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Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:. 29 décembre, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Discours de Réception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

 

Mon bien cher Frère Christ:. … Mon bien cher Frère Mic:. .., je vous ai rangé par ordre alphabétique, mais bien sûr, vous l’avez deviné il n’y a pas de préséance, vous êtes maintenant des Frères Compagnons Jumeaux. Quelle belle soirée  et quel honneur pour notre RL :.

Vous êtes sûrement abasourdis par tout ce qui s’est passé et vos esprits sont sans doute un peu emmêlés et confus.

Afin de vous aider à reprendre souffle et à vous remettre, si j’ose dire, « d’équerre et de niveau ! » je vais vous résumer et commenter les points essentiels qu’il vous faudra, bien sûr, étudier en profondeur.. Ce résumé espère être plus qu’une simple conclusion à cette cérémonie…

En effet, maintenant que la rituélie est terminée, maintenant que vous n’êtes plus au cœur de l’arène, maintenant que vos sens mis à rude épreuve, reprennent gentiment leurs rythmes naturels, ce résumé se propose de revenir sur les moments particulièrement riches, de façon à ce qu’ils suscitent d’emblée votre envie, de vous mettre au travail, dans votre nouvelle vie de Compagnon. Ces coups de projecteurs que je vais essayer d’orienter au mieux, sont aussi destinés à vous donner l’envie de revivre cette cérémonie, non plus comme acteurs, mais comme spectateurs attentifs et gourmands lors d’une prochaine cérémonie d’élévation au 2ème degré.

Grâce à cette « 2ème couche en live », si je puis dire, beaucoup de choses confuses vont s’ordonner de manière naturelle et surtout beaucoup plus facilement que par la lecture sèche du rituel. Je vous recommande de faire ce voyage dans un autre atelier, le plus vite possible, étant libérés maintenant du silence,  pendant que vos cœurs et vos esprits sont encore chauds de ces belles émotions. Une autre astuce que je vous propose, avant d’effectuer cette visite … ce voyage, c’est de bien relire tout le rituel du second degré, d’en noter les points obscurs à vos yeux pour les étudier avec votre Frère 1er Surveillant J-Claude. Vous pourrez effectuer ce voyage à votre guise car votre qualité de Compagnon vous autorise désormais à voyager librement sans être chaperonné par un Maître. Vous pourrez même demander à prendre la parole pour la 1ère fois…et vous verrez que ce n’est pas si facile afin de présenter les salutations de notre RL :. comme le veut la coutume et de son VM :. en chaire.

la 1ère fois…et les fois suivantes d’ailleurs…..  et si tel est votre désir, je vous accompagnerai volontiers… Vous connaissez mon goût prononcé pour les voyages, que cela soit dans le monde profane ou en Franc-Maçonnerie. C’est si enrichissant et souvent plein de surprises … comme dit un FF de notre Loge absent ce soir «  Que du bonheur »    … Et oui mes FF :.  Comment mieux assurer et consolider l’Universalisme de la Franc-Maçonnerie si ce n’est par des échanges fréquents entre les Frères, sous forme de voyages et, ce point est particulièrement important pour vous, mes Frères Compagnons, car l’une de vos tâches essentielles va être de découvrir le Monde extérieur, vous mettant ainsi dans les pas des premiers Compagnons opératifs.

 

Mes TC :. FF :.  Christ:. et Mic:. , après avoir connu une période d’introspection et de silence, orientée sur le principe « Connais-toi, toi-même », cher aux Francs-Maçons, vous nous avez présenté des planches remarquables et au vu de vos travaux, les Maîtres de la Loge ont estimé que vous méritiez maintenant de découvrir d’autres aspects de la Franc-Maçonnerie. Dans les épreuves de réception au grade d’Apprenti vous aviez été purifiés par les éléments : terre, air, eau, feu. On s’occupait de vous…on vous travaillait au corps…et à l’esprit… et l’on vous invitait vivement à continuer…

Au 2ème degré, tout change, et le Vénérable Maître vous a prévenu d’emblée ! Soyez attentifs, vous a t il dit, le Temple de la Franc Maçonnerie va s’éclairer et vous allez connaître de nouveaux symboles…. Vous allez maintenant découvrir le Monde extérieur ! Aujourd’hui, on vous a mis en possession des moyens et des objets de la Connaissance avec un grand C majuscule (plutôt qu’un grand G) pour mieux appréhender ce monde extérieur.

Au 1er voyage, on vous a montré les 5 sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat et vous apprenez qu’il va falloir continuer à tailler votre pierre… mais, ce n’est plus un travail de dégrossissement qui vous est proposé comme c’était le cas lors de votre apprentissage. Non, maintenant et avec une meilleure connaissance de vous-mêmes, par vos 5 sens, vous allez polir votre Pierre en un cube parfait. Le travail « connais-toi, toi-même » continue donc mais de manière plus précise, plus raffinée, plus subtile.

Au 2ème voyage, on vous a confié le niveau et la perpendiculaire.  Vous découvrez également les divers styles d’architecture, dorique, ionique, corinthien, toscan. Ainsi, il vous est proposé de construire le Temple en étant vous-même une colonne vivante, harmonieuse qui s’élève vers les hauteurs tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance.. ce que nous dénommons l’Art Royal.

Au 3è Voyage, vous découvrez Les 7 arts libéraux, Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie et qui représentent l’ensemble des arts et des sciences humaines J’attire votre attention sur le dernier, l’Astronomie… Il est bien sur question des Sphères, céleste et terrestre qui vous suggèrent que désormais, c’est tout le domaine de l’Univers qui est proposé à vos investigations Vertigineux…quelle confiance on vous accorde par rapport à votre ancien degré d’Apprenti Attention, ne vous laissez pas griser non plus par votre nouvelle liberté…

le Vénérable Maître vous rappelle que l’Initié ne doit pas présumer de ses forces et qu’il doit demeurer modeste et c’est justement ainsi qu’il obtiendra des résultats qui sont refusés à la présomption du profane.

Au 4è voyage, vous n’avez plus qu’ deux outils dont un essentiel … la règle et je vous le rappelle qui représente la loi du GADLU. Toujours crescendo dans vos découvertes….. on vous propose, ni plus ni moins, de devenir l’intime de quelques-uns des plus grands Initiés de l’histoire de l’Humanité : Solon, Socrate, Lygure,  Pythagore et  I N R . Illustres grands Initiés qui, chacun, selon ses moyens et dans le cadre de son époque a délivré un enseignement basé sur la raison, l’imagination, l’amour. Sous ce sigle INRI bien entendu c’est bien tout un programme d’éducation mais surtout celui de nos illustres chevaliers R+C.

Au 5ème Voyage…grande surprise…vous voilà mes chers Frères, mains libres……et vous découvrez le dernier cartouche … Ce cartouche vous a peut – être paru, dans un premier temps, bien rébarbatif… travail impératif… devoir incontournable…etc…. Mais le Vénérable Maître vous a souligné qu’en tant qu’Initiés, nous ne devons pas travailler à contrecœur, sous la pression de la nécessité, mais au contraire, avec entrain, en artistes. Oui, mon TC FF :. , travailler en artiste, au sens le plus noble du terme, pour qui, l’œuvre seule compte et n’est pas nécessairement subordonnée à une récompense.

Vous connaissez, peut-être déjà, cette histoire qui se déroule sur un chantier du temps des Cathédrales.

Le Maître demande à 2 Compagnons tailleurs de pierre :

« que fais-tu sur ce chantier ? »

le 1er répond d’un air fatigué : « je taille des pierres ! »

le 2ème répond avec enthousiasme : « je construis une cathédrale ! »

Voilà toute la différence entre le travail subi et le travail sublimé par le grand Œuvre, qui devient alors plaisir, joie, épanouissement partagé avec les autres Hommes Quelle que soit la place que vous occuperez sur le chantier, même la plus humble, vous saurez que votre effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique et qu’ainsi vous coopérerez à l’exécution du Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers. Enfin, à l’issue de cet ultime voyage, vous avez été conduit au pied de l’Orient et où brillait à vos yeux le grand symbole du Compagnon … l’Etoile Flamboyante …

Ah…mes Frères, vous n’avez pas fini de découvrir des choses inouïes derrière ce symbole, en premier lieu, l’interprétation qui est traditionnellement donnée par les anciens rituels : à savoir : – Le Grand Architecte de l’Univers, créateur du Monde entier Ou bien…..tenez-vous bien, mes Frères… L’Initié, celui qui a été élevé jusqu’au faite du temple sacré…c’est-à-dire …Vous, mes Frères … ou tout au moins…Vous, potentiellement… comme tous les Frères ici présents…… Vous imaginez le travail à accomplir…. mais que ce travail proposé est bien enthousiasmant au regard du but, de l’idéal à atteindre. Mon cher Christ:. , mon cher Mic:. , cela peut vous paraître bien fou, bien insensé, étant donné notre petitesse par rapport à l’Univers…..mais n’oubliez pas que, comme l’indique notre rituel ; en tant qu’Initiés, vous savez que vous portez en vous-mêmes un reflet de la Grande Lumière et que par conséquent, vous pouvez vous mettre au travail avec confiance, ardeur, joie pour exécuter ce Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers.

Que de clins d’œil encore vous allez découvrir… 5 Que l’Homme s’inscrit parfaitement dans l’Etoile à 5 branches et que c’est sans doute le symbole de l’Alliance entre l’Humain et le « Divin », entre la Terre et le Ciel, le Tout, le Grand Architecte de l’Univers…… Quand vous aurez vraiment travaillé, vraiment étudié, ce symbole si riche, ainsi que les autres symboles du 2ème degré, vous vous approcherez de plus en plus de l’Initié, réconcilié avec lui-même, intérieurement harmonisé et heureux. Vous serez alors parmi les Hommes, facteurs de paix, de Joie et d’Amour.

L’Etoile Flamboyante vous donnera la clé du passage de l’Equerre au Compas. A ce stade, mon cher Christ:., mon cher Mic:., et avec l’aide bienveillante de tous vos FF :. Et principalement du Frère 1er Surveillant, JClaude vous reviendrez vers nous, les bras chargés d’un superbe morceau d’architecture, digne d’un Maître.

En attendant ce moment heureux pour toute la Loge, Je vous dis simplement…

Allez mes Frères… Au Travail !!!

Dans la Confiance, la Joie et la bonne humeur….

et que l’Etoile Flamboyante illumine votre chemin !

 

J’ai dit, V:. M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.
SOURCE : l’excellent blog  de anck131 http://anck131.over-blog.com/
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Tolérance 26 novembre, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution , 1 commentaire

Tolérance

man_king

Publié le 18 février 2015 par Ordre de Lyon

Vénérable maître, Très chers frères,

Depuis quelque temps, les voix les plus autorisées s’élèvent l’une après l’autre pour annoncer tristement la prochaine décadence de notre institution. L’ingra­titude habituelle à la société moderne ne justifierait pas de telles craintes, car nos aînés ont souffert de dures persécutions sans que la bonne cause ne se soit jamais trouvée sérieusement compromise. Mais le danger qui s’affirme aujourd’hui n’a point d’analogue dans notre histoire. Ce n’est pas à la méchanceté des hommes, c’est à notre propre imprudence que nous le devons. Il faut bien le reconnaître : en abandonnant cette haute culture des facultés humaines qui devait rester pour elle un souci constant, la Maçonnerie a largement ouvert aux passions profanes les portes de ses temples et voici qu’elle ne pratique plus elle-même cette universelle tolérance à laquelle elle voulait conquérir le monde.

C’est pourtant à un respect absolu de la liberté morale que notre ordre a dû ses plus beaux succès. Sans remonter bien haut, ne voyait-on pas encore au siècle dernier les génies les plus divers porter avec orgueil le tablier d’apprenti ? Apôtres des idées nouvelles ou défenseurs zélés des vieilles doctrines, tous voulaient prendre part à ces travaux de haute philosophie qui devaient assurer un jour l’union des cœurs et des âmes. Aujourd’hui, il n’en va plus de même : de fort bons esprits hésitent à se joindre à nous, parce qu’ils ne nous ont pas toujours vu rester fidèles à notre programme.

On se plaît à répéter que la lutte a ses exigences et qu’en face d’adversaires sans loyauté, toutes les armes sont bonnes, mais quelle étrange justification ! Et de quel mépris ne témoigne-t-elle pas à l’égard de nos traditions les plus sacrées ! Ce qu’il faut combattre, n’est-il pas vrai, ce ne sont pas des hommes, mais bien des passions dont ces hommes sont esclaves : quel succès peut-il donc espérer, celui qui ne prend soin tout d’abord de s’affranchir lui­-même ? Et puis, ne l’oublions pas, ceux-là seulement n’hésitent devant aucune manœuvre qui sentent la victoire leur échapper. On ne sacrifie sa conscience, on ne vend son âme qu’aux heures de désespoir. Or, il est impossible que le triomphe final du bien soit douteux pour aucun de nous, car celui qu’un tel scepticisme aurait saisi ne serait plus maçon. Sans doute, aujourd’hui comme hier, les pires instincts peuvent s’unir pour d’horribles attentats, mais qu’importe, puisque leur règne ne durera jamais plus d’un jour ! Notre foi dans les destinées de l’humanité est inébranlable. L’évolution de l’espèce peut être lente aux yeux de l’individu, elle n’en est pas moins certaine. Quant à notre institution, tant que nous ne travaillerons pas nous-mêmes à la détruire, les dissolvants les plus énergiques ne pourront rien sur elle car elle est le dernier anneau de la grande chaîne d’or qui rattache l’avenir au passé.

Ne pouvant douter de nos forces, d’où vient donc que nous manquons si souvent de sang-froid ? Pourquoi l’aspect de l’obstacle à vaincre nous porte-t-il à la violence, au lieu d’exciter simplement notre activité ? Pourquoi la sottise des uns, l’injustice des autres nous irritent-elles, nous qui cherchons, pour les détruire, toutes les formes de l’erreur ? Est-ce la passion même de la vérité qui nous égare ? Ceux qu’éclaire la lumière divine n’ont-ils pu résister au désir de la répandre en tout lieu, au risque d’aveugler à jamais des yeux trop faibles pour de si purs rayons ? Il serait à souhaiter, mes Frères, que nous ayons péché par excès de zèle, mais nos regrets seront, hélas! d’un autre ordre. Loin de nous attacher trop étroitement à la science traditionnelle, jugeant sans doute pénible les efforts qu’exige à toute heure son intelligence intégrale, nous n’avons pas craint de substituer à l’expérience des siècles notre expérience d’un jour et voilà l’unique cause de nos déceptions. Si le serment prêté semble à beaucoup difficile à tenir, c’est qu’ils ont négligé d’en étudier la formule. Si l’impartialité absolue leur paraît impossible à garder, c’est qu’ils ne savent plus au nom de quelle loi prononcer leurs jugements. Il est nécessaire, pour s’en convaincre, de bien définir cette tolérance dont le règne a si malheureusement cessé et d’éviter certaine confusion en laquelle notre siècle paraît se complaire.

La mode est aujourd’hui fort répandue de rester impassible en face des crimes les mieux caractérisés comme d’écouter sans trouble les plus mauvais paradoxes. L’indignation vertueuse ayant été jugée de mauvais goût, on pardonne les fautes commises en accusant la nature de les avoir exigées, comme si la nature n’était pas simplement le champ toujours ouvert à l’exercice de nos facultés. La vie, dit-on volontiers, n’est-elle pas trop dure, pour qu’on ajoute aux difficultés matérielles des obstacles tirés d’une prétendue loi morale ? Et, puis, la science moderne n’a-t-elle pas à tout jamais ruiné la vieille conception du libre arbitre ? Hérédité, influence du milieu, lutte pour la vie, ne voilà-t-il pas de quoi justifier les pires défaillances ? Tant il est vrai, mes Frères, que grâce à une imprudente vulgarisation, l’idée devient parfois la servante des instincts ! Mais de tels abus sont de tous les temps et, pour les avoir commis à son tour, notre époque ne mérite pas l’anathème.

D’ailleurs, en bonne justice, l’intention n’importe pas moins que l’acte lui-même et certes, si les tendances nouvelles étaient nées d’un véritable esprit de charité, si leur unique effet devait être d’amener l’association humaine à châtier sans colère, à réprimer avec douceur, il faudrait se réjouir d’un tel progrès. Malheureusement, l’apparente générosité dont nous sommes témoins n’est guère qu’une impuissance déguisée. Privé de toute culture philosophique, ne pouvant tirer aucun enseignement du passé, ne se sachant pas responsable de l’avenir, le monde accueille tout ce qui s’offre à lui, action ou pensée, avec indifférence. C’est assez pour satisfaire quelques optimistes peu clairvoyants, mais pour nous, quel que soit notre désir d’universelle harmonie, nous ne croirons pas aussi vite à l’apaisement des passions. Nous ne prendrons pas le dédain de l’ignorant pour l’indulgence du sage, nous n’appellerons pas tolérance un scepticisme sans valeur.

