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Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie 13 février, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie

Publié le 13 janvier 2019 par Gérard Baudou-Platon

Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie dans Chaine d'union 2019-NouvelAn-Gerard-1A-300x218

Mes très Chers Frères, Mes Très Chères Sœurs,

Sérénissimes Grands Maîtres Généraux et Grands Maîtres, Vénérables Maîtres,

miniicone dans Recherches & Reflexions

Je ne voudrais pas laisser le temps filer sa toile sans que les Frères et les Sœurs de notre Ordre aient pu vous transmettre nos meilleurs Vœux pour cette nouvelle année.

Nous espérons, avec beaucoup de passion et de conviction, qu’elle pourrait, d’où que l’on vienne ou de quelle lumière nous soyons éclairés, être l’année du partage, de l’attention, de l’intérêt pour la façon dont nous combattons l’ignorance, pour les moyens que nous utilisons pour faire jaillir, en nous, la connaissance mais aussi pour faire connaitre les voies qu’utilise la vraie franc-maçonnerie pour atteindre cette universalité pleine et entière qui fait de l’homme et du vivant le magnifique témoignage d’une création si belle et si harmonique, car que nous soyons athées ou croyants en quelques forces spirituelles l’on ne peut qu’être étonné de la précision et la perfection avec lesquelles toute réalité est construite .

Notre humanité en a assombri les éclats. Sans doute revient-il à la Franc-maçonnerie, dans sa diversité, de faire que celle-ci prenne conscience de sa responsabilité et aborde un chemin de plus grand respect.

Dans cette optique nous formons le vœux que chacun, dans nos fonctions respectives,  pourrait tisser des liens d’amitié pour le moins et … pour le mieux, établir de solides relations, sur le plan symbolique, philosophique et spirituel, en deux mots, de vrais échanges afin que notre rayonnement puisse instruire sur notre méthode et notre pertinence dans le but de faire évoluer notre monde vers plus de fraternité, encore pour le moins, et … pour le mieux vers plus d’Amour authentique.

Fraternellement Vôtre, par les nombres et les symboles qui nous sont connus

Gérard Baudou-Platon

Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm

Présidence du Souverain Sanctuaire,

 

Solstice d’hiver 2018 et nouvelle année 2019

Publié le 24 décembre 2018 par Gérard Baudou-Platon

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Comme l’évoque ma carte ci-dessus je fais le vœu, pour nous tous, de faire de 2019 le point de départ d’un réveil et d’une vaste prise de conscience pour tous les êtres que nous sommes.

Nous devons nous rendre compte que la nature et nous ne faisons qu’un … Le solstice de cette année est un rappel, par excellence, à cette exigence …

En reprenant ce qui était enseigné aux Compagnons nous découvrons, par l’astronomie,  que cette année le solstice d’hiver a lieu, très exactement, le 21 décembre 2018 à 23H22’ 44’’ (heure de Paris) (*). Ce moment particulier, bien connu au premier siècle avant notre ère, fut décrit avec insistance, par Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus). Personnage qui naquit en 23 Ap J.C. Il fut un grand naturaliste.(**), notion deux fois millénaires,  qui semble oubliée, aujourd’hui, par les dirigeants de nos pays occidentaux plus prompts à la thésaurisation matérielle qu’à la grandeur de la connaissance philosophique.

Selon toute réalité et Symboliquement d’une grande puissance, le solstice d’Hiver est le moment de l’année où la nuit est la plus longue et, par conséquent le jour est le plus court. Magnifique image où l’être rentre en soi pour en tirer une « substantifique moelle »  … moment, aussi, où le monde vivant retient son souffle … le soleil disparaitra-t’il, enseveli par les ténèbres ? … Non, assurément. Pourtant, nous sommes au temps d’un étrange phénomène. Pendant, environ, trois jours notre astre si important pour toute vie suspendra sa descente … 22 … 23 … 24 … L’azimut du lever et du coucher du Soleil (Sol) semblent figés d’où le terme latin « Sistere » (s’arrêter, se retenir) … puis le 25 notre Soleil reprendra sa quête d’amplitude, redonnant Vie et réchauffant la nature endormie  … ainsi, est-il invaincu (Sol invictus) !!! … un nouveau cycle de respiration lumineuse nous est, dès lors proposé.

Cette année, comme s’il fallait rappeler aux bipèdes que nous sommes, l’importance de la nature et du respect que l’on doit à l’espace qui nous construit et articule, nous a offert la conjonction de deux circonstances célestes.

  • La première est une pluie abondante d’’Etoiles filantes conséquente dont on dit qu’elle serait liée à des corps célestes en provenance de la « petite Ourse » (les Ursides), lieu céleste avec la grande Ourse qui constitue le point d’équilibre de notre vie terrestre !!! … (Le 4ième pilier de certains cénacles philosophiques ? (***))
  • La seconde est que le 22/12/2018 à 18h18’2’’ nous avons vu apparaître dans notre ciel une magnifique Pleine Lune, or … Source de lumière et lumière réfléchie unies dans un même élan en une sorte de mariage … alchimique

Levant les yeux vers le ciel chaque nuit au lieu de les voir rivés sur notre sort terrestre, voire pire sur notre propre nombril, … sans doute y verrons –nous une magnifique voie lactée … Il émergera, alors, de notre âme cette assertion  curieuse « … Et comme les eaux du Nil fécondent la Terre de Memphis, dans la saison shâ et au mois de Thot, ainsi les eaux d’en haut fécondent le Temple intérieur de l’Homme en la même et mystérieuse saison ».

La symbolique du solstice d’Hiver serait, naturellement, incomplète, si dans notre monde, elle ne faisait pas répondance au Solstice l’été !!!

En, effet, les anciens égyptiens nous parlaient «  du lieu du début des temps ». Ce temps où le premier lever héliaque de Sirius était visible à l’œil humain alors que quelque instant plus tard se levait lui, aussi, pour accomplir le voyage de la plus grande amplitude, le Soleil. C’était le moment où la crue Nil commençait son œuvre, où Sirius naissait, pour la première fois, dans la poitrine de l’animal représentant la constellation du Lion,  et où la voie lactée était dans l’exact prolongement de l’axe du Nil … c’était en 11.541 avant JC … magnifique symbolisme céleste imageant nos origines et le pouvoir créatif des forces cosmiques (****).

Voici une symbolique forte reprise par les scientifiques (Physique Quantique, notamment), par toutes les religions, les philosophes et les Hermétistes de tout horizon … il n’y a pas de hasard … il n’y a que des certitudes … à nous de les découvrir et de les incarner.

En plagiant les anciens Égyptiens avec leur calendrier en 360 jours et 5 Jours Épagomènes « Osiris », « Horus », « Seth », « Isis », « Nephtys », il me vient à l’idée que notre Solstice d’Hiver 2018 (nombre 11) nous suggérerait bien  un changement complet de cap et de comportement. Voici une petite méditation à l’aube de la nouvelle année 2019 …

  • Faisons du 25 une conviction que tout est UN … Que tout est lié, inter-relié … Que tout dépend de Tout … Tout est interdépendant … -1-
  • Du 26 … que le Un devient Multiple … et que le Multiple est Unitif … que tout est polarisation et que celle-ci mène à la diversité Physique, philosophique et spirituelle … -2-
  • Du 27 sachons que tout est Trinitaire … (Energie, Matière et Information), (Amour-Sagesse, Intelligence-Action et Volonté), (Sagesse, Force, Beauté) … -3-
  • Du 28 Savoir que l’homme incarne un « Espace-Temps » précis et que « fini » et « Infini » s’abreuvent à la même source … -4-
  • Du 29 apprenons que toute réalité est le fruit de notre propre vision et que toutes nos actions sont le résultat de que ce que nous devenons. Dès lors il convient de comprendre que vouloir changer le monde c’est, avant tout, se changer soi-même… -5-
  • Du 30 prenons conscience qu’aucune action ne peut être juste si elle ne procède pas d’une harmonie entre le Visible et l’Invisible … la Terre ne peut vivre sans son « Ciel »… -6-
  • Du 31 … surgit le nombre « 7 » rien n’existe, s’il ne s’inscrit pas dans un contexte évolutif. Toute réalité physique, philosophique, métaphysique, sociale et même économique se transmute, se transforme, est soumise à des cycles qui exigeant une nécessaire adaptation aux conditions imposées par de nouvelles émergences … -7-

La nouvelle année 2019 fait suite au 31. Elle est donc associée au nombre 8 qui symboliquement est associé à la notion du Fondement.

Forts de cela, que cette nouvelle Année soit la construction d’un espace-temps propice à la construction d’un futur basé sur une réelle harmonie entre toutes les formes de vie, qu’elle soit le foyer de la concorde, l’expression d’une Justice établie dans la sagesse et la compassion , que les richesses soit équitablement réparties  et que le respect habite les hommes et les femmes qui foulent le sol de notre magnifique planète.

Avec mes chaleureuses pensées

Prenez soin de vous

Gérard Baudou-Platon

(*) Soit 07h22’44’’ à Gifu Japon – le 22/12/18 &  17Hh22’’44’’ à Montréal Canada … si pour le phénomène solsticial il se passe en même temps pour tous (Temps universel) il ne se situe pas un moment selon où l’on vit la nuit chez nous … au lever du Jour le lendemain pour nos amis Japonais et  « at the tea times » ou en milieu d’après-midi le même jour pour nos amis canadiens

(**) Il mourut lors de l’Irruption Vésuvienne. Un graffiti en fixerait définitivement la date de ce dramatique phénomène au 24 Octobre 79 et non en Août de la même année.

(***) Les Anciens Égyptiens considéraient ce lieu comme étant le centre régulateur de l’univers, là où Maât régnait en Maître. Pharaon se devait d’être conscient de cela car il en était le garant de son application sur Terre. Tous les Temples et Edifices Sacrés étaient fondés sur cette relation … Thot et Seshat  étaient ses référents …

(****) Si le symbole n’est pas la réalité mais peut donner un vrai sens à la compréhension de la vérité, la réalité peut devenir un vrai symbole … il en est ainsi du soleil et de la voie lactée qui viennent d’être évoqués. Après moult péripéties nous savons, maintenant, que la Voie l’actée contient des centaines de milliards d’étoiles toutes liées entre-elles par la gravitation. Sa forme serait « un mince » disque plat de Cent mille années-lumière de diamètre et de Mille années-lumière d’épaisseur … Dans ce disque notre Soleil effectue son périple à mi-distance du centre de la voie lactée et sa « frontière la plus extérieure » à une distance de 26.000 années-lumière à la vitesse de 220 km/s depuis sa naissance, il y a 4.55 Milliard d’années !!! … le système solaire ne représentant, lui, qu’un Cent millionième de la taille de la galaxie. Alors voici émerger un nouveau symbole : celui du pentagramme étoilé, qui nous suggère toute relativité dans notre façon de concevoir notre réalité, rien n’est le centre de rien, nous sommes à la fois acteur et observateur, il y a peu de chance, pour nous, d’être les seuls à pouvoir nous émerveiller d’une si belle création…

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En partage  … Un lien TchanMeditation-MtreDogen-300x287… Un calendrier   Icone-Calendrier  … 

Un autre lien pour les institutions maçonniques … Bonne lecture et bonne écoute … Delta3610836a-300x125  …

Source : http://gerardplaton.neowordpress.fr/

La franc-maçonnerie à Cuba 27 janvier, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
30 janvier 2011

La Franc-Maçonnerie à Cuba.

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A Cuba, la Franc-Maçonnerie, comme ailleurs dans les pays colonisés, est arrivée avec les colons de la Conquista, après la « découverte » du « nouveau monde » par les pays d’Europe. Or, même si, comme dans bien dans d’autres endroits, certains frères ont su l’instrumentaliser pour développer leurs juteuses affaires, c’est cependant au nom de ses valeurs que d’autres frères ont lutté, justement, contre la colonisation, et contre l’esclavage dont les colons européens tiraient profit.

 

LES ORIGINES ANGLAISES ET FRANÇAISES DE LA FRANC-MAÇONNERIE SOUS LA CONQUISTA :

Dans les vieux murs d’enceinte de La Havane, certains voient des symboles maçonniques qui témoigneraient d’une activité maçonnique antérieure à celle dont il reste des traces.

Ces premières traces datent de plus de deux siècles, et sont un certificat d’accès au grade de Maître, datant de 1763 au nom d’ Alexander Cockburn. En effet, la prise de La Havane par les Anglais avait eu lieu en 1762. Les Espagnols occupants leur avaient cédé depuis 1661 le monopole de la traite des esclaves, et les Anglais développèrent le commerce, dont celui des esclaves, avec l’Amérique du Nord. La Franc-Maçonnerie, anglaise, est donc arrivée avec eux.

Quand les Anglais abandonnent l’île 11 mois plus tard, toute trace d’activité maçonnique disparaît durant 8 ans.

Jusqu’en en 1771, avec l’arrivée de colons Français d’Haïti et de leurs esclaves qui fuyaient vers Cuba une révolution dans ce pays… Ils fondèrent 4 loges, toujours d’obédience anglaise, qui furent rapidement transférées en Louisiane, mais dont deux rues de La Havane portent encore les noms : Amistad et Concordia.

LE ROLE DE LA FRANC-MACONNERIE DANS LA LIBERATION DE LA DOMINATION ESPAGNOLE ET LA FIGURE DE JOSE MARTI.

La Franc-Maçonnerie était persécutée par l’Eglise et, en 1812 l’occupant espagnol publia un décret qui en faisait un délit d’état. Celle-ci a donc eu, pendant cette période, une activité clandestine dont il reste peu de traces.

En 1818, l’Espagne acquiert un régime constitutionnel qui donne plus de légitimité à la Maçonnerie, et plusieurs loges sont fondées à Cuba.. Les loges et les obédiences luttent entre elles: ainsi se constitue la Gran Logia Soberana en rébellion contre l’hégémonie que veut avoir le Gran Oriente Nacional de España .

Les luttes des loges et des obédiences sont traversées par les prises de position, entre autres, sur l’indépendance par rapport à l’Espagne. Elles sont aussi dûment infiltrées par les Espagnols occupants, qui traînent alors en justice pour “conspirationnisme” leurs propres frères partisans de l’indépendance de l’île .

En 1834, la Franc-Maçonnerie est à nouveau interdite par l’Espagne et entre à nouveau dans la clandestinité pendant un peu plus de vingt ans, laissant donc peu de traces. Elle revient à la lumière en 1860, avec la naissance de nombreuses loges qui se réunissent au sein de la “Gran Logia” en 1871. Elle revient aussi avec ses luttes internes pour ou contre l’indépendance de l’île par rapport au colon espagnol.

En 1862 est fondé « Le Grand Orient de Cuba et des Antilles », obédience qui comprenait beaucoup de partisans de l’indépendance de l’île et avait un rôle formateur dans ce sens auprès de la jeunesse cubaine. Le premier degré avertit:

« Il pourrait arriver que vous soyez amené à devoir défendre la vertu, l’innocence ou la patrie, les armes à la main et il ne faudra alors ni reculer ni trembler ». Au 27° degré, le Maçon doit « défendre ou, si besoin, conquérir la souveraineté du peuple, la liberté du travail, la liberté religieuse et celle des personnes, la souveraineté de la nation, le droit de réunion et l’égalité sociale »,

Le Suprême Conseil des Etats Unis déclare alors l’obédience illégale pour défaut de patente réglementaire.

Mais le grain était semé et c’est de cette obédience que seront issus nombre de frères qui combattront pour l’Indépendance, dont Carlos Manuel de Céspedes qui déclencha, en libérant ses esclaves, et avec leur concours, la première guerre d’indépendance, laquelle débuta en 1868 et dura 10 ans..

Et échoua. La maçonnerie est alors à nouveau violemment combattue par l’armée d’occupation et ceux qui la soutiennent. Nombre de frères sont fusillés par l’occupant espagnol. Cespedes, qui a été Vénérable Maitre de la loge Buena Fé et président de Cuba durant 5 ans, est condamné alors qu’il est déjà mort à 11 ans de prison, pour le seul délit d’avoir été Franc-Maçon!

La dernière “guerre d’indépendance” recommence en 1895, avec la figure éminente de José Marti.

José Marti est actuellement considéré comme l’âme de la nation cubaine, et la chanson dont ses vers composent les paroles, « la Guantanamera », comme l’hymne non officiel du pays.

José Marti a été initié en 1871 en Espagne à Madrid dans la loge Caballeros Cruzados Nº 62, Gran Oriente Lusitano Unido, dont il a été secrétaire. Ces loges étaient connues comme indépendantistes et travaillaient plus ou moins dans la clandestinité. La loge madrilène de Marti, considérée comme un repaire de Cubains indépendantistes, a été fermée.

Le Gran Oriente Lusitano Unido sétait fixé comme but « l’instruction au moyen de la parole et de la publication, l’enseignement à ses semblables de ses devoirs et de ses droits comme individu ». José Marti enseignait la nuit les Espagnols pauvres qui ne pouvaient se payer de l’instruction. L’ordre, dont le siège était au Portugal, semble avoir compris des sœurs dans ses rangs, et était opposé à l’esclavage.

A Santiago de Cuba, la statue qui représente José Marti, et dont le socle est orné de l’équerre et du compas, l’unit au Frère Carlos Manuel de Cespedes, puisqu’elle est érigée sur la place Cespedes. Tous deux ont combattu et donné leur vie pour l’indépendance de Cuba,

Buste de José Marti à Santiago de Cuba, place Manuel de Cespedes

José Marti a écrit, à un ami, avant de mourir peu après : « Je suis désormais chaque jour en danger de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir (…) d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec ce surcroît de force, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait jusqu’à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour ça.»

La dernière guerre d’indépendance fut victorieuse en ce sens qu’elle arracha Cuba à l’Espagne.

Mais ce fut au profit des États-Unis, qui étaient entrés en guerre au côté de l’Espagne. Celle-ci leur a cédé Cuba, lors d’un traité signé à Paris ( ?), et les Etats-Unis « accordèrent » à l’île l’indépendance… en échange de l’installation de la base militaire US de Guantánamo… (Amendement Platt à la nouvelle constitution de Cuba)

En I902 Indépendance de Cuba est proclamée, et le « drapeau à l’étoile solitaire », dessiné par le frère Narciso López, flotte pour la première fois à La Havane.

ENTRE L’INDEPENDANCE FACTICE ET LA REVOLUTION

Ensuite, c’est, pendant plus de 50 ans, une succession de dictatures soutenues par les États-Unis et de tentatives échouées pour les renverser, au cours desquelles de nombreux maçons Cubains perdent la vie.

La Maçonnerie, exsangue, pense surtout à sa survie. Elle voit dans la jeunesse la seule possibilité de survie de ses idéaux et de leur mise en œuvre. Or cette jeunesse cubaine est en train de sombrer dans l’ignorance, la corruption, et autres vices encouragés par les dictatures qui n’ont pour objet que de permettre de faire de Cuba un paradis pour les mafieux, avec tous leurs petits et grands commerces irrespectueux des êtres humains, un autre Las Vegas avec casinos, drogue, armes, prostitution, etc…

La Maçonnerie cubaine entame alors un travail de transmission et de formation dirigé vers la jeunesse et, en 1936, naît la Asociacion de jovenes
Esperanza de la fraternidad
(Association pour les jeunes. Attente de Fraternité) (http://es.wikipedia.org/wiki/Asociaci%C3%B3n_de_J%C3%B3venes_Esperanza_de_la_Fraternida ) pour les jeunes de 14 à 21 ans. L’AJEF devient ensuite internationale, et est présente actuellement au Mexique.

La Révolution Cubaine aura lieu 5 ans plus tard

LA FRANC-MAÇONNERIE ET LA REVOLUTION

Lors de la Révolution Cubaine, les biens des Maçons, leurs temples, quand ils sont grands et luxueux, sont confisqués et redistribués. Et, comme tous les Cubains plus aisés que les Cubains les plus pauvres, tandis que ceux-ci peuvent enfin manger à leur faim, les maçons deviennent plus pauvres eux aussi, car obligés de partager. Certains d’entre eux sont heureux car ils trouvent cela en accord avec la devise maçonnique de liberté – égalité – fraternité, tandis que d’autres émigrent, souvent à Miami.

Dans la Cuba révolutionnaire, cependant, les Francs-Maçons ne sont pas persécutés en tant que maçons, car les Cubains leur savent gré d’avoir souvent donné leur vie pour la liberté de leur île.

LA FRANC-MAÇONNERIE A CUBA EN 2010

Il existe, à La Havane, un Institut d’Etudes Maçonniques qui promeut et encourage la recherche sur l’histoire de la maçonnerie. Cet institut dépend du même organisme que les religions. Il est vrai que la Gran Logia semble très largement majoritaire à Cuba et que celle-ci, étant une obédience fidèle à ses origines anglaises, prête serment sur la Bible. D’autres ordres prêtent serment sur un livre aux pages vierges de toute écriture,

La Gran Logia, fondée en 1881, comprend actuellement à Cuba 316 loges (dont 111 rien qu’à La Havane) et 29110 membres. Seule la « Gran Logia » apparaît sur le net.

