navigation

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ 11 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (1ère partie)

imhotep 

Imhotep (« Ἰμούθης » en grec) dont le nom signifie « celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l’Égypte antique.

 

Ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser (aujourd’hui au Musée du Caire), il est présenté comme « Le chancelier du roi de Basse-Égypte, le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur ».

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep apporte à l’Égypte quelques innovations :

- l’historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture ;

- il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau (« demeure d’éternité ») du roi.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical, le papyrus Ebers (même si le document a été probablement rédigé vers -1700 avec des écrits complémentaires de plusieurs médecins).

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques.

En 2017, la momie de l’un de ses disciples, Nespamedou, est radiographiée et son visage reconstitué.

Le Grand Prêtre IMHOTEP inventa la formule chimique il y a 5000 ans permettant de réaliser des vases en pierre (un aggloméré).

Il fût le concepteur et constructeur de la première pyramide de l’histoire : la pyramide à degrés de SAQQARAH. La première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu a une organisation fermée de prêtres appelés l’Ecole des Mystères « de l’œil de Horus », les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

IMHOTEP dont le nom signifie « le sage qui vient dans la paix » occupe une place particulière dans l’Histoire. Il était vénéré en Egypte pendant 3000 ans, c’est-à-dire de sa propre vie pendant le règne du Roi DJOSER jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son Père était l’Architecte royal KANOFER, sa Mère KHREDUONKH, une noble héréditaire.

A un âge très jeune, IMHOTEP entra en prêtrise et commença à vivre au Temple d’ ANNU sur les rivages du Nil. Ce temple était un centre de la science et de la religion avec une grande bibliothèque. Là, IMHOTEP apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

IMHOTEP laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus (le caducée, symbole actuel des médecins, représentant Hermès dans la mythologie grecque).

La légende indique qu’IMHOTEP divisa les cieux en secteurs de 30°, connus aujourd’hui comme les zones du zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prête scientifique comme IMHOTEP pouvait faire des vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et, la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’Eternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à THOTH, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé HERMES TRIMEGISTUS, trois fois le Grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Vous avez toujours été fascinés par la civilisation de l’Égypte antique. Et votre esprit s’évade dans votre imagination dès que l’on vous parle de la mythologie égyptienne.

Les mots Karma et réincarnation vous interpellent, et vous ressentez profondément en vous l’utilité d’une démarche spirituelle dans votre vie.

Vous recherchez l’éveil de votre conscience à travers un enseignement ésotérique et surtout pratique.

Alors je vous propose un atelier de deux jours, avec les plus grands secrets de la pratique spirituelle et quotidienne de l’école des mystères de l’œil d’Horus.

Je m’appelle Didier Boulay et, depuis plus de 25, j’étudie les traditions ésotérique du monde entier, et grâce à plusieurs enseignements et à mes propres recherches, j’ai fini par redécouvrir et transmettre des outils énergétiques et spirituelles liés à l’ancienne civilisation égyptienne.

J’ai appelé cet atelier « Les Secrets d’Imhotep «.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix », et il est le personnage emblématique de l’Égypte antique.

Grand vizir du pharaon Djéser, architecte, concepteur de la plus ancienne pyramide à degrés du monde : Saqqarah.

Médecin, reconnu comme le plus grand guérisseur de son époque, on lui doit le Caducée encore utilisé de nos jours comme symbole de la Médecine.

Il utilisait le Caducée, un bâton entouré de deux serpents garni de sept pierres, pour sentir dans quels Chakras étaient installés les déséquilibres et il envoyait de l’énergie dans l’aura pour rééquilibrer les chakras appropriés.

Il fut appelé Hermès Trismégistus (Le trois fois grand), et Asclépios par les Grecs venus recevoir son enseignement.

Asclépios ou Esculape chez les Romains, était le dieu de la médecine dont les attributs étaient le serpent, le coq, le bâton, la coupe.

Pére de la Médecine, de l’Hermétisme, de la Gnose, inspirateur de la rose croix, des illuminatis et de la franc maçonnerie.

Il fut aussi astronome, astrologue, philosophe, grand prêtre de l’œil d’Horus, il utilisait la géométrie sacrée et consacra sa vie à l’évolution spirituelle de l’humanité à travers ses réalisations et son enseignement.

La médecine dans l’Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu’à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l’époque, était le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin.

Le concept de maladie était différent de la définition moderne :

• en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,

• la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient, œuvre d’agents surnaturels (ennemi disposant d’une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),

• l’enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l’espérer (la pire situation pour un ancien égyptien était d’avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l’origine des connaissances de la médecine égyptienne de l’Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l’Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l’objet de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie, non invasive, la réduction des fractures, disposaient d’une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques.

Bien que les remèdes de l’Égypte antique soient souvent considérés dans la culture moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu’ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation1.

Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic, du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d’ostraca.

Jusqu’au XIXe siècle, les principales sources d’information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l’Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout autre art. » L’historien grec Hérodote s’est rendu en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l’Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l’Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l’Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L’intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits.

Il y avait à la bibliothèque d’Alexandrie une encyclopédie médicale en six volumes dont il n’est resté que le sommaire. Mais l’importance de la pratique médicale était consignée dans une quinzaine de papyri, écrits en langue grecque sacrée. Le plus célèbre et le plus ancien est le papyrus Ebers, écrit durant le Nouvel Empire, regroupant sept cents formules de maladies internes, classées en fonction des organes concernés. Le Papyrus d’Edwin Smith était selon son auteur, une copie du Moyen-Empire du livre d’Imhotep, intitulé le livre secret des médecins, livre d’enseignement exotérique et ésotérique, dont il ne reste que quelques chapitres, notamment sur le cœur mais qui exposait une médecine objective, scientifique basée sur de minutieuses observations et une très bonne connaissance de l’anatomie humaine2.

• les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d’autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :

• le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections3. Il a probablement été écrit vers -1 600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3 000 ans avant notre ère4. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l’auteur du texte du papyrus original et le fondateur de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie),

• le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d’incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions1. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’Antiquité a été correctement interprété. D’autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d’une cérémonie de circoncision, les ostraca médicaux :

en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l’apprenti scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide.

Le coût du papyrus ne permettait pas d’utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satiriques, et encore moins pour apprendre l’écriture hiéroglyphique ;

les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

LES PRÊTRES DE L’ANCIENNE ÉGYPTE

La classe sacerdotale

Tous n’étaient pas des prêtres dans cette « Maison » représentée par le clergé de l’ancienne Égypte, qui vivait dans l’enceinte des temples et de ses annexes, mais beaucoup l’étaient à un titre ou à un autre.

Par « prêtre », il nous faut comprendre tout homme qui s’était mis dans l’état de pureté requis pour approcher le lieu saint, résidence du dieu.

Si le nombre, des « prêtres purifiés » (les ouêbou), était considérable, du chapelain au prêtre s’étageaient des classes, entre lesquelles se répartissaient une foule d’officiants et d’auxiliaires.

Ces classes étaient flottantes et parfois insuffisantes, car diverses catégories servant dans le domaine des temples n’auraient su être systématiquement rattachées à l’une ou à l’autre. C’était le cas des « chanteuses », des « prêtres lecteurs », des « hiérogrammates » (scribes), des « horologues » (annonceurs de l’heure) qui jouaient un rôle très important, dans les offices du culte divin, dans les cérémonies du Jubilé ou lors d’un couronnement.

Aussi, nous adopterons une classification, fondée sur le rôle joué par chaque officiant dans ses fonctions. Les textes ne manquent pas où l’on voit des prêtres de petits sanctuaires cumuler titres sacerdotaux et titres administratifs, passer du domaine du culte au statut de chef des troupeaux, ou bien encore au service du compte des sacs de blé.

L’accession au sacerdoce

Il est difficile de dégager une règle définissant les conditions d’accès aux fonctions sacerdotales pour toutes les époques. Plusieurs filières étaient admises : les droits de l’hérédité — un prêtre pouvait être remplacé par un membre de sa famille — la cooptation, le rachat des charges ; ces filières permettaient en général un recrutement convenable.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que le culte divin rendu dans le temple, quels que soient les droits de fait acquis par les membres du clergé au service du dieu, restait une délégation royale. Le pharaon étant pratiquement le seul ministre des cultes, son autorité pouvait à tout moment intervenir dans les arrangements au sein du clergé.

À d’autres moments, Pharaon — Per-aâ, qui, sous l’ancien Empire signifiait la « Grande Demeure » — prenait la décision de promouvoir un prêtre dont l’activité et les dispositions lui agréaient.

Ce fut le cas du prêtre Nebouây, sous le règne de Thoutmosis III, qui fut élevé au statut de « Premier Grand Prêtre d’Osiris ». « Les dieux m’ont préparé la route, c’est le roi qui m’envoie contempler le dieu dans le Saint des Saints », dit un chapitre du rituel d’intronisation.

• Vers le Nouvel Empire, dans l’enceinte des temples, les femmes eurent la possibilité d’exercer une charge sacerdotale de second rang.

Un clergé féminin, les ouêbouit, fut mis en place lors des cultes.

Des exemples de femmes prêtresses ne manquent pas.

L’institution thébaine consacrait une épouse terrestre au dieu Amon, appelée « la Divine Adoration », Lors de représentations des Mystères religieux, deux jeunes femmes, choisies vierges, jouaient le rôle du cérémonial des déesses Isis et Nephtys.

À partir de la XVII° dynastie, des scènes épigraphiques mettent en évidence ce que des épouses royales eurent des fonctions religieuses et des transmissions de mère à fille.

Ce fut le cas de la reine Hatshepsout pour sa fille Neferouré, et de Néfertari pour sa fille Merytamon. Les chanteuses d’Amon, les hymnodes, se rangeaient parmi les prêtresses, car il convenait que le rythme des mélopées adressées au dieu fût conforme aux traditions d’élocution sacrée.

Les prêtres et l’ensemble des officiants qui assuraient le service du culte au temple fonctionnaient sur une période d’un mois environ. Autrement dit, chaque groupe n’officiait que trois mois par an, chacune de ces périodes étant séparée par un trimestre d’inactivité, tout au moins dans l’enceinte du temple. Le groupe sortant livrait le temple avec son matériel de fonctionnement aux nouveaux arrivants.

Seule la haute prêtrise demeurait en fonction permanente au sein du temple.

La pensée religieuse

La pensée religieuse égyptienne a produit des œuvres qui tournent une à une les pages glorieuses d’un passé plusieurs fois millénaire, ou le désir d’une vie sans fin s’étendait au-delà des formes créées. Le domaine de l’inconnaissable restait à tout moment perceptible dans un autre monde, où les dieux et les morts se fixaient dans une vie dans déclin.

C’était une magie qui agissait comme un régulateur d’énergies spirituelles et matérielles entre le divin et l’homme, parce qu’elle plaçait le sacré comme première valeur.

C’était Pharaon qui, par sa filiation divine (fils d’Amon-Rê), était la clé de voûte ; sur lui reposait le fonctionnement social et religieux du peuple d’Égypte.

Appelé aussi le « Grand Magicien », il rendait le culte divin qui se déroulait chaque jour dans la « Demeure du dieu », ce qui en faisait le « Premier Grand Serviteur » du temple.

• Considéré comme le reposoir terrestre du dieu, le temple était l’image symbolique du « Tertre originel émergé du Noun ».

Et parce qu’il devait être un creuset d’ordre et d’équilibre du monde sous l’influence de Maât, il fallait pour faire fonctionner cette « centrale d’énergie » tout un personnel qui peuplait et semait la vie dans l’ensemble du domaine du temple :

du « Grand Prêtre », haut personnage politique et religieux, aux différentes classes des prêtres et chapelains, des scribes, des fonctionnaires au personnel d’entretien.

À Karnak, au temps de la faveur d’Amon, on pouvait évaluer les membres du clergé attachés aux fonctions sacerdotales à plus d’un millier, sans compter les autres personnels affectés à la gestion du domaine économique du temple.

Le statut de prêtre

L’Égypte (Kemet), un pays immuable aux lignes toujours semblables : un soleil jamais voilé, un fleuve qui chaque année s’enfle pour fertiliser ses rives, un désert ocre, qui s’étend comme une entité de puissance et de silence. Mais encore, des voiles blanches de felouques glissant tel un ibis, qui, ailes étendues, trace dans le ciel les signes sacrés du dieu Thot et encore des fellahin qui, en buvant le karkadé, discutent à l’ombre d’une palmeraie, enfin des enfants rieurs qui s’ébattent dans le Nil, les mélopées des femmes qui règlent la vie du village.

Tel fut le cadre où se forma l’âme du peuple égyptien, marquée par une religiosité envers les dieux et le monde, tel qu’il fut créé au premier jour.

Pour maintenir cet équilibre selon le plan défini par les dieux, il fallait un « Législateur » » :

en premier lieu venait Pharaon, suivi du haut clergé avec sa cohorte de prêtres.

Si nous prêtons l’oreille, il nous semble entendre le vieil écrivain et philosophe d’Alexandrie, Porphyre, décrire avec admiration les prêtres des bords du Nil : « Par la contemplation, ils arrivent au respect, à la sécurité de l’âme, par la réflexion à la science, et par les deux, à la pratique de mœurs ésotériques du temps jadis. Être en contact avec l’inspiration divine et la science réprime les passions et stimule la vitalité de l’intelligence. »

De par sa double fonction religieuse et législative, sa Majesté (hemef) était le garant du culte divin qui s’exerçait quotidiennement au temple : aussi l’existence officielle du corps sacerdotal dans sa fonction, reposait en nom et place du souverain régnant. Il assurait sur tout le territoire l’exercice du culte, ainsi que l’ensemble des rituels à l’occasion des grandes cérémonies.

L’action théologique essentielle contribuait à maintenir la présence du dieu sur Terre et à conserver le monde sous la forme où les dieux l’avaient établi au premier matin.

Nous devons nous garder, au travers du terme « prêtre », de les considérer comme les dépositaires d’une « vérité révélée » qui ferait d’eux une catégorie à part de la société, la religion égyptienne n’étant pas une « vérité acceptée ».

En ce sens, ils n’avaient rien de prophètes : à l’exemple des Hébreux, c’étaient des hommes semblables aux autres, et ils ne bénéficiaient d’aucun privilège d’origine divine.

S’ils pouvaient être de riches penseurs ou saints hommes, c’était grâce à l’action de leurs tendances personnelles, et non par une suite obligatoire sacerdotale.

Il faut reconnaître que la prêtrise, ouverte parfois trop largement, pouvait accueillir un recrutement d’hommes sans convictions, peu enclins à la vie spirituelle et à la méditation qui se révélaient à l’ombre des temples ; ainsi l’accès aux charges religieuses fut-il l’enjeu de constantes convoitises.

Les postulants à la prêtrise pouvaient entrer très jeunes dans des collèges où étaient enseignées l’instruction religieuse et les sciences.

Hiérarchie du clergé

Le fonctionnement du corps sacerdotal se trouvait sous la responsabilité d’un haut personnage religieux d’État, appelé le « Grand des Voyants (Our-Maour) de Rê ».

Après Pharaon, c’était lui qui assurait l’office divin au temple ; à son service étaient placés les « prêtres purs » (ouêbou), puis venaient les scribes ; suivait tout un personnel de fonctionnaires et d’auxiliaires qui assuraient et préparaient la bonne marche du temple.

Le « Grand des Voyants » était désigné par Pharaon à la fonction suprême ; il était dans la tradition de faire confirmer sa nomination par un oracle du dieu.

Divinement intronisé, ce haut personnage recevait alors deux anneaux d’or et bâton magique héka, symboles de son autorité spirituelle et de ses pouvoirs, tandis que Pharaon prononçait la phrase traditionnelle : « Te voici, Grand Prêtre du dieu, ses trésors et ses greniers sont sous ton sceau : tu es le premier serviteur de son temple ».

Eu égard à ses fonctions, tant politiques que religieuses, il se trouvait fréquemment écarté de son service quotidien du temple, si bien qu’il déléguait ses devoirs au « prêtre Sem », second serviteur en rang.

Parmi les classes des « prêtres ouêbou », qui pouvaient, suivant l’expression consacrée, « ouvrir les portes du ciel » et contempler le dieu hors du culte quotidien, se formait une élite dans laquelle se recrutaient les plus hauts dignitaires et savants du clergé, à l’exemple d’Imhotep qui fut Grand Prêtre à Héliopolis et choisi par le Pharaon Djoser pour construire à Saqqarah sa « Demeure d’éternité ».

Observances et rites

Pour accomplir les offices divins au temple, les prêtres devaient se purifier se prêtant à des observances et à certains rites, où se rattachait tout un symbolisme.

L’eau était, dans la pensée religieuse des Égyptiens, l’élément initial d’où toute vie était sortie ; celui d’où le dieu Rê, accomplissant son cycle de renaissance, apparaissait à l’aurore pour disparaître au crépuscule, afin de puiser, dans son voyage à travers le monde souterrain d’Osiris, la nouvelle énergie qui allait lui donner un lendemain rajeuni dans sa pureté originelle.

Dans certains bas-reliefs figurent des scènes de purification, où l’eau fraîche s’échappe des aiguières, remplacées parfois par une pluie de petits signes de vie ankh. Le rite d’ablution d’eau fraîche pour le culte divin du matin imprégnait les officiants d’une vie rajeunie et purifiée qui leur permettait d’assurer le rituel du culte.

Une autre forme de purification, à laquelle devaient se soumettre les officiants avant de pénétrer les lieux saints en empruntant l’Adyton, consistait à se laver la bouche avec du natron délayé dans de l’eau.

Autre observance rigoureuse : dépouiller son corps de tout poil et se raser les cheveux. Certains textes précisent que les prêtres devaient s’épiler les cils et les sourcils ; à ces règles, venait s’ajouter la circoncision.

Constituait-elle une des conditions nécessaires ? On ne peut être affirmatif. Néanmoins, des écrits relatent que des novices à la prêtrise ne subissaient ce rituel qu’au moment où ils accédaient officiellement à leur charge.

La vie sacerdotale demandait encore un autre état de pureté : l’abstinence de relations sexuelles durant les périodes de présence et de service au temple.

Les prêtres du temple pouvaient se marier : leurs fonctions ne les contraignaient pas au célibat ; tout au plus devaient-ils se satisfaire d’une épouse.

Cette restriction ne fut pas toujours respectée, puisque le prêtre Phérenptah s’était constitué un véritable harem.

Mais ils devaient être purs lorsqu’ils franchissaient les portes du temple. Sur ce point, les textes sont formels : « Quiconque accède au temple doit être purifié de tout contact féminin par une abstinence de plusieurs jours ».

Le texte d’une statue d’un jeune prêtre donne ce détail : « Je me suis présenté devant le dieu, étant un jeune homme excellent, tandis qu’on m’introduisait dans l’horizon du ciel. Je suis sorti du Noun (l’eau initiale) et je me suis débarrassé de ce qu’il y avait de mauvais en moi ; j’ai ôté mes vêtements et les onguents comme se purifient Horus et Seth. Je me suis avancé sans souillure devant le dieu dans la salle sacrée, plein de crainte devant sa puissance ». Les étapes de purification accordaient la présentation au temple, la vision du dieu, la reconnaissance de quelques secrets que seuls les « prêtres initiés » pouvaient transmettre, ainsi que la communication de formules magiques. Celles-ci permettaient de charmer le ciel, la terre et les eaux, de voir le soleil monter au ciel et en redescendre — Khépri au lever, Rê au zénith, Atoum au coucher — de voir les étoiles en leur forme et la lune se lever, de sentir les pulsations de Noun.

Les prêtres-initiés et les scribes

Cette dalle de grès décorée d’un bas-relief provient du temple dédié à la déesse Hathor construit à Dendérah, au nord de l’actuelle Louxor.

Ce temple fait partie de ces merveilles architecturales que l’Expédition d’Égypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Le zodiaque circulaire ornant le plafond d’une des chapelles situées sur le toit du temple est une représentation de la voûte céleste constituée d’un disque soutenu par quatre femmes, les piliers du ciel, aidées par des génies à tête de faucon.

Sur son pourtour, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.

Puis on trouve des constellations, au nombre desquelles figurent les signes du Zodiaque.

Pour la plupart, leur représentation reste proche de leur désignation. On peut ainsi facilement reconnaître le Bélier, le Taureau, le Scorpion, le Capricorne. D’autres ont une iconographie plus égyptienne tel le Verseau représenté par Hapy.

Dans cette grande « Maison » du clergé vivait une catégorie de prêtres et scribes.

Des documents du Moyen Empire désignent ces prêtres sous le nom de chendjouty, ce qui signifie le « prêtre du pagne ». Ils devaient préparer les objets du culte divin et pourvoir à leur entretien, aux habillements de la statue du dieu, ses parures, ses bijoux, ses parfums et les onguents, apprêter les aiguières pour les ablutions, l’encens pour les fumigations, ainsi que la table des offrandes. Parmi ces prêtres figuraient les intellectuels et les savants de la « Maison de Vie » (Per-Ankh), où se rédigeaient, les livres liturgiques et où s’élaboraient aussi les éléments de la science sacrée.

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (2ème partie)

Hermes-4

À ces institutions appartenaient les scribes et les « hiérogrammates » ; certains d’entre eux étaient prêtres, particulièrement estimés à la cour de Pharaon en raison de leur vaste culture.

Auprès d’eux s’affairaient les « prêtres lecteurs » : porteurs des rouleaux du Livre divin, ils partageaient le renom et la popularité de la « Maison de Vie ».

À l’extérieur du temple, on les retrouvait dans d’autres contextes où ils s’occupaient de médecine et de chimie ; plusieurs recettes de papyrus médicaux sont attribuées à leur science. Ils représentaient pour le peuple égyptien le type même du magicien populaire, dont les légendes étaient racontées par la « femme sage », le soir à la veillée.

À ces « Maisons de Vie » se rattachaient deux ordres de prêtres, les « horologues » et les « horoscopes ».

Les « horologues » ou « prêtres horaires » (ounout) sembleraient avoir été en fait des astronomes, chargés d’approfondir les écrits, établis par les scribes de la « Maison de Vie », relatifs à l’ordonnancement des étoiles fixes, des mouvements de la Lune et des planètes qui errent dans le ciel, les « infatigables » (ikhémou-sek).

Ces prêtres étaient aussi chargés de préciser les jours et heures favorables pour la grande fête d’Opet (la Belle Fête de la vallée), qui se déroulait chaque année. Tout prouve qu’ils étaient parvenus dans la science du ciel à des connaissances avancées pour l’époque.

• Les éclipses Soleil/Lune leur étaient parfaitement connues ; un texte de Thoutmosis III évoque le passage d’un astre lumineux qui, relevant des calculs de nos astronomes modernes, pourrait être la comète d’Halley.

Sur le zodiaque du temple de Dendérah et sur le plafond de la tombe de Senmout, on peut reconnaître la grande Ourse, sous la forme d’une « jambe de bœuf », la constellation d’Orion, représentée par un homme courant et tenant dans sa main une étoile, et Cassiopée, figurée par un personnage bras tendus vers le ciel. Dans une salle du Ramesseum, le « Château des millions d’années » de Ramsès II, existe un magnifique plafond astronomique.

La connaissance du firmament jouait un rôle dans la détermination des points cardinaux, en fonction desquels était édifiée et disposée la « Demeure du dieu ». Toute fondation d’un temple cultuel partait d’observations célestes.

Dans les documents dont nous disposons, tout semble indiquer que l’astrologie, venant très probablement de la Babylonie, fut très employée.

Les traités d’astrologie étaient confiés aux « prêtres horoscopes » ; ceux-ci devaient connaître le calendrier mythologique et établir quels étaient les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne, qui comptait 365 jours.

On a retrouvé des papyrus-calendriers, où chaque jour de l’année était défini comme bon, neutre ou néfaste.

Puis l’idée s’est progressivement infiltrée de lier le destin de chaque individu aux circonstances cosmiques de sa naissance en déterminant les influences des astres qui étaient dominantes à l’heure de sa venue au monde.

Des écrits nous informent que des scribes, instruits dans la science des « apparitions nocturnes » se tenaient à la disposition de ceux qui désiraient connaître la signification de leurs rêves.

Ces scribes se faisaient les interprètes des songes ; eux-mêmes avaient coutume de s’endormir dans une salle du temple, dans l’espoir qu’un rêve prémonitoire pût leur révéler un événement présent à venir. L’histoire nous met en mémoire le rêve de Pharaon, dont Joseph, à la demande du roi, se fera l’interprète.

Des prêtres initiés aux sciences divinatoires étaient requis pour les oracles mis en œuvre pour interroger les dieux, sans omettre les requêtes écrites. Dans un petit temple du Fayoum, on a retrouvé des requêtes adressées au dieu du temple.

À la cour du Pharaon, des « prêtres-précepteurs » étaient recrutés pour instruire les jeunes princes et princesses à leurs futures charges royales et religieuses.

La magie héka

Aux yeux des prêtres, la connaissance de la magie et de ses formules fournissait une puissance quasi-certaine sur les êtres vivants, les dieux et les forces de l’univers.

Le « prêtre-magicien » était un personnage que les événements les plus spectaculaires ne faisaient pas reculer. Un texte lui prête ces paroles : « J’abattrai la terre dans l’abîme de l’eau, le Sud deviendra le Nord, la terre sera bouleversée ».

Dans la pratique, l’action était plus estimable, en ce sens qu’il fallait avant tout protéger l’ordre du monde constamment menacé par des forces perverses.

Il y avait un ciel, il y avait une terre, ils agissaient l’un sur l’autre, imprégnés d’une force spirituelle que les « prêtres-magiciens » appelaient héka (magie).

Si certains sorciers de village utilisaient quelques recettes magiques, seule la « Grande Magie » était révélée à une élite de prêtres et de scribes. « Voilà que je me suis adjoint cette puissance magique en tout lieu où elle se trouve, elle est plus rapide que le lévrier, plus prompte que la lumière », dit le magicien dans le Livre des Morts.

La croyance répandue dans le peuple des fellahin voulait que les maladies fussent envoyées par la terrible déesse Sekhmet ; il fallait donc exorciser le mauvais démon, et personne n’était aussi qualifié pour rédiger une formule magique que le « prêtre-lecteur », versé dans toutes les ressources de la vieille magie.

Et seul le Supérieur des prêtres de Sekhmet avait la compétence pour enrayer la fureur de la déesse lionne.

Un autre prêtre, le hery-tep « celui porte le rituel » était instruit à une forme de magie plus particulière, dite « défensive ».

Cette magie était un don des dieux, que les hery-tep utilisaient contre des procédés d’envoûtement, ou de toute manifestation venant d’un ennemi, et relevant de la protection de Pharaon sur sa personne, de son épouse ou de ses descendants.

Sous la XI° dynastie, un magicien héka, le prêtre Hétépi, fut un personnage très important. Il est écrit que le héka fut donné par le démiurge en tant qu’arme pour agir sur l’effet d’événements survenant dans la vie des hommes, comme détourner l’action néfaste du serpent Apopis « ennemi du dieu Rê », de Seth « le fauteur de troubles », ou de Sekhmet « celle qui a le pouvoir » », ou bien encore Sobek « la mangeuse de l’Occident ».

C’est le héka dans le bâton d’Aaron, qui s’est transformé en serpent protecteur (Menen) et a absorbé le bâton du « prêtre-magicien » de Pharaon. Dans cet acte, Aaron invoquait l’entité héka, pour recevoir d’elle la puissance magique. C’est aussi celui par l’entremise duquel Moïse déclencha les dix plaies d’Égypte, fendit les eaux de la Mer des Roseaux, puis fit jaillir l’eau du rocher en Horeb.

