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Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie 10 mars, 2018

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ?

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La Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui est le fruit d’un long mûrissement qui commença au Moyen-Âge sur les chantiers des abbayes romanes et des cathédrales gothiques.

Alors, les bâtisseurs étaient de simples artisans, détenteurs d’un savoir de métier qui leur avait été pieusement transmis, qu’ils gardaient hermétiquement secret et qu’ils transmettraient un jour à ceux qui reprendront leur flambeau.

Ce savoir est leur fond de commerce : pas question de le livrer à celui qui n’appartiendrait pas au métier. Aussi, pour être sûr de ne pas commettre de bévue, les maçons reçoivent-ils, lors de leur admission dans l’ordre maçonnique, des mots, signes et attouchements qui leur permettront, toute leur vie durant, de « re-connaître » un homme comme l’un des siens, comme l’un de ses frères dans cette vaste famille universelle qui regroupe tous les constructeurs authentiques, détenteurs des secrets des outils des tailleurs de pierre et de la géométrie des architectes. Là est l’origine de ce fameux « secret maçonnique » qui a fait couler tant (trop) d’encre.

Le Franc-Maçon d’aujourd’hui est l’héritier de ceux-là.

Mais il a quitté le chantier opératif (de « operare » : travailler de ses mains) des cathédrales pour s’engager dans le chantier spéculatif (de « speculare » : travailler avec sa pensée) de l’humain.

Aujourd’hui, la seule cathédrale à construire est l’homme lui-même, mais rien ne change quant aux méthodes, aux outils. Les tours de main d’antan deviennent des tours d’esprit et de cœur, voilà tout.

Cette mutation de l’opératif au spéculatif a commencé dès les XVIIème siècle, et s’est parachevée durant le XVIIIème siècle, spécialement en Angleterre.

Mais laissons là l’histoire : elle n’est que l’apparence externe des choses.

Mieux vaut plonger dans la chair de la Franc-Maçonnerie pour voir et comprendre sa place dans le monde d’aujourd’hui.

La Franc-Maçonnerie est, à la fois, une foi, un ordre et une fraternité.

FOI

Elle est une foi …

Foi en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers.

Par là, les Maçons indiquent qu’ils ne croient pas en un univers fruit du seul hasard matérialiste : l’univers est le fruit, la manifestation, l’expression de quelque chose qui le dépasse infiniment. La nature de ce « quelque chose » importe peu : elle est et restera mystère et c’est très bien ainsi. Au moins, les Maçons ne se querellent-ils pas entre eux, comme les profanes (les non-Maçons) sur le sexe des anges ou les attributs divins. C’est là probablement, la source profonde de cette « tolérance » maçonnique dont on nous rabâche parfois les oreilles. Les Maçons ne sont pas spécialement tolérants ; ils sont simplement lucides et ne disent pas savoir alors qu’ils ne savent pas mais qu’ils savent qu’ils ne sauront jamais.

En affirmant leur foi en le Grand Architecte de l’Univers, les Maçons récusent tout humanisme : l’homme n’est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l’Univers. L’homme est un moyen, un instrument, un artisan sur le chantier du monde au service de l’Architecte suprême.

Le monde est un chantier. L’homme est un chantier. Tout reste à construire, à créer, à édifier. Mais pas n’importe comment : il existe un Architecte suprême qui indique la voie, celle de l’harmonie universelle ou, encore, de la beauté, de la sagesse et de la force créatrices … Nietzsche dirait peut-être : de la Volonté de Puissance », Bergson : « de l’Elan Vital », Teilhard de Chardin : « du point Omega ». Cette voie est un mystère … Il faut donc sortir de son état natif d’homme aveugle et aller à la rencontre de la Lumière qui éclairera le chemin à suivre.

C’est le rôle de l’initiation que d’offrir cet accès à la Lumière.

La Franc-Maçonnerie est, en effet, initiatique c’est-à-dire qu’elle s’élabore sur base d’une méthode pédagogique bien particulière, à l’exact opposé de l’exposé dogmatique ou du cours ex-cathedra …

Cette méthode initiatique passe par un rituel qui exprime, sous forme du mythe et du symbole, les clés d’une connaissance à découvrir. Ces mythes et symboles sont des graines que le rituel sème à profusion dans le terreau d’un foi naissante. Et ces  graines, si le terreau est fertile et bien arrosé de sueur méditative, germeront et pousseront jusqu’à engendrer l’arbre de la vie intérieure de chacun, chacun pour soi, en soi, par soi. La Franc-Maçonnerie, en ce sens, est une forêt où aucun arbre n’est semblable aux autres mais où la vie de l’esprit s’épanouit et s’accomplit dans la différence et l’harmonie. Cette harmonisation organique des différences s’appelle « fraternité », mais nous y reviendrons …

En somme, devenir Franc-Maçon (on n’est pas Franc-Maçon, on le devient indéfiniment …), c’est surtout avoir cette foi inébranlable en ceci que la vocation ultime de l’homme est de construire un Temple qui le dépasse infiniment, un Temple qui le transcende radicalement, en ceci que l’homme n’a de sens qu’au service de ce qui le dépasse (Nietzsche dirait que l’homme ne devient homme qu’en étant pont vers le Surhumain, c’est-à-dire vers ce qui dépasse l’homme).

La Franc-Maçonnerie offre les outils pour tracer le plan de ce Temple et pour en édifier les structures. Et cette offrande est initiatique, c’est dire qu’elle s’adresse bien plus au cerveau droit (celui de l’intuition, de l’imagination, du qualitatif, du global, de la sensibilité, de l’herméneutique, du visuel …) qu’au cerveau gauche (celui de la rationalité, du calcul, du quantitatif, de l’analytique, de la logique, du verbal, …).

En ce sens, la Franc-Maçonnerie est un anti-rationalisme, comme un pont entre Moyen-Âge et contemporanéité, par dessus de ces cinq siècles de matérialisme rationaliste et scientiste qui s’étalent de la Renaissance italienne à la Chute du mur de Berlin.

ORDRE

« Là tout n’est qu’ordre et beauté

Luxe, calme et volupté » (Baudelaire)

La Franc-Maçonnerie est un ordre. Cela signifie qu’elle est ordonnée, qu’elle est régie par une Règle (la règle est aussi un outil d’architecte …), qu’elle doit être régulière, donc.

Cette règle, cet ordre repose sur quelques principes intangibles que l’on appelle les « landmarks » (les limites du terrain, le cadre de l’épure, en quelque sorte).

Outre la foi incontournable en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers, le nombre et le contenu des « landmarks » connaissent différents recensements.

Les principaux sont les suivants.

L’ordre initiatique se construit sur trois degrés qui sont, dans l’ordre : celui d’Apprenti où l’on n’est pas encore initié aux secrets du métier, mais où l’on est admis aux « travaux », à l’essai en quelque sorte ; celui de Compagnon où l’on apprend les outils de la Franc-Maçonnerie (le « comment ») ; et celui de Maître où l’on découvre la vocation profonde de la Franc-Maçonnerie (le « pourquoi »).

Les Francs-Maçons appartiennent tous à une Loge, c’est-à-dire à une structure de base, à une cellule du réseau. Chaque Loge porte un nom. C’est elle le lieu de la rencontre et de l’initiation des Francs-Maçons. L’ensemble des Loges d’un même Etat est fédéré au sein d’une Grande Loge (aussi appelée « obédience ») qui est une structure purement administrative ne détenant aucun pouvoir initiatique ou hiérarchique autre que d’être le garant que toutes les Loges qu’elle fédère respectent bien les « landmarks » exprimés dans sa constitution et ses règlements.

Ma Loge s’appelle « La Parfaite Fraternité », elle est située à Mons en Belgique, elle appartient à la Grande Loge Régulière de Belgique.

Depuis la fin du XIXème siècle, sous pression positiviste et scientiste, des Loges ont fait dissidence par rapport à la Règle universelle commune et ont voulu s’affranchir de certains « landmarks », spécialement ceux concernant la foi en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers (ouvrant ainsi la porte à une tendance matérialiste, athée, humaniste et rationaliste) et concernant la pure masculinité (on parlera plus loin). Ces dissidences, présentes essentiellement en France et en Belgique, vivent leur vie de leur côté et pratiquent une Maçonnerie non spirituelle, essentiellement laïque, politique et lobbyiste, n’ayant gardé de la Franc-Maçonnerie régulière que quelques apparences rituéliques et formelles. Ces obédiences dissidentes s’appellent généralement « Grand Orient » ou « Droit Humain », etc …

Originellement, le métier de maçon étant très physique, on n’y trouvait guère de femmes. Parfois, des veuves de maçon étaient accueillies sur les chantiers afin d’y gagner leur pitance, mais elles n’étaient jamais initiées aux secrets du métier : nous sommes alors dans la société très machiste du Moyen-Âge chrétien, ne l’oublions pas. Depuis, cette règle de la pure masculinité s’est maintenue non pas tant « contre » la femme que comme aveu de faiblesse des hommes à être incapables de se concentrer sur leur travail sur soi en présence du beau sexe.

Cela dit, les Loges régulières, purement masculines, ont suscité des structures maçonniques parallèles destinées à accueillir les femmes, en Europe comme aux USA. Les Grandes Loges Féminines, descendantes des Loges d’Adoption souchées au XVIIIème siècle sur des Loges masculines régulières, sont de celles-là.

Chaque Loge est dirigée par un Vénérable Maître élu par l’ensemble des Maîtres.

Ce Vénérable fait office de président de séance. Il dirige les rituels et détient l’autorité sur les Frères présents. Il faut ici ne jamais confondre : faire autorité n’est pas détenir un pouvoir !

Un Vénérable fait autorité : il est respecté et écouté parce qu’il est le plus apte à diriger les travaux en vertu de sa Connaissance du métier et de ses talents sur le chantier.

Dans sa tâche, le Vénérable est entouré d’Officiers dignitaires ayant chacun leur rôle précis. Il y a un Premier Surveillant qui s’occupe des Compagnons, un Second Surveillant qui s’occupe des Apprentis, un Secrétaire qui est la Mémoire de la Loge, un Orateur qui est le garant de l’orthodoxie, un Maître des Cérémonies qui règle tous les mouvements en Loge, un Couvreur qui empêche quiconque de pénétrer dans la Loge sans en avoir reçu la permission expresse, etc …

Les « travaux » de la Loge consistent essentiellement à préparer ou à exécuter les rituels initiatiques qui jalonnent la vie intérieure de chaque Maçon.

Il s’agit d’entendre les « planches » de « demande d’augmentation de salaire » de Frères Apprentis ou Compagnons qui demandent à être reçu au grade supérieur au leur ; il s’agit d’exécuter les rituels de ces réceptions ; il s’agit de recevoir un Frère conférencier qui parlera d’un sujet exclusivement maçonnique, d’une méditation, d’une herméneutique personnelles qu’il souhaite partager ; il s’agira de « tenue administrative » d’élection du nouveau Vénérable ; etc …

Mais jamais il ne faut jamais oublier que le travail du Maçon, de chaque Maçon, ne se fait pas en Loge, mais en lui-même, à tout moment.

La Loge n’est pas le Chantier.

La Loge n’est qu’un lieu de transmission et de ressourcement. Le travail est ailleurs. Le travail maçonnique est dans l’accomplissement de soi, au service du Grand Architecte de l’Univers, sur le chantier du monde.

La Loge nourrit ce processus et ce travail, mais elle ne s’identifie jamais à lui.

FRATERNITE

La Franc-Maçonnerie, enfin, est une Fraternité : tous les Maçons réguliers du monde sont des Frères, fils de la même Veuve (la mère de l’architecte Hiram qui construisit le Temple de Jérusalem pour le Roi Salomon en Israël).

Cette Fraternité est bien plus que du copinage ou de l’amitié : « on choisit ses amis, pas ses frères ! ».

La Fraternité maçonnique répond parfaitement à Saint-Exupéry : l’amour, ce n’est pas se regarder dans les yeux, c’est regarder ensemble dans la même direction ».

Et cette direction unique, c’est précisément le service du Grand Architecte sur le chantier de l’Univers et de l’homme dans le monde.

Ce qui unit les Franc-Maçons, bien au-delà des sympathies et amitiés interpersonnelles, c’est le processus d’accomplissement que chacun expérimente à chaque heure de sa vie d’homme en quête de perfectionnement et de création de soi.

Cette Fraternité n’est pas une fraternité de comptoir ; elle est une Fraternité de combat. Combat contre soi, contre sa paresse, contre la bêtise et la barbarie, contre l’orgueil et la suffisance.

Cette Fraternité nourrit une vraie solidarité entre Maçons.

Mais cette solidarité n’est jamais copinage, affairisme, complicité malsaine, collusion, sous peine de sanctions et d’exclusion.

L’histoire des obédiences dissidentes qui ont sombré dans la politique et dans le politique, a démontré à suffisance, surtout en France, combien la Fraternité se prostitue et s’avilit dès lors qu’elle se met à servir des intérêts humains, même si parfois ils furent louables.

La Fraternité maçonnique appelle chaque Maçon a vivre sa vie en étroite connivence avec ses Frères comme l’on vit en famille sans plus ni moins.

Elle convie à sortir des schémas mercantiles du donné et du rendu, de la comptabilité des plaisirs et des douleurs : « il faut laisser ses métaux à la porte de la Loge » dit-on en Maçonnerie, ce qui signifie que le Maçon doit s’efforcer de fonctionner avec ses Frères en communauté d’esprit et en rabotant son ego.

Au « Connais-toi toi-même » socratique, répond un « Oublie-toi toi-même » maçonnique.

Seule l’œuvre importe.

Seul le chantier et le travail qui s’y fait importent, et les individualités qui y évoluent s’effacent devant le Temple qui s’érige peu à peu.

Le travail est anonyme !

 

Merci à toi mon F:. Jean-Claude de cette communication

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Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:. 29 décembre, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Discours de Réception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

 

Mon bien cher Frère Christ:. … Mon bien cher Frère Mic:. .., je vous ai rangé par ordre alphabétique, mais bien sûr, vous l’avez deviné il n’y a pas de préséance, vous êtes maintenant des Frères Compagnons Jumeaux. Quelle belle soirée  et quel honneur pour notre RL :.

Vous êtes sûrement abasourdis par tout ce qui s’est passé et vos esprits sont sans doute un peu emmêlés et confus.

Afin de vous aider à reprendre souffle et à vous remettre, si j’ose dire, « d’équerre et de niveau ! » je vais vous résumer et commenter les points essentiels qu’il vous faudra, bien sûr, étudier en profondeur.. Ce résumé espère être plus qu’une simple conclusion à cette cérémonie…

En effet, maintenant que la rituélie est terminée, maintenant que vous n’êtes plus au cœur de l’arène, maintenant que vos sens mis à rude épreuve, reprennent gentiment leurs rythmes naturels, ce résumé se propose de revenir sur les moments particulièrement riches, de façon à ce qu’ils suscitent d’emblée votre envie, de vous mettre au travail, dans votre nouvelle vie de Compagnon. Ces coups de projecteurs que je vais essayer d’orienter au mieux, sont aussi destinés à vous donner l’envie de revivre cette cérémonie, non plus comme acteurs, mais comme spectateurs attentifs et gourmands lors d’une prochaine cérémonie d’élévation au 2ème degré.

Grâce à cette « 2ème couche en live », si je puis dire, beaucoup de choses confuses vont s’ordonner de manière naturelle et surtout beaucoup plus facilement que par la lecture sèche du rituel. Je vous recommande de faire ce voyage dans un autre atelier, le plus vite possible, étant libérés maintenant du silence,  pendant que vos cœurs et vos esprits sont encore chauds de ces belles émotions. Une autre astuce que je vous propose, avant d’effectuer cette visite … ce voyage, c’est de bien relire tout le rituel du second degré, d’en noter les points obscurs à vos yeux pour les étudier avec votre Frère 1er Surveillant J-Claude. Vous pourrez effectuer ce voyage à votre guise car votre qualité de Compagnon vous autorise désormais à voyager librement sans être chaperonné par un Maître. Vous pourrez même demander à prendre la parole pour la 1ère fois…et vous verrez que ce n’est pas si facile afin de présenter les salutations de notre RL :. comme le veut la coutume et de son VM :. en chaire.

la 1ère fois…et les fois suivantes d’ailleurs…..  et si tel est votre désir, je vous accompagnerai volontiers… Vous connaissez mon goût prononcé pour les voyages, que cela soit dans le monde profane ou en Franc-Maçonnerie. C’est si enrichissant et souvent plein de surprises … comme dit un FF de notre Loge absent ce soir «  Que du bonheur »    … Et oui mes FF :.  Comment mieux assurer et consolider l’Universalisme de la Franc-Maçonnerie si ce n’est par des échanges fréquents entre les Frères, sous forme de voyages et, ce point est particulièrement important pour vous, mes Frères Compagnons, car l’une de vos tâches essentielles va être de découvrir le Monde extérieur, vous mettant ainsi dans les pas des premiers Compagnons opératifs.

 

Mes TC :. FF :.  Christ:. et Mic:. , après avoir connu une période d’introspection et de silence, orientée sur le principe « Connais-toi, toi-même », cher aux Francs-Maçons, vous nous avez présenté des planches remarquables et au vu de vos travaux, les Maîtres de la Loge ont estimé que vous méritiez maintenant de découvrir d’autres aspects de la Franc-Maçonnerie. Dans les épreuves de réception au grade d’Apprenti vous aviez été purifiés par les éléments : terre, air, eau, feu. On s’occupait de vous…on vous travaillait au corps…et à l’esprit… et l’on vous invitait vivement à continuer…

Au 2ème degré, tout change, et le Vénérable Maître vous a prévenu d’emblée ! Soyez attentifs, vous a t il dit, le Temple de la Franc Maçonnerie va s’éclairer et vous allez connaître de nouveaux symboles…. Vous allez maintenant découvrir le Monde extérieur ! Aujourd’hui, on vous a mis en possession des moyens et des objets de la Connaissance avec un grand C majuscule (plutôt qu’un grand G) pour mieux appréhender ce monde extérieur.

Au 1er voyage, on vous a montré les 5 sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat et vous apprenez qu’il va falloir continuer à tailler votre pierre… mais, ce n’est plus un travail de dégrossissement qui vous est proposé comme c’était le cas lors de votre apprentissage. Non, maintenant et avec une meilleure connaissance de vous-mêmes, par vos 5 sens, vous allez polir votre Pierre en un cube parfait. Le travail « connais-toi, toi-même » continue donc mais de manière plus précise, plus raffinée, plus subtile.

Au 2ème voyage, on vous a confié le niveau et la perpendiculaire.  Vous découvrez également les divers styles d’architecture, dorique, ionique, corinthien, toscan. Ainsi, il vous est proposé de construire le Temple en étant vous-même une colonne vivante, harmonieuse qui s’élève vers les hauteurs tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance.. ce que nous dénommons l’Art Royal.

Au 3è Voyage, vous découvrez Les 7 arts libéraux, Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie et qui représentent l’ensemble des arts et des sciences humaines J’attire votre attention sur le dernier, l’Astronomie… Il est bien sur question des Sphères, céleste et terrestre qui vous suggèrent que désormais, c’est tout le domaine de l’Univers qui est proposé à vos investigations Vertigineux…quelle confiance on vous accorde par rapport à votre ancien degré d’Apprenti Attention, ne vous laissez pas griser non plus par votre nouvelle liberté…

le Vénérable Maître vous rappelle que l’Initié ne doit pas présumer de ses forces et qu’il doit demeurer modeste et c’est justement ainsi qu’il obtiendra des résultats qui sont refusés à la présomption du profane.

Au 4è voyage, vous n’avez plus qu’ deux outils dont un essentiel … la règle et je vous le rappelle qui représente la loi du GADLU. Toujours crescendo dans vos découvertes….. on vous propose, ni plus ni moins, de devenir l’intime de quelques-uns des plus grands Initiés de l’histoire de l’Humanité : Solon, Socrate, Lygure,  Pythagore et  I N R . Illustres grands Initiés qui, chacun, selon ses moyens et dans le cadre de son époque a délivré un enseignement basé sur la raison, l’imagination, l’amour. Sous ce sigle INRI bien entendu c’est bien tout un programme d’éducation mais surtout celui de nos illustres chevaliers R+C.

Au 5ème Voyage…grande surprise…vous voilà mes chers Frères, mains libres……et vous découvrez le dernier cartouche … Ce cartouche vous a peut – être paru, dans un premier temps, bien rébarbatif… travail impératif… devoir incontournable…etc…. Mais le Vénérable Maître vous a souligné qu’en tant qu’Initiés, nous ne devons pas travailler à contrecœur, sous la pression de la nécessité, mais au contraire, avec entrain, en artistes. Oui, mon TC FF :. , travailler en artiste, au sens le plus noble du terme, pour qui, l’œuvre seule compte et n’est pas nécessairement subordonnée à une récompense.

Vous connaissez, peut-être déjà, cette histoire qui se déroule sur un chantier du temps des Cathédrales.

Le Maître demande à 2 Compagnons tailleurs de pierre :

« que fais-tu sur ce chantier ? »

le 1er répond d’un air fatigué : « je taille des pierres ! »

le 2ème répond avec enthousiasme : « je construis une cathédrale ! »

Voilà toute la différence entre le travail subi et le travail sublimé par le grand Œuvre, qui devient alors plaisir, joie, épanouissement partagé avec les autres Hommes Quelle que soit la place que vous occuperez sur le chantier, même la plus humble, vous saurez que votre effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique et qu’ainsi vous coopérerez à l’exécution du Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers. Enfin, à l’issue de cet ultime voyage, vous avez été conduit au pied de l’Orient et où brillait à vos yeux le grand symbole du Compagnon … l’Etoile Flamboyante …

Ah…mes Frères, vous n’avez pas fini de découvrir des choses inouïes derrière ce symbole, en premier lieu, l’interprétation qui est traditionnellement donnée par les anciens rituels : à savoir : – Le Grand Architecte de l’Univers, créateur du Monde entier Ou bien…..tenez-vous bien, mes Frères… L’Initié, celui qui a été élevé jusqu’au faite du temple sacré…c’est-à-dire …Vous, mes Frères … ou tout au moins…Vous, potentiellement… comme tous les Frères ici présents…… Vous imaginez le travail à accomplir…. mais que ce travail proposé est bien enthousiasmant au regard du but, de l’idéal à atteindre. Mon cher Christ:. , mon cher Mic:. , cela peut vous paraître bien fou, bien insensé, étant donné notre petitesse par rapport à l’Univers…..mais n’oubliez pas que, comme l’indique notre rituel ; en tant qu’Initiés, vous savez que vous portez en vous-mêmes un reflet de la Grande Lumière et que par conséquent, vous pouvez vous mettre au travail avec confiance, ardeur, joie pour exécuter ce Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers.

Que de clins d’œil encore vous allez découvrir… 5 Que l’Homme s’inscrit parfaitement dans l’Etoile à 5 branches et que c’est sans doute le symbole de l’Alliance entre l’Humain et le « Divin », entre la Terre et le Ciel, le Tout, le Grand Architecte de l’Univers…… Quand vous aurez vraiment travaillé, vraiment étudié, ce symbole si riche, ainsi que les autres symboles du 2ème degré, vous vous approcherez de plus en plus de l’Initié, réconcilié avec lui-même, intérieurement harmonisé et heureux. Vous serez alors parmi les Hommes, facteurs de paix, de Joie et d’Amour.

L’Etoile Flamboyante vous donnera la clé du passage de l’Equerre au Compas. A ce stade, mon cher Christ:., mon cher Mic:., et avec l’aide bienveillante de tous vos FF :. Et principalement du Frère 1er Surveillant, JClaude vous reviendrez vers nous, les bras chargés d’un superbe morceau d’architecture, digne d’un Maître.

En attendant ce moment heureux pour toute la Loge, Je vous dis simplement…

Allez mes Frères… Au Travail !!!

Dans la Confiance, la Joie et la bonne humeur….

et que l’Etoile Flamboyante illumine votre chemin !

 

J’ai dit, V:. M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.
SOURCE : l’excellent blog  de anck131 http://anck131.over-blog.com/
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Circulation de la Lumière 15 octobre, 2016

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

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Toute maçonnerie trouve sa justification dans la construction d’un monde harmonique …. Un monde qui respecterait des lois que l’on qualifierait d’universelles … un monde où les idées et les actes seraient conformes aux règles posées selon des voies qui ne nous sont pas connus et qui, pourtant, orchestrent tout …

Toni Seron formulera d’une autre manière ce désarroi de tout être face à la justification de sa propre destinée  … « notre absolue impuissance devant la Gnose est la seule Porte qui peut nous ouvrir aux processus vitaux de la grande Pyramide, à la mortification, à la genèse du Grand Œuvre … Seul ce sacrifice, ce broyage intérieur conscient et responsable du moi septuple, du moi entier … l’intérieur et le supérieur … cette impuissance fondamentale … cette innocence des premiers jours est acceptée par la Lumière des lumières, la Gnose  … il s’agit, alors d’être élève d’un apprentissage qui confesse intérieurement son propre état, qui accepte, maintenant ce qu’il est sans duplicité !!!! … les 33 vertèbres de sa forme animale s’apaisent, alors, sans forcer … une nouvelle colonne va pouvoir s’ériger … le vieux serpent de feu, la vieille colonne de mercure se posent afin de laisser l’intelligence, la lumière du nouveau matin circuler dans ce vieux corps moribond » …

Homme connais-toi, toi-même !!!!

Notre Rituel nous invite à nous souvenir … de notre source  !!!!

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Les éléments de notre réflexion étant posés ….

distrilum-00Le frère ou la sœur dans l’état d’esprit décrit ci-dessus ayant choisi son véhicule d’accès à la connaissance … la franc-maçonnerie et notamment la nôtre …. s’avancera sur le parvis du temple … puis pénétrant dans celui-ci … son espace sera empli de symboles vivants lesquels animés selon leurs rôles et fonctions par une rituélie appropriée  amènera à sa conscience une substantifique information … cette information … il devra l’ingérer … en comprendre sa raison dans le cheminement de sa vie  … et surtout elle facilitera le déploiement de champs successifs de conscience  ….

Ainsi la rituélie l’enveloppera d’un égrégore approprié au voyage initiatique … il sera invité à se mettre dans un état méditatif le plus parfait ….

