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Avez-vous déjà rencontré un maçon imparfait ? 17 août, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Avez-vous déjà rencontré un maçon imparfait ?

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On ne saurait tout comprendre, ce serait trop beau ! Nous avons des pans entiers d’ignorance… Nous en faisons tous l’expérience, et c’est même, entre autres raisons, pour travailler à combler ces manques que l’on se retrouve régulièrement en loge.

Ainsi, par ces savoirs qui, dans nos soirées studieuses, sautent d’une tête à l’autre, nous éclairons notre route et notre marche se fait moins hésitante.

Il y a, cependant, pour les uns ou les autres, et ce quels que soient notre ancienneté et nos grades en Franc-Maçonnerie, des points qui demeurent obscurs ; pour moi, c’est une phrase qui revient souvent entre nous, c’est cette maxime prêtée à Guillaume d’Orange lorsqu’il a affirmé, semble-t-il : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » Et tout un chacun de répéter ce mot d’un air parfaitement entendu… prenant des mimiques de haute intelligence complice… Visiblement ces sœurs et ces frères savent de quoi ils parlent, et comprennent ce qu’ils se disent.

Eh bien moi, je n’entends rien à ce propos !

Dois-je être exclu de notre communauté ?

Enfin, je n’en comprends qu’une partie, la moitié, la seconde… seulement ce petit morceau où il est dit « il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer » Là, c’est très clair, pas besoin de se creuser l’esprit pour qu’il apparaisse que si l’on s’arrêtait au premier échec, voire au second, nous n’irions pas loin… Il en faut souvent de la persévérance et de l’obstination pour aboutir à la réussite d’un projet, même modeste… Il est rare qu’une œuvre, qu’un travail parfait, tombe tout rôti du ciel et que nous n’ayons plus qu’à nous mettre à table pour le déguster…

C’est là où l’on voit émerger la femme ou l’homme de valeur qui savent, sans se décourager, tailler, tailler encore, la pierre ingrate… et enfin, peut-être, réussir l’entreprise de leur vie… Il en est même qui ont buriné tout au long de leurs jours, sans voir le succès les récompenser… et « Cent fois sur le métier… » vous connaissez la suite. : « ont remis leur ouvrage » … L’exercice du travail apportant une joie aussi grande que le résultat, même si cela est raté.

Non, c’est l’amorce du propos qui me déroute et où, malgré mon application à réfléchir, je ne réussis pas à en percer le sens ; mais je persévère, je persévère, soyez-en sûr. 

Il est donc dit : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre… » Je suis totalement fermé à la compréhension de cette affirmation, je la trouve même totalement fausse !

Certes, dit comme cela, un peu vite, cela semble avoir du sens, une certaine élégance, même, voire une possible grandeur… On n’espère rien et l’on fonce quand même ! On se sacrifie en pure perte… On prend les armes sans espoir de gagner… Cela fait de vous un héros, quelle beauté, quelle abnégation : Je n’espère rien et j’y vais !

Ne voyons pas si grands, n’envisageons pas d’ambitieux projets, soyons plus modestes, revenons à notre petit quotidien :

Si je me lève, le matin, si j’entreprends de poser un pied par terre : pas le gauche ! surtout pas ! c’est bien que j’espère quelque chose, ne serait-ce que le petit-déjeuner ? Sauf le grabataire déprimé, qui lui, je le comprends, n’espère plus rien et, par conséquent ne se lève pas… mais ce faisant, en ne se levant pas, c’est une décision qui n’est pas anodine, c’est bien qu’il espère un mieux-être, ou un moins mal-être, en demeurant couché plutôt qu’en se mettant debout…

Il entreprend de rester au lit, il fait ce choix car il en espère plus que s’il se levait et ce grabataire – imaginons-le au plus profond de sa désespérance – s’il s’accroche une pierre au cou et trouve la force de s’en aller se jeter dans la rivière, s’il consent à cet ultime effort, c’est bien qu’il nourrit l’espoir d’une solution… espoir sombre, négatif, certes, mais pourquoi l’espoir se peindrait-il toujours en rose ? Il espère donc quelque chose pour entreprendre ce trajet qui le conduit au pont qui surplombe le fleuve… Ou même, dans une moindre énergie, s’évitant de s’habiller, de sortir de chez lui, s’il va jusqu’à la salle de bain pour prendre en nombre les anxiolytiques cachés dans l’armoire à pharmacie.

On n’échappe pas, à l’espoir… le moindre de nos gestes est plein d’espoir… il est là, tapi, prêt à nous sauter dessus dès que l’on amorce la plus anodine action.

Si l’on se lance dans la rédaction d’une planche, c’est parce qu’en retour on en attend quelque chose… Pour certains ce sont des compliments (oui, je sais, il y en a qui font cela uniquement dans ce but) ou pour, d’autres, plus nombreux, je le souhaite, c’est continuer de débroussailler notre route commune ; ce n’est donc pas vide de tout espoir si l’on se pose devant son ordinateur… et si à cet instant, l’on nous demande : « Que fais-tu ? » On ne répond pas : « Non, rien, je n’ai aucun espoir, alors j’entreprends d’écrire. »

Le plus infime de nos actes est espoir de quelque chose… du plus futile au plus grand, de la salière que l’on saisit parce que l’on espère pouvoir rehausser la saveur de notre plat, à la caresse de sa bien-aimée à qui l’on veut faire comprendre qu’elle est le bien le plus précieux à notre cœur…  De se gratter le pied pour soulager une démangeaison soudaine, au projet de voyage pour l’été prochain, d’un repas proposé entre amis, à la révision de sa voiture… du cours que l’on prépare pour ses élèves, au dîner du soir que l’on confectionne.

Si nous n’avions aucun espoir nous n’entreprendrions pas de sortir régulièrement, plusieurs fois par mois, pour nous retrouver tous ensemble, nous ne nous donnerions pas ces travaux, ces recherches, ces astreintes au rituel, si nous n’avions l’espoir, un peu fou, mais stimulant, de travailler pour le progrès moral et intellectuel de l’humanité.

Toute entreprise est espoir d’un résultat… notre cerveau qui ordonne l’action d’entreprendre s’alimente au carburant de l’espoir.

Toute action, tout mouvement, toute pensée, dévoile que nous attendons quelque chose de cette action, de ce mouvement, de cette pensée… Seule la statue, qui trône au milieu du square et qui ressemble à un homme qui pense, est sans espoir… car cette statue est matière, seulement matière… mais elle est porteuse du message vivant que le sculpteur qui l’a pensé espère nous transmettre. Tout ce qui vit est espoir.

La fleur qui s’ouvre au soleil est espoir, le fruit qui tombe au sol pour devenir arbre est espoir, la source qui devient fleuve est espoir, l’insecte qui creuse son abri est espoir.

Est-ce que l’on peut entendre un chercheur dire : « Je démarre une recherche, mais c’est sans espoir de trouver. » Un auteur dire : « J’écris, mais c’est sans espoir d’être lu, joué, chanté. », un médecin dire : « Je soigne, mais c’est sans espoir de guérir. » Un compositeur dire : « Je me lance dans l’écriture d’un opéra, mais franchement, je n’en espère rien du tout ! ». Un archéologue dire : « j’entreprends de creuser mais c’est sans espoir de découvrir ». Et même lorsque l’on dit que l’on marche sans but… c’est qu’en fait on a le but de se laisser aller à entreprendre de marcher au grès des allées du jardin, de la jetée le long de la plage, au fil du temps, et de profiter de l’air qui passe, du bleu du ciel et du chant des oiseaux, pour l’unique bien-être d’un petit peu de rien.

Notre tête n’est jamais vide d’espoir car notre tête est le temple de l’espoir…

Non, décidément, je comprends mal -pas du tout en réalité- que des sœurs et des frères puissent faire leur cette formule attribuée au Prince Guillaume d’Orange… « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » puisque vivre, c’est espérer… car l’homme est espoir.

Texte proposé par le F∴ J. T∴ – Grande Loge de l’Europe et de la Méditerranée.

SOURCE https://450.fm/2022/08/10/avez-vous-deja-rencontre-un-macon-imparfait/

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Mésopotamie, berceau de la civilisation 14 août, 2022

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Mésopotamie, berceau de la civilisation

Guillaume 21 juin 2022,

Mésopotamie, berceau de la civilisation dans Recherches & Reflexions

L’histoire de la Mésopotamie ancienne est longue et mouvementée. Au fil du temps de
nombreux peuples sont venus s’installer sur ces terres fertiles qu’ils se sont disputées.
La plupart de ces peuples venaient du désert Syro-arabe et parlaient des langues très voisines.
La Mésopotamie est l’un des piliers de l’Antiquité avec la civilisation égyptienne, grecque et romaine.
Sommaire
L’Histoire commence à Sumer. Où se trouve la Mésopotamie (carte) aujourd’hui ?

Babylone, joyaux de la Mésopotamie

Dieux de Mésopotamie

La première écriture, cunéiforme

Quand se termine la Mésopotamie ?

L’Histoire commence à Sumer

Au IIIe millénaire av. J-C., deux peuples occupent la Mésopotamie : Sumériens et les Akkadiens.
Les Sumériens vivent dans le sud, près du golfe persique. Ils parlent une langue qui ne ressemble à aucune autre. Ce sont eux qui inventent l’écriture, vers 3200 avant J.-C.
Le pays est divisé en cités, dirigée chacune par un roi. Vers 2300 av. J-C., leurs voisins, les
Akkadiens, installés au nord, prennent possession de Sumer et créent un vaste empire.

Où se trouve la Mésopotamie (carte) aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la Mésopotamie sur une carte correspond en grande partie à l’Irak actuelle. Mésopotamie signifie en grec « le pays entre les fleuves », en réalité, ce terme désigne un espace qui s’étend au-delà cou-de-pied du Tigre et de l’Euphrate : c’est un triangle délimité par l’embouchure de ces deux fleuves, par ville d’Alep et le lac d’Umiah.

Mesopotamie sur une carte

L’emplacement de l’ancienne Mésopotamie – Carte

Situation géographique de la Mésopotamie – carte

Trouver la Mésopotamie sur une carte revient à identifier les fleuves Euphrate (long de 2 780 km) et le Tigre (long de 1 950 km) qui prennent leur source dans des montagnes situées en Arménie et se jettent dans le golfe Persique. Sur leur passage, ils arrosent deux larges vallées au riche sol argileux. Des agriculteurs y cultive du blé, de l’orge, et élèvent chèvres et moutons.
 
Au-delà de ces terres fertiles, on rencontre la steppe et le désert, où vivent des éleveurs nomades.

Des pluies torrentielles

Des pluies irrégulières arrosent les montagnes du Taurus et du Zagros. Lorsqu’elles sont trop fortes, ces pluies provoquent des inondations rapides et catastrophiques. Des torrents de boue engloutissent les villages. Les plaines disparaissent sous un immense lac de vase. Mais lorsque les pluies sont trop faibles, les fleuves se tarissent, la sécheresse s’installe et les mauvaises récoltes affament le peuple.

Le Tigre et l’Euphrate

Les Mésopotamiens considèrent le Tigre et l’Euphrate comme des divinités. Parfois même, ils s’en remettent à eux pour rendre la justice. L’accusé doit plonger dans le fleuve divin. S’il est englouti, c’est qu’il était coupable ; s’il en ressort, il est déclaré innocent.

Babylone, joyaux de la Mésopotamie

Construite sur les rives de l’Euphrate, la cité de Babylone devient au XVIIIe siècle av.J-C la capitale de l’Empire d’Hammurabi. Au VIe siècle av. J-C, sous le règne de Nabuchodonosor II, aucune ville d’Orient n’égale sa richesse, sa beauté et son prestige religieux.

mesopotamie-babylone

Babylone

Le temps des Babyloniens

Au cours du III millénaire av. J.-C., les Amorrites puis les Araméens s’installent en Mésopotamie, qui est de nouveau divisée en différents royaumes. Mais, au XVIIIe siècle avant J.-C., Hammurabi, roi de Babylone, fonde un État unique et stable, qui s’étend du golfe Persique à la ville de Mari. La ville de Babylone devient le grand centre religieux et culturel de la région.
 
Elle est d’abord évoquée par de nombreux historiens gréco-romains et dans l’Ancien Testament en tant que grande métropole antique, au même titre que Ninive en Assyrie ou Suse en Élam. Cependant, le souvenir entretenu semble loin de la réalité des sources cunéiformes : l’Ancien Testament décrit une ville gigantesque, symbole de l’orgueil des hommes , tandis que les auteurs classiques dépeignent Babylone comme une cité démesurée , accueillant l’une des Sept Merveilles du monde, les Jardins Suspendus .

Une cité bien protégée

porte ishtar

Une première muraille large de 6 mètres et longue de 18 kilomètres entoure la cité.
Un rempart intérieur encercle la ville elle-même. Huit portes s’ouvrent sur le cœur de Babylone. La
plus majestueuse est la porte d’Ishtar (ci-contre).
 

La splendeur de Babylone

Babylone la doit à la beauté de son palais royal et de sa ziggourat, aux dizaines de temples qui s’élèvent au-dessus des rues, à ses jardins suspendus et à son pont de 115m traversant l’Euphrate.

Qu’est-ce ’une ziggourat ?

Les ziggourats sont probablement l’une des réalisations architecturales les plus impressionnantes jamais créées par l’homme. Ces monuments ont été construits dans l’ancienne Mésopotamie et représentent un exemple extraordinaire de créativité humaine, d’ingénierie et de compétences en construction. Les ziggourats remplissaient un certain nombre de fonctions religieuses, astronomiques, sociales et politiques. Une ziggourat est une immense tour qui semble s’élever jusqu’au ciel : les hommes cherchent ainsi à se rapprocher des dieux. De son sommet, ils observent aussi les astres.

ziggurate

Ziggurate

Les dieux des Babyloniens

La ville de Babylone est devenue le grand centre religieux et culturel de la région en raison de sa situation géographique. Mardouk est leur divinité suprême. A la fin du IIe millénaire av. J-C, il devient le premier dieu pour tous les Mésopotamiens. Chaque roi de Babylone, au début de son règne, se rend au temple et pose sa main sur la statue de Mardouk. C’est une façon de recevoir son pouvoir du dieu.

Dieux de Mésopotamie

Selon les Mésopotamiens, les dieux de Mésopotamie habitent « En haut ». Cet « En-haut » est habité par des centaines de dieux qui ressemblent aux hommes « d’En-bas » : comme eux ils ont des qualités et des défauts. Mais ils possèdent une force extraordinaire, une grande beauté, et ils sont immortels.

enlil

Enlil

Tous les dieux de Mésopotamie sont-ils égaux?

Non. Enlil, le dieu suprême, commande tout. Enki-Ea, son frère, est le maitre des eaux. C’est lui qui a créé les hommes, et il est leur ami. La femme d’Enlil, Inanna-Ishtar est la déesse de l’amour et de la guerre.
 
