. A l’arrivée du roi au temple, devant la porte du pylône, l’eau d’une aiguière en or était versée sur le souverain par des prêtres tenant le rôle d’Horus et de Thot représentant les dieux qui personnifiaient les quatre points cardinaux. Il s’agit de laver le roi de toute souillure, mais aussi de lui conférer « vie et prospérité », c’est-à-dire de le régénérer grâce à ce qui pourrait être l’eau du Noun ou de l’inondation qui est pourvue de ces qualités…

« L’eau de libation, comme l’eau de lustration, est souvent en relation avec l’inondation et la fertilité conséquente du pays. En effet, un Nil abondant est source de satiété et à ce titre l’objet de pratiques cultuelles exprimant la vénération qu’on lui porte, voire d’un culte de la crue. Le pharaon accomplit un culte verbal et monumental, en vue de maintenir la sécurité de l’univers, au flot montant du Noun et aux grands dieux locaux qui en sont la manifestation. Hâpy, le génie du Nil est le dynamisme du flot procédant d’une mer incréée et périphérique à laquelle il retourne. Représenté sous la forme d’un androgyne chevelu, barbu, au ventre plantureux et aux mamelles lourdes, cette personnification de la crue fertilisante soutient, sur son plateau, moultes vases et plantes évocatrices des terres et marais qu’il inonde. Dédoublé, il est représenté liant les plantes des Deux-Terres nouées autour du signe signifiant leur union… Aucun vestige de temple n’est, semble-t-il, dévolu spécialement à Hâpy. Le culte se déroulait à l’extérieur et l’image de Hâpy était l’eau flot lui-même. » (19)

Je suis l’eau de la toilette des Egyptiennes et des Egyptiens qui prenaient grand soin de leur visage et de leur corps, se lavaient plusieurs fois par jour, le matin au lever, avant et après les repas, et transformaient par des gestes rituels leur toilette en purification. Le nom de leur vase à bec, le « hesmenyt », de « hesman, natron », souligne leur usage du natron ou natrum, carbonate de sodium du delta du Nil utilisé quotidiennement comme détergent, dentifrice et antiseptique, et dans les rituels d’embaumement comme déshydratant naturel les tissus corporels. Le natron serait aussi l’un des composants des pierres reconstituées des pyramides, le mélange, coulé dans des moules, du natron avec de l’argile et de la chaux pour générer un autre agglomérat de feldspathoïde et de calcaire, c’est-à-dire une pierre comme naturelle. Le scribe Imhotep serait l’inventeur de la pierre ré-agglomérée (2650 av. J.-C.) et l’architecte de la première pyramide d’Egypte. Au lieu d’utiliser la brique d’argile crue, il aurait simplement remplacé l’argile par un calcaire ré-aggloméré et gardé la même technique de moulage de briques. Le travail des deux types de pierres, naturelle ou/et agglomérée, conduirait à deux mythologies plaçant successivement à leur sommet les dieux Khnoum et Amon.

« Chez les anciens Égyptiens, la pierre avait une valeur sacrée, utilisée uniquement à des fins religieuses qui interdisaient son utilisation dans des bâtiments à usage profane (construits plutôt en brique de limon, argile et bois, jamais en pierre). Ce n’est que sous les Ptolémées, 2000 ans après les pyramides, que la pierre devint un matériau de construction banal. Les causes de cette distinction sont religieuses. La civilisation égyptienne s’étire sur plus de 3000 ans et, contrairement à ce que pense le grand public, elle n’est pas homogène. Ainsi, il y a deux genèses expliquant la création du monde ; deux divinités distinctes revendiquent la création du monde et de l’homme : Khnoum et Amon. Le dieu Khnoum est vénéré durant l’Ancien et le Moyen Empire (3000 à 1800 av. J.-C.). Il est représenté sous la forme d’un homme à tête de bélier aux cornes horizontales. Il personnifie le Nil nourricier et à Éléphantine, Thèbes, Héracléopolis, Memphis, il est le dieu créateur. Dans son acte de création, il « pétrit » l’humanité sur son tour de potier avec le limon du Nil et d’autres minéraux comme la mafkat, le natron, à l’instar de la genèse biblique et coranique. Cela ne donne pas une argile quelconque, mais une pierre appelée « ka », c’est-à-dire l’âme qui n’est pas esprit, mais pierre éternelle. Khnoum et toutes les incarnations divines de Râ sont matérialisés par l’acte de fabrication de la pierre. Son signe hiéroglyphique est un vase de pierre dure comme ceux des époques nagadéennes (3500 à 3000 av. J.-C.). Ainsi, sous l’Ancien Empire, l’acte d’agglomération avait pour but de reproduire l’intervention divine lors de la création du monde et de l’âme humaine…

« Amon est le second démiurge. Il n’est à l’origine qu’une divinité insignifiante. Il devient dieu dynastique lors de la XIIe dynastie (1800 av. J.-C.), mais il n’est pas encore démiurge, rôle toujours réservé à Khnoum. Puis, il devient le « roi des dieux » et les prêtres lui donnent le pouvoir de création du monde. Dans le mythe de la genèse, Amon est identifié à une montagne sacrée et il « taille » chaque être dans une partie de lui-même, c’est-à-dire à même la montagne sacrée. Amon et toutes les incarnations divines d’Amon-Râ sont donc matérialisés par l’acte de la taille de la pierre, et sont à l’origine des monuments du Nouvel Empire, comme ceux de Ramsès II, 1300 ans après les pyramides. On comprend alors pourquoi les tombes ne sont plus sous des pyramides, symboles d’agglomération, mais sous une montagne sacrée, la Vallée des Rois, symbole d’Amon. De même, les temples sont construits en pierre taillée avec grands soins et les obélisques sont appelés les « doigts d’Amon ». Comme durant l’Ancien Empire, où le nom de Khnoum (« celui qui lie ») se trouve dans le nom complet de Khéops (Khnoum-Khoufou), le nom d’Amon (« celui qui est caché ») se rencontre dans les noms des pharaons du Nouvel Empire comme Amenhotep. » (20)

Je suis l’eau de Khnoum consubstantielle aux pierres reconstituées des pyramides, avant d’en être disjointe et de couler non loin, aux pieds des pierres taillées des temples d’Amon. Je suis l’eau du travail ritualisé de Khnoum au réel pouvoir de purification, avant d’être l’eau d’un rituel travaillé d’Amon transférant du travail au rituel le pouvoir de purifier. Un travail effectué régulièrement se cristallise sous la forme d’un rituel, alors qu’un rituel peut boucler sur lui-même sans que s’accomplisse un quelconque travail. Khnoum travaille sur son tour et fait naître l’homme, qui à son tour fait re-naître Khnoum dans son imaginaire, qui lui-même inspire l’homme au travail… Le cycle vertueux du travail rapproche Khnoum de l’homme, jusqu’à renaître en lui, alors qu’Amon s’éloigne de l’homme, d’une distance verticale instituée et préservée par le rite et le prêtre. Dans la boucle de Khnoum, les prêtres ne travaillent momentanément qu’au service du culte et incarnent un devoir intérieur reliant directement l’homme à Khnoum, tandis que les prêtres s’imposent en permanence sur la verticale d’Amon, et s’intercalent en force en s’attribuant le droit de relier l’homme et Amon.

Je suis l’eau purifiée

Je suis l’eau purifiée vivifiant ces deux liens entre l’homme et dieu, Khnoum et Amon, exigeant pour rester pure de conjuguer le travail et le rituel, un travail de l’homme tellement régulier dans le temps qu’il doit accepter de se ritualiser pour perdurer. Mais l’homme qui se purifie rituellement dans le temps risque toujours de se voir dépossédé des fruits spirituels de son travail par des religieux matérialisant et s’appropriant l’espace du temple reliant l’homme et dieu. Il faut donc lutter contre cette dépossession de l’espace et du temps sacré où s’opère la jonction avec la dimension divine de l’existence. Or cette dépossession par l’être religieux résulte avant tout de l’abandon par l’homme lui-même de sa vie divine, et de son travail physique, moral/mental et spirituel, purifiant l’eau qui le parcourt et le reflète tout entier.

Je suis l’eau purifiant l’homme régulièrement de ce qui souille son existence, son corps, ses pensées, ses états d’âme, ses émotions, de tout ce qui l’empêche de vivre en soi et propager autour de soi le bien-être. L’eau des rivières et des cascades est une source évidente de bienfaits naturels immédiats, mais il est possible également de se purifier au quotidien en accomplissant en conscience une multitude de gestes habituellement effectués sans conscience, comme se laver les mains et les pieds, prendre une douche, boire de l’eau. Car si être propre et être pur ont la même étymologie (le mot latin « purus, sans tache, sans souillure, propre, net, pur »), c’est l’être en propre, l’être en soi, le Soi, qui est impliqué dans la purification, l’être à libérer de ce qui n’est pas Soi.

Je suis l’eau purifiée, la source de vie qui régénère et revivifie ceux qui s’abreuvent d’eau/lumière, l’eau mémoire où s’impriment en totalité les pensées, les souvenirs, les aspirations, les émotions, transposant à l’échelle du corps, des cellules et des molécules toutes les formes prises par l’eau dans la nature, et les transformant en goutte d’eau, océan, brume, nuage, rivière, cascade, lacs… Et ce sont bien des entrelacs qui symbolisent ces formes d’eau en interaction en nous-mêmes les unes avec les autres, des mouvements de l’eau qui s’entrecroisent pour composer les ensembles parfaitement orchestrés de lignes et de courbes des enluminures égyptiennes et celtiques.

Je suis l’entrelacs des entrelacs, le nœud d’Isis, la croix de vie égyptienne des initiés et des pharaons. Lors de leur intronisation, les pharaons « maîtres des deux terres », c’est-à-dire de leur dualité résolue, accédaient au rang d’immortels et recevaient une pluie de croix de vie déversées sur eux par les dieux Thot et Horus. La croix de vie dénoue les nœuds de l’existence par l’ouverture de la boucle supérieure de la croix symbolisant l’accès au cycle éternel de l’immortalité, tout en nouant et dénouant avec régularité les boucles de la vie matérielle et spirituelle, respectivement sur les deux bras de l’axe horizontal et sur l’axe vertical de la croix. Mais surtout les fils de la croix de vie, tissés et travaillés rituellement du vivant des Egyptiens, symbolisent la montée en puissance des Egyptiens vers la pleine possession de leurs moyens physiques, mentaux et spirituels.

Je suis l’énergie générée par cet entrecroisement régulier de fils, et le flux électromagnétique ré-généré régulièrement par les Egyptiens eux-mêmes, artisans de cette énergie physique, mentale, et spirituelle. Au niveau physique, la croix de vie ressemble à une diode, dont la fonction est de laisser passer un courant ou bloquer son passage, en modifiant l’intensité du courant électrique ou la tension aux bornes de la diode. Non seulement l’Ankh, mais aussi le Djed, le Tyet, le Neb, le Sa, etc. ressemblent à des composants de circuits électromagnétiques et correspondraient respectivement à une pile, à une bobine d’oscillation, à un haut-parleur, à une bobine d’accord… » (21) Les fils de l’Ankh s’enroulent, se nouent et se dénouent régulièrement autour des axes de la croix et de sa boucle supérieure, se transformant en bobines génératrices de courant électrique circulant avec et sans fils, avec fils comme un courant alternatif dans les branches de la croix, et sans fils comme un courant induit passant par le centre de la boucle supérieure.

Je suis la conscience éclairée par le courant électrique généré dans l’eau des cellules du cerveau par une nourriture diététique, offerte et ingérée rituellement comme une offrande et accentuant, de ce fait, les propriétés diélectriques et électromagnétiques des cellules et de leurs champs de forces. Car un champ électromagnétique se crée au sein des cellules par auto-électrolyse des sérums intra et extra-cellulaires et création d’une différence de potentiel dans les cellules ou/et à leur surface. (22) Ces champs fortifiés par des offrandes sont d’autant plus puissants qu’ils répondent aux lois de l’analogie et de la réciprocité, les dons de nourriture nourrissant en retour des flots d’énergie divine et de bien-être. En Egypte antique le mot offrande peut être traduit par « Hotep » signifiant « être en paix, être satisfait » et désigne la table à offrande du même nom. Hotep serait l’état de grâce et de paix dûs à l’état androgyne, communion du fixe et du volatile, du « donner » et du « recevoir », une plénitude dans le partage permettant l’échange d’énergies entre le monde visible et invisible, entre les esprits des dieux et Soi. Etre « hotep » est tout donner et tout recevoir, se donner Soi et se recevoir.

Je suis la pensée spirituelle en son premier frémissement dans le cœur/conscience, avant même son expression et toute formulation claire de sentiment, d’idée, de mot ou de note de musique, un frémissement si subtil qu’il semble émaner d’un dieu en Soi et s’imprimer à la surface d’un lac au repos. Ce frémissement est symbolisé par la ligne ondulante de l’hiéroglyphe de l’eau qui génère elle-même deux lignes au-dessus et au-dessous, induisant à leur tour un champ de forces entre leurs deux polarités (trois lignes ondulantes, autre hiéroglyphe de l’eau). Dieu en Soi, avant même le commencement de toute création, frémit du vertige qui le saisit et pré-figure par une seule vibration toute son œuvre à venir. Mais dans la Genèse, point de frémissement initial, Dieu commence directement par la séparation de la lumière des ténèbres, et des eaux du dessous et du dessus. « Au commencement … Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres … et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus … » Il ne s’agit pas tant de les séparer que de créer en les séparant une tension entre eux, comme lorsqu’on tend un élastique, et générer ainsi un champ de force physique où vibre le sentiment, l’idée, le mot, la note de musique… Tout ce que le penseur pense, ressent, imagine, imprime un commencement frémissant dans ces champs de forces, vibrant et comme ondulant à la surface d’un lac.

Je suis l’eau du lac retrouvant à nouveau le repos ordonné par la conscience, obéissant à sa volonté d’être au repos. « Je suis repos » stoppe net le fourmillement d’ondes à la surface de l’eau, ses courants et ses tourbillons engloutissant les idées et les sentiments qu’ils charrient. Et au cœur de mon cœur/conscience, je suis à la fois mouvement et repos, le mouvement de la vie qui m’inspire l’amour du repos, tout en savourant le mouvement qui revient troubler le repos. Alors je suis l’eau/conscience brassant et embrassant dans ses courants la vie jusqu’au fin fond de l’univers, l’eau éblouissant d’une symphonie intelligente de jets d’eau les visiteurs des jardins du Château de Versailles, l’eau éclaboussant de joie l’enfant et ses jeux d’eau, l’eau du liquide amniotique de la matrice utérine, mémoire charnière initiale entre le visible et l’invisible.

Je suis l’eau purifiant l’écrivain dont les mots coulent de source à mesure qu’il écrit sur l’eau, comme embarqué sur sa barque solaire vers un au-delà purifié toujours un peu plus présent à mesure que le texte avance. Car écrire sur l’eau nettoie en profondeur l’homme océan qui sommeille et/ou survit difficilement dans son eau poubelle où se déversent les toxines d’une vie déséquilibrée aux trois niveaux physique, mental, et spirituel. Mais l’eau raisonne et résonne, car l’eau/conscience est intelligente, et l’eau/résonance trans-pose les efforts faits pour purifier un niveau sur les deux autres. Ainsi, équilibrer son alimentation modère les pensées et calme l’esprit, alors qu’à l’inverse un esprit trop surchauffé reste en proie aux déséquilibres d’une alimentation toxique et de pensées négatives.

Je suis l’eau des lecteurs/lectrices gravant dans leur eau/mémoire les mots de l’écrivain, l’eau de nos cœurs/consciences liés par-delà l’espace, vibrant en résonance et comme jouant à distance des deux sistres égyptiens, l’un initiant chaque vibration (le « sakhm »), l’autre l’accueillant (le « saischschit »). Vibrons de concert cœurs à cœurs, consciences œuvrant ensemble à se purifier et jouissant d’une eau divine coulant goutte à goutte, l’élixir baignant Dieu en Soi.

Patrick Carré

Juin 2017

(1) Livre des Morts égyptien

(2) Livre des Morts, Formule pour faire partie de la corporation des dieux

(3) Livre des Morts, Formule pour sortir au jour

(4) Marie Alexandre Lenoir, Nouvelle explication des hiéroglyphes

(5) Livre des Morts égyptien

(6) A. K. Coomaraswamy, La Doctrine du Sacrifice

(7) C.G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient

(8) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(9) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(10) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(11) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(12) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(13) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(14) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(15) Professeur Marc Henry, L’eau et la physique quantique, L’eau qui nous relie, Ondes d’échelle

(16) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(17) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(18) W.G. Sutherland, Le corps autoguérisseur

(19) Marie-Ange Bohême, Les eaux rituelles en Egypte pharaonique

(20) Joseph Davidovids, La Nouvelle Histoire des Pyramides

(21) Gruay et Mouny, Le grand secret du signe de vie

(22) Louis-Claude Vincent, Traité de bio-électronique

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SOURCE  :  http://patrick-carre-poesie.net/spip.php?article1218

Esotérisme et “Tellurisme” : Déesse Mère, Néo-Templiers, Francs-Maçons… 30 mai, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Esotérisme et “Tellurisme” : Déesse Mère, Néo-Templiers, Francs-Maçons…

 
Par La Rédaction
27 mai 2023

 

Esotérisme et “Tellurisme” : Déesse Mère, Néo-Templiers, Francs-Maçons… dans Recherches & Reflexions Palazzo-Capanna-Osimo-696x302

Palazzo Campana à Osimo (Marches), plus précisément sa zone souterraine, joue un rôle pour les francs-maçons et les néo-templiers.

De notre confrère germanique katholisches.info article 1article 2 – Par le Père Paolo M. Siano*

Au cours des derniers mois, j’ai été à Osimo in Marche, où j’ai découvert des personnes et des cercles qui, fascinés par l’ésotérisme, visitent même des lieux sacrés qui nous sont précieux, tels que des églises, des cathédrales et des sanctuaires mariaux, dans un esprit ésotérique ou gnostique et réinterprètent. Diverses études montrent que la ville d’Osimo possède un humus ésotérique profond qui se voit clairement dans les sous-sols du centre historique… Voici quelques-uns des résultats de mes recherches.

Le 9 octobre 2014, Roberto Mosca est décédé d’une leucémie à l’âge de 55 ans à l’hôpital de Pesaro . Né à Osimo en 1958, l’entrepreneur, archéologue et écrivain a conçu et fondé la section Osimo de l’ Archéoclub . Passionné par l’Hypogée d’Osimo, il fonde le groupe Osimo Sotterranea (Osimo Underground ) et œuvre pour la promotion culturelle de la ville et de ses souterrains, qu’il connaît dans le détail.

Regardons quelques-uns des livres de Mosca, l’ingénieur plasturgiste passionné d’histoire et d’archéologie, et de ses collègues chercheurs.

1. Grottes, chevaliers, loges

En 2006, la maison d’édition Osimo Edizioni publie le livre de Roberto Mosca et Angelo Renna (architecte, alors vice-président de l’association culturelle Osimo Sotterranea) : “Le Grotte , i Cavalieri, le Logge” (” Les Grottes , les Chevaliers, les Loges” ). Un thriller policier captivant. Au dos de la couverture se trouve un résumé de cette étude sur la ville d’Osimo : “Sculptures et représentations allégoriques dans un vaste labyrinthe souterrain utilisé par des personnalités influentes de la vie sociale et politique, mais qui ont été obligées de se rencontrer en secret, loin des regards et des oreilles indiscrets, dans une ville des États pontificaux qui était autrefois la ville la plus importante de Piceno et un centre de cultes orientaux, puis était un repaire des Templiers ».

À la page 5, les auteurs remercient également le professeur Fabrizio Bartoli. Nous retrouverons ce nom.

Dans l’introduction, les auteurs montrent peu de connaissance et d’appréciation de la foi catholique et de la théologie catholique : Ils voient une « contradiction » dans le fait que « les évangiles conventionnels, qui ont été écrits au moins un siècle après la mort de Jésus, ne contiennent pas la moindre référence bibliographique… » (p. 7). En fait, les Evangiles sont antérieurs et ne nécessitent pas de bibliographie puisqu’ils en sont la source première.

Osimo est l’un des anciens sites templiers d’Italie (voir p. 15). Dans la section “Osimo et les Templiers”, on lit que dans les souterrains de la vieille ville, “dans un incroyable labyrinthe de tunnels et de grottes”, se trouvent des symboles et des sculptures qui rappellent l’ancienne religiosité païenne et aussi ésotérique. Puis la petite église de San Filippo in Contrada Casenuove (Osimo) est mentionnée (cf. pp. 22-25), sur laquelle je reviendrai dans le dernier paragraphe de cet article.

Dans le chapitre “La quintessence de l’ésotérisme”, Osimo est qualifiée de “ville culte pour les amateurs d’ésotérisme” (p. 63), car il existe une sorte de “chemin mystérieux” dans les passages souterrains (Via Campana, Via Pompeiana. ..). Sous le Palazzo Simonetti, il y a aussi des symboles des Templiers. La famille Simonetti, qui tout au long de l’histoire a produit « des cardinaux, des érudits, des carbonari et une enrichetta, épouse de Cesare Gallo, membre de la Loge maçonnique Gioseffina de Milan, de rite écossais » ( p . 65) . Les auteurs écrivent, et je pense qu’ils ont raison : « La raison la plus probable de l’existence de ces allégories et symboles semble être des réunions de cercles secrets » (p. 68).

Dans le chapitre “Le tellurisme et la Vierge noire”, les auteurs établissent un lien entre le culte de Marie et le culte païen de la Grande Mère, la déesse Cybèle. Les hypogées, qui symbolisent le ventre de la mère, sont des lieux d’énergies “magiques” (cf. p. 91s). Cybèle était “la divinité tellurique par excellence, la Grande Mère de la Fertilité” (p. 92). A propos de la Fête du Covo en l’honneur de la Madone de Campocavallo (hameau d’Osimo), il est dit : « Dans cette fête on peut voir les restes de pratiques et de cultes très anciens. L’offrande de grain à la Madone évoque l’offrande de grain faite par les anciens en l’honneur de la déesse Cybèle » ( p. 93).

Mosca-Renna affirme que les armoiries de la première page du codex des statuts médiévaux d’Osimo représentent précisément la déesse Cybèle (cf. p. 93), qui était vénérée dans l’Osimo préchrétien (cf. pp. 93- 95). Les auteurs suggèrent un certain lien entre la Vierge noire de Lorette, la Grande Mère ou Isis, et la gnostique Marie-Madeleine, qui aurait transmis les vrais mystères de Jésus (cf. pp. 104-107). La « déesse universelle » porte de nombreux noms : « Cybèle , Diane, Isis » … Les Madones noires sont associées aux hypogées, qui sont des lieux d’énergies telluriques qui ont « des effets thérapeutiques et thaumaturgiques ».» aurait dû (cf. p. 107).

Pour éviter tout doute, je voudrais souligner qu’en réalité la Fête del Covo de Campocavallo a commencé en 1939, a lieu en août, a ses origines dans la dévotion chrétienne et mariale des paysans croyants et n’a absolument rien à voir avec l’ancienne Cybèle. Le culte de la Madone n’est en aucun cas une continuation des cultes matriarcaux des temps païens.

Dans le chapitre “Sociétés secrètes et les nouveaux templiers”, nous lisons qu’au XVIIe siècle la secte quiétiste du prêtre Don Giacomo Lambardi et au XIXe siècle les adhérents de la franc-maçonnerie et de la carboneria étaient actifs à Osimo (cf. pp. 112-117 ). L’hypogée du Palazzo Campana contient des représentations qui remontent aux idées alchimiques et rosicruciennes et probablement à des rites d’initiation incompatibles avec l’orthodoxie religieuse. Les auteurs rappellent que le secret était alors indispensable pour ne pas être victime de la stricte Inquisition (cf. p. 122f).

Mosca-Renna écrit que les “templiers locaux modernes” avaient leur siège “dans le centre historique” d’Osimo et utilisaient l’ancienne église templière de S. Filippo de Plano (cf. p. 124).

En février 2006, Roberto Mosca a interviewé deux Néo-Templiers : Fabrizio Bartoli d’Osimo, Chevalier du SMTHO, et Gabriele Petromilli d’Ancône, responsable de la région des Marches du SMTHO (Supremus Militaris Templi Hierosolymitani Ordo, Ordre Suprême des Chevaliers du Temple de Jérusalem) ( cf. p. 125).

2. Ceinture triple paroi

En 2008, la maison d’édition Terra Nuova à Florence a publié le livre de Roberto Mosca et Alfonso Rubino: ” La Triplelice Cinta “ (” La ceinture à triple paroi. La géométrie de la beauté dans les œuvres des maîtres de tous les temps”) . Les auteurs remercient également Fabrizio Bartoli (cf. p. 4). Mosca se dit agnostique (voir p. 5). L’agnostique est intrinsèquement quelqu’un qui affirme l’impossibilité de connaître l’existence d’un Dieu personnel. Avec l’ingénieur Rubino, qui est connu comme le ” savant de la géométrie sacrée‘ est présenté, mais Mosca croit à l’existence d’« énergies telluriques », énergies cosmiques associées aux lieux… De même, la « géobiologie » et la « divination » sont évoquées (cf. p. 5f).

Ce livre parle aussi d’Osimo, reprenant les thèmes familiers (hypogées, symboles ésotériques, rites et groupes d’initiation) mais avec une “nouveauté”, puisque le sanctuaire marial de Campocavallo, conçu par l’architecte Costantino Costantini en 1892, évoquerait aussi des idées de la « Géométrie Sacrée » (cycles solaires, etc.), un savoir que les Templiers connaissaient aussi et auraient conservé (cf. p. 7f). Tant pis!

Mosca fait référence à Fabrizio Bartoli, “un Templier de l’association OSMTH ( Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani, Ordre Suprême Chevaleresque du Temple de Jérusalem ; avait il entre-temps changé d’affiliation ?) d’Osimo” (p. 43), qui dans son vie profane ” physicien , professeur d’informatique, érudit de philosophie orientale et écologiste de toujours ” (p. 43).

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Représentation de la soi-disant “triple ceinture” dans les parties souterraines de la vieille ville d’Osimo

Rubino précise que dans les espaces sacrés construits selon la “Géométrie Sacrée”, il est possible ” d’entrer en contact avec l’intelligence cosmique” (pp. 66, 76).

Un symbole important de la « géométrie sacrée » est la « triple ceinture », semblable à un labyrinthe, dont le centre est fondamental : c’est le « centre sacré » ou « omphalos » ( cf. p. 70).

Rubino voit la ville d’Osimo comme un « symbole » du dualisme « ombre-lumière », ajoutant : « La partie souterraine est la Terre Mère, Isis. La partie surnaturelle est le Père Soleil, révélé dans le modèle par l’obélisque-Osiris (principe masculin) » (p. 79).

Rubino voit Osimo comme une cité ésotérique : les ” Osimans du passé” ont combiné la lumière et l’obscurité, l’intelligence masculine et féminine, pratique et cosmique, de sorte qu’Osimo est “un lieu sacré” (p. 92).

Le « Secret des Templiers » était le « Secret de la Triple Ceinture » : trois carrés s’emboîtant l’un dans l’autre, qui avaient un centre commun, l’omphalos, et correspondraient à l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci (cf. pp. 80- 83). Rubino revendique la “triple ceinture” dans l’Osimo souterrain et dans la Sainte Maison de Loreto, le célèbre sanctuaire marial à quelques kilomètres (cf. pp. 83-87).

Selon Rubino, ” l’Eucharistie naît de l’idée que l’humanité est le corps du Christ ” (p. 88) et le modèle géométrique-sacré de la triple ceinture/Homme de Vitruve ” intègre le masculin et le féminin dans le masculin et le féminin ” ( p.89 ); une telle intégration favorise « l’évolution de l’homme » (cf. p. 89).

Le 27 avril 2007, Mosca et Rubino ont visité le Sanctuaire de Campocavallo, dont ils ont publié plusieurs photos. Ils ont même reçu par courriel les plans du sanctuaire de la firme d’ingénierie chargée de la restauration (voir pp. 101-103). Selon Rubino, ce sanctuaire reflète la géométrie sacrée de l’homme de Vitruve, et dans certains détails architecturaux, Mosca pense voir des références à “l’arbre séphirotique” de la “kabbale juive” (voir p. 106).

Je me demande : est-ce une réalité scientifique ou n’est-ce pas plutôt une fantaisie gnostique et ésotérique ?

Selon les auteurs, la « Géométrie Sacrée » trouve son origine dans l’Égypte ancienne et s’est transmise en secret par « des cercles d’origine maçonnique et mystérieuse » (cf. p. 119).

Ivano (un ami de Mosca), « pionnier de la bioarchitecture », « sourcier «à succès chercheur en géobiologie » (voir p. 146) se rend au sanctuaire de Campocavallo et s’arrête au centre de l’étoile à six branches portant l’inscription ” Fidelium Impensis ” représenté sur le sol sous le dôme. Là, Ivano se sent « comme dans un condenseur de deux grandes forces opposées, l’une d’en haut, l’autre d’en bas » (p. 146).

Selon Mosca, l’architecte du Sanctuaire de Campocavallo, Costantino Costantini, a voulu dépasser le dualisme Église-Franc-Maçonnerie en proposant une architecture templière inspirée de la “Géométrie Sacrée” pour une “croissance spirituelle de l’humanité” (cf. p. 203) Mosca amène le lecteur à supposer que Costantini était un franc-maçon du Rite Écossais Ancien et Accepté (voir p. 229).

Ainsi, selon les auteurs, la « triple ceinture » est liée au « tellurisme » : « Cela signifie que là où la triple ceinture est présente, vous « sentez » une énergie plus forte. Des temples, des autels, des chapelles, des églises, des monastères, des basiliques ont souvent été érigés en ces lieux ou, selon la tradition populaire, ce sont des lieux particulièrement importants pour leur pouvoir thaumaturgique » (p. 223 ).

3. Vers la lumière dans l’ombre

En mai 2014, Mosca a publié son livre, écrit avec Alberto Mazzocchi, ” Alla luce nell’ombra” (” À la lumière dans l’ombre. Templiers dans le centre de l’Italie de 1167 à nos jours”) dans sa propre maison d’édition Spring Color à Castelfidardo, basé à Castelfidardo . Le livre reproduit les informations et les théories des deux livres mentionnés ci-dessus. Alberto Mazzocchi, un dentiste de Bergame, fait la navette entre Bergame et Osimo et est le propriétaire de l’ancienne église templière et préceptorium de San Filippo de Plano à Osimo. Le livre contient la “présentation” de Fabrizio Bartoli, qui, à partir de l’Hypogée d’Osimo, propose ” une vision holistique” qui inclut le “enseignements hérétiques distincts de la culture chrétienne catholique canonique » (cf. p. 3f).

Dans le troisième chapitre, “La Maison de Nazareth à Lorette et la Philosophie Gnostique”, Mosca-Mazzocchi relie le culte marial de Lorette et de Campocavallo au culte des anciennes déesses et “Grandes Mères” du paganisme, dont la déesse Cybèle, qui était également à Osimo et ses environs étaient vénérés (cf. pp. 52-59).

Selon Mosca-Mazzocchi, le crucifix de la cathédrale d’Osimo est aussi « gnostique » (p. 60), puisqu’il représente l’union des principes masculin et féminin » (p. 64) : à savoir, il a des « traits féminins ». », « un corps de femme », « des bras et des jambes fuselés et une poitrine bien développée » (cf. p. 66). Dans ce contexte, Mosca-Mazzocchi écrit : “Osimo était probablement le siège de philosophies hérétiques et de doctrines hétérodoxes, comme en témoignent les centaines de sculptures et de bas-reliefs qui peuplent les tunnels de la partie souterraine de la ville, […]. En ces lieux auraient pu se développer des enseignements gnostiques, qui furent d’abord répandus même au sein de l’Église, puis considérés comme hérétiques et même persécutés, comme dans le cas des Cathares […] » (p. 67) .

” C’est peut-être de cet environnement et de ces idées que l’idée du Crucifix d’Osimo est née, puisque pour les Gnostiques l’Un divin contenait à la fois le principe masculin et le principe féminin” (p. 68) .

Dans le quatrième chapitre, « Architecture gothique et géométrie sacrée », les auteurs font référence à la géobiologie, au « feng shui », à « un “sentiment” qui liait les bâtisseurs médiévaux à ceux des anciens édifices païens » (p. 70). Même les édifices gothiques, par la « sensibilité aux champs électromagnétiques, aux courants telluriques » etc., « refléteraient des protocoles codifiés avec un mélange de sagesse, d’art et de magie » ( p. 70), avec la « tâche d’unir les diverses énergies, pour équilibrer ceux qui venaient d’en bas avec les énergies “hautes”, cosmiques et spirituelles(p. 70). Les maîtres bâtisseurs et les templiers gravent les symboles de la “géométrie sacrée”, de la philosophie gnostique et de la magie dans les édifices cultuels, les églises et les cathédrales (cf. p. 71).

Le cinquième chapitre traite des ordres néo-templiers. Il est également fait mention de l’OSMTH, qui a une commanderie à Osimo dont Fabrizio Bartoli est membre (cf. p. 93, 95).

Le septième chapitre est consacré au Sanctuaire de Campocavallo (pp. 125-135) et reprend ce qui est contenu dans le livre précédent de Mosca-Rubino. Mosca-Mazzocchi dépeint à nouveau l’architecte du sanctuaire presque comme un franc-maçon ou comme un templier ésotérique : « Costantino Costantini, de quel côté était-il ? Avec la hiérarchie ecclésiastique ou avec la franc-maçonnerie ? Il n’a probablement pas pris parti, mais il a essayé d’utiliser un langage universel utilisé par les anciens maîtres de l’art et de l’architecture qui, comme lui, voulaient sortir de la logique des dualismes pour parvenir à une croissance spirituelle de l’humanité ” p.134f).

Costantini ” comme les Templiers sont allés au-delà du jeu des factions au fil des ans, tentant d’employer un langage universel utilisé sous diverses formes pour une croissance spirituelle de l’humanité par divers maîtres de l’histoire ” (p. 138) .

Une annexe est consacrée à la petite église de San Filippo de Plano dans le hameau de Casenuove à Osimo. Les Mosca-Mazzocchi estiment que cette église est située dans l’un des ” hauts lieux “, ” doués d’énergies spéciales” , “d’énergies subtiles ” capables de générer du bien-être chez ceux qui y séjournent (cf. p. 139f). Les Mosca-Mazzocchi mélangent la piété chrétienne avec des croyances de nature magique et païenne : « énergies positives » , « résonance profonde entre ciel et terre et entre âme et corps », « génie loci ».» (cf. p. 144). Enfin, ils mentionnent l’Evangile Gnostique de Philippe, qui enseigne que l’humanité était à l’origine ” androgyne “

4. A propos de Saint Philippe de’ Plano : Energies, Templiers, Tarot, Kabbale

En mai 2020, l’ Associazione Culturale S. Filippo ( Association culturelle de Saint-Philippe, Casenuove, Osimo) a publié la brochure de 49 pages « Le energie di un Luogo Alto » (« Les énergies d’un haut lieu. Hypothèses et études : Église de San Filippo de’ Plano ‘), écrit par Alberto Mazzocchi (voir chapitre précédent) et Agnese Mengarelli, ‘ journaliste environnemental ‘, ‘ ésotériste passionné ‘,  sourcier et géobiologiste ‘, ‘ expert en domothérapie , feng shui ‘, auteur du blog ‘ La Sibilla del Conero» (voir au dos de la brochure).

Mazzocchi-Mengarelli écrivent que l’Église Templière est un lieu « de grande énergie » , « d’ énergies », avec une « atmosphère magique » (cf. p. 1) ; c’est un lieu de ” courants d’énergie très forts, capables d’affecter la santé humaine ” ( p . 4). C’est le lieu des « énergies électromagnétiques et des énergies subtiles » ou « telluriques » perceptibles par les « radiesthésistes » (voir p. 15).

Les deux auteurs parlent d’ « énergies cosmiques et telluriques » , de « divination », de « radioesthésie » (cf. pp. 20-21 ), de « réseau de Hartmann », de « rayonnement » (cf. pp. 26-27 ) .

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L’église de San Filippo de’Plano, appartenant à l’ancien précepte templier

Selon Mazzocchi-Mengarelli, tous les édifices sacrés, du menhir à la cathédrale, sont « toujours érigés dans des lieux marqués par de fortes énergies cosmiques-telluriques. Les constructeurs de temples de tous âges ont affiné leurs techniques pour manipuler, diriger et canaliser les énergies à des points spécifiques. Ce rayonnement produit des effets importants chez les croyants, améliorant leurs perceptions et leurs prières et leur procurant un état général de calme et de bien-être profond que les non-croyants éprouvent également » (p. 32) .

En réalité, la prière chrétienne ne dépend pas d’énergies telluriques cosmiques supposées mystérieuses, mais de la grâce de Dieu et de la foi catholique des croyants.

Selon Mazzocchi-Mengarelli, il existe des lignes d’énergie, les « Ley Lines » : « comme de grands courants d’énergie sur lesquels les formes-pensées et les idées voyagent autour de notre planète, créant un réseau de communication entre les mondes, les étoiles et les galaxies partout où la complexité de la vie est présent ” (p .33).

Les théoriciens des lignes telluriques incluent l’occultiste anglais Dion Fortune et l’écrivain chaman Carlos Castaneda (voir p. 34).

Mazzocchi-Mengarelli émet l’hypothèse qu’une ligne tellurique relie la Sainte Maison de Loreto, le Sanctuaire de Campocavallo et l’Église de San Filippo de’ Plano (cf. pp. 36-40).

