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Régularité et Reconnaissance 16 décembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Régularité et Reconnaissance

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Il m’est souvent arrivé d’écrire dans des diverses publications qu’on ne doit pas se considérer dans une étape exceptionnelle de l’histoire parce que tout le monde s’est imaginé cela dans toutes les époques et le plus souvent s’est trompe. On a besoin d’une perspective de siècles pour nous rendre compte quelle années ont vraiment été des moments principaux et pivotaires dans l’histoire de l’humanité. Les décennies ne suffisent pas. Il ne serait pas pourtant exclu que sur ce pas entre le deuxième et le troisième millénaire que nous venons de dépasser, nous ayons vit une période exceptionnelle de l’histoire de la Franc-maçonnerie moderne. Avec le risque de commettre une faute, je vais expliquer pourquoi je le pense et cela ne veut pas dire le millénarisme.

Le passage de peu de temps de l’année 2000 n’est pas une étiquette mise par les hommes sur le cours par parfois calme mais plus souvent trouble de l’histoire qui fait le croire aujourd’hui.

Nous savons, tout le monde sait, que la Franc-maçonnerie moderne est née avec la fondation en 1717 de la Grande Loge de Londres et Westminster. Cela s’est passe par l’union des quatre loges, avant cela indépendantes, qui sont ainsi devenues la première obédience maçonnique cela veut dire, la première fédération de loges décidées de mettre au commun l’intendance et pour pouvoir se concentrer sur certaines choses qui leur semblaient plus importantes, comme la mise en pratique de la fraternité, l’amélioration des gens et par cela et par eux l’amélioration du sort de l’humanité. Cela a donne à la maçonnerie anglaise une avance sur toutes les autres, même si les soit dites ancêtres de notre Ordre, les champions opératifs, étaient plus nombreux en France qu’en Angleterre.

De cette manière, et au cours de deux siècles et demi la maçonnerie anglaise a étendu ses ailes protectrices mais suffocantes de la Franc-maçonnerie universelle. Des choses qui n’existaient point dans la maçonnerie d’origine ont été ajoutées pour des raisons purement politiques, comme l’assimilation du Grand Architecte de l’Univers avec le Dieu de la Bible (voir les Vieux taches des constitutions d’Anderson). Les lois et les édits de la Grande Loge de Londres premièrement, et après cela, des grandes loges des Antiques et des Modernes, de la Grande loge Unie de l’Angleterre après 1813, déterminent dans le monde entier qui était Franc-maçon et qui ne l’était pas, quelle obédience était régulière et quelle ne l’était pas, par le simple jeu de la reconnaissance et de la ne reconnaissance. Ceux qui étaient reconnus à Londres jouissaient de relations privilégiées entre eux sons les yeux attendris et affectueux de la Grande Loge Unie de l’Angleterre tous les autres étant rejettes dans les contrées froides et assombries de la ne reconnaissance, donc, d’une manière automatique et par définition britannique de l’irrégularité.

L’influence de l’Angleterre s’est répandues encore après la révolution américaine, qui transforme treize colonies anglaises d’Amérique de Nord dans le plus grand pouvoir de langue anglaise et sans doute le plus grand pouvoir purement et simplement de l’entier histoire de l’humanité.

Cette révolution qui avait rompu les liaisons purement politiques et administratives avec le pouvoir colonial, n’a pas influence que très peu la Franc-maçonnerie nord-américaine. Cela a continué d’être extrêmement dépendant de nos amis Anglais et seulement avec beaucoup de timidité, au début du vingtième siècle s’est permis enfin de prendre quelques initiatives indépendantes, mais toujours au sens souhaite par la Grande Loge Unie de l’Angleterre. Par exemple l’idée qu’une seule obédience maçonnique doit être reconnue dans chaque pays ou étant, a pris naissance aux états Unis et cela au XIX éme siècle.

Nous savons tous que les guerres provoquent souvent des progrès technologiques et des réveils intellectuels et de l’âme. Cela s’est prouve aussi au sein de la Franc-maçonnerie. La fin des guerres napoléoniennes, de la guerre de Sécession aux États-Unis et d’autres guerres au XIX éme siècle, la fin de la première et la deuxième guerre mondiale, ont donne a la Franc-maçonnerie des impulses successifs qui agrandirent son nombre et son influence d’une manière tout a fait inédite.

Qui aurait pu s’imaginer que les petites réunions dans les salles cachées de quelques tavernes et parfois hilaires du début sont de la moitié du XVIII éme siècle donnera naissance ŕ quatre millions de maçons américains en 1959 est à deux millions de maçons dans l’empire Britannique à la même époque?

Le réveil de la Franc-maçonnerie Européenne de la fin de la deuxième guerre mondiale a été plus lent, moins spectaculaire mais plus solide.

Quelle est la situation actuelle ? Je voudrais vous parler de quelques choses dont peut être vous n’avez pas entendu jusqu’à présent, mais qui pèseront bien lourdement sur les décisions qui devrons être prises pendant cette décennie et pendant la décennie prochaine, ainsi comme sur le futur de la Franc-maçonnerie.

Mais, tout d’abord, quelles sont les règles (terme d’où surgit la parole réguler , régularité qui du début du XVIII éme siècle et de la Franc-maçonnerie de Grande Loge ont fait la différence entre les obédiences qui étaient Maçonniques et celles qui ne l’étaient pas ? Qu’on me pardonne si quelques éléments de cette énumération fâchent (au moins pour le moment) les convictions de quelques lecteurs, mais je ne peux pas, et je ne veux pas changer on maquille la réalité historique. Il est aussi possible que les solutions du futur ne dépendent entièrement de ces règles et nous allons bientôt voir pourquoi.

Du point de vue de 99% de la Franc-maçonnerie mondiale et de la Grande Loge Unie de l’Angleterre qui a invente les critères d’origine et nous a servi pour longtemps comme modèle, une obédience régulière.

1. Elle est formée seulement d’hommes ;

2. Elle applique un Rite et un Rituel traditionnel, ŕ la gloire et sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers ;

3. Elle le fait dans la présence des Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie qui sont et le Volume de la Loi Sacre, la Sainte Bible.

4. Elle a été crée, par filiation interrompue, par au moins trois loges venant d’une obédience régulière ;

5. Elle est souveraine et indépendante de tout autre Pouvoir Maçonnique, de tout autre système de Hauts Degrés, de tout parti ou organisation politique et de tout Église.

Nous pouvons voir tout de suite qu’une obédience qui, comme le Grand Orient de la France a abandonne en 1877 la Sainte Bible et toute référence au Grande Architecte de l’Univers est irrégulière. Mais que pouvons dire sur GLNF, la Grande Loge Nationale de la France, reconnue par l’Angleterre, un jour avant d’être crée en 1913, mais constituée seulement de deux loges irréguliers, le Grand Orient de la France et soumise a un pouvoir maçonnique étranger, la Grande Loge Unie de l’Angleterre d’on elle recrue souvent les Grands Officier.

Que pouvons nous dire sur la Grande loge du Suède, reconnu comme la Grande Loge de l’Angleterre mais qui impose a ses candidats l’appartenance à l’Église Nationale Suédoise (on n’y reçoit pas ni les membres d’une autre église protestante ni des catholiques, ni des hébreux et qui est dirigée par un Conseil Suprême des Hauts Dégrées on seulement les nobles pouvant prendre part ? Qu’est-ce qu’on peut dire sur la Grande Loge du Danemark, sur la Grande Loge de Norvège ou sur l’une des composants des Grandes Loges Unies de la Germanie, toutes régentées par de Suprêmes Conseils des Hautes Dégrées.

Évidemment, quelque part se passe quelque chose dont les Frères Maçons communs ne sont presque jamais informes. Une obédience régulière, conforme aux règles de la Grande Loge Unie de l’Angleterre n’est pas automatiquement reconnue et, via versa, des obédiences fortement irrégulières conformes aux mêmes règles sont reconnues. Mais, dans ce cas et si la régularité l’impose, comme son nom l’indique, le respect de certain règles, qu’est ce qui se passe avec la reconnaissance ?

La reconnaissance entre les obédiences maçonniques ne dépend point de la régularité de celles reconnues, mais des intérêts politiques (au sens de la politique maçonnique et des obédiences qui accordent cette reconnaissance. Ne vous imagine pas que nos amis anglais ne sont pas au courant, au moins en grandes lignes, avec la réalité maçonnique sur le continent Européen.

Ne vous imaginez pas qu’ils ne savent qui sont vraiment régulière parmi ceux ne sont pas reconnus ou qu’ils s’imaginent que les loges qu’ils reconnaissent, GLNF, les Suédois ou les Grandes Loges Unies de l’Angleterre (et beaucoup d’autres loges insignifiantes, surtout en Europe d’Est) seraient réguliers. C’est tout simplement dans leur intérêt d’avoir des relations maçonniques d’une partie avec les obédiences des pays importantes comme la France, l’Allemagne et les pays scandinaves et d’autre partie avec de petites obédiences des autres pays (l’Espagne, le Portugal, les pays de l’Orient) ayant des problèmes de régularité réelle, donc facilement a soumettre et a contrôler. Ils reconnaissent à qui ils veulent, sans aucun état d’âme, laissant a ces pauvres obédiences le souci de se croire régulières, car ils ont reconnus perdre leur souffle en essayant sans cesse de démonter qu’ils sont dignes de cette reconnaissance essayant souvent ętre plus Catholiques que le Pape.

Cette combinaison est marche assez bien jusqu’aux années 1980. A ce moment là, un point de rupture semble avoir été touche et quelques choses se sont rompues irréparablement dans le domaine de la Franc-maçonnerie anglo-américaine.

Le déclin était commence d’ailleurs plus antérieurement, d’une manière peu visible et pour beaucoup de temps les Grandes Loges touchées par cette maladie n’ont pas vu (ou elles n’ont pas voulu voir) le danger.

Depuis plus de quarrant ans, les obédiences anglaises et américaines perdent plusieurs membres au bien d’initier.

Le nombre des membres de la Maçonnerie de USA baisse du maximum atteint en 1959) rythme presque invariable de 3% chaque année.

Le nombre des membres de la maçonnerie anglaise, une fois presque deux millions (ci = compris les colonies), est baisse sous 200.000 de nos jours. D’autre part, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a perdu récemment, après avoir tenté une fois de trop de s’imposer le point de vue aux autres, la puissante Franc-maçonnerie Indienne, italienne et grecque.

Mais une autre chose a été plus grave: c’était pour la première fois dans son histoire qu’elle n’a pas été suivie.

Ni les grandes loges de USA, ni celles de Canada, Australie et Nouvelle Zélande, ni même son fidèle vassal GLNF ne l’ont pas suivie et n’ont pas retiré la reconnaissance des Indes, des Grecques et des Italiens. La significations de ce fait ne peut pas être sous-estime.

En rupture avec l’opinion publique anglaise, autrefois favorable, avec l’Église Anglicane, autrefois une principale alliée, mais elle-même en difficulté de nos jours, la Franc-maçonnerie anglaise fait aujourd’hui des efforts désespérés pour ralentir son écroulement. Par exemple a l’occasion de l’anniversaire de la création en 1717, de la Grande Loge de Londres et Westminster, le Grand Maître, Son altesse Royale, le Duc de Kent a exprime devant une assistance de 6000 personnes, Maçons et profanes réunis pour une tenue maçonnique (ce qui n’était pas régulier) le désir d’imiter, en espérant une renaissance, la Franc-maçonnerie américaine par une extériorisation presque complète.

Pour répondre a une campagne dans la presse des scandales qu’elle pouvait autrefois, regarder avec mépris, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a censure de ses rituels, tous les « serments pénaux ». Ceux ci sont aujourd’hui remplaces par un serment adouci et inoffensive. Elle a aussi publie dans la presse, il y a quelques ans, les signes et les mots des trios dégrées afin de prouver qu’elle n’a pas des secrets et rien a cacher. Ce qui prouve la grandeur de ses problèmes, ainsi que les sacrifices qu’elle est dispose de faire et consentir pour sauver son existence. Enfin et encore une fois, personne dans sa sphère d’influence ne semble pas dispose a la suivre.

Le plus grand problème pour une imitation des américains est, bien entendu, que les Américains mêmes sont de nos jours loin d’être un exemple à suivre pour les Anglais membres a chaque dix ans. La Franc-maçonnerie Américaine perde de nos jours et chaque année plus que tous les membres de la Franc-maçonnerie Française, environ de 100 000 personnes. Le nombre total des membres de la Franc-maçonnerie SUA est passé d’un maximum de Presque 4.200.000 en 1959 a moins de 1.800.00 de nos jours. Des chiffres d’ailleurs inflationnistes, parce qu’en vertu du système de numérotation qu’ils utilisent, un frère membre de trios loges est prés en compte trios fois. Enfin, après un rapport très official de la Société d’Ex Maîtres Vénérables de SUA. Seulement 10% des nouveaux maçon, reviennent jamais à la Loge après l’initiation et seulement 5 % sont plus ou moins assidus. Ce qui signifie qu’en dépit du grand nombre de membres annoncés (1.800.000), le nombre réel de Maçons aux États Unis qui fréquentent vraiment les loges est de 90.00 à 125.00, pour une population de Presque 260 millions d’habitants.

Des loges qui ont sur le papier 500 membres ont souvent des difficultés pour ouvrir une tenue.

Les Grandes Loges des USA se trouvent donc obligées d’adopter des mesures qui ne peuvent pas être considérées que désespérées. Une proposition récente de la Grande Loge de la Californie à la tendance d’obliger les loges avec moins de 500 membres, à se réunir dans une seule pour pouvoir amasser une douzaine nécessaire a une ouverte. Dans une autre tentative de stopper l’hémorragie, la Grande Loge de Floride initiait il y a un an dans une seule cérémonie et directement au dégrée de Maître plus de 1000 profanas en espérant de retenir au moins une centaine. Il n’est pas étonnant qu’on est tentes de comparer avec les problèmes de robinet et baignoire que nous devions résoudre de notre enfance. Si une baignoire, contenant 300 litres d’eau, perd quatre litres a chaque minute a cause d’un écoulement accidentel et que le robinet ne peut débiter que 3 litres et demie par minute, combine de temps s’écoulera jusqu’à ce que la baignoire soit vide?

Et pourtant, beaucoup de Franc-maçon du monde entière ne se rendent pas compte avec quelle vitesse va changer le paysage maçonnique international. Quelques frères s’agitent ici a Paris autour des problèmes lies aux relations avec la Franc-maçonnerie anglaise et américaine, comme s’ils vivaient pendant les années 1950. Quelqu’un devrait être extrêmement naïf pour penser qu’une Grande Loge au courant avec la situation exacte dans le monde anglo-saxonne puisse avoir le moindre envie de s’embarquer sur un navire a voiles qui prend de l’eau de toutes ses parties. Et pourtant, certains le font, et même en Roumanie si je ne me trompe pas.

Le future de la Franc-maçonnerie a beaucoup d’opportunités pour être une période extrêmement intéressant, à condition qu’on s’abstienne de commettre trop de bêtises et à perdre trop de terrains, choses pour lesquelles les obédiences maçonniques ont un immense talent.

Je vous propose de nous concentrer maintenant un peu sur ce future, car jusqu’ici nous n’avons pas parle que du passé et du présent. Je prendrai donc le risqué de faire quelques prophéties sur a un délai court et moyen, prophéties qui en fait valent aussi beaucoup que toutes les prophéties de nos jours mais ont autant de chances d’être la réalité de demain ou après demain.

Bien entendu, je ne les ferrai pas cette fois ci sur la Roumanie mais sur l’Europe Occidentale, ou je vis depuis la moitie du siècle passé. On voit déjà depuis des dizaines d’années que les obédiences liées a l’Angleterre et a l’Amérique décroisent et se diminuent parfois plus vite que celles anglo-saxonnes.

D’autre part, les obédiences régularise indépendantes, qui sont souvent des membres de la Confédération des Grandes Loges de l’Europe (ne pas être confondu a « l’Espace Maçonnique » ou autre chose) sont en permanente augmentation dans un rythme positif qui reflète le rythme négative de celles anglo-saxonnes et irréguliers: + 3% par année.

Le graphique de la diminution de la Franc-maçonnerie anglo-américaine s’entrecroisera avec celui de l’augmentation de la Franc-maçonnerie régulier indépendante dans une dizaine ou une douzaine d’années. Les obédiences réguliers indépendantes sont déjà plus nombreuses que les obédiences soumises a l’Angleterre. Le moment ou les relations maçonniques internationales sur la volonté indépendante et souveraine de chaque obédience, est bien proche.

Ce serait un moment exaltant mais difficile. Difficile à cause d’immenses différences de buts et de méthodes qui persisteront entre ces obédiences. La vaste majorité, je pense qu’environ de 90%, resteront fidèles aux principes de régularité énonces au début de cet article. Pourquoi les changeraient elles? Leur régularité n’est qu’un aspect des vieilles traditions et règles qu’elles n’ont aucun raison d’abandonner. Je pourrais imaginer la Franc-maçonnerie de l’avenir centre sur les obédiences européennes et latino-américaines avec un foyer dans la maçonnerie française. Les obédiences anglo-américaines commenceront a se diviser d’une partie en groupes assez grands pratiquant la charité, se lançon peut être dans l’action sociale et politique mais quittant, excepte quelques signes extérieurs, le rituel et la tradition maçonnique. D’autre part il y aura des groupes plus petits ou moyens, revenues a la régularité d’origine, mais qui auront abandonne, a cause de leurs nouvelles dimensions, toute velléité de hégémonie ou suprématie.

La même chose se passera avec les quelques bouts de ponts qu’elles ont constituées sur le continent européen et moins sur le continent central et sud américain.

Je peux imaginer la Franc-maçonnerie française et européenne gardant sa variété et sa multiplicité, mais revenant la où il est nécessaire, chez les portiques traditionnels. Je vois le Rite Ecossais Antique et Accepte, de loin le plus riche du point de vue intellectuel et moral, symbolique et ésotérique, s’étendant et remplacent les rites de type anglais qui ne permettent ni des affiches ni des discutions. Dans, ce contexte je pense que les obédiences européennes qui ont abandonne la tradition et les points de repère traditionnels pour l’action politique, sociale et charitable continueront a abandonner l’un après l’autre les éléments qui définissent la Franc-maçonnerie jusqu’à devenir autre chose, bien respectable peut-être mais qui aurait cesse entièrement de mériter le nom de Franc-maçonnerie.

Si la Franc-maçonnerie des futures décennies réussis à devenir, avec trois siècles en retard, une Maçonnerie Universelle dont ses fondateurs ne rêvaient pas, car leur rêve était beaucoup plus étroit, c’est qu’il est arrive le moment de travailler en harmonie. Pas pour s’épuiser en querelles stériles de préséance, de supériorité, de hégémonie et d’argents autant au sein des obédiences qu’entre elles. Il est plus urgent et important que nous soyons sincères les uns avec les autres, que nous nous rencontrions plus souvent, que nous nous connaissions mieux et nous nous entendions beaucoup mieux.

Quand a la régularité que plusieurs d’entre nous ont et que nous devons défendre a tout prix, parce qu’elle représente l’essence de ce que nous sommes dans le cas de quelques uns d’entre nous depuis Presque trios siècles.

La Régularité et seulement la régularité est ce qui fait la différence entre nous Maçons et le Rotary, Lions et la taverne du coin de la rue, entêtes respectables mais pas maçonniques.

Nous devons ainsi nous protéger envers les innovateurs, qui tachent a nous expliquer que nous sommer dans le XXI éme siècle et que nous devons simplifier et réduire nos rituels, nous débarrasser de cette vieillesse et de celle la qui sont des points de rituel et de tradition qu’ils n’ont pas compris. Et d’autant plus nous devons nous protéger envers les fabricants de nouveaux rituels, des rites et des dégrées qui tachent s’introduire des innovations partout, parfois pas bêtise et ignorance envers ce qu’ils ont déjà, parfois par la conviction qu’ils sont plus intelligents que tout le monde, mais surtout par volonté et pouvoir et donc, bien simple, pour se constituer un fondement d’où ils pourront conquérir le pouvoir.

Nous avons tous notre Tradition; au moins nous l’avons eue. La Tradition implique le devoir de la transmettre. Ce qui signifie la recevoir de nos prédécesseurs, de la maintenir en bon état, de la changer autant peu que possible et seulement s’il est absolument nécessaire et enfin de la transmettre la plus intact que possible a nos successeurs. Pour paraphraser ce que disait Antoine de Saint Exupéry sur la terre nous n’héritons pas la tradition de nos ancêtres, mais la prêtons de nos successeurs. Nous devons la transmettre dans son état d’origine, ou la remettre dans son état d’origine avant de la rendre a eux.

Comme dernière parole a l’égard de ce sujet, je dirais que nous devrions traiter la Franc-maçonnerie et nos rituels comme une foret: nous promener dans elle a l’aise, y trouver des paysages des routes et des itinéraires signes et décrits par les autres ou hors des chemins circules. Nous devons passer nos soirées sous ses branches mais la laisser dans le même état que nous l’avons trouvée quand nous y sommes arrivé.

L’étudier en général pour la connaître, l’étudier en détails si nous y sommes intéresses mais n’incruster pas notre nom et nos signes dans l’écorce des arbres. Ne plantons pas en elle des arbres étrangers sous de prétextes puérils. Ne la mettre pas en flammes, et ne nous imaginons nous mêmes envoyés pour la réinventer.

Et, enfin, nous devons savoir punir et attirer l’attention de ceux qui essaieraient de la dévaster et la gâter, soit par ambition, malice ou bêtise.

Michael Segall

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Sibelius franc-maçon 20 mai, 2017

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Sibelius franc-maçon

Le 27 décembre 2016 par

 

 
 

Jean Sibelius, ca 1945

Le développement de la franc-maçonnerie en Finlande suit les aléas de l’histoire du pays. Importée de Suède au XVIIIe siècle, interdite par la Russie impériale, elle se développe au XXe siècle sous l’influence des États-Unis alors que le pays vient miraculeusement d’obtenir son indépendance de l’URSS. C’est à cette époque que Sibelius devient franc-maçon, en 1922. Il compose la Musique maçonnique rituelle, op. 113 en 1926, qui restera sa dernière grande œuvre achevée. Trésor de la franc-maçonnerie finlandaise, cette musique reste l’une des pièces les plus énigmatiques du compositeur.

La Franc-maçonnerie, fondée en Angleterre au début du XVIIIe siècle, a connu un fort développement dans l’ensemble de l’Europe. De nombreux compositeurs majeurs de ce siècle ont été francs-maçons ou proches des idées véhiculées par  elle. Rameau, Haydn, Mozart et Gluck d’une part, Beethoven, Schubert, Liszt et Wagner de l’autre ont participé de près ou de loin aux activités de ce mouvement secret et ésotérique. Certaines de leurs œuvres présentent des liens  plus ou moins visibles avec les idées franc-maçonniques. On évoquera sans plus la Flûte enchantée de Mozart, Parsifal de Wagner, la Création de Haydn, certains des quatuors à cordes de Beethoven ou encore des pans du Voyage d’hiver de Schubert. Quelques-uns ont même composé pour les cérémonies de leur loge respective des cantates, des marches ou encore des musiques funèbres. Un  secret bien gardé entoura très longtemps les activités de la franc-maçonnerie. Les musiques qui lui étaient destinées ne diffusèrent que très modérément pendant des décennies.

Sibelius devient franc-maçon, n°13

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La Grande Loge de Suède installa la franc-maçonnerie en Finlande en 1756. Les débuts furent marqués par une interdiction de la loge de Saint-Augustin après un oukase daté d’août 1809, du tsar Alexandre 1er. Il faudra attendre pratiquement un siècle avant qu’elle ne soit réintroduite officiellement. À cette date, le 22 août 1922, , le plus grand compositeur vivant de Finlande et authentique héros du nationalisme antirusse, y fut reçu. Il a 57 ans. Son très cher frère (de sang), le docteur Christian Sibelius, venait de disparaître deux mois auparavant et laissait un vide douloureux dans le cœur de Jean. Le musicien, avec le grade de maître entra au sein de la nouvelle loge baptisée « Suomi loosi n° 1 » (La Loge finlandaise), organisation émanant de la Grande Loge de l’Etat de New York et redevable de l’action de Finlandais émigrés outre-Atlantique. L’intronisation dirigée par le grand-maître de la loge de New York, Arthur S. Tompkins, se déroula de dix heures du matin à sept heures du soir. À l’issue de la cérémonie, d’après certains témoignages, Sibelius abandonnant son silence s’exclama, lors des réjouissances qui suivirent, s’étonnant du contraste entre le sérieux de la réception austère et les ripailles joyeuses qui s’ensuivirent. On ne manqua pas de lui signifier que dans leur confrérie on pouvait tout aussi bien être solennel que jovial. D’autres personnalités furent également  sollicitées,  ou s’étaient portées candidates : le prestigieux général Mannerheim, l’archevêque Gustaf Johansson, l’architecte Lars Sonck, le peintre Pekka Halonen et le chef d’orchestre renommé Robert Kajanus. En tout une trentaine de célébrités furent pressenties.