1 : Nous appellerons ce stade … celui du Plan de Conscience Primordiale
distrilum-01anous sommes, alors, dans des plans non manifestés mais bien présent … structurellement actif … dans le subtil et dans un espace encore occulte (ce sera le plan Monadique des Orientaux)  … Ce stade est représenté par le Naos … Seule la lumière éternelle est présente au centre du triangle …

Jusqu’à maintenant ce plan était le domaine réservé des occultistes.

Voilà posé le problème de nos origines, de l’origine de toute chose, les principes et les ressorts de la création du monde manifesté et notamment de la vie …

«  ….. Il est une Force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit, et par laquelle toute Lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »

Voilà qu’apparait la lumière primordiale unique … blanche enfermant en elle les 7 couleurs
de l’arc en ciel et pourtant son existence rassemble toutes les forces pénétrantes et agissantes … et à partir d’elles … tout devient possible

Le 21ième Siècle sera spirituel ou ne sera point (André Malraux dixit) … indiquent, en cela, que rationalisme et métaphysique doivent se rencontrer. Des avancées considérables en matière de physique et notamment avec la formation de nouvelles sciences associées à la « Physique Quantique » la relation entre « Science et spiritualité » émergent curieusement et rendent évident ce lien. De quoi réconcilier Scientifiques et Hermétistes ? … rien n’est moins sûr, encore et pourtant les deux rives de la connaissance … se rejoignent en une « Terre » ou l’unité fait loi

Ervin Laszlo, Philosophe & Scientifique, dans son livre « Science et Champ Akashique » nous rappelle ceci :

« Bien que l’on ait encore beaucoup à découvrir sur le vide quantique, il est, déjà, clair qu’il s’agit d’un médium cosmique super-dense qui transporte la lumière et toutes les forces universelles de la nature. Les ondes de pression peuvent s’y propager et ainsi traverser l’univers d’un bout à l’autre. C’est du moins ce qu’avance le physicien mathématicien Hartmut Muller, selon qui la dimension observée de tout objet, des atomes aux galaxies, est déterminée par l’interaction des ondes de pression qui se propagent dans le vide …. Etant donné que l’univers est fini, une fois rendues au « point dimensionnel critique les ondes se superposent et créent des ondes statiques durables. Ces ondes déterminent les interactions physiques en établissant la valeur des forces gravitationnelles et électromagnétiques, ainsi que des forces nucléaires fortes ou faible. Par résonance, ces ondes amplifient certaines vibrations et en restreignent d’autres. Elles sont donc responsables de la distribution de la matière partout dans le cosmos. Tous les processus ont un rythme interne propre qui dépend de leur résonance avec les ondes statiques du vide. Muller conclut que le vide est un arrière-plan cosmique ultrafaible qui agit tel un « champ morphogénétique » …

Alors, de récentes découvertes viennent confirmer la présence d’ondes de pression dans le vide. Les astronomes de l’observatoire Chandra-X-Ray de la NASA ont décelé une telle onde engendrée par le « trou-noir » supermassif se trouvant dans la constellation de Persée à quelques 250 millions d’années-lumière de la Terre. Cette onde de pression provenant du vide se traduit musicalement par un Si bémol[i]. IL s’agit d’une vraie note qui se déplace dans le vide depuis 2,5 milliards d’années et que notre système auditif ne peut entendre vu que sa fréquence se situe 57 octaves sous le Do central d’un piano …

Un champ qui transporte la lumière (ou des ondes de photons) et des ondes de pression dense, et qui, par ailleurs, remplace l’énergie perdue par les atomes et les systèmes solaires n’est pas du tout une entité théorique et abstraite … »

Erwin Laszlo ajoute « Ainsi le vide quantique transporte lumière, énergie, pression et son. Se pourrait-il aussi qu’il soit doté d’une autre propriété lui permettant de mettre en corrélation des évènements distants et séparés ? Qu’il crée les corrélations assurant l’incroyable cohérence des quanta, de l’organisme, de la conscience et de l’univers tout entier ? »

Le doute que le mystérieux champ mettant en en jeux des corrélations de transcendance spatio-temporelle dans le cosmos et la conscience  soit un champ d’in-formation situé au cœur même du cosmos est confirmé : « le champ du point zéro » du vide quantique est non seulement un champ énergétique « super-dense » mais il est un champ d’’in-formation « super-riche » … il est la mémoire holographique de l’univers …

En une phrase simple: Il (le vide quantique) contient de l’Information (ou de l’in-formation) c’est-à-dire des règles et des données nécessaires à la formation de l’univers dans son unité et dans ses parties !!!!

Ainsi la lumière éternelle (Lumière centrale) est-elle posée opportunément sur le triangle du Naos. Elle seule représente la nature réelle et subtile de toute chose dans état existant avant apparition de toute manifestation

2 : Dès lors, notre rituelie annonce un deuxième plan qui va naître de la propagation de la lumière universelle  … Le maître de cérémonie va recueillir les éléments nécessaires à la poursuite de l’ouverture de canaux de communication avec les énergies

fondatrices  … Cela se traduit par ladistrilum-02figuration d’un lien lumineux entre la flamme éternelle et une des étoiles du flambeau du Vénérable …

Le Maitre des Cérémonies tel l’Hermès  apporte la lumière au Vénérable Maître … ainsi le plan primordial … permet une première manifestation  … celle de mettre en jeu les premières fonctions nécessaires à la production de toutes manifestations … (nous sommes là sur le plan de la manifestation dans le sous plan trinitaire des déclinaisons fonctionnelles du Naos)

  • Le Vénérable Maître allume, alors, une étoile et pas n’importe la quelle avec un boutefeu allumé à la flamme éternelle … celle qui a la position centrale de son candélabre car elle est bien la réplication, à ce stade de la flamme primordiale …  mais déjà transposée dans un espace qui va se manifester du fait de la mise en œuvre des 3 premiers attributs

(Triangle équilatéral dont la symbolique rappelle les trois plans devant être présents avant toutes choses et avec toutes choses :  le plan Atmique[ii] où Volonté, le plan Bouddhique[iii] ou Amour-Sagesse et enfin le plan Manasique[iv] ou Intelligence-Action )

…. Dès lors apparait le mouvement … nécessaire à tout acte opératif  (effet miroir entre les mondes)

  • Mise en lumière des 3 premiers attributs à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître

distrilum-03A : le premier surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du Vénérable Maître … dans le silence (ce qui va être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale)  … puis rejoint sa place

B : le second surveillant allume son flambeau à la position centrale du candélabre du VM … dans le silence (ce qui se prépare en vue d’être actif de façon opérationnelle se nourrit ou se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale))  … puis rejoint sa place

C : le Scribe allume son flambeau à la flamme centrale … dans le silence (l’ensemble y compris la mémoire et la conscience s’éveille et se met en résonance vibratoirement avec la lumière primordiale … le lien avec l’Akasha doit être constitué et opérationnel))  … puis rejoint sa place

Ainsi, la flamme centrale, vient adombrer la loge de ses principes moteurs et opère un transfert équationnel ….

(Sur le plan symbolique apparait les premiers éléments d’un Carré long (Occident, Septentrion, diagonale NE-SO)

distrilum-04a

Cela fait le Vénérable Maître allume les deux autres étoiles de son candélabre (le Vénérable Maître devient alors la clef de voute … de ce qui va se mettre en place

… à ce moment, et à ce moment là seulement apparait le premier triangle opératif dans le monde manifesté

Nous parlons ici du Triangle (72-36-72): Second Surveillant – VM – Premierdistrilum-05surveillant …. (Lequel aura son « répondant » Orateur – Couvreur – Scribe (nous remarquerons que dans ce deuxième triangle seul le Scribe est porteur de lumière) …. Et cela est logique car la lumière adombre tous les espaces … Eclairé par elle, l’Orateur représente bien, maintenant, celui qui fait respecter la loi et les processus d’organisation et d’Harmonie. Le Couvreur est bien, aussi, celui qui est dépositaire du passé et de l’histoire de la loge dans sa dimension « la plus inspirée » tant il est vrai que bien que surgi du Passé … il régule le présent dans ses flux et participe de l’avenir par sa sagesse 

…. Le monde, que nous venons de décrire, n’est pas encore tout à fait maçonnique (car en effet ce que nous venons de dire n’est pas vu comme cela seulement en Maçonnerie … on le trouve dans bien des décodages extrême orientaux notamment) … Le Monde Maçonnique est en cours de gestation (il sera, en effet, maçonnique seulement lorsque les joyaux de la loge seront en place.)

3 : Ce mouvement qui commence à se manifester dans la création, sur le plan opératif, ne peut être mis en œuvre que si l’esprit domine la volonté d’actiondistrilum-06et celle-ci doit être éclairée/illuminée par les trois piliers du temple (ou Petites lumières) … c’est le 3ième plan nécessaire afin que tout acte soit juste, harmonique et conforme à la loi de Maat

Notre temple et ceux qui s’y rassemblent seront sous l’influence de la « Sagesse », de la « Force » et de la« Beauté »

Le Vénérable Maître en Chaire descend de l’Orient. L’expert vient se placer à l’orient pour en garder fermement l’entrée …

Le Vénérable Maitre en Chaire allume son boutefeu à la lumière éternelle puis se dirige vers la colonne « Sagesse » l’autre

  • Sagesse,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Mes sœurs et mes frères, les fondations de notre Temple sont posées, ce Lieu est saint, et notre œuvre séculaire peut reprendre son cours ….

….. Selon l’antique prophétie d’Hermès, voici que l’Égypte est devenue veuve et d’hommes et de Dieux. Mais nous, Vrais & Anciens Maçons de la Terre d’Égypte, nous conservons précieusement et maintenons le dépôt de la terre de Memphis.

C’est pourquoi, Seigneur de vérité, que tous les hommes connaissent sous tant de nom divers, …

  • Toi qui es pour nous l’Architecte Suprême de tous les Mondes …..
  • Toi qui as dit « J’ai créé toutes les formes avec ma Parole, alors qu’il n’y avait encore ni Ciel ni Terre »

… reçois en cet instant nos hommages. Éclaire nos travaux et dissipe les Ténèbres qui voilent Ta Vérité, afin que se révèlent à nous les Plans Parfaits de Ta Sagesse Éternelle gouvernant tous les Mondes »

Le PREMIER SURVEILLANT

« Toi qui a dit: « Je suis la source des existences et de tous les Êtres, je suis hier & je connais demain ……  » Salut à toi !! »

Le SECOND SURVEILLANT

« Toi qui a dit « Je suis l’Éternité, le Monde, le Temps, le Devenir, j’ai pour essence le Bien, le Beau, le Bon, le Véridique ….  » salut à Toi !!!! »

  • Force,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« Salut à Toi, Seigneur de l’Éternité, dont les Noms sont multiples et les formes mystérieuses ! Soutiens ce Temple par Ta FORCE, connue des seuls enfants de la Lumière » …..

Le PREMIER SURVEILLANT

.. « OSIRIS à la robe de Lumière, couleur du Principe éternellement pur, nous célébrons Ton Harmonie suprême, à laquelle nous espérons participer dans l’AMENTI. »

  • Beauté,

Le VÉNÉRABLE MAITRE

« ISIS qui sait rassembler la Parole Sacrée, la maintenir en son ordre et la communiquer aux Initiés, Toi qui les habitues à persister dans les Saintes Pratiques, dont la fin est d’obtenir la Connaissance de l’Être Premier et Souverain, accessible à la seule intelligence, les enfants de l’Art Royal saluent ici Ta BEAUTÉ Ineffable » …

Le SECOND SURVEILLANT

« ISIS, Divine Mère, au Voile teint des Couleurs innombrables du Monde, nous communions tous en la compréhension du Mystère que Tu as révélé aux Hommes » …

Lors de l’allumage des chacune des colonnes le Maître des Cérémonie devance le Vénérable Maître, se met à l’ordre de sa fonction et  frappe de façon énergique le sol avec son bâton lorsque l’étoile est allumée.

Cette frappe énergique ancre opérativement les forces de production du monde manifesté ….  sur le plan symbolique apparaissent les éléments suivants d’un Carré long (Sud-midi, Occident, diagonale NW-SE) … l’ensemble formant un réceptacle de la lumière d’Orient….

Pour mémoire, La Colonne corinthienne (H=10D) est celle de la Sagesse, la Colonnedorique (H=8D) est celle de la Force et la Colonne ionique (H=9D) est celle de laBeauté. La somme des trois nombres donne vingt-sept : Nombre de l’Univers.

 Il sera aisé de constater que les deux diagonales des deux « carrés long » se coupent très exactement à la position du Naos …. Exactement comme les diagonales du Carré long formées par la pose des phylactères lors de la sacralisation d’un temple qui permettent la pose de la Pierre Cubique à pointe !!!

4 : la sacralisation de tout action se confirmera par la cérémonie des parfumspar le Vénérable Maître.

distrilum-07Celui-ci se place entre les colonnes « Force » et « Beauté » … avance vers le Naos. Il est dos à l’Occident  puis …..

(met l’encens dans le brûle parfum) « Que ce parfum de suave odeur apaise nos âmes, (met l’encens dans le brûle parfum) atténue nos passions, (met l’encens dans le brûle parfum) et qu’il nous rende fraternel les uns pour les autres en élevant nos esprits et nos cœurs. »

Le brule parfum est placé à la pointe Occidentale du Naos … il repend sa subtile essence issue du monde divin modestement déjà décrit … il en imprègne tout espace de toute vie avant que ne se précise l’espace-temps opératif choisi par nos frères et sœurs pour œuvrer dans la matière

5 : La franc-maçonnerie est un sous-ensemble de l’humanité au service de cette harmonie universelle … elle vient jouer son rôle selon des règles et des principesdistrilum-08qui lui sont propres au travers des outils de la manifestation que nous avons tous acceptés …. Et que nous nommons « Les trois grandes lumières » de la maçonnerie c’est-à-dire Equerre, Compas et la règle … lesquelles sont enlacés selon une symbolique particulière attaché au grade travaillé et propre à notre Rite …. Ces lumières ne sont pas d’ordre physique mais elles pointent sur une référence absolue en matière de pratique opérative !! (D’où leur empreint à la franc-maçonnerie de métier)

Nous noterons, que c’est à partir de ce moment qu’une loge devient clairement maçonnique et investie d’une mission pour le moins humaniste et, pour le mieux, dispensatrice de connaissance  … avec la totalité de ses « moyens » visibles ou invisibles …

Au moment où tous les joyaux de la loge sont enlacés le Delta Lumineux (36°108°36°)delta3610836as’éclaire …. 108° correspondront aux 108 rayons qui adombrent nos trois mondes à partir du plan Divin …  Dans nos Rites nous trouverons au centre « l’œil d’Horus » … 108 un clin d’œil sans doute aux 108 grains du « malla » dont la maitrise totale signifie « Eveil »

Dans d’autres le Nom ineffable « Iod He Vav He » … dans d’autre, encore, « un Point » …   Les travaux sont, alors, sous les meilleurs auspices

6 : Pour être complet dans le champ maçonnique … un autre élément important doit figurer :

naosextraitTout ce qui a été dit est peut-être d’un intellectualisme contestable mais souvenons-nous, nous sommes à ce stade des constructeurs !!!! … il nous manque les plans de l’architecture que nous construisons grâce au « formatage » que nous avons reçu en héritage par la structure linguistique de note ADN et les états de conscience transmis ….   Ces plans qui doivent guider les apprentis, Compagnons et Maître … doivent être mis dans une crypte … sous le pavé mosaïque …. Car ils ne peuventkeops-plan-001pas être lu par le monde profane mais aussi par les frères et sœurs qui n’auraient pas, eux, fait l’effort de les découvrir, tel des spéléologues de la conscience intérieure …

Dans notre Rite : Nous ferons figurer un dessin d’architecte représentant une pyramide ….  Symbole s’il en est du lien fort et puissance entre Science et ésotérisme

Seule sera mise et à ce stade, en apparence la patente de Loge

Clôture des travaux 

… la fermeture des travaux se fera par le processus inverse ….

La loge ayant opéré son travail … le frère ou la sœur œuvrera dans le monde profane selon les connaissances nouvelles acquises … ainsi, transforme t’il le monde selon son état de conscience …

Dernière remarque

S’agissant des étoiles du temple nous retrouverons l’ennéade qui caractérise le temple symbolique …. Car nous avons réalisé l’équation 1 + 9 … le Un étant symbole de l’origine de tout monde manifesté (lumière éternelle) …  et le nombre 9  (3 pour le VM, 3 Scribe, Second Surv, Premier Surv, 3 Sagesse, Force, Beauté) … ainsi l’ennéade procède bien de l’Unité

Ennéade … qui comme le savent les frères et sœurs maçons du monde entier guide nos pas tout le long de nos échelles maçonniques …

Gérard Baudou-Platon

 

[i] L’on retrouvera sur ce thème de la musique des sphères de nombreux auteurs en particulier :

Aristote & Aristoxène qui établiront une première correspondance entre les planètes et des notes de musique

(Lune : « Ré », Mercure : « Do », Vénus : « Si bémol », Soleil : « La », Mars : « Sol », Jupiter : « Fa », Saturne : « Mi »)

  • Dans la famille des Pythagoriciens … Philolaos de Crotone, Platon, Ptolémée … auront leurs correspondances
  • De même au moyen âge avec les Néo-Platonicien (Plotin, Boèce …) & Copernic
  • Ensuite Kepler
  • Enfin, les temps modernes avec les Radiosources

[ii] Considération sur le plan Atmique … à rapprocher du Sanscrit « Âtma » … selon le dictionnaire de la Sagesse Orientale (Robert Laffont) … l’ÂtmaBoddha, littéralement « Connaissance de Soi » … le court mais important traité de l’Advaïta-Védenta, attribué à Shankara et régulièrement cité dans la littérature de cette philosophie, les 68 Sloka (vers) de l’œuvre traitent des principaux sujets important de l’indouïsme : Âtman, Brahman, l’effacement de da Brahman derrière les formes du monde sensible, ainsi que les méthodes qui mèment à la connaissance de Soi et à la délivrance

Âtman : Terme désignant, selon la conception hindouiste, le soi véritable et immortel de l’homme, ce que l’Occident appelle « l’âme » … spectateur impartial du « Jîva » .. il se situe, au-delà, du corps et de la pensée … conscience absolue …. Le Bouddhisme nie en revanche l’existence d’Atman …

JÎva :   « Vivre » … être vivant incarné … Le Soi incarné s’identifie à un corps, une pensée  … devenu égo, il se crée l’illusion d’une individualité et d’une causalité et s’enchaine ainsi au cycle de la naissance et de la mort …

 

[iii] Plan Bouddhique … à rapprocher de : le Bouddha considère que la vie est éphémère (Anitya), impersonnelle (Anâtman, Skandha) et donc douloureuse (Duhkha). La prise de conscience de ces Trois caractéristiques de l’existence (Trilakshana) marque le début du cheminement Bouddhique. La souffrance est le résultat du désir (Trishna) dont la disparition entraine la délivrance du Samsarâ …. Le Bouddhisme explique cet enchainement des êtres aux cycles des renaissances par la chaîne de production conditionnée (Pratîtya_Samutpada) …. La fin de ce cycle correspond à la réalisation du Nirvâna. Le Chemin pour y parvenir conformément aux quatre nobles vérités est le sentier Octuple qui enseigne la moralité (Shîla), la méditation (Samadhi, Dhyana), la sagesse et la connaissance (Prajnâ) ….

 

[iv] Plan Manasique …. Vient de Manas terme sanscrit ….

Pour les Hindous = Capacité de réflexion partie de l’Antahkarana, l’organe interne. Grace à Manas, nous recevons les impressions du monde extérieur qui dont soumise à la buddhi … manas nous incite au doute, nous aide à prendre des décisions et à changer nos désirs en actes …

Buddhi : composante de l’Antahkarana permettant de classifier les impressions sensibles grâce à sa capacité de discrimination …. Instrument inanimé qui, avec l’aide de l’intelligence et la connaissance de l’Âtman, développe toutes les facultés de l’homme jusqu’à l’intuition

Pour le bouddhisme : Esprit, intelligence. Manas désigne au sens le plus large l’ensemble des facultés et des activités intellectuelles, le fonctionnement intellectuel de la conscience.

Dernière des 6 bases (L’œil, l’Oreille, le Nez, la Langue, le Corps et l’Esprit), Manas en est là 6ième base et constitue le fondement de toutes activités psychiques  …. En tant que facultés de pensée, manas est considérée comme un sens supplémentaire adapté aux objets rationnels comme l’œil l’est aux objets visuels

Manas constitue le 7ième des 8 variétés de conscience

Source : http://gerardplaton.neowordpress.fr/

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LA MACONNERIE DISSEQUEE 24 février, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Union Maçonnique Universel du Rite Moderne

 

LA MACONNERIE DISSEQUEE

Samuel Prichard 1730

                       

Eques a Leopardo aureo

Liberaliter agere

 

Ce texte est un des textes fondateurs, en particulier pour ceux qui pratiquent les rites basés sur les principes des Moderne.  C’est la première divulgation complète avec le grade de Maître. Je pense donc qu’il est de mon devoir de Franc-Maçon, dans la recherche de la vérité, de le mettre gracieusement à la disposition des Sœurs et des Frères. Que le traducteur et les frères qui m’ont aidé soient remerciés.

J’ai inclus le tableau de la Grand Loge de Londres fait par Picart en 1735. On le trouve dans Illustrations de Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde.   Source : Bibliothèque nationale de France.

Ce document est particulièrement intéressant : il montre bien la forme en équerre de la table autour de laquelle les Frères se réunissaient et l’emplacement des trois chandeliers.

Je vous joins en introduction un petit texte de l’érudit de notre Ordre en ce début du 3ème millénaire: Alain Bernheim.

Jean-Claude Villant                        jvillant@yahoo.fr

Membre de l’académie Internationale du Vème Ordre U.M.U.R.M.

 

Que nous apprennent les plus anciens documents maçonniques écrits en anglais?

Tout ce que nous savons des anciennes cérémonies maçonniques en Grande-Bretagne se trouve réuni dans un livre intitulé The Early Masonic Catechisms, publié en 1943 par Douglas Knoop, G. P. Jones et Douglas Hamer. Une seconde édition de cet ouvrage, revue et complétée, fut publiée en 1963, avec une Préface de Harry Carr. Elle comprend notamment la transcription de dix manuscrits (catechisms) et de dix divulgations imprimées.

Les trois plus anciens manuscrits transcrits dans ce livre proviennent d’Écosse et furent écrits dans les années 1700, c’est-à-dire avant qu’aucune Grande Loge au monde n’ait été fondée. Ils sont divisés en deux parties distinctes: l’une comprend les questions et les réponses que l’on posait à un Maçon qui affirmait être en possession du « Mot de Maçon » avant de le reconnaître (comme tel). Ces questions et réponses deviendront ce que nous appelons aujourd’hui instructions ou mémentos (les Anglais les appellent catechisms ou lectures) et donneront naissance au milieu du 18è siècle à l’ouverture et à la clôture rituelle des travaux d’une loge. L’autre partie décrit notamment une cérémonie se rapportant à la communication du « Mot de Maçon » à un Apprenti. Cette cérémonie est l’ancêtre de ce que nous appelons aujourd’hui initiation, passage et élévation, c’est-à-dire la manière de recevoir un profane dans la Franc-Maçonnerie (l’initier comme Apprenti), puis de lui conférer deux autres grades, ceux de Compagnon et de Maître.

La première divulgation imprimée fut publiée à Londres en avril 1723. La dernière divulgation de cette première période, Masonry Dissected de Samuel Prichard, date d’octobre 1730. Ce texte célèbre est particulièrement intéressant pour deux raisons: il est le premier à reproduire en trois parties séparées les questions et les réponses concernant les grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître; il est également le premier à narrer les circonstances dans lesquelles l’architecte Hiram fut assassiné. Comme la mention de ce meurtre ne se trouve ni dans la Bible ni dans les Old Charges (les anciens manuscrits des maçons opératifs), on peut en conclure que son récit a dû être inventé aux environs de 1730.

Aucun de ces vingt textes ne constitue un « rituel » au sens contemporain du mot, c’est-à-dire le dialogue et la description des actions accomplies pour ouvrir et fermer les travaux d’une loge, ou pour conférer un grade. Mais presque tous comprennent différentes versions du serment que prêtait, comme aujourd’hui, un nouveau Maçon, serment par lequel il s’engageait, sous peine de châtiments graves, à ne révéler d’aucune manière les secrets qui lui avaient été transmis. Les précédentes générations d’historiens maçonniques en tirèrent la conclusion apparemment logique qu’on ne saurait accorder d’authenticité aux textes de ces divulgations puisqu’ils ne pouvaient avoir été écrits que par des parjures… Jusqu’au jour où le hasard fit qu’on s’aperçut que quelques lignes écrites en 1702 dans le Livre d’Architecture d’une loge d’Écosse se retrouvaient presque identiquement dans les anciens manuscrits des années 1700 (cf. Harry Carr, AQC 63, 1950, pp. 259-263). Les historiens anglais comprirent alors qu’il convenait de ne pas confondre les documents manuscrits qui avaient sans doute servi d’aide-mémoire, avec certains textes imprimés, publiés dans le but de ridiculiser la Franc-Maçonnerie ou de lui porter tort. Ils en conclurent que plusieurs de ces textes étaient très vraisemblablement authentiques.

Ils estiment d’autre part qu’aucune autre divulgation de caractère authentique ne fut publiée en  anglais pendant la période comprise entre octobre 1730 et avril 1760.

Alain Bernheim  33ème

 

La maçonnerie disséquée

(1730)

Samuel Prichard

Commentaire et traduction nouvelle par Gilles Pasquier

 

Description générale et véridique de toutes ces parties depuis l’origine jusqu’au moment présent. Telle qu’elle est donnée dans les Loges régulières constituées tant en ville qu’à la campagne, selon les différents grades d’admission. Donnant un récit impartial de leur procédure régulière lors de l’initiation de leurs nouveaux membres à l’ensemble des trois grades de la Maçonnerie, c’est-à-dire 

I. Apprenti Entré.  II Compagnon du Métier.  III Maître.

A cela est ajoutée sa propre défense par 1’auteur.

 

Troisième édition par Samuel PRICHARD  ancien membre d’une Loge constituée.

LONDRES: Imprimé pour J. Wilford aux Trois Fleurs de Lys* derrière la maison du chapitre près de Saint -Paul

1730

Prix : 6 pence

(SERMENT)

Samuel Prichard a fait le serment que le texte ci-annexé est un texte authentique et véridique dans tous les détails.