Concernant l’étoile à six branches placée sur le sol du sanctuaire de Campocavallo, juste sous le dôme, Mazzocchi-Mengarelli écrit qu’en restant quelques minutes au centre de l’étoile, « on peut percevoir une forte énergie qui, selon notre expérience certains jours, il est purifiant et soulageant, d’autres jours, il est édifiant et centré spirituellement » (p. 40).

Selon les auteurs, des expériences énergétiques plus intenses pourraient être perçues dans l’église de San Filippo de’ Plano : ” de nombreux points énergétiques “, ” une énergie élevée “, ” un chemin énergétique que l’on peut suivre en priant, en méditant ou simplement en s’écoutant “, “12 tours dans le sens inverse des aiguilles d’une montre”, ” poser les mains sur l’autel pour retrouver l’équilibre ” (cf. p. 43)… Entrer dans l’église des Templiers ” améliore énormément leur niveau d’énergie ” (p. 43 ) .

Pourquoi douze rounds pour activer le « chemin de l’énergie spirituelle » ? Les deux auteurs expliquent le nombre douze et citent comme autorités, entre autres, Oswald Wirth et René Guénon (cf. p. 46), tous deux ésotéristes et francs-maçons… Et puis ils se réfèrent à l’Arcane 12 du Tarot (Le Pendu : « Initiation passive ou mystique »), le Grand Travail Alchimique, les 7 chakras et les 5 sens (cf. p. 47), le lien entre les 22 arcanes du Tarot et les 22 lettres de l’alphabet hébreu et donc « la Kabbale » ( cf. p . 48).

Pour finir, le texte de Mazzocchi-Mengarelli regorge également de convictions ésotériques. La recherche ésotérique d’expériences ou de courants d’énergie dans les églises et les sanctuaires recèle le danger que des visites apparemment culturelles ou dévotionnelles deviennent des actes ou des rituels ésotériques, superstitieux ou même magiques. Les adhérents ou sympathisants de l’ésotérisme (chrétiens ou non-chrétiens, théistes ou agnostiques) comprennent notre foi et notre dévotion chrétiennes comme une couverture extérieure ou exotérique pour ce qui est plus important, intérieur ou ésotérique pour eux et ce que nous appelons “GNOSE”.

Dans la première partie J’ai examiné trois livres et une brochure publiés entre 2006 et 2020, à partir desquels on peut déduire la présence à Osimo et ses environs de personnes et de milieux fascinés par l’ésotérisme et le symbolisme et/ou la structure attribuent des significations ésotériques et gnostiques au sacré. lieux, églises et sanctuaires locaux. Ainsi, ceux qui visitent de tels lieux avec un esprit ésotérique et gnostique peuvent ne pas viser principalement la curiosité culturelle ou la prière dans l’esprit de la foi catholique, mais plutôt l’expérience de prétendues énergies cosmiques et telluriques. Dans ce cas, nous aurions affaire à une sorte de magie

Je tiens à préciser que lorsque je parle des Templiers et de l’ésotérisme, je ne sous-entends pas que les anciens Templiers étaient des ésotéristes et des gnostiques, je veux simplement montrer que certains Néo-Templiers modernes sont en accord culturel ou en affiliation avec le milieu maçonnique, tels sont.

5. “Le tarot de pierre du Palazzo Campana à Osimo” (1997)

Dans la bibliographie du livre de Roberto Mosca et Angelo Renna, « Le Grotte, i Cavalieri, le Logge » (« Les Grottes, les Chevaliers, les Loges », Osimo Edizioni, 2006), à la page 189, il y a aussi le livre de Franco Copparo et Fabio Filippetti, ” I Tarocchi di pietra del Palazzo Campana di Osimo. Guida ai misteri delle grotte » (« Le tarot de pierre du Palazzo Campana à Osimo. Un guide des mystères des grottes », publié en 1997 par l’ Istituto Campana per l’Istruzione Permanente – Osimo .

Au verso, vous pouvez lire que Franco Copparo, né à Osimo en 1952, est directeur administratif du service de santé publique d’Ancône, chercheur en ésotérisme et alchimie et professeur du cours «Sous le signe du mystère» au lycée populaire d’Ancône dans le année académique 1995/96. Fabio Filippetti, né à Ancône en 1958, est médecin et scientifique spécialisé en parapsychologie et ésotérisme.

Copparo-Filippetti voient les grottes, “les entrailles de la terre”, dans une tonalité “ésotérique”, comme un lieu de “regressus ad uterum”, de mort et de renaissance initiatiques (cf. p. 8), comme une “porte d’entrée vers le monde des enfers », et la descente en bas est suivie de la montée en haut (cf. p. 9)

“Dans la tradition, l’inframonde est un réservoir d’énergie matérielle salutaire, d’énergie tellurique, associée aux puissances chtoniennes, les divinités de la terre, de la mort et de la germination” (p. 9).

Les Grottes d’Osimo sont un “chemin initiatique” (p. 21) qui s’inscrit dans la “longue chaîne initiatique” (p. 22) et “transmet l’enseignement secret qui ne devait pas être révélé aux profanes sous peine de la mort” (p. 22) .

Ce qui suit est une explication des sculptures ou “pierres de tarot” à la lumière de la mythologie et de l’alchimie ésotérique. Je ne signalerai que la sculpture de “l’illuminé”, c’est-à-dire celui qui a reçu la lumière, l’illumination spirituelle. Il est le guide des initiés (le mystique de l’antiquité) qui a atteint la sagesse holistique et dont la sagesse repose sur l’arbre desséché, et il est aussi l’incarnation de la science mystique et mystérieuse des fils d’Hermès » (p. 81 ). Hermès ou Mercure est “un messager des dieux des enfers” (cf. p. 85).

À la fin du livre se trouve la postface de Renucio Boscolo (p. 96-101), lui aussi passionné d’ésotérisme. Boscolo interprète la ” descente aux enfers”» (p. 96) que le « VITRIOL » (p. 96) des alchimistes, c’est-à-dire la « visite » « à l’intérieur de la terre » pour découvrir le « ReBis, la pierre cachée » (cf. p. 97). Par conséquent, “avant de monter au ciel, il faut descendre aux enfers, passer par le Ianua Inferi, puis en sortir libéré et libéré des peurs de l’inconscient et de l’obscurité. Seuls ceux qui ont traversé cette porte de panique et de ténèbres infernales peuvent renaître […] » (p. 99). Bref, c’est une pensée gnostique, très éloignée de notre foi catholique.

6. Fabrizio Bartoli : physicien, ésotériste, OSMTH Templier, franc-maçon du Grand Est de l’Italie

Dans la première partie, j’ai jeté un coup d’œil à une figure très importante qui, en quelque sorte, unit les trois premiers textes que j’ai étudiés, en ce sens que leurs auteurs respectifs (Roberto Mosca et Angelo Renna, R. Mosca et Alfonso Rubino, R. Mosca et Alberto Mazzocchi) le mentionnent et le remercient. Il a écrit l’introduction du dernier livre de Roberto Mosca (1958-2014), co-écrit avec Alberto Mazzocchi, Alla luce nell’ombra ( À la lumière dans l’ombre», SpringColor, Castelfidardo 2014). Fabrizio Bartoli est physicien diplômé, ancien enseignant dans des lycées techniques, de 1998 à 2005, il a été directeur du Musée des sciences naturelles de la province d’Ancône «L. Paolucci”, chercheur ésotérique et auteur de plusieurs livres. Il est Grand Officier de l’ Ordre des Templiers OSMTH

À l’été 2020, Bartoli, alors adjoint au maire d’Offagna dans la province d’Ancône, a participé à un documentaire de la BBC Reel à Londres montrant les grottes des Templiers à Osimo. Dans la vidéo de cinq minutes et demie , Bartoli pointe du doigt la figure dans les grottes représentant « Hermès Trismégiste », ajoutant : « Ainsi, Hermès Trismégiste faisait partie de la culture dite gnostique, que les Templiers appréciaient naturellement » ( Min. 3:36 -3:49).

Regardons quelques livres du professeur Fabrizio Bartoli.

6.1. Sculptures mystérieuses : Templiers, Hermétisme, Alchimie, Gnose (2012)

En 2012, l’ Accademia degli Alethofili von Osimo a publié un livre de son président, Fabrizio Bartoli, intitulé ” Le sculture misteriose delle grotte del Palazzo Campana di Osimo simboli della cultura illuminista ed esoterica” ( ” Les sculptures mystérieuses dans les grottes du Palazzo Campana à Osimo , symboles des Lumières et de la culture ésotérique »). Le livre comprend une introduction par un conseiller de quartier qui espère que “cet héritage souterrain que nous avons dans notre Osimo pourra bientôt être visité par tous” (p. 3).

Bartoli illustre des sites, des symboles et des concepts ésotériques, ainsi que des phénomènes historiques et culturels, qui sont pour l’essentiel déjà évoqués dans les textes que j’ai examinés dans les sections précédentes : Grottes, Alchimie, Hermétique, Hermès Trismégiste, Templiers et Néo-Templiers, Rose-Croix , Carboneria du XIXe siècle, Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle à nos jours.

Je ne citerai que quelques innovations ou réalisations Gnostiques et Hermétiques :

a) Le voyage initiatique (alchimico-hermétique) dans les viscères ( l’intérieur) de la terre (VITRIOL) et dans notre être intérieur est nécessaire pour découvrir en nous l’étincelle divine qui nous rend divins (cf. p. 71f) .

b) L’« initiation » mystérieuse et maçonnique est la « MORT INITIALE » (p. 75), le profane « doit laisser mourir son ego » (p. 75).

c) Concernant les « Traditions Initiatiques » et les « Confréries du Mystère et de l’Initiation » : « Trahir un ‘frère’ ou révéler les mystères, rites et cérémonies liés à la doctrine ‘réservée’ a toujours été considéré comme une grande trahison punie avec l’expulsion et plus tôt aussi avec la mort » (p. 78).

d) “Hermès – Mercure”, ou “le dieu Thot”, ou “Hermès Trismégiste” avec son bâton de caducée, maître de “sagesse” et de “lumière” (cf. pp. 89-101).

e) Les principes de la “Tradition Hermétique”, du “Corpus Hermeticum” (pp. 102-104) et leur but : retrouver son “étincelle divine” ou “essence intérieure” et “renouer avec l’harmonie cosmique”. ( p. 104).

f) Connaître/expérimenter/« conquérir » « l’unité de toutes choses » (« vision holistique », « RÉSEAU UNIVERSEL », « contexte énergétique »); dans chaque molécule réside l’omniscience et l’omniprésence de l’infini (cf. p. 111).

g) Outre l’hermétisme, la “tradition gnostique”, le christianisme “gnostique-johannéen”, la “voie gnostique” est importante (cf. pp. 121-136). Il n’est pas difficile de comprendre que Bartoli est du côté des gnostiques et de l’hermétisme et non du côté du christianisme catholique, romain et orthodoxe. Jésus est réduit à un maître spirituel, gnostique, qui nous apprend à reconnaître notre divinité intérieure, à nous sentir comme égaux à Lui (cf. pp. 124-129). L’étudiant éclairé d’Hermès et de la Gnose expérimente le “Démiurge”, le “Dieu”, le “Nous” en lui (cf. p. 103s).

h) Le Tarot ou les Arcanes Majeurs, comme figures d’initiation à l’alchimie, les Soufis et les Templiers (cf. pp. 140-144).

Dans les “Conclusions”, Bartoli explique que l’ordre néo-templier auquel il appartient, l’OSMTH, a organisé des conférences et des conférences sur la signification des symboles ésotériques et templiers dans les grottes d’Osimo (cf. p. 147). Bartoli a accompagné des “personnes importantes” dans les grottes, dont le Grand Maître de la franc-maçonnerie du Grand Orient d’Italie (GOI), Gustavo Raffi, et Sir Ian Sinclair, Grand Prieur des Templiers écossais (néo) (voir p. 147).

En première page, Bartoli remercie “Maître Raphaël” car il a appris de lui “le véritable enseignement traditionnel, qui conduit aussi à l’amour et à la sagesse” (p. 1). Raphaël est une sorte de maître néo-hindou .

6.2. Templiers gnostiques

En 2014, la maison d’édition Tipheret du groupe médiatique Bonanno ( Acireale – Rome) a publié un recueil d’études sur l’Académie des Templiers du Grand Prieuré d’Italie de l’OSMTH (Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani) : ” Les Templiers et leur Environnement. Études de l’Académie des Templiers » . Dans le post « Secretum Templi(pp. 159-168) Fabrizio Bartoli présente les Templiers comme porteurs de l’ancienne Gnose. Bartoli explique que les anciens gnostiques vénérés par Basilide, “Abraxas”, “un dieu qui intègre des contraires qui se complètent, une divinité qui transcende la dualité du bien et du mal”. Selon certains savants, la signification des deux serpents au lieu de jambes, semblables aux deux serpents du caducée, fait référence à la complémentarité des contraires » (p. 161).

Selon Bartoli, les Templiers ont assimilé la gnose juive, essénienne, néoplatonicienne et soufie (cf. p. 166). Bartoli explique que “le dieu des Gnostiques Abraxas” “terre et ciel, sacré et profane, humain et divin, positif et négatif, masculin et féminin, matière et esprit, l’évolution et l’involution rassemble l’observateur et le phénomène en lui-même” ( p. 167).

Bartoli est gnostique : « L’Esprit infini ‘ de la même substance que le Père ‘ est aussi présent en nous, de sorte que se connaître soi-même, au niveau le plus profond, c’est en même temps connaître Dieu. C’est le secret de la Gnose : l’union entre l’intérieur et l’extérieur, entre le ciel et la terre, entre le microcosme et le macrocosme. Seule la conception d’un Dieu non dualiste et impersonnel pourra « unir ce qui est épars», rassemblant les grandes philosophies et religions de l’histoire (égyptienne, hindoue, pythagoricienne-platonicienne, bouddhiste, juive, chrétienne, musulmane, etc.) ; ils pourront s’unir à cette vision holistique pour s’élever au ciel, fusionnant les uns avec les autres et unissant en une seule philosophie-religion unifiée, une seule et unique conscience universelle, une vision globale de toutes les visions partagées de Dieu. Véritable œcuménisme. C’est le grand espoir dans nos cœurs de Nouveaux Templiers » (p. 168).

En 2018, l’éditeur Nisroch de Macerata (AN) a publié le livre ” La Dea Eterna “ ( ” La Déesse Éternelle “) de Michele La Rocca avec un essai de Fabrizio Bartoli en annexe. Le livre contient une introduction de Dom Salvatore Frigerio(cf. p. 5f), un moine camaldule de Fonte Avellana. La Rocca est d’avis que l’élite des Templiers comprenait également les adorateurs de la déesse égyptienne Isis (cf. p. 87) et semble préférer Isis à la Sainte Mère des Chrétiens (cf. pp. 86-89). Selon La Rocca, Jésus ne s’est jamais qualifié de Dieu; seule l’Église de Rome le définissait comme tel (cf. p. 115)… Bartoli parle aussi de la déesse Isis, Cybèle, la Grande Mère, qui est également vénérée dans les Marches, à Sirolo, Osimo, etc. (cf. .p .158-238).

En 2021, Verlag Nisroch a publié un autre livre de Michele La Rocca et Fabrizio Bartoli, “L’ Ordine del Tempio oltre il velo. I Templari e la Gnosi » (« L’ Ordre du Temple dévoilé. Les Templiers et la Gnose“). Les auteurs louent les enseignements gnostiques et les templiers gnostiques. Dans la préface (p. 5-9), Claudio Bonvecchio fait également l’éloge du Gnosticisme et l’attribue aux anciens Templiers (cf. p. 8f). La Rocca et Bartoli pensent que l’élite templière était gnostique (voir p. 18f). Les deux auteurs résument les études sur le gnosticisme menées par Paolo Galiano, Claudio Bonvecchio et Marco Rocchi (cf. pp. 21-28). La Rocca et Bartoli croient que le sceau des Templiers était “Abraxas”, le dieu gnostique qui est au-delà du bien et du mal, au-delà de dieu et du diable, Abraxas le “dieu métaphysique” qui unit tous les contraires (cf. p. 113-133) .

6.3. Templiers et francs-maçons (GOI)

En décembre 2019, Nisroch a publié le livre La Loggia Mother Kilwinning No. 0. La Madre Loggia di Scozia » (« La Kilwinning Mother Lodge No. 0. La Mother Lodge of Scotland ») de Fabrizio Bartoli et Michele La Rocca. Le livre contient une préface (p. 3) de Paolo Nicola Corallini Garampi [OSMTH] et une préface de Claudio Bonvecchio, qui a obtenu son titre de Grand Maître Associé du Grand Orient d’Italieci-joint (page 6). À la page 55, Bartoli et La Rocca écrivent : “Lors d’un voyage en Écosse en 2002, nous avons visité la Kilwinning Mother Lodge avec d’autres frères”, et ci-dessous se trouve une photo de quatre hommes dans cette loge maçonnique, les noirs et blancs sur la photo sol en damier et posez votre main droite sur votre cœur. Parmi ces quatre figurent Paolo Corallini et Fabrizio Bartoli.

En mars 2019, Nisroch a publié le livre Templari e Liberi Muratori Antichi Confratelli (“ Templiers et francs-maçons – Vieux Frères”) de Paolo Nicola Corallini Garampi et Fabrizio Bartoli, qui se présentent ouvertement comme des dignitaires de l’Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani (OSMTH) et attribuent aux anciens templiers des croyances gnostiques, un « christianisme gnostique » (p. 95) et le culte de « Baphomet » (p. 96). Apparemment, Bartoli et Corallini ne montrent aucune aversion pour le gnosticisme.

Les auteurs insinuent que “l’alphabet énochien” de John Dee [c’est-à-dire la magie “angélique”] a alimenté le rosicrucianisme et la franc-maçonnerie du rite écossais ancien et accepté (AASR) (voir pp. 149f). Les derniers degrés du REAA, du 30e au 33e degré, sont à caractère templier (cf. p. 168).

En août 2015, le Collège de Circonscription des Maîtres du Grand Est de l’Italie Marche a tenu une session sur les Templiers. Bartoli et Corallini ont participé et dans leur livre, ils rapportent les discours de l’ancien président du Collège de circonscription des maîtres du GOI Marche, Fabrizio Illuminati, du grand orateur du GOI Claudio Bonvecchio et du grand maître du GOI Stefano Bisi (cf. pp. 172-198 ).

Au dos du livre, on lit que Corallini est Grand Prieur de l’OSMTH, Chevalier de l’Ordre Souverain de Malte – celui reconnu par le Saint-Siège – et aussi de l’Ordre des Saints Maurice et Saint Lazare.

Bartoli est membre de l’OSMTH depuis 2002, dont il est Grand Officier et Grand Maître émérite du Grand Prieuré d’Italie.

À Osimo, l’OSMTH a une mention qui s’appelle San Filippo de’ Plano, du nom de l’église templière que j’ai mentionnée dans la première partie.

Le 28 mai 2022, cette Venue a tenu son Chapitre à Filottrano (Ancône). Sur la photo prise pendant le chapitre il y a des symboles maçonniques évidents (est-ce l’intérieur d’une loge ?) : Sur le mur derrière le Commandant OSMTH d’Osimo il y a un triangle avec un œil ouvert à l’intérieur et on peut voir les Inscriptions A.-.G .-.D.-.G.-.A.-.D.-.U. voir. [En l’honneur du grand Architecte de l’Univers] et “Liberté, Egalité…”. Le troisième mot, “Fraternité”, est obscurci par le Commandant. Ce sont des écritures typiques des loges du Grand Orient d’Italie.

Dans le numéro 10/2014 de l’Académie des Templiers de l’OSMTH, nous lisons à la page 32 que Paolo Corallini Garampi est également membre de l’Ordre Royal d’Écosse .

Bartoli et La Rocca écrivent qu’auparavant il suffisait d’être Maître Maçon pendant au moins cinq ans pour appartenir à l’Ordre Royal d’Ecosse , alors qu’aujourd’hui il faut être 32ème Degré du Rite Écossais Ancien et Accepté ou Templiers de l’Ordre. York Rite (cf Bartoli – La Rocca : La Loggia Mother Kilwinning n° 0 , op.cit., p.74). Le Rite d’York et le REAA sont pratiqués par les Maîtres Maçons du Grand Est de l’Italie.

Dans Erasmus News (Newsletter du Grand Orient d’Italie), n° 15-17, du 15 et 30 septembre et du 15 octobre 2010, on peut lire que la Loge De Hominis Dignitate n° 1314 de Senigallia (Ancône) en obéissance à le Grand Orient d’Italie , a tenu une conférence le 22 mai 2010 dans la Salle du Conseil de la Municipalité de Corinaldo (Ancône) intitulée « Les principes masculins et féminins : amour et connaissance » . L’article énumère quelques-uns des francs-maçons du Grand Orient qui ont assisté à la conférence :

« Parmi les frères de la salle du conseil se trouvaient le conseiller Paolo Nicola Corallini Garampi, le juge de circonscription Fabrizio Bartoli, les vénérables maîtres Mario Massacesi de la Loge Misa ( 1313 ) à Senigallia et Alessandro Martire de la Loge Michelangelo (112) à Florence [… ] » (p. 27, c’est moi qui souligne).

Dans ce contexte, Corallini et Bartoli ne sont pas mentionnés comme Templiers de l’OSMTH, mais comme « frères » du Grand Orient.

J’ai trouvé que Michèle La Rocca (voir ci-dessus et paragraphe 6.2) est aussi un “frère” du Grand Orient. En fait, sur le site Web du GOI, vous pouvez lire qu’à l’occasion de la troisième édition des Segnalazioni Editoriali Victor Hugo 2017 , une initiative de la Loge Victor Hugo 1893 d’Urbino (GOI), le 1er décembre 2017 à Pesaro en présence de le Président du Collège des Maîtres du GOI Marken, Fabrizio Illuminati, “Frère Michele La Rocca” et “Frère Luca Guazzati, entre autres, pour la publication ” La Massoneria nella provincia di Ancona ” ( ” Franc-maçonnerie dans la Province d’Ancône ” , Éditeur Pixel, Ancône 2015 .

Eh bien, dans le livre du franc-maçon Luca Guazzati, il y a une préface du Grand Maître du Grand Orient, Stefano Bisi (p. 5f) et aussi un important essai de Fabrizio Bartoli, “OSIMO, il clima culturale alla fine del 1700 e agli inizi del 1800″ (“ OSIMO, le climat culturel à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle”, pp. 107-136), qui décrit la franc-maçonnerie et la carboneria à Osimo à cette époque.

Je me concentre plutôt sur le chapitre de Luca Guazzati sur la franc-maçonnerie à Ancône (pp. 15-44). Depuis 1870 « la franc-maçonnerie d’Ancône a eu vie, voix et espace (…) dans le journal républicain ‘Lucifero’ » (« Lucifer », p. 22). Dans le Lucifero et d’autres journaux socialistes, “l’esprit révolutionnaire et subversif” était très présent (p. 24). Au début du XXe siècle, le journal Lucifero , porte-parole d’une « culture urbaine démocratique », renforce les rédactions provinciales, dont celle d’Osimo (cf. p. 26). Il y avait « une grande symbiose » entre « le noyau maçonnique et l’équipe éditoriale de Lucifero » (cf. p. 26).

Guazzati pointe l’anti-maçonnerie de Monseigneur Rodolfo Ragnini (1865-1958), qui accusait la franc-maçonnerie d’être une « secte satanique » et de pratiquer le « satanisme » (cf. p. 29f). Mais quelle surprise quand, quelques lignes plus loin, Guazzati lui-même attribue des sympathies lucifériennes aux maîtres maçons :

« Le diable, c’est-à-dire Lucifer ou comme on voudra l’appeler, est pour les maîtres maçonniques versés dans l’ésotérisme non seulement le symbole de la lumière maçonnique, mais aussi de la rébellion contre les dogmes catholiques à la manière de l’Enfer de Dante. Mais Lucifer – et c’est là toute l’importance révolutionnaire du célèbre journal républicain d’Ancône, fondé en 1870 par un comité de rédaction plein de francs-maçons – est aussi une interprétation du principe magique nécessaire pour connaître et atteindre Dieu, la Lumière (p. 30 , c’est moi qui souligne).

Je dois noter que le passage du franc-maçon Guazzati (2015) cité ci-dessus reproduit clairement certaines phrases d’une de mes études publiées en 2007 dans la Fides Catholica n (Partie 1) » (pp. 15-82) puis (entre 2011 et 2012) repris par un certain nombre de sites Web qui ont au moins crédité l’auteur du texte. Je me demande : Guazzati a-t-il pris mon étude de Fides Catholica ou d’un site Internet, ou quelqu’un la lui a-t-il transmise sans citer la source et l’auteur ?

En 2007, j’ai écrit (les mots que j’ai soulignés sont reflétés dans l’extrait de Guazzati ci-dessus):

« Pour les Maîtres Maçons versés dans les Sciences Initiatiques Ésotériques (et ayant reçu des diplômes supérieurs, ex : REAA), Lucifer peut (est) non seulement le symbole de la Lumière Maçonnique, de la rébellion contre le dogme catholique, mais aussi de l’être esprit de lumière , […]. ‘Lucifer’ (ou le ‘Diable’) est également interprété par les Maîtres Maçons comme un principe magique nécessaire pour connaître et atteindre Dieu, la Lumière » (p. 45f). Eh bien, peu importe si “frère” Luca Guazzati ne m’a pas délibérément cité, le fait demeure important qu’en adoptant mes passages, il les a approuvés et partagés, confirmant ainsi ce que je sais depuis des années sur la “sympathie” du maître maçon.

Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre Franciscain de l’Immaculée (FFI); le docteur en histoire de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques de la franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. Dans sa dernière publication, il s’attache à prouver que la franc-maçonnerie contenait dès l’origine des éléments ésotériques et gnostiques qui justifient à ce jour son incompatibilité avec la doctrine de foi de l’Église.

Traduction : Giuseppe Nardi
Image : Corrispondenza Romana

SOURCE  :  https://450.fm/2023/05/27/esoterisme-et-tellurisme-deesse-mere-neo-templiers-francs-macons/

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Hermès Trismégiste « trois fois très grand », toute la sagesse du monde… 30 octobre, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

septembre 2019

Hermès Trismégiste « trois fois très grand », toute la sagesse du monde…

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Juste avant de transmettre le Premier Maillet de notre Loge Trismégiste à mon successeur, j’avais estimé opportun de partager avec mes Frères, en particulier les jeunes Maîtres, les Compagnons et les Apprentis, quelques réflexions personnelles sur Hermès Trismégiste, ayant toujours ressenti le besoin d’approfondir mon éclairage sur ce personnage mythique. De ma Planche, qui ne constitue qu’une infime partie des connaissances sur Hermès Trismégiste, j’en ai tiré une brève synthèse.

Par le F∴ D.G. de la Loge Trismégiste à l’Or∴ de Lausanne

Hermès Trismégiste est identifié tantôt à un dieu, tantôt à un mythe ou à un personnage mythique dont l’origine se situe dans l’Antiquité gréco-égyptienne. Il est souvent assimilé au dieu grec Hermès, c’est-à-dire Thot chez les Egyptiens, et reconnu comme son petit fils avant d’endosser le rôle de mythe, puis de personnage plus ou moins historique. La première indication du nom « Hermès Trismégiste » figura sur la célèbre Pierre de Rosette (196 av J-C) et précisa: « Hermès Trismégiste est issu de la fusion de Thot et d’Hermès ». Dès lors, cet héritage lui conféra les fonctions de rassembleur et de mainteneur. Ou alors, en termes maçonniques, « réunir ce qui est épars », et assurer la pérennité de notre Tradition. Ni plus ni moins que deux des devoirs les plus fondamentaux d’un Franc-maçon.

Trismégiste signifie « trois fois très grand », à interpréter comme très sage, très érudit pour « très grand », doté en plus de la triple qualité de philosophe, de sacerdote et de roi d’Hermès pour « trois fois ». Peut-être aussi parce que Thot symbolisait l’intelligence divine directrice de l’univers qui fait triompher la Vérité apportant au soleil sa lumière, la pensée incarnée et le verbe. Il s’agit encore d’une référence aux trois mondes de la symbolique égyptienne : le monde intelligible (le Noun analogue au Noûs grec), le monde imaginal (l’âme, analogue à la psyché des Grecs) et le monde sensible des formes concrètes. Ce même « trois fois » peut également désigner l’érudition d’Hermès Trismégiste en rapport avec les trois aspects de la réalité selon la conception de certains philosophes de l’Antiquité, à savoir la matière, la pensée et l’âme, et, en y ajoutant les règnes minéral, végétal et animal, voire la triade mercure, soufre et sel, selon celle des alchimistes de la Renaissance.

Pour Albumasar, astronome et astrologue persan du XIe siècle, trois Hermès composaient Hermès Trismégiste: le premier vécut en Egypte avant le déluge, le second après le déluge à Babylone où il raviva les sciences antédiluviennes, et le troisième en Egypte où il enseigna son savoir à son disciple ou élève Asclepios. Dans cette légende, Hermès Trismégiste domine « verticalement » les trois parties de l’univers (ciel, terre, homme), tandis que les trois Hermès représentent « horizontalement » toute la sagesse du monde antique à travers les trois cultures; ils réalisent ainsi la fusion des origines de la sagesse et de la science arabes, d’où le « trois fois très grand ». Enfin, « trois fois très grand » correspond symboliquement au nombre 33 qui revêt à la fois l’expression de l’unité juste et parfaite de l’oeuvre d’un principe suprême unique, et la manifestation de la connaissance ultime des arcanes de la Création.

La Table d’Emeraude : avantgardiste

Les écrits attribués à Hermès Trismégiste, incertains quant aux dates et origines, forment un trait d’union entre les dogmes du passé et ceux de l’avenir. Ils aident également à comprendre comment le monde a pu passer de la doctrine d’Homère à la doctrine chrétienne. Le Corpus Hermeticum et la Table d’Emeraude sont les plus connus chez les Francs-maçons.

En ce qui concerne la Table d’Emeraude, sa plus ancienne version date du VIIIe siècle et se trouve insérée dans un texte de l’Arabe Gabir intitulé « Le livre élémentaire du Fondement », certainement traduit du grec. Celui-ci, qui décrit la genèse du monde par l’affirmation de la prééminence d’un dieu unique, était pour le moins avant-gardiste pour l’époque: « Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable: ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d’un, par la méditation d’un ; ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le télesme, de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais, doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela, toute obscurité s’enfuira de toi. C’est la force forte de toute force, car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront et sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du Soleil est accompli, et parachevé. »

La Table d’Emeraude a indéniablement un caractère intemporel et universel, qui lui confère sa qualité de trésor initiatique. Quant à l’expression « trois fois très grand », elle couvre symboliquement tous les aspects de la recherche de la Vérité. S’y ajoute la dimension universelle du message philosophique de la Table d’Emeraude, qui exprime bien l’« axis mundi » sur lequel se trouvent à la fois l’Apprenti muni de son fil à plomb et le plus érudit de nos Maîtres.

Aussi dans la Tradition islamique…

Dès le VIIIe siècle, des textes issus de diverses écoles d’hermétisme ou nommément attribuées à Hermès Trismégiste furent diffusés en milieu musulman dont, bien sûr, la Table d’Emeraude. Son enseignement se répandit auprès des cercles égyptiens chrétiens ou syro-mésopotamiens sabéens qui l’avaient préservé jusqu’à l’avènement de l’ère islamique. Puis les ésotéristes musulmans l’assumèrent et l’assimilèrent eux aussi, assurant dès lors la pérennité de la « Chaîne d’or » (silsilat aldhahab) qui les reliait aux plus anciennes sources de la Sagesse. C’est ainsi qu’Hermès se vit attribuer le titre de prophète et intégra l’histoire religieuse officielle et exotérique de l’Islam.

Mais pas de n’importe quel prophète, puisqu’il s’agit d’Idris qu’Allah éleva à une place sublime, celle du réconciliateur entre le passé païen (égyptien, aranéen, mazdéen, judéo-chrétien) et la conscience musulmane, incluant les sciences hermétiques dans le domaine de la révélation religieuse. Elle confère à Idris, un prophète toujours vivant et présent, un rôle mystérieux et éminent comme guide des humains. Prophète sans visage, Idris est un savant civilisateur de l’humanité primitive, un initiateur des sciences. Il est également le prophète intérieur à l’âme individuelle, le message du Soi divin à l’homme dans lequel il s’épiphanise pour l’interpeller et le guider afin, selon la tradition soufie, de permettre à l’âme humaine de s’éveiller à la dimension divine présente en elle depuis toujours.

… et la Renaissance

Pour ce qui est du Corpus Hermeticum d’Hermès, ce fut Marsile Ficin (1433-1499), célèbre néo-platonicien florentin, qui traduisit en 1463 les quatorze traités du manuscrit qu’il intitula collectivement le Pimandre, d’après le nom du premier d’entre eux. Marsile Ficin est toujours resté prudent à l’égard d’Hermès, ne se laissant jamais emporter par l’enthousiasme que sa traduction avait déclenché. Car il considérait que le Corpus Hermeticum n’atteignait pas les hauteurs des dialogues de Platon ou des commentaires de Plotin. Si Hermès conserva néanmoins son autorité à ses yeux, ce fut comme sage égyptien, grand théologien-prophète de l’Antiquité, et en particulier en tant que réformateur ayant mis en garde les Egyptiens contre l’adoration des statues et des rites démonologiques liés. Il n’empêche que la traduction du Pimandre eut un impact important et fit de Marsile Ficin le père de l’hermétisme de la Renaissance.

Le Pimandre ne fut que le premier volet du Corpus Hermeticum. Ces textes accessibles en latin donnèrent naissance à un état d’esprit nouveau qui laissa une large place à l’interprétation, offrant aux esprits les plus libres une bouffée d’air dans l’atmosphère dogmatique de cette fin de XVe siècle. Parmi ces interprétations, figurèrent notamment celles-ci : le visible est le reflet de l’invisible ; le jeu des forces contraires conditionne la vie à tous ses niveaux ; l’unité du monde se formule à travers les nombres et « un » est le « tout » du monde de la multiplicité; ou encore le mystère des nombres ramène à Pythagore et renvoie au pouvoir des planètes dont la connaissance était attribuée aux Egyptiens et aux Babyloniens.

Cette modeste synthèse ne présente qu’une très succincte approche d’Hermès Trimégiste. Le personnage, son histoire, ses écrits et ses enseignements sont si riches et même variés qu’ils ont fait l’objet de nombreux livres étoffés, ainsi que d’études et d’analyses fouillées. Chaque Frère a donc tout le loisir d’approfondir l’une ou l’autre composante ou facette d’Hermès Trismégiste, selon ses centres d’intérêt.

SOURCE : https://freimaurerei.ch/fr/hermes-trismegiste-trois-fois-tres-grand-toute-la-sagesse-du-monde/?fbclid=IwAR37jjbsos9YGAifxskMgJ7T4bYgYi0Go7Gi9O1T8aCN7mp8GFBtLO85iHg

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LIVRES … AOÛT 6022 1 septembre, 2022

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Livres

Même ne sachant ni Lire, ni Écrire …

Ce mois ci j’ai épelé avec un grand plaisir, entr’autres :

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le livre   de PIERRE JOVANOVIC

 » ENQUÊTE SUR L’EXISTENCE DES ANGES GARDIENS « 

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le livre de DANIEL LABOURE

« CAGLIOSTRO LES ARCANES DU RITE ÉGYPTIEN »

cagliostrolesarcanesduriteegyptien

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le livre de JOHAN DREUE

« LE VERBE ARCHITECTE

INTRODUCTION A LA GNOSE MAÇONNIQUE »

gnose-maconnique-croix

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le livre de FREDERIC NOIR

« L’ÂME DU MONDE »

amedumonde

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    LIVRES ... AOÛT 6022 dans Livres Emoticons-plus.com-21 Chris août 6022

Hommage à Robert Amadou 21 mars, 2021

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Hommage à Robert Amadou

Hommage à Robert Amadou dans Silhouette RA3

A Catherine, très affectueusement

Mon frère, mon ami, mon vieux maître s’est endormi, mardi 14 mars 2006, dans la Paix du Seigneur qu’il avait tant cherché et tant aimé toute sa vie terrestre durant, commencée voilà 82 ans.  » L’homme peut soutenir l’homme ; mais il n’y a que Dieu qui le délivre  » dit le Philosophe inconnu, que Robert Amadou, son vieil ami, a rejoint dans la lumière sans déclin. Le voici donc délivré et nous voici donc orphelins.

