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Le Mystère des Egrégores 7 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Voici une planche provenant de la loge maçonnique « Stella Maris » – Grande Loge de France à l’orient de Marseille sur cette communion indescriptible  des âmes et de l’esprit… « Le Mystère des Egrégores« …

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Une planche d’un frère Georges, passé à l’orient éternel en 2009… Merci à lui pour ce magnifique moment !

« Si nous n’étions pas inscrits:, dans une tradition orale, et en train de rédiger un texte qui serait destiné à être publié, je mettrais volontiers en exergue, en haut et à droite, en petites lettres, la phrase liminaire suivante : « Ne t’empresse pas d’appeler sottise ce qui TE paraît insensé. Médites, réfléchis, et fais en ton profit, dans ton propre espace de liberté intérieure. »

Et c’est parce que nous allons parler là de notions qui touchent au plus profonde des sociétés humaines, de notions touchant à la fois à ce que l’on a pu appeler la Magie, l’Alchimie des âmes, l’Occultisme, le fonctionnement des groupements humains, à la psychologie et à la psychanalyse. Des notions qui peuvent nous troubler, car elles peuvent porter atteinte à l’une de nos fiertés, voire de nos prétentions, celle d’une prétendue totale et absolue liberté personnelle.

Bien sûr, nous sommes dans une société marquée au sceau du rationalisme. Mais pour justifier mon exergue, qui fait appel à notre sentiment d’ignorance devant certains événements, je vous demande un instant d’imaginer les réactions de l’Homme-Jésus, de Charlemagne ou de François 1er, si on leur avait parlé de rayons. X, de fission de l’atome, ou de se promener sur la lune..

On a quelquefois I’occasion de noter que l’homme peut se faire lui-même l’artisan de` son propre malheur. C’est bien mon cas ayant choisi ce thème, centré sur un mot qui nous est familier, et qui pourtant n’existe pas dans la langue française. Actuellement seul le Larousse en 15 volumes le mentionne, suivi d’un article particulièrement succinct. Littré et Robert l’ignorent. D’où l’absence quasi totale de documentation et de référence sur le sujet, sur un mot que nous, maçons, utilisons assez souvent, connaissons bien, ou croyons connaître, mais sans nous être penchés cependant sur sa signification profonde, ni sur ses origines. C’est pourquoi j’ai introduit le mot mystère dans le titre de mon propos.

Tentons, malgré tout, d’en donner une définition : un égrégore est un être collectif autonome, composé d’une multitude d’influences qui s’unissent autour d’un centre commun. II pourrait se trouver que lorsque plusieurs personnes s’unissent autour d’une idée, ou d’un principe, elles enfantent un être collectif intelligent, qui va par la suite devenir indépendant, menant une vie propre. Il serait alors la somme des énergies psychiques émises par chacun des membres ayant participé à son émergence, voire à sa multiplication. L’ensemble de ces mouvements vibratoires pourrait exercer, en retour, en vertu du principe action-réaction, une puissante influence sur les composants du groupe, qui peut être fort différente de la psyché de chacun. Le total ne serait pas la somme des membres composants….   .

Un egregore est une « forme-pensée », ou « idée force » de qualité neutre, comme une coquille vide, qui se colore et se remplit des intentions du groupe, pour le meilleur ou pour le pire. Selon la qualité vibratoire et le but de ses membres fondateurs, l’égrégore les enchaînera à leurs croyances limitatives, ou tout au contraire, pourra dynamiser leur potentiel créateur et les déliera de toutes influences extérieures, élargissant ainsi leur  espace de liberté.

Penchons-nous un instant sur l’origine de ce mot, elle aussi bien mystérieuse. Son sens originel est biblique, mais il semble être le résultat d’une suite d’erreurs de traductions. On en trouve trace dans la littérature apocalyptique hébraïque, tout particulièrement dans le Livre d’Hénoch, sous la signification de veilleur, ou éveillé, en grec egregoroî, en latine egregori, d’où le néologisme français d’égrégore. Dans la tradition hébraïque primordiale, ces veilleurs, sorte d’anges, sont des entités, intermédiaires directs et indispensables, entre Dieu et les hommes. L’essentiel de leur action aurait été la fécondation des femmes, afin que soit entretenue chez les humains la parcelle divine. Ainsi, la transmission génétique aurait été déjà connue, et le sexe des anges plus à discuter

En fait, l’utilisation actuelle de ce terme, nous la devons à Stanislas de Gaîta, qui fut le premier à l’utiliser dans son acception d’entité occulte, c’est à dire d’Être caché, d’Être non visible.

Il convient de souligner, mystère supplémentaire, que ce mot n’est utilisé qu’en français. Dans toutes les autres langues, le concept occultiste ou psychologique, quand il existe, ne porte aucun nom particulier. Enfin, c’est en France, et rien qu’en France, que ce concept et ce mot sont introduits en Franc Maçonnerie.

Partons maintenant sur les traces littéraires de ce mot, à travers la pensée de quelques auteurs.

Et revenons un instant à S: de Gaîta, `poète *et occultiste de la fin du 19eme, qui nous en parle en terme de vivante synthèse, résultat du groupement de plusieurs individualités. Quoique non maçon, il évoque aussi l’importance de la chaîne magique, ou chaîne d’union, en F.M.. Gaïta, peu avant sa mort précoce, transmet des écrits à son secrétaire, qui n’est autre que notre ami Oswald Wirth, à charge pour lui d’en poursuivre la rédaction. C’est bien Wirth qui introduit le mot en F.M., suivi par Marius Lepage, relayé par Jules Boucher.

Ce que ces auteurs ont en commun, c’est leur conception de cette notion d’égrégore: Ce n’est pas une création spirituelle, mais une forme d’énergie résultant de la sommation des fractions énergétique de même signe, issues des individus d’une collectivité humaine. Le concept n’est donc pas du tout métaphysique, on le voit, mais plutôt d’ordre physique, pourrais je dire.

René Guenon, quant à lui, nous en parle bien différemment dans ses Aperçus sur l’Initiation. Ce sont des forces d’ordre subtil, nous dit il, constitués par les efforts de tout les membres passés et présents.

Avec le mot « membres passés », il introduit là une nouvelle dimension au concept. Il ajoute que lorsqu’il s’agit d’une collectivité appartenant à une forme traditionnelle authentique et régulière, ce qui est notamment le cas des collectivités religieuses ou spiritualistes accomplissant certains rites, un autre type d’entité collective peut se former. Il peut y avoir en outre intervention d’un élément véritablement non humain, une influence spirituelle extérieure. Guenon parle là d’un type d’égrégore spiritualisé. Il dit que cette influence peut se fixer sur un support matériel, objet ou lieu, par exemple, et donner lieu à des manifestations sensibles, comme celles que raconte la Bible au sujet de l’Arche d’Alliance ou du Temple de Salomon. D’après lui, les miracles de toutes les religions résulteraient de pareilles matérialisations réalisées an des lieux de pèlerinage, ces objets ou ces lieux jouant le rôle de condensateur. Il y a là, nous dit il, une constitution du groupe comparable à celle d’un être vivant, avec un corps qui est le support dont il s’agit, une âme qui est la force collective, et un esprit qui- est naturellement l’influence spirituelle agissante extérieurement par le moyen des deux autres.

Un autre type de recherche s’est penché sur ce phénomène. Ce sont les philosophes et les sociologues. Citons principalement Gustave Le Bon, Durckheim; et Gurvitch, qui tous constatent et analysent ce phénomène, en des termes bien proches, mais bien sûr sans en envisager son éventuelle prolongation spirituelle ou métaphysique. Il y a pour eux dans la vie sociale différents paliers qui correspondent aux diverses formes de sociabilité : la masse, la communauté et la communion, en allant de la couche la plus superficielle à la plus profonde, la communion représentant le degré maximum de fusion des consciences.

Dans le monde moderne, lorsque la psychologie sociale se penche sur l’entreprise, elle crée le mot synergie, qui qualifie bien le même concept, l’union des volontés vers- une finalité commune, synergie plus ou moins puissante suivant le degré de cohésion des membres du groupe.

Enfin, sur ce sujet, comment éviter de citer une fois de plus l’incontournable Carl Gustav Jung ? Avec ses travaux sur les symboles, sur les mythes, sur l’inconscient, sur la psychologie des profondeurs, il aboutit à la notion d’un inconscient collectif. Une sorte d’héritage culturel de nos ancêtres, une sorte de résumé des expériences intérieures de l’Humain.

Nous expliquant peut-être ainsi pourquoi Guenon nous disait tout à l’heure l’influence des membres passés d’un groupe sur les caractéristiques de son propre égrégore.

Sur cette influence des membres passés d’un égrégore, je voulais dire que de ce fait, cet égrégore, entité psychique autonome, peut survivre quelque temps encore, voire fort longtemps, à la disparition du groupement humain qui l’a créé et supporté. C’est comme un nuage d’idées, qui avant que de s’éteindre et se dissoudre, parcourrait le monde à la recherche d’un nouveau groupe qui le revivifierait, comme un essaim d’abeilles à la recherche d’un nouveau gîte..

C’est pourquoi l`histoire voit en permanence resurgir quelques mouvements, qui, quoique démantelés, ont une tendance spontanée à se restructurer, à se réanimer, qu’il s’agisse de vieux démons, tel le nazisme, ou de mouvement spiritualiste se référant, par exemple, à la force psychique formidable que nous ont laissés quelques prêtres de l’Égypte antique, qui fascine encore nombre d’entre nous, au point d’influencer encore certains rituels et pratiques.

Tout comme s’il s’agissait d’un phénomène vibratoire, on peut imaginer que plus la vibration initiale : a été intense, plus la durée de vie d’un égrégore est grande. Mais comme tout mouvement vibratoire, le mouvement universel n’existant pas en l’état.: de nos connaissances, sauf à recourir au divin, vient le moment de l’entretien des forces. II ne me semble pas, personnellement, y avoir de différence fondamentale de fonctionnement entre l’ordre du physique et l’ordre du psychique. Plus il est alimenté, plus son rayonnement s’étend. En contrepartie, moins il est nourri et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégores naissent, se développent, puis s’anémient et meurent, ou tout au contraire se fortifient et se pérennisent, en traversant le temps.

Nous comprenons donc maintenant que nous sommes entourés d’égrégores, multiples et multiformes. Je me garderais bien d’en vouloir dresser un catalogue. Je vous invite, tout au contraire, à les découvrir autour de vous, portant vos regards curieux à cet égard sur l’espèce, puisque rien qui soit humain ne nous est étranger. Je vous invite aussi à les ranger dans des catégories de qualité, telles que nous les, avons définies précédemment.

Celles relevant de la masse, celles dépendantes de la communauté, et enfin celles du stade de la communion.

Mais nous devons aussi distinguer, une deuxième classification qui s’y superpose. Trois types supplémentaires me semblent à décrire

Les egregores neutres, qui n’ont que peu d’influence sur la psyché humaine. Ils ne propulsent ni vers les tréfonds de la matière, ni vers les sommets de l’esprit. Ils sont peu visibles, et nécessitent une certaine vigilance pour être identifiés. Les égrégores nocifs et maléfiques, (évidemment un jugement subjectif de ma part!), à l’opposé, manipulateurs et limitatifs. D’esprit profondément matérialiste, dissimulés sous certains masques, ils aliènent, enferment, retiennent et séparent.

Ils s’efforcent, consciemment ou pas, de s’opposer au processus de l’évolution, telle que nous l’entendons nous, au sens social, matériel et spirituel.

Les egregores féconds, ou bénéfiques, qui tentent d’ouvrir à des états de conscience trans-personnels, essayant d’être des manœuvres, ou peut être prétentieusement des ouvriers, plus ou moins qualifiés,, de l’Entreprise-Evolution, telle que, peut être utopiquement, bien sûr, nous la concevons.

C’est donc un amusant et fructueux safari-egregore que je vous propose, allant de l’opinion publique, le plus bas de l’échelle, en passant par la famille et le couple, les équipes sportives, leurs clubs de supporters, le régionalisme, le nationalisme, le mondialisme, les sectes, le monde du travail et le syndicalisme, les églises, les partis politiques, bref, tout le paysage géo-psycho-politique, à passer en revue au crible de cette étrange et je le redis, mystérieuse force associative douée de mémoire et d’une vie autonome.

Il est peut être temps maintenant, à la lumière de ces quelques réflexions générales, de consacrer quelques instants à notre propre egregore maçonnique.

L’Esprit de la Franc Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme spéculative, avait déjà un long passé avant que d’être réactivée au début du 18eme siècle. La Maçonnerie actuelle n’est jamais, soyons en bien conscient, qu’un sous-egregore, infiniment plus ancien, remontant peut être au début même de la conscience humaine, et dont le mécanisme de re-creation, je dirais de ré-incarnation, a été précédemment décrit. Le nuage d’idées, dans sa personnalité propre a retrouvé, au début du 18ème siècle, un groupement humain pour l’accueillir à nouveau. Remontons le temps les corporations,, les opératifs, les bâtisseurs de cathédrales, Salomon, Hiram, les Fondements bibliques, les Égyptiens, et tout ce qui avait tenu place -fondamentale auparavant, sans que-nous ne le sachions vraiment. Peut-être l’idée force serait la quête du Beau, au sens extra plastique et extra artistique, bien plus largement entendu au sens rituélique du terme, selon cette réplique phrase » Que la Beauté l’orne « . II me semble évident que nous sommes l’émanation d’un égrégore originel dont nous connaissons bien peu de choses, mais dont l’existence probable nous envahit.

Dans la classification que j’ai proposé, j’ai la faiblesse, la fierté et la prétention de croire que nous ressortons du domaine de la catégorie Communion. Communion qui dans sa racine latine signifie « communauté de fidèles ». Mais fidèles à quoi ? Voyons donc :… mais c’est bien sûr ! … , à l’article premier de notre Constitution, sur lequel, main dégantée et posée, nous avons tous ici souscrit et juré !

Que nous propose-t-il ? J’éviterai la répétition de sa lecture ! Rien qui ne soit conforme aux principes de l’Évolution rêvée : paix liberté, fraternité amour, force sagesse, conscience liberté, respect et tolérance.

C’est pourquoi je prends le risque de nous ranger dans les égrégores féconds.

Mais c’est là un égrégore obédientiel, celui de la Grande Loge de France, entièrement dévolue au Rite Écossais Ancien et Accepté. D’autres rites et obédiences ont certainement sur ce sujet, les mêmes valeurs et la même puissance associative immémoriale.

La GLDF étant une fédération de loges, passons donc à ses membres, et son unité de base, à savoir la Loge, lieu où j’ai ce soir le plaisir de parler quelques instants.. Voilà bien un groupement modèle réduit, fondu à la fois dans l’obédience et dans l’égrégore maçonnique en général. Comme une espèce de famille, où tout est ressenti plus intensément, sur les trois plans matériel, intellectuel, et spirituel, pour des raisons de perception plus facile, dans la proximité, selon le mot à la mode.

Mais aussi pour une autre raison. La Loge est la seule détentrice du pouvoir spirituel, qui peut sembler de ce fait issu de son propre égrégore, celui auquel nous nous rallions en priorité. Fait fondamental, elle seule, la Loge, pas le Vénérable Maître, pas l’inspecteur, pas le Conseil Fédéral, pas même le Grand Maître lui même, ne peut s’y substituer. Seule la Loge, entité spirituelle, et de ce fait son propre égrégore, ont le pouvoir de transmettre une Lumière. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de la qualifier de corps spirituel.

C’est aussi ce lieu unique qui nous confronte à notre ciment, à savoir le rituel, rappel permanent des principes de notre engagement, et moteur principal de la pérennité de cet égrégore.

Chaque Loge a son propre égrégore, une  base commune à toutes, et une personnalisation. Nous l’avons bien vu, il y a quelques jours, réunissant nos trois loges filles, fruit de nos essaimages..

Et c’est bien, ces variations autour d’un même thème, puisqu’elle ne nuisent pas à l’égrégore maçonnique global, cultivant ainsi une certaine diversité, un certain degré d’originalité novatrice, même si elles sollicitent quelque fois une modeste tolérance.

J’aime la forme variation en musique, je l’aime aussi en maçonnerie ! Sur la toge et son fonctionnement psycho-spirituel, une dernière interrogation, me vient, à la lecture d’une traduction anglaise des textes apocryphes des manuscrits de la mer Morte.

Fort justement, Jésus y décrit le ternaire de la personnalité humaine, sous la forme d’une image. Il y compare le corps de l’Homme à un char, son cœur à un cheval, le cocher étant son esprit. Mais le manuscrit se garde de désigner qui est cet Esprit. Le moment n’est pas ce, soir de parler de l’espace de tolérance et de liberté que représente le Rite Ecossais Ancien et Accepté, mais nous disons, nous, que c’est le Grand Architecte de l’Univers. Fiers que nous sommes de nos principes de libertés individuelles, nous nous. targuons de nos structures démocratiques rigoureuses, empêchant la survenue d’un potentat-gourou. Je souris à l’idée suivante : « et si l’égrégore, produit de vous tous et devenu de ce fait entité psychique indépendante, et si cet égrégore était ce gourou tant redouté ? Coiffé d’un chapeau melon, ce serait le cocher du char dont nous parlions, et ma foi, je me serais alors laissé, pendant tant d’années, et me laisserais volontiers conduire encore quelque temps, sans avoir le sentiment d’avoir perdu, NI le sens de l’itinéraire, NI ma liberté personnelle.

J’ai conscience d’avoir trop parlé: sur un mot qui n’existe pas, et peut être passé pour un doux- rêveur.

Mais par extension utopique, relisant le considérant premier de la déclaration des-. Droits de l’Homme de 1948, je vois cette expression : « Considérant que le respect de la dignité à tout les membres de la famille humaine, etc… » on en connaît la suite… C’est bien la première fois qu’apparaît dans un texte officiel la notion d’entité familiale humaine.

Ayant cité la famille comme un exemple d’égrégore possible, nous pouvons penser, souhaiter et rêver qu’apparaisse un jour un égrégore mondialiste et universel, n’en déplaise à quelque nouveau José Bové de l’Esprit, un égrégore à la fois fécond et communiel, selon les classifications que je vous ai proposées, et pour le plus grand bonheur de tous, au point Oméga de Teilhard de Chardin, dont vous savez qu’il m’est si cher.

Mais alors, la Franc Maçonnerie aura rempli sa part de la tâche globale, enfin achevée, et n’aura plus de raison d’être !

Compte tenu de mon espérance de vie, je pense, hélas, et heureusement par ailleurs, vous rencontrer encore longtemps, jusqu’au bout de mon chemin. »

Lien : http://www.stella-maris-gldf.com/gldf/index.php?option=com_content&view=article&id=120:egregores&catid=34:planchesarchitecturepublic&Itemid=15

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Notes sur la Franc Maçonnerie 16 décembre, 2020

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Notes sur la Franc Maçonnerie

décembre 14, 2004

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 24 janvier 2016

Notes sur la Franc Maçonnerie

Notes sur la Franc Maçonnerie considérée en tant qu’école morale par Robert Ambelain

« L’âme véritable de la Franc-maçonnerie se doit dépeindre non pas d’après les hommes enrôlés sous sa bannière, niais bien d’après la Tradition dont elle prétend se prévaloir » (1)

Cette Tradition s’est malheureusement altérée, au cours des âges, ainsi que toute oeuvre d’origine humaine. Et ceci était à peu près inévitable, par suite des réactions normales de ses constituants matériels rien d’autre que de pauvres hommes.

a) Les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, charte inamovible des individus et des nations, à laquelle la Maçonnerie est attachée jusqu’à la mort, ont été trop méconnus, piétinés même, par tous les gouvernements et les partis politiques. Les intérêts particuliers et ceux des castes ou des oligarchies, champignons vénéneux engendrés par l’indéracinable égoïsme, ont été trop longtemps favorisés par les Pouvoirs publics (et cela partout, quels que soient les régimes), au détriment de l’intérêt général. Mais la vraie Maçonnerie s’est toujours élevée contre l’Injustice et l’Intolérance. Elle a voulu, partout et toujours, rétablir l’équilibre rompu. »

Mais parce qu’ils étaient humains, les moyens employés par elle ont été, parfois, amenés à dépasser les limites de cette Sagesse qu’elle prenait pour flambeau. Pour lutter contre la détresse matérielle des gouvernés, contre la misère des humbles, elle est descendue nécessairement sur le plan matériel, sortant ainsi des ambiances toutes spiritualistes de ses hauts aréopages. Elle a ainsi perdu de vue son rôle essentiellement spirituel et son office de médiateur et de conducteur. Dulcificatrice des impatiences du Progrès, elle a parfois été dépassée par les peuples qu’elle s’était engagée à mener vers un mieux-être légitime. Et dans certains cas, elle s’est aussi prêtée aux réalisations partisanes.

Sans doute. Mais cette action était légitime en son essence, sinon en ses modalités. Les hommes qui, dans son sein, ont dirigé la lutte, étaient, pour la plupart, pleins de foi et de bonne volonté. Ils n’avaient qu’un seul objectif, rendons-leur cette justice : le Bien, et le Mieux. Pour cette bonne volonté, pour cette foi en un avenir meilleur, pour cette espérance en une charité plus grande entre les hommes, il faut les absoudre. Même si leur oeuvre, en sa finalité, était condamnable (et cela n’est pas…), la Maçonnerie serait encore innocente, car elle n’a jamais préconisé l’Erreur, mais la Vérité. L’erreur ou les défauts de certains éléments de son clergé, enlèvent-ils à l’Église, révérée par tant de catholiques, une part de son autorité morale et déforment-ils le précieux dépôt qui lui a jadis été confié ? Évidemment non. Nous revendiquons hautement, pour la Franc-maçonnerie, cette même équité.

Contrairement aux affirmations de ses détracteurs, la Maçonnerie n’est pas, en effet, une entreprise de démolition sociale, un organisme gangrené, dont l’activité néfaste propage la maladie dont il est atteint. Nombre de maçons, et non des moindres même (car le cordon ou le sautoir ne font pas l’initié ni l’adepte ; mais bien son propre travail intérieur), peuvent errer. Et le contraire serait étonnant. Beaucoup peuvent agir en vue d’intérêts personnels plus ou moins légitimes. Il est inadmissible de jeter l’interdit sur l’Ordre tout entier, par le fait de brebis galeuses, fussent-elles la majorité, qui s’abritent en ses Temples.

Avant toute autre prérogative morale, le rituel maçonnique assure que le Profane qui frappe à la porte du Temple, est « libre, et de bonnes mœurs ».

De cet affranchissement préalable dont on répond pour lui, en quoi le néophyte est-il redevable ? Que lui doit-il de nouveau au point de vue moral ? Qu’est-ce que cette liberté ?

La liberté négative consiste en la maîtrise de soi-même, en la résorption des entraves matérielles et passionnelles, propres aux esclaves. Aussi en une période d’ascèse active, elle-même génératrice de l’aspect positif de ladite liberté… C’est là la liberté de réalisation. Cette dernière liberté est la véritable au point de vue maçonnique. Liberté de réaliser.

Par le thème que développent ses trois réceptions successives, la Maçonnerie symbolique prétend faire du profane un « nouvel homme ». Elle lui donne une seconde vie, elle le fait renaître. Cette naissance à la lumière spirituelle, consiste à rompre la fringue de ses passions, à briser la chrysalide intellectuelle des préjugés et des erreurs, dont l’âme de la foule ordinaire est trop souvent prisonnière, entravée en son élan vers la Vérité par tant de choses obscures et louches.

L’entrée dans le Temple, telle que le veut sa rituélie, provoque un choc psychologique, le choc de la lumière, brusquement révélée par la chute du bandeau noir. C’est l’éveil sur un plan nouveau. Une nouvelle vision des êtres et des choses.

* **

La Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. La Maçonnerie veut le Vrai essentiel, le Beau en soi, le Bien Suprême. Et cela, sans se préoccuper des contingences engendrées par l’égoïsme des races, des nations, et des individus (compte tenu de la progressivité nécessaire à la stabilité du Cosmos). Elle accepte donc les compromis et les chemins de traverse, mais ceux axés vers le But final qu’elle se propose, et jamais les compromissions et les routes régressives. Ce n’est pas vainement que sa Symbolique donne à l’Orient, où naît la Lumière quotidienne, une telle importance, et ce n’est pas non plus sans motifs profonds que la Lumière personnifie en ses Temples le Bien suprême. La Maçonnerie accepte l’opinion du moment, pour autant qu’elle contient une parcelle de vérité, mais combat l’erreur et I’ignorance. Elle accepte un moindre bien pour aller vers un mieux futur certain.

Et parce qu’elle estime que le Bien, le Vrai, et le Beau essentiels, sont des attributs d’un Absolu qui est irréductible finalement en mode contingent, parce que cette religiosité qu’elle porte en elle est la plus haute forme même de l’esprit religieux, la Maçonnerie se refuse à définir et à limiter en des dogmes et des formules concrètes ce qu’elle entend par le Beau, le Vrai et le Bien. Pour elle, la Beauté et la Bonté sont sans limites dans le Temps ou l’Espace. Et nulle dogmatique ne la peut enfermer. Car, outre la Lumière, son guide est aussi l’Espérance…

Et ceci justifie son apparente indifférence religieuse.

* **

La Maçonnerie ne tend pas seulement à créer, parmi ses Adeptes, des personnalités à la fois pures et fortes. Mais elle veut encore illuminer les masses dans la mesure du possible, leur faire comprendre ce qu’est réellement la justice, l’équité, le droit et le devoir, et les confirmer dans la liberté par la véritable fraternité, cette « caritas generis humani », jadis évoquée par Cicéron et les Stoïciens.

C’est pourquoi son enseignement est aussi un apostolat, et chez elle, tout converge vers l’action, sans demeurer dans le domaine des individuelles rêveries anagogiques.

Par la science spéculative, elle mène à la science des réalisations et son rêve, c’est de construire le Temple de l’Humanité. Et c’est pourquoi un de ses degrés prend pour devise la triade théologale : « Foi, Espérance, Charité ». Mais qu’est-ce que ces trois vertus, considérées du point de vue maçonnique pur ?

Tout à l’heure, nous prononcions le mot « illuminer ». Dans la langue vulgaire, ceci est synonyme de folie et de chimère. Mais pourtant, il est aussi un autre sens ! Et c’est celui d’éclairer… L’Illuminé doit lui-même être un flambeau.

C’est pourquoi la Foi maçonnique n’est pas cette croyance étroite par laquelle l’ignorant s’incline devant un dogme indéfinissable. La Foi maçonnique, c’est la transfiguration de la pensée, la sublimation de l’entendement. Ce n’est pas le credo héroïque ou paresseux du charbonnier de la légende, c’est le credo plein de lumière de la science discursive et intuitive, qui déclare : « je sens, je vois, je sais, et pour cela, je crois… »

L’Espérance, ce n’est pas cette aspiration béate vers une aide problématique et souvent imméritée, vers une récompense gratuite, inadéquate à l’effort déployé pour la conquérir. C’est l’essor de tout l’être vers les sommets de la Beauté et de la Justice.

La Charité, ce n’est pas l’amour égoïste d’un Bien conçu comme un bien-être dont on veut jouir. C’est l’Amour désintéressé, d’un suprême Idéal de Bonté, de Miséricorde et de Paix générale et non pour un seul être, mais bien pour l’universalité des Êtres…

Et ces trois vertus sont une seule et même chose, considérées sous trois aspects différents, par suite de la triplicité humaine.

C’est la Volonté, purifiée de tout alliage bâtard, la Raison, magnifiée et rendue subtile comme une lame d’épée, c’est le Coeur, élargi jusqu’au sacrifice par la Conscience illuminée… (1)

* **

Le vrai travail du Franc-maçon doit donc être totalement désintéressé, et accompli sous l’angle du Devoir. Le Franc-maçon, en effet, ne revendique pas ses droits personnels d’homme libre et franc, sinon pour accomplir ce devoir. Car il sait bien que ses droits sont relatifs et limités, mais que son devoir est absolu et sans bornes. Aussi, le Franc-maçon doit se considérer connue un apôtre, un chef missionné parmi les élites, car il doit tendre à devenir, et il doit devenir, à la fois un initié, un illuminé, un homme de coeur, de science et aussi d’action.

Conçoit-on maintenant, à la lueur de ces quelques éclaircissements sur le véritable aspect intérieur de la Franc-maçonnerie, que cette vaste association est, en son principe, autre chose qu’une banale association d’entraide, qu’une fraternité de goûts et d’opinions, et surtout qu’un moyen honteux d’accaparer la matérialité sordide ?

Il se peut que le Grand Oeuvre qu’elle s’est imposé doive écarter de sa route certains obstacles, irréductiblement figés en une permanente hostilité. Il se peut que telles dogmatiques intransigeantes tentent de lui arracher des mains tous ses moyens. Impassible comme l’immanente Justice qui l’a missionnée, la Franc-maçonnerie Universelle se doit de briser ces obstacles sans haine comme sans faiblesse.

La grandeur surhumaine de sa tâche lui impose ce masque d’effrayante impassibilité qui a fait, si souvent, qu’on a reproché à la Maçonnerie de prêcher tels principes et d’en appliquer tels autres. Mais cette terrible puissance, elle se doit à elle-même, à la hauteur vertigineuse d’où elle émane, à la noblesse du Principe qui la suscita, de ne le mettre en action qu’avec discernement et équité.

Eggrégore de toutes les hautes spiritualités humaines, collectif de ce que l’Humanité totale compte de plus noble, de plus pur et de plus désintéressé en ses naturelles aspirations, la franc-maçonnerie se doit encore à elle-même de veiller à ce que nulle sanie étrangère ne vienne perturber sa propre eurythmie. Et, conséquence inéluctable, elle ne peut par conséquent ouvrir ses Temples à tous les désirs, à toutes les ambitions, et faire sienne n’importe quelles personnalités. Élite constitutive des élites, athanor en perpétuelle élaboration, la Franc-maçonnerie doit donc avant tout mettre en pratique sa vieille devise « Ordo ab Chao », au sein même de ses Ateliers, de ses Chapitres, et de ses Aréopages. C’est dire que la bonne volonté profane ne suffit pas pour justifier et motiver l’ouverture de ses Temples. Bien au contraire, elle doit exiger plus qu’elle n’est à même de donner. Ce faisant, la Franc-maçonnerie se montrera digne de la confiance que mirent jadis en elle les Illuminés qui présidèrent à sa genèse ; elle sera ainsi en possession de tous les moyens pour réaliser cet idéal de Justice, de Bonheur et de Fraternité, auquel elle a, depuis bientôt deux siècles, convié les Hommes.

Notes sur la Franc Maçonnerie par Robert Ambelain, Le Martinisme pp 142-145.

Notes :

(1) Nous empruntons ces définitions magistrales à l’ouvrage (épuisé) de C. Chevillon « Le vrai visage de la Franc-maçonnerie ».

(1) Le lecteur profane appréciera comme il se doit cette magnifique définition de la vraie maçonnerie due au profond penseur et au chrétien convaincu que fut C. Chevillon.

Source : l’excellent site https://www.esoblogs.net/

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Défense du Vintrasisme 7 novembre, 2020

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Défense du Vintrasisme

9 mars 2019

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 9 mars 2019

Défense du Vintrasisme par Jean Bricaud.

Bricaud,_Jean_(Jean_II)

Les lecteurs de cette Revue auront pu lire dans mes Études spiritualistes [1] la courte notice que j’ai consacrée à Vintras et la très haute opinion de l’abbé Roca sur sa révélation. L’abbé Roca avait en effet étudié à fond cet enseignement, qu’il avait voulu entendre de la bouche même des pontifes du vintrasisme, afin d’en rendre compte dans ses ouvrages.

Mais il est d’autres écrivains [2], sans contredit ésotéristes d’une grande valeur, chefs de l’école occultiste contemporaine, qui, sans doute, n’ayant pas le temps de remonter aux sources, d’étudier une doctrine parfois abstruse, ont répandu et répandent encore — bien à tort, selon moi — des calomnies empruntées à quelques écrivains de l’époque et notamment un certain Erdan, auteur de la France Mystique, lequel ne paraît guère avoir compris la phraséologie mystique, à en juger par les déductions qu’il en tire.

C’est ainsi qu’ils ont jeté le discrédit sur une doctrine qui, selon l’abbé Roca, « dévoile les mystères du Cosmos supérieur » et qu’il ne serait certainement pas sans quelque utilité pour les ésotéristes contemporains d’examiner à fond, aux lumières de la Gnose.

Il m’est impossible d’exposer ici l’ésotérisme de la révélation de Vintras, tel qu’il est contenu sous certains voiles, il est vrai, dans les Tablettes d’Hénoch, ceci étant réservé aux seuls initiés ; je me bornerai donc à en exposer la partie exotérique.

Vintras prêchait l’approche du règne glorieux de Jésus-Christ sur la terre, le choix d’un organe prophétique pour la préparation de ce grand règne ; la prochaine venue du Paraclet ; l’angélité de nos âmes avant la vie terrestre et la non-éternité des peines de l’enfer.

L’homme est composé de trois substances, enseignait Vintras : l’esprit, l’âme et le corps. L’Église du Christ souffrant a fait son temps, disait-il encore, nous touchons au troisième règne : le règne du Saint-Esprit, et l’avènement du Paraclet est proche.

L’enfer n’est pas éternel ; il n’y a rien dans l’Écriture ni dans les décisions de l’Église qui nous oblige à donner à la durée des peines de l’enfer une éternité absolue ; car cette éternité ne serait pas seulement une négation de l’infinie miséricorde de Dieu, elle serait encore une protestation manifeste contre l’intégrité de la souveraine justice.

« Je crois, Seigneur, que je vous outragerais si je vous supposais un antagonisme rivalisant avec la sainteté de votre justice, la sagesse de votre raison et la vérité de votre amour. Je crois qu’étant seul, Seigneur, le principe des principes, le principe suprême, seul vraiment éternel, vous ne pouvez avoir produit le mal ; donc le mal n’étant pas produit par vous, n’est pas et ne peut pas être un principe ni une loi absolue, mais tout simplement une erreur, une illusion, un désordre. Je crois et je le proclame à la face du ciel et de la terre : la mort et l’enfer seront anéantis un jour, en vertu de ces paroles qui sont l’œuvre de votre Saint-Esprit : O mort, je serai ta mort ; ô enfer, je serai ta ruine ! Amen ! »

(Profession de foi vintrasienne du sacrifice divin pour la glorification de Dieu dans les anges et les saints.)

Bien avant que Pie IV eût décrété le dogme de l’Immaculée Conception, Vintras prêchait dans ses extases l’origine de la Vierge Marie, sagesse éternelle, co-créatrice avec Dieu, miroir de sa divinité et réflecteur suprême de toutes ses communicables perfections, centre de ses manifestations, agence universelle de toutes ses opérations extérieures : Dea D eus !

LIRE
Notice sur le hosties de Vintras

Qu’on lise plutôt cette magnifique page de son évangile éternel qui est toute une révélation :

« Une voix se fit entendre qui pénétra ma chair et me la rendit invisible ; elle toucha mon âme, et mon âme ne se connut plus en moi ; elle s’étendit sur mon esprit et mon esprit ne se souvint plus de mon âme ni de mon corps. Voici ce que dit cette voix :

“Fils de l’homme, je t’ai enlevé toutes tes entraves, je t’ai séparé de toutes les distractions possibles à ta nature, je t’ai fait libre comme la pensée : regarde et vois !”

Et je vis au milieu de l’incandescence suprême devenue comme un embrasement sans limites un Être qui me parut être le glorieux miroir du Principe éternel… Il n’était pas le Principe souverain, mais il en réfléchissait tous les tons et tous les arômes extérieurs. Il n’était pas dans le centre essentiel, mais il était comme le réflecteur fidèle de tout ce qu’il plaisait à la divine essentialité de laisser paraître hors d’elle-même…

Cet être parla ; il nomma Père le principe conceptant, Fils le principe opérant ; et, amour du Père et du Fils le principe vivifiant ; puis, dans un seul mot, il comprit les trois modes d’opérer et la manifestation de l’essentialité suprême, Ihoah : ayant, été, sera.

L’Être s’abîma dans l’état radieux qui l’inondait ; il devint comme un soupir exprimé par l’amour du principe incréé. Alors, une voix qui fit tressaillir jusqu’à l’éther et tous ses embrasements me dit : Tu as vu Shahaël ! le tabernacle vivant, le réflecteur suprême, le chef-d’œuvre et le diadème de gloire d’Ihoah Ekhad, celui qui conçoit de lui-même ses idées et ses plans ; celui qui fait tout de lui-même, sans aucun aide et sans aucun secours ; celui qui met la manifestation de sa gloire et de sa lumière en cette créature, qui sera dans toute la succession de ses nouvelles créations, le centre extérieur de ses vivantes manifestations ! C’est d’elle qu’il est dit : Elle est sortie de la bouche du Très-Haut ; elle est née avant toute créature !

C’est à cause d’elle que la lumière de ce ciel a été faite et c’est sa création qui sera le plus épais nuage pour ceux qui voudront sonder la raison pour laquelle je l’ai créée » (Évangile éternel, p. 1).

La révélation de Vintras n’était donc pas une religion nouvelle, mais une rénovation qu’il venait opérer dans les formes du christianisme ainsi que dans son esprit, et dans laquelle on retrouve toutes les doctrines de l’occultisme traditionnel.

Et c’est de cette révélation dont l’abbé Roca disait : « On en parle à son aise, quand on la rejette en bloc, sans se donner la peine d’aller au fond et peut-être même de la lire. Mais c’est tout autre chose quand on l’examine sérieusement ; alors, on s’aperçoit que, loin de porter atteinte à la gnose sacrée de la tradition canonique, elle en élargit au contraire le monument, l’embellit, le glorifie et le couronne… »

LIRE
J.K. Huysmans et le Satanisme [1]

Ceux qui connurent et approchèrent Vintras subirent le charme de sa parole et furent conquis par son mystérieux prestige.

