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L’infini et l’au-delà en loge 25 février, 2021

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31 janvier 2020

L’infini, l’au-delà, et la franc-maçonnerie

Initiation maçonnique aux changements des plans

Nous naviguerons dans l’insondable, entre les infiniment grands et les au-delà, dans le nadir de l’enfer et le zénith de la Lumière des croyances, mais avant d’aborder ces notions nous ramènerons toutes ses perceptions à la réalité. Cette réalité est celle de l’homme qui pense l’incommensurable par ses propres sens, proportions et angoisses.

Nous poserons notre analyse maçonnique de ces deux principes sous couvert du réel vécu ou ressenti, c’est-à-dire de ce que l’homme ressent comme vécu dans son être. Il s’agit donc d’accepter le caractère phénoménologique[i] de l’infini et de l’au-delà.

L’homme ne perçoit le réel qu’autant que ses sens et son imagination lui permettent d’en dépasser les limites. Or traiter de l’infini ou de l’au-delà c’est outrepasser les limites de ce qui se montre, il s’agit dans les deux cas de faire une incursion dans ce qui est perçu ou ressenti au-delà du visible !

Vous ne verrez jamais ni l’infini ni l’au-delà, vous le représentez en fonction d’acquis culturels et philosophiques : si l’infini est la contrepartie du fini, l’au-delà serait la contrepartie de l’ici et maintenant. Nous avons un principe de symétrie en miroir entre le visible et l’invisible. C’est aussi l’objet de notre rapport au réel dans toutes ses dimensions qui est ainsi posé.

Le questionnement de l’infini et de l’au-delà en termes de représentations mentales nous permettra de postuler que « l’infini par son incommensurable étendue, fût-il mathématique et rationnel, est la porte d’entrée dans l’au-delà par le changement d’état[ii] qu’il suscite ». (Postulat1).

I — L’infini ou « le Principe de non limitation »

1 / Le mélange historique des mathématiques et de l’ontologie via l’hermétisme traditionnel :

L’infini à une double acception qui provient de l’époque où les mathématiques, la métaphysique et la théologique étaient liées dans une même rhétorique : l’infini se définirait doublement comme une quantité sans limites, mais c’est aussi une qualité, une des puissances du divin. Cette double approche quantitative et qualitative continue d’exister dans l’inconscient collectif et s’associe facilement avec le symbolisme axial auquel les francs-maçons sont formés.

Les premiers Grecs à qualifier l’infini dans une proximité divine seront les néo-platoniciens avec la notion de « Bien au-delà de l’essence », c’est-à-dire un infini surplombant les multiplicités de la contingence. La Bible dans l’Ancien Testament introduit aussi l’unicité du divin, inconnaissable et inatteignable. Cette approche herméneutique de l’infini sera confirmée par l’En Sof de la kabbale qui littéralement veut dire l’in-fini : splendeur au-delà de ce qui se conçoit.

L’infini d’Aristote n’était pas l’infini des modernes. Pour Aristote le ciel, la cosmologie était un monde fini doté d’étoiles fixes, ce sera l’organisation géocentrique de Ptolémée et ses épicycles qui dominera, avec une Terre centre de l’univers et sept planètes. L’antique géocentrisme sera remis en cause progressivement, suite à l’apport de l’Héliocentrisme copernicien de 1543. En 1600, Giordano Bruno sera brûlé sur un bûcher par l’inquisition pour avoir contesté le géocentrisme, introduisant le principe de pluralité de galaxies, il sera le philosophe de l’infinité. Galilée sera condamné par l’église pour avoir soutenu la thèse copernicienne en 1633. Pour Descartes père du doute méthodique, Leibniz auteur de calcul infinitésimal avec Newton, voir Kant, l’infini de Dieu est en rapport direct avec l’infini spatial et l’infini temporel ou cyclique : c’est le principe de non-limitation qui affecte le divin et le monde. Blaise Pascal en 1670 tentera une approche géométrique du « hors limite » : « Dieu est une sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence nulle part »

2/L’infini et la transcendance.

On voit donc se dessiner à partir de « l’infini attribut divin », l’idée de transcendance divine qui est sans limites par nature. Il s’agit pour Anselme de Canterbury de « l’Être tel qu’on n’en saurait concevoir de plus grand ». L’infini est donc lié au divin qui ne se limite pas et qui n’est pas mesurable. Donc pour nos anciens mathématiciens, l’infini conserve une dimension irréelle et initiatique proche de l’ontologie. L’infini constituait un attribut divin et source d’interrogation par l’irrationalité de sa suite c’est-à-dire par l’impossibilité de lui donner une limite. 

À cette transcendance de l’infini, Descartes répondra par l’infinie volonté libre de l’homme, puis Hegel poussera cette infinie volonté jusqu’au concept dangereux d’homme libre et de surhomme quasi égal du divin.

Enfin Spinoza conclura que l’infini du monde et donc des mathématiques et l’infini de Dieu ne font qu’un : Dieu est un « être absolument infini ».

Nous voyons donc se dessiner un infini à plusieurs significations conceptuelles. Quoiqu’il en soit la transcendance admet par principe le changement de plan, induisant une verticalisation du langage jusqu’à l’innommable ou l’imprononçable nom de Dieu…

3/ Autonomie des infinis mathématiques

Pour autant, la mathématique se libère de la métaphysique en finalisant son objet, mais il est reconnu que le mathématicien Cantor Georg en 1870, sur la base de la théorie des ensembles et de la notion d’appartenance, sépare nettement l’infini opératoire des mathématiques,  de l’infini conceptuel de la métaphysique.

Je cite seulement 3 exemples de découverte des infinis mathématiques :

►1/au plan mathématique les Grecs par Zénon d’Elée, déjà affirmaient que toute droite est sécable en une infinité de points

►2/le deuxième apport à l’infini mathématique nous intéresse au premier plan. Il est en rapport direct avec le pavé mosaïque et les cases carrées qui le composent, mais aussi avec le carré long et son hypoténuse. Ce fut la « découverte », de l’irrationalité de la diagonale du carré d’Euclide  √2 ou de 5 pour l’hypoténuse du carré long. C’est aussi le cas du nombre π bien connu des compagnons, et le nombre « e ». L’irrationalité est sans rapport de proportion avec les nombres entiers, c’est le lieu sans forme distincte, sans ombre, sans étendue , non mesurable. C’est un multiple sans fin dans ses décimales : c’est un changement d’état en regard d’un rapport naturel au nombre!

►3/Le Passage à la limite dans le calcul infinitésimal de Leibniz impliquant un changement d’état d’une suite de valeur qui tendrait vers l’infini dans un corps donné. La valeur du corps étudié valant un sa division par les parties qui le constituent et ceci portée à l’infini provoque un quatum c’est-à-dire une différence en deux valeurs de la suite qui s’évanouit. Ainsi pour un corps en mouvement cela se traduit par la continuité imperceptible du mouvement dans une constatation relevant de l’imaginaire et non de l’expérience. Donc à l’absence de limite mathématique l’expérience constate l’existence d’une borne marquant la fin du mouvement…

Les mathématiques s’émancipent du divin et font apparaître des catégories d’infini : on dira que si les nombres irrationnels sont infinis, que les nombres rationnels le sont aussi, mais que les irrationnels sont encore plus étendus que les rationnels. On instaure par cette remarque une variation d’étendue dans l’infini mathématique, une relativité de la notion d’infini qui sans être une limitation de l’infini le catégorise. L’infini catégorisé perd son antique statut ontologique.

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[i] Nous placerons le réel comme « le donné » porté aux cinq sens de l’homme comme une base sur laquelle l’homme réfléchi et déduit, imagine et espère.

[ii] Le changement d’état est le propre du changement de plan.

II — L’infini et l’éternité de l’homme ————————–

1 / Finitude de l’homme et désir d’au-delà

Notre temps à vivre est limité d’un point de vue corporel, il s’oppose donc à l’idée d’infini si ce n’est à considérer les recompositions cycliques comme synonymes d’infini permettant d’accéder à l’au-delà. On peut élaborer 4 concepts majeurs qui autorisent ou pas notre continuité :

► la mutualisation de l’au-delà par la perpétuation de « l’homme esprit » en sa tribu avec le culte des ancêtres proche de l’animisme tribal, le culte des reliques ou du génome.  Ici le divin est en toutes choses et en tout être dans une dévolution successorale, la tribu ou le clan par le jeu de la mémoire collective et l’action du chaman, sont garant de la survie et du lien dans l’au-delà.

►confondant l’esprit humain perpétuellement lié à la Grande Nature dans un panthéisme celtique des esprits des forets ou un monisme déiste résumé par la formule « Un le Tout ».

► la perpétuation de « l’homme esprit » séparé de la matière installant un dualisme transcendant de type théiste, ici le divin est séparé de sa création, l’esprit retourne auprès du Père, on distingue l’En Haut et l’ici bas.

► la métempsychose translatant une âme dans une suite de corps ou de végétaux (Platon et Pythagore y font référence, c’est aussi la loi du karma de l’hindouisme donnant un au-delà transitoire ou le gilgoul de la kabbale.).

Nous avons donc au moins 4 types d’au-delà générés par le désir de continuité de l’Homme.

Remarquons à quel point l’infini post mortem et l’au-delà se complètent si l’on considère l’infini des cycles de vie et de mort qui provoque un passage par l’autre monde. À la finitude on imagine une continuité linéaire ou cyclique dans un ailleurs, un autre plan.

 

  2/ L’infini des cycles, la lemniscate, l’ouroboros

L’infini linéaire est effrayant, car il sort de l’entendement humain. L’homme lui préfère l’infini des cycles, celui de l’éternel retour, selon Anaxagore de Clazomènes (Vème Siècle av. J.-C.) « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau… »…

L’infini est l’impossible représentation de l’inatteignable que l’on cantonne à l’Ouroboros ou la Lemniscate

Ouroboros d’origine égyptienne, il est l’attribut du Chronos grec. Il sera utilisé par les alchimistes sur le thème de la régénération et par les chrétiens pour illustrer la parole du Christ « je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin ». Ce serpent qui s’auto génère et se consomme, est une puissance vitale identique à l’œuf cosmique.  Il présente un Univers fini dans sa présentation, mais infini quant à son cycle et sa régénération. Ce symbole devient aussi symbole de la connaissance des cycles.

La Lemniscate est une évolution du cycle éternel avec l’adoption d’un double effet miroir. Le 8 parfaitement cyclique et symétrique qui nous renvoie à la définition protoscientifique de l’infini cyclique, ou du rythme éternel. Il a été inventé par le mathématicien John Wallis en 1655. Sa forme est proche du ruban de Möebus. Une lemniscate (un ruban) est une courbe plane ayant la forme d’un 8, soit un ouroboros symétriquement recroisé sur lui-même. On y constate une seconde symétrie par inversion du plan de circulation sur le ruban que l’on parcourt dessus puis dessous. Cette figure rassemble les trois axes et six directions.

Il s’agit donc d’un ruban identique aux phylactères indispensables aux rituels de consécration des églises qui se recroisent en son double milieu marqués par les deux équinoxes (le jour, égale la nuit par deux fois dans l’année). Donc ce qui est mesurable sur la figure en 8 de ce symbole est le point de rencontre en X du ruban soit sur un plan zodiacal, le point médian deux fois dans l’année, de la voûte céleste montante et descendante en regard de l’horizon terrestre. Cette égalité entre jour et nuit est située au point de focale du X qui crée à la fois la symétrie, l’inversion et l’axe immobile.

3/ L’infini métaphysique est un non-temps et un non-lieu qui échappe aux notions mathématiques.

En métaphysique l’infini n’est pas une donnée de calcul ou de cycle, il s’en détache définitivement par son irréductibilité et son non-conditionnement, L’Infini appartient aux états supérieurs de l’Être et se confond avec la Possibilité Universelle. Cette notion échappe à l’hypothèse mathématique. Ainsi cet infini contient aussi la non-possibilité. L’infini du point de vue de l’Être est à la fois l’être et ne non être, le crée, l’incréé. Cet infini ne se réduit à aucun qualificatif.

L’infini métaphysique rejoint l’illimitation de l’Absolu ou du Nom divin imprononçable non représentable. Ces trois notions ni ne se déterminent, ni se définissent à peine de les réduire. Cet infini métaphysique est souvent représenté par le centre du cercle ou le point d’intersection des trois axes et six directions. En loge comme dans la métaphysique, ce point qui génère la totalité « des causes et des étants » est insituable ou symboliquement évoqué dans le lieu séparé de la loge (qui est un non-lieu !) affectée d’un non-temps dit temps sacré « de midi à minuit » qui englobe les heures du temps, de l’éternité et du non-temps. L’infini métaphysique est donc lié à l’autre monde, appelé au-delà ou arrière monde pour certains.

     4/ L’infini en loge renvoie aux frontières de l’incommensurable.

L’infini est sur un plan symbolique « illimité » par son absolu, mais c’est aussi une  limite infranchissable par l’entendement de l’homme. Cet infini marque ici une frontière entre ce qui est l’horizon humain, l’horizon du plan solaro-terrestre et l’entrée dans l’espace céleste et sur céleste. Trois plans d’entendement (humain, solaro-terrestre, céleste) produisent trois infinis frontaliers. Cet inatteignable semble réservé aux dieux, ou aux grands initiés seuls capables d’intuition intellectuelle pure appelée Connaissance. La Connaissance permettait le franchissement de l’infini par l’établissement de ponts ou d’échelles. Les ponts et échelles relient les plans entre eux, mais aussi raccordent les infinis en un seul incommensurable. (Échelle de Jacob)

Sur un plan symbolique et maçonnique nous trouvons l’infini dans les las d’amour de la corde à nœuds qui ceint la limite supérieure du temple. L’origine de ce symbole est due aux cordes à nœuds que l’on trouvait encerclant le blason des veuves. Donc le las d’amour est le nœud qui lie la veuve au mari passé à l’Orient éternel. Nous autres maçons nous sommes aussi fils et filles de la Veuve en souvenir d’Hiram. Bien plus encore, cette marque de veuvage signifie la ligne de partage entre le créé et l’incréé : ce passage suppose la mort du corps assujetti au temps et aux lieux. Or nous savons que le passage d’Hiram dans un autre état nous renvoi à l’état inconditionné de l’Être, et donc aux perspectives rassurantes de l’éternité succédant le processus corporel de mort. C’est la mort qui a appris aux hommes à parler (Marcel Mauss). La mort suscite la culture traditionnelle du passage et de la métamorphose (métaphysiquement parlant).

La métamorphose accompagne l’éternité : l’extinction de l’état corporel et avènement d’état spirituel dans un au-delà. C’est l’enseignement de la geste hiramique du troisième grade.

Globalement la méthode maçonnique organise un triple cheminement vers l’infini, mettant sans doute inconsciemment en œuvre la maxime de Goethe « Si tu veux progresser vers l’infini, explore le fini dans toutes les directions ». En effet, nos passages initiatiques se font d’un état à l’autre lorsqu’ils tendent vers l’infini. Ainsi l’apprenti chemine sur la ligne sans fin vers la lumière d’un Orient inatteignable puis fait une traversée un changement d’état en Compagnon. Ce dernier chemine sur le Plan vers l’inatteignable étoile du berger (Vénus), puis subit une ultime métamorphose pour cheminer dans l’axe et les dimensions hors du plan d’exercice des vivants, dans un plérôme sans fin… dans un au-delà. Donc l’entrée dans l’au-delà passe par l’infini humain synonyme d’Éternité !!!

►Chaque changement d’état passe par le franchissement d’une limite qui dans l’état antérieur tendait vers l’infini et l’au-delà. 

►Chaque changement d’état implique de nouveaux référentiels de nouveau mot de passe et de nouveau mots sacrés…

►Nous confirmons notre premier postulat qui est que l’infini est une frontière infranchissable à notre entendement, si ce n’est par un changement d’état. Le changement d’état (métamorphose) permet un changement de plan. Le changement de plan ultime ou transitoire est l’au-delà.

III — Les « Au-delàs » et l’éternité de l’Homme

Ce qui ne peut être vu, car trop loin ou inaccessible tel que l’infini ou l’au-delà, peut toutefois être imaginé ou représenté. Cependant l’homme ne peut représenter le monde invisible qu’à l’aune de ce qui lui est accessible et relevant du semblable. C’est ici tout l’art de la fonction analogique qui trouve à s’exprimer. C’est le cas par exemple la ceinture zodiacale de la Voie lactée qui est sectionnée en 12 « petits animaux [i]» (traduction de Zodiaque). Autres images : le divin qui est symboliquement anthropomorphisé par les FM en GADLU, c’est le Paradis céleste ou la Jérusalem céleste, icône paysagée géométrisée par l’Ancien Testament, c’est l’Enfer de Dante  (1495) et les 9 cercles de l’Enfer illustrant les vices humains (les non baptisés, les coupables de luxure, de gourmandise, d’avarice, de colère, d’hérésie, de violence, de tromperie, de trahison avec Lucifer…).

On envisage l’au-delà comme un autre monde dans lequel se pense notre continuité, hors de notre vue ici-bas. On trouve trois approches de l’au-delà : le monde du néant, le monde des morts et le monde des dieux. Autrement dit, franchir la frontière du visible marqué par l’infini, suppose un changement d’état : nous sommes morts, mais nous nous prolongeons en âme ou en esprit dans l’au-delà. (Confirmation de Postulat 1) – ici l’éternité et un infini humain !)

Notre second postulat, miroir du premier, est de dire que l’au-delà est une mise en scène de l’infini temporel après la mort corporelle, un exutoire à la finitude de l’Homme. C’est le continuum constitutif de la notion d’éternité qui se substitue à l’infini (Postulat 2) – ici d’un point de vue humain, l’infini est un continuum temporel appelé éternité.

Se pose le problème de l’âme et de sa destinée dans l’au-delà (1) de sa territorialisation et sa ritualisation du passage (2) et enfin l’au-delà se conçoit comme le domaine du Néant colonisé ou ordonné par les Dieux (3)

1/ L’Âme et sa destinée

De l’âme et des âmes

La transition est donc trouvée pour parler de l’Au-delà qui pose le principe rassurant de la vie après la mort en un lieu ou espace dédié et séparé du monde des vivants. Pour les vivants l’au-delà est rassurant, il jugule les angoisses.

Si L’Au-delà établit une sorte de continuum post-mortem ou de renaissance après notre disparition, elle pose avant toute chose le problème de « l’autre monde ». La Vie est « inclusive » d’une conception de la mort. Le corporel peut disparaître sans que l’être se dissipe. L’âme ou son équivalent permet une continuité dans un monde « éternel » lieu espéré d’une béatitude.

La destinée de l’âme est un enjeu comportementalpour les Vivants, l’au-delà permet de retrouver les conséquences bonnes ou mauvaises de nos actes dans l’ici bas : ainsi servir le divin de son mieux (actes de bienfaisance) est récompensé dans l’au-delà.

Selon vos croyances, l’âme (ou l’esprit) étant une étincelle d’origine divine, elle possède un caractère d’éternité et de félicité sous certaines conditions de pratique comportementale (c’est le principe de « rétribution »). Finalement on thésaurise les bonnes actions pour s’assurer un au-delà merveilleux qui peut aller jusqu’à la résurrection de morts accédant ainsi à la vie éternelle.