Il serait difficile de passer sous silence ceux qui s’acquittaient des cérémonies funéraires, rangés sous le nom de « prêtres-embaumeurs ».

Dans le clergé, ils occupaient une place très importante ; s’ils étaient pour la plupart indépendants des sanctuaires, ils constituaient une sorte de confrérie sans rapport avec l’office des cultes, dont s’acquittaient les prêtres-ouêbou.

Les « prêtres-embaumeurs » accomplissaient la momification qui se déroulait dans la « Tente de purification » (ouêbet), située en dehors du temple.

Il pratiquaient sur la momie tous les rites régénérateurs qui devaient la transformer en un nouveau corps rajeuni, doté de toutes ses anciennes facultés terrestres qu lui permettaient d’être apte à franchir les sombres régions du serpent Apopis, et de jouir d’une vie sans déclin.

Le rite essentiel pratiqué par l’officiant était l’ouverture de la bouche. Armé de l’herminette nétjerty ou de la baquette magique ouret-hékaopu, il faisait le geste rituel d’écarter les lèvres du défunt, afin de lui rendre le souffle de vie et l’usage de la parole.

Durant cet acte, le « prêtre-lecteur » récitait les litanies du Livre des Respirations.

Les Maisons de Vie

Chaque temple dans son domaine, avec sa raison d’être, la Demeure du dieu sur Terre, possédait une « Maison de Vie » et une bibliothèque.

Il faut constater que les Égyptiens parlaient d’elles sans donner de détails ; c’étaient des institutions encore assez mystérieuses.

D’une façon certaine, nous connaissons leur existence à Memphis, Abydos, Coptos, Esna, Karnak et Tell el-Amarna.

Ces institutions étaient probablement des centres plus ou moins fermés où s’élaborait la science, où les textes étaient étudiés et recopiés par des prêtres et des scribes initiés.

En retranscrivant les vieux manuscrits, en comblant les lacunes, on élaborait les textes sacrés de la théologie et de la liturgie ; on réécrivait à des milliers d’exemplaires des versions de ces œuvres : le Livre des Morts, le Livre des Cavernes, le Livre de la Totalité réunie, le Livre de ce qu’il y a dans la matrice des étoiles, les Litanies de la Demeure d’éternité, les Litanies de Rê qui dévoilent les noms de la Lumière divine, le Livre de la Barque solaire, le Livre de la Vache du Ciel, le Livre des Portes, le Livre de ce qu’il y a dans l’autre monde (l’Amdouat).

On préparait les grimoires magiques, on enseignait l’astronomie, la philosophie, la religion, la médecine, la littérature et les arts.

Quelques-uns des plus beaux textes spirituels ou moraux qui furent retrouvés, sont nés des réflexions et des convictions de scribes et de prêtres obscurs, dont les noms nous restent encore inconnus.

On peut considérer que tout ce qui s’écrivait sur la pierre des temples, sur les parois des tombes, dans les sarcophages, comme tous les textes sur papyrus nécessaires au culte divin, aux cérémonies, les hiéroglyphes décrivant et dévoilant aux initiés ce qui réside dans le Noun, d’où naît toute forme de vie, tous les éléments de la science, de la religion, de la culture, sortaient des « Maisons de Vie ».

Il existait aussi une classe de prêtres plus sélective: les prêtres de la « Demeure d’Or », dans laquelle un art magistral mettait en œuvre le métal précieux considéré comme la « Chair des dieux », dont étaient revêtues les momies royales, où s’opérait l’alliage des métaux pour obtenir l’électrum qui revêtait le pyramidion des obélisques. Là se préparaient les potions magiques, les onguents et les parfums, se réalisait aussi la chimie des pigments servant à la composition des couleurs et s’opérait la reconstitution de pierres précieuses comme le lapis-lazuli, qui servait à l’ornementation des maques funéraires, des amulettes et des bijoux.

Nous pouvons supposer que dans des ateliers, des prêtres-artisans façonnaient les objets sacrés : le diadème seshed où venait se fixer l’Uræus, symbole de protection de la puissance royale ; le collier meânkh, « celui qui donne la vie », l’amulette Oudjat, « qui donne la vie éternelle », tout un art magique qui se pratiquait dans les « Maisons de Vie ».

Conclusion de ce chapitre

En parcourant les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée que, dans ce confluent méditerranéen, l’Égypte pharaonique, fût le berceau d’un souffle porteur d’une vérité fondamentale : le rapport entre les hommes et les dieux est indispensable au maintien de l’harmonie du monde. Cette relation ne pouvait être maintenue que par la célébration des rites cultuels et de la magie héka.

Des savants, des philosophes, des historiens, tels Homère, Platon, Solon, Thalès, Pythagore, Hérodote, ont franchi la mer et se sont rendus dans ces « Écoles de Mystères » pour y recevoir l’enseignement d’une partie de cette science accumulée au cours des millénaires. C’est la que Platon aurait été informé de la légende de l’Atlantide par des prêtres d’Héliopolis. Dans son ouvrage les Aiguptiaka, Manéthon nous donne des informations qui restent une des sources principales de connaissance des mœurs des Égyptiens, Grecs et Romains, passionnés par la science de la religion de cette fabuleuse civilisation, laissèrent des témoignages qui constituent le fonds le plus riche que nous ayons à notre portée pour comprendre l’histoire et la religion de l’Égypte ancienne.

Nous savons aussi par des commentaires de voyageurs grecs qui firent des stages à cette époque en Égypte, que les prêtres et les scribes des « Maisons de Vie » éprouvaient une réticence à divulguer certaines révélations, selon les textes sacrés de la Tradition du passé : « J’ai été initié dans ces Mystères. En vérité je ne le répéterai jamais ce que j’ai entendu. Je ne raconterai à personne ce que j’ai vu ». Livre des Morts

Cette connaissance, relevant de la haute idée qu’ils conçurent de la science, de la religion et de la morale, enseignait le respect de la hiérarchie aux futurs prêtres et fonctionnaires royaux. Les enseignements de Ptahotep, vizir du roi Djedkarê de la V° dynastie, rendus célèbres et utilisés dans les écoles égyptiennes, en sont un témoignage. Des scribes lettrés écrivirent des contes dans le genre des Mille et une Nuits : conte des Deux Frères, conte du naufragé, conte de l’Oasien, conte de Sinouhé, pour ne citer que ceux-là.

Les prêtres de l’Ancienne Égypte étaient-ils des initiés, œuvrant dans les secrets des « Maisons de Vie » où s’élaborait une science: science de l’approchement et l’application (le savoir), science de la réalisation et de l’accomplissement (la connaissance) ?

Nous pouvons reconnaître l’existence d’une élite qui se partageait un savoir et une connaissance.

De ce fait, nous pourrions qualifier cette élite de « cercle d’initiés », dans le sens où ce terme codifiait l’admission à la révélation des mystères de la science de Dieu, de l’univers de l’homme.

Nous sommes en mesure d’affirmer que la mission du corps sacerdotal de l’Ancienne Égypte était de maintenir par la magie du sacré la présence du dieu sur Terre, d’imposer une ligne de conduite permettant d’aspirer à l’immortalité, et également de veiller sur la personne de Pharaon « fils du dieu », garant de l’ordre du monde, tel qu’il fut établi par les dieux (les Netjerou) au commencement de la Création.

L’Égypte était considérée comme la réalité du monde. Pharaon et les prêtres en étaient les magiciens… !

LE GRAND PRÊTRE IMHOTEP A INVENTÉ LA FORMULE CHIMIQUE IL Y A 5000 ANS.

Concepteur et constructeur de la PREMIÈRE PYRAMIDE de l’histoire, la pyramide à degrés à Saqqarah…

Depuis les années 1980, Joseph Davidovits démontre que les pyramides et les temples de l’Ancien Empire égyptien furent construits en calcaire aggloméré, et non pas avec des blocs de calcaire taillés et transportés depuis les carrières.

Ce type de béton de calcaire, avec des coquillages fossilisés, aurait ainsi été moulé ou compacté dans des moules.

Les ouvriers égyptiens ont extrait le matériau dans des carrières de calcaire relativement tendre, puis l’ont désagrégé avec de l’eau, mélangé cette pâte de calcaire à de la chaux et des ingrédients comme l’argile kaolinitique, le limon et le sel natron égyptien (carbonate de sodium) formant des tecto-alumino-silicates (geosynthèse).

La boue de calcaire (incluant les coquillages fossiles) fut transportée dans des paniers puis versée, tassée ou compactée dans des moules (faits de bois, pierre, argile ou brique) placés sur l’aire des pyramides.

Ce calcaire ré-aggloméré, lié in situ par réaction géopolymèrique (appelé ciment géopolymèrique), durcit en blocs de grande résistance.

En 1979, au 2eme Congrès International des Égyptologues, à Grenoble en France, Joseph Davidovits présenta deux conférences.

L’une exposa l’hypothèse que les blocs de pyramide ont été moulés comme du béton, au lieu d’être taillés. Une telle théorie était très dérangeante par rapport à la théorie classique avec ses centaines de milliers d’ouvriers participant à cet effort gigantesque.

La deuxième conférence a souligné que des vases en pierre, fabriqués il y a 5000 ans par des artisans égyptiens, ont été faits en pierre dure synthétique (fait de main d’homme).

Imhotep a conçu et construit la première pyramide de l’histoire humaine, la pyramide à degrés de Saqqarah, la première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu à une organisation fermée de prêtres appelés l’école des mystères “de l’oeil de Horus”, les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

Imhotep, dont le nom signifie “le sage qui vient dans la paix”, occupe une place particulière dans l’histoire.

Il était vénéré en Egypte pendant trois mille ans – c’est-à-dire, de sa propre vie pendant le règne du Roi Djoser jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son père était l’architecte royal Kanofer, sa mère Khreduonkh, une noble héréditaire.

À un âge très jeune, Imhotep entra en prêtrise et commença à vivre au temple d’Annu sur les rivages du Nil – un centre de la science et de la religion, avec une grande bibliothèque. Là, Imhotep apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

Imhotep laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus, le symbole actuel des médecins.

La légende indique qu’Imhotep divisa les cieux en secteurs de 30º, connus aujourd’hui comme les zones du Zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prêtre-scientifique comme Imhotep, pouvant faire les vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial, puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’éternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à Thoth, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé Hermes Trismegistus, trois fois le grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Hermès, le Trois Fois Grand, est une personnalité devenue légendaire, et dont on discute cependant ‘l’existence. Mais son nom est comme un fil d’or dans toute la littérature ésotérique mondiale.

Très importantes sont les paroles gravées au-dessus de la Porte des Lions de Mycène:

« Les Egyptiens descendent du Fils de Toth, Prêtre de l’Atlantide. »

ALCHIMISTE

Les enseignements que l’on retrouve en partie dans la littérature, ont été écrits par Hermès II, fils d’Hermès-Toth.

Hermès II est devenu une figure vivante pour le lecteur moderne, car on peut lire ses discours avec son fils Tat, et son petit-fils Asclépios, c’est-à-dire, le grand Imhotep.

D’Hermès-Toth, on raconte qu’il fut l’arbitre entre les Dieux géants et les Titans, et qu’il fut le conseiller des bons géants qui transmirent la connaissance aux hommes.

Ainsi la légende devint réalité. Ces écrits, si volontiers niés par certains ésotéristes, ne peuvent cependant pas être mal interprétés.

Il y eut un temps où les Fils de la Lumière descendirent, ou chutèrent.

Il y eut un temps où quelques Fils de la Lumière régnèrent sur diverses régions, comme de divins prêtres-rois.

Et il y eut un temps où quelques uns « retournèrent » et où d’autres restèrent en arrière – ces autres dont nous descendons -, nous, chercheurs-âmes.

De ce point de vue, il est compréhensible que tous les Sages de l’ère préchrétienne, soient considérés comme les Ancêtres de la Connaissance divine et de tous ces Enseignements immatériels, et que tous les autres Fils de la Lumière soient leurs descendants.

Les Papyrus égyptiens ne manquent pas de citer son nom, ni celui d’Isis, d’Osiris et d’Horus, avec des annotations très tangibles. Ils entrèrent alors dans l’histoire comme de véritables Messagers d’un Enseignement divin, qui ne peut être compris que par des « dieux » – les Fils de la Lumière restés sur terre.

L’humanité-terrestre les imita et cita leurs enseignements; elle ne désirait cependant pas la « Reddition » ou la Lumière, mais elle voulait être comme ces Dieux; elle n’aspirait pas non plus à une Source originelle, comme étant son Pays d’Origine.

L’Alchymie nous vient d’Hermès-Toth, et a vue le jour en Egypte comme un enseignement originel, dont la médecine – où l’enseignement du Salut de l’âme – est issue. Logiquement donc, le premier Guérisseur fut Asclépios-Imhotep, le petit-fils d’Hermès-Toth, qui puisa son savoir « des livres de son père et de son grand-père, des livres qui étaient descendus du ciel. »

L’ibis est connu comme étant le symbole le plus ancien de l’Alchymie.

L’ibis blanc avec des taches noires était considéré comme étant le plus saint, car il était le symbole de la renaissance.

Il en va de même avec le corbeau noir et la colombe blanche.

La symbolique la plus ancienne remonte toujours à cet Evénement extraordinaire que fut la « descente » des Fils de la Lumière, leur « Retour partiel », et le « Salut » ou la « Renaissance » de ceux qui restèrent.

Ce fut sans doute un Evénement qui changea la face du monde et de l’humanité, et dans le Livre d’Enoch, on peut lire à ce propos:

« ….. après (la descente et la résistance au Créateur), le monde devint différent. »

Dans ce monde devenu différent, nous vivons avec les Souvenances, les Ecrits, le Symbolisme et les Paroles divines qui nous touchent.

Jadis, Hermès fut le Guide de l’Ogdoade – le Saint Huit -, les 4 premiers couples de la création qui devaient ordonner le Chaos.

Même la symbolique des nombres témoigne de ce temps inoubliable.

Hermès-Toth est de temps à autre cité comme étant l’un des Elohims, les Dieux qui créèrent le monde. Ses Pensées sont gravées en hiéroglyphes sur les piliers des temples, dans une écriture à double sens:

L’Ecriture des saints, comportant des symboles pour les Fils de la Lumière, et l’écriture profane.

Après le Déluge, son fils Hermès II, père de Tat, grand-père d’Asclépios, aurait recopié ces hiéroglyphes sur des papyrus. Ainsi nous racontent les traditions. Ces saints papyrus auraient été cachés dans les temples égyptiens, et essentiellement à Memphis.

Ainsi, le Tarot de Memphis est-il un Chemin initiatique, écrit de la main d’Hermès II. Les gravures ont été effectuées d’après les saints Ecrits d’Hermès-Toth, le « Trois Fois Grand ».

Le nom d’Hermès signifie: Médiateur.

Tout comme le nom Chrestos ou Christ, qui signifierait Médiateur, Messager.

Les Papyrus d’Hermès II ont été recopiés par Manéthon, le fameux prêtre égyptien cité par tous les historiens. Ainsi ces Paroles sont-elles parvenues jusqu’à notre époque.

Dans les citations attribuées à Hermès-Toth, nous lisons que l’âme, après qu’elle eut quitté le corps, ne se perd pas dans l’Ame du monde, mais elle continue d’exister en tant qu’âme, pour rendre compte devant le Père de tout ce qu’elle a fait durant sa vie terrestre.

C’est ici également une confession de l’âme, une responsabilité pour ses actes – une confession qui a été imitée par les hommes dans leurs religions. Ces notations sont en accord avec les découvertes modernes sur l’existence post-mortem.

L’âme ne peut pas vivre comme elle le veut, « sans loi », mais elle a un but; elle s’est séparée jadis de son Pays natal, et depuis ces temps-là, elle doit y retourner au travers des expériences de la vie.

Ce qui est divin la purifie, ce qui est satanique la lie au chaos.

En vérité, tout serait si simple si nous n’avions pas érigé cet égo comme quelque chose d’exceptionnel!

Car, une âme repentante souhaiterait-elle faire autre chose que des Choses divines?

En tous cas, lorsqu’une telle âme est torturée par la compréhension?

De la cosmogonie d’Hermès-Toth, nous citons ce qui suit:

« Le soleil relie le ciel et la terre comme un médiateur. Du ciel, il envoie l’essentiel, et la matière terrestre est alors tirée vers le haut. Le soleil est le cœur du char du monde; il donne aux immortels l’Eternité, et à travers sa lumière, il nourrit les immortelles parties de la terre.

Lorsque sa lumière est emprisonnée par la terre, elle stimule la naissance, la métamorphose et la vie. La sphère du penser est fixée à Dieu; l’émotion ou le monde des sens, est fixé à l’intelligence et au soleil.

Pendant son voyage à travers les sphères du penser et de l’émotion, le soleil reçoit sa nourriture de Dieu; c’est l’entrée en action de l’activité créatrice » le véritable Bien.

De plus, autour du soleil, gravitent des sphères dont les dieux sont dépendants, et de ces dieux également, les hommes sont dépendants – mais tout et tous sont dépendants du Dieu. »

Voilà bien une citation hermétique originelle. On y trouve l’ancienne astrologie, le pouvoir des dieux planétaires et leur influence sur la terre, sur le penser et les émotions des hommes.

Au-dessus de tout rayonne le soleil, comme médiateur entre le ciel et la terre, et entre Dieu et sa création.

Evidemment, l’astronome moderne y trouvera un non-sens!

Mais il y a autre chose encore, car bien que la terminologie soit archaïque, l’essentiel a cependant été préservé.

Tout homme ésotérique pourra croire à un « Fils du Soleil », un Mithra, un Chrestos, un Osiris.

Un « Fils du Soleil » est quelqu’un qui, comme le dit Hermès-Toth, a autour de lui des sphères dont les dieux sont dépendants, c’est-à-dire, ceux qui sont en contact direct avec le Fils de la Lumière.

Et d’eux sont dépendants également les hommes-terrestres – oui – toute la terre et sa vie.

A quoi aspire en effet un chercheur spirituel: A redevenir un Fils du Soleil (et pas une imitation des dieux!), un Fils du Soleil ayant un Champ vibratoire autour de lui, champ vibratoire dont les « dieux », ses semblables sont dépendants, jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi, devenus des Fils de la Lumière – et la terre et son humanité, sont dépendantes de leur action, dans sa globalité.

Ainsi, si nous pensons être un Fils de la Lumière, même si c’est à l’état latent, il y aura aussi une responsabilité et une « note à payer », que la terre et son humanité offrent à ce Fils de la Lumière!

La nature n’est pas satanique, c’est le Fils de la Lumière qui apporte ce satanisme.

Ces Fils qui donnèrent à Hodur, le dieu aveugle, une branche de gui pour blesser Baldur, le Fils de la Lumière, dans son point faible.

On peut y penser, lorsque l’on sait que le gui est un remède contre la prolifération anarchique des cellules – le cancer – et contre les maladies héréditaires.

Une cellule cancéreuse est un agresseur dans le système de division cellulaire, dans leur structure et leurs lois: Elle ne désire plus prendre part à cet ordre: elle a un comportement anarchique.

L’Enseignement hermétique est, dans son ensemble, destiné à ceux qui retournent, à celles des âmes qui possèdent encore la possibilité de Choix entre la Lumière et l’obscurité.

« Je me sens tellement isolé tout seul, je ne peux parler avec personne… »

C’est effectivement pourquoi beaucoup d’entre elles parlent ainsi.

En toute logique, de tels hommes-âme ne peuvent « qu’échanger » et « parler » avec des Fils de la Lumière; mais également, et tout aussi logiquement, ils ne sont jamais dociles et dépendants de leurs prochains pour leur « salut ».

Chaque âme tombée est clairement appelée à rendre des comptes.

Personne ne peut alors se cacher derrière autrui!

Il est aussi curieux de voir que des Fils de la Lumière ayant une Souvenance céleste innée, puissent condamner la nature comme étant satanique et détournant l’âme.

N’est-ce pas là un peu vouloir rejeter sa dette sur les autres?

S’il y a quelque chose de satanique, d’anti-divin dans cette création, et même de provoquant, c’est bien le résultat de l’intervention des Fils de la Lumière.

Car selon les paroles d’Hermès:

« La nature temporelle et la Nature Originelle, sont une Unité. »

Dans la première, se trouve une partie de la Divinité.

Dans la seconde, se trouve Dieu, en Totalité.

Seulement dans la première, on peut enlever cette partie de divinité, et ce qui reste alors est mort.

L’Enseignement d’origine hermétique, nous apprend aussi cela: De la Nature Originelle, chuta le 1.

Il peina à travers les 7 phases d’-expériences, puis devint l’Ogdoade, le René, et finalement il fut le 9, le « Trois Fois Grand » (3×3=9), pour aboutir dans la Nature Originelle. (Le 10 n’est rien.)

Asclépios, le petit-fils d’Hermès, dit aussi:

« Le Dieu Créateur a formé le corps humain, comme le monde, à partir des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre, afin que leur combinaison harmonieuse en fasse une belle créature.

Il y mis en plus un Souffle céleste puissant qui provient de l’Esprit divin; et ainsi ce Souffle (Pneuma) reçut-il une petite « demeure » fragile, qui ressemble malgré tout au monde. »

Ainsi l’homme est-il semblable au monde, mais vivifié par une Flamme éternelle, et la marche éternelle des cinq planètes, ainsi que celle du soleil et de la lune – afin que l’être, bien qu’il fut semblable au monde, soit dominé par le même Noyau Divin.

L’axiome hermétique « Ainsi en haut, ainsi en bas » est clairement démontré ici; aussi l’idée hermétique qui dit que l’homme est à l’image du Macrocosme, et que, comme tout dans ce Macrocosme, il possède un « ordre spirituel », selon la quantité de Lumière ou selon l’intelligence qu’il a de cette Lumière, et par lequel toute la création est ordonnée. Ici, on peut se faire une idée de la classification des planètes: Jupiter est « bon » – Saturne est « mauvais » ou inférieur.

On peut ainsi également trouver la base alchymique par laquelle « L’inférieur doit se transmuer en supérieur ».

Ce qui est purement naturel, ne pourra pas devenir divin, mais est et reste dans cette nature.

Connaissez-vous les axiomes de la science hermétique?

Les anciennes idées s’y retrouvent:

Premier axiome: Ce que l’on peut accomplir simplement, ne doit pas être tenté par la voie difficile

Un monde plein de sagesse doit s’ouvrir maintenant devant nous.

Je l’ai déjà dit: C’est si simple! Une âme tombée, jadis divine, a le choix entre la divinité ou le satanisme, qui est de la divinité transmuée.

Si elle éprouve de la repentance ou de la compréhension vis à vis de cet état, qu’est-ce qui la sépare alors de la divinité?

Ne désignons pas encore et de nouveau ici l’égo, pauvre et aveugle, à la vindicte, ou comme étant le grand coupable! L’égo ne fait que suivre celui qui guide, aveuglément.

Il ne possède pas de Lumière en lui-même, il est éclairé comme par transparence; il est éclairé ou bien il est obscurci.

Deuxième axiome:

II n’y a pas de substance qui, sans une longue souffrance, ne puisse être parfaite

La souffrance purifie n’est-ce pas ?

Si elle fait autre chose en nous, c’est qu’il y a quelque chose dans notre intérieur, dans notre âme, qui fait défaut. Une « action » apporte des expériences intenses.

Le plomb qui doit devenir de l’or, devra beaucoup expérimenter.

Troisième axiome:

La nature doit être aidée par l’Art, si sa force est trop faible

L’Art est l’Enseignement à travers l’égo, pour que celui-ci retrouve le bon chemin, et devienne une nature pure, forte et équilibrée.

L’Art est l’Alchymie ;

la Transmutation du Tout.

La nature retourne à la nature, et l’Esprit retourne à l’Esprit.

L’Art et la nature doivent coopérer.

Quatrième axiome:

La nature ne peut rectifier que selon son propre état

La nature est la nature, et elle ne deviendra jamais l’Esprit. La nature ne peut s’identifier à autre chose, elle ne peut que ressembler à cette autre chose.

Ici, je pense à ce splendide exemple du diamant et du saphir : Le diamant est la pierre précieuse la plus élevée; il est, selon son appellation grecque « Adamas », invulnérable.

Mais le saphir peut lui ressembler, lorsqu’on le fond très doucement avec de l’or – le métal le plus élevé – Ainsi le saphir perd-il sa couleur bleue et devient clair comme de l’eau – brillant comme un diamant – mais il reste dans sa structure cristalline (son âme), un saphir. Il ne peut devenir l’autre.

Cinquième axiome:

La nature comprend et conquiert la nature

La nature peut tout entreprendre avec la nature. Il n’y a que l’âme – qui n’est pas de cette nature – qui lui reste incompréhensible.

Et l’on ne peut pas attendre autre chose d’elle. Ainsi, toutes ces méthodes provenant de cette nature, de l’égo, destinées à changer l’âme ou à la renforcer, sont-elles parfaitement inutiles.

Sixième axiome:

Celui qui ne connaît pas la vie, ne connaît pas la nature

Ceux qui ne se connaissent pas, qui ne connaissent ni leur organisme, ni les lois qui régissent leur être naturel, et qui même les repoussent, ceux-là ne vivent pas et n’ont pas alors part au mouvement éternel qui est la Vie.

Septième axiome:

On ne peut arriver d’une extrémité à une autre qu’à travers un médiateur

Le plus Haut et le plus bas ont besoin d’un médiateur pour s’unir l’un à l’autre. L’âme unit Dieu et l’homme. C’est pourquoi l’on doit d’abord être véritablement « homme »: nature – Porteur du mouvement éternel.

Huitième axiome:

Dans l’Alchymie, rien ne peut porter de fruits sans être mort au préalable

Si en nous se trouve encore présent un « petit roi de papier têtu », la Sagesse du Grand Roi ne pourra pas se démontrer.

Plus encore: On ne pourra pas être un prêtre-roi, ni un Hermès, ni un 9.

Le Neuf est le « UN » René; c’est la suffisance purifiée en Sagesse par la souffrance d’un chemin de dures expériences.

Neuvième axiome:

Où les vrais Principes sont absents, les résultats seront imparfaits.

Nous devons nous fonder sur une triple base: Dieu, qui est présent dans l’âme; celle-ci demeure dans une nature modeste et harmonieuse.

Sans ces trois Principes, on ne peut même pas penser à un Chemin spirituel.

Dieu doit demeurer en nous, et pas dans autrui. L’âme doit être clairement présente et vivante, et notre nature doit savoir s’arrêter de s’élever sur elle-même.

Et finalement, comme dixième axiome, une brève sagesse embrassant le tout:

Dixième axiome:

L’Art commence là où la nature arrête son activité

C’est le passage étroit; ici, il y en a beaucoup qui tombent. On considère souvent ce passage comme un début, sans avoir compris l’ensemble des autres axiomes.

L’homme présomptueux lit superficiellement ceci, et il commence par punir la nature, par la torturer, par la mépriser et même par la haïr.

Cependant, ces paroles ne veulent rien dire d’autre que ceci: La nature n’est en mesure d’accomplir que ce qu’elle peut accomplir selon son état – après cela, vient l’Identification avec la Lumière.

Mais avant que cela n’ait lieu, la nature doit être harmonieuse; car toute dysharmonie dans cette nature est un frein dans le processus de l’Art.

Aussi longtemps que nous sommes occupés à observer notre égo avec contrainte, à le traîner ou à le punir, nous serons et resterons des âmes stupides et de pauvres petites gens.

Que pouvons-nous alors parler encore de spiritualité ?

Le miracle de la nature est qu’elle sait transformer.