Une partie des Cubains qui la composent sont des Cubains qui se disent en exil et habitent à Miami. où Ils disposant de nombreux serveurs informatiques aux USA. Ils s’appellent  La Gran Logia « En el exterior » et affirment que la raison de cette activité « à l’extérieur » est due au manque de liberté « à l’intérieur » (de l’île), et que leurs efforts sont tournés vers ceux qui quittent Cuba.

Une autre partie est restée dans l’île, avec un site internet officiel qui semble migrer de Cuba vers les USA. et un immeuble à La Havane.

En 2011 la Gran Logia semble agitée de nombreux remous, et est en restructuration. Selon « La columna », organe de maçons « de l’extérieur », il s’agit de trouver un terrain d’entente entre les deux parties : http://www.desdecuba.com/mason/

 

Le Grand Orient de Francea passé des accords avec La Gran Logia il y a quelques années, mais ceux-ci sont tombés en désuétude, compte tenu d’une trop grande différence entre les deux obédiences : serment sur la bible, non-reconnaissance des femmes par la Franc-Maçonnerie…

Il existe à Cuba, une obédience féminine, « Les filles de l’Acacia», comprenant 2 000 à 3 000 soeurs qui s’expriment sur le site de « la Columna » (http://www.desdecuba.com/mason/?p=2890). Cette obédience, créée par Gabriel garcía Galán, Grand Maïtre de la Gran Loggia,n’est pas reconnue, bien sûr, par la Gran Logia qui ne reconnaît pas les soeurs mais certains frères militent pour qu’elle le soit. Sur « La Columna », il y a une page consacrée à la Gran Logia :

http://www.desdecuba.com/mason/?p=179; Par ailleurs, les « filles de l’acacia » sont, comme les « damas de blanca », entièrement vêtues de blanc.

 

Le Droit Humain, obédience internationale et mixte, où hommes et femmes sont réunis, n’existe pas à Cuba.

Le Gran Oriente Lusitano Unido, où a été initié José Marti semble renaître, mais au Portugal,

CONCLUSION

 

La Franc-Maçonnerie semble toujours aussi divisée entre ceux qui l’instrumentalisent pour exploiter d’autres êtres humains et ceux qui cherchent à mettre en œuvre ses valeurs de fraternité.

Il est difficile aussi de mesurer l’importance que tiennent pour la franc-maçonnerie cubaine, d’origine européenne, les traditions culturelles apportées par les esclaves africains qui ont totalement remplacé pour les colons les Indigènes locaux, totalement exterminés et dont plus un seul descendant ne survit. En effet, ces traditions d’origine africaine, se sont étroitement mêlées, dans l’île métissée, aux traditions espagnoles, françaises et anglaises imposées durant plusieurs siècles.

A Cuba, à l’extérieur du temple maçonnique de Viñales, sont inscrites ces paroles de José Marti :

La maçonnerie n’est que la mise en oeuvre de la pensée autour de la liberté

Travailler de manière irréprochable, perfectionner l’exercice de la liberté, préparer les citoyens à la vie publique, soutenir la réalisation de toute idée noble, voilà, sans rien d’anonyme ni de caché, quels sont les mystères de l’ordre maçonnique.

La maçonnerie n’a pas plus de secrets que l’intelligence et l’honneur. Le fardeau des passions malsaines est laissé à l’entrée et on s’applique à oeuvrer de manière irréprochable en son sein.

 

Documents :

En français :

La fraternité par Leonardo Padura Fuentes : http://cubasilorraine.over-blog.org/article-la-fraternite-par-leonardo-padura-fuentes-61907502.html

En espagnol :

Interview d’un Maçon Cubain ;

http://www.bohemia.cu/2003/dic/01semana/sumarios/especiales/articulo1.html

La Gran Logia à La Havane : http://www.granlogiadecuba.co.cu/

La La Gran Logia « en exil  http://www.masoneriacubana.com/inicio.html

« La colmena » ::http://www.desdecuba.com/mason/ et son portail :

http://www.desdecuba.com/ (où l’on trouve aussi, entre autres, un lien pour le site de Yoani Sanchez)

Le document d’un Grand Maïtre de la Gran Logia en 1959 :

http://www.visionmasonica.org/mensajes%20anuales.htm

Histoire de la maçonnerie :

http://www.habanaradio.cu/singlefile/?secc=59&subsecc=59&id_art=2007010110212

Passé et présent de la Maçonnerie à Cuba, vus de « l’extérieur » :

http://cubaalamano.net/sitio/promocion/enfpp.htm

 

SOURCE : http://cubasilorraine.over-blog.org/article-la-franc-ma-onnerie-a-cuba-66055168.html

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Histoire de l’Eglise Gnostique (2) 30 novembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 6 janvier 2016

Par Spartakus FreeMann

L’Église Catholique Gnostique, plus catholique que le pape

Jean Bricaud, né le 11 février 1881 à Neuville sur Ain, a été élevé dans un séminaire catholique où il étudia pour devenir prêtre, mais il renonça à sa poursuite religieuse conventionnelle dès l’âge de 16 ans pour suivre la voie de l’occultisme mystique. Il s’impliqua dans divers mouvements chrétiens et rencontra Papus en 1899 pour entrer ensuite dans son Ordre Martiniste.

En 1907, sous les encouragements (si ce n’est sous la pression) de Papus, Bricaud rompit avec Fabre des Essarts (Synesius) pour fonder sa branche schismatique de l’Église Gnostique. Fugairon décida de rejoindre Bricaud.

Bricaud publie cette année même son « Cathéchisme gnostique » à l’usage des fidèles de l’Église Catholique Gnostique, exposant la doctrine secrète du Christ, et très vite fonde sa revue Le Réveil Gnostique, organe du catholicisme gnostique dont le numéro 1 verra le jour en mars 1907. Le motif de base à ce schisme semble avoir été de créer une branche de l’Église Gnostique dont les structures et la doctrine auraient été plus proches de l’Église Catholique Romaine que de l’Église Gnostique (par exemple, elle comprenait un ordre de prêtrise et un baptême); et qui aurait été plus liée à l’Ordre Martiniste. Doinel était un Martiniste, Bricaud était un Martiniste, mais Fabre des Essarts ne l’était pas. Bricaud, Fugairon et Encausse, dans une première tentative, nommèrent leur branche de l’Église « l’Église Catholique Gnostique ». On l’annonça comme la fusion de trois églises « gnostiques » existantes en France : l’Église Gnostique de Doinel, l’Église Carmélite de Vintras et l’Église Johannite de Fabré-Palaprat.

En février 1908, le synode épiscopal de l’Église Catholique Gnostique se réunit et élit Bricaud comme Patriarche sous le nom de Jean II. Après 1907, afin de clairement distinguer les deux branches de l’Église Gnostique, celle de Fabre des Essarts fût connue sous le nom d’Église Gnostique de France.

Joanny Bricaud

Image extraite du blog Interjected.

La Conférence de Paris de 1908 :

Le 24 juin 1908, Encausse organisa la Conférence Maçonnique et Spiritualiste Internationale à Paris, au cours de laquelle il reçut, sans contrepartie en argent, une patente de Théodore Reuss (Merlin Peregrinus, 1855-1923), chef de l’Ordo Templi Orientis, pour établir un Suprême Grand Conseil Général des Rites Unifiés de l’Ancienne et Primitive Maçonnerie pour le Grand Orient de France et ses dépendances. Dans la même année, l’Église Catholique Gnostique voit son nom changer en Église Gnostique Universelle.

« L’Église Gnostique a pour but essentiel de restituer à l’humanité son unité religieuse primitive, c’est-à-dire, en lui faisant rejeter les erreurs d’où sont sorties les différentesreligions, d’établir et de répandre une Religion conforme à la tradition universelle et par là véritablement catholique.

L’Église Gnostique prétend ne s’imposer aux consciences, ni par la force du pouvoir civil ou militaire, ni par de vaines menaces de châtiments d’outre-tombe, ni par de fallacieuses promesses de récompensés futures. Basée, d’une part, sur la tradition universelle (de tous les peuples civilisés) et non pas seulement sur la tradition hébraïque de la bible, et, d’autre part sur la philosophie et la science moderne, ses vérités ne se présentent pas comme objets (le foi, mais comme objets de démonstration philosophique et scientifique ; elle ne s’adresse qu’à la raison qui est la même chez tous les hommes.

L’Église Gnostique est large et tolérante. Elle respecte les coutumes et les lois de tous les peuples, ce qui lui permet d’admettre tous les hommes, de toutes nationalités, de toutes langues, de toutes races, nés et élevés dans n’importe quelle religion.

Elle recommande à ses adeptes que dans toutes les circonstances de la vie, ils se prêtent un mutuel appui et se traitent en frères.

L’Église Gnostique est divisée en deux sections la section exotérique et la section ésotérique.

Cette dernière a pour but de donner aux membres de la section exotérique l’Initiation gnostique.

Seuls les membres de la section exotérique peuvent y être reçus et à certaines conditions.

ADMISSION

Pour être reçu membre de l’Église Gnostique (section exotérique) il suffit d’en faire la demande à la direction du RÉVEIL GNOSTIQUE, 8, rue Bugeaud, à LYON.

Le droit d’entrée dans l’Église est de 5 francs. La cotisation annuelle est de 6 francs et donne droit à recevoir gratuitement le Réveil Gnostique, organe de l’Église Gnostique Universelle. »

Joanny Bricaud

Le « Réveil gnostique » paraissait tous les deux mois. C’est dans sa revue qu’il donne une version assez étonnante quant à l’originalité de son Église : « Nous devons dire aussi que nous ne sommes en aucune façon le successeur de S.G. Doinel qui sous le nom mystique de Valentin II tenta de rénover une Église gnostique Néo-valentinienne. Nous n’avons jamais connu le patriarche Valentin II. Sa tentative de rénovation Valentinienne ne donna pas de résultat pratique et fut en grande partie désorganisée par suite de sa conversion à l’Église romaine… Quant à l’Église Gnostique Universelle (catholique gnostique), qui date de trois ans à peine, elle n’a par conséquent jamais eu aucun rapport avec l’ancienne Église Néo-Valentinienne ».

Voilà donc, prenons acte, l’Église de Bricaud est originale et se démarque ainsi de Doinel et de sa filiation spirite.

Le but essentiel de l’Église Gnostique Universelle vise à restituer, selon Bricaud, à l’humanité son unité religieuse primitive en lui faisant rejeter les erreurs dont sont issues les diverses religions.

La profession de foi des membres du Haut Synode de l’Église Gnostique Universelle s’exprime ainsi:

1 – Nous croyons au divin Proarché et Propator éternel, être infini et tout puissant, passé de la puissance à l’acte en un être parfait, Dieu un et triple ;

2 – En un premier tridyname le Père, suscitateur et attracteur de tous les êtres visibles et invisibles ;

3 – En un second tridyname le Fils, logos divin manifesté par Christos, lumière intellectuelle et physique, vrai Dieu comme le Père et consubstantiel à lui, sans qui aucune chose n ‘a été faite ;

4 – Qui s’est concentré sur la terre dans la personne de Jésus, esprit supérieur descendu ici-bas pour nous, où il s’est uni à une âme et un corps semblables aux nôtres, dans le sein de Marie ;

5 – Qui s’est manifesté en Jésus depuis le moment de son baptême jusqu’au moment de sa passion ;

6 – Qui nous a parlé par sa bouche et nous a enseigné la gnose et la vie sainte, afin de nous délivrer de l’esclavage du Démiurge et de son Archon terrestre, et ainsi de permettre notre retour au monde pneumatique notre patrie, comme lui même y est retourné après sa mort.

7 – Nous croyons en un troisième tridyname l’Amour qui procède du Père parallèlement au Fils et se manifeste par pneuma-agion (l’Esprit-Saint) ;

8 – Qui donne l’amour avec la vie, qui nous met sur la voie de la vérité et de la sainteté, qui unifie tous les êtres, et qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils ;

9 – Nous croyons en un univers pneumatique, Église immense des esprits, aussi ancienne que Dieu lui-même et antérieure à l’univers hylique, mais dont une colonie est venue habiter la périsphère de notre globe et d’où sont descendus les hommes en tant qu’esprits ;

10 – Nous confessons les deux baptêmes et les trois autres mystères pour la purification et la transmutation de l’homme ;

11 – Nous attendons sur terre l’établissement du royaume du ciel et le rétablissement de l’homme dans son état primitif ;

12 – Et, à la fin, la réapparition des morts avec Jésus, chef de l’Église terrestre ; l’ascension et la réintégration de cette assemblée dans le ciel ; la de la sainteté, qui unifie tous les êtres, et qui es dissolution des esprits réfractaires à toute conversion, en même temps que la dissolution de l’univers hylique, œuvre du Démiurge.

Plus ou moins 4 ans plus tard, deux documents importants furent publiés : le Manifeste de la M.M.M. (section britannique de l’O.T.O.), qui incluait l’Église Catholique Gnostique dans la liste des organisations dont la sagesse et les connaissances sont concentrées au sein de l’O.T.O.; et l’Édition du Jubilée de l’Oriflamme, l’organe officiel de l’O.T.O. de Reuss, qui annonça que l’Initiation, le journal d’Encausse, était à présent l’organe officiel pour les Rites de Memphis-Misraïm et de l’O.T.O. en France.

Les détails précis de la transaction de la conférence de Paris de 1908 sont inconnus, mais en se basant sur le cours des événements qui suivirent, la conclusion logique est qu’Encausse et Reuss s’engagèrent dans un échange fraternel d’autorités : Reuss recevant l’autorité primatiale et épiscopale dans l’Église Catholique Gnostique et Encausse recevant l’autorité dans les Rites de Memphis-Misraïm.

En 1911, Bricaud, Fugairon et Encausse déclarèrent que l’Église Gnostique Universelle est l’Église officielle du Martinisme. Cette même année, Bricaud était initié au Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, et était signé entre le suprême Conseil de l’Ordre Martiniste de Papus et le Suprême Conseil du Haut Synode de l’Église Gnostique Universelle un traité d’alliance entre les deux puissances.

Après la mort de Fabre des Essarts en 1917, le Patriarcat de l’Église Gnostique sera assumé par Léon Champrenaud (Tau Théophane). Champrenaud sera suivi par Patrice Genty en 1921 qui mettra l’Église Gnostique de France en sommeil en 1926 en faveur de l’Église Gnostique Universelle de Jean Bricaud.

Quand Bricaud meurt, le 21 février 1934, Constant Chevillon (1880-1944) prit sa succession au sein des organisations suivantes:

1 S.O.I. Ou Société Occulte Internationale (Collège d’Occultisme)

2 L’ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE

3 ORDER DES CHEVALIERS MACONS ELUS COHEN DE L’UNIVERS

4 RITE ANCIEN ET PRIMITIF DE MEMPHIS MISRAIM

5 ORDRE DU SAINT GRAAL

6 ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE CROIX GNOSTIQUE

7 ORDO TEMPLI ORIENTIS pour la France.

Constant Chevillon devint le patriarche de l’E.G.U. sous le nom de « Tau Harmonius » («Patriarche néo-gnostique Tau Harmonius»). Chevillon sera assassiné par la milice en 1944.

Ligne de la succession de l’E.G.U. :

• 1907-1916, Jean Bricaud (Tau Jean II)

• 1934-1944, Constant Chevillon ( 1870-1944, Tau Harmonius)

Antoine Fayolle, consécrateur de Dupont – 15 avril 1948.

• 1944? 1948?-1960, Charles-Henri Dupont (1877-1961, Tau Charles-Henri)

• 1960, Robert Ambelain (1907-1997, Tau Jean III) ; Ambelain change alors le

nom d’«Église Gnostique Universelle» en «Église Gnostique Apostolique».

HOMÉLIE

DE

S.G. + JOAHNNÈS BRICAUD

(JEAN II)

1908

BUREAUX DU RÉVEIL GNOSTIQUE

8, Rue Bugeaud, 8

LYON

Très chers Coopérateurs,

Très chers Frères,

Et très chères Soeurs,

Par vos désirs et par le vouloir du très Saint Plérôme, me voici élevé au rang suprême de la hiérarchie gnostique. Je viens de gravir les marches du siège patriarcal de la Sainte Église du Paraclet.

C’est, j’aime à le croire, davantage à mon zèle religieux qu’à mon expérience de la vie que je dois d’avoir été désigné par vos suffrages.

Bien lourde est la tâche qui m’incombe!

Je l’accepte cependant avec d’autant plus d’allégresse que j’ai l’inébranlable conviction que l’œuvre de Dieu s’accomplit en dépit de toutes les faiblesses humaines.

Vous m’aiderez, très chers coopérateurs, en vous groupant fraternellement autour de votre Patriarche et en multipliant les oeuvres d’apostolique propagande.

Tous ceux qui voient clair dans la situation religieuse des peuples européens ont pu se persuader que le catholicisme tel qu’il est compris et enseigné aujourd’hui ne répond plus aux besoins de la société moderne. Il leur apparaît comme une force oppressive qui retient le peuple dans l’ignorance pour le dominer. Aussi, répudient-ils l’héritage religieux de leurs pères, et l’on peut prévoir le moment où l’orthodoxie catholique sera morte parce que désertée par tous les esprits religieux qui osent penser, quelles que soient d’ailleurs les quelques exceptions qu’on puisse citer. Et si les penseurs religieux, si les hommes de science abandonnent l’orthodoxie catholique, celle-ci doit infailliblement tomber, car c’est d’eux que relève le mouvement des esprits.

Qu’est d’ailleurs, une confession religieuse qui s’attire le mépris de tout ce qu’il y a d’intelligence dans la société moderne ?

L’évolution religieuse à laquelle nous assistons nous montre qu’il faut une religion nouvelle.

Le gnosticisme s’offre comme la religion désirée. La Gnose est la synthèse complète et définitive (le toutes les croyances et de toutes les idées dont l’humanité a besoin pour se rendre compte de son origine, de son passé, de sa fin, de sa nature, de son avenir, des contradictions de l’existence et des problèmes de la vie.

Savoir cela, c’est savour les seules choses nécessaires.

La Gnose est la perle de l’Évangile pour laquelle l’Homme vraiment digne de ce nom doit vendre et donner tout ce qu’il a.

«Mon âme, d’où viens-ti ? Disait Saint-Basile. Qui t’a chargée de porter un cadavre ? Si tu es quelque chose de céleste, ô mon âme ! apprends-le-moi.»

Et la Gnose répond : «En contemplant le Plérôme, tu connaîtras toutes choses.»

« La Gnose, a dit Éphrem le Syrien, tresse une couronne à ceux qui l’aiment et elle les fait asseoir sur un trône de Roi. »

Les docteurs et les évêques de cette Gnose ont reçu en dépôt le sens ésotérique du christianisme.

C’est à nous, pontifes selon l’ordre de Melchisedech, que les anges ont confié le pectoral où flamboient l’Urim et le Thumin.

C’est nous qui lisons dans le livre de la vraie loi. C’est de nous qu’il est écrit:

«Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus? Ce sont ceux qui ont souffert de la Grande Tribulation et qui ont lavé leurs tuniques dans le sang spirituel de l’Agneau, et qui sont vierges des superstitions et des souillures du monde Hylique!»

La Gnose est l’essence même du Christianisme. Voilà, nos bien aimés, la plus juste définition du Gnosticisme.

Mais, par Christianisme, nous n’entendons pas seulement la doctrine enseignée depuis la venue du divin Sauveur, mais encore celle enseignée avant la venue de Jésus, dans les temples anciens, la doctrine de la Vérité Éternelle!

Notre Église est l’antinomie de celle de Rome. Le nom de celle-ci est Force; le nom de la nôtre est Charité.

Notre Souverain Patriarche n’est pas Pierre, l’impulsif, qui renia trois fois son maître et usa de l’épée, mais Jean, l’ami du Sauveur, l’apôtre qui reposa sur son cœur et en connut le mieux le sentiment immortel, l’oracle de la lumière, l’auteur de l’Évangile Éternel, qui n’usa que de la Parole et de l’Amour.

Notre Église est la Cité Céleste sur terre et dans les cieux, ce royaume de la Justice dont il est parlé dans le livre de la Révélation.

Elle est aussi l’Église du Paraclet dont elle a les vertus. Elle est pure et pacificatrice, sainte et sanctifiante, consolante et consolée dans l’exil du monde.

Avec votre concours, très chers Coopérateurs et Frères, notre Sainte Église s’épanouira et développera ses branches, comme le grain de sénevé dont parle l’Évangile, et deviendra un arbre immense sur lequel les oiseaux du ciel viendront se reposer.

