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L’Ésotérisme Occidental 28 novembre, 2015

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L’Ésotérisme Occidental

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EzoOccult > Occultisme > Occultisme Général > L’Ésotérisme Occidental

Article publié le 25 mars 2010

Par Christine Berger

Certes, l’ésotérisme peut apparaître aujourd’hui comme un objet « indiscipliné ». De fait, en librairie comme dans les discours médiatiques, se trouvent convoqués sous ce vocable des éléments hétérogènes qu’un goût douteux pour le «mystérieux » cultive dans le désordre. En réalité, le mot recouvre plusieurs sens. Entendu comme « histoire des courants ésotériques occidentaux », il fait depuis une quarantaine d’années l’objet d’une spécialité académique à part entière, de plus en plus représentée au sein de cette discipline qu’est l’histoire des religions, comme en témoignent diverses créations de chaires universitaires en France, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, etc. C’est sous cet aspect que nous l’abordons ici, en le distinguant de notions voisines (ainsi, « occultisme ») et en situant lesdits courant dans leurs contextes culturels (au sein desquels ils ne représentent pas, contrairement à des vues trop répandues, une « contre-culture »).

Une relecture des spiritualités ancienne

Si l’adjectif « ésotérique » apparaît au XVIIIe s., c’est en 1828 que Jacques Matter crée le néologisme « ésotérisme » dans son Histoire critique du gnosticisme et de son influence. Comme le note J.-P. Laurant, « le terme répond au besoin de donner une légitimité scientiftique nouvelle à un ensemble de notions et à un mode de spéculations remontant aux débuts des temps modernes, voir au-delà ». Déjà, au début de la Renaissance, certains érudits se penchent sur les philosophies gnostiques et hermétiques, teintées de religiosité. Deux philosophes italiens marquent cette période : Marsile Ficin et Pic de la Mirandole. Ficin traduit les dialogues de Platon, des œuvres de Plotin et surtout le Corpus hermeticum en latin. Sous ce titre est regroupé un ensemble de textes écrits en grec aux IIe et IIIe s. dans la région d’Alexandrie, ensemble représentant une partie des écrits attribués au légendaire Hermès Trismégiste. Ils traitent de théosophie, d’astrologie, de techniques spirituelles. Les nombreuses rééditions de cette traduction jusqu’au XVIIe s. témoignent de l’intérêt suscité par ces textes, que la plupart des commentateurs de la Renaissance supposent appartenir à une « tradition » ancienne remontant à Moise, un « un enseignement qui serait comme la synthèse d’une philosophia perennis, ou philosophie éternelle, dont Hermès aurait été l’un des maillons d’une chaîne aux noms prestigieux » (A. Faivre). Pic de la Mirandole, qui lit l’arabe, l’hébreu et l’araméen, découvre auprès de Ficin, les textes de Platon, de Plotin et les livres du Corpus hermeticum. Avec son esprit d’analogie, il cherche à établir des liens entre les différentes religions et tente une approche cabalistique de la Bible. Les travaux de ces deux philosophes témoignent-ils d’un affranchissement envers la théologie chrétienne du Moyen Age ? Comme le souligne A. Faivre, les théologiens férus d’Aristote et soucieux des causes premières avaient eux-mêmes abandonné une partie de leur champ, celui des causes secondes, des entités intermédiaires, de la Nature, des anges, et c’est ce monde oublié qui fut alors interrogé selon des angles nouveaux. L’hermétisme alexandrin et le pythagorisme, l’astrologie, l’achimie, la magie, la cabale firent désormais partie de l’horizon spéculatif au sein duquel furent progressivement engendrés les divers courants ésotériques en Occident.

Gnostiques et théosophes

Le mode de spéculation qui répond au qualificatif d’ésotérique se caractérise par l’idée de « correspondances » existant entre tous les niveaux de l’univers, par la conception d’une Nature vivante dont l’évolution est liée à l’ homme et au divin, par le rôle des médiateurs (esprits , anges, mais également symboles et rituels) qui permettent à l’homme d’avoir accès aux connaissances en éclairant sa faculté d’imagination créatrice, ainsi que par l’idée d’une nécessité pour l’homme de transmuter sa nature afin que, par cette « seconde naissance», il soit réellement achevé selon les desseins de Dieu.

Déjà, avec le philosophe Platon, connaître n’est pas détaché d’une relation au monde mythique. L’âme, imprégnée des Idées qu’elle a contemplées avant de venir s’incarner, ne cesse d’en rechercher l’image dans le monde terrestre. L’idée d’une connaissance d’origine divine laisse longtemps son sceau dans la culture et, chez l’un des premiers auteurs chrétiens, Clément d’Alexandrie (v. 150-215), le theosophos est celui est mû par une science divine. Ceux qui resteront fidèles à l’idée que la connaissance est une gnose, au sein de laquelle la connaissance de l’homme et du monde ne peut être séparée de la connaissance de Dieu, participeront à la formation des principaux courants ésotériques.

Les gnoses païennes (orphisme, pythagorisme, hermétisme) témoignent de riches échanges entre l’Occident et l’Orient. Lors du premier christianisme, les frontières restaient d’ailleurs ouvertes, comme nous le voyons dans les écrits du théologien gnostique Valentin. Sa conception de la Sophia, sagesse émanée de la grâce de Dieu, met en scène les tribulations de cette puissance démiurgique qui a désiré engendrer le monde matériel. Le Christ son époux, Fils du Dieu transcendantal, la sauvera et provoquera son retour dans le monde immatériel, le repentir de Sophia se transformant alors en gnose. Le gnosticisme, qui se développe au IIe s., vise un mode de connaissance intérieure, non seulement par transmission de savoirs, mais par expérience personnelle. L’illumination et le salut sont au bout de cette voie qui s’aventure vers les mystères. La conception de l’esprit humain suppose, bien entendu, les forces naturelles de la raison, essentielles pour la conduite de l’intelligence, mais celles-ci doivent encore s’ouvrir sur l’imagination, considérée comme une faculté supérieure permettant à l’homme d’aborder les mystères. Les gnostiques restent fidèles à la conception qui prévaut dans le Corpus hermeticum : l’homme en son esprit détient une parcelle de la divinité. La vérité de la connaissance ne peut donc être seulement (comme l’affirmera Descartes) une « adéquation entre la chose et l’intellect », elle va plus loin que le monde des représentations. Si elle est une « gnose », cela signifie que l’esprit devient le lieu de l’union entre l’homme et son créateur. L’image d’un sens caché des choses et d’un travail herméneutique est essentielle à la voie ésotérique. L’idée d’un esprit fécondé par son lien Intime avec la divinité restera prégnant dans ces courants jusque dans la formation de l’illuminisme, en Europe, à la fin du XVIIIe s.

Une pensée analogique, la quête des liens

La notion de médiation est essentielle au mode de spéculation ésotérique. L’homme est lui-même un être intermédiaire, et il ne doit son salut que par une métamorphose intérieure : dans ce thème se retrouvent les principes de l’alchimie et de la théosophie. L’idée de « seconde naissance », avec le théosophe allemand Jacob Boehme, se prolonge dans celle d’un homme « régénéré », avec les francs-maçons groupés autour du Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz. Car le salut des hommes doit passer par le travail de quelques élus, dont l’Intelligence herméneutique opère par voie d’analogie : Dieu parle aux hommes à travers la Nature qui est comme son miroir, le microcosme reflète le macrocosme. Ainsi la vérité n’est pas révélée une fois pour toutes, mais la révélation se poursuit au sein de l’Histoire, formant le contenu d’une histoire secrète dont les éléments se transmettent par l’intermédiaire des hommes de bonne volonté.

Théosophes, alchimistes, cabalistes forment les réseaux de l’ésotérisme moderne et cherchent à penser les liens entre les divers niveaux de la réalité. À la cosmologie correspond la lecture d’une théophanie, car Dieu s’accomplit à travers le monde qu’il engendre, il exprime son intelligence et sa bonté dans l’univers naturel. Avec le médecin et alchimiste suisse Paracelse, la philosophie de la Nature s‘ouvre sur la conception du « médecin intérieur », d’une aulne de sagesse présente en chacun. L’Histoire est conduite au sein d’une eschatologie, le sens de l’existence humaine ne saurait être séparé de celui de l’existence du monde. L’univers résonne de correspondances dont il faut apprendre à distinguer les harmonies subtiles. La relecture des spiritualités anciennes tâche donc d’unir avec méthode les niveaux de savoir.