Le Miracle de l’Esprit, est qu’il s’Identifie.

La nature se perd dans la nature, et devient différente, mais elle reste toujours de la nature.

L’esprit s’adonne à l’Esprit, mais reste Esprit.

L’esprit est individuel – la nature est division : deux forces aveugles par lesquelles elle se transforme sans fin.

Le UN est UN, et à travers chaque nombre travaille la force de ce UN, pour finalement redevenir le Un qui est comme un Neuf.

C’est l’énigme – Et dans le 9, il y a 3 x 3.

D’abord la Lumière, ensuite le Choix, et finalement la Sagesse: 3 – 6 – 9 .

Et ensemble, ils font de nouveau: 3 + 6 + 9 = 9 : l’Ermite, l’Inaltérable, la Lumière de la Lumière, Omniprésent et Indivisible.

Un Mystère en soi. Hermès connaissait ce Secret.

Nous le connaîtrons si nous Le sommes.

Le 9, ce Soleil qui lie ciel et terre, et qui porte en Lui le Message divin, a besoin d’eux, qui lui sont dépendants.

Que cet exposé philosophique soit très proche de la réalité en nous-mêmes :

« Toutes les forces en moi louent le Un et le Tout-puissant, afin que la Gnose devienne Vivante en moi ».

 

SOURCE : le net (merci mon F:. Louis de cet apport)

IbisToth3

PHI LE NOMBRE D’OR 28 novembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

PHI LE NOMBRE D’OR
Le Secret des Mathématiques Egyptiennes

LES ETOILES  ROYALES
______

1,618 033 989
______

PHI LE NOMBRE D'OR dans Recherches & Reflexions vesicapisces

 

LA PROPORTION DIVINE


Le NOMBRE D’OR n’a rien d’extraordinaire dans la nature. C’est un nombre égyptien basé sur les mathématiques. Le NOMBRE D’OR est utilisé pour la fabrication des Pyramides et la lecture du ZODIAQUE égyptien. Il est représenté de façon occulte par les symboles du YIN-YANG, des POISSONS et on le retrouve dans le VESICA PISCIS. Il est un élément fondamental du ZODIAQUE mais aussi de la TERRE dans son cycle.Les légendes sur cette SPIRALE sont purement des histoires à dromir debout, leNOMBRE D’OR n’a jamais été utilisé par les artistes et les architectes jusqu’à ce que Matila Ghyka (avec en effet la bénédiction de Paul Valéry) en fasse rétrospectivement un mythe début XXe.


Golden-Spirale dans Recherches & Reflexions

 

En Egypte, les créateurs du ZODIAQUE égyptien représentent l’écliptique sous forme de SPIRALE et le LION (le Sphinx) semble mener la ronde. Nous savons que les mesures de la Grande Pyramide de Gizeh que l’on attribue à Khéops sont basées sur le NOMBRE D’OR. Les créateurs du ZODIAQUE démontrent encore que leur génie est sans limites, puisqu’ils ont placé un code secret sur le cercle. Cette formule mathématique est utilisée pour les SAISONS !


precession

 

Le NOMBRE D’OR se trouve plusieurs fois indiqué, les créateurs de DENDERAH ont donc réalisé avant de commencer à sculpter le bas-relief, un plan géométrique se basant sur le NOMBRE D’OR, comme pour la construction des pyramides. Les Grecs ne sont pas les seuls à s’être servi de la trigonométrie (3D). Mais il y a une autre SPIRALE, celle que forme la TERRE dans le cycle de la précession des Equinoxes, et cette SPIRALE est certainement celle du NOMBRE D’OR avec ses proportions.Voir : Secret du Zodiaque

 

ETOILE D’OR ET RECTANGLE D’OR

 

L’étoile à 5 branches est mathématiquement un élément du NOMBRE D’OR, l’étoile contient le RECTANGLE D’OR répété plusieurs fois. Tous ces rectangles ont exactement les même proportions et ils peuvent se reproduire à li’infini. Si l’on met bout à bout les deux lignes les plus courtes, elles deviennet égale à la troisième, et cette ligne montre les proportions magiques du fameux NOMBRE D’OR. Pareillement avec les lignes 2 et 3, une fois encore nous obtenons le NOMBRE D’OR.


pentacle-golden

 

Ce resctangle d’Or est dans les monuments Egyptiens, Mayas et on le trouve en Asie. Chez les Grecs, il s’est imposé comme un élément de la beauté dans leurs monuments et les statues. Il est présent dans la construction des Cathédrales et les tableaux des peintres comme un élément magique. C’est purement un NOMBRE mathématique lié aux cycles de la Terre, il n’est aucunement dans la nature un nombre merveilleux, pas plus que le cercle ou le carré, mais il est un nombre mathématique fantastique. Voir : Le Nombre d’Or

 

NOMBRE D’OR ET MONOLITHE

 

Dans l’épopée de GILGAMESH, le TAUREAU (Aldebaran) de l’épisode peut être comme un marqueur des âges zodiacaux quand l’épopée a été composée. L’âge du TAUREAU (Apis / Ptah en Egypte) a duré de 4300 AV.JC circa 2150 AV.JC circa. Cependant, si nous acceptons que Enkidu est la période des Néandertaliens, l’histoire du TAUREAU conduit à la mort de Enkidu, est plus probablement un codage du moment de l’extinction de l’homme de Néandertal.Cela nécessite l’achèvement d’un cycle complet de la précession des équinoxes, une « Grande Année » ou « Grand Retour » de près de 26.000 années, plaçant l’extinction de l’homme de Néandertal à quelque 32 000 années, et c’est exactement en phase avec les estimations actuelles.Le mythe par rapport à l’ancienne connaissance astronomique, avec les ARBRES DE VIE (les étoiles) symbolisent souvent l’AXE polaire de la Terre et sont des marqueurs de la Grande Année de la précession des équinoxes et de l’axe de la terre à travers les douze maisons du ZODIAQUE. Il se trouve aussi que la hauteur en coudées de la porte des temples est le nombre numérique 72, la valeur en nombre entier le plus proche pour le nombre d’années (71,6) requis pour une changement de précession d’un degré le long de l’écliptique.


nombre-or

 

Dans la mythologie égyptienne, Osiris est tué par les 72 laquais de Set. 12 est récurrent dans le texte (notamment le nombre de jours de la maladie d’Enkidu) avec son double 24 (la largeur de la porte du temple), est bien sûr le nombre de constellations dans le zodiaque, et la liaison de 72 à 24, pas 12, peut très bien avoir été employé pour indiquer la seconde, plus tôt l’âge du TAUREAU. Le nombre 30, figurant dans le texte de 300, est certainement le nombre de citoyens d’Uruk tués par le TAUREAU (100 puis 200), c’est le nombre de degrés d’arc que chaque constellation occupe le long de l’écliptique.Ainsi 72 années x 12 x 30 constellations degrés d’arc = 25 920 années, ou un grande année. GILGAMESH a apporté une histoire à partir d’un temps d’avant le déluge, c’est à dire, la fin de la dernière ère glaciaire, la préservation de notre histoire la plus ancienne dans la pierre. A l’intérieur de ce rectangle, leNOMBRE D’OR est inséré, il permet de lire numériquement les solstices. On retrouve ce rectangle un peu partout dans la publicité, les feuilles de papier, les édifices, etc..

 

golden
Monolithe et Golden Ratio : Des valeurs numériques du Zodiaque

 

ROS TAU

 

Le TAU vient du nom du plateau de GISEH en égypte qui s’appelait autrefois ROS TAU (Rose Croix), il est  » l’ emblème de tous les emblèmes « . Le symbole a été utilisé t en mathématiques pour représenter le NOMBRE D’OR jusqu’à ce que la lettre grecque PHI (F) acquise prominance (après la première lettre de Phidias, sculpteur célèbre du Parthénon). C’est un symbole mâsculin avec une forme de phallus. Le SERPENT d’AIRIN (25e degrès maçonique) du judaïsme est ainsi enroulé sur la croix de TAU. On retrouve ce symbole partout (Nations Unies, Medecine, etc.).


rostau

 

Le TRIPLE TAU (3T ou T3) est un symbole maçonnique important, le joyau du 33ème degré représente quatre TAUS formant une CROIX grecque, le QUADRUPLE TAU représente la grande croix dans les cieux. Il permet de lire correctement le ZODIAQUE égyptien dans le bon sens. CROIX ANK, la SVATISKA, le YIN-YANG, OHM, et tant d’autres symboles, sont des représentations de PHI.LeNOMBRE D’OR est la proportion, définie initialement en géométrie, comme l’unique rapport entre deux longueurs telles que le rapport de la somme des deux longueurs (a+b) sur la plus grande (a) soit égal à celui de la plus grande (a) sur la plus petite (b) c’est-à-dire lorsque (a+b)/a = a/b. Le découpage d’un segment en deux longueurs vérifiant cette propriété est appelé par Euclide découpage en extrême et moyenne raison. Le NOMBRE D’OR est maintenant souvent désigné par la lettre PHI.


spirale

 

Ce nombre irrationnel est l’unique solution positive de l’équation x2 = x + 1 soit approximativement 1,618 033 989. Il intervient dans la construction du pentagone régulier et du rectangle d’or. Ses propriétés algébriques le lient à la SUITE DE FIBONACCI et permettent de définir une « arithmétique du nombre d’or », cadre de nombreuses démonstrations. valeur

 

Le NOMBRE D’OR existe donc bien, mais il n’y a rien d’un NOMBRE extraordinaire créateur de l’univers ! Il s’agit de la proportion selon laquelle le rapport entre deux parties est égal au rapport entre la plus grande de ces parties et le tout. C’est un nombre irrationnel : (1 + v5) / 2. Soit 1,618 et un nombre infini de décimales.On le trouve notamment obligatoirement dans certaines figures géométriques comme rapport entre longueurs incommensurables. En particulier dans tout ce qui est pentagonal (au même titre que v2 intervient dans le carré, v3 dans le cube ou Pi dans le cercle). Il est lié à la suite de Fibonacci, qui est faite de nombres entiers correspondant à beaucoup de modèles de croissance, et qui tend vers leNOMBRE D’OR.Le nombre 154 est aussi beaucoup utilisé. Un cercle de diamètre 14 a le même périmètre qu’un carré de côté 11 et 14/11 est la racine carrée duNOMBRE D’OR, d’où l’importance du nombre 154 (11×14).LeNOMBRE D’OR est une fascination mathématiques utilisée par les sectes et la franc-maçonnerie. L’histoire de cette proportion commence à une période reculée de l’antiquité grecque. À la Renaissance, LUCA PACIOLI, un moine franciscain italien, la met à l’honneur dans un manuel de mathématiques et la surnomme DIVINE PROPORTION en l’associant à un idéal envoyé du ciel. Cette vision se développe et s’enrichit d’une dimension esthétique, principalement au cours des XIXe et XXe siècles où naissent les termes de section dorée et de NOMBRE D’OR.

 

LES ORIGINES

 

Le NOMBRE D’OR se trouve parfois dans la nature comme dans les capitules du tournesol ou dans certains monuments à l’exemple de ceux conçus par Le Corbusier. Il est aussi étudié comme une clé explicative du monde, particulièrement pour la beauté. Il est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique.Certains artistes, tels le compositeur Xenakis ou le poète Paul Valéry ont adhéré à une partie plus ou moins vaste de cette vision, soutenue par des livres populaires. À travers la médecine, l’archéologie ou les sciences de la nature et de la vie, la science infirme les théories de cette nature car elles sont fondées sur des généralisations abusives et des hypothèses inexactes.Les historiens considèrent que l’histoire du nombre d’or commence lorsque cette valeur est l’objet d’une étude spécifique. Pour d’autres, la détermination d’une figure géométrique contenant au moins une proportion se calculant à l’aide du NOMBRE D’ORsuffit. La pyramide de Khéops (vers 2520 av. J.-C.) devient, selon cette dernière convention, un bon candidat pour l’origine. D’autres encore se contentent des restes d’un monument dont des dimensions permettent d’approximer le NOMBRE D’OR. Selon ce critère, un amas de pierres sous la mer des Bahamas est une origine plus ancienne. Ces vestiges, dont l’origine humaine et la datation sont incertaines sont dénommés TEMPLE D’ANDROS. Voir : Ruines dans les Caraibes

Les historiens s’accordent tous sur l’existence d’une origine ancienne, mais l’absence de document d’époque définitif interdit une connaissance indiscutable de l’origine. Dans ce cadre, l’hypothèse est parfois émise que le nombre d’or a son origine chez les pythagoriciens : ils auraient connu et construit empiriquement le dodécaèdre régulier. Les pythagoriciens connaissaient déjà une construction du pentagone à l’aide de triangles isocèles. À cette époque, l’étude du nombre d’or est essentiellement géométrique, Hypsicles, un mathématicien grec du IIe siècle av. J.-C., en fait usage pour la mesure de polyèdres réguliers. Elle revient chaque fois qu’un pentagone est présent.

Le premier texte mathématique indiscutable est celui des Éléments d’Euclide (vers 300 av. J.-C.). Dans la 3e définition du Livre vi, le nombre d’or est défini comme une proportion géométrique. Sa relation avec le pentagone, l’icosaèdre et le dodécaèdre régulier est mise en évidence. Il est donc lié aux problèmes géométriques déjà résolus par les les pythagoriciens, mais selon l’historien des sciences Thomas Heath (s’appuyant sur Proclus), c’est probablement PLATON qui en avait fait ensuite un sujet d’étude spécifique.

Les mathématiques arabes apportent un nouveau regard sur ce nombre, plus tard qualifié d’or. Ce n’est pas tant ses propriétés géométriques qui représentent pour eux son intérêt, mais le fait qu’il soit solution d’équations du second degré. Al-Khawarizmi, un mathématicien perse du VIIIe siècle, propose plusieurs problèmes consistant à diviser une longueur de dix unités en deux parties. L’un d’eux possède comme solution la taille initiale divisée par le NOMBRE D’OR.

ABU KAMIL propose d’autres questions de même nature dont deux sont associées au nombre d’or. En revanche, ni pour Al-Khawarizmi ni pour ABU KAMIL, la relation avec la proportion d’extrême et moyenne raison n’est mise en évidence Il est difficile de savoir si la relation avec le nombre d’or était claire pour eux.


naissancevenus

Les dimensions de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli respectent assez précisément la divine
proportion. Il est pourtant très peu probable que cela indique une quelconque volonté de l’auteur.

 

Au Moyen Âge, LEONARDO PISANO, plus connu sous le nom de FIBONACCI, introduit en Europe les équations d’ABU KAMIL. Dans son livre Liber Abaci, on trouve non seulement la longueur des deux segments d’une ligne de 10 unités mais aussi, clairement indiquée la relation entre ces nombres et la proportion d’EUCLIDE. Son livre introduit la suite qui porte maintenant son nom, connue « aux Indes » depuis le VIe siècle. En revanche la relation avec le nombre d’or n’est pas perçue par l’auteur. Un élément de cette suite est la somme des deux précédents. Trois siècles plus tard, LUCA PACIOLI rédige un livre dénommé La DIVINE PROPORTION, illustré par LEONARD DE VINCI. Si l’aspect mathématique n’est pas nouveau, le traitement de la question du NOMBRE D’OR est inédit.

 

NOMBRE D’OR ET PYRAMIDE

 

La pyramide de Kheops a des dimensions qui mettent en évidence l’importance que son architecte attachait au nombre d’or. Le rapport de la hauteur de la pyramide de Kheops, mesurée par Thalès de Milet (-624 ; -548) par sa demi base est égal au nombre d’or. Les proportions géométriques de la Grande Pyramide de GIZEH présentent certaines qualités également remarquables, souvent évoquées, telles les deux valeurs PI et PHI (le nombre d’or).On trouve en particulier la première dans le rapport de la hauteur h au demi-périmètre de base p , soit h/p = 22/7 = 3,1428, nombre très voisin de PI = 3,1416, et la seconde dans le rapport de l’apothème x à la demi-base b , soit x/b = 8,9023/5,5 = 1,618, qui est égal à (1 + racine carré de 5)/2, exactement leNOMBRE D’OR. On y trouve également le mètre, la vitesse de la lumière, la vitesse de rotation de la terre et une carte du ciel indiquant les EQUINOXES.


pyramide

 

LE NOMBRE D’OR DANS LA NATURE


Le Nombre d’Or n’est Aucunement un Nombre Merveilleux de la Création

 

Dans le monde végétal, les écailles des pommes de pins engendrent des spirales particulières, dites logarithmiques. Ces spirales se construisent à l’aide d’un nombre réel non nul quelconque. Si ce nombre est égal au NOMBRE D’OR, les proportions correspondent à la moyenne et extrême proportion d’EUCLIDE et la SUITE DE FIBONACCI apparaît. Ce phénomène se produit sur les étamines d’une fleur de tournesol. La présence du NOMBRE D’OR n’est pas controversée dans ce cas mais ce n’est pas exactement la divine proportion. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR dans la nature ! En biologie, l’ordonnancement des écailles d’une pomme de pin ou de l’écorce d’un ananas induit des spirales ordonnées par des nombres entiers, souvent associés au NOMBRE D’OR. Sur la POMME DE PIN on observe 8 spirales, chacune formée de 13 écailles dans un sens et 13 spirales formées de 8 écailles dans l’autre sens. Les proportions de ces spirales ne sont pas très éloignées de celles d’une SPIRALE D’OR. C’est exactement pareil pour le NAUTILE, tout ce qui ressemble à une spirale est attaché à la divine proportion, mais elle ne figure pas vraiment ! Les nombres 8 et 13 sont deux nombres consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI et leur rapport est proche du nombre d’or. Un phénomène analogue se produit avec les étamines des TOURNESOLS, cette fois avec les couples d’entiers (21,34), (34,55) et (55, 89). Chacun de ces couples correspond à deux entiers consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI.


pin_or

 

En minéralogie, il existe des cristaux dont les atomes s’organisent selon un schéma pentagonal. Les proportions entre les côtés et les diagonales du pentagone font intervenir le NOMBRE D’OR. Il est aussi présent dans des structures dites quasi cristallines. Les atomes dessinent des TRIANGLE D’OR qui remplissent l’espace sans pour autant présenter de périodicité, on obtient un pavage de Penrose. Pour la même raison que précédemment, le NOMBRE D’OR est présent et l’on retrouve la SUITE DE FIBONACCI. Le pentagone n’est pas présent dans tous les cristaux. La structure cubique à faces centrées d’un diamant ne fait pas intervenir le NOMBRE D’OR. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR ni PROPORTION D’OR ni SUITE DE FIBONACCI dans l’étude de la spirale logarithmique correspondante comme celles que forment la coquille du mollusque le NAUTILUS, les yeux sur les plumes d’un paon ou encore certaines galaxies, ce sont des légendes urbaines afin de mieux cacher les mystères du ZODIAQUE égyptien. Voir : Invention des Religions

 

LE CORPS HUMAIN


Une théorie minoritaire et controversée

Le corps humain est un enjeu souvent corrélé à celui du NOMBRE D’OR. Il comporte différentes facettes. Tout d’abord scientifique, la question mainte fois posée est de savoir si le corps, à l’image de la fleur de tournesol, possède une relation plus ou moins directe avec le NOMBRE D’OR. En terme artistique, la divine proportion est-elle utilisable pour représenter le corps ? Il existe enfin un enjeu esthétique. Si le nombre d’or, comme le pense le compositeur Xenakis, est relié à notre corps, son usage peut être une technique pour obtenir de l’harmonie. Albrecht Dürer développe un module dans le même esprit que l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Le sien utilise un système de division par dix. La première corrélation recherchée est dans les dimensions du corps humain. Elle débouche sur la tentative d’un système de mesure construit à l’aide du seul nombre d’or. Zeising fonde toute une anatomie sur cette arithmétique. Après un vif effet de mode, cette approche est finalement abandonnée. Ses proportions sont à la fois trop imprécises et ne correspondent que trop mal à l’anatomie du corps humain. Les proportions du crâne, par exemple, ne sont pas réalistes. D’autres raisons, plus profondes encore, sont la cause de l’abandon d’une démarche de cette nature. L’anatomie médicale n’est pas à la recherche d’une proportion particulière, mais des limites qui, si elles sont dépassées deviennent pathologiques. Elle utilise des fractions simples ainsi que des plages de longueur, mais jamais le NOMBRE D’OR. Là où certains voient une divine proportion, comme dans le rapport de la longueur de l’avant-bras sur celui de la main, l’anatomiste scientifique calcule le rapport entre la longueur de la main et celle de l’avant bras, il voit 2/3. La différence entre les deux approches, inférieure à 8 %, ne lui paraît pas justifier une telle complexité, au vu des variations observées entre les individus. Stephen Jay Gould, un paléontologue, a montré à quel point les mesures anthropométriques visant à étayer les doctrines de cette époque étaient biaisées par leurs auteurs. Une autre raison est que les dimensions d’un être humain sont en constante évolution. En un siècle, la stature du Français moyen a augmenté de 9 centimètres, et cette croissance n’est pas uniforme. Le jeu des proportions d’un corps humain est essentiellement dynamique, cet aspect rend difficile d’imaginer une proportion unique, clé universelle de l’anatomie humaine. Une approche de cette nature, trop normative et intemporelle, n’a pas beaucoup de sens scientifique en anatomie. Si cet axe de recherche n’est plus d’actualité, cela ne signifie pas l’abandon de la quête du NOMBRE D’OR dans le corps humain. Le cerveau est maintenant source d’attention. Cette théorie reste minoritaire et controversée.

Les contraintes artistiques sont de natures différentes. Les artistes, attentifs au travail des médecins, ont imaginé des modules ou systèmes de proportions, propres au corps humain. Le désir de le représenter impose une démarche de cette nature. Un très ancien module est celui des Égyptiens, la classique proportion qu’est le rapport de la taille complète à la hauteur du nombril est estimée à 19/11, relativement loin du NOMBRE D’OR.

Les modules sont, en général, purement fractionnaires. Tel est le cas de celui inventé par les Égyptiens, par Polyclète, qui nous est rapporté par Vitruve, de celui de Cousin, de Vinci ou de Dürer . Il est néanmoins difficile d’en déduire que Dürer croyait en un canon universel. Il initie une conception fondée sur la pluralité des types de beauté, ayant chacune ses proportions propres.

 

SYMBOLES DU NOMBRE D’OR


Une Clef Occulte pour ouvrir le Stargate

Les symboles du NOMBRE D’OR sont nombreux. Pour lire le ZODIAQUE la CLEF est symétrique ou en forme de SPIRALE. Il y a le fabuleux YIN-YANG asiatique utilisé par les sectes et sociétés secrètes , comme avant eux les rois avec la FLEUR DE LYS, mais aussi la POMME (pomme rouge puis Or quand elle est coupée), la POMME DE PIN, le VESICA PISCIS, le CADUCE, une CLEF ou une SERRURE, une DOUBLE ECLIPSE, la fleur de TOURNESOL, etc..

 

APPLE


L’héritage de Steve Job

 

Le CODE est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique. Nous pouvions sentir une l’élégance délibérée, réfléchie, créative, simple, modeste, parfaite et intemporelle chez Steve Job. Le génie nous donne le code mathématique du NOMBRE D’OR dans son logo et invite à croquer la POMME.Chaque courbe du logo respecte scrupuleusement les contours de cercles aux proportions de la divine proportion. Apple ne s’est pas contenté d’appliquer cette règle à son logo principal, il l’applique également à ses autres services. Twitter s’est servi de la spirale de Phi pour construire la structure de sa page.Voir :Le Secret de l’Etoile Rouge


apple

 

 


Il ya une différence entre le fruit de la connaissance et le fruit de l’arbre de vie.
Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin

SOURCE : http://secretebase.free.fr/religions/golden/golden.htm

Tableau de loge et lois de correspondances 10 octobre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Tableau de loge et lois de correspondances dans Recherches & Reflexions

Tableau de Loge

Illustration des structures de l’imaginaire initiatique des bâtisseurs.

Nous de décrirons pas en détail les objets symboles figurant sur le Tableau de loge, mais plutôt les structures de l’imaginaire maçonnique associées à sa lecture. Nous ne rechercherons pas l’origine historique du Tableau sachant qu’on en publie dès les premières divulgations et que sa présence servait de support à « un regard ésotérique » dès le XVIIème Siècle[1]. Nous tenterons de démontrer que ce Tableau n’est pas seulement un résumé symbolique du grade considéré, il serait aussi la figure centrale de la loge, le point d’ancrage de la mémoire collective des maçons.

Le Tableau de loge est une image narrative composée de nombreux objets symboliques liés à l’art de bâtir ou à l’architecture. Cette collection d’objets se combine pour donner un sens opératif, symbolique et métaphorique au Tableau. Cette lecture symbolique se dédouble en construction de soi et peut-être en construction d’un monde idéal.

Le Tableau de loge et la loge illustrent un langage initiatique qui ouvre sur une spiritualité. D’ailleurs le symbole n’est-il pas l’évocation en soi de l’invisible et de l’abstrait ?

Cette spiritualité est celle des maçons bâtisseurs d’édifices sacrés, reliant depuis l’antiquité l’homme au subterrestre, au terrestre et au céleste avec l’idée d’accueillir ou d’évoquer la puissance divine venue d’en haut…

C’est à ce titre que nous rechercherons en quoi le Tableau de loge[2] serait une table de correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, sans oublier que cette correspondance se fait aussi en nous.

Nous examinerons la participation du Tableau de loge aux mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique (1), et comment ce Tableau permet l’accès aux lois de correspondances (2).

 

I/ Les mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique :

 Comment s’organise la transmission autour du tableau de loge ?

 

a/ L’apprentissage d’une mémoire traditionnelle.(Devoir de mémoire communautaire)

Nous sommes dans une société traditionnelle qui repose sur la transmission. Il ne peut y avoir de transmission initiatique sans séparation, sans mémoire[3] et sans participation[4].

 Pour mémoriser et transmettre un vécu initiatique, le franc-maçon utilise différentes techniques significatives d’un langage réservé :

  • les techniques graphiques[5] de l’image symbolique, du tracé à la craie et au charbon, que l’on efface fin de tenue,  technique du dévoilementvoilement.
  • les décors signifiants et une topographie tripartite séparant par une porte l’intérieur et l’extérieur.
  • le récit, le  langage verbal et non verbal, incompréhensibles au profane
  • le  mime et la geste du grade fait à couvert.

L’ensemble combiné donne une « incorporation » du symbole : c’est donc une abstraction ou une absence qui prend « corps » par le vécu initiatique[6].

En effet, on « incorpore » cette langue et cette vision symbolique par la geste du grade, par ses pas, ses signes, postures et circulations. De plus le catéchisme récité et le tracé du Tableau ou son dévoilement,  fondent une communauté d’expérience fondée sur le contraste[7]. Les éléments graphiques du Tableau font allusion à 4 bipolarisations[8] qui font naître ou apparaître un troisième terme « ordonné » qui ne peut être que l’HOMME:

 ► la relation entre le plan terrestre et le ciel enfante la vie sous l’égide de la Lumière, les cycles cosmogoniques, lune-soleil, colonnes solsticiales dont la loge est témoin,

 ►  la relation entre la matière transformée et  l’esprit qui enfante une pierre cubique symbole de perfectionnement en opposition à l’informe au 1er degré, puis l’association des unités en entité commune au 2em degré et enfin la fin de la forme et la transmission de l’esprit au 3eme degré.

