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Mystère des égrégores 2 janvier, 2010

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Mystère des égrégores

Posté par Neo Trouvetou le 24 déc 2009 dans PSY

Mystère des égrégores dans Chaine d'union egreg
On appelle égrégore, l’ensemble des énergies cumulées de plusieurs personnes, vers un but ou une croyance défini par eux. Il agit comme un accumulateur d’une énergie aurique possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois.
C’est une manifestation parapsychique, un “être” ou une “force” créée par la pensée de gens qui ont un but commun. La vitalité d’un égrégore dépend du nombre de personne y participant mais aussi de l’énergie apporté par chacun ainsi que du temps passé à l’activer.
Plus ce but commun existe depuis longtemps, plus ceux qui le partagent sont nombreux, plus cet égrégore est puissant. À la limite, une seule personne s’investissant assez dans quelque chose pourrait créer un égrégore, une entité défendant son projet et l’aidant à le réaliser.

DEFINITION

C’est au médecin Pierre Mabille, compagnon de route du surréalisme et auteur de plusieurs ouvrages sur ce mouvement, que l’on doit une définition du terme égrégore dans son ouvrage Egrégores ou la vie des civilisations, paru en 1938 : « J’appelle égrégore, mot utilisé jadis par les hérmétistes, le groupe humain doté d’une personnalité différente de celle des individus qui le forment. Bien que les études sur ce sujet aient été toujours, ou confuses, ou tenues secrètes, je crois possible de connaître les circonstances nécessaires à leur formation. J’indique aussitôt que la condition indispensable, quoique insuffisante, réside dans un chos émotif puissant. Pour employer le vocabulaire chimique, je dis que la synthèse nécessite une action énergétique intense. »
Bien que connu sous différentes autres formes par le passé, la notion d’égrégores fut introduits en occultisme par Stanislas de Guaïta pour personnifier des forces physiques ou psychophysiques non surnaturelles en forme d’êtres collectifs.

ASPECTS PSYCHIQUES ET ENERGETIQUES
L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.
La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créée un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.

Un savant français, Jean Charon, a publié aux éditions Tchou-Laffont un livre dont le titre est ” L’infini sursis “, dans lequel il révèle le résultat de ses travaux sur ” La mémoire des électrons et la projection de l’inconscient “.

Il me paraît important de citer ce qu’il écrit :

“Les électrons qui nous constituent contiennent un espace-temps qui n’obéit pas aux lois de notre univers quotidien. De plus la totalité de notre esprit est contenue dans chacune des particules.”

Les cellules qui constituent l’égrégore sont tirées de l’humanité. Il vit sur le plan physique par l’intermédiaire de l’être humain et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.

Inutile de le rappeller, tout est une question d’énergies. Et dans une première approximation, on pourra considérer qu’un égrégore aurique est une “boule” d’energie visualisable dans l’astral qui a été crée la plupart du temps par un groupe d’individus humain. cette energie aurique, avec laquelle il possible d’intéragir, possede un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégores aurique de toutes sortes (Egrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islam, égrégore sectaire, égrégore satan, etc …) .

Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire aurique émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».
Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite la structurer.
La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective ou de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.

ORIENTATION D’UN EGREGORE
Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre ne sont rien d’autre que des images égrégoriques.
L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décision, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.
« Il existe une raison importante pour laquelle les groupes ésotériques (quelle que soit leur origine) restent discrets. Leurs symboles, rituels et réunions, répétés à travers le temps, développent un égrégore, ou « esprit de groupe », qui lie les membres, les harmonise, les motive et les stimule afin de réaliser les objectifs du groupe. Il leur permet également de faire des progrès “spirituels” qu’ils ne feraient pas s’ils travaillaient seuls. Un égrégore peut cependant être perturbé par la pensée négative de personnes qui ne sont pas en accord avec les objectifs. Par conséquent, les groupes ésotériques tentent de se protéger de pensées négatives qui pourraient affecter leur égrégore. » ( Gaetan Delaforge in GNOSIS n°6)

En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.
Pour donner deux exemples:

Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.
Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme: spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle. La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…
Selon certain enseignements de haure magie, l’égrégore peut parait il être détourné de son but original. Par exemple, l’église catholique est un excellent exemple d’égrégore aurique. La foi de millions de personnes dans les dogmes ancien de l’église, canalisé par les prêtres, donne un des plus puissant égrégore aurique connu, très prisé par les medium ou voyant occidentaux. Selon certains, le medium étant le manipulateur conscient d’énergie aurique, serait capable de se “brancher” sur l’égrégore aurique de l’église catholique.
La tradition Occulte rapporte le principe de l’envoûtement par messe triangulaire n’est plus pratiqué de nos jours. L’opérateur, devant pour ce faire, s’assurer la complicité de trois prêtres qui disaient simultanément trois messes dans trois”églises formant triangle. L’opérateur se plaçait au centre géométrique du triangle… Ce rituel utilisait l’égrégore catholique dévié de son emploi dans un but de nuisance. Il est à rapprocher de la pratique dite Média-Vita, largement utilisée jusqu’au XVe siècle et qui constituait avec les messes de saint Jude et de saint Sicaire des pratiques d’envoûtement autorisées et effectuées avec la complicité de l’église contre les ennemis de cette dernière… bien entendu.

NAISSANCE DE L’EGREGORE
L’égrégore est activé par une seul personne à la base l’idée créatrice fait que plein de personne adhère …
Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un soin énergétique, d’un rituel qui pourrait être chamanique par exemple. Mais il est tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un évènement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable tel que les attentats du 11 Septembre 2001…
Une idée collective est vouée à la vaporisation, si elle n’est pas ancré à la base par une personne ou un sujet…
Le collectif et fait de personne stable ou non stable avec des idées difluantes si pas un ancrage sur l’idée central qui dégagera le positif, avec la meilleur volonté du monde l’énergie temporaire se volatilisera.
Afin de donner à l’égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens.
Nous aurons donc le sceau de salomon, l’étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, la croix gammée…
Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l’être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représenations de l’égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.

ASPECT CONSTRUCTIFS DE L’EGREGORE

En Amérique et en Europe, on a expérimenté des “groupes de prières” dans les hopitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteint de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevé, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le “groupe de prières”, par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son prope égrégore que l’on pourrait appeler “énergie de guérison”, et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !

Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudés, “sur la même longueur d’onde aurique”, votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existe une ou plusieurs “brebis galeuse”, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos “troupes” sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base “malsain”, sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurez été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.
L’efficacité d’un Egrégore aurique repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par delà le temps.

NUTRITION DE L’EGREGORE
La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ».
La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend. En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégores se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.
Un égrégore, nourrit par des millions de gens et ce, sur un laps de temps considérable (bien que le temps soit modifié voir inexistant dans la plupart des autres plans), peut être devenu indépendant et capable de se regénérer en se nourrissant des énergies de ses “esclaves”, le chi. Peut-être même un égrégore peut-il développer un conscience, et ainsi devenir redoutable.
Les mêmes lois régissent le domaine matériel et le domaine psychique. Ce qui vaut pour l’un, vaut pour l’autre. Il n’y a aucune différence. Il en va bien évidemment de même pour ce qui touche au monde spirituel.
En tant qu’humain “moyen” ou non initié, la seul chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler: ses sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc, on le nourrit.
Les égrégores, on ne les ressent pas, on les subit, en tant qu’humain “moyen”, c’est tout ce qu’il y a à faire. Il parait que seul un mage initié peut lutter “activement” contre un égrégore.

Pour cela, les dirigeants de ces cercles organisent des rassemblements, des meetings, des cultes… Afin d’augmenter le pouvoir de l’égrégore, on a recours à des rituels qui sont des formules, des prières, des invocations, la visualisation d’une image concrétisatrice, l’encens, les chaînes d’union, les courants mentaux…
A travers la croyance que nous avons mise sur le sang, celui-ci libéré sous forme de sacrifice accroîtra sa vitalité et certaines sectes utilisent ce procédé, de même que certaines religions animistes et nos anciennes pratiques religieuses mais aussi lors du sacrifice du mouton pendant la fête de l’Aïd chez les musulmans. Ce sacrifice leur permet ainsi de renforcer la vitalité de l’égrégore. Les masses non- familiarisées avec ce concept n’y voient pourtant là qu’une banale tradition…

La vie matérielle de l’égrégore est assurée par le nombre des membres d’un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d’antipathie du monde..
L’Egrégore tire son énergie de l’énergie aurique psychique de chacun des membres de la communauté qui le nourrit auriquement par l’idée premiere. Etant autonome, il perdure tant qu’il est alimenté. Et pour nourrir un égrégore aurique, quoi de mieux que le recours à la Tradition qui assure le maintien des formes à travers le temps. Ainsi, se relier à une tradition ancienne, c’est pouvoir encore bénéficier ou subir l’énergie d’un égrégore du passé. Chaîne qui relie les adeptes d’une société par-delà le temps et l’espace. C’est l’Egrégore qui donne sa coloration, son esprit, son “ambiance” à une assemblée humaine. L’énergie disponible sur un chemin spécifique dépend de la qualité d’intégration de l’individu à l’Egrégore aurique qui préside à ce chemin. Mais toute médaille à son revers : ce qui relie est aussi ce qui enchaîne. Ce qui peut être une aide dans une voie spécifique est également une entrave pour tous ceux qui veulent s’en écarter. On comprend pourquoi les religions se battent pour convertir les masses à leur cause. Pour Bernard de Clairvaux (1090-1153) grand prédicateur de la 2ème croisade (1147-1149) c’était on ne peut plus clair « le baptême ou la mort » ou encore « conversion ou extermination ». Vous pouvez imaginer aisément que le système avait crucialement besoin d’énergie vitale pour porter ses égrégores qui n’ont rien à voir avec le bien ou le mal tout comme des bras pour
porter le fusil. Car le nombre réel de bénéficiaires de tels égrégores ne peut pas à lui seul fournir une aussi importante « masse psychique concentrée » pour les alimenter…

QUAND L’EGREGORE DEVIENT “ENTITE”
Selon certains auteurs, l’égrégore serait doté d’une véritable personnalité !
Cette “entité psychique” naîtrait d’un ensemble d’individualités réunis autour d’une même action.
Cette entité psychique collective est composée de toutes les entités individuelles, sans en être la somme, mais bien une entité indépendante de tous ses composants.

L’égrégore aurique formerait donc une entité produite par un puissant courant de pensées collectives. C’est également un artificiel, mais énorme et puissant, étant donné qu’il est produit collectivement, et dont les manifestations peuvent être indifférement bonnes ou mauvaises.

Cette entité est produite par la dévotion, le fanatisme, l’enthousiasme. Les grandes idéologies politiques, les religions sont des égrégores. Cela nous fait penser aux égrégores produits par les sectes religieuses, les matchs de football et les discours d’Hitler…

Selon Eliphas Levi, « les égrégores sont des dieux…Les agragores sont des esprits moteurs et créateurs de formes. Ils naissent du respir de Dieu ». Ou encore : « les égrégores de la terre sont les génies de la mer et des montagnes ; pour les anciens
c’étaient des dieux, pour la kabbale ce sont des esprits mortels ignorants et sauvages,
parce que la terre est un monde des plus imparfaits »

Ils sont des esprits moteurs et créateurs de formes ?. Ils naissent de la respiration aurique de dieu…

Ce que l’on peut retirer de cette interprétation un peu métaphorique d’E.Levi ; c’est que l’égrégore a une vie aurique propre capable d’influencer les humains et la marche de l’histoire.
” Les égrégores sont des créatures psychiques artificielles, créées par la pensée unanime d’une réunion d’individualités dynamisées et entretenues en vie par des rites, voire des sacrifices et qui acquièrent une puissance occulte d’action en rapport avec celles des impulsions qui leur sont suggérées par leurs animateurs. “

Dans son livre “Le grand livre de la Wicca et de la sorcellerie bénéfique” (Ed. Dynapost), Jacques Rubinstein relate l’expérience qu’il eut la possibilité de faire au cours d’une émission sur France inter, présenté par Marie Christine Thomas et Jacques Pradel :

“(…) ce soir là un “dieu” fut créé, féminin du nom de Véronica. Ce Dieu fut crée pour avoir 24 heures de vie. Là ne s’arrêta pas l’expérience car nous décidâmes ensemble, les journalistes et moi-même, de faire agir Véronica; on lui donna mission de supprimer dans la minute même, toute douleurs à ceux qui , à l’écoute, souffraient quelque part en leur corps physique. On indiqua aussi au public qu’il pouvait demander différentes choses à Véronica, dont l’action dans 24 heures ne pouvait se révéler que quelques jours ou semaines plus tard. Enfin, on demanda au public d’écrire. Cette expérience fut suivie par des gens groupés à Marseille, à Bordeaux, etc… Certains savants dont je tairai le nom pour éviter les moqueries déplacées, suivirent aussi l’émission. C’est par centaines et centaines que les lettres sont arrivées et arrivent encore. Le côté le plus marquant de l’expérience fut bien sûr le plus immédiat, celui de la cessation de toute douleur ! Ensuite venaient des résultats absolument inattendues et ce dans tous les domaines…”

MORT ET DESACTIVATION DE L’EGREGORE
Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se
désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.
Il est également très difficile de se détacher d’un égrégore.
L’égrégore aurique devient une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l’éliminer rapidement, il faut avoir recours à l’incinération de tout ce qui la concerne. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l’origine de l’attachement. Ainsi, s’il y a eu une cérémonie d’initiation, lors de la liaison avec l’égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement.
Cependant, les reactions de l’égrégore à l’égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour l’homme concerné. La meilleure façon de se protéger serait d’adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps…

Sources :
-Alain Brêthes “LES EGREGORES Forces psychiques des groupes humains”
-extraits tirés du forum : http://echelle-de-jacob.xooit.fr et recompilés
-TRAITE DU DESENVOUTEMENT, CONTRE-ENVOUTEMENT & DE L’EXORCISME de Pierre MANOURY
-Wikipedia “égrégore”

 

Avec la cordiale autorisation du site à découvrir

http://www.neotrouve.com

Le Marquis De La Fayette 26 novembre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , 2 commentaires

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

Grande Loge Unie de France

Souverain Conseil pour le Rite Ancien

 

Resp…L…LA MIXITE ECOSSAISE

Or…de Paris numéro 7

 

     « La vie de notre Très Illustre Frère ,

 

         LE MARQUIS DE LA FAYETTE»:

 

         « Maçon des deux mondes. »

                 

 

 lafayette1.jpg

 

V. : M. : et vous tous mes BAS et BAF en vos grades et qualités.

 

 

Je vais vous raconter la vie d’un maçon aussi connu en France qu’en Amérique.

 

Cet homme est le MARQUIS DE LA FAYETTE.

 

Ce jeune aristocrate est né au château de Chavaniac le 06 septembre 1757.

Il fût baptisé le lendemain , le 07, à l’église de Saint Roch de Chavaniac sur l’évêché de Saint Flour. Son acte de baptême est empreint de la solennité digne du haut lignage de l’enfant : « Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Mortier, marquis de La Fayette, est le fils du très haut et très puissant seigneur, Monseigneur Michel Louis Christophe Roch Gilbert du Mortier, marquis de La Fayette, baron de Vissac et de la très haute et très puissante dame, Madame Marie-Louise Julie de la Rivière.

Le parrain était le grand-père maternel, la marraine sa grand-mère maternelle, la Comtesse Marie Catherine de Chavaniac, d’où ses prénoms.

Il connaîtra peu son père, chevalier de Saint-Louis, colonel aux grenadiers de France qui avait épousé Marie-Louise le 22 mai 1754, et sera tué à la bataille de Minden—contre les Anglais—à vingt-sept ans—le 01er Août 1759.

C’était le Général Philippe qui commandait les troupes anglaises et celui-ci sera tué un jour, aux États-Unis, par les canons de La Fayette, vengeant ainsi son père.

L’éducation du jeune Gilbert sera confiée à la grand-mère maternelle et à la sœur de sa mère au château de Chavaniac.

L’enfant aura pour précepteur un Jésuite. La lecture de Télémaque lui enseigne l’odieux du monarque, l’intraitable absolutisme royal. Sous le récit virgilien courait une acerbe satyre contre Louis XIV et la monarchie. Le jeune élève apprenait ces notions de Fénelon, nouvelles pour lui et bien dans la lignée des Jésuites :  

 

-      Tous les hommes sont frères.

-       La guerre est le plus grand des maux, les conquêtes relèvent de l’injustice.

-      Le roi est fait pour ses sujets et non les sujets pour le roi.

-    Toute organisation sociale doit reposer sur la vertu.

-    La nature est bonne, l’humanité est bonne, aimons-nous et soyons bons….

 

Jean-Jacques Rousseau sera l’admirateur et en quelque sorte le continuateur de Fénelon, dont on dit qu’il a sapé la monarchie.

Quant au Chevalier de Ramsay, secrétaire et apologiste de Fénelon, lui-même précepteur, il fut l’auteur du célèbre discours de 1737, qui auréola la Franc Maçonnerie du XVIIIème siècle. Il y déploya le parfum des idées humanistes les plus chères à Fénelon.

Comment s’étonner alors, que quelques années plus tard, étudiant à Paris, le jeune Gilbert de La Fayette s’élance sur la même voie que celle, maçonnique, du Chevalier de Ramsay.

La connaissance de ses ancêtres, la commotion due à la mort de son père tué à Minden, les principes du Jésuite et le « cur-non ? » avait déjà forgé son caractère.

Le 03 Avril 1770, il apprend le décès de sa mère puis , peu de temps après, celui de son grand-père, le vieux Marquis.de la Rivière. Ce qui lui laissera une assez belle fortune de 120 000 livres de rente et trois grands domaines en Bretagne.

La fortune du jeune marquis fait des envieux, dont le duc d’Ayen  de Noaille, qui s’empressera de lui réserver une de ses cinq filles, la petite Adrienne. On s’empressa  de les fiancer en 1773, Gilbert a seize ans et demi et Adrienne quatorze.

Ainsi La Fayette entre dans une riche famille, importante, et très en Cour à Versailles. Le mariage sera célébré en grande pompe le 11 avril 1774.

En l’espace de trois années , le jeune marquis auvergnat aura franchi des étapes qui vont le marquer à jamais et lui confirmer qu’il est né sous une bonne étoile.

L’année 1775 sera le grand tournant. Il a dix huit ans et est imprégné d’écrivains réformateurs et pamphlétaires qui ne le satisferont pas. Il préfère la lecture de grands classiques aussi bien que des philosophes.

Ecœuré par les mondanités, il retrouve dans son régiment à Metz et plus tard dans les loges militaires beaucoup de libres penseurs qui affichent  un libéralisme très indépendant.

Le 08 Août 1775, le Maréchal duc De Broglie reçoit son Altesse Royale le duc de

Gloucester , Frère du Roi Georges III, et son épouse.  Le duc de Gloucester est un franc-maçon, pourfendeur des Stuarts…et des loges maçonniques jacobites.

A la même table se trouve le Vicomte De Noailles et son beau frère le marquis de La Fayette. Le frère du Roi parle de nombreux sujets concernant tous l’Amérique.

Il évoque même un nom, celui d’un certain GEORGES WASHINGTON-un bon gentilhomme que les révoltés ont pris pour chef et l’ont nommé Général après un Congrès, le 15 juin de cette année.

La Fayette est sous le charme, émerveillé par cette cause, par ce combat de la liberté. On ne sait s’il doit à cette journée du 08 Août 1775 sa naissance à l’histoire mais on peut être sûr qu’en cet automne 1775 à Metz, La Fayette s’engage dans la Franc Maçonnerie.  Il y restera jusqu’à son dernier souffle :

Soixante années d’une fidélité sans faille.

A savoir où et quand le MARQUIS DE LA FAYETTE a été initié, beaucoup de loges tant françaises qu’américaines affirment que c’est chez elles que cela s’est fait.

Aucun document authentique ne prouve qu’il a été initié dans telle ou telle loge alors qu’il n’y a aucun doute sur son appartenance à notre Ordre.

Le mystère qui entoure l’initiation de La Fayette a-t-il un jour des chances d’être sinon entièrement élucidé du moins éclairci.

Dans l’ouvrage intitulé « The masons again », que Gottschalt Louis, historien américain de La Fayette  a écrit, il apporte la preuve de la qualité maçonnique de La Fayette en 1775. Il se fonde sur un document dont la reproduction lui avait été communiqué par R. Baker Harris, bibliothécaire du Suprème Conseil, à Washington. Ce document est la « planche tracée de la cérémonie d’inauguration de la loge de Saint Jean régulièrement constituée à l’Orient de Paris sous le titre distinctif de La Candeur » rue de Bondy.

Or, dans ce texte figure dans la liste des « Chères Frères Visiteurs » le « MARQUIS DE LA FAYETTE ». Et comme il n’est pas possible d’être frère visiteur, sans être maçon régulier, La Fayette était donc déjà maçon en décembre 1775. Il faut rappeler ici que ce fut le 25 décembre 1775 qu’eut lieu la fête d’inauguration de La Candeur.

Gosttschalt Louis a eu , grâce à la même personne, la planche tracée du 01 mars 1776. Dans le tableau des présences, le nom de La Fayette était absent. Cela prouve qu’il était venu en visiteur et ne faisait pas parti de cet atelier.

A la lumière de ceux-ci, R. Baker Harris a essayé d’en savoir plus. En 1775, La Fayette n’avait que dix huit ans. Il pensa , judicieusement, que le jeune homme n’avait reçu la lumière que dans une loge militaire dans la garnison à METZ.

Parmi les autres frères visiteurs qui ont assisté à la consécration de la loge « La Candeur », on trouve, en autre,  le « Comte de LAMETH », et le « Prince de Poix », officiers de l’armée dont le quartier général était à METZ.

La loge du régiment de Metz du Corps Royal s’intitulait :  « Saint Jean de Saint Louis de la Vraie Vertu ». Elle suit le Régiment  lors de ces déplacements. Des lettres d’affiliations ont été délivrées par le VM à la loge d’Annonay. A l’avenir la R…L… « Saint Jean de la Vraie Vertu «  de cet Orient sera intimement liée à celle du Régiment   dont le secrétaire est le F . : Pierre Montgolfier, père des futurs aérostiers.

A cette époque l’ensemble des troupes de la région de Metz  est sous le commandement du Maréchal le Duc Victor François de Broglie. Metz est la plus grande place forte de France et ses casernes,  les plus belles d’Europe, abritent plus de 10 000 soldats. Metz est aussi un foyer de vie mondaine … et maçonnique.

Pour conclure sur ce point, et approcher de la vérité sur la date probable d’initiation de La Fayette, il faudrait entendre ce qu’il dit lui-même. Lors de son dernier voyage en Amérique, en 1825, La Fayette a déclaré à la G…L… du Tennesse qu’il a été initié avant sa venue en Amérique.

L’ardent désir de La Fayette, en 1777,était de rejoindre les colonies américaines pour lutter contre les Anglais. La Fayette a sollicité et obtenu  du Duc de Broglie son désengagement du service du Roi, le 11 juin 1776 : ce qui lui permet de s’engager ailleurs en toute légalité.

Quittant Paris pour Bordeaux le 15 mars 1777, après avoir rencontré Benjamin Franklin à Paris en décembre 1776, il achète un navire baptisé La Victoire avec sa cargaison. Il part le 20 avril et arrive le 13 juin dans la baie de Georgetown.

Le 31 juin, le Congrès américain lui accorde le grade et les fonctions de Major Général dans l’armée des Etats-Unis en considération de son zèle et de son rang illustre.

Le 31 juillet, il rencontre Georges Washington. La Fayette avait-ll une lettre de recommandation de Benjamin Franklin attestant , entre autre, de sa qualité maçonnique ? Georges Washington l’accueille a bras ouvert et le Marquis le considéra comme un père. Il écrit ceci à son beau père, le duc de Noailles : « J’admire tous les jours davantage la beauté de son caractère et de son âme. Son nom sera révéré dans tous les siècles par tous les amateurs de la liberté et de l’humanité » .

La Fayette , à cette époque, était-il affilié à la loge « L’Union américaine » dont le VM était Georges Washington. Loge qui regroupait la plupart des chefs compagnons d’armes pour l’indépendance.

La Fayette est blessé le 11 septembre 1777 et est évacué chez un frère quaker allemand nommé Moravès dans une ville dont le nom est Bethléém. Rétabli fin septembre, il rejoint  l’armée de Washington.

Le 20 mars 1778, Louis XVI reçoit , solennement, les ambassadeurs des treize Provinces Unies conduit par Benjamin Franklin.

Après de nombreuses batailles, La Fayette demande, le 13 octobre 1778,au Congrès une permission car il pense qu’on a besoin de lui en France. celle –ci étant engagée dans une guerre. La permission lui est accordée.

Le 06 Février 1779, il arrive en rade de Brest à bord de « l’Alliance » et arrive à Versailles. Il est mis au arrêt pour huit jours , à Paris, à l’Hôtel de Noailles.

Il y retrouve son épouse de vingt printemps , lui en a vingt deux.

Réintégré en mai au service du Roi de France, au grade de Colonel en Saintonge , garnison de Saintes, il part au Havre ou s’élaborent des projets illusoires tel un débarquement…en Angleterre.

Seule consolation, le petit fils de Benjamin Franklin lui apporte, sur ordre du Congrès, une belle épée d’Honneur. La Fayette rédige un plaidoyer où il préconise une intervention en Amérique, idée qui suit son chemin dans l’esprit du Roi.

En cette année 1779, ce qui rend très heureux La Fayette est la naissance de son fils , alors qu’il a déjà deux filles . Il prénomme son fils Georges-Washington.

Il revient en Amérique, à bord de « L’Hermione »  le 20 mars 1780 et débarque à Boston ou il est acclamé par une foule immense.

De 1780 à  1782, La Fayette combat sur tous les fronts.

De retour en France, à bord de « L’Alliance » le 21 janvier 1782, il arrive à Paris.

Après des retrouvailles familiales,  il est applaudit à la Cour  comme à la ville en héros. Il dansera même avec la Reine Maire Antoinette au grand bal le 06 juin.

Au cours du même mois, il rencontre souvent Franklin et se fait affilier le 24 juin à la R…L… Saint Jean d’Ecosse du Contrat Social .

On a ainsi gardé trace de sa présence à la loge « Les Elus de Sully » à Saint Flour en 1783, à celle du « Patrimoine » à Lyon en 1785, cette dernière surtout composée d’officiers, et peut-être à celle de Saint-Amable de Riom au printemps de 1789.

Mais, ce qui est plus intéressant  La Fayette a fait partie de la société des Trente, dont on sait le rôle dans la genèse de la révolution .

En 1783, La Fayette s’intéresse aux travaux d’un certain Mesmer sur le magnétisme animal. Mesmer est un médecin autrichien initié à la loge « La Vérité et l’Union » à l’Orient de Vienne . Venu à Paris, il a continué à développer ses théories sur les fluides nerveux. Il crée même une société appelé « l’Harmonie » avec des orientations proches des idéaux maçonniques. Parmi les membres se trouvent de nombreux francs maçons tels que le Duc de Chartres, La Fayette, Noailles, Ségur, Dupont, Cabanis…

Le 15 mars 1783, Washington dissout son état major et redevient simple citoyen.

Il vit dans sa propriété de Mont Vernon. Dans sa lettre du 15 février 1784, il invite « son cher Marquis » a venir lui rendre visite avec Mme De La Fayette.

La Fayette partira seul car madame s’occupe de la gestion du domaine et des terres.

Il restera en Amérique du 18  juin 1784 au 20 janvier 1785 .

Un grand banquet est organisé en son honneur à New York ; son entrée à Philadelphie se fait au son des cloches et du canon.  Il remet à Georges Washington, dans sa propriété, un beau tablier maçonnique brodé par Mme De La Fayette.

Tablier, dit-on, qu’il aurait porté lors de  la pose de la première pierre du Capitole.

Il est reçu en invité d’honneur dans de nombreuses villes où un dîner est , à chaque fois, préparé en son honneur.

Même à l’Hôtel de Ville de Boston, où il y a un grand portrait de Georges Washington  couronné de lauriers et encadré par des drapeaux de France et d’Amérique.

Il fait ses adieux à son ami et frère Georges Washington à Annapolis.

Lors de son retour en France, il sait qu’il a participé à donner naissance à une nouvelle et jeune nation née sous les auspices des Lumières.

En 1785 c’est le premier séjour de La Fayette à Lyon.

Il est reçu à la loge Saint Jean d’Ecosse du patriotisme , fondée le 21 Août 1782.

La Fayette voyage en Europe et rencontre Frédéric II . Cette même année, Mesmer fut condamné.

Le 15 août au matin, arrive le Régiment d’artillerie de la Fère  appelé en renfort. Parmi les Officiers se trouve un certain lieutenant Bonaparte.

Le 22 février 1787, les notables se réunissent en Assemblée : cent quarante quatre personnages distingués par leurs services ou leur fonctions. La Fayette figure sur la liste proposée par Calonne , il est rayé par le Roi qui finalement le réinscrit.

Le 03 avril 1787 puis le 21 mai de cette même année, La Fayette propose , sans succès, une réunion des Etats généraux . Les notables sont congédiés et le 26 mai , La Fayette regagne l’Auvergne.

L’année 1787, s’est achevée avec l’Edit de Nantes pour les protestants, ce qui adoucit leur sort.

En 1788, le jeune pasteur anglais Thomas Clackson et le français Brissot fondent la société des amis des noirs en faveur de l’abolition de l’esclavage. La Fayette y donne son adhésion.

Le Roi, après avoir convoqué les Etats Généraux,  retire à La Fayette sa lettre de service de l’armée. Le mardi 05 mai 1789, 1118 députés : La Fayette , pour la sénéchaussée de Riom et son beau frère Noailles, pour le baillage de Nemours sont réunis.

Ensuite eurent lieu   les évènements de l’Assemblée Nationale, du serment du Jeu de Paume, des réunions des trois ordres et de la prise de la Bastille.

Mais trois jours auparavant, le 11 juillet La Fayette avait présenté à l’Assemblée des électeurs un projet de « Déclaration des droits naturels de l’homme vivant en société » , projet élaboré avec son ami Thomas Jefferson, ambassadeur des Etats-Unis et futur 3ème Président  des Etats Unis de 1801 à 1809, et principal artisan de l’Acte d’Indépendance.

