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GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE 17 septembre, 2019

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GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE

gaudi face

Publié le 26 février 2008

Que Gaudí ait été catholique pratiquant et dévot, cela ne fait aucun doute, et que certains des symboles utilisés par l’architecte soient, bien évidemment, chrétiens, non plus. Cependant, il existe d’autres symboles présents dans son oeuvre (le X, les pendentifs, les compas, les éléments de l’alchimie, le serpent vertical etc.) qui vont au-delà du domaine de la symbolique catholique et dont l’explication ne peut pas lui être strictement attribuée. Nous pourrions ainsi dire que Gaudí a expérimenté une voie autonome dans le domaine de la spiritualité, se situant, bien entendu, au sein de l’orthodoxie catholique, mais avec une pratique allant au-delà du catholicisme. Et il faut préciser que les constructions de Gaudi sont riches en signes et en symboles, patrimoine de certaines sociétés secrètes. Tous les biographes de Gaudí s’accordent sur le fait que, au cours de sa jeunesse, l’architecte s’est intéressé aux idées sociales avancées de Fourier y Ruskin, outre le fait d’entretenir des rapports avec les mouvements sociaux les plus avancés de l’époque. Son amitié avec des socialistes utopiques et des anarchistes liés à des milieux franc-maçonniques, qui est mise en évidence dans ses premières oeuvres, amène à penser que ce fut peut-être dans ces milieux que Gaudí est entré en contact avec une loge. On sait également qu’il appartenait à de curieuses associations de l’époque organisant des excursions (dont la finalité allait au-delà des simples sorties et goûters champêtres). Certains biographes de Gaudi argumentent qu’il était franc-maçon et que certaines de ses œuvres telles que ‘ »La Sagrada Familia » et le « Parc Güell » renferment de nombreux symboles de la franc-maçonnerie. L’écrivain Josep Maria Carandell analyse dans son livre Le parc Güell, utopie de Gaudí, de nombreux détails ayant une évidente origine franc-maçonnique et rejette l’argument de manque de preuves, car il s’agissait d’une société secrète « probablement liée à la franc-maçonnerie anglaise ». Mais Carandell n’est pas le seul à dresser un portrait de Gaudi sous un jour n’étant pas précisément catholique. Le premier à parler de la franc-maçonnerie de Gaudí fut l’écrivain anarchiste Joan Llarch, dans le livre Gaudí, une biographie magique. Llarch affirme que Gaudí aurait, lors de ses excursions en montagne, ingéré le champignon hallucinogène Amanite Tue-mouche, dont il se servirait bien plus tard de décoration pour l’une des maisonnettes situées à l’entrée du Parc Güell. Apparemment, ce champignon entraîne des états altérés de conscience et le passage vers une réalité. Cet état aurait-il permis à Gaudí d’’halluciner’ les formes caractéristiques de son architecture? Eduardo Cruz, un autre de ses biographes, affirme qu’il a appartenu aux rose-croix, et certains autres vont même jusqu’à insinuer qu’il a eu des tendances panthéistes et athées. Les détracteurs de ces théories affirment qu’un chrétien tel que Gaudí ne pourrait en aucun cas être franc-maçon, car la franc-maçonnerie ne s’intéresse pas à ce que l’on appelle l’autre vie de l’âme, et croit que l’homme n’est ni le corps mort, ni l’âme. D’où la contradiction avec la doctrine catholique qui croit à la transcendance et à la résurrection de la chair.

Il est vrai qu’à la lumière des contradictions signalées, il est possible d’observer deux étapes différentes dans la vie de Gaudí. D’une part, nous avons  un Gaudí qui, dans sa jeunesse a vécu dans une ambiance saturée de membres de sociétés secrètes et initiatiques (compagnie qu’il n’abandonna jamais totalement, comme en témoigne son amitié avec le peintre uruguayen et franc-maçon néopythagoricien notoire Joaquim Torres García). Et d’autre part, nous avons un Gaudí qui, dans sa maturité, au fil des années, accentua peu à peu son catholicisme, en l’intériorisant de plus en plus. L’architecte s’est peu à peu transformé en une personne mystique, en marge de toute obédience, rite ou discipline.

LES SYMBOLES

Comme cela a été mentionné précédemment, l’œuvre de Gaudí contient d’innombrables exemples de symbolique ésotérique liée à la franc-maçonnerie, l’alchimie et l’hermétisme. En voilà quelques-uns des plus remarquables:

FOUR DE FUSION ou ATHANOR

Sur le perron de l’entrée du Parc Güell, nous trouvons une structure en forme de tripode qui, à l’intérieur contient une pierre non ouvragée, à l’état brut. Cet élément représente la structure basique d’un four de fusion alchimiste et est une copie du modèle qui apparaît sur un médaillon du portail principal de la cathédrale de Notre-dame de Paris.

En essence, l’athanor contient une enveloppe extérieure composée de briques réfractaires ou de ciment. Son intérieur est rempli de cendres qui enrobent l’ »œuf philosophique », la sphère en verre à l’intérieur de laquelle se trouve la matière première ou la pierre à l’état brut. Un feu situé dans la partie inférieure se charge de chauffer l’œuf, mais indirectement, car la chaleur est diffusée par les cendres.

Outre le fait d’être une technique spirituelle ou une forme de mystique, l’alchimie se basait également sur le travail sur les minéraux et sur les opérations physiques concrètes et elle se caractérisait par l’équivalence ou le parallélisme entre les opérations du laboratoires et les expériences de l’alchimiste sur son propre corps. Ainsi, l’athanor représentait la reproduction du corps, le souffre correspondait à l’âme, le mercure à l’esprit, le soleil au cœur et le feu au sang.

Il existe deux étymologies du mot athanor: il dériverait d’une part de l’arabe « attannûr », four et d’autre part du mot grec « thanatos », morte, lequel, précédé de la particule « a », exprimerait le sens « non mort », c’est à dire, vie éternelle, etc.

LES TROIS DEGRÉS DE PERFECTION DE LA MATIÈRE

Nous faisons ici référence à la pierre brute se trouvant à l’intérieur de l’athanor. La pierre non ouvragée représente le premier degré de perfection de la matière, le second degré est représenté par la pierre taillée en forme de cube, et en troisième lieu un cube s’achevant en pointe, c’est à dire, avec une pyramide superposée. Dans la symbolique franc-maçonne, ces trois formes représentent également les trois positions pouvant être assumées au sein de la Loge: apprenti, compagnon et maître; en suivant le même schéma des degrés traditionnels des confréries ouvrières médiévales.

Dans la tour Bellesguard, également connue sous le nom de Casa Figueras, Gaudí a fait prendre forme à tout ce symbolisme. La structure du bâtiment, situé au pied de la sierra de Collserola et construit en pierres et en briques, se compose d’un cube couronné d’une pyramide tronquée.