 ► la relation entre outils et instruments et l’œuvre à accomplir qui enfante l’autoréalisation (réalisation de soi autour d’un centre universel et particulier) en opposition à l’hybris décentrée et chaotique,

 ►  la séparation de l’espace sacré et ordonné (murailles du temple, porte) du monde profane désordonné qui enfante : 1/ sur le plan horizontal l’union des FF[9] (corde à nœuds, houppe dentelée, grenades) en opposition au monde profane sans filiation et  2/ dans l’axe vertical la relation au divin, transcendance, spiritualité (temple maison du divin), en opposition au monde conflictuel[10], sans foi ni loi.

Ainsi le Tableau de loge est une puissante image mémorielle, un condensé des éléments de langage[11] témoignant d’une identité[12] et d’une intention commune se résumant en un paradigme[13] : construire le Temple.

Quelle est l’influence de ce tableau sur notre vision ?

 

b/ La représentation du réel en loge – transposition de l’image

Avec le symbole l’irréel prend corps ! Robert Ambelain disait : « il n’y a pas de plus grande initiation que la réalité ». Le tableau de loge par sa mémorisation joue un rôle dans notre vision. Suivant les rites on dévoile le Tableau de loge en même temps que Sagesse Force et Beauté sont allumées. L’image est ainsi « éclairée » « révélée [14]» au FF de l’atelier par une Lumière venue de l’Orient. Le dévoilement est équivalent au tracé fait à la main, ce serait une recréation du monde, un ordonnancement de l’informe !

Tout ce que nous sentons, voyons, pensons, articulons, est issu de la perception de nos 5 sens et se traduit en une représentation mentale du réel. Le réel au grade d’apprenti est recomposé dans l’idée de la connaissance de soi par l’image d’une pierre que l’on dégrossit.

Pour l’homme il n’y a pas de réalité sans représentation de celle-ci en son for intérieur. Là , notre réalité est la transposition d’un réel objectivé en réel humain doté de sens et d’essence. Ici le for extérieur (décors et images) opère sur le for intérieur (représentation mentale)[15].

L’initiation est donc l’apprentissage d’un réel profond, ou d’un réel augmenté par l’analogie et l’imagination créatrice de l’homme. C’est précisément ce que nous offre le Tableau de loge : une imagination créatrice « orientée » et « ordonnée » par la conscience éclairée et « concrétisée » par l’acte de bâtir un temple, fut-il intérieur.

En loge s’opère la « magie[16] » de la représentation graphique de l’objet[17] et de sa transposition symbolique. Le réel dit « matériel » n’est alors plus que l’enveloppe extérieure d’une réalité tout intérieure !

 

c/ Vivre le symbole : technique d’autotransformation

L’aspect physique dans le développement du rituel est capital, c’est ce qu’on appelle la geste orthopraxique du maçon. Le Tableau de loge illustrant le grade y joue un rôle important:

1/ Par ses pas, comme dans toute société traditionnelle, le maçon marque le temps et une déférence au groupe (trois pas = trois ans, ►introduction spatiotemporelle). C’est l’intégration comportementale du maçon dans un espace spécifique de la loge. Le Tableau illustre cet espace ternaire et sacro-temporel.

2/ Par ses bras le maçon va faire naître la forme ou l’état (tailler la pierre ► intégration du maçon dans le monde des formes et donc ici dans l’univers formel des bâtisseurs du sacré : loge/temple)[18] . Le Tableau illustre la transformation.

3/ Par le crâne sera insufflé le privilège de la lumière et de la conscience individuelle et collective (►conscience éclairée= étoile ou triangle). Le Tableau illustre la lumière.

4/ Par ses mots le maçon raconte la légende commune et récite le catéchisme ce qui permet de lire symboliquement. (►langue sacrée). Le Tableau est un langage symbolique

Le Tableau de loge est une image représentant une combinatoire d’objets matériels et symboliques qui participent aux 4 points de l’incorporation physique,  transcendée par le rituel et la verbalisation légendaire du grade[19].

Ainsi l’image devient « narrative »[20]et participe d’une pensée collective[21] et d’une geste commune. D’extérieure à soi, la métaphore de la construction produit des effets en nous.

Devenir et être le symbole, c’est accepter de faire évoluer le regard que l’on porte sur la réalité et prendre conscience de son être. La lecture du rébus symbolique du Tableau de loge est une lecture de soi ainsi que le point d’entrée dans une société d’initiés[22] (incorporation tribale).

Nous conclurons par un constat : le secret maçonnique est personnel et relatif à nos capacités cognitives qu’il s’agit de développer. Notre fonction analogique augmente nos capacités.

Le Tableau de loge nous donne des clefs de lecture des symboles nous permettant d’accéder aux schèmes de la représentation mentale et nous ouvre à la spiritualité des bâtisseurs du sacré.

Ainsi trois plans sont désormais en reliance grâce au Tableau de Loge : le plan physique, le plan mental et le plan spirituel.

II/ Tableau de loge matrice des lois de correspondances.

La force du tableau est de proposer une construction reliante et structurante plutôt que rien. Ce Tableau calme l’angoisse de l’homme en proposant une méthode et une action collective et individuelle en comblement d’un manque éthique ou métaphysique. Le tableau est sous l’effet des lois de correspondances. Ces lois restent à la base de toutes approches symboliques, car elles mettent en relation différents plans[23] matériels, mentaux et spirituels. Or l’art de tailler sa pierre ou de bâtir un édifice « sacré » permet des analogies, des associations entre ce qui est matériel et ce qui est spirituel et humain. C’est une méthode d’ordonnancement des plans superposés ayant un centre traversé par un même axe paradigmatique. Par la correspondance analogique on relie que ce qui est en haut à ce qui est en bas, mais aussi le ciel et la terre , l’esprit et le corps, l’intérieur et  l’extérieur, l’inconscient et le conscient , le caché et le visible , la cause et la conséquence, la pensée et la matérialisation, l’inconnu et le connu. Voici donc notre franc-maçon en capacité de lire ce réel augmenté sans autre effort que la mise en relation des plans par son imagination créatrice et sa bibliothèque de schèmes.

 Comment le tableau de loge peut se prêter aux analogies ?

 

a/ L’art de bâtir entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste.

Par sa situation « géocentrée » dans la partie centrale de la loge, le Tableau est un point d’intersection parfait entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste. Ce réceptacle d’images, véritable lieu de la reliance, est posé au centre de la loge à la croisée[24] de l’axe de la lumière orientale, de l’axe qui relie les colonnes du Septentrion et du Midi et de l’axe reliant le Zénith au Nadir (axis mundi).

Le Tableau ou tapis de loge serait un creuset où se combinent tous les signifiés (représentations mentales) et tous les signifiants[25] (ici les objets référents). Sa lecture se fait comme un alphabet universel qui rayonne dans les six directions[26].

Les signifiants et signifiés étant relatifs aux grades nous devons en conclure ce qui suit :

La superposition des tableaux de loge et la superposition des grades, valident les effets de reliance et donc confortent les lois et tables de correspondances. De plus le Tableau de Loge par le jeu de l’incorporation symbolique et l’intention commune, établit définitivement une homologie[27] entre le Temple et l’homme.

Relativement au paradigme de la construction d’un bâtiment sacré, on remarquera que le tableau « concentre » en un seul point tout les matières, plans, outils et instruments nécessaires à la « réalisation » par la reliance.

 

b/ Un tableau réceptacle de 3 influences :

1/issu du subterrestre : via la pierre brute extraite de la carrière, ou du minerai servant à fondre les colonnes. Ces éléments subterrestres sont les puissances souterraines que l’homme se doit de maîtriser (trouver la pierre cachée). À l’évidence un parallèle doit être fait avec la sortie du cabinet de réflexion[28].

2/ issu du céleste : représentation du Soleil et de la Lune et parfois de l’Étoile.  Ils marquent la durée, le temps, les rythmes et les saisons, mais aussi toutes les analogies liées à l’ombre et la lumière que ressent le bâtisseur, ou liés au principe émetteur et au principe récepteur qui s’unissent dans un troisième terme[29], etc. Le soleil naissant fut pendant longtemps une représentation du divin[30].

3/ issu du plan terrestre, pour porter le dessin/dessein du plan et l’élévation des bâtiments sacrés. L’intention des bâtisseurs[31]est de conjoindre matière et l’esprit sur le plan solaro-terrestre[32] en faisant apparaître une dimension spirituelle dans la matière comme dans l’homme.

C’est donc en ce point « hyperdense », à la fois géocentré (Tableau physique) et égocentré (Tableau mental)  que se réalisera le travail de l’apprenti puis le chef d’œuvre du bâtisseur 

 

c/ Apport pratique du Tableau de loge :

Ce tableau ne serait-il pas un miroir de soi et un miroir du monde ? Une affaire de point de vue !

 

Le récit de la construction de soi

Se réaliser soi-même grâce à la lumière : Le Tableau de loge est un diagramme symbolique éclairé et graduel (un plan à plusieurs niveaux de lecture !), car il est posé sur le pavé mosaïque qui suscite une tension créatrice, une vibration.

Transposé en soi (la conscience de l’être), le Plan-Tableau (ou grille de lecture) devient une pensée qui se transforme en volonté graphique « éclairée » c’est-à-dire douée d’une intention qui « élève » l’être vers une spiritualité, et il ne reste plus qu’a « réaliser » le modèle dessiné sur le Tableau de notre projection mentale. Cette dernière phase sera l’action sur nous même et dans le monde. Pensée, Volonté, Action ici « imagées » sont les trois phases de la réalisation de soi induites par le Tableau : ainsi la taille de la pierre devient connaissance de soi[33] par la connaissance de nos limites (limites d’exercice du tableau) et l’introspection (centre hyperdense du tableau)!

L’autre aspect de cette intériorisation de la grille de lecture est de réveiller en soi les vieux schèmes et archétypes[34] qui fondent l’inconscient collectif[35]. Par ce biais c’est toute l’évolution de la conscience humaine qui est mise à contribution. Ainsi tenter de tailler sa pierre ou de construire le Temple revient à tenter de se construire et perfectionner avec une conscience éclairée.

 

 Faire descendre le ciel sur terre et en l’homme.

La descente du ciel sur terre est un vieux schéma universel qui s’associe avec la conscience du Tout et l’idée du Divin. L’idée est séduisante pour l’homme qui se voudrait universel ! ici nous tentons l’Unité ontologique. Il s’agit d’une esthétique liée à la fonction verticalisante du bâti sacré.

La plupart des temples et édifices sacrés sont construits à la croisée des chemins telluriques (failles, réseaux d’eau souterraine et cryptes), solaires (decumanus,  processus du cardo et l’ombre portée[36], avec l’aspect solsticial)  et célestes (processus du Templum), etc. Ici se rencontre la synthèse d’une totalité symbolique[37] . Le Tableau de loge nous donne le mode d’emploi, les moyens et le plan sur lequel nous devons bâtir progressivement une reliance au Tout : c’est ainsi que le Tableau de loge incite à la métamorphose du regard et donne accès aux états supérieurs de l’Être[38] ! 

Nous retiendrons que la pierre taillée de l’apprenti annonce l’image archétypale de l’Imago Templi qui porte la construction physique mentale et spirituelle des francs-maçons, authentiques pierres vivantes de cet édifice sacré. Cette image dépasse l’apparence et s’inscrit dans une dimension polaire donnant au « perspecteur » une « transfiguration » de la forme.

 

Par le Tableau de loge, et par la taille de sa pierre, le franc-maçon affirme son intention de s’unir à la totalité en reproduisant pour lui-même (dimension éthique) et pour le monde visible et invisible (dimension métaphysique) une analogie symbolique.

Ce Tableau architecturé, centré, « éclairé » et ordonné est un réceptacle qui permet d’appréhender une méthodologie, un paradigme et les fameuses lois de correspondances si chères aux maçons-symbolistes, aux hermétistes et aux métaphysiciens. Il suggère une « spiritualité construite[39] »agissante, car la fonction de la loge est d’éveiller sur les trois plans, physique mental et spirituel, des maçons qui tailleront leur pierre et bâtiront un Temple pour la Lumière[40] !                                                       

Er.°. Rom.°. 01/07/6018

[1] Pierre Mollier avant propos de l’ouvrage de Dominique Jardin « Voyage dans les Tableaux de Loge ed Jean Cyrille Godefroy 2011 P11/12

[2] Le Tableau de Loge n’est pas la seule table de correspondance, dans la loge il en existe trois autres : la majeure est celle de l’autel du Vénérable qui reçoit en direct la lumière venue de l’orient alors que dans le Hékal elle n’est qu’indirecte (hypostase). Les deux autres sont les abaques situés au sommet des colonnes J et B et qui supportent les grenades résumant les phases des générations successives des Maçons, et enfin au plan individuel nous notons que chaque tablier est une table de correspondance avec ses éléments de langages à un grade donné.

[3] Voir dans ce sens Frances Yates : L’Art de la mémoire (1966), Paris, Gallimard, 1987, L’auteure démontre qu’à partir de Giordano  Bruno l’image mémorielle pouvait porter une valeur mystique ou hermétique. Voir aussi les Statuts de Schaw 1599 qui ont conforté le devoir de mémoire dans les loges écossaises. On remarquera que pour les Anciens Devoirs l’art de mémoire, la géométrie et les arts libéraux étaient la base de la transmission.

[4] Nous reprenons les propos d’Alain Touraine sur l’observation participante en anthropologie, il s’agit de « la compréhension de l’autre dans le partage d’une condition commune »,( Street corner society, la structure sociale d’un quartier italo-américain, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 1995). L’expression nous semble adaptée au contexte initiatique où l’apprenti observe en silence tout en étant présent et acteur influent sur le milieu.

[5] L’épure tracée sur une aire en plâtre de la chambre des traits par pincement de cordeaux tendus, préfigure le soubassement du tableau de loge : le Pavé mosaïque. Le placement d’une échelle est un préalable à l’apparition de l’image.

[6] Le vécu initiatique est une orthopraxie de la reliance de l’individu au groupe, du groupe à l’intemporel, de l’Homme au tout. Sur la reliance appliquée à la franc-maçonnerie voir notre article : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2015/02/le-secret-initiatique-de-la-divulgation-a-la-revelation-notion-de-reliance.html

[7] Le contraste est ici un contraste d’état générant une tension. Cela n’a rien d’étonnant dès lors que le Tableau de loge est posé sur un pavé mosaïque ! Cette tension va tendre vers un but qui est dessiné sur le tableau : c’est ici la définition de l’intention commune, au premier degré il s’agit de tailler sa pierre.

[8] Notons que ces 4 bipolarisations se dédoublent en lecture éthique (petits mystères) et métaphysique (grands mystères). http://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/10/petits-et-grands-mysteres-apercu.html

[9] La concentration des regards vers le centre de la loge revêt une fonction agrégative que l’on retrouve dans la chaîne d’union qui scelle une proxémie appelée « fraternité ». Le tableau de loge devient le support de « l’être-ensemble ». Sur cette notion : Michel Maffesoli « Le temps des tribus » la table ronde octobre 2000, p 75

[10] Rappelons que la maçonnerie spéculative s’est formée dans un contexte de conflit religieux menant à l’exil des Stuarts en 1688 à Saint-Germain-en-Laye.

[11] Les éléments de langages présents sur le tableau de loge se combinent de multiples façons les uns aux autres. On peut ainsi mémoriser le chemin narratif du grade en lisant dans un certain ordre les images posées sur le plan. Il faut noter que ce vocabulaire symbolique issu des images est le langage commun des maçons de la loge. L’appartenance traditionnelle à un clan, une tribu, une loge d’artisans se détermine par les éléments de langage, leurs prononciations et la manière de les agencer.

[12] L’identité commune s’exprimera par l’âge symbolique, les mots de passe et mots sacrés ou les signes qui tous ensemble contribuent à une hiérarchisation du métier par l’accès progressif à la connaissance (savoir-faire/savoir-être.)

[13] Le paradigme se définirait comme l’ensemble d’expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Ce système de représentation du bâti sacré lui permet de définir une méthode graduelle avec ses sources, son histoire et son actualité. Ce système part des fondations jusqu’à la clef de voûte et reste doté un langage spécifique et de moyen d’actions universels (outils et instruments).

[14] Le terme « révélation » s’entend : rendre l’invisible visible, faire apparaître l’image, ce qui est le propre du symbole mis en scène. Cette révélation venue de l’Orient n’est rien d’autre qu’une hypostase de la puissance divine « invisible » dont on sait qu’elle passe par la porte orientale. Le Tableau représente alors l’autorité surplombante qui se manifeste à nos yeux. Ici on exprime par le visible l’invisible. L’image du Tableau de loge est donc une dégradation lisible de la puissance manifestée avec l’avantage de ne pas anthropomorphiser l’image du divin. Seule l’intention de tailler sa pierre ou de bâtir le temple dans le monde et en soi transparaît dans Tableau de loge.

[15] Précisément la spiritualité du franc-maçon est construite au sens propre comme au sens figuré. La méthode d’approche du réel est donc influencée par les images mémorielles qui influencent la vision du maçon. En sa qualité d’image mémorielle « commune » ou « tribale » le tableau de loge est identitaire.

[16] Le terme « magie » doit être compris dans son sens initiatique : faire naître et apparaître l’image en soi.

[17] Cette représentation porte bien plus loin que sa fonction profane. En effet, le signifié symbolique de l’objet raisonne avec le sens du récit légendaire « agissant » : sortir de la caverne, se connaître soi-même, tailler sa pierre, bâtir un temple à la vertu…

[18] Voir Leroi-Gourhan, « Les gestes et la parole 2 La mémoire et les rythmes », Albin Michel, février 1965 P 136.

[19] L’image issue de la scolastique, fut privilégiée par les rituels issus des Anciens Devoirs catholiques qui reconnaissant les Saints et leurs attributs et qui donnait à comprendre l’eschatologie par l’image (voir les tympans des cathédrales). Le texte et donc la lecture directe (sola scriptura) furent privilégiés par les rituels calvinistes ou presbytériens du « mot de maçon –Masson Word ».

[20] Autre image narrative bien connue : le blason en chevalerie et les armes parlantes.

[21] Cette pensée collective est plus que l’addition des pensées individuelles… Une grande part de notre cerveau est dédié à une participation collective. Il y aurait un cerveau tribal qui serait la mise en phase des cerveaux individuels.

[22] Cette incorporation au groupe et la troisième phase décrite par Arnold Van Gennep (Les Rites de Passage, 1909). La lecture du tableau de loge par l’apprenti correspond à la phase rituelle « agrégative » au groupe et à sa renaissance symbolique sous couvert d’une langue spécifique et d’une intention commune. Cette phase postliminaire dite de renaissance fait suite à la 1ere dite préliminaire qui a pour objet « la mort symbolique » suivie de la 2ème qui à trait à la « désagrégation ».

 

[23] Le Tableau de loge est un plan qui se superpose à d’autres. Il est le lieu de « la transe » et donc de la concentration des possibles soit une photographie de l’un des états de la manifestation. Les termes trans/formation, trans/position, trans/fert, trans/mutation, trans/figuration, etc. ; naissent en ce point de rencontre entre la forme, le sens et l’essence.

[24] « La croisée » est le terme qui reprend l’image symbolique de la structure universelle de la croix tridimensionnelle, utilisée comme chrisme ou comme structure absolue (voir Abellio Raymond : «La Structure absolue. Essai de phénoménologie génétique. Collection Bibliothèque des idées, Gallimard Parution : 20-10-1965 ) (voir « Le symbolisme de la croix » René Guénon)

[25] Voir Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1972, p. 97 et suivantes

[26] Notons l’ajout d’une dimension supplémentaire sur le tableau de loge c’est la dimension temporelle qui donne le carré long.

[27] Sur l’homologie « structurale » dite de la construction on retiendra la tripartion du temple Ouham, Hékal, Debhir et la tripartition de l’homme corps, âme, esprit. Sur l’analogie « fonctionnelle » dite de l’incarnation on retiendra l’interdépendance vitale du ternaire avec la descente de l’esprit en soi que l’on retrouve dans l’intention de bâtir le temple avec la descente du divin sur terre et au milieu des hommes.

[28] Le testament philosophique, l’abandon des métaux et l’entrée ni nu ni vêtu, illustrent la maîtrise des  apparences trompeuses.

[29] La franc-maçonnerie organise une triangulation mettant en scène deux fractions opposées devenues complémentaires en présence de l’observateur participant. La substitution de l’observateur participant par l’objet se fait à l’aide de la lumière, du soleil,  de l’étoile ou de la conscience « éclairée ». Notons qu’au plan géométrique « l’observateur » génère « le point de vue » et donc la perspective et la stéréométrie (voir dans ce sens Jean Michel Mathonière, sur la notion d’ombre « observée/projetée » P52, et sur la notion de « perspecteur » p 55 « Les interférences entre spéculatifs et opératifs Français aux XVIIIème et XIXème Siècles » ed SFERE n° XIV 26 nov 2016.

[30] Les systèmes polythéistes personnifient le dieu lumière : «  (ou ) est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l’univers. Il peut apparaître sous plusieurs autres formes (3 comme les trois fenêtres de la loge !), celle de Khépri, le scarabée : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l’être achevé (le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant) »(wp ). Les Grecs vont aussi tenter de personnifier le soleil avec Hélios conducteur du Soleil, etc.

La renaissance journalière du soleil est un miracle de recomposition des cycles de vie mettant l’angoisse de la mort et l’angoisse de la disparition du monde au centre des préoccupations psychiques de nos grands ancêtres.

Les systèmes monothéistes tentent d’échapper à la personnification en rendant la puissance divine innommable, et ceci jusqu’au christianisme qui « incarne » le divin en l’homme.

[31] L’intention des bâtisseurs est résumée dans le feuilleton schizomorphe (séparatiste) suivant :

1/ l’épisode de Bethel la pierre relevée par Jacob suite au « songe » et l’ascension et la descente des anges sur l’échelle, suivi de son combat avec l’ange du ciel et de son boitillement,

2/l’épisode de la tour de Babel et de la volonté transgressive de la flèche du Roi Nemrod en regard de la puissance du ciel,

3/par le livre des Rois qui narre l’histoire de la construction du Temple de Salomon mettant en œuvre les trois puissances initiatiques d’origine terrestre, et l’incapacité des hommes à suivre la Loi descendue du ciel. Etc.  Nous empruntons le terme schizomorphe à Gilbert Durand « Les structures anthropologiques de l’imaginaire »12ème édition 2016  Dunod , p185.

 

[32] Nous définissons le plan solaro-terrestre dans la lignée de Gilbert Durand Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod 12em ed 2016. Pour nous il s’agit du plan ou table ou plateau d’exercice du grade considéré. A chaque grade supérieur un plan d’exercice plus élevé ce qui suggère une anabase (souvent précédée d’une catabase).

[33] La quête de la Connaissance dépasse la connaissance de soi qui est le premier stade puis l’approche de la mort avec la conscience de sa propre fin (fin des petits mystères) et pour finir l’idée d’atteindre une totalité principielle (grands mystères), avec pour toile de fond l’amour du prochain et de la vie.

[34] Sur la notion d’archétype et de schème, C. G. Jung, L’Homme et ses symboles,  Robert Laffont, 1964, p. 67 : « on croit souvent que le terme « archétype » désigne des images ou des motifs mythologiques définis ; mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L’archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental ».

[35] C. G. Jung, L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, p. 99 :  « les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement »

[36] Cette ombre « portée » sur le plan terrestre était l’expression de la volonté du ciel, en d’autres termes le bâtisseur du sacré tenait compte de la lumière du ciel pour tracer le plan du temple sur la base de la transformation du carré du ciel en carré terrestre ou carré long qui associe le temps (étirement de l’ombre portée) aux trois dimensions de l’univers. Voir rituel de la Saint Jean d’Hiver REP.

[37] L’homme a toujours cherché à s’unir à la terre en se l’appropriant (Remus et Romulus, Urbi et orbi, le Mundus), au ciel en escaladant l’Olympe pour s’emparer du « feu-lumière »(Prométhée) du mont Sinaï pour y chercher les Tables de la Loi (Moïse)  et aux entrailles de la Terre y puisant ses richesses régénérantes ou réinitiantes… (Déméter, Héphaïstos).

[38] Sur les états supérieurs de l’Être voir René Guenon Les États multiples de l’être, Paris, Édition Guy Tredaniel, édition Véga, coll. « L’anneau d’or »,

[39] …Et donc fondée sur un PLAN !. Cette « conception du Plan par la lumière de l’esprit» devient « chef d’œuvre » et se concrétise par un Temple pour le divin. Ceci corresponds à une nécessité pour l’homme de matérialiser, toucher voir et concevoir la dimension lumineuse ou divine « in concreto »dans un lieu « séparé ». L’image visible devint nécessaire à la croyance, car l’homme ne peut se contenter d’abstraction. Le temple est donc un biais « architecturé » qui, associé à une Verticalisation du langage, permet l’accueil de l’Invisible se substituant au culte des idoles (veau d’or). L’image du GADLU est un biais « architecturé » compensant par l’Ars de bâtir l’abstraction d’une pensée créatrice pure (fiat lux). Ce biais « formel » abouti à la devise « ordo ab chaos ».

[40] Nous conseillons vivement la relecture d’Henri Corbin « Temple et contemplation » ed Médicis- Entrelacs 2006 , où l’auteur fait le rapprochement entre la tradition chevaleresque occidentale et orientale du Temple « . On comprendra mieux pourquoi la Lumière vient de l’Orient et pourquoi la contemplation de l’image iconique du tableau de Loge est toujours éclairée par Sagesse Force et Beauté, donc une hypostase du fiat lux ! « C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple en soi. Il s’agit donc d’une vision intégrative du sacré propre au chevalier comme au maçon. Elle peut être mystique et ésotérique. Alors le Temple dressé dans l’Imaginaire par la représentation mentale devient ainsi Porte du Ciel. C’est ainsi que la transcendance se manifeste en nous. C’est notre temple intérieur qui « prends corps » » E.°.R.°.

Le blog de ecossaisdesaintjean

SOURCE : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-loge-maconnique-ou-temple-maconique-3em-partie-121712268.html

L’Olivier : un arbre cosmique 18 septembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

L’Olivier : un arbre cosmique

olivier_n

Après avoir offert le grain et le vin, la Vénérable maîtresse offre l’huile, symbole de Paix et d’harmonie. C’est l’olivier qui nous offre cette huile sacrée.

L’olivier constitue avec le blé et la vigne, la trilogie des arbres symboliques que l’on retrouve lors de la cérémonie de la Saint-Jean d’été.

Généreux présent des Dieux, l’olivier est un arbre d’exception qui opère une véritable fascination. Sa silhouette noueuse évoque le soleil, la chaleur et le chant des cigales.

La multitude des symboles représentés par cet arbre permettent de mesurer l’impact culturel fondamental de l’olivier sur l’humanité. En effet, de nombreuses civilisations ont incorporé des symboles qui se rattachent à l’olivier. L’arbre est ainsi entré dans une dimension universelle, alors qu’il est cultivé essentiellement dans les pays méditerranéens. Depuis quelques années il est présent sous les tropiques et nous le voyons pousser dans nos jardins.

 

Un symbole culturel universel

 

Depuis les débuts de l’humanité, les Hommes, ont associé l’olivier à leurs les traditions et à leurs rites religieux.

Dès la plus haute antiquité l’olivier est une premières plantes cultivée par les Perses 12000 ans avant J.C. par les Egyptiens 6000 ans av. J.C., qui l’utilisent dans les soins du corps et les rites funéraires. Les Crétois extraient l’huile d’olive 2500 ans av. J.C. et il arrive dans le midi de la France vers 600 av J.C.