Mais pour que l’œuvre de Dieu s’accomplisse, il faut que nous restions unis dans l’amour de la Gnose, comme les Saints Eons sont unis dans la volonté du Père. Il faut que dispersés à travers le monde, nous ne laissions fuir aucune occasion de faire éclater la vérité, de détourner nos frères égarés du chemin des ténèbres, d’affirmer qui nous sommes, ce que nous voulons et où nous allons.

Les temps sont difficiles, nous le savons ; les forces occultes sont liguées contre nous, nous ne l’ignorons pas. Mais il ne se peut que l’idée pour laquelle tant de martyrs sont morts demeure improductive. Aussi, mes très chers Frères, levez vos yeux vers les hauteurs, tournez vos regards du côté de la vraie Lumière, enivrez-vous des ineffables délices du Plérôme spirituel, et vous acquerrez la force de parachever l’œuvre sainte, l’œuvre véritable, l’œuvre divine.

Ah, mes Frères, à travers toutes les tempêtes et tous les orages qui sont déchaînés sur notre monde hylique, alors que les fausses doctrines essaient de perdre les âmes, ne perdez pas de vue les hautes cimes, et si vous touchez terre, que ce ne soit comme la colombe de l’Arche que pour y rester un instant et y cueillir le pacifique rameau d’olivier!

Á vous, mes très chères Soeurs, j’adresse un appel plus particulier. Je sais combien est précieux votre concours en matière d’apostolat et je sais combien notre monde féminin cache dans ses salons et ses retraites mystiques de nobles et courageuses émules des Maximille et des Ésclarmonde de Foix.

Mieux que nous, vous savez trouver le chemin des âmes! Nous ne sommes, nous autres, que le verbe qui convainc ; vous êtes, vous, le cœur qui persuade.

Unissez-vous à nos frères pour rétablir sur de fortes et profondes assises la communauté, l’Église visible des Pneumatiques que les manifestations d’En-Haut nous annoncent et nous promettent.

Et maintenant, Très Chers Coopérateurs, Bénédiction sur vous! Bénédiction sur vous, Très Chers Frères et Très Chères Soeurs! Bénédiction sur tous ceux qui travaillent avec nous dans les champs du Seigneur! Bénédiction sur tous ceux que dévore le zèle de la maison de Dieux! Et Bénédiction aussi sur nos ennemis, afin que la lumière d’en haut les éclaire et qu’ils sachent qui nous sommes, et que par ainsi ils se prennent à nous aimer, comme nous les aimons. Amen.

+ JEAN II,

Évêque Primat en France, Patriarche de l’Église Gnostique Universelle.

Les Statuts publiés dans La Gnose, Organe officiel de l’Église Gnostique Universelle, fondé et dirigé par René Guénon (1909-1912): l’Église de Fabre des Essarts / Synésius. Après une rupture cette Église devint l’Église officielle des Martinistes.

ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE

STATUTS

I – Le gnosticisme est une doctrine philosophique et traditionnelle. Il a pour but de restituer l’unité primitive religieuse.

II – Le gnosticisme ne s’impose aux consciences ni par la violence ni par la menace de châtiments après la mort.

III – Il professe, conformément à son titre, que la religion véritable est la Science Intégrale; de ce fait, son enseignement comporte le doctrine évolutive, qui s’ouvre toujours aux progrès successifs et définis de l’intelligence humaine.

IV – Il est accessible à tous les hommes, sans distinction de nationalité, de langues ou de races.

V – On est admis à la plénitude de la connaissance des vérités gnostiques par des grades successifs qui ne sont conférés qu’au mérite et à la valeur intellectuelle des aspirants.

VI – Les cérémonies gnostiques, les dogmes, les rites sont expressément respectueux des lois de la République.

VII – L’Église gnostique de France est sous la haute direction d’un patriarche, qui a Paris pour résidence épiscopale et qui s’intitule évêque de Montségur, en souvenir du massacre des derniers Albigeois. Mais ces titres ne confèrent au chef de l’Église aucune suprématie dogmatique. Il est simplement primus interpares et il ne peut prendre aucune décision importante sans l’approbation du Saint-Synode.

VIII – Le Saint-Synode est composé de tous les évêques gnostiques.

IX – La caractéristique de l’Église gnostique est de représenter de restituer l’ancienne Église chrétienne, démocratique et égalitaire.

Spartakus FreeMann 2008.

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

Histoire de l’Eglise Gnostique (2) dans Recherches & Reflexions EzoOccultlogo105

L’ÉVOLUTION DE LA CONDITION FEMININE AU SEIN DE LA FRANC-MAÇONNERIE UNIVERSELLE MODERNE 29 juin, 2014

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

annie o

En introduction, je souhaite pouvoir préciser d’emblée que le thème principal de cet article que je soumets à votre bienveillante lecture, n’est pas de relancer inutilement le débat à propos des Loges mixtes ; chaque Loge ayant au sein de sa propre Obédience le droit – selon les aspirations de ses membres – de se conserver la liberté d’être, soit mixte, soit masculine, voire soit même et encore uniquement féminine.

Étant en outre parfaitement entendu qu’il ne serait pas davantage opportun de tenter d’imposer quelque velléité de mixité ferme et déterminée que ce soit, sans prendre assurément le risque – en brûlant de la sorte les étapes – de désorienter quelque peu la plupart de nos frères; mais aussi, sans doute et malgré tout, de bousculer peut-être également certaines de nos soeurs elles-mêmes qui, par le fait même de leur propre appartenance délibérée à Franc-Maçonnerie mixte, n’y entrevoient cependant essentiellement que cette perspective : en n’ayant dès lors pas de désirs particuliers quant à la revendication de leur appartenance à une Obédience exclusivement féminine(…)

Mais il n’empêche, pourrions-nous, toutes et tous (collectivement), autant que chacune et chacun (individuellement) – sinon le considérer – au moins avoir la pleine conscience qu’il existe néanmoins bel et bien des Maçonnes qui désirent aussi ardemment que légitimement pouvoir aussi ‘’maçonner’’, seulement entre elles…?!

Et d’ailleurs, tout récemment, le GODF n’a-t-il pas pris une belle initiative novatrice en relation directe avec l’évolution de la société et de ses moeurs dans lesquels, quoi qu’il en soit, nous évoluons tous ensemble : ceci, en permettant aux Loges qui le souhaiteraient de pouvoir affilier des femmes ??!!

Gageons qu’il y a tout lieu de penser qu’il s’agit effectivement là d’une sage décision qui augure de prémices de bon aloi pour la reconnaissance connexe d’Obédiences, cette fois exclusivement féminines !

De fait, le temps des luttes intestines indignes des valeurs de la Franc-Maçonnerie Universelle liées aux interdictions formelles, à la lecture drastique du Code Pénal ainsi qu’aux sanctions qui ne pouvaient fatalement qu’en découler, semble désormais être enfin définitivement révolu pour la GODF.

Voilà donc une belle et noble reconnaissance du libre choix de toute Loge au travers d’une Obédience qui se veut libre, souveraine, juste et parfaite !!

annie 1n

Hélas, cette volonté de modernité n’existe évidemment pas encore partout : loin s’en faut.

Et il y a toujours des Obédiences qui – coûte que coûte – tentent de maintenir l’hégémonie désuète des acquis passés, en se refusant obstinément d’avoir l’honnêteté intellectuelle (si ce n’est fraternelle !) de reconnaitre en tant que telles la légitimité existentielle des femmes Maçonnes indépendantes.

Et cela, même si, par ailleurs, notamment (voire principalement) en Amérique du Nord, les femmes (Sœurs) désireuses de pouvoir officier, sont contraintes de se tourner vers le très noble et réputé OES (‘’Order of the Eastern Star’’) : lequel, en dépit d’un certain machisme ambiant relativement forcené qui règne aussi là-bas, les élève cependant au rang de Sœurs à part entière et parfaitement capables de pouvoir conduire un rituel.

Pourtant, une femme travaillant dans le respect de tous les aspects d’un Rite d’adoption ne peut prétendre de se proclamer Maçonne.

Elle n’est seulement considérée – (comme on le ferait pour une quelconque sous-marque) – que comme une ‘’sistar’’, voilà tout(…)

Très sincèrement, en notre âme et conscience, n’est-ce pas là, surtout, la marque d’une empreinte résolument rétrograde et…. éminemment discriminatoire ?!

Et, qui plus est, allant totalement aux antipodes des valeurs basiques de la Fraternité et de l’Humanisme le plus fondamental ?!?!

…. À moins bien sûr que, pour quelques ‘’messieurs cordonnés’’, l’Humanité (en dépit du genre féminin qui est pourtant le sien sur le plan grammatical) ne soit peut-être qu’exclusivement masculine…

Plus sérieusement, considérons et reconnaissons que les femmes ont équitablement le droit – (sans toujours en avoir actuellement le choix) – de pouvoir travailler aux Rites d’adoption et que l’idéal serait dès lors, que toutes les Obédiences lèvent une fois pour toutes cet embargo injuste et incohérent, en octroyant le choix ainsi que la liberté pour chaque Loge, d’accepter ou non en leur sein des femmes (Soeurs) qui souhaiteraient pouvoir poursuivre leur cheminement d’Être humain, soit au sein de Loges mixtes, soit encore entre elles, si elles le souhaitent.

Ne serait-ce pas là une vraie justice doublée par un plus grand respect des droits élémentaires de toute personne : sans distinction de race, de couleur, de religion ET de sexe ??!!

Ô bien sûr, j’entends d’ici les détracteurs ‘’bien-pensants’’, qui auront naturellement toujours le loisir d’opposer que les femmes n’auraient pas leur place en Maçonnerie parce que, pour diverses raisons (les unes plus mauvaises que d’ailleurs vraiment bonnes pour les autres), c’est une affaire d’homme(…)

Sans doute. Mais c’était il y a 100 ans, ‘’messieurs’’ : mes chers Frères !

Car, n’en déplaise à d’aucuns, de la même manière qu’il existe aujourd’hui des femmes policières, politiciennes, médecins, militaires, etc. : choses impensables et inimaginables il y effectivement un siècle et moins ; il y a à présent – aussi – des femmes Maçonnes. Et ce ‘’métier’’ n’est plus seulement – telle une chasse gardée – réservé qu’à vous, mes Frères sectaires !

Mais au fait, d’où proviennent ces peurs qui attenteraient tant à la suprématie masculine ?

Il paraitrait que l’une d’entre elles pourrait résulter de la tentation charnelle qui risquerait d’avoir cours en Loge et que les femmes pourraient tenter de les distraire de leurs préoccupations Humanistes et ainsi, peut-être, de même aller jusqu’à les séduire(…)

Comment évaluer un tel argumentaire…?

Non seulement, l’on peut objectivement admettre qu’il existe certainement bien plus sexy qu’un tablier, des gants blancs, éventuellement une robe/toge ou tunique et des décors : lesquels, tout en étant en effet d’une grande beauté intrinsèquement noble, n’en demeurent cependant ni pour autant pas moins, tout, sauf érotiques ; de la même façon qu’il peut-être tout aussi admis qu’une femme en soutane ou en burka est sans doute bien loin de pouvoir attiser de quelconques désirs lubriques, si chers à la gent masculine ; mais surtout et bien par-delà ceci (et sans nullement vouloir entrer le ‘’délicat’’ débat de quelconques dogmes religieux dont ce n’est pas ici le sujet, même s’il est attenant) : quelle est donc encore cette image d’Épinal pour enfants d’école primaire, qui nous ramène en droite ligne aux poncifs caricaturaux de la pomme, du serpent et du Jardin d’Éden…???

(Allons donc, que tous les ‘’Adam’’ cessent de nous craindre !)

Après tout, quoi que l’on en pense ou même en dise, une Loge n’est pas un lieu de séduction.

Et vraiment, faut-il rappeler autant que faire se peut que, tout au contraire, il s’agit d’un endroit uniquement dévolu à la spiritualité et où l’on travaille sur soi-même en vue de s’améliorer (dans l’espoir d’améliorer peut-être les autres) et aussi, de se contrôler(!) : y compris toujours vous-mêmes ainsi que vos éventuelles pulsions…. quelles que soient leur nature, mes très chers Frères potentiellement libidineux jusqu’aux excès qui seraient les moins maîtrisés.

Une Loge Maçonnique n’étant pas un bordel où aucune discipline ni respect mutuel et réciproque n’existerait, le Vénérable est notamment là pour y veiller. POINT

(Sans jeu de mots faciles : …. au diable(…) dès lors, les états d’âme lubriques ainsi que les fantasmes personnels secrètement enfouis de luxure que certains ‘’messieurs’’ (mes bien-aimés Frères !!!) auraient peut-être tant de mal à pouvoir canaliser. Que diable(s)!…. contrôlez-vous !! La véritable maîtrise…. entre autres de soi, passe également par là !!!)

Car après tout, même et surtout dans le monde profane, n’y a-t-il pas chaque jour des femmes et des hommes qui se côtoient sans cesse pour travailler ensemble : au bureau, dans les écoles, dans les clubs, au parlement et partout où il y existe des services commerciaux ou non, issus d’une société civilisée digne de cette appellation…?

Et existerait-il, par hasard, quelque part, des endroits qui ne seraient tout spécialement réservés qu’aux femmes et d’autres qu’aux hommes ??

La réponse (contradictoire) coule d’emblée de source : tout à la fois, non et…. oui(…)

Mais en ce dernier cas, de quel type alors de société parlerions-nous : de celle inféodée (parce que féodale !) à l’irrespect des valeurs de droits, d’équité et de liberté propres à TOUS les Êtres humains…!?

Or, puisque nous avons précisément l’opportunité et le libre choix de ne pas devoir nous laisser davantage gagner par l’intolérance (et l’ignorance qui n’en est que sa bien triste déclinaison), pourquoi donc ne serions-nous pas plus noblement attachés – particulièrement nous qui nous galvaudons d’avoir reçu la Lumière – à la seule réponse qui ait vraiment droit de citer : oui, nous SS.’. et FF.’., nous désirons, nous souhaitons et nous voulons que l’équité – sans aucune distinction ni ostracisme – prévale au sein de la Franc-Maçonnerie Universelle !!!

Et puis, nous ne sommes pas bêtes et nous ne sommes certainement pas non plus des bêtes(…)

Nous avons un cerveau (censé être évolué) et nous sommes dotés d’une intelligence AINSI QUE d’une Conscience.

Il faudrait donc cesser, telle l’autruche, de nous enfouir constamment la tête dans le sable pour contourner des problèmes qui n’en sont pas vraiment et qui n’existent seulement que parce que certains d’entre nous les ont non seulement créé et continuent désespérément à essayer de les entretenir par tous les moyens possibles et, théoriquement, inimaginables…. du moins raisonnablement(…)

Souvenons-nous du miroir – non pas aux alouettes qui déforme la vérité – mais plutôt celui qui réfléchit la réalité vraie : celle qui est face à nous.

Nous ne pouvons passer notre vie entière avec un bandeau sur les yeux.

Il nous faut accepter de vouloir, de pouvoir et de savoir voir la Lumière : celle – la seule possible – qui éclaire le cœur et l’esprit(…)

Par ailleurs, pour ce qui est des Constitutions d’Anderson qui régissent Universellement la Franc-Maçonnerie, je souhaiterais encore pouvoir – très humblement – vous interpeller…

S’il est effectivement clair que ces textes ont une très haute teneur philosophique et Humaniste et qu’ils font parties intégrantes de notre Tradition, contre laquelle je n’ai bien évidemment aucun apriori douteux : dès l’instant où, en tous cas, celle-ci respecte les droits ET la dignité de tous les Êtres humains, voire également de ceux de tous les êtres vivants tels les animaux, à l’encontre desquels – pour exemple – je ne partage pourtant pas – en dépit de certaines sacro-saintes ‘’valeurs’’ dites traditionnelles – celles (très controversées) relatives à la corrida ; il n’en reste pas moins que nous pourrions objectivement convenir et admettre que, si les Constitutions ne dévalorisent pas à proprement parler, de manière volontaire, la

condition humaine en tant que telle : il est cependant un fait que de par ses cloisonnements certains, elles mériteraient assurément d’être très largement dépoussiérées afin d’être remises enfin au goût du jour(…)

En effet, il est opportun de rappeler que, à l’époque du pasteur Anderson (au début du XVIIIe siècle !), la femme d’âge adulte restait néanmoins toujours considérée comme étant mineure à vie et dépendait, soit de son père ou soit de son mari ; et qu’il n’était notamment pas question pour elle, de pouvoir entrevoir la perspective d’entamer de longues études ou la moindre chose qui lui aurait permis de pouvoir sortir de sa condition inférieure(…)

Tout au contraire, malheureusement, la femme était – à cette époque lointain – quasiment reléguée au rôle effroyablement réducteur de ‘’bête reproductrice’’, malléable et corvéable autant à souhaits qu’à mercis : une sorte de ‘’créature’’ inférieure…. comme se complaisaient effectivement à le prétendre la grande majorité des hommes de cette époque(…)

Et de fait, l’immense majorité d’entre elles, ne savaient d’ailleurs ni lire, ni écrire, ni compter.

Ses seules ‘’valeurs’’ (convenues aussi unilatéralement qu’injustement) ne se bornant qu’à se taire et à se soumettre de tout et pour tout, dans la plus grande modestie ainsi que la plus totale discrétion.

Pire encore, peut-être, lorsqu’une femme rencontrait des difficultés pendant un accouchement, au point qu’il soit susceptible d’attenter au processus vital de celle-ci ou de son enfant à naître, le médecin demandait usuellement à l’époux : ‘’la femme ou l’enfant…?’’(…)

Voilà le contexte précis dans lequel les Constitutions d’Anderson (qui était également l’époque de Desaguliers) ont été élaborées. CQFD

Rien d’étonnant dès lors, que les Constitutions désignent la femme comme étant ‘’non initiable’’(sic!), puisque la valeur de son existence n’avait d’égale que celle d’une bête de somme à visage humain(…)

En conséquence de quoi, il aurait effectivement été très surprenant, a fortiori dans de telles conditions et un pareil contexte, de pouvoir imaginer la voir sur les colonnes d’un Temple Maçonnique.

Mais aujourd’hui, en 2014, est-ce que cette tradition est-elle encore juste et, par extension : élève-t-elle l’Être humain ou la rabaisse-t-il…???

Il est un fait que pour les plus récalcitrants éventuels autant que pour les rébarbatifs persistants potentiels, ce mériterait au moins d’être sérieusement médité !!!

Car, l’enjeu est d’importance : et soit l’on conserve des traditions relativement ‘’barbares’’ et en tous cas bien obsolètes et alors, notre société ‘’évoluera’’ lentement et en titubant ; ou bien soit, l’on a le courage de ’’faire le ménage’’ de certaines ‘’vieilleries’’ et, auquel cas, nous serions en osmose avec l’essence même qui se doit de caractériser (et donc différencier) la qualité de l’existence de l’Être, par opposition à celui du ‘’vulgaire’’ animal(…)

Et s’il est très bien (et même indispensable) de procéder assez régulièrement aux mises à jour de nos ordinateurs ou encore d’organiser certaines restructurations massives : comme notamment le font souvent les plus grandes entreprises performantes ; pourquoi ne serait-il alors pas tout aussi logique (et indispensable) de savoir – de la même façon – aussi balayer de temps à autres devant la porte de nos propres Temples : ne fut-ce que simplement pour savoir nous adapter aux réalités de notre temps ?!

Pour ma part (je le crois intimement et légitimement), il me semble que les Constitutions d’Anderson ne sont pas très (euphémisme volontaire et de convenance !) édifiantes pour la femme actuelle, simplement parce que plus du tout à l’ordre du jour !

(NDLR. : Étant entendu que, en principal autant qu’en particulier, c’est bien seulement ET uniquement le chapitre ‘’Femmes’’ des Constitutions que je conteste…. sans être d’ailleurs la seule à le penser et à le faire : ni parmi mes coreligionnaires du même sexe, ni parmi la gent masculine qui bénéficie d’un esprit ouvert.)

La balle est donc dans le camp des libres-penseurs conscientisés par les valeurs qui nous guident…

Et peut-être alors qu’un jour, tous les FF.’. ‘’imperturbables’’ réaliseront à quel point ce ‘’fameux’’ chapitre va à l’encontre (jusqu’aux antipodes du paroxysme de la non humanité) des droits de…. l’Homme : au sens large de celui des droits de la personne.

Et pour se faire, donnons donc aux Loges libres de pouvoir abolir l’interdiction faite aux femmes d’être initiées.