Il y a deux au-delàs, l’au-delà personnel lié au comportement en serviteur d’une déité et celui qui est collectif lié à la fin des temps. Le premier est la continuité de la mort personnelle, le second est la continuité après la fin des temps messianiques. On organise ainsi une vie après la vie à deux niveaux microcosmiques et macrocosmiques.

2/ Territoires de l’au-delà et ritualisation

Ce désir d’éternité est marqué par des rites qui guérissent ses angoisses. L’homme est un animal doté des rites funéraires. Il enterre ses morts dans un état de préparation particulier pour aider le défunt à franchir une frontière et garder un rapport avec les disparus. La mort n’est pas un tabou dès lors que les civilisations lui donnent un territoire fut-il transitoire.

Cette notion de territoire pour l’au-delà est une constante universelle.

            A  / Ce qui est tabou n’est plus la mort, mais le territoire dédié aux disparus. Pour franchir le tabou, c’est-à-dire l’entrée dans l’autre monde il faudra un rituel, des mots de passe ou des gestes appropriés qui ouvrent le passage, il faudra donc des passeurs et des gardiens du seuil. Ce territoire est protégé par les Tabous et des règles. On ne doit pas y manger de nourriture qui est la nourriture des morts et les morts peuvent venir nous visiter (C’est le cas avec le Sid irlandais, la fête celtique de Samain au 1er Novembre marque une frontière perméable permettant la visite des morts dans l’ici bas. L’au-delà est aussi situation topographique : c’est dans la montagne, dans un Cairn, un tumulus ou au-delà des eaux). Chez les Tunguz de Sibérie, le pays des morts est au Nord, seuls les chamans peuvent y voyager.

 L’au-delà des Anciens Mystères se situent dans un sub terrestre (l’Hadès grec, lé Shéol hébraïque) ou tout au plus dans une contrée située sur le plan terrestre. En ce monde souterrain, on y enterre les défunts avec les attributs de leur vie passée comme en atteste le mobilier funéraire, c’est la tradition assyro-babylonienne, le Seol vétérotestamentaire…

 Il y a toujours une frontière à passer pour atteindre l’au-delà, un fleuve tel que l’Achéron, le Cocyte, le Styx par exemple avec un passeur tel que Charon, ou pour les Égyptiens tout un protocole complexe qui divise l’âme en deux parties, une restant dans le tombeau l’autre effectue un cheminement dans au-delà. Pour l’Égypte comme pour les chrétiens du moyen-âge se développe la pesée des âmes ou le jugement dernier pour les actes du défunt lors de son passage terrestre. On trouve alors dans cet au-delà des subdivisions territoriales (voir « La divine comédie » de Dante).

      B / L’au-delà intérieur et mystique est un territoire né de notre représentation mentale. Il appartient à notre topographie neurologique, zones du cerveau qui installent l’humanisation de l’homme par la conscience de la valeur de la vie, cette humanisation par le besoin de croire dans la promesse d’un au-delà. Croyance et prière déclenchent un processus de satisfaction par libération d’hormones du réconfort, situation plus facile à vivre que la béance du doute. D’une manière générale l’au-delà est le territoire des trépassés ou des « occis », c’est l’histoire de l’homme post mortem. C’est dans l’écriture des textes sacrés que se reflète l’au-delà. La Bible fait l’histoire de l’autre monde en faisant projet d’ouvrir une voie sur l’au-delà humain. Cet au-delà est lié au besoin de croire et à l’influence culturelle dans laquelle nous vivons. Le besoin de croire s’associe au besoin de répondre aux questions existentielles. Les croyants objectivent l’au-delà en territoire des morts en relation avec le divin. L’au-delà est donc une donnée mystique liée à la conscience religieuse ou mystique d’un groupe humain préoccupé par son continuum de l’ici-bas vers l’au-delà.

3/ Le territoire des « Occis » est désirable et redoutable :

C’est parfois un pays de cocagne, projection idéalisée du monde terrestre : on le trouve dans le mazdéisme, chez les Amérindiens des plaines, dans le paradis musulman qui est un désert inversé, verdoyant, et riche. Les morts dans la tradition Tuguz continuent à chasser dans la steppe comme dans le monde des vivants.

C’est le lieu du passage entre deux états : la métempsycose est spécifique aux croyances hindouiste et bouddhiste, qui situe le devenir de l’âme via un au-delà incrémental. La considération temporelle est impactée par les migrations des âmes.

C’est enfin un monde idéalisé, celui de la félicité : la Jérusalem Céleste et les résurrections caractérisent les religions du Livre… ou le nirvana. Le comportement du chef du vivant est pris en compte.

3/Monde du Néant et des Dieux

Cet au-delà est classé en trois catégories au moins :

a/le monde de type olympien fait de Dieux anthropomorphisés agissant sur le destin des hommes

b/ Le monde dualiste du dieu unique séparé de l’homme, dieu personnel chrétien, ou impersonnel inconnaissable des juifs, séparé ou pas de sa création.

c/ Le monde de la grande Nature héberge la puissance déiste et moniste ou panthéiste.

Je laisse à chacun le soin de peupler ce monde en fonction de ses convictions.

 


[i] Les petits animaux du Zodiaque sont bien plus à portée de flèche et donc à portée d’homme que les étoiles elles-mêmes.

 IV — Mise en scène de l’infini et l’au-delà en loge  

Nous relevons 6 aspects liant l’infini et l’au-delà.

1/ Les rituels et décors de la franc-maçonnerie traditionnelle symbolisent ces grandes questions philosophiques et ontologiques de l’infini et de l’au-delà en les domestiquant : le rituel est une mise en scène, une orthopraxie géométrique fondée sur la croix tridimensionnelle composée d’un centre ou milieu et de trois axes tendant vers l’infini.

2/ Nous avons en premier lieu la lumière ou l’étincelle divine qui éclaire notre conscience d’une finitude corporelle dans un continuum qui nous dépasse.

3/ Nous avons les gardiens du seuil authentiques passeurs de seuils, doté d’épées flamboyantes ou pas.

 4/ L’infini des las d’amour marquant le frontière de la ceinture zodiacale entre les plans solaro-terrestre et céleste, avec les points de fusion et de retournement. Ces points animent les cycles de la lumière solaire et son reflet sublunaire «  intériorisé » à l’homme, et enfin la lumière céleste.

5/l’infini de l’irrationnelle racine carrée de 2 ou de 5 nées de l’hypoténuse du carré de 1 sur 1 du pavé mosaïque ou l’hypoténuse du carré long , donnant notamment la proportion dorée.

6/Enfin et surtout, l’anthropomorphisme divin associé au GAGLU, Grand Géomètre et donc Grand Mathématicien de l’Univers dessinant un orbe soumis à la question de l’infini par la puissance multiple d’un point aussi original qu’ontologique.

L’infini et l’au-delà sont présents dans le parcours initiatique. À savoir le parcours sur la ligne infinie de l’apprenti puis sur le plan infini du compagnon et enfin dans l’axe infini du maître. Ces infinis successifs nous renvoient aux métamorphoses graduelles de l’être et de notre conscience. Chaque passage de l’infini « initiatique » est une mort à l’état passé et une renaissance dans des « au-delà » successifs !

La rituélie maçonnique valide l’infini et l’au-delà.

Je résume avec 3 postulats.

1/l’infini synonyme au plan phénoménologique d’éternité, est la porte d’entrée dans l’au-delà initiatique.

2/La métamorphose est le signe d’un changement d’état ou de paradigme.

3/Nous avons dans notre initiation 3 paradigmes qui impliquent une métamorphose symbolique suivant l’isomorphisme évolutif pierre / homme: 

►l’apprenti de la pierre brute et la ligne qui tend vers l’infini orient (paradigme de la lumière naissante et de la forme évolutive).

►le compagnon de la pierre cubique et le plan d’exercice (paradigme de l’autre soi et de la perfection sans fin).

►le maître de la clef de voute de l’édifice donnant accès aux plans célestes (paradigme de la Lumière éternelle, immanente en soi,  ou descendant en soi et donc transcendante).

 3 états géométriques tendant vers l’infini,

3 états formels établissant un « continuum de rupture » : La pierre brute, pierre cubique puis pierre cubique à pointe sont trois états qui vont de l’informe, à la forme parfaite vers la non-forme représentée par l’extrême pointe axiale de la pierre cubique à pointe ou par la clef de voûte du Temple, véritable arche contenant la Lumière axiale.  

3 états initiatiques portant trois au-delàs « lumineux » : la lumière cyclique de l’Orient infini pour l’apprenti, la lumière cyclique de Vénus inatteignable pour le compagnon voyageur et la lumière infiniment immobile de l’étoile du Nord pour le Maître.

Nous avons donc les outils et instruments symboliques en loge qui nous permettent de régler au plan métaphysique toutes les équations même celles que nos amis mathématiciens n’ont pas encore solutionnées, nous solutionnons d’un point de vue phénoménologique, le passage d’un infini à l’autre par un continuum de rupture. La rupture se délivre via un trauma corporel ou cognitif (poignard sur le cœur, bandeau, corde au cou, traversée de la rive, prononciation juste, mort minée par des coups et un reversement, relèvement, etc.).

Le trauma exprime le changement d’état lorsque l’on tente d’approcher l’infini. Cette métamorphose graduelle sanctionne le passage d’une perspective d’infini à une autre. Cette sorte de « transfini » est une manière d’apprendre le passage ultime dans l’au-delà.

(Version provisoire.)

 ER

SOURCE : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2020/01/l-infini-et-l-au-dela-en-loge.html

Copie-de-LEDSJ-1-

Circulation de la Lumière … 27 octobre, 2019

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Circulation de la Lumière

Publié le 26 septembre 2016 par Gérard Baudou-Platon

Circulation de la Lumière en Loge

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Toute maçonnerie trouve sa justification dans la construction d’un monde harmonique …. Un monde qui respecterait des lois que l’on qualifierait d’universelles … un monde où les idées et les actes seraient conformes aux règles posées selon des voies qui ne nous sont pas connus et qui, pourtant, orchestrent tout …

Toni Ceron[v] formulera d’une autre manière ce désarroi de tout être face à la justification de sa propre destinée  … « notre absolue impuissance devant la Gnose est la seule Porte qui peut nous ouvrir aux processus vitaux de la grande Pyramide, à la mortification, à la genèse du Grand Œuvre … Seul ce sacrifice, ce broyage intérieur conscient et responsable du moi septuple, du moi entier … l’intérieur et le supérieur … cette impuissance fondamentale … cette innocence des premiers jours est acceptée par la Lumière des lumières, la Gnose  … il s’agit, alors d’être élève d’un apprentissage qui confesse intérieurement son propre état, qui accepte, maintenant ce qu’il est sans duplicité !!!! … les 33 vertèbres de sa forme animale s’apaisent, alors, sans forcer … une nouvelle colonne va pouvoir s’ériger … le vieux serpent de feu, la vieille colonne de mercure se posent afin de laisser l’intelligence, la lumière du nouveau matin circuler dans ce vieux corps moribond » …

Homme connais-toi, toi-même !!!!

Notre Rituel nous invite à nous souvenir … de notre source  !!!!

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Les éléments de notre réflexion étant posés ….

distrilum-00Le frère ou la sœur dans l’état d’esprit décrit ci-dessus ayant choisi son véhicule d’accès à la connaissance … la franc-maçonnerie et notamment la nôtre …. s’avancera sur le parvis du temple … puis pénétrant dans celui-ci … son espace sera empli de symboles vivants lesquels animés selon leurs rôles et fonctions par une rituélie appropriée  amènera à sa conscience une substantifique information … cette information … il devra l’ingérer … en comprendre sa raison dans le cheminement de sa vie  … et surtout elle facilitera le déploiement de champs successifs de conscience  ….

Ainsi la rituélie l’enveloppera d’un égrégore approprié au voyage initiatique … il sera invité à se mettre dans un état méditatif le plus parfait ….

1 : Nous appellerons ce stade … celui du Plan de Conscience Primordiale
distrilum-01aNous sommes, alors, dans des plans non manifestés mais bien présent … structurellement actif … dans le subtil et dans un espace encore occulte (ce sera le plan Monadique des Orientaux)  … Ce stade est représenté par le Naos … Seule la lumière éternelle est présente au centre du triangle …

Jusqu’à maintenant ce plan était le domaine réservé des occultistes.

Voilà posé le problème de nos origines, de l’origine de toute chose, les principes et les ressorts de la création du monde manifesté et notamment de la vie …

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Voilà qu’apparait la lumière primordiale unique … blanche enfermant en elle les 7 couleurs
de l’arc en ciel et pourtant son existence rassemble toutes les forces pénétrantes et agissantes … et à partir d’elles … tout devient possible

Le 21ième Siècle sera spirituel ou ne sera point (André Malraux dixit) … indiquent, en cela, que rationalisme et métaphysique doivent se rencontrer. Des avancées considérables en matière de physique et notamment avec la formation de nouvelles sciences associées à la « Physique Quantique » la relation entre « Science et spiritualité » émergent curieusement et rendent évident ce lien. De quoi réconcilier Scientifiques et Hermétistes ? … rien n’est moins sûr, encore et pourtant les deux rives de la connaissance … se rejoignent en une « Terre » ou l’unité fait loi

Ervin Laszlo, Philosophe & Scientifique, dans son livre « Science et Champ Akashique » nous rappelle ceci :

« Bien que l’on ait encore beaucoup à découvrir sur le vide quantique, il est, déjà, clair qu’il s’agit d’un médium cosmique super-dense qui transporte la lumière et toutes les forces universelles de la nature. Les ondes de pression peuvent s’y propager et ainsi traverser l’univers d’un bout à l’autre. C’est du moins ce qu’avance le physicien mathématicien Hartmut Muller, selon qui la dimension observée de tout objet, des atomes aux galaxies, est déterminée par l’interaction des ondes de pression qui se propagent dans le vide …. Étant donné que l’univers est fini, une fois rendues au « point dimensionnel critique les ondes se superposent et créent des ondes statiques durables. Ces ondes déterminent les interactions physiques en établissant la valeur des forces gravitationnelles et électromagnétiques, ainsi que des forces nucléaires fortes ou faible. Par résonance, ces ondes amplifient certaines vibrations et en restreignent d’autres. Elles sont donc responsables de la distribution de la matière partout dans le cosmos. Tous les processus ont un rythme interne propre qui dépend de leur résonance avec les ondes statiques du vide. Muller conclut que le vide est un arrière-plan cosmique ultrafaible qui agit tel un « champ morphogénétique » …

Alors, de récentes découvertes viennent confirmer la présence d’ondes de pression dans le vide. Les astronomes de l’observatoire Chandra-X-Ray de la NASA ont décelé une telle onde engendrée par le « trou-noir » supermassif se trouvant dans la constellation de Persée à quelques 250 millions d’années-lumière de la Terre. Cette onde de pression provenant du vide se traduit musicalement par un Si bémol[i]. IL s’agit d’une vraie note qui se déplace dans le vide depuis 2,5 milliards d’années et que notre système auditif ne peut entendre vu que sa fréquence se situe 57 octaves sous le Do central d’un piano …

Un champ qui transporte la lumière (ou des ondes de photons) et des ondes de pression dense, et qui, par ailleurs, remplace l’énergie perdue par les atomes et les systèmes solaires n’est pas du tout une entité théorique et abstraite … »

Erwin Laszlo ajoute « Ainsi le vide quantique transporte lumière, énergie, pression et son. Se pourrait-il aussi qu’il soit doté d’une autre propriété lui permettant de mettre en corrélation des évènements distants et séparés ? Qu’il crée les corrélations assurant l’incroyable cohérence des quanta, de l’organisme, de la conscience et de l’univers tout entier ? »

Le doute que le mystérieux champ mettant en en jeux des corrélations de transcendance spatio-temporelle dans le cosmos et la conscience  soit un champ d’in-formation situé au cœur même du cosmos est confirmé : « le champ du point zéro » du vide quantique est non seulement un champ énergétique « super-dense » mais il est un champ d’’in-formation « super-riche » … il est la mémoire holographique de l’univers …

En une phrase simple: Il (le vide quantique) contient de l’Information (ou de l’in-formation) c’est-à-dire des règles et des données nécessaires à la formation de l’univers dans son unité et dans ses parties !!!!

Ainsi la lumière éternelle (Lumière centrale) est-elle posée opportunément sur le triangle du Naos. Elle seule représente la nature réelle et subtile de toute chose dans état existant avant apparition de toute manifestation

2 : Dès lors, notre rituelie annonce un deuxième plan qui va naître de la propagation de la lumière universelle  … Le maître de cérémonie va recueillir les éléments nécessaires à la poursuite de l’ouverture de canaux de communication avec les énergies fondatrices  … Cela se traduit par la distrilum-02figuration d’un lien lumineux entre la flamme éternelle et une des étoiles du flambeau du Vénérable …

Le Maitre des Cérémonies tel l’Hermès  apporte la lumière au Vénérable Maître … ainsi le plan primordial … permet une première manifestation  … celle de mettre en jeu les premières fonctions nécessaires à la production de toutes manifestations … (nous sommes là sur le plan de la manifestation dans le sous plan trinitaire des déclinaisons fonctionnelles du Naos)

  • Le Vénérable Maître allume, alors, une étoile et pas n’importe la quelle avec un boutefeu allumé à la flamme éternelle … celle qui a la position centrale de son candélabre car elle est bien la réplication, à ce stade de la flamme primordiale …  mais déjà transposée dans un espace qui va se manifester du fait de la mise en œuvre des 3 premiers attributs

(Triangle équilatéral dont la symbolique rappelle les trois plans devant être présents avant toutes choses et avec toutes choses :  le plan Atmique[ii] où Volonté, le plan Bouddhique[iii] ou Amour-Sagesse et enfin le plan Manasique[iv] ou Intelligence-Action )

…. Dès lors apparait le mouvement … nécessaire à tout acte opératif  (effet miroir entre les mondes)

  • Mise en lumière des 3 premiers attributs à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître

distrilum-03A : le premier surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître … dans le silence (ce qui va être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale)  … puis rejoint sa place

B : le second surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du VM … dans le silence (ce qui se prépare en vue d’être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale))  … puis rejoint sa place

C : le Scribe allume son flambeau à la flamme centrale … dans le silence (l’ensemble y compris la mémoire et la conscience s’éveille et se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale … le lien avec l’Akasha doit être constitué et opérationnel))  … puis rejoint sa place

Ainsi, la flamme centrale, vient adombrer la loge de ses principes moteurs et opère un transfert équationnel ….

