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La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales 21 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
« Si la maçonnerie moderne se tournait vers la question de la transcendance en oubliant sa tradition humaniste ou si, au contraire, au nom de son devoir de défendre l’humanisme, elle oubliait sa vocation spirituelle, l’authentique démarche maçonnique serait alors mutilée »

  • 3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

Michel Barat3 (ancien Grand Maître de la grande Loge de France)

1Nulle organisation ne témoigne mieux que la Franc-maçonnerie, peut-être, des aspirations religieuses de l’homme moderne, mais également du paradoxal mouvement d’écartèlement et de recouvrement entre Dieu et le siècle qui marque aujourd’hui la société occidentale, comme nous allons le montrer dans cette étude.

2Nous mettrons ainsi en évidence la dimension religieuse de cette société initiatique, qui ne saurait pourtant être considérée elle-même comme une religion : d’abord parce que la quête spirituelle qu’elle propose et le sacré dont elle entoure ses rites ne renvoient pas à un culte, dans la mesure où elle se veut a-dogmatique ; ensuite parce que la question de la croyance en un Être Suprême et de l’évocation du Grand Architecte de l’Univers au sein des loges ne cesse de diviser les différentes obédiences.

3Puis nous soulignerons l’engagement sociopolitique de nombreux francs-maçons, désireux de faire évoluer les lois de la République et de défendre les principes de la laïcité, en accord avec la devise maçonnique qui exhorte les initiés à travailler « au progrès de l’humanité ». Or c’est bien dans cette tentative d’équilibrage entre la construction de la cité céleste et l’édification de la cité terrestre, constitutive d’une philosophie résolument médiatrice, que réside l’originalité – mais aussi la complexité – de la démarche maçonnique.

La dimension religieuse de la Franc-maçonnerie : fonction reliante et présence du sacré

4La Franc-maçonnerie, qui se présente comme une société « secrète » ou « discrète », une association « philosophique et philanthropique », ne peut être considérée comme une religion, dans la mesure où elle est ne professe pas de dogme et ne pratique pas de culte. Loin d’inculquer des vérités révélées, elle propose une mise sur la voie (« initium »), un enseignement (au sens originel de « montrer le signe ») via un système de symboles que chaque adepte doit s’efforcer d’interpréter personnellement par un incessant travail herméneutique, et plus profondément une démarche initiatique ancrée dans un rituel.

  • 4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religi (…)
  • 5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, D (…)

5Cependant, la Franc-maçonnerie a affirmé une véritable dimension religieuse dès sa création, en 1717, suite à la fusion de quatre loges londoniennes et à la formation de la Grande Loge Unie d’Angleterre : d’abord en faisant référence à Dieu, et plus tard au Grand Architecte de l’Univers (dont on retrouve le symbole dans les temples maçonniques, à travers le « Delta lumineux » doté de « l’œil qui voit tout »), ensuite en privilégiant la construction d’un lien social, à travers la fameuse « fraternité » maçonnique4. Elle est donc bien ce « laboratoire de reliances » que décrit le sociologue et franc-maçon belge Marcel Bolle de Bal5, s’efforçant de tisser une médiation tant verticale qu’horizontale, en accord avec l’étymologie du mot « religion », issu du latin « religare », signifiant « relier ».

  • 6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octr (…)

6Michel Meslin, en effet, relevant le changement de sens que le mot religion a connu au IVe siècle, sous Constantin et sous Lactance (et qui, après avoir longtemps désigné un ensemble de traditions et de croyances propres à une société humaine, finit par indiquer la vénération que les hommes portent à un Être suprême), souligne fort justement à ce propos : « on aurait tort, je pense, de voir dans ces deux sources étymologiques « une duplicité originaire de la religion » comme l’affirme Jacques Derrida. Je dirais volontiers qu’il s’agit d’un complément de sens : une religion fonde des liens entre des hommes et des femmes qui partagent une même croyance et, en même temps, elle est un lien vertical entre ces humains et le(s) dieu(x) qu’ils vénèrent ».6

  • 7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, (…)
  • 8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

7Plus largement, ce désir de reliance verticale / horizontale, qui se double d’une volonté de conciliation entre le transcendant et l’immanent, le céleste et le terrestre, s’exprime à travers le système symbolique qui soutient toute la démarche maçonnique. Or, la médiation horizontale à laquelle procède la pensée symbolique est évoquée par l’étymologie même du mot « symbole », qui provient du grec « sumbolon », lui-même lié au verbe « sumballein » signifiant « réunir, rassembler ». De fait, le symbole désignait initialement une pièce de terre cuite brisée en deux, et destinée à être réunie ultérieurement par des amis, des familles ou leurs descendants lors de retrouvailles. L’aspect social et communicationnel y est clairement manifeste, le symbole étant un signe de reconnaissance, une concrétisation matérielle des rapports de confiance établis, et visant à réparer une séparation. Aussi Régis Debray rapproche-t-il les notions de symbolisation et de fraternisation : « symbolique et fraternel sont synonymes : on ne fraternise pas sans quelque chose à partager, on ne symbolise pas sans unir ce qui était étranger. L’antonyme exact du symbole, en grec, c’est le diable : celui qui sépare. Dia-bolique est tout ce qui divise, sym-bolique est tout ce qui rapproche »7. Parallèlement, le symbole tisse une médiation verticale, réunissant l’idéel et le matériel, puisqu’il est « le message immanent d’une transcendance », ou encore une « reconduction du sensible, du figuré au signifié, mais en plus il est par la nature même du signifié inaccessible, épiphanie, c’est-à-dire apparition, par et dans le signifiant, de l’indicible », ainsi que le souligne Gilbert Durand8.

  • 9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.
  • 10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

8Enfin, la Franc-maçonnerie se rapproche de la religion par les rapports intrinsèques qu’elle entretient avec le sacré9. Les adeptes travaillent dans un espace-temps distinct de celui du monde profane, « de midi à minuit », dans une enceinte réservée à cet effet, appelée « temple ». Comme la plupart des institutions religieuses, d’ailleurs, l’institution maçonnique a élaboré son propre calendrier, qui fonctionne avec 4000 ans d’avance par rapport au calendrier chrétien : ainsi l’année civile 2011 correspond-elle, pour les francs maçons, à l’année maçonnique 6011. Elle possède ses propres mythes (le mythe d’Hiram, notamment), et fonctionne selon des rituels particuliers (Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Écossais Rectifié, Rite Émulation…). Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que le processus initiatique dans lequel s’engage tout franc-maçon est censé aboutir à une « métanoia » ou conversion totale de l’être, comme le note Bruno Etienne10, démarche proche de ceux qui s’engagent en religion.

  • 11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité mé (…)
  • 12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la (…)

9Les recherches menées par l’historien Maurice Agulhon11 peuvent nous éclairer sur la complexité des relations que les loges maçonniques entretiennent vis-à-vis de la sphère religieuse. La loge, en effet, possède un caractère mixte, dans la mesure où elle offre une sacralité qui ne se confond pas toutefois avec celle qu’offre la religion. Agulhon a montré les points communs qui existent, dans la région provençale du XVIIIe siècle, entre les confréries religieuses et les confréries associationnistes, au rang desquelles figure la Franc-maçonnerie : un même esprit d’entraide spirituelle et de fraternité anime ces deux types de structures, au point que nombre de membres de la première catégorie (les notables surtout12) vont déserter progressivement leur institution d’accueil pour intégrer les secondes vers la fin de l’Ancien Régime. Si ce passage des associations religieuses aux associations maçonniques a pu se faire aussi facilement, c’est précisément parce qu’il existe des éléments de continuité entre elles, autant que des éléments de divergence. Agulhon voit dans les loges maçonniques un mouvement de déchristianisation qui conserve néanmoins un sentiment religieux.

La question théiste au cœur des dissensions internes et les rapports conflictuels de la Franc-maçonnerie avec l’Eglise

10En plein siècle des Lumières donc, tandis que nombre de philosophes combattent une foi jugée obscurantiste afin de placer la raison prétendue toute-puissante et éclairante au centre d’un mouvement d’émancipation humaine, la Franc-maçonnerie met la religiosité au cœur de son fonctionnement. A l’issue de leur initiation, les néophytes prêtent serment de garder le silence sur les secrets de leur communauté d’accueil en jurant sur les trois Grandes lumières de la Franc-maçonnerie, qui ne sont autre que l’équerre, le compas et le Volume de la loi sacrée, c’est-à-dire la Bible. James Anderson et Jean Théophile Désaguliers introduisent d’ailleurs la notion de « religion naturelle » dans les célèbres Constitutions, parues en 1723 et qui constituent la charte fondatrice de la Franc-maçonnerie puisqu’elles en fixent l’histoire officielle, les principes et modes de fonctionnement.

  • 13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.
  • 14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.
  • 15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionn (…)

11Mais très vite, cette religiosité va être l’objet de vives dissensions au sein de la jeune institution. Dès le milieu du XVIIIe siècle, une querelle oppose les obédiences, notamment à propos de la place qu’il convient d’accorder à la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme au sein des loges. Certaines d’entre elles sont résolument théistes, d’autres sont simplement déistes, ces deux types d’obédiences formant une branche que l’on pourrait qualifier de traditionnelle. D’autres encore, qui reçoivent la désapprobation de la branche traditionnelle, constituent un courant libéral en acceptant d’initier des agnostiques et des athées13. Cette querelle se transforme en un véritable schisme en 1877 (lorsque le Grand Orient de France, de mouvance libérale, supprime l’obligation pour ses membres de croire en Dieu, puis les références rituelles faites au Grand Architecte de l’Univers14, et se trouve alors ostracisée par la plupart des obédiences anglo-saxonnes d’inspiration traditionnelle), et se poursuit aujourd’hui.15

  • 16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage d (…)

12Ainsi, si la Grande Loge Unie d’Angleterre affirme que les francs-maçons placés sous sa juridiction « doivent croire en un Être Suprême », dans le troisième de ses huit principes de base, remaniés en 1989, les obédiences qui se réfèrent aux Constitutions d’Anderson, adoptent une position plus tolérante, en accord avec le texte du pasteur presbytérien qui déclare : « Bien que dans les temps anciens les maçons étaient tenus dans chaque pays de pratiquer la religion de ce pays, quelle qu’elle fût, il est maintenant considéré plus expédient de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, c’est-à-dire à être hommes de bien et loyaux, ou homme d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer »16. Enfin, une obédience comme le Grand Orient de France stipule dans l’article premier de sa Constitution de 1877 que la Franc-maçonnerie « a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n’exclut personne pour ses croyances ».

  • 17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conf (…)
  • 18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.
  • 19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Pa (…)

13Si les rapports de la Franc-maçonnerie avec la religion sont sources de dissensions internes, la problématique se révèle encore plus complexe si l’on considère les relations qu’entretiennent l’institution maçonnique et l’Église. A partir de 1738, et pendant près de deux siècles, en effet, l’Église condamna la Franc-maçonnerie, allant jusqu’à interdire à ses prêtres l’initiation maçonnique17. Ainsi l’évêque de Marseille, Mgr de Belzunce, grande figure de l’épiscopat français, condamna-t-il sans appel les conventicules maçonniques dans un mandement de 1742, où il fustigea ces « assemblées où sont indifféremment reçus gens de toute nation, de toute religion et de tout État »18. Selon Charles Porset et Cécile Révauger, cette attitude de l’Église catholique serait due à sa crainte d’être concurrencée par une association faisant référence à une religion naturelle, libérée des dogmes, et proche, dans son esprit, de l’idéologie protestante19.

  • 20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Univer (…)
  • 21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de (…)

14La Franc-maçonnerie libérale, à son tour, combattit le cléricalisme dans des pays comme la France à partir des XIXe et XXe siècles, comme le prouve l’affaire des fiches qui éclata avec le général André et la complicité du Grand Orient de France, sous le gouvernement Combes, et visait à éradiquer les tendances conservatrices de l’armée20. Cet attachement au républicanisme fit dire à l’historien et maçonnologue Pierre Chevallier que la Franc-maçonnerie devint « l’Eglise invisible de la République »21. En 1905, enfin, de nombreuses obédiences participèrent à réaliser la séparation de l’Église et de l’État.

Un fort engagement social et politique : les francs-maçons dans la cité terrestre

  • 22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Ga (…)

15Si la question religieuse a préoccupé les francs-maçons dès les débuts de la Franc-maçonnerie, les questions sociales ont aussi été l’objet d’une attention majeure à partir du XVIIIe siècle. Bien avant la Révolution française, l’institution maçonnique affirma le principe d’égalité entre les hommes (représenté symboliquement par cet outil rituel qu’est le « niveau »), ce qui ne manqua d’ailleurs pas de faire scandale sous l’Ancien régime, foncièrement inégalitaire, ainsi que le fait remarquer l’historien Gérard Gayot en s’appuyant sur des témoignages d’époque22. Nombre d’aristocrates, en effet, voyaient d’un mauvais œil ces ateliers où de grands seigneurs abandonnaient le privilège de leur rang en fraternisant avec des roturiers. Cet intérêt pour les problématiques sociopolitiques s’est mué en un véritable engagement dans le siècle, même si cela est surtout vrai pour la Franc-maçonnerie libérale et irrégulière, la Franc-maçonnerie anglo-saxonne, traditionnelle et régulière, restant davantage tournée vers les thématiques spirituelles.

16En France, l’attachement des francs-maçons – majoritairement libéraux à l’exclusion de ceux qui œuvrent au sein de la GLNF – aux lois de la République est attesté depuis très longtemps, et nombre d’entre eux se sont illustrés dans ce sens : Lazare Carnot et Jules Ferry, fervents défenseurs de la laïcité et partisans d’une éducation égalitaire, accessible à tous, Victor Schoelcher, qui réalisa l’abolition de l’esclavage, ou encore Félix Faure, Camille Pelletan, Léon Gambetta, Alexandre Millerand, Guy Mollet, Gaston Doumergue, Paul Ramadier… Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, on compte également des noms aussi célèbres que Winston Churchill, George Washington, Franklin Roosevelt, Théodore Roosevelt et Harry Truman. Au XXe siècle, en France, les francs-maçons ont œuvré dans le sens de la laïcité, défendu le projet de loi sur la contraception, participé à faire voter la loi Veil autorisant l’avortement ou encore la loi abolissant la peine de mort, aux côtés de Robert Badinter. Plus récemment, ils ont contribué au retrait du très controversé fichier Edvige, et tentent de faire progresser la législation autour de l’euthanasie et de la bioéthique, notamment.

  • 23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une m (…)
  • 24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le (…)
  • 25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçon (…)
  • 26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

17L’exemple de la « fraternelle »23 parlementaire, créée en 1947 sous l’impulsion de l’ancien sénateur et député – initié au Grand Orient de France – Henri Caillavet, durant le mandat de Paul Ramadier, est à cet égard significatif24. Les élus du Sénat et de l’Assemblée Nationale, appartenant à diverses obédiences maçonniques, s’y retrouvent pour débattre des dossiers en cours et de diverses questions de société en s’efforçant de dépasser les clivages des partis. Tout cela atteste de la tradition d’engagement dans la cité qui est celle des francs-maçons depuis les origines25, tout du moins en France et en Belgique. Une tradition qui, associée à la fraternité et à l’esprit d’entraide maçonniques, peut d’ailleurs être source de dérives en tous genres26 (comme le prouvent les scandales politico-financiers qui secouèrent la région PACA vers la fin des années 1990, et que le Procureur de la République au Tribunal de Grande instance de Nice, Eric de Montgolfier, s’efforça de combattre), lesquelles font le bonheur des grands hebdomadaires et de leurs marronniers. D’où le préjugé, largement répandu, selon lequel la Franc-maçonnerie se réduirait à n’être qu’un réseau affairiste destiné à servir les intérêts personnels de quelques individus cupides.

Une tentative d’équilibrage : vers la réalisation utopienne des « noces chimiques du ciel et de la terre »…

  • 27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler (…)

18Pour autant, cet engagement politique et social est censé être complémentaire avec le développement spirituel des initiés. La progression des adeptes dans leur quête intérieure, en effet, doit idéalement les amener à transformer leur comportement au sein de la société. Car si le travail de l’initié prend naissance dans l’enceinte sacrée, où s’élabore la réflexion et où se cherche la sagesse, il se prolonge et s’actualise naturellement dans le monde profane, comme en atteste ce passage du Rite Écossais Ancien et Accepté, invitant chaque franc-maçon à « poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». Inversement, l’amélioration de la vie matérielle doit favoriser l’épanouissement personnel des adeptes.27

  • 28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Derv (…)
  • 29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende (…)
  • 30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

19Considérations temporelles et spirituelles sont donc dialectiquement imbriquées, pour la plupart des obédiences francophones, et témoignent de l’influence profonde et durable que la tradition alchimique, qui s’efforçait de réconcilier l’esprit et la matière en opérant les « noces chimiques du ciel et de la terre » par un phénomène de transmutation, possède sur les francs-maçons. Le système ternaire des « frères trois points » (triangle, trois pas de l’Apprenti, trois colonnes baptisées « Sagesse », « Force » et « Beauté », trois Grande Lumières de la Franc-maçonnerie…), n’est d’ailleurs pas sans rappeler les principes de base des alchimistes, qui prétendaient réunir le Soufre igné et le Mercure aqueux via un troisième terme, le Sel. L’analyse que l’initié Edouard Plantagenet effectue au sujet de la conversion maçonnique est nettement imprégnée de cette pratique alchimique, puisqu’il précise que « cette tâche s’accomplit en « spiritualisant la matière » au premier degré de l’Initiation, en « matérialisant l’esprit » au second et, enfin, en unifiant la matière et l’esprit au troisième »28. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la symbolique maçonnique des hauts grades s’inspire également des traditions templière et chevaleresque29, les moines-soldats et membres de ces ordres étant animés par des motivations tant profanes que spirituelles30.

  • 31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.
  • 32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve (…)
  • 33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton (…)

20On peut même percevoir dans la voie maçonnique une ambition utopienne, visant à réaliser la cité céleste sur terre, dans la mesure où elle entreprend de parfaire la condition humaine. Le caractère « protestataire » que Karl Mannheim identifie comme étant au fondement de l’utopie31 (à l’inverse de l’idéologie qu’il décrit comme un outil de conservation du pouvoir aux mains des classes dominantes), en effet, est bien présent dans l’institution maçonnique, qui s’efforce de changer la nature des choses. Il s’exprime notamment à travers l’initiation, qui prétend faire du profane un « nouvel homme » qui renaît après avoir connu une mort symbolique, ou encore à travers la devise maçonnique Ordo ab chao, qui entreprend de faire advenir l’ordre à partir du désordre32. Enfin, on peut aussi en trouver la trace dans le désir de dépasser les clivages idéologiques, religieux et politiques, et d’unir les hommes autour de valeurs communes. La Franc-maçonnerie, en effet, éprise d’universalisme, entend bien offrir à ceux qui se considèrent « citoyens du monde » une institution cosmopolite33, un langage symbolique anté-babélien, capable de transcender les particularismes nationaux. Elle est ce « centre de l’Union » évoqué par les Constitutions d’Anderson, qui permet de réunir par une » véritable amitié, des personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées »…

21Une obédience comme l’Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain, qui rassemble plus de 27 000 membres de par le monde, tente explicitement de concilier approches symboliques et spirituelles d’une part, approches sociales d’autre part, en faisant « plancher » annuellement ses adeptes sur des questions relevant de ces deux thématiques. Très attachée à la laïcité, elle est également tournée vers des considérations proches de celles que les religions développent, certains de ses adeptes s’engageant dans une démarche méliorative que l’on pourrait qualifier de sotériologique.

  • 34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.
  • 35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

22Cette tentative d’équilibrage entre deux postures que les philosophes des Lumières tendaient à considérer comme antinomiques (tradition et modernité, symbolisme et conceptualisme, foi et raison, ésotérisme et exotérisme…), traduit une volonté de ré-enchanter un monde désenchanté – selon l’analyse weberienne – par l’affaiblissement des idéologies transcendantes et des référents métaphysiques, sans toutefois sacrifier aux idées de progrès et de liberté que la société moderne a mises en exergue. Dans certains ateliers du Droit humain34, l’ouverture et la fermeture des travaux par le Vénérable Maître se fait d’ailleurs selon la mention significative suivante : « Au Progrès de l’Humanité et / ou à la Gloire du Grand Architecte de l’univers »… Si la franc-maçonnerie est un idéal, elle se veut donc un idéal incarné. Alain Pozarnik, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, affirme ainsi qu’ « il y a deux plans, deux niveaux de vie, l’homme peut choisir l’un ou l’autre, le matériel ou le spirituel, l’initié s’équilibre entre les deux, il vit à la fois le ciel et la terre »35.

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Notes

1  Roy, Jean-Philippe, « Théisme, déisme, adogmatisme, la Franc-maçonnerie. Une troisième voie pour sortir du clivage autonomie/hétéronomie ? », in La Pensée et les Hommes, n° 66, 2007.

2  Maffesoli, Michel, Eloge de la raison sensible, Paris, Grasset, 1996.

3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religion dans le monde, si nous considérons le terme comme dérivé de « religare », puisqu’elle unit tous les hommes qui lui appartiennent comme des « frères », sans égard à leur race ni à leur foi » (Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu, Paris, Dervy, 2001, p. 72).

5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, Detrad, aVs, 1998.

6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octrobre 2005 : les conditions d’un enseignement du fait religieux dans l’école française, publiés par l’ARELC, Bulletin de liaison, n° 20, 2007.

7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, p. 82.

8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.

10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité méridionale, Paris, Fayard, 1968.

12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la fois pénitents et francs-maçons.

13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.

14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.

15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionnelle, tandis que le Grand Orient de France incarne la mouvance la plus libérale.

16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage de Ferré, Jean, Histoire de la Franc-maçonnerie par les textes (1248-1782), Paris, éditions du Rocher, 2001.

17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conflit, Paris, Desclée de Brouwer, 1998.

18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.

19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Paris, Honoré Champion, 2006.

20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Universitaires, 1989.

21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de la République : 1877-1944 », Paris, Fayard, 1975.

22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Gallimard, 1991 (p. 125, pp. 153-177).

23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une même profession.

24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le divorce par consentement mutuel, l’acharnement thérapeutique, les greffes d’organe ou encore la transsexualité, et participé à la création de la CNIL.

25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçonnerie en Europe, XIXe – XXe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2000.

26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler un chapitre de son ouvrage La Réalité maçonnique « La Franc-maçonnerie, corps spirituel et corps social ».

28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Dervy, 1992.

29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières, Paris, Dervy, 2005.

30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.

32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve encore une fois l’influence de l’alchimie dans la devise maçonnique Ordo ab chao. Les alchimistes, en effet, possédaient une devise assez semblable (Solve et Coagula, qui signifiait que la materia prima dissoute se transformait ensuite en une substance ennoblie et solidifiée), et affirmaient donner naissance à l’Œuvre au Blanc à partir de l’Œuvre au Noir.

33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton à Metternich, Rennes, Ouest-France, 1999.

34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.

35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

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References

Electronic reference

Céline Bryon-Portet, « La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales », Amnis [Online], 11 | 2012, Online since 10 September 2012, connection on 10 November 2019. URL : http://journals.openedition.org/amnis/1676 ; DOI : 10.4000/amnis.1676

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About the author

Céline Bryon-Portet

Maître de conférences HDR en Sciences de l’information et de la communication, Université de Toulouse, France, celine.bryonportet@ensiacet.fr

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La Liberte 7 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La Liberté

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La Liberté ne présuppose pas un changement de condition car elle est pour tout homme le fondement même de la dignité. Cet affranchissement est radical car il ne se confond pas avec l’idéal du sage, stoïcien ou autre, qui par la réflexion ou l’effort moral cherche à acquérir la parfaite maîtrise de soi et à s’établir dans une inviolable tranquillité intérieure.

Loin d’être le fruit d’une doctrine, d’une politique, d’une philosophie, d’une religion ou, à l’inverse, d’une révolution sanguinaire, la liberté résulte d’un événement qui devrait s’inscrire dans l’histoire de chacun d’entre nous, je veux parler de l’initiation, et d’un contact personnel à travers le travail à la gloire du G … A … D … U ….
Le maçon est libre en ce sens qu’il a reçu le pouvoir de vivre en s’acceptant et en acceptant autrui, le pouvoir de vivre en regardant sa mort avec sérénité (je n’ai pas dit sans peur et sans angoisse …), le pouvoir de comprendre et observer la loi naturelle qui dépasse celles des hommes.
La liberté c’est la réalité de l’arrachement opéré à l’empire des ténèbres car il est vrai que nous sommes sur le chemin conduisant du centre de la caverne aux délices des jardins de la Jérusalem céleste.

