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Digression … Symbolique des couleurs 12 janvier, 2022

Posté par hiram3330 dans : Digression , ajouter un commentaire

Symbolique des couleurs

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Bonjour à tous,

Je vous propose ici un rappel des sens symbolique et spirituel de différentes couleurs.

 

Bleu foncé: Le bleu foncé est la couleur de la profondeur des émotions et des secrets enfouis de son Être intérieur. Rêver de cette couleur, sous quelque forme que ce soit, est un appel à s’écouter. L’appel est plus grand encore si le bleu est celui de l’eau qui nous entoure dans le rêve.

Bleu indigo: Couleur de la force spirituelle, le bleu indigo est vu pour signaler la nécessité d’effectuer un travail de guérison sur soi ou sur les autres. Ce travail doit conduire à un rapprochement de l’âme et de l’esprit.

Bleu clair:  Le bleu clair est la couleur de la douceur et de la sagesse qui se fait jour chez un individu. Le bleu clair renvoie à l’âme et à sa pureté originelle en tant que part de l’Amour. Rêver de cette couleur est le signe que vous êtes ou entrez dans une période de calme et parfois de tendresse.

Vert foncé: Le vert foncé renvoie à la Nature mais également et surtout à la nature profonde de l’individu. Couleur de la maturité émotionnelle, elle se rencontre surtout dans les rêves ou la Nature a une place prépondérante. Rêver de porter un vêtement de cette couleur est le signe que la maturité se fait jour ou est bien établie. Sauf si le vêtement est abîmé ou délavé.

Vert clair: Le vert clair est la couleur de la guérison spirituelle, surtout s’il est lumineux. Couleur de l’énergie qui émane du chakra du cœur le vert clair indique la compassion et la générosité. Si vous en rêvez, vous êtes une personne qui vous ouvrez volontiers à votre cœur. Le reste du rêve précisera le domaine où il faut tenir compte de cette information.

 

Jaune: Le jaune est la couleur du soleil et de la joie, pas celle de la Lumière. Le jaune est une couleur pimpante qui redynamise et revitalise. Si vous en rêvez c’est que vous en avez moralement besoin pour une raison ou une autre. Votre subconscient, et donc votre Être, vous soutient.   

Orange: Couleur de l’amour terrestre passionné sans excès toutefois, l’orange est une couleur idéale pour quiconque est amoureux. En revanche si celui qui en rêve ou la voit en vision ne l’est pas, il doit comprendre qu’il reçoit de l’aide sur le plan affectif. Son âme lui fait savoir qu’il est aimé et qu’il ne doit pas s’inquiéter. L’orange est une couleur éminemment positive.

 

Marron: Le marron ou brun est la couleur de la terre, du monde matériel et par conséquent des choses crédibles et réalistes. Lorsqu’on en rêve ou qu’on en voit il faut comprendre que l’objet concerné nous renvoie directement à notre réalité.

Bordeaux: caractérise les personnes capables d’agir avec force, sérénité et maturité. Le bordeaux est la couleur de la maturité effective, acquise avec le temps. Dans les rêves cette couleur signifie que vous savez ou avez su allier savoir et expérience dans le règlement d’une affaire donnée tout en conservant votre intégrité. 

Rouge: Le rouge est la couleur de la force extérieure et de la combativité. Elle peut devenir celle de l’agressivité également. Mais d’un point de vue spirituel, le rouge est une couleur plutôt positive qui indique à l’individu qui en voit dans ses rêves ou dans une vision qu’il a ce dont il a besoin pour atteindre ses objectifs.

Rose: Couleur de l’enfance, de l’amour romantique et de la tendresse, le rose est une couleur très douce mais très puissante qui n’indique que des choses positives. A moins qu’il soit sale ou figure sur un objet abîmé. Car le rose est également la couleur de la nostalgie et du passé regretté. 

Violet foncé: Couleur de la spiritualité par excellence puisqu’elle allie le bleu de l’intérieur et le rouge de l’extérieur, le violet foncé est une couleur qui sort rarement pour indiquer des choses négatives. Le plus souvent vous devez comprendre que dans un domaine au moins vous agissez avec sagesse.

Mauve: Cette couleur douce et méconnue sur le plan spirituel indique que la puissance de l’âme s’est alliée à la sagesse d’une personne pour le règlement d’un problème ou la gestion d’une situation. 

Gris: Le gris est la couleur de la fin, du renoncement et du passé détaché. Si on en rêve c’est que quelque chose en nous ou dans notre vie s’achève. A moins d’avoir une relation particulière avec cette couleur. Auquel cas il faut lui appliquer sa signification personnelle.   

Noir: Loin d’être une couleur annonçant des choses dramatiques, le noir est une teinte neutre. Si dans votre rêve ou dans votre vision elle vous inspire des choses négatives, observez l’objet en cause. C’est de lui que vient le problème.

Blanc: La couleur de la Lumière, de la pureté et de la sensibilité. Le blanc est la couleur de l’âme de ceux qui ont choisi de suivre la voie lumineuse.

Argent: L’argent est la couleur de la perfection en devenir chez l’homme. L’argent de la Lune représente la Déesse Mère dans certaines traditions, mais pour nous cette couleur symbolise surtout que nous sommes sur la voie de la réalisation intérieure. La route est encore longue, l’argent n’est pas l’or. Mais l’encouragement est certain. C’est un signe très positif que de se voir portant ce métal ou quelque chose le rappelant.

Or: Couleur de la perfection, du Soleil et du Père, l’or caractérise la réalisation à un degré des plus élevés mais seulement dans un domaine bien particulier et ce pour une durée limitée. Il faut bien comprendre que tout est toujours en mouvement et que par conséquent la fin d’un cycle annonce forcément le début d’un autre.

SOURCE : http://crystallia.unblog.fr/symbolique-des-couleurs/

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Méditations, par Constant Chevillon 14 avril, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Méditations, par Constant Chevillon

novembre 04, 2004

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 1 mars 2018

 

Méditations, par Constant Chevillon dans Recherches & Reflexions Emanation

Par Constant Chevillon

– Dieu dans la conscience humaine –

Dieu est infini, absolu, ineffable. Il est parfaitement inintelligible, dans son essence suprême, pour tout être créé, cet être eût-il gravi la plus haute cime de la spiritualité. Les hommes pourtant peuvent s’élever vers les confins de la sphère divine, grâce à la foi soutenue par l’espérance et l’amour. Ils se haussent par l’intelligence et consolident leur position de croyant par la volonté. Mais, si la volonté, dans sa faiblesse, ne connaît pas de borne pour son amour, la raison et l’intellect sont impuissants à saisir les choses et les êtres dans leur ipséité elle-même, impuissants à transgresser la relativité des rapports engendrés par la science. Ils ne peuvent s’asseoir en des notions définitives et « ne varietur », la connaissance, comme son instrument, est un devenir. Nous ne pourrons donc jamais connaître Dieu, l’acte pur, sinon par ses qualités et attributs, envisagés à la manière humaine. En d’autres termes, nous ne comprenons pas Dieu, mais la divinité, et celle-ci, un des plus grands mystiques du XIIIe siècle nous le dit sans ambages, est loin de Dieu, comme la terre l’est du ciel ; nous pouvons ajouter, comme la matière l’est de l’esprit. La divinité est un concept ; Dieu c’est l’être et c’est la vie. Aucune définition, de ces deux derniers termes, ne peut être donnée, car leur somme d’intelligibilité humaine résulte d’une comparaison entre eux et le néant ou la mort.

Ainsi, chaque homme, dans sa soif de savoir, peut se faire une idée, non pas de Dieu inaccessible, mais de la divinité, selon la forme et la puissance de son entendement et il adhère à cette notion transcendantale avec toutes les forces de son être. L’humanité, en somme, a le Dieu qu’elle mérite, le Dieu de sa culture et de ses désirs, et chaque individu, selon son ascèse ou sa médiocrité intellectuelle, se forge, à chaque minute de son existence, un Dieu à sa portée, un Dieu à sa mesure, car il n’y a pas d’athées, malgré toutes les affirmations contraires. Pour les uns, Dieu, c’est la nature, matrice commune de toutes choses, champ clos où se déroulent les séries phénoménales. Pour d’autres, c’est l’énergie, âme de la masse, génératrice du mouvement et de la résistance. Pour ceux-ci, ce sont les principes universels et les lois régulatrices de l’équilibre cosmique. Certains passent outre à ces notions mécaniques ou dynamiques et les incorporent dans une conception plus haute et plus féconde. Pour eux, Dieu n’est pas seulement le fleuve vital torrentiel, aux berges imprécises dont les eaux, sans cesse renouvelées, s’enfuient vers l’Océan de la mort ; ce n’est pas l’énergie aveugle, la matière inerte ou la loi impondérable. Ils considèrent les formules mathématiques ou cosmogoniques comme la codification humaine de l’activité créatrice. Leur Dieu est une hypostase principielle dont aucune science ne peut donner la clef ; ils le revêtent de toutes les potentialités énergétiques, intellectuelles et morales répandues par Lui, Un, dans toutes les manifestations diversifiées de sa puissance. Il est la source, le pivot, le moyen et la fin. La parole du Buisson Ardent retentit dans leur pensée : « Je suis celui qui suis. » Mais ils s’inclinent sans comprendre ; le contingent est une fumée devant l’absolu. Ils sentent, dans les replis de leur conscience dont la nature est divine, et parfois emportés sur les ailes d’une méditation dans laquelle les paroles n’ont plus aucune valeur, ils voient comme il leur est donné de voir, car selon la parole de l’Écriture : il y a plusieurs demeures dans la maison du Père.

Mais, pour les uns comme pour les autres, en tout ceci se rencontre inévitablement un anthropomorphisme, au moins virtuel, nécessité par nos facultés représentatives et expressives, il jette un voile sur l’essence intangible de Dieu.

C. C. Texte publié dans le N° 73 des Annales Initiatiques, Avril-Mai-Juin 1938)

– La mission de la douleur –

Les membres d’une même famille sont solidaires du bien ou du mal réalisé par chacun d’eux. Il en est ainsi chez une tribu, au sein d’une nation et dans l’humanité tout entière. La répercussion d’un seul acte pèse sur l’ensemble de la collectivité. Telle est la loi qui lie les hommes.

Lorsque le bien l’emporte sur le mal, l’harmonie et la paix règnent dans la société, lorsque le mal est en surcroît, c’est le désordre et c’est la guerre. Le Bien, en effet, est un ferment d’union et d’euphorie ; le mal, au contraire, introduit la division, non seulement dans l’individu lui-même, mais encore entre les individus et les peuples. Or, selon la parole évangélique, toute maison divisée contre elle doit périr ; c’est pourquoi la division est la source de toute douleur et pourquoi la souffrance est dissolvante.

Si le bien n’est pas supérieur au mal, la douleur se déclenche automatiquement pour rétablir l’équilibre, car elle est un rachat, la monnaie par laquelle se résorbe le déficit de la balance spirituelle. Mais, dans ce retour à l’ordre et à l’harmonie, les individus souvent sont broyés suivant l’axiome, à première vue inhumain : « Oportet unum pro omnibus mori », un seul doit mourir pour tous. L’innocent parfois souffre et meurt, d’où le doute atroce de certains penseurs sur la justice et la miséricorde de Dieu. Dans leur désarroi, ils le comparent au Moloch insatiable de Tyr et de Sidon, au Minotaure repu de la chair des vierges. Ces hommes méditent en surface, la profondeur des idées leur est inconnue.

L’homme, à sa naissance, dans son âme et son corps, reflète l’indéfinie divisibilité de la matière. Son unité est factice, elle résulte d’un amalgame d’éléments irréductibles les uns aux autres. Pétri dans la diversité, il porte en lui-même le germe du mal et ne pourra se hausser vers le bien sans opérer la sublimation de ses éléments constitutifs. La plupart des individus sont incapables de comprendre et de réaliser cette ascèse, car ils suivent leur propension naturelle au lieu de réagir. Le mal monte donc inlassablement, jusqu’au jour où la balance de la justice est totalement faussée. La souffrance, tel l’ange exterminateur, apparaît alors sous la forme la plus apte à combler la somme des défaillances. Mais l’ange de la douleur peut nous paraître aveugle, il ne discrimine pas ses victimes selon les lois de nos piètres contingences. La balance s’équilibre par un choix dont la clef nous échappe.

L’homme est libre de choisir sa voie et Dieu n’intervient pas dans l’accomplissement du mal. Il n’a pas à intervenir dans la répression, il laisse la loi s’accomplir : « relinquit mundum disputationibus eorum ». Seule la norme vitale est le dieu de la vengeance, dieu abstrait, anonyme, inexorable comme l’antique Némésis. Il faut payer, un pour tous, tous pour un. La justice est un rouleau de fer, elle ne laisse subsister aucune aspérité sur son passage. Comme l’iniquité s’est répandue, la douleur s’épanche dans le sein des individus, au milieu des peuples, nul ne peut s’y soustraire, fut-il innocent, tant la solidarité est rigoureuse.

Sans doute, pour notre petit raisonnement humain, l’innocence devrait être un bouclier contre la souffrance. La logique de la vie est différente de la logique des hommes. Un individu paye pour un autre, la dette est éteinte et la justice immanente est satisfaite. Dans notre ignorance des lois transcendantales, nous les accusons de jouer à tort, et nous ne savons rien ou pas grand’chose de la réversibilité. Du reste, quelle compensation sera donnée au libérateur, volontaire ou involontaire, du coupable ? Ici encore l’obscurité nous envahit. Ne nous obstinons pas à comparer la justice et l’équité, ne nous cantonnons pas sur le seul plan accessible à nos sens. L’innocent, pour nous injustement frappé, est, sans nul doute, un nouveau Christ, un rédempteur méconnu dont le nom flamboie parmi les cohortes célestes. Non seulement il rachète de sa souffrance le démérite occasionné par le mal auquel il fut étranger, mais il réalise pour son propre compte, une balance positive dans la voie du bien. D’une part, il manifeste la solidarité, de l’autre, il résorbe le vice originel de sa naissance. Sa douleur n’est donc pas une entorse à la justice, c’est une conséquence de son humanité.

Penchons-nous sur tous les êtres douloureux, efforçons-nous de les soulager dans la mesure de nos moyens, mais n’incriminons pas Dieu de leur souffrance, il n’a rien à voir avec elle. Il ne l’a pas voulue et il ne peut rien pour la souffrance sans notre concours ou celui de nos frères humains. Elle est inhérente à notre existence spatiale et temporelle, dont seuls nous sommes responsables, malgré les apparences contraires. Sa mission est sacrée ; elle est un feu purificateur, de gré ou de force nous devons le subir pour restituer notre nature essentielle à sa fin primitive.

C. C. Texte publié dans le N° 71 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1937

– La Foi, faculté spirituelle –

La Foi n’est pas seulement une vertu théologale, une certitude intellectuelle et morale d’ordre spéculatif. C’est aussi une lumière vivante qui s’incorpore, en quelque sorte, à la volonté, et devient une puissance spirituelle, un dynamisme effectif dont les potentialités s’actualisent et se répercutent en tous nos actes. Elle est une réalisation continue de l’expérience humaine.

Cette foi dynamique est le levier des Écritures et le point d’appui d’Archimède. Appliquée dans l’axe des lois naturelles, elle peut les déclencher brusquement, renforcer leur action ou en détourner le cours pour introduire dans le cycle normal de la création visible les lois supérieures du monde invisible. Elle peut guérir les maladies, illuminer les intelligences, fortifier les volontés, anéantir les obstacles, accomplir des miracles. Mais c’est là le moindre côté de sa puissance réalisatrice. Elle est à l’origine même de notre conscience, elle nous donne la certitude absolue de notre réalité, elle est la racine radicale du « Cogito » de Descartes. Elle nous confirme donc dans une sécurité morale, intellectuelle et physique dont nos cogitations et nos actes subséquents sont l’épreuve et la conséquence immédiate. Les assises du jugement par lequel notre personnalité prend sa valeur, engage ses responsabilités, s’élève ou s’abaisse à un certain niveau, sont fonction de son dynamisme propre. En chaque homme la foi peut devenir un « Fiat » créateur susceptible de le projeter vers le plan divin et de le rendre coparticipant des attributs de Dieu. Car, non contente d’une auto-création interne de la conscience, elle est le support et l’aiguillon de la liberté dont la volonté est l’organe ; elle en assure le développement et l’usage dans le cadre de notre être, mais en reportant toujours plus loin la limite de ses possibilités. Monade essentiellement expansive, elle s’irradie, en effet, dans le néant pour y susciter une création analogue à celle qu’elle a réalisé en nous ; elle est le Même en gestation de l’Autre.

Ainsi, la foi n’est pas une croyance timide sans cesse ébranlée par les événements extérieurs, toujours en quête d’une consolidation problématique. C’est une conscience absolue des possibilités intérieures de notre être et de leurs réactions victorieuses. C’est une possession anticipée du futur, l’enclume sur laquelle nous forgeons durement notre devenir, car l’homme, malgré les contingences individuelles ou collectives, est l’artisan de son propre destin ; il le fait grand, mesquin ou misérable, au rythme de la foi dont il est animé.

Dans son unicité substantielle, la foi revêt un triple aspect : foi en Dieu, foi en soi-même, foi en la destinée. Si nous perdons la première, nous perdons aussi les autres, car Dieu est le pivot de l’Univers et il est encore une fin. Si l’aspect divin disparaît de nos facultés, il n’y a plus de support ni de fin adéquats à notre essence intime. Aucun raisonnement, aucune pensée, aucun geste ne pourront nous mettre en présence d’un avenir suffisant pour nos aspirations. Nous serons ballottés d’une rive à l’autre du fleuve vital, prêts à sombrer dans le gouffre des contingences.

Or la foi ne naît pas dans la dispersion animique et intellectuelle, elle repose sur l’unicité spirituelle. Un homme, un peuple divisé contre lui-même, réfractaire à l’unité, périra dans la désagrégation de ses éléments. Au contraire, rendu cohésif par l’unification de ses parties constitutives, il vivra dans le temps et l’espace, car il est confirmé dans la sécurité intérieure, contre laquelle les discordes extérieures restent impuissantes.

Mettez deux hommes aux prises, dans la lutte pour la vie, le triomphe appartiendra au détenteur de la foi la plus énergique et la mieux actualisée. Il est, en effet, le mieux adapté à la fin réelle de la race humaine, car cette adaptation résulte de la foi, partie intégrante et centre de son moi.

La foi véritable est peu commune, les hommes s’en détournent, ils préfèrent la facilité des volontés chancelantes, le doute à la certitude et l’emprise passionnelle à la pureté du cœur.

C. C. Texte publié dans le N° 75 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1938.

– Prédestinés –

Tous les êtres d’une même espèce sont constitués sur un seul archétype, avec une essence, des qualités et des modalités exactement semblables.

Ainsi, tous les hommes ont un esprit, une âme et un corps identiques dans leur substance particulière et leurs potentialités. Ils sont donc tous appelés à la même fin. D’où vient le petit nombre des élus ? Parce que la réalisation de leurs possibilités suit des voies divergentes, désirées et voulues délibérément par chaque individu. Chacun de nous, en effet, participe, qu’on l’admette ou non, à la divine lumière du libre arbitre. Tous les hommes sont bien semblables dans leur unité essentielle et primordiale, – racine de l’égalité, – mais ils de viennent ce qu’ils se font eux-mêmes par l’emploi de leurs puissances de réalisations respectives. Celles-ci sont sous l’action du centre volitif ; il les dirige selon des vues écloses sous le régime de la liberté inviolable ; d’où la diversité sociale, intellectuelle et spirituelle, d’où le bien (accord avec la norme, harmonie avec le plan de la création) et le mal (désaccord avec la loi, dés-harmonisation évolutive).

Or, pour Dieu, tous les siècles des siècles sont comme un jour et réciproquement. Du sein de l’éternité, d’où la succession est exclue, il voit donc intuitivement, comme d’un seul coup d’œil, l’ensemble de la création et son évolution depuis le commencement jusqu’à la fin. Tout le problème de la prédestination, si souvent évoqué sans être résolu, est réglé par cette vision divine. Dès l’origine, Dieu voit la naissance, la vie entière et la mort de chaque homme, sa perdition ou son salut. Il peut dire, comme le musulman fataliste (ce n’est point un blasphème, mais une adoration) : Mektoub, c’était écrit. Il ne prédestine pas les uns au bonheur, les autres au malheur, sa grâce sanctifiante et efficace plane sur tous et ils peuvent la capter dans une même mesure. Il ne peut l’imposer ni ne veut la refuser à quiconque, il se doit de respecter la liberté d’action de sa créature et il voit les coopérateurs et les dissidents. Il sait donc de toute éternité quels êtres émanés de lui réintègreront le monde divin de l’Unité ou se perdront irrévocablement dans la douleur de la dispersion. Ainsi, il n’y a point de prédestinés, de créatures privilégiées créées pour la béatitude éternelle à l’exclusion des autres. Il y a pour tous la même chance et le même risque, tout dépend pour chacun de l’usage de sa propre liberté.

C. C. Texte publié dans le petit livre de Constant Chevillon, Méditations Initiatiques.

Source : https://www.esoblogs.net/

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Réflexions sur le Prologue de Jean 28 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

31 octobre 2020

Réflexions sur le Prologue de Jean.

jean

En loge, la Bible est placée sur le plateau du Vénérable, ouverte à la page du Prologue de Jean. L’équerre et le compas la recouvrent. Elle est le symbole d’une tradition immémoriale qui dicta nos règles de vie et notre morale collective.

La présence de la Bible est confirmée par les rituels les plus anciens. L’évangile de Jean est un livre capital de la spiritualité chrétienne. Le caractère ésotérique de ses écrits le distingue des évangiles dits synoptiques. Très tôt au sein de la première diaspora,  les adeptes de Jean se voulaient les gardiens de la part cachée de la tradition par opposition aux tenants de l’Eglise de Pierre exotérique et dogmatique.

Si un certain nombre de loges maçonniques s’intitulent « Loges de St Jean », la raison est peut-être due à cette particularité. La F.M. se plaça sous le patronage des deux St Jean. Le baptiste est considéré comme le précurseur et l’initiateur, Jean l’évangéliste, lui, nous appelle à nous ouvrir aux mystères de la vie de l’Esprit.

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Pour ma part, je remercie la franc-maçonnerie qui me l’a fait redécouvrir, car depuis de nombreuses années, Jean l’évangéliste est devenu mon « Maître ». Je prends donc le parti d’exprimer mon ressenti de franc-maçon-chrétien. Comme un viatique, ce prologue qui lui est attribué traduit l’essentiel de ma démarche maçonnique. 

Par contre c’est une tâche délicate que d’aborder ces sujets devant des Sœurs et Frères de sensibilités hétérogènes.

         Le Prologue – 1/18 – « Pro-logos » (avant le discours) ; c’est avant tout un hymne au LOGOS qui condense la pensée de Jean. Il emploie un langage poétique car il n’y a pas de mot qui sache exprimer de façon adéquate sa pensée. C’est un langage allusif qui indique quelques directions, quelques indices orientés pour qui a le désir de s’y aventurer. « La poésie n’est pas un jeu mais un moyen de haute connaissance » disait Henri Bosco.

Le cadre historique

En quelques versets (1/18), Jean nous plonge dans un espace-temps qui se contracte pour nous projeter dans la fulgurance d’une rencontre qui va changer le monde : nous sommes dans ces temps instables et anxiogènes où la culture vétérotestamentaire était battue en brèche par les occupations grecques puis romaines et les nombreuses invasions qui l’ont précédée.

De ce fait, au sein de ce peuple qui souffre et s’interroge, la résurgence de l’idée d’un sauveur que l’on pourrait dire « miraculeux », un Messie roi, « fils de David » qui viendrait libérer Israël du joug de l’occupant se fait de plus en plus prégnante.   Mais le profil de cet envoyé de Dieu reste flou; en effet de qui parle-t-on ? D’un messie prêtre ? D’un messie chef des armées ?