Mais surtout (peut-être bien tout à la fois le plus crucial de tout), donnons leur la liberté d’exister et d’être enfin reconnues comme Francs-Maçonnes à part entière et non plus comme de viles clandestines désignées par des appellations aussi limitées que réductrices, telles : ‘’sauvages’’, ‘’co-Maçonne’’ ou même ‘’Sistar’’(…)

J’ajouterai encore que le paysage Maçonnique Français mérite (et force) tout mon respect et que ce n’est d’ailleurs pas pour rien ni par hasard que je me suis personnellement plutôt volontiers dirigée délibérément vers les Obédiences d’origine Françaises ; la Franc-Maçonnerie Anglo-Saxonne ayant encore beaucoup de choses à apprendre de nos Frangins et Frangines du vieux Continent pour lesquels les termes irrespectueux et appellations réductrices susmentionnées, n’ont généralement pas cours au sein d’une vraie Fraternité…

Faudrait-il aussi aller jusqu’à encore brièvement rappeler tous les bienfaits sociaux, dont l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) ainsi que la prise en charge par la Sécurité Sociale de moyens contraceptifs adéquats, à l’égard desquelles certains membres féminins – ministres ou secrétaires d’État – des différents gouvernements ont contribué, en les légiférant, à apporter une avancée sociale indéniable et bénéfique sous l’égide des valeurs Maçonniques…?)

Étant d’autre part ici entendu que, même aux USA où existe l’Obédience du Droit Humain, la vie quotidienne au sein de ses propres Loges est loin d’y être une sinécure pour nos SS.’.

Alors, je le redemande, le revendique et le réclame une fois encore : arrêtons de considérer nos SS.’. comme de vulgaires clandestines passablement bouffonnes, que les Grandes Loges Nationales méprisent en les mettant de surcroît au pilori : ce qui n’est pas le cas de façon aussi criante en Europe et dans les autres pays Latins où la DH occupe malgré tout une place de choix parmi la Franc-Maçonnerie Universelle.

L’abolition de cette ‘’loi’’ dans l’esprit des FF.’. ‘’fermés’’ aurait pour grand avantage de faciliter la vie quotidienne des femmes éprises d’Humanisme au travers des merveilleuses valeurs Maçonniques ; puisqu’elles auraient ainsi plus de choix de Rites.

Et cela, sans compter qu’il est bien plus aisé pour un homme (profane) de trouver une Loge que pour une femme, à l’égard de laquelle le choix est injustement réduit à peau de chagrin(…)

Avez-vous seulement jamais songé que la plupart des SS.’. se doit souvent de parcourir des distances énormes pour pouvoir être initiées ainsi que pour pouvoir ensuite participer aux travaux en Loge…?

Autant de ‘’détails’’ qui impliquent des dépenses inutiles de temps et d’argent.

Et ceci, sans omettre aussi celles qui, parfois, tombent sous le joug de pseudo-gourous peu scrupuleux qui, par de belles promesses, ne feront jamais que les escroquer, tout en salissant la noblesse des valeurs qui sont à l’image de la Franc-Maçonnerie.

Et puis, avez-vous déjà également pensé à toutes ces sœurs qui se font intimider par des ‘’Frères’’(?!) et ce, sous le seul prétexte qu’elles appartiennent à de petites Obédiences ‘’marginales’’ au regard des grosses qui se proclament unilatéralement ‘’acceptées’’…. tout en n’acceptant bien évidemment pas les premières.

(En aparté : voilà encore bien un autre sujet problématique connexe de taille pour plancher sur la question des Loges dites ‘’acceptées’’ en opposition formelle avec celles qui se veulent légitimement libres et souveraines…)

annie 2

Oui, mes sœurs et mes frères, je vous le redis : les femmes libres et de bonne vertu sont soumises – à leur corps et à leur âme défendant – à bien des pressions et, par ces faits-mêmes, elles doivent sur-multiplier leurs efforts pour pouvoir espérer réaliser leur rêve de l’idéal Maçonnique.

Et la route est bien longue ainsi que parsemée d’embûches pour pouvoir parvenir à vivre et à partager cet idéal à part entière.

Enfin, peu importe l’endroit du globe où se trouvent ces femmes-profanes qui aspirent tellement à la Fraternité en tant que futures SS.’. ainsi que les sœurs elles-mêmes déjà initiées…

Toutes, sans restriction ni distinction, nous continuerons de souffrir des discriminations édictées par une poignée de ‘’bien-pensants’’ bon chic, bon genre et bon teint qui veulent tenter de (se) faire croire qu’ils feraient la pluie et le beau temps de ce qui serait ou non ‘’politiquement correct’’, tout en ayant – en prime – le monopole de l’Humanisme(…)

Mais pourtant, tant que cela sera, toutes ces femmes (dont je suis !), continueront le plus souvent de souffrir, où qu’elles soient, dans la contrainte de devoir presque se cacher, tant pour échapper aux intimidations dont seule la bassesse intentionnelle qui leur est imposée est réellement ‘’sauvage’’, que par toutes ces intentions aussi nébuleuses que fumeuses et surannées qui leur sont opposés et qui n’ont – quoi qu’il en fut – strictement rien d’Humaniste ni de Fraternel.

Je suis Canadienne-française du Québec, vivant au Japon depuis plusieurs années…

Et en Asie, par exemple, la Franc-Maçonnerie y est généralement méconnue et, nonobstant l’existence de la Grande Loge Nationale, il est clair que la viabilité des Loges libres y est extrêmement limitée : tant l’obtention d’une patente délivrée en bonne et due forme y est toute aussi hypothétique qu’aléatoire.

Mais ce monde n’est décidément pas parfait car, même en Europe, règnent des luttes intestines dignes des plus viles ‘’gue-guerres’’ de clochers entre les Obédiences qui veulent s’octroyer (en l’imposant !) leur suprématie aux yeux des autres : jusqu’à user d’intimidations indignes et à abuser, parfois même, de violences psychologiques.

Alors, très sincèrement, ne croyez-vous vraiment pas qu’il serait grand temps que – à défaut d’être réellement Une et indivisible (ne soyons pas utopistes) – la Franc-Maçonnerie mondiale serait collectivement bien inspirée de songer sérieusement ET Fraternellement à se réorganiser, afin de se réaligner sur ses valeurs Universelles immanentes et communes à chacun(e) (toutes les tendances confondues), en vue de la rendre…. de nous rendre individuellement, plus sereins, plus justes et plus équitables pour le plus grand bénéfice de tout le monde : femmes comprises ?!!?

En conclusion, ayons la farouche volonté associée à une détermination sans faille de croire que, plus que toute autre Institution (profane ou non), la Franc-Maçonnerie se devrait de savoir s’élever au-dessus de toutes les formes de dogmes socioculturels et/ou religieux, en bannissant – sans en édulcorer la noblesse des intentions – tous les types de ségrégations ainsi qu’en éradiquant toutes les sortes d’existence partisanes associées à la race, aux croyances et au sexisme primaire.

‘’Accessoirement’’, n’est-ce pas là le gage de pouvoir enfin être pris au sérieux par nos détracteurs : qu’ils soient profanes ou, contre toute attente, initiés ??

N’en déplaise à certains, c’est sans gloire personnelle mais avec fierté que je suis Franc-Maçonne.

Et, en tant que telle, mes Frères et mes Sœurs libres et de bonnes mœurs me reconnaissent comme telle.

Certes, je ne suis bien entendu pas parfaite et ne me considère évidemment nullement comme telle.

Mais, à cause de (ou plutôt, grâce à….) ma qualité de Maçonne, je me dois de rester fidèlement conforme à mes engagements et j’ai donc une responsabilité : celle (comme chacun(e) d’entre nous) d’agir et de réagir en donnent du mieux possible l’exemple par de bonnes et justes actions, autant que par une bonne et adéquate attitude : le tout, en veillant en permanence au respect de mon prochain, par le travail que je conduis sur moi-même pour le plus grand bien possible de toutes et de tous.

Toute idée contraire à ce précepte fondamental, signifierait pour moi, un déshonneur personnel et, encore bien par-delà, surtout une ignominieuse et très offensante insulte à la Franc-Maçonnerie Universelle, Libre, Juste et Parfaite ainsi qu’à ses valeurs incontournables d’Humanisme et d’Humanité.

Annie Matsunami

annie 3

Merci Annie d’autoriser cette parution …

Annie est une sœur vivant et travaillant au Japon, artiste aussi, et qui à même déjà fait un livre … en plus

Vieille Chanson maçonnique 28 mai, 2011

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Mes Chers FF.·.

fraternellement

Bernard C:.

Une vieille chanson maçonnique découverte chez un petit bouquiniste portant la mention suivante « Voici une vieille chanson recueillie en Touraine vers 1900 par le F.°. A.°. Landry – Musique de Maurice Gloton« 

Le texte est de toute beauté : on y évoque les nationalismes, le racisme, l’anti-maçonnisme, les violences conjugales, la détresse, la fraternité, l’humanisme…et l’espérance… »Les francs-maçons, vous le croirez sans peine, ne sont pas si diables qu’on les fait noirs.« 

I

La gente dévote entre elle s’interroge

Et veut savoir ce que le franc-maçon

Peut bien tramer au fond de chaque loge

Pour mériter de passer pour démon.

Qu’elle s’attache à sonder ce mystère;

Elle pourra vite s’apercevoir

Que le maçon, ami de la lumière,

N’est pas aussi diable qu’on le fait noir.

II

Nous faisons fi des quartiers de m’État.

Nous méprisons les titres, les richesses.

Et le clinquant et le faste, et l’éclat.

Nous soutenons nos frères en détresse

Et leurs enfants voués au désespoir.

Celui qui fait ces actes de sagesse,

N’est pas aussi diable qu’on le fait noir.

III

Nous pratiquons le culte de la France

Et nous aimons chacun notre prochain.

Nous appliquons la loi de tolérance

A tous, qu’on soit juif, musulman, chrétien.

Nous haïssons, c’est notre unique haine,

Les seuls cafards, amis de l’éteignoir.

Les francs-maçons, vous le croirez sans peine

Ne sont pas si diables qu’on les fait noirs.

IV

Nous honorons les vertus de la femme,

Nous chérissons nos épouses, nos soeurs.

Tous les maris, croyez le sur mon âme,

Reçus maçons, deviennent meilleurs,

Si vous pouviez, par un trou de serrure,

Nous regarder remplir notre devoir,

Les francs-maçons, diriez vous, je le jure,

Ne sont pas si diables qu’on les fait noirs.

V

Les francs-maçons ont un secret terrible,

Je ne saurais vous le dissimuler :

Promettez-moi, si la chose est possible,

De le garder, je vais le révéler :

C’est d’inspirer une terreur sans bornes

Au goupillon, au spectre, à l’encensoir,

Le franc-maçon ne portant point de cornes,

N’est pas aussi diable qu’on le fait noir.

 

 

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A mes Soeurs et mes Frères … 12 octobre, 2009

Posté par hiram3330 dans : , 170 commentaires

 

 

 

 

A toi qui lis là   

 

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Le « hasard » a conduit tes pas ici, sur ce blog,

 

La curiosité t’a fait frapper à la porte,

 

La Fraternité t’a donné quelques clés de voûte …

 

 

 

Tu as souhaité découvrir,

 

Tu as souhaité discerner d’autres pensée,

 

Tu as souhaité  apercevoir d’autres angles de vue …

 

 

 

Membre d’un Ordre, tu poursuis une quête,

 

Membre d’un Ordre, tu aspires à progresser,

 

Membre d’un Ordre tu désires un partage …

 

 

 

Il t’appartient maintenant de participer à cette chaîne fraternelle de partages …

 

 

 

A ton tour de poser une ou plusieurs planches ici,

 

A ton tour de montrer ton regard et l’élan de ton coeur,

 

A ton tour d’être un Maillon …

 

 

 

Je sais …

 

 

 

Tu ne te crois pas capable comme …, ou comme …

 

Tu ne te sens pas  prêt à …

 

Tu ne t’imagines pas …

 

 

 

Pourtant

 

 

 

Tu es dans l’erreur, quasiment dans les ténèbres …

 

Tu es ainsi hors du chemin que tu as tant voulu emprunter …

 

Tu es … dans la fausse humilité …

 

 

 

Ma Soeur, Mon Frère,

 

Sois Fraternel dans le Partage …

 

Combien, comme toi, cherchent … urbi & orbi ?

 

Apporte ta contribution et ton aide sans compter, sans complexe, sans hésitation …

 

N’oublie pas le Miroir …

 

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Aperçus sur l’initiation féminine 25 juin, 2009

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Aperçus sur l’initiation féminine

Initier la femme, c’est lui permettre de prendre conscience de sa richesse intérieure, de prendre la mesure de sa dignité, de lui faire comprendre la place vitale qu’elle occupe dans le cosmos parce qu’elle est l’un des pôles de l’humanité. Sans elle, pas de lumière, puisqu’elle naît de l’union des deux pôles, positif et négatif, chacun aussi nécessaire à l’un qu’à l’autre.

 

Par Jeanine Augé

Jeanine Augé

Mes soeurs, mes frères en franc-maçonnerie, en bouddhisme ou en humanité, je voudrais d’abord faire une première remarque en préambule. Je n’ai pas été avertie que Michel Barat et Bernard Besret avaient eu la charmante idée de me laisser disposer du temps qui leur était imparti. Je m’en suis tenue, avec discipline, à ce qui avait été convenu lors des réunions préparatoires, c’est à dire 25 minutes d’intervention. Cela peut sembler léger pour aborder l’initiation féminine. Mais celle-ci a été traitée en filigrane pendant tout ce colloque, comme si elle allait de soi, alors que ce fut et reste encore une longue et dure conquête.

Ma deuxième remarque est que, passant après de talentueux orateurs, je crains que mon discours ne soit un peu terre à terre et ne détonne, avec l’excuse que je ne suis pas encore bouddhiste. Mais je vous rassure tout de suite, si mon propos démarre sur des chapeaux de roues résolument féministes, cela ne dure qu’une page et demie (rires…).

Parler de l’initiation de la femme en faisant l’impasse sur les divergences concernant son initiabilité pourrait sembler outrecuidant si mon propos ne se situait pas dans l’espace de la modernité. Celle-ci consistant, à mon sens, à faire évoluer la tradition pour l’adapter au présent sans en altérer l’essentiel. Je n’ai pas tellement développé cela parce que je pensais que Bernard Besret allait s’exprimer très brillamment là-dessus. Moi, je pars de l’idée simpliste que nous créons, aujourd’hui, la tradition de demain. Autour de l’amande, va se concrétiser la coque qui est faite des acquis, que l’on ne peut ignorer, d’une civilisation qui évolue tant sur le plan du droit que sur celui de la technologie.

Dire que la femme est initiatrice, par essence, est une échappatoire que l’on utilise assez régulièrement. Elle fait référence à une mythologie qui a longtemps confiné la femme dans une fonction de reproductrice. En outre, la sacraliser comme déesse-mère, comme déesse des moissons, comme déesse de l’amour renvoie en quelque sorte la femme à la nature passive de terre fécondable qu’on lui prête. Il y eut dans le Parnasse traditionnel trop de Déméter, trop de Junon, et pas assez, à mon avis, d’Athéna. La déification de la femme lui a été bien moins profitable que de lui permettre de retrouver le divin en elle.

C’est donc de la quête initiatique de la femme moderne, et plus particulièrement de celle que j’ai moi-même entreprise, que je voudrais parler. Je ferai toutefois un retour, plus ou moins bref, sur les difficultés que les femmes ont rencontrées sur leur route et qui perdurent pour certaines d’entre elles dans les milieux religieux et intégristes. Nous savons par nos soeurs turques que certains pays font un retour en arrière considérable. Toute l’histoire de l’humanité est marquée par la difficile reconnaissance de la complémentarité et de l’égalité qualitative de la femme par rapport à l’homme.

Si Jésus et Bouddha acceptèrent volontiers que les femmes suivent leurs enseignements, leur reconnaissant ainsi le droit à la spiritualité, à la connaissance, l’Eglise catholique porte la lourde responsabilité d’avoir mis la femme pendant très longtemps à l’écart du monde de l’esprit. Les références constantes aux origines judéo-chrétiennes de la nécessité d’un fondement religieux m’ont beaucoup gênée.

C’est contre ces conceptions que s’est, en effet, bâtie la franc-maçonnerie féminine. Le patient travail de recherche de Uta Ranka Heineman dans son livre Des Ennuques pour le royaume des cieux, en est un témoignage accablant. Depuis le célèbre verset de St Paul dans l’épître aux Corinthiens : « Que les femmes se taisent dans les assemblées », aux positions prises par les papes sur l’ordination des femmes en passant par les déclarations de St Augustin : « Combien plus agréable est la cohabitation de deux amis, comparée à celle d’un homme et d’une femme ! » -je ne sais pas si vous êtes toujours d’accord- (rires…) ou la crainte exprimée par St Thomas de la féminisation du coeur humain, la femme a été longtemps présentée comme source de troubles, une incitation au péché, parfaitement inutile, sinon nuisible à la spiritualité de l’homme. L’enseignement ne sied pas au sexe féminin, précise St Thomas d’Aquin.

Est-ce pour les mêmes raisons moyenâgeuses que le pape actuel rejoint, dans son refus du sacerdoce des femmes, le canoniste de l’église orthodoxe du XIIe siècle, Théodore de Balsamo, qui le justifiait par l’impureté du flux menstruel ! Refuser l’ordination, c’est refuser le droit de transmettre, d’initier, car qui dit initiation dit transmission du contenu d’une tradition que l’on a intégrée et revivifiée. A mon avis, ce n’est ni dans la religion catholique, ni dans les religions refusant le sacerdoce des femmes que celles-ci peuvent prétendre à une totale initiation.

Même si c’est un peu folklorique, je vais passer rapidement sur les jugements, pour le moins surprenants à l’époque moderne, qui dénièrent à la femme toutes les qualités requises pour être initiée. « Femme inapte et ridicule », selon Erasme, femme passive, femme coupable, qui conduisit Adam et toute l’humanité hors de l’Eden, vers la dualité et la mort. Le cher Beaudelaire y va de son interrogation : « J’ai toujours été étonné qu’on laissât les femmes entrer dans une église, quelle conversation peuvent-elles avoir avec Dieu ? » (rires…). Au XIXe siècle, Julien-Joseph Vire perd tout sens du ridicule -il faut quand même que je vous le lise, même si c’est un peu long- quand il écrit dans L’Histoire naturelle du genre humain : « La force vitale développe les organes supérieurs du corps de l’homme et les organes inférieurs du corps de la femme. Il y a, dans le premier, une tendance à la supériorité et à l’élévation. Dans la seconde, on remarque une impulsion inverse. La vie s’épanouit vers la tête de l’homme. Elle se concentre vers la matrice de la femme. L’un donne. L’autre accepte. La femme est donc destinée par la nature à l’infériorité et à vivre en second ordre. »

Et Françoise Collin, de nos jours, écrit : « Lorsque les femmes ne sont pas déclarées inférieures mais différentes, c’est pourtant toujours la masculinité qui fait norme. Les femmes sont certes des êtres humains raisonnables, mais leur raison est celle du sentiment dont le règne reste confiné entre les murs du privé. Aux femmes, les méandres de la subjectivité ; aux hommes, la voie royale de l’objectivité, de l’espace public. »

Je ne peux passer sous silence le poids que l’exclusive prononcée par le Pasteur Anderson contre les femmes assimilées à des irresponsables dans ses Constitutions, fait peser sur la franc-maçonnerie féminine. Quel est ce centre de l’union qui, tout de même, exclut la moitié de l’humanité ?

Si je me suis un peu étendue, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser, sur les condamnations que les périodes successives ont prononcées contre la femme, c’est parce qu’elles touchaient au vif sa capacité à vivre une initiation spirituelle telle que nous prétendons la réaliser par exemple en franc-maçonnerie, puisque c’est de cette expérience dont je peux me prévaloir. En effet, je ne saurais aborder ici d’autres formes d’initiation, telle l’initiation tribale qui concerne surtout le passage des adolescents d’un âge à l’autre ou l’initiation magique qui est censée doter l’impétrant de pouvoirs surnaturels.

L’initiation à laquelle je consacre le meilleur de moi-même est un long chemin qui a commencé avec une mort symbolique et la prise de conscience d’une reconstruction de l’être à réaliser. Il y a la cérémonie de l’initiation qui met sur la voie. Il y a le parcours initiatique avec ses épreuves, ses méandres et, au bout l’initiation suprême, qui attend tout vivant, le terme où l’existence prend tout son sens avec les trois pas, le trépas. . .

Se faire initier, c’est accepter la quadruple purification des éléments pour mieux progresser, allégés vers la plénitude de la connaissance. Aucun dogme n’est imposé. Mais la transmission ininterrompue de l’influence spirituelle est nécessaire. La communication se fait selon le rituel des grades. On vous en a déjà amplement parlé.