Un homme qui s’efforcerait de ne plus penser, de ne plus rien croire et de ne plus rien vouloir, afin d’éviter tout conflit avec ses semblables, se tromperait, certes, grossièrement. Il sentirait son cœur se fermer peu à peu à toute espèce d’affections ; satisfaire ses besoins matériels deviendrait son unique souci, et c’est à l’égoïsme absolu qu’il parviendrait en fin de compte. Pour devenir juste et bon, il faut au contraire s’intéresser à toutes les manifestations de l’activité humaine et chercher à reconnaître en chacune d’elles le vrai, le beau et le bien qui peuvent y être contenus. Mais cette curiosité sympathique ne va pas sans une science profonde et, s’il faut tout dire, l’impartialité parfaite n’appartient qu’aux initiés puisqu’eux seuls possèdent la vérité suprême.

Ici, une comparaison s’impose, bien simple et bien claire. Que faut-il pour qu’au sein d’une grande nation, les intérêts de tous soient sauvegardés ? Il faut des magistrats libres et instruits, qui ne tremblent devant personne, mais qui sachent déterminer exactement les droits de chacun, qui n’appartiennent à aucun parti tout en connaissant les besoins des différentes classes sociales. De même, pour juger les doctrines qui se partagent la foi de l’humanité, il faut des esprits hardis et cultivés qui n’hésitent devant aucune étude et que des connaissances d’ordre supérieur guident dans leurs recherches. Ces deux conditions sont également nécessaires et la bonne volonté serait inutile où la science ferait défaut. Comment se prononcer sur un essai métaphysique, si on ne possède une vue synthétique de l’univers ? Comment apprécier un système politique, si on ne se fait une idée nette de la société idéale ? Comment enfin examiner une doctrine religieuse si on n’est pas encore parvenu à une conception raisonnable du Grand Architecte des Mondes ? La société antique ne s’y trompait pas et pour s’assurer des chefs capables de la diriger, donnait une instruction vraiment complète à ceux qui s’en montraient dignes. Il nous appartient de rebâtir ces écoles modèles où le développement des facultés humaines était poussé si loin.

Nous sommes aujourd’hui les seuls héritiers des civilisations mortes. Les vieux sanctuaires abolis, la pensée des sages a pris nos demeures pour asile et dès lors les choses et les êtres nous sont apparus sous un aspect nouveau. Les nombres nous ont laissé surprendre leur intime signification. Nous avons pu concevoir la gradation hiérarchique ternaire qui règle la constitution du monde et de l’homme, retrouver l’unité de la Raison suprême à travers le dualisme qui caractérise la vie, reconnaître la réalisation progressive de l’idéal divin sous la lutte apparente du bien et du mal. Nous n’ignorons plus ni la puissance de la parole, ni la force créatrice de l’imagination. Nous savons enfin comment la Volonté humaine peut se faire obéir de la Nature. Voyez, mes Frères, de quelle hauteur l’initié va descendre, l’homme qui a vu flamboyer l’étoile du mystère ne participera plus, à moins d’une étrange folie, aux œuvres de ténèbres.

Mais ce n’est pas tout. En même temps que la science elle-même, la méthode nous fut transmise qui seule fait des savants. Il ne s’agit pas ici d’imposer à la mémoire quelques formules plus on moins heureuses ; c’est l’être entier qui doit en quelque sorte s’imprégner de la vérité. De là ce symbolisme merveilleux qui s’adresse à la fois aux sens, à l’entendement et à l’intelligence. S’il faut quelques exemples, est-il difficile de trouver dans le triangle et les colonnes du temple les principes philosophiques essentiels dont nous parlions tout à l’heure ? Le compas et l’équerre, la perpendiculaire et le niveau ne résument-ils pas, à eux seuls, une morale et une sociologie parfaites ? L’épreuve par les éléments n’attire-t-elle pas notre attention dès le premier jour sur les quatre modalités de l’agent universel, objet de toute physique ? Certes, il y a là une synthèse propre à satisfaire l’esprit le plus exigeant et si quelque danger accompagne une semblable révélation, c’est bien l’orgueil qu’elle peut faire naître au cœur du nouvel adepte. Mais cet orgueil même, ne nous pressons pas trop de le maudire. A défaut de sentiments plus élevés, c’est lui qui contiendra les instincts rebelles à une volonté imparfaitement développée. C’est grâce à lui que le savant encore timide trouvera un noble emploi à ses forces et s’élèvera peu à peu au-dessus des désirs grossiers et des jugements iniques. Plus tard, l’âme devenue maîtresse d’elle-même saura bien se débarrasser de cet orgueil désormais inutile et la tolérance trouvera dans le cœur du sage de moins compromettants défenseurs.

Personne en effet ne peut espérer rompre d’un coup avec l’injustice. Il faut se fatiguer longtemps avant de connaître la valeur de l’effort et le plus heureux résultat de la difficulté vaincue, c’est d’apprendre à juger sans rigueur ceux qui ont lutté courageusement avec des succès divers. On se montre moins exigeant en matière de morale, quand on a senti l’égoïsme maudit s’opposer aux plus nobles mouvements de l’âme, moins dédaigneux en matière de science, quand on a vu l’erreur se glisser sournoisement au milieu des recherches les plus précises, plus indulgent en matière de religion quand on sait quelles étranges rêveries le seul désir de la foi peut mêler aux inductions les plus logiques. Une part de notre respect appartient à tous les hommes de bonne volonté, à tous les ouvriers du temple futur, aux moins habiles comme aux plus adroits. Si nous tenons à être sévères malgré tout, que ce soit à l’égard des esprits négatifs qui ont détruit sans songer à rebâtir. Ceux-là, on ne peut guère les aimer, mais encore faut-il ne pas oublier que leur œuvre était une conséquence inéluctable de l’imperfection générale. Les philosophes et les historiens modernes ont entrevu la vérité, en reconnaissant que tels désastres dont un malheureux avait répondu au prix de son honneur ou de sa vie avaient eu pour cause réelle l’imprudence d’une nation on d’une race. Mais nous en savons plus à ce sujet que les profanes n’en peuvent deviner et nous l’affirmons sans crainte : chaque fois qu’un juste est mort pour la bonne cause, c’est l’humanité tout entière qui l’a tué. La loi, du reste, est en quelque sorte réversible ; l’effort et la douleur d’un homme servent au développement de tous les peuples. Telle est cette notion de solidarité absolue dont l’esprit de charité et l’esprit de justice découlent logiquement, et qui, bien comprise, fait voir dans l’intolérance une simple absurdité.

L’erreur existera tant que les hommes ne se seront pas unis pour appeler la vérité de toute la force de leur désir. Si nous pouvions examiner l’une après l’autre les différentes doctrines qui ont su sortir de l’ombre, nous reconnaîtrions dans chacune d’elles deux portions bien distinctes, l’une faite d’idées secondaires, intéressantes seulement pour le siècle qui les a vu naître et souvent fausses, l’autre, expression plus ou moins pure de quelque sublime notion. Il en est ainsi non seulement pour les philosophies dont les auteurs ont eu des rapports certains avec quelque centre d’initiation, mais pour tous les systèmes logiquement construits, non seulement pour les religions inspirées à leur origine par l’esprit même qui nous guide encore, mais pour toutes les croyances des peuples civilisés. Dans chaque doctrine, il y a un peu de cette science que la Maçonnerie possède en entier et qu’elle saura répandre autour d’elle quand de nombreux essais de synthèse auront préparé les esprits pour une révélation com­plète. Rejeter comme inutile et sans examen sérieux l’un ou 1′autre de ces essais serait donc bien à la fois injuste et maladroit.

Il faudrait maintenant rappeler à ceux qui ne s’en souviennent plus que le respect de la conscience d’autrui est nécessaire à l’harmonie sociale. Il faudrait enfin, après avoir parlé à la raison, s’adresser au cœur et lui faire reconnaître dans la tolérance une forme de l’amour. Mais il nous suffit, pour l’instant, d’avoir signalé un oubli de nos devoirs qui menace de nous perdre et qui provient, on a pu s’en convaincre, d’une fausse direction donnée à nos travaux. Personne ici ne songe à faire le procès de tel ou tel atelier. Ce serait méconnaître cette loi de solidarité, qui, si elle, est vraie pour le genre humain, l’est a fortiori pour notre institution. Ce que nous proclamons, c’est la nécessité pour la Maçonnerie tout entière d’étudier plus sérieusement son dogme et ses symboles. Là est le salut pour elle et pour les principes dont elle a la garde. Le chemin tracé par la sagesse antique conduit aux plus hautes vérités intelligibles. A nous de nous élever chaque jour pour atteindre enfin ces cimes baignées d’air pur où les passions, humaines ne sauraient nous suivre.

Source : l’excellent blog Hauts Grades - http://hautsgrades.over-blog.com/

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Rites et hauts grades 30 juillet, 2016

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Rites et hauts grades

25 Avril 2005 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

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Les Rites ou Systèmes maçonniques posent les règles des Rituels particuliers à chaque degré et à chaque type de cérémonie maçonnique. Les premiers Rites pratiqués par la Franc-maçonnerie moderne de 1723 sont issus d’une synthèse d’anciens catéchismes maçonniques et de cérémonies antérieures à 1717, avec des emprunts probables à la Maçonnerie opérative écossaise synthèse à laquelle la Grande Loge de Londres (dite « des Modernes ») a apporté plusieurs innovations, notamment le troisième degré associé au mythe d’Hiram. Par la suite, les Loges du Continent, qui pratiquaient le Rite de cette Grande Loge apporteront leurs propres modifications, ce qui explique les nombreux Rites et Systèmes maçonniques pratiqués aujourd’hui dans le monde. Certains se limitent volontairement aux trois premiers degrés exclusivement, comme le Rite Schroeder, par exemple; d’autres, au contraire, y ajoutent une série de degrés complémentaires appelés Hauts Grades dans certains cas.

Les Rites peuvent varier suivant les loges ou les obédiences, certaines Obédiences regroupant des Loges d’un même Rite, d’autres regroupant des Loges de Rites différents..

Le Rite de Schroeder

Frédéric-Louis Schroeder (1744-1816), directeur du Théâtre Municipal de Hambourg et Grand Maître de la Grande Loge de Hambourg, passa près de vingt ans à la mise en forme définitive du Rite qui porte son nom. Allergique à l’aspect chevaleresque qui caractérise la symbolique de la plupart des Hauts Grades, il réforma les cérémonies de son Obédience dans le sens d’une plus grande simplicité, en remettant en vigueur l’usage du Rite anglais ancien et en ne prenant en considération que les trois premiers grades. Le Système de Schroeder était le plus démocratique de tous les Rites pratiqués en Allemagne avant la deuxième Guerre mondiale, ce qui fit son succès. Actuellement, il est pratiqué par la Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d’Allemagne, par la Grande Loge d’Autriche et par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina, ces dernières y ayant toutefois apporté quelques modifications mineures.

Le Rite Suédois

Le Rite Suédois est un mélange du rite dYork, des hauts-grades du rite Français et un prolongement de la Stricte Observance.

La première loge régulière a été consacrée en 1735 à Stockholm par le comte Axel Wrede-Sparre. Dés 1756 on fonde la première loge de St André, desprit comparable au grade dEcossais Vert de la Stricte Observance.

En 1760, fondation de la Grande Loge de Suède.

Il comporte 11 grades divisés en loges de St Jean, loges de St André, chapitre intérieur et Sanhédrin.Le rite suédois est réservé aux chrétiens et est sous la protection directe des souverains du pays.

Le Rite standard d’Ecosse

Pratiqué en France uniquement à la GLNF, c’est un rite basé sur l’oralité qui vient directement d’Ecosse, berceau de la Maçonnerie opérative.

Il exclut toute référence alchimique, kabbalistique et chevaleresque.

Il se rattache au rite pratiquée par la célèbre Kilwining Lodge n°0, la première de toutes les loges maçonniques.

Pas de Hauts-Grades pratiqués en France, uniquement les trois grades bleus.

Pour la petite histoire, les frères de ce rite portent leurs tabliers sous leurs vestes.

Il concerne environ 150000 maçons écossais.

Le Rite Emulation

Créé en 1813 par Peter Gilkes, le Rite Emulation revendique une filiation aux plus anciens rituels de la Franc-maçonnerie opérative. Il tient son nom de la Loge « Emulation of Improvement » (perfectionnement) qui s’est réunie pour la première fois en octobre 1823 au Freemason’s Hall à Londres. C’est le Rite le plus pratiqué au sein de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Introduit en France en 1925, il fut adopté par plusieurs Loges de la Grande Loge Nationale Française et en Suisse par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina. Une des particularités de ce Rite, qui ne pratique que les trois premiers grades, Apprenti, Compagnon et Maître, est l’oralité: les cérémonies doivent être pratiquées par cœur; pratique qui provient de l’époque où, autant dans le Compagnonnage qu’en Franc-maçonnerie opérative, les Rituels étaient appris par cœur car, dans l’esprit de sauvegarde du secret du métier, rien ne devait être écrit. Des degrés additionnels (qui ne sont pas considérés comme des Hauts Grades, mais comme de simples compléments au 2e et au 3e grade) viennent compléter les 3 degrés symboliques du Rite Emulation tout en étant administrés séparément du Rite. Ce sont les degrés de Royal Arch et de Mark Master.

Le degré de Royal Arch est considéré comme un complément au grade de Maître (et non comme un 4e grade) censé contenir la quintessence de la philosophie maçonnique. Il possède son propre Rituel et est administré par un Chapitre autonome.

Le degré de Mark Master ou Mark Mason, dit de la Maçonnerie de la Marque, est, quant à lui, une continuation de l’ancien grade opératif de Compagnon (à l’origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l’appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l’accent sur la fameuse « pierre angulaire » rejetée par les bâtisseurs, dont il est fait mention dans la Bible (Psaume 118:22, Matthieu 21:42, Marc 12:10, Luc 20:17) et, qui est devenue la pierre d’angle maîtresse de l’uvre. Sur cette pierre en forme de coin, qui n’est autre que la clé de voûte de l’édifice, le Mark Master inscrit sa « marque », signe géométrique que l’on retrouve sur les édifices monumentaux et religieux.

Le Rite Français

Le Rite Français détient les formes les plus proches de la première Franc-maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l’influence de Maçons anglais. C’est la traduction en français des rituels de la Maçonnerie andersonienne de 1717, qui donnera naissance au Rite Français, appelé aussi plus tard, au 19e siècle, Rite Français Moderne.

Ce rite est né en 1783 avec la constitution au sein du Grand Orient de France d’un Grand Chapitre Général de France, intégré à l’obédience en 1787.
Ses statuts et règlements généraux prévoyaient que le rite était composé de 5 ordres. C’est en 1801 que les rituels des différents ordres furent
publiés. La particularité de ce rite est son articulation autour de la symbolique de la Rose+Croix. Il était qualifié de « Moderne » car il faisait appel au symbolisme en usage à la Grande Loge d’Angleterre (dite des « Moderns »).
Avec les événements de 1877, le rite tel qu’il était pratiqué au Grand Orient de France a été modifié et une grande partie de sa symbolique relative au compagnonnage a disparu. Le rite Français d’aujourd’hui dit « Groussier » (tel qu’il est pratiqué par la plupart des loges du Grand Orient de France) n’a plus grand chose à voir avec le rite de 1783 même si, depuis une dizaine d’années des Frères du Grand Orient ont rallumé les feux du Grand Chapitre Général de France. La pratique du rite dans sa forme originelle a donc été conservée au sein du Grand Orient de France par quelques Loges.

Loges Bleues :

1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître

Premier Ordre de Rose+Croix :

4-Maître Élu

Second Ordre de Rose+Croix :

5-Maître Écossais

Troisième Ordre de Rose+Croix :

6-Chevalier Rose+Croix

Quatrième Ordre Rose+Croix :
7-Souverain Prince Rose+Croix

Un cinquième ordre a été prévu par le « Régulateur » du Rite Français. Il n’est pas toujours pratiqué dans les obédiences. Le Grand Orient de France n’est pas la seule obédience Française à pratiquer le Rite Français Moderne.
Ce rite est également répandu à la Grande Loge Nationale Française.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté

La doctrine connue sous le nom d’Ecossisme, qui servit de base à la constitution des premiers Hauts Grades de la Franc-maçonnerie ou grades chevaleresques, serait issue, entre autres, du célèbre « Discours » attribué au noble Ecossais André Michel de Ramsay, et prononcé pour la première fois le 26 décembre 1736.