Le mercredi 15 juillet 1789 à Paris, l’Assemblée des électeurs proclame La Fayette commandant général de la milice parisienne et nomme Bailly maire de Paris.

Le 17, le Roi , reçu à l’hôtel de ville reçoit de Bailly la cocarde tricolore qu’il place sur son chapeau.

 La Fayette s’écrie : «  Voici une cocarde qui fera la tour du monde ».

Après la séance mémorable du 04 août, qui semble clore une étape de la révolution, tout confirme qu’en France désormais l’ordre repose sur La Fayette, ainsi que le sort de l’Assemblée et de la Monarchie. Il est le seul homme fort du moment : Louis XVI le craint, mais le ménage.

Plusieurs projets sur la Déclaration des Droits sont discutés : celui de La Fayette est adopté le 26 Août 1789. L’Eglise la condamne d’abord puis à partir de 1965 l’accepte et s’en servira.

Le 05 octobre, les Parisiennes marchent sur Versailles qu’elles atteignent  l’après-midi. La Fayette y arrive dans la nuit . Le 06, la foule envahit le château : c’est l’émeute.

La Fayette rétablit le calme en apparaissant au balcon avec le Roi, la Reine et le Dauphin. « La Reine a été trompée, dit La Fayette, elle promet d’être attachée au peuple comme Jésus Christ à son Eglise ».

Après des acclamations et la fin des émeutes, La Fayette organise une manifestation des Dames de la Halle afin que le Roi et la Reine soient acclamés.

Il remet au Roi un mémoire pour essayer de lui démontrer qu’il faut qu’il se réconcilie avec son peuple. Le Roi feint d’accepter mais ne renonce à rien pour gagner du temps

La Fayette qui a vécu la prise de La Bastille est inquiet car tout va se jouer à Paris.

Le règne de Versailles a pris fin.

Voyant qu’à Paris le climat devient très tendu, l’Ancien Club Breton a suivi l’assemblée et s’installe au Couvent  de Jabobins. La Fayette avec Condorcet, Mirabeau et Sieyes sont adhérents de ce club des Jacobins. Mais le 12 avril 1790, ils décident de fonder la Société de 1789 qui s’installe au Palais Royal.

La Fayette préside la Fête du 14 juillet : sa popularité et son prestige sont immenses.

Après la messe célébrée par Talleyrand, La Fayette au nom de tous prête serment de fidélité «  à la Nation, au Roi, à la Loi » . Le Roi jure d’employer tout son pouvoir pour maintenir la Constitution…

Lors de la fuite du Roi à Varennes, La Fayette avait la responsabilité de la Garde du Palais. Le 17 juillet 1791, cinq à six mille personnes se retrouvent au Champs de Mars. La foule est houleuse, des coups de feu partent. Des gardes ont-ils tirés et si oui sur ordre de qui ? La Fayette ? Cinquante morts…

Le 18 juillet 1791, les modérés avec La Fayette quittent le Club des Jacobins et fondent celui des Feuillants.

Le 30 septembre 1791, La Fayette se retire dans ses terres d’Auvergne.

En Novembre 1791, Bailly n’est plus maire de Paris et La Fayette se démet de son commandement de la Garde Nationale mais se porte candidat  à la Mairie de Paris.

Il est battu par le jacobin Pétion, le 16 novembre, par 6728 voix contre 3126.

Le 02 avril 1792, le Roi se rend à l’Assemblée, propose de déclarer la guerre au Roi de Bohème et de Hongrie. La Fayette prendra le commandement de l’armée des Ardennes. Devant les Autrichiens, c’est la retraite.

Le 16 juin 1792, de Maubeuge, La Fayette envoie au Roi et à l’Assemblée une violente diatribe contre les clubs, contre les ministres et contre Dumouriez. Lue à l’Assemblée, La Fayette est traité de Général factieux. Il échappe à la procédure de mise en accusation grâce aux modérés mais les esprits s’échauffent.

Le 27 juin, La Fayette outré de ces excès, quitte son armée, vient à l’Assemblée et la somme de poursuivre les auteurs des attentats du 20 juin au Jeu de Paume.

Son intervention est sans effet et il repart le 30 juin.

La Fayette propose au Roi de libérer le Général LUCKNER . Après réflexion, ce dernier refuse.car il craint d’être un otage aux mains de La Fayette. Le Roi ne lui fait pas confiance et préfère les baïonnettes étrangères et pousse à la provocation.

Ce qui a pour effet, le 25 juillet,  la réaction du Général Brunswich, généralissime des troupes austro-prussiennes, qui menace Paris et sa Garde Nationale si le Roi de France et sa famille ne sont pas remis en liberté.

La Fayette ayant été soupçonné et même menacé par Robespierre est mis en cause. La       preuve de son innocence, à savoir qu’il n’a pas reçu d’argent, a été faite et il a été définitivement absous par l’Assemblée.

Après le coup de force des émeutiers du 10 Août, La Fayette tente de soulever son armée contre Paris mais abandonné par elle, il doit s’enfuir en Belgique suivi par différentes personnalités.

 Pour La Fayette, c’est le début de huit années de calvaire.

 Le gouvernement autrichien donne l’ordre de récupérer le trésor que Lafayette aurait emporté. C’est bien mal le connaître. Il a des défauts mais il a engagé sa fortune personnelle pour son engagement en Amérique et celui de la Révolution fut sans arrière pensée .

Fin Août 1792, La Fayette voulait rentrer en Angleterre mais fut d’abord transporté à Wesel (Prusse Rhénane). Il fut ensuite interné à Magdebourg(Saxe) où il resta jusqu’au 04 janvier 1794.Il y reçu la visite du frère du Duc de Brunswitch, membre de l’Académie de Berlin et son sort fut amélioré grâce à de fraternelles interventions, notamment celle de Pinklet ministre des Etats-Unis.

Transféré à Olmutz (en Moravie aujourd’hui République Tchèque) il passa aux mains des autrichiens. Enfermé dans des pièces insalubres, il tombera malade et tentera de s’évader. Il lui sera interdit d’avoir des livres, une montre, et il sera privé de lumière et de promenade.

Son persécuteur habite Vienne : c’est le Baron de Thugut, diplomate autrichien et contre la Révolution. Il est incorruptible. Les interventions en faveur du prisonnier se multiplient et Mme De La Fayette obtient une audience auprès de l’Empereur d’Autriche. Elle est autorisée, avec ses deux filles, a le rejoindre en prison. Son fils, Georges Washington, alors âgé de treize ans, reste en Auvergne.

Mme de Staël intervient auprès de Barrès et de Bonaparte.

En mai 1797, Carnot négocie pour la liberté de La Fayette. C’est un échec.

Bonaparte vainqueur , l’Autriche signe le traité de Campo Formio le 07 septembre 1797. Les prisonniers d’Olmutz recouvrent la liberté. La Fayette ne peut rentrer en France car il est sous le coup des décrets pris contre les émigrés.

Une nouvelle Constitution entre en vigueur le 25 décembre1797 (4 novembre an VIII de la République). Bonaparte, premier consul, va prendre des mesures, et annoncer aux français la réconciliation et la paix. Un arrêté consulaire autorise 31 « individus » à rentrer en France. Parmi eux, Barrès, La Rochefoucauld, et…La Fayette qui va revoir Paris. La popularité de La Fayette étant  intacte, Bonaparte l’oblige à éviter tout éclat et lui impose silence.

Le 01 février 1800, aux Invalides, à l’occasion de l’éloge de Washington décédé, Bonaparte interdit que l’on prononce le nom de La Fayette.

La Fayette aura un vote négatif à la question posée aux français le 10 mai 1802 : « Napoléon Bonaparte sera-t-il consul à vie ? ».

La Fayette reste un opposant  lucide et ferme. Ses compagnons d’Amérique ont pris d’autres chemins. La Fayette reste seul face au Régime Impérial de Napoléon.

Ce dernier ne pourra jamais l’« acheter » par divers cadeaux » à savoir la Légion d’Honneur , un fauteuil de Sénateur, ou un poste d’Ambassadeur.

En 1812, Napoléon dira de La Fayette : « Tout le monde en France est corrigé ;un seul ne l’est pas : c’est La Fayette. Il n’a jamais reculé d’une ligne. Vous le voyez tranquille. Eh bien , je vous le dis, moi qu’il est prêt à tout recommencer ».

Retiré en Seine et Marne dans son château de La Grange, La Fayette renoua avec la maçonnerie. Il fut en 1806 Vénérable de la loge « Les Amis de la Vérité » de Rosoy-en-Brie, ville voisine de La Grange. Les calendriers du Grand Orient attestent qu’il était Vénérable d’honneur de 1811 à 1813.

Sous la Deuxième Restauration, La Fayette est assidu aux travaux maçonniques.

La Duchesse d’Angoulême, fille de LOUIS XVI et de Marie Antoinette, portera le deuil de ses parents toute sa vie. Elle reste persuadée que si ses parents avaient fait confiance à La Fayette, ils seraient encore en vie.

La Fayette est élu député de Seine et Marne. Après les cent jours, il est chargé d’une mission diplomatique auprès des Alliés. Elu député de la Sarthe en 1818, il est du parti libéral.

Son implication dans le mouvement de La Charbonnerie serait de ce moment là. Société secrète, venant d’Italie, créée en 1806, elle devient active en France à partir de 1821. Elle puise ses cadres dans la Franc Maçonnerie.

Hiérarchisée en trois niveaux superposés désignés : «  ventes » «  particulière centrale » et « haute vente ». C’est à cette dernière qu’appartient La Fayette qui finance l’organisation.

Plusieurs complots apparaissent  et La Fayette est compromis dans celui de Belfort en 1822.

Battu aux élections de 1824, il profite de sa défaite électorale pour effectuer son dernier voyage aux Etats-Unis. Il s’y rend à l’invitation du Congrès. Il reçoit un don en argent et 10 000 hectares de terres. Il est reçu par des Clubs, Comités, anciens combattants , Loges Maçonniques… trente sept loges portent son nom.

Il est consacré « Membre York Masson » de la grand Loge de Pennsylvanie.

Après quarante années, La Fayette symbolise toujours la confiance et l’amitié fraternelle entre la France et l’Amérique.

Lors de son circuit aux Etats-Unis , il accéda , ainsi que son fils Georges Washington aux plus haut degrés de l’Ecossisme. Il fut élevé au 33ème degré le 15 Août 1824 et fut nommé Grand Maitre honoraire de ce Suprême Conseil de la juridiction de Nord des Etats-Unis. Ce suprême Conseil était d’une puissance maçonnique irrégulière.

Celui-ci avait mauvaise presse auprès des auteurs maçonniques du temps, mais il est probable que les américains lui faisaient surtout le reproche d’être étranger et en sa qualité de français d’être trop lié avec le Grand Orient de France.

En Septembre 1824,il fut créé Royal Arch à Elisabeth-Town. Les loges américaines rivalisent pour conférer à La Fayette grades et honneurs, le tout de façon publique et ouverte.

Il revient en France le 04 Octobre 1825 et est accueillit à bras ouvert , ce qui déplait au pouvoir.

En 1827, il est élu député de l’arrondissement de Meaux.

Il voyage beaucoup pour cristalliser les oppositions au régime de Charles X.

Les loges, sur son parcours, seront des relais efficaces.

Le 05 mai 1828, un rapport fait état de la nomination éventuelle d’un Grand Maitre adjoint de l’obédience : « M. de La Fayette sera présenté pour diviser les partis… ».

Un rapport du 1er juillet  1828 relate une tenue commune des loges « de l’Amitié et du Temple des Vertus et des Arts » le 30 juin présidée par le F. : Jarry. A cinq heures

et demi est annoncée l’arrivée du général La Fayette ; Plusieurs frères l’accueillent en députation. Le frère Astier quitte son cordon de Vénérable des « Amis de la Sagesse » pour en décorer l’illustre citoyen qu’on a introduit maillet battant et sous la voûte d’acier . Il a été accueilli par trois acclamations et trois vivats.

Le général La Fayette remercie ses frères.

Beaucoup de gens souhaitent connaître le général La Fayette.

En Août 1829, avec son fils, ils séjournent en Dauphiné.

Son fils, Georges Washington, âgé de  cinquante ans, a combattu dans les armées impériales jusqu’en 1807, député sous la Restauration et sous l’Assemblée Constituante de 1848 ; il décède en 1849.

Le père et le fils quittent Grenoble le 18 Août , sont à Vienne les 04 et 05 septembre où ils sont reçus à la loge « La Concorde » avant d’être les hôtes de Lyon.

Le 06 septembre 1829, le Loges Maçonniques organisent une fête présidée par la loge « Le Parfait Silence » et son Vénérable le F. : François Maisonnette avec le concours des loges de Lyon «  La sincère Amitié » « La Candeur » «  L’Equerre et le Compas » « l’Union et Confiance » «  Les enfants d’Hiram » « l’Etoile Polaire » et « l’Asile du sage ». Parmi les délégations, on remarque celles de « La Parfaite Union »à l’Orient de Ville franche, « La Franche Amitié » à l’Orient de Saint Etienne, « Isis » à l’Orient de Paris , « La Fidélité » à l’Orient de Lille et « l’Amitié » à l’Orient de Genève.

La dernière visite de La Fayette à Lyon était en 1785 lors de sa visite à la loge de « Saint Jean d’Ecosse du Patriotisme ».

En avril 1829, La Fayette allait être nommé Grand Maitre d’Honneur du Conseil Philosophique «  Le Parfait Silence » en cours de formation à Lyon.

Une décision rapide a été prise par les instances de Paris , dès le 05 décembre et l’installation fixée le 30 mai 1830. La Fayette invité répondit le 28 avril qu’il ne pouvait pas venir et se rappelle les bons souvenirs de la tenue avec les FF de Lyon en Septembre 1829.

La Fayette et son fils Georges Washington assistent, le 16 octobre 1830 , à la fête nationale et maçonnique du Grand Orient à l’Hôtel de Ville de Paris.

Les vicissitudes ont forgé le caractère de La Fayette et mûri sa pensée. L’expérience politique a favorisé son évolution. S’il s’est trompé, c’est de bonne foi. Et il n’a trompé personne. Au cours du dernier lustre de sa vie, il restera fidèle à la Franc Maçonnerie. A son idéal, à ses principes.

En 1830, il siège à nouveau à la Chambre où il ne tarde pas à combattre la politique de cette Monarchie de Juillet qui lui doit le jour. Le F. : Maisonnette, Vénérable de la loge « Le Parfait Silence », qui l’avait accueilli, en 1829, premier initié au 30ème grade

en juin 1830 , figure parmi les 340 victimes de la répression sanglante de la révolte des Canuts Lyonnais, en décembre 1831.

Triste présage pour le début  de ce régime auquel s’oppose La Fayette à la tête du Parti du Mouvement.

Il reprend avec vigueur ses combats pour la liberté et continue de réclamer l’émancipation des Noirs et l’abolition de l’esclavage.

En 1831-1832, il accepte d’être le Vénérable d’Honneur de la R…L… « des trois jours » dénommée ainsi à cause  des trente glorieuses. La feuille de présence de cette loge, daté du 12 décembre 1831, porte en tête de liste de ses membres celui de La Fayette, député, 33ème membre du Suprême Conseil, on y voit sa signature.

Depuis le 28 Août 1831, le Suprême Conseil a décidé d’admettre La Fayette  en son sein , en qualité de membre titulaire et actif  car il est déjà pourvu du 33ème et dernier degré de notre rite aux Etats-Unis D’Amérique. La Grande centrale du Rite entérinera cette promotion le 12 octobre 1831.

Il reçu d’autres hautes distinctions maçonniques.

A 76 ans, en 1833, il est encore le Vénérable de sa loge de Rosay.

Le 20 mai 1834, il passe à l’Orient Eternel et repose désormais au cimetière de Picpus.

Lors de ses obsèques, la Loge « La Rose du Parfait Silence » à l’Orient de Paris déploie sa bannière.  Cette Loge, qui en 1866 sera l’une des premières adhérentes à la Ligue de l’Enseignement , rendait hommage au Député de 1827 qui à la tribune de l’Assemblée avait déclaré : «  l’instruction nationale et l’instruction élémentaire, ce grand ressort de la raison publique, de la morale pratique et de la tranquillité des peuples sont aujourd’hui le premier besoin de la population française comme la première dette du gouvernement envers elle ».

A l’annonce de sa mort, le Suprême Conseil uni de l’hémisphère occidental d’Amérique rédigea un faire-part de deuil.

On peut y lire : « le 20 mai 1834, à cinq heures et demi du matin, notre BAF le général La Fayette est passé à l’immortalité. Paix à ces cendres. Gloire éternelle à sa mémoire ». L’hommage ainsi rendu à La Fayette par les maçons américains du rite écossais, et ils ne furent pas seuls à le lui rendre, était pleinement justifié.

En la matière, en 1880, les républicains reprendront le combat et achèveront le sillon que le républicain La Fayette avait ouvert.

Dès qu’il fut initié, son appartenance à l’ordre se maintint sans défaillance jusqu’à la fin de sa vie, avec une ténacité qu’il tenait de ses origines provinciales et que l’on peut bien qualifier d’auvergnate.

La raison de cette fidélité, il l’a lui-même très excellemment définie, lorsque dans un toast porté par lui à la fête maçonnique de Richemont le 30 octobre 1824, il déclara « Liberté, Egalité, Philanthropie, véritables symboles maçonniques : puisse la pratique de ces principes nous mériter toujours l’estime de nos amis et l’admiration des ennemis du genre humain ».

Auparavant, lors de la réunion des loges de « l’Amitié «  et du «  Temple des Vertus et des Arts » , il avait déjà exprimé la conviction le 30 juin 1823 que « maçon et ami de la liberté étaient synonymes ». Jusqu’à la mort, il resta fidèle à une attitude avec laquelle , tous ses actes et toutes ses paroles furent constamment d’accord.

Voilà donc le parcours de vie du Très Illustre Frère La Fayette, G. : M. : d’Honneur de notre Aréopage.

Chateaubriand, de dix ans son cadet, dans ses « Mémoires d’outre tombe », qu’il acheva en 1841, écrit : « Dans le Nouveau Monde, Monsieur de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le Monde Ancien à la destruction d’une vieille société ».

 

Sublime image  du « Héros des Deux Mondes ».

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J’ai dit, V. : M. :

16 Février  2009.

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Avec la fraternelle autorisation de :

 http://marquisdelafayette.midiblogs.com/

Rituel et esprit maçonnique dans la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui 25 juillet, 2009

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire
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Rituel et esprit maçonnique  dans la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui

 

Après les questions relatives à la nouvelle éthique, et à la possibilité pour les sciences humaines de dire ce qu’elle pourrait être, le Grand Collège avait confié à la Commission III de « Sources » mission de traiter la question « Rituel et esprit maçonnique dans la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui » L’exposé des motifs destiné à en préciser le sens était de suivant :

- Quelle est l’originalité de ce qu’on peut appeler l’esprit maçonnique ?

- La Franc-Maçonnerie ne saurait être enfermée dans une seule philosophie. Quelle proposition peut-elle dès lors faire pour répondre aux interrogations philosophiques et éthiques des Francs-Maçons ?

- Quel est le sens du rituel maçonnique ?

- Au fond, quelle est l’essence de la Maçonnerie ?

« Sources » propose un texte d’une ampleur et d’une importance considérables. C’est un texte essentiellement philosophique qui, à première approche, pourrait effrayer nombre de lecteurs peu habitués au langage de l’anthropologie et de la philosophie. Impression assurément trompeuse, car, au prix d’un effort d’attention un peu soutenu, tout homme de bonne culture doit pouvoir en tirer enseignement et profit. La table des matières très complète qui en expose le plan est un fil conducteur très utile.

Néanmoins, il est apparu opportun au Grand Collège qu’en soit faite une présentation qui, en en marquant les points forts, en facilite une lecture qui, seule, pourra révéler toutes ses richesses. En raison même de son importante dimension et de sa densité, il ne saurait être question d’en faire un résumé qui le suivrait d’une façon en quelque sorte linéaire. D’autant plus que le lecteur distrait ou insuffisamment attentif risquerait de considérer comme des redites ce qui est en fait une succession de reprises des mêmes idées, mais chaque fois placées sous un éclairage différent. C’est ainsi que, tout au long de ce texte, on trouvera l’exposé des conceptions du rite et de l’homme. Plusieurs fois également le lecteur trouvera des considérations sûr la méthode à employer pour mener à bien l’étude demandée.

C’est pourquoi nous avons choisi dans cette présentation de dégager les grands thèmes qui courent durant tout l’exposé, et dont la connaissance claire permettra au lecteur d’apprécier toutes les remarques incidentes qui s’y ajoutent et qui, à chaque fois, l’enrichissent de nouvelles facettes.

Nous avons cru bon de distinguer les thèmes suivants: Problèmes de méthode ; examen critique de la thèse de René Girard ; nature du rite et essence de l’homme ; rite et spiritualité maçonnique ; l’homme Franc-Maçon.

Encore ne pourrons-nous pousser trop loin l’analyse, car tous ces thèmes interfèrent les uns avec les autres. Il n’est que trop évident par exemple, que l’idée qu’on peut se faire du rite et de l’homme dépend étroitement du mode de connaissance adopté pour étudier l’un et l’autre. Inversement, on ne saurait cacher que le choix de ce mode de connaissance peut être lui-même largement influencé par l’idée préalable qu’on se fait de l’homme et de son essence.

 

Problèmes de méthode

S’interroger sur le rituel et l’esprit maçonnique dans la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui invite en effet la pensée à s’engager dans deux voies divergentes, mais non nécessairement opposées. Ou bien à partir d’une étude anthropologique, et qui se veut par conséquent scientifique et objective, des rites, à partir d’une typologie et d’une interprétation fonctionnelle de ceux-ci, on peut essayer de situer les rites maçonniques, d’en dégager la spécificité, et proposer une définition de ce qui fait l’originalité de l’esprit maçonnique. Ou bien, partant au contraire de l’esprit maçonnique, tel que nos pratiques rituelles et symboliques nous le font vivre et connaître, on peut essayer de dégager la métaphysique qui le sous-tend et qui l’anime, et par là même éclairer le sens de nos rites. On peut même aller plus loin. Fort de l’expérience vécue dont on peut penser qu’elle nous révèle sa vraie nature, on peut s’élever à une conception du rite en général, et, à partir de celle-ci, porter un jugement sur les diverses théories qui en proposent une interprétation. Pourquoi pas en effet ? La compréhension d’un certain type de comportement humain, en l’occurrence ici le comportement rituel, devrait-elle donc toujours et exclusivement être cherchée, ainsi que le fait l’anthropologie, dans ses origines oubliées, ou dans des structures inconscientes ? Ne seraient-ce pas plutôt ses formes les plus récentes, et peut-être de ce fait les plus accomplies, qui, soumises à une analyse phénoménologique serrée et lucide, sont susceptibles de nous en faire connaître le vrai sens ?

Il convient d’ouvrir ici une importante parenthèse. Ce n’est pas dévoiler un secret de dire que, depuis la naissance de l’Aréopage, les Frères de « Sources », en dépit des inévitables renouvellements, se partagent à peu près équitablement, lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes humains, entre ceux qui inclinent vers l’étude anthropologique, et ceux qui préfèrent l’approche philosophique. C’est pourquoi il importe de souligner le bel exemple d’esprit maçonnique donné par les Frères anthropologues de « Sources » qui, en présence d’un texte dont ils ne partagent peut-être pas toutes les thèses, ont reconnu l’éminent travail accompli par le Frère Rapporteur, et décidé de le présenter au nom de tous.

Assurément, le texte ne fait aucune concession à l’égard d’une approche anthropologique qui se voudrait exclusive de toute autre. On resterait alors, y est-il dit, tributaire du modèle d’une science de la matière, tel qu’H s’est constitué à partir de la Renaissance finissante, selon lequel penser scientifiquement, c’est penser par structures fermées, progressivement compliquées, et dès que possible mathématisables. Autant dire qu’on ne peut penser par structure que le mort, que ce qui se laisse traiter comme un objet technique, une matière inerte, et soumise au surplus (ce qui révèle la structure comme ne pouvant se poser comme autosuffisante dans l’être) à la loi insurmontable de la dégradation de son énergie d’inertie.

Sont donc récusées les doctrines philosophiques se réclamant du structuralisme qui, s’étant mises à l’école de l’anthropologie, ont proclamé dans le même temps et la mort de la philosophie et la mort de l’homme, et célébré la décadence de l’humanisme. « Le développement des sciences humaines, affirmait il y a vingt ans Michel Foucault, nous conduit beaucoup plutôt à une disparition de l’homme qu’à une apothéose. Elles ne nous découvrent pas l’homme dans sa vérité, dans ce qu’il peut avoir de positif. Ce qu’elles découvrent, c’est de grands systèmes de pensée, de grandes organisations formelles qui sont en quelque sorte comme le sol sur lequel les individualités historiques apparaissent. Nous voulons montrer que ce qu’il y a d’individuel, ce qu’il y a de vécu et de singulier chez l’homme, n’est qu’une sorte d’effet de surface au-dessus des grands systèmes formels sur lesquels flotte de temps en temps l’écume et l’image de l’existence propre ». (Émission télévisée « Lecture pour tous », 1966).

Il est bien évident qu’aborder l’étude des rites selon une telle perspective structuraliste ne peut qu’aboutir à faire voir en eux, ainsi que nous y invitent les dictionnaires, que des choses mortes, des pratiques dont le sens n’apparaît même plus à ceux qui en sont les acteurs, pas plus que n’apparaît au locuteur la façon dont s’organisent les phonèmes de sa parole. Son expérience vécue de Franc-Maçon, ainsi que ses convictions profondément humanistes, aux évidentes résonances existentialistes et personnalistes, commandaient impérieusement au Frère Rapporteur de s’engager dans une toute autre direction. C’est sans doute pour les mêmes raisons que les Frères de « Sources » l’ont suivi et ont voulu procéder avec lui à une herméneutique, c’est-à-dire à une recherche du sens. Recherche du sens des rites en général, et des rites maçonniques, en particulier, sans méconnaître pour autant les enseignements et les apports de l’étude anthropologique.

 

La thèse de René Girard.

Il rencontrait alors sur sa route une interprétation fonctionnaliste du rite qui eut un succès considérable, il y a une quinzaine d’années, celle que l’anthropologue René Girard a exposée dans son livre « La violence et le sacré ». Sa thèse est simple et tranchée : le rite est essentiellement archaïque ; sa fonction est d’assurer la cohésion sociale. Tous les rites en effet sont d’origine sacrificielle, et le sacrifice a pour fonction de détourner sur une victime émissaire la violence existant dans la société.

La violence a pour origine le désir. A la différence du besoin qui, lui, est inscrit dans la nature physiologique de l’homme, le désir est désir de s’emparer de ce que l’autre désire lui-même et possède. C’est en cela qu’il engendre la violence et la réciprocité des vengeances. Cycle sans fin, car le désir, à la différence du besoin, ne saurait être rassasié, et ne connaît pas de limites. Mais la violence est vite ressentie comme insupportable, et c’est pour en rompre l’enchaînement sans fin, que l’homme archaïque a imaginé le subterfuge de détourner et de concentrer la violence sur une victime émissaire. Ainsi, en même temps qu’elle sera détournée de son objet, la violence sera attribuée à une force étrangère et supérieure à l’homme, c’est-à-dire à la puissance même de la nature, considérée comme divine et sacrée. Mais pour être efficace, ce subterfuge doit demeurer inconscient. Le rite – et non seulement le rite sacrificiel – aurait donc surgi comme instrument magique d’exorcisme, et il serait à l’origine des religions archaïques, et du sentiment du sacré.

Girard ne nie pas pour autant toute transcendance. Mais il est un scientifique chrétien, et il réserve l’authenticité de sa visée à la seule religion chrétienne. Aux religions archaïques, il oppose la seule religion authentique à ses yeux, le christianisme, qui opère sur les hommes un peu à la façon d’une cure psychanalytique. Les hommes ne seront délivrés du désir générateur de violence qu’à partir du moment où il sera sublimé, transcendé, réorienté vers la Rédemption. Le sacrifice du fils de Dieu mettra fin à la longue série des errances violentes qui font la vie des sociétés primitives. En consentant à mourir par violence, le Christ-Dieu force les hommes à reconnaître ce qu’est la violence dans son horreur, et qu’elle est sans force devant l’Amour, seul libérateur et civilisateur.

Ainsi, comme celui de beaucoup de scientifiques chrétiens, le théisme de Girard le conduit au dualisme. Dieu est séparé de la Nature. La Nature physique peut alors être réduite à la seule matière, livrée à l’inertie mécanique et à l’entropie ; la nature humaine être livrée au mimétisme du désir et de la violence, avant de pouvoir être réhabilitée par la Rédemption. Dualisme bien commode pour qui veut concilier les exigences de la science et celles de la religion. Nous sommes loin de nos rites maçonniques qui, dès la première initiation, confient le néophyte aux quatre éléments, aux grandes forces de la Nature : la Terre, l’Eau, l’Air, le Feu.

Mais dénoncer les arrière-pensées de Girard ne suffit pas. Encore faut-il le rencontrer sur le terrain des faits et de leur interprétation. La critique du Frère Rapporteur portera sur deux points essentiels, et lui donnera l’occasion d’esquisser une tout autre conception de l’homme et de son rapport avec les rites : a) le caractère totalitaire et exclusif de la conception du rite selon Girard. b) sa conception du désir.

Peut-on vraiment affirmer que le rite n’a d’autre fonction que de verrouiller la violence afin de restaurer et d’assurer la cohésion d’un groupe ? Même dans le cas du rite sacrificiel, mort de l’animal ou même de l’homme, la mise à mort est-elle toujours recherchée comme éliminatrice d’un mal plus grand ? C’est le « toujours » qui fait ici problème. Ne pourrait-on au contraire la concevoir comme l’envers d’une renaissance ? Il est remarquable que Girard passe sous silence les rites agraires tels que les rogations, dans lesquels l’offrande s’accompagne d’un sacrifice de riz, de maïs, de rameaux ou de fleurs. La mort végétale y est offerte parce qu’elle apparaît comme la condition d’un renouvellement. La mort de la Nature n’est pas indice d’immobilité, mais d’une décomposition ouvrant la voie des germinations recréatrices.