Wäinö Sola

Le compositeur  qui faisait  partie d’un premier groupe de vingt-sept personnalités reçues le 18 août 1922, se vit attribuer le n° 13. Au cours de cette année 1922 il assista à six réunions de la loge « Suomi loosi » et improvisa souvent, parfois très longuement,  à l’harmonium. Il jouait également des chorals et des œuvres de Mozart, Beethoven et Haendel. Panthéiste sincère, Sibelius n’était que très modestement  partie prenante dans cette forme particulière de religion. Après cette première phase relativement active, il se montra moins assidu. Le grand ténor d’opéra Wäinö Sola (1883-1961), entré en avril 1923, fut son principal frère et joua un rôle décisif .

puisa-t-il quelque force et réconfort dans cette participation, lui qui ne s’était pas encore remis de la mort de son ami Axel Carpelan trois ans plus tôt, ni bien sûr de son frère Christian encore si récente ? La froideur apparente du personnage n’effaçait en rien son besoin de chaleur humaine.

 Musique maçonnique rituelle, op.113

Un « frère » finlandais installé aux Etats-Unis, chargé de prononcer le texte du rituel d’initiation le 22 août 1922, s’adressa au musicien pour lui commander une musique originale, mais malgré tout de tempérament finlandais, destinée à la loge « Suomi-loosi ». Il en résulta La Marche funèbre presque achevée en avril 1923 et vite oubliée ; mais après un rappel de son « frère » Wäinö Sola, Sibelius put présenter sa partition complétée à l’automne 1926 peu après l’achèvement de Tapiola.  En effet, au terme d’un parcours créateur exceptionnel, Sibelius écrivit son poème symphonique Tapiola, sa dernière œuvre orchestrale majeure, opus 112, en  1926, créée par le dédicataire Walter Damrosch à la tête de l’Orchestre symphonique de New York, au Temple de Mecca à New York le 26 décembre de cette même année. Il s’agissait de huit numéros sur un total de douze constituant ce qui deviendra Musique religieuse ou Musique maçonnique rituelle  (Rituaalimusiikki, en finnois), son op. 113. Elément moteur non négligeable dans l’avancement et l’aboutissement de sa musique, grâce à un généreux donateur de la loge, il toucha la somme de 10 000 marks à la fin de cette année.

Il écrivit son rituel maçonnique autour du chiffre 12.

Quelques semaines plus tard, le soir du 7 janvier 1927, Sibelius se rendit à la Loge où Wäinö Sola l’avait rejoint ; là, furent créés les numéros 2, 5 et 10 de l’opus 113 avec le concours du ténor et Arvi Karvonen au clavier de l’harmonium. Cinq jours plus tard, le 12 janvier, furent présentés en création les huit numéros (n° 1 à 7 et n° 10). On entendit donc six pièces pour voix soliste et harmonium, précédées et suivies de deux sections pour harmonium seul. On le distingua alors, démarche très rare, membre honoraire de la Grande Loge de Finlande. Après sa distinction, il semble qu’il ne retourna pas dans sa loge.

Quittant la confidentialité des réunions de la loge, les six numéros pour voix de ténor et harmonium (numérotés de 2 à 7) apparurent en public le 25 septembre 1928 présentés par les mêmes interprètes.

Un opus singulier et énigmatique

Considéré comme l’un des compositeurs les plus fameux de son temps, héros national et défenseur de la spécificité finlandaise, Jean Sibelius accumule les réussites et sa musique colorée, personnelle, habitée séduit l’âme de ses compatriotes et (avec des résultats variables) les frontières nationales.

Lui qui s’était promis de ne plus composer fit exception à l’occasion de son engagement maçonnique mais opta pour une musique grave, intériorisée et solennelle.

La Musique rituelle maçonnique, créée le 12 janvier 1927, est l’une des œuvres les plus énigmatiques de Jean Sibelius ; elle subit diverses modifications dont l’évolution n’est pas toujours très aisée à démêler. De ce fait, l’ordre des mouvements et leur nombre pouvaient varier entre l’original et les révisions publiées entre 1936 et 1950. Prétendre proposer « la » version définitive est aujourd’hui encore une véritable gageure.

L’ami de Sibelius, le chanteur d’opéra Wäinö Sola écrivit en 1927 après la création : « La musique de Sibelius est maintenant terminée et elle est vraiment ravissante. Les chanteurs ont plus de travail à réaliser qu’on ne le croirait. Sibelius a cherché des paroles en remontant jusqu’à Confucius et il a exhumé de charmantes perles poétiques chez Rydberg, Schiller et Goethe… La marche funèbre est tout à fait merveilleuse. Suomi peut se réjouir de posséder cette musique. » Précisons que ces informations contiennent deux erreurs, rectifiées ultérieurement, car les poètes sollicités ne sont pas Schiller ou Confucius mais Franz von Schober et Bao Zhao.

Un climat recueilli, relativement simple et dénudé, mais d’une sincérité discrète et troublante, caractérise cet opus 113. On n’y retrouve pas les grandes fresques romantiques et colorées si typiques que l’on rapproche habituellement du langage et du catalogue sibélien, qu’il s’agisse des sept symphonies, des poèmes symphoniques, du Concerto pour violon et orchestre, des pièces vocales ou chorales, etc.

L’orgue seul, ou avec la complicité du ténor (et parfois du chœur), s’intègre dans une volonté  d’amener l’auditeur (« les frères ») vers un état de concentration extrême, oscillant entre l’apaisement et la terreur, entre l’humilité non démonstrative et la recherche d’une félicité espérée et inatteignable dans la durée.

Cette suite unique est considérée comme un véritable trésor de la franc-maçonnerie finlandaise tout en contribuant à sa renommée mondiale.

Structure de l’opus 113

La Musique Rituelle Maçonnique fut à l’origine composée pour ténor (précisément à l’intention de Wäinö Sola, ténor et dédicataire de l’œuvre) et accompagnement. A l’époque de l’élaboration de la musique, dans les années 1926-1927,  la loge « Suomi loosi » ne pouvait proposer qu’un piano Steinway et un harmonium. Un orgue remplacera l’harmonium en 1947.

Il est très probable qu’une version pour harmonium (ou orgue) seul, réalisée par le compositeur lui-même, ait légèrement précédé l’ajout de la voix (n° 1 à 7 et 10).

Les deux morceaux de 1946 (n° 8 et 9, soit Ode à la Fraternité et Hymne de louange/ Ylistyshymni), révisés en 1948, et même que les révisions des autres parties purent recevoir le renfort d’un orgue avec pédale. On peut utiliser également le piano. Les numéros 11 et 12 font appel à un chœur a cappella.

Il existe donc plusieurs éditions qui selon leur date intègrent ou pas l’ensemble des numéros : 1936 et 1950. Dans l’édition anglaise de 1936, élaborée à New York, des textes furent adaptés par le poète et compositeur Marshall Kernochan. Une version sera publiée en Finlande en 1969 (avec deux sections dues à d’autres compositeurs), une seconde parut en 1992.

On connaît également des versions pour chœur d’hommes et orgue.

Au total on recense une douzaine de numéros représentant approximativement 40 minutes de musique.

La numérotation ci-dessous est celle de la version originale de la Musique religieuse (titre donné en français). On y intègre des informations issues des modifications itératives.

N° 1. Avaushymni [Hymne d’ouverture. Avaushymni. Opening Hymn]. Adagio, en mi bémol majeur. Pour harmonium seul. 2’30. 1927. Version révisée pour orgue, en sol majeur. 1948.

L’Hymne d’ouverture installe une atmosphère de recueillement sobre accompagnant le début de la cérémonie en proposant une mélodie simple et délicate qui se répète.

N° 2. Alltarin valmistus : Suloinen aate [Pensée vénérable]. Moderato. Le texte « An die Musik/A la musique » de Franz von Schober a été mis en musique par Franz Schubert. La traduction en finnois revient à l’écrivain Eino Leino. Il est conçu pour chant avec harmonium. 1927. 1’50. La traduction de Marshall Kenorchian donne « Thoughts Be Our Comfort » (Les pensées soient notre consolation). Existe aussi en version pour orgue seul.

Cette partie s’appuie sur un air sobre, expressif et réservé, presque mystérieux.

N° 3. Kulkue ja hymni : Näätkö kuinka hennon yrtin. Texte original chinois de Pao Chao (Bao Zhao), traduction de Eino Tikkanen. Procession et hymne : « Vois comme la tendre petite fleur ». Poco allegro. Hymne : « Though Young Leaves Be Green » (traduction de  Marshall Kemochan). Cette partie fait appel au couple chant (ténor) et harmonium. 1927. Révision 1948.

Longue introduction de 40 mesures pour orgue seul, puis entrée de la voix dans un choral rappelant Bach sur des notes longues. Est-ce une interprétation de la marche incontrôlable du temps vers la mort agrémentée de quelques sursauts de consolation et d’espoir ?

N° 4. Kulkue ja hymni : Ken Kyynelin  [Kulkue-Trio I –Trio II (hymni) : Ken kyynelin. Procession. Trio I-Trio II (hymn)]. Texte de J.W. von Goethe (Harfners Lieder/ Chants du harpiste), traduction de Eino Leino. Pour chant et harmonium. 1927. 2’50. Procession et Hymne : « Who Ne’er Hath Blent His Bread with Tears ». Procession et Hymne : « Celui qui n’a jamais mangé son pain en pleurant ». Marcia Moderato. Précisons que l’Hymne est pour orgue seul et la suite pour ténor et orgue. Sibelius ne lui donna pas de nom.

Pour Marcia-Trio I – Trio II Sibelius choisit des notes étirées jusqu’à l’intervention d’un thème aux contours célestes dépourvu cependant de béatitude. La musique après une brève et communicative exaltation (les trios) revient au climat initial de marche.

N° 5. On kaunis maa. Texte d’Aukuski Simelius, un franc-maçon finlandais. « How Fair Are Earth and Living » (Comme la terre et la vie sont belles). Chant (baryton ou ténor) avec harmonium (ou orgue). 1927. Andantino. 2’.

N° 6. Salem ou Cortège [Procession). Vandren, visa sköna släkten], texte du poète suédois Viktor Rydberg, lui-même franc-maçon à Göteborg, traduit par Samuli Sario. « En avant, frères, vers notre but ». Maestoso. Chant  (baryton ou ténor) avec harmonium. 1927. 3’. Version révisée pour ténor et orgue en 1948. Version pour chœur mixte avec orchestre « Onward, ye peoples », 1938 et créé  en mai 1939 lors du Festival de mai de l’université du Michigan à Ann Arbor sous la direction d’Earl Moore. Cette section sera ultérieurement orchestrée par Sibelius lui-même. Salem reposerait sur une grande improvisation initiale de Sibelius entendue par Salo.

C’est un hymne majestueux et allègre, retenu et digne, une magnifique pièce soutenue par une ébauche de mélodie du plus bel effet, travaillée par touches complémentaires retenant l’attention. Le thème s’épaissit, se renforce et se dévoile davantage en exhibant toute sa beauté qui ne saurait laisser indifférent. Sibelius baptisa ce mouvement « Lumière », que l’on nomma aussi Sulkemishymni (Hymne final) ou encore Salem.

Salem fut exécuté en 1938 lors de l’ouverture de l’Exposition mondiale de New York.

N° 7. Varje själ, som längtam brinner [Kellä kaipuu rinnasansa. Quiconque a brûlé d’amour].  Ce numéro s’appuie sur un texte (Arioso) que Viktor Rydberg écrivit à l’origine pour le 400e anniversaire de l’Université d’Uppsala en Suède. Sa traduction fut assurée par Samili Sario (« Whosoever Hath a Love »). Chant avec harmonium. 1927. « Là où brûle la nostalgie de l’âme ». Tempo moderato. Peut n’être qu’instrumental. Sibelius y cite son propre quatuor à cordes Andante festivo de 1922.

N° 10. Marche funèbre [Surumarssi/Sorgmarsch]. Harmonium seul. 1927. 6’. La création de l’op. 113 (n° 1 à 7 et n° 10) eut lieu à  Helsinki, à la Suomo loosi, le  12 janvier 1927, par  Wäinö Sola (ténor) et Arvi Karkoven (harmonium). Il fut ensuite chanté en public par les mêmes interprètes à Helsinki le 25 septembre 1928. Une version révisée pour orgue seul se situe en 1948.

Après quelques mesures saturées (brefs accords opposés à de longues lignes), la musique de la Marche funèbre adopte davantage un tempo de marche académique que celui d’une douloureuse plongée dans la déréliction. On y perçoit moins de recueillement que de force de résistance courageuse, résignée et contrôlée.

La première édition propose des textes uniquement en anglais : Masonic Ritual Music, éd. Marshall Kernochan, Grande Loge, fut acceptée par la loge de l’État de New York, 1935. Elle se compose des parties suivantes : Opening Hymn ; Thoughts Be Our Comfort ; Procession and Hymn ; Procession-Trio I – Trio II (Hymn) ; How Fair Are Earth and Living ; Salem (également arrangé pour chœur mixte et orgue par Kernochan), Whosoever Hath a Love, Marche funèbre.

N° 11. Suur’olet, Herra (Ode). Tu es grand, Seigneur. Texte du pasteur Simo Korpela. C’est l’adaptation d’un choral en suédois Le haut ciel et la vaste terre (« Den höga himen och den vida jordan ») en 1927. Version pour chœur d’hommes et orgue d’octobre 1945. 1’50. Version initiale pour chœur mixte en 1927. Première parution dans l’édition de 1936.

Furent secondairement inclus dans l’op. 113 les trois partitions suivantes :

N° 12. Finlandi-hymni [Oi Herra armias, soit päivän koittaa ; révision : Oi Herra annoit uuden päivän koittaa (Wäinö Sola) « O affable Seigneur ». Hymne de Finlandia] Pour voix d’hommes TTBB avec harmonium. La première exécution se déroula à Helsinki, P. Johannes Loosi (Loge Saint-Jean), le 4 avril 1938 en présence du compositeur lors du concert du dixième anniversaire de la Loge de Saint-Jean (n° 4) dont Sola était Maître. Le texte, de 1938, en revenait à Wäinö Sola tandis que Martti Similä, Sulo Räikkönen et O.A. Turunen prêtaient leur voix et qu’Arvi Karkoven touchait l’harmonium. Version pour chœur a cappella.

La version première de Finlandia, œuvre porte-drapeau de l’identité et de la liberté nationales, est un poème symphonique qui vit le jour en novembre 1899. Il semble que ce chant patriotique était très prisé dans la Loge de Sibelius.

N° 8. Veljesvirsi [Kaunist’ on, kun veljet viihtyy (texte de Samuli Sario). Ode à la Fraternité]. « Bon et agréable, O ye Brethsen ». 1946, révision 1948. 2’. Pas d’indication de tempo. Pour chœur d’hommes à l’unisson (canto unisono) et harmonium. Première exécution à Helsinki, Suomo Loosi, le 24 octobre 1946 avec Wäinö Sola, ténor et Ernst Linko, harmonium. Une version retravaillée en 1948 confie la pièce au ténor, à l’orgue et au chœur d’hommes.

L’Ode à la Fraternité , ultime composition du créateur, se présente comme une courte section en appelant au rapprochement des hommes face à leur terrible destin. La musique s’avère coulante et beaucoup moins contrastée que dans la Marche funèbre.

N° 9. Ylistyshymni [Kaikkialla kaikukoon. Texte de Samuli Sario. Hymne et Louange]. Adagio. 1946, révisé en 1948. Pour voix soliste, chœur TTBB et harmonium. 2’. Création : Helsinki, Suomo loosi, 6 septembre 1947, Wäinö Sola, ténor, Ernst Linko, harmonium (ou orgue). Composé à l’origine pour voix d’hommes, piano et harmonium. Durée : environ 3’30. On y entend le tempo giusto (3’) dont la base thématique provient de l’Andante festivo et la Marche funèbre dans sa version de 1948.

Musique expressive pour ténor seul avant que le chœur d’hommes n’apparaisse dans les dernières mesures. L’Hymne impressionne avec son flux musical provenant des tréfonds de l’âme humaine sous forme d’un long crescendo sans concession, rechignant à la constitution d’une mélodie bien identifiable. Là encore le compositeur opte pour un rejet assumé de tout lyrisme ostensiblement affiché.

Cette partie contraste avec la sonorité plus douce de l’Ode finale qui opère un retour vers davantage d’humanité mais constitue également un adieu qui ne se veut pas déchirant.

Discographie

L’ordre franc-maçonnique finlandais qui détient les droits sur l’œuvre s’est toujours montré très réticent devant la possibilité de réaliser des exécutions publiques ou des enregistrements. Toutefois il finança quelques gravures à la diffusion restreinte.

On proposera cependant les références discographiques suivantes :

Salem, op. 113 n° 6 (3’21) a été enregistré par Kalevi Kiviniemi (orgue) à la cathédrale de Lapua en 1998 sur un CD regroupant d’autres œuvres du maître finlandais. Art Inn Records ARTINNCD-102.

Procession (Salem) : « Onward, Ye Peoples’ », op. 113 n° 6, durée : 3’46. Chœur Dominante, Orchestre symphonique de Lahti, dir. Osmo Vänskä. Enregistrement d’août 2004 à la salle Sibelius, Lahti, Finlande. BIS-CD-1365.

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Essentiel, le magnifique témoignage publié chez BIS-CD-1977 Sibelius Masonic Ritual Music. Avec Hannu Jurmu, ténor ; YL Male Voice Choir, dir. Matti Hyökki. Harri Viitanen, orgue de la cathédrale d’Helsinki. Enregistrement capté à la cathédrale d’Helsinki (Finlande) en avril 2010. Durée : 41 minutes. L’éditeur propose parfois plusieurs versions d’un même titre.

Également, de grande valeur et d’un intérêt indiscutable, l’enregistrement de Kalevi Kiviniemi, déjà rencontré plus haut, aux orgues historiques de Winterthur Stadtkirche, Suisse. Captation réalisée en mai 2004. Fuga9182. Il propose onze des pièces de cet opus si particulier d’après les manuscrits originaux pour orgue seul. Durée : environ 32 mn.

Sources succintes

Andrew Barnett, Sibelius, Yale University Press, 2007. Fabian Dahlström, The Works of Jean Sibelius, Sibelius-Seura, 1987. Gérard Gefen, Les musiciens et la franc-maçonnerie, Fayard, 1993. Marc Vignal, Sibelius, Fayard, 2005. Hermine Weigel Williams, Sibelius and His Masonic Music. Sound in « Silence », 2008. Sibelius.fi (sur Internet) : Music for Freemasonry.

SOURCE : http://www.resmusica.com/2016/12/27/sibelius-franc-macon/

 

 
 
 

Rites et hauts grades 30 juillet, 2016

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Rites et hauts grades

25 Avril 2005 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

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Les Rites ou Systèmes maçonniques posent les règles des Rituels particuliers à chaque degré et à chaque type de cérémonie maçonnique. Les premiers Rites pratiqués par la Franc-maçonnerie moderne de 1723 sont issus d’une synthèse d’anciens catéchismes maçonniques et de cérémonies antérieures à 1717, avec des emprunts probables à la Maçonnerie opérative écossaise synthèse à laquelle la Grande Loge de Londres (dite « des Modernes ») a apporté plusieurs innovations, notamment le troisième degré associé au mythe d’Hiram. Par la suite, les Loges du Continent, qui pratiquaient le Rite de cette Grande Loge apporteront leurs propres modifications, ce qui explique les nombreux Rites et Systèmes maçonniques pratiqués aujourd’hui dans le monde. Certains se limitent volontairement aux trois premiers degrés exclusivement, comme le Rite Schroeder, par exemple; d’autres, au contraire, y ajoutent une série de degrés complémentaires appelés Hauts Grades dans certains cas.

Les Rites peuvent varier suivant les loges ou les obédiences, certaines Obédiences regroupant des Loges d’un même Rite, d’autres regroupant des Loges de Rites différents..

Le Rite de Schroeder

Frédéric-Louis Schroeder (1744-1816), directeur du Théâtre Municipal de Hambourg et Grand Maître de la Grande Loge de Hambourg, passa près de vingt ans à la mise en forme définitive du Rite qui porte son nom. Allergique à l’aspect chevaleresque qui caractérise la symbolique de la plupart des Hauts Grades, il réforma les cérémonies de son Obédience dans le sens d’une plus grande simplicité, en remettant en vigueur l’usage du Rite anglais ancien et en ne prenant en considération que les trois premiers grades. Le Système de Schroeder était le plus démocratique de tous les Rites pratiqués en Allemagne avant la deuxième Guerre mondiale, ce qui fit son succès. Actuellement, il est pratiqué par la Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d’Allemagne, par la Grande Loge d’Autriche et par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina, ces dernières y ayant toutefois apporté quelques modifications mineures.

Le Rite Suédois

Le Rite Suédois est un mélange du rite dYork, des hauts-grades du rite Français et un prolongement de la Stricte Observance.

La première loge régulière a été consacrée en 1735 à Stockholm par le comte Axel Wrede-Sparre. Dés 1756 on fonde la première loge de St André, desprit comparable au grade dEcossais Vert de la Stricte Observance.

En 1760, fondation de la Grande Loge de Suède.

Il comporte 11 grades divisés en loges de St Jean, loges de St André, chapitre intérieur et Sanhédrin.Le rite suédois est réservé aux chrétiens et est sous la protection directe des souverains du pays.

Le Rite standard d’Ecosse

Pratiqué en France uniquement à la GLNF, c’est un rite basé sur l’oralité qui vient directement d’Ecosse, berceau de la Maçonnerie opérative.

Il exclut toute référence alchimique, kabbalistique et chevaleresque.

Il se rattache au rite pratiquée par la célèbre Kilwining Lodge n°0, la première de toutes les loges maçonniques.

Pas de Hauts-Grades pratiqués en France, uniquement les trois grades bleus.

Pour la petite histoire, les frères de ce rite portent leurs tabliers sous leurs vestes.

Il concerne environ 150000 maçons écossais.

Le Rite Emulation

Créé en 1813 par Peter Gilkes, le Rite Emulation revendique une filiation aux plus anciens rituels de la Franc-maçonnerie opérative. Il tient son nom de la Loge « Emulation of Improvement » (perfectionnement) qui s’est réunie pour la première fois en octobre 1823 au Freemason’s Hall à Londres. C’est le Rite le plus pratiqué au sein de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Introduit en France en 1925, il fut adopté par plusieurs Loges de la Grande Loge Nationale Française et en Suisse par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina. Une des particularités de ce Rite, qui ne pratique que les trois premiers grades, Apprenti, Compagnon et Maître, est l’oralité: les cérémonies doivent être pratiquées par cœur; pratique qui provient de l’époque où, autant dans le Compagnonnage qu’en Franc-maçonnerie opérative, les Rituels étaient appris par cœur car, dans l’esprit de sauvegarde du secret du métier, rien ne devait être écrit. Des degrés additionnels (qui ne sont pas considérés comme des Hauts Grades, mais comme de simples compléments au 2e et au 3e grade) viennent compléter les 3 degrés symboliques du Rite Emulation tout en étant administrés séparément du Rite. Ce sont les degrés de Royal Arch et de Mark Master.

Le degré de Royal Arch est considéré comme un complément au grade de Maître (et non comme un 4e grade) censé contenir la quintessence de la philosophie maçonnique. Il possède son propre Rituel et est administré par un Chapitre autonome.