Il possédait, dit l’abbé André, une puissance étonnante d’attraction sympathique ; son influence magnétique était sans bornes et d’un mot il bouleversait les têtes !

Bientôt s’accomplirent autour de lui des prodiges ; des milliers d’hosties apparurent sur des autels où un instant auparavant il n’y en avait aucune, des calices vides se remplissaient de vin et enfin du sang, du vrai sang humain ruisselait parfois des hosties, y laissant des caractères mystérieux.

Tous ces prodiges firent couler des flots d’encre et suscitèrent à Vintras, parmi le clergé surtout, de nombreux ennemis. Bientôt aux Vintrasistes se joignirent les partisans de Louis XVII, Naündorff.

L’œuvre de la miséricorde eut alors un caractère à la fois mystique et politique.

Vintras devint dès lors un personnage dangereux, et on jeta le discrédit sur ses doctrines en répandant d’ignobles calomnies dont certains écrivains se firent complaisamment les échos.

Quant aux soi-disant révélations que firent contre Vintras deux membres dissidents de l’Œuvre de la miséricorde, Gozzoli et Geoffroy, disant que Vintras exigeait de ses adeptes de tout sexe qu’ils soient complètement dévêtus pendant l’office, ce ne sont là que des calomnies d’adversaires politiques et il est à noter d’ailleurs qu’Éliphas Lévi refuse de les croire sur parole.

Mais ce qui n’en reste pas moins vrai — quoi qu’on dise de Guaita — c’est qu’Éliphas alla bien à Londres visiter Vintras. Il fut reçu par un des Pontifes du Vintrasisme, lequel vit encore à Lyon et nous a fait le récit de la visite du grand occultiste au Prophète. De plus, il a bien écrit au cours de quatre pages manuscrites son regret d’avoir dans ses ouvrages porter un jugement critique erroné sur les doctrines de Vintras.

Ce document existe, il est classé dans les archives de l’Œuvre de la miséricorde, et si Éliphas n’a point rétracté son jugement sur Vintras dans ses écrits postérieurs, cela indique de sa part quelque faiblesse, comme les « piquantes » notes marginales reproduites par de Guaita et dont Éliphas a bigarré le Glaive sur Rome, notes que je trouve indignes d’un savant comme Constant, montrent tout simplement que le grand occultiste était à certains moments un enfant terrible. Telles sont les principales accusations portées contre Vintras par les écrivains de l’époque, accusations reprises de nos jours par les occultistes à propos de l’abbé Boullan, lequel prétendait être le disciple direct de Vintras, bien que la majorité des Églises carmeléennes se soient séparées de lui à des époques différentes et que la majorité des Pontifes l’ait renié formellement.

Stanislas de Guaita le reconnaît d’ailleurs, et il dit : « Dans ces circonstances, il semble prudent de ne pas généraliser nos accusations, et encore, bien que tout héritage venant de Vintras nous soit à bon droit suspect, nous n’affirmons rien qu’en ce qui touche Jean-Baptiste (l’abbé Boullan) et son école. »

LIRE
Match de foot gnostique

Mais les disciples et amis de Stanislas de Guaita vont plus loin.

Sans se donner la peine d’étudier la doctrine de Vintras, ils ont, dans une même accusation, englobé sans preuves aucunes Vintras et l’abbé Boullan, discréditant ainsi une doctrine qui a, selon nous, une très haute portée philosophique et religieuse. Nous avons tenu à protester contre de tels procédés. C’est fait.

JOANNY BRICAUD

P.-S. : Dans un article récemment publié par M. Fabre des Essarts, dans la Nouvelle Revue, article intitulé : le Quiétisme et ses derniers avatars, le distingué patriarche de l’Église gnostique n’accepte que sous bénéfice d’inventaire les allégations de St. de Guaita en ce qui concerne Vintras et Boullan. Parlant du Temple de Satan, il dit le récit de M. Wirth très sincère mais très discutable.

Wirth n’ayant personnellement assisté à aucun office, « tout ce qu’il dit il le tient d’une femme. Sexus mendax ! »

« Un témoignage tout aussi respectable que celui de da personne dont M. Wirth s’autorise, dit-il, nous déclare que le Temple de Satan est une odieuse calomnie ou tout au moins l’interprétation malveillante d’une liturgie bizarre. » Et il ajoute en note : « Si M. de Guaita s’est trompé au sujet de Boullan, c’est avec la meilleure foi du monde et nul doute qu’il n’ait cru sincèrement presser la vérité entre ses mains alors que ce n’était peut-être qu’un faisceau d’ineptes calomnies. »

Notons enfin que M. Huysmans, dans une interview, a dit savoir, de source sûre, qu’un ancien prêtre continuait à Lyon le culte satanique de Vintras. M. Huysmans est victime de son sectarisme religieux.

Le culte établi par Vintras n’est nullement satanique, et le vieillard qui célèbre à Lyon les mystères de la gnose vintrasienne, est un saint homme, respectable à tous égards. Il vit très retiré, loin des bruits du monde et plus près de Dieu.

J.B.

Extrais de La Paix Universelle, N° 12, avril 1902.

Notes :

[1] M’étant proposé dans cet article de prendre la défense du Vintrasisme, j’ai préféré le publier sous un titre spécial, bien que logiquement il fasse suite à mes Études spiritualistes

[2] E. Levi, Histoire de la Magie ; St.de Guaita, Le Temple de Satan ; Papus, Peut-on envoûter ? Georges Vitoux, Les Coulisses de l’Au-delà, etc.

La filiation de l’Eglise du Carmel Eliaque de l’Eglise Gnostique Chaote :

 

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Lignée 1 : Eugène Vintras – Marius Breton – Jean Bricaud – Victor Blanchard – Roger Ménard – Robert Ambelain – Roger Deschamps – Armand Toussaint – Marcel Jirousek – Joël Duez – Philippe Pissier – Sophia Eris – Tau Héliogabale.

Lignée 2 : Eugène Vintras – Marius Breton – Jean Bricaud – Victor Blanchard – Roger Ménard – Robert Ambelain – André Mauer – Joël Duez – Philippe Pissier – Sophia Eris – Tau Héliogabale.

Lignées 3 : Eugène Vintras – Marius Breton – Jean Bricaud – Lucien-François Jean-Maine – Hector-François Jean-Maine – Michael Paul Bertiaux – Forest Ernest Barber – Nils Bertil Persson – Tau Basile – Tau Jean Phyleas – Tau Héliogabale.

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil 5 novembre, 2019

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Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil … Partie 1

Publié le 16 décembre 2015 par Gérard Baudou-Platon

C’est la question que l’on pourrait bien se poser car la diversité des chemins initiatiques proposés par la Franc-maçonnerie Française, notamment, ne peut être que constatée. Qui trop embrasse mal étreint ? …  Y auraient-ils une ou plusieurs explications  à ce constat ? … La notion l’éveil en serait-elle une ?

Pour tenter de répondre nous allons :

1 : tenter de découvrir ce Franc-maçonnerie sous-tend,

2 : tenter d’aborder un des acteurs principal, animateur s’il en est de l’âme de ces espaces particuliers

3 : présenter très rapidement l’environnement Oriental lié à la notion d’éveil. 

4 : examiner cette voie particulière qu’est le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et vous laisser juge  … Oui … Non ?  

Partie 1 : Méditation sur « la Franc-maçonnerie »

Il est toujours difficile de donner une idée sur l’essence d’un Rite … et même d’en définir l’opérativité. Nous poserons comme incontournable de définir la première pour en supputer la seconde.

Si l’on ajoute l’examen d’un lien, en plus, avec une fonction d’éveil …  alors la difficulté devient immense.

Pour initier cette méditation sur notre thème je ne résiste pas à citer la remarque d’une sœur qui souhaite se présenter comme anonyme mais qui écrit justement : « l’être éveillé s’est définitivement affranchi des apparences. Telle une âme vivant dans l’un ou l’autre monde il s’est totalement libéré des voiles de la matière, ce qui le rend capable de se vêtir à volonté d’une apparence ou d’une autre, tout en demeurant en permanence dans la lumière, dans la nature de l’esprit et la fusion des possibles. L’être vraiment  éveillé sait qu’il n’y a pas plus de frontières entre les mondes, pas plus que de dimension spatiale et que tout se joue ici et maintenant, dans la lumière et dans une communion incessante avec l’absolu »

« C’est par sa conscience que le maçon est relié au divin »

Tentons, alors, d’être exhaustif …

Pour décrire l’essence d’un Rite, certains, feront référence à des liens initiatiques que leur histoire leur permet … vu sous cet angle tout sera, alors, possible … tout et son contraire.

Lorsque nous aurons classé le dit rite en « Judéo-chrétien », « Chrétien »,  « Egyptien », « Hermétique »,  « Primordial »,  « Primitif », « Laïc », …,   aura-t’on fait œuvre d’analyse et de synthèse suffisante ? Rien n’est moins sûr … car les rites construisent des égrégores … et ceux-ci nous le savons dépendent largement de l’ouverture de conscience de celles et de ceux qui le créent et le servent.

Le rite dont nous parlons (RAPMM) se déroule dans un cadre un peu particulier … celui de la « Franc-maçonnerie ».

Il nous appartient, alors, de préciser un certain nombre d’aspects qui caractérisent la Maçonnerie en général.

 01

La franc-maçonnerie a l’ambition d’être, pour le moins :

Pour le meilleur, sans doute, la Franc-maçonnerie est d’être un moyen d’accéder au savoir puis à la connaissance sans lesquels personne ne peut objectivement transformer « le métal vil » en « Or ».

Alors de quoi parlons-nous ?

Il faut que le Franc-maçon devienne conscient, individuellement, de son utilité et de son importance par rapport à ces enjeux … Il comprend,  alors deux choses :

Au-delà de toute promenade historique dans le monde des Francs-maçons au regard de ces différents points … où tout pourra être dit  (nous laisserons bien volontiers les historiens tenter d’y voir clair)  … une autre déambulation devient impérative … celle de la découverte de notre véritable utilité dans un monde où l’espace et le temps se transforment à une vitesse folle grâce à la présence d’une information immédiatement préhensible et une technologie démultipliant les capacités et les potentialités humaines … il sera bon de se précipiter … mais lentement  … et ne pas confondre « vitesse » et « précipitation ».

Les homos Sapiens Sapiens que nous sommes ne sont pas simplement des Homo Faber qui auraient basculés dans un autre monde grâce à l’apparition d’une structure ADN propice … ainsi qu’à une évolution cérébrale étonnante … dont on ne s’explique pas, d’ailleurs, les circonstances de celle-ci … manque de chance, le chainon manquant … manque, aussi, à nos méthodes de rationalisation de nos découvertes scientifiques.

Nous pouvons nous mettre d’accord sur une constatation :

Nous ne sommes pas simplement des animaux (Reptiliens) qui auraient pressenti leur condition humaine et qui auraient décrété la nécessité d’être des Homo-Socio-Economicus … ayant, dès lors, aujourd’hui, un immense problème de gestion des ressources terrestres face à une démographie galopante … nous sommes aussi et sans doute surtout des êtres :

Les franc-maçonneries dites laïques sont aveugles pour ne pas prendre en compte l’importance de la métaphysique et les vecteurs de recherche éclairant des champs ésotériques. De même les philosophes et les ésotérismes sont inutiles s’ils n’intègrent pas dans leurs réflexions méditatives les nécessités du monde objectif.

La Franc-maçonnerie prend sa source dans cette complexité … défendre la liberté, l’égalité et suggérer la fraternité impose au maçon la résolution de la quadrature évoquée ci –dessus (Celle de l’enchevêtrement des plans d’existence) ..

Pour être complet nous ne manquerons pas de pointer les différences dans l’expression des Rites en général et du notre en particulier … et nous conclurons, alors, à l’étonnante richesse de nos maçonneries respectives… nous  pourrions développer cela de façon détaillée mais pour l’heure parlons de notre Rite … c’est-à-dire celui que nous utilisons comme « Merkaba » (ou véhicule comme le diraient les Orientaux) pour cheminer dans la pyramide initiatique des degrés et étapes proposés.

J’ai bien dit pour « Merkaba »  … pour véhicule … c’est-à-dire comme moyen de se  déplacer mais …  d’où vers où ?  … et dans quels buts ?

Alors quelques exemples de moyens et quelques chemins :

 02

A ce stade énonçons juste une nouvelle dimension qui ajoute de l’opacité au travail de recherche de la Vérité … celle qui résulte  de la tradition dans la Franc-maçonnerie Française  celle de classifier les « Institutions Maçonniques » qui constituent le corps de ces Rites en « Organismes Réguliers »,  « Organismes Reconnus », « Organismes Indépendants » ou en « Organismes Maçonniques Sauvages » … Cette classification est grave non pour l’opération qui consisterait à particulariser ses organisations afin de donner plus de pertinence à cette forme d’accès au savoir de la franc-maçonnerie mais, au contraire, pour créer des « arguments » d’exclusion et de rejet … La Franc-maçonnerie ne peut plus jouer son rôle de révélateur de « Vérité ».   

Cela dit revenons à notre thème « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm » et Voie d’éveil et j’espère pouvoir démontrer que ce lien est, manifestement, possible tout en ayant conscience qu’il existe une multitude de voies possibles qui peuvent faire progresser l’Homme dans le domaine du Savoir et de la Connaissance.

Notre sujet pose le lien entre un Rite et sa capacité à amener le « pratiquant » à l’état désiré par tout chercheur : celui de connaitre la Vérité et de comprendre sa contribution à l’œuvre de vie qui se déroule sous ses yeux …

Ainsi, ce chercheur de vérité est candidat à l’accès à la vision juste afin d’avoir une action consciente et appropriée … Cela le conduit à atteindre un état particulier … celui qui est nommé par les orientaux comme « état d’éveil ». (Un état souvent décrit comme une fulgurance changeant de façon prompte et durable la vision de la réalité vécue)

Pour tenter de démontrer qu’un lien de cette nature est possible dans le Rite dont je me pénètre chaque jour examinons notre assertion et constatons.  

03

A : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm  (et notamment dans sa sensibilité orientale) n’est pas une Religion … ce n’est pas, non plus, une philosophie … ce n’est pas un volume de prescriptions dictant un art de vivre sa vie … ni un recueil de règles de savoir-faire …

B : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm n’est ni Judéo-chrétien, ni musulman, ni indou, ni tibétain, ni Égyptien ancien …. Il est tout simplement la vie dans sa complétude et offre ses ressources les plus subtiles … il est ce que l’homme fut, ce que l’homme est …. et sans doute, s’il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et que son âme comprenne …alors, il est, déjà, … ce qu’il sera demain … c’est à dire un être en évolution ou en involution …

C : Ce Rite est une voie d’accès à la connaissance parmi tant d’autres, certes !!!… mais une voie d’accès très  particulière  … elle offre un déambulatoire où chacun peut découvrir le point à partir duquel il pourra développer sa propre équation et déployer, ainsi, sa propre personnalité… non pas celle des autres mais celle qui correspond à celui qui chemine !!!!… en cela pourrait-on dire qu’elle est « Pythagoricienne »

Dès lors, cette voie inventorie tous les champs investis par la pensée et l’esprit humain (Déambulatoire, Trajet labyrinthique) … elle est tournée vers la connaissance de la Nature considérant, qu’en cela, elle mène vers le divin (elle est, alors, « Taôiste », car la nature est harmonie universelle) … Elle incite les Sciences fondamentales et les voies opératives moins rationnelles tel que le Chamanisme à se côtoyer et dialoguer (En cela elle est « Scientifique, Expérimentale, Alchimique et même Magique » ) … de même elle invite l’Astronomie à prendre en compte Mythes et Symbolique de l’Astrologie traitant, ainsi, le lien non négligeable entre inconscient collectif, inconscient individuel et les corrélations avec le monde objectif  … Elle restaure un principe d’efficacité en acceptant l’idée que le plus court chemin pour l’accès à la vérité peut être l’intuition … ce qui n’exclura, à aucun moment, que la preuve puisse venir par « la voie de l’expérimentation »

Ce Rite fait passer le cherchant … d’être asservi par un égrégore collectif à un être libéré, autonome, transmuté ayant atteint sa propre Réalisation (en cela elle est « Tibétaine »).

Il est commun de dire que « la recherche de la vérité n’admet aucune entrave » … aucun éveil n’est possible sans cela, nous allons voir pourquoi plus avant … cela contraint même aux modes de gouvernance des différentes voies maçonniques de reconsidérer  leurs relations avec le monde profane …  le sacré se nourrit de la vie sous toutes ses formes.

Que l’on se comprenne bien … une recherche éclairée nécessite le libre arbitre absolu … ainsi contraint-elle au dialogue avec les meilleurs d’entre nous où qu’ils soient…

Siddharta Gautama … exprime cette idée magistralement

« Ne crois en rien par ce qu’on t’aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien,

Ne crois en rien sur l’autorité des Maîtres et des Prêtres.

Mais bien, ce qui s’accorde avec ton expérience (et après une étude approfondie) satisfera ta raison et tendra vers ton bien. Cela tu pourras l’accepter comme vrai et y conforter ta vie »

La liberté d’expression témoin de la diversité des formes et des processus de production de la vie nous contraint à des échanges non entravés par des visions réductrices A bien y songer, il nous importe peu de savoir à quelle chapelle appartient celui qui a la gentillesse d’apporter sa propre lumière … il est … et pratique, seulement, un acte d’amour qu’est le partage de ce qu’il est devenu au moment où ce partage a lieu …

Cette technique de la porte entre-ouverte ou pas tout à fait fermée doit être la forme moderne de la Franc-maçonnerie. Nos frères opératifs exposaient leurs créations au monde profane … et le monde profane pouvait de différentes façons inter-réagir créant, ainsi, une évolution constante et continue sur le chemin du savoir et de la connaissance ….

Aujourd’hui l’application inconsidérée de la notion de « secret » mais aussi la prolifération des actes d’exclusion font que le dynamisme indispensable à la recherche de notre essence réelle s’étouffe.

Beaucoup de Franc-maçon sont, aujourd’hui, entrés en esclavage … asservis qu’ils sont pas des règles qui ressemblent à des geôles de la « société bien-pensante » articulées autour de principes que l’on aurait voulu voir disparus « Discriminations, exclusions, rejets , limitations des champs de vision, peurs et refus de l’inconnu… »

Pour rendre l’opérativité à notre Rite nous l’aurons compris il sera urgent de refaire circuler le « sang informationnel dans nos cénacles » car aucun éveil ne s’instaure « dans une attitude consanguine »

Dès lors, quiconque gloserait sur la méthode … ou discréditerait une voie que les instigateurs considèrent comme essentielle (cf. Ouverture à la lumière d’Orient écrit par Edmond Fieschi) deviendrait lui-même un ignorant cristallisé dans ses propres schémas et certitudes … l’éloignant, du même coup, d’une rencontre possible avec lui-même au profit d’une satisfaction que je désignerai « de vérité de comptoir …

L’état de la Maçonnerie d’aujourd’hui nécessite un changement de vision immédiat … nous le savons « le temps passe … et nous passons » … il est, donc, urgent de se précipiter avec lenteur ….  sans perte de temps !!! … car tout doit être construit avec harmonie … inexorablement.

L’esprit soufflant où il veut et quand il veut …  celui qui marche sur le chemin ne peut définir ses propres règles, la découverte ne se fera que par l’acceptation de l’inattendu

Qu’est-ce que le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … c’est assurément « un chantier » … c’est un chantier que l’on assimilerait à des fouilles, à des exégèses … extirpant des couches « géologiques » et des « sédiments » du Cortex et du néocortex la substantifique liqueur permettant de retrouver nos essences premières et nos potentialités foncières … Je reprendrai volontiers la remarque de Toni Ceron dans son livre « Sphinx, Grande Pyramide, l’Alchimie Intérieure » : « C’est pourquoi, une véritable école de l’esprit est un chantier, une mine, et ses élèves des charbonniers, non des bipèdes diaphanes qui ont plus appris à se renier qu’à se comprendre » … et il continue en disant: « Le chercheur, chevauchant le tigre, comme disent les orientaux, agira en conséquence, apprenant, ainsi, à laisser couler son âme à travers les apparences karmiques suscitées en lui dans une non-violence spontanée et fondamentale, comme un cadeau des Cieux » …

Ainsi  … le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est Initiation … « uniquement initiation » … un chemin personnel à travers les mondes … et … les ouvertures de conscience successives …

Qui veut atteindre les hauts espaces éthérés a le choix de la montagne à escalader … de la vallée il contemple ce qu’il peut distinguer … pas la Vérité !!! mais le reflet de la Vérité (cf. la Caverne de Platon) mais il ne pourra pas faire l’économie de s’affronter, sur le chemin qu’il foule, à de multiples situations qui le mèneront vers sa réelle destinée …

Il en sera, ainsi, de notre Rite qui laisse apparaitre une échelle dont chaque barreau excite la convoitise d’autant qu’en apparence certains d’entre eux apportent gratifications et statut …. Temporel et spirituel … dès lors le danger est, omni présent, de prendre des « vessies pour des lanternes » …. Combien propulsé tout en haut de la dite échelle se retrouvent avec un hochet à la place du sceptre de sagesse ….

Combien, produits de l’histoire tumultueuse de cette voie initiatique se prennent pour des guides suprêmes et incontournables  …. En transformant le prince ou la princesse …. en citrouille …. Au pays des aveugles les borgnes sont rois …. Ne le dit-on point

Voici une première partie questionnante sur le rôle et l’utilité du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm.

N’ayant pas voulu le rattacher à l’histoire (avec un grand « H ») j’ai préféré le rattacher à ses potentialités opératives.

Fin de la partie I

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 2

Dans une première partie nous avons tenté de parler de la Franc-maçonnerie et de sa diversité.

Nous avons abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et ses premières particularités … maintenant devrons-nous parler de celui ou de celle qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symbolique, philosophie et hermétique

Partie 2 : Méditation sur « Celui ou Celle qui a le statut de Franc-maçon »

Tout ce que nous avons dit en partie 1 est, assurément, important  mais  encore bien incomplet, car :

En ce contexte : le franc-maçon est un être hybride (Nous le savions car nous partageons tous un symbole bien connu : l’aigle bicéphale). Il est à la confluence de deux sources … Celle, subtile et vitale qui l’adombre de façon inconsciente et celle qui relève de la conscience objective …

04

Pour être le maçon qu’il doit être, il doit conscientiser ce qui chez lui n’est pas mis à jour, encore, … et rendre le fruit de sa « création »  conforme (d’où l’expression : « rendre la maison à son père ») …

Dans cette démarche à double détente  … une discipline s’impose :   

Telle la chrysalide il doit aborder en conscience  sa transformation ou sa transmutation  afin d’être en pleine résonnante  avec la création !!

Ne point faire cela ferait de la Franc-maçonnerie un moyen inutile au service, au mieux  d’une œuvre caritative ou humanitaire (ce qui est déjà très bien, disons-le, sans restriction d’aucune sorte) et au pire une institution symbolique et philosophie auto-satisfaisante génératrice de  circonvolutions cérébrales.

La discipline qui s’impose est le « domestiquage »  de la vache comme diraient nos frères Tibétains …. Seule condition d’accès à la deuxième source que nous avons évoqué plus haut

Pour comprendre voici quelques éléments de réflexion sur « cette » discipline … et … ayant fait cela nous regarderons, dans une dernière partie, la structure de notre  échelle maçonnique  pour savoir si notre Rite répond bien aux critères et nécessité qu’oblige une  « Voie d’Eveil »

Deux oiseaux étaient posés sur un même arbre,

Celui d’en haut était calme, majestueux, splendide, parfait …. (un simorgh ? )

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Celui d’en bas sautillait continuellement de branche en branche. Tantôt il mangeait des fruits savoureux et il était joyeux  … Tantôt il mangeait des fruits amers et, bien sûr, il était malheureux

Un jour qu’il avait mangé un fruit encore plus acide que tous les autres, il leva son regard jusqu’à l’oiseau calme et majestueux au-dessus de lui … et il se dit :

« comme je voudrais être pareil  à cet oiseaux » …

et il s’en approcha un peu !!!

Bientôt il oublia son désir de ressembler à l’oiseau d’en haut  et il continua comme auparavant  à manger des fruits doux et des fruits amers, à être tantôt joyeux et … tantôt malheureux. De nouveau il éleva les yeux … et de nouveaux il s’approcha un peu plus de l’oiseau paisible et magnifique perché au-dessus de lui !!!

Ce manège de répéta souvent et finalement, notre oiseau se trouva tout près de l’autre  …  le plumage éclatant de celui-ci l’éblouit d’abord, …. Puis parut absorber le nouveau venu qui, finalement, à sa grande surprise  et à son émerveillement, s’aperçut qu’il n’existait  qu’un seul oiseau !!!

A l’instar de cette image … nous frères et Sœurs devront apprendre  que cette deuxième source est en nous …. Mais je compléterai cette certitude par la nuance suivante :

Entre, être convaincu que nous possédons la source en nous et,  l’ayant compris, croire que ce que l’on fait, alors, découle de cette source il y a un pas que nous ne franchirons point encore.

Attention à ne pas prendre nos désirs profonds pour des réalités … l’introspection … reste une vertu  utile !!!

Analysons cette séquence « Je Suis »

« Je » …

Le « Je » corresponds à la « Forme-Reflet » …

L’homme incarné est la Forme-reflet au plan physique par la prise de densité matière-chair (c’est l’état grossier dont nous sommes revêtus) … mais reflet de quoi ?

Reflet de la source de toute chose conformément au principe que tout vient de l’Unique (pour le scientifique ce sera de l’unité des lois cosmologique … pour les autres … mille et un noms feront l’affaire selon les convictions et les croyances de chacun …)

Le « Je » évoque « l’existence »  et cette existence se traduit pour les occidentaux par la présence de 3 corps essentiels :

« Suis » 

Le « Suis » correspond à la « Forme-Radiation » c’est dire l’aspect transfiguré de la matière  celle en rapport avec les plans subtils …

La source rectrice est celle qui vient de là  …

Tout ce qui est sur notre planète est relié au Monde Origine  …. Une sorte de « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » avec un « comme » à vraiment interpréter, définir et commenter

Nous utiliserons ici, encore,  le langage des oiseaux … la meilleure façon pour moi d’être court mais clair …

Le frère et la sœur doit construire ce lien conscient et opératif  entre « Savoir » et « Connaissance »  … lien qui lui permettra, alors, d’incarner le « Je Suis » et dès lors trouvera ses actes assurés dans le monde profane …

Cela fait, il y a une contrepartie … réduire significativement son Ego …. Pas celui qui favorise la créativité mais celui qui cristallise l’humain dans sa « matière-chair »

Un dernier point est remarquable en Franc-maçonnerie celui de relier le « Je suis » à des actes de création conduits par l’Amour voire même la Compassion.

Tous nos Rites maçonniques comportent une fonction particulièrement importante et caractéristique du mouvement maçonnique … c’est la « fonction Chevaleresque » …

Un franc- maçon construit juste

Un Franc-maçon Chevalier accompagne ce qu’il construit d’un souffle d’harmonie pour tous les mondes vivants …

Le Chevalier est celui qui assemble en lui tout ce que nous venons de dire … et, dès lors, fait de la Chevalerie sa parure distinctive …. (Voilà un premier signe de changement d’état de conscience qui  aboutit à un nouvel état d’être) …

« Le regard du Chevalier est, alors, dirigé vers les fenêtres du ciel … son parfum est inspiré par l’Âme et il en imprègne tous ses Actes. Ses paroles découlent de la source ». Je cite, ici,  Platon, le Karuna dans son livre « les chevaliers d’aujourd’hui et de demain » …

Notre Rite qui organise un déambulatoire dans l’histoire de l’humanité à la fois au travers de la philosophie, de l’hermétisme mais aussi de la science (et dieu sait si  science et ésotérisme furent très liés  … et même aujourd’hui, en neurologie (Neurobiologie, Neuropsychiatrie), ces liens sont particulièrement fructueux  (frontière de la vie, tutoiement de la mort NDE  !!!).

Notre Rite, donc, est, à priori,  bienfondé pour faciliter l’accès à la connaissance mais aussi le moyen de nous « rectifier » ou d’opérer des nouvelles avancées dans le domaine de la relation Esprit-Matière.

En ce qui concerne la nécessaire transgression des cadres de description de notre humanité, reprenons les propos de Paul Brunton qui écrit dans « l’enseignement secret au de la du Yoga » …

« Je perçois avec une saisissante acuité que l’éclatement de cette carapace de vieille ignorance est la condition  sine qua non de l’avènement de la paix  … le nœud du problème mondial est trop simple pour être perçu par notre époque compliquée : tous les actes sont informés  par la source cachée de l’esprit, et lorsque l’homme apprendra à penser juste, alors seulement il agira en conséquence. Ses actes ne peuvent jamais être plus grands que ses idées, car les décisions silencieuses de l’esprit modèlent les bruyantes démarches du corps. Les amers chagrins  du monde et ses crimes ne sont que des symptômes d’une maladie dont la cause est la vieille ignorance, et qui peut être guérie que par une connaissance neuve. Il est du devoir impérieux de tout être humain doué d’intelligence et de raison, troublé par des aspirations à peine conscientes et encore moins formulées vers une vie meilleure, ne pas croupir dans l’indolence spirituelle mais de poursuivre sans relâche la queste … c’est à dire la lumière de la Vérité » … (Propos tenus en 1970 … il y a presque un demi-siècle)

Ainsi le Rite Ancien et Primitif de Memphis & Misraïm sous son aspect « véhicule menant à l’éveil »  … nous parle d’une incontournable nécessité …. Provoquer la « Mort du vieil homme » qui est en nous …

Il est souvent dit, aussi, que pratiquer notre Rite c’est « apprendre à Mourir » …. Il faudrait ajouter  « accomplir notre propre meurtre » afin de permettre « une nouvelle régénération voire permettre un ressourcement » … acte fondateur pour « une renaissance » sur des bases nouvelles

 

Fin de la partie II

Note de la partie 2

Une autre façon de structurer l’homme … Cf. Christian Boiron dans « la Source du Bonheur est dans notre cerveau » … Il détermine :

1 : un Corps reptilien ou Hypothalamus

C’est le ça :

Dès lors le bonheur reptilien est :

Le malheur reptilien est :

2 : un Corps Limbique ou mémoire Programmée ou programmante …

C’est le Sur-Moi

Ainsi le Bonheur Limbique : c’est Tirer des plaisirs des conditionnements actuels ou futurs

3 : un Néo-cortex préfrontal

Moi :

Les plaisirs du néo-cortex : ce sont le raisonnement, la créativité, l’expression artistique, les approches globales

Voici, donc, trois espaces mais qui sont relatifs à quoi ?

La conscience … Mais de quoi est-elle faite ? …

Tout ce passe comme si une autre entité, un autre cerveau distribuait le travail entre les deux cerveaux qui pensent … Est-ce, donc, un « Super-Cortex » qui arbitre en fonction de paramètre qui nous sont inconnus ?

Le physicien Régis Dutheil avançait, quelque temps avant sa mort, l’hypothèse très originale selon laquelle la conscience pourrait-être matérielle mais d’une matière « super lumineuse », c’est-à-dire dont les particules pourraient aller plus vite que la vitesse de la lumière !!!! … une conscience qui observe te qui décide de pousser chacun d’entre nous à conquérir sa liberté, sa vraie personnalité … personnalité qui serait constituée de l’organisme aux trois cerveaux et de la conscience

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 3

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … regardons maintenant ce qui jouxte la notion d’Eveil … selon certaines cultures …

 

Partie 3 : Quelques éléments qui environnent la notion d’Eveil

Selon :

1 : Le Tchan,

Cela concerne la pratique du Tao dont le grand psychologue iranien G.A. MOKTAR disait : « Cette méthode est un véritable judo psychique car elle transforme en force les cent et une faiblesses de l’être humain »…

Le « Tchan » signifie : Méditation  ….

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Son fondateur est l’indien Bodhidharma … sa doctrine refusait de voir le personnage Siddhârta Gautama, le bouddha historique comme fondateur d’une religion ou l’inventeur d’une voie unique libératricele pratiquant du Tchan peut appartenir à toutes les religions ou à aucune

Pour mémoire le Tchan donna naissance au Zen Japonais

Le but du Tchan est de « transformer l’être humain en ce qu’il devrait être. C’est-à-dire un « Tchen Jen » ou un « Humain Véritable »

Ce que nous venons d’écrire se retrouve très exactement dans certains degrés ou étapes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

Livrons une autre définition qui justifierait une attention particulière de notre démarche occidentale au travers de l’institution maçonnique :

« Le but du Tchan est donc de former des humains véritables, libérés des conditionnements négatifs ; de faire disparaitre la déformation qui empêche l’humain de se déployer en fonction de ses réelles potentialités. L’Humain véritable apparait lorsque « l’adepte », par une autodiscipline de caractère psychologique, atteint l’état de conscience dit « tseu Jan », terme d’origine taoïste signifiant : parfait détachement, ou encore : lâcher prise. Les mots : Buddhi (qui est une expression bouddhiste qui vaut dire « éveil »), mosca, samadhi … sont des équivalents du terme « tseu Jan » »

Le Bouddha exprimait lui-même : « sois ton propre flambeau et ton propre refuge. Ne mets aucune tête au-dessus de la tienne. N’accepte pour vrai que ce que tu as vérifié personnellement … » …

Il existe en Extrême Orient deux grandes traditions. Une voie traditionnelle et une voie de l’évolutionnisme spirituel (que l’on peut affecter à une voie magique).

La voie rationnelle est strictement psychologique, non intellectuel, au sens occidental du terme.. ;. Son but est d’atteindre un degré de conscience d’où l’on percevra de fait que rien ne sépare l’individu du monde extérieur, que le cosmos et l’individu sont une seule et même entité … En quelque mot, le Tchan  est la recherche de la libération sans étape intermédiaire entre l’individu conditionné et le libéré qu’il sera … et au-delà de cela un but ultérieur et pressant subsiste : celui d’aider autrui à faire le même chemin libératoire …

La voie spiritualiste évolutionniste, l’homme de la voie dite « magique » estime que l’éveil, la libération, constitue le sommet, le couronnement d’une progression constante, marquée par des étapes intermédiaires dont chacune apporte à l’adepte au moins certains éléments de facultés supranormales de plus en plus importantes en fonction du trajet personnel de celui qui choisit cette ascèse …

N’en disons pas plus …

2 : Les principes du Changement de la MTC,

J’ai souhaité mettre ce paragraphe dans mon étude car là, encore, nous allons retrouver une vision propre à illustrer ce que nous avons déjà écrit en partie 1 et 2.

Il sera important de remarquer l’homme et la femme que nous sommes … et encore plus si nous sommes « francs-maçons » …. ne peut exister sans ces relations constantes entre le « moi » et le « Soi » … et … le « moi » et l’autre (que l’on désignera dans son acception la plus générale : l’autre étant l’environnement, tous les mondes vivants et, en particulier, les humains qui nous côtoient.

Le cadre d’examen est fluctuant puisqu’en constante transformation ce qui fait que chacun d’entre nous doit faire face à sa propre « transmutation » avec toutes les conséquences sur tous les plans de notre propre existence (Physique, Emotionnel, Mental, Spirituel) mais, aussi, faire face à la mutation de l’environnement dans lequel nous nous transformons …

Nous réalisons, alors, que notre espace intérieur et notre espace extérieur inter agissent mutuellement nous contraignant à chaque moment de notre vie à nous adapter de telle façon que le nécessaire changement à notre évolution « imposé » ne nous mène pas vers une impossible action …

Le MTC regarde l’homme dans cette double contrainte et permet à celui-ci de maitriser non seulement le changement utile et nécessaire mais, aussi, à le devancer …

Comment cela est-possible ?

En quelques mots : la MTC dira que

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Dès lors, chaque être vivant doit pratiquer « l’Introspection thérapeutique » … c’est-à-dire entrer en soi afin de reconnaitre les adéquations et d’identifier les inadéquations. Celles-ci étant mis en lumière une action de mise en harmonie devient possible …

Démarche applicable dans tous les domaines de l’action humaine  (social, économique, politique, financier, …)

Et dans le cas de nos propres comportements cela ne sera pas à démontrer car il est prouvé que l’inadéquation émotionnelle est porteuse des pires désordres

 

3 : Les bases du travail dans les Arts Martiaux Cino-Vietnamien,

Il est important d’évoquer cet aspect car, nous l’avons vu, la Franc-maçonnerie de haute philosophique voire hermétique fait appel à l’homme dans toutes ses parties et dans son unité … Nous avons vu, alors, que toute son action est sous la dépendance de deux sources de nature différentes devant être intégrée et synchronisée …

Une des missions des frères et sœurs c’est l’action en fonction de leurs convictions intimes … celles-ci se précisant au fur et à mesure que leur état de conscience s’ouvre et s’enrichit.