Les premiers Hauts Grades apparaîtront alors en France sous l’appellation de Maîtres Ecossais, en 1743, suivis du grade de Chevalier d’Orient en 1749. Par la suite, des Chapitres et Conseils seront institués pour la pratique de ces grades. Puis viendront encore s’ajouter d’autres degrés qui seront à l’origine des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. C’est, en effet, un Maçon nommé Etienne Morin, originaire de Cahors, qui répandra aux Antilles et en Amérique du Nord ce Rite dont les degrés seront alors portés à trente-trois. De là naquirent les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) de Charleston en 1801 et de Paris en 1804, dont le fondateur fut le comte Alexandre de Grasse-Tilly, fils du célèbre amiral français de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis. Réparti aujourd’hui en plusieurs Suprêmes Conseils indépendants dans le Monde, le REAA regroupe ses trente-trois degrés en différentes catégories:

Loges Bleues
1er. Apprenti Maçon
2e. Compagnon Maçon
3e. Maître Maçon

Loges de perfection
4e. Maître Secret
5e. Maître Parfait
6e. Secrétaire intime
7e. Prévôt et Juge
8e. Intendant des Bâtiments
9e. Maître Élu des Neufs
10e. Illustre Élu des Quinze
11e. Sublime Chevalier Élu
12e. Grand Maître Architecte

13e. Chevalier Royal-Arche
14e. Grand Élu de la Voûte Sacrée ou Sublime Maçon

Chapitres
15e. Chevalier d’Orient ou de l’Épée
16e. Prince de Jérusalem
17e. Chevalier d’Orient et d’Occident
18e. Souverain Prince Rose-Croix

Aréopages
19e. Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem Céleste
20e. Vénérable Grand Maître de toutes les Loges Régulières ou Maître ad Vitam
21e. Noachite ou Chevalier Prussien
22e. Chevalier Royal Hache ou Prince du Liban
23e. Chef du Tabernacle
24e. Prince du Tabernacle
25e. Chevalier du Serpent d’Airain
26e. Écossais Trinitaire ou Prince de Mercy
27e. Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur du Temple de Jérusalem
28e. Chevalier du Soleil

29e. Grand Écossais de Saint-André d’Écosse
30e. Grand Élu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l’Aigle Blanc ou Noir

Tribunaux
31e. Grand Inspecteur Commandeur

Consistoires
32e. Sublime Prince du Royal Secret
33e. Souverain Grand Inspecteur Général

Le Convent international de Lausanne qui réunissait en 1875 les Suprêmes Conseils de l’époque, dont ceux de France et d’Angleterre, a posé et adopté les Principes de base qui définissent l’esprit du REAA. On y trouve notamment cette citation: « Pour relever l’homme à ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, la Maçonnerie pose le principe que le Créateur suprême a donné à l’homme comme bien le plus précieux, la Liberté; la liberté, patrimoine de l’humanité tout entière, rayon d’en haut qu’aucun pouvoir n’a le droit d’éteindre ni d’amortir et qui est la source des sentiments d’honneur et de dignité. » Ce Rite est pratiqué un peu partout dans le monde .

Le Rite Ecossais Rectifié

L’origine de ce Rite, créé par Jean-Baptiste Willermoz, remonte au Système de la Stricte Observance, fondé en 1756 par le baron de Hund, initié à Paris. Ce Rite invoquait bien sûr, comme la plupart des Systèmes de Hauts Grades de l’époque, la filiation templière.

A la mort du baron de Hund en 1776, le Rite de la Stricte Observance, constitué en Directoires Ecossais, allait évoluer et préciser ses objectifs lors des Convents de Lyon, 1778, et de Wilhelmsbad, 1782, sous la présidence de son nouveau Grand Maître, le duc Ferdinand de Brunswick. Depuis lors, le Rite a pris le nom de Rite Ecossais Rectifié et se compose des Loges de Saint-André, d’une part, correspondant au grade de Maître Ecossais, et de l’Ordre intérieur, d’autre part, comprenant les Ecuyers Novices et les Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS). Un Grand Prieuré, organisé en Commanderies et Préfectures, dirige l’ensemble.

Loges Bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître Maçon

Loges Vertes dites « de St André »:

4-Maître Écossais de Saint André

Ordre Intérieur :
5-Écuyer Novice
6-Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte

Profession (classe secrète) :
7-Profès
8-Grand Profès

Ce rite est pratiqué en France par le Grand Prieuré des Gaules, la Grande
Loge Traditionnelle et Symbolique – Opéra, la Grande Loge Nationale
Française, le Grand Orient de France et la Grande Loge de France.

Le Rite de Memphis-Misraïm

Le Rite de Memphis-Misraïm résulte de la fusion opérée en 1881 par GARIBALDI qui en fut le premier Grand-Maître général, des deux rites de Misraïm et de Memphis. Le Rite de Misraïm avait été constitué en 1788 à Venise; il tenait sa filiation de CAGLIOSTRO, qui lui avait confié les grades inférieurs de la Grande Loge d’Angleterre et les hauts grades de ma Maçonnerie templière allemande. Le Rite de Memphis fut constitué à Montauban en 1815 par des maçons ayant participé à la mission d’Egypte avec Bonaparte. Furent associés à ces deux obédiences, des grades initiatiques venant des anciennes Obédiences ésotériques du XVIIIème siècle: Rite PRIMITIF, Rite des PHILADELPHES,etc.
Ce rite est surtout le lieu de rassemblement des Maçons que lient un attrait pour l’Esotérisme, l’Occultisme, le Symbolisme, etc. C’est en somme un carrefour de rencontre.

Le rite de MEMPHIS-MISRAIM continue en outre la tradition d’attachement aux principes de tolérance et de liberté de pensée qui en firent, au XIXème siècle, sous la Terreur Blanche, le refuge et la pépinière des Carbonari.
Ce Rite perpétue ses traditions de fidélité aux principes démocratiques et aux sciences initiatiques. Déiste, sans aucune intransigeance, il fait sienne la définition de la « religion maçonnique », précisée par les Constitutions d’Anderson de 1723, et consistant dans « la morale générale des honnêtes gens ». Ses Loges symboliques travaillent soit au Rite Templier (Misraïm) soit au Rite Egyptien (Memphis), mais sur les autels, elles joignent la Règle au traditionnel enlacement du Compas et de l’Equerre.

Le violet est la couleur maçonnique de ses rituels, le bleu étant celui du Rite Français et le bleu bordé de rouge celui du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le violet constituait un rappel de la couleur de la violette de Parme, duché où résidait le petit roi de Rome, alors âgé de quatre ans.
Le Rite de Memphis-Misraïm a associé le violet de ces origines au bleu turquoise attribué à la grande Isis dans l’ancienne Egypte, unissant ainsi un double symbolisme ésotérique.
Les grades d’instruction du rite Memphis-Misraïm sont:

Loges bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître-Maçon

Ateliers de Perfection :
4-Maître Secret
5-Maître Parfait
6-Secrétaire Intime ou Maître par Curiosité
7-Prévôt et Juge
8-Indépendant des Bâtiments ou Maître en Israël
9-Maître Élu des Neuf
10-Illustre Élu des Quinze
11-Sublime Chevalier Élu ou Élu des Douze
12-Grand Maître Architecte
13-Royal Arche
14-Grand Élu, Élu Parfait ou Grand Écossais de la Voûte Sacrée,

Chapitres :
15-Chevalier d’Orient ou de l’Épée, ou Chevalier Maçon Libre
16-Prince de Jérusalem
17-Chevalier d’Orient et d’Occident
18-Souverain Prince ou Chevalier Rose-croix ( d’Hérédom )

Aréopages :
19-Grand Pontife ou Sublime Écossais de la Jérusalem céleste
20-Chevalier du Temple ou Vénérable Grand Maître de toutes les Loges
21-Noachite ou Chevalier Prussien
22-Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
23-Chef du Tabernacle
24-Prince de Tabernacle
25-Chevalier de Serpent d’Airain
26-Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
27-Grand Commandeur du Temple, dit Souverain Commandeur du Temple de
Jérusalem
28-Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
29-Grand Écossais de Saint André d’Écosse dit Patriarche des Croisades
30-Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir

Degrés Administratifs Ecossais :
31-Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
32-Sublime Prince du Royal Secret
33-Souverain Grand Inspecteur Général

Degrés Ésotériques :

66-Patriarche Grand Consécrateur
90-Patriarche Sublime Maître du Grand Oeuvre

Degrés Administratifs :
95-Grand Conservateur
96-Grand et Puissant Souverain de l’Ordre
97-Député Grand Maître International
98-Grand Maître International
99-Grand Hiérophante

Ce rite est pratiqué au Grand Orient de France, à la Grande Loge Symbolique de France ainsi qu’à la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm.

Le Rite dYork

Les États-Unis détiennent une place un peu particulière sur l’échiquier de la Franc-Maçonnerie mondiale; d’abord parce que leurs effectifs sont très nombreux (aux alentours de 4 millions), ensuite parce qu’ils pratiquent une maçonnerie uniquement axée sur le rituel. En loge bleue, ils pratiquent le « Ancient Work », le rite standard des loges bleues américaines. Les hauts grades souchés sur le Rite Américain sont appelés Rite d’York. Il est fréquent que les membres du Rite d’York appartiennent également au hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté. Ainsi aux USA, un Maçon aura le droit d’être Chevalier du Temple au Rite d’York et Sublime Prince du Royal Secret (32°) au REAA. Il existe d’ailleurs des équivalences (ou passerelles) entre ces différents rites et degrés. Le Rite York comporte 15 degrés dans son ensemble qui sont:

Loges Bleues :

1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maître maçon

Chapitres :

4. Maître Maçon de Marque
5. Passé Maître
6. Très Excellent Maître
7. Maçon de l’Arche Royale

Conseils :

8. Maître Royal
9. Maître Select
10.Très Excellent Maître

Commanderies :

11. Chevalier de la Croix-Rouge
12. Chevalier de Malte
13. Chevalier de l’ordre du Temple

Grand Champs :
14. Chevalier de la Croix-Rouge de Constantin

Collège Royal de York

15. Chevalier de York

Les Side Degrees

Order of the Allied Masonic degrees

Tout grade contrôlé par le Grand Conseil ne peut être conféré qu’à des Maçons de la Sainte Arche Royale, Princes de l’Ordre du Moniteur Secret, admis depuis au moins douze mois Les grades de l’Ordre sont ceux de :

Maçon de St Lawrence le Martyr
Chevalier de Constantinople
Grand Tuileur de Salomon
Croix-Rouge de Babylone
Saint Ordre des Grands Prêtres
Order of Eri

sergent d’armes

écuyer

chevalier
Ce magnifique degré est basé sur l’histoire de l’Irlande et l’ésotérisme chrétien irlandais.
Le rituel évoque l’invasion de l’Irlande par les danois,la bataille de Clontarf, l’origine des ordres chevaleresques dans ce pays, les anciens noms de l’Irlande(17 noms!), les débuts de la Franc-Maçonnerie, St Patrick et les rois Brian Boru et Malachi.

La Sociétas Rosicruciana in Anglia

La Societas Rosicruciana In Anglia est une organisation chrétienne fondée en 1865 et indépendante de toute structure maçonnique. Tous ces membres sont néanmoins Maîtres Maçons actifs dans leurs loges symboliques. Les degrés conférés par cet organisation ne sont pas considérés comme des degrés « supérieurs » mais plutôt comme un complément à la Maîtrise. Elle utilise le symbolisme et les Traditions d’une société beaucoup plus ancienne connue sous le nom de Fraternité de la Rose+Croix, se réclamant de son fondateur légendaire : Christian Rosenkreutz. La SRIA a essaimé en Écosse, aux États Unis, en France ainsi que dans d’autres pays d’Europe.

La SRIA est organisée en 9 degrés, chacun possédant un rituel spécifique. La finalité étant d’apporter à ses membres une ouverture d’esprit supplémentaire sur la Vraie Nature des choses et une compréhension du Monde dans lequel ils évoluent. Les membres de la SRIA se regroupent en Collèges. L’admission à la SRIA est limitée aux Maîtres Maçons qui sont membres d’une obédience régulière, qui sont de foi Chrétienne et qui croient en la Sainte Trinité. Les degrés sont répartis en 3 Ordres :

Premier Ordre
I° – Zelator
II° – Theoricus
III° – Practicus
IV° – Philosophus
V° – Adeptus Minor

Deuxième Ordre
VI° – Adeptus Major
VII° – Adeptus Exemptus

Troisième Ordre
VIII° – Magister
IX° – Magus

Royal Order of Scotland

L’Ordre Royal d’Écosse est composé de deux degrés qui sont :

Hérédom de Kilwinning
Chevalier Rose+Croix.

Le mot Hérédom dérive du mot hébreu Harodim, signifiant « les règles » et du nom de Kilwinning qui se rapporte au rétablissement de l’ordre par le Roi Robert Bruce à Kilwinning, où il a présidé en tant que premier Grand Maître de l’Ordre.

Le degré de Hérédom de Kilwinning est en particulier intéressant puisqu’il traite de l’enseignement et du symbolisme des trois premiers degrés de la Maçonnerie de Saint Jean (Loges Bleues).

La Tradition veut que le degré de Chevalier Rose+Croix ait été institué par Robert Bruce sur le champ de bataille de Bannockburn le jour de la Saint Jean d’été 1314 au moment des combats pour l’indépendance de l’Écosse.

Source : http://hautsgrades.over-blog.com/

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Science, alchimie et Franc Maçonnerie 23 juillet, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

« Essence et Souffle s’unissent et donnent naissance à l’Embryon mystérieux; celui – ci se noue et donne naissance à un corps. C’est le procédé du Cinabre intérieur ( nei-tan ) qui conduit à ne pas mourir. » (T’ai-si king ).

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Introduction

Cet extrait du T’ai – si king ou Livre de la respiration embryonnaire ne donne certes qu’un petit aperçu de ce qu’était l’alchimie intérieure chinoise appelée nei-tan, qui s’est développée au début de notre ère dans l’empire du Milieu. Il résume néanmoins en quelques phrases tout le processus de cet Art et sert d’introduction au but de ce travail, qui est celui de m’attaquer aux préjugés, aux mythes et à l’incompréhension, qui se sont perpétués au fil des siècles, au sujet de l’alchimie, non seulement dans le monde profane, mais aussi parmi nos Frères. Et de contester en premier lieu une idée préconçue et tenace en Occident, celle qui veut que sans un laboratoire dans sa cave avec fourneaux et alambics l’on ne puisse être considéré comme un alchimiste. Cette idée est fausse. L’alchimie intérieure chinoise, dont le support principal était le Taoïsme, nous a donné la preuve que l’on peut faire de l’alchimie sans travailler dans sa cave, en ne pratiquant que le nei-tan ou alchimie intérieure, dont le seul laboratoire est l’homme et ses différents « corps », grossiers et subtils. Cette alchimie intérieure était constituée par une véritable école initiatique basée sur une discipline morale et spirituelle, ainsi que des exercices ritueliques englobant le corps et l’esprit. Les pratiques de laboratoire avec travail sur les métaux et le cinabre furent vite considérées comme secondaires et sans grand intérêt par la grande majorité des Adeptes. Comme l’affirme Isabelle Robinet, éminente spécialiste du taoïsme: « L’alchimie intérieure, qui apparaît vers le VIII ème siècle en Chine, succède à la fois à l’alchimie de laboratoire ou extérieure et aux pratiques corporelles dont elle est l’héritière…… Elle élabore une discipline mentale qui doit induire en l’adepte une vision multi-dimensionelle du monde et le conduire à la coïncidence des contraires et à l’illumination, en lui faisant prendre conscience de la parcelle de lumière éternelle qui est en chaque être, qu’il doit nourrir et développer. »

Il n’est pourtant pas difficile de comprendre que, contrairement à ce que pensent certains occidentaux, le but de la transmutation alchimique est l’homme lui – même et non de vulgaires métaux. C’est là le vrai sens du terme « opératif ». De toute façon ceux qui ont passé leur vie au milieu des fourneaux se sont plutôt ruinés ou sont morts intoxiqués par le mercure, sans connaître le Secret de l’alchimie qui est de tout autre ordre. C’est le secret de la Vie. Car telle est la définition de l’alchimie : Science de la Vie, Science de la Vérité, Science de l’Immortalité ( immortalité de l’Ame bien sûr car il serait bien prétentieux et insensé de prétendre à l’immortalité de notre support temporaire corporel).