L’initiation conduit l’initié à prendre conscience des possibilités latentes au plus profond de lui-même. D’étape en étape, les symboles, les rites et les mythes peuvent réveiller en chacun le souvenir d’une sagesse perdue, d’une unité occultée par l’agitation chaotique de la vie profane. La réconciliation de l’individu condamné au binaire avec l’unicité du tout, est ce que la franc-maçonnerie peut réaliser dans le silence qui s’impose au chercheur de vérité.

Pour certains, on peut dire que ce parcours restera dans le domaine du mental et de la philosophie. Pour d’autres, l’enseignement ésotérique du symbole aboutira au sacré qui relève non de la pensée discursive mais de l’expérience directe. La loge, les maîtres n’interviennent que pour aider l’initié à trouver son maître intérieur. L’enseignement oral et le silence répondent au désir d’ignorer toutes les limites qu’impose la manifestation existentielle afin d’atteindre l’infini universel du non-manifesté. Les mots sont réducteurs et l’essentiel n’est pas transmissible par leur truchement, c’est là le secret maçonnique.

On fait référence trop souvent à la facilité avec laquelle on trouve les rituels en librairie. Il y a autant de différence entre la lecture d’un rituel et une tenue qu’entre la vision d’une photographie de vacances et le goût du sel marin face à l’infini maritime ou l’indicible de la splendeur d’un soleil rougeoyant qui décline sur les cimes enneigées.

Il m’apparaît que la finalité de l’initiation est la même pour tous les êtres, homme ou femme. Les méthodes de travail en revanche, diffèrent pour s’adapter à la nature masculine ou féminine de l’initié ou de l’initiable.

Je suis convaincue que ce ne sont pas tellement les sources opératives de la franc-maçonnerie que l’on nous oppose si souvent qui posent problème. La plupart des frères francs-maçons, j’en suis sûre, seraient bien en peine d’utiliser les outils du constructeur de cathédrale dont ils se réclament ou de dresser les plans d’un édifice. Les outils sont les symboles concrets de principes et de concepts. A telle enseigne que nos soeurs africaines, qui n’ont pas les mêmes règles de construction, assimilent fort bien la symbolique des outils maçonniques comme le fil à plomb, le niveau et l’équerre . . . La différence fondamentale réside, à mon avis, dans les valeurs à la fois opposées et complémentaire du yin et du yang, à ceci près que, finalement, l’homme et la femme participent de la même nature, du moins j’ose l’espérer. J’en veux pour preuve que le sang qui véhicule l’essence de l’être n’est pas sexué. Parmi les nombreuses incompatibilités qui existent entre donneur et receveur, celle du sexe est à ce jour inconnue.

Il s’agit bien plus, pour moi, d’une proportion que le symbole du Tao To King exprime fort bien. Quand le yang domine, les valeurs solaires et masculines dominent avec leur cortège de combativité, d’éclats lumineux qui procèdent de la nature du ciel et se rapportent à l’esprit actif et à la raison. Là où le yin prédomine, c’est la référence à la terre qui donne son caractère de passivité mais aussi de potentialité, ce qui, selon Guénon est « la racine de toute existence ».

Lumière et ombre sont indissolublement liées sans y voir, comme dans le mazdéisme, un quelconque jugement de valeur entre le bien et le mal. Le yang n’est jamais sans le yin, le yin n’est jamais sans le yang puisqu’ils participent tous les deux à la fois du ciel et de la terre.

Le caractère yin, prédominant chez la femme, lui facilite la démarche évolutive qui correspond plus précisément à l’apprentissage, à l’oeuvre au noir. Dans le féminin de l’être, Annick de Souzenelle écrit : « Les nuits de l’âme sont entrailles de mutation, matrice sainte, athanor alchimique de résurrection. » La femme, par sa capacité à donner la vie, est en phase étroite avec l’univers des cycles et l’ordre du monde. Cet ordre qu’elle intègre rythme sa vie intime tous les mois comme pour rappeler son implication dans la marche cosmique. Sa condition n’est pas la passivité mais bien plutôt la complicité, l’empathie avec les lois de l’univers qui en fait sa dépositaire. D’où son intelligence avec le coeur des choses et de sa force de résistance qui lui permettent de passer outre les avanies et les secousses de la vie triviale pour aller souvent à l’essentiel.

Initier la femme, c’est lui permettre de prendre conscience de sa richesse intérieure, de prendre la mesure de sa dignité, de lui faire comprendre la place vitale qu’elle occupe dans le cosmos parce qu’elle est l’un des pôles de l’humanité. Sans elle, pas de lumière, puisqu’elle naît de l’union des deux pôles, positif et négatif, chacun aussi nécessaire à l’un qu’à l’autre.

Tout système vivant est à la fois fermé structurellement et ouvert énergétiquement pour expérimenter, progresser, se reproduire. La femme sensible à l’émotion peut, par l’initiation, transformer cette faiblesse en une aptitude à la compréhension, à la compassion, à la perméabilité à tout ce qui relève de l’esprit, de l’immatériel.

Le compas lié à l’équerre, que tout le monde connaît comme les deux symboles récurrents de l’initiation maçonnique, lui sont nécessaires et familiers dans ses fonctions d’éducatrice, de gardienne des valeurs familiales et de citoyenne humaniste. Particulièrement intuitive, la nature féminine vit de manière plus globalisante le triple aspect de la vie, corps, esprit, âme ou, si l’on préfere, corps, coeur, esprit .

L’initiation, c’est aussi pénétrer au-delà des apparences pour essayer d’atteindre à l’essence.

Visionnaire, la femme ? Non, sûrement pas, mais réceptive, perméable, lunaire dans le sens positif. moins emprisonnée dans le carcan de la logique et du mental. Elle aborde les manifestations de la vie avec l’optique de l’artiste, de l’esthète, du poète qui sont des initiés à leur manière.

L’initiation, c’est aussi dominer la souffrance ou, tout au moins, l’intégrer comme une épreuve nécessaire à la sublimation. Si Jéhovah fit sortir la femme de la côte de l’homme, elle a rendu la politesse à ce dernier depuis la nuit des temps, au prix de bien des souffrances tant physiques que morales. Et son sens des valeurs en a été magnifié, parce qu’elle met au monde, nourrit, éduque tout en défendant ses droits contre son compagnon, son fils, son frère, le poids de la tradition, de la politique et des religions intégristes.

La femme initiée a été avertie que son chemin est semé d’embûches, que son engagement la place dans une dynamique de construction avec tous les dangers et souffrances que cela peut comporter. Les outils blessent, le matériau résiste, la construction échappe au concepteur maladroit. Il faut faire et refaire, mais la femme connaît la patience et les aléas de la gestation. L’initiation se vit à chaque moment de l’existence, ici et maintenant. Bien des femmes suivent la voie initiatique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. C’est pour cela que je me pose, que je vous pose ces questions.

Et si l’initiation des femmes passait par leur libération économique, leur conférait l’autonomie nécessaire, la liberté de mouvement qu’offre l’indépendance monétaire ?

Et si l’initiation des femmes passait par un partage équitable de tous les pouvoirs lui permettant de se réaliser dans tous les domaines et d’aborder ainsi tous les aspects de l’implication de l’humain dans les phénomènes universels ?

En un mot, et si l’initiation de la femme passait par la conviction, confortée par les structures religieuses, sociales et politiques, qu’elle est un être humain à part entière ?

Pour qu’il y ait initiation, il faut qu’il y ait éveil et que la conscience de cet éveil replace chaque action, chaque pensée, dans une direction qui donne sens à la vie. Pour ce faire, il faut que la femme ait enfin droit de vivre pour elle-même et ne vienne pas à l’initiation seulement pour reprendre, ce que j’ai trop souvent entendu lors des auditions, lorsqu’elle est à la retraite, les enfants partis, le mari moins exigeant ou disparu. Je dois reconnaître que si, statistiquement, la moyenne d’âge de nos soeurs était très élevée, il y a encore 8 à 10 ans, elle a tendance actuellement à baisser, ce qui est très encourageant

La femme a des devoirs envers ce qu’elle incarne. Ce que nous rappelons dans le testament philosophique que l’impétrante doit rédiger dans le cabinet de réflexion. On lui demande les devoirs envers la patrie mais aussi envers elle-même et envers l’humanité. Je pense que l’évolution que connaît actuellement notre société va ouvrir la voie aux valeurs féminines qui s’avèrent de plus en plus nécessaires pour contrebalancer une mondialisation fondée sur la finance, l’économie, le pouvoir des banques et la technocratie. Parallèlement, la synthèse se fait entre les notions de matière, d’esprit et de psychisme et Schodengger va jusqu’à énoncer : « Ne nous trompons-nous pas en pensant qu’il y a autant d’esprit que de corps ; peut-être n’y a-t-il qu’un seul esprit ? »

Une nouvelle manière d’appréhender et d’agir sur le monde en découle, mettant l’accent sur l’importance donnée au monde associatif, à la communication, à la solidarité, à la croissance de l’économie de service, tous domaines que connaît bien l’activité féminine et qui, peut-être, fonde ce qui est la modernité.

Je dirai en conclusion que les femmes ont tout à gagner à préserver leur identité et les qualités qui leur sont plus particulièrement dévolues. L’initiation leur permet de les affermir, de les développer, mais qu’elles ne refusent pas ce qu’il y a de solaire, de yang en elles. Qu’elles sachent le reconnaître et le cultiver sans perdre leur spécificité car, ainsi, elles pourront tendre à l’universel.

Si l’homme initié fait de même et accepte d’être aussi lunaire, alors tous deux retrouveront sur le plan spirituel et initiatique les vertus de l’endroginat. Le retour au centre, à l’unité, est au terme de cette descente dans les profondeurs car on sait bien que les parallèles finissent quand même par se rejoindre, dans l’infini du cosmos.

Je terminerai sur cet extrait d’un poème du Tao des femmes qui est publié chez Trédaniel :

« Les hommes et les femmes sont le miroir du Tao.

L’homme n’est pas plus grand, la femme n’est pas plus belle.

Les fleuves suivent chacun leur lit uniquement pour se rencontrer dans l’océan.

La terre accueille le soleil à la fin de chaque jour.

Le soleil à l’apogée se lève ou se couche.

C’est vous qui décidez du sens ! »

Questions-réponses

Christian Bodson

 

D’abord un témoignage que j’ai plaisir à vous lire.

« J’ai toujours pensé que la maçonnerie m’avait pennis de développer cette part de féminité qui sommeille en moi. Elle a permis de libérer mon coeur, moteur de la main tendue. Même si mon obédience n’accepte pas les femmes en loge, de par ma fréquentation de la tradition celtique, je suis persuadé que la femme est soleil et l’homme, lune. Il n’y a que les hommes en mal de masculinité pour penser le contraire. »

Lama Denys

 

Cela me donne l’occasion de faire un petit rappel. En fait, nous sommes d’accord avec les Celtes sur ce point. Dans la tradition des tantras, d’un côté le féminin rouge et de l’autre le masculin blanc correspondent respectivement au soleil et à la lune. La femme est solaire et l’homme est lunaire. Il y a aussi, dans cette vision, le féminin qui est intelligence -prajna- qui est la sagesse, l’ouverture, la matrice omniprésente, toute englobante, accueillante, qui est fécondée, qui est habitée par le principe masculin… En tout cas, vacuité, sagesse, intelligence, c’est féminin. Tout ce qui est de l’action gouvernée par la compassion est masculin. Cela étant, blanc et rouge sont des principes complémentaires qui sont aussi les équivalents du yang et du yin. On retrouve cela dans nombre de traditions primordiales et pas seulement chez les Celtes. . .

Jean-Pierre Pilorge

 

Ces couleurs, blanche et rouge, on les retrouve aussi lorsque le pontife romain est vêtu selon la manière qui convient en symbolisme, de la cape rouge qui est celle du pouvoir royal, et de la robe blanche qui est celle du pouvoir sacerdotal, tel que nous l’avons évoqué hier avec l’arche royale, étant entendu que la fonction prophétique, elle, n’a pas de couleur, car elle ne peut pas s’institutionnaliser.

Un intervenant. Est-ce-que la Grande Loge Féminine de France a accès aux émissions radiotélévisées ?

Jeanine Augé

 

Oui, le dimanche matin. Est posée la question de l’obédience alors, pour te dédouaner, et comme cela le doute continuera à planer sur mon appartenance, je dirai que cette émission a lieu le dimanche matin sur France-Culture à 9 h 40. Ainsi, on ne saura pas si je suis le roi Salomon ou la reine de Saba.

Un intervenant. Entre l’homme et la femme, qu’en est-il de l’identité, de l’égalité, selon vous ?

Jeanine Augé

 

C’est une question qui est tout un monde à elle toute seule !

Identité, non, égalité, oui. Il y a évidemment une part biologique très fondamentalement identique. Quand à l’égalité, elle se conquiert tous les jours. Sur le plan des droits que nous n’avons pas, par exemple. Mais sur les plans de la culture, de l’intelligence et de la réalisation de l’être, je pense que c’est chose faite. Mais peut-être pas avec les mêmes références que les hommes.

Un intervenant. Personne ne conteste l’initiabilité des femmes. Mais pourquoi se cantonner à la pratique du rite masculin ?

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas que le rite soit masculin. Le rite est traditionnel et les rites que nous pratiquons sont des rites de tradition avec des outils qui, je le répète, ne sont pas des outils d’hommes mais des outils principes. Je ne vois vraiment pas pourquoi nous irions mettre une machine à coudre sur l’autel des serments. Certes, cela a été suggéré même par des femmes. Mais me gène considérablement. Cela ne prouve qu’une chose, c’est que l’on a pas compris ce qu’était vraiment un outil symbolique.

Un intervenant. Pouvez-vous développer davantage votre affirmation concernant l’ouverture nécessaire vers les voies féminines de l’initiation pour compenser les effets de la mondialisation et de la technocratie ?

Jeanine Augé

 

Là, c’est tout un programme. Je pense qu’actuellement notre société est absolument féroce. Elle est bâtie sur la compétitivité, sur la technocratie. Lorsque l’on voit des fortunes s’édifier en un rien de temps par le jeu d’internet, des échanges -je ne suis pas très lancée là dedans- mais quelques coups de téléphone entre Tokyo et New York et des fortunes se font ou s’effondrent en quelques minutes. Tout cela, ce sont des valeurs qui, pour moi, représentent ce qu’il y

a de pire dans la nature masculine, c’est-à-dire un désir d’hégémonie. Je pense que les femmes, par le sort qu’on leur a fait et qu’elles ont peut-être accepté trop facilement, sont beaucoup plus tournées vers les notions de solidarité, d’effort, de lente construction.

Actuellement, l’industrialisation a gommé les différences qui existaient en la force musculaire de l’homme et de la femme. La femme, dans le monde du travail, se retrouve, dans nos sociétés industrielles, je parle en personne privilégiée, à égalité avec l’homme. Mais elle peut justement y faire ressortir une philosophie de solidarité dont elle n’a pas l’apanage mais qu’elle pratique plus facilement.

Je suis toujours gênée lorsque je parle de la femme parce que je parle en femme privilégiée et je n’oublie pas dans les discours que l’on fait ici ce qui ce passe en Afghanistan, en Algérie. Et là, je dis que c’est l’horreur et je me demande justement ce qui est fait par les hommes et par les femmes pour sortir de cette géhenne.

Un intervenant. Ma très chère soeur, j’ai apprécié ta plaidoirie en forme de réquisitoire -oh non, ce n’était pas un réquisitoire, mais un constat !- à l’encontre d’un ennemi imaginaire, l’homme. Lequel, merci pour lui, est dénué, selon toi, de toute sensibilité et de toute capacité à aimer. Ce langage, ce combat d’arrière-garde, me semble un peu dépassé, du moins chez nous.

Jeanine Augé

 

Eh bien oui ! Quand je parle de la femme, je ne parle pas uniquement de là femme tirée d’affaire. Je parle, je le répète, des valeurs féminines dans ce monde. Je crois que la maçonnerie est quelque chose qui s’ouvre, qui doit s’ouvrir et prendre en compte tous les problèmes planétaires. C’est pour cela que je suis un peu dure, mais enfin, quand on voit en plein XXe siècle, des femmes se déplacer sous un drap de lit avec juste un petit quadrillage pour respirer, on se dit quand même qu’il y a quelque chose qui ne va pas du tout.

Un intervenant. Ta présence à la tribune ainsi que celle d’Anne-Françoise Rey n’en est-elle pas la preuve ?

Jeanine Augé

 

Si, mais vous remarquez que nous sommes deux, trois, contre quantité d’hommes. (rires…) Alors, je dis qu’il ne faut pas croire que je suis une ennemie de l’homme. J’ai quatre petits-fils. J’ai deux fils dont l’un et maçon et, croyez-moi, j’apprécie les valeurs masculines. Je sais aussi que lorsqu’on éduque ses enfants, et ses fils en particulier, d’une certaine manière, on met un peu plus d’amour dans le monde. Je crois que les femmes sont souvent piégées par la propre éducation qu’elles donnent à leurs enfants.

Alain Lorand

 

Là, c’est tout un plaidoyer que je vais vous lire.

« Il existe une maçonnerie dont les quatre principes fondateurs sont l’internationalisme, l’égalité essentielle de la femme et de l’homme, la laïcité dans le respect absolu des modes de pensée à l’exclusion de ceux qui prônent le racisme et l’exclusion et, ce qui est moins important, la continuité initiatique du 1° au 33°. L’égalité essentielle des deux sexes humains y est vécu au quotidien.

Il existe des hommes, et pas seulement au Droit Humain, qui, depuis trente ans, prônent et se battent pour l’égalité des sexes comme de ce que l’on appelait les races. Alors, marchons, progressons, faisons circuler le message et je souhaite, pour ma part, que le discours en faveur de la femme perdure mais qu’il soit dirigé vers les bonnes cibles. Il y a à faire, nous avons hérité de plusieurs dizaines de siècles d’inégalité. L’avenir n’est pas dans le conflit mais dans la fraternisation universelle y compris et surtout entre les sexes. »

Jeanine Augé

 

Je vais vous lire une question à laquelle je ne répondrai pas mais qui vous prouvera que je n’ai peut-être pas tort de dire que les femmes ne sont parfois pas très bien comprises par les hommes.

« Ma sœur, explique-nous pourquoi aucune femme n’est un compositeur de musique de renommée mondiale dans l’histoire ! »

Eh bien, je ne répondrai pas ! (applaudissements…)

Une voix dans l’assistance  : « Il y a Hildegard de Bingen, que l’on redécouvre. »

Un intervenant. Jéhovah n’a pas fait sortir la femme de l’homme. Il a dit que ce n’était pas bon pour l’homme d’être seul. Il a donc créé un être différent de l’homme. Un autre coté de l’homme, un côté intériorisé. Il faut donc réaliser le côté féminin qui est en chaque être humain.

Jeanine Augé

 

C’est une façon de s’exprimer quand j’ai dit que l’on avait sorti la femme de l’homme parce que je me souviens d’avoir ouvert un colloque avec mon frère et mon ami Michel Barat en disant que ce n’était pas la côte d’Adam, c’était le côté. Il m’avait reprise en disant : « Si, si, si, Bossuet disait l’os surnuméraire ! »

Un intervenant. Que pensez-vous d’une maçonnerie féminine qui se fonderait sur un rituel et un symbolisme du tissage plutôt que sur celui de la maçonnerie opérative des constructeurs de cathédrales, comme le suggère Guénon ?

Jeanine Augé

 

Je dirai que moi, le tissage, je n’ai pas connu. En revanche, j’ai fait de la sculpture. Je crois bien qu’il y ait, à la cathédrale de Strasbourg, des oeuvres d’une femme qui a en particulier produit la statue de la foi. Alors pourquoi pas ? Ca reste à créer ! Mais, pour l’instant, je suis très bien dans mon obédience avec mes rituels.

Un intervenant. Si statistiquement, l’âge des soeurs diminue en loge, je vois là une volonté d’ouverture des loges qui, jusqu’ici,manifestaient en la matière une grande frilosité à voir trop de jeunes femmes bousculer la tradition. Les choses auraient-elles tendance à bouger ?

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas que cela soit la frilosité des soeurs. Je pense que les femmes n’étaient pas disponibles parce qu’une des premières choses que l’on demande, lorsqu’elles se présentent, c’est d’être assidues. Or, une femme qui a des enfants en bas âge, -on le sait dans le monde du travail, c’est toujours la même chose qui se produit- est sujette à l’absentéisme. Cet absentéisme des femmes est très souvent critiqué, alors que c’est l’organisation de la société qui ne leur fournit pas les moyens de faire garder les enfants. Tout cela s’est amélioré et je pense que telle est la cause de cette prétendue frilosité.