(A juré le 13e jour d’octobre 1730 Aérant moi R. Hopkins)

                                  SAM. PRICHARD

(Dédicace)

A la Très Vénérable et Honorable Fraternité des Maçons France et Acceptés.

Frères et compagnons,

Si les feuillets qui suivent, écrits avec impartialité, obtiennent l’approbation unanime d’une si illustre Société, je ne doute pas que leur caractère général ne soit diffusé et estimé parmi le reste de l’humanité cultivée, ce qui, je l’espère, donnera, entière satisfaction à tous les amis de la vérité, et je resterai, avec une très humble soumission, le plus obéissant et le plus humble serviteur de la Fraternité.

Ce « catéchisme » est assurément un grand classique du corpus des textes anciens de la maçonnerie, puisqu’on en connaît plus de trente éditions sans tenir compte des éditions pirates. La première parution est du 20 octobre 1730 et ce fut sans doute un succès de librairie, car un second tirage intervint le 23 octobre suivant et un troisième le 31 octobre. C’est sur cette troisième édition, dont un exemplaire est conservé au British Muséum et dont le texte est reproduit dans Tue Early Masonic Catechisms de Knoop, Joncs et Hamer que nous avons travaillé.

On disposait jusqu’à présent d’une traduction française de Masonry Dissected datée de 1743 (reproduite en 1976 par les éditions du Baucens). Cette dernière traduction était précieuse mais incomplète, voire erronée sur quelques points; il convenait donc d’en présenter une nouvelle aux curieux de la tradition maçonnique.

Les faux frères ou imposteurs

On se posera bien sûr la question de savoir si l’auteur était maçon. D’après Harry Carr (AQC, n° 94, p. 107) Samuel Prichard était en 1728 visiteur de la loge « Le Cygne et la Coupe» et membre de la loge « La Tête d’Henry VIII ».

Samuel Prichard se présente lui-même comme un ancien maçon, mais aussi comme un adversaire résolu de la maçonnerie. C’est du moins ce qui apparaît dans la justification qui suit le texte du catéchisme proprement dit. Pour S. Prichard, la maçonnerie est une escroquerie à laquelle il ne faut pas se laisser prendre. C’est d’ailleurs pour lever ce leurre et le rendre inopérant que S. Prichard dévoile du mieux qu’il peut les « secrets » de la maçonnerie.

Du mieux qu’il peut et c’est déjà très bien: cet adversaire de la maçonnerie est très informé sur le sujet, le contenu du pamphlet en fait foi. C’est justement au vu de cette richesse documentaire que la réaction de S. Prichard à l’égard de la maçonnerie nous étonne. La raison de cet étonnement, c’est que l’on sait qu’une position initiatique implique, pour être soutenue, certaines conditions, nécessaires mais non suffisantes il est vrai. Ces conditions font l’objet de la plus grande attention de la part des maçons du XXè siècle où règne la quantité: pureté des rituels et mise en pratique effective. Nous n’avons pas à dire ici quels effets portent les rituels qui remplissent ces conditions. Seulement, nous devons remarquer qu’en 1730 lesdites conditions étaient indubitablement respectées: le rituel était alors dans sa pureté d’origine et Masonry Dissected nous donne le reflet d’un rituel déjà très complet. Quant à la pratique, elle n’était à coup sûr pas remplacée par une simple lecture. Or, il semble que S. Prichard – s’il a été comme il l’affirme, maçon et donc impétrant dans un rite maçonnique – n’ait rien vécu: il ne lui est rien arrivé. Pour lui les secrets de la maçonnerie se réduisent aux mots, signes et attouchements qu’il dévoile et il a tout à fait l’air d’un profane avec tablier (alors que nous connaissons des maçons sans tablier).

Entrait-on facilement dans une loge en 1730 ? C’était sans doute difficile, mais faisable: les tavernes où se réunissaient les loges étaient des lieux publics. Dans la mesure où l’information sur les individus circulait plus lentement que de nos jours, un « voyageur » pouvait se faire passer pour « visiteur » après avoir prêté l’oreille au bon moment, ou même après avoir lu A Mason’s  Examination. Tout cet arrière-plan donne au maçon S. Prichard une responsabilité qui dut peser lourd dans la décision du député grand maître de proposer dès le 15 décembre 1730 (E.M.C., p. 17), que désormais l’entrée en loge ne soit plus accordée qu’à des visiteurs dont les membres de la loge pourraient se porter garants. Les minutes de la Grande Loge précisent bien que cette proposition faisait suite à la parution de Masonry Dissected. On comprend dès lors l’opinion défendue par B.E. Jones dans Freemason’s  Guide and Compendium, selon laquelle I interversion des mots de reconnaissance avait été rendue nécessaire par les publications de A Mason’s Examination et de Masonry Dissected. Il est vrai que, pas plus dans Masonry Dissected que dans A Mason’s  Examination, on ne discerne entre J. et B. quel mot est spécifique du premier ou du second grade: les deux textes attribuent à la fois J. et B. à l’apprenti. Mais outre qu’ils exposent des détails propres à chacun des deux grades, ces pamphlets permettaient à un patron de taverne de faire ce que l’on vit à l’époque: créer de faux maçons pour quelques shillings. L’interversion des mots allait s’ajouter à la précaution, déjà mentionnée, voulue par le député grand maître et contribuer à protéger les loges des « faux frères ou imposteurs »., selon son expression.

Les cowans

Les imposteurs ont leurs pendants opératifs, les cowans, à propos desquels le catéchisme de 1730 se montre très sévère dès le grade d’apprenti: si un cowan était surpris pendant les tenues on le condamnait à rester sous la gouttière de la loge par temps de pluie! Le malheureux devait y être contraint, sauf bien sûr si cette peine était fictive comme celle de l’obligation. Mais le fait que le rôle de couvreur, chargé de tenir les cowans à l’écart, soit dévolu au plus jeune apprenti est significatif: même le débutant de la loge était supérieur aux cowans, qu’il apprenait très tôt à traiter en ennemis.

Qui étaient donc ces cowans?

En nous référant au regretté Harry Carr (The Free-Mason at Work, p. 86) et à Knoop et Jones (The Genesis of Freemasonry, p. 28) nous pouvons dresser le portrait de ces ouvriers. C’étaient des bâtisseurs non maçons qui, à l’origine, n’avaient le droit de construire que des murs en pierres sèches. En 1636, à Canongate, on autorise les cowans à utiliser de la glaise comme mortier, mais pas du mortier à la chaux. En 1623 à Glasgow, on autorise un cowan, un certain John Shedden, à construire des murs avec un mortier de glaise, mais sans chaux ni sable, et jusqu’à une hauteur d’une aune seulement. Dans ce dernier cas, le cowan était dûment enregistré dans la liste des ouvriers du chantier, mais il s’agit là d’une exception dans tous les autres cas il était interdit à un maçon de donner du travail à un cowan. Les Statuts Schaw de 1598 comportent cette interdiction. Il existe même un document de la célèbre loge « Mary’s Chapel » d’Édimbourg, document daté de 1599, qui rapporte qu’un maçon avait dû reconnaître et confesser avoir offensé le surveillant et les maîtres en donnant du travail à un cowan. Ce maçon dut faire une « humble soumission » et promettre de ne pas recommencer.

Harry Carr remarque encore qu’à Kilwinning, les maçons qui acceptaient des cowans étaient condamnés par la loge à des amendes assez lourdes. Et, à Edimbourg, les cowans n’étaient admis au chantier du château que les semaines où aucun maçon n’y travaillait. C’est l’occasion pour notre historien de constater que le terme de cowan est d’origine écossaise. 11 faut souligner à ce propos que les sources de l’Oxford English Dictionary, à l’article cowan, sont toutes écossaises; et que le Chambers Scots Dictionary, qui est un dictionnaire de langue écossais-anglais, comporte bien un article cowan. La présence de ce mot dans Masonry Dissected serait un signe certain de l’influence de l’Ecosse sur la maçonnerie anglaise.

Le rituel de la Première Grande Loge

On ne possède pas le rituel de la Grande Loge de Londres ou Première Grande Loge, fondée en 1717, mais c’est à ce rituel que se réfère Masonry Dissected comme on va le voir. Il va de soi que nous ne considérons pas que la Première Grande Loge avait unifié le rituel de ses loges en 1730. On sait qu’avant 1717 existaient des différences d’une loge à l’autre puisque les «catéchismes», dont notre revue publie les traductions, ne sont pas semblables les uns aux autres. Cela continua sans doute au sein de la Première Grande Loge. C’est d’ailleurs ce qu’explique B.E. Jones dans son récit sur la querelle des Anciens et des Modernes. Les grades mêmes n’étaient pas unifiés: en 1738 certaines loges de la Première Loge sont signalées comme ayant « aussi » un grade de maître (Constitutions d’Anderson, p. 184-190). Cela prouve au moins qu’en 1738 le système à trois grades n’était pas pratiqué par toutes les loges de l’obédience.

Néanmoins, on peut se faire une idée approximative de ce qu’était, en 1730, le rituel de la Première Grande Loge en lisant Masonry Dissected car c’est bien de cette maçonnerie-là que S. Prichard nous parle.

Les preuves de ce que nous avançons là sont dans le pamphlet même: il s’agit de la liste de loges qui fait suite à la justification de l’auteur. Cette liste est apparue dans la troisième édition de Masonry Dissected, édition faite par Prichard lui-même et non par un éditeur pirate. C’est la liste des loges « constituées » et il faut savoir que ce qu’on appelait « loges constituées » en Angleterre en 1730, c’étaient celles de la Grande Loge et non d’autres. On trouve ce terme de constituted dès 1723 dans les Constitutions d’Anderson (p. 71) où il est dit que les loges doivent être solen­nellement constituées par le grand maître ». L’usage de ce mot est d’ailleurs resté de nos jours pour désigner cette cérémonie spéciale au cours de laquelle le grand maître constitue une loge.

C’est donc bien la liste de loges de la Grande Loge de Londres, année 1730, que S. Prichard donne à la fin de son pamphlet. Au reste, si l’on avait quelque doute, il suffirait de comparer cette liste au tableau publié par Erich Lindner dans L’Art royal illustré (p. 257). Ce tableau donne une série de petites images. Ce sont les enseignes des tavernes où se réunissaient les loges de la Première Grande Loge en 1735, soit cinq ans seulement après la publication de S. Prichard. Les enseignes sont numérotées et accompagnées des noms des rues, des quartiers ou des villes où sont situées les tavernes. Les loges prenaient tout simplement, comme titre distinctif, le nom de la taverne où elles se réunissaient. Par exemple, l’enseigne numéro 23 nous montre un croissant de lune accompagné de la mention « Cheapside ». Cela veut dire qu’en 1735, la loge n°23 se réunissait dans la taverne de la Demi-Lune située dans le quartier lon­donien de Cheapside. Or, que trouvons-nous dans la liste donnée par S. Prichard? Qu’en 1730 une loge portant le numéro 23 s’appelait La Demi-Lune et se réunissait dans Cheapside les premier et troisième mar­dis de chaque mois.

Autre exemple: dans la liste de 1730 nous trouvons, au numéro 11, la loge de « la Tête de Reine » qui se réunissait dans Knaves-acre les premier et troisième mercredis de chaque mois. Et dans le tableau de 1735 on voit, au numéro 11, une enseigne constituée par un portrait de femme couronnée, accompagnée de cette mention de lieu: Knaves-acre ».

On retrouve en tout trente-cinq loges de la liste de 1730 dans le tableau de 1735. Certaines ont entre-temps changé de numéro, mais pas de nom ni de lieu de tenue, comme la loge du « Cerf blanc » qui se réunissait à Bishopsgate et portait les numéros 44 en 1730 et 45 en 1735. Cela ferait vraiment trop de coïncidences: c’est bien de la maçonnerie de la Première Grande Loge dont nous parle S. Prichard. Il faut d’ailleurs noter au passage qu’il y a, en plus des similitudes, des différences entre les deux listes. En 1730 la liste comporte soixante-sept loges alors que le tableau de 1735 en donne cent vingt-neuf, dont plusieurs d’ateliers supérieurs au grade de maître. Par ailleurs, sur les soixante-sept loges de 1730, trente-deux ont disparu (ou changé de nom?) en 1735. Tout cela donne l’impression d’un formidable bouillonnement et l’impression est encore plus forte si l’on continue les comparaisons en utilisant la liste publiée à la fin de l’édition de 1738 des Constitutions d’Anderson.

Hiram enfin

Avec le manuscrit Graham (1726) on assistait au premier redressement d’un corps, mais ce n’était pas encore du cadavre d’Hiram qu’il s’agissait. Depuis quand était-il question de cet assassinat dans la franc-maçonnerie? Dans Early masonic Pamphlets (p. 193), Knoop et Jones nous rapportent un texte qui constitue une sorte de prospectus destiné à un public de maçons; « La Maçonnerie antédiluvienne ». Ce document fait allusion au « fils d’une veuve, tué d’un coup de masse». En 1723, le pasteur Anderson mentionnait Hiram dans la première édition des Constitutions, mais ne soufflait mot de la destinée du maître et de sa position de référent dans le rituel d’élévation (11-12, note). Il est vrai qu’en 1723, la Première Grande Loge ne fonctionnait encore qu’avec un système à deux grades, ainsi qu’en témoigne l’article IV des Constitutions de 1723.

Comment la mise au point, ou pour mieux dire la mise en rite, de la légende d’Hiram avait-elle pu s’opérer? Nous devons bien admettre que le processus est encore très mal connu et nous espérons que des documents anciens restent à découvrir qui nous apprendront la vérité sur tout cela. Toutefois il est possible de résumer la situation de la maçonnerie en 1730 de la façon suivante:

La Grande Loge de Londres, ou Première Grande Loge, fondée en 1717, avait débuté avec un système à deux grades: l’apprenti et le compagnon ou maître; le maître en titre étant le maître de la loge, celui qui préside.

Par ailleurs, il existait un système à trois grades. Témoignent de l’existence de ce système les manuscrits Trinity College (1711) et Graham (1726). En témoigne également un document de la loge de Dumbarton Kilwinning, daté de 1726 et que nous rapporte Harry Carr (The Free Mason at Work, p. 274): ce texte dit que le compagnon Gabraël Portefield a été reçu maître « après avoir renouvelé son serment et payé son droit d’entrée».

Si l’on admet que le grade de maître est apparu au terme d’une évolution, on peut considérer que le manuscrit Graham (1726) nous donne un état primitif du grade: pas encore de meurtre, Noé tient la place d’Hiram, mais on relève bien un corps. Dans cette perspective et compte tenu du fait que les deux textes peuvent appartenir à deux «courants »différents, Masonry Dissected donne un état du rite très avancé dans l’évolution du grade. Très avancé, mais pas encore achevé: les trois grades ont encore entre eux des adhérences et la distinction de chaque grade par rapport aux autres n’est pas tout à fait réalisée. Par exemple, l’apprenti reçoit deux mots alors que, quelques années plus tard, un de ces deux mots sera attribué à l’apprenti, l’autre au compagnon. Autre exemple:

Harry Carr (The Free-Masons at Work, p. 104) souligne que d’après S. Prichard, c’est dans la Chambre du Milieu que se trouve la lettre G et que le compagnon reçoit son salaire. Enfin, on verra en lisant Masonry Dissected que les cinq points par lesquels on relève le maître, sont encore les cinq points du « compagnonnage».

Ces quelques réflexions nous rendent évident le fait que les maçons spéculatifs ont intérêt à savoir ce qu’est la maçonnerie opérative, la franc-maçonnerie ayant connu une mutation en passant de l’état opératif à l’état spéculatif. Ce changement de nature qui a pris en tout et pour tout une vingtaine d’années semble s’être accompagné de l’avènement du mythe d’Hiram dans le rituel du troisième grade.

Le judéo-christianisme de la maçonnerie

On verra dans Masonry Dissected que le livre sur lequel se prête l’obligation du maçon est la Bible. La Bible est d’ailleurs la source de plusieurs éléments du catéchisme concernant le Temple de Salomon, sa construction et certaines de ses parties. Le passage de la Bible, dans lequel se trouvent les mots, est cité dès le grade d’apprenti et, bien sûr, le roi Salomon est cité dans le grade de maître. On trouve également au grade d’apprenti la précision suivante: la loge est située dans la vallée de Josaphat, et si elle est orientée c’est parce que toutes les églises et chapelles le sont. Au grade de compagnon la description des colonnes est empruntée à la Bible et accompagnée de la référence biblique. Enfin, toujours au grade de compagnon, il est expliqué que si les loges s’appellent loges de Saint Jean, c’est que celui-ci fut le prédécesseur du Sauveur et qu’il traça la première ligne parallèle à l’Evangile.

Tout cela donne à Masonry Dissected un caractère nettement judéo-chrétien. Cela ne doit pas surprendre les maçons du XXè siècle, même s’ils ont acquis la conviction du contraire. Il nous semble  utile de faire ici la distinction entre ce qui est de l’ordre de la conviction ou de l’opinion, et ce qui est  de l’ordre de l’information. L’étude des textes anciens de la maçonnerie et des versions d’origine des différents rites encore pratiqués à notre époque montre à l’évidence que la franc-maçonnerie est une des formes d’expression de la tradition judéo-chrétienne, indépendamment des différentes convictions  et opinions qui ont pu se former à ce sujet et dont chacun est libre.

Dans les rituels de langue française cela est vrai même pour le plus récent des rites encore actifs de nos jours, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, dont la plus ancienne version connue remonte au plus tôt à 1804.

Dans ce rite, c’est sur la Bible qu’est prêtée l’obligation d’apprenti (Guide, p. 22 et 31) de même que celles de compagnon et de maître (p. 62 et 89). L’hypothèse selon laquelle on pourrait remplacer la Bible, non plus pour un impétrant mais en permanence, par divers livres tels que le Coran ou le Zend Avesta est certes intéressante, mais ce serait sortir de son cadre propre le livre qui doit s’y trouver pour y insérer des livres appartenant à d’autres traditions. Bien sûr, il existe une initiation chinoise Ming dans laquelle l’impétrant pose le genou nu sur une équerre, mais cela ne prouve qu’une chose: que l’acte de construire prête partout à sacralisation. Le premier homme qui construisit, fût-ce une cabane, fit sortir l’humanité des cavernes. En cessant de vivre sous terre et dans les abris naturels, en accédant à la surface de l’ordre naturel et en le modifiant par des constructions l’homme savait, comme les alchimistes, qu’il aidait la nature et que la nature l’aidait. Construire c’était toucher à l’Œuvre de Dieu, mais aussi participer à celle-ci. Il est bien normal qu’il ait été saisi de crainte et d’adoration tout à la fois, d’une part, et que ce comportement fondamental n’ait pas été propre  au monde occidental ni à la maçonnerie, d’autre part.

Les maçons du Rite Ecossais Ancien et Accepté des origines n’utilisaient d’ailleurs pas la Bible sans savoir ce qu’ils faisaient. Des signes de cette conscience apparaissent dans le corps du rituel dès le grade d’apprenti: — Pourquoi votre loge est-elle située est et ouest?

— Parce que tous les temples le sont ainsi.

— Pourquoi cela?

— Parce que l’Evangile fut d’abord prêché dans l’est et s’étendit ensuite dans l’ouest. (Guide, p. 33.)

Il en va ainsi jusqu’au grade de maître. On demande au maître:

— Pourquoi étiez-vous sans souliers?

Et le maître de répondre

— Parce que le lieu où je fus reçu était une terre sainte, sur laquelle Dieu dit à Moïse: « Ote tes souliers, car le lieu où tu marches est une terre sainte. »

Ce n’est donc pas â l’étourdie que le Rite Écossais Ancien et Accepté avait un caractère judéo-chrétien: c’était témoigner de ses sources mêmes. C’est également évident pour le Rite Français et encore plus pour le Rite Ecossais Rectifié.

Ce ne sont pas là des remarques ponctuelles. Le Rite Ecossais Ancien et Accepté plonge ses racines dans la maçonnerie des « Anciens » et c’est même là ce qui lui valut son titre d’Ancien. Cette maçonnerie des « Anciens »a été elle aussi victime d’une divulgation: en 1760 un ouvrage intitulé Trois Coups distincts donnait une description complète de ce qu’était le rite des Anciens.

Cela nous permet de vérifier qu’en 1760, aux trois grades, on prêtait les obligations sur la Bible(Three Distinct Knocks, p. 19, 40 et 54) et que dès le grade d’apprenti, il était fait référence au roi Salomon et â la construction du Temple (ibid., p. 30). Entre autres preuves de l’ancrage judéo-chrétien de ce rite des «Anciens », on trouve, toujours au grade d’Apprenti, ces questions et réponses (p. 32):

— Pourquoi, mon frère, onze font-ils une loge?

—Parce qu’il y avait onze patriarches quand Joseph fut vendu en Egypte et qu’on le crut perdu.

— Quelle est la seconde raison mon frère?

— il n’y avait plus que onze apôtres après que Judas eût trahi le Christ.

Là encore si la maçonnerie décrite dans Trois Coups distincts ne doit rien au hasard quant à ses sources, c’est bien que la maçonnerie britannique de 1760 descendait de celle de 1730 que Prichard nous montre émerger dans un système à trois grades.

Ce qui n’était pas nouveau pour la maçonnerie de 1760 ne l’était pas davantage pour celle d’avant 1730. Il n’est pour le vérifier que de lire les textes anciens publiés en traduction dans ce cahier.

Il est clairement question de Noé, de Salomon et du Christ dans le manuscrit Graham de 1726. Cela n’est d’ailleurs pas spécifique des textes anglais. Dans le manuscrit Dumfries (1710), peut-être d’origine écossaise, les données extraites de l’Ancien et du Nouveau Testament abondent. Nous n’en rappellerons que trois tirées des questions et réponses de ce caté­chisme:

1)                David prescrivait que les fondations du Temple fussent posées sur une « aire à blé, comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle dénomma l’aire d’Oman le Jébuséen ».

2)- Combien d’échelons y avait-il dans l’échelle de Jacob?

—     Trois.

—      Lesquels?

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

3) Le Christ est le marbre blanc sans tache, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée, mais que Dieu a choisie d’entre les autres pour que le Temple puisse être construit.

Il n’est pas jusqu’aux textes écossais de 1696 et 1700 qui ne précisent que c’est sur la Bible que l’on prête l’obligation du maçon. Ces deux manuscrits, Edimbourg (1696) et Chetwode Crawley (1700), donnent même, en dépit de leur brièveté et de leur dépouillement, deux références bibliques pour les mots J et B: I Rois, 7-21, et II Chroniques 3, dernier verset.

Nous ne citons même pas ici tous les textes anciens. Qu’on y aille voir: le manuscrit Sloane (1700) et le manuscrit du Trinity College (1710) n’infirment pas notre thèse, bien au contraire. A Mason’s  Confession (1727) ou le manuscrit Wilkinson (1727). Une telle constance de la part des maçons, de 1696 à 1804, n’a d’autre explication que celle que nous avancions au début de notre propos: la maçonnerie est une des formes d’expression de la tradition judéo-chrétienne.

Ceci nous amène à une double réflexion.

Bien des maçons pensent que puisqu’il est interdit par les Constitutions d’Anderson (1723) d’être un athée stupide, il suffit d’être un athée intelligent pour faire un maçon régulier. Nous n’avons pas la prétention d’être nous-mêmes un très fort angliciste mais enfin, il faut être vraiment très faible en langue anglaise pour donner dans le panneau. Relisons Anderson: « … If lie rightly understands the Art, lie will never be a stupid Atheist, nor an irreligious Libertine. »Si d’après cette phrase il est possible, selon certains traducteurs d’Anderson, d’être un athée intelligent, il sera tout autant possible d’être un libertin religieux. Voilà ce qu’on gagne à philosopher prématurément: la position de l’adjectif devant le substantif ne doit pas faire illusion, en anglais c’est la règle – ça s’appelle de la syntaxe – et pour le pasteur Anderson et ses lecteurs anglophones, un athée est stupide tout comme un libertin est irréligieux. Par suite, ni l’un ni l’autre ne pouvaient être maçons en 1723. La seconde réflexion découle de la première. Il n’entre aucune part d’interprétation dans notre traduction de la phrase d’Anderson citée plus haut, en voici la preuve. On s’est beaucoup servi de cette phrase pour le plus grand profit des athées intelligents, mais aussi pour promouvoir une sorte de « religion maçonnique »: la religion naturelle ou déisme. Cette religion naturelle serait sans révélation, une religion d’avant les opinions particulières que sont par exemple le judaïsme et le christianisme. Ce dernier point est exact, et c’est bien à la religion de Noé que pensait Anderson; il le dit nettement dans ses Constitutions de 1738. Mais il faut être aussi ignorant de la Bible que les athées intelligents le sont de la syntaxe anglaise pour croire que le pasteur Anderson proposait une religion naturelle en 1723 et 1738 aux maçons de la Première Grande Loge. Il eût été étonnant en effet qu’un pasteur ne connaisse pas la Bible et en l’occurrence les passages desquels il ressort que Noé, tout au long de son histoire, a bénéficié de nombreuses révélations sur lesquelles il réglait ses actes. Noé ne marchait dans les voies du Seigneur que parce que celles-ci lui étaient tracées d’en haut. Voici trois citations parmi bien d’autres qui confirment ce que nous disons:

1)   Alors Dieu dit à Noé: la fin de toute chair est arrêtée par-devers moi; car ils ont rempli la terre de violence; voici, je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors (Genèse, 6-13, 14).       2)      L’Eternel dit à Noé: entre dans l’arche, toi et toute ta maison; car je t’ai vu juste, devant moi parmi cette génération (Genèse, 7-1).

3)     Dieu parla encore à Noé et à ses fils avec lui, en disant: voici, j’établis mon alliance avec vous et avec votre postérité après vous (Genèse, 9-8, 9).   Ainsi Noé, après avoir été sauvé grâce à l’avertissement de Dieu, devint l’ouvrier de Dieu en servant à la création selon Ses directives. Si l’on admet que le pasteur Anderson avait lu la Bible, on admettra aussi que la religion noachide dont il parlait en 1738 n’était pas le déisme. Cela méritait d’être précisé avant que le lecteur n’entre, par la lecture de Samuel Prichard, dans les secrets et mystères de la Maçonnerie du pasteur Anderson.