Je le répète à l’instar des Adeptes : « il y a un seul Vase, une seule Matière, un seul Four et un seul Laboratoire ». C’est l’homme lui même dans sa réalité grossière et subtile, ses corps de chair et d’esprit.

Il y a une autre idée préconçue au sujet de l’alchimie. Je l’ai parfois entendue sur la bouche de mes Frères. « Non, l’alchimie est trop compliquée pour moi. Je n’y arriverai jamais. Tous ces symboles abstrus et anachroniques à décrypter ! » Il est facile d’y répondre. Imaginez, mes Très Chers Frères, un profane qui entre dans un Temple maçonnique…et qui est confronté à nos symboles et rituels. Comment réagira-t-il ? Comme celui qui m’a dit un jour: « Mais pourquoi est-ce que vous, les Francs- Maçons, utilisez des symboles compliqués au lieu de vous exprimer comme tout le monde ? ».

Il faut bien reconnaître que si l’on veut aller plus loin qu’une vision morale ou sociale, les symboles maçonniques sont tout aussi difficiles à interpréter que ceux de l’alchimie. On peut même se demander combien de Francs – Maçons ont fait l’effort de déchiffrer le sens des différents mots, batteries, signes, couleurs, légendes ou symboles propres à chaque Grade. J’en conviens, tout cela nécessite d’une bonne dose de volonté et de perspicacité, plus qu’en a le commun des occidentaux, plus préoccupé par la vie profane effrénée, que par la quête fondamentale sur le pourquoi de son existence sur terre. Et ceci même parmi nous Francs- Maçons.

Quant à ceux qui prétextent que l’alchimie est une utopie irréalisable, je leur poserais la même question au sujet des buts de notre Ordre. Au risque d’en choquer certains, je suis persuadé que les buts spirituels de la Franc-Maçonnerie, les mêmes que ceux de l’alchimie, sont tout à fait réalisables et ne consistent pas seulement en un idéal que l’on ne pourra de toute façon jamais atteindre dans la réalité. Cette dernière affirmation est typique de la mentalité occidentale, qui sous le couvert d’une fausse modestie, démontre son manque de foi et de confiance en ses propres capacités. Une excuse en quelque sorte pour ne pas faire l’effort demandé.

Je dirais même que les symboles maçonniques et alchimiques voilent une Vérité non seulement réalisable, mais aussi d’une extrême simplicité de compréhension. La Vérité ne peut être que simple dans sa Grandeur. Son accès a été rendu sciemment compliqué. Ce sont les Adeptes qui ont créé un rempart presque infranchissable, afin que la Science ne tombe pas en mains mal intentionnées, afin que seul le chercheur perspicace et de bonne volonté, mu par l’intelligence du cœur, puisse l’atteindre. Si en alchimie on parle de transformer le Plomb en Or, c’est aussi pour mettre sur la fausse piste les profanes avides ou pour détourner vers le laboratoire ceux qui ne croient qu’en la matière et en elle seule.
– Et l’Amour dans tout ça ?- me répondit un jour un Frère à qui je faisais noter l’importance de l’alchimie dans la Voie initiatique. Il voulait par là me faire comprendre que cette recherche paraissait à ses yeux trop solitaire, égoïste et peu intéressée à l’évolution de l’humanité. J’aurais aimé lui répondre que l’Amour sans la Connaissance est tout aussi néfaste et aveugle que la Connaissance sans Amour et que le perfectionnement moral et spirituel de l’humanité n’est possible que par le préalable perfectionnement moral et spirituel individuel. Mais je lui répondis autrement: que les Adeptes en alchimie ne faisaient pas étalage de leurs qualités de cœur comme le font certains qui parlent à tort et à travers de tolérance et d’amour et qui au premier écueil se comportent en parfaits égoïstes, plus sensibles aux défauts des autres qu’aux leurs.

Physique quantique et alchimie

Un préjugé tenace fait de l’alchimie une véritable utopie sans aucun fondement scientifique. Or rien n’est plus faux. Les dernières découvertes de la physique quantique se rapprochent de façon étonnante des anciennes théories alchimiques, qui se révèlent comme une connaissance scientifique avant la lettre. Nous savons que la méthode expérimentale a été bousculée ces dernières décennies. L’observateur, par sa présence en chair et en os, modifie la valeur d’une expérience donnée. L’alchimiste, qui agit sur le plan subtil, en dehors de l’espace-temps, lui ne modifie pas la valeur de l’expérience.

De plus, la théorie de la relativité a balayé non seulement le caractère absolu de l’espace et du temps, mais aussi l’opposition entre matière et énergie. La matière selon la théorie quantique peut apparaître suivant les circonstances sous un aspect corpusculaire ou un aspect ondulatoire. Ce sont deux aspects d’une même réalité. Le réel n’est donc pas toujours visible et le visible n’est pas toujours réel.

Or, cette dualité de la matière est un des leitmotiv de l’alchimie. Cette dernière affirme en effet que la Matière première se transforme en énergie; que cette énergie obtenue ou extraite de la Matière agit en retour sur les éléments « corpusculaires » en les transmuant, en leur donnant une autre forme. L’alchimie affirme aussi qu’il y a deux états ou fonctions de la matière qui coexistent en alternance, le Solve et le Coagula, le Solve, appelé aussi le Volatil, état de dissolution, de décomposition de la matière, symbolisé par une sinusoïde et le Coagula, dit, aussi le Fixe, état condensé et corpusculaire, symbolisé par une ligne droite. Le Fixe ou aspect corpusculaire, déterminé, individuel correspond au Soufre et le Volatil, aspect vibratoire, ondulatoire, indéterminé correspond au Mercure. Le Sel est l’union du Soufre et du Mercure, soit l’état à la fois ondulatoire et corpusculaire, dont le sigle est bien connu en Franc-Maçonnerie, l’équerre et le compas réunis. Il suffit aussi d’observer le caducée d’Hermes pour comprendre cette union des deux états. Le Mercure y est représenté par les deux serpents qui s’entrecroisent dont le caractère ondulatoire formé par la lettre S est évident. Le Soufre ou Fixe correspond à la ligne droite centrale qui forme un T majuscule. Réunis il forment le Sel ou caducée d’Hermes….et les deux aspects coexistants de la matière selon la physique quantique. Les lettres S symbolisant le Mercure et T, le Soufre, réunies, forment le caducée et ne représentent rien d’autre que la Pierre des Philosophes tant recherchée par les alchimistes et les Francs-Maçons. Il s’agit bien de notre Pierre, soit un ensemble de deux choses, qui réunies par une troisième, nous ramènent à l’Unité.

L’écroulement de notions scientifiques qui paraissaient absolues telles que celle d’espace-temps, de réalité matérielle d’un objet, de loi de cause à effet, de méthode expérimentale infaillible, amène la physique moderne vers une réalité tout autre que celle, soumise à nos sens, à laquelle le matérialisme absolu des siècles passés nous avait habitué. Il faudra du temps pour réapprendre à vivre la réalité…à moins d’avoir assimilé l’enseignement hermético-alchimique.

Certains physiciens vont encore plus loin dans le rapprochement entre la science et l’alchimie, sans l’affirmer explicitement bien sûr. Le Professeur Régis Dutheil nous propose une théorie explicative de l’univers basée sur la notion de lumière et précisément sur le dépassement de la vitesse de la lumière. Il y aurait selon lui un monde en deçà de la vitesse de la lumière, le notre, soumis à l’espace-temps et un autre situé au delà de la vitesse de la lumière dit univers « superlumineux », où le temps n’existe plus et où la causalité n’a donc plus de sens.

L’alchimie affirme la même chose. Il y a deux mondes qui coexistent: le matériel soumis à l’espace – temps et le spirituel, hors du temps et de l’espace. L’alchimiste doit entrer dans le monde spirituel afin de le matérialiser et ensuite revenir dans le matériel afin de spiritualiser ce dernier. Mais pour cela il doit avoir pris connaissance et entière possession des deux mondes, le matériel et le spirituel,…. le sous lumineux et le superlumineux, pour employer les termes du Prof. Dutheil.

Et comment l’Initié peut-il passer la barrière entre les deux mondes ? Par la Mort initiatique qui permet le contact avec le monde spirituel. Il s’agit d’un état de transe méditative ou mort apparente. Ceci est confirmé d’une manière étonnante par le Prof Dutheil. Pour ce dernier il n’y a pas d’autre moyen actuellement disponible pour passer la barrière qui sépare l’univers sous lumineux du superlumineux que l’éveil à d’autres états de conscience – dit-il – par le Joga ou la méditation. C’est une reconnaissance « de facto » de la supériorité de la Voie initiatique sur la science, faite par un scientifique.

Ordre et Chaos

Selon l’alchimie transmuer le Plomb en Or signifie obtenir un composé stable et durable à partir d’un composé instable, appelé « Chaos » par les Adeptes. Ce problème du passage d’un composé instable et chaotique à un ensemble ordonné et durable, qui est posé par la théorie alchimique et que l’on retrouve dans notre Ordre sous l’axiome « Ordo ab Chao », est abordé aussi dans la théorie du Prof. Dutheil, et de la façon suivante. Notre physicien reprend la fameuse théorie de l’entropie. Selon celle-ci dans les molécules il existe un certain ordre. Par exemple les molécules ayant beaucoup d’énergie se trouvent les unes à côté des autres dans un certain endroit de l’espace, alors que celles qui ont peu d’énergie occupent un autre endroit de ce même espace. Il y a là une structure d’ordre. Une évolution appelée « entropie » se produira alors: les molécules ayant beaucoup d’énergie vont en céder une partie à celles qui en ont moins. On aura donc un ensemble de molécules sans aucune différenciation. On est donc passé d’une structure d’ordre à une structure de désordre. Le physicien Maxwell a supposé l’existence d’un principe dans l’univers, appelé ensuite « démon de Maxwell », qui, grâce à un système d’information qu’il doit nécessairement obtenir, remet de l’ordre, en replaçant les molécules à haute énergie d’un côté et celles à basse énergie de l’autre. Il rétablit l’ordre en quelque sorte. Pour un autre savant, Kammerer, il y aurait une force basée sur l’information, dans l’univers, qui tend à réunir les semblables « épars » en un ordre défini et stable. Or, selon Dutheil cette force se trouve dans l’espace superlumineux et peut être atteinte par le passage de l’homme dans cet espace, là ou existe l’information. L’homme alors informé pourrait se constituer ensuite selon un mode ordonné et définitif. Tandis que s’il restait dans ce bas monde sans information il irait vers la dégradation progressive de ses cellules en un mode uniforme de désordre, c’est à dire vers la mort tout court, comme c’est le cas habituellement pour le commun des mortels.

Cette théorie du Prof Dutheil correspond à celle de l’alchimie et de la Franc – Maçonnerie dont le but est de transformer un composé instable et caduque (la Pierre brute) en un composé parfait, stable et éternel (la Pierre cubique). Ce qui en alchimie se traduit symboliquement par la transmutation du Plomb en Or et spirituellement par la formation du corps-spirituel immortel dit Corps glorieux. Mais pour ce faire l’alchimiste doit, comme le Franc – Maçon, passer le seuil entre le monde matériel et le monde spirituel, entre le monde souslumineux et le monde superlumineux, pour utiliser les termes de Dutheil. Cela correspond à ce que l’alchime et la Franc-Maçonnerie appellent la Mort initiatique ou état de transe profonde qui nous fait passer dans l’au-delà, afin d’avoir accès, comme le dit Dutheil, « à l’information qui nous permettrait de faire de l’ordre » c’est à dire de transformer notre être périssable en composé stable, de passer en somme d’un état de chaos à celui d’ordre. Il s’agit véritablement, si la théorie de Dutheil est prouvée, d’un rapprochement historique entre la science, la F.M . et l’alchimie.

Pour peu que l’on ait des rudiments d’alchimie, l’on s’aperçoit que certains termes utilisés par cette dernière tels chaos, semblables, catégories sont les mêmes que ceux qu’utilisent les physiciens modernes. Depuis toujours en alchimie la Matière première initiale a été appelée Chaos ou Chaos des Sages. C’est notre Pierre brute. Il s’agit en effet de cette matière instable, laide et imparfaite qui pourtant donnera un ensemble stable et ordonné à la fin des Opérations. D’autre part les alchimistes ont répété maintes fois cet axiome: « les semblables s’unissent avec les semblables ». Et ceci afin « d’imiter la Nature ». L’alchimiste est appelé le singe, car il est sensé singer la nature. C’est ce qu’affirme Maxwell dans sa notion d’ordre : il faut réunir les semblables avec les semblables pour recréer l’ordre, les catégories.
Le physicien, comme l’alchimiste, doit singer la nature.

Mais ce qui pour nous est le plus important, c’est l’évidente unité, je dirai superposition entre l’enseignement maçonnique et alchimique en ce qui concerne le passage entre les deux mondes, par ce qu’on appelle la mort du vieil homme et la naissance du nouveau. La Mort initiatique appelée aussi Putréfaction est l’Opération la plus importante et la plus délicate de l’alchimie. Il ne s’agit bien entendu pas d’une mort réelle, autrement on irait vers cette destruction que justement l’on cherche à éviter. Cette Mort nous permet de déstructurer sans détruire, juste ce qu’il faut pour nous faufiler dans le monde d’à côté et pour reconstruire ensuite un ensemble plus stable, grâce à l’ « information » que nous y avons trouvée. A ce propos je cite encore le Prof. Dutheil qui donne sa version des choses: « La mort est donc actuellement (tant que la physique des particules superlumineuses n’est pas plus développée) le seul moyen que nous ayons de rentrer en contact avec le monde superlumineux. »

Les fils de la Lumière

Selon le Pr. Dutheil: « la référence de base de notre univers est donc la lumière » (et sa vitesse Ndr). Nous Maçons et alchimistes ne pouvons pas le contredire vu que le Prologue de l’Evangile de S. Jean, notre patron mutuel, l’atteste.
Selon la théorie de Dutheil le passage de l’état sous lumineux à l’état superlumineux nous donne « une vision instantanée et non causale des événements avec une évolution vers un état d’information et de signification maximal». Celui qui vit en permanence dans l’état superlumineux répercute cet état d’ordre sur le « petit monde » dans lequel il vit. C’est là tout le processus alchimique que nous Maçons pratiquons en travaillant dans le Temple (et en dehors du Temple…), grâce aux symboles et aux rituels, à l’accession de la Connaissance , qui nous permettra de rayonner ensuite dans « notre petit monde ».

L’affirmation du Prof. Dutheil que la référence de base de notre univers est donc la lumière, si évidente soit elle, reste une théorie du point de vue scientifique, non partagée par l’ensemble des savants. Il en est autrement dans le domaine initiatique et alchimique. En particulier dans la Kabbale, comme nous le propose le Baal Haorot : « Si tu veux, tu le pourras. Fils de l’homme, regarde! Contemple la lumière de la Présence qui réside dans tout l’existant. » (Orot Haqodech,I,64). Il n’est pas besoin de souligner quelle importance ont dans la Kabbale pratique les trois mots suivants: Lumière, vibration, énergie.

Mais si nous voulons convaincre le profane il faut lui donner des preuves scientifiques. Il n’y en a pas…

Et pourtant des éléments troublants apparaissent si l’on compare les rythmes de la vie humaine avec les rythmes cosmiques, en particulier ceux du soleil, donc de la lumière par excellence dans notre système planétaire.

Considérons en premier la vitesse de la lumière, cette barrière entre les deux univers, selon le Pr. Dutheil.

Vous savez tous que la vitesse de la lumière est de 300000 km à la seconde. Nous pouvons extrapoler sur une heure ou un jour et nous aurons:

Vitesse de la lumière par seconde : 300000 km
Vitesse de la lumière par minute : 18000000
Vitesse de la lumière par heure : 1080000000
Vitesse de la lumière par 24 h : 25920000000

Nous pouvons comparer ce mouvement de la lumière dans le système métrique à une sorte de respiration ou expansion de l’univers, à un déploiement du Verbe. Or, quel est notre étonnement si nous le comparons à la respiration de l’homme. Statistiquement l’homme respire en moyenne 18 fois par minute, soit 9 inspirations et 9 expirations. Extrapolons sur une heure ou un jour comme nous avons fait pour la vitesse de la lumière et nous aurons :

Nombre de respirations par minute : 18
Nombre de respirations par heure : 1080
Nombre de respirations par 24 h : 25920

Ces chiffres se superposent au nombre de millions de km de la vitesse de la lumière. Nous pouvons affirmer que l’homme respire en consonance avec la lumière, si l’on admet la valeur du système métrique comme un choix « illuminé ».