Un intervenant. La maçonnerie accepte l’entrée à l’âge légal, à 18 ans. Je peux dire, elle n’est pas là et je ne porte pas son nom, donc je ne la trahis pas, que ma fille est entrée à 18 ans et s’en porte très bien. Elle a été très bien acceptée, comme mon fils qui est entré à 23 ans et s’en trouve aussi très bien. Non, il n’y avait pas cette peur. Je crois que les femmes n’étaient pas disponibles.

Un intervenant. Initier la femme, c’est prendre la femme comme objet et non comme actrice unique de son initiation qui, ne l’oublions pas, dure toute la vie maçonnique.

Jeanine Augé

 

Je ne pense pas avoir laissé entendre qu’il y avait chez nous quelqu’un qui surveillait l’initiation. Au contraire, j’ai dit que l’on avait à trouver le maître intérieur. Mais il y a quand même la cérémonie d’initiation qui s’appelle initiation, que voulez-vous !

C’est un point de départ. Ensuite, le chemin est plus solitaire qu’ailleurs puisque nous disons en maçonnerie que le maçon s’initie lui-même. Nous refusons toute idée de gourou ou de maître à penser dans la maçonnerie actuelle. Je ne pense pas avoir dit que, dans son travail, l’on tenait quelqu’un par la main pour le traiter comme un objet. Au contraire, le but de l’initiation féminine, c’est de lui donner une indépendance. C’est la prise de conscience de sa propre valeur qui va la rendre indépendante de tout : des idées, des préjugés, et, disons, des compagnies trop dures dans son entourage…

Octobre 1997

 

Jeanine Augé


http://www.buddhaline.net/spip.php?article304


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Bêtisier Maçonnique … 6008 31 décembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution,Humour , 6 commentaires

BETISIER MACONNIQUE

 

Un  V:. M:., qui avait été dans le profane un dirigeant d¹entreprise, à un jour fermé une Tenue d¹Apprentis en disant Je ferme cette Loge d¹Appointés.

De Pierre Dac alors 1er Surv.:. « V:. M:. le sac a provisions et le trou de la veuve sont a votre disposition »

En vrac : « F:. et S:. qui déconnez sur les colonnes » ou après une demande de parole un Surv: « Tu as la colonne mon F.°. »

Une S:. 1er Surv.:. (au DH le nom des office reste invariablement au masculin) « V.°.M.°. en tant que  première surveillante , euh pardon V:. M:., c’est mon sexe qui ressort » fou-rire, et pour se reprendre : »bon il faut que je me taise car plus je parle et plus je m’enfonce »

En droite ligne du « le tronc de la vieille entre les colonnes », entendu cette semaine en tenue.

Dans une loge féminine et tropicale : Lors d’un rituel spécial réserve a trois soeurs pour une augmentation de salaire alors que la V.°.M.°. s’inquiétait de l’organisation: « les soeurs ont-elles leurs outils ? » il lui fut répondu : « V:. M:. toutes les soeurs ont leurs règles »

Une soeur :  a paris, alors  qu’elle promenait son chien, vers la rue cadet, vers minuit, elle croise un monsieur elle lui dit « bonsoir mon frère » il rétorque « comment sait tu ma soeur que je suis un frère » elle répond « parce que tu n’as pas enlevé ton tablier , mon frère ».

Pour rester dans les mêmes idées, que penser de l’ Orateur qui demandait « qu’en toute humidité vous n’oubliez jamais votre serpent » confondant le taux d’humidité de l’humilité du serment.

 » un F.: planchait sur la solidarité. La planche durait, durait… Survient le moment ou l’orateur évoque l’une des meilleures illustrations de la solidarité maçonnique : la chaîne d’Union. Il dit alors : « C’est un moment si intense, nous sommes alors si proches, nous nous serrons à ce point qu’on peut se sentir le bout… euh, le pouls ». Difficile alors de garder son sérieux

Mes FF:. nous avons laisse nos motos a la porte du Temple…

Initiation: le M:. d C:. , lorsque le nouvel initie a été réintroduit après avoir remis de l’ordre dans ses vêtements, a prononce distinctement la phrase suivant: « V:.M:., on frappe a la porte en abruti »…

Dans la série mieux vaut l’entendre que le dire, je cite cette belle parole d’un F:. premier surveillant après une planche sur Jonathan Livingston le Goeland :  » V:. M:. les colonnes sont mouettes « 

V:. M:. le soir de son installation  » Les clients sont satisfaits …. »

Dans une loge féminine: « Sœur couveuse faites votre office.. ».

A une instance à l’Or.: « Vénérable Grand-mère… »


Lapsus du 2ème Surv
:. V:.M :., le F:. Hosp :. et la S:.  Tres.:. ont rempli leurs orifices »

Tel ce frère africain qui lors d’un vote « à boule » dit au V:. M:. « vénérable maître… j’ai deux boules noires! »… puis qui se rends compte du double sens… et qui se met a rire avec l’ensemble des frères!

Ce jeune compagnon qui remplace le couvreur alors que l’on doit recevoir un grand officier provincial. Emu il annonce le > visiteur ainsi: « vénérable maître, le GADLU demande l’entrée du temple ». et le véné sans se démonter : « mes frères, tous à genoux pour le GADLU ».

A la clôture des travaux le V:.M:. dit  » en « puisqu’il est l’heure de nous cuiter. » au lieu de «  puisqu’il est l’heure de nous quitter ».

Le temple est dûment huilé.

Lors d’une initiation dans une autre loge, le profane avait eu largement le temps de la réflexion et s’en était ouvert lors de ses impressions d’initiation. Il avouait avoir compris , le sel, la terre, le soufre, Vitriol, etc. Toutefois il se perdait encore en conjectures sur la symbolique cachée derrière le rat qui était venu puis reparti avec le pain….

Mésaventures survenues lors de cérémonies d’initiation  Lors d’une initiation l’impétrant est amené dans le cabinet de réflexion où il est laissé tandis que les travaux continuent avec force et vigueur.  La loge, située dans l’ancienne demeure de la nourrice de François 1er possède des souterrains propices à l’installation des cabinets de réflexion.

La discussion se prolongeant, l’ atelier est alerté par une fumée assez dense qui monte du sous-sol. Le Maître des Cérémonies est requis d’aller voir ce qui se passe. Il trouve les souterrains enfumés par la combustion du support de la bougie qui s’est renversée.  Le profane, pensant que cela faisait partie du rituel, restait imperturbable sur la chaise qui lui avait été assignée…

Le Secrétaire, lisant le tracé des derniers travaux, a mentionné le « tronc des hormones »?

Comme lorsque  1a surveillante a annoncé au V\M\son époux: V:. M:. le sac aux propositions et le tronc de TA veuve sont à ta disposition…

D’enfermer notre Soeur en un lieu sûr et sucré (une diabétique en manque !)

Le F.·. Orat:., communiquant l’ordre du jour de la prochaine Ten:. (Init.·. Solenn.·. au 1er Degr.·., le samedi 7 octobre à 16h): « …smoking et gland blanc… ». Les SS.·. ne sont pas admises.

Le V:. M:. officiant (non titulaire de la charge) était une célèbre présentatrice de la TV (souvenez-vous, les Belges, de l’expo 58…).
Dans les préliminaires, elle a dit: « Dans l’EMISSION que vous allez suivre… ».

Atelier, au GO, le F.°. Secrétaire avait préparé non des testaments philosophiques mais des testaments tout courts… qui existent au GO quand un F.°. souhaite léguer des trucs à l’Atelier ou à l’Obédience.
la lecture des testaments des 3 profanes initiés ce soir-là a été du genre « je lègue tous mes biens à ma belle-soeur bien-aimée, ma montre en or à mes enfants… » !!!

Loge féminine

Lors d’une cérémonie la V:. M:. avant de mettre l’atelier en récréation dit:
« Nous allons nous occuper
  des préservatifs »
à la place « en raison des préparatifs »

Lors du tuilage pour son élévation à la MM.: un F.:
psychiatre de profession, a dit : « Le point G m’est connu »

Cérémonie d’initiation. Le second S:. lis les statuts généreux !

Passage sous le Bandeau :

V:.M:. demande au profane d’arrêter de Testiculer (Gesticuler !).

La tranche placée  au lieu de planche tracée !

Loge Féminine :  Les matrones sur les colonnes !

Installation du collèges des Of :. :

Le collège des Off:. est entre les commodes

 

Merci à mon F:. JANLOU

de ce bêtisier … si vrai

pour ce 31 décembre 6008 

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I have a Dream 7 novembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 2 commentaires

I have a Dream

 

de Martin Luther King, Jr.

 

traduction : Terrie-Ann WELCH
Texte original

 

Delivré sur les marches du Lincoln Memorial à Washington D.C. le 28 octobre 1963.

 

Je suis heureux de pouvoir être ici avec vous aujourd’hui, à une manifestation dont on se rappellera comme étant la plus grande manifestation pour la liberté dans l’histoire de notre pays.
Il y a cent ans, un grand Américain, à l’ombre de qui nous sommes aujourd’hui, a signé la Proclamation d’Emancipation. Ce décret capital est arrivé comme une grande lumière d’espoir pour les millions d’esclaves qui avaient été brûlés par les flammes de l’injustice qui consume. Il est venu comme une aurore joyeuse pour terminer la longue nuit de leur captivité.

Mais, un siècle plus tard, le Noir n’est toujours pas libre; un siècle plus tard la vie du Noir est toujours tristement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination; un siècle plus tard, le Noir vit isolé sur une île d’indigence au milieu d’un vaste océan de prospérité; un siècle plus tard, le Noir languit toujours dans les coins de la société américaine et il se trouve en exilé dans sa propre terre.

Nous sommes donc venus ici aujourd’hui pour dramatiser une condition honteuse. Dans un sens, nous sommes venus à la capitale de notre pays pour toucher ce qui nous est dû. Quand les architectes de notre république ont écrit les mots magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils ont signé un billet à ordre, dont tous les Américains devaient hériter. Ce billet était une promesse qu’à tous les hommes, oui, les hommes noirs aussi bien que les hommes blancs, seraient garantis les droits inaliénables de vie, de liberté, et de poursuite du bonheur.

Il est clair aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses engagements en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique a donné au peuple noir un chèque sans provisions; un chèque qui nous est revenu marqué « fonds insuffisants ». Nous refusons de croire que la banque de la justice soit en faillite. Nous refusons de croire qu’il y ait des fonds insuffisants dans les grandes chambres fortes d’opportunité de cette nation. Par conséquent, nous sommes venus ici pour encaisser notre chèque, le chèque qui nous donnera sur demande les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.

Nous sommes venus à ce lieu sacré pour rappeler au peuple américain l’urgence extrême du présent. Ce n’est pas le moment de nous adonner au luxe de nous détendre ou de nous contenter de la drogue tranquillisante d’une solution graduelle. Il est temps maintenant de rendre réelles toutes les promesses de la démocratie; il est temps maintenant de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour nous avancer vers le sentier brillant de la justice raciale; il est temps maintenant d’aider notre nation à se dégager des sables mouvants de l’injustice raciale pour l’installer sur le roc solide de la fraternité; il est temps maintenant de faire que la justice devienne une réalité pour tous les enfants de Dieu. Ce serait une erreur fatale pour la nation de refuser de voir l’urgence du moment. Cet été étouffant du mécontentement légitime du Noir ne finira pas jusqu’à ce qu’arrive un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

1963 n’est pas une fin, mais un commencement. Et ceux qui espèrent que le Noir avait besoin de passer sa colère et qu’il est maintenant satisfait, auront un rude réveil si la nation revient à sa routine. Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce que le Noir obtienne ses droits de citoyenneté. Les tourbillons de la révolte continueront à ébranler les fondements de notre nation jusqu’à ce que le jour clair de la justice se lève à l’horizon.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui a le pied sur le seuil attrayant qui mène au palais de la justice. Tout en cherchant à obtenir la place qui nous est dû, nous ne devons pas être coupables d’actions mauvaises. Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant dans la tasse de l’amertume et de la haine. Nous devons pour toujours conduire notre lutte sur un plan élevé de dignité et de discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où l’on réfute la force physique avec la force de l’âme.

L’esprit militant, nouveau et merveilleux, qui a pénétré la communauté Noire, ne doit pas nous amener à manquer de confiance en tous les Blancs, parce que beaucoup de nos frères blancs, comme le prouve leur présence ici aujourd’hui, se rendent maintenant compte que leur destinée est liée à notre destinée, et ils sont arrivés à la réalisation que leur liberté est inextricablement liée à notre liberté. Nous ne pouvons pas cheminer seuls. Et en cours de chemin, nous devons promettre que nous marcherons toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas retourner en arrière.

Il y a ceux qui demandent aux partisans des Droits Civiques, »Quand serez-vous satisfaits? » Nous ne serons jamais satisfaits tant que le Noir sera victime des horreurs indicibles de la brutalité de la police; nous ne serons jamais satisfaits tant que nos corps, lourds de la fatigue du voyage, nous ne pourrons pas obtenir un logement dans les motels de la grand’route et dans les hôtels des villes; nous ne serons pas satisfaits tant que la mobilité essentielle du Noir consistera à aller d’un ghetto plus petit à un autre plus grand; nous ne serons jamais satisfaits tant qu’on dépouillera nos enfants de leur amour-propre et tant qu’on les privera de leur dignité avec des pancartes qui déclarent: « Pour les Blancs Seulement. » Nous ne serons pas satisfaits tant que le Noir du Mississipi ne pourra pas voter, et le Noir de New York croira qu’il n’a rien en faveur de quoi il peut voter. Non! Non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons pas satisfaits jusqu’à ce que « la justice dévale comme un torrent et le droit comme un fleuve puissant. »

Je n’ignore pas que certains d’entre vous sont venus ici après de grandes épreuves et tribulations. Quelques-uns parmi vous sont récemment sortis de prisons étroites. Quelques-uns parmi vous sont venus de régions où, dans votre quête pour la liberté, vous avez été meurtris par les orages de la persécution et rendus chancelants par les vents de la brutalité de la police. Vous êtes les vétérans de la souffrance inventive. Continuez à travailler dans la foi que la souffrance non méritée est rédemptrice. Retournez dans le Mississippi; retournez dans l’Alabama; retournez en Caroline du Sud; retournez en Georgie; retournez en Louisiane; retournez aux bas quartiers et aux ghettos des villes du nord sachant que, d’une manière ou d’une autre, cette situation doit être et sera changée! Ne nous vautrons pas dans la vallée du désespoir!

Donc, mes amis aujourd’hui je vous dis que quoique nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai tout de même un rêve. C’est un rêve qui est profondément enraciné dans le rêve américain. Je rêve qu’un jour cette nation se dressera et fera honneur à la vraie signification de son credo: « Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux. » Je rêve qu’un jour sur les collines rouges de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je rêve qu’un jour, même l’état du Mississippi, un état qui étouffe dans la fournaise de l’injustice, qui étouffe dans la fournaise de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, au fin fond de l’Alabama, avec ses racistes pleins de haine –avec son gouverneur des lèvres de qui dégoulinent les mots de l’interposition et de la nullification–un jour, même là, en Alabama, les petits garçons noirs et les petites filles noires pourront aller la main dans la main avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et soeurs.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, chaque vallée sera rehaussée et chaque colline et chaque montagne sera aplanie, les aspérités seront nivelées et les endroits tortueux seront rendus rectilignes, et « la gloire de Dieu sera révélée et tout ce qui est chair le verra ensemble. »

C’est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud. Avec cette foi nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir, la stèle de l’espoir. Avec cette foi, nous pourrons transformer la cacophonie des discordes de notre nation en une belle symphonie de la fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, défendre la cause de la liberté ensemble, sachant qu’un jour nous serons libres. Et ce sera le jour, ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter avec une signification nouvelle: »Ma patrie c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où mes aïeux sont morts, terre fierté du Pèlerin; que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté. » Et si le destin de l’Amérique est d’être une grande nation, tout cela doit devenir vrai.

Que la liberté retentisse donc des collines prodigieuses du New Hampshire jusqu’aux imposantes montagnes du New York. Que la liberté retentisse du sommet des majestueuses Alleghenies de Pennsylvanie. Que la liberté retentisse des pics couronnés de neige des Rocheuses du Colorado. Que la liberté retentisse des versants mamelonnés de la Californie. Mais non seulement cela. Que la liberté retentisse du haut de Stone Mountain en Georgie. Que la liberté retentisse du haut de Lookout Mountain au Tennessee. Que la liberté retentisse de chaque colline, et des moindres monticules dans le Mississippi. « Que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté! »

Et quand cela se produira, quand nous permettrons à la liberté de retentir, quand elle retentira dans chaque village, et dans chaque hameau, dans chaque état et dans chaque ville, nous serons à mesure de hâter l’arrivée du jour où tous les enfants de Dieu, noirs et blancs, juifs et non juifs, protestants et catholiques, pourrons chanter en se tenant la main ces mots du vieux Negro Spiritual: « Libres enfin, libres enfin; béni soit le Tout-Puissant, nous sommes libres enfin! »

Je suis heureux de pouvoir être ici avec vous aujourd’hui, à une manifestation dont on se rappellera comme étant la plus grande manifestation pour la liberté dans l’histoire de notre pays.
Il y a cent ans, un grand Américain, à l’ombre de qui nous sommes aujourd’hui, a signé la Proclamation d’Emancipation. Ce décret capital est arrivé comme une grande lumière d’espoir pour les millions d’esclaves qui avaient été brûlés par les flammes de l’injustice qui consume. Il est venu comme une aurore joyeuse pour terminer la longue nuit de leur captivité.

Mais, un siècle plus tard, le Noir n’est toujours pas libre; un siècle plus tard la vie du Noir est toujours tristement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination; un siècle plus tard, le Noir vit isolé sur une île d’indigence au milieu d’un vaste océan de prospérité; un siècle plus tard, le Noir languit toujours dans les coins de la société américaine et il se trouve en exilé dans sa propre terre.

Nous sommes donc venus ici aujourd’hui pour dramatiser une condition honteuse. Dans un sens, nous sommes venus à la capitale de notre pays pour toucher ce qui nous est dû. Quand les architectes de notre république ont écrit les mots magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils ont signé un billet à ordre, dont tous les Américains devaient hériter. Ce billet était une promesse qu’à tous les hommes, oui, les hommes noirs aussi bien que les hommes blancs, seraient garantis les droits inaliénables de vie, de liberté, et de poursuite du bonheur.

Il est clair aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses engagements en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique a donné au peuple noir un chèque sans provisions; un chèque qui nous est revenu marqué « fonds insuffisants ». Nous refusons de croire que la banque de la justice soit en faillite. Nous refusons de croire qu’il y ait des fonds insuffisants dans les grandes chambres fortes d’opportunité de cette nation. Par conséquent, nous sommes venus ici pour encaisser notre chèque, le chèque qui nous donnera sur demande les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.

Nous sommes venus à ce lieu sacré pour rappeler au peuple américain l’urgence extrême du présent. Ce n’est pas le moment de nous adonner au luxe de nous détendre ou de nous contenter de la drogue tranquillisante d’une solution graduelle. Il est temps maintenant de rendre réelles toutes les promesses de la démocratie; il est temps maintenant de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour nous avancer vers le sentier brillant de la justice raciale; il est temps maintenant d’aider notre nation à se dégager des sables mouvants de l’injustice raciale pour l’installer sur le roc solide de la fraternité; il est temps maintenant de faire que la justice devienne une réalité pour tous les enfants de Dieu. Ce serait une erreur fatale pour la nation de refuser de voir l’urgence du moment. Cet été étouffant du mécontentement légitime du Noir ne finira pas jusqu’à ce qu’arrive un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

1963 n’est pas une fin, mais un commencement. Et ceux qui espèrent que le Noir avait besoin de passer sa colère et qu’il est maintenant satisfait, auront un rude réveil si la nation revient à sa routine. Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce que le Noir obtienne ses droits de citoyenneté. Les tourbillons de la révolte continueront à ébranler les fondements de notre nation jusqu’à ce que le jour clair de la justice se lève à l’horizon.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui a le pied sur le seuil attrayant qui mène au palais de la justice. Tout en cherchant à obtenir la place qui nous est dû, nous ne devons pas être coupables d’actions mauvaises. Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant dans la tasse de l’amertume et de la haine. Nous devons pour toujours conduire notre lutte sur un plan élevé de dignité et de discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où l’on réfute la force physique avec la force de l’âme.

L’esprit militant, nouveau et merveilleux, qui a pénétré la communauté Noire, ne doit pas nous amener à manquer de confiance en tous les Blancs, parce que beaucoup de nos frères blancs, comme le prouve leur présence ici aujourd’hui, se rendent maintenant compte que leur destinée est liée à notre destinée, et ils sont arrivés à la réalisation que leur liberté est inextricablement liée à notre liberté. Nous ne pouvons pas cheminer seuls. Et en cours de chemin, nous devons promettre que nous marcherons toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas retourner en arrière.