Ce serait trop peu, assurément, que de dire que l’occultisme, le martinisme, la gnose, la théosophie, en un mot la Tradition de l’Occident-Orient doivent beaucoup à Robert Amadou. Au vrai,  » nous lui sommes tous redevables. Honte à qui s’en dédie ! « . Ainsi s’ouvrait, à l’endroit de Papus, la préface de Robert au livre que le Dr Philippe Encausse a consacré jadis à son père, Papus, le  » Balzac de l’occultisme « . Cette sentence, je l’adopte à mon tour, s’agissant de Robert et de son œuvre immense, fruit de plus de soixante ans d’un travail sans relâche, dont le présent hommage, aussi modeste et imparfait soit-il, s’efforcera d’abord de donner quelques lignes majeures.
L’immense tache, le premier service de Robert Amadou – et de quelques très rares compagnons de route – aura été, au sortir de la guerre, de restituer l’occulte à la culture. Les résistances – rappelait-il en 1987 – furent très vives, à commencer par les instituteurs de l’immuable Sorbonne où il traita pourtant de la Contemplation selon Aristote. Dans cette académie rabâcheuse et hostile, deux exceptions, disait-il : Marcel Jousse, à l’Ecole pratique des hautes études, et Paul Valéry, au Collège de France. Paul Valéry… Un souvenir me vient : nous sommes, Robert, Catherine et quelques intimes, en septembre 1987, quelque part au bord de la Méditerranée, dont Robert disait qu’elle était la seule mer. Au loin des voilures albâtres se distinguent des flots. Robert, les yeux fixés sur l’horizon, cite des vers de Paul Valéry…
Ce fut grâce à Paul le Cour que Robert Amadou entra dans la carrière. L’homme d’Atlantis, en qui il voyait du prophète, lui fit connaître ce « grand méconnu, l’abbé Paul Lacuria, le ‘Pythagore français’ », qui fut sous ce titre le sujet de sa première conférence, le 7 mars 1943. Le conférencier en herbe n’avait que dix-neuf ans, mais Lacuria ne l’a jamais quitté, dont il a publié bien des années plus tard la  » Défense des Harmonies de l’être « , qui compose, avec d’autres carnets inédits, Lacuria, sage de Dieu (Awac, 1981). La même année, Robert donnera à l’enseigne d’Atlantis (1981) un copieux dossier sur « L’abbé Lacuria et les harmonies de l’être ».
En 1950, Robert Amadou produit l’Occultisme, esquisse d’un monde vivant (Julliard, 1950 ; nouv. éd., Chanteloup, 1987), qui marque un coup d’essai qui n’en est pas moins un coup de maître. Salué par la critique, l’ouvrage deviendra classique, tandis que l’auteur publiait la même année, en collaboration avec Robert Kanters, une très précieuse Anthologie littéraire de l’occultisme (Julliard, 1950 ; nouv. éd., 1975). Le mouvement était lancé : les livres allaient s’enchaîner avec régularité, sur tous les fronts. Je cite pour mémoire : Eloge de la lâcheté (Julliard, 1951) ; Albert Schweitzer, éléments de biographie et de bibliographie (L’Arche, 1952) ; Recherches sur la doctrine des théosophes (Le Cercle du Livre, 1952) ; La poudre de sympathie (Gérard Nizet, 1953) ; La science et le paranormal (I.M.I, 1955) ; Les grands médiums (Denoël, 1957) ; La télépathie (Grasset, 1958)… Du lot, tirons au moins, en 1954, son essai historique et critique sur La Parapsychologie, devenu classique lui aussi, qui marquait alors le renouveau de la vieille métapsychique.
En 1955, Robert lance la revue La Tour Saint-Jacques, qui devient aussitôt incontournable. Elle a pour devise :  » rien de ce qui est étrange ne nous est étranger « , et rassemble les meilleures plumes du moment : René Alleau, Robert Ambelain, André Barbault, Armand Beyer, Eugène Canseliet, Marie-Madeleine Davy, Mircea Eliade, Philippe Encausse, Robert Kanters, Serge Hutin, Alice Joly, Louis Massignon, Pierre Mariel, René Nelli, Jean Richer, François Secret, Pierre Victor (Pierre Barrucand)… J’en oublie beaucoup. Mais comment oublierais-je le cher Jacques Bergier, « amateur d’insolite et scribe de miracles » qui y rapportait les « nouvelles de nulle part et d’ailleurs », et dont Robert m’aidait jadis à perpétuer la mémoire ? La revue La Tour Saint-Jacques se double alors d’une collection d’ouvrages. On y aborde avec rigueur, méthode et amour, les grands anciens et les recherches contemporaines, et aussi l’illuminisme, et Saint-Martin, et Huysmans, et tant d’autres ! et les sciences traditionnelles et leur histoire : magie, astrologie…
Si Robert Amadou n’a jamais pratiqué l’alchimie, il a étudié Raymond Lulle et l’alchimie (Le Cercle du Livre, 1953), s’est intéressé à  » l’Affaire Fulcanelli  » et s’entretint notamment avec Eugène Canseliet dans Le Feu du Soleil (Pauvert, 1978).
En revanche, l’astrologie fut pour lui une compagne constante. Né à Bois-Colombes, le 16 février 1924, à 2 heures du matin, sous le signe du Verseau et l’ascendant Sagittaire, Robert avait découvert l’astrologie à 14 ans, avec le petit livre de René Trintzius, Je lis dans les astres ; il commença à la pratiquer avec les éphémérides de Choisnard, offertes par sa tante, et il n’a pas cessé, pendant près de 70 ans, à toutes fins utiles, y compris, disait-il, les plus quotidiennes et les plus hautes, parce que l’astrologie touche à tout, et que l’on touche à tout par l’astrologie. L’authentique astrologie révèle Sophia et s’offre comme un moyen de connaître Dieu ; elle est, par vocation, sagesse, et Robert était un ami de Dieu et de sa Sagesse. En théorie et en pratique, il a suivi au plus juste la tradition, en particulier Plotin, Ptolémée et Paracelse, sans négliger les modernes, de Robert Ambelain à Armand et André Barbault, tout en vilipendant la prétention à une astrologie scientifique. Nombreuses ont été ses publications en l’espèce, depuis le numéro spécial de La Tour Saint-Jacques, en 1956, jusqu’au magistral Question De sur les astrologies, en 1985. Il a également remis au jour Les Monomères. Symbolisme traditionnel des degrés du zodiaque (Cariscript, 1985), a étudié La précession des équinoxes. Schéma d’un thème astrosophique (Albatros, 1979) en rapport avec l’Ere du Verseau chère à Paul Le Cour. Chez les anciens, il s’est intéressé à L’astrologie de Nostradamus, qu’il a contribué à éclairer, par exemple lors d’un colloque, à Salon de Provence, en 1985, et à travers un dossier de près de 500 pages (diffusion ARCC, 1987/1992) – qui le connaît ? – ou encore aux côtés des Amis de Michel Nostradamus fondés par Michel Chomarat, en 1983.
En dehors de l’astrologie, mais au cœur de la Tradition occidentale, combien d’autres grands anciens a-t-il contribué à remettre et même à mettre en lumière ? Il a étudié Franz Anton Mesmer et son magnétisme animal (Payot, 1971). De Balsamo-Cagliostro, il a présenté au congrès international de San Leo, en juin 1991, Le rituel de la maçonnerie égyptienne (SEPP, 1996). J’entends du Joseph Balsamo du XVIIIe siècle, car il y en a un autre – à moins que … – qui manifeste les mêmes prétentions et se comporte de la même manière, dont Robert Amadou a retrouvé la trace, à Toulouse, en… 1644.
De Fabre d’Olivet, il a publié partiellement, après l’avoir retrouvé en 1978, le manuscrit inédit de La Théodoxie universelle qui prolonge La Langue hébraïque restituée du même auteur. Ce maître d’ésotérisme, que Robert vénérait à ce titre depuis l’adolescence, trouve l’aboutissement de son œuvre majeure dans les écrits de Saint-Yves d’Alveydre, dont il a exhumé à la bibliothèque de la Sorbonne le fonds que Philippe Encausse y avait déposé. La pensée de Saint-Yves trouve sa perfection dans l’œuvre du Dr Auguste-Edouard Chauvet, dont le service n’avait cessé de l’instruire parce qu’il avait été son maître et n’a jamais cessé de l’être. A Chauvet et à son Esotérisme de la Genèse, Robert Amadou a consacré des séminaires, notamment à Ergonia, en 1981, après une soirée d’études et d’hommage, au centre l’Homme et la connaissance, en 1978, où il tint à associer Chauvet à son fils spirituel, l’abbé Eugène Bertaud, dit Jean Saïridès, dont Robert fut l’ami. Sur Chauvet, sa vie, son œuvre, il avait résolu de composer un ouvrage conséquent qui n’a pas vu le jour. Mais il en tira la matière d’une plaquette De la langue hébraïque restituée à l’Esotérisme de la Genèse (Cariscript, 1987). Dans l’entourage de Chauvet s’était constituée aussi une société chrétienne d’initiation : l’Ordre du Saint Graal qu’avait formé un autre Chauvet, prénommé James, et le Dr Octave Béliard (1876-1951), et Robert a édité La Queste du Saint Graal (Cariscript, 1987).
Quant aux sociétés secrètes, qui ont fait l’objet de ses entretiens avec Pierre Barrucand (Pierre Horay, 1978), Robert en connaissait les bienfaits en même temps que les limites et les travers. Mais il aimait désigner les plus dignes du mot du bon pasteur Pierre de Joux – dont il a tiré de l’oubli Ce que c’est que la franche maçonnerie (Cariscript, 1988) – comme  » sociétés succursales  » de l’Eglise intérieure, à commencer par l’Ordre martiniste et la franc-maçonnerie.
A la franc-maçonnerie, Robert Amadou a consacré un doctorat en ethnologie, en 1984 : « Recherches sur l’histoire et réflexions sur la doctrine d’une société initiatique en Occident moderne ». Entre maintes autres études, relevons au moins sa Tradition maçonnique (Cariscript, 1986), sa collaboration au Dictionnaire [universel] de la franc-maçonnerie de Daniel Ligou (1974 ; nouv. éd. à paraître en 2006), et, plus récemment, sa contribution à l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie d’Eric Saunier (Librairie générale française, 2000). Sans omettre sa participation à tant de revues d’érudition, à commencer par Le Symbolisme et à finir par notre chère Renaissance traditionnelle, de « René Désaguliers, Maçon de l’universalité », de Roger Dachez et de Pierre Mollier, amis fraternels, pour laquelle il préparait encore tant d’articles attendus et même un numéro spécial sur Saint-Martin.
Mais c’est au régime écossais rectifié, avant tout, qu’allaient les élans du cœur de Robert Amadou qui en a notamment réédité les Archives secrètes de Steel et Maret (Slatkine, 1985) et mis en lumière les arcanes du saint ordre. De Jean-Baptiste Willermoz, fondateur et patriarche de ce régime sans pareil, il a inventé le fonds L. A., publié maint texte d’instruction et dressé le plus attachant des portraits : « honnête homme, parfait maçon, excellent martiniste ».
J’ai cité pêle-mêle ou presque les grands anciens dont Robert Amadou vénérait la mémoire, et dont il a défendu la cause dans Illuminisme et contre-illuminisme au XVIIIe siècle (Cariscript, 1989). Deux noms au moins manquent à cette liste. Et quels noms ! Qui, ici, ne les connaît ? Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe inconnu, a marqué à jamais la vie, l’œuvre, la pensée et le cœur de Robert Amadou, depuis le jour où il découvrit dans la librairie Chacornac, en 1941 ou 1942, le numéro d’Atlantis qui lui était consacré. Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme (Le Griffon d’Or, 1946) inaugura l’interminable liste des publications savantes et amoureuses – parce que la connaissance et l’amour sont les deux piliers de la gnose – qu’il a consacrées, pendant 60 ans, à son vieil ami le théosophe d’Amboise, dans l’amitié de Dieu.
A son livret de 1946 qu’il n’a jamais réédité, trois autres livrets se sont substitués, qui sont complémentaires : Calendrier de la vie et des écrits de Louis-Claude de Saint-Martin (Renaissance traditionnelle, 1978), « Martinisme » (1979, 1993) et « Sédir, levez-vous ». La théosophie de Louis-Claude de Saint-Martin (Cariscript, 1991). Il faut y ajouter « Louis-Claude de Saint-Martin, le théosophe méconnu », publié ici-même de 1975 à 1981.
 
« Servi par un instinct divinatoire exceptionnel et le génie de la découverte », comme l’a fort bien écrit Eugène Susini, Robert Amadou est parti très jeune en chasse des inédits du Philosophe inconnu. Et il en a trouvé beaucoup ! Aux Cinq textes inédits qui inaugurent, en 1959, sa carrière d’inventeur sans pareil, succèdent le Portrait historique et philosophique (Julliard, 1961), la Conférence avec M. le chev. de Boufflers (1961), les Pensées mythologiques (1961), le Cahier des langues (1961), les Fragments de Grenoble (1962), les Pensées sur l’Ecriture sainte (1963-1965), les Etincelles politiques (1965-1966), le Cahier de métaphysique (1966-1968), le Carnet d’un jeune élu cohen / Le livre rouge (1968/1984), les Lettres aux Du Bourg (1977), Les nombres (1983), Mon livre vert (1991), le Traité des Formes (2001-2002), les Pensées sur les sciences naturelles… En 1978, l’invention du fonds Z lui avait offert la perle tant recherchée : les papiers personnels de Saint-Martin parmi les plus précieux, passés après la mort du Philosophe inconnu entre les mains de Joseph Gilbert. Quoi d’étonnant au fond !
Parallèlement, Robert Amadou tirait un à un de l’oubli les imprimés de Saint-Martin : Le Crocodile (Triades, 1962 ; 2e éd., 1979), l’Homme de désir (U.G.E., Bibliothèque 10/18, 1973), les Dix prières (L’Initiation, 1968, puis Cariscript, 1987), et il rééditait les « œuvres majeures », sous la marque du prestigieux éditeur allemand Georg Olms, avec des introductions qui sont de purs chefs-d’œuvre. En 1986, lors d’un colloque qui marqua à Tours la Présence de Louis-Claude de Saint-Martin (Société ligérienne de philosophie, 1986) Robert Amadou défendit « Saint-Martin, fou à délier ». Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme ont fait l’objet de son doctorat d’Etat ès lettres et sciences humaines, soutenu à Paris X, en 1972, avec la mention « très honorable ». Soutenance que Combat qualifia à juste titre de « gnostique » !
 
Par charité, Robert Amadou avait également rassemblé à l’intention des hommes du torrent de très précieuses Maximes et pensées de Saint-Martin (André Silvaire, 1963 ; éd augm., 1978). Mais quels services ne sont-elles pas capable de rendre aussi aux hommes de désir ? Eugène Susini disait de Robert Amadou qu’il savait tout du Philosophe inconnu. Il avait raison.
Pour le bonheur de tous les martinistes, L’Initiation de Philippe Encausse eut la plus grande part de ses articles sur Saint-Martin. D’autres sont à redécouvrir dans les revues qu’il a fondées : La Tour Saint-Jacques, Les Cahiers de l’homme-esprit, le Bulletin martiniste. Ce dernier, Robert Amadou le porta aux côtés d’Antoine Abi Acar, directeur des chères Editions Cariscript, où il dirigeait tant de collections merveilleuses, à commencer par les  » Documents martinistes  » où il me fit entrer, en 1986. Dans la boutique et l’arrière-boutique de Cariscript, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, où me ramènent aujourd’hui tant de souvenirs, l’on discutait de théologie et d’ésotérisme, d’astrologie et de théurgie autour du café préparé par Antoine. Que de projets ont mûri là ! Au nombre de ceux-ci, le Bulletin martiniste devait se réincarner en Gnostica, qui n’a pas vu le jour. Mais en 1991, de l’enthousiasme de quelques apprentis gnostiques, naissait l’Esprit des choses, organe du Centre international d’études et de recherches martinistes (CIREM), dirigé par Rémi Boyer, sous la présidence de Robert – qui y donna de nombreux inédits de Saint-Martin – puis dans l’autonomie. Robert m’engageait aussi à écrire un cours de martinisme diffusé dans le cadre de l’Institut Eléazar, dont il avait accepté dès 1990 la présidence d’honneur, et où il n’a pas cessé de m’assister, dans une parfaite communion spirituelle.
Mais impossible de comprendre Saint-Martin sans avoir abordé l’œuvre de son premier maître, Martines de Pasqually, le théurge inconnu, dont Robert Amadou a détaillé ici-même, pour la première fois, la doctrine dans une « Introduction à Martines de Pasqually », texte sans précédent et sans second. Il en a aussi publié deux éditions différentes du Traité de (ou sur) la réintégration (Robert Dumas, 1974 ; Diffusion rosicrucienne, 1995) et publié et commentés maints documents, tant maçonniques que théurgiques, de l’Ordre des élus coëns. Dernier chef-d’œuvre en date, conçu en collaboration avec Catherine Amadou : Les Leçons de Lyon aux élus coëns (Dervy, 1999), réunissent les leçons de trois élèves du maître : Saint-Martin, Du Roy d’Hauterive, Willermoz.
 
Son dernier livre consacré à la correspondance de Saint-Martin avec Kirchberger, n’aura pas vu le jour de son vivant, mais Catherine conduira le chantier à son terme. Quant à nos entretiens annoncés chez Dervy, dont nous avions pourtant ébauché le plan, il n’a pas été possible de les réaliser. Combien d’autres ouvrages annoncés et attendus comme des trésors de science et d’érudition, sont eux-mêmes restés en plan ou en chantier ? Dieu aidant, Catherine, qui fut constante à l’œuvre à ses côtés, compétente, dévouée, efficace, poursuivra, n’en doutons pas, la tâche à laquelle Robert l’a préparée.
Robert Amadou n’a pas cessé de chercher la vérité, par exemple dans l’histoire et dans la Tradition. Lisez ou relisez son Occident, Orient. Parcours d’une tradition (Cariscript, 1987). Dès ses premières lettres, en 1982, il m’exhortait à me lever de bonne heure et me donnait la clef : érudition ! Robert avait tout lu, tout étudié de nos objets, et son œuvre témoigne d’une érudition inégalée dans la seconde moitié du XXe siècle dont il fut et restera le plus sûr et peut-être le plus grand historien de l’occultisme, ne serait-ce que par l’ampleur de son champ d’investigation.
Entre toutes, trois bibliothèques étaient particulièrement chères à son cœur : Sainte-Geneviève d’abord, où il s’était plongé dès l’adolescence dans l’astrologie et la kabbale – il m’y conduisit dès le lendemain de notre première rencontre – ; la vieille B.N. ensuite, où pendant vingt ans il avait occupé tous les jours (sauf quelques pèlerinages loin de Paris) la place 191 ; notre chère BML enfin, dont il inventoria les fonds Bricaud et Papus, qu’il exploita conjointement avec le fonds Willermoz, notamment.
Papus ! Le vulgarisateur de l’occultisme était cher au cœur du plus érudit des occultistes, et avec lui combien de ses compagnons de la hiérophanie, selon l’expression classique de Michelet, et combien de ses épigones ? De Papus comme de Jean Bricaud, il a classé les archives à notre chère Bibliothèque municipale de Lyon, dont il tira tant d’informations et de publications (que nous remémore « L’Occulte à la Bibliothèque municipale de Lyon » (éd. augm. in Lyon carrefour européen de la franc-maçonnerie, 2003). Dans le cœur de Robert Amadou, impossible de dissocier Papus de son fils, le Dr Philippe Encausse, dont il a réhabilité la mémoire quand des instituteurs patentés l’ont injuriée (A deux amis de Dieu : Papus & Philippe Encausse. Hommage de réparation, CIREM, 1995). Du legs Philippe Encausse à la BML, Robert m’offrit d’ailleurs, en 1986, de publier quelques pièces remarquables.
2.
Voici pour l’inventaire, ô combien sommaire je le sais bien, d’une œuvre immense. Pour mémoire, disais-je. Mais l’homme ne se confond pas avec son œuvre et j’entends Robert me remémorer aussi la mise en garde de Freud : celui qui devient biographe, ou historien, s’oblige au mensonge, aux secrets, à l’hypocrisie, car il est impossible d’avoir la vérité biographique ou historique. Or Robert détestait le mensonge autant que l’hypocrisie, il ne se laissa jamais séduire par le mythe moderne de la conscience objective, mais il chercha et aima plus que tout la vérité, parce que la Vérité est un être, qui est la Voie comme il est la Vie. Allons à présent à l’essentiel, à la racine des choses, à la racine de Robert Amadou qui se dégage à merveille de son œuvre comme de sa vie.
 
C’est à l’âge de treize ans que les bons pères jésuites chez lesquels il fit ses études secondaires, rue de Madrid, à Paris, avaient servi la Providence en le plaçant au service du patriarche de l’Eglise syrienne catholique, lors de sa venue à Paris, à l’occasion de l’exposition universelle de 1937. Quelques années plus tard, Robert entrait dans l’Eglise syrienne catholique, et il tint l’office de chammas à l’église parisienne Saint-Ephrem-des-Syriens. Il se liait avec Gabriel Khouri-Sarkis, qu’il aiderait ensuite à la fondation et à la direction de l’Orient syrien. Mais son cœur et son intelligence le portaient vers l’Eglise syrienne orthodoxe, héritière directe de la communauté judéo-chrétienne primitive. Le 25 janvier 1945, il fut ordonné dans la succession syrienne de saint Pierre, et sa thèse de doctorat en théologie a pour titre : « Recherches sur les Eglises de langue syriaque et les Eglises dérivées ».
Parenthèse : en 1944, Henri Meslin lui avait imposé les mains pour la consécration d’évêque gnostique, dans la lignée de Jules Doinel,  » fol amant de Sophie « , dont il a publié la biographie et réédité et commenté Lucifer démasqué (Slatkine, 1983). Puis, en 1945, Victor Blanchard le consacra évêque gnostique, dans la succession apostolique que celui-ci avait reçue, le 5 mai 1918, du patriarche Jean II Bricaud, lequel la tenait de Mgr Louis-François Giraud, successeur de l’abbé Julio. Sans avoir jamais appartenu formellement à aucune église gnostique, c’est à ce titre que Robert accordait pourtant à Alain Pédron un  » entretien avec T Jacques « , publié dans l’Initiation, en 1978, sous le titre  » Qu’est-ce que l’Eglise gnostique ?  » (compléments, CIREM, 1996).
Robert Amadou n’a pas pour autant négligé la kabbale et le soufisme. Il a été admis dans une confrérie soufie et disserta sur Le soufisme même (Caractères, 1991). Judaïsme, christianisme et islam sont les trois piliers de la sagesse abrahamique.
Prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ, Robert officiait, notamment pour des martinistes ; il donnait les sacrements, à commencer par le baptême (comment oublierais-je que Robert voulut que notre première rencontre se fit à l’occasion du baptême d’une petite fille dont Philippe Encausse était le parrain ?), il visitait les malades – tant à leur domicile que dans les hôpitaux – et les prisonniers ; il priait, célébrait et exorcisait. Ses études sur Satan et le mal sont du plus grand intérêt. Qui les connaît ? Tel fut aussi le sens de notre réflexion commune sur le Sida face à la Tradition, thème d’un petit colloque que nous organisions à Paris, en 1988. Las, un volume projeté – un de plus ! – n’a pas vu le jour.
Sans appartenir à beaucoup et tout en se méfiant des formes associatives, Robert n’a pas négligé les bienfaits des écoles succursales où il a accompli sa part de services. La lumière maçonnique lui avait été donnée, le 6 juin 1943, dans Paris occupée, au sein de la loge clandestine Alexandrie d’Egypte placée sous le vénéralat de Robert Ambelain, dans l’ombre duquel se tenait Georges Lagrèze. Sa préface à mon histoire de La franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm rappelle ces circonstances héroïques.
Puis le Grand Architecte de l’Univers le guida vers le régime écossais rectifié, dont la doctrine lui était déjà si familière. Maître écossais de Saint-André, le 23 mars 1966, au sein de la Grande Loge nationale française – Opéra, il fut armé chevalier bienfaisant de la Cité sainte, le 7 mai 1966, avec pour nom d’ordre Robertus ab AEgypto, et pour devise In domum Domini ibimus, « nous irons à la maison du Seigneur ». Sa maison, Robert l’a trouva ici-bas au Grand Prieuré d’Helvétie et dans l’obédience de la Grande Loge suisse Alpina où l’accueillit en 1978 la loge In Labore Virtus, à l’orient de Zurich. Le 18 mai 1969, un ultime collège, à Genève, l’avait admis au cœur du saint ordre, avant de lui confier le mandat de publier dans Le symbolisme une mise au point sans pareille, qui fit grand bruit « A propos de la grande profession », sous la signature pseudonyme de Maharba, anagramme d’Abraham. Puis, mission accomplie, Maharba entra dans le silence. Lors des obsèques, trois roses entrelacées, symbole de force, de sagesse et de beauté, ont marqué à jamais l’amitié des frères suisses pour Robert et Catherine.
 
 
A la franc-maçonnerie, comment ne pas associer ici le martinisme ? Après avoir découvert Saint-Martin, Robert avait reçu d’Aurifer, son premier maître, l’initiation martiniste, le 6 juin 1942, au grade d’associé, puis aux grades d’initié et de supérieur inconnu, avec les fonctions d’initiateur, le 1er septembre de la même année, dans la clandestinité initiatique. Par analogie avec son patronyme et avec la pente de son caractère, il avait alors choisi pour nomen Ignifer, le porteur de feu. Jamais symbole n’aura été plus pertinent, plus efficace ! De même, Robert trouva sur le champ le nomen de Catherine, Pacifera, en 1965. Comment oublierai-je que Robert me fit à mon tour bénéficier de ce dépôt insigne, en 1994 ?
Dans l’Ordre martiniste, Robert Amadou seconda son vieil ami Philippe Encausse qui l’avait réveillé en 1952, et dont le fils de Papus l’avait voulu grand orateur. Il allait aussi inlassablement porter la bonne parole dans les cercles formels ou informels où l’on cultivait notamment l’amitié fraternelle du Philosophe inconnu, voire celle de Martines de Pasqually et de Papus. Robert savait, à l’instar de Saint-Martin, y distribuer la béquée, quitte à être récupéré et à servir parfois de caution indue. Mais en l’espère sa charité était exemplaire, comme était exemplaire sa lucidité. Un souvenir l’illustrera : nous sortons d’une réunion où des hommes de désir, jeunes pour la plupart, ont beaucoup parlé de l’initiation, de sciences occultes. Robert a corrigé parfois, conseillé un peu, écouté beaucoup. Qu’en penses-tu ? lui dis-je d’un air désabusé, une fois seuls, dans la rue. Robert lève les yeux au ciel, secoue la tête et me répond, terrible : « Bergson disait : on ne peut pas penser le néant ! ».
En des temps plus graves, avec des martinistes clandestins rassemblés par Robert Ambelain dont il était le bras droit, Robert Amadou reconstituait dans le Paris de l’Occupation les opérations théurgiques de Martines de Pasqually et de ses émules. Le 24 septembre 1942, la Chose répondit pour quelques-uns, dont il était – quel signe ! – à l’appel de l’homme de désir. S’en suivit la résurgence de 1943, après que Robert Ambelain eut été ordonné réau-croix par Georges Lagrèze, le 3 septembre de cette année. A son tour Ambelain lui conféra les premiers grades coëns le même mois et, à l’équinoxe d’automne 1944, il l’ordonna réau-croix. Si Robert prit ses distances avec la théurgie coën, il n’a jamais cessé de l’étudier et d’attester qu’elle surpasse la magie naturelle et la magie céleste et peut ouvrir une voie spirituelle à quelques-uns, à condition – mais condition ô combien indispensable ! – de ne pas la détacher de la foi et des exercices religieux prescrits. Mais à l’instar du Philosophe inconnu, coën de cœur, et même d’action, Robert resta jusqu’au bout, pour le bénéfice de quelques-uns. Ses « carnets d’un élu coën » (2001-2002) en témoignent.
De même, Robert avait été admis par Robert Ambelain, en 1944, dans l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
Pour mémoire et presque en marge, la fondation, le 11 septembre 1945, avec Paul Laugénie et Edouard Gesta, des Amis de Saint-Martin, tombés en sommeil, puis réveillés en 1972, sous la présidence de Léon Cellier et la présidence d’honneur de Robert Amadou. Las, les Amis passèrent ensuite du côté des instituteurs dont Robert n’avait de cesse, à l’instar de Saint-Martin, de condamner l’approche mortifiante et mortifère.
3.
Restituer l’occulte à la culture fut le premier combat, le premier service de Robert Amadou. Avec quelques-uns de sa race, il a combattu avec succès contre les récupérations mercantiles et universitaires de l’occultisme. Puis il a restitué aux occultistes, à toutes les femmes, à tous les hommes de désir, beaucoup de leur patrimoine oublié.
Lors d’un de nos derniers entretiens, je convainquis Robert qu’un troisième combat nous était désormais imposé. Car voici que des voyous cherchent à leur tour à s’emparer de l’occultisme. Ceux-là ne l’auront pas épargné pendant les dernières années de sa vie terrestre ; ils n’épargneront pas plus sa mémoire, je le sais, dans les années qui viennent. Mais de nouveaux combattants se sont dressés sur le champ de bataille.
 
Contre tant d’occultistes du dimanche, Robert Amadou vivait l’occultisme – synonyme pour lui d’ésotérisme – au quotidien, parce que son quotidien était au service de Dieu et des choses de Dieu, le sacré, nos « objets » aimait-il à dire, en écho de Saint-Martin. Ainsi, Robert ne quittait jamais la soutane qui signifiait son engagement religieux et initiatique, quitte à scandaliser les bourgeois pour qui n’existe, en matière vestimentaire comme ailleurs, qu’un modèle, unique et profane.
Robert Amadou refusait de tricher, il détestait l’hypocrisie, ne cédait à aucun terrorisme, ne supportait pas l’injustice et ne fit jamais la moindre concession qui puisse, de quelque façon, aliéner sa liberté. En quête de la perfection, qui est, disait-il, la seule fin de l’homme qui doit devenir Dieu, il ne supportait guère davantage la médiocrité. Sa plume, à titre privée, mais aussi parfois publiquement, lorsqu’il s’agissait de réparer quelque outrage, prenait parfois la forme de l’épée. Il brandissait alors la parole de l’abbé de Rancé, dont il avait fait sa devise : « ceux qui vivent dans la confusion ne peuvent s’empêcher de faire des injustices », et ses mots tranchaient vif. Cela lui valut des amitiés pour l’éternité, quelques inimitiés passagères et bien des désagréments.
Pour Robert et Catherine, la Grèce fut pendant quelques années un paradis. Alors qu’elle menaçait de se transformer en enfer, ce fut le retour à Paris, qui fut un purgatoire. Les deux dernières années de sa vie terrestre ont été pour Robert, privé de ses livres et souffrant d’une fibrose pulmonaire d’origine inconnue, une épreuve permanente, tant morale que physique. Et pourtant, la fatigue de plus en plus pesante ne l’empêchait pas, au prix d’efforts quotidiens, de se mettre chaque jour à sa table de travail, sauf pendant l’hiver 2006, et même de se rendre encore en bibliothèque, notamment à la BNF où il se rendit encore deux jours seulement avant son arrêt cardiaque, accompagné, soutenu par Catherine, qui a été un modèle de courage et de dévouement.
En 2003, Robert avait concélébré une messe pour le bi-centenaire de la mort du Philosophe inconnu, en l’église Saint-Roch, à Paris, et cette « sale maladie », comme il disait lui-même, ne l’a pas empêché non plus de participer à la célébration d’une messe annuelle pour Saint-Martin, à Honfleur en 2004, puis à Saint-Roch en 2005. Depuis 1985, une autre liturgie annuelle célébrée par Robert en mémoire de Philippe Encausse, le 22 juillet, rassemblait les proches de Philippe que Jacqueline a rejoint à son tour, en février dernier.
 
Le 22 mars, à dix heures trente, à Montfermeil, en l’Eglise Sainte Marie Mère de Dieu, la liturgie des défunts selon le rite syrien orthodoxe a été concélébrée, en araméen et en français, par le père Yakup Aydin, de l’Eglise syrienne, assisté du père Antoine Abi Acar, de l’Eglise maronite, et du père Jean-François Var, de l’Eglise catholique orthodoxe de France. Ce dernier avait, le matin, célébré un petit office, à l’hôpital Cochin, en présence de Catherine et de quelques intimes, réunis autour du corps de Robert. D’autres amis, parfois venus de loin, se sont retrouvés ensuite au Père Lachaise, sous une pluie battante, pour un dernier adieu. Au bras de Catherine, Jacqueline Corcellet, l’amie de toujours, et une autre Jacqueline, venue de Grèce.
Celui qu’Albert-Marie Schmidt, en 1950, promouvait jeune maître, sans jamais se prendre ni se donner pour tel, mais revendiquant le statut d’un vieil étudiant, n’a pas cessé, pendant des décennies, de s’instruire et de nous instruire. Robert Amadou m’en voudra-t-il de reprendre à mon compte la formule immortelle par laquelle Joseph de Maistre qualifiait Saint-Martin et par laquelle je souhaite l’honorer à mon tour ? Robert était le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes.
« Quiconque a trouvé son flambeau n’a plus rien à chercher ; mais il lui reste toujours à le conserver, ce qui est incomparablement plus difficile » dit le Philosophe inconnu. Serviteur du Seigneur et de son Eglise, ami de Saint-Martin et avec lui de tous les Amis de Dieu, combattant du bon combat, Robert Amadou fut pour moi, comme pour d’autres, un flambeau de la lumière du Seigneur. Dieu voulant, Dieu aidant, nous tâcherons de conserver cette lumière. Quant à Robert, il bénéficie désormais, dans une plus grande lumière et dans l’attente de la pleine lumière, de la compagnie de Sophia, Sagesse divine et parèdre du Christ. A ses côtés, il poursuit, je le crois comme il le croyait lui-même, sa tâche dans le sein d’Abraham.
Adieu le théosophe, le rose-croix de l’ethnocide ! Adieu mon vieux maître, mon frère et mon ami !
Serge Caillet
sergecaillet@gmail.com
 
Cet hommage a été publié dans la revue
l’Initiation, n° 2, avril-mai-juin 2006, pp. 88-100.
Publié il y a 4th May 2007 par
Libellés: Robert Amadou

Le Temps … 7 février, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Temps

Publié le 3 décembre 2016 par Gérard Baudou-Platon

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Le temps

La Déesse Neith ….

(Inscription au fronton du temple de Saïs)

«  Je suis ce qui est, ce qui a été, ce qui sera,

Nul n’a jamais soulevé mon triple voile noir.

Le fruit que j’ai en engendré est le « Soleil » »

Le compagnon de Neith est Oupouaout, l’ouvreur des chemins … Avec Neith nous sommes dans la sphère des « Shemsou-Hor » et dans la mouvance des Grands anciens …

L’apprentie, Noen, dans le Temple du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, Voie Orientale, de sa colonne du septentrion doit tendre l’oreille, ouvrir les yeux, à chercher à comprendre par le cœur, par l’esprit … par la raison … Elle contemple cet espace considéré comme « sacré » … Son chemin parcouru depuis son statut de profane vers une « initiée ayant reçu la lumière » l’a conduit à se confronter à un ensemble de symboles. Chacun d’entre-eux  parle à son cœur et à son âme et éveille en elle une connaissance particulière.

Il est à propos de dire « connaissance » car la « Franc-maçonnerie n’étant pas un système de transmission dogmatique », elle n’érige rien, à partir des messages qu’elle suggère, comme une vérité absolue ou devant être reçu comme telle » … son rôle : la révélation de soi …  le « Connais-toi, toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux » … ainsi la vérité exprimée par chaque Franc-maçon sera la vérité qu’il conçoit en son âme et conscience … Vérité qu’il apportera dans l’Athanor de la loge( ou de l’atelier) afin qu’elle se confronte aux miroirs de ses alter-égaux

L’Apprenti (Terme générique), après un parcours particulier « Profanum », aura été attiré par le « Naos », par la « circulation de la lumière » puis il aura côtoyé une démarche très instructive grâce à l’examen d’un « Compagnonnage particulier : celui de Platon » … un voyage, d’abord intérieur, s’il en est, au sein d’une  ancienne Égypte qui reste, aujourd’hui d’une richesse absolue en ce qui concerne l’accès au « savoir » et à la « connaissance ». Quels autres éléments symboliques lui sont-ils suggérés dans le Temple qu’il côtoie, maintenant ?

Une juste apposition de la lune et du soleil, une Houppe dentelée suggérant 12 fenêtres dans la voute céleste, chacune d’entre-elles évoquant un symbole que tout profane associera à la représentation de l’infini … mais aussi, d’un événement Cosmique qui fut à l’origine de tout …

Voici, donc, deux éléments qui interpellent profondément l’apprenti. Sans doute a-t ‘il raison  car voilà deux symboles qui lui parlent en profondeur et qui désignent, enfin, quelque chose de « vivant » … en un mot le « mouvement » …

L’un apporte la lumière et réchauffe la Terre et son absence détermine la nuit … l’autre rarement  visible le jour trône la nuit … soulignant des phases que le psychisme humain identifie à diverses situations réglant sa vie de façon quasi intime …  L’un rythmant jour-nuit et ensoleillement de toute la nature selon une judicieuse dilution orchestrée par les saisons … l’autre présidant à la germination … Oui, le couple  « Soleil – Lune » nous parlent de Vie et de Cycle … de Cycle de vie … et d’alternance.

Noen sent que la nature est « palpitante », qu’elle pulse, qu’elle construit inéluctablement, qu’elle conduit une création suivant un ordonnancement, manifestement, sans faille …

Voici … qu’apparaît ce qui se succède, ce qui est simultané, ce qui est occurrent, ce qui disparait puis revient. Voici, alors, des séquencements d’événements de toutes natures d’où émerge l’idée d’une  Horloge … le Calendrier et leurs phénomènes récurrents … Les Marées … le pouls humain … le souffle dont on dit qu’il peut être Cardiaque ou Mental …  le rythme social … économique … politique … tout semble alternance …

Tout est mouvement et transformation   quelle en est la cause ? Ou les causes ? …

… Le Temps …

Nécessaire ou inutile …. Présent ou Absent … Réel ou conceptions opportunes …

Le mouvement … Un concept claviculaire pour comprendre la Vie conduit à cette notion partageable par tous les chercheurs du Monde entier qu’ils soient scientifiques ou ésotéristes convaincus … car, en effet lorsque l’on évoque un mouvement il est difficile de ne pas le relier à un rapport « Espace / temps » voilà, un mouvement uniforme puis … un nouveau rapport entre le précédent rapport avec de nouveau le temps … né, par conséquent, l’accélération ou le mouvement uniformément varié sous l’action de forces, de gravitation (concept à l’œuvre dans tous les univers)… ainsi nous vient à l’esprit une nouvelle notion : « l’espace-Temps » … terme définissant les caractéristiques vivantes d’un lieu, partie du monde manifesté qui nous entoure.