Si chacun d’entre nous vit réellement au quotidien l’exercice des vertus d’un degré d’Amour, alors le Phénix l’emporte plus haut pour lui donner le pouvoir d’exercer sa liberté. Le pouvoir se situe là, uniquement là et pas ailleurs.

C’est cette seule, mais impérieuse condition, qui l’autorise à tenir le glaive du Chevalier, car s’il est bien passé de la mort à la vie, alors il peut ajouter sans crainte l’action à l’amour. En effet, si nous sommes bien morts au vieil homme, alors nous sommes dégagés de la loi extérieure et ce n’est plus en elle que réside le germe de notre action. Nous sommes dans un régime nouveau et la docilité à l’esprit représente maintenant la norme de notre conduite dans le monde des Hommes.
Cette possibilité d’action selon les normes de l’esprit pour fabriquer le Monde, là est notre Liberté.

Cependant « Tout est permis, mais tout n’édifie pas » déclarait Paul aux Corinthiens; et il ne semble pas y avoir là une limite à la Liberté mais bien une façon supérieure de l’exercer pour le bien de la communauté humaine. En ces dernières années du second millénaire, si nous réussissons à contribuer à cette prise de conscience, ne serait ce qu’un peu, alors nous pourrons dire que nous avons fait notre travail « à notre place et à notre office ».

Notre liberté ne semble pas être en rapport avec l’une ou l’autre des facultés qui résultent de notre organisation mentale ou physiologique. Il faut aller plus loin pour chercher cette caractéristique inexistante ailleurs; ce trait spécifique de l’être humain c’est notre étonnante aptitude, notre inexplicable possibilité d’exercer la Charité.
C’est ce qui nous rend capables d’aimer avec désintéressement, d’un amour dicté ni par le sang, ni par l’intérêt, ni par l’instinct, ni par le désir d’appropriation, d’un amour
qui ne vit pas pour soi mais pour l’autre et qui le fait exister. Cet amour inclut la Liberté car, que serait un amour nécessaire, sinon une servitude ?

La Liberté n’est pas une valeur ajoutée à notre équipement moral; elle est à l’amour ce que les notes sont à la musique (A.Frossart) .Malheureusement de même que nos cinq sens se croient libres alors qu’ils sont esclaves de l’habitude et de l’éducation, de même que certains ont la folie des grandeurs, nous nous avons souvent la folies des petitesses.

Albert Camus écrivait que « la liberté n’est pas une récompense ni une décoration qu’on fête dans le champagne. Ni d’ailleurs un cadeau, une chatterie propre à donner le plaisir des babines. Oh! Non c’est une corvée au contraire et (rejoignant la pensée paulinienne) une course de fond; bien solitaire, bien exténuante.»
Nous pouvons le croire car le corollaire de la liberté c’est la responsabilité et nous savons qu’au terme de toute liberté il y a une sentence. C’est pourquoi nous ne pouvons, ici et maintenant, nous résoudre à n’être que des artistes et des témoins, encore moins des juges baignant mollement dans la violence de l’histoire.

« Beaucoup d’œuvres ont besoin de mûrir, d’être l’aboutissement d’une vie, la somme des connaissances, le recul nécessaire à une juste critique. Avec la relativisation les haines peuvent devenir moins fanatiques. Il y a une comparaison avec les vrais drames de l’existence. Pour un peintre l’heure vient l’heure où il ne peut pas se satisfaire du bâclé, ou d’un répétitif sans âme. Le temps paraît plus supportable quand l’œuvre se construit. C’est peut être cela la sagesse, quand vient le moment où les heures s’égrènent, à la fois trop lentement, sans perspectives apparentes, alors qu’il permet à la pensée, à la méditation, d’être en elles-mêmes un œuvre, tandis qu’au contraire le temps débusque le temps pour filer trop vite, trop cruellement vite vers le terme. Cette contradiction, elle aussi, est gérée d’une manière irraisonnée par les humains. Certains n’ont rien à se dire, ils mènent une vie quasi-végétative, véritable survie dans une société d’opulence. Les autres trépignent, n’ont pas le temps de tout faire, veulent réparer le gâchis d’un temps massacré, gaspillé comme des rasoirs jetables ».[1]

C’est pour toutes ces raisons que nous travaillons à la construction de la liberté et souhaitons de ne pas devoir un jour, prendre les armes dans ce but. Malheureusement nous trichons; nous parlons, parlons … parlons beaucoup, beaucoup trop. Moi même ce soir je me suis laissé prendre à ce jeu … C’est dramatique parce qu’il y a urgence. « Que Dieu existe ou pas. S’il n’existe pas, il faut l’inventer, chacun selon ses moyens, intellectuels, spirituels, familiaux, historiques. Si pour de vraies raisons il n’est pas possible de l’inventer, il ne reste qu’à exploiter le non-sens, dépassant l’absurde par la jouissance de chaque souffle de vie. Le sens est là dans l’instantané, dans le temps vécu,ici, là, tout de suite, maintenant, faisant de chacun de nous un toxicomane de la vie parce que (dans ce cas) il n’y a plus rien après, parce que être programmé comme les hannetons ou autres insectes est monstrueux, effaçant l’homitude, effaçant l’imaginaire ». [2]
Voilà, à mon sens le véritable sens de l’action et la raison pour laquelle gloser interminablement sur le sexe des anges est dérisoire, inutile, petit, et insignifiant.

Voilà pourquoi nos prédécesseurs ont institué ce grade d’action à cette place dans le Rite. Voilà pourquoi nous les trahissons lamentablement lorsque nous nous amusons à nous poser des questions sans réponses et à résoudre des problèmes qui n’en sont pas.

Cela est humain et beaucoup d’hommes et de femmes de notre temps ne se les posent même pas …

Or il y a dans la vie de rares instants, rares mais sublimes, où nous avons la sensation fugitive de toucher le Principe, des moments où nous sommes pénétrés du chant de la Terre, des instants où les sensations passées viennent colorer l’action immédiate … des soupirs musicaux où un regard, un sourire, une pression de main viennent enluminer un petit geste de nous, nous donner de la valeur et du sens.

C’est que nous avons fait et c’est seulement grâce à ce que nous aurons fait que nous pourrons prétendre partager, un tout petit peu, le Règne, la Puissance et la Gloire.

J’ai dit.

 

Source : http://www.temple-parvis.com/la-liberte-planche-maconnique.html

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Trente-Trois ans ! 19 février, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Trente-Trois ans !

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Trente-trois ans ! Toute l’histoire

D’un fils prodigue de la Lumière

Qui travaille sans cesse à ta Gloire,

Grand Architecte de l’Univers !

J’étais perdu, solitaire,

Tous les Frères m’ont ouvert les bras.

Franc-Maçonnerie salutaire,

Que serais-je devenu sans toi ?

J’avais juste en perspective

Mon passé mais un autre en moi

Me disait « Qui m’aime me suive ! »

J’entendais mais ne m’aimais pas.

Serai-je à jamais dans l’errance

Dans le labyrinthe des idées ?

Pourrai-je éclairer ma conscience

Avant de pouvoir vivre en paix ?

Vénec mon premier Vénérable

Parlait en toute Fraternité :

Ne construis pas sur le sable,

Suis la voie des bâtisseurs-nés.

Epelle tous les mots sacrés

Du grand livre de la Connaissance,

Jusqu’au point le signe premier,

Mais ici pour un temps silence !

Ton serment est ton viatique,

Ta parole engage l’avenir,

Entre la morale et l’éthique,

Ecoute ton cœur ! Qui l’inspire ?

Une Tenue décompte les heures

Par des mises en ordre en soi ;

Son présent donne la teneur

De tout ce qui fut et sera.

Les symboles couvrent l’univers

De passages plus ou moins cachés,

Ont tous un endroit, un envers ;

Entre eux tout est déjà tracé.

Entre ses pensées, ses mystères,

Guérillot mon guide soufflait :

Toute la vie est une prière,

Au bout du Rite tu dois aller.

Elève en toi trois colonnes,

La Sagesse, la Force, la Beauté,

Vers les voûtes qui chantent, résonnent

De ferveur et d’humanité.

L’Homme est le corps qui transpire

Amoureux d’un masque de fer,

Son manteau d’ombres se déchire

Pour laisser passer la lumière.

L’Homme est l’âme qui renouvelle

L’alliance du Beau et du Bien,

Lie temporel et spirituel,

Chaîne et trame de nos destins.

L’Homme est l’esprit qui intercède

Entre l’Etre en manque de foi

Et le sacré qui le précède

D’une crosse en forme de croix.

L’Homme trace entre ciel et terre

Des cercles ouverts, se dévoile,

Et les pieds posés à l’équerre

Se projette dans les étoiles.

 

SOURCE: http://patrick-carre-poesie.net/spip.php?rubrique63

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La laïcité

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

laicite

« Si tu veux que brille la flamme, médite dans le Temple et agis sur le Forum, mais garde-toi bien de faire du Temple un Forum. » J. Corneloup.
La laïcité ou le  sécularisme désigne le principe de séparation de la société civile et de la religion. Elle s’oppose donc à la notion de théocratie, d’état religieux. Dans une démocratie, la loi peut être contestée car elle est l’œuvre des hommes.
Dans une théocratie, la loi est l’œuvre de Dieu, donc toute contestation devient impossible, c’est bien là le piège des pseudos « républiques islamiques » qui n’ont rien à voir avec la notion de république et qui rappelle sournoisement les notions de « républiques démocratiques socialistes » qui n’avaient elles non plus aucun rapport avec la notion de démocratie. Le mot république, abusivement employé, peut ainsi cacher une dictature, une oligarchie ou une théocratie.

La laïcité est un sujet récurent, notamment en France, où elle est mentionnée expressément dans la constitution. En quoi est-elle vraiment un rempart de la liberté de conscience et de culte contre les intégrismes ? N’est elle pas, aussi, une autre forme d’intolérance de la raison à la gloire de l’étatisation ? En quoi intéresse-t-elle la Franc-Maçonnerie ?

1. La laïcité, une victoire de la raison sur la passion ?

La laïcité est un courant historique défini comme étant le principe de la séparation de la société civile et de la société religieuse, l’État n’exerçant aucun pouvoir religieux et les Églises aucun pouvoir politique. L’antithèse de la laïcité est donc le cléricalisme, d’où cet esprit anticlérical que la laïcité a longtemps généré en France, notamment dans ce qu’on a appelé la pensée « libre » et avec laquelle elle a souvent été confondue.

Dans l’histoire de France, où régnait une monarchie de droit divin, la pensée laïque a commencée il a près de 400 ans avec la promulgation de l’Edit de Nantes qui assurait la liberté de culte. Mais ce n’est qu’en 1787 et en 1789, sous les coups de butoir des idées propagées par la révolution française, que « l’alliance du sabre et du goupillon » a réellement commencé à décliner.

Ainsi, la laïcité s’est historiquement imposée comme concept et comme opérateur d’organisation sociale face aux religions révélées. Religion entendue comme ce qui donne les « raisons » de vivre et de mourir. Le croyant devient souvent intolérant (et même meurtrier comme en témoigne l’histoire des religions) car il est toujours persuadé de détenir la seule vraie religion, adorer le seul vrai Dieu. Il a donc été juste de créer un espace de vie en commun, neutre, excluant du débat et de la manifestation ce qui avait pu faire tant de ravages. En ce sens la laïcité est effectivement source de liberté, d’ouverture, et de tolérance. Mais cette définition est elle satisfaisante ? Le principe de laïcité, doit-il aujourd’hui être limité au « non-cléricalisme » ? ne doit-il pas être réactualisé et étendu à toute autre forme de lobby, même non religieux ?

Une définition trouvée sur l’internet [1] défini la laïcité dans les termes suivants : « La laïcité exprime une éthique de société, qui ne saurait accepter les idéologies toujours en mouvement de l’obscurantisme et des dogmes, du prêt à penser, de la haine. Elle est notre atout majeur dans les combats engagés contre la xénophobie, le racisme, les intolérances et les intégrismes. Elle veut être cette école de l’intelligence dont Jean Rostand disait qu’elle vise à « former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force dont ils puissent faire leur force, les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité, leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu’est la ressemblance ». »

Aujourd’hui, les idéologies de l’obscurantisme et des dogmes, du prêt à penser, de la haine propageant la xénophobie, le racisme, les intolérances et les intégrismes ne sont plus seulement le propre des Églises. Elles sont aussi l’œuvre de groupes sociaux ou ethniques, de partis politiques et même de certains milieux économiques toujours prêt à détourner le bien commun et la liberté des peuples à leurs profits personnels. Mais à ce niveau ne fait-on pas un amalgame entre Laïcité et démocratie ? Peut-être, en ce sens, si on pense que le mot laïcité vient du grec « laos » qui désigne un peuple au sens de sa réalité communautaire, où les hommes, partie de ce tout, sont par nature égaux en ce que chacun est un élément unique, parfaitement équivalent à un autre et également fondateur de la réalité du groupe. Ce « laos » est distinct de la « polis » grecque, la cité, qui est l’ancêtre de notre État en tant qu’organisation sociale autonome et du « demos », peuple, compris comme entité politique dans « demokratia » gouvernement, souveraineté populaire. Le « laos » renvoie, lui, à ce que les latins appelaient « res publica », chose publique, dont chaque citoyen est souverain et qui a donné aujourd’hui la notion de « république ».

2. La Laïcité, religion inversée ou dictature de la raison ?

Certains « enragés » de la République n’ont-ils pas un comportement qui est proche de l’intégrisme ? Prenons par exemple l’épisode du « foulard islamique ». La polémique entourant le port du foulard islamique dans les écoles publiques a provoqué en France un important débat sur la prise en compte de la diversité culturelle et religieuse dans les institutions publiques. L’école s’est développée autour d’un certain nombre d’enjeux à la fois politique, juridiques et socioculturels parmi lesquels on peut identifier : la présence de l’Islam dans les sociétés occidentales, le statut de la femme, le phénomène de l’immigration et de l’intégration, le statut de l’école publique et laïque en France. Ce débat a pris rapidement un caractère symbolique et s’est installé dans l’opinion et les médias (avec une confusion savamment entretenue entre Islam et islamisme). Il met en évidence l’opposition de deux éléments : le caractère laïque de l’école publique et le port d’un signe religieux, face à cela deux attitudes apparaissent ; La première, s’appuyant sur la laïcité la plus stricte qui considère le « hidjab » comme une attaque de l’intégrisme islamiste contre la laïcité de l’école ; La deuxième se fondant sur une forme de neutralité qui prône « le droit à la différence », qui tout en défendant une école au-dessus de tous pluralismes respectent ceux-ci. L’exclusion de ses jeunes filles, ouvre la porte à une « laïcité intégriste ». Quelles angoisses identitaires le foulard de quelques gamines a-t-il réactivé, entraînant stigmatisation, exclusion et violence ? Serait-il le support d’un affect d’angoisse ? Angoisse face à l’étrangeté ? Angoisse face à la féminité ? En pensant se protéger par l’exclusion d’un risque « intégriste », qui relève plus du fantasme que d’une réalité, on aboutit souvent à l’effet inverse, en interdisant l’accès à l’école, on les enferme, les privant ainsi des influences extérieures, d’une ouverture sur le monde. On les transforme en « victimes », et « en offrant des victimes de l’intolérance de la société française on relativise l’intolérance intégriste », on les pousse vers un repli identitaire, communautaire. L’éducation est l’élément clé pour combattre l’ignorance et les stéréotypes. L’école doit promouvoir la démocratie et l’humanisme par l’éducation et la conviction et non par la contrainte. Ce n’est pas un combat contre la laïcité, mais la répression dans un tel cas n’est pas une solution. Bien sûr, on ne peut contester que le foulard est un symbole de l’oppression des femmes, mais doit-on faire preuve d’intolérance, de rejet face à celles qui le portent ? Par ailleurs personne ou presque ne s’est vraiment efforcé d’en comprendre vraiment la signification réelle. Pour certaines, il s’agit d’un choix, une manière d’affirmer leur liberté individuelle, « de leur droit à être française et musulmanes », « le symbole d’appartenance à un groupe » pour d’autres, il s’agit d’un compromis, « une concession faites à leurs parents, pour obtenir quelque chose en échange, comme par exemple la possibilité de continuer des études ». Il faut donc écouter avant de condamner. L’école doit et peut rester, grâce à une « laïcité vivante », c’est à dire ouvert et tolérante, le lieu social de l’apprentissage de la communauté, de formation du citoyen, et du « vivre ensemble », et c’est se tromper d’ennemi, « prendre l’ombre pour la proie » que de lapider sur la place publique quelques jeunes filles pour qui, souvent le port du voile peut être un passeport qui ouvre la voie à l’intégration.

Une laïcité « pure et dur » n’est elle pas une forme de dictature de l’étatisme ? Nous avons tous en mémoire l’échec des « dictatures du prolétariat ». Le Marxisme a voulu être une sorte de religion laïque faisant de l’étatisme le meilleur garant du bonheur genre humain. Son joug n’a pas été plus doux que le pire des intégrismes. Aujourd’hui, on peut mesurer l’ampleur et le désastre où peut mener ce genre d’utopie…

Que fait-on en ce sens du droit des familles à transmettre leurs propres valeurs ? Le rejet des valeurs confessionnelles peut être dangereux car il constitue une autre forme de dogmatisme qui rejetterait toute une part culturelle qui est aussi un héritage légitime auquel à droit tout être humain appartenant à une collectivité donnée. Faire le « vide » en la matière, peut-être dangereux car il semble nécessaire que chaque personne puisse avoir fait son « indigestion » de religieux, ne serait-ce que pour pouvoir savoir, en connaissance de cause, ce qu’elle aurait éventuellement à critiquer… La laïcité sans culture religieuse aucune n’est-elle pas le plus sûr moyen de livrer des individus, incultes en la matière, à l’attrait des sectes de tous poils ?

Par ailleurs, La rationalité froide, même purement scientifique, rejetant toute forme de spiritualité ne peut engendrer qu’une forme de pensé aride. Une pensée purement matérialiste empêche la voie du cœur et rend sourd à la poésie. C’est une autre forme de conditionnement. C’est oublier que la science ne répond qu’à la question « Comment ? » et que seules la philosophie et la métaphysique posent la question du « Pourquoi ? ». La pratique d’une spiritualité sereine n’est-elle pas le meilleur garant de ce genre de dérive ? Rabelais [2], en son temps, a pu dire : « Parce que, selon le sage Salomon, sapience (sagesse) n’entre point en âme malivole (de mauvaise volonté) et science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». La conscience a-t-elle pu jamais avoir été découverte sous le moindre scalpel ? Cela voudrait-il dire qu’elle n’existe pas et n’est que le fruit de l’irrationnel ? La science et la raison pure sont-elles réellement les seules et uniques clés de la connaissance ? L’homme ne semble pas vivre que de pain et son esprit a aussi besoin de s’aguerrir hors des sentiers de la raison, ne serait-ce que pour se forger une identité personnelle et libre.

Croire c’est prendre une option, un pari. Ne pas croire n’est pas ne pas prendre une option, c’est prendre l’option de ne pas en prendre, c’est prendre le pari qu’il n’y a pas de pari à prendre. La laïcité militante, anticléricale, affirmée comme un espace pur de toutes traces religieuses, comme non contaminés par l’irrationnel, le subjectif etc., comme espace préservé et à préserver à tout prix des agressions du mal « religieux » (comme on veut dans les hôpitaux tuer tous les microbes, bactéries) finit par engendrer une autre forme d’intolérance. La dictature de la raison n’est pas meilleure que celle de la passion. Elle est différente, mais elle engendre des souffrances aussi grandes.

3. En quoi intéresse-t-elle la Franc-Maçonnerie ?

Au « Grand Orient de France » (GODF\), certaines Loges finissent encore leurs travaux sur un vibrant « A bas la calotte ! ». Cette intransigeance anticléricale fleurant bien le XVIIIème siècle, a-t-elle aujourd’hui, encore un sens ? Pour répondre à cela, un article [3] paru dans le journal « Le Monde » du 8 septembre 2000, résume bien la situation. En s’appropriant le monopole de l’interprétation républicaine, en s’identifiant à la seule République moniste, en se déclarant le dernier rempart contre la barbarie pluraliste, le GODF est devenu une sorte d’organisation profane qui ne fait que parodier les clivages de la société française. Comme celle-ci, il se raidit dans son incapacité à gérer le nouveau pluralisme culturel et religieux. On trouve au sein de cette obédience française des enragés de la République, des intégristes de la laïcité, des « athées stupides » (selon la formule d’Anderson, le rédacteur de la première Charte maçonnique), des souverainistes et des fédéralistes minoritaires et même des spiritualistes plus discrets que les haut-parleurs médiatiques. En ce sens, le GODF, qui a pour slogan « liberté, égalité fraternité » et qui entend participer activement à la « construction de la société idéale » est un bon baromètre de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui une certaine Franc-Maçonnerie, en l’an 2000, à la croisée d’un cheminement. Elle doit, soit se transformer en clubs politiques ou mondains comme les autres avec peu de chance de concurrencer ceux qui sont déjà en place. Soit proposer au contraire une réforme radicale qui lui permette de répondre réellement à un certain nombre d’angoisses de nos contemporains sur le plan de la spiritualité par la voie initiatique. Dans ce dessein, il faut certainement renoncer à un certain nombre de pratiques qui l’ont conduit à devenir une machinerie administrative gérée par des professionnels dont la maîtrise est inversement proportionnelle à leur ego. Le GODF a étalé sur la place publique ses dissensions autour de six « Grands Maîtres » en moins de dix ans. Cela fait un peu désordre pour une « société secrète ».

Il faut, peut-être, tout simplement revenir aux Constitutions d’Anderson, à la loge libre, en reprenant nos travaux discrets, en étant dans la société civile et non dans l’Audimat, en acceptant la progressivité du parcours pour ensuite, forts des vérités acquises à l’intérieur, les proposer au monde, qui d’ailleurs n’en demande pas tant. Les temps sont sans doute venus de repenser les structures qui ne produisent que de l’entropie et de la gratification de l’ego pour ceux qui veulent être « califes à la place du calife ». Ce sont d’ailleurs les apparatchiks élus selon un système complexe à plusieurs niveaux qui parlent le plus de « transparence démocratique ».

Une autre forme de Franc-Maçonnerie existe, par ailleurs, en parallèle. Plus traditionnelle, elle a pour devise « force, sagesse, beauté » et préfère travailler à « la construction du Temple de l’Humanité » à partir de la construction du temple intérieur par la maîtrise de l’ego. Ainsi, si un Frère doit intervenir dans la vie sociale, en qualité d’élu, de responsable d’association ou à quelque autre titre, il devrait pouvoir rayonner suffisamment de fraternité et de tolérance du fait de sa formation maçonnique. Mais ce n’est pas à l’ordre maçonnique en tant qu’entité, à peser sur la société dans laquelle elle vit et dont elle doit respecter toutes les règles et non pas les modifier, même si c’est dans un sens positif. Ce strict respect des « landmarks » et des constitutions d’Anderson, ne fleure-t-il pas non plus le siècle dernier et ne mérite-t-il pas d’être mis à jour ?

La Loge est composée d’hommes de tous horizons qui viennent aussi du monde profane et qui sont influencés par sa pensée du moment. Un échange permanent se fait entre la condition de maçon et celle d’homme du quotidien. Cela est une symbiose qui n’autorise pas d’absolu total et oblige à tous les compromis. La perfection est un objectif mais elle n’est pas encore de ce monde. Elle est une projection vers l’infini qui s’oppose à notre condition de simples mortels. L’Esprit de la Loge, L’Égrégore, est un terreau fertile qui permet l’éclosion de l’éthique et de l’identité maçonnique. Cette fraternité de pensée permet-elle de donner des réponses pratiques à chacune de nos questions quotidiennes ? Ce qui fait la force d’une pensée, c’est son degré d’objectivité. Une façon de penser qui ne colle pas à la réalité ne peut que reposer sur le dogme. C’est là, le grand mérite de l’esprit maçonnique que de lutter contre toutes formes d’axiome et de prôner un humanisme universel au de-là de tout esprit de chapelle, de race, de culture, de sexisme et de croyances. Le symbolisme, ce langage muet, est le meilleur moyen de communiquer pour autant qu’il ne soit pas figé dans le dogmatisme.