Entrent également difficilement dans l’interprétation de Girard les cinq grands mythes fondateurs qu’on trouve présents dans toutes les sociétés humaines ; mariage, reconnaissance des enfants, entrée dans l’adolescence, élection des chefs, culte des morts. Ils apparaissent bien plutôt comme destinés à conférer à l’existence et à ses rythmes biologiques une valeur proprement humaine en assurant l’émergence de la Culture. D’une culture qui ne saurait être coupée de la nature, puisqu’ils visent tous à situer les actions humaines dans le mouvement des forces de vie de la nature, inséparablement en nous et hors de tous.

En ce qui concerne le désir, Girard a bien vu qu’il est autre chose que le besoin, et qu’il est le propre de l’homme. Certes le désir peut être mimétique et générateur de jalousie, de rivalité, et par conséquent de violence. Mais n’est-il que cela ? Est-il essentiellement cela ? Serait-il le signe de la chute originelle ? En même temps qu’il aurait conféré à l’homme son humanité, aurait-il donc fait de lui un être de faute ?

A ce pessimisme, inspiré par une certaine interprétation du christianisme, le rapport va opposer une conception toute différente du désir, dont les développements permettront de répondre à la question que tout Maçon se pose dans son parcours initiatique « Qu’est-ce que l’homme ? » si l’on se réfère à son étymologie latine « de sidus, sidera », le désir est tendance à refaire en soi l’étoile. Il est la quête d’une étoile, au sens d’une réalité qu’on éprouve symboliquement comme infiniment éloignée en perfection. Ce qui est alors désiré, c’est le déplacement de l’être vers cet objet projeté comme impossible à rejoindre. Le désir ne désire rien d’autre en définitive que lui-même. Le propre du désir est de s inventer selon une fécondité ouvreuse de perspectives d’actions, de raisons de vivre, de buts constitutifs de rôles. Si le désir est donc l’homme même, il fait alors apparaître celui-ci non comme être déjà fait, non comme objet constitué, mais comme surgissement, comme l’acte d’une essence portant en elle une puissance d’infini, et constamment en route sur le chemin de sa réalisation (mire, initium). Par nature, le désir est initiatique.

Une telle conception peut surprendre les esprits qui ne peuvent penser que par concepts aux contours arrêtés ; elle ne fait cependant que rejoindre toutes les grandes philosophies qui ont en effet compris l’homme de cette façon. L’homme est Amour dit le Platon du « Banquet ». Parcelle de l’âme du Monde, il est pneuma, tonos, souffle et tension, disent les anciens Stoïciens. Il est appétit infini de béatitude, dit St Thomas. Il porte en lui l’idée de Parfait, dit Descartes ; il est « mouvement pour aller plus loin », dit Malebranche.

Certes, et de façon plus prosaïque, le désir est aussi demande de biens matériels et finis. C’en est l’instance indispensable destinée à assurer la survie de chacun. De même peut-il se fixer, s’arrêter et s’exaspérer dans la recherche constante et toujours à refaire de ces biens, et devenir avidité. Sur ce point, notre société de consommation caractérisée par la production et par la demande effrénée et jalouse de biens ostentatoires, semblerait donner raison à René Girard. Mais là n’est pas la vérité du désir. C’en est une forme dévoyée. La recherche indéfinie des biens n’est qu’une manifestation décevante de cette puissance d’infini que le désir porte en lui. En fait le désir est l’essence de l’homme. Il est l’amour de soi d’un être qui se crée à travers un amour indissociable des êtres et des choses.

 

L’homme et le rite

C’est en fonction de cette conception de l’homme qu’on peut maintenant apprécier comme il convient la signification des rites. Tout désir vrai appelle le rite, ou y tend, pour la simple raison qu’il ne saurait exister comme tel sans le rite. C’est dans et par le rite que le désir parvient à affirmer les forces créatrices de la vie. Le rite, c’est le désir lui-même, tendant de soi, à se discipliner selon des figures de gestes et d’actions, capables de suggérer et même de commander des voies de prospection de son être, et par conséquent des voies d’espérance. Selon une perspective taoïste, on pourrait presque dire que si le désir est demande et recherche de la VOIE, le rite en est l’indicateur. Le rite est conducteur d’être et il établit en l’homme une nouvelle nature en l’introduisant dans le domaine de la Culture et de la spiritualité c’est-à-dire dans la vérité de son être. C’est ce que font, nous l’avons vu, les cinq grands rites fondateurs évoqués plus haut.

Et qu’on n’objecte pas l’existence de rites apparemment morts et figés, réduits à l’état de squelettes. Ils sont les vestiges d’un sens perdu qu’il est toujours possible de retrouver, voire de réactualiser, en en faisant une nouvelle lecture, ainsi qu’on le fait pour les oeuvres d’art. Qu’on n’objecte pas non plus l’étrangeté, la cruauté, l’apparente absurdité de certains rites qu’on peut observer dans les sociétés archaïques. Même cruels et aberrants, ils témoignent chez l’homme d’une volonté de renoncement à la primauté du besoin. Peut-être sont-ils aussi une défense contre l’angoisse qu’éprouve l’homme livré à lui-même devant un pouvoir d’innovation qui l’effraie. On peut comprendre qu’il cherche à reconstituer, par le système clos des normes où il tend à se stabiliser, l’équivalent du soutien qu’est l’instinct pour l’animal. Il tend alors à se forger une condition humaine définie par les règles d’un monde le plus possible arrêté.

Mais si les rites archaïques n’étaient que cela, et si eux seuls devaient servir de modèles interprétatifs de tous les rites ; si les rites n’étaient qu’immobilisme et répétition, que viendrions-nous donc chercher en Maçonnerie ? Nous retrouvons ici les problèmes de méthode évoqués plus haut. Pourrions-nous vraiment nous prêter à des pratiques vides de sens, réduites à l’état de mômeries ou de simagrées si nous étions convaincus que l’interprétation qu’en donnent certains anthropologues était la bonne ? Notre connaissance vécue de la pratique rituelle apporte un témoignage de valeur au moins égale à celle des plus minutieuses observations des ethnologues. C’est pourquoi il convient de ne privilégier ni les croyances naïves ni les interprétations savantes qui s’attachent aux pratiques rituelles des sociétés archaïques.

En fait, rites et mythes créent et conservent à la fois. Par sa permanence, le rite semble exclure la nouveauté. Mais c’est oublier que cette permanence n’est là que pour canaliser et orienter dans la bonne voie cette constante mise en question de soi-même, cette exigence de création de soi qu’est le désir. C’est oublier aussi que c’est par le rite et par sa relation à la transcendance que se découvre et se détermine le sens du numineux, du sacré, du religieux, du divin. Nous invite aussi à le penser l’étymologie sanscrite « r’tam » du mot « rite », qui signifie : « ce qui est conforme à l’ordre cosmique «. Est sacré en effet tout ce qui intègre et fait vivre le Tout dans la partie, l’infini dans le fini, l’ordre cosmique dans un être particulier. Ainsi le rite relie-t-il l’individu à la société et à l’univers. Il existe une similitude étonnante entre le caractère ouvert et l’invitation novatrice du rite, et cet appel au dépassement de soi-même, à cette recherche de notre être vrai au delà de ce que nous sommes et de ce que nous paraissons être, qu’on peut considérer comme étant en nous la manifestation du divin.

Le rite introduit l’homme dans le domaine de la spiritualité véritable. Celle-ci ne consiste pas à se perdre dans la contemplation d’un idéal qui nous ferait oublier le réel, mais à faire surgir le pouvoir de transcendance qu’il porte en lui. De même nous introduit-il dans celui de la religiosité authentique. Non pas celle, pervertie ou détournée d’elle-même à laquelle invite le théisme professé par les religions de salut, mais celle qui nous intègre au mystère du Monde et nous fait non seulement participants, mais acteurs de sa force de fécondité et d’organisation. Et peut-être est-ce ainsi qu’il convient d’entendre la célèbre parole, reprise des Psaumes, que St Jean prête à Jésus « Vous êtes tous des dieux » (Jean, X 35). Le Franc-Maçon ne souscrit guère en effet aux saluts extérieurement rapportés. Et s’il veut être chrétien, son christianisme, en se vivant maçonniquement, sera toujours plus celui des ascensions sous la poussée de la force divine qui l’habite, que celui des rachats et des rédemptions condescendantes.

 

Rites et spiritualité maçonnique

Si telle est bien la nature du rite, il n’y a pas lieu d’établir une différence de nature entre rites prétendument profanes et rites maçonniques. Tous les rites véritables relèvent du sacré. Peut-être faut-il alors voir dans la Franc-Maçonnerie l’Ordre qui s’est donné pour mission, en tant que mainteneur de la Tradition initiatique, de préserver précautionneusement et religieusement une certaine image de l’homme. Rituélie et spiritualité maçonniques sont une seule et même chose. En faisant du rite l’essence même de son être et de sa manifestation, elle est le modèle idéal, le paradigme qui invite chaque homme à s’inventer et à se faire, dans le dialogue, et, plus largement, dans l’entraide des consciences. Elle rappelle que le rite est principiel, qu’il invite l’homme à toujours se recommencer, à toujours renaître, pour mieux se continuer et persévérer dans son être. La spiritualité non dogmatique qui est la sienne indique au postulant, puis à l’adepte, qu’une vie réussie ne peut être qu’une continuelle naissance. Elle lui apprend à se retourner sur son passé, non pour le répudier, ainsi que le voulaient les philosophies de l’histoire du 19e siècle (« … Du passé faisons table rase… »), mais pour le féconder en avenir.

Par ses rites, la Maçonnerie apprend à l’adepte à définir son désir, à chercher et à trouver ce qu’il veut vraiment, car trouver son vrai désir, c’est trouver ce qui libère au mieux les forces de son être. C’est pourquoi l’individu qui entreprend de se chercher selon son vrai désir est prêt à accepter pour sa vie une condition d’apprenti. En entrant en Maçonnerie, il va apprendre à penser par symboles. Il va prendre conscience que rites, symboles et mythes maçonniques, par leur puissance de suggestion métaphorique et imageante, proposent des représentations possibles de ce qui, en lui, est de l’ordre, non du fini, mais de l’infini, et qu’ils répondent ainsi à cette demande de soi, infiniment productrice de l’être même de l’homme, qu’est l’exigence initiatique. C’est une seule et même chose de parler d’exigence initiatique, et d’exigence de spiritualité.

Mais si l’on veut prendre une conscience plus claire de la façon dont la rituélie maçonnique pénètre et façonne la spiritualité maçonnique, et devient rectrice et éducatrice du désir, il convient d’examiner comment les rites opèrent et quelles fonctions ils assument.

On peut en distinguer trois. 1) Nos rites d’ouverture et de fermeture des travaux ont pour fonction de nous introduire dans le Temple, c’est-à-dire dans le Sacré, et ils nous invitent à nous faire nous-mêmes Temple. 2) Nos rites d’initiation proprement dits, c’est-à-dire d’intronisation dans nos différents grades, ont pour fonction, à travers leurs symbolismes successifs, d’ouvrir au sens initiatique de la vie, à inciter à aller toujours plus loin. 3) Quant à nos rites de célébration solsticiale et équinoxiale, ils nous apprennent que cette permanente et constante exigence de novation et de dépassement doit venir s inscrire dans les rythmes profonds de la Nature. Ils nous apprennent aussi que la Nature est en quelque sorte une réalité vivante, qu’elle est autre chose que cette matière, soumise à l’entropie, sur laquelle nous exerçons nos prouesses techniques, afin de la soumettre à notre appétit de puissance.

Trois initiations capitales introduisent l’impétrant dans le coeur de la spiritualité maçonnique, celle du 1er, celle du 3e et celle du 13e degrés.

Au premier degré, l’Apprenti acquiert le sens du Temple. Il lui est révélé que le Sacré et le Divin ne sont pas le monopole des seules religions exotériques, mais qu’ils sont inhérents à l’humanité tout entière. Par la méthode symbolique, il sera délivré d’un anthropomorphisme mal conçu, qui tend à faire de l’Etre, et de la Nature en son principe, une idole à forme humaine.

Avec l’enseignement du Maître Hiram, le troisième degré apprend que nous portons en nous un Etre qui est au delà de nous-mêmes, et auquel il faut savoir, si besoin est, sacrifier sa vie. Cette initiation s’éclaire au quatrième degré comme étant le sens du DEVOIR. Nous comprenons alors que notre être véritable est un devoir-être, qu’il est l’exigence d’un constant recommencement et dépassement de soi.

Ces deux grandes premières initiations portent en elles une conception de l’esprit qui est celle-là même de la grande tradition philosophique de l’Occident. Dans le « cogito », mais plus encore dans le doute méthodique qui le précède, Descartes découvre sa propre imperfection, c’est-à-dire son insuffisance d’être. La réalité de l’esprit se révèle ici comme style d’échappement et de reprise. Mais cette prise de conscience de l’imperfection renvoie à l’idée de l’être parfait, de l’être souverainement réel, c’est-à-dire de Dieu. L’Esprit se révèle à lui-même, non comme une réalité figée et fermée, mais comme un manque, et comme une aspiration à être plus. Quant à cette idée de perfection qui nous est donnée dans le temps même où nous prenons conscience de notre imperfection, elle n’est pas l’attribut d’un être aux contours finis et définitivement arrêtés, puisqu’elle est ce qui inspire et provoque en chaque être la force de transcendance qui l’anime. Spinoza, poussant jusqu’au bout les conséquences de l’analyse cartésienne, abandonne le théisme de son maître, concession aux idées du temps, pour retrouver l’inévitable panthéisme. Dieu est ici reconnu comme substance de tout ce qui est. Il est le Tout de la Nature, présent en chacune de ses modalités, c’est-à-dire en chaque être fini. Chez Bergson, on trouve aussi une conception de l’esprit fort proche, lorsqu’il définit celui-ci comme « une réalité qui est capable de tiret d’elle-même plus qu’elle ne contient, de se créer et de se recréer sans cesse ».

Avec la troisième grande initiation, celle du 13e degré, sont révélées la source et la vocation de l’Esprit. Toute activité vraie de l’Esprit porte en elle l’infinité de la Nature dans laquelle elle prend sa source, de façon, ainsi que le dît le rituel du grade, à permettre à chaque être de s intégrer à l’ordre de l’Univers.

On pourrait penser que cette philosophie de la Nature, sur laquelle débouche la spiritualité maçonnique, nous éloigne du concret, et est bien loin des préoccupations morales de la Franc-Maçonnerie. Il n’en est rien. En ouvrant nos consciences aux dimensions de l’Univers, elle établit au contraire leur fondement. Non seulement elle relativise les conflits qui nous opposent, mais elle fait comprendre à chaque adepte que la richesse de son être est faite de la richesse de tous les autres. En affirmant pour chacun son identité d’être avec l’Univers, elle nous enseigne que tous ensemble nous ne formons qu’un seul être, que nous sommes tous parents, parce que tout est en sympathie de droit dans le vaste univers. Il n’est pas de spiritualité sans exigence éthique. Le moindre acte de charité implique que le sujet s’identifie à une totalité et à une universalité qui le dépassent, et qu’il agisse conformément aux exigences de cette totalité et de cette universalité (cf. Kant, et l’universalisation de la maxime). Agir en homme, c’est agir en citoyen du monde. Tout le projet maçonnique consiste à ne jamais séparer, et même à fondre l’une dans l’autre, libération politique et libération méritée de l’intérieur de chaque personne, communauté d’amélioration matérielle, et communauté d’exigence ou de mise au travail spirituelle des hommes.

Tels sont les enseignements primordiaux du 13e degré. Les degrés suivants ne feront que développer ses conséquences. L’exaltation de l’Amour, qui caractérise le 18e degré, exprime dans un langage et au moyen d’un symbolisme différent cette parenté qui nous unit et qui nous a été révélée au 13e.

Il est naïf de croire que l’esprit maçonnique présente une originalité telle qu’il serait complètement étranger aux enseignements des grandes philosophies. Certes, on ne saurait l’enfermer dans aucune doctrine, mais on ne saurait méconnaître que, par sa recherche même, la Franc-Maçonnerie suppose une philosophie initiatique de l’homme qui présente des affinités profondes avec le platonisme et le stoïcisme, et, plus généralement, avec le climat intellectuel et spirituel de l’hellénisme alexandrin. Panthéisme et naturalisme spiritualiste semblent bien en être les caractéristiques essentielles. Mais aussi bien, n’est-ce pas là que convergent, malgré leurs très apparentes mais en définitive peu profondes différences, les ontologies qui sont restée fidèles à l’esprit même de la philosophie ? N’est-ce pas là aussi que peuvent se rencontrer les pensées et les sagesses de l’Orient et de l’Occident ? A condition bien sûr, qu’elles ne s’enferment, ni dans un spiritualisme refermé sur lui, ni dans un bouddhisme négateur de toute individualité.

Panthéisme et naturalisme, attitudes de pensée, beaucoup plus que doctrines aux contours arrêtés, sont seuls capables de fonder une morale du rôle, dans laquelle la liberté éclairée de chacun apportera sa contribution à la construction de l’ordre du monde et de la société. En tout cas, à la différence du théisme dont se réclament les religions exotériques, et dans lequel elles nous ont trop habitués à voir l’essence du « religieux », ils ne font pas courir le risque de déboucher sur des Révélations diverses et souvent ennemies, invoquées par des hommes qui se prétendront être les seuls vrais dépositaires de la Parole divine. On connaît trop hélas aujourd’hui les tentations totalitaires qui en sont la conséquence.

Il importe en tout cas que les Francs-Maçons soient bien convaincus qu’en accomplissant les rites, ils ne se détournent pas de leurs tâches exotériques et de leur volonté de progrès, pour se complaire dans une répétition stérile du passé. C’est au contraire en dégageant le sens dont ceux-ci sont porteurs, et en ayant la pleine conscience de l’esprit qui les anime, qu’ils comprendront les raisons de leurs actes, et qu’ils recevront de cette compréhension même une énergie supplémentaire dans l’accomplissement de leur devoir d’homme.

 

L’homme Franc-Maçon

Les considérations qui précèdent vont permettre de répondre de façon plus précise aux questions que tout Franc-Maçon ne manque pas de se poser: Que suis-je venu faire en Maçonnerie ? Qu’y ai-je trouvé que je n’aurais trouvé nulle part ailleurs ? Que devient-on quand on a été reçu Franc-Maçon ? Et d’abord, cette question préliminaire : pourquoi et comment devient-on Franc-Maçon ?

Le caractère ésotérique de la Franc-Maçonnerie, ainsi que celui, limité et élitiste de son recrutement, semblent à première vue peu compatibles avec sa prétention à délivrer un message universel. Y aurait-il une prédisposition à devenir Franc-Maçon, et cela réclamerait-il de l’impétrant des qualités spéciales ? On sait que, concernant l’initiation en général, Guénon répondait affirmativement à cette question. La réponse du rapport est beaucoup plus nuancée. Ce que la Franc-Maçonnerie regarde, dit-il, comme l’aptitude à s’instruire et à recevoir la Lumière, suppose en effet que le candidat présente des dispositions de caractère, autant qu’intellectuelles et culturelles. Mais elle le juge moins, qu’elle ne s’applique à déceler ce que ses qualités passées laissent augurer de ses qualités futures. Ainsi le veut-elle essentiellement loyal et probe, soucieux de la parole donnée et secourable aux hommes. Elle ne saurait accueillir ceux qui croiraient trouver en ses pratiques une espèce de thérapie de groupe destinée à régler des conflits d’existence, ou à compenser les échecs et les insatisfactions de la vie profane. De même devra-t-elle être circonspecte à l’égard de ceux, comme elle en a parfois hâtivement reçus, qui, fermés à l’esprit de la Tradition initiatique, ne consentiraient à ses rites et à ses symboles que pour autant qu’ils ne sont pour eux que des signes de reconnaissance entre membres d’une société secrète visant à établir un pouvoir occulte sur la société et sur l’Etat. L’élitisme avoué du recrutement maçonnique n’a d’autre signification que celle d’une élémentaire prudence à l’égard de ceux qui seront investis de la grave responsabilité de donner l’exemple de ce qu’est l’homme dans son essence et dans sa vérité universelle.

Mais aussi bien, la Franc-Maçonnerie transforme moins les êtres qui participent à ses travaux, qu’ils ne se transforment eux-mêmes, par la fréquentation assidue de la Loge. Les proches d’un Franc-Maçon reconnaissent volontiers que, peu à peu, la vie conduite selon les exigences de la Franc-Maçonnerie, lui ont permis de s’améliorer considérablement. Ses idées se sont élargies, son attitude s’est assouplie, sa démarche et ses intérêts sont apparus plus généreux. En s’ouvrant mieux au sens de l’universel, il a appris à s’interroger, à s’affranchir des passions envieuses qui pouvaient lui être restées, à accepter les différences entre les hommes, et à obtenir en lui, et pour lui-même, qu’elles se fécondent les unes par les autres.

Mais surtout le Franc-Maçon, introduit dans le Temple, et par conséquent dans le domaine du Sacré, accède à cette forme de religiosité qui a été définie plus haut. Tout en prenant conscience du divin qu’il porte en lui, il saura se garder de la tentation de vouloir le nommer et d’en donner une image qui prétendrait être la seule vraie. Distant à l’égard des représentations et des constructions idéologiques sur lesquelles tend à se fixer le besoin d’absolu qu’exige sa raison, il refusera ce que leur diversité et leur particularisme peuvent avoir de négateur. En deçà de ces représentations, il voudra toujours voir la source unique qui les a inspirées, la même qui sourd du plus profond de son être, et de chaque être, et dont nos pratiques rituelles et symboliques lui auront fait comprendre que la force vive qui en émane ne saurait s’arrêter et se fixer sur rien qui soit dicible, sur rien non plus qui justifie les passions fratricides que les hommes ont mis à vouloir les imposer.

Là en effet se situe le Centre d’Union. Aussi, en quête de l’intimité de son être, appliqué à la culture de soi-même, se sentira-t-il concerné par cette même quête qu’il pressent chez les autres, et voudra-t-il former avec eux la République initiatique qui devra servir de modèle à toute tentative de construction d’une république profane. Celle-ci ne peut avoir quelque chance d’exister et de se maintenir dans l’existence, qu’à condition que soit reçue et acceptée l’idée que tout changement social et humain doit commencer par une éducation de l’homme intérieur, et ne doit pas cesser d’en procéder.

Maître de lui-même, citoyen de la République initiatique, et par conséquent citoyen, non seulement de son pays, mais du monde, le Franc-Maçon ne pourra rester indifférent aux symptômes de décadence qui semblent atteindre notre civilisation. Il ne tombera pas dans l’erreur qui fut celle des Ordres spirituels qui, à partir de l’idée juste qu’il faut cultiver et approfondir son intériorité, ont fini par se couper de la vie réelle des hommes. Son action s’inscrira donc dans la continuité de la lutte qu’ont mené les prêtres de Thèbes ou d’Eleusis, Socrate, Jésus, Marc-Aurèle, et d’autres encore, pour faire exister une sociabilité permettant à chaque homme de tenir son rôle et d’accomplir son essence. Comme eux, il cultivera les vertus héroïques, à commencer par la Foi.

Foi que les efforts qu’il fait pour modifier son être intérieur ne sont pas vains, et qu’ils contribuent, ne serait-ce que par leur exemplarité à améliorer l’homme et la société.

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Nous espérons que cet aperçu n’aura pas trahi l’essentiel des idées et des thèmes développés dans le rapport de « Sources » auquel nous avons emprunté beaucoup. Ils ne sauraient surprendre un Franc-Maçon du Grand Collège des Rites qui trouvera dans leur exposé l’expression de ce qu’il savait déjà et qu’il portait en lui de façon plus ou moins claire. Mais, disons-le encore une fois, l’intérêt et la valeur de ce texte résident aussi dans les illustrations, les incidentes, les variations qui gravitent autour de ces thèmes, dans les développements importants que nous avons dû passer sous silence : la femme, la mixité, l’historicisme, la distinction du magique et du religieux, le sociologisme durkheimien, le naturalisme de Frazer… Ils résident dans la langue, dont les constructions, en apparence complexes et savantes, sont en fait toujours très claires, et dont le vocabulaire et les formulations sont d’une densité et d’une richesse qui appellent presque à chaque ligne la méditation. Le lecteur sera récompensé au centuple des efforts auxquels il aura dû consentir.

Ce texte devrait être un document de référence pour tout chercheur, Maçon ou Profane, curieux de connaître et d’approfondir l’esprit et la philosophie de la Franc-Maçonnerie.

B. C:., 33e

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GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE 2 juillet, 2009

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GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE

 

(publié par  La Vanguardia Numérique)

 

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Que Gaudí ait été catholique pratiquant et dévot, cela ne fait aucun doute, et que certains des symboles utilisés par l’architecte soient, bien évidemment, chrétiens, non plus. Cependant, il existe d’autres symboles présents dans son oeuvre (le X, les pendentifs, les compas, les éléments de l’alchimie, le serpent vertical etc.) qui vont au-delà du domaine de la symbolique catholique et dont l’explication ne peut pas lui être strictement attribuée. Nous pourrions ainsi dire que Gaudí a expérimenté une voie autonome dans le domaine de la spiritualité, se situant, bien entendu, au sein de l’orthodoxie catholique, mais avec une pratique allant au-delà du catholicisme. Et il faut préciser que les constructions de Gaudi sont riches en signes et en symboles, patrimoine de certaines sociétés secrètes. Tous les biographes de Gaudí s’accordent sur le fait que, au cours de sa jeunesse, l’architecte s’est intéressé aux idées sociales avancées de Fourier y Ruskin, outre le fait d’entretenir des rapports avec les mouvements sociaux les plus avancés de l’époque. Son amitié avec des socialistes utopiques et des anarchistes liés à des milieux franc-maçonniques, qui est mise en évidence dans ses premières oeuvres, amène à penser que ce fut peut-être dans ces milieux que Gaudí est entré en contact avec une loge. On sait également qu’il appartenait à de curieuses associations de l’époque organisant des excursions (dont la finalité allait au-delà des simples sorties et goûters champêtres). Certains biographes de Gaudi argumentent qu’il était franc-maçon et que certaines de ses œuvres telles que ‘ »La Sagrada Familia » et le « Parc Güell » renferment de nombreux symboles de la franc-maçonnerie. L’écrivain Josep Maria Carandell analyse dans son livre Le parc Güell, utopie de Gaudí, de nombreux détails ayant une évidente origine franc-maçonnique et rejette l’argument de manque de preuves, car il s’agissait d’une société secrète « probablement liée à la franc-maçonnerie anglaise ». Mais Carandell n’est pas le seul à dresser un portrait de Gaudi sous un jour n’étant pas précisément catholique. Le premier à parler de la franc-maçonnerie de Gaudí fut l’écrivain anarchiste Joan Llarch, dans le livre Gaudí, une biographie magique. Llarch affirme que Gaudí aurait, lors de ses excursions en montagne, ingéré le champignon hallucinogène Amanite Tue-mouche, dont il se servirait bien plus tard de décoration pour l’une des maisonnettes situées à l’entrée du Parc Güell. Apparemment, ce champignon entraîne des états altérés de conscience et le passage vers une réalité. Cet état aurait-il permis à Gaudí d’’halluciner’ les formes caractéristiques de son architecture? Eduardo Cruz, un autre de ses biographes, affirme qu’il a appartenu aux rose-croix, et certains autres vont même jusqu’à insinuer qu’il a eu des tendances panthéistes et athées. Les détracteurs de ces théories affirment qu’un chrétien tel que Gaudí ne pourrait en aucun cas être franc-maçon, car la franc-maçonnerie ne s’intéresse pas à ce que l’on appelle l’autre vie de l’âme, et croit que l’homme n’est ni le corps mort, ni l’âme. D’où la contradiction avec la doctrine catholique qui croit à la transcendance et à la résurrection de la chair.

 

Il est vrai qu’à la lumière des contradictions signalées, il est possible d’observer deux étapes différentes dans la vie de Gaudí. D’une part, nous avons  un Gaudí qui, dans sa jeunesse a vécu dans une ambiance saturée de membres de sociétés secrètes et initiatiques (compagnie qu’il n’abandonna jamais totalement, comme en témoigne son amitié avec le peintre uruguayen et franc-maçon néopythagoricien notoire Joaquim Torres García). Et d’autre part, nous avons un Gaudí qui, dans sa maturité, au fil des années, accentua peu à peu son catholicisme, en l’intériorisant de plus en plus. L’architecte s’est peu à peu transformé en une personne mystique, en marge de toute obédience, rite ou discipline.

LES SYMBOLES

Comme cela a été mentionné précédemment, l’œuvre de Gaudí contient d’innombrables exemples de symbolique ésotérique liée à la franc-maçonnerie, l’alchimie et l’hermétisme. En voilà quelques-uns des plus remarquables:

FOUR DE FUSION ou ATHANOR

Sur le perron de l’entrée du Parc Güell, nous trouvons une structure en forme de tripode qui, à l’intérieur contient une pierre non ouvragée, à l’état brut. Cet élément représente la structure basique d’un four de fusion alchimiste et est une copie du modèle qui apparaît sur un médaillon du portail principal de la cathédrale de Notre-dame de Paris.

En essence, l’athanor contient une enveloppe extérieure composée de briques réfractaires ou de ciment. Son intérieur est rempli de cendres qui enrobent l’ »œuf philosophique », la sphère en verre à l’intérieur de laquelle se trouve la matière première ou la pierre à l’état brut. Un feu situé dans la partie inférieure se charge de chauffer l’œuf, mais indirectement, car la chaleur est diffusée par les cendres.

Outre le fait d’être une technique spirituelle ou une forme de mystique, l’alchimie se basait également sur le travail sur les minéraux et sur les opérations physiques concrètes et elle se caractérisait par l’équivalence ou le parallélisme entre les opérations du laboratoires et les expériences de l’alchimiste sur son propre corps. Ainsi, l’athanor représentait la reproduction du corps, le souffre correspondait à l’âme, le mercure à l’esprit, le soleil au cœur et le feu au sang.