L’ordre des francs-maçons dit que « chaque homme doit tailler sa pierre ». Et cette pierre sera aussi bien la pierre angulaire du temple que la pierre angulaire de la personnalité du franc-maçon. Le travail ultérieur de perfectionnement consistera à superposer une pyramide au-dessus du cube.

LA CROIX ORIENTÉE VERS SIX DIRECTIONS

Cet élément qui se trouve dans la plupart des constructions de Gaudí tel une sorte d’obsession, est une représentation d’un principe enraciné dans ses croyances mais appartenant, tout du moins formellement, au champ de l’Église.

Gaudí a utilisé deux techniques pour réaliser les croix orientées vers six directions:

-Nous trouvons la première au Couvent des Thérésiennes et c’est également un développement évident de la pierre cubique; il s’agit de la projection spatiale de la pierre cubique.

-          Au “Turú de las Menas”, on observe les six directions de l’espace décomposées deux par deux grâce à deux croix, l’une située est-ouest et l’autre nord-sud.

-          Au Turú de las Menas du Parc Güell, se trouvent trois croix qui ne sont autres que deux tau, chacun d’eux ayant été superposé par un cube couronné par sa pyramide correspondante. Ces tau indiquent les directions nord-sud et est-ouest et, entrelacés, ils nous indiquent les quatre points cardinaux. La troisième croix, quant à elle,  est une flèche qui indique une direction ascendante.

Lettre initiale du mot terre, le tau est un symbole d’origine ancienne qui apparaît sur des monuments mégalithiques des îles Baléares sous forme de taules (un piédestal soutenant une surface pierreuse).

Au sein de la franc-maçonnerie, le tau a un symbolisme précis. Il représenterait d’une part à  Mathusael, le fils de Caïn qui aurait créé ce symbole afin de reconnaître ses descendants et qui serait, d’autre part, le signe de reconnaissance que réaliserait l’officiant avec la main droite lors de la cérémonie d’accès au degré de Maître.

LE X

Ce symbole se trouve dans la Crypte de la Colonie Güell, où il est présent jusqu’à trois reprises, et également sur le portail de la Naissance de la Sagrada Familia, sur la croix qui couronne l’Arbre de la Vie, sur laquelle se trouve un grand X. Dans la symbolique franc-maçonnique, le X a une grande importance dans la géométrie sacrée, car ce symbole est réalisé sur la base d’un hexagone régulier et celui-ci forme le périmètre intérieur de deux triangles équilatéraux entrelacés, lesquels dessineraient l’étoile de David, qui serait la notation alchimique des quatre éléments de base. L’hexagone est une forme très récurrente dans l’œuvre de Gaudí, forme dont il est même possible d’extraire un cube volumétrique si nous divisons le hexagones en trois losanges. Il faut signaler que le X était en outre la notation alchimique du Creuset, un instrument nécessaire pour l’œuvre alchimique.

De même, le  X est également traditionnellement lié à l’apôtre André, crucifié sur cette forme.

LE PELICAN

Cet animal, symbole du Christ, nous pouvons le trouver au Musée de la Sagrada Familia et il était destiné au Portail de la Naissance. Le pélican est la représentation de la Mort et de la Résurrection, car il se disait qu’il ressentait un amour si fort pour ses enfants que, lorsqu’ils avaient faim, il s’ouvrait le ventre avec son propre bec pour les alimenter.

Selon une autre version, irrité parce que ses petits ne cessaient lui donner des coups avec leurs ailes, il les tuait, puis, repenti, il se suicidait en s’enfonçant le bec dans le ventre. Selon une dernière version du thème, le suicide et le fait qu’il s’enfonce le bec dans le ventre sont écartés et elle raconte que ses larmes ressuscitent ses petits morts.

Le degré 18 de l’ordre des francs-maçons, appelé « degré Rose-croix », a pour symbole le pélican prêt à s’ouvrir le ventre et entouré de ses enfants; sur sa tête il y a une croix avec une rose rouge hachée ainsi que la légende I.N.R.I.

Le pélican représente l’étincelle divine latente qui se niche au sein de l’homme, son sang est véhicule de vie et de résurrection et sa couleur est le blanc, symbolisant le dépassement de la première phase de l’œuvre alchimique. La troisième phase suppose de passer à travers de l’expérience du rouge, que prend forme lors de l’explosion d’une grande rose rouge au centre de la poitrine.

LA SALAMANDRE, LE SERPENT ET LES FLAMMES

Le cercle situé sur le perron de l’entrée du Parc Güell a fait l’objet d’une interprétation patriotique-nationaliste, mais il n’existe aucune raison pour laquelle Gaudí aurait eu à faire une démonstration publique de quelque chose qui est secondaire dans sa hiérarchie d’aspirations et de convictions. C’est pourquoi, il convient de procéder à une interprétation hermétique de la symbolique de cet élément, unique interprétation intégrant la totalité de l’ensemble: une tête de serpent située au centre d’un grand disque, entourée de flammes et celles-ci d’eau.

Les hermétistes étaient connus comme « des philosophes par le feu » et la base de leur oeuvre consistait à ordonner le chaos; comme à l’aube des temps la ruine et le mal, œuvre du serpent, s’étaient étendus de par le monde, pour ordonner ce chaos il est nécessaire de le brûler. Ainsi, le cercle symbolise le chaos, l’oriflamme est la flamme contenant le souffre et le serpent est l’esprit mercuriel.

LE LÉZARD

C’est l’animal qui descend de l’athanor jusqu’au disque décrit précédemment et qui a été interprété comme une salamandre, un iguane, voire un crocodile, mais sa caractéristique la plus importante est son dos sinueux. Il s’agit d’une image esthétique qui suggère une impression de mouvement très accusée, une représentation du mercure originaire, une réitération des fonctions de l’athanor, c’est à dire, opérer la séparation, décanter les partes fixes du minéral des parties volatiles.

Les perrons du Parc Güell s’offrent à nous comme un paradigme hermétique qui contient les principes de l’œuvre et c’est pour cela même que de très nombreux textes alchimiques insistent sur le fait que toute l’œuvre est réalisée à travers le mercure.

L’ARBRE SEC ET L’ARBRE DE LA VIE

L’amour de Gaudí pour la nature a toujours été présent dans toute son oeuvre. Ses constructions sont remplies d’éléments d’ornementation faisant référence au règne végétal. Le symbolisme alchimique est extrêmement riche d’images liées à l’agriculture et au règne végétal.

L’Arbre Sec représente le symboles des métaux réduits de ses minéraux et fondus; la température du four leur a fait perdre la vie et il faut par conséquent les vivifier. Dans l’Arbre Sec, il existe toujours une étincelle de vie, celle qui rend sa résurrection possible; c’est pourquoi, il est toujours possible de constater qu’il possède quelques feuilles indiquant la possibilité de reverdir à nouveau. L’image de l’Arbre Sec a été placée par Gaudí dans ses œuvres majeures, et représente une nature végétale pétrifiée qui maintient néanmoins, un foyer de vie. Ces images sont nombreuses dans le Parc Güell.