Si les valeurs de la laïcité sont bien présente dans l’éthique maçonnique qui, par définition, doit être inter-confessionnelle, non dogmatique et doit rejeter toute forme de totalitarisme, elle ne représente qu’une partie de cette éthique qui est aussi la recherche de la sagesse, apprendre à écouter, se méfier des passions et des préjugés, retenir l’envie d’intervenir, respecter les autres et donner sa chance à celui qui en a vraiment besoin, seule une école initiatique propose ce programme, surtout si celui-ci est associé à l’introspection, au retour sur soi-même. On remarque, dans la vie profane, l’homme qui a été à cette école.

4. Conclusion

Il semble, aujourd’hui, à la veille du troisième millénaire, qu’il soit plus important que jamais de rester « vigilant ». La franc-maçonnerie est une bien curieuse institution. Elle présente en effet un certain nombre de caractéristiques qui expliquent, en partie, les fantasmes et les interrogations qu’elle suscite depuis sa création en Angleterre entre 1717 et 1723, par des huguenots français émigrés, admirateurs de Newton et manipulés par la Royal Society. Elle se présente comme une société de pensée caractéristique du XVIIIème siècle ébloui par la « scienza nuova » [4].

Mais elle est plus une communauté pneumatique qu’un club parce qu’elle prétend également assumer la transmission d’une double tradition : celle des maçons « francs » et donc du « mestier », tradition fondée sur l’interprétation du mythe d’Hiram, le constructeur du Temple de Salomon, couplée à l’autre versant du mythe fondateur, la chevalerie templière. L’histoire et l’évolution de cette double fonction permettent de comprendre la crise qu’elle traverse actuellement, surtout en France et plus particulièrement dans le cas du Grand Orient de France. Comment a-t-elle pu surmonter toutes les excommunications, condamnations et accusations justifiées ou pas ? Comment a-t-elle pu survivre par-delà ses errements et ses erreurs, ses nombreux avatars et multiples sectes, à tous les régimes politiques, y compris ceux qui l’ont martyrisé ? Certainement pas par ses prises de positions contingentes mais parce qu’elle a d’archétypal et de paradigmatique, c’est-à-dire en l’occurrence ses rites, ses mythes et surtout son système initiatique. Elle est en effet une des rares sociétés initiatiques qui proposent, en Occident, une voie pour vaincre la mort. Cette méthode particulière est fondée sur le symbolisme et le raisonnement par analogie. Ce sont là ses vraies valeurs universelles qui la rattachent à ce qu’on peut appeler « l’humanitude ».

La réponse peut toujours être trouvée dans le Cabinet de Réflexion que chaque franc-maçon devrait ne jamais oublier. Le Coq annonce l’aube du jour qui doit se faire dans les esprits. Il fait allusion aussi à la mystérieuse Quintessence, qui se dérobe à toute perception sensible et que nous ne pouvons concevoir qu’à force d’approfondir. La nécessité de descendre en soi et de pénétrer jusqu’au centre d’où jaillit la lumière intérieure, celle qui éclaire tout homme venant en ce monde, et dont la direction est indiquée par le fil à plomb.

Si nous savons ce qu’ont pu faire les Francs-Maçons du passé, ceux des « constitutions d’Anderson », au siècle dernier, à savoir, d’avoir pu réunir dans le même Temple, en une volonté commune, des hommes que tout séparait. Le Juif et le Chrétien, le riche et le pauvre, le blanc et le noir… Il serait intéressant de se poser la question, pour nous autres Francs-Maçons, à la veille du troisième millénaire, quels sont les vrais grands défis et valeurs qui nous restent encore à accomplir et à défendre, au-delà des vaines querelles dogmatiques et sexistes, pour avancer dans l’œuvre qu’ont commencés nos aïeuls. Pourrons-nous, par exemple, continuer éternellement, à ne pas reconnaître la réalité de l’initiation de nos sœurs et continuer à les appeler hypocritement « madame » ? La construction du « Temple de l’humanité » est bien loin d’être terminé et la « voûte étoilée » est encore le seul toit du Temple encore inachevé. Car le jour où cela sera fait, nous aurons alors la funeste prétention d’être l’égal de nos dieux ! Ce jour-là, à mon avis, l’Ordre sera vraiment perdu et le Temple ne sera plus que ruine…

Alors retroussons nos manches car le chantier réclame encore son lot quotidien de labeur. Car dans le Travail est la vraie et concrète réalité : L’initiation répudie tous les égoïsmes, même ceux qui visent à se satisfaire de se perfectionner soi-même en oubliant les autres. Le symbolisme de la « Règle » et celui de la « houppe dentelée » doivent toujours rester présent à nos esprits pour nous rappeler le principe fondateur de la « Chaîne d’Union », celui de la Fraternité Universelle et celui de la « juste mesure de toutes choses », La « Règle » que les anciens égyptiens appelaient la déesse « Maât ».


[1] http://www.respublica.fr/laicite/

[2] Rabelais (François), Pantagruel, 8. Bibliorum Larousse.

[3] Le Monde du 08/09/2000. Article de Bruno Étienne, franc-maçon, professeur de sciences politiques à l’Institut universitaire de France. http://www.lemonde.fr/article/0,2320,seq-2070-92950-QUO,00.html

[4]   Le Monde du 08/09/2000. Article de Bruno Étienne, franc-maçon, professeur de sciences politiques à l’Institut universitaire de France. http://www.lemonde.fr/article/0,2320,seq-2070-92950-QUO,00.html

 

SOURCE : https://www.rene-guenon.ch/index.php?option=com_content&view=article&id=37:le-miroir-du-maitre-franc-macon&catid=39:poemes-maconniques&Itemid=36

Charbonnerie et Franc-Maçonnerie 31 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Charbonnerie et Franc-Maçonnerie

 carbon

Pour beaucoup, la Charbonnerie est une société secrète de comploteurs – certains diraient « terroristes » de nos jours – plus ou moins liée avec la F...M.... Qu’en est-il exactement ?

Les historiens s’accordent à dire que la Charbonnerie, qui est restée Européenne et, plus précisément continentale et ouest-européenne, est née en Italie comme une sorte de résurgence des carbonari du XIIIème siècle, c’est-à-dire de ces conspirateurs guelfes –favorables au pouvoir pontifical – qui se réunissaient dans des cabanes de charbonniers et qui conspiraient-luttaient contre l’Empire dont les partisans étaient appelés les Gibelins.

Ces conspirateurs, pour pouvoir conspirer à l’abri des yeux et des oreilles de la police, se réunissaient donc dans des huttes de charbonniers aménagées au cœur de forêts. Depuis plusieurs siècles, des charbonniers vivaient à l’écart des villes et même des villages pour produire du charbon de bois. Mais qui étaient donc ces charbonniers dont les conspirateurs guelfes ont sollicité l’hospitalité ?

 La charbonnerie comme industrie :

La charbonnerie, comme activité de production de charbon de bois, n’était pas la seule activité pratiquée en forêt. Depuis des temps forts anciens, en effet, les forêts étaient le cadre de nombreuses activités : coupe des arbres (bûcheronnage), confection de fagots, préparation des échalas de châtaignier ou de chêne pour les vignes, travail du bois pour la fabrication d’objets usuels… La plupart de ces activités étaient saisonnières puisque liées aux conditions climatiques et au rythme de la végétation. Pendant les périodes d’inactivité, ces hôtes des bois n’en continuaient pas moins d’habiter dans les forêts, ce qui ne manquait pas de faire courir à leur sujet de nombreuses légendes mais aussi de nombreux préjugés. Ces rumeurs, pour la plupart, tournaient autour de la sorcellerie, de la magie, de diableries diverses et variées…, ce qui ne manquait pas de frapper d’ostracisme celles et ceux qui se livraient à ses activités. Ostracisme né de la peur sans aucun doute mais une peur teintée de jalousie car, en pleine époque féodale par exemple, les forestiers étaient des gens libres, c’est-à-dire dégagés de toute servitude.

Sans doute pour préserver leur liberté, les forestiers, de leur côté, ne faisaient rien pour briser la peur qu’ils inspiraient et, pour ce faire, les charbonniers prenaient grand soin à ne pas se défaire de leur noirceur, laquelle, comme on peut s’en douter, était la preuve du pacte qu’ils avaient passé avec certaines puissances et, en même temps, de la puissance qu’ils tiraient personnellement de la maîtrise du feu. Il est à noter, et c’est là deux points importants, que, même situées sur des terres féodales propriété d’un suzerain ou de l’Église, les forêts, à cause de la peur qu’elles inspiraient, étaient des espaces de liberté pour celles et ceux qui s’y réfugiaient (proscrits, serfs en fuite, lépreux…) d’une part et que, d’autre part, et en particulier dans les régions celtes, les forêts avaient été le cœur – voire même le temple et/ou le lieu de culte – de nombreuses religions primitives (le druidisme en particulier). Ainsi, parce qu’elles étaient justement des espaces de liberté, les forêts permettaient la survivance de pratiques religieuses pré-chrétiennes et pouvaient, au besoin, servir d’abri, à des sectes, c’est-à-dire aux hérésies ponctuant régulièrement le développement de la religion dominante.

Pour certains gros travaux comme le bûcheronnage et le débardage, les charbonniers recouraient souvent à des manouvriers, c’est-à-dire à des paysans qui, rémunérés en nature (bois de chauffe, charbon, ustensiles de bois…) ou en monnaie, n’entraient pas pour autant, à la différence, par exemple, d’un apprenti, dans l’ordre des métiers auxquels ils louaient leur concours. Ces manouvriers n’étaient donc pas… initiés aux arts des forestiers et, en particulier, des charbonniers.

La charbonnerie… une F...M... de… bois ?

Initiation… Le mot est lâché. Mais est-ce que cette initiation était seulement professionnelle (le droit d’entrer dans un métier et d’engager ensuite le long processus d’apprentissage des savoir-faire et des connaissances nécessaires à la maîtrise dudit métier) ; s’agit-il d’une initiation au sens d’admission aux mystères, d’affiliation, d’admission à un ordre dans son acception ésotérique ? ou bien, enfin, des deux à la fois ? Et, au-delà, y aurait-il eu une sorte de F...M... du bois à l’image de la F...M... de la pierre ?

En 1747, Charles François Radet de Beauchesne, affirmant détenir ses pouvoirs de Maître de Courval, grand maître des Eaux et Forêts du comté d’Eu, seigneur de Courval, est le promoteur d’un rite maçonnique forestier spéculatif. Selon Jean-Marie Ragon de Bettignies (1781 – 1866), ce rite aurait tenu sa première assemblée – le « Chantier du Globe et de la Gloire » -, à Paris, dans un parc du quartier de La Nouvelle France (actuellement Faubourg Poissonnière) le 17 août 1747. Pour cet auteur, le rituel, qui n’avait pas de caractère judéo-chrétien mais païen, provenait des forêts du Bourbonnais où des nobles proscrits avaient trouvé refuge, puis avaient été initiés par des bûcherons, pendant les troubles qui marquèrent les règnes de Charles VI et Charles VII. D’aucuns estiment que l’initiative de Beauchesne fut prise suite à la création à Londres, le 22 septembre 1717, par John Toland, de l’Ancient Druid Order ou de la diffusion en 1720 de son ouvrage Pantheisticon mais ils n’en apportent pas vraiment de preuves convaincantes.

Jacques Brengues, quant à lui, dans  » La Franc-Maçonnerie du bois  » Editions du Prisme 1973, accrédite la thèse d’une F...M...  du bois qui, d’opérative, serait devenue spéculative en raison de l’initiation de non-forestiers et, singulièrement, de nobles. Il cite ainsi plusieurs rituels forestiers en leur reconnaissant un caractère chrétien :

 §         Rituel compagnonnique de l’Ordre des Fendeurs (début du XVIIIème),

Pour plusieurs auteurs, la F...M...  du bois, en raison à la fois du développement de la F...M... de la pierre avec, en particulier, le G...O...D...F... mais aussi du déclin des activités des industries forestières et, en particulier, charbonnières, serait tombée en désuétude. Pour eux, et malgré l’orthodoxisme andersonien, elle perdura et perdure toutefois dans certains rites, notamment au niveau des hauts grades : Chevalier Royal Hache ou Prince du Liban du 23ème degré du Rite de Memphis ainsi que du 22ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et du Rite de Perfection. Toujours selon ces auteurs, des tentatives d’union de ces deux F...M...  eurent même lieu avec, par exemple, le Devoir des Fendeurs, corpus de Tours tandis que, plus ou moins sporadiquement, des résurgences d’une F...M... du bois ont pu être relevées, comme par exemple, Les Ventes de Roland en 1833, les Brothers fendeurs en Angleterre, le Grand Chantier Général de France régulièrement constitué en 1983 au centre des Forêts, sous les auspices de la Nature, …

En France, peu après la seconde guerre mondiale, on a assisté à un essai de restauration de l’antique initiation forestière avec la création du « Chantier de la Grande Forêt des Gaules » dont les symboles majeurs étaient l’arbre, la cognée, le coin et la hache et dont l’initiation était réservée aux maîtres des degrés de la « Holy Royal Arch of Jerusalem ». Cette initiative ne connut pas véritablement le succès mais, plus tard, en 1976, elle aurait présidé à la création de la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis (Humanitas).

Plus près de nous, en 1993, le druide de la Gorsedd de Bretagne, Gwenc’hlan Le Scouëzec tenta d’instaurer un rite forestier au sein de la F...M...  de pierre.

En 1999, A. R. Königstein dans « Les Braises sous la Cendre », Montpeyroux, Les Gouttelettes de Rosée, prône le retour d’un carbonarisme initiatique et insurrectionnel et propose un rituel de Charbonnerie opérant un transfert vers un paganisme et se détachant de la maçonnerie traditionnelle mais refusant le recours à la violence et au terrorisme

Même si cette dernière initiative prétend renouer avec la tradition initiatique et insurrectionnelle des carbonari, il me semble que la Charbonnerie, qui a beaucoup fait parler d’elle en Europe au XIXème siècle, n’a pas de filiation avec une quelconque F...M... du bois car elle avait d’autres sujets de préoccupation que le paganisme, un ésotérisme plus ou moins druidique, la philosophie, le symbolisme… pour se consacrer à des sujets plus…explosifs ! De mon point de vue, la référence à la F...M...  du bois que fit la Charbonnerie ne fut qu’un alibi, conceptuel, méthodologique, organisationnel…, pour, sous cette couverture légale, conduire des projets essentiellement politiques, même si, à l’évidence, par ailleurs, ils étaient portés par des valeurs humanistes, comme celle des Lumières et des Révolutionnaires du XVIIIème siècle. J’ajoute que, mais ce n’est là qu’un point de vue personnel, le souci apporté à mettre en évidence une autre tradition maçonnique que celle de la pierre, telle qu’elle était alors incarnée par les Obédiences établies, avait sa raison d’être dans le refus de la complaisance dont celles-ci pouvaient faire preuve à l’égard des autorités politiques (monarchies et empires, autrement dit… la Réaction) et religieuses (vaticanes essentiellement) quand, tout simplement, elles n’acceptaient pas d’être instrumentées par elles.

 Comme je l’ai dit précédemment, les historiens considèrent que la Charbonnerie est née en Italie. Dirigeons donc nos pas vers ce pays.

 La Carboneria italienne :

Sous la houlette de l’empire austro-hongrois, le Congrès de Vienne de 1815 s’est attaché à faire en sorte que le poison révolutionnaire particulièrement virulent en Italie ne contamine pas l’Europe et mette en danger, voire à bas les trônes en place. Pour ce faire, les diplomates ont appliqué deux adages bien connus : « Diviser, pour régner » et « Une main de fer dans un gant de velours ».

C’est ainsi, que tournant le dos au principe des nationalités né de la Révolution française et répandu en Europe par les Armées napoléoniennes, l’Italie a été découpée en fonction des enjeux et des intérêts des seules monarchies, sans la moindre attention aux populations ainsi… partagées ! L’Empire autrichien possède le Trentin et l’Istrie et occupe la Lombardie et la Vénétie tandis que le reste de l’Italie est sous son hégémonie en raison de nombreux et étroits liens militaires et dynastiques : le duché de Parme et Plaisance est donné à Marie-Louise, fille de François 1er d’Autriche et épouse de Napoléon; le duché de Modène et Reggio à François IV de Habsbourg-Este; le Grand-Duché de Toscane au frère de l’empereur d’Autriche… De leur côté, le Royaume de Naples, sous la dynastie des Bourbons, et l’Etat pontifical ont conclu des traités d’alliance militaire avec Vienne. Ainsi, la Restauration italienne a provoqué l’arrêt du processus de développement civil et d’unification territoriale qui avait débuté avec l’invasion napoléonienne.

Pourtant, même si elle fut courte et mouvementée, l’épopée napoléonienne a permis la formation d’une génération de militaires, d’administrateurs du bien public et une nouvelle classe dirigeante qui, toutes deux, n’ont pas eu l’heur de plaire aux tenants de la… réaction monarchique et qui ont rapidement été muselées avec l’interdiction qui leur a été faite de manifester, légalement et, notamment, par la voie électorale, leur opposition à ce partage dynastique et leur aspiration contraire à l’unité de la nation italienne. C’est pourquoi, l’opposition ayant dû entrer dans la clandestinité, on assista alors au pullulement de sectes et de sociétés secrètes qui se proposaient toutes de propager les idéaux libéraux et participaient donc du Risorgimento.

Au passage, on ne manquera pas de noter ce pied de nez que les carbonari firent au pouvoir pontifical et, plus largement, aux autorités catholiques, en reprenant ce nom de carbonari qui, au XIIIème siècle, était celui qu’avaient pris les Guelfes dans leurs conspirations contre le pouvoir impérial et pour le pouvoir papal, dés lors que ces nouveaux carbonari luttaient aussi contre le Vatican qui était un obstacle majeur à l’unification italienne ! On relèvera également que, au XIIIème siècle, s’il y avait bien des carbonari, il n’y avait pas pour autant de Carboneria même si, comme nous l’avons vu précédemment, il pouvait exister une F...M... du bois et donc un rituel, une organisation, une initiation… charbonniques.

Un carbonaro est, au sens propre, un fabricant de charbon de bois. Au début du XIXème siècle, les carbonari sont encore nombreux dans les montagnes forestières de l’Italie du Sud. Pendant l’occupation française du royaume de Naples, de1806 à 1815, de nombreux irréguliers, mi-bandits mi-soldats, les ont rejoint pour y être plus en sécurité et pouvoir ainsi mener leur combat contre la domination étrangère ; tout naturellement, ils ont pris le nom de carbonari, étant précisé que, eux, étaient en odeur de sainteté auprès des monarchistes, des autorités religieuses et de l’Empire autrichien puisqu’ils luttaient contre l’envahisseur. Toutefois, avec la restauration des Bourbons sur le trône de Naples, la Carbonaria devient une société secrète, car, désormais, son but est d’abattre l’absolutisme monarchique et de conquérir des libertés politiques par le biais d’une constitution.

En fait, la Carboneria politique, en tant qu’organisation, est née en 1806 avec l’installation de la première vente par Buonarroti, sur lequel je reviendrai plus loin. Elle rassembla de grands noms, à commencer par Giuseppe Garibaldi, le père de la nation italienne. Si elle a un rituel similaire à celui de la maçonnerie, elle n’est pas, contrairement à l’affirmation de certains historiens maçons, un essaimage de la F...M..., sachant que cette thèse sera reprise par les autorités, politiques et religieuses, pour condamner et combattre et l’une et l’autre.

Dans un ouvrage publié en 1950, l’historien A.Saita décrit la Carboneria comme « une société secrète aux buts éminemment démocratiques, qui ne séparait pas l’égalité des fortunes de la liberté politique » mais dont la structure était fortement hiérarchisée et cloisonnée du fait de son caractère nécessairement clandestin.. Parce que conspiratrice, la Carboneria procédait par voie occulte et donc secrète avec un goût marqué pour les formes symboliques. En effet, pour Buonarroti : « les hommes ont besoin, pour former une association politique efficace et permanente, d’être liés entre eux par des signes et des mystères qui flattent leur amour propre et donnent à la société dont ils font partie un air d’importance et de consistance que toute la moralité et l’estime réciproques des individus ne sauraient obtenir »[2].

La Carboneria comportait 9 grades et la direction était composée d’un petit nombre d’initiés qui dirigeaient tous les autres tout en prenant soin, pour des raisons de sécurité, de leur demeurer inconnus, d’où l’usage courant de pseudonymes[3]. Elle tirait ses symboles et ses rituels des charbonniers et donc des métiers du bois et non de la pierre : c’est ainsi qu’elle était organisée en ventes qui se regroupaient en ventes mères. Comme pour le compagnonnage, la F...M...  et, plus généralement, toutes les sociétés secrètes, elle utilisait des mots et des signes secrets de reconnaissance et, sous prétexte de symbolisme, voire d’ésotérisme, une écriture cryptée pour les correspondances entre les ventes, les messages et plans confiés à des émissaires… L’organisation verticale et fortement cloisonnée faisait correspondre les différents degrés d’initiation à autant de niveaux différents de projets politiques. Entre eux, les carbonari s’appelaient « Bons Cousins » ou « Bons Amis ».

Une couverture fréquente de la Carboneria était la F...M...  ce qui a amené certains auteurs à dire que la seconde était la vitrine légale de la première. Ainsi, pour J.Kuypers :  » On pourrait dire que la Charbonnerie était une maçonnerie particulière, organisée au sein de la maçonnerie traditionnelle à l’insu des dirigeants de celle-ci. Peut-être serait il plus exact de dire qu’il s’agissait d’un groupement militant, constitué selon des affinités particulières au sein d’une maçonnerie officielle qui évitait soigneusement de se mêler aux choses de la rue; dont les membres poursuivaient leurs fins égalitaires tout en remplissant normalement leurs devoirs maçonniques ». Cette couverture était pratiquée de deux manières : soit, au sein d’une Loge, des carbonari, à l’insu des FF..., s’organisaient parallèlement en une vente occulte, soit une Loge entière, en fait, était une vente.

La Carboneria se développa principalement dans le Mezzogiorno, où elle fut la première tentative significative d’organisation politique rassemblant des intellectuels, des étudiants, la bourgeoisie du commerce et des professions libérales et, surtout, des militaires et dont le but était l’unification et l’indépendance de la nation italienne.

Les carbonari, du moins au début, participaient d’un libéralisme modéré, c’est-à-dire constitutionnaliste et légaliste. Toutefois, les militaires, sous-officiers et officiers formés pendant la période napoléonienne, exercèrent rapidement une influence dominante dans la mesure où ils étaient mieux organisés et plus disciplinés que les autres libéraux. Etant militaires, ce sont eux qui très rapidement transformèrent la Carboneria en ce que, pour eux, le recours à la violence, aux armes, aux coups de force… était une voie naturelle d’action.

Ainsi, durant l’été 1820, à Naples, encouragés par la révolution qui avait éclaté en Espagne, les carbonari, sous la conduite du général Pepe, se soulevèrent pour réclamer une constitution que le roi Ferdinand 1er finit par leur accorder. Toutefois, ce dernier, dès mars 1821, sollicite et obtient le concours des armées autrichiennes pour rétablir l’absolutisme. Cette première révolte carbonique ne se transforma pas en une véritable… révolution et se solda, in fine, par un échec du fait que, sous l’influence vaticane, la Sicile se rebella contre le gouvernement napolitain ainsi mis en place, que les révolutionnaires s’entredéchirent entre démocrates (les ultras) et modérés (les monarchistes constitutionnalistes) et que les troupes révolutionnaires ne firent pas le poids devant les troupes régulières de l’Empire autrichien.

Toutefois, cette date de 1820 est importante car c’est à partir d’elle que la Carboneria s’étendit à toute l’Italie.

En Lombardie-Vénétie, la découverte en octobre 1820 d’un magasin carbonaro entraîne l’arrestation de Silvio Pellico[4] et une répression féroce des milieux libéraux, carbonari et Fédérés[5], alors même qu’il n’est pas établi qu’il y avait véritablement un projet d’insurrection.

Dans le Piémont, la révolte éclata en mars 1821 avec la rébellion de la garnison militaire d’Alessandria dont le commandement était entre les mains des carbonari. Pour ne pas accorder la constitution promise par le régent Carlo Alberto, Victor Emmanuel 1er préféra abdiquer. Aussitôt, les armées fidèles au nouveau roi, Carlo Felice, avec le concours des troupes autrichiennes, affrontèrent les troupes constitutionnalistes qui, par manque d’organisation et, en particulier, de liaisons coordonnées entre les différentes unités, mais également et surtout, en raison de l’absence de tout lien avec les masses populaires, furent rapidement défaites. Là aussi il s’ensuivit une répression féroce.