Magie et enchantement du monde

À l’Image de la magie naturelle, qui désigne l’art d’user des vertus « occultes » des plantes, la connaissance ésotérique cherche la nature de la communication intime des êtres les uns avec les autres. Si Dieu parle à l’homme par l’intermédiaire des êtres naturels, il peut lui envoyer des messagers invisibles. Il ne tient qu’à l’homme de découvrir le langage grâce auquel il peut entrer en contact avec eux. Pour illustrer cette vision du monde, donnons pour exemple le mage élisabéthain John Dee, dont la bibliothèque, la plus grande de toute l’Angleterre, était fréquentée par de célèbres humanistes, historiens, mathématiciens et navigateurs. Il était en opposition avec le monde académique d’Oxford et de Cambridge où, lors des réformes édouardiennes de 1550, les commissaires royaux avaient détruit de nombreux manuscrits touchant à la théologie et aux sciences. De tels documents furent recueillis par John Dee. Ce dernier était connu pour ses conversations avec les anges, dont il a laissé des comptes rendus détaillés. L’ouvrage dans lequel il présente sa Monade, (1564) s’ouvre sur une façade de temple qui symbolise la structure de la Nature. Au centre du temple trône le signe monadique, dont Dee annonce qu’il va l’expliquer « mathématiquement, magiquement, cabalistiquement et analogiquement ». Au théorème XXIII, Dee déclare n’être « que la plume de l’Esprit de Jésus-Christ », et il présente son ouvrage comme une révélation de l’Esprit Saint. La monade, un talisman destiné à Catherine de Médicis, semble être un mixte élaboré selon la méthode que développe le médecin et alchimiste allemand Cornelius Agrippa dans son De occulta philosophia. Il s’agit de faire confluer l’influence de certains astres dans un point de la matière, en y imprimant son symbole. Le travail de Dee est à la fois celui d’un mage opératoire de la Renaissance et celui d’un cabaliste pratique. Mais il recherche une cabale universelle et emploie le langage des « signes conçus par Dieu » ceux par lesquels il crée le monde : le point, la droite, le cercle. Par le langage de cette cabale géométrique, Dee met en figures le nom de Dieu. Sa monade symbolise la structure du monde dans l’esprit divin tel qu’il y est inscrit de toute éternité, avant même l’acte de création.

Quelle était la fonction de la monade ? Elle devait avoir la puissance de concentrer les influx divins. La vertu de l’âme du monde ainsi invoquée exigeait, pour s’accomplir, la pureté de son opérateur. La saturation symbolique demande une lecture érudite, car les signes alchimiques et les symboles chrétiens s’interpénètrent, faisant de la Monade un condensé historique. Il ne s’agit pas de représentations, mais d’actions engendrées par ce que Dee nomme sa « figure talismanique ». De ces actions, l’opérateur est le médium, car seul Dieu possède la puissance de les accomplir. Un objet d’une telle puissance potentielle se devait d’être enveloppé de figures textuelles destinées à enrober le sens pour que seuls des initiés le comprennent. Il témoigne d’une vision du monde dans laquelle l’initié peut se hisser au seuil des puissances créatives. En tant que tel, il devient un objet d’intérêt historique, pour connaître la vision du monde que partageaient ceux qui se retrouvaient dans la bibliothèque John Dee.

Esotérisme et occultisme

Le rapprochement courant de ces deux termes porte souvent la confusion dans esprits. Le terme d’« occultisme » est noté dès 1840 par Richard de Radonvilliers dans son Dictionnaire des mots nouveaux, avant qu’Alphonse Louis Constant (alias Eliphas Lévi) le pérennise en 1856 dans son Dogme et Rituel de la haute magie. Le terme ne désigne pas alors les sciences occultes telles qu’elles furent pratiquées à la Renaissance. Lorsque, en 1533, Agrippa nomme philosophia occulta l’ensemble des recherches et pratiques portant sur les « sciences » marginalisées à l’époque par le christianisme, il désigne la magie, l’astrologie, l’alchimie, la cabale. Qu’en est-il de ces savoirs « cachés », de ces pratiques « secrètes » ? Les connaissances ne sont pas recherchées dans un but contemplatif. C’est là où l’ésotérisme diffère du mysticisme. Ici, l’homme est appelé par son Dieu à continuer la création. Il doit pouvoir œuvrer, réparer, maîtriser, deviner, prévoir. Les connaissances parmi lesquelles il chemine ne l’engagent pas à se rendre « comme maître et possesseur de la nature », selon l’adage cartésien. Elles engagent son destin dans l’accomplissement historique de l’œuvre divine. Ainsi, une bonne part des pratiques ouvertes par ces savoirs est-elle en apparence d’ordre mantique. L’astrologie, qui est la science des rapports entre les hommes et les astres, est une herméneutique et participe à la création dans la mesure où l’homme déchiffre le sens de sa destinée et l’accompagne avec sa volonté. L’alchimiste plonge au cœur de la matière, et c’est comme plonger dans le coeur de Dieu. Son œuvre à lui est de transmuter le plomb en or, c-à-d. de purifier ses passions et de se rendre plus subtil, de rehausser en lui l’étincelle divine. Sa transmutation, toutefois, n’est point son œuvre à lui, mais celle de Dieu.

Ce genre d’action offre à l’imaginaire de la foule le visage d’un thaumaturge dont la puissance permettrait d’approcher les sphères divines. L’évocation de puissance, parce qu’elle a quelque chose de ténébreux et outrepasse la modestie de la condition humaine, ouvre à la notion de l’occulte : c’est le parfum du fruit défendu, comme le sont les appels aux anges et aux esprits, les commandements aux pouvoirs des mondes intermédiaires. Magie blanche et noire, nécromancie et spiritisme sont parfois confondus, le désir de se concilier les forces qui président au destin du monde engendre des pratiques que certains ont jugées diaboliques. Elles furent interdites par les autorités chrétiennes et condamnées par l’opinion publique. Si le premier sens du terme « occultisme » désigne donc globalement les pratiques étayées sur le discours ésotérique, le second désigne l’un des courants ésotériques occidentaux modernes, qui apparaît vers le milieu du XIXe s. avec Eliphas Lévi et se prolonge Jusque dans la première moitié du XXe s., notamment avec A. Crowley (1875 – 1947) . Lévi pensait trouver dans les doctrines secrètes des Hébreux, des Chaldéens et des Égyptiens la clé du retour à l’unité de la science et de la religion. Le goût de l’expérimentation, l’intérêt pour les phénomènes et pour les sciences nouvelles engagent les occultistes dans une réflexion sur la philosophie de la Nature. Dans un contexte de sécularisation croissante, ils tentent de rester fidèles à l’héritage des sciences cachées de la Renaissance tout en s’aventurant dans le domaine des « sciences psychiques ».

Esotérisme et sécularisation

Le dialogue entre christianisme et ésotérisme au cours de l’histoire de l’Occident montre bien comment ce dernier reste un agent d’intégration culturelle. C. Agrippa opéra la fusion de la cabale chrétienne, de l’hermétisme, de la magie arabe et du néo-platonisme, développa tout un monde d’anges protecteurs présidant aux douze signes du zodiaque, alliant chiromancie et géomancie. Les éléments de ces « mancies » ne sont-ils pas, aujourd’hui encore, l’objet de multiples passions ? Les courants ésotériques de la fin du XVIIIe s. veulent régénérer le christianisme. Karl von Eckartshausen (1752 – 1803), théosophe chrétien passionné d’alchimie, est un philosophe de la Nature. Il cherche la voie d’une régénération de l’humanité par le biais d’un principe actif : « le sang du Christ », véritable huile d’onction que l’homme peut apprendre à extraire de la terre naturelle. Les textes de Louis-Claude de Saint-Martin sont ceux d’un théosophe chrétien, qui n’hésite pas à s’intéresser au magnétisme animal et au somnambulisme. Au XIXe s. l’essor des sciences s’accompagne d’un intense travail ésotérique pour relier les divers niveaux de la réalité, surtout avec les philosophes de la Nature comme Franz von Baader, L’héritage de l’ésotérisme baroque se joint aux méditations d’un Fabre d’Olivet (1768-1825), érudit lisant le grec, le latin, l’arabe et l’hébreu comme ses prédécesseurs, J,-F, Le Boys des Guays ( 1794-1864) traduit en langue française l’œuvre de Swedenborg, Pierre Leroux (1797-1871) se penche sur Pythagore, la transmigration des âmes et les initiations secrètes. C’est le siècle de l’effervescence ésotérique. Avec Éliphas Lévi, la « magie » et les « grands mystères » fascinent toujours les occultistes. La notion de science occulte devient populaire à la suite des ouvrages de Gérard Encausse (alias Papus, 1865-1915), et Saint-Yves d’Alveydre (1842-1909) invente son Archéomètre, clé des correspondances universelles. Avec la rencontre de l’Orient, l’idée d’une philosophia perennis s’étend à toutes les traditions du monde. En 1875, la fondation de la Société théosophique par Héléna Blavastky (18311891) ouvre tout un pan de l’ésotérisme du XXe s.