Le degré de Mark Master ou Mark Mason, dit de la Maçonnerie de la Marque, est, quant à lui, une continuation de l’ancien grade opératif de Compagnon (à l’origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l’appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l’accent sur la fameuse « pierre angulaire » rejetée par les bâtisseurs, dont il est fait mention dans la Bible (Psaume 118:22, Matthieu 21:42, Marc 12:10, Luc 20:17) et, qui est devenue la pierre d’angle maîtresse de l’uvre. Sur cette pierre en forme de coin, qui n’est autre que la clé de voûte de l’édifice, le Mark Master inscrit sa « marque », signe géométrique que l’on retrouve sur les édifices monumentaux et religieux.

Le Rite Français

Le Rite Français détient les formes les plus proches de la première Franc-maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l’influence de Maçons anglais. C’est la traduction en français des rituels de la Maçonnerie andersonienne de 1717, qui donnera naissance au Rite Français, appelé aussi plus tard, au 19e siècle, Rite Français Moderne.

Ce rite est né en 1783 avec la constitution au sein du Grand Orient de France d’un Grand Chapitre Général de France, intégré à l’obédience en 1787.
Ses statuts et règlements généraux prévoyaient que le rite était composé de 5 ordres. C’est en 1801 que les rituels des différents ordres furent
publiés. La particularité de ce rite est son articulation autour de la symbolique de la Rose+Croix. Il était qualifié de « Moderne » car il faisait appel au symbolisme en usage à la Grande Loge d’Angleterre (dite des « Moderns »).
Avec les événements de 1877, le rite tel qu’il était pratiqué au Grand Orient de France a été modifié et une grande partie de sa symbolique relative au compagnonnage a disparu. Le rite Français d’aujourd’hui dit « Groussier » (tel qu’il est pratiqué par la plupart des loges du Grand Orient de France) n’a plus grand chose à voir avec le rite de 1783 même si, depuis une dizaine d’années des Frères du Grand Orient ont rallumé les feux du Grand Chapitre Général de France. La pratique du rite dans sa forme originelle a donc été conservée au sein du Grand Orient de France par quelques Loges.

Loges Bleues :

1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître

Premier Ordre de Rose+Croix :

4-Maître Élu

Second Ordre de Rose+Croix :

5-Maître Écossais

Troisième Ordre de Rose+Croix :

6-Chevalier Rose+Croix

Quatrième Ordre Rose+Croix :
7-Souverain Prince Rose+Croix

Un cinquième ordre a été prévu par le « Régulateur » du Rite Français. Il n’est pas toujours pratiqué dans les obédiences. Le Grand Orient de France n’est pas la seule obédience Française à pratiquer le Rite Français Moderne.
Ce rite est également répandu à la Grande Loge Nationale Française.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté

La doctrine connue sous le nom d’Ecossisme, qui servit de base à la constitution des premiers Hauts Grades de la Franc-maçonnerie ou grades chevaleresques, serait issue, entre autres, du célèbre « Discours » attribué au noble Ecossais André Michel de Ramsay, et prononcé pour la première fois le 26 décembre 1736.

Les premiers Hauts Grades apparaîtront alors en France sous l’appellation de Maîtres Ecossais, en 1743, suivis du grade de Chevalier d’Orient en 1749. Par la suite, des Chapitres et Conseils seront institués pour la pratique de ces grades. Puis viendront encore s’ajouter d’autres degrés qui seront à l’origine des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. C’est, en effet, un Maçon nommé Etienne Morin, originaire de Cahors, qui répandra aux Antilles et en Amérique du Nord ce Rite dont les degrés seront alors portés à trente-trois. De là naquirent les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) de Charleston en 1801 et de Paris en 1804, dont le fondateur fut le comte Alexandre de Grasse-Tilly, fils du célèbre amiral français de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis. Réparti aujourd’hui en plusieurs Suprêmes Conseils indépendants dans le Monde, le REAA regroupe ses trente-trois degrés en différentes catégories:

Loges Bleues
1er. Apprenti Maçon
2e. Compagnon Maçon
3e. Maître Maçon

Loges de perfection
4e. Maître Secret
5e. Maître Parfait
6e. Secrétaire intime
7e. Prévôt et Juge
8e. Intendant des Bâtiments
9e. Maître Élu des Neufs
10e. Illustre Élu des Quinze
11e. Sublime Chevalier Élu
12e. Grand Maître Architecte

13e. Chevalier Royal-Arche
14e. Grand Élu de la Voûte Sacrée ou Sublime Maçon

Chapitres
15e. Chevalier d’Orient ou de l’Épée
16e. Prince de Jérusalem
17e. Chevalier d’Orient et d’Occident
18e. Souverain Prince Rose-Croix

Aréopages
19e. Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem Céleste
20e. Vénérable Grand Maître de toutes les Loges Régulières ou Maître ad Vitam
21e. Noachite ou Chevalier Prussien
22e. Chevalier Royal Hache ou Prince du Liban
23e. Chef du Tabernacle
24e. Prince du Tabernacle
25e. Chevalier du Serpent d’Airain
26e. Écossais Trinitaire ou Prince de Mercy
27e. Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur du Temple de Jérusalem
28e. Chevalier du Soleil

29e. Grand Écossais de Saint-André d’Écosse
30e. Grand Élu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l’Aigle Blanc ou Noir

Tribunaux
31e. Grand Inspecteur Commandeur

Consistoires
32e. Sublime Prince du Royal Secret
33e. Souverain Grand Inspecteur Général

Le Convent international de Lausanne qui réunissait en 1875 les Suprêmes Conseils de l’époque, dont ceux de France et d’Angleterre, a posé et adopté les Principes de base qui définissent l’esprit du REAA. On y trouve notamment cette citation: « Pour relever l’homme à ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, la Maçonnerie pose le principe que le Créateur suprême a donné à l’homme comme bien le plus précieux, la Liberté; la liberté, patrimoine de l’humanité tout entière, rayon d’en haut qu’aucun pouvoir n’a le droit d’éteindre ni d’amortir et qui est la source des sentiments d’honneur et de dignité. » Ce Rite est pratiqué un peu partout dans le monde .

Le Rite Ecossais Rectifié

L’origine de ce Rite, créé par Jean-Baptiste Willermoz, remonte au Système de la Stricte Observance, fondé en 1756 par le baron de Hund, initié à Paris. Ce Rite invoquait bien sûr, comme la plupart des Systèmes de Hauts Grades de l’époque, la filiation templière.

A la mort du baron de Hund en 1776, le Rite de la Stricte Observance, constitué en Directoires Ecossais, allait évoluer et préciser ses objectifs lors des Convents de Lyon, 1778, et de Wilhelmsbad, 1782, sous la présidence de son nouveau Grand Maître, le duc Ferdinand de Brunswick. Depuis lors, le Rite a pris le nom de Rite Ecossais Rectifié et se compose des Loges de Saint-André, d’une part, correspondant au grade de Maître Ecossais, et de l’Ordre intérieur, d’autre part, comprenant les Ecuyers Novices et les Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS). Un Grand Prieuré, organisé en Commanderies et Préfectures, dirige l’ensemble.

Loges Bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître Maçon

Loges Vertes dites « de St André »:

4-Maître Écossais de Saint André

Ordre Intérieur :
5-Écuyer Novice
6-Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte

Profession (classe secrète) :
7-Profès
8-Grand Profès

Ce rite est pratiqué en France par le Grand Prieuré des Gaules, la Grande
Loge Traditionnelle et Symbolique – Opéra, la Grande Loge Nationale
Française, le Grand Orient de France et la Grande Loge de France.

Le Rite de Memphis-Misraïm

Le Rite de Memphis-Misraïm résulte de la fusion opérée en 1881 par GARIBALDI qui en fut le premier Grand-Maître général, des deux rites de Misraïm et de Memphis. Le Rite de Misraïm avait été constitué en 1788 à Venise; il tenait sa filiation de CAGLIOSTRO, qui lui avait confié les grades inférieurs de la Grande Loge d’Angleterre et les hauts grades de ma Maçonnerie templière allemande. Le Rite de Memphis fut constitué à Montauban en 1815 par des maçons ayant participé à la mission d’Egypte avec Bonaparte. Furent associés à ces deux obédiences, des grades initiatiques venant des anciennes Obédiences ésotériques du XVIIIème siècle: Rite PRIMITIF, Rite des PHILADELPHES,etc.
Ce rite est surtout le lieu de rassemblement des Maçons que lient un attrait pour l’Esotérisme, l’Occultisme, le Symbolisme, etc. C’est en somme un carrefour de rencontre.

Le rite de MEMPHIS-MISRAIM continue en outre la tradition d’attachement aux principes de tolérance et de liberté de pensée qui en firent, au XIXème siècle, sous la Terreur Blanche, le refuge et la pépinière des Carbonari.
Ce Rite perpétue ses traditions de fidélité aux principes démocratiques et aux sciences initiatiques. Déiste, sans aucune intransigeance, il fait sienne la définition de la « religion maçonnique », précisée par les Constitutions d’Anderson de 1723, et consistant dans « la morale générale des honnêtes gens ». Ses Loges symboliques travaillent soit au Rite Templier (Misraïm) soit au Rite Egyptien (Memphis), mais sur les autels, elles joignent la Règle au traditionnel enlacement du Compas et de l’Equerre.

Le violet est la couleur maçonnique de ses rituels, le bleu étant celui du Rite Français et le bleu bordé de rouge celui du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le violet constituait un rappel de la couleur de la violette de Parme, duché où résidait le petit roi de Rome, alors âgé de quatre ans.
Le Rite de Memphis-Misraïm a associé le violet de ces origines au bleu turquoise attribué à la grande Isis dans l’ancienne Egypte, unissant ainsi un double symbolisme ésotérique.
Les grades d’instruction du rite Memphis-Misraïm sont:

Loges bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître-Maçon

Ateliers de Perfection :
4-Maître Secret
5-Maître Parfait
6-Secrétaire Intime ou Maître par Curiosité
7-Prévôt et Juge
8-Indépendant des Bâtiments ou Maître en Israël
9-Maître Élu des Neuf
10-Illustre Élu des Quinze
11-Sublime Chevalier Élu ou Élu des Douze
12-Grand Maître Architecte
13-Royal Arche
14-Grand Élu, Élu Parfait ou Grand Écossais de la Voûte Sacrée,

Chapitres :
15-Chevalier d’Orient ou de l’Épée, ou Chevalier Maçon Libre
16-Prince de Jérusalem
17-Chevalier d’Orient et d’Occident
18-Souverain Prince ou Chevalier Rose-croix ( d’Hérédom )

Aréopages :
19-Grand Pontife ou Sublime Écossais de la Jérusalem céleste
20-Chevalier du Temple ou Vénérable Grand Maître de toutes les Loges
21-Noachite ou Chevalier Prussien
22-Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
23-Chef du Tabernacle
24-Prince de Tabernacle
25-Chevalier de Serpent d’Airain
26-Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
27-Grand Commandeur du Temple, dit Souverain Commandeur du Temple de
Jérusalem
28-Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
29-Grand Écossais de Saint André d’Écosse dit Patriarche des Croisades
30-Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir

Degrés Administratifs Ecossais :
31-Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
32-Sublime Prince du Royal Secret
33-Souverain Grand Inspecteur Général

Degrés Ésotériques :

66-Patriarche Grand Consécrateur
90-Patriarche Sublime Maître du Grand Oeuvre

Degrés Administratifs :
95-Grand Conservateur
96-Grand et Puissant Souverain de l’Ordre
97-Député Grand Maître International
98-Grand Maître International
99-Grand Hiérophante

Ce rite est pratiqué au Grand Orient de France, à la Grande Loge Symbolique de France ainsi qu’à la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm.

Le Rite dYork

Les États-Unis détiennent une place un peu particulière sur l’échiquier de la Franc-Maçonnerie mondiale; d’abord parce que leurs effectifs sont très nombreux (aux alentours de 4 millions), ensuite parce qu’ils pratiquent une maçonnerie uniquement axée sur le rituel. En loge bleue, ils pratiquent le « Ancient Work », le rite standard des loges bleues américaines. Les hauts grades souchés sur le Rite Américain sont appelés Rite d’York. Il est fréquent que les membres du Rite d’York appartiennent également au hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté. Ainsi aux USA, un Maçon aura le droit d’être Chevalier du Temple au Rite d’York et Sublime Prince du Royal Secret (32°) au REAA. Il existe d’ailleurs des équivalences (ou passerelles) entre ces différents rites et degrés. Le Rite York comporte 15 degrés dans son ensemble qui sont:

Loges Bleues :

1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maître maçon

Chapitres :

4. Maître Maçon de Marque
5. Passé Maître
6. Très Excellent Maître
7. Maçon de l’Arche Royale

Conseils :

8. Maître Royal
9. Maître Select
10.Très Excellent Maître

Commanderies :

11. Chevalier de la Croix-Rouge
12. Chevalier de Malte
13. Chevalier de l’ordre du Temple

Grand Champs :
14. Chevalier de la Croix-Rouge de Constantin

Collège Royal de York

15. Chevalier de York

Les Side Degrees

Order of the Allied Masonic degrees

Tout grade contrôlé par le Grand Conseil ne peut être conféré qu’à des Maçons de la Sainte Arche Royale, Princes de l’Ordre du Moniteur Secret, admis depuis au moins douze mois Les grades de l’Ordre sont ceux de :

Maçon de St Lawrence le Martyr
Chevalier de Constantinople
Grand Tuileur de Salomon
Croix-Rouge de Babylone
Saint Ordre des Grands Prêtres
Order of Eri

sergent d’armes

écuyer

chevalier
Ce magnifique degré est basé sur l’histoire de l’Irlande et l’ésotérisme chrétien irlandais.
Le rituel évoque l’invasion de l’Irlande par les danois,la bataille de Clontarf, l’origine des ordres chevaleresques dans ce pays, les anciens noms de l’Irlande(17 noms!), les débuts de la Franc-Maçonnerie, St Patrick et les rois Brian Boru et Malachi.

La Sociétas Rosicruciana in Anglia

La Societas Rosicruciana In Anglia est une organisation chrétienne fondée en 1865 et indépendante de toute structure maçonnique. Tous ces membres sont néanmoins Maîtres Maçons actifs dans leurs loges symboliques. Les degrés conférés par cet organisation ne sont pas considérés comme des degrés « supérieurs » mais plutôt comme un complément à la Maîtrise. Elle utilise le symbolisme et les Traditions d’une société beaucoup plus ancienne connue sous le nom de Fraternité de la Rose+Croix, se réclamant de son fondateur légendaire : Christian Rosenkreutz. La SRIA a essaimé en Écosse, aux États Unis, en France ainsi que dans d’autres pays d’Europe.

La SRIA est organisée en 9 degrés, chacun possédant un rituel spécifique. La finalité étant d’apporter à ses membres une ouverture d’esprit supplémentaire sur la Vraie Nature des choses et une compréhension du Monde dans lequel ils évoluent. Les membres de la SRIA se regroupent en Collèges. L’admission à la SRIA est limitée aux Maîtres Maçons qui sont membres d’une obédience régulière, qui sont de foi Chrétienne et qui croient en la Sainte Trinité. Les degrés sont répartis en 3 Ordres :

Premier Ordre
I° – Zelator
II° – Theoricus
III° – Practicus
IV° – Philosophus
V° – Adeptus Minor

Deuxième Ordre
VI° – Adeptus Major
VII° – Adeptus Exemptus

Troisième Ordre
VIII° – Magister
IX° – Magus

Royal Order of Scotland

L’Ordre Royal d’Écosse est composé de deux degrés qui sont :

Hérédom de Kilwinning
Chevalier Rose+Croix.

Le mot Hérédom dérive du mot hébreu Harodim, signifiant « les règles » et du nom de Kilwinning qui se rapporte au rétablissement de l’ordre par le Roi Robert Bruce à Kilwinning, où il a présidé en tant que premier Grand Maître de l’Ordre.

Le degré de Hérédom de Kilwinning est en particulier intéressant puisqu’il traite de l’enseignement et du symbolisme des trois premiers degrés de la Maçonnerie de Saint Jean (Loges Bleues).

La Tradition veut que le degré de Chevalier Rose+Croix ait été institué par Robert Bruce sur le champ de bataille de Bannockburn le jour de la Saint Jean d’été 1314 au moment des combats pour l’indépendance de l’Écosse.

Source : http://hautsgrades.over-blog.com/

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique 13 mars, 2015

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique

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L’expédition d’Egypte (1798-1801) fut d’abord une aventure maritime d’une flotte disparate de 250 navires marchands protégés par douze vaisseaux, six frégates et neuf flûtes, sans compter quelques chaloupes, avisos, bombardes et autres tartanes : 22 jours pour joindre Toulon à La Valette, 14 jours encore pour arriver à Alexandrie. Dans la promiscuité des navires, entre l’ennui et la peur de l’Anglais, entre les jeux de dés, d’échecs ou de loto et les rêveries collectives, les chicaneries et les discussions, le mal de mer, les odeurs de goudron, de cordage et de bois, les taches quotidiennes et les observations, marins, soldats, civils et savants eurent le temps de se connaître, de se reconnaître. Ce fut sans doute le cas des maçons d’antan, des maçons d’avant , obscurs ou célèbres comme le vice-amiral François Paul de Brueys d’Aigalliers (1753-1798), le général mulâtre Thomas Davy de la Pailleterie dit Dumas (1762-1806), le chirurgien Dominique Larrey (1766-1842) ou le savant Gaspard Monge (1746-1818) et quelques autres .

Néanmoins, faute de sources probantes, il est difficile d’affirmer que ces ci-devant maçons manièrent la truelle et l’équerre aux pieds des pyramides.

Après les périls de la mer et des vents, l’eau et l’air, l’expédition dut affronter les épreuves de la terre avec le débarquement du 13 messidor VI, la prise d’Alexandrie, la bataille des Pyramides (3 thermidor) et l’entrée dans Le Caire, et du feu avec le désastre d’Aboukir (14 thermidor) : Le vaisseau Orient explosé à cause des flammes provoquées par les combats, le Timoléon, brûlé par les français pour éviter sa capture, tout comme la frégate L’Artémise, et sept des neuf navires pris par les marins du frère borgne Horatio Nelson (1758-1805), incendiés par les britanniques. Les bateaux consumés, le dépaysement, le mal de la patrie, l’inconnu, l’adversité, le climat, le sang et les diverses épreuves agissaient sur les relations interpersonnelles parmi lesquelles la fraternité-amitié, la philia; jouait un rôle central. Chez ces Français d’Orient cohabitèrent mesquineries, jalousies, pratiques générales d’une vie en commun obligée, camaraderies masculines  de garnison, amitiés profondes ou équivoques et/ou affections fortes réelles ou sublimées dans une fraternité exaltée. L’expédition d’Egypte sera à la fois une aventure militaire, géopolitique, savante, psychopathologique et maçonnique. Alors que la vie maçonnique peinait à retrouver force et vigueur en France, malgré la reprise des travaux du Grand Orient de France (printemps 1796) et de la Grande Loge dite de Clermont (messidor an VI/juin 1796), dans la « communauté » française d’Egypte, une loge maçonnera sur les bords du Nil. Plusieurs peut-être ? Une seule cependant est clairement identifiée : les Vrais Amis Réunis, loge que nous avions analysé, dans notre thèse d’Etat (1992) (mais à partir de sa « reconstruction » officielle à Toulon) et dont notre ami Jean-Pierre Zimmer a écrit l’histoire (2001). Selon sa demande de constitution, elle fut créée le 11 fructidor an VII (28 août 1799), le jour même où le général Bonaparte quittait discrètement l’Egypte, avec les généraux Berthier, Duroc, Lannes, Marmont et Murat et les savants Berthollet, Denon et Monge sur la petite flottille (2 frégates et 2 avisos) du contre-amiral Ganteaume. Constater que plus de la moitié de ces personnages sera sous l’Empire des notabilités maçonniques, ne peut suffire à faire de ce départ un complot hiramique. Cette fondation se situe néanmoins dans une période de calme, après la pacification du delta, la conquête de la Haute-Egypte et l’expédition de Syrie-Palestine. On regrettera qu’aucune nouvelle découverte n’ait éventuellement permis d’allonger la liste des loges. Faute de documents suffisants, l’histoire de la vie maçonnique française durant l’expédition reste à écrire. Il faut être gré à Alain Quéruel d’avoir apporter à ce chantier, des matériaux biographiques dans son livre Les francs-maçons de l’expédition d’Egypte (2012). Que dire présentement du dossier? D’abord qu’une loge (peut-être plus, mais peut-être pas ?) a maçonné. Dans le fonds Castinel 4 J 85 (Archives départementales du Var), nous avions consulté le livre d’architecture du chapitre souché sur la loge Vrais Amis Réunis qui couvre la période du 8 juillet 1800 au 7 septembre 1801. Il rapporte principalement des cérémonies d’avancement de grade et nous apprend que les Vrais Amis Réunis étaient des officiers et des cadres subalternes. Ensuite que dans le corps expéditionnaire français, on peut estimer, pour le moment et avec une très grande prudence, le nombre des maçons à une grosse cinquantaine  (chiffres sans doute à surévaluer en cas de nouvelles découvertes) sur un total d’environ 38 000 personnes (en réalité chiffre plus faible compte tenu des 8 000 hommes laissés en Corse, à Malte et à Corfou et des pertes diverses : 3 600 tués dans les combats, 1000 accidentés ou morts de diverses manières et 4 150 décès par maladies dont 2 400 décès suite principalement à des maladies vénériennes et 1 700 à la peste. Ce % provisoire (0,4%°) est pourtant faible dans un échantillon qui possédait toutes les caractéristiques socioculturelles pour un fort recrutement maçonnique : masculin, dans la force de l’âge, militaire et savant. Il est vrai qu’a cette époque du Directoire finissant, aucune loge militaire n’était officiellement signalée dans les diverses armées de la République. L’initiation d’officiers comme, en juillet 1797, les généraux Jean Charles Pichegru (1761-1804) et Amédée Willot (1757-1823), au demeurant royalistes, demeurait un fait isolé. Pourtant cette franc-maçonnerie en Egypte s’inscrivait dans le droit fil des loges militaires d’Ancien Régime analysées par Jean-Luc Quoy-Bodin et annonçait la floraison des ateliers « ambulants » du Premier Empire (4 en 1801, mais plus de 130 loges proprement militaires (y compris les loges de prisonniers de guerre) dans la décennie 1810 et 1 officier sur 3 ou 4, franc-maçon, selon les calculs de Pierre-François Pinault.

Bonaparte parti, les difficultés croissantes du corps expéditionnaire français durent être peu propices à la vie maçonnique. Le 8 messidor an IX (27 juin 1801), le futur frère (il sera fait maçon en 1802 dans la loge bruxelloise Les Amis Philanthropes) Augustin Bélliard (1769-1832), plus tard comte de l’Empire, général de division, pair de France et ambassadeur auprès du roi des Belges, parapha la capitulation du Caire. Deux semaines plus tard, 13 500 français civils et militaires et un millier de collaborateurs coptes, grecs et syriens quittaient la capitale égyptienne, avec armes et bagages, pour être rapatrier en France. Le ci-devant baron de Menou (1750-1810), fait maçon à Loches avant la Révolution, converti à l’Islam en mars 1799 sous le nom d’Abdallah, successeur du général Jean-Baptiste Kléber, assassiné le 14 juin 1800, signa le 13 fructidor an IX (31 août 1801) la capitulation d’Alexandrie. Malgré les difficultés, les Vrais Amis Réunis continuèrent à se réunir, preuve que la greffe maçonnique avait bien pris. La dernière réunion du chapitre date du 7 septembre 1801. Selon les « refondateurs » de l’atelier à Toulon, la dernière tenue se serait déroulée le 8 octobre courant (date sans doute erronée vu la situation militaire française à ce moment). En effet, à la mi-octobre, les derniers Français quittaient l’Egypte.

Le retour des « Egyptiens » en France marquera le début d’une égyptomanie qui ira croissante durant tout le siècle. Elle contribuera à transformer en succès culturel une entreprise complètement ratée militairement. La publication du Voyage dans la Basse et la Haute Egypte (1802) du frère Dominique Vivant Denon (1747-1825), alors directeur du Musée central des Arts, de la monumentale Description de l’Egypte (neuf volumes in-4° et de onze volumes de planches), de 1809 à 1830, sous le direction de la Commission d’Egypte, présidée par le sénateur Claude-Louis Berthollet (1749-1822), chimiste et ancien « Egyptien », comte de l’Empire et les travaux de Champollion en furent les premiers temps forts.