(Sur le plan symbolique apparait les premiers éléments d’un Carré long (Occident, Septentrion, diagonale NE-SO)

distrilum-04aCela fait le Vénérable Maître allume les deux autres étoiles de son candélabre (le Vénérable Maître devient alors la clef de voute … de ce qui va se mettre en place

… à ce moment, et à ce moment là seulement apparait le premier triangle opératif dans le monde manifesté

Nous parlons ici du Triangle (72-36-72): Second Surveillant – VM – Premier distrilum-05surveillant …. (Lequel aura son « répondant » Orateur – Couvreur – Scribe (nous remarquerons que dans ce deuxième triangle seul le Scribe est porteur de lumière) …. Et cela est logique car la lumière adombre tous les espaces … Eclairé par elle, l’Orateur représente bien, maintenant, celui qui fait respecter la loi et les processus d’organisation et d’Harmonie. Le Couvreur est bien, aussi, celui qui est dépositaire du passé et de l’histoire de la loge dans sa dimension « la plus inspirée » tant il est vrai que bien que surgi du Passé … il régule le présent dans ses flux et participe de l’avenir par sa sagesse 

…. Le monde, que nous venons de décrire, n’est pas encore tout à fait maçonnique (car en effet ce que nous venons de dire n’est pas vu comme cela seulement en Maçonnerie … on le trouve dans bien des décodages extrême orientaux notamment) … Le Monde Maçonnique est en cours de gestation (il sera, en effet, maçonnique seulement lorsque les joyaux de la loge seront en place.)

3 : Ce mouvement qui commence à se manifester dans la création, sur le plan opératif, ne peut être mis en œuvre que si l’esprit domine la volonté d’action distrilum-06et celle-ci doit être éclairée/illuminée par les trois piliers du temple (ou Petites lumières) … c’est le 3ième plan nécessaire afin que tout acte soit juste, harmonique et conforme à la loi de Maat

Notre temple et ceux qui s’y rassemblent seront sous l’influence de la « Sagesse », de la « Force » et de la « Beauté »

Le Vénérable Maître en Chaire descend de l’Orient. L’expert vient se placer à l’orient pour en garder fermement l’entrée …

Le Vénérable Maitre en Chaire allume son boutefeu à la lumière éternelle puis se dirige vers la colonne « Sagesse » l’autre

  • Sagesse,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Mes sœurs et mes frères, les fondations de notre Temple sont posées, ce Lieu est saint, et notre œuvre séculaire peut reprendre son cours ….

….. Selon l’antique prophétie d’Hermès, voici que l’Égypte est devenue veuve et d’hommes et de Dieux. Mais nous, Vrais & Anciens Maçons de la Terre d’Égypte, nous conservons précieusement et maintenons le dépôt de la terre de Memphis.

C’est pourquoi, Seigneur de vérité, que tous les hommes connaissent sous tant de nom divers, …

  • Toi qui es pour nous l’Architecte Suprême de tous les Mondes …..
  • Toi qui as dit « J’ai créé toutes les formes avec ma Parole, alors qu’il n’y avait encore ni Ciel ni Terre »

… reçois en cet instant nos hommages. Éclaire nos travaux et dissipe les Ténèbres qui voilent Ta Vérité, afin que se révèlent à nous les Plans Parfaits de Ta Sagesse Éternelle gouvernant tous les Mondes »

Le PREMIER SURVEILLANT

« Toi qui a dit: « Je suis la source des existences et de tous les Êtres, je suis hier & je connais demain ……  » Salut à toi !! »

Le SECOND SURVEILLANT

« Toi qui a dit « Je suis l’Éternité, le Monde, le Temps, le Devenir, j’ai pour essence le Bien, le Beau, le Bon, le Véridique ….  » salut à Toi !!!! »

  • Force,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Salut à Toi, Seigneur de l’Éternité, dont les Noms sont multiples et les formes mystérieuses ! Soutiens ce Temple par Ta FORCE, connue des seuls enfants de la Lumière » …..

Le PREMIER SURVEILLANT

.. « OSIRIS à la robe de Lumière, couleur du Principe éternellement pur, nous célébrons Ton Harmonie suprême, à laquelle nous espérons participer dans l’AMENTI. »

  • Beauté,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« ISIS qui sait rassembler la Parole Sacrée, la maintenir en son ordre et la communiquer aux Initiés, Toi qui les habitues à persister dans les Saintes Pratiques, dont la fin est d’obtenir la Connaissance de l’Être Premier et Souverain, accessible à la seule intelligence, les enfants de l’Art Royal saluent ici Ta BEAUTÉ Ineffable » …

Le SECOND SURVEILLANT

« ISIS, Divine Mère, au Voile teint des Couleurs innombrables du Monde, nous communions tous en la compréhension du Mystère que Tu as révélé aux Hommes » …

Lors de l’allumage des chacune des colonnes le Maître des Cérémonie devance le Vénérable Maître, se met à l’ordre de sa fonction et  frappe de façon énergique le sol avec son bâton lorsque l’étoile est allumée.

Cette frappe énergique ancre opérativement les forces de production du monde manifesté ….  sur le plan symbolique apparaissent les éléments suivants d’un Carré long (Sud-midi, Occident, diagonale NW-SE) … l’ensemble formant un réceptacle de la lumière d’Orient….

Pour mémoire, La Colonne corinthienne (H=10D) est celle de la Sagesse, la Colonne dorique (H=8D) est celle de la Force et la Colonne ionique (H=9D) est celle de la Beauté. La somme des trois nombres donne vingt-sept : Nombre de l’Univers.

 Il sera aisé de constater que les deux diagonales des deux « carrés long » se coupent très exactement à la position du Naos …. Exactement comme les diagonales du Carré long formées par la pose des phylactères lors de la sacralisation d’un temple qui permettent la pose de la Pierre Cubique à pointe !!!

4 : la sacralisation de tout action se confirmera par la cérémonie des parfums par le Vénérable Maître.

distrilum-07Celui-ci se place entre les colonnes « Force » et « Beauté » … avance vers le Naos. Il est dos à l’Occident  puis …..

(met l’encens dans le brûle parfum) « Que ce parfum de suave odeur apaise nos âmes, (met l’encens dans le brûle parfum) atténue nos passions, (met l’encens dans le brûle parfum) et qu’il nous rende fraternel les uns pour les autres en élevant nos esprits et nos cœurs. »

Le brule parfum est placé à la pointe Occidentale du Naos … il repend sa subtile essence issue du monde divin modestement déjà décrit … il en imprègne tout espace de toute vie avant que ne se précise l’espace-temps opératif choisi par nos frères et sœurs pour œuvrer dans la matière

5 : La franc-maçonnerie est un sous-ensemble de l’humanité au service de cette harmonie universelle … elle vient jouer son rôle selon des règles et des principes distrilum-08qui lui sont propres au travers des outils de la manifestation que nous avons tous acceptés …. Et que nous nommons « Les trois grandes lumières » de la maçonnerie c’est-à-dire Equerre, Compas et la règle … lesquelles sont enlacés selon une symbolique particulière attaché au grade travaillé et propre à notre Rite …. Ces lumières ne sont pas d’ordre physique mais elles pointent sur une référence absolue en matière de pratique opérative !! (D’où leur empreint à la franc-maçonnerie de métier)

Nous noterons, que c’est à partir de ce moment qu’une loge devient clairement maçonnique et investie d’une mission pour le moins humaniste et, pour le mieux, dispensatrice de connaissance  … avec la totalité de ses « moyens » visibles ou invisibles …

Au moment où tous les joyaux de la loge sont enlacés le Delta Lumineux (36°108°36°) delta3610836as’éclaire …. 108° correspondront aux 108 rayons qui adombrent nos trois mondes à partir du plan Divin …  Dans nos Rites nous trouverons au centre « l’œil d’Horus » … 108 un clin d’œil sans doute aux 108 grains du « malla » dont la maitrise totale signifie « Eveil »

Dans d’autres le Nom ineffable « Iod He Vav He » … dans d’autre, encore, « un Point » …   Les travaux sont, alors, sous les meilleurs auspices

6 : Pour être complet dans le champ maçonnique … un autre élément important doit figurer :

naosextraitTout ce qui a été dit est peut-être d’un intellectualisme contestable mais souvenons-nous, nous sommes à ce stade des constructeurs !!!! … il nous manque les plans de l’architecture que nous construisons grâce au « formatage » que nous avons reçu en héritage par la structure linguistique de note ADN et les états de conscience transmis ….   Ces plans qui doivent guider les apprentis, Compagnons et Maître … doivent être mis dans une crypte … sous le pavé mosaïque …. Car ils ne peuventkeops-plan-001 pas être lu par le monde profane mais aussi par les frères et sœurs qui n’auraient pas, eux, fait l’effort de les découvrir, tel des spéléologues de la conscience intérieure …

Dans notre Rite : Nous ferons figurer un dessin d’architecte représentant une pyramide ….  Symbole s’il en est du lien fort et puissance entre Science et ésotérisme

Seule sera mise et à ce stade, en apparence la patente de Loge

Clôture des travaux 

… la fermeture des travaux se fera par le processus inverse ….

La loge ayant opéré son travail … le frère ou la sœur œuvrera dans le monde profane selon les connaissances nouvelles acquises … ainsi, transforme t’il le monde selon son état de conscience …

Dernière remarque

S’agissant des étoiles du temple nous retrouverons l’ennéade qui caractérise le temple symbolique …. Car nous avons réalisé l’équation 1 + 9 … le Un étant symbole de l’origine de tout monde manifesté (lumière éternelle) …  et le nombre 9  (3 pour le VM, 3 Scribe, Second Surv, Premier Surv, 3 Sagesse, Force, Beauté) … ainsi l’ennéade procède bien de l’Unité

Ennéade … qui comme le savent les frères et sœurs maçons du monde entier guide nos pas tout le long de nos échelles maçonniques …

Gérard Baudou-Platon

 

 

[i] L’on retrouvera sur ce thème de la musique des sphères de nombreux auteurs en particulier :

Aristote & Aristoxène qui établiront une première correspondance entre les planètes et des notes de musique

(Lune : « Ré », Mercure : « Do », Vénus : « Si bémol », Soleil : « La », Mars : « Sol », Jupiter : « Fa », Saturne : « Mi »)

  • Dans la famille des Pythagoriciens … Philolaos de Crotone, Platon, Ptolémée … auront leurs correspondances
  • De même au moyen âge avec les Néo-Platonicien (Plotin, Boèce …) & Copernic
  • Ensuite Kepler
  • Enfin, les temps modernes avec les Radiosources

[ii] Considération sur le plan Atmique … à rapprocher du Sanscrit « Âtma » … selon le dictionnaire de la Sagesse Orientale (Robert Laffont) … l’ÂtmaBoddha, littéralement « Connaissance de Soi » … le court mais important traité de l’Advaïta-Védenta, attribué à Shankara et régulièrement cité dans la littérature de cette philosophie, les 68 Sloka (vers) de l’œuvre traitent des principaux sujets important de l’indouïsme : Âtman, Brahman, l’effacement de da Brahman derrière les formes du monde sensible, ainsi que les méthodes qui mèment à la connaissance de Soi et à la délivrance

Âtman : Terme désignant, selon la conception hindouiste, le soi véritable et immortel de l’homme, ce que l’Occident appelle « l’âme » … spectateur impartial du « Jîva » .. il se situe, au-delà, du corps et de la pensée … conscience absolue …. Le Bouddhisme nie en revanche l’existence d’Atman …

JÎva :   « Vivre » … être vivant incarné … Le Soi incarné s’identifie à un corps, une pensée  … devenu égo, il se crée l’illusion d’une individualité et d’une causalité et s’enchaine ainsi au cycle de la naissance et de la mort …

 

[iii] Plan Bouddhique … à rapprocher de : le Bouddha considère que la vie est éphémère (Anitya), impersonnelle (Anâtman, Skandha) et donc douloureuse (Duhkha). La prise de conscience de ces Trois caractéristiques de l’existence (Trilakshana) marque le début du cheminement Bouddhique. La souffrance est le résultat du désir (Trishna) dont la disparition entraine la délivrance du Samsarâ …. Le Bouddhisme explique cet enchainement des êtres aux cycles des renaissances par la chaîne de production conditionnée (Pratîtya_Samutpada) …. La fin de ce cycle correspond à la réalisation du Nirvâna. Le Chemin pour y parvenir conformément aux quatre nobles vérités est le sentier Octuple qui enseigne la moralité (Shîla), la méditation (Samadhi, Dhyana), la sagesse et la connaissance (Prajnâ) ….

 

[iv] Plan Manasique …. Vient de Manas terme sanscrit ….

Pour les Hindous = Capacité de réflexion partie de l’Antahkarana, l’organe interne. Grace à Manas, nous recevons les impressions du monde extérieur qui dont soumise à la buddhi … manas nous incite au doute, nous aide à prendre des décisions et à changer nos désirs en actes …

Buddhi : composante de l’Antahkarana permettant de classifier les impressions sensibles grâce à sa capacité de discrimination …. Instrument inanimé qui, avec l’aide de l’intelligence et la connaissance de l’Âtman, développe toutes les facultés de l’homme jusqu’à l’intuition

Pour le bouddhisme : Esprit, intelligence. Manas désigne au sens le plus large l’ensemble des facultés et des activités intellectuelles, le fonctionnement intellectuel de la conscience.

Dernière des 6 bases (L’œil, l’Oreille, le Nez, la Langue, le Corps et l’Esprit), Manas en est là 6ième base et constitue le fondement de toutes activités psychiques  …. En tant que facultés de pensée, manas est considérée comme un sens supplémentaire adapté aux objets rationnels comme l’œil l’est aux objets visuels

Manas constitue le 7ième des 8 variétés de conscience

[v] Toni Ceron … Sphinx – Grande Pyramide – Alchimie Intérieure – Éditions du Col du Feu  –

Circulation de la Lumière ... dans Chaine d'union

A propos Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix … Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l’Administration des Postes, Télécommunications et de l’Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l’Association l’Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d’Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail

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Circulation de la Lumière 15 octobre, 2016

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Toute maçonnerie trouve sa justification dans la construction d’un monde harmonique …. Un monde qui respecterait des lois que l’on qualifierait d’universelles … un monde où les idées et les actes seraient conformes aux règles posées selon des voies qui ne nous sont pas connus et qui, pourtant, orchestrent tout …

Toni Seron formulera d’une autre manière ce désarroi de tout être face à la justification de sa propre destinée  … « notre absolue impuissance devant la Gnose est la seule Porte qui peut nous ouvrir aux processus vitaux de la grande Pyramide, à la mortification, à la genèse du Grand Œuvre … Seul ce sacrifice, ce broyage intérieur conscient et responsable du moi septuple, du moi entier … l’intérieur et le supérieur … cette impuissance fondamentale … cette innocence des premiers jours est acceptée par la Lumière des lumières, la Gnose  … il s’agit, alors d’être élève d’un apprentissage qui confesse intérieurement son propre état, qui accepte, maintenant ce qu’il est sans duplicité !!!! … les 33 vertèbres de sa forme animale s’apaisent, alors, sans forcer … une nouvelle colonne va pouvoir s’ériger … le vieux serpent de feu, la vieille colonne de mercure se posent afin de laisser l’intelligence, la lumière du nouveau matin circuler dans ce vieux corps moribond » …

Homme connais-toi, toi-même !!!!

Notre Rituel nous invite à nous souvenir … de notre source  !!!!

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Les éléments de notre réflexion étant posés ….

distrilum-00Le frère ou la sœur dans l’état d’esprit décrit ci-dessus ayant choisi son véhicule d’accès à la connaissance … la franc-maçonnerie et notamment la nôtre …. s’avancera sur le parvis du temple … puis pénétrant dans celui-ci … son espace sera empli de symboles vivants lesquels animés selon leurs rôles et fonctions par une rituélie appropriée  amènera à sa conscience une substantifique information … cette information … il devra l’ingérer … en comprendre sa raison dans le cheminement de sa vie  … et surtout elle facilitera le déploiement de champs successifs de conscience  ….

Ainsi la rituélie l’enveloppera d’un égrégore approprié au voyage initiatique … il sera invité à se mettre dans un état méditatif le plus parfait ….

1 : Nous appellerons ce stade … celui du Plan de Conscience Primordiale
distrilum-01anous sommes, alors, dans des plans non manifestés mais bien présent … structurellement actif … dans le subtil et dans un espace encore occulte (ce sera le plan Monadique des Orientaux)  … Ce stade est représenté par le Naos … Seule la lumière éternelle est présente au centre du triangle …

Jusqu’à maintenant ce plan était le domaine réservé des occultistes.

Voilà posé le problème de nos origines, de l’origine de toute chose, les principes et les ressorts de la création du monde manifesté et notamment de la vie …

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Voilà qu’apparait la lumière primordiale unique … blanche enfermant en elle les 7 couleurs
de l’arc en ciel et pourtant son existence rassemble toutes les forces pénétrantes et agissantes … et à partir d’elles … tout devient possible

Le 21ième Siècle sera spirituel ou ne sera point (André Malraux dixit) … indiquent, en cela, que rationalisme et métaphysique doivent se rencontrer. Des avancées considérables en matière de physique et notamment avec la formation de nouvelles sciences associées à la « Physique Quantique » la relation entre « Science et spiritualité » émergent curieusement et rendent évident ce lien. De quoi réconcilier Scientifiques et Hermétistes ? … rien n’est moins sûr, encore et pourtant les deux rives de la connaissance … se rejoignent en une « Terre » ou l’unité fait loi

Ervin Laszlo, Philosophe & Scientifique, dans son livre « Science et Champ Akashique » nous rappelle ceci :

« Bien que l’on ait encore beaucoup à découvrir sur le vide quantique, il est, déjà, clair qu’il s’agit d’un médium cosmique super-dense qui transporte la lumière et toutes les forces universelles de la nature. Les ondes de pression peuvent s’y propager et ainsi traverser l’univers d’un bout à l’autre. C’est du moins ce qu’avance le physicien mathématicien Hartmut Muller, selon qui la dimension observée de tout objet, des atomes aux galaxies, est déterminée par l’interaction des ondes de pression qui se propagent dans le vide …. Etant donné que l’univers est fini, une fois rendues au « point dimensionnel critique les ondes se superposent et créent des ondes statiques durables. Ces ondes déterminent les interactions physiques en établissant la valeur des forces gravitationnelles et électromagnétiques, ainsi que des forces nucléaires fortes ou faible. Par résonance, ces ondes amplifient certaines vibrations et en restreignent d’autres. Elles sont donc responsables de la distribution de la matière partout dans le cosmos. Tous les processus ont un rythme interne propre qui dépend de leur résonance avec les ondes statiques du vide. Muller conclut que le vide est un arrière-plan cosmique ultrafaible qui agit tel un « champ morphogénétique » …

Alors, de récentes découvertes viennent confirmer la présence d’ondes de pression dans le vide. Les astronomes de l’observatoire Chandra-X-Ray de la NASA ont décelé une telle onde engendrée par le « trou-noir » supermassif se trouvant dans la constellation de Persée à quelques 250 millions d’années-lumière de la Terre. Cette onde de pression provenant du vide se traduit musicalement par un Si bémol[i]. IL s’agit d’une vraie note qui se déplace dans le vide depuis 2,5 milliards d’années et que notre système auditif ne peut entendre vu que sa fréquence se situe 57 octaves sous le Do central d’un piano …

Un champ qui transporte la lumière (ou des ondes de photons) et des ondes de pression dense, et qui, par ailleurs, remplace l’énergie perdue par les atomes et les systèmes solaires n’est pas du tout une entité théorique et abstraite … »

Erwin Laszlo ajoute « Ainsi le vide quantique transporte lumière, énergie, pression et son. Se pourrait-il aussi qu’il soit doté d’une autre propriété lui permettant de mettre en corrélation des évènements distants et séparés ? Qu’il crée les corrélations assurant l’incroyable cohérence des quanta, de l’organisme, de la conscience et de l’univers tout entier ? »

Le doute que le mystérieux champ mettant en en jeux des corrélations de transcendance spatio-temporelle dans le cosmos et la conscience  soit un champ d’in-formation situé au cœur même du cosmos est confirmé : « le champ du point zéro » du vide quantique est non seulement un champ énergétique « super-dense » mais il est un champ d’’in-formation « super-riche » … il est la mémoire holographique de l’univers …

En une phrase simple: Il (le vide quantique) contient de l’Information (ou de l’in-formation) c’est-à-dire des règles et des données nécessaires à la formation de l’univers dans son unité et dans ses parties !!!!