En plein essor de technicité, la culture qui s’élance vers le futur ne cesse d’interroger les « valeurs » insensibles au mouvement du temps. Au XXe s. la vivacité des engouements pour l’ésotérisme, pour désordonnée qu’elle soit, montre bien que les héritages continuent d’être transmis, les textes d’être lus. Certains de leurs représentants comme le cabaliste Raymond Abellio (1907-1986) ou le théosophe allemand Léopold Ziegler (1881-1958), ont encore quelque chose de la stature des grandes figures d’autrefois. La multiplication des sociétés initiatiques, naissant parfois au sein de mouvements bien plus indifférenciés comme celui du Nouvel Âge et des « nouveaux mouvements religieux », ne doit cependant pas décourager le chercheur qui tente de démêler les appartenances et les fidélités historiques.

Ch. B. Article « Ésotérisme Occidental » extrait de Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, sous la direction de Jean-Michel Sallmann, Livre de Poche, 2006. Disponible sur Amazon.fr.

Source : sur l’excellent site : http://www.esoblogs.net/

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Kupka_Frank-The_Beginning_of_Life

Le principe de la vie, Frantisek Kupka, 1900-1903

NOMBRE NEUF 17 avril, 2015

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

NOMBRE NEUF

2 février 2015, 20:32

La symbolique des chiffres de 0 à 9

 9

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La Symbolique des formes

Regardez les formes des chiffres. Ils sont composés de droites et de courbes. Dans la symbolique traditionnelle, la droite est reliée à la polarité masculine et la courbe à la polarité féminine. Cette particularité « sexuelle » des lettres et des chiffres n’est pas fortuite pour celui qui sait que tout s’accouple selon des lois, des codes qui font du hasard un leurre. La complémentarité des polarités permet une « auto-fécondation » productive. Voici pour les chiffres quelques fondamentaux des particularités des formes.

La droite horizontale : Elle représente notre plan terrestre, « plat » par son horizon et sa stabilité apparente. C’est une structure d’accueil de notre matière dont elle est le symbole. Elle est aussi le symbole masculin.

La droite verticale : Elle représente l’Esprit Divin. Elle est une descente de ce « qui est en haut » en reliant le supérieur et l’inférieur. Ce qui est debout, à l’image de l’humain, est ce qui est doué d’esprit, d’intelligence, étant le lien entre le monde divin et les mondes inférieurs. Regardez la symbolique de l’arbre, ce pilier vertical qui est dans les traditions le lien entre le ciel et la terre et vénéré comme tel.

La diagonale : Elle désigne un mouvement, qui est une progression ou une ascension selon le sens du tracé. Ce mouvement peut être un mouvement temporel ou une capacité d’action, de faire.

La demi sphère : Matrice. Elle est le symbole de la féminité en attente de fécondation.

Le demi carré : Il symbolise l’homme dans sa polarité incomplète. Ce carré que l’on devine, c’est son coté cartésien, « carré », et pourtant tronqué de moitié car il lui manque son autre moitié.

Le cercle : Il représente un tout fini, complet et parfait, autonome, et pourtant cerné par sa propre limite. Il contient son propre espace, c’est un contenant et un contenu.

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Ce chiffre est en quelque sorte un « non-chiffre ». Il existe pour représenter le rien ! Curieux paradoxe ! Nommer le rien, c’est pourtant lui donner une existence, une valeur. Le  est un cercle, de forme ovale, qui ressemble à un ouf. Il représente cependant un autre aspect que la simple représentation de la valeur mathématique. Le  est la représentation d’un lieu clôt, fermé, fini, une perfection parcellaire, à l’image de L’Œuf . Les traditions attribuent d’ailleurs au cercle l’expression de la divinité. Pourquoi ? Parce que le cercle est la projection équidistante du point central, une création expansive, une sorte d’explosion à l’image de la théorie du big-bang. Chaque point de la circonférence est lié en identité à son centre. Le cercle ne commence nul part et ne finit nul part. Intemporel, il est. Ces attributs en font ainsi une image de la conception divine.

Dieu serait donc une expression, une assimilation à ce rien, qui est quand même quelque chose ? En quelque sorte. Dieu est une matrice à dieux. On l’appelle L’Œuf du monde. La matière « expansée » est l’espace, sortie de son « rien ». Le est donc ce potentiel qui sort du rien originel, la materia prima, un ouf qui abrite des possibilités d’expansion, d’évolution. C’est pourquoi, lorsqu’il est associé à un autre chiffre, il donne accès à un autre stade de départ, une autre échelle de valeur (dizaine, centaine, milliers, etc.)

Quelques recoupements cabalistiques :

Le ZERO commence par un Z, c’est une fin de cycle. Il finit par un O, une nouvelle germination, nouvel ouf. Un anagramme de ZERO est EROZ (Eros) etROZE, expression de l’amour en manifestation. La création est un acte d’amour !

En conclusion, ne voyez pas le zéro comme un chiffre anodin. Il est notre origine. Oui, nous sommes des « zéros« , amenés à devenir en fonction de nos choix « des’ hérauts » !

1

Le UN, l’unité, l’étalon mesure qui est le commencement de la manifestation. Entre le zéro et le un, il y a un infini insondable (0,0001.) mais le chiffre UN est la somme en lui même de cet infini qui se particularise enfin. Avec cette unité, tout est possible. Il peut s’ajouter à lui-même, se retrancher, se multiplier, se combiner en formules compliquées pour créer tout ce qui est mesurable. Il est la brique de vie, l’élément de référence sorti du zéro. C’est aussi un étalon, une entité « réelle » parfaite.

Que représente-t-il ?
Au niveau le plus haut de l’interprétation, il est le Dieu sorti du Dieux, c’est à dire le 1 sorti du 0, l’être qui est né à partir de la matière primordiale, le Dieu unique qui créa toute chose. Il est le rejeton du 0. Il est le Fils. L’unicité de ce Dieu est particulière et ressentie de manière profonde et fondamentale depuis quelques siècles. C’est pourquoi le 0 et le 1 s’as-similent (1) dans une unité : La partie est dans le tout et le tout est dans la partie. Le contenant et le contenu sont UN CORPS unitaire et pluriel à la fois.

Le UN est formé d’une droite verticale et d’une diagonale. Il est l’esprit agissant. Pour prendre un exemple, voyez dans la lettre M (aime !) Vous avez la représentation de deux êtres (droites verticales) qui se donnent la main (diagonales), contrairement au N (haine) ou les deux êtres se retrouvent en opposition. La diagonale exprime une « poussée » de l’esprit qui se manifeste par la main ou la parole. Le UN est vertical, debout, droit, qui est la position distinctive de l’espèce humaine car il représente aussi l’être doué de la parole, en tant que réceptacle de l’Esprit du UN primordial : le Verbe. L’humain est le 1multiplié du 1 originel.

Le 1 est l’unité mathématique. Son double spirituel orthographié est formé de deux lettre : UN, formant le chiffre 35. La communion matière-esprit donne le nombre 135 (1+35), qui est l’émanation signée de cette unité primordiale. Quantité de calculs mènent au 135, démontrant que le hasard n’existe pas.

Le chiffre 1 est la particularisation de la pensée divine en un être.

2

Le chiffre 2 désigne le couple, les 2 polarités. Il est composé évidemment du 1 + 1 qui se sont intégrés en un seul chiffre, un seul corps. Ce corps est formé :

  1. d’une demi sphère, désignant le féminin
  2. et une droite horizontale, désignant en complémentarité le pôle masculin.

Les 2 sont reliés par une diagonale qui représente l’inter-action unifiante des 2polarités. Vous noterez messieurs que la demi sphère domine l’ensemble.

Le 2 représente L’HOMME = 54 = DEUX. Cette dualité nous la retrouvons à travers les 2 âmes sours en périple. Elles sont reliées mais séparées par le temps et l’action. Dans le temps de leur incarnation, voyez la projection de la courbe « esprit » en une matière terrestre (—). Autre chose : ils sont « 2« , et quand ils auront intégré l’Esprit de Dieu, c’est à dire cette barre verticale  » I « où ils seront élevés au rang de DEUX + I = DIEUX. Ne riez pas, votre évangile vous dicte « Jésus leur répondit :  »N’est-il pas écrit dans votre loi: J’ai dit: Vous êtes des dieux ? » Jean 10:34.

Le 2 se transformera en 1 par la suite. Faites réfléchir le 2 sur un miroir et vous avez la réintégration d’un cœur en équilibre sur son socle. Les symboles sont là et on ne peut les nier.

Le 2 dans sa stylisation correspond à la forme du « CYGNE » ( SIGNE !). Le cygne est synonyme de Lumière. Selon certaines traditions anciennes (Inde, Egypte), il pond ou couve L’Œuf du monde ! Et puis, il y a une tradition qui veut que les enfants, nés de la terre et de l’eau, étaient apportés par des cygnes.