Traduction

INTRODUCTION

L’institution primitive de la Maçonnerie repose sur le fondement des sciences et Arts Libéraux, mais plus spécialement sur le cinquième, C’est-à-dire la Géométrie. Car c’est lors de la construction de la Tour de Babel  que l’Art et le Mystère de la Maçonnerie furent en premier introduits, et de là transmis par Euclide, digne et excellent mathématicien des Egyptiens, et il les communiqua à Hiram, le Maître-Maçon qui s’occupa de la construction du Temple de Salomon à Jérusalem, où il y eut un excellent et singulier Maçon qui commandait sous les ordres de leur Grand-Maître Hiram; son nom était Xannon Grecus, il enseigna I’ Art de la Maçonnerie à un certain Carolos Marcil en France, qui fut élu plus tard Roi de France. Et de là ensuite il fut introduit en Angleterre à l’époque du Roi Athelstone, qui ordonna qu’une assemblée fût tenue une fois chaque année à York, ce qui fut sa première introduction en Angleterre. Et les Maçons étaient faits de la manière suivante.

“Tune unus ex Senioribus teneat Librum, ut illi vel ille ponant vel ponat Manus supra Librum ; tum Praecepta debeant legi”. C’est-à-dire:  Tandis que l’un des Anciens tient le Livre, qu’il (ou ils) mette(nt) leurs mains sur le Livre pendant que le Maître devra lire les Lois ou Devoirs,

Lesquels Devoirs étaient: qu’ils soient sincères les uns envers les autres sans exception, et s’engagent à secourir les Frères et les Compagnons dans la nécessité, ou bien leur donnent du travail et les rétribuent en conséquence,

Mais durant ces derniers temps, la Maçonnerie n’est plus composée d’artisans, comme elle l’était dans son état primitif, lorsqu’un petit nombre de questions par demandes et réponses était suffisant pour déclarer un homme suffisamment qualifié comme Maçon opératif.

Les termes de Maçonnerie Franche et Acceptée n’ont pas été entendus (tels qu’ils le sont maintenant), jusqu’à ces dernières années. Il n’a été question d’aucune Loge Constituée ni de communications trimestrielles jusqu’en 1691 lorsque des Lords et des Ducs, des Hommes de Loi et des Commerçants, et autres négociants plus modestes; les portiers, n’étant pas exceptés, furent admis dans ce Mystère ou dans cette absence de Mystère. La première catégorie fut reçue en versant une très grosse somme, la seconde à un taux moyen, la dernière pour la somme de six ou sept shillings, en échange de quoi ils reçurent l’insigne honneur qui est (comme ils disent) plus ancien et plus honorable que l’Etoile et la Jarretière ; son ancienneté repose d’après les Règles de la Maçonnerie, sur le fait qu’il aurait été transmis par leur tradition sans interruption depuis Adam, ce que je laisse au lecteur Impartial le soin d’examiner

Des Maçons Acceptés proviennent les Vrais Maçons et des deux proviennent les Gorgomons, dont le Grand-Maître, le Volgl, tire son origine des Chinois, dont les écrits, si on peut les croire, soutiennent l’hypothèse des Pré-Adamites, et par conséquent doivent être plus anciens que la Maçonnerie.

La société la plus libre et la plus ouverte est celle du Grand Kaihebar, qui consiste en une compagnie choisie de gens compétents, dont le principal, sujet de conversation concerne le Commerce et les Affaires, et développe une amitié mutuelle sans contrainte ni restriction.

Mais si, après son admission dans les secrets de la Maçonnerie, quelque nouveau frère n’aime pas leurs façons et se met à réfléchir en voyant qu’on lui a soutiré aussi aisément son argent, se retire de la fraternité ou  bien se tient éloigné à cause des dépenses trimestrielles de la. Loge et des Communications trimestrielles, bien qu’il ait été légitimement admis dans une Loge Régulière et Constituée, il lui sera refusé le Privilège (en tant quo Frère Visiteur) de connaître le Mystère pour lequel il a déjà payé, ce qui est en contradiction manifeste avec l’Institution do la Maçonnerie elle-même, ainsi qu’il apparaîtra de toute évidence dans le  traité qui suit.

 

 

     Gravure de Bernard Picart Grande Loge de Londres 1735

Gravure de Bernard   Picart Grande Loge de Londres 1735

    

Illustrations de   Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde

Source : Bibliothèque   nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b23005558/f105.item   vue 105

 

 

Le Grade de l’Apprenti Entré

 

1   D. D’où   venez-vous?
    R. De la    Sainte Loge de Saint Jean
       
2   D. Quelles   recommandations en avez-vous apportées ?
    R. Les   recommandations que j’ai apportées des Très vénérables Frères et Compagnons   de la Très Vénérable   et Sainte Loge de Saint Jean d’où je viens, et vous salue trois fois de tout   cœur.
       
3   D. Que   venez-vous faire ici ?
    R. Non   pas faire ma propre volonté.

Mais   soumettre mes passions: prendre en mains les Règles de la Maçonnerie. Et   ainsi  faire des progrès quotidiens.    4 D.Etes-vous Maçon ?  R.Je suis   reconnu et accepté comme tel parmi les Frères et Compagnons.    5 D.Comment   connaîtrai-je  que vous êtes Maçon ?  R.Par les   Signes et les Attouchements et les points parfaits de mon Entrée.    6 D.Que   sont les signes?  R.Toutes   équerres, angles et perpendiculaires    7 D.Quels sont   les attouchements?  R.Certaines poignées de main régulières et fraternelles    8 Examinateur:Donnez-moi   les Points de votre Entrée.  Répondant:Donnez-moi le premier et je vous donnerai le second.    9 Examinateur:Je le garde.  Répondant:Je le cache.    10 Examinateur:Que   cachez-vous ?  Répondant:Tous secrets   et mystères des Maçons et de la    Maçonnerie, sauf à un Frère véritable et légitime après un   examen en due forme, ou dans une Loge juste et vénérable de Frères et de   Compagnons régu1ièrement assemb1és.    11 D.Où avez-vous   été fait Maçon?  R.Dans une Loge juste et parfaite.    12 D.Qu’est-ce   qui fait une Loge juste et parfaite ?  R.Sept ou plus.    13 D.De quoi se   composent-ils ?  R.D’un Maître,   de deux Surveillants, de deux Compagnons du Métier et de deux Apprentis   Entrés.    14 D.Qu’est-ce   qui fait une Loge ?  R.Cinq    15 D.De quoi se   compose-t-ils ?  R.D’un Maître,   de deux survei1lants, d’un Compagnon du Métier, d’un Apprenti Entré.

16 D.Qui vous a   amené en Loge ?  R.Un Apprenti Entré.17 D.Comment vous   y a-t-il amené ?  R.Ni nu ni   vêtu, ni pied nu ni chaussé,   dépouillé de tous métaux et avançant dans une attitude droite.    18 D.Comment   avez-vous été admis ?  R.Par trois grands coups.    19 D.Qui vous a reçu ?  R.Un Deuxième   Surveillant.    20 D.Qu’a-t–il   fait de vous ?  R.Il. m’a   conduit à la partie Nord-Est de la    Loge et m’a ramené ensuite à l’ouest  et m’a remis entre les mains du Premier   Surveillant.    21 D.Qu’a fait de   vous le Premier Surveillant?  R.Il m’a présenté et m’a montré comment marcher (par trois   pas) vers le Maître.    22 D.Qu’a fait de   vous le Maître ?  R.Il m’a fait   Maçon.    23 D.Comment vous   a-t-il fait Magon ?  R.Avec le   genou nu fléchi et le corps dans l’Equerre, le Compas ouvert sur le sein   gauche nu, la main droite nue sur la Sainte Bible. Dans cette posture, j’ai prêté   l’Obligation (ou serment) du Maçon.    24 D.Pouvez-vous   répéter cette Obligation?  R.Je vais m’y efforcer,

(Ce qui est comme suit).

25     Moi, par ceci, solennellement   je fais vœu et jure en Présence de Dieu Tout-Puissant et de cette Très   Vénérable Assemblée, que je garderai et cacherai et jamais ne révélerai les   Secrets ou Mystères des Maçons ou de la Maçonnerie qui me seront révélés, sauf à un   Frère véritable et légitime, après un examen en due forme, ou dans une Loge   juste et vénérable de Frères et de Compagnons régulièrement assemblés.

Je promets et fais vœu en outre que je nie les écrirai, ni   ne les imprimerai, ni ne les marquerai, ni ne les taillerai ni ne les   graverai, ou les ferai écrire, imprimer, marquer, tailler ou graver sur le   bois ou la pierre, en sorte que le caractère ou l’impression visible d’une   lettre puisse apparaître, par quoi on pourrait l’obtenir illicitement.

Tout ceci   sous un châtiment qui ne saurait être moindre que d’avoir la gorge coupée, la   langue ôtée du palais(1) de la bouche le cœur arraché la bouche, le cœur   arraché d’en dessous le sein gauche, et qu’ils soient enterrés dans les   sables do la mer, à une encablure du rivage, là où la marée monte et descend   deux fois en 24 heures, mon corps étant réduit en cendres, mes cendres   dispersées sur la surface de la terre en sorte qu’il ne subsiste plus aucun   souvenir de moi parmi les Maçons.

Ainsi que Dieu me soit en aide.

1 Le texte anglais porte roof, mais il faut vraisemblablement lire   root.

26 D.Quelle est la forme de la loge?  R.Une équerre.    27 D.Quelle   longueur?  R.De l’Est à   l’Ouest.28 D.Quelle   largeur?  R.Du Nord au   Sud.    29 D.Quelle   hauteur?  R.Des pouces,   des pieds et des toises innombrables, aussi haut que les cieux.    30 D.Quelle   profondeur?  R.Jusqu’au   centre de la terre.    31 D.Où se tient la Loge ?  R.Sur une   terre sainte, ou sur la plus haute colline ou la plus profonde vallée, ou   dans la vallée de Josaphat, ou en tout autre lieu secret.    32 D.Comment   est-elle située ?  R.Plein Est et Ouest.    33 D.Pourquoi   ainsi?  R.Parce   que toutes Eglises et Chapelles le sont ou devraient l’être ainsi.    34 D.Qu’est-ce   qui soutient une Loge ?  R.Trois   grandes colonnes.    35 D.Comment les   nomme-t-on?  R.Sagesse, Force et Beauté.    36 D.Pourquoi   ainsi?  R.Sagesse pour   créer, Force pour soutenir et Beauté pour orner.    37 D.De quoi   votre Loge est-elle couverte?  R.D’un dais   nuageux de couleurs variées (ou des nuages).    38 D.Avez-vous   des meubles dans votre Loge ?  R.Oui.    39 D.Quels   sont-ils ?  R.Le pavé   mosaïque, l’étoile flamboyante et la houppe dentelée. Quel est leur usage?    40 D.Quel est   leur usage?  R.Le pavé   mosaïque est le sol de la Loge,   l’Etoile Flamboyante, le Centre, et La houppe dentelée la bordure tout   autour.    41 D.Quels sont   les autres meubles d’une loge ?  R.La Bible, le Compas et   1’Equerre.    42 D.A qui   appartiennent-ils en propre?  R.La Bible à Dieu, le Compas an   Maître et 1’Equerre au Compagnon du Métier.    43 D.Avez-vous   des bijoux dans votre Loge ?  R.Oui.    44 D.Combien ?  R.Six. Trois   Mobiles et trois immobiles.    45 D.Quels sont   les bijoux mobiles ?  R.L’équerre,   le niveau et la perpendiculaire.    46 D.Quel est   leur usage ?  R.L’équerre   sert à tracer des lignes exactement à angle droit, le niveau à vérifier   toutes les horizontales et la perpendiculaire à vérifier toutes les   verticales.    47 D.Quels sont   les bijoux immobiles ?  R.La planche à tracer, la pierre brute et la pierre ouvrée.    48 D.Quel est   leur usage ?  R.La planche à   tracer sert au Maître pour y dessiner ses projets, la pierre brute sert aux   compagnons du Métier pour y essayer leurs bijoux et la pierre ouvrée à   l’Apprenti Entré pour y apprendre à travailler.    49 D.Avez-vous   des Lumières dans votre Loge?  R.Oui, trois.    50 D.Que   représentent-elles?  R.Le Soleil, la Lune et le Maître Maçon.

Ces lumières sont trios grandes chandelles placées   sur de hauts chandeliers.

  51 D.Pourquoi   cela ?  R.Le Soleil pour gouverner le Jour, La Lune, la Nuit et le Maître Maçon sa   Loge.    52 D.Avez-vous   des lumières fixes dans votre Loge ?  R.Oui.    53 D.Combien?  R.Trois.    N.B. Ces   lumières fixes sont trois fenêtres, Qu’on suppose (mais ce n’est pas   le toujours le cas) se trouver dans toute salle où une Loge est tenue, mais   plus exactement les quatre points cardinaux conformément aux antiques règles   de la Maçonnerie.     54 D.Comment   sont-elles disposées ?  R.L’Est, au Sud et à l’Ouest.    55 D.Quel est   leur usage ?  R.Eclairer les   hommes lorsqu’ils vont au travail, lorsqu’ils y sont, et lorsqu’ils en   reviennent.    56 D.Pourquoi n’y   a-t-il pas de lumière au Nord?  R.Parce   que le Soleil n’envoie aucun rayon à partir de cette région.    57 D.Où se tient   votre Maître ?  R.A l’Est.    58 D.Pourquoi   cela?  R.Comme le   Soleil se lève à l’est pour ouvrir le jour, de même le Maître se tient à   l’Est (avec la main droite sur le sein gauche, ce qui est un signe et   l’équerre au cou) pour ouvrir la    Loge et mettre ses hommes au travail.    59 D.Où se   tiennent vos Surveil1ants ?  R.A l’Ouest.    60 D.Quel est   leur devoir?  R.Comme le   soleil se couche à l’ouest pour fermer le jour, de même les Surveillants se   tiennent à l’ouest (avec la main droite sur le sein gauche, ce qui est un   signe et le niveau et l’équerre au cou) pour fermier la Loge et renvoyer les hommes   du travail en leur payant leur salaire.    61 D.Où se tient   le plus ancien Apprenti Entré?  R.Au Sud.    62 D.Quel est son   office?  R.Entendre et   recevoir les instructions et accueillir les Frères étrangers.    63 D.Où se tient   le dernier Apprenti entré ?  R.Au Nord.    64 D.Quel est son   devoir?  R.Ecarter les   manœuvres et les indiscrets.    65 D.Si un   manœuvre (ou un écouteur aux portes) est attrapé, comment doit-on le punir?  R.En le   plaçant sous les gouttières des Maisons (lorsqu’il pleut) jusqu’à’ à ce que 1’ eau lui entrant par les   épaules ressorte par les souliers    66 D.Quels sont les secrets d’un Maçon?  R.Des signes,   des attouchements et de nombreux mots.    67 D.Où   conservez-vous ces secrets ?  R.Sous mon   sein gauche.    68 D.Avez-vous   une clé pour ces secrets ?  R.Oui.    69 D.Où la   gardez-vous ?  R.Dans une   boîte en os qui ne peut être ouverte ou fermée qu’avec des clés d’ivoire.    70 D.Pend-elle ou   gît-elle ?  R.Elle pend.    71 D.A quoi   pend-elle ?  R.A un câble   de 9 pouces   ou un empan.    72 D.De quel   métal est-elle ?  R.D’aucun   métal ; mais c’est une langue du bon renom aussi bonne dans le dos d’un Frère   qu’en face de lui.

N.B. La clé est la langue, la boîte en os les dents, le   câble la racine de la bouche(1).

 (1)Le texte   anglais porte également ici roof. II faut vraisemblablement lire encore root.

 73 D.Combien y   a-t-il de principes en Maçonnerie?  R.Quatre.    74 D.Quels   sont-ils?  R.Le point, la   ligne, la surface et le volume.    75 D.Expliquez-les.  R.Le point est   le centre  (à partir duquel le   Maître ne peut s’égarer) la ligne est la longueur sans largeur, la   surface la longueur et la largeur, le volume englobe le tout.    76 D.Combien de   signes principaux ?  R.Quatre.    77 D.Quels   sont-ils?  R.Le Guttural,   le pectoral, le manuel et le pédestre.    78 D.Expliquez-les.  R.Le Guttural,   la gorge; le pectoral, la poitrine; le manuel, la main; le pédestre, le pied.    79 D.Qu’apprenez-vous   comme gentilhomme Maçon?  R.La discrétion, la moralité et la bonne amitié.    80 D.Qu’apprenez-vous   comme Maçon opératif ?  R.A tailler, à   équarrir, à façonner la pierre, à poser un niveau et à dresser une   perpendiculaire.    81 D.Avez-vous vu   votre Maître aujourd’hui ?  R.Oui.    82 D.Comment   était-il vêtu ?  R.D’une veste   jaune et d’une culotte bleue.

N.B. La veste jaune est le compas et la culotte bleue   les pointes d’acier.

 83 D.Pendant   combien de temps servez-vous votre Maître ?  R.Du lundi   matin au samedi soir.    84 D.Comment le   servez-vous ?  R.Avec la   craie, le charbon de bois et la   terrine.    85 D.Que   désignent-i1 ?  R.Liberté, Ferveur et Zèle.    86 Examinateur :D ormez-moi   le signe d‘Apprenti Entré  Répondant:Etendre les   quatre de la main droite et les retirer en travers de la gorge, o’ est le   signe, et il demande l’attouchement,

N.B. L’attouchement se fait en pressant l’extrémité   du pouce de_1a main droite sur la première articulation de1’index de   1a main droite du Frère. Il demande un mot.

 87 D.Donnez-moi   le mot,  R.Je l’épellerai avec vous.    88 Examinateur:BOAZ  R.(N, B.    L’Examinateur dit B, le Répondant   O, l’Ex. A, le Rép. Z, c’est-à-dire BOAZ).    89 D.Donnez-moi   un autre.  R.JACHIN

(N.B. Boaz et Jachin étaient deux colonnes dans le   porche de Salomon.    I Rois chap.   VII, vers. 21)

90 D.Quel âge   avez-vous ?  R.Moins de sept (signifiant qu’il n’est  passé-Maître).    91 D.A quoi sert   le jour?  R.A voir.    92 D.A quoi sert   la nuit ?  R.A entendre.    93 D.Comment   souffle le vent?  R.Plein est et   ouest.    94 D.Quelle heure   est-il?  R.Midi plein

Fin de la partie de   l’Apprenti Entré

                              

 

Le   Grade du Compagnon du Métier.

 

 95 D.Etes-vous   Compagnon du Métier ?   R.Je le suis.      96 D.Pourquoi   avez-vous été fait Compagnon du Métier ?   R.Pour   connaître la lettre G.      97 D.Que signifie   ce G?   R.Géométrie,   ou la cinquième science.      98 D.Avez-vous   jamais voyagé?   R.Oui. A l’est   et à l’ouest.      99 D.Avez-vous   jamais travaillé ?   R.Oui, à la   construction du Temple.      100D.Où avez-vous   reçu votre salaire ?   R.Dans la chambre du milieu.      101D.Comment   êtes-vous parvenu  dans la chambre du   milieu ?   R.Par le   porche.      102D.Lorsque voua êtes passé par le porche, qu’avez-vous vu?   R.Deux grandes   colonnes.      103D.Comment les appelle-t-on?   R.J. B., c’est-à-dire   Jachin et Boaz.      104 D.Quelle est leur hauteur?   R.Dix-huit coudées.      105D.Quelle est   leur circonférence ?   R.Douze   coudées.      106D.De quoi   étaient-elles ornées ?   R.De deux   chapiteaux.      107D.Quelle était   le, hauteur des chapiteaux ?   R.Cinq   coudées.      108D.De quoi   sont-ils ornés ?   R.D’un réseau   et de grenades.      109D.Comment   êtes-vous parvenu dans la chambre du milieu?   R.Par un   escalier double en forme de vis.      110D.De combien ?   R.Sept ou   plus.      111D.Pourquoi   sept ou plus ?   R.Parce que   sept ou plus font une Loge Juste et parfaite.      112D.Lorsque vous   êtes parvenu à la porte de la chambra du milieu, qui avez-vous vu ?   R.Un   surveillant. 113D.Que vous   a-t-il demandé ?   R.Trois   choses,      114D.Lesquelles ?   R.Un signe, un   attouchement et un mot.      

N.B. Le signe se fait en plaçant la main droite sur   le sein gauche, l’attouchement se fait en joignant votre main droite à celle   de la Personne   qui le demande, et en pressant avec 1’extrémité du pouce sur la première   articulation du médium, et  le mot est   Jachin.

 115D.Quelle   hauteur avait la porte de la chambre du milieu?   R.Elle était si grande qu’un manœuvre ne pouvait l’atteindre pour y   piquer une épingle. (gros clou, cheville, broche, axe d’une clé)      116D.Lorsque vous   êtes arrivé dans la chambre du milieu, qu’avez-vous vu?   R.La   ressemblance de la lettre G.      117D.Que signifie   ce G?   R.Quelqu’un   qui est plus grand que vous.      118D.Qui est plus grand que moi, qui suis un Maçon Franc et accepté, le   Maître d’une Loge?   R.Le Grand Architecte et Créateur de l’univers, ou Celui qui fut porté   sur le sommet du pinacle du saint Temple.      119D.Pouvez-vous   répéter la  lettre G?   R.Je vais m’y   efforcer      

            La répétition de la lettre   G.

   Répondant:Au milieu du   Temple de Salomon il y a un G,

 

Lettre pour   tous belle à lire et à voir.

Mais seul un   petit nombre comprend

Ce que   signifie cette lettre G.        Examinateur:Mon ami, ai vous prétendez être

De cette Fraternité

Vous pouvez   dire exactement et sur-le-champ

Ce que   signifie cette lettre G.   Répondant :P ar les   sciences sont amenés à la lumière

Des corps de   diverses sortes,

Qui apparaissent parfaitement à la vue ?

Mais   personne sinon des mâles ne connaîtra ma pensée.        Examinateur:Le Très le   fera.   Répondant:Si   Vénérable.        Examinateur:A la fois   Très et Vénérable je suis De vous saluer j’ai ordre,

Afin que   voue me fassiez savoir sur-le-champ, comment  je puis vous comprendre.      

Répondant :P ar Lettres   quatre et Science cinq

Ce G se tient exactement

En juste art et proportion,

Voua avez votre réponse, Ami.      

N.B. Les quatre lettres sont BOAZ. La cinquième   Science Géométrie

 Examinateur:Mon Ami, vous   répondez bien,

Si les droits et libres principes vous découvrez

Je changerai votre nom d’Ami

Et désormais   tous appelleront frère.   Répondant:Les sciences   sont bien composées

De vers d’une noble venue,

Un point, une ligne et un extérieur ;

Mais un   solide est le dernier.        Examinateur:Que le bon   salut de Dieu soit dans notre heureuse rencontre.   Répondant:Et tous les   Très Vénérables Frères et Compagnons.        Examinateur :D e la Très Vénérable et   Sainte Loge de St Jean.   Répondant :D ’où je   viens.        Examinateur:Vous   saluent, vous saluent, vous saluent trois fois, de tout cœur, vous priant de   faire connaître votre nom.   Répondant:Timothy   Ridicule.        Examinateur:Bienvenue,   Frère, par la Grâce   de Dieu. N.B. La   raison pour laquelle ils se disent de la Saintes Loge de   Saint Jean est qu’il fut le précurseur de Notre Sauveur, et qu’il trace la   première ligne parallèle à l’Evangile (d’autres assurent que notre Sauveur   lui même fut accepté Franc-Maçon lors de son incarnation) mais combien cela   semble ridicule et profane. Je le laisse à la réflexion du lecteur sensé.

 Fin de la partie de   Compagnon du Métier.

      

Le Grade de Maître

 

D.Etes-vous   Maître Maçon?   R.Je le suis ;   examinez-moi, éprouvez-moi, désapprouvez-moi si vous pouvez.       D.Où avez-vous   été passé Maître ?   R.Dans une   Loge parfaite de Maître.        D.Qu’est-ce   qui fait une Loge parfaite de Maîtres ?   R.Trois.        D.Comment   êtes-vous parvenu à être passé Maître ?   R.Avec le secours   de Dieu, l’Equerre et mon propre travail.        D.Comment   avez-vous été passé Maître?   R.De l’Equerre   au Compas.        D.Je présume   que vous avez été Apprenti Entré ?   R.Jachin   et Boaz j’ai vu; Un très bon Maître-Maçon j’ai été fait, Avec le   losange, la Pierre   taillée et l’Equerre.       D.Si un Maître-Maçon vous voulez être    Vous devez comprendre parfaitement la Règle de Trois. Et M.B. (Machbenah) vous rendra   libre : Et ce que vous désirez en Maçonnerie Te sera montré dans cette Loge.  R.Je comprends   la bonne Maçonnerie Les clés de toutes les Loges sont à ma disposition.       D.Vous êtes un   Compagnon héroïque ; d’où venez-vous ?   R.De l’Est.        D.Où   allez-vous ?   R.A l’Ouest.        Examinateur: Qu’allez-vous   faire dans cette direction ?   R.Chercher ce   qui a été perdu et est maintenant retrouvé.        Examinateur Qu’est-ce   qui a été perdu et est maintenant retrouvé ?   R.Le mot de   Maître-Maçon.        Examinateur: Comment   a-t-il été perdu?   R.Par Trois   Grands Coups, ou la Mort   de notre Maître Hiram.        Examinateur: Comment   trouva-t-il la mort?   R.Il était   Maître Maçon lors de la construction du temple de Salomon, et à 12 heures de midi plein, tandis que les hommes étaient partis   se reposer, il vint inspecter les travaux comme il en avait l’habitude.   Lorsqu’il fut entré dans le Temple, trois scélérats, supposés être trois   Compagnons du Métier, se postèrent aux trois entrées du Temple. Lorsqu’il   sortit, l’un lui demanda le Mot de Maître ; et il lui répondit qu’il ne   l’avait pas reçu de cette manière mais que le temps et un peu de patience le   lui ferait obtenir. Mécontent de cette réponse, le scélérat lui porta un coup   qui le fit chanceler. Il alla à l’autre porte où, accosté de la même manière   et donnant la même réponse, il reçut un coup plus fort, et au troisième son coup   de grâce.       Examinateur Avec quoi   les scélérats la tuèrent-ils?   R.Un maillet,   un levier et une masse.        Examinateur Comment se   débarrassèrent-ils de son corps?   R.Ils le   transportèrent hors du Temple par la porte Ouest et le cachèrent sous des   décombres jusqu’à 12 heures   pleines à nouveau.      