Ainsi la lumière éternelle (Lumière centrale) est-elle posée opportunément sur le triangle du Naos. Elle seule représente la nature réelle et subtile de toute chose dans état existant avant apparition de toute manifestation

2 : Dès lors, notre rituelie annonce un deuxième plan qui va naître de la propagation de la lumière universelle  … Le maître de cérémonie va recueillir les éléments nécessaires à la poursuite de l’ouverture de canaux de communication avec les énergies

fondatrices  … Cela se traduit par ladistrilum-02figuration d’un lien lumineux entre la flamme éternelle et une des étoiles du flambeau du Vénérable …

Le Maitre des Cérémonies tel l’Hermès  apporte la lumière au Vénérable Maître … ainsi le plan primordial … permet une première manifestation  … celle de mettre en jeu les premières fonctions nécessaires à la production de toutes manifestations … (nous sommes là sur le plan de la manifestation dans le sous plan trinitaire des déclinaisons fonctionnelles du Naos)

  • Le Vénérable Maître allume, alors, une étoile et pas n’importe la quelle avec un boutefeu allumé à la flamme éternelle … celle qui a la position centrale de son candélabre car elle est bien la réplication, à ce stade de la flamme primordiale …  mais déjà transposée dans un espace qui va se manifester du fait de la mise en œuvre des 3 premiers attributs

(Triangle équilatéral dont la symbolique rappelle les trois plans devant être présents avant toutes choses et avec toutes choses :  le plan Atmique[ii] où Volonté, le plan Bouddhique[iii] ou Amour-Sagesse et enfin le plan Manasique[iv] ou Intelligence-Action )

…. Dès lors apparait le mouvement … nécessaire à tout acte opératif  (effet miroir entre les mondes)

  • Mise en lumière des 3 premiers attributs à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître

distrilum-03A : le premier surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître … dans le silence (ce qui va être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale)  … puis rejoint sa place

B : le second surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du VM … dans le silence (ce qui se prépare en vue d’être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale))  … puis rejoint sa place

C : le Scribe allume son flambeau à la flamme centrale … dans le silence (l’ensemble y compris la mémoire et la conscience s’éveille et se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale … le lien avec l’Akasha doit être constitué et opérationnel))  … puis rejoint sa place

Ainsi, la flamme centrale, vient adombrer la loge de ses principes moteurs et opère un transfert équationnel ….

(Sur le plan symbolique apparait les premiers éléments d’un Carré long (Occident, Septentrion, diagonale NE-SO)

distrilum-04a

Cela fait le Vénérable Maître allume les deux autres étoiles de son candélabre (le Vénérable Maître devient alors la clef de voute … de ce qui va se mettre en place

… à ce moment, et à ce moment là seulement apparait le premier triangle opératif dans le monde manifesté

Nous parlons ici du Triangle (72-36-72): Second Surveillant – VM – Premierdistrilum-05surveillant …. (Lequel aura son « répondant » Orateur – Couvreur – Scribe (nous remarquerons que dans ce deuxième triangle seul le Scribe est porteur de lumière) …. Et cela est logique car la lumière adombre tous les espaces … Eclairé par elle, l’Orateur représente bien, maintenant, celui qui fait respecter la loi et les processus d’organisation et d’Harmonie. Le Couvreur est bien, aussi, celui qui est dépositaire du passé et de l’histoire de la loge dans sa dimension « la plus inspirée » tant il est vrai que bien que surgi du Passé … il régule le présent dans ses flux et participe de l’avenir par sa sagesse 

…. Le monde, que nous venons de décrire, n’est pas encore tout à fait maçonnique (car en effet ce que nous venons de dire n’est pas vu comme cela seulement en Maçonnerie … on le trouve dans bien des décodages extrême orientaux notamment) … Le Monde Maçonnique est en cours de gestation (il sera, en effet, maçonnique seulement lorsque les joyaux de la loge seront en place.)

3 : Ce mouvement qui commence à se manifester dans la création, sur le plan opératif, ne peut être mis en œuvre que si l’esprit domine la volonté d’actiondistrilum-06et celle-ci doit être éclairée/illuminée par les trois piliers du temple (ou Petites lumières) … c’est le 3ième plan nécessaire afin que tout acte soit juste, harmonique et conforme à la loi de Maat

Notre temple et ceux qui s’y rassemblent seront sous l’influence de la « Sagesse », de la « Force » et de la« Beauté »

Le Vénérable Maître en Chaire descend de l’Orient. L’expert vient se placer à l’orient pour en garder fermement l’entrée …

Le Vénérable Maitre en Chaire allume son boutefeu à la lumière éternelle puis se dirige vers la colonne « Sagesse » l’autre

  • Sagesse,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Mes sœurs et mes frères, les fondations de notre Temple sont posées, ce Lieu est saint, et notre œuvre séculaire peut reprendre son cours ….

….. Selon l’antique prophétie d’Hermès, voici que l’Égypte est devenue veuve et d’hommes et de Dieux. Mais nous, Vrais & Anciens Maçons de la Terre d’Égypte, nous conservons précieusement et maintenons le dépôt de la terre de Memphis.

C’est pourquoi, Seigneur de vérité, que tous les hommes connaissent sous tant de nom divers, …

  • Toi qui es pour nous l’Architecte Suprême de tous les Mondes …..
  • Toi qui as dit « J’ai créé toutes les formes avec ma Parole, alors qu’il n’y avait encore ni Ciel ni Terre »

… reçois en cet instant nos hommages. Éclaire nos travaux et dissipe les Ténèbres qui voilent Ta Vérité, afin que se révèlent à nous les Plans Parfaits de Ta Sagesse Éternelle gouvernant tous les Mondes »

Le PREMIER SURVEILLANT

« Toi qui a dit: « Je suis la source des existences et de tous les Êtres, je suis hier & je connais demain ……  » Salut à toi !! »

Le SECOND SURVEILLANT

« Toi qui a dit « Je suis l’Éternité, le Monde, le Temps, le Devenir, j’ai pour essence le Bien, le Beau, le Bon, le Véridique ….  » salut à Toi !!!! »

  • Force,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Salut à Toi, Seigneur de l’Éternité, dont les Noms sont multiples et les formes mystérieuses ! Soutiens ce Temple par Ta FORCE, connue des seuls enfants de la Lumière » …..

Le PREMIER SURVEILLANT

.. « OSIRIS à la robe de Lumière, couleur du Principe éternellement pur, nous célébrons Ton Harmonie suprême, à laquelle nous espérons participer dans l’AMENTI. »

  • Beauté,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« ISIS qui sait rassembler la Parole Sacrée, la maintenir en son ordre et la communiquer aux Initiés, Toi qui les habitues à persister dans les Saintes Pratiques, dont la fin est d’obtenir la Connaissance de l’Être Premier et Souverain, accessible à la seule intelligence, les enfants de l’Art Royal saluent ici Ta BEAUTÉ Ineffable » …

Le SECOND SURVEILLANT

« ISIS, Divine Mère, au Voile teint des Couleurs innombrables du Monde, nous communions tous en la compréhension du Mystère que Tu as révélé aux Hommes » …

Lors de l’allumage des chacune des colonnes le Maître des Cérémonie devance le Vénérable Maître, se met à l’ordre de sa fonction et  frappe de façon énergique le sol avec son bâton lorsque l’étoile est allumée.

Cette frappe énergique ancre opérativement les forces de production du monde manifesté ….  sur le plan symbolique apparaissent les éléments suivants d’un Carré long (Sud-midi, Occident, diagonale NW-SE) … l’ensemble formant un réceptacle de la lumière d’Orient….

Pour mémoire, La Colonne corinthienne (H=10D) est celle de la Sagesse, la Colonnedorique (H=8D) est celle de la Force et la Colonne ionique (H=9D) est celle de laBeauté. La somme des trois nombres donne vingt-sept : Nombre de l’Univers.

 Il sera aisé de constater que les deux diagonales des deux « carrés long » se coupent très exactement à la position du Naos …. Exactement comme les diagonales du Carré long formées par la pose des phylactères lors de la sacralisation d’un temple qui permettent la pose de la Pierre Cubique à pointe !!!

4 : la sacralisation de tout action se confirmera par la cérémonie des parfumspar le Vénérable Maître.

distrilum-07Celui-ci se place entre les colonnes « Force » et « Beauté » … avance vers le Naos. Il est dos à l’Occident  puis …..

(met l’encens dans le brûle parfum) « Que ce parfum de suave odeur apaise nos âmes, (met l’encens dans le brûle parfum) atténue nos passions, (met l’encens dans le brûle parfum) et qu’il nous rende fraternel les uns pour les autres en élevant nos esprits et nos cœurs. »

Le brule parfum est placé à la pointe Occidentale du Naos … il repend sa subtile essence issue du monde divin modestement déjà décrit … il en imprègne tout espace de toute vie avant que ne se précise l’espace-temps opératif choisi par nos frères et sœurs pour œuvrer dans la matière

5 : La franc-maçonnerie est un sous-ensemble de l’humanité au service de cette harmonie universelle … elle vient jouer son rôle selon des règles et des principesdistrilum-08qui lui sont propres au travers des outils de la manifestation que nous avons tous acceptés …. Et que nous nommons « Les trois grandes lumières » de la maçonnerie c’est-à-dire Equerre, Compas et la règle … lesquelles sont enlacés selon une symbolique particulière attaché au grade travaillé et propre à notre Rite …. Ces lumières ne sont pas d’ordre physique mais elles pointent sur une référence absolue en matière de pratique opérative !! (D’où leur empreint à la franc-maçonnerie de métier)

Nous noterons, que c’est à partir de ce moment qu’une loge devient clairement maçonnique et investie d’une mission pour le moins humaniste et, pour le mieux, dispensatrice de connaissance  … avec la totalité de ses « moyens » visibles ou invisibles …

Au moment où tous les joyaux de la loge sont enlacés le Delta Lumineux (36°108°36°)delta3610836as’éclaire …. 108° correspondront aux 108 rayons qui adombrent nos trois mondes à partir du plan Divin …  Dans nos Rites nous trouverons au centre « l’œil d’Horus » … 108 un clin d’œil sans doute aux 108 grains du « malla » dont la maitrise totale signifie « Eveil »

Dans d’autres le Nom ineffable « Iod He Vav He » … dans d’autre, encore, « un Point » …   Les travaux sont, alors, sous les meilleurs auspices

6 : Pour être complet dans le champ maçonnique … un autre élément important doit figurer :

naosextraitTout ce qui a été dit est peut-être d’un intellectualisme contestable mais souvenons-nous, nous sommes à ce stade des constructeurs !!!! … il nous manque les plans de l’architecture que nous construisons grâce au « formatage » que nous avons reçu en héritage par la structure linguistique de note ADN et les états de conscience transmis ….   Ces plans qui doivent guider les apprentis, Compagnons et Maître … doivent être mis dans une crypte … sous le pavé mosaïque …. Car ils ne peuventkeops-plan-001pas être lu par le monde profane mais aussi par les frères et sœurs qui n’auraient pas, eux, fait l’effort de les découvrir, tel des spéléologues de la conscience intérieure …

Dans notre Rite : Nous ferons figurer un dessin d’architecte représentant une pyramide ….  Symbole s’il en est du lien fort et puissance entre Science et ésotérisme

Seule sera mise et à ce stade, en apparence la patente de Loge

Clôture des travaux 

… la fermeture des travaux se fera par le processus inverse ….

La loge ayant opéré son travail … le frère ou la sœur œuvrera dans le monde profane selon les connaissances nouvelles acquises … ainsi, transforme t’il le monde selon son état de conscience …

Dernière remarque

S’agissant des étoiles du temple nous retrouverons l’ennéade qui caractérise le temple symbolique …. Car nous avons réalisé l’équation 1 + 9 … le Un étant symbole de l’origine de tout monde manifesté (lumière éternelle) …  et le nombre 9  (3 pour le VM, 3 Scribe, Second Surv, Premier Surv, 3 Sagesse, Force, Beauté) … ainsi l’ennéade procède bien de l’Unité

Ennéade … qui comme le savent les frères et sœurs maçons du monde entier guide nos pas tout le long de nos échelles maçonniques …

Gérard Baudou-Platon

 

[i] L’on retrouvera sur ce thème de la musique des sphères de nombreux auteurs en particulier :

Aristote & Aristoxène qui établiront une première correspondance entre les planètes et des notes de musique

(Lune : « Ré », Mercure : « Do », Vénus : « Si bémol », Soleil : « La », Mars : « Sol », Jupiter : « Fa », Saturne : « Mi »)

  • Dans la famille des Pythagoriciens … Philolaos de Crotone, Platon, Ptolémée … auront leurs correspondances
  • De même au moyen âge avec les Néo-Platonicien (Plotin, Boèce …) & Copernic
  • Ensuite Kepler
  • Enfin, les temps modernes avec les Radiosources

[ii] Considération sur le plan Atmique … à rapprocher du Sanscrit « Âtma » … selon le dictionnaire de la Sagesse Orientale (Robert Laffont) … l’ÂtmaBoddha, littéralement « Connaissance de Soi » … le court mais important traité de l’Advaïta-Védenta, attribué à Shankara et régulièrement cité dans la littérature de cette philosophie, les 68 Sloka (vers) de l’œuvre traitent des principaux sujets important de l’indouïsme : Âtman, Brahman, l’effacement de da Brahman derrière les formes du monde sensible, ainsi que les méthodes qui mèment à la connaissance de Soi et à la délivrance

Âtman : Terme désignant, selon la conception hindouiste, le soi véritable et immortel de l’homme, ce que l’Occident appelle « l’âme » … spectateur impartial du « Jîva » .. il se situe, au-delà, du corps et de la pensée … conscience absolue …. Le Bouddhisme nie en revanche l’existence d’Atman …

JÎva :   « Vivre » … être vivant incarné … Le Soi incarné s’identifie à un corps, une pensée  … devenu égo, il se crée l’illusion d’une individualité et d’une causalité et s’enchaine ainsi au cycle de la naissance et de la mort …

 

[iii] Plan Bouddhique … à rapprocher de : le Bouddha considère que la vie est éphémère (Anitya), impersonnelle (Anâtman, Skandha) et donc douloureuse (Duhkha). La prise de conscience de ces Trois caractéristiques de l’existence (Trilakshana) marque le début du cheminement Bouddhique. La souffrance est le résultat du désir (Trishna) dont la disparition entraine la délivrance du Samsarâ …. Le Bouddhisme explique cet enchainement des êtres aux cycles des renaissances par la chaîne de production conditionnée (Pratîtya_Samutpada) …. La fin de ce cycle correspond à la réalisation du Nirvâna. Le Chemin pour y parvenir conformément aux quatre nobles vérités est le sentier Octuple qui enseigne la moralité (Shîla), la méditation (Samadhi, Dhyana), la sagesse et la connaissance (Prajnâ) ….

 

[iv] Plan Manasique …. Vient de Manas terme sanscrit ….

Pour les Hindous = Capacité de réflexion partie de l’Antahkarana, l’organe interne. Grace à Manas, nous recevons les impressions du monde extérieur qui dont soumise à la buddhi … manas nous incite au doute, nous aide à prendre des décisions et à changer nos désirs en actes …

Buddhi : composante de l’Antahkarana permettant de classifier les impressions sensibles grâce à sa capacité de discrimination …. Instrument inanimé qui, avec l’aide de l’intelligence et la connaissance de l’Âtman, développe toutes les facultés de l’homme jusqu’à l’intuition

Pour le bouddhisme : Esprit, intelligence. Manas désigne au sens le plus large l’ensemble des facultés et des activités intellectuelles, le fonctionnement intellectuel de la conscience.

Dernière des 6 bases (L’œil, l’Oreille, le Nez, la Langue, le Corps et l’Esprit), Manas en est là 6ième base et constitue le fondement de toutes activités psychiques  …. En tant que facultés de pensée, manas est considérée comme un sens supplémentaire adapté aux objets rationnels comme l’œil l’est aux objets visuels

Manas constitue le 7ième des 8 variétés de conscience

Source : http://gerardplaton.neowordpress.fr/

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Albrecht Dürer Oules trois voies de la réalisation initiatique 1 novembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Albrecht Dürer oules trois voies de la réalisation initiatique

16 juin 2012, 16:50

Albrecht Dürer oules trois voies de la réalisation initiatique

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Jacques Trescases

Réalisées en une année, les  » Meisterstische « , chefs d’œuvre du Maître de Nuremberg, sont trois gravures sur cuivre qui révèlent la maîtrise de leur auteur et la pleine maturité de sa pensée :  » Le Chevalier, le diable et la mort « , exécutée en 1513,  » Saint-Jérôme dans sa cellule « , et  » Mélancolie « , gravées en 1514, apparaissent a priori fort différentes, par leur facture autant que par leur sujet. Pourtant, ces œuvres ont toujours été considérées comme faisant partie d’un même ensemble, comme un triptyque destiné à transmettre un message unique.

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Certains ont vu dans ces trois gravures l’illustration des trois sortes de vertus, selon la classification scolastique : morales, théologales et intellectuelles . Le Chevalier représenterait ainsi la vie du chrétien dans le monde. Luthérien convaincu, Dürer pouvait effectivement imaginer le  » soldat du Christ  » armé et casqué pour affronter un monde plein de tentations et de fausses pistes, d’autant que cette image était classique et avait été maintes fois utilisée dans l’iconographie religieuse. Saint-Jérôme figurerait la voie mystique, tandis que la Mélancolie illustrerait la recherche intellectuelle, accompagnée de tristesse et de découragement. Cette interprétation paraît juste, mais il convient de la préciser en tenant compte du fait qu’Albert Dürer, initié, se devait de transmettre un message initiatique. Les trois gravures apparaissent dès lors comme l’expression des trois voies :

*La voie chevaleresque ;*La voie monastique ;*L’Art Royal.