Le 2 est le chiffre de la dualité, non seulement masculine et féminine, mais aussi de toutes les complémentarités. Il nous fait comprendre que l’enrichissement personnel ne peut être égoïste et parcellaire. Voyez le corps humain dans sa symétrie duelle : 2 oreilles, 2 yeux, 2 hémisphères cérébraux, 2 bras, 2 jambes, etc.Le double est nécessaire pour la stabilité.

Le 1 et le 2 s’unissent dans le nombre 12, qui exprime le cycle horaire ou mensuel pour définir une an-née (  1). Le temps défini par le 12 est l’enrichissement du 1 par le 2. A l’inverse, le 21, c’est à dire le 2 devenu 1, l’androgyne, est symbolisé par l’âge terrestre de la maturité, dont un des attributs est d’échapper au temps.

3

Le 3 a une symbolique particulière. Il est la représentation d’une divinité assez spéciale. La trinité, le symbolisme du triskel breton ou du triangle franc-maçonnique et bien d’autres choses font de ce chiffre, un chiffre à part. La trinité existe bien, mais elle vient de la structure de notre univers local, à savoir une hiérarchie fondée sur une tri-unité centrale. Il existe 3 Dieux doubles (car androgynes) dirigeant en accord notre univers de type 4. Ils forment en fait 6 personnes en 3, d’où l’égalité numérique guématrique du 63 = DIEUX.

Ainsi, tout est SORTI du TROISTRI-OS = 3 origines, 3 bouches. Ces 3 dieux, issus de souches évolutives distinctes, sont sur 3  »Iles centrales » qui émanent énergies et vibrations, que l’on retrouve dans le symbole du TRISKEL (et dont l’anagramme phonétique est LE KRIST)

Le 3 est formé de deux demi sphères, comme si le cercle initial avait été coupé et séparé, donnant 3 points origines superposés et reliés entre eux par les demi sphères. Oui, le dieux O est en réalité divisé en 3 centres. Renversez le 3 et vous avez le « m » aux trois assises stables car basé sur le « aime » de Amour.

Le chiffre 3 représente donc le sommet de la hiérarchie divine, insondable pour l’instant, mais qui transparaît à travers les symboles.

Enfin, amusez-vous à diviser l’unité (cf. le 1) avec 81 (somme des lettres duTROIS) et vous trouvez : 0,0123456789
LE DEPART = 81 fut donné à partir du TROIS . Car c’est de lui qu’est SORTIe toute la création.

4

Le chiffre 4 est le chiffre de notre matière matrice. Il est formé du chiffre 1 croisé à la barre horizontale terrestre. Effectivement, nous sommes « dans » Dieu et tout ce qui nous environne est une partie de lui. Notre matière est un contenant, une quadrature, un carré stable de formation : les 4 dimensions.

Vous apercevez aussi la croix christique relié par une diagonale. Cela exprime le liant « actif » nécessaire à la stabilité de l’ensemble, à savoir une sentimentalité alternative terre-ciel ou Père-fils. Cette paternité s’exprime bizarrement lors de la béné »diction » : observez le parcours de la main lors de la bénédiction chrétienne, il forme un 4 avec une rotation d’un quart de tour sur la gauche. A gauche bien sûr parce que c’est le coté du cœur !

Autre astuce sur le pivotement à gauche. Vous avez vu la croix caché dans le 4, et bien, il y a aussi le signe de notre christ en mission dans cette matière 4 : le signe alpha stylisé de l’ère des poissons !

Le chiffre 4 est le chiffre symbole de notre Univers Matière.

5

Le chiffre 5 est dédié à l’humain. Ces 5 sens, ces 5 doigts, ces 5 membres sont la signature de sa nature. L’étoile à 5 branches est d’ailleurs le symbole humain.

Regardez ce chiffre. Il y a un demi carré et un demi cercle en opposition l’un avec l’autre, chacun cherchant sa complétude avec un élément géométrique différent. C’est la fameuse recherche de la quadrature du cercle, à savoir la communion du carré et du cercle, c’est à dire du masculin et du féminin. En effet, les humains passent leur temps à chercher leur âme sour, leur prince ou princesse pour combler leur « vide », et pour cause ! Le 5 exprime donc parfaitement dans sa géométrie cette quête du graal humain et tout ce qui en découle. Amis matérialistes, ne trouvez-vous pas que le « hasard » de la formation du 5 est curieusement bien fait ?

L’humain est le fameux ème élément, l’amour, ce qui en fait son unique valeur. Il cherche sa direction parmi les 4 points cardinaux (voir le symbole du 4) mais il oublie de regarder vers ce ème point « cardinal » qui est au dessus de sa tête : le ciel !

6

Le chiffre 6 symbolise entre autres le mouvement de la lumière. Sa forme est une spirale en expansion vers un infini. Vous apercevez le noyau circulaire qui représente notre zéro initial dans sa symbolique mais il défini surtout une individualité « divine », capable d’exprimer sa lumière. Vous retrouvez cette caractéristique dans le 666 qui est la triple émanation des îles centrales (voir le3).

Le sens de rotation est dextrogyre, vers la droite, bien sûr, puisqu’il suit le parcourt du soleil, de la lumière. Cette lumière, c’est le Verbe, la compréhension, l’ouverture des clefs et des mystères. Il est donc normal que le six corresponde dans l’alphabet à la lettre F, la CLEF qui ouvre la re-FLEC-xion. LA LETTRE F = 99 = L’ESPRIT. LE SIX = 69 = LE VERBE. Remarquez que le chiffre 6 décrit le parcourt de la clef dans la serrure et qu’il est composé exclusivement de courbes, symbole d’esprit.

7

Le 7 est le chiffre du rythme du « Sang », la mémoire nutritive de l’âme humaine. Le 7 exprime les étapes de maturité, de génération. Le 7 est associé à la lettre G dont la symbolique est décrite. Tous les 7 ans environ, le sang se renouvelle totalement, avec les changements de caractère qui en découlent : 7 – 14 – 21 – 28 ans etc.

Ce passage du 7 est traduit par sa forme. La diagonale centrale produit ce mouvement, qui est coiffé par la barre horizontale, ou demi carré, qui exprime le caractère « masculin » ou matériel. Ce chiffre est composé exclusivement de droites, pas de courbe, contrairement au 6 vu précédemment. Il représente une « virilité » nécessaire pour les transitions ou passages. Rappelez-vous le « Le royaume des cieux appartient au violents ». Le 7 dispose aussi de la fameuse barre horizontale médiane, identiquement à la lettre G, qui est la semence de la génération suivante. Le 7 exprime une auto-fécondation.

La stylisation du 7 représente une faux, symbole de mort. Ce n’est pas par hasard non plus. Il faut, comme dit la tradition « tuer le vieil homme », c’est à dire enlever en nous les défauts et lourdeurs de ce qui n’est pas bon. C’est pourquoi, en cabale, LE CHIFFRE 7 = 79 = LA MORT liée à LA TERRE = 79 pour se refaire UN CŒUR = 79. Cela dit en passant, remarquez que 79 exprime la génération ou re-génération en incubation, en germe ( voir le 9). N’oublions pas que nous sommes ici pour mourir !

8

Le chiffre 8 a symbolisme pluriel. Traditionnellement, il est le chiffre du Christ, constitué de deux cercles ou d’un seul qui se « spire ». C’est le soleil d’en haut, qui se reflète en bas. Le 8 est la clef d’Hermès. les 2 cercles apparents n’en faisant qu’UN en réalité, selon la devise. Le centre, le cœur du 8 est bien un X de croisement, symbole christique.

Le 8 est l’alliance entre deux états. Bientôt, ce sera les « nouveaux cieux, nouvelle terre », le 8 étant l’alliance de la terre avec son modèle futur, Vénus d’amour. LE CHIFFRE 8 = 80 = L’AMOUR, désignant cette alliance qui relie la terre et en général l’humanité avec son prototype divin. HUIT = 58 = DIVIN.

Le 8 est vraiment le Signe de la Lumière qui se ré-Verbère, se reflète, il désigne dans le Sator les 8 lettres unitaires qui compose les cinq mots. Regardez le 8, vous pouvez retrouver le tracé de deux 6, mouvement de la lumière, du bas vers le haut et inversement. C’est pourquoi le 8 a été choisi comme symbole d’infini dans les mathématiques car son expression elle-même est infinie.

Le 8 correspond (en fonction de l’ordre des lettres de l’alphabet) à la lettre H, initiale de Huit, dont vous avez la signification. Effectivement, le 8 signale l’échange perpétuelle alternatif de deux polarités, qu’elle soient androgynes ou temporelles. L’un n’ait par l’autre, le père par le fils, l’homme par Dieu et Dieu par l’homme, et il faut pour cela de nécessaires étapes à franchir.

9

Le 9 est le chiffre de la germination. Sa forme stylisé est celle du germe fotus. Vous avez aussi remarqué, qu’identiquement au 6, le 9 est une spirale dextrogyre, s’identifiant lui aussi aux attributs du 6. L’alternativité du 9 et du 6 s’exprime dans le 69 = VERBE ou 96 = LUMIERE.