Une multitude de divinités inférieures transmettent au monde « d’En-Bas » les ordres d’Enlil. Ainsi il existe un dieu pour chaque chose, chaque métier, chaque situation.

Vénérer les dieux

Tout ce qui se produit sur terre, bon ou mauvais, résulte de la volonté des dieux. Les hommes
étudient les signes qu’ils leur envoient (une forte averse en dehors de la saison des pluies, par
exemple) pour savoir ce qui va leur arriver. Ils leur offrent aussi des temples, des statues,
des bijoux, de la nourriture, des sacrifices, des prières et des chants, et organisent des fêtes en leur honneur pour implorer leur pardon ou apaiser leurs colères.
Il n’est pas rare de sacrifier un bélier en l’honneur d’un dieu.

La première écriture, cunéiforme

La première écriture a été inventé en Mésopotamie, vers 3200 av J-C. Les commerçants avaient besoin de vérifier les échanges et d’en conserver la mémoire. Peu à peu, l’écriture a fixé tous les mots de la langue sumérienne, permettant ainsi de garder des traces de la pensé.
de pensé.

la première écriture cunéiforme

La première écriture cunéiforme

Qui a inventé la première écriture ?

Les commerçants expédiaient leurs marchandises accompagnées d’une boule d’argile de la taille d’une balle de tennis. Cette boule creuse contenait autant de jetons, appelés calculi, que de marchandises. Pour un troupeau de dix moutons, on avait par exemple dix jetons ronds.
A l’arrivée, la boule était brisée et les calculi comptés. Les Sumériens ont ensuite fait des marques extérieures sur la boule, indiquant son contenu. L’écriture était née. Les jetons n’étant plus indispensables, la boule s’est transformée en tablette.
Les premiers signes de I’écriture sumérienne représentaient des objets de façon schématique.
Au cours des siècles, les dessins ont aussi désigné des sons et des syllabes. Dès lors,
l’écriture sumérienne, utilisée comme rébus, permis de transcrire d’autres langues, comme l’akkadien.

L’écriture cunéiforme

C’est ainsi qu’on appelle l’écriture sumérienne. Son nom provient de ses traits caractéristiques. En effet, en se simplifiant, les signes ont plus ou moins pris la forme de clous.
 

Quand se termine la Mésopotamie ?

Au début du III millénaire les Assyriens, installés en Mésopotamie du nord, étendent à leur tour leur influence vers le sud. En 539 av. J. C., les Perses envahissent la région. La civilisation mésopotamienne sombre peu à peu dans l’oubli.

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SOURCE : https://armeehistoire.fr/mesopotamie-berceau-civilisation/?fbclid=IwAR2-jhmdm-CGmSoH3HeHETI7sGo3q0CbB2wGv-tODJ4w8J_FWwHTy_vKMEI#ecriture-cuneiforme

Question de Temps 5 août, 2022

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Question de Temps

1 Septembre 2021 , Rédigé par Lurker Publié dans #Paroles, #Miscellanées

Question de Temps dans Recherches & Reflexions image%2F0568879%2F20210901%2Fob_beffba_image2

« Il ne suffit pas du tout à l’homme de savoir si
Dieu est. Il veut savoir s’il est quelqu’un et s’il répond. »

Lanza Del Vasto
Principes et Préceptes.

« Per conformitatem intellectu et rei verititas definitur »
Saint Thomas d’Aquin

 

L’une des questions les plus fondamentales que se soit jamais posé l’homme est de savoir ce que lui réserve l’avenir, comprendre quel peut être l’ordre du temps… Car, de l’ensemble de la Création, c’est lui qui justifie le plus intensément, de par son libre arbitre, le besoin d’un ordre extérieur immuable. Soit pour le régenter, soit pour s’y soumettre. Cette construction ordonnée, du moins la définition qu’on lui donne, détermine la structure des sociétés et les rapports que l’individu place entre son devenir et son comportement.

 

Contrairement au reste du monde animal, aux êtres vivants qualifiés d’inférieurs dont les attitudes sont réglées par des instincts ou des tropismes si rigoureux qu’ils sont presque dépourvus de tout choix, l’homme a, lui, la capacité de choisir. Il a donc la possibilité d’abandonner certaines options. Du moins a-t-il conscience de l’éventualité de cette possibilité, à tel point qu’il constitue des rituels qui lui permettront de régler ses comportements et d’en déterminer les fondements.

Exploiter les alternatives amène au besoin de prévoir, de comprendre, de questionner un ordre extérieur, de ramener un certain nombre d’actes à une règle générale qui permette de substituer le libre arbitre à un mode global en accord avec un ensemble donné de coutumes, rituels, religions, codes moraux, etc… Ces fonctions alternatives, et souvent empiriques, ne sont d’ailleurs pas systématiquement d’ordre philosophiques ou anthropologiques, elles peuvent aussi apparaître sous une forme plus concrète.

On sait que, soumis à une pression X, un corps se compressera de telle ou telle manière. L’ordre des choses prend ici la forme d’une donnée vérifiée et vérifiable qu’il n’est plus nécessaire d’expérimenter à chaque fois que l’on souhaite y faire référence. C’est ce que l’on nomme  »science ». Les rituels sont de même nature et offrent la possibilité unique de permettre à qui les pratique de prévoir ce qui va se passer. Mais les résultats son loin d’être fiables ou reproductibles. Cependant, dans le cas où aucun des éléments nécessaires à la construction de cet ensemble d’alternatives ne répond à la problématique immédiate, l’angoisse de la décision ou du questionnement peut devenir tel qu’il devienne nécessaire de trouver ailleurs les réponses, voire de déterminer un nouveau système de référence. Partant de là, de donner à un certain nombre d’éléments, de formes, d’images, une signification déterministe.

Que la réponse donnée à la construction de l’ordre du Temps prenne la forme d’accompagnement des morts dans leurs dernières demeures, de bijoux, de techniques particulièrement soignées d’embaumement, ou bien d’une pratique particulière permettant de donner une réponse immédiate au fantasme d’une projection d’événements, elle fait, le plus souvent, référence à des pensées plus profondes que le simple constat d’un comportement extérieur. L’illusion de l’éternité ainsi construite va plus loin que la simple pratique gestuelle ou la simple référence à des modes signifiants.

Liés tant au devenir de l’homme qu’à la raison même de son existence, l’usage des moyens qui seront mis en œuvre pour répondre au  problème posé par ce que l’on perçoit comme le nécessaire ordre des choses ne peut se rapporter, si l’on se contente d’un premier degré de l’étude, qu’à la conscience d’un plan d’ensemble de la création plus grand que la Création elle même. C’est ce que les néo-créationnistes, désireux de trouver un moyen d’évidence permettant de donner au monde un début facilement identifiable, nomment le Grand Dessein. C’est le concept le plus largement utilisé depuis la Gnose de Princeton. Dans les domaines de la préscience, l’homme se place plus souvent comme observateur que comme acteur, même si les données qu’il utilise pour observer ne sont rien d’autre que ses propres créations.

image%2F0568879%2F20210901%2Fob_bfeea6_59c31269d6c178902631dc675e95dc84 dans Recherches & Reflexions

De fait, les Lois immuables de la physique changent avec le Monde et les relations qu’elles entretiennent avec un ordre extérieur que l’homme s’impose sont, bien souvent, un substitut  à ce qui justifie le comportement. Ce qui n’est pas inné devient au mieux culturel, voire, au pire, cultuel, ce qui, dans tous les cas, permet de stopper la question au moment où elle se pose..

Mais, la Question reste néanmoins en suspend : existe-t-il un plan d’ensemble qui, à lui seul justifierait l’existence et libérerait ainsi l’être humain de ses responsabilités et de sa volonté fondamentale de pouvoir agir et se situer dans le pourquoi de l’Univers. Un plan d’ensemble qui viendrait justifier la réalité même de ce qui est humain dans l’humanité, dans le cycle d’une vie autrement et qui pourrait dépendre d’autre chose que du hasard ? En d’autres termes, une formulation rassurante de l’existence. L’Être Humain a-t-il une raison d’être et, au delà de cette raison, qu’est-ce qui peut justifier ses actes ? On l’aura compris, la primauté de la finitude humaine est une révolution théologique tout autant qu’une ligne directrice de la pensée. Ainsi, la conscience est-elle le fruit du hasard, du moins, le libre arbitre est-il autre chose qu’une forme particulièrement élaborée de tropisme ?

La conscience du Temps est-elle immuable et chaque  individu peut-il trouver  sa  place  dans  la  construction globale de l’Univers au delà d’une  simple soumission, d’une identification nécessaire à un groupe, qu’il nommerait « égrégore » pour se rassurer et croire en son libre arbitre ? C’est l’un des objectifs de la chaîne d’Union maçonnique que d’être, de pouvoir être et, en même temps, veiller à être.

 Ainsi,  même  dans  la  recherche  scientifique du  pourquoi de la vie,  de la structure la  plus  intime de son fonctionnement,  se  cache encore  et  toujours  les mêmes  questions :  qui sommes nous,  d’où venons nous  et où allons  nous ? Et, plus encore, sommes nous véritablement la fin de l’évolution telle que nous le présente notre anthropocentrisme.

C’est à ce questionnement sur l’ordre du temps  et  la structure des choses  que se  rapportent  la  plupart des Rituels et des Arts divinatoires car l’un et l’autre sont de même nature : il s’agit de figer le temps sur nos certitudes.

Il  faut  bien  comprendre que  ce type d’angoisse  existentielle,  pour ne  pas aller plus avant  dans les  méandres psychologiques  de l’inquiétude,  est  l’un  des  moteurs   principaux  de  l’Homme   et  des  civilisations qu’il crée.

Quelle  est  la  démarche  d’un  questionnement du  présent en direction de  l’avenir sinon  la recherche  d’un cautionnement  des actes,   la  recherche  d’une   « non responsabilité »  des décisions ? Un peu comme des francs-maçons qui s’abstiennent pendant un vote…

Au  fil  de  l’Histoire,  les  différents  groupes  humains se  sont attachés à lier leur devenir à un certain nombres d’éléments extérieurs auxquels une sorte d’existence propre  était attribuée.

Ces éléments ont pris des noms et des formes aussi  divers que variés à travers les temps ou  les lieux, mais ils font souvent référence à l’environnement direct ou à la question dont ils sont sensés donner la  réponse…  que ce soit  Dieu,  le Destin,  l’Univers,  la Loi du Marché ou les  règles  sociales, chacun  de  ces   éléments,   pris séparément, représente la caution extérieure de l’acte, l’ordre suprême des choses. Il s’agit d’un ordre autonome  à qui l’on attribue une vie propre et hors de tout contrôle,  un ordre auquel il est nécessaire de ce soumettre et au sein duquel il faut bien exister.

En fait, la réponse donnée à la question « y a-t-il un ordre des choses?«   est toujours « oui«   quel que soit celui qui la pose, il est bien évident qu’il faut se rassurer, et cette question se transforme en  une nécessaire soumission. L’homme remplace ainsi  son absence de  tropismes par la  construction de ses  propres codes et  la  nécessité de  s’y soumettre  au risque de s’exclure lui-même de ses constructions, de se placer en dehors des critères qu’il a conçu pour définir sa réalité. Ce n’est pas la pratique maçonnique qui viendra me contredire sur ce point, tant il est vrai qu’elle revendique haut et fort l’humilité en la confondant le plus souvent avec la soumission.  Triste privilège que celui de ceux qui n’ont rien appris à vouloir contraindre ceux qui souhaitent apprendre…

Cet  ordre des choses,  cette voie,  trace  le  chemin, elle distingue des cadres au delà desquels rien n’est consciemment possible. Dans les zones incompréhensibles se réfugient tous les événements « hors caste » que l’on qualifie de paranormaux. Ainsi, la marginalisation devient l’objet d’étude, de soins attentifs ayant pour vocation de ramener dans une zone compréhensible ce qui ne l’est pas. Il n’est pas question de normalité mais bien de compréhension. La Loi détermine de ce qui est apte à exister.

Dans  le  cas de  la  référence à  un comportement social valorisé comme paradigme,  ce  cautionnement se traduit  par l’acceptation  de l’ambigüité des réponses de l’oracle ou du conseiller. Il offre le moyen d’être au pied du mur, de devoir choisir dans les  cas  extrêmes. Sans  le  blocage  psychologique  de la culpabilité ou  du remord qui accompagnait des décisions individuelles. En fait,  la règle est absolue ; tout  questionnement  reçoit  une réponse  et  cette réponse est celle que dicte le cadre. Elle comporte plusieurs volets parmi lesquels il faut choisir. Le mauvais choix est comme le pas de côté du Compagnon, certains peuvent gloser des heures sur sa signification de « révolte » et de dernières réserves avant de rentrer dans le rang… mais, bon, les mêmes se saluent par leurs « rangs », grades et qualités… ce qui est proprement antimaçonnique puisque nous n’avons pas de rang… ( allez donc voir ce qu’en pensent les landmarks… « nous n’avons qu’un seul rang, celui de frère » )…

La  seule  différence  entre  la  décision  individuelle  et  le questionnement du  conseil extérieur  que l’on peut solliciter d’un oracle se trouve dans les réponses… celles que propose l’oracle ne semblent pas être issues de soi-même… on délocalise, en quelque sorte, la décision… on ne semble plus responsable de l’interprétation que l’on peut se faire de l’ordre du monde… on pourra même aller jusqu’à penser qu’un maçon puisse s’abstenir durant un vote… on remet son destin entre les mains d’un ordre supérieur que l’on se refuse à nommer, à maîtriser… à penser, même, que l’on puisse le maîtriser… ou pire, qu’il soit maîtrisable… En  réalité c’est toujours le questionneur qui choisi les réponses, l’oracle se sera généralement contenté de lui indiquer différentes possibilités à même de le satisfaire. Bien souvent   aussi, le questionneur connaissait déjà les différents  choix et se retrouve conforté dans ses appréhensions ou ses certitudes inconscientes. Il ne demande qu’une autorisation qui viendrait « d’en haut ».. Il ne demande que la libération de la responsabilité.  Ce refus de responsabilité‚ est tel qu’il peut même prendre la forme d’un questionnement successif  de l’oracle jusqu’à ce que celui-ci fournisse la réponse souhaitée.