Mais l’égyptomanie ne datait pas de la campagne d’Egypte. Elle s’appuyait sur la lente découverte de la civilisation égyptienne ancienne. Egyptologie et égyptomanie vont de pair. Sans invoquer Hérodote, Strabon ou Diodore de Sicile, depuis les Croisades, l’Egypte fascinait l’Europe. La « paléo-egyptomanie » remonte aux XV- XVIe siècles. On fait parfois du jésuite allemand Athanius Kircher (1601-1680), auteur de l’Oedipus Aegyptiacus (trois volumes entre 1652 et 1655), le père de l’égyptologie. Au XVIIIesiècle, la terre des Mamelouks fut parcourue par des diplomates en mission ou non, des religieux, des négociants ou des « voyageurs par curiosité » (ancêtres des touristes-explorateurs). L’évêque anglican irlandais Richard Pocoke (1704-1765), visita le Moyen-Orient de 1737 à 1742 (Cf. A description of the East…, Londres, 1743-1745). Lord John Sandwich (1718-1792) fonda la premièreEgyptian Society in London (1741-1743). A view of the Levant, particularly of Constantinople, Syria, Egypt and Greece du britannique Charles Perry (1698-1780) fut imprimé à Londres en 1743. L’antiquaire et écrivain français Anne Claude, marquis d’Esternay,dit le comte de Caylus (1692-1752), publia un Recueil d’antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et gauloises, en sept volumes entre 1752 et 1767. L’italien Vitaliano Donati (1717-1762), membre de l’Académie royale de Suède et fellow de la Royal Society, rassembla à Turin, la première collection d’antiquités égyptiennes après son voyage en Orient (1759). Le géographe français Jean Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782) fut l’auteur deMémoires sur l’Egypte ancienne et moderne, suivi d’une description du Golfe Arabique ou de la Mer Rouge, avec sept cartes (Paris 1766). Le naturaliste français Charles Nicolas Sonnini de Manoncourt (1751-1812) parcourut l’Egypte de juin 1777 à octobre 1778 (Voyage dans la haute et basse Egypte, Paris, 1 800). Le géographe danois Carsten Niebhur (1733-1815) visita l’Egypte, le Sinaï, le Yémen, l’Inde et¨la Perse de 1761 à 1767 et en donna un compte-rendu détaillé en quatre volumes (1772, 1774, 1778 et un posthume en 1837). LeVoyage en Egypte et en Syrie pendant les années 1783, 17684 et 1785de Constantin François Chasseboeuf dit Volney (1757-1820) connurent un grand succès. Le voyageur écossais James Bruce of Kinnard (1730-1794) explora le cours supérieur du Nil et narra son voyage dans cinq volumes édités à Londres, en 1790. Le danois Jorgen Zoega (1755-1809) tenta dans son Origine et usu obeliscum(1797) une première tentative de déchiffrage des hiéroglyphes. Plusieurs dizaines d’autres européens parcoururent encore l’Egypte. Des dizaines d’autres seraient à citer.

Dans les pas de ces marcheurs, l’Egyptomanie toucha tous les domaines : architecture, décoration, ébénisterie, mobilier, mode, théâtre, littérature, poésie, musique, jeux de société ou art funéraire. Jean-Philippe Rameau composa Les Feste de l’Himen ou les Dieux de l’Egypte (1742) et La Naissance d’Osiris ou la Fête de Pamylie (1751). Le futur maçon Mozart écrivit Thamos, roi d’Egypte version (1773 et 1779) sur un livret du frère baron Tobias von Geller. A Dresde fut créé en 1781, l’Osiris du frère Johann Gottlieb Naumann (1741-1801). Puis vint Die Zauberflöte (1791) des frères Wolfgang Amadeus et Emanuel Schikaneder (1751-1812). On notera cependant que les décors de Gayl et d’Andréas Nesslather (1748-1821) étaient plutôt d’inspiration « pré-romantico-germano-romaine ». Il faudra attendre la représentation de Berlin (1815) pour que la symbolique égyptienne envahisse la scène. L’architecte vénitien Giambattista Piranesi (1720-1778) présenta la décoration à l’égyptienne dans quinze planches de son ouvrage Diverse maniere d’adornare i camini (Rome, 1769). Son collègue français néo-classique Etienne-Louis Boullée (1728-1799) s’inspira de l’art funéraire égyptien tout comme le sculpteur Michel Ange Slodtz (1705-1764). L’architecte écossais Charles Cameron (1745-1812) érigea une pyramide dans le parc de Tsarkoïe Selo pour la Grande Catherine II et une autre dans l’allée des tombeaux du parc de Wilhelmshöhe, près de Cassel (1775). Notons que le futur commandant en chef de l’expédition d’Egypte, Jean-Baptiste Kléber (1753-1800), rendu à la vie civile depuis 1783, chargé de remodeler le parc du château d’Etupes, résidence d’été de Charles II Eugène, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard, imagina d’y placer une pyramide à l’égyptienne. Hasard objectif cher à André Breton ? Le roi Charles III d’Espagne commandita, entre autres, au décorateur Jean Démosthène Dugourc (1749-1825) une salle égyptienne pour l’Escurial. L’Egypte était encore présente dans quelques tableaux du peintre Hubert Robert (1733-1808), dans les terres cuites du sculpteur Michel Clodion (1738-1814), dans les sculptures de Louis Jean Desprez (1743-1804), dans la production du céramiste britannique Josiah Wedgwood (1728-1799), dans le mobilier de l’ébéniste français à la mode Jean Baptiste Séné (1748-1803)et dans des centaines d’œuvres d’artistes célèbres ou obscurs. Le banquier anglo-néerlandais Thomas Hope (1769-1831) imagina une décoration et un mobilier égyptiens pour sa maison londonienne, sise Duchess Street. L’Egyptomanie prospéra dans l’espace et le temps comme l’a montré l’importante exposition L’Egyptomania ; l’Egypte dans l’art occidental, présentée successivement à Paris (janvier-avril 1994), Ottawa (juin-septembre 1994) et Vienne (octobre 1994-janvier 1995).

L’égyptomanie devint un fait cultural majeur oscillant entre un courant « rationalio-archéologisant » et une mouvance fantastico-ésotérique comme le montrent les travaux de Claude Gyss, notamment. Dans cette dernière famille, on peut placer le Sethos (1731) de l’abbé Jean Terrasson (1670-1750), de l’Académie française, qui popularisa la notion de « mystères égyptiens » ou leCrata Repoa ou Initiations aux anciens mystères des prêtres d’Egyptedes allemands Johann von Hymmen (1725-1787) et Karl Friedrich von Koppen (1734-1797). L’Egyptomanie féconda l’imaginaire maçonnique, véritable éponge capable d’emprunter à toutes les respirations du temps. Le courant maçonnico-égyptisant se cristallisera entre Naples, la mer Adriatique et Vienne. Il se retrouvera entre autres, dans le Rite Primitif de Narbonne et dans la loge des Philadelphes, de la famille Chefdebien d’Armissan, dans le Rite des Architectes Africains de Von Koppen, cité ci-dessus, dans celui des Parfaits Initiés d’Egypte de loccultiste taromancier Jean-Baptiste Aliette dit Etteilla (1738-1791) et dans la « Haute Maçonnerie Egyptienne » du Grand Cophte Joseph Balsamo alias Cagliostro (1743-1795). Comme le notait Bruno Etienne, la franc-maçonnerie, forme statique du voyage en Orient, prédisposait beaucoup de ses membres à franchir le miroir vers un Orient rêvé, voire fantasmé, plus que dans un Orient parcouru et analysé.

En contre-point, on ne  peut que constater la minceur de la documentation sur la vie maçonnique en Egypte, durant ces trois années et même dans les décennies suivantes. Sans oublier la frustration de tous  ceux qui espèrent y trouver la preuve irréfutable de la réception du général Bonaparte. Depuis plusieurs décennies, les mêmes pistes sont à l’honneur. D’abord durant le séjour-éclair à Malte (8 jours), mais le commandant en chef qui rêvait des conquêtes d’Alexandre et de la route des Indes avait-il la tête à se faire recevoir dans une institution marginalisée durant la décennie 1790 ? C’est plus tard à partir de 1803-1804 que le Premier Consul comprendra l’intérêt à transformer la franc-maçonnerie désormais très présente dans les élites civiles et militaires, en un appareil idéologique d’Etat, stratégie qui sera conceptualisée par le frère Jean-Etienne Portalis, alors ministre des Cultes. Même la lourde et mystérieuse porte de la pyramide de Chéops, subrepticement ouverte le 11 août 1798, n’est pas complètement close. Pourtant durant cette période, le général Bonaparte était sur la route du Caire en train de combattre les troupes du mamelouk circassien Ibrahim Bey (c. 1735-1805). Demeurent les rumeurs et les suppositions : Elles ne seront pas près de s’éteindre pour le plus grand bonheur des songe-creux.

Néanmoins dans la franc-maçonnerie consulaire et impériale, l’égyptomanie continua son bonhomme de chemin. Les Vrais Amis Réunis d’Egypte devint une loge toulonnaise qui maçonna jusqu’en 1845. Le Grand Sphinx fut officiellement patenté en 1804 par le Grand Orient de France. La loge des Commandeurs du Mont Thaborsemble plutôt s’inscrire dans une mouvance ésotérico-chrétienne et néo-templière.

Il  faut rappeler également  l’Ordre Sacré des Sophiciens, analysé par Darius Alexander Spieth dans son ouvrage Napoleon’s Sorcerers : the Sophisians (2007) et composé grandement d’anciens de l’expédition et lié à la loge Les Frères Artistes, le Rite de Misraïm (Egypte en hébreu), né dans la décennie 1810, avec les trois frères comtadins Michel, Marc et Joseph Bédarride et le Rite de Memphis, constitué en 1838 par un dissident misraïmide Jacques Etienne Marconis de Nègre (1795-1868), sans oublier la Société Secrète Egyptienne, dirigée par l’aventurier, antiquaire à ses heures et consul de France (1803-1814 et 1821-1829) Bernardino Drovetti (1776-1852). Ladite institution aurait conspiré contre la Sublime Porte en faveur de Mehmet Pacha (1769-1849). Ce dernier, maître de facto de l’Egypte depuis 1807, mena une politique plutôt francophile. Ce fut sous son « règne » que deux loges d’origine française se seraient allumées en Egypte : Les Chevaliers des Pyramides (Le Caire 1811) et Les Amis de la Concorde(Alexandrie , 1812). But that’s another story (Cf. la communication de Gérard Galtier, paru dans les Cahiers de la Méditerranée, Nice, 2006).

Sous l’Empire encore, l’antiquaire Alexandre Dumège (1780-1862), fonda en 1806, à Toulouse, le Rite de la Souveraine Pyramide des Amis du Désert. L’année suivante, l’archéologue Alexandre Lenoir(1762-1839) expliquait dans La Franche-Maçonnerie rendue à sa véritable origine les trois grades et les quatre ordres du Rite moderne à la lumière des mystères égyptiens.

Quoiqu’il en soit le(s) courant(s) « égyptien(s) », dans les décennies suivantes, même marginal(ux), continua(èrent) à faire partie du paysage maçonnique mondial à travers les figures pour n’en citer que quelques unes, de l’italien Giuseppe Garibaldi (1807-1882), le héros des deux mondes, du négociant britannique John Yarker (1883-1913), du journaliste anarchisant, occultiste et féministe anglo-allemand Théodore Reuss (1855-1923) ou de l’écrivain occultiste Gérard Encausse dit Papus (1865-1916). En marge ou en parallèle de l’Egyptologie, c’est-à-dire le champ d’étude de l’Egypte ancienne par les sciences humaines, dans la nébuleuse de l’Egyptomanie, c’est-à-dire la fascination plus ou moins bridée pour l’histoire et la culture égyptiennes antiques, nous sommes, avec cette filiation, dans l’egyptosophie comme la définit l’égyptologue suisse Erik Hornung, c’est-à-dire la quête ésotérique perpétuelle à travers les âges pour voir dans l’Egypte la source de la sagesse et la terre de l’hermétisme. La première procède de la science, la seconde de la passion, la troisième de la quête. Le chercheur ne doit ni les ignorer, ni les confondre.

Source : le blog https://yveshivertmesseca.wordpress.com/

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La Franc-Maçonnerie a pour pères Enoch et Elie 26 avril, 2014

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Cette affirmation de CAGLIOSTRO en son Rituel  mérite que l’on s’interroge sur le sens  spirituel donné à cette assertion, sans nous attarder pour autant sur les indications rapportées par celui qui fut le fondateur des Rites Egyptiens. Chrétien, CAGLIOSTRO l’est, n’en déplaise aux tenants d’une Maçonnerie a-dogmatique et libérale, ou de ceux qui croiraient percevoir en lui un occultiste, de ce fait, comme cela va être exposé, en énonçant que tout à la fois ENOCH et ELIE sont les Pères de la Franc- Maçonnerie, CAGLIOSTRO va nous permettre de rappeler ce que doit être la Franc- Maçonnerie de Tradition qui s’oppose à cette vision moderne et erronée qui présente le maçon comme un être libre dans une loge libre. Non, il y  des Devoirs résultant d’une Conscience née d’une discipline qui prend sa source dans ce qui constitue précisément les bases de la Franc Maçonnerie de Tradition.

I

Qu’il me soit permis d’ouvrir préalablement une parenthèse.

La F M a-dogmatique et libérale a inventé tardivement le mythe de la mort d’Hiram. Si le roi de Tyr envoya à David des  charpentiers et des tailleurs de pierre pour construire une maison pour David (II Samuel V, 11), si par ailleurs « Hiram acheva tout l’ouvrage qu’il devait faire pour le roi Salomon dans la Maison du SEIGNEUR (I Rois, VII, 40) que par voie de conséquence en remerciement Hiram, roi de Tyr, se fit donner par le roi Salomon vingt villes du pays de Galilée., il s’avère qu’Hiram sortit de Tyr pour voir les villes que Salomon lui avait données, mais elles ne lui plurent pas. (I Rois IX, 11, 12), il écherra de noter que d’une part en nul endroit il n’est parlé de la mort d’Hiram que par ailleurs Hiram refusera des villes de Galilée, de cette Galilée où s’incarnera Dieu fait homme. Alors que la première apparition de la Légende d’Hiram dans le cadre d’un catéchisme s’avère provenir de Samuel PICHARD en 1730 en son opuscule La maçonnerie disséquée il n’en demeure pas mois que c’est Anderson qui dès 1723 évoque Hiram sans y joindre alors la légende partagée par tant de francs- maçons, lorsque dans le cadre des Anciens Devoirs, le Manuscrit  GRAHAM de 1726 propose une vision toute différente, préférant évoquer NOE plutôt qu’HIRAM. Ainsi, ayant préalablement rappelé qu’aucune construction ne peut se maintenir avant l’Incarnation du Christ sans la Foi et la prière, il est fait état du relèvement du corps non pas d’HIRAM mais de NOE par ses trois fils :  » Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent : « Aide-nous, 0 Père ! « . Comme s’ils avaient dit :  » 0 Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas « . Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L’un d’eux dit alors : « Il y a encore de la moëlle dans cet os »,et le second dit : « mais c’est un os sec  » ; et le troisième dit : « il pue » . Ils ‘accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc- Maçonnerie de nos jours. »  

Ce qui importera de souligner, quand bien même relativement au redressement du corps qu’il s’agisse d’HIRAM ou de NOE, aucune référence scripturaire ne confirme ces faits, ce qui importe donc c’est de percevoir la différence entre Hiram qui ne se rattache à aucune spiritualité ni aucun lien avec Dieu, et NOE par qui une Alliance est confirmée par l’arc en ciel (Genèse IX, 12-17), NOE tout à la fois sauvé (Hébreux XI, 7) et prémisse du Salut (Sagesse XIV, 6).

Il est bien deux Maçonneries, l’Ancienne Maçonnerie dite de Tradition à laquelle se rattache l’Ordre de Lyon, et la nouvelle Maçonnerie a-dogmatique et libérale promue par ANDERSON : CAGLIOSTRO pour sa part, se rattache à la Maçonnerie de Tradition.

N’oublions pas ces deux mots souventes fois rappelés dans le Manuscrit GRAHAM : FOI et PRIERE !

II

Il échet que nous revenions à Enoch et Elie.

Alors que les légendes attachées à NOE et HIRAM portent sur le relèvement de leur corps, par des mains d’hommes, ENOCH et ELIE partagent un tout autre relèvement, il s’agit d’un enlèvement, non pas opéré par l’homme, mais venant de Dieu.

 » Hénoch marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. »  (Genèse, V, 24) Le motif à ce choix nous est donné dans l’Ecclésiastique XLIV, 16 : « Hénoch fut agréable au Seigneur, et il a été transporté, exemple de pénitence pour les générations » et l’Apôtre l’atteste, Hénoch avait plu à Dieu : » « C’est par la foi qu’Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu.«  (Hébreux XI, 5).

Plaire à Dieu… «  et voici qu’un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon. »  (II Rois, II, 11) Elie aura une triple mission énoncée en I Rois XIX, 9-18 et, principalement s’opposer à l’idolâtrie, et l’Apôtre nous rappelle cette plainte d’Elie en I Rois XIX, 10 :  » Ne savez-vous pas ce que l’Écriture rapporte d’Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël:  Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie? » (Romains XI, 2, 3)

Annihiler l’idolâtrie …

Annihiler l’idolâtrie, se débarrassant des idoles, de Baal, du Veau d’or, pour ne plus que chercher à plaire à Dieu, Dieu unique et invisible jusqu’à ce que, par l’Incarnation, Il se rende visible où alors l’adoration des Mages, comme le soulignera PELADAN signifie l’abdication des ésotérismes devant l’Incarnation de la Vérité.

Plaire à Dieu !

Je ne serrai pas  parjure à un Serment maçonnique si je dis seulement qu’à un certain stade de notre cheminement, il nous est rappelé qu’il nous échet de :

- »Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit.

- « Proclamer Sa Gloire par des actes. »

Mais avant de prétendre proclamer la Gloire de Dieu par des actes, alors que par Jésus+Christ nous sommes déjà sauvés, il nous revient de reconnaître la Grâce qui nous est faite en disant avec le Christ Jésus : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc XIV, 36).

La Grâce qui nous est faite : « Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père ! » (Galates  IV, 6). Cette Grâce qu’il nous convient de tenter de comprendre, – il est tant de Grâces offertes par Dieu -, dès lors que nous l’associons à cette mystérieuse parole de Jésus+Christ  rappelée il y a peu d’instants par Marc où le Sauveur associe à l’exclamation Abba Père, la présence de cette coupe emplie de tous nos péchés, et par cette coupe, la souffrance morale de notre refus provisoire de Dieu, cette Grâce liée à la Gloire, passe par une souffrance, aussi l’Apôtre ne manque -t-il pas de rappeler : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » (Romains VIII, 18). Cette Grâce qui nous est faite, se manifeste selon deux périodes :

- l’acceptation de suivre les Evangiles, c’est-à-dire suivre le Christ et prendre sa croix dès maintenant,

- la récompense de la Gloire à venir, dès lors que tout sera restauré dans le Christ.

Pour Irénée de Lyon, la Gloire n’interviendra que lors de ce qu’avec la Tradition j’aime nommer le 8° Jour, qui pour ce Père est le 7° Jour, ainsi déclare-t-il : « ce septième jour est le septième millénaire, celui du royaume des justes, dans lequel ils s’exerceront à l’incorruptibilité, après qu’aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans ce but. C’est ce que confesse l’apôtre Paul, lorsqu’il dit que la création sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. »  

Mais les prémisses de cette Gloire ne peuvent-ils être déjà manifestés dans le cadre de notre actuel pèlerinage terrestre ? A Gethsémani notre Seigneur en Son dialogue avec le Père ne déclare-t’-il pas :  » Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un. »  (Jean XVII, 22).

Clément d’Alexandrie souligne : « Une compréhension intelligente suite de près la foi. ‘Père des hommes et des dieux’, s’écrie aussi Homère, quoi qu’il ne sache pas quel est le Père, ni comment il est Père. Mais de même qu’il est naturel aux mains de saisir, à l’œil qui n’est pas malade de voir la lumière, de même quiconque a reçu la foi possède la faculté de participer à la connaissance, pourvu qu’il veuille tailler l’or, l’argent, les pierres précieuses, et bâtir sur les fondements qu’il a posés. Il ne dit point : Je participerai un jour : il commence à participer. Il ne remet point sa gloire aux chances de l’avenir : roi lumineux, gnostique, il l’est déjà. »

Il convient de participer déjà à la Gloire de Dieu.

Ainsi, comme l’explique Irénée : « Enoch, pour avoir plu à Dieu, fut transféré en son corps même en lequel il avait plu à Dieu, préfigurant ainsi le transfert des justes. Elie aussi fut enlevé tel qu’il se trouvait dans la substance de sa chair modelée, prophétisant par là l’enlèvement des hommes spirituels. »  

Pour Irénée, ENOCH et ELIE annoncent la résurrection dans le Royaume, mais pas seulement, ils bénéficient d’une anticipation face au 8° Jour parce qu’ils agirent selon le souhait de Dieu, dès lors ils participèrent à la Gloire du Père.

III

Il convient de replacer ces rappels dans le catéchisme de CAGLIOSTRO. Selon la version que nous étudions, à la question : « Quel moyen faut-il employer pour obtenir cette grâce de Dieu? », il est répondu :   » En l’adorant, en respectant son souverain et surtout en se consacrant au bonheur et au soulagement de son prochain, la charité étant le premier devoir d’un philosophe et l’œuvre la plus agréable à la Divinité. À cette conduite, il faut y joindre des prières ferventes. »

Sur les motifs de l’engagement que devra prendre le Maçon, CAGLIOSTRO précise : «  ce serment ne consiste que dans la promesse d’adorer Dieu, de respecter votre souverain et d’aider votre prochain. Vous serez obligé de plus de promettre personnellement à votre maître de lui obéir aveuglément, de ne jamais passer les bornes qu’il vous aura prescrites, de ne jamais avoir l’indiscrétion de demander la connaissance des choses purement curieuses, enfin de vous soumettre à ne jamais travailler que pour la gloire de Dieu et pour l’avantage de son souverain et de son prochain. »

Si le terme  » Grâce » apparait souvent dans ce catéchisme, la Gloire qui vient d’être évoquée l’est tout autant et pour asseoir s’il était besoin cette importance liée à la conscience  de la Gloire présente comme l’est d’ailleurs la Grâce dans le Rituel de CAGLIOSTRO, qu’il me soit permis une dernière citation à cet égard, d’autant plus importante que je l’extraie du Rituel de réception à la Maîtrise, de cette Maçonnerie Egyptienne où il fallait déjà être Maître Maçon dans un autre Rite pour prétendre être admis comme Apprenti : « À l’ordre, mes frères. Au nom du Grand Copte, notre fondateur, cherchons à agir et à travailler pour la gloire de Dieu, de qui nous tenons la sagesse, la force et le pouvoir et tâchons d’obtenir sa protection et sa miséricorde, pour nous, pour les souverains et pour notre prochain. Joignez vos prières aux miennes pour implorer en ma faveur son secours et les lumières qui me sont nécessaires. »

CAGLIOSTRO a parfaitement raison de donner à la Franc- Maçonnerie, ENOCH et ELIE comme Pères : ils travaillaient à la plus grande gloire de Dieu !

IV

La F M doit demeurer une voie rendant Gloire à Dieu !

Mes Bien Aimés Frères,

Pour sa part, l’Ordre de Lyon est fidèle aux Anciens Devoirs, à l’Ancienne Maçonnerie, qui était résolument Chrétienne,  lors de votre Affiliation il vous fut rappelé que notre Rite ne pouvait être suivi que par un observateur fidèle des usages anciens, et l’on vous fit lecture d’un extrait des « Règles et Devoirs de l’Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » l’Ordre de Lyon se référant à la version française la plus ancienne, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l’effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède.

Chrétien ! Il est de fait que les œuvres priment sur la Foi come le rappelle Origène en son Entretien avec Héraclide de la sorte être Chrétien serrait idéalement tout à la fois professer la Foi en la résurrection de NSJ+C et aimer son prochain, mais l’amour du prochain seul face à une foi de Pharisien fera du Publicain un Chrétien plus proche de Dieu que ne le serait un grand prêtre du Sanhédrin.