Il existe deux étymologies du mot athanor: il dériverait d’une part de l’arabe « attannûr », four et d’autre part du mot grec « thanatos », morte, lequel, précédé de la particule « a », exprimerait le sens « non mort », c’est à dire, vie éternelle, etc.

LES TROIS DEGRÉS DE PERFECTION DE LA MATIÈRE

Nous faisons ici référence à la pierre brute se trouvant à l’intérieur de l’athanor. La pierre non ouvragée représente le premier degré de perfection de la matière, le second degré est représenté par la pierre taillée en forme de cube, et en troisième lieu un cube s’achevant en pointe, c’est à dire, avec une pyramide superposée. Dans la symbolique franc-maçonne, ces trois formes représentent également les trois positions pouvant être assumées au sein de la Loge: apprenti, compagnon et maître; en suivant le même schéma des degrés traditionnels des confréries ouvrières médiévales.

Dans la tour Bellesguard, également connue sous le nom de Casa Figueras, Gaudí a fait prendre forme à tout ce symbolisme. La structure du bâtiment, situé au pied de la sierra de Collserola et construit en pierres et en briques, se compose d’un cube couronné d’une pyramide tronquée.

L’ordre des francs-maçons dit que « chaque homme doit tailler sa pierre ». Et cette pierre sera aussi bien la pierre angulaire du temple que la pierre angulaire de la personnalité du franc-maçon. Le travail ultérieur de perfectionnement consistera à superposer une pyramide au-dessus du cube.

LA CROIX ORIENTÉE VERS SIX DIRECTIONS

Cet élément qui se trouve dans la plupart des constructions de Gaudí tel une sorte d’obsession, est une représentation d’un principe enraciné dans ses croyances mais appartenant, tout du moins formellement, au champ de l’Église.

Gaudí a utilisé deux techniques pour réaliser les croix orientées vers six directions:

-Nous trouvons la première au Couvent des Thérésiennes et c’est également un développement évident de la pierre cubique; il s’agit de la projection spatiale de la pierre cubique.

-          Au “Turú de las Menas”, on observe les six directions de l’espace décomposées deux par deux grâce à deux croix, l’une située est-ouest et l’autre nord-sud.

-          Au Turú de las Menas du Parc Güell, se trouvent trois croix qui ne sont autres que deux tau, chacun d’eux ayant été superposé par un cube couronné par sa pyramide correspondante. Ces tau indiquent les directions nord-sud et est-ouest et, entrelacés, ils nous indiquent les quatre points cardinaux. La troisième croix, quant à elle,  est une flèche qui indique une direction ascendante.

Lettre initiale du mot terre, le tau est un symbole d’origine ancienne qui apparaît sur des monuments mégalithiques des îles Baléares sous forme de taules (un piédestal soutenant une surface pierreuse).

Au sein de la franc-maçonnerie, le tau a un symbolisme précis. Il représenterait d’une part à  Mathusael, le fils de Caïn qui aurait créé ce symbole afin de reconnaître ses descendants et qui serait, d’autre part, le signe de reconnaissance que réaliserait l’officiant avec la main droite lors de la cérémonie d’accès au degré de Maître.

LE X

Ce symbole se trouve dans la Crypte de la Colonie Güell, où il est présent jusqu’à trois reprises, et également sur le portail de la Naissance de la Sagrada Familia, sur la croix qui couronne l’Arbre de la Vie, sur laquelle se trouve un grand X. Dans la symbolique franc-maçonnique, le X a une grande importance dans la géométrie sacrée, car ce symbole est réalisé sur la base d’un hexagone régulier et celui-ci forme le périmètre intérieur de deux triangles équilatéraux entrelacés, lesquels dessineraient l’étoile de David, qui serait la notation alchimique des quatre éléments de base. L’hexagone est une forme très récurrente dans l’œuvre de Gaudí, forme dont il est même possible d’extraire un cube volumétrique si nous divisons le hexagones en trois losanges. Il faut signaler que le X était en outre la notation alchimique du Creuset, un instrument nécessaire pour l’œuvre alchimique.

De même, le  X est également traditionnellement lié à l’apôtre André, crucifié sur cette forme.

LE PELICAN

Cet animal, symbole du Christ, nous pouvons le trouver au Musée de la Sagrada Familia et il était destiné au Portail de la Naissance. Le pélican est la représentation de la Mort et de la Résurrection, car il se disait qu’il ressentait un amour si fort pour ses enfants que, lorsqu’ils avaient faim, il s’ouvrait le ventre avec son propre bec pour les alimenter.

Selon une autre version, irrité parce que ses petits ne cessaient lui donner des coups avec leurs ailes, il les tuait, puis, repenti, il se suicidait en s’enfonçant le bec dans le ventre. Selon une dernière version du thème, le suicide et le fait qu’il s’enfonce le bec dans le ventre sont écartés et elle raconte que ses larmes ressuscitent ses petits morts.

Le degré 18 de l’ordre des francs-maçons, appelé « degré Rose-croix », a pour symbole le pélican prêt à s’ouvrir le ventre et entouré de ses enfants; sur sa tête il y a une croix avec une rose rouge hachée ainsi que la légende I.N.R.I.

Le pélican représente l’étincelle divine latente qui se niche au sein de l’homme, son sang est véhicule de vie et de résurrection et sa couleur est le blanc, symbolisant le dépassement de la première phase de l’œuvre alchimique. La troisième phase suppose de passer à travers de l’expérience du rouge, que prend forme lors de l’explosion d’une grande rose rouge au centre de la poitrine.

LA SALAMANDRE, LE SERPENT ET LES FLAMMES

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Le cercle situé sur le perron de l’entrée du Parc Güell a fait l’objet d’une interprétation patriotique-nationaliste, mais il n’existe aucune raison pour laquelle Gaudí aurait eu à faire une démonstration publique de quelque chose qui est secondaire dans sa hiérarchie d’aspirations et de convictions. C’est pourquoi, il convient de procéder à une interprétation hermétique de la symbolique de cet élément, unique interprétation intégrant la totalité de l’ensemble: une tête de serpent située au centre d’un grand disque, entourée de flammes et celles-ci d’eau.

Les hermétistes étaient connus comme « des philosophes par le feu » et la base de leur oeuvre consistait à ordonner le chaos; comme à l’aube des temps la ruine et le mal, œuvre du serpent, s’étaient étendus de par le monde, pour ordonner ce chaos il est nécessaire de le brûler. Ainsi, le cercle symbolise le chaos, l’oriflamme est la flamme contenant le souffre et le serpent est l’esprit mercuriel.

LE LÉZARD

C’est l’animal qui descend de l’athanor jusqu’au disque décrit précédemment et qui a été interprété comme une salamandre, un iguane, voire un crocodile, mais sa caractéristique la plus importante est son dos sinueux. Il s’agit d’une image esthétique qui suggère une impression de mouvement très accusée, une représentation du mercure originaire, une réitération des fonctions de l’athanor, c’est à dire, opérer la séparation, décanter les partes fixes du minéral des parties volatiles.

Les perrons du Parc Güell s’offrent à nous comme un paradigme hermétique qui contient les principes de l’œuvre et c’est pour cela même que de très nombreux textes alchimiques insistent sur le fait que toute l’œuvre est réalisée à travers le mercure.

L’ARBRE SEC ET L’ARBRE DE LA VIE

L’amour de Gaudí pour la nature a toujours été présent dans toute son oeuvre. Ses constructions sont remplies d’éléments d’ornementation faisant référence au règne végétal. Le symbolisme alchimique est extrêmement riche d’images liées à l’agriculture et au règne végétal.

L’Arbre Sec représente le symboles des métaux réduits de ses minéraux et fondus; la température du four leur a fait perdre la vie et il faut par conséquent les vivifier. Dans l’Arbre Sec, il existe toujours une étincelle de vie, celle qui rend sa résurrection possible; c’est pourquoi, il est toujours possible de constater qu’il possède quelques feuilles indiquant la possibilité de reverdir à nouveau. L’image de l’Arbre Sec a été placée par Gaudí dans ses œuvres majeures, et représente une nature végétale pétrifiée qui maintient néanmoins, un foyer de vie. Ces images sont nombreuses dans le Parc Güell.

L’Arbre de la Vie, comme son nom l’indique, est l’arbre immortel, le symbole de la vie éternelle. La représentation iconographique la plus réitérative de ce type d’arbre est le cyprès. L’architecte catalan le situe au centre du portail de la Naissance de la Sagrada Familia, entouré de blanches colombes qui, à leur tour, symbolisent les âmes renouvelées qui s’élèvent vers le ciel.

LE DRAGON IGNÉ ET LE LABYRINTHE

L’image du dragon est une constante dans l’œuvre de Gaudí. Il s’agit bien sûr d’une image que nous associons immédiatement à légende de Sant Jordi, patron de la  Catalogne, mais, à la différence d’autres architectes modernistes, Gaudí le représente toujours de façon solitaire. Le dragon situé sur la grille des pavillons Güell est inspiré de « L’Atlantide » de Verdaguer; il s’agit d’un dragon enchaîné qui garde l’accès au jardin des Hespérides.

Le dragon est lié au symbolisme du serpent, il s’agit ni plus ni moins d’un serpent ailé qui lance des flammes par la bouche ou par les narines. Les rose-croix ont introduit des images de cavaliers plantant leurs lances sur des dragons furieux. Si nous analysons les caractéristiques mythiques de cet animal, son ardeur ignée apparaît comme la représentation de nos instincts les plus incontrôlables. Vaincre cette force, dominer notre esprit, suppose la possibilité de pénétrer dans les domaines de l’Être.

R.·.L.·. LA FRATERNITAT DEL VALLÈS 

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Aperçus sur l’initiation féminine 25 juin, 2009

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Aperçus sur l’initiation féminine

Initier la femme, c’est lui permettre de prendre conscience de sa richesse intérieure, de prendre la mesure de sa dignité, de lui faire comprendre la place vitale qu’elle occupe dans le cosmos parce qu’elle est l’un des pôles de l’humanité. Sans elle, pas de lumière, puisqu’elle naît de l’union des deux pôles, positif et négatif, chacun aussi nécessaire à l’un qu’à l’autre.

 

Par Jeanine Augé

Jeanine Augé

Mes soeurs, mes frères en franc-maçonnerie, en bouddhisme ou en humanité, je voudrais d’abord faire une première remarque en préambule. Je n’ai pas été avertie que Michel Barat et Bernard Besret avaient eu la charmante idée de me laisser disposer du temps qui leur était imparti. Je m’en suis tenue, avec discipline, à ce qui avait été convenu lors des réunions préparatoires, c’est à dire 25 minutes d’intervention. Cela peut sembler léger pour aborder l’initiation féminine. Mais celle-ci a été traitée en filigrane pendant tout ce colloque, comme si elle allait de soi, alors que ce fut et reste encore une longue et dure conquête.

Ma deuxième remarque est que, passant après de talentueux orateurs, je crains que mon discours ne soit un peu terre à terre et ne détonne, avec l’excuse que je ne suis pas encore bouddhiste. Mais je vous rassure tout de suite, si mon propos démarre sur des chapeaux de roues résolument féministes, cela ne dure qu’une page et demie (rires…).

Parler de l’initiation de la femme en faisant l’impasse sur les divergences concernant son initiabilité pourrait sembler outrecuidant si mon propos ne se situait pas dans l’espace de la modernité. Celle-ci consistant, à mon sens, à faire évoluer la tradition pour l’adapter au présent sans en altérer l’essentiel. Je n’ai pas tellement développé cela parce que je pensais que Bernard Besret allait s’exprimer très brillamment là-dessus. Moi, je pars de l’idée simpliste que nous créons, aujourd’hui, la tradition de demain. Autour de l’amande, va se concrétiser la coque qui est faite des acquis, que l’on ne peut ignorer, d’une civilisation qui évolue tant sur le plan du droit que sur celui de la technologie.

Dire que la femme est initiatrice, par essence, est une échappatoire que l’on utilise assez régulièrement. Elle fait référence à une mythologie qui a longtemps confiné la femme dans une fonction de reproductrice. En outre, la sacraliser comme déesse-mère, comme déesse des moissons, comme déesse de l’amour renvoie en quelque sorte la femme à la nature passive de terre fécondable qu’on lui prête. Il y eut dans le Parnasse traditionnel trop de Déméter, trop de Junon, et pas assez, à mon avis, d’Athéna. La déification de la femme lui a été bien moins profitable que de lui permettre de retrouver le divin en elle.

C’est donc de la quête initiatique de la femme moderne, et plus particulièrement de celle que j’ai moi-même entreprise, que je voudrais parler. Je ferai toutefois un retour, plus ou moins bref, sur les difficultés que les femmes ont rencontrées sur leur route et qui perdurent pour certaines d’entre elles dans les milieux religieux et intégristes. Nous savons par nos soeurs turques que certains pays font un retour en arrière considérable. Toute l’histoire de l’humanité est marquée par la difficile reconnaissance de la complémentarité et de l’égalité qualitative de la femme par rapport à l’homme.

Si Jésus et Bouddha acceptèrent volontiers que les femmes suivent leurs enseignements, leur reconnaissant ainsi le droit à la spiritualité, à la connaissance, l’Eglise catholique porte la lourde responsabilité d’avoir mis la femme pendant très longtemps à l’écart du monde de l’esprit. Les références constantes aux origines judéo-chrétiennes de la nécessité d’un fondement religieux m’ont beaucoup gênée.

C’est contre ces conceptions que s’est, en effet, bâtie la franc-maçonnerie féminine. Le patient travail de recherche de Uta Ranka Heineman dans son livre Des Ennuques pour le royaume des cieux, en est un témoignage accablant. Depuis le célèbre verset de St Paul dans l’épître aux Corinthiens : « Que les femmes se taisent dans les assemblées », aux positions prises par les papes sur l’ordination des femmes en passant par les déclarations de St Augustin : « Combien plus agréable est la cohabitation de deux amis, comparée à celle d’un homme et d’une femme ! » -je ne sais pas si vous êtes toujours d’accord- (rires…) ou la crainte exprimée par St Thomas de la féminisation du coeur humain, la femme a été longtemps présentée comme source de troubles, une incitation au péché, parfaitement inutile, sinon nuisible à la spiritualité de l’homme. L’enseignement ne sied pas au sexe féminin, précise St Thomas d’Aquin.

Est-ce pour les mêmes raisons moyenâgeuses que le pape actuel rejoint, dans son refus du sacerdoce des femmes, le canoniste de l’église orthodoxe du XIIe siècle, Théodore de Balsamo, qui le justifiait par l’impureté du flux menstruel ! Refuser l’ordination, c’est refuser le droit de transmettre, d’initier, car qui dit initiation dit transmission du contenu d’une tradition que l’on a intégrée et revivifiée. A mon avis, ce n’est ni dans la religion catholique, ni dans les religions refusant le sacerdoce des femmes que celles-ci peuvent prétendre à une totale initiation.

Même si c’est un peu folklorique, je vais passer rapidement sur les jugements, pour le moins surprenants à l’époque moderne, qui dénièrent à la femme toutes les qualités requises pour être initiée. « Femme inapte et ridicule », selon Erasme, femme passive, femme coupable, qui conduisit Adam et toute l’humanité hors de l’Eden, vers la dualité et la mort. Le cher Beaudelaire y va de son interrogation : « J’ai toujours été étonné qu’on laissât les femmes entrer dans une église, quelle conversation peuvent-elles avoir avec Dieu ? » (rires…). Au XIXe siècle, Julien-Joseph Vire perd tout sens du ridicule -il faut quand même que je vous le lise, même si c’est un peu long- quand il écrit dans L’Histoire naturelle du genre humain : « La force vitale développe les organes supérieurs du corps de l’homme et les organes inférieurs du corps de la femme. Il y a, dans le premier, une tendance à la supériorité et à l’élévation. Dans la seconde, on remarque une impulsion inverse. La vie s’épanouit vers la tête de l’homme. Elle se concentre vers la matrice de la femme. L’un donne. L’autre accepte. La femme est donc destinée par la nature à l’infériorité et à vivre en second ordre. »

Et Françoise Collin, de nos jours, écrit : « Lorsque les femmes ne sont pas déclarées inférieures mais différentes, c’est pourtant toujours la masculinité qui fait norme. Les femmes sont certes des êtres humains raisonnables, mais leur raison est celle du sentiment dont le règne reste confiné entre les murs du privé. Aux femmes, les méandres de la subjectivité ; aux hommes, la voie royale de l’objectivité, de l’espace public. »

Je ne peux passer sous silence le poids que l’exclusive prononcée par le Pasteur Anderson contre les femmes assimilées à des irresponsables dans ses Constitutions, fait peser sur la franc-maçonnerie féminine. Quel est ce centre de l’union qui, tout de même, exclut la moitié de l’humanité ?

Si je me suis un peu étendue, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser, sur les condamnations que les périodes successives ont prononcées contre la femme, c’est parce qu’elles touchaient au vif sa capacité à vivre une initiation spirituelle telle que nous prétendons la réaliser par exemple en franc-maçonnerie, puisque c’est de cette expérience dont je peux me prévaloir. En effet, je ne saurais aborder ici d’autres formes d’initiation, telle l’initiation tribale qui concerne surtout le passage des adolescents d’un âge à l’autre ou l’initiation magique qui est censée doter l’impétrant de pouvoirs surnaturels.

L’initiation à laquelle je consacre le meilleur de moi-même est un long chemin qui a commencé avec une mort symbolique et la prise de conscience d’une reconstruction de l’être à réaliser. Il y a la cérémonie de l’initiation qui met sur la voie. Il y a le parcours initiatique avec ses épreuves, ses méandres et, au bout l’initiation suprême, qui attend tout vivant, le terme où l’existence prend tout son sens avec les trois pas, le trépas. . .

Se faire initier, c’est accepter la quadruple purification des éléments pour mieux progresser, allégés vers la plénitude de la connaissance. Aucun dogme n’est imposé. Mais la transmission ininterrompue de l’influence spirituelle est nécessaire. La communication se fait selon le rituel des grades. On vous en a déjà amplement parlé.

L’initiation conduit l’initié à prendre conscience des possibilités latentes au plus profond de lui-même. D’étape en étape, les symboles, les rites et les mythes peuvent réveiller en chacun le souvenir d’une sagesse perdue, d’une unité occultée par l’agitation chaotique de la vie profane. La réconciliation de l’individu condamné au binaire avec l’unicité du tout, est ce que la franc-maçonnerie peut réaliser dans le silence qui s’impose au chercheur de vérité.

Pour certains, on peut dire que ce parcours restera dans le domaine du mental et de la philosophie. Pour d’autres, l’enseignement ésotérique du symbole aboutira au sacré qui relève non de la pensée discursive mais de l’expérience directe. La loge, les maîtres n’interviennent que pour aider l’initié à trouver son maître intérieur. L’enseignement oral et le silence répondent au désir d’ignorer toutes les limites qu’impose la manifestation existentielle afin d’atteindre l’infini universel du non-manifesté. Les mots sont réducteurs et l’essentiel n’est pas transmissible par leur truchement, c’est là le secret maçonnique.

On fait référence trop souvent à la facilité avec laquelle on trouve les rituels en librairie. Il y a autant de différence entre la lecture d’un rituel et une tenue qu’entre la vision d’une photographie de vacances et le goût du sel marin face à l’infini maritime ou l’indicible de la splendeur d’un soleil rougeoyant qui décline sur les cimes enneigées.

Il m’apparaît que la finalité de l’initiation est la même pour tous les êtres, homme ou femme. Les méthodes de travail en revanche, diffèrent pour s’adapter à la nature masculine ou féminine de l’initié ou de l’initiable.

Je suis convaincue que ce ne sont pas tellement les sources opératives de la franc-maçonnerie que l’on nous oppose si souvent qui posent problème. La plupart des frères francs-maçons, j’en suis sûre, seraient bien en peine d’utiliser les outils du constructeur de cathédrale dont ils se réclament ou de dresser les plans d’un édifice. Les outils sont les symboles concrets de principes et de concepts. A telle enseigne que nos soeurs africaines, qui n’ont pas les mêmes règles de construction, assimilent fort bien la symbolique des outils maçonniques comme le fil à plomb, le niveau et l’équerre . . . La différence fondamentale réside, à mon avis, dans les valeurs à la fois opposées et complémentaire du yin et du yang, à ceci près que, finalement, l’homme et la femme participent de la même nature, du moins j’ose l’espérer. J’en veux pour preuve que le sang qui véhicule l’essence de l’être n’est pas sexué. Parmi les nombreuses incompatibilités qui existent entre donneur et receveur, celle du sexe est à ce jour inconnue.

Il s’agit bien plus, pour moi, d’une proportion que le symbole du Tao To King exprime fort bien. Quand le yang domine, les valeurs solaires et masculines dominent avec leur cortège de combativité, d’éclats lumineux qui procèdent de la nature du ciel et se rapportent à l’esprit actif et à la raison. Là où le yin prédomine, c’est la référence à la terre qui donne son caractère de passivité mais aussi de potentialité, ce qui, selon Guénon est « la racine de toute existence ».

Lumière et ombre sont indissolublement liées sans y voir, comme dans le mazdéisme, un quelconque jugement de valeur entre le bien et le mal. Le yang n’est jamais sans le yin, le yin n’est jamais sans le yang puisqu’ils participent tous les deux à la fois du ciel et de la terre.

Le caractère yin, prédominant chez la femme, lui facilite la démarche évolutive qui correspond plus précisément à l’apprentissage, à l’oeuvre au noir. Dans le féminin de l’être, Annick de Souzenelle écrit : « Les nuits de l’âme sont entrailles de mutation, matrice sainte, athanor alchimique de résurrection. » La femme, par sa capacité à donner la vie, est en phase étroite avec l’univers des cycles et l’ordre du monde. Cet ordre qu’elle intègre rythme sa vie intime tous les mois comme pour rappeler son implication dans la marche cosmique. Sa condition n’est pas la passivité mais bien plutôt la complicité, l’empathie avec les lois de l’univers qui en fait sa dépositaire. D’où son intelligence avec le coeur des choses et de sa force de résistance qui lui permettent de passer outre les avanies et les secousses de la vie triviale pour aller souvent à l’essentiel.

Initier la femme, c’est lui permettre de prendre conscience de sa richesse intérieure, de prendre la mesure de sa dignité, de lui faire comprendre la place vitale qu’elle occupe dans le cosmos parce qu’elle est l’un des pôles de l’humanité. Sans elle, pas de lumière, puisqu’elle naît de l’union des deux pôles, positif et négatif, chacun aussi nécessaire à l’un qu’à l’autre.

Tout système vivant est à la fois fermé structurellement et ouvert énergétiquement pour expérimenter, progresser, se reproduire. La femme sensible à l’émotion peut, par l’initiation, transformer cette faiblesse en une aptitude à la compréhension, à la compassion, à la perméabilité à tout ce qui relève de l’esprit, de l’immatériel.

Le compas lié à l’équerre, que tout le monde connaît comme les deux symboles récurrents de l’initiation maçonnique, lui sont nécessaires et familiers dans ses fonctions d’éducatrice, de gardienne des valeurs familiales et de citoyenne humaniste. Particulièrement intuitive, la nature féminine vit de manière plus globalisante le triple aspect de la vie, corps, esprit, âme ou, si l’on préfere, corps, coeur, esprit .

L’initiation, c’est aussi pénétrer au-delà des apparences pour essayer d’atteindre à l’essence.

Visionnaire, la femme ? Non, sûrement pas, mais réceptive, perméable, lunaire dans le sens positif. moins emprisonnée dans le carcan de la logique et du mental. Elle aborde les manifestations de la vie avec l’optique de l’artiste, de l’esthète, du poète qui sont des initiés à leur manière.

L’initiation, c’est aussi dominer la souffrance ou, tout au moins, l’intégrer comme une épreuve nécessaire à la sublimation. Si Jéhovah fit sortir la femme de la côte de l’homme, elle a rendu la politesse à ce dernier depuis la nuit des temps, au prix de bien des souffrances tant physiques que morales. Et son sens des valeurs en a été magnifié, parce qu’elle met au monde, nourrit, éduque tout en défendant ses droits contre son compagnon, son fils, son frère, le poids de la tradition, de la politique et des religions intégristes.

La femme initiée a été avertie que son chemin est semé d’embûches, que son engagement la place dans une dynamique de construction avec tous les dangers et souffrances que cela peut comporter. Les outils blessent, le matériau résiste, la construction échappe au concepteur maladroit. Il faut faire et refaire, mais la femme connaît la patience et les aléas de la gestation. L’initiation se vit à chaque moment de l’existence, ici et maintenant. Bien des femmes suivent la voie initiatique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. C’est pour cela que je me pose, que je vous pose ces questions.

Et si l’initiation des femmes passait par leur libération économique, leur conférait l’autonomie nécessaire, la liberté de mouvement qu’offre l’indépendance monétaire ?

Et si l’initiation des femmes passait par un partage équitable de tous les pouvoirs lui permettant de se réaliser dans tous les domaines et d’aborder ainsi tous les aspects de l’implication de l’humain dans les phénomènes universels ?

En un mot, et si l’initiation de la femme passait par la conviction, confortée par les structures religieuses, sociales et politiques, qu’elle est un être humain à part entière ?

Pour qu’il y ait initiation, il faut qu’il y ait éveil et que la conscience de cet éveil replace chaque action, chaque pensée, dans une direction qui donne sens à la vie. Pour ce faire, il faut que la femme ait enfin droit de vivre pour elle-même et ne vienne pas à l’initiation seulement pour reprendre, ce que j’ai trop souvent entendu lors des auditions, lorsqu’elle est à la retraite, les enfants partis, le mari moins exigeant ou disparu. Je dois reconnaître que si, statistiquement, la moyenne d’âge de nos soeurs était très élevée, il y a encore 8 à 10 ans, elle a tendance actuellement à baisser, ce qui est très encourageant

La femme a des devoirs envers ce qu’elle incarne. Ce que nous rappelons dans le testament philosophique que l’impétrante doit rédiger dans le cabinet de réflexion. On lui demande les devoirs envers la patrie mais aussi envers elle-même et envers l’humanité. Je pense que l’évolution que connaît actuellement notre société va ouvrir la voie aux valeurs féminines qui s’avèrent de plus en plus nécessaires pour contrebalancer une mondialisation fondée sur la finance, l’économie, le pouvoir des banques et la technocratie. Parallèlement, la synthèse se fait entre les notions de matière, d’esprit et de psychisme et Schodengger va jusqu’à énoncer : « Ne nous trompons-nous pas en pensant qu’il y a autant d’esprit que de corps ; peut-être n’y a-t-il qu’un seul esprit ? »

Une nouvelle manière d’appréhender et d’agir sur le monde en découle, mettant l’accent sur l’importance donnée au monde associatif, à la communication, à la solidarité, à la croissance de l’économie de service, tous domaines que connaît bien l’activité féminine et qui, peut-être, fonde ce qui est la modernité.

Je dirai en conclusion que les femmes ont tout à gagner à préserver leur identité et les qualités qui leur sont plus particulièrement dévolues. L’initiation leur permet de les affermir, de les développer, mais qu’elles ne refusent pas ce qu’il y a de solaire, de yang en elles. Qu’elles sachent le reconnaître et le cultiver sans perdre leur spécificité car, ainsi, elles pourront tendre à l’universel.

Si l’homme initié fait de même et accepte d’être aussi lunaire, alors tous deux retrouveront sur le plan spirituel et initiatique les vertus de l’endroginat. Le retour au centre, à l’unité, est au terme de cette descente dans les profondeurs car on sait bien que les parallèles finissent quand même par se rejoindre, dans l’infini du cosmos.

Je terminerai sur cet extrait d’un poème du Tao des femmes qui est publié chez Trédaniel :

« Les hommes et les femmes sont le miroir du Tao.

L’homme n’est pas plus grand, la femme n’est pas plus belle.

Les fleuves suivent chacun leur lit uniquement pour se rencontrer dans l’océan.

La terre accueille le soleil à la fin de chaque jour.

Le soleil à l’apogée se lève ou se couche.

C’est vous qui décidez du sens ! »

Questions-réponses

Christian Bodson

 

D’abord un témoignage que j’ai plaisir à vous lire.

« J’ai toujours pensé que la maçonnerie m’avait pennis de développer cette part de féminité qui sommeille en moi. Elle a permis de libérer mon coeur, moteur de la main tendue. Même si mon obédience n’accepte pas les femmes en loge, de par ma fréquentation de la tradition celtique, je suis persuadé que la femme est soleil et l’homme, lune. Il n’y a que les hommes en mal de masculinité pour penser le contraire. »

Lama Denys

 

Cela me donne l’occasion de faire un petit rappel. En fait, nous sommes d’accord avec les Celtes sur ce point. Dans la tradition des tantras, d’un côté le féminin rouge et de l’autre le masculin blanc correspondent respectivement au soleil et à la lune. La femme est solaire et l’homme est lunaire. Il y a aussi, dans cette vision, le féminin qui est intelligence -prajna- qui est la sagesse, l’ouverture, la matrice omniprésente, toute englobante, accueillante, qui est fécondée, qui est habitée par le principe masculin… En tout cas, vacuité, sagesse, intelligence, c’est féminin. Tout ce qui est de l’action gouvernée par la compassion est masculin. Cela étant, blanc et rouge sont des principes complémentaires qui sont aussi les équivalents du yang et du yin. On retrouve cela dans nombre de traditions primordiales et pas seulement chez les Celtes. . .

Jean-Pierre Pilorge

 

Ces couleurs, blanche et rouge, on les retrouve aussi lorsque le pontife romain est vêtu selon la manière qui convient en symbolisme, de la cape rouge qui est celle du pouvoir royal, et de la robe blanche qui est celle du pouvoir sacerdotal, tel que nous l’avons évoqué hier avec l’arche royale, étant entendu que la fonction prophétique, elle, n’a pas de couleur, car elle ne peut pas s’institutionnaliser.

Un intervenant. Est-ce-que la Grande Loge Féminine de France a accès aux émissions radiotélévisées ?

Jeanine Augé

 

Oui, le dimanche matin. Est posée la question de l’obédience alors, pour te dédouaner, et comme cela le doute continuera à planer sur mon appartenance, je dirai que cette émission a lieu le dimanche matin sur France-Culture à 9 h 40. Ainsi, on ne saura pas si je suis le roi Salomon ou la reine de Saba.