Profondément enraciné dans son siècle et son terroir germanique, A. Dürer s’affirma rapidement comme l’un des plus grands peintres, dessinateurs et graveurs de tous les temps tandis que son génie était reconnu comme universel. Se définissant lui-même comme Maître artisan, il fut non seulement un artiste de grand talent, mais un créateur et un théoricien de l’art et des sciences, ami des humanistes les plus prestigieux et de scientifiques les plus renommés dans les domaines les plus variés (géographie, astronomie, naturalisme, mathématiques)Nombre d’indices permettent d’affirmer qu’il était initié :

* Il reçut probablement son initiation de son propre père, maître orfèvre, auprès de qui il fit son premier apprentissage. À l’époque, chaque corps de métier avait vraisemblablement sa propre initiation, transmettant à la fois les secrets de l’art et l’enseignement ésotérique. Parmi tous les métiers, celui d’orfèvre était sans doute l’un des plus nobles, et l’un des plus proches de celui de constructeur, par le soubassement géométrique qu’il impliquait, la technique du trait et l’art architectural.* Encore jeune homme, il entreprit ses  » voyages de compagnon  » auprès des plus grands maîtres d’alors, ce qui le conduisit notamment à Colmar, Strasbourg et Bâle, villes réputées pour leur tradition initiatique.* Où qu’il aille, où qu’il se trouve, il entre immédiatement en contact avec les meilleurs esprits de toutes les disciplines. À peine arrive-t-il à Venise, par exemple, qu’il se voit confié la confection du retable de San Bartolomo, église de la colonie allemande. * « La fête du rosaire », sujet de ce retable, semble avoir été commanditée par une  » confrérie du rosaire « , ordre initiatique dont Stabius aurait pu être une personnalité influente, peut-être même le Grand Maître.Dürer éprouvait une véritable vénération pour cet homme, qu’il a représenté plusieurs fois, notamment sous les traits de Saint-Coloman pèlerin, dont les armes comportent un aigle à deux têtes.

Les écrits de Dürer expriment des points de vue qu’aucun initié ne saurait renier : auteur d’un  » Traité des proportions « , il y révèle, au delà des techniques de son art, ses convictions intimes :  » L’art est dans la nature « , expose-t-il,  » tout ce qui est opposé à la nature est mauvais « . Mais la nature entière a été elle-même conçue sur des bases géométriques :  » Les éléments primordiaux de toute connaissance sont le triangle, le carré et le cercle « . Nul doute que, dans son esprit, la nature ne soit l’œuvre d’un artisan-géomètre, un Grand Architecte de l’Univers : La Beauté est pour lui témoignage de la Vérité, expression de la Divinité. Si l’art est le fait de l’artisan, honnête ouvrier intégré dans son équipe, il est inspiré par Dieu.  » Toute inspiration vient d’en Haut « . L’origine de l’art est divine et les plus grandes œuvres ne sauraient relever que de l’Art sacré. Dürer éprouva une prédilection pour les thèmes à portée ésotérique : le tarot, l’astrologie, la mort, l’Apocalypse de Saint-Jean, (dont il fut le plus prodigieux illustrateur). Même les sujets religieux, auxquels il consacra une grande part de son talent, s’offrent à une interprétation ésotérique, comme en témoigne cette ravissante  » Vierge à l’enfant  » : Sise sur un croissant de lune, elle patronne ainsi toutes les initiations ; inscrite dans un triangle, lui-même inscrit dans un cercle au centre d’un carré, elle tient sur son sein l’enfant Jésus, centre du tableau et centre du monde, ce qui est une manière, compte tenu de ses convictions, de montrer le parfait ordonnancement du Cosmos. Aimant faire son autoportrait, il se représente une fois sous les traits du Christ, ce qui ne saurait être interprété comme une folie paranoïaque, mais comme l’idéal d’un homme naturellement humble, qui doit s’efforcer de ressembler à l’image du Fils. Une autre fois, il se peint exhibant un chardon. Peut-être est-ce une référence à un ordre initiatique : Robert Bruce n’avait-il pas institué un Ordre de Saint-André du Chardon ?Albert Dürer, initié, se veut naturellement porteur d’une Parole :Les trois  » Meisterstiche  » constituent évidemment le meilleur support de l’enseignement ésotérique que le Maître génial de Nuremberg voulait inscrire dans son œuvre :

Melancolia IOu la quête de la Connaissance

Pour un non initié, cette gravure doit paraître bien déconcertante : une jeune fille ailée est montrée accablée et pensive au milieu d’objets insolites et hétéroclites. Elle n’est émouvante et signifiante que parce que son sujet, apparemment banal, a fait l’objet, de la part de l’artiste, d’une triple transmutation.

De l’humeur chagrine à la quête spirituelle

Dürer connaissait, pour l’avoir lui-même illustrée, la théorie des humeurs prévalant chez les médecins de l’époque : l’humeur prédominante caractérisait les individus susceptibles, dès lors, d’être classés en quatre catégories : les sanguins, les colériques, les lymphatiques, les mélancoliques. L’excès de bile noire ne donnait pas à ces derniers des caractéristiques très sympathiques : De complexion pessimiste, à l’aspect triste et au teint olivâtre, les mélancoliques étaient réputés malchanceux, déplaisants, maladroits, avares et avides, lâches, rancuniers et méchants. Fuyant leurs semblables et méprisant le sexe opposé, ils avaient une inclination pour l’étude solitaire.

Toutefois, à la suite de la publication en Allemagne des  » Lettres  » de Marsile Ficin et de ses  » livres de vie « , le concept de mélancolie s’était modifié et était devenu à la mode. Personnalité dominante de l’académie néoplatonicienne de Florence, – point de passage privilégié de la Renaissance de l’humanisme antique, dont Durer était friand, – Marsile Ficin était lui-même de constitution délicate et de disposition mélancolique. Il s’était consolé en découvrant chez Aristote une théorie réhabilitant les mélancoliques, dont il s’était fait le propagateur. Selon cette analyse psychophysiologique, le mélancolique se caractériserait par une sensibilité particulière, lui permettant d’atteindre, dans tous les domaines de la spéculation, des sommets inaccessibles au commun des mortels. Le mélancolique, réceptif à la  » furor divinis  » chère à Platon, pourrait connaître ces extases mystérieuses, qui lui donnent accès aux plus sublimes vérités. Les meilleurs peintres, poètes ou philosophes seraient des mélancoliques.

Cette nouvelle célébration de l’humeur mélancolique s’accompagne de la réhabilitation et de l’ennoblissement de Saturne et de sa planète, qui relève de la même complexion (froide et sèche). Les néoplatoniciens de Florence avaient découvert que Plotin et ses disciples avaient de Saturne une aussi bonne opinion qu’Aristote de la mélancolie :ayant engendré Jupiter, Saturne lui serait antérieur et supérieur. Il symboliserait l’Esprit du Monde alors que Jupiter n’en serait que l’âme. Saturne inspirerait notamment ceux  » dont l’esprit est enclin à la contemplation et à la recherche des choses les plus élevées et les plus secrètes « . Pourtant, vieux, sec et froid, lié à la Terre et même au monde souterrain, Saturne conserve des aspects néfastes dont il importe de se préserver : un Carré magique, figurant sur la gravure étudiée, permettait à cette fin de  » changer le mal en bien « 

Le caractère saturnien de cette gravure est en effet souligné par la présence du chien et de la chauve souris, attributs traditionnels de Saturne. Celui-ci était également associé, par une sorte de conséquence logique, à la géométrie, loi cachée du Cosmos et de la vie. À ce titre, Saturne avait déjà été représenté comme le grand Géomètre de la Terre. La Mélancolie saturnienne de Dürer est donc naturellement entourée des outils du géomètre (un géomètre architecte) et des produits de son art, la sphère et l’hexaèdre, dont la forme, insolite, est en fait significative.

Ainsi, à partir de figures connues, transposées par son génie, Dürer parvient-il à exprimer le caractère sublime et quasi désespéré de la quête de la connaissance, l’impuissance à savoir manier les outils dispersés et à utiliser la clef, dont le personnage central est muni, mais dont il ne sait apparemment pas se servir.

De la conception philosophique à la confession de l’artiste

Cette gravure nous touche parce qu’au delà de l’exposé d’une vision théorique, elle nous apparaît comme un aveu. La mélancolie de Dürer n’est en rien l’état naturel résultant d’un déséquilibre humoral ! C’est celle de l’artiste, parvenu au sommet de son art, qui a entrevu des vérités sublimes, qu’il se voit incapable d’exprimer.La maîtrise consommée résulte, selon ses propres écrits, de la parfaite coordination de deux acquis, le savoir théorique et, en particulier, une connaissance approfondie de la géométrie, ( » die Kunst) et l’habileté de l’art (« der Brauch « ).  » Les deux doivent aller de pair car l’un ne va pas sans l’autre « . Cette conception explique la torpeur du personnage central, (féminin), qui sait ce qu’il pense, mais ne peut agir, et, en contrepoint, la fébrilité activiste de l’angelot (masculin), qui griffonne sur son ardoise des graffitis dépourvus de sens. De la désunion de la théorie et de la pratique, ne peuvent résulter qu’impuissance et tristesse.

Exprimant ainsi son désespoir de ne pouvoir, malgré son talent, exprimer par son art les vérités sublimes qu’il perçoit dans le firmament, il rejoint l’aveu désabusé du Docteur Faust :

 » J’ai étudié toute la philosophie,Tout le Droit, toute la médecine,Et suis aussi ignorant qu’au premier jour « 

Le souci de perfectionnement est à la base de la Franc-maçonnerie des trois premiers degrés.  » J’ai à me perfectionner  » constate aussi le Grand Elu de la Voûte Sacrée du REAA, à l’issue du long périple de la Loge de Perfection.

De l’expérience de l’artiste à l’essence de l’Art Royal

Dürer nous offre dans ce tableau une double leçon d’ésotérisme, il démontre sa virtuosité dans la maîtrise de l’Art Royal. Le fourneau et le creuset sont des références alchimiques explicites ; mais les allusions invitent à approfondir la recherche dans cette direction ; ainsi, par exemple, nous savons que l’alchimie est représentée dans le médaillon central de la façade de Notre Dame de Paris par un visage de femme devant une échelle. La composition de Dürer représente également une jeune femme ailée devant une échelle, composée de sept barreaux, quatre visibles, trois invisibles, qui relie la Terre au Ciel, et dont, précisément, la jeune femme semble avoir perdu le secret.

L’artiste a glissé dans sa composition quelques rébus, dont la solution est à trouver dans l’ésotérisme : ainsi, par exemple, l’objet de la quête ésotérique consiste symboliquement à rechercher la  » quadrature du cercle » ; la juxtaposition du carré magique, du sablier et du compas, peut se lire , en allemand  » Quadra  » « Ur  » der  » Zirkel « . Un autre rébus propose une balance, l’échelle et la planète, qui peuvent se lire  » Waage –Leiter-Project « , décrivant ainsi trois phases du processus alchimique. Loin d’être un jeu puéril, le rébus est pour Dürer, comme pour les humanistes, le moyen de montrer que, derrière l’apparence du dessin, il convient de rechercher le sens caché.

Cette intention apparaît dans toute sa splendeur avec la présence du carré magique qui, au delà de la virtuosité arithmétique, porte un message initiatique d’un intérêt majeur :

16 3 2 13 5 10 11 8 9 6 7 12 4 15 14 1

La somme des nombres inscrits dans chaque case est toujours égale à 34, quel que soit le sens dans lequel l’addition est faite : horizontal, vertical, ou en diagonale. Ce carré se divise en quatre carrés de quatre cases : le total des nombres de chaque carré fait encore 34. Au total, on trouve 22 fois le nombre 34, lequel peut se lire 3 + 4. Le nombre 7 est celui de la maîtrise, celui où la Terre s’ouvre à la lumière du Ciel (raison pour laquelle l’échelle a sept barreaux). Le nombre 7 est bien le nombre clef : le carré magique comprend 16 cases : 6+1.22 : 7 = 3,14116 = Pi, nombre permettant de passer du carré au cercle, soit, pour nous, de l’équerre au compas, le chiffre qui résout le problème de la quadrature du cercle. Les deux volumes qui figurent au centre de la composition sont précisément l’hexaèdre et la sphère. L’hexaèdre est un polyèdre à six faces en forme de pentagone : il contient le secret du passage du cube à la sphère. On notera sans surprise que 6+1 correspond à la batterie du Maître Secret. Ce rapprochement n’a rien d’artificiel, car, en fait, c’est tout le cycle de la quête de la Connaissance que peut figurer cette gravure. Quête bien décevante, car l’adepte est incapable de définir la lumière qu’il a perçue, qui ne brille que faiblement au cœur de l’arc-en-ciel. Cette lumière n’éclaire plus l’héroïne du tableau, dont les ailes semblent indiquer que c’est un ange non pas crânement déchu, comme Lucifer, mais simplement égaré, par ce qu’il a perdu le secret du sens ; la Parole est Perdue et tout semble promis à la désespérance.

Il a perdu  » la droite voie  » dont parle Dante au seuil de la Divine Comédie, qui le plonge dans le même état d’accablement. Mais cet abattement n’est que provisoire : tout invite à le dépasser ; d’ailleurs notre héroïne porte sur elle la Clef, comme le Maître Secret, qui ne sait quoi en faire. C’est le sens du I qui figure à côté du titre  » Melancolia « , mot latin qui se traduit par  » Sehnsucht  » en allemand, la  » nostalgie « , la nostalgie de ce qui a été perdu, qui nous apportait le bonheur de vivre. La Parole Perdue invite donc l’adepte à changer de voie, à en explorer une autre pour la retrouver.

La voie mystique Ou L’éclosion de l’ Amour sublime

Saint-Jérôme dans sa cellule. Cette gravure donne l’impression exactement inverse de celle produite par la précédente : tout est calme, serein, ordonné. Même si le tableau comporte nombre d’éléments, ces derniers sont délibérément secondaires, subordonnés au sujet central, focalisé par le jeu subtil de la perspective et de la lumière. Au delà de la prouesse technique, le message est clair : le don total de soi apporte Paix et Joie.

Depuis son plus jeune âge, Dürer avait été fasciné par Saint-Jérôme. Il l’a représenté au moins dans cinq circonstances différentes : près d’un saule, battant sa coulpe, près d’un crâne, dans une grotte, et, à deux reprises, dans sa cellule. La forte personnalité de ce saint permet de comprendre cette fascination : docteur et  » père  » de l’Eglise, Saint-Jérôme, ou HIERONYMUS, avait été un savant et un érudit. Féru de culture classique, il connaissait le grec, le latin, l’hébreu et l’arménien. Il avait été successivement, prêtre, moine, anachorète, cardinal. Dürer admirait surtout en lui le lettré qui avait su faire le pont entre sa culture classique et sa foi chrétienne, donc un précurseur des humanistes dans lesquels l’artiste se reconnaissait.

Le personnage que Dürer représente dans cette gravure n’est pas l’érudit, mais le saint, même s’il reste penché sur son écritoire. Il a surmonté l’appréhension de la mort, dont la présence lui reste familière (crâne posé devant lui, sablier qui lui compte son temps), apaisé ses pulsions terrestres (chien endormi) et domestiqué sa vanité (lion assagi). Triplement illuminé par le soleil, qui filtre à travers les vitres, la Croix du Christ, offerte à sa contemplation et sa propre lumière intérieure, il peut, en toute humilité, se consacrer à son œuvre au service de l’humanité entière. En effet, il apporte au Monde  » la Parole « , en traduisant la Bible, porteuse pour l’humanité entière, de foi, d’espérance et de charité.

Cette œuvre, qu’il ne suspend que lorsque ses forces doivent être renouvelées, correspond au but d’un Rose-Croix, un grade charnière du REAA :  » Combattre l’orgueil, (son chapeau de cardinal est négligemment accroché à un piton), l’égoïsme et l’ambition, afin de faire régner à leur place le dévouement et la charité  » . Comme celui-ci, il ne découvre sa vocation qu’après avoir traversé le désert, l’impasse que constituait l’acquisition de la connaissance, si l’on ne la partage pas dans un acte d’amour totalement gratuit. Il n’est porteur de Parole que par ce qu’il se veut  » le plus humble de tous « , parce qu’il est  » le plus éclairé  » et qu’il sait  » que toute inspiration vient d’en Haut « 

Le CHEVALIER , LE DIABLE ET LA MORT. ou L’action de l’Initié dans le Monde.

Comme pour la gravure précédente, le double jeu des ombres et de la lumière fait montre d’une virtuosité stupéfiante. Ainsi, ou remarque moins, au premier abord, que la composition s’inscrit élégamment dans un pentagramme étoilé, symbole d’harmonie parfaite. Nous connaissons suffisamment Dürer pour savoir que cette composition n’est ni fortuite ni gratuite. La détermination sereine du cavalier dominant sa monture, qui chemine d’un pas mesuré, est encore rendue plus manifeste par le contrepoint du DIABLE, bouc et pourceau, plus répugnant que jamais, et de la MORT, cadavre en décomposition, horrible et ricanante pour se faire plus effrayante.

Moine-soldat et pèlerin :Tandis que Saint-Jérôme figurait la vie du saint dans le monde spirituel, isolé des bruits et violences du monde, le Chevalier représente le chrétien en action, dans sa vie quotidienne, confronté à son hostilité, à ses tentations, à ses illusions. Comme pour les deux gravures déjà étudiées, Dürer trouve le modèle de son personnage central dans l’iconographie populaire que son génie propre métamorphose et transfigure. Le thème de  » soldat du Christ « , maintes fois traité avant lui, trouve sa source dans les Ecritures : déjà Saint Paul exhortait les chrétiens à  » revêtit l’armure de Dieu « ,  » la cuirasse de justice « ,  » le casque du salut  » tout en précisant que  » les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas celles de la chair, mais de l’esprit « . Cette métaphore reste courante durant tout le Moyen-âge et l’on en trouve de nombreuses xylographies. En revanche, le Diable et la Mort accompagnent plutôt le pèlerin, qui affronte un monde hostile pour effectuer son cheminement. Comme pour  » Mélancolie « , Dürer mélange donc deux thèmes pour qu’ils s’enrichissent mutuellement.

L’image de  » soldat du Christ  » avait été reprise par Erasme, précisément au moment où Dürer réalisait sa gravure :  » Afin que vous ne soyez pas détournés du chemin de la vertu, parce qu’il apparaît ardu et lugubre, parce qu’il peut exiger que vous renonciez aux avantages du monde et que vous combattiez incessamment trois ennemis déloyaux qui sont la chair, le diable et le monde, voici une troisième règle qui se propose à vous ; tous ces mauvais esprits et ces fantômes qui viennent vous assaillir comme dans les gorges de l’Enfer, vous devez les compter pour rien, suivant l’exemple de l’Enée de Virgile.  »

C’est exactement ce que représente l’artiste dans cette gravure, différente en cela de toutes les illustrations antérieures : les ennemis de l’homme, si effrayants et horribles soient-ils, ne semblent pas avoir de réalité : ils ne sont que des fantômes, des fantasmes, pourrait-on dire, que le chevalier doit ignorer. Sûr de lui, armé de sa vertu et casqué par sa foi, il passe sans les voir et poursuit calmement son chemin,  » les yeux fixés intensément et sans faiblir  » , vers l’objet de sa quête.

Chevalier de l’Universel et de l’éternel. Jusqu’alors, l’Initié avait progressé dans un milieu artificiel et protégé. Le maçon reçoit son initiation et reçoit toutes ses élévations de salaire dans une Loge ou un Atelier supérieur, espace-temps sacré, en dehors de la vie courante. L’Ordre constitue un cadre protecteur où il peut exercer ses vertus à l’abri des exigences, tentations et agressions du monde extérieur. Mais il est évident que l’acquisition de sa propre maîtrise et la libération de son inclinaison à l’altruisme n’ont de sens que s’il peut les vivre dans sa vie quotidienne et sait les faire partager dans sa famille et les divers milieux qu’il fréquente. Un statut intermédiaire est celui des travaux en salle humide. Où les discussions suscitent échanges et nécessitent maîtrise de soi.