L’évangile de Jean vient interrompre ce temps d’incertitude : il fallut l’apparition de Jésus/Yeshoua sur les bords du Jourdain pour que le rideau se lève dévoilant un paysage inattendu. En effet, comme le décrit Jean, il est au-delà des schémas habituels : ce n’est pas un messie davidique au sens où on l’entend, il fuit ceux qui veulent le faire roi et proclame devant Pilate que sa royauté est d’en haut… C’est évidemment incompréhensible pour qui l’entend.

Tel que je le perçois, Jean prend le prétexte de la rencontre de Jean Baptiste et de Jésus-Yeshoua qu’il décrit comme capitale, comme un basculement : nous sommes à la croisée des chemins, au point de jonction de la Première Alliance abrahamique, l’ancien monde et l’Avènement d’une Nouvelle Alliance qui porte en elle le concept d’Amour et de Vie éternelle et cette Nouvelle alliance, Jean va clairement  l’identifier à une personne : Yeshoua,  l’Unique de Dieu.  Le Logos divin préexistant qui se manifeste au sein du monde.

Pour Jean, le message de Yechoua/Jésus, commence véritablement ce jour-là, au bord du Jourdain. Cette histoire s’inscrit dans l’histoire universelle… comme l’image d’un grouillement improbable et une Présence, une présence « discrète et irradiante ». Jean nous convie à nous approcher de ces textes avec audace, à les scruter, à nous ouvrir à l’appréhension des mystères, il nous fait entrer, en présence d’une « Altérité que ni l’intellect ni le cœur ne peut contenir ». Ces écrits sont, pour moi, comme une épiphanie…

Ceci traduit ma quête essentielle, et tout ce vers quoi je tends. Jean  me donne à entrevoir tout un contenu qui n’est pas explicitement signifié. Il m’apprend à voir « au-delà » et avec une plus juste mesure…  C’est, pour moi, la mise en état de regard avec cette Présence qui rencontre mon désir de sens et m’invite à une aventure… comme Yeshoua le dit simplement à Jean et son ami André qui lui demandaient : « Où demeures-tu », ils voulaient dire « Dis-nous ta vraie nature ». Il répond simplement : « Venez et voyez… ». 

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Avant d’étudier ce message transmis par Jean:

Qui était-il ce Jean, ce « disciple bien-aimé » auteur du quatrième évangile ?

Un personnage historique : Johannes – homme savant du clan Cohen ?  ou Jean, fils de Zébédée, l’Apôtre, frère de Jacques ? Ou une figure symbolique, l’archétype du disciple idéal ?

A-t-il été écrit en grec ou en araméen ? Les conjectures abondent et qu’importe de ne pas savoir exactement  qui  il était,  cela nous montre d’ailleurs  le degré d’humilité et de retrait qui l’habitait.

Innombrables sont les figures de Jean. L’Église chrétienne a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux saints Jean en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination.  L’évangéliste rapporte lui-même dans son évangile les paroles du Baptiste « Il faut que lui grandisse et que je décroisse ». Elles croisent ces belles paroles de François Cheng : « Vraie Lumière, celle qui jaillit de la Nuit » … « Vraie Nuit, celle d’où jaillit la Lumière ».

Ces fêtes sont restées présentes dans l’univers de la franc-maçonnerie, comme lente et sage respiration que rythment nos banquets d’ordre, notre fête solsticiale et les rites de notre année maçonnique. J’aime la figure sur les tableaux des loges des deux tangentes de part et d’autre du cercle avec son point de centre : le dernier des prophètes de l’ancienne alliance et le premier des témoins de la nouvelle alliance qui touchent au plus près la « figure » du Logos.   

Pour de nombreux francs-maçons (je cite Hubert Greven Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France), je cite « Jean fut un prodigieux médium, son évangile est essentiellement ésotérique… L’ésotérisme des écrits de Jean fait comprendre au mieux, en le faisant murir, le fond commun et traditionnel de toutes les religions… C’est un bâtisseur du Temple dont il présente les dimensions à l’échelle universelle, participant au Cosmos. L’Homme est comme un dieu en devenir.  Son message a pour but de dégager l’homme de son état strictement humain, de rendre effective la capacité qu’il possède d’accéder aux états supérieurs. » Jean est le patron des francs-maçons et des Templiers. 

Il poursuit : « Peut-on considérer que  l’évangile de Jean n’est que réflexions analogiques, intuition et actions symboliques, attribuées à des personnes… on peut considérer que ces personnes ont existé, nier leur réalité historique ou les regarder comme des archétypes comportementaux, selon son intime conviction personnelle, et selon l’adage : « tout est symbole ? L’important est de s’attacher au cheminement initiatique évoqué par les textes »

Quant à René Guénon il suggère : « L’idée principale… est que l’Être a de multiples états dont l’espèce humaine ne fait qu’en occuper un, mais que de l’un à l’autre de ces états on peut s’élever par des actes volontaires de son esprit, par son activité psychique et intellectuelle jusqu’à parvenir sur ce plan à l’identité suprême… Pour cela  il faut une initiation et des rites initiatiques.  Dans les états mystiques au contraire, il est enseigné depuis Abraham, que l’on ne peut obtenir une certaine élévation que par la grâce de Dieu qui répond à un désir… ce qu’il appelle le mysticisme passif… ».

Mais pour un grand nombre d’exégètes, Jean était avant tout un théologien sublime à la fois gnostique et mystique. Toute son intelligence et son amour disent la manifestation de l’Être ; il s’est élevé très haut dans la contemplation de cette manifestation… son emblème est l’aigle qui, seul, s’élève, porté par le vent de l’esprit jusqu’au zénith.

La lecture que nous pouvons faire de ce prologue sera donc polysémique, elle peut être vue sous un angle ésotérique, théologique ou mystique. « Notre cerveau est un « organe de tâtonnements, ce serait lui faire injure que de lui imposer des certitudes ».

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Et « Jean le Baptiste » : Qui était Iohanân ?

Il a été dit que Jean Baptiste avait été un adepte des communautés esséniennes. C’est une hypothèse plausible. Cette secte juive de stricte observance prêchait l’ascétisme et la repentance,  l’immersion quotidienne et même le célibat.

Leur théologie était une gnose-dualiste et eschatologique,  elle attendait et se préparait pour la fin des temps lors d’événements apocalyptiques décrits comme un gigantesque combat opposant les Fils de Lumière aux Fils de Ténèbres. 

Deux Figures eschatologiques étaient donc attendues intensément par cette communauté : un Prophète qui devait annoncer la venue d’un Messie, et ce Messie à la fois sacerdotal et royal. « Mashia’h » en araméen, c’est celui qui a reçu l’onction (Samuel a consacré David). Mais en élargissant cette fonction à l’image du « Parakletos grec », c’est celui qui intercède, vient en aide ou console.

Jean le Baptiste semble s’inscrire dans cette mouvance. Il va se retirer dans le désert. Il prophétise et baptise. Il prêche le renoncement et la conversion, la redécouverte des fondamentaux de la religion… et devient Jean le Précurseur, une « figure » dans la vie religieuse et politique de ce pays, et les gens viennent à lui en grand nombre.  Il est la voie qui crie : « Dans le désert déblayez, frayez les chemins du Seigneur ».

Appelé par Yeshoua « le plus grand parmi les fils de la femme », Fils de ce terreau qu’est notre humanité, il clôt le cycle des prophètes de la première Alliance. Il prêche la Téchouva… le retournement. Il est, pour nous francs-maçons,  un initiateur. Cette figure est essentielle, elle nous incite au grand déblaiement de notre « moi », avant tout choix de vie pour cheminer vers la Lumière, car il s’agit bien là de traversée du désert, de dépouillement, d’abandon, de dé-sécurisation.

A ce vide nécessaire, comme la « table d’attente » en héraldique,  répond, le « lâché prise », la vacuité totale d’esprit, d’âme et de corps qui nous est nécessaire pour  accueillir l’Infini/ la conscience du « Soi »,  l’Axe de notre condition humaine.

En une longue suite de mutations Mort/résurrection/ Mort/résurrection,  nous devons petit à petit nous détacher, mourir à nos attachements, accepter parfois de ne plus rien comprendre, comme notre père Abraham, mort à lui-même, devant son fils Isaac qu’il croyait devoir immoler.  Longue et périlleuse est la route qui nous conduit à notre verticalisation.

Jean le baptiste est le Précurseur, témoin de la Lumière. Notre mission d’initiés est d’être nous-même des témoins de la Lumière. 

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Alors entrons dans le texte : nous avons parlé de Jean l’évangéliste, et nous avons évoqué sa rencontre avec Jésus / Yeschoua.

 Verset 1 : Ce premier verset, on peut l’énoncer de différentes façons, issues de traducteurs, tous théologiens : « Au commencement était le verbe » , « Au commencement, le Logos, Le Logos est vers Dieu/Le Logos est Dieu », «Entête lui le Logos/ et le logos, lui pour Elohîms / et le logos, lui, Elohîms »,  « D’abord il y avait le Langage… », « Dans le principe, le verbe… »   Enfin, « Au commencement était la Parole, la Parole était en compagnie de la Lumière, la Parole était la Lumière », cette dernière traduction de Hubert Greven pour qui « ces écrits sont essentiellement un message ésotérique qu’il faut décrypter ».

Nous pouvons en effet l’interpréter selon ce point de vue car « tout est symbole » et Jean, le poète, l’ami fidèle de Yeshoua, nous y invite, son évangile et particulièrement le prologue est, pour moi, un rougeoiement qui attend notre désir mêlé au souffle divin pour nous illuminer. Sa lecture nous demande de rester ouverts … « le vent, on ne sait d’où il vient, ni où il va… » comme une parole lancée, on ne sait pas où elle va aboutir.

Ce n’est donc pas à proprement parler de la « lecture comparée », mais plutôt une approche collégiale. C’est mon choix, mon interprétation en est une parmi d’autres.  Il n’y a pas d’interprétation unique. Nous verrons que plus on approche et plus le sens se révèle infini en tant qu’il est inépuisable.

Ainsi Verset 1) : La première question qu’on ne peut éviter : « Au commencement… »  Jean Yves Leloup (philosophe et théologien) nous invite à poser cette question fondamentale : « Au commencement de quoi ? et quel commencement ?  Le commencement du monde, de cet espace-temps.  Mais avant ce commencement ?…  De rien, rien ne peut sortir ».

 On se souvient du premier mot de la Genèse : Bereshit.  André Chouraqui en bon exégète bibliste nous fait signe : avant le « beth » il y a « l’aleph », ce mystère qui est et qui nous dit qu’il y a quelque chose plutôt que rien.

Jean-Yves Leloup précise : « Il faut garder cette question ouverte car elle est fondamentale dans notre démarche de maçon : Connaître son origine, c’est connaître sa fin… ce pourquoi nous sommes faits.  Elle me force à m’identifier : quel est le lieu d’où je viens ?… Car le commencement n’est pas à chercher hier, autrefois, mais ici et maintenant ».  Qu’y a-t-il à l’origine de mes actes, à la source de mes pensées, de mes émotions, de mes sentiments ? A la source d’une pulsion, d’un cri, d’une angoisse ? ».

On rejoint la question de Jean et André : « Maître, d’où est-tu ?». On rejoint aussi, nous le verrons plus loin, l’analyse d’Annick de Souzenelle.

Si nous revenons au texte, en tout premier lieu, Jean nous invite à une réflexion : pour le premier verset, nous avons plusieurs traductions possibles.                                      

Mais avant tout, première digression :

On parle là de Dieu, ou plutôt des noms des dieux, tous improbables …car comme le dit Sylvie Germain : « On a tous une certaine conception de Dieu, et selon le nom qu’on lui octroie, cela peut déterminer le sens d’une croyance ou d’un comportement ».

Il faut rappeler que, pour les croyants « Dieu n’existe pas, il n’est rien de ce qui existe, Il est Incréé… il n’appartient pas au règne des Etants… il n’est pas du monde. Il est « l’Incréé » d’où vient toute créature ».

Et les francs-maçons précisent que « Dieu n’a rien à voir avec les religieux, dieu est un nom qui s’applique à aucune chose en particulier, bien qu’il les concerne toutes singulièrement. Du fond de leur réalité finie, exprime leur commune appartenance à une totalité infinie. »

C’est ainsi que dans beaucoup d’ateliers il est nommé « Grand Architecte De L’Univers », (pour moi, c’est un vocable « technique ») c’est la « Sagesse divine ».  

Au REP nous disons « Dieu » et parfois le « GADLU », les Juifs ne le prononcent pas, il est יהוה, ils l’appellent « Chaddaï » ou « Adonaï » ou « Eloïms ».

D’autres le nomment « l’Être », «la Lumière », « le Soi », « la Conscience ».

Les chrétiens disent « Yahvé » (c’est à mon avis une traduction hasardeuse), ou « Abbah /Père » comme l’appelle le Fils.  D’autres enfin ne veulent pas nommer ce qu’ils rejettent comme irrecevable.

Quelques précisions : Quand Jean parle du « Père », c’est l’origine, le fondement…

Pour Hubert Greven, c’est le père spirituel, l’initiateur, le Maître.

Le Fils : « Être fils », c’est entretenir une relation d’intimité avec ce qui sans cesse nous fonde et nous « origine ». Pour Hubert Greven : « fils » c’est le disciple privilégié, l’Initié, le fils spirituel.

Et « l’Esprit » est la relation (pneuma / souffle) spirituelle.  Relation de Présence-à-présence, présence du souffle humain au Souffle qui anime « tout ce qui vit et respire ».

Nous le voyons, autant de lectures et de sensibilités intéressantes. C’est la pluralité des lectures et leurs interprétations qui nous ouvrent à la connaissance de ce texte. Quant au LOGOS, j’ai retenu en premier lieu ce vocable pour la richesse d’interprétations qu’il offre :

 « Logos », selon un helléniste italien, le professeur Morani, est un mot clé qui pourrait résumer à lui tout seul l’expérience culturelle des grecs anciens : « LOGOS signifie parole, pensée, rationalité, capacité de l’être humain de relier et développer ses propres pensées ». Il note que la signification originelle de Logos est le fait de parler, d’être en capacité de communiquer quelque chose de rationnel. Logos n’est pas simplement la parole, mais un mot qui exprime l’intelligibilité (intelligence, parole, verbe, information créatrice…).

Ainsi nous parlons du Logos qui est « Parole créatrice ». Pour les sémites, parole et évènement sont liés ; c’est la Parole (Dabar en hébreu) de Dieu qui crée. C’est le concept d’information : pour qu’une chose existe, elle a besoin d’être informée.

« Au commencement, à l’origine, » il y a donc cette Intelligence, cette « Parole créatrice » qui informe toutes choses, elle est « agir et réalisation ».  Plus généralement  la parole est « créatrice » au sens où elle donne du sens et crée de la relation.

Osons aller au-delà, « la Parole » engendre « l’écoute, le lien », elle donne vie à « la relation ».  Dire (en 1) : « Au commencement : le Logos / Le logos est vers Dieu », c’est admettre et dire que ce qui est premier est de l’ordre de la « Relation » et qu’il y a « mouvement et orientation ».  Et Jean ajoute que ce « Logos est Dieu », en nous disant cela, il nous informe que ce Logos contient tout Dieu. Et comme nous le dit Jean Grosjean : « Il contient la totalité de sa source.  Il ne fait qu’un avec la lumière qu’il donne à contempler ». Il évoque là, en particulier « le mystère divin personnifié ». Je le cite : « Le Logos et le Théos sont distincts. Ils ne sont pas séparés. Ils ne sont pas confondus ou mélangés : ils sont Un… Entre l’aleph, l’inconnaissable et la création, il y a ce Logos ce « dialogue », qui pose la dualité et dans le même mouvement appelle et rend possible l’Unité… non l’unité indifférenciée ou fusionnelle, mais l’unité de relation. L’Unité n’est pas détruite par l’Altérité, l’Altérité n’est pas anéantie par l’Unité ».

Avec Jean, le regard plonge donc dans l’intime de l’Être. Nous  entrons  dans le mystère trinitaire.

Hubert Greven, lui parle de fusion : « La Parole était en compagnie de la Lumière, la Parole était la Lumière » Ceci revient à dire que la parole existe depuis l’origine du monde créé et accompagnait la Lumière. Tout a donc été fait par la Parole et par la Lumière… « la fusion de ces deux concepts implique un seul principe créateur qui est à la fois Parole et Lumière. »  Ailleurs, il dit : La parole est dans la Lumière, et la Lumière se manifeste par la Parole, celle de la sagesse suprême, envoyée sur la terre pour y révéler les secrets de la volonté divine et c’est ce postulat, cette espérance qui fonde la quête du F.M. »

Annick de Souzenelle a une vision toute différente et passionnante que je tente de résumer : elle rejette le terme « au commencement » pour « Dans le Principe, le Verbe ». Cette traduction nous projette dans ce qu’Annick de Souzenelle appelle « le temps ontologique », qui n’est plus « le temps historique » composé du passé, présent et futur, c’est au contraire « l’instant » Hic et Nunc, qui nous relie au divin, c’est le « non temps » de l’éternité.

Dans le Principe est le Verbe qui nous habite, ici et maintenant : c’est le temps et le lieu de l’accompli et du non-accompli. Cet inaccompli qui verra son accomplissement au fur et à mesure des dimensions de conscience successives qui nous habitent et nous habiteront. C’est une réflexion fondamentale qui nous met, non pas au pied du mur, mais aux pieds de l’échelle de Jacob et des nombreux paliers qui nous attendent. 

Puis Jean précise, il répète, et c’est un indice (en 2) : « Il est au commencement avec Dieu ».  C’est la révélation que Jean nous livre : le dévoilement de l’Uni /Trinité de l’Être. Quand j’ai pris conscience de cela, ce fut, pour moi, libérateur, car cette unité n’a rien de statique. Tout est Mouvement / Relation et Vie...        

Si l’on adopte cette révélation, il n’est plus question d’un Être solitaire et Omnipotent, mais d’une relation d’Amour. Pour Jean, l’Amour est avant tout le cœur et l’ADN de chaque chose. Il le dit plus loin (en 4) : « de tout être il est la vie… ». Lorsque rien n’existait à part l’Uni /Trinité de l’Être, il y avait donc l’Amour. Tout est contenu dans ce mot : mouvement/relation /vie

Fidèle de Jean, j’ai donc cette intuition toute personnelle, que ma vie, ici et maintenant, est pétrie de cet Eternel qui me fait…. Il me constitue, il me structure. Il est « L’AMOUR qui tient toutes choses ensemble. Inouï et Irreprésentable ». Le Logos n’est plus un « objet de connaissance », « quelque chose à comprendre », mais le dévoilement d’une Présence qui s’offre à mon intuition, à ma liberté et m’introduit dans son mouvement « vers l’Infini / l’Altérité absolue et l’Inconnu d’où nous venons ».

(En verset 3) – « Tout existe par Lui – Sans Lui : rien ». Traduction au plus près : « Le tout, en Lui, sa genèse et rien n’a de genèse en dehors de lui ». Pour Jean-Yves Leloup : « Il importe de s’éprouver sans cesse en genèse, en voie de création. Nous ne sommes pas faits une fois pour toute. Le Logos est sans cesse à l’œuvre pour nous tenir hors du Néant ».

Et pour Jean Grosjean, je cite : « L’univers est tramé, tout le temps, par le mouvement même de la parole. Et comme on ne sait jamais où va aboutir une phrase, on ne sait pas non plus où va l’histoire du monde… » question !!

(En verset 4) – « De tout être, Il est la vie. La vie est la lumière des hommes. »

(En verset 5) - « La lumière luit dans les ténèbres, les ténèbres ne peuvent l’atteindre ».

Jean proclame que Logos est la vie de nos vies. Il contient l’univers et tous les univers possibles… tout être vivant est « demeure de l’infini/Réel ». 

La lumière est par elle-même invisible, invisible au cœur même de tout ce qu’elle donne à voir ; cette Lumière incréée qui habite dans les profondeurs de l’être n’est pas accessible à l’esprit « sec », elle est d’une autre nature.  

Cette gnose, ce Souffle, nous donne à voir le Logos dans tous les êtres. C’est faire l’expérience de la Transfiguration, c’est le symbole du mont Thabor. Nous devons donc tenter de percevoir le Logos qui anime toutes choses : si nous l’oublions, le monde devient profane à nos yeux, « profané », vidé de la présence qui l’habite, vidé de sa Lumière.

Pour Hubert Greven : « De même que le soleil illumine la route, de même la lumière (c’est-à-dire illumination) est ce qui éclaire le chemin divin : c’est le principe même de l’initiation. La lumière est symbole de vie aux ténèbres de la captivité (le profane prisonnier de ses passions) s’opposant à la lumière de la libération et du savoir. »

« La vie de l’Esprit fait sortir l’homme des ténèbres.  La lumière de l’Esprit va lui permettre de s’ouvrir pour avoir la vision d’une autre réalité. C’est la source et le fondement de la Connaissance qui est symbole de ce qui éclaire la vie intérieure, de ce qui oriente. La véritable Lumière, c’est la Parole, l’ultime réalité qui est en « tout homme venant dans ce monde ». C’est un message qui demeure éternellement en accomplissement. »

(En verset 6) – « Paraît un homme, envoyé de Dieu – Iohanan est son nom ».

(En verset 7) « Il vient comme Témoin pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous y adhèrent »

(En verset 8) – « Il n’est pas la Lumière mais témoin de la lumière ».

Jean le Baptiseur est l’archétype de l’envoyé, l’apôtre, « l’Ad Verbum ».  Il porte la Lumière et sa présence est pure capacité de l’Autre.

Jean le baptiste est nommé, il est l’envoyé de Dieu : être appelé par notre nom, est fondamental, au sens strict du terme. Quand Socrate nous dit : « Connais-toi toi-même », il nous invite à une introspection, soit, mais se « connaître soi-même », c’est se connaître comme individu, quand le soi est pris comme objet de connaissance ou d’investigation, on s’aperçoit qu’en vérité, on ne sait rien de soi, l’essentiel nous échappe. Mais si cette connaissance est vécue en une lente maturation, en toute humilité, par une attention toute intérieure à chacune de nos pensées, de nos silences, comme notre initiation doit être vécue et continue de l’être, on devient de plus en plus conscient de son souffle, de son axe et de ce qui nous entoure, conscient du Soi qui nous crée et constitue à chaque instant.

Car notre nom usuel n’est que nom substitué ; cette exigence d’identité demeure notre démarche fondamentale : rejoindre le tréfonds de nous-même pour nous placer dans l’axe du Très-Haut.

Exigence constante, comme l’est l’exigence de la transmission qui rejaillit à chaque étape de notre existence de Maître Maçon. A l’instar de Jean le Baptiste, notre mission d’initiés n’est-elle pas d’être nous-même des témoins de la Lumière pour que nos Frères humains soient eux-mêmes illuminés.

 (En verset 9) – « Le Logos est Lumière véritable qui éclaire tout homme. »

 (En verset 10)« Il est dans le monde, le monde existe par lui, le monde ne le connaît pas. »

 (En verset 11) – « Il vient chez les siens, les siens ne le reçoivent pas. »

Traduction de Hubert Greven : « La Parole était lumière, la vraie, celle à laquelle il appartient d’éclairer tout homme ; elle fit à ce moment son entrée dans le monde. »

Toute parole de vérité, quelle que soit son origine, est inspirée de l’Esprit.

Jean le baptiseur disait : « Il y a au milieu de vous quelqu’un que vous ne connaissez pas ».