En 1831, l’échec de l’insurrection de Bologne menée par des carbonari sonna le glas de la Carboneria qui disparut alors au profit de nouvelles organisations révolutionnaires aux structures moins lourdes aux idées politiques et sociales plus avancées, et, surtout, au recrutement plus populaire.

La Charbonnerie française :

Historiquement, en France, les germes du carbonarisme furent semés par Benjamin Buchez, fondateur de la Société Diablement Philosophique qui, en 1818, se transforma en loge maçonnique, Les Amis de la Vérité.

Mais l’existence de la Charbonnerie n’est avérée qu’à partir de 1821. Son apparition est, pour une large part, imputable à Joseph Briot, ancien député aux Cinq-Cents, qui, envoyé en mission au Royaume de Naples en 1810, avait découvert la Carboneria, y avait été initié et avait contribué à la propagation de la Carboneria sur l’ensemble du territoire italien à partir du Mezzogiorno. En effet, il semble bien que, de retour en France, il se servit du réseau de sa compagnie d’assurance, Le Phénix, pour propager la Charbonnerie en implantant des ventes dans son département et qu’il fut d’autant plus aidé dans son prosélytisme que, ancien Bon Cousin Charbonnier et adepte du Rite Égyptien de Misraïm, il put associer nombre de ses symboles et de ses formes d’organisation à la tradition locale des Bons Cousins Charbonniers, à savoir les travailleurs forestiers de Franche-Comté regroupés dans une association de secours mutuel structurée en plusieurs sections ou ventes et qui s’inscrivait dans la tradition de la F...M... du bois évoquée précédemment.

Nous sommes alors sous un régime monarchique censitaire auquel s’oppose un courant libéral fortement présent dans la F...M... Très rapidement, soucieux d’aller plus loin que le simple travail de réflexion, de recherche…, de nombreux FF... voient alors dans la Charbonnerie l’opportunité de réaliser leur projet politique d’émancipation de la société française des différents absolutismes qui la dominent – monarchie, religion… – ; c’est pourquoi, ils furent nombreux à la rejoindre[6]. En outre, il convient de ne pas oublier que, à cette époque, toute opposition politique était interdite et que la Restauration – la réaction -, de ce fait, suscita, en France mais aussi en Europe, la floraison entre 1815 et 1830 de sociétés secrètes à vocation explicitement politique préparant dans la clandestinité le renversement de la tyrannie. Précédée par les Illuminés de Bavière (1776-1785), par les Bons Cousins Charbonniers de Franche-Comté à la fin du XVIIIème siècle, par les carbonari italiens à partir de 1810, par l’Union de Joseph Rey à partir de 1816, enfin par la loge maçonnique des Amis de la liberté créée en 1820, la Charbonnerie s’inscrivit donc dans un mouvement général de libéralisme assez disparate en définitive puisqu’il comprenait à la fois des monarchistes constitutionnalistes, des républicains et des révolutionnaires.

Parmi les loges maçonniques les plus impliquées dans la constitution de la Charbonnerie française, il faut citer Les Amis de /’Armorique et, surtout, Les Amis de la Vérité dont étaient membres Dugied et Joubert qui, pour échapper à la police, suite à la tentative du coup de force de Vincennes de la nuit du 19 au 20 août 1820, s’étaient un moment réfugiés à Naples où ils avaient été initiés à la Carboneria et dont le Collège d’Officiers se rapprocha des députés et des notables libéraux familiers de La Fayette[7] pour les aider dans la réalisation de leur projet.

Comme beaucoup d’autres, ces Loges attestaient d’une pratique subversive à l’égard de l’ordre – le Grand orient de France – qui consistait à prendre de nettes distances à l’égard des directives obédientielles et à pratiquer une maçonnerie plus politique que… philosophique.

Briot, Dugied, Joubert et d’autres maçons font officiellement œuvre de propagande en faveur d’un rituel allégé – c’est-à-dire débarrassé de toute sa poussière traditionaliste, voire rigoriste, pour ne pas dire intégriste et dogmatique – et, surtout, laïcisé. En fait, leur projet est soit d’instaurer une nouvelle maçonnerie, la Charbonnerie, sous le couvert de la maçonnerie traditionnelle du G...O...D...F..., soit de transformer celle-ci, de l’intérieur, en une Charbonnerie. Dans les deux cas, les intentions sont claires : la constitution d’une organisation politique permanente nouvelle comme support d’une action conspiratrice et, sinon révolutionnaire, du moins insurrectionnelle.

Compte tenu du contexte national d’alors, leur projet se développe facilement et une véritable Charbonnerie française est organisée sous la forme d’une structure cloisonnée, occulte ou secrète, hiérarchisée en trois niveaux[8]. L’héritage maçonnique est toutefois assumé dans ce qui peut être utile au projet politique et aux mesures de sécurité à prendre : mots d’ordre qui font office de mots de passe, saluts et de signes de reconnaissance, procédure d’admission dans une vente par cooptation, initiation[9], grades, observation du serment et du secret jusqu’à la mort[10]

La structure de base de la Charbonnerie est la vente particulière qui comprend, au plus, 20 personnes, pour échapper aux dispositions de l’article 294 du Code pénal de 1810 qui interdit les groupements d’un effectif supérieur. Au deuxième niveau se situe la vente centrale à la tête de laquelle se trouve un député qui est le seul à avoir des relations avec le Comité directeur qui, sous l’appellation de haute vente, est le troisième niveau de la Charbonnerie.

Les lieux de réunion s’appelaient baraques et le vocabulaire était emprunté aux termes techniques du métier de charbonnier.

Au-delà de ses similitudes de forme, il y avait des différences profondes entre la F...M... officielle et la Charbonnerie. C’est ainsi que la sociologie de la Charbonnerie était beaucoup plus disparate : si les militaires y sont prédominants (40% des effectifs)[11], d’autres milieux socioprofessionnels sont présents : boutiquiers, artisans, enseignants et, dans une moindre mesure, ouvriers, c’est-à-dire les… républicains qui; grosso modo, se ralliaient autour de la Constitution de l’An III. Autres différences notoires : l’initié jurait d’obéir aveuglément aux ordres venus d’en haut et… conservai chez lui les armes et munitions qui lui étaient confiées à son admission et les ventes ne produisaient aucun… écrit.

La prédominance militaire est assurément à l’origine de l’action insurrectionnelle privilégiée par la Charbonnerie : le complot débouchant non sur l’émeute, la grève ou même… la révolution mais sur la rébellion d’unités militaires[12]. Toutefois, cette prédominance n’empêcha pas que bien des complots furent montés avec un piètre amateurisme et que, faute de coordination et, surtout, d’enracinement populaire, ils se soldèrent tous par de cuisants échecs comme ceux qui eurent lieu de décembre 1821 à juillet 1822. Ainsi, à la fin de 1821, l’échec du soulèvement militaire prévu à Belfort mais ajourné entraîna l’arrestation de nombre de conspirateurs qui, pour la plupart étaient également maçons. Parmi huit des accusés traduits devant les tribunaux, il y avait  deux FF... des Amis de la Vérité, Bûchez et Brunel. À Saumur, une tentative d’insurrection, elle aussi avortée, fut menée par le lieutenant Delon, vénérable de L’Union Fraternelle, atelier, qui, composé d’une cinquantaine de militaires, était une véritable officine de recrutement de la Charbonnerie. Le complot prévu à la fin de l’année 1821 fut hâtivement différé à la dernière minute. Le deuxième essai, dirigé par le général Berton, échoua, et ce dernier, impliqué dans la prise de Thouars le 24 février 1822, fut arrêté puis guillotiné en octobre 1822[13]. En février 1822, se déroula le complot le plus retentissant, celui de La Rochelle, plus connu sous le nom de « complot des 4 Sergents de La Rochelle »[14] : Bories[15], Goubin, Pommier et Raoulx.

En Provence, la Charbonnerie échoua aussi dans sa tentative de soulèvement de Toulon qui, pourtant, était une ville réputée pour être républicaine. Armand Vallé, ancien capitaine des Armées napoléoniennes, dénoncé fut arrêté et exécuté le 10 juin 1822. Les ultimes tentatives de ces complots manqués eurent lieu dans l’Est, à Strasbourg (avril 1822) et à Colmar (juillet 1822).

La constance de ces échecs entraîna une crise de conscience chez les Charbonniers et contraignit leurs dirigeants à l’autocritique dont la conclusion fut que, à l’évidence, l’abolition de l’absolutisme monarchique et l’instauration de la République ne passaient pas par le complot militaire. Mais, cette analyse intervint trop tardivement : à partir de 1823, les divergences politiques, exacerbées par la férocité de la répression et de nombreuses délations, éclatèrent au sein de la Charbonnerie et, après le raz de marée électoral des ultras en février-mars 1824, le mouvement vit ses membres s’éparpiller, un nombre non négligeable ralliant les saint-simoniens[16]. Après 1830, d’anciens charbonniers se retrouvèrent dans les orientations libérales de la monarchie de Juillet[17] et un des derniers avatars de la Charbonnerie fut la création en 1833, sous l’impulsion de Philippe Buonarroti et du libraire Charles Teste, de la Charbonnerie Démocratique Universelle qui n’avait plus qu’un rapport lointain avec les conspirations militaires de la Restauration.

Selon de nombreuses sources convergentes, la Charbonnerie française compta jusqu’à 40 000 affiliés dont de nombreuses célébrités : La Fayette[18], Manuel, Dupont de L’Eure, Buchez… mais aussi des savants illustres comme Edgar Quinet, Augustin Thierry ou Victor Cousin…[19], le peintre Horace Vernet, le banquier et homme politique Jacques Lafitte, Bazard, propagateur du saint-simonisme[20]

D’emblée, la Charbonnerie se donna pour objectif l’élection d’une Assemblée Constituante destinée à restaurer la souveraineté populaire ; toutefois, et sans doute sous l’influence dominante des militaires mais aussi d’une conception caporaliste – pré-léniniste, en somme -, c’est-à-dire élitiste de la conduite du changement social et politique, elle opta pour la voie du complot et de l’insurrection militaires et non de la révolution. Se faisant, elle se coupa du peuple, sans lequel il ne pouvait pas y avoir de changement… révolutionnaire. Par ce choix, elle était vouée à l’échec ou au… retournement de veste !

La Charbonnerie n’aboutit pas dans son projet insurrectionnel. Il n’en demeure pas moins qu’elle constitua l’un des rares pôles de résistance à la tentative de Restauration de l’absolutisme monarchique, même si, selon Pierre Leroux elle ne fut jamais qu’une « grande conjuration du Libéralisme adolescent », et qu’elle s’inscrivit dans une « nébuleuse culturelle et politique » qui, pour une large part, fut le creuset de la renaissance – le Risorgimento – d’une F...M... qui, sans s’interroger davantage sur sa nature de pierre ou de bois, renoua (enfin) avec un projet humaniste universel.

J’ai indiqué les liens étroits entre la Charbonnerie et la F...M..., celle-ci, le plus souvent, n’étant que la couverture de celle-la. Mais, la Charbonnerie eut d’autres avatars ou couvertures :

En premier lieu, il faut citer les réseaux de conspirateurs connus sous les noms de Philadelpes[21], eux-mêmes issus d’une résurgence des Illuminés de Bavière et d’Adelphes[22] dont les programmes étaient, à peu de choses près, celui des Égaux de Gracchus Babeuf et qui étaient coiffés par une autre société secrète, le Grand Firmament, lequel se subdivisait en Eglises, Synodes et Académies.

On doit également mentionner la société des Familles où chaque famille était composée de 5 initiés dirigés par un Chef de Famille et qui se divisa par la suite pour donner la Société des Saisons et les Phalanges Démocratiques. La société des Saisons était organisée en Semaines regroupant chacune 6 hommes et un chef, quatre Semaines formant un Mois (comptant 28 initiés et un chef), trois Mois, une Saison et quatre Saisons, une Année. On trouve trace d’au moins trois Années dirigées par Blanqui, Barbes et Martin Bernard, dont on sait qu’ils étaient Charbonniers par ailleurs. Les Phalanges Démocratiques, quant à elles, étaient dirigées par Mathieu D’Epinal, Pornin et Vilcocq et avaient pour programme l’abolition de la propriété et de la famille, la communauté des femmes, l’éducation gratuite, la destruction des objets de luxe, la dictature populaire…

Je citerai enfin Félix Delhasse, Charbonnier belge, dont nom secret était Gracchus Babeuf, qui écrivit en 1857, dans « Ecrivains et hommes politiques en Belgique »- « Peut-être un jour raconterons-nous cette aspiration mystérieuse [La Charbonnerie] qui réunissait dans l’ombre les adeptes de la vérité, comme autrefois les réformés dans leurs conciliabules nocturnes en plein champ, loin des villes et des autorités constituées, comme les chrétiens dans les catacombes. Il est bien permis au peuple d’avoir son action secrète, comme la diplomatie a la sienne, comme le clergé a la sienne, avec cette différence que ce n’est pas la faute du peuple s’il n’agit pas toujours à ciel ouvert. Ces épisodes peu connus, où la jeunesse se risque à l’aventure dans les chemins inexplorés, où le peuple s’essaye à la vie collective, cette histoire intime qui se retrouve en tout temps et en tout pays, n’est pas la moins curieuse et la moins expressive: c’est elle qui donnerait la mesure véritable des tendances, du caractère, du génie incompressible de chaque peuple, et qui s’impose dans les faits officiels et finit par passer du souterrain au grand jour. »

Avant d’aborder le point suivant de ce travail, et comme il y a des FF... corses, permettez-moi de faire une petite digression vers l’Île de Beauté en espérant qu’il ne me sera pas tenu rigueur de mon accent qui, je le sais, ne saura pas rendre la musicalité de la langue.

Petite digressions corse :

En Corse, alors sous forte influence italienne, notamment culturelle et linguistique, les sociétés secrètes et, parmi elles, la Carboneria se localisent essentiellement sur l’actuel canton du Campuloro-Moriani.

 D’une présence attestée depuis 1818, les carbonari portaient le nom de « I pinnuti » sans doute parce qu’ils évoluaient la nuit comme les chauves-souris, c’est-à-dire « i topi marini » ou « topi pinnuti« . Les carbonari corses sortent ouvertement de l’ombre en 1847 lorsque, en Italie, commence la Révolution de 1847 dite de 1848 car ils souhaitent alors porter secours aux patriotes italiens qu’ils reconnaissent pour… frères.

Mais la Carboneria corse se distingua de ses consœurs italienne et française en ce qu’elle était composée à la fois de républicains et de bonapartistes qui, comme Sampieru Gavini, aspiraient au rétablissement de l’Empire même si, par ailleurs, elle était en osmose étroite avec la F...M... locale.

Reprenons le cours du travail :

J’ai indiqué que la Carboneria fut fondée en Italie, en 1806, par Philippe Buonarroti. Il me semble nécessaire de s’arrêter quelque peu sur ce personnage, quasi de légende en ce qu’il fut le premier révolutionnaire… de métier, pour encore mieux comprendre l’origine et le projet de la Charbonnerie.

Né à Pise d’une noble famille toscane, Philippe Buonarroti fervent admirateur de Rousseau, commence sa carrière publique par la publication d’un journal, la Gazetta universale, ce qui lui vaut, dés lors, d’être sous une surveillance policière constante ! F...M... initié jeune, il s’affilie aux Illuminés de Bavière[23]. Enthousiaste, il va à Paris pour y soutenir la Révolution ; de là, il se rend en Corse pour y propager l’esprit  révolutionnaire ; en étant rapidement expulsé, il rejoint la Toscane qui l’accueille pendant quel temps dans ses geôles ; libéré, il retourne en Corse puis, en 1793, après la victoire des paolistes, gagne Paris. Il fréquente alors Robespierre, qui l’apprécie et même l’estime, l’admet parmi ses familiers et le charge de former des agitateurs révolutionnaires pour l’Italie, ce qu’il fait en créant  une véritable d’école de cadres révolutionnaires à la frontière de Nice, école dont les diplômés s’illustreront dans tous les coups, révolutionnaires des années à venir et qui, plus tard, fourniront une partie des cadres des troupes garibaldiennes.

Après le 9-Thermidor, il est arrêté à Menton comme robespierriste et transféré à Paris, Buonarroti, qui croit toujours en l’Être Suprême et voue une admiration sans faille à l’Incorruptible, se lie en prison avec Babeuf qui, antirobespierriste de longue date, applaudit à la chute du tyran et fait profession d’athéisme. Bien qu’ainsi politiquement et philosophiquement opposés, les deux hommes deviennent inséparables ; ensemble ils seront l’âme de cette conspiration des Égaux, c’est-à-dire du communisme égalitaire, que Buonarroti, vers la fin de sa vie, retraça dans son Histoire de la Conspiration de l’égalité (1828).

Arrêté avec Babeuf par la police de Carnot ; Buonarroti est condamné à la déportation, mais voit sa peine commuée en de nombreuses années de détention puis de résidence surveillée. En 1806, Fouché, protecteur discret mais efficace des babouvistes, obtient sa grâce en contrepartie de son exil à Genève. Sur place, Buonarroti retrouve le jeune frère de Marat et commence une nouvelle activité clandestine de révolutionnaire.

Durant les tes trente dernières années de sa vie, toujours poussé par l’idéal babouviste du communisme égalitaire[24], sous le couvert de la F...M... et la fondation de la loge les Sublimes Maîtres Parfaits, il contribue activement à l’instauration de la Charbonnerie française et organise des réseaux de sociétés secrètes à travers la France, l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, la Russie…

C’est ainsi que, en 1833, à Bruxelles, il créa la Charbonnerie Démocratique Universelle, dont la vocation internationaliste sans conteste préfigura la future Association Internationale des Travailleurs et qui était en correspondance étroite avec la Societa Dei veri Italiani, d’inspiration et de finalité babouvistes. La Charbonnerie Démocratique Universelle étaient organisée non plus en ventes mais en phalanges et placée sous la direction occulte des loges de Misraïm. Son plus haut degré connu était celui de Frère de la Racine. Elle reprit le but des Illuminés mais dans un vocabulaire et selon un programme moins ésotérique, philosophique, moral, quasi-religieux… et plus révolutionnaire, pragmatique, stratégique et tactique…

De même, lorsque, en 1835, Blanqui, aidé de son ami Barbès, fonda, sur le modèle de la Charbonnerie, la société secrète la Société des familles, c’est l’ombre de Buonarroti qui plane, même si, pas une seule fois, son nom n’est avancé. Même chose avec la Société secrète des Saisons. Et ainsi de suite…

Durant toute sa vie, Buonarroti a orchestré la majeure partie des sociétés secrètes européennes et, partant, les complots, insurrections, rébellions, révoltes, révolutions… non du pupitre qui est sous le feu de l’éclairage des musiciens, du public, des critiques et… de la police, mais du trou invisible du souffleur anonyme.

F...M..., Buonarroti fut donc le maillon actif de plusieurs chaînes d’union entre l’Italie et la France, la révolution démocratique de Robespierre et la révolution sociale de Babeuf, l’ancienne maçonnerie des Lumières et le carbonarisme, la révolution de 1789 et celles du XIXème (en particulier de 1830 et 1848, mais également la Commune de Paris)… Si par choix autant que par nécessité, il resta la plupart du temps dans l’obscurité, changeant fréquemment de domicile et de pays, Buonarroti, de comploteur né, devint révolutionnaire professionnel, le premier de l’Histoire[25].

Ce professionnalisme de la révolution, il l’enseigna dans les cours qu’il donna à Nice, les initiations auxquelles il intervenait, les conférences qu’il donnait, les consignes et recommandations qu’il prodiguait… mais, surtout, il le pratiqua et le fit pratiquer[26]. Pour lui, être révolutionnaire, c’était :

 ·        pousser le pouvoir à des répressions iniques afin de révéler la véritable nature du pouvoir et amener le peuple à se soulever ;

A l’évidence, Buonarroti eut une influence prépondérante sur et dans la Charbonnerie européenne, même si, parce qu’elle était discrète, occulte, bon nombre, pour ne pas dire la plupart des charbonniers, même ceux de premier plan, n’en avaient pas conscience. Cette influence fut de deux ordres : son esprit d’abord qui était celui du communisme égalitaire et, ensuite, sa méthode organisationnelle qui était celle du secret, du cloisonnement, de la sécurité…, bref de l’organisation révolutionnaire secrète.

Toutefois, en raison de la prépondérance des militaires et du libéralisme limité de la plupart des recrues, le projet révolutionnaire de Buonarroti, conçu à l’échelle européenne, ne put aboutir : la Charbonnerie, à l’image de la plupart des autres sociétés secrètes se contenta de tenter, vainement d’ailleurs, par la voie du complot et de l’insurrection militaires, d’abattre l’absolutisme monarchique pour instaurer, non la Révolution, mais une monarchie constitutionnelle ou, à la rigueur, une république modérée que d’aucuns qualifient, à juste titre, de mon point de vue, de république monarchique[28].

Une autre évidence est que la méthode prônée par Buonarroti, parce qu’elle reléguait le travail d’éducation après la révolution et qu’elle faisait donc du peuple, non un acteur mais un enjeu et, au besoin, un instrument, portait en elle le germe de la dérive de l’autocratie révolutionnaire, celle de la tyrannie de la masse par une élite !

S’agissant de la F...M..., l’influence de Buonarroti, à travers, en particulier, la Charbonnerie fut tout aussi importante et, à mon sens, salutaire puisqu’elle la contraignit, du moins pour celle ne s’attachant pas à faire dans la… régularité, à prendre conscience de ce que son projet humaniste de travailler à l’amélioration matérielle et morale ainsi qu’au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité est nécessairement politique tant il est vrai que la Loge est dans la Cité et non hors d’elle sur le nuage de l’apolitisme !

 


[1] En 1999, il a été publié, chez Montpeyroux, Les Goutelettres de Rosée, un fac-similé de l’édition de 1813 des « Constitutions de la Vente Charbonnière ».

[2] A. Saita: « Filippo Buonarroti. Contributi alla Storia della sua Vita e del suo Pensiero ».

[3] Nom secret ou nomen mysticum. Félix Delhasse , charbonnier belge, se faisait ainsi appeler Gracchus Babeuf.

[4] Écrivain et patriote piémontais, Silvio Pellico fit partie des cercles libéraux et romantiques milanais et travailla pour le journal Conciliatore. Condamné à mort en 1820 comme carbonaro, avec son ami Piero Maroncelli, il vit sa peine commuée en vingt années de prison. Incarcéré dans la forteresse autrichienne du Spielberg, à Brno, Pellico sera gracié à la moitié de sa peine, en 1830.

[5] Les Fédérés, menés par le comte Confalonieri, réclamaient l’union de la Lombardie et du Piémont.

[6] L’adhésion, plus ou moins simultanée, à la FM et à une ou plusieurs autres sociétés secrètes étaient alors choses courantes. C’est ainsi que, par exemple, de nombreux FF... adhérèrent à la très libérale société « Aide-toi, le Ciel t’aidera », présidée par Guizot.