À titre d’exemple, Au 30éme degré du REAA, le Kadosch (saint) est considéré suffisamment armé pour affronter le monde extérieur : C’est sur le monde et dans le monde, qu’il doit agir. Il  » a acquis la notion d’un plan supérieur qui est celui de l’absolu, où la dualité se résout en unité,  » mais ne peut pas vivre sur ce plan supérieur. Il lui faut donc redescendre sur celui de l’humanité et s’y affermir pour agir efficacement « . Ce cheminement sera pour lui un combat, un combat permanent pour le Droit et la Justice. À cette fin, il est armé du  » glaive flamboyant de Saint-Michel « , de la  » lance inflexible de Saint-Georges « , et du  » Caducée de Mercure « . Le Chevalier de Dürer,  » der Reiter « , a aussi ces trois armes : l’épée, le bâton de pèlerin et son propre détermination, la composition le plaçant au milieu du Diable et de la mort, dont l’ensemble forme précisément le caducée. Il est guidé par la lumière de la Jérusalem céleste que l’on voit représentée en haut et vers laquelle il se dirige, même si cet objectif paraît inaccessible, sa voie le maintenant actuellement dans un chemin sombre où toutes les embûches sont à craindre.

 » L’homme qui se régénère, se spiritualise, se dépouille pour ainsi dire de l’homme de chair, franchit les portes de la mort pour entrer dans le cycle de la vie éternelle  »  » Chercheur de lumière, celle de la vérité et de la Justice, le chevalier est véritablement  » saint « , puisque protégé par son casque et sa cuirasse contre les exigences, les tentations et les illusions qu’il rencontre. Prêt à combattre  » toutes les ignorances, tous les fanatismes, qui sont les oppresseurs de la pensée, de la Justice et du Droit « ,  » sa profonde foi l’éclaire dans le combat qu’il mène « . Ses alliés sont le chien, saturnien, en contact avec la Terre et le monde souterrain, entièrement domestiqué, symbole de fidélité, de zèle et d’obstination, et la salamandre, animal mythique qui survit, dit-on, à son immixtion dans le feu, donc symbole de la régénérescence par l’Initiation. Ses ennemis, si redoutables et répugnants qu’ils paraissent, sont faciles à maîtriser : il suffit de les ignorer et de les tenir à distance : ce ne sont que les produits morbides d’une imagination exaltée.

Le DIABLE-POURCEAU, figure de l’instinctivité primaire, ne parvient pas à troubler, ni avec sa corne (naturelle), ni avec sa pioche (artificielle), le sage qui a su mettre un écart entre ses pulsions et son esprit souverain. L’assise solide du chevalier exprime la même idée : l’impulsivité du cheval est parfaitement maîtrisée par le cavalier qui contient sa fougue et maintient sa monture au rythme qu’il lui impose. Quant à la MORT, le Kadosch n’a pas à la craindre : elle viendra à son heure, nécessairement, au bout du chemin, (crâne et sablier sont là pour le rappeler). Mais le seul ennemi à redouter, c’est la seconde mort, décrite par l’auteur de l’Apocalypse, que Dürer connaît bien, quand il écrit :  » Le vainqueur, jamais ne connaîtra la seconde mort « .

Au terme de cette étude, deux conclusions. Certains rapprochements sont audacieux, mais ils ne sont arbitraires. Albrecht Dürer, maître ésotériste incontestable, a montré que les jeux de mots et d’esprit peuvent être porteurs de vérités supérieures. On chercherait évidemment en vain le nom de Dürer sur les registres de Loges ou de sociétés initiatiques ayant survécu.

En revanche, à la lumière de ses trois œuvres maîtresses, toute progression initiatique, quelle qu’en soit la forme, à emprunter et explorer, successivement, puis simultanément, les trois voies de la Connaissance, de l’Amour et de l’Action. Ces trois éléments apparaissent bien entendu dans les trois premiers degrés de la Maçonnerie et sont à développer en parallèle.

Merci Ana de cette trouvaille et du partage.

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Symbolisme Egyptien en Franc-Maçonnerie 13 septembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Contribution , 3 commentaires

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On ne s’attarde guère aujourd’hui, à rechercher dans la symbolique maçonnique dite Moderne, les origines des outils qui nous sont proposés et que par habitude nous manipulons en Loge. C’est ainsi que peu à peu, au fil des générations montantes, nous avons perdu le sens du sacré et que se sont crées des mouvances parallèles qui n’ont plus de Maçon que le nom, bien que l’esprit traditionnel y soit préservé lors des cérémonies d’intronisation.

Si pour certains d’entre nous, les symboles et les nombres utilisés par la Franc maçonnerie sont les éléments familiers d’un langage universel inscrit dans notre cosmologie, nombre de Sœurs et de Frères initiés aux différents Rites de nos obédiences ne réalisent pas toujours la portée symbolique des outils qu’ils observent et manipulent en Loge. Leur regard est naturellement attiré par les éléments les plus remarquables, mais ils se contentent trop souvent des explications volontairement succinctes trouvées dans leurs rituels. Aussi, les sujets dont je souhaiterais vous parler ce soir, concernent l’origine égyptienne de quelques uns de ces symboles qui n’appartiennent pas en propre à la Franc-maçonnerie mais que nous véhiculons dans nos rituels sans toujours en connaître le sens caché.

Nombre d’éléments présents dans nos Loges attestent que notre spiritualité est solaire. L’invocation que nous faisons lors de l’ouverture des travaux « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », introduit cette notion importante, que nous symbolisons par des signes plus ou moins parlants tels que le Soleil et la Lune, l’espace sacré recevant le Pavé Mosaïque où le Delta Lumineux. Pour les anciens égyptiens, notre Grand Architecte était symbolisé sous le nom de Rê par le disque solaire, non pas comme étant Dieu mais comme étant sa première manifestation dans le monde visible. Il se manifeste par la Lumière qu’il diffuse, et qui crée la vie. Il n’est pas le « Dieu créateur de toutes choses », mais le principe de mutation des ondes dites cosmiques qu’il véhicule et qu’il transforme en énergie créatrice.

En Égypte, la base de la Grande Pyramide du Pharaon Khéops formait un carré rigoureusement orienté, tandis que sa pointe culminant en plein centre, à 144 mètres d’altitude, symbolisait l’origine de toute création. Du fin fond de l’Univers symbolisé par le point, la Lumière descendait éclairer la Terre symbolisée par le Carré.

Comme les égyptiens qui considéraient le pronaos, cette sorte d’antichambre à la porte close par un sceau d’argile au chiffre du roi, comme un lieu consacré, au centre de laquelle était positionné la pierre cubique à pointe contenant l’une des manifestations divines de l’Enneade (groupe des neuf divinités de lamythologie égyptienne rassemblant toutes les forces présentes dans l’univers : le démiurge Atoum, l’humidité Tefnout, l’air Chou, la terre Geb, le ciel Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys), les Maçons consacrent leurs Loges à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers dont ils symbolisent la présence par différents tableaux posés sur un Pavé Mosaïque, entouré sur trois de ses angles par des colonnettes de différents styles. Pour nous Maçons, comme pour les anciens égyptiens, cet espace réputé sacré, symbolise la Terre comme faisant partie intégrante de l’Univers qui l’entoure.

C’est pour en faire la démonstration que nos illustres prédécesseurs ont choisi la forme du Carré afin de permettre à ce symbole de se manifester. Aujourd’hui, certaines Loges représentent le Pavé Mosaïque en additionnant deux triangles aux proportions pythagoriciennes, pour former un Carré Long sur lequel sont tracés 108 cases, soit 12 de l’Orient à l’Occident, et 9 du Nord au Midi. Faisant abstraction des dogmes anciens, la géométrie, si chère à notre Ordre de bâtisseurs, nous enseigne ce pourquoi ce symbole fut choisi. En effet, si l’on additionne les angles qui gravitent autour du Carré, nous en totalisons 12 à 90 degrés, soit 1080 degrés. C’est parce qu’aucune autre figure géométrique que le Carré Long n’aurait pu convenir, que celle-ci a été choisie, aussi bien par les égyptiens que par la Franc maçonnerie.

Au centre de nos Loge, représenter la Terre au sein de l’Univers, permet de comprendre ce que symbolise le Grand Architecte de l’Univers. Celui ci est en nous et autour de nous. Il totalise symboliquement les 1080 degrés que nous avons déjà définis autour de notre planète, auxquels s’ajoutent les 360 degrés qui se trouvent à l’intérieur du point, du cercle, du carré ou de toute représentation graphique, voir humaine, soit 1440 degrés. C’est ce nombre qui fut attribué au Grand Architecte de l’Univers par les prêtres égyptiens et les bâtisseurs de cathédrales, et qui fut retenu pour symboliser notre Univers. Ce calcul peut paraître un peu fou voire du domaine de la superstition. Pourtant, ce nombre revient trop souvent pour qu’il ne soit question que d’une simple coïncidence.

144 millions de kilomètres séparent la Terre de l’astre Solaire qui, pour les spiritualistes que nous sommes ou souhaitons devenir, serait la première manifestation visible d’un Univers incommensurable. La méthode de calcul attestée par nos scientifiques précise qu’à la vitesse de la lumière, soit 300 000 kilomètres à la seconde, la lumière met 8 minutes à nous parvenir, soit 8 minutes de 60 secondes que multiplie 300 000 kilomètres, cela fait bien 144 millions de kilomètres.

Est-ce un hasard si au cadran de nos montres, les 24 heures de la journée font au total 1440 minutes ? Est-ce le hasard qui fait que le temps de la création inscrit dans les arcanes de la Genèse, celle de Moïse, augmentée des apports égyptiens, soit également symbolisé par ce nombre ? En effet, nous trouvons que sous les images naïves des enseignements de la Bible et des livres sacrés se cache une clef universelle. Il y est enseigné par exemple que « Dieu créa le monde en six jours « . Six jours, cela fait bien six fois 24 heures soit 144 heures. Était-ce au hasard que les égyptiens de l’Ancien Empire, soit environ 2800 ans avant notre ère, ont choisi de considérer le nombre 144 comme étant à la fois, le Chiffre de la Terre et son nom numérique, l’inscrivant dans la géométrie de la Grande Pyramide symbolisant, mieux qu’aucune autre forme, le faisceau de lumière éclairant notre planète ?

Coïncidence, serez-vous peut être encore tenté de dire. Non ! Il ne saurait y avoir de coïncidence touchant un nombre qui se retrouve dans la Genèse, dans la Pyramide, sur le cadran de nos montres et dans un jour de rotation terrestre. Tout le mystère de notre Univers s’ordonne d’après ce nombre, repose sur lui et nous découvrons, grâce à lui, que l’unité de loi engendre l’unité de fait. 144, est donc le nombre clef, le nombre parfait, le nombre de notre univers, le nombre qui est le nom chiffré de notre planète et, en quelque sorte, la clef de la lumière. C’est pourquoi il est symbolisé dans nos Temples et qu’il peut être utile de le savoir.

D’autres symboles décorant nos ateliers, attestent que notre spiritualité est d’origine solaire. La Voûte Étoilée, le Soleil et la Lune, l’étoile flamboyante, la forme pyramidale du triangle, la référence à la Lumière etc. L’énergie cosmique y est aussi parfois suggérée par la présence d’un fil à plomb symbolisant l’Axe du monde sur le centre du tableau de Loge où du Naos selon le rite choisi par les ateliers. Sa verticalité est également représentée sur le décors des Premier et Second Surveillant. Elle manifeste la présence du Grand Architecte de l’Univers. Son peson symbolise le sommet d’une pyramide formée avec les angles du Pavé Mosaïque, protégeant ainsi virtuellement la formalisation de notre Ordre qu’est le Tableau de Loge. Dans les Rite égyptiens, les trois Grandes Lumières que sont l’Équerre, le Compas et la Règle, ainsi que la Lumière Eternelle sont posés sur une table triangulaire appelée Naos, de manière à les positionner au centre même de la Pyramide, lieu que les Anciens égyptiens avaient choisi avec soin pour y installer le coffre ouvert symbolisant le martyr et la résurrection d’Osiris dans la Chambre dite « du Roi ».

Ici tout est symbole rappellent nos Rituels. Le Livre de la Loi Sacrée, posé sur l’Autel des Serments en est l’un des plus significatifs. Ce symbole est souvent controversé lorsqu’il s’agit d’un ouvrage comme la Bible ou le Coran Pourtant ce livre, ouvert sur le Prologue de Saint Jean n’est pas réducteur au point de symboliser une religion, fut-elle d’État. Initiatique par essence, il propose dans son Ancien Testament, l’idée d’une humanité plongée dans l’ignorance, qui dans une période historiquement troublée reçoit une révélation, qui par la suite la conduira sur un chemin d’initié, guidée par les enseignements du Maître. Anecdotique, la Bible, comme le Livre des Morts égyptien, est une compilation d’ouvrages anciens. Elle correspond à une période de l’histoire Judéo-chrétienne dont les religions méditerranéennes se sont inspirées. En s’appropriant ces textes et en superposant le dogme à l’histoire, les religions chrétiennes et coraniques, ont détourné leur sens initiatique. C’est pourquoi, depuis la séparation de l’Église et de l’État, la Franc maçonnerie laïque et républicaine préconise l’invocation au progrès de l’Humanité, et la possibilité de remplacer la Bible par le Livre Blanc, afin d’éviter tout amalgame avec la religion.

Il est remarquable de constater que lorsque l’Expert et le Maître des Cérémonies forment la voûte sacrée au dessus de l’Autel des Serments, ils forment un angle de 108 degrés équivalent à celui du Delta Lumineux, sous lequel les trois Grandes Lumières sont présentes et posées, comme pour le Naos égyptien, sur un socle à mi-hauteur de la pyramide ainsi formée. Seule différence notable, dans nombre d’Ateliers, le Pommeau de la Canne du Maître des Cérémonies qui logiquement devrait se trouver au sommet de ce triangle pour symboliser la lumière manifestée du Grand Architecte de l’Univers sur les outils censés la représenter, est souvent gardé dans la main, modifiant le sens allégorique de son action.

Tous ces symboles nous renvoient à cette étroite relation entre l’astre solaire et la Loge. Ils participent notamment à l’ouverture de nos travaux, quand la lumière est la plus courte, lorsque la distance entre ce qui pour nous symbolise le Grand Architecte de l’Univers, et le lieu de sa manifestation.

La voûte étoilée composées de petites étoiles à cinq branches est elle aussi un symbole égyptien. Peinte sur le plafond des tombeaux royaux, elle représentait le monde où séjournaient les dieux. Lorsque pharaon, considéré par le peuple comme un dieu vivant, rejoignait, au crépuscule de sa vie, l’Orient éternel, une nouvelle étoile était censée s’allumer dans le ciel. En Egypte, il n’y eu jamais d’autres formes d’étoiles que celles à cinq branches que nous observons au plafond de nos ateliers. Dans nos Loges, les travaux sont couverts par le Grand Architecte de l’Univers que symbolise cette voûte étoilée.

A l’Orient, la Lune et le Soleil sont représentés. Si les symboles sont universels et n’appartiennent à personne, c’est la manière de les conjuguer entre eux qui personnalise notre Ordre. Comme le précisent nos rituels respectifs, nous travaillons de midi plein à minuit plein, c’est-à-dire lorsque ces deux astres sont à leur zénith. C’est pourquoi les carreaux du Pavé Mosaïque sont alternés Blanc et Noir. Cependant ces deux astres ainsi positionnés derrière le Vénérable Maître, suggèrent également le sens de rotation des planètes et des énergies. Ainsi, c’est parce que la course du soleil se fait de la droite vers la gauche, c’est-à-dire en sens inverse des aiguilles de la montre, que nous marchons de la gauche vers la droite. Nous ne fuyons pas devant les énergies qui circulent dans la Loge, nous marchons au devant d’elles et nous nous en imprégnons. C’est aussi pourquoi à la clôture des travaux nous croisons les bras pour entrer dans la Chaîne d’Union. Bras droit sur bras gauche, la main droite donne ce que la gauche a reçu. Notre propre énergie peut ainsi circuler à contre courant, et chaque participant agissant comme une pile en série sur son voisin, se charge ou se décharge au gré des travaux perçus durant nos tenues. Cette Chaîne d’union qui permet le partage des énergies accumulées durant les travaux, et donne à chacun le sentiment positif d’être en harmonie avec les autres participants, d’être sur la même longueur d’onde en somme, se retrouve dans le symbolisme égyptien. Les dieux principaux de l’Ennéade, sont très souvent représentés se tenant par la main formant une chaîne autour d’un point central symbolisant la manifestation du dieu unique. Cependant, intercesseurs entre dieu et les hommes, ceux-ci se tiennent respectueusement le dos tourné au centre, tandis que nous nous faisons face. Quoiqu’il en soit, le symbolisme égyptiens et celui des Francs maçons se rejoignent pour faire circuler leurs énergies en sens inverse des aiguilles de nos montres.

La Lune, quant à elle, est toujours représentée montante, car c’est une loi de la nature, bien connue des cultivateurs. C’est à la Lune montante considérée comme bénéfique que tout ce qui doit sortir de terre doit être planté. C’est donc un rappel pour l’Initié, du long cheminement souterrain qui, au cours de ses premiers voyages, l’ont conduit des ténèbres du cabinet de réflexion aux lumières de l’Orient.

C’est pourquoi eux aussi l’utilisèrent comme symbole. Cependant, si la lumière du Soleil, chargée d’énergie positive, était qualifiée « d’ombre de dieu » par les prêtres égyptiens, ceux ci s’interrogeaient gravement sur cet Astre qui pouvait n’être qu’un miroir reflétant des ondes cosmiques venues d’au-delà de notre système solaire.

Placé entre la Lune et le Soleil, le Delta Lumineux symbolise sur un plan spirituel, la présence du Grand Architecte de l’Univers et son principe créateur. C’est pourquoi nous y trouvons parfois inséré le nom de « Jehova » ou tout autre symbole s’y rapportant. On retrouve ce Delta inscrit sur le Tableau de Loge sous l’apparence d’un fronton surmontant une sorte de tabernacle posé sur les marches de l’Orient. Dans le Saint des Saints des temples égyptiens, le Naos où reposait la statue en Electrum du dieu tutélaire, avait exactement la même forme, les mêmes proportions et la même fonction que l’édifice que nous symbolisons ainsi. Il est remarquable de constater que l’angle au sommet du fronton maçonnique et celui du Naos égyptien sont rigoureusement calculé à 108 degrés, tout comme celui du Delta Lumineux qui se décompose en deux triangles pythagoriciens reliés ensembles par leur base.