Le monde est l’histoire des hommes, c’est ce que l’homme fait de l’Univers pour le meilleur et pour le pire, en harmonie avec le Logos qui l’anime ou au contraire contre Lui. Et Jean comprend qu’il n’y a pas de place pour l’Éternel dans notre temps, pas de place pour l’infini dans notre finitude.

Annick de Souzenelle nous le dit : « Le monde est comme dans un état « d’ignorance » (de non vision) qui n’est pas manque de savoir, mais oubli de l’Être, l’ignorance du Soi, à côté de ce qu’on est et de ce pour quoi on est fait vraiment, histoire purement horizontale, oublieuse de notre verticalité, de notre ouverture à la transcendance ». « Le monde extérieur est fait de compensations.  Nous sommes dans  l’archaïsme.  Nous pratiquons un humanisme à l’horizontal avec les valeurs de l’exil. Adam se croit devenir Dieu, il se croit accompli. Il a perdu conscience de son être intérieur. Nous n’avons que notre identité biologique. » Il s’agit alors de retrouver notre dimension ontologique : « Être dans le monde, sans être du monde ».

Le LOGOS s’incarne toujours aussi difficilement. L’homme n’est jamais « forcé » de croire ou d’accepter l’amour qui le constitue et qui lui offre une absolue liberté… C’est certainement un concept des plus difficiles à accepter, difficile à y adhérer.

 (En verset 12) – « A tous ceux qui le reçoivent, à ceux qui croient en son Nom, Il donne d’être Enfants de Dieu ».

(En verset 13) – « Engendrés ni du sang, ni de la chair, ni d’un vouloir d’homme mais de Dieu ».

De verset en verset, Jean nous conduits à nous ouvrir à cet exhaussement, ceux qui se font « capacité », le Logos les investit « Shema Israël… ». L’Ecoute conduit à la « fiance ». Croire en son Nom, c’est adhérer au dynamisme de vie, d’intelligence et d’Amour qu’il signifie, c’est devenir « enfant de Dieu » et ceux-là entrent dans une nouvelle dimension. Ils sont « d’ailleurs », ils sont « nés d’en haut, ainsi nait l’homme nouveau ! ».

Et comme le suggère Hubert Greven : « Lorsqu’il reçoit la lumière, l’Apprenti, mort aux séductions du monde phénoménal et des « demeures » profanes, entre dans la demeure initiatique, dans la voie de la Connaissance. De profane (hors de Temple), il devient initié (celui qui commence). Pénétrant dans le sanctuaire, il voit se dévoiler les mystères sacrés, s’ouvrir les seuils jadis interdits, éblouissants de lumière ». Nous sommes à la recherche de la Parole perdue, c’est une aventure (intérieure) spirituelle initiatique. La quête de perfectionnement ».

 (En verset 14) – « Le Logos a pris chair. Il a fait sa demeure parmi nous ». Le logos a fait sa genèse dans la chair (humanité corps et âme). « Et nous avons contemplé sa gloire, la gloire de l’Unique du Père, plein de grâce et de vérité. »

Le Logos nous a rejoints dans notre « histoire » en venant nous dire Dieu dans une « vie humaine ». L’Eternel est entré dans le temps. La matière est ici sanctifiée comme demeure du Logos/ Dieu.

Ce corps humain fragile abrite la Présence Divine et l’information qu’elle contient. Comme le dit Jean Grosjean, le poète : « Il a dressé sa tente de nomade parmi nous. Il campe, il est de passage, le temps de dire et de manifester aux hommes l’Amour dont ils sont aimés dès l’Origine. Depuis Abraham l’installation n’est pas notre nature, nous sommes des passants, nous sommes tissés de temps, notre vie est un mouvement imprévisible, le mouvement même du langage qui est venu en personne partager nos déplacements incertains ».

(En verset 15) – « Iohanan lui rend témoignage. Il crie : Voici celui dont j’ai dit : lui qui vient derrière moi est passé devant moi, parce qu’avant moi, Il était ».

Nous connaissons bien cet appel en Franc-Maçonnerie : « Il faut que je décroisse pour que lui grandisse ».  Qui a des oreilles, entende !

(En verset 16) – « De sa Plénitude, nous avons tout reçu, et grâce sur grâce ».

(En verset 17) « La Thora nous a été donnée par Moshé. La Grâce et la Vérité nous sont venues par Ieschoua, le Messie. »

On peut avancer cette explication : la grâce de la création en genèse, puis la grâce de la Thora par Moïse, enfin la grâce de la filiation. 

Jésus incarne la Thora, l’éclaire du dedans en la vivant comme une expression de l’Amour.  Il nous révèle que nos actes n’ont de valeur que par la liberté et l’amour qu’on y introduit. C’est ce qui leur donne leur « poids » de gloire.

Leloup : (En verset 18) – « Nul n’a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui demeure au sein du Père, Lui, nous le fait connaître ». On ne connaît Dieu que par son Logos.  Personne n’a jamais vu Dieu. Le propre de Dieu est d’être inconnaissable. Le Logos est son Unique, ce Fils est le seul à connaître sa source. Cet Unique est entièrement dans le secret du Père puisqu’il en est l’expression parfaite.

Ieshoua ne dit pas : « J’ai la vérité », mais « Je suis la vérité ». Par-là, Jean affirme que Jésus est Vérité de Dieu et Vérité de l’homme, sans confusion, sans séparation. Il nous invite à changer de regard, à voir toutes choses enveloppées d’Invisible. Il nous montre que la moindre virgule d’humanité contient en secret le Nom Divin, fait à la fois d’intériorité et d’extériorité. Il nous oriente avec Lui sur le chemin de l’existence vers « le Père ».

Voilà, avec Jean, je vous ai dit mon angle de lecture.  Je suis sur le chemin… un chemin initiatique que je découvre à chaque instant.  Tout l’évangile de Jean dira que l’œuvre  du Logos dans le monde sera de rendre à l’homme Son Esprit (pneuma), son BON sens, tourné vers le Père/Origine et le restituer dans sa dimension de Fils. Ce sera en soi une invitation au retour dans cette intimité, qui est participation à la vie Trinitaire, à la vie intérieure de Dieu.

« Présence de l’infini dans les corps et le souffle fragile que nous sommes ».

« Que demandez-vous, mon frère ? La Lumière ! »

M.°.L.°.  -  R.°.L.°. « Le Chardon Ecossais » à l’O.°. de Besançon.

Auteurs cités :

Hubert GREVEN – Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.

ORDO AB CHAO : Réflexions dur l’enseignement de St Jean.

Allocations faites en qualité de Ministre d’Etat, Grand Orateur du Suprême Conseil de France à l’occasion de la St Jean d’hiver de décembre 1989.

Jean-Yves LELOUP : Ecrivain, psychologue et philosophe, théologien orthodoxe. Fondateur de l’Institut pour la rencontre et l’étude des civilisations et du Collège international des thérapeutes. Il a donné des traductions et des interprétations innovantes de l’évangile, des Épitres et de l’apocalypse de Jean, ainsi que des évangiles considérés comme apocryphes (Philippe, Marie, Thomas).

André CHOURAQUI : (1917 en Algérie /+ 2007 à Jérusalem) Ecrivain, penseur, homme politique, traducteur et commentateur de la Bible, (hébraïque et évangiles).

Jean GROJEAN (1912 / +2006) Ecrivain, poète,  philosophe et exégète . Traducteur et commentateur de la Bible,  de l’évangile et de l’Apocalypse de Jean et du Coran.

Ami de Malraux,  Jean Grosjean participa à l’aventure NRF (éditions et revue) en tant que lecteur et éditeur, aux côtés de Claude Gallimard, Raymond Queneau et J.M.G. Le Clézio notamment.

Annick de SOUZENELLE :  née le 4 Novembre 1922. Infirmière anesthésiste pendant 15 ans, elle a suivi une formation Jungienne de psychothérapeute puis fait des études de théologie chrétienne orthodoxe et d’Hébreu biblique. Depuis 40 ans elle est écrivain et conférencière.  Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de spiritualité. Sa recherche s’inspire de la spiritualité cabaliste. Citons « Le symbolisme du corps humain ».

 

SOURCE  : https://ecossaisdesaintjean.over-blog.com/

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Marie madeleine Portrait … 21 mars, 2021

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Marie madeleine

Portrait

 

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Une initiée ?

Une des idées les plus communes de la gnose consiste à dire que l’annonce des Évangiles telle qu’elle figure dans les écritures canoniques, n’est qu’une adaptation grossière de la vérité destinée au peuple. Par derrière se cache un enseignement secret, plus sophistiqué et plus véridique, réservé à l’usage des initiés, ceux-là seuls qui ont accès à la connaissance des mystères sacrés.

Un tel intérêt de la gnose pour Marie-Madeleine s’explique de la façon suivante : Le principe de la gnose est de doubler la doctrine officielle de l’Eglise par une doctrine ésotérique, cette dernière étant supposée provenir du Christ lui-même et avoir été transmise d’initié à initié. Qui donc est mieux placé que Marie-Madeleine, qui « s’étant assise au pied du Seigneur, écoutait sa parole » (Lc 10, 39), pour avoir bénéficié de révélations particulières pour être le vecteur privilégié de ces doctrines occultes ?

Le texte ci-dessous redéfinit la gnose, puis évoque la « Pistis Sophia », le Saint Graal, la sexualité dans la gnose… Si Marie-Madeleine fut une grande initiée, de par les contacts privilégiés qu’elle eut avec le Christ, rien ne permet de croire que ce fut à une autre doctrine que celle des apôtres et encore moins à un enseignement valorisant la transgression des normes communes. S’il y a un secret de Marie, il se trouve tout entier dans les Écritures !

Devant le tombeau vide de Jésus, Marie-Madeleine reçoit la première la plus haute connaissance jamais transmise. Jésus est vraiment ressuscité. Il a vaincu la haine et la mort. Il est vivant pour toujours. Mort pour les péchés, il est ressuscité pour donner la Vie éternelle en abondance. Voilà le secret que Marie-Madeleine annonce haut et fort.

a) Rappel de l’origine de la gnose :Selon la légende, ce serait Simon le magicien présenté dans les Actes des Apôtres (Ac 8, 9) qui serait à l’origine du mouvement gnostique. Mais plus probablement, il s’agirait de Basilide d’Alexandrie vers 130. L’apparition de la gnose donne naissance à la première grande crise doctrinale. Cette crise fut l’occasion de la première affirmation d’une orthodoxie désignée du terme « la Grande Eglise ». Le principal avocat de celle-ci fut saint Irénée de Lyon (vers 180), instruit par saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean.

La gnose se préoccupe du salut de l’homme et du monde. Elle place la figure de Jésus-Christ en son centre. Mais elle s’en distingue d’abord par la place qu’elle fait à la connaissance (« gnosis » en grec). L’homme se sauve en étant instruit des secrets de l’univers et non par sa conduite ou par l’amour. Une des idées les plus communes de la gnose consiste à dire que l’annonce des Évangiles telle qu’elle figure dans les écritures canoniques, n’est qu’une adaptation grossière de la vérité destinée au peuple. Par derrière se cache un enseignement secret, plus sophistiqué et plus véridique, réservé à l’usage des initiés (qui se qualifient eux-mêmes de « vrais » chrétiens), ceux-là seuls qui ont accès à la connaissance des mystères sacrés. De la valorisation de la connaissance résulte également l’image d’un Christ qui est d’abord un enseignant, un révélateur des mystères sacrés, à la fois grand initié et initiateur.

L’autre grand trait de la gnose est le dualisme, repris au 3ème siècle par Mani, fondateur de la doctrine « manichéenne ». Valorisant la science et donc l’esprit, la gnose dévalorise la matière. Pour eux, il y aurait non pas un, mais deux dieux en lutte perpétuelle, le Dieu bon, créateur de l’esprit, et le Dieu mauvais, le démiurge, créateur de la matière. Les hommes seraient des purs esprits aujourd’hui prisonniers de la matière, mais dont la destinée, au terme de l’initiation, est d’être intégrés un jour dans le monde purement spirituel. La tentation gnostique constitue une constante de l’histoire du christianisme. Le mouvement cathare, aux 12 et 13ème siècles, est fondé sur l’opposition perpétuelle du Dieu bon, créateur de l’esprit et du principe masculin, du Dieu mauvais, créateur de la matière et du principe féminin. Il dévalorise le corps et l’amour conjugal. Une littérature gnostique à base de secrets initiatiques, d’orientalisme et d’occultisme continue de prospérer. Certaines loges maçonniques ou associations théosophiques s’en nourrissent.

b) La position de l’orthodoxie : S’opposant à la gnose qu’il tient pour une hérésie, l’enseignement de l’Eglise (catholique, orthodoxe ou protestante) refuse que le message chrétien soit réservé à des initiés. L’Eglise n’a pas de secret. La connaissance des mystères n’est pas une affaire d’intellect mais de cœur ; la véritable hiérarchie n’est pas celle de la connaissance mais celle de l’amour et de la sainteté. Cela ne valorise pas l’ignorance : bien au contraire, pour le christianisme, la pauvreté (simplicité) du cœur donne seule l’ouverture requise pour mieux pénétrer les mystères, et c’est l’orgueil qui rend aveugle.

c) Marie-Madeleine et les gnostiques : Elle fut une référence des gnostiques. Selon l’évangile de Marie, Marie-Madeleine aurait eu des révélations spéciales au cours de ses entretiens avec Jésus-Christ. « Pierre dit à Marie : ‘Sœur, nous avons que le maître t’a aimée différemment des autres femmes. Dis-nous les paroles qu’il t’a dites dont tu te souviens et dont nous n’avons pas la connaissance’… Marie leur dit : ‘Ce qui ne vous a pas été donné d’entendre, je vais vous l’annoncer…’ » Les révélations apportées ensuite sont plutôt obscures comme par exemple « L’attachement à la matière crée une passion dans tout le corps ; c’est pourquoi je vous le dis ‘soyez en harmonie’ »…

d) La « Psitis Sophia » : Ce célèbre ouvrage gnostique du 3ème siècle met Marie-Madeleine au plus haut, ainsi qu’en témoignent les paroles suivantes prêtées au Christ : « Courage, Marie, tu es heureuse entre toutes les femmes, puisque c’est toi qui seras le Plérome de tous les Pléromes et la perfection de toutes les perfections… C’est pourquoi, là où je serai y seront aussi mes douze Dianes, mais Marie la Madeleine et Jean le vierge sont supérieurs à tous les disciples… » On reconnaît là la rhétorique emphatique propre aux textes gnostiques. Le mot « plérôme » utilisé dans cette série d’écrits, signifie la plénitude qui adviendra à la fin des Temps quand les âmes qui s’étaient égarées dans la matière retrouveraient leur sphère céleste d’origine. Toutefois la gnose fait souvent de la femme une créature du diable ; Marie-Madeleine ne s’en sort qu’en devenant « un homme ». Ainsi dans l’Evangile selon Thomas, « Jésus dit : ‘voici, moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vraiment pareil à vous, mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le royaume des cieux’ ». Une telle misogynie est typiquement gnostique, est sans équivalent dans l’orthodoxie.

e) Le Saint Graal : Marie-Madeleine fut aussi associée à la légende du Saint Graal, légende chevaleresque apparue aux 11 et 12ème siècle. Le Saint Graal évoque des évènements supposés datés du 5ème siècle. Autour du roi Arthur, des hommes d’élite se sont réunis en quête du Saint Graal, vase mystérieux supposé contenir le sang du Christ. Ceux qui le retrouveront seront sauvés et sauveront le monde. Comme Marie-Madeleine se trouve présente au pied de la Croix, elle devient partie prenante au mystère. Quoique le cycle d’Arthur et la gnose soient deux choses différentes, on y trouve des éléments communs qui font les délices des occultistes : l’élitisme, l’idée du secret (ou d’un objet caché), transmis d’âge en âge…

Un tel intérêt de la gnose pour Marie-Madeleine s’explique de la façon suivante : Le principe de la gnose est de doubler la doctrine officielle de l’Eglise par une doctrine ésotérique, cette dernière étant supposée provenir du Christ lui-même et avoir été transmise d’initié à initié. Qui donc est mieux placé que Marie-Madeleine, qui « s’étant assise au pied du Seigneur, écoutait sa parole » (Lc 10, 39), pour avoir bénéficié de révélations particulières pour être le vecteur privilégié de ces doctrines occultes ?

f) Gnose et sexualité : L’ambiguïté de Marie-Madeleine en matière de sexualité est une raison de l’intérêt particulier qu’elle focalise. La gnose considère que la matière n’est qu’apparence, elle n’est que peu destinée pour la sexualité. Elle propose aux âmes d’élite une abstinence totale. Mais on peut comprendre autrement cette doctrine : la sexualité n’ayant aucune importance, qu’importe le dévergondage. Cette ambiguïté de la gnose permet de comprendre l’usage qu’elle a pu faire du personnage de Marie-Madeleine. Au contraire de la gnose, la tradition chrétienne authentique valorise tellement la chair qu’elle en réglemente soigneusement l’usage.

Ainsi, si Marie-Madeleine fut une grande initiée, de par les contacts privilégiés qu’elle eut avec le Christ, rien ne permet de croire que ce fut à une autre doctrine que celle des apôtres et encore moins à un enseignement valorisant la transgression des normes communes. S’il y a un secret de Marie, il se trouve tout entier dans les Écritures !

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Essai d’interprétation de la Table d’Emeraude 13 février, 2021

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8 Août 2019

Publié par Yann Leray

Essai d’interprétation de la Table d’Emeraude

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Par BPG et JVA 2008

La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina) est un des textes les plus fameux de la littérature alchimique et hermétique. Selon la légende, il présenterait l’enseignement du mythique Hermès Trismégiste et aurait été découverte par des soldats d’Alexandre le Grand au cours de fouilles dans les galeries souterraines de la Grande Pyramide de Gizeh, où se trouvait encore le tombeau d’Hermès. Celui-ci aurait lui-même gravé les quelques lignes qui la composent sur une grosse émeraude, à l’aide d’une pointe de diamant.

 

La Table d’émeraude a été retrouvée sous différentes formes dans une vingtaine de manuscrits arabes médiévaux. La plus ancienne est en appendice d’un traité qui aurait été composé au VIe siècle (et dont on a une copie du Xe siècle (vers 825), le Livre du secret de la Création (Kitâb sirr al-Halîka) ; la question se pose de savoir s’il s’agit d’une pièce rapportée, de portée uniquement cosmologique, ou bien s’il forme un tout avec le reste, auquel cas il a aussi une signification alchimique, ce dont on ne peut douter…

 

 L’introduction du Livre est un récit qui explique que « toutes choses sont composées de quatre principes élémentaires, le chaud, le froid, l’humide et le sec », dont les combinaisons expliquent les « rapports de sympathie et d’antipathie entre les êtres.

 

Le Livre du secret de la Création se présente comme une traduction du grec d’Apollonius de Tyane, sous son nom arabe Balînûs, maître des talismans et des merveilles », qui aurait pénétré dans une crypte sous la statue d’Hermès Trismégiste et y aurait trouve la tablette d’émeraude entre les mains d’un vieillard assis. Il est intéressant de noter que se trouve pour la première fois la théorie selon laquelle que tous les métaux sont constitués à partir du soufre et du mercure, théorie fondamentale de l’alchimie au Moyen-Âge…

 

À partir de la fin du XVIe siècle, la Table d’émeraude est souvent accompagnée d’une figure symbolique. Cette figure est entourée d’une acrostiche en latin « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem », VITRIOL.

 

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La plupart des théories émises à propos de ce mystérieux texte, dont on ignore en fait à peu près tout de l’origine et de la provenance, contiennent souvent une part de vérité, mais également une bonne part d’élucubrations. Notre propos n’est pas de les décortiquer ni de les juger, mais plutôt d’expliquer comment ce document peut tout aussi bien être compris de points de vue entièrement différents.

 

Selon Eliphas Lévi, il faut comprendre la légende allégoriquement, comme d’ailleurs la plupart des légendes. La table d’émeraude en tant qu’objet n’a sans doute jamais existé, elle constitue un symbole : émeraude des sages est en effet l’un des noms du Mercure allusion à la couleur verte mentionnée par la plupart des auteurs sérieux. Dans certaines traditions, le Graal est dit être d’émeraude : il s’agit de la même allégorie. C’est le Graal qui a recueilli le sang de l’agneau immolé depuis le commencement du monde (voir l’ Evangile de Jean).

 

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Sans doute rédigée en arabe par un auteur inconnu, puis en grec et en latin, nous connaissons essentiellement ses traductions latines dont l’une des premières se retrouve dans un extrait du De Alchimia de Chrysogonus Polydorus datant de 1541. L’introduction en latin et grec rappelle que  les secrets d’Hermès étaient écrits en sur la table d’émeraude trouvée entre ses mains dans un antre obscur où fut découvert son corps inhumé.

 

La traduction française la plus connue ou tout au moins la plus utilisée semble être celle de Fulcanelli (Les Demeures Philosophales, Pauvert) ; reprenons-en les termes en tentant de les commenter brièvement.

 

1. Il est vrai  sans mensonge ;  certain et très véritable :

« Il est vrai » c’est-à-dire au principe; «sans mensonge  »: cette vérité est exposée sans voile, et aussi qui transcende le plan des illusions et de la dualité ; certain et très véritable : c’est-à-dire en théorie aussi bien qu’en application, concrètement. C’est donc une vérité valable à tous les niveaux de la création, en vertu de sa dimension quadruple. On pourra naturellement faire le parallèle avec le divin tétragramme des cabalistes.

 

2. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas,

La célébrissime phrase vient ensuite est tellement célèbre et continuellement citée qu’il est permis de se demander si son utilisation n’est pas parfois abusive ou moyennement comprise… Si l’on se réfère au dogme quasi-universel des analogies : parle-t-on, dans le cas de la Table d’Emeraude :

   • d’équivalence, d’identité, de similitude,

   • d’une explication complète et ultime d’un Principe Unique,

   • de l’Un dans le Multiple,

   • d’une prémonition de la Théorie du Tout ?

   • ou d’une perception de cette Loi Universelle qui, du macrocosme au microcosme, régit toutes les choses dans leur ensemble, et chaque chose dans son détail.

 

3. Et de même que toutes choses se sont faites d’un seul, par la médiation d’un seul.

Lorsque Hermès nous dit « que toutes choses se sont faites d’un seul, il s’agit du principe, et par la médiation d’un seul, il serait question d’un seul « agent », peut-être celui-là même qui est appelé Akasha par les orientaux, Lumière Astrale par Paracelse ; Vierge Sidérale, Notre Mercure ou encore « AZOT » par les alchimistes. C’est l’Ame universelle, la cause de l’existence, emplissant tout l’espace, et même étant dans un sens l’espace lui-même, d’après H.P. Blavatsky. Quant à « par la médiation d’un seul », il s’agirait du Grand Agent magique, ou lumière astrale, dont Eliphas nous dit qu’il est vivant par deux forces contraires : une force d’attraction et une force de projection, ce qui fait dire à Hermès, que toujours il monte et descend : il monte de la terre au ciel, et derechef il redescend, s’étant chargé de la puissance des choses d’en haut et d’en bas. C’est par cette double force que tout est créé et que tout subsiste. Son mouvement est un enroulement et un déroulement successifs et indéfinis, ou plutôt simultanés et perpétuels, par spirales de mouvements contraires, qui ne se rencontrent jamais.

 

4. Toutes choses sont nées de cette même unique chose, par adaptation.

L’Agent est en même temps le substrat du monde matériel. L’équation E=mc2 n’indique-t-elle pas d’ailleurs l’équivalence entre l’énergie (E), la masse annihilée ou matière (m), et la vitesse de la lumière (c).