Notre Maître en Maçonnerie, Constant Chevillon, a souhaité dans son bel ouvrage Le vrai visage de la Franc- Maçonnerie rappeler, face aux dérives de notre auguste fraternité (provoquées par la révolution Andersonienne, le pensons-nous et comme exposé en d’autres travaux) que cette école méritait le nom d’école de vertu dès lors qu’elle expose (et oblige oserais-je dire) l’initié à une ascèse. Aucune ascèse ne se fait sans douleur. Aussi notre Très Illustre Frère précisait-il :  » Pour infuser une vie nouvelle, une vie expansive, dans le corps anémié de la maçonnerie, il ne suffit pas de procéder par des exhortations qui seraient, selon le texte de l’Ecriture : Vox clamantis in deserto, la voix dans le désert. Il faut descendre dans l’arène, montrer à tous, les gestes précis de la lutte, les gestes de la victoire. Il faut restituer les assises et les coordonnées de la voie triomphale des réalisations, dont le début s’annonce dans la voie douloureuse de l’ascèse individuelle ; car personne ne peut connaître les gloires de l’ascension sans avoir gravi, d’abord, le Golgotha. » 

Quel travail ascétique nous revient-il d’entreprendre, de faire ?

Si CAGLIOSTRO pour sa part joint aux prières, les bonnes actions en faveur de notre prochain qui n’est pas obligatoirement notre Frère ou notre Sœur en Maçonnerie, mais l’Autre, tous les Autres, il accomplit le rappel donné par Origène à la suite de l’enseignement des Evangiles que résumera s’il était besoin l’Apôtre (II Pierre, III, 11, 12), ce choix d’action s’oppose à l’égoïsme, nous oblige à nous oublier nous-mêmes, nous mentirions à prétendre que la voie ainsi choisie n’est pas douloureuse,  du moins en ses débuts ou durant un temps pouvant se prolonger, mais nous aurons peut-être en partage de prendre un jour conscience que cette voie est Joie.

Cette conscience, résulte d’une réciprocité entre le Don offert et la Grâce reçue, nous entrerons peut-être alors dans l’antichambre de La Présence,  et  pourra résonner en notre cœur cette exclamation de l’Apôtre : « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Galates II, 20).

La Présence du Christ Jésus, l’adhésion à l’Evangile, conduisent naturellement celui qui aurait pu être aux prises avec des idoles, à prendre conscience qu’il s’agissait de mirages, d’illusions, comme pourrait l’autoriser la confusion suggérée par une  Maçonnerie Libre et a-dogmatique où tout serait équivalent : en matière de Religion cela ne peut être, puisque l’Alliance entre Dieu et Sa créature doit être manifeste et non présumée. L’Apôtre nous met en garde : « si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi »

 (I Cor. XV, 14).

Ainsi que le rappelle l’Apôtre : « N’éteignez pas l’Esprit » (I Thes. V, 19), saint Séraphim de Sarov  explique à Motovilov que le but du christianisme demeure l’acquisition du Saint Esprit : « C’est donc dans l’acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l’aumône et les autres actions vertueuses faits au Nom du Christ, ne sont que des moyens pour l’acquérir. » 

Avant que l’impétrant ne pénètre dans le Temple, en vue de son initiation, le Grand Expert lui rappelle : « Il est presque toujours nécessaire à l’âme humaine, enténébrée, qu’elle soit assistée d’une intervention providentielle, d’une prédestination occulte et mystérieuse, pour qu’elle retrouve le chemin de sa liberté première ».

Par Sa résurrection, Jésus+Christ nous a délivré du joug de notre chute, Il a accepté de laver par avance tous les clichés du Désespoir, alors qu’Il ne doutait pas, alors qu’Il n’avait pas à trébucher, il demanda que cette coupe s’éloigna de Lui, Il tomba par trois fois pour nous permettre de trébucher tel le reniement de Pierre, Il exprima le sentiment d’abandon exorcisant par avance nos éventuels doutes, désespoirs et chutes, dans et par Sa chair en complément à Sa Passion que l’on oublie trop comme étant cette Nuit de Gethsémani, Passion morale plus intense sans nul doute que la Passion physique, importante certes, puisqu’elle permet la victoire sur la mort conséquence du péché.

« nul être de Désir ne saurait entrer ou demeurer au sein de l’Ordre, s’il ne se trouve aidé par la Grâce, être Chrétien selon la Tradition de la Franc-Maçonnerie et des Anciens Devoirs, sa Foi l’engageant à se placer sous la protection du Sublime Architecte des Mondes et à pratiquer l’Evangile. » est-il déclaré par l’Ordre de Lyon.

Si donc l’être de Désir, notre Frère, Notre Sœur, nous- même, sommes fidèles aux Devoirs de l’Evangile, non seulement nous le serons envers l’Ancienne Maçonnerie, mais parce que nos actions rendrons Gloire à Dieu, sans être ni HENOCH, ni ELIE, mais de simples êtres de Désir, nous comprendrons pourquoi CAGLIOSTRO place ces prophètes comme les pères de notre auguste fraternité.

J’ai dit V M.

 

Source : http://www.masoniclib.com

et

http://hautsgrades.over-blog.com/

cagliostro

Franc maçonnerie Suédoise 24 décembre, 2009

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Franc maçonnerie Suédoise dans Chaine d'union sfmo_stort_vapen

 

L’Histoire de l’Ordre
La franc-maçonnerie est arrivée en Suède par l’intermédiaire du Comte Axel Wrede-Sparre, qui s’est fait maçon en France pendant son travail comme officier de cavalerie. Après son retour en Suède, il réunit quelques amis qui comme lui s’étaient initiés maçons à l’étranger. En 1735, il initia à Stockholm son beau-frère le Comte Carl Gustaf Tessin, le fils du grand architecte du Château Royal. La plupart des frères qui appartenaient à la loge de Wrede-Sparre venaient de la haute aristocratie. Les tenus se sont arrêtés à la fin des années 1740.

Au début des années 1750, il y avait un nombre de maçons assez important en Suède, initiés soit dans la loge de Wrede-Sparre, soit à l’étranger. En 1752, le Comte Knut Posse créa la loge de St Jean Auxiliaire. Wrede-Sparre et la plupart des frères de sa loge s’associèrent à cette nouvelle loge, et Wrede-Sparre donna ses rituels et d’autres documents à St Jean Auxiliaire.

La loge de St Jean était considérée comme la Loge Mère de Suède et accréditait d’autres loges dans le royaume et en Finlande, qui faisait partie de la Suède à l’époque. Le Comte Carl Fredrik Scheffer, qui fut maçon à Paris en 1737, fut élu Grand Maître National en 1753. Pendant les années 50, les loges s’ouvrirent leurs portes aux frères venant d’autres classes sociales que l’aristocratie.

En 1756, Carl Fredrik Eckleff et six autres frères créèrent la Loge Ecossais l’Innocente à Stockholm, qui travaillait dans les grades de St André Ecossais. Le développement de la maçonnerie suédoise se poursuivit en 1759 quand Eckleff établit un Grand Chapitre à Stockholm. Eckleff, employé au ministère des Affaires Etrangères, possédait une accréditation qui l’autorisait à créer des loges. Il a été impossible de définir la date et l’origine de cette accréditation et des rituels utilisés. En 1760, la Grande Loge de Suède fut créée.

Le rite suédois
Eckleff construisait son système maçonnique sur une base chrétienne. La philosophie morale du rite suédois était approfondie par le Duc Charles, futur roi Charles XIII, qui succéda à Eckleff comme Maître Suprême de la maçonnerie. Grâce à deux réformes du rite en 1780 et 1800, il forma un système homogène avec dix degrés. Les degrés se suivent dans une logique progressive assez remarquable. Chaque degré prépare le suivant tout en résumant les précédents. Le système est regroupé en trois parties comme suit:

Les degrés de St Jean
I          Apprenti
II         Compagnon
III        Maître Maçon

Les degrés de St André Ecossais
IV-V    Apprenti-compagnon de St André
V         Maître de St André

Les degrés du Chapitre
VII       Haut illustre frère
VIII      Très haut illustre frère
IX        Frère illuminé
X         Frère haut illuminé

Au-dessus de ce système, pour les hauts officiers de l’Ordre
Frère très haut illuminé, Chevalier et commandeur de la Croix rouge R&K

En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre Royal du Roi Carl XIII. C’est un ordre civil, toujours confié par le roi, uniquement destiné au maçon appartenant au R&K. Les membres sont limités à 33. Pourtant, ceci n’est pas un degré maçonnique.

La montée des grades ne se fait pas automatiquement. Un frère doit montrer une certaine assiduité et acquérir une compétence maçonnique.

Pendant la période 1774-1997, tous les Grands Maîtres furent membres de la Maison Royale de Suède, jusqu’à la mort du Prince Bertil, Grand Maître depuis 1973. Le Roi Carl XVI Gustav est Grand Protecteur de l’Ordre Maçonnique en Suède. Depuis 2001, le docteur en Science Anders Fahlman est Grand Maître.

Le palais Bååt à Stockholm, un somptueux édifice baroque de 1666, fut transformé et agrandi en 1874-77 pour devenir Le Temple Maçonnique de l’Ordre des Francs-maçons suédois.

Organisation actuelle
Aujourd’hui, il y a 43 loges de St Jean, 23 loges de St André, une Steward loge, sept Chapitres et une loge de recherche en Suède. On y trouve aussi 63 associations fraternelles (des loges d’instruction) dans les petites villes. En Finlande, il y a sept loges de St Jean, deux loges de St André, une Steward loge et un Chapitre à Helsinki, puis deux associations fraternelles ; tous travaillant selon le rite suédois.

14 200 francs-maçons en Suède et 1000 en Finlande travaillent sous les auspices de l’Ordre des Francs-maçons suédois. Comme les loges sont peu nombreuses, il y a souvent beaucoup de membres dans une loge suédoise. Seules les personnes qui se définissent comme chrétiennes sont admis.

Le vénérable Maître d’une loge est normalement nommé pour six ans. Tous les officiers doivent impérativement descendre de leur chaire à l’age de 75 ans.

Le Rite Suédois est utilisé en Suède/Finlande, en Norvège, au Danemark et en Islande. Un rite, basé sur des documents du Carl Friedrich Eckleff de 1760, est pratiqué en Allemagne dans la Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland. Aujourd’hui ce rite ne présent guère ressemblance au Rite Suédois.

Svenska Frimurare Orden
Nybrokajen 7, SE-111 48 Stockholm, la Suède
Grand secrétaire: tél +46 8 463 37 06
Mél: info@frimurarorden.se Site internet: www.frimurarorden.se
Grand temple maçonnique: Blasieholmsgatan 6, Stockholm

Circulaire aux deux Hémisphères – REAA 21 décembre, 2008

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Circulaire aux deux Hémisphères

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Cette circulaire, qui date de 1802, a créé la structure du R.E.A.A.

 

UNIVERSI TERRARUM ORBIS ARCHITECTONIS
GLORIA AB INGENTIS

Deus Meumque Jus

ORDO AB CHAO

 

De l’Orient du Grand et Suprême Conseil des Très Puissants Souverains, Grands Inspecteurs Généraux, sous la Voûte Céleste du Zénith situé par 32 deg. 45 Min. de L.N A nos Illustres, très Vaillants et Sublimes Princes du Royal Secret, Chevaliers K.H, Illustres Princes et Chevaliers, Grands, Ineffables et Sublimes Maçons, Francs Maçons Acceptés de tous les degrés, Anciens et Modernes, répandus à la surface des deux Hémisphères. A tous ceux auxquels parviendra cette correspondance: Santé Constance et VigueurLors d’une assemblée de Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e degré, dûment et légalement réunie, tenue dans la Chambre du Grand Conseil, le 14e jour du 7e Mois appelé Tisri 5563, l’an de Vraie Lumière 5802, et 10e jour d’Octobre 1802 de l’Ère chrétienne. Union Plénitude et Sagesse

Le Grand Commandeur a informé les Inspecteurs qu’ils avaient été convoqués afin de prendre en considération l’opportunité d’adresser aux Grandes Loges Symboliques, aux Grandes Loges Sublimes et aux Grands Conseils répandus sur les deux Hémisphères, des Lettres circulaires expliquant l’origine et la nature des Degrés Sublimes de la Maçonnerie et leur institution en Caroline du Sud.

Une proposition à cet effet fut alors adoptée sur-le-champ, et une commission, composée des Illustres Frères le Dr. Frederick Dalcho, le Dr. Isaac Auld et M. Emmanuel De La Motta, Grands Inspecteurs Généraux, fut nommée pour rédiger et soumettre cette lettre au Conseil lors de sa prochaine tenue.

A l’assemblée des Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e &c. &c. &c. Ie 10e jour du 8e Mois appelé Chislev 5563, an de la V. L.. 5802, ce 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
La Commission, qui avait été saisie de ladite résolution, soumit respectueusement au Conseil le Rapport suivant:

Retracer le cours de la Maçonnerie depuis l’époque la plus lointaine et fixer avec précision les dates de la constitution de chacun des degrés, relève de la plus grande difficulté. En tant que Maçons Symboliques, nous faisons remonter notre origine à la Création du Monde, lorsque le Créateur Tout-Puissant, le Grand Architecte de l’Univers, instaura les lois immuables qui ont donné naissance aux Sciences.
Des nécessités et besoins communs poussèrent nos frères originels à rechercher assistance mutuelle. La diversité de leurs aptitudes, dons et inclinations les rendit, dans une certaine mesure, dépendants les uns des autres, et c’est ainsi que se constitua la société profane; il s’ensuivit tout naturellement que les hommes de dispositions et de caractères semblables s’associèrent plus intimement, ce qui donna naissance a des institutions se rapportant à leurs desseins et adaptées à leur esprit; ceci aboutit à l’exclusion de ceux qui, par leurs aptitudes, leur tempérament ou leur condition, étaient incapables de participer au savoir des autres, ou inutiles, voire dangereux au bien-être de l’intérêt général.

Comme la civilisation commençait à se propager de par le monde, et que l’esprit des hommes se développait de par la contemplation des Oeuvres de la nature, les hommes les plus intelligents cultivèrent les arts et les sciences. La contemplation du système Planétaire, en tant qu’Oeuvre d’un Artiste Tout-Puissant, ainsi que des attributs de leur Dieu, donna naissance à la religion et à la Science de l’Astronomie. La mesure de la terre, la division et le bornage de leur propriété donnèrent naissance à la Géométrie. Ces trois occupations, mises en commun, donnèrent naissance à l’Ordre Mystique ; et l’on institua des mots, signes et attouchements d’ordre pour désigner les membres initiés ou reconnus.

Il est probablement impossible de fixer avec précision le moment où les premiers degrés furent constitués sous la forme où ils nous sont conférés de nos jours, par suite de la perte ou de la destruction en Angleterre de la majeure partie des archives du Métier au cours des guerres contre les Danois et les Saxons . L’imaginaire se mêle grandement à l’histoire de la Maçonnerie des premiers âges et la poussière du temps la recouvre à un point tel qu’il est impossible d’en tirer des conclusions satisfaisantes; mais, à mesure que nous remontons vers l’époque actuelle, nous possédons d’authentiques archives pour notre gouverne. La façon particulière dont les trois premiers degrés, ou degrés Bleus, sont conférés, ainsi que leur contenu prouvent à l’évidence que ce sont purement et simplement des symboles des degrés supérieurs, ou degrés sublimes. Ils ont été formés pour représenter le meilleur de la conduite et des capacités des initiés avant qu’ils soient admis à la connaissance des mystères les plus importants. Au troisième degré, on nous informe que, par suite de la mort de H.A, le mot du Maître fut perdu et qu’un nouveau mot, qui n’était pas connu avant la construction du Temple, lui fut substitué. Si, selon la croyance générale, et comme l’indiquent nombre de nos anciennes archives, la Maçonnerie tire son origine de la création et s’est développée dès les premiers âges de l’humanité, les Maîtres possédaient un mot secret dont les Maçons du temps de Salomon n’avaient pas connaissance. Voici donc un changement de l’un des principes fondamentaux du métier et une suppression de l’un des anciens Landmarks; cependant, nous ne sommes pas disposés à admettre ce fait. Le Maître Bleu sait bien que le Roi Salomon et son royal visiteur possédaient le vrai mot primitif, mais qu’il doit rester dans l’ignorance, à moins d’être initié aux degrés sublimes. La preuve de l’authenticité de ce mot Mystérieux, tel que nous le connaissons et pour lequel notre vénéré Maître est mort, est établie, même à l’esprit le plus sceptique, dans les pages
sacrées des Saintes Écritures et dans l’histoire juive dès l’aube des temps.

Le Docteur Priestley, dans ses lettres aux Juifs, écrit ce remarquable passage quand il parle des miracles du Christ: « et il a été dit depuis par vos auteurs qu’il a accompli ses miracles par quelque nom Ineffable de Dieu, qu’il avait dérobé au Temple ». Bien que les Maçons Symboliques déclarent que leurs sociétés tirent leurs origines des premiers âges du monde et remontent à la création, on ne leur enseigne pourtant dans leurs degrés que des événements qui ont eu lieu à la construction du premier Temple (sur une période infime de sept ans), 2992 ans après la création. Ils ignorent l’histoire de leur ordre antérieurement à cette période et les progrès considérables et importants de l’art à la fois avant et depuis cette période.

De nombreuses Planches des degrés Sublimes contiennent un abrégé des arts et des sciences; et dans leur histoire sont consignés nombre de faits d’importance et de valeur recueillis dans les archives authentiques dont dispose notre société et qui, de la façon dont ils sont communiqués, ne pourront jamais être tronqués ou déformés. Ceci constitue un objet de première grandeur dans une société dont les principes et les pratiques devraient être invariables. Malheureusement des variantes et des irrégularités se sont insinuées en masse dans les degrés Symboliques, par suite du manque de connaissance maçonnique chez nombre de ceux qui président aux tenues bleues; et c’est particulièrement le cas chez ceux qui ne connaissent pas la langue hébraïque où tous les Mots et Mots de Passe sont donnés. Ceci est si fondamentalement nécessaire à un homme de science pour présider une Loge qu’un grand préjudice peut naître de la plus infime dérogation au cours d’une cérémonie d’initiation ou dans les Planches d’instruction on lit dans le Livre des Juges que la transposition d’un simple point sur le schîn, par suite d’un défaut de prononciation inhérent à la nation éphraïmite a trahi les Cowans et a abouti au massacre de quarante-deux mille d’entre eux. La représentation Sublime de la Divinité formée dans le degré de Compagnon ne peut être expliquée de façon correcte que par ceux qui ont quelque connaissance du Talmud. La plupart des Mots dans les degrés Sublimes sont dérivés des langues chaldéenne, hébreux et latine. Les diverses traductions d’une langue à l’autre, qu’ont fréquemment subies les degrés Symboliques depuis leur création, par des hommes ignares même dans leur langue maternelle, constituent une deuxième cause de la diversité que nous déplorons. Il en va différemment des degrés supérieurs qui se présentent dans la parure Sublime que leur ont donnée leurs auteurs et qui sont fondés sur la science et agrémentés par leur pouvoir évocateur.

Nombre de degrés Sublimes sont fondés sur les arts savants et dévoilent aux Maçons une masse de connaissances de prime importance. Bien que nombre de degrés Sublimes soient, en fait, le prolongement des degrés Bleus, il n’y a pas pour autant ingérence entre les deux institutions. D’un bout à l’autre du continent européen et aux Antilles, où ils sont universellement connus, ces degrés sont reconnus et leur essor favorisé. Les Maçons Sublimes ne procèdent jamais à des initiations aux degrés Bleus sans autorisation de droit accordée dans ce but par une Grande Loge Symbolique; excepté lorsqu’ils communiquent les secrets de la présidence d’un Atelier aux postulants qui n’y ont pas encore été admis, préalablement à leur initiation dans une Loge Sublime, mais dans ce cas les postulants sont informés que cela ne leur confère pas le rang de Passé Maître dans la Grande Loge.

La Grande Loge Sublime, parfois appelée Loge Ineffable ou Loge de Perfection, va du 4e au 14e degré inclus, dont le dernier est celui de Perfection. Le 16e degré constitue le Grand Conseil des Princes de Jérusalem qui exerce sa juridiction sur le 15e degré appelé Chevalier de l’Orient et également sur la Grande Loge Sublime; ce Grand Conseil est par rapport à elle ce qu’est une Grande Loge Symbolique par rapport à ses Loges subordonnées. Sans charte et sans Constitution délivrées par les Grands Conseils ou par un Conseil plus élevé ou par un Inspecteur, ces loges sont jugées irrégulières et sanctionnées en conséquence. Tous les degrés supérieurs au 16e sont placés sous la juridiction du Suprême Conseil des Grands Inspecteurs Généraux qui sont Souverains de la Maçonnerie. Quand il est nécessaire de constituer les degrés Sublimes dans un pays où ils sont inconnus, un Frère du 29′ degré, appelé K.H., est désigné comme Inspecteur Général Délégué pour ce territoire. Il sélectionne parmi les Frères du Métier ceux qu’il estime faire honneur à la société et confère les degrés Sublimes au nombre de Frères nécessaire à la première organisation de la Loge; celle-ci élit alors ses propres officiers et se gouverne au moyen de la Constitution et de la charte qui lui a été fournie. La juridiction d’une Loge de Perfection s’étend sur vingt-cinq lieues .

Il est notoire qu’environ 27.000 Maçons accompagnèrent les Princes chrétiens aux Croisades, pour reprendre la Terre Sainte aux Infidèles. Pendant leur séjour en Palestine, ils découvrirent chez les descendants des anciens Juifs plusieurs manuscrits Maçonniques importants qui sont venus enrichir nos Archives d’authentiques actes, et sur lesquels sont fondés certains de nos degrés.
Certaines découvertes extraordinaires furent faites et certains événements extraordinaires se produisirent au cours des années 5304 et 5311, et ceci donne à l’Histoire Maçonnique de cette période une importance extrême. Cette période est chère au coeur du Maçon plein d’ardeur pour la cause de son Ordre, de son Pays et de son Dieu.
Une autre découverte d’importance fut faite en l’an 5553: il s’agit d’un registre en caractères syriaques concernant la plus haute antiquité, d’après lequel il semblerait que le monde soit plus vieux de plusieurs milliers d’années que ne l’indique le récit mosaïque; c’est un avis que partagent nombre d’érudits. Seuls quelques passages ont été traduits avant le règne de notre Illustre et très Éclairé Frère Frédéric II Roi de Prusse, dont l’ardeur bien connue pour le métier fut la cause de grand avancement de la société qu’il daigna présider.
A mesure que progressait la société et que d’anciens documents étaient découverts, le nombre de nos degrés augmenta jusqu’au moment où, avec le temps, le système fut achevé.
D’après celles de nos archives qui sont authentiques, nous sommes informés de la constitution des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie en Écosse, en France et en Prusse sitôt après les Croisades.

Mais à la suite de circonstances de nous inconnues, après l’an 4658 (18), ils tombèrent dans l’oubli jusqu’en l’an 5744, lorsqu’un gentilhomme d’Écosse vint visiter la France et rétablit la Loge de Perfection de Bordeaux .
En 5761, les Loges et conseils des degrés supérieurs s’étant étendus sur l’ensemble du continent européen, Sa Majesté le Roi de Prusse, en qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, fut reconnu par la totalité des membres du Métier comme chef des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie sur l’ensemble des deux Hémisphères. Son Altesse Royale Charles, Prince Héréditaire des Suédois, des Goths et des Vandales, Duc de Sudermanie, Héritier de Norvège, &c. &c. &c. fut et est toujours le Grand Commandeur et protecteur des Maçons Sublimes de Suède; et son Altesse Royale Louis de Bourbon, Prince du sang, Duc de Chartres, &c. &c. &c., et le Cardinal, Prince et Évêque de Rouen, furent à la tête de ces degrés en France.

Le 25 Octobre 5762, les Grandes Constitutions Maçonniques furent définitivement ratifiées à Berlin et proclamées pour le gouvernement de toutes les Loges de Maçons Sublimes et Parfaits, Chapitres, Conseils, Collèges et Consistoires de l’Art Royal et Militaire de la Franc Maçonnerie sur la surface des deux Hémisphères. Il y a des Constitutions secrètes, existant de temps immémorial, auxquelles il est fait allusion dans ces documents.