D’autres symboles égyptiens que l’on retrouve en maçonnerie sont souvent mal ou pas du tout représentés. C’est le cas de la Corde formant des Lacs d’Amour qui ceinture nos Loges et se termine par deux Houppes dentelées sur les Colonnes d’Occident. Si notre Ordre s’identifie par ses symboles aux bâtisseurs d’antan, il est raisonnable de penser que cette corde avait une fonction opérative pour l’élaboration de leurs chefs d’œuvres. C’était donc un outil usuel, au même titre que les maillets, ciseaux et autres symboles présents dans nos ateliers. Il est donc logique que cette corde soit représentée, et qu’utilisée par nos pairs comme instrument de mesure, elle puisse comporter 12 nœuds. Les Anciens Égyptiens ont utilisé la corde à 12 nœuds pour tracer sur le sol le triangle rectangle dits de Pythagore aux proportions de 3, 4, 5, qu’ils retournaient sur son hypoténuse pour former le carré long.

Initialement, les nœuds formés aux deux extrémités étaient fermement serrés de manière à empêcher les fils qui la composaient de se détresser. Contrairement aux cordes modernes en nylon dont on peut brûler les bouts, les cordes de chanvre utilisées par nos prédécesseurs ne pouvaient être terminées que par des nœuds qui, pour être serrés, nécessitaient une sur longueur d’une coudée. On attribua à cette partie de corde détressée, tombant de chaque côté des colonnes J et B une signification symbolique que l’on appela des « houppes dentelées ». Partant de la colonne B pour rejoindre la colonne J (ou réciproquement selon le Rite) ces filaments de chanvre qui viennent s’entrecroiser pour former une corde bien solide, symboliseraient la multitude des Sœurs et les Frères qui quittent le monde profane pour venir s’unir dans le Temple. A l’autre extrémité, ces mêmes filaments qui se dénouent représenteraient les mêmes Sœurs et Frères repartant vers le Monde Profane, chargés des énergies bienfaitrices échangées dans la Loge. Cependant, la Chaîne n’est pas rompue pour autant car elle s’ouvre sur l’humanité puisque notre devoir est de transmettre au dehors les bienfaits acquis dans nos Temple.

12 nœuds composent cette corde, et nous travaillons de midi à minuit, soit 12 heures. Mais pourquoi commencer la journée à midi, alors que le soleil se lève entre 6 et 8 heures du matin selon la saison et que celui-ci se couche environ 12 heures plus tard obligeant les maçons à s’éclairer pour achever leur journée de travail. En vérité, le Maçon ne peut travailler efficacement sur lui-même que s’il a pu faire un premier bilan de sa vie, débarrassé des contraintes obérant sa liberté (enfants à élever, situation professionnelle etc…),en fait, symboliquement au Midi de son existence. Il peut alors se consacrer à développer sa spiritualité jusqu’à l’heure de son ultime initiation que le profane appelle la mort, et que les Maçons nomment l’Orient éternel, au Minuit de son existence terrestre.

Bien que nombre de Maçons le réfutent énergiquement, la Franc maçonnerie spéculative pourrait être née en Égypte il y a environ 5000 ans. En effet, si l’on peut affirmer que la Maçonnerie opérative serait née avec la première construction édifiée en pierre datant d’environ 30 siècles avant notre ère, la maçonnerie spéculative, quant à elle, remonterait au projet même de cette première réalisation. Car pour finaliser une œuvre structurée, il faut avant tout l’avoir imaginée, en avoir conçu le concept, en avoir étudié les formes en fonction du but recherché, et avoir déterminé la méthode avec les moyens à disposition. Il ne s’agit pas là de minimiser le rôle de l’ouvrier maçon qui, à son niveau, aura créé l’outil et façonné la pierre. Il s’agit de comprendre quelles étaient ses motivations, quel était le moteur de son génie.

Aux époques archaïques, où les Rois se prétendaient « Suivants d’Horus », et où la religion d’état s’appuyait sur la cosmogonie, l’astronomie et l’astrologie, le ciel était symbolisé par la déesse Nout, dont le corps formait la voûte céleste. A Louxor, dans la Vallée des Rois, peint sur le plafond des tombes de certains Grands Pharaons du Nouvel Empire, on peut voir une scène tout à fait significative se comparant à notre propre symbolisme de la corde qui ceinture nos Loges. La déesse du ciel dont le corps est parsemé d’étoiles, y est représentée avalant chaque soir le soleil et l’accouchant chaque matin. Entre sa bouche et son sexe, sont dessinés 12 soleils indiquant que durant la nuit celui ci continuait sa course. Alors, pourquoi le corps de la déesse du ciel ceinturant la Terre ne pourrait-il symboliser la voûte étoilée de notre temple et la corde à 12 noeuds qui la ceinture, ancrée sur les colonnes du Temple ? Pourquoi les doigts des pieds et des mains de la déesse ne symboliseraient-ils pas seraient ils pas les houppes dentelées et les soleils présents dans son corps, des Lacs d’Amour. Plutôt que d’observer notre environnement sur un plan horizontal, si comme le suggèrent les Tableaux de Loge, nous verticalisons ce sur quoi nous marchons, les colonnes sur la Terre et les astres dans le ciel, nous retrouverions bien ce schéma de la déesse Nout protégeant nos travaux.

Au plafond des temples et des tombes égyptiennes les 12 heures du jour et les 12 heures de la nuit sont symbolisées par des Soleils, or un détail quasi-insignifiant pour les occidentaux atteste que cette scène pourrait se comparer au symbolisme maçonnique prétendant que nous travaillons de Midi à Minuit. Dans cette scène tirée du Livre des Morts égyptien, devant le sexe de la déesse Nout, un Scarabée d’or, reçoit dans ses ailes le premier Soleil de la journée. Ce petit animal qui pousse sa boule de Terre à reculons, contenant sa nourriture ainsi que sa progéniture, nous rappelle que celui-ci, trop engourdit par le froid de la nuit pour pouvoir s’envoler, doit attendre le moment favorable où ses ailes sont chauffées par le soleil, c’est-à-dire à midi, lorsque sa lumière est au zénith. Suivent les douze Soleils symbolisant les heures de la journée, dont le dernier est avalé par la déesse. Ces observateurs de la nature et des astres que furent les égyptiens, nous ont transmis, gravés dans ce matériau réputé incorruptible qu’est la pierre, des images symboliques dont furent tirés un grand nombre de nos propres symboles. Peut être faut il chercher les fondements de leur pensée pour résoudre certaines énigmes aujourd’hui incompréhensibles par un esprit trop matérialiste.

En tant que fils du dieu Rê dont il porte le signe hiéroglyphique devant le cartouche portant son nom, le pharaon était supposé être détenteur du savoir et garant des traditions. Suivant d’Horus et es qualités, il était également le Grand Maître de la corporation de bâtisseurs qui, vivant généralement en autarcie pour protéger les secrets dont ils étaient détenteurs, se reconnaissaient par des signes et se présentaient vêtus d’une sorte de baudrier, comme les Maçons d’aujourd’hui.

Le roi dans ses fonctions officielles, ainsi que les prêtres architectes lorsqu’ils étaient assis, se tenaient dans la position du Maître en sagesse, c’est-à-dire les mains posées bien à plat sur les cuisses et le dos bien droit. Dans nos Loges, c’est ainsi que travaillent les Sœurs et les Frères.

Tous les symboles auxquels nous sommes confrontés en Loge ont leur interface égyptienne. Que ce soient l’Équerre, le Niveau ou la Perpendiculaire, le Maillet la Règle et le Ciseau, tous ces outils furent utilisés à des fins opératives certes, mais par des Artisans ayant reçu par Initiation une formation théologique. Car toute matière ayant été manifestée par le dieu créateur de toutes choses, nul ne pouvait en modifier la forme si ce n’était pour le glorifier. En s’identifiant à l’outil qui symbolise son action, le Maçon lui aussi, s’initie au sens du sacré. Depuis des millénaires, des femmes et des hommes ont sublimé leur foi en édifiant des tombes, des chapelles et des Temples. Ils ont choisi la pierre, plus pérenne que le bois pour y inscrire ce qui les rassemble et véhiculer leurs ancestrales Traditions. C’est pour eux, et grâce à eux que nous sommes ensemble aujourd’hui. Hier, ils bâtissaient avec des pierres de carrière, des Temples à la Sagesse, demain nous construirons le monde avec des mots, avec des idées, parce que nous avons acquis la liberté de nous exprimer autrement. L’Art et les Sciences d’autrefois nous montrent le chemin, aussi faut il en prendre conscience. L’Initiation maçonnique est un moyen d’éveil parmi d’autres et les symboles nous permettent d’appréhender toutes nos différences dans un climat serein. Encore faut il laisser nos métaux à la porte du Temple, et écarter tout dogme de nos travaux.

J’ai dit

Paris le 4 juin 2007

Source http://www.ordoabchaos.net

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Le symbolisme des cathédrales gothiques 22 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 6 commentaires

Le symbolisme des cathédrales gothiques


A la suite des invasions barbares surgies en Occident du Ve au lXe siècles, les derniers constructeurs qui appartenaient aux Collé­giales romaines et détenaient tous les secrets de métiers, durent s’intégrer aux congrégations monastiques, car, après l’effondrement de l’Empire romain, il n’existait plus de statut légal leur permettant d’exister.

A partir du VIe siècle, au droit romain avaient succédé les coutumes féodales qui définissaient les protections garanties aux diverses catégories de la société du bas Moyen Âge.

Tout d’abord, il y avait les gens de la terre, divisés en :

- vilains, qui avaient conservé leurs propriétés gallo-romaines ou à qui, en tant que population germanique nouvellement implantée, l’on avait donné les terres des anciens propriétaires romains. (Le nom de vilain correspondant à l’ancienne désignation romaine de villa, qui signifiait domaine agricole.) Ces vilains avaient droit à la protection moyennant paiement de la taille et de la dîme ;

- serfs, ouvriers agricoles qui cultivaient les terres appartenant au seigneur féodal.

C’était ensuite les gens de métiers, dénommés – francs « , non parce qu’ils appartenaient à la race franque, mais parce que, au VIe siècle, cette appellation désignait les hommes libres d’aucune attache avec la terre. Groupés dans les cités, les gens de métiers étaient exploités par chacune des communautés gallo-romaines ou germa­niques – La cité ayant droit à la protection à condition d’exécuter des travaux gratuits de taille ou de fournir des gens d’armes, au service du seigneur.

Les congrégations monastiques créèrent les couvents, sociétés communalistes de propriétés collectives à but altruiste de bonnes oeuvres, de pénitences, de prières et d’évangélisation. Ces couvents, sous le bénéfice des droits de l’Église catholique au temporel reconnus par les continués féodales, avaient rang de seigneur avec droit de haute et basse justice.

Sous l’impulsion de Grégoire 1er le Grand, pape de 590 à 6114, qui avait enrichi l’évêché de Rome par l’exploitation des domaines agricoles, les couvents allaient devenir autant d’exploitations indus­trielles ou agricoles.

Les lois et usages concernant la production et les échanges, codifiés par le droit romain, avaient totalement disparu au VIe siècle, les coutumes germaniques à l’échelon de la peuplade les ayant insuffisamment remplacés. Cette forme nouvelle de société communautaire fit créer, dans l’intérieur même des couvents, les premières coopératives de production dans toutes les branches indispensables à la vie collective et communautaire. Les gens de métiers ayant perdu leur riche clientèle romaine, trouvèrent dans les couvents leur principale clientèle. Ce fut notamment le cas des personnes pratiquant l’art de construire : il fallait des couvents, des églises et même des ouvrages d’art militaire pour se protéger contre les invasions permanentes.

Les couvents qui dérivaient du principe de saint Augustin de la Cité de Dieu, intégrée à la Société des Hommes, avaient, comme toute l’Eglise, conservé les principes d’organisation romaine et de droit romain. Aussi, tant pour s’assurer à bon marché une main-d’oeuvre qualifiée devenue très rare que pour assurer la formation professionnelle des nouvelles générations, de nombreuses congrégations monastiques fondèrent des Tiers-Ordres essentiellement laïques.

Le principal Ordre qui ait regroupé les Collégiales romaines des constructeurs est celui des Bénédictins, fondé à la fin du Ve siècle, par saint Benoît de Murcie, au Mont-Cassin. La règle bénédictine donne la priorité aux travaux manuels. C’est à cet Ordre que l’on doit la création et le développement de l’architecture gothique.

Nous, distinguons dans le gothique trois périodes : le roman ou gothique ancien, le gothique ogival et le gothique ogival frisé, appelé communément « Xve frise » ou  » flamboyant « .

LE ROMAN

L’architecture romane date d’un peu avant l’an mille, époque de la Grande Peur, qui marque aussi le début de l’ère médiévale. L’Occident, qui vivait alors dans un certain obscurantisme, fut soudain illuminé par la transmission de la philosophie antique par la voie de l’Espagne musulmane.

Les Bénédictins venaient de s’installer à Cluny, depuis 910 ; l’un d’entre eux, Gerbert, savant architecte, se rendit à Cordoue puis à Grenade, en 980. II en ramena l’A.B.A.C.U.M. ou Ars Subtila Arithmeticae, qui contenait, outre l’algèbre et la géométrie euclidienne, le livre du jeu d’échecs, le traité des poids et mesures, la philosophie platonicienne, la métaphysique d’Aristote et le symbolisme pythagoricien.

Gerbert – par la suite fait pape par Otton lll – régna de 995 à 1003, introduisit les mathématiques et la géométrie dans l’art de construire sous forme de l’Art du Trait, qu’il codifia en une sorte de satigraphie (dont on trouve des traces dans les manuscrits du Mont-Saint-Michel). Encore à l’heure actuelle, les résultats en sont surprenants : témoins l’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames de Caen, la cathédrale de Bayeux et celle de Vézelay, qui en est le plus bel exemple. Les traces de la métaphysique d’Aristote persistent à Vérelay où l’allégorisme primitif des églises mérovingiennes et carolingiennes s’épanouit.

Puis, vient l’ère des croisades. La première, prêchée par Urbain II, dura de 1096 à 1099. Elle créa l’Empire latin d’Orient qui couvrait pratiquement toute la côte est de la Méditerranée, depuis l’Egypte du Sud jusqu’à l’Empire byzantin, au Nord.

Entre la première croisade et la seconde, prêchée à Vézelay par saint Bernard, en 1147, et dirigée par Louis VII le Jeune, cinquante années s’écoulent. Pendant cette période, les troupes laïques et religieuses qui assuraient l’occupation de l’Empire latin d’Orient, pour regagner leur pays d’origine – le comté d’Edesse, la principauté d’Antioche, le comté de Tripoli ou le royaume de Jérusalem – devaient obligatoirement passer par la Grèce et les possessions de Byzance.

Or, parmi ces occupants, se trouvaient les moines bénédictins et les moines soldats, Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et Chevaliers Teutoniques ; les membres qui faisaient partie du Tiers-Ordre laïque étaient les ouvriers opératifs de ces nouvelles congrégations. Ces constructeurs ramenèrent de Byzance les traditions des collégiales romaines qui, n’ayant pas souffert des invasions barbares, avaient conservé tous les anciens secrets de métiers connus depuis la plus haute antiquité et que l’Occident avait presque totalement perdus. Leurs connaissances s’étaient épanouies voire enrichies sous l’influence de la tradition grecque et aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe arrivée a l’apogée de son évolution.

L’OGIVAL

Cette deuxième période nous intéresse le plus, car c’est elle qui apporte tout le symbolisme en architecture. Elle doit tout aux Templiers.

Ce type d’architecture remonte en Europe à 1125. On commençait alors à voir les premiers arcs outre-passés, notamment à Cîteaux qui venait d’être fondé, puis à l’abbaye de Fontevrault, en 1150. C’est le début du style gothique que l’on dénomme  » gothique Plantagenet  » (du patronyme de Henri II, duc d’Anjou qui allait devenir roi d’Angleterre).

L’Ordre des Templiers fut fondé à Jérusalem, en 1116, par neuf chevaliers auxquels, dix ans plus tard, s’adjoindra Hugues, comte de Champagne, donateur de Clairvaux. C’est sous le patronage du Bénédictin cistercien Bernard que l’Ordre reçut sa Constitution au concile de Troyes, en 1128, Honorius III étant pape. Dès I’origine, pour les besoins de la construction, des moines bénédictins habiles dan; l’art de construire y furent introduits; Les Templiers fondèrent en France leur premier établissement sous Louis VI le Gros qui, à la demande de saint Bernard, leur donna, en 1130, une maison à Paris à proximité de l’église Saint-Gervais, au début de la petite rue à gauche. (Cette maison existe encore. Elle est actuellement occupée par une société compagnonnique). A quelques jours de là, le roi leur fit don du domaine du Colombier, avec droit de haute et de basse justice. Ce

domaine longeait l’actuelle rue de Rivoli, depuis la rue des Blancs-Manteaux jusqu’à la rue Saint-Martin incluse ; en largeur, il était limité par le square du Temple et l’église Saint-Martin (à proximité du Conservatoire des Arts et Métiers). L’ensemble était marécageux. Les Templiers I’assainirent.

Dans la toute proche église Saint-Gervais, on voit encore. dans le, stalles du choeur, de nombreuses figures ésotériques ainsi qu’un maçon initié genou découvert, suivant l’ancienne tradition. Par l’équerre et le compas placés à côté, on se rend compte que le maçon étudie l’oeuvre

On retrouve le même symbolisme à Gisors ; en outre, dans la chapelle Sainte-Claire, un gisant dénommé le Maître Parfait – fait penser au symbolisme du troisième grade.

L’OEUVRE DES TEMPLIERS

Les Templiers couvrirent l’europe d’églises remarquables de châteaux forts, tel le « château Gaillard pour le compte de Richard Coeur de Lion « , dans le but de s’opposer à Philippe Auguste, roi de France. Ils bâtirent de véritables villes fortifiées — comme Coucy-le-château, construit par Enguerrand de Coucy – pour résister à saint Louis, qui voulait refréner son droit féodal. Les Allemands, en 1914, employèrent dix tonnes de dynamite pour faire sauter la tour ventrale bâtie en 1240.

Les Templiers édifièrent leurs couvents qui, rappelant leur vocation de moines-soldats, se dénommaient  » Commanderies  » . Chacune d’elles était reliée à une autre suivant la hiérarchie du grade du chevalier qui la dirigeait. Les commanderies de base avaient pour commandeur un maître charpentier qui assurait l’instruction perma­nente des ouvriers maçons, tant religieux que laïques.

En Orient, les Templiers remplirent le rôle de constructeur pour le compte des Croisés ; ils formaient aussi le corps de génie militaire. Dès 1123, ils bâtirent avec les Hospitaliers les lieux nouvellement conquis des églises et des forteresses (1).

En Occident comme en Orient, les Templiers, qui étaient des religieux. avaient recours pour l’exécution de leurs travaux de bâtiment, à la main-d’oeuvre locale.

En France,en Angleterre, en Allemagne et dans toute l’europe le Tiers-Ordre du VIe siècle, qui formait des associations d’ouvriers du bâtiment vivant dans la dépendance conventuelle, cessa d’exister au début du XII e siècle. jusqu’à cette époque, le couvent avait été le seul centre de la science, les arts pouvant s’y développer en sécurité. Mais, avec l’extension des libertés municipales, les grandes cités médiévales devinrent de grands ventres – Paris, Chartres, Amiens, Londres, Oxford. Laon, Noyon, Reims, Soissons, Strasbourg, Cologne – où, aux Tiers-Ordres monastiques succédaient les Francs-Métiers : ceux-ci, sous le nom de Jurantes ou de Guildes, rassemblaient les ouvriers de métiers en fraternité laïques.