Examinateur

Quelle heure   était-ce ?   R.12 heures pleines de la nuit,   tandis que les hommes étaient au repos.        Examinateur Comment se   débarrassèrent-ils de son corps ensuite?   R.Ils le   transportèrent jusqu’en haut d’une colline où ils firent une tombe décente et   l’ensevelirent.       Examinateur Quand   s’aperçut-on de son absence?   R.Le même   jour.        Examinateur Quand fut-il   retrouvé?   R.Quinze jours   plus tard.        Examinateur Qui le   retrouva?   R.Quinze   Frères dévoués, sur l’ordre du Roi Salomon, sortirent par la porte   ouest du Temple et se dispersèrent de droite à gauche, à portée de voix l’un   de l’autre. Ils convinrent que, s’ils ne trouvaient pas le Mot sur lui ou   près de lui, le premier Mot serait le Mot de Maître. Un des Frères, plus las   que les autres, s’assit pour se reposer et, saisissant un arbuste, qui céda   aussitôt, et s’apercevant que le sol avait été défoncé, il appela ses Frères.   En poursuivant leurs recherches, ils le trouvèrent décemment enseveli dans   une belle tombe de 6 pieds   à l’est, 6 pieds   à l’ouest et 6 pieds   perpendiculaires; elle était couverte de mousse et de gazon verts, ce qui les   surprit. Sur quoi, ils s’écrièrent : Nuscus Domus Dei Gratia, ce qui,   selon La Maçonnerie,   veut dire Rendons grâce à dieu, notre Maître a une maison moussue,   Aussi la recouvrirent-ils avec soins, et, comme autre ornement, placèrent une   branche de Cassia à la tête de sa tombe. Puis ils revinrent avertir le   Roi Salomon.       Examinateur Que dit le   Roi Salomon de tout cela ?   R.Il ordonne   de le relever et de l’ensevelir décemment et que 15 compagnons du métier en   gants et tabliers blancs assistent à ses obsèques ( qui doivent être   célébrées parmi les Maçons jusqu’à ce jour ).      Examinateur Comment Hiram   fut-il élevé ?   R.Comme le   sont tous les autres Maçons, lorsqu’ils reçoivent le Mot de Maître.       Examinateur Comment cela   ?   R.Par les cinq   points du Compagnonnage.        Examinateur Quels   sont-ils?   R.Main à Main,   Pied à Pied, Joue à Joue, Genou à Genou, Main dans le dos.      N.B.  Lorsque Hiram fut relevé, ils le prirent   par les index et la peau se détacha, ce qu’on appelle le glissement. Étendre   la main droite et placer le médium sur le poignet, en serrant l’index et   l’annulaire sur les côtés du poignet, cela s’appelle la poignée de main. Le   signe se fait en plaçant le pouce de la main droite sur le sein gauche et en   étendant les doigts.   Examinateu rQuel est le   nom d’un Maître Maçon ?   R.Cassia   est son nom, et je viens d’une Loge juste et parfaite.        Examinateur Hiram   fut-il enterré ?   R.Dans le sanotum   Sanatorum. (1) 

(1) Le Saint des Saints.

  Examinateur Par Où   fut-il amené?   R.Par la porte   ouest du Temple.        Examinateur Quels sont   les bijoux du Maître ?   R.L’arcade, le   dormant et le pavé d’équerre        D.Expliquez-les.   R.L’Arcade est   l’entrée du sanctum sanctorum, le dormant les fenêtres ou les lumières   à l’intérieur, le pavé d’équerre le sol.       Examinateur Donnez-moi   le Mot de Maître.   R.Il le   murmure à l’oreille, et, dans la posture des Cinq Points du Compagnonnage   ci-dessus indiqués, dit Machbenah, ce qui signifie L’Architecte   est  frappé.    N.B. Si   des Maçons sont au travail sur un chantier, et si vous désirez reconnaître   les Maçons Acceptés des autres, prenez un morceau de pierre, et demandez-lui   ce qu’il sent : il répondra immédiatement: ni le cuivre, ni le fer, ni   l’acier, mais le Maçon. Ensuite, si vous lui demandez son  âge, il répondra «au-dessus de sept», ce   qui signifie qu’il est passé Maître.     

Fin de la Partie de   Maître

 

L’AUTEUR SE JUSTIFIE LUI-MÊME EN RAISON DES PRÉJUGES D’UNE PARTIE DE L’HUMANITÉ.

De tous les abus qui sont apparus dans l’humanité, aucun n’est aussi ridicule que le Mystère de la Maçonnerie, qui a diverti le monde et suscité diverses interprétations. Ces soi-disant secrets, (qui sont) sans valeur, ont été, quoique incomplètement, révélés, et l’Article essentiel, c’est-à-dire l’Obligation, a été plusieurs fois imprimée dans les journaux publics, mais il est entièrement authentique dans le Daily  Journal du Samedi 22 août 1730 qui s‘accorde par sa véracité avec ce qui est donné dans cet opuscule. En conséquences, lorsque l’obligation du secret est abrogée, le susdit Secret devient sans effet et doit être entièrement aboli. Car quelques Maçons Opératifs (mais selon la manière polie de s’exprimer, des Maçons Acceptés) rendirent visite, venant de la première et  plus ancienne Loge constituée (selon le Livre des Loges de Londres), dans une Loge réputée de cette ville, où l’entrée leur fut refusée sous le motif que leur vieille Loge s’était transférée dans une autre maison, ce qui, bien qu’en contradiction avec ce grand Mystère, exige une autre constitution, à un prix qui n’est pas inférieur à douze guinées, avec un divertissement élégant, sous le prétexte de servir à des fins charitables, ce qui, si c’est exact, mériterait de grands éloges à une si digne entreprise. Mais on peut en douter et il est plus raisonnable de penser que cela sera dépensé en vue de constituer un autre système de Maçonnerie, l’ancienne structure étant si délabrée que, à moins d’être renforcée par quelque Mystère occulte, elle sera bientôt réduite à néant.

J’ai été amené à publier ce puissant Secret pour le Bien public, à la demande de plusieurs Maçons,  et cela donnera, j’espère, entière satisfaction, et cela aura son effet souhaité en empêchant un si grand nombre de personnes crédules d’être attirées dans une Société aussi pernicieuse.

 

FINIS

LISTE DES LOGES RÉGULIÈRES

PAR ORDRE D’ANCIENNETÉ ET DE CONSTITUTION

 

1.         Les Armes du Roi, dans Saint Paul’s Church Yard. 1er et 3e lundis de chaque mois. Constituée en 1691.

2.         La Rose et le Taureau, contre l’auberge Furnival, Holborn. 1er mercredi. 1712.

3.         La Taverne de la Corne, à Westminster. 3e vendredi.

4.         Le Cygne, Hampstead. 1er et 3e samedis. 17 janv. 1722.

5.         Les Trois Cygnes, dans Poultry. 2ème vendredi. 11 juillet 1721.

6.         Le Café de Tom, dans Clare Street près Clare Market. 2e et 4e mardis. 19 janv. 1722.

7.         La Coupe, dans Queen Street, Cheapside. 2e et 4e jeudis. 28 janv. 1722.

8.         La Taverne du Diable, à Temple Bar. 2e mardi. 25 avril 1722.

9.         Le Tonneau, dans Noble Street. 1er et 3e mercredis. Mai 1722.

10.       Le Lion et le Bouclier, dans Brewer Street. Dernier jeudi. 25 nov. 1722.

11.       La Tête de Reine, dans Knaves Acre. 1er et 3e mercredis. 27 février 1722-3.

12.       Les Trois Tonneaux, dans Swithin’s Alley. Vè mardi. 27 mars 1723.

13.       L’Ancre, dans Dutchy Lane. 2e vendredi et dernier lundi. 28 mars 1723.

14.       La Tête de Reine, dans Great Queenstreet. 1er et 3e lundis. 30 mars 1723.

16.       Le Lion Rouge, dans Tottenham Court Road. 3e lundi. 3 avril 1723.

17.       Le Taureau et la Jarretière, dans Bloomsbury. ler et 3e jeudis. 1723.

18.       La Couronne et le Coussin, à Ludgate Hill. ler mercredi. 5 mai 1723.

19.       Le Dragon vert, à Snow Hill. let et 3e lundis. 1723.

20.       Le Dauphin, dans Tower Street. 3e mercredi. 12juin 1723.

21.       La Tête de Baudet, dans Prince’s Street, Drury Lane. 2e et dernier jeudis.

22.       Le Navire, à Fish Street Hill. 1er vendredi. 11 septembre 1724.

23.       La Demi-Lune, dans Cheapside.1er et 3e mardis. 11 septembre 1723.

24.       La Couronne, hors les murs à Cripplegate. 2e et 4e vendredis.

25.       La Mitre, à Greenwich. Dernier samedi. 24 décembre 1723.

26.       Les Armes du Roi, dans le Strand. 4e mardi. 25 mars 1724.

27.       La Couronne et le Sceptre, dans St Martin’s Lane. 2e et dernier lundis. 27 mars 1734.

28.       La Tête de Reine, dans la ville de Bath. Dernier jeudi.

29.       La Tête de Reine, dans la ville de Norwich.

30.       Le Cygne, dans la ville de Chichester. 3e vendredi.

31.       Le Taureau Fie, dans Northgate Street, Ville de Chester.

32.       Le Château et le Faucon, dans Watergate Street, ville de Chester,

33.       La Tête de Baudet, dans Carmarthen, Galles du Sud.

34.   Les Armes de l’East India, à Gosport dans le Hampshire. 2e jeudi à 3 heures.

35.       L’Ange, à Congleton dans le Cheshire.

36.       Les Trois Tonneaux, dans Wood Street. 1er et 3e jeudis. Juillet 1724.

37.       Le Cygne, à Tottenham High Cross. 2e et 4e samedis. 22janvier 1725.

38.       Le Cygne et la Coupe, dans Finch Lane. 2e et dernier mercredis. Février 1725.

39.       La Tête de St-Paul, dans Ludgate Street. 2e et 4e lundis. Avril 1725.

40.   Le Sarment de Vigne, dans Flolborn. W lundi. 10 mai 1725.

41.   La Têté d’Henry VIII, dans St Andrew Street, près des sept cadrans. 4è lundi.

42.   La Rose, à Mary-la-Bone. W lundi l’hiver et 3e lundi l’été. 25 mai 1725.

43.       Le Cygne, dans Grafton Street, Ste Anne, Soho. W et dernier mercredis. Septembre 1725.

44.       Le Cerf Blanc, hors les murs à Bishopsgate. 1~ mardi. 19janvier 1726.

45.   Le Café Mount, dans Grosvenor Street, près de Hanover Square. 1er mercredi. 12janvier 1727.

46.       Les Trois Couronnes, à Stoke Newington. 1er samedi. 9 août 1727.

47.       La Tête de Roi, à Salford, près de Manchester. 1er lundi.

48.       Le Château, dans Holborn. 2e et dernier mercredis. 31 janvier 1727-8.

49.       Les Trois Fleurs de Lys, dans St Bernard Street, à Marid. ler dimanche.

50.       Le Sac de Coton, dans Warwick. 1er et 3e vendredis. 22 avril 1728.

51.       Le Café de Bishopsgate. 1er et 3e mercredis. 1728.

52.       La Rose et la Couronne, dans Greek Street, à Soho. 1er et 3e vendredis. 1728.

53.       Le Lion Blanc, à Richmond. 1er et 3e samedis à midi.

54.       La Couronne et l’Ancre, dans Shorts Gardens.

55.       La Tête de la Reine Elizabeth, dans Pittfield Street à Hoxton. W 1er et 3è lundis.

56.       La Couronne, dans la Halle aux blés, à Oxford. Chaque jeudi. 8 août 1729.

57.       Les Trois Tonneaux, à Scarsborough. 1er mercredi. 7 août 1729.

58.       Les Trois Tonneaux, à Billingsgate. 2e et 4e jeudis. 22janvier 1730.

59.   Les Armes du Roi, dans Cateton Street. 1er et 3e vendredis. 24janvier 1730.

60.   Ceorge, à Northampton. W samedi. 16janvier 1730.

61.   Prince William, à Charing Cross. 2e et 4e lundis. 26 février 1730.

62.   L’Ours, dans Butcher Row. W et 3e vendredis. 6 mars 1730.

63.   La Colline St Roch, près de Chichester dans le Sussex. Une fois l’an, c’est-à-dire le mardi de la semaine de Pâques. Sous le règne de Jules César.

64.       Le Lion Rouge, dans la ville de Canterbury. 1er et 3e mardis. 3 avril 1730.

65.       Le Café de Dick, dans Gravel Street à Hatton garden. Dernier jeudi. 16 avril 1730.

66.       Les Clous Dorés, à Hamstead. 2e et 4e samedis, 28 avril 1730.

67.       La Tête de Roi, dans Fleet Street. 2e et 4e vendredis. 22 mai 1730.

 

NOTES

 

1.  Catechetical: de catéchèse. Nous nous sommes risqué à traduire par catéchisme car les problèmes de catéchèse sont le fait de clercs, alors que les questions que l’on peut poser ~ un candidat maçon ne peuvent être de catéchèse, mais de catéchisme.

2.         On comprendra que le terme furnitures ne pouvait mieux se traduire que par s meubles ». Étant donné ce que sont ici les meubles, il n’était pas sans intérêt de noua en tenir à ce terme qui possède, entre autres, un sens héraldique.

3.         Rough ashler. Ashler désigne une pierre taillée utilisée pour la face extérieure du mur, ou pierre cubique. (Early Masonic Catechisms p. 241.) Le terme rough suggère qu’il s’agit d’une pierre dure, propre à l’appareil du mur.

4.         Broach’d thurnel. C’est une corruption de broached ornel: une pierre assez tendre travaillée au ciseau ou à la laie (E.M.C., p. 241). Le travail à la laie ne donne pas une pierre polie, c’est pourquoi nous traduisons par le terme de pierre dégrossie

5.         On remarquera les nombreuses erreurs que comportent le signe, l’attouchement et les mots.

6.         Notre traduction est de nature à ne pas dérouter les maçons de langue française. Il convient toutefois de noter qu’en anglais la phrase est: « For the sake of the letter  G. . Cela pourrait se traduire par: Pour l’amour de la lettre G.»  C’est là une traduction extrême mais le caractère polémique de sake devait laisser ce sens présent à l’esprit du maçon de 1730.

7.         Combien? Juste après la question des escaliers, constituait un coq-à-l’âne incompréhensible. C’est pourquoi nous avons ajouté entre crochets un complément explicatif autorisé par la suite du texte.

8.         Where was you pass’d Master? dit le texte anglais. Il ne s’agit pas pour autant de devenir passé maître » mais simplement d’être reçu maître. L’expression est cependant ~ retenir car les ~‘ passed masters » apparaîtront quelques années plus tard dans la Franc-Maçonnerie.

9.         Nous soumettons bien volontiers cette réplique à la discussion des anglicistes: « A Setting Maul, Setting Tool and Setting Beadle.» Beadle est sans doute une altération de beetle (masse). Quant à setting tool, « outil de pose », nous avons cru pouvoir le traduire par « niveau ». On pourrait aussi le traduire par « levier », dans la mesure où le verbe to set signifie « poser» mais aussi « mettre en place».

SOURCE :

Numérisation jvillant@yahoo.fr   http://unionmasonicauniversalritomoderno.blogspot.com http://www.lespertuis.fr  

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Discours réception au 1er Deg:. Symb:. rite ancien et primitif de Mem:. Misr:. 25 avril, 2015

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Mes BA:.. FF :.

vous avez devant vos yeux cette partie surélevée qu’on appelle l’Orient parce que c’est de là que partent les orientations de notre RL :. ,

à la droite du Vénérable Maître, c’est à dire à gauche pour vous, le frère secrétaire, qui incarne la mémoire de l’atelier, en inscrivant sur un registre tous les travaux qui s’y font afin de leur donner leur dimension d’éternité … Et de l’autre coté, le frère Orateur, moi, en l’occurrence, qui a parmi ses missions, celle d’être le porte-parole de l’atelier dans les grandes circonstances.

C’est le cas en ce jour qui constitue l’une des dates importantes de la vie de cet atelier. En effet, toute initiation de nouveau frère est un acte collectif qui engage l’ensemble de la Loge. Et votre initiation, nous la vivons aujourd’hui comme ce qui constitue une des étapes essentielles du processus de sa création, justifiant en cela la présence parmi nous de FF et SS venant d’autres ateliers et d’autres Or :. Et les Vénérables Maîtres siégeant à l’Orient.

Ainsi, m’adressant à vous pour vous souhaiter la bienvenue parmi nous, c’est à travers le Vénérable Maître et à vous tous, mes frères et sœurs que je m’adresse …

Mes FF ………….. je dois d’abord vous dire toute notre joie de vous accueillir parmi nous, joie qui est celle que peut éprouver une famille à la naissance d’un frère ou d’une sœur et encore plus d’un parrain. Le rituel que vous venez de vivre s’apparente en effet à une naissance. Ce n’est pas un apprentissage ni un enseignement, c’est un cheminement dans lequel chacun de vous s’est engagé, seul et dans la nuit. Tu as pris la route mon BAF d’une évolution personnelle comme le faisaient les francs-maçons opératifs du moyen-âge, ceux qui bâtissaient des cathédrales, et qui, ne dépendant d’aucun patron construisaient eux-mêmes leur parcours professionnel.

Pour commenter cet événement, je m’appuierai sur une comparaison plus parlante. La voie dans laquelle tu t’es engagé mon FF peut en effet être comparée à un homme qui part en voyage dans la nuit. Il peut le faire en utilisant les moyens de transport collectifs, train, autocar ou avion et beaucoup de nos concitoyens confient leur cheminement spirituel à l’une ou l’autre de ces religions qui offrent un ensemble cohérent de vérités, de rites et d’obligations.

Le franc-maçon quant à lui est comparable à celui qui, délaissant les transports publics, part seul au volant de sa voiture. Cela n’exclue pas qu’il s’engage sur le même parcours que tel ou tel transport collectif, autrement dit qu’un franc-maçon puisse adhérer à la foi de sa croyance et religion quel qu’elle soit …. Mais il ne s’y laisse pas guider comme un passager endormi dans sa couchette, il pilote lui-même sa propre conduite. En particulier, le franc-maçon se met dans la main de ceux qui ont fait ou font l’expérience du GADLU.

Ce voyageur individuel qui me sert de base de comparaison, s’arrête régulièrement sur le coté de la route pour faire le point. Il le fait avec un certain rituel : met son clignotant, ralentit, déboîte progressivement, s’arrête et met son frein à main. Ces arrêts sont comparables à nos tenues. Elles commencent par un rituel qui vise à nous sortir du courant de la circulation pour entrer dans le monde de la réflexion.

Puis, notre voyageur déplie sa carte routière, c’est le résultat des observations et des mesures prises par un certain nombre de personnes qui ont fait le voyage avant lui. De même, pour démarrer nos travaux, nous ouvrons ce que nous appelons « le volume de la loi sacrée » qui dans notre RL est la Bible. Certains d’entre nous attribuent ce caractère sacré à un contenu dans lequel ils voient une intervention divine. Cette explication leur est personnelle et ne saurait être imposée à tous.

Est sacré ce qui constitue la base, le fondement, sur lequel on s’appuie.

La loi sacrée est le fondement de notre personne morale comme la vertèbre sacrée qui, elle-même, repose sur le sacrum est la base de notre colonne vertébrale.

Pour le franc-maçon, ce qui est sacré, c’est la référence à la tradition, c’est à dire, d’une part, le respect pour ceux qui nous ont précédés, d’autre part, l’acceptation qu’il y a dans ce livre, des propos qui, ayant été ressassés chaque semaine à nos ancêtres pendant des siècles, et qui sont, qu’on le veuille ou non, profondément ancrés dans nos inconscients.

C’est sur ce livre que tu as prêté serment tout à l’heure, comme le fait le président des États Unis, mais avec une différence essentielle. Celui-ci prête serment sur une Bible fermée ; toi tu as prêté serment sur une Bible ouverte à une page où le texte latin commence par « in principio », c’est-à-dire, à la base, à la racine, dans le principe.

En outre, cette Bible est recouverte par une équerre et un compas.

L’équerre permet de passer de l’abscisse à l’ordonnée, de changer de dimension, d’avoir un regard perpendiculaire et notamment de passer, par exemple, de la lecture historique à la lecture symbolique.

Le compas, comme son nom l’indique, permet de comparer. Il évoque en outre cet instrument de marine qui permet de garder le cap. Ces trois éléments, le livre ouvert, l’équerre, le compas, sont des signes qui t’invitent à te construire toi-même avec le maximum de liberté et de discernement.

Mais quel est ce pays dans lequel se déroule ce voyage ? Notre obédience en général et notre atelier en particulier repose sur l’affirmation que l’univers a un ordre, qu’il a été conçu par celui que Voltaire appelle le Grand horloger, que nous appelons Le Grand Architecte de l’Univers, que certains d’entre nous appellent Dieu, Elohim ou Allah. Tous, individuellement ou collectivement, nous avons vocation à prendre notre place dans cette construction architecturale. C’est ce que nous appelons travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers..

Mes FF, la première étape de votre parcours consistera à apprendre à écouter, à recevoir la parole de l’autre. Car il n’y a d’enrichissement spirituel que par la rencontre de l’autre, par l’acceptation et la prise en compte de sa différence. La tolérance maçonnique ne consiste pas à accepter que l’autre pense différemment et par conséquent se trouve dans l’erreur. Elle consiste, au contraire, dans la conviction que l’autre, celui qui est différent, a quelque chose à m’apporter et, par voie de conséquence, l’importance de ce qu’il peut m’apporter est proportionnelle à l’importance de la différence.

Le rapprochement de l’autre est au cœur de notre démarche.

Nous sommes un ordre qui se dit symbolique. Chacun sait que le symbole est un objet, généralement une poterie, que l’on casse en deux de telle manière que le rapprochement des deux morceaux détenus par deux personnes différentes, constitue un moyen de reconnaissance.

Comme les deux morceaux de la poterie, l’autre et moi qui sommes différents, nous avons vocation à nous rencontrer et à entrer en communion. Ainsi, est symbolique ce qui rapproche ce qui unit, par opposition à ce qui divise qui est diabolique.

Mais reprenons la comparaison avec la pause que fait le voyageur pour consulter sa carte. Il arrive un moment où il faut repartir, éteindre l’éclairage intérieur de la voiture et reprendre la route, car la pause ne se justifie que par la route, et nos tenues n’ont de sens que si elles se traduisent dans nos comportements, ce que nous appelons poursuivre à l’extérieur l’œuvre commencée dans le temple. C’est par notre présence et notre place dans la société que nous existons. Si le philosophe dit « je pense donc je suis », le maçon doit dire « je construis donc je suis ».

Mes FF vous vous êtes engagé à respecter le secret, car ce que tu as vécu est incommunicable. A cette occasion, constatant que j’arrive au terme de ma planche il m’apparaît qu’il lui manque une dimension essentielle, car une planche sans humour est une choucroute sans moutarde. Et Pour combler ce manque, je ferais observer que les francs-maçons se réfèrent à un texte qui dit « au commencement il y a la parole » pour inviter le nouvel arrivant à commencer par se taire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ton engagement de ce soir est l’engagement collectif que nous allons renouveler. Il sera prononcé tout à l’heure, en votre nom à tous, par le Vénérable Maître et les deux surveillants au moment ou l’on éteint les etoiles comme le voyageur coupe l’éclairage intérieur de sa voiture pour pouvoir voir ce qui se passe au dehors. Il est désormais pour vous comme pour nous, dans chacun de nos actes, dans chacune de nos activités, dans chacune de nos paroles, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que la paix règne sur le terre, pour que l’amour règne parmi les hommes et pour que la joie soit dans les cœurs.

Ainsi que vos oreilles entendent que vos yeux voient et que votre âme comprenne

j ai dit VM

SOURCE : l’excellent site « le blog de anck 131″

http://anck131.over-blog.com/2015/04/discours-reception-au-1er-deg-symb-rite-ancien-et-primitif-de-mem-misr.html

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Frère Premier Surveillant, qu’est-ce qu’un Maçon ? 19 novembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Humour , 1 commentaire

Frère Premier Surveillant, qu’est-ce qu’un Maçon ?