Or, il y a plus: la durée en années de la précession des équinoxes correspond aussi à 25920. Qu’est ce la précession des équinoxes ? Vous savez tous que l’axe de la terre est incliné ( 23 degrés 27 premiers) et que cette dernière tourne sur elle – même comme une toupie. Or, l’axe de la terre n’est pas fixe. Il se déplace progressivement et circulairement (coniquement) de sorte qu’il revient à la même position de départ après 25920 années. Le jour de l’équinoxe de printemps le soleil ne se lève donc pas chaque année au même point de l’horizon. Il reviendra se lever au même point après 25920 années. Le lever du soleil se fait progressivement par les 12 constellations zodiacales, de sorte qu’il reste dans la zone d’une constellation en moyenne 25920 : 12 = 2160 années. C’est ce que nous appelons une Ere. Nous quittons en ce moment l’Ere des Poissons pour entrer (en 2031 ?) dans l’Ere du Verseau. Or, le déplacement de l’axe terrestre d’un degré (sur les 360 qu’il va accomplir en 25920 années) se fait en 72 ans. Par le calcul simple : 25920 années divisées par le nombre de degrés d’un cercle 360 = 72 années.

Ce phénomène astronomique nous amène tout droit vers le deuxième rythme important de l’homme, celui des battements cardiaques qui est de 72 par minute. Le cœur bat en moyenne 72 fois par minute, ce qui le relie directement au soleil par le phénomène de la précession des équinoxes. Nos 72 battements cardiaques par minute sont donc en relation avec la lumière et précisément celle du soleil.

Mais il y a un autre lien intéressant entre le rythme cardiaque et la Lumière. C’est le Delta, dit fort à propos « lumineux ». Il s’agit du triangle sacré qui représente pour nous Franc-Maçons la Lumière par excellence, la Lumière spirituelle divine, placée entre la lumière du Soleil et de la Lune. Ce triangle sacré appelé Delta « lumineux », dans le centre duquel se trouve l’œil de Dieu, présente un angle supérieur de 108 degrés et une somme des deux angles de la base de 72 degrés, ce qui résume bien la divinité « lumineuse » en haut 1(08) et son déploiement dans la matérialité en bas signifiée par le 72. Le rapport de ce triangle entre le haut et le bas soit 1/72 est ainsi constitué, qui est à la base de la légende égyptienne expliquant la différence de 5 jours entre l’année solaire (365) et lunaire (360). Dans cette légende Hermès -Toth gagne aux dés en jouant avec la Lune. Il lui ravit 1/72 ème de l’année. C’est à dire que 1/72 ème de l’année lunaire de 360 jours correspond à 5 jours. Et ces 5 jours s’ajouteront aux 360 autres pour constituer l’année solaire de 365 jours (chiffres approximatifs !). Ce calcul confirme le lien du chiffre 72 avec le soleil et les cycles de l’univers, auxquels l’homme est relié par son cœur. Le cœur représente donc la Lumière qui est déployée dans l’homme, à l’intérieur de l’homme. Il existe en résumé un subtil rapport entre les battements cardiaques de l’homme à la minute, la respiration de l’homme sur 24 heures, la vitesse de la lumière sur 24 heures, et enfin le soleil et donc la lumière, qu’il est sensé représenter dans notre système solaire. Un fait est sûr: les 25920 années que comportait le cycle de la précession des équinoxes correspondaient à la fameuse Grande année pythagoricienne et platonicienne. Selon Platon il s’agissait de la Grande année cosmique ou « pulsation » de l’univers.

Que pense l’alchimie de tout cela? Le cœur y est assimilé au Soleil philosophique et à l’Or. Pour les alchimistes le cœur est le siège du Soleil philosophique ou Soleil intérieur, symbolisé extérieurement par le soleil, lui même cœur du système solaire. L’équivalence cœur = Soleil philosophique = Feu-Lumière = Christ = Or alchimique = chiffre 8 = X est une des pièces maîtresses de la symbolique alchimique. Le sigle de l’Or et du Soleil philosophique est le même: un point au milieu d’un cercle. Quant au chiffre 8, symbole de l’énergie serpentine ou solaire que nous avons vue « onduler » sur le caducée, il correspond bien au facteur X, inconnue du Grand Œuvre selon le grand Adepte Fulcanelli. Ce qui nous amène à la formule suivante : 72 (72 battements par minute) : 9 (9 inspirations ou expirations par minute) = 8.

Or, la Pierre philosophale est dite aussi Escarboucle et décrite comme une étoile à 8 branches avec un 9ème point central ( ).

Le rôle de la respiration et du cœur dans l’ascèse alchimique ou celle du Joga est essentiel. Il s’agit d’agir sur notre corps afin d’activer les énergies, la partie ondulatoire de nous mêmes, justement symbolisée par le chiffre 8, afin de nous faire passer la barrière qui nous sépare de l’invisible et transformer entièrement notre Nature par la Lumière ignée, pour devenir « fils de la Lumière ».

L’ADN ou caducée d’Hermes

Les biologistes moléculaires commencent à s’apercevoir que les théories anciennes des alchimistes et des gnostiques au sujet du serpent cosmique représentent une connaissance intuitive de la structure de l’ADN, notre patrimoine génétique. En effet la notion alchimique de « Principe vital et universel, ayant une forme serpentine et provenant du cosmos, principe unique et double à la fois, Matière première de toute chose, Mère de l’Univers, Principe qui s’exprime en nous sous la forme des 4 Eléments », et bien cette notion décrit ni plus ni moins la structure de l’ADN.

L’ADN est une hélice double en forme de 8 ou de deux serpents entrecroisés. Il est un, mais à la fois deux. Les deux rubans sont unis par des ponts, à la même enseigne que les marches d’une échelle, d’où le terme d’échelle double ( !). Ces ponts sont constitués par 4 acides aminés: Adénine, Guanine, Timine, Cytosine. Ces quatre bases ne peuvent s’accoupler que par paires spécifiques : A avec T et G avec C. Cela implique qu’un des deux rubans est le duplicata de l’autre et que le message génétique est double.

L’ADN est apparu abruptement sur la terre. Il est le maître des transformations sur celle –ci car il a façonné les êtres, tout en restant rigoureusement le même, malgré les 4 millions d’années où il s’est démultiplié. De même il ne varie pas, comme substance, d’une espèce à l’autre; il n’y a que l’ordre des lettres qui change. Selon les biologistes le 97% de l’ADN « fait des choses que nous ne comprenons pas pour l’instant », et selon le biologiste Jeremy Narby : « Dispersés dans cet océan de non sens, les gènes représentent une sorte de terre ferme où le langage de l’ADN devient compréhensible. Tous les mots ont 3 lettres, et comme l’alphabet de l’ADN dispose de quatre caractères, il y a 4x4x4 = 64 mots possibles. Les 64 mots du code génétique possèdent tous un sens et correspondent soit à un des 20 acides aminés utilisés dans la construction des protéines, soit à l’un des deux signes de ponctuation (« start » « stop » ). Il y a donc 22 sens possibles pour 64 mots. »

Vous conviendrez avec moi que cette similitude est troublante. Non seulement par le fait que le Principe alchimique du Un – Tout, base et Mère de l’univers est double et triple à la fois et de forme en « double hélice ». Non seulement par les 4 Eléments qu’il contient en son sein comme les 4 acides aminés dans l’ADN. Non seulement par l’affirmation qu’il est à la base de tous les êtres et de tout ce qui vit dans l’univers. Mais aussi dans des détails « croustillants » tels que l’importance du chiffre 8 et de ses multiples en alchimie, désignant cette Energie à la fois ondulatoire et corpusculaire à la base des trans-mutations. Or que voyons – nous dans l’ADN ? Une mise en évidence du chiffre 8, car selon les biologistes le message génétique est doublement double, c’est à dire 2x2x2=8 ou le cube de deux.. Que voyons – nous dans l’ADN ? Les 4 bases dédoublées ou 4×2=8. Plus encore : l’affirmation qu’il y a 22 sens possibles pour 64 mots ne passe pas inaperçue. Le 64 ou 8×8 soit le pavé mosaïque, les Mandalas hindous, le jeu d’échec ou de l’Oie, le drapeau templier. Le 22 soit les 22 lettres de l’alphabet hébraïque, les 22 Lames majeures des tarots, les 22 Grands Maîtres de l’Ordre du Temple, les 22 chapitres de l’Apocalypse.

Une mise en garde s’impose à ce point. Il s’agit ici d’une symbolique comparée, qui confirme le sens universel du symbole archétypal. Le fait que les symboles alchimiques correspondent à la structure de l’ADN ne signifie nullement que la Vérité est dévoilée, que nous avons découvert la Réalité que cachaient les symboles. Gardons nous de prendre un symbole pour la réalité qu’il sous entend. La structure de l’ADN est elle même le symbole d’autre chose, qui dépasse notre entendement, et qu’elle nous permet seulement de palper. Ce qui est important ici c’est la surprenante similitude et unité entre les symboles initiatiques et la nature, l’univers.

Dans ce même ordre d’idées nous pouvons comparer les quatre Eléments de l’alchimie soit la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu aux quatre composants essentiels de toute matière organique: Carbone, Azote, Hydrogène et Oxygène. Convenez que la similitude est troublante. Le carbone dont le sigle est C nous rappelle la couleur noire et la Terre. L’azote, dont le sigle est N et qui constitue le 80% env. de l’air que nous respirons peut donc être relié à l’Air. L’hydrogène de sigle H, principal constituant de l’eau (H2O), peut être relié à l’Eau. Enfin l’oxygène principal activateur du feu, dont le sigle est O, peut être relié au Feu. Les deux Eléments alchimiques subtils, le Feu et l’Air se retrouvent réunis par leur sigle chimique dans la syllabe OZ, si l’on considère le sigle de l’azote N comme renversé. Je vous laisse déduire les implications initiatiques. D’autre part le nom de l’élément chimique appelé azote vient de l’ancienne terminologie alchimique. Dans cette dernière l’Azot correspondait à la Matière première de toute chose ou Matrice de l’Oeuvre. Pourquoi ? Parce que ce terme contenait la première et la dernière lettre de l’alphabet hébraïque l’aleph et le tau, la première et la dernière de l’alphabet grec l’alpha et l’oméga et enfin la première et la dernière du nôtre le a et le z. Il correspondait donc par ce fait au Tout-Un.

Cette Matière première, base du Grand Œuvre, était rappelée par les Adeptes dans la très célèbre phrase : « Ignis et Azot tibi sufficiunt. » . Le Feu et l’Azot te suffisent, …..pour parfaire le Grand Œuvre.

Cette Matière première ou Un – Tout était imagée par les alchimistes grecs, non seulement sous la forme d’un serpent en double hélice mais aussi sous l’aspect d’un serpent qui se mord la queue appelé Ouroboros, accompagné de l’inscription « en to pan ». En to pan : dans le tout ou Un le Tout. Le Tout est constitué par une seule et même chose: la Matière première, Principe dont tout dépend. C’est la substance sur laquelle nous devons travailler au départ du Grand Œuvre, notre Pierre brute. La tête qui mord la queue c’est la constante mutation temporelle, la forme nouvelle qui succède à l’ancienne, la Mort et la Renaissance. Mais c’est aussi l’union des fonctions alchimiques, le Solve et le Coagula, soit le serpent avalé et celui qui avale. La queue c’est le Volatil, la forme ondulatoire, la tête c’est le Fixe, la forme corpusculaire. La forme circulaire est spécifique de l’esprit, mais en alchimie elle signifie aussi la Matière indistincte du départ, le Chaos en opposition à la Matière spécifique, différenciée, l’Ordo qui se présente elle sous la forme symbolique d’un cercle avec un point au milieu. Le point ponctue, détermine. C’est l’esprit corporifié et individualisé. Le même symbole ou sigle est utilisé pour l’Or alchimique car c’est un corps stable, parfait et individualisé. Le Dieu fait homme et l’homme devenu Dieu.

L’œuf ou la poule ?

Vous connaissez tous l’histoire de l’œuf et de la poule. Lequel est arrivé en premier. L’œuf ou la poule ? C’est un peu le même problème entre l’alchimie et de la Franc – Maçonnerie, tellement le symbolisme de l’une est calqué sur l’autre. Leur similitude est une lapalissade, à condition de connaître les deux d’une manière assez approfondie. Car celui qui ne connaît que l’œuf ne verra aucun rapport avec la poule et vice versa. Des Franc- Maçons et non des moindres, ont affirmé que la part de l’alchimie dans la Franc- Maçonnerie consiste en un apport extérieur ajouté et limité à quelques symboles, principalement dans le cabinet de réflexion. Connaissaient – ils vraiment l’alchimie ? De l’autre côté des soi-disant alchimistes ont accusé la Franc Maçonnerie de dilettantisme. Mais les grands Adeptes tel Fulcanelli ont insisté sur le parallèle entre notre Ordre et l’alchimie, car eux avaient compris que derrière l’écorce le tronc était le même. Car si certains symboles de l’art de construire n’avaient apparemment peu à faire avec l’iconographie alchimique, il suffisait d’enlever l’écorce ou de casser la coquille pour y découvrir un symbolisme strictement parallèle. Ce n’était pas le même langage certes, mais le sens était le même. Il suffisait d’un bon traducteur. Mais pour cela il fallait connaître les deux idiomes. Il est bien connu et tout à fait humain, que l’on rejette ce que l’on ne peut comprendre. Toute critique objective doit commencer par l’étude. Pour celui qui a approfondi l’étude de l’alchimie une constatation s’impose. La Franc- Maçonnerie et en particulier le Rite Ecossais Ancien et Accepté retrace dans la suite de ses grades, d’une manière très stricte et dans l’ordre exact, toutes les Opérations du Grand Œuvre alchimique et hermétique, en commençant par la Cérémonie d’Initiation au premier grade qui est elle-même un résumé de tout le Grand Oeuvre. Je n’oublie bien entendu pas la Kabbale, dont l’importance dans la Franc- Maçonnerie n’est plus à prouver, et qui est plus proche de l’alchimie qu’on ne puisse le penser au premier abord.
Ce n’est pas ici le lieu pour montrer le parallélisme entre le processus alchimique et les différents degrés initiatiques. Le petit résumé qui suit suffira pour le faire comprendre, en des termes simples adaptés au vocabulaire maçonnique. Que les Adeptes, dont je ne fais pas partie je le précise, me pardonnent ce raccourci et ma liberté d’expression.

Premier œuvre ou Œuvre au Noir ou Terre

C’est avant tout la prise de conscience du « Connais toi toi -même » et de la nécessité de la quête de l’Essentiel, du Réel. Cette quête doit être le but principal de notre vie terrestre. Il faut ensuite se débarrasser des corps étrangers, des habitudes profanes et revenir à l’« état de Nature » (dépouillement des métaux). Dans l’étape suivante il s’agit de découvrir en quoi consiste la Matière première. Les Adeptes affirment qu’elle est sous terre, dans les cavernes et les minières.(cabinet de r.) Elle est appelée aussi Pierre des philosophes, car c’est une pierre et pourtant pas une pierre. Son aspect est laid, grossier, brut ( Pierre brute ) et surtout de couleur noire. Elle possède tout ce dont nous avons besoin pour parfaire l’Oeuvre.( Valeur de la Pierre brute en soi ). Elle contient les deux Principes (Soufre et Mercure, Soleil et Lune, Fixe et Volatile, J et B…), les trois Etats ( Soufre – Mercure – Sel, Soleil – Lune – Etoile…) et les quatre Eléments (Terre, Air, Eau, Feu ). Les Adeptes signalent qu’il faut transformer la Terre en Eau, l’Eau en Air et l’Air en Feu. Le départ du Grand Œuvre alchimique consiste dans la reconnaissance et mise en action des quatre Eléments. Parmi eux les acteurs principaux sont l’Eau et le Feu. Ces quatre Eléments sont utilisés par l’alchimiste pour voyager dans l’inconnu, pénétrer dans les méandres de son être et enfin se purifier.
On dépose la Matière dans un vase (le calice). Le contenu du vase est amère et mortel au début, mais se transforme ensuite en breuvage d’immortalité. La matière est ensuite dissoute sous l’action de l’Eau et du Feu. C’est la Putréfaction. Philosophiquement cela correspond à l’esprit et l’âme qui se dégagent de la matière lors de la Mort initiatique (mort du Maitre), c’est à dire la Volatilisation du Fixe.