Pour mémoire :

Guizot, François Pierre Guillaume (1787-1874), homme politique et historien français. Né à Nîmes, de parents protestants, François Guizot émigre en Suisse avec sa famille pour fuir la Terreur sous laquelle son père a été exécuté. En 1805, il quitte Genève pour Paris où il entreprend de brillantes études. Reconnu pour son érudition et sa capacité de travail, il devient professeur d’histoire moderne à la Sorbonne dès 1812. Lors de la Restauration, il rallie le parti du « juste milieu » (favorable au libéralisme et à la monarchie constitutionnelle), et s’oppose alors aux « ultras » désireux d’un retour à l’Ancien Régime et dirigés par le frère de Louis XVIII (le futur Charles X). Les convictions de Guizot le rapprochent du roi qui cherche à concilier les intérêts de la bourgeoisie libérale et des royalistes. Laissant de côté ses activités d’enseignant, il occupe de 1816 à 1820 le secrétariat général du ministère de l’Enseignement, puis de la Justice, avant d’entrer au Conseil d’État. Revenu à l’histoire après la chute du cabinet Decazes (février 1820), il retrouve pour un temps la Sorbonne. En effet, avec l’avènement de Charles X, Guizot passe dans l’opposition et ses attaques contre le ministère Villèle lui valent une suspension de 1822 à 1828. Il profite de cette retraite forcée pour publier ses critiques dans le Globe, prônant la doctrine libérale et le credo « Aide-toi, le ciel t’aidera ». En 1830, François Guizot participe au renversement de Charles X — notamment en signant l’ »adresse des 221″ —, avant d’être élu député de Lisieux. Le parti de la Résistance, dont il est le fondateur, est hostile à toutes les concessions démocratiques et défend une monarchie bourgeoise garantissant l’État contre les républicains ; c’est dans cet état d’esprit que Guizot entre au gouvernement. Après avoir occupé l’Intérieur (1830), il obtient le portefeuille de l’Instruction publique (1832-1837) et réorganise l’enseignement primaire : loi de juin 1833, complétée par celle de 1841 restreignant le travail des enfants. En charge des Affaires étrangères (1840-1847) — après une ambassade à Londres —, Guizot poursuit une politique de rapprochement avec la Grande-Bretagne. Quoique sous l’autorité nominale du président du Conseil Soult, il est de fait, dès 1840, le véritable chef du gouvernement et, depuis le retrait de Thiers, l’unique chef de file de la « Résistance ». Soutenu par la France des notables et de la bourgeoisie d’affaire, il concourt à l’essor de l’industrie, du commerce, du crédit et lance la révolution du chemin de fer ; son maître mot, révélateur de son option capitaliste est sa célèbre formule, prononcée en 1843 lors d’un banquet en province : « Enrichissez-vous par le travail, par l’épargne et la probité ». Ayant délaissé la condition ouvrière et refusant toute réforme électorale (sur la baisse du cens), Guizot doit affronter la critique conjuguée des ultras et des républicains. Son gouvernement devient de plus en plus autoritaire, et vire vers un ultraconservatisme que la crise économique de 1846 rend difficilement supportable à l’opposition, que ce soit celle de la petite bourgeoisie ou du prolétariat urbain. Ses élans d’autoritarisme scellent son destin : lorsqu’au début de l’année 1848, Guizot interdit de nouveau les réunions publiques de l’opposition, il déclenche un mouvement révolutionnaire que sa démission ne peut enrayer et qui aboutit à la fin du règne de Louis-Philippe (voir campagne des Banquets). Exilé en Belgique puis en Grande-Bretagne, Guizot revient en France en 1849. Il choisit alors de vivre à l’écart du pouvoir, se consacrant à la rédaction de ses mémoires (Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps) et reprend ses recherches historiques. En 1820, il a déjà rédigé un manifeste monarchiste et parlementariste, Du gouvernement de la France, tout en publiant plusieurs études sur l’histoire de France et de l’Angleterre (notamment des Essais sur l’histoire de France). Professeur de formation et pédagogue, il rédige, à la fin de sa vie, une Histoire de France racontée à mes petits enfants. Membre de l’Académie française à partir de 1836, Guizot, qui n’a jamais cessé d’être homme de lettres, reste l’un des principaux historiens du XIXe siècle et participe à la grande tradition contemporaine des hommes politiques, tels Thiers, Blanc ou Quinet, versés dans la science historique. L’ensemble de l’œuvre historique de Guizot reste marqué par l’empreinte de son engagement politique, ce qui a plus tard incité l’historien Gabriel Monod à dire de lui que, en dépit de son pragmatisme et de ses contributions scientifiques, Guizot a été une « personnalité » plus qu’un « savant ».

[7] D’aucuns estiment que, dans le plus strict secret, La Fayette fut, en fait, le grand maître, tactique, de la Charbonnerie française.

[8] La hiérarchisation en trois niveaux de la Charbonnerie est également similaire à d’autres sociétés, comme celle des Illuminés.

[9] Lors de l’initiation, le postulant est introduit, les yeux bandés, dans une pièce obscure et, au terme de la cérémonie, avant qu’on lui enlève le bandeau, prête solennellement le serment de garder le silence absolu sur la Charbonnerie.

[10] A titre d’exemple de ce respect absolu du secret et du serment : les 12-13 mai 1839 eut lieu la tentative insurrectionnelle d’Armand Barbès, Martin Bernard, Auguste Blanqui et de la Société des Saisons. Le premier, blessé, est arrêté ; les deux autres parvinrent provisoirement à échapper à la police, respectivement jusqu’aux 21 juin et 14 octobre. 692 interpellations intervinrent en suivant et des procès furent engagé contre plus de 750 inculpés. Lors du procès de 19 inculpés, du 11 juin au 12 juillet 1839, Armand Barbès et Martin Bernard, fidèles à leur serment de charbonniers, refusèrent de se défendre ; le premier fut condamné à mort et le second à la déportation. A son insu, et malgré ses protestations, Barbès, sur intervention de sa sœur auprès du roi, vit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité, puis en déportation.

[11] Malgré la présence de quelques haut gradés en poste comme les généraux Berton et Dermoncourt, il s’agit essentiellement d’anciens cadres des armées napoléoniennes qui ont été évincés par la Restauration.

[12] C’est sans doute l’exclusivité donnée à cette forme d’insurrection, constitutive d’un éventuel coup d’état, qui est à l’origine de l’adhésion de ce comploteur professionnel que fut Louis Napoléon Badinguet Bonaparte !

[13] Avant d’être exécuté il cria : »Vive la Liberté ! ».

[14] Prévoyant le soulèvement du 45e régiment de ligne transféré de Paris à La Rochelle, des soldats ont dénoncé leurs camarades qui sont jugés devant la cour d’assises de Paris. Fidèles à leur serment, quatre sergents choisissent de se sacrifier lors du procès en refusant de révéler à la justice bourbonienne les secrets de la conspiration carbonariste. Ils sont guillotinés le 21 septembre 1822, à Paris, Place de grève. Les quatre « martyrs de la Liberté » comptaient trois membres des Amis de la Vérité. Les traces de leur passage dans la Tour de La Rochelle sont encore visibles et leur geôle donne lieu à de véritables pèlerinages. Il existe une importante iconographie à leur sujet et de nombreuses chansons dites populaires leur ont été consacrées.

[15] Selon certains auteurs, les quatre sergents furent arrêtés et le complot déjoué parce que Bories avait été trop bavard dans une diligence, dont l’un des passagers était un indic de la police.

[16] La dernière action officielle de la Charbonnerie fut de tenter de gagner le corps expéditionnaire français en Espagne. Ce nouvel échec conduisit, de fait, à la liquidation de la Charbonnerie.

[17] Si la Charbonnerie instrumentalisa beaucoup, à commencer par la FM, elle fut elle-même souvent instrumentalisée. L’exemple le plus significatif est celui de Louis-Napoléon Bonaparte, qui fut membre de la Carboneria mais non de la Charbonnerie. Le ralliement d’un nombre conséquent de charbonniers à la monarchie orléanaise m’amène personnellement à considérer que cette dernière l’instrumentalisa également dans son opposition aux Bourbons aux fins de récupération du trône de France !

[18] Voir note ci-dessus.

[19] Cette présence de savants est, sans doute, à l’origine du choix que firent certains charbonniers de rallier le saint-simonisme lorsque la Charbonnerie disparut.

[20] Dont on dit qu’il était l’âme de la Charbonnerie dont la tête était La Fayette.

[21] Essentiellement implantés en milieu militaire. Cf. de Charles Nodier « les Philadelphes. Histoire des sociétés secrètes de l’armée », 1815[21]

[22] C’est-à-dire les « Frères ».

[23] Les Illuminés de Bavière :

Adam Weishaupt naît à Ingolsadt en 1748. A 20 ans, il occupe la chaire de droit canon à l’université d’Ingolstadt. Désireux de régénérer la société allemande, et en s’inspirant des constitutions et de l’organisation maçonniques, il fonde, avec le baron de Knigge, une société secrète : l’Ordre Secret des Illuminés Germaniques. Il partage l’ordre en 13 grades répartis en 2 classes :

Edifice inférieur : novice, minerval, illuminé mineur, illuminé majeur

Edifice supérieur : apprenti, compagnon, maître, écuyer écossais, chevalier écossais, epopte, prince, mage-philosophe et homme-roi.

A côté des grades connus, Weishaupt institue les Insinuants dont le rôle était d’espionner les profanes et… les membres de l’Ordre.

Chaque affilié portait un nomen mysticum, ainsi Weishaupt s’était attribué celui de Spartakus. Weishaupt initia Goethe, Herder, Schard, von Fritsch, Metternich.

Le but ultime des Illuminés était de renverser les monarques et d’éradiquer l’Eglise. On peut lire dans les notes de Weishaupt une des phrases les plus connues de Bakounine : « Nous devons tout détruire aveuglément avec cette seule pensée : le plus possible et le plus vite possible ». Et c’est parce que ce but était en définitive universel que les Illuminés rayonnèrent sur de nombreux pays européens en y exerçant une influence, directe ou indirecte, importante.

Weishaupt influença la pensée de personnages tels que Babeuf, Buonarroti, Elisée Reclus, Bakounine, Kropotkine,…

[24] Dans toutes les sociétés et organisations où il est intervenu, Buonarroti avait à cœur, d’introduire Le chant des égaux, chant de ralliement au Club du Panthéon sous le Directoire :

 PREMIER COUPLET

 Un code infâme a trop longtemps

Asservi les hommes aux hommes.

Tombe le règne des brigands !

 REFRAIN

 Réveillez-vous à notre voix

Et sortez de la nuit profonde.

Peuple ! Ressaisissez vos droits :

Le soleil luit pour tout le monde !

 DEUXIEME COUPLET

 Tu nous créas pour être égaux,

Nature, ô bienfaisante mère !

Pourquoi des biens et des travaux

L’inégalité meurtrière ?

 TROISIEME COUPLET

 Pourquoi mille esclaves rampant

Autour de quatre ou cinq despotes ?

Pourquoi des petits et des grands ?

Levez-vous, braves sans-culottes !

 [25] Même si, pour certains orthodoxes (intégristes ?), ces révolutionnaires oeuvraient pour une pseudo-révolution, voire même la contre-révolution, la… révolution bourgeoise. Cf. L. Netter in Introduction à La Gazette Rhénane de Karl Marx et Friedrich Engels : « Conquérant peu à peu la suprématie économique, la bourgeoisie accentue son effort pour s’emparer du pouvoir politique. Le libéralisme et le mouvement révolutionnaire gagnent du terrain : la Maçonnerie et ses sectes se multiplient, la Charbonnerie dispose en Italie et en France d’un réseau de « ventes » fortement hiérarchisé; en Allemagne, les libéraux intensifient leur activité et le mouvement révolutionnaire tente de s’organiser (développement de la « Burschenschaft », activité de la Jeune Allemagne, premiers pas du mouvement ouvrier, publication de la Gazette rhénane avec la collaboration de Marx en 1842-1843) ».

[26] C’est ainsi, par exemple, que Blanqui le reconnut comme son mentor en disant qu’il n’aurait jamais été ce qu’il devint s’il n’avait pas rencontré et fréquenté assidûment Buonarroti.

[27] En 1946, Husson, sous le nomen mysticum de Geoffroy de Charnay, s’inspirant de la biographie de Buonarroti et de son Histoire de la Conspiration de l’égalité publia la Synarchie politique dans laquelle il distinguait 3 catégories de sociétés secrètes :

  1. « Les sociétés secrètes « inférieures » : ce sont les sociétés publiques telles la FM bleue, la Société Théosophique, les groupuscules extrémistes politiques…On retrouve dans ces sociétés les militants de base, souvent sincères et désintéressés. Ce sont des viviers dans lesquels on puisera les « gros poissons » pour les mener vers d’autres cercles plus élevés. Ces sociétés représentent un paravent et, si besoin est, un bouclier pour les vrais initiés.
  2. Les sociétés de cadres ou intermédiaires : ce sont des sociétés authentiquement secrètes car elles ne sont connues que par un cercle restreint de personnes. Les membres en sont cooptés et doivent se soumettre entièrement à l’autorité de la société. On peut citer le Martinisme et les Illuminés de Bavière. Ces sociétés contrôlent, ou tentent de contrôler les rouages de l’État. De plus, elles jouent un rôle de gestion et d’exécution.
  3. Les sociétés secrètes « supérieures » : elles sont totalement secrètes, ignorées des sociétés inférieures et contrôlent les sociétés intermédiaires. Leurs buts sont la domination du monde et la réalisation d’objectifs qui nous sont inconnus ».

[28] Ce fut donc par d’autres voies et, notamment celles des Révolutions, bourgeoises pour la plupart, que l’absolutisme monarchique fut abattu, même si le concours des masses populaires fut sollicité et obtenu, sachant que, ces Révolutions faites et le pouvoir bourgeois instauré ou restauré, la réaction s’abattit toujours avec la plus grande férocité sur les peuples pour que ceux-ci ne fassent pas… leur révolution !

Source : http://jccabanel.free.fr/index.htm

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INRI et le symbolisme de la lettre N inversée

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INRI et le symbolisme de la lettre N inversée

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I.N.R.I., dit titulus crucis, est l’acronyme de l’expression latine : Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm, généralement traduit par : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».
Nous savons par les Evangiles que Pilate fit graver l’expression en trois langues :
Hébreux, Grec et Latin.

Mais ces quatre initiales I.N.R.I. sont sources de bien d’autres interprétations comme nous allons le voir ci-dessous.

I.N.R.I. représente les noms des quatre éléments en Hébreu :

C’est la clé occulte du mystère de la crucifixion, car ces éléments symbolisent tout d’abord le Sel, le Soufre, le Mercure et l’Azote employés par les anciens alchimistes pour fabriquer la Pierre Philosophale, le solvant universel, l’élixir de vie.

Les deux lettres (Iam et Iabeshah) représentent l’eau, élément lunaire: a) à l’état liquide, avec du sel en solution; sous forme d’extrait coagulé de cette eau, le « sel de la terre ».

En d’autres termes, il s’agit des véhicules fluidiques subtils de l’homme et de son corps dense.

En hébreu, N, Nour, signifie le feu et les éléments combustibles dont les principaux sont le soufre et le phosphore, si nécessaires à l’oxydation et sans lesquels le sang chaud ne saurait exister.

Sans eux, l’Ego (=âme) ne pourrait donc pas se servir du corps et la pensée ne pourrait pas trouver une expression matérielle.

Quant à R, Ruach, c’est l’équivalent en hébreu de l’esprit ou azote des alchimistes fonctionnant dans l’intellect mercurien.

Ainsi les quatre lettres I.N.R.I, apposées sur la croix du Christ selon les Evangiles, représentent l’homme composite, le Penseur, au point de son développement spirituel où il se prépare à se libérer de la croix de son véhicule dense.

Poursuivant notre interprétation dans le même sens, nous pouvons noter que I.N.R.I est le symbole du candidat crucifié, pour les raisons suivantes:

Iam est le mot hébreu signifiant eau, l’élément fluidique lunaire, qui forme la principale partie du corps humain, et ce mot est aussi le symbole des véhicules fluidiques plus subtils des désirs et des émotions.

Nour, le mot hébreu signifiant feu, est la représentation symbolique su sang rouge producteur de chaleur, chargé de fer martien, de feu et d’énergie, que l’occultiste voit circuler comme un gaz à travers les artères et les veines du corps humain, lui infusant énergie et ambition, et sans lequel il ne saurait y avoir de développement spirituel, ni progrès matériel.

Il représente aussi, comme nous l’avons déjà dit, le soufre et le phosphore nécessaires à la manifestation matérielle de la pensée.

Rouach, le mot hébreu qui veut dire Esprit ou air vital, est le symbole de l’Ego revêtu de l’intellect mercurien qui fait de l’homme un Homme et lui permet de contrôler et de diriger ses véhicules et ses activités physiques d’une manière rationnelle.

Iabeshah est le mot hébreu qui veut dire terre; il représente la partie de chair solide dont se compose le corps terrestre cruciforme, cristallisé à l’intérieur des véhicules plus subtils à la naissance, et séparé d’eux dans le cours ordinaire des choses à l’heure de la mort, ou dans l’événement extraordinaire qui consiste à apprendre à mourir d’une mort mystique pour atteindre momentanément à la gloire des sphères supérieures.

Ce degré de développement spirituel du Chrétien Mystique implique donc un renversement de la force créatrice qui descend habituellement le long de la moëlle épinière tripartite dont les trois segments sont gouvernés par la Lune, Mars et Mercure.

C’est le rayon de Neptune qui allume alors le feu régénérateur spirituel de l’épine dorsale qui se dirige vers le haut et fait vibrer le corps pituitaire et la glande pinéale.

Cette vibration ouvre la vue spirituelle et frappe le sinus frontal; elle fait palpiter de douleur les points symbolisés par la couronne d’épines.

C’est le lien avec le corps physique qui est brûlé par le feu sacré de l’esprit éveillant ce centre de son long sommeil aux pulsations d’une vie qui finit par gagner les autres centres de l’étoile stigmatique à cinq branches .

Ils sont ainsi vitalisés et le véhicule entier devient brillant dans une auréole d’or.

Les livres hermétiques nous éclairent sur une autre signification :

I (Iod) symbolisait le principe créateur actif et la manifestation du principe divin que féconde la substance.

N (Naïn) symbolisait la substance passive, moule de toutes les formes.

R (Rasit) symbolisait l’union des deux principes et la perpétuelle transformation des choses créées.

I (Iod) symbolisait à nouveau le principe créateur divin, pour signifier que la forme créatrice qui en est émanée y remonte sans cesse pour en rejaillir toujours.

« La rose-croix, formant ainsi un bijou précieux, était l’attribut des anciens mages, qui le portaient suspendu au cou par une chaîne d’or. Mais, pour ne pas laisser livré aux profanes le mot sacré I.N.R.I., ils remplaçaient ces quatre lettres par les quatre figures qui s’unissent dans le sphinx : la tête humaine, le taureau, le lion et l’aigle. »

Voici quatre sens de ces quatre lettres :

Lire aussi, au sens psychique : Intra Nobis Regnum Jehovah (Au dedans de nous est le règne de Jéhovah). (Jean Tabris)

À titre anecdotique, quelques autres explications qui ont été relevées de ces quatre lettres :

Enfin une autre des plus significatives :

D’où venez-vous ? De la Judée.

Par quelle ville avez-vous passé ? Par Nazareth.

Qui vous a conduits ? Raphaël.

De quelle tribu êtes-vous ? De Juda.

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A travers mes recherches, j’ai été frappé par le grand nombre de N inversés, soit en solitaires sur des murs d’églises, des tombes, soit au sein de noms propres, de signature d’œuvres …
Le premier réflexe est de supposer une faute d’orthographe, ou plus exactement une erreur d’inattention, ou encore une erreur typographique de gaucher. Mais la présence, comme nous le verrons, de N inversés dans des signatures d’œuvres d’art ne peut se satisfaire de cette simple explication. La majorité de ces N inversés sont trouvés sur des lieux religieux ou à caractères religieux. Cet état de fait se verra toutefois troublé par la découverte de N inversés dans l’édition d’un jeu de tarot de Marseille. Auquel cas, nous pouvons affirmer que le N inversé n’est pas limité à un statut religieux mais plus généralement spirituel.

Ci-dessous quelques exemples :

Sur plusieurs tableau de Signol, dans l’église Saint-Sulpice de Paris.

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Sur le tableau les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin. (ET IN, le N est inversé)

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Sur la signature de livres de Jules Verne.

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Le INRI de la pierre tombale de l’abbé Saunière à Rennes-le-Château a son N inversé. On en trouve beaucoup dans cette région de l’Aude.

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L’inverse de N peut se lire en langue des oiseaux, l’inverse de Haine. Or l’inverse de haine est l’Amour. Or il n’y aurait rien de plus normal que de retrouver l’Amour dans le symbole du Christ et donc dans les églises et les cimetières. Cette explication si lumineuse nous semblait suffisante au premier abord. Jusqu’à ce que nous nous soyons penché sur les 2 cartes de tarot, qui ont beaucoup plus à dire.

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Après vérification, aucune autre carte de ce jeu de tarot n’a de N inversé. Les autres N sont tous à l’endroit. En conclusion, l’inversion du N associée à ces deux cartes l’est pour des raisons précises.

Le renversement de N, l’Amour donc, associé à la carte de la Roux de la Fortune, ou Centre du Monde, nous amène à réfléchir à un symbole très connu:

En effet le symbole commun à l’Amour et au Centre du Monde est le Cœur.

 
  .unnamed En rapport à notre démonstration, la carte VI du tarot, dont les chiffres romains forment un N inversé.Ce n’est pas un hasard puisqu’il s’agit justement de la carte de l’Amoureux et que l’Eros-archer vise le coeur du personnage central. A noter qu’il n’existe pas de carte IV (que l’on peut autrement appeler carte « Haine ») dans le tarot, la quatrième arcane majeure étant en effet notée IIII.A remarquer aussi que, dans notre jeu ancien, « Amoureux » est écrit « Amourex », Rex signifiant le Roi en latin: il semblerait donc bien qu’il s’agisse là de l’élu par l’Amour…

Nous allons maintenant essayer de décrire ce que dit l’ésotérisme chrétien sur l’Amour, ainsi que son pendant dans l’imagerie alchimique.

Ainsi, l’être humain, nous dit la Bible, est composé d’un corps, d’une âme, et d’esprit. L’alchimie dit la même chose pour toute la matière de l’univers.

Le corps est la manifestation matérielle de notre esprit.

L’âme est le centre de nos émotions: l’amour, la haine, l’envie, la joie, la tristesse, etc…

Ces émotions, nous les visualisons et ressentons communément dans notre cœur. Ce qui a amené d’ailleurs l’antiquité a déclarer que l’âme, se trouvait logé dans le cœur.

Enfin l’esprit est le moteur de notre âme. C’est l’étincelle de Dieu en nous. Et elle se trouve localisée au sein de l’âme, derrière la couche bien humaine des sentiments. Ressentir son esprit serait ainsi découvrir la Grâce, l’Amour de Dieu.

« Connais-toi toi-même »

Atteindre son esprit, qui se trouve cachée derrière les sentiments de l’âme, c’est atteindre le Centre du Monde, canal direct avec Dieu.

Or cet esprit se trouve en nous derrière les sentiments corporels de notre cœur.

L’Esprit se trouve donc réellement au Centre de notre Cœur.

D’où la différence entre l’amour (âme) et l’Amour (esprit). L’un est sentiment humain, l’autre est état surhumain.

L’Amour est le moteur du monde et chacun d’entre nous en a une étincelle (Sel d’Etain?) dans son cœur. L’atteindre, la Bible et les philosophes alchimistes le disent, est un jeu d’enfant. Mais c’est aussi de façon contradictoire le jeu le plus difficile, car il faut apprendre à dissocier ses sentiments humains de l’Amour véritable.

D’où aussi la nécessité des chevaliers de nos légendes d’avoir un cœur pur pour aboutir à leurs quêtes spirituelles, car toute pollution du cœur par l’âme (l’envie, l’amour pour une femme, la haine) ferme le canal vers l’esprit au centre du cœur. Ainsi des échecs de Perceval, coupable de la mort de sa mère, de Lancelot, coupable d’un amour interdit envers Guenièvre, etc… Seul Galaad, nouvel archétype du Christ, sans la moindre attache sur terre, parvient au but ultime.

Pour revenir à l’état de Grâce, le canal avec l’esprit ainsi créé lors de l’atteinte du Centre du Cœur permet les intuitions illuminatrices, les révélations, les coïncidences inexplicables. L’atteinte du Centre du Monde permettrait de reproduire cet état « surhumain » à volonté. 

Le travail de l’initié, revient à créer les conditions qui permettent d’atteindre cet état, voire même ultimement de s’y fondre et disparaitre (c’est ce que dit la légende, voir en particulier la disparition mystérieuse de Fulcanelli).

Aussi nous devinons la signification du N inversé sur les tombes : Le mort déclare ainsi avoir atteint la Grâce et dépassé l’état de mortel … Et Jésus en qu’émanation de Dieu sur Terre justifie bien l’emploi du N inversé dans le terme I.N.R.I.

Celui qui appose un N renversé sur sa tombe ou sur ses œuvre, déclare sa condition d’élu.

 

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Thierry Ronat

SOURCE  : https://rflexionssurtroispoints.blogspot.fr/

Régularité et Reconnaissance 16 décembre, 2020

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Régularité et Reconnaissance

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Il m’est souvent arrivé d’écrire dans des diverses publications qu’on ne doit pas se considérer dans une étape exceptionnelle de l’histoire parce que tout le monde s’est imaginé cela dans toutes les époques et le plus souvent s’est trompe. On a besoin d’une perspective de siècles pour nous rendre compte quelle années ont vraiment été des moments principaux et pivotaires dans l’histoire de l’humanité. Les décennies ne suffisent pas. Il ne serait pas pourtant exclu que sur ce pas entre le deuxième et le troisième millénaire que nous venons de dépasser, nous ayons vit une période exceptionnelle de l’histoire de la Franc-maçonnerie moderne. Avec le risque de commettre une faute, je vais expliquer pourquoi je le pense et cela ne veut pas dire le millénarisme.