 

Depuis l’ Antiquité les philosophes grecs ont ouvert la voie au rêve d’une  théorie univoque de l’Univers, que ce soit Anaxagore : « les parties homogènes infinies en nombre résultent de la dissociation d’un mélange unique, toutes étant contenues dan le tout, et chacune devant son caractère à l’élément qui prédomine » ou de Platon qui en soulignait la vanité : « Dieu seul peut mêler plusieurs en un seul et inversement, dissoudre un seul en plusieurs ; aucun homme n’en est ni n’en sera jamais capable ».

 

Il est tentant de rapprocher la recherche d’une « Loi Universelle » de la « Théorie de Tout ». Pourtant, si le globalisme, récusant aussi bien la limite que la division, appartient au champ religieux et idéologique, le symbole est son moyen privilégié ; il saisit immédiatement par l’intuition la forme du tout, même complexe, que ce soit une mandala ou une formule ésotérique : c’est la totalité de l’univers, de la Nature et de l’Histoire qui semble convoquée : en reprochant à la rationalité d’appauvrir en réduisant, il est un rêve plutôt qu’un savoir !

 

Cependant, Stephen Hawking nous avertit : « Si l’on découvrait un jour la théorie complète (unitaire ?) celle-ci devrait être compréhensible par tout le monde , alors nous connaîtrons le pensée de Dieu : pure, objective, et nettoyée de la « buée humaine », la théorie ultime nous révèlerait le monde tel qu’il serait sans nous » (mais « la buée humaine » sera sans doute encore là !)

 

L’Alchimie constitue-t-elle une certaine approche de la Loi Universelle, puisqu’elle rêvait de tenir le Tout dans une formule ! L’Ars Magna, par son ambition totalisante, semble se rapprocher de la Théorie du Tout des physiciens contemporains, en ce sens qu’il s’agirait dans tous les cas, de trouver la clé de voûte de l’Univers caché dans la matière, et de permettre ainsi à la simplicité formelle d’exprimer toute la complexité du réel.

 

Pour les alchimistes, la matière doit son existence à une énergie subtile, nommée Feu, ou Esprit Universel. Sans considération des questions d’échelle, réévaluer le postulat hermétique de l’unité de la matière à la lumière des découvertes contemporaines, réhabiliterait l’unité du corps et de l’esprit, du microcosme et du macrocosme…

 

Et si l’on évoqué l’image d’un continuum cosmologique et biologique : qu’en est-il de la Nature, et en particulier des 3 règnes : minéral, végétal, animal. Peut-être devrions-nous plutôt parler d’unité cosmique, véritable leitmotiv des alchimistes. La Nature est UNE, et l’homme y ait totalement intégré, Les philosophes allemands du 19ème siècle, jusqu’à SCHOPENHAUER, avaient assimilé un certain nombre d’idées provenant du bouddhisme, et estimaient que la Nature est un tout, pour ne pas dire LE TOUT… Rappelons-nous le Parsifal de Wagner.

 

Si l’on se réfère au texte arabe dont elle serait issue, on trouve en effet que cette phrase pourrait se traduire par « Ce qui est en bas correspond (ou communique avec) comme ce qui est en haut et réciproquement ». Ce point est particulièrement mis en évidence dans le XIIème Arcane du Tarot : le Pendu.

 

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La position d’un homme renversé, la tête en bas, pendu par un pied à un portique, avec la jambe libre repliée à la hauteur du genou et les mains liées derrière le dos, évoque naturellement de prime abord les idées de gravitation et nous plonge dans le problème du rapport entre l’homme et la gravitation, ainsi que des conflits que ce rapport comporte Par sa « tension de solitude », il désigne ceux dont la volonté est soumise à la gravitation de « ce monde » comme « enfants de ce monde » et ceux dont la volonté suit la gravitation du « Ciel ».

 

Du Microcosme au Macrocosme la gravitation physique, psychique et spirituelle occupe la place centrale comme facteur d’ordre dans le système solaire, dans le système de l’atome, dans la cellule biologique, dans l’organisme biologique, dans le mécanisme de la mémoire et de l’association d’idées, dans l’organisme social, dans la formation des communautés où l’on partage une manière de vivre, une doctrine ou un idéal, et enfin dans le processus de l’évolution biologique, psychique et spirituelle où un centre de gravitation, prototype universel comme cause finale, est à l’œuvre à travers les âges.

 

Le domaine de notre liberté même, notre vie spirituelle, manifeste la présence réelle et active d’une gravitation d’ordre spirituel, se trouve placé entre deux champs de gravitation avec deux centres différents. « Ciel » et « ce Monde », ou « Royaume des Cieux ». et « royaume du Prince de ce monde ». Et il désigne ceux dont la volonté est soumise à la gravitation de « ce monde » comme « enfants de ce monde » et ceux dont la volonté suit la gravitation du « Ciel » comme « enfants ou fils de la lumière ». Le pendu est le représentant de « l’homme véritablement humain » qui se trouve entre les deux royaumes, celui du monde d’en bas et celui du monde d’en haut.

 

Il est d’ailleurs significatif que le terme « chute » soit emprunté au domaine de la gravitation, car choisi pour désigner l’événement primordial qui détermina le changement de l’état de l’homme, du « Paradis », à l’état terrestre du labeur, de la souffrance et de la mort, En effet, rien ne s’oppose à la conception de la chute d’Adam comme passage du système de la gravitation spirituelle, dont le centre est Dieu, au système de la gravitation terrestre, dont le centre est le Serpent. La chute comme phénomène, peut bien être comprise comme le passage d’un champ de gravitation dans un autre.

 

L’être humain participe à ces deux champs de gravitation, c’est-à-dire des penchants par lesquels les deux champs de gravitation ; lorsqu’il vit sous l’emprise de la gravitation de « ce monde » aux dépens de la gravitation du « ciel », il est « homme charnel »; celui qui vit dans l’équilibre des deux champs de gravitation est « homme psychique », enfin l’homme qui vit sous l’emprise de la gravitation du « ciel » est « homme spirituel ».

 

Le Pendu représente un homme renversé, c’est-à-dire l’état de l’homme dans la vie duquel la gravitation d’en haut a remplacé celle d’en bas. Pour lui, il n’y a pas identité de ce qui est en haut avec ce qui est en bas mais tension de solitude, élément propre aux âmes sous l’emprise de l’attraction d’en haut. L’attraction du ciel est tellement réelle qu’elle peut saisir, non seulement l’âme, mais encore le corps physique. Alors le corps est emporté et ne touche plus la terre.

 

5. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et reçoit la force des choses d’en haut et d’en bas,

Nous révèle Hermès Trismégiste en rappelant que le grand courant d’énergie mercurielle (une énergie « malléable », analogue au mercure métal liquide, que le Verbe dynamise constamment, en y imprimant des formes-pensées) monte et descend des interstices de l’univers. A un certain niveau d’interprétation, cela est exprimé métaphoriquement dans le songe de Jacob : « Voilà qu’une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient » (Gen. 28,12). Nous pouvons voir dans ces « anges » les agents du Verbe créateur, et dans les barreaux de l’échelle les transitions existant entre les plans de la création. L’Homme possède son propre Verbe, conséquence directe du libre arbitre qui le caractérise.

 

Et l’Hermétisme chrétien reprend ce thème : voir le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre. (Jean, J, 45-51), formule de l’essence et de la Tradition. Et tous ceux qui ont vu le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre, représentent la Tradition , tel que Saint François d’Assise, un Initié du premier ordre de la Tradition de l’Hermétisme chrétien : le « poverello » qui parlait le langage des oiseaux, sans érudition et sans règles, non seulement il a vu le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre, mais encore il est devenu conforme à l’Initiateur lui-même de toute initiation authentique dans l’acte de l’Initiation accompli par le séraphin d’en haut…

 

6. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais, avec délicatesse et une extrême prudence.

Une fois l’énigme de la Matière Première élucidée, il faut en libérer le Soufre et le Mercure, et les purifier. Hermès conseille, à un autre niveau, de travailler en même temps à affranchir l’esprit de la matière, ou l’âme de ses vices. C’est la nécessaire mort initiatique, car l’alchimie en laboratoire doit obligatoirement s’accompagner d’une alchimie « spirituelle ». Seule une âme purifiée peut être à même de déchiffrer le livre de la Nature, et donc de tirer la substantifique moelle des écrits alchimiques.

 

 Naturellement il existe une relation profonde Alchimie et Cosmologie. En effet, chaque métal est mis en rapport avec une planète : les adeptes étudient ainsi les influences planétaires sur la formation des métaux au sein de la terre.

 

 Les alchimistes disent que comme tous les êtres créés ont la même origine : la prima materia ; les métaux sont considérés comme des êtres vivants : « Les métaux sont tous semblables dans leur essence, ils ne diffèrent que par leur forme » (Albert le Grand, De Alchimia).

 

Il est instructif de noter que l’on ne pouvait fondre un métal qu’à certains jours favorables. Ce sont là des racines archétypales ou archaïques que Jung remis à jour grâce à sa fréquentation de l’alchimie, et qui se réfère au principe de la synchronicité. Zozime disait qu’il existe deux voies : celle des transformations ordinaires des métaux, astrologiquement magiques, basées sur la superstition, et celle des transformations kaïrikai. Ce mot provient de Kaïros, et désigne le moment favorable, et pas seulement du point de vue astrologique.

 

On peut rapprocher cela de la notion chinoise du Tao, ce que l’on ne peut atteindre que par le sentiment : « Pas aujourd’hui, pas encore…maintenant c’est le moment ! ». Cela signifie qu’il faut toujours, à l’aide de la méditation, trouver le moment intérieurement juste.

 

7. Le Soleil est son père, la Lune est sa mère; le Vent l’a porté dans son ventre et la Terre est sa nourrice.

Il s’agit naturellement d’une part d’une allusion aux quatre éléments ou principes élémentaires : Feu, Eau, Air et Terre. A propos de la théorie des quatre éléments, déjà en vogue au temps d’Empédocle d’Agrigente, Oswald Wirth souligne que ce ne sont pas des corps, ni simples, ni composés, mais des tendances polarisantes qui engendrent les qualités élémentaires : chaud et froid, sec et humide; qui débrouillent le Chaos.

 

8. Le Soleil est son père, la Lune est sa mère :

Le Soleil est la source de notre lumière, que la Lune réfléchit durant la nuit. C’est aussi une allusion à la polarisation de l’AZOT. Les anciens voyaient la Lune comme un miroir concentrant la lumière : lumière solaire bien sûr, mais aussi lumière des autres astres…

 

En ce qui concerne la Cosmogonie Hermétique, il n’est pas sans rappeler la gnose manichéenne : la correspondance entre la Lumière et l’Esprit Divin et sa matérialisation, son emprisonnement dans la matière, qui se retrouve dans certaines cultures, croyances ou religions. En bref dans l’Epître du Fondement, il est qu’au Commencement, dans le « Temps Antérieur », les deux substances, la Lumière et l’Obscurité, le Bien et le Mal, Dieu et matière, principes inengendrés de deux mondes, coexistent . Le souffle de l’Esprit répand Lumière et Vie sur les éléments qui constituent ce domaine, 5 demeures ou « arbres lumineux » (que sont l’intelligence la pensée, la réflexion, la volonté et la raison) auxquels s’opposent cinq éléments, ou « Arbres de Mort », du « Royaume des Ténèbres ». Ultérieurement, dans le « Temps Médian », se produit un gigantesque combat cosmique, au cours duquel le Père des Lumières projette la Mère de la Vie, qui a son tour fait sortir l’Homme Primordial, qui affronte les ténèbres, protégé par une armure de 5 lumières : l’Air, le Vent, (le Vent l’a porté dans son ventre !) la Lumière, l’Eau, et le Feu.

 

 

Une certaine approche contemporaine de la Table d’Emeraude

 

Au début du XXe siècle la pensée alchimique trouve un écho chez les surréalistes : en 1930, André Breton reprend l’axiome principal de la Table d’émeraude dans le Second manifeste du surréalisme : « tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement ».

 

Mais lorsque les Pythagoriciens de la Grèce Antique avaient attribué à Hermès, le nom de « Trismegistos », car « il possédait la Connaissance des trois Mondes», on peut se demander à quels plans de conscience et à quelles réalités ils se référaient dans les anciens Mystères égyptiens, orphiques et éleusiens.

 

Certains chercheurs ont estimé que les trois Mondes étaient ceux du corps, de l’âme et de l’esprit, ainsi que l’enseigne la théologie chrétienne. Il existe en effet un monde physique, qui correspond au niveau de la matière et que nous expérimentons au cours de nos différentes incarnations terrestres, un monde spirituel, celui de l’âme immortelle, que nous rejoignons en fin d’incarnation, et enfin un monde divin, celui de l’Esprit éternel et tout-puissant.

 

D’autres y ont vu une manière ésotérique d’évoquer la confrontation de l’être humain à une réalité de type tridimensionnel, à l’intérieur de laquelle nous nous exprimons grâce aux trois instruments que sont notre intellect (vecteur de la pensée), notre cœur (vecteur du sentiment), et notre volonté (vecteur de l’action). C’est ce qu’enseignait notamment qui s’était surtout efforcé d’éclairer un sujet : les deux natures de l’être humain, sa nature supérieure et sa nature inférieure, parce que c’est la clé qui permet de résoudre tous les problèmes.

 

Sous le nom de Thot, Hermès aurait en effet été investi de « l’Autorité des trois Mondes » grâce à laquelle il put fonder une religion solaire et créer des sanctuaires initiatiques en Égypte.

 

En tant que premier grand hiérophante, Hermès-Thot aurait été le seul chef spirituel à détenir cette « Connaissance des Trois Mondes », et elle constituait le fondement de son autorité. Il se pourrait donc que les clés en soient codées dans la Table d’Émeraude.

 

Le Trismégiste : la Tri-unité : notre Univers est triple, car il est constitué de trois essences : une essence matérielle, une essence antimatérielle et une essence spirituelle. L’Univers se compose ainsi de trois « sous-univers » qui s’articulent et s’imbriquent l’un dans l’autre, un peu à la manière des matriochkas russes : l’univers matériel (le nôtre), l’anti-univers (le double de notre univers), lui-aussi tridimensionnel mais formé d’antimatière, et l’univers spirituel (dont les deux autres sont issus).

 

Les trois Mondes d’Hermès recouvrent et incluent ces deux approches, mais il se réfèrent surtout à une autre réalité qui, jusqu’ici, n’a pas encore été clairement identifiée par les spiritualistes : il s’agit de celle de la matière, de l’antimatière et de l’anti-univers.

Alors le Grand Agent serait-il ce « fluide astral », ciment de la matière ? Quant à une Théorie Univoque de l’Univers laissons le dernier mot à Garett Lisi, qui aurait émis une « théorie exceptionnellement simple » : « tous les champs de modèles standard et de gravitation sont unifiés dans un faisceau principal de connexion E8. Une forme réelle non compacte sub-algébrique comporte E8 et F4 et se subdivise en électron fort S(3), en électron faible su(2) x u(1), en gravitationnel so(3,1), et en cadre de Higgs, ainsi que trois générations fermions reliés par trialité. Les interactions et dynamiques de ces formes 1 et des valeurs de Grassmann correspondant à la superconnection d’E8 sont décrits par la courbure et l’action sur une base multiple quadri –dimensionnelle (A. Garett Lisi, An exceptionally simple Théory of Everything, Nov 2007, Trad de l’auteur).

 

Est-ce de l’hermétisme ?…

SOURCE : http://www.lesamisdhermes.com/2019/08/essai-d-interpretation-de-la-table-d-emeraude.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Les Secrets des Assassins par Peter Lamborn Wilson

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Les Secrets des Assassins

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 17 janvier 2016

Les Secrets des Assassins

Les Secrets des Assassins par Peter Lamborn Wilson

Après la mort du Prophète Muhammad, la nouvelle communauté islamique fut dirigée par une succession de quatre de ses anciens Compagnons, choisis par le peuple & appelés les Califes « Justement Guidés ». Le dernier de ceux-ci fut Ali ibn Abu Talib : le gendre du Prophète.

Ali eut ses propres disciples ardents parmi les croyants, qui furent ensuite appelés Shi’a ou « adhérents ». Ils croyaient qu’Ali devait succéder à Muhammad de plein droit, & qu’après lui ses fils (les petits-enfants du Prophètes) Hassan et Hussein auraient dû régner ; et après eux leurs fils et ainsi de suite dans une succession quasi-monarchique.

En fait, excepté Ali, aucun d’entre eux ne dirigea l’entièreté de l’Islam. Au lieu de cela, ils devinrent une lignée de prétendants et, en fait, les chefs d’une branche de l’Islam appelée Shi’isme. Par opposition aux Califes orthodoxes (sunnites) de Bagdad, ces descendants du Prophète furent connus sous le nom d’Imam.

Pour les chiites, un Imam est bien plus et d’un rang bien plus élevé qu’un Calife. Ali dirigea de droit du fait de sa grandeur spirituelle que le Prophète avait reconnue en lui en le nommant comme son successeur (en fait, Ali est également révéré par les soufis en tant que « fondateur » et prototype du Saint musulman). Les chiites diffèrent des musulmans orthodoxes ou sunnites par leur croyance que cette pré-éminence spirituelle fut transférée aux descendants d’Ali au travers de Fâtima, la fille du Prophète.

Le sixième Imam chiite, Jaffar al-Sadiq, eut deux fils. L’aîné, Ismaël, fut choisi en tant que successeur. Mais il mourut avant son père. Jaffar déclara alors son plus jeune fils Musa comme nouveau successeur.

Mais Ismaël avait déjà donné naissance à un fils – Muhammad ibn Ismaël – qu’il proclama comme prochain Imam. Les disciples d’Ismaël se séparèrent de Jaffar au sujet de cette question et suivirent le fils d’Ismaël au lieu de Musa. Ils furent alors connus en tant qu’Ismaéliens.

Les descendants de Musa régnèrent sur le Shi’isme « orthodoxe ». Quelques générations plus tard, le Douzième Imam de cette lignée disparut du monde matériel sans laisser de traces. Il vit encore sur le plan spirituel, d’où il reviendra à la fin de ce cycle du temps. Il est l’« Imam Caché », le Mahdi dont parlait le Prophète. Le Shi’isme « duédodécimain » est la religion de l’Iran actuel.

Les Imams Ismaéliens languirent dans l’occultation, chefs d’un mouvement underground qui attirait les mystiques et révolutionnaires les plus extrêmes du Shi’isme. Ils émergèrent en tant que force puissante à la tête d’une armée et conquirent l’Égypte et y établirent la dynastie Fatimides, les anti-Califes du Caire.

Les premiers Fatimides régnèrent de manière éclairée, et le Caire devint la ville de l’Islam la plus culturelle et la plus ouverte. Ils ne réussirent, cependant, jamais à convertir le reste du monde islamique ; en fait, même la majorité des égyptiens n’embrassèrent pas l’ismaélisme. Le mysticisme très élevé de la secte fut sa principale force d’attraction mais aussi sa principale limitation.

En 1074, un brillant jeune perse converti arriva au Caire afin d’être introduit dans les plus hauts rangs initiatiques (et politiques) de l’ismaélisme. Mais Hassan i Sabbah se trouva bientôt emmêlé dans une lutte pour le pouvoir. Le Calife Mustansir avait nommé son fils aîné Nizar comme successeur. Mais un de ses plus jeunes fils, al-Mustali, intrigua afin de la supplanter. Lorsque Mustansir mourut, Nizar – l’héritier légitime – fut emprisonné et assassiné.

Hassan i Sabbah intrigua pour Nizar, et fut alors forcé de s’enfuir d’Égypte. Il retourna en Perse à nouveau où il prit la tête d’un mouvement révolutionnaire nizâri. Par quelque ruse intelligente, il acquit le commandement de l’imprenable forteresse montagneuse d’Alamut (« Nid d’Aigle ») près de Qazvin dans le nord-ouest de l’Iran.

La vision de Hassan i Sabbah, cruelle et romantique, est devenue une légende dans le monde islamique. Avec ses disciples, il rebâtit en miniature les gloires du Caire dans ce refuge rocheux aride.

Afin de protéger Alamut et sa petite, mais intense, civilisation, Hassan i Sabbah se fondait sur l’assassinat. Tout dirigeant ou politicien ou chef religieux qui menaçait les nizâri se mettait sous le danger de la dague d’un fanatique. En fait, le premier coup public d’Hassan fut l’assassinat du premier ministre de Perse, peut-être l’homme le plus puissant de cette époque (et selon la légende, un ami d’enfance d’Hassan).

Une fois que leur réputation fut établie, la simple menace d’être sur la liste des éso-terroristes était suffisante pour empêcher les gens d’agir contre les hérétiques haïs. Un théologien fut une fois menacé par un couteau (laissé sur son oreiller lorsqu’il dormait), et ensuite corrompu par de l’or. Lorsque ses disciples lui demandèrent pourquoi il avait cessé de fulminer contre Alamut, il répondit de son pupitre que les arguments des ismaéliens étaient « à la fois pointus et de poids ».

Du fait que la grande bibliothèque d’Alamut fut certainement brûlée, on sait peu de choses sur les véritables enseignements d’Hassan i Sabbah. Apparemment, il forma une hiérarchie initiatique constituée de Sept Cercles et basée sur celle du Caire, avec les assassins à la base et les mystiques érudits à son sommet.

Le mysticisme ismaélien est basé sur le concept de ta’vil, ou « herméneutique spirituelle ». Ta’vil signifie en fait « reprendre quelque chose à sa source ou dans sa signification la plus profonde ». Les chiites avaient toujours pratiqué cette exégèse sur le Coran lui-même, lisant certains versets comme étant des allusions voilées ou symboliques à Ali et aux Imams. Les ismaéliens étendirent la ta’vil de manière bien plus radicale. Toute la structure de l’Islam leur apparaissait comme une coque, afin d’en pénétrer le coeur, la coque doit être pénétrée par la ta’vil, et en fait elle doit être brisée afin d’être ouverte totalement.

La structure de l’Islam, plus que dans toutes autres religions, est basée sur la dichotomie entre l’exotérique et l’ésotérique. D’un côté, il y a la Loi Divine (Shariah), et de l’autre la Voie Spirituelle (Tariqah). Habituellement, la Voie est perçue comme le coeur ésotérique et la Loi comme la coque exotérique. Mais pour l’ismaélisme, les deux ensembles représentent un tout qui à son tour devient un symbole qui doit être pénétré par la ta’vil. Derrière la Loi et la Voie, se tient l’Ultime Réalité (Haqiqah), Dieu Lui-même en des termes théologiques – l’Être Absolu en termes métaphysiques.

Cette réalité n’est pas quelque chose en dehors de l’objet humain ; en fait, si elle existe alors elle doit se manifester elle-même complètement au niveau de la conscience. Donc, elle doit apparaître en tant qu’homme, Homme Parfait – l’Imam. La connaissance de l’Imam est la perception directe de la Réalité elle-même. Pour les chiites, la Famille d’Ali est identique à la conscience parfaite.

Une fois l’Imam réalisé, les niveaux de la Loi et de la Voie disparaissent naturellement comme des coquilles brisées. La connaissance de la signification intérieure libère de l’attachement à la forme extérieure : l’ultime victoire de l’ésotérique sur l’exotérique.

L’« abrogation de la Loi », cependant, fut considérée comme une hérésie ouverte par l’Islam. Pour leur propre protection, les chiites furent toujours autorisés à pratiquer la taqqiya, « la dissimulation permise » ou « occultation », et à prétendre être des orthodoxes afin d’échapper à la mort ou à la punition. Les ismaéliens pouvaient prétendre être chiites ou sunnites, selon ce qui était le plus avantageux.

Pour les nizâris, pratiquer l’occultation c’était pratiquer la Loi ; en d’autres mots, prétendre être orthodoxes signifiait obéir à la Loi Islamique. Hassan i Sabbah imposa la dissimulation à tous sauf aux rangs les plus élevés d’Alamut, car en l’absence de l’Imam les voiles de l’illusion doivent naturellement cacher la vérité ésotérique de la liberté parfaite.