Un intervenant. Entre l’homme et la femme, qu’en est-il de l’identité, de l’égalité, selon vous ?

Jeanine Augé

 

C’est une question qui est tout un monde à elle toute seule !

Identité, non, égalité, oui. Il y a évidemment une part biologique très fondamentalement identique. Quand à l’égalité, elle se conquiert tous les jours. Sur le plan des droits que nous n’avons pas, par exemple. Mais sur les plans de la culture, de l’intelligence et de la réalisation de l’être, je pense que c’est chose faite. Mais peut-être pas avec les mêmes références que les hommes.

Un intervenant. Personne ne conteste l’initiabilité des femmes. Mais pourquoi se cantonner à la pratique du rite masculin ?

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas que le rite soit masculin. Le rite est traditionnel et les rites que nous pratiquons sont des rites de tradition avec des outils qui, je le répète, ne sont pas des outils d’hommes mais des outils principes. Je ne vois vraiment pas pourquoi nous irions mettre une machine à coudre sur l’autel des serments. Certes, cela a été suggéré même par des femmes. Mais me gène considérablement. Cela ne prouve qu’une chose, c’est que l’on a pas compris ce qu’était vraiment un outil symbolique.

Un intervenant. Pouvez-vous développer davantage votre affirmation concernant l’ouverture nécessaire vers les voies féminines de l’initiation pour compenser les effets de la mondialisation et de la technocratie ?

Jeanine Augé

 

Là, c’est tout un programme. Je pense qu’actuellement notre société est absolument féroce. Elle est bâtie sur la compétitivité, sur la technocratie. Lorsque l’on voit des fortunes s’édifier en un rien de temps par le jeu d’internet, des échanges -je ne suis pas très lancée là dedans- mais quelques coups de téléphone entre Tokyo et New York et des fortunes se font ou s’effondrent en quelques minutes. Tout cela, ce sont des valeurs qui, pour moi, représentent ce qu’il y

a de pire dans la nature masculine, c’est-à-dire un désir d’hégémonie. Je pense que les femmes, par le sort qu’on leur a fait et qu’elles ont peut-être accepté trop facilement, sont beaucoup plus tournées vers les notions de solidarité, d’effort, de lente construction.

Actuellement, l’industrialisation a gommé les différences qui existaient en la force musculaire de l’homme et de la femme. La femme, dans le monde du travail, se retrouve, dans nos sociétés industrielles, je parle en personne privilégiée, à égalité avec l’homme. Mais elle peut justement y faire ressortir une philosophie de solidarité dont elle n’a pas l’apanage mais qu’elle pratique plus facilement.

Je suis toujours gênée lorsque je parle de la femme parce que je parle en femme privilégiée et je n’oublie pas dans les discours que l’on fait ici ce qui ce passe en Afghanistan, en Algérie. Et là, je dis que c’est l’horreur et je me demande justement ce qui est fait par les hommes et par les femmes pour sortir de cette géhenne.

Un intervenant. Ma très chère soeur, j’ai apprécié ta plaidoirie en forme de réquisitoire -oh non, ce n’était pas un réquisitoire, mais un constat !- à l’encontre d’un ennemi imaginaire, l’homme. Lequel, merci pour lui, est dénué, selon toi, de toute sensibilité et de toute capacité à aimer. Ce langage, ce combat d’arrière-garde, me semble un peu dépassé, du moins chez nous.

Jeanine Augé

 

Eh bien oui ! Quand je parle de la femme, je ne parle pas uniquement de là femme tirée d’affaire. Je parle, je le répète, des valeurs féminines dans ce monde. Je crois que la maçonnerie est quelque chose qui s’ouvre, qui doit s’ouvrir et prendre en compte tous les problèmes planétaires. C’est pour cela que je suis un peu dure, mais enfin, quand on voit en plein XXe siècle, des femmes se déplacer sous un drap de lit avec juste un petit quadrillage pour respirer, on se dit quand même qu’il y a quelque chose qui ne va pas du tout.

Un intervenant. Ta présence à la tribune ainsi que celle d’Anne-Françoise Rey n’en est-elle pas la preuve ?

Jeanine Augé

 

Si, mais vous remarquez que nous sommes deux, trois, contre quantité d’hommes. (rires…) Alors, je dis qu’il ne faut pas croire que je suis une ennemie de l’homme. J’ai quatre petits-fils. J’ai deux fils dont l’un et maçon et, croyez-moi, j’apprécie les valeurs masculines. Je sais aussi que lorsqu’on éduque ses enfants, et ses fils en particulier, d’une certaine manière, on met un peu plus d’amour dans le monde. Je crois que les femmes sont souvent piégées par la propre éducation qu’elles donnent à leurs enfants.

Alain Lorand

 

Là, c’est tout un plaidoyer que je vais vous lire.

« Il existe une maçonnerie dont les quatre principes fondateurs sont l’internationalisme, l’égalité essentielle de la femme et de l’homme, la laïcité dans le respect absolu des modes de pensée à l’exclusion de ceux qui prônent le racisme et l’exclusion et, ce qui est moins important, la continuité initiatique du 1° au 33°. L’égalité essentielle des deux sexes humains y est vécu au quotidien.

Il existe des hommes, et pas seulement au Droit Humain, qui, depuis trente ans, prônent et se battent pour l’égalité des sexes comme de ce que l’on appelait les races. Alors, marchons, progressons, faisons circuler le message et je souhaite, pour ma part, que le discours en faveur de la femme perdure mais qu’il soit dirigé vers les bonnes cibles. Il y a à faire, nous avons hérité de plusieurs dizaines de siècles d’inégalité. L’avenir n’est pas dans le conflit mais dans la fraternisation universelle y compris et surtout entre les sexes. »

Jeanine Augé

 

Je vais vous lire une question à laquelle je ne répondrai pas mais qui vous prouvera que je n’ai peut-être pas tort de dire que les femmes ne sont parfois pas très bien comprises par les hommes.

« Ma sœur, explique-nous pourquoi aucune femme n’est un compositeur de musique de renommée mondiale dans l’histoire ! »

Eh bien, je ne répondrai pas ! (applaudissements…)

Une voix dans l’assistance  : « Il y a Hildegard de Bingen, que l’on redécouvre. »

Un intervenant. Jéhovah n’a pas fait sortir la femme de l’homme. Il a dit que ce n’était pas bon pour l’homme d’être seul. Il a donc créé un être différent de l’homme. Un autre coté de l’homme, un côté intériorisé. Il faut donc réaliser le côté féminin qui est en chaque être humain.

Jeanine Augé

 

C’est une façon de s’exprimer quand j’ai dit que l’on avait sorti la femme de l’homme parce que je me souviens d’avoir ouvert un colloque avec mon frère et mon ami Michel Barat en disant que ce n’était pas la côte d’Adam, c’était le côté. Il m’avait reprise en disant : « Si, si, si, Bossuet disait l’os surnuméraire ! »

Un intervenant. Que pensez-vous d’une maçonnerie féminine qui se fonderait sur un rituel et un symbolisme du tissage plutôt que sur celui de la maçonnerie opérative des constructeurs de cathédrales, comme le suggère Guénon ?

Jeanine Augé

 

Je dirai que moi, le tissage, je n’ai pas connu. En revanche, j’ai fait de la sculpture. Je crois bien qu’il y ait, à la cathédrale de Strasbourg, des oeuvres d’une femme qui a en particulier produit la statue de la foi. Alors pourquoi pas ? Ca reste à créer ! Mais, pour l’instant, je suis très bien dans mon obédience avec mes rituels.

Un intervenant. Si statistiquement, l’âge des soeurs diminue en loge, je vois là une volonté d’ouverture des loges qui, jusqu’ici,manifestaient en la matière une grande frilosité à voir trop de jeunes femmes bousculer la tradition. Les choses auraient-elles tendance à bouger ?

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas que cela soit la frilosité des soeurs. Je pense que les femmes n’étaient pas disponibles parce qu’une des premières choses que l’on demande, lorsqu’elles se présentent, c’est d’être assidues. Or, une femme qui a des enfants en bas âge, -on le sait dans le monde du travail, c’est toujours la même chose qui se produit- est sujette à l’absentéisme. Cet absentéisme des femmes est très souvent critiqué, alors que c’est l’organisation de la société qui ne leur fournit pas les moyens de faire garder les enfants. Tout cela s’est amélioré et je pense que telle est la cause de cette prétendue frilosité.

Un intervenant. La maçonnerie accepte l’entrée à l’âge légal, à 18 ans. Je peux dire, elle n’est pas là et je ne porte pas son nom, donc je ne la trahis pas, que ma fille est entrée à 18 ans et s’en porte très bien. Elle a été très bien acceptée, comme mon fils qui est entré à 23 ans et s’en trouve aussi très bien. Non, il n’y avait pas cette peur. Je crois que les femmes n’étaient pas disponibles.

Un intervenant. Initier la femme, c’est prendre la femme comme objet et non comme actrice unique de son initiation qui, ne l’oublions pas, dure toute la vie maçonnique.

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas avoir laissé entendre qu’il y avait chez nous quelqu’un qui surveillait l’initiation. Au contraire, j’ai dit que l’on avait à trouver le maître intérieur. Mais il y a quand même la cérémonie d’initiation qui s’appelle initiation, que voulez-vous !

C’est un point de départ. Ensuite, le chemin est plus solitaire qu’ailleurs puisque nous disons en maçonnerie que le maçon s’initie lui-même. Nous refusons toute idée de gourou ou de maître à penser dans la maçonnerie actuelle. Je ne pense pas avoir dit que, dans son travail, l’on tenait quelqu’un par la main pour le traiter comme un objet. Au contraire, le but de l’initiation féminine, c’est de lui donner une indépendance. C’est la prise de conscience de sa propre valeur qui va la rendre indépendante de tout : des idées, des préjugés, et, disons, des compagnies trop dures dans son entourage…

Octobre 1997

 

Jeanine Augé


http://www.buddhaline.net/spip.php?article304


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Anarchisme et Franc-Maçonnerie 12 mai, 2009

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Anarchisme et Franc-Maçonnerie

A Roger, mon frère, qui est anarchiste parce que, tout simplement, il s’efforce d’être humain.

V... M...,

Avant de donner lecture de mon travail, permettez-moi, de faire une dédicace et quelques citations :

La dédicace d’abord : je dédie mon travail aux :

« imbéciles, qui, ne sachant rien de la Franc-Maçonnerie,

se permettent d’en parler ».

Ainsi que :

« Aux imbéciles- souvent les mêmes que les précédent(e)s – qui s’imaginent être anarchistes,

parce qu’ils-elles se disent tel(le)s et, ne sachant en définitive pas ce qu’est l’Anarchisme,

s’autorisent à dire qu’il est incompatible avec le Maçonnisme ».

 

Les citations à présent :

Du F... anarchiste Léo Campion :

« Si les Maçons anarchistes sont une infime minorité, la vocation libertaire de la Maçonnerie est indéniable (…) elle est la seule association à laquelle puisse adhérer celui qui n’adhère à rien ».

Du F... Oscar Wirth ensuite :

« Franc-Maçonnerie, suprême École de la liberté« .

Puis, du F... communard et, peut-être anarchisant, même si cela importe peu de savoir qu’il le fût ou non, Félix Pyat.

« Frères, citoyens de la grande partie universelle, fidèles à nos principes communs : Liberté, Égalité, Fraternité, et plus logique que la Ligue des Droits de Paris, vous, Francs-Maçons, vous faites suivre vos paroles de vos actions. Aussi, après avoir affiché votre manifeste – le manifeste du cœur – sur les murailles de Paris, vous allez maintenant planter votre drapeau d’humanité sur les remparts de notre ville assiégée et bombardée. Vous allez protester ainsi contre les balles homicides et les boulets fratricides, au nom du droit et de la paix universelle ».

Du F... anarchiste René Valfort encore :

« Un milieu comme la Franc-Maçonnerie, dont les principes fondamentaux sont : la tolérance, la fraternité, la liberté de pensée, le respect de la personne humaine, dont l’objet principal est l’éducation des individus et la formation d’une élite, ne peut pas être inutile au progrès de l’Humanité. Et de cela les anarchistes, moins que quiconque, ne doivent douter, vu l’importance qu’ils attachent à l’éducation ».

Et, enfin, un très bref extrait du Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie :

« L’Anarchisme est la passion de la Liberté mise en théories. Et aussi en pratique lorsque faire se peut ».

 

*****

 

Il n’est pas dans mon propos de disserter en raison, c’est-à-dire d’un point de vue philosophique, historique, psychologique sociologique, politique…, sur la compatibilité ou l’incompatibilité de l’Anarchisme et de la Franc-Maçonnerie, d’autres plus compétents que moi, illustres Anarchistes, FF... et/ou… FF... anarchistes l’ayant déjà fait à maintes reprises.

Mon propos est plus modeste, plus humble. Il s’agit seulement d’évoquer les grandes pages de cet histoire d’amour, passionné, passionnel et passionnant , entre l’Anarchisme et la Franc-Maçonnerie, histoire nourrie du vécu de grand acteurs de ces deux mouvements mais, aussi et sans doute surtout, d’individus dont l’anonymat est la marque de leur honnêteté, ce terme étant pris dans son acception du XVIIème siècle.

Anarchisme et Franc-Maçonnerie sont deux courants de pensée et deux mouvements d’action qui s’inscrivent dans l’humanisme, lequel est né avec la premier humain ayant pris conscience de ce qu’il-elle pouvait naître à son humanité s’il-elle en faisait librement le choix.

Dans les deux cas, à l’origine, il y a nécessairement un choix, le choix de s’engager. Les engagements anarchique et maçonnique sont scellés par la liberté : la liberté du choix de l’individu d’abord qui, un jour, décide d’entrer en anarchisme ou en Franc-Maçonnerie – voire, en l’un ET en l’autre – ; la Liberté ensuite, avec un grand « L », constitutive à la fois de l’humaine condition : l’humanité par différenciation d’avec le non-humain, le pré-humain, l’a-humain, l’in-humain, du projet anarchique et maçonnique : la libération des individus et de la Société humaine et, enfin, de la fin anarchiste et maçonnique : l’achèvement de l’humanité, c’est-à-dire l’avènement d’une Société véritablement humaine.

Ayant la même devise – Liberté – Égalité – Fraternité -, Anarchisme et Franc-Maçonnerie n’ont d’autre culte que la Liberté. L’un comme l’autre sont donc sinon anti-dogmatiques, du moins a-dogmatiques. Et pourtant, des anarchistes et des Francs-Maçons, amants déchirés par l’illusion que l’un(e) trompe l’autre (?), font régulièrement dans le dogmatisme et, usant d’ukases, de lettres de cachets, de fatwas, de bulles…, condamnent et… excommunient l’autre sans se rendre compte que, ainsi, ils déchirent, trahissent, renient… leur engagement et, ainsi, piétinent, bafouent, molestent, violentent,… et même… assassinent la Liberté dont ils se réclament : leur liberté mais, aussi et surtout, celle de l’Autre, celle de l’humaine condition.

Je cite un illustre anarchiste et franc-maçon, Léo Campion :

« Aussi est-il regrettable que des anarchistes sectaires excommunient la Franc-Maçonnerie au nom d’un pseudo-dogme de l’Anarchie (comme si l’Anarchie était anti-tout alors quelles est à-tout) et que les Maçons sous-évolués excommunient l’Anarchie au nom d’un pseudo-dogme de la Maçonnerie (comme si la Maçonnerie n’était que tradition, alors qu’elle est tradition, dialogue et progrès). Ces attitudes sont d’autant moins admissibles qu’au contraire l’Anarchie comme la Franc-Maçonnerie, anti-dogmatiques par essence, sont l’une comme l’autre tout le contraire d’un dogme. Elles qui ont en commun le culte de la Liberté et le sens de la Fraternité, avec comme but l’émancipation de l’Homme ».

En fait, s’ils s’entendent sur le point de départ et sur la destination du chemin, Anarchistes et Francs-Maçons, en revanche, ne font pas nécessairement le même choix d’itinéraire, certains des premiers admettant le recours à l’action illégale, certains des seconds n’acceptant que l’action légale. Et cette différence, si elle est bien une ligne de partage de méthodes, n’est pas véritablement une fracture de valeurs, de principes, de philosophie, d’éthique et, in fine, un schisme de l’humanisme.

En effet, la légalité et l’illégalité sont des concepts et des réalités juridiques . Elles sont donc tributaires du Droit en vigueur et, en définitive, de l’Autorité en place qui a le pouvoir d’imposer SON Droit et donc SA conception de ce qui est licite et de ce qui est illicite, notions, elles, éthiques, philosophiques, politiques, voire idéologiques. En la matière, la relativité est donc… la règle : le « ici » et le « maintenant » ne peuvent appeler à aucun… dogmatisme quand on se donne tant soit peu la peine de lire – et comprendre – l’Histoire et, plus simplement, d’être attentif à l’actualité, être curieux des us et coutumes et que, de surcroît, on se revendique anar ou maçon !

Comment un anar ne pourrait pas se sentir chez lui dans une Loge où, par définition, le maçon y est un homme libre ? Et comment, un maçon, parce que, justement, homme libre dans sa loge, pourrait ne pas accepter un anar qui vient librement à sa loge ?

Pourtant, les arguments avancés par certain(e)s FF... et SS... pour considérer que les anarchistes n’ont pas leur place au sein de leurs loges . Je n’en citerai que deux :

ü      les anarchistes sont, par nature et dans leurs actes, des… illégalistes alors que, comme le recommandent les Constitutions d’Anderson, un(e) maçon(ne), homme libre mais aussi… de bonnes moeurs, de respecter la Loi ; outre que l’accusation d’illégalisme couvre, en fait, une imposture intellectuelle qui consiste, à l’instar de la C.I.A. et d’Europol, à assimiler anarchisme et terrorisme, je rappellerai que, c’est au nom même de leur engagement maonnique, que des maçon(ne)s parfois, et plus souvent qu’on ne le pense, considérant qu’au-dessus des contingences politiques, économiques, sociales… des lois il y a des lois universelles, comme celles des Droits des humains,désobéissent à la Loi. Je donnerai trois exemple de désobéissance maçonnique : un ancien, les lois racistes et fascistes de Vichy ; un plus récent, l’objection de conscience, en particulier lors de la guerre d’Algérie et un d’actualité, l’entêtement à faire œuvre de fraternité en portant assistance aux demandeurs d’asile et, plus généralement, aux sans papiers alors que, désormais, l’acte de solidarité peut être constitutif d’un délit et passible de prison.

ü      l’apprenti(e) jure d’être dévoué(e) à sa patrie alors que, c’est bien connu, les anarchistes n’ont pas… de patrie puisqu’ils-elles se disent internationalistes. Là encore, il s’agit d’une grossière erreur, délibérée ou involontaire, par ignorance : les anarchistes ne sont pas des internationalistes mais des… anationalistes et leur patrie est… l’humanité. L’humanité, une et indivisible, sans considération de nationalité et, bien entendu, de race, de sexe, de métier…, dont le dévouement envers laquelle relève d’un patriotisme bien particulier… la fraternité !

Différence de méthode ai-je dit ; une différence d’action dans et sur le monde profane. Mais cette différence disparaît, s’évanouit au franchissement de la porte du temple puisque, ensemble, FF... et SS..., anarchistes ou non, travaillent ensemble en toute liberté, en pleine égalité, en véritable fraternité.

Les chroniques de l’Histoire comme les archives des Obédiences, du moins pour celles qui ne revendiquent pas une… régularité dont, soit dit en passant, on peut s’interroger sur sa conformité avec le principe de Liberté constitutif de la F... M... , du maçon comme celle de l’humain, attestent de ce que, de la seconde moitié du XIXème siècle à la fin de la première moitié du XXème, quasiment TOUS les grands noms de l’Anarchisme et de l’Anarcho-syndicalisme, sont ceux de FF... et de SS.... [J'ai à votre disposition une liste d'autant plus impressionnante qu'elle est loin d'être exhaustive].

A la différence des marxistes-léninistes, des trotskystes, des maoïstes…, les anarchistes n’ont jamais fait dans l’entrisme. Il ne viendra donc à l’idée de personnes que les anarchistes qui sont entrés en maçonnerie l’ont fait par entrisme, pour la phagocyter. Considérant que la F... M...lobby – politique, économique, social…, pour ne pas dire affairiste, voire maffieux -, ni le tremplin d’aspirations personnelles de pouvoir, de renommée, de prestige, d’avantages divers et variés…, personne ne considérera non plus que l’engagement maçonnique des anarchistes obéissait à un intérêt… intéressé. De telles idées seraient d’ailleurs d’autant plus fallacieuses que, souvent, l’engagement anarchiste est la résultante – la conséquence logique, l’achèvement – de l’engagement maçonnique. n’est ni un

Inversement, quand on connaît le prix à payer de l’engagement anarchiste, personne ne supposera que les maçons qui sont entrés enintéressé ! anarchisme l’ont fait par intérêt…

A ce sujet, j’ouvre une parenthèse pour poser une question : aucun anarchiste n’a adhéré à la Charbonnerie alors que de nombreux FF... (à cette époque, il n’y avait pas de SS...) l’ont fait et ce, bien que la Charbonnerie fût constituée pour… renverser la Loi par des méthodes… illégales. D’où ma simple question : pourquoi ?

Est-ce à dire que, depuis la seconde moitié du XXème siècle, sinon l’absence, du moins la rareté de grands noms de l’Anarchisme au sein de la F... M... signifieraient que les anarchistes, délibérément ou non, aient décidé de ne plus entrer en F... M... ou même de la déserter ? Non, cette présence anarchiste au sein de la F... M... est toujours bien vivante, réelle mais elle est plus… discrète pour plusieurs raisons :

§         d’abord parce que, tout simplement, de nos jours, il y a moins de grands noms anarchistes qu’auparavant, non pas parce qu’il n’y a plus de grands anarchistes mais parce que le mouvement anarchiste n’est plus géo-centré mais réparti sur l’ensemble du globe et que, au local (dans tel ou tel pays, voire dans telle ou telle région), les anarchistes fortement investi(e)s dans leur action, nécessairement locale, n’ont plus le temps de rayonner au plan international (ou même national) ;

§         ensuite parce que bon nombre de grands noms de l’anarchisme sont ceux d’auteur(e)s (comme, par exemple, Noam Chomsky) et/ou de militant(e)s qui vivent dans des pays où les obédiences irrégulières sont elles-mêmes inexistantes ou marginales quand les obédiences régulières, comme cela été le cas au XIXème siècle refusent d’accueillir les anarchistes parce ce qu’ils-elles ne sont pas de bonnes mœurs mais, au contraire, d’un athéisme fort… mécréant ;

§         mais également parce, davantage tirés vers l’action que la réflexion – le corpus de la théorie anarchiste étant fort riche – beaucoup d’anarchistes préfèrent, désormais s’investir, dans des O.N.G. (L.D.H., M.R.A.P., Amnesty International, Green Peace…), des associations de proximité (Centres sociaux, Maisons de Quartier, Comité de Quartier, M.J.C…), des actions-expérimentations (squats en particulier)… ;

§         enfin, parce que, sauf circonstances exceptionnelles, l’engagement maçonnique d’un individu lambda n’emporte pas nécessairement la révélation et/ou la promotion de son engagement anarchiste (en ajoutant, naturellement, et… réciproquement !).

Entre eux-elles, les mçon(ne)s s’appellent frères et sœurs ; cela ne gêne aucunement un anarchiste maçon d’appeler ainsi celui-celle qui, dans le monde profane, est juge, policier, patron… car, outre que, se refusant à considérer que la carte fait le territoire et que, à cet instar, l’institution, la fonction, le titre, la classe…et, en somme…. le hasard de la naissance, font – ou défont – l’individu, l’anarchiste, comme le maçon, voit en tout individu ce qui échappe à l’aveuglement ou l’ignorance de certain(e)s : l’humain, c’est-à-dire à la fois l’humanité qu’il partage, malgré leurs différences, même si celles-ci sont, parfois, oppositionnelles, et l’être humain en lequel il se reconnaît fraternellement, en dépit d’éventuelles dissemblances du paraître, et même si cet autre n’est pas véritablement libre, à raison, par exemple, de son aliénation.

Entre eux, et notamment dans leurs actes et propos publics, les anarchistes s’appellent compagnons et compagnonnes. Pour deux raisons essentielles : d’abord, parce que ce terme renvoie au compagnonnage des métiers, manière de s’ancrer dans la tradition ouvrière et d’affirmer son statut de… prolétaire et, ensuite, parce que ce terme, du latin populaire « companio » et du latin classique « cum » et « panis », signifie celui-celle avec le-la-quel-le on partage le pain, c’est-à-dire… la vie. S’agissant de ce second motif, quel plus beau symbole de la fraternité que celui du partage du pain ? quel(le) maçon(ne) ne se retrouve pas dans cette symbolique ? ne peut-on considérer que, d’une certaine manière, pour ne pas dire d’une manière certaine, le terme de compagnon(ne) est la version… profane de celui de frère-sœur, même si, en dehors de la scène publique, les anarchistes n’hésite pas à se donner du frère et de la sœur.

Le partage de la vie… Les anarchistes sont des amant(e)s passionné(e)s de la vie. La vie qu’ils-elles aiment à en mourir quand c’est là le prix à payer pour rester debout, autrement dit libre et donc… humain ou bien encore pour la liberté d’un(e) autre. Les anarchistes aiment la vie avec passion et pourtant leur drapeau est… noir car :

[…] Pourquoi ce drapeau teint en noir ?
Est-ce une religion suprême ?
L’homme libre ne doit avoir
Pour penser nul besoin d’emblème !
- L’anarchiste n’accorde pas
A ce drapeau valeur d’idole,
Tout au plus n’est-ce qu’un symbole,
Mais en lui-même il porte son trépas
Car annonçant la fin des oripeaux
Il périra comme tous les drapeaux.
En Anarchie où régnera la Science,
Pour tout drapeau, l’homme aura sa conscience.

[Extrait du Chant du drapeau noir, Chanson de Louis Loréal (1922)]

ou bien encore :

[…] Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l’Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l’Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu’y'en a pas un sur cent et qu’ pourtant ils existent
Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
Les anarchistes
(Extrait de Les Anarchistes, paroles et musique de Léo Ferré, 1966]

Au fait, avez vous remarqué que le fond des bannières maçonniques, malgré la lumière, voire les dorures de leurs décors est quasiment toujours… noir ?

Les médias ont fait des gorges chaudes sur les affaires qui ont impliqué des maçon(ne)s, sachant que les errements de quelques individus n’ont pas manqué d’être utilisés pour armer le bras de la croisade anti-maçonnique, née, comme de bien entendu, avec la F.....elle-même. Il a existé, il existe et il existera de mauvais(es) maçon(ne)s donc, mais quelle société humaine, quel groupement d’individus peut se targuer d’être exempt de faux-frères et fausses-sœurs ; le mouvement anarchiste, dans sa dimension organisationnelle ou sa forme individualiste, compte aussi de faux compagnons et de fausses compagnonnes ? Cette similitude qui existe en matière d’hiatus entre la déclaration de principe – la revendication de l’identité maçonnique ou anarchique – et les propos tenus et, surtout, les actes posés, n’est-elle pas une passerelle de rapprochement entre les tenant(e)s de l’opposition irréductible entre Anarchisme et F... M... ? Un rapprochement, non de compromis – et encore moins de compromission -, pas même une paix des braves, non, juste le partage d’un questionnement : M

Pourquoi, depuis l’aube des temps, les plus beaux idéaux et, notamment, ceux s’inscrivant dans la tradition et le mouvement humanistes, invariablement, finissent toujours par être salis par certain(e)s d’entre ceux et celles qui s’en revendiquent ?

J’ai dit, V... M...

Anarchisme et Franc-Maçonnerie

ANNEXE

Remarque préliminaire

Il ne s’agit pas de développer ici un argumentaire, historique, philosophique, politique…, sur la compatibilité, voire la longue « histoire d’amour », entre Anarchisme et Franc-Maçonnerie, anarchiste et maçons mais de donner quelques points de repères, quasi exclusivement tirés de « Le drapeau noir, l’équerre et le compas » de Léo Campion.

I – Citations

Symbolisme théologique                            Symbolisme maçonnique

Divinité                                                       Humanité

Révélation                                                   Raison

Privilège                                                      Egalité

Charité                                                        Solidarité

Grâce                                                         Justice

Sujétion                                                      Liberté

Léo Campion d’après Michel Bakounine.

 

Quelques Francs(ches)-Maçon(ne)s anarchistes

(ou inversement ou, encore, réciproquement)

Liste aucunement exhaustive donnée à titre indicatif

Agostino Bertani

Albert Laisant (fils de Charles-Ange Laisant)

André Prévotel

Andrée Prévotel

Aristide Bruant

Auguste Blanqui

Augustin Hamon

Avelinon Gonzalès Mallada

Benoît Malon

Bernard Salmon

Charles Albert

Charles d’Avray

Charles Malato

Charles-Ange Laisant

 

extrait de : hiram online.com

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Circulaire aux deux Hémisphères – REAA 21 décembre, 2008

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Circulaire aux deux Hémisphères

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Cette circulaire, qui date de 1802, a créé la structure du R.E.A.A.

 

UNIVERSI TERRARUM ORBIS ARCHITECTONIS
GLORIA AB INGENTIS

Deus Meumque Jus

ORDO AB CHAO

 

De l’Orient du Grand et Suprême Conseil des Très Puissants Souverains, Grands Inspecteurs Généraux, sous la Voûte Céleste du Zénith situé par 32 deg. 45 Min. de L.N A nos Illustres, très Vaillants et Sublimes Princes du Royal Secret, Chevaliers K.H, Illustres Princes et Chevaliers, Grands, Ineffables et Sublimes Maçons, Francs Maçons Acceptés de tous les degrés, Anciens et Modernes, répandus à la surface des deux Hémisphères. A tous ceux auxquels parviendra cette correspondance: Santé Constance et VigueurLors d’une assemblée de Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e degré, dûment et légalement réunie, tenue dans la Chambre du Grand Conseil, le 14e jour du 7e Mois appelé Tisri 5563, l’an de Vraie Lumière 5802, et 10e jour d’Octobre 1802 de l’Ère chrétienne. Union Plénitude et Sagesse

Le Grand Commandeur a informé les Inspecteurs qu’ils avaient été convoqués afin de prendre en considération l’opportunité d’adresser aux Grandes Loges Symboliques, aux Grandes Loges Sublimes et aux Grands Conseils répandus sur les deux Hémisphères, des Lettres circulaires expliquant l’origine et la nature des Degrés Sublimes de la Maçonnerie et leur institution en Caroline du Sud.