Qu’est-ce que le temps ? Si d’aventure il est, assez, simple de définir « l’espace » (ce qui reste à démontrer) parler de la notion de « temps » est d’une grande complexité. Pour l’heure l’apprenti  sentira naturellement qu’il faille, à son stade, faire appel à l’intuition.

La logique humaine nous fait concevoir que la cause d’un phénomène est, forcément, antérieure au phénomène, lui-même. Lorsqu’il se produit il est impossible de revenir en arrière … la flèche du temps a une origine et une seule direction !!! … peut-être, peut-être ?

Pourtant il y a le « temps objectif », le « temps subjectif » … derrière le terme « Temps » émerge une complexité de notions toutes aussi vraies et toutes aussi essentielles … qu’est-ce que : la simultanéité, la succession, la durée, le changement, l’évolution, la répétition, la « synchronicité » chère à notre frère Young … le devenir

Le temps crée, use, détruit, sans jamais reconstruire ce qu’il détruit … il élimine mais il construit … jamais la même chose … enrichit-il ?  Adapte-t’il ? rend t-il adéquat ?

Le temps séquence les phénomènes (actions, réactions, rétroactions, évaluations, adaptations, …), la pensée, l’humanité … quel était le temps des civilisations disparues (le temps de l’Atlantide, le temps de la Mésopotamie, celui de l’Egypte ancienne, d’Alexandre le Grand),  le temps de la chrétienté … celui de Saint Augustin, pas celui des Arabes ni celui des Chinois, le temps du moyen-âge. Il n’est pas le temps du Siècle des Lumières, ni celui du 20ième siècle … celui des ténèbres mais aussi des révolutions industrielles, le temps du 21ième siècle qui n’est pas le temps de la construction des pyramides ni celui des cathédrales … c’est celui du temps raccourci, de la communication, de l’inter-connectivité … celui des réseaux sociaux, de l’événement médiatique immédiat, des technologies mobiles, celui la prolifération mathématique et des espaces multidimensionnels …

Mais alors ce temps, que signifie-t-il ?, y a-t-il un temps absolu ? Un temps relatif ? Existe-t-il, seulement ? Ou est-il tout simplement multiple et associé juste à une configuration … locale ?

Aristote nous explique cela : « Puisque le passé n’est plus, puisque l’avenir n’est pas, encore. Puisque le présent n’existe déjà plus dès qu’il a commencé d’exister comment pourrait-il être … un « être temps » … Bergson, lui fera la distinction entre temps objectif et temps subjectif et dira «  le temps est celui qui est vécu er ressenti par chaque être humain » …

Descartes, Kant professent l’idée que « le temps n’existe que selon l’esprit de l’homme ». Une manière de saisir l’ensemble des événements reposant sur la conscience humaine … l’homme non conscient serait-il, alors, hors temps ?

Mais revenons à Galilée qui nous confirme que « le temps est une valeur quantifiable susceptible de mesurer le mouvement » examinant la chute des corps il comprend, alors que la vitesse acquise est proportionnelle au temps de chute !!!! (Belle démonstration pour dire que le temps appliqué à lui-même nous projette dans un autre monde celui des forces d’attraction ou de gravitation et sa conséquence première : l’accélération des masses)

Newton mais aussi Stephen Hawkins évoquerons la théorie du temps absolu « avec une bonne horloge le temps devient le même pour tous »

Mais il existe un temps objectif … celui des objets célestes (-5000 Chine), celui des Clepsydres (horloge à eau) (-2500 Mésopotamie), celui des sabliers (1300), celui de l’horloge de Huygens qui utilisa le pendule (1656) … puis celui du balancier à spirale (1675) …  l’invention du Chronomètre marine par John Harrison (1761) … les premiers chronographes au 10ième de seconde en 1821 … l’horloge Astronomique, horloge Atomique  … Le temps de cosmologistes … qui détermineront l’origine de toutes existences (13,7 Milliard d’années pour notre univers … 4.5 Milliard d’année pour notre espace solaire et notre planète Terre, 3,5 million d’années pour voir apparaitre un bipède …

Avec Albert Einstein … le temps absolu n’existe pas … il est relatif et se définit dans une notion connue sous ne nom « Espace-Temps » (au moins trois dimensions + une pour simplifier). Il sera, alors, important de signaler le paradoxe des frères jumeaux de Paul Langevin. Pour ce dernier le temps n’est pas le même, lorsqu’il est évalué dans deux espace-temps en mouvement l’un par rapport à l’autre. Une horloge placée dans l’un et l’autre de ces deux espace-temps montrerait que l’une et l’autre se « désynchroniserait » … ce qui implique la valeur du temps dans l’un et dans l’autre des espaces-temps n’est plus la même !!!! (Phénomène parfaitement vérifié pour les satellites dont l’horloge embarquée détermine les résultats du système GPS). Il est, dès lors nécessaire des systèmes permettant la parfaite synchronisation avec notre planète Terre.

Enfin toute la famille des physiciens quantiques, pour les désigner … Planck, Einstein pour une part, De Broglie, Bohr puis Pauli, Heisenberg, Jordan, Dirac … et enfin Schrödinger, Born … tous ayant concouru à  modéliser un monde subtil grâce à la description de « fables » permettant de décrire des réalités physiques expérimentées et évaluées selon des probabilités crédibles et  de dire que le vide interstellaire et atomique est en fait un « plein » (nos ésotéristes nous l’avaient suggéré) un plein d’in-formation circulant à des vitesses qui sont de l’ordre de 20.000 fois la vitesse de la lumière ce qui démontre l’interrelation entre tous les éléments de l’univers, l’intrication de toutes formes de réalité, le principe de non localité, la croyance en la présence de multi-univers mais aussi d’un méta-univers produisant in-formation et processus de création ordonné … allant même à penser que la présence d’un champ A (Champs Akashique ?) pourrait être la référence de tout système d’où peut émerger vie et conscience … Qu’elle lien entre cet Akasha et les sources de l’âme ?  … quel lien entre ce que l’on vient d’écrire et notre capacité à changer le vieil homme que nous sommes ?

physicquanta-ingres

Cette photo, particulièrement symbolique du lien entre l’homme et le cosmos, a été tirée du blog dont je mets, ci-dessous, le lien …

https://allevents.in/neuchatel/physique-quantique-et-loi-de-l’attraction/1134548449936857

Ainsi pour l’apprenti … lorsque le moment est venu … lorsqu’il se trouve sur les parvis … il accomplit le passage d’un monde profane vers un monde sacré … l’un semble mettre en œuvre de multiple façons d’évaluer les dimensions temporelles qui y sont attachées. Dans le temple d’autres dimensions temporelles se font, dès lors, jour … elles ont trait aux dimensions profondes qui construisent toute vie, toute création, au travers d’un souffle qu’il faudra sans doute découvrir. Dans tous les cas, son corps, son esprit, du fait de l’incarnation qu’il expérimente, ici et maintenant, devra prendre en compte ces deux espaces … son temple intérieur & son temple extérieur.

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, Voie Orientale notamment, est un Rite dont la vocation est, dès le degré d’Apprenti, d’apprendre à intégrer de nombreux champs ou plans de réflexion … Symbolisme, Philosophie surement mais aussi Physique, Mathématique, Métaphysique, Hermétique … ainsi l’apprenti souhaitera devenir Compagnon car l’apprentissage des Arts Royaux lui sera d’un grand secours pour … entrer en lui-même … et intégrer tous les temps qui structurent sa propre vie.

Faire mourir le vieil homme qui est en nous pour se régénérer en Homme réalisé c’est-à-dire devenir un être conforme et incarnant en tout point l’harmonie universelle des forces primordiales

Noen, a appris que l’espace est remplit de l’Energie, de Matière … mais le Temps. Si la vie est Mouvement alors l’espace a besoin de Temps ……. le « Temps » … est-il discontinu ?, est-il linéaire ?, est-il cyclique ? Est-il relatif ? Est-il uniforme ?…

Notre Sœur Noen se rappelle de ses premiers cours de physique … lorsque relation était faite entre Espace et Temps

Dès lors le facteur « temps » est de la plus haute importance à la fois sur le plan des différentes sciences dites objectives mais aussi sur le plan de l’organisation des sociétés (lorsque le temps des changements technologiques, des systèmies organisationnelles et même de l’évolution des savoirs ne sont plus en symbiose avec le temps individuel, intérieur du monde vivant et notamment de l’homme)

Que nous disent les anciens ?

Qu’Il existe des enseignements issus des Egyptiens et datant du 1ier siècle, connu sous le nom de « Corpus Herméticum » … il exprime le fondement d’un système de croyances qui voyait une connexion entre le cycle des étoiles, celui des hommes et des choses terrestres …  « Dieu organisa le Zodiaque en accord avec le cycle de la nature  …. Et conçut une machine secrète (le Système Stellaire)  associé au destin infaillible et inévitable auquel tout, dans la vie des hommes, de leur naissance à leur destruction finale, sera nécessairement soumis … et tout autre chose, sur Terre, dépendra également du fonctionnement de cette machine »

L’égyptologue Richard Wilkinson explique que jusqu’à des temps forts reculés trois grands thèmes : la structure cosmique originelle, la fonction cosmique dans le présent et la régénération cosmique … pouvaient être considérés comme récurrents  dans le symbolisme des Temples Egyptiens ….

Rundle Clark précise que tous les rituels et les fêtes pharaonique de l’Ancienne Egypte étaient « la répétition d’un évènement ayant eu lieu au commencement des Temps »  ….. « Les principes fondamentaux de la vie, de la nature et la société avaient été déterminés par des Dieux depuis longtemps, avant l’établissement de la Royauté … cette période, appelée Zep-Tepi « les premiers Temps » dura du moment où « le grand Dieu » fit son premier mouvement dans les eaux primitives jusqu’à l’intronisation d’Horus et la Rédemption d’Osiris … tous les mythes authentiques relatent des évènements de cette époque » …  (Jubilée Heb-Sed …. Le Zep-Tepi Heb-Sed ou le Hed-Sed des premiers temps  … Zep-Tepi Wahen Hed-Sed ou la répétition du Hed-Sed des premiers temps)

Ces fêtes Hed-Sed consacraient « Pharaon » apte à faire corrélation entre Ciel & Terre afin d’assurer Fertilité, Santé et Richesse

Ces fêtes étaient en relation avec ce que l’on appelle le « Cycle Sothiaque »  …. Pharaon suivait, alors, le trajet du Dieu Soleil Rê-Horakhty (Horus de l’Horizon)

Le cyclique sothiaque correspond au temps qu’il faut pour  que le temps présent  revienne à l’identique lorsque l’on compte la longueur d’une année en 365 jours … alors que manifestement la révolution solaire telle qu’elle est calculée est de 365 jour 2422

En effet si l’on considère que le Soleil fait une révolution en 365 jours ¼ (soit 0,25 jour en plus)  … l’on constatera, si nous ne prenons en  compte que 365 jours, qu’il nous faudra 365/0,25 soit 1460 ans pour « resynchroniser » les deux calendriers … année civile & année Sothiaque ##

Le Cycle Sothiaque concerne le lever héliaque de Sirius à l’Horizon … si cet évènement fût constaté en l’an 139 ap JC … alors le Zep-Tepi devrait avoir eu lieu (139 -1460) 1321 Av JC …. Ou 2781 av JC …. Ou 4241 av JC … 5701 av JC …. … … 11541 av Jc

Ainsi une fois tous les 1460 des super Jubilé étaient célébré « le retour du Phénix »   … les premiers temps » pourraient bien être à cet âge d’0r ou pour la première fois l’homme aurait vu Sirius pointer à l’Horizon … dans le livre « le Code Secret des Pyramides » (Robert Bauval) un chercheur utilisa le calculateur Starrynight qui utilisait un logiciel astronomique ultra performant dans la  reconstruction du ciel cosmique en fonction d’une date donnée) et proposa que cet évènement aurait eu lieu en 11.541 avant JC !!!

« A ce moment Sirius émergeait au Sud de l’Egypte …. Un observateur tourné vers  l’Est aurait vu, simultanément,  le lever d’une autre légendaire constellation  …  l’astronome Nancy Hathaway décrit ce moment avec lyrisme « la constellation du Lyon ressemble à un animal dont elle porte le nom … un triangle d’étoiles trace le contour de la patte arrière …. L’avant de la constellation comme un point d’interrogation géant retourné, profile la tête, la crinière et les pattes avant … au pied du point d’interrogation de se trouve « Regulus », le cœur du lion » »

Sur le plateau de Guizeh  il existe un Lion tourné vers l’Est que l’on nomme le Grand Sphinx …. Entre ses pattes se tient une grosse pierre couverte d’inscription dont celle-ci «  ceci est le lieu Splendide du Premier Temps » …. (Message ésotérique du Sphinx selon Etienne Guillé : Savoir, Vouloir, Oser, se taire)

En 11541 ans avant JC  … la voie lactée se trouvait, alors, dans l’axe du Nil …. « Ainsi les eaux d’en haut (la voie Lactée) fécondait les eaux d’en bas (le Nil) » …. Et notre rituel ajoute « en la même mystérieuse saison » … en ce temps, Sirius, le Phenix-Bennu s’était sphynx-04posé et avais mis en marche le « Temps »

Les Egyptiens de 2781 avant JC  (date du Retour de Sirius …  la réapparition du Phénix) fut le départ de la construction du complexe pyramidal de Guizèh et de l’implantation des Temples  … cette disposition représentait dans son intégralité la cosmologie, le renouveau cosmique et l’autorité cosmique qui affectait les Egyptiens … les prêtres d’Héliopolis se mirent à mettre en œuvre l’aménagement de la région de Memphis et d’Héliopolis

Mais une autre forme de Temps peut être pointée par la raison : c’est le grand cycle Solaire … comme le cycle Sothiaque il est déterminé par le fait que une révolution solaire se fait en 365 jours et 0,2422 ou pour simplifier 0,243 jours … ainsi basée sur une année de 365 jours  … le dit Cycle se régénère tous les 365/0,243 soit 1506 ans  … ce sera le retour du jour de l’an au Solstice d’été …  ce Cycle se nomme « le Grand Cycle Solaire »

Enfin le « symbole solaire » de notre Temple (et le luminaire du tous les mondes vivants) nous invite, toujours, en relation avec notre planète « Gaia » (Note Terre-mère) à prendre en compte une autre notion …. La « précession des équinoxes »  qui fut bien comprise par les Egyptiens …. En témoigne la construction de temples de Satis bâtis en Eléphantine, les temples d’Horus construit sur la colline de Thot … les Temples d’Isis à Dendérath … ce cycle est de 25.960 ans … ce cycle sera nommé « la grande Année »

Précisons un peu :

S’agissant de la Grande Année … pour simplifier nous dirons que la précession des équinoxes fait croiser la route du soleil avec l’équateur de la Terre (« point vernal »)  … terre_axe04avec un recul de 1° tous les 72 ans dans le champ Zodiacal …. Ainsi faudrait-il  (72 ans * 30 soit 2160 ans) pour reculer d’un signe …. Pour l’exemple, selon les données astronomiques,  l’Ere du poisson aurait débutée  en -130 Av JC … et verrait sa fin en 2030 Ap JC  …. Là commencerai l’ère du verseau !!!  ….

Il conviendra de noter que l’Ere du Poisson, nommée « ère de César » …. A vue épopée Christique se développer  sous le symbole même du Poisson : l’évangéliste Luc en sera témoin et porteur du symbole  …

Pour parcourir l’écliptique dans sa totalité, c’est à dire les douze constellations, le temps serait de 2160 * 12 soit 25920 ans

Profitons d’en être à ce point pour compléter une définition naturelle du découpage temporel de notre espace Terre. De façon classique que cela soit dans l’hémisphère Sud comme au Nord au niveau du +- 45° parallèle lorsque le Soleil passe au point Vernal, il déterminera un point « Zéro » pour nos saisons … entre le 19 et le 21 Mars ce sera, pour l’hémisphère Nord le « Printemps » (en 2016 le 30/03/ à très exactement 5H30’11’’) … puis l’Eté … Puis l’Automne … enfin l’Hiver … (et l’inverse pour l‘hémisphère Sud) Il n’y a pas lieu de préciser plus mais il nous sera facile de comprendre que les énergies et la lumière associées à ces saisons orchestreront la magnificence de la création sur notre Planète Terre

De même rappelons qu’un autre effet et non des moindres !!! sera mis en œuvre par un autre Symbole : « La Lune » … avec son cycle de 28 jours en moyenne … au moment de l’équinoxe de printemps 2016 … la pleine lune était le 23/03 …

Sur le plan astronomique :

Là, encore, inutile de préciser, ici, toutes les conséquences tant elles sont nombreuses sur notre environnement et même en médecine !!!

Voilà la magie des Cycle … mais revenons, quelques instants, à l’ancienne Egypte … lors de l’écoulement d’une année le fait important  sera la crue du Nil …  de cet événement s’amorcera le début de la nouvelle année ….   Moment de la fécondation  du Nil par les eaux d’en haut …. et sa conséquence bienfaisante … la crue du Nil charriant les limons nécessaires pour la nourriture des hommes et des animaux

La montée des eaux commençait fin juin (21 Juin) … et se terminait fin Septembre..

… en l’an 2781 av JC  qui était un nouveau début du Cycle Sothiaque soit une image des « premier temps » Sirius avait disparu 70 jours avant … le 21 Juin, jour du Solstice d’été  … il réapparait, juste avant le lever du Soleil  … les astronomes égyptiens n’ont pas pu s’empêcher de remarquer une triple coïncidence : Levé héliaque de  Sirius dans la constellation du Lion, Solstice d’été, le début de la saison de la crue du Nil  …. Ainsi les Egyptiens voyaient dans les mystérieux 70 jours qui précédaient la renaissance du Nil une période de transformation magique du « Douat souterrain » menant de la mort à la renaissance  ….

Ainsi s’établissait la première saison : « Akhet »  (Inondation)  … Comprenant 4 mois  (Thot, Phaopi, Athyr, Choiak) … puis la saison « Peret » (émergence) comprenant 4 mois aussi (Tybi, Méchir, Phamenoth, Pharmaouti) …. Enfin la saison « Shemou » de 4 mois également (Pachons, Payni, Epiphi, Mesori)

Suivaient … les jours épagomènes ….  – le jour d’Osiris  – d’Horus, – de Seth,  – d’Isis, – de Nephtys, …  la crue du Nil … le jour suivant ce sera le premier  jour du mois de Thot … en ce temps-là cela devait être le 19 juillet

Dès maintenant l’Apprenti notera que toutes ces « intuitions » sur la notion de temps seront présentes partout, dans toutes les civilisations, dans toutes les religions, dans toutes les sensibilités initiatiques, mais aussi dans tous les calendriers profanes !!!!

Concernant notre Ordre, l’OIAPMM, notre Calendrier a retenu le décodage scientifique du symbole …. crue du Nil le 19 juillet …. Adombrement de Terres de Memphis après la gestation du Nil  – 29 Aout (+ 40 jours) …. Retrait des eaux le 30 Septembre

Dans ce cas : Les jours épagomènes que nous avons retenus ….  – 24 Aout :: Osiris  – 25 Aout :: Horus, – 26 Aout :: Seth, – 27 Aout Isis, – 28 Aout Nephthys, … puis Le 29 Aout la Maturation/Accouchement du Nil  … le 29 Aout, ce sera le premier  jour du mois de Thot …

Les deux Calendriers sont, pourtant, éminemment intéressants sur le plan symbolique … :

Les Anciens égyptiens ne semblaient pas vouloir établir une chronologie de référence et laissaient de côté la chasse au temps qui nous préoccupe tant, aujourd’hui.  Seuls les cycles les intéressaient puisqu’ils rythmaient à ceux-ci leurs vies et leur richesse …. L’alpha et l’Omega du temps leur étaient indifférents … Tout était au temps de l’an 000.000.000 de la Véritable Lumière  … c’est-à-dire un temps de l’indéfinissable « origine du temps »

Une convocation à une tenue du 22 Octobre 2016, par exemple, se traduira au sein de notre rite par le texte suivant :

« J’ai le grand plaisir de vous informer que le 25 du mois de Paophi de la Saison Sha de l’an 000.000.000 de la V...L... soit l’an13.557 du « Zep Tepi » Vous êtes cordialement invités à venir partager nos Travaux Fraternels, en Tenue de Loge dans un lieu empli de Mystères, très éclairé par la Lumière d’Egypte ». Sachant que le Zep-Tepi fut évalué à l’an -11541 … et la nouvelle année commençant le 1ier Jour de Thot soit le 29 Aout dans notre Calendrier.

D’autres sensibilités utilisant notre Rite utiliseront d’autres dates … le choix des « origines » et dès lors significatifs sur le plan initiatique, philosophique, politique ou sociologique … le temps ne « compte » pas seulement, il situe un peuple dans sa référence historique

Au sein de l’année égyptienne, encore des Rythmes (cf. Supra).

Comme nous l’avons déjà évoqué, notre Rite avec ses 90 degrés initiatiques traditionnels doit nous mener vers une condition propice à l’éveil … ainsi dans la recherche d’une définition « du temps » nous avons pu appréhender le fait que rythme cosmique, Rythme terrestre et Rythme du vivant pourraient bien être lié de façon intime. La Médecine Traditionnelle Chinoise en est un exemple. C’est une médecine basée sur la maitrise des énergies, de la matière … et du Chi qui garantit les bons équilibres et les transformations nécessaires à l’entretien de cette vie si fragile dont la durée dépend de notre capacité individuelle à « s’adapter ». Elle nous enseignera que l’année Terrestre verra le siège, pour la biologie humaine, d’un cycle très précis qui conditionnera notre état de santé. En voici le découpage :

Le printemps : du 07/02 au 05/05 … 46 jours avant et 47 jours après notre Équinoxe du 21/03 … en ce temps-là ce sera le règne du « Air » (le Vent)

L’été : du 06/05 au 06/08 … 50 jours avant et 47 jours après notre Solstice d’été (environ 21 juin) … en ce temps-là ce sera le règne du « Feu »  (la Chaleur)

L’Automne : du 07/08 au 06/11 … 47 jours avant et 46 jours après notre Équinoxe du 21/09 … en ce temps-là ce sera le règne du « Eau » (l’Humidité)

L’Hiver : du 07/11 au 06/02 … 47 jours avant et 42 jours après notre Solstice d’été (environ 21 Décembre)… en ce temps-là ce sera le règne du « Terre » (la sècheresse)

En « MTC, Médecine Traditionnelle Chinoise » Santé, source de maladie et traitement seront évalués en référence à ces différents cycles

Maintenant, tenter de placer la création dans une histoire cosmique nous amènera, encore pour l’exemple, à méditer sur le déroulement de l’œuvre cosmique selon les années divines svastika-001-gris(hindou) … selon une source …  un jour de Brahma (le Kalpa) comprend 14 manvantaras  …. Un Manvantara (nous sommes dans la 7ième) est composé de 64.800 ans  … Ces 64800 ans ordonnées selon la relation mythique  4,3,2,1  ….

4/10 de 64.800 * 4 …. 25.900 ans c’est le Krita – Yuga ou « Sattwas » … l’âge D’or

3/10 de 64.800 * 3 …. 19.440 ans c’est le Treta –Yuga ou « Rajas » … l’âge d’Argent

2/10 de 64.800 * 2 …. 12.960 ans c’est le dwapara-Yuga ou « Tamas » … l’âge d’Airain

12.960 ans ce sera la grande Année selon des Grecs et les Perses

1/10 de 64.800 …. 6480 ans c’est Kali-Yuga ou « Tamas » …. L’âge de Fer  …

Il sera aisé de constater que un Manvantara contient 5 Grandes années Grecques et Perses  (12.960 * 5 = 64.800) … dans ce cas, si la fin du cycle est en 2030 …

Du point de chronologique, il y concordance quasi parfaite avec les récits de « Platon » figurant dans le « Timée et de Critias » …

La fin de l’ère du Kali-Yuga (âge de fer prévu en 2030 (une différence de 40 ans avec ce qui est écrit supra)) où il était prévu par les anciens un temps chaotique et de grandes catastrophes …

Qu’en pensons-nous ?  

Voilà sans doute une belle démonstration de synchronisation des évènements sur notre planète … d’autres synchronisations sont proposées par l’histoire, plus conforme à des textes de grands initiés …

Tout d’abord « Samain » le 01 Novembre : « Cette heure n’est pas une période de l’année car il n’y plus d’année. La vieille année celtique s’achève, la nouvelle année commence. A Samain le Temps n’existe plus »

Ensuite « Alban Arthan » le 21 Décembre qui correspond au Solstice d’Hiver … « Par les Noms Sacrés de Lugh et de Koridwenn, Emanations Supérieures de l’Incréé, en vertu des liens existant entre vos Intelligences et le Tribann, nous nous inclinons respectueusement devant vous. Nous sommes au Solstice d’Hiver de l’Année des Humains. Nous sommes rassemblés Ici et Maintenant… afin de célébrer la Renaissance des Forces vives de la Terre – qui vient à nouveau de s’éveiller sous le Feu du Jeune Soleil. »

Puis, « Imbolc » le premier février … « Il est vrai que depuis la Nuit-Heureuse de la Fête du Gui qui marque le Solstice d’Hiver, tandis que les semences pointent leurs germes dans le sein de la tiède glèbe ; que la sève reprend avec lenteur son ascension dans le tronc des arbres et les tiges des plantes…le Jour grignotant la Nuit, a préparé la solennité de IMBOLC que nous célébrons ce soir. Et de cette Nuit-Heureuse jusqu’à celle triomphale de Lughnasad, le Char de Belen conduit par Berc’Hed va illuminer de plus en plus durablement le Ciel et la Terre… »

Suit, « AlBan Eiler » le 21 Mars soit vers l’équinoxe de printemps … « L’œuf d’Or est Equilibre entre les Forces Solaires et les Forces Lunaires ; équilibre entre la Vie et la Mort par le Souffle de Vie du dragon, le Grand Serpent-Vert. Cette Harmonie jaillit de GWENVED en cette saison des Semailles … »

Suit, encore, « Beltaine » le premier Mai … « Nous venons d’assister à la Danse de l’Arbre de Mai effectuée sur la Musique des Druides : le «Jabadao».  Danse et Musique sacrées qui nous mettent en relation avec le Cosmos, et se faisaient à l’origine dans une clairière dès la minuit passée, face au ciel étoilé. Les Anciens d’Hyperborée rendaient ainsi grâce aux Etoiles qui tournoyaient autour de l’Axe du Monde Celtique = la POLAIRE, faisant partie des deux OURSES, la Petite et la Grande. C’est pourquoi également le Roi Mythique s’appelait  ARTUS (l’OURS). Ce puissant Symbolisme est toujours vivace de nos jours, et nous nous devons de le connaître au mieux.… »

Vient, « Alban Efin » le 21 Juin … près du Solstice d’été … « Nous sommes au Solstice  d’Eté,  Fête du Feu Nouveau, du Feu Purificateur. Nous sommes assemblés ici pour célébrer la Renaissance de la Nature, de notre Terre-Mère, en ce Jour le plus long, en cette Nuit la plus courte.… »

Puis « Lughnasad » le premier Aout … « Voici venu le Temps de la première Moisson. Les fruits mûrs tombent, les blés dorés seront fauchés et battus, le foin sera étalé pour sécher. C’est le moment où Gwion Bach fut avalé sous forme de graine ; c’est le moment où il est entré dans le noir de la Matrice du Monde. »

Enfin, « Alban Elfed » le 21 Septembre ou près de l’Equinoxe d’Automne … « Enfants de la Terre, les Portes de la Nuit sont ouvertes. Effectuons nos provisions de nourriture pour nos survies ; effectuons nos provisions d’énergie pour nos esprits ; effectuons nos provisions d’amour pour nos cœurs. Attendons dans la Paix, le Printemps »

Qui fut imposé par la Convention, le 5 Octobre 1793. Ce calendrier part du 22 Septembre 1792. Il est structuré de la façon suivante. 12 Mois de 30 Jours (soit 360 jours) … et 5 Jours calendrier-revolutionnaire-allegorieparticuliers, «  les sans-culottides » correspondant à des valeurs Républicaines foncières : « Vertu », « Génie », « Travail », « Opinions », « Récompenses » …. Et enfin 1 journée supplémentaire tous les 4 ans … ce sera la « fête de la révolution ». Ainsi le Printemps sera composé du mois de Germinal (Germinations), de Floréal (Fleurs), Prairial (Prairies) … l’Eté du mois de Messidor (Moissons), Thermidor (Chaleur), Fructidor (Fruits) … l’Automne avec les mois de Vendémiaire (Vendanges), Brumaire (Brouillards), Frimaire (Frimas) … et enfin l’Hiver et ses mois de Nivôse (Neiges), Pluviôse (Pluies), Ventôse (Vents)

cyclesvie-humain-001En haut le monde cosmique et ses influences planétaires … au centre des pulsations cardiaques … mystère des mystères où la matière s’anime et déclenche rythme et souffle … en dessous des biorythmes qui symbolisent un rythme interne qui semble contrôler les divers processus de toute biologie …

 

Selon les Grecs la vie de l’homme serait liée au nombre 7 et chaque « septénaire » fait l’objet d’un bilan « de pertes et d’acquisitions » … citons « Solon »

« Sept. L’enfant perd ses dents et d’autres les remplacent, et son esprit s’accroit

Sept, encore se passent et son corps florissant se prépare à l’amour.

Trois fois Sept, sa vigueur va grandissant, toujours, et sur sa fraiche joue un blond duvet se lève,

Sept, encore, il est mur pour les travaux du glaive. Son esprit et son corps sont tous deux accomplis.

Cinq fois Sept, il est temps que vers de justes lits, il tourne sa pensée et choisisse une femme.

Six fois Sept : il a su, enrichissant son âme, vivre, penser, combattre, obtenir, s’efforcer, et s’il le fallait, sans deuil il pourrait renoncer aux biens trop éloignés, au but peu accessible, content, dorénavant, de jouir du possible.

Sept fois Sept et huit fois Sept : il se connait soi-même,

Neuf fois sept : tout en lui a gardé sa fierté, mais sa voix au Conseil est désormais moins sûre. Il sent diminuer sa vieille autorité …

Dix fois Sept : de la vie il a pris sa mesure … il va pouvoir dormir avec sérénité »

Bien sûr nous laisserons Solon à sa limite de 70 ans … l’auteur de cette planche l’ayant franchi … Il peut, encore, certifier qu’en bon maçon il n’aspire point au repos !!!!

Pamela Levin, décrit, elle, les « cycles de l’identité » qui s’expriment par Six étapes de croissance et de développement  jusque à l’âge de 19 ans. De la naissance à 6 mois : exister … de 5 à 18 mois : Faire … de 18 mois à 3 ans : Penser … de 3 à 6 ans : découvrir son identité … de 6 à 12 ans : Acquisition des compétences, pouvoir de réussir, se structurer … de 13 à 19 ans environ : donner une unité à sa personnalité, se socialiser ….

Conclusion … provisoire … provisoire !!!

Dès lors, pour l’apprenti un nouveau monde apparait, multiple, diverse, kaléidoscopique, multiforme et sans cesse en transformation sous l’injonction de multiple cycles de vie … des mondes dans des mondes, les espaces-temps encapsulés, interpénétrés … et lui abritant cette multitude ….

Il devra comprendre cela … et même vivre cela … car de cela est-il fait … « Compagnon » il devra pénétrer ces lieux car c’est, sans doute là que se situe … la réalité de son être …

J’ai buriné avec passion

Gérard Baudou-Platon

 

Clin d’Oeil

Le temps et le labyrinthe :

Tiré de Mr René Lachaud …

Il existait dans le Fayoun, au pied de la Pyramide d’Hawara, un gigantesque Temple funéraire à étages  … les voyageurs de l’antiquité disaient que celui qui pénétrait dans ce hawaraTemple ne pouvait en sortir que grâce à l’aide des Prêtres … d’où son qualificatif de labyrinthe … Aujourd’hui ce temple est devenu invisible « à l’épreuve du temps » qui passe inexorablement … pourtant il est présent dans la mémoire … il est donc vivant au-delà de tout matérialité … il niche dans le cerveau au mille circonvolutions labyrinthiques … voyager en Egypte et en explorer les arcanes c’est accomplir une formidable exploration de la mémoire de l’humanité …. Et par conséquent l’histoire de notre propre mémoire …  en progressant dans ce pays on a l’impression très nette de se déplacer dans un espace-temps qui échapperait  à toutes les limitations … et mieux cerner « l’éternité » …

Le livre des morts Egyptiens :

« Je suis l’enfant d’hier qui marche sur le chemin de demain » ….

Mémoire vivace de « Kemet » … plongeant ses racines dans le terreau de notre devenir ….

Et de continuer en écrivant : « Le royaume d’Egypte … échappe aux conditionnements humains … agit comme un révélateur de ce que nous sommes réellement …

Isis retrouve Osiris,

Thot devient Frère avec Seth

Horus affronte encore ses limitations ..

Il existe en soi, un royaume blasonné par le Lys, le Papyrus, le vautour et le Cobra, le roseau et l’Abeille …

« Celui qui n’a pas expérimenté sais peu,

Celui qui a expérimenté a cru en sagesse,

Laisse le voyageur s’instruire encore » »

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil 5 novembre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil … Partie 1

Publié le 16 décembre 2015 par Gérard Baudou-Platon

C’est la question que l’on pourrait bien se poser car la diversité des chemins initiatiques proposés par la Franc-maçonnerie Française, notamment, ne peut être que constatée. Qui trop embrasse mal étreint ? …  Y auraient-ils une ou plusieurs explications  à ce constat ? … La notion l’éveil en serait-elle une ?

Pour tenter de répondre nous allons :

1 : tenter de découvrir ce Franc-maçonnerie sous-tend,

2 : tenter d’aborder un des acteurs principal, animateur s’il en est de l’âme de ces espaces particuliers

3 : présenter très rapidement l’environnement Oriental lié à la notion d’éveil. 

4 : examiner cette voie particulière qu’est le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et vous laisser juge  … Oui … Non ?  

Partie 1 : Méditation sur « la Franc-maçonnerie »

Il est toujours difficile de donner une idée sur l’essence d’un Rite … et même d’en définir l’opérativité. Nous poserons comme incontournable de définir la première pour en supputer la seconde.

Si l’on ajoute l’examen d’un lien, en plus, avec une fonction d’éveil …  alors la difficulté devient immense.

Pour initier cette méditation sur notre thème je ne résiste pas à citer la remarque d’une sœur qui souhaite se présenter comme anonyme mais qui écrit justement : « l’être éveillé s’est définitivement affranchi des apparences. Telle une âme vivant dans l’un ou l’autre monde il s’est totalement libéré des voiles de la matière, ce qui le rend capable de se vêtir à volonté d’une apparence ou d’une autre, tout en demeurant en permanence dans la lumière, dans la nature de l’esprit et la fusion des possibles. L’être vraiment  éveillé sait qu’il n’y a pas plus de frontières entre les mondes, pas plus que de dimension spatiale et que tout se joue ici et maintenant, dans la lumière et dans une communion incessante avec l’absolu »

« C’est par sa conscience que le maçon est relié au divin »

Tentons, alors, d’être exhaustif …

Pour décrire l’essence d’un Rite, certains, feront référence à des liens initiatiques que leur histoire leur permet … vu sous cet angle tout sera, alors, possible … tout et son contraire.

Lorsque nous aurons classé le dit rite en « Judéo-chrétien », « Chrétien »,  « Egyptien », « Hermétique »,  « Primordial »,  « Primitif », « Laïc », …,   aura-t’on fait œuvre d’analyse et de synthèse suffisante ? Rien n’est moins sûr … car les rites construisent des égrégores … et ceux-ci nous le savons dépendent largement de l’ouverture de conscience de celles et de ceux qui le créent et le servent.

Le rite dont nous parlons (RAPMM) se déroule dans un cadre un peu particulier … celui de la « Franc-maçonnerie ».

Il nous appartient, alors, de préciser un certain nombre d’aspects qui caractérisent la Maçonnerie en général.

 01

La franc-maçonnerie a l’ambition d’être, pour le moins :

Pour le meilleur, sans doute, la Franc-maçonnerie est d’être un moyen d’accéder au savoir puis à la connaissance sans lesquels personne ne peut objectivement transformer « le métal vil » en « Or ».

Alors de quoi parlons-nous ?

Il faut que le Franc-maçon devienne conscient, individuellement, de son utilité et de son importance par rapport à ces enjeux … Il comprend,  alors deux choses :

Au-delà de toute promenade historique dans le monde des Francs-maçons au regard de ces différents points … où tout pourra être dit  (nous laisserons bien volontiers les historiens tenter d’y voir clair)  … une autre déambulation devient impérative … celle de la découverte de notre véritable utilité dans un monde où l’espace et le temps se transforment à une vitesse folle grâce à la présence d’une information immédiatement préhensible et une technologie démultipliant les capacités et les potentialités humaines … il sera bon de se précipiter … mais lentement  … et ne pas confondre « vitesse » et « précipitation ».

Les homos Sapiens Sapiens que nous sommes ne sont pas simplement des Homo Faber qui auraient basculés dans un autre monde grâce à l’apparition d’une structure ADN propice … ainsi qu’à une évolution cérébrale étonnante … dont on ne s’explique pas, d’ailleurs, les circonstances de celle-ci … manque de chance, le chainon manquant … manque, aussi, à nos méthodes de rationalisation de nos découvertes scientifiques.