L’Histoire ne manque ni d’exemple ni de moyens sur ce sujet,  de même que la  vie quotidienne.  En Malaisie ou en Chine,  par exemple,  lorsque l’on va construire une maison,  il est de coutume de questionner les oracles  afin de savoir  quel sera l’endroit  le  plus  approprié‚ pour  planter le  pilier principal.   On montre un endroit sur le  sol et  l’on questionne  l’oracle. Si celui-ci donne une réponse défavorable, on montre alors un  autre endroit,  à  quelques  mètres de  distance, et  l’on repose la question et ainsi de suite jusqu’à  ce que la réponse soit  favorable.  De  fait,  la maison est, de toute  façon  construite  dans le coin choisi  et  le   constructeur  a  effectivement été déchargé de ses responsabilités sur ce qui pourrait ensuite apparaître comme des malédictions ou de mauvaises vibrations… en d’autres termes, l’augure a déterminé de la justesse du choix et l’erreur, s’il y a erreur, ne peut venir que de l’oracle…

En  fait,   l’utilisation,   par  toutes  sociétés humaines,  de la divination repose vraisemblablement  sur une démarche que  l’on  pourrait  qualifier  de  croissance vers l’âge adulte.  En  effet,  les  enfants  ne  semblent jamais concerné par les Arts  divinatoires,  ni par les prédictions en  tant  que telles.  Alors  qu’il sont en pleine  phase de construction de leur « moi temporel », leur responsabilité est définie  par  les  actes  des  adultes. Ce sont ces mêmes adultes qui traduisent les choix de l’oracle s’il y a lieu.  La  relation qu’ils entretiennent avec l’avenir est celle qui sera donnée par leurs parents.  Bien  souvent ils  considèrent  que  les  actes de ceux-ci demeurent incompréhensibles,  manquant de logique, à tout  moment  ils demanderont des promesses  qui deviendront pour eux,  autant de certitudes quant à l’avenir, autant de cautionnement quand à la justesses de leurs actes.

En  fait,  la question  semble bien posée  car, si dans le développement normal d’un individu humain, il existe un  certain nombre  de  moyen  physiologiques  de déterminer l’âge par une simple constatation extérieure et  sans entrer dans   des   analyses  poussées, la   détermination  d’âge psychologique  n’offre  pas  les  mêmes  aspects.  Rien dans l’apparence extérieure d’une personne ne permet de dire quel est son état d’avancée vers ce qu’il est  possible d’appeler l’âge adulte.  Même son comportement général ne reflète pas  cette notion ; en effet, une personne peut très bien avoir un comportement tout à fait normal au regard de  la société, du groupe,  et  n’être,  en fait qu’un enfant au  regard de son propre  déterminisme.  Les  données  standard  permettant le passage d’un statut social à l’autre prennent, le plus souvent la forme de rituels de passages,  de modification de données d’état civil (mariage,  naissance, décès…) qui permettent de manière totalement arbitraire de savoir ce que l’on est en droit d’attendre d’un individu, mais il n’existe pas de moyens purement psychologique autre que l’analyse. Ce cycle  de  passages  est tout aussi bien valable  pour les  sociétés dites  primitives où les individus  sont considérés comme franchissant une strate ou  une autre en  fonction de différents   critères   généralement   d’ordre  physiques … puberté, courage, premier enfant, ménopause, etc…

Chaque époque,  chaque civilisation s’est évertuée à définir des normes permettant d’accéder à la connaissance du devenir ou,  du moins, à tenter  d’en  démonter les rouages. Les particularités  de  ces formes  appartient aux peuples   qui   en  furent  les   utilisateurs,   mais,  les civilisations se  suivent  et  ne  se  ressemblent  pas. L’autre   particularité‚   des   formes  utilisées   pour  la divination,  fut la dénonciation des  formes précédentes, la négation de leur efficacité‚,  le refus même de  faire la part des  choses  et  de  tenter  de  voir  dans   ces  pratiques l’expression originale des hommes qui les utilisèrent.

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SOURCEhttp://truthlurker.over-blog.com/article-22502724.html
 
Truthlurker recherches et symboles

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Symbolisme et rituels… Ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie sans oser le demander.

Le devoir de fraternité ….. Poésie maçonnique 4 août, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Silhouette , ajouter un commentaire

Le devoir de fraternité ….. Poésie maçonnique

- octobre 12, 2018
Le devoir de fraternité ..... Poésie maçonnique dans Contribution initiation
 
 
 
 
Toi que j’appelais mon Frère
le peu que nous nous rencontrions
 Mon accolade était fraternelle, et sincère
 
Mais en toi se cachait déjà la trahison
 
Nous avons vécu la même initiation
traversant les épreuves de l’eau, de l’air et du feu
 
Oui , toi que j’ai appelé mon Frère
Nous avons fait les mêmes voyages périlleux
 
Nous avons découvert tous deux la Lumière
Elle était là pour nous guider
 
Mais nous avons vu aussi derrière
la rangée de Franc-Maçons tenant le glaive et l’épée
 
As tu oublié ces paroles? prononcées d’une voix claire
sur les serments, les traitres et  les parjures….
 
Tu avais jurer de soutenir tes Frères
La main sur l’autel des serments, tu as dis « Je le jure »!
 
Tu as joué le jeu des mauvais compagnons
Ainsi périt l’homme juste fidèle à son devoir
 
Tu portes désormais en toi la marque du parjure
gravée sur ton front, au fond de ta mémoire
 car tes gestes ne sont que trahison
 
Tu avais renouvelé des serments ,
au cours d’autres initiations…
 
Promis amitiés et dévouement à tous les Francs-Maçons
 
 
Manquant à ces promesses, tu t’es déshonoré
Toi que j’ai appelé mon Frère
 issus d’une même  Fraternité
 

Car de Franc-Maçon? …..

Tu n’en portes que le nom

SOURCE  http://frangine59460.blogspot.com/2018/10/le-devoir-de-fraternite-poesie.html

Les Vers Dorés des Pythagoriciens 24 juillet, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Les traductions des « vers d’Or » sont nombreuses, celle de Mario Meunier est à la fois élégante et fidèle, il a également traduit les commentaires d’Hieroclès.Celle que Fabre d’Olivet (1768 – 1825) publia en 1813, est moins fidèle au mot à mot, plus poétique, elle incite à la méditation.

Les travaux sur Pythagore sont nombreux et nous n’en citerons aucun : le petit livre d’Ivan Gobry « Pythagore ou la naissance de la philosophie », dans la collection Philosophes de tous les temps, chez Seghers, est un condensé très complet de la doctrines et des principales études sur Pythagore.

L’apport de pythagoriciens aux Arts Libéraux est déterminant par les rapports qu’ils établissent entre eux, tous connaissent le théorème de Pythagore qui n’est autre que la 47° proposition du Premier livre des éléments d’Euclide et sa table de multiplication. Si l’on en croit Boëce, c’est a son école que l’on doit des connaissance musicales étonnantes pour l’époque. (Il est difficile de se défaire de la tendance à croire que les anciens nous étaient inférieurs).

Sa distinction entre le chiffre et le nombre, ce dernier représentant l’harmonie de la nature, est importante, même si elle a dégénéré en superstitions idiotes.
 
 

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*    *
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Traduction de Mario MEUNIER

l’Artisan du livre 1931 (1ère éd. 1925)

Editions de la Maisnie – Guy TREDIANEL – 1993
 
 
 

Honore en premier lieu les Dieux immortels dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi.

Respecte le Serment. Honore ensuite les Héros glorifiés.

Vénère aussi les Génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.

Honore aussi et ton père et ta mère et tes proches parents.

Entre les autres hommes, fais ton ami de celui qui excelle en vertu.

Cède toujours aux paroles de douceur et aux activités salutaires.

N’en viens jamais, pour une faute légère, à haïr ton ami,

quand tu le peux: car le possible habite près du nécessaire.

Sache que ces choses sont ainsi, et accoutume-toi à dominer celles-ci :

la gourmandise d’abord, le sommeil, la luxure et l’emportement.

Ne commets jamais aucune action dont tu puisses avoir honte, ni avec un autre,

ni en ton particulier. Et, plus que tout, respecte toi toi-même.

Pratique ensuite la justice en actes et en paroles.

Ne t’accoutume point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir.

Mais souviens-toi que tous les hommes sont destinés à mourir :

et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune.

A l’égard de tous les maux qu’ont à subir les hommes de par le fait des arrêts augustes du Destin,

acceptes-les comme le sort que tu as mérité; supporte-les avec douceur et ne t’en fâche point.

Il te convient de remédier, dans la mesure que tu peux. Mais pense bien à ceci :

que la Destinée épargne aux gens de bien la plupart de ces maux

Beaucoup de discours, lâches ou généreux, tombent devant les hommes;

ne les accueille pas avec admiration, ne te permets pas de t’en écarter.

Mais si tu vois qu’on dit quelque chose de faux supporte-le avec patience et douceur.

Quant à ce que je vais te dire, observe-le en toute circonstance.

Que jamais personne, ni par ses paroles ni par ses actions, ne puisse jamais

t’induire à proférer ou à faire ce qui pour toi ne serait pas utile.

Réfléchis avant d’agir, afin de ne point faire des choses insensées,

car c’est le propre d’un être malheureux de proférer ou de faire les choses insensées.

Ne fais donc jamais rien dont tu puisses avoir à t’affliger dans la suite.

N’entreprends jamais ce que tu ne connais pas; mais apprends

tout ce qu’il faut que tu saches, et tu passeras la vie la plus heureuse.

Il ne faut pas négliger la santé de ton corps,

mais avec mesure lui accorder le boire, le manger, l’exercice,

et j’appelle mesure ce qui jamais ne saurait t’incommoder.

Habitue-toi à une existence propre, simple :;

et garde-toi de faire tout ce qui attire l’envie.

Ne fais pas de dépenses inutiles, comme ceux qui ignorent en quoi consiste le beau.

Ne sois pas avare non plus: la juste mesure est excellente en tout.

Ne prends jamais à tâche ce qui pourrait te nuira, et réfléchis avant d’agir.

Ne permets pas que le doux sommeil se glisse sous tes yeux,

avant d’avoir examiné chacune des actions de ta journée.

En quoi ai-je fauté ? Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je omis de ce qu’il me fallait faire ?

Commence par la première à toutes les parcourir. Et ensuite,

si lu trouves que tu as commis des fautes, gourmande-toi; mais, si tu as bien agi, réjouis-toi.

Travaille à mettre ces préceptes en pratique, médite-les; il faut que tu les aimes,

et ils te mettront sur les traces de la vertu divine,

j’en jure par celui qui transmit à notre âme le sacré Quaternaire,

source de la Nature dont le cours est éternel.Mais ne commence pas à prendre à tâche une oeuvre

sans demander aux Dieux de la parachever. Quand tous ces préceptes te seront familiers,

tu connaîtras la constitution des Dieux Immortels et des hommes mortels, tu sauras

jusqu’à quel point les choses se séparent, et jusqu’à quel point elles se rassemblent.

Tu connaîtras aussi, dans la mesure de la Justice, que la Nature est en tout semblable à elle-même,

de sorte que tu n’espéreras point l’inespérable, et que plus rien ne te sera caché.

Tu sauras encore que les hommes choisissent eux-mêmes et librement leurs maux,

misérables qu’ils sont; ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont près d’eux.

Peu nombreux sont ceux qui ont appris à se libérer de leurs maux.

Tel est le sort qui trouble les esprits des mortels, Comme des cylindres,

ils roulent çà et là, accablés de maux infinis.

Innée en eux, en en effet, l’affligeante Discorde les accompagne et leur nuit sans qu’ils s’en aperçoivent;

il ne faut point la provoquer, mais la fuir en cédant.

O Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent,

si tu montrais à tous de quel Génie ils se servent !

Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,

et que la Nature sacrée leur révèle ouvertement toutes choses.

Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que je l’ai prescrit;

ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux.

Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé, en appliquant ton jugement

à tout ce qui peut servir à purifier et à libérer ton âme. Réfléchis sur chaque e chose,

en prenant pour cocher l’excellente intelligence d’en-haut.

Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,

tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort.

 

 

LES VERS DORES DES PYTHAGORICIENS

Traduction de FABRE D’OLIVET (1813)

 
 
 

PRÉPARATION

 Rends aux Dieux Immortels le culte consacré;

Garde ensuite ta foi : révère la mémoire

Des Héros bienfaiteurs, des Esprits Demi – Dieux
 
 

 PURIFICATION

 Sois bon fils frère juste, époux tendre et bon père

Choisis pour ton ami l’ami de la vertu,

Cède à ses doux conseils, instruis – toi par sa vie

Et pour un tord léger ne le quitte jamais,

Si tu le peux du moins: car une loi sévère

Attache la puissance à la Nécessité.

Il t’est donné pourtant de combattre et de vaincre

Tes folles passions; apprends à les dompter,

Sois sobre, actif et chaste; évite la colère.

En public, en secret, ne te permets jamais

Rien de mal; et surtout respecte – toi toi – même.

Ne parle ni n’agis point sans avoir réfléchi,

Sois juste. Souviens – toi qu’un pouvoir invincible

Ordonne de mourir; que les biens , les honneurs

Facilement acquis sont faciles à perdre.

Et quant aux maux qu’entraîne avec soi le Destin

Juge – les ce qu’ils sont: supporte – les et tâche

Autant que tu pourras d’en adoucir les traits:

Les Dieux aux plus cruels n’ont pas livré les sages.

Comme la Vérité, l’erreur a ses amants:

Le philosophe approuve ou blâme avec prudence

Et si l’erreur triomphe, il s’éloigne, il attend.

Écoute et grave bien en ton cœur ces paroles:

Ferme l’œil et l’oreille à la prévention;

Crains l’exemple d’autrui, pense d’après toi – même

Consulte, délibère et choisis librement.

Laisse les fous agir sans but et sans cause.

Tu dois dans le présent contempler l’avenir;

Ce que tu ne sais pas, ne prétends pas le faire;

Instruits – toi: tout s’accorde à la constance, au temps.

Au corps les aliments, à l’esprit le repos.

Trop ou trop peu de soins sont à fuir car l’envie

A l’un et l’autre excès s’attache également.

Le luxe et l’avarice ont des suites semblables

Il faut choisir en tout le milieu juste et bon.
 

 

 

 

PERFECTION

 Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière

Sans t’être demandé: Qu’ai – je omis? Qu’ai-je fait

Si c’est mal abstiens – toi, si c’est bien persévère.

Médite ces conseils, aime – les , suis – les tous:

Aux divines Vertus ils sauront te conduire.

J’en jure par celui qui grava dans nos coeurs

La Tétrade sacrée, immense et pur symbole,

Source de la Nature et modèle des Dieux.

Mais qu’avant tout ton âme , à son devoir fidèle,

Les Dieux dont les secours

Peuvent seuls achever tes oeuvres commencées.

Instruit par Eux, alors rien ne t’abusera:

Des êtres différents tu sondera l’essence,

Tu connaîtras de Tout le Principe et la fin

Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature,

Semblable en toutes choses est la même en tous lieux.

En sorte qu’éclairé sur les droits véritables,

Ton coeur, de vains désirs ne se repaîtra plus.