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C’est un mec qui s’appelle José, qu’à pas voulu faire d’études et maintenant qui fréquente les ouvriers et l’architecte !
Que venons-nous faire en Loge ?
Me calmer les nerfs, limite accepter les reproches et faire comme José, m’évoluer !
Frère Second Surveillant, où avez été reçu ?
Dans une cabane tout c’qu’y a d’correct !
Que faut-il pour qu’une Loge soit juste et parfaite ?
Y en a trois qui font la loi, cinq autres qui gravitent autour et sept qui font qu’elle a tout d’correct !
Frère second Surveillant, depuis quand êtes vous Maçon ?
Des que j’ai eu ma torche !
Frère Premier Expert, à quoi reconnaitrai-je que vous êtes Maçon.
Au slam, mes pas d’rap et c’qui m’touche grave !
Comment se font les signes de Maçon ?
A coup de truelle, de taloche et fil à plomb !
Donnez-moi le signe d’Apprenti.
(yo men)
Que signifie ce signe ?
Préférer m’faire marave que causer le bizness des Maçons !
Frère second surveillant, donnez l’attouchement au frère Premier Surveillant. (Poing, doigt etc. etc.)
Il est juste Très vénérable.
Frère Second Surveillant donnez moi la parole.
J’lai déjà dit ! Même sur la vie d’ma Reum je balancerai pas. Ou alors ziva ! Donne juste le début, j’donnerai la suite !
Jiji ahah kinkin
Frère Premier Surveillant, que signifie ce mot ?
Dieu qu’est fort ; Au début j’croyais qu’on m’parlait chti ; la colonne de rein, quoi ! Et puis on m’a dit qu’on pouvait trouver la même au magasin de sport d’hiver ! Les skis de chez Salomon ! C’est là que les arpettes viennent chercher leur salaire !le salaire de la paire de ski.
Donnez-moi le mot de passe d’Apprenti.
Tutu baba l’kin kin.
Que signifie-t-il ?
C’est le nom du mec qui m’appris à r’fourguer le cuivre qu’on choure sur les chantiers !
Pourquoi vous êtes vous fait recevoir Maçon, Frère Second Surveillant ?
J’voulais être comme José, y m’a dit de v’nir qu’j’aurai une torche !
Qui vous a présenté en Loge ?
Un zigue que j’savais même pas qui faisait partie du groupe !
Dans quel état étiez-vous, quand on vous a présenté en Loge ?
Presque à voilpé et pas une tune sur moi, même plus ma chaîne ! J’pouvais même pas la péter ! A la ZUP j’aurai l’air d’un cave !
Comment avez-vous été introduit en Loge, Frère Premier Surveillant ?
Par trois fois ils ont voulu casser la porte !
Que signifient ces trois coups ?
Tu frappe d’abord pour qu’on t’ouvre, ensuite tu demandes à l’autre pourquoi y t’cherche !
Que vous ont produit ces trois coups ?
Que d’al ! Moi on m’touche pas ! M’a juste demandé comment j’m’appelle et dans quel bloc j’habite ! Tout le monde connait mon surnom dans ma tour ! Et j’y ai dit j’voulais manier la taloche.
Qu’a fait de vous le Frère Expert, Frère Second Surveillant ?
Il m’a laissé avec 2 matons qui m’ont fait pire qu’une descente dans les caves ! Y m’ont tout fait, même qu’ils ont voulu me cramer.
Que vous est-il arrivé ensuite ?
Le chef du chantier a dit que j’ferai un bon talocheur ! D’ailleurs, tout l’monde était d’accord ! M’ai d’avis qu’il devait manquer un ouvrier !
Comment vous a-t-il reçu, Frère second Surveillant ?
Cool et avec respect man !
Quelles sont ces formalités ?
A g’noux sur un bout d’bois, la main droite posé sur un surin, j’ai juré la vie d’ma mère et de l’autre j’ai failli niquer le sein gauche !
Qu’avez-vous fait dans cette posture ?
J’ai été obligé de prêter secrètement dans l’ordre !
Qu’avez-vous vu lorsque vous êtes entré en Loge, Frère Second Surveillant ?
Que d’al, m’avaient foutu une cagoule.
Qu’avez-vous vu lorsqu’on vous a donné la Lumière ?
Le chef du chantier avec deux gros spots qu’on aurait dit la lune et l’soleil !
Quel rapport peut-il y avoir entre ces Astres et le Maître de la Loge ?
Le soleil y brille le jour ! La lune y brille la nuit et le chef de chantier y brille entre les deux et quand y a pas d’éclipses !
Où se tient le Maître de la Loge, Frère Second Surveillant ?
Au bureau
Pourquoi ?
Pour allumer les gros spots et chouffer que tout le chantier soit allumer et mater aussi les ouvriers !
Où se tiennent les Surveillants ?
Devant la porte.
Pourquoi, Frère Second Surveillant ?
Pour mater les ouvriers comme le chef du chantier leur filer la tune afin qu’ils la ramène pas !
Où se tiennent les apprentis ?
Côté gare du nord, car sont pas des lumières.
Comment s’appelle votre Loge ?
La loge du concierge, bloc trois rue Saint Jean.

Auteur inconnu

Frère Premier Surveillant, qu’est-ce qu’un Maçon ? dans Humour humour-mac

L’Auvergnat 8 novembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Humour , ajouter un commentaire

L’Auvergnat

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Une SS à posté sur ma page Facebook , cette histoire , je n’en ai pas changé une ligne .

 

Pour ne pas faire sérieux, petite histoire …. la « moralité » est savoureuse, enfin moi j’aime bien !
L’Auvergnat

Certains soirs, dans les rues de nos petites villes de province, on peut voir des individus insolites qui pressent ne pas. Ils sont vêtus d’un costume sombre et portent un attaché case. Parfois, un nœud papillon vient mettre une note de fantaisie dans l’allure austère de ses personnages furtifs et affairés

Le pharmacien, le boucher et la mercière sont d’accord pour penser que, nonobstant cette tenue, il est impossible qui se rendent à des obsèques car il est trop tard, ni à une nuit de galanterie car il est trop tôt.
Mais alors, où vont-ils donc. ?

A noter que ces ténébreux quidams arrivent toujours en avance a leur mystérieux rendez-vous. Aussi, en attendant l’heure propice, ils se réunissent au « café restaurant de l’Auvergnat » où les rejoignent d’autres
Quidams, pareillement vêtus de sombre avec attacher case et nœud papillon.

Ce ne sont, alors, qu’embrassades chaleureuses, longues étreintes, baisers sonores, chuchotements complices, satisfaction ostentatoire. Tout cela avec des regards qui en disent long… Bizarre !!!

Derrière son comptoir, l’Auvergnat, mine de rien, observe et écoute tout en essuyant ses verres. Voilà des mois qu’il y a des doutes. Qui sont-ils réellement ses personnages énigmatiques qui viennent chez lui parler de la pluie et du beau temps. De la pluie surtout. Pour eux, il pleut souvent et leur salle est toujours humide, même quand le soleil brille. C’est à croire qu’il parla à mots couverts pour ne pas se mouiller.

Ils tentent, pourquoi ?, de se faire passer pour une famille nombreuse avec des « mon frère » par ci « montrer cher frère » par là. Mais pas la moindre ressemblance entre eux ! Et puis, existe-t-il des familles de cette dimension et composée uniquement de garçons ?

Autres bizarrerie, il parle souvent d’une dame qui serait veuve de son état mais qu’on n’a jamais vu. D’ailleurs on n’a jamais vu un seul d’entre eux avec une femme, pas une seule fois… Enfin il y a autre chose, même s’ils ne sont pas aussi parfumés que certains de ces messieurs qui ont «bifurqué » il s’embrasse tout autant et même davantage.

les soupçons de l’Auvergnat se précisent.. Il se demande si, par hasard, ses clients ne seraient pas une assemblée assez spéciale, car les détails scabreux ne manquent pas. Ainsi, dans la bande, se trouve un barbu qui semble travailler dans une tuilerie. Eh bien, le mois dernier ils se lamentaient d’avoir oublié son sautoir et ses bijoux à la maison. Est-ce que les Auvergnats barbus portent des sautoirs et des bijoux ? On vous le demande ! Et puis… Et puis, il y a parmi eux plusieurs vieux messieurs qui s’intéressent surtout aux jeunes du groupe : Les apprentis qui les appellent et il y a encore ceux qu’il parlent a voix basse d’un lac d’amour ou de leurs attributs ou même de leurs attouchements.

Oui, oui, parole d’Auvergnat. Prêter l’oreille si vous ne le croyez pas !
Leur profession ? Allez savoir. Certains doivent être des menuisiers… Mais pas des meilleurs, car il est souvent question de planche trop longue ou trop courte, bien qu’il y ait un grand architecte. Il y a aussi un couvreur qui doit poser des tuiles du barbu, un musicien qui s’occupe de l’harmonie, un expert. Un expert en quoi ? Mystère. Un secrétaire ainsi que deux surveillants qui, disent-ils, travaillent sur un gros chantier. Les autres seraient sans-emploi. Ils ont même leurs immigrés, des vieux écossais, des anciens qu’ils ont acceptés. Ils ne portent pas le kilt mais, en bon écossais, il semble surtout préoccupé par des augmentations de salaires..

À 19 heures, les ténébreux quittent le café à la queue leu leu et s’en vont vers leur mystérieuse réunion. Ils en reviennent vers 23 heures pour souper dans la salle du premier étage où ils s’enferment comme des conspirateurs.

Il y a parmi eux un commissaire-priseur qui tape comme un sourd à coups de Maillet sur la table en ordonnant de « charger la poudre… » Et de recommencer une nouvelle adjudication cinq minutes plus tard. Il s’agit sûrement de « came » et ils doivent négocier d’énormes quantités. Pas croyable… C’est pour cela qu’il se méfient les bougres ! Au point qu’ils ne laissent jamais la femme de l’Auvergnat faire le service. «
Laissez donc tout ça, Madame, laissez faire les jeunes » D’accord mais certains de leurs jeunes ont la bonne cinquantaine et pourtant il leur répète que « quand on a trois ans on doit servir ceux qui en ont
sept »…

L’Auvergnat gratte le sommet de son crâne. Là, vraiment, il a beaucoup de mal à suivre. Drôle de jeunes, qui aurait l’habitude étrange d’aller réfléchir dans les cabinets où ils utilisent du vitriol. Oui, oui, du
vitriol ! Pourquoi faire, grand Dieu ?

C’est sûr, ils essaient de brouiller les pistes mais à présent l’Auvergnat n’a plus de doute. « ces drôle de messieurs » sont aussi des trafiquants de drogue. Même qu’ils utilisent un code secret. Par exemple pour la « coke » ils parlent à voix basse d’un livre « le manuscrit de Cooke » qu’ils disent. Et, quand il est question de « hasch sur une pyramide », se doit être qu’il y a du joint égyptien dans l’air. D’ailleurs comme dans la mafia ils ont des parrains. Ils ont aussi leurs règlements de comptes car ils parlent souvent d’écossais qui auraient été rectifiés… Les malheureux…

Et leur fameuse poudre ? C’est du gros rouge peut-être. ? Et leur voyage ? Ce ne serait pas pour aller s’approvisionner, par hasard ?

l’Auvergnat et sa femme se rongent les sangs . « Que fait donc la police ? »
Oui mais… Ce sont tout de même de bons clients, généreux, bien élevés… Après tout, dans le commerce il faut savoir fermer les yeux. Et c’est pourquoi l’Auvergnat continu à servir en silence ses clients vêtus de sombre dont la ponctualité lui semble dictée par quelque calendrier secret inconnu du commun des mortels en général et des patrons de café restaurants en particulier.

MORALITÉ
Nous avons sur l’Auvergnat un net avantage. Nous savons qu’il se trompe et, comme l’a dit Pierre DAC, un philosophe de chez nous « si tous ceux qui croient avoir raison n’avait pas tort, la vérité ne serait pas loin » Malheureusement, nous sommes toujours l’Auvergnat de quelqu’un ou de quelque chose. Si bien, qu’en définitive, la seule certitude que nous puissions avoir c’est de savoir à quel point, hélas nous sommes encore plus Auvergnat que nous le pensons… J’ai dit

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Symbolisme Egyptien en Franc-Maçonnerie 13 septembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Contribution , 3 commentaires

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On ne s’attarde guère aujourd’hui, à rechercher dans la symbolique maçonnique dite Moderne, les origines des outils qui nous sont proposés et que par habitude nous manipulons en Loge. C’est ainsi que peu à peu, au fil des générations montantes, nous avons perdu le sens du sacré et que se sont crées des mouvances parallèles qui n’ont plus de Maçon que le nom, bien que l’esprit traditionnel y soit préservé lors des cérémonies d’intronisation.

Si pour certains d’entre nous, les symboles et les nombres utilisés par la Franc maçonnerie sont les éléments familiers d’un langage universel inscrit dans notre cosmologie, nombre de Sœurs et de Frères initiés aux différents Rites de nos obédiences ne réalisent pas toujours la portée symbolique des outils qu’ils observent et manipulent en Loge. Leur regard est naturellement attiré par les éléments les plus remarquables, mais ils se contentent trop souvent des explications volontairement succinctes trouvées dans leurs rituels. Aussi, les sujets dont je souhaiterais vous parler ce soir, concernent l’origine égyptienne de quelques uns de ces symboles qui n’appartiennent pas en propre à la Franc-maçonnerie mais que nous véhiculons dans nos rituels sans toujours en connaître le sens caché.

Nombre d’éléments présents dans nos Loges attestent que notre spiritualité est solaire. L’invocation que nous faisons lors de l’ouverture des travaux « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », introduit cette notion importante, que nous symbolisons par des signes plus ou moins parlants tels que le Soleil et la Lune, l’espace sacré recevant le Pavé Mosaïque où le Delta Lumineux. Pour les anciens égyptiens, notre Grand Architecte était symbolisé sous le nom de Rê par le disque solaire, non pas comme étant Dieu mais comme étant sa première manifestation dans le monde visible. Il se manifeste par la Lumière qu’il diffuse, et qui crée la vie. Il n’est pas le « Dieu créateur de toutes choses », mais le principe de mutation des ondes dites cosmiques qu’il véhicule et qu’il transforme en énergie créatrice.

En Égypte, la base de la Grande Pyramide du Pharaon Khéops formait un carré rigoureusement orienté, tandis que sa pointe culminant en plein centre, à 144 mètres d’altitude, symbolisait l’origine de toute création. Du fin fond de l’Univers symbolisé par le point, la Lumière descendait éclairer la Terre symbolisée par le Carré.

Comme les égyptiens qui considéraient le pronaos, cette sorte d’antichambre à la porte close par un sceau d’argile au chiffre du roi, comme un lieu consacré, au centre de laquelle était positionné la pierre cubique à pointe contenant l’une des manifestations divines de l’Enneade (groupe des neuf divinités de lamythologie égyptienne rassemblant toutes les forces présentes dans l’univers : le démiurge Atoum, l’humidité Tefnout, l’air Chou, la terre Geb, le ciel Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys), les Maçons consacrent leurs Loges à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers dont ils symbolisent la présence par différents tableaux posés sur un Pavé Mosaïque, entouré sur trois de ses angles par des colonnettes de différents styles. Pour nous Maçons, comme pour les anciens égyptiens, cet espace réputé sacré, symbolise la Terre comme faisant partie intégrante de l’Univers qui l’entoure.

C’est pour en faire la démonstration que nos illustres prédécesseurs ont choisi la forme du Carré afin de permettre à ce symbole de se manifester. Aujourd’hui, certaines Loges représentent le Pavé Mosaïque en additionnant deux triangles aux proportions pythagoriciennes, pour former un Carré Long sur lequel sont tracés 108 cases, soit 12 de l’Orient à l’Occident, et 9 du Nord au Midi. Faisant abstraction des dogmes anciens, la géométrie, si chère à notre Ordre de bâtisseurs, nous enseigne ce pourquoi ce symbole fut choisi. En effet, si l’on additionne les angles qui gravitent autour du Carré, nous en totalisons 12 à 90 degrés, soit 1080 degrés. C’est parce qu’aucune autre figure géométrique que le Carré Long n’aurait pu convenir, que celle-ci a été choisie, aussi bien par les égyptiens que par la Franc maçonnerie.

Au centre de nos Loge, représenter la Terre au sein de l’Univers, permet de comprendre ce que symbolise le Grand Architecte de l’Univers. Celui ci est en nous et autour de nous. Il totalise symboliquement les 1080 degrés que nous avons déjà définis autour de notre planète, auxquels s’ajoutent les 360 degrés qui se trouvent à l’intérieur du point, du cercle, du carré ou de toute représentation graphique, voir humaine, soit 1440 degrés. C’est ce nombre qui fut attribué au Grand Architecte de l’Univers par les prêtres égyptiens et les bâtisseurs de cathédrales, et qui fut retenu pour symboliser notre Univers. Ce calcul peut paraître un peu fou voire du domaine de la superstition. Pourtant, ce nombre revient trop souvent pour qu’il ne soit question que d’une simple coïncidence.

144 millions de kilomètres séparent la Terre de l’astre Solaire qui, pour les spiritualistes que nous sommes ou souhaitons devenir, serait la première manifestation visible d’un Univers incommensurable. La méthode de calcul attestée par nos scientifiques précise qu’à la vitesse de la lumière, soit 300 000 kilomètres à la seconde, la lumière met 8 minutes à nous parvenir, soit 8 minutes de 60 secondes que multiplie 300 000 kilomètres, cela fait bien 144 millions de kilomètres.

Est-ce un hasard si au cadran de nos montres, les 24 heures de la journée font au total 1440 minutes ? Est-ce le hasard qui fait que le temps de la création inscrit dans les arcanes de la Genèse, celle de Moïse, augmentée des apports égyptiens, soit également symbolisé par ce nombre ? En effet, nous trouvons que sous les images naïves des enseignements de la Bible et des livres sacrés se cache une clef universelle. Il y est enseigné par exemple que « Dieu créa le monde en six jours « . Six jours, cela fait bien six fois 24 heures soit 144 heures. Était-ce au hasard que les égyptiens de l’Ancien Empire, soit environ 2800 ans avant notre ère, ont choisi de considérer le nombre 144 comme étant à la fois, le Chiffre de la Terre et son nom numérique, l’inscrivant dans la géométrie de la Grande Pyramide symbolisant, mieux qu’aucune autre forme, le faisceau de lumière éclairant notre planète ?

Coïncidence, serez-vous peut être encore tenté de dire. Non ! Il ne saurait y avoir de coïncidence touchant un nombre qui se retrouve dans la Genèse, dans la Pyramide, sur le cadran de nos montres et dans un jour de rotation terrestre. Tout le mystère de notre Univers s’ordonne d’après ce nombre, repose sur lui et nous découvrons, grâce à lui, que l’unité de loi engendre l’unité de fait. 144, est donc le nombre clef, le nombre parfait, le nombre de notre univers, le nombre qui est le nom chiffré de notre planète et, en quelque sorte, la clef de la lumière. C’est pourquoi il est symbolisé dans nos Temples et qu’il peut être utile de le savoir.

D’autres symboles décorant nos ateliers, attestent que notre spiritualité est d’origine solaire. La Voûte Étoilée, le Soleil et la Lune, l’étoile flamboyante, la forme pyramidale du triangle, la référence à la Lumière etc. L’énergie cosmique y est aussi parfois suggérée par la présence d’un fil à plomb symbolisant l’Axe du monde sur le centre du tableau de Loge où du Naos selon le rite choisi par les ateliers. Sa verticalité est également représentée sur le décors des Premier et Second Surveillant. Elle manifeste la présence du Grand Architecte de l’Univers. Son peson symbolise le sommet d’une pyramide formée avec les angles du Pavé Mosaïque, protégeant ainsi virtuellement la formalisation de notre Ordre qu’est le Tableau de Loge. Dans les Rite égyptiens, les trois Grandes Lumières que sont l’Équerre, le Compas et la Règle, ainsi que la Lumière Eternelle sont posés sur une table triangulaire appelée Naos, de manière à les positionner au centre même de la Pyramide, lieu que les Anciens égyptiens avaient choisi avec soin pour y installer le coffre ouvert symbolisant le martyr et la résurrection d’Osiris dans la Chambre dite « du Roi ».

Ici tout est symbole rappellent nos Rituels. Le Livre de la Loi Sacrée, posé sur l’Autel des Serments en est l’un des plus significatifs. Ce symbole est souvent controversé lorsqu’il s’agit d’un ouvrage comme la Bible ou le Coran Pourtant ce livre, ouvert sur le Prologue de Saint Jean n’est pas réducteur au point de symboliser une religion, fut-elle d’État. Initiatique par essence, il propose dans son Ancien Testament, l’idée d’une humanité plongée dans l’ignorance, qui dans une période historiquement troublée reçoit une révélation, qui par la suite la conduira sur un chemin d’initié, guidée par les enseignements du Maître. Anecdotique, la Bible, comme le Livre des Morts égyptien, est une compilation d’ouvrages anciens. Elle correspond à une période de l’histoire Judéo-chrétienne dont les religions méditerranéennes se sont inspirées. En s’appropriant ces textes et en superposant le dogme à l’histoire, les religions chrétiennes et coraniques, ont détourné leur sens initiatique. C’est pourquoi, depuis la séparation de l’Église et de l’État, la Franc maçonnerie laïque et républicaine préconise l’invocation au progrès de l’Humanité, et la possibilité de remplacer la Bible par le Livre Blanc, afin d’éviter tout amalgame avec la religion.

Il est remarquable de constater que lorsque l’Expert et le Maître des Cérémonies forment la voûte sacrée au dessus de l’Autel des Serments, ils forment un angle de 108 degrés équivalent à celui du Delta Lumineux, sous lequel les trois Grandes Lumières sont présentes et posées, comme pour le Naos égyptien, sur un socle à mi-hauteur de la pyramide ainsi formée. Seule différence notable, dans nombre d’Ateliers, le Pommeau de la Canne du Maître des Cérémonies qui logiquement devrait se trouver au sommet de ce triangle pour symboliser la lumière manifestée du Grand Architecte de l’Univers sur les outils censés la représenter, est souvent gardé dans la main, modifiant le sens allégorique de son action.

Tous ces symboles nous renvoient à cette étroite relation entre l’astre solaire et la Loge. Ils participent notamment à l’ouverture de nos travaux, quand la lumière est la plus courte, lorsque la distance entre ce qui pour nous symbolise le Grand Architecte de l’Univers, et le lieu de sa manifestation.

La voûte étoilée composées de petites étoiles à cinq branches est elle aussi un symbole égyptien. Peinte sur le plafond des tombeaux royaux, elle représentait le monde où séjournaient les dieux. Lorsque pharaon, considéré par le peuple comme un dieu vivant, rejoignait, au crépuscule de sa vie, l’Orient éternel, une nouvelle étoile était censée s’allumer dans le ciel. En Egypte, il n’y eu jamais d’autres formes d’étoiles que celles à cinq branches que nous observons au plafond de nos ateliers. Dans nos Loges, les travaux sont couverts par le Grand Architecte de l’Univers que symbolise cette voûte étoilée.

A l’Orient, la Lune et le Soleil sont représentés. Si les symboles sont universels et n’appartiennent à personne, c’est la manière de les conjuguer entre eux qui personnalise notre Ordre. Comme le précisent nos rituels respectifs, nous travaillons de midi plein à minuit plein, c’est-à-dire lorsque ces deux astres sont à leur zénith. C’est pourquoi les carreaux du Pavé Mosaïque sont alternés Blanc et Noir. Cependant ces deux astres ainsi positionnés derrière le Vénérable Maître, suggèrent également le sens de rotation des planètes et des énergies. Ainsi, c’est parce que la course du soleil se fait de la droite vers la gauche, c’est-à-dire en sens inverse des aiguilles de la montre, que nous marchons de la gauche vers la droite. Nous ne fuyons pas devant les énergies qui circulent dans la Loge, nous marchons au devant d’elles et nous nous en imprégnons. C’est aussi pourquoi à la clôture des travaux nous croisons les bras pour entrer dans la Chaîne d’Union. Bras droit sur bras gauche, la main droite donne ce que la gauche a reçu. Notre propre énergie peut ainsi circuler à contre courant, et chaque participant agissant comme une pile en série sur son voisin, se charge ou se décharge au gré des travaux perçus durant nos tenues. Cette Chaîne d’union qui permet le partage des énergies accumulées durant les travaux, et donne à chacun le sentiment positif d’être en harmonie avec les autres participants, d’être sur la même longueur d’onde en somme, se retrouve dans le symbolisme égyptien. Les dieux principaux de l’Ennéade, sont très souvent représentés se tenant par la main formant une chaîne autour d’un point central symbolisant la manifestation du dieu unique. Cependant, intercesseurs entre dieu et les hommes, ceux-ci se tiennent respectueusement le dos tourné au centre, tandis que nous nous faisons face. Quoiqu’il en soit, le symbolisme égyptiens et celui des Francs maçons se rejoignent pour faire circuler leurs énergies en sens inverse des aiguilles de nos montres.

La Lune, quant à elle, est toujours représentée montante, car c’est une loi de la nature, bien connue des cultivateurs. C’est à la Lune montante considérée comme bénéfique que tout ce qui doit sortir de terre doit être planté. C’est donc un rappel pour l’Initié, du long cheminement souterrain qui, au cours de ses premiers voyages, l’ont conduit des ténèbres du cabinet de réflexion aux lumières de l’Orient.

C’est pourquoi eux aussi l’utilisèrent comme symbole. Cependant, si la lumière du Soleil, chargée d’énergie positive, était qualifiée « d’ombre de dieu » par les prêtres égyptiens, ceux ci s’interrogeaient gravement sur cet Astre qui pouvait n’être qu’un miroir reflétant des ondes cosmiques venues d’au-delà de notre système solaire.

Placé entre la Lune et le Soleil, le Delta Lumineux symbolise sur un plan spirituel, la présence du Grand Architecte de l’Univers et son principe créateur. C’est pourquoi nous y trouvons parfois inséré le nom de « Jehova » ou tout autre symbole s’y rapportant. On retrouve ce Delta inscrit sur le Tableau de Loge sous l’apparence d’un fronton surmontant une sorte de tabernacle posé sur les marches de l’Orient. Dans le Saint des Saints des temples égyptiens, le Naos où reposait la statue en Electrum du dieu tutélaire, avait exactement la même forme, les mêmes proportions et la même fonction que l’édifice que nous symbolisons ainsi. Il est remarquable de constater que l’angle au sommet du fronton maçonnique et celui du Naos égyptien sont rigoureusement calculé à 108 degrés, tout comme celui du Delta Lumineux qui se décompose en deux triangles pythagoriciens reliés ensembles par leur base.

D’autres symboles égyptiens que l’on retrouve en maçonnerie sont souvent mal ou pas du tout représentés. C’est le cas de la Corde formant des Lacs d’Amour qui ceinture nos Loges et se termine par deux Houppes dentelées sur les Colonnes d’Occident. Si notre Ordre s’identifie par ses symboles aux bâtisseurs d’antan, il est raisonnable de penser que cette corde avait une fonction opérative pour l’élaboration de leurs chefs d’œuvres. C’était donc un outil usuel, au même titre que les maillets, ciseaux et autres symboles présents dans nos ateliers. Il est donc logique que cette corde soit représentée, et qu’utilisée par nos pairs comme instrument de mesure, elle puisse comporter 12 nœuds. Les Anciens Égyptiens ont utilisé la corde à 12 nœuds pour tracer sur le sol le triangle rectangle dits de Pythagore aux proportions de 3, 4, 5, qu’ils retournaient sur son hypoténuse pour former le carré long.

Initialement, les nœuds formés aux deux extrémités étaient fermement serrés de manière à empêcher les fils qui la composaient de se détresser. Contrairement aux cordes modernes en nylon dont on peut brûler les bouts, les cordes de chanvre utilisées par nos prédécesseurs ne pouvaient être terminées que par des nœuds qui, pour être serrés, nécessitaient une sur longueur d’une coudée. On attribua à cette partie de corde détressée, tombant de chaque côté des colonnes J et B une signification symbolique que l’on appela des « houppes dentelées ». Partant de la colonne B pour rejoindre la colonne J (ou réciproquement selon le Rite) ces filaments de chanvre qui viennent s’entrecroiser pour former une corde bien solide, symboliseraient la multitude des Sœurs et les Frères qui quittent le monde profane pour venir s’unir dans le Temple. A l’autre extrémité, ces mêmes filaments qui se dénouent représenteraient les mêmes Sœurs et Frères repartant vers le Monde Profane, chargés des énergies bienfaitrices échangées dans la Loge. Cependant, la Chaîne n’est pas rompue pour autant car elle s’ouvre sur l’humanité puisque notre devoir est de transmettre au dehors les bienfaits acquis dans nos Temple.