Il est curieux que le neuf, qui est à la fin de la série des chiffres, soit en fait le germe, le début. Mais là aussi, le hasard n’a pas de place. Il a été dit que le commencement naît de la fin et le neuf en est l’exemple. Effectivement, la fin est toujours le début d’un autre cycle, à l’exemple des chiffres dans le système numéral décimal. Du 9 solitaire naît deux chiffres 10, c’est à dire le 1 qui a reçu une nouvelle germination, un état « neuf » ou n’ « ouf » par le 0 qui lui est associé.

Mais là aussi : NEUF = 46 = AIMER. Oui, être « neuf », c’est repartir à zéro pour une nouvelle énumération de valeurs et ces valeurs ne peuvent qu’être celle du cœur .

Bruno

 

Merci Ana pour ce partage … calculé …

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L’Égrégore, Sous l’Angle Maçonnique 7 avril, 2013

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L’Égrégore, Sous l’Angle Maçonnique

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En latin, egregius signifie « remarquable, illustre, exceptionnel ».
Le mot égrégore a été introduit dans la langue française par Victor Hugo dans La Légende des siècles où il est utilisé comme adjectif au sens étymologique, puis avec un sens abstrait, légèrement cabalistique, comme substantif.
À cette graphie, s’ajoute la variante « eggrégore » et l’on trouve aussi des pseudo-latinismes tels « egrigor » ou « égrigore ».
Selon une définition ésotérique, l’égrégore est une Forme-Pensée générée et maintenue par l’attention convergente d’un groupe d’individus ayant une finalité commune, vers laquelle ils tendent passionnément.
Il s’agirait en fait d’un champ d’énergie à la fois mentale, émotionnelle et spirituelle.
Les membres du groupe engendrent l’égrégore par lequel ils sont adombrés (1) à mesure qu’il se constitue.
L’action devient alors réciproque ; car les membres alimentent l’égrégore et celui-ci agit sur eux, avec une puissance proportionnelle au nombre de participants et à l’intensité de leur engagement dans le « But » commun.
Il s’agit d’une force vivante agissant comme une entité autonome.
Pour la philosophie occidentale et pour la Révélation chrétienne, l’intelligence est une faculté spirituelle, c’est-à-dire une faculté qui transcende radicalement la matière.
Nous pouvons admettre que l’on parle des passions de l’âme en termes « d’énergie ».
L’occultisme la qualifiera d’« astrale » puisque les sentiments et émotions sont étroitement liés à notre dimension physique.
Dans le sens Maçonnique du terme, l’Égrégore se définit comme une « entité spiritueuse » issue d’un travail commun, et de la conscience collective.
L’égrégore traduit l’essence de ce que l’esprit du groupe doit révéler, c’est-à-dire l’énergie cohérente et collective d’une pensée unifiée.
Il s’agit d’une Communion spirituelle partagée.
Elle se révèle notamment avec une grande force, après l’invocation de clôture de la Loge, dans la Chaîne d’Union qui regroupe les frères formant le cercle, mains enlacées, pour évoquer le lien indéfectible qui unit les maçons du monde entier, à ceux qui les ont précédés et à ceux qui les suivront.
L’égrégore est ainsi le champ d’énergie créé par les frères de la loge unis dans un même but, empruntant le même chemin spirituel, et vivant les mêmes émotions.
Il s’agit d’une énergie unifiée, par la voie commune à tous les frères participants, c’est l’interaction coordonnée entre ses membres, qui génère l’égrégore.
Quelle serait l’utilité de la chaîne d’union sans l’égrégore ?
A rappeler la fraternité que doivent pratiquer les maçons ?
Certainement pas, car celle-ci se trouve déjà symbolisée par la présence de la houppe dentelée sur les murs ou le tableau du grade.
Or, rien dans la Maçonnerie ne fait double emploi et l’égrégore apparaît comme le seul « véhicule » de la communion spirituelle collective.
Tout comme les pratiques religieuses traditionnelles :
des Musulmans en prière tournés vers La Mecque, des chrétiens communiant ensemble dans les églises, ou encore des fidèles de toutes religions, dans leurs temples, et monastères.
Celui qui conteste cette réalité ne peut le faire sans remettre en cause la nature même de sa démarche maçonnique, et s’enfoncer dans les voies d’un matérialisme ténébreux.
(1) Dans la terminologie de la théosophie et plus particulièrement de la magie blanche, l’adombrement, ou action d’adombrer, est un processus par lequel un être spirituellement très avancé — le plus souvent un Maître de Sagesse — utilise le véhicule physique d’un disciple (généralement un initié de niveau assez élevé) afin de transmettre des enseignements.
Aron O’Raney
Source : http://oraney.blogspot.fr/
31548_10151216453388402_877265632_n-300x224 dans Recherches & Reflexions

Le symbolisme des cathédrales gothiques 22 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 6 commentaires

Le symbolisme des cathédrales gothiques


A la suite des invasions barbares surgies en Occident du Ve au lXe siècles, les derniers constructeurs qui appartenaient aux Collé­giales romaines et détenaient tous les secrets de métiers, durent s’intégrer aux congrégations monastiques, car, après l’effondrement de l’Empire romain, il n’existait plus de statut légal leur permettant d’exister.

A partir du VIe siècle, au droit romain avaient succédé les coutumes féodales qui définissaient les protections garanties aux diverses catégories de la société du bas Moyen Âge.

Tout d’abord, il y avait les gens de la terre, divisés en :

- vilains, qui avaient conservé leurs propriétés gallo-romaines ou à qui, en tant que population germanique nouvellement implantée, l’on avait donné les terres des anciens propriétaires romains. (Le nom de vilain correspondant à l’ancienne désignation romaine de villa, qui signifiait domaine agricole.) Ces vilains avaient droit à la protection moyennant paiement de la taille et de la dîme ;

- serfs, ouvriers agricoles qui cultivaient les terres appartenant au seigneur féodal.

C’était ensuite les gens de métiers, dénommés – francs « , non parce qu’ils appartenaient à la race franque, mais parce que, au VIe siècle, cette appellation désignait les hommes libres d’aucune attache avec la terre. Groupés dans les cités, les gens de métiers étaient exploités par chacune des communautés gallo-romaines ou germa­niques – La cité ayant droit à la protection à condition d’exécuter des travaux gratuits de taille ou de fournir des gens d’armes, au service du seigneur.

Les congrégations monastiques créèrent les couvents, sociétés communalistes de propriétés collectives à but altruiste de bonnes oeuvres, de pénitences, de prières et d’évangélisation. Ces couvents, sous le bénéfice des droits de l’Église catholique au temporel reconnus par les continués féodales, avaient rang de seigneur avec droit de haute et basse justice.

Sous l’impulsion de Grégoire 1er le Grand, pape de 590 à 6114, qui avait enrichi l’évêché de Rome par l’exploitation des domaines agricoles, les couvents allaient devenir autant d’exploitations indus­trielles ou agricoles.

Les lois et usages concernant la production et les échanges, codifiés par le droit romain, avaient totalement disparu au VIe siècle, les coutumes germaniques à l’échelon de la peuplade les ayant insuffisamment remplacés. Cette forme nouvelle de société communautaire fit créer, dans l’intérieur même des couvents, les premières coopératives de production dans toutes les branches indispensables à la vie collective et communautaire. Les gens de métiers ayant perdu leur riche clientèle romaine, trouvèrent dans les couvents leur principale clientèle. Ce fut notamment le cas des personnes pratiquant l’art de construire : il fallait des couvents, des églises et même des ouvrages d’art militaire pour se protéger contre les invasions permanentes.

Les couvents qui dérivaient du principe de saint Augustin de la Cité de Dieu, intégrée à la Société des Hommes, avaient, comme toute l’Eglise, conservé les principes d’organisation romaine et de droit romain. Aussi, tant pour s’assurer à bon marché une main-d’oeuvre qualifiée devenue très rare que pour assurer la formation professionnelle des nouvelles générations, de nombreuses congrégations monastiques fondèrent des Tiers-Ordres essentiellement laïques.

Le principal Ordre qui ait regroupé les Collégiales romaines des constructeurs est celui des Bénédictins, fondé à la fin du Ve siècle, par saint Benoît de Murcie, au Mont-Cassin. La règle bénédictine donne la priorité aux travaux manuels. C’est à cet Ordre que l’on doit la création et le développement de l’architecture gothique.

Nous, distinguons dans le gothique trois périodes : le roman ou gothique ancien, le gothique ogival et le gothique ogival frisé, appelé communément « Xve frise » ou  » flamboyant « .

LE ROMAN

L’architecture romane date d’un peu avant l’an mille, époque de la Grande Peur, qui marque aussi le début de l’ère médiévale. L’Occident, qui vivait alors dans un certain obscurantisme, fut soudain illuminé par la transmission de la philosophie antique par la voie de l’Espagne musulmane.