Le côté militant non asservi et résultant d’une liberté retrouvé par les savoirs et connaissances constamment renouvelés le transforme en une sorte de « samouraï » …

Examinons, alors ce que la Professeur Anne Cheng a écrit son livre sur « l’histoire de la pensée chinoise »

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«  l’Unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle du souffle (Qi), influx ou énergie vitale qui anime l’univers tout entier … Toute réalité physique ou mentale, n’étant rien d’autre qu’énergie vitale, l’esprit ne fonctionne pas détaché de son corps … source de l’énergie morale, le Qi, loin de présenter une notion abstraite, est ressenti jusqu’au plus profond d’un être et de sa chair. Tout en étant éminemment concret, il n’est cependant pas toujours visible  ou tangible : ce peut être le tempérament d’une personne ou l’atmosphère d’un lieu, la puissance expressive d’un poème ou la charge émotionnelle d’une œuvre d’Art »

L’homme étant lui-même une création particulière qui relie le Ciel à la Terre, l’homme parfait (ou Zhenren) de la tradition est alors un homme de Qi …

Dès lors par la maitrise l’homme peut inscrire ses actes dans la durée et dans la justesse

Le « rouleau de « Mawangdhui » à l’époque des Han (-190 à -168 av JC) évoquent des techniques particulières dans le but d’une longévité « Tuna » (Cracher / Avaler) ainsi que le Kingqi (faire mouvoir son souffle) … deux éléments bien décrits dans les techniques de respiration profonde  (Yangshen)

En Chine l’idée d’une complémentarité du « Wen » (le monde de la culture, de l’étude dans leur connotation littéraire et intellectuelle) et du « Wu » (aptitude physique et guerrière !!!) a émergé depuis le nuit des temps …

L’homme est, ainsi, à cheval entre un monde matériel (physique, objectif) et un monde immatériel (spirituel, à objectiver) …

En quelque une sorte de « men sana in corpore sano »

Un état particulier qui intéresse nos scientifiques avec l’avènement de la physique quantique  ….

 

4 : la dynamique des systèmes

Revenons en occident … cette particularité qu’a l’homme et, en particulier, les frères et les Sœurs en Franc-maçonnerie d’avoir à intégrer la totalité des plans d’existence pour ajuster leurs actions va nous mener à la nécessiter d’apprécier toute situation au travers de fourches caudines  toutes particulières construites sur les principes de « La dynamique des systèmes »

Selon cette théorie toute entité quelle qu’elle soit peut être considérée comme un ensemble plus au moins complexe inter-réagissant avec les autres entités qui composent le monde vivant ou non ….

Chaque entité outre le fait qu’elle doit faire face à ses propres nécessités d’existence mais aussi qu’en tant que système d’organisation et d’information est contrainte par la loi d’entropie, doit aussi gérer sa relation avec son environnement. (Action-Réaction-rétroaction, Ajustement mutuelle ou programmée)

Cela pose que tout système complexe comme l’homme, la société, l’entreprise serait réglé par des lois du type « Entités-Relations » … ainsi toute forme d’organisation se comporterait comme une cellule vivante ayant à jouer un rôle dans un ensemble plus grand … lequel interagit lui-même dans un ensemble encore plus grand …

Ceci conclut à l’interdépendance de toutes entités … en connaitre les lois qui permettent d’inscrire les décisions prises en toute conscience des conséquences qui résulteraient de leur exécution.

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Le météorologue Edward Lorenz dans sa conférence à « l’American Association for the Advenement of Science » sur le thème « The Prédicability » … « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

La question peut être regardée avec un sourire narquois mais le désastre planétaire qui se dessine dû à l’activité humaine en notre Siècle nous contraint plutôt à accepter cette théorie de la « dynamique des systèmes » comme un moyen unique de repenser le monde sous l’angle d’une « vision globale ».

Il nous faudra compter sous deux aspects de cette vision pour mettre l’homme au centre de notre attention :

Fin de la partie 3

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 4

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … Enfin avons-nous regardé ce qui jouxtait la notion d’Eveil … selon certaines cultures … (Inventaire non exhaustif) … Il est maintenant le temps d’aborder l’échelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (y compris dans sa sensibilité orientale)

 

Partie 4 : L’Echelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

 

Analyse de notre Rite

Il est temps maintenant, à la lumière de ce qui vient d’être dit, d’examiner l’échelle maçonnique à laquelle nous sommes rattachés

Pour éviter toute confusion : L’échelle retenue … est celle de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (OIAPMM) voie Orientale (Loge de la Charte des Loges libres et Indépendantes du RAPMM ….

Notons le terme de Voie …. Et ne pensons pas que prendre une voie c’est trouver toutes réponses à toutes les questions que l’on se pose … aucune voie ne répond aux questions posées … certaines voies feront qu’à un certain moment  il n’y aura plus de question à formuler …

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Dans le Taoïsme nous dirons, alors, il y aura unité entre le tireur-l’Arc-la Flèche et la Cible ….  C’est à dire une intention incarnée  se déployant justement dans un espace-temps précis participant à la réalisation d’un plan de création que d’aucun qualifieront de « selon le nom qu’ils préfèreront »

 

Le profane est accueilli par un appel à son subconscient :

Le profane est immédiatement sorti de ses repères habituels …  (environnement socioprofessionnel et familial) … un changement de paradigme  s’impose … le monde animal est porteur de Symbole mais aussi de perfection et de … Vérité

Ensuite se trouve-t-il dans le « Cabinet de réflexion » et commence le chemin de sa « mise à mort » …  il établit avant le voyage post-mortem son testament philosophique …  difficile pour lui d’exprimer ses dernières volontés  et ses ultimes convictions …

L’impétrant aura à définir pour chacune de ces trois assertions ce qu’il pense être du devoir de l’Homme …. Sa réponse sera fébrile, non ajustée, et trahira son ignorance …

Tout son environnement, ici et maintenant, lui rappellera sa finitude, sa nature liée à la « Terre », sa dépendance absolue avec les forces Cosmo-telluriques,  il constatera qu’il est le subtil résultat de transformation alchimique … prend-il conscience qu’il est le lieu de rassemblement d’énergies et de fonctions animatrices orientées vers un destin qu’il ne maîtrise point …

Dans cet espace post-mortem il reconstruira sa nouvelle forme d’existence en encapsulant au cours de ses 4 voyages les « éléments » nécessaires à son futur changement d’état … après la « Terre », « l’Eau », « l’Air »  « le Feu » …  (comme Isis reconstituant Osiris)

La voie orientale offre, ici, à l’impétrant, l’occasion de comprendre que ce qu’il est n’est pas le fruit du hasard … qu’il est structuré, architecturé avec une infinie précision … et que cette précision à un sens … celui de construire une vie potentialisée

Chaque Chakra a bien évidemment des liens étroits avec les expériences de vie de tout être vivant et par voie de conséquence avec toute disharmonie dans le monde objectif, dans le monde sentiment-émotions ou dans les attitudes mentales … lesquelles auront corrélativement des résonnances négatives … à contrario … une harmonie installée ou ré-installée sera source de rayonnement

Enfin pour rester dans l’essentiel et de ne garder que ce qui peut être retenu comme favorisant l’éveil :

C’est un élément que la littérature désigne sous le terme de « fragment d’Obélisque » … Il est parfois assimilé au Naos dans lequel le Grand Prêtre dans l’Egypte ancienne  y plaçait la présence divine …

Pour notre Rite le Naos est un ensemble d’épures symboliques nous référant à tous les principes primordiaux et toutes les forces de création de tous les mondes …

De haut en bas : Voute Céleste – Fils à Plomb – Naos Triangulaire strictement « équilatéral » –  Flamme éternelle – Pavée mosaïque – Plan de L’œuvre –

A partir de la flamme éternelle Lumière et Information mettent sous tension le temple qui deviendra maçonnique que lorsque les « joyaux » de la loge rayonnement

L’Apprenti constate que le Temple et sa symbolique représente un espace-temps donné … donc une fenêtre de vie dans laquelle il va œuvrer … de la « Porte basse » par un relèvement constructeur … il s’acheminera vers l’orient où une métamorphose l’attend

« Le Connais-toi, toi-même » … est réellement en marche … la découverte de la partie temporelle de l’apprenti par son irruption dans un monde où les signes d’une organisation intemporelle deviennent évidents va déplacer son centre de gravité. Dès lors sa vision, le sens de son existence va s’enrichir de nouvelles perspectives.

Que fera-t-il de ce déséquilibre salutaire ?

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Notre Rite ne lui donnera aucune piste car « notre Rite n’a rien à faire avec la Morale ».   A son stade il aura appris deux choses :

 

Une fois établie une « première conscience de lui-même » … une fois informé qu’il fait partie d’un système complexe dans lequel il a à interagir … une fois convaincu que « méditation et action » vont être le lot de sa progression l’apprenti va être mis en relation avec le réel … Non qu’il fut totalement ignorant de cela avant son entrée en maçonnerie mais dans ce nouveau contexte il devra « Mesurer la Terre » … examiner son espace-temps sous toutes ses formes … après avoir trier le bons grain de l’ivraie … apprendre à amener à la conscience ce qui est encore, chez lui inconscient … bref s’approprier le plus largement possible le monde des formes,  des radiations et des densités.

Pour cela son ascèse consistera à maitriser un certain nombre de moyens, de démarches ou de méthodes  afin que la profondeur de sa vision se renforce …

Ce degré, le poussera, d’abord à l’analyse … avant d’avoir à tenter une synthèse … ainsi devra t’il mettre à profit la puissance de révélation des outils suivants :

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Le moyen de son investigation ? Le voyage … cela est bon car sa vie ne sera faite que de cela … rien n’est fixe …. Tout se transforme par le mouvement …

A : « l’Ajna Chakra » dont l’objet est la « Vision », la vision intérieure, la vision profonde … aucun acte ne peut être juste et approprié sans elle  car elle est reliée à la conscience.

B : « Vishuddha Chakra » ou Chakra de la gorge … c’est le centre éthéré, celui de la centration Spatiale et celui du « Verbe » … créateur et générateur de « réalité »

Le verbe crée  … et il crée d’autant mieux que la vision de celui qui en est l’auteur soit inspiré par une vision … profonde

 

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Au stade de la Maitrise, du point de vue de la notion d’éveil, il peut être évoqué « 4 » points et, avant de préciser nous burinons qu’à issus de la cérémonie dite « d’exaltation », Le vieil homme aura fait place à un être régénéré …

Voici ces 4 points :

« Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem Veram Medicinam » (Visite l’intérieur de la Terre et en la rectifiant tu trouveras la Pierre médicinale …)

L’ouverture du « Sahasrara » … qui est le centre crânien … où est tapie la syllabe germe « OM » vibration primordiale, rayonnement générateur de tout ce qui est et qui n’est point encore  … pour les occidentaux là se trouve le siège de la « glande pinéale »

Pour les hindous, ce centre est situé au-dessus du sommet de la tête … en dehors de l’enveloppe corporelle grossière … au de-là de la « shushuma » où règne de la polarisation constructive …

…. Endroit claviculaire pour un échange Terre – Ciel. C’est là où « l’Unité devient multiple et que le multiple devient unitif » ….  C’est le centre du Lotus aux mille pétales … l’intégration de tous les savoirs et l’expression de toute connaissance ….

 

Nous sommes en maçonnerie et si tenté soit-il que nous sommes sur le chemin de l’Eveil … la grande caractéristique de la démarche maçonnique est de servir le monde profane pour l’amener à lui faire intégrer les valeurs découvertes   mais aussi de permettre à tous d’ouvrir leur  propre conscience …

De façon plus modeste l’apprenti devenu Maître en 5 ans sera loin encore d’être doté d’une omniscience  et d’une connaissance absolue mais … des germes, des pistes seront ancrées … le frère ou la sœur en ascente vers la lumière se verra proposer un ensemble de situation lui permettant de rentrer en lui-même exposant son « je » à l’exigence d’un « suis » de plus en plus net et impératif.

Pour me faire comprendre je ne dévoilerai qu’une assertion très éloquente par rapport à notre propos

« Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines ».

Vaste programme pour un Franc-maçon qui doit régler ses pas et dont la prétention est de construire le monde en accord avec les harmonies universelles

Comme une « mandala » notre Rite nous proposera de méditer sur les difficultés pour lever les entraves des hommes afin de construire le Temple inspiré par la progressive rencontre qui s’établit entre eux et leur « double  subtil »  …

Chaque degré règlera notre « mécanique » comme pas à pas l’horloger construira la montre qui s’accordera aux exigences cosmiques et aux espaces temps qu’il devra affronter … car la notion de temps ne sera pas la même pour tous … et les scientifiques le savent bien

Les champs investigués seront : la nature de nos désirs, les moteurs à notre action, la notion de Justice, nos modes de construction objectifs ou subjectifs, les racines de l’inspiration, les sources possibles d’idéation, les principes possibles de références, la capacité transmutatrice par la conscience « d’une quadrature »  …

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Tous ceci devant être destiné à une rectification individuelle drastique

La référence symbolique, jusqu’alors privilégiée, laisse, alors, la place à la philosophie … un premier aspect de la philosophie, seulement  !!!! … celui qui sera nécessaire d’être analysé pour permettre un éveil libérateur

 

Un Rite qui se propose de conduire à l’éveil doit impérativement tendre vers une digestion des différentes cultures qui structure le monde phénoménal … il doit réduire à néant les modes de  structurations mentales, idéologiques … chasser toute éducation ramenant l’être candidat à l’éveil à des contingences, des systèmes d’intégration ou des dispositifs d’éducation « locaux » ou « orientés vers des organisations dont les intérêts seraient contraires aux règles universelles découvertes sur le chemin de la progression initiatique …

Les travaux précédant étaient basés sur une mythologie de nature  hébraïque … cet espace nous fera, maintenant, cheminer dans un espace judéo-chrétien  …

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Ainsi de Babylone à la « mission » Rose-Croix … une transposition doit impérativement se faire … le frère et la sœur, par la nature de leur ascèse, pourront participer à la reconstruction de la Vérité primitive, de la Liberté rationnelle des droits de la libre Conscience et de la libre Pensée. Et cette reconstruction doit se faire dans le cœur des Hommes et parmi les nations … les ouvertures de conscience cumulées et encapsulées jusqu’alors sont assorties d’obligations opératives …

Faisons un clin d’œil vers l’Orient … « Bouddha » … transmit ce qu’il fallait … afin de permettre une mutation libératrice chez chacun … (l’épilogue se réalisera dans la strate ésotérique suivante)

Dès lors un rappel constant s’impose :

« Ne crois toutefois pas que tu devras t’engager dans une lutte contre d’autres que toi-même, car c’est au fond de ta conscience qu’il t’appartient surtout d’apporter une paix pure et lumineuse »

On n’oubliera pas cette formule « Igne Natura Renovatur Intégra »

Et enfin … sur le chemin de l’éveil … toujours « Ora, Labora » notre statut d’esprit incarné dans la matière l’exige …

Qu’est-ce qu’un Rose-Croix ?

C’est un Maçon qui, après avoir travaillé tous les degrés inférieurs de l’initiation, se livre à l’étude des forces primitives de la nature et à la recherche des causes secondes.

 

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Toujours la conscience d’une fonction bivalente des êtres que nous sommes … et la solution, enfin, sur la confrontation entre pouvoir Temporel et le pouvoir Spirituel  (voire la fonction Royale (ou régalienne)  et la fonction sacerdotale)

Cette espace est conçu comme un champ expérientiel … qui confronte ce que l’on est devenu avec l’histoire de notre humanité récente (celle plutôt, incarnée par l’occident, il faut bien le dire) et la façon dont s’est articulée et fondée la fusion des pouvoirs évoqué ci-dessus.

Cette auto-analyse est primordiale pour mettre en œuvre un « lâcher prise salutaire » nécessaire à un éveil réussi …

Compassion, Bienfaisance, Octuple sentiers de la libération, familiarisation avec les forces occultes et prise en compte d’une organisation cosmologique rectrice des mondes …

On l’aura compris le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm  voie Orientale, est loin de donner des clochettes et titres ronflant et contraint le méditant à vivre des situations obligeant à des prises de consciences foncières …  car « fondatrice d’un nouveau paradigme »

Enfin pour le dernier grade de cet espace ce sera rejoindre la Paix intérieure par la mise en lumière de la « mémoire » par la maitrise de l’échelle à double montant (7 Arts royaux et 7 états) et un méditation profonde sur le « VICARIUS FILII DEI »

 

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Dans ce cheminement vers l’éveil … la spéléologie des profondeurs de l’être ainsi que le nécessaire inventaire des environnements de fonctionnement de l’être sur le chemin du savoir et de la connaissance vont faire place à un autre inventaire : Celui d’un monde dont l’expression ne peut nous être contée que par la mythologie … même si une grande part de celle-ci nous sera expliquée par des découvertes archéologie. Une occasion, sans doute de se rendre compte  que nous sommes aussi fait de cette idéation là …

La démarche suggérée sera celle de « chamanes » … parcourir notre espace-temps … Egypte, Grèce, Scandinavie, Chaldée, Indes, …. Voire des mondes encore plus reculée si possible …

Cela fait … les chaines de l’attachement seront brisées … l’être en réalisation et maçon de surcroit peut apporter une contribution à la transformation du monde sur la base d’une conscience contemporaine inspirée …

Il aura une dernière étape pour obtenir la complétude de ses potentialités ce sera celle d’être non plus l’objet de sa méditation et de son attention opérative  mais de devenir l’acteur parfait et conforme à nature de l’œuvre qui se déroule

Ce sera l’objet de la dernière partie du chemin

 

Un dernier plan de travail proposé par notre Rite … du point de vue de sa justification, de l’utilité, de ses fondements, de son contenu, de son opérativité que n’a-t-on pas écrit, dit et fait !!!!

Il y a une chose de certaine.

Si tout ce que nous venons de buriner traduit bien une démarche indispensable pour que l’éveil puisse réellement se produire … il est nécessaire que s’installe une ascèse personnelle afin que deux réalités se rencontrent … que le « Je Suis » se manifeste … que le « Tat Sat » s’incarne, que la Terre et le Ciel s’unissent, que créature et créateur se rencontre … quel que soit la forme de cette rencontre.

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Aussi bien, pour parler de l’Arcane des Arcanes … pyramidion de notre échelle maçonnique … je prendrai la vision qui est la mienne et qui s’inspire largement du chemin que j’ai emprunté depuis longtemps … celui qui serpente en terre alchimique d’Orient …

Même préparé, comme nous l’avons vu, l’accès à l’éveil ne résulte pas de la mise en œuvre d’une recette de cuisine ni d’une identification personnelle à une variable mathématique participant à la résolution d’une équation cosmique à « n » degré. Celles et ceux qui disent l’avoir obtenu doivent faire très attention de ne pas se tromper lourdement dans leurs appréciations.

Reste que, pour obtenir la meilleure perception de la Vérité, pour s’immiscer dans une mécanique terrestre et céleste malgré notre opacité, notre densité nous devons nous rendre maintenant bien plus léger, nous rendre transparent afin que notre lumière intérieur puisse rayonner sans obstacle (réduction-dissolution de notre Ego) … c’est cette lumière qui est la source de toute les existences …

Obtenir l’arcane des arcanes c’est accepter de rentrer dans un processus de maitrise absolu de notre Moi, de notre Ego  … et même d’accepter la nécessaire dissolution de ce que nous avons été … la mort du vieil homme aura rempli son œuvre au profit d’une métamorphose …

Celui qui se trouve en situation d’éveil tout en restant incarné n’est plus le même … Il est un être bicéphale … qui ressemble les deux mondes. Les anciens Égyptiens diraient : celui qui rassemble la Terre Noire et la Terre Rouge … celui qui comme au temps du Zep Tepi réalise la jonction du Nil céleste (Voie lactée) et du Nil Terrestre    … les NDE ne nous donneraient-elles pas une certaine idée de ces rencontres « post-mortem » éphémères ?  … Difficile à dire car la littérature est peu prolixe à ce sujet pourtant de plus en plus de médecins commencent à concevoir justement cette existence « après la vie, ici et maintenant »

Tentons de préciser deux points  pour aller plus avant : …

Herman Hesse, dans une lettre écrite à un ami, donne la définition suivante de l’éveil: « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen ».

Karuna Platon explique : « la liberté est pour chacun. Le connaissant sait que la liberté ne signifie pas forcément faire ce que l’on veut mais assurément d’abord faire ce que l’on doit  … et si par bonheur, ce que l’on doit faire est, aussi, ce que l’on veut faire  … en somme, si l’on veut faire ce que l’on doit … voilà l’homme libre »  …

Obtenir cette union nécessite une ascèse qui fait l’objet de cette partie ésotérique

Pour comprendre prenons une simple image …  regardons la lumière d’une lanterne … elle rayonne  selon son énergie … Celle-ci n’est pas modifiée par quoi que ce soit pourtant sa manifestation extérieure est affectée en fonction de la qualité de la matière à travers laquelle cette lumière brille …

Ainsi accéder aux arcanes de l’arcane revient à rendre transparent, inopérant tout ce nous empêche de faire éclater cette lumière intérieure transmise à notre naissance …  Comment procéder ?

 

La Qualité de ce que nous sommes est liée à notre aptitude à être en conformité avec nos besoins réels … sur les trois piliers stabilisant notre existence :

A : l’alimentation qui correspond non seulement à la satisfaction impérative de notre corps reptilien mais, aussi, à sa capacité à nous permettre de développer l’efficacité des capteurs objectifs pour la connaissance de notre environnement physique et subtil   … nous sommes ce que nous mangeons

B : l’Air … cette forme volatile si nécessaire à la vie est loin de n’être que de l’oxygène nécessaire à la régénération de notre sang baignant toutes les cellules de notre corps … il informe et transporte les messages nécessaires à la vie et notre transmutation biologique.

C : l’Idéation …  seront mis dans cet espace l’ensemble des sensations, des perceptions, visuelles ou imaginaires … sans elles aucune vie n’est possible … avec elles tout se construit … le meilleur comme le pire

Par un travail assidu et avec l’exercice de la persévérance le Franc-maçon entre en lui-même et prend conscience de l’importance de ses propres centres fonctionnels :

Dès lors le Franc-maçon sera introduit :

 

Ce degré permet au frère ou à la sœur sur ce chemin de rencontre de se placer en résonnance avec les lois qui régissent l’univers, en l’harmonie avec « la musique des sphères » (Spiritualité et Science concluent une union sacrée) … Conscience aura-t-il que sa vie ne débute pas avec sa naissance ni ne termine avec son « désincarnement » !!!!  …

« Là doit naitre une pensée dirigée par une volonté pleinement consciente » …

Corps physique, Corps Astral, Corps mental et Corps subtil doivent œuvrer ensemble … dans une unité retrouvée

 

Il est le temps de comprendre que les Arts libéraux abordés au grade de compagnon et dans notre Rite sous le nom des 7 Arts Royaux … doivent être ré-analysés à la lumière du chemin parcouru … ils deviennent alors « des Arts Royaux Sacrés » parce que imageant le « Je Suis » dans son aspect « puissance de création et d’action »

Une « check-list » de maitrise  particulière est proposée au cherchant … celle énoncée par le « Kybalion »

 

Pourquoi cela ?

Parce que le chemin parcouru a mené à l’éveil  ou pour le moins à une grande ouverture de conscience… un éveil qui a produit sens … qui a replacé l’homme dans sa véritable histoire … qui permit à l’homme d’être le véritable relais  dans les actions de création de ces mondes transcendantaux … Le cheminant devient le « démiurge » entre guillemets tant il est important de rester humble quel que soit le stade où l’on pense se trouver …

Ainsi au 90ième degré devons-nous être  des alchimistes inspirés et conscient …

« L’unité se développe en deux, se perfectionne en trois à l’intérieur pour produire quatre à l’extérieur, d’où par six, huit, neuf, on passe et arrive à cinq, moitié du nombre sphérique dix, pour monter en passant du 11 au 12 et pour s’élever à travers le quatre fois dix, au nombre six fois douze … fin et sommet du bonheur éternel » …

Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … voie d’Eveil ? au lecteur de le décider maintenant … Vrai ou Faux ?

Dernier point cependant: Classiquement 4 voies peuvent permettre la classification de nos  Maçonneries respectives … je vous les livre en conclusion …

Le Maçon réalisé … est assurément l’incarnation de ces 4 maçonneries

Reposons-nous la question: le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est-elle une voie d’Eveil ?

L’on pourra pour le moins dire que la Voie Orientale de ce Rite cumule de nombreuses présomptions favorables …. mais le débat reste ouvert !!!!!

Fin de la partie IV …

La mixité est-elle inéluctable en Franc-maçonnerie ? 26 juillet, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La mixité est-elle inéluctable en Franc-maçonnerie ?

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Que peut-on voir ?

 

            Passez donc, à l’heure des sorties de classe, devant un collège ou un lycée. Les jeunes s’ébrouent, garçons et filles très mêlés, plus hâtifs les uns que les autres de passer la porte et de se retrouver dehors. L’école nous offre son flot de mixité ; mixité sociale, ethnique, culturelle et bien sûr sexuelle (pas de mixité d’âge et pour cause). Puis, petit à petit se forment des rapprochements de bavardage, de copinage. Le mouvement s’ordonne par groupes d’affinités où l’on remarque la dissociation des sexes, les filles et les garçons ensemble mais séparés, formant de petites bandes unisexes, quelques amoureux cependant encore témoins d’une proximité mixte fédèrent autour d’eux copains et copines. Avec sa liberté, la jeunesse se regroupe ; des clans s’agencent rompant d’avec la mixité de l’intérieur de l’école.

Les enseignants sortent un peu plus tard, la plupart sont des femmes.

 

Rendons-nous maintenant sur un lieu de compétition sportive. Oh, mais les équipes participantes sont exclusivement masculines ou féminines ! Pas de mixité sur le terrain (sauf en double mixte de tennis). Les spectateurs sont pour la plupart des hommes.

 

Voilà deux illustrations des nombreuses questions que l’on peut se poser sur le thème de la mixité.

Que faut-il entendre par mixité ?

 

            Dans une société, la mixité évoque d’emblée la notion de mélange sur la base de plusieurs critères : le sexe, le niveau social, la culture, l’ethnie, la religion (ou pas), l’appartenance à un engagement politique, la nationalité…

Dans la visée d’une réflexion sur ce sujet en franc-maçonnerie, nous ne nous attacherons qu’au seul critère qui fait polémique, celui du sexe.

Dans la société occidentale encore patriarcale au XXème siècle, la mixité c’est avant tout la volonté des femmes de pénétrer des milieux réservés aux hommes. Concrètement, il s’agit d’assurer l’accès des femmes aux mêmes chances, droits, occasions de choisir, conditions matérielles (par exemple, même accès aux soins médicaux, partage des ressources économiques, même participation à l’exercice du pouvoir politique) que les hommes, tout en respectant leurs spécificités.

Quel est l’état de la mixité ?

 

            La mixité s’est imposée malgré elle, comme une « révolution tranquille » en concomitance avec l’évolution des mœurs, sous l’influence des mouvements féministes qui, notamment à partir des années 1970, demandent à la société de regarder les femmes autrement. La société devient peu à peu mixte dans tous les lieux de socialisation et surtout à l’école.

 

Avec les commandements élaborés par le judéo-christianisme, formalisant une morale sociétale, l’homme a cherché à se donner, d’abord, des devoirs de sociabilisation puis des droits immanents et supérieurs, des droits « inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés », droits naturels, et donc opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir, à travers une législation qui, aujourd’hui, pose heureusement, en principe, la séparation des pouvoirs religieux et judiciaire à partir d’un socle développé au XVIIIe siècle et qui évolue encore de nos jours : la première génération fut celle des droits de l’homme civils et politiques ; puis la deuxième génération celle des droits économiques et sociaux ; la troisième génération celle des droits de solidarité ; la quatrième génération celle des droits globaux. Aujourd’hui, les principes des devoirs de l’homme sont devenus, en Europe, les droits de l’Homme inscrits dans la  Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, usuellement appelée Convention européenne des droits de l’homme.  

La Convention européenne des droits de l’homme postule une identité de règles universelles parce qu’elles concernent l’humain. En tant qu’unité, on peut donc dire qu’on retrouve avec la Convention une supra loi morale des temps modernes régissant les divers systèmes juridiques nationaux. A la différence de la morale religieuse qui veut élever l’humain vers le « vivre ensemble » et surtout vers Dieu, la morale des droits de l’Homme protège l’Homme contre la société, pour lui permettre d’y vivre en égalité de dignité.

L’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme concernant l’interdiction de discrimination édicte : « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ». L’égalité entre les femmes et les hommes, c’est une visibilité, une autonomisation et une participation égales des femmes et des hommes, et ce, dans tous les domaines de la vie publique et privée. Ainsi, l’Organisation combat toutes les atteintes aux libertés et à la dignité des femmes et a pour objectif de mettre fin à la discrimination fondée sur le sexe.

En octobre 2007, le Comité des Ministres a adopté une recommandation visant à encourager l’adoption de mesures relatives à la mise en œuvre de l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes à tous les niveaux des systèmes éducatifs des 47 États membres du Conseil de l’Europe.

Quelle évolution de la mixité dans les systèmes éducatifs ?

            N’oublions pas que les filles étaient interdites dans l’enceinte des lycées en 1808. N’oublions pas qu’il faut attendre 1880 pour que les filles soient admises dans le secondaire et que la loi de 1882 de Jules Ferry, qui rend obligatoire l’école pour les enfants des deux sexes de 6 à 13 ans, précise que l’instruction primaire doit comprendre «pour les garçons, les exercices militaires, pour les filles les travaux à l’aiguille».

 

La mixité va, alors, constituer l’une des révolutions pédagogiques les plus importantes en France. Pourtant, elle s’est effectuée « sans même qu’on y prête attention ».

 

La mixité dans l’enseignement fait ses premières apparitions avec les grandes écoles nationales :

1906, l’École des Chartes ; 1912, l’École Normale Supérieure de l’enseignement technique de Cachan ; 1917, l’École supérieure d’électricité ; … 1920, l’École Centrale et de nombreuses écoles d’ingénieurs ; 1945, l’École Nationale d’Administration (avec cependant des réserves d’admission à certains emplois pour les femmes). A cette date,  les Instituts d’études politiques (jusqu’alors réservés aux hommes) s’ouvrent aux femmes comme Polytechnique en 1970, HEC et St Cyr en 1975, l’École navale en 1992.

 

L’instauration de la mixité dans les établissements scolaires est plus tardive et demeure timide jusqu’aux années 1960.

Le premier lycée mixte est le lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur, fondé en 1937. Ce choix répond d’ailleurs plus à des motivations économiques qu’idéologiques. Néanmoins, au cours de l’année scolaire 1958-1959, 30% seulement des écoles primaires sont mixtes.

A partir de la fin des années 1950, le gouvernement favorise la généralisation de la mixité scolaire. En 1959, notamment, le ministre de l’éducation nationale Jean Berthoin décide de ne construire que des lycées mixtes. Les collèges d’enseignement secondaire (CES) créés par la réforme Capelle-Fouchet de 1963 sont mixtes dès l’origine. Toutefois, les lycées de garçons et les lycées de jeunes filles subsistent. L’évolution des mentalités est progressive. Les adversaires de la mixité craignent la distraction des élèves et en appellent au sérieux de l’apprentissage scolaire. Ses défenseurs, à l’inverse, évoquent la curiosité malsaine des élèves, exacerbée par la séparation des sexes et soutiennent que la mixité favorise un enrichissement intellectuel réciproque et la formation de personnalités équilibrées. Les jeunes filles, qui y voient un pas de plus vers l’égalité, sont par ailleurs souvent plus désireuses d’aller dans des lycées mixtes que les garçons.

Finalement, les décrets d’application de la loi Haby du 28 décembre 1976 rendent la mixité obligatoire dans l’enseignement primaire et secondaire. Aujourd’hui, les établissements non mixtes de l’enseignement privé accueillent des effectifs très réduits.

En France, ce n’est qu’en 1982 que le principe égalitaire de l’enseignement mixte est officiellement affirmé : un arrêté du 12 juillet sur l’action éducative contre les préjugés sexistes dépasse la notion de mixité et vise à promouvoir une réelle égalité des chances entre filles et garçons et à faire disparaître toute discrimination à l’égard des femmes. S’agissant des textes réglementaires, le décret n° 90-788 du 6 septembre 1990 relatif à l’organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires prévoit, dans son article 6, que « les classes maternelles et élémentaires sont mixtes ».

Les termes « mixité » ou « mixte » n’apparaissent que rarement dans les textes, et sont absents du code de l’éducation.

Le ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche a néanmoins indiqué qu’il est possible de « considérer que le terme mixité apparaît en filigrane dans plusieurs textes qui évoquent l’égalité entre les hommes et les femmes ».

La mixité est-ce la même chose que l’égalité ?

 

            Si la notion d’égalité n’est pas contradictoire avec la notion de différence, cependant on peut considérer qu’elle n’est que connexe avec la notion de mixité. Dire que le droit à l’éducation doit être le même pour filles et garçons ne veut pas dire qu’il faut les mettre ensemble au même moment pour recevoir cette éducation. Le législateur lui-même a tenu compte de cette différentiation au point d’utiliser les termes égalité et mixité de façon distincte dans  l’article 1er, alinéa 6 de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, qui précise que la politique mise en œuvre doit veiller à l’évaluation   »des actions visant à garantir l’égalité professionnelle salariale et la mixité dans les métiers ».

L’égalité entre hommes et femmes conduit-elle à les faire vivre ensemble dans toutes les circonstances de la vie ?

Peut-on imaginer des équipes sportives professionnelles comme celles du football ou du rugby mêler femmes et hommes sur le terrain; qui le souhaiterait ?  Et pourtant, la juxtaposition des sexes, pas l’égalité des droits et des devoirs, tel est en fait le débat au sein  de la Franc-maçonnerie où, pourtant, il existe déjà des obédiences mixtes depuis la fin du 19ème siècle.


¬ Née en 1693, son père et ses frères étaient des aristocrates francs-maçons, dans le comté de Cork en Irlande. En 1712, alors que lord Doneraile, son frère, était vénérable, leur loge organisait ses tenues dans l’enceinte du domicile familial. La jeune femme aurait assisté à une tenue maçonnique grâce à un trou dans un mur en travaux, dans une bibliothèque contiguë à la loge. Ayant été surprise, son cas donna lieu à une réunion de plus de deux heures à l’issue de laquelle il fut décidé de lui offrir le choix entre l’initiation et la mort. Elle accepta l’initiation et serait restée membre de la loge jusqu’à son décès à l’âge de 95 ans

¬ Aux États-Unis, un franc-maçon de Boston nommé Robert Morris fonda en 1850 un ordre mixte d’inspiration maçonnique, nommé Order of the Eastern Star qu’il ouvrit aux femmes à condition qu’elles soient filles, veuves, épouses, sœurs ou mères de franc-maçon. Cet ordre, qui existe toujours, a connu un grand succès aux États-Unis mais ne s’est guère développé en dehors. Il dispense un enseignement basé sur la Bible et s’occupe principalement d’activités morales ou charitables

¬ Le lieu avait été choisi pour évoquer la dissolution des sociétés secrètes par le maréchal Pétain, exactement soixante-dix ans auparavant.

 

Comment la mixité est-elle apparue en franc-maçonnerie ?

 

            Au début du 18ème  siècle, l’instruction, le pouvoir, la représentativité étaient uniquement masculins et l’on doutait encore à cette époque qu’une femme puisse avoir une âme, en fait, elle était considérée comme légalement mineure, donc non libre de l’autorité de leur père ou mari. Alors comment imaginer une femme en franc-maçonnerie ! On comprend mieux pourquoi, dans les Constitutions fondatrices, la franc-maçonnerie lui était interdite. La Franc-maçonnerie était le reflet de la société de l’époque. A remarquer qu’en ce temps, il n’y avait naturellement pas de Juifs en Maçonnerie, puisque ceux-ci, comme les femmes, étaient privés de droits civiques avant la Révolution Française. Aucun règlement maçonnique n’avait besoin de préciser ce qui allait alors de soi.

 

C’est à la fin du 19ème  siècle, en France, que va apparaître pour la première fois une véritable franc-maçonnerie mixte. En effet, jusque là, les formes féminines ou mixtes de la franc-maçonnerie étaient restées :

  • anecdotiques (quelques rares cas isolés comme celui d’Élisabeth Aldworth¬)
  • marginales (la franc-maçonnerie égyptienne de Cagliostro)
  • assujetties à des loges masculines aristocratiques (les loges d’adoption)
  • ou para-maçonniques dans leurs rites et pratiques (l’ordre de l’Eastern Star¬)

Mis à part le cas exceptionnel d’Élisabeth Adlsworth (initiée en 1712), ce n’est que le 14 janvier 1882 que la loge maçonnique  »Les libres Penseurs du Pecq » confère l’initiation à une femme, Maria Deraismes. Celle-ci, femme de lettres reconnue, journaliste engagée est une oratrice de talent. L’événement est important car c’est la première fois qu’une femme est initiée franc-maçon avec le rituel jusqu’alors réservé aux hommes.

En fait, rapporte le journal Le Matin du 4 avril 1893, ce fut  »une cérémonie dans laquelle la postulante, introduite à visage découvert dans le temple, voyait pour toute épreuve, le vénérable descendre de l’Orient, et venir lui présenter ses respects ». La Grande Loge Symbolique Écossaise à laquelle appartenait la loge, ne goûtant guère cette initiative, la mit de ce fait en sommeil.