L’Arbre de la Vie, comme son nom l’indique, est l’arbre immortel, le symbole de la vie éternelle. La représentation iconographique la plus réitérative de ce type d’arbre est le cyprès. L’architecte catalan le situe au centre du portail de la Naissance de la Sagrada Familia, entouré de blanches colombes qui, à leur tour, symbolisent les âmes renouvelées qui s’élèvent vers le ciel.

LE DRAGON IGNÉ ET LE LABYRINTHE

L’image du dragon est une constante dans l’œuvre de Gaudí. Il s’agit bien sûr d’une image que nous associons immédiatement à légende de Sant Jordi, patron de la  Catalogne, mais, à la différence d’autres architectes modernistes, Gaudí le représente toujours de façon solitaire. Le dragon situé sur la grille des pavillons Güell est inspiré de « L’Atlantide » de Verdaguer; il s’agit d’un dragon enchaîné qui garde l’accès au jardin des Hespérides.

Le dragon est lié au symbolisme du serpent, il s’agit ni plus ni moins d’un serpent ailé qui lance des flammes par la bouche ou par les narines. Les rose-croix ont introduit des images de cavaliers plantant leurs lances sur des dragons furieux. Si nous analysons les caractéristiques mythiques de cet animal, son ardeur ignée apparaît comme la représentation de nos instincts les plus incontrôlables. Vaincre cette force, dominer notre esprit, suppose la possibilité de pénétrer dans les domaines de l’Être.

 gaudi17

SOURCE : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/

« S’initier, c’est apprendre à mourir »; … 20 novembre, 2017

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Vénérable Maître, et vous tous mes FF et SS en vos grades et offices

« S’initier, c’est apprendre à mourir »; …

ini.mort

Initier, le commencement; mourir, la fin ! La naissance et la mort … entre les deux, « apprendre », « l’apprentissage », « l’apprenti ». Mais au début de la sentence, une lettre ! : ce « S » apostrophe, ce soi-même, mon Moi ! Je suis au départ, à l’origine de ce processus, j’ai choisi et de façon volontariste, acte finalisé par le serment prêté librement !

La première fois qu’il entend cette phrase, le futur apprenti vient d’entrer dans le cabinet de réflexion, le frère expert l’y laisse en lui disant: « Monsieur, s’initier c’est apprendre à mourir ». La porte se referme et voilà qu’il se retrouve dans une proximité ténébreuse avec une multitude d’objets qu’il envisage sans les comprendre: bref un grand moment de solitude ! pour tous si on se souvient bien.

C’est exactement ça, la solitude inhérente à l’entrée dans le tombeau, car tous ces signes renvoient à la mort. Et cette seule phrase comme piste de réflexion …     « S’initier, c’est apprendre à mourir » … ai-je bien réalisé en ce moment alors que ce tombeau c’est mon tombeau … La solitude se confirme et tout en regardant les objets qui l’entourent et qu’il essaye en vain d’interpréter: nous comme le récipiendaire cherchons des éléments de réponses aux questions existentielles qu’elles évoquent … voilà notre (sa)  première entrée dans le monde du symbolisme.

En même temps …Ouf ! Si nous sommes dans le symbole, je vais pouvoir éviter pour cette échéance inéluctable, cette peur originelle de ma disparition, de la fin de ma corporéité … et peut-être « apprendre » à l’inclure dans mon parcours de vie.

De fait, l’initiation c’est le commencement d’un apprentissage qui ne peut exister qu’à partir d’un terrain vierge ; la construction étymologique de ce terme « initiare » renvoie à la notion de passage, de révélation: la mort symbolique du profane pour tendre au sacré, le passage d’un avant à un après.

Apprendre, c’est « appréhender»: saisir, saisir ce que l’on me tend, l’idée est celle d’une transmission du maître à l’élève, à l’apprenti.

L’entrée en Franc-Maçonnerie est donc un passage, un mouvement vital qui ne va plus de la naissance vers la mort, mais de « l’acceptation » de la mort symbolique de nos valeurs profanes pour atteindre la vie éclairée. ( et quand je dis éclairée ce n’est pas parce que je vois mais plutôt que j’ouvre tout en moi qui permet à d’autres (ceux d’en haut et qui savent) de descendre vers moi pour me guider et transmettre …

Le choix d’une démarche qui, d’un état de sommeil va nous emmener à travers une quête, vers un état de veille mieux de Réveil de l’ombre à la lumière, des profondeurs de la terre ( le tombeau) vers la voûte étoilée de la connaissance (la Gnose).

La graine est semée dans la terre afin de germer et de s’élever!, après s’être nourrie de sa propre décomposition. Dans la même veine, évoquons le mythe de Phœnix, l’oiseau sacré Egyptien, le « Bénu », un héron cendré qui incarnait e Dieu du soleil et était associé aux crues fertiles du Nil.

Adoré à Héliopolis, il avait le pouvoir de s’embraser et, une fois son corps réduit en cendres, il en renaissait, atteignant ainsi l’incessant cycle de la vie, l’immortalité via son corps de Gloire.

Le rite d’initiation nous propose d’écrire notre testament … que vous prenez le soin de bruler le soir même !!!, Vénérable Maître et sans que nous sachions que vous l’avez lu VM, avant de nous remettre ces cendres dans une enveloppe : peut-être pour que nous puissions y puiser la source de sa perpétuelle ré_écriture.

Revenons à notre voûte étoilée que j’aime associer à la connaissance …

Et d’abord, à la connaissance de soi ! Cet éveil, je le vis comme une prise de conscience rendue possible par l’abandon de mes habitudes réflexives quotidiennes (l’abandon de mes métaux !! non).

Con_science de mon identité, de ma place dans un ensemble, dans un tout organisé que les grecs désignaient par le terme de Cosmos, l’ordre. La liaison se fait alors plus aisément en terme de « sacré » et permet d’introduire la notion de « grand organisateur ».

- « S’initier, c’est apprendre à mourir, apprendre à nous débarrasser de nos freins pour démarrer cette nouvelle dynamique de notre construction et du monde: notre travail sur la pierre brute peut commencer car il bien sur question de commencer l’œuvre.

- J’aimerai développer l’idée de cette condition qui consiste à « tomber les masques », qui déforment la vérité de moi-même. Dans la société romaine, le terme de « personna » désigne le sujet du droit: est « personna » le citoyen ayant une existence sociale, une reconnaissance du groupe et donc une légitimité: ce mot va donner la notion paradoxale de « personne ».

Un être, une personne … mais aussi « personne », l’absence de présence, d’existence!

Ce serait déjà suffisamment cocasse si ce mot de « personna » ne désignait encore chez les romains un autre objet: le « personna », c’est le masque neutre que portent à la scène les acteurs de théâtre; il nous donnera le concept de « personnage ».