Il est symbole de longévité et de ténacité car il pousse quelles que soient les conditions. Aujourd’hui encore de jeunes rameaux pousseraient sur des racines de plus de 2000 ans. Dans tout le bassin méditerranéen, on rencontre des oliviers millénaires, et parfois même réputés plurimillénaires. Le plus vieil olivier du monde se trouve dans un village au sud de Jérusalem, il aurait entre 5.000 et 7.000 ans selon les estimations, et il est considéré comme un trésor national. L’Olivier le plus vieux de France se trouve à Roquebrune-Cap-Martin dans les Alpes Maritimes, il a 2000 ans.

 

L’olivier l’arbre béni des Dieux

 

Il est consacré à Athéna, la déesse de la pensée en Grèce, ses attributs sont la raison, la mesure, la pondération et la sagesse. Les oliviers étaient alors divinisés et protégés. Ceux qui les endommageaient étaient traduits en justice.

Le premier parfum offert aux dieux antiques fut de l’huile d’olive et les représentations des divinités étaient sculptées dans du bois d’olivier.

Dans la mythologie grecque et romaine

L’olivier est le symbole de force. Selon Homère, Hercule en faisait ses massues et le pieu qu’il utilise pour vaincre le Cyclope est fait de bois d’olivier.

Il est aussi symbole de fidélité car le lit dans lequel Pénélope resta fidèle à Ulysse pendant ses 20 ans d’absence était fait de bois d’olivier.

En 400 avant J.C., dans les jardins de l’Académie, Platon enseignait la philosophie à ses disciples à l’ombre d’un olivier.

 

L’olivier est un arbre sacré

Il est souvent cité dans la Bible. Le Roi Salomon livrait chaque année à Hiram, Roi de Tyr, du blé et vingt Kors d’huile d’olive soit entre 4000 et 8000 litres (I Rois 5 :11 ).

Dans la nuit qui précéda son arrestation, Jésus choisit le Mont des Oliviers pour se recueillir et prier. C’est dans ce lieu qu’il serait mort sur une croix faite de bois d’olivier et en cèdre. L’olivier est alors symbole d’amour et de sacrifice.

Olivier et huile d’olive signent le pacte entre l’homme et Dieu.

Seule l’huile d’olive vierge était admise dans les rites religieux, la médecine ou l’éclairage.

L’huile d’olive apaise, purifie nourrit et fournit un combustible. On brûlait l’huile dans les temples grecs : les héros et les dieux de l’Odyssée s’en frottaient pour préserver leur beauté immortelle.

L’onction à l’huile d’olive, dans une fonction sacralisant et purifiante, est souvent utilisée dans les rites de diverses religions, Dans le catholicisme et le judaïsme, l’huile d’olive est la divine source de lumière, servant de guide aux hommes.

Elle confère la puissance et l’autorité, aussi les Hébreux en enduisaient-ils leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois. David fait de l’olivier le symbole du succès et de la bénédiction divine. Cette fonction sacrée de l’huile se retrouve dans le Saint-Chrême avec lequel on fait des onctions lors des baptêmes, ou lors du sacre des rois, de l’ordination des prêtres et des malades avec l’extrême onction.

Le dimanche des Rameaux, ce sont des branches d’olivier que l’on fait bénir à la messe dans les régions méditerranéennes.

Le Coran enseigne que l’olivier est un arbre béni, « l’arbre central », symbole de l’homme universel. Il est l’axe du monde, associé au figuier, il tient le rôle d’arbre sacré du Paradis. Mahomet aurait dit : « Consommez de l’huile d’olive et frottez-vous en le visage, car elle provient d’un arbre béni ».

Pour les Soufis, c’est un arbre béni qui donne l’huile alimentant les lampes et répand la lumière. Arbre central, axe du monde, il est symbole de l’Homme universel, l’Homme réalisé spirituellement, et permet l’accès à la vie éternelle.

L’olivier est présent dans de nombreuses traditions

Il est symbole de victoire et de récompense.

Les vainqueurs des Jeux Olympiques d’Athènes étaient récompensés avec des branches d’olivier et des jarres d’huile d’olive en plus de la couronne de laurier.

Comme à Rome, arbre de Minerve (équivalente d’Athéna) et Jupiter qu’on fêtait à l’équinoxe de printemps et au solstice d’été, où le vainqueur de la grande course à pied était aussi récompensé par une couronne de rameaux d’olivier et une jarre d’huile d’olive.

Au Japon, c’est l’arbre de l’amabilité et de la victoire morale, il représente la réussite et le succès dans les entreprises qu’elles soient civiles ou guerrière.

Il est symbole de Paix

Le rameau d’olivier porté à Noé par une colombe à la fin du Déluge symbolise la paix entre Dieu et les hommes.

En Inde l’olivier est l’arbre de la pacification et de l’apaisement « Quand la nature est en furie, on offre de l’olivier à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit, à un typhon pour le détourner d’une région, à un tremblement de terre pour qu’il reste mineur.

Quand les hommes sont saisis de folie meurtrière, on fait des sacrifices d’olivier pour mettre fin aux émeutes, aux guerres, aux troubles de toutes sortes qui viennent perturber le cours tranquille et naturel de l’existence »

On en offre aux couples qui se disputent. En France du sud on dit « Vous mettez si vous êtes victimes d’un époux ou d’une épouse acariâtre quelques feuilles d’olivier sous son matelas à hauteur de la tête. Vous aurez alors le plus doux et le plus aimable des partenaires et votre vie conjugale sera des plus heureuses »

L’olivier symbolise la paix universelle au travers du drapeau de l’ONU qui représente le monde entouré d’une couronne de rameaux d’olivier.

Les ambassadeurs de paix tenaient dans leurs mains des branches d’olivier entourés de laine.

Ses vertus médicinales sont impressionnantes

Ses feuilles dans l’Antiquité étaient utilisées contre les fièvres, pour se guérir d’une migraine ou de verrues. Elle renforcerait la fécondité des femmes ou la vigueur sexuelle des hommes.

Tandis qu’en Chine l’olivier joue un rôle protecteur contre le poison.

En Espagne on suspend des branches au dessus des portes pour éloigner tous maux de la maison.

Au Moyen-âge, alors qu’Hildegarde de Bingen recommandait son huile, l’olivier incarnait l’or et l’amour.

C’est l’arbre de la sagesse : l’habit vert des membres immortels de l’Académie française doit son nom aux broderies vertes qui le décorent et qui représentent une branche d’olivier.

 

Un arbre cosmique pour la Franc-maçonnerie

Dans l’univers symbolique, l’arbre correspond à l’axe cosmique reliant la terre au ciel.

Avec ses racines qui plongent dans le sol, son tronc qui apparaît à la surface de la Terre, ses branches et ses feuillent qui montent vers le ciel, l’arbre est un sujet cosmique qui incite à la réflexion et notamment l’olivier est l’un des arbres dont le symbolique est particulièrement riche.

Une réflexion sur le temps : par sa longévité supérieure à celle de l’homme, par le temps qui semble ne pas l’atteindre, l’olivier est le symbole de l’éternité, il repousse inlassablement le temps, fidèle à la vie, tourné vers la lumière. Son tronc noueux souligne cette impression de force et de sagesse. Deux vertus qui nous sont chères.

Il évoque la vie par ses feuilles qui absorbent la lumière et la transforme en sève, en fleurs et en fruits par la magie de la chlorophylle.

Par ses racines et sa cime, il est l’axe vertical qui relie la terre au ciel.

Parmi tous les symboles évoqués nous en retiendrons cinq qui nous semblent particulièrement essentiels pour notre cheminement en Franc-maçonnerie.

 

1 – Le symbole d’éternité.

Cet arbre qui demeure vert, symbolisent l’immortalité et par conséquent le travail de recherche du franc Maçon, la quête perpétuelle qui ne s’achèvera jamais. La couleur verte est également la couleur de l’espérance en la vie éternelle ; la couleur de l’élément Eau et la couleur de la création.

2 – Le symbole de Paix

Dans notre rituel de la Saint-Jean, la VM offre l’huile en prononçant cette prière « offrons l’huile symbole de Paix et d’harmonie, nous offrons nous-mêmes au service de l’Amour fraternel. Que la Paix soit en nous et autour de nous. » Paix intérieure, harmonie, amour fraternel autant de sentiments nous recherchons toutes.

3. – Le symbole de force

L’olivier est réputé pour son bois très compact, très lourd et très dur. Notre force est à puiser dans cette huille vivifiante et purifiante qui nourrit le corps et l’esprit. Elle une fonction régénératrice et d’élévation spirituelle.

4 – Le symbole de sagesse

L’olivier se mérite. Cet arbre que ne rebute pas les rigueurs du climat donne à l’homme une leçon d’exigence et de vie : « Comme nous, il répugne à la facilité, dit l’écrivain algérien Mouloud Mammeri Contre toute logique, c’est en hiver qu’il porte ses fruits, quand la froidure condamne à mort tous les autres arbres. » Par la transformation des produits de la nature avec mesure, l’homme participe d’une certaine manière à la création, d’une évolution spirituelle.

5 – Le symbole de la lumière

Un des usages de l’huile d’olive est donner la lumière. La lumière émise est chaude et permet de communiquer A travers son huile, l’olivier transmet le message de lumière, mais aussi de justice et de miséricorde, de clarté intérieure et d’amour de son prochain.

Conclusion

Aucun arbre ne cumule autant de symboles : Sagesse, Longévité, Espérance, Sacrifice, Réconciliation, Symbole de vie, d’éternité, de victoire.

L’olivier est un arbre généreux : il nourrit l’homme, le réchauffe, l’éclaire, l’aide à se garder en bonne santé. En franc maçonnerie, cette huile fournie par l’olivier nous interpelle par la lumière qu’elle permet de diffuser.

Elle nous invite à réfléchir au symbolisme solaire qui se rattache si étroitement à la célébration de nos fêtes de la Saint-Jean, notre grand luminaire diurne, caractérisé par le rayonnement, la chaleur et la lumière qui en émanent.

Pour terminer je citerai une parabole extraite du Coran dans laquelle d’Allah oppose la lumière aux ténèbres de l’incrédulité :

« Dieu est la lumière des cieux et de la terre ! Sa lumière est comparable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un verre ; le verre est semblable à une étoile brillante. Cette lampe est allumée à un arbre béni : l’olivier qui ne provient ni de l’Orient ni de l’Occident et dont l’huile est près d’éclairer sans que le feu la touche. Lumière sur lumière !

 

Y.M. R.

 

LE TEMPS DE L’OLIVIER

 

Je suis du temps de l’olivier

des amitiés non dispersées

souvent bien lentes à pousser

mais au cœur enracinées.

Je suis du champ de l’olivier,

des cueillettes bien partagées.

Propriétaires et employés

tout simplement se mélangeaient.

Je suis du temps où s’échangeaient

poignées de mains plus que baisers,

regards droits en fraternité,

couplets et refrains de paix.

Je suis du chant de l’olivier.

 

Colette Muyard

olivier

L’intrigant comte de Saint-Germain 20 août, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
XVIIIe siècle

L’intrigant comte de Saint-Germain

Le comte de Saint-Germain, personnage légendaire s’il en fut, est certainement l’une des figures les plus singulières du siècle des Lumières. Maître de l’occulte, il aurait possédé la recette de l’Élixir de longue vie et détenu le secret de l’immortalité. Il aurait ainsi vécu plusieurs siècles, parcouru le vaste monde, côtoyé les plus grands monarques de tous les temps et même taillé le bout de gras avec Jésus-Christ à qui il aurait prédit qu’il finirait mal… Je ne pouvais pas laisser passer cette histoire complètement dingue et j’ai donc décidé de mener l’enquête, sur les traces du véritable comte de Saint-Germain.

comte de St Germain

Voilà la bête !

Malheureuse ! J’ignorais dans quelle aventure je m’embarquais. Après des semaines de recherches et de nuits blanches à feuilleter des ouvrages occultes, je me suis rendu compte que les informations dont nous disposons ne sont ni assez nombreuses ni assez fiables pour percer le mystère de l’existence de ce mystérieux personnage. En effet, les rares sources historiques dont nous disposons sont fortement imprégnées de la légende, emplie de prodiges et de croyances surnaturelles caractéristiques de la haute-société française du XVIIIe siècle. Une légende d’ailleurs entretenue au fil des siècles par les membres de sociétés secrètes qui se revendiquent héritiers du comte de Saint-Germain. De plus, notre homme est parfois confondu, par certains biographes, avec quelques-uns de ses homonymes célèbres tels que Claude-Louis, comte de Saint-Germain (1707-1778), ministre de la guerre sous Louis XVI, Pierre-Mathieu Renault de Saint-Germain (1697-1777), directeur de la compagnie des Indes et gouverneur du Bengale en 1755, ou encore Robert-François Quesnay de Saint-Germain (1751-1805) qui était le petit-fils de François Quesnay, médecin de la marquise de Pompadour, et qui semble avoir été un occultiste notoire fréquentant assidûment les milieux franc-maçons. On sait que ce Robert-François Quesnay de Saint-Germain prononça l’éloge funèbre de Court de Gébelin en 1784) et il aurait également participé aux fameux soupers des Illuminés organisés au château d’Ermenonville avant la Révolution avec son ami Pierre Samuel Du Pont de Nemours (vous savez, le père du fameux Du Pont de Nemours qui installa aux États-Unis une entreprise de chimie où seront inventés les premiers bas nylon… Ah ! que le monde est petit !). Bref, si certains biographes se sont trompés de bonhomme, cela explique déjà un peu pourquoi le comte de Saint-Germain semble avoir vécu mille vies ! Mais ça ne résout pas les élucubrations qu’on énumère à son sujet.

Après avoir écarté les homonymes du comte, il a fallu aussi mettre de côté les sources peu dignes de créance parmi les récits de contemporains affirmant avoir côtoyé ce fameux comte de Saint-Germain. Parmi les plus cités par les biographes, on compte : Les Souvenirs de Pauline de Chavigny, comtesse d’Adhémar et les Mémoires de Madame Du Hausset, femme de chambre de Mme de Pompadour, qui s’avèrent tous deux être des faux tardifs, le premier attribué au baron de Lamothe-Langon, et le second à Sénac de Meilhan. De même, pour les Mémoires de Casanova, dans lesquelles le comte de Saint-Germain est qualifié de « charlatan »  (c’est l’hôpital qui se fout de la charité quand on sait que Casanova était le roi des imposteurs !), et qui sont parsemés de détails fantaisistes ajoutés par son éditeur, Jules Laforgue, qui ne seront corrigés qu’en 1960 lors de la publication du manuscrit autographe. Cela laissa largement le temps aux biographes des XIXe et XXe siècles de puiser dans ce fatras d’extravagances. Enfin, le célèbre Sicilien Cagliostro (Giuseppe Balsamo), un autre personnage haut en couleur vivant d’escroqueries — souvenez-vous de l’histoire du collier de la Reine — et qui se présentera plus tard comme le disciple du comte de Saint-Germain, a lui aussi raconté bon nombre d’anecdotes sur les prétendus pouvoirs alchimiques du comte. Cette mise en garde ne signifie pas que ces récits ne sont pas exploitables — ils restent au demeurant de plaisantes lectures — mais leur contenu, truffé d’exagérations, ne peut être considéré comme fiable. Dommage, je vous aurais bien rapporté quelques passages truculents…

Mais, encore une fois, j’ai beaucoup trop parlé ! Alors partons, sans plus attendre, à la découverte de ce mystérieux comte de Saint-Germain et de ses aventures épatantes.

Un mystérieux musicien

Il semble que la première source mentionnant l’existence du comte de Saint-Germain remonte aux années 1740, en Angleterre. On apprend, au travers des écrits de Horace Walpole, comte d’Oxford (Yales Editions, vol. 26, p. 20), qu’un mystérieux personnage venu d’on ne sait où, et se faisant appeler comte de Saint-Germain, s’est installé à Londres en 1743. Il est alors reconnu et célébré pour ses talents de musicien et de compositeur. Horace Walpole indique qu’il chante d’une voix fluette, joue du violon à merveille et compose de nombreux airs d’opéra. Lors de son séjour dans la capitale britannique, ce comte virtuose aurait été en étroite relation avec le prince Ferdinand Philipp Joseph Lobkowitz (également compositeur et violoniste) à qui il aurait dédié L’incostanza delusa, un très bel opéra qui fut donné au Haymarket Theatre de Londres en 1745 et dont il avait composé la plupart des morceaux. Entre 1745 et 1765, l’éditeur John Walsh junior publie, à Londres, plusieurs morceaux pour violon composés par le comte de Saint-Germain et que vous pouvez écouter ici. Moi j’adore. Ça me détend.

Saint-Germain est également auteur d’une Musique raisonnée, selon le bon sens, aux dames Angloises qui aiment le vrai goût en cet art, également dédiée au prince Lobkowitz.

Musique raisonnée, selon le bon sens, aux dames Angloises qui aiment le vrai goût en cet art

Bien que les compositions musicales du comte remportent à l’époque un certain succès, personne ne connaît alors sa véritable identité et de drôles de rumeurs circulent sur son compte. Dans une correspondance de Horace Walpole adressée à Sir Horace Mann, le comte d’Oxford nous apprend que ce compositeur et violoniste de génie — que certains pensent d’origine italienne, espagnole ou encore polonaise — aurait épousé au Mexique une femme très fortunée et se serait carapaté avec ses bijoux à Constantinople. Étrange, aucun gentilhomme ne se serait vanté d’une telle fourberie… Est-ce une rumeur qui court pour expliquer l’opulence dans laquelle vivait le comte ? Il faut dire que notre homme semble en avoir plein les fouilles. Même le prince de Galles, intrigué par cet énigmatique personnage, aurait tenté d’en savoir plus, sans succès. Mais on apprend, dans cette même lettre, que l’escapade londonienne de Saint-Germain tourne court, car celui-ci est accusé d’espionnage et arrêté en 1745. Rapidement relâché faute de preuves, le comte décide qu’il est temps de mettre les voiles, quitte l’Angleterre et disparaît des radars.

On retrouve sa trace quelques années plus tard, en Bavière, au détour d’une lettre rédigée de sa main en 1749 et adressée en Angleterre à lord Charles Cadogan.

Lettre SG Sotheby's.png

Lettre autographe de Saint-Germain à Lord Cadogan, 1749, Sotheby’s.

Dans cette missive, qui porte bien la signature du comte « SSSS de St. Germain » (que vous retrouvez juste au-dessus sur la copie de son œuvre Musique raisonnée) il raconte à son ami  Lord Cadogan combien il se sent seul dans le haut Palatinat. Il nous apprend également qu’à ce moment de sa vie — en 1749 donc — il a déjà séjourné cinq fois à Paris et qu’il trouve les Parisiennes charmantes, surtout une certaine Madame d’Ogny (Élisabeth d’Alencé) dont il est tombé éperdument amoureux. Malheureusement, cette Madame d’Ogny a épousé un an plus tôt, en 1748, Claude-Jean Rigoley, baron d’Ogny, conseiller au parlement de Dijon. Aussi Saint-Germain affirme à Lord Cadogan s’être comporté en gentleman avec la belle baronne et assure que cette histoire fait à présent partie du passé. Bon, si vous voulez mon avis, je pense que lorsqu’il écrit ces mots son petit cœur est brisé en mille morceaux.

Élisabeth d'Alencé, femme du baron d'Ogny

Pssst ! C’est elle, Mme d’Ogny. C’est vrai qu’elle est jolie…

Le comte de Saint-Germain a-t-il fui, en Prusse, un amour impossible ? Je ne saurais l’affirmer. Toujours est-il qu’il faudra attendre près de dix ans pour qu’il repointe le bout de son nez à Paris.

Un squatteur à Versailles

Versailles, 1758. Le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du roi, reçoit une lettre du comte de Saint-Germain dans laquelle il déclare avoir inventé une technique révolutionnaire pour teindre les vêtements et s’apprête à mettre au point d’autres incroyables découvertes qu’il se propose de développer en France afin d’en faire profiter Sa Majesté le roi si celle-ci accepte de mettre à sa disposition une des résidences royales pour qu’il puisse y installer son laboratoire et loger son personnel. Admirez le culot. L’énigmatique requête du comte éveille suffisamment la curiosité de Marigny pour que celui-ci accepte de lui ouvrir plusieurs appartements dans le château de Chambord qui est alors inhabité. Saint-Germain, ravi, y installe son atelier, commence à y mener ses expérimentations de teinture sur différents textiles et se lance dans la fabrication de couleurs pour la peinture.

Peu de temps plus tard, la favorite du roi Louis XV, la marquise de Pompadour (qui n’est autre que la frangine de M. de Marigny), intriguée par ce mystérieux personnage dont son frère lui a tant parlé, l’introduit à la cour, persuadée qu’il aura tous les talents pour divertir le roi. C’est ainsi que débarque, à Versailles, cet homme d’une quarantaine d’années aux cheveux d’un noir profond, très élégamment vêtu, dont on ne sait finalement que très peu de choses. Mais à en juger par ses beaux atours, ses manières raffinées, sa vaste érudition et la fortune dont il fait étalage, il ne peut qu’être de noble lignée. Il faut dire que Saint-Germain sort le grand jeu : tabatière ouvragée, montre sertie de diamants… Sur ses doigts couverts de bagouses, il exhibe les plus belles pierres et les gemmes les plus rares qu’il se prend à offrir, parfois, à un chanceux avec lequel il vient d’échanger une conversation plaisante. Qu’on ne s’étonne pas, après, que tout le monde lui fasse fête !

Bien sûr, nombreux tentèrent d’enquêter, discrètement, pour en savoir un peu plus sur le comte et sur l’origine de son immense fortune. Mais dès qu’on aborde la question de son identité, ou de son âge, le comte reste évasif, esquive, change de sujet. Dans ses Mémoires la comtesse de Genlis, qui avait, rappelons-le tout de même, l’âge de treize ans au moment où elle rencontra le comte de Saint-Germain, se souvient de la réponse que celui-ci fit un jour à sa mère qui le questionnait sur ses origines : « Tout ce que je puis vous dire sur ma naissance, répondit-il, c’est qu’à sept ans j’errais au fond des forêts avec mon gouverneur… et que ma tête était mise à prix !… […] La veille de ma fuite, continua M. de Saint-Germain, ma mère, que je ne devais plus revoir !… attacha son portrait à mon bras !… ». Ah. C’était LA question à poser pour bien pourrir l’ambiance. En tous cas, ça ne nous en dit pas beaucoup plus sur notre intrigant personnage.

Toujours est-il que le comte de Saint-Germain est régulièrement invité aux petits soupers de Louis XV et de la Pompadour et s’installe comme chez lui au milieu des plus beaux esprits de son temps. Le roi de l’incruste. Que ce soit à Versailles ou dans les salons, dès que le comte de Saint-Germain est dans la place, tous n’ont d’yeux que pour lui. Quand il n’est pas au clavecin ou l’archet à la main, il profite de son élégant auditoire, pour ressasser, inlassablement et avec emphase, ses nombreux voyages, que dis-je, ses captivantes péripéties à travers l’Europe. Cosmopolite, le comte a la réputation d’être polyglotte. On dit qu’il parle la plupart des langues européennes ainsi que le latin, l’hébreu, l’arabe et le chinois. Selon Walpole, il parle l’italien et le français avec la plus grande aisance, se débrouille en polonais et en anglais (il a tout de même écrit plusieurs chansons dans la langue de Shakespeare) et s’exprime en espagnol et en portugais comme s’il s’agissait de ses langues maternelles. Doté de connaissances encyclopédiques, sa vaste érudition s’étend à l’art, à la médecine, aux sciences…

La comtesse de Genlis rapporte encore dans ses Mémoires qu’il est bon physicien et très grand chimiste, mais aussi excellent peintre, qu’il se plaît à représenter des sujets historiques et des portraits de femmes couvertes de pierreries rutilantes, et que ses œuvres auraient été admirées par les plus grands artistes. Enfin, passionné d’histoire, le comte connaît à fond l’histoire de France, et ayant beaucoup lu, il aime à relater des épisodes historiques vieux de plusieurs siècles avec tant de réalisme, et d’une façon si savoureuse, qu’il semble en avoir été le témoin oculaire.

À ce propos, le ministre du roi de Danemark, le baron de Gleichen, qui aurait rencontré le comte de Saint-Germain en 1759 à Paris, raconte dans ses Souvenirs que : « Jamais homme de sa sorte n’a eu ce talent d’exciter la curiosité et de manier la crédulité de ceux qui l’écoutaient. Il savait doser le merveilleux de ses récits, suivant la réceptibilité de son auditeur. Quand il racontait à une bête un fait du temps de Charles Quint, il lui confiait tout crûment qu’il y avait assisté, et quand il parlait à quelqu’un de moins crédule, il se contentait de peindre les petites circonstances, les mines et les gestes des interlocuteurs, jusqu’à la chambre et la place qu’ils occupaient, avec un détail et une vivacité qui faisaient l’impression d’entendre un homme qui y avait réellement été présent. Quelquefois, en rendant un discours de François 1er, ou de Henri VIII, il contrefaisait la distraction en disant : “Le roi se tourna vers moi”… il avalait promptement le moi et continuait avec la précipitation d’un homme qui s’est oublié, “vers le duc un tel.” » En gros, avec une assurance imperturbable, notre comte de Saint-Germain s’amusait de temps en temps à se payer la fiole de quelques pécores un peu trop naïfs. Bon, soit.

Mais à force de s’amuser à semer le doute dans la cervelle de quelques courtisans pas très fute-futes, les bavardages et les rumeurs à propos de Saint-Germain se multiplient. Se pourrait-il réellement que le comte soit en vie depuis plusieurs siècles… ? En tous cas, tous savent que le comte mène des expériences mystérieuses dans le secret de son laboratoire de Chambord et, si l’on ne sait pas précisément ce qu’il y bidouille, on dit qu’il connaît l’art de faire fondre les diamants, grossir les perles et même de transmuter des métaux. De plus, le comte est connu pour fabriquer des petits bonbons, qu’il distribue à loisir aux dames en leur chuchotant qu’ils apaiseront tous leurs maux. Alors, que voulez-vous, de fil en aiguille, au gré des ragots, le comte de Saint-Germain devient, pour quelques superstitieux, un sorcier-guérisseur — un alchimiste ! — qui distille dans ses cornues des philtres magiques lui garantissant la jeunesse éternelle… Eh ! N’oublions pas que le XVIIIe siècle est friand de sciences occultes et que nombreux sont ceux qui croient dans les pouvoirs des mystiques et des thaumaturges.