En fait, qui était l’Imam ? Pour autant que l’histoire soit concernée, Nizar et son fils moururent emprisonnées et intestats. Hassan i Sabbah fut, par conséquent, un légitimiste supportant un prétendant qui n’existait pas ! Il n’a jamais prétendu être lui-même l’Imam, ni son successeur en tant que « Vieil Homme de la Montagne », et aucun de ses successeurs ne le fit non plus. Et cependant, ils prêchèrent tous au « nom de Nizar ». Il est probable que la réponse à ce mystère fut révélée au sein du septième cercle de l’initiation.

Le troisième Vieil Homme de la Montagne eut un fils appelé Hassan, un jeune érudit, généreux, éloquent et aimable. De plus il était un mystique et enthousiaste étudiant des plus profonds enseignements de l’ismaélisme et du soufisme. Même durant la vie de son père, quelques alamutis commencèrent à murmurer que le jeune Hassan était le véritable Imam ; le père entendit ces rumeurs et les nia. « Je ne suis pas l’Imam, comment donc mon fils pourrait-il être l’Imam ? »

En 1162, le père mourut et Hassan (appelé Hassan II pour le distinguer de Hassan i Sabbah) devint le chef d’Alamut. Deux ans plus tard, le 17e jour de Ramadan (8 août) 1164, il proclama la Qiyamat, ou Grande Résurrection. Au milieu du mois de jeûne, Alamut brisa le jeûne à jamais et proclama ce jour fête perpétuelle.

La résurrection des morts dans leur corps à la « fin des temps » est une des doctrines les plus difficiles de l’Islam (et de la chrétienté également). Prise littéralement, elle est absurde. Prise symboliquement, cependant, elle renferme l’expérience du mystique. Il « meurt avant la mort » lorsqu’il réalise les aspects séparateurs et aliénés du moi, l’ego en tant qu’illusion programmée. Il est « rené » en conscience mais il est rené dans le corps en tant qu’individu, « l’âme en paix ».

Lorsqu’Hassan II proclama la Grande Résurrection qui marque la fin des Temps, il leva le voile de l’occultation et abrogea la loi religieuse. Il offrit la participation commune et individuelle dans la grande aventure mystique, dans la liberté parfaite.

Il agit au nom de l’Imam, et il ne prétendit pas être lui-même l’Imam (en fait, il prit le titre de Calife ou de « représentant »). Mais si la famille d’Ali est identique à la conscience parfaite, alors la conscience parfaite est identique à la famille d’Ali. Le mystique qui s’est réalisé « devient » un descendant d’Ali (comme le Salman perse qu’Ali adopta en le couvrant avec son manteau, et qui est révéré par les soufis, les chiites et les ismaéliens).

Dans la Réalité, dans la haqiqah, Hassan II était l’Imam car dans la phraséologie ismaélienne, il avait réalisé l’« Imam de son propre être ». La Qiyamat était donc une invitation pour chacun de ses disciples à faire de même, ou du moins à participer aux plaisirs du paradis sur terre.

La légende du jardin d’Eden à Alamut où les houris, les porteurs de coupes, le vin et le haschich du paradis dont jouissaient les assassins dans leur chair, peut provenir de la mémoire populaire de la Qiyamat. Ou bien, il se peut que cela soit littéralement vrai. Pour une conscience réalisée dans ce monde il n’y a d’autre paradis, et ses délices et ses plaisirs sont tous permis. Le Coran décrit le paradis comme un jardin. Il est donc logique pour les membres d’Alamut de devenir le reflet de l’état spirituel de la Qiyamat.

En 1166, Hassan II fut assassiné après seulement quatre années de règne. Ses ennemis se sont peut-être ligués avec des éléments conservateurs d’Alamut qui pressentaient la Qiyamat comme étant la dissolution de l’ancienne hiérarchie secrète (et donc de leur propre pouvoir en tant que hiérarches)et qui craignaient de vivre ouvertement en tant qu’hérétiques. Le fils d’Hassan II, cependant, lui succéda et établit fermement la Qiyamat en tant que doctrine nizarite.

Si la Qiyamat avait été acceptée dans toutes ses implications, cependant, elle aurait probablement apporté la dissolution et la fin de l’ismaélisme nizarite en tant que secte séparée. Hassan II, en tant que Qa’im ou « Seigneur de la Résurrection » avait relevé les alamutis de tout combat et de tout sens légitimiste. L’ésotérisme pur après tout ne peut être lié par quelque forme que ce soit.

Le fils d’Hassan II, par conséquent, se compromit. Apparemment, il décida de « révéler » que de son père était de fait et par le sang un descendant direct de Nizar. L’histoire court qu’après qu’Hassan i Sabbah eut établi Alamut, un mystérieux émissaire lui remit le petit-fils de Nizar. L’enfant fut élevé secrètement à Alamut. Il grandit, eut un fils, il mourut. Le fils eut un fils. Ce bébé naquit le même jour que le fils du Vieux de la Montagne. Les deux enfants furent secrètement échangés dans leur berceau. Même le Vieil Homme de la Montagne ne connut jamais cette ruse. Une autre version est que l’Imam Caché avait commis l’adultère avec la femme du Vieux de la Montagne, et qu’il eut un enfant naturel, qui fut Hassan II.

Les ismaéliens acceptèrent ces prétentions. Même après la chute d’Alamut sous les coups des hordes mongoles, la lignée survécut et le chef actuel de la secte, l’Aga Khan, est connu en tant que quarante-neuvième descendant d’Ali (et prétendant au trône d’Égypte). L’accent sur la légitimité des alides a préservé la secte en tant que secte. Si celle-ci est littéralement vraie ou non, cependant, n’a pas d’importance si l’on veut comprendre la Qiyamat.

Avec la proclamation de la Résurrection, les enseignements de l’ismaélisme furent à jamais étendus au-delà des frontières qui leur étaient imposées par les événements historiques. La Qiyamat reste un état de conscience auquel n’importe qui peut adhérer, un jardin sans murs, une secte sans église, un moment perdu de l’histoire islamique qui refuse de se voir oublié, se tenant en dehors du temps, un reproche ou un challenge à tout légalisme et tout moralisme, à toute cruauté de l’exotérique. Une invitation au paradis.

SOURCES :

EzoOccultlogo105

Les Secrets des Assassins, reproduit de « Scandal : Essays in Islamic Heresy » par Peter Lamborn Wilson – Autonomedia, PO Box 568, Williamsburg Station, Brooklyn, NY, USA. Traduction française par Spartakus FreeMann.

Illustration : Odoric of Pordenone at Alamut, Maître de la Mazarine, 1410-1412.

Et si l’on retrouvait la Parole Perdue ? 23 janvier, 2021

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Et si l’on retrouvait la Parole Perdue ?

 

 

Et si l’on retrouvait la Parole Perdue ? dans Recherches & Reflexions triangle

Imaginons qu’à la suite d’une longue et laborieuse démarche initiatique, qu’à la suite de longs et pénibles efforts, nous entrions en possession de la Parole Perdue, qui deviendrait immédiatement la Parole créatrice de la Genèse, que nous retrouvions notre état antérieur, que la Chute ne serait plus qu’un souvenir désagréable, que nous retrouverions l’Eden, tout en restant sur Terre. Que ferions nous de cette possibilité d’agir en Connaissance ? 

Auparavant il convient de réfléchir à la fonction initiatique, on part d’où pour arriver où, en fait il s’agit de borner notre itinéraire maçonnique, afin de ne pas courir dans toutes les directions. Le but de toute initiation étant de modifier l’état ontologique de l’Homme, ou comme nous disons en maçonnerie de passer de la Pierre brute à la Pierre Taillée, puis au pyramidion par une série de modifications internes agissant sur toute notre personnalité, mais pour ce faire il faut se souvenir que nous avons perdu ou que nous nous sommes éloignés d’un état primordial, qui reste gravé dans notre inconscient. De la physique bien terrestre, on doit se rapprocher de la métaphysique, dans un premier temps élémentaire, pour peut être parvenir à une métaphysique plus proche du fonctionnement de l’Univers.

Démarche, sur le plan terrestre de l’Ordo ab Chaos, car nous sommes dans le rien terrestre dans le vide spirituel, comme le recommande le rituel, nous nous devons de rassembler en nous tout ce qui est épars, pour parvenir à l’Ordre du GADLU, le but étant dans sa première finalité d’être le centre de l’union en nous même, n’étant plus taraudé par nos désirs contradictoires, et si je puis dire ne présentant plus d’obstacles à la pénétration de la Lumière. Voilà une hypothèse bien intéressante à mettre en œuvre, mais voyons en reprenant le début, la Genèse, pour tenter de voir ce que cela peut impliquer comme éléments de transformation. Nous avons perdu un état supérieur de conscience et disons le un pouvoir bien précis, que nous allons trouver dans le Béréschit de-là Genèse.

Donc au chapitre premier de la Genèse, au commencement donc on peu lire ceci : « Elohim dit, faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance » Rien qu’avec cette phrase on comprend que l’humain possède en lui tous les attributs du Divin. Rappelons aussi que l’homme ne fut créé que le sixième jour bien après les animaux et bien après notre environnement terrestre. Je dirais même que cela est logique si l’on peut prendre en compte le rôle de l’homme sur Terre. Lorsqu’Elohim demanda à Adam de nommer les animaux, j’ai le sentiment qu’Elohim confia je puis dire par délégation, à la destiné de l’Homme d’être, l’architecte de la Création terrestre. « Fructifiez et multipliez, remplissez la Terre et soumettez là à votre volonté et à votre autorité ! ». L’ordre divin me semble plus que clair, notre présence obéit à une fonction qui me semble très péremptoire.

Un autre témoignage confirme mon opinion : « alors Iahvé Elohim, forma l’homme de la poussière provenant du sol, et il insuffla dans ses narine une haleine de vie et l’homme devint une Ame vivante ! » d’où la différenciation avec le règne animal, le règne végétal et le règne minéral ! Différenciation Que l’on peut expliquer comme suit, si l’on sépare l’Homme des trois autres règnes, c’est pour montrer que la création du GADLU, ne c’est pas faite n’importe comment, bien au contraire et que seul l’Homme est investi d’une parcelle individuelle de l’énergie divine. Certes les trois règnes, eux aussi n’existent que par la volonté du GADLU ? Mais dans l’échelle de la création ils sont bien en arrière de la créature humaine et seul l’homme est porteur de Lumière, que je traduis par énergie. Disons que les trois règnes, contrairement à l’homme qui lui possède une Âme individuelle, les trois règnes donc possède une Âme collective.
Ça c’est le projet initial celui du GADLU, missionnant l’homme pour conduire les affaires de la Terre, mais l’homme/principe, pas encore précipité dans la chute, et comme diraient nos jeunes, a eu la grosse tête, croyant qu’il était en mesure de prendre la place du GADLU, voulu modifier la création terrestre. C’est le mythe du jardin terrestre relaté dans la Bible. Dans ce jardin il y avait deux arbres l’un dit arbre de Vie, et l’autre nommé arbre de la Connaissance. Un petit détour dans le jardin d’Eden, l’arbre de vie étant celui de l’éternité, là où le temps est aboli où le cycle de naissance et mort, n’existe pas, quant à l’arbre de la Connaissance, il donne la clef du fonctionnement de la Création divine, mais il n’appartient pas, à la créature qu’est l’homme, d’en connaître la substantifique moelle. Mais voici ce qu’en dit la Genèse : « Concernant l’arbre de la Connaissance, Elohim dit à l’Homme et aussi à la Femme ceci : Vous n’en mangerez pas et n’y toucherez pas de peur que vous mourriez. » Le serpent dit à la Femme « Vous n ‘en mourrez pas, mais Elohim sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux se dessilleront et vous serez comme les dieux sachant le bien et le mal. » La suite est bien connue, c’est la Chute, la perte des qualités divines de l’Homme et son séjour sur Terre, devenant plus proche de l’animalité que de la spiritualité. Cette transgression installe l’Homme dans le devenir, car elle dérange l’Ordre immuable de la Création et désormais la créature va devoir vivre sur la Terre avec toutes les incertitudes fondées sur le binaire et non sur l’Unité. Jour, nuit, bien, mal, doute, certitude, tout ce que l’on retrouve dans le meurtre de l’architecte Hiram. 

L’ordre établi des trois premiers grades est remis en cause par la transgression, car il n’exprime pas toute la finalité de l’initiation maçonnique, en effet si l’on en reste au grade de maitre, on fait l’impasse sur un nombre important de questions qui reste sans réponses, dont une qui me semble primordiale, que je résume par cette phrase : « bon on a perdu la Parole, et alors ! » Sauf que la construction du Temple reste inachevée puisque Hiram n’a pas divulgué le plan du Temple achevé. Curieuse, cette initiation qui nous laisse en plein désarroi, sans espoir et avec en arrière plan l’inutilité de faire un effort de recherche et qui finalement nous laisse un goût d’amertume en nous faisant croire que tous nos efforts n’ont servi qu’à constater le néant de notre Vie. La mort d’Hiram nous laisse dans le désarroi, mais comme après les lamentations il y a toujours l’espoir, à force de patience et de travail, nous avons retrouvé les plans de l’Architecte, nous somme en possession de la Parole Perdue, nous pouvons agir sur l’extérieur comme sur notre intérieur.

Notre vie n’est plus confuse et nous sommes en mesure de répondre à cette lancinante question, qui hante depuis l’aube l’Humanité, à savoir : « que sommes nous venu faire sur Terre ? ». Nous sommes maintenant les Géomètres de la Terre, et pour être en conformité avec le plan divin, nous avons comme mission de gérer le monde minéral, le monde végétal et le monde animal dont nous faisons partis. Notre travail est relativement simple, passer du monde matériel au monde spirituel, pour être en correspondance avec le Grand Architecte, car tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ! Force que l’on peut traduire par énergie, beauté par harmonie et Sagesse par immobilité, nous permettre de remplir notre travail dans la concordance du plan divin, car en retrouvant la Parole Perdue, nous avons comprendre ce plan et donc il ne peut plus y avoir d’erreurs d’interprétation de notre part, nous yeux regardent avec justesse et nous mains agissent avec précision et notre jugement a dépassé le binaire et la contradiction qu’il y a entre la raison et l’intuition. 

Devenus les dieux des différentes mythologies, les Compagnons constructeurs et ordonnateurs du Grand Architecte, plus besoin de nous rappeler sans cesse ce que nous avons à faire ici bas, nous savons maintenant ! Nous pouvons gravir sans effort et sans risque l’échelle de Jacob, afin d’être en relation avec le Géomètre. Jusqu’à présent nous vivions comme initiés, dans un milieu artificiel, protégés des influences externes, à travers les degrés de l’initiation, nous avons reçu toutes les élévations de salaire possible, nous étions dans un espace/ temps sacré, loin de la fureur de la vie courante, nous pouvons disserter sur tous les sujets, sans craindre une confrontation brutale, sans risque de désillusion, et sans remise en cause de nos certitudes. L’initié doit s’ouvrir au monde profane, pour vivre en réel toutes les étapes de l’initiation, et là peut être dans le foisonnement de la vie, il pourra peut être retrouvé la Parole perdue, en dégageant du désordre ambiant sa ligne de conduite personnelle, celle qui fera de lui le porteur de Lumière que l’humanité a besoin. 

Mais il nous faut redescendre de notre petit nuage, et voir qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour retrouver la Parole Perdue et lorsque l’on regarde la Création Divine et ce que nous en avons fait, je me dit vraiment qu’il se pourrait que nos efforts d’Initiés ne servent à rien et sans faire de l’écologie de bistrot, le constat que je fais est que la Parole est Perdue pour longtemps, que nous sommes déboussolés mais en même temps responsables de cet état de fait, que trop souvent nous avons cédé au matérialisme, sans prendre garde aux conséquences éventuelles mais quelquefois irrémédiables, que notre héritage est bien entamé, faute de Lumière, faute de Sagesse et surtout faute de courage.
Les porteurs de Lumière que nous sommes ont oubliés l’essentiel de la Vie, le respect de notre Nature.
Mais la vie obéissant à la loi des Cycles, il y aura peut être un nouveau Noé et un autre Déluge. Qui peut le dire ?

Il y a des chemins de Sagesse, toutes les civilisations que prétentieusement nous appelions primitives, voulaient nous les faire retrouver, mais par suffisance, nous avons ri de leur prétention ; préférant une technologie destructrice.
 
Ordo ab chao, nous allons retourner au chao …

 dans Recherches & Reflexions
SOURCE : https://rflexionssurtroispoints.blogspot.com/

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ 11 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (1ère partie)

imhotep 

Imhotep (« Ἰμούθης » en grec) dont le nom signifie « celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l’Égypte antique.

 

Ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser (aujourd’hui au Musée du Caire), il est présenté comme « Le chancelier du roi de Basse-Égypte, le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur ».

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep apporte à l’Égypte quelques innovations :

- l’historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture ;

- il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau (« demeure d’éternité ») du roi.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical, le papyrus Ebers (même si le document a été probablement rédigé vers -1700 avec des écrits complémentaires de plusieurs médecins).

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques.

En 2017, la momie de l’un de ses disciples, Nespamedou, est radiographiée et son visage reconstitué.

Le Grand Prêtre IMHOTEP inventa la formule chimique il y a 5000 ans permettant de réaliser des vases en pierre (un aggloméré).

Il fût le concepteur et constructeur de la première pyramide de l’histoire : la pyramide à degrés de SAQQARAH. La première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu a une organisation fermée de prêtres appelés l’Ecole des Mystères « de l’œil de Horus », les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

IMHOTEP dont le nom signifie « le sage qui vient dans la paix » occupe une place particulière dans l’Histoire. Il était vénéré en Egypte pendant 3000 ans, c’est-à-dire de sa propre vie pendant le règne du Roi DJOSER jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son Père était l’Architecte royal KANOFER, sa Mère KHREDUONKH, une noble héréditaire.

A un âge très jeune, IMHOTEP entra en prêtrise et commença à vivre au Temple d’ ANNU sur les rivages du Nil. Ce temple était un centre de la science et de la religion avec une grande bibliothèque. Là, IMHOTEP apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

IMHOTEP laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus (le caducée, symbole actuel des médecins, représentant Hermès dans la mythologie grecque).

La légende indique qu’IMHOTEP divisa les cieux en secteurs de 30°, connus aujourd’hui comme les zones du zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prête scientifique comme IMHOTEP pouvait faire des vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et, la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’Eternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à THOTH, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé HERMES TRIMEGISTUS, trois fois le Grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Vous avez toujours été fascinés par la civilisation de l’Égypte antique. Et votre esprit s’évade dans votre imagination dès que l’on vous parle de la mythologie égyptienne.

Les mots Karma et réincarnation vous interpellent, et vous ressentez profondément en vous l’utilité d’une démarche spirituelle dans votre vie.

Vous recherchez l’éveil de votre conscience à travers un enseignement ésotérique et surtout pratique.

Alors je vous propose un atelier de deux jours, avec les plus grands secrets de la pratique spirituelle et quotidienne de l’école des mystères de l’œil d’Horus.

Je m’appelle Didier Boulay et, depuis plus de 25, j’étudie les traditions ésotérique du monde entier, et grâce à plusieurs enseignements et à mes propres recherches, j’ai fini par redécouvrir et transmettre des outils énergétiques et spirituelles liés à l’ancienne civilisation égyptienne.

J’ai appelé cet atelier « Les Secrets d’Imhotep «.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix », et il est le personnage emblématique de l’Égypte antique.

Grand vizir du pharaon Djéser, architecte, concepteur de la plus ancienne pyramide à degrés du monde : Saqqarah.

Médecin, reconnu comme le plus grand guérisseur de son époque, on lui doit le Caducée encore utilisé de nos jours comme symbole de la Médecine.

Il utilisait le Caducée, un bâton entouré de deux serpents garni de sept pierres, pour sentir dans quels Chakras étaient installés les déséquilibres et il envoyait de l’énergie dans l’aura pour rééquilibrer les chakras appropriés.

Il fut appelé Hermès Trismégistus (Le trois fois grand), et Asclépios par les Grecs venus recevoir son enseignement.

Asclépios ou Esculape chez les Romains, était le dieu de la médecine dont les attributs étaient le serpent, le coq, le bâton, la coupe.

Pére de la Médecine, de l’Hermétisme, de la Gnose, inspirateur de la rose croix, des illuminatis et de la franc maçonnerie.

Il fut aussi astronome, astrologue, philosophe, grand prêtre de l’œil d’Horus, il utilisait la géométrie sacrée et consacra sa vie à l’évolution spirituelle de l’humanité à travers ses réalisations et son enseignement.

La médecine dans l’Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu’à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l’époque, était le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin.

Le concept de maladie était différent de la définition moderne :

• en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,

• la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient, œuvre d’agents surnaturels (ennemi disposant d’une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),

• l’enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l’espérer (la pire situation pour un ancien égyptien était d’avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l’origine des connaissances de la médecine égyptienne de l’Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l’Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l’objet de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie, non invasive, la réduction des fractures, disposaient d’une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques.

Bien que les remèdes de l’Égypte antique soient souvent considérés dans la culture moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu’ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation1.

Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic, du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d’ostraca.

Jusqu’au XIXe siècle, les principales sources d’information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l’Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout autre art. » L’historien grec Hérodote s’est rendu en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l’Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l’Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l’Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L’intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits.

Il y avait à la bibliothèque d’Alexandrie une encyclopédie médicale en six volumes dont il n’est resté que le sommaire. Mais l’importance de la pratique médicale était consignée dans une quinzaine de papyri, écrits en langue grecque sacrée. Le plus célèbre et le plus ancien est le papyrus Ebers, écrit durant le Nouvel Empire, regroupant sept cents formules de maladies internes, classées en fonction des organes concernés. Le Papyrus d’Edwin Smith était selon son auteur, une copie du Moyen-Empire du livre d’Imhotep, intitulé le livre secret des médecins, livre d’enseignement exotérique et ésotérique, dont il ne reste que quelques chapitres, notamment sur le cœur mais qui exposait une médecine objective, scientifique basée sur de minutieuses observations et une très bonne connaissance de l’anatomie humaine2.

• les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d’autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :

• le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections3. Il a probablement été écrit vers -1 600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3 000 ans avant notre ère4. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l’auteur du texte du papyrus original et le fondateur de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie),

• le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d’incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions1. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’Antiquité a été correctement interprété. D’autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d’une cérémonie de circoncision, les ostraca médicaux :

en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l’apprenti scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide.

Le coût du papyrus ne permettait pas d’utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satiriques, et encore moins pour apprendre l’écriture hiéroglyphique ;

les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

LES PRÊTRES DE L’ANCIENNE ÉGYPTE

La classe sacerdotale

Tous n’étaient pas des prêtres dans cette « Maison » représentée par le clergé de l’ancienne Égypte, qui vivait dans l’enceinte des temples et de ses annexes, mais beaucoup l’étaient à un titre ou à un autre.

Par « prêtre », il nous faut comprendre tout homme qui s’était mis dans l’état de pureté requis pour approcher le lieu saint, résidence du dieu.

Si le nombre, des « prêtres purifiés » (les ouêbou), était considérable, du chapelain au prêtre s’étageaient des classes, entre lesquelles se répartissaient une foule d’officiants et d’auxiliaires.

Ces classes étaient flottantes et parfois insuffisantes, car diverses catégories servant dans le domaine des temples n’auraient su être systématiquement rattachées à l’une ou à l’autre. C’était le cas des « chanteuses », des « prêtres lecteurs », des « hiérogrammates » (scribes), des « horologues » (annonceurs de l’heure) qui jouaient un rôle très important, dans les offices du culte divin, dans les cérémonies du Jubilé ou lors d’un couronnement.