Les Bénédictins venaient de s’installer à Cluny, depuis 910 ; l’un d’entre eux, Gerbert, savant architecte, se rendit à Cordoue puis à Grenade, en 980. II en ramena l’A.B.A.C.U.M. ou Ars Subtila Arithmeticae, qui contenait, outre l’algèbre et la géométrie euclidienne, le livre du jeu d’échecs, le traité des poids et mesures, la philosophie platonicienne, la métaphysique d’Aristote et le symbolisme pythagoricien.

Gerbert – par la suite fait pape par Otton lll – régna de 995 à 1003, introduisit les mathématiques et la géométrie dans l’art de construire sous forme de l’Art du Trait, qu’il codifia en une sorte de satigraphie (dont on trouve des traces dans les manuscrits du Mont-Saint-Michel). Encore à l’heure actuelle, les résultats en sont surprenants : témoins l’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames de Caen, la cathédrale de Bayeux et celle de Vézelay, qui en est le plus bel exemple. Les traces de la métaphysique d’Aristote persistent à Vérelay où l’allégorisme primitif des églises mérovingiennes et carolingiennes s’épanouit.

Puis, vient l’ère des croisades. La première, prêchée par Urbain II, dura de 1096 à 1099. Elle créa l’Empire latin d’Orient qui couvrait pratiquement toute la côte est de la Méditerranée, depuis l’Egypte du Sud jusqu’à l’Empire byzantin, au Nord.

Entre la première croisade et la seconde, prêchée à Vézelay par saint Bernard, en 1147, et dirigée par Louis VII le Jeune, cinquante années s’écoulent. Pendant cette période, les troupes laïques et religieuses qui assuraient l’occupation de l’Empire latin d’Orient, pour regagner leur pays d’origine – le comté d’Edesse, la principauté d’Antioche, le comté de Tripoli ou le royaume de Jérusalem – devaient obligatoirement passer par la Grèce et les possessions de Byzance.

Or, parmi ces occupants, se trouvaient les moines bénédictins et les moines soldats, Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et Chevaliers Teutoniques ; les membres qui faisaient partie du Tiers-Ordre laïque étaient les ouvriers opératifs de ces nouvelles congrégations. Ces constructeurs ramenèrent de Byzance les traditions des collégiales romaines qui, n’ayant pas souffert des invasions barbares, avaient conservé tous les anciens secrets de métiers connus depuis la plus haute antiquité et que l’Occident avait presque totalement perdus. Leurs connaissances s’étaient épanouies voire enrichies sous l’influence de la tradition grecque et aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe arrivée a l’apogée de son évolution.

L’OGIVAL

Cette deuxième période nous intéresse le plus, car c’est elle qui apporte tout le symbolisme en architecture. Elle doit tout aux Templiers.

Ce type d’architecture remonte en Europe à 1125. On commençait alors à voir les premiers arcs outre-passés, notamment à Cîteaux qui venait d’être fondé, puis à l’abbaye de Fontevrault, en 1150. C’est le début du style gothique que l’on dénomme  » gothique Plantagenet  » (du patronyme de Henri II, duc d’Anjou qui allait devenir roi d’Angleterre).

L’Ordre des Templiers fut fondé à Jérusalem, en 1116, par neuf chevaliers auxquels, dix ans plus tard, s’adjoindra Hugues, comte de Champagne, donateur de Clairvaux. C’est sous le patronage du Bénédictin cistercien Bernard que l’Ordre reçut sa Constitution au concile de Troyes, en 1128, Honorius III étant pape. Dès I’origine, pour les besoins de la construction, des moines bénédictins habiles dan; l’art de construire y furent introduits; Les Templiers fondèrent en France leur premier établissement sous Louis VI le Gros qui, à la demande de saint Bernard, leur donna, en 1130, une maison à Paris à proximité de l’église Saint-Gervais, au début de la petite rue à gauche. (Cette maison existe encore. Elle est actuellement occupée par une société compagnonnique). A quelques jours de là, le roi leur fit don du domaine du Colombier, avec droit de haute et de basse justice. Ce

domaine longeait l’actuelle rue de Rivoli, depuis la rue des Blancs-Manteaux jusqu’à la rue Saint-Martin incluse ; en largeur, il était limité par le square du Temple et l’église Saint-Martin (à proximité du Conservatoire des Arts et Métiers). L’ensemble était marécageux. Les Templiers I’assainirent.

Dans la toute proche église Saint-Gervais, on voit encore. dans le, stalles du choeur, de nombreuses figures ésotériques ainsi qu’un maçon initié genou découvert, suivant l’ancienne tradition. Par l’équerre et le compas placés à côté, on se rend compte que le maçon étudie l’oeuvre

On retrouve le même symbolisme à Gisors ; en outre, dans la chapelle Sainte-Claire, un gisant dénommé le Maître Parfait – fait penser au symbolisme du troisième grade.

L’OEUVRE DES TEMPLIERS

Les Templiers couvrirent l’europe d’églises remarquables de châteaux forts, tel le « château Gaillard pour le compte de Richard Coeur de Lion « , dans le but de s’opposer à Philippe Auguste, roi de France. Ils bâtirent de véritables villes fortifiées — comme Coucy-le-château, construit par Enguerrand de Coucy – pour résister à saint Louis, qui voulait refréner son droit féodal. Les Allemands, en 1914, employèrent dix tonnes de dynamite pour faire sauter la tour ventrale bâtie en 1240.

Les Templiers édifièrent leurs couvents qui, rappelant leur vocation de moines-soldats, se dénommaient  » Commanderies  » . Chacune d’elles était reliée à une autre suivant la hiérarchie du grade du chevalier qui la dirigeait. Les commanderies de base avaient pour commandeur un maître charpentier qui assurait l’instruction perma­nente des ouvriers maçons, tant religieux que laïques.

En Orient, les Templiers remplirent le rôle de constructeur pour le compte des Croisés ; ils formaient aussi le corps de génie militaire. Dès 1123, ils bâtirent avec les Hospitaliers les lieux nouvellement conquis des églises et des forteresses (1).

En Occident comme en Orient, les Templiers, qui étaient des religieux. avaient recours pour l’exécution de leurs travaux de bâtiment, à la main-d’oeuvre locale.

En France,en Angleterre, en Allemagne et dans toute l’europe le Tiers-Ordre du VIe siècle, qui formait des associations d’ouvriers du bâtiment vivant dans la dépendance conventuelle, cessa d’exister au début du XII e siècle. jusqu’à cette époque, le couvent avait été le seul centre de la science, les arts pouvant s’y développer en sécurité. Mais, avec l’extension des libertés municipales, les grandes cités médiévales devinrent de grands ventres – Paris, Chartres, Amiens, Londres, Oxford. Laon, Noyon, Reims, Soissons, Strasbourg, Cologne – où, aux Tiers-Ordres monastiques succédaient les Francs-Métiers : ceux-ci, sous le nom de Jurantes ou de Guildes, rassemblaient les ouvriers de métiers en fraternité laïques.

FRATERNITES DE CONSTRUCTEURS

Les membres du chaque corps de métier étaient groupés en une association professionnelle chrétienne placée sous la protection d’un saint ou d’une sainte. Pour y être admis, il fallait se soumettre à des épreuves symboliques particulières à chaque profession. Les épreuves des fraternités de constructeurs étaient celles que nous connaissons encore aujourd’hui dans la Maçonnerie spéculative, héritière , en cette matière, de la tradition de la plus haute antiquité.

Ce genre de confrérie paraît avoir pris naissance à Chartres, lors de la construction de la cathédrale, aux alentours de 1125. C’est de cette époque que date la franc-maçonnerie opérative, entièrement composée de laïcs et n’allant qu’au troisième grade. Si ses membres devaient tous leurs enseignements aux Templiers, on ne doit pas néanmoins les confondre avec ces religieux fort savants ni avec les Moines-Chevaliers, très bons architectes et déjà  » maçons spécu­latifs « .

L’existence légale de ces confréries laïques professionnelles était régie par extension des droits des anciens Tiers-Ordres transférés aux fraternités laïques de la franchise. Les Francs-Maçons obtenaient ces franchises des congrégations de Bénédictins, des Templiers et des Hospitaliers qui exigeaient des redevances peu importantes. Pour d’autres francs-métiers, soumis à la protection seigneuriale ou royale les redevances étaient très lourdes. Cette différence fit que la dépendance aux congrégations religieuses subsistait. De plus, en vertu des conventions féodales conclues entre les suzerains, les franchises religieuses donnaient droit de  » cité  » aussi bien sur les territoires ecclésiastiques que seigneuriaux ou royaux. Par ailleurs, la formation professionnelle des constructeurs s’est poursuivie dans les couvents jusqu’au début du XIVe siècle.