Tu verras que les maux qui dévorent les hommes

Sont le fruit de leurs choix et que ces malheureux

Cherchent loin d’eux les maux dont ils portent la source.

Peu savent être heureux: jouets des passions,

Tour à tour ballottés par des vagues contraires.

Sur une mer sans rive, ils roulent aveuglés,

Sans pouvoir résister ni céder à l’orage.

Dieux vous les sauveriez en dessillant leurs yeux…

Mais non, c’est aux humains dont la race est divine

A discerner l’erreur, à voir la Vérité.

La Nature les sert, toi qui l’a pénétrée

Homme sage, homme heureux, respire dans le port.

Mais observe ses Lois , en t’abstenant des choses

Que ton âme doit craindre en les distinguant bien,

En laissant sur ton corps régner l’intelligence,

Afin qu’en t’élevant dans l’Ether radieux

Au sein des Immortels, tu sois un Dieu toi – même.

 

Les textes ci-dessus ont été informatisés par R. D., qu’il en soit remercié !

Ils évoquent l’adage : La simplicité est le sceau de la Vérité.

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La Sagrada Familia à Barcelone, entre symboles et mystères de Gaudi 12 juillet, 2022

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La Sagrada Familia à Barcelone, entre symboles et mystères de Gaudi

 
La Sagrada Familia à Barcelone, entre symboles et mystères de Gaudi dans Recherches & Reflexions

Par La Rédaction
10 juillet 2022
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Sagrada Familia à Barcelone

De notre confrère fermataspettacolo.it

La  Sagrada Família, en catalan Temple Expiatori de la Sagrada Família est une basilique catholique (mineure) commencée en 1883, toujours en voie d’achèvement, on estime que les travaux seront achevés d’ici 2026. Elle est considérée comme le chef-d’œuvre d’Antoni Gaudí.

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Sagrada Familia

La grandeur du projet et son style typiquement guadinien en ont fait l’un des principaux symboles de la ville, ainsi que l’une des étapes obligatoires du tourisme de masse ; en 2011 c’était le monument le plus visité d’Espagne, avec 3,2 millions de visiteurs devant le musée du Prado à Madrid.

Comme cela s’est produit précédemment pour les œuvres religieuses dont les œuvres sont destinées depuis plusieurs siècles (par exemple la Basilique de San Pietro ou le Duomo de Milan), l’église a été consacrée encore inachevée, le 7 novembre 2010, par Benoît XVI, qui l’a élevée au rang de basilique mineure.

Dans le temple de la Sagrada Familia, vous pouvez observer et rechercher de nombreux symboles liés au mystère.

Le carré magique

Pour commencer on peut partir de la porte de la passion riche en symboles et plus précisément du carré du Sator qui est un carré contenant un plateau 5×5 où il est écrit : SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS.

La particularité de cette phrase réside dans le fait que les lettres peuvent être lues indépendamment de gauche à droite ou inversement ou de bas en haut ou inversement et pour cette raison on l’appelle  Palindrome. Dans la Kabbale , qui est une pratique ésotérique juive qui s’est répandue à partir du XIIe siècle. Il y a une équivalence entre des chiffres, des lettres ou des mots ou des phrases. Et c’est grâce à cette équivalence, cet échange entre les mots et les nombres que nous en sommes toujours venus à donner une explication de la création ou d’un mystère lié à Dieu.

Dans les églises médiévales qui représentaient la somme de toutes les théories, les palindromes sont nombreux, ce qui confirme une étude diversifiée des différentes religions par les architectes et les ouvriers qui les ont créés.
Un très beau Sator peut également être vu à Sienne près du Duomo, sur lequel j’aimerais revenir plus tard avec un futur article.

Concernant le tableau magique sur la façade de la Passion de la Sagrada Familia, Gaudì a inséré des chiffres au lieu de lettres.
Si nous essayons d’additionner n’importe laquelle des combinaisons nous arrivons toujours à 33 qui est l’âge de la mort de Jésus et que Gaudi a certainement voulu mettre en évidence, mais qui par coïncidence représente aussi le plus haut degré de la franc-maçonnerie le 33e degré du Rite Écossais et qui souligne à quel point l’architecte était au courant des théories kabbalistiques.

Le cryptogramme de la Sagrada Familia

Dans la façade de la passion créée par Subirachs, un sculpteur catalan, quelques symboles sont insérés ; il n’est pas clair, cependant, si le sculpteur a repris l’idée originale de Gaudí. Sous la représentation de Veronica, qui se trouve à Lucques, se trouvent les symboles d’Alpha et d’Oméga, la première et la dernière lettre de l’alphabet grec. Ce sont des symboles stylisés et représentent le début et la fin du symbolisme chrétien, mais si nous les superposons, ils nous ramènent au symbole de l’étoile de David placé à l’extérieur du temple du roi Salomon, un temple construit par Hiram à Jérusalem.

Une fois de plus nous sommes face à un symbole maçonnique .

Le Pélican, dans la porte de naissance, placé à la base du cyprès, symbole de la vie éternelle, représente l’Eucharistie selon la symbolique de l’ère paléochrétienne mais aussi le 18ème degré de la maçonnerie.

Aussi dans la porte de naissance on trouve l’œil de la providence divine et la pyramide. La pyramide est formée de roseaux à l’intérieur desquels se trouvent la Madone et une fontaine. Le triangle de simplification de la pyramide, est aussi un symbole maçonnique. L’œil représente Dieu.

Le pélican sur la porte de la naissance de la Sagrada Familia

La pyramide avec l’œil de Dieu est également présente sur la pièce de un dollar américain , un symbole probablement voulu par le franc-maçon Benjamin Franklin comme un souhait pour la nation naissante des États-Unis d’Amérique.

En revenant au Sacré, également sur la façade de la Naissance, une croix en Tau a été placée au sommet du cyprès. Le signe du Tau a des origines très anciennes remontant à la Bible ; il est présent dans le livre de la Genèse, dans Job et dans Ezéchiel qui dit : « Le Seigneur a dit : Traversez la ville, au milieu de Jérusalem et marquez un Tau sur le front des hommes qui soupirent et pleurent ».

Le Tau étant la dernière lettre de l’alphabet hébreu assume la même signification que l’oméga pour les chrétiens. Le Tau est un symbole très cher à Saint François d’Assise et pour cette raison il s’est beaucoup répandu au Moyen Âge. Il a été adopté par les écuyers des Templiers qui plus tard est devenu une croix au moment de l’investiture. Plus tard, il fut également utilisé par les Chevaliers qui tirent leur nom de ce symbole, le Tau, ordre des chevaliers hospitaliers .

La façade de la Passion

Le Tau était un symbole pour la famille Rosencrutz, grâce à son fondateur, Christian Rosencreutz. Pour la franc-maçonnerie, le Tau symbolise le maillet et l’équerre à double angle droit.

Le Tau et le X au-dessus de l’arbre de vie pourraient à nouveau être interprétés comme l’étoile de David. L’image du X peut être vue comme deux V, le deuxième V à l’envers. Si le V assumait l’autre sens du Tau, dans l’ancien alphabet hébreu, le Tau était formé d’un X et d’un T, ce n’est qu’après s’être transformé en T que nous aurions à nouveau une étoile de David.
Gaudí a travaillé dur pour étudier les différentes religions et en particulier les symboles qui leur sont associés.

Dans cette analyse, j’ai essayé de mettre en évidence certains des aspects infinis liés à la Sagrada Familia qui, précisément en raison de sa complexité, peuvent être comparés aux grandes cathédrales médiévales et gothiques.

Lorsque vous la visitez, votre regard se perd à la recherche d’espaces, de lieux de la vie du Christ qui sont le résultat des interprétations des œuvres d’un des plus grands architectes de tous les temps et qui a consacré une grande partie de sa vie à la création de son paradis terrestre.

Redécouvrez nos précédents articles sur ce thème :

SOURCE : https://450.fm/2022/07/10/la-sagrada-familia-a-barcelone-entre-symboles-et-mysteres-de-gaudi/

 

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Robert Ambelain : Rencontre avec un Frère Aîné Par Bertrand de Maillard 10 juillet, 2022

Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaire
Robert Ambelain Rencontre avec un Frère Aîné

Par Bertrand de Maillard

robert ambelain

Ce n’est pas une petite affaire que de parler d’un homme de la stature de Robert Ambelain, non pas bien sûr de sa stature physique, il était plutôt de petite taille, mais de sa stature intellectuelle, spirituelle, ésotérique, et n’ayons pas peur des mots, occultiste. Être surdoué en toutes matières, bénéficiant d’une mémoire prodigieuse qui lui avait permis d’acquérir une culture générale et une érudition peu communes – et cela en dehors de toutes études universitaires – il semble avoir été assisté, c’est là mon hypothèse (Robert Ambelain ne m’en a jamais touché mot), par une sorte de « daïmon », esprit familier qui le guidait dans ses recherches, comme ce fut le cas pour Stanislas de Guaïta.

Esprit positif et rationnel, cinq planètes en signe de Terre, sans être rationaliste, hyper intuitif, ce qui n’est pas contradictoire, il se référait souvent à la science officielle, non seulement comme base sur laquelle construire sa réflexion, mais peut-être aussi par complexe et regret de ne pas avoir fait des études scientifiques, et pour ce fait paraître sérieux en ses propos.

Homme de courage dans les commandos de la guerre 39-40, et dans l’insurrection de la capitale en 1944, il manifeste ce courage au quotidien, pendant l’occupation, dans son activité maçonnique clandestine, avec tous les risques que cela comportait.

S’il est vrai, par ailleurs, qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’opinion, il ne pouvait qu’être supérieurement intelligent, si l’on considère les volte-faces de sa pensée, et ce de façon subite. De l’Eglise Gnostique Apostolique qu’il avait fondée et dont il était le Patriarche à la trilogie : Jésus et le mortel secret des Templiers, La vie secrète de Saint Paul, et Les lourds secrets du Golgotha, quel abîme à franchir !

De la Bible comme référence habituelle au récent Secret d’Israël, de la doctrine de la réincarnation qui transparaît dans ses premiers ouvrages à une « certaine pérennité posthume », voilà quelques exemples, entre autres, de ses variations intellectuelles, sans parler du Camelot du Roi au délégué C.G.T. de la Société Five Lille.

Homme affable, bon vivant, bon convive, vrai hospitalier, ne dédaignant pas l’esprit gaulois, bon orateur, excellent écrivain au style agréable, il savait aussi manier la rigueur et la miséricorde, comme en témoignent ses relations tantôt amicales, tantôt autres (c’est un euphémisme !) avec des personnages disparus dont j’aurai à parler plus loin.

Mon premier contact avec Robert Ambelain remonte au 5 mars 1956, dans l’oratoire de Philippe Encausse, 46 boulevard de Montparnasse. Ce soir-là, il me transmet, ainsi qu’à Théo Brockly de Strasbourg et, si je ne me trompe, à Georges Crepin de Meaux, l’initiation libre de Supérieur inconnu. Impression inoubliable, sans doute supérieure en intensité émotive aux autres initiations reçues, même celle du 17 juin 1952 quand je reçois la lumière au sein de la R:. L:. Spartacus et la tradition maçonnique au Droit Humain. Je viens alors de faire la connaissance d’un homme hors du commun, dont l’amitié ne se démentira pas pendant plusieurs décennies, et qui m’a profondément marqué par sa façon de penser, ses enseignements, sa logique.

Je m’honore d’avoir servi, sous sa direction, avec mes faibles moyens, la Franc-Maçonnerie de Memphis-Misraïm, à laquelle il avait redonné force et vigueur.

Le cursus maçonnique de Robert Ambelain se trouve présenté au début de son ouvrage paru en 1985, La Franc-Maçonnerie oubliée. J’en reprends ici l’essentiel :

  • Apprenti le 26 mars 1939 a la R:. L :. La Jérusalem des vallées égyptiennes, Rite de Memphis-Misraïm. Son parrain n’est autre que Constant Chevillon.
  • Compagnon et Maître le 24 juin 1941, il est chargé par C. Savoire, R. Wibaux, R. Crampn et G. Lagrèze, tous hauts dignitaires du Rite de Memphis-Misraïm, du Rite Ecossais Ancien et Accepté, du Rite Ecossais Rectifié, de maintenir le Rite de Memphis-Misraïm dans la clandestinité. Il constitue, avec des membres de diverses obédiences ralliées à la résistance maçonnique, la Loge Alexandrie d’Egypte, puis plus tard son chapitre qui fonctionne de façon rituelle à son domicile. Pour mener à bien sa tâche, il recevra :

Ø Tous les degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté jusqu’au 33ème inclus.

Ø Tous les degrés du Rite Ecossais Rectifié y compris ceux de l’Ordre intérieur, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, Profès et Grand Profès.

Ø Tous les degrés du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, 95ème inclus.

Ø Tous les degrés du Rite suédois jusqu’au Chevalier du Temple.

Il sera nommé Grand Maître ad vitam pour la France et substitut Grand Maître Mondial du Rite de Memphis-Misraïm en 1943 et 1944. c’est en 1962 qu’il deviendra Grand Maître Mondial du dit Rite.

A la fin de l’année 1984, il démissionne et abandonne sa fonction. Il devient Grand Maître Mondial d’Honneur du Rite de Memphis-Misraïm.

Parmi les autres titres qui lui furent conférés, citons : Grand Maître d’Honneur du Grand Orient Mixte du Brésil, Grand Maître d’Honneur de l’ancien Grand Orient du Chili, Président du Suprême Conseil des Rites Confédérés pour la France, Grand Maître pour la France du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish Rite).

Je ne trouve pas trace dans mes souvenirs de l’activité maçonnique de Robert entre la Tenue solennelle de la R:. L:. Alexandrie d’Egypte, en février 1945 dans les locaux de la Grande Loge de France, sous la présidence de Michel Dumesnil de Grammont, et les années 60. il fréquente probablement des loges du Grand Orient de France et surtout du Grand Collège des Rites. En effet, à la suite de malentendus, les relations avec la Grande Loge de France sont difficiles.

C’est en 1958 que se produit un événement important : un certains nombre de FF:. de la Grande Loge Nationale Française quittent cette obédience, considérant comme usurpé le qualificatif de « française » de cette obédience, vu la majorité d’américains et d’anglais que l’on y rencontre à l’époque en raison de la présence des troupes de l’O.T.A.N. en France. D’autre part, la nature des travaux ne correspond pas à leurs aspirations. Ils fondent ce qui est actuellement la Grande Loge Traditionnel et Symbolique OPERA, du nom de l’avenue où se trouve le Cercle Républicain qui leur sert de temple provisoire.
Très vite, Robert Ambelain, Philippe Encausse et leurs fidèles respectifs, vont intégrer OPERA où deux loges, La France et L’Arche d’Alliance, seront des foyers martinistes. Ils retrouveront là quelques grands noms comme Pierre de Ribeaucourt, son fils Edouard, Vincent Planque, Victor Michon, Massiou, etc. Dans les années 60 se constitue le Grand Prieuré Martiniste.
C’est l’occasion pour certains de recevoir les hauts degrés du Rite Ecossais Rectifié, Maître Ecossais de Saint-André, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, voire la Profession et la Grande Profession.