Aussi, nous adopterons une classification, fondée sur le rôle joué par chaque officiant dans ses fonctions. Les textes ne manquent pas où l’on voit des prêtres de petits sanctuaires cumuler titres sacerdotaux et titres administratifs, passer du domaine du culte au statut de chef des troupeaux, ou bien encore au service du compte des sacs de blé.

L’accession au sacerdoce

Il est difficile de dégager une règle définissant les conditions d’accès aux fonctions sacerdotales pour toutes les époques. Plusieurs filières étaient admises : les droits de l’hérédité — un prêtre pouvait être remplacé par un membre de sa famille — la cooptation, le rachat des charges ; ces filières permettaient en général un recrutement convenable.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que le culte divin rendu dans le temple, quels que soient les droits de fait acquis par les membres du clergé au service du dieu, restait une délégation royale. Le pharaon étant pratiquement le seul ministre des cultes, son autorité pouvait à tout moment intervenir dans les arrangements au sein du clergé.

À d’autres moments, Pharaon — Per-aâ, qui, sous l’ancien Empire signifiait la « Grande Demeure » — prenait la décision de promouvoir un prêtre dont l’activité et les dispositions lui agréaient.

Ce fut le cas du prêtre Nebouây, sous le règne de Thoutmosis III, qui fut élevé au statut de « Premier Grand Prêtre d’Osiris ». « Les dieux m’ont préparé la route, c’est le roi qui m’envoie contempler le dieu dans le Saint des Saints », dit un chapitre du rituel d’intronisation.

• Vers le Nouvel Empire, dans l’enceinte des temples, les femmes eurent la possibilité d’exercer une charge sacerdotale de second rang.

Un clergé féminin, les ouêbouit, fut mis en place lors des cultes.

Des exemples de femmes prêtresses ne manquent pas.

L’institution thébaine consacrait une épouse terrestre au dieu Amon, appelée « la Divine Adoration », Lors de représentations des Mystères religieux, deux jeunes femmes, choisies vierges, jouaient le rôle du cérémonial des déesses Isis et Nephtys.

À partir de la XVII° dynastie, des scènes épigraphiques mettent en évidence ce que des épouses royales eurent des fonctions religieuses et des transmissions de mère à fille.

Ce fut le cas de la reine Hatshepsout pour sa fille Neferouré, et de Néfertari pour sa fille Merytamon. Les chanteuses d’Amon, les hymnodes, se rangeaient parmi les prêtresses, car il convenait que le rythme des mélopées adressées au dieu fût conforme aux traditions d’élocution sacrée.

Les prêtres et l’ensemble des officiants qui assuraient le service du culte au temple fonctionnaient sur une période d’un mois environ. Autrement dit, chaque groupe n’officiait que trois mois par an, chacune de ces périodes étant séparée par un trimestre d’inactivité, tout au moins dans l’enceinte du temple. Le groupe sortant livrait le temple avec son matériel de fonctionnement aux nouveaux arrivants.

Seule la haute prêtrise demeurait en fonction permanente au sein du temple.

La pensée religieuse

La pensée religieuse égyptienne a produit des œuvres qui tournent une à une les pages glorieuses d’un passé plusieurs fois millénaire, ou le désir d’une vie sans fin s’étendait au-delà des formes créées. Le domaine de l’inconnaissable restait à tout moment perceptible dans un autre monde, où les dieux et les morts se fixaient dans une vie dans déclin.

C’était une magie qui agissait comme un régulateur d’énergies spirituelles et matérielles entre le divin et l’homme, parce qu’elle plaçait le sacré comme première valeur.

C’était Pharaon qui, par sa filiation divine (fils d’Amon-Rê), était la clé de voûte ; sur lui reposait le fonctionnement social et religieux du peuple d’Égypte.

Appelé aussi le « Grand Magicien », il rendait le culte divin qui se déroulait chaque jour dans la « Demeure du dieu », ce qui en faisait le « Premier Grand Serviteur » du temple.

• Considéré comme le reposoir terrestre du dieu, le temple était l’image symbolique du « Tertre originel émergé du Noun ».

Et parce qu’il devait être un creuset d’ordre et d’équilibre du monde sous l’influence de Maât, il fallait pour faire fonctionner cette « centrale d’énergie » tout un personnel qui peuplait et semait la vie dans l’ensemble du domaine du temple :

du « Grand Prêtre », haut personnage politique et religieux, aux différentes classes des prêtres et chapelains, des scribes, des fonctionnaires au personnel d’entretien.

À Karnak, au temps de la faveur d’Amon, on pouvait évaluer les membres du clergé attachés aux fonctions sacerdotales à plus d’un millier, sans compter les autres personnels affectés à la gestion du domaine économique du temple.

Le statut de prêtre

L’Égypte (Kemet), un pays immuable aux lignes toujours semblables : un soleil jamais voilé, un fleuve qui chaque année s’enfle pour fertiliser ses rives, un désert ocre, qui s’étend comme une entité de puissance et de silence. Mais encore, des voiles blanches de felouques glissant tel un ibis, qui, ailes étendues, trace dans le ciel les signes sacrés du dieu Thot et encore des fellahin qui, en buvant le karkadé, discutent à l’ombre d’une palmeraie, enfin des enfants rieurs qui s’ébattent dans le Nil, les mélopées des femmes qui règlent la vie du village.

Tel fut le cadre où se forma l’âme du peuple égyptien, marquée par une religiosité envers les dieux et le monde, tel qu’il fut créé au premier jour.

Pour maintenir cet équilibre selon le plan défini par les dieux, il fallait un « Législateur » » :

en premier lieu venait Pharaon, suivi du haut clergé avec sa cohorte de prêtres.

Si nous prêtons l’oreille, il nous semble entendre le vieil écrivain et philosophe d’Alexandrie, Porphyre, décrire avec admiration les prêtres des bords du Nil : « Par la contemplation, ils arrivent au respect, à la sécurité de l’âme, par la réflexion à la science, et par les deux, à la pratique de mœurs ésotériques du temps jadis. Être en contact avec l’inspiration divine et la science réprime les passions et stimule la vitalité de l’intelligence. »

De par sa double fonction religieuse et législative, sa Majesté (hemef) était le garant du culte divin qui s’exerçait quotidiennement au temple : aussi l’existence officielle du corps sacerdotal dans sa fonction, reposait en nom et place du souverain régnant. Il assurait sur tout le territoire l’exercice du culte, ainsi que l’ensemble des rituels à l’occasion des grandes cérémonies.

L’action théologique essentielle contribuait à maintenir la présence du dieu sur Terre et à conserver le monde sous la forme où les dieux l’avaient établi au premier matin.

Nous devons nous garder, au travers du terme « prêtre », de les considérer comme les dépositaires d’une « vérité révélée » qui ferait d’eux une catégorie à part de la société, la religion égyptienne n’étant pas une « vérité acceptée ».

En ce sens, ils n’avaient rien de prophètes : à l’exemple des Hébreux, c’étaient des hommes semblables aux autres, et ils ne bénéficiaient d’aucun privilège d’origine divine.

S’ils pouvaient être de riches penseurs ou saints hommes, c’était grâce à l’action de leurs tendances personnelles, et non par une suite obligatoire sacerdotale.

Il faut reconnaître que la prêtrise, ouverte parfois trop largement, pouvait accueillir un recrutement d’hommes sans convictions, peu enclins à la vie spirituelle et à la méditation qui se révélaient à l’ombre des temples ; ainsi l’accès aux charges religieuses fut-il l’enjeu de constantes convoitises.

Les postulants à la prêtrise pouvaient entrer très jeunes dans des collèges où étaient enseignées l’instruction religieuse et les sciences.

Hiérarchie du clergé

Le fonctionnement du corps sacerdotal se trouvait sous la responsabilité d’un haut personnage religieux d’État, appelé le « Grand des Voyants (Our-Maour) de Rê ».

Après Pharaon, c’était lui qui assurait l’office divin au temple ; à son service étaient placés les « prêtres purs » (ouêbou), puis venaient les scribes ; suivait tout un personnel de fonctionnaires et d’auxiliaires qui assuraient et préparaient la bonne marche du temple.

Le « Grand des Voyants » était désigné par Pharaon à la fonction suprême ; il était dans la tradition de faire confirmer sa nomination par un oracle du dieu.

Divinement intronisé, ce haut personnage recevait alors deux anneaux d’or et bâton magique héka, symboles de son autorité spirituelle et de ses pouvoirs, tandis que Pharaon prononçait la phrase traditionnelle : « Te voici, Grand Prêtre du dieu, ses trésors et ses greniers sont sous ton sceau : tu es le premier serviteur de son temple ».

Eu égard à ses fonctions, tant politiques que religieuses, il se trouvait fréquemment écarté de son service quotidien du temple, si bien qu’il déléguait ses devoirs au « prêtre Sem », second serviteur en rang.

Parmi les classes des « prêtres ouêbou », qui pouvaient, suivant l’expression consacrée, « ouvrir les portes du ciel » et contempler le dieu hors du culte quotidien, se formait une élite dans laquelle se recrutaient les plus hauts dignitaires et savants du clergé, à l’exemple d’Imhotep qui fut Grand Prêtre à Héliopolis et choisi par le Pharaon Djoser pour construire à Saqqarah sa « Demeure d’éternité ».

Observances et rites

Pour accomplir les offices divins au temple, les prêtres devaient se purifier se prêtant à des observances et à certains rites, où se rattachait tout un symbolisme.

L’eau était, dans la pensée religieuse des Égyptiens, l’élément initial d’où toute vie était sortie ; celui d’où le dieu Rê, accomplissant son cycle de renaissance, apparaissait à l’aurore pour disparaître au crépuscule, afin de puiser, dans son voyage à travers le monde souterrain d’Osiris, la nouvelle énergie qui allait lui donner un lendemain rajeuni dans sa pureté originelle.

Dans certains bas-reliefs figurent des scènes de purification, où l’eau fraîche s’échappe des aiguières, remplacées parfois par une pluie de petits signes de vie ankh. Le rite d’ablution d’eau fraîche pour le culte divin du matin imprégnait les officiants d’une vie rajeunie et purifiée qui leur permettait d’assurer le rituel du culte.

Une autre forme de purification, à laquelle devaient se soumettre les officiants avant de pénétrer les lieux saints en empruntant l’Adyton, consistait à se laver la bouche avec du natron délayé dans de l’eau.

Autre observance rigoureuse : dépouiller son corps de tout poil et se raser les cheveux. Certains textes précisent que les prêtres devaient s’épiler les cils et les sourcils ; à ces règles, venait s’ajouter la circoncision.

Constituait-elle une des conditions nécessaires ? On ne peut être affirmatif. Néanmoins, des écrits relatent que des novices à la prêtrise ne subissaient ce rituel qu’au moment où ils accédaient officiellement à leur charge.

La vie sacerdotale demandait encore un autre état de pureté : l’abstinence de relations sexuelles durant les périodes de présence et de service au temple.

Les prêtres du temple pouvaient se marier : leurs fonctions ne les contraignaient pas au célibat ; tout au plus devaient-ils se satisfaire d’une épouse.

Cette restriction ne fut pas toujours respectée, puisque le prêtre Phérenptah s’était constitué un véritable harem.

Mais ils devaient être purs lorsqu’ils franchissaient les portes du temple. Sur ce point, les textes sont formels : « Quiconque accède au temple doit être purifié de tout contact féminin par une abstinence de plusieurs jours ».

Le texte d’une statue d’un jeune prêtre donne ce détail : « Je me suis présenté devant le dieu, étant un jeune homme excellent, tandis qu’on m’introduisait dans l’horizon du ciel. Je suis sorti du Noun (l’eau initiale) et je me suis débarrassé de ce qu’il y avait de mauvais en moi ; j’ai ôté mes vêtements et les onguents comme se purifient Horus et Seth. Je me suis avancé sans souillure devant le dieu dans la salle sacrée, plein de crainte devant sa puissance ». Les étapes de purification accordaient la présentation au temple, la vision du dieu, la reconnaissance de quelques secrets que seuls les « prêtres initiés » pouvaient transmettre, ainsi que la communication de formules magiques. Celles-ci permettaient de charmer le ciel, la terre et les eaux, de voir le soleil monter au ciel et en redescendre — Khépri au lever, Rê au zénith, Atoum au coucher — de voir les étoiles en leur forme et la lune se lever, de sentir les pulsations de Noun.

Les prêtres-initiés et les scribes

Cette dalle de grès décorée d’un bas-relief provient du temple dédié à la déesse Hathor construit à Dendérah, au nord de l’actuelle Louxor.

Ce temple fait partie de ces merveilles architecturales que l’Expédition d’Égypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Le zodiaque circulaire ornant le plafond d’une des chapelles situées sur le toit du temple est une représentation de la voûte céleste constituée d’un disque soutenu par quatre femmes, les piliers du ciel, aidées par des génies à tête de faucon.

Sur son pourtour, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.

Puis on trouve des constellations, au nombre desquelles figurent les signes du Zodiaque.

Pour la plupart, leur représentation reste proche de leur désignation. On peut ainsi facilement reconnaître le Bélier, le Taureau, le Scorpion, le Capricorne. D’autres ont une iconographie plus égyptienne tel le Verseau représenté par Hapy.

Dans cette grande « Maison » du clergé vivait une catégorie de prêtres et scribes.

Des documents du Moyen Empire désignent ces prêtres sous le nom de chendjouty, ce qui signifie le « prêtre du pagne ». Ils devaient préparer les objets du culte divin et pourvoir à leur entretien, aux habillements de la statue du dieu, ses parures, ses bijoux, ses parfums et les onguents, apprêter les aiguières pour les ablutions, l’encens pour les fumigations, ainsi que la table des offrandes. Parmi ces prêtres figuraient les intellectuels et les savants de la « Maison de Vie » (Per-Ankh), où se rédigeaient, les livres liturgiques et où s’élaboraient aussi les éléments de la science sacrée.

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (2ème partie)

Hermes-4

À ces institutions appartenaient les scribes et les « hiérogrammates » ; certains d’entre eux étaient prêtres, particulièrement estimés à la cour de Pharaon en raison de leur vaste culture.

Auprès d’eux s’affairaient les « prêtres lecteurs » : porteurs des rouleaux du Livre divin, ils partageaient le renom et la popularité de la « Maison de Vie ».

À l’extérieur du temple, on les retrouvait dans d’autres contextes où ils s’occupaient de médecine et de chimie ; plusieurs recettes de papyrus médicaux sont attribuées à leur science. Ils représentaient pour le peuple égyptien le type même du magicien populaire, dont les légendes étaient racontées par la « femme sage », le soir à la veillée.

À ces « Maisons de Vie » se rattachaient deux ordres de prêtres, les « horologues » et les « horoscopes ».

Les « horologues » ou « prêtres horaires » (ounout) sembleraient avoir été en fait des astronomes, chargés d’approfondir les écrits, établis par les scribes de la « Maison de Vie », relatifs à l’ordonnancement des étoiles fixes, des mouvements de la Lune et des planètes qui errent dans le ciel, les « infatigables » (ikhémou-sek).

Ces prêtres étaient aussi chargés de préciser les jours et heures favorables pour la grande fête d’Opet (la Belle Fête de la vallée), qui se déroulait chaque année. Tout prouve qu’ils étaient parvenus dans la science du ciel à des connaissances avancées pour l’époque.

• Les éclipses Soleil/Lune leur étaient parfaitement connues ; un texte de Thoutmosis III évoque le passage d’un astre lumineux qui, relevant des calculs de nos astronomes modernes, pourrait être la comète d’Halley.

Sur le zodiaque du temple de Dendérah et sur le plafond de la tombe de Senmout, on peut reconnaître la grande Ourse, sous la forme d’une « jambe de bœuf », la constellation d’Orion, représentée par un homme courant et tenant dans sa main une étoile, et Cassiopée, figurée par un personnage bras tendus vers le ciel. Dans une salle du Ramesseum, le « Château des millions d’années » de Ramsès II, existe un magnifique plafond astronomique.

La connaissance du firmament jouait un rôle dans la détermination des points cardinaux, en fonction desquels était édifiée et disposée la « Demeure du dieu ». Toute fondation d’un temple cultuel partait d’observations célestes.

Dans les documents dont nous disposons, tout semble indiquer que l’astrologie, venant très probablement de la Babylonie, fut très employée.

Les traités d’astrologie étaient confiés aux « prêtres horoscopes » ; ceux-ci devaient connaître le calendrier mythologique et établir quels étaient les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne, qui comptait 365 jours.

On a retrouvé des papyrus-calendriers, où chaque jour de l’année était défini comme bon, neutre ou néfaste.

Puis l’idée s’est progressivement infiltrée de lier le destin de chaque individu aux circonstances cosmiques de sa naissance en déterminant les influences des astres qui étaient dominantes à l’heure de sa venue au monde.

Des écrits nous informent que des scribes, instruits dans la science des « apparitions nocturnes » se tenaient à la disposition de ceux qui désiraient connaître la signification de leurs rêves.

Ces scribes se faisaient les interprètes des songes ; eux-mêmes avaient coutume de s’endormir dans une salle du temple, dans l’espoir qu’un rêve prémonitoire pût leur révéler un événement présent à venir. L’histoire nous met en mémoire le rêve de Pharaon, dont Joseph, à la demande du roi, se fera l’interprète.

Des prêtres initiés aux sciences divinatoires étaient requis pour les oracles mis en œuvre pour interroger les dieux, sans omettre les requêtes écrites. Dans un petit temple du Fayoum, on a retrouvé des requêtes adressées au dieu du temple.

À la cour du Pharaon, des « prêtres-précepteurs » étaient recrutés pour instruire les jeunes princes et princesses à leurs futures charges royales et religieuses.

La magie héka

Aux yeux des prêtres, la connaissance de la magie et de ses formules fournissait une puissance quasi-certaine sur les êtres vivants, les dieux et les forces de l’univers.

Le « prêtre-magicien » était un personnage que les événements les plus spectaculaires ne faisaient pas reculer. Un texte lui prête ces paroles : « J’abattrai la terre dans l’abîme de l’eau, le Sud deviendra le Nord, la terre sera bouleversée ».

Dans la pratique, l’action était plus estimable, en ce sens qu’il fallait avant tout protéger l’ordre du monde constamment menacé par des forces perverses.

Il y avait un ciel, il y avait une terre, ils agissaient l’un sur l’autre, imprégnés d’une force spirituelle que les « prêtres-magiciens » appelaient héka (magie).

Si certains sorciers de village utilisaient quelques recettes magiques, seule la « Grande Magie » était révélée à une élite de prêtres et de scribes. « Voilà que je me suis adjoint cette puissance magique en tout lieu où elle se trouve, elle est plus rapide que le lévrier, plus prompte que la lumière », dit le magicien dans le Livre des Morts.

La croyance répandue dans le peuple des fellahin voulait que les maladies fussent envoyées par la terrible déesse Sekhmet ; il fallait donc exorciser le mauvais démon, et personne n’était aussi qualifié pour rédiger une formule magique que le « prêtre-lecteur », versé dans toutes les ressources de la vieille magie.

Et seul le Supérieur des prêtres de Sekhmet avait la compétence pour enrayer la fureur de la déesse lionne.

Un autre prêtre, le hery-tep « celui porte le rituel » était instruit à une forme de magie plus particulière, dite « défensive ».

Cette magie était un don des dieux, que les hery-tep utilisaient contre des procédés d’envoûtement, ou de toute manifestation venant d’un ennemi, et relevant de la protection de Pharaon sur sa personne, de son épouse ou de ses descendants.

Sous la XI° dynastie, un magicien héka, le prêtre Hétépi, fut un personnage très important. Il est écrit que le héka fut donné par le démiurge en tant qu’arme pour agir sur l’effet d’événements survenant dans la vie des hommes, comme détourner l’action néfaste du serpent Apopis « ennemi du dieu Rê », de Seth « le fauteur de troubles », ou de Sekhmet « celle qui a le pouvoir » », ou bien encore Sobek « la mangeuse de l’Occident ».

C’est le héka dans le bâton d’Aaron, qui s’est transformé en serpent protecteur (Menen) et a absorbé le bâton du « prêtre-magicien » de Pharaon. Dans cet acte, Aaron invoquait l’entité héka, pour recevoir d’elle la puissance magique. C’est aussi celui par l’entremise duquel Moïse déclencha les dix plaies d’Égypte, fendit les eaux de la Mer des Roseaux, puis fit jaillir l’eau du rocher en Horeb.

Il serait difficile de passer sous silence ceux qui s’acquittaient des cérémonies funéraires, rangés sous le nom de « prêtres-embaumeurs ».

Dans le clergé, ils occupaient une place très importante ; s’ils étaient pour la plupart indépendants des sanctuaires, ils constituaient une sorte de confrérie sans rapport avec l’office des cultes, dont s’acquittaient les prêtres-ouêbou.

Les « prêtres-embaumeurs » accomplissaient la momification qui se déroulait dans la « Tente de purification » (ouêbet), située en dehors du temple.

Il pratiquaient sur la momie tous les rites régénérateurs qui devaient la transformer en un nouveau corps rajeuni, doté de toutes ses anciennes facultés terrestres qu lui permettaient d’être apte à franchir les sombres régions du serpent Apopis, et de jouir d’une vie sans déclin.

Le rite essentiel pratiqué par l’officiant était l’ouverture de la bouche. Armé de l’herminette nétjerty ou de la baquette magique ouret-hékaopu, il faisait le geste rituel d’écarter les lèvres du défunt, afin de lui rendre le souffle de vie et l’usage de la parole.

Durant cet acte, le « prêtre-lecteur » récitait les litanies du Livre des Respirations.

Les Maisons de Vie

Chaque temple dans son domaine, avec sa raison d’être, la Demeure du dieu sur Terre, possédait une « Maison de Vie » et une bibliothèque.

Il faut constater que les Égyptiens parlaient d’elles sans donner de détails ; c’étaient des institutions encore assez mystérieuses.

D’une façon certaine, nous connaissons leur existence à Memphis, Abydos, Coptos, Esna, Karnak et Tell el-Amarna.

Ces institutions étaient probablement des centres plus ou moins fermés où s’élaborait la science, où les textes étaient étudiés et recopiés par des prêtres et des scribes initiés.

En retranscrivant les vieux manuscrits, en comblant les lacunes, on élaborait les textes sacrés de la théologie et de la liturgie ; on réécrivait à des milliers d’exemplaires des versions de ces œuvres : le Livre des Morts, le Livre des Cavernes, le Livre de la Totalité réunie, le Livre de ce qu’il y a dans la matrice des étoiles, les Litanies de la Demeure d’éternité, les Litanies de Rê qui dévoilent les noms de la Lumière divine, le Livre de la Barque solaire, le Livre de la Vache du Ciel, le Livre des Portes, le Livre de ce qu’il y a dans l’autre monde (l’Amdouat).

On préparait les grimoires magiques, on enseignait l’astronomie, la philosophie, la religion, la médecine, la littérature et les arts.

Quelques-uns des plus beaux textes spirituels ou moraux qui furent retrouvés, sont nés des réflexions et des convictions de scribes et de prêtres obscurs, dont les noms nous restent encore inconnus.

On peut considérer que tout ce qui s’écrivait sur la pierre des temples, sur les parois des tombes, dans les sarcophages, comme tous les textes sur papyrus nécessaires au culte divin, aux cérémonies, les hiéroglyphes décrivant et dévoilant aux initiés ce qui réside dans le Noun, d’où naît toute forme de vie, tous les éléments de la science, de la religion, de la culture, sortaient des « Maisons de Vie ».