12 nœuds composent cette corde, et nous travaillons de midi à minuit, soit 12 heures. Mais pourquoi commencer la journée à midi, alors que le soleil se lève entre 6 et 8 heures du matin selon la saison et que celui-ci se couche environ 12 heures plus tard obligeant les maçons à s’éclairer pour achever leur journée de travail. En vérité, le Maçon ne peut travailler efficacement sur lui-même que s’il a pu faire un premier bilan de sa vie, débarrassé des contraintes obérant sa liberté (enfants à élever, situation professionnelle etc…),en fait, symboliquement au Midi de son existence. Il peut alors se consacrer à développer sa spiritualité jusqu’à l’heure de son ultime initiation que le profane appelle la mort, et que les Maçons nomment l’Orient éternel, au Minuit de son existence terrestre.

Bien que nombre de Maçons le réfutent énergiquement, la Franc maçonnerie spéculative pourrait être née en Égypte il y a environ 5000 ans. En effet, si l’on peut affirmer que la Maçonnerie opérative serait née avec la première construction édifiée en pierre datant d’environ 30 siècles avant notre ère, la maçonnerie spéculative, quant à elle, remonterait au projet même de cette première réalisation. Car pour finaliser une œuvre structurée, il faut avant tout l’avoir imaginée, en avoir conçu le concept, en avoir étudié les formes en fonction du but recherché, et avoir déterminé la méthode avec les moyens à disposition. Il ne s’agit pas là de minimiser le rôle de l’ouvrier maçon qui, à son niveau, aura créé l’outil et façonné la pierre. Il s’agit de comprendre quelles étaient ses motivations, quel était le moteur de son génie.

Aux époques archaïques, où les Rois se prétendaient « Suivants d’Horus », et où la religion d’état s’appuyait sur la cosmogonie, l’astronomie et l’astrologie, le ciel était symbolisé par la déesse Nout, dont le corps formait la voûte céleste. A Louxor, dans la Vallée des Rois, peint sur le plafond des tombes de certains Grands Pharaons du Nouvel Empire, on peut voir une scène tout à fait significative se comparant à notre propre symbolisme de la corde qui ceinture nos Loges. La déesse du ciel dont le corps est parsemé d’étoiles, y est représentée avalant chaque soir le soleil et l’accouchant chaque matin. Entre sa bouche et son sexe, sont dessinés 12 soleils indiquant que durant la nuit celui ci continuait sa course. Alors, pourquoi le corps de la déesse du ciel ceinturant la Terre ne pourrait-il symboliser la voûte étoilée de notre temple et la corde à 12 noeuds qui la ceinture, ancrée sur les colonnes du Temple ? Pourquoi les doigts des pieds et des mains de la déesse ne symboliseraient-ils pas seraient ils pas les houppes dentelées et les soleils présents dans son corps, des Lacs d’Amour. Plutôt que d’observer notre environnement sur un plan horizontal, si comme le suggèrent les Tableaux de Loge, nous verticalisons ce sur quoi nous marchons, les colonnes sur la Terre et les astres dans le ciel, nous retrouverions bien ce schéma de la déesse Nout protégeant nos travaux.

Au plafond des temples et des tombes égyptiennes les 12 heures du jour et les 12 heures de la nuit sont symbolisées par des Soleils, or un détail quasi-insignifiant pour les occidentaux atteste que cette scène pourrait se comparer au symbolisme maçonnique prétendant que nous travaillons de Midi à Minuit. Dans cette scène tirée du Livre des Morts égyptien, devant le sexe de la déesse Nout, un Scarabée d’or, reçoit dans ses ailes le premier Soleil de la journée. Ce petit animal qui pousse sa boule de Terre à reculons, contenant sa nourriture ainsi que sa progéniture, nous rappelle que celui-ci, trop engourdit par le froid de la nuit pour pouvoir s’envoler, doit attendre le moment favorable où ses ailes sont chauffées par le soleil, c’est-à-dire à midi, lorsque sa lumière est au zénith. Suivent les douze Soleils symbolisant les heures de la journée, dont le dernier est avalé par la déesse. Ces observateurs de la nature et des astres que furent les égyptiens, nous ont transmis, gravés dans ce matériau réputé incorruptible qu’est la pierre, des images symboliques dont furent tirés un grand nombre de nos propres symboles. Peut être faut il chercher les fondements de leur pensée pour résoudre certaines énigmes aujourd’hui incompréhensibles par un esprit trop matérialiste.

En tant que fils du dieu Rê dont il porte le signe hiéroglyphique devant le cartouche portant son nom, le pharaon était supposé être détenteur du savoir et garant des traditions. Suivant d’Horus et es qualités, il était également le Grand Maître de la corporation de bâtisseurs qui, vivant généralement en autarcie pour protéger les secrets dont ils étaient détenteurs, se reconnaissaient par des signes et se présentaient vêtus d’une sorte de baudrier, comme les Maçons d’aujourd’hui.

Le roi dans ses fonctions officielles, ainsi que les prêtres architectes lorsqu’ils étaient assis, se tenaient dans la position du Maître en sagesse, c’est-à-dire les mains posées bien à plat sur les cuisses et le dos bien droit. Dans nos Loges, c’est ainsi que travaillent les Sœurs et les Frères.

Tous les symboles auxquels nous sommes confrontés en Loge ont leur interface égyptienne. Que ce soient l’Équerre, le Niveau ou la Perpendiculaire, le Maillet la Règle et le Ciseau, tous ces outils furent utilisés à des fins opératives certes, mais par des Artisans ayant reçu par Initiation une formation théologique. Car toute matière ayant été manifestée par le dieu créateur de toutes choses, nul ne pouvait en modifier la forme si ce n’était pour le glorifier. En s’identifiant à l’outil qui symbolise son action, le Maçon lui aussi, s’initie au sens du sacré. Depuis des millénaires, des femmes et des hommes ont sublimé leur foi en édifiant des tombes, des chapelles et des Temples. Ils ont choisi la pierre, plus pérenne que le bois pour y inscrire ce qui les rassemble et véhiculer leurs ancestrales Traditions. C’est pour eux, et grâce à eux que nous sommes ensemble aujourd’hui. Hier, ils bâtissaient avec des pierres de carrière, des Temples à la Sagesse, demain nous construirons le monde avec des mots, avec des idées, parce que nous avons acquis la liberté de nous exprimer autrement. L’Art et les Sciences d’autrefois nous montrent le chemin, aussi faut il en prendre conscience. L’Initiation maçonnique est un moyen d’éveil parmi d’autres et les symboles nous permettent d’appréhender toutes nos différences dans un climat serein. Encore faut il laisser nos métaux à la porte du Temple, et écarter tout dogme de nos travaux.

J’ai dit

Paris le 4 juin 2007

Source http://www.ordoabchaos.net

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La Franc-Maçonnerie lyonnaise au XVIIIe siècle 30 août, 2014

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La Franc-Maçonnerie lyonnaise au XVIIIe siècle

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Article publié le 29 juil 2014 Par Joanny Bricaud.

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La date de l’introduction de la Franc-Maçonnerie à Lyon est très incertaine, la plupart des anciens documents ayant été détruits pendant le siège de Lyon. Toutefois, un document, datant du commencement du 16e siècle, dit positivement que deux loges maçonniques écossaises existaient en France en 1535 : l’une à Paris et l’autre à Lyon[1]. Ces loges maçonniques n’étaient alors formées que par des ouvriers-constructeurs réunis sous le nom de Fraternité des Libres Maçons, parce que, conformément à leur but, qui était de construire dans tous les pays d’Europe où le besoin s’en ferait sentir des églises et des monastères, le pape les avait déclarés, en tous lieux, exempts d’impôts et de corvées[2]. Les protégés du Saint-Siège se répandirent rapidement en Allemagne, en France, en Normandie, en Bretagne, dans les Flandres et en Angleterre. Bien que disséminés, ils prirent soin de se communiquer les moindres perfectionnements apportés à l’art de bâtir. Leur correspondance fut, à ce sujet, des plus assidues, et l’architecture ogivale lui doit l’uniformité de son caractère autant que ses rapides progrès.

Au commencement du 17e siècle, une modification importante dans le fonctionnement de la Fraternité des Libres Maçons, changea le caractère essentiel de cette institution.

Sous la poussée des idées libérales, les Libres Maçons avaient été amenés à recevoir dans leur association des non-constructeurs, des non-ouvriers. Ils prirent alors le nom de Fraternité des Maçons Libres et Acceptés ; et c’est sous cette appellation qu’après la dévolution d’Angleterre, en 1688, Jacques II l’importa en France au château de Saint-Germain-en-Laye, dont il fit sa résidence.

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La Société avait alors pour but principal le rétablissement des Stuarts sur le trône d’Angleterre. Grâce aux Écossais réfugiés en France, des loges se formèrent à Dunkerque d’abord, à Paris ensuite. L’aristocratie française accepta avec empressement ce mode d’association, propre à favoriser ses projets ambitieux, et la Franc-Maçonnerie se répandit avec une rapidité extraordinaire. Néanmoins, ce n’est que vers l’année 1725 qu’elle se propagea ans nos provinces[3].

La Franc-Maçonnerie fut accueillie à Lyon avec tant d’empressement qu’en moins de dix ans sept loges y furent créées.

La première en date est la Parfaite Amitié, fondée le 24 juin 1753, jour de la fête de saint Jean-Baptiste, et qui siégea sans interception, bien qu’elle ne fût reconnue régulièrement constituée que e 21 novembre 1756[4]. Son Maître de loge ou Vénérable se nommait Willermoz : la loge ne comptait alors que neuf membres. Deux ans plus tard, une nouvelle loge, la Sagesse, était constituée avec le Dr Jacques Willermoz, frère aîné du précédent, pour Vénérable. La troisième : l’Amitié, fut fondée en 1758, avec le Frère Grandon pour Vénérable, et pour Officiers, les Frères Gueidan, premier surveillant ; Meillan, second surveillant ; Bonnichon, orateur ; Legry, trésorier ; Barrai, secrétaire et Warnet, maître des cérémonies ; mais sa constitution régulière date de 1775.

Le 20 mars 1760, les Maîtres réguliers des loges la Parfaite Amitié et l’Amitié décidèrent de créer une nouvelle loge : les Vrais Amis, qui eut pour Vénérable le frère Paganucci. Mais, des conflits s’élevèrent bientôt entre les loges. C’est pour les empêcher que les Maîtres des loges de Lyon décidèrent, le 20 avril 1760, de constituer une Grande Loge supérieure aux autres, capable de juger les différends et maintenir le bon ordre. Un projet de règlement fut rédigé et soumis à l’approbation de chacune des loges particulières. Elles le ratifièrent et nommèrent chacune un député afin de constituer la Grande Loge des Maîtres réguliers de Lyon.

Le Grand Maître de la Grande Loge de France, le comte de Clermont, l’autorisa, et, le 4 mai 1760, Irénée Grandon fut nommé Grand Maître de toutes les loges régulières de Lyon et de celles qui demanderaient leur affiliation[5]. Le brevet de constitution fut déliré le 18 juillet 1761.

Enfin, le 5 décembre 1762, sur l’initiative du frère Lenoir, horloger, la loge la Parfaite Amitié, qui existe encore aujourd’hui, fut constituée et placée sous le contrôle de la Grande Loge des Maîtres réguliers.

Bientôt, ce fut un engouement général dans les hautes classes ; tout le monde voulut faire partie de la Maçonnerie. On y était attiré par la curiosité, les pratiques mystérieuses, le cérémonial étrange et l’attrait du plaisir, car certaines loges donnaient des fêtes splendides, des banquets où se rencontraient des gens de la haute société.

Malgré les brefs de Clément XII, condamnant et défendant les « sociétés, assemblées, réunions, associations et conventicules appelés Francs-Maçons », et de Benoît XIV, interdisant aux fidèles toute espèce de rapports avec la Franc-Maçonnerie, sous peine d’excommunication, le clergé régulier et séculier fournissait également un appoint très appréciable. La Maçonnerie avait même des représentants jusqu’aux pieds du trône, puisque le chef des Maçons français, le souverain grand maître de la Grande Loge de France, le comte de Clermont, était un prince du sang.

* * *

Vers 1760, un protestant converti au catholicisme par Fénelon, le chevalier de Ramsay avait introduit en France un nouveau rite Maçonnique qui s’appelait, malgré les protestations de la Grande Loge d’Écosse : le Rite Écossais, ou Rite Templier, parce qu’il se prétendait dépositaire de secrets remontant aux chevaliers du Temple. Le grand nombre des grades et des titres pompeux : « Maître illustre », « Chevalier de l’Aurore », « Grand Inquisiteur », etc., favorisèrent beaucoup le développement de ce rite, dont un chapitre fut établi à Lyon, en 1765. Il prit le nom de Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir. Ses membres étaient recrutés parmi les frères pourvus des hauts grades du rite français (Grande Loge de France) et il était au-dessus de la Grande loge des Maîtres réguliers. Ce fut le Dr Jacques Willermoz qui eut la direction.

En 1767, le rite Martiniste, fondé par l’oculiste Martinès de Pasqually, fut introduit à Lyon sous le nom de Rite des Elus-Coëns[6].

Ses membres ne se recrutaient que parmi les maçons possédant les plus hauts grades. Le Grand Maître de ce rite était Jean-Baptiste Willermoz, frère du Dr Jacques Willermoz.

Peu après, le Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir fusionnait avec la Grande Loge des Maîtres Réguliers.

Mais, à la même époque, en même temps qu’une scission au sein de la Grande Loge de France avait donné naissance au Grand Orient de France, un nouveau rite était importé d’Allemagne.

Ce rite, désigné sous le nom de Stricte Observance Templière, avait pour fondateur le baron de Hund, qui avait imaginé, de concert avec un frère Marschall, ancien Grand-Maître provincial de la Grande Loge de Londres pour la Haute-Saxe, de rétabli l’ancien Ordre des Templiers, en s’appuyant sur la Franc-Maçonnerie, et de chercher à recouvrer les biens de cet Ordre. Le Grand Maître de la Stricte Observance templière, le duc Ferdinand de Brunswick (Ferdinandus a Victoria) venait d’envoyer en France plusieurs émissaires qui s’efforçaient de répandre ce rite.

Un frère de Weiler (Eques a Spica Aurea), muni des rituels, avait reçu l’ordre d’établir en France trois provinces. En moins de quatre mois, il en établit non pas trois, mais quatre, ayant pris sur lui d’en fonder une quatrième sous le nom de Septimanie.

Ces quatre provinces avaient chacune leur grand maître, placé sous la grande-maîtrise du duc Ferdinand de Brunswick.

Ce fut Jean-Baptiste Willermoz qui signa l’acte d’obédience en recevant la grande-maîtrise pour la province d’Auvergne, la seconde de l’ordre templier.

Son siège directorial était à Lyon, dans la loge la Bienfaisance, où le célèbre philosophe mystique Claude de Saint Martin fit une série de cours en 1774. Celui-ci tenta de dissuader Willermoz de s’inféoder à la Stricte Observance Templière, mais sans succès, Willermoz constatant que Martinès de Pasqually, éloigné et malade, n’envoyait plus à ses Élus-Coëns de Lyon que de rares instructions, et que les initiations magiques[7] de Martinès ne donnaient aucun résultat, était alors découragé ; il avait cru bien faire en entrant sans plus tarder en relation avec cet Ordre de la Stricte Observance templière que l’on disait déjà si puissant et dont on racontait des merveilles.

L’affaire lui était, d’ailleurs, avantageuse : il recevait la grande-maîtrise provinciale d’Auvergne, dont la Bienfaisance devenait le centre directorial, et, en retour, cette loge prêtait son appui à l’Ordre templier pour faciliter à ce dernier une action sur la Maçonnerie française et particulièrement sur le Grand-Orient de France, qui venait de se fonder.

L’occasion semblait favorable. Plusieurs officiers du Grand-Orient étaient déjà gagnés à la Stricte Observance, particulièrement acon de la Chevalerie et l’abbé Rozier, qui occupaient des postes très importants pour la bonne conduite de l’entreprise ; le premier étant grand orateur et le second président de la Chambre des Provinces du Grand-Orient.

Martinès de Pasqually, inquiet de l’attitude prise par Willermoz et quelques autres dans le Grand-Orient de France, écrivit de Port-au-Prince, où il se trouvait, à Willermoz, pour lui demander des explications ; mais, quand arriva la lettre, au commencement de novembre 1774, Martinès était mort (20 septembre), l’inféodation des Élus Coëns de Lyon à la Stricte Observance régulière était un ait accompli depuis le mois de mars de la même année[8].

Afin d’agir plus sûrement sur le Grand-Orient, les nouveaux affiliés à la Stricte Observance résolurent de rentrer dans la Grande Loge des Maîtres Réguliers.

Mais, afin de ne pas porter atteinte à l’autorité du Grand-Orient, il fut arrêté que cette association avec le rite templier allemand resterait dans la Grande Loge des maîtres réguliers comme un grade Supérieur auquel on admettait seulement les frères qui en seraient jugés dignes, et les plus avancés en grade ; le Grand-Orient changea le nom de cette loge en celui de Grande Loge provinciale du Lyonnais.

Le 4 février 1775, un traité d’union était passé entre la Strict Observance templière et le Grand-Orient. Ce fut l’abbé Rozier qui réussit à faire accepter l’examen des propositions d’union présentées par les directoires templiers. Une Commission, composée des frères de Méry d’Arcy, d’Arcambal et Guillotin, avait été nommée le 4 février 1775 pour examiner ces propositions qui furent rédigées le 24 avril. On y disait « qu’il était de la justice du Grand-Orient d’adopter ce traité parce que les droits de suprématie du Grand-Orient lui étaient conservés, l’alliance étant proposée par les Directoires, lesquels se rendaient tributaires du Grand-Orient ». Mais on insérait au traité que les « Directoires conserveraient l’administration de leur rite et de leur régime, tout en ayant le droit de se faire représenter par des députés qui jouiraient de tous les droits et prérogatives des autres loges ». Ce traité fut scellé en 1776, lors du voyage du duc de Chartres, grand maître du Grand-Orient.

Cependant les protestations ne se firent pas attendre. Comme les loges du Grand-Orient n’avaient pas été consultées, un grand nombre d’entre elles déclarèrent formellement que le Grand-Orient de Paris n’était en aucune façon autorisé à conclure ce traité. Elles alléguaient des faits graves contre la plupart des membres des Directoires, montrant que ces membres n’étaient que des ambitieux, des transfuges qui avaient déserté le rite français, ou qui avaient essuyé les refus constants des loges du rite français. Elles prétextaient surtout qu’il ressortait du traité que les Directoires templiers deviendraient juges du Grand-Orient dont les loges ne pourraient jamais juger la Stricte Ordonnance. La grande Loge provinciale de Lyon, notamment, excita un violent orage au sein du Grand-Orient.

Son député, l’abbé Jardin, y donna lecture d’un mémoire extrêmement violent contre les Directoires templiers et dirigé contre le Grand-Orateur Bacon de la Chevalerie, qu’il dénonçait comme favorisant la politique de la Stricte Observance au détriment du Grand-Orient.

Mais, il avait affaire à plus fort que lui. Bacon de la Chevalerie para le coup en faisant déférer le jugement au Grand-Maître lui-même, le duc de Chartres, qui signa, le 1er avril 1778, un décret, par lequel il déclarait la Grande Loge de Lyon rayée de la correspondance du Grand-Orient, si elle ne se rétractait pas dans un délai de quatre-vingt-un jours, suspendait l’abbé Jardin de toute onction maçonnique pendant quatre-vingt-un mois, et ordonnait a destruction par le feu de tous les documents et pièces concernant cette affaire[9].

À ces violences arbitraires, la Grande Loge de Lyon répondit d’abord qu’elle s’était décidée à agir par elle-même, parce que plusieurs de ses lettres étaient restées sans réponse, puis, peu après, se soumit.

Néanmoins, cette affaire fut le point de départ d’une nouvelle campagne contre les Directoires templiers, qui fut menée très secrètement par un parti de maçons fort au courant des menées templières : les Philalèthes.

Ces maçons, dont la plupart avaient été fondateurs du Grand-Orient de France, inquiets des menées de la Stricte Observance dans le Grand Orient, établirent en 1773 un régime qu’ils opposèrent au régime templier. Ce fut le rite des Philalèthes ou des Amis de la vérité. Ce rite comptait presque tous les maçons instruits du Grand-Orient, non affiliés à la Stricte Observance. Ils s’efforcèrent neutraliser l’influence des membres du Grand-Orient, affiliés au régime templier. En 1778, les loges de la Stricte Observance templière et la Grande Loge de Brunswick tenaient à Lyon leur premier et dernier Convent, désigné sous le nom de Convent des Gaules.

Ce sont les manœuvres des Philalèthes auprès des membres de certains Directoires templiers, au sein desquels ils avaient de nombreux affiliés, qui le firent échouer. Ils obtinrent même le remplacement du rite templier par le Rite rectifié de saint Martin ; mais, on croit que ce reniement du système templier fut plus apparent que réel, car, comme par le passé, les Directoires rectifiés continuèrent à recevoir leurs instructions et leurs ordres de la Grande Maîtrise de Brunswick.

Les loges de la Stricte Observance n’étaient pas révolutionnaires. Leurs membres étaient partisans du despotisme éclairé. Ils estimaient que les temps d’une Révolution n’étaient pas encore venus.

* * *

Vers 1781, le célèbre Cagliostro était venu à Lyon. Il y revint en 1784 et chercha à y répandre son Rite Maçonnique Égyptien qu’il venait de fonder, et à faire des prosélytes.

N’ayant obtenu aucun succès auprès de la loge du Parfait-Silence, il s’adressa à la loge la Sagesse où il recruta une douzaine d’adeptes. Avec le concours de ces disciples, il fonda, avec un pompeux cérémonial, une superbe loge qu’il appela la Sagesse Triomphante. Cette loge, qui devait avoir la primauté sur toutes les autres loges de ce rite, ajoutait à son titre celui de Mère-loge de la Haute-Maçonnerie Égyptienne. La cérémonie d’inauguration fut d’une magnificence extraordinaire et dura deux jours. Vingt-sept frères y assistaient. Le vénérable était Saint-Costart.

Lors du Convent des Philalèthes, en 1785, l’élu-coën Dessalles, s’étant rendu à Lyon auprès de Saint-Costart, en rapporta la promesse que Cagliostro viendrait au Convent s’il y était convoqué. Mais, en dépit des promesses de Saint-Costart, Cagliostro refusa d’assister au couvent. Il se contenta d’envoyer une lettre dans laquelle il déclarait qu’il ne prendrait part aux travaux des Philalèthes qu’autant que ceux-ci se feraient au préalable initier au Rite Égyptien de Lyon et détruiraient leurs archives ! Cette lettre fut suivie d’une autre, écrite par la loge de Cagliostro, la Sagesse triomphante, insistant pour que le Convent se pliât aux exigences de Cagliostro. Mais les Philalèthes n’avaient nullement l’intention de brûler leurs archives ; ils refusèrent et invitèrent seulement les membres du rite Égyptien à assister au Convent. Ceux-ci répondirent : « qu’ils étaient obligés de se conformer aux règles prescrites par le chef inconnu de la Maçonnerie véritable », et ils s’abstinrent.

La même année, le 27 juillet 1785, la mère Loge du Rite Écossais philosophique de France, sous le nom de Saint Alexandre d’Écosse et Contrat Social réunis, décréta qu’elle ne reconnaissait pas le Rite Égyptien de Lyon et qu’il serait adressé une circulaire aux loges et aux chapitres du régime philosophique pour les inviter à se garantir des novateurs en maçonnerie, « lesquels sont d’autant plus dangereux qu’ils éloignent les véritables maçons du but auquel ils doivent tendre ».

Ce convent des Philalèthes est le dernier qui ait offert quelque intérêt.

Celui qu’ils tinrent en mars 1787 dans l’hôtel de Savalette de Langes, rue Saint-Honoré, ne réunit que très peu de maçons. Son président, le frère Savalette, fut forcé d’interrompre les séances, de déclarer le convent définitivement clos. La lettre, un peu triste, qu’il adressa aux assistants parlait du manque de zèle des membres convoqués ; c’était par politesse ou par amitié, non par un véritable intérêt, qu’on venait rarement d’ailleurs, pour peu de temps, aux assemblées du convent ; il comprenait à son grand regret qu’il était non seulement prudent, mais même nécessaire d’y renoncer.

Il semble qu’il y ait en effet, à cette époque, un certain ralentissement dans les travaux maçonniques. L’approche de la Révolution pèse sur les esprits, et le président de la Chambre des Provinces du Grand-Orient de Paris, l’abbé Rozier, effrayé par les bruits révolutionnaires, se retire à Lyon[10].

De son côté, le philalèthe, Savalette de Langes, après le manifeste du duc Ferdinand de Brunswick (25 juillet 1792), s’étant présenté a la municipalité, à la tête d’une troupe de volontaires armés et équipés par lui, en demandant que l’on décrétât la levée en masse, donna une somme de 1650 livres pour l’équipement des trois cent mille volontaires de la République.

La Révolution força la plupart des loges maçonniques à se dissoudre. Le Grand Orient de France vit ses archives dispersées et la majeure partie de ses officiers victimes des excès révolutionnaires. Une seule de ces loges, la loge du Centre des Amis, continuait, à Paris, ses réunions. Les Philosophes Écossais, les Philalèthes, et les Élus-Coëns étaient obligés de suspendre leurs assemblées et de détruire toute correspondance qui eût pu sembler suspecte au Comité de sûreté générale. Parmi les Philalèthes, les uns, comme Savalette de Langes, étaient aux armées ; d’autres, comme de Gleichen, de Bray avaient quitté la France ; d’autres enfin, comme Roëttiers de Montaleau, qui avait remplacé l’abbé Rozier au Grand Orient, ou de Saint-Léonard, étaient emprisonnés comme suspects. Et si quelques Élus-Coëns, dont d’Eprémenil, Amar et Prunelle de Lierre, qui avaient voté le bannissement de Louis XVI, siégeaient encore aux Assemblées, tous les autres, comme Salzac, de Calvimont, l’abbé Fournié, d’Ossun, de Bonnefoy, avaient disparu, ou émigré.