En 1960 se produit un événement important. Sentant sa vie prochaine, Charles Henry Dupont qui détient la succession régulière de Memphis-Misraïm, du Martinisme (l’Union des Ordres Martinistes a été réalisée peu avant) et de l’Eglise Gnostique de Jean Bricaud, convoque Robert Ambelain chez lui, à Coutances et, en présence de témoins, Irénée Séguret, Paul Corcellet et Philippe Encausse, transmet tous ses pouvoirs à Robert. Deux mois plus tard, en octobre 1960, Charles Henry Dupont décède.

En mars 1962, ou 63, dans un temple de la Grande Loge de France, a lieu le réveil du Rite de Memphis-Misraïm. La Loge Hermès devient Loge-Mère du Rite. Installée dans un temple du Grand Orient de France, rue Ramey, elle émigrera rue Froidevaux, avant d’autres locaux, jusqu’aux locaux actuels à Saint-Mandé.
Robert Ambelain, Victor Michon, Jean Pierre T.rtr., Albert Cools, votre serviteur et bien d’autres la dirigeront. Des travaux de valeur y seront présentés, bien souvent par Robert Ambelain.

Dans l’année 1965, arrive un F:. du Grand Orient de France, Albert Cools qui, semble t-il, aura une certaine influence sur Robert. Est-ce une coïncidence, mais c’est à partir de 1966 que Robert commence les études qui se concrétiseront dans la trilogie d’ouvrages énoncée ci-dessus.

Nous avons droit en tenue à la primeur de certains chapitres, mais aussi à des commentaires enthousiastes au fur et à mesure de ses découvertes, lorsque nous dînons après les tenues en petit comité dans un restaurant du Châtelet. Un exemple :
« Vous savez, mes Frères, je viens de découvrir que Jésus avait un jumeau, Thomas le didyme (du grec didumos, jumeau) ». Bien entendu, pour lui, l’origine de Jésus n’était pas celle que l’on nous enseigne. Il était le fils de Judas de Gamala, le héros de la révolte du Recensement.

Ces études sur le Christianisme vont modifier l’orientation de Robert, mais elles seront aussi une source de dissensions parmi les maçons martinistes ou gnostiques, et donc chrétiens. Les uns suivront Robert, les autres demeureront outrés par ses prises de position. Quant à lui, il saura tirer les conclusions de ses nouvelles convictions.

En 1968, il « excommunie » le martinisme de Philippe Encausse en créant l’Ordre Martiniste Initiatique. De même, il transmet tous ses pouvoirs de Patriarche de l’Eglise Gnostique Apostolique, qu’il a fondée, à André Mauer. Ses relations avec Philippe Encausse vont se détériorer. Il y a déjà eu des heurts dans le passé. Philippe parlera des « crachats sur le Christ Jésus » à propos du livre de Robert, Jésus ou le mortel secret des Templiers (titre qui avait été choisi par Robert après consultation de ses intimes, dont moi-même).
Tout finira par s’apaiser à partir de 1975 jusqu’à la mort de Philippe en 1984.

Avec Jacques Duvielbourg, les rapports seront folkloriques. Deux personnages de forte dimension se retrouvent face à face : bien sûr, à propos du livre précité.

Jacques, évêque gnostique ne saurait être d’accord, mais également sur le sujet des pratiques magiques. J’entends encore Robert m’appelant un matin au téléphone :
« Tu sais, cette nuit, j’ai eu des angoisses et des palpitations. Or hier, Jacques m’a appelé et je n’entendais dans l’appareil que son souffle très fort, sans parole, c’était pour établir le lien. Il travaillait contre moi. » Guerre des mages en miniature ! Mais quelques temps après, Robert et Jacques tombaient dans les bras l’un de l’autre. Il en sera de même avec d’autres FF:. dont je tais les noms car toujours présents, bien vivants, parmi nous.

Les relations de Robert avec les obédiences maçonniques seront de la même veine. Nous avons vu que la première tenue de la Loge Alexandrie d’Egypte, après la libération, se tient dans un temple de la Grande Loge de France, rue Puteaux.
Or, par la suite, il ne semble pas que Robert ait été considéré persona grata rue Puteaux.

Certes, il y sera toujours reçu avec les honneurs, mais les FF:. de Memphis-Misraïm ne serons reçus dans les temples de la Grande Loge de France que récemment. D’après les écrits de Robert, il semble bien qu’un malentendu se soit installé dès le départ et qu’en raison de son activité clandestine pendant la guerre, il ait cru pouvoir reprendre à son compte la direction de plusieurs obédiences, ayant reçu toutes les initiations des différents rites et mission de les sauvegarder. Il ignorer alors qu’à Alger, la plupart des obédiences avaient reconstitué leurs états-majors, préparant leur retour en métropole.

Avec le Grand Orient de France, les relations sont paradoxalement meilleures et il en fréquente les ateliers, mais plutôt ceux du Grand Collège des Rites. Certes, entre Memphis [1] et le Grand Orient de France existent des accords anciens (1862 quand Marconis de Nègre fait allégeance au Maréchal Magnan Grand Maître du Grand Orient de France et restreint les degrés du Rite à 33…), mais il est un fait qu’entre une obédience à tendance générale rationaliste et une obédience ultra spiritualiste il ne peut guère y avoir de concurrence…

Avec OPERA, les relations resteront bonnes, mises à part les turbulences créées par ses ouvrages sur le christianisme et ses appréciations sur les Convents de Wilhemsbad et Lyon.

Avec le Droit Humain, Robert va donner toute sa mesure. Le Droit Humain exclut-il une sœur qu’il en fait immédiatement la Vénérable Maîtresse de la première Loge d’Adoption du Rite, la Loge Hathor. Protestation de la rue Jules Breton ? Robert s’attache à démontrer « l’irrégularité originelle » de cette obédience. Ce qui ne l’empêchera pas d’y présenter sa fille qui y sera reçue, comme il sera reçu lui-même en visiteur à plusieurs reprises. Mais Robert Ambelain récidivera en acceptant pour la loge d’adoption la compagne d’un F:. de la Loge Hermès. Cette deuxième S:. en rupture de ban avec le Droit Humain, sera expulsée séance tenante de la rue Breton.

Plus tard, il sera encore le premier à reconnaître la Grande Loge Mixte Universelle, scission du Droit Humain entraînée par la S:. Braud et le F:. Jallu.

Parmi les cinquante et quelques livres écrits par Robert, trois seulement concernent la Franc-Maçonnerie. Je laisse de côté l’ouvrage La Franc-Maçonnerie occultiste et mystique : le Martinisme, tant il s’agit d’une branche particulière de la Franc-Maçonnerie dans le concert maçonnique général. Robert publie donc, en 1967, Cérémonies et rituels de la maçonnerie symbolique, ouvrage plusieurs fois réédité.

C’est le résultat des décisions d’un Convent du Rite, en 1965, et de l’accord de deux obédiences, le Grand Orient de France et le Droit Humain. L’idée est de fixer ne varietur les rituels, même si des détails pourront être modifiés, afin de couper court aux altérations fondamentales ou aux fantaisies de certaines loges, car le dépôt légal garde trace de tous les livres ou journaux. Il s’agit de plus de montrer aux adversaires de la Franc-Maçonnerie que nous n’avons pas de véritables secrets, le seul véritable secret maçonnique étant en notre cœur.

Le deuxième ouvrage maçonnique est Scala Philosophorum ou la Symbolique maçonnique des Outils, réédité sous la simple seconde partie du titre. Ouvrage capital qui va bien au-delà du symbolisme classique vers l’interprétation ésotérique et alchimique des trois premiers degrés maçonniques, basée sur le schéma de la Tétractys pythagoricienne. Ce texte est à étudier par tout maçon épris de connaissance, et particulièrement par les maçons de Memphis-Misraïm.

Enfin, troisième livre, La Franc-Maçonnerie oubliée étudie, chapitre après chapitre, de nombreuses questions importantes : les origines compagnonniques opératives de la Franc-Maçonnerie et le passage de l’opératif au spéculatif. Y est abordé également le hiatus entre la Franc-Maçonnerie stuardiste avec ses loges venuesde France au côté de Jacques II après la chute des Stuart, et la Franc-Maçonnerie orangiste avec la constitution de la Grande Loge d’Angleterre en 1717, les Constitutions d’Anderson et le rôle de Désaguliers. Plusieurs chapitres s’attachent à démontrer l’irrégularité fondamentale de la « Rome » de la Franc-Maçonnerie, celle qui prétend précisément être la seule régulière et dicter sa loi à toute la Franc-Maçonnerie, cette Grande Loge Unie d’Angleterre dont les lointains fondateurs, Désaguliers et Anderson, n’avaient même pas été initiés convenablement. Il fallait oser. Robert Ambelain osa !

De même, Robert Ambelain réalisa une analyse critique de la légende d’Hiram et de son introduction dans les rituels de Maîtrise maçonnique, ce qui en fait selon lui un rite luciférien. De nouveau, Robert montre sa faculté d’adaptation, si l’on songe à ce qu’il a écrit sur la possession du nouveau Maître maçon par l’esprit et l’égrégore de la Maçonnerie, libérant le nouvel initié de ses préjugés antérieurs.

Robert Ambelain a dit, et écrit, que la Franc-Maçonnerie, comme toutes les institutions humaines en cette fin de siècle, subissait la décadence ambiante. Nous sommes bien obligés de constater la perspicacité de son observation. C’est une raison supplémentaire pour que les francs-maçons sincères, épris de symbolisme et d’ésotérisme, œuvrent pour que la Tradition perdure et qu’enfin, l’Ordre s’installe sur le Chaos.

T:. Ill:. F:.
Bertrand de MAILLARD

[1] Memphis et non Memphis-Misraïm qui n’ont été réunis qu’en 1881 par Garibaldi. Mais en 1862, Misraïm et Memphis sont en conflit. Alors que Marconis de Nègre, en perte d’influence, est ravi de répondre à l’appel du Maréchal Magnan (initié dans la même journée du grade d’Apprenti au 33ème degré !), Misraïm refuse avec hauteur la proposition (ou plutôt l’ordre) de rejoindre le Grand Orient de France, attitude qui sera imitée par le Grand Commandeur Viennet du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

 
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POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ? 15 mai, 2022

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POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ?

 

Les francs-maçons disent qu’ils sont plus que jamais nécessaires. Alors pourquoi leurs rangs diminuent-ils ?

Les francs-maçons ont longtemps exercé les qualités les plus irrésistibles pour les auteurs de thrillers et les théoriciens du complot : le secret, la politique, le pouvoir et la célébrité. Parmi leurs membres figurent des pères fondateurs, des présidents, des musiciens, des artistes et des hommes d’affaires. Mais aujourd’hui, alors que le nombre de membres s’effondre au sein de l’une des plus anciennes organisations fraternelles internationales à avoir jamais existé, une nouvelle question persiste : à quoi ça sert ?

POURQUOI LA FRANC-MAÇONNERIE U.S. EST ELLE EN DÉCLIN ? dans Recherches & Reflexions

Les défis auxquels l’organisation est confrontée remontent à des décennies. Bien qu’une partie du problème réside dans le fait que les Américains ne rejoignent tout simplement plus des clubs ou des fraternités aussi souvent qu’avant, certains critiques affirment que les maçons ont également eu du mal à suivre le visage changeant de la nation. De nombreuses loges n’autorisent toujours pas les femmes à se joindre, et d’autres ont du mal à attirer des membres de couleur. Ces dernières années, le nombre de membres a chuté d’environ 75 % par rapport à un sommet de plus de 4,1 millions en 1959, alors qu’environ 4,5 % de tous les hommes américains étaient membres.

Dans les rangs de l’organisation, certains membres espéraient que la pandémie de coronavirus pourrait offrir l’occasion de se défaire de sa réputation de mystère et de secret et de présenter à la place le travail caritatif que les maçons effectuent dans les communautés du pays. Mais cela n’a pas été le cas. Au lieu de cela, le virus continue de balayer la nation, éloignant les hommes de leurs loges et rendant encore plus difficile l’intronisation de nouveaux membres – quelque chose que certains disent est trop ancré dans la tradition pour être tenté sur Zoom.

« Je ne sais pas vraiment comment nous combattons [la perte de membres]. Si j’avais eu la réponse à cela, nous aurions résolu le problème il y a des années », a déclaré Christopher Hodapp, historien et auteur de plusieurs livres sur la franc-maçonnerie. . « Mais je vais vous dire, quelque chose qui me fait peur, c’est ce truc d’arrêt du COVID. Dieu nous aide tous quand nous prenons du recul et examinons l’épave en ruine que cela a causée. »

Expliquer le déclin Comme de nombreuses organisations confrontées à un avenir incertain – un avenir qui pourrait être plus en ligne et moins interconnecté – les francs-maçons approchent d’un point d’inflexion.

« Certes au 18e siècle et au milieu du 19e siècle, vous pouviez être puissant et influent sans être franc-maçon, mais il était plus probable que vous ayez été franc-maçon », a déclaré Jessica Harland-Jacobs, une associée. professeur d’histoire à l’Université de Floride qui étudie la franc-maçonnerie. De nombreux francs-maçons voient dans la baisse du nombre de membres un symptôme du déclin général de toutes les associations bénévoles, plutôt qu’un problème spécifique à leur fraternité.

Selon un rapport du Congrès de 2019, le nombre de membres a régulièrement diminué dans tous les domaines, des groupes religieux et des associations scolaires aux syndicats et aux organisations grecques. Le rapport du Joint Economic Committee a révélé que les taux d’adhésion dans certaines organisations sont passés de 75% en 1974 à 62% en 2004. À 52%, la baisse a été la plus forte parmi les organisations fraternelles telles que les francs-maçons ou les Chevaliers de Colomb.

Ce ne serait pas la première fois. Les loges ont connu une forte baisse du nombre de membres en 1826 à la suite de la mystérieuse disparition de William Morgan, qui aurait rompu son vœu de secret en tant que franc-maçon en travaillant sur un livre révélant les secrets de l’organisation. Le scandale a alimenté un mouvement politique national chargé de faire tomber la fraternité. Mais les francs-maçons ont survécu au scandale – et à d’autres qui ont suivi.