Saint-Germain, l’immortel

Pour couronner le tout, entre en scène un homme qui va faire définitivement basculer, sans le vouloir, le comte de Saint-Germain dans la légende. Dans l’entourage du roi, certains commencent à s’inquiéter de cet intrigant personnage, si proche du trône et confident de la très influente marquise de Pompadour. C’est le cas de Choiseul, alors secrétaire d’État aux Affaires étrangères, que notre hurluberlu commence sérieusement à agacer. C’est à ce moment qu’un comédien du nom de Gauve (également appelé Milord Gower, car il aimait imiter les Anglais) est engagé, probablement par le duc de Choiseul lui-même, pour se faire passer pour Saint-Germain dans les salons et le tourner en ridicule afin de le discréditer. Le comédien s’amuse ainsi à débiter un tas d’âneries, affirmant par exemple avoir côtoyé Alexandre le Grand, Charlemagne et François 1er. Voici ce que le baron de Gleichen rapporte à ce propos dans ses Souvenirs : « Or, ce fut ce Milord Gower que des mauvais plaisants menèrent dans le Marais sous le nom de M. de Saint-Germain, pour satisfaire la curiosité des dames et des badauds de ce canton de Paris, plus aisé à tromper que le quartier du Palais-Royal ; ce fut sur ce théâtre que notre faux adepte se permit de jouer son rôle, d’abord avec un peu de charge, mais, voyant qu’on recevait tout avec admiration, il remonta de siècle en siècle jusqu’à Jésus, dont il parlait avec une familiarité si grande, comme s’il avait été son ami. “Je l’ai connu intimement, disait-il, c’était le meilleur homme du monde, mais romanesque et inconsidéré ; je lui ai souvent prédit qu’il finirait mal.” » Bon, le comédien Gauve a complètement craqué. Mais les Parisiens, las des petits potins de la cour et de la ville, se repaissent avidement de ses sornettes qui, en un rien de temps, font le tour de la capitale. Aussitôt, ça et là, plusieurs personnes affirment avoir vu le comte dans leur jeunesse et que celui-ci n’a pas pris une seule ride depuis. Avouons-le, ce sont souvent des vieux qui gatouillent : on parle notamment de la vieille comtesse de Gercy (s’agirait-il de Anne Henry épouse de Jacques Vincent Languet de Gercy qui fut ambassadeur à Venise de 1726 à 1731 ?) affirmant avoir croisé Saint-Germain à Venise, cinquante ans plus tôt, tout aussi jeune et fringuant. On dit aussi que le compositeur Rameau l’y aurait croisé en 1710… Honnêtement, il y a aussi de fortes chances pour que ce soit un de ses homonymes. Pour se moquer de Saint-Germain et des rumeurs abracadabrantes qui circulent sur son compte Voltaire écrira de lui : « C’est un homme qui ne meurt point et qui sait tout. »

En 1760, le comte de Saint-Germain aurait été secrètement envoyé en mission diplomatique à La Haye par le maréchal de Belle-Isle sur la recommandation de Louis XV, afin d’engager des pourparlers secrets et négocier la fin de la guerre de Sept Ans. Mais, soupçonné de trahison par le duc de Choiseul qui n’était pas dans la confidence, ordre est donné de l’arrêter et de le livrer à la France. Le comte de Saint-Germain, averti à temps, se réfugie alors à Londres. Pendant les années qui suivent il poursuit ses pérégrinations à travers l’Europe sous différents pseudonymes : comte de Surmont, marquis de Montferrat, comte Welldone (attention, jeux de mots !), comte Bellamare…

On le retrouve en 1763, en Belgique, où sous le nom de comte de Surmont, notre aventurier poursuit ses expériences chimiques sous la protection du comte Charles de Cobenzl, ministre plénipotentiaire à Bruxelles. Son neveu, le jeune comte Jean-Philippe de Cobenzl, alors âgé d’une vingtaine d’années, racontera plus tard dans ses mémoires sa rencontre avec Saint-Germain dans le courant de l’été 1763 alors qu’il est en visite chez son oncle. Il se souvient notamment qu’il s’adonnait alors à « la fabrication d’un métal qui, sans être précisément de l’or, en avait la couleur, le poids, la malléabilité, et par conséquent tout le mérite de ce métal ». Il travaillait en outre à perfectionner l’art de la teinture du cuir, de la laine et de la soie ; fabriquait des chapeaux de la plus belle facture, et savait faire disparaître les crapauds des diamants. Enfin, il « savait préparer des médecines pour guérir tous les maux et pour arriver à une vieillesse incalculable ». Après avoir charmé son monde sous ses airs de savant fou, le comte de Saint-Germain se serait proposé d’orchestrer l’installation de divers ateliers de teinture et de papeterie ainsi qu’un laboratoire pour y fabriquer le précieux métal. Plusieurs personnes, emballées par l’idée et s’imaginant déjà richissimes, auraient alors investi des sommes considérables dans cette affaire. Mais une fois l’argent confié à Saint-Germain, celui-ci aurait subitement disparu avec son butin. Cet épisode belge n’est pas très clair, le récit du comte de Cobenzl est-il digne de foi…?

Ensuite, il aurait, semble-t-il, poursuivi ses aventures notamment en Russie (vers 1765) et en Italie (vers 1767). Moult récits, dont Wikipédia, rapportent que le comte de Saint-Germain se serait rendu une nouvelle fois en France vers 1774 auprès de la reine Marie-Antoinette pour vaticiner à propos de la Révolution française et de la fin tragique du duc de Chartres, et que, quinze années s’étant écoulées depuis sa dernière visite, il n’avait pas pris une ride blablabla… Ces anecdotes sont issues des fameux « Souvenirs » de la comtesse d’Adhémar qui, comme indiqué en introduction, est un faux truffé d’exagérations et largement romancé.

Tout a une fin…

Enfin, le comte finit par atterrir en Prusse, au début des années 1770, sous le nom de comte Tsarogy. Là, il aurait été quelque temps sous la protection du roi de Prusse Frédéric II avant de se trouver un dernier protecteur, en 1779. Il s’agit du landgrave Charles, prince de Hesse-Cassel, gouverneur du roi de Danemark Christian VII dont il est aussi le beau-frère. Et c’est sur lui que le comte de Saint-Germain jette son dévolu en s’invitant un peu cavalièrement dans sa résidence d’été, au château de Louiselund situé dans le duché de Schleswig au nord de la Prusse.

château de Louiselund en 1906.png

Château de Louiselund.

Dans ses Mémoires le landgrave Charles de Hesse-Cassel rapporte qu’à son arrivée, Saint-Germain lui a affirmé être âgé de 88 ans et être le fils du prince François II Rákóczi de Transylvanie. Bon, soyons clairs, rien n’est moins sûr. Certains pensent qu’il pourrait aussi être le fils illégitime de Marie-Anne de Neubourg, veuve du roi d’Espagne Charles II. Mais Saint-Germain semble tout de même assagi et moins taquin que dans le temps. Il n’est plus désormais qu’un vénérable vieillard vivant modestement, ne disposant que de très peu d’effets personnels — ni diamants, ni instruments de musique, ni livres… — et ne faisant qu’un seul repas par jour. Le prince de Hesse-Cassel se prend d’amitié pour celui qu’il surnomme affectueusement « Papa » et lui achète, en 1781, une fabrique non loin de son domaine, à Eckernförde au bord de la mer Baltique, pour qu’il puisse poursuivre ses travaux de teinture et autres expériences scientifiques. Le comte se consacre également à la préparation de médicaments qu’il vend aux riches et distribue gratuitement aux pauvres. Il est alors secondé par un apothicaire du nom de Lossau, mis à sa disposition par le prince de Hesse-Cassel. Mais en 1783, Saint-Germain, qui est nuit et jour fourré dans son laboratoire au milieu de ses teintures, souffre de rhumatismes et, très affaibli, commence à dépérir à vue d’œil. Il meurt à l’âge de 92 ou 93 ans dans sa fabrique d’Eckernförde, en l’absence du prince à qui il avait promis de laisser une lettre qui, semble-t-il, n’a jamais été retrouvée. Le registre de l’église Saint Nicolai d’Eckernförde indique en effet la mort d’un « dénommé Comte de St. Germain et Weldona » en date du 27 février 1784. Il fut enterré dans cette même église le 2 mars 1784.

mort de st germain à Eckernförde.png

Le landgrave écrira plus tard dans ses Mémoires à propos de son ami Saint-Germain : « C’était peut-être un des plus grands philosophes qui aient existé. Ami de l’humanité, ne voulant de l’argent que pour le donner aux pauvres, ami aussi des animaux, son cœur ne s’occupait que du bonheur d’autrui. »

Nombreux sont les occultistes — de Helena Blavatsky à Aleister Crowley en passant par Isabel Cooper-Oakley, une des premières biographes de Saint-Germain — à avoir élevé notre mystérieux comte au rang de génie supérieur et d’alchimiste, certainement à cause des rumeurs colportées notamment par Casanova et Cagliostro (transmutation de métaux vils en métaux nobles, élixir de longue vie…). Ils assurent encore que le comte aurait appartenu à des sociétés secrètes telles que la Rose-Croix ou la Franc-Maçonnerie parce qu’il a fréquenté plusieurs initiés tout au long de sa vie (notamment le prince Charles de Hesse-Cassel qui était un haut dignitaire de l’Ordre des francs-maçons de Stricte Observance). On parle aussi de la fameuse tour franc-maçonne ornée d’un portail aux allures féeriques et décoré de symboles égyptiens, construite sur le domaine du prince à Louiselund et qui aurait accueilli de nombreux rituels d’initiation maçonnique. Mais c’est seulement en 1790, plusieurs années après la mort de Saint-Germain, que cette tour fut construite par Charles de Hesse-Cassel.

Porte de la tour à Louiselund, après 1790

Portail de la « tour franc-maçonne » à Louiselund.

On lui a aussi attribué un ouvrage ésotérique (théosophique, cabalistique et hermétique) intitulé La Très Sainte Trinosophie dont il ne nous est parvenu qu’une seule et unique copie, un beau manuscrit in-quarto relié en maroquin rouge du Levant, aujourd’hui conservé à la médiathèque de Troyes et également numérisé par l’IRHT. Par chance, ce recueil de 99 feuillets orné de nombreuses figures peintes est écrit en français. Donc, bien entendu, je l’ai lu. En entier. Enfin… jusqu’au moment où l’on ne peut plus rien biter à cause de l’introduction soudaine de caractères hébraïques, de sortes de hiéroglyphes, d’écritures cunéiformes et de symboles maçonniques et cabalistiques en plein milieu des phrases. Les dernières pages de l’ouvrage sont, quant à elles, entièrement chiffrées. Damned…

 

Tout de même, pour vous la faire courte, sachez que c’est l’histoire du cheminement pénible d’un gusse traversant de multiples épreuves, un genre de parcours initiatique si vous préférez. En vérité, il est fort peu probable que ce manuscrit soit de la main du comte de Saint-Germain. Il se pourrait par contre qu’il soit l’œuvre de ce sacré charlatan de Cagliostro. En effet, les premières pages du manuscrit indiquent que le narrateur écrit depuis les geôles d’un cachot et l’on sait que Cagliostro fut emprisonné en 1789 au château Saint-Ange à Rome à cause de son appartenance à la franc-maçonnerie, accusé d’alchimie, de sorcellerie et d’hérésie. De plus, on sait qu’il fut en possession dudit manuscrit avant que celui-ci ne lui soit confisqué et placé dans les bibliothèques du grand inquisiteur, à Rome toujours, où il a été trouvé en 1798 par les troupes du prince de Masséna, avant d’être racheté par la médiathèque de Troyes en 1855.

Au XIXe siècle, Napoléon III, passionné par l’histoire de Saint-Germain, créa une commission chargée d’enquêter sur le comte et de recueillir, dans les archives de l’Empire, tout document relatif à son existence. Une mine précieuse d’informations… qui finit calcinée lors de l’incendie du palais de Justice en 1871. Aaargghhh !

Cela dit, ne soyez pas tristes ! Car je vous offre en souvenir, à vous lecteurs des dernières lignes, un ultime secret de ce grand musicien, ce savant érudit, cet infatigable coureur d’aventures : la recette de l’infusion qu’il buvait quotidiennement et qui fut précieusement conservée par le prince Charles de Hesse-Cassel. Elle était composée de gousses de séné, de fleurs de sureau et de fenouil infusés dans de l’esprit-de-vin. Attention, il parait que c’était aussi un puissant laxatif. Mais qui sait, en absorbant ce breuvage, peut-être vivrez-vous, comme ce cher comte, près de cent ans !

Dernière chose, au cours de mes recherches ésotériques je n’ai malheureusement pas mis la main sur le secret de la pierre philosophale. Aussi, si cet article vous a plu, n’hésitez pas à soutenir mon travail en faisant un don d’un 1 € ou plus sur tipeee. C’est facile, en 3 clics, et cela m’aidera à continuer d’écrire de nouvelles enquêtes historiques  Merci !

 

Et partagez cet article à foison !

.:.

MA BIBLIO (non exhaustive) :    

SOURCE : https://savoirsdhistoire.wordpress.com/2018/04/08/lintrigant-comte-de-saint-germain/?fbclid=IwAR0FGyTkwNNl86t2vM-cZjKaq0YjI6WGkrbxfBqRSJg3BggiCylbwkmGam8

Les Arts libéraux 25 juillet, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les Arts libéraux

Laon-7 arts

Appelés aussi Sciences libérales (qui libèrent).

Pour les Grecs neuf muses, filles de Mnémosis, présidaient aux arts libéraux (qui rendent libres) : Histoire (Clio), Musique (Euterpe), Comédie (Thalie), Tragédie (Melpomène), Danse (Terpsichore), Elégie (Erato), Poésie lyrique (Plymnie), Astronomie (Uranie) et Eloquence (Calliope). Ce sont les muses qui ont donné le qualificatif du synthème pavé mosaïque. Pour Ilsetraut Hadot (philosophe et historienne, spécialiste de philosophie antique), lorsque Cicéron parle d’artes liberales, il ne s’agit absolument pas pour lui d’une liste de sciences en nombre déterminé : en principe, ces arts libéraux comprennent toutes les sciences qui sont dignes d’un homme libre. En fait, Cicéron fait un certain choix entre ces sciences ; ce choix ne coïncide pas du tout avec les sept arts libéraux qui nous sont connus par le Moyen Âge […]. Pour Cicéron, ce qui compte, c’est l’étude de la littérature grecque et latine, de l’histoire, de la philosophie (la dialectique comprise), de la rhétorique et du droit romain. Christofle de Savigny publie en 1587 Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, livre dans lequel il en répertorie 18 : arithmétique, géométrie, optique, musique, cosmographie, astrologie, géographie, physique, médecine, métaphysique, éthique, jurisprudence, chronologie, théologie, grammaire, rhétorique, poésie, dialectique.

Conformément à un usage remontant à l’Antiquité et tout particulièrement à un texte fondamental, Les Noces de Mercure et de la Philologie de Martianus Capella (début du Ves. de l’ère chrétienne), les Arts libéraux sont toujours personnifiés sous des traits féminins. La philosophie et les arts libéraux, planche XI du Hortus Deliciarum d’Herrad de Landsberg est peut-être l’image la plus emblématique de l’enseignement des arts libéraux. Autour de la Reine Philosophie, sous des arcs ronds séparés par des colonnes, se trouvent les sept arts libéraux. (Arte regens omnia quae sunt ego philosophia subjectas artes in septem divido partes : moi, la philosophie divine, je gouverne toutes choses avec sagesse; Je présente sept arts qui me sont subordonnés). Poursuivre avec les lumineuses gravures sur :

https://www.liberalarts.org.uk/philosophy-and-the-liberal-arts/

Au Moyen Âge, on distinguait 7 arts libéraux : Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Astronomie et Musique. Les trois premiers formaient le cercle d’études appelé Trivium, l’Intelligence, les arts de la parole. Les quatre autres, le Quadrivium, conduisent à l’approfondissement de la connaissance de la terre et du ciel. Toutes ces disciplines sont utilisées dans un seul but : aider à comprendre Dieu.

Le trivium a fourni à la Franc-Maçonnerieles mots de passe, les mots sacrés, le langage convenu, l’alphabet secret, l’usage des initiales, les verbes «lire», «épeler», «écrire» et les modalités de l’expression en loge.

On trouve, déjà énumérés dans les Old Charges (Régius, Cooke, Grand Loge, William Watson, etc) une description des sept Arts Libéraux accompagnant le récit d’Euclide. Ainsi, dans le Régius : «Grammaire est bien la racine pour qui s’instruit par la lecture ; mais le Savoir-faire est supérieur, ainsi que le fruit de l’arbre vaut plus que la racine. Rhétorique est la beauté du rythme, et la Musique un chant suave ; l’Astronomie dénombre et l’Arithmétique établit l’art des preuves ; la Géométrie est la septième science qui permet de montrer le vrai du faux. Ce sont là les sept sciences, dont l’usage conduit au ciel.» Et dans le Cooke : Vous devez savoir qu’il y a sept sciences libérales ; grâce à elles, toutes les sciences et techniques de ce monde ont été inventées. L’une d’elles, en particulier, est à la base de toutes les autres, c’est la science de la géométrie. Les sept sciences ont les noms suivants : La première qu’on appelle fondement des sciences a pour nom grammaire, elle enseigne à parler correctement et à bien écrire. La deuxième est la rhétorique, elle enseigne à parler avec grâce et beauté. La troisième est la dialectique qui enseigne à distinguer la vérité du faux et on l’appelle communément l’art de la sophistique. La quatrième s’appelle l’arithmétique, elle enseigne l’art des nombres, comment calculer et faire des comptes de toutes choses. La cinquième, la géométrie, enseigne toutes les dimensions et mesures, et le calcul des poids de toutes sortes. La sixième est la musique qui enseigne l’art de chanter selon des notes par la voix, l’orgue, la trompe, la harpe et tout autre instrument. La septième est l’astronomie qui enseigne le cours du soleil, de la lune et des autres étoiles et planètes du ciel.

Les The Old Constitutions belonging to the ancient and honourable Society of free and accepted Masons de Roberts de 1722 commencent par l’évocation de 7 arts libéraux : 1- It’s Grammar that teaches a Man to speak truly, and write truly. 2- It’s Rhetorick that teaches a Man to speak fair, and in subtle terms. 3- It’s Logick that teaches a Man to discern Truth from Fashood. 4- It’s Arithmetick that teaches a Man to accompt, and reckon all manner of numbers. 5- It’s geometry that teaches Mett and Measure of any thing, and from thence cometh Masonry. 6- It’s Musick that yeachet song and voice. 7- It’s Astronomy which teacheth to know the course of sun, and other ornaments of heaven.

(https://freemasonry.bcy.ca/history/old_charges/roberts_constitutions_1722.pdf)

Les arts libéraux sont rapprochés des sept vertus de la Franc-Maçonnerie: Espérance/Musique, Prudence /Astronomie, Justice/Réthorique, Force/Géométrie, Charité/Grammaire, Foi/Arithmétique, Tempérance /Dialectique.

La Grammaire

Per me quivis discit, vox, littera, syllaba quid sit (Grâce à moi, tout le monde peut apprendre le sens des mots, des syllabes et des lettres).

«Les humbles grammairiens qui se complaisent à la seule Coque, que ne retient pas la graisse de la moelle intérieure : S’ils réclament au dehors des fragments, de la seule coquille Contents, ils ne sont pas capables de goûter la saveur du noyau.» (Alain de Lille, XIIesiècle, traduction du latin).

Les anciennes civilisations n’ont pas toutes développé une pensée grammaticale. Parmi les peuples antiques, seuls les Indiens et les Grecs semblent avoir eu une telle démarche et, si c’est aux Indiens que l’on doit la première grammaire sanskrite, c’est aux Grecs que l’on doit le nom même de «grammaire» ; le terme grammatikê tekhnê apparaissant chez Platon. La Grammaire, comme «science du langage» selon l’expression d’Augustin, était considérée comme la clé de toute connaissance positive et, pour cette raison, le premier des Arts. Guillaume de Conches, comme son maître Bernard de Chartres, souligne le fait que la grammaire est le fondement de tout savoir.

Elle est à la fois la science et l’art du langage : la science, car elle en fait connaître les éléments constitutifs et les principes généraux en s’appuyant sur les théories qu’elle emprunte entre autres à la logique ; l’art, car elle en expose les procédés et les règles.

La grammaire est dite générale quand elle s’attache aux principes communs à toutes langues, particulière quand elle se borne aux formes propres à une seule langue, comparée quand elle met en regard les analogies et les différences entre deux ou plusieurs langues. Toute grammaire traite :

~ de l’aspect matériel du langage : lettres, alphabet, syllabes, accents et signes divers ;

~ de la lexicographie, c’est-à-dire des différentes espèces de mots, de leurs modifications ou inflexions : genres, nombres, cas, personnes, voix, temps, modes ;

~ de la syntaxe, qui enseigne à unir et à combiner les mots pour exprimer nos pensées ;

~ de l’orthographe, de la prononciation.

Les rituels ont une grammaire qui constitue en grande partie le langage maçonnique.

La Rhétorique

Causarum vires per me, alme rhetor, oblige (Grâce à moi, fier orateur, vos discours vont bouger).

La rhétorique est l’art de bien dire et persuader, c’est-à-dire de convaincre, de plaire et de toucher. La rhétorique ne peut produire l’éloquence qui est un don naturel, mais elle apprend à l’orateur à user de toutes ses ressources ; elle lui sert de règle et d’auxiliaire. Dans tout discours, comme dans toute composition littéraire, il faut d’abord trouver ce qu’on doit dire, puis le disposer dans l’ordre le plus convenable, enfin l’orner de tous les agréments du style : de là trois parties dans la rhétorique, l’invention, la disposition et l’élocution.

Dans l’art rhétorique, les moyens de persuasion du discours sont le logosqui relève de la démonstration, de la raison et de l’argumentation, l’ethos qui est ce qui correspond à l’image que le locuteur donne de lui-même à travers son discours (il s’agit essentiellement pour lui d’établir sa crédibilité par la mise en scène de qualités morales comme la vertu, la bienveillance ou la magnanimité) et le pathos, une méthode de persuasion par l’appel à l’émotion du public. On différencie les opérations de la rhétorique en cinq parties : l’invention (inventio, heurisis) ; l’organisation (dispositio, taxis) ; l’élocution, ou plutôt la disposition des mots dans la phrase, l’usage des figures, la question des styles (elocutio, lexis) ; la prononciation du discours (actio, hypocrisis) et sa mise en mémoire (memoria, mnémè). Bien que vilipendée par Platon (dans Gorgias, avec son dialogue sur la rhétorique sophistique, il ne voit qu’une doctrine rejetant toute morale, un discours flattant l’auditoire et agissant sur l’âme par la séduction), cette machine rhétorique, bien organisée en ses parties, permet de construire le discours mais, dans le cas d’une pratique dite spirituelle, elle sert à élever l’adepte ou, en d’autres termes, à lui procurer en lui une augmentation de l’être. Il conviendrait d’introduire d’autres notions qui sont la prudence, la subtilité et la délicatesse.

Dans l’Antiquité, l’art de la mémoire faisait partie de la rhétorique. Cet ars memorendi permettait à l’orateur de retenir les points essentiels de longs discours, à une époque où le matériel et les supports pour prendre des notes étaient peu pratiques. L’art de la mémoire, la mnémotechnique, apportait une aide considérable à l’improvisation ; la mémoire organisée fournissait à l’intervenant les éléments dont il avait besoin.

Démosthène, Cicéron, Quintilien furent de grands rhéteurs.

L’apprentissage de la rhétorique, par un compagnon franc-maçon, est source d’une prise de parole sensible, bienfaisante et profitable à la loge.

La Logique

La dialectique, qui consiste dans l’art de discuter, fut la première forme de la logique. Argumenta sino concurrere plus canino (Comme les aboiements d’un chien, mes arguments se succèdent avec rapidité).

La Logique est la partie de la philosophie qui étudie les lois de la pensée qui, par la suite, enseigne les règles à observer dans la recherche et l’exposition de la vérité. Elle est une science parce qu’elle fonde ses théories sur la connaissance des facultés intellectuelles et qu’elle en déduit les règles auxquelles celles-ci doivent être assujetties. Elle est un art parce que ses préceptes s’appliquent à toutes les sciences et forment la justesse de l’esprit.

La logique traite deux grandes questions, celle de la certitude et celle de la méthode. Dans la première, elle explore les trois systèmes qui s’y rattachent, le dogmatisme, le probabilisme, le scepticisme, distinguant la science et l’opinion, assignant les caractères de la vérité et les causes de l’erreur.Dans la seconde, elle détermine les procédés de la méthode, soit en général, soit par rapport aux diverses sciences particulières (sciences mathématiques, physiques, naturelles, sociales) ; elle montre en même temps quel concours le langage peut prêter aux opérations de l’esprit.

La parole du compagnon, s’appuyant sur la rhétorique, se structure par la logique.

L’Arithmétique

Ex numeris consto, quorum discrimina monstro (J’ai confiance dans les chiffres et je montre comment ils sont liés les uns aux autres).

L’Arithmétique est la science des nombres, de leurs relations, de leurs propriétés. On y fait entrer aussi, habituellement, quelques applications pratiques grâce aux quatre opérations : addition, soustraction, division, multiplication. À la valeur réelle de quantité des nombres, doit s’ajouter leur considération symbolique, leur caractère secret, ésotérique que les gnoses, en particulier celles hébraïque, grecque et islamique, approfondissent pour approcher la connaissance du monde.

L’Astronomie

Ex astris nomen traho, per quae discitur présage (Je dois mon nom aux corps célestes et je prédis l’avenir).

«Remonter des ombres à la lumière qui les induit et de celle-ci à sa source unique, voilà une leçon de Platon, quand il parle de la connaissance. Il ne s’agit pas d’image poétique, mais du geste quotidien des astronomes.» Michel Serres

L’astronomie est la science qui a pour objet la connaissance des astres et des lois qui règlent leurs mouvements. Quand elle est purement descriptive, elle prend le nom d’uranographie (ciel) ou de cosmographie (monde). L’astronomie est l’une des quatre disciplines du Quadrivium, part scientifique de l’ensemble des sept Arts libéraux.

On attribue aux Chaldéens les premières notions de l’astronomie qui, à l’origine, ne se séparaient pas de l’astrologie. Leurs observations se rapportent surtout aux mouvements des constellations ainsi qu’à la marche du soleilet aux phases de la lune. On avait remarqué que le soleil, la lune et les planètes alors connues ne s’écartaient jamais dans leurs mouvements, dans un espace circonscrit ; cette observation donna l’idée de cette zone idéale, nommée Zodiaque, et de sa division en 12 signes.

Les égyptiens avaient des connaissances d’astronomie, ainsi que le prouvent l’orientation de leurs pyramides et leur zodiaque. Les Chinois se vantent de posséder dans leurs annales les observations astronomiques les plus anciennes.

L’histoire de l’astronomie ne commence, en Occident, que vers 600av. J.-C. D’après la tradition, Thalès enseigna la sphéricité de la terre, l’obliquité de l’écliptique et expliqua les causes des éclipses. Vers la même époque, Pythagore devinait la rotation de la terre sur son axe et sa révolution annuelle autour du soleil qu’il plaçait au centre du monde. Cette période de découverte se poursuit avec Pythéas qui observa la longueur du méridien au solstice d’été, à l’aide d’un gnomon comme le fait (en 230 av. notre ère) ératosthène pour calculer la circonférence de la Terre. C’est à l’aide d’un obélisque, en l’occurrence le phare d’Alexandrie, construit vers 300 av.J-C, qui en remplit le rôle, qu’ératosthène calcule la première estimation de la circonférence terrestre. ératosthène sait qu’à Syène – aujourd’hui Assouan en égypte – le jour du solstice d’été, à midi, les rayons solaires tombent verticalement par rapport au sol parce qu’ils éclairent un puits jusqu’à son fond. Au même moment à Alexandrie, ville située à peu près sur le même méridien mais plus au nord, le Soleil n’est pas au zénith. L’obélisque de cette ville y projette en effet vers le Nord une ombre bien mesurable. Avec la verticale du lieu, (la hauteur du phare), la longueur de l’ombre de l’obélisque permet de connaître l’angle que fait la direction du Soleil et par là même de déterminer celui que fait les deux villes à partir du centre de la Terre. Pour en déduire la valeur de toute la circonférence terrestre, il « suffit » à ératosthène d’estimer la distance séparant les deux villes. On comptait alors 5000 stades et le calcul de proportionnalité avec un angle de 7 degrés et un stade de 157 mètres donne au calcul 40349 km à comparer avec les 40074 actuellement mesurés.