L’initiation de Maria Deraismes aurait pu n’être qu’un épisode sans suite. Il n’en a rien été grâce à l’engagement du docteur Georges Martin. Après janvier 1882 Maria Deraismes n’assiste à aucune réunion maçonnique. Pourtant l’idée de l’admission des femmes en Franc- maçonnerie continue à faire son chemin soutenue depuis longtemps par Léon Richer. Georges Martin qui est membre d’un atelier de la Grande Loge Symbolique Écossaise fait deux tentatives pour entraîner cette obédience à prendre la décision : en 1890 il propose que sa loge « La Jérusalem écossaise » crée, parallèlement, une loge admettant les femmes. En 1891 il adresse une demande à la GLSE pour que chaque loge de cette obédience soit libre de se déterminer ; en vain. Georges Martin décide d’agir différemment : il va allumer une loge mixte indépendante, ainsi, dès le 1er juin 1892 Maria Deraismes réunit chez elle un certain nombre de femmes. Le 4 mars 1893 elles prennent la décision de créer une loge mixte. Cela se fera en quatre étapes : le 14 mars 1893 on procède à l’initiation de 17 femmes, les 24 mars et 1er avril elles sont élevées au 2ème et 3ème degrés, le 4 avril la loge mixte est créée. Elle prend le titre distinctif de Grande Loge Symbolique Écossaise de France le Droit Humain ; ses statuts sont déposés en mai à la préfecture de la Seine. Maria Deraismes en est vénérable, Clémence Royer, vénérable d’honneur et Georges Martin, orateur. Le Rite Écossais Ancien et Accepté est choisi. La GLSE de France comme toute Grande Loge ne comprend que les trois premiers degrés. Pour atteindre les autres degrés c’est-à-dire les hauts Grades, les maçons devront aller dans une autre obédience Des ateliers se sont créés à Blois, à Lyon, à Rouen, à Paris, à Zurich. Le 16 mai 1896 on modifie les statuts. L’obédience devient la GLSE Mixte. Pouvait- on en rester là, avec seulement les trois premiers degrés ? En 1899 le frère Décembre-Allonier confère le 33ème  degré à dix maçons du Droit Humain ce qui permet, en mai 1899, de constituer un Suprême Conseil. En 1901 la GLSE Mixte fait place à l’Ordre Maçonnique Mixte et International le Droit Humain administré par le Suprême Conseil. A la mixité et l’internationalisme s’ajoute la continuité initiatique puisque tous les ateliers du 1er  au 33ème  degré sont réunis dans un même ensemble pyramidal.

Les femmes, mieux la mixité, sont entrées dans la forteresse maçonnique ; elles portent désormais le titre de sœurs.

Et depuis, y a-t-il d’autres obédiences mixtes ?

            Il faut attendre février 1973 pour observer la création d’une autre obédience mixte. Trois loges du Droit Humain, «Lucie Delong », « Marie Bonnevial » et « Le Devoir », suivies d’une centaine de membres abandonnent la rue Jules Breton et fondent une nouvelle obédience, la Grande Loge Mixte Universelle. La direction de ce groupe est prise pas la Sœur Eliane Brault et le Frère Raymond Jalu.

En 1982, une scission enfantera la Grande Loge Mixte de France.

Mais il est à remarquer, qu’entre temps, deux obédiences strictement féminines, la Grande loge Féminine de France (1952) et la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (1971), sont créées.

 

Pour faire quoi avec la mixité ?

 

            Essayons de dégager comment les obédiences mixtes abordent leur spécificité.

 

Aux détours de leur présentation, certaines obédiences mixtes trouvent si naturel d’associer hommes et femmes en loge qu’elles ne justifient pas la mixité. Elles apparaissent comme telles soit parce qu’elles le déclarent comme à la Grande Loge Mondiale de Misraïm,  « c’est un Ordre (mixte depuis 1785) », soit parce que leurs membres sont désignés par « frères et sœurs ».

            Grande Loge Mixte Universelle : La mixité y est affirmée comme totale. La volonté d’établir l’égalité entre hommes et femmes implique pour nous le choix d’un travail en commun, c’est pourquoi nos Loges sont mixtes.

            Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal : Les Loges de l’OITAR peuvent être masculines, féminines ou mixtes. Dans les faits, une très grande majorité des Loges de cette obédience sont mixtes. Toutes les Loges mixtes ou non mixtes ont l’obligation de recevoir sans discrimination tout visiteur, Sœur ou Frère, reconnu franc-maçon régulier.

            Grand Orient Traditionnel de Méditerranée, lapidairement, reconnaît l’initiation féminine, au nom de la dimension universelle de la Franc-maçonnerie.

            Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis : la mixité est une position de principe fondée sur la reconnaissance de la complémentarité entre Hommes et Femmes et, par conséquent, sur l’enrichissement réciproque que chaque moitié d’humanité peut, et doit, apporter à l’autre. « Pour nous, il s’agit donc bien de valoriser la pratique de la mixité grâce à laquelle Frères et Sœurs, sans se prévaloir mais aussi sans renier les valeurs propres à leur sexe, bénéficient de la confrontation des différences. Par une démarche initiatique commune, ils affirment ainsi leurs caractères spécifiques sans jamais tomber dans un nivellement asexué destiné à gommer toute particularité. Néanmoins, attentifs au respect de la tradition, la mixité de nos ateliers respecte les règles propres à chaque rite. Ainsi, les Loges placées sous l’autorité du Régime Écossais Rectifié sont-elles strictement masculines comme l’impose la tradition de ce rite et il en est évidemment de même pour le Rite Féminin, dit de Constant Chevillon, dont le nom lui-même circonscrit bien à qui il est offert ».

Mixité oui mais pas trop, des centrales nucléaires, oui, mais pas trop grosses !

En fait, on voit là poindre la relation ambigüe du principe de mixité avec la notion de rituel.

 

L’exclusion des femmes est devenue une faiblesse, un archaïsme, une fixation névrotique. » Alors que les frères « trois points » se vantent, dans le sillage des mouvements féministes des années 1960 et 1970, d’avoir contribué à la libéralisation de la contraception et de l’avortement, la proportion de femmes dans les temples n’est passée, depuis trente-cinq ans, que de 9 à 17%, celle des maçons en loges mixtes que de 7 à 13%, et celle des hommes en mixité que de 3 à moins de 8% ! C’est dire si, sous le tablier, le « sexe fort » juge dérangeante la compagnie du « beau sexe » !

La mixité fait-elle polémique dans les obédiences masculines ?

 

            Les querelles à propos  du GADLU, de l’engagement politique, de la ségrégation raciale et bien sûr de la mixité constituent les principales raisons des schismes sur la régularité maçonnique.

La considération des sœurs par les obédiences dites libérales est acquise, elles sont même reçues en visite dans les loges du GO depuis 1974.

Aujourd’hui, l’exclusion systématique des sœurs des visites de loges masculines libérales existent toujours avec plusieurs échelles de valeurs, bien que la reconnaissance des obédiences mixtes et féminines sont admises d’une part et d’autre.

Le GODF, avant d’initier des femmes, avaient 30% de ses loges qui refusaient la visite des sœurs soit pour toute la durée de leurs tenues, soit pour une cérémonie comme l’initiation. Plus encore, en 2008, le GO a suspendu 169 de ses membres pour avoir initié six femmes dans 5 ateliers de cette obédience. Le Grand Orient a choisi de laisser chaque Loge libre de décider si elle y acceptait les sœurs en visite ou pas.

La GLDF ne reçoit pas de sœurs. Ils ont inventé autour de 2010 un « rituel spécial » pour pouvoir les recevoir.

La GLTSO ne reçoit pas plus de sœurs que la GLDF, mais a travaillé et organisé vers 2005 des tenues communes avec des obédiences mixtes ou féminines.

Pour la GLAMF et la GLIF, ces deux obédiences ne reconnaissent aucune obédience mixte et féminine. Par conséquent, dans leur cas, il est inutile de prétendre que les inter-visites seraient possibles pour des sœurs. De même que pour la GLNF.

 

La reconnaissance des sœurs n’est pas une finalité maçonnique, mais un choix d’obédiences.

Le débat concernant la maçonnerie libérale ne se situe donc plus sur la reconnaissance des sœurs (comme on le voit avec l’existence d’obédiences mixtes), mais sur le droit à leur initiation dans les différentes obédiences qui, bien que reconnaissant leur droit à être maçonnes, leur interdissent encore cette cérémonie.

 

Déjà en 1869, le Frère Frédéric Desmons, pasteur et vénérable de la loge de Saint Géniès de Malgoirès, dans le Gard, puis Grand Maître du Grand Orient de France émet le vœu “qu’à l’avenir les femmes soient admises au sein des ateliers, et puissent participer aux travaux”. Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France refuse. . Rappelons au passage que c’est également le Frère Frédéric Desmons qui fit voter par le Grand Orient de France la suppression de l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme pour solliciter l’initiation maçonnique.

 

Le 22 janvier 1961, le clipsas (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonnique Signataires de l’Appel de Strasbourg) a été constitué à l’appel du Grand Orient de France et de onze autres puissances maçonniques souveraines qui, émus par l’intransigeance et les exclusives qu’ils estimaient abusives de certaines autres obédiences, lancèrent un appel à toutes les maçonneries du monde afin de les réunir dans le respect de leur souveraineté, de leurs rites et de leurs symboles.

Les principes fondamentaux de ce groupe d’obédiences diffèrent des basic principles anglais et des landmarks nord-américains sur deux points essentiels : Le principe d’une nécessaire foi en Dieu (ou similaire) est remplacé par celui d’ « absolue liberté de conscience ».

Mais surtout, pour ce qui concerne notre propos, ce groupe n’interdit pas la reconnaissance des obédiences féminines ou mixtes.

 

En ces temps de regain médiatique pour la Franc-maçonnerie, avec semaine spéciale sur France Culture, diffusions et rediffusions d’émissions sur les grandes chaînes hertziennes, couvertures de tous les grands hebdos, outing à l’appui… une question revenait immanquablement sur le tapis : l’interdiction d’initier des femmes au Grand Orient de France.

Le convent de 2009, qui réunit à Lyon les délégués des 1.200 loges du GODF, se prononce pour la dernière fois à 56% contre la mixité des loges.

Ce vote est annulé pour des questions de forme. Une commission d’experts  finit par admettre que les « hommes libres et de bonnes mœurs« , désignés dans les statuts de l’obédience à l’époque des Lumières, ne devaient pas s’entendre au sens masculin du terme.

Le 22 janvier 2010, dans un communiqué diffusé à la presse, le Conseil de l’Ordre du Grand Orient entérine officiellement le changement d’état civil d’Olivia Chaumont. Celui-ci régulièrement initiée en tant qu’homme en 1992 à la loge « Université maçonnique » devient ainsi après sa trans-identité, la première femme officiellement membre du Grand Orient de France depuis sa création. Installée vénérable de sa loge, elle est élue déléguée de sa loge, faisant entrer, de la sorte, la mixité au sein du Convent qui se tient le 2 septembre 2010 à Vichy¬. Lors de ce convent, par une courte majorité à 51,5 %, les membres du Grand Orient de France (GODF) prennent la décision d’initier des femmes. Le pas est franchi le jeudi 3 septembre par les 1.150 délégués des loges du Grand Orient.

Bien que le règlement ne le précise pas et en application du principe de liberté des loges qui préside également pour les visites des sœurs, le Grand Orient, laisse désormais les loges libres d’initier des femmes ou de les affilier selon les modalités qui s’appliquent à tous les membres masculins du Grand Orient.

On ne peut pas dire que le GO soit devenu mixte ; ce qui a prévalu c’est la liberté des Loges comme seule solution maçonnique : que nulle [loge] ne prétende imposer aux autres son propre choix initiatique, dès lors que toutes[les loges] respectent les principes et les statuts de l’association qui les fédère. Imaginons que par un hasard numérique, un atelier soit majoritairement féminin et refuse par la suite d’initier des hommes, verra-t-on bientôt des loges strictement féminines au GO ?

L’article adopté cette semaine prévoit que « ne peut plus être refusé qui que ce soit dans l’obédience pour quelque discrimination que ce soit, y compris de sexe« . Jusqu’à présent, des « frangines » pouvaient être accueillies comme visiteuses, mais ne pouvaient être initiées au sein de la principale obédience maçonnique de France, qui revendique près de 50.000 membres.

Pouvait-on philosophiquement, et légalement, dénier le droit à des Loges membres d’une association indifférente au genre, le droit d’initier des femmes ? Non, évidemment. On ne peut pas davantage, dans une telle association, dénier le droit à certaines Loges de ne recevoir que des hommes, dès lors qu’ils n’imposent pas cette « règle » particulière à l’ensemble de l’Obédience.

Cette décision du Convent entraina quelques centaines de transferts et de démissions du GO de frères mécontents. On ne peut les comprendre même dans une réflexion sur le sort des fortes minorités lors de votes qui modifient leur horizon et qui ne sont pas unanimes. Une décision démocratiquement prise ne suffit pas à en garantir la légitimité lorsque le consensus est si peu dégagé, mais la sage décision du GO laisse des espaces d’initiation au sein d’ateliers choisissant leur modalité de fonctionnement. Comment dit-on « victime » au masculin ?

 

Depuis, selon le rapport d’activité de l’exécutif du GODF publié le 31 mars 2013, à partir de 2008, date du début des initiations, l’association a recruté 1 403 femmes soit 45,54 % par voie de transfert d’obédience à obédience et 54,46 % par recrutement direct.

 

Avec plus de 50000 membres, le GODF est la principale obédience maçonnique en France.

Parce que le GODF se revendique fortement progressiste, avec des membres issus majoritairement des rangs de la gauche, et s’affirme à la pointe des combats pour ce qui est sa devise depuis le XIXe siècle : liberté, égalité, fraternité, on comprend, dès lors, qu’un féminisme de conquête trouve là un terreau à ensemencer. L’ouverture aux femmes du GO, avec ses 1300 loges irriguant l’ensemble du territoire, présent dans chaque ville, presque chaque canton de France, proposant la plus grande variété de rites (le GO est une fédération de rites), donne certainement un réel coup d’accélérateur à l’arrivée des femmes en maçonnerie avec, surtout, l’ouverture pour des femmes issues d’autres horizons que les catégories plutôt urbaines et qualifiées qui prédominent actuellement dans les obédiences qui les initient.

Cette perspective constitue, à la réflexion de certains membres éminents du Droit Humain, une concurrence dans le recrutement des nouveaux adhérents, avec la crainte d’une rivalité discriminante. La puissance, tant financière que spirituelle, d’une obédience tient aussi au nombre de ses membres !

Quelles sont encore les réticences à la mixité ?

 

            Le  »fin mot » avancé en 1884 par le journal Le Matin relève… des bonnes mœurs !  »Voyez-vous, en province surtout, vingt hommes et autant de femmes se  réunissant dans une salle ou aucune personne non affiliée ne  pourrait voir ce qui s’y passerait, c’est pour le  coup que les bonnes langues de la localité jaseraient  avec entrain ».

S’ils prêtent à sourire, ces propos énoncent la satisfaction, encore actuelle, que les épouses (compagnes) ou les époux (compagnons) ont de savoir que l’on ne se retrouve qu’entre femmes ou qu’entre hommes pour travailler le soir en loge. Après tout sexualiser les personnes, c’est aussi sexualiser les relations ! Donc, pas de mixité pour plus de quiétude conjugale.   

N’oublions pas que, Georges Martin, fondateur du Droit Humain, excluait les sœurs de la Grande Loge Symbolique Écossaise N°2, parce qu’il ne pouvait pas vérifier leur moralité.

 

Cette présence de l’autre sexe, durant les tenues, est perçue par les membres eux-mêmes comme perturbante. La concentration sur le seul travail en tenue peut être détournée par les charmes qu’inspire la présence de l’autre sexe.  Cette seule présence les réduirait à une dimension de trouble et de désir, à une spirale de concupiscence incompatible avec les travaux philosophiques accomplis en Loge.

 

A en croire Jean-François Rémond, la mixité serait une opération de gommage, introduisant un discours d’ordre moral aux termes duquel on devrait s’interdire d’aborder toute dissymétrie (et particulièrement celle relative à la différence des sexes) comme inconvenante ou comme négligeable. La mixité à ce compte ne serait qu’une opération de censure bienpensante.

 

Le trouble n’est d’ailleurs pas que celui de l’émoi. N’en déplaise aux frères, voici ce qu’en disent des sœurs d’une obédience  féminine : évidemment, il y a les visiteurs, mais ceux-là dérangent parfois, car ils sont bruyants, s’en fichent des règles, ils interviennent à côté de la plaque avec forte assurance, des fois à la gascon, boivent excessivement, et draguent.

 

Plus profondément, si ses structures administratives répondent aux règles de l’association loi 1901 et qu’elle appelle ses membres à s’impliquer pleinement dans la vie de la Cité, la Franc-maçonnerie, dans son essence même, se définit comme une expérience à la fois intime et intemporelle, plus proche de la psychanalyse, des fraternités médiévales et des initiations antiques que de nos partis et syndicats contemporains.

 

Dès lors que le parcours maçonnique se situe dans le registre de l’ésotérique ou du ritualisme pour certain, de la psychanalyse ou de la recherche philosophique personnelle pour d’autres, de tels refus n’ont plus à se justifier : chacun étant libre de la forme de ses réflexions intimes. Car, oui, la Loge fait indubitablement partie de l’intime de chacun de ses membres, le travail collectif sur soi étant à ce prix…

Si ce raisonnement peut paraître choquant, en totale contradiction avec les prises de position du GO à l’extérieur du Temple, elle n’est est pas moins dans la pure logique maçonnique, société qui se veut symboliquement détentrice d’expériences séculaires.

Considérant leur loge comme un espace privé, intime même, vivant leur initiation comme l’appartenance à une communauté en dehors du champ social, ces derniers, par ailleurs militants ou actifs dans de nombreuses associations, viennent justement chercher un espace de réflexion collectif, mais intime qui ne reproduise pas forcément la physionomie de la Cité dont ils veulent s’extraire un instant. Un certain nombre de francs-maçons du GO se refuse encore à travailler en loge avec des femmes sans pour cela être irréductiblement contre une évolution obédientielle.

Si cet argument ne répond pas nécessaire par la négative à la mixité maçonnique, il apporte incontestablement un nouvel éclairage au débat !

Il convient en effet de bien séparer ce qui relève de l’idéologie de la maçonnerie libérale, très progressive, et du « parcours maçonnique » en lui-même, plus intime et moins redevable des règles sociales.

Et force est de constater que, dans ce cadre, beaucoup de ces nouveaux maçons cherchent justement une enceinte purement masculine (ou féminine) pour cette quête intérieure.

De nombreuses maçonnes revendiquent d’ailleurs elles-mêmes cet entre-soi permettant dans les loges exclusivement féminines, « d’aborder l’Universel à partir de la singularité féminine » pour reprendre les mots de plusieurs d’entre elles.

 

Et maintenant, imaginez le malaise de francs-maçons, entrés sur la base d’une structure mono genre, à qui on annonce que, dorénavant, ils devront partager Toutes leurs tenues dans le cadre d’une mixité. Leur choix initial n’a plus de sens. En droit, ne peuvent-ils considérer qu’il y a là rupture de contrat ? Choisir une obédience voire un atelier masculin (ou féminin) est une décision qui implique une clause estimée sous-entendue  rebus sic stantibus (les choses restant en l’état).

Passer à la mixité est une modification telle que, sans le consentement des intéressés, la résiliation de l’engagement est logiquement ouverte. Si la mixité devenait impérative dans toutes les loges, il n’y aurait plus aucun lieu de repli pour accueillir ceux ou celles qui, contre cette éventualité, veulent résolument poursuivre leur travail initiatique dans un cadre préservé de la mixité.

La question de la « préférence » serait-elle devenue discutable au nom de la mixité ? La prégnance d’une pensée unique serait-elle l’arbitre de l’intime « collectif » des membres, qui ont tout de même le droit de décider et affirmer leur liberté à se retrouver dans les conditions qu’ils souhaitent.

 

Pour beaucoup de frères et de sœurs introduire la mixité dans leur loge mono genre, ce n’est pas continuer la Loge en l’élargissant mais c’est inventer un autre type de sociabilité maçonnique vers lequel ils (ou elles) ne sont pas enclins. Ainsi s’exprime Charles Arambourou, dans son excellent article « Mixité ? – Non : liberté des Loges ! » : « je réclame sur le plan du droit la possibilité pour toute Obédience de tenir le fait de l’identité sexuelle comme suffisamment déterminante pour choisir la non-mixité. Je le réclame avec d’autant plus de force que ce que je nomme une particularité déterminante n’établit en rien une discrimination puisque, encore une fois, des obédiences proposent aussi un type de sociabilité mixte ».

 

Des rituels peuvent-ils ne convenir qu’à un sexe particulier ?

 

            La Franc-maçonnerie est plus une communauté pneumatique qu’un club parce qu’elle prétend également assumer la transmission d’une double tradition : celle des maçons « francs » et donc du « mestier », tradition fondée sur l’interprétation du mythe d’Hiram, le constructeur du Temple de Salomon, couplée à l’autre versant du mythe fondateur, la chevalerie templière qui forment un fond archétypal et paradigmatique, avec, en l’occurrence, ses rites, ses mythes et surtout son processus initiatique.

Elle est en effet une des rares sociétés initiatiques qui proposent, en Occident, une voie pour vaincre la mort. Cette méthode particulière est fondée sur le symbolisme et le raisonnement par analogie. Ce sont là ses vraies valeurs universelles qui la rattachent à ce que Jacquart appelle « l’humanitude ».

Je me pose la question de savoir ce que la cohabitation de femmes et d’hommes peut apporter de plus aux rites, aux mythes, au système initiatique. Faudra-t-il introduire, en plus, une légende fondatrice dont une femme serait l’héroïne ? Hiram aurait-il pu être une femme ! Après tout, la plus curieuse supposition sur l’identité d’Hiram a déjà été faite par la misandre Céline Renooz dans son livre  »L’ère de la vérité (Histoire de la pensée humaine, évolution morale de l’humanité à travers les âges et chez tous les peuples) » paru en 1925, affirmant qu’en fait une femme, la fille du roi de Tyr, était cachée sous le nom d’Hiram. S’appuyant sur le texte hébreu de la Bible marqué par la féminisation des adjectifs qui qualifient le roi David, Renooz considère tout aussi curieusement qu’en vérité il fut une reine, du nom de Daud, qui créa la ville de Jérusalem et entreprit d’y faire construire un Temple. La reine Daud ne fut pas seule à fonder l’Institution secrète qui devait se propager jusqu’à travers la Franc-maçonnerie. Elle eut deux collaboratrices, deux Reines-Mages (ou Magiciennes), avec qui fut formé le triptyque sacré que les trois points de l’Ordre ont représenté depuis. L’une est Balkis, reine d’Éthiopie (appelée la reine de Saba), l’autre est une reine de Tyr, que l’on a cachée derrière le nom d’Hiram. Cette reine de Tyr étant Élissar ou Didon.

Faudra-t-il trouver des princesses, des chevalières, des « pontifesses », des inspectrices, des souveraines dissimulées dans les titres des hauts grades écossais ?

 

Tradition contre entrisme féminin !

 

Qu’est-ce que la mixité dans une société initiatique ?

 

            Placées à l’entrée du temple maçonnique les deux colonnes ouvrent le passage sur un  symbolisme qui n’a pas fini de faire couler encore beaucoup d’encre et de produire moultes interprétations. Désignées comme mâle et femelle, ces colonnes s’inscrivent tout naturellement dans une réflexion sur la mixité.

Le message de ces 2 colonnes est-il une admonition à la présence conjointe de frères et de sœurs en tenue ? Les textes ne disent pas qu’elles sont symétriques ni semblables. L’une d’elle est décrite par sa hauteur, l’autre par son diamètre. Il s’établit ainsi une correspondance, une altérité sans identification, de celle qui est haute, de celle qui est large. C’est affirmer la différence, maintenir et laisser libre la dimension de l’étrangeté et de l’ailleurs. C’est dire que l’autre ne revient pas toujours au même. L’autre n’est alors comme opposé que de son autre.  L’altérité, la présence de l’autre constitue en soi une mixité et il n’est pas indispensable d’avoir, pour cela, des considérations qui se situent en-dessous de la ceinture. Les colonnes sont séparées, à côté l’une de l’autre. Parce que séparées elles tracent un seuil entre deux polarités. Le traverser, pour pénétrer dans le sanctuaire, c’est se laisser irradier par la magie du passage au milieu qui fait la synthèse du principe mâle et du principe femelle ouvrant sur le monde supérieur de l’unité.

 

La mixité en l’être s’impose comme interprétation de l’œuvre d’Hiram.

 

Par la perception symbolique d’une unique origine qui ne se différencie que dans la perception humaine, le franc-maçon peut s’attacher à voir plus loin qu’avec le seul regard manichéen du profane, cessant de se soumettre à toute affirmation moraliste ou dogmatique.

Ce qui est appelé «mental», c’est le monde mouvant, intermédiaire entre le corps terrestre et l’esprit de nature universelle : il est fait des échanges de nos émotions, de nos imaginaires, de nos pensées que nous avons avec l’univers et avec nous-mêmes, il est appelé aux métamorphoses et aux transformations. J’ai l’impression que Platon avait dit la même chose dans son Théétète, dans ce passage où il montre que la perception que nous procurent nos cinq sens ne peut accéder à ce qui est.  Il écrivait :  »C’est dans leurs approches mutuelles que toutes choses naissent du mouvement sous des formes de toutes sortes, car il est  impossible de concevoir fermement l’élément actif et l’élément passif comme existant séparément, parce qu’il n’y a pas d’élément actif, avant qu’il soit uni à l’élément passif… Il résulte de tout cela que rien n’est un en soi, qu’une chose devient toujours pour une autre et qu’il faut retirer de partout le mot être… Il faut dire, en accord avec la nature, qu’elle est en train de devenir, de se faire, de se détruire, de s’altérer ». Le mental fluctuant du monde sensible et dual ne peut donc pas approcher le Un universel et, de ce fait, nous ne pouvons pas atteindre ce niveau d’unité par le seul mental. Cette conception est dans la philosophie orientale qui conclut :  » ce n’est pas par la pensée que l’on atteint la Voie« . Après tout, si l’Énergie est la seule vie,  et la Raison  la borne de l’encerclement de l’Énergie, à chacun de choisir d’être au cœur des choses ou à leur périphérie.

 

La vraie mixité serait-elle une androgynie ?

 

            Pour l’alchimiste, le monde est androgyne dans son principe non pas hermaphrodite mais androgyne d’une réunion en soi et d’une synthèse de tous les contraires. Il s’agit de restaurer un isomorphisme entre le macrocosme et le microcosme, entre le soi et le moi. Ce symbole est à entendre comme un état de plénitude. A la limite il se substitue au devenir, échappe et touche à la mort terrestre aux confins des origines.

 

On peut prendre comme illustration de cette mixité absolue le plérome hébraïque de l’arbre de vie.

En simplifiant à l’extrême on peut dire : le plérome est un symbole où sont figurés 10 séphiroth disposées dans un certain ordre et reliées entre elles par des sentiers. Ces représentations du rapport de la Divinité avec le cosmos sont disposées sur 3 colonnes verticales, celle de la droite est dite masculine, celle de gauche féminine et celle du centre est celle de l’équilibre.

 

Une première séphira, sphère de manifestation, est placée plus haute que les autres sur le pilier du milieu. Elle s’unit avec la deuxième séphira du pilier de droite qui elle-même s’unit sur le même plan à la troisième séphira sur le pilier de gauche formant ainsi un triangle, dit triangle suprême. Cette triangulation issue du néant, de l’origine, est tout à fait particulière. C’est le commencement. C’est comme une phrase où l’idée serait en germe mais ne trouverait de réalisation que dans une phase ultérieure : une idéation de l’univers.

 

Kether, traduit par couronne, première séphira est placée donc au sommet, au commencement de la manifestation primordiale. Elle représente en quelque sorte la cristallisation primitive de ce qui jusqu’alors n’était pas manifesté et reste inconnaissable pour nous.

Il n’existe en Kéther aucune forme mais exclusivement de l’intention pure, quelle qu’elle puisse être : c’est une existence latente séparée par un degré de l’origine, du non-être ; de l’Aïn-sof. Cette séphira contient tout ce qui était, est, et sera. Elle est celui-qui-est. C’est avec l’existence manifestée dans des paires d’opposés que cette unité prendra un sens accessible, mais dans Kéther il n’y a encore aucune différenciation. Elle perdure elle-même et en elle-même. Ces différenciations qui nous la rendent intelligible apparaîtront seulement lorsque Chokmah et Binah, noms des deuxième et troisième séphiroth, auront été émanés. Kéther, c’est la monade existant sans attributs perceptibles mais les contenant tous cependant. Par là elle contient les potentialités de toutes choses. Nous ne pouvons définir Kéther, nous ne pouvons qu’y faire allusion. L’expérience spirituelle assignée à Kéther est dite l’Union avec Dieu: but et fin de toute expérience mystique ou alchimique. On ne s’étonnera pas d’y localiser comme vertu celle de l’accomplissement, de l’achèvement du grand Œuvre alchimique, le retour final. Le point parce qu’il n’a pas de dimension lui est tout naturellement associé comme symbole référant. Mais on lui trouvera d’autres titres comme Existence des existences, le point primordial, le point dans le cercle, le macroposope initial, la lumière interne, Lui, la tête blanche et son archange est Métatron.

 

L’énergie de Kéther se déploie et ce dynamisme premier, ce point en mouvement trace une ligne qui va vers la deuxième séphira  Chokhmah : la sagesse. Cette expansion de force non organisée et non compensée serait plutôt une énergie incontrôlable : le grand stimulant de l’Univers. Mais il est impossible de la comprendre sans lui associer Binah, troisième séphira de l’arbre et première séphira organisatrice et stabilisante, Binah : la compréhension. Si les titres donnés à Chokmah sont Ab, le père suprême, tétragrammaton, IHVH, Yod du tétragramme (représenté souvent en français par la lettre J) et si les symboles qui lui sont rattachés sont le phallus, le lingam, la pierre qui tient debout, la tour, le bâton du pouvoir qui se dresse, on ne sera pas étonné de voir et d’entendre en Binah (l’entendement), ima, la mère sombre Elhoim, la brillante mère féconde, la grande mer, Mara, racine de Marie et de la reconnaître dans la coupe, le calice, le Yoni, la robe extérieure de dissimulation (terme hindou et gnostique qui désignent les organes sexuels de la femme).

 

Ainsi Kéther est l’être pur, tout puissant mais non actif. Lorsqu’une activité en émane, que nous appelons Chokmah c’est un flot descendant d’activité pure qui est la force dynamique de l’Univers et qui se stabilise en Binah. Il prend alors forme en Binah. L’Unité de Kéther est une monade se donnant à voir dans deux séphiroth. Elles forment ainsi la triade suprême. L’unité du commencement sous ses deux aspects différenciés peut être représentée par un triangle : Kéther, Chokmah, Binah.

 

Le Delta de notre temple est-il un triangle de cette sorte ? Oui, nous dirions même que nous avons cloué ici la triade suprême mais c’est aussi la monade pythagoricienne. Notre Delta c’est la consubstantialité de l’Esprit manifesté (l’énergie), de la matière (la forme) et de l’univers leur fils. Il est placé du côté des mondes supérieurs c’est-à-dire pour nous à l’orient. A l’autre extrémité, dans le monde de la formation, considéré comme inférieur parce que plus éloigné de l’origine,  il y a la même symbolisation. Sous une autre forme, J:. et B:. représentent, dans la phase du monde de la dualité, les deux aspects différenciés mais séparés de l’unité idéale du Delta qui les contient en idéation où ils sont encore réunis dans la perfection androgyne. On pourrait dire que depuis le sommet du Delta en passant par ses pointes basses, reliées aux colonnes du Temple, sont tracés les piliers de l’arbre de vie où les FF:. et SS:. sont à la fois les sphères de lumière et les sentiers par lesquels s’actualise la transcendance.

 

C’est une géographie sacrée que l’initié aura à remonter partant du seuil jusqu’à la couronne comme un Chevalier pour s’unir à sa Reine. A noter que sur l’arbre de vie, la première séphira en partant du bas, (la dernière dans la manifestation), est nommée Royaume.

 

C’est dire et redire que nous sommes mâle et femelle, à la fois, comme image de la création.  C’est une consubstantialité de l’unité regardée dans ses aspects différenciés mais c’est de l’unité dont il est toujours question.

 

Comment la mixité est-elle prise en comptedans les différentes obédiences ?

 

Grand Orient de France (GODF) : 50 000 frères, 2,6% de sœurs.

Fédération française du Droit humain (FFDH) : 17 000 frères, 67% de sœurs.

Grande Loge mixte de France (GLMF) : 4 900,  45% de sœurs.

Grande Loge européenne de la Fraternité universelle (GLEFU) : 2 400 frères, 22,5% de sœurs.

Grande Loge mixte universelle (GLMU) : 1 400 frères, 52% de sœurs.

Ordre initiatique de l’Art royal (OITAR) : 1 200 frères, 50% de sœurs.

Grande Loge des cultures et des spiritualités (GLCS) : 900 frères, 30% de sœurs.

Grande Loge symbolique de France (GLSF) : 550 frères, 47% de sœurs.

Grande Loge française de Memphis-Misraïm (GLFrMM) : 500 frères, 25% de sœurs.

Grande Loge initiatique souveraine des rites unis (GLSRU) : 280 frères, 45% de sœurs.

Grand Orient traditionnel de Méditerranée (GOTM) : 140 frères, 33% de sœurs.

Conclusion

 

            En France, comme l’écrivait Bruno Etienne, la Franc-maçonnerie a produit deux maçonneries qui cohabitent, volens nolens, depuis trois siècles mais qui semblent sur le point d’éclater aujourd’hui. La première a pour slogan « liberté, égalité fraternité » et entend participer activement à la construction de la société idéale. La seconde a pour devise « force, sagesse, beauté » et préfère travailler à la construction du Temple de l’Humanité à partir de la construction du temple intérieur par la maîtrise de l’ego.

L’une est extravertie, progressiste, mondaine ; l’autre est tournée vers l’intérieur, progressive, mystique. Certains ont cru pouvoir, sans schizophrénie excessive, appartenir aux deux tendances.

En effet, en s’appropriant le monopole de l’interprétation républicaine, en s’identifiant à la seule République moniste, la Franc-maçonnerie risque de perdre sa capacité à guider les néophytes vers l’initiation au profit d’un tangage dans les courants à la mode du monde profane.

 

La mixité ne peut être inéluctable, elle ne peut être, au sein de chaque atelier, qu’un consensus unanime, clairement annoncé pour que celui qui vient vers la Franc-maçonnerie puisse avoir le choix de son engagement sans lequel le mot liberté ne serait plus qu’un leurre.

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/2017/11/la-mixite-est-elle-ineluctable-en-franc-maconnerie.html?fbclid=IwAR0x6GP4hmMTw5qU-V0ntkeSZzLr96JzShE57lvPVqND-towBVw8_wNYSZ8

POURQUOI SUIS-JE FRANC-MAÇON ? 18 juillet, 2019

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POURQUOI SUIS-JE FRANC-MAÇON ?

Réflexions | 15 décembre 2016 |
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« Pourquoi suis-je Franc-Maçon ? » est une question que nous nous sommes tous posés, et que nous nous posons régulièrement lorsque notamment le doute nous envahit…

« Pour trouver la Lumière ? » Peut être , certainement…encore faut il être réceptif à cette lumière qui s’offre à nous..

La planche qui suit est le fruit du travail de la Loge « Apollonius de Tyane » à l’orient de Genève – Grand Orient de Suisse.  Elle nous offre un cheminement qui ne nous sera certainement pas étranger.

Travail en commun de la Loge Apollonius de Tyane


Ce texte constitue une synthèse des réflexions élaborées par les membres de notre Loge lors d’une séance. Il reflète la vision que les uns et les autres avons sur deux questions centrales :pourquoi devient-on Franc-maçon ? Que fait-on en Loge et pourquoi y accorde-t-on du temps et de l’énergie? Ce sont là deux questions centrales qui nous obligent à nous interroger sur ce que nous sommes et sur ce que nous faisons en Loge.

Un travail, quelque soit sa nature, n’est efficace et constructif que dans la mesure où celui qui l’entreprend sait pourquoi il le fait et quelles sont ses motivations réelles. Nous devons donc nous interroger sur ce que nous faisons et sur le sens de notre démarche, a dit un de nos Frères! Nous sommes en Loge et nous y venons régulièrement, soit! Mais nous devons savoir pourquoi nous y venons et que cherchons-nous? L’être humain se caractérise par sa capacité de se poser des questions et de s’interroger sur le sens de la vie, a dit un autre Frère.


Pourquoi devient-on Franc-maçon ?


Je suis franc-maçon, a dit un Frère, parce qu’un jour j’ai frappé à la porte du Temple et on m’a ouvert. J’ai ensuite demandé la Lumière et on me l’a accordée ou plus exactement on m’a donné les outils nécessaires pour la rechercher. J’ai donc été initié, c’est-à-dire que j’ai accepté de me soumettre à un ensemble de rites d’initiation qui m’ont permis d’entrer dans la fraternité maçonnique.

Je suis donc Franc-Maçon parce qu’un jour j’ai décidé de le devenir, sans savoir au préalable ce que cela implique comme contrainte et obligation. Il s’agit donc d’une démarche réfléchie, mûrement réfléchie (ne dit-on pas que le Franc Maçon est un homme libre et de bonnes mœurs, dans une loge libre). Cette démarche « libre » est cependant fondée sur une croyance, une utopie, un pari. Qu’elle soit par cooptation ou par candidature, l’adhésion à la franc-maçonnerie est fondée sur un pari. Elle repose sur la conviction a priori que la franc-maçonnerie est un lieu où on se cultive, un lieu où on cultive ce que les philosophes anciens appelaient la vertu, c’est-à-dire que nous apprenons à vivre avec les autres, dans la différence et la tolérance. C’est sans doute ce qu’un de nos Frères a appelé une  « communauté de contacts où cohabitent le bon et le mauvais ».

Pourquoi ai-je décidé de devenir Franc-Maçon, s’est interrogé un Frère ? C’est sans doute, disait-il, parce que les possibilités qu’offre la vie profane sont limitées et parce que la vie symbolisée par l’acquisition des biens matériels est insatisfaisante. Il y a donc une recherche de quelque chose de plus, de ce que certains appellent un supplément d’âme, quelque chose que ni la religion ni la politique ne permettent de réaliser. Ce quelque chose c’est ce qu’un Frère a appelé l’unité de l’Être, le Centre de l’Union. Nous venons en Loge chercher ce que la vie profane ne peut nous donner : l’intégration de l’Être et la participation au tout de l’universel.