Une proposition à cet effet fut alors adoptée sur-le-champ, et une commission, composée des Illustres Frères le Dr. Frederick Dalcho, le Dr. Isaac Auld et M. Emmanuel De La Motta, Grands Inspecteurs Généraux, fut nommée pour rédiger et soumettre cette lettre au Conseil lors de sa prochaine tenue.

A l’assemblée des Souverains Grands Inspecteurs Généraux en Conseil Suprême du 33e &c. &c. &c. Ie 10e jour du 8e Mois appelé Chislev 5563, an de la V. L.. 5802, ce 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
La Commission, qui avait été saisie de ladite résolution, soumit respectueusement au Conseil le Rapport suivant:

Retracer le cours de la Maçonnerie depuis l’époque la plus lointaine et fixer avec précision les dates de la constitution de chacun des degrés, relève de la plus grande difficulté. En tant que Maçons Symboliques, nous faisons remonter notre origine à la Création du Monde, lorsque le Créateur Tout-Puissant, le Grand Architecte de l’Univers, instaura les lois immuables qui ont donné naissance aux Sciences.
Des nécessités et besoins communs poussèrent nos frères originels à rechercher assistance mutuelle. La diversité de leurs aptitudes, dons et inclinations les rendit, dans une certaine mesure, dépendants les uns des autres, et c’est ainsi que se constitua la société profane; il s’ensuivit tout naturellement que les hommes de dispositions et de caractères semblables s’associèrent plus intimement, ce qui donna naissance a des institutions se rapportant à leurs desseins et adaptées à leur esprit; ceci aboutit à l’exclusion de ceux qui, par leurs aptitudes, leur tempérament ou leur condition, étaient incapables de participer au savoir des autres, ou inutiles, voire dangereux au bien-être de l’intérêt général.

Comme la civilisation commençait à se propager de par le monde, et que l’esprit des hommes se développait de par la contemplation des Oeuvres de la nature, les hommes les plus intelligents cultivèrent les arts et les sciences. La contemplation du système Planétaire, en tant qu’Oeuvre d’un Artiste Tout-Puissant, ainsi que des attributs de leur Dieu, donna naissance à la religion et à la Science de l’Astronomie. La mesure de la terre, la division et le bornage de leur propriété donnèrent naissance à la Géométrie. Ces trois occupations, mises en commun, donnèrent naissance à l’Ordre Mystique ; et l’on institua des mots, signes et attouchements d’ordre pour désigner les membres initiés ou reconnus.

Il est probablement impossible de fixer avec précision le moment où les premiers degrés furent constitués sous la forme où ils nous sont conférés de nos jours, par suite de la perte ou de la destruction en Angleterre de la majeure partie des archives du Métier au cours des guerres contre les Danois et les Saxons . L’imaginaire se mêle grandement à l’histoire de la Maçonnerie des premiers âges et la poussière du temps la recouvre à un point tel qu’il est impossible d’en tirer des conclusions satisfaisantes; mais, à mesure que nous remontons vers l’époque actuelle, nous possédons d’authentiques archives pour notre gouverne. La façon particulière dont les trois premiers degrés, ou degrés Bleus, sont conférés, ainsi que leur contenu prouvent à l’évidence que ce sont purement et simplement des symboles des degrés supérieurs, ou degrés sublimes. Ils ont été formés pour représenter le meilleur de la conduite et des capacités des initiés avant qu’ils soient admis à la connaissance des mystères les plus importants. Au troisième degré, on nous informe que, par suite de la mort de H.A, le mot du Maître fut perdu et qu’un nouveau mot, qui n’était pas connu avant la construction du Temple, lui fut substitué. Si, selon la croyance générale, et comme l’indiquent nombre de nos anciennes archives, la Maçonnerie tire son origine de la création et s’est développée dès les premiers âges de l’humanité, les Maîtres possédaient un mot secret dont les Maçons du temps de Salomon n’avaient pas connaissance. Voici donc un changement de l’un des principes fondamentaux du métier et une suppression de l’un des anciens Landmarks; cependant, nous ne sommes pas disposés à admettre ce fait. Le Maître Bleu sait bien que le Roi Salomon et son royal visiteur possédaient le vrai mot primitif, mais qu’il doit rester dans l’ignorance, à moins d’être initié aux degrés sublimes. La preuve de l’authenticité de ce mot Mystérieux, tel que nous le connaissons et pour lequel notre vénéré Maître est mort, est établie, même à l’esprit le plus sceptique, dans les pages
sacrées des Saintes Écritures et dans l’histoire juive dès l’aube des temps.

Le Docteur Priestley, dans ses lettres aux Juifs, écrit ce remarquable passage quand il parle des miracles du Christ: « et il a été dit depuis par vos auteurs qu’il a accompli ses miracles par quelque nom Ineffable de Dieu, qu’il avait dérobé au Temple ». Bien que les Maçons Symboliques déclarent que leurs sociétés tirent leurs origines des premiers âges du monde et remontent à la création, on ne leur enseigne pourtant dans leurs degrés que des événements qui ont eu lieu à la construction du premier Temple (sur une période infime de sept ans), 2992 ans après la création. Ils ignorent l’histoire de leur ordre antérieurement à cette période et les progrès considérables et importants de l’art à la fois avant et depuis cette période.

De nombreuses Planches des degrés Sublimes contiennent un abrégé des arts et des sciences; et dans leur histoire sont consignés nombre de faits d’importance et de valeur recueillis dans les archives authentiques dont dispose notre société et qui, de la façon dont ils sont communiqués, ne pourront jamais être tronqués ou déformés. Ceci constitue un objet de première grandeur dans une société dont les principes et les pratiques devraient être invariables. Malheureusement des variantes et des irrégularités se sont insinuées en masse dans les degrés Symboliques, par suite du manque de connaissance maçonnique chez nombre de ceux qui président aux tenues bleues; et c’est particulièrement le cas chez ceux qui ne connaissent pas la langue hébraïque où tous les Mots et Mots de Passe sont donnés. Ceci est si fondamentalement nécessaire à un homme de science pour présider une Loge qu’un grand préjudice peut naître de la plus infime dérogation au cours d’une cérémonie d’initiation ou dans les Planches d’instruction on lit dans le Livre des Juges que la transposition d’un simple point sur le schîn, par suite d’un défaut de prononciation inhérent à la nation éphraïmite a trahi les Cowans et a abouti au massacre de quarante-deux mille d’entre eux. La représentation Sublime de la Divinité formée dans le degré de Compagnon ne peut être expliquée de façon correcte que par ceux qui ont quelque connaissance du Talmud. La plupart des Mots dans les degrés Sublimes sont dérivés des langues chaldéenne, hébreux et latine. Les diverses traductions d’une langue à l’autre, qu’ont fréquemment subies les degrés Symboliques depuis leur création, par des hommes ignares même dans leur langue maternelle, constituent une deuxième cause de la diversité que nous déplorons. Il en va différemment des degrés supérieurs qui se présentent dans la parure Sublime que leur ont donnée leurs auteurs et qui sont fondés sur la science et agrémentés par leur pouvoir évocateur.

Nombre de degrés Sublimes sont fondés sur les arts savants et dévoilent aux Maçons une masse de connaissances de prime importance. Bien que nombre de degrés Sublimes soient, en fait, le prolongement des degrés Bleus, il n’y a pas pour autant ingérence entre les deux institutions. D’un bout à l’autre du continent européen et aux Antilles, où ils sont universellement connus, ces degrés sont reconnus et leur essor favorisé. Les Maçons Sublimes ne procèdent jamais à des initiations aux degrés Bleus sans autorisation de droit accordée dans ce but par une Grande Loge Symbolique; excepté lorsqu’ils communiquent les secrets de la présidence d’un Atelier aux postulants qui n’y ont pas encore été admis, préalablement à leur initiation dans une Loge Sublime, mais dans ce cas les postulants sont informés que cela ne leur confère pas le rang de Passé Maître dans la Grande Loge.

La Grande Loge Sublime, parfois appelée Loge Ineffable ou Loge de Perfection, va du 4e au 14e degré inclus, dont le dernier est celui de Perfection. Le 16e degré constitue le Grand Conseil des Princes de Jérusalem qui exerce sa juridiction sur le 15e degré appelé Chevalier de l’Orient et également sur la Grande Loge Sublime; ce Grand Conseil est par rapport à elle ce qu’est une Grande Loge Symbolique par rapport à ses Loges subordonnées. Sans charte et sans Constitution délivrées par les Grands Conseils ou par un Conseil plus élevé ou par un Inspecteur, ces loges sont jugées irrégulières et sanctionnées en conséquence. Tous les degrés supérieurs au 16e sont placés sous la juridiction du Suprême Conseil des Grands Inspecteurs Généraux qui sont Souverains de la Maçonnerie. Quand il est nécessaire de constituer les degrés Sublimes dans un pays où ils sont inconnus, un Frère du 29′ degré, appelé K.H., est désigné comme Inspecteur Général Délégué pour ce territoire. Il sélectionne parmi les Frères du Métier ceux qu’il estime faire honneur à la société et confère les degrés Sublimes au nombre de Frères nécessaire à la première organisation de la Loge; celle-ci élit alors ses propres officiers et se gouverne au moyen de la Constitution et de la charte qui lui a été fournie. La juridiction d’une Loge de Perfection s’étend sur vingt-cinq lieues .

Il est notoire qu’environ 27.000 Maçons accompagnèrent les Princes chrétiens aux Croisades, pour reprendre la Terre Sainte aux Infidèles. Pendant leur séjour en Palestine, ils découvrirent chez les descendants des anciens Juifs plusieurs manuscrits Maçonniques importants qui sont venus enrichir nos Archives d’authentiques actes, et sur lesquels sont fondés certains de nos degrés.
Certaines découvertes extraordinaires furent faites et certains événements extraordinaires se produisirent au cours des années 5304 et 5311, et ceci donne à l’Histoire Maçonnique de cette période une importance extrême. Cette période est chère au coeur du Maçon plein d’ardeur pour la cause de son Ordre, de son Pays et de son Dieu.
Une autre découverte d’importance fut faite en l’an 5553: il s’agit d’un registre en caractères syriaques concernant la plus haute antiquité, d’après lequel il semblerait que le monde soit plus vieux de plusieurs milliers d’années que ne l’indique le récit mosaïque; c’est un avis que partagent nombre d’érudits. Seuls quelques passages ont été traduits avant le règne de notre Illustre et très Éclairé Frère Frédéric II Roi de Prusse, dont l’ardeur bien connue pour le métier fut la cause de grand avancement de la société qu’il daigna présider.
A mesure que progressait la société et que d’anciens documents étaient découverts, le nombre de nos degrés augmenta jusqu’au moment où, avec le temps, le système fut achevé.
D’après celles de nos archives qui sont authentiques, nous sommes informés de la constitution des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie en Écosse, en France et en Prusse sitôt après les Croisades.

Mais à la suite de circonstances de nous inconnues, après l’an 4658 (18), ils tombèrent dans l’oubli jusqu’en l’an 5744, lorsqu’un gentilhomme d’Écosse vint visiter la France et rétablit la Loge de Perfection de Bordeaux .
En 5761, les Loges et conseils des degrés supérieurs s’étant étendus sur l’ensemble du continent européen, Sa Majesté le Roi de Prusse, en qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, fut reconnu par la totalité des membres du Métier comme chef des degrés Sublimes et Ineffables de la Maçonnerie sur l’ensemble des deux Hémisphères. Son Altesse Royale Charles, Prince Héréditaire des Suédois, des Goths et des Vandales, Duc de Sudermanie, Héritier de Norvège, &c. &c. &c. fut et est toujours le Grand Commandeur et protecteur des Maçons Sublimes de Suède; et son Altesse Royale Louis de Bourbon, Prince du sang, Duc de Chartres, &c. &c. &c., et le Cardinal, Prince et Évêque de Rouen, furent à la tête de ces degrés en France.

Le 25 Octobre 5762, les Grandes Constitutions Maçonniques furent définitivement ratifiées à Berlin et proclamées pour le gouvernement de toutes les Loges de Maçons Sublimes et Parfaits, Chapitres, Conseils, Collèges et Consistoires de l’Art Royal et Militaire de la Franc Maçonnerie sur la surface des deux Hémisphères. Il y a des Constitutions secrètes, existant de temps immémorial, auxquelles il est fait allusion dans ces documents.

La même année, ces Constitutions furent transmises à notre Illustre Frère Stephen Morin qui, le 27 Août 5761, avait été nommé Inspecteur Général de toutes les Loges, &c. &c. &c. du nouveau monde par le Grand Consistoire des Princes du Royal Secret réuni à Paris et que présidait le délégué du Roi de Prusse, Chaillon de Jonville, suppléant Général de l’Ordre, Très Vénérable Maître de la première Loge de France, appelée de Saint-Antoine, Chef des degrés Éminents, Commandeur et Sublime Prince du Royal Secret, &c. &c. &c.

Étaient également présents les Illustres Frères suivants:
Le Frère Prince de Rouen, Maître de la Grande Loge l’Entendement, et Souverain Prince de la Maçonnerie, &c.
La Corne, suppléant du Grand Maître, Très Vénérable Maître de la Loge la Trinité, Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c. Maximilien de St. Simon, Premier Grand Surveillant Grand Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Savalette de Buchelay, Grand Garde des Sceaux, Grand, Élu, Parfait Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Ie Duc de Choiseul, Très Vénérable Maître de la Loge les Enfants de la Gloire, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Topin, Grand Ambassadeur de son Altesse Sérénissime Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Boucher de Lenoncour, Très Vénérable Maître de la Loge la Vertu, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Brest de la Chaussée, Très Vénérable Maître de la Loge l’Exactitude, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, &c.
Les Sceaux de l’Ordre furent apposés et la Patente contresignée par Daubertain, Grand Élu, Parfait Maître, Chevalier et Prince des Maçons, Très Vénérable Maître de la Loge St. Alphonso, Grand Secrétaire de la Grande Loge et du Conseil Sublime des Princes Maçons, &c.

Quand le Frère Morin arriva à St. Domingue, conformément à sa Patente, il nomma un Inspecteur Général Délégué pour l’Amérique du Nord. Ce grand honneur fut conféré au Frère M.M. Hayes, avec pouvoir de nommer d’autres Inspecteurs Généraux en cas de besoin. Le Frère Morin nomma également le Frère Frankin Inspecteur Général Délégué pour la Jamaïque et les Iles Britanniques sous le Vent, et le Frère Colonel Provost pour les Iles au Vent et l’Armée britannique.

Le Frère Hayes nomma Inspecteur Général Délégué pour l’état de Caroline du Sud le Frère Isaac Da Costa lequel, en l’an 5783, établit la Sublime Grande Loge de Perfection à Charleston. Après la mort du Frère Da Costa, le Frère Joseph Myers fut nommé Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Hayes qui avait au préalable également nommé le Frère Colonel Solomon Bush Inspecteur Général Délégué pour l’état de Pennsylvanie et le Frère Barend M. Spitzer au même titre pour la Géorgie; ces décisions furent ratifiées lors d’une réunion d’inspecteurs quand ils furent assemblés à Philadelphie le 15 Juin 5781.

Le 1er Mai 5786, la Grande Constitution du 33e degré appelé, le Conseil Suprême des Souverains Grands Inspecteurs Généraux fut définitivement ratifiée par Sa Majesté le Roi de Prusse qui, en sa qualité de Grand Commandeur de l’ordre de Prince du Royal Secret, détenait le pouvoir Maçonnique Suprême sur l’ensemble du Métier. Dans la nouvelle Constitution, ces hauts Pouvoirs furent conférés dans chaque Nation à un Suprême Conseil de neuf Frères qui détiennent dans leur propre territoire toutes les prérogatives Maçonniques que Sa Majesté détenait à titre individuel; et ce sont les Souverains de la Maçonnerie.

Le 20 Février 5788, fut ouvert dans cette Ville le Grand Conseil des Princes de Jérusalem auquel étaient présents le Frère J. Myers, I.G.D. pour la Caroline du Sud, le Frère B.M. Spitzer, I.G.D. pour la Géorgie, et le Frère A. Forst, I.G.D. pour la Virginie. Peu après l’ouverture du Conseil, une lettre fut adressée à Son Altesse Royale le Duc d’Orléans à ce propos sollicitant l’envoi de certains actes des archives de la société française; dans sa réponse par l’entremise du Colonel Shee, son Secrétaire, il promit très aimablement de les transmettre; mais malheureusement, les prémices de la révolution française empêchèrent cet envoi.

Le 2 Août 5795, le Frère Colonel John Mitchell, ci-devant Sous-Intendant Général des Armées des États-Unis, fut fait Inspecteur Général Délégué pour cet état par le Frère Spitzer par suite du départ de ce pays du Frère Myers.
L’action du Frère Mitchell fut limitée jusqu’après la mort du Frère Spitzer qui survint l année suivante.
De nombreux Frères de degrés éminents étant arrivés de l’étranger, des Consistoires de Princes du Royal Secret se tinrent de temps à autre pour des initiations et pour d’autres propos.

Le 31 Mai 5801, le Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis fut inauguré avec toutes les hautes personnalités de la Maçonnerie par les Frères John Mitchell et Frederick Dalcho, Souverains Grands Inspecteurs Généraux, et, dans le courant de la présente année, le nombre total de Grands Inspecteurs Généraux fut complété, conformément aux Grandes Constitutions.

Le 21 Janvier 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Loge de Maîtres Maçons de la Marque dans cette Ville .

Le 21 Février 5802 notre Illustre Frère le Comte Alexandre François Auguste De Grasse, Inspecteur Général Délégué fut nommé par le Suprême Conseil Grand Inspecteur Général et Grand Commandeur des Antilles françaises; et notre Illustre Frère Jean-Baptiste Marie De La Hogue, Inspecteur Général Délégué, fut également reçu Grand Inspecteur Général et nommé Lieutenant Grand Commandeur des mêmes Iles.

Le 4 Décembre 5802, une charte de Constitution accorda le sceau du Grand Conseil des Princes de Jérusalem pour l’établissement d’une Grande Loge Sublime à Savannah, Géorgie.

Les Dénominations des Degrés Maçonniques sont comme suit, à savoir:
le Degré Apprenti Admis
2e Compagnon
3e Maître Maçon, conférés par la Loge Symbolique
4e Maître Secret
5e Maître Parfait
6e Secrétaire Intime
7e Prévôt et Juge
8e Intendant des Bâtiments
9e Maître Élu des Neuf, conférés par la G. Loge Sublime
10e Illustre Élu des Quinze
11e le Sublime Chevalier Élu
12e Grand Maître Architecte
13e Royal-Arche
14e Perfection
15e Chevalier d’Orient,conférés par les Princes de Jérusalem, qui forment un Conseil Souverain
16e Prince de Jérusalem
17e Chevalier d’Orient et d’Occident
18e Souverain Prince de Rose-Croix d’Hérodom
19e Grand Pontife
20e Grand Maître de toutes les Loges Symboliques
21e Patriarche Noachite ou Chevalier Prussien
22e Prince du Liban
23e Chef du Tabernacle,
24e Prince du Tabernacle, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie.
25e Prince de Merci,
26e Chevalier du Serpent d’Airain
27e Commandeur du Temple
28e Chevalier du Soleil
29e K H
30 31 32e Prince du Royal Secret, Prince des Maçons, conférés par le Conseil des Grands Inspecteurs qui sont Souverains de la Maçonnerie
33e Souverains Grands Inspecteurs Généraux, Officiers nommés à vie.

Outre ces degrés, qui se succèdent régulièrement, la plupart des Inspecteurs possèdent un certain nombre de degrés séparés, conférés dans diverses parties du monde et qu’ils communiquent en général, sans frais, aux Frères qui ont l’élévation suffisante pour les comprendre. Ainsi les Maçons Choisis des 27 et le Royal-Arche, conférés sous l’égide de la Constitution de Dublin. Six degrés de la Maçonnerie D’Adoption, Compagnon Écossais, Le Maître Écossais & Le Grand Maître Écossais, &c., faisant en tout 52 degrés.

La Commission soumet respectueusement à la réflexion du Conseil le rapport ci-dessus sur les principes et l’établissement des degrés Sublimes en Caroline du Sud, extraits des archives de la Société. Elle ne saurait, toutefois, conclure sans exprimer ses voeux ardents de prospérité et de dignité aux Institutions que préside ce Suprême Conseil; et elle se flatte que, si des Frères des degrés Bleus ont pu avoir des impressions défavorables par méconnaissance des principes et pratiques de la Maçonnerie Sublime, cela sera aboli, et que l’harmonie et l’affection seront l’heureux ciment de la société universelle des Francs Maçons Acceptés. Que, de même que tous aspirent à l’amélioration de la condition générale de l’humanité par la pratique de la vertu et l’exercice de la liberté, de même la Commission souhaite sincèrement qu’il soit mis fin aux petits différends qui ont pu naître, à l’occasion de formalités insignifiantes entre Anciens et Modernes, pour faire place aux principes originels de l’ordre qui sont les nobles remparts de la société: l’universelle bonté et l’amour fraternel; et que la vaste confrérie des Francs Maçons sur l’ensemble des deux Hémisphères ne forme qu’un seul lien de Fraternité. « Voyez comme il est bon et agréable pour des Frères de cohabiter dans l’unité. »

La Commission salue respectueusement votre Suprême Conseil par les Nombres Sacrés .
Charleston, Caroline du Sud, ce 10e jour du 8e Mois appelé Chisleu 55v3′ année de VL. 5802, le 4e jour de Décembre 1802 de l’Ère chrétienne.
FREDERICK DALCHO, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Lieutenant Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.
ISAAC AULD, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e.
E. DE LA MOTTA, K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Trésorier du S. Empire.

Le rapport ci-dessus a été pris en considération et le Conseil exprimé sa satisfaction en lui accordant sa totale approbation. Après quoi, le Conseil a décidé que ledit rapport soit imprimé et transmis à toutes les Grandes Loges Sublimes et à toutes les Grandes Loges Symboliques répandues sur les deux Hémisphères.
Signé JOHN MITCHELL K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e et Grand Commandeur des États-Unis d’Amérique.

Extrait fidèle des délibérations du Conseil.
Signé Ab. ALEXANDER K.H – P.R.S. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e, Grand Inspecteur Général du 33e et Illustre Secrétaire du Saint-Empire.

DEUS MEUMQUE JUS

 

 

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© Léo Taxil & Cie, 04/27/2002

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RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHlS ET MISRAïM SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN 19 novembre, 2008

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RITE ANCIEN ET PRIMITIF

DE MEMPHlS ET MISRAïM

SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN

 

Rite Primitif des Philadelphes (Narbonne 1779)

Rite de Misraïm (Venice 1788)

Rite de Memphis (Montauban 1815)

Rites Unis de Memphis et Misraïm (1881)

 

FRANC MACONNERIE UNIVERSELLE

GRAND ORIENT D’ITALIE

 

 

NOTES HISTORIQUES

ET ACTIVITES EN ITALIE

Giancarlo Seri

 

INDEX

 

Présentation

Avant propos: La maçonnerie Opérative dans l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Notes Historiques sur l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Origine du Rite de Misraïm ou Egyptien (jusqu’à l’unification avec le Rite Oriental de Memphis en 1881)

Origine du Rite de Memphis ou Oriental (jusqu’à l’unification avec le Rite de Misraïm en 1881)

Fusion des deux Rites

Les grades dits « Administratifs »

Docétîque initiatique de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Structure Opérative actuelle de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm

Titres usuels dans l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm.

Calendrier Sacré

Réouverture des Travaux de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm au sein de la Communion Maçonnique du Grand Orient d’italie . Actes et Successions

Conclusions  

 

PRESENTATION

Nous avons élaboré ce fascicule dans le but de présenter et éclairer les objectifs, les activités et le développement ( en perspective ) de l’Ancien Rite Primitif de Memphis et Misraïm, au sein de la Communion Maçonnique laquelle, à compter du 14 Avril 1879, a assumé le nom historique de Grand Orient d’Italie.

Par ce travail, nous chercherons, pour autant que possible, de fournir des indications utiles aux Frères Maîtres, soit pour un premier contact avec les thématiques développées dans les Chambres Rituelles qui constituent l’Echelle Philosophique que propose notre Vénérable Rite, soit pour montrer – dans les grandes lignes – les points de référence nécessaires à ceux qui veulent approfondir la recherches sous l’aspect hîstorio-graphique.

Durant ces quinze dernière années, le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm, a été indiscutablement un phénomène de grand intérêt dans le panorama maçonnique. En effet si d’une part il a suscité de grands enthousiasmes parmi les Frères Maîtres, il a par ailleurs, nous devons, hélas, le souligner, soulevé des réactions incentestablement peu fraternelles.

Cependant, nous souhaitons que la lecture de cet opuscule, permette aux Frères Maîtres de comprendre quels sont les éléments traditionnels essentiels qui distinguent le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm des autres Corps Rituels Maçonniques confrères, soit dans la forme que dans la substance. Nous allons tenter de définir, en synthèse, quelles propositions, quels instruments et quelles activités Opératives notre vénérable Rite compte présenter aux Frères Maîtres, afin de développer et accroître – avec toujours plus de vigueur – toutes les qualités et vertus spirituelles nécessaires à chaque Maître Maçon pour réaliser – en lui-même et par lui-meme – le véritable et authentique  » status intereriore  » de l’Adepte.

Nous sommes conscients que le » CHEMIN « est difficile et hérissé d’obstacles, mais avec l’aide du Très Haut, de la Charité et de la Solidarité fraternelle, il sera possible de distinguer et comprendre quelles sont les  » colonnes portantes  » du PROJET MACONNIQUE UNIVERSEL. A ce stade il est nécessaire de souligner que « spéculation  » et » operativité » maçonnique basent leur enseignement sur l’observation attentive et profonde de la NATURE. Mère et Maîtresse, ELLE nous montre depuis toujours, la Voie qui conduit à la découverte et a la compréhension du Secret des Secrets, inné et casché dans la mystérieuse pulsation de la vie que la tradition alchimico-hermétique nous indique, avec une simplicité lapidaire, au travers de la devise:

SOLVE ET COAGULA

Observons comment naît une fleur et comment l’arbre génère un fruit, réfléchissons sur la perpétuelle alternance des saisons alors petit à petit, dans l’esprit de celui qui cherche la vérité avec une âme honnête, sincère et humble, se fera jour, de façon toujours plus concrète, la connaissance et la participation au  » noumène  » qui gouverne le  » phénomène naturel « . L’objectif de l’Adepte est donc la possession et la connaissance des dynamiques occultes de la LOI UNIVERSELLE et ETERNELLE de CAUSE à EFFET. Que dire de plus à ceux qui s’approchent de Notre Vénérable Rite?

Il ne nous reste quâ leur souhaiter que la Lumière de la Force, de la Beauté et de la Sagesse devienne substance de la propre substance et que la Couronne d’Osiris se pose sur leur tête.

 

Le Souverain Grand Maître

Grand Commandeur

Grand Hiérophante Général

Giancarlo Seri 33:. 90:. 97:.

 

AVANT PROPOS

 

L’OPERATIVITE’ MACONNIQUE

DANS LE RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Il est nécassaire d’éclaircir un malentendu historique, selon nous typiquement italien, sur la signification correcte de l’expression  » operativité maçonnique « .

Selon nos expériences et en l’observance des enseignements reçus, nous sommes d’un avis diffèrent par rapport aux opinions courantes dans la Communauté Maçonnique Italienne sur la signification du terme  » operativité « .

D’après les entendements de certains,  » opérer  » signifie intervenir indu ment et improprement au nom de l’Institution Maçonnique, dans les structures sociales profanes, dans les partis politiques et dans les Instituitions.

Nous au contraire, nous définissons ce comportement comme la  » grande tentation « , ou, mieux encore, la  » force déviante  » du comportement correct maçonnique. Personne ne peut nier que ces  » déviations  » ont depuis toujours, provoqué, avec une cadence périodique constante, des dommages incalculables à la saine diffusion de Ja véritable Tradition Maçonnique.

Dans un passé assez récent nous avons eu les désastreuses sanctions des lois fascistes envers des FF.-. en particulier et contre l’institution Maçonnique en général. Plus récomment, l’affaire – bien trop connue – de l’irrégulière et anti~nitiatique loge  » Propaganda 2  » ( mieux connue sous le sigle  » P2  » ), a mis la F.-. M.-. dans une situation certes pas du tout confortable aux yeux du monde profane. Il n’est pas difficile de comprendre, en réfléchissant sur la signification du titre distinctif de cet atelier, que les fondateurs et les animateurs de ce groupe pseudo – maçonnique, étaient inspirés.par des idéaux qui, toujours à notre avis, n’ont rien de maçonnique et encore moins d’initiatique. En effet la Tradition n’enseigne pas a ses adeptes des théories anticonformistes, des délires exaltant l’ordre social et moral (de quelle morale?) ou des préceptes de nature nettement cléricale et puritaine.

Donc, en revenant a notre concept d’operativité, nous disons que l’ceuvre Maçonnique est de nature essentiellement intérieure et spirituelle. Elle s’exprime seulement au travers de dynamiques qui tendent à la découverte et â l’étude de ce  » profond  » qui existe au cantre de la conscience de chaque être intelligent, c’est à dire de cet univers composite et complexe qui attend de se révéler àl’observateur attentif et discret.

Seulement au travers d’une observation attentive et silencieuse, on peut réintégrer son propre être dans l’Harmonie Eternelle et Universelle. Le Maître Maçon Libre, par un travail de rectification constant et équilibré, met sa propre individualité au service de I’ évolution humaine et universelle. Il passe ainsi d’un travail essentiellement personnel, à un travail trans-personnel, d’un petit et égocentrique  » moi  » à un  » SOIT  » vibrant et resplendissant dans le glorieux et éternel travail de Ammon-Ra, source de vie, Père de toutes choses.

Ce que nous venons d’exposer peut sembler difficile et hors d’atteinte, mais aux FF.-. Maîtres nous disons: il suffit de commencer, le reste vient après.