Nous pouvons nous mettre d’accord sur une constatation :

Nous ne sommes pas simplement des animaux (Reptiliens) qui auraient pressenti leur condition humaine et qui auraient décrété la nécessité d’être des Homo-Socio-Economicus … ayant, dès lors, aujourd’hui, un immense problème de gestion des ressources terrestres face à une démographie galopante … nous sommes aussi et sans doute surtout des êtres :

Les franc-maçonneries dites laïques sont aveugles pour ne pas prendre en compte l’importance de la métaphysique et les vecteurs de recherche éclairant des champs ésotériques. De même les philosophes et les ésotérismes sont inutiles s’ils n’intègrent pas dans leurs réflexions méditatives les nécessités du monde objectif.

La Franc-maçonnerie prend sa source dans cette complexité … défendre la liberté, l’égalité et suggérer la fraternité impose au maçon la résolution de la quadrature évoquée ci –dessus (Celle de l’enchevêtrement des plans d’existence) ..

Pour être complet nous ne manquerons pas de pointer les différences dans l’expression des Rites en général et du notre en particulier … et nous conclurons, alors, à l’étonnante richesse de nos maçonneries respectives… nous  pourrions développer cela de façon détaillée mais pour l’heure parlons de notre Rite … c’est-à-dire celui que nous utilisons comme « Merkaba » (ou véhicule comme le diraient les Orientaux) pour cheminer dans la pyramide initiatique des degrés et étapes proposés.

J’ai bien dit pour « Merkaba »  … pour véhicule … c’est-à-dire comme moyen de se  déplacer mais …  d’où vers où ?  … et dans quels buts ?

Alors quelques exemples de moyens et quelques chemins :

 02

A ce stade énonçons juste une nouvelle dimension qui ajoute de l’opacité au travail de recherche de la Vérité … celle qui résulte  de la tradition dans la Franc-maçonnerie Française  celle de classifier les « Institutions Maçonniques » qui constituent le corps de ces Rites en « Organismes Réguliers »,  « Organismes Reconnus », « Organismes Indépendants » ou en « Organismes Maçonniques Sauvages » … Cette classification est grave non pour l’opération qui consisterait à particulariser ses organisations afin de donner plus de pertinence à cette forme d’accès au savoir de la franc-maçonnerie mais, au contraire, pour créer des « arguments » d’exclusion et de rejet … La Franc-maçonnerie ne peut plus jouer son rôle de révélateur de « Vérité ».   

Cela dit revenons à notre thème « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm » et Voie d’éveil et j’espère pouvoir démontrer que ce lien est, manifestement, possible tout en ayant conscience qu’il existe une multitude de voies possibles qui peuvent faire progresser l’Homme dans le domaine du Savoir et de la Connaissance.

Notre sujet pose le lien entre un Rite et sa capacité à amener le « pratiquant » à l’état désiré par tout chercheur : celui de connaitre la Vérité et de comprendre sa contribution à l’œuvre de vie qui se déroule sous ses yeux …

Ainsi, ce chercheur de vérité est candidat à l’accès à la vision juste afin d’avoir une action consciente et appropriée … Cela le conduit à atteindre un état particulier … celui qui est nommé par les orientaux comme « état d’éveil ». (Un état souvent décrit comme une fulgurance changeant de façon prompte et durable la vision de la réalité vécue)

Pour tenter de démontrer qu’un lien de cette nature est possible dans le Rite dont je me pénètre chaque jour examinons notre assertion et constatons.  

03

A : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm  (et notamment dans sa sensibilité orientale) n’est pas une Religion … ce n’est pas, non plus, une philosophie … ce n’est pas un volume de prescriptions dictant un art de vivre sa vie … ni un recueil de règles de savoir-faire …

B : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm n’est ni Judéo-chrétien, ni musulman, ni indou, ni tibétain, ni Égyptien ancien …. Il est tout simplement la vie dans sa complétude et offre ses ressources les plus subtiles … il est ce que l’homme fut, ce que l’homme est …. et sans doute, s’il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et que son âme comprenne …alors, il est, déjà, … ce qu’il sera demain … c’est à dire un être en évolution ou en involution …

C : Ce Rite est une voie d’accès à la connaissance parmi tant d’autres, certes !!!… mais une voie d’accès très  particulière  … elle offre un déambulatoire où chacun peut découvrir le point à partir duquel il pourra développer sa propre équation et déployer, ainsi, sa propre personnalité… non pas celle des autres mais celle qui correspond à celui qui chemine !!!!… en cela pourrait-on dire qu’elle est « Pythagoricienne »

Dès lors, cette voie inventorie tous les champs investis par la pensée et l’esprit humain (Déambulatoire, Trajet labyrinthique) … elle est tournée vers la connaissance de la Nature considérant, qu’en cela, elle mène vers le divin (elle est, alors, « Taôiste », car la nature est harmonie universelle) … Elle incite les Sciences fondamentales et les voies opératives moins rationnelles tel que le Chamanisme à se côtoyer et dialoguer (En cela elle est « Scientifique, Expérimentale, Alchimique et même Magique » ) … de même elle invite l’Astronomie à prendre en compte Mythes et Symbolique de l’Astrologie traitant, ainsi, le lien non négligeable entre inconscient collectif, inconscient individuel et les corrélations avec le monde objectif  … Elle restaure un principe d’efficacité en acceptant l’idée que le plus court chemin pour l’accès à la vérité peut être l’intuition … ce qui n’exclura, à aucun moment, que la preuve puisse venir par « la voie de l’expérimentation »

Ce Rite fait passer le cherchant … d’être asservi par un égrégore collectif à un être libéré, autonome, transmuté ayant atteint sa propre Réalisation (en cela elle est « Tibétaine »).

Il est commun de dire que « la recherche de la vérité n’admet aucune entrave » … aucun éveil n’est possible sans cela, nous allons voir pourquoi plus avant … cela contraint même aux modes de gouvernance des différentes voies maçonniques de reconsidérer  leurs relations avec le monde profane …  le sacré se nourrit de la vie sous toutes ses formes.

Que l’on se comprenne bien … une recherche éclairée nécessite le libre arbitre absolu … ainsi contraint-elle au dialogue avec les meilleurs d’entre nous où qu’ils soient…

Siddharta Gautama … exprime cette idée magistralement

« Ne crois en rien par ce qu’on t’aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien,

Ne crois en rien sur l’autorité des Maîtres et des Prêtres.

Mais bien, ce qui s’accorde avec ton expérience (et après une étude approfondie) satisfera ta raison et tendra vers ton bien. Cela tu pourras l’accepter comme vrai et y conforter ta vie »

La liberté d’expression témoin de la diversité des formes et des processus de production de la vie nous contraint à des échanges non entravés par des visions réductrices A bien y songer, il nous importe peu de savoir à quelle chapelle appartient celui qui a la gentillesse d’apporter sa propre lumière … il est … et pratique, seulement, un acte d’amour qu’est le partage de ce qu’il est devenu au moment où ce partage a lieu …

Cette technique de la porte entre-ouverte ou pas tout à fait fermée doit être la forme moderne de la Franc-maçonnerie. Nos frères opératifs exposaient leurs créations au monde profane … et le monde profane pouvait de différentes façons inter-réagir créant, ainsi, une évolution constante et continue sur le chemin du savoir et de la connaissance ….

Aujourd’hui l’application inconsidérée de la notion de « secret » mais aussi la prolifération des actes d’exclusion font que le dynamisme indispensable à la recherche de notre essence réelle s’étouffe.

Beaucoup de Franc-maçon sont, aujourd’hui, entrés en esclavage … asservis qu’ils sont pas des règles qui ressemblent à des geôles de la « société bien-pensante » articulées autour de principes que l’on aurait voulu voir disparus « Discriminations, exclusions, rejets , limitations des champs de vision, peurs et refus de l’inconnu… »

Pour rendre l’opérativité à notre Rite nous l’aurons compris il sera urgent de refaire circuler le « sang informationnel dans nos cénacles » car aucun éveil ne s’instaure « dans une attitude consanguine »

Dès lors, quiconque gloserait sur la méthode … ou discréditerait une voie que les instigateurs considèrent comme essentielle (cf. Ouverture à la lumière d’Orient écrit par Edmond Fieschi) deviendrait lui-même un ignorant cristallisé dans ses propres schémas et certitudes … l’éloignant, du même coup, d’une rencontre possible avec lui-même au profit d’une satisfaction que je désignerai « de vérité de comptoir …

L’état de la Maçonnerie d’aujourd’hui nécessite un changement de vision immédiat … nous le savons « le temps passe … et nous passons » … il est, donc, urgent de se précipiter avec lenteur ….  sans perte de temps !!! … car tout doit être construit avec harmonie … inexorablement.

L’esprit soufflant où il veut et quand il veut …  celui qui marche sur le chemin ne peut définir ses propres règles, la découverte ne se fera que par l’acceptation de l’inattendu

Qu’est-ce que le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … c’est assurément « un chantier » … c’est un chantier que l’on assimilerait à des fouilles, à des exégèses … extirpant des couches « géologiques » et des « sédiments » du Cortex et du néocortex la substantifique liqueur permettant de retrouver nos essences premières et nos potentialités foncières … Je reprendrai volontiers la remarque de Toni Ceron dans son livre « Sphinx, Grande Pyramide, l’Alchimie Intérieure » : « C’est pourquoi, une véritable école de l’esprit est un chantier, une mine, et ses élèves des charbonniers, non des bipèdes diaphanes qui ont plus appris à se renier qu’à se comprendre » … et il continue en disant: « Le chercheur, chevauchant le tigre, comme disent les orientaux, agira en conséquence, apprenant, ainsi, à laisser couler son âme à travers les apparences karmiques suscitées en lui dans une non-violence spontanée et fondamentale, comme un cadeau des Cieux » …

Ainsi  … le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est Initiation … « uniquement initiation » … un chemin personnel à travers les mondes … et … les ouvertures de conscience successives …

Qui veut atteindre les hauts espaces éthérés a le choix de la montagne à escalader … de la vallée il contemple ce qu’il peut distinguer … pas la Vérité !!! mais le reflet de la Vérité (cf. la Caverne de Platon) mais il ne pourra pas faire l’économie de s’affronter, sur le chemin qu’il foule, à de multiples situations qui le mèneront vers sa réelle destinée …

Il en sera, ainsi, de notre Rite qui laisse apparaitre une échelle dont chaque barreau excite la convoitise d’autant qu’en apparence certains d’entre eux apportent gratifications et statut …. Temporel et spirituel … dès lors le danger est, omni présent, de prendre des « vessies pour des lanternes » …. Combien propulsé tout en haut de la dite échelle se retrouvent avec un hochet à la place du sceptre de sagesse ….

Combien, produits de l’histoire tumultueuse de cette voie initiatique se prennent pour des guides suprêmes et incontournables  …. En transformant le prince ou la princesse …. en citrouille …. Au pays des aveugles les borgnes sont rois …. Ne le dit-on point

Voici une première partie questionnante sur le rôle et l’utilité du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm.

N’ayant pas voulu le rattacher à l’histoire (avec un grand « H ») j’ai préféré le rattacher à ses potentialités opératives.

Fin de la partie I

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 2

Dans une première partie nous avons tenté de parler de la Franc-maçonnerie et de sa diversité.

Nous avons abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et ses premières particularités … maintenant devrons-nous parler de celui ou de celle qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symbolique, philosophie et hermétique

Partie 2 : Méditation sur « Celui ou Celle qui a le statut de Franc-maçon »

Tout ce que nous avons dit en partie 1 est, assurément, important  mais  encore bien incomplet, car :

En ce contexte : le franc-maçon est un être hybride (Nous le savions car nous partageons tous un symbole bien connu : l’aigle bicéphale). Il est à la confluence de deux sources … Celle, subtile et vitale qui l’adombre de façon inconsciente et celle qui relève de la conscience objective …

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Pour être le maçon qu’il doit être, il doit conscientiser ce qui chez lui n’est pas mis à jour, encore, … et rendre le fruit de sa « création »  conforme (d’où l’expression : « rendre la maison à son père ») …

Dans cette démarche à double détente  … une discipline s’impose :   

Telle la chrysalide il doit aborder en conscience  sa transformation ou sa transmutation  afin d’être en pleine résonnante  avec la création !!

Ne point faire cela ferait de la Franc-maçonnerie un moyen inutile au service, au mieux  d’une œuvre caritative ou humanitaire (ce qui est déjà très bien, disons-le, sans restriction d’aucune sorte) et au pire une institution symbolique et philosophie auto-satisfaisante génératrice de  circonvolutions cérébrales.

La discipline qui s’impose est le « domestiquage »  de la vache comme diraient nos frères Tibétains …. Seule condition d’accès à la deuxième source que nous avons évoqué plus haut

Pour comprendre voici quelques éléments de réflexion sur « cette » discipline … et … ayant fait cela nous regarderons, dans une dernière partie, la structure de notre  échelle maçonnique  pour savoir si notre Rite répond bien aux critères et nécessité qu’oblige une  « Voie d’Eveil »

Deux oiseaux étaient posés sur un même arbre,

Celui d’en haut était calme, majestueux, splendide, parfait …. (un simorgh ? )

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Celui d’en bas sautillait continuellement de branche en branche. Tantôt il mangeait des fruits savoureux et il était joyeux  … Tantôt il mangeait des fruits amers et, bien sûr, il était malheureux

Un jour qu’il avait mangé un fruit encore plus acide que tous les autres, il leva son regard jusqu’à l’oiseau calme et majestueux au-dessus de lui … et il se dit :

« comme je voudrais être pareil  à cet oiseaux » …

et il s’en approcha un peu !!!

Bientôt il oublia son désir de ressembler à l’oiseau d’en haut  et il continua comme auparavant  à manger des fruits doux et des fruits amers, à être tantôt joyeux et … tantôt malheureux. De nouveau il éleva les yeux … et de nouveaux il s’approcha un peu plus de l’oiseau paisible et magnifique perché au-dessus de lui !!!

Ce manège de répéta souvent et finalement, notre oiseau se trouva tout près de l’autre  …  le plumage éclatant de celui-ci l’éblouit d’abord, …. Puis parut absorber le nouveau venu qui, finalement, à sa grande surprise  et à son émerveillement, s’aperçut qu’il n’existait  qu’un seul oiseau !!!

A l’instar de cette image … nous frères et Sœurs devront apprendre  que cette deuxième source est en nous …. Mais je compléterai cette certitude par la nuance suivante :

Entre, être convaincu que nous possédons la source en nous et,  l’ayant compris, croire que ce que l’on fait, alors, découle de cette source il y a un pas que nous ne franchirons point encore.

Attention à ne pas prendre nos désirs profonds pour des réalités … l’introspection … reste une vertu  utile !!!

Analysons cette séquence « Je Suis »

« Je » …

Le « Je » corresponds à la « Forme-Reflet » …

L’homme incarné est la Forme-reflet au plan physique par la prise de densité matière-chair (c’est l’état grossier dont nous sommes revêtus) … mais reflet de quoi ?

Reflet de la source de toute chose conformément au principe que tout vient de l’Unique (pour le scientifique ce sera de l’unité des lois cosmologique … pour les autres … mille et un noms feront l’affaire selon les convictions et les croyances de chacun …)

Le « Je » évoque « l’existence »  et cette existence se traduit pour les occidentaux par la présence de 3 corps essentiels :

« Suis » 

Le « Suis » correspond à la « Forme-Radiation » c’est dire l’aspect transfiguré de la matière  celle en rapport avec les plans subtils …

La source rectrice est celle qui vient de là  …

Tout ce qui est sur notre planète est relié au Monde Origine  …. Une sorte de « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » avec un « comme » à vraiment interpréter, définir et commenter

Nous utiliserons ici, encore,  le langage des oiseaux … la meilleure façon pour moi d’être court mais clair …

Le frère et la sœur doit construire ce lien conscient et opératif  entre « Savoir » et « Connaissance »  … lien qui lui permettra, alors, d’incarner le « Je Suis » et dès lors trouvera ses actes assurés dans le monde profane …

Cela fait, il y a une contrepartie … réduire significativement son Ego …. Pas celui qui favorise la créativité mais celui qui cristallise l’humain dans sa « matière-chair »

Un dernier point est remarquable en Franc-maçonnerie celui de relier le « Je suis » à des actes de création conduits par l’Amour voire même la Compassion.

Tous nos Rites maçonniques comportent une fonction particulièrement importante et caractéristique du mouvement maçonnique … c’est la « fonction Chevaleresque » …

Un franc- maçon construit juste

Un Franc-maçon Chevalier accompagne ce qu’il construit d’un souffle d’harmonie pour tous les mondes vivants …

Le Chevalier est celui qui assemble en lui tout ce que nous venons de dire … et, dès lors, fait de la Chevalerie sa parure distinctive …. (Voilà un premier signe de changement d’état de conscience qui  aboutit à un nouvel état d’être) …

« Le regard du Chevalier est, alors, dirigé vers les fenêtres du ciel … son parfum est inspiré par l’Âme et il en imprègne tous ses Actes. Ses paroles découlent de la source ». Je cite, ici,  Platon, le Karuna dans son livre « les chevaliers d’aujourd’hui et de demain » …

Notre Rite qui organise un déambulatoire dans l’histoire de l’humanité à la fois au travers de la philosophie, de l’hermétisme mais aussi de la science (et dieu sait si  science et ésotérisme furent très liés  … et même aujourd’hui, en neurologie (Neurobiologie, Neuropsychiatrie), ces liens sont particulièrement fructueux  (frontière de la vie, tutoiement de la mort NDE  !!!).

Notre Rite, donc, est, à priori,  bienfondé pour faciliter l’accès à la connaissance mais aussi le moyen de nous « rectifier » ou d’opérer des nouvelles avancées dans le domaine de la relation Esprit-Matière.

En ce qui concerne la nécessaire transgression des cadres de description de notre humanité, reprenons les propos de Paul Brunton qui écrit dans « l’enseignement secret au de la du Yoga » …

« Je perçois avec une saisissante acuité que l’éclatement de cette carapace de vieille ignorance est la condition  sine qua non de l’avènement de la paix  … le nœud du problème mondial est trop simple pour être perçu par notre époque compliquée : tous les actes sont informés  par la source cachée de l’esprit, et lorsque l’homme apprendra à penser juste, alors seulement il agira en conséquence. Ses actes ne peuvent jamais être plus grands que ses idées, car les décisions silencieuses de l’esprit modèlent les bruyantes démarches du corps. Les amers chagrins  du monde et ses crimes ne sont que des symptômes d’une maladie dont la cause est la vieille ignorance, et qui peut être guérie que par une connaissance neuve. Il est du devoir impérieux de tout être humain doué d’intelligence et de raison, troublé par des aspirations à peine conscientes et encore moins formulées vers une vie meilleure, ne pas croupir dans l’indolence spirituelle mais de poursuivre sans relâche la queste … c’est à dire la lumière de la Vérité » … (Propos tenus en 1970 … il y a presque un demi-siècle)

Ainsi le Rite Ancien et Primitif de Memphis & Misraïm sous son aspect « véhicule menant à l’éveil »  … nous parle d’une incontournable nécessité …. Provoquer la « Mort du vieil homme » qui est en nous …

Il est souvent dit, aussi, que pratiquer notre Rite c’est « apprendre à Mourir » …. Il faudrait ajouter  « accomplir notre propre meurtre » afin de permettre « une nouvelle régénération voire permettre un ressourcement » … acte fondateur pour « une renaissance » sur des bases nouvelles

 

Fin de la partie II

Note de la partie 2

Une autre façon de structurer l’homme … Cf. Christian Boiron dans « la Source du Bonheur est dans notre cerveau » … Il détermine :

1 : un Corps reptilien ou Hypothalamus

C’est le ça :

Dès lors le bonheur reptilien est :

Le malheur reptilien est :

2 : un Corps Limbique ou mémoire Programmée ou programmante …

C’est le Sur-Moi

Ainsi le Bonheur Limbique : c’est Tirer des plaisirs des conditionnements actuels ou futurs

3 : un Néo-cortex préfrontal

Moi :

Les plaisirs du néo-cortex : ce sont le raisonnement, la créativité, l’expression artistique, les approches globales

Voici, donc, trois espaces mais qui sont relatifs à quoi ?

La conscience … Mais de quoi est-elle faite ? …

Tout ce passe comme si une autre entité, un autre cerveau distribuait le travail entre les deux cerveaux qui pensent … Est-ce, donc, un « Super-Cortex » qui arbitre en fonction de paramètre qui nous sont inconnus ?

Le physicien Régis Dutheil avançait, quelque temps avant sa mort, l’hypothèse très originale selon laquelle la conscience pourrait-être matérielle mais d’une matière « super lumineuse », c’est-à-dire dont les particules pourraient aller plus vite que la vitesse de la lumière !!!! … une conscience qui observe te qui décide de pousser chacun d’entre nous à conquérir sa liberté, sa vraie personnalité … personnalité qui serait constituée de l’organisme aux trois cerveaux et de la conscience

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 3

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … regardons maintenant ce qui jouxte la notion d’Eveil … selon certaines cultures …

 

Partie 3 : Quelques éléments qui environnent la notion d’Eveil

Selon :

1 : Le Tchan,

Cela concerne la pratique du Tao dont le grand psychologue iranien G.A. MOKTAR disait : « Cette méthode est un véritable judo psychique car elle transforme en force les cent et une faiblesses de l’être humain »…

Le « Tchan » signifie : Méditation  ….

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Son fondateur est l’indien Bodhidharma … sa doctrine refusait de voir le personnage Siddhârta Gautama, le bouddha historique comme fondateur d’une religion ou l’inventeur d’une voie unique libératricele pratiquant du Tchan peut appartenir à toutes les religions ou à aucune

Pour mémoire le Tchan donna naissance au Zen Japonais

Le but du Tchan est de « transformer l’être humain en ce qu’il devrait être. C’est-à-dire un « Tchen Jen » ou un « Humain Véritable »

Ce que nous venons d’écrire se retrouve très exactement dans certains degrés ou étapes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

Livrons une autre définition qui justifierait une attention particulière de notre démarche occidentale au travers de l’institution maçonnique :

« Le but du Tchan est donc de former des humains véritables, libérés des conditionnements négatifs ; de faire disparaitre la déformation qui empêche l’humain de se déployer en fonction de ses réelles potentialités. L’Humain véritable apparait lorsque « l’adepte », par une autodiscipline de caractère psychologique, atteint l’état de conscience dit « tseu Jan », terme d’origine taoïste signifiant : parfait détachement, ou encore : lâcher prise. Les mots : Buddhi (qui est une expression bouddhiste qui vaut dire « éveil »), mosca, samadhi … sont des équivalents du terme « tseu Jan » »

Le Bouddha exprimait lui-même : « sois ton propre flambeau et ton propre refuge. Ne mets aucune tête au-dessus de la tienne. N’accepte pour vrai que ce que tu as vérifié personnellement … » …

Il existe en Extrême Orient deux grandes traditions. Une voie traditionnelle et une voie de l’évolutionnisme spirituel (que l’on peut affecter à une voie magique).

La voie rationnelle est strictement psychologique, non intellectuel, au sens occidental du terme.. ;. Son but est d’atteindre un degré de conscience d’où l’on percevra de fait que rien ne sépare l’individu du monde extérieur, que le cosmos et l’individu sont une seule et même entité … En quelque mot, le Tchan  est la recherche de la libération sans étape intermédiaire entre l’individu conditionné et le libéré qu’il sera … et au-delà de cela un but ultérieur et pressant subsiste : celui d’aider autrui à faire le même chemin libératoire …

La voie spiritualiste évolutionniste, l’homme de la voie dite « magique » estime que l’éveil, la libération, constitue le sommet, le couronnement d’une progression constante, marquée par des étapes intermédiaires dont chacune apporte à l’adepte au moins certains éléments de facultés supranormales de plus en plus importantes en fonction du trajet personnel de celui qui choisit cette ascèse …

N’en disons pas plus …

2 : Les principes du Changement de la MTC,

J’ai souhaité mettre ce paragraphe dans mon étude car là, encore, nous allons retrouver une vision propre à illustrer ce que nous avons déjà écrit en partie 1 et 2.

Il sera important de remarquer l’homme et la femme que nous sommes … et encore plus si nous sommes « francs-maçons » …. ne peut exister sans ces relations constantes entre le « moi » et le « Soi » … et … le « moi » et l’autre (que l’on désignera dans son acception la plus générale : l’autre étant l’environnement, tous les mondes vivants et, en particulier, les humains qui nous côtoient.

Le cadre d’examen est fluctuant puisqu’en constante transformation ce qui fait que chacun d’entre nous doit faire face à sa propre « transmutation » avec toutes les conséquences sur tous les plans de notre propre existence (Physique, Emotionnel, Mental, Spirituel) mais, aussi, faire face à la mutation de l’environnement dans lequel nous nous transformons …

Nous réalisons, alors, que notre espace intérieur et notre espace extérieur inter agissent mutuellement nous contraignant à chaque moment de notre vie à nous adapter de telle façon que le nécessaire changement à notre évolution « imposé » ne nous mène pas vers une impossible action …

Le MTC regarde l’homme dans cette double contrainte et permet à celui-ci de maitriser non seulement le changement utile et nécessaire mais, aussi, à le devancer …

Comment cela est-possible ?

En quelques mots : la MTC dira que

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Dès lors, chaque être vivant doit pratiquer « l’Introspection thérapeutique » … c’est-à-dire entrer en soi afin de reconnaitre les adéquations et d’identifier les inadéquations. Celles-ci étant mis en lumière une action de mise en harmonie devient possible …

Démarche applicable dans tous les domaines de l’action humaine  (social, économique, politique, financier, …)

Et dans le cas de nos propres comportements cela ne sera pas à démontrer car il est prouvé que l’inadéquation émotionnelle est porteuse des pires désordres

 

3 : Les bases du travail dans les Arts Martiaux Cino-Vietnamien,

Il est important d’évoquer cet aspect car, nous l’avons vu, la Franc-maçonnerie de haute philosophique voire hermétique fait appel à l’homme dans toutes ses parties et dans son unité … Nous avons vu, alors, que toute son action est sous la dépendance de deux sources de nature différentes devant être intégrée et synchronisée …

Une des missions des frères et sœurs c’est l’action en fonction de leurs convictions intimes … celles-ci se précisant au fur et à mesure que leur état de conscience s’ouvre et s’enrichit.

Le côté militant non asservi et résultant d’une liberté retrouvé par les savoirs et connaissances constamment renouvelés le transforme en une sorte de « samouraï » …

Examinons, alors ce que la Professeur Anne Cheng a écrit son livre sur « l’histoire de la pensée chinoise »

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«  l’Unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle du souffle (Qi), influx ou énergie vitale qui anime l’univers tout entier … Toute réalité physique ou mentale, n’étant rien d’autre qu’énergie vitale, l’esprit ne fonctionne pas détaché de son corps … source de l’énergie morale, le Qi, loin de présenter une notion abstraite, est ressenti jusqu’au plus profond d’un être et de sa chair. Tout en étant éminemment concret, il n’est cependant pas toujours visible  ou tangible : ce peut être le tempérament d’une personne ou l’atmosphère d’un lieu, la puissance expressive d’un poème ou la charge émotionnelle d’une œuvre d’Art »

L’homme étant lui-même une création particulière qui relie le Ciel à la Terre, l’homme parfait (ou Zhenren) de la tradition est alors un homme de Qi …

Dès lors par la maitrise l’homme peut inscrire ses actes dans la durée et dans la justesse

Le « rouleau de « Mawangdhui » à l’époque des Han (-190 à -168 av JC) évoquent des techniques particulières dans le but d’une longévité « Tuna » (Cracher / Avaler) ainsi que le Kingqi (faire mouvoir son souffle) … deux éléments bien décrits dans les techniques de respiration profonde  (Yangshen)

En Chine l’idée d’une complémentarité du « Wen » (le monde de la culture, de l’étude dans leur connotation littéraire et intellectuelle) et du « Wu » (aptitude physique et guerrière !!!) a émergé depuis le nuit des temps …

L’homme est, ainsi, à cheval entre un monde matériel (physique, objectif) et un monde immatériel (spirituel, à objectiver) …

En quelque une sorte de « men sana in corpore sano »

Un état particulier qui intéresse nos scientifiques avec l’avènement de la physique quantique  ….

 

4 : la dynamique des systèmes

Revenons en occident … cette particularité qu’a l’homme et, en particulier, les frères et les Sœurs en Franc-maçonnerie d’avoir à intégrer la totalité des plans d’existence pour ajuster leurs actions va nous mener à la nécessiter d’apprécier toute situation au travers de fourches caudines  toutes particulières construites sur les principes de « La dynamique des systèmes »

Selon cette théorie toute entité quelle qu’elle soit peut être considérée comme un ensemble plus au moins complexe inter-réagissant avec les autres entités qui composent le monde vivant ou non ….

Chaque entité outre le fait qu’elle doit faire face à ses propres nécessités d’existence mais aussi qu’en tant que système d’organisation et d’information est contrainte par la loi d’entropie, doit aussi gérer sa relation avec son environnement. (Action-Réaction-rétroaction, Ajustement mutuelle ou programmée)

Cela pose que tout système complexe comme l’homme, la société, l’entreprise serait réglé par des lois du type « Entités-Relations » … ainsi toute forme d’organisation se comporterait comme une cellule vivante ayant à jouer un rôle dans un ensemble plus grand … lequel interagit lui-même dans un ensemble encore plus grand …

Ceci conclut à l’interdépendance de toutes entités … en connaitre les lois qui permettent d’inscrire les décisions prises en toute conscience des conséquences qui résulteraient de leur exécution.

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Le météorologue Edward Lorenz dans sa conférence à « l’American Association for the Advenement of Science » sur le thème « The Prédicability » … « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

La question peut être regardée avec un sourire narquois mais le désastre planétaire qui se dessine dû à l’activité humaine en notre Siècle nous contraint plutôt à accepter cette théorie de la « dynamique des systèmes » comme un moyen unique de repenser le monde sous l’angle d’une « vision globale ».

Il nous faudra compter sous deux aspects de cette vision pour mettre l’homme au centre de notre attention :

Fin de la partie 3

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 4

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … Enfin avons-nous regardé ce qui jouxtait la notion d’Eveil … selon certaines cultures … (Inventaire non exhaustif) … Il est maintenant le temps d’aborder l’échelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (y compris dans sa sensibilité orientale)

 

Partie 4 : L’Echelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

 

Analyse de notre Rite

Il est temps maintenant, à la lumière de ce qui vient d’être dit, d’examiner l’échelle maçonnique à laquelle nous sommes rattachés

Pour éviter toute confusion : L’échelle retenue … est celle de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (OIAPMM) voie Orientale (Loge de la Charte des Loges libres et Indépendantes du RAPMM ….

Notons le terme de Voie …. Et ne pensons pas que prendre une voie c’est trouver toutes réponses à toutes les questions que l’on se pose … aucune voie ne répond aux questions posées … certaines voies feront qu’à un certain moment  il n’y aura plus de question à formuler …

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Dans le Taoïsme nous dirons, alors, il y aura unité entre le tireur-l’Arc-la Flèche et la Cible ….  C’est à dire une intention incarnée  se déployant justement dans un espace-temps précis participant à la réalisation d’un plan de création que d’aucun qualifieront de « selon le nom qu’ils préfèreront »

 

Le profane est accueilli par un appel à son subconscient :

Le profane est immédiatement sorti de ses repères habituels …  (environnement socioprofessionnel et familial) … un changement de paradigme  s’impose … le monde animal est porteur de Symbole mais aussi de perfection et de … Vérité

Ensuite se trouve-t-il dans le « Cabinet de réflexion » et commence le chemin de sa « mise à mort » …  il établit avant le voyage post-mortem son testament philosophique …  difficile pour lui d’exprimer ses dernières volontés  et ses ultimes convictions …

L’impétrant aura à définir pour chacune de ces trois assertions ce qu’il pense être du devoir de l’Homme …. Sa réponse sera fébrile, non ajustée, et trahira son ignorance …

Tout son environnement, ici et maintenant, lui rappellera sa finitude, sa nature liée à la « Terre », sa dépendance absolue avec les forces Cosmo-telluriques,  il constatera qu’il est le subtil résultat de transformation alchimique … prend-il conscience qu’il est le lieu de rassemblement d’énergies et de fonctions animatrices orientées vers un destin qu’il ne maîtrise point …

Dans cet espace post-mortem il reconstruira sa nouvelle forme d’existence en encapsulant au cours de ses 4 voyages les « éléments » nécessaires à son futur changement d’état … après la « Terre », « l’Eau », « l’Air »  « le Feu » …  (comme Isis reconstituant Osiris)

La voie orientale offre, ici, à l’impétrant, l’occasion de comprendre que ce qu’il est n’est pas le fruit du hasard … qu’il est structuré, architecturé avec une infinie précision … et que cette précision à un sens … celui de construire une vie potentialisée

Chaque Chakra a bien évidemment des liens étroits avec les expériences de vie de tout être vivant et par voie de conséquence avec toute disharmonie dans le monde objectif, dans le monde sentiment-émotions ou dans les attitudes mentales … lesquelles auront corrélativement des résonnances négatives … à contrario … une harmonie installée ou ré-installée sera source de rayonnement

Enfin pour rester dans l’essentiel et de ne garder que ce qui peut être retenu comme favorisant l’éveil :

C’est un élément que la littérature désigne sous le terme de « fragment d’Obélisque » … Il est parfois assimilé au Naos dans lequel le Grand Prêtre dans l’Egypte ancienne  y plaçait la présence divine …

Pour notre Rite le Naos est un ensemble d’épures symboliques nous référant à tous les principes primordiaux et toutes les forces de création de tous les mondes …

De haut en bas : Voute Céleste – Fils à Plomb – Naos Triangulaire strictement « équilatéral » –  Flamme éternelle – Pavée mosaïque – Plan de L’œuvre –

A partir de la flamme éternelle Lumière et Information mettent sous tension le temple qui deviendra maçonnique que lorsque les « joyaux » de la loge rayonnement

L’Apprenti constate que le Temple et sa symbolique représente un espace-temps donné … donc une fenêtre de vie dans laquelle il va œuvrer … de la « Porte basse » par un relèvement constructeur … il s’acheminera vers l’orient où une métamorphose l’attend

« Le Connais-toi, toi-même » … est réellement en marche … la découverte de la partie temporelle de l’apprenti par son irruption dans un monde où les signes d’une organisation intemporelle deviennent évidents va déplacer son centre de gravité. Dès lors sa vision, le sens de son existence va s’enrichir de nouvelles perspectives.

Que fera-t-il de ce déséquilibre salutaire ?

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Notre Rite ne lui donnera aucune piste car « notre Rite n’a rien à faire avec la Morale ».   A son stade il aura appris deux choses :

 

Une fois établie une « première conscience de lui-même » … une fois informé qu’il fait partie d’un système complexe dans lequel il a à interagir … une fois convaincu que « méditation et action » vont être le lot de sa progression l’apprenti va être mis en relation avec le réel … Non qu’il fut totalement ignorant de cela avant son entrée en maçonnerie mais dans ce nouveau contexte il devra « Mesurer la Terre » … examiner son espace-temps sous toutes ses formes … après avoir trier le bons grain de l’ivraie … apprendre à amener à la conscience ce qui est encore, chez lui inconscient … bref s’approprier le plus largement possible le monde des formes,  des radiations et des densités.

Pour cela son ascèse consistera à maitriser un certain nombre de moyens, de démarches ou de méthodes  afin que la profondeur de sa vision se renforce …

Ce degré, le poussera, d’abord à l’analyse … avant d’avoir à tenter une synthèse … ainsi devra t’il mettre à profit la puissance de révélation des outils suivants :

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Le moyen de son investigation ? Le voyage … cela est bon car sa vie ne sera faite que de cela … rien n’est fixe …. Tout se transforme par le mouvement …

A : « l’Ajna Chakra » dont l’objet est la « Vision », la vision intérieure, la vision profonde … aucun acte ne peut être juste et approprié sans elle  car elle est reliée à la conscience.

B : « Vishuddha Chakra » ou Chakra de la gorge … c’est le centre éthéré, celui de la centration Spatiale et celui du « Verbe » … créateur et générateur de « réalité »

Le verbe crée  … et il crée d’autant mieux que la vision de celui qui en est l’auteur soit inspiré par une vision … profonde

 

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Au stade de la Maitrise, du point de vue de la notion d’éveil, il peut être évoqué « 4 » points et, avant de préciser nous burinons qu’à issus de la cérémonie dite « d’exaltation », Le vieil homme aura fait place à un être régénéré …

Voici ces 4 points :

« Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem Veram Medicinam » (Visite l’intérieur de la Terre et en la rectifiant tu trouveras la Pierre médicinale …)

L’ouverture du « Sahasrara » … qui est le centre crânien … où est tapie la syllabe germe « OM » vibration primordiale, rayonnement générateur de tout ce qui est et qui n’est point encore  … pour les occidentaux là se trouve le siège de la « glande pinéale »

Pour les hindous, ce centre est situé au-dessus du sommet de la tête … en dehors de l’enveloppe corporelle grossière … au de-là de la « shushuma » où règne de la polarisation constructive …

…. Endroit claviculaire pour un échange Terre – Ciel. C’est là où « l’Unité devient multiple et que le multiple devient unitif » ….  C’est le centre du Lotus aux mille pétales … l’intégration de tous les savoirs et l’expression de toute connaissance ….