Le jeu de l’acteur de théâtre, de l’acteur social que je suis: jouer un rôle, c’est exister aux yeux de la société ! Tomber le masque et cesser ce jeu, c’est la rupture nécessaire (la mort, la renonciation) à un état, pour accéder à une naissance désirée, à la possibilité d’une démarche de connaissance universelle: j’oublie mes personnages, je peux naître (en un seul mot)!

« Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les Dieux » disait Socrate: c’est vers cet effort que nos morts symboliques nous permettrons de nous orienter. Les trois pas de l’apprenti quand il entre en loge symbolisent le « très_pas » … la mort de notre état profane … mais aussi le trèss …pass, le passer à travers, le « franchir », le passage … avec cette notion de mouvement qui finalement est la vie!

Le petit prince nous montre la voie de ce franchissement, quand la morsure du serpent jaune le délivre de son enveloppe, lui permettant son voyage ultime.

La quête du Graal, la quête de la vertu et le rejet des vices, n’est-ce pas la quête de l’éternité en même temps que l’extrême humilité qu’il faut y adjoindre pour espérer approcher la vérité?

Le travail du Mac:. sur la pierre brute vient de commencer … il y met une énergie nouvelle et insoupçonnée … il pense aux hommes, à ses enfants, à vous mes frères et sœurs, et cette Initiation, mon apprentissage de la mort s’accompagne de cette pensée que j’ai relue pour réaliser ce petit travail et qui m’apaise! « L’architecte renait et vit à travers ses disciples car il est appelé à poursuivre son œuvre pour la perfectionner et léguer à son tour à ceux qui le suivront ».

J’ajouterais: 

Souhaitons ensemble que jamais ne s’achève l’élévation de la Sagrada Familia, que Gaudi nous soit l’exemple de notre part d’éternité.

CARPE DIEM mes Très Chers FF et SS

 Jai dit VM:.

 sagrad

SOURCE : Le blog de anck131 http://anck131.over-blog.com/

GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE 2 juillet, 2009

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

GAUDÍ ET LA FRANC-MAÇONNERIE

 

(publié par  La Vanguardia Numérique)

 

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Que Gaudí ait été catholique pratiquant et dévot, cela ne fait aucun doute, et que certains des symboles utilisés par l’architecte soient, bien évidemment, chrétiens, non plus. Cependant, il existe d’autres symboles présents dans son oeuvre (le X, les pendentifs, les compas, les éléments de l’alchimie, le serpent vertical etc.) qui vont au-delà du domaine de la symbolique catholique et dont l’explication ne peut pas lui être strictement attribuée. Nous pourrions ainsi dire que Gaudí a expérimenté une voie autonome dans le domaine de la spiritualité, se situant, bien entendu, au sein de l’orthodoxie catholique, mais avec une pratique allant au-delà du catholicisme. Et il faut préciser que les constructions de Gaudi sont riches en signes et en symboles, patrimoine de certaines sociétés secrètes. Tous les biographes de Gaudí s’accordent sur le fait que, au cours de sa jeunesse, l’architecte s’est intéressé aux idées sociales avancées de Fourier y Ruskin, outre le fait d’entretenir des rapports avec les mouvements sociaux les plus avancés de l’époque. Son amitié avec des socialistes utopiques et des anarchistes liés à des milieux franc-maçonniques, qui est mise en évidence dans ses premières oeuvres, amène à penser que ce fut peut-être dans ces milieux que Gaudí est entré en contact avec une loge. On sait également qu’il appartenait à de curieuses associations de l’époque organisant des excursions (dont la finalité allait au-delà des simples sorties et goûters champêtres). Certains biographes de Gaudi argumentent qu’il était franc-maçon et que certaines de ses œuvres telles que ‘ »La Sagrada Familia » et le « Parc Güell » renferment de nombreux symboles de la franc-maçonnerie. L’écrivain Josep Maria Carandell analyse dans son livre Le parc Güell, utopie de Gaudí, de nombreux détails ayant une évidente origine franc-maçonnique et rejette l’argument de manque de preuves, car il s’agissait d’une société secrète « probablement liée à la franc-maçonnerie anglaise ». Mais Carandell n’est pas le seul à dresser un portrait de Gaudi sous un jour n’étant pas précisément catholique. Le premier à parler de la franc-maçonnerie de Gaudí fut l’écrivain anarchiste Joan Llarch, dans le livre Gaudí, une biographie magique. Llarch affirme que Gaudí aurait, lors de ses excursions en montagne, ingéré le champignon hallucinogène Amanite Tue-mouche, dont il se servirait bien plus tard de décoration pour l’une des maisonnettes situées à l’entrée du Parc Güell. Apparemment, ce champignon entraîne des états altérés de conscience et le passage vers une réalité. Cet état aurait-il permis à Gaudí d’’halluciner’ les formes caractéristiques de son architecture? Eduardo Cruz, un autre de ses biographes, affirme qu’il a appartenu aux rose-croix, et certains autres vont même jusqu’à insinuer qu’il a eu des tendances panthéistes et athées. Les détracteurs de ces théories affirment qu’un chrétien tel que Gaudí ne pourrait en aucun cas être franc-maçon, car la franc-maçonnerie ne s’intéresse pas à ce que l’on appelle l’autre vie de l’âme, et croit que l’homme n’est ni le corps mort, ni l’âme. D’où la contradiction avec la doctrine catholique qui croit à la transcendance et à la résurrection de la chair.

 

Il est vrai qu’à la lumière des contradictions signalées, il est possible d’observer deux étapes différentes dans la vie de Gaudí. D’une part, nous avons  un Gaudí qui, dans sa jeunesse a vécu dans une ambiance saturée de membres de sociétés secrètes et initiatiques (compagnie qu’il n’abandonna jamais totalement, comme en témoigne son amitié avec le peintre uruguayen et franc-maçon néopythagoricien notoire Joaquim Torres García). Et d’autre part, nous avons un Gaudí qui, dans sa maturité, au fil des années, accentua peu à peu son catholicisme, en l’intériorisant de plus en plus. L’architecte s’est peu à peu transformé en une personne mystique, en marge de toute obédience, rite ou discipline.

LES SYMBOLES

Comme cela a été mentionné précédemment, l’œuvre de Gaudí contient d’innombrables exemples de symbolique ésotérique liée à la franc-maçonnerie, l’alchimie et l’hermétisme. En voilà quelques-uns des plus remarquables:

FOUR DE FUSION ou ATHANOR

Sur le perron de l’entrée du Parc Güell, nous trouvons une structure en forme de tripode qui, à l’intérieur contient une pierre non ouvragée, à l’état brut. Cet élément représente la structure basique d’un four de fusion alchimiste et est une copie du modèle qui apparaît sur un médaillon du portail principal de la cathédrale de Notre-dame de Paris.