Le passage de peu de temps de l’année 2000 n’est pas une étiquette mise par les hommes sur le cours par parfois calme mais plus souvent trouble de l’histoire qui fait le croire aujourd’hui.

Nous savons, tout le monde sait, que la Franc-maçonnerie moderne est née avec la fondation en 1717 de la Grande Loge de Londres et Westminster. Cela s’est passe par l’union des quatre loges, avant cela indépendantes, qui sont ainsi devenues la première obédience maçonnique cela veut dire, la première fédération de loges décidées de mettre au commun l’intendance et pour pouvoir se concentrer sur certaines choses qui leur semblaient plus importantes, comme la mise en pratique de la fraternité, l’amélioration des gens et par cela et par eux l’amélioration du sort de l’humanité. Cela a donne à la maçonnerie anglaise une avance sur toutes les autres, même si les soit dites ancêtres de notre Ordre, les champions opératifs, étaient plus nombreux en France qu’en Angleterre.

De cette manière, et au cours de deux siècles et demi la maçonnerie anglaise a étendu ses ailes protectrices mais suffocantes de la Franc-maçonnerie universelle. Des choses qui n’existaient point dans la maçonnerie d’origine ont été ajoutées pour des raisons purement politiques, comme l’assimilation du Grand Architecte de l’Univers avec le Dieu de la Bible (voir les Vieux taches des constitutions d’Anderson). Les lois et les édits de la Grande Loge de Londres premièrement, et après cela, des grandes loges des Antiques et des Modernes, de la Grande loge Unie de l’Angleterre après 1813, déterminent dans le monde entier qui était Franc-maçon et qui ne l’était pas, quelle obédience était régulière et quelle ne l’était pas, par le simple jeu de la reconnaissance et de la ne reconnaissance. Ceux qui étaient reconnus à Londres jouissaient de relations privilégiées entre eux sons les yeux attendris et affectueux de la Grande Loge Unie de l’Angleterre tous les autres étant rejettes dans les contrées froides et assombries de la ne reconnaissance, donc, d’une manière automatique et par définition britannique de l’irrégularité.

L’influence de l’Angleterre s’est répandues encore après la révolution américaine, qui transforme treize colonies anglaises d’Amérique de Nord dans le plus grand pouvoir de langue anglaise et sans doute le plus grand pouvoir purement et simplement de l’entier histoire de l’humanité.

Cette révolution qui avait rompu les liaisons purement politiques et administratives avec le pouvoir colonial, n’a pas influence que très peu la Franc-maçonnerie nord-américaine. Cela a continué d’être extrêmement dépendant de nos amis Anglais et seulement avec beaucoup de timidité, au début du vingtième siècle s’est permis enfin de prendre quelques initiatives indépendantes, mais toujours au sens souhaite par la Grande Loge Unie de l’Angleterre. Par exemple l’idée qu’une seule obédience maçonnique doit être reconnue dans chaque pays ou étant, a pris naissance aux états Unis et cela au XIX éme siècle.

Nous savons tous que les guerres provoquent souvent des progrès technologiques et des réveils intellectuels et de l’âme. Cela s’est prouve aussi au sein de la Franc-maçonnerie. La fin des guerres napoléoniennes, de la guerre de Sécession aux États-Unis et d’autres guerres au XIX éme siècle, la fin de la première et la deuxième guerre mondiale, ont donne a la Franc-maçonnerie des impulses successifs qui agrandirent son nombre et son influence d’une manière tout a fait inédite.

Qui aurait pu s’imaginer que les petites réunions dans les salles cachées de quelques tavernes et parfois hilaires du début sont de la moitié du XVIII éme siècle donnera naissance ŕ quatre millions de maçons américains en 1959 est à deux millions de maçons dans l’empire Britannique à la même époque?

Le réveil de la Franc-maçonnerie Européenne de la fin de la deuxième guerre mondiale a été plus lent, moins spectaculaire mais plus solide.

Quelle est la situation actuelle ? Je voudrais vous parler de quelques choses dont peut être vous n’avez pas entendu jusqu’à présent, mais qui pèseront bien lourdement sur les décisions qui devrons être prises pendant cette décennie et pendant la décennie prochaine, ainsi comme sur le futur de la Franc-maçonnerie.

Mais, tout d’abord, quelles sont les règles (terme d’où surgit la parole réguler , régularité qui du début du XVIII éme siècle et de la Franc-maçonnerie de Grande Loge ont fait la différence entre les obédiences qui étaient Maçonniques et celles qui ne l’étaient pas ? Qu’on me pardonne si quelques éléments de cette énumération fâchent (au moins pour le moment) les convictions de quelques lecteurs, mais je ne peux pas, et je ne veux pas changer on maquille la réalité historique. Il est aussi possible que les solutions du futur ne dépendent entièrement de ces règles et nous allons bientôt voir pourquoi.

Du point de vue de 99% de la Franc-maçonnerie mondiale et de la Grande Loge Unie de l’Angleterre qui a invente les critères d’origine et nous a servi pour longtemps comme modèle, une obédience régulière.

1. Elle est formée seulement d’hommes ;

2. Elle applique un Rite et un Rituel traditionnel, ŕ la gloire et sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers ;

3. Elle le fait dans la présence des Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie qui sont et le Volume de la Loi Sacre, la Sainte Bible.

4. Elle a été crée, par filiation interrompue, par au moins trois loges venant d’une obédience régulière ;

5. Elle est souveraine et indépendante de tout autre Pouvoir Maçonnique, de tout autre système de Hauts Degrés, de tout parti ou organisation politique et de tout Église.

Nous pouvons voir tout de suite qu’une obédience qui, comme le Grand Orient de la France a abandonne en 1877 la Sainte Bible et toute référence au Grande Architecte de l’Univers est irrégulière. Mais que pouvons dire sur GLNF, la Grande Loge Nationale de la France, reconnue par l’Angleterre, un jour avant d’être crée en 1913, mais constituée seulement de deux loges irréguliers, le Grand Orient de la France et soumise a un pouvoir maçonnique étranger, la Grande Loge Unie de l’Angleterre d’on elle recrue souvent les Grands Officier.

Que pouvons nous dire sur la Grande loge du Suède, reconnu comme la Grande Loge de l’Angleterre mais qui impose a ses candidats l’appartenance à l’Église Nationale Suédoise (on n’y reçoit pas ni les membres d’une autre église protestante ni des catholiques, ni des hébreux et qui est dirigée par un Conseil Suprême des Hauts Dégrées on seulement les nobles pouvant prendre part ? Qu’est-ce qu’on peut dire sur la Grande Loge du Danemark, sur la Grande Loge de Norvège ou sur l’une des composants des Grandes Loges Unies de la Germanie, toutes régentées par de Suprêmes Conseils des Hautes Dégrées.

Évidemment, quelque part se passe quelque chose dont les Frères Maçons communs ne sont presque jamais informes. Une obédience régulière, conforme aux règles de la Grande Loge Unie de l’Angleterre n’est pas automatiquement reconnue et, via versa, des obédiences fortement irrégulières conformes aux mêmes règles sont reconnues. Mais, dans ce cas et si la régularité l’impose, comme son nom l’indique, le respect de certain règles, qu’est ce qui se passe avec la reconnaissance ?

La reconnaissance entre les obédiences maçonniques ne dépend point de la régularité de celles reconnues, mais des intérêts politiques (au sens de la politique maçonnique et des obédiences qui accordent cette reconnaissance. Ne vous imagine pas que nos amis anglais ne sont pas au courant, au moins en grandes lignes, avec la réalité maçonnique sur le continent Européen.

Ne vous imaginez pas qu’ils ne savent qui sont vraiment régulière parmi ceux ne sont pas reconnus ou qu’ils s’imaginent que les loges qu’ils reconnaissent, GLNF, les Suédois ou les Grandes Loges Unies de l’Angleterre (et beaucoup d’autres loges insignifiantes, surtout en Europe d’Est) seraient réguliers. C’est tout simplement dans leur intérêt d’avoir des relations maçonniques d’une partie avec les obédiences des pays importantes comme la France, l’Allemagne et les pays scandinaves et d’autre partie avec de petites obédiences des autres pays (l’Espagne, le Portugal, les pays de l’Orient) ayant des problèmes de régularité réelle, donc facilement a soumettre et a contrôler. Ils reconnaissent à qui ils veulent, sans aucun état d’âme, laissant a ces pauvres obédiences le souci de se croire régulières, car ils ont reconnus perdre leur souffle en essayant sans cesse de démonter qu’ils sont dignes de cette reconnaissance essayant souvent ętre plus Catholiques que le Pape.

Cette combinaison est marche assez bien jusqu’aux années 1980. A ce moment là, un point de rupture semble avoir été touche et quelques choses se sont rompues irréparablement dans le domaine de la Franc-maçonnerie anglo-américaine.

Le déclin était commence d’ailleurs plus antérieurement, d’une manière peu visible et pour beaucoup de temps les Grandes Loges touchées par cette maladie n’ont pas vu (ou elles n’ont pas voulu voir) le danger.

Depuis plus de quarrant ans, les obédiences anglaises et américaines perdent plusieurs membres au bien d’initier.

Le nombre des membres de la Maçonnerie de USA baisse du maximum atteint en 1959) rythme presque invariable de 3% chaque année.

Le nombre des membres de la maçonnerie anglaise, une fois presque deux millions (ci = compris les colonies), est baisse sous 200.000 de nos jours. D’autre part, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a perdu récemment, après avoir tenté une fois de trop de s’imposer le point de vue aux autres, la puissante Franc-maçonnerie Indienne, italienne et grecque.

Mais une autre chose a été plus grave: c’était pour la première fois dans son histoire qu’elle n’a pas été suivie.

Ni les grandes loges de USA, ni celles de Canada, Australie et Nouvelle Zélande, ni même son fidèle vassal GLNF ne l’ont pas suivie et n’ont pas retiré la reconnaissance des Indes, des Grecques et des Italiens. La significations de ce fait ne peut pas être sous-estime.

En rupture avec l’opinion publique anglaise, autrefois favorable, avec l’Église Anglicane, autrefois une principale alliée, mais elle-même en difficulté de nos jours, la Franc-maçonnerie anglaise fait aujourd’hui des efforts désespérés pour ralentir son écroulement. Par exemple a l’occasion de l’anniversaire de la création en 1717, de la Grande Loge de Londres et Westminster, le Grand Maître, Son altesse Royale, le Duc de Kent a exprime devant une assistance de 6000 personnes, Maçons et profanes réunis pour une tenue maçonnique (ce qui n’était pas régulier) le désir d’imiter, en espérant une renaissance, la Franc-maçonnerie américaine par une extériorisation presque complète.

Pour répondre a une campagne dans la presse des scandales qu’elle pouvait autrefois, regarder avec mépris, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a censure de ses rituels, tous les « serments pénaux ». Ceux ci sont aujourd’hui remplaces par un serment adouci et inoffensive. Elle a aussi publie dans la presse, il y a quelques ans, les signes et les mots des trios dégrées afin de prouver qu’elle n’a pas des secrets et rien a cacher. Ce qui prouve la grandeur de ses problèmes, ainsi que les sacrifices qu’elle est dispose de faire et consentir pour sauver son existence. Enfin et encore une fois, personne dans sa sphère d’influence ne semble pas dispose a la suivre.

Le plus grand problème pour une imitation des américains est, bien entendu, que les Américains mêmes sont de nos jours loin d’être un exemple à suivre pour les Anglais membres a chaque dix ans. La Franc-maçonnerie Américaine perde de nos jours et chaque année plus que tous les membres de la Franc-maçonnerie Française, environ de 100 000 personnes. Le nombre total des membres de la Franc-maçonnerie SUA est passé d’un maximum de Presque 4.200.000 en 1959 a moins de 1.800.00 de nos jours. Des chiffres d’ailleurs inflationnistes, parce qu’en vertu du système de numérotation qu’ils utilisent, un frère membre de trios loges est prés en compte trios fois. Enfin, après un rapport très official de la Société d’Ex Maîtres Vénérables de SUA. Seulement 10% des nouveaux maçon, reviennent jamais à la Loge après l’initiation et seulement 5 % sont plus ou moins assidus. Ce qui signifie qu’en dépit du grand nombre de membres annoncés (1.800.000), le nombre réel de Maçons aux États Unis qui fréquentent vraiment les loges est de 90.00 à 125.00, pour une population de Presque 260 millions d’habitants.

Des loges qui ont sur le papier 500 membres ont souvent des difficultés pour ouvrir une tenue.

Les Grandes Loges des USA se trouvent donc obligées d’adopter des mesures qui ne peuvent pas être considérées que désespérées. Une proposition récente de la Grande Loge de la Californie à la tendance d’obliger les loges avec moins de 500 membres, à se réunir dans une seule pour pouvoir amasser une douzaine nécessaire a une ouverte. Dans une autre tentative de stopper l’hémorragie, la Grande Loge de Floride initiait il y a un an dans une seule cérémonie et directement au dégrée de Maître plus de 1000 profanas en espérant de retenir au moins une centaine. Il n’est pas étonnant qu’on est tentes de comparer avec les problèmes de robinet et baignoire que nous devions résoudre de notre enfance. Si une baignoire, contenant 300 litres d’eau, perd quatre litres a chaque minute a cause d’un écoulement accidentel et que le robinet ne peut débiter que 3 litres et demie par minute, combine de temps s’écoulera jusqu’à ce que la baignoire soit vide?

Et pourtant, beaucoup de Franc-maçon du monde entière ne se rendent pas compte avec quelle vitesse va changer le paysage maçonnique international. Quelques frères s’agitent ici a Paris autour des problèmes lies aux relations avec la Franc-maçonnerie anglaise et américaine, comme s’ils vivaient pendant les années 1950. Quelqu’un devrait être extrêmement naïf pour penser qu’une Grande Loge au courant avec la situation exacte dans le monde anglo-saxonne puisse avoir le moindre envie de s’embarquer sur un navire a voiles qui prend de l’eau de toutes ses parties. Et pourtant, certains le font, et même en Roumanie si je ne me trompe pas.

Le future de la Franc-maçonnerie a beaucoup d’opportunités pour être une période extrêmement intéressant, à condition qu’on s’abstienne de commettre trop de bêtises et à perdre trop de terrains, choses pour lesquelles les obédiences maçonniques ont un immense talent.

Je vous propose de nous concentrer maintenant un peu sur ce future, car jusqu’ici nous n’avons pas parle que du passé et du présent. Je prendrai donc le risqué de faire quelques prophéties sur a un délai court et moyen, prophéties qui en fait valent aussi beaucoup que toutes les prophéties de nos jours mais ont autant de chances d’être la réalité de demain ou après demain.

Bien entendu, je ne les ferrai pas cette fois ci sur la Roumanie mais sur l’Europe Occidentale, ou je vis depuis la moitie du siècle passé. On voit déjà depuis des dizaines d’années que les obédiences liées a l’Angleterre et a l’Amérique décroisent et se diminuent parfois plus vite que celles anglo-saxonnes.

D’autre part, les obédiences régularise indépendantes, qui sont souvent des membres de la Confédération des Grandes Loges de l’Europe (ne pas être confondu a « l’Espace Maçonnique » ou autre chose) sont en permanente augmentation dans un rythme positif qui reflète le rythme négative de celles anglo-saxonnes et irréguliers: + 3% par année.

Le graphique de la diminution de la Franc-maçonnerie anglo-américaine s’entrecroisera avec celui de l’augmentation de la Franc-maçonnerie régulier indépendante dans une dizaine ou une douzaine d’années. Les obédiences réguliers indépendantes sont déjà plus nombreuses que les obédiences soumises a l’Angleterre. Le moment ou les relations maçonniques internationales sur la volonté indépendante et souveraine de chaque obédience, est bien proche.

Ce serait un moment exaltant mais difficile. Difficile à cause d’immenses différences de buts et de méthodes qui persisteront entre ces obédiences. La vaste majorité, je pense qu’environ de 90%, resteront fidèles aux principes de régularité énonces au début de cet article. Pourquoi les changeraient elles? Leur régularité n’est qu’un aspect des vieilles traditions et règles qu’elles n’ont aucun raison d’abandonner. Je pourrais imaginer la Franc-maçonnerie de l’avenir centre sur les obédiences européennes et latino-américaines avec un foyer dans la maçonnerie française. Les obédiences anglo-américaines commenceront a se diviser d’une partie en groupes assez grands pratiquant la charité, se lançon peut être dans l’action sociale et politique mais quittant, excepte quelques signes extérieurs, le rituel et la tradition maçonnique. D’autre part il y aura des groupes plus petits ou moyens, revenues a la régularité d’origine, mais qui auront abandonne, a cause de leurs nouvelles dimensions, toute velléité de hégémonie ou suprématie.

La même chose se passera avec les quelques bouts de ponts qu’elles ont constituées sur le continent européen et moins sur le continent central et sud américain.

Je peux imaginer la Franc-maçonnerie française et européenne gardant sa variété et sa multiplicité, mais revenant la où il est nécessaire, chez les portiques traditionnels. Je vois le Rite Ecossais Antique et Accepte, de loin le plus riche du point de vue intellectuel et moral, symbolique et ésotérique, s’étendant et remplacent les rites de type anglais qui ne permettent ni des affiches ni des discutions. Dans, ce contexte je pense que les obédiences européennes qui ont abandonne la tradition et les points de repère traditionnels pour l’action politique, sociale et charitable continueront a abandonner l’un après l’autre les éléments qui définissent la Franc-maçonnerie jusqu’à devenir autre chose, bien respectable peut-être mais qui aurait cesse entièrement de mériter le nom de Franc-maçonnerie.

Si la Franc-maçonnerie des futures décennies réussis à devenir, avec trois siècles en retard, une Maçonnerie Universelle dont ses fondateurs ne rêvaient pas, car leur rêve était beaucoup plus étroit, c’est qu’il est arrive le moment de travailler en harmonie. Pas pour s’épuiser en querelles stériles de préséance, de supériorité, de hégémonie et d’argents autant au sein des obédiences qu’entre elles. Il est plus urgent et important que nous soyons sincères les uns avec les autres, que nous nous rencontrions plus souvent, que nous nous connaissions mieux et nous nous entendions beaucoup mieux.

Quand a la régularité que plusieurs d’entre nous ont et que nous devons défendre a tout prix, parce qu’elle représente l’essence de ce que nous sommes dans le cas de quelques uns d’entre nous depuis Presque trios siècles.

La Régularité et seulement la régularité est ce qui fait la différence entre nous Maçons et le Rotary, Lions et la taverne du coin de la rue, entêtes respectables mais pas maçonniques.

Nous devons ainsi nous protéger envers les innovateurs, qui tachent a nous expliquer que nous sommer dans le XXI éme siècle et que nous devons simplifier et réduire nos rituels, nous débarrasser de cette vieillesse et de celle la qui sont des points de rituel et de tradition qu’ils n’ont pas compris. Et d’autant plus nous devons nous protéger envers les fabricants de nouveaux rituels, des rites et des dégrées qui tachent s’introduire des innovations partout, parfois pas bêtise et ignorance envers ce qu’ils ont déjà, parfois par la conviction qu’ils sont plus intelligents que tout le monde, mais surtout par volonté et pouvoir et donc, bien simple, pour se constituer un fondement d’où ils pourront conquérir le pouvoir.

Nous avons tous notre Tradition; au moins nous l’avons eue. La Tradition implique le devoir de la transmettre. Ce qui signifie la recevoir de nos prédécesseurs, de la maintenir en bon état, de la changer autant peu que possible et seulement s’il est absolument nécessaire et enfin de la transmettre la plus intact que possible a nos successeurs. Pour paraphraser ce que disait Antoine de Saint Exupéry sur la terre nous n’héritons pas la tradition de nos ancêtres, mais la prêtons de nos successeurs. Nous devons la transmettre dans son état d’origine, ou la remettre dans son état d’origine avant de la rendre a eux.

Comme dernière parole a l’égard de ce sujet, je dirais que nous devrions traiter la Franc-maçonnerie et nos rituels comme une foret: nous promener dans elle a l’aise, y trouver des paysages des routes et des itinéraires signes et décrits par les autres ou hors des chemins circules. Nous devons passer nos soirées sous ses branches mais la laisser dans le même état que nous l’avons trouvée quand nous y sommes arrivé.

L’étudier en général pour la connaître, l’étudier en détails si nous y sommes intéresses mais n’incruster pas notre nom et nos signes dans l’écorce des arbres. Ne plantons pas en elle des arbres étrangers sous de prétextes puérils. Ne la mettre pas en flammes, et ne nous imaginons nous mêmes envoyés pour la réinventer.

Et, enfin, nous devons savoir punir et attirer l’attention de ceux qui essaieraient de la dévaster et la gâter, soit par ambition, malice ou bêtise.

Michael Segall

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INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS 7 novembre, 2020

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INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS

 
INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS  dans Recherches & Reflexions tableau-universel