Il y a ceux qui demandent aux partisans des Droits Civiques, »Quand serez-vous satisfaits? » Nous ne serons jamais satisfaits tant que le Noir sera victime des horreurs indicibles de la brutalité de la police; nous ne serons jamais satisfaits tant que nos corps, lourds de la fatigue du voyage, nous ne pourrons pas obtenir un logement dans les motels de la grand’route et dans les hôtels des villes; nous ne serons pas satisfaits tant que la mobilité essentielle du Noir consistera à aller d’un ghetto plus petit à un autre plus grand; nous ne serons jamais satisfaits tant qu’on dépouillera nos enfants de leur amour-propre et tant qu’on les privera de leur dignité avec des pancartes qui déclarent: « Pour les Blancs Seulement. » Nous ne serons pas satisfaits tant que le Noir du Mississipi ne pourra pas voter, et le Noir de New York croira qu’il n’a rien en faveur de quoi il peut voter. Non! Non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons pas satisfaits jusqu’à ce que « la justice dévale comme un torrent et le droit comme un fleuve puissant. »

Je n’ignore pas que certains d’entre vous sont venus ici après de grandes épreuves et tribulations. Quelques-uns parmi vous sont récemment sortis de prisons étroites. Quelques-uns parmi vous sont venus de régions où, dans votre quête pour la liberté, vous avez été meurtris par les orages de la persécution et rendus chancelants par les vents de la brutalité de la police. Vous êtes les vétérans de la souffrance inventive. Continuez à travailler dans la foi que la souffrance non méritée est rédemptrice. Retournez dans le Mississipi; retournez dans l’Alabama; retournez en Caroline du Sud; retournez en Georgie; retournez en Louisiane; retournez aux bas quartiers et aux ghettos des villes du nord sachant que, d’une manière ou d’une autre, cette situation doit être et sera changée! Ne nous vautrons pas dans la vallée du désespoir!

Donc, mes amis aujourd’hui je vous dis que quoique nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai tout de même un rêve. C’est un rêve qui est profondément enraciné dans le rêve américain. Je rêve qu’un jour cette nation se dressera et fera honneur à la vraie signification de son credo: « Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux. » Je rêve qu’un jour sur les collines rouges de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je rêve qu’un jour, même l’état du Mississippi, un état qui étouffe dans la fournaise de l’injustice, qui étouffe dans la fournaise de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, au fin fond de l’Alabama, avec ses racistes pleins de haine –avec son gouverneur des lèvres de qui dégoulinent les mots de l’interposition et de la nullification–un jour, même là, en Alabama, les petits garçons noirs et les petites filles noires pourront aller la main dans la main avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et soeurs.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, chaque vallée sera rehaussée et chaque colline et chaque montagne sera aplanie, les aspérités seront nivelées et les endroits tortueux seront rendus rectilignes, et « la gloire de Dieu sera révélée et tout ce qui est chair le verra ensemble. »

C’est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud. Avec cette foi nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir, la stèle de l’espoir. Avec cette foi, nous pourrons transformer la cacophonie des discordes de notre nation en une belle symphonie de la fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, défendre la cause de la liberté ensemble, sachant qu’un jour nous serons libres. Et ce sera le jour, ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter avec une signification nouvelle: »Ma patrie c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où mes aïeux sont morts, terre fierté du Pèlerin; que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté. » Et si le destin de l’Amérique est d’être une grande nation, tout cela doit devenir vrai.

Que la liberté retentisse donc des collines prodigieuses du New Hampshire jusqu’aux imposantes montagnes du New York. Que la liberté retentisse du sommet des majestueuses Alleghenies de Pennsylvanie. Que la liberté retentisse des pics couronnés de neige des Rocheuses du Colorado. Que la liberté retentisse des versants mamelonnés de la Californie. Mais non seulement cela. Que la liberté retentisse du haut de Stone Mountain en Georgie. Que la liberté retentisse du haut de Lookout  Mountain au Tennessee. Que la liberté retentisse de chaque colline, et des moindres monticules dans le Mississipi. « Que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté! »

Et quand cela se produira, quand nous permettrons à la liberté de retentir, quand elle retentira dans chaque village, et dans chaque hameau, dans chaque état et dans chaque ville, nous serons à mesure de hâter l’arrivée du jour où tous les enfants de Dieu, noirs et blancs, juifs et non juifs, protestants et catholiques, pourrons chanter en se tenant la main ces mots du vieux Negro Spiritual: « Libres enfin, libres enfin; béni soit le Tout-Puissant, nous sommes libres enfin!

Merci à toi Laura de cette transmission …

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La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil? 30 août, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 3 commentaires

La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil?

 

«le bouddhisme… ne contient ni n’autorise aucune promesse. Il propose simplement la nécessité fondamentale de travailler avec soi-même. Essentiellement, très simplement, de façon très ordinaire. C’est très sensé. On ne se plaint pas en fin de parcours. C’est très précis comme voyage.»

Par Anne-Françoise Rey

 

A la fin du colloque précédent, il me semble qu’une interrogation persistait : si la franc-maçonnerie est une voie spirituelle complète, quels compléments de nombreux maçons peuvent-ils bien aller chercher dans d’autres traditions spirituelles et notamment dans le bouddhisme ?

C’est à cela que j’ai souhaité réfléchir à partir de ce que j’ai expérimenté au sein du R.E.A.A.

Franc-maçon depuis 30 ans, sympathisante bouddhiste depuis une vingtaine d’année, bouddhiste active depuis l’an dernier… Au fil du temps et des lectures, de multiples convergences me sont apparues. Je me sens en terrain connu dans ce que je comprends et découvre en pratique du Dharma alors que la voie concrète que j’ai suivie avec persistance et permanence pendant la moitié de ma vie est celle de la franc-maçonnerie.

En restant dans les limites de ce qui est accessible à tous dans les ouvrages maçonniques (pas de bigoterie maçonnique !), dans un premier temps, je présenterai quelques convergences. Puis je montrerai que la franc-maçonnerie est un chemin méthodologique ouvert sur une certaine qualité de lumière. Enfin, j’indiquerai comment, pour moi, la franc-maçonnerie a eu pour la fonction d’une propédeutique qui s’est, à un endroit précis, branchée sur le Dharma, voie d’éveil.

Une affirmation de Chôgyam Troungpa m’a fourni un point de départ.

Il écrit, dans Mandala, que « le bouddhisme… ne contient ni n’autorise aucune promesse. Il propose simplement la nécessité fondamentale de travailler avec soi-même. Essentiellement, très simplement, de façon très ordinaire. C’est très sensé. On ne se plaint pas en fin de parcours. C’est très précis comme voyage. »

Cela s’applique aussi bien à la franc-maçonnerie qu’au bouddhisme.

La franc-maçonnerie, comme le bouddhisme, ne fait aucune promesse. Les voyages dont il est question, et il est constamment question de voyages en maçonnerie, sont des voyages sur place. Ce qui est offert, c’est un cadre concret de travail sur soi avec pour horizon un symbole, le delta radieux. Ce symbole est suffisamment fort pour entraîner l’adhésion et pour déclencher un élan vers quelque chose d’indéfinissable… quelque chose qui dépasse la condition humaine et qui peut-être la contient en germe.

Les franc-maçons sont, par définition, Fils de la Lumière. Les membres du Sangha, comme tous les humains, ont en eux la nature de Bouddha, terrain d’éveil.

Lumière, éveil… Ces mots, loin d’évoquer un objectif de clarté ultime extérieur à l’humain, terme d’une sorte de quête du Graal par définition impossible à atteindre, ces mots désignent une réalité d’illumination interne, une réalité qu’il convient de dévoiler au moyen d’un travail sur soi.

Tous les francs-maçons gardent claire l’image de la porte du temple qui, lors de l’initiation maçonnique, s’ouvre sur le delta radieux. Cette porte s’ouvre au candidat qui « est dans les ténèbres et cherche la lumière »… Ce symbole concret de la connaissance peut être aussi perçu comme un indice d’éveil désignant la découverte de la réalité ultime, cachée sous l’apparence trompeuse des phénomènes. Lumière, éveil… cela semble très proche.

Certaines convergences m’ont permis de relier, dans mon cheminent, sentier maçonnique et voie du Bouddha. Tout d’abord, et c’est ce que je considère comme fondamental, l’exposé des Quatre Nobles Vérités me paraît une grille applicable à la démarche maçonnique.

Le premier point, c’est la constatation de la souffrance.

Ce qui apparaît d’emblée dans les motivations de la grande majorité des profanes qui frappent à la porte du temple, c’est l’expérience de la nature douloureuse de l’existence. En 30 ans, je n’ai pas rencontré de gens vraiment, totalement heureux, qui fassent cette démarche. Il y a au minimum, dans toute demande, une insatisfaction, un appel à la force quasi mythique de la franc-maçonnerie pour fournir un point d’appui où placer son levier pour être plus efficace. Je ne parle pas, bien sûr, des curieux plus ou moins inconscients qui passent là comme des touristes, ni des arrivistes qui n’auront jamais de maçons que le nom.

On a pu dire que la franc-maçonnerie était un gigantesque hôpital psychiatrique. Cet excès de langage ironique recouvre une réalité dont le sens, loin d’être péjoratif, est au contraire très signifiant. Les personnes qui se préoccupent d’initiation sont souvent celles qui s’approprient avec une intensité inquiétante les questions perturbatrices fondamentales : Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que cette condition humaine ? Quelle est sa destinée ? Pourquoi tant de mal ? Pourquoi la mort ? Que peut-on faire ? N’est-il pas plus efficace de joindre ses efforts à ceux d’autres personnes qui ont les mêmes préoccupations ? etc.

Il me semble que le gens pleinement heureux ne se posent pas de telles questions. Surtout lorsque la soif de trouver une réponse est ardente et tenace. L’urgence vitale que ce questionnement est susceptible de prendre peut paraître pathologique.

Le deuxième point, c’est la situation concrète de rupture avec tout attachement.

Le profane passe par le cabinet de réflexion où il rédige son testament philosophique. Il est dépouillé de son argent et de ses bijoux, ses yeux sont bandés et il se confie entièrement à un inconnu qui le guide. Il va prêter un serment dont il ignore le contenu avant de s’engager. Il sait simplement que d’autres personnes qu’il connaît et apprécie, ont prêté ce serment.

Détaché de tout ce qui est essentiel dans sa vie, c’est symboliquement un homme mort, qui entre dans un espace et un temps désignés comme sacrés. L’évocation de la loi du silence renforce encore cela : il n’aura pas le droit de parler de ce qui se passe en loge, pas le droit de désigner à l’extérieur ses frères et ses soeurs comme franc-maçons, etc.

Cet engagement va lui être considérablement exigeant et, peu à peu, va même changer profondément sa vie, mais il n’aura pas la compensation narcissique de s’en prévaloir dans son entourage. S’il prend au sérieux, par exemple, les titres quelque peu folkloriques et ronflants qu’il recevra, il ne pourra jamais en faire état dans le monde profane…

Le troisième point, c’est l’existence du cheminement initiatique.

La loge n’est pas un refuge et encore moins une tanière où l’on peut venir lécher ses plaies. C’est un lieu fraternel mais impitoyable, un lieu de possible transformation, à condition de se joindre au chantier commun. C’est un lieu actif d’où émerge la prise de conscience progressive de la possibilité de dépasser ce qui est expérimenté comme douloureux.

Le quatrième point, c’est la méthodologie elle-même.

Les moyens de cette méthodologie sont les outils concrets, conceptuels et mythiques, l’importance de l’ici et maintenant et le cadre fraternel.

Je disais au tout début que la franc-maçonnerie est une voie efficace pour la recherche d’une certaine lumière. Cette recherche de lumière est recherche de connaissance, entendue en loge bleue comme développement des possibilités cognitives et acquisition des compétences au métier symbolique de maçon. Cette lumière ne se confond pas, à ce stade, avec l’éveil, tout en ne lui étant pas vraiment étrangère.

Lorsque le bandeau tombe, lorsque la lumière est donnée au néophyte, il est à l’entrée du temple, entre les colonnes et il est convié à contempler le delta radieux qui brille à l’Orient. La voie à parcourir s’étend devant lui. Elle se perd dans ce point de lumière. Dans certaines loges, cette voie est même parfois matérialisée par deux traits lumineux.

Ce Delta est l’emblème de la connaissance humaine d’abord, celle qui résulte du travail. C’est là, le programme réaliste de base. On peut en rester là. On peut ne jamais se préoccuper de spiritualité et être néanmoins un bon maçon. J’ai souvent vérifié que la franc-maçonnerie est le lieu où peut se vivre le souhait de Voltaire : « Que chacun, dans sa voie, cherche en paix la Lumière ! »

Mais il est possible aussi d’approfondir et de voir ce symbole comme une véritable icône qui clame à qui peut l’entendre que l’objectif ultime est spirituel sans que cette spiritualité se confonde forcément avec celle des religions. On peut faire l’hypothèse que ce delta, entre soleil et lune, comme Tchenrézi sur les tangkas, soit le lieu de transformation où peut se faire, selon l’expression de Lama Denys, le passage de la condition de sapiens-sapiens qui nous place au sommet actuel de l’évolution de notre espèce, à la condition de sapiens-sapiens-sapiens qui résulterait d’un changement qualitatif. Là pourrait se produire l’éveil, au sens du Dharma. L’homo sapiens-sapiens-sapiens, Lama

Denys le voit comme celui qui a réalisé le coeur-esprit éveillé, celui qui a l’intelligence de la connaissance.

Dans ce delta radieux, la connaissance cognitive peut se transmuter et devenir spirituelle. Pas de dogme relatif à cette transmutation. Chacun continue à suivre la voie qui est la sienne. Ce changement qualitatif me paraît ouvert à celui qui croit au ciel, à celui qui n’y croit pas comme à celui que le ciel ne concerne pas. Néanmoins, la franc-maçonnerie ne fait aucune suggestion. Elle n’offre pas d’outil méthodologique spécifique pour réaliser cette transmutation. Elle n’interdit pas non plus d’en importer. La solitude règne sur cette partie du chemin initiatique !

Revenons au delta radieux. Recevoir la lumière, c’est y être confronté. Le néophyte retrouve à ce moment l’usage de la vue. La chute du bandeau noir provoque un éblouissement dans le temple brillamment éclairé… Néanmoins, la désignation solennelle du symbole, le geste d’arrêt, de respect et de contemplation qu’on l’invite à effectuer ne le mettent pas en contact avec la révélation fulgurante qui était, peut-être, le contenu implicite de sa demande ! Du coeur de l’émotion spécifique qui l’envahit, le néophyte est rappelé à la réalité. On lui signifie que son action sera concrète : il reçoit un maillet et un ciseau et on l’invite à faire un premier travail opératif sur une pierre brute. . . La voie qui lui désignée est bien celle de l’homo sapiens-sapiens qu’il est déjà certes mais dont il va devoir davantage actualiser et accroître les potentialités par la méthode maçonnique. Ces potentialités sont celles qui caractérisent tout humain, celles de la vie qui l’anime, cette vie qui est une situation tout à fait exceptionnelle. Dans le Dharma, n’est-il pas question de « la précieuse existence humaine libre et qualifiée » ?

Tout le travail en loge bleue, et même après, consiste à faire tomber les nombreux voiles qui obscurcissent la lumière de la vie. Il s’agit donc d’abord d’un travail mental. Le propos est la pleine participation à la qualité de sapiens-sapiens.

La dernière décennie a vu fleurir les méthodes cognitives de développement et/ou de remédiation. La méthode maçonnique s’y apparente, encore faut-il la percevoir comme telle, dans le corpus des rituels et consignes de fonctionnement. La percevoir et la pratiquer… si possible sans mauvaise foi !

Le chantier auquel le néophyte est intégré est donc avant tout un chantier cognitif. Dans un monde où l’on n’apprend plus véritablement à penser de façon juste, où l’on fait n’importe quoi au gré de ses fantasmes sous prétexte de créativité, la première étape de la méthode maçonnique vers la lumière,c’est de former la pensée, de la rendre juste, à l’équerre.

Les hommes et les femmes qui composent la Loge ont beau être des adultes développés intellectuellement, ils n’en sont pas moins aussi bénéficiaires de conditionnements sociaux déformateurs, ces fameux voiles qu’il s’agit de faire tomber. De même qu’au temps de la construction des cathédrales, la première formation portait sur le maniement des outils matériels, le premier objectif des loges bleues utilisant le symbolisme des outils des bâtisseurs est un entraînement précis à l’utilisation juste des outils mentaux.

La loge procure un environnement suffisamment chaleureux pour utiliser l’outil qu’est la déstabilisation. On sait que, sur le plan des apprentissages cognitifs, la déstabilisation est un moyen de progrès par la surprise provoquée et les possibilités de ré-équilibration majorantes qui en découlent. Cela peut advenir à tout moment du rituel ou des planches et déboucher sur des échanges très riches. Les sujets abordés sont divers. En relation avec les symboles maçonniques ou les questions sociales du moment, les thèmes des planches relèvent avant tout des préoccupations de leurs auteurs dont elles sont évidemment la projection. Même lorsque le sujet est imposé, l’équation personnelle du plancheur est toujours largement présente. L’écoute est totale. La loge est sans doute l’un des lieux où l’on n’interrompt pas celui qui parle même si l’on en a bien envie. Que la planche soit ennuyeuse, absconse, ronronnante ou franchement extraordinaire et passionnante, c’est le même accueil silencieux, la même écoute. La situation est celle d’une présence telle qu’elle. Lorsque le sujet n’est pas intéressant, le plancheur l’est toujours. Quant au débat qui suit, si l’on ignore le thème, si l’on n’a rien préparé, c’est trop tard, il n’y a plus possibilité de faire appel à des documents ou à des banques de données. Il ne reste plus qu’à écouter puis à réfléchir le plus logiquement possible si l’on veut apporter sa pierre.

On constate alors souvent que, malgré l’image positive qu’on peut avoir de soi et de son propre savoir, on ne peut avancer. On est littéralement au pied du mur : il s’agit de s’évaluer soi-même à l’équerre, au niveau et au fil à plomb. Et de mieux faire la prochaine fois ! C’est un des intérêts de la loge en tant que groupe durable.

La situation est celle de l’ici-et-maintenant, autrement dit, il s’agit d’être dans la présence. L’écoute, théoriquement favorisée par une posture non avachie sur sa chaise et par la disposition spécifique de la loge, n’est en général pas appuyée sur une prise de notes. « On ne grave pas en loge », disent certains puristes. L’objectif, jamais formulé ouvertement, semble le développement de la mémorisation et de l’attention. Les interventions que chacun fait librement doivent être sobres et correctes, entre l’équerre et le compas, l’équerre désignant l’adéquation de l’intervention au sujet traité et le compas, la latitude d’élargissement liée aux compétences et à l’imaginaire de chacun.

Elles bénéficieront aussi de l’usage du levier, la référence à cet outil soulignant le souci de donner de la rigueur et de la puissance à ce qui est dit. Je ne multiplierai pas les exemples d’application cognitive des outils des bâtisseurs. Normalement, ce va-et-vient est omniprésent et structure les échanges, à condition bien sûr que les anciens maçons chargés de l’acculturation des néophytes, aient fait leur travail. Cette acculturation est d’ailleurs prévue et presque codifiée.

La force de la transmission orale dans l’apprentissage est complétée par la présentation en fin d’exposé d’une synthèse entre le thème de la planche et les interventions. C’est là un travail assez redoutable mais extrêmement formateur pour qui en est chargé. Le résumé de tout cela sera présenté au début des travaux suivants, ce qui a pour effet de renforcer la mémorisation, si l’on est pas passif.

La force et l’unité pédagogique de ce fonctionnement placent le sapiens-sapiens privé de ses béquilles d’enregistrement et de prises de notes en situation d’exercer et d’affûter ses capacités mentales avec le rappel actif des outils omniprésents. A condition, bien sûr, qu’il renonce à se conduire en consommateur passif de spectacles et devienne partie prenante de son évolution, c’est-à-dire qu’il soit dans l’ici-et-maintenant, dans la présence.

On a parfois l’impression, en lisant les titres des travaux en loge, que les francs-maçons sont étranges. Certains sujets de planches peuvent paraître déconnectés, hors du temps, et même surréalistes. J’y vois un indice de sérieux du travail spécifique sur les invariants du fonctionnement de la pensée et des grands thèmes. Cela peut faire penser à ce que Jean-Claude Guillebaud appelle une « micro-société de clercs retranchés, loin du vacarme, soucieux de rigueur, capables de prendre en charge la complexité ». Or, prendre en charge la complexité, c’est, selon Edgard Morin, ce qui protège de la pensée unique, donc de la tyrannie. Les francs-maçons sont des hommes et des femmes libres. Chacun travaille, sans complexe, au niveau qui lui convient. Ni blâme, ni louange, seulement la reconnaissance pour qui fait l’offrande de son travail.