FRATERNITES DE CONSTRUCTEURS

Les membres du chaque corps de métier étaient groupés en une association professionnelle chrétienne placée sous la protection d’un saint ou d’une sainte. Pour y être admis, il fallait se soumettre à des épreuves symboliques particulières à chaque profession. Les épreuves des fraternités de constructeurs étaient celles que nous connaissons encore aujourd’hui dans la Maçonnerie spéculative, héritière , en cette matière, de la tradition de la plus haute antiquité.

Ce genre de confrérie paraît avoir pris naissance à Chartres, lors de la construction de la cathédrale, aux alentours de 1125. C’est de cette époque que date la franc-maçonnerie opérative, entièrement composée de laïcs et n’allant qu’au troisième grade. Si ses membres devaient tous leurs enseignements aux Templiers, on ne doit pas néanmoins les confondre avec ces religieux fort savants ni avec les Moines-Chevaliers, très bons architectes et déjà  » maçons spécu­latifs « .

L’existence légale de ces confréries laïques professionnelles était régie par extension des droits des anciens Tiers-Ordres transférés aux fraternités laïques de la franchise. Les Francs-Maçons obtenaient ces franchises des congrégations de Bénédictins, des Templiers et des Hospitaliers qui exigeaient des redevances peu importantes. Pour d’autres francs-métiers, soumis à la protection seigneuriale ou royale les redevances étaient très lourdes. Cette différence fit que la dépendance aux congrégations religieuses subsistait. De plus, en vertu des conventions féodales conclues entre les suzerains, les franchises religieuses donnaient droit de  » cité  » aussi bien sur les territoires ecclésiastiques que seigneuriaux ou royaux. Par ailleurs, la formation professionnelle des constructeurs s’est poursuivie dans les couvents jusqu’au début du XIVe siècle.

Les maîtres d’oeuvres laïques, tels Jean d’Orbais, Villard de Honnecourt et Pierre de Corbie, oeuvrèrent à Chartres ; Pierre de Montreuil, à la cathédrale de Paris et à la Sainte-Chapelle. Mais ne devenait pas maître d’oeuvre qui voulait.

En premier lieu, tout compagnon accompli, cinq à sept ans au minimum après avoir été reçu comme tel parmi les maîtres, devait encore travailler pendant un certain temps et acquérir les connaissances de ceux-ci. Ensuite, il était consacré maître d’oeuvre si le chef d’oeuvre qu’il avait exécuté était jugé satisfaisant.

Mais ce n’était point tout. Débordant du cadre professionnel, une enquête municipale faite auprès du candidat concernait sa moralité, sa piété et les possibilités financières qui lui permettaient de payer les matériaux et le salaire de ses ouvriers.

Tout maître d’oeuvre devait être capable d’assurer la conception de l’oeuvre, d’organiser le chantier, de recruter les ouvriers et d’en régler les dépenses. Ces trois conditions étaient impératives. Le maître d’oeuvre, lorsqu’il était religieux, prenait le titre de vénérable maître. A l’époque de la construction des grandes cathédrales gothiques, à Reims, Laon, Paris, Chartres, Cologne, Amiens, les Templiers – en contact en Orient avec les ordres religieux des Ismaéliens karmates et ascasines, sectes schismatiques musulmanes – adoptèrent à la fois leurs secrets de métiers ainsi que les rites et les formes d’architecture orientale. C’est d’Orient qu’ils ramenèrent le secret de la construction de l’arc brisé qui existait déjà dans des constructions orientales, ainsi que la voûte de croisée de transept s’équilibrant en son milieu par la masse formée par son pendentif. C’est en Orient aussi que les Croisés apprirent des Byzantins, qui le tenaient eux-mêmes de Babylone, à fortifier les châteaux.

Les Templiers, en adoptant ces formes d’architecture, ont emprunté les symboles de celles-ci, et aussi l’art de penser : la dialectique, qui permettait de philosopher sur les sens cachés, a donné la rhétorique. Le symbolisme des nombres et des dimensions que nous trouvons dans les églises date de cette époque. Ce sont eux aussi qui répandirent en Europe la pensée gnostique platonicienne et aristotélicienne, déjà propagée en Espagne par Averroès et Maïmonidès, ainsi que par les Cathares albigeois dans le Midi de la France, particulièrement dans tout le comté de Raymond de Toulouse. Ils ramenèrent d’Orient, non seulement l’art de construire, mais aussi l’algèbre, l’alchimie, aïeule de notre chimie moderne, ainsi que l’alchimie intellectuelle qui tendait à rendre l’homme meilleur.

Sur le plan purement spirituel, les Templiers s’imprégnèrent de l’esprit gnostique des Ismaeliens qui considéraient l’univers comme une émanation de la divinité. La gnose était enseignée sur un mode initiatique: C’était une catéchèse appropriée à toutes les confessions, toutes les races, toutes les castes fondées sur la raison, la tolérance et l’égalité. Ces théories attireront plus tard, tant Raymond Lulle que Pic de La Mirandole.

L’esprit de Platon et d’Aristote régnait à Chartres, lors de la première construction, entre 1124 et 1154 ; des réalisations comme ces cathédrales démontraient – et elles démontrent encore – les parfaites connaissances de leurs bâtisseurs.

En même temps, l’évolution et la philosophie aristotélicienne allaient permettre à l’homme de se délivrer des contraintes dogmatiques religieuses et de reprendre l’autonomie de ses investigations. Ainsi, de la moitié du XIIe siècle jusqu’au milieu du XIVe se construisit-il, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie – avec les méthodes particulières que l’on admire encore aujourd’hui -, les merveilleuses cathédrales ogivales que nous connaissons. Elles se ressemblent toutes, avec un air de famille certain.

II est intéressant de retrouver dans la tradition du grand-oeuvre qu’est une cathédrale les origines du symbolisme de la Franc­Maçonnerie spéculative.

LES SYMBOLES

Signalons d’emblée deux grands principes philosophiques qui constituaient le programme directeur : les cathédrales, de même que les temples antiques, et plus particulièrement le temple de Salomon, sont construites à la fois en plan à la forme et dans les proportions humaines.

Le plan de celle de Chartres le met en évidence : à la croisée du transept se trouve le coeur, la tête étant au sanctuaire ou saint des saints. A l’endroit où se trouve l’autel, il y avait, dans le Temple de Salomon, des Tables de la Loi. Les proportions sont rigoureusement celles du corps humain, le sanctuaire était le septième du reste.

Ces cathédrales sont toutes vouées à Notre-Dame. Non à la mère du Christ, mais à la Vierge-Mère, qu’elle s’appelle Gaea, Rhéa, Cybèle, Déméter, Isis, la Bonne Déesse, la Terre Mère. Dans la célèbre cathédrale de Chartres notamment, la Vierge qui trône est noire avec un puits qui descend aux entrailles de la Terre. C’est donc bien la Natura Naturans.

Les connaissances que devaient avoir les constructeurs des cathédrales se rapprochaient de celles des alchimistes dont ils employaient les symboles ; leur initiation comprenait l’étude du cercle, ainsi que l’indique le Mystérieux Quatrain des Tailleurs de Pierre :

Un point dans le cercle

Et qui se place dans le carré et dans le triangle

Connais-tu le point – tout est bien

Tu ne le connais point – tout est vain.

Arrivant dans une ville étrangère, un compagnon ou un maître devait justifier dans son milieu qu’il pouvait retrouver le cercle directeur et le pôle de symétrie. En dehors des deux principes philosophiques, des règles symboliques déterminaient l’orientation, les proportions et l’ordonnancement extérieur. La première pierre d’une cathédrale était placée à l’angle nord-est où avait été reçu le dernier apprenti. La cathédrale, tout comme la Loge maçonnique, est orientée à l’Orient. Son Sanctum Sanctorum est à l’est, d’où vient la lumière du soleil levant. L’entrée du sanctuaire, placée à l’occident, est constituée par trois portes ; celle du milieu, la plus importante, ne sert que dans les circonstances exceptionnelles, tandis que celle de gauche demeure ouverte.

Le sens circumcirculatoire y est nécessairement de l’ouest vers l’est par le nord, puis, au retour, de l’est à l’ouest par le midi. C’est le mouvement apparent du soleil, du couchant au levant, ensuite du levant au couchant ; c’est encore celui que l’on doit suivre dans une Loge maçonnique.

La façade de la cathédrale gothique est presque toujours flanquée de deux clochers latéraux symbolisant le binaire, comme les deux colonnes du temple maçonnique. En outre, ils sont, comme dans le Temple de Salomon, placés à l’extérieur. Le plus souvent, le clocher de gauche domine celui de droite : ainsi à Strasbourg, à Troyes, à Bourges, à Amiens, à Cologne. La cathédrale de Chartres l’explicite clairement : la flèche de gauche porte le Soleil, la flèche de droite la Lune. Invariablement, entre les deux, il y a le triangle, symbole du ternaire.

La cathédrale, de même que la Loge maçonnique, représente le cosmos. A l’intérieur, la nef et le transept sont divisés dans le sens de la hauteur en deux parties d’inégales hauteurs :

- la partie basse formant le soubassement est toujours aveugle, comme une Loge maçonnique, sauf pour les portes, cette partie de l’édifice représentant l’homme dans l’univers, proportion 3/15 de haut limitée de la partie supérieure d’où part l’éclairage par une frise dénommée en architecture  » chien courant  » (du fait que, parfois, des animaux sont mélangés au feuillage) ;

- la partie supérieure représente la divinité 12/5 répartie en une partie verticale signifiant la perfection des proportions : 7/15 et une partie voûtée symbolisant la connaissance : 5/15 (le pentagone a été, dans toutes les religions, le symbole de la science).

Le nombre, directeur est généralement exprimé par le polygone, par les arêtes des voûtes faisant leur jonction avec la croisée du transept ou de la grande rosace qui constitue un lieu d’équilibre de

l’action et de la réaction des charges bien plus qu’un moyen d’éclairage et de beauté.

Quand on retrouve d’anciens tracés, on est frappé par l’absence de mesures indiquées : c’est qu’il n’y en avait pas.

Tout résidait dans les proportions de l’oeuvre en fonction du cercle directeur.

Sans connaître le grand secret, on peut aisément constater que l’unité de base se trouve à la croisée du transept, lequel est toujours construit sur plan carré ; que la largeur du transept est égale à la largeur de la nef ; que la travée courante constitue un rectangle dont le petit côté représente la moitié du grand, soit la moitié du carré du transept ; que chacun des bas-côtés est construit sur un plan carré égal au petit côté du rectangle de la travée ; enfin, la largeur des baies latérales est égale à la moitié du côté du carré des bas-côtés. soit le quart du côté du carré du transept.

Les rapports des baies en hauteur étaient proportionnés par des procédés analogues. La grande rosace était de dimensions semblables au cercle inscrit dans la croisée du transept. Le reste était stéréotomie et art du trait. II est aisé de voir que, à partir de la croisée du transept, l’édifice se bâtissait en tenant compte des proportions reportées à partir du cercle directeur du transept qui commandait tout.

Quant aux murs extérieurs, une règle générale en déterminait l’ordonnancement qui est vraiment symbolique :

- au nord : les scènes bibliques de l’Ancien Testament ; – au sud, brille la loi nouvelle donnée par l’Evangile ; – l’occident regarde le Jugement dernier ;

- à l’orient : les faits relatifs à l’époque.

Les costumes des métiers de l’époque que nous trouvons à Chartres constituent une importante documentation historique.

Quant aux imageries extérieures, qui étaient le livre du pauvre, elles représentent une partie de la pensée médiévale. Elles découlaient de l’allégorie édifiante et pédagogique employée par les Grecs et les Romains.

A Notre-Dame de Paris, le porche d’entrée est surtout décoré de symboles alchimistes. Sur le trumeau central qui partage les deux baies, une série de vingt-huit figures représente les sciences médiévales, dont l’alchimie avec ses deux livres : l’un fermé= l’ésotérisme, lautre ouvert l’hermétisme ; maintenue contre ce dernier, une échelle de neuf échelons symbolise les opérations alchimiques successives et la patience. Au portail Nord, celui  » de la Vierge « , on est d’abord surpris de voir Marie tenir dans ses mains un symbole rosicrucien ; puis, sur le tympan, une vie du Christ avec un sarcophage qui porte les symboles alchimiques des métaux planétaires, le Soleil étant placé juste au milieu, ce qui tend déjà à prouver les connaissances héliocentriques.

Certaines églises abbatiales, notamment celle de Fontevrault, construites à cette époque, l’ont été sur les mêmes principes que les cathédrales.

Les procédés de construction gothique ont permis de vastes dimensions. La cathédrale de Reims : 6.650 mètres de superficie ; celle de Bourges : 6.200 mètres ; celle de Paris : 5.500 mètres. Chacune d’elles pouvait contenir quinze à vingt mille personnes. C’est que, lors des grands pèlerinages du Moyen Age, la cathédrale était à la fois l’hôtel où l’on dormait et le sanctuaire. Elle était également le refuge hospitalier de toutes les infortunes, et les médecins y donnaient leurs consultations. L’Université, pour être indépendante, vint y tenir ses assises et y resta jusqu’en 1454. Les alchimistes se rencontraient régulièrement au jour de Saturne, à Notre-Dame de Paris, au portail Saint-Marcel.

Les cathédrales furent aussi des symboles de liberté municipale : c’est là que se retrouvaient les confréries des gens de métiers et que prirent naissance Guildes et Jurantes.

Après les persécutions des Templiers par Philippe le Bel, la dissolution de l’Ordre par Clément V et les derniers autodafés ordonnés en France en 1314, nombre de Francs-Maçons, privés de la formation professionnelle templière, créèrent leurs propres écoles où professait Maître Charpentier, ancien commandeur du Temple. Dès lors, les arts libéraux, l’astronomie, la philosophie, la rhétorique et la dialectique et l’administration furent enseignés par des Templiers qui, sans être constructeurs, étaient formés dans l’art d’enseigner les pensées. Ainsi naquirent les premiers Francs-Maçons acceptés, anciens Chevaliers du Temple (2).

Cette nouvelle formation professionnelle aboutit à ce que l’on appelle le XVe frisé. Un des modèles du genre est l’église Saint-Merri à Paris (rue de la Verrerie, à l’angle dé la rue Saint-Martin), commencée en 1520 sous François Ier , terminée en 1612 sous Louis XIII. Il est curieux d’y retrouver – deux siècles après la disparition de l’Ordre – les règles templières et cabalistiques. On est frappé de voir sur le porche des statues de saints représentés par des principes destinés à mettre en évidence des allégories ésotériques, bases des principes gnostiques du XIIe siècle, de retrouver aussi bien: les quatre éléments, la Cabale et les nombres 3, 4, 5.

Saint-Merri est une des dernières églises du type des cathédrales. Ici, toute la science hermétique, dissimulée au XIIe siècle, franchissant le voile de l’ésotérisme, a la transparence du symbolisme élémentaire.

En effet, à la porte sortant de la clé de voûte ogivale centrale, l’Androgyne, élément mâle et femelle, à seins de femme, au menton barbu et portant les cornes au front, reproduisant l’image de la quinzième lame des tarots, fait l’inverse du signe de l’ésotérisme qui signifie la priorité de la matière sur l’esprit. C’est le baphomet des Templiers et des gnostiques ismaéliens. Lors de la fameuse condamna­tion, l’Inquisition prétendit que les Templiers adoraient une idole et que cette appellation était une déformation du nom de Mahomet.

En réalité, les Templiers, kabalistes comme les Ismaéliens, avaient exprimé sous les trois consonnes hébraïques : beth – alef – mem – signifiant : science – volonté – transformation de l’homme – accompagnées des suffixes qualitatifs : phe (espérance) et heth (équilibre universel), le sens gnostique du Dieu Noir des Manichéens, Maître des lois naturelles terrestres. Ce sens suivant la valeur ésotérique des lettres hébraïques définies ci-dessus, était le suivant : La science au service de la volonté fait espérer une transformation harmonieuse de l’homme étendue à l’univers.

En fait, à l’église Saint-Merri, ces lois naturelles sont ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la matière qui correspond à l’élément de terre.

Dans le vitrail éclairant le transept de gauche, domination du jaune, du bleu et du bleu verdâtre, dont la vitrauphanie correspond au signe d’eau.

- Dans le vitrail éclairant le transept de droite, domination du jaune et du rouge, correspondant au signe de feu.

- Dans le Saint des Saints, un Christ portant au-dessus de la tête un cercle avec un triangle inscrit ; à l’intérieur, le tétragramme représentant le signe d’air.

- Quant à la voûte de la croisée du transept, elle dessine un octogone ; le pendentif avec ses deux renflements fait apparaître les nombres 9 et 10.

Ce cercle kabaliste avec l’arbre  » séphirotique  » est d’ailleurs reporté sur les modénatures en pierre (découpes de pierre formant des corniches ou colonnettes) portant les vitraux de la grande rosace ainsi que sur celles qui portent les vitraux du transept droit et gauche.

Dans les chapelles rayonnantes arrière, celle du centre est réservée à Marie. Au fond, un vitrail met en exergue la lettre romaine M (treizième lettre de l’alphabet) et la lettre hébraïque meme (également la treizième de l’alphabet) qui est l’attribut de la transformation engendrée par la Mère Nature.

Dans une chapelle de gauche, l’annonce faite à Marie ‘représente Dieu le Père dans un triangle, Dieu le Fils, le Christ, dans un carré, Dieu Esprit universel, Saint-Esprit, dans un pentagone.

L’ensemble symbolise et affirme le principe du ternaire des catholiques et des gnostiques.

D’une façon générale, toutes ces dispositions concernent les églises gothiques ogivales ou flamboyantes.

L’élément de terre, défini par le baphomet, a été souvent remplacé par d’autres figures. La disposition des éléments de terre se trouvait à l’extérieur. Les éléments d’eau étaient placés dans le transept de gauche, ceux du feu dans le transept de droite. L’élément d’air a été presque toujours précisé par le tétragramme soit en clef de voûte du Sanctum Sanctorum, soit au milieu d’une voûte bleue étoilée.

Il est également à rappeler que les couleurs de base employées pour chacun des éléments font partie du symbolisme chromatique qui remonte à la nuit des temps. Ces couleurs furent codifiées par Grégoire le Grand, qui avait été moine bénédictin avant de devenir pape.

Il est intéressant de constater que l’emploi du nombre directeur, abandonné pendant les grandes invasions des Ve au VIII’ siècles, a été , repris dans les cathédrales gothiques sous l’influence des Templiers qui le ramenèrent d’Orient.

Cet emploi du nombre en architecture remonterait, d’après Viollet-le-Duc, aux Egyptiens, à la période du roi Chéops (vers 2600 av. J.-C.) ; cela plus particulièrement en ce qui concerne le triangle équilatéral et les nombres 3, 4 et 5.

(1) Les Hospitaliers ne reçurent leur charte qu’en 1137.

(2) Tous les francs-métiers, y compris la maçonnerie opérative, furent dissous par Louis XIV, en 1690, peu de temps après la révocation de l’Edit de Nantes. C’est à cette époque que le compagnonnage succéda à la franc-­maçonnerie opérative.

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