Une partie de la fonction de nombreuses organisations fraternelles était de servir de sorte de filet de sécurité sociale pour ses membres, une force motrice derrière certains membres, selon Harland-Jacobs. Jusque vers les années 1930, a-t-elle dit, une partie de l’attrait de groupes tels que les francs-maçons était qu’ils offraient aux membres un moyen de souscrire une assurance. « Certains étaient peut-être plus intéressés par l’aspect social, et d’autres par l’aspect assurance : ce sont les jours qui précèdent l’assurance proprement dite, il serait donc agréable de pouvoir compter sur vos frères si vous en aviez besoin. , » dit-elle. John Dickie, historien à l’University College de Londres et auteur de The Craft : How the Freemasons Made the Modern World, souligne également l’idée que le secret de la fraternité qui aurait pu autrefois intriguer les hommes est moins séduisant. « Je pense que le problème est peut-être que le secret a perdu quelque chose de sa magie », a déclaré Dickie. « Peut-être que nous sommes devenus un peu fatigués par tout le tirage au sort de l’exposé, et à une époque où cela peut prendre deux minutes ou moins sur Google pour découvrir quels sont vraiment les secrets des francs-maçons, je ne suis pas sûr qu’ils puissent détiennent vraiment autant de mystique pour les membres. C’est un tour qu’ils ont joué avec beaucoup de succès depuis 1717 ou même avant. On se demande quel succès il aura dans les décennies à venir.

« Pratiques exclusives » Certains en dehors de l’organisation disent que les francs-maçons seraient en mesure de compenser plus facilement la baisse du nombre de membres si le groupe était considéré comme plus inclusif envers les femmes et les personnes de couleur. « [Les francs-maçons] devraient s’attaquer de front à ces problèmes : secret, race, sexe, sexualité, toutes ces choses », a déclaré Dickie à propos de la façon dont la fraternité pourrait attirer de nouveaux membres. Mais si cela devait arriver, a ajouté Dickie, cela pourrait se retourner contre lui et conduire à des « ruptures immédiates dans la franc-maçonnerie » parce que certains hommes sont dans la fraternité précisément à cause de ces « limitations ». « Un homme, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa position sociale et quelle que soit sa race, est éligible pour être membre de la confrérie. Cette promesse est évidemment très attrayante pour les groupes traditionnellement exclus », a déclaré Harland-Jacobs. Mais l’histoire de la franc-maçonnerie, a-t-elle dit, « a été l’histoire de cette tension entre cette promesse inclusive et souvent ses pratiques exclusives ». Les hommes de n’importe quelle race peuvent rejoindre la franc-maçonnerie, mais cela n’a pas toujours été le cas. Au moment de sa création, vous deviez être un homme libre pour rejoindre – ce qui signifie que les personnes réduites en esclavage ne le pouvaient pas. Lorsque Prince Hall, un homme noir abolitionniste, a tenté de rejoindre une loge à la fin des années 1700, il a été refusé alors qu’il était un homme libre. Lui, avec plus d’une douzaine d’autres hommes noirs, a finalement créé sa propre branche de la franc-maçonnerie appelée Prince Hall Freemasonry, qui est toujours active aujourd’hui. L’adhésion est plus compliquée pour les femmes. Toutes les loges aux États-Unis n’initieront pas les femmes, et même si elles le faisaient, il est peu probable que cela inverse les baisses d’adhésion, selon Brent Morris, directeur des communications stratégiques au Conseil suprême du Rite écossais de la franc-maçonnerie à Washington, D.C. « Je ne pense pas qu’il y aurait une ruée vers les portes », a déclaré Morris, ajoutant que l’adhésion était « une expérience sociale que les hommes recherchent et apprécient ». Morris a noté, cependant, que les femmes peuvent rejoindre des fraternités affiliées telles que l’Ordre de l’Étoile de l’Est ou l’Ordre de l’Amarante.

Sur la question de la race, Morris a déclaré que c’était un défi sur lequel les francs-maçons ont fait des progrès majeurs. « Je suis maçon depuis près de 50 ans – 49 ans et demi – et j’ai vu des changements à couper le souffle qui se sont produits au cours de cette période avec l’acceptation des personnes de couleur, avec l’acceptation de Prince Hall [Franc-maçonnerie], avec des hommes noirs rejoignant le courant dominant lodges, des hommes blancs rejoignant les lodges de Prince Hall … et c’est certainement un pas à couper le souffle dans la bonne direction », a-t-il déclaré. Amitiés et évasion Morris a rejoint la franc-maçonnerie parce qu’il voulait une communauté d’hommes de soutien semblable à sa fraternité universitaire et a déclaré qu’il était heureux de découvrir que cela l’avait aidé à « établir des amitiés au niveau local et des amitiés que vous n’auriez peut-être pas autrement ». « L’une des choses que j’ai trouvées très attrayantes dans la franc-maçonnerie, ce sont les hommes d’horizons différents », a déclaré Morris. « C’est agréable d’aller quelque part… et de socialiser sur une base autre que votre occupation. » Les francs-maçons soutiennent que la raison de défendre la fraternité va au-delà du maintien des traditions historiques ou de l’appartenance à quelque chose qui a autrefois exercé une immense influence. Ce n’est peut-être pas une société secrète pleine de présidents et d’hommes puissants tirant les ficelles de la société de l’ombre, mais cela n’a jamais été le but de ces membres. Au lieu de cela, ils se sont joints pour nouer des amitiés en dehors du travail et vibrer avec une communauté qui ne divise pas. À une époque où la polarisation et la division aux États-Unis s’intensifient, les francs-maçons ont déclaré qu’il était rafraîchissant de passer du temps avec des gens qui ne se disputaient pas. « Les gens sont isolés », a déclaré Hodapp, l’historien et auteur. « Les gens sont enfermés dans leurs appartements, ou enfermés dans le sous-sol de leurs parents à l’âge de 35 ans, et ne s’associent pas, et les médias sociaux les font crier à l’écran de l’ordinateur à 3 heures du matin parce que quelqu’un leur a dit de être bourré de quelque chose. Chaque maçon à qui vous parlez se tiendra là et dira: ‘Oui, on a besoin de nous maintenant plus que jamais.’  » Le défi, a-t-il dit, est de trouver un moyen de communiquer cela. « Comment obtenez-vous le message de, oui, il y a un endroit où vous pouvez aller où les gens ne sont pas à la gorge les uns des autres, il y a un endroit qui arrête délibérément le genre de disputes qui vous rendent la vie misérable. »

SOURCE :  https://www.gadlu.info/pour-la-franc-maconnerie-u-s-est-elle-en-declin/

Un article paru en novembre 2020 sur le site NPR.ORG

L’apport égyptien à la Franc-maçonnerie symbolique 10 mai, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’apport égyptien à la Franc-maçonnerie symbolique

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Liminaire

 

Même si l’on peut remonter plus loin quant aux sources qui lui ont donné naissance, l’histoire de la Franc-maçonnerie débute véritablement en ses formes modernes au 18ème siècle, soit officiellement il y a 300 ans en cette année 2017 avec la création de la Grande Loge de Westminster.

 

Or le 18ème siècle, surtout dans sa deuxième moitié, est celui qui voit apparaître une ferveur sans précédent pour l’Egypte et ses mystères, on parle d’ailleurs d’égyptomanie pour qualifier ce phénomène historique qui atteindra son apogée après la fameuse campagne menée par le Général Bonaparte puis avec le décryptage des Hiéroglyphes quelques années plus tard par Champollion en 1822.

 

La proximité de cet engouement pour l’Egypte avec une Franc-maçonnerie qui cherche parfois à affirmer ses racines dans les âges les plus reculés, mêle fantasmes aux réalités et donne à penser que l’Egypte est le berceau de toute initiation. Cette proximité suffira à créer un lien de causalité presque naturel entre l’une et l’autre.

D’autre part, l’Egypte ayant été capable de maîtriser l’art de bâtir à un tel niveau de réalisation – que nous ne connaissons d’ailleurs toujours pas bien – les franc-maçons d’alors, qui fondent leur mythe sur la construction, ne pouvaient voir en l’Egypte des bâtisseurs que l’évidence d’une filiation toute tracée.

 

Cette idée, presque fondatrice, influencera considérablement la manière d’appréhender le message initiatique en général et celui de la Franc-maçonnerie en particulier. Outre le phénomène de mode autour de l’Egypte, nous verrons que cette idée peut avoir un sens plus profond et renvoyer à une certaine réalité, mais à condition de l’envisager autrement que sous l’angle purement historique. C’est cette réalité que le présent propos vise à vous faire toucher du doigt.

 

Influence mythique de l’Egypte

 

Pour évaluer l’influence de l’Egypte nous rencontrons principalement deux problèmes majeurs :

 

Le premier concerne ce que nous savons de l’Egypte.

 

Nous devons avoir à l’esprit que ce que nous connaissons de l’Égypte aujourd’hui, c’est l’Egypte vue et commentée par les grecs et l’Egypte vue et expliquée par les égyptologues. L’Égypte vue et expliquée par les égyptiens nous est inconnue car il n’y a pas de traces de philosophie égyptienne, d’écrits développés qui auraient pu nous rapporter véritablement leurs mystères.

Nous avons bien-sûr les hiéroglyphes qui nous renseignent sur des aspects fondamentaux de leur culture, mais c’est très insuffisant, les sources sont donc extrêmement minces comparativement à la période qu’il s’agit de couvrir.

 

Deuxième problème tout aussi important : de quelle Egypte parlons-nous ?

 

Quels pourrait être le lien, par exemple, entre l’Egypte d’il y a 5000 ans avec celle d’il y a 3000 ans ? En deux mille ans d’évolution il ne reste probablement plus rien du mode de vie précédent si bien qu’il ne s’agit plus de la même Egypte.

Si nous appliquions se raisonnement à notre propre civilisation aujourd’hui, c’est comme si nous devions nous même établir et trouver ce qu’il pourrait y avoir de commun avec ce qu’il se passait il y a deux milles ans ! Autant dire que toute connaissance à ce sujet ne peut être que fragmentaire et il nous faut donc, en la matière, rester particulièrement prudent et humble quant à nos prétentions historiques.

 

Dans ces conditions, où faut-il chercher cette influence si elle existe ?

 

Les papyri et les hiéroglyphes se sont généralisés en Egypte environ 3200 ans avant notre ère alors que la basse et la haute Egypte existent déjà depuis 800 ans à peu près. L’Égypte connaîtra au cours des siècles de nombreux bouleversements jusqu’à une période qui nous intéresse particulièrement, celle de l’influence par la civilisation grecque après qu’Alexandre Le Grand ait fondé la ville d’Alexandrie et alors que l’Egypte est gouvernée par la dynastie du général macédonien Ptolémée. 300 ans avant notre ère, la Grèce va doucement s’imprégner de la culture égyptienne, s’en inspirer, s’en émerveiller, se l’approprier et l’assimiler notamment dans certains de ses aspects religieux.

 

Le premier aspect concerne un axe majeur de la culture égyptienne, c’est le thème de la mort. Celui-ci est extrêmement prégnant dans leur culture et il soutient la plupart des textes sacrés comme le célèbre livre des morts égyptien qui est emblématique de cet intérêt.

 

Le deuxième aspect, en lien aussi avec le premier, concerne l’héritage mythologique, Osiris, Isis Sérapis etc. Par sa mort et sa résurrection celui d’Osiris influencera considérablement les rites initiatiques à venir.

 

Ces deux aspects, la mort et la mythologie égyptienne, ont considérablement marqué les grecs et contribué à façonner un nouveau rapport au religieux ainsi que la production d’une pensée singulière chez les philosophes grecs pendant plusieurs siècles. L’héritage le plus intéressant se situe donc dans cette période cruciale qui débute environ vers 350 avant JC et il ne faut donc pas chercher chez les égyptiens mais chez les grecs ce que l’Egypte nous a légué.

 

Les « Écoles de Mystères »

 

La Grèce antique, ou classique, est beaucoup mieux connue que l’Egypte, d’abord parce qu’elle est plus récente historiquement, qu’elle a largement inspiré notre civilisation et notre culture, et surtout parce qu’elle nous a laissé beaucoup de témoignages écrits sur les grecs eux-mêmes et leurs origines réelles ou mythiques, alors qu’il reste peu d’écrits des égyptiens.

Le Grec est une langue qui est encore étudiée et parlée, et chacun sait que la langue à une influence sur la structure de la pensée et donc sur notre manière d’appréhender le Réel.

Nous avons encore la même structure de langage, ce qui nous offre une proximité avec le grec que nous n’avons pas avec l’égyptien qui est une langue morte chamito-sémitique écrite à l’aide de hiéroglyphes, elle est donc totalement étrangère à notre manière de formuler le monde du vivant.

C’est là un aspect très important à prendre en compte car c’est une véritable barrière pour la compréhension. Mais ce qui nous intéresse ici chez les grecs ce n’est pas la langue, c’est ce que l’on appelle les écoles de mystères, car se sont elles qui ont recueilli principalement l’héritage égyptien d’une part et qu’elles sont, d’autre part, les ancêtres des systèmes initiatiques tels que nous les concevons aujourd’hui.

 

Le sujet n’est pas ici de présenter les divers systèmes et cultes car il y en eu de nombreux, Mithra, Apollon, Éleusis, l’Orphisme etc.

Chacun pourra se pencher sur ces sujets.

 

Mais, de quoi s’agit-il ?

 

Mystère vient du Grec mystếrion, signifiant « rites secrets », l’individu pratiquant les Mystères était qualifié d’initié ou plus exactement, de myste. Pour les grecs, ces écoles sont l’héritage de l’Egypte, Hérodote lui-même, considéré aujourd’hui comme le premier de tous les historiens, affirmera à cet égard que les Mystères seraient venus d’Inde en Egypte puis de l’Egypte à la Grèce.

Dans tous les cas, l’idée que la Grèce est héritière de l’Egypte est une perception normale et très partagée depuis cette époque.

C’est ainsi que les dieux égyptiens investissent progressivement les Temples, qu’ils façonnent certains cultes, leurs pratiques et leurs croyances.

 

En quoi est-ce que ces mystères consistaient ?

 

Pour comprendre la nature de ce qu’était ces cultes nous devons nous en rapporter à ce qu’en dit Plutarque au 1er siècle à ce propos :

« L’âme au moment de la mort, éprouve la même impression que ceux qui sont initiés aux grands mystères ».

 

Voici dévoilé, en une affirmation très simple, le cœur de l’héritage Egypto-Hellénique : permettre à l’homme de dépasser sa propre condition, de vivre l’épreuve de la mort dans un corps de chair durant cette vie même afin que, parvenu à la fin de son existence, l’âme humaine ne disparaisse pas dans l’oubli mais au contraire accède à l’éternité des Champs Élysées.

 

Il y a là quelque chose de fondamental à saisir.

 

Si on veut comprendre ce qu’est l’initiation, il est impératif de constater la place de la mort dans les systèmes initiatiques depuis la plus haute antiquité, car elle en est toujours le sujet central sous une forme ou une autre.