À dater de la fondation de l’école d’Alexandrie, l’astronomie prit une forme plus rigoureuse ; les observations se firent alors au moyen d’instruments ingénieux propres à mesurer les angles, et les calculs s’exécutèrent à l’aide des méthodes trigonométriques. Hipparque, en 160av. J.-C., inventa l’astrolabe, détermina la durée de l’année tropique, forma les premières tables du soleil, fixa la durée des révolutions de la lune relativement aux étoiles et à la terre, et découvrit la précession des équinoxes.

Le Ciel constitue donc bien l’archétype des archétypes, le symbole majeur où se rassemblent, s’organisent et s’expliquent tous les êtres et les choses de l’univers d’ici-bas. Il est le modèle gigantesque du nombreet de l’ordre, comme l’avait bien vu, avant Képler, les Pythagoriciens. C’est le lieu métaphysique par excellence, le réservoir de la Toute Puissance par son élévation exemplaire, le modèle de toute intelligibilité par son ordre exemplaire, le lieu de maîtrise divine sur les destinées et les évènements. Képler pensait que le nombre des planètes et leur disposition n’étaient pas arbitraires, mais une manifestation de la volonté de Dieu. Il avait encastré les planètes connues à l’époque dans les 5 solides parfaits de Pythagore (dits platoniciens). Le modèle proposé figure dans son ouvrage de 1596 Le Mystère cosmique : Terre en icosaèdre, Vénus en octaèdre, Mars en dodécaèdre, Jupiter en tétraèdre, Saturne en cube.

L’orientation du temple maçonnique, la place des officiers représentent le modèle d’une cosmographie sacrée.

La Musique

Musica sum late doctrix artis variate (Je suis la musique et j’enseigne mon art à l’aide de divers instruments).

Si les mots sont le langage de l’esprit, la musique est le langage de l’âme.

«Il faut, en maçonnerie, rendre la vertu aimable par l’attrait des plaisirs innocents, d’une musique agréable, d’une joie pure, et d’une gaieté raisonnable» (Ramsay).

La musique est l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille. Les éléments essentiels de la musique sont la mélodie et le rythme, auxquels il faut joindre le timbre et l’accentuation, enfin l’harmonie qui fixe la simultanéité des sons.

Aristote consacre une bonnepartie du dernier livre conservé de sa

Politique (VIII, 5-7) à l’éducation musicale. La musique, selon lui, peut avoir une influence sur le comportement, sur le développement du caractère, sur les dispositions morales, ce que les Grecs appellent l’êthos, de même qu’elle peut avoir une action sur l’âme, la psyché. (à partir de la p. 106, Exercices de mythologie par Philippe Borgeaud, éd. Labor Et fides, 2004)

Pythagore, Platon donnaient au mot musique une acception beaucoup plus étendue que celle que nous lui donnons aujourd’hui. Ils distinguaient une musique théorique ou contemplative et une musique active ou pratique. À la première ils rapportaient l’astronomie (l’harmonie du monde), l’arithmétique (l’harmonie des nombres), l’harmonique (traitant des sons, des intervalles, des systèmes), la rythmique (traitant des mouvements), et la métrique (la prosodie). La deuxième comprenait la mélopée (art de créer des mélodies), la rythmopée (art de la mesure et de la poésie). Musikê était à la fois l’approche scientifique, physique et mathématique, des sons et l’art issu des Muses. Rappelons que la première demande que fit Pythagore au Sénat de Crotone, était de bâtir un Temple aux Muses, comme symboles de l’harmonie qui devait présider à tout groupe social.

Les Hébreux cultivèrent de bonne heure la musique et le chant, témoins les cantiques de Moïse, les trompettes de Jéricho, la harpe de David, etc. La musique était intimement liée à toutes leurs cérémonies religieuses.

Les Romains ne commencèrent à s’occuper de la composition musicale que sous le règne d’Auguste.

Les premiers Chrétiens imitèrent les Juifs sous ce rapport ; de là l’origine du plain-chant créé au IVe siècle par Saint Ambroise et qui est comme un reflet de la musique des Anciens. Jusqu’au XIe siècle il n’y eut guère d’autre musique écrite que les chants d’église. À cette époque, l’invention de la gamme, ou échelle musicale, due au bénédictin Gui d’Arezzo, et celle du contrepoint donnèrent naissance à la musique moderne. C’est avec la connaissance de la musique, c’est-à-dire l’harmonie des sons et la beauté des rythmes que le compagnon règle sa conduite afin de tendre vers la véritable sagesse. «S’il y a une portée, elle doit bien porter quelque chose et s’il y a des clefs, elles doivent bien ouvrir des portes.» Parler de gamme chromatique c’est associer la musique aux couleurs.

Dans son ouvrage Atalante fugitive ou nouveaux emblèmes chymiques des secrets de la nature, Michel Maïer (qui inspira Monteverdi) explique le Grand Œuvre alchimique par un ensemble de fugues musicales, de gravures et de poèmes, bref un essai d’art total comme l’opéra dont la traduction est justement le mot œuvre.

Le triton ou quarte augmentée (par exemple do, fa dièse), intervalle dissonnant de 3 tons entiers entre deux notes, a été considéré comme maléfique, le diabolus in musica, au Moyen Âge.

On a découvert que certains atomes exposés à des températures proches du zéro absolu commençaient à se comporter comme s’ils étaient un seul et unique atome, alors qu’ils sont des milliards livrés à une ronde synchronisée. Le comité du Nobel, qui décerna le prix Nobel de physique en 2001à Cornell et Wieman, Ketterle pour cette découverte, a dit que les atomes chantaient à l’unisson (découvrant ainsi un nouvel état de la matière appelé condensat de Bose-Einstein) au rythme de la musique cosmique, qui n’est pas sans rappeler le rythme de la danse créatrice de Shiva.

À l’instar de la musique liturgique et du chant sacré de l’église, la musique maçonnique a joué un rôle et des fonctions toujours plus importants dans les travaux et tenues de la loge. D’emblée, la communauté maçonnique a reconnu les effets exhausteurs exercés par la pratique musicale sur l’ambiance de la loge et les sentiments animant les frères (et sœurs).

Dans certaines loges en Écosse, le rituel est chanté quasi intégralement quasi intégralement depuis des siècles.

La pratique de la musique et du chant en loge contribue essentiellement, jusqu’à ce jour, au maintien de la communion des esprits lors des travaux rituels, mais aussi, dans la mesure où elle est en adéquation avec le texte et la gestuelle, à marquer plus intensément la perception du déroulement du rituel. Dans son ensemble, la musique maçonnique peut se subdiviser en trois catégories :

~ Chants et pièces instrumentales composés en vue des travaux rituels, loges de table, fêtes de St Jean et autres manifestations analogues, une musique de circonstance.

~ Compositions qui ne furent pas écrites expressément à des fins maçonniques, mais qui par leur caractère et leur contenu se prêtent parfaitement aux travaux en loge.

~ Œuvres originales d’inspiration maçonnique, telle, par exemple, la Maurerische Trauermusik (Musique funèbre maçonnique) de Mozart.

La troisième partie des Constitutions d’Andersonest consacrée à 4 chants maçonniques (le Chant du Maître ou l’Histoire de la Maçonnerie ; le Chant du Surveillant ou une autre Histoire de la Maçonnerie ; le Chant des Compagnons ; le Chant de l’Apprenti). L’édition suivante, en 1738, reprend (pour certains, dans une version abrégée) les quatre chants de l’édition de 1723, mais y ajoute sept chants supplémentaires : Chant du Député Grand Maître ; Chant du Grand Surveillant ; Chant du Trésorier ; Chant du Secrétaire ; Chant du Porte-épée ; Ode aux Francs-maçons ; Ode à la Maçonnerie. Les éditions suivantes des Constitutions, celles de 1746, 1756, 1767 et 1784continueront à ajouter et à soustraire des chansons.

Dans les Constitutions de Dermott, Ahiman Rezon, on trouve (1-4) les quatre chansons originales des Constitutions d’Anderson de 1723(on notera que le Chant du Maître, déjà ramené de 244 à 52 vers en 1738, n’en contient cette fois plus que 12) ; (5-8) les quatre premières des sept ajoutées dans l’édition de 1738 ; (9-68) 60 autres chansons ; divers prologues et épilogues ; l’oratorio Solomon’s Temple.

À lire, ce texte de Christian Tourn très documenté sur :

http://taosophie.free.fr/recueil/la_musique_maconnique.pdf

 

liberalarts.org.uk

Philosophy and the Liberal Arts | Essays | Liberal Arts

Philosophy and the Liberal Arts is perhaps the most famous image of liberal arts education. Here the focus is on the seven liberal arts.

Liberal-Arts

L’expérience maçonnique 16 juillet, 2020

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’expérience maçonnique

par Jean-Charles Auque

 

Loin des « unes » à sensation et des fantasmes journalistiques, cet article témoigne de ce que signifie être franc-maçon pour ceux qui ne cherchent pas, à travers cette affiliation, à accélérer leur carrière ou à se créer un réseau. S’agit-il d’une expérience spirituelle ? De l’expression d’un besoin de rites et de rencontres ? Pourquoi y rester fidèle ?

La franc-maçonnerie est un véritable réservoir à fantasmes – et à « unes » pour un certain nombre de magazines hebdomadaires. Il ne s’agit pas ici de les alimenter, de revenir sur les « réseaux » ou le « pouvoir des franc-maçons » mais de s’intéresser à la manière dont la franc-maçonnerie est vécue de l’intérieur, par ceux qui s’y engagent non pour trouver des relations, non pour accélérer leur ascension, mais pour autre chose. Que cherchent les franc-maçons « de base » ? Au-delà des rites, souvent décrits, de l’initiation, souvent mythifiée, la franc-maçonnerie, héritière de traditions qui peuvent sembler contradictoires, continue cependant à donner à certains un cadre où s’exprimer. La fraternité, le respect, la tradition ouvrent-ils sur une dimension spirituelle ? C’est ce que cet article cherche à expliquer.

Esprit : https://esprit.presse.fr/article/jean-charles-auque/l-experience-maconnique-37468

 

Lorsqu’un tout premier dialogue s’instaure sur le thème de la franc-maçonnerie entre un « frère » et quelqu’un qui n’en est pas, il est fréquent que plane sur la conversation la suspicion entretenue régulièrement par la presse concernant le « pouvoir des franc-maçons ». Comment le non-initié n’aurait-il pas en tête une telle réserve, même s’il ne veut pas prêter l’oreille aux théories du complot, alors qu’il ne se passe pas une année sans qu’un hebdomadaire fasse sa « une » sur ce sujet rebattu ? Si, en outre, notre non-initié a repéré ici et là le parcours de tel Grand Maître qui s’est empressé, sitôt libéré de ce titre trop voyant, de le faire fructifier dans les sphères politiques ou privées, s’il a eu vent de telle ou telle sale affaire, sur la Côte d’Azur ou ailleurs, dans laquelle la confusion est patente entre le monde des loges et les pouvoirs administratifs, politiques et/ou économiques, nul doute qu’il aura une idée assez dégradée de la franc-maçonnerie. Inutile, alors, de vouloir nuancer son jugement en lui expliquant que telle obédience est particulièrement concernée depuis une quinzaine d’années et fait indûment du tort aux autres ; qu’il n’y a pas plus de vote maçonnique qu’il n’y a de vote juif ; que les politiques se leurrent presque toujours en cherchant à établir des liens avec ce qu’ils considèrent comme un groupe de pression à amadouer… Le fantasme peut être déconstruit, il n’en reste pas moins qu’il est régulièrement entretenu par quelques faits gênants.

Mieux vaut, à mon sens, aller directement à l’essentiel, et affirmer que l’essentiel se passe en loge. Sur les 150 000 franc-maçons environ que compte notre pays, quelques dizaines, quelques centaines tout au plus sont concernés par les fonctions de gouvernance. Qu’est-ce qui fait donc courir les autres, tous les autres, ceux que l’on pourrait appeler les franc-maçons « de base » ? En général, ils s’intéressent fort peu aux polémiques ou conflits de personnes sévissant parfois (parfois seulement) dans les « convents », c’est-à-dire les assemblées représentatives annuelles. Et souvent ils ne connaissent même pas le nom du Grand Maître ou de la Grande Maîtresse de leur propre obédience ! Ce qui les retient, ce qui les anime, c’est la richesse singulière de la vie de leur loge. Et que se passe-t-il donc en loge ? Difficile à résumer, car ce qu’y vivent les maçons ne relève pas des critères communs pour définir les groupements associatifs, religieux, politiques, philanthropiques, etc. Par exemple, il y a manifestement du « sacré » dans le temple maçonnique, mais ce n’est pas celui des religions ; il y a évidemment un héritage philosophique partagé, mais ici le rationalisme des Lumières côtoie étrangement une tradition initiatique et une symbolique venues du fond des âges ; il y a aussi un humanisme social et politique affirmé, mais, même au Grand Orient, où cette dimension est la plus voyante, elle ne se départit jamais d’un cheminement intérieur de l’individu à travers le partage, cheminement vers une sagesse, voire une spiritualité… y compris pour les plus laïcs.

Un « sacré » non violent

Dès lors que l’on parle de temple, d’initiation, de profanes (les non-initiés), etc., il va de soi que les rites régissant la vie maçonnique relèvent d’une dimension sacrée. Mais comment la définir, sachant que par ailleurs les maçons ont eu, dans l’histoire de notre pays (beaucoup plus d’ailleurs que dans les pays anglo-saxons) un rôle important dans le mouvement de sécularisation de la société, et dans les combats pour la laïcité ? Pour y voir un peu plus clair, il faut, je crois, se référer aux deux définitions qu’Émile Durkheim a données du sacré : dans les Formes élémentaires de la vie religieuse1, il définit tout d’abord l’espace sacré comme un lieu délimité et isolé, protégé de l’extérieur par un interdit. Mais, à côté de cette définition minimale, il en développe une autre, plus forte, plus chargée, où le sacré est compris comme le lieu de la manifestation des « puissances supérieures ». En général, ces deux définitions se rejoignent et se superposent dans les pratiques spirituelles traditionnelles, mais la franc-maçonnerie semble être, de ce point de vue, une exception.

Certes, le temple maçonnique peut être qualifié de sacré en tant qu’il est protégé des interférences avec le monde : tel est le sens symbolique de ces « métaux » que le maçon est censé avoir déposés à l’extérieur, sur le « parvis du temple », et qui représentent les fonctions sociales et autres déterminismes empêchant une expression libre et égalitaire. Tel est aussi le sens du fameux secret maçonnique, qui interdit de divulguer quoi que ce soit de ce qui a pu se passer dans une « tenue » (assemblée rituelle). Le temple est donc bien un lieu clos, qui répond à la première définition du sacré par Durkheim. Mais il n’est pas sacré au sens où il serait habité par une force irrationnelle comparable au mana des religions dites archaïques, au wakan des tribus d’Amérique du Nord, ou encore à la Présence réelle du catholicisme traditionnel. Même dans les rites de type déiste où l’on se réunit « sous les auspices du Grand Architecte de l’Univers », celui-ci relève plutôt du vocabulaire symbolique, il est comme un cousin du Grand Horloger de Voltaire, une sorte d’Origine mythique qui n’impose à l’assemblée aucune verticalité.

On pourrait même aller plus loin, jusqu’à affirmer que le temple maçonnique est sacré en un sens inverse à celui des religions. L’individu ne s’y trouve pas en présence d’une Puissance à la fois terrifiante et fascinante (le mysterium tremendum et fascinans de Rudolf Otto2) qui aurait pour effet de le réduire au silence. Emmanuel Levinas, on le sait, se méfiait de ce genre de spiritualité qui laisse l’homme sans voix face aux « puissances supérieures ». Le caractère sacré de la tenue maçonnique a au contraire pour fonction de réunir les conditions d’une parole libre et partagée de façon égalitaire : le rite invite à une lenteur et à une concentration dans l’écoute de l’autre ; l’opinion des participants est sans cesse sollicitée ; les règles de prise de parole interdisent d’interpeller un « frère » et a fortiori de lui couper la parole – on s’adresse à la fois au « vénérable » qui préside et à tous les présents, mais jamais directement au précédent intervenant… Bref, toutes les conditions se conjuguent pour que chacun se trouve libre et disponible. Libre de sa parole, qui en dehors des normes rituelles est absolument sans contrainte ; et disponible pour écouter l’autre, en partant du principe qu’il y a toujours quelque chose à apprendre de lui, même en cas de ferme contradiction. La première richesse de la franc-maçonnerie réside donc dans cet apprentissage de l’écoute et du partage. Paradoxalement, si elle relève du sacré, c’est dans une acception tellement particulière qu’elle tend à démentir l’assertion de René Girard : « Le sacré, c’est la violence. »

Personnellement, j’ai eu maintes fois l’occasion de constater l’effectivité – et la fécondité – de tels principes méthodologiques. Il m’est arrivé de porter une parole dissidente, voire dérangeante dans une assemblée dont la majorité ne partageait pas mes points de vue. Il se trouve que je suis catholique dans une loge du Grand Orient de France, mais ce n’est pas en cela qu’il pourrait y avoir friction, car on ne vient pas en loge en arborant ses convictions politiques ou religieuses. Les contradictions sont plutôt de l’ordre du heurt des sensibilités singulières, et, par exemple, j’aime bien dénoncer parfois les facilités d’un certain progressisme bien-pensant. Or, en affirmant ainsi un point de vue minoritaire, je peux dire que jamais je n’ai fait l’objet d’un quelconque procès d’intention. Non seulement j’ai été écouté jusqu’au bout, mais je me suis vu ensuite salué et même remercié par ceux qui avaient exprimé un avis contraire. Non pas qu’ils aient été forcément convaincus par mes arguments, mais ils m’étaient reconnaissants de leur avoir donné à penser par ma différence. Ils incarnaient alors la fameuse citation de Saint-Exupéry, extraite de Citadelle3 et gravée en grandes lettres au siège du Grand Orient de France : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » En de telles occasions me revenait à l’esprit la définition que donnait le philosophe Éric Weil de la violence : « Il y a violence dès lors que je ne fais pas participer l’autre à l’élaboration de mon propre discours4. » En ce sens, la franc-maçonnerie est une école de non-violence, instituant un espace où chacun accepte de se laisser pénétrer par la parole de l’autre.

Progressisme et tradition

Un autre paradoxe de la franc-maçonnerie réside dans le fait qu’elle se situe au confluent de deux courants a priori antagonistes : par son histoire, qui s’enracine dans le siècle des Philosophes, elle est porteuse d’un progressisme congénital issu des Lumières – même les loges les plus « spiritualistes » s’en revendiquent ; mais dès le début, elle a assorti ce fonds philosophique de pratiques rituelles faisant appel à une mythologie ancestrale, ou prétendue telle. Ce n’est pas le lieu ici de discuter du bien-fondé de cette mythologie : peu importe que la « maçonnerie spéculative » née au début du 18eme siècle soit en continuité réelle ou seulement légendaire avec une « maçonnerie opérative » s’enracinant dans le savoir-faire des bâtisseurs de cathédrale ; peu importe que la généalogie de certains rites et symboles remonte effectivement à la nuit des temps (Égypte ancienne, Temple de Salomon, etc.) ou qu’une telle prétention relève du conte ésotérique. Ce qui est bien réel, c’est qu’aujourd’hui la franc-maçonnerie française est un étrange amalgame de modernité issue des idéaux de la Révolution, et de traditions initiatiques venues d’un autre système de pensée.

Ce qui n’est pas sans conséquences. Prenons par exemple la devise républicaine que les franc-maçons français ont faite leur à partir du milieu du 19eme siècle, « Liberté, Égalité, Fraternité », et voyons comment est décliné ce triptyque dans la vie maçonnique.

Le premier terme, Liberté, est bien incarné dans les loges, où une liberté absolue de conscience est reconnue à chaque membre. La liberté d’expression y règne aussi, certes, mais le caractère rituel de la tenue l’encadre dans des règles formelles qui peuvent paraître très contraignantes. Parce qu’elle a pour vocation une élévation de chacun, l’expression libre s’oblige ici à employer un certain vocabulaire symbolique, s’oblige aussi à une distribution de la parole très réglementée, s’oblige enfin à exclure certains contenus (proprement politiques ou religieux, par exemple) qui seraient susceptibles de déclencher les passions ou de favoriser les rapports de force. Il y a donc bien débat libre et démocratique sur les sujets abordés, mais dans une atmosphère tout autre que celle des débats publics auxquels les mêmes hommes et femmes peuvent participer dans la société.

En outre, sitôt sorti du temple, le franc-maçon est tenu de respecter sa promesse de secret. Voilà donc une autre autolimitation de sa liberté de parole, si mal perçue en général par les non-maçons, et qui n’est compréhensible que par le caractère initiatique de l’ordre maçonnique. De quoi s’agit-il en fait ? Il faut d’abord prêter peu d’attention au secret des rites, puisque, de toute façon, leur déroulement a été depuis longtemps divulgué par toute une littérature aisément disponible en librairies. Quant au secret qui concerne l’appartenance, rappelons qu’il ne concerne que les autres maçons et relève d’une simple prudence fondée sur l’expérience : chacun peut se dévoiler comme il l’entend à qui bon lui semble, mais doit respecter la volonté de discrétion de ceux de ses frères qui estiment que l’étiquette de franc-maçons pourrait leur porter préjudice. L’histoire a montré – en dehors même des terribles persécutions sous le régime de Vichy – que de telles préventions ne relèvent pas de la paranoïa, tant peut être fort le poids des préjugés. Mais le véritable secret maçonnique se situe au-delà de cette règle de précaution. Il s’explique par l’indicibilité de l’expérience initiatique. Si le franc-maçon s’oblige à ne rien en dire, c’est parce qu’il sait que toute parole trahirait l’essentiel en voulant le traduire. Ce que je fais ici en évoquant l’expérience vécue en loge ne vise qu’à dissiper quelques malentendus, non pas à « dévoiler » la vie maçonnique. Le voudrais-je que la tâche serait impossible, car on ne dévoile pas des processus de transformation intérieure, des moments inoubliables de communion, des sentiments furtifs d’élévation, des amitiés salvatrices… toutes choses qui font qu’une vie de société peut être dite initiatique. Quand j’ai promis de me taire sur le sujet, je n’aliénais pas fondamentalement ma liberté, je reconnaissais simplement que ce sujet est incommunicable.

On pourrait faire le même constat pour le principe d’Égalité que pour celui de Liberté. Les francs-maçons y sont attachés en tant qu’héritiers des Lumières, et c’est un fait qu’ils ont milité de tout temps contre l’esclavage (Victor Schœlcher), pour l’accès égalitaire à l’éducation (Jules Ferry, Jean Zay), pour le droit des femmes (Pierre Simon), etc. Comme il est vrai que le milieu franc-maçon fut le creuset privilégié de la socialisation des juifs et des protestants dans une société majoritairement catholique où ceux-ci étaient discriminés. Le tableau d’honneur de la franc-maçonnerie sur ce point n’est plus à faire, mais… que se passe-t-il en loge ? L’apprenti n’a pas droit à la parole en tenue, il doit se contenter d’écouter sauf si le « vénérable » le sollicite exceptionnellement ; les apprentis et compagnons doivent parfois sortir sur le parvis du temple lors de certaines décisions qui ne peuvent se prendre qu’entre maîtres ; les uns et les autres n’ont pas droit aux mêmes tabliers et autres « décors »… Bref, la sacro-sainte égalité est en apparence mise à mal dans le quotidien de la vie en loge. En apparence seulement, car le principe est clair : du jour de son initiation, tout franc-maçon est l’égal de ses frères, et les fonctions particulières que peuvent exercer certains d’entre eux (fonctions qui sont toutes électives et temporaires) ne leur confèrent aucune dignité supplémentaire. Cette égalité de principe est symbolisée par le tutoiement, que le tout nouvel apprenti peut pratiquer aussi bien avec les très anciens maçons qu’avec le Grand Maître de son obédience.

Mais il n’en reste pas moins que la franc-maçonnerie est une société « progressive ». Ses membres sont égaux, mais pas comme peuvent l’être les adhérents d’une association, les usagers d’une institution publique, ou les membres d’un parti. Ils se vivent comme devant suivre une progression qui va de la « naissance » que représente l’initiation jusqu’à la maturité, en passant par les trois « degrés » d’apprenti, de compagnon et de maître. Il existe donc une tension subtile entre l’égalité proclamée, et défendue historiquement dans la République par les milieux franc-maçons, et le caractère « progressif » de leurs traditions symboliques. La meilleure illustration de cette douce ambiguïté est l’adjectif anglais progressive, présent dans les premières constitutions maçonniques, et qui peut se traduire en français aussi bien par « progressif » que par « progressiste »… Parfois, les franc-maçons ont bien du mal à tenir les deux bouts de cette polysémie, comme on l’a vu, par exemple, dans les polémiques de ces dernières années sur l’initiation des femmes au Grand Orient : certains arguaient du caractère initiatique de la franc-maçonnerie pour la refuser, puisque le corps sexué est impliqué dans les « épreuves » de l’initiation – et il est vrai que les sociétés initiatiques dans toutes les cultures historiques ont toujours été sexuellement ségréguées ; d’autres considéraient (comme le pensent d’ailleurs souvent les non-maçons) qu’il était aberrant qu’une telle « inégalité » demeurât comme une tache dans cette obédience progressiste. La solution finalement adoptée (chaque loge décidera souverainement de sa pratique) sanctionnait le pluralisme constaté des sensibilités.

Qu’est-ce qu’un « frère » ?

Liberté, Égalité… qu’en est-il donc de la Fraternité au sens maçonnique ? Qu’est-ce, au fond, que la fraternité ? En général, lorsque les hommes s’appellent « frères » sans être biologiquement du même sang, c’est qu’ils se sont inventé une ascendance symbolique commune, pour légitimer, pour fonder sur le plan mythique un sentiment d’identité collective. Ainsi, les chrétiens se sont dit frères en référence au Dieu biblique qui a pris, dans la prédication de Jésus, le caractère essentiel de « père », les musulmans s’appellent frères entre eux en référence à Abraham, etc. On pourrait ainsi expliquer la fraternité des maçons par la filiation mythique qui les relie au personnage biblique d’Hiram, maître d’œuvre du temple de Salomon. Mais gloser sur ce symbolisme ne nous avancerait pas beaucoup. Pour le non-maçon, le plus souvent, ce ne sont là que des mots, de jolis noms pour désigner une sorte de contrat ambigu unissant quelques élus qui se reconnaissent par des signes déterminés et qui ont décidé, au-delà des distances et des distinctions habituelles de la société, de s’entraider et de se tenir les coudes. Et effectivement, il faut bien reconnaître qu’il y a un problème avec ce mot de fraternité. Si la simple présomption d’une communauté de pensée induit automatiquement un lien qui devrait se manifester par un devoir de solidarité, on voit bien à quelles dérives une telle vision peut aboutir. L’affairisme, l’arrivisme, le petit jeu des renvois d’ascenseur, l’esprit de clan peuvent se cacher alors derrière une prétendue parenté intellectuelle, derrière le mythe d’un humanisme partagé. Et ils n’en sont alors que plus pervers – le vice n’est jamais aussi vicieux que lorsqu’il se pare des atours de la bonne conscience.