En essence, l’athanor contient une enveloppe extérieure composée de briques réfractaires ou de ciment. Son intérieur est rempli de cendres qui enrobent l’ »œuf philosophique », la sphère en verre à l’intérieur de laquelle se trouve la matière première ou la pierre à l’état brut. Un feu situé dans la partie inférieure se charge de chauffer l’œuf, mais indirectement, car la chaleur est diffusée par les cendres.

Outre le fait d’être une technique spirituelle ou une forme de mystique, l’alchimie se basait également sur le travail sur les minéraux et sur les opérations physiques concrètes et elle se caractérisait par l’équivalence ou le parallélisme entre les opérations du laboratoires et les expériences de l’alchimiste sur son propre corps. Ainsi, l’athanor représentait la reproduction du corps, le souffre correspondait à l’âme, le mercure à l’esprit, le soleil au cœur et le feu au sang.

Il existe deux étymologies du mot athanor: il dériverait d’une part de l’arabe « attannûr », four et d’autre part du mot grec « thanatos », morte, lequel, précédé de la particule « a », exprimerait le sens « non mort », c’est à dire, vie éternelle, etc.

LES TROIS DEGRÉS DE PERFECTION DE LA MATIÈRE

Nous faisons ici référence à la pierre brute se trouvant à l’intérieur de l’athanor. La pierre non ouvragée représente le premier degré de perfection de la matière, le second degré est représenté par la pierre taillée en forme de cube, et en troisième lieu un cube s’achevant en pointe, c’est à dire, avec une pyramide superposée. Dans la symbolique franc-maçonne, ces trois formes représentent également les trois positions pouvant être assumées au sein de la Loge: apprenti, compagnon et maître; en suivant le même schéma des degrés traditionnels des confréries ouvrières médiévales.

Dans la tour Bellesguard, également connue sous le nom de Casa Figueras, Gaudí a fait prendre forme à tout ce symbolisme. La structure du bâtiment, situé au pied de la sierra de Collserola et construit en pierres et en briques, se compose d’un cube couronné d’une pyramide tronquée.

L’ordre des francs-maçons dit que « chaque homme doit tailler sa pierre ». Et cette pierre sera aussi bien la pierre angulaire du temple que la pierre angulaire de la personnalité du franc-maçon. Le travail ultérieur de perfectionnement consistera à superposer une pyramide au-dessus du cube.

LA CROIX ORIENTÉE VERS SIX DIRECTIONS

Cet élément qui se trouve dans la plupart des constructions de Gaudí tel une sorte d’obsession, est une représentation d’un principe enraciné dans ses croyances mais appartenant, tout du moins formellement, au champ de l’Église.

Gaudí a utilisé deux techniques pour réaliser les croix orientées vers six directions:

-Nous trouvons la première au Couvent des Thérésiennes et c’est également un développement évident de la pierre cubique; il s’agit de la projection spatiale de la pierre cubique.

-          Au “Turú de las Menas”, on observe les six directions de l’espace décomposées deux par deux grâce à deux croix, l’une située est-ouest et l’autre nord-sud.

-          Au Turú de las Menas du Parc Güell, se trouvent trois croix qui ne sont autres que deux tau, chacun d’eux ayant été superposé par un cube couronné par sa pyramide correspondante. Ces tau indiquent les directions nord-sud et est-ouest et, entrelacés, ils nous indiquent les quatre points cardinaux. La troisième croix, quant à elle,  est une flèche qui indique une direction ascendante.

Lettre initiale du mot terre, le tau est un symbole d’origine ancienne qui apparaît sur des monuments mégalithiques des îles Baléares sous forme de taules (un piédestal soutenant une surface pierreuse).

Au sein de la franc-maçonnerie, le tau a un symbolisme précis. Il représenterait d’une part à  Mathusael, le fils de Caïn qui aurait créé ce symbole afin de reconnaître ses descendants et qui serait, d’autre part, le signe de reconnaissance que réaliserait l’officiant avec la main droite lors de la cérémonie d’accès au degré de Maître.

LE X

Ce symbole se trouve dans la Crypte de la Colonie Güell, où il est présent jusqu’à trois reprises, et également sur le portail de la Naissance de la Sagrada Familia, sur la croix qui couronne l’Arbre de la Vie, sur laquelle se trouve un grand X. Dans la symbolique franc-maçonnique, le X a une grande importance dans la géométrie sacrée, car ce symbole est réalisé sur la base d’un hexagone régulier et celui-ci forme le périmètre intérieur de deux triangles équilatéraux entrelacés, lesquels dessineraient l’étoile de David, qui serait la notation alchimique des quatre éléments de base. L’hexagone est une forme très récurrente dans l’œuvre de Gaudí, forme dont il est même possible d’extraire un cube volumétrique si nous divisons le hexagones en trois losanges. Il faut signaler que le X était en outre la notation alchimique du Creuset, un instrument nécessaire pour l’œuvre alchimique.

De même, le  X est également traditionnellement lié à l’apôtre André, crucifié sur cette forme.

LE PELICAN

Cet animal, symbole du Christ, nous pouvons le trouver au Musée de la Sagrada Familia et il était destiné au Portail de la Naissance. Le pélican est la représentation de la Mort et de la Résurrection, car il se disait qu’il ressentait un amour si fort pour ses enfants que, lorsqu’ils avaient faim, il s’ouvrait le ventre avec son propre bec pour les alimenter.

Selon une autre version, irrité parce que ses petits ne cessaient lui donner des coups avec leurs ailes, il les tuait, puis, repenti, il se suicidait en s’enfonçant le bec dans le ventre. Selon une dernière version du thème, le suicide et le fait qu’il s’enfonce le bec dans le ventre sont écartés et elle raconte que ses larmes ressuscitent ses petits morts.

Le degré 18 de l’ordre des francs-maçons, appelé « degré Rose-croix », a pour symbole le pélican prêt à s’ouvrir le ventre et entouré de ses enfants; sur sa tête il y a une croix avec une rose rouge hachée ainsi que la légende I.N.R.I.

Le pélican représente l’étincelle divine latente qui se niche au sein de l’homme, son sang est véhicule de vie et de résurrection et sa couleur est le blanc, symbolisant le dépassement de la première phase de l’œuvre alchimique. La troisième phase suppose de passer à travers de l’expérience du rouge, que prend forme lors de l’explosion d’une grande rose rouge au centre de la poitrine.

LA SALAMANDRE, LE SERPENT ET LES FLAMMES

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Le cercle situé sur le perron de l’entrée du Parc Güell a fait l’objet d’une interprétation patriotique-nationaliste, mais il n’existe aucune raison pour laquelle Gaudí aurait eu à faire une démonstration publique de quelque chose qui est secondaire dans sa hiérarchie d’aspirations et de convictions. C’est pourquoi, il convient de procéder à une interprétation hermétique de la symbolique de cet élément, unique interprétation intégrant la totalité de l’ensemble: une tête de serpent située au centre d’un grand disque, entourée de flammes et celles-ci d’eau.