La même année, ces Constitutions furent transmises à notre Illustre Frère Stephen Morin qui, le 27 Août 5761, avait été nommé Inspecteur Général de toutes les Loges, &c. &c. &c. du nouveau monde par le Grand Consistoire des Princes du Royal Secret réuni à Paris et que présidait le délégué du Roi de Prusse, Chaillon de Jonville, suppléant Général de l’Ordre, Très Vénérable Maître de la première Loge de France, appelée de Saint-Antoine, Chef des degrés Éminents, Commandeur et Sublime Prince du Royal Secret, &c. &c. &c.

Étaient également présents les Illustres Frères suivants:
Le Frère Prince de Rouen, Maître de la Grande Loge l’Entendement, et Souverain Prince de la Maçonnerie, &c.
La Corne, suppléant du Grand Maître, Très Vénérable Maître de la Loge la Trinité, Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c. Maximilien de St. Simon, Premier Grand Surveillant Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Savalette de Buchelay, Grand Garde des Sceaux, Grand, Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Ie Duc de Choiseul, Très Vénérable Maître de la Loge les Enfants de la Gloire, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Topin, Grand Ambassadeur de son Altesse Sérénissime Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Boucher de Lenoncour, Très Vénérable Maître de la Loge la Vertu, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Brest de la Chaussée, Très Vénérable Maître de la Loge l’Exactitude, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Les Sceaux de l’Ordre furent apposés et la Patente contresignée par Daubertain, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, Très Vénérable Maître de la Loge St. Alphonso, Grand Secrétaire de la Grande Loge et du Conseil Sublime des Princes Maçons, &c.

Quand le Frère Morin arriva à St. Domingue, conformément à sa Patente, il nomma un Inspecteur Général Délégué pour l’Amérique du Nord. Ce grand honneur fut conféré au Frère M.M. Hayes, avec pouvoir de nommer d’autres Inspecteurs Généraux en cas de besoin. Le Frère Morin nomma également le Frère Frankin Inspecteur Général Délégué pour la Jamaïque et les Iles Britanniques sous le Vent, et le Frère Colonel Provost pour les Iles au Vent et l’Armée britannique.

Le Frère Hayes nomma Inspecteur Général Délégué pour l’état de Caroline du Sud le Frère Isaac Da Costa lequel, en l’an 5783, établit la Sublime Grande Loge de Perfection à Charleston. Après la mort du Frère Da Costa, le Frère Joseph Myers fut nommé Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Hayes qui avait au préalable également nommé le Frère Colonel Solomon Bush Inspecteur Général Délégué pour l’état de Pennsylvanie et le Frère Barend M. Spitzer au même titre pour la Géorgie; ces décisions furent ratifiées lors d’une réunion d’inspecteurs quand ils furent assemblés à Philadelphie le 15 Juin 5781.

Le 1er Mai 5786, la Grande Constitution du 33e degré appelé, le Conseil Suprême des Souverains Grands Inspecteurs Généraux fut définitivement ratifiée par Sa Majesté le Roi de Prusse qui, en sa qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, détenait le pouvoir Maçonnique Suprême sur l’ensemble du Métier. Dans la nouvelle Constitution, ces hauts Pouvoirs furent conférés dans chaque Nation à un Suprême Conseil de neuf Frères qui détiennent dans leur propre territoire toutes les prérogatives Maçonniques que Sa Majesté détenait à titre individuel; et ce sont les Souverains de la Maçonnerie.

Le 20 Février 5788, fut ouvert dans cette Ville le Grand Conseil des Princes de Jérusalem auquel étaient présents le Frère J. Myers, I.G.D. pour la Caroline du Sud, le Frère B.M. Spitzer, I.G.D. pour la Géorgie, et le Frère A. Forst, I.G.D. pour la Virginie. Peu après l’ouverture du Conseil, une lettre fut adressée à Son Altesse Royale le Duc d’Orléans à ce propos sollicitant l’envoi de certains actes des archives de la société française; dans sa réponse par l’entremise du Colonel Shee, son Secrétaire, il promit très aimablement de les transmettre; mais malheureusement, les prémices de la révolution française empêchèrent cet envoi.

Le 2 Août 5795, le Frère Colonel John Mitchell, ci-devant Sous-Intendant Général des Armées des États-Unis, fut fait Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Spitzer par suite du départ de ce pays du Frère Myers.
L’action du Frère Mitchell fut limitée jusqu’après la mort du Frère Spitzer qui survint l année suivante.
De nombreux Frères de degrés éminents étant arrivés de l’étranger, des Consistoires de Princes du Royal Secret se tinrent de temps à autre pour des initiations et pour d’autres propos.

Le 31 Mai 5801, le Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis fut inauguré avec toutes les hautes personnalités de la Maçonnerie par les Frères John Mitchell et Frederick Dalcho, Souverains Grands Inspecteurs Généraux, et, dans le courant de la présente année, le nombre total de Grands Inspecteurs Généraux fut complété, conformément aux Grandes Constitutions.

Le 21 Janvier 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Loge de Maîtres Maçons de la Marque dans cette Ville .

Le 21 Février 5802 notre Illustre Frère le Comte Alexandre François Auguste De Grasse, Inspecteur Général Délégué fut nommé par le Suprême Conseil Grand Inspecteur Général et Grand Commandeur des Antilles françaises; et notre Illustre Frère Jean-Baptiste Marie De La Hogue, Inspecteur Général Délégué, fut également reçu Grand Inspecteur Général et nommé Lieutenant Grand Commandeur des mêmes Iles.

Le 4 Décembre 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Grande Loge Sublime à Savannah, Géorgie.

Les Dénominations des Degrés Maçonniques sont comme suit, à savoir:
le Degré Apprenti Admis
2e Compagnon
3e Maître Maçon, conférés par la Loge Symbolique
4e Maître Secret
5e Maître Parfait
6e Secrétaire Intime
7e Prévôt et Juge
8e Intendant des Bâtiments
9e Maître Élu des Neuf, conférés par la G. Loge Sublime
10e Illustre Élu des Quinze
11e le Sublime Chevalier Élu
12e Grand Maître Architecte
13e Royal-Arche
14e Perfection
15e Chevalier d’Orient,conférés par les Princes de Jérusalem, qui forment un Conseil Souverain
16e Prince de Jérusalem
17e Chevalier d’Orient et d’Occident
18e Souverain Prince de Rose-Croix d’Hérodom
19e Grand Pontife
20e Grand Maître de toutes les Loges Symboliques
21e Patriarche Noachite ou Chevalier Prussien
22e Prince du Liban
23e Chef du Tabernacle,
24e Prince du Tabernacle, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie.
25e Prince de Merci,
26e Chevalier du Serpent d’Airain
27e Commandeur du Temple
28e Chevalier du Soleil
29e K H
30 31 32e Prince du Royal Secret, Prince des Maçons, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie
33e Souverains Grands Inspecteurs Généraux, Officiers nommés à vie.

Outre ces degrés, qui se succèdent régulièrement, la plupart des Inspecteurs possèdent un certain nombre de degrés séparés, conférés dans diverses parties du monde et qu’ils communiquent en général, sans frais, aux Frères qui ont l’élévation suffisante pour les comprendre. Ainsi les Maçons Choisis des 27 et le Royal-Arche, conférés sous l’égide de la Constitution de Dublin. Six degrés de la Maçonnerie D’Adoption, Compagnon Écossais, Le Maître Écossais & Le Grand Maître Écossais, &c., faisant en tout 52 degrés.

La Commission soumet respectueusement à la réflexion du Conseil le rapport ci-dessus sur les principes et l’établissement des degrés Sublimes en Caroline du Sud, extraits des archives de la Société. Elle ne saurait, toutefois, conclure sans exprimer ses voeux ardents de prospérité et de dignité aux Institutions que préside ce Suprême Conseil; et elle se flatte que, si des Frères des degrés Bleus ont pu avoir des impressions défavorables par méconnaissance des principes et pratiques de la Maçonnerie Sublime, cela sera aboli, et que l’harmonie et l’affection seront l’heureux ciment de la société universelle des Francs Maçons Acceptés. Que, de même que tous aspirent à l’amélioration de la condition générale de l’humanité par la pratique de la vertu et l’exercice de la liberté, de même la Commission souhaite sincèrement qu’il soit mis fin aux petits différends qui ont pu naître, à l’occasion de formalités insignifiantes entre Anciens et Modernes, pour faire place aux principes originels de l’ordre qui sont les nobles remparts de la société: l’universelle bonté et l’amour fraternel; et que la vaste confrérie des Francs Maçons sur l’ensemble des deux Hémisphères ne forme qu’un seul lien de Fraternité. « Voyez comme il est bon et agréable pour des Frères de cohabiter dans l’unité. »

La Commission salue respectueusement votre Suprême Conseil par les Nombres Sacrés .
Charleston, Caroline du Sud, ce 10e jour du 8e Mois appelé Chisleu 55v3′ année de VL. 5802, le 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
FREDERICK DALCHO, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Lieutenant Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.
ISAAC AULD, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e.
E. DE LA MOTTA, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Trésorier du S. Empire.

Le rapport ci-dessus a été pris en considération et le Conseil exprimé sa satisfaction en lui accordant sa totale approbation. Après quoi, le Conseil a décidé que ledit rapport soit imprimé et transmis à toutes les Grandes Loges Sublimes et à toutes les Grandes Loges Symboliques répandues sur les deux Hémisphères.
Signé JOHN MITCHELL K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.

Extrait fidèle des délibérations du Conseil.
Signé Ab. ALEXANDER K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e, Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Secrétaire du Saint-Empire.

DEUS MEUMQUE JUS

 

 

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© Léo Taxil & Cie, 04/27/2002

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TRADITION HERMÉTIQUE ET FRANC-MAÇONNERIE 6 septembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
TRADITION HERMÉTIQUE ET FRANC-MAÇONNERIE

Dans l’ancien manuscrit maçonnique Cooke (circa 1400) de la Bibliothèque Britannique, l’on peut lire aux paragraphes 281-326 que toute la sagesse antédiluvienne était écrite sur deux grandes colonnes. Après le déluge de Noé, l’une d’elles fut découverte par Pythagore et l’autre par Hermès le Philosophe, qui se consacrèrent à enseigner les textes qui y étaient gravés. Le manuscrit concorde parfaitement avec ce dont témoigne une légende égyptienne, déjà rapportée par Manéthon, et que le Cooke lui-même rattache aussi à Hermès.

Il est évident que ces colonnes, ou ces obélisques, assimilées aux piliers J. et B., sont celles qui soutiennent le temple maçonnique tout en permettant d’y accéder, et qu’elles constituent les deux grands affluents sapientiels qui nourriront l’Ordre : l’hermétisme qui assurera la protection du dieu à travers la Philosophie, c’est-à-dire la Connaissance, et le pythagorisme qui donnera les éléments arithmétiques et géométriques nécessaires, réclamés par le symbolisme constructif ; il faut considérer que ces deux courants sont, directement ou indirectement, d’origine égyptienne. Notons également que ces deux colonnes sont les jambes de la Loge Mère, entre lesquelles naît le Néophyte, c’est-à-dire par la sagesse d’Hermès, le grand Initiateur, et par Pythagore, l’instructeur gnostique.

En fait, dans la plus ancienne Constitution Maçonnique éditée, celle de Roberts, publiée en Angleterre en 1722 (et donc antérieure à celle d’Anderson), mais qui n’est que la codification d’anciens us et coutumes opératifs qui viennent du Moyen Âge, et qui seront développés par la suite dans la Maçonnerie spéculative, il est spécifiquement fait mention d’Hermès, dans la partie intitulée « Histoire des Francs-maçons ». En effet, il apparaît là dans la généalogie maçonnique sous ce nom, ainsi que sous celui de Grand Hermarines, fils de Sem et petit-fils de Noé, qui trouva après le déluge les colonnes de pierre déjà citées où se trouvait inscrite la sagesse antédiluvienne (atlantique) et lut (déchiffra) sur l’une d’elles ce qu’il enseignerait plus tard aux hommes. L’autre pilier fut, comme nous l’avons dit, interprété par Pythagore en tant que père de l’Arithmétique et de la Géométrie, éléments essentiels dans la structure de la loge, et par conséquent ces deux personnages constituent l’alma mater de l’Ordre, en particulier dans son aspect opératif, lié aux Arts Libéraux.

Dans le manuscrit Grand Lodge nº1 (1583), seule subsiste la colonne d’Hermès, retrouvée par « le Grand Hermarines » (qui est fait descendant de Sem) « qui fut plus tard appelé Hermès, le père de la sagesse ». Notons que Pythagore ne figure plus en tant qu’interprète de l’autre colonne. Dans le manuscrit Dumfries nº 4 (1710) il apparaît également, comme « le grand Hermorian », « qui fut appelé ‘le père de la sagesse’ », mais dans ce cas, l’on a rectifié son origine d’après le texte biblique qui le fait descendre de Cham et non de Sem, par l’intermédiaire de Cusch ; comme le dit J,-F. Var dans TRADITION HERMÉTIQUE ET FRANC-MAÇONNERIE dans Chaine d'union anota La Franc-Maçonnerie : Documents Fondateurs, éditions de L’Herne, p. 207, n.33 : « Or, dans la Genèse (10, 6-8), Cusch est le fils de Cham et non celui de Sem. Le rédacteur du Dumfries a rectifié la filiation en conséquence. Dans le même temps, cette filiation résulte être celle que l’Écriture donne à Nemrod. De là l’assimilation de Hermès à Nemrod, contrairement à d’autres versions qui en font deux personnages bien distincts. » (traduit du castillan).

C’est également ce que met en avant le manuscrit qui a été nommé Regius, découvert par Haliwell au Musée Britannique en 1840 et que reproduit J. G. Findel dans l’Histoire Générale de la Franc-Maçonnerie (1861), dans son ample première partie qui traite des origines jusqu’en 1717, bien que ce n’y soit pas Pythagore l’herméneute qui, avec Hermès, déchiffre les mystères dont hériteront les maçons, sinon Euclide, qui est fait fils d’Abraham ; à ce sujet, rappelons que le théorème du triangle rectangle de Pythagore fut énoncé dans la quarante-septième proposition d’Euclide.

Findel lui-même, se référant à la quantité d’éléments gnostiques et opératifs qui constituent la Maçonnerie, et s’occupant concrètement des carriers allemands, affirme : « Si la conformité qui résulte entre l’organisme social, les usages et les enseignements de la Franc-Maçonnerie et ceux des compagnies de maçons du Moyen Âge indique déjà l’existence de relations historiques entres ces diverses institutions, les résultats des investigations menées dans les arcanes de l’histoire et le concours d’une multitude de circonstances irrécusables établissent de façon positive que la Société des Francs-maçons descend, directement et immédiatement, de ces compagnies de maçons du Moyen Âge. » Et il ajoute : « L’histoire de la Franc-Maçonnerie et de la Société des Maçons est ainsi intimement liée à celle des corporations de maçons et à l’histoire de l’art de construire au Moyen Âge ; il est donc indispensable de jeter un bref coup d’œil à cette histoire pour arriver à celle qui nous occupe. »

Ce qui est intéressant dans ces références venues d’Allemagne, c’est que son Histoire Générale est considérée comme la première histoire (au sens moderne du terme) de la Maçonnerie, et dès le commencement l’auteur établit que : « L’histoire de la Franc-Maçonnerie, de même que l’histoire du monde, est fondée sur la tradition ».1 Il apparaît donc comme évident que les Anciens Us et Coutumes, les symboles et les rites et les secrets du métier, se sont transmis sans solution de continuité depuis des temps reculés et, bien sûr, dans les corporations médiévales, et le passage d’opératif à spéculatif n’a été que l’adaptation de vérités transcendantales à de nouvelles circonstances cycliques, en observant que le terme opératif ne se réfère pas seulement au travail physique ou de construction, de projection ou de programmation matériel et professionnel des travaux, mais aussi à la possibilité donnée à la Maçonnerie d’opérer la Connaissance chez l’initié, au moyen des outils que donne la Science Sacrée, ses symboles et ses rites. C’est précisément là ce qu’offre la Maçonnerie en tant qu’Organisation Initiatique, et se trouve confirmé par la continuité du passage traditionnel qui permet que l’on puisse trouver également dans la Maçonnerie spéculative, de manière réflexe, la vertu opérative et la communication avec la Loge Céleste, c’est-à-dire la réception de ses effluves qui sont les garants de toute véritable initiation, à plus forte raison lorsque les enseignements émanent du dieu Hermès et du sage Pythagore.2 De toutes façons, aussi bien l’une que l’autre sont des branches d’un tronc commun qui prend les Old Charges (Les Anciens Devoirs) comme modèle ; de ces derniers, ont été trouvés de très nombreux fragments et manuscrits sous forme de rouleaux, depuis le XIVe siècle, dans diverses bibliothèques.3

Quant à Hermès, non mentionné dans les constitutions d’Anderson, en particulier l’Hermès Trismégiste grec (le Thot égyptien), c’est une figure aussi familière à la Maçonnerie des plus divers rites et obédiences qu’elle pourrait l’être pour les alchimistes, forgerons de l’immense littérature placée sous leur égide. Non seulement l’Hermétisme est le thème d’abondantes planches et livres maçonniques, et d’innombrables loges s’appellent Hermès, sinon qu’il existe des rites et des grades qui portent son nom. Il y a ainsi un Rite appelé Les Disciples d’Hermès ; un autre le Rite Hermétique de la loge Mère Écossaise d’Avignon (qui n’est pas celle de Dom Pernety), Philosophe d’Hermès est le titre d’un Grade dont le catéchisme se trouve dans les archives de la « loge des amis réunis de Saint Louis », Hermès Trismégiste est un autre grade archaïque que nous rapporte Ragon, Chevalier Hermétique est un niveau hiérarchique contenu dans un manuscrit attribué au frère Peuvret dans lequel l’on parle aussi d’un autre appelé Trésor Hermétique, qui correspond au grade 148 de la nomenclature dite de l’Université, où il en existe d’autres comme Philosophe Apprenti Hermétique, Interprète Hermétique, Grand Chancelier Hermétique, Grand Théosophe Hermétique (correspondant au grade 140), Le Grand Hermès, etc. Dans le Rite de Memphis également, le grade 40 de la série Philosophique s’appelle Sublime Philosophe Hermétique, et le grade 77 (9ème série) du Chapitre Métropolitain est nommé Maçon Hermétique.

Dans l’actualité, les revues et dictionnaires maçonniques ne manquent pas non plus de références directes à la Philosophie Hermétique et au Corpus Hermeticum,4 auquel celle-ci se trouve liée, mais se retrouvent également des analogies avec la terminologie alchimique ; en voici un seul exemple, extrait du Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie de D. Ligou (p. 571) : « Nous citerons une interprétation hermétique de quelques termes utilisés dans le vocabulaire maçonnique : Soufre (Vénérable), Mercure (1er Surveillant), Sel (2ème Surveillant), Feu (Orateur), Air (Secrétaire), Eau (Hospitalier), Terre (Trésorier). L’on trouve ici les trois principes et les quatre éléments des alchimistes. »

Ce qui fait qu’Hermès et l’Hermétisme sont une référence habituelle dans la Maçonnerie, comme l’est aussi Pythagore et la géométrie. D’autre part, ces deux courants historiques de pensée viennent, à travers la Grèce, Rome et Alexandrie, de l’Égypte la plus lointaine, et par son intermédiaire, de l’Atlantide et de l’Hyperborée, comme c’est en fin de compte le cas de toute Organisation Initiatique, capable de relier l’homme à son Origine. Et il va de soi que cette impressionnante généalogie qui compte les dieux, les sages (les prêtres) et les rois (aussi bien de Tyr et d’Israël que d’Écosse : la royauté ne dédaignait pas la construction et le roi était un maître opérateur de plus) constitue un domaine sacré, un espace intérieur construit de silence, lieu où deviennent effectives toutes les virtualités, et où l’Être Universel peut ainsi se refléter de façon spéculative. La loge maçonnique, comme on le sait, est une image visible de la loge Invisible, tout comme le Logos est le déploiement de la Tri-unité des Principes.

L’influence du dieu Hermès et les idées du sage Pythagore n’ont pas totalement disparu de ce monde crépusculaire que nous habitons, elles sont en fait tout ce qu’il en reste y n’oublions pas que les alchimistes assimilent Jésus au Mercure Solaire, au moins en Occident. D’autre part, sans elles le monde ne pourrait pas même exister, aussi bien dans le domaine des énergies perpétuellement régénératrices attribuées à Hermès et à sa Philosophie, que dans celui des idées-force pythagoriciennes, dont l’ordre numérique (et géométrique) est aujourd’hui indispensable à la plus simple des opérations.

La déité est immanente en tout être, et les Enfants de la Veuve, les fils de la lumière, la reconnaissent au sein de leur propre loge, faite à l’image du Cosmos. La racine H. R. M. est commune aux noms Hermès et Hiram, ce dernier formant avec Salomon un parèdre où se conjuguent la sagesse et la possibilité (la doctrine et la méthode), la Tradition (Kabbale) hébraïque, qui vît naître Jésus, se signalant comme le vecteur de cette révélation sapientielle, royale et artistique (artisanale) que constitue la Science Sacrée, apprise et enseignée dans la loge par les symboles et les rites, « livre » codé que les Maîtres déchiffrent aujourd’hui, ainsi que le firent leurs ancêtres dans les temps mythiques, puisque la Maçonnerie n’octroie pas la Connaissance en soi sinon qu’elle montre les symboles et indique les voies pour y accéder, avec la bénédiction des rites ancestraux, qui agissent comme les transmetteurs médiatiques de cette Connaissance.5

Autrement dit que l’actualisation de la possibilité, c’est-à-dire l’Être, l’assurance que tout est vivant, que le Présent est éternel, la simultanéité du Temps, la notion de Tri-unité du Seul et Unique, constituent une Connaissance que les francs-maçons atteignent par l’expérience que procure un apprentissage graduel et hiérarchisé.

Le Maître Constructeur emporte partout sa loge intérieure, c’est ce qu’il est lui-même, un Cosmos en miniature, conçu par le Grand Architecte de l’Univers. Mais l’œuvre est inachevée, sa pierre brute doit encore être polie (par la Science et l’Art) de même que le Créateur a ciselé son Œuvre. Les nombres et les figures géométriques symbolisent des concepts métaphysiques et ontologiques qui représentent également des réalités humaines concrètes et immédiates, aussi nécessaires que les activités physiologiques, et à partir de là toutes les autres. Le nombre établit la notion d’échelle, de proportion et de rapport, ainsi que de rythme, de mesure et d’harmonie, car ce sont les canaux percés par l’Unité vers l’indéfinité numérique, vers les quatre points de l’horizon mathématique et la multiplicité. Il est évident que Pythagore et Thalès de Milet n’ont rien « inventé », mais qu’ils ont reconnu, dans la série décimale qui retourne à son Origine (10 = 1 + 0 = 1), une échelle naturelle, une ascèse qui permettrait à l’être humain de compléter l’Œuvre et d’opérer ainsi la transmutation en Homme Véritable, paradigme de tout Initié, situé dans la Chambre du Milieu, entre l’équerre et le compas.6 Il n’y a pas eu de Tradition qui n’ait développé un système numéral qui lui serve de méthode de connaissance, en parfait accord avec les règles de la création. Rappelons que le toit de la loge est décoré par les astres, les Régents, qui gouvernent les sphères célestes et établissent les intervalles et les mesures de l’Harmonie Universelle.