A travers les systèmes politiques, les doctrines et les religions, les sociétés nous offrent des clivages et des visions opposées de la vie. Division entre gauche et droite, entre catholiques et protestants, entre musulmans, chrétiens et juifs, entre religieux et athées, entre religieux et laïcs, etc. Autant de divisions constitutives de l’identité des groupes sociaux, mais insatisfaisantes pour celui qui cherche autre chose, insuffisantes pour l’homme ou la femme de bonne volonté qui cherche à transcender les divisions pour aller vers l’Union.

Si les divisions sont socialement nécessaires à la vie profane, nous savons qu’elles sont insatisfaisantes si l’on raisonne au niveau des individus dans une perspective universelle et transcendantale.

Dans un ouvrage tout récent, le sociologue allemand Ulrich Beck dit ceci : « Dans un monde radicalement divisé, il ne sera possible de vivre en sécurité que quand chacun sera apte et prêt à voir le monde de la modernité déchaînée avec les yeux de l’autre, de l’altérité, quand l’évolution culturelle incitera chacun à pratiquer quotidiennement cette ouverture. Il s’agit de créer un common sense cosmopolitique (ce qu’il appelle une civilisation humaine), un esprit de reconnaissance de l’altérité, de l’autre », p. 13, in Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation, Paris, Aubier/Flammarion, 2003.

N’avons-nous pas tous fait une fois ou l’autre l’expérience que des individus, que bien des choses auraient pu séparer ou opposer, trouvent des points communs leur permettant de transcender leurs différences statutaires ou sociales et de travailler ensemble par delà leurs divergences. La franc-maçonnerie vise à réunir ce qui est épars.

La franc-maçonnerie nous offre la possibilité d’expérimenter d’autres modes du vivre ensemble, d’autres manières de concevoir les relations sociales; d’autres conceptions de l’homme qui placent au centre les qualités intrinsèques de chacun. A notre manière, mes frères, nous expérimentons en Loge (probablement le seul lieu actuellement possible) un mode d’organisation égalitaire. Chacun de nous, indépendamment de ses capacités, de son statut ou de ses richesses éventuelles, est l’égal de l’autre du point de vue des droits et des devoirs et du point de vue du travail maçonnique. Aucun n’est destiné à faire une chose ou une autre; aucun n’est destiné à commander ou à obéir. Nous sommes tous appelés à tour de rôle à assumer des responsabilités, à diriger mais aussi à obéir.

C’est cette possibilité que la Franc-maçonnerie nous donne de vivre et d’expérimenter une mode de relations horizontales, qui est à la base de notre adhésion et la raison pour laquelle nous avons frappé à la porte du temple. C’est parce que nous étions insatisfait de ce que la vie profane nous offre, que nous sommes venus chercher ce qu’aucune organisation profane ne peut offrir: la possibilité de travailler sur soi au moyen d’outils symboliques pour s’améliorer et œuvrer par la même à l’amélioration du temple universel de l’humanité.


Que vient-on faire en Loge ?


Combattre mes vices et faire des progrès dans la Franc-maçonnerie : telles sont, rituellement, les raisons pour lesquelles nous sommes en Loge. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie d’abord que le Franc-maçon sait qu’il a des défauts et des faiblesses qu’il doit corriger. Il éprouve donc le besoin de s’améliorer. Pour cela, il doit combattre ses défauts et s’efforcer d’être meilleur, en travaillant sur lui-même eu moyen des outils et des symboles.

Le devoir d’un Franc-maçon, notre devoir, mes Frères, nous dit Oswald Wirth, est de fuir le vice et de pratiquer la vertu en préférant à toutes choses la Justice et la Vérité. Et c’est dans la Loge que nous, Francs-maçons, effectuons ce travail. Pour cela, nous devons être réguliers et persévérants; nous devons suivre régulièrement les travaux en Loge et apporter notre contribution quand cela est possible. La présence en Loge est nécessaire, elle est même indispensable, mais elle n’est pas suffisante. Par son travail, chacun de nous doit être « une colonne vivante du Temple ».

Le Franc-maçon doit d’abord travailler pour son propre perfectionnement. Il doit également persister sans relâche dans la recherche de la vérité, en étant toujours plus exigeant vis-à-vis de lui même et de ses frères. Cela veut donc dire qu’avant d’envisager toute action sociale, le Franc-maçon doit entreprendre une action individuelle. Il doit s’imposer une discipline rigoureuse, celle de travailler sur lui-même au moyen des rites et des symboles, tout en s’appuyant sur le soutien de ses Frères en Loge. Il doit travailler à la taille de sa pierre, pour en ôter inlassablement les aspérités, l’équarrir pour la rendre parfaite en vue de sa destination finale. Nous devons nous efforcer de combattre nos défauts pour occuper notre juste place dans la Loge, et par delà dans la société.

Le plus difficile, mais en même temps le plus important, ce n’est point d’ambitionner de changer le monde, mais c’est davantage s’efforcer de se changer soi-même et d’abord en se connaissant. Être un Franc-Maçon, a dit un Frère, c’est se connaître et se situer avant de vouloir tout changer. En effet, il ne manque pas de personnes qui sont prêtes à changer le monde, mais combien de réformateurs ou de révolutionnaires ont-ils été capables de réaliser leurs objectifs dans la durée, faute d’avoir fait ce travail sur eux-mêmes

La Franc-maçonnerie nous dit qu’il faut s’efforcer de construire le temple de l’humanité, c’est-à-dire réaliser une société meilleure, plus juste et surtout plus humaine (dans les Constitutions d’Anderson, il est dit que le Maçon doit œuvrer pour la paix et le bien être de la Nation). Mais avant de vouloir réformer la société, ou en même temps, le Franc-Maçon doit s’auto-réformer, se changer lui-même. Un des aspects de cette auto-réforme, c’est d’accepter que les autres ont autant de valeurs que nous, que les qualités intrinsèques de chacun de nous n’ont rien à voir avec les différences de statut social, que quelque soit notre rang ou notre fortune, nous sommes l’égal de l’autre et l’autre est l’égal de nous.

Nous sommes des Francs-Maçons parce que nous sommes à la quête de la Lumière, celle qui guide notre chemin obscur vers la vérité humaine, notamment la prise de conscience de la valeur intrinsèque de tout être humain. Sur le vaste chantier de l’humanité, nous sommes des ouvriers dispersés qui travaillent à l’édification de la Grande Œuvre. La Franc-maçonnerie nous permet de nous connaître, de nous reconnaître, de nous assembler et d’espérer ainsi réaliser un monde meilleur, à la condition que nous travaillons inlassablement sur nous-mêmes

SOURCE : http://www.gadlu.info/

photo tableaux 108

Sur la piste des Amazones… 8 décembre, 2018

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Sur la piste des Amazones…

 

Les Dames arrêtent, avec deux rubans, les deux côtés de leurs robes, pour la soutenir à la hauteur de leurs poches, ce qui signifie qu’elles sont prêtes à marcher au combat : elles découvrent une partie de la mamelle gauche et se couvrent absolument la droite d’un nœud de ruban rouge et blanc ; elles portent sur l’épaule gauche un carquois garni de flèches : elles tiennent un arc de la même main [en posant][& portent la droite sur le côté] la droite sur le côté. La reine ajoute une couronne sur sa tête. Cette couronne doit être de laurier ornée de fleurs de la saison & elle tient un sceptre.

Les hommes portent une barbe postiche & ils ajoutent sur le côté gauche de leur habit une plaque, un drap brodé représentant le Delta. Ils ont le chapeau rabattu & sont sans épée.

Les chambres [salle d’assemblée] d’assemblée se nomment Conseil. Elles doivent être décorées le plus richement qu’il est possible, principalement en lustres & girandoles dont le nombre est illimité.

Il doit y avoir, au midi, un trône surmonté d’un dais.

NOMS AU CONSEIL

La 1ère dame, qui est en possession [tient] des Constitutions prend le titre de Reine.

La 2e est appelée Courageuse Généralissime.

– 3e prend le titre de Courageuse Inspectrice.

– 4e Celui de Courageuse Introductrice.

– 5 – de Courageuse Intendante.

Les autres dames sont appelés Courageuse Scythienne[1].

Le 1er homme prend le titre de Grand Patriarche.

– 2e le titre de Patriarche Gardien.

– 3e — de Patriarche Orateur

– 4e ——————–Trésorier.

Le 5e de Patriarche présentateur.

Les autres sont désignés sous le titre de Patriarche Scythien.

PLACES AU CONSEIL

La reine [est] sur le trône.

Les Courageuses à sa gauche  tenant aupré [?] vers le nord.

Il faut observer que si le nombre des dames ou des hommes est plus grand l’un que l’autre, ceux ou celles qui seront de trop seront obligés de s’asseoir pendant toute la tenue du conseil, sur les marches du trône, aux pieds de la reine, ce qui – appartient aux derniers reçus, parce que les exercices ne peuvent être faits avec justesse que quand le nombre des dames est égal à celui des hommes.

Ainsi commence un des plusieurs curieux textes, qualifié de « maçonnique ». Mais qu’est-ce qu’un texte, fut-il maçonnique ? Si l’on en croit Roland Barthes[2], c’est la surface phénoménale de l’œuvre littéraire, le tissu des mots engagés dans l’œuvre et agencés de façon à imposer un sens stable et autant que possible unique. Le texte apporte la garantie de la chose écrite par rapport à la fragilité de l’oral. Il relève de la stabilité et de la sécurité. Il est donc souvent lié aux institutions dont il exprime la légitimité et les activités. Néanmoins l’existence de manuscrits ne préjuge pas d’un fonctionnement. Présentement, aucun autre document (décors, diplômes, discours, etc.) ne vient confirmer la réalité de la mise en œuvre dudit texte, mais une découverte est toujours possible, infirmant cette hypothèse.

Présentement, le rituel des Amazones est connu par cinq ( ?) exemplaires dont nous avons tenté un classement chronologique :

* BNF, Paris, FM4 76, L’Amazonie anglaise in [volume sans titre] ff. 36r-41v, le texte est compris entre le Maître Parfait Irlandais & le 3e Grand Grade Maître Anglais (daterait entre la fin de la décennie 1760 & le début de la décennie 1770)

* BNF, Paris, FM4 1323 : Maçonnerie de Dames [ou] L’azille Enchanté Ou la Réunion des deux Sexes (1780-1785) (daterait d’entre 1771 et 1775 selon JS[3]), 121r-139v

* The Morison Library (GL of S), Edimbourg, ML 495 : Maçonnerie d’Adoption (1780) dont L’Amazonnerie Anglaise ou l’Ordre des Amazonnes (85-113)

* Centre culturel maçonnique Prins Frederik (GOdPB), La Haye, Fonds Georg Kloss, 240.E.123 Amazonerie Anglaise ou Ordre des Amazonnes (c. 1818)

* BM Lyon Part-Dieu, SJ Mss 8/709, 1 volume 188 pages (L’Amazone à partir de la page 137) (semble une copie du précédent)

 

*** Un Ordre « antique » redécouvert dans les ruines d’Herculanum ?

Sur la piste des Amazones… dans Recherches & ReflexionsSi on en croit le texte lui-même, on apprend que ledit rituel fut trouvé « dans les Ruines de la Ville d’Herculanum ». Au demeurant, le mot de passe (BRA-CO-MA-PRE) confirmerait cette origine puisqu’il serait formé par les premières lettres des « quatre lords anglais qui découvrirent, dans les ruines de la ville d’Herculanum, l’Ordre » à savoir Braïn, Cointer, Madine & Pretemmer [4]. Néanmoins, ces quatre noms ne semblent pas appartenir à l’honorable catégorie des antiquarian gentlemen. Pourtant diverses sociétés étaient fort actives dans la Grande-Bretagne, à l’image de la Dilettanti Society, fondée en 1734, qui enverra en mission des architectes, des dessinateurs, des arpenteurs, des épigraphistes, en Grèce et en Asie Mineure. À partir des années 1740, les voyages « archéologiques » dans le bassin méditerranéen s’étaient multipliés. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, en matière d’expéditions, de voyages, d’explorations, de transfert d’œuvres et de publications d’ouvrages « scientifiques » fut active. Pour illustrer cette rivalité, citons Leroy Julien-David (1724-1803), d’un côté [5], et Stuart James (1713-1788) & Nicholas Revett (1720-1804) [6], de l’autre.

Les fouilles sur le site d’Herculanum (découvert en 1709) furent menées de 1738 à 1745, à l’initiative du roi Charles (V de Sicile & VII de Naples) [7](1716-1788), roi de 1734 à 1759, despote éclairé [qui laissera le royaume à son fils Ferdinand (III & V) (1751-1825), roi de 1759 à 1806 [8]], par l’ingénieur espagnol Rocque Joaquim de Alcubierre (1702-1780) qui prospectera également Pompéi. Ces travaux seront poursuivis par le Suisse Karl Jacob Weber (1712/64). Les découvertes sur les sites d’Herculanum et de Pompéi (fouillé à partir de 1748) eurent de profondes conséquences sur la culture du temps.

Emmanuel Maurice de Lorraine-Guise (1677-1763), futur duc d’Elbeuf (1748), colonel maréchal des troupes autrichiennes (1710) qui occupèrent Naples, marié en 1713, à Marie Thérèse Stramboni, des ducs de Salsa, fut à l’origine de la découverte des ruines de Portici. Pompéi fut exploré à partir de 1748. Mais très vite la fouille fut délaissée et les efforts se reportèrent sur Herculanum où l’on venait de découvrir la Maison des Papyri, ses statues de bronze et sa bibliothèque riche de mille huit cents manuscrits. Quand les travaux reprirent à Pompéi, en 1765, on procéda à de grands déblaiements : l’Odéon, le temple d’Isis et la caserne des gladiateurs.

Ces fouilles connurent une grande popularité tout au long du siècle, en dépit ou peut-être à cause de la tentative de les garder secrètes. Elles firent donc l’objet de diverses publications à succès. Le prêtre florentin Antonio Francesco Gori (1691-1757), considéré comme l’un des hommes les plus savants d’Italie, rédigea, dès 1748, les Notizie del memorabile scoprimento dell’antica città di Ercolano, vicina a Napoli [9]. La même année, l’écrivain et érudit véronais, le marquis Scipione Maffei (1675-1755) narrait la découverte dans un recueil de lettres la seconda sopra le nuove scoperte d’Ercolano [10]. Les Descrizione delle prime scoperte della antica città d’Ercolano (Description des premières découvertes de l’antique cité d’Herculanum)[11], de Marcello Venuti (1700-1755) furent présentées par Charles de Brosses (1709-1777), futur président du Parlement de Bourgogne (1775), en 1749, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à Paris. Le Antichità di Ercolano [12] (Les Antiquités d’Herculanum) de Francesco Valleta (1680-1760), publiées en 1757 (huit volumes [13] jusqu’en 1792) sous le patronage de Charles III et d’une académie de quinze membres, exposèrent aux amateurs impatients des copies des peintures, sous forme de gravures, que l’ambassadeur de France à Naples communiqua au directeur (1751-1775) de l’Académie de France (villa Médicis), à Rome, Charles Natoire (1700-1777), puis à Paris. Le protonotaire apostolique d’origine parmesane Ottavio Antonio Baiardi (1694-1764), ancien gouverneur de Narni, puis de Bénévent, publia successivement le Prodromo delle antichità d’Ercolano [14] & le Catalogo degli antichi monumenti dissotterrati della discoperta città di Ercolano [15]. Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) [16], un des fondateurs de l’archéologie comme science, visita les fouilles de Pompéi et d’Herculanum à quatre reprises (1758, 1762, 1764 & 1767) et les signala, de manière critique, dans diverses correspondances :  Sendschreiben von den Herculanischen Entdeckungen [17], au comte saxon Heinrich von Brühl (1700-1763), favori et premier ministre de l’Electeur (1733) Auguste III (1696-1763), par ailleurs roi de Pologne (1733/1763) et beau-père du Roi Charles (V & VII) de Naples et Sicile [et père du comte Aloïs/Alojzy, dont nous reparlerons plus loin] et den Nachrichten von neuesten Herculanischen Entdeckungen [18] à l’historien et éditeur zurichois Johann Heinrich Füssli (1745-1832). Le Lausannois Gabriel Seigneux de Correvon (1695-1775) fit publier ses Lettres sur la découverte de l’ancienne ville d’Herculanum et sur ses principales antiquités, à Yverdon, en 1770, en deux volumes.

Si l’on voulait trouver un idéaltype de l’antiquarian gentleman, on se référerait sans doute à l’Ecossais Sir William Hamilton (1731-1803), ancien lieutenant aux 3rd Foot Guards, ancien député de Midhurst (Sussex)[19] et ambassadeur de Sa Très Gracieuse Majesté à Naples de 1764 à 1800. Pendant son ambassade mission, Hamilton étudia l’activité volcanique et les séismes de la Campanie. Il envoya diverses communications à la Royal Society, en particulier un compte-rendu de l’éruption du Vésuve de 1766. Il s’intéressa aux fouilles et écrira un livre sur Pompéi[20]. Il constitua une des plus importantes collections de vases grecs de son temps, et autres antiquités gréco-romaines. La partie de sa collection vendue au British Museum en 1772 servit de base de son département antiquités grecques et romaines. La seconde partie de sa collection sera perdue lors du naufrage du HMS Colossus pendant son voyage vers la métropole. C’est d’après les collections du diplomate que l’historien et marchand d’art nancéen Pierre-François Hughes dit d’Hancarville (1719-1805) exécuta son grand mais onéreux ouvrage, orné de magnifiques gravures : Antiquités étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamilton, envoyé extraordinaire de S.M. britannique en Cour de Naples u chevalier W. Hamilton, (en anglais et en français[21]), Naples, 1766-67, 4 vol. in-fol.

Néanmoins, en France, l’Académie des inscriptions se concentrait principalement sur les monnaies antiques. Les érudits et savants ne prenaient en considération que les textes anciens, et comme Pline le Jeune n’avait pas fait mention d’Herculanum dans son récit de l’éruption du Vésuve, l’indifférence persista chez les Français plusieurs années en dépit de l’intérêt manifesté par de Brosse ou par Caylus[22]. Malgré ce dédain pour les « antiquaires », l’Encyclopédie publiait en 1758 un article enthousiaste de quatre pages sur Herculanum[23] écrit par Louis de Jaucourt (1704-1779), dit l’esclave de l’Encyclopédie, puisqu’il écrivit environ un quart des articles.

 

*** Un ordre légitimé par l’intelligentsia gréco-romaine ?

 dans Recherches & ReflexionsCet Ordre « antique » fut et demeure légitimé par 38 historiens et 12 poètes [24], à savoir pour les premiers :

Appien d’Alexandrie (+ 161), Apollodore d’Artemida (130/87), Arrien de Nicomédie (c. 90/170), Athénée de Naucratis (c. 170/225-30 ?), Cicéron (Marcus Tullius Cicero, 106/43), Lucius Coelius Antipater (c. 180/ C. 120), Denys d’Halicarnasse (c. -60/+8), Diodore de Sicile (90/30), Dion Cassius (155/235), Etienne (Stephanus) de Byzance (VIe siècle), Eustathe (Eustatius) d’Epiphanie (c. 455/518-27), Hérodote (c. 480/c. 425), Hygin (Caius Julius Hyginus, -67/+17), Isidore de Séville (Isidorus Hispalensis, c.560-70/636), Isocrate (436/338), Jordanès (Jornandès) (VIe siècle), Justin (Marcus Junianus Justinus, IIIe siècle), Juvenal (45-65/c.128-30), Memnon d’Héraclée, Monoetius ( ?), illisible (Oratien ?, Oratibus ?), Paulus Orosius (385-420), Pausanias (c. 115/c.180), Philostrate d’Athènes (c. 170/ 244-9), Pline le Jeune (61-2/113-5), Plutarque (c. 46/c. 125), T. Mufidius Pollianus, Pollidomin ( ?), Polybe (c. 206/c. 124), Pomponius Mela (c. 15/50-60 ?), Posidonius d’Apamée (135/51), Quinte Curce (Ier siècle), Salluste (85/35-4), Maurus Servius Honoratus (Ive siècle), Strabon (c. -64/21-5), Suètone (c. 70/c. 122), Suidas le lexicographe (IXe siècle), Thucydite (c. 460/400-395) & illisible (Tserxes ?) ;

Et pour les seconds :

Claudien (Claudius Claudianus, 370/408), Homère (BC VIIIe siècle° ? Horace (65/8), Silius Italicus (526/101), Juvenal (I/II siècles), Martial (c. 40/ C.104), Ovide (-43/+7-8), Properce (c. 47/16-5), Sénèque[25] (- 4-1/65), Stace (40/96) et Virgile (70/19).

 

*** Un texte pas très maçonnique !

Le texte présentement uniquement des références mythologiques gréco-latines empruntées entre autres à Aristote, Virgile, Diodore de Sicile & Justin, mais on n’y trouve aucune allusion à l’Art royal, pourtant dès le Moyen Âge occidental, on voyait parmi les femmes guerrières en général et les Neuf Preuses [26] en particulier, quelques bâtisseuses comme la reine Sémiramis ou dans d’autres registres, la fée constructrice Mélusine ou la Reine de Saba.

Comme souvent dans le corpus amazonique, le texte présente les caractéristiques ambiguës des Amazones : féministes ou femmes virilisées. La haine des hommes n’y est pas du tout évidente. Les Amazones n’y sont point androphobes ou misandres, mais simplement opposées à la domination masculine. Depuis le XVe siècle et en particulier chez Christine de Pizan (1364/c. 1430), elles apparaissaient déjà comme politiquement et sexuellement autonomes, libres d’agir et non dépendantes des hommes, et comme on le voit à partir de la fin du XVIIe siècle, un tantinet asexuées. Ces guerrières semblent faire peu la guerre et l’amour. Elles n’incarnent ni la barbarie (bouleversement de l’ordre naturel par le refus des femmes d’accepter la destinée qui leur est assignée par « nature », entrainant l’état de barbarie, thématique développée par les auteurs gréco-romains, repris par les Pères de l’Eglise, les compilateurs médiévaux & divers écrivains contemporains), ni l’animalité, mais semblent plus signifier l’altérité, voire l’utopie (l’île des Femmes, gynécocratie).

Cependant, le caractère « extraordinaire » de ces femmes guerrières peut aussi légitimer l’ordre social existant comme l’avait déjà fait le thème littéraire des Neuf Preuses. Depuis le Haut Moyen Âge, la chevalerie occidentale en tant que société et culture militaro-politiques était en déclin constant, mais n’en demeurait pas moins un modèle toujours exalté. N’étant plus un fait social et culturel pertinent, la chevalerie s’évada dans l’imaginaire comme le montre l’essor de la thématique chevaleresque dans les grades post-magistraux maçonniques. Pendant féminin des chevaliers, les Amazones étaient très présentes dans la culture occidentale dès le premier roman écrit en langue romane le Roman de Troie (1160/1170) en vers octosyllabes à rimes plates du poète normand (ou angevin) Benoît de Sainte-Maure. Dès ce moment, elles apparurent sous les traits flatteurs de Preuses, de reines célibataires et vertueuses, alliant courage et vertu et donc dignes d’entrer dans une société où l’on disait élever des temples à ladite vertu.

 

*** Un manifeste « féministe » prônant l’égalité hommes/femmes ?

Il est également possible de lire le texte des Amazones comme un manifeste « féministe » prônant l’égalité des sexes à la suite de divers auteurs du XVIIe siècle, comme la « fille d’alliance » de Montaigne, Marie de Gournay (1565-1645) [27], la poétesse et savante néerlandaise Anna Maria Van Schurman (1607-1678) [28], la philosophe catholique Gabrielle Suchon (1632-1703) [29] ou le philosophe cartésien converti au protestantisme François Poullain de la Barre (1647-1725) [30]. De même la théologienne anglaise Mary Astell (1666-1731) avait dénoncé le caractère politico-culturel de l’assujettissement féminin. Son ouvrage Serious Proposal to the Ladies for the Advancement of their True and Greatest Interest [31] présentait un plan d’enseignement exclusivement réserve aux filles et aux jeunes femmes qui n’est pas sans annoncé le « programme pédagogique » du rituel étudié.

Ce thème « féministe » reprend force et vigueur au milieu du XVIIIe siècle, de part et d’autre de la Manche. Il semble se retrouver comme un fil rouge dans le rituel, sans doute par qu’il est dans l’esprit du temps. En effet, un courant de réaction à la prééminence du masculin sur le féminin s’exprimera à travers les écrits d’auteurs et surtout d’auteures qui généralement sous couvert d’anonymat manifestèrent leurs revendications. Reprenant des arguments déjà développés par Gournay & Poullain de La Barre, l’ouvrage précurseur est celui de Sophia, A Person of Quality [32]. Il s’agit d’une remise ne cause fondamentale du postulat machiste de la supériorité naturelle, intellectuelle, culturelle et sociale de l’homme sur la femme. Ce texte connut en France un certain succès.

Selon une hypothèse, il aurait été repris par l’écrivaine moraliste Madeleine de Puisieux (1720-1798), par ailleurs maîtresse de Diderot [33] depuis environ 1745, d’abord sous le titre de Dissertation dans laquelle on prouve que la femme n’est pas inférieure à l’homme (1749), puis sous celui de La femme n’est pas inférieure à l’homme [34]. Il sera republié l’année suivante sous le titre Le Triomphe des dames [35]. On attribue parfois les deux textes au mari de Madeleine, Philippe-Florent de Puisieux (1713-1772), avocat de Parlement de Paris, ambassadeur de France en Suisse car il était en effet l’auteur de nombreuses traductions depuis l’anglais. Selon d’autres, le texte de Mary Wortley Montagu serait une réécriture de l’égalité des sexes (1673) de François Poullain de La Barre (1647-1725), lors de son exil à Genève (1690).

Quoiqu’il en soit ses thématiques se retrouvent peu ou prou dans le rituel des Amazones.

 

*** Un invitation à une certaine égalité, voire une égalité certaine frères/sœurs en loge ?

 

Faut-il inclure ce texte dans la littérature qui durant tout le XVIIIe siècle présentait les arguments défavorables ou favorables à la présence des femmes en loge ? En effet, en autre chose, la maçonnerie des Dames exprima un proto-féministe, au moins dans sa forme marginale et non réglementée des années 1750, à l’exemple de la loge de Juste, à La Haye (1751). Lorsque, notamment en France, s’institutionnalisa la maçonnerie dite d’adoption, la question de l’admission des femmes en loge (à égalité avec les hommes) se reposa. Ce débat est particulièrement vif dans les décennies 1770/1780 comme le montrent les quelques exemples suivants, d’autant que c’est en 1774 que le GOdF codifia le statut de la maçonnerie des Dames.

* Discours du 5 mai 1777 de Pierre-Louis Goulliard Aîné (173 1-1800), ancien séminariste, avocat au Parlement, régent de la faculté de Droit de Paris, censeur royal, officier du GOdF & vénérable de la loge Sainte-Sophie (1772-1785). Texte cité par G.O. Vat, Etude sur les loges d’Adoption, Paris, V. Gloton, 1933, p. 38/42.

* 15 mai 1777 : discours de Pierre A. F. Choderlos de Laclos (1741-1803), lors de l’installation des loges masculine & d’adoption L’Union parfaite, sise à Salins (BM Besançon, ms).

* Beyerlé-Philalète, Jean-Pierre Louis (de) Beyerlé (1738-1805), Essai sur la franche-maçonnerie ou du But essentiel et fondamental de la franche-maçonnerie, Latomopolis, X, Andron, l’an de la V.L. 5784, 2 volumes, appendice De la FM d’Adoption, à partir de la page 241.

. Le texte est très contemporain des écrits cités ci-dessus. Il est donc possible qu’un nouvel ordre mixte ait été envisagé dans l’attente (ou par substitution) d’une maçonnerie des deux sexes ?

 

*** Un texte inclus dans l’omniprésente thématique amazonique du XVIIIe siècle.

 

Au XVIIIe siècle, la thématique amazonique sera omniprésente dans les arts, les lettres, l’histoire et la géographie.

* Ce fut Francisco de Orellana (c.1490/1511-1545) qui définitivement donna le nom d’Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le grand fleuve de l’actuel Brésil, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières. Il est également à l’origine du mythe de l’El Dorado.

* Mocquet, Jean, Voyages en Afrique, Asie, Indes Orientales & Occidentales garde du cabinet des singularités du roi, aux Tuileries, enrichi de figures, 6 vol., Paris, Jean de Heuqueville, 1617.

* Pierre Petit (1617-1687), « De Amazonibus dissertatio qua an vere extiterint, necne, vanis ultro citroque argumentis et conjecturis disputatur », Paris, A. Cromoisy, 1685; (voir plus loin : Traité historique sur les Amazones, Leyde, J.A. Langerak, 1718) [36].

* Le jésuite tchéque Samuel Fritz, après avoir parcouru l’Amazone de 1689 à 1692, dressa la carte du fleuve qui sera publiée à Quito en 1707. La version française a été publiée en 1717 à Paris.

* La Neuville, P. de, Chaillou Michel., Saltiel, M., « Lettre sur le fleuve des Amazones », (Journal de Trévoux, novembre 1722) dans La Petite vertu : huit années de prose courante sous la régence, Paris, Bailland, 1980, p. 337-340.

* Guyon, Claude-Marie, Histoire des Amazones anciennes et modernes : enrichie de médailles : avec une préface historique pour servir d’introduction, Bruxelles, Jean Leonard, 1741 [37].

* La Condamine, Charles Marie de, Journal de voyage fait par ordre du roi à l’Equateur, servant d’introduction historique à la « Mesure de trois premiers degrés du méridien dans l’hémisphère austral », Paris, Imprimerie Royale, 1751

[* Charles-Marie de La Condamine (1701-1774) qui relate l’expédition faite en 1737-1743 avec le mathématicien Pierre Bouguet (1698-1760) et l’astronome Louis Godin (1704-1760), [1]« Relation abrégée d’un voyage fait dans l’intérieur de l’Amérique méridionale, en descendant la rivière des Amazones »].

 

  1. NB : L’omniprésence du mythe des Amazones dans les récits et travaux des voyageurs et géographes aux Amériques est si importante qu’elle va entrainer dans l’iconographie la représentation/symbolisation du continent américain sous les traits d’une Amazone.

 

Au XVIIIe siècle, les Amazones sont également omniprésentes dans les arts (François Verdier, Louis Elle Le Jeune, Jean-Germain Drouais, Wilhelm Tischbein, Johann Platzer) dans la littérature : sans être exhaustif (loin s’en faut), citons :

* Marthésie, première reyne des Amazones, tragédie chantée devant le roi, à Fontainebleau (octobre 1699) et à l’Académie de musique (Paris), le 29 novembre 1699, musique d’André-Cardinal Destouches (1672-1749), paroles d’Antoine Houdar de La Motte (1672-1731).

* Louis Fuzelier (c.1672-1732), auteur prolixe (240 pièces environ), Thésée ou la défaite des Amazones, pièce en trois actes et intermèdes, avec un nombre variable de personnages, 1701, Paris, foire Saint-Laurent, au théâtre de marionnettes d’Alexandre Bertrand (1684-1723).

* François Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770), de l’Académie française (1733), Zéloïde & Amanzarifdine, contes indiens, 1715

* François de Salignac de La Mothe-Fénélon (1651-1715), archevêque de Cambrai (1695), Voyage dans l’île des Plaisirs, extrait des Fables et opuscules pédagogiques, édition posthume (1718), collationnée par le Chevalier Michel André de Ramsay (1686-1743) & par Gabriel de Salignac de La Mothe, marquis de Fénélon (1688-1746)

* traduction en français du De Amazonibus dissertation de P. Petit (1685) sous le titre de Traité historique des Amazones où l’on retrouve tout ce que les auteurs tant anciens que modernes ont écrit pour ou contre ces héroïnes, Leïde, Marchand, 1718 & J. A. Langerak, 1718, tous deux en deux volumes.

* Alain-René Lesage (1668-1747) & Jacques Philippe d’Orneval (c. 1700- c. 1766), L’Isle des Amazones, opéra-comique, pièce en un acte qui devait être jouée à la foire St Laurent, en 1718, mais éditée seulement en 1721.

* Marc-Antoine Legrand (1673-1728), Les Amazones modernes, comédie, Théâtre de Monsieur le Grand (1727).

* Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763), La nouvelle colonie ou la Ligue des femmes, présentée (une seule fois) au Théâtre-Italien de Paris, le 18 juin 1729, puis publiée sous le titre la colonie, comédie en prose et 18 scènes, dans Le Mercure en décembre 1750.

* Louis (don Luis) Le Maingre de Boucicaut (Bouciquault), Les Amazones révoltées, comédie en cinq actes, roman moderne en forme de parodie sur l’Histoire universelle, Rotterdam, 1730.

* Le Nouveau Gulliver ou voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver, Traduit d’un manuscrit anglois par Monsieur L.D.F. [l’abbé Pierre-François Guyot-Desfontaines, 1685-1745], Paris, La veuve Clouzier & François Le Breton, 1730.

* Louis Rustaing de Saint-Jorry (c. 1690-1752), Les femmes militaires, relation historique d’une isle nouvellement découverte, chez Claude Simon & Pierre De Bats, A Paris 1735.

* Anonyme, Zensoli & Bellina ou la tragédie de la nature, La Haye, 1746.

* Anonyme, Antiope, reine des Amazones, traduit du grec par M.D.N***, Paris, J. Clousier, 1749.

* Anne-Marie du Boccage (1710-1802), Les Amazones, tragédie en cinq actes, Paris, F.Mérigot, 1749.

*Thème amazonique repris dans La Colombiade ou la Foi portée au Nouveau Monde, Paris, (1758).

* Farin de Hautemer (c. 1700- c. 1770), Les femmes corsaires ou l’Île des Amazones, opéra-comique ballet en un acte, représenté pour la première fois sur le théâtre de la foire St Laurent, le 24 août 1753 (plagiat de la comédie de Lesage et d’Orneval).

* Talestri, regina delle Amazzoni, dramma per musica, musique et livret d’Ermelinda Talea (pseudonyme de Marie Antoinette Walpurgis de Bavière (1724-1780), princesse de Saxe), Nymphenburger Schloss, près de Munich, 6 février 1760.

* Jean-Pierre Louis dit le marquis de Luchet (1740-1792), La reine de Berni, nouvelle historique, Amsterdam & Paris, Grangé, 1766.

* Etienne Lauchery (1732-1820), L’Amour vainqueur des Amazones (1769), ballet héroï-pantomine, musique de Johann Christian Innocenz Cannabich (1731-1798).

 

***Mais la thématique amazonique est peu présente dans le corpus maçonnique

A mis-siècle, on trouve bien l’œuvre d’Antoine Alexandre Henri Poinsinet (1735-1769), les Fra-Maçonnes. Parodie de l’Acte des Amazones, [opéra-ballet de Rameau, livret de Louis de Cahusac, et plus spécialement de la première entrée dite Osiris ou les Amazones] dans l’Opéra des Fêtes de l’Amour et de l’Himen, en un acte, représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire Saint-Laurent, le 28 août 1754, A Paris, chez Duchesne, Libraire…

En réalité, il s’agit d’une tentative de femmes pour percer le secret des loges.

Postérieur aux premières versions du rituel, la Société Olympique (souchée sur la loge parisienne L’Olympique de la Parfaite Estime) possède un chapitre des Amazones (au rôle par encore précisé) qui selon le tableau de 1786 compterait onze sœurs /

* Jeanne David, comtesse de Colbert par mariage avec Louis Henri François Colbert (1737-1792), comte de Chabanais.

* Marie Anne Rosalie Adam, Dame Cheyssac, par mariage avec André de Cheyssac, sieur de La Rivière

* Antoinette Louise, marquise de Corberon, par mariage avec Pierre Philibert Bourrée, marquis de Corberon (1746-1794), vénérable de la loge Olympique.

* Marie Marguerite des Hayes, comtesse Dauvet, par mariage avec Alaoin Louis, seigneur de Bouffé, dit le comte Dauvet.

* Marie Josèphe de Robert de Lignerac de Caylus, comtesse Duplessis, par mariage avec Pierre François Olivier de Rouget dit le comte Duplessis de Bellière (1756-1816).

* Marie Adelaïde Bouret, dame Lahaye, par mariage avec Charles Marin de La Haye des Fosses, fermier général.

* Petronille de La Lande, dame Delaunay, par mariage avec Louis Guillaume Cordier de Launay de Montreuil.

* Marie Elisabeth Des Brets, marquise de Lucenay, par mariage avec Pierre Louis Randon dit le marquis de Lucenay.

* Charlotte Marie Lelong de Vadancourt, dite la marquise de Pardieu par mariage avec Guy-Félix Centurion, marquis de Pardieu (1758-1799).

* Elisabeth Langloys, mariée à Jean-Baptiste Pavée, seigneur de Vandeuvre (1752-1814).

* Jeanne Louise d’Aumont (1731-1816), duchesse de Villeroy par mariage avec le 5e duc de Villeroy, Gabriel de Neufville (1731-1794).

 

*** Faut-il alors se tourner vers la Pologne, le pays des Sarmates ?

En 1767 est fondée à Varsovie, la loge Le Vertueux Sarmate (Cnotliwego Sarmaty), présidée par le comte Alojzy Brühl (1739-1793), grand maître de l’artillerie du roi de Pologne et fils du comte Heinrich évoqué plus haut. En juin 1769, August Moszynski (1731-1786), lui succède à la tête d’un atelier auto-proclamé Grande Loge.