Les hermétistes étaient connus comme « des philosophes par le feu » et la base de leur oeuvre consistait à ordonner le chaos; comme à l’aube des temps la ruine et le mal, œuvre du serpent, s’étaient étendus de par le monde, pour ordonner ce chaos il est nécessaire de le brûler. Ainsi, le cercle symbolise le chaos, l’oriflamme est la flamme contenant le souffre et le serpent est l’esprit mercuriel.

LE LÉZARD

C’est l’animal qui descend de l’athanor jusqu’au disque décrit précédemment et qui a été interprété comme une salamandre, un iguane, voire un crocodile, mais sa caractéristique la plus importante est son dos sinueux. Il s’agit d’une image esthétique qui suggère une impression de mouvement très accusée, une représentation du mercure originaire, une réitération des fonctions de l’athanor, c’est à dire, opérer la séparation, décanter les partes fixes du minéral des parties volatiles.

Les perrons du Parc Güell s’offrent à nous comme un paradigme hermétique qui contient les principes de l’œuvre et c’est pour cela même que de très nombreux textes alchimiques insistent sur le fait que toute l’œuvre est réalisée à travers le mercure.

L’ARBRE SEC ET L’ARBRE DE LA VIE

L’amour de Gaudí pour la nature a toujours été présent dans toute son oeuvre. Ses constructions sont remplies d’éléments d’ornementation faisant référence au règne végétal. Le symbolisme alchimique est extrêmement riche d’images liées à l’agriculture et au règne végétal.

L’Arbre Sec représente le symboles des métaux réduits de ses minéraux et fondus; la température du four leur a fait perdre la vie et il faut par conséquent les vivifier. Dans l’Arbre Sec, il existe toujours une étincelle de vie, celle qui rend sa résurrection possible; c’est pourquoi, il est toujours possible de constater qu’il possède quelques feuilles indiquant la possibilité de reverdir à nouveau. L’image de l’Arbre Sec a été placée par Gaudí dans ses œuvres majeures, et représente une nature végétale pétrifiée qui maintient néanmoins, un foyer de vie. Ces images sont nombreuses dans le Parc Güell.

L’Arbre de la Vie, comme son nom l’indique, est l’arbre immortel, le symbole de la vie éternelle. La représentation iconographique la plus réitérative de ce type d’arbre est le cyprès. L’architecte catalan le situe au centre du portail de la Naissance de la Sagrada Familia, entouré de blanches colombes qui, à leur tour, symbolisent les âmes renouvelées qui s’élèvent vers le ciel.

LE DRAGON IGNÉ ET LE LABYRINTHE

L’image du dragon est une constante dans l’œuvre de Gaudí. Il s’agit bien sûr d’une image que nous associons immédiatement à légende de Sant Jordi, patron de la  Catalogne, mais, à la différence d’autres architectes modernistes, Gaudí le représente toujours de façon solitaire. Le dragon situé sur la grille des pavillons Güell est inspiré de « L’Atlantide » de Verdaguer; il s’agit d’un dragon enchaîné qui garde l’accès au jardin des Hespérides.

Le dragon est lié au symbolisme du serpent, il s’agit ni plus ni moins d’un serpent ailé qui lance des flammes par la bouche ou par les narines. Les rose-croix ont introduit des images de cavaliers plantant leurs lances sur des dragons furieux. Si nous analysons les caractéristiques mythiques de cet animal, son ardeur ignée apparaît comme la représentation de nos instincts les plus incontrôlables. Vaincre cette force, dominer notre esprit, suppose la possibilité de pénétrer dans les domaines de l’Être.

R.·.L.·. LA FRATERNITAT DEL VALLÈS 

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La Spirale 28 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

LA SPIRALE

 

« Un vertige : celui de la rotation Un désir : celui de l’expansion »

Ainsi débute un monumental article qu’un des suppléments de l’Encyclopedia Universalis a consacré aux spirales et aux hélices. C’est cet article qui m’a donné l’idée du travail que je vous propose aujourd’hui, et je luis dois beaucoup, ainsi qu’au numéro d’Atlantis « Crosses et Spirales » et à l’ouvrage d’Olivier Beigbeder, « La Symbolique », de la Collection « Que sais-je ? » ainsi, naturellement, qu’aux nombreux dictionnaires des symboles dont j’ai toute facilité de me servir…

Mais si cette planche prend forme ici et maintenant c’est qu’elle se rattache quelque part au mythe de l’Eternel Retour, auquel elle sert d’aboutissement en même temps que d’élargisse­ment dans une dimension supplémentaire. D’ailleurs la spirale issue du cercle et parente du labyrinthe est une invitation à d’autres travaux, fidèle à sa vocation de structure ouverte.

Une spirale c’est d’abord une figure géométrique qui traduit une formule mathématique… On peut la définir comme la trajectoire d’un point qui s’éloigne ou se rapproche d’un autre en tournant. On peut la concevoir en deux ou en trois dimensions et il faut noter que la spirale devient hélice quand 1e mouvement d’ex­pansion se développe dans un autre plan que celui de la rotation…

Parmi les plus connues on distingue :

la spirale d’Archimède, dont les spires s’éloignent du centre selon une progression arithmétique (si on trace une droite issue du centre qui en coupe les spires, on y relève des distances de la spire au centre de a, 2a, 3a, 4a, etc. La valeur « a » séparant l’une de l’autre chacune des spires) ;

la spirale logarithmique dont les spires s’éloignent du centre selon une progression géométrique (sur la droite de tout à l’heure nous trouverons les longueurs a, a2, a3, etc., la distance entre deux spires s’élargissant à mesure due l’on s’éloigne du centre : c’est, nous le verrons, la structure de l’escargot) ;

la spirale hyperbolique dont on dit qu’elle représente l’ombre d’une hélice placée au soleil… plus les spirales de Fermat, de Galilée, de Poinsot et autres dont je serais bien en peine de faire plus que les énumérer… Quant aux formules mathématiques qui en sont la traduction, je vous en ferai grâce, si ce n’est cette jolie définition : « Lorsqu’un point a et une demi droite OX sont fixés comme base de repérage, tout point M du plan est repéré par sa distance r au point O et par l’angle t de OX et OM ; ce qui permet d’énoncer : le point M décrit une spirale si r est une fonction monotone de t croissante ou décroissante »… Voilà qui coule de source !