Deuxième Œuvre ou Œuvre au Blanc ou Eau

La Matière dissoute et putréfiée semble morte. Mais ce n’est qu’apparence. Elle va renaître sous la forme d’un sublimé blanc. C’est la matérialisation de l’esprit ou Fixation du Volatile. L’alternance de Mort et Renaissance, de Solve et Coagula est le leitmotiv de l’alchime. On meurt pour renaître à nouvelle vie. (mort du vieil homme). Ce deuxième Œuvre aboutit à la formation de notre Eau ou Mercure des Sages, philosophiquement au Corps spirituel (une rose).

Troisième Œuvre ou Œuvre au Rouge ou Feu. Cette phase est appelée aussi Régime du Feu. Le Feu est l’acteur principal du Grand Œuvre. Il est présent dans toutes les phases mais spécialement dans cette dernière où il doit être augmenté progressivement. Le Phénix, selon les alchimistes, renaît de ses cendres après s’être placé lui même sur un bûcher (bûcher du Grand Maitre). Philosophiquement il s’agit de la production d’un corps spirituel ou de Lumière, totalement superposable au corps physique. Ce dernier n’est donc plus indispensable pour la survie de l’Individu.

Le résultat des Opérations est la formation de la Pierre philosophale qui va transmuer les métaux « vulgaires » en Argent ou Lune (Petite Lumière) et ensuite en Or ou Soleil (Grande Lumière).

La Pierre philosophale est imagée par les alchimistes sous la forme d’un cube, d’une Escarboucle, d’une lettre de l’alphabet qui réunit trois Eléments eu Un : Y,T ou enfin sous la forme d’un personnage ou oiseau à deux têtes réunies par un seul corps qui stylise un Y.

Que celui qui a des oreilles pour entendre….

F∴ R∴ B∴

Merci ma S:. B. de ce partage

Source : http://logetradition.ch/author/logetradition51/

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Traduction de la Sagesse de Ptahhotep, sous la direction du Professeur Pierre Grandet 14 février, 2016

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Traduction de la Sagesse de Ptahhotep, sous la direction du Professeur Pierre Grandet

 

 (L’écriture droite : titres, sous-titres, commentaires, ajouts ; l’écriture italique : la traduction du texte égyptien ; les chiffres en gras sont des repères notant les lignes du texte original.  Les autres en italiques se réfèrent aux notes placées à la fin du texte.

L’énoncé- titre est écrit à l’encre rouge, tradition qui a perduré, d’où le nom en français, de « rubrique ». L’écriture en bleu est un « chapeau » non présent dans le texte et qui est le fait du traducteur.

ptahhotep-700x452 

(4,1)

ENSEIGNEMENT DU GOUVERNEUR DE LA VILLE ET VIZIR, PTAHHOTEP

Sous la majesté du roi de Haute et de Basse Egypte, Isési, qu’il soit vivant à jamais !

Le gouverneur de la Ville et Vizir dit : 

                                              

                                                    Préambule

 

« Souverain mon maître,

Le grand âge est advenu ! La vieillesse est arrivée ! (1) 

La faiblesse est venue, les tremblements ne cessent plus.

Celui qui dort,… à lui, l’inconfort de chaque jour !

Les yeux se sont affaiblis, les oreilles sont sourdes,

La force vient à manquer, mon cœur est fatigué,

La bouche est silencieuse, elle ne peut plus parler…

L’esprit a disparu ; il ne peut plus de souvenir d’hier…

Les os, c’est à cause de la longueur de l’usage, qu’ils ont souffert !

Le bien s’est transformé en mal.

Tout le goût s’en est allé.

Ce qu’induit la vieillesse aux hommes :

C’est mauvais en toute chose !

Le nez est obstrué ; il ne peut respirer,

(Tout) mouvement est devenu difficile !

…Que soit ordonné à cet humble serviteur de (se) faire un bâton de vieillesse (2)

Et je lui dirai les propos de ceux qui ont entendus  les dieux,

Les conseils des ancêtres

Qui ont été les premiers à entendre les dieux. (2bis)

Ainsi, agira-t-on en ta faveur pareillement

Et chassera-t-on la souffrance de la population,

Tandis que les Deux-Rives travailleront à ton profit (3) !

Et la majesté de ce dieu déclara : 

« Instruis-le donc des paroles d’autrefois !

Il sera ainsi la merveille des enfants des grands (4)

L’attention le pénètrera, ainsi que toute rectitude.

Quand il lui aura été précisé qu’il n’y a personne qui ait été mis au monde, sage (5) !

 

(5,6)                                        Corpus des maximes

 

DEBUT DU RECUEIL DES PAROLES PARFAITES

Qui ont été dites par le prince, gouverneur,

Le père divin, aimé du dieu,

Le fils aîné du roi, de son ventre,

Le gouverneur de la Ville et Vizir, Ptahhotep

En enseignant aux ignorants comment apprendre,

Afin d’être un modèle de rhétorique,

Ce qui est chose utile pour celui qui (y) prêtera attention,

Mais nuisible, pour qui passera outre.

Il dit à son fils (6) :

 

(5,8)                                             MAXIME 1

 

De l’humilité et de la découverte de la parole parfaite

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (7) !

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules

 

(5,10)                                                    MAXIME 2

 

De l’art du débat avec un supérieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR A L’ŒUVRE,

Un homme altier, et qui est plus important que toi,

Fléchis les bras ! Ploie le dos !

Et lorsque ton esprit est irrité contre lui,

Il ne peut te répliquer.

C’est en ne t’opposant pas à lui sur le vif (8),

Que tu dois réduire à l’impuissance celui qui parle mal !

C’est ainsi qu’il sera traité d’ignorant…

Ta modération aura contrebalancé ses richesses

 

(5,13)                                           MAXIME 3

 

De l’art du débat avec un égal

 

Si tu rencontres un contradicteur à l’œuvre,

Ton semblable, qui est de ton rang,

Tu ne dois manifester ta supériorité qu’en te taisant,

Alors qu’il est accaparé par une mauvaise querelle,

Nombreuses
seront les huées
(qu’il suscitera) des auditeurs

Tandis que ton renom sera parfait dans l’opinion des magistrats.

 

 (6,1)                                                   MAXIME 4

 

De l’art du débat avec un inférieur

 

SI TU RENCONTRES UN CONTRADICTEUR À L’ŒUVRE,

 Un pauvre diable, et non ton égal,

Ne te montre pas arrogant envers lui sous prétexte qu’il se fait humble !

Néglige-le, il se punira lui-même (9) !

Ne t’adresse pas à lui jusqu’à ce que ton esprit s’allège !

Ne décharge pas ta colère au détriment de celui qui est devant toi !

C’est une chose bien pénible (à voir), que celui qui blesse un pauvre d’esprit !

On exécutera ce qui est dans ton esprit

Mais, veuille ne le frapper qu’au moyen d’une punition (infligée par) les magistrats.

 

(6,3)                                             MAXIME 5

 

De l’art d’être un chef en respectant la règle

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Qui commande la conduite d’une multitude,

Recherche donc tout acte efficace !

Jusqu’à ce que ta conduite soit sans faute…

Grande est la Maât ! Et durable, l’exactitude !

Elle n’a pas été bouleversée depuis le temps d’Osiris

On punit celui qui transgresse les lois,

Mais, aux yeux de l’avide, c’est de l’histoire ancienne (10) !

Seule, la prévoyance procure des richesses,

Mais, jamais, encore, la transgression n’a mené son action à bon port !

Il prétend : « C’est à mon détriment que je dois faire du profit (11),

Il ne dit pas : C’est en exerçant ma fonction que je dois faire (honnêtement) du profit,

Mais, la limite atteinte, seule la Maât demeure !

Que personne ne dise : « C’est le territoire de mon père (12) ! »

 

(6,8)                                             MAXIME 6

 

De la vanité des manœuvres humaines

 

EVITE D’ ËTRE UN HOMME QUI INSPIRE LA CRAINTE PARMI LES GENS !

Car c’est de même que le dieu punit (13) !

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui en vit, (de la crainte),

Il se prive du pain de la parole (14) »

 (Tout) homme (se) dit : « Celui qui est puissant,

Prétend que c’est à son détriment qu’il tire du profit, chaque fois qu’on le distingue. (15)

 (Tout) homme (se) dit : Celui qui dérobe autrui, il (en) arrive à se donner à un inconnu (16)

 « Jamais projet humain ne s’est encore réalisé, car c’est ce que le dieu ordonne qui se réalise ! »

Dira celui qui vit dans la sérénité,

 « …et c’est spontanément que vient ce qu’ils donnent » ! (17)

 

(6,11)                                            MAXIME 7

 

Des manières de table

 

SI TU ES UN CONVIVE, (18)

Au banquet d’un plus grand que toi,

Accepte ce qu’il donnera, (dès lors que) cela a été placé devant ton nez,

Et c’est seulement ce qui est devant toi que tu devras regarder !

Ne lui décoche pas de nombreux regards !

C’est une chose insupportable, pour un Ka, que d’être pris pour cible (19) !

Ne lui adresse pas la parole, tant que lui ne t’a pas appelé,

Car on ne peut prévoir le déplaisir…

Dès lors qu’il t’aura sollicité, tu parleras,

Et ce que tu diras sera  (bien sûr), plaisant !

Quant au grand, chaque fois qu’il se tient derrière les pains (20),

Sa conduite est conforme aux obligations de son Ka,

Il va donner à celui qu’il favorise,

C’est la coutume (à la tombée) de la nuit…                                    

C’est le Ka qui écarte ses bras (21) !

Quand le grand donne, l’homme (du commun) ne peut l’égaler

Le fait de manger du pain est soumis au dessein divin

Ce n’est donc que l’ignorant qui s’en plaindra !

 

(7,3)                                             MAXIME 8

 

Du respect de la mission confiée

 

SI TU ES UN HOMME DE CONFIANCE,

Envoyé par un grand à un (autre) grand,

Sois vraiment scrupuleux, quand il t’envoie,

Exécute la mission pour lui, comme il (le) dit !

Garde-toi de médire dans tes propos

Dont un grand serait friand envers un autre grand !

Respecte la mesure, ne l’outrepasse pas !

Une algarade n’est pas chose à renouveler (22)

Ne dis rien contre quiconque,

Grand ou petit, car c’est intolérable pour un Ka !

 

(7,5)                                             MAXIME 9

 

Du nécessaire silence du riche et de l’heureuse destinée de qui n’a pas d’enfants

 

SI TU LABOURES CONSTAMMENT DANS LA CAMPAGNE,

C’est en abondance que le dieu t’en donnera dans la main !

Mais, n’en aies pas plein la bouche, à côté de ton voisinage !

Il est important de pratiquer le détachement de l’homme silencieux !

Quant à l’homme de caractère qui est comblé de biens,
C’est tel un crocodile qu’il l’emporte dans une assemblée !

Ne te montre pas hautain envers ceux qui n’ont pas d’enfants !

Ne fais pas le modeste ! Ne t’en vante pas ! 

On trouve (sans difficulté) un père à la nombreuse progéniture qui est dans la misère,

(Comme) on trouve aussi une mère qui a enfanté et par rapport à qui, une autre, (sans enfant) est plus comblée qu’elle !                                                                         

C’est l’individu qui fait se manifester le dieu,

Alors que le chef de tribut ne cesse d’implorer qu’on lui rende service (23) !

                                                                            

(7,7)                                             MAXIME 10

 

De la nécessité de placer sa confiance en un être de qualité

 

SI TU T’AFFAIBLIS, SERS UN HOMME RICHE !

Que toute ta conduite se montre parfaite auprès du dieu

Dès lors que tu sais reconnaître des gens pauvres, devenus prépondérants

Evite de montrer du dédain à son égard !  ( à ton patron)

A propos de ce que tu connais de lui, alors qu’il est devenu prééminent,

Respecte-le en raison de ce qui lui est advenu !

Ce n’est pas d’elles-mêmes que les choses arrivent !

C’est leurs lois, pour celui qu’ils aiment (24)

Quant au surplus, il a été rassemblé de lui-même.

Or, c’est le dieu qui a créé sa richesse,

Et c’est même endormi que le dieu le protège !

 

 (7,9)                                                   MAXIME11

 

De la nécessité de suivre sa conscience et de ne pas gaspiller son énergie dans les tâches matérielles

 

CONDUIS-TOI SELON TON CŒUR, LE TEMPS DE TON EXISTENCE !

N’en fais pas plus que ce qui a été prescrit !

Ne réduis pas le temps de ta réflexion,

Car c’est une chose insupportable pour le Ka, que de gâcher son temps !

Ne détourne pas une partie de la journée,

Qui soit un surplus servant à l’entretien de ta (propre) maison !

Une fois les biens advenus,… Suis ta pensée (25) !

Car nul profit n’est à retirer de quelque chose, quand elle rend chagrin. (26)

 

  (7,10)                                                 MAXIME 12

 

Du comportement envers son fils

 

SI TU ES UN HOMME DE VALEUR,

Essaie d’engendrer un fils propre à charmer le dieu.

S’il se montre loyal, s’il manifeste son tempérament,

Et s’il prend soin de tes biens comme il faut,

Fais pour lui tout le bien !

C’est ton fils ! Il appartient à la semence de ton Ka.

Et évite de détacher tes pensées de lui !

Cependant, la progéniture est (aussi) fauteuse de troubles.

S’il erre, s’il s’écarte de ta ligne de conduite,

Si tout ce qui est dit s’oppose à lui,

Si sa bouche s’égare en vils propos,

Aiguillonne-le donc pour la moindre de ses paroles (27) !

Prends donc pour cible quelqu’un qu’ils détestent (28) 

Car c’est le genre d’homme pour lequel le malheur a été assigné dès la gestation !

Celui qu’ils guident ne saurait errer,

Tandis que celui qu’ils privent de barque ne saurait trouver un moyen de traverser.

 

 (8,2)                                                   MAXIME 13

 

De l’attitude juste à la cour de justice

 

SI TU TE TROUVES DANS LE PORCHE, (lieu des audiences, et où l’on rend la justice.)

 LEVE-TOI ET ASSIEDS-TOI selon ta position 

Qui t’a été assignée dès le 1° jour (29)

Ne dépasse pas, ou il arrivera qu’on te refoule !

Clairvoyant est le regard de celui qui entre, ayant été annoncé !

Large est la place de celui qui est convoqué !

Le porche se conforme à un modèle de régulation.

Toute conduite est mesurée au fil à plomb !

C’est le dieu qui fait progresser la position (dans la hiérarchie).

Et l’on n’a jamais nommé à une fonction ceux qui ont joué des coudes !

 

 (8,6)                                                   MAXIME 14

 

De l’esprit franc qui rend heureux, et du ventre qui condamne au malheur

 

SI TU ES AVEC DES GENS,  (En général),

Sois donc un compagnon de confiance !

Un homme franc, qui ne tergiverse jamais,

Et se montre lui-même un chef.

Un homme capable et disponible selon sa ligne de conduite.

Une fois ta renommée devenue bonne, abstiens-toi de parler.

Une fois ton corps repu, et te montrant attentif à ton entourage,

C’est même ce que tu ignores qu’on rassemblera pour toi !

L’esprit de celui qui obéit à son ventre,

Déclenchera (immanquablement, envers lui), de la haine au lieu de l’amour.

Puisque son esprit est inculte et son corps est non oint.

Le cynique est l’ennemi des créatures du dieu (30)

Celui qui obéit à son ventre est un suppôt de la rébellion !

 

(8,11)                                                    MAXIME 15

 

De la rigueur du chargé de mission

 

RENDS COMPTE DE TA MISSION SANS NEGLIGENCE !

Fais part de ta conduite, lors de l’audience de ton maître !

Quant à se montrer prolixe à son détriment, lorsqu’il parle,

Ce n’est pas difficile pour un messager,

Mais c’est sans possibilité d’objection de la part de celui qui est informé

Qu’il doit être fait rapport, alors qu’il s’est fourvoyé par (la faute d’) un grand, à propos de son affaire.

Quant à celui qu’il imaginerait affronter à cause de cela,

Il se tait, sur un : « J’ai dit ! » (31)

                                               

 (8,14)                                                   MAXIME 16

 

De l’art de gouverner avec efficacité et rigueur

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Larges sont les procédures d’exécution dans ce qui te sera ordonné,

Implique-toi, car, est distingué…, celui dont on évoque le souvenir

Jours après jours !