Par une politique d’alliance matrimoniale, le saxon Brühl se fit patriote « sarmate ». Le sarmatisme était à la fois un mouvement culturel & patriotique, une idéologie de caste et un mode de vie pour la Szlachta (noblesse) polonaise. Au bas Moyen Âge, le mythe sarmate était apparu en Pologne. En 1555, Marcin Kromer (1512-1586), prince-évêque d’Ermeland et secrétaire royal des rois Sigismond 1er et Sigismond 2e théorisa l’origine sarmate de la Pologne. La noblesse polonaise vit dans les Sarmates sa propre origine, différente de celle du peuple[38]. Des traditions, comme le costume sarmate (inspiré de vêtements persans et/ou turcs) ou l’habitude de se raser le crâne furent « inventées ». Ce corpus servit de construction légitimatrice à la confiscation de la vie publique par l’aristocratie. Formant 4 à 12% de la population, mais très hétérogène, de la magnateria (haute aristocratie) jusqu’à la gueuserie nobiliaire, en passant par le Ziemianstwo (moyenne noblesse terrienne), cette « élite » fut idéologiquement et culturellement unifiée par le sarmatisme. Mélange de traditions équestres, de culte du terroir, d’esprit de caste, de religiosité flamboyante & d’activités civiques, le sarmatisme pénétré par les Lumières et l’influence française, s’étendit à tous les aspects de la société aristocratique (philosophie, style, habillement, habitat, conversation, décoration) [39]. Les malheurs de la Pologne dans le dernier tiers du XVIIIe siècle amenèrent une revalorisation du sarmatisme comme défense et illustration identitaires et patriotiques de la nation.

2. NB : Le sarmatisme remit à la mode l’épisode des Amazones de Bohème. Imaginées par la princesse Libussa, fille du « roi » Krok, elles furent organisées par une jeune guerrière Wlasta (début VIIIe siècle). A la mort de la princesse (c. 722-5), un conflit naquit avec le prince consort Premysl le Laboureur. Wlasta incita à la formation d’un état gynécocratique indépendant qui se maintint sept ou huit ans avant d’être vaincu, par la ruse, par les Bohémiens. Cette histoire est narrée dans la Chronica Boemorum (Histoire des habitants de la Bohême, pays des Tchèques), rédigée par Cosmas de Prague, un intellectuel européen des 11ème et 12ème siècles, devenu doyen de la cathédrale de Prague et historien de son peuple. Le 210e pape Pie II (1458/1464), sous le pseudonyme d’Anéas Sylvius, dans sa Historica Bohemica (1457) attribue une parenté amazonienne à cet événement.

Cette histoire sera reprise par le savant polonais et franc-maçon Jan Potocki (1761-1816) au 18ème siècle dans Fragments historiques et géographiques sur les Slaves[40]. La date est postérieure d’une vingtaine d’années à la rédaction dudit rituel, mais on peut supposer que l’épisode des Amazones de Bohème était connu dans la Pologne sarmate.

 

*** La Pologne est aussi le pays des Ordres androgynes

 

Sternkreuz-Orden (congrégation de la Croix étoilée), ordre féminin fondé à Vienne en 1683, mais avec de nombreuses ramifications en Pologne, notamment grâce à la polono-écossaise Izabela Morstin (1671-1758), mariée au prince Kazimierz Czartoryski (1674-1741)[41].

Confrérie rouge (Czerwone Bractwo), fraternité mixte fondée à Varsovie en 1720 (siège à Torun).

Ordre des Mopses d’origine « allemande » mais avec des groupes en Pologne dont le roi (1733/63) Auguste III est le grand maître.

Ordre des Chevaliers et des Dames de la Persévérance, avec une implantation en Pologne grâce à Anna Teresa Potocka et la complicité du roi Stanislas II.

Société de la Table Ronde.

Ordre des Hermines (quelques Polonaises).

Le Vieux Sarmate possédait une brillante loge d’adoption présidée entre autres par la sœur du roi la comtesse Isabelle Branicka [42] (1730-1813), dite Madame de Cracovie[43] & Anna Teresa Potocka (1746-1810) [44], dame chevalière du Sternkreuz-Orden. On y trouvait également deux cousines germaines, petites-filles d’Izabela Czartoryska (Morstin), Izabela Poniatowka[45](Brancka) (1730-1813), mariée au comte Jan Klemens Branicki  & sœur du roi Stanislas II, & Izabela Czartoryska[46] (Lobomirska) (1733/1816), mariée au prince grand maréchal Stanislas Lobomirski (172261782).

Cf. http://mvmm.org/c/docs/div19/elsner3.html

  1. Néanmoins la France demeure le grand pays des ordres et sociétés androgynes badines, galantes et/ou culturelles.

 

Hypothèse

Faute d’autres documents, il est donc difficile de préciser la nature exacte du Rituel de l’Amazone anglaise.

On ne peut émettre que des hypothèses qui seront confirmées, modifiées ou infirmées en fonction de la découverte de nouvelles sources.

Peut-être s’agit-il d’un Ordre (simplement imaginé) androgyne, « inventé » dans les milieux polonais sarmates maçonniques & importé en France par des Polonais (décennie 1760) ?[47]

Peut-être s’agit d’un projet d’un Ordre androgyne élaboré en France comme moyen de « contournement » (d’entrisme) dans la maçonnerie qui par le système de l’adoption tenait les femmes en infériorité dans les loges ?

Peut-être s’agit d’un manifeste « proto-féministe » arrivé dans le corpus maçonnique un peu par hasard ?

Peut-être… ?

Ensuite ledit rituel aurait été inscrit (délibérément ou par hasard) dans un cahier maçonnique (fin décennie 1760/début 1770)…

Puis cette version aurait été recopiée à la fin d’un cahier d’adoption (1771-1775)…

Avant d’être déclarée 7e grade d’un système d’adoption (1818) ???

Non idem est si duo dicunt idem.

 

[1] Du Pays des Scythes. Le héros Héraclès, aidé de Thésée, après avoir vaincu comme neuvième des travaux imposés à lui par le roi Eurysthée d’Argolide, les Amazones à la bataille du fleuve Thermodon, en Cappadoce, au cours de laquelle leur reine Hippolyté fut tuée, avait fait monter les survivantes prisonnières sur trois navires pour les amener en Grèce. Durant la traversés, les guerrières se révoltèrent et massacrèrent leurs geôliers, mais ignorant tout de l’art de la navigation, elles errèrent sur les flots du Pont Euxin avant d’échouer sur les rivages du Palus Maiotis (peut-être l’embouchure du Don ?), avant-pays de la Scythie. Ayant débarqué, les Amazones s’emparèrent d’un troupeau de chevaux et s’empressèrent d’attaquer les autochtones, lesquels furent tout à la fois irrités, surpris et consternés quand ils découvrirent que leurs agresseurs étaient de jeunes guerrières. Préférant l’amour et la diplomatie à la guerre, les Scythes envoyèrent les plus jeunes d’entre eux auprès des Amazones pour les amadouer, les séduire et plus si affinité(s). La stratégie fut payante. Les indigènes proposèrent aux Amazones de s’installer avec eux en Scythie, mais elles refusèrent invitant à leur tour leurs compagnons à les suivre, ce qu’ils firent. Ainsi fut fondée la nation des Sauromates (Sarmates), peuple des steppes de l’actuelle Russie méridionale, connue par la description faite par Hérodote, au livre IV de ses Histoires.

[2] Théorie du texte, in Encyclopedia Universalis, 1973, tome 22 (2002), p. 461/65.

[3] Cf. Snoek Jan, Le rite d’adoption et l’initiation des femmes en franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2012.

[4] Pour le ms de Lyon : Brin/Evinter/Madine/Prentemev.

[5] Ruines des plus beaux bâtiments de la Grèce, Paris, H.L. Guerin, Delatour & Nyon, & Amsterdam, Nevalme, 1758.

[6] [& William Newton (1735-1790)], Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn, 1762 à 1816.

[7] Il deviendra roi d’Espagne de 1759 à 1788 sous le nom de Charles III.

[8] Puis roi des Deux-Siciles de 1816 à 1825.

[9] Florence, Stamperia imperiale, 1748.

[10] Vérone, Stamperia del Seminario, 1748.

[11] A Venise, Lorenzo Baseggio, 1749.

[12] Naples, Regia Stamperia.

[13] I-V, Le pitture antiche d’Ercolanoe contorni incise con qualche spiegazione, 1757-1779 ; De’bronzi di Ercolano, 1767-1771, 2 vol.; VI, I busti…1767 ; VII, Le statue… 1771 ; VIII, Le lucerne…1792.

[14] Naples, Regale Stamperia Palatina, 1752, 4 volumes.

[15] Naples, Regia Stamperia di S.M., 1755.

[16] Né protestant et pauvre, lettré, Winckelmann fut secrétaire (1748/1753) du comte Heinrich von Bünau (1697/1762), puis se convertit au catholicisme et partit pour Rome où il fut successivement bibliothécaire des cardinaux Alberico Archinto (1698-1758) et Alessandro Albani (1692-1779).

[17] Dresde, George Conrad Malther, 1762.

[18] Dresde, Malther, 1764.

[19] Un des plus célèbres Rollen Buroughs (Bourgs Pourris) de l’Angleterre qui élisait deux députés de 1311 à 1832.

[20] Account of the discoveries at Pompeii, Londres, W. Bowyer & J. Nichols, 1777.

[21] Naples, F. Morelli, 1766/7, 4 volumes.

[22] Anne-Claude de Pestels, dit le comte de Caylus (1692-1765) avait largement contribué à l’histoire et au succès de l’archéologie par la rédaction d’un recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines qu’il rédigea entre 1752 et 1765. Le dernier et septième volume avait été publié à titre posthume en 1767. Cet ouvrage présente les objets et les monuments antiques, au nombre total de 2890, qui composent le cœur de sa collection. On compte pourtant pas moins de 400 objets qui ne lui appartiennent pas. Il publie ainsi un grand nombre d’objets provenant des fouilles de Pompéi et d’Herculanum, en dépit des interdictions du Roi des Deux-Siciles. Ces interdictions concernaient tout autant le commerce des antiquités de Campanie que leur diffusion par le dessin et la gravure.

[23] Herculanum, L’Encyclopédie, tome VIII, 1766, p.150/154.

[24] On trouve cette référence (trente-deux historiens et douze poètes, à quelques variantes près) dans un auteur à la vie méconnue, le numismate et historien François de Chassipol, dans son Histoire nouvelle des Amazones, Lyon, imprimeur-libraire Thomas Amaulry & Paris, Claude Barbin, 1678. Ce détail inciterait à penser que le dit texte est d’origine française, ou du moins conçu dans un milieu francophile et/ou francophone. Le même ouvrage donne une description adoucie des guerrières, régies par une sororité franche construite sur des principes équitables, chaleureux et égalitaires. Il semble donc être une des sources dudit rituel. Le nombre d’historiens et de poètes est supérieur à trente-huit et douze car selon les divers manuscrits, les listes ne sont pas tout à fait identiques.

[25] Considéré comme un poète tragique.

[26] Selon le Vœux du Paon (1312/3) de Jacques de Longuyon, les neuf étaient quatre reines (Déiphyle d’ArgosS, Sémiramis de Babylone et Teuca d’Illyrie. Tomirys, reine des Massagètes (cousins des Scythes) est considérée par Christine de Pisan (La Cité des Dames, VII) comme la dernière reine des Amazones) & cinq amazones (Hippolyte, Lampeta, Ménalippe, Penthésilée & Sinope).

[27] Egalité des hommes et des femmes, Paris, n.a., 1622.

[28] Question célèbre, s’il est nécessaire ou non que les Filles soiens Sçavantes, Paris, R. Le Duc, 1646.

[29]Petit traité de la faiblesse, de la légèreté et de l’inconstance qu’on attribue aux femmes mal à propos, publié sous le pseudonyme  de G.S. Aristophile. (G.S. pour Gabrielle Suchon), Lyon, B. Vignieu & Jean Certe, 1693.

[30] De l’Égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, chez Jean du Puis, 1673.

[31] Londres, T.V. pour R. Wilkin, 1694.

[32] Lady Mary Wortley Montagu (1689-1762), Woman Not Inferior to Man, Londres, J. Hawkins, 1739.

[33] L’article « Réflexions sur le Courage des Femmes« , paru dans le Mercure de France en mars 1745, révèle un Diderot nettement féministe. Dans Le Rêve de d’Alembert, rédigé en 17693, Diderot revient sur le rapport homme/femme, mais dans un contexte avant tout biologique. Entre-temps, en vue de la rédaction de L’Encyclopédie, il a suivi intensément le mouvement de la pensée médicale (surtout de 1754 à 1769). Dans ce texte est proposée une identification entre les deux sexes, identification non contraignante, libératrice…[ D’après Jean Varloot {Le Rêve de d’Alembert, Editions Sociales, Paris 1971, p. LIV, LV), la publication des dialogues se fit dans La Correspondance littéraire d’août 1782 sous forme restreinte. Ils ne furent édités intégralement qu’en 1830].

[34] Traduit de l’Anglois, à Londres, 1750.

[35] De Milledi P****, à Londres, 1751.

[36] Compte tenu de la multiplicité et de l’importance des textes amazoniens, Pierre Petit en déduit la réalité historique de l’existence des Amazones constituées en République, preuve que les femmes sont capables de gouverner et de s’organiser politiquement.

[37] L’abbé Guyon défend lui aussi la réalité historique des Amazones, mais constate que les femmes d’aujourd’hui ont perdu leurs qualités guerrières d’antan d’autant que plus la guerre, elles ont la propension à vivre en paix.

[38] Cf. L’Empire des Sarmates : aujourdhuy royaume de Pologne, Nuremberg, Lochner, 1748, du prince Jozef Jablonowski (1711-1771) : les Polonais sont des descendants des Sarmates & des Amazones (et/ou les Amazones sont des Sarmates).

[39] Les « Républicains Sarmates » sont dirigés par le clan Potocki, fortement maçonnisé.

[40] Brunsvic [Brunswick], dans la Librairie des Ecoles, 1796.

[41] Une de ses filles, Konstancja (1700-1759), fut la mère du roi Stanislas II August.

[42] Sœur de Stanislas II Auguste Poniatowski (1732-1798), roi de Pologne (1764-1795).

[43] Veuve, Izabela épousa Andrzej Mokronowski (1713-1784) qui avait fait et fera diverses missions en France avant de devenir le 26 février 1784 grand-maître du Grand Orient de Pologne, avant de décéder le 4 juin courant.

[44] Née Ossolinska, mariée au comte Josef Potocki (1735-1802).

[45] Fille de Konstancja Czartoryska (1700/1759) & de Stanislas Poniatowski (1676-1762).

[46] Fille d’August Aleksander Czartoryski (1697-1782), lui-même frère de Konstancja (et par elle oncle du roi Stanislas II).

[47] Cette hypothèse avait été avancée et développée par Olivia Harman, dans un article pertinent et novateur L’Azille enchnaté ou la réunion des deux sexes, in Renaissance Traditionnelle, n° 127/128, juillet-octobre 2001.

NB. La thématique amazonique (amazonienne) a été grandement renouvelée par l’ouvrage d’Adrienne Mayor, The Amazons, Lives and Legends of Warriors Women Accros the Ancien World,  Princeton (New Jersey), Princeton University Press, 2014; traduit de l’anglais par Philippe Pignarre, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe  siècle av. J.C.-Ier siècle apr. J.C.), Paris, La Découverte, 2017, bibliographie, p. 537/551.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2017/07/28/sur-la-piste-des-amazones/

Histoire de l’Eglise Gnostique (2) 30 novembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 6 janvier 2016

Par Spartakus FreeMann

L’Église Catholique Gnostique, plus catholique que le pape

Jean Bricaud, né le 11 février 1881 à Neuville sur Ain, a été élevé dans un séminaire catholique où il étudia pour devenir prêtre, mais il renonça à sa poursuite religieuse conventionnelle dès l’âge de 16 ans pour suivre la voie de l’occultisme mystique. Il s’impliqua dans divers mouvements chrétiens et rencontra Papus en 1899 pour entrer ensuite dans son Ordre Martiniste.

En 1907, sous les encouragements (si ce n’est sous la pression) de Papus, Bricaud rompit avec Fabre des Essarts (Synesius) pour fonder sa branche schismatique de l’Église Gnostique. Fugairon décida de rejoindre Bricaud.

Bricaud publie cette année même son « Cathéchisme gnostique » à l’usage des fidèles de l’Église Catholique Gnostique, exposant la doctrine secrète du Christ, et très vite fonde sa revue Le Réveil Gnostique, organe du catholicisme gnostique dont le numéro 1 verra le jour en mars 1907. Le motif de base à ce schisme semble avoir été de créer une branche de l’Église Gnostique dont les structures et la doctrine auraient été plus proches de l’Église Catholique Romaine que de l’Église Gnostique (par exemple, elle comprenait un ordre de prêtrise et un baptême); et qui aurait été plus liée à l’Ordre Martiniste. Doinel était un Martiniste, Bricaud était un Martiniste, mais Fabre des Essarts ne l’était pas. Bricaud, Fugairon et Encausse, dans une première tentative, nommèrent leur branche de l’Église « l’Église Catholique Gnostique ». On l’annonça comme la fusion de trois églises « gnostiques » existantes en France : l’Église Gnostique de Doinel, l’Église Carmélite de Vintras et l’Église Johannite de Fabré-Palaprat.

En février 1908, le synode épiscopal de l’Église Catholique Gnostique se réunit et élit Bricaud comme Patriarche sous le nom de Jean II. Après 1907, afin de clairement distinguer les deux branches de l’Église Gnostique, celle de Fabre des Essarts fût connue sous le nom d’Église Gnostique de France.

Joanny Bricaud

Image extraite du blog Interjected.

La Conférence de Paris de 1908 :

Le 24 juin 1908, Encausse organisa la Conférence Maçonnique et Spiritualiste Internationale à Paris, au cours de laquelle il reçut, sans contrepartie en argent, une patente de Théodore Reuss (Merlin Peregrinus, 1855-1923), chef de l’Ordo Templi Orientis, pour établir un Suprême Grand Conseil Général des Rites Unifiés de l’Ancienne et Primitive Maçonnerie pour le Grand Orient de France et ses dépendances. Dans la même année, l’Église Catholique Gnostique voit son nom changer en Église Gnostique Universelle.

« L’Église Gnostique a pour but essentiel de restituer à l’humanité son unité religieuse primitive, c’est-à-dire, en lui faisant rejeter les erreurs d’où sont sorties les différentesreligions, d’établir et de répandre une Religion conforme à la tradition universelle et par là véritablement catholique.

L’Église Gnostique prétend ne s’imposer aux consciences, ni par la force du pouvoir civil ou militaire, ni par de vaines menaces de châtiments d’outre-tombe, ni par de fallacieuses promesses de récompensés futures. Basée, d’une part, sur la tradition universelle (de tous les peuples civilisés) et non pas seulement sur la tradition hébraïque de la bible, et, d’autre part sur la philosophie et la science moderne, ses vérités ne se présentent pas comme objets (le foi, mais comme objets de démonstration philosophique et scientifique ; elle ne s’adresse qu’à la raison qui est la même chez tous les hommes.

L’Église Gnostique est large et tolérante. Elle respecte les coutumes et les lois de tous les peuples, ce qui lui permet d’admettre tous les hommes, de toutes nationalités, de toutes langues, de toutes races, nés et élevés dans n’importe quelle religion.

Elle recommande à ses adeptes que dans toutes les circonstances de la vie, ils se prêtent un mutuel appui et se traitent en frères.

L’Église Gnostique est divisée en deux sections la section exotérique et la section ésotérique.

Cette dernière a pour but de donner aux membres de la section exotérique l’Initiation gnostique.

Seuls les membres de la section exotérique peuvent y être reçus et à certaines conditions.

ADMISSION

Pour être reçu membre de l’Église Gnostique (section exotérique) il suffit d’en faire la demande à la direction du RÉVEIL GNOSTIQUE, 8, rue Bugeaud, à LYON.

Le droit d’entrée dans l’Église est de 5 francs. La cotisation annuelle est de 6 francs et donne droit à recevoir gratuitement le Réveil Gnostique, organe de l’Église Gnostique Universelle. »

Joanny Bricaud

Le « Réveil gnostique » paraissait tous les deux mois. C’est dans sa revue qu’il donne une version assez étonnante quant à l’originalité de son Église : « Nous devons dire aussi que nous ne sommes en aucune façon le successeur de S.G. Doinel qui sous le nom mystique de Valentin II tenta de rénover une Église gnostique Néo-valentinienne. Nous n’avons jamais connu le patriarche Valentin II. Sa tentative de rénovation Valentinienne ne donna pas de résultat pratique et fut en grande partie désorganisée par suite de sa conversion à l’Église romaine… Quant à l’Église Gnostique Universelle (catholique gnostique), qui date de trois ans à peine, elle n’a par conséquent jamais eu aucun rapport avec l’ancienne Église Néo-Valentinienne ».

Voilà donc, prenons acte, l’Église de Bricaud est originale et se démarque ainsi de Doinel et de sa filiation spirite.

Le but essentiel de l’Église Gnostique Universelle vise à restituer, selon Bricaud, à l’humanité son unité religieuse primitive en lui faisant rejeter les erreurs dont sont issues les diverses religions.

La profession de foi des membres du Haut Synode de l’Église Gnostique Universelle s’exprime ainsi:

1 – Nous croyons au divin Proarché et Propator éternel, être infini et tout puissant, passé de la puissance à l’acte en un être parfait, Dieu un et triple ;

2 – En un premier tridyname le Père, suscitateur et attracteur de tous les êtres visibles et invisibles ;

3 – En un second tridyname le Fils, logos divin manifesté par Christos, lumière intellectuelle et physique, vrai Dieu comme le Père et consubstantiel à lui, sans qui aucune chose n ‘a été faite ;

4 – Qui s’est concentré sur la terre dans la personne de Jésus, esprit supérieur descendu ici-bas pour nous, où il s’est uni à une âme et un corps semblables aux nôtres, dans le sein de Marie ;

5 – Qui s’est manifesté en Jésus depuis le moment de son baptême jusqu’au moment de sa passion ;

6 – Qui nous a parlé par sa bouche et nous a enseigné la gnose et la vie sainte, afin de nous délivrer de l’esclavage du Démiurge et de son Archon terrestre, et ainsi de permettre notre retour au monde pneumatique notre patrie, comme lui même y est retourné après sa mort.

7 – Nous croyons en un troisième tridyname l’Amour qui procède du Père parallèlement au Fils et se manifeste par pneuma-agion (l’Esprit-Saint) ;

8 – Qui donne l’amour avec la vie, qui nous met sur la voie de la vérité et de la sainteté, qui unifie tous les êtres, et qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils ;

9 – Nous croyons en un univers pneumatique, Église immense des esprits, aussi ancienne que Dieu lui-même et antérieure à l’univers hylique, mais dont une colonie est venue habiter la périsphère de notre globe et d’où sont descendus les hommes en tant qu’esprits ;

10 – Nous confessons les deux baptêmes et les trois autres mystères pour la purification et la transmutation de l’homme ;

11 – Nous attendons sur terre l’établissement du royaume du ciel et le rétablissement de l’homme dans son état primitif ;

12 – Et, à la fin, la réapparition des morts avec Jésus, chef de l’Église terrestre ; l’ascension et la réintégration de cette assemblée dans le ciel ; la de la sainteté, qui unifie tous les êtres, et qui es dissolution des esprits réfractaires à toute conversion, en même temps que la dissolution de l’univers hylique, œuvre du Démiurge.

Plus ou moins 4 ans plus tard, deux documents importants furent publiés : le Manifeste de la M.M.M. (section britannique de l’O.T.O.), qui incluait l’Église Catholique Gnostique dans la liste des organisations dont la sagesse et les connaissances sont concentrées au sein de l’O.T.O.; et l’Édition du Jubilée de l’Oriflamme, l’organe officiel de l’O.T.O. de Reuss, qui annonça que l’Initiation, le journal d’Encausse, était à présent l’organe officiel pour les Rites de Memphis-Misraïm et de l’O.T.O. en France.

Les détails précis de la transaction de la conférence de Paris de 1908 sont inconnus, mais en se basant sur le cours des événements qui suivirent, la conclusion logique est qu’Encausse et Reuss s’engagèrent dans un échange fraternel d’autorités : Reuss recevant l’autorité primatiale et épiscopale dans l’Église Catholique Gnostique et Encausse recevant l’autorité dans les Rites de Memphis-Misraïm.

En 1911, Bricaud, Fugairon et Encausse déclarèrent que l’Église Gnostique Universelle est l’Église officielle du Martinisme. Cette même année, Bricaud était initié au Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, et était signé entre le suprême Conseil de l’Ordre Martiniste de Papus et le Suprême Conseil du Haut Synode de l’Église Gnostique Universelle un traité d’alliance entre les deux puissances.

Après la mort de Fabre des Essarts en 1917, le Patriarcat de l’Église Gnostique sera assumé par Léon Champrenaud (Tau Théophane). Champrenaud sera suivi par Patrice Genty en 1921 qui mettra l’Église Gnostique de France en sommeil en 1926 en faveur de l’Église Gnostique Universelle de Jean Bricaud.

Quand Bricaud meurt, le 21 février 1934, Constant Chevillon (1880-1944) prit sa succession au sein des organisations suivantes:

1 S.O.I. Ou Société Occulte Internationale (Collège d’Occultisme)

2 L’ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE

3 ORDER DES CHEVALIERS MACONS ELUS COHEN DE L’UNIVERS

4 RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS MISRAIM

5 ORDRE DU SAINT GRAAL

6 ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE CROIX GNOSTIQUE

7 ORDO TEMPLI ORIENTIS pour la France.

Constant Chevillon devint le patriarche de l’E.G.U. sous le nom de « Tau Harmonius » («Patriarche néo-gnostique Tau Harmonius»). Chevillon sera assassiné par la milice en 1944.

Ligne de la succession de l’E.G.U. :

• 1907-1916, Jean Bricaud (Tau Jean II)

• 1934-1944, Constant Chevillon ( 1870-1944, Tau Harmonius)

Antoine Fayolle, consécrateur de Dupont – 15 avril 1948.

• 1944? 1948?-1960, Charles-Henri Dupont (1877-1961, Tau Charles-Henri)

• 1960, Robert Ambelain (1907-1997, Tau Jean III) ; Ambelain change alors le

nom d’«Église Gnostique Universelle» en «Église Gnostique Apostolique».

HOMÉLIE

DE

S.G. + JOAHNNÈS BRICAUD

(JEAN II)

1908

BUREAUX DU RÉVEIL GNOSTIQUE

8, Rue Bugeaud, 8

LYON

Très chers Coopérateurs,

Très chers Frères,

Et très chères Soeurs,

Par vos désirs et par le vouloir du très Saint Plérôme, me voici élevé au rang suprême de la hiérarchie gnostique. Je viens de gravir les marches du siège patriarcal de la Sainte Église du Paraclet.

C’est, j’aime à le croire, davantage à mon zèle religieux qu’à mon expérience de la vie que je dois d’avoir été désigné par vos suffrages.

Bien lourde est la tâche qui m’incombe!

Je l’accepte cependant avec d’autant plus d’allégresse que j’ai l’inébranlable conviction que l’œuvre de Dieu s’accomplit en dépit de toutes les faiblesses humaines.

Vous m’aiderez, très chers coopérateurs, en vous groupant fraternellement autour de votre Patriarche et en multipliant les oeuvres d’apostolique propagande.

Tous ceux qui voient clair dans la situation religieuse des peuples européens ont pu se persuader que le catholicisme tel qu’il est compris et enseigné aujourd’hui ne répond plus aux besoins de la société moderne. Il leur apparaît comme une force oppressive qui retient le peuple dans l’ignorance pour le dominer. Aussi, répudient-ils l’héritage religieux de leurs pères, et l’on peut prévoir le moment où l’orthodoxie catholique sera morte parce que désertée par tous les esprits religieux qui osent penser, quelles que soient d’ailleurs les quelques exceptions qu’on puisse citer. Et si les penseurs religieux, si les hommes de science abandonnent l’orthodoxie catholique, celle-ci doit infailliblement tomber, car c’est d’eux que relève le mouvement des esprits.

Qu’est d’ailleurs, une confession religieuse qui s’attire le mépris de tout ce qu’il y a d’intelligence dans la société moderne ?

L’évolution religieuse à laquelle nous assistons nous montre qu’il faut une religion nouvelle.

Le gnosticisme s’offre comme la religion désirée. La Gnose est la synthèse complète et définitive (le toutes les croyances et de toutes les idées dont l’humanité a besoin pour se rendre compte de son origine, de son passé, de sa fin, de sa nature, de son avenir, des contradictions de l’existence et des problèmes de la vie.

Savoir cela, c’est savour les seules choses nécessaires.

La Gnose est la perle de l’Évangile pour laquelle l’Homme vraiment digne de ce nom doit vendre et donner tout ce qu’il a.

«Mon âme, d’où viens-ti ? Disait Saint-Basile. Qui t’a chargée de porter un cadavre ? Si tu es quelque chose de céleste, ô mon âme ! apprends-le-moi.»

Et la Gnose répond : «En contemplant le Plérôme, tu connaîtras toutes choses.»

« La Gnose, a dit Éphrem le Syrien, tresse une couronne à ceux qui l’aiment et elle les fait asseoir sur un trône de Roi. »

Les docteurs et les évêques de cette Gnose ont reçu en dépôt le sens ésotérique du christianisme.

C’est à nous, pontifes selon l’ordre de Melchisedech, que les anges ont confié le pectoral où flamboient l’Urim et le Thumin.

C’est nous qui lisons dans le livre de la vraie loi. C’est de nous qu’il est écrit:

«Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus? Ce sont ceux qui ont souffert de la Grande Tribulation et qui ont lavé leurs tuniques dans le sang spirituel de l’Agneau, et qui sont vierges des superstitions et des souillures du monde Hylique!»

La Gnose est l’essence même du Christianisme. Voilà, nos bien aimés, la plus juste définition du Gnosticisme.

Mais, par Christianisme, nous n’entendons pas seulement la doctrine enseignée depuis la venue du divin Sauveur, mais encore celle enseignée avant la venue de Jésus, dans les temples anciens, la doctrine de la Vérité Éternelle!

Notre Église est l’antinomie de celle de Rome. Le nom de celle-ci est Force; le nom de la nôtre est Charité.

Notre Souverain Patriarche n’est pas Pierre, l’impulsif, qui renia trois fois son maître et usa de l’épée, mais Jean, l’ami du Sauveur, l’apôtre qui reposa sur son cœur et en connut le mieux le sentiment immortel, l’oracle de la lumière, l’auteur de l’Évangile Éternel, qui n’usa que de la Parole et de l’Amour.

Notre Église est la Cité Céleste sur terre et dans les cieux, ce royaume de la Justice dont il est parlé dans le livre de la Révélation.

Elle est aussi l’Église du Paraclet dont elle a les vertus. Elle est pure et pacificatrice, sainte et sanctifiante, consolante et consolée dans l’exil du monde.

Avec votre concours, très chers Coopérateurs et Frères, notre Sainte Église s’épanouira et développera ses branches, comme le grain de sénevé dont parle l’Évangile, et deviendra un arbre immense sur lequel les oiseaux du ciel viendront se reposer.

Mais pour que l’œuvre de Dieu s’accomplisse, il faut que nous restions unis dans l’amour de la Gnose, comme les Saints Eons sont unis dans la volonté du Père. Il faut que dispersés à travers le monde, nous ne laissions fuir aucune occasion de faire éclater la vérité, de détourner nos frères égarés du chemin des ténèbres, d’affirmer qui nous sommes, ce que nous voulons et où nous allons.

Les temps sont difficiles, nous le savons ; les forces occultes sont liguées contre nous, nous ne l’ignorons pas. Mais il ne se peut que l’idée pour laquelle tant de martyrs sont morts demeure improductive. Aussi, mes très chers Frères, levez vos yeux vers les hauteurs, tournez vos regards du côté de la vraie Lumière, enivrez-vous des ineffables délices du Plérôme spirituel, et vous acquerrez la force de parachever l’œuvre sainte, l’œuvre véritable, l’œuvre divine.

Ah, mes Frères, à travers toutes les tempêtes et tous les orages qui sont déchaînés sur notre monde hylique, alors que les fausses doctrines essaient de perdre les âmes, ne perdez pas de vue les hautes cimes, et si vous touchez terre, que ce ne soit comme la colombe de l’Arche que pour y rester un instant et y cueillir le pacifique rameau d’olivier!

Á vous, mes très chères Soeurs, j’adresse un appel plus particulier. Je sais combien est précieux votre concours en matière d’apostolat et je sais combien notre monde féminin cache dans ses salons et ses retraites mystiques de nobles et courageuses émules des Maximille et des Ésclarmonde de Foix.

Mieux que nous, vous savez trouver le chemin des âmes! Nous ne sommes, nous autres, que le verbe qui convainc ; vous êtes, vous, le cœur qui persuade.

Unissez-vous à nos frères pour rétablir sur de fortes et profondes assises la communauté, l’Église visible des Pneumatiques que les manifestations d’En-Haut nous annoncent et nous promettent.

Et maintenant, Très Chers Coopérateurs, Bénédiction sur vous! Bénédiction sur vous, Très Chers Frères et Très Chères Soeurs! Bénédiction sur tous ceux qui travaillent avec nous dans les champs du Seigneur! Bénédiction sur tous ceux que dévore le zèle de la maison de Dieux! Et Bénédiction aussi sur nos ennemis, afin que la lumière d’en haut les éclaire et qu’ils sachent qui nous sommes, et que par ainsi ils se prennent à nous aimer, comme nous les aimons. Amen.

+ JEAN II,

Évêque Primat en France, Patriarche de l’Église Gnostique Universelle.

Les Statuts publiés dans La Gnose, Organe officiel de l’Église Gnostique Universelle, fondé et dirigé par René Guénon (1909-1912): l’Église de Fabre des Essarts / Synésius. Après une rupture cette Église devint l’Église officielle des Martinistes.

ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE

STATUTS

I – Le gnosticisme est une doctrine philosophique et traditionnelle. Il a pour but de restituer l’unité primitive religieuse.

II – Le gnosticisme ne s’impose aux consciences ni par la violence ni par la menace de châtiments après la mort.

III – Il professe, conformément à son titre, que la religion véritable est la Science Intégrale; de ce fait, son enseignement comporte le doctrine évolutive, qui s’ouvre toujours aux progrès successifs et définis de l’intelligence humaine.

IV – Il est accessible à tous les hommes, sans distinction de nationalité, de langues ou de races.

V – On est admis à la plénitude de la connaissance des vérités gnostiques par des grades successifs qui ne sont conférés qu’au mérite et à la valeur intellectuelle des aspirants.

VI – Les cérémonies gnostiques, les dogmes, les rites sont expressément respectueux des lois de la République.

VII – L’Église gnostique de France est sous la haute direction d’un patriarche, qui a Paris pour résidence épiscopale et qui s’intitule évêque de Montségur, en souvenir du massacre des derniers Albigeois. Mais ces titres ne confèrent au chef de l’Église aucune suprématie dogmatique. Il est simplement primus interpares et il ne peut prendre aucune décision importante sans l’approbation du Saint-Synode.

VIII – Le Saint-Synode est composé de tous les évêques gnostiques.

IX – La caractéristique de l’Église gnostique est de représenter de restituer l’ancienne Église chrétienne, démocratique et égalitaire.

Spartakus FreeMann 2008.

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

Histoire de l’Eglise Gnostique (2) dans Recherches & Reflexions EzoOccultlogo105

Traduction de la Sagesse de Ptahhotep 9 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Traduction de la Sagesse de Ptahhotep, sous la direction du Professeur P.

ptahhotep

(L’écriture droite : titres, sous-titres, commentaires, ajouts ; l’écriture italique : la traduction du texte égyptien ; les chiffres en gras sont des repères notant les lignes du texte original.  Les autres en italiques se réfèrent aux notes placées à la fin du texte.

L’énoncé- titre est écrit à l’encre rouge, tradition qui a perduré, d’où le nom en français, de « rubrique ». L’écriture en bleu est un « chapeau » non présent dans le texte et qui est le fait du traducteur.

 

(4,1)

ENSEIGNEMENT DU GOUVERNEUR DE LA VILLE ET VIZIR, PTAHHOTEP

Sous la majesté du roi de Haute et de Basse Egypte, Isési, qu’il soit vivant à jamais !

Le gouverneur de la Ville et Vizir dit : 

                                              

                                                    Préambule

 

« Souverain mon maître,

Le grand âge est advenu ! La vieillesse est arrivée ! (1) 

La faiblesse est venue, les tremblements ne cessent plus.

Celui qui dort,… à lui, l’inconfort de chaque jour !

Les yeux se sont affaiblis, les oreilles sont sourdes,

La force vient à manquer, mon cœur est fatigué,

La bouche est silencieuse, elle ne peut plus parler…

L’esprit a disparu ; il ne peut plus de souvenir d’hier…

Les os, c’est à cause de la longueur de l’usage, qu’ils ont souffert !

Le bien s’est transformé en mal.

Tout le goût s’en est allé.

Ce qu’induit la vieillesse aux hommes :

C’est mauvais en toute chose !

Le nez est obstrué ; il ne peut respirer,

(Tout) mouvement est devenu difficile !

…Que soit ordonné à cet humble serviteur de (se) faire un bâton de vieillesse (2)

Et je lui dirai les propos de ceux qui ont entendus  les dieux,

Les conseils des ancêtres

Qui ont été les premiers à entendre les dieux. (2bis)

Ainsi, agira-t-on en ta faveur pareillement

Et chassera-t-on la souffrance de la population,

Tandis que les Deux-Rives travailleront à ton profit (3) !