Tout cela est bel et bon, mais l’univers un peu froid des mathématiques nous amène à des réalités plus concrètes…

« Chaque fois qu’il y a proportionnalité entre un mouvement expansif et un mouvement rotatif, il y a quelque part une spirale d’Archimède » (par exemple les spires des disques microsillons, le tuyau d’arrosage sagement lové à terre, le boudin bien enroulé à l’étal du charcutier…) ;

« Chaque fois qu’un mouvement circulaire exerce un effet multiplicatif sur un mouvement linéaire, il y a quelque part une spirale logarithmique » (c’est le trajet de l’araignée sur sa toile, la structure des coquillages ou celle des crosses des fougères). C’est à partir de ce type de spirale que se construisent des carrés dont la surface constitue la fameuse « suite de Fibonacci » (chaque terme de cette suite est la somme des deux précédents, soit l, l, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, etc. Suite liée au nombre d’or :

phi = (racine carrée de 5) +1 : 2

valeur de plus en plus approchée du rapport de deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci).

Mais l’importance de la spirale repose surtout sur la place que ce type de structure occupe dans la nature, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Tout le monde a entendu parler de la présence dans le cosmos de nébuleuses – spirales, énormes concentrations de matière stellaire en prise aux actions conjuguées de la rotation et de l’expan­sion. La trajectoire du soleil par rapport aux galaxies, celle de la terre par rapport au soleil, celle de la lune par rapport à la terre sont des hélices – cas particuliers de notre spirale (je le rappelle, lorsque le plan de l’expansion n’est pas le même que celui de la rotation).

Les structures hélicoïdales ne se limitent pas à la mécanique céleste : le boomerang des primitifs, les hélices des navires et des avions, la fameuse « vis d’Archimède » – premier système pour faire monter de l’eau d’un niveau vers un autre, les turbines, les éoliennes, les ressorts – de ceux de mon matelas ou de ma montre aux amortisseurs de nos véhicules, ou tout simplement le tire-bouchon et tant de grosses machines ou de petits instruments qui nous facilitent la vie sont issus d’hélices et spirales.

Avant de quitter le domaine de la mécanique, n’oublions pas les lois qui régissent les fluides et pensons aux magnifiques structures spiralées des tornades et cyclones, du maelström et autres tourbillons – à commencer par ceux qu’esquissent le lavabo ou l’évier qui se vident.

Pensons aussi à l’usage que l’architecture a fait des spirales, escaliers en colimaçon, à double ou simple révolution comme à Blois ou Chambord, rampes hélicoïdales comme celle d’Amboise où chevaux et carrosses pouvaient atteindre le niveau de la terrasse du château, ou encore celles des modernes parkings ; pensons aussi à la structure du musée Cruggenheim à New-York, conçu en forme d’hélice à axe vertical, tout comme l’aquarium géant de Boston… à cette différence près qu’à New-York le visiteur regarde les cimaises vers l’extérieur, le coeur de l’édifice étant un « puits de lumière », tandis qu’à Boston la rampe réservée aux visiteurs s’enroule autour d’un énorme bassin transparent, de 12 m de diamètre et de 12 m de hauteur, grouillant de vie marine… ; outre leur élégance, les structures spiralées présentent l’avantage d’une économie d’encombrement qui en explique les nombreuses applications dès l’antiquité… Jardins de Babylone, minaret de Samara et sans doute tour de Babel… mais là nous touchons au symbole !

Le monde du vivant présente lui aussi un nombre très important de structures spiralées ou hélicoïdales qui conduisent à penser que les propriétés de l’espace ou les lois qui régissent le développement de la matière vivante favorisent la croissance en spirale, au détriment de la croissance linéaire.

Reste à considérer dans le pullulement des formes vivantes celles qui, comme la coquille du Nautile, sont symétriques par rapport au plan médian et celles qui ne le sont pas, les plus nombreuses d’ailleurs et puis dans quelle mesure la symétrie « droite » « gauche » coexiste dans la nature.

Le cas des cornes de bélier est significatif de cette symétrie.-. alors que les dents du narval – outre que l’une est très longue et que l’autre reste normale – présentent une même structure tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Beaucoup de plantes ont des vrilles allant alternativement vers la droite et vers la gauche mais la tige, quand elle s’enroule, le fait soit vers la droite (houblon, chèvrefeuille) soit vers la gauche (haricot, liseron).

De la même façon, la disposition des branches sur un tronc ou des feuilles ou une tige se fait selon une spirale : en la suivant, on trouvera trois feuilles d’aulne avant que l’une se place à la verticale d’une autre ; on en trouvera cinq pour le cerisier et deux seulement pour l’orme.

L’artichaut dispose ses feuilles comestibles (ce sont, en fait des bractées) selon huit lignes spiralées vers la gauche et cinq vers la droite : l’ananas présente huit spirales dans un sens, treize dans l’autre et la pomme de pin cinq et huit. Quant au cœur d’une marguerite il offre 21 spirales dans le sens des aiguilles d’une montre et 34 dans l’autre sens… de quoi donner envie d’y regar­der de plus près ! D’autant que ces valeurs appartiennent à la fa­meuse suite de Fibonacci !

Mais nos seuls yeux ne suffiraient pas pour découvrir le ruban spiralé de la chlorophylle dans l’algue verte appelée spiro­gyre, la structure hélicoïdale des minuscules aiguilles fossiles qui constituent des bancs calcaires, ni non plus, l’essentielle, la primordiale, double spirale de l’A.D.N. à l’origine même de la vie…

Faut-il penser que c’est l’observation des formes naturelles qui amena l’homme – et ceci dans des périodes très reculées – à privilégier le motif de la spirale, à titre décoratif et plus probablement symbolique ?

On en trouve sur des fragments d’os gravés de la fin de l’Aurignacien, sur des ornements en ivoire de mammouth de la fin du paléolithique : on en trouve surtout, au néolithique, sur de nombreux monuments mégalithiques en terre celtique. Le dolmen de Gavr’inis en offre le plus bel exemple : vingt-trois des vingt-huit dalles qui supportent le couvercle de pierre sont entièrement cou­vertes de spirales juxtaposées. En Irlande, plusieurs tumulus contiennent des dalles gravées d’une ou plusieurs spirales orientées de façon à ce que le soleil les frappe au matin du solstice d’hiver…

Dans tous les vestiges qui restent des civilisations antiques, la spirale abonde avec un rôle décoratif lié sans doute à une signification symbolique. A Sumer, sur des bijoux retrouvés dans des tombes royales ; en Egypte, dans le décor des céramiques ou en intaille sur le ventre des scarabées de pierre dure ; dans tout le monde méditerranéen où elle abonde, souvent en frise décorative tout comme sa variante orthogonale, « la grecque ».

Même profusion de spirales en Europe du Nord ou Centrale : Danemark, Suède, Hongrie nous ont laissé des bijoux ou des armes qui en sont décorés… sans oublier les formes en crosse des drakkars vikings.

Les Celtes en raffolaient, comme le montrent les bracelets à structure spiralée, les torques gaulois, les fibules : le triscèle et la svastika en sont des formes dérivées.