Il existait aussi une classe de prêtres plus sélective: les prêtres de la « Demeure d’Or », dans laquelle un art magistral mettait en œuvre le métal précieux considéré comme la « Chair des dieux », dont étaient revêtues les momies royales, où s’opérait l’alliage des métaux pour obtenir l’électrum qui revêtait le pyramidion des obélisques. Là se préparaient les potions magiques, les onguents et les parfums, se réalisait aussi la chimie des pigments servant à la composition des couleurs et s’opérait la reconstitution de pierres précieuses comme le lapis-lazuli, qui servait à l’ornementation des maques funéraires, des amulettes et des bijoux.

Nous pouvons supposer que dans des ateliers, des prêtres-artisans façonnaient les objets sacrés : le diadème seshed où venait se fixer l’Uræus, symbole de protection de la puissance royale ; le collier meânkh, « celui qui donne la vie », l’amulette Oudjat, « qui donne la vie éternelle », tout un art magique qui se pratiquait dans les « Maisons de Vie ».

Conclusion de ce chapitre

En parcourant les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée que, dans ce confluent méditerranéen, l’Égypte pharaonique, fût le berceau d’un souffle porteur d’une vérité fondamentale : le rapport entre les hommes et les dieux est indispensable au maintien de l’harmonie du monde. Cette relation ne pouvait être maintenue que par la célébration des rites cultuels et de la magie héka.

Des savants, des philosophes, des historiens, tels Homère, Platon, Solon, Thalès, Pythagore, Hérodote, ont franchi la mer et se sont rendus dans ces « Écoles de Mystères » pour y recevoir l’enseignement d’une partie de cette science accumulée au cours des millénaires. C’est la que Platon aurait été informé de la légende de l’Atlantide par des prêtres d’Héliopolis. Dans son ouvrage les Aiguptiaka, Manéthon nous donne des informations qui restent une des sources principales de connaissance des mœurs des Égyptiens, Grecs et Romains, passionnés par la science de la religion de cette fabuleuse civilisation, laissèrent des témoignages qui constituent le fonds le plus riche que nous ayons à notre portée pour comprendre l’histoire et la religion de l’Égypte ancienne.

Nous savons aussi par des commentaires de voyageurs grecs qui firent des stages à cette époque en Égypte, que les prêtres et les scribes des « Maisons de Vie » éprouvaient une réticence à divulguer certaines révélations, selon les textes sacrés de la Tradition du passé : « J’ai été initié dans ces Mystères. En vérité je ne le répéterai jamais ce que j’ai entendu. Je ne raconterai à personne ce que j’ai vu ». Livre des Morts

Cette connaissance, relevant de la haute idée qu’ils conçurent de la science, de la religion et de la morale, enseignait le respect de la hiérarchie aux futurs prêtres et fonctionnaires royaux. Les enseignements de Ptahotep, vizir du roi Djedkarê de la V° dynastie, rendus célèbres et utilisés dans les écoles égyptiennes, en sont un témoignage. Des scribes lettrés écrivirent des contes dans le genre des Mille et une Nuits : conte des Deux Frères, conte du naufragé, conte de l’Oasien, conte de Sinouhé, pour ne citer que ceux-là.

Les prêtres de l’Ancienne Égypte étaient-ils des initiés, œuvrant dans les secrets des « Maisons de Vie » où s’élaborait une science: science de l’approchement et l’application (le savoir), science de la réalisation et de l’accomplissement (la connaissance) ?

Nous pouvons reconnaître l’existence d’une élite qui se partageait un savoir et une connaissance.

De ce fait, nous pourrions qualifier cette élite de « cercle d’initiés », dans le sens où ce terme codifiait l’admission à la révélation des mystères de la science de Dieu, de l’univers de l’homme.

Nous sommes en mesure d’affirmer que la mission du corps sacerdotal de l’Ancienne Égypte était de maintenir par la magie du sacré la présence du dieu sur Terre, d’imposer une ligne de conduite permettant d’aspirer à l’immortalité, et également de veiller sur la personne de Pharaon « fils du dieu », garant de l’ordre du monde, tel qu’il fut établi par les dieux (les Netjerou) au commencement de la Création.

L’Égypte était considérée comme la réalité du monde. Pharaon et les prêtres en étaient les magiciens… !

LE GRAND PRÊTRE IMHOTEP A INVENTÉ LA FORMULE CHIMIQUE IL Y A 5000 ANS.

Concepteur et constructeur de la PREMIÈRE PYRAMIDE de l’histoire, la pyramide à degrés à Saqqarah…

Depuis les années 1980, Joseph Davidovits démontre que les pyramides et les temples de l’Ancien Empire égyptien furent construits en calcaire aggloméré, et non pas avec des blocs de calcaire taillés et transportés depuis les carrières.

Ce type de béton de calcaire, avec des coquillages fossilisés, aurait ainsi été moulé ou compacté dans des moules.

Les ouvriers égyptiens ont extrait le matériau dans des carrières de calcaire relativement tendre, puis l’ont désagrégé avec de l’eau, mélangé cette pâte de calcaire à de la chaux et des ingrédients comme l’argile kaolinitique, le limon et le sel natron égyptien (carbonate de sodium) formant des tecto-alumino-silicates (geosynthèse).

La boue de calcaire (incluant les coquillages fossiles) fut transportée dans des paniers puis versée, tassée ou compactée dans des moules (faits de bois, pierre, argile ou brique) placés sur l’aire des pyramides.

Ce calcaire ré-aggloméré, lié in situ par réaction géopolymèrique (appelé ciment géopolymèrique), durcit en blocs de grande résistance.

En 1979, au 2eme Congrès International des Égyptologues, à Grenoble en France, Joseph Davidovits présenta deux conférences.

L’une exposa l’hypothèse que les blocs de pyramide ont été moulés comme du béton, au lieu d’être taillés. Une telle théorie était très dérangeante par rapport à la théorie classique avec ses centaines de milliers d’ouvriers participant à cet effort gigantesque.

La deuxième conférence a souligné que des vases en pierre, fabriqués il y a 5000 ans par des artisans égyptiens, ont été faits en pierre dure synthétique (fait de main d’homme).

Imhotep a conçu et construit la première pyramide de l’histoire humaine, la pyramide à degrés de Saqqarah, la première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu à une organisation fermée de prêtres appelés l’école des mystères “de l’oeil de Horus”, les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

Imhotep, dont le nom signifie “le sage qui vient dans la paix”, occupe une place particulière dans l’histoire.

Il était vénéré en Egypte pendant trois mille ans – c’est-à-dire, de sa propre vie pendant le règne du Roi Djoser jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son père était l’architecte royal Kanofer, sa mère Khreduonkh, une noble héréditaire.

À un âge très jeune, Imhotep entra en prêtrise et commença à vivre au temple d’Annu sur les rivages du Nil – un centre de la science et de la religion, avec une grande bibliothèque. Là, Imhotep apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

Imhotep laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus, le symbole actuel des médecins.

La légende indique qu’Imhotep divisa les cieux en secteurs de 30º, connus aujourd’hui comme les zones du Zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prêtre-scientifique comme Imhotep, pouvant faire les vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial, puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’éternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à Thoth, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé Hermes Trismegistus, trois fois le grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Hermès, le Trois Fois Grand, est une personnalité devenue légendaire, et dont on discute cependant ‘l’existence. Mais son nom est comme un fil d’or dans toute la littérature ésotérique mondiale.

Très importantes sont les paroles gravées au-dessus de la Porte des Lions de Mycène:

« Les Egyptiens descendent du Fils de Toth, Prêtre de l’Atlantide. »

ALCHIMISTE

Les enseignements que l’on retrouve en partie dans la littérature, ont été écrits par Hermès II, fils d’Hermès-Toth.

Hermès II est devenu une figure vivante pour le lecteur moderne, car on peut lire ses discours avec son fils Tat, et son petit-fils Asclépios, c’est-à-dire, le grand Imhotep.

D’Hermès-Toth, on raconte qu’il fut l’arbitre entre les Dieux géants et les Titans, et qu’il fut le conseiller des bons géants qui transmirent la connaissance aux hommes.

Ainsi la légende devint réalité. Ces écrits, si volontiers niés par certains ésotéristes, ne peuvent cependant pas être mal interprétés.

Il y eut un temps où les Fils de la Lumière descendirent, ou chutèrent.

Il y eut un temps où quelques Fils de la Lumière régnèrent sur diverses régions, comme de divins prêtres-rois.

Et il y eut un temps où quelques uns « retournèrent » et où d’autres restèrent en arrière – ces autres dont nous descendons -, nous, chercheurs-âmes.

De ce point de vue, il est compréhensible que tous les Sages de l’ère préchrétienne, soient considérés comme les Ancêtres de la Connaissance divine et de tous ces Enseignements immatériels, et que tous les autres Fils de la Lumière soient leurs descendants.

Les Papyrus égyptiens ne manquent pas de citer son nom, ni celui d’Isis, d’Osiris et d’Horus, avec des annotations très tangibles. Ils entrèrent alors dans l’histoire comme de véritables Messagers d’un Enseignement divin, qui ne peut être compris que par des « dieux » – les Fils de la Lumière restés sur terre.

L’humanité-terrestre les imita et cita leurs enseignements; elle ne désirait cependant pas la « Reddition » ou la Lumière, mais elle voulait être comme ces Dieux; elle n’aspirait pas non plus à une Source originelle, comme étant son Pays d’Origine.

L’Alchymie nous vient d’Hermès-Toth, et a vue le jour en Egypte comme un enseignement originel, dont la médecine – où l’enseignement du Salut de l’âme – est issue. Logiquement donc, le premier Guérisseur fut Asclépios-Imhotep, le petit-fils d’Hermès-Toth, qui puisa son savoir « des livres de son père et de son grand-père, des livres qui étaient descendus du ciel. »

L’ibis est connu comme étant le symbole le plus ancien de l’Alchymie.

L’ibis blanc avec des taches noires était considéré comme étant le plus saint, car il était le symbole de la renaissance.

Il en va de même avec le corbeau noir et la colombe blanche.

La symbolique la plus ancienne remonte toujours à cet Evénement extraordinaire que fut la « descente » des Fils de la Lumière, leur « Retour partiel », et le « Salut » ou la « Renaissance » de ceux qui restèrent.

Ce fut sans doute un Evénement qui changea la face du monde et de l’humanité, et dans le Livre d’Enoch, on peut lire à ce propos:

« ….. après (la descente et la résistance au Créateur), le monde devint différent. »

Dans ce monde devenu différent, nous vivons avec les Souvenances, les Ecrits, le Symbolisme et les Paroles divines qui nous touchent.

Jadis, Hermès fut le Guide de l’Ogdoade – le Saint Huit -, les 4 premiers couples de la création qui devaient ordonner le Chaos.

Même la symbolique des nombres témoigne de ce temps inoubliable.

Hermès-Toth est de temps à autre cité comme étant l’un des Elohims, les Dieux qui créèrent le monde. Ses Pensées sont gravées en hiéroglyphes sur les piliers des temples, dans une écriture à double sens:

L’Ecriture des saints, comportant des symboles pour les Fils de la Lumière, et l’écriture profane.

Après le Déluge, son fils Hermès II, père de Tat, grand-père d’Asclépios, aurait recopié ces hiéroglyphes sur des papyrus. Ainsi nous racontent les traditions. Ces saints papyrus auraient été cachés dans les temples égyptiens, et essentiellement à Memphis.

Ainsi, le Tarot de Memphis est-il un Chemin initiatique, écrit de la main d’Hermès II. Les gravures ont été effectuées d’après les saints Ecrits d’Hermès-Toth, le « Trois Fois Grand ».

Le nom d’Hermès signifie: Médiateur.

Tout comme le nom Chrestos ou Christ, qui signifierait Médiateur, Messager.

Les Papyrus d’Hermès II ont été recopiés par Manéthon, le fameux prêtre égyptien cité par tous les historiens. Ainsi ces Paroles sont-elles parvenues jusqu’à notre époque.

Dans les citations attribuées à Hermès-Toth, nous lisons que l’âme, après qu’elle eut quitté le corps, ne se perd pas dans l’Ame du monde, mais elle continue d’exister en tant qu’âme, pour rendre compte devant le Père de tout ce qu’elle a fait durant sa vie terrestre.

C’est ici également une confession de l’âme, une responsabilité pour ses actes – une confession qui a été imitée par les hommes dans leurs religions. Ces notations sont en accord avec les découvertes modernes sur l’existence post-mortem.

L’âme ne peut pas vivre comme elle le veut, « sans loi », mais elle a un but; elle s’est séparée jadis de son Pays natal, et depuis ces temps-là, elle doit y retourner au travers des expériences de la vie.

Ce qui est divin la purifie, ce qui est satanique la lie au chaos.

En vérité, tout serait si simple si nous n’avions pas érigé cet égo comme quelque chose d’exceptionnel!

Car, une âme repentante souhaiterait-elle faire autre chose que des Choses divines?

En tous cas, lorsqu’une telle âme est torturée par la compréhension?

De la cosmogonie d’Hermès-Toth, nous citons ce qui suit:

« Le soleil relie le ciel et la terre comme un médiateur. Du ciel, il envoie l’essentiel, et la matière terrestre est alors tirée vers le haut. Le soleil est le cœur du char du monde; il donne aux immortels l’Eternité, et à travers sa lumière, il nourrit les immortelles parties de la terre.

Lorsque sa lumière est emprisonnée par la terre, elle stimule la naissance, la métamorphose et la vie. La sphère du penser est fixée à Dieu; l’émotion ou le monde des sens, est fixé à l’intelligence et au soleil.

Pendant son voyage à travers les sphères du penser et de l’émotion, le soleil reçoit sa nourriture de Dieu; c’est l’entrée en action de l’activité créatrice » le véritable Bien.

De plus, autour du soleil, gravitent des sphères dont les dieux sont dépendants, et de ces dieux également, les hommes sont dépendants – mais tout et tous sont dépendants du Dieu. »

Voilà bien une citation hermétique originelle. On y trouve l’ancienne astrologie, le pouvoir des dieux planétaires et leur influence sur la terre, sur le penser et les émotions des hommes.

Au-dessus de tout rayonne le soleil, comme médiateur entre le ciel et la terre, et entre Dieu et sa création.

Evidemment, l’astronome moderne y trouvera un non-sens!

Mais il y a autre chose encore, car bien que la terminologie soit archaïque, l’essentiel a cependant été préservé.

Tout homme ésotérique pourra croire à un « Fils du Soleil », un Mithra, un Chrestos, un Osiris.

Un « Fils du Soleil » est quelqu’un qui, comme le dit Hermès-Toth, a autour de lui des sphères dont les dieux sont dépendants, c’est-à-dire, ceux qui sont en contact direct avec le Fils de la Lumière.

Et d’eux sont dépendants également les hommes-terrestres – oui – toute la terre et sa vie.

A quoi aspire en effet un chercheur spirituel: A redevenir un Fils du Soleil (et pas une imitation des dieux!), un Fils du Soleil ayant un Champ vibratoire autour de lui, champ vibratoire dont les « dieux », ses semblables sont dépendants, jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi, devenus des Fils de la Lumière – et la terre et son humanité, sont dépendantes de leur action, dans sa globalité.

Ainsi, si nous pensons être un Fils de la Lumière, même si c’est à l’état latent, il y aura aussi une responsabilité et une « note à payer », que la terre et son humanité offrent à ce Fils de la Lumière!

La nature n’est pas satanique, c’est le Fils de la Lumière qui apporte ce satanisme.

Ces Fils qui donnèrent à Hodur, le dieu aveugle, une branche de gui pour blesser Baldur, le Fils de la Lumière, dans son point faible.

On peut y penser, lorsque l’on sait que le gui est un remède contre la prolifération anarchique des cellules – le cancer – et contre les maladies héréditaires.

Une cellule cancéreuse est un agresseur dans le système de division cellulaire, dans leur structure et leurs lois: Elle ne désire plus prendre part à cet ordre: elle a un comportement anarchique.

L’Enseignement hermétique est, dans son ensemble, destiné à ceux qui retournent, à celles des âmes qui possèdent encore la possibilité de Choix entre la Lumière et l’obscurité.

« Je me sens tellement isolé tout seul, je ne peux parler avec personne… »

C’est effectivement pourquoi beaucoup d’entre elles parlent ainsi.

En toute logique, de tels hommes-âme ne peuvent « qu’échanger » et « parler » avec des Fils de la Lumière; mais également, et tout aussi logiquement, ils ne sont jamais dociles et dépendants de leurs prochains pour leur « salut ».

Chaque âme tombée est clairement appelée à rendre des comptes.

Personne ne peut alors se cacher derrière autrui!

Il est aussi curieux de voir que des Fils de la Lumière ayant une Souvenance céleste innée, puissent condamner la nature comme étant satanique et détournant l’âme.

N’est-ce pas là un peu vouloir rejeter sa dette sur les autres?

S’il y a quelque chose de satanique, d’anti-divin dans cette création, et même de provoquant, c’est bien le résultat de l’intervention des Fils de la Lumière.

Car selon les paroles d’Hermès:

« La nature temporelle et la Nature Originelle, sont une Unité. »

Dans la première, se trouve une partie de la Divinité.

Dans la seconde, se trouve Dieu, en Totalité.

Seulement dans la première, on peut enlever cette partie de divinité, et ce qui reste alors est mort.

L’Enseignement d’origine hermétique, nous apprend aussi cela: De la Nature Originelle, chuta le 1.

Il peina à travers les 7 phases d’-expériences, puis devint l’Ogdoade, le René, et finalement il fut le 9, le « Trois Fois Grand » (3×3=9), pour aboutir dans la Nature Originelle. (Le 10 n’est rien.)

Asclépios, le petit-fils d’Hermès, dit aussi:

« Le Dieu Créateur a formé le corps humain, comme le monde, à partir des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre, afin que leur combinaison harmonieuse en fasse une belle créature.

Il y mis en plus un Souffle céleste puissant qui provient de l’Esprit divin; et ainsi ce Souffle (Pneuma) reçut-il une petite « demeure » fragile, qui ressemble malgré tout au monde. »

Ainsi l’homme est-il semblable au monde, mais vivifié par une Flamme éternelle, et la marche éternelle des cinq planètes, ainsi que celle du soleil et de la lune – afin que l’être, bien qu’il fut semblable au monde, soit dominé par le même Noyau Divin.

L’axiome hermétique « Ainsi en haut, ainsi en bas » est clairement démontré ici; aussi l’idée hermétique qui dit que l’homme est à l’image du Macrocosme, et que, comme tout dans ce Macrocosme, il possède un « ordre spirituel », selon la quantité de Lumière ou selon l’intelligence qu’il a de cette Lumière, et par lequel toute la création est ordonnée. Ici, on peut se faire une idée de la classification des planètes: Jupiter est « bon » – Saturne est « mauvais » ou inférieur.

On peut ainsi également trouver la base alchymique par laquelle « L’inférieur doit se transmuer en supérieur ».

Ce qui est purement naturel, ne pourra pas devenir divin, mais est et reste dans cette nature.

Connaissez-vous les axiomes de la science hermétique?

Les anciennes idées s’y retrouvent:

Premier axiome: Ce que l’on peut accomplir simplement, ne doit pas être tenté par la voie difficile

Un monde plein de sagesse doit s’ouvrir maintenant devant nous.

Je l’ai déjà dit: C’est si simple! Une âme tombée, jadis divine, a le choix entre la divinité ou le satanisme, qui est de la divinité transmuée.

Si elle éprouve de la repentance ou de la compréhension vis à vis de cet état, qu’est-ce qui la sépare alors de la divinité?

Ne désignons pas encore et de nouveau ici l’égo, pauvre et aveugle, à la vindicte, ou comme étant le grand coupable! L’égo ne fait que suivre celui qui guide, aveuglément.

Il ne possède pas de Lumière en lui-même, il est éclairé comme par transparence; il est éclairé ou bien il est obscurci.

Deuxième axiome:

II n’y a pas de substance qui, sans une longue souffrance, ne puisse être parfaite

La souffrance purifie n’est-ce pas ?

Si elle fait autre chose en nous, c’est qu’il y a quelque chose dans notre intérieur, dans notre âme, qui fait défaut. Une « action » apporte des expériences intenses.

Le plomb qui doit devenir de l’or, devra beaucoup expérimenter.

Troisième axiome:

La nature doit être aidée par l’Art, si sa force est trop faible

L’Art est l’Enseignement à travers l’égo, pour que celui-ci retrouve le bon chemin, et devienne une nature pure, forte et équilibrée.

L’Art est l’Alchymie ;

la Transmutation du Tout.

La nature retourne à la nature, et l’Esprit retourne à l’Esprit.

L’Art et la nature doivent coopérer.

Quatrième axiome:

La nature ne peut rectifier que selon son propre état

La nature est la nature, et elle ne deviendra jamais l’Esprit. La nature ne peut s’identifier à autre chose, elle ne peut que ressembler à cette autre chose.

Ici, je pense à ce splendide exemple du diamant et du saphir : Le diamant est la pierre précieuse la plus élevée; il est, selon son appellation grecque « Adamas », invulnérable.

Mais le saphir peut lui ressembler, lorsqu’on le fond très doucement avec de l’or – le métal le plus élevé – Ainsi le saphir perd-il sa couleur bleue et devient clair comme de l’eau – brillant comme un diamant – mais il reste dans sa structure cristalline (son âme), un saphir. Il ne peut devenir l’autre.

Cinquième axiome:

La nature comprend et conquiert la nature

La nature peut tout entreprendre avec la nature. Il n’y a que l’âme – qui n’est pas de cette nature – qui lui reste incompréhensible.

Et l’on ne peut pas attendre autre chose d’elle. Ainsi, toutes ces méthodes provenant de cette nature, de l’égo, destinées à changer l’âme ou à la renforcer, sont-elles parfaitement inutiles.

Sixième axiome:

Celui qui ne connaît pas la vie, ne connaît pas la nature

Ceux qui ne se connaissent pas, qui ne connaissent ni leur organisme, ni les lois qui régissent leur être naturel, et qui même les repoussent, ceux-là ne vivent pas et n’ont pas alors part au mouvement éternel qui est la Vie.

Septième axiome:

On ne peut arriver d’une extrémité à une autre qu’à travers un médiateur

Le plus Haut et le plus bas ont besoin d’un médiateur pour s’unir l’un à l’autre. L’âme unit Dieu et l’homme. C’est pourquoi l’on doit d’abord être véritablement « homme »: nature – Porteur du mouvement éternel.

Huitième axiome:

Dans l’Alchymie, rien ne peut porter de fruits sans être mort au préalable

Si en nous se trouve encore présent un « petit roi de papier têtu », la Sagesse du Grand Roi ne pourra pas se démontrer.

Plus encore: On ne pourra pas être un prêtre-roi, ni un Hermès, ni un 9.

Le Neuf est le « UN » René; c’est la suffisance purifiée en Sagesse par la souffrance d’un chemin de dures expériences.

Neuvième axiome:

Où les vrais Principes sont absents, les résultats seront imparfaits.

Nous devons nous fonder sur une triple base: Dieu, qui est présent dans l’âme; celle-ci demeure dans une nature modeste et harmonieuse.

Sans ces trois Principes, on ne peut même pas penser à un Chemin spirituel.

Dieu doit demeurer en nous, et pas dans autrui. L’âme doit être clairement présente et vivante, et notre nature doit savoir s’arrêter de s’élever sur elle-même.

Et finalement, comme dixième axiome, une brève sagesse embrassant le tout:

Dixième axiome:

L’Art commence là où la nature arrête son activité

C’est le passage étroit; ici, il y en a beaucoup qui tombent. On considère souvent ce passage comme un début, sans avoir compris l’ensemble des autres axiomes.

L’homme présomptueux lit superficiellement ceci, et il commence par punir la nature, par la torturer, par la mépriser et même par la haïr.

Cependant, ces paroles ne veulent rien dire d’autre que ceci: La nature n’est en mesure d’accomplir que ce qu’elle peut accomplir selon son état – après cela, vient l’Identification avec la Lumière.