La situation d’ici et maintenant se complète par l’environnement fraternel. Sur le chantier commun, le propos est d’expérimenter qu’autrui est aussi important que soi. Avant de franchir, un jour, l’étape où cet autrui pourra être considéré comme plus important que soi !

Les loges sont des groupes qui, certes, évoluent et se transforment, mais qui ont une durée. Et cette durée est un élément important. Cette durée entraîne une structure institutionnelle et, qu’on le veuille ou non, l’intervention de l’institutionnel dans un groupe, même s’il s’agit d’un cadre visant à faciliter la transmission initiatique, est génératrice d’émotions et de conflits. Des oppositions, des incompréhensions apparaissent notamment lors des promotions dans les hauts-grades et sont souvent l’occasion de réactions émotionnelles très éprouvantes.

Il apparaît alors, bien que cela soit rarement dit de façon explicite, que la méthode maçonnique utilise les conflits pour provoquer le progrès initiatique. J’ai souvent été tentée de penser que les règles traditionnelles de fonctionnement ne sont qu’en apparence anodines et de bon ton. En réalité, elles fournissent un cadre qui potentialise l’agressivité feutrée des échanges. Car les affrontements existent, mêmes s’ils sont verbaux et cadrés par le rituel. Parfois, il y a même souffrance profonde issue des incompréhensions. Mais le statut de groupe durable permet des solutions qui débouchent sur le progrès des individus. On s’est donné beaucoup de coups de maillet sur les doigts mais, finalement, ce qu’on a créé en commun en valait la peine. Là aussi, ceux qui apparaissent un instant comme les ennemis sont nos meilleurs maîtres.

Ce qui caractérise les affrontements en loge, c’est l’apprentissage au fil des années d’une vérité essentielle : ce sont les idées qui doivent s’affronter, jamais les individus. Comprendre cela, le vivre effectivement, est un indice de progrès considérable sur une voie spirituelle humaniste. En réalité, on travaille avec et sur les émotions avec et sur l’agressivité comme énergie du développement cognitif. Agir ainsi revient bien à dégonfler les boursouflures de l’ego qui accordent une importance exagérée à ce qui n’est qu’accessoire. Parfois, du fond de sa colère spontanée et silencieuse, réussir à déceler et à prendre en compte la demande et l’éventuelle souffrance de son frère ou de sa soeur et faire passer cela avant son désir propre, est signe d’avancement sur la voie initiatique. S’ouvrir à l’autre, le considérer comme plus important que soi, c’est souvent travailler correctement ses émotions. Et c’est essentiel dans le cheminement vers la lumière.

La mise en garde contre les effets nocifs de la parole existe dans le Dharma et en franc-maçonnerie. Sur les dix actes négatifs que tout bouddhiste doit s’efforcer de ne pas commettre, quatre sont relatifs à la parole : ce sont les mensonges, les paroles de mésentente, les paroles blessantes et les commérages. Ne pas nuire à autrui par la parole. S’abstenir d’abaisser sa tension ou son angoisse personnelle en colportant des rumeurs et en disant du mal d’autrui sous prétexte d’informer. et je ne m’étendrai pas sur le serment de silence que le maçon prête, main dégantée, c’est-à-dire solennellement, en fin de tenue.

Le maçon qui a passé de nombreuses années en Loge avance vers le delta radieux. Cette progression est balisée par des grades successifs. Peu à peu, il se rapproche de ce symbole qu’il avait aperçu bien loin, à la chute du bandeau, au soir de son initiation.

Lui qui cherche la lumière, depuis le début, il a commencé par expérimenter cette lumière sous forme intellectuelle, fraternelle, morale et éventuellement sociale. Sa spiritualité peut être exclusivement humaniste. Ses efforts, son opiniâtreté, font qu’il est dans la lumière, en latin lumen, et qu’il accroîtra celle-ci jusqu’à la fin de sa vie.

Si je me tourne vers le latin, c’est que cette langue offre deux mots pour signifier la lumière : lumen et lux. Lumen concerne la lumière physique, perceptible, celle du soleil, et, par extension, celle de la connaissance. Lux renvoie à la lumière incréée, à la lumière qui échappe à toute conception, à toute désignation. C’est le « fiat lux » de la tradition judéo-chrétienne et peut-être la « claire lumière » de la tradition bouddhiste. La voie initiatique de la maçonnerie se déroule dans l’espace de lumen. Elle peut s’ouvrir sur lux. Le delta radieux en est bien l’indication essentielle : lorsque la lumière est donnée, on ne sait ce qu’il est. On est fasciné par sa lumière et c’est tout.

Il arrive un moment où on peut le voir comme une sorte de compas. Comme le dit Jean-Pierre Pilorge, les branches du compas s’écartent, le centre reste jusqu’à ce que les lignes aient tellement rempli leur fonction de rayons générateurs du cercle que ce cercle du sacré puisse être tracé puis jusqu’à ce que la notion même de cercle disparaisse dans ce qui est peut-être transformation de lumen en lux.

Cette notion de centration est fondamentale dans tout le symbolisme maçonnique :

*. centration d’abord sur soi par le connais-toi-toi-même, découvert dans le cabinet de réflexion ;

* centration autour de la préoccupation de tailler sa propre pierre brute au coeur du groupe du chantier d’apprentis ;

* centration dans l’espace même de la loge autour du symbole de l’axe du monde ;

* enfin cercle, cette marque fondamentale des hauts grades, depuis le système du 4e jusqu’à la place où, au terme de la voie, il signe le centre ultime de la structure de l’ordre.

On peut considérer toutes ces centrations successives comme des échafaudages qui permettent la construction et devront ensuite disparaître pour faire place à l’oeuvre. Ce sont les éléments d’une propédeutique qui implante des repères solides à partir desquels il sera possible de se décentrer pour ce changement qualitatif qui débouche peut-être sur l’éveil.

Eblouissant à l’arrivée, le delta radieux prend de plus en plus d’importance au fil des années. Et cela d’autant plus qu’on continue à travailler en loge bleue en même temps qu’on suit le chemin dit des hauts grades. Degré après degré, on s’achemine vers toujours plus de lumière, une lumière au-delà du blanc ; la lumière irréelle de l’aube, la lumière d’or du petit matin et, qui sait, la lumière qu’on peut rêver être celle de l’illumination ?

Alors, ce delta radieux devient une fenêtre. La voie maçonnique avec ses outils, ses concepts et ses traditions, a construit cette fenêtre qui ouvre sur la lumière sans forme. Et c’est lorsque cette fenêtre est solidement posée, construite, qu’elle devient icône. L’initié peut la franchir et, par là même, la dissoudre. Le coeur de la bienheureuse prajnaparamita indique qu’il n’est pas de voie, pas de connaissance primordiale… Alors, il n’est pas de fenêtre !

Sur le chemin maçonnique, il arrive un moment où le maçon a terminé sa propédeutique. Il a assuré son organisation mentale, il sait raisonner juste, il a affiné son fonctionnement émotionnel et appris à transformer les conflits en énergie pour un progrès initiatique. A ce moment, il peut souhaiter franchir la fenêtre qu’est le delta radieux. Il peut souhaiter trouver une voie d’éveil !

La propédeutique maçonnique m’a ainsi permls une grande partie du chemin. Ceux qui connaissent la représentation du Rite Ecossais Ancien et Accepté qu’on découvre au 32e, savent que trois oiseaux y marquent un envol (pas de bigoterie maçonnique, je ne dévoile rien : cette représentation se trouve dans le Vuillaume et dans le Bongrand, en vente libre, à tout profane).

Là, je n’ai plus trouvé d’instructions dans le cadre maçonnique… seulement l’obsédante interrogation du symbole … seulement cinq rayons qui convergent vers un cercle vide.

Alors, ce cercle vide ? Le détachement, selon la vision de Maître Eckhart ? Le vide du tao ? La vacuité ? Le cheminement maçonnique peut conduire jusque là. Après ? La voie est libre. Elle dépend de la sensibilité et du cadre de référence de chacun. « Que chacun, dans sa voie, cherche en paix la lumière. »

Lux au-delà de lumen. A ce point, les trois oiseaux, les cinq rayons et le cercle vide m’ont dirigée vers le Dharma. Ce n’est pas une autre voie, ce n’est pas une conversion, c’est la constance de la fidélité. C’est mon expérience. Cela n’exclut aucune autre expérience. La confrontation nous enrichit de nos différences.

La franc-maçonnerie ne m’avait rien promis. Elle m’a beaucoup donné. Elle m’a notamment appris à trouver des ponts entre des univers apparament étrangers et à lancer des arches quand il n’y en avait pas !

Questions-réponses

Un intervenant

La vision cognitive de la franc-maçonnerie qui vise à maîtriser ses pensées me semble opposée et contradictoire avec les traditions spirituelles parmi lesquelles le bouddhisme s’inscrit.

Cela ne laisse pas de place non plus à la tradition symbolique du rite Emulation et aux autres traditions kabbalistes chrétiennes.

Je suis franc-maçon et je m’oppose fortement à cette vision spéculative de la maçonnerie.

Anne-Françoise Rey

Mais tu as le droit, mon frère, c’est ta voie et j’ai la mienne. Pour moi, les outils cognitifs existent et je les ai traduits comme cela. Notre originalité en tant que maçonnes et maçons que nous sommes est que les opinions opposées ne peuvent en rester là, tout le travail sera, peut-être, de nous retrouver, un jour, dans un troisième colloque.

« Votre méconnaissance des autres rites. » Il existe d’autres rites, mais j’ai cherché des ponts entre la franc-maçonnerie et le bouddhisme à partir de mon expérience. Méconnaissance, ignorance, je veux bien, en tant que franc-maçonne et en tant que bouddhiste, je ne me fie pas à ce que l’on me raconte mais j’essaye de tirer partie de ce que j’expérimente, très modestement, peut-être malgré mes affirmations un peu passionnées

Je ne dis pas que ce rite est préférable ou meilleur à un autre. Ce rite consiste à apprendre par cœur, à restituer le rituel par coeur en étant totalement observateur de ce que l’on fait en même temps que l’on est acteur. Il consiste à respecter le geste juste, la parole juste et à invoquer le Grand architecte de l’Univers en permanence.

Et en ce sens, et c’est pour cela que je voulais intervenir, parce que ce rite n’était pas évoqué ici, et nous pourrions en discuter, est très proche d’une voie, sinon bouddhiste du moins orientale, puisqu’elle est fondée sur le karma, c’est à dire l’action juste, le geste juste en action.

La maçonnerie n’est pas qu’une voie spéculative au sens ou tu le disais, ma soeur. Il y a aussi d’autres rites plus opératifs.

Anne-Françoise Rey

Je te répondrai très rapidement que, si nous avions présenté des planches seulement sur le rite Emulation, eh bien, le cadre de référence que j’évoquais aurait été regretté par d’autres intervenants, alors c’est un choix. Je ne peux parler qu’à partir de ce que j’ai expérimenté.

Jean-Pierre Schnetzler

L’intérêt de cette journée est de permettre l’expression de témoignage divers, fondés en plusieurs rites. La spécificité du rite Emulation, resté proche des opératifs, est de contraindre à pratiquer l’art de mémoire et d’habiter le rituel par coeur et par le coeur.

Cette expérience transformatrice peut être étendue à d’autres rites, si les frères et/ou les soeurs de la loge sont bien conscients des motivations de cet effort et de ses résultats.

Un intervenant

La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil ? La réponse n’est-elle pas dans le rituel du troisième degré ? La connaissance sommeille à l’ombre de l’acacia. Ne faut-il pas la réveiller ? La question est alors : comment ?

Anne-Françoise Rey

Je me posais la même question et c’est pour ça que je considère la franc-maçonnerie comme une propédeutique très avancée pour ce que j’en ai expérimenté. Je n’y ai pas trouvé de méthodologie spécifique avoisinant ce que je crois avoir compris et que le Dharma désigne par éveil.

Lama Denys

Je trouve dommage que l’on mette la parole dans la salle en question fichée. C’est-à-dire empêcher une parole incarnée chez un sujet singulier avec sa tonalité et sa vibration particulière.

Jean-Pierre Schnetzler

Eh bien ! Notre frère vient de nous donner la preuve que cela n’est pas le cas. Nous avons eu droit à son exposé que, personnellement, en tant que membre du rite Emulation, j’ai pu apprécier.

Un intervenant

Ne trouvez-vous pas que l’on parle plus facilement du dogmatisme religieux que du dogmatisme maçonnique ?

Jean-Pierre Schnetzler

Ca, c’est une bonne question, parce qu’il y a un dogmatisme de l’antidogmatisme qui fleurit parfois en franc-maçonnerie. C’est d’ailleurs ce que nous disions au repas, ce midi.

Un intervenant

L’avancée sur la voie initiatique degré par degré permet l’éveil et l’élargissement de la conscience. De ce fait, elle engendre la souffrance, car elle nous met de plus en plus en position d’observateur de nos imperfections et de nos insuffisances. N’est-ce pas contraire à la recherche de la paix intérieure ?

Jean-Pierre Schnetzler

Oui, c’est parfaitement vrai à court terme. La méditation en est un exemple flagrant, surtout quand on pratique celle de la vision pénétrante -vipashyana- qui est justement l’observation seconde après seconde de ce qui est, donc de notre propre stupidité spontanée. Il est vrai que c’est un spectacle affligeant. Si on recherche la paix intérieure tout de suite, on a l’impression de lui tourner le dos. Pourtant, c’est la seule façon d’arriver à nettoyer les écuries d’Augias intérieures afin d’avoir une maison à peu près propre et agréable à habiter. Mais ce n’est pas tout à fait vrai si l’on pratique la concentration, une autre forme de méditation qui fournit immédiatement, de façon temporaire, un état de stabilité, de calme et de paix.

La concentration, c’est la carotte qui fait avancer l’âne porteur des reliques dont nous parlions tout à l’heure. La concentration est agréable. Elle encourage à la pratique méditative, qui est une voie ardue et souvent douloureuse, mais toute voie initiatique est douloureuse. Si vous voulez changer, il faut en payer le prix.

Lama Denys

Je peux ajouter un petit mot. Il y a effectivement la recherche de paix intérieure pour ce qui est de la pratique profonde de la méditation et de la carotte qui fait avancer l’âne qui porte je ne sais quoi. Mais la tentative de produire une paix intérieure ou un calme mental est un gros écueil dans la pratique méditative. Il y a bien, comme le suggérait cette question, une démarche d’ouverture, de désengagement, de désinvestissement dans lequel on est confronté à ce qui est en soi, pensées, émotions, toutes sortes d’événements qui sont susceptibles d’émerger.

Dans la pratique, samatha-vipashyana, consiste en la capacité à vivre cette émergence dans une position d’observateur non engagé, neutre. La politique qui consiste à vouloir faire la paix intérieure est, au mieux, une étape préparatoire, mais trop souvent une voie de garage. C’est comme mettre une chape pour éviter d’être confronté à ce qui est là, alors qu’il est nécessaire que les imprégnations, l’attente dans la psyché, dans la conscience profonde puissent se libérer dans une expression dégagée, en une opération de purification, de catharsis et donc de confrontation à son karma, à son ombre, à ses imprégnations, à tout cela, à sa névrose.

C’est un passage dont on ne peut faire l’économie et il y a quelque chose d’ardent et de pénible dans cette expérience. Je pense aussi qu’il faut souligner le danger qu’il peut y avoir à pratiquer la méditation dans une certaine attitude. Je crois que tout ce qui peut guérir peut aggraver la maladie, la maladie de l’ego, l’égalgie aiguë peut s’aggraver avec des exercices de concentration et de méditation. Ce n’est pas si simple.

La première difficulté, en dehors du fait de rester immobile dans une posture parfois douloureuse pour nous Occidentaux, c’est le lâcher-prise, c’est-à-dire de pratiquer la méditation pour rien, sans intention de profit, sans rien vouloir saisir, rien vouloir fuir, ce qui nous est extrêmement difficile.

Parce que le maître mot de la modernité consommante, le moteur de l’économie triomphante dénoncée par Albert Jacquart, c’est, bien sûr, toujours le mot motivation. On s’intéresse à la méditation parce qu’on se dit : comme cela, je vais avoir une meilleure santé, je vais devenir quelqu’un exceptionnel, devenir un grand maître du bouddhisme zen, du Vajrayana. Il y a là une attitude dont il faut très rapidement se débarrasser. Je crois que cette attitude de non-profit est vraie et juste pour toutes les voies. C’est vrai aussi bien sûr pour les voies maçonniques et c’est vrai très largement pour la pratique de la méditation assise sous toutes ses formes avec ses différentes méthodes avec ses différents moyens. Ramana Maharshi, ce sage décédé en 1950 et qui habitait le sud de l’Inde, avait cette formule terrible : « Il médite, il pense qu’il médite, il est satisfait du fait qu’il médite, mais à quoi cela le mène-t-il si ce n’est qu’à l’épaississement de son ego ? » Donc, danger également à propos de la méditation.

Un intervenant

Le risque de tout rite n’est-il pas de scléroser ? Je prends pour témoin le rappel conditionnant de préceptes, si beaux soient-ils, que certains vont même jusqu’à les rappeler pendant le troisième voyage.

Anne-Françoise Rey

Le risque de tout rite n’est-il pas de scléroser ? Je dirais oui, si pratiquer un rite devient mécanique, si on fait n’importe quoi. Alors, à ce moment-là on se sclérose. Mais à partir du moment où il y a enrichissement du contenu symbolique, où il a référence symbolique, ce n’est pas possible, cela reste vivant.

Un intervenant

La place de la femme en maçonnerie est récente. Au cours de mes quelques lectures sur le bouddhisme, je n’ai guère vu la place de celle-ci. Qu’en est-il ? Comment se situe-t-elle ? Votre intervention me montre qu’elle a sa place.

Anne-Françoise Rey

Maria Deraime a été initiée, il y a un peu plus d’un siècle. Nous la considérons comme la première

femme initiée mais, paraît-il, il y en aurait eu avant. Moi, je le crois, parce que la première loge mixte était Adam et Eve au paradis (rires)… Je ne sais pas qui fut vraiment la première femme initiée mais la femme à sa place en maçonnerie.

Il existe des ordres mixtes, une maçonnerie féminine en pleine expansion. Beaucoup de femmes deviennent franc-maçonnes. Elles sont peut-être très discrètes, trop discrètes, mais enfin, cela, c’est la caractéristique ou peut-être le défaut de la femme !

Notre soeur Jeanine Auger abordera ce sujet demain.

Un intervenant

Quelle place pour le rire et la convivialité dans le chemin maçonnique ?

Anne-Françoise Rey

Alors là, je dirais que, pendant la première décennie où j’y étais, je ne les ai pas trouvés. Ca me paraissait, quelquefois, ennuyeux. Et puis, depuis quelques années, je crois que l’on aime bien rire. Il y a des planches qui touchent quelquefois le comique. Je connais aussi des rituels qui sont, disons, des déformations, des parodies. Il y a aussi tout l’éventail très large des lapsus faits en loge et il y en a. Je peux vous dire qu’une fois, dans la chaîne d’union, au lieu de dire « bien au dessus des soucis de la vie matérielle », j’ai déclaré avec un énorme sérieux « bien au dessus de la vie maternelle ». Je vous assure que, ce jour-là, la loge était pliée en quatre. Il y a beaucoup d’autres occasions de rire. Et il y a aussi les agapes, sans qu’elles soient forcément orgiaques… Il y a aussi les sorties, les balades quand on s’entasse à plusieurs dans une voiture pour aller à l’autre bout de la France pour un colloque, je vous assure que l’on rit bien.

Alors, je crois que le rire et la convivialité ont leur place en maçonnerie, et puis, on ne se prend pas au sérieux en général. . .

On m’informe que la première Grande Maîtresse était la Duchesse de Norfolk. Elle était écossaise et c’était en 1646.

Pour terminer, on me passe un billet où il est écrit en réponse aux guerres de clocher : « On ne voit bien qu’avec le cœur. » Cela me rappelle la phrase d’un soufi, El Halai, qui dit : « J’ai interrogé mon seigneur avec le regard du cœur. Je lui ai demandé : qui es-tu ? Il m’a répondu : toi. »

Alain Lorand

On ne voit bien donc qu’avec le cœur, comme disait Saint-Exupéry, on retombe sur les concordances.

On n’a pas pu répondre à toutes les questions, mais aux principales. Lama Denys va donc aborder

maintenant ce qu’est l’éveil. Lourde question…

Octobre 1997

Anne-Françoise Rey

Extrait de : http://www.buddhaline.net

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