 

Nous sommes en maçonnerie et si tenté soit-il que nous sommes sur le chemin de l’Eveil … la grande caractéristique de la démarche maçonnique est de servir le monde profane pour l’amener à lui faire intégrer les valeurs découvertes   mais aussi de permettre à tous d’ouvrir leur  propre conscience …

De façon plus modeste l’apprenti devenu Maître en 5 ans sera loin encore d’être doté d’une omniscience  et d’une connaissance absolue mais … des germes, des pistes seront ancrées … le frère ou la sœur en ascente vers la lumière se verra proposer un ensemble de situation lui permettant de rentrer en lui-même exposant son « je » à l’exigence d’un « suis » de plus en plus net et impératif.

Pour me faire comprendre je ne dévoilerai qu’une assertion très éloquente par rapport à notre propos

« Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines ».

Vaste programme pour un Franc-maçon qui doit régler ses pas et dont la prétention est de construire le monde en accord avec les harmonies universelles

Comme une « mandala » notre Rite nous proposera de méditer sur les difficultés pour lever les entraves des hommes afin de construire le Temple inspiré par la progressive rencontre qui s’établit entre eux et leur « double  subtil »  …

Chaque degré règlera notre « mécanique » comme pas à pas l’horloger construira la montre qui s’accordera aux exigences cosmiques et aux espaces temps qu’il devra affronter … car la notion de temps ne sera pas la même pour tous … et les scientifiques le savent bien

Les champs investigués seront : la nature de nos désirs, les moteurs à notre action, la notion de Justice, nos modes de construction objectifs ou subjectifs, les racines de l’inspiration, les sources possibles d’idéation, les principes possibles de références, la capacité transmutatrice par la conscience « d’une quadrature »  …

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Tous ceci devant être destiné à une rectification individuelle drastique

La référence symbolique, jusqu’alors privilégiée, laisse, alors, la place à la philosophie … un premier aspect de la philosophie, seulement  !!!! … celui qui sera nécessaire d’être analysé pour permettre un éveil libérateur

 

Un Rite qui se propose de conduire à l’éveil doit impérativement tendre vers une digestion des différentes cultures qui structure le monde phénoménal … il doit réduire à néant les modes de  structurations mentales, idéologiques … chasser toute éducation ramenant l’être candidat à l’éveil à des contingences, des systèmes d’intégration ou des dispositifs d’éducation « locaux » ou « orientés vers des organisations dont les intérêts seraient contraires aux règles universelles découvertes sur le chemin de la progression initiatique …

Les travaux précédant étaient basés sur une mythologie de nature  hébraïque … cet espace nous fera, maintenant, cheminer dans un espace judéo-chrétien  …

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Ainsi de Babylone à la « mission » Rose-Croix … une transposition doit impérativement se faire … le frère et la sœur, par la nature de leur ascèse, pourront participer à la reconstruction de la Vérité primitive, de la Liberté rationnelle des droits de la libre Conscience et de la libre Pensée. Et cette reconstruction doit se faire dans le cœur des Hommes et parmi les nations … les ouvertures de conscience cumulées et encapsulées jusqu’alors sont assorties d’obligations opératives …

Faisons un clin d’œil vers l’Orient … « Bouddha » … transmit ce qu’il fallait … afin de permettre une mutation libératrice chez chacun … (l’épilogue se réalisera dans la strate ésotérique suivante)

Dès lors un rappel constant s’impose :

« Ne crois toutefois pas que tu devras t’engager dans une lutte contre d’autres que toi-même, car c’est au fond de ta conscience qu’il t’appartient surtout d’apporter une paix pure et lumineuse »

On n’oubliera pas cette formule « Igne Natura Renovatur Intégra »

Et enfin … sur le chemin de l’éveil … toujours « Ora, Labora » notre statut d’esprit incarné dans la matière l’exige …

Qu’est-ce qu’un Rose-Croix ?

C’est un Maçon qui, après avoir travaillé tous les degrés inférieurs de l’initiation, se livre à l’étude des forces primitives de la nature et à la recherche des causes secondes.

 

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Toujours la conscience d’une fonction bivalente des êtres que nous sommes … et la solution, enfin, sur la confrontation entre pouvoir Temporel et le pouvoir Spirituel  (voire la fonction Royale (ou régalienne)  et la fonction sacerdotale)

Cette espace est conçu comme un champ expérientiel … qui confronte ce que l’on est devenu avec l’histoire de notre humanité récente (celle plutôt, incarnée par l’occident, il faut bien le dire) et la façon dont s’est articulée et fondée la fusion des pouvoirs évoqué ci-dessus.

Cette auto-analyse est primordiale pour mettre en œuvre un « lâcher prise salutaire » nécessaire à un éveil réussi …

Compassion, Bienfaisance, Octuple sentiers de la libération, familiarisation avec les forces occultes et prise en compte d’une organisation cosmologique rectrice des mondes …

On l’aura compris le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm  voie Orientale, est loin de donner des clochettes et titres ronflant et contraint le méditant à vivre des situations obligeant à des prises de consciences foncières …  car « fondatrice d’un nouveau paradigme »

Enfin pour le dernier grade de cet espace ce sera rejoindre la Paix intérieure par la mise en lumière de la « mémoire » par la maitrise de l’échelle à double montant (7 Arts royaux et 7 états) et un méditation profonde sur le « VICARIUS FILII DEI »

 

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Dans ce cheminement vers l’éveil … la spéléologie des profondeurs de l’être ainsi que le nécessaire inventaire des environnements de fonctionnement de l’être sur le chemin du savoir et de la connaissance vont faire place à un autre inventaire : Celui d’un monde dont l’expression ne peut nous être contée que par la mythologie … même si une grande part de celle-ci nous sera expliquée par des découvertes archéologie. Une occasion, sans doute de se rendre compte  que nous sommes aussi fait de cette idéation là …

La démarche suggérée sera celle de « chamanes » … parcourir notre espace-temps … Egypte, Grèce, Scandinavie, Chaldée, Indes, …. Voire des mondes encore plus reculée si possible …

Cela fait … les chaines de l’attachement seront brisées … l’être en réalisation et maçon de surcroit peut apporter une contribution à la transformation du monde sur la base d’une conscience contemporaine inspirée …

Il aura une dernière étape pour obtenir la complétude de ses potentialités ce sera celle d’être non plus l’objet de sa méditation et de son attention opérative  mais de devenir l’acteur parfait et conforme à nature de l’œuvre qui se déroule

Ce sera l’objet de la dernière partie du chemin

 

Un dernier plan de travail proposé par notre Rite … du point de vue de sa justification, de l’utilité, de ses fondements, de son contenu, de son opérativité que n’a-t-on pas écrit, dit et fait !!!!

Il y a une chose de certaine.

Si tout ce que nous venons de buriner traduit bien une démarche indispensable pour que l’éveil puisse réellement se produire … il est nécessaire que s’installe une ascèse personnelle afin que deux réalités se rencontrent … que le « Je Suis » se manifeste … que le « Tat Sat » s’incarne, que la Terre et le Ciel s’unissent, que créature et créateur se rencontre … quel que soit la forme de cette rencontre.

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Aussi bien, pour parler de l’Arcane des Arcanes … pyramidion de notre échelle maçonnique … je prendrai la vision qui est la mienne et qui s’inspire largement du chemin que j’ai emprunté depuis longtemps … celui qui serpente en terre alchimique d’Orient …

Même préparé, comme nous l’avons vu, l’accès à l’éveil ne résulte pas de la mise en œuvre d’une recette de cuisine ni d’une identification personnelle à une variable mathématique participant à la résolution d’une équation cosmique à « n » degré. Celles et ceux qui disent l’avoir obtenu doivent faire très attention de ne pas se tromper lourdement dans leurs appréciations.

Reste que, pour obtenir la meilleure perception de la Vérité, pour s’immiscer dans une mécanique terrestre et céleste malgré notre opacité, notre densité nous devons nous rendre maintenant bien plus léger, nous rendre transparent afin que notre lumière intérieur puisse rayonner sans obstacle (réduction-dissolution de notre Ego) … c’est cette lumière qui est la source de toute les existences …

Obtenir l’arcane des arcanes c’est accepter de rentrer dans un processus de maitrise absolu de notre Moi, de notre Ego  … et même d’accepter la nécessaire dissolution de ce que nous avons été … la mort du vieil homme aura rempli son œuvre au profit d’une métamorphose …

Celui qui se trouve en situation d’éveil tout en restant incarné n’est plus le même … Il est un être bicéphale … qui ressemble les deux mondes. Les anciens Égyptiens diraient : celui qui rassemble la Terre Noire et la Terre Rouge … celui qui comme au temps du Zep Tepi réalise la jonction du Nil céleste (Voie lactée) et du Nil Terrestre    … les NDE ne nous donneraient-elles pas une certaine idée de ces rencontres « post-mortem » éphémères ?  … Difficile à dire car la littérature est peu prolixe à ce sujet pourtant de plus en plus de médecins commencent à concevoir justement cette existence « après la vie, ici et maintenant »

Tentons de préciser deux points  pour aller plus avant : …

Herman Hesse, dans une lettre écrite à un ami, donne la définition suivante de l’éveil: « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen ».

Karuna Platon explique : « la liberté est pour chacun. Le connaissant sait que la liberté ne signifie pas forcément faire ce que l’on veut mais assurément d’abord faire ce que l’on doit  … et si par bonheur, ce que l’on doit faire est, aussi, ce que l’on veut faire  … en somme, si l’on veut faire ce que l’on doit … voilà l’homme libre »  …

Obtenir cette union nécessite une ascèse qui fait l’objet de cette partie ésotérique

Pour comprendre prenons une simple image …  regardons la lumière d’une lanterne … elle rayonne  selon son énergie … Celle-ci n’est pas modifiée par quoi que ce soit pourtant sa manifestation extérieure est affectée en fonction de la qualité de la matière à travers laquelle cette lumière brille …

Ainsi accéder aux arcanes de l’arcane revient à rendre transparent, inopérant tout ce nous empêche de faire éclater cette lumière intérieure transmise à notre naissance …  Comment procéder ?

 

La Qualité de ce que nous sommes est liée à notre aptitude à être en conformité avec nos besoins réels … sur les trois piliers stabilisant notre existence :

A : l’alimentation qui correspond non seulement à la satisfaction impérative de notre corps reptilien mais, aussi, à sa capacité à nous permettre de développer l’efficacité des capteurs objectifs pour la connaissance de notre environnement physique et subtil   … nous sommes ce que nous mangeons

B : l’Air … cette forme volatile si nécessaire à la vie est loin de n’être que de l’oxygène nécessaire à la régénération de notre sang baignant toutes les cellules de notre corps … il informe et transporte les messages nécessaires à la vie et notre transmutation biologique.

C : l’Idéation …  seront mis dans cet espace l’ensemble des sensations, des perceptions, visuelles ou imaginaires … sans elles aucune vie n’est possible … avec elles tout se construit … le meilleur comme le pire

Par un travail assidu et avec l’exercice de la persévérance le Franc-maçon entre en lui-même et prend conscience de l’importance de ses propres centres fonctionnels :

Dès lors le Franc-maçon sera introduit :

 

Ce degré permet au frère ou à la sœur sur ce chemin de rencontre de se placer en résonnance avec les lois qui régissent l’univers, en l’harmonie avec « la musique des sphères » (Spiritualité et Science concluent une union sacrée) … Conscience aura-t-il que sa vie ne débute pas avec sa naissance ni ne termine avec son « désincarnement » !!!!  …

« Là doit naitre une pensée dirigée par une volonté pleinement consciente » …

Corps physique, Corps Astral, Corps mental et Corps subtil doivent œuvrer ensemble … dans une unité retrouvée

 

Il est le temps de comprendre que les Arts libéraux abordés au grade de compagnon et dans notre Rite sous le nom des 7 Arts Royaux … doivent être ré-analysés à la lumière du chemin parcouru … ils deviennent alors « des Arts Royaux Sacrés » parce que imageant le « Je Suis » dans son aspect « puissance de création et d’action »

Une « check-list » de maitrise  particulière est proposée au cherchant … celle énoncée par le « Kybalion »

 

Pourquoi cela ?

Parce que le chemin parcouru a mené à l’éveil  ou pour le moins à une grande ouverture de conscience… un éveil qui a produit sens … qui a replacé l’homme dans sa véritable histoire … qui permit à l’homme d’être le véritable relais  dans les actions de création de ces mondes transcendantaux … Le cheminant devient le « démiurge » entre guillemets tant il est important de rester humble quel que soit le stade où l’on pense se trouver …

Ainsi au 90ième degré devons-nous être  des alchimistes inspirés et conscient …

« L’unité se développe en deux, se perfectionne en trois à l’intérieur pour produire quatre à l’extérieur, d’où par six, huit, neuf, on passe et arrive à cinq, moitié du nombre sphérique dix, pour monter en passant du 11 au 12 et pour s’élever à travers le quatre fois dix, au nombre six fois douze … fin et sommet du bonheur éternel » …

Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … voie d’Eveil ? au lecteur de le décider maintenant … Vrai ou Faux ?

Dernier point cependant: Classiquement 4 voies peuvent permettre la classification de nos  Maçonneries respectives … je vous les livre en conclusion …

Le Maçon réalisé … est assurément l’incarnation de ces 4 maçonneries

Reposons-nous la question: le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est-elle une voie d’Eveil ?

L’on pourra pour le moins dire que la Voie Orientale de ce Rite cumule de nombreuses présomptions favorables …. mais le débat reste ouvert !!!!!

Fin de la partie IV …

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ? Chez les « Egyptiens » Français 17 octobre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?

Publié le 13 juin 2018

Rites … Obédiences … Ordres …

Chez les « Egyptiens »  Français

Avant-propos : Un dicton populaire nous dit « il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Martin !!! » ainsi les noms qui sont « burinés sur cette planche à tracer de pierre » ne désignent que des personnes ayant pu exister (ou pas) ou ayant rejoint d’autre Orient comme il est évoqué dans nos cénacle (ou pas) … si d’aventure certains noms pouvaient poser problème(s), ceux-ci auront été transformés, transposés voire cryptés de telle façon que « toute ressemblance avec une personne réelle ne serait que le fruit du hasard ». Sont évidemment conservés corrects les noms qui par leurs fonctions sont tracés dans des actes consultables par tous moyens habituels (ex Président d’association ou déclaration sur des sites d’information Web.  Cela dit, je peux poursuivre ma méditation. L’important ce sont les événements et les contextes !!!!

Sans faire œuvre d’historien précisons simplement qu’en France un nouveau paysage maçonnique se construisit dans la période 1998-2000. En ce temps-là  trois structures Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?   Chez les « Egyptiens »  Français dans Chaine d'union rites-300x301-299x300obédientielles : pour l’une, elle émergeait tout simplement et pour les autres, elles ré-émergeaient à la suite d’une crise dure et profonde. Pour la première, il s’agissait de la GLMMM (la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm) ; pour les autres évoquons la GLMFMM (la Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm) et la partie Féminine (Les fameuses Robes Jaunes). Ces dernières étaient alors sous la coupe d’une gérance internationale  (OIRAPMM : Ordre International du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm) dont le Grand Maître Mondial (et Grand Hiérophante) était le Frère Chekna Sylla. Il venait de succéder à Gérard Kloppel (lequel succédait, lui-même, à l’Illustre et Sublime frère Robert Ambelain. Une quatrième puissance maçonnique était déjà installée : la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (le GLFMM, les Robes Blanches) dont la gouvernance était sous la responsabilité de notre Sœur Julienne Bleyer.

Avant de poursuivre : un petit « flash-bak » : Tout observateur attentif de notre espace Maçonnique sera convaincu que les « Rites Égyptiens » ne viennent pas de nulle part … et, pour n’écrire que sur les nôtres, rendons hommage à nos fondateurs officiels « mondiaux » d’abord (Grands Maîtres Généraux et parfois Grand Hiérophante) et « Français », ensuite, (Grands Maitres de France) qui étaient tous, rappelons-le, Ad-Vitam.

Année Grands Maîtres Mondiaux Grands Maîtres de France
1838 Jean Etienne Marconis de Nègre (F)  
1869 Marquis de Beauregard (Egypt)  
1874 Salvatore A.Zola (Egypt)  
1881 Joseph Garibaldi (I)  
1900 Ferdinand Delli Odi (I)  
1902 John Yarker (UK)  
1908   Gérard Encausse dit Papus
1919   Jean Bricaud
1934   Constant Chevillon
1936 Guerino Trolio (Argentine)  
1944   Charles-Henri Dupont
1946 Georges Bogé de la Grèze (F)  
1960   Robert Ambelain
1965 Robert Ambelain (F)  
1985 Gérard Kloppel (F) Gérard Kloppel
1998 Georges Claude Vieilledent (F)(Contestation)  
1998 Chekna Sylla (CI)  
1998   Michel Kieffer
1998   Guy Renaudin

Donc, en 1998, comme toujours cet Ordre (l’OIRAPMM) garantissait la cohérence et la coordination des travaux maçonniques via un Souverain Sanctuaire International dans lequel étaient rassemblés tous les Grands Maîtres Nationaux … le TSF Guy Renaudin était, comme il est précisé dans le Tableau, en ce Temps-là le Grand Maître de France, ad-Vitam.

Les fondements de notre Rite impliquaient :

  • Des fonctions … à vie.
  • Une Grande Hiérophanie (c’est-à-dire un « humain plénipotentiaire » (mieux que Thot qui lui n’était que trois fois grand !!! … un peu d’humour ne nuit point pour qui reste modeste et humble)
  • Une échelle du premier degré au 95ième degré avec un GM (Grand Maitre Chargé des loges Bleues), un SLGC (Souverain Lieutenant Grand Commandeur) pour les degrés de 04 à 33 et un SGC (Souverain Grand Commandeur) pour les autres degrés
  • Un refus, au nom de la tradition, de la mixité … un refus qui venait d’être levé lors d’un fameux Convent exceptionnel … celui de l’an 2000. On ne peut se battre, manifestement longtemps, contre l’évolution des consciences et surtout contre un « apartheid » incompréhensible au crépuscule du 20ième siècle …  et à l’aube d’un siècle dont il est dit que celui-ci sera spirituel ou ne sera point !!! 

Lors de la formation de la « Mixité » au sein de notre Rite, à partir du questionnement des fonctions ad-vitam, mais, aussi, de l’acceptation d’une fonction suprême : « La grande Hiérophanie », apparurent les puissances maçonniques suivantes :

  • La Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm (Masculine … Créée en 1960 par Robert Ambelain qui fut, quelques jours, sous l’administration provisoire de Gérard Tavol (en 1998) avant d’être sous la gouvernance du frère Guy Renaudin, GM de France Ad-Vitam,
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm, dont le premier grand Maître fut Pierre Topilif
  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (Création en 1987 et devenue indépendante en 1990 sous Julienne Bleyer)
  • La Grande Loge Symbolique de France (Création par Georges Claude Vieilledent en 1998 à la suite d’un différend conséquent avec Gérard Kloppel d’où une scission rapidement diligentée … )
  • La Grande Loge Traditionnelle des Rites Egyptiens. La GLTRE fut créée par Claude Liew & Gérard Baudou-Platon en 2001 sous patente de Guy Renaudin (Claude Liew fut désigné selon un processus « symarchique » le premier Grand Maître).

Le Frère Guy Renaudin mit fin à la patente qu’il avait accordée au Frère Claude Liew le 07/03/2004 et poursuivit la construction de sa voie maçonnique avec Gérard Baudou-Platon au sein non plus d’une grande loge mais d’un Ordre « l’OIAPMM » où Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (officiellement conçu en 2003 pour compléter l’institution Maçonnique prévue au service d’une échelle à 01 à 97°) …

La mise en activité de l’OIAPMM fut, donc, la conséquence directe des disfonctionnements patents au sein de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm et de la recomposition du paysage maçonnique Egyptien à l’Orée du 21ième Siècle.

Au sein de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il y eut :

  • D’abord une voie unique (Celle de Robert Ambelain),
  • Puis trois voies ont été expérimentées : Voie Théurgique avec le Frère Guy Renaudin, Voie Alchimique avec le Frère Claude Andréotto, Voie Orientale avec le Frère Gérard Baudou-Platon)
  • Puis est venue une voie complémentaire : la voie Celtique grâce à une patente donnée par une Druidesse au nom d’un héritage Celte et de son parcours personnel, de ses pratiques et études.
  • Aujourd’hui, après 16 ans d’expérimentation, Il peut être étudié quatre voies :

A : la voie dite de Robert Ambelain travaillant au Rite en 95 degrés (avec des degrés transmis obligatoirement par voie de transmission rituelique : 1,2,3,4,9,13-14,18,28,30,33 … 90,95 … (Sous la Houlette de notre Frère Guy Duval).

B : la voie dite Orientale mis en cohérence par Gérard Baudou-Platon travaillant toujours selon de Rite en 95 degrés et transmet 33 « étapes de l’échelle » sous forme rituellique (les autres sont « communiqués »)  au lieu de 14 degrés (le 66ième étant un degré à part).   Quant aux Arcana et l’Arcana-Arcanorum, cette voie effectue un réel travail sur le 87,88,89 et 90ième degré. Cette voie intègre la voie Celtique.

C : La voie Misraïmite Ancienne basée sur les prescriptions du Très Sublime Frère Robert Ambelain. Cf. « La Franc-Maçonnerie Oubliée » (Edit Robert Laffont)  et « la Franc-Maçonnerie d’Autrefois » (Edit Robert Laffont) … à confirmer

D : L’universalité du chemin impliquait un  « éventail initiatique ». Ainsi l’OIAPMM a « adopté » un Rit historique : Le Rite Primitif d’Écosse.

Ajoutons ici, qu’il serait opportun que renaisse, le Rite de Memphis (perdu corps et biens, enfin presque), sachant que l’essence du Régime Écossais Rectifié nous est offert par le Grand Prieuré Souverain de France et que l’essence du Rit Écossais Ancien et Accepté nous est rendu sensible par notre promiscuité avec des Frères et de Sœurs travaillant au sein de puissance maçonnique ad-hoc …

Appel est fait à nos frères et sœurs du Rite de Memphis s’ils jugent pertinent le fait de se rassembler au sein d’une entité dont la seule ambition serait de capitaliser nos savoirs et de tonifier notre connaissance

Quelles sont les règles de base associées à notre Rite et à nos Voies (dans le cadre de l’OIAPMM).

Nos Voies que nous qualifions « d’Éveil » sont assises sur Six concepts :

1 : L’existence de Trois degrés (et pas un de plus) … Apprenti – Compagnon & Maître avec les particularités suivantes :

  • Le degré d’apprenti dont la fonction est la « re-connaissance » de soi et l’observation du monde selon « le mythe de la caverne » de Platon …
  • Le degré de Compagnon dont l’utilité est d’acquérir les outils nécessaire à tout maçon désireux d’être un chercheur authentique, mu par son unique conscience … Ce point met en valeur la nature de notre ordre qui n’est pas rattaché à un égrégore collectif mais qui est rattaché à une source : celle que distille notre Rite. Cela exige l’acquisition d’un minimum de maitrise. La première « boite à outils : les « 7 Arts Royaux » et des philosophes « déclencheurs » d’intérêts … Tels Lycurgue, Pythagore, Socrate, Platon, Thalès, … et autres « lanceurs d’Alertes » spirituelles s’entend …
  • Les Maîtres, nouvellement exaltés, comprendront que notre Rite implique, après le voyage intérieur de l’Apprenti, puis les voyages « découvertes » des mondes du compagnon, un autre voyage beaucoup plus long à travers l’histoire symbolique, philosophique, métaphysique et ésotérique de toutes les IA-1-300x225 dans Contributioncivilisations que notre planète ait portée car les peuples passés ont construit peu à peu ce que nous sommes . Cela fait, ayant pénétré cette conscience universelle la voie de la Haute Maitrise permettra, au Maître, ainsi, réalisé, aguerri et informé de cheminer vers l’ultime initiation … être exhaustif … et « épuiser » sa vie afin que nous la rendions en ayant extirpé la substantifique moelle voilà le statut du Maître !!! … tant que cela n’est pas accompli nul repos ne les tente.

2 : La conviction que notre Rite et nos voies étaient, aujourd’hui, les plus à même de relier « Science et Spiritualité ».

3 : L’échelle de notre Rite resterait « une échelle en 95 degrés » en respect avec les transmissions que nous avons reçues. Cette échelle bien que nous ayant été transmise par le TSF Robert Ambelain (sur le plan historique) a été beaucoup enrichie grâce à des apports en provenance des USA, du Canada, de la Belgique et en moindre importance d’Allemagne. Le parcours des Maîtres s’organisant autour d’une progression logique pour servir la notion d’éveil dont nous avons parlé plus haut. Il sera pour nous aisé de faire savoir que ces 95° suppose un grand investissement personnel afin de pénétrer notre véritable nature et comprendre notre réelle destinée.

En résumé … Ancienne Égypte, Tradition primordiale, Judaïsme, Rayonnement Christique, Celtisme, Mithraïsme, retour aux apports des rites anciens, Védisme, Hindouisme, Bouddhisme, Shivaïsme, Soufisme … seront le lot des études poursuivies par le Maître l’obligeant à la souplesse de vue et à se sentir à l’aise dans un état de « conscience augmenté » et propre à concevoir une véritable  universalité.

4 : la Franc-Maçonnerie, avec sa teinture « voie orientale » devient une école opérative formant des  hommes et des femmes dont le métier est de construire en soi et hors de soi harmonie et futur pour le bien de l’humanité toute entière. Cette école opérative qui n’exclut en aucun cas les croyances individuelles qui peuvent émerger de la méditation Maçonnique  et qui permet même à chacun de vivre des voies « extra-maçonniques » qui répondent plus profondément à son aspiration (Martinisme, Église Gnostique, Réaux-Croix, Élus Coens, Rose+Croix d’Orient, Ordre Kabbalistique, … que sais-je encore).

5 : l’OIAPMM est une Organisation sans structure administrative hiérarchique puisque chaque atelier est  « libre », « indépendant » et « souverain » selon les modes d’organisation ayant cours au 18ième Siècle. Siècle des lumières dit-on avec justesse. Chaque atelier a, dès lors, l’obligation d’être en règle avec les lois du pays dans lequel il travaille. Cependant, pour asseoir leur autorité initiatique et pour garantir la qualité de leur transmission chaque atelier souscrit une Charte qui le lie au Souverain Sanctuaire Khorshed. Ce Souverain Sanctuaire a pour mission de rassembler les dépôts initiatiques nécessaires à la vie et à l’enrichissement du rite qui lui sert de voie initiatique.

6 : Le respect que l’on doit à tout être libre dans son cœur et dans son âme, chevalier dans sa fonction et dans l’humilité de son statut au regard d’un cosmos source de toute vie nous oblige :

  • à refuser toute labellisation sachant que la recherche de la vérité n’admet aucune entrave[i],
  • à refuser le statut de la Grande Hiérophanie[ii],
  • à marginaliser au maximum les contraintes profanes afin de parcourir son chemin spirituel avec le plus grand bénéfice personnel et pour autrui

Restons en-là sur les fondements de notre Rite

Nous devons maintenant aborder le mode de fonctionnement des ateliers de l’OIAPMM (Triangle – Loge juste – loge juste et parfaite – Collège – Chapitre – Sénat – aréopage – et autres consistoires – Cité Mystique – Souverain Sanctuaire …) …

La voie Égyptienne tout comme les philosophies orientales et Africaines nous enseignent que :

  • le Temps n’existe point … car il est sacré … et qu’entre deux parenthèses seul l’esprit circule !!
  • ce que nous faisons, ici et maintenant, doit rassembler toute notre attention, nos forces de méditation, d’inspiration et … notre authenticité …
  • et c’est pour cela qu’elle nous suggèrent que la recherche de la Vérité est notre seule et unique ambition, aucune irruption étrangère ni injonction du monde profane ne pouvant être tolérée. Le lieu de nos travaux étant, assurément, secret mais, aussi, sacré.
  • Nos assemblés rythmés par l’ouverture et la fermeture de nos travaux puis la présentation des « morceaux d’architecture » doivent s’inscrire dans ces deux parenthèses entre lesquelles tout espace-temps devient inconditionnel

Pour la voie dite « orientale » il sera ajouté un autre précepte :

Ne pensons point obtenir notre réalisation personnelle ni notre « réintégration dans notre statut d’origine » comme nous le suggère certains de nos rituels si nous refusions de faire comme les moines taoïstes le chemin tortueux de l’esprit de vie … re-connaitre d’où l’on vient, prendre conscience du « lieu » où nous sommes et se libérer pour accomplir sa destinée … et, chemin faisant, pratiquer la compassion et l’aide … voilà le devoir des Maçons Francs du 21ième siècle …     

Qu’écrire de plus sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm – Voie d’Eveil (Voie Orientale,  Voie Robert Ambelain et voie Misraïmite Ancienne)

Le « souverain Sanctuaire Khorshed[iii] » a rassemblé et réexaminé l’ensemble des dépôts initiatiques afin de rendre les rituels conformes aux principes que je viens de d’exposer. OIAPMM-SSKhorshed-Blanc-300x300 dans Recherches & ReflexionsNous devons juste nous convaincre de l’idée suivante :

« Une tradition (héritage culturel voire cultuel) qui ne s’actualise pas est une tradition qui meurt » … « Une tradition qui s’actualise nourrit et fortifie le passé – le Présent – et l’avenir, garantissant ainsi le respect de nos anciens (Maîtres passés :: « ancêtres ») et notre capacité à enfanter l’avenir par une belle transmission murie par le soleil de l’amour fraternel »

Malgré ce qui en est parfois dit, nos Rituels « ne sont pas longs » … ils agissent le temps nécessaires pour que notre être oppressé par des tensions profanes prenne le temps de retrouver une véritable écoute et le lien qui n’aurait jamais dû être coupé entre l’homme et son être profond …

Notre Ordre et le paysage Maçonnique actuel

Tout pourra être dit … Tout … et même son contraire sur ce sujet !!!! … Mais pour paraphraser une stance de nos rituels je dirais que « nous maçons d’Egypte nous ne prendrons jamais des vessies pour des lanternes » et que si nous dressons notre âme pour voguer dans des espaces plus subtils nous savons être rationnels et nous savons juger par nous-mêmes … Nul ne peut se présenter et déclarer être notre recteur de conscience.

Nous savons aussi que nous sommes tous des Chevaliers (Samouraïs) ou des chevaliers en devenir car nous sommes des Francs-maçons constructeurs d’harmonies exécrant l’irrespect, l’exclusion, et toutes les attitudes sectaires d’où qu’elles viennent !!!

Dès lors nous avons à imposer un comportement qui honore la Franc-maçonnerie avec toutes ses magnifiques valeurs … (Droit à la conscience individuelle, liberté d’expression, droit de l’homme et plus généralement droit du vivant, protection de l’environnement, …)

A : Le paysage Maçonnique

Voici en 2018 une première classification des sensibilités Égyptiennes selon leur adhésion à la « Grande Hiérophanie » et à la nomination Ad-Vitam des  représentants du Rite.

  • Les puissances maçonniques acceptant la gouvernance selon les principes de la Grande Hiérophanie :
  • L’OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm) :: GMG Willy Reamaker et Bernard Teuqnirt …
  • L’ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) qui comprend, aussi, les Rites Confédérés :: Joseph Castelli … en son sein nous trouvons : La Grande Loge Egyptienne de France (ex Gérard Harel) :: La Grande Loge Orientale Régulière de France (Richard Ytram) :: …
  • Le GOSRE (Le Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le Grand Hiérophante est Michel Goudard de Soulages. En son sein résident : la Grande Loge Symbolique Burgonde (François Clouzet) :: la Grande Loge Internationale régulière de Memphis Misraïm :: l’Ordre maçonnique Oriental de Memphis Misraïm (jean Pascal Tollip)
  • Les puissances maçonniques intégrant des modes de gouvernance proches du monde électoral :
  • Le GOE le Grand Ordre Égyptien du GODF (Philippe Foussier)
  • La GLMFMM puis FedMM :: Fédération de Memphis Misraïm … Bernard Champigneux
  • La Grande loge Féminine de Memphis Misraïm :: Éléonore Lecoq
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm :: Olivier Sartoux
  • La Grande Loge Traditionnelle de Memphis Misraïm Battini Jean Simon
  • L’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm:: Patrick Theron
  • La Grande Loge Symbolique de France (& Grande Loge Traditionnelle Internationale) :: Jacques Lavilette.
  • La Grand Loge Unis de Memphis Misraïm :: François Evreux
  • La Grande Loge Mixte de France :: Édouard Habrant …
  • Et dans des parties de « sensibilité Egyptienne » inclus dans des Obédiences Multi-Rites (GLISRU : Grande Loge Indépendante et Souverain des Rites Unis, GLMN : Grande Loge Mixte Nationale, GLMF : Grande Loge Mixte de France, …)

Combien sommes-nous de frères ou de Sœurs Egyptiens en France ? Disons 4200 sur 182.400 FM[iv] (répartis en 7200 loges) environ  … la France représente 5,99% de la FM Mondiale (soit 3.051.000 FM) … pour une fois les Francs-maçons Français éternels nombrilistes pourront faire acte d’humilité !!!

Le nombre d’Egyptiens (4200 :: nombre statistique selon déclarations spontanées) en France est réparti en au moins 45 Ordres ou Obédiences … Nous nous rappellerons juste que :

  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm en comptait il y encore peu de temps 1300 … (les sœurs ont récemment vécu des scissions du fait des exigences de reconnaissance du Grand Orient de France)
  • La Grande Loge mixte de Memphis Misraïm en comptait, il y a peu environ 300
  • La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (aujourd’hui Fédération de Memphis Misraïm) en comptait, quant à elle entre 250 …
  • Le Grand Ordre Egyptien du GODF (Date Naissance : 19/09/2001) … 400 …
  • La Grande Loge Mixte de France … un peu moins de 200 ? …
  • Aujourd’hui le groupe ci-dessus ne représente plus que 2450 Frères et Sœurs !!! Il sera dès lors aisé de constater, alors, que 1750 autres frères et sœurs Egyptiens se sont répartis en 40 Obédiences !!! ….  Je n’ai pas compté la dernière naissance … il y a m’a-t-on dit, un an : l’Ordre Maçonnique Egyptien Mixte International (OMEMI, un nouveau système issu de « l’Océan Indien »  ….  Donc 41 !!!

Cela nous laisse rêveur. La consistance numérique de chacune d’entre-elle, sachant que certaines ont plus particulièrement résistée et « jaugent » à plus de 150 membres !!! (Nous faisons partie de celles-là) … reste bien légère, c’est-à-dire « poids plume » …

Avant d’aller plus avant nous pouvons nous convaincre de ceci, car nous sommes bien en France et il existe dans notre pays des principes de liberté inaliénables : Les hommes et les femmes peuvent se rassembler sans avoir de « tuteur » au travers de structures de type associative (Association de la loi de 1901 et de 1905)  de ce fait :

  • Il n’existe, donc aucune obligation pour des Maçons libres dans une loge libre d’adhérer à une fédération ou une confédération …
  • Les liens entre associations relèvent de la volonté pleine et entière des signataires et des puissances qui les formalisent. Il n’appartient dès lors à aucune autres autorités de les contester sur la base de principes qui dérogeraient à la liberté de conscience, à la liberté d’expression, au droit de s’unir pour des raisons qui les concernent.

Dans le cas contraire : la recherche de « tutorat » ou tout simplement la volonté de construire entre plusieurs associations (loges) des liens de dépendance ou de contrôle hiérarchique peuvent amener certaines d’entre-elles à rechercher une adhésion à une Fédération ou une confédération … ce que nous maçons appelons  « Grande Loge » ou « Confédération Maçonnique ».  Modèle de gouvernance largement inspiré des propositions du « Pasteur Anderson ».

Ce mode de gestion est devenu quasiment la règle depuis le 20ième Siècle … L’idée étant bien acquise par la « Grande Loge Unie d’Angleterre » (GLUA) (laquelle inventa, alors, l’abaque de la « régularité »  puis pour ne pas être « en reste » par rapport à nos frères anglo-saxons, cette idée fut reprise par le Grand Orient de France (lequel nous inventa la « reconnaissance »).  Sans polémique, aucune, nous dirons, alors, que chacun peut inventer ce qu’il veut mais il sera important pour nous maçon de savoir, de connaitre puis d’accepter (ou de ne point accepter) les affres qui sont les conséquences naturelles de toutes sectarisations et/ou de tout asservissement !!!!.

Il existe pourtant une formule « le Traité d’Amitié » efficace et chargée de sens,  dont la valeur reste inestimable puisqu’elle relie, normalement, des puissances maçonniques désireuses de partager et de travailler ensemble. Mais là encore quel gâchis !!!

En voyageant sur le Web et en nous arrêtant sur le site des diverses Grandes Loges ou Ordres l’on peut constater la publication d’une ou plusieurs pages listant les traités d’amitié et de reconnaissance. Il suffira de suivre trois Grandes Loges sur leur site Internet : GL3M, GLMN, FedMM où chacune d’entre-elle a entre 10 et 22 liens d’amitié. Est-il possible pour un frère et une sœur de faire vivre : une famille, un métier, une loge, une grande loge avec, si ce frère ou cette sœur, pratique les cénacles de perfection, un atelier spécifique, sa fédération associée et enfin ses propres recherches !!!! C’est assurément le grand écart et de douloureuses lombalgies éprouvantes … quand peut-on alors parler ésotérisme ? …  Comment peut-on penser au moindre échange initiatique de fond dans ces conditions ? !!!! Ces seuls liens résident, souvent et assurément, dans des participations protocolaires lors de tenues spécifiques que les maçons désignent par le terme de « Convent ».