Mais avant que cela n’ait lieu, la nature doit être harmonieuse; car toute dysharmonie dans cette nature est un frein dans le processus de l’Art.

Aussi longtemps que nous sommes occupés à observer notre égo avec contrainte, à le traîner ou à le punir, nous serons et resterons des âmes stupides et de pauvres petites gens.

Que pouvons-nous alors parler encore de spiritualité ?

Le miracle de la nature est qu’elle sait transformer.

Le Miracle de l’Esprit, est qu’il s’Identifie.

La nature se perd dans la nature, et devient différente, mais elle reste toujours de la nature.

L’esprit s’adonne à l’Esprit, mais reste Esprit.

L’esprit est individuel – la nature est division : deux forces aveugles par lesquelles elle se transforme sans fin.

Le UN est UN, et à travers chaque nombre travaille la force de ce UN, pour finalement redevenir le Un qui est comme un Neuf.

C’est l’énigme – Et dans le 9, il y a 3 x 3.

D’abord la Lumière, ensuite le Choix, et finalement la Sagesse: 3 – 6 – 9 .

Et ensemble, ils font de nouveau: 3 + 6 + 9 = 9 : l’Ermite, l’Inaltérable, la Lumière de la Lumière, Omniprésent et Indivisible.

Un Mystère en soi. Hermès connaissait ce Secret.

Nous le connaîtrons si nous Le sommes.

Le 9, ce Soleil qui lie ciel et terre, et qui porte en Lui le Message divin, a besoin d’eux, qui lui sont dépendants.

Que cet exposé philosophique soit très proche de la réalité en nous-mêmes :

« Toutes les forces en moi louent le Un et le Tout-puissant, afin que la Gnose devienne Vivante en moi ».

 

SOURCE : le net (merci mon F:. Louis de cet apport)

IbisToth3

Notes sur la Franc Maçonnerie 16 décembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Notes sur la Franc Maçonnerie

décembre 14, 2004

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 24 janvier 2016

Notes sur la Franc Maçonnerie

Notes sur la Franc Maçonnerie considérée en tant qu’école morale par Robert Ambelain

« L’âme véritable de la Franc-maçonnerie se doit dépeindre non pas d’après les hommes enrôlés sous sa bannière, niais bien d’après la Tradition dont elle prétend se prévaloir » (1)

Cette Tradition s’est malheureusement altérée, au cours des âges, ainsi que toute oeuvre d’origine humaine. Et ceci était à peu près inévitable, par suite des réactions normales de ses constituants matériels rien d’autre que de pauvres hommes.

a) Les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, charte inamovible des individus et des nations, à laquelle la Maçonnerie est attachée jusqu’à la mort, ont été trop méconnus, piétinés même, par tous les gouvernements et les partis politiques. Les intérêts particuliers et ceux des castes ou des oligarchies, champignons vénéneux engendrés par l’indéracinable égoïsme, ont été trop longtemps favorisés par les Pouvoirs publics (et cela partout, quels que soient les régimes), au détriment de l’intérêt général. Mais la vraie Maçonnerie s’est toujours élevée contre l’Injustice et l’Intolérance. Elle a voulu, partout et toujours, rétablir l’équilibre rompu. »

Mais parce qu’ils étaient humains, les moyens employés par elle ont été, parfois, amenés à dépasser les limites de cette Sagesse qu’elle prenait pour flambeau. Pour lutter contre la détresse matérielle des gouvernés, contre la misère des humbles, elle est descendue nécessairement sur le plan matériel, sortant ainsi des ambiances toutes spiritualistes de ses hauts aréopages. Elle a ainsi perdu de vue son rôle essentiellement spirituel et son office de médiateur et de conducteur. Dulcificatrice des impatiences du Progrès, elle a parfois été dépassée par les peuples qu’elle s’était engagée à mener vers un mieux-être légitime. Et dans certains cas, elle s’est aussi prêtée aux réalisations partisanes.

Sans doute. Mais cette action était légitime en son essence, sinon en ses modalités. Les hommes qui, dans son sein, ont dirigé la lutte, étaient, pour la plupart, pleins de foi et de bonne volonté. Ils n’avaient qu’un seul objectif, rendons-leur cette justice : le Bien, et le Mieux. Pour cette bonne volonté, pour cette foi en un avenir meilleur, pour cette espérance en une charité plus grande entre les hommes, il faut les absoudre. Même si leur oeuvre, en sa finalité, était condamnable (et cela n’est pas…), la Maçonnerie serait encore innocente, car elle n’a jamais préconisé l’Erreur, mais la Vérité. L’erreur ou les défauts de certains éléments de son clergé, enlèvent-ils à l’Église, révérée par tant de catholiques, une part de son autorité morale et déforment-ils le précieux dépôt qui lui a jadis été confié ? Évidemment non. Nous revendiquons hautement, pour la Franc-maçonnerie, cette même équité.

Contrairement aux affirmations de ses détracteurs, la Maçonnerie n’est pas, en effet, une entreprise de démolition sociale, un organisme gangrené, dont l’activité néfaste propage la maladie dont il est atteint. Nombre de maçons, et non des moindres même (car le cordon ou le sautoir ne font pas l’initié ni l’adepte ; mais bien son propre travail intérieur), peuvent errer. Et le contraire serait étonnant. Beaucoup peuvent agir en vue d’intérêts personnels plus ou moins légitimes. Il est inadmissible de jeter l’interdit sur l’Ordre tout entier, par le fait de brebis galeuses, fussent-elles la majorité, qui s’abritent en ses Temples.

Avant toute autre prérogative morale, le rituel maçonnique assure que le Profane qui frappe à la porte du Temple, est « libre, et de bonnes mœurs ».

De cet affranchissement préalable dont on répond pour lui, en quoi le néophyte est-il redevable ? Que lui doit-il de nouveau au point de vue moral ? Qu’est-ce que cette liberté ?

La liberté négative consiste en la maîtrise de soi-même, en la résorption des entraves matérielles et passionnelles, propres aux esclaves. Aussi en une période d’ascèse active, elle-même génératrice de l’aspect positif de ladite liberté… C’est là la liberté de réalisation. Cette dernière liberté est la véritable au point de vue maçonnique. Liberté de réaliser.

Par le thème que développent ses trois réceptions successives, la Maçonnerie symbolique prétend faire du profane un « nouvel homme ». Elle lui donne une seconde vie, elle le fait renaître. Cette naissance à la lumière spirituelle, consiste à rompre la fringue de ses passions, à briser la chrysalide intellectuelle des préjugés et des erreurs, dont l’âme de la foule ordinaire est trop souvent prisonnière, entravée en son élan vers la Vérité par tant de choses obscures et louches.

L’entrée dans le Temple, telle que le veut sa rituélie, provoque un choc psychologique, le choc de la lumière, brusquement révélée par la chute du bandeau noir. C’est l’éveil sur un plan nouveau. Une nouvelle vision des êtres et des choses.

* **

La Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. La Maçonnerie veut le Vrai essentiel, le Beau en soi, le Bien Suprême. Et cela, sans se préoccuper des contingences engendrées par l’égoïsme des races, des nations, et des individus (compte tenu de la progressivité nécessaire à la stabilité du Cosmos). Elle accepte donc les compromis et les chemins de traverse, mais ceux axés vers le But final qu’elle se propose, et jamais les compromissions et les routes régressives. Ce n’est pas vainement que sa Symbolique donne à l’Orient, où naît la Lumière quotidienne, une telle importance, et ce n’est pas non plus sans motifs profonds que la Lumière personnifie en ses Temples le Bien suprême. La Maçonnerie accepte l’opinion du moment, pour autant qu’elle contient une parcelle de vérité, mais combat l’erreur et I’ignorance. Elle accepte un moindre bien pour aller vers un mieux futur certain.

Et parce qu’elle estime que le Bien, le Vrai, et le Beau essentiels, sont des attributs d’un Absolu qui est irréductible finalement en mode contingent, parce que cette religiosité qu’elle porte en elle est la plus haute forme même de l’esprit religieux, la Maçonnerie se refuse à définir et à limiter en des dogmes et des formules concrètes ce qu’elle entend par le Beau, le Vrai et le Bien. Pour elle, la Beauté et la Bonté sont sans limites dans le Temps ou l’Espace. Et nulle dogmatique ne la peut enfermer. Car, outre la Lumière, son guide est aussi l’Espérance…

Et ceci justifie son apparente indifférence religieuse.

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La Maçonnerie ne tend pas seulement à créer, parmi ses Adeptes, des personnalités à la fois pures et fortes. Mais elle veut encore illuminer les masses dans la mesure du possible, leur faire comprendre ce qu’est réellement la justice, l’équité, le droit et le devoir, et les confirmer dans la liberté par la véritable fraternité, cette « caritas generis humani », jadis évoquée par Cicéron et les Stoïciens.

C’est pourquoi son enseignement est aussi un apostolat, et chez elle, tout converge vers l’action, sans demeurer dans le domaine des individuelles rêveries anagogiques.

Par la science spéculative, elle mène à la science des réalisations et son rêve, c’est de construire le Temple de l’Humanité. Et c’est pourquoi un de ses degrés prend pour devise la triade théologale : « Foi, Espérance, Charité ». Mais qu’est-ce que ces trois vertus, considérées du point de vue maçonnique pur ?

Tout à l’heure, nous prononcions le mot « illuminer ». Dans la langue vulgaire, ceci est synonyme de folie et de chimère. Mais pourtant, il est aussi un autre sens ! Et c’est celui d’éclairer… L’Illuminé doit lui-même être un flambeau.

C’est pourquoi la Foi maçonnique n’est pas cette croyance étroite par laquelle l’ignorant s’incline devant un dogme indéfinissable. La Foi maçonnique, c’est la transfiguration de la pensée, la sublimation de l’entendement. Ce n’est pas le credo héroïque ou paresseux du charbonnier de la légende, c’est le credo plein de lumière de la science discursive et intuitive, qui déclare : « je sens, je vois, je sais, et pour cela, je crois… »

L’Espérance, ce n’est pas cette aspiration béate vers une aide problématique et souvent imméritée, vers une récompense gratuite, inadéquate à l’effort déployé pour la conquérir. C’est l’essor de tout l’être vers les sommets de la Beauté et de la Justice.

La Charité, ce n’est pas l’amour égoïste d’un Bien conçu comme un bien-être dont on veut jouir. C’est l’Amour désintéressé, d’un suprême Idéal de Bonté, de Miséricorde et de Paix générale et non pour un seul être, mais bien pour l’universalité des Êtres…

Et ces trois vertus sont une seule et même chose, considérées sous trois aspects différents, par suite de la triplicité humaine.

C’est la Volonté, purifiée de tout alliage bâtard, la Raison, magnifiée et rendue subtile comme une lame d’épée, c’est le Coeur, élargi jusqu’au sacrifice par la Conscience illuminée… (1)

* **

Le vrai travail du Franc-maçon doit donc être totalement désintéressé, et accompli sous l’angle du Devoir. Le Franc-maçon, en effet, ne revendique pas ses droits personnels d’homme libre et franc, sinon pour accomplir ce devoir. Car il sait bien que ses droits sont relatifs et limités, mais que son devoir est absolu et sans bornes. Aussi, le Franc-maçon doit se considérer connue un apôtre, un chef missionné parmi les élites, car il doit tendre à devenir, et il doit devenir, à la fois un initié, un illuminé, un homme de coeur, de science et aussi d’action.

Conçoit-on maintenant, à la lueur de ces quelques éclaircissements sur le véritable aspect intérieur de la Franc-maçonnerie, que cette vaste association est, en son principe, autre chose qu’une banale association d’entraide, qu’une fraternité de goûts et d’opinions, et surtout qu’un moyen honteux d’accaparer la matérialité sordide ?

Il se peut que le Grand Oeuvre qu’elle s’est imposé doive écarter de sa route certains obstacles, irréductiblement figés en une permanente hostilité. Il se peut que telles dogmatiques intransigeantes tentent de lui arracher des mains tous ses moyens. Impassible comme l’immanente Justice qui l’a missionnée, la Franc-maçonnerie Universelle se doit de briser ces obstacles sans haine comme sans faiblesse.

La grandeur surhumaine de sa tâche lui impose ce masque d’effrayante impassibilité qui a fait, si souvent, qu’on a reproché à la Maçonnerie de prêcher tels principes et d’en appliquer tels autres. Mais cette terrible puissance, elle se doit à elle-même, à la hauteur vertigineuse d’où elle émane, à la noblesse du Principe qui la suscita, de ne le mettre en action qu’avec discernement et équité.

Eggrégore de toutes les hautes spiritualités humaines, collectif de ce que l’Humanité totale compte de plus noble, de plus pur et de plus désintéressé en ses naturelles aspirations, la franc-maçonnerie se doit encore à elle-même de veiller à ce que nulle sanie étrangère ne vienne perturber sa propre eurythmie. Et, conséquence inéluctable, elle ne peut par conséquent ouvrir ses Temples à tous les désirs, à toutes les ambitions, et faire sienne n’importe quelles personnalités. Élite constitutive des élites, athanor en perpétuelle élaboration, la Franc-maçonnerie doit donc avant tout mettre en pratique sa vieille devise « Ordo ab Chao », au sein même de ses Ateliers, de ses Chapitres, et de ses Aréopages. C’est dire que la bonne volonté profane ne suffit pas pour justifier et motiver l’ouverture de ses Temples. Bien au contraire, elle doit exiger plus qu’elle n’est à même de donner. Ce faisant, la Franc-maçonnerie se montrera digne de la confiance que mirent jadis en elle les Illuminés qui présidèrent à sa genèse ; elle sera ainsi en possession de tous les moyens pour réaliser cet idéal de Justice, de Bonheur et de Fraternité, auquel elle a, depuis bientôt deux siècles, convié les Hommes.

Notes sur la Franc Maçonnerie par Robert Ambelain, Le Martinisme pp 142-145.

Notes :

(1) Nous empruntons ces définitions magistrales à l’ouvrage (épuisé) de C. Chevillon « Le vrai visage de la Franc-maçonnerie ».

(1) Le lecteur profane appréciera comme il se doit cette magnifique définition de la vraie maçonnerie due au profond penseur et au chrétien convaincu que fut C. Chevillon.

Source : l’excellent site https://www.esoblogs.net/

https://www.esoblogs.net/wp-content/uploads/2012/09/EzoOccultlogo105.png

L’humanisme maçonnique prêt à s’enrichir de l’écologie ? 12 juillet, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’humanisme maçonnique prêt à s’enrichir de l’écologie ?

Par

Jacques Fontaine

 
citations-ecologie

La Franc-maçonnerie est sans doute un des fleurons de la pensée démocratique. Elle conjugue, en effet, à la fois, les deux composantes naturelles de l’être humain : la compétition et la coopération., telles que l’éthologie, cette science naissante, l’observe. Selon les époques, les lieux ces deux manières se mêlent.
Les chantres philosophes du vivre ensemble ménagèrent les chemins du respect de l’autre en son corps, ses opinions et ses actes, s’ils ne nuisent pas au bonheur de l’autre (on disait avant : « au bien commun) En cela, pour moi, .la fraternité est le point d’orgue de la réalisation du bonheur social et individuel. Ne sait-on pas, c’est bien démontré, que la gratitude, par exemple dire « merci » enrichit le destinataire mais aussi le locuteur. C’est le germe de cette fraternité prôné par notre Ordre. Nous allons voir que cette orientation fraternelle peut s’élargir à l’appréhension de l’environnement naturel ; désormais ancré dans l’écologie.
La Franc-maçonnerie est un des mouvements les plus porteurs des avancées sociales. Elle nous entraîne à la fois, dans le siècle avec l’action dans la société et dans la permanence avec la descente en soi, le lien avec les autres Elle est intemporelle dans ses soubassements. C’est ainsi que depuis 2002, s’expriment presque toutes les obédiences de style français. L’approche spirituelle promeut à la fois l’introspection, la fraternité et l’action dans le monde profane. Cette spiritualité est-elle en mesure de mieux intégrer en chacun la dimension écologique ?

Un moment d’abord sur l’évolution du regard humains sur lui-même et, le cas échant sur la nature autre. En réponse aux peurs inhérentes à notre espèce, nous avons développé les protections pour se nourrir, se reproduire, se vêtir et avoir un toit. Comment firent-nous ? Baignés dans la nature ou en repli sur soi ?
La réponse fut longtemps :la terre est une mère nourricière. Il suffit de l’exploiter (le mot est emblématique. Elle est à nous ! Mais, comme le bébé trop goulu, nous voulons toujours en avoir plus. Nous devenons tyranniques avec notre mère-nature. Cette hystérie de l’avoir est devenue insupportable. Sait-on que, chaque jour, 15 000 petits enfants meurent de faim ou de malnutrition. ? Sans que les gavés que nous sommes n’y fassent pas grand-chose. L’écologie ? Qu’elle se mette en sourdine !
Pour accompagner l’espèce dans cette nécessité inconsciente il fut nécessaire de légitimer la place de l’humain. Il devint tout de suite le SEIGNEUR sur Terre. Les religions et autres croyances mettent au centre de leur entrelacs mystique et soumettant, l’humain, rien que lui ! Sauf quelques animismes et le jainisme¨, spontanément écologistes. Sinon, l’homo dit sapiens , à ses yeux, règne sans partage : c’est ainsi qu’au lieu d’ »enlever les plantes inutiles », « on arrache les mauvaises herbes » !
Et cela n’a pas changé jusqu’à une époque récente. Bien sûr il y a des exceptions ; elles sont rares .les humains considérèrent la nature leur est donnée, pour eux seuls ; dans l’oubli voire le mépris de milliards de milliards de vivants. Pas un paragraphe dans les textes sacrés, mystique, initiatiques sur l’araignée, le buffle ou le vers. Quelques-uns d’entre nous ont des lunettes plus appropriées mais la majorité des terriens sirotent la vie dans leur royaume humanoïde. Avec les délices d’une nature à leur service
Résultat actuel : ; La nature ne peut plus sur un an, renouveler les ressources nécessaires à la survie de notre espèce. En juillet, le décompte s’arrête !

Au XVIIIème siècle , le regard sur la nature évolua enfin. Pour les fameuses Lumières, il faisait bon aller se recueillir, à cheminer sous les arbres centenaires, à goûter des vallons et les collines boisées comme des spectacles naturels. Aujourd’hui, on affirme toujours que rien ne vaut une promenade dans la nature, le silence, rehaussé par le gazouillis des oiseaux. L’humanisme se résume au délices d’être dans la nature, surtout pas à celui d’être la nature Presque tous sommes atteints par un virus,, l’anthropocentrisme. Tout tourne autour de nous. Et nous est soumis.

Sommes-nous enfin sortis de cet anthropocentrisme canaille qui donne bonne conscience. Pas du tout ! Nous ne cessons de détruire, abattre, tuer en humanistes convaincus.: On pourrait le rêver depuis qu’une nouvelle étape a été franchie, il y a quelques décennies avec la naissance véritable de l’écologie. Le vrai problème, , c’est la prolifération des humanimaux. Mais en bons humanistes, c’est le seigneur qui importe. En réalité, le seigneur est devenu, à l’échelle planétaire, le SAIGNEUR. Il fait couler ses eaux sales, la sève des arbres sacrifiés, le sang des bêtes d’abattoir, en restant noble sur ses principes humanistes anthropocentristes. Pendant que 3 millions de requins sont rejetés à la mer, l’aileron coupé, pour satisfaire des caprices Certains humanistes ont effectué leur mue, ils se révoltent de plus en plus contre les cruelles conditions d’élevage des animaux nourriciers. À ce propos, j’entends le combat pour que survivent les abeilles. Mais pourquoi, celui-ci plutôt que les frelons ou les bourdons ? Mais, anthropocentrisme oblige, parce qu’elles nous fournissent le miel. Et que c’est bon !

Les valeurs humanistes, notamment celles défendues par la Franc-maçonnerie, ne touchent jamais la préservation de la nature. Mais on peut espérer peut-être. Examinons ce qui se passe dans le monde : de plus en plus, nous voyons se lever ceux et celles qui veulent vivre différemment leur relation au monde. A la différence de leurs semblables, piégés dans l’hypercapitalisme. Car, je n’en doute pas un instant : le mode de vie économique triomphant à notre époque est intriqué, indissolublement, avec la protection de notre environnement naturel. Voici donc une double exigence pour l’humain de demain. Réformer l’économie en tissant de nouveaux liens écologiques.
Tant que nous serons des asservis par l’avoir et le paraître, nous laisserons mourir le manchot du cap, dans les affres établies par l’hyper capitalisme. Si nous n’acceptons pas dans nos méninges notre cœur et notre corps que nous sommes une espèce d’animal avec ses singularités si périlleuses comme la conscience et la raison., la métamorphose ne se fera pas. 
Il nous faut donc désormais changer le système humain et sa relation à la nature. Je dis et redis qu’il s’agit de l’attelage des deux chevaux qui galopent dans un éco-système régénéré.

Ci et là, les essais voient le jour, les quelques milliers de communautés, les associations de défense de l’environnement, les réseaux sociaux écologiques …déjà des jeunes inventent d’autres manières de vivre ; Ils gardent la moelle de notre humanisme mais le recycle avec un regard circulaire sur l’ensemble de la nature qui les entourent et dont ils se sentent faire partie. Des mouvements telle l’anarchie verte dont je me réclame esquissent sans doute un futur qui tienne vraiment compte de nos données effrayantes actuelles ;

Alors que les Francs-maçons retiennent-ils de l’écologie, avec leur humanisme si solide s et si bien ancré dans leur tête et leur cœur ? Rien, ! Ce n’est pas leur propos, sauf dans des planches. Mais nous sommes gens de fort bonne volonté. A nous de devenir écosophes, au risque, diront certains, de se noyer dans l’écologisme. A savoir, soucieux d’intégrer en permanence le facteur naturel. Prend-on une décision d’ordre économique, politique, culturel, sociétale… ? Comment procéder pour la rendre conforme à la préservation de la planète
Je songe donc, pour les Maçons, s’ils ne veulent être largués dans les fosses de l’histoire, à une reconversion. Ils en ont et la matière première, leurs valeurs ; les moyens, l’ initiation avec en ligne de mire « une spiritualité pour agir » ; et leur aspiration à plus de bonheur sur terre, désormais, prise dans toutes ses composantes.
Les valeurs maçonniques sont nourricières et d’embrassades larges. Un pays en a décliné trois, maintes fois reprises dans nos déclarations et nos rituels. Liberté, égalité, fraternité. Mais c’est tout à fait cela pour le vivant , pour tous: liberté de croître et de mourir ; égalité des chances dans son écosystème et fraternité à l’instar des bonobos, eux qui règlent leurs conflits par l’affection.

Soyons plus qu’humanistes au petit pied. Le vivant n’attend rien de nous mais nous lui devons tout, entre autres, ce que nous sommes. Offrons-lui, en parfait biopjhile, le respect de la vie sous toutes ses formes ; certains humains ont connu cet état d’esprit Je songe à François d’Assise, à mes yeux, le parfait franc-maçon ; aussi à un autre : je laisse le soin Frédéric Lenoir de le citer, pour terminer :
« “c’est une véritable révolution copernicienne de la conscience morale qu’instaure Spinoza: la vraie morale ne consiste plus à chercher à suivre des règles extérieures, mais à comprendre les lois de la nature universelles et de notre nature singulière afin d’augmenter notre puissance et notre joie…et c’est ainsi que nous serons le plus utile aux autres”.

Jacques Fontaine

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/16/lhumanisme-maconnique-pret-a-senrichir-de-lecologie/?fbclid=IwAR0rwJ4d9L7CW6wte_Xn0JO49tRpOquS9LQtO0F0RH1l-xJR08IbIQ_8dxA

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