À Lyon, les quatorze ou quinze loges en activité ne pouvaient plus réunir leurs membres disséminés par la Terreur[11].

Les Directoires de la Stricte Observance, du duc de Brunswick, n’étaient pas plus heureux. Celui d’Auvergne voyait sa loge-mère, la seule qui fût encore en activité, la Bienfaisance de Lyon, fort maltraitée par le siège. Les bombes pulvérisaient les archives provinciales que Willermoz n’avait pas eu le temps d’emporter de la loge, située hors des murs ; elles détruisaient la plupart de celles déposées dans la ville et tuaient l’abbé Rozier.

La ville vaincue, Willermoz fût arrêté et emprisonné ; son frère, Jacques, exécuté, ainsi que l’avocat du roi, Willanès, le comte de Virieu, et quelques autres maçons qui avaient servi dans l’armée lyonnaise. En même temps, le Grand Orient de France était déclare dissous et sa Grande Maîtrise vacante, en raison de l’abdication de son titulaire, le duc d’Orléans.

JOANNY BRICAUD.

Revue d’histoire de Lyon, tome 4e, pages 198-208, Lyon, 1905.

NOTES : 

[1] Année maçonnique des Pays Bas, 4e vol., p. 372.

[2] Diplôme de Nicolas III, de 1277, confirmé par Benoît XII, en 1334.

[3] L’historien de la Franc-Maçonnerie, Thory, fait dériver la Maçonnerie lyonnaise de la Mère-Loge de Marseille, appelée plus tard Mère-Loge Ecossaise de France. Ce n’est pourtant qu’en 1743 que fut créé un pouvoir central maçon que pour la France, sous le nom de Grande Loge de France et que le système templier fut créé à Lyon, d’après la réforme du chevalier de Ramsay (Acta Latomorum, p. 63).

[4] Voici l’acte qui mentionne la constitution de la Parfaite-Amitié. C’est à notre connaissance, le plus ancien document maçonnique de notre ville :

« A la gloire du Grand Architecte de l’Univers et sous le bon plaisir de Mgr le comte de Clermont, prince de sang, très illustre et très respectable Grand Maître des Loges régulières de France et autres.

Ce jourd’hui, 21 nov. 1756, heures de midi plein, Nous, Grand-Maître des Loges régulières soussignés de l’Ordre respectable de la Franche-Maçonnerie, réquisitoire du vénérable frère Baillot, aussi Maître de Loge, nous nous serions transportés et assemblés à la Loge Saint-Jean, située à l’Orient de Paris, ou étant, il nous aurait communiqué que plusieurs frères, tous bons maçons de la Ville de Lyon, s’étant unis en nombre compétent, désireraient pour s’unir à nous plus étroitement par les liens précieux de la Fraternité, d’être formés et constitués en Loge régulière et suffragante de la Grande Loge de paris, dite de France; desquels frères à nous proposés, avons été assurés et certifiés, par ledit frère Baillot, qu’ils étaient dignes et capables d’exercer les Lois et Règlements tant généraux que particuliers de la Franche-Maçonnerie, et en outre, que ladite Loge sera soumise et se soumettra à l’avenir généralement aux Règlements faits et à faire, par la Grande Loge de Paris dite de France, comme en faisant corps; à quoy, nous, Maîtres de Loges régulières, ouï le bon rapport à nous fait, par ledit frère Baillot, avons par ces présentes, constitués et constituons une Loge régulière pour et dans la Ville de Lyon, être établie à perpétuité, laquelle aura pour titre et nom la Parfaite Amitié, et pour Maître de ladite Loge, avons pareillement constitué et constituons le frère Jean-Baptiste Willermoz; pour premier surveillant, le frère Claude Veulty et pour second surveillant, le frère François Claudy, et enjoignons à tous les susdits frères, tant Maîtres qu’Officiers de ladite Loge, de se conformer à tout ce qui tiendra au bien de notre Ordre; d’y garder et faire garder et observer très exactement la décence, la sagesse, la concorde et l’union qui doit régner dans les cœurs des Maçons, et tout ce que dessus étant exactement suivi et exécuté conformément à notre règle. Si, mandons et enjoignons à tous bons Maçons, tant de ladite Ville de Lyon que tous autres, de reconnaître la présente Loge, pour régulière et suffragante de la Grande Loge de France, comme en faisant corps, en foy de quoy, nous lui avons délivré ces présentes pour lui servir de titre, valoir et demeurer laditte Loge perpétuellement établie et installée en laditte Ville de Lyon, et icelles signées et délivrées par nous Maîtres de Loges à l’Orient de Paris, ledit jour et an que dessus ».

Suivent les signatures des Maîtres de Loges.

[5] Constitutions, délibérations, statuts et élections des officiers de la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon, établie en 1760. (Manuscrit grand in folio, 142 ff. Catalogue Coste, n° 3570. Bbl. de la Ville.)

[6] Coën, mot hébreu qui signifie : prêtre.

[7] Le Rite des Élus-Coëns était un rite essentiellement occultiste et magique.

Voir à ce sujet les travaux du Dr Papus : l’Illuminisme en France et Louisaude de Saint-Martin.

[8] Lettres et documents classés dans les Archives du rite maçonnique de Misraïm (anciennes Archives Villaréal, D. XVII)

[9] Ces documents échappèrent, à la destruction, grâce aux maçons du Rite des Philalèthes, dans les Archives desquels ils furent conservés. Le Rite de Misraïm possède actuellement ces Archives.

[10] Où il devait être tué lors du bombardement de la ville en 1793.

[11] Voici le nom des loges en activité à cette époque : les Amis de la Vérité; la Sagesse; le Parfait. Silence; la Sincère Union; les Vrais Amis: Saint-Jean de Jérusalem; la Parfaite Harmonie ; la Sincère Amitié; Saint-Jean du patriotisme (loge militaire); la Régularité ; la Paix; la Grande-Loge Provinciale; te Candeur; la Bienfaisance (Directoire templier).

bricaud

Source : l’excellent site http://www.esoblogs.net/

Le Rite Anglais style Emulation : une brève présentation à l’usage des Maçons Français 3 mars, 2013

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Le Rite Anglais style Émulation : une brève présentation à l’usage des Maçons Français

Le Rite Anglais style Emulation : une brève présentation à l'usage des Maçons Français  dans Chaine d'union emulation0-300x120

Le Rite Anglais Style Emulation n’est pas seulement le rite le plus pratiqué en Angleterre, il est aussi le plus répandu à travers le monde. Il est pourtant très peu présent en France même s’il connaît depuis peu un engouement croissant. Ceci, grâce sans doute à la force de son contenu et aux perspectives nouvelles qu’il offre aux Maçons français.

Les origines

Le Rite Anglais Style Emulation, plus communément appelé Emulation, doit son nom à « l’Emulation Lodge of Improvement ». Cette « Loge de Perfectionnement Emulation » fut, à partir de 1823, l’une des loges chargée d’instruire les frères à propos des pratiques rituelles résultant de l’Union des deux Grandes Loges qui formèrent en 1813, la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Revenons donc brièvement sur cet épisode capital et pourtant souvent méconnu des maçons français, qui vit s’affronter durant plus de 60 ans deux grandes Loges rivales en Angleterre.
On a souvent trop tendance à croire que la Grande Loge de Londres créée en 1717 fédéra très vite autour d’elle l’ensemble des pratiques maçonniques anglaises. Il n’en est rien. Si ce nouveau « Corps Maçonnique » connut assez vite (après quelques balbutiements de prime jeunesse tout de même) une croissance importante et surtout une fréquentation de choix, il n’en reste pas moins que prospérèrent d’autres pratiques maçonniques en dehors de son cercle et ce jusque dans Londres même.(1)
En 1751 se constitue une Grande Loge autonome et rivale qui prend le nom de « Grande Loge des Antients »(2). Par opposition et par raillerie, cette Grande Loge des Antients appellera l’autre Grande Loge: les « Modernes », une appellation qui lui restera par la suite. L’affrontement entre les deux grandes loges va être sévère et sans concession. Les Antients (non sans raisons sans doute) reprochent avec véhémence aux Modernes d’avoir modifié le rituel et les pratiques anciennes dont les Antients seraient les seuls dépositaires. Les Modernes contestent ces accusations et prétendent aussi être les seuls garants de la vraie pratique.
Cette Grande Loge des Antients va connaître, elle aussi, un succès certain. Sous l’influence de Laurence Dermott, son Grand Secrétaire pendant 18 ans, elle se dotera de constitutions, Ahiman Rezon, à l’égal de sa concurrente mais elle comprendra aussi que pour pouvoir rivaliser avec elle, il lui faudra pouvoir compter sur la protection et le patronage de nobles de haut rang. Elle trouvera dans les Ducs d’Atholl les protecteurs dont elle avait besoin.
Il faut souligner ici à quel point les querelles incessantes entre les deux grandes Loges vont semer la confusion parmi les maçons non seulement anglais, mais aussi du monde entier. Citons pour exemple une anecdote révélatrice. Benjamin Franklin était membre de la St John Lodge de Philadelphie qui était une Loge Moderne. De retour de l’un de ses voyages en France, il découvrit que sa Loge avait changé de Grande Loge et possédait désormais une patente des Antients. Celle-ci refusa de le reconnaître et lui refusa même les Honneurs Maçonniques pour ses funérailles !

Il faudra attendre les années 1800 pour qu’un rapprochement puisse être envisagé. Après nombre contacts puis négociations, l’Union eut finalement lieu le 27 décembre 1813. On avait préalablement pris le soin d’installer le Duc de Kent dans la chaire du Grand Maître de la Grande Loge des Antients et son frère le Duc de Sussex dans celle de la Grande Loge des Modernes. Le Duc de Sussex fut sans doute l’un des principaux artisans de cette réconciliation mais aussi celui d’un mouvement certain de déchristianisation du rituel. Il restera 30 ans à la tête de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

L’Emulation Lodge of Improvement

Les rituels des deux Grandes Loges étaient sensiblement différents et ce ne fut pas sans mal que fut mis au point un rituel commun, acceptable par les deux parties. De plus, l’Arc Royal pratique spécifique des Antients posait un problème presque insoluble, les Antients considéraient l’Arc Royal comme le couronnement de la pratique maçonnique alors que les Modernes refusaient catégoriquement d’ajouter un quatrième grade aux trois existant déjà. Personne ne voulant céder, on résolut alors de s’accorder sur une formulation pour le moins étonnante et qui restera sans doute comme l’un des plus beaux exemples de pragmatisme (ou d’hypocrisie) maçonnique: « La maçonnerie est constituée de trois grades et trois grades seulement, y compris l’Arc Royal ». Du grand art…
Une « Lodge of Promulgation » fut formée dès 1809 par les Modernes pour examiner le rituel et faire des recommandations. De 1813 à 1816, une « Lodge of Reconciliation », composée à parité de frères Antients et Modernes fut créée par la nouvelle Grande Loge Unie. Sa mission fut de finaliser un rituel commun et en faire la démonstration aux Loges. Sa mission terminée, celle-ci fut dissoute.
Des Loges d’instruction prirent alors le relais pour la diffusion de ce rituel auprès des loges. La première d’entre elles fut la « Stability Lodge » fondée dès 1817. « L’Emulation Lodge of Improvement » fut constituée le 2 octobre 1823 sous l’impulsion de la Loge des Grands Stewards qui voulait voir éclore une loge d’instruction du plus haut niveau, capable de transmettre le rituel conformément aux standards d’excellence de la Loge des Grands Stewards (Les Grands Stewards sont considérés depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui comme les gardiens du rituel dans sa plus pure perfection)
Grâce au travail de Frères comme Peter Gilkes ou George Claret, « l’Emulation Lodge of Improvement » connut un développement important et devint très vite une référence incontestée.
La Grande Loge Unie d’Angleterre ne publia jamais de rituel de référence laissant aux Loges le soin de le transmettre la pratique. Avec le temps, de légères différences se perpétuèrent.
Ceux qui se référaient aux pratiques de « l’Emulation Lodge of Improvement » se réclamèrent d’un « Emulation working » , d’un style, d’une pratique Emulation. Mais Emulation n’est pas le seul « working » pratiqué aujourd’hui en Grande-Bretagne et ailleurs. Il existe aussi un « working » dit Stability (du nom de la Loge d’instruction sus citée) ou d’autres « workings » encore comme l’Oxford, le Standard, le Taylor… Les différences entre ces « workings » sont minimes, mais elles existent.
C’est la raison pour laquelle il est plus juste de parler d’un Rite Anglais pratiqué selon plusieurs « styles ». Notre regretté frère Gérard Gefen, grand maçon Emulation s’il en est, avait proposé la terminologie de « Rite Anglais, Style Emulation » dans les années 1980. Elle s’est aujourd’hui imposée avec raison.
« L’Emulation Lodge of Improvement » mettra 146 ans à publier son premier rituel « officiel » (1969). Pour sa part, la Grande Loge Unie d’Angleterre n’a toujours pas publié de rituel « officiel » respectant ainsi les différentes pratiques actuelles.
« L’Emulation Lodge of Improvement » est toujours en exercice aujourd’hui. Elle porte le numéro 256 et se réunit tous les vendredis d’octobre à juin à 18h15 au Freemason’s Hall de Londres. Elle n’est ouverte qu’aux maîtres maçons et poursuit son oeuvre d’instruction.

L’esprit du Rite Pour un Maçon français, Emulation est pour le moins dépaysant. Il peut surprendre par sa rigueur, il conquiert par sa force intérieure.
Commençons tout d’abord par revenir sur un poncif trop souvent rabaché. Il est en effet surprenant de lire à chaque fois que l’on parle d’Emulation que sa spécificité première est l’oralité.
En fait, Emulation n’est pas plus caractérisé par l’oralité qu’un autre rite. Bien sûr, Emulation est en général appris par coeur, mais il ne s’agit là que d’une tradition maçonnique ancienne qui s’appliquait autrefois à tous les rituels maçonniques. Cette tradition est aujourd’hui encore perpétrée par les maçons anglo-saxons en général, et ceci en dehors de tout rite particulier. Que ce soit en Australie, au Canada, aux Etats-Unis, en Irlande ou au Japon, au Rite dit « d’York », à Stability mais aussi dans les « hauts-grades » du Scottish Rite, les maçons anglo-saxons pratiquent en général le par cœur.
La véritable spécificité d’Emulation réside bien plus dans l’importance donnée à la gestuelle. Les cérémonies Emulation sont réglées « comme sur du papier à musique ». Le rituel doit être suffisamment intégré de façon à libérer celui qui officie et lui permettre de vivre le rituel « de l’intérieur ».
La gestuelle joue un grand rôle dans le pouvoir évocateur d’Emulation. Chaque geste compte et chaque détail est signifiant, si bien pour celui qui le réalise que pour celui qui le regarde.
Pour savoir ce que peut signifier une équerre, on peut en chercher la symbolique, en faire des planches et des planches, intellectualiser jusqu’à la glose. C’est une voie. Mais pour celui qui forme l’équerre avec son corps et qui vit intérieurement l’équerre par sa pratique, simplement en réalisant son signe d’ordre parfaitement, en en ressentant profondément la signification, parler devient inutile et réducteur. C’est la voie proposée par Emulation. La rigueur devient alors une ascèse qui rapproche le maçon Emulation de l’acte juste et donc d’une meilleure compréhension de son art, par l’intérieur. Directement, sans nécessité d’intellectualisation
Emulation peut faire penser aux katas des arts martiaux, ces mouvements fondamentaux de l’Aikido, du Judo ou du Kendo que l’on répète inlassablement jusqu’à les maîtriser parfaitement.
Etant jeune, je faisais du tir à l’arc avec un maître qui, à plus de soixante-dix ans, n’y voyait plus grand chose mais ne mettait jamais ses lunettes pour tirer et atteignait pourtant toujours sa cible. Ce qui est important disait-il, ce ne sont ni les yeux, ni la cible, c’est le geste. Le jour où tu maîtriseras le geste, tu maîtriseras le tir à l’arc.
On comprend mieux alors l’intérêt qu’il peut y avoir à savoir son texte par coeur. On peut ainsi se dégager du livret, lever les yeux et entrer dans le rituel par la gestuelle. Une expérience inoubliable.
Une tenue émulation est un moment de très grande intensité, de concentration collective. Voici sans doute pourquoi, dans sa grande sagesse, Emulation a prévu une « 2ème mi-temps » qui fait entièrement partie de la tenue et qui possède son rituel propre, mais qui permet une « décompression » progressive dans la bonne humeur : les Agapes (Festive Board en anglais…).

Rites Antients, Rites Moderns

Avant d’aller plus loin et d’entrer dans les spécificités de la pratique Emulation, il est nécessaire de vous révéler enfin qui a »gagné la partie » lors de l’union de 1813. Il faut le reconnaître les Antients l’ont emporté haut la main pour ce qui est de l’influence qu’ils ont imprimée au rituel d’Union (par ailleurs, ils n’ont pas nécessairement gagné en ce qui concerne la course aux pouvoirs internes). Emulation est donc un rituel de type Antient.
On comprend alors mieux pourquoi Emulation paraît aussi exotique à un maçon français qui, lui, pratique un rite de type Moderne.
En effet, le type de maçonnerie qui s’installa en France à la fin des années 1720 fut implantée par des maçons anglais de type Modernes. Cette maçonnerie se développa en France à son rythme et selon une histoire proprement française. Elle ne subit quasiment pas les conséquences de la querelle des Antients et des Modernes à contrario de nombreux pays anglo-saxons. La France perpétua donc sous ses différentes formes de Rites Français des rites de type Modernes. (3)
Nous nous trouvons donc dans une situation de parfaite complémentarité entre Emulation et les Rites Français.
C’est ce qu’avait compris, il y a déjà plus de 40 ans, mon maître René Guilly en bataillant d’un côté pour développer en France Emulation et en reconstruisant patiemment d’un autre le Rite Français Traditionnel. Pour lui, la compréhension de la Maçonnerie ne pouvait se faire que par une pratique de ces deux rites complémentaires. Toutes les recherches maçonniques lui ont donné raison.

La pratique Emulation

Nous nous contenterons ici de survoler quelques particularités spécifiques à Emulation qui pourraient intéresser les maçons français.

Les mots J et B ont été intervertis.
Il s’agit là de l’une des différences importantes entre les rites Antients et Modernes. A Emulation, le mot de l’apprenti est B. et le mot du compagnon est J . . Plusieurs thèses s’affrontent sur les causes et les origines de cette différence. Les thèses les plus couramment admises voudraient que les Modernes aient délibérément interverti les mots, soit pour certains, suite à la divulgation de Samuel Pritchard de 1730, soit pour d’autres, en 1739 ou plus tard même afin d’interdire aux « pré-Antients » de se faire accepter leurs Loges. Il se pourrait bien pourtant qu’une autre thèse bien différente l’emporte. Il pourrait simplement s’agir d’un choix différent fait par les Anglais et les Irlandais au moment ou les deux mots J. et B. se sont « séparés ». Comme chacun sait, le Mot du Maçon était en fait formé au départ des deux mots J. et B., ensemble. Lors de la structuration de la maçonnerie en trois grades Apprenti/Compagnon/Maître, les anglais auraient attribué J. à l’apprenti et B. au compagnon et les irlandais auraient eux fait un choix inverse en donnant B. à l’apprenti et J. au compagnon. Les Irlandais ayant largement influencé les rituels des Antients, ils leur auraient donc apporté cet usage.
Les Surveillants ne sont pas placés aux mêmes endroits que dans les loges françaises. En effet, à Emulation le Premier Surveillant est placé plein Ouest (il indique le soleil à son couchant et ferme la Loge) et le Second Surveillant est lui placé au Sud (il indique le soleil à son plus haut point et appelle les frères au travail). Ils sont placés dans la loge de façon à former avec le Vénérable Maître une équerre virtuelle. Il s’agit là d’une disposition spécifique aux Antients attestée dès 1760 dans la divulgation dite des « Three Distincts Knocks ».
Présence de deux Diacres. Cet office particulier aux Antients est un peu le pendant des Experts dans les rites français. Les Diacres sont chargés de conduire les candidats durant les cérémonies. Ils sont aussi messagers comme le signifient la colombe (autrefois un Hermès ailé) qu’ils portent en bijou. Messager du Vénérable Maître au Premier Surveillant, pour le Premier Diacre et du Premier Surveillant au Second Surveillant pour le Second Diacre.
Cet office de Diacre est très ancien, mais comme le souligne Chetwode Crawley, il ne faut pas confondre les offices des Diacres écossais avec ceux des Diacres irlandais. La maçonnerie écossaise atteste dès les débuts du XVIIème siècle de la présence d’un Diacre qui est en fait celui qui dirige la Loge. Le Diacre Emulation est sans doute plus issu de la tradition Irlandaise ou le diacre est l’officiant.
Pas de chapeau ni d’épée.
Le port du chapeau et de l’épée sont des traditions purement françaises. Au XVIIIème siècle, là ou les anglais, par souci de fraternité ont interdit les épées dans les Loges, les français ont, eux, donné le droit à tous les frères de porter l’épée.
La « filière »
Les prescriptions Emulation n’imposent au futur Vénérable Maître que d’avoir été au moins un an Surveillant actif. Il est pourtant d’usage de respecter une sorte de « filière » qui donne à chaque frère à la fois la possibilité de servir, d’apprendre et de progresser dans sa Loge. Le cursus d’un frère dans la Loge devrait donc être, s’il y a lieu, Apprenti, Compagnon, Maître, puis Couvreur, Second Diacre, Premier Diacre, Second Surveillant, Premier Surveillant, et enfin Vénérable Maître, et ensuite Passé Maître Immédiat. Le Vénérable Maître ne restant en chaire en général qu’un an, on fait avancer chaque officier d’un cran chaque année, jusqu’à ce qu’il reçoive les bienfaits de l’Installation. Bien sûr, rien n’est automatique, il s’agit d’un principe qui peut être modifié selon les besoins de la Loge et la volonté du Vénérable Maître en chaire.
Les autres officiers (Secrétaire, Maître des Cérémonies…) sont nommés à la discrétion du Vénérable Maître. Le Trésorier et le Tuileur sont élus, le premier devant gérer le trésor de la Loge et le second percevoir un salaire pour sa tâche.
La Cérémonie d’Installation Secrète
Emulation confère au Vénérable Maître lors de son installation ce qui ressemble fort à un grade. Les frère Maîtres non-installés, c’est-à-dire qui n’ont jamais accédé au Vénéralat, doivent alors quitter la Loge et c’est en Conseil de Maîtres Installés que le nouveau Vénérable Maître recevra au cours d’une cérémonie secrète, un mot et un signe. Il sera de même instruit d’une légende particulière à cette qualification.

Emulation à la française…

Au terme de cette trop courte visite de ce rite passionnant, je voudrais insister sur tout l’intérêt qu’un maçon français pourra tirer d’Emulation.
Il faut d’abord ne pas regarder Emulation comme un rite anglomaniaque. D’ailleurs, comme on l’a vu, ce rite anglais est en fait très… irlandais, un brin écossais et a sans doute été influencé aussi par des pratiques françaises (Le Rite Français étant lui par contre en réalité d’ascendance très anglaise, il faut bien en convenir…). Emulation n’est pas réservé aux anglais, il n’y a d’ailleurs pas plus « international » qu’Emulation. On peut être français et s’épanouir pleinement dans Emulation. La très grande majorité des frères de ma Loge Mère ne parlent pas un mot d’anglais et connaissent bien mieux l’adresse du troquet le plus proche de notre Loge que celle de la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Ce qui me paraît le plus important à souligner ici, c’est surtout la chance qui nous est aujourd’hui offerte en France d’avoir à notre disposition directe si bien un rite Moderne qu’un rite Antient et de pouvoir nous enrichir ainsi de cette complémentarité extraordinaire pour une meilleure compréhension de notre art.
Pour finir, je me permettrais de conseiller aux frères qui veulent aller plus loin dans cette recherche de rendre une petite visite au site internet de la Rudyard Kipling Lodge (http://www.rudyard-kipling.fr). Ils y trouveront, en ligne et en accès libre, de nombreuses informations sur le Rite Anglais Style Emulation, les principaux textes historiques et divulgations, mais surtout, plusieurs années de comptes-rendus de travaux de recherches.

Philippe R.
PM, PMM, PZ, PCN, GS.

Notes :

1.Loges « indépendantes » de constitution plus anciennes ne voulant pas intégrer le « nouveau » système et/ou Loges nouvelles constituées séparément par des maçons que la nouvelle Grande Loge de Londres ne tenait pas à agréger, et/ou maçons « d’importation », notamment maçons Irlandais et Ecossais, l’étude de cette maçonnerie non-intégrée au nouveau système ne cessera de nous surprendre. Mais il s’agit là d’une autre histoire…
2. Notons ici qu’on a longtemps voulu nous faire croire que cette Grande Loge des Antients n’était en fait qu’une scission de la Grande Loge de Londres. Sans doute parce qu’il était plus acceptable de présenter l’histoire comme celle de Frères de la même famille, séparés un temps, qui se retrouverons enfin dans une joyeuse et tout naturelle « Happy-end ». Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien. Ce qui n’exclue d’ailleurs pas que les Antients aient pu aussi être rejoints par un certain nombre de Frères issus de la Grande Loge des Modernes.
3. Le cas du Rite Ecossais Ancien et Accepté est un peu particulier. Au début du XIXème siècle, ce système de hauts grades voulut se doter des 3 premiers grades symboliques. C’est un système de type Antient qui fut retenu, mais avec le temps de très nombreux éléments Modernes issus du Rite Français entrèrent dans ce rite qu’il faut bien l’avouer, est aujourd’hui très composite.

Sources :

http://www.rudyard-kipling.fr/rite-anglais-style-emulation.html

et

http://hautsgrades.over-blog.com/article-le-rite-anglais-style-emulation-une-breve-presentation-a-l-usage-des-macons-francais-114650601.html

Commentaire : le Rite le plus pratiqué dans le monde est le Rite York. Celui des Grandes Loges américaines

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