Les maçons n’ont cependant jamais cessé de reconnaître la phrase évangélique : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père » (Saint Jean 14, 2), car s’ils savent que devant eux s’ouvre un sentier qui les conduira à leur Père, il ne rejettent pas d’autres chemins ni s’opposent à aucune voie, car ils croient que les structures invisibles sont les mêmes, prototypes valables pour tout temps et tout lieu, malgré la constante adaptation de formes distinctes aptes à différentes individualités, la plupart du temps déterminées par les cycles temporels dont tout être vivant pourrait donner l’exemple, comme l’être humain et ses modifications et adaptations au cours des années, cycles auxquels la Maçonnerie n’échappe pas non plus, comme cela peut se vérifier dans sa lente transformation qui se concrétise finalement au XVIIIe siècle. Et c’est par la même compréhension de ses possibilités métaphysiques et initiatiques que la Franc-Maçonnerie reconnaît d’autres Traditions, et laisse également la porte ouverte à la pratique de n’importe quelle croyance religieuse, ou pseudo religieuse, à ses membres, beaucoup desquels concilient leur processus de Connaissance ­lire Initiation­ avec la pratique de préceptes et cérémonies religieuses exotériques et légales qu’ils croient pouvoir enrichir leur passage et celui des autres dans ce monde. Il n’y a donc pas de conflit entre Maçonnerie et Religion, à condition de ne pas tenter d’en mêler les concepts ni de prétendre, comme cela est déjà arrivé, que certains fondamentalistes (religieux ou non) essaient d’accaparer les loges à leur profit personnel. De fait, de nombreux hermétistes, pythagoriciens et maçons ont été, et sont, des chrétiens accomplis, ou bien de grands kabbalistes, et tous ont considéré les symboles comme leurs maîtres. L’Église Catholique n’a jamais condamné l’Hermétisme ni Euclide, héritier de la science géométrique pythagoricienne et maître des francs-maçons, mais elle a en revanche eu des problèmes avec la Maçonnerie depuis le XVIIIe siècle, au point de la condamner et d’excommunier ses membres. Il s’est produit néanmoins ces derniers temps un rapprochement progressif entre les deux institutions, éclaboussé ici et là d’incompréhensions et d’interférences, souvent intéressées. Selon José A. Ferrer Benimelli, S.J., la revue La Civilittà Cattolica de Rome, publiée dès 1852 et qui a suivi le thème de la Franc-Maçonnerie jusqu’à nos jours, révèle dans sa propre évolution ce processus de rapprochement, ou au moins de respect mutuel. En effet, les premiers articles sont violents et condamnatoires, suit une période de transition, et ceux des dernières années sont assez conciliatoires et ouverts au dialogue.7

Nombreux sont les maçons catholiques, beaucoup d’entre eux français, qui ont tenté depuis des années de concilier les deux institutions et de lever l’excommunication ; il y a cependant bien d’autres auteurs maçonniques qui intègrent complètement la Tradition Hermétique dans leur Ordre sans avoir besoin d’exotérisme religieux. Tel est le cas d’Oswald Wirth, directeur pendant de nombreuses années de la revue Le Symbolisme et maçon reconnu, qui a écrit sur les Symboles de la Tradition Hermétique et les symboles maçonniques : anota dans Recherches & Reflexions Le Symbolisme Hermétique par rapport à l’Alchimie et la Maçonnerie, montrant de nombreux aspects de leur Origine identique ; quant aux maçons qui ont publié ces dernières années, aussi bien sur les différents grades que sur les Nombres, nous voudrions citer tout d’abord Raoul Berteaux, parmi un groupe notable qui a amplement traité de l’Arithmosophie, pythagoricienne à la base.8

Hermès, à qui est attribué l’enseignement de toutes les sciences, a joui d’un grand prestige au cours de diverses périodes de l’histoire de la culture d’occident. Cela a été le cas parmi les alchimistes et lesdits philosophes hermétiques, et les mêmes notions se sont manifestées dans l’Ordre des Frères Rose-croix, influences toutes recueillies par la Maçonnerie à tel point que l’on peut la considérer comme le dépôt de la sagesse pythagoricienne et responsable de sa transmission au cours des derniers siècles, ainsi que comme la réceptrice des Principes Alchimiques, tout comme des idées Rosicruciennes,9 ce qui est une évidence lorsque l’on peut vérifier facilement que l’un des plus hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté, le 18, s’appelle précisément Prince Rosecroix. Des analogies et des connexions avec les Ordres de Chevalerie sont également réclamées par certains maçons, concrètement avec l’Ordre du Temple. Il existe de nombreux indices historiques qui prouveraient ces germes, ainsi que des rites et des traditions, en particulier l’un des mots de passage au grade 33, mais qui s’affaiblissent assez lorsque l’on se souvient que les templiers étaient à la fois moines et soldats (quoique grands constructeurs médiévaux), ce qui n’a aucun rapport apparent avec la Maçonnerie, dans laquelle l’on observe par ailleurs une très nette influence hébraïque que nous avons déjà signalée au sujet de Salomon et de la Construction du Temple, et qui se voit confirmée en vérifiant simplement que presque tous les mots de passage et de grade, secrets sacrés, sont prononcés en hébreu.10

Dans le Dictionnaire Encyclopédique de la Maçonnerie (Ed. del Valle de México, Mexico D.F.), qui est peut-être le plus connu en langue espagnole, nous trouvons sous le titre « Hermès » l’entrée correspondante, dans laquelle l’on peut observer l’importance attribuée au Corpus Hermeticum qui, dans certaines loges sud-américaines, occupe la place de la Bible en tant que livre sacré. Le rapport entre Hermès et le silence est bien connu, et l’on qualifie d’hermétique se qui se trouve parfaitement clos, ou scellé. Le silence est également une caractéristique de la Franc-Maçonnerie ainsi que des pythagoriciens qui passaient cinq ans à le cultiver.

Élias Ashmole est aussi un digne point de confluence entre l’Hermétisme et la Maçonnerie. Cet extraordinaire personnage, né à Lichfield, Angleterre, en 1617, semble avoir joué un rôle important dans la transition entre l’ancienne Maçonnerie, antérieure à Anderson-Désaguliers, et son ultérieure projection historique, en voie de récupérer la majeure partie du message spirituel-intellectuel, c’est-à-dire gnostique (au sens étymologique du terme), des authentiques organisations initiatiques, parmi lesquelles la Franc-Maçonnerie et l’Ordre de la Jarretière. Il fut reçu dans la loge de Warrington le 16 octobre 1646 bien que, d’après son journal, il n’assista que plusieurs années plus tard à sa seconde tenue. Il ne faut cependant pas s’étonné de ce comportement chez une personnalité comme la sienne, produit de l’ambiance de l’époque, où le culte du secret et du mystère était habituel pour des raisons évidentes de sécurité et de prudence. En 1650, il publia son Fasciculus Chemicus sous le nom anagrammatique de James Hasolle ; il s’agit de la traduction de textes d’Alchimie en latin (dont certains de Jean d’Espagnet) avec sa préface. En 1652, il édita le Theatrum Chemicum Britannicum, une collection de textes alchimiques anglais en vers, qui réunit beaucoup des pièces les plus importantes de celles produites dans ce pays, et, six ans plus tard, The Way to Bliss, tout en travaillant à des recherches documentaires littéraires en tant qu’historien et développant son activité d’antiquaire en réunissant dans un musée toute sorte de « curiosités » et « raretés » se rapportant à l’archéologie et l’ethnologie, ainsi que des collections d’Histoire Naturelle, comprenant des espèces minérales, botaniques et zoologiques en tout genre. En réalité, ce fut là l’objectif scientifique du musée (où l’on a même réalisé les premières expériences scientifiques d’Angleterre), dont l’on visite aujourd’hui les magnifiques installations d’Oxford davantage comme musée artistique que comme institution précurseur de la science et auxiliaire de l’Université. La vie d’Ashmole a été très liée à celle d’Oxford, et les fonds de ses donations d’objets et de manuscrits à l’institution qui porte son nom (où se trouvent également les volumes de son journal, rédigés dans un système chiffré et qui contiennent de nombreuses notes sur la Maçonnerie)11 ont été d’une immense importance pour cette ville en raison de son prestige universitaire. Ashmole joua un rôle considérable à Oxford ainsi qu’à Londres : produit de son époque, il s’est consacré à la science naturelle et expérimentale comme une forme de magie des transmutations, tout comme de nombreux philosophes hermétiques. Il a ainsi été en rapport avec des Astrologues, des Alchimistes, des Mathématiciens et toute sorte de savants et de dignitaires de l’époque, avec lesquels il formera la Royal Society de Londres et la Philosophical Society d’Oxford. Ses nombreux amis et compagnons de toute une vie portent des noms illustres, beaucoup desquels étaient liés à la Maçonnerie aux plus hauts grades, comme Christopher Wren, ou aux recherches et exercices sur les Arts Libéraux et la Science Sacrée, et constituaient un ensemble de personnalités qui jouèrent un rôle fondamental en leur temps, en particulier en ce qui concerne la diffusion et la pratique de la Tradition Hermétique et ses liens avec la Franc-Maçonnerie. Ainsi que le disait René Guénon au sujet du rôle d’Ashmole : « Nous pensons même que l’on chercha au XVIIe siècle à reconstituer à ce sujet une tradition qui s’était en grande partie perdue ». Le nom de E. Ashmole brille sur cet extraordinaire travail à deux aspects : comme l’un des reconstructeurs de la Maçonnerie quant à son rapport avec les ordres de Chevalerie et les corporations de constructeurs, ainsi que comme confluent avec la Tradition Hermétique. Ashmole se donnait lui-même le nom de fils de Mercure (Mercuriophilus Anglicus), et son œuvre la plus importante, que nous avons déjà citée, The Way to Bliss, 1658, recueille ses travaux sur la Philosophie Hermétique, ainsi qu’il l’indique lui-même au lecteur dans son introduction.

Il faut également signaler que certains auteurs s’interrogent au sujet du catholicisme et du protestantisme dans le processus de passage de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative. Le propos est généralement simplifié en déclarant que les corporations opératives étaient catholiques et les spéculatives qui suivirent, protestantes. Il est évident que du point de vue historique, ces faits peuvent s’avérer plus ou moins « réels » puisque l’Ordre, comme toute institution, est sujet à certains va-et-vient cycliques qui se manifestent dans les sphères sociales, politiques, économiques, etc. Mais du point de vue de la Franc-Maçonnerie en tant qu’organisation initiatique, elle n’est pas assujettie au devenir, raison pour laquelle elle subsistera jusqu’à la fin du cycle.12 En réalité, la Tradition Hermétique (et Hermès lui-même) a subi d’innombrables adaptations au cours du temps, bien que n’ayant jamais cessé de s’exprimer, et il est évident que cette Tradition, tout comme les fondements de la Maçonnerie, elle-même identifiée comme la Science de Construire, est antérieure au Christianisme tout en ayant coexisté avec durant vingt siècles et que l’on ait même vu des hermétistes chrétiens et des chrétiens hermétiques (parmi lesquels de très hauts dignitaires, y compris des papes), ce qui n’empêche pas cette Tradition d’avoir des antécédents nettement païens, liés aux écoles de mystères ou, comme on les appelle aujourd’hui, les religions mystériques ; l’on pourrait donc affirmer que l’hermétisme possède un versant païen et un autre chrétien. Il faut à ce sujet préciser que le mot païen prend à nos oreilles, accoutumées aux aspects les plus superficiels des religions abrahamiques, la connotation de maudit, illégal, bâtard, ou au minimum de péché nébuleux. Ou encore d’ignorance attribuée au retard de peuples méconnus et qui n’intéressent même pas. L’on conçoit généralement le paganisme comme antagonique d’une opinion civilisée, souverainement primitif ou allant à l’encontre du christianisme ou de la religion, et par conséquent étranger à toute sorte d’ordre. Le paganisme est en somme éliminé d’avance par une censure intérieure, comme quelque chose d’un peu répugnant, avant que nous ne nous rendions compte qu’en réalité il ne s’agit que de la sagesse d’innombrables peuples traditionnels ayant habité ce monde avant et pendant les seulement vingt siècles qui caractérisent ce que l’on nomme la Civilisation contemporaine.13

Nous supposons que de ce dernier point de vue, presque officiellement œcuménique, il n’y a pas d’injure à partager la pensée païenne, ainsi que l’ont vu des Pères de l’Église et de nombreux sages, prêtres et pasteurs contemporains.14

En réalité, pour l’Hermétisme, historiquement antérieur au Christianisme, il existe une Cosmogonie Pérenne, qui se manifeste par sa philosophie et ses écrits de la même façon que pour le maçon, religieux ou non, elle le fait par ses symboles et ses rites.

Quant à la relation entre les Francs-maçons et les corporations de constructeurs et artisans, il existe trois grands témoignages souvent cités en tant que sources documentaires sur la pratique de la construction au Moyen Âge.15 Nicholas Coldstream les recueille dans son livre sur la pratique de la construction au Moyen Âge,16 où il rejette la notion de filiation « fantomatique » de la Franc-Maçonnerie avec les constructeurs et les artisans médiévaux, (sa thèse, simple, est que les maçons étaient des ouvriers et non pas des hommes de cabinet) malgré que, paradoxalement, son étude le confirme de plusieurs manières ; ainsi, il nous dit à ce sujet : « Il s’agit du document, rédigé par l’abbé Suger, qui relate la construction du nouveau chœur de l’abbaye de Saint-Denis ; du manuscrit daté circa 1200, du moine Gervais de Canterbury, sur l’incendie et la réparation de la cathédrale de Canterbury, et de l’Album de Villard de Honnecourt, ensemble de dessins et de plans d’édifices, de moulures et de tours élévateurs. Des trois, le texte de Suger nous renseigne davantage sur l’homme et la décoration de son église que sur l’édifice, bien qu’il y ait, au passage, quelques précieuses allusions à sa construction. L’examen attentif de l’Album de Villard de Honnecourt nous permet de douter sérieusement que celui-ci ait construit quelque fois des églises et qu’il ait eu quelque connaissance en matière d’architecture ; quant à ses dessins, s’ils sont intéressants, ce ne serait cependant pas ceux d’un architecte ou d’un atelier de maçon. Le texte de Gervais, au contraire, est l’unique document médiéval qui décrive une équipe de maçons au travail ; il fournit de nombreuses informations sur la pratique des maçons et sur quelques méthodes de construction. »

La référence à l’Album de Villard de Honnecourt nous intéresse tout spécialement. En effet, ce n’est pas la première fois que l’on signale certaines caractéristiques quant au fait que ce cahier n’est pas un manuel de technologie appliquée, sinon tout à fait autre chose, beaucoup plus en rapport avec les notions de la Philosophie Hermétique notées à l’usage des maîtres d’œuvre.17 Et le fait qu’il existe un document de ce type (document de cabinet plus qu’autre chose) est une preuve que la spéculation sur le symbolisme et le langage hermétique dans sa version chrétienne avait déjà des adeptes au début du XIIIe siècle, qui vit naître, entre autres, les cathédrales de Chartres et de Reims.

L’on a beaucoup écrit sur ce thème et le débat demeure ouvert ; l’investigateur en tirera ses propres conclusions, mais ne pourra ignorer la Tradition Orale et sa filiation universelle avec le Symbolisme Constructif, qui peut se manifester aussi bien en Extrême-Orient qu’en Égypte ou en Méso-Amérique ; dans les « collegia fabrorum » romains, ou chez les corporations médiévales, que l’on considère généralement, faisant abstraction de toute référence initiatique ou ayant un rapport avec les Francs-maçons, comme fermées et en même temps dépositaires de connaissances relatives à « l’office », qui se transmettaient par le biais des symboles et des termes d’un langage chiffré.

Il faut néanmoins tenir compte du fait que l’influence de la Philosophie Hermétique, d’une part, et celle des corporations de constructeurs chrétiens d’autre part (ainsi que d’autres déjà mentionnées, comme l’Ordre du Temple), n’est pas la même dans les différents Rites où, sur une base commune, l’on peut observer quelques filiations penchant vers l’un ou l’autre de ces aspects. Nous ne pouvons traiter ici le sujet vaste et complexe de la diversité des Rites maçonniques, mais nous pouvons en revanche signaler leur existence, ainsi que celle de différents aspects de la Science Sacrée qui inspirent à certains plus ou moins de sympathie. Puisque la Maçonnerie est une et seule, comme est une et seule la Construction Cosmique, et donc le Symbolisme Constructif, les interpénétrations d’influences diverses, leurs oppositions et conjonctions, forment part de l’ensemble de déséquilibres et d’adaptations auxquels doit faire face l’héritage maçonnique, véhiculé par la civilisation judéo-chrétienne. Cela a déjà eu lieu par le passé et explique le passage de la Maçonnerie opérative à la spéculative comme nous l’avons déjà dit, franchissement graduel qui fit que certaines loges « opératives » (antérieures à 1717) possédaient des éléments « spéculatifs » et que de nombreuses loges « spéculatives » (actuelles) sont en fait opératives. Il existe même des documents témoignant de la coexistence de toutes deux, thème que divers auteurs ont appelé Maçonnerie de transition.18 En effet, après la publication des Constitutions d’Anderson, un groupe de nombreux maçons écossais, irlandais et d’autres lieux d’Angleterre décident de se séparer de la Grande Loge fondée à Londres (et qui débuta avec quatre loges seulement), leurs différences portant en partie sur certaines altérations de signification, voire rituelles, auxquelles ne sont pas étrangères les distinctions religieuses, et créent même une espèce de Fédération de l’Ancienne Maçonnerie qui ne renouerait ses relations avec les Anglais qu’après plusieurs dizaines d’années, mais en conservant ses points de vue traditionnels plus en rapport avec le mode opératif ou initiatique qu’avec le spéculatif ou allégorique ; il faut ajouter à cela les problèmes de succession au trône d’Angleterre auquel prétendait Jacques, écossais et catholique, qui avait de nombreux partisans, non seulement dans les îles mais aussi sur tout le continent.19

Quoiqu’il en soit, cette situation de diversité de Rites se retrouve dans les différents degrés, qui varient en nombre, appellation et condition, selon les différentes formes maçonniques. Ce sujet est intéressant mais il nous semble prioritaire de rappeler que ces grades (qu’ils soient au nombre de trois, sept, neuf ou davantage) représentent des étapes dans le Processus de Connaissance, ou d’Initiation, et que ces passages ou états sont synthétisés et désignés dans la Franc-Maçonnerie par les noms d’Apprenti, Compagnon et Maître, correspondant aux trois mondes : physique, psychique et spirituel. Ces trois grands degrés contiennent en synthèse tous les autres grades, dont la plupart n’en sont parfois que des spécifications ou des prolongations. Mais il est clair que la division est hiérarchique et qu’elle s’effectue au sein d’un ordre rituel qui correspond symboliquement à ces étapes de l’Initiation ou Voie de la Connaissance. Mais il n’y a pas non plus de pouvoir central regroupant toute la Maçonnerie, bien qu’il existe des Grandes Loges extrêmement puissantes avec tout un passé traditionnel, et les différentes Obédiences et Rites conservent une attitude de respect mutuel, puisque tous descendent d’un tronc commun.

Cette espèce d’indépendance, si l’on peut la nommer ainsi, est également très nette au sein de chaque loge, où les symboles sont ou non opératifs, où les rites prescrits sont ou non pratiqués. L’Unité maçonnique se produit fondamentalement dans l’Atelier, projection du Cosmos, quelle que soit l’Obédience à laquelle il appartient.

Il nous reste à mentionner que ces trois degrés constituent ce que l’on appelle la Maçonnerie Bleue ou Symbolique. Au-dessus se trouvent les Hauts Grades, système de hiérarchies qui n’est pas pris en considération dans certaines Obédiences ni accepté par certains Rites. Il faut également savoir que le passage d’un grade à l’autre signifie que l’on commence à s’initier au grade obtenu ; ainsi, si un Compagnon reçoit le grade de Maître, c’est qu’il débute son initiation à ce degré. De même, les grades sont permanents et l’on ne perd jamais ceux que l’on a acquis au cours d’une carrière maçonnique normale.

Nous devons à présent mentionner un peu plus l’Alchimie en tant qu’influence présente dans l’Ordre Maçonnique. Nous avons déjà signalé que Soufre, Mercure et Sel, les principes alchimiques, se trouve directement incorporés dès les premiers degrés.

L’Alchimie a en commun avec la Maçonnerie le développement intérieur, tendant vers la Perfection, que les alchimistes considéraient comme l’objet de leurs efforts (puisque la Nature n’avait pas achevé son Œuvre, que l’Artiste ou Adepte devait compléter), tout comme les Maçons les buts ultimes de la Franc-Maçonnerie, qui comprennent la mort et sa conséquence régénération à un autre niveau ou état de conscience.

D’un autre côté, les amis de la Philosophie Hermético-Alchimique ont l’habitude de dire entre eux que le dernier grand Alchimiste (et écrivain en la matière) fut Irénée Philalèthe, au XVIIe siècle. Cela est assez vrai dans un sens, sauf que l’on n’observe pas très clairement que, dès lors et jusqu’à présent, cette Tradition ne s’interrompt pas, sinon qu’elle se transforme, et énormément de ses enseignements et symboles passent à la Maçonnerie à titre de transmetteur de l’Art Réel et de la Science Sacrée, aussi bien dans les trois degrés de base que dans la hiérarchie des hauts grades. D’après René Guénon, ces hauts grades sont une prolongation de l’étude et de la méditation sur les symboles et rituels (certains d’entre eux sont appelés philosophiques)20, nés de l’intérêt de nombreux maçons à développer et rendre effectives les possibilités qu’offre l’Initiation ; pour cette raison, l’utilité pratique de ces grades est indubitable et ils constituent la hiérarchie couronnant le processus de la Connaissance, toujours en fonction du caractère initiatique de l’organisation, comme nous le fait observer l’auteur, qui nous met aussi en garde contre le danger existant que ces grades se consacrent à des problèmes sociaux ou politiques, mutables par nature et donc distants des fondations du Temple maçonnique, construit en pierre. (Voir « René Guénon » : article anota« Les Hauts Grades »).

Tout comme dans le symbolisme Alchimique, le soleil et la lune jouent dans le symbolisme maçonnique un rôle fondamental et on les retrouve en des endroits aussi essentiels que les tableaux et la décoration des loges (placés à l’Orient). Il s’agit bien sûr des principes actif et passif correspondant également aux colonnes Jakin et Boaz, qui signalent ainsi l’opposition de ces énergies en même temps que leur conjonction en un axe invisible d’où est tendu le fil à plomb du Grand Architecte de l’Univers. Sans laisser de côté la primauté de cette signification générale, il faut aussi tenir compte de la réalité de ces astres, car il existe un calendrier maçonnique dont les deux extrêmes représentent, comme presque toutes les Traditions, les solstices d’été et d’hiver, fêtes des deux Saint Jean, qui marquent les limites du parcours du soleil, signalant aussi les points intermédiaires correspondant aux équinoxes sur la roue du temps, et nous introduisent dans la doctrine des rythmes et des cycles. Il existe par ailleurs une prééminence entre ces deux luminaires, puisque la lune brille grâce à la lumière du soleil, notion qui n’est pas étrangère à la Tradition Hermétique et à la Kabbale, tous deux étant utilisés d’une façon générale pour désigner des degrés de Connaissance, ou des étapes du parcours initiatique. Jean Tourniac, dans le prologue du célèbre Tuileur de Vuillaume21 note, en faisant référence aux cycles, l’assimilation du parèdre lune-soleil à celui des symbolismes solaire et polaire. Cette association, qui possède d’infinies voies de développement, pourrait également se rapporter à deux aspects de la maçonnerie incarnés dans les figures mythiques de Salomon (solaire) et de Pythagore (polaire), lesquels auraient à leur tour, et cela Tourniac ne le dit pas, une certaine analogie avec les grades symboliques (Maçonnerie Bleue) et les Hauts Grades, ou c’est en tout cas ce que fut prétendu par ceux qui instaurèrent ces derniers.

La littérature sur la Maçonnerie ou les investigations historiques portant sur l’Ordre comprennent généralement les auteurs, les milieux et les écrits antimaçonniques, le panorama au sujet de ses origines et ses buts étant si confus qu’il s’est créé une suite de « légendes » parallèles, faisant que certains investigateurs aient du mal à traverser une espèce de frontière « maudite » et invisible qui répond aux « légendes obscures » au sujet de la Franc-Maçonnerie, comme celles divulguées en France par Léo Taxil, beaucoup ayant leur origine dans le catholicisme. Un autre genre de critiques, ne se référant pas à son contenu spirituel, est fondé sur les agissements politiques et économiques de certaines loges qui, utilisant la structure maçonnique et s’abritant derrière l’indépendance des Ateliers, ont ainsi profité de l’Ordre et du public, projetant une image déformée de la Maçonnerie. Il faut bien reconnaître que cela a été le cas à plusieurs occasions, bien qu’en même temps cela arrive depuis des années à toutes les institutions, dont la décomposition est évidente. Dans quelques sociétés, l’Ordre jouit encore du prestige qu’il avait par le passé et, dans certains pays, sa force spirituelle, gestionnaire de grandes entreprises, a laissé des traces visibles qui sont suivies aujourd’hui. Il y a parfois des maçons qui ne connaissent pas encore la Maçonnerie, ou qui croient qu’il s’agit d’autre chose, de plus concret et plus matériel, mais tous assument leur devise : Liberté, Égalité, Fraternité, et accomplissent leur Rite en accord avec leurs Anciens Us et Coutumes. Si ce n’est pour la cohérence et le contenu spirituel-intellectuel que les symboles et les rites manifestent, la Maçonnerie serait une absurdité de plus, et ne serait en tout cas pas parvenue jusqu’à nos jours.