Et la majesté de ce dieu déclara : 

« Instruis-le donc des paroles d’autrefois !

Il sera ainsi la merveille des enfants des grands (4)

L’attention le pénètrera, ainsi que toute rectitude.

Quand il lui aura été précisé qu’il n’y a personne qui ait été mis au monde, sage (5) !

 

(5,6)                                        Corpus des maximes

 

DEBUT DU RECUEIL DES PAROLES PARFAITES

Qui ont été dites par le prince, gouverneur,

Le père divin, aimé du dieu,

Le fils aîné du roi, de son ventre,

Le gouverneur de la Ville et Vizir, Ptahhotep

En enseignant aux ignorants comment apprendre,

Afin d’être un modèle de rhétorique,

Ce qui est chose utile pour celui qui (y) prêtera attention,

Mais nuisible, pour qui passera outre.

Il dit à son fils (6) :

 

(5,8)                                             MAXIME 1

 

De l’humilité et de la découverte de la parole parfaite

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (7) !

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules

 

(5,10)                                                    MAXIME 2

 

De l’art du débat avec un supérieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR A L’ŒUVRE,

Un homme altier, et qui est plus important que toi,

Fléchis les bras ! Ploie le dos !

Et lorsque ton esprit est irrité contre lui,

Il ne peut te répliquer.

C’est en ne t’opposant pas à lui sur le vif (8),

Que tu dois réduire à l’impuissance celui qui parle mal !

C’est ainsi qu’il sera traité d’ignorant…

Ta modération aura contrebalancé ses richesses

 

                                            

 

(5,13)                                           MAXIME 3

 

De l’art du débat avec un égal

 

Si tu rencontres un contradicteur à l’œuvre,

Ton semblable, qui est de ton rang,

Tu ne dois manifester ta supériorité qu’en te taisant,

Alors qu’il est accaparé par une mauvaise querelle,

Nombreuses seront les huées (qu’il suscitera) des auditeurs

Tandis que ton renom sera parfait dans l’opinion des magistrats.

 

 (6,1)                                                   MAXIME 4

 

De l’art du débat avec un inférieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR À L’ŒUVRE,

 Un pauvre diable, et non ton égal,

Ne te montre pas arrogant envers lui sous prétexte qu’il se fait humble !

Néglige-le, il se punira lui-même (9) !

Ne t’adresse pas à lui jusqu’à ce que ton esprit s’allège !

Ne décharge pas ta colère au détriment de celui qui est devant toi !

C’est une chose bien pénible (à voir), que celui qui blesse un pauvre d’esprit !

On exécutera ce qui est dans ton esprit

Mais, veuille ne le frapper qu’au moyen d’une punition (infligée par) les magistrats.

 

(6,3)                                             MAXIME 5

 

De l’art d’être un chef en respectant la règle

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Qui commande la conduite d’une multitude,

Recherche donc tout acte efficace !

Jusqu’à ce que ta conduite soit sans faute…

Grande est la Maât ! Et durable, l’exactitude !

Elle n’a pas été bouleversée depuis le temps d’Osiris

On punit celui qui transgresse les lois,

Mais, aux yeux de l’avide, c’est de l’histoire ancienne (10) !

Seule, la prévoyance procure des richesses,

Mais, jamais, encore, la transgression n’a mené son action à bon port !

Il prétend : « C’est à mon détriment que je dois faire du profit (11),

Il ne dit pas : C’est en exerçant ma fonction que je dois faire (honnêtement) du profit,

Mais, la limite atteinte, seule la Maât demeure !

Que personne ne dise : « C’est le territoire de mon père (12) ! »

 

(6,8)                                             MAXIME 6

 

De la vanité des manœuvres humaines

 

EVITE D’ ËTRE UN HOMME QUI INSPIRE LA CRAINTE PARMI LES GENS !

Car c’est de même que le dieu punit (13) !

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui en vit, (de la crainte),

Il se prive du pain de la parole (14) »

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui est puissant,

Prétend que c’est à son détriment qu’il tire du profit, chaque fois qu’on le distingue. (15)

 (Tout) homme (se) dit : Celui qui dérobe autrui, il (en) arrive à se donner à un inconnu (16)

 « Jamais projet humain ne s’est encore réalisé, car c’est ce que le dieu ordonne qui se réalise ! »

Dira celui qui vit dans la sérénité,

 « …et c’est spontanément que vient ce qu’ils donnent » ! (17)

                                                                 

 

(6,11)                                            MAXIME 7

 

Des manières de table

 

SI TU ES UN CONVIVE, (18)

Au banquet d’un plus grand que toi,

Accepte ce qu’il donnera, (dès lors que) cela a été placé devant ton nez,

Et c’est seulement ce qui est devant toi que tu devras regarder !

Ne lui décoche pas de nombreux regards !

C’est une chose insupportable, pour un Ka, que d’être pris pour cible (19) !

Ne lui adresse pas la parole, tant que lui ne t’a pas appelé,

Car on ne peut prévoir le déplaisir…

Dès lors qu’il t’aura sollicité, tu parleras,

Et ce que tu diras sera  (bien sûr), plaisant !

Quant au grand, chaque fois qu’il se tient derrière les pains (20),

Sa conduite est conforme aux obligations de son Ka,

Il va donner à celui qu’il favorise,

C’est la coutume (à la tombée) de la nuit…                                     

C’est le Ka qui écarte ses bras (21) !

Quand le grand donne, l’homme (du commun) ne peut l’égaler

Le fait de manger du pain est soumis au dessein divin

Ce n’est donc que l’ignorant qui s’en plaindra !

 

(7,3)                                             MAXIME 8

 

Du respect de la mission confiée

 

SI TU ES UN HOMME DE CONFIANCE,

Envoyé par un grand à un (autre) grand,

Sois vraiment scrupuleux, quand il t’envoie,

Exécute la mission pour lui, comme il (le) dit !

Garde-toi de médire dans tes propos

Dont un grand serait friand envers un autre grand !

Respecte la mesure, ne l’outrepasse pas !

Une algarade n’est pas chose à renouveler (22)

Ne dis rien contre quiconque,

Grand ou petit, car c’est intolérable pour un Ka !

 

(7,5)                                             MAXIME 9

 

Du nécessaire silence du riche et de l’heureuse destinée de qui n’a pas d’enfants

 

SI TU LABOURES CONSTAMMENT DANS LA CAMPAGNE,

C’est en abondance que le dieu t’en donnera dans la main !

Mais, n’en aies pas plein la bouche, à côté de ton voisinage !

Il est important de pratiquer le détachement de l’homme silencieux !

Quant à l’homme de caractère qui est comblé de biens,
C’est tel un crocodile qu’il l’emporte dans une assemblée !

Ne te montre pas hautain envers ceux qui n’ont pas d’enfants !

Ne fais pas le modeste ! Ne t’en vante pas ! 

On trouve (sans difficulté) un père à la nombreuse progéniture qui est dans la misère,

(Comme) on trouve aussi une mère qui a enfanté et par rapport à qui, une autre, (sans enfant) est plus comblée qu’elle !                                                                         

C’est l’individu qui fait se manifester le dieu,

Alors que le chef de tribut ne cesse d’implorer qu’on lui rende service (23) !

                                                                            

(7,7)                                             MAXIME 10

 

De la nécessité de placer sa confiance en un être de qualité

 

SI TU T’AFFAIBLIS, SERS UN HOMME RICHE !

Que toute ta conduite se montre parfaite auprès du dieu

Dès lors que tu sais reconnaître des gens pauvres, devenus prépondérants

Evite de montrer du dédain à son égard !  ( à ton patron)

A propos de ce que tu connais de lui, alors qu’il est devenu prééminent,

Respecte-le en raison de ce qui lui est advenu !

Ce n’est pas d’elles-mêmes que les choses arrivent !

C’est leurs lois, pour celui qu’ils aiment (24)

Quant au surplus, il a été rassemblé de lui-même.

Or, c’est le dieu qui a créé sa richesse,

Et c’est même endormi que le dieu le protège !

 

 (7,9)                                                   MAXIME11

 

De la nécessité de suivre sa conscience et de ne pas gaspiller son énergie dans les tâches matérielles

 

CONDUIS-TOI SELON TON CŒUR, LE TEMPS DE TON EXISTENCE !

N’en fais pas plus que ce qui a été prescrit !

Ne réduis pas le temps de ta réflexion,

Car c’est une chose insupportable pour le Ka, que de gâcher son temps !

Ne détourne pas une partie de la journée,

Qui soit un surplus servant à l’entretien de ta (propre) maison !

Une fois les biens advenus,… Suis ta pensée (25) !

Car nul profit n’est à retirer de quelque chose, quand elle rend chagrin. (26)

 

  (7,10)                                                 MAXIME 12

 

Du comportement envers son fils

 

SI TU ES UN HOMME DE VALEUR,

Essaie d’engendrer un fils propre à charmer le dieu.

S’il se montre loyal, s’il manifeste son tempérament,

Et s’il prend soin de tes biens comme il faut,

Fais pour lui tout le bien !

C’est ton fils ! Il appartient à la semence de ton Ka.

Et évite de détacher tes pensées de lui !

Cependant, la progéniture est (aussi) fauteuse de troubles.

S’il erre, s’il s’écarte de ta ligne de conduite,

Si tout ce qui est dit s’oppose à lui,

Si sa bouche s’égare en vils propos,

Aiguillonne-le donc pour la moindre de ses paroles (27) !

Prends donc pour cible quelqu’un qu’ils détestent (28) 

Car c’est le genre d’homme pour lequel le malheur a été assigné dès la gestation !

Celui qu’ils guident ne saurait errer,

Tandis que celui qu’ils privent de barque ne saurait trouver un moyen de traverser.

 

 (8,2)                                                   MAXIME 13

 

De l’attitude juste à la cour de justice

 

SI TU TE TROUVES DANS LE PORCHE, (lieu des audiences, et où l’on rend la justice.)

 LEVE-TOI ET ASSIEDS-TOI selon ta position 

Qui t’a été assignée dès le 1° jour (29)

Ne dépasse pas, ou il arrivera qu’on te refoule !

Clairvoyant est le regard de celui qui entre, ayant été annoncé !

Large est la place de celui qui est convoqué !

Le porche se conforme à un modèle de régulation.

Toute conduite est mesurée au fil à plomb !

C’est le dieu qui fait progresser la position (dans la hiérarchie).

Et l’on n’a jamais nommé à une fonction ceux qui ont joué des coudes !

 

 (8,6)                                                   MAXIME 14

 

De l’esprit franc qui rend heureux, et du ventre qui condamne au malheur

 

SI TU ES AVEC DES GENS,  (En général),

Sois donc un compagnon de confiance !

Un homme franc, qui ne tergiverse jamais,

Et se montre lui-même un chef.

Un homme capable et disponible selon sa ligne de conduite.

Une fois ta renommée devenue bonne, abstiens-toi de parler.

Une fois ton corps repu, et te montrant attentif à ton entourage,

C’est même ce que tu ignores qu’on rassemblera pour toi !

L’esprit de celui qui obéit à son ventre,

Déclenchera (immanquablement, envers lui), de la haine au lieu de l’amour.

Puisque son esprit est inculte et son corps est non oint.

Le cynique est l’ennemi des créatures du dieu (30)

Celui qui obéit à son ventre est un suppôt de la rébellion !

 

(8,11)                                                    MAXIME 15

 

De la rigueur du chargé de mission

 

RENDS COMPTE DE TA MISSION SANS NEGLIGENCE !

Fais part de ta conduite, lors de l’audience de ton maître !

Quant à se montrer prolixe à son détriment, lorsqu’il parle,

Ce n’est pas difficile pour un messager,

Mais c’est sans possibilité d’objection de la part de celui qui est informé

Qu’il doit être fait rapport, alors qu’il s’est fourvoyé par (la faute d’) un grand, à propos de son affaire.

Quant à celui qu’il imaginerait affronter à cause de cela,

Il se tait, sur un : « J’ai dit ! » (31)

                                               

 (8,14)                                                   MAXIME 16

 

De l’art de gouverner avec efficacité et rigueur

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Larges sont les procédures d’exécution dans ce qui te sera ordonné,

Implique-toi, car, est distingué…, celui dont on évoque le souvenir

Jours après jours !

Jamais, une parole litigieuse n’est venue du sein de la faveur

Ainsi, le crocodile à l’affût n’émerge que lorsque la disgrâce s’est manifestée. (32)

 

(9,3)                                                    MAXIME 17

 

De la nécessité d’entendre les requêtes

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Il est convenu (de par ta fonction) que tu entendes la parole d’un plaignant !

Ne l’éconduis pas jusqu’à ce qu’il se soit épanché

De ce qu’il avait envisagé de te dire !

Le désir d’une victime de se soulager (de sa plainte),

Dépasse la réalisation de ce pourquoi elle est venue. (33)

Quant à celui qui repousse systématiquement les plaintes, (qui lui sont présentées),

On dit (de lui) : « Pourquoi, donc, va-t-il encore les repousser ? »

Car, même si aucune plainte, qu’on lui adresse, n’a vocation à se réaliser,

Prêter une oreille attentive est un moyen de pacifier les esprits.

 

  (9,7)                                                 MAXIME 18

 

Du danger de la séduction

 

SI TU DESIRES rendre durable

L’amitié dans la maison, (34)

Dans laquelle tu entres, en tant que maître, en tant que frère,

Ou en tant qu’ami, comme en tous lieux,

C’est armé (contre toi-même, vigilant) que tu entreras en tant que tel !

Ne t’approche pas des épouses !

Le lieu où cela se pratique ne peut devenir de bon aloi, (35)

Et comme le visage ne peut regarder en face parce que cela est permis, (36)

Un millier d’hommes sont détournés constamment de ce qui leur est utile,

En un instant réduit, semblable à un rêve,

Chaque fois, on atteint la mort, en en prenant conscience… (37)

C’est un vil principe que de tirer sur qui est en face (38).

On  finit de s’y adonner, car l’esprit s’y oppose…

Mais, quant à celui qui succombe constamment en le convoitant,

Aucun projet ne peut réussir de son fait.

 

  (9,13)                                                  MAXIME 19

 

De l’avidité : mal incurable, qui réduit la durée de vie et annihile l’espérance de vie éternelle

 

SI TU DESIRES que ta conduite s’améliore,

Préserve-toi de tout mal !

Garde-toi de faire preuve d’avidité !

Car c’est une maladie douloureuse comme, infligée par un serpent venimeux.

Comme la confiance ne peut en résulter,

Elle fait se séparer père et mère,

Ainsi que les frères de (même) mère.

Elle sépare femme et mari,

C’est un composé de tous les maux,

Un sac de tout ce qui est odieux (39)

L’homme ne vit longtemps qu’en se conformant à la Maât :

Celui qui va à son pas,

En fait son testament,

Nulle tombe pour l’avide !

 

 (10,5)                                                   MAXIME 20

 

De la juste attitude envers l’avoir

 

NE REVELE PAS UN ESPRIT AVIDE LORS D’UN PARTAGE !

Ne convoite rien d’autre que ce qui doit être ta part !

Abstiens-toi de te révéler avide au détriment de ton entourage !

Il est plus important, pour un homme affable, une demande polie, qu’un étalage de force !

Celui qui abandonne son entourage : C’est quelqu’un qui perd au change,

Privé des bienfaits de la parole (40)

Or, c’est seulement un peu, de ce que l’on convoite,

Qui transforme un querelleur en quelqu’un de sang froid !

 

 (10,8)                                                    MAXIME 21

 

Recette pour une bonne harmonie conjugale

 

SI TU DEVIENS IMPORTANT, QUE TU FONDES TA MAISON,

Et que tu aimes ton épouse du fond du cœur,

Emplis son ventre, revêt son dos (41) !

C’est un remède pour son corps, (aussi nécessaire) que l’huile (42) !

Mets-la en joie, le temps de ton existence !

Comme c’est une terre profitable pour son maître,

Abstiens-toi de la répudier !

Empêche-la d’exercer le pouvoir :

C’est un moyen de prévenir le désordre qu’elle provoquerait, chaque fois qu’elle exercerait son regard, (sur les affaires du monde)

Et c’est aussi le moyen de la faire durer dans ta maison.

Donc, canalise-la : C’est de l’eau !

Une femme, chaque fois qu’elle est laissée à elle-même, (43)

Ce qu’elle réclame a engendré un océan !

 

 (11,1)                                                   MAXIME 22

 

De la nécessité de satisfaire ses familiers

 

SATISFAIS TES INTIMES GRÄCE À CE QUI T’ES ECHU !

Car c’est échu à quelqu’un que le dieu favorise !

Au sujet de celui qui manque à satisfaire ses intimes,

On dit (de lui) : « C’est un avare ! »

Etant donné que l’on ne peut discerner l’avenir, ce n’est que le lendemain qu’il s’en rendra compte…

C’est un Ka intègre, le Ka du juste en qui l’on peut se fier…

Si des marques de faveur surgissent,

Ce sont les intimes qui disent : « (C’est) Bienvenue ! »

Et comme on ne peut acquérir d’apaisement au port,

On recherche les intimes en cas de perte survenue.

 

(11,5)                                                    MAXIME 23

 

Du refus de la rumeur et de l’exemplarité de son attitude en toutes circonstances,

 

NE REPETE PAS DE MEDISANCES !

Alors que tu n’en connais pas le fondement

C’est la manifestation de quelqu’un d’impulsif

Que de divulguer des ragots,

-Celui dont il a été constaté qu’il ne pouvait en prendre connaissance-,

Se ridiculise complètement en parlant.

Vois, ton interlocuteur est parfaitement au courant !

De même qu’on suscite le vol, chaque fois qu’on le commet, (44)

Celui qui incite à le perpétrer

Est un objet de haine conformément à la loi.

Vois, c’est dissiper un songe,

Que de placer un voile devant lui ! (4)

 

(11,8)                                                    MAXIME 24

 

Du bon usage de la parole

 

SI TU ES UN UN HOMME important,

Qui siège au conseil de son maître,

Concentre-toi sur ce qui est important et garde le silence !

C’est plus utile que  la plante ‘teftef’ (46)

Ne parle qu’en sachant argumenter.

Seul, l’orateur parle au Conseil !

L’éloquence est le plus ardu de tous les arts !

Celui qui en fait preuve, la place à son service !

 

(11,12)                                                    MAXIME 25

 

De la vraie puissance et de la maîtrise de soi

 

SI TU DEVIENS PUISSANT, tu ne dois inspirer le respect

Que par le discernement, et le calme de l’élocution !

N’intime jamais (à quiconque) d’ordres, sauf, selon les directives. (47)

L’impulsif entre (fatalement) dans la privation :

N’exalte pas ton esprit et tu ne seras pas humilié !

Ne garde pas le silence de peur de stagner (48)

Quand tu réponds à une polémique, ne t’enflamme pas !

Une fois cela étant écarté de toi, maîtrise-toi !

En effet, l’ardeur de celui à l’esprit enflammé submerge (tout),

Tandis que l’homme agréable laisse une trace et construit son chemin,

Celui qui ne cesse de gémir à longueur de journée,

Ne peut passer d’instant heureux !

Et l’insouciant, tout au long de la journée, 

Ne peut fonder une maison.

Après avoir été rejeté, ayant été enrôlé

Comme barreur, et ayant été laissé à terre,

Un autre a été embarqué (à sa place)…

Celui qui obéit à sa perspicacité est destiné à faire preuve de maîtrise.

 

(12,6)                                                    MAXIME 26

 

De la juste utilisation de l’énergie

 

NE T’OPPOSE PAS À L’ACTION D’UN GRAND !

N’irrite pas celui qui est accablé (de responsabilités)

Car il ne fait obstacle qu’à celui qui s’oppose à lui

Ainsi, le Ka ne laisse le champ libre qu’à celui qu’il apprécie !

C’est quelqu’un qui, de concert avec un dieu, dispense des moyens d’existence.

Ce qu’il aime : C’est que l’œil soit tourné vers lui !

(Ou :) C’est qu’il aime : Ce qui doit être fait pour lui !

Recompose-toi donc un visage après une colère !

(Ou :) Fais (de ton mieux) pour que le visage (du chef) se recompose après une colère !

En effet, la prospérité découle de son Ka (49)

Les déboires dérivent de l’opposition.

(Moralité :) C’est un ‘combustible’ qui accroît l’attachement ! (50)

 

 (12,9)                                                   MAXIME 27

 

De l’instruction d’un grand

 

INSTRUIS UN PUISSANT DE CE QUI LUI EST UTILE !

Crée pour lui un climat favorable à son action dans l’opinion publique !

Et fais que sa science se répercute sur son maître !

C’est auprès de son Ka que l’approvisionnement te sera (inévitablement) attribué !

De même, le ventre de celui qu’on apprécie est promis à la satisfaction,

De même, ton dos sera vêtu grâce à cela.

Que soit accueillie favorablement son action !

Ta vigilance va être la cause de la fortune de ta maison auprès du dignitaire (51)

Auquel tu es loyal, car celui-ci en vit. (de ta vigilance) (52)

S’il fait de toi son bras droit. (53)

Garde le silence ! Et que perdure ainsi l’estime que tu inspires 

Dans la poitrine de ceux qui t’affectionnent !

Vois, celui qui entend,… c’est un Ka apprécié !

 

(13,1)                                                    MAXIME 28

 

De la nécessité de l’impartialité

SI TU AGIS TEL LE FILS DUN HOMME DU TRIBUNAL, (54)

Instrument de l’harmonie publique,

Prends la palanche (55)

Quand tu vas parler, ne te montre pas partial,

Car c’est le garde qui exprimera son avis (56)

Mais c’est le propre du magistrat qui jugera objectivement (57)

Que l’affaire dont tu es chargée se résolve par un jugement !

 

  (13,4)                                                 MAXIME 29

 

De l’indulgence

 

SI TU INSTRUIS AVEC BIENVEILLANCE UNE AFFAIRE À L’ORDRE DU JOUR, (58)

La tolérance dont tu feras preuve, doit dépendre de son attitude,

Néglige-le, ne lui accorde plus la moindre pensée,

Dès lors qu’il garde le silence envers toi (dès) le premier jour ! (59)

 

 

(13,6)                                                    MAXIME 30

 

De la discrétion

 

SI TU DEVIENS GRAND APRES UNE POSITION MODESTE

Et que tu amasses du bien après une pauvreté antérieure,

Dans une ville que tu connais,

N’expose pas publiquement ce qu’il t’est arrivé auparavant !

Ne fais pas étalage de ta fortune ! (60)

Car si cela t’est advenu comme un don du dieu,

(Il arrive aussi) que quelqu’un qui n’a pas de protection, et qui est un autre de tes semblables,

Il lui est arrivé la même chose ! (61)

 

 (13,9)                                                   MAXIME 31

 

De la bonne attitude envers un supérieur et le voisinage

SI TON DOS EST COURBE, DEVANT TON SUPERIEUR,

Ton directeur de l’administration royale,

Ta maison sera établie sur ses biens

Et tes émoluments seront à leur juste place.

C’est une chose pénible qu’un adversaire quand il est un supérieur !

On ne vit que le temps d’entretenir sa bienveillance

Le geste par lequel il dépouille de ses bienfaits est inflexible. (62)

Ne pille pas une maison voisine !

N’usurpe pas les biens de celui qui est proche de toi ! (63)

Qu’il ne se plaigne pas de toi jusqu’à ce qu’on t’entende ! (64)

Comme l’insubordination, c’est pure folie !

S’il s’en avise, il sera quelqu’un qui (la) réprimera.

 

  (14,4)                                                  MAXIME 32

 

De la nécessité d’éviter de violer l’épouse d’un subalterne

EVITE DE VIOLER L’EPOUSE D’UN SUBALTERNE que tu connais !

C’est chose propre qui s’oppose aux humeurs qui irriguent son cœur.

Ce qui est dans son ventre ne pourrait s’apaiser. (65)

Puisse-t-il ne pas s’obscurcir (l’esprit), jusqu’à commettre une action répréhensible ! (66)

Car, c’est au préjudice de son esprit qu’il se réconforterait (67)

 

 (14,6)                                                   MAXIME 33

 

Comment éprouver un collaborateur et connaître sa véritable nature

 

SI TU SONDES  la nature de quelqu’un de l’entourage (des affaires, professionnel),

Ne questionne surtout pas l’un de ses proches !
Fais-le avec lui seul ! (68)

Jusqu’à ce que tu aies fini d’éprouver sa fiabilité

Dialogue avec lui, et après un certain temps, (69)

Réforme son esprit par l’éloquence

Quant à celui, à qui ont échappé les fruits de son expérience,

Au point de commettre  une action pour laquelle tu te mets en colère,

Ou envers laquelle il se montre bienveillant,

Ne prends pas un visage renfrogné ! Ne lui cherche pas querelle !

Ne réagis pas contre lui par une rebuffade !

Ne t’écarte pas de lui ! Ne l’humilie pas !

Son occasion (de servir) n’a jamais encore manqué de venir.

On ne peut faillir étant celui qui la prédétermine. (70)

 

 (14,12)                                                MAXIME 34

 

De la nécessité d’une conduite sans faille  et de la pratique de la bienveillance

 

PUISSES-TU TE MONTRER IRREPROCHABLE (TOUT) LE TEMPS DE TON EXISTENCE

Car « celui qui est sorti du grenier ne peut (y) rentrer » (71)

Aussi vrai que le pain du partage est la seule chose qui vaille la peine d’être recherché avec appétit, (72)

N’est un homme exemplaire que celui qui s’est purgé de ses passions.

Comme un séditieux se révèle toujours un instrument de malheur,

N’en fais pas un de tes proches !

En effet, la bienveillance fait tout le souvenir d’un l’homme

Pour les années qui suivent l’exercice de (ses) fonctions.

 

 (15,2)                                                  MAXIME 35

 

De la nécessité d’un caractère clairvoyant, attaché à l’harmonie sociale

 

APPRENDS À RECONNAÎTRE TES COLLABORATEURS ! Et, dans la mesure où tes biens existent

Ne te montre pas mesquin au détriment de ton entourage, car c’est une terre riveraine. (73)

Celui qui en est comblé, il est plus grand que ses propres richesses (74)

En effet, les biens de l’un sont à l’autre.

Ainsi le caractère du fils d’un homme lui est profitable (75)

Les bonnes manières sont destinées à marquer les mémoires.

 

 (15,5)                                                   MAXIME 36

 

De la nécessité de punir à bon escient, sans état d’âme.

 

PUNIS AU NOM D’UNE VERITABLE INSTRUCTION !

On déchire le voile de l’ignorance jusqu’à ce que, seul, le bon exemple perdure.

Un tel cas (de faiblesse, complaisance), sauf provoqué par la fatalité,

Cela revient à ce qu’un plaignant a été laissé se transformer en contestataire.

 

 (15,6)                                                   MAXIME 37

 

Du choix de son épouse et de la manière adéquate de la traiter

 

SI TU PRENDS POUR EPOUSE UNE FEMME BIEN EN CHAIR, à l’esprit joyeux,

Connue de ses concitoyens et en règle avec la loi, (76)

Montre-toi aimable à son égard au bon moment !

Ne la tiens pas à l’écart ! Laisse-la donc manger (comme il lui plait) !

Son esprit joyeux contrôle ses sautes d’humeur (77)

 

 (15,8)                                              EPILOGUE-Première section

 

De la transmission de la Sagesse

 

SI TU PRÊTES ATTENTION A CE QUE JE T’AI DIT, (78)

Ta carrière aura de l’avenir…

Quant au grain de vérité qui s’y attache, c’est sa richesse qui s’y trouve (79)

Et c’est, grâce à la beauté de leurs formulations

Que, dans la bouche des hommes, s’envolera leur souvenir…

Quand on a recourt à un texte, quel qu’il soit,

Il ne peut périr dans ce pays,

Et si on le cite, c’est au mieux que l’on a fait mouche !

Les magistrats ne parleront qu’en conformité avec lui !

En effet, c’est un (précieux) modèle pour apprendre à parler à un homme pour la postérité.

Il ne peut l’assimiler qu’après être devenu un expert en audition (80)

Il est bon de prononcer des paroles pour la postérité, car c’est elle qui l’entendra ! (81)

Si une bonne occurrence advient du fait de quelqu’un qui est un chef,

Et que cet évènement demeure mémorable pour toujours,

Toute sa sagesse (du chef), est promise à l’immortalité.

En effet, seul le savant nourrit son Bâ ! (82)

En établissant sa compétence lui-même, sur terre (83)

Le sage n’est nourri de ce qu’il sait (84)

Que par le magistrat à l’œuvre (85)

C’est sous la seule influence de son esprit,

Que parfaite est sa langue !

Et que ses yeux, quand ils voient juste,

Et ses oreilles réunies, quand il entend ce qui est utile à son fils,

Rendent exactes ses lèvres, quand il parle :

A savoir : « Celui qui accomplit la Maât est exempt du mensonge » (86)

 

 (16,3)                                              EPILOGUE- Deuxième section

 

De l’art d’être tout ouïe, clé de voûte de l’acquisition de la sagesse

 

Il EST UTILE D’ÊTRE TOUTE OUÏE, AU FILS QUI PRÊTE ATTENTION !

Car le don d’entendre n’est accessible qu’à celui qui est toute ouïe.

C’est en celui qui sera entendu que se transforme quelqu’un d’attentif. (87)

Ainsi, celui dont la qualité d’écoute est exemplaire, est quelqu’un dont l’éloquence est sublime. (88)

Et celui qui se montre attentif est détenteur de quelque chose d’utile. (89)

Il est utile de se montrer attentif pour l’auditeur ! (90)
Et c’est lorsqu’une véritable inclination s’est manifestée que le fait de se montrer attentif s’avère meilleur que tout ! (91)

Il est bon qu’un fils se montre attentif au(x) dire(s) de son père,

Car, grâce à cela, la vieillesse devra lui échoir !

Celui qui dresse l’oreille, est quelqu’un que le dieu aime.

Qui n’est pas attentif est (forcément) abhorré du dieu ;

Seul, l’esprit fait se métamorphoser son détenteur 

En quelqu’un d’attentif ou en quelqu’un d’inattentif !

Car c’est pour l’homme, la vie, l’intégrité et la santé que son esprit ! (92)

Seul, celui qui se montre attentif entend celui qui parle,

C’est quelqu’un qui est enclin à se montrer attentif et qui fait ce qui est dit.

Il est bon qu’un fils tende l’oreille à son père !

Heureux, celui à qui a été dit cela !

Quant au fils, sa maîtrise de l’ouïe, suffit à le rendre agréable !

Et celui qui se montre attentif, et à qui a été dit cela, devient inébranlable dans ses passions.

Quant au vénérable, auprès de son père, (93)

Son souvenir est dans la bouche des vivants

Qui sont sur terre et de ceux qui viendront à l’existence.

 

(16,13)                                   EPILOGUE- Troisième section

 

Du fils, disciple de son père et de l’ignorant voué aux gémonies

 

SI LE FILS D’UN HOMME EST RECEPTIF AU(X) DIRE(S) DE SON PERE,

Aucun de ses projets ne saurait aller à la dérive. (94)

Celui que tu guides comme un fils attentif,

C’est quelqu’un qui deviendra influent chez les magistrats (95)

Celui dont la bouche est guidée par ce qui lui a été dit

Est considéré (une fois pour toutes), comme un homme qui a le don d’entendre

Un fils n’acquiert de l’importance que si ses errements ont été relevés

Tandis que l’égarement est échu à celui qui est inattentif,

L’intelligent ne se lève à l’aube que pour se former,

Alors que l’ignorant n’adhère qu’à lui-même. (96)

 

(17,4)                                               EPILOGUE- Quatrième section

 

De l’ignorant

 

QUANT À L’IGNORANT, DONT L’ATTENTION N’EXISTE PAS,

Il ne peut rien faire,

Car il ne perçoit le savant que comme un ignorant,

Et ce qui est utile, qu’en élément nuisible

Chaque jour il transforme ce qui est odieux en source de répugnance à son encontre.

Il ne se nourrit que de ce dont on meurt.

Dénaturer le sens des mots, c’est sa nature.

Son caractère est en cela dans la perception des magistrats, (97)

Dans le fait de dire : « Vivre (ainsi), c’est mourir chaque jour. » (97bis)

On ne passe sur ses actes (98)

Qu’à cause du nombre de malheurs qui fondent sur lui, chaque jour.

 

(17,10)                                               EPILOGUE- Cinquième section

 

Des devoirs et du destin du fils spirituel

 

LE FILS ATTENTIF SERAIT DIGNE D’ÊTRE UN SUIVANT D’HORUS,

Il n’acquiert cette perfection que dès lors qu’il se montre attentif.

 (Quand) il devient vieux, il n’atteint l’état de vénérable

Qu’en s’obligeant à parler de la même manière à ses enfants,

C’est-à-dire en reproduisant la manière d’instruire de son père.

Tout homme est instruit comme il (son père), avait vocation à le faire.

Qu’il s’oblige donc à parler auprès de (ses) enfants,

De sorte que leurs enfants, (les petits enfants) leur diront : « Sois un exemple ! »

Ne permets pas qu’on te chahute ! Maintiens l’ordre !

Tes enfants ne doivent vivre que selon un tel principe …

Alors qu’ils sont venus (nés), porteurs de désordre

De sorte que les gens diront que ce qu’ils voient

Est une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep)(99)

Qui ne parlait à l’auditoire qu’une fois qu’il s’était installé.

C’est aussi une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep) (99)

Celui qui ne prêtait considération à leur groupe, qu’une fois la foule rendue silencieuse (100)

Les bienfaits (du savoir) ne sauraient se parachever sans eux. (Les auditeurs)

Ne t’empare pas d’un mot ! Ne va pas le chercher !  (Pour en détourner le sens ou l’usage)

Ne place pas l’un à la place de l’autre ! (101)

Prends garde ! N’ouvre pas, car il y a des clôtures en toi ! (102)

De peur de dire : « Savant,

Fais donc attention !… »  (Si) tu désires faire de toi un exemple,

Dans la bouche des auditeurs,

N’envisage de parler que, si après avoir assimilé les règles de l’art,

C’est à la perfection que tu parles,

Et que chacune de tes idées soit à sa place !

 

(18,12)                                               EPILOGUE- Sixième section

 

De la parole juste

 

DANS LA MESURE OÙ TON ESPRIT EST IMMERGE, QUE TA BOUCHE EST CONTRÔLEE  (103)

De sorte que tes projets soient prépondérants parmi les magistrats, (104)

Montre-toi vraiment scrupuleux auprès de ton maître !

Agis jusqu’à ce qu’il ait dit : « C’est un fils (disciple) d’homme célèbre » (105)

Jusqu’à ce que ceux qui l’entendront aient dit cela :

« Loué, soit celui pour qui il a été mis au monde ! »

Que son esprit soit posé le temps que tu parles

Tu n’évoqueras les choses que de manière remarquable,

De sorte que les magistrats qui entendront diront :

« Parfaites sont ses sentences ! » (106)

 

 (19,3)                                              EPILOGUE- Septième section

 

Conclusion

 

AGI JUSQU’À CE QUE TON MAÎTRE AIT DIT DE TOI:

« Parfait est celui que son père a instruit !

C’est, comme issu de son corps qu’il est sorti ! (107)

Car ce qu’il lui a dit est entièrement intériorisé

Plus grand ce qu’il a fait que ce qui lui a été dit !

Vois, c’est un fils parfait qu’un dieu donne !

Celui qui a donné plus que ce qui lui avait été dit par son maître,

Il ne pratiquera Maât que dans la mesure où sa conscience aura été guidée par sa conduite..

Dans la mesure où tu m’égales, ton corps sera intact

Et le roi sera satisfait de tout ce qui est advenu.

C’est, sans que diminuent celles que j’ai passées sur terre,

Que tu ne gagneras pas moins d’années à vivre !

Je n’ai gagné 110 années à vivre (108)

Que par don du roi de Haute Egypte, (109)

Ainsi qu’une faveur dépassant celles de ceux qui ont vécu auparavant,

Que par la pratique de Maât, à l’avantage du roi, jusqu’à l’état de vénérable (110)

 

C’est ainsi que le document doit aller de son début à sa fin (111)

COMME CELA À ETE TROUVE ECRIT

                                                  XXXXXXX

 

Version du papyrus Prisse, Bibliothèque Nationale de France. La version du papyrus Prisse est la version majeure de cette œuvre.

Datation : La scène se passe à l’Ancien Empire, sous le règne du roi Djedkarê Isési, huitème et avant-dernier roi de la V° dynastie, vers 2400 av JC. Sa rédaction devrait se situer dans la période : Fin de l’Ancien Empire, début de la XII° dynastie, au Moyen Empire. Cette « Sagesse », peut être considérée comme l’œuvre fondatrice de la culture classique de l’Egypte Pharaonique.

Notes :

(1) : litt : « la vieillesse est descendue »

(2) :« cet humble serviteur » : manière de parler déférente envers un supérieur- « se faire un bâton de vieillesse », >un successeur dans ses fonctions, que le fils succède à son père.

(2bis) : « dieu », il faut entendre par cette traduction de -nTr-, traditionnelle, et source de compréhension erronée, « lois, principes fonctionnels de la nature », qui, pour être appréhendé par l’esprit humain est anthropomorphisé.

(3) : Les Deux-Rives : L’Egypte

(4) : « Les grands » : Les hauts fonctionnaires, les notables, les magistrats.