D’après une introduction écrite par le Dr. Franz Hartman pour l’édition de 1888 de l’œuvre: Symboles Secrets
Les Médecines alchimiques de l’âme furent utilisées dans l’antiquité par la royauté et les grands prêtres D’Égypte. Plus récemment, elles furent utilisées par les initiés des écoles Occidentales des Mystères telles que les Rosicruciens. L’usage de ces produits a deux objectifs. Le premier est de créer un stade d’homéostase dans le corps humain. Le second est d’être un catalyseur pour l’évolution spirituelle, lorsqu’elles sont utilisées en conjonction avec les techniques méditatives hermétiques adéquates.
Les techniques utilisées dans la production de telles préparations exquises datent de la période où l’être humain considérait la terre entière comme un être vivant géant, un être pensant. Les techniques utilisées pour s’assurer que l’étincelle de vie ne se perde pas pendant la préparation semblerait ridicule au savant moderne. Pourtant cette approche très naturelle de la médecine et de la spiritualité est celle que beaucoup d’Américains recherchent si désespérément aujourd’hui.
Il y a actuellement un changement énorme de conscience en Amérique en ce qui concerne le respect de la médecine et de la spiritualité. Les dogmes anciens ne trouvent plus une place définie dans le puzzle de la vie moderne. Les gens recherchent une approche de la vie plus intime, plus naturelle. Ils tentent d’éviter les maladies par l’usage de substances naturelles plutôt que d’attendre d’être la victime d’une maladie débilitante et d’être alors soumis à l’approche anti-médicale des cures allopathiques habituelles. Ils recherchent à développer une intimité avec la nature et avec le développement d’une gnose spirituelle et personnelle qui ne leur est pas accessibles dans les religions orthodoxes.
Le fait que beaucoup de gens ne réalisent même pas que le Christianisme possède un héritage mystique qui lui est propre, est un témoignage de la détermination de l’église primitive de supprimer toute conception spirituelle qui s’opposait à son paradigme en la nommant hérésie. Pourtant, le clergé de l’époque n’arriva pas à éradiquer l’idée que chaque âme humaine est née avec un droit des plus important. Parce que la vérité est que le Royaume de Dieu est à portée, et que l’avènement de sa manifestation attend simplement votre désir de fouler le Sentier ou Chemin du Retour.
Les premiers Gnostiques Chrétiens comprenaient que Jésus-Christ n’était pas une grande exception, mais au contraire qu’Il était le grand exemple. Ces disciples du Christ savaient que l’esprit divin réside vraiment dans, et représente la somme de, toute la manifestation, et que cette connaissance était exemplifiée dans le produit de la nature le plus merveilleux et noble qu’est l’Être Humain.
La Science hermétique enseigne que l’âme connue sous le nom de Jésus Christ fut le premier être humain à faire le saut évolutif de l’Homo Sapiens à l’Homo Spiritualis. Elle enseigne que cette âme prit conscience par la pratique, par de nombreuses incarnations, de son identité et de sa nature véritables. Lorsque cette âme vint dans ce monde comme l’être humain que nous appelons Jésus, il naquit comme un fils de Dieu parfait, sa conscience étant entièrement et parfaitement alignée sur la Volonté Divine. Les premiers Gnostiques savaient que le Sentier foulé par leur Frère Jésus Christ était ouvert à tous, et que quiconque foulant ce sentier passerait par le même changement évolutif. L’appel du Christ à prendre votre croix et de Le suivre ne signifiait pas à ces gens ce qu’il signifie dans la pensée du Chrétien moderne. Il ne se contentaient pas de s’arrêter et d’attendre le retour lointain d’un personnage mythologique quelconque. Ils savaient que le Royaume était littéralement à la portée de tous. Leur tâche ne consistait pas en une attente passive, elle était et reste l’œuvre consciente sur soi-même. Un travail rendu possible par la compréhension de sa propre nature, et le rôle que nous jouons nous-mêmes, consciemment ou inconsciemment, comme un processus créateur inhérent qui tisse l’étoffe de notre environnement depuis nos demeures mentales.
La menace de notre être régénéré, ou l’humanité spiritualisée était trop grande pour le Clergé de l’époque du Christ et elle l’est encore aujourd’hui. Si chaque âme humaine connaissait et communiait avec la présence Divine qui réside dans leur être, il n’y aurait plus aucun besoin d’une hiérarchie dans les églises modernes. En vérité, son existence même autour de vous concentre votre recherche de l’or extrait de la mine, et jamais la recherche de l’or de votre propre être. Ainsi, avec la tyrannie des loups vêtus de vêtements de bergers, ils tentent d’éteindre la flamme de l’espoir. Et j’affirme que l’on ne peut pas annihiler la vérité, comme si on avait l’arrogance de se croire capable d’éteindre le soleil.
A plusieurs reprises, à la fin du XVIIe siècle, un nouvel espoir parût à l’horizon. Son apparition signala un retour de la lumière. Une société secrète de femmes et d’hommes se serait répandue dans plusieurs pays d’Europe. On disait que les personnes appartenant à cette société possédaient des pouvoirs surhumains, sinon surnaturels; on disait que ces personnes pouvaient prédire le futur, que leur pensée perçait les secrets les plus profonds de la nature, qu’ils pouvaient même transmuer en or, des métaux vils comme le plomb, le cuivre ou le fer. A cause de leur compréhension intime de la nature, ces âmes avancées auraient été capables de commander aux Esprits Elémentaux de la nature et qu’elles connaissaient le secret de la Pierre Philosophale, de la Panacée Universelle qui rendaient tout-puissant, immortel et omniscient celui qui les possédaient.
J’ai lu des exposés récents qui attestent d’une véritable transmutation de l’or. Je crois aussi savoir que le British Muséum possède de l’or qui fut obtenu par transmutation alchimique.
Les Adeptes occidentaux n’ont jamais contesté les allégations qui furent faites à leur encontre, en réalité, ils ont affirmé qu’il existe de nombreuses lois naturelles et des pouvoirs mystérieux desquels la majorité de l’humanité ne connait que fort peu à leur époque. Il fut aussi révélé que cette information demeurerait inconnue de la science orthodoxe pour de nombreux siècles. La raison n’en étant pas que le cœur humain était trop vil pour connaître ces vérités sublimes, mais que c’était simplement le résultat de l’action d’une loi universelle. Toutes les sciences se basent sur l’observation des faits, et les faits doivent être perçus avant d’être observés. Les Sages occidentaux savaient que les pouvoirs spirituels de la perception de l’humanité en général ne sont pas encore suffisamment développés pour lui permettre de percevoir les choses spirituelles. Si nos pouvoirs spirituels de perception étaient plus développés, nous verrions un univers peuplé d’êtres et de choses bien différents de nous-mêmes et des autres choses de la terre. L’univers vus par ceux qui peuvent voir avec leurs yeux physiques et leurs yeux spirituels disent qu’ils sont remplis de choses vivantes, dont la beauté et la sublimité dépasse l’imagination la plus exaltée. Nous serions alors capables d’apprendre et de percevoir des mystères qui, par comparaison, font sombrer l’art de la fabrication de l’or dans une insignifiance inutile.
Je n’ai pas la possibilité de démontrer la validité des déclarations qui furent faites par les Adeptes occidentaux anciens et modernes. Certains diront que les rapports des résultats de nos frères ainés étaient allégoriques et que le sens véritable des histoires racontant de tels événements sont totalement mal compris. Mon témoignage ne parle que des changements intangibles qui prennent place dans l’être humain intérieur lorsqu’il est libéré de la servitude de l’apparence et démontre une vérité singulière de l’esprit. Est-il possible que ce que la science appelle une réalité subjective possède une base légale d’existence et d’opération dans le monde objectif? En vérité, la Science Hermétique qui est la fondation du monde extérieur, est le monde intérieur de l’esprit, un monde qui n’est pas du tout subjectif, mais opère dans les paramètres des lois physiques appropriées à son degré de densité. Il est peu vraisemblable que mon témoignage renforce ou valide une doctrine qui a été rejetée par les autorités scientifiques modernes. Pourtant, que peuvent-ils savoir du monde de la nature alors que tout ce qu’ils ont vu d’elle et que ce qu’ils connaissent d’elle n’est que la perception de leurs sens extérieurs? Serait-il possible ou recommandable d’essayer de convaincre les gens de telles choses, alors qu’ils ne sont capables de voir l’être humain que comme un animal intellectuel. 

Q’ est- ce qu’un être humain, et qui est-il? Aussi longtemps que nous ne saurons rien de la véritable nature de l’Être Humain, en dehors de son anatomie, sa physiologie, et de ses autres fonctions externes, nous n’avons aucun espoir de commencer à réaliser les attributs divins que l’être réel – l’esprit régénéré – est en possession. Avant que nous puissions espérer connaître quoi que ce soit de l’être humain intérieur divin, la conscience de notre propre divinité doit d’abord vivre en nous-mêmes, nous devons atteindre la connaissance de nous-mêmes. Quelles sont les choses que l’être humain peut vraiment connaître, qui ne soit pas en lui-même? Toute autre connaissance n’est vraiment que spéculation, croyance ou opinion.
Ce que la science a enseigné sur les choses extérieures est basé sur ce que nous, en tant qu’espèce, sommes en relation. Mais des puissances invisibles, qui sont les causes des apparences extérieures, nous savons ou comprenons très peu. C’est parce que ces énergies formatrices ne produisent aucune impression sur notre mental, que nous les avons considérées comme non-existantes. Il est vrai que nous pouvons employer nos facultés mentales faillibles pour établir des déductions logiques en ce qui concerne l’inconnu, en raisonnant sur la base de ce que nous croyons savoir. Mais ceci n’est pas la connaissance véritable, ce n’est que spéculation et théorie. De telles théories et opinions peuvent être vraies ou fausses, elles peuvent durer quelques années, puis sont remplacées par de nouvelles théories, qui peuvent être ou ne pas être correctes, et peuvent même remplacer des théories qui étaient une meilleure démonstration que la vérité-une possède de nombreuses expressions. Ce qui précède n’est pas le type de connaissance sur laquelle la science spirituelle se base. Les fondements de la science spirituelle sont le résultat de la perception directe et de la compréhension de la vérité. Ce n’est que lorsque la vérité existe en nous même que nous la connaissons, et la connaissance de cette vérité n’est possible que par la connaissance de nous-mêmes.
La science moderne est excellente dans la description et la classification de la nature et des propriétés extérieures des choses. Mais certains attributs latents dans la constitution de l’être humain, lorsqu’ils sont développés, impliquent l’activité d’une échelle supérieure de sens internes. Donc l’être humain deviendrait capable de recevoir des impressions spirituelles, et d’entendre, voir, sentir, goûter et toucher des choses qui dépassent le pouvoir de perception des sens extérieurs normaux. De même que l’usage de ces derniers peut être appris par l’usage, de même les premiers peuvent être rendus plus réceptifs et précis par la pratique.
Si nous faisions un arrêt et prenions conscience du processus par lequel l’existence des choses externes est introduite dans notre conscience intérieure, nous pourrions voir facilement que notre mental n’est pas limité par les frontières étroites de notre forme physique. En vérité, notre conscience individualisée est centrée dans l’organisation de notre être, pourtant la substance de notre mental s’étend aussi loin que nos pensées peuvent aller. La Science Hermétique enseigne que le pouvoir spirituel qui constitue l’être humain véritable, et dont le centre d’activité est dans le cœur humain, et qui rayonne dans toutes les parties de son organisme, est le principe universel qui remplit, entoure et pénètre toutes les choses. De même, l’influence des rayons du soleil physique est manifeste partout, pénétrant dans toutes les semences et les germes des plantes, et développant leurs formes selon leurs caractéristiques individuelles. De même le pouvoir universel, l’éternel Soleil spirituel de l’Univers pénètre le cœur humain, et peut y développer un être immortel.
Le processus est simple et naturel. Un rayon de la lumière spirituelle entre dans le cœur et stimule les éléments supérieurs de l’âme pour les rendre vivants et actifs. Il établit – pourrait-on dire – un centre de polarité dans l’âme, causant l’expansion du germe spirituel et engendrant une vie spirituelle supérieure à tout ce dont l’être humain physique est capable de prendre conscience. Comme les énergies du soleil terrestre pénètrent le cœur d’un arbre et y causent la croissance des branches et des rameaux, le développement des fleurs et des fruits, les énergies du soleil céleste de grâce pénètrent le cœur humain et causent le développement d’une âme dont l’activité s’étend bien au-delà des limites du corps physique.
Cette lumière, étant la Vie et la Vérité rayonnant dans le cœur de toute personne, est le Christ, ou Rédempteur de l’humanité. Elle est universelle, et il n’y a pas d’autre rédempteur; elle est connue des sages de toutes les nations, biens qu’ils ne l’appelle pas du même nom; elle existait au début de la création, et existera encore à sa fin; elle est le corps et le sang, la substance et la puissance de l’être humain spirituel intérieur dans son aspect divin le plus élevé. Cette lumière donne la promesse au cœur humain, qu’en vivant selon la loi universelle, en harmonisant les éléments animaux qui existent dans sa constitution, il sera capable de réaliser son véritable état spirituel d’humanité-divine, et marcher continuellement dans la lumière du Logos.
Cette vérité fondamentale a engendré les lois de toutes les religions, et les principaux systèmes religieux à la surface du globe sont fondés sur l’unification finale de l’être humain avec Dieu. Les sages de tous les temps savaient que la naissance du Christ, non pas un homme appelé « Christ », mais le Sauveur divin, est une naissance qui peut s’accomplir dans chaque cœur humain. Le Christ est le « Fils de Dieu », un rayon de Lumière venant du soleil universel, spirituel, éternel, brillant dans le cœur humain et grandissant au milieu des éléments semi-matériel de l’organisation humaine. C’est la nature qui produisit le Christ. Elle est la mère éternelle, car toutes les formes ont évolué de la nature et toute retourneront dans en son sein. Pourtant, elle demeure la vierge immaculée, car elle n’a aucune connexion avec aucun dieu extérieur, mais avec le pouvoir fructifiant du Saint Esprit vivant et agissant depuis son centre propre.
La théorie du Christianisme moderne n’est pas en harmonie avec cette pratique; les théories et les pratiques de nos églises modernes se contredisent continuellement. La véritable église spirituelle du Christ vivant est bâtie sur le roc de la Foi vivante, une énergie par laquelle on reconnaît les vérités spirituelles; mais l’église moderne est basée sur l’ignorance populaire en ce qui concerne les lois de l’existence, et maintient son unité par des considérations égoïstes et personnelles. Selon la Bible, Dieu est un esprit spirituel, qui ne peut être approché que par la lumière du Christ; mais les pratiques de l’église moderne fait de Dieu la caricature d’un homme, et le prêtre est le moyen de communication inévitable avec Lui.
Dans l’esprit de l’homme moderne, une foi en Dieu est quelque chose qui dépasse le pouvoir de la compréhension, alors qu’une croyance en un prêtre est de suprême importance; le premier – Dieu – est inapprochable, tandis que l’autre – le prêtre – peut être approché. Une telle conception erronée est permise par l’église parce qu’elle augmente ses intérêts temporels. Dieu est détrôné et sa place est occupée par le prêtre.
Mais le chercheur de la vérité sincère ne sera pas satisfait aussi longtemps que l’inconnu subsiste. Ayant examiné les divers autels et n’y ayant pas trouvé le vrai Dieu, il a au moins approché l’autel du Dieu inconnu, autour duquel n’existe aucun ténèbre. Au centre de son cœur brûle une flamme divine et, allumant la lampe de son intellect à cette flamme divine de raison, il commence à voir la vérité et la trouve bien plus sublime qu’il n’avait osé l’espérer. La vérité ne se trouve ni dans des livres, ni dans des doctrines religieuses, ni dans des spéculations intellectuelles. Si nous désirons connaître la vérité, nous devons lui permettre d’entrer dans notre cœur afin qu’elle devienne une partie de nous-mêmes. Alors, par le pouvoir de la connaissance de nous-mêmes, nous pouvons voir la vérité dans sa propre lumière; nous pourrons la ressentir, la voir et savoir ce qu’elle est.
Oh combien plus grand que le dieu des églises, est le Dieu de l’Univers! Il n’est pas un être limité qui peut être amadoué ou persuadé par un prêtre, mais une énergie éternelle immuable comme la Loi. Le Dieu de l’humanité est le pouvoir éternel d’Amour, la source de tout être dont l’image existe dans le cœur de l’être pur, dont la nature est le Feu, dont les rayons sont la Lumière de l’Intelligence et le principe de la Vie immortelle. La religion Universelle est basée sur la reconnaissance de la vérité que toute l’humanité est une.
Que ceux qui désirent sentir et connaître la vraie signification de la Croix sortent des temples sombres où la terreur et la peur, l’ignorance et le cléricalisme ont établi leurs trônes, et qu’ils adorent le vrai Dieu vivant, la lumière et le Saint Esprit qui imprègne toute la nature, la source de toute vie depuis l’être humain jusqu’à l’insecte, en vérité jusqu’à l’étincelle qui sommeille dans une pierre. La source de toute gloire et de toute puissance, connaissance et sagesse, amour et harmonie, dont l’activité est manifestée partout. Son image devrait être vue dans tout être humain. Qu’ils laissent les prêtres et les moines à leurs psalmodies et leurs contemplations d’un au-delà craint, qu’ils ont eux-mêmes créé pour faire peur, et qu’ils entrent dans la Lumière Divine qui fait resplendir toute beauté, même celle du monde matériel le plus extérieur. Qu’ils sortent des bibliothèques poussiéreuses de notre science spéculative et superficielle pour étudier le livre de la nature à la lumière de la vérité. Qu’ils repoussent les toiles d’araignées qui se sont accumulées dans leurs chambres; afin lumière de la vérité puisse entrer par les fenêtres de leurs âmes et fasse fondre la croûte glacée qui emprisonne leurs cœurs et leur permettant ainsi de réaliser la sublimité et la majesté du Dieu des Chrétiens et des autres, la manifestation de sa puissance qui anime le Cosmos.
L’être humain est, à son origine, l’enfant de Dieu. S’il veut connaître le Père, il doit retourner dans son état primitif divin et devenir un Christ, rempli du Saint Esprit, la Lumière du Cosmos. Il est l’enfant de la nature éternelle immaculée; s’il veut connaître sa mère, il doit entrer dans une harmonie parfaite avec elle et devenir naturel. Comment l’être humain peut-il connaître la nature tant qu’elle est dénaturée, comme il l’est lui-même, et qu’il l’imagine différente de ce qu’elle est? Comment peut-il comprendre la Nature tant qu’il empêche sa lumière d’entrer dans son cœur, et qu’il la considère à travers les propres fausses conception qu’il a créées lui-même dans son mental? Avant que l’être humain puisse développer quelque pouvoir spirituel, il doit d’abord restaurer des relations harmonieuses entre lui-même et la Nature universelle; ce n’est que lorsqu’il deviendra naturel qu’il pourra espérer grandir spirituellement et devenir capable d’obtenir le contrôle des pouvoirs divins de sa mère. La science naturelle véritable est pour cette raison la base de toute vraie religion; mais pour acquérir la vraie connaissance de la Nature, nous devons l’étudier telle qu’elle est, non pas telle qu’elle a été représentée par ceux qui la dénaturent constamment, et qui ne connaissent rien d’elle, sauf quelques unes de ses formes extérieures.
L’une des vérités fondamentales de la science occulte est que la personne individuelle est une image de la Nature. Sa constitution est basée sur les mêmes lois sur lesquelles la Nature est construite dans son entièreté, tel un enfant ressemble à sa mère; ainsi l’organisme humain ressemble à la nature universelle en chaque chose, même dans sa forme extérieure. Il est in Microcosme du Macrocosme de la nature; contenant en soi-même, en germe, potentiellement ou activement, tous les pouvoirs et les principes, les substances et les puissances qui sont contenues dans le grand organisme de la nature, et comme le petit et le grand mondes agissent et réagissent l’un sur l’autre; les forces élémentaires de la nature agissent sur l’être humain et les énergies émanant de l’être humain – même de ses pensées – réagissent sur la nature; et plus l’harmonie existe entre l’être humain et les lois de la nature universelle, plus intime sera la connexion entre les deux: car les deux sont réellement un, le fait qu’ils apparaissent comme deux êtres distincts n’est qu’une illusion qui a été causée par la transgression des lois de la Nature par l’être humain. Puisse l’être humain devenir un véritable enfant de la nature, et devenir une seule pensée avec sa mère; il connaîtra alors toute la nature en se connaissant lui-même. Il sera alors pareil au fils prodigue décrit dans la Bible, qui retourne à la maison paternelle et retrouve les droits de naissance naturels et l’héritage qui lui revient. Puisse le trône sur lequel siège la sagesse s’établir dans son propre cœur, afin qu’il connaisse la vérité sans l’étude de livres et sans spéculation théorique. 

Source : http://www.hermanubis.com.br/

Hermanubis Martinista
et
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Gloire au Travail ? Mon œil ! 19 juin, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
Gloire au Travail ? Mon œil !
Eloge de Bertrand Russell, Paul Lafargue, Tom Hodgkinson, David Graeber
et tous ceux qui luttent contre l’asservissement par le travail

18 juin 2020

 
Gloire au Travail ? Mon œil ! dans Chaine d'union Anselm_Feuerbach_002-696x333
Pour les grecs, travailler, c’était mal… C’était le bon temps!

Un titre un peu long, certes, mais important. Nous sommes dans le Monde d’Après, ce monde sans joie que contre lequel d’autres et moi-même luttons. Mais je pense que nos dirigeants, en plein effet Dunning-Krueger n’ont désespérément rien compris à la situation. Certes, je pourrais m’étendre sur la mondialisation, l’holocauste des vols low-cost, le mal que nous faisons aux écosystèmes et qui force les humains à cohabiter avec des espèces porteuses de virus etc. D’autres le feront mieux que moi. A mon petit niveau d’ingénieur, je me contenterai d’analyser une facette de notre mal-être collectif et de mettre la lumière sur certaines fadaises et autres aberrations que j’entends trop souvent. Je veux parler du travail, du labeur, de l’emploi etc.

Pendant le Confinement (et même après), j’ai lu et pris conscience de pas mal de choses, notamment de notre lien toxique au travail. J’ai lu notamment l’Eloge de l’oisiveté, de Bertrand Russel. Un admirable réquisitoire contre le travail et la valeur travail, déjà dénoncés par Max Weber dans L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme.
Selon Russell, la civilisation a pu se construire parce qu’une classe dirigeante avait du loisir, pendant que la classe opprimée trimait. Typiquement, la Grèce antique suivait ce schéma. Certes, les esclaves publics (ancêtres des fonctionnaires) faisaient tourner la machine. Ces esclaves étaient parfois mieux traités que des travailleurs contemporains, mais c’est une autre histoire. Toujours est-il que les dirigeants bénéficiaient du loisir instructif, que les traducteurs de Russell qualifient d’otium, un temps d’étude, de recul ou d’approfondissement.
Il faisait également la distinction entre les travailleurs qui déplacent de la matière (les ouvriers, les agriculteurs, artisans etc.) et « ceux qui leur disent comment faire », autrement dit les « analystes symboliques » chers à Marx. A ces deux classes s’ajoutent celles des conseillers (d’autres analystes symboliques), qui expliquent aux donneurs d’ordre comment diriger ceux qui déplacent la matière. Nous avons été conditionnés depuis quelques décennies (les années 60, je crois) à nous placer dans la catégorie des analystes symboliques, afin de bénéficier du loisir propre aux classes dirigeantes. Car dans ce paradigme, le travail manuel, c’est pour les pauvres !

Or, concernant le travail manuel et industriel, nous disposons désormais dans nos usines, du moins celles qui n’ont pas été délocalisées, de machines. Ces robots et automates programmables ont permis un gain de productivité énorme. Au point qu’à objectif de production égal, on peut diviser largement le temps de travail par deux ou trois, et ainsi laisser plus de temps de loisir à l’ouvrier. Russell l’explique dans son Eloge de l’oisiveté, Paul Lafargue aussi, dans l’Eloge de la paresse. Keynes lui-même pensait qu’à partir de 1945, on ne travaillerait plus que deux à quatre heures par jour. Les outils de production permettant largement de couvrir les besoins de la population, il n’y a donc pas lieu de maintenir ce régime de 40 heures hebdomadaires. Et pourtant…

En fait, une idéologie a pris le pas sur les autres : le néolibéralisme. Ainsi les Friedman, Greenspan et autres charlatans en sont venus à instiller l’idée qu’il fallait augmenter les profits des dirigeants d’entreprise ou d’Etats (les deux n’étant pas incompatibles, cf. les USA), cesser de contribuer à l’État et à la communauté et de mutualiser les pertes. Dans cette optique, certains cyniques n’ont pas hésité à fermer des usines françaises pour les relocaliser ailleurs, avec la bénédiction des politiques. On a envie de leur chanter le « Merci patron » des Charlots, tiens… Donc pour augmenter le profit de ces braves gens, qui vont nous expliquer que le travail, c’est une valeur (enfin, celui des autres, qu’ils pillent allégrement, parce que eux, « c’est pas pareil »), il faut trimer toujours plus. Mais pourquoi faire ?

Par ailleurs, une autre idée fausse s’est instillée grâce à ces braves gens : toujours augmenter la croissance. Toujours croître, croître, croître. Sauf que, la croissance infinie supposerait de disposer de matière et donc d’énergie en quantité infinie, ce qui n’a aucun sens en sciences physiques. Alors, nous travaillons. Nous déplaçons de la matière ou nous disons à ceux qui déplacent la matière comment ils doivent le faire sans être capables d’en transporter le dixième. Ceux qui ont un emploi sont essorés au maximum, et ceux qui n’en ont pas sont laissés au bord de la route. Pire, avec les conséquences des crises sanitaire et économique que nous vivons, ceux qui ont un emploi devront travailler encore plus quand les plus fragiles (incluant les jeunes) seront sacrifiés. Cette idée nous est répétée à longueur de temps par les charlatans de l’économie et du monde médiatique, ceux-là mêmes qui dirigent des think-tank qu’on entend trop souvent nous débiter les mêmes fadaises, sans recul, sans analyse critique.

Peut-être que le temps de loisir ou d’otium pourrait être utilisé pour se rendre compte que tous ces discours ne sont que calembredaines, et les personnes au pouvoir n’ont aucun intérêt à ce que le peuple s’en rende compte…

Le problème est qu’à force de déplacer de la matière à tout va au nom d’une croissance qu’on suppose infinie, nous allons détruire irrémédiablement notre environnement, déjà bien abîmé. Les transports que nous utilisons chaque jour polluent. Les matériaux de chauffage, les installations industrielles polluent. L’agriculture industrielle pollue. Nous polluons en consommant des objets inutiles que nous croyons indispensables, mais qui se dégradent automatiquement pour nous forcer à les remplacer… Pire, nous travaillons plus pour payer les crédits que nous prenons pour consommer ces machins. L’emploi est devenu un véritable levier de soumission des peuples.

Et pourtant, le Confinement a montré que l’industrie était néfaste pour tout le monde et que s’arrêter faisait du bien (quand on le peut bien sûr… Les « Premiers de corvée » n’ont pas forcément le même avis). Ce moment nous a montré aussi qu’au fond, bien des emplois n’apportaient rien à la société ou, et c’est pire, lui étaient nuisibles. Mais nos caciques au pouvoir préfèrent pratiquer le déni. Il y a un « effort de guerre » à fournir pour leurs profits. Et tant pis pour les travailleurs. Tant pis pour nous tous. Il faut, je cite, « travailler et produire davantage ». Bon, vouloir produire toujours plus avec des ressources limitées, ça ressemble à de la folie… Sauf que cette folie, cette « passion du travail » nous amène à notre propre destruction. Quel dommage de ne pas savoir maîtriser ses passions !