Les maîtres d’oeuvres laïques, tels Jean d’Orbais, Villard de Honnecourt et Pierre de Corbie, oeuvrèrent à Chartres ; Pierre de Montreuil, à la cathédrale de Paris et à la Sainte-Chapelle. Mais ne devenait pas maître d’oeuvre qui voulait.

En premier lieu, tout compagnon accompli, cinq à sept ans au minimum après avoir été reçu comme tel parmi les maîtres, devait encore travailler pendant un certain temps et acquérir les connaissances de ceux-ci. Ensuite, il était consacré maître d’oeuvre si le chef d’oeuvre qu’il avait exécuté était jugé satisfaisant.

Mais ce n’était point tout. Débordant du cadre professionnel, une enquête municipale faite auprès du candidat concernait sa moralité, sa piété et les possibilités financières qui lui permettaient de payer les matériaux et le salaire de ses ouvriers.

Tout maître d’oeuvre devait être capable d’assurer la conception de l’oeuvre, d’organiser le chantier, de recruter les ouvriers et d’en régler les dépenses. Ces trois conditions étaient impératives. Le maître d’oeuvre, lorsqu’il était religieux, prenait le titre de vénérable maître. A l’époque de la construction des grandes cathédrales gothiques, à Reims, Laon, Paris, Chartres, Cologne, Amiens, les Templiers – en contact en Orient avec les ordres religieux des Ismaéliens karmates et ascasines, sectes schismatiques musulmanes – adoptèrent à la fois leurs secrets de métiers ainsi que les rites et les formes d’architecture orientale. C’est d’Orient qu’ils ramenèrent le secret de la construction de l’arc brisé qui existait déjà dans des constructions orientales, ainsi que la voûte de croisée de transept s’équilibrant en son milieu par la masse formée par son pendentif. C’est en Orient aussi que les Croisés apprirent des Byzantins, qui le tenaient eux-mêmes de Babylone, à fortifier les châteaux.

Les Templiers, en adoptant ces formes d’architecture, ont emprunté les symboles de celles-ci, et aussi l’art de penser : la dialectique, qui permettait de philosopher sur les sens cachés, a donné la rhétorique. Le symbolisme des nombres et des dimensions que nous trouvons dans les églises date de cette époque. Ce sont eux aussi qui répandirent en Europe la pensée gnostique platonicienne et aristotélicienne, déjà propagée en Espagne par Averroès et Maïmonidès, ainsi que par les Cathares albigeois dans le Midi de la France, particulièrement dans tout le comté de Raymond de Toulouse. Ils ramenèrent d’Orient, non seulement l’art de construire, mais aussi l’algèbre, l’alchimie, aïeule de notre chimie moderne, ainsi que l’alchimie intellectuelle qui tendait à rendre l’homme meilleur.

Sur le plan purement spirituel, les Templiers s’imprégnèrent de l’esprit gnostique des Ismaeliens qui considéraient l’univers comme une émanation de la divinité. La gnose était enseignée sur un mode initiatique: C’était une catéchèse appropriée à toutes les confessions, toutes les races, toutes les castes fondées sur la raison, la tolérance et l’égalité. Ces théories attireront plus tard, tant Raymond Lulle que Pic de La Mirandole.

L’esprit de Platon et d’Aristote régnait à Chartres, lors de la première construction, entre 1124 et 1154 ; des réalisations comme ces cathédrales démontraient – et elles démontrent encore – les parfaites connaissances de leurs bâtisseurs.

En même temps, l’évolution et la philosophie aristotélicienne allaient permettre à l’homme de se délivrer des contraintes dogmatiques religieuses et de reprendre l’autonomie de ses investigations. Ainsi, de la moitié du XIIe siècle jusqu’au milieu du XIVe se construisit-il, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie – avec les méthodes particulières que l’on admire encore aujourd’hui -, les merveilleuses cathédrales ogivales que nous connaissons. Elles se ressemblent toutes, avec un air de famille certain.

II est intéressant de retrouver dans la tradition du grand-oeuvre qu’est une cathédrale les origines du symbolisme de la Franc­Maçonnerie spéculative.

LES SYMBOLES

Signalons d’emblée deux grands principes philosophiques qui constituaient le programme directeur : les cathédrales, de même que les temples antiques, et plus particulièrement le temple de Salomon, sont construites à la fois en plan à la forme et dans les proportions humaines.

Le plan de celle de Chartres le met en évidence : à la croisée du transept se trouve le coeur, la tête étant au sanctuaire ou saint des saints. A l’endroit où se trouve l’autel, il y avait, dans le Temple de Salomon, des Tables de la Loi. Les proportions sont rigoureusement celles du corps humain, le sanctuaire était le septième du reste.

Ces cathédrales sont toutes vouées à Notre-Dame. Non à la mère du Christ, mais à la Vierge-Mère, qu’elle s’appelle Gaea, Rhéa, Cybèle, Déméter, Isis, la Bonne Déesse, la Terre Mère. Dans la célèbre cathédrale de Chartres notamment, la Vierge qui trône est noire avec un puits qui descend aux entrailles de la Terre. C’est donc bien la Natura Naturans.

Les connaissances que devaient avoir les constructeurs des cathédrales se rapprochaient de celles des alchimistes dont ils employaient les symboles ; leur initiation comprenait l’étude du cercle, ainsi que l’indique le Mystérieux Quatrain des Tailleurs de Pierre :

Un point dans le cercle

Et qui se place dans le carré et dans le triangle

Connais-tu le point – tout est bien

Tu ne le connais point – tout est vain.

Arrivant dans une ville étrangère, un compagnon ou un maître devait justifier dans son milieu qu’il pouvait retrouver le cercle directeur et le pôle de symétrie. En dehors des deux principes philosophiques, des règles symboliques déterminaient l’orientation, les proportions et l’ordonnancement extérieur. La première pierre d’une cathédrale était placée à l’angle nord-est où avait été reçu le dernier apprenti. La cathédrale, tout comme la Loge maçonnique, est orientée à l’Orient. Son Sanctum Sanctorum est à l’est, d’où vient la lumière du soleil levant. L’entrée du sanctuaire, placée à l’occident, est constituée par trois portes ; celle du milieu, la plus importante, ne sert que dans les circonstances exceptionnelles, tandis que celle de gauche demeure ouverte.

Le sens circumcirculatoire y est nécessairement de l’ouest vers l’est par le nord, puis, au retour, de l’est à l’ouest par le midi. C’est le mouvement apparent du soleil, du couchant au levant, ensuite du levant au couchant ; c’est encore celui que l’on doit suivre dans une Loge maçonnique.

La façade de la cathédrale gothique est presque toujours flanquée de deux clochers latéraux symbolisant le binaire, comme les deux colonnes du temple maçonnique. En outre, ils sont, comme dans le Temple de Salomon, placés à l’extérieur. Le plus souvent, le clocher de gauche domine celui de droite : ainsi à Strasbourg, à Troyes, à Bourges, à Amiens, à Cologne. La cathédrale de Chartres l’explicite clairement : la flèche de gauche porte le Soleil, la flèche de droite la Lune. Invariablement, entre les deux, il y a le triangle, symbole du ternaire.

La cathédrale, de même que la Loge maçonnique, représente le cosmos. A l’intérieur, la nef et le transept sont divisés dans le sens de la hauteur en deux parties d’inégales hauteurs :

- la partie basse formant le soubassement est toujours aveugle, comme une Loge maçonnique, sauf pour les portes, cette partie de l’édifice représentant l’homme dans l’univers, proportion 3/15 de haut limitée de la partie supérieure d’où part l’éclairage par une frise dénommée en architecture  » chien courant  » (du fait que, parfois, des animaux sont mélangés au feuillage) ;

- la partie supérieure représente la divinité 12/5 répartie en une partie verticale signifiant la perfection des proportions : 7/15 et une partie voûtée symbolisant la connaissance : 5/15 (le pentagone a été, dans toutes les religions, le symbole de la science).

Le nombre, directeur est généralement exprimé par le polygone, par les arêtes des voûtes faisant leur jonction avec la croisée du transept ou de la grande rosace qui constitue un lieu d’équilibre de

l’action et de la réaction des charges bien plus qu’un moyen d’éclairage et de beauté.

Quand on retrouve d’anciens tracés, on est frappé par l’absence de mesures indiquées : c’est qu’il n’y en avait pas.

Tout résidait dans les proportions de l’oeuvre en fonction du cercle directeur.

Sans connaître le grand secret, on peut aisément constater que l’unité de base se trouve à la croisée du transept, lequel est toujours construit sur plan carré ; que la largeur du transept est égale à la largeur de la nef ; que la travée courante constitue un rectangle dont le petit côté représente la moitié du grand, soit la moitié du carré du transept ; que chacun des bas-côtés est construit sur un plan carré égal au petit côté du rectangle de la travée ; enfin, la largeur des baies latérales est égale à la moitié du côté du carré des bas-côtés. soit le quart du côté du carré du transept.