L’art chrétien fera aussi grand usage des spirales : depuis la crosse des évêques jusqu’aux plis en tourbillon des vêtements des christs romans ; des crosses végétales des chapiteaux gothiques aux pinacles « flamboyants » on ne saurait en faire la liste…

L’art classique va les privilégier en architecture, avec les chapiteaux ioniens et corinthiens, et dans les arts décoratifs. J’ai évoqué, en parlant de l’économie d’espace que permettent les structures spiralées, du rôle qu’elles ont et continuent de jouer dans la conception de nombre d’édifices. Pour en finir – on ne saurait tout citer – rappelons la fortune réservée aux courbes et spirales dans l’art du début du siècle style « nouille », modern style, « art déco », des entrées du métro, oeuvre de Grimaud, aux toiles de Klimt ou aux cheminées que Gaudi multiplia dans les parcs et édifices de Barcelone.

Reste à s’interroger, et là est l’essentiel, sur la connotation symbolique donnée à la spirale… et ce n’est pas évident. A l’in­verse de beaucoup d’objets ou de figures dont la correspondance avec des notions ou idées abstraites semble aller de soi, la spirale laisse un peu perplexe au premier coup d’oeil : symbole très riche, porteur de significations multiples liées au contenu imaginaire ou au degré de civilisation de ses utilisateurs, elle ouvre un large champ à l’interprétation… répétons-le, vertige de la rotation, désir de l’expansion.

A prendre en compte d’abord l’origine du mot : le latin spira, dérivé du grec speira (enroulement) et la jolie transcription du XVIe siècle français « espiralle »… A nous dire que les numéro­logues grecs en extrayaient le nombre 396, multiple de 2, 3 et 11 et qu »`élis » de son côté faisait apparaître la somme des 14 pre­miers nombres entiers, 105, multiple de trois nombres sacrés, 3, 5 et 7… Ce n’est pas là domaine où je me sens à l’aise… Je cite mais ne suis pas capable d’aller plus loin que le constat.

La plus ancienne implication de la spirale est liée à la mort, aux rites funéraires. Aux temps paléolithiques et néolithiques le mort était enduit d’ocre rouge et paré de coquilles généralement de structure hélicoïdale (des escargots, des coquillages marins). Faut-il penser que les spirales figurant sur des morceaux d’os ou d’ivoire servaient de substitut aux coquilles par trop rares ou même introuvables ? Qui sait ? de telles traditions sont trop loin de nous pour laisser autre chose que des questions sans réponse…

Sans doute est-ce cette liaison de la spirale aux rites funéraires qui en explique l’ abondance sur les dolmens qui abritaient le plus souvent une ou plusieurs sépultures. Mais, puisque certaines dalles étaient placées de manière à être éclairées par le soleil du solstice, on peut penser à un symbolisme cosmique de la spirale, lié sans doute au déroulement cyclique des saisons et à la course du soleil.

Chez les Celtes en tout cas la spirale est associée à la foudre et à l’orage, via les tourbillons nuageux probablement. On en voit portées par le dieu celte Taranis, version gauloise du Jupiter ton­nant ! Nos « ancêtres », dont la seule crainte était que le ciel leur tombât sur la tête, utilisaient-ils les spirales comme une sorte de conjuration ? Là aussi le problème reste entier…

Dans le croissant fertile, à l’opposé, les structures hélicoï­dales et spiralées sont rattachées à l’eau et à la lune… donc à la Femme, en l’occurrence la Déesse-mère source de toute fécondité

On peut penser que cela découle de l’observation des tour­billons de l’eau – si précieuse sous ces climats – et des phases de la lune, croissante et décroissante liée aux cycles féminins. Les plantes, avec leur développement en crosses et leurs structures hélicoïdales ont pu aussi amener ces premiers peuples d’agricul­teurs à lier la spirale à la notion de fertilité – Les cornes des ani­maux, béliers ou taureaux, hélicoïdales ou en forme de croissant de lune renforcent le lien qui conduit des formes spiralées à l’idée de vie. Le serpent, le caducée, les noeuds et les liens relèvent du même imaginaire.

La double spirale affrontée, celle du caducée – celle aussi de l’ADN – est symbole de vie en même temps qu’image même de la vie.

La spirale à double enroulement que l’on rencontre fréquem­ment dans les symboles celtiques est plus complexe : évolution/ involution, double polarité cosmique dans une notion de va-et­vient, d’aller et retour… on peut en rapprocher le symbole mathé­matique de l’infini, en forme de 8 horizontal, que le Tarot reprend dans le couvre-chef du Bateleur (lame 1) et de la Force (lame 11) : ces deux figures, la première et la dernière avant le retournement, le changement de plan que constitue la lame 12, le Pendu, ouvrent et ferment la première phase du chemin initiatique qui peut se lire dans le Tarot et que l’on peut inscrire sur une spirale à double en­roulement. C’est aussi une ligne de cette sorte qui sépare le blanc du noir dans le beau symbole extrême-oriental du yin-yang.

Une autre implication symbolique importante de la spirale vient de sa capacité à assumer l’ordre de l’être au sein du change­ment puisqu’elle permet d’assurer la croissance sans modifier la structure totale comme le montrent les coquillages qui s’enroulent autour d’un axe grandissant sans changer de forme. De là viennent dans les sociétés primitives les chants-spirales et les danses-­spirales qui tendent – selon Gilbert Durand – à « assurer la perma­nence de l’être à travers les fluctuations du changement ». Tout change certes mais tout recommence, similaire sinon identique et le rite est là pour le réaffirmer en réponse à toutes les angoisses du lendemain…

Enfin, quand la spirale se donne une dimension supplémen­taire dans l’espace ou dans le temps, le symbole acquiert sa di­mension ultime en direction du ciel, en direction aussi du futur à construire.

Plus haut, toujours plus haut, et les hommes construisent les rampes, les ziggourats et les tours de Babel… Ils escaladent en processions spiralées les montagnes sacrées, ils tournent, patiem­ment, inlassablement, toujours plus haut de spire en spire à la re­cherche de ce qui les dépasse et les transcende à la fois.

Toujours plus haut, toujours plus loin : si l’expansion se fait dans le temps, la spirale allie les mythes, apparemment inconci­liables, de l’Eternel Retour et de la marche vers le progrès. Certes l’humanité, périodiquement, retrouve ses vieilles traces, mais le plus souvent, loin de retomber dans les mêmes ornières, elle passe au-dessus dans sa courbe ascendante…

Le chemin initiatique est le même, il est lente ascension, non point circulaire mais hélicoïdale, marqué non de retours à la case départ, mais de survols de situations passées qu’il s’agit d’ap­prendre à surmonter, car malheur à celui qui n’a pas su se dépas­ser lui-même : faute de pouvoir emprunter la spire supérieure il risque de tourner en rond…

Telle est la leçon de la spirale : dans les grands cycles de la vie elle doit nous apprendre à nous élever à une plus grande di­mension de l’Etre qui nous permette de croître sans changer de forme, d’évoluer sans cesser d’être nous-mêmes, sans jamais non plus nous renier…

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