De telles déviations ont toujours existé, dans la franc-maçonnerie comme dans d’autres types d’associations. L’élément du secret ajoute ici une dimension propre à alimenter toutes les suspicions, et l’on sait que la presse se complaît à mettre en scène régulièrement ces fantasmes de réseaux occultes et de collusions politico-économiques – fantasmes, oui, mais il faut bien admettre que, plus d’une fois, il y a eu au moins une part de vrai dans ces allégations. Même s’il sait que cette face honteuse de la fraternité demeure ultra-minoritaire, le franc-maçon « de base » en est toujours meurtri. Il a beau se répéter qu’il n’a que faire de ces quelques moutons noirs de la franc-maçonnerie, il n’en est pas moins blessé par le dévoiement de cette fraternité qui représente pour lui un idéal. Alors il se dit que, définitivement, l’essentiel se passe en loge, dans cet espace et ce temps suspendus que représente la tenue, c’est-à-dire la réunion rituelle. C’est pourquoi il voit d’un mauvais œil ce qu’on appelle les « fraternelles », ces réseaux de franc-maçons issus de diverses obédiences, et réunis par affinités socioprofessionnelles : leurs assemblées n’étant pas rituelles, elles ne méritent pas le qualificatif de maçonniques, d’autant que le principe même d’un regroupement par affinités sociales est contraire à l’universalisme maçonnique.

En vérité, dans le quotidien de l’immense majorité des franc-maçons, le lien fraternel n’est pas clanique, fondé sur l’intérêt et la complaisance mutuels, mais initiatique, c’est-à-dire fondé sur l’expérience commune d’une « mort » et d’une « renaissance ». Le maçon a vécu symboliquement ce passage le jour de son initiation, et reconnaît comme frères ceux qui ont connu la même traversée. Ce ressenti lié à l’initiation est bien réel, à tel point que ceux qui ont vécu cet événement le même jour s’appellent entre eux : « jumeaux ». Il est le ciment de la cohésion des franc-maçons par-delà les distinctions, voire les clivages de leurs obédiences. Il y a là l’affirmation d’un acquis, d’un lien noué pour la vie. Et dans le même temps le mot est porteur d’un programme, celui d’un travail continu d’approfondissement, à la fois personnel et collectif, à la fois intérieur à chacun et dialogal. Appeler un autre homme son frère, si l’on prend la chose au sérieux, c’est d’une certaine manière faire abandon de la toute-puissance de son propre désir. C’est lui signifier que l’on est prêt non seulement à l’accepter tel qu’il est (ce qui ne serait que de la simple tolérance), mais aussi à le faire participer à notre être et à notre propre progression.

La loge est précisément un lieu où chacun peut faire l’apprentissage de cette interpénétration des diversités. On y côtoie des personnes qui peuvent être très éloignées de soi sur le plan des opinions politiques, des idées philosophiques et religieuses, des savoirs et des savoir-faire, des mœurs culturelles, sexuelles, etc. Ne surestimons pas l’amplitude de ces différences – dans la réalité, il y a très peu d’ouvriers et d’employés, très peu d’Africains ou de Maghrébins dans les loges françaises. Mais le champ est tout de même relativement large, suffisamment pour que chacun côtoie des personnalités qu’il n’aurait jamais rencontrées ailleurs, ou dont il n’aurait jamais pensé qu’elles auraient pu l’intéresser. Et ce qui est le plus significatif, c’est que ces différences sociales ou autres demeurent tout à fait secondaires dans la relation de frère à frère. Il arrive même souvent (notamment dans les loges nombreuses, comme c’est le cas pour la mienne) que la fonction professionnelle de tel ou tel vous demeure assez longtemps inconnue : vous avez pourtant vécu avec lui des moments forts, voire inoubliables, au cours des tenues, mais cette relation se situe à un niveau d’humanité que l’on pourrait dire nue, dans une tentative de se débarrasser de tous les déterminismes, de tous les masques sociaux. De sorte que vous n’avez même pas eu l’idée de lui demander ce qu’il faisait dans le monde. L’occasion pourra se présenter un jour, lors des « agapes » qui suivent les tenues, ou lors d’autres réunions, mais la fraternité maçonnique peut très bien se passer de ce genre de précision – et personnellement, je dois dire que je l’éprouve alors comme particulièrement délicieuse. Elle peut tout aussi bien être l’occasion d’amitiés durables, voire quasi familiales, mais ceci est une autre histoire, non proprement maçonnique, une histoire d’affinités personnelles comme tout un chacun, maçon ou non, peut avoir la chance d’en vivre.

*

Au terme de ce survol, et puisque j’ai évoqué au détour d’une phrase mon appartenance catholique (qui est d’ailleurs assortie, je l’avoue, d’une pratique très irrégulière), que dire de celle-ci en contexte maçonnique ? D’abord qu’elle n’a jamais posé aucune sorte de problème, ni à mes « frères », comme je l’ai dit plus haut, ni à moi-même. Historiquement, la franc-maçonnerie a été créée par des chrétiens pour être le « centre de l’union », ce qui à l’époque signifiait notamment (sinon essentiellement) l’union entre protestants et catholiques par-delà les anathèmes que se jetaient mutuellement les institutions confessionnelles. Je ne me sens donc aucunement concerné par les condamnations solennelles du Vatican, édictées en un temps où la franc-maçonnerie était à la pointe du juste combat contre l’hégémonie cléricale. Je mets sereinement ces imprécations au compte des excès qui furent alors le fait des deux camps, sachant que si la condamnation ecclésiale n’a pas encore été abrogée, c’est simplement parce que mon Église a toujours mis des siècles à reconnaître ses erreurs historiques.

Ce qui importe ici est encore une fois ce qui passe en loge : pour le chrétien, la tenue maçonnique ne constitue en rien un ersatz de liturgie, car la maçonnerie n’est pas une religion de rechange. C’est d’ailleurs pourquoi elle reste compatible avec la foi chrétienne, car elle mobilise d’autres dimensions de l’être, d’autres facultés, d’autres exigences. En l’occurrence, le rituel maçonnique relève d’un sacré minimaliste, comme évoqué plus haut, d’un immanentisme, d’une horizontalité qui n’ont rien à voir avec l’aspiration verticale vers la transcendance qu’incarne la liturgie chrétienne. Horizontalité et verticalité non contradictoires, peut-être même complémentaires.

Dans le principal texte fondateur de la maçonnerie, les Constitutions d’Anderson (rédigées, soit dit en passant, par deux pasteurs), la seule exclusion expressément édictée consistait pour le franc-maçon à ne pas être un « athée stupide ». Expression ambiguë qui donna lieu à de vives polémiques, mais l’expérience de trois siècles a montré qu’il était tout à fait possible d’être un athée non stupide. Aujourd’hui, la vie partagée d’une loge maçonnique m’aide à devenir un croyant non stupide.

GADLU, il lave plus blanc que blanc 21 juin, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
GADLU-696x417

Comme le rappelle à juste titre notre Frère José Perez [1] du Grand Orient de Belgique, de nombreux Francs-maçons sont à l’origine d’innovations technologiques ou d’avancées sociales : Le basket, le pneu, le cognac, La Marseillaise, la montgolfière, la pénicilline, Bambi ou Corto… et enfin, n’oublions surtout pas le contrôle des naissances et de la contraception. La liste pourrait être encore très longue. Doit-on en déduire pour autant que la Franc-maçonnerie est un incontournable pour rejoindre le cénacle très fermé des puissants de ce monde ? Nous allons voir qu’il n’en est rien !!

Si on se penche dans l’univers profane, de très nombreux entrepreneurs à succès sont aussi des champions de golf. Cette activité serait-elle donc le tremplin pour devenir le roi des affaires ? En d’autres termes, est-ce que l’appartenance au Golf Club de Saint-Nom-la-Bretèche permet de contrôler le monde ?

Cette question est à l’image de l’œuf et de la poule. Nous pouvons aussi prendre comme métaphore le célèbre Coq Chantecler d’Edmond Rostand. Pour mémoire : « Sur une basse-cour règne un coq, Chantecler, tellement convaincu de son importance qu’il s’imagine, par son chant, faire se lever le soleil. Mais l’arrivée d’une poule faisane bouleverse sa vie, lui révélant l’amour, de telle sorte qu’il en oublie de chanter. L’astre du jour étant cependant apparu, Chantecler devient la risée de tous les animaux domestiques et sauvages, et surtout des hiboux, créatures de la nuit qui le détestent, et le contraignent à accepter un combat public avec un autre coq. Le combat se déroule dans le salon littéraire de la Pintade. »

Pour conclure avec ce sujet de l’influence de la FM sur le monde, prenez une simple feuille de papier et un crayon.  Ca y est, vous êtes prêts ?

  • Notez sur la colonne de gauche la liste des Sœurs et Frères qui comme le Dalaï-lama ou à l’image de Platon ont atteint selon votre observation la sagesse qui sert de modèle à nos jeunes apprentis.
  • Ensuite, reportez sur la colonne de droite la liste des réalisations concrètes de la Franc-maçonnerie. Je ne vous parle pas de créations individuelles, émanant de Francs-maçons devenus célèbres, mais bien de la Franc-maçonnerie, c’est à dire une action qu’une Obédience seule ou associée aurait pu réaliser.

Je dois vous avouer que j’ai participé avec une dizaine de membres à cette expérience et les feuilles sont toutes revenues vierges. La raison est assez simple, aux dernières nouvelles, la FM n’est pas une voie d’éveil ou d’extase. Il est donc assez rare d’y croiser des êtres humains qui grâce à 4 heures de pratique mensuelle atteignent le nirvana ou tutoient les Dieux. Comme je l’ai écrit récemment, si le maçon doit être comparé avec le bouddha c’est uniquement par son apparence physique, mais certainement pas par son esprit. Je ne parle que de ceux qui abusent des agapes bien arrosées, évidement.

Pour ce qui est de la colonne de droite de notre feuille, chacun aura bien noté que les Obédiences ne reçoivent aucun mandat de leurs membres pour entreprendre des actions sociales ou économiques. Il est demandé au Grand Maître et à son grand collège d’administrer la structure durant 3 ans afin que les Loges (souveraines) puissent prospérer durablement. Nous n’avons pas encore vu d’Obédience dont les membres auraient confié la mission au GM de transformer la maison mère maçonnique en société d’investissement ou en parti politique avec un programme d’action sociale.

Par conséquent, à quoi sert la Franc-maçonnerie en 2020 ?

C’est justement la question que se posent tous les postulants, les profanes curieux… mais aussi, de très nombreux Francs-maçons démissionnaires car déçus d’être rentrés pour de mauvaises raisons.

Je vais donc tenter de donner une réponse qui sera la bonne, puisque c’est la mienne.

Avant de parler de pratique maçonnique, il serait utile d’en donner une définition incontestable. Sans trop prendre de risque, nous pouvons affirmer que la maçonnerie est : « Une pratique initiatique qui a pour but la connaissance de soi grâce au langage symbolique et à la géométrie sacrée. » En effet, qu’on soit membre de n’importe quelle Obédience, l’entrée en Loge s’effectue par une Initiation. Par ailleurs, chaque Loge, quel que soit le Rite, cultive le « Connais-toi toi-même ». Ensuite, tous les maçons travaillent sur des mythes, des légendes et des symboles. Et enfin, l’équerre et le compas sont bien des éléments de traçage dans le domaine de la construction sacrée. Lorsque je dis sacrée, il ne s’agit nullement d’une référence déiste, mais du lien qui existe entre nos Rites et les lois immuables de notre Univers (Lumière, gravité, dualité…). Par conséquent, nous pouvons considérer que notre Art permet à ses pratiquants de sortir du monde matériel afin d’élever leur conscience pour eux-mêmes, pour et avec les autres. D’où le sacro-saint principe de Fraternité, car reconnaissons que la maçonnerie ne se pratique jamais seul.

Si tous les maçons de l’hexagone prenaient subitement conscience de cette définition, nous verrions probablement des démissions  en cascade. Car tous ceux qui sont entrés pour de mauvaises raisons demanderaient immédiatement le remboursement de leur capitation. J’ai nommé :

  • Ceux qui viennent pour y chercher un illusoire pouvoir
  • Ceux qui veulent changer le monde extérieur et surtout… transformer les autres
  • Ceux qui viennent en Loge saisir une deuxième chance en devenant des êtres importants et hautement gradés, après avoir bien souvent échoué dans le monde professionnel.
  • Ceux qui veulent cultiver l’entre-soi en se protégeant de l’extérieur. J’ai nommé les spécialistes de la discrimination qui pensent ainsi se couper de leurs ennemis (hommes, femmes, profanes et autres étrangers qui viennent leur rappeler qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un d’autre)

Une fois la cérémonie des adieux passée avec ceux qui se sont trompés de voie, les maçons qui restent pourraient continuer paisiblement leur travail sans repos.

Arrive enfin la question de l’influence sur les événements actuels. En quoi les maçons pourraient-ils jouer un rôle ?

Si on place cette question sur le registre de l’influence politique ou sur celui du pouvoir financier, force est de reconnaître que nous ne pesons pas très lourd dans la balance sociale ou économique. Si on aborde maintenant, le registre des idées, je crains fort que le résultat soit le même. De nos jours, tout le monde a des idées. Il vous suffit d’entrer dans un bistro ou de consulter votre mur Facebook pour constater qu’ils regorgent de très grands spécialistes politiques, financiers et médicaux qui s’expriment sur tout et surtout sur rien. Pour parler maintenant de nos Loges, pour être très honnête, combien de fois vous est-il arrivé de tomber à la renverse en écoutant une planche ou lors d’une conférence ? Tout cela pour confirmer que la Loge n’est certainement plus le lieu de culture que nos ancêtres du 18è siècle ont connu. Il faut dire qu’à cette époque les 2/3 de la population vivaient de l’agriculture. Ça laisse peut de temps pour aller en Tenue le lundi soir.

En revanche, si on considère qu’un maçon sérieux et consciencieux a étudié et compris le symbolisme, qu’il a du faire un profond travail d’introspection qui lui permet d’être aligné comme le fil à plomb de son surveillant de l’époque. Ensuite, qu’il à du apprivoiser les Art Libéraux et manier la relation Fraternelle grâce à son pas de côté. On peut en conclure que cela l’a ancré dans le monde matériel avec une sagesse qui lui donne le recul sur les événements. Et enfin, l’union de l’esprit du premier degré et de la matière du second, ont du lui permettre d’appréhender son élévation à la maîtrise. C’est ainsi, qu’affranchi d’instructeur, il a pu devenir enfin Maître de ses passions et de lui-même afin d’ériger des Temples à la vertu.

Accordons-nous un instant à rêver, oublions cet orgueil du temps passé de la troisième république où les maçons donnaient des ordres au pouvoir législatif, et reconnectons-nous à notre époque actuelle. Imaginons un instant que tous ensemble, j’ai nommé les Francs-maçons, les martinistes, les bouddhistes, les rosicruciens, les pratiquants de la méditation de pleine conscience… si tous les cultivateurs de la VRAIE Sagesse se donnaient tous la main afin de redonner de la plénitude à notre monde devenu fou et malade. Songez un instant, si nous abandonnions un instant notre orgueil spirituel et notre compétition au GADLU qui lave plus blanc que blanc, afin de tous nous unir en fraternité. Alors là en effet, les maçons pourraient marquer une nouvelle page d’histoire dont les Sœurs et Frères des générations futures pourraient être fiers !

Il ne tient qu’à nous pour que cela change. Nous avons le pouvoir, il nous manque uniquement le vouloir et la sagesse.

Lorsqu’on a demandé à Mère Theresa lors de la remise du Nobel comment elle avait fait pour aider tous ces gens, sa réponse fut très courte et très simple. Elle répondit : « un par un ».

A nous de commencer en étant le premier à initier ce changement.

Bon courage mes Sœur et mes Frères.

Franck Fouqueray

[1] « Inventeurs et créateurs Francs-maçons » Ils ont contribué au progrès de l’humanité (José Perez) EME éditions – Collection : Explorations maçonniques

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/17/la-competition-au-gadlu-qui-lave-plus-blanc-que-blanc/?fbclid=IwAR3pivHvqAj3yiIRIBiiCX8pfyOuSTOKStdoPJReJJ6xJ9LidXkNBwcrws0

HeaderBLOG-1024x373

Confusion à propos de la distanciation spirituelle 19 juin, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

distance-1

Est-il utile de rappeler que la Franc-maçonnerie vise à se perfectionner pour améliorer l’humanité dans son ensemble ? Cela passe par une maîtrise des passions. La recette est assez simple, il suffit de creuser des tombeaux pour les vices et d’ériger des autels à la vertu. Pour atteindre cet objectif, la caisse à outils du maçon est composée essentiellement de symboles et de pratiques rituelles.

Tous les pratiquants vous confirmeront que le maçon est un animal grégaire. Il est impératif de le regrouper pour que la magie initiatique opère avec efficacité. C’est là que le bât blesse, car depuis quelques mois, un maudit virus à décidé de briser les chaines d’union de notre Art. Il a réussi, car tous les tabliers et les gants restent désespérément blottis au fond de nos sacoches noires.

Il y a longtemps déjà que les virus et les humains flirtent bon gré malgré. Jeffery Amherst, le funeste commandant des forces britanniques en Amérique du Nord, eu la délicate idée en 1763 d’offrir aux Indiens Delaware des couvertures sciemment infectées par la variole. Il en résultat le premier génocide issu d’une guerre bactériologique.

Heureusement, tout le monde n’est pas aussi cruel qu’Amherst. C’est pour cela que nous devons le principe de la distanciation sociale à Max Starkloff, ce médecin de St Louis, Missouri qui durant la grippe espagnole de 1918 eu l’idée de limiter à 20 personnes les rassemblements afin de contenir la pandémie.

Plus récemment, c’est à notre président Emmanuel Macron que nous devons l’idée du confinement total. Finie les limites à 20 personnes de 1918, durant 8 semaines plus de sortie, durant 6 mois plus de tenues maçonniques et le grand concept à la mode se nomme désormais : « Distanciation sociale ».

Très franchement, entre-nous, vous connaissez beaucoup de gens vous, qui ont attrapé des virus à cause d’une trop grande proximité sociale ou spirituelle ? Je peux vous assurer que mon réseau social comprend quelques milliers de relations et pourtant, nous pourrions échanger durant des années sans qu’un seul virus risque de nous atteindre. Le seul qui serait à craindre serait celui de nos ordinateurs.

On a donc fait un amalgame grave entre la distanciation sociale et la distanciation physique. Quel en sera le préjudice pour nous les maçons ? C’est une question de fond qui mérite d’être creusée. Si nous nous laissons convaincre que l’autre, le Frère ou la Sœur devient le danger par lequel son corps véhicule le virus et peut-être même la mort, que reste t’il de notre art ?

Revenons à la réalité et sortons de l’hypnose collective dans laquelle nous sommes tous entrés en mars dernier. Comme le rappelais avec sagesse et bon sens le philosophe André Comte-Sponville, La grippe dite asiatique de 1958 à tué 2 millions de personnes. 10 ans plus tard, la grippe de Hong Kong a fait un million de morts dans une indifférence générale. Parlons maintenant du cancer qui tue chaque année 10 millions de personnes. Devons-nous intégrer dans nos statistiques la malnutrition qui tue annuellement 9 millions d’êtres humains, dont 3 millions d’enfants ? Alors sans banaliser les 420 000 morts du Covid19 de cette année, nous sommes encore loin des 650 000 morts chaque année de la grippe saisonnière. Pensez-vous à la lumière de ces chiffres que la folie médiatique et le suicide économique actuels étaient proportionnés au risque ? Avouez que le virus médiatique fera plus de victime que le virus biologique. Je n’ose même pas parler du stunami économique qui nous attend dans quelques mois.

Pour revenir à des conditions maçonniques, nous cultivons le mythe de la mort et de la renaissance de l’architecte, pourtant, très étonnamment nous tremblons comme des feuilles mortes à la moindre épidémie et devenons plus silencieux qu’une colonne d’Apprentis. Avouez que tout ceci mérite réflexion, non ? Soit la maçonnerie est un art et auquel cas, elle puise dans ses ressources les moyens de sa survie. Elle traite alors le risque avec équité et justesse. Soit elle n’est qu’un loisir pour s’extirper des programmes TV ennuyeux, et là, nous avons du souci à nous faire.

Pour ma part, je ne suis pas certain du tout que les maçons aient bien travaillé la maîtrise des passions dans cette affaire. Ils n’auront toutefois rien à se reprocher car ils seront restés bien sagement avec le troupeau. Et la question finale reste posée par KrishnaMurti : est-ce un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade ?

Restez bien prudents surtout.

Franck Fouqueray

 

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/13/confusion-a-propos-de-la-distanciation-spirituelle/?fbclid=IwAR1icF5wS8jwQJk8Y68kDfGAzzSOh0pz3dvfChSF5ssTysNcpKS7805mvMw

Le rite Opératif de Salomon. ROS. 31 mai, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le rite Opératif de Salomon. ROS

 tracage-sur-l--etelon

Le Rite opératif de Salomon est un rite maçonnique apparu dans le courant des années 1960 à l’issue d’un travail de recherche mené par Jacques de La Personne, alors président de la commission des rituels et grand orateur adjoint du Grand Orient de France. Il propose aux francs-maçons qui le pratiquent une approche très symboliste de la franc-maçonnerie, avec un accent particulier mis sur le cérémonial des réunions maçonniques. Ce rite est principalement pratiqué au sein de l’Ordre initiatique et traditionnel de l’Art royal (OITAR) que Jacques de La Personne crée en 1974.

La Franc-maçonnerie et particulièrement la franc-maçonnerie française, est organisée en différentes « structures maçonniques » : Obédiences, Ordres Initiatiques, Loges Indépendantes… chacune avec ses particularités et son histoire. La franc-maçonnerie en France est riche de cette diversité qui permet à tout « cherchant » d’emprunter la voie qui lui convient le mieux.

Le ROS se distingue des autres Rites par plusieurs aspects.

 

L’expression orale.

L’OITAR et le ROS propose une démarche axée sur le symbolisme et son étude, en privilégiant le travail oral.

Cette expression orale ne concerne pas le rituel, dont la densité ne permettrait pas une restitution « par cœur » suffisamment précise. Elle concerne les travaux en Loge qui sont faits sans l’aide d’un support écrit.

Le travail oral favorise une expression de soi et non la mise en avant d’une érudition ou d’un travail rédactionnel. Il incite à aller à l’essentiel. Mais l’expression orale est plus bien plus qu’un simple dispositif pratique. Elle replace « la parole » au centre de la démarche maçonnique.

Les Loges de l’OITAR ne pratiquent pas le système des « planches » tel qu’il est pratiqué dans les autres Loges. La « planche » est souvent un travail écrit, présenté depuis le plateau de l’Orateur et sur lequel les frères et sœurs de l’atelier peuvent poser des questions.

Ce dispositif est totalement repensé dans les loges de l’OITAR. Déjà le frère ou la sœur qui introduit le sujet le fait « entre les Colonnes », debout et « à l’ordre ». En aucun cas l’Orateur, officier de la Loge, ne cède son plateau. Ensuite la parole circule non par un système de « questions-réponses » mais pour proposer des apports différents sur le même sujet. Chacun expose donc sa vision. Le terme de « planche » est donc inapproprié au ROS, sauf à considérer que la planche est collective et qu’elle se constitue de l’apport de tous.

Cette disposition est rendue possible par les types de sujets abordés en Loge : seuls les sujets symboliques sont autorisés. Or le symbole ne permet pas de discours figé : le symbole est ouvert et le symbolisme permet l’apprentissage de la Parole de l’Autre et de son respect.

Les sujets abordés ne sont donc jamais prétextes à polémique : la stricte « triangulation de la parole », interdit l’interpellation directe de celui ou celle qui vient de s’exprimer, et limite voire interdit une discussion contradictoire. Le but est moins de démêler le vrai du faux que d’apporter une pierre à l’édifice, sans déconstruire les apports précédents.

 

Des loges de petites tailles.

Conséquence de cette méthode de travail et de l’esprit du ROS : les loges de l’OITAR sont de petite taille. Atteindre la trentaine de membres est souvent le signal pour la Loge de l’ouverture d’une réflexion sur « l’essaimage », c’est à dire de la création d’une nouvelle Loge, par scissiparité. Peu de Loges fonctionnent au-delà d’une quarantaine de membres, ce qui permet à tous les compagnons et les maîtres de s’exprimer au cours d’une tenue.

 

Les tenues « de galerie ».

Les «Galeries» sont une autre spécificité du Rite Opératif de Salomon. Ces réunions, organisées par les Loges, sont des espaces de rencontre entre une Loge et des non-maçons intéressés par la démarche offerte par la franc-maçonnerie. Lieu d’échanges, la Galerie s’enrichit des exposés des maçons qui l’animent et des questions posées par les visiteurs.

Les non-maçons y sont reçus à visage découvert, à condition qu’ils soient dûment invités par un membre d’une Loge de l’Ordre. Chaque « galerie » est l’occasion de rappeler les buts de la franc-maçonnerie, de présenter les diverses Obédiences existantes, d’expliquer les Rites, d’aborder le rôle du symbolisme. L’Histoire de la franc-maçonnerie est présentée à chaque cycle de Galerie. Il s’agit de donner une image positive de notre Confrérie mais également d’orienter les non-maçons dans la voie qui leur permettra de s’accomplir le mieux possible.

L’entrée en franc-maçonnerie se fait donc en confiance. Au bout d’un cycle de galeries (en moyenne trois), les non-maçons intéressés font une lettre simple au Maître de Loge. Cette lettre déclenche une ou deux rencontres avec des maîtres de l’atelier, discussions conçues non comme des enquêtes mais comme une étape de discussion libre, portant souvent sur les aspects « pratiques » de la démarche : cotisation, engagement d’assiduité, rôle du conjoint, etc.

Ce résultat de discussion complète l’apport du parrain qui a conduit le non-maçon jusqu’à la porte du Temple ; il permet à la « Chambre des maîtres » de voter ou non l’admission de l’impétrant aux épreuves de l’initiation maçonnique. Vote qui se fait, comme tous les votes à l’OITAR, à l’unanimité des votants.

 

Les cérémonies.

Le ROS se distingue par la beauté formelle de ces cérémonies. La cérémonie d’initiation, reprend les grands fondamentaux des cérémonies d’initiation maçonnique, et surprend plus d’un visiteur par sa richesse symbolique, la cohérence des symboles présentés et vécus par l’impétrant.

Au delà de la cérémonie d’initiation, chaque tenue maçonnique se doit d’être un moment privilégié. La forme occupe une place importante : la vêture est stricte pour les sœurs comme pour les frères et ne retient que le noir et le blanc. Les déplacements dans le Temple sont ritualisés avec précision. La disposition du tapis de Loge, constitués de véritables outils que l’on dépose sur un tapis mosaïque, se fait graduellement : les apprentis déposant leur outils, les compagnons les leurs, l’Expert et le Messager complétant avec les symboles de la Maîtrise.

Le rituel permet aux frères et aux sœurs de se penser dans un autre espace, dans un autre temps. La phrase est recherchée, les mots sont choisis, l’expression est poétique.

 

Les degrés

Le Rite opératif de Salomon pratiqué à l’OITAR se divise en neuf degrés répartis en trois ordres :

Les trois premiers degrés : apprenti, compagnon, maître, sont, comme le veut la tradition maçonnique, gérés indépendamment des degrés suivants dits « de Perfection » (à partir du quatrième degré). Les trois premiers degrés sont gérés par un grand maître général, entouré d’un conseil des grands maîtres territoriaux. Les degrés dits « de Perfection » sont gérés par le Suprême Conseil universel du Rite.

 

https://www.oitar.info/nous-connaitre/les-specificites-du-rite-operatif-de-salomon.html

OITAR

12345...8

Atelier Ecrire Ensemble c&#... |
Au fil des mots. |
Spiralée |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Attala Blog
| jepensedoncjesuis13
| Les chroniques d'Astéria