Les rapports des baies en hauteur étaient proportionnés par des procédés analogues. La grande rosace était de dimensions semblables au cercle inscrit dans la croisée du transept. Le reste était stéréotomie et art du trait. II est aisé de voir que, à partir de la croisée du transept, l’édifice se bâtissait en tenant compte des proportions reportées à partir du cercle directeur du transept qui commandait tout.

Quant aux murs extérieurs, une règle générale en déterminait l’ordonnancement qui est vraiment symbolique :

- au nord : les scènes bibliques de l’Ancien Testament ; – au sud, brille la loi nouvelle donnée par l’Evangile ; – l’occident regarde le Jugement dernier ;

- à l’orient : les faits relatifs à l’époque.

Les costumes des métiers de l’époque que nous trouvons à Chartres constituent une importante documentation historique.

Quant aux imageries extérieures, qui étaient le livre du pauvre, elles représentent une partie de la pensée médiévale. Elles découlaient de l’allégorie édifiante et pédagogique employée par les Grecs et les Romains.

A Notre-Dame de Paris, le porche d’entrée est surtout décoré de symboles alchimistes. Sur le trumeau central qui partage les deux baies, une série de vingt-huit figures représente les sciences médiévales, dont l’alchimie avec ses deux livres : l’un fermé= l’ésotérisme, lautre ouvert l’hermétisme ; maintenue contre ce dernier, une échelle de neuf échelons symbolise les opérations alchimiques successives et la patience. Au portail Nord, celui  » de la Vierge « , on est d’abord surpris de voir Marie tenir dans ses mains un symbole rosicrucien ; puis, sur le tympan, une vie du Christ avec un sarcophage qui porte les symboles alchimiques des métaux planétaires, le Soleil étant placé juste au milieu, ce qui tend déjà à prouver les connaissances héliocentriques.

Certaines églises abbatiales, notamment celle de Fontevrault, construites à cette époque, l’ont été sur les mêmes principes que les cathédrales.

Les procédés de construction gothique ont permis de vastes dimensions. La cathédrale de Reims : 6.650 mètres de superficie ; celle de Bourges : 6.200 mètres ; celle de Paris : 5.500 mètres. Chacune d’elles pouvait contenir quinze à vingt mille personnes. C’est que, lors des grands pèlerinages du Moyen Age, la cathédrale était à la fois l’hôtel où l’on dormait et le sanctuaire. Elle était également le refuge hospitalier de toutes les infortunes, et les médecins y donnaient leurs consultations. L’Université, pour être indépendante, vint y tenir ses assises et y resta jusqu’en 1454. Les alchimistes se rencontraient régulièrement au jour de Saturne, à Notre-Dame de Paris, au portail Saint-Marcel.

Les cathédrales furent aussi des symboles de liberté municipale : c’est là que se retrouvaient les confréries des gens de métiers et que prirent naissance Guildes et Jurantes.

Après les persécutions des Templiers par Philippe le Bel, la dissolution de l’Ordre par Clément V et les derniers autodafés ordonnés en France en 1314, nombre de Francs-Maçons, privés de la formation professionnelle templière, créèrent leurs propres écoles où professait Maître Charpentier, ancien commandeur du Temple. Dès lors, les arts libéraux, l’astronomie, la philosophie, la rhétorique et la dialectique et l’administration furent enseignés par des Templiers qui, sans être constructeurs, étaient formés dans l’art d’enseigner les pensées. Ainsi naquirent les premiers Francs-Maçons acceptés, anciens Chevaliers du Temple (2).

Cette nouvelle formation professionnelle aboutit à ce que l’on appelle le XVe frisé. Un des modèles du genre est l’église Saint-Merri à Paris (rue de la Verrerie, à l’angle dé la rue Saint-Martin), commencée en 1520 sous François Ier , terminée en 1612 sous Louis XIII. Il est curieux d’y retrouver – deux siècles après la disparition de l’Ordre – les règles templières et cabalistiques. On est frappé de voir sur le porche des statues de saints représentés par des principes destinés à mettre en évidence des allégories ésotériques, bases des principes gnostiques du XIIe siècle, de retrouver aussi bien: les quatre éléments, la Cabale et les nombres 3, 4, 5.

Saint-Merri est une des dernières églises du type des cathédrales. Ici, toute la science hermétique, dissimulée au XIIe siècle, franchissant le voile de l’ésotérisme, a la transparence du symbolisme élémentaire.

En effet, à la porte sortant de la clé de voûte ogivale centrale, l’Androgyne, élément mâle et femelle, à seins de femme, au menton barbu et portant les cornes au front, reproduisant l’image de la quinzième lame des tarots, fait l’inverse du signe de l’ésotérisme qui signifie la priorité de la matière sur l’esprit. C’est le baphomet des Templiers et des gnostiques ismaéliens. Lors de la fameuse condamna­tion, l’Inquisition prétendit que les Templiers adoraient une idole et que cette appellation était une déformation du nom de Mahomet.

En réalité, les Templiers, kabalistes comme les Ismaéliens, avaient exprimé sous les trois consonnes hébraïques : beth – alef – mem – signifiant : science – volonté – transformation de l’homme – accompagnées des suffixes qualitatifs : phe (espérance) et heth (équilibre universel), le sens gnostique du Dieu Noir des Manichéens, Maître des lois naturelles terrestres. Ce sens suivant la valeur ésotérique des lettres hébraïques définies ci-dessus, était le suivant : La science au service de la volonté fait espérer une transformation harmonieuse de l’homme étendue à l’univers.

En fait, à l’église Saint-Merri, ces lois naturelles sont ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la matière qui correspond à l’élément de terre.

Dans le vitrail éclairant le transept de gauche, domination du jaune, du bleu et du bleu verdâtre, dont la vitrauphanie correspond au signe d’eau.

- Dans le vitrail éclairant le transept de droite, domination du jaune et du rouge, correspondant au signe de feu.

- Dans le Saint des Saints, un Christ portant au-dessus de la tête un cercle avec un triangle inscrit ; à l’intérieur, le tétragramme représentant le signe d’air.

- Quant à la voûte de la croisée du transept, elle dessine un octogone ; le pendentif avec ses deux renflements fait apparaître les nombres 9 et 10.

Ce cercle kabaliste avec l’arbre  » séphirotique  » est d’ailleurs reporté sur les modénatures en pierre (découpes de pierre formant des corniches ou colonnettes) portant les vitraux de la grande rosace ainsi que sur celles qui portent les vitraux du transept droit et gauche.

Dans les chapelles rayonnantes arrière, celle du centre est réservée à Marie. Au fond, un vitrail met en exergue la lettre romaine M (treizième lettre de l’alphabet) et la lettre hébraïque meme (également la treizième de l’alphabet) qui est l’attribut de la transformation engendrée par la Mère Nature.

Dans une chapelle de gauche, l’annonce faite à Marie ‘représente Dieu le Père dans un triangle, Dieu le Fils, le Christ, dans un carré, Dieu Esprit universel, Saint-Esprit, dans un pentagone.

L’ensemble symbolise et affirme le principe du ternaire des catholiques et des gnostiques.

D’une façon générale, toutes ces dispositions concernent les églises gothiques ogivales ou flamboyantes.

L’élément de terre, défini par le baphomet, a été souvent remplacé par d’autres figures. La disposition des éléments de terre se trouvait à l’extérieur. Les éléments d’eau étaient placés dans le transept de gauche, ceux du feu dans le transept de droite. L’élément d’air a été presque toujours précisé par le tétragramme soit en clef de voûte du Sanctum Sanctorum, soit au milieu d’une voûte bleue étoilée.

Il est également à rappeler que les couleurs de base employées pour chacun des éléments font partie du symbolisme chromatique qui remonte à la nuit des temps. Ces couleurs furent codifiées par Grégoire le Grand, qui avait été moine bénédictin avant de devenir pape.

Il est intéressant de constater que l’emploi du nombre directeur, abandonné pendant les grandes invasions des Ve au VIII’ siècles, a été , repris dans les cathédrales gothiques sous l’influence des Templiers qui le ramenèrent d’Orient.

Cet emploi du nombre en architecture remonterait, d’après Viollet-le-Duc, aux Egyptiens, à la période du roi Chéops (vers 2600 av. J.-C.) ; cela plus particulièrement en ce qui concerne le triangle équilatéral et les nombres 3, 4 et 5.

(1) Les Hospitaliers ne reçurent leur charte qu’en 1137.

(2) Tous les francs-métiers, y compris la maçonnerie opérative, furent dissous par Louis XIV, en 1690, peu de temps après la révocation de l’Edit de Nantes. C’est à cette époque que le compagnonnage succéda à la franc-­maçonnerie opérative.

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