Jamais, une parole litigieuse n’est venue du sein de la faveur

Ainsi, le crocodile à l’affût n’émerge que lorsque la disgrâce s’est manifestée. (32)

 

(9,3)                                                    MAXIME 17

 

De la nécessité d’entendre les requêtes

 

SI TU ES UN DIRIGEANT,

Il est convenu (de par ta fonction) que tu entendes la parole d’un plaignant !

Ne l’éconduis pas jusqu’à ce qu’il se soit épanché

De ce qu’il avait envisagé de te dire !

Le désir d’une victime de se soulager (de sa plainte),

Dépasse la réalisation de ce pourquoi elle est venue. (33)

Quant à celui qui repousse systématiquement les plaintes, (qui lui sont présentées),

On dit (de lui) : « Pourquoi, donc, va-t-il encore les repousser ? »

Car, même si aucune plainte, qu’on lui adresse, n’a vocation à se réaliser,

Prêter une oreille attentive est un moyen de pacifier les esprits.

 

  (9,7)                                                 MAXIME 18

 

Du danger de la séduction

 

SI TU DESIRES rendre durable

L’amitié dans la maison, (34)

Dans laquelle tu entres, en tant que maître, en tant que frère,

Ou en tant qu’ami, comme en tous lieux,

C’est armé (contre toi-même, vigilant) que tu entreras en tant que tel !

Ne t’approche pas des épouses !

Le lieu où cela se pratique ne peut devenir de bon aloi, (35)

Et comme le visage ne peut regarder en face parce que cela est permis, (36)

Un millier d’hommes sont détournés constamment de ce qui leur est utile,

En un instant réduit, semblable à un rêve,

Chaque fois, on atteint la mort, en en prenant conscience… (37)

C’est un vil principe que de tirer sur qui est en face (38).

On  finit de s’y adonner, car l’esprit s’y oppose…

Mais, quant à celui qui succombe constamment en le convoitant,

Aucun projet ne peut réussir de son fait.

 

  (9,13)                                                  MAXIME 19

 

De l’avidité : mal incurable, qui réduit la durée de vie et annihile l’espérance de vie éternelle

 

SI TU DESIRES que ta conduite s’améliore,

Préserve-toi de tout mal !

Garde-toi de faire preuve d’avidité !

Car c’est une maladie douloureuse comme, infligée par un serpent venimeux.

Comme la confiance ne peut en résulter,

Elle fait se séparer père et mère,

Ainsi que les frères de (même) mère.

Elle sépare femme et mari,

C’est un composé de tous les maux,

Un sac de tout ce qui est odieux (39)

L’homme ne vit longtemps qu’en se conformant à la Maât :

Celui qui va à son pas,

En fait son testament,

Nulle tombe pour l’avide !

 

 (10,5)                                                   MAXIME 20

 

De la juste attitude envers l’avoir

 

NE REVELE PAS UN ESPRIT AVIDE LORS D’UN PARTAGE !

Ne convoite rien d’autre que ce qui doit être ta part !

Abstiens-toi de te révéler avide au détriment de ton entourage !

Il est plus important, pour un homme affable, une demande polie, qu’un étalage de force !

Celui qui abandonne son entourage : C’est quelqu’un qui perd au change,

Privé des bienfaits de la parole (40)

Or, c’est seulement un peu, de ce que l’on convoite,

Qui transforme un querelleur en quelqu’un de sang froid !

 

 (10,8)                                                    MAXIME 21

 

Recette pour une bonne harmonie conjugale

 

SI TU DEVIENS IMPORTANT, QUE TU FONDES TA MAISON,

Et que tu aimes ton épouse du fond du cœur,

Emplis son ventre, revêt son dos (41) !

C’est un remède pour son corps, (aussi nécessaire) que l’huile (42) !

Mets-la en joie, le temps de ton existence !

Comme c’est une terre profitable pour son maître,

Abstiens-toi de la répudier !

Empêche-la d’exercer le pouvoir :

C’est un moyen de prévenir le désordre qu’elle provoquerait, chaque fois qu’elle exercerait son regard, (sur les affaires du monde)

Et c’est aussi le moyen de la faire durer dans ta maison.

Donc, canalise-la : C’est de l’eau !

Une femme, chaque fois qu’elle est laissée à elle-même, (43)

Ce qu’elle réclame a engendré un océan !

 

 (11,1)                                                   MAXIME 22

 

De la nécessité de satisfaire ses familiers

 

SATISFAIS TES INTIMES GRÄCE À CE QUI T’ES ECHU !

Car c’est échu à quelqu’un que le dieu favorise !

Au sujet de celui qui manque à satisfaire ses intimes,

On dit (de lui) : « C’est un avare ! »

Etant donné que l’on ne peut discerner l’avenir, ce n’est que le lendemain qu’il s’en rendra compte…

C’est un Ka intègre, le Ka du juste en qui l’on peut se fier…

Si des marques de faveur surgissent,

Ce sont les intimes qui disent : « (C’est) Bienvenue ! »

Et comme on ne peut acquérir d’apaisement au port,

On recherche les intimes en cas de perte survenue.

 

(11,5)                                                    MAXIME 23

 

Du refus de la rumeur et de l’exemplarité de son attitude en toutes circonstances

 

NE REPETE PAS DE MEDISANCES !

Alors que tu n’en connais pas le fondement

C’est la manifestation de quelqu’un d’impulsif

Que de divulguer des ragots,

-Celui dont il a été constaté qu’il ne pouvait en prendre connaissance-,

Se ridiculise complètement en parlant.

Vois, ton interlocuteur est parfaitement au courant !

De même qu’on suscite le vol, chaque fois qu’on le commet, (44)

Celui qui incite à le perpétrer

Est un objet de haine conformément à la loi.

Vois, c’est dissiper un songe,

Que de placer un voile devant lui ! (4)

 

(11,8)                                                    MAXIME 24

 

Du bon usage de la parole

 

SI TU ES UN UN HOMME important,

Qui siège au conseil de son maître,

Concentre-toi sur ce qui est important et garde le silence !

C’est plus utile que  la plante ‘teftef’ (46)

Ne parle qu’en sachant argumenter.

Seul, l’orateur parle au Conseil !

L’éloquence est le plus ardu de tous les arts !

Celui qui en fait preuve, la place à son service !

 

(11,12)                                                    MAXIME 25

 

De la vraie puissance et de la maîtrise de soi

 

SI TU DEVIENS PUISSANT, tu ne dois inspirer le respect

Que par le discernement, et le calme de l’élocution !

N’intime jamais (à quiconque) d’ordres, sauf, selon les directives. (47)

L’impulsif entre (fatalement) dans la privation :

N’exalte pas ton esprit et tu ne seras pas humilié !

Ne garde pas le silence de peur de stagner (48)

Quand tu réponds à une polémique, ne t’enflamme pas !

Une fois cela étant écarté de toi, maîtrise-toi !

En effet, l’ardeur de celui à l’esprit enflammé submerge (tout),

Tandis que l’homme agréable laisse une trace et construit son chemin,

Celui qui ne cesse de gémir à longueur de journée,

Ne peut passer d’instant heureux !

Et l’insouciant, tout au long de la journée, 

Ne peut fonder une maison.

Après avoir été rejeté, ayant été enrôlé

Comme barreur, et ayant été laissé à terre,

Un autre a été embarqué (à sa place)…

Celui qui obéit à sa perspicacité est destiné à faire preuve de maîtrise.

 

(12,6)                                                    MAXIME 26

 

De la juste utilisation de l’énergie

 

NE T’OPPOSE PAS À L’ACTION D’UN GRAND !

N’irrite pas celui qui est accablé (de responsabilités)

Car il ne fait obstacle qu’à celui qui s’oppose à lui

Ainsi, le Ka ne laisse le champ libre qu’à celui qu’il apprécie !

C’est quelqu’un qui, de concert avec un dieu, dispense des moyens d’existence.

Ce qu’il aime : C’est que l’œil soit tourné vers lui !

(Ou :) C’est qu’il aime : Ce qui doit être fait pour lui !

Recompose-toi donc un visage après une colère !

(Ou :) Fais (de ton mieux) pour que le visage (du chef) se recompose après une colère !

En effet, la prospérité découle de son Ka (49)

Les déboires dérivent de l’opposition.

(Moralité :) C’est un ‘combustible’ qui accroît l’attachement ! (50)

 

 (12,9)                                                   MAXIME 27

 

De l’instruction d’un grand

 

INSTRUIS UN PUISSANT DE CE QUI LUI EST UTILE !

Crée pour lui un climat favorable à son action dans l’opinion publique !

Et fais que sa science se répercute sur son maître !

C’est auprès de son Ka que l’approvisionnement te sera (inévitablement) attribué !

De même, le ventre de celui qu’on apprécie est promis à la satisfaction,

De même, ton dos sera vêtu grâce à cela.

Que soit accueillie favorablement son action !

Ta vigilance va être la cause de la fortune de ta maison auprès du dignitaire (51)

Auquel tu es loyal, car celui-ci en vit. (de ta vigilance) (52)

S’il fait de toi son bras droit. (53)

Garde le silence ! Et que perdure ainsi l’estime que tu inspires 

Dans la poitrine de ceux qui t’affectionnent !

Vois, celui qui entend,… c’est un Ka apprécié !

 

(13,1)                                                    MAXIME 28

 

De la nécessité de l’impartialité

SI TU AGIS TEL LE FILS DUN HOMME DU TRIBUNAL, (54)

Instrument de l’harmonie publique,

Prends la palanche (55)

Quand tu vas parler, ne te montre pas partial,

Car c’est le garde qui exprimera son avis (56)

Mais c’est le propre du magistrat qui jugera objectivement (57)

Que l’affaire dont tu es chargée se résolve par un jugement !

 

  (13,4)                                                 MAXIME 29

 

De l’indulgence

 

SI TU INSTRUIS AVEC BIENVEILLANCE UNE AFFAIRE À L’ORDRE DU JOUR, (58)

La tolérance dont tu feras preuve, doit dépendre de son attitude,

Néglige-le, ne lui accorde plus la moindre pensée,

Dès lors qu’il garde le silence envers toi (dès) le premier jour ! (59)

 

 

(13,6)                                                    MAXIME 30

 

De la discrétion

 

SI TU DEVIENS GRAND APRES UNE POSITION MODESTE

Et que tu amasses du bien après une pauvreté antérieure,

Dans une ville que tu connais,

N’expose pas publiquement ce qu’il t’est arrivé auparavant !

Ne fais pas étalage de ta fortune ! (60)

Car si cela t’est advenu comme un don du dieu,

(Il arrive aussi) que quelqu’un qui n’a pas de protection, et qui est un autre de tes semblables,

Il lui est arrivé la même chose ! (61)

 

 (13,9)                                                   MAXIME 31

 

De la bonne attitude envers un supérieur et le voisinage

SI TON DOS EST COURBE, DEVANT TON SUPERIEUR,

Ton directeur de l’administration royale,

Ta maison sera établie sur ses biens

Et tes émoluments seront à leur juste place.

C’est une chose pénible qu’un adversaire quand il est un supérieur !

On ne vit que le temps d’entretenir sa bienveillance

Le geste par lequel il dépouille de ses bienfaits est inflexible. (62)

Ne pille pas une maison voisine !

N’usurpe pas les biens de celui qui est proche de toi ! (63)

Qu’il ne se plaigne pas de toi jusqu’à ce qu’on t’entende ! (64)

Comme l’insubordination, c’est pure folie !

S’il s’en avise, il sera quelqu’un qui (la) réprimera.

 

  (14,4)                                                  MAXIME 32

 

De la nécessité d’éviter de violer l’épouse d’un subalterne

EVITE DE VIOLER L’EPOUSE D’UN SUBALTERNE que tu connais !

C’est chose propre qui s’oppose aux humeurs qui irriguent son cœur.

Ce qui est dans son ventre ne pourrait s’apaiser. (65)

Puisse-t-il ne pas s’obscurcir (l’esprit), jusqu’à commettre une action répréhensible ! (66)

Car, c’est au préjudice de son esprit qu’il se réconforterait (67)

 

 (14,6)                                                   MAXIME 33

 

Comment éprouver un collaborateur et connaître sa véritable nature

 

SI TU SONDES  la nature de quelqu’un de l’entourage (des affaires, professionnel),

Ne questionne surtout pas l’un de ses proches !
Fais-le avec lui seul ! (68)

Jusqu’à ce que tu aies fini d’éprouver sa fiabilité

Dialogue avec lui, et après un certain temps, (69)

Réforme son esprit par l’éloquence

Quant à celui, à qui ont échappé les fruits de son expérience,

Au point de commettre  une action pour laquelle tu te mets en colère,

Ou envers laquelle il se montre bienveillant,

Ne prends pas un visage renfrogné ! Ne lui cherche pas querelle !

Ne réagis pas contre lui par une rebuffade !

Ne t’écarte pas de lui ! Ne l’humilie pas !

Son occasion (de servir) n’a jamais encore manqué de venir.

On ne peut faillir étant celui qui la prédétermine. (70)

 

 (14,12)                                                MAXIME 34

 

De la nécessité d’une conduite sans faille  et de la pratique de la bienveillance

 

PUISSES-TU TE MONTRER IRREPROCHABLE (TOUT) LE TEMPS DE TON EXISTENCE

Car « celui qui est sorti du grenier ne peut (y) rentrer » (71)

Aussi vrai que le pain du partage est la seule chose qui vaille la peine d’être recherché avec appétit, (72)

N’est un homme exemplaire que celui qui s’est purgé de ses passions.

Comme un séditieux se révèle toujours un instrument de malheur,

N’en fais pas un de tes proches !

En effet, la bienveillance fait tout le souvenir d’un l’homme

Pour les années qui suivent l’exercice de (ses) fonctions.

 

 (15,2)                                                  MAXIME 35

 

De la nécessité d’un caractère clairvoyant, attaché à l’harmonie sociale

 

APPRENDS À RECONNAÎTRE TES COLLABORATEURS ! Et, dans la mesure où tes biens existent

Ne te montre pas mesquin au détriment de ton entourage, car c’est une terre riveraine. (73)

Celui qui en est comblé, il est plus grand que ses propres richesses (74)

En effet, les biens de l’un sont à l’autre.

Ainsi le caractère du fils d’un homme lui est profitable (75)

Les bonnes manières sont destinées à marquer les mémoires.

 

 (15,5)                                                   MAXIME 36

 

De la nécessité de punir à bon escient, sans état d’âme

 

PUNIS AU NOM D’UNE VERITABLE INSTRUCTION !

On déchire le voile de l’ignorance jusqu’à ce que, seul, le bon exemple perdure.

Un tel cas (de faiblesse, complaisance), sauf provoqué par la fatalité,

Cela revient à ce qu’un plaignant a été laissé se transformer en contestataire.

 

 (15,6)                                                   MAXIME 37

 

Du choix de son épouse et de la manière adéquate de la traiter

 

SI TU PRENDS POUR EPOUSE UNE FEMME BIEN EN CHAIR, à l’esprit joyeux,

Connue de ses concitoyens et en règle avec la loi, (76)

Montre-toi aimable à son égard au bon moment !

Ne la tiens pas à l’écart ! Laisse-la donc manger (comme il lui plait) !

Son esprit joyeux contrôle ses sautes d’humeur (77)

 

 (15,8)                                              EPILOGUE-Première section

 

De la transmission de la Sagesse

 

SI TU PRÊTES ATTENTION A CE QUE JE T’AI DIT, (78)

Ta carrière aura de l’avenir…

Quant au grain de vérité qui s’y attache, c’est sa richesse qui s’y trouve (79)

Et c’est, grâce à la beauté de leurs formulations

Que, dans la bouche des hommes, s’envolera leur souvenir…

Quand on a recourt à un texte, quel qu’il soit,

Il ne peut périr dans ce pays,

Et si on le cite, c’est au mieux que l’on a fait mouche !

Les magistrats ne parleront qu’en conformité avec lui !

En effet, c’est un (précieux) modèle pour apprendre à parler à un homme pour la postérité.

Il ne peut l’assimiler qu’après être devenu un expert en audition (80)

Il est bon de prononcer des paroles pour la postérité, car c’est elle qui l’entendra ! (81)

Si une bonne occurrence advient du fait de quelqu’un qui est un chef,

Et que cet évènement demeure mémorable pour toujours,

Toute sa sagesse (du chef), est promise à l’immortalité.