 

NOTES HISTORIQUES

SUR L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm est un double système maçonnique -illuministique qui renferme en soit le grand système initiatique occidental. Il part de la base ell~même, la maçonnerie  » bleue « , pour atteindre les cimes rosicruciennes de la Gnose, y compris les systêmes hermétiques, philosophiques et ésotériques des anciens Hiérophantes égyptiens et des prêtres de Mitra.

Notre Vénérable Rite, à cause de sa référence à Misraïm (ce mot dérive de  » mizr  » qui dans l’ancienne langue hébraïque faisait allusion à l’Egypte) est appelé aussi Rite Egyptien, ce qui génère une confusion erronée avec le Rite Egyptien – ou Maçonnerie Egyptienne de Cagliostro – lequel, tout en se reliant à I’A.R. P.M.M. dans l’étude des pratiques mystiques et théurgiques, – est profondément différent.

Les deux Rites unis, de Memphis et de Misraïm, forment dans leur complexe un authentique Ordre et non pas un simple Rite, dans le sens que l’on attribue généralement à ce mot. Ils furent conçus dans le but de rassembler en un organisme unique, qui mette en commun dans ses grades toute la sagesse, la connaissance et le désir de croissance intérieure des initiés épars dans les innombrables Corps Rituels Maçonniques supérieurs et dans les Ordres Illuministiques et chevaleresques, qui opéraient au débuts du 18ème siècle.

Donc l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm assuma la caractéristique d’un Ordre Universel dont la mission, rédimensionnée dans le temps, fut ceIle d’assumer la direction suprême de tous ces Ordres et Rites de véritable et traditionnel caractère initiatique, en réunissant dans une collaboration fraternelle, sous un seul corps, les Maçonneries et les Ordres Illuministiques du monde entier. Il y eut ainsi une prodigieuse synthèse des écoles orientales et occidentales.

A partir de 1881, par la volonté du Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général F.~. Giuseppe Garibaldi, fut opérée la fusion des deux Rites de Memphis et de Misraïm, dans un climat d’intime et harmonieuse intégration. Pour les besoins de la présentation, même Si très schématisée, de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm, nous mentionnons ci-dessous une brève description de chacun des Rites.

 

ORIGINE DU RITE DE MISRAÏM ou EGYPTIEN

(jusqu’à l’unification avec le Rite Oriental de Memphis en 1881)

Plusieurs auteurs sont d’accord sur ses origines, sur sa diffusion à Venise et dans l’Italie du Sud.

Tory précise.:

 » – - – en 1815 il était très répandus à Venise et dans les îles Ioniques avant même la révolution française de 1789. On trouvait beaucoup de Chapitres dans les Abbruzzes et dans le Pouilles. « 

Levesque en 1821 dit que:

 » . – - depuis cinq ou six ans ce Rite s’est établis à Paris. provient du Sud et il jouit d’une certaine considération dans les îles Ioniques et sur les bords de l’Adriatique. Il est né en Egypte. « 

Il est clair, a ce point, que ce Rite eut ses origines en Italie, vu les affirmations de ces auteurs et d’autres encore.

Donc, en partant des obscurités « des débuts, il est possible d’affirmer, selon les théories les plus acceptables et dignes de foi, que le Rite de Misraïm naquit à Naples et, quand la Maçonnerie abandonna ses contenus ésotériques pour s’ouvrir au courant révolutionnaire, plusieurs FF.-. émigrèrent de Naples vers leurs propriétés dans l’Adriatique en emmenant avec eux leurs certitudes historiques de là partit sa diffusion.

Selon les affirmations de Gastone Ventura, ce fut le  » Filalete  » Abraham en 1801 qui reconstruit àVenise la L.-. du Rite de Misraïm mise en sommeil après l’occupation Autrichienne; cette L.-. aurait existé depuis 1796. Le F.-. Abraham ne serait autre que le Baron Tassoni de Modene. Au contraire, selon d’autres savants, comme Robert Ambelain et Robert Cools, ce fut Cagliostro qui porta le Misraïm à Venise.

De toute façon en résumant, brièvement et succinctement, la succession des événements historiques qui favorisèrent l’apparition de ce Rite, il nous paraît utile de mentionner que, fondamentalement, les historiens nôus reportent à deux différentes versions sur la naissance de ce Rite.

Pour ce qui nous concerne, l’examen attentif des différentes versions qui nous sont fournies par l’historiographie contemporaine, et forts de l’expérience initiatique proposée par Notre Vénérable Rite, nous avons la ferme conviction que, en y apportant les corrections qui s’imposent, les deux hypothèses sur les origines du Rite de Misraïm puissent êtres considérées véridiques.

 

1ère Version

 

Le Rite aurait été introduit dans la République vénitienne aux débuts du XVIII0 siècle puis, àtravers différentes vicissitudes, depuis les îles ioniques et très précisément de la L.~. égyptienne Zante (de la quelle faisait partie Ugo Foscolo) aboutit en 1782 à Venise. Immédiatement après, un groupe de FF.-. maçons (appartenant à la communauté protestante anti – trinitaire de Socino), membres de la susdite L:. égyptienne, reçurent de Cagliostro ( qui à cette époque séjournait à Trento ) une autre initiation maçonnique.

Peu après soit Gad Bedarride soit son fils Marc reçurent, justement par ces LL:. égyptiennes, les relatives initiations qu’ils intégrèrent dans la même période avec d’autres filiations, toujours originaires de l’ancienne terre d’Egypte.

 

2ème Version

 

Elle nous est fournie directement par Marc Bedarride dans son livre  » LOrdre Maçonnique de Misraïm  » publié à Paris en 1845 par Bernard et Comp. , dans lequel est détaillée toute la généalogie, laquelle, à rebours, remonte jusque à Adam

De la confrontation entre ces différentes sources et versions il apparaît sommairement:

1747, d’Egypte et de Malte, au travers de l’ceuvre initiatique d’illustres personnages – parmi lesquels émerge l’ceuvre du Prince de San Severo, Raimondo de Sangro – conflue à Naples une intense activité de recherche et d’étude de la Science Maçonnique de tradition égyptienne.

1782, de puis la L:.. égyptienne de Zante, se propage à Venise et dans les régions limitrophes un système initiatique maçonnique ayant de très évidentes caractéristiques rituelles égyptiennes. Au cours de cette même année, Marc Bedarride, affirme que son père Gad eut la visite d’un Initié égyptien qui se nommait Ananiah le Sage, duquel il eut la filiation et les pouvoirs de transmission d’une Tradition maçonnique de provenance égyptienne.

1788/1801 naissance à Venise, grâce aux synergies des très actives LL .-. maçonniques égyptiennes, en partie promues par Cagliostro et en partie par Ananiah le Sage et par Abraham (le Baron Tassoni de Modena), de l’ORDRE EGYPTIEN DE MISRAÏM.

1804/1805, le Rite Ancien et Primitif Egyptien de Misraïm commence, depuis Venise, à se diffuser en Lombardie. En 1805 le F.: Le Changeur fonde à Milan le Suprême Conseil du Rite ayant iuridiction sur les 90 grades.

1810/1813, selon les hypothèses les plus dignes de foi, en 1813, les FF~. Bedarride, JoIy, Gaborria et Garcia reçoivent à Naples le pouvoir de diffuser le Rite de Misraïm.

1856, le Rite de Misraïm, directement gouverné par Marc Bedarride, après de nombreuses vicissitudes, est définitivement absorbé par le Rite de Memphis. Entre 1856 et 1870 restent, toujours actives, certaines obédiences nationales de ce rite (voir la filiation de Mallinger en Belgique) lesquelles constituent le dépôt initiatique dénommé  » ARCANA ARCANORUM  » Une grande partie de ces obèdiences, toujours actives, vinrent ensuite unifiées en un Rite unique par Giuseppe Garibaldi.

1881, le F.. Giuseppe Garibaldi déjà Grand Maître du Rite de Misraïm en 1860, élus Grand Hiérophante Général en 1881, en vertu de ses pouvoirs souverains unifie les deux Rites de Misraïm et Memphis lesquels, sur le plan formel, étaient restés séparés jusqu’à cette date.

Ici se termine notre très brève et succincte description des faits sur l’histoire de ce Rite. Ceux qui voudraient apprfondir ce type de recherche peuvent demander les cahiers que le Grand Secrétariat de l’A.P.R.M.M. pourras fournir à ceux qui lui en formulerons la demande.

Pour ce qui, au contraire, concerne l’organisation de l’Echelle Philosophique que le Rite de Misraïm en contemple 90, distribués en 4 series

Série SYMBOLIQUE du 1° au 33° grade

Série PHILOSOPHIQUE du 34° au 66° grade

Série MYSTIQUE du 67° au 77° grade

Série CABALISTIQUE du 78° au 90° grade

 

ORIGINES DU RITE DE MEMPHIS OU ORIENTAL

(Jusqu’à l’unification avec le Rite de Misraïm en 1881)

De nombreuses légendes existent sur les origines de ce Rite qui se perdent dans la nuit des temps. Son propre fondateur, Jean Etienne Marconis, raconte que son père, Gabriel, officier italien de l’armée napoléonienne, fut initié pendant la campagne d’Egypte à la L.-. égyptienne  » Isis  » et que, à son retour en Italie en 1798, il fonda avec ses compagnons d’armes et FF.-., une L.-. avec de très fortes caractéristiques rituelles égyptiennes, dont le titre distinctif était:

 » Les Disciples de Memphis « . Sur cette L.-. affluèrent et s’intégrèrent très tôt des FF.-. lesquels, dans les années précédant 1798, ceuvraient déjà en France avec des Rituels toujours d’origine égyptienne.

Successivement J.E. Marnons, en se basant sur les dires de son père Gabriel et des FF.-. de sa L.-. reconstruit le profil, la substance et l’histoire (peut-ètre légendaire) d’un Rite qui devait réunir en un « corps » rituel, les nombreux rituels, de la tradItion initiatique égyptienne, présents dans la multiplicité des Rites qui étaient utilisés à cette époque.

Pour donner tout de suite une idée du message initiatique que le Rite de Memphis devait offrir aux Fran~Maçons de tous les temps, nous emploierons les mêmes mots que Marconis utilisa, dans son livre « Le Sanctuaire de Memphis  » ( Paris 1849, aux éditions Bruyer ), pour tracer les principes fondamentaux qui devaient constituer la structure docétique du Rite de Memphis. « Le Rite maçonnique de Memphis est l’héritier des Mystères de l’antiquité « .

Donc Etienne Marconis, en utilisant d’autres enseignements et filiations initiatiques d’origine égyptienne, élabora en 1839 un ultérieur système Maçonnique dénommé  » Rite de Memphis ou Oriental « . En un premier temps il s’articulait en 90 grades qui furent ensuite portés, pour les besoins du travail initiatique, à 95. Ce Rite eut un très vif succès à Milan et en France.

Les 95 grades furent divisés en trois séries:

 

1° série: du ler au 35ème grade

Elle englobait, à son tour, trois classes: LOGES, CHAPITRES, AREOPAGES où l’on enseignait la morale, la signification des symboles, des emblèmes et la première partie de l’histoire de I’ Ordre, outre l’exercice de la philanthropie.

2° série: du 36ème au 68ème grade

Elle comprenait deux classes: SENATS et CONSISTOIRES, où l’on apprenait les sciences naturelles et la deuxième partie de l’histoire de l’Ordre. Etaient fournis aux  » étudiants  » les matériaux d’étude sur l’organisation et sur la doctrine de tous les Rites pratiqués dans la Maçonnerie Universelle. On y étudiait en outre le sens occulte de la mythologie poétique.

3° série: du 69ème au 95ème grade

Elle comportait une seule classe: le CONSEIL. Dans cas chambres Rituelles on prenait connaissance du complément de l’histoire de l’Ordre, on y développait la partie mystique et transcendantale de la Maçonnerie Universelle, on y cultivait les spéculations théosophiques les plus hardies et les plus sublimes. On étudiait de façon particulière la philosophie des religions de toutes les disciplines qui, dans leur ensemble, constituaient la SCIENCE SECRETE mieux définies comme ART ROYAL.

Les dates les plus significatives de I’ histoire de I’ Ancien Rite Oriental de Memphis sont:

1773 le Fr.. Savalette de Lange, avec de nombreux autres FF.~. Maîtres Maçons, après avoir créée à Paris, le 23 Avril 177, la L.~.  » Les Amis Réunis  » fonde I’ Ordre Maçonnique des  » FILALETES « .

1779 en prenant modèle et en s’inspirant de l’Ordre des  » Filalêtes « , le RITE des « FILALETES  » voit le jour à Narbonne.

1789 le F:. Samuel Honis devient Grand Maître de la Grande L… des Filalètes.

1798 de nombreux officiers de l’armée napoléonienne, appartenant déjà au Rite des Philadelphes, entrent en contact, pendant la campagne d’Egypte, avec des FF… de la Grande L… d’Egypte ( descendant de R+C de la période constantinienne ) qui est organisée en 70 grades rituels. De récentes découvertes, comme nous l’avons déjà dit, confirment qu’en cette même période Napoléon a été initié dans la L…  » ISIS « , présidée par le Général Kleber.

1814 de retour en France, plusieurs officiers, rescapés de la campagne napoléonienne d’ Egypte, fondent à Montauban la L…  » Les Disciples de Memphis  » laquelle, immédiatement après deviendra la L.-. Mère de l’Ancien Rite Oriental de Memphis. Parmi les membres fondateurs de cet extraordinaire Atelier, on trouve l’Officier d’origine Italienne, Gabriel Mathieu Marconis de Negre (son fils deviendra ensuite l’héritier de la Tradition Maçonnique que le Rite de Mémphîs avait ramené d’Egypte).

25 Mai 1815 de l’intense et productive activité maçonnique développée par la L…  » Les Disciples de Memphis », est issu l’Ancien et Primitif Rite Oriental de Memphis. Le F… Samuel Honis est proclamé Grand Maître de la Grande L.-. de ce Rite.

21 Janvier 1816 au F:. Honis, succède, en qualité de Grand Maître, le F:. Gabriel M. Marconis de Negre grâce auquel le Rite acquiert un échelle rituelle de 95 grades.

1816/1837 durant cette période le Rite, en passant par phases alternées, qui vont d’une intense activité maçonnique à des moment de profonde stagnation, réussit malgré tout à survivre.

23 Mars 1838 Jean Etienne Marconis de Negre, ayant hérité de son père Gabriel, la succession de la Grande Maîtrise du Rite de Memphis, réveille et réactive ca Rite en France et en Belgique.

DE 1838 A 1863:

1849 le Rite ouvre ses travaux en Roumanie.

1851 16 Juillet, le Rite ouvre ses travaux en Angleterre où le F.-. Beryeau est nommé Grand Maître. les travaux du Rite de Memphis sont ouverts en Australie. La même année est constitué à Alexandrie d’Egypte un Sublime Conseil du Rite de Memphis dont le Grand Maître sera Giuseppe Beauregard. Le 19 Novembre est fondé à New York un Souverain Conseil du 94ème grade dont le Grand Maître sera le F.-. Donald Mac Lellan.

1856 les travaux du Rite de Memphis sont ouverts en Australie. La mème année est constitué à Alexandrie d’Egypte un Sublime Conseil du Rite de Memphis dont le Grand Maître sera Giuseppe Beauregard. Le 19 Novembre est fondé à New York un Souverain Conseil du 94ème Grade dont le Grand Maître sera le F.-. Donald Mac Lellan.

1860 Giuseppe Garibaldi et certains de ses officiers sont initiés, à Palerme, dans une L:. du Rite de Memphis.

1862 le F:. Harry Seymur est nommé Grand Maître du Souverain Conseil pour les U.S.A.

1863 le Grand Hiérophante J.E. Marconis de Negre 97°Grade, délivre la Patente N° 2005 pour l’institution à Alexandrie d’Egypte d’un Temple Mystique et du Suprême Grand Conseil des Princes Patriarches Grand Conservateurs, 95° et demier grade du Rite. La patente a été libellée au nom du F:. L. Reginald de la Grèce, Marquis de Beauregard et lui défère le titre de Grand Maître.

26 Août 1865 le F… Guseppe Garibaldi et le F… Francesco de Luca, grand Maître du Grand Orient d’italie, sont élus membres honoraires du Suprême Conseil d’Alexandrie.

21 Novembre 1868 le Grand Hiérophante J.E. Marconis de Negre passe à l’Orient Eternel.

21 Mars 1873 le F… Salvatore A. Zola est nommé Grand Maître effectif du Grand Orient NationaI d’Egypte et du Souverain Sanctuaire du Rite de Memphis.

19 Mai 1875 le F:. Giuseppe Garibaldi est proclamé Grand Maître Honoraire ad vitam du Grand Sanctuaire du Rite de Memphis et reçois les 95° et 96° Grades.

11 Janvier 1876 le F… Salvatore A. Zola est élu Grand Hiérophante 97° Grade du Rite de Memphis.

1881 le F:. Giuseppe Garibaldi, devenu Grand Hiérophante, unifie les deux Rites de Memphis et Misraïm, en un seul et unique Corps Rituel.

 

FUSION DES DEUX RITES

 

En une réelaboration définitive, les deux Rites furent groupées en un seul organisme sous la dénomination de: ORDRE MACONNIQUE ORIENTAL DU RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS ET MISRAÏM ( par la volonté du F.~. Giuseppe Garibaldi ) et, aux 95 Grades déjà existants, en furent ajoutés deux autres de caractère administratif: le 96° et le 97°. Le premier réservé aux Grands Maîtres Nationaux et le deuxième au Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général, Sublime Maître de la Lumière.

Plusieurs savants de la Franc Maçonnerie Supérieure ont essayé d’établir une comparaison des Grades de l’A.P.R.M.M. à ceux des autres Corps Rituels Maçonniques. Bien entendu, faire des comparaisons est toujours très difficile, surtout dans ce domaine. Cependant nous essayerons de donner certaines indications pour une orientation plus aisée de l’étude de ce problème. En résumant par points, nous pouvons dire:

 

  1. La docétique de l’A.P.R.M.M. commence déjà au premier grade de la Maçonnerie Bleue, alors que les Corps Rituels Maçonniques, généralement, commencant leur docétique seulement après le 3ème grade.
  2. On ne peut pas dire, par exemple, que le 95ème grade de l’A.P.R.M.M. puisse correspondre au 33ème grade du Rite Ecossais Ancien et .Accepté, même Si dans certaines réalités maçonniques dans d’autres pays, pour des raisons qui ne nous regardent pas, ces correspondances on étés, et peut-être sont-elles encore, adoptées de façon erronée. Pour ce qui nous concerne il n’existe pas d’équivalences possible entre notre Vénérable Rite et le R.E.A.A. et, par conséquence, il ne pourra jamais exister une reconnaissance réciproque et, encore moins, des correspondances entre les grades.
  3. L’A.P.R.M.M. est un Corps Rituel Maçonnique chevaleresque et illuministique à caractère fortement rosicrucien et hermétique, avec des fonctions cabalistiques particulières qui ne peut, dans ses hauts grades, avoir de correspondance avec les grades pratiqués dans les autres Corps Rituels Maçonniques.

Toutefois, Si certains FF.~. voulaient faire des vérifications et des comparaisons utiles, il leur est fortement conseillé la pratique et l’expérimentation soit de la Rituelle de notre Vénérable Rite, soit de celIe relative à d’autres Corps Rituels opérant dans Notre Communion.

 

LES GRADES DIT  » ADMINISTRATIFS « 

Le 96ème grade appartient aux Souverains Grands Maîtres, Grands Commandeurs des Obédiences Nationales. La charge est décerné  » ad vitam  » elle est transmise à un successeur, par droit d’investiture.

Le 97ème grade appartient au Souverain Grand Maître, Grand Commandeur, Grand Hiérophante Général, Sublime Maître de la Lumière. Il s’agit d’une prérogative indélébile du Grand Magistère Sacerdotal Egyptien et d’une investiture  » ad vitam « . Elle est transmise à un successeur toujours par droit d’investiture.

 

DOCETIQUE INITIATIQUE

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Les 95 grades de notre Vénérable Rite, doivent être considérés comme un déambulatoire, ou mieux, comme un projet de voyage dans les profondeurs de son propre être, lequel, prévoyant d’innombrables possibilités de parcours, conduit toujours et de toute façon, à une seule approche: l’accomplissement du Grand Oeuvre.

Le Corpus rituel de l’A.P.R.M.M. doit être considéré, dans sa complexe unité structurale, comme un dépôt des grades maçonniques qui, par suite d’événements singuliers, ne sont plus pratiqués. Se serait se fourvoyer que de vouloir attribuer une échelle de valeurs aux divers grades. Une telle attitude mentale occasionnerait à l’initié une perte d’orientation, ou, pour le moins, la perte d’une précieuse et considérable partie de son temps. Même Si l’homme est, parmi les êtres vivants, un de ceux à la durée de vie la plus longue, il n’est certainement pas utile pour son évolution de se perdre derrière des buts éphémères et illusoires.

Pour se maintenir sur le plan de la sincérité, comme nous l’avons toujours fait, et comme nous le ferons aussi dans le futur, il est opportun de préciser que la rituelle de l’A.P.R.M.M. est seulement une précieuse opportunité d’étude et d’approfondissement de tous les courants d’orientation spirituelle qui ont transité à l’intérieur de la Maçonnerie Universelle, depuis sa naissance à nos jours. Simultanément, pour ceux qui réussissent à écouter la voix de leur propre  » essence intérieure », elle représente aussi une extraordinaire et concrète possibilité de comprendre3 de réaliser et posséder la science du SECRET ROYAL.

Autre caractéristique fondamentale de Notre Vénérable Rite: son intime nature fermement déiste et spiritualiste. Il s’agit, en fait, de l’acceptation du principe fondamental de l’éternité de l’esprit et de l’immortalité de l’âme ou d’une survîvance certaine de cette dernière après la mort du corps. Ici s’arrête le dogmatisme de l’A.P.R.M.M. – En effet il n’est pas lié et ne dépend d’aucune religion particulière et laisse à chacun de ses membres la pleine et totale liberté d’opinion et de pensée.

Aux FF:.qui auraient l’intention de travailler et de perfectionner leur maîtrise de nos Chambres rituelles, nous signalons, ultérieurement, qu’un des objectif de I’A.P.R.M.M. est de fournir les éléments nécessaires à la compréhension pour ce qui concerne la TRADITION GNOSTIQUE CLASSIQUE, étant donné que de tels enseignements sont peu diffusés et traités superficiellement pendant les travaux qui se déroulent au sein des rituels de la Maçonnerie Bleue Universelle.

Pour être plus clairs, précisons que lorsque nous parlons de GNOSE CLASSIQUE nous entendons:

L’étude des ces arcanes, qui suivent les trois premiers grades de la Maçonnerie Bleue, sera traité par d’opportuns rituels contenant symboles et éléments provenant d’ancienne disciplines traditionnelles ( comme, par exemple, la Gnose Alexandrine et la Kabbale hébraïque ) et caractérises par une gestuelle (signes, marches, mots de passe) que l’on peut rattacher aux anciennes traditions orientales ( comme le taoïsme et le bouddhisme tibétain ). Nous ne nous attardons pas sur les nombreuses références du symbolisme, utilisé dans les Chambres rituelles, relatif aux sciencas appelées  » occultes  » telles que l’Alchimie, l’Astrologie et la Théurgie.

 

STRUCTURE OPERATIVE ACTUELLE

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

La structure rituelle opérative que Notre Vénérable Rite pratique actuellement, se développe en 4 sections: Section Symbolique, Section Philosophique, Section Gnostic~Hermétique, Section Hermétique.

A son tour, chaques section, outre le fait d’avoir une caractéristique bien précise et une fonction bien particulière, est composée par un ou plusieurs Corps Rituels qui sont en partie pratiqués rituellement et en partie étudiés et conférés par communication.

SECTION SYMBOLIQUE

 

Elle est composée des Corps Rituels dénommés Loges. Le but de cette section est l’étude et la pratique des trois premiers grades de la Maçonnerie Universelle: Apprenti, Compagnon et Maître. Actuellement notre Rite pratique la section symbolique, à la suite d’un protocole d’entente, au sein de la Communion Maçonnique du Grand Orient d’italie.

 

SECTION PHILOSOPHICO-CABALISTIQUE

 

Cette section est composée de 30 Chambres Rituelles desquelles 7 sont rituellement pratiquées, alors que les autres grades viennent conférés par communication ( sur l’épée ). Les 7 Chambres pratiquées sont:

4èmeGrade: Collège des MAîTRES DISCRETS

7ème Grade: Chapitre des MAîTRES SUBLIMES, GRANDS ELUS, CHEVALIER DE LA VOUTE DE PERFECTION.

11ème Grade: Sénat de CHEVALIERS DE L’AIGLE ET DU PELICAN, PRINCES ROSE + CROIX.

16ème Grade: Sénat des CHEVALIERS DU SOLEIL, SAGES DE LA VERITE’, PRINCES. ADEPTES.

21ème Grade: Sénat des SUPREMES COMMANDEURS DES ASTRES.

30ème Grade: Sénat des CHEVALIERS DE L’AIGLE BLANC ET NOIR CHEVALIERS KADOSH.

33ème Grade: Suprême Conseil des SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS.

 

SECTION GNOSTICO – HERMETIQUE

 

Elle est composée de 38 Chambres Rituelles. De cette section, seul le 66ème grade est pratiqué, celui des Patriarches Grands Consacrateur. Sa docétique fonde son étude et sa recherche sur la GNOSE CLASSIQUE et sur ces dérivations.

66ème Grade: Grand Consistoire des PATRIARCHES GRANDS CONSACRATEURS.

 

SECTION HERMETIQUE

 

La section hermétique représente la conclusion de l’iter initiatique que les FF.~. Maîtres ont accomplis – en tant qu’ouvriers de l’Art Royal – dans les déambulatoires traditionnels, dépôt immémorial et mystérieux, que l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Mîsraïm possède depuis toujours. Dans cette section, composée de 24 Grades Rituels, on pratique rituellement:

90ème Grade: Grands Conseils des SOUVERAINS PRINCIPES, SUBLIMES PATRIARCHES, MAîTRES DU GRAND OEUVRE.

91ème Grade: Grand Tribunal des SOUVERAINS PRINCIPES, GRANDS DEFENSEURS DE L’ORDRE ET DU RITE.

94ème Grade: Grand Temple Mystique des SUBLIME PATRIARCHES PRINCES DE MEMPHIS.

95ème Grade: Souverain Sanctuaire des SUBLIMES PATRIARCHES GRANDS CONSERVATEURS DE L’ORDRE.

 

GRANDE MAîTRISE DU SOUVERAIN SANCTUAIRE ITALIEN

97ème Grade: SOUVERAIN GRAND MAÎTRE, GRAND COMMANDEUR, GRAND HIEROPHANTE GENERAL DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAÏM.

 

TITRES USUELS

DANS L’ANCIEN ET PRIMITIF RlTÈ DE MEMPHIS ET MISRAÏM

 

Il nous paraît utile de donner certaines indications quant à l’usage des titres qui traditionnellement reviennent aux FF:.. Maîtres, et que la traditions leur reconnaît. Un examen très attentif nous montre de façon évidente que ces titres ne sont point destinés à satisfaire la vanité humaine mais à souligner et à rappeler les  » facultés occultes  » que les grades correspondants confèrent réellement – à travers de l’initiation – à qui est en mesure de les vivres.

Il faut se souvenir, en outre, que le SECRET ROYAL , ou pour mieux nous comprendre, le SECRET MACONNIQUE, (le vrai), est lié à l’action posthume de qui le détient véritablement. C’est àdire que les Maîtres qui le possèdent sont obligés, depuis leurs DHARMA, de continuer leur  » action occulte » en faveur des finalités ultimes de la FRANC MACONNERIE UNIVERSELLE, même lorsqu’ils seront passés au delà du seuil de leur existence terrienne et humaine, c’est à dire à L’ORIENT ETERNEL.

Ces FF:. constituent la chaîne invisible des vrais Philosophes Inconnus qui soutient et protège l’éternel devenir humain, au travers de leur continuelle, vigilante et constante  » action mystérieuse « . En vertu de ce que nous venons d’exposer, nous pouvons affirmer que les titres qui sont reconnus, aux différents grades, aux FF:. Maîtres, sont des attributs sacrés qui ne doivent pas êtres considérés comme les coquilles vides d’éphémères et impuissantes vanités humaines.

Les titres en question sont: Respectable, Vénérable, Puissant, Illustre, Parfait, Sublime et Sérénissime, auxquels traditionnellement nous attribuons les significations suivantes:

 

RESPECTABLE

Celui qui assume ce titre est conscient que le  » respect  » (du latin  » respectus  » qui définit tout regard jeté en arrière ) est la reconnaissance de sa propre dignité et de calle des autres. Il en découle que chaque parole et action de celui qui est  » respectable  » est basée sur cette reconnaissance. Démocrite fonda le principe de l’éthique, justement sur le respect en soutenant:

 » Tu ne dois pas avoir de respect pour les autres hommes plus que pour toimême, ni agir mal sans que personne ne le sache, plus que quand tous lesavent; mais tu dois avoir pour toi même le maximum de respect et imposerà ton âme cette loi: NE PAS FAIRE CE QUI NE DOIT PAS ETRE FAIT. »

Alors que dans le discours avec lequel Protagore expose, dans le dialogue homonyme de Platon, l’origine de la société humaine il est dit que:

 » Zeus, craignant que la totalité de notre lignée ne s’éteigne, envoya Hermès apporter parmi les hommes le respect réciproque et la justice afin qu’ils fussent ordonnateurs des cités et qu’ils créassent entre les citoyens des liens de bienveillance « .

Donc le Maître qui devient  » respectable  » comprend bien, en le mettant en pratique, que le respect réciproque et la justice, sont les deux ingrédients fondamentaux de I’ ART POLITIQUE, c’est à dire l’Art de vivre ensemble.

VENERABLE

Personne ou chose digne de vénération, parce que symbole de « . valeur  » incontestablement et universellement acceptable comme modèle idéal de vie ou de pensée. VENERABLE est le titre qui est assumé par le Maître Maçon qui préside l’Atelier maçonnique, en ce sens qu’il représente la Lumière de la Sagesse que la Tradition maçonnique lui confère dans I’exercice de ses fonctions.