Une autre chose qu’il faudrait remarquer, c’est la curiosité de savoir quel est le grade réel de Connaissance que possède tel ou tel maçon ou, plus généralement, tel ou tel Initié ; mais qui cela intéresse-t-il ? Cela a-t-il de l’importance et à qui cela importe-t-il ?

Logiquement, cette question n’entre pas dans les limites d’une investigation basée sur la documentation et il est donc très difficile d’établir des origines claires et des séquences logiques sur un sujet qui ne l’est pas, en dépit des efforts pour le faire. L’un de ces investigateurs, que nous avons déjà cité, J. A. Ferrer Benimelli, qui a publié plus de vingt ouvrages d’intérêt sur la Maçonnerie et ignore systématiquement Hermès, nous informe : « Bernardin, dans son ouvrage Notes pour Servir à l’Histoire de la Franc-Maçonnerie à Nancy jusqu’en 1805, après avoir compulsé deux cent six œuvres portant sur les origines de la Maçonnerie, trouva trente-neuf opinions diverses, certaines aussi originales que celles qui font descendre la Maçonnerie des premiers chrétiens voire de Jésus Christ lui-même, de Zoroastre, des Rois Mages ou des Jésuites, pour ne pas citer les théories plus connues dites « classiques », qui font remonter la Franc-Maçonnerie aux Templiers, aux Rose-Croix ou aux juifs » et il ajoute en note : « De ces trente-neuf auteurs, vingt-huit ont attribué les origines de la F.-M. aux maçons constructeurs de la période gothique ; vingt auteurs se perdent dans la plus lointaine antiquité ; dix-huit les situent en Égypte ; quinze remontent à la Création, mentionnant l’existence d’une loge maçonnique au Paradis Terrestre ; douze, aux Templiers ; onze, à l’Angleterre ; dix, aux premiers chrétiens ou à Jésus Christ lui-même ; neuf, à la Rome antique ; sept, aux Rose-Croix primitifs ; six, à l’Écosse ; six autres, aux juifs, ou à l’Inde ; cinq, aux partisans des Stuart ; cinq autres, aux jésuites ; quatre, aux druides ; trois, à la France ; le même nombre les attribuent : aux scandinaves, aux constructeurs du temple de Salomon, et aux survivants du déluge ; deux, à la société « Nouvelle Atlantide », de Bacon et à la prétendue Tour de Wilwinning [Kilwinning]. Finalement, à la Suède, à la Chine, au Japon, à Vienne, à Venise, aux Rois Mages, à la Chaldée, à l’ordre des Esséniens, aux Manichéens, à ceux qui travaillèrent à la Tour de Babel et, pour finir, un qui affirme que la F.-M. existait avant la création du monde. »22

kilwinn  

Armes du Chapitre des Rose-Croix d’Heredom de Kilwinning, Paris 1776

Une confusion des origines analogue échoit à la Tradition Hermétique, avec le mythe d’Hermès et Hermès Trismégiste, avec tout mythe et origine et, bien sûr, avec le Corpus Hermeticum, livres qui, comme nous l’avons vu auparavant,23 condensent et rappellent le savoir de cette Tradition. En effet, Jean-Pierre Mahé, spécialiste qui, avec P.-J.-A. Festugière, a consacré sa vie à l’étude de ces textes, croit que les fragments en arménien de cette littérature viennent du premier siècle avant notre ère, et que les versions postérieures ayant été conservées, en grec, latin et copte, dérivent de ceux-ci, de par leur contenu nettement païen, dégagé des influences gnostiques et chrétiennes qui lui ont été attribuées avec une certaine liberté. Il est intéressant d’observer de quelle façon ce spécialiste, au cours de son plus important travail à ce sujet, Hermès en Haute-Égypte24, où il confronte différentes versions du Corpus entre elles, à d’autres manuscrits trouvés à Nag-Hammadi et avec des auteurs antiques, etc., arrive à la conclusion qu’ils sont tous apparentés, qu’ils émanent d’une source unique, et qu’ils ont même un ton, un air, un esprit commun qui se manifeste aussi dans leur style, opinion que nous partageons. Mais ce savoir, propre au Corpus,25 que Mahé juge solennel, répétitif, contradictoire et sentencieux, comme de la mauvaise littérature, en somme (qu’est-ce qu’une bonne littérature et qui est capacité pour la définir, et par rapport à quoi ?), nous semble difficile à appréhender avec des paramètres logiques, quel que soit l’effort et le travail employés et malgré l’inappréciable contribution que représente l’établissement de ces textes, leur traduction et les commentaires, même vus de façon réitérée dans une perspective totalement étrangère à celle qu’ils possèdent. D’où le danger d’aborder les choses d’un ordre déterminé avec des moyens qui ne sont par nature pas ceux qui conviennent, puisqu’ils sont eux-mêmes constitués de séries de conditionnements appartenant au monde profane, que même une éblouissante érudition ne peut dissimuler, car ils apparaissent ici et là dans la littéralité des propos, l’infantilisme des conceptions, la disproportion vertigineuse entre le sens sapientiel-émotionnel du texte et la lecture « universitaire », c’est-à-dire profane, que l’on en fait.26 Il ne faut pas traiter une société initiatique exclusivement d’après ses actions humanitaires ou altruistes, car l’on court le risque de dénaturer son authentique raison d’exister.

Un autre thème plus ou moins utilisé à titre de critique, aussi bien de la Maçonnerie que de l’Hermétisme, est leur caractère prétendument syncrétique. En premier lieu, l’abus de ce mot, qui équivaut pour certains à une disqualification, nous semble condamnable. Le Christianisme, l’Islam, le Bouddhisme, l’Antiquité Gréco-romaine, d’innombrables Traditions archaïques, et même la Civilisation Égyptienne et la Chinoise, pourraient aujourd’hui être jugées « syncrétiques » à la lumière des documents les plus anciens et sans mentionner la notion de Tradition Unanime, au-delà de telle ou telle forme. En effet, le terme était en vogue à une époque où l’investigation anthropologique et l’Histoire des Religions en étaient à leurs balbutiements, et l’on croyait à la « pureté », atout de certaines cultures et concept extrêmement dangereux, pouvant de plus dériver sur l’erreur de prendre les races comme des religions. Le terme est malheureusement resté en usage, et certains l’utilisent comme une arme brandie pour condamner ce qu’ils croient ne pas leur convenir, ou qui échappe à leurs simplifications élémentaires. L’Histoire de l’Église est encore bien proche avec ses Conciles, la formation de ses Dogmes, sa Théologie, l’Histoire de ses Papes, etc., pour que la Chrétienté puisse reprocher à la Tradition Hermétique et à la Franc-Maçonnerie une chose allant dans ce sens, et cela pourrait être étendu à d’autres religions ou influences spirituelles qui composent la Culture d’occident. D’innombrables courants ont formé cette Civilisation, la plupart desquels coexistent avec nous d’une façon ou d’une autre, et nous devons rendre grâces à Dieu, au nom de notre culture, car ces interrelations naturelles qui se déversent avec les migrations humaines d’un peuple, et sa langue, à un autre, ont existé depuis toujours, en dépit de l’acide accusation de syncrétisme émanant de soi-disant autorités se basant sur des structures imaginaires et caduques.

En définitive, les diverses composantes de la Franc-Maçonnerie ne sont pas un obstacle pour que cette adaptation de la Science Sacrée et de la Philosophie Pérenne soit totalement Traditionnelle, sinon qu’elles démontrent le contraire dès lors que l’on en considère les doctrines, c’est-à-dire, en soi.

 

Frédérico Gonzalez


NOTES
1

C’est Findel, dans l’Annexe de son Histoire, qui a publié le premier document dont nous disposons, daté de 1419, sur les carriers allemands.

2

« Il nous paraît incontestable que les deux aspects opératif et spéculatif ont toujours été réunis dans les corporations du Moyen Âge, qui employaient d’ailleurs des expressions aussi nettement hermétiques que celle de « Grand Œuvre », avec des applications diverses, mais toujours analogiquement correspondantes entre elles. » R. Guénon, Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, tome II, chapitre anota « À propos des signes corporatifs et de leur sens originel ». Éditions Traditionnelles, Paris 1986.

3

Encyclopédie Britannique. Article « Freemasonry », édition 1947

4

Voir Claude Tannery, « le Corpus Hermeticum (Introduction, pour des développements ultérieurs, à l’hermétisme et la maçonnerie) » ; revue Villard de Honnecourt nº 12, Paris 1986. Les références à Hermès et à la Tradition hermético-alchimique dans la littérature maçonnique sont extrêmement abondantes, comme nous l’avons déjà signalé ; pour ne pas parler de Pythagore, sujet traité dans une autre étude du même numéro de Villard de Honnecourt : Thomas Efthymiou, « Pythagore et sa présence dans la Franc-Maçonnerie ».

5

Voir E. Mazet, « Éléments de mystique juive et chrétienne dans la Franc-Maçonnerie de transition (VIe-VIIe s.) » ; également de la revue Travaux de la loge nationale de recherches Villard de Honnecourt, nº 16, 2de série. L’auteur a publié dans cette revue, qui édite les travaux de la loge d’études du même nom, affiliée à la Grande Loge Nationale Française, d’autres collaborations tout aussi intéressantes sur des aspects documentaires de la Maçonnerie. Cette revue est réellement, avec la Ars Quatuor Coronatorum, également organe diffuseur d’une loge d’études homonyme (Quatuor Coronati lodge) qui a publié plus de 80 volumes en Angleterre depuis 1886, l’une des meilleures sources que l’on puisse trouver pour l’étude intégrale de la Maçonnerie.

6

L’importance de la Tetraktys pythagoricienne dans n’importe quel type de connaissance métaphysique et cosmogonique est bien connue. D’autre part, le rapport des harmonies musicales avec les nombres, en particulier avec l’échelle des sept premiers, est également un thème pythagoricien que la Maçonnerie et le Corpus Hermeticum reprennent sous forme de degrés et touches de reconnaissance liés aux sphères planétaires et aux Régents qui les gouvernent. Il faudrait y ajouter les différents théorèmes pythagoriciens, sachant l’importance que l’art et la science de construire ont pour la Maçonnerie ; parmi eux, il suffirait de signaler celui du triangle rectangle, ultérieurement énoncé par Euclides, un autre ancêtre maçonnique, comme nous l’avons déjà mentionné. En 1570, John Dee, célèbre magicien élisabéthain et remarquable mathématicien, qui jouera un rôle si important dans l’Hermétisme anglais et dans l’européen, publia un fameux prologue aux Éléments de Géométrie d’Euclides. Comme on le sait, les enseignements de Dee furent repris par Robert Fludd, qui édita en 1619 son Utriusque Cosmi Historia, et à travers lui, par voie de conséquence, les futurs intégrants de la maçonnerie spéculative.

7

J. A Ferrer Benimelli, Bibliografía de la Masonería. Fundación Universitaria Española. Madrid 1978, page 112. Ce prêtre jésuite, qui a donné une telle impulsion aux études maçonniques en langue castillane que certains auteurs sur la Maçonnerie, comme J. A. Vaca de Osma (La Masonería y el Poder), en sont venus à se demander s’il n’était pas réellement membre de l’Ordre, n’en a cependant qu’une idée assez sommaire, la prenant pour une société philanthropique et spiritualiste et ne lui accordant aucune catégorie initiatique, terme qu’il n’utilise jamais et dont il semble même ignorer la véritable dimension.

8

La Symbolique au Grade d’Apprenti, La Symbolique au Grade de Compagnon, La Symbolique au grade de Maître, Edimaf, Paris 1986, id., et 1990 ; La Symbolique des Nombres, id. 1984. Nous voulons aussi remarquer ici les livres, amplement connus en espagnol, signés par Magister (Aldo Lavagnini) ; Manuel de l’Apprenti, du Compagnon, du Maître, du Grand Élu, etc. De fait, tous les manuels maçonniques possèdent des mentions arithmético-géométriques.

9

Thomas de Quincey soulignait depuis 1824, dans un journal londonien, la conjonction de la Maçonnerie avec la Rose-Croix comme étant un sujet connu.

10

La généalogie maçonnique est aussi biblique, bien qu’elle se combine également avec l’Égyptienne. Rappelons les relations d’Israël avec l’Égypte à l’époque de Moïse, voire même le symbolisme de l’Égypte dans les évangiles chrétiens. D’après le livre I des Rois, 3-1, il existe une filiation directe entre le Roi Salomon et l’Égypte, puisqu’il était gendre de Pharaon, son voisin.

11

« The few notes on his conexion with Freemasonry which Ashmole has left are landmarks in the sparsely documented history of the craft in the seventeenth century ». C. H. Josten, Elias Ashmole. Ashmolean Museum and Museum of The History of Sciences, Oxford 1985. Ces journaux ont été publiés sous le titre : Elias Ashmole, His Autobiographical and Historical Notes, his Correspondence and other Contemporary Sources relating to his life and Work. Introd. C. H. Josten, 5 vol. Deny, 1967.

12

En accord avec les changements que demandent les cycles et les rythmes, auxquels ne peut être soustraite aucune Tradition ou Organisation, toute Initiatique qu’elle soit, et qui marque les phases et les formes distinctes d’expression de la Cosmogonie Pérenne, et signalent donc également les adaptations historiques à celle-ci.

13

Selon Joffrey de Monmouth, dans l’Histoire des Rois de Bretagne (1135-39), l’une des premières chroniques écrites sur l’histoire d’Angleterre, les insulaires viennent des Troyens qui arrivèrent sur leurs côtes, en passant par la France et en provenance de Grèce, où demeurent les descendants de ceux qui réchappèrent de la célèbre guerre.

14

Quelque chose d’analogue quant à soupçons d’hérésie, de défaut, de fausseté, arrive avec les systèmes ou les religions d’orient. Sauf que ces derniers jouissent en général dans les milieux occidentaux d’un plus grand prestige, même s’ils n’évitent pas toujours le mépris ou la phobie du fait d’être polythéistes, encore un terme qui semblerait une insulte dans la bouche de certains.

15

La croissance de la Maçonnerie est évidente avec la naissance des bourgeois et la culture de la ville, qui a toujours eu besoin de constructeurs pour être effective, ce qui fait qu’il ne soit pas difficile d’en déduire que toute ville plus ou moins importante d’Europe, ainsi que la construction de châteaux, fortifications, couvents et palais, furent réalisées par architectes, maîtres d’œuvre et ouvriers maçons, sans compter menuisiers et ébénistes, vitriers, sculpteurs et peintres, tous initiés aux secrets de leur office. Cela peut aussi être clairement observé à l’époque moderne (et a aussi quelque chose à voir avec le passage du mode opératif au mode spéculatif), en ce qui concerne l’incendie qui détruisit la ville de Londres y compris la Cathédrale Saint Paul, qui dut être complètement reconstruite par des spécialistes dirigés par l’architecte Christopher Wren, maçon haut placé dans la hiérarchie de l’Ordre et de réputation reconnue, qui dut effectuer ce labeur gigantesque dans le moins de temps possible. L’incendie de Londres est un thème fondamental dans l’histoire d’Angleterre et dans la Maçonnerie en général. Sa reconstruction, menée à bien par des maçons, est un symbole cyclique lié à la pérennité de la Science Sacrée qui, se manifestant en tout lieu, s’est exprimée dans une ville aussi magique que l’est la capital anglaise.

16

Medieval Craftsmen, Masons and Sculptors. British Museum, 1991.

17

Cf. Villard de Honnecourt, Cahier, XIIIe siècle. Présenté et commenté par Alain Erlande-Brandenburg, Régine Pernoud, Jean Gimpel, Roland Bechman. Ed. Akal, Madrid 1991.

18

Il est important de faire constater, dès les commencements, la présence de militaires dans toutes les loges. Cela est arrivé à être si vrai que certaines de ces loges étaient exclusivement militaires, aussi bien celles qui s’organisèrent dans les bases que celle qui fonctionnaient sur les navires, que ce soit en haute mer ou dans les ports.

19

Comme on le sait, un courant nombreux de maçons se relie plus spécialement à l’Origine Templière, Écossaise et Jacobite de l’Ordre, ce pour quoi ils exhibent de nombreux témoignages et faits, par ailleurs probables. Cela ne lui fait pas renier l’héritage Pythagoricien, Hermétique et Platonicien, pas plus que celui des corporations de constructeurs, les rosicruciens et l’influence juive représentée par le mythe d’Hiram et la construction du Temple de Salomon. Michael Baigent et Richard Leigh, dans leur ouvrage The Temple and the Lodge (Londres 1989), soutiennent la validité de cette origine qu’ils développent dans leur livre du Moyen Âge au XVIIIe siècle et affirment, page 187 : « Elle [la Maçonnerie] avait ses racines dans des familles et des associations liées par l’ancien serment de fidélité aux Stuart et à la monarchie Stuart. […] Jacques I, un roi écossais qui était maçon lui-même. » Dans l’œuvre de Robert Kirk, The Secret CommonWealth, (La Comunidad Secreta, Siruela, Madrid 1993) écrite en 1692 au sujet de « Les coutumes les plus notables du Peuple d’Écosse », cette érudit historien du plus ancien « folklore » écossais et de la culture celte, note dans le paragraphe « Singularités de l’Écosse » et comme caractéristique de ce royaume : « Le mot maçonnique, dont, bien qu’il y en ait certains qui en fasse mystère, je ne cèlerai pas le peu que je sait. C’est comme une tradition rabbinique, en guise de commentaire au sujet de Jakin et Boaz, les deux colonnes érigées du Temple de Salomon, à laquelle vient s’ajouter quelque signe secret, qui passe de main en main, grâce auquel ils se reconnaissent et se familiarisent entre eux. »

20

Les autres se considèrent, dans le Rite Écossais Ancien et Accepté : « de perfection », « capitulaires », et « administratifs ».

21

Vuillaume, anota Le Tuileur, Édition du Rocher, Monaco 1990, réimpression de celui de 1830. Manuel maçonnique qui contient les Rites suivants, pratiqués en France : Écossais Ancien et Accepté, Français, de la Maçonnerie d’Adoption, et Égyptien ou de Misraïm.

22

José A. Ferrer Benimelli, la Masonería Española en el siglo XVIII. Siglo XXI de España Editores, Madrid 1986.

23

« Los Libros Herméticos ». SYMBOLOS Nº 11-12, 1996. (anota).

24

Les Presses de l’Université Laval, Québec 1978-1982. 2 vol.

25

Et qui est commun au reste de la littérature hermétique, y compris l’Alchimie.

26

Le discours du Corpus est effectivement réitératif et certains axiomes et maximes se répètent sur un ton qui comporte certaine solennité, un « style » pour être identifié parmi d’autres styles, et aussi pour la cadence musicale qu’on lui imprime qui, tout en fixant la mémoire, est un agent « invocateur ».

 

 

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Rite Suédois 13 mai, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Rite Suédois dans Chaine d'union sfmo_stort_vapen

 

L’Histoire de l’Ordre
La franc-maçonnerie est arrivée en Suède par l’intermédiaire du Comte Axel Wrede-Sparre, qui s’est fait maçon en France pendant son travail comme officier de cavalerie. Après son retour en Suède, il réunit quelques amis qui comme lui s’étaient initiés maçons à l’étranger. En 1735, il initia à Stockholm son beau-frère le Comte Carl Gustaf Tessin, le fils du grand architecte du Château Royal. La plupart des frères qui appartenaient à la loge de Wrede-Sparre venaient de la haute aristocratie. Les tenus se sont arrêtés à la fin des années 1740.

Au début des années 1750, il y avait un nombre de maçons assez important en Suède, initiés soit dans la loge de Wrede-Sparre, soit à l’étranger. En 1752, le Comte Knut Posse créa la loge de St Jean Auxiliaire. Wrede-Sparre et la plupart des frères de sa loge s’associèrent à cette nouvelle loge, et Wrede-Sparre donna ses rituels et d’autres documents à St Jean Auxiliaire.

La loge de St Jean était considérée comme la Loge Mère de Suède et accréditait d’autres loges dans le royaume et en Finlande, qui faisait partie de la Suède à l’époque. Le Comte Carl Fredrik Scheffer, qui fut maçon à Paris en 1737, fut élu Grand Maître National en 1753. Pendant les années 50, les loges s’ouvrirent leurs portes aux frères venant d’autres classes sociales que l’aristocratie.

En 1756, Carl Fredrik Eckleff et six autres frères créèrent la Loge Ecossais l’Innocente à Stockholm, qui travaillait dans les grades de St André Ecossais. Le développement de la maçonnerie suédoise se poursuivit en 1759 quand Eckleff établit un Grand Chapitre à Stockholm. Eckleff, employé au ministère des Affaires Etrangères, possédait une accréditation qui l’autorisait à créer des loges. Il a été impossible de définir la date et l’origine de cette accréditation et des rituels utilisés. En 1760, la Grande Loge de Suède fut créée.

Le rite suédois
Eckleff construisait son système maçonnique sur une base chrétienne. La philosophie morale du rite suédois était approfondie par le Duc Charles, futur roi Charles XIII, qui succéda à Eckleff comme Maître Suprême de la maçonnerie. Grâce à deux réformes du rite en 1780 et 1800, il forma un système homogène avec dix degrés. Les degrés se suivent dans une logique progressive assez remarquable. Chaque degré prépare le suivant tout en résumant les précédents. Le système est regroupé en trois parties comme suit:

Les degrés de St Jean
I Apprenti
II Compagnon
III Maître Maçon

Les degrés de St André Ecossais
IV-V Apprenti-compagnon de St André
V Maître de St André

Les degrés du Chapitre
VII Haut illustre frère
VIII Très haut illustre frère
IX Frère illuminé
X Frère haut illuminé

Au-dessus de ce système, pour les hauts officiers de l’Ordre
Frère très haut illuminé, Chevalier et commandeur de la Croix rouge R&K

En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre Royal du Roi Carl XIII. C’est un ordre civil, toujours confié par le roi, uniquement destiné au maçon appartenant au R&K. Les membres sont limités à 33. Pourtant, ceci n’est pas un degré maçonnique.

La montée des grades ne se fait pas automatiquement. Un frère doit montrer une certaine assiduité et acquérir une compétence maçonnique.

Pendant la période 1774-1997, tous les Grands Maîtres furent membres de la Maison Royale de Suède, jusqu’à la mort du Prince Bertil, Grand Maître depuis 1973. Le Roi Carl XVI Gustav est Grand Protecteur de l’Ordre Maçonnique en Suède. Depuis 2001, le docteur en Science Anders Fahlman est Grand Maître.

Le palais Bååt à Stockholm, un somptueux édifice baroque de 1666, fut transformé et agrandi en 1874-77 pour devenir Le Temple Maçonnique de l’Ordre des Francs-maçons suédois.

Organisation actuelle
Aujourd’hui, il y a 43 loges de St Jean, 23 loges de St André, une Steward loge, sept Chapitres et une loge de recherche en Suède. On y trouve aussi 63 associations fraternelles (des loges d’instruction) dans les petites villes. En Finlande, il y a sept loges de St Jean, deux loges de St André, une Steward loge et un Chapitre à Helsinki, puis deux associations fraternelles ; tous travaillant selon le rite suédois.

14 200 francs-maçons en Suède et 1000 en Finlande travaillent sous les auspices de l’Ordre des Francs-maçons suédois. Comme les loges sont peu nombreuses, il y a souvent beaucoup de membres dans une loge suédoise. Seules les personnes qui se définissent comme chrétiennes sont admis.

Le vénérable Maître d’une loge est normalement nommé pour six ans. Tous les officiers doivent impérativement descendre de leur chaire à l’age de 75 ans.

Le Rite Suédois est utilisé en Suède/Finlande, en Norvège, au Danemark et en Islande. Un rite, basé sur des documents du Carl Friedrich Eckleff de 1760, est pratiqué en Allemagne dans la Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland. Aujourd’hui ce rite ne présent guère ressemblance au Rite Suédois.

Svenska Frimurare Orden
Nybrokajen 7, SE-111 48 Stockholm, la Suède
Grand secrétaire: tél +46 8 463 37 06
Mél: info@frimurarorden.se Site internet: www.frimurarorden.se
Grand temple maçonnique: Blasieholmsgatan 6, Stockholm

 

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