Pour faire bon poids et être complet : même en en notre siècle, il semble qu’au titre de la « tradition » une grande partie de l’humanité est exclue (sur le plan du principe !!!) … sans pour cela ne soulever aucune indignation.

Prenons pour critère le « sexe » une grande majorité sera masculine, … prenons celui du substrat ésotérique la presque totalité sera … judéo-chrétienne !!!

Lorsque les loges et ateliers ont choisi de s’affilier à une Grande loge. L’on doit savoir cela :

Une puissance Maçonnique dite « régulière » ou « reconnue » dans la plupart  des cas (98%) est formée de deux parties :

  • Un ensemble de loges dites « Symboliques » ou « Allégoriques » qui sont sous le contrôle administratif d’une « Grande Loge » (C’est sur celle-ci que repose le qualificatif de « régulière » si elle répond aux « Landmark » de la GLUA ou de « reconnue » si elle répond aux exigences (à géométrie variable … nous en avons pour preuve la reconnaissance discutée, actuellement, avec la GL-AMF !!! ), par le GODF
  • Un deuxième ensemble les « Ateliers Supérieurs » ou de « Perfection » qui pratiquent leur Rite sous l’autorité d’un « Suprême Conseil », d’un « collège des Rites » ou autres désignations … ce deuxième ensemble ne souffre généralement pas de « reconnaissance » ni de « régularité » … dans le cas contraire il s’agirait là d’une forfaiture. Tout le monde sait que les échelles des hauts-grades sont d’une extrême variété et personne sur le plan historique ne peut déterminer ce qui serait opportun de designer comme « juste et parfait »

Voilà donc, quelques définitions posées.

Nous pouvons … continuer … en nous focalisant sur le groupe de maçons que constituent « les Egyptiens » (Terme générique, évidemment) … Précisons tout de même ce que cela signifie :

  • Au 19ième Siècle disons qu’il existait le Rite de Misraïm (dit Rite Egyptien), le Rite de Memphis (dit Oriental … Attention pas le nôtre) et le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm
  • Au 20ième Siècle nous y trouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm
  • Au 21ième siècle nous retrouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (dans lequel s’ajoute notre Voie Orientale – Voie d’Eveil), le Rite de Misraïm, l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm mais aussi, un réémergence du Rite de Misraïm, et enfin, le Rite du Grand Ordre Egyptien (Cf. Note de fin)

Selon ces critères, nous somme 4200 Frères et Sœurs « egyptianisants »  (cf. supra). Ils se répartissent en deux catégories selon la notion de « reconnaissance du GODF » (la « Régularité » est à exclure de fait, naturellment ):

  • Les structures « reconnues » par le GODF[v],

Je reprends, ici, que celles qui pratiquent les « Rites Égyptiens » : Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (qui est devenue aujourd’hui la Fédération Memphis Misraïm … Traité signé le 29/11/2017 à Paris), Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (Traité signé le 29/05/2004), Grande Loge Mixte de France, la Grande Loge Symbolique des Rites Unis …

  • Les structures « non reconnues » par le GODF 

Dans Celles qui sont reconnues comme puissances maçonniques selon les principes de la convention de Strasbourg de 1961 et qui sont « Amies » d’une puissance maçonnique reconnue (par le GODF):

     A : OIAPMM[vi] (Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm), la Grande Loge Symbolique de France,  Grande Loge Française de Misraïm (Celle d’André Jacques, manifestement), …

B : La Grande Loge Unis de Memphis Misraïm,

C : La Grande Loge Symbolique de France,

Ici, notre attention doit être requise : « les Amis de mes Amis pourraient à priori être mes Amis ». Assertion que l’on retrouve souvent dans le monde profane, qui relève du bon sens et qui fonctionne souvent sauf cas particuliers !!!.

De façon coutumière & objective, cet aphorisme est faux au sein de la franc-Maçonnerie Française dite « reconnue » c’est dire au sein des obédiences qui ont jugé utile se mettre sous la coupe d’un « Grand Ordre » … même si celui-ci s’auto-désigne comme « Égyptien » :

là: « Les amis de mes amis sont inexistants, non advenus ».

  • Enfin Les autres… au sein des quelles l’on trouve:

Les structures dites « sauvages » …  dont certaines appartiennent au Portail des loges libres et indépendantes. Disons le franchement: il y a des loges dites sauvages qui transmettent un enseignement de première importance et … il y a des loges dites reconnues qui pourraient les envier !!!

Remarques importantes: Toutes les loges inscrites au portail ne sont pas « sauvages » !!!. J’en pour preuve que 70% d’entre-elle font partie de structures parfaitement organisées :

> La Fédération des loges libres et Souveraines (FLLS),

> L’Alliance Maçonnique Universelle (ALMA),

> Mais aussi, d’un certain point de vue, L’OIAPMM (Eh oui nous faisons partie du portail … puisque tous nos ateliers sont libres et indépendants sur le plan administratif mais par contre ils sont reliés exclusivement par une Charte Initiatique. C’est notre particularité absolue. Cette particularité nous exclut statutairement de toute « reconnaissance » du GODF puisque la « reconnaissance » est attribuée dans le seul but d’évaluer les modes de gouvernances (« fourches caudines » administrative) et d’imposer, sur le plan initiatique, l’abandon du Rite d’origine par l’adoption d’un Rite reconconstruit en 2000 sur la base de l’Echelle de Yarker en 33 degrés  (Cf. Marcos // Biasi)

  • Les structures rattachées à la grande Hiérophanie donc irrémédiablement non reconnues

> OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis (dont le dernier Grand Hiérophante présumé … le 12ième … est Willy Reamaker) ;

> ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) sous la gouvernance du Grand Hiérophante, présumé … le 12ième aussi : Joseph Castelli grand timonier de ce que l’on appelle « les Rites Confédérés » … espace dans lequel un grand nombre de sensibilités spirituelles sont rassemblées.

> GOSRE (Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le premier Grand Hiérophante se dit être (encore un) en fait le 12ième Grand hiérophante : Michel Goudard de Soulages !!!  …

  • Rajoutons aujourd’hui un phénomène nouveau : le réveil des courants qui avaient été mis sous le boisseau par le TSF Robert Ambelain … ce sont des sensibilités ésotériques allemandes et Italiennes (Naples, Venise, ..). réapparaissent, aussi, des filiations Jean Prévost, Jean Bernadac, Gian Carlo Seri, … Tous ces mouvements maçonniques n’ont pas été quantifié mais ne nous trompons point, ils sont loin d’être négligeables … et surtout nous ne savons pas encore sur quelles bases philosophiques ils sont réellement posés (Discrétion ? Secret ? )…  La position des autorités Italiennes laisse penser que la France pourrait, bien, être une Terre d’accueil. Situation intéressante quand l’on sait que la Franc-maçonnerie française (« reconnue » et la plus nombreuse) est incapable d’hospitalité sur son propre territoire.

(Je n’ai pas pu chiffrer ces deux dernières catégories … je compléterai mon analyse ultérieurement)

B : Paysage Maçonnique et Rites Egyptiens

  • Le Rite de Misraïm (Dit Egyptien),

C’est avec le Rite de Memphis Misraïm, les deux systèmes hermétiques importants. Dans le Rite de Misraïm se développèrent et se multiplièrent des degrés (hauts grades), il faut bien le dire de façon un peu anarchique. Il fut raillé par son nombre important de degrés. Railleries facile lorsque l’on est ignorant des contenus et de la valeur opérative de ses modes de fonctionnement. Le terme de   « Misraïm » se retrouve pour la première fois lors de la présentation des secondes Constitutions d’Anderson du Frère de la Tierce en 1742. « Misraïm »  désigne « l’Egypte » en Hébreux. A ce moment pourtant rien à voir avec l’inspiration de l’ancienne Egypte. La base initiatique est parfaitement Hébraïque. Une connotation Egyptienne apparait en 1767. En effet les frères de la Stricte Observance Templière et les maçons Ecossais en lien avec Fréderic de Prusse évoquent l’idée d’inclure dans le parcours initiatiques des frères un enchainement authentique sur le sentier de l’initiation : cela concerne, évidemment, l’ancienne Egypte. Le Rite Krata Repoa sera un support-soutien manifestement peu compris pour promouvoir un nouvel hermétisme. Rites païen et Rite Chrétien semblent faire bon ménage à tel point que les Frères des Rites Rectifiés s’en accommodent. Des Sources Inspiratrices

A : 1759 Les amis de Delphes « Rites des Philadelphes » travaillés dans une loge Narbonnaise (Théurgie). La fondation du rite est attribuée au Vicomte de Chefdebien d’Aigrefeuille

B : 1750-1760 des principes et des pratiques Rose+Croix ….

C : 1773, fondation à Lyon du Rite des Philalèthes dont les influences de Willermoz et de Cagliostro sont patentes. Jean solis expliquera que « Le système s’articule en trois séries : Symbolique à Ecossais, Chevaleresque avec une Rose+Croix et un Chevalier du Temple, sur trame alchimique, théosophique et Théurgique à connotation sacerdotale proche des Elus Cohen ».

D : Cagliostro et bien sûr le Rite de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy.

Deux personnages se feront concurrence : Cagliostro et le Comte de St Martin !!! Cagliostro est un Mystique, Théurge, Thérapeute et alchimiste des voies internes et externes (escroc pour d’autres !!!) … il récolte des degrés particuliers à Malte (Fonseca) et à Naples. Il se forme au mysticisme chevaleresque de Willermoz. Toutes ces aptitudes le mènent à la création en 1784 du Rite Primitif qui porte son nom. Il en devient son patriarche !!! Là réside, peut-être, la source de l’Arcana Arcanorum …

L’ensemble fut recueilli par le patriarche Gad Bédarride dans des conditions … étranges … Marc-Badarrides-01-248x300mais c’est à ce moment que furent construits les 90 degrés du Rite de Misraïm …

L’histoire nous dit que les hauts degrés furent perdus et seuls les 77 premiers degrés restèrent entre les mains des fils Bédarrides. … les degrés manquant furent réinventés par eux, naturellement dénaturés … Où sont les véritables hauts degrés ? … personne ne peut, objectivement s’en prévaloir.

  • Le Rite de Memphis (Qui est dénommé à tort  « Oriental »),

Selon la tradition de notre voie maçonnique il est écrit : « La plupart des membres de la mission d’Egypte qui accompagnèrent Bonaparte était Maçons de très anciens Rites Marconis-De-Negre-01initiatiques : Philalethes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre des frères issus du Grand Orient de France. C’est la découverte, au Caire d’une survivance gnostico-hermétique qui va, alors conduire ces frères à renoncer à la filiation reçue, jadis, par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Ainsi sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, nait à Montauban en 1815, un nouveau courant maçonnique ne devant rien à l’Angleterre : le Rite de Memphis. Si ce Rite rassemble rapidement les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c’est bien au sein de Memphis que se regroupe les demi-solde de l’ex-grande armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle.

Les personnages emblématiques :

1 : Gabriel Mathieu Marconis (33° du REAA et les plus hauts degrés du Rite Primitif … et les hauts lieux kabbalistiques en Europe)

2 : Jacques Etienne Marconis de Nègre, son fils, Hauts degrés du Rite de Misraïm, Hermétisme Ecossais et Krata Repoa Germaniques et ésotérisme Egyptien grâce à l’épisode de l’épopée Napoléonienne.

En 1816 les deux Rites Misraïm et Memphis ont le même grand Maitre général … prémices d’une prompte réunion ?  … mais après quelques vissicitudes le Rite reprendra ses travaux le 23/03/1838. Le 30/04/1838 verra la constitution de la Grande Loge d’Osiris et les statuts du Rite déposés le 11 Janvier 1939.

Le Rite sera reconnu par le GODF en 1862 …

L’on notera que selon certains « témoins » Bonaparte aurait été initié Franc-Maçon dans Bonaparte-Arcole-02la loge « ISIS » au Caire. Le Vénérable Maître en aurait été « le Général Kleber ». Salvatore Avventore Zola écrit : qu’exactement en Aout 1798, Napoléon reçut les transmissions des antiques sages de l’Egypte. Cette initiation aurait été faite dans la pyramide Chéops. Ainsi naquit, sans doute le premier foyer « Memphis » en Egypte. En 1815, le 30 Avril à Montauban fut fondée la première loge en France sous la désignation « des Disciples de Memphis » par Sanuel Honis, Gabriel Mateo Marconis de Nègre, la Baron Dumas, le Marquis De Laroque et Hyppolite Labrunie.

  • L’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm,

Ce rite est essentiellement pratiqué en Italie au sein du GSA (Grand Sanctuaire Grand-Sanctuaire-Adriatique-03-300x281Adriatique) il est masculin mais admet des « loges d’adoption » féminines (pour lesquels la présence d’un « homme », patriarche de surcroît est requis !!! son fondement : La Grande Hiérophanie et l’accès à l’Arcana Arcanorum. Ce dernier est, selon cette puissance maçonnique, défini par Jean Pierre Judicelli de Cressac Bachelerie dans son livre « de la Rose Rouge à la Rose d’Or » (Cet enseignement concerne la Théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des Eons-Guides qui doivent prendre le relais afin de faire comprendre un processus mais, aussi, une voie Alchimique très fermée qui est un « nei-tan » (voie Interne)). Cette version de rite égyptien est naturellement très intriquée avec les autres essences « Memphis Misraïm » mais s’inspire, aussi, de sources très anciennes (Venise). La maitrise est basée sur le thème du « Mythe Osirien » et les autres degrés détermineront l’aptitude de chacun à progresser sur un plan opérationnel et non intellectuel. L’astrologie et la Kabbale seront nécessaires pour l’accès aux arcanas (le retour à l’Unité). Leur grande Hiérophanie souscrit à une transmission de noblesse spirituelle. Dans ce cadre leur  « in Memoriam » souligne l’autorité des : marc Bédarride, Marconis de Nègre, Marco Edigio Allegri, Ottavio Ulderico Zasio, Gastone Ventura, Sébastiano Caracciolo …

  • Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (Historique),

Le Rite ancien (REAA) et Primitif (Narbonne : hermétique et opératoire) de Memphis Misraïm résulte de la fusion effectuée, en 1881, entre le Rite de Memphis et celui de Misraïm sous la gouvernance de Giuseppe Garibaldi, Franc-maçon, général de l’Armée Italienne qui fit l’Unité Italienne. « Italia fara da se »  …

Ce rapprochement sera, évidemment, violemment rejeté par le Grand Orient d’Egypte (fondation 1856)

Rapidement brossé les deux premiers degrés ont une connotation égyptienne, le 3ième fait référence au Mythe de Salomon, puis du 4ième au 33ième le rite suit celui du Re2a dans les « stations » mais pas totalement dans les messages initiatiques, du 34ième au 68ième il développe la philosophie maçonnique et restitue les Mythes Anciens et enfin les suivants qui seront d’essence Théurgiques et Alchimiques.

Le 66ième degré consacre « une Eglise Intérieure » en relation avec le Gnosticisme assis sur une gnose de type Judéo-païenne  (Ordres Mineurs, Ordres Majeurs, Prêtrise, Episcopat) sensé s’inspiré du « Temps du Christianisme Primitif » … Ce degré donne assurément à ce Rite une « Régularité Sacerdotale »

Concernant les fameux « arcanas », couronnés de « l’Arcana Arcanorum », l’Arcane des arcanes ils donnent titre de Sublime Maître du Grand Œuvre. Il signifie, à priori, pour le titulaire sa réintégration dans l’Unité et sa capacité à avoir construit son « corps de Gloire ».

C’est pour ce faire que ces arcanas décernent « les secrets oraux de Naples » au « cherchant » et sans doute pour l’occasion « au souffrant » !!!

Les Adeptes « Egyptiens » progressent ainsi selon un cheminement individuel guidé par un déambulatoire le plus complet possible sur le plan initiatique. 4 caractéristiques peuvent, aujourd’hui, être recensées :

  • Les Rites judéo-chrétien de Robert Ambelain
  • Les Rites Orientaux … Il y en a quelques-uns … mais à ma connaissance seul l’OIAPMM est en lien avec des « pratiques » d’inspiration extrême orientale …

A : l’OMOMM (Ordre Maçonnique Oriental de Memphis-Misraïm). Leur filiation est celle de Bricaud – Constant Chevillon – Ambelain & Bricaud – Constant Chevillon – Chambellan.

B : ROM (Rite Oriental de Misraïm) : Cette puissance Maçonnique puise dans les Antiques Traditions du bassin méditerranéen … Pythagoriciens, Auteurs Hermétiques Alexandrins, Néoplatoniciens, Sabéen de Harrân, Ismaéliens … en 1792 des sources de Misraïm de l’Ile de Zante …

C : l’OMORAPMM (Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm en France … Voici une nouvelle résurgence de lignées Italiennes … ce que l’on peut dire c’est que cet Ordre reçut patente le 09/02/1988 des mains de Giancarlo Seri

D : Au sein de l’OIAPMM:

Cette puissance Maçonnique fait bien partie de la famille que nous décrivons mais il nous faut souligner leurs spécificités. Il n’y a que 3 degrés (Cela répond au critère de tous les systèmes maçonniques) : Apprenti, Compagnon et Maître.   Le degré de Compagnon est réservé à l’apprentissage des 7 Arts Royaux (et libéraux) ainsi qu’au contact avec certains philosophes emblématiques au regard de l’évolution des sociétés et civilisations. Le degré de Maitre est transmis selon la référence au mythe Osirien (pour la voie Orientale), la voie Robert Ambelain conserve la référence du Mythe d’Hiram..

Les autres « degrés » sont en fait des « Stations initiatiques » que les Maîtres rencontrent lors de leur cheminement dans le Rite. Et pour certaines d’entre-elles, il est réveillé (en complément des degrés classiques) de nombreuses sensibilités Egyptiennes, extrême-Orientales tel que le Chevalier de Mercy (Siddhârta Gautama), … , Patriarche des Védas Sacrés, …  

  • Les Rites Anciens,

Cf Supra (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Régime Ecossais Primitif, Stricte Observance, Gnosticisme, Celtisme, Rose+Croix, … ) … au sein desquels, à ma connaissance, des Ordres font références: l’OMRA (Ordre Maçonnique des Rites Anciens), des Grands Prieurés (GPDG, GPIDF, GPERRO, GPSDF, GPITDG, …).

  • La grande Hiérophanie

C’est un système de gouvernance qui implique qu’un Grand Maitre Général ou un Grand Maitre National est nommé Ad-Vitam et qu’il possède l’autorité absolu pour désigner son successeur … à priori la statut minimum, pour un Grand Maître Général (Mondial, donc), est de posséder la connaissance au plus degré d’au moins trois voies Initiatiques. En général un Rite Egyptien, un Episcopat Gnostique, une voie Martiniste ou un Ordre Rose+Croix ou Kabbalistique …

Au sein de cette spécificité l’on trouvera le GSA, l’OIRAPMM, le GOSRE, l’ORUMM, ….

L’OIAPMM, comme le GOE, la FedMM, la GLMMM, …, ne sont donc pas concernés

  • Le Grand Ordre Egyptien[vii] (GOE) … il fut fondé la même année que notre voie initiatique !!!

Il est une juridiction de « hauts-grades » maçonniques travaillant au « Rite Ancien et Sceau-revu-BDMIPrimitif de Memphis-Misraïm » pratiqué selon une échelle en 33 degrés établie par Jacques-Etienne Marconis de nègre[viii], fondateur du Rite de Memphis, lorsqu’il entra dès 1862 au Grand Orient de France avec son rite. Celle-ci fut analysée et travaillée avec  l’aide de son Premier Grand Maître Adjoint, Ludovic Marcos, sans oublier la haute inspiration du frère Jean-Louis Biasi …

Le plan ésotérique prévu par le GOE institue un parcours conçu comme suit : « Les rituels et les travaux plongent le cherchant véritable dans l’Egypte alexandrine creuset des cultures, philosophies et religions de l’Egypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés. Cette quête conduit nombre de participants vers la fameuse inscription qui ornait le temple d’Apollon à Delphes « connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». Pour cela, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés n’emprunte rien aux autres rites. Contrairement à l’échelle en 95 degrés du même rite, celle en 33 degrés n’utilise pas les grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Les rituels n’ont aucun lien avec la légende d’Hiram ou toute autre connotation judéo-chrétienne puisque ses fondamentaux sont préchrétiens ».

En 2018 … nous sommes contraints de constater une règle absolue imposée par le GODF … « toute puissance maçonnique qui souhaite être « reconnue » doit mettre en œuvre à court terme les rituelies prévue par le GOE[ix] ».

Ceci signe la disparition d’une grande partie du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm historique (Celui issu de Robert Ambelain, Gérard Kloppel … et si l’on sait compter : 2200 « reconnus » … implique 2000 « non reconnus » …

C : enfin : Organisation de l’OIAPMM (Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm)  pour y voir plus Clair

  • Il appartient au portail des loges libres et indépendantes (130) qui regroupe :

La Fédération des loges Libres et souveraines (FLLS) … Multi-Rites, L’alliance Maçonnique Universelle (ALMA) … Multi-Rites, Nous-mêmes (OIAPMM) … Mono-Rite, et enfin une quarantaine de loges résolument indépendantes. Lesquelles pour l’essentiel ne sont pas égyptiennes.

Dans ce portail une loge de recherche de première importance éditrice « d’une parole circule » la Respectable Loge Sud-Rosa à Genève, montre la qualité du travail accompli.

  • Nous respectons les lois de nos pays de rattachement et chaque loge ou atelier a signé la charte des loges libres et indépendantes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Charte qui est sous le contrôle du  « Souverain Sanctuaire Khorshed ».
  •  Dans le cadre de sa partie initiatique notre système est conçu comme un « Ordre » et non comme une Obédience.  Son Assise est définie par trois degrés : « Apprentis », « Compagnons » et « Maîtres ».

> Apprentis ou la prise de conscience de Soi …

> Compagnons ou l’Apprentissage des 7 Arts Royaux, l’approche de la philosophie et la maîtrise de « ses sens ».

> Maîtres … le compagnonnage dans les sources philosophiques, Métaphysiques, Mythologiques et ésotériques (terme générique, évidemment) … avec en fin de parcours les travaux très individuels sur ce que l’on désigne sous le terme « Arcana Arcanorum». Ce parcours s’effectue sans notion de hiérarchie en 27 Stations réelles abordées par la « voie de l’initiation » …

  • Nous respectons les termes et l’esprit de la « Convention de Strasbourg du 22/01/clipsas011961 ». Nous somme en liens avec des structures qui elles-mêmes sont garantes de cet esprit :

> L’ex GLFrMM (Grande Loge Française de Memphis Misraïm) devenue Fed MM (Fédération Memphis Misraïm) (sur le plan National),

> La GLNC (Grande Loge Nationale du Canada (sur le plan International),

Nous avons, également, voulu rendre hommage à l’immense travail fourni par notre TSF Robert Ambelain en y ajoutant, dans nos relations, des courants qui ont constitué  les soubassements de notre Rite. Ainsi nous comptons parmi nos traités d’amitiés :

> L’Ordre Illustre de la Strict Observance Templière,

> L’Union Maçonnique Européenne,

> L’Ordre des Rites Anciens

  • Pour cette raison, nous avons choisi d’être clair dans notre mode de gouvernance :

> Une Charte qualité qui règle les modes de transmissions selon notre échelle à 3 degrés (AA ::CC ::MM) et 27 Stations (pour les Maîtres) de Transmission Rituellique et 3 de directions plus des dossiers d’instruction complémentaire. (Là il s’agit bien de degré transmis rituelliquement dans une Échelle en 95-96-97 degrés)

> Une « grammaire maçonnique » basée sur une rituelie non abrégée pour permettre l’examen en profondeur des suggestions proposées par le Rite

> Un mode de travail qui respecte la sensibilité de chacun … faisant, ainsi, de la loge un lieu sacré où partages et confrontations trouvent un espace serein d’expression (Non-jugement et respect des formes d’expression – être Franc-maçon c’est savoir écouter et accepter la diversité des « savoir-être ».

> Un système de recrutement appuyé sur les us et coutumes de toutes les maçonneries traditionnelles (Enquêtes, Passages sous le bandeau pour notre Rite et Publications)

> Des Loges et Ateliers construits, sacralisés et protégés des indiscrétions profanes selon les pratiques traditionnelles qui nous ont été transmises.

Conclusions Temporaires, évidemment …

Au travers cet exposé nous l’aurons compris : rien n’est simple. Mais l’on peut en tirer une leçon.

L’essentiel de la franc-maçonnerie est anglo-saxonne (avec une qualité recherchée la Régularité) … un ilot est Française (avec un statut désiré: la reconnaissance) … cette maçonnerie est à 99% Judéo-Chrétienne c’est-à-dire référent à une culture assise sur l’inspiration hébraïque et Christique. Elle est occidentale et se dit « Universelle ». Pourtant n’importe quel philosophe (je dis bien « philosophe ») sincère et sérieux ne pourrait affirmer que cette « désignation-jugement » soit conforme à la réalité.

Cette maçonnerie se rassemble (toujours pour l’essentiel)  au sein de Rites : le Régime Ecossais Rectifié (1778), le Rite Ecossais Ancien et Accepté (1801), le Rite d’York, le Rite Emulation (1823), le Rite Français 1783) … gérés par un nombre d’ordres et d’obédiences limité…

Notons encore le Rite Standard d’Écosse (Historique) de la famille du Rite Émulation, le Rite Suédois (1759), le Rote Primitif d’Écosse (1598), Le Rite Opératif de Salomon (1974), le Rite Écossais Primitif (Ambelain 1985)

Une infime partie de la maçonnerie est dite « Egyptienne » (Terme générique évidemment). Elle est gérée par un nombre « incalculable » d’officines Maçonniques. Elle pratique de nombreux Rites issus de courants ésotériques très divers.

En son temps (il y a un demi-siècle) le TSF Robert Ambelain avait réussi à rassembler « presque » tout cela (après la guerre de 1939-1945) en une seule structure !!! … après 40 ans d’excellents travaux de fondation il n’a pas fallu 10 ans pour qu’une tour de Babel s’érige en lieu et place de cette fondation dite » moderne.

Notre Rite le RAPMM est assurément universel puisque son contenu l’est !!! Il aurait pu être servi par des frères puis des sœurs qui auraient pu prendre cette caractéristique pour en faire un Rite référent pour notre 20ième et 21ième Siècle … relier, rallier  « l’Orient & l’Occident » … mettre toutes les cultures du monde dans un même creuset !!! Quelle magnifique perspective !!! … il ne nous faut pas être nombreux … il nous faut être des penseurs accompagnant l’émergence d’une nouvelle forme de travail maçonnique au service de nos civilisations

Après ce travail, trop rapide, en effet, il faut « remercier » le GODF  !!! et « apprécier » son choix Rituélique recadrant des sources de savoir et de connaissance (notamment le Grand Ordre Égyptien) … Il réalise ce que nos dirigeants d’aujourd’hui n’ont pas su conserver … Il accueille, dès lors en leur sein et dans le sein des officines qu’il reconnaît, des frères et des sœurs qui ne sont plus en mesure de valoriser les dépôts maçonniques transmis par nos anciens. C’est tant mieux s’il existe une telle possibilité pour celles et ceux qui cherchent un chemin tout tracé au sein d’une pensée quelque peu « prêt-à-porter », il est vrai …

Comprenons que la moitié de « l’infime partie » que nous venons d’évoquer reste fidèle aux transmissions que nous avons reçues et plus encore en ce qui nous concerne. Comme un excellent compagnon nous avons fait un pas de côté pour revenir dans l’axe de notre trajectoire. L’OIAPMM voie Orientale (Voie d’Eveil), Voie Robert Ambelain et d’une Voie d’étude sur la sensibilité Misraïmite s’est, alors, assigné une lourde tâche … Celle d’être des continuateurs de la richesse du passé, de faire vivre une réelle universalité grâce à un compagnonnage judicieusement organisé et enfin celle de faire respecter notre droit à la différence … (nous exécrons l’inhospitalité, l’exclusion et toutes formes de ségrégation ou de sectarisme revoyant toutes celles et tous ceux qui les pratiquent à leur enfermement doré).

Rappelons-vous : aucune loi n’oblige quelqu’un à recevoir chez elle quiconque …  cela est valable pour toute organisation !!! même associative … même maçonnique …

Par contre la chaleur d’un partage quand il est voulu et désiré est le véritable signe d’une fraternité assurément maçonnique car au-delà du plaisir d’être ensemble il y a cette magnifique générosité de transmettre ce que nous avons appris, vu et vécu.

Nous entendons bien le discours de nos frères et de nos sœurs qui par des incantations constantes voudraient défendre notre modèle de société (occidentale) basée sur « la Liberté, Égalité et la Fraternité » mais qui en même temps ferment les portent de leurs temples où laissent d’autres frères et nos sœurs dans l’ombre ou sur le bord du sentier de peur que ……..  au titre, bien sûr, d’un ségrégation d’un autre temps. Frilosité ? Servilité ? Peur d’une différence qu’ils portent pourtant haut et fort en burinant dans leurs travaux la stance  remarque d’Antoine De Saint-Ex « Si tu es différent de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » (Citadelle 1948 … j’avais 3 ans … )

Nous Maçons de la Terre Égypte nous construisons la truelle à la main et l’épée de l’autre …  Nous serons aimés si nous sommes porteurs de futur dans le cas contraire nous resterons à tout jamais dans l’amalgame et prisonniers d’un passé qui n’est plus audible dans notre siècle.

Dès lors l’Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm est fondé sur des principes très clairs :

1: Liberté de Conscience

2: Liberté d’investigation totale

3: l’accès à la connaissance n’admet aucune entrave

4: Universalité de notre recherche et confrontation avec « la science » (terme désignant toutes les sciences)

5: Aucun ancrage National obligatoire

6: Respect des filières initiatiques que la tradition nous a transmises

7: Respect inconditionnel à la convention de Strasbourg de 1961 …. Convention qui a aujourd’hui plus d’un demi-siècle !!! Sans oublier notre contribution incessante au respect des droits de l’homme et notre action pour la protection de notre planète.

8: Respect des modes de gestions profanes en fonction du pays uniquement sur les plans juridiques et Fiscales

Un constat simple : en dehors de toute autre argument l’idée de « reconnaissance » est, dès lors, pour nous exclut compte tenu des contraintes associées à ce qualificatif

Un désir, voir un Appel

J’ose rêver, dans un premier temps, à une École des mystères Universelle et Libre d’Égypte assise sur des Rites référencés comme « Égyptiens » (c’est-à-dire dont la portée couvre l’Orient et l’Occident ainsi que la totalité des durées de vie des diverses civilisations ayant enrichi notre héritage philosophique et spirituel) … représentés par des Emule-Logo-02-400-1-300x300Organisations Maçonniques respectant les termes d’une Charte (telle que la nôtre, par exemple). Organisations qui permettraient un partage et un échange harmonieux dans le respect de la diversité pédagogique de transmission des savoirs et de la connaissance mis en place patiemment par chacune d’entre-elle. Une telle École des Mystères Universelle et Libre (EMULE) dont la seule mission serait la garantie de la qualité des dépôts initiatiques et la régularité des transmissions. La Franc-Maçonnerie de demain ne peut être basée que sur ces valeurs et l’autonomie responsable de ses animateurs quel que soit les modes de gouvernance profanes. La Maçonnerie de demain est une Maçonnerie d’éveil individuel et de compassion pour tout ce qui touche la création.

Il y a de multiple solutions pour donner réalité à cette idée … reste à le vouloir

Pour ce qui est des valeurs statistiques, je confesse la difficulté de pointer sur un « état des lieu » vrai … il est de l’intérêt de tout maçon désireux de faire rayonner son rite et son Obédience/Ordre de connaître son environnent. Petit il aura à cœur de faire savoir son existence et sa spécificité, Important il prendra conscience de la diversité de la « Canopée » Initiatique et Franc-maçonnique. Je remercie par avance celles et ceux qui m’informeront sur platon-gerard@vorap2m.com … leur Obédience, leur(s) Rite(s) et plus particulièrement Égyptien, nombre de membres, nombre de loges, nombre ateliers de perfection (terme générique pour toutes formes d’ateliers spécifiques). Dès lors, je pourrai fournir un ou deux tableaux de lecture … pour information seulement, évidemment !!! … Qu’en est-il pour 2017 ..

Gérard Baudou-Platon,

Président du Souverain Sanctuaire Khorshed


[i]… Sans nous insinuer dans les « questionnements » d’autrui je peux reproduire partie d’une publication sur Hiram.be (en voici le lien pour une étude complète : http://www.gadlu.info/gldf-scdf-peripetie-au-reaa.html …)

La Grande Loge de France (GLDF) remet en cause son autonomie, son indépendance et sa souveraineté par rapport au suprême conseil de France (SCDF) !

La bombe est lâchée : le Grand Maître Philippe Charruel, qui va descendre de charge dans un mois, vient de signer en catastrophe un décret destiné à interdire aux membres de la GLDF de poursuivre leur parcours dans le REAA en dehors du SCDF. Du moins c’est ce qu’il faut comprendre dans le préambule du décret, car le texte du décret lui-même est incompréhensible, jésuite, et rédigé dans des termes abscons.

DECRET – CF DU 18 05 2018

Le Grand Orateur de la GLDF demande aux loges de la GLDF d’intenter une action en justice maçonnique contre leurs membres qui auraient rejoint le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA.
En effet, nous avons appris que depuis 2017 plusieurs membres de la GLDF et d’autres obédiences ont décidé de poursuivre leur parcours du REAA en dehors du SCDF, en créant une alternative à
cette noble institution. Cette alternative s’appelle le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA. Or, cela déplaît profondément aux hiérarques du SCDF (comme on l’a déjà lu sur gadlu.info.). Ils font donc pression sur le Grand Maître de la GLDF pour mettre immédiatement fin à la participation des FF à ce nouveau suprême conseil.

Evidemment une telle situation ne doit pas pouvoir exister sauf à bafouer les plus élémentaires droits individuels … la maçonnerie dite « officielle » marche sur la tête !!!


[ii] Rappelons ici que, selon la règle posée par notre TSF Gérard Kloppel, pour être Grand Hiérophante il était convenu que l’impétrant devait être titulaire du plus haut degré dans 3 voies différentes. Notre TSF Robert Ambelain était au moins dépositaire des hauts degrés de Memphis Misraïm, de l’Eglise Gnostique (EGA), Réaux-Croix … ajoutons OKCR, Martinisme, …


[iii] Son président est :

  • Maître Maçon issu de GODF ayant travaillé au RFM durant 14 ans
  • Grand Patriarche grand conservateur du Rite soit un 95ième du RAPMM
  • Grand Patriarche grand consécrateur du Rite soit un 66ième du RAPMM
  • Grand Profess du Régime Ecossais Rectifie Eques a Vitus Fidéïs
  • Evêque de l’Eglise Gnostique : Tau Synésios de Cyrène n° 146 dans la filiation apostolique de Pierre
  • Membre de l’Ordre de la Rose Croix d’Orient.
  • Hermite dans les philosophies extrêmes orientales (Bouddhisme Tibétain et Taoïsme)

 


 

[iv] Franc-maçonnerie en France … Quelques chiffres statistiques datés 2014 par Hiram.be

Puissance Maçonnique Membres % Sœurs
GODF 50.000 2,60
GLDF 33.000 0,00
GLNF 25.000 0,00
FFDH 17.000 67,00
GLAMF 14.700 0,00
GLFF 14.000 100,00
GLMF 4.900 45,00
GLTSO 4.700 0,00
GLEFU 2,400 22,50
GLMU 1.400 52,00
GLFMM 1.300 100,00
OITAR 1.200 50,00
GLTF 1.100 0,00
GPDG 1.000 0,00
GLCS 550 47,00
GLFMM 500 25,00
GLIF 300 0,00
GLISRU 280 45,00
GOTM 140 33,00
GLNIRF 100  
     
LNFU (LNF+LNMF) 194  
OIAPMM 150 30,00
…. 27.986  
Total France 182.000  

[v]  Avant toute chose … Quelle légitimité à le GODF dans cette fonction de distribuer les « reconnaissances » … laissons les frères et sœurs juger eux-mêmes l’article premier de leur Grande Constitution :

« ARTICLE PREMIER

La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité … »

L’on pourra immédiatement faire un lien avec l’objet de nos Grandes Constitutions qui stipule que nous sommes une institution essentiellement Symbolique, Philosophique et ésotérique et …  que nous sommes indifférents à tout mode de gouvernance des peuples ou tout mode d’organisation sociale à conditions que celui-ci respecte la libre conscience, la libre expression, les droits de l’homme et de toute forme de vie !!!!