(5) : C’est-à-dire totalement instruis

(6) : Il faut entendre dans « fils », la dimension de « disciple »

(7) : « La pierre verte », la malachite, et par extension les pierres de couleur verte ; voir l’important symbolisme qui y est attaché

(8) : litt : « lorsqu’il est à l’œuvre »

(9) : « Néglige-le » : litt : « Laisse-le à terre »

(10) : « de l’histoire ancienne » : Oubli des conséquences, du châtiment à venir.

(11) : L’avide se dit qu’il ne peut faire autrement que de faire du profit, même s’il sait que, transgressant les lois de Maât, il ruine ses chances dans l’Au-delà.

(12) : « Que personne ne dise » : litt : « Qu’un homme ne dise pas »

          « C’est le territoire de mon père » : C’est du passé, cela ne me concerne pas !

(13) : le dieu punit de même : en inspirant la crainte.

(14) : Il s’isole, devient asocial.

(15) : L’homme puissant pense qu’il n’est remarqué, adulé, courtisé qu’en fonction de ses richesses, même mal acquises, dérogeant alors aux lois de Maât et à ses conséquences.

(16) : Se jeter dans les bras du premier venu.

(17) : « Ils » : les dieux

(18) : litt : « Si tu fais partie des gens qui sont assis » (à table)

(19) : « le Ka » : Le personnage, la personne publique, la personnalité

(20) : « se tenir derrière les pains » : être assis à table

(21) : « un Ka qui ouvre ses bras » : qui donne

(22) : Une algarade : « Un lavage », « une purgation de l’esprit »

(23) : Rendre service : litt : « être escorté »

(24) : « leurs lois » : Il s’agit des lois des dieux

(25) : Une fois que tu auras rassemblé tes biens

(26) : Inutile de continuer par avidité à amasser (déséquilibre, perte de repère, conscience dévoyée.

(27) : « la moindre de ses paroles », litt : « sa bouche toute entière »

(28) : « Ils » : jusqu’à la fin de la maxime, = « les dieux »

 (29) : « Dès le 1° jour » de ta naissance, ou « dès le 1° jour » de ta prise de fonction

(30) : « Les créatures du dieu » : Les gens de bien

(31) : Il faut comprendre qu’il s’agit, pour un grand, envoyé en mission , d’être capable d’établir un rapport rigoureux et sans faille, même à partir d’informations erronées,

tronquées, même venant de la bouche d’un grand ; autrement dit : Savoir, avec clairvoyance, démêler le vrai du faux. Et s’il devait affronter qui que ce soit, lui portant contradiction, il devrait se taire sur un : « J’ai dit ! », donc, ne pas déroger !

(32) : Agir efficacement selon les principes de Maât, ne pas chercher querelle : On évite ainsi les ennuis et la disgrâce… et son souvenir restera gravé dans les mémoires pour toujours.

(33) : Dans les Instructions au Vizir, chez Rekhmirê, ligne 16, on a : « Un plaignant tiendra plus à ce qu’on prête attention à ses paroles, plutôt que d’entendre ce pourquoi il est venu. »

(34) : « Dans la maison » : litt : « à l’intérieur »

(35) : Une « maison de passe », où l’on peut côtoyer des femmes à visage découvert, voir la suite

(36) : « cela est permis » : litt : « découvert »

(37) : D’avoir gâché sa vie ! Ah ! Les femmes !!!

(38) : « Tirer sur qui est en face » : Que d’avoir des rapports sexuels sur quiconque de rencontre.

(39) : L’équivalent de la boite de Pandore.

(40) : « Les bienfaits de la parole » : Être privé de contacts sociaux, et de ce qu’il aurait pu obtenir.

(41) : Souvent, on peut lire « à plusieurs niveaux, comme ici, il s’agit de la rassasier, et/ou de la féconder.

(42) : L’huile est indispensable pour protéger sa peau des ardeurs du soleil.

(43) : Pour désigner « une femme », l’auteur n’hésite pas, il la désigne ainsi ! Litt, « un vagin »

Et pour la ligne suivante : litt : « un bassin » > « un océan » ses exigences sont démesurées.

(44) : C’est-à-dire : Prêcher l’exemple.

(45) : Que de se voiler la face

(46) : Plante teftef, une plante dont la racine évoquent des gouttes qui tombent ( ?) postillonner ? Bonimenter ?

(47) : Les directives appliquant la Maât.

(48) : Il s’agit, à la fois de ne pas parler par impulsivité, mais aussi de n’être pas muet et trop en retrait.

(49) : « la prospérité découle de son Ka » : découle de la personnalité dont on dépend.

(50) : « le combustible », « l’alimentaire » « les aliments »  ….Toujours d’actualité !

Le texte est plus fort en égyptien car c’est la même étymologie, « k3w » et « k3 ».

(51) : « ton visage »> « ta vue »> « ta vigilance » : « la vie »> « la fortune »

(52) : litt : « Celui que tu aimes » > « Auquel tu es loyal »

(53) : litt : «une bonne épaule »  >« son bras droit »

(54) : Ce fils est un apprenti/un substitut, d’un magistrat.

(55) : = Prends la place du juge…- le bâton d’épaule= le bâton de portefaix, la palanche, image du fléau de la balance, très souvent évoqué ; il doit être rigoureusement équilibré pour un jugement juste.

(56) : Le garde : agent de la force publique.

(57) : litt : « qui placera l’affaire sur le côté approprié »

(58) : litt : « une affaire alors qu’elle s’est produite ».

(59) : Absence de collaboration.

(60) : litt : « Ne te dévoile pas à cause de ta fortune ! »

(61) : La fortune peut être due à la protection du dieu, mais aussi, …au hasard !

(62) : litt : «le coude de son dépouillement ne peut se courber ».

(63) : Ne pas piller, ni les voisins, ni les proches.

(64) : Il s’agit d’être entendu devant un tribunal.

(65) : litt : « se rafraîchir » > « s’apaiser »

(66) : Il s’agit que son esprit ne s’obscurcisse pas d’une telle attaque. (Plusieurs exemples dans papyrus Ebers)

(67) : Son ventre ne se calmerait qu’au détriment de son esprit.

(68) : Quand il est seul, pour se forger sa propre opinion.

(69) : Pour le tester.

(70) : Celui qui prévoit l’utilité future d’un collaborateur, même modeste, réussit.

(71) : Proverbe : « Quand le grain est sorti du grenier, il ne peut y rentrer ». Equivalent en français : « Quand le vin est tiré, il faut le boire ! » 

(72) : L’ardente nécessité de l’harmonie sociale.

(73) : Une terre riveraine (du Nil), est évidemment très fertile.

(74) : Car il reçoit, il est comblé par l’entourage.

(75) : Quelqu’un qui a un état civil, qui n’est pas un esclave sans patrimoine.

(76) : Elle est honorablement connue, elle appartient à la société locale et n’est pas étrangère.

(77) : litt : «…contrôle le juste écoulement des humeurs ».

(78) : litt : «…à ce que je viens de te dire ».

(79) : Chacun apporte à la société son « grain de sel », son étincelle de vérité qui fait la richesse d’une carrière.

(80) : « il ne peut l’entendre », > le comprendre, l’assimiler…

(81) : Car c’est la postérité qui l’entendra et le gardera en mémoire pour la suite des générations qui s’en inspireront.

(82) : Son Bâ : sa réputation qui vole de bouche en bouche et continue à nourrir les générations suivantes.

(83) : litt : « sa perfection » > sa compétence.

(84) : litt : « gavé » > nourri

(85) : Qu’en observant le magistrat et en s’en inspirant.

(86) : Aphorisme- litt : « purgé » > exempt

(87) : Un homme attentif est forcément quelqu’un à qui on prête attention.

(88) : nfr> parfaite> exemplaire, sublime

(89) : Euphémisme : par quelque chose d’utile, il faut entendre « un trésor ».

(90) : L’auditeur auquel il fait allusion est d’un niveau d’étude supérieur. L’enseignement débutait par l’apprentissage de l’écriture.

(91) : Importance de l’adhésion de l’élève, voir : transfert Freudien

(92) : Le « jb » : >l’esprit, l’intelligence, la capacité intellectuelle, mentale, la sensibilité, la spiritualité, etc.

(93) : Prise en charge du disciple par le maître.

(94) : « aller à la dérive » verbe fondé sur la racine nmj, vagabonder, se fourvoyer

(95) : jqr=excellent> influent

(96) : Pas de projet construit, vagabonde sans méthode.

(97) : Voila le trait dominant de son caractère qui sera retenu par les magistrats.

(97bis) : Ptahhotep, s’exprime souvent par des formules lapidaires, dont l’interprétation suppose une connaissance qui nous échappe, avec une liberté laissée au lecteur qui doit se débrouiller…Il parle du destin fâcheux de l’ignorant.

Commentaire de Mr Grandet : « Le type en question est le modèle de la confusion il rejette ce qui lui permettrait de vivre. »

Donc, concernant l’ignorant, dont on a démontré au préalable qu’il gâche sa vie, on pourrait dire en français : «vivre ainsi, c’est mourir à petit feu »…

 (98) : On l’excuse.

(99) :Celui-là > à valeur méliorative, ex: « ce fameux », « cet homme célèbre » ici, Ptahhotep.

(100) : …que l’auditoire s’était assis et calmé.

(101) : Stricte intégrité du texte et de sa transmission. Pas de manipulation.

(102) : Ouvrir des clôtures internes : se libérer (à mauvais escient) de ses inhibitions.

(103) : Esprit immergé, plongé, > maîtrisé et donc dissimulé… Bien voir : le couple intellect qui conçoit/bouche qui exprime.

(104) : litt : « pour que tes projets se réalisent »

(105) : Ptahhotep.

(106) : litt : « Ce qui est sorti de sa bouche est parfait ».

(107) : litt : « C’est hors de son corps à lui, (le disciple), qu’il est sorti »

(108) : L’âge idéal pour les anciens égyptiens.

(109) : Que le roi est en mesure de dispenser.

(110) : JmAx >vénérable> ici, retraite.

(111) : Formule de clôture

Cours Institut Khéops, Années 2010/2011

Professeur : Monsieur P. 

(Les erreurs possibles n’étant que de mon fait.)

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COLUCHE AU GRAND ORIENT DE FRANCE 1 janvier, 2017

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

COLUCHE AU GRAND ORIENT DE FRANCE

4 MOIS AVANT SA MORT,
7 MOIS AVANT SON NOUVEAU SPECTACLE

Extraits de la conférence de Coluche le 27 février 1986 à la loge « Locarno 72 » au siège du Grand Orient de France.

« Le responsable de la Loge, M. Louis Dalmas : Coluche, je vous demande quelques minutes de patience, pour me donner le temps d’abord de vous remercier d’avoir accepté notre invitation et de nous honorer de votre présence, pour me permettre ensuite d’établir le contact avec les amis qui vont vous écouter.
Vous le savez, l’appartenance à la Maçonnerie, l’entrée dans un temple, dépouillent nos sœurs et frères de leurs ornements extérieurs, et ce n’est pas votre gloire qui m’intéresse, ni qui nous a poussé à vous inviter. C’est autre chose. Ce que je pourrais appeler la façon dont vous avez conquis cette gloire. Au moyen de trois ressorts qui éveillent en beaucoup d’entre nous des résonances fraternelles : trois ressorts qui sont la provocation, la satire et la générosité.

La provocation, qui paraît à chaque détour de vos interventions publiques, dans la verve rabelaisienne de votre langage, et qui est la face percutante de l’indépendance. Vous êtes un homme indépendant, Coluche, et l’indépendance renvoie à une idée qui nous est chère : celle de la liberté.
La satire, qui vous fait rire de tout et de tous, sans respect des conformismes ni crainte des autorités, et qui prouve que vous ne vous sentez inférieur à personne. Votre ironie n’épargne aucune origine, aucune conviction, et cette salubre insolence s’inspire d’une autre notion qui nous tient à cœur : celle de l’égalité.
La générosité enfin, qui vous a fait lancer une retentissante campagne contre le malheur et la pauvreté, et mettre votre impact sur les foules au service d’une grande opération de charité, et d’un projet de loi qui doit en assurer le prolongement. Vous êtes un homme de cœur, et cette attention portée au sort des autres rejoint un sentiment que nous partageons tous profondément : celui de la fraternité.

Liberté, égalité, fraternité. Ces synonymes ne sont pas des jeux de mots. Je crois retrouver leur écho, traduits à votre manière, dans chaque expression de votre talent. Vous honorez ces mots comme nous. Ils sont la vieille devise républicaine, ils sont aussi la devise de la Maçonnerie, et ils descendent tout à coup du fronton des édifices, pour prendre force et chaleur lorsque, comme vous, on les fait entrer dans la réalité. Vous voyez que nous avons des raisons de nous sentir proches, et le plus grand intérêt à vous écouter.

Un mot encore, avant de vous donner la parole. Ne soyez pas surpris si personne ne vous applaudit. Nos obligations intérieures nous interdisent, pour respecter la sérénité de notre débat, de manifester nos sentiments. C’est une règle de discipline, mais pas une marque d’indifférence. Soyez assuré qu’en dépit de notre silence, vous êtes accueilli parmi nous avec un maximum de chaleur, de considération et de sympathie.

Coluche : Eh bien, si on n’a pas le droit d’applaudir, je me sens assez loin de chez moi… J’ai reçu votre invitation avec plaisir, et j’ai vu « une tenue blanche mixte fermée ». Je me suis dit, merde, comment il faut s’habiller pour aller là. Alors j’ai bien pensé à plusieurs trucs, et finalement je me suis fait expliquer, et ça a été plus simple. Alors voilà, le titre donc de la réunion, c’est « un nouveau pouvoir », avec un point d’interrogation. Qu’est-ce que c’est qu’un nouveau pouvoir ? Si vous voulez, ça dépend du nombre de gens influents sur les choses de la société, que ce soit les mœurs ou la politique. Si beaucoup de gens décident que c’est un nouveau pouvoir, eh bien, c’en est un. C’est marrant que vous posiez cette question, parce que vous, vous êtes un nouveau pouvoir qui finalement, est secret, alors qu’on aurait bien besoin d’un pouvoir qui ne le serait pas. Qu’est-ce que j’ai fait avec les Restaurants du cœur ? Eh bien, d’abord, il faut dire que j’ai utilisé les médias sans leur dire au départ. J’étais sur Europe I, j’avais une émission populaire qui me permettait de lancer une idée, et j’ai lancé cette idée. Après ça, quand j’en ai parlé pendant deux mois à peu près, je suis allé voir les dirigeants d’Europe I, et je leur ai dit, maintenant ça va pas être facile de faire marche arrière, parce qu’on reçoit un courrier énorme, et ils ont dit bon, d’accord, on va faire une journée. Après ça, j’ai commencé à dire qu’il n’y avait qu’à taper dans les excédents de production, parce que ça nous permettrait d’avoir de la nourriture pas chère, et donc de nourrir tout le monde. Après je suis allé au ministère de l’agriculture, et je leur ai dit voilà ce que j’ai fait, alors maintenant il faudrait … […] La notion que je tirerais de cette affaire-là, c’est que pour réussir, il a fallu baiser tout le monde… ça c’est vrai ! Y’a pas un mec qui m’a dit, moi je veux bien… Y’a des mecs à qui j’ai dit voilà, maintenant on va le faire parce vous voyez… Là, ils ont accepté. J’avais fait l’opération d’Europe I, avant que l’agriculture soit forcée d’accepter l’ouverture des produits européens… Je les ai abusés partout, quoi ! Alors je disais qu’il n’y a que ma profession qui peut faire ça, dans l’état actuel des forces ? Si c’est un parti politique qui a l’idée, les autres le suivront pas, donc la moitié des médias se ferme d’un côté, si c’est un journal qui a cette idée, les autres le suivront pas, si c’est une chaîne de télé, les autres le suivront pas, parce que ce serait faire faire une publicité trop belle à quelqu’un. Donc il n’y a vraiment que dans le show-business où on peut trouver des frères et des sœurs… enfin nous on appelle ça des potes, de toutes les couleurs… C’est vraiment dans le show-business qu’on peut trouver des gens qui sont engagés à droite ou à gauche, et qui s’en foutent. […] Il y a quelque chose de désagréable, c’est que ce qui a peut-être plu aux gens un peu plus que dans les autres affaires, c’est qu’ils sont sûrs que l’argent ne sort pas d’ici, qu’on va s’en servir. Alors que quand on l’envoie en Afrique, ils ont peur que ça n’aille pas aux africains. Il y a un côté « comme c’est en France, c’est mieux ». Ça, c’est un peu emmerdant. Mais enfin bon, on ne peut pas se plaindre non plus. Et puis ils ont bien marché, je crois surtout, parce qu’ils savent que nous on ne va pas détourner l’argent. Ça c’est vachement important. On est donc arrivés d’abord par la force de cette radio, j’avais la chance d’y faire une émission qui était vachement écoutée, ça m’a beaucoup aidé, alors je vais vous dire où on en est maintenant. On a réuni à peu près 45 millions de francs en dons, en espèces. Je ne peux pas évaluer les dons en nature qu’on a recueillis. Je peux vous dire que la première semaine de distribution a été faite sur les dons en nature, et que pendant les trois mois d’hiver, on va dépasser sept millions de repas, qui nous coûtent 4, 98 francs rendus sur place, par personne. Avec le transport. Tout. Rendu sur place, ça nous coûte pas 5 francs. […] Alors, voilà, peut-être qu’il s’agit d’un nouveau pouvoir… Moi euh… Je ne suis pas un mec de discours, donc je vais m’arrêter là, je vais vous laisser poser vos questions. C’est bien de parler d’un nouveau pouvoir, et de se poser la question, mais vous vous en êtes un. Une société aussi influente et secrète que la vôtre, ça me fait penser un peu à ce banquier suisse qui pour les Restaurants du cœur, a envoyé un chèque sans le signer en me disant qu’il voulait rester anonyme. Voyez. Voilà.

Louis Dalmas : J’ai deux questions à vous poser avant d’ouvrir le débat. La première. Vous avez parlé du pouvoir du show-business. Mais ce pouvoir repose essentiellement sur le contact avec le public. Est-ce qu’il n’est pas empreint d’une certaine fragilité dans la mesure où le pouvoir politique a toujours les moyens de couper ce contact ? S’il y a une censure des médias, par exemple, si on vous empêche de parler, si on vous empêche de profiter des émissions, que devient ce pouvoir ?

Coluche : Pour vous donner une idée. Il y a en ce moment dans toute la Belgique 39 restaurants du Cœur. En France il y en a 600. A Bruxelles, il y en a 17, à Paris, il y en a 4. Et sur ces 4, il y en un qui nous est donné par l’archevêché, à l’église de Saint-Merri. Donc effectivement, il y a des forces qui pourraient s’allier pour détruire une affaire comme ça. Et il faut que je vous dise aussi. Je ne suis pas le premier à avoir eu cette idée. Je suis le septième. La première loi qu’on a envoyée, elle date de 1956… Six autres personnes, donc qui sont députés, l’un de la Creuse l’autre de je ne sais pas où (je ne sais pas non plus où est la Creuse), ces types-là ont envoyé une loi qui disait exactement la même chose que moi, c’est-à-dire qui constatait le fait que les plus généreux sont les moins riches, et qu’il fallait donc faire une loi qui soit incitative pour les plus riches à donner aux associations. C’est ce que j’ai fait faire, et c’est la septième fois qu’on propose ça. Ça veut dire que six fois on a enterré le député de la Creuse. Moi je pense que je vais être plus difficile à enterrer que le député de la Creuse. Parce que j’ai pas l’intention d’arrêter ma carrière en même temps que les Restaurants du Cœur, et ils n’ont pas fini de m’entendre. […] De toute manière, il y a un truc qui est sûr, c’est que j’ai trouvé un créneau, et tant que je parlerai au public, je leur parlerai de ça. Je leur parlerai de la possibilité qu’ils ont de débarrasser le pouvoir de ce qu’il ne fait pas, ou de ce qu’il fait mal. Ça, c’est mon intention.
Pour 1988, j’ai aussi une idée sur le chômage qu’ils vont avoir du mal à ne pas accepter. Si il y a un truc qui n’est pas populaire en France, c’est bien le chômage. Pour les Restos du Cœur, mon idée n’est pas mirobolante, puisque je suis le septième à l’avoir eue. Seulement, la manière dont on utilise justement ce pouvoir en question, c’est ça qui est payant. Je m’engage par exemple, tous les ans au moment où les gens doivent décider de leurs impôts, à faire une journée… Une représentation télévisée avec plein d’artistes en disant aux gens : je vous rappelle que c’est maintenant que vous avez le choix de ne pas laisser l’Etat décider du sort des pauvres, puisqu’il le fait mal.

Question de l’assistance : Coluche, de tous temps, les auteurs dramatiques et les comédiens ont fustigé les travers de leurs contemporains. L’un des plus illustres fut, comme vous le savez, Molière, qui a eu la plume et l’expression mordante face à la cupidité, l’avarice, les faux-semblants, les faux-dévots. Alors, il me semble, Coluche, que vous êtes dans la tradition de Jean-Baptiste Poquelin… Ça vous fait plaisir ?

Coluche : Oui, mais en même temps, ça m’inquiète, parce que je me dis que si lui n’a pas réussi avec le talent qu’il avait, c’est pas moi qui vais y arriver.

Question : Or, vous n’avez pas jugé cela suffisant, et vous faites œuvre charitable, face à l’ineptie de nos sociétés qui ont beaucoup de surplus, alors que des millions de gens restent affamés. Alors j’ai une question à vous poser : par votre métier de comédien, par votre action humanitaire, qu’estimez-vous apporter aux gens qui vous voient et qui vous écoutent ?

Coluche : Je voudrais rectifier simplement le mot que vous avez dit de « charité ». Il ne s’agit pas du tout de charité, il s’agit de redistribution. Il s’agit en fait de politique. Je me suis présenté en 1981 pour rien, maintenant je ne me présenterai plus, mais je vous gênerai toujours un petit peu. Sur des détails, des choses, et surtout je veux faire participer le maximum de gens. Peut-être qu’à ce petit jeu-là je vais me casser les reins, mais je m’en fous, tout le monde a le droit de s’amuser. Moi, c’est mon jeu. Qu’est-ce que j’ai l’impression de leur apporter, c’est ça la question ? Il est évident que dans le spectacle, on est des parasites, parce qu’on ne produit rien. Par contre, il est indéniable qu’on apporte des tas de chose à des tas de gens. La profession… si vous prenez des artistes de sensibilité différente, eh bien, il y en a un qui plaît aux personnes âgées, un aux enfants de huit à douze ans, un aux adolescents… L’ensemble de l’affaire comble tout le monde. C’est ça, notre profession. C’est une vocation, on aime distraire.

Question : Coluche, pensez-vous que ce soit une bonne chose que les artistes s’engagent politiquement ?

Coluche : Les artistes, ou les nègres hein ? Je ne suis pas raciste. Alors, ça, les artistes, les nègres, les pédés, les blancs, les jeunes, les vieux, les femmes, tous ceux qui veulent peuvent s’engager. Y’a aucun problème. Pourquoi les artistes, on est différents ? Je ne sais pas quoi vous dire. Pourquoi pas ?

Question : Coluche, j’ai eu l’occasion de rencontrer des comédiens, des metteurs en scène, des compositeurs de musique comme Francis Lai, et des metteurs en scène comme Robert Hossein et d’autres, et leurs motivations étaient très différentes. C’est pourquoi je me permets de vous demander : qu’est-ce qui vous motive en fait vous -même ? Est-ce que c’est l’argent, la notoriété ou tout simplement le plaisir, sous toutes ses formes ?

Coluche : Bonne question, comme disait le politique, je vous remercie de me l’avoir posée… Qu’est-ce qui me motive ? Je ne sais pas. C’est l’occasion, je crois. Je n’avais pas d’intention au départ. J’ai fait comédien, parce que je ne voulais plus être ouvrier. Alors j’ai commencé à chanter avec une guitare dans les restaurants. Et puis j’ai rencontré des mecs qui ont fait un café-théâtre, le café-théâtre a marché, et je suis un miraculé du spectacle, au sens où j’ai jamais connu de salles vides… J’étais dans une première affaire, qui s’appelait le Café de la Gare, qui a tout de suite marché, puis après ça, j’ai joué tout seul, ça a tout de suite marché. Donc j’avais pas d’intention au départ. Je ne me suis pas dit : j’ai une culture donnée, à quoi est-ce que je vais utiliser ce talent. Non. J’ai découvert un talent au fur et à mesure que j’apprenais un métier, et je me suis retrouvé dans une situation… Je me suis présenté en 1981 aux élections, pour ne pas être élu, parce qu’il ne faut quand même pas me soupçonner d’avoir voulu être élu, ça me fâcherait, ça me vexerait disons… Je me dis que … Le public étant totalement désintéressé de la politique, comme moi j’aime la politique, je trouve un moyen d’intéresser le public à la politique. Voilà. Alors vous posez la question comme si j’avais pu calculer l’affaire, en fait… Je vais vous répondre, pour l’argent, que quand j’ai gagné une certaine somme que je ne veux pas dépasser à cause des impôts, je m’arrête, en général, dans l’année… La gloire m’intéresse parce que c’est ma vocation, et enfin, les comédiens veulent être le plus connu du plus grand nombre… En dehors de ça, je dirai que ce qui m’anime le plus, c’est l’efficacité du résultat. C’est vraiment ça qui me fait le plus marrer, qui me fait le plus plaisir. J’y passe beaucoup d’heures, aux Restaurants du Cœur, mais c’est d’une efficacité ! Qui a de quoi réjouir !

Question : Vous avez démontré -en fait on le sait- que les médias aujourd’hui, journaux, télévisions en particulier, radio, ont un impact considérable. Le problème que je me pose de temps en temps, c’est les gens qui en sont responsables, c’est à dire pas spécialement les artistes, les journalistes en particulier, sont-ils parfois assez formés pour savoir ce qu’ils disent, et ne risquent-ils pas d’avoir dans les mains un instrument beaucoup trop puissant, qui risque d’orienter le public vers des voies … peu importe, qui sont fausses, mauvaises, vers d’autres …

Coluche : […] D’ailleurs, c’est vraiment un problème aujourd’hui, les orateurs, le langage des hommes politiques, qui se reprochent les uns et les autres la crise, alors qu’on sait qu’elle n’est pas française. C’est ça aussi qui fait chier, on a envie de les entendre s’entendre, plutôt que s’engueuler ! Quant aux journalistes qui pourraient détourner la conversation et dire quelque chose, je vais vous dire la différence fondamentale qu’il y a entre notre profession… Et je ne suis pas corporatiste, hein, contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais en tout cas, il y a un truc qui est certain, c’est que nous on fait une profession de générosité alors que les journalistes font une profession qui est très proche de la méchanceté. Ils voudraient souvent sanctionner, avec leurs questions contenant des fois la réponse, ils cherchent un petit peu à être agressifs. Or, si la méchanceté suffisait pour faire fortune, il y a beaucoup de journalistes qui seraient célèbres. Malheureusement, ça n’a jamais suffi à personne, il faut quand même du talent. Et n’oublions pas que le pouvoir qui est échu aux journalistes aujourd’hui à travers le fait que les hommes politiques ont perdu les pédales, ce pouvoir, il appartient à quatre-vingts pour cent à des gens qui, il y a encore cinq ans, étaient des lèche-bottes. C’était des mecs qui faisaient les pompes des hommes politiques il y a cinq ans. Ou il y a dix ans. Qui ont aujourd’hui hérité de ce nouveau pouvoir à cause de la faiblesse du discours politique.[…]

Question : Coluche, deux questions. Une qui rejoint celle qu’on vient d’entendre, mais peut-être d’une autre façon : on parlait tout à l’heure de précarité de votre pouvoir, et on parlait de votre action « chômage » que vous étiez prêt à mener avant 1998. Si c’est précaire, pourquoi ne pas mettre ça en action tout de suite ? Ça, c’est la première question.

Coluche : Faire deux choses à la fois, c’est pas bien. Dans notre métier, on a un truc qui est sûr, c’est que les effets s’annulent. Donc quand on en fait un, il faut pas chercher à en faire deux. Il y a une modestie à notre profession qui est intérieure, si vous voulez, si on veut cumuler deux effets qu’on a trouvés, ça ne marche pas.[…]

Question : Michel, je me permets de t’appeler fraternellement ainsi, je te remercie parce que tu as des propos extrêmement percutants. Mais je voudrais te poser deux questions, en me servant d’un proverbe de Mao, qui dit ceci : quand votre voisin de palier se présente à votre porte, pour vous demander un morceau de poisson, vous lui donnez. Le lendemain, s’il se présente, est-ce qu’il ne serait pas possible de le prendre par la main pour aller lui apprendre à pêcher le poisson ?

Coluche : Je peux répondre à celle-là ? Mao Tsé-Toung, il a un gros inconvénient sur moi, c’est qu’il est mort. J’ai du respect pour certaines choses, et quand il a dit ça, c’était sûrement vrai. Mais aujourd’hui, on ne donne pas du poisson à quelqu’un qui sait pas pêcher, on donne du poisson à quelqu’un qui sait pêcher, mais qui n’a pas de lieu de pêche. Ce qui est tout à fait différent. Parce que quand j’ai dit qu’il ne s’agit pas de charité mais de redistribution, il s’agit d’excédents européens, qui sont bloqués pour des raisons économiques et capitalistes, puisqu’on est dans un système capitaliste, sur ce plan-là du moins. Ils sont bloqués de manière à ne pas être écoulés à des prix inférieurs au marché, parce qu’il y en a, des quantités excédentaires. Donc cet excédent, il appartient à la société, même si vous n’êtes pas agriculteur, il vous appartient à vous tous. Et c’est normal que ceux à qui la société n’a pas trouvé un travail, le bouffent. C’est un minimum. Il s’agit bien de redistribution, et pas de charité. Mao Tsé-Toung, il avait sûrement raison, à son époque, mais aujourd’hui, ça n’a rien à voir.

Question : Je voulais dire, en tant qu’originaire d’un pays en voie de développement, crois-tu qu’en donnant à manger aux chômeurs, ça va les inciter vraiment à travailler ?

Coluche : ça, c’est une bonne question aussi. Le parti socialiste par exemple, il a dans son projet le minimum social. Alors je peux te dire que le minimum social, c’est à dire donner un minimum d’argent à tous ceux qui ne travaillent pas, c’est vraiment ouvrir la porte à l’Italie. Moi, je suis ravi, mais je trouve ça d’une connerie politicienne extraordinaire. Les politiciens à mes yeux ont un défaut majeur, c’est que dans les écoles où ils vont, ils apprennent tout, mais ils ne savent rien d’autre. Parce que le minimum social, les mecs vont évidemment continuer à travailler un peu au noir, la femme va divorcer et continuer à toucher ses allocations sur les enfants, ils vont se démerder et ils vont avoir ça en plus. Tandis que le minimum pour la nourriture… Bon, s’il y avait une distribution meilleure, ça se passerait pas comme aujourd’hui : il faut faire une heure la queue dans le froid pour avoir ce repas, qui est de très bonne qualité je vous l’accorde, mais qui dans l’ensemble justifie pas qu’on aille se geler les pieds une heure si on a de quoi s’acheter à bouffer, on ne va pas faire ça tous les jours. D’autre part, on ne peut pas fonder une idée… Une distribution généreuse, en fait … sur une suspicion de fraude. On ne peut pas dire : il va y avoir des gens qui en abusent, donc je le fais pas. Ce serait une bien plus grande connerie que de le faire. Même si tout le monde en abuse. Je veux dire qu’il y a des défauts à tous les trucs, je dis pas que c’est parfait, loin de là.[…]

Maintenant pour ce qui est de l’impact qu’on a sur le public par rapport aux hommes politiques, il faut bien savoir que dans l’ensemble, les artistes qui ont du succès font plus de public en nombre que les hommes politiques dans l’année, et que d’autre part, ils sont payants, les nôtres ? Non seulement on fait plus de nombre qu’eux mais en plus, on fait payer. Il ne faut pas oublier que pour parler de deux vedettes internationales, le pape a fait 40 000 personnes de moins au Bourget que Bob Marley. Et le pape, c’était gratuit.

Question : Cher Coluche, si vous le permettez, pourquoi ne pas revenir un petit peu sur le sujet du débat de ce soir, qui portait sur votre pouvoir. Vous nous avez donné une magnifique démonstration de votre pouvoir, et je crois qu’ici tout le monde ne peut que s’en féliciter, vous féliciter…Vous, avec votre générosité, vous faites un tabac, et ce tabac est magnifique, et cela débouche sur les restaurants du Cœur… Vous nous avez dit que les vedettes étaient périssables. N’avez-vous pas peur qu’un jour une vedette de votre talent, avec une sensibilité Le Pen, fasse un tabac qui porterait sur l’égoïsme et la rancœur ? Est-ce qu’il n’y a pas un danger, et comment pouvez-vous, vous, prévenir ce danger-là ?

Coluche : […] Le plus important en France ce n’est pas le racisme. Vous savez, si on devait partager Paris comme on fait à Los Angeles, en quartiers d’origines différentes, les gens qui demanderaient à être à côté des arabes, c’est probablement les juifs. Parce qu’ils s’entendent très bien, ces gens-là. On nous fait chier, avec des histoires de racisme, qui n’existe pas… Il y a des poissons volants aussi dans la mer. Mais on n’en voit pas beaucoup. Moi, je n’y crois pas. Je ne crois pas au retour d’une catastrophe…

Question : Coluche, dans le domaine de l’art, les seuls qui ne laissent rien derrière eux, contrairement aux pianistes, qui souvent sont connus même après leur mort, ou les musiciens, ou les littéraires, les seuls qui ne laissent rien derrière eux, sinon quelquefois un nom gravé à la Comédie Française, des noms gravés que tout le monde ignore, les seuls, ce sont les artistes, les comédiens… En ce qui vous concerne, que souhaiteriez-vous laisser, ou qu’on dise de vous après votre mort ?

Coluche : Moi personnellement, j’ai mis dans une enveloppe ce que je mettrai sur mon épitaphe en partant : « démerdez-vous ! » Moi j’ai fait ce que j’ai pu, je vais faire ce que je peux pour faire marrer, je vais faire ce que je peux pour intéresser les gens, les surprendre, les amuser… Je vais faire mon métier. En fait, on n’en a pas parlé, mais finalement si vous regardez bien, c’est ça. […] J’ai choisi d’utiliser ma personnalité populaire pour faire autre chose que ma profession. C’est une bonne combine pour moi à long terme, parce que pendant encore des générations et des générations, quand il y aura les présidentielles, on dira : rappelez-vous qu’un certain Coluche avait fait 16 % d’intentions de vote, à une époque où le R.P.R. faisait 17, et le Parti Communiste 15. Si vous voulez, c’était le premier signal d’alarme dans une démocratie. C’est la première fois que des gens répondaient à une intention de vote pour quelqu’un qui ne voulait pas être élu. Ce qui est très important comme démarche. C’est pas pareil. Alors voilà. Je vais faire ce que je peux. Et puis il se trouve que ça me fait marrer, j’aime bien ça… Le geste auguste du semeur… de merde.[…]

Question : Si j’ai bien compris votre propos, dans le Restaurant du Cœur, il y avait deux objectifs. Le premier, il a été pleinement atteint, c’était de nourrir les gens qui n’avaient pas à manger. Le second, j’ai envie d’employer le mot parce que je n’ai pas peur du mot, encore moins de la chose, il était un petit peu anarchiste. Vous avez dit décharger l’Etat de ce qu’il ne sait pas faire, et peut-être à plus long terme faire prendre conscience aux gens que l’Etat remplit mal, ou parfois plus du tout, son rôle. Est-ce que vous pensez que ce deuxième objectif sera aussi facilement atteint, est-ce que vous ne pensez pas que finalement on aime bien égratigner l’autorité, mais quand il s’agit de la faire vaciller, c’est plus difficile ? Je sais que vous avez eu 16 % d’intentions de vote, mais là encore il ne s’agissait que d’intentions…

Coluche : Absolument. C’est pour ça que je vous dis que ce n’est pas un truc qu’on peut faire tout seul. C’est certain que si tout le reste de la société, en dehors de cette masse que représente le grand public, et qui serait donc le pied de la pyramide sociale, après ça, plus on monte, moins il y a de monde, il est bien évident que si toute cette couche qu’il y a au-dessus veut pas que ça se fasse, ça se fait pas. Ça c’est clair. […] Je dis ça, c’est un peu sentencieux, mais quand même… La guerre dans le monde, la misère du monde, les résultats de tout ça, la sécheresse qu’a traversée l’Afrique (elle venait d’Amérique du Sud, on le savait, on connaissait cette sécheresse qui se déplaçait le long de l’Equateur, on avait prévu exactement à quelle date elle allait arriver, et on l’a laissée faire), les huit guerres… Les huit conflits qu’il y a encore aujourd’hui dans le monde, malgré qu’on vient d’en arrêter cinq (donc une volonté qui a marqué que quand ils voulaient, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient), tout ça n’est pas le résultat de la connerie des gens qui nous dirigent, mais de leur intelligence. C’est bien à force de raisonnements intelligents qu’ils ont décidés qu’il était préférable de faire une guerre ou de laisser mourir des gens. Alors effectivement, si vous voulez parler d’anarchie et de contre-pouvoir, il y a plus à faire qu’à se regarder en face et se poser des questions. C’est sûr. Moi, je vous dis, je ferai une demande pour entrer dans votre mouvement quand votre mouvement voudra sortir de l’anonymat, parce que si vous voulez aller aux élections, moi je veux bien être franc-maçon. Mais dans tous les autres cas… Oui, pour parler avec des gens, remarque… C’est sympa. »

Source : laleveedesvoiles.fr

Coluche dans 2 heures moins le quart avant JC

Coluche dans 2 heures moins le quart avant J.C.
Coluche
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