PUISSANT

Celui qui possède la force et la capacité d’accomplir une transformation quelconque en soi même et par soi même.

ILLUSTRE

Du latin  » illustri « , signifie que la personne ou la chose illustre porte avec soi la lumière et la irradie, en illuminant à son tour, les autres corps encore plongés dans l’obscurité.

PARFAIT

Du latin  » perfectus « , signifie terminé, accompli.

SUBLIME

Sublimation est un terme qui a aussi une valeur scientifique signifiant le passage de l’état solide directement à l’état gazeux sans passer par la phase intermédiaire, le liquide. Par conséquent, par sublime, on entend indiquer celui qui possède la faculté de passer, sans traumatisme, du plan humain et quatemaire de l’existence, au plan divin et spirituel, et vice versa.

SERENISSIME

Du latin  » serenus « , ou mieux,  » serum « , qui a pour lointaine racine  » serenum « , signifiant  » sec « , exempt d’humidité. Il indique le statut mental de l’initié qui, devenu Adepte, parcourt, dans son devenir, la Voie sèche, la Voie du sentier de gauche, la Voie rapide mais extrêmement néfaste à ceux qui sont insuffisamment préparés. C’est la Voie de I’Audace.

De ce qui a été dit, même sommairement, nous souhaitons que les FF:. Maîtres puissent comprendre que l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm s’adresse seulement à ces initiés qui, en suivant patiemment les multiples occasions de méditation inspirée, réussissent à découvrir les canaux de force qui permettent de se mettre en parfaite résonance avec les plans d’existence supérieure et avec la transmutation personnelle de l’être.

La fonction de Notre Vénérable Rite est de constituer un fil invisible, mais réellement présent, qui lie le bas avec le haut. Il offre la clef des arcanes à tous les hommes de bonne volonté, afin que ces mêmes arcanes puissent être révélés et pratiqués.

Ils nous semble opportun souligner ce que nous venons d’exposer par la citation des affirmations reportées dans l’introduction des Statuts et Réglements Généraux de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm:

HOMME TU AS DEUX OREILLES POUR ENTENDRE LE MEME SON, DEUX YEUX POUR PERCEVOIR LE MEME OBJET DEUX MAINS POUR EXECUTER LE MEME ACTE.DE MEME LA SCIENCE MACONNIQUE,

SCIENCE PAR EXCELLENCE,EST ESOTERIQUE ET EXOTERIQUE.L’ESOTERISME CONSTITUE LA PENSEE, L’EXOTERISME L’ACTE.L’EXOTERISME S’APPREND, S’ENSEIGNE, SE DONNE;L’ESOTERISME NE S’APPREND PAS, NE S’ENSEIGNE PAS, NE SE DONNE PAS,

IL VIENT D’EN HAUT

 

CALENDRIER SACRE’

 

La tradition Maçonnique classique fait partir sa chronologie sacrée de la Création du Monde qui, selon la Genèse et les supputations judéo-chrétiennes, remonte à 4000 ans précédents ceux de notre ère. Par exemple pour dater l’année 1987, selon l’usage courant dans le système maçonnique contemporain, il existe deux systèmes de datation:

1èr système

on fait suivre 1987 des lettres » E:. V:.  » qui signifient  » Ere Vulgaire  » (du latin ‘vulgaris’ ou’ vulgo’ qui signifie  » public » – « commun à tout le monde » -, c’est à dire aux initiés et aux profanes ).

 

2ème système

on ajoute au chiffre 1987 le nombre 4000 (qui indique les années précédant notre ère) en rejoignant ainsi le total de 5987, indiquant le temps écoulé » depuis la création du monde ».

La tradition maçonnique de l’A.P.R.M.M., désireuse de montrer, si non l’éternité de l’Univers, au moins l’Eternité de l’activité divine, dans le courant de laquelle les univers se succèdent aux univers et les Créations aux créations, utilise elle aussi deux systèmes de datation:

 

1er système

 

à la date du temps profane on antépose I ‘inscription  » en l’Année 000.000.000. de la vraie lumière et 1° Janvier 1987 E:.V:. « , les neuf zéro précédant la date ordinaire, sont le symbole, mathématiquement représenté, de la LUMIERE ETERNELLE, puisque le zéro est le symbole qui permet à tous les nombres de se multiplier à l’infini.

2ème système

 

Actuellement la documentation officielle de l’A.P.R.M.M. respecte sa propre tradition en faisant débuter sa chronologie de l’an 1292 avant Jésus Christ, date de l’avènement au trône de Ramses lI~, premier grand Roi de la vingtième dynastie et dernier des grands Pharaons, créateur des fameux Temples d’ Abu Simbel. Par exemple pour dater 1° Janvier 1987 on procède de la façon suivante: on ajoute à 1987 le nombre sacré 1292 et l’année 1987 devient l’an Sacré 3279, alors que le jour et le mois deviennent, selon le Calendrier Egyptien: le sixième jour du mois de Tybi.

Pour calculer le jour et le mois correspondants au calendrier égyptien, il faut tenir compte du tableau des saisons ci-dessous qui était en vigueur dans l’Ancien Egypte:

 

SAISON DE SCHA’ : l’Automne

 

Premier mois: débute le 29 Août – calendrier égyptien: THOT

Deuxième mois: débute le 29 Septembre – calendrier égyptien: PAOPHI

Troisième mois: débute le 28 Octobre – calendrier égyptien: ATHYR

Quatrième mois: débute le 27 Novembre – calendrier égyptien: KHAOIAK

 

SAISON DE PRE’: L’Hiver

 

Cinquième mois: débute le 27 Décembre – calendrier égyptien: TYBI

Sixième mois: débute le 26 Janvier – calendrier égyptien: MEKHEIN

Septième mois: débute le 25 Février – calendrier égyptien: PHAMENOTH

Huitième mois: débute le 27 Mars – calendrier égyptien: PHARMOUTHI

 

SAISON DE SCHEMON : le Printemps

 

Neuvième mois: débute le 26 Avril – calendrier égyptien : PAKHOUS

Dixième mois: débute le 26 Mai – calendrier égyptien : PSYRIE

Onzième mois: débute le 25 Juin – calendrier égyptien : EPIPHI

Douzième mois: débute le 25 Juillet – calendrier égyptien : MESORI

 

LES JOURS EPAGOMENES

 

Dans le calendrier égyptien existent les JOURS EPAGOMENES. Ils célèbrent le temps sacré dans lesquels naissent les Divinités Egyptiennes, qui coïncident avec le premier jour de notre zodiaque de la Vierge céleste. Ces jours sont à considérer en dehors du temps chronologique et réservés à de très particulières et profondes méditations sur la création du monde. Durant cette période aucun travail rituel n’est effectué.

Ces jours sont les suivants:

24 Août – Premier jour épagomène : Naissance d’OSIRIS

25 Août – Deuxième jour épagomène : Naissance d’HORUS

26 Août – Troisième jour épagomène : Naissance de SETH

27 Août – Quatrième jour épagomène : Naissance de NEFITIS

 

 

REOUVERTURE DES TRAVAUX

DE L’ANCIEN ET PRIMITIF RITE DE MEMPHIS ET MISRAïM

AU SEIN DE LA COMMUNION MACONNIQUE

DU GRAND ORIENT D’ITALIE

 

ACTES ET SUCCESSIONS

 

Nous n’avons pas la certitude absolue que la tabulation chronologique des actes et des successions, réportée ci-dessous, soit parfaitement répondante aux exigences rigides d’une complète recherche historique. Toutefois Si l’on considère la rareté des documents qui nous sont parvenus, directement ou indirectement, il nous semble déjà important de pouvoir compter sur la quantité, même limitée, des données qu’il a été possible d’en récupérer.

En effet, le poids que les deux derniers conflits mondiaux et les vingt années de clandestinité (de 1925 à 1945 sous le régime fasciste) ont eu non seulement au sein même de l’institution mais au regard de toute la documentation qui a été dispersée et, hélas, en grande partie détruite, n’est pas du tout négligeable.

Il est évident, donc, qu’une ultérieure documentation, qu’à ce jour nous ne possédons pas, aurait témoigné avec beaucoup plus de validité l’exactitude et la véridicité de ces événements qui aujourd’hui apparaissent, à tort, comme de fumeuses légendes.

Pour corroborer çe que nous avons précisé dans le tableau récapitulatif sur la genèse de l’A.P.R.M.M., nous détaillerons, ci dessous, la tabulation chronologique des événements et des actes les plus significatifs qui ont amené notre Vénérable Rite à l’actuelle configuration structurelle.

14 Novembre 1973: le F:. F. Brunelli est investi des pouvoirs Souverains par le F.. Robert Ambelain, héritier de la filiation française de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et.

22 Novembre 1973: Les FF:. de la Respectable Loge  » Les Fils d’Horus  » N° 742 à l’Orient de Perugia et à l’Obédience du Grand Orient d’Italie, par décision unanime, adoptent officiellement le Rituel de l’A.P.R.M.M. aux trois premiers grades.

 

15 Dècembre 1973 Le F:.. F. Brunelli, en vertu des pouvoirs magistraux reçus et en sa qualité de Grand Maître pour l’Italie, ranime au sein du Grand Orient d’italie, l’A.P.R.M.M en conférant les premiers grades à 15 FF.-. Maîtres, tous appartenant régulièrement au G.O.l.

1973/1978: L’activité du Rite en cette période est très limitée, mais malgré tout suffisante pour représenter significativement, dans la réalité maçonnique italienne, un incisif et réel témoignage de la tradition maçonnique d’origine italique et méditerranéenne.

29 Septembre 1979: Un traité d’amitié est stipulé entre le Rite Symbolique Italien et l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm. Il est souscrit, pour R.S.I., par les FF.-. Stefano Lombardi, Grand Maître et Antonio de Stefano Grand Secrétaire, et pour l’A:.P:.R:.M:.M:. par les FF:. Francesco Brunelli Souverain Grand Maître et Giancarlo Seri Grand Secrétaire Chancelier.

1° Février 1982 Le Grand Maître du Grand Orient d’Italie le F:. Ennio Battelli, confirme, (par un document écrit ) l’autorisation accordée à I’A:.P:.R:.M:.M:., depuis le début de son mandat magistral, la possibilité d’utiliser le Rituel de notre Vénérable Rite aux trois premiers grades de la maçonnerie bleue et, toujours dans le même document, il réitère:

« dans les réunions à l’occasion de visites à caractère officiel, les Loges doivent travailler selon le Rituel en usage dans la Communauté « 

28 Mars 1982: Le F:. Francesco Brunelli désigne le F:. Giancarlo Seri comme son propre successeur et le l’installe rituellement en qualité de Substitut Grand Maître.

2 Avril 1982: Le F:. Francesco Brunelli, à cause de très graves problèmes de santé, transfère ses pouvoirs et les insignes de la Souveraineté Magistrale de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm, au F:. Giancarlo Seri.

19 Août 1982-.Assisté par les FF:., le très cher et regretté F:. Francesco Brunelli, passe à l’Orient Etemel.

14 Novembre 1982: A Paris en présence des autres Grands Maîtres des obédiences nationales européennes, le F.-. Robert Ambelain, Souverain Grand Maître de la filiation française de I’A:.P:.R:.M:.M:. reconnaît, la légitimité et la régularité initiatique de la succession du F:. Francesco Brunelli par le F:. Giancarlo Seri

26 Septembre 1983: L’A.P.R.M.M., après de longs pourparlers avec le G.O.l. ( presque 10 ans ), réaffirme et confirme (comme déjà l’avait fait en 1973 le F:. Francesco Brunelli, lorsqu’il rouvrit les travaux de Notre Vénérable Rite au sein du G.O.I. ) de ne pas pratiquer de façon autonome les trois premiers grades de la Maçonnerie Bleue, mais d’accepter intégralement la Constitution et les Règlements du G.O.l., au travers de la seule pratique des grades relatifs à l’Echelle Philosophique que l’A.P.R.M.M. propose, àpartir du 4ème grade, et de les conférer exclusivement au Maîtres Maçons, actifs et cotisants, appartenant au G.O.I.

La Commission du G.O.I. , en la personne du Grand Maître, le F:. Armando Corona, en prenant acte de la volonté, déjà éprouvée par le Souverain Sanduaire Italien de l’A.P.R.M.M., publie la  » Balaustra  » N° 5/AC, 26 Septembre 1983, où il est dit:

…Le Grand Orient d’Italie entretient des rapports de courtoisie et de réciproque collaboration avec les Corps Rituels Suivants

- Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté Souverain Grand Commandeur le très estimé F.-. Manlio Virgilio Gaito.

- Rite de York composé des Corps Rituels ci dessous:

a) Grand Concile des Maçons de l’Arc Royal en Italie, -Prêtre Suprême l’Ecc.mo F.-. Franco Raffaele Rizzi.

b) Grand Concile des Maçons Cryptique d’italie – Grand Maître l’Ecc.mo F.-. Franco Raffaele Rizzi.

c) Commanderie des Chevaliers Templiers;

- Souverain Sanctuaire Italien de l’Ancien et Primitif Rite de Memphis et Misraïm – Grand Hiérophante et Très Puissant F.-.Giancarlo Seri.

Les FF.-. peuvent adhérer aux Corps Rituels sus mentionnés et fréquenter leurs réunions.

30 Mars 1985: Le F:. Giancarlo Seri est reçu, pour la première fois, en qualité de Souverain Grand Maîtré de l’A:.P:.R:.M:.M:. aux travaux de la Grande Loge du G.O.I.

14 Février 1986: Un Protocole d’Entente est stipulé entre le G.O.l et l’A.P.R.M.M.

06 Février 1988: Un deuxième Protocole d’Entente est stipulé entre le G.O.I. et l’A.P.R.M.M.

02 Juin 1988: Le Protocole d’Entente entre le G.O.I. et l’A.P.R.M.M. souscrit par chacune des parties le 06 Février 1988, nous est restitué contresigné et accepté par le G.O.I. le 02 Juin 1988.

 

CONCLUSIONS

Nous n’avons pas la certitude que, en quelques pages, nous ayons réussi à expliquer clairement et définitivement l’histoires et les entrelace des ces événements qui, dans leur ensemble, constituent la mémoire et les racines de notre Vénérable Rite. Cependant, nous sommes convaincus d’avoir fourni aux FF.-. Maîtres qui bénévolement nous suivent et nous estiment, des instruments de connaissance valables, qui leurs seront certainement utiles pour avoir une idée d’ensemble sur le rôle et l’activité de l’A. P.R.M.M. dans l’actuelle réalité maçonnique.

Notre ceuvre de divulgation et de recherche ne fini pas, évidemment, avec la publication de cet opuscule, mais ouvre la voie à toute une série de recherches et publications qui seront mises à la disposition de ceux qui veulent approfondir ce genre de connaissances.

A tous ceux qui recherchent le bien, la justice et la vérité. nous souhaitons Santé, Prospérité et Fraternité.

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LA LEGENDE D’HIRAM 17 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

LA LEGENDE D’HIRAM

 

Chaque mois de juillet, le « Tour de France » ressuscite la grande fête du vélo. Il peut être vu comme un carnaval moderne où un univers, centré sur le profit, laisse une place à l’expression mouvante et rituelle des rêves populaires. Mais le « Tour de France » exprime un rapport capital avec le temps, le changement et l’avenir.

Dans ce moment de la vie, une nouvelle classe d’âge succède à la précédente. Le temps détrône l’ancien monde et couronne le nouveau.

Naissance et mort y sont intimement liées. L’épreuve est une fête, un temps joyeux, qui interdit à l’ancien temps de se perpétuer et qui engendre le temps nouveau. Dans cette alternance temporelle qui donne vie et mort, la naissance et la mort ne sont pas coupées l’une de l’autre. Les deux pôles du devenir sont englobés dans leur unité contradictoire. Chaque étape est un nouveau commencement qui est porteur d’une virtualité future.

Les champions qui dominent la course cherchent à acquérir une « maîtrise » de la vie, une forme de perfection humaine où l’imitation des aînés joue un grand rôle. Cette recherche de la perfection pourrait se définir par trois maximes : « L’apprentissage, long et difficile, doit être méthodique », « Les chefs-d’œuvre sont marqués par le temps », « La mort vient toujours à son heure ». Mais, dans le « Tour de France », on parle de la mort en faisant la fête. Dans les cris de la foule, de nouveaux champions, pleins de force et d’espoir, viennent pour perpétuer la tradition.

Le maillot jaune est un symbole qui fait entrer son détenteur dans la catégorie des hommes-dieux qui meurent. Comme dans le cycle du « Rameau d’Or » décrit par James Frazer, « Il faut tuer l’homme-dieu, dès qu’apparaissent les signes de son déclin et transmettre son âme à un successeur vigoureux ».

Ainsi, de maillot jaune en maillot jaune, la course cycliste du « Tour de France » forme une longue chaîne de meurtres rituels. Héros solaire, le vainqueur conquiert la « Toison d’Or » après une longue lutte et par un acte de rupture : la mise à mort rituelle et symbolique de son prédécesseur, exécutée au nom de la pérennité des valeurs. Cette mise à mort est réalisée dans un moment de fête, d’une grande sacralité. L’ordre du monde se restaure et le nouvel élu symbolise l’éternelle jeunesse du monde nouveau.

Je vous ai parlé du « Tour de France » car il n’est pas sans analogie avec le Compagnonnage. Mais j’aurais pu vous entretenir tout aussi bien du « Mundial », des « Jeux Olympiques » ou de la « Corrida ».

Parce que j’ai la certitude que la démarche maçonnique ne consiste pas à « s’envoler » ou à « se réfugier » dans les « nuages théologiques » des rituels et des symboles. Et que j’ai l’intime, mais absolue, conviction qu’elle doit, au contraire, enraciner tout ce qui constitue sa substance, dans les traditions populaires, mythologiques et religieuses, afin d’y chercher tout ce qui peut y révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine.

Les origines de la légende

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique, entre les récits abondants et variés issus de l’imagination populaire et les données authentiques, dont on peut déduire, à défaut d’une certitude, une conjecture raisonnable. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d’Hiram, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu.

Il suffira d’interroger un maître, de préférence un ancien, un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter… Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’il resteront peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint-Léon, dans son livre sur le Compagnonnage, paru en 1901, expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : « Les Compagnons du Devoir et de Liberté », « Les Enfants de Maître Jacques », « Les Enfants du Père Soubise ». Chacun des trois Ritespossède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes.

Selon Perdiguier, dans son livre sur le Compagnonnage, Maître Jacques aurait étél’un des premiers maîtres-artisans de Salomon et compagnon d’Hiram. Il travailla à la construction du Temple de Salomon et fut nommé Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers.

Le Temple achevé, il quitta la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille, avec ses disciples. C’est alors qu’il dut se défendre contre ceux de Soubise qui décidèrent un jour de jeter Maître Jacques dans un marais, afin de le faire disparaître.

La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard.

Sa dépouille mortelle fut rituellement ensevelie par ses Compagnons près de Saint Maximin et le traître eut la même fin que Judas.

Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée injuste et un autre récit raconte que Soubise versa des larmes amères sur la tombe de son ancien ami et qu’il flétrit son assassinat

Mais une autre version de la légende, veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers, brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, initiés et grands constructeurs, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et Charpentiers qui travaillaient pour « Le Temple » et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique.

Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et les confréries ouvrières, d’où est issu le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente.

Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté.

Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du « Devoir et de Liberté », Enfants de Salomon, prétendent eux,que leur fondateur est le roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitre 5, paragraphes 13 à 18 – 26 à 31 – dans l’édition de La Pléiade) :

« Salomon leva une corvée dans tout Israël et la corvée comprenait 30.000 hommes. Il les envoya au Liban, 10.000 par mois, par relèves.

Adoniram était préposé à la corvée. Salomon avait aussi 70.000 porteurs et90.000 carriers dans la montagne, sans compter les officiers nommés par les préfets et qui étaient préposés au travail, soit 3.300 qui avaient autorité sur les gens qui exécutaient le travail. Le roi ordonna d’extraire de grandes pierres, des pierres de prix, pour poser, en pierres de taille, les fondations de la Maison.

Puis les maçons ainsi que les Giblites, taillèrent et préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la Maison… Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était un Tyrien, artisan en airain. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages (Premier Livre des Rois, Chapitre 7, paragraphes 13 à 15).

Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Suivant la version d’Agricol Perdiguier, dans son livre sur le compagnonnage, les travaux étaient exécutés sous la direction d’un maître habile, nommé Hiram. Hiram travaillait le bronze et il était rempli de sagesse, d’intelligence et de science. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un nouveau mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, les assignations et les mots de passe qui lui permettaient de se faire reconnaître. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le « Mot » de maître ou de l’assassiner. C’est cette version qui constitue la trame du rituel que nous venons de vivre ensemble.

La signification de la légende

A quelque mythologie qu’elle se rattache, la légende peut être belle en elle-même. Elle peut même satisfaire l’esprit pendant des années, sans qu’il y décèle l’ouverture d’un chemin vers la philosophie. Puis un jour, mûr pour cette expérience, il perçoit d’instinct l’appel qui incite au mouvement. Double invitation au voyage. Mais invitation patiente et renouvelée dans le silence, car chacun partira s’il le veut et quand il le voudra… Pilate tue l’Esprit, mais au lieu de le mettre en croix, il met une croix dessus. Et c’est toujours la même opération, toujours à refaire. Mais on n’a pas assez de croix. Le Christ est mort, Pilate est né. Et tout irait parfaitement bien, comme Pilate l’entend, si l’on pouvait être sûr d’avoir tué l’Esprit.

Mais les esprits reviennent, comme on dit.

C’est pourquoi il faut avoir le courage de regarder jusqu’au fond du tombeau pour savoir qu’il est bien vide et que c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Le suprême malheur, pour le sanctuaire, serait de devenir le tombeau scellé, devant lequel on monte la garde. Et on ne le ferait que parce qu’il y aurait là un cadavre. C’est pourquoi le suprême courage est de proclamer que le tombeau, tous les tombeaux, sont vides : celui de Persée, immortalisé dans les étoiles, celui du Christ, au matin de Pâques, celui d’Hiram, qui revit en chacun de nous.

Alors, comment aborder la légende d’Hiram, avec un regard résolument tourné vers le futur ? Peut-être en se demandant pourquoi il est impossible d’éviter de réfléchir son propre portrait dans le miroir qu’est par définition une légende. Car il n’existe aucun maçon sérieux qui n’ait trouvé dans ce récit autre chose que sa propre image. Voilà qui place la légende au cœur du véritable étonnement philosophique, au chapitre des miroirs… Et l’on peut se demander si la question du miroir n’est pas précisément la question fondamentale de l’initiation. Car le piège dans lequel la légende prend tout maçon, est qu’elle ne nous permet pas d’échapper à l’auto-portrait, du moins après avoir tenté de jeter un regard vers le miroir qui nous regarde. Car en fait, la véritable question est bien de savoir comment sont montés une légende, un mythe, un temple ou un rituel, en forme de miroirs. Et l’on essayera donc d’observer comment le miroir est construit, en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de notre propre moi symbolique. Ainsi la légende d’Hiram engendre-t-elle ses propres lecteurs, car il n’y a pas plus de lecteur universel d’une légende ou d’un mythe qu’il n’y a
d’auditeur universel de la cinquième symphonie.

La légende d’Hiram, c’est donc d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est sans doute bien là que se trouve le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est- ce donc que l’Initiation, sinon la traversée des épreuves, à travers lesquelles l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens. Il ne me semble donc pas que je ne vous parlerai que partiellement de la légende, car le pire serait de croire que la quête s’achève, que l’Initiation se termine et que l’on pourrait y mettre le point final d’une dissertation.

Ce sont des mots prononcés au hasard, qui m’ont peu à peu tout révélé. Les sonnets de Gérard de Nerval éveillèrent tout d’abord mon attention, puis mon intérêt. Et l’auteur de ces vers avait effectué un « Voyage en Orient » dont je compris qu’il ne serait pas sans intérêt de lire le récit qu’il en avait rapporté. Et c’est ainsi que je découvris « l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman, Prince des génies ». Au fil des douze chapitres, d’« Adoniram », le premier, à « Macbenah », le dernier, la égende m’apparaissait plus symbolique. Les trois mauvais compagnons symbolisaient l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltaient les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une fille.

Et je retrouvais la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres, où figurent David ainsi que Salomon et la Reine de Saba.

Voici que de symbole, la légende devenait histoire… Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du « premier temple », détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonodor II. Tout près, se trouve Zorobabel, architecte du « second temple », embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 66 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du « troisième temple », a disparu du portail à la Révolution, mais Saint Jean-Baptiste présente « au passant » l’emblème de « la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau ». Ainsi, n’y avait-il pas qu’un seul temple… Et peut-être pourrait-il s’agir ici de celui dont il est écrit : « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours »…

La légende d’Hiram pose en fait la vraie question : crucifixion, résurrection, mort et renaissance, là est le vrai problème… La mort à soi-même que prônent les morales, les philosophies, les religions et la franc-maçonnerie elle-même, qui n’est pas une religion, ne peut être considérée comme l’écrasement devant l’autre ou encore comme la soumission à un sur-moi légaliste et culpabilisant. La signification en est toute autre… Mourir à soi-même, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange profond avec autrui. C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et à des tabous, au stade sujet, autonome, responsable, capable de s’aimer profondément et d’aimer profondément l’autre.

C’est là sans doute le véritable sens de la résurrection ou de la re- naissance qui font de nous des êtres libres.

« Ici, tout est symbole », cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la « parole » qui a été perdue. La « parole » est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent « qu’il n’y a rien à voir… ». La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Car le symbole est le langage du sens et il peut nous permettre d’accéder à la signification. Ainsi la « parole perdue » est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures.

Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli par celui qui se contente du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une « révélation » de la part de ses maîtres.

Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la « parole » ne pourra se dire. Elle sera montrée, sortie d’une boite, sous l’égide de la Rose, sous forme d’initiales, qui resteront le symbole du « mot » et non le « mot » lui-même, enfin retrouvé… Connaître, ce n’est point démontrer ni participer. Et c’est un rude apprentissage. C’est pourquoi on cherche toujours « des hommes de bonne volonté ». Et voici l’évangile nouveau : « La Paix se fera, si les hommes la font. La Justice sera, si les hommes la font. Nul destin, ni favorable, ni contraire, n’est écrit. Les choses ne veulent rien du tout. Nul dieu dans les nuages… Mais le héros seul sur sa petite planète, seul avec les dieux de son cœur, Foi, Espérance, Charité. »… C’est pourquoi il faut avoir le courage de proclamer que le tombeau est vide et que l’acacia refleurira .

La suite de la légende

Jules Boucher donne, en complément de son livre sur « la symbolique maçonnique », la belle légende maçonnique, kabbalistique et profondément ésotérique « des trois Mages qui ont visité la grande voûte et qui ont découvert le centre de l’idée » (page 355).

« Longtemps après la mort d’Hiram et de Salomon, après que les armées de Nabuchodonosor eurent détruit le royaume de Juda, rasé la ville de Jérusalem et détruit le Temple, trois voyageurs arrivèrent au pas lent de leurs chameaux. C’étaient des Mages, des initiés de Babylone, qui venaient en pèlerinage et en exploration sur les ruines de l’ancien sanctuaire.

Après un repas frugal, en parcourant l’enceinte ravagée, ils découvrirent une excavation. C’était un puits, situé à l’angle sud- est du Temple. Le plus âgé des Mages, qui semblait être le chef, se couch à plat ventre sur le bord et regarda dans l’intérieur du puits. Un objet brillant frappa ses yeux et il appela ses compagnons.

Il y avait là un objet digne d’attention, sans doute un bijou sacré.

Ce bijou était un Delta d’une palme de côté, fait du plus pur métal, sur lequel Hiram avait gravé le nom ineffable et qu’il portait sur lui, le revers uni exposé aux regards.

Le Mage, descendu au fond du puits, ramassa le bijou, constata avec émotion qu’il portait le nom ineffable. Il regarda autour de lui et distingua dans la muraille une ouverture fermée par une porte d bronze. En remontant, il dit à ses compagnons ce qu’il avait vu et leur parla de la porte de bronze. Ils pensèrent qu’il devait y avoir là un mystère et résolurent de partir ensemble à sa découverte.

Chacun des Mages, tenant une torche, se laissa glisser jusqu’au fond du puits. Puis, sous la conduite de leur chef, ils s’enfoncèrent tous les trois dans le couloir menant à la porte de bronze… »

Il y a une définition du secret maçonnique qui prétend que : « dire quelque chose à quelqu’un, c’est l’appauvrir, parce que c’est l’empêcher de le découvrir seul ». Je vous laisserai donc partir seuls à la recherche de cette légende en vous souhaitant d’avoir un jour le bonheur de la vivre vous-mêmes en maçonnerie.

http://fr.groups.yahoo.com/group/qabalah/message/957

20. Juin 6005

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La Franc-Maçonnerie 23 septembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

La Franc-Maçonnerie

 

 

La Franc-Maçonnerie est un des rares groupements, parmi les sociétés de pensée, auquel un homme libre puisse adhérer sans rien abdiquer, parce que son adhésion n’est pas un enrôlement, elle n’implique aucune obligation incompatible avec son idéal, parce qu’elle ne nuit pas à sa liberté, n’attente pas à son indépendance, n’amenuise en rien ses convictions.

Ses méthodes si particulières de travail, la sérénité de ses tenues, ses traditions et ses rites librement acceptés, ses symboles librement interprétés, une totale liberté d’expression dans la tolérance et la fraternité, un processus initiatique exceptionnel de perfectionnement et d’émancipation des individus dans leurs diversités, le Maçon libre, dans la Loge libre, font qu’un anarchiste est en Maçonnerie comme un poisson dans l’eau. Il faut être un homme libre pour accepter (et non pas subir) une discipline. Car il n’est de discipline valable que celle à laquelle on se soumet librement et spontanément (…).

Propos du Frère Léo Campion cité dans le livre  » Le coeur de maçon »   » Libertaire et Franc-Maçon – pour en finir (?) avec quelques fantasmes   » du Frère Michel Noirret  chez Editéditions

http://editeditions.net/index1.html

 

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