Je pense qu’il est temps d’engager un vrai débat sur le travail et l’emploi. Nous prenons conscience que les emplois les plus utiles sont aussi les plus mal payés et les plus mal considérés. Peut-être que la Franc-maçonnerie peut apporter sa pierre à ce débat que j’appelle de mes vœux ? Nous autres Francs-maçons avons une idée particulière du travail, mais aussi de la tempérance, qui doit nous faire savoir quand nous arrêter, et qui passe par une connaissance de soi et un travail de perfectionnement (le travail de Gloire au Travail). Aussi paradoxal que cela puisse paraître, peut-être devrions-nous nous battre pour travailler moins et consommer moins, ce qui sauverait le travail ?

« La morale du travail est une morale d’esclave et le monde moderne n’a nul besoin de l’esclavage » écrit Bertrand Russell. Plus que jamais, reprenons notre liberté !

J’ai dit.

Pour aller plus loin :

- Pierre Larroutouru, Dominique Méda : Il faut réduire le temps de travail
-
Tom Hodgkinson, L’art d’être oisif dans un monde de dingues, Les Liens qui Libèrent
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James Livingstone, Fuck work, Champs
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Rutger Bretman, Utopies réalistes, Seuil

– David Graeber, Bullshit jobs, Les Liens qui Libèrent

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/18/gloire-au-travail-mon-oeil-eloge-de-bertrand-russell-paul-lafargue-tom-hodgkinson-david-graeber-et-tous-ceux-qui-luttent-contre-lasservissement-par-le-travail/?fbclid=IwAR2ajCPpWkbB4FDDg35Dc1VzYj-ka6FxVcJrfC2o3H9lVVNKyDgXMxXnM3Y

POURQUOI ET COMMENT LA FRANC MAÇONNERIE EST NÉE EN ANGLETERRE AU MILIEU DU XVI° SIECLE 6 mai, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

POURQUOI ET COMMENT LA FRANC MAÇONNERIE EST NÉE EN ANGLETERRE AU MILIEU DU XVI° SIÈCLE

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Notre FM spéculative (un anglicisme signifiant «composé par l’esprit») est cette école de pensée humaniste, réglementée en 1723 par les «Constitutions» d’Anderson. Elle y est définie comme «le centre de l’union d’hommes de bien et loyaux» ayant pour but de promouvoir la fraternité universelle au service du bien commun de l’humanité, par la recherche de la vérité et la lutte contre les injustices.

En retraçant l’histoire de la pensée philosophique anglaise, l’on peut constater que l’Angleterre était destinée à voir naître notre FM sur son sol.

Avant d’exposer ce cheminement, il faut rappeler le contexte ambiant du Moyen-âge européen, où l’art et toute méditation de l’esprit devaient servir la même Foi monolithique tout en glorifiant le Christ. Or, il s’était trouvé que la pensée d’Aristote ayant réussi à traverser les Pyrénées à la fin du XII° siècle, beaucoup de moines savants furent séduits par sa dialectique entre l’essence et l’existence. Parmi eux, St Thomas d’Aquin (1226-1274) sut récupérer cette dialectique dans sa «Somme Théologique», où il affirme que Dieu seul réunit en Lui l’essence et l’existence et que c’est grâce à Son intervention dans l’essence de l’homme que celui-ci peut donner un sens à son existence. De la sorte, l’Eglise continua à imposer sa pensée unique, soutenue par l’Inquisition puis par l’Index. Et même Descartes, en 1637 encore, dut se réfugier en Hollande par suite de la mise à l’Index du « Discours de la méthode » où le « doute systématique » fut jugé contraire à la Foi.

 

L’EXCEPTION ANGLAISE

 

Seuls, les penseurs Anglais surent résister aux pressions du Pape, et ce, bien avant le schisme anglican de 1534. Cette exception anglaise s’explique, en partie,  par l’isolement insulaire et par son héritage de l’esprit indépendant et entreprenant des Vikings qui avaient envahi les côtes anglaises dès le VIII° siècle ; leur esprit se retrouva aussi chez les Normands, vikings d’origine, et qui instaurèrent le royaume d’Angleterre en 1066 à travers les troupes et la cour royale de Guillaume le Conquérant.

En outre, en 1071, ce 1er Roi d’Angleterre fit spécialement venir en Angleterre une communauté juive, composée d’hommes d’affaires et de savants, estimant que leurs compétences en ces domaines feraient prospérer son nouveau royaume. Et, parmi les savants juifs, se trouvait le grand astronome, Pedro Alfonso, qui avait fui les persécutions antisémites au Portugal. Evidemment, il fut invité par le Roi à diffuser sa nouvelle technique d’étudier l’astronomie à partir d’instruments de mesure et de calculs mathématiques, en faisant fi du dogme Ptoléméen de l’Eglise. Cette liberté de pensée dans la recherche marqua la façon de travailler des futurs savants anglais, du fait que l’astronomie était alors considérée comme la reine de toutes les sciences.

 

Et cette démarche intellectuelle eut pour conséquence que, début XIII°, le théologien Robert Grosseteste, Chancelier de l’Université naissante d’Oxford (qui bénéficiait alors d’un statut indépendant, unique en Europe, la mettant à l’abri de toutes pressions extérieures, royales ou ecclésiastiques) y institua le mode de pensée empirique, en appliquant les mathématiques à l’étude de la Nature tout en testant les hypothèses avancées, sans souci du reste. Devenu évêque, il osa critiquer les abus des droits féodaux et des bénéfices ecclésiastiques, au service du bien commun.

 

A la même époque, la «Grande Charte» de 1215 imposa au Roi de consulter la Noblesse avant la création de tous nouveaux impôts.

Ainsi, les libertés individuelles naquirent en Angleterre dès le début du  XIII° siècle, dans la faculté de critiquer et de dire NON.

Puis, à la fin XIII° siècle, le franciscain savant Roger Bacon (1214-1294) fonde la science expérimentale par sa phrase : «La preuve par le raisonnement ne suffit pas, il faut en plus l’expérimentation». Cela mit définitivement en place la recherche de la vérité humaine et expérimentale, distincte des Ecritures Saintes.

 

Aussi, tandis que les Papes cherchaient à soumettre les Rois chrétiens durant tout le XIII° siècle, le franciscain Duns Scot (1265-1308) professait à Oxford qu’il faut distinguer le domaine de la foi, qui est métaphysique, du domaine profane, qui exige des réponses claires et sans mystères.

 

A sa suite, un autre franciscain, William of Occam (1285-1347) va professer la séparation entre foi et raison en reniant toute hiérarchie entre philosophie et théologie. Il en déduit que le Pape n’a pas à s’ingérer dans les affaires temporelles où le bon sens humain suffit. Sa façon d’exposer s’apparente à celle de la philosophie analytique moderne, par son raisonnement rationnel reposant sur des faits, sans métaphysique, annonçant la méthode scientifique de Newton et du Siècle des Lumières.

 

Le statut totalement indépendant de l’Université d’Oxford et la liberté de pensée précoce des savants anglais, vont prédisposer l’Université d’Oxford à accueillir tous les ouvrages de l’Antiquité et de la civilisation arabe, qui étaient censurés par l’Eglise sur le Continent. Oxford devint alors le grand centre européen de recherches, où l’on pouvait débattre librement des idées, notamment des doctrines ésotériques de l’Antiquité (condamnées par l’Eglise) qui intéressaient tous les cherchants de la Renaissance, comme source de la Connaissance primordiale ayant existé avant la chute de l’Homme puni par le Déluge.

 

A ce sujet, il faut savoir que, pour comprendre et découvrir cette Vérité primordiale, ces doctrines ésotériques, émanant de l’Ecole d’Alexandrie datant des 1er/2ème/3ème siècles, stipulaient qu’il fallait atteindre une certaine illumination de l’esprit, laquelle exige sa purification préalable à travers une discipline de contemplation menant à l’extase qui, seule, peut unir l’homme à Dieu dans «l’Unité Primordiale». Cependant, il était aussi stipulé que, seule une élite (dits «Mages» de la Renaissance), pouvait accéder à cette Vérité primordiale, et que cette sélection était justifiée par la nécessité d’en protéger les secrets contre les esprits impurs, capables d’en faire mauvais usage pour nuire à l’Humanité. Et c’est pourquoi, pour transmettre cette «Vérité Primordiale» à l’homme, Dieu a usé du symbolisme (dont les hiéroglyphes des Pyramides), qui demeurent inaccessibles à la compréhension de tous ceux qui ne suivent pas ce cheminement initiatique, empreint de méditation et de mysticisme. Ce cheminement initiatique s’inspirait surtout de l’Hermétisme, philosophie attribuée à Hermès Trismégiste, censé avoir retransmis à l’humanité survivant au Déluge, la «Connaissance» et les 7 arts libéraux à l’humanité.

Notons, ici, que le symbolisme, l’Hermétisme sont repris par le REAA.

 

Par ailleurs, alors que la Renaissance européenne oppose partout les monarques à la noblesse et à la bourgeoisie d’affaires, il se trouve qu’en Angleterre, Henri VIII, en créant l’anglicanisme en 1534, va séculariser les biens du Clergé catholique pour les céder à bas prix à l’aristocratie et à la bourgeoisie pour en faire des alliés politiques.

 

Une autre exception anglaise se trouve dans le fait que, partout en Europe, des hommes d’Etat œuvraient pour renforcer l’absolutisme du pouvoir royal en invoquant la raison d’Etat (il suffit de se référer à Machiavel dans son ouvrage «LE PRINCE», publié en 1529), alors qu’en Angleterre Thomas More (1478-1535), Chancelier de Henri VIII, veut soumettre la raison d’Etat au bien-être du peuple. Il l’exprime dans son œuvre imaginaire, «UTOPIA» (=nulle part), publiée en 1516, où il décrit une société égalitaire, sans propriété privée, dont l’harmonie repose sur la loi qui organise le fonctionnement rationnel de la société, en lui évitant toute injustice et calamité. A travers cet ouvrage, diffusé à grande échelle à travers l’Université d’Oxford, Thomas More critique l’état misérable de la société et ses grandes inégalités depuis la «peste noire» qui l’avait affligée aux XIV° et XV° siècles. Il insinue notamment que les malheurs de la société ne sont pas des fatalités, mais le résultat d’une mauvaise gouvernance, qui a manqué d’instruire chaque citoyen à agir de façon responsable envers la société. C’est un message fort, disant que l’homme peut agir sur son destin et améliorer la société, annonçant, 2 siècles à l’avance, le but final de notre FM. Aussi, son immolation, par Henri VIII en 1536, servira-t-elle d’exemple socratique à la pensée politique anglaise.

 

Moins d’un siècle plus tard, un autre grand homme d’Etat, Chancelier et ami de Jacques 1er d’Angleterre, Francis Bacon (1561-1626), lancera une nouvelle forme de pensée, la logique expérimentale ainsi que l’introspection et l’élimination des aspérités de notre Pierre Brute. Dans son ouvrage «Novum Organum», publié en 1620, il propose «une purge de l’intellect» en faisant table rase des 4 catégories d’«idoles» qui encombrent l’esprit humain : l’hérédité, la culture acquise dans son milieu, les vices de son ego personnel et les habitudes acquises par ses fréquentations. Par ce moyen, chacun deviendra en un homme nouveau, libre, responsable et donc efficace au service de la société, sans plus avoir besoin de remonter aux doctrines de l’Antiquité pour orienter son action. Il croît au progrès de l’humanité, découlant des innovations de nos idées pour repenser le monde à venir et  des créations de techniques nouvelles pour accroître notre efficacité productive au service de la société.

 

C’est là une révolution dans la pensée européenne. Aussi, dans son livre «Nova Atlantis», il encourage l’Etat à créer des «instituts de recherche» et à favoriser les échanges entre savants du monde, servant à balayer le mythe obscurantiste des «Mages de la Nature», idolâtrés par la Renaissance.

 

En outre, il prône la tolérance religieuse comme facteur de progrès social, et la justifie par l’enrichissement que la diversité communautaire apporte à une nation. C’est alors qu’il plaide pour le retour de la communauté juive en Angleterre (dont elle avait été expulsée en 1290), ce que le Parlement de Cromwell adoptera en 1656 dans le souci de rebâtir la Nation ruinée par la guerre civile.

 

Ainsi Francis Bacon annonce-t-il le V.I.T.R.I.O.L, la mort de l’homme ancien en nous, la foi dans le progrès de l’Humanité ainsi que la tolérance, tout cela caractérisant notre méthode initiatique.

 

LA PLACE DE «INVISIBLE COLLEGE» DANS LA NAISSANCE DE LA FM

 

Il était de coutume de créer au sein des 21 «College» de l’Université d’Oxford, des groupes de recherche composés de chercheurs des divers «College» et ayant l’intérêt commun de traiter d’un thème. C’est ainsi que s’était constitué en 1574 le groupe «The Antiquarians», intéressé par l’archéologie et l’origine de la vérité primordiale chez les Druides au lieu d’aller la chercher dans l’Antiquité égyptienne ou grecque, comme cela se faisait sur le Continent.

Mais ce groupe fut interdit par Jacques 1er dès son accession au trône d’Angleterre en 1603, parce que les Antiquarians, comme les anciens Druides, rejetaient la légitimité du pouvoir royal comme étant de droit divin. C’est alors que ce groupe fut accueilli par le groupe «UTOPIA», qui fusionna ensuite avec le groupe «NOVA ATLANTIS» en 1645, pour donner naissance à un nouveau grand groupe, «INVISIBLE COLLEGE», ayant pour objet de traiter des problèmes de société.

 

Cet «Invisible College» fut animé par Elias Ashmole (1617-1692), Thomas Vaughan (1602-1666) et Robert Moray, tous trois rosicruciens prônant les principes de tolérance en cette période de guerre civile (1629-1659), où était souhaitable cette purification de l’être intérieur en vue de réaliser le grand œuvre alchimique d’une société parfaite.

 

Et comme Ashmole, Professeur à Oxford, et Moray, 1er Président de la « Royal Society », avaient reconnu, dans leurs écrits, avoir été initiés « Accepted free mason », cela révèle qu’au XVI° siècle anglais, les 2 mouvements de pensée, «Rose+croix» et «Franc maçon accepté», étaient unis dans la pensée et l’action.

ET c’est ce cercle de pensée humaniste qui va pousser Robert Moray, proche du roi Charles II en exil, à convaincre celui-ci à créer la « Royal Society » en 1660, sorte d’Académie scientifique le conseillant utilement dans sa gouvernance du royaume, en vue de le redresser après 30 années de guerre civile.

Ainsi, cette forme d’institut de recherche, entourant spécialement le Roi, va agir conformément à la pensée de Francis Bacon, exprimée dans «NOVA ATLANTIS», en contribuant à l’amélioration de la gouvernance de la société, grâce à une équipe des meilleurs savants, accomplis à l’amour du prochain.

 

LA PLACE DE LA «ROYAL SOCIETY» DANS LA NAISSANCE DE LA FM

 

La «Royal Society» fera accepter par le Roi, en 1679, l’Act «Habeas Corpus», protégeant la personne contre toute arrestation arbitraire sans jugement préalable. Elle fit aussi adopter par le Roi, en 1683, le «Parliament Act» qui institue les droits du Parlement et donc la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. En ces 2 lois se trouve le socle de toute démocratie républicaine. C’est ce qui inspirera Montesquieu (initié à Londres en 1730) dans «l’Esprit des lois» publié en 1758.

 

Ce rôle de la Royal Society est inspiré de Francis Bacon, qui voulait faire conseiller les gouvernants par les meilleurs savants soucieux de la meilleure façon de gérer la société. Il pensait qu’ainsi, les Rois rejetteraient l’influence des «Mages» de la Renaissance pour pouvoir préparer rationnellement l’avènement d’un ordre nouveau, conforme au vœu de la société des Rose+croix, dont F. Bacon est reconnu en avoir été un membre éminent, bien sûr dans le secret qui prévalait au XVI° siècle.

 

Et, conformément au souhait de Francis Bacon exprimé dans « Nova Atlantis », le règlement intérieur de la «Royal Society» spécifiait que les travaux des savants devaient servir le bien commun sous l’égide de «la raison générale de l’humanité». C’est d’ailleurs cela qui permit à l’Angleterre de dominer économiquement le monde durant les 2 siècles suivants.

 

Cependant, du fait que le nouveau Roi d’Angleterre, George de Hanovre, ne parlant pas l’anglais, ne réunissait plus la «Royal Society» depuis son accession au trône en 1714,  ce sont des membres de la « Royal Society », dont Desaguliers, qui créèrent la Grande Loge de Westminster au solstice d’été de 1717, dans le but secret de pouvoir remplir cette fonction informelle de conseiller les hommes politiques au service de la bonne gouvernance et du bonheur de l’humanité. C’est pourquoi les «Constitutions» d’Anderson ont pour 1er article  la règle de réunir des «gens de bien et loyaux» ayant le souci d’œuvrer pour le bien de l’humanité.

 

Il faut aussi savoir que, par souci d’instaurer la tolérance au sein de son groupe, la «Royal Society» avait dans son règlement intérieur que l’athéisme ne doit pas être « stupide », pour la simple raison qu’un tel ordonnancement de l’univers ne pouvait être que l’œuvre d’une puissance divine, dénommée « Grand Architecte ». Par contre, elle admettait qu’une certaine forme d’athéisme puisse se développer en réponse aux abus du pouvoir religieux, contraires au bien commun. Et c’est pourquoi le règlement intérieur de la «Royal Society» avait interdit toutes discussions à caractère politique ou religieux, et exigé que tout désaccord entre ses membres soit exprimé avec civilité. Or, c’est justement ce qu’on retrouvera comme règle des travaux en loge.

 

Par ailleurs, les travaux de l’équipe de Newton, (dont Desaguliers était le secrétaire général) ayant établi que l’univers est gouverné par la loi de gravitation universelle, cela ne fit que renforcer le prestige de l’alchimie et de la Kabbale, dont le contenu affirme que «tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas».

Ce concept put ainsi être repris dans les hauts grades du REAA.

 

LE ROLE DES «ANTIQUARIANS» DANS LE DIVORCE ENTRE LA FM ANGLAISE ET LA FM FRANÇAISE

 

Une opposition avait existé entre 2 sous-groupes de l’ «Invisible College», les «Antients» et les «Moderns». Ils donnèrent deux idéologies opposées au sein de la «Royal Society» :

- d’une part, ceux qui tenaient aux traditions druidiques et à leur Vérité Primordiale, surnommés « Antients » et croyants dogmatiques ;

- et d’autre part, ceux qui croyaient au progrès des sciences, surnommé « Moderns », plutôt déistes, regroupés autour de Newton et Desaguliers.

 

Cette dualité se répercutera plus tard sur l’évolution de la Franc-maçonnerie anglaise. En effet, 6 mois après la création, au solstice d’été de 1717, de la «Grande Loge» de Westminster, par le groupe des « Moderns » dirigé par J.T. Desaguliers, un autre groupe d «Antients» créèrent, au solstice d’hiver de 1717, une autre « Grande Loge», concurrente, dite druidique.

Ces 2 obédiences londoniennes se feront concurrence jusqu’en 1738, où interviendra un 1er rapprochement avec la 1ère révision des « Constitutions » de 1723 portant sur une foi en un «Dieu révélé» remplaçant la «Loi Morale» conçue par les Pasteurs Anderson et Desaguliers dans l’édition de 1723.

 

Puis, en 1813, les 2 Grandes Loges fusionneront en «Grande Loge Unie d’Angleterre», dominée par les «Antients» qui imposèrent la foi dogmatique en Dieu révélé de la Chrétienté. Cela débouchera sur la rupture avec la Franc-maçonnerie française, attachée à la laïcité et au déisme des «Moderns», la loi morale, plus conformes à la philosophie des Lumières. La rupture définitive interviendra au Convent de Lausanne en 1875, suite à l’adoption par le GODF du principe de «GADLU», et se différentiant de la GLUA, obédience anglaise se réclamant d’être la seule autorisée à donner sa patente à une seule obédience par pays, qu’elle qualifie de «régulière».

 

LIENS ENTRE LOGES OPERATIVES ECOSSAISES ET LA FM

 

Rien ne prédispose normalement de passer des professions manuelles à une association de cherchants intellectuels. Il a fallu un concours de circonstances exceptionnel pour que des Universitaires anglais empruntent à des loges de maçons opératifs leurs mots de passe ainsi que leur rituel.

Comment cela a-t-il pu se passer ?

 

Il s’est trouvé qu’en 1598/1599, Jacques VI d’Ecosse, un Roi de la Renaissance, ayant le souci de rattraper le retard de développement de son royaume par rapport aux autres royaumes d’Angleterre et de France, qui avaient déjà acquis leur propre style architectural, a décidé de confier à son intendant des édifices royaux, William Schaw, le soin de former des maçons/architectes, capables de créer un nouveau style d’architecture qui n’ait rien à envier aux autres royaumes.

Or, Jacques VI d’Ecosse était féru des doctrines ésotériques de l’Antiquité et notamment des doctrines ésotériques de l’hermétisme, et il estimait qu’en les faisant enseigner aux élèves maçons/architectes, cela les rendrait plus intelligents et plus créatifs, et donc capables de créer un nouvel ordre architectural à sa gloire. Et il fit mettre à leur programme d’enseignement, ces doctrines ésotériques ainsi que «l’Art de la mémoire» qui devait servir à les mémoriser pour mieux les assimiler.

Et pour enseigner ces matières, ignorées des loges opératives du Moyen-âge, il a dû faire appel à des enseignants-chercheurs de l’Université d’Oxford, réputée en la matière, puisque, même le Père dominicain Giordano Bruno dut s’y rendre plusieurs fois, venant d’Italie, pour enrichir ses connaissances hermétistes et les enseigner avant d’être brûlé comme hérétique en 1600 du fait que ces sciences étaient condamnées par Rome.

Et, durant 26 ans, de 1599 au décès de Jacques VI en 1625, des enseignants anglais vont donc venir former les maçons-architectes écossais dans une trentaine de loges de Schaw, répandues à travers l’Ecosse.

 

Puis, lorsque la guerre civile anglaise sévira entre 1629 et 1659, ces Intellectuels anglais, rentrés d’Ecosse (ayant reçu dans ces loges opératives dites de Schaw, le mot de passe ainsi que les signes de reconnaissance et la connaissance du rituel de ces loges en s’y faisant initier préalablement à l’autorisation d’y entrer comme «accepted free mason», c’est à dire acceptés et libérés de leurs obligations opératives), et choqués par l’intolérance pratiquée par les divers protagonistes de cette guerre civile, durent se rencontrer et se réunir en secret et en divers lieux, en usant des signes de reconnaissance et du «mot de maçon» leur permettant de se faire mutuellement confiance. Et, étant acquis à la philosophie de Francis Bacon qui avait animé l’«Invisible College», dont ils avaient été membres au cours de leurs études et recherches à Oxford,  ils devaient sûrement discuter des moyens de résoudre leur drame national de guerre civile, qui se déroulait sous leurs yeux. 

 

Et, comme cela était déjà de coutume dans «l’Invisible College» qu’ils avaient fréquenté à Oxford, ils ont dû reconduire cette habitude de se réunir dans une auberge («Tavern» en anglais), pour se reconnaître et travailler ensemble à l’abri des regards pour l’amélioration de la société. Et, pour donner un caractère solennel à ces réunions, rien de plus facile que de s’inspirer des pratiques des loges opératives qu’ils avaient fréquentées en Ecosse en y enseignant. Et, par la suite, ils ont dû recruter d’autres Intellectuels, cherchant le bien public, en les initiant et en les baptisant aussi de «accepted free mason», comme eux-mêmes l’avaient été dans les loges opératives d’Ecosse, dites «loges Schaw».

 

Et c’est pourquoi nous retrouvons dans nos rituels du 1er et du 2nd degré (dans les loges Schaw il n’y avait que 2 grades, «apprenti entrant» et «apprenti accompli») de fortes similitudes avec les 2 rituels des loges de Kilwinning, d’Edimbourg ou d’Aberdeen du début XVII° siècle, que William Schaw avait été pêché dans les «Old Charges» ou «Anciens devoirs», qu’il avait trouvé sur le Continent. Et, c’est ainsi qu’ils reçurent le mot de maçon, à l’occasion de leur acceptation en loge, d’où le titre de «ACCEPTED FREE MASON», signifiant qu’il était accepté en loge et, à la fois, libéré de ses obligations opératives de maçon/architecte.       J’ai Dit.        

N. M. Kalife <loeildecain@yahoo.fr>

 

P.S. En concluant, j’ajoute que ces 5 pages sont le condensé des pages 19 à 126 de mon livre intitulé «REFLEXIONS D’UN MAÇON SUR SON CHEMIN INITIATIQUE», Tome II, Editions DETRADE, 320 pages, et que ces recherches ont été effectuées entre 2001 et 2005. Paris 25.11.2010

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