A cet égard, il y a ici une première influence directe sur la Franc-maçonnerie, puisqu’elle reprend également ce thème dans ses propres Rites, ce qui en fait le véhicule de traditions multiséculaires.

 

Mais la Franc-maçonnerie se distingue cependant sur la manière d’approcher cette question, car à l’époque de la Grèce antique, les mystères n’étaient pas symboliques, les serments étaient pris au pied de la lettre et quiconque trahissait le secret des rites risquait sa vie réellement.

C’est la raison pour laquelle on ne retrouve à cet égard qu’assez peu de description des mystères antiques eux-mêmes, nous n’avons en général que des commentaires comme ceux de Plutarque.

 

Pour comprendre l’influence de l’Egypte, nous devons aller un peu plus loin et nous intéresser au processus initiatique de ces écoles …

 

Les rites avaient pour vocation de placer progressivement l’initié dans des dispositions intérieures spéciales, telles que celui-ci expérimentait des états de conscience censés lui conférer une connaissance spirituelle pouvant concerner aussi bien l’âme humaine que sa place dans l’univers.

Les expériences spirituelles étaient donc concrètes, avaient un caractère de réalité, exactement comme dans la définition de Plutarque donnée plus haut. Mais avant d’en arriver à ces expériences, l’impétrant devait s’adonner à des pratiques de purifications préalables parfois très longues et difficiles, destinées à préparer son corps et sa psyché à ces expériences.

Lorsque celui-ci était prêt, on lui faisait alors vivre des situations rituelles spéciales, après lui avoir parfois fait prendre dans certains cas des substances psychotropes. La conjonction de cette ascèse préalable, avec la contextualisation rituelle réalisée par les prêtres, devaient permettre que les effets de ces substances sur le postulant soient complètements différents de ceux obtenus sans ces mises en conditions corporelles et psychiques.

 

Il existait donc véritablement une science et un art de la transmission initiatique.

 

Tout cela était l’objet d’un épais mystère et nous en savons peu sur les détails de ces pratiques.

Pour se faire une idée, on retrouve encore les vestiges ce genre de méthodes dans la plupart des traditions chamaniques actuelles (voir le film de Jean Rouch « les maîtres fous – 1955).

Ces dernières n’ont cependant pas pour vocation à transmettre l’expérience spécifique décrite par Plutarque. Seule l’approche méthodologique a été conservée, ce qui peut vous donner une idée de ce que pouvaient vivre ceux qui entraient dans les écoles de mystères.

 

Nous sommes aujourd’hui, en Franc-maçonnerie, très loin de ce genre de pratiques.

 

Néanmoins, c’est peut-être la forme objective la plus ancienne dont nous pourrions dire qu’elle a influencée la Franc-maçonnerie. Car hormis les psychotropes évidemment, la franc-maçonnerie a repris à son compte certains aspects majeurs des mystères antiques dans sa façon de mettre en scène rituellement les postulants.

 

Essayons de comparer :

 

Tout d’abord les mystères antiques sont célébrés dans des Temples et ceux qui y participent sont des initiés (premier point).

Les mystères antiques avaient pour objet une quête spirituelle dont les rites pratiqués devaient permettre d’en véhiculer les connaissances (deuxième point).

Les rites devaient favoriser des expériences qui permettaient, croyaient-on, d’avoir dans la mort une autre destinée que celle de l’homme commun (3ème point en partie égal).

Ces rites initiatiques fonctionnaient par degré, et chaque degré transmettait des expériences différentes de plus en plus approfondies (4ème point).

En règle générale (et c’est peut-être là le plus significatif pour nous) ces rites consistaient à mettre en scène des dieux mythologiques afin que l’impétrant, placé dans le rôle du dieu, puisse vivre par lui-même les épreuves de ce dernier afin d’accéder à une catégorie d’expérience symbolique lui offrant un nouveau mode de compréhension de sa propre existence (5ème point).

 

Tel était le fond de la question de l’initiation dans les écoles de mystères. La Franc-maçonnerie, sans dévoiler ses rituels, procède encore de la sorte puisque l’initié, à un certain moment de son parcours maçonnique, prendra lui aussi la place d’un personnage mythique central pour en éprouver les mêmes expériences symboliques. Inutile de dire que la mort (symbolique) y joue une place majeure.

 

D’ailleurs à cet égard, le mythe d’Osiris pourrait tout à fait s’y substituer, démontrant si besoin était, la nature du lien entre l’Egypte et la Franc-maçonnerie.

 

Le but et le caractère de réalité évoqué par Plutarque a disparu des initiations maçonniques. C’est là une différence majeure car il revient au Franc-maçon de faire vivre en lui-même et par lui-même les vertus que ses expériences initiatiques impriment en sa psyché.

C’est d’ailleurs le sens moderne le plus intéressant du secret maçonnique, puisqu’il est impossible d’expliquer l’expérience initiatique à qui ne l’a pas vécu. Il est donc impossible de le trahir.

 

En terme de parcours, la Franc-maçonnerie a gardé le thème universel de la « mort » initiatique, et comme dans les mystères antiques, met en scène les postulants dans des situations mythiques porteuses de significations, qui reprennent toutes les mêmes fondamentaux depuis des siècles, ce qui constitue selon moi une forme majeure de cette influence dont nous essayons d’esquisser les contours.

 

L’héritage des « Écoles de Mystères » et l’Hermétisme

 

Cependant les écoles de mystère ne seront pas la seule source de ce que l’on pourrait considérer comme l’héritage égyptien. En effet, il faut citer également ce que l’on appelle l’Hermétisme Greco-Égyptien.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Le mot Hermétisme a pour racine le nom du dieu Grec Hermès qui sera d’ailleurs très souvent identifié au Dieu égyptien Thot. On voit très bien dans ce lien, fait entre Thot et Hermès, le souci chez les grecs de vouloir faire des ponts entre les cultures grecques et égyptiennes.

 

L’hermétisme est constitué par un ensemble de textes très obscurs qui apparaissent dans la même période citée plus haut lorsque « la Grèce reprend le flambeau de l’Egypte », c’est à dire à partir de -350. D’ailleurs la toute jeune ville d’Alexandrie avec sa bibliothèque est considérée, aujourd’hui encore, comme la capitale spirituelle de l’hermétisme et des études qui s’y rattachent.

 

L’Hermétisme, très concrètement, correspond à des textes que l’on peut classer en deux catégories.

 

La première catégorie correspond à l’hermétisme pratique, c’est-à-dire des textes datant du 3ème siècle avant JC jusqu’au 1er siècle et se rapportant à l’étude des astres (astronomie et astrologie), de la magie (science des rituels, des talismans et écritures magiques etc.) et de l’alchimie (science de la matière), mais aussi plus largement de botanique et de sciences naturelles. (Trivium Hermeticum).

 

La deuxième catégorie de textes correspond à ce que l’on pourrait appeler l’hermétisme philosophique. Cela regroupe des textes mystico-philosophiques qui sont un syncrétisme de philosophie grecque et de croyances égypto-helléniques.

Mais c’est au 15ème siècle de notre ère qu’un recueil de 14 traités grecs fut apporté en Italie à Florence et vendu à Cosme de Médicis qui les fera traduire par Marsile Ficin. Nous y retrouvons des textes majeurs comme le Poinmandres ou l’Asceplios. Ces 14 textes forment les 14 premiers traités du Corpus Hermeticum qui sera le fondement théorique et pratique, direct ou indirect, de quasiment toutes les sociétés secrètes initiatiques depuis le 16ème siècle.

 

Bien entendu, la Franc-maçonnerie naissante, n’échappera pas à cette influence et en prendra sa part.

 

Influence de la symbolique hermétique sur la maçonnerie

 

Au 18ème siècle, soit près de trois siècles après la traduction par Marsile FICIN du Corpus Hermeticum, toutes les sciences que l’on appelle alchimie, astrologie, kabbale, magie sont à la mode dans les milieux ésotériques mondains. Ajoutons à cela la redécouverte de l’Egypte et il n’en fallait pas plus pour attiser chez les chercheurs d’absolu un attrait du mystère qui offrira une aura sans précédent à l’Egypte.

Cependant cet attrait pour l’hermétisme n’est pas seulement le fait de quelques curieux, cela va beaucoup plus loin et concerne des personnages de premier plan, que l’on songe par exemple à Isaac Newton dont nous oublions en général de dire que 70% de ses études concernaient l’alchimie, qui fut considérée comme une science jusqu’à ce que Lavoisier mette fin à la théorie des 4 éléments quelques années plus tard par sa démonstration sur la décomposition de l’air.

 

Comme je le disais, depuis la diffusion du Corpus Hermeticum, la plupart des sociétés initiatiques organiseront leurs rites et leurs approches philosophiques en fonction des principes issus de l’hermétisme.

La Franc-maçonnerie reprendra donc, à des degrés divers bien-sûr, un certain nombre de concepts et de symboles dans ses propres mythes alors qu’ils n’appartiennent pourtant pas strictement à l’art du bâtisseur. Ceux d’entre-nous qui ont connu l’initiation maçonnique ont probablement traversé les 4 éléments d’Empédocle dont nous venons de parler, peut-être ont-ils reconnu les symboles des 3 principes alchimiques au début de leur quête ou encore la formule VITRIOL.

Certains ont peut-être reconnu aussi l’équivalent du mythe osirien à travers celui d’un Maître maçon mythique bien connu et utilisé sans même le savoir des mots et du vocabulaire issus de langues sacrées.

 

La Franc-maçonnerie regorge ainsi de références en provenance de l’hermétisme considéré comme l’héritage culturel Egyptien, perpétue des initiations et des rites qui reprennent les mythes fondamentaux des écoles de mystères, elles-mêmes ayant hérité d’une part de ce que pouvait offrir l’Egypte…

 

On peut retrouver les traces plus précises encore de cette culture hermétique dans l’étude de très vieux rituels maçonniques, les constellations zodiacales décorent les temples, des symboles alchimiques investissent de nombreuses gravures maçonniques au 18ème siècle, les symboles des 7 planètes symboliques qui ont donné naissance aux sept jours de la semaine ainsi qu’à l’ordre dans lesquels ils se trouvent etc.

 

La Franc-maçonnerie moderne a donc profondément été influencée par des sources venues de très loin afin de façonner sa propre manière de transmettre l’initiation et il nous semble qu’à cet égard, l’influence « égyptienne », indirecte au moins, puisse être établie suffisamment formellement.

 

Les rites maçonniques égyptiens au 18ème siècle

 

Avant de conclure il semble intéressant d’évoquer un instant le sujet de ce que l’on appelle la Franc-maçonnerie dite Egyptienne.

 

Si l’influence de l’Egypte peut être établie en raison de la nature de certains symboles et de leur provenance, en raison des modalités de transmission des initiations maçonniques, une partie des maçons du 18ème siècle désiraient se réclamer de l’Egypte plus directement encore.

Ce fut une période véritablement égypto-maniaque et certains Maçons ont donc organisé des Rites maçonniques se référant directement à l’Egypte.

 

Le plus connu fut le Rite de Misraïm (pluriel d’égyptien), son origine est mal connue mais on considère en général qu’il est apparu en Italie entre 1750 et 1810, sans doute en plusieurs étapes (voir G.Galtier : Maçonnerie égyptienne, Rose-Croix et Néo-Chevalerie: les fils de Cagliostro).

Il sera implanté en France en 1814 par les Frères BEDARRIDE.

 

Ce rite constitue un véritable mystère quant à ses sources, car cela nous conduit à une petite Loge du Royaume de Naples appelée « la parfaite union » qui était un carrefour ésotérique au 18ème siècle et où se pratiquaient presque tous les Rites d’alors.

 

Plus ancien que le rite de Misraïm, le Rite de la Haute Maçonnerie Egyptienne fondé en 1784 à Lyon par le très célèbre Joseph Balsamo alias Cagliostro.

Ce Rite très étrange ne perdura pas, mais sa particularité fut de propager une vision très hermético-pratique.

 

Ce rite également tire ses sources de cette petite Loge Napolitaine.

 

Le rite de Memphis créé en 1838 par Jean-Etienne Marconis de Nègre et qui sera plus tard associé au rite de Misraïm en 1881 par GARIBALDI lors de la réunification de l’Italie, et qui deviendra à cette occasion le Rite de Memphis-Misraïm qui est aujourd’hui le rite égyptien le plus répandu.

 

D’autres rites plus éphémères ont vu le jour mais n’ont, la plupart du temps, pas survécu à leur auteur.

 

Si cette référence directe à l’Egypte relève évidemment de l’exagération, tandis qu’une l’influence réelle peut être reconnue comme nous venons de le voir, elle dévoile cependant quelque chose de plus fondamental dans le cœur des maçons du 18ème siècle.

 

L’apparition d’un courant maçonnique égyptien pourrait être considérée, dans l’histoire de la Franc-maçonnerie, comme la phénoménologie d’une recherche d’absolu, une sensibilité dont le marqueur principal se manifeste par une recherche permanente de la tradition primordiale si chère à René GUENON, d’une source toujours plus pure et authentique.

 

Dès lors, si l’on veut bien se départir du qualificatif d’égyptien, qui peut être trompeur, nous pourrions aisément faire entrer dans cette catégorie de vieux Rites Hermétiques comme le rite de l’étoile Flamboyante du Baron TSCHOUDY, qui lui aussi provient du milieu napolitain que j’ai mentionné puisque le Baron TSCHOUDY fut l’un des Vénérables Maîtres de la Loge « la parfaite union » ; nous pourrions citer celui des illuminés d’Avignon de Dom PERNETY, ou encore le trop peut étudié Rite Ecossais Philosophique dont les Loges portaient souvent des noms de dieux égyptiens et qui connu un développement important au 18ème siècle, et dont la nature et les contenus le rendait précisément bien plus « égyptien » et « hermétique » que les rites de Misraïm ou de Memphis qui lui empruntèrent d’ailleurs discrètement certains de ses rituels jusqu’à une période très récente.

 

Aujourd’hui encore, les rites « égyptiens » ont gardé cet attrait pour les études hermétiques et l’attachement à la perpétuation de la tradition maçonnique.

 

Conclusion

 

Au fond, se demander si l’Egypte a influencé la maçonnerie n’est peut-être pas la question la plus pertinente, la question qu’il s’agirait plutôt d’examiner serait : de quelle manière l’Egypte a influencé la Franc-maçonnerie ?

 

Pour y répondre, nous devrions peut-être revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à ce qui fonde le parcours initiatique et à la manière de le proposer, car c’est là le cœur de l’explication de cette influence.

 

Le thème central de toute initiation est toujours, directement ou indirectement, celui de la mort et le destin posthume de l’âme humaine. L’homme a toujours cherché à répondre à la question de son existence et il y a donc ici, quelque chose d’intemporel qui nous invite, comme nos ancêtres égyptiens le furent en leur temps, à ressentir et nous questionner d’une façon strictement identique.