Pourtant voici un extrait de la Circulaire n°1-2013-2014 du 16 Octobre 2013 émise par le GODF

Cette circulaire précise que 97 Obédiences sont reconnues par le GODF …

Dont 14 Françaises (avec la date de leur dernière validation …

1965 : GLTSO :: 1972 GLDF :: 1973 LNF :: 1975 FFDH :: 1982 GLFF :: 1993 :: GLFMM(*) (les Robes Blanches – Historique Robert Ambelain) :: 1993 GLMU :: 1993 GLMF(*) :: 2002 GLNF(**) :: 2003 GLISRU(*) :: 2003 OITAR :: 2003 GPG :: 2003 GLfrMM(*) (Elle est devenue Aujourd’hui Fédération Memphis Misraïm) et enfin 2010 GL3M(*)

Aujourd’hui (en 2018) suite à une récente « OPA » du GODF facilité par l’errance de nos Frères et Sœurs de nos Rites nous devons préciser que :

– le changement de nom de GLfrMM en Fédération Memphis Misraïm nécessite la publication officielle d’un nouveau protocole (lequel est en cours)

– le GODF pour renouveler ses accords de reconnaissance exige pour les rites égyptiens la pratique du Grand Ordre Egyptien. La conséquence directe est l’abandon du RAPMM Historique. Démarche accepté par :

/ La FedMM ::

/ La GLFMM (Robes Blanches … d’où une implosion qui a eu de lourdes conséquences notamment scission d’une partie de ses membres … elles étaient 1300 .. nous n’avons pas encore d’informations sur les nouvelles répartitions … 3 loges ont déjà rejoint le FedMM …)

/ La Création de la GLMN (Multi-Rite) qui possède un couple de loge travaillant aux Rites Egyptiens … la GLMF

(*) Au sein de ces puissances maçonniques sont pratiqués les Rites Egyptiens

La « reconnaissance » implique alors l’adoption de l’échelle Yarker en 33 degrés (Biasi) … de ce fait chaque obédience reconnue a reçu patente du GOE du GODF. Elle se doit de ce fait de créer, en son sein,  un Grand Ordre Egyptien à la tête duquel est nommé un « premier Grand Patriarche Grand Conservateur » de la dite échelle …

Ce GOE au sein de l’obédience est composé d’une Chambre d’Administration dont la mission est de gérer administrativement la progression initiatique … cette Chambre est composée de 33ième de l’Ordre … Elle ne semble pas statuer sur les degrés transmis par le Suprême Conseil (04-30) mais seulement sur les degrés 31 à 34 …

Trois structures sont créées pour coordonner tout cela : Les Souverains Collèges Egyptiens, l’Académie Egyptienne, le Souverain grand Conseil …

Le premier patriarche est chargé de l’exécution de ces dispositions.

(**) Cette puissance maçonnique est titulaire de la Régularité c’est-à-dire qu’elle respecte scrupuleusement les « Landmark » imposée par la GLUA (Grande Loge Unie d’Angleterre grande inspiratrice des « Constitutions d’Anderson » !!! comme quoi la conscience et la rigueur du GODF est à grande Géométrie Variable !!)

Ci-dessous les 12 points qui constituent ces « landmarks »

  1. La franc-maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’univers.
  2. La franc-maçonnerie se réfère aux sources de la fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la régularité de la juridiction.
  3. La franc-maçonnerie est un Ordre, auquel ne peuvent appartenir que les hommes libres et respectables, qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.
  4. La franc-maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’humanité tout entière;
  5. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres la pratique exacte et rigoureuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la connaissance par les voies spirituelles et initiatiques qui lui sont propres.
  6. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et des croyances de chacun. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse, politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règnent une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.
  7. Les Francs-maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Loi Sacrée, afin de donner au serment prêté sur lui le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.
  8. Les Francs-maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où sont toujours exposées les trois grandes lumières de l’Ordre’: un volume de la Loi sacrée, une équerre et un compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité, et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements généraux de l’obédience.
  9. Les Francs-maçons ne doivent admettre dans leurs loges que les hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur, loyaux et discrets, dignes en tous points d’être leurs frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Éternel.;
  10. Les Francs-maçons cultivent dans leurs loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.
  11. Les Francs-maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.
  12. Les Francs-maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.

[vi] Quand même une petite parenthèse … le Président du Souverain  de l’OIAPMM est un Maître du GODF … un Maitre de la GLMFMM historique donc reconnu par le GODF et de surcroit ancien fonctionnaire de l’Etat et donc sait, connait, et défend la liberté de penser, de conscience et prône l’amour entre toutes formes de vie … ce qui ne semble, tout de même, pas le cas nombreuses structures maçonniques dites « reconnues » qui sèment exclusions et souffrances à celles et ceux qui leur ont fait confiance …


[vii] L’un des points notables est de délivrer l’enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d’une échelle de 33 grades :

  1. Maître Discret
  2. Maître Sublime-Maître des Angles
  3. Chevalier de l’Arche Sacrée
  4. Chevalier de la Voûte Secrète
  5. Chevalier de l’Epée
  6. Chevalier de Jérusalem
  7. Chevalier d’Orient
  8. Chevalier Rose-Croix
  9. Chevalier de l’Aigle Rouge
  10. Chevalier du Temple
  11. Chevalier du Tabernacle
  12. Chevalier du Serpent
  13. Sage de la Vérité
  14. Chevalier Kadosh
  15. Chevalier du Royale Mystère
  16. Grand Inspecteur
  17. Philosophe Hermétique
  18. Patriarche Grand Installateur
  19. Patriarche Grand Consécrateur
  20. Patriarche Grand Eulogiste
  21. Patriarche de la Vérité
  22. Patriarche des Planisphères
  23. Patriarche des Védas Sacrés
  24. Maître Egyptien Patriarche d’Isis
  25. Patriarche de Memphis
  26. Patriarche de la Cité Mystique
  27. Sublime Maître du Grand Œuvre
  28. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine
  29. Prince de Memphis
  30. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les degrés en vert sont transmis de façon rituelique les autres sont travaillés sur « document »


[viii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Étienne_Marconis_de_Nègre


[ix] Après les trois premiers degrés … les fondateurs du GOE expliquent :

« Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l’Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d’Isis et dans l’Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l’objet d’une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques. »


[x] Selon les Statut du GODF voici la définition qui serait recevable … « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité » … Il y a, naturellement loin de la coupe aux lèvres !!

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A propos Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix … Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l’Administration des Postes, Télécommunications et de l’Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l’Association l’Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d’Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail

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SOURCE : http://gerardplaton.neowordpress.fr/2018/06/13/un-paysage-maconnique-un-ordre-un-reve-un-appel/

Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie 18 juin, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie

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Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 7 avril 2019

 

Les Rites dits Égyptiens de la Maçonnerie par Jean Mallinger

1. Les légendes

De même que l’on attribue à l’Ordre Maçonnique en général des origines légendaires — soit le Temple du roi Salomon, soit l’Ordre des Templiers, soit les collèges romains d’artisans —, chacun des rejetons de l’arbre maçonnique tente de se rattacher à une source aussi antique que possible.

Les rites dits « égyptiens » de la Maçonnerie n’échappent pas à cette règle ; ils tiennent, au surplus, dans la grande famille triangulaire une place particulière : leur échelle d’instruction comporte 90 degrés — sans compter les grades administratifs, qui se terminent au 98e, depuis la réforme de 1934.

Interrogeons l’abondante documentation que ces rites originaux soumettent au jugement de l’histoire.

Une première version nous est présentée par le grand propagandiste du rite de Misraïm en France, Marc Bédarride — né en 1776 à Cavaillon, dans le Comtat venaissin — dans son ouvrage sur cette Obédience (1).

Selon cet auteur, dépourvu de tout sens critique, la maçonnerie serait aussi ancienne que le monde. Israélite pratiquant, Bédarride s’en réfère à l’Ancien Testament ; selon lui, c’est Adam lui-même, qui aurait créé, avec ses enfants, la première loge de l’humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge ; Cham l’établit en Égypte, sous le nom de « Mitzraim » : c’est-à-dire les Égyptiens. C’est donc de ce peuple seul que doit venir la tradition secrète de l’ésotérisme. C’est à cette source unique que vinrent boire tous les pasteurs des peuples : Moïse, Cécrops, Solon, Lycurgue, Pythagore, Platon, Marc-Aurèle, Maïmonide, etc., tous les instructeurs de l’antiquité ; tous les érudits israélites, grecs, romains et arabes.

Le dernier maillon de cette chaîne ininterrompue est le propre père de l’auteur, le pieux Gad Bédarride, maçon d’un autre rite, qui aurait reçu en 1782 la visite d’un mystérieux Initiateur égyptien, de passage en son Orient et dont l’on ne connaît que le « Nomen mysticum » : le Sage Ananiah (2). Cet envoyé le reçut à la Maçonnerie égyptienne.

Signalons ici que ce n’est pas là la première allusion historique au passage d’un Supérieur inconnu de la Maçonnerie égyptienne dans le Comtat Venaissin : un autre écrivain en a donné la nouvelle vingt-trois années avant la parution de l’ouvrage de Bédarride : c’est l’initié Vernhes, qui, dans son plaidoyer pour le rite égyptien, paru en 1822, signale, lui aussi, le passage du missionnaire Ananiah dans le Midi de la France, en l’année 1782 (3).

Une seconde version, bien différente de la première, sur l’origine de la maçonnerie égyptienne nous est contée par le polygraphe français Jean-Étienne Marconis de Nègre, fils du créateur du Rite de Memphis.

Selon cet auteur abondant, romantique et touffu, l’apôtre St Marc, l’évangéliste, aurait converti au christianisme un prêtre « séraphique » nommé Ormus, habitant d’Alexandrie. Il s’agit évidemment d’une erreur de plume : le mot « séraphique » ne peut s’appliquer qu’à une catégorie d’anges bien connue des dictionnaires théologiques ; remplaçons-le ici par celui de « prêtre du culte de Sérapis » et la légende ainsi rapportée paraîtra moins choquante.

Cet Ormus, converti avec six de ses collègues, aurait créé en Égypte une société initiatique des Sages de la Lumière et initié à ses mystères des représentants de l’Essénisme palestinien, dont les descendants auraient à leur tour communiqué leurs secrets traditionnels aux chevaliers de Palestine, qui les auraient ramenés en Europe en 1118. Garimont, patriarche de Jérusalem, aurait été leur chef et trois de leurs instructeurs auraient créé à Upsal, à cette époque et introduits par après en Écosse, un Ordre de maçons orientaux (4). Il est regrettable que cette littérature ne soit appuyée par aucune référence historique.

Le nom même du vulgarisateur varie d’ailleurs avec les années. D’Ormus, il devient Ormésius dans un autre ouvrage de Marconis (5).

Divers auteurs font allusion à cette version (6). Soulignons, dès à présent, que ces deux versions parallèles — aussi fantaisistes l’une que l’autre — prouvent toutes deux la profonde ignorance de leurs propagateurs.

L’Égypte est, dans l’histoire des traditions ésotériques, un courant original, totalement distinct du courant judaïque comme du courant judéo-chrétien.

Sans doute, au moment où Napoléon fait sa campagne d’Égypte, l’on sait encore très peu sur la religion, l’écriture, le symbolisme de l’ancienne Égypte : Champollion n’avait pas encore découvert la clé des hiéroglyphes : il ne devait faire sa première et sensationnelle communication sur l’alphabet égyptien qu’à la date du 17 décembre 1822.

Que connaissait-on de l’Égypte à cette époque ?

De véritables fables couraient sur elle ; ses initiations sacerdotales étaient décrites de façon romanesque et invraisemblable ; deux Allemands, pleins d’imagination, von Koppen et von Hymmen avaient lancé depuis 1770 un rite théâtral, appelé : Crata Repoa, qu’ils traduisaient fort faussement par : Silence des Dieux, où l’initiation antique qui se donnait dans la Grande Pyramide était « fidèlement reproduite » par une réception symbolique à sept degrés successifs (Pastophore ; Néocore ; Mélanophore ; Christophore ; etc.) d’une lamentable fantaisie. Deux Français, Bailleul et Desétangs devaient en diffuser une version française en 1821. De son côté, l’abbé Terrasson avait déjà montré la voie, dans son roman initiatique : Sethos (7).

La « mode » des initiations « à l’égyptienne » avait d’ailleurs conquis Paris et devait provoquer l’inquiétude, puis la réaction sévère des autorités maçonniques de l’époque (8).

II. L’histoire

Interrogeons des contemporains et demandons-leur ce qu’ils savent des rites égyptiens au moment où ceux-ci tentent de conquérir la France.

Levesque qui rédigea en 1821 un « Aperçu général historique » des   sectes maçonniques de son temps parle en ces termes du nouveau venu : le rite de Misraïm, « II y a, je crois, cinq ou six ans que ce Rite est venu s’établir à Paris. Il venait du Midi de l’Italie et jouissait de quelque considération dans les Îles Ioniennes et sur les bords du golfe Adriatique. Il a pris naissance en Égypte (9). »

Après ce premier témoignage, interpellons le maçon le plus érudit de France, le célèbre Thory (1759-1817), qui dans ses deux tomes des « Acta Latomorum » reproduisit un nombre considérable de documents historiques précieux dont il avait été le conservateur (10).

Il précise : « Le Rite de Misraïm, qui ne date, en France, que de quelques années, était très en vigueur à Venise et dans les îles ioniennes, avant la Révolution française de 1789. Il existait aussi plusieurs Chapitres de Misraïm dans les Abruzzes et dans la Pouille. »

Et il ajoute cet élément intéressant : « Tous ces grades excepté les 88e, 89e et 90e ont des noms différents. Quant aux trois derniers, nous n’en connaissons pas la dénomination, on les a indiqués comme voilés, dans le manuscrit qui nous a été communiqué (11). »

Nous verrons plus loin l’extrême importance de cette observation.

Abordons maintenant Ragon, qui, après une courte collaboration avec les frères Bédarride, devint leur implacable adversaire.

Il nous apprend — il est ici un témoin oculaire — que les pouvoirs des dirigeants français du Rite, les FF. Joly, Gabboria et Garcia leur avaient été conférés à Naples en 1813. Les documents justificatifs étaient rédigés en langue italienne (12) et furent présentés aux commissaires du Grand-Orient le 20 novembre 1816.

Parlant plus loin des secrets des derniers degrés de ce Rite, le célèbre « auteur sacré de la maçonnerie », spécifie : « Nous reproduisons les quatre derniers degrés du Rite de Misraïm apporté du Suprême Conseil de Naples, par les ff. Joly, Gabboria et Garcia. Tout lecteur impartial, qui les comparera, verra combien ces degrés diffèrent de ceux qu’énoncent les FF. Bédarride. » Et il ajoute ailleurs en note : « Cette explication et les développements des degrés 87, 88 et 89, qui forment tout le système philosophique du vrai rite de Misraïm, satisfait l’esprit de tout maçon instruit… (13) »

LIRE  Rituel d’Apprenti de la Stricte Observance Templière

Le 1er août 1818 paraît à Bruxelles une défense du rite de Misraïm, signalant un ouvrage paru à Londres sur ce rite en 1805, sous forme d’in-quarto (14).

Nous avons d’autre part en notre possession à Bruxelles, où le rite de Misraïm fut introduit en 1817, une partie de ses archives : statuts (parus chez Remy, rue des Escaliers, le 5 avril 1818) ; diplômes ; polémique avec les autres Rites ; et un tuileur manuscrit, sur parchemin, contenant notamment les « Arcana Arcanorum » — sur papier et avec écriture absolument identique à un autre document daté de 1778.

De ces éléments, nous pouvons déduire : 1) que le rite égyptien était pratiqué en Méditerranée et en Italie avant 1789 ; 2) que ses derniers degrés se pratiquaient sous forme de deux régimes très différents : un régime à philosophie kabbalistique (Régime Bédarride) et un régime à philosophie égypto-hellénique (Arcana Arcanorum : Secrets des Secrets, ou Régime de Naples).

On conçoit dès lors facilement que ceux-ci aient été voilés pour l’historien Thory, dont on craignait les divulgations.

On comprend aussi l’avis de Ragon : « Tout ce rite se résume en fait aux quatre degrés philosophiques de Naples (15). » Le fait que Bédarride signale que son mystérieux Ananiah ait quitté le Midi de la France en 1782 pour l’Italie (16) prouve qu’au moins ce point de son histoire du rite n’est pas dépourvu de vraisemblance historique. C’est donc avec raison que l’historien Waite repousse comme très douteuse l’hypothèse de certains écrivains mal renseignés, qui attribuent « l’invention » de ce rite à un nommé Lechangeur, à Milan, en 1805 ! (17) »

Voici maintenant un nouvel élément, digne d’intérêt : le 17 décembre 1789, le célèbre Cagliostro, qui avait installé à Rome une loge de rite égyptien le 6 novembre 1787, se faisait arrêter par la police pontificale. On trouvait dans ses papiers les catéchismes et rituels de son Rite et notamment une statuette d’Isis 18. Or, Isis est le mot sacré d’un des degrés de Naples.

L’on peut se demander si Bédarride a connu Cagliostro. Il faut répondre par l’affirmative ; il ne conteste ni la réalité de son initiation en Égypte ni celle de ses pouvoirs, il se borne à lui reprocher d’avoir, en France, fait un rite égyptien personnel.

3. La philosophie du Misraïmisme

Si la maçonnerie est, en général, l’héritière et la propagandiste inlassable d’une morale sociale, qui vise, avant toute autre chose, à nous apprendre à nous transformer, par une discipline progressive, en « pierre taillée », en « pierre cubique », au lieu de demeurer une « pierre brute », inutilisable au bonheur de tous ; si elle impose à ses adeptes le respect le plus absolu des idées d’autrui, la plus parfaite égalité, une tolérance permanente et une fraternité réelle, si elle leur demande de chercher en toute chose la vérité et de pratiquer la justice, il va de soi que ces impératifs éthiques n’ont, ni de près ni de loin, aucun rapport avec l’initiation, dans le sens le plus élevé de ce mot.

Si par ce vocable nous entendons : « la communication de certains secrets d’ordre cosmique à un petit nombre d’élus, susceptibles d’en faire un bon usage », la maçonnerie actuelle n’est pas une école initiatique : elle ne donne aucun enseignement dogmatique ; elle respecte obligatoirement l’opinion de tous et celle de chacun ; elle n’est pas une université d’occultisme ; elle n’est pas dirigée par une hiérarchie de didascalies, qui enseignent des néophytes et leur transmettent secrets ésotériques et pouvoirs initiatiques ; ses dirigeants sont en certains pays des athées convaincus, que seul le progrès matériel et social intéresse directement ; sans doute, elle donne la plupart de ses instructions par le canal traditionnel du symbolisme ; mais ce dernier n’est pas religieux ; n’a pas de tendance mystique et repousse au contraire nettement toute intrusion d’un élément irrationnel dans la formation qu’elle donne à ses élèves (19) ».

Toute différente était la maçonnerie du 18e siècle ! Elle ne groupait, en la plupart des rites, que d’ardents spiritualistes. Loin de se limiter à la recherche du bonheur humain, à l’émancipation des esprits, à l’éducation du cœur, elle mettait sa préoccupation essentielle dans la conquête de la Vérité, dans l’effraction des mille secrets de la Nature, dans les expérimentations les plus hardies dans le domaine spirituel. De là, cette extraordinaire floraison des rites les plus variés, des obédiences les plus singulières, des hauts grades les plus mystiques et les plus hermétiques : pour nous en convaincre, il faut et il suffit de lire simplement la nomenclature des degrés qui constituent la maçonnerie égyptienne. Les religions, l’alchimie, l’hermétisme, la kabbale s’y rencontrent et s’y mélangent ; l’arbre de Misraïm est une école de secrets de toute espèce et ses quatre derniers degrés du régime napolitain, nous apportent les secrets les plus considérables de la tradition spiritualiste la plus vénérable.

L’on conçoit dès lors facilement le dédain, l’antipathie marquée, l’hostilité dont la maçonnerie égyptienne a toujours été, au cours de son histoire, la victime permanente de la part des autres rites.

Le Grand Orient de France battit, en ce domaine pénible, tous les records de la méchanceté, allant jusqu’à dénoncer le rite de Misraïm au pouvoir politique, à provoquer des perquisitions et des poursuites contre le rite de Misraïm, afin de rendre à ce dernier toute existence impossible (20).

Aussi certains dignitaires misraïmites parisiens eurent-ils la faiblesse de renoncer à certains de leurs grades supérieurs et tentèrent de se mettre au pas volontairement, en donnant aux matérialistes qui les critiquaient des gages de conformisme athée véritablement déplorables (21) — à ce prix, ils se firent facilement reconnaître.

 Mais ce n’est là que l’exception.

Les hauts grades du Rite n’ont jamais approuvé : ni la réduction de l’échelle égyptienne aux trente-trois degrés de l’écossisme, ordonnée par l’Hiérophante Pessina et mise en pratique en certains pays (notamment l’Argentine) ; ni la suppression de ses liturgies spiritualistes.

De tout temps, les « Arcanes » des quatre derniers degrés se sont transmis de façon régulière.

Peut-on dans une revue de vulgarisation destinée au monde profane, esquisser en ses grandes lignes un bref résumé de ce qui pourrait s’appeler : la philosophie de ce Rite ?

C’est là une œuvre nécessaire, car précisément Misraïm se distingue des autres Ordres maçonniques par la richesse de son enseignement ésotérique.

Un simple coup d’œil sur son organisation et sur son symbolisme suffit à définir son caractère.

1) Ses statuts authentiques — ceux de 1818 — montrent que cet Ordre est basé, non sur le nombre, mais sur la sélection ; non sur le vote de la masse, mais sur l’autorité de ses instructeurs. Le Grand-Maître, Souverain Grand Conservateur Général du Rite, Puissance Suprême, a tout pouvoir dogmatique et administratif au sein de l’Ordre. Il est son régent, ad vitam. Tout membre du 90e degré peut initier individuellement et sous sa propre responsabilité à tous les degrés successifs de l’Échelle du Rite. Au premier degré, un vote est exigé de l’atelier sur toute candidature de profane qui lui serait soumise, la majorité étant requise pour qu’une admission soit agréée.

Cette organisation est conforme aux traditions initiatiques. L’Hiérophante est le Père et l’instructeur de ses enfants spirituels. Il ne dépend pas d’eux, ce ne sont pas les enfants qui élisent leurs parents.

Ses collaborateurs directs, titulaires du dernier degré, ont le pouvoir d’initiation individuelle, en dehors de tout temple et de toute organisation. C’est là le précieux principe de l’Initiation Libre, qui a permis tant de diffusion à d’autres Fraternités initiatiques, telles que le Pythagorisme et le Martinisme.

LIRE  Rituel au Grade d’Apprenti selon le REAA

2) Ses symboles particuliers ne manquent pas d’intérêt : on y retrouve : d’une part le Triangle rayonnant, d’autre part, Le secret des Pythagoriciens, ainsi que le double Carré — Matière-Esprit — tout emboîté les uns dans les autres.

Les trois mondes sont symbolisés par trois cercles concentriques. La Kabbale y est représentée par l’Échelle de Jacob et les tables de la Loi, le courant égypto-hellénique, par le dieu Bélier Amon et l’Olivier sacré.

3) Ses enseignements ne sont pas seulement un compendium traditionnel des Vérités de l’ésotérisme. Ils confèrent de véritables secrets et assurent un Lien vivant avec l’Invisible.

Le parallélisme entre certains passages des Arcana et les traditions du rituel de Cagliostro est étonnant : par exemple : « le 89e degré de Naples donne, dit Ragon, une explication détaillée des rapports de l’homme avec la Divinité, par la médiation des esprits célestes ». Et il ajoute : « Ce grade, le plus étonnant et le plus sublime de tous, exige la plus grande force d’esprit, la plus grande pureté de mœurs, et la foi la plus absolue (22). »

Écoutons maintenant Cagliostro : « Redoublez vos efforts pour vous purifier, non par des austérités, des privations ou des pénitences extérieures ; car ce n’est pas le corps qu’il s’agit de mortifier et de faire souffrir ; mais ce sont l’âme et le cœur qu’il faut rendre bons et purs, en chassant de votre intérieur tous les vices et en vous embrasant de la vertu.

II n’y a qu’un seul Être Suprême, un seul Dieu éternel. Il est l’Un, qu’il faut aimer et qu’il faut servir. Tous les êtres, soit spirituels soit immortels qui ont existé sont ses créatures, ses sujets, ses serviteurs, ses inférieurs.

Être Suprême et Souverain, nous vous supplions du plus profond de notre cœur, en vertu du pouvoir qu’il vous a plus d’accorder à notre initiateur, de nous permettre de faire usage et de jouir de la portion de grâce qu’il nous a transmise, en invoquant les sept anges qui sont aux pieds de votre trône et de les faire opérer sans enfreindre vos volontés et sans blesser notre innocence (23). »

Ces rituels tendent tous au même but : purifier les assistants ; les plonger dans une vivifiante ambiance spirituelle ; les mettre en relation et en résonance sur les plans supérieurs à la débilité humaine ; les charger des grâces d’En-Haut.

C’est là, au fond, reprendre tout ce que le vieux courant égypto-grec avait enseigné à ses prêtres : Apollon descendait à Delphes et inspirait la Pythie ; Amon-Ra descendait à Thèbes et animait son image ; l’Invisible touche le visible, dans une osmose ineffable.

Tel n’est-il pas le seul, l’immense, l’indicible effet de l’Initiation véritable ? Donner à la vie un sens. Mener l’initié à la communion avec le Cosmos. Le ramener à sa Patrie céleste. Et si les rites modernes n’ont pas la puissance et le rayonnement des liturgies antiques, ils ont cependant cet avantage précieux de nous mettre sur le chemin de la Vérité et de nous donner une joyeuse confiance en nos destins…

Jean Mallinger, Avocat à la Cour d’Appel de Bruxelles.

Les plus belles prières des Rites égyptiens

I. Invocation pour l’ouverture des travaux au premier degré

« Puissance Souveraine qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seule, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous te saluons !

Reçois, ô mon Dieu, l’hommage de notre amour, de notre admiration et de notre culte !

Nous nous prosternons devant les Lois éternelles de Ta Sagesse. Daigne diriger nos Travaux ; éclaire-les de Tes lumières ; dissipe les ténèbres qui voilent la Vérité et laisse-nous entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, dont Tu gouvernes le monde, afin que, devenus de plus en plus dignes de Toi, nous puissions célébrer en des hymnes sans fin l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. »

Extrait de : Le Sanctuaire de Memphis, par le F. E.-J. MARCONIS DE NEGRE, pages 62-63, Paris, Bruyer, 1849.

II. Prière de clôture des travaux au premier degré

« Dieu Souverain, qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seul, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous Te saluons !

Pleins de reconnaissance pour Ta Bonté infinie, nous Te rendons mille actions de grâces, et au moment de suspendre nos travaux, qui n’ont d’autre but que la gloire de Ton Nom et le bien de l’humanité, nous Te supplions de veiller sans cesse sur Tes enfants.

Écarte de leurs yeux le voile fatal de l’inexpérience ; éclaire leur âme ; laisse-leur entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, avec laquelle Tu gouvernes le monde, afin que, dignes de Toi, nous puissions chanter avec des hymnes sans fin Tes ouvrages merveilleux et célébrer, en un chœur éternel, l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. » Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Ton Nom, gloire à Tes Œuvres ! »

Id. : page 102.

III. Prière d’ouverture du Souverain Chapitre

« Seigneur, Père de Lumière et de Vérité, nos pensées et nos cœurs s’élèvent jusqu’au pied de Ton trône céleste, pour rendre hommage à Ta Majesté Suprême.

Nous Te remercions d’avoir rendu à nos vœux ardents Ta Parole vivifiante et régénératrice : Gloire à Toi !

Elle a fait luire la Lumière au milieu des ténèbres de notre intelligence : Gloire à Toi !

Accumule encore Tes dons sur nous et que, par la science et par l’amour, nous devenions aux yeux de l’univers, Tes parfaites images ! »

Id. : page 135

IV. Prière de clôture du Souverain Chapitre

« Dieu Souverain, Ta bonté paternelle nous appelle au repos. Reçois l’hommage de notre reconnaissance et de notre amour. Et pendant que le sommeil fermera nos paupières, que l’œil de l’âme, éclairé de Tes splendeurs, plonge de plus en plus dans les profondeurs de Tes divins Mystères ! »

Id. : page 137.

V. Prière sur un initié

« Mon Dieu, créez un cœur pur en lui et renouvelez l’esprit de Justice en ses entrailles ! Ne le rejetez point de devant Votre face ! Rendez-lui la joie de Votre assistance salutaire. Et fortifiez-le par un esprit, qui le fasse volontairement agir. Il apprendra Votre voie aux injustes ; et les impies se retourneront vers Vous… »

CAGLIOSTRO : « Rituel du 3e degré », page 65 (Éditions des Cahiers astrologiques, Nice 1948).

VI. Prière finale

« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, Ame de l’Univers, que Tu remplis de Ta gloire et de Tes bienfaits, nous adorons Ta Majesté Suprême ; nous nous inclinons devant Ta Sagesse Infinie, qui créa et qui conserve toutes choses.

Daigne, Etre des êtres, recevoir nos prières et l’hommage de notre amour ! Bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi !

Éclaire-les de Ta Lumière Divine. Qu’ils n’aient d’autre but que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l’Ordre et le bien de l’humanité.

Veuille unir les humains, que l’intérêt et les préjugés séparent les uns des autres ; écarte le bandeau de l’erreur, qui recouvre leurs yeux. Et que, ramené à la Vérité par la Philosophie, le genre humain ne présente plus devant Toi qu’un peuple de frères, qui T’offre de toutes parts un encens pur et digne de Toi ! »

Extrait de : Marc Bédarride : De l’Ordre Maçonnique de Misraïm, tome II, page 419, Paris, Bénard, 1845.

Notes :

1 Marc BEDARRIDE : « De l’Ordre Maçonnique de MISRAÏM, de son antiquité, de ses luttes et de ses progrès », Paris — Bénard, 1845 — en deux tomes.

LIRE  Aleister Crowley & la Franc-Maçonnerie

2 Id. : Tome II, page 125.  Histoire répétée, par John YARKER dans son livre « The Arcane Schools », page 488, Ed. William Tait, Belfast, 1909.

3 VERNHES : « Défense de Misraïm et quelques aperçus sur les divers rites maçonniques en France », page 21, Paris, Imprimerie Constant-Champie, 1822.

4 J.-E. MARCONIS et E.-N. MOUTTET : « L’Hiérophante », page 6, Paris, 1839, chez Morel. E.-J. MARCONIS DE NEGRE : « Le Sanctuaire de Memphis », page 11, Paris, Bruyer, 1849. MARCONIS : « Le Soleil mystique », page 193, Paris, A. Goubaud, 1853.

5 « Le Temple mystique », page 7, Paris, octobre 1854.

6 Notamment : Reg. Gambier MAC BEAN : « Notes on the A. and P. Oriental Rite of Memphis », page 3, Palerme, 1927. Arthur WAITE : « A new encyclopaedia of Freemasonry », tome 2, p. 241, London, Rider, 1921.

7 cf. une version française des Crata Repoa dans la revue HIRAM, dirigée par le Dr PAPUS, fascicules 4 à 7 du 1er avril 1909 au  1er juillet 1909, Paris ; un résumé détaillé dans WAITE : « Encyclopaedia of Freemasonry », tome I, pages 218 à 225 ; et une réédition récente : « Freemasonry of the ancient Egyptians », par Manly HALL, The Philosophers Press, Los-Angelès, 1937. Une gravure sensationnelle, montrant l’initié passant par l’eau et par le feu à l’intérieur de la Grande Pyramide, avait d’autre part été publiée par Alexandre LENOIR (1761-1839) dans son livre : « La Franche Maçonnerie rendue à sa véritable origine », Paris, 1814. cf. cette gravure dans : Manly HALL, op. cit., page 81. Elle a paru dans l’ouvrage : « Histoire générale et particulière des religions et du culte de tous les peuples du monde », par le célèbre érudit Fr. H. DE LAULNAYE, tome I, Paris, Fournier, 1791 — il la reproduit d’après SETHOS dont la première édition date de 1728 (dessin de J.-M. MOREAU le jeune).

8 cf. dans Jean-Marie RAGON, Tuileur Général, Paris, Collignon, 1861, pages 250-252 : Compte rendu des tenues égyptiennes des 15 mai et 12 juin 1817. « Cette représentation fit fureur ; elle fit pâlir le symbolisme ordinaire, mais sa renommée fut par trop retentissante, tant l’admiration fut grande. »

9 LEVESQUE : Aperçu général et historique des   sectes maçonniques, page 105, Paris, 1821.

10 THORY : « Acta Latomorum », en deux tomes, pages 327-328, Paris, 1815.

11. Ibid.

12 RAGON : op. cit., pages 247 et 307, note I.

14 BRETEL, aîné : « Réponse à un libelle », page 7, publiée en août 1818.

15 RAGON : Tuileur 1856, page 307, note 1.

16 BEDARRIDE : « Histoire de Misraïm », tome 2, page 125.

17 WAITE : « Encyclopaedia of the Freemasonry », tome 2, page 75.

18 Sur CAGLIOSTRO, cf. « Vie de Joseph Balsamo, extraite de la procédure instruite contre lui à Rome en 1790 », Paris, éd.   Treuttel, 1791 ;   et : Dr Marc HAVEN : « Le Maître Inconnu, Cagliosto », Paris, Dorbon aîné, 1913 ; cf. aussi : « Rituel de la Maçonnerie Égyptienne », Nice, Ed. des Cahiers Astrologiques, 1947.

19 Oswald WIRTH l’a d’ailleurs précisé en 1931 de façon très claire : « Le penseur se fait lui-même : il est le fils de ses œuvres. La F. M. le sait, aussi évite-t-elle d’inculquer des dogmes. Contrairement à toutes les églises, elle ne se prétend point en possession de la Vérité. En Maçonnerie, on se borne à mettre en garde contre l’erreur, puis on exhorte chacun à chercher le Vrai, le Juste et le Beau » (« Le Livre de l’Apprenti », page 8, éd. Dorbon aîné)… Elle veut obliger ses adeptes à penser et ne propose, en conséquence son enseignement que voilé sous des allégories et des symboles… » (Id.)

Edmond GLOTON est tout aussi formel : « La F. M. est formée des éléments les plus disparates, tant au point de vue professions, confessions ou idéologies politiques ; les idées les plus contraires s’y affrontent, se confrontent, s’affirment, mais est-il possible de faire une synthèse de ces éléments disparates et de déterminer une moyenne ? Non, ce serait aller contre la Maçonnerie que de vouloir lui assigner une doctrine ; ce serait limiter son champ d’action. La F. M. ne mettant pas de limite à la recherche de la Vérité, ne peut avoir de doctrine. » (« Instr. Mac. du 1er degré », pages 96-97, 1934.

Le Dr Raymond CORBIN est plus affirmatif encore : « Nous avons vu que le symbole maçonnique n’est jamais, lui, figé dans une interprétation définitive et qu’il est au contraire toujours vivant, toujours nouveau et toujours rajeuni, renaissant peut-on dire, chaque fois qu’il est étudié et interprété par un nouvel initié. Il ne saurait donc être question entre la Maçonnerie et ses symboles des mêmes rapports que ceux que nous venons d’apercevoir entre les religions et leurs rites » (« Symboles initiatiques et mystères chrétiens », pages 111-112, 1929).

Et Edouard PLANTAGENET de conclure : « Nous l’avons dit, le maître maçon n’a pas plus à être un occultiste savant qu’un exégète subtil des mystères cosmogoniques. L’Initiation ne doit l’amener qu’à la pratique d’une vie supérieure, imprégnée de réel, de beauté, d’harmonie » (« Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu », page 41, Paris, 1931).

20 Cf. THORY : « Acta Latomorum », tome 2 ; cf. années 1818, 1819, 1821, 1822, 1836, où des exclusives, dénonciations, saisies eurent lieu en France et aux Pays-Bas. cf. l’intéressante étude parue en avril-mai 1935 dans le « Bulletin Mensuel des Ateliers Supérieurs du Suprême Conseil de France » — 8, rue Puteaux, Paris — numéros 4 et 5, sous la plume du F. Fernand CHAPUIS, sur l’histoire et les tribulations de la loge misraïmite de Besançon, en 1822. Il signale qu’en 1822, le rite avait en tout en France 73 ateliers de grades divers, notamment à Paris 7 loges et 15 Conseils.

21 cf. Rite Oriental de Misraïm ou d’Égypte — Fête d’ordre du 4 août 1889 — Paris — discours du F. Dr CHAILLOUX, Grand Secrétaire : « Mais vient l’instant où il lui est permis enfin de disposer de ses forces vives pour les mettre au service des idées de progrès ; cette institution est amenée par la force des choses à se transformer, à évoluer dans un sens progressif. Chez nous, la réorganisation a commencé par la refonte des rituels. Ces rituels ont été mis en harmonie, non seulement avec les principes maçonniques et démocratiques, mais avec les données scientifiques les plus modernes (pages 10-11). En supprimant complètement tout ce qui, de près ou de loin, pouvait rappeler le caractère si religieux de ce grade à son origine, la maçonnerie n’ayant et ne devant avoir rien de commun avec la religion… etc. (p. 12). Si on peut lire en notre Déclaration de principes imprimée en 1885 : Base fondamentale et immuable : l’existence de l’Être Suprême : l’immortalité de l’âme ; l’amour du prochain, on peut lire dans notre Constitution réformée : autonomie de la personne humaine, justice, altruisme (p. 13).

22 RAGON : Tuileur universel, page 307, 1856.

23 cf.   «Rituel de CAGLIOSTRO»,   pages 54,  55,   61,  62. L’enseignements de ce dernier est totalement étranger aux doctrines du Régime de Naples ; c’est celui inséré au 3e degré d’adoption de Cagliostro où il donne (cf. pages 140-142) les détails pratiques d’une opération, devant durer quarante jours et provoquer un rajeunissement complet de tous les organes physiques de l’adepte !   C’est là, évidemment, un symbole, que les gens crédules ont cru bon de prendre à la lettre : non seulement aucun d’eux n’a pu réussir cette cure « d’élixir de longue vie », mais Cagliostro lui-même a avoué un jour n’avoir jamais expérimenté ni réussi la méthode, dont il se faisait le propagandiste ! (cf.  Vie de Balsamo, page 206, 1791.)

SOURCE : https://www.esoblogs.net/6783/les-rites-dits-egyptiens-de-la-maconnerie/?fbclid=IwAR0zyeI2NQFYy93WHET9ZVLV4m1p6CnE1xFYS6caASneXQl6wDemCLoJgoc

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