Face au vertige qui nous saisit à l’idée de notre propre extinction, il ne saurait y avoir de différence fondamentale entre les hommes de quelques époques ou cultures qu’ils soient.

Nous sommes face à l’indéfinitude de l’existence qui fait appel à ce qu’il y a d’antéprédicatif en nous, et il fallait donc répondre par des approches relevant elles-mêmes des fonctions archaïques du psychisme humain, pour les solliciter d’une manière telle que l’homme puisse trouver « quelque chose » en lui de différent, convoquer une aptitude à la spiritualité que les mots ne peuvent saisir, et dont les concepts ne peuvent rendre compte.

 

Cette question n’appartient donc pas à l’horizontalité de l’histoire, mais aux diverses manifestations verticales du vivant dont les hommes essaient de se saisir depuis toujours. Il était donc presque évident que parmi toutes les choses pouvant être transmises depuis l’Egypte, celles qui concernaient ce rapport à la mort et au divin avaient plus de chance de passer les épreuves du temps et de l’histoire, et c’est bien ce qui s’est passé.

 

Les Grecs ont eux-mêmes repris ce qu’ils ont pu des égyptiens, ils ont gardé dans leurs Temples quelques-uns des secrets des cérémonies sacrées destinées à mettre l’homme dans les conditions spéciales censées lui ouvrir les portes d’une compréhension nouvelle que les mots ne peuvent traduire.

 

Les vérités métaphysiques, extirpées depuis des siècles par ceux qui ont connu le difficile sentier de l’initiation, ont été rapportées parfois dans des textes obscurs comme ceux du Corpus Hermeticum, transmis par des cérémonies étranges dont les hommes ont parfois perdu les clés.

 

Ce fut le cas en Egypte, en Grèce, dans la Rome antique et la franc-maçonnerie s’inscrit, tant sur la forme que sur le fond, dans une perspective semblable à cette différence près qu’elle n’impose aucun dogme, qu’elle invite seulement l’initié à abandonner le vieil homme en lui pour renaître d’une manière différente au Réel.

 

Il existe donc bien une influence spirituelle considérable, toujours d’actualité, dont on retiendra principalement qu’elle s’est surtout transmise dans la manière de faire vivre l’initiation ainsi que dans les textes du Corpus Hermeticum dont on retrouve les concepts ou les symboles dans presque tous les rites maçonniques.

Nous y retrouvons de même le thème central de la mort initiatique avec une ambition différente de celle de nos ancêtres, celle-ci ne renvoyant plus au destin posthume de l’âme humaine, mais à l’art de mourir à soi-même ici et maintenant par l’introspection continue.

 

La franc-maçonnerie ne donne donc aucune vérité toute faite à adopter, on pourrait même dire qu’elle propose l’inverse en offrant des outils pour apprendre à désapprendre, dans notre langage maçonnique nous dirions, pour tailler une pierre un peu trop brute en une pierre par conséquent plus petite.

La franc-maçonnerie véhicule pour cela des symboles sans âge qui renvoient à l’existence même de l’homme et aux questions qui sont apparues avec lui.

 

La Franc-maçonnerie égyptienne que nous véhiculons essaie de rester au plus proche de ce désir de reconnaissance de soi, au plus près d’un héritage traditionnel antique que le temps ne saurait effacer parce que les questions restent les même pour tous.

 

Dans un monde en perte de repères, qui se cherche de plus en plus, elle est donc terriblement d’actualité.

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Source : https://www.gltmm.fr

 

Les banquets maçonniques 10 avril, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
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Le banquet symbolique tient une large place dans les rituels de la franc-maçonnerie.

En Angleterre et aux États-Unis, le banquet maçonnique a acquis graduellement une importance telle, qu’il est devenu la raison d’être presque exclusive de l’Ordre lui-même. En France, le rôle des agapes emblématiques est fort modeste. Il en est de même en Allemagne, en Suisse, en Italie et en Espagne. L’origine du banquet maçonnique échappe aux investigations des historiens. La grande Encyclopédie maçonnique espagnole estime, d’après le savant écrivain maçonnique anglais Hugues, que les premières réunions des enfants d’Hiram ont eu lieu dans des cénacles. La maçonnerie aurait en des débuts analogues à ceux du christianisme. Des agapes réunissaient les adeptes qui cimentaient leurs serments en vidant des coupes emblématiques. Dans les cultes anciens, les banquets avaient une haute signification et figuraient parmi les cérémonies essentielles. La maçonnerie, qu’on assimile, non sans raison, aux mystères, a perpétué l’usage des agapes. Elle y a introduit graduellement des formes symboliques en harmonie avec les changements du rite maçonnique. Aujourd’hui, les banquets en usage dans la maçonnerie sont soumis à un rituel lui varie suivant les grades et les rites. Néanmoins, les dispositions fondamentales sont les mêmes partout. Voici d’abord les usages de table communs à tous les rites. 

Le principe de fraternité qui régit l’Ordre maçonnique veut que les banquets se tiennent au grade d’apprenti, afin que tous les maçons puissent y être admis. Les banquets, tenus aux grades supérieurs, sont fort rares. Au grade d’apprenti, le banquet ne comporte qu’une seule table, disposée en fer-à-cheval. Les frères prennent place dans le pourtour extérieur du fer-à-cheval. Le pourtour intérieur reste libre. Dans le rite écossais, le maître des cérémonies et les diacres se placent dans l’intérieur du fer-à-cheval, en face du vénérable. Toutefois, cette règle n’est pas absolue. Quand les frères sont nombreux et que l’exiguïté du local en fait une loi, l’intérieur se trouve rempli. Les places sont distribuées comme en loge. Le vénérable occupe le milieu extérieur de la table; aux deux extrémités se placent le premier et le second surveillant. Le vénérable conduit les travaux. Les surveillants et le maître des cérémonies reçoivent ses ordres et les transmettent aux convives. Les santés sont commandées et ordonnées par le vénérable, qui peut cependant déléguer le commandement des armes, dans les santés, à quelques-uns des officiers, en même à de simples apprentis. Sur la table, la vaisselle, les verres, les couteaux, etc., doivent être rangés en lignes parallèles. Dans quelques loges, on dessine sur la nappe des cordons de couleur pour mieux observer les alignements. La première ligne, partant de l’intérieur, est pour les plats; la deuxième est pour les bouteilles et les carafes; la troisième est celle des verres et la quatrième celle des assiettes.

Les ustensiles de table ont des noms symboliques qui varient avec les degrés et les rites. Voici la nomenclature la plus généralement adoptée. La table se nomme Plateforme; la nappe, Voile; la serviette, Drapeau; le plat, Plateau; l’assiette, Tuile; la cuillère, Truelle; la fourchette, Pioche; le couteau, Glaive; la bouteille ou carafe, Barrique; le verre, Canon; les lumières, Étoiles; les mouchettes, Pinces; les chaises, Stalles; les mets en général; Matériaux; le pain, Pierre brute; le vin, Poudre forte, rouge ou blanche; l’eau, Poudre faible; le cidre ou la bière, Poudre jaune; les liqueurs, Poudre fulminante; le sel, Sable; le poivre, Ciment ou sable jaune. Manger, c’est Mastiquer; boire, c’est Tirer une canonnée; découper, c’est Dégrossir.

Cette terminologie offre de nombreuses variantes, notamment dans la maçonnerie d’adoption (régime français). Ici, la table se nomme Atelier; la serviette, Tablier; les assiettes, Patères; les plats, Auges; la cuillère, Truelle; la fourchette, Pince; le couteau, Glaive; la bouteille, Jane; la carafe, Cruche; le verre, Lampe; boire, c’est souffler une lampe; le pain s’appelle Manne ou Pierre blanche; le vin, Huile rouge ou blanche; l’eau, Huile faible; le vin de liqueur, Huile forte; la liqueur, Huile fulminante; le sel, Eau sèche.
Les santés réglementaires sont au nombre de sept. Ce chiffre a été réduit à cinq par divers rites peu soucieux de l’antique symbolisme. Il y a d’abord la santé du chef de l’État, qui est suivie des santés que voici : celle du grand-maître ou de la puissance suprême de l’ordre; celle du vénérable de la loge; celle des deux surveillants; celle des visiteurs; celle des officiers de la loge : on y joint celles des nouveaux initiés ou affiliés, lorsqu’il y en a; enfin, celle de tous les maçons répandus sur la surface du globe. Entre la sixième et la septième, on intercale toutes les santés que l’on juge à propos d’ajouter. Les trois premières santés, ainsi que la dernière, se tirent debout; à celle-ci, les frères servants sont appelés pour former, avec tous les frères, la Chaîne d’union.

Le chiffre de sept, fixé pour les toasts maçonniques, a une raison d’être symbolique. Il rappelle les sept libations que faisaient les initiés perses, égyptiens et grecs, en l’honneur des sept planètes dont les jours de la semaine portent les noms. La première, libation était offerte, au Soleil, flambeau du monde, qui symbolise le chef de l’Etat. La deuxième était offerte à la Lune, astre des nuits et des mystères, quia pour correspondant dans l’ordre le grand-maître. La troisième était consacrée à Mars qui présidait également aux conseils et aux combats, et qui figure le vénérable. La quatrième était celle de Mercure (Anubis chez les Egyptiens), la personnification de la surveillance. La cinquième était offerte à Jupiter, dieu de l’hospitalité; elle est consacrée aux visiteurs. La sixième était celle de Vénus, déesse de la génération; elle est celle des nouveaux initiés, récemment engendrés dans l’ordre. Enfin, la septième libation était offerte à Saturne, dieu des temps, image de l’immensité. Elle est portée à l’universalité des maçons. Les convives forment un cercle. Les servants viennent s’y mêler, en souvenir des saturnales, où les esclaves partageaient les plaisirs de leurs maîtres.

Les santés se tirent de la manière suivante :

1° Le vénérable ordonne de charger les canons (remplir les verres) et de tout aligner. 2° Il prévient que l’on portera la santé debout ou assis. 

3° Quand tout est disposé, un coup de maillet fait lever tous les frères; ils mettent le drapeau sous le bras gauche et se tiennent à l’ordre. 

4° Le vénérable annonce la santé que l’on va tirer, et, s’il ne commande pas lui-même les mouvements, il désigne le frère qui en .sera chargé. 

3° Il commande l’exercice comme il suit : La main droite au glaive! – Haut le glaive! – Salut du glaive ! – Passons le glaive à la main gauche ! – La main droite aux armes! – Haut les armes! – En joue! – Feu! (On boit en trois temps; celui-ci est le premier) – Bon feu! (second temps) – Le plus fin de tous les feux ! (troisième temps) – L’arme au repos – En avant les armes! – Signalons nos armes! – Une, deux, trois ! (Trois fois). 

A ces mots, tous les frères décrivent par trois fois, avec le verre, un triangle, dont la base est sur la poitrine et le sommet en avant. Au commandement de : Un, deux, trois! on descend graduellement le verre, et au mot trois, on le pose sur la table avec ensemble, de manière à ne faire entendre qu’un seul coup. Ensuite, on fait avec les mains la batterie d’acclamation. Lorsqu’il y a lieu, le maître des cérémonies, faisant fonction d’ambassadeur, répond à la santé. Le vénérable suspend ensuite les travaux de table, et l’on reprend les occupations du banquet. Il est d’usage de mettre l’atelier en récréation pendant l’intervalle des santés et de laisser aux frères la liberté de parler; mais au premier coup de maillet, tous doivent faire le plus grand silence, se mettre à l’ordre de table et prêter attention à ce qui va être dit ou ordonné. 

L’Ordre de table consiste à tenir la main droite à l’ordre d’apprenti, poser la gauche à plat sur la table, les doigts réunis, le pouce écarté longeant le bord de la table pour former l’équerre. Détail important. Lorsqu’un frère commet une faute, il est condamné par le vénérable à tirer une canonnée de poudre faible (à boire un verre d’eau), et l’instrument du supplice lui est présenté, entre les deux colonnes, par le maître des cérémonies. Le symbolisme maçonnique établit un parallèle entre cet usage et un trait bien connu de la mythologie grecque. Les dieux qui se parjuraient, après avoir juré par le Styx, étaient condamnés à boire une coupe de cette eau empoisonnée.
Il est d’usage de chanter des hymnes symboliques dans les banquets de la maçonnerie. Les plus connus d’entre ces cantiques sont la Chanson d’union, qui couronne les agapes symboliques en Angleterre. On en trouve une traduction fidèle dans la Lyre maçonnique. Le chant de l’hymne symbolique est le signal de la fin du banquet. Un baiser fraternel clôt les agapes.

Parmi les variantes les plus remarquables du rite symbolique, il importe de signaler les suivantes. Dans les grades chapitraux, il y a le banquet des élus, correspondant à la même cérémonie de l’Élu des quinze, du rite écossais (10e degré). Ici, les verres sont nommés urnes et les couteaux, poignards. Le commandement des santés se distingue par cet ordre : « Plongeons le poignard dans l’urne! » Ce mouvement s’exécute par trois fois au cri de Nekam, terme hébraïque qui n’a pas de signification bien déterminée., Dans le banquet des grands élus écossais, les verres sont nommés coupes. La coupe, aux divers commandements, est manœuvrée de manière à former la croix de Saint-André, X.

Le banquet des chevaliers d’Orient se distingue par un apparat militaire qui lui est propre. Les chevaliers d’Orient travaillent d’une main et combattent de l’autre. C’est dire qu’ils ne se séparent pas du couteau. Les particularités du banquet des souverains princes, rose-croix, sont intéressantes à rappeler. Ici, l’on donne à la table la forme d’une croix grecque. L’ensemble des usages rappelle les réfectoires mystiques. Les verres sont nommés calices; la table est un autel. Je citerai, enfin, le banquet des chevaliers d’Orient et d’Occident. La fin des toasts est marquée par un battement général du pied sur le parquet. La salle offre un aspect emblématique spécial. On y remarque le chandelier à sept branches sous un dais d’azur rond; de chaque côté, la lune et le soleil ; sous le chandelier, la couronné boréale; dessous, un homme nu, les bras ouverts, les pieds sur l’intérieur d’un croissant. Les banquets maçonniques ont acquis en Amérique une importance telle qu’ils ont fini par effacer les tenues de loge. L’abus a provoqué, de vives critiques. On est allé si loin dans la réaction que plusieurs obédiences ont interdit l’usage des boissons alcooliques dans les agapes de l’Ordre. (Félix Vertan, 1900).

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SOURCE :  https://www.cosmovisions.com/$BanquetMaconnique.htm?fbclid=IwAR0bplkZ9l4LmLKzAvQo-GByoRjn6W2rO-1RKw__KSSdgIWKyC75_im3aWw

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