En effet, seul le savant nourrit son Bâ ! (82)

En établissant sa compétence lui-même, sur terre (83)

Le sage n’est nourri de ce qu’il sait (84)

Que par le magistrat à l’œuvre (85)

C’est sous la seule influence de son esprit,

Que parfaite est sa langue !

Et que ses yeux, quand ils voient juste,

Et ses oreilles réunies, quand il entend ce qui est utile à son fils,

Rendent exactes ses lèvres, quand il parle :

A savoir : « Celui qui accomplit la Maât est exempt du mensonge » (86)

 

 (16,3)                                              EPILOGUE- Deuxième section

 

De l’art d’être tout ouïe, clé de voûte de l’acquisition de la sagesse

 

Il EST UTILE D’ÊTRE TOUTE OUÏE, AU FILS QUI PRÊTE ATTENTION !

Car le don d’entendre n’est accessible qu’à celui qui est toute ouïe.

C’est en celui qui sera entendu que se transforme quelqu’un d’attentif. (87)

Ainsi, celui dont la qualité d’écoute est exemplaire, est quelqu’un dont l’éloquence est sublime. (88)

Et celui qui se montre attentif est détenteur de quelque chose d’utile. (89)

Il est utile de se montrer attentif pour l’auditeur ! (90)
Et c’est lorsqu’une véritable inclination s’est manifestée que le fait de se montrer attentif s’avère meilleur que tout ! (91)

Il est bon qu’un fils se montre attentif au(x) dire(s) de son père,

Car, grâce à cela, la vieillesse devra lui échoir !

Celui qui dresse l’oreille, est quelqu’un que le dieu aime.

Qui n’est pas attentif est (forcément) abhorré du dieu ;

Seul, l’esprit fait se métamorphoser son détenteur 

En quelqu’un d’attentif ou en quelqu’un d’inattentif !

Car c’est pour l’homme, la vie, l’intégrité et la santé que son esprit ! (92)

Seul, celui qui se montre attentif entend celui qui parle,

C’est quelqu’un qui est enclin à se montrer attentif et qui fait ce qui est dit.

Il est bon qu’un fils tende l’oreille à son père !

Heureux, celui à qui a été dit cela !

Quant au fils, sa maîtrise de l’ouïe, suffit à le rendre agréable !

Et celui qui se montre attentif, et à qui a été dit cela, devient inébranlable dans ses passions.

Quant au vénérable, auprès de son père, (93)

Son souvenir est dans la bouche des vivants

Qui sont sur terre et de ceux qui viendront à l’existence.

 

(16,13)                                   EPILOGUE- Troisième section

 

Du fils, disciple de son père et de l’ignorant voué aux gémonies

 

SI LE FILS D’UN HOMME EST RECEPTIF AU(X) DIRE(S) DE SON PERE,

Aucun de ses projets ne saurait aller à la dérive. (94)

Celui que tu guides comme un fils attentif,

C’est quelqu’un qui deviendra influent chez les magistrats (95)

Celui dont la bouche est guidée par ce qui lui a été dit

Est considéré (une fois pour toutes), comme un homme qui a le don d’entendre

Un fils n’acquiert de l’importance que si ses errements ont été relevés

Tandis que l’égarement est échu à celui qui est inattentif,

L’intelligent ne se lève à l’aube que pour se former,

Alors que l’ignorant n’adhère qu’à lui-même. (96)

 

(17,4)                                               EPILOGUE- Quatrième section

 

De l’ignorant

 

QUANT À L’IGNORANT, DONT L’ATTENTION N’EXISTE PAS,

Il ne peut rien faire,

Car il ne perçoit le savant que comme un ignorant,

Et ce qui est utile, qu’en élément nuisible

Chaque jour il transforme ce qui est odieux en source de répugnance à son encontre.

Il ne se nourrit que de ce dont on meurt.

Dénaturer le sens des mots, c’est sa nature.

Son caractère est en cela dans la perception des magistrats, (97)

Dans le fait de dire : « Vivre (ainsi), c’est mourir chaque jour. » (97bis)

On ne passe sur ses actes (98)

Qu’à cause du nombre de malheurs qui fondent sur lui, chaque jour.

 

(17,10)                                               EPILOGUE- Cinquième section

 

Des devoirs et du destin du fils spirituel

 

LE FILS ATTENTIF SERAIT DIGNE D’ÊTRE UN SUIVANT D’HORUS,

Il n’acquiert cette perfection que dès lors qu’il se montre attentif.

 (Quand) il devient vieux, il n’atteint l’état de vénérable

Qu’en s’obligeant à parler de la même manière à ses enfants,

C’est-à-dire en reproduisant la manière d’instruire de son père.

Tout homme est instruit comme il (son père), avait vocation à le faire.

Qu’il s’oblige donc à parler auprès de (ses) enfants,

De sorte que leurs enfants, (les petits enfants) leur diront : « Sois un exemple ! »

Ne permets pas qu’on te chahute ! Maintiens l’ordre !

Tes enfants ne doivent vivre que selon un tel principe …

Alors qu’ils sont venus (nés), porteurs de désordre

De sorte que les gens diront que ce qu’ils voient

Est une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep)(99)

Qui ne parlait à l’auditoire qu’une fois qu’il s’était installé.

C’est aussi une réplique de cet homme célèbre, (Ptahhotep) (99)

Celui qui ne prêtait considération à leur groupe, qu’une fois la foule rendue silencieuse (100)

Les bienfaits (du savoir) ne sauraient se parachever sans eux. (Les auditeurs)

Ne t’empare pas d’un mot ! Ne va pas le chercher !  (Pour en détourner le sens ou l’usage)

Ne place pas l’un à la place de l’autre ! (101)

Prends garde ! N’ouvre pas, car il y a des clôtures en toi ! (102)

De peur de dire : « Savant,

Fais donc attention !… »  (Si) tu désires faire de toi un exemple,

Dans la bouche des auditeurs,

N’envisage de parler que, si après avoir assimilé les règles de l’art,

C’est à la perfection que tu parles,

Et que chacune de tes idées soit à sa place !

 

(18,12)                                               EPILOGUE- Sixième section

 

De la parole juste

 

DANS LA MESURE OÙ TON ESPRIT EST IMMERGE, QUE TA BOUCHE EST CONTRÔLEE  (103)

De sorte que tes projets soient prépondérants parmi les magistrats, (104)

Montre-toi vraiment scrupuleux auprès de ton maître !

Agis jusqu’à ce qu’il ait dit : « C’est un fils (disciple) d’homme célèbre » (105)

Jusqu’à ce que ceux qui l’entendront aient dit cela :

« Loué, soit celui pour qui il a été mis au monde ! »

Que son esprit soit posé le temps que tu parles

Tu n’évoqueras les choses que de manière remarquable,

De sorte que les magistrats qui entendront diront :

« Parfaites sont ses sentences ! » (106)

 

 (19,3)                                              EPILOGUE- Septième section

 

Conclusion

 

AGI JUSQU’À CE QUE TON MAÎTRE AIT DIT DE TOI:

« Parfait est celui que son père a instruit !

C’est, comme issu de son corps qu’il est sorti ! (107)

Car ce qu’il lui a dit est entièrement intériorisé

Plus grand ce qu’il a fait que ce qui lui a été dit !

Vois, c’est un fils parfait qu’un dieu donne !

Celui qui a donné plus que ce qui lui avait été dit par son maître,

Il ne pratiquera Maât que dans la mesure où sa conscience aura été guidée par sa conduite..

Dans la mesure où tu m’égales, ton corps sera intact

Et le roi sera satisfait de tout ce qui est advenu.

C’est, sans que diminuent celles que j’ai passées sur terre,

Que tu ne gagneras pas moins d’années à vivre !

Je n’ai gagné 110 années à vivre (108)

Que par don du roi de Haute Egypte, (109)

Ainsi qu’une faveur dépassant celles de ceux qui ont vécu auparavant,

Que par la pratique de Maât, à l’avantage du roi, jusqu’à l’état de vénérable (110)

 

C’est ainsi que le document doit aller de son début à sa fin (111)

COMME CELA À ETE TROUVE ECRIT

XXXXXXX

 

Version du papyrus Prisse, Bibliothèque Nationale de France. La version du papyrus Prisse est la version majeure de cette œuvre.

Datation : La scène se passe à l’Ancien Empire, sous le règne du roi Djedkarê Isési, huitème et avant-dernier roi de la V° dynastie, vers 2400 av JC. Sa rédaction devrait se situer dans la période : Fin de l’Ancien Empire, début de la XII° dynastie, au Moyen Empire. Cette « Sagesse », peut être considérée comme l’œuvre fondatrice de la culture classique de l’Egypte Pharaonique.

Notes :

(1) : litt : « la vieillesse est descendue »

(2) :« cet humble serviteur » : manière de parler déférente envers un supérieur- « se faire un bâton de vieillesse », >un successeur dans ses fonctions, que le fils succède à son père.

(2bis) : « dieu », il faut entendre par cette traduction de -nTr-, traditionnelle, et source de compréhension erronée, « lois, principes fonctionnels de la nature », qui, pour être appréhendé par l’esprit humain est anthropomorphisé.

(3) : Les Deux-Rives : L’Egypte

(4) : « Les grands » : Les hauts fonctionnaires, les notables, les magistrats.

(5) : C’est-à-dire totalement instruis

(6) : Il faut entendre dans « fils », la dimension de « disciple »

(7) : « La pierre verte », la malachite, et par extension les pierres de couleur verte ; voir l’important symbolisme qui y est attaché

(8) : litt : « lorsqu’il est à l’œuvre »

(9) : « Néglige-le » : litt : « Laisse-le à terre »

(10) : « de l’histoire ancienne » : Oubli des conséquences, du châtiment à venir.

(11) : L’avide se dit qu’il ne peut faire autrement que de faire du profit, même s’il sait que, transgressant les lois de Maât, il ruine ses chances dans l’Au-delà.

(12) : « Que personne ne dise » : litt : « Qu’un homme ne dise pas »

          « C’est le territoire de mon père » : C’est du passé, cela ne me concerne pas !

(13) : le dieu punit de même : en inspirant la crainte.

(14) : Il s’isole, devient asocial.

(15) : L’homme puissant pense qu’il n’est remarqué, adulé, courtisé qu’en fonction de ses richesses, même mal acquises, dérogeant alors aux lois de Maât et à ses conséquences.

(16) : Se jeter dans les bras du premier venu.

(17) : « Ils » : les dieux

(18) : litt : « Si tu fais partie des gens qui sont assis » (à table)

(19) : « le Ka » : Le personnage, la personne publique, la personnalité

(20) : « se tenir derrière les pains » : être assis à table

(21) : « un Ka qui ouvre ses bras » : qui donne

(22) : Une algarade : « Un lavage », « une purgation de l’esprit »

(23) : Rendre service : litt : « être escorté »

(24) : « leurs lois » : Il s’agit des lois des dieux

(25) : Une fois que tu auras rassemblé tes biens

(26) : Inutile de continuer par avidité à amasser (déséquilibre, perte de repère, conscience dévoyée.

(27) : « la moindre de ses paroles », litt : « sa bouche toute entière »

(28) : « Ils » : jusqu’à la fin de la maxime, = « les dieux »

 (29) : « Dès le 1° jour » de ta naissance, ou « dès le 1° jour » de ta prise de fonction

(30) : « Les créatures du dieu » : Les gens de bien

(31) : Il faut comprendre qu’il s’agit, pour un grand, envoyé en mission , d’être capable d’établir un rapport rigoureux et sans faille, même à partir d’informations erronées,

tronquées, même venant de la bouche d’un grand ; autrement dit : Savoir, avec clairvoyance, démêler le vrai du faux. Et s’il devait affronter qui que ce soit, lui portant contradiction, il devrait se taire sur un : « J’ai dit ! », donc, ne pas déroger !

(32) : Agir efficacement selon les principes de Maât, ne pas chercher querelle : On évite ainsi les ennuis et la disgrâce… et son souvenir restera gravé dans les mémoires pour toujours.

(33) : Dans les Instructions au Vizir, chez Rekhmirê, ligne 16, on a : « Un plaignant tiendra plus à ce qu’on prête attention à ses paroles, plutôt que d’entendre ce pourquoi il est venu. »

(34) : « Dans la maison » : litt : « à l’intérieur »

(35) : Une « maison de passe », où l’on peut côtoyer des femmes à visage découvert, voir la suite

(36) : « cela est permis » : litt : « découvert »

(37) : D’avoir gâché sa vie ! Ah ! Les femmes !!!

(38) : « Tirer sur qui est en face » : Que d’avoir des rapports sexuels sur quiconque de rencontre.

(39) : L’équivalent de la boite de Pandore.

(40) : « Les bienfaits de la parole » : Être privé de contacts sociaux, et de ce qu’il aurait pu obtenir.

(41) : Souvent, on peut lire « à plusieurs niveaux, comme ici, il s’agit de la rassasier, et/ou de la féconder.

(42) : L’huile est indispensable pour protéger sa peau des ardeurs du soleil.

(43) : Pour désigner « une femme », l’auteur n’hésite pas, il la désigne ainsi ! Litt, « un vagin »

Et pour la ligne suivante : litt : « un bassin » > « un océan » ses exigences sont démesurées.

(44) : C’est-à-dire : Prêcher l’exemple.

(45) : Que de se voiler la face

(46) : Plante teftef, une plante dont la racine évoquent des gouttes qui tombent ( ?) postillonner ? Bonimenter ?

(47) : Les directives appliquant la Maât.

(48) : Il s’agit, à la fois de ne pas parler par impulsivité, mais aussi de n’être pas muet et trop en retrait.

(49) : « la prospérité découle de son Ka » : découle de la personnalité dont on dépend.

(50) : « le combustible », « l’alimentaire » « les aliments »  ….Toujours d’actualité !

Le texte est plus fort en égyptien car c’est la même étymologie, « k3w » et « k3 ».

(51) : « ton visage »> « ta vue »> « ta vigilance » : « la vie »> « la fortune »

(52) : litt : « Celui que tu aimes » > « Auquel tu es loyal »

(53) : litt : «une bonne épaule »  >« son bras droit »

(54) : Ce fils est un apprenti/un substitut, d’un magistrat.

(55) : = Prends la place du juge…- le bâton d’épaule= le bâton de portefaix, la palanche, image du fléau de la balance, très souvent évoqué ; il doit être rigoureusement équilibré pour un jugement juste.

(56) : Le garde : agent de la force publique.

(57) : litt : « qui placera l’affaire sur le côté approprié »

(58) : litt : « une affaire alors qu’elle s’est produite ».

(59) : Absence de collaboration.

(60) : litt : « Ne te dévoile pas à cause de ta fortune ! »

(61) : La fortune peut être due à la protection du dieu, mais aussi, …au hasard !

(62) : litt : «le coude de son dépouillement ne peut se courber ».

(63) : Ne pas piller, ni les voisins, ni les proches.

(64) : Il s’agit d’être entendu devant un tribunal.

(65) : litt : « se rafraîchir » > « s’apaiser »

(66) : Il s’agit que son esprit ne s’obscurcisse pas d’une telle attaque. (Plusieurs exemples dans papyrus Ebers)

(67) : Son ventre ne se calmerait qu’au détriment de son esprit.

(68) : Quand il est seul, pour se forger sa propre opinion.

(69) : Pour le tester.

(70) : Celui qui prévoit l’utilité future d’un collaborateur, même modeste, réussit.

(71) : Proverbe : « Quand le grain est sorti du grenier, il ne peut y rentrer ». Equivalent en français : « Quand le vin est tiré, il faut le boire ! » 

(72) : L’ardente nécessité de l’harmonie sociale.

(73) : Une terre riveraine (du Nil), est évidemment très fertile.

(74) : Car il reçoit, il est comblé par l’entourage.

(75) : Quelqu’un qui a un état civil, qui n’est pas un esclave sans patrimoine.

(76) : Elle est honorablement connue, elle appartient à la société locale et n’est pas étrangère.

(77) : litt : «…contrôle le juste écoulement des humeurs ».

(78) : litt : «…à ce que je viens de te dire ».

(79) : Chacun apporte à la société son « grain de sel », son étincelle de vérité qui fait la richesse d’une carrière.

(80) : « il ne peut l’entendre », > le comprendre, l’assimiler…

(81) : Car c’est la postérité qui l’entendra et le gardera en mémoire pour la suite des générations qui s’en inspireront.

(82) : Son Bâ : sa réputation qui vole de bouche en bouche et continue à nourrir les générations suivantes.

(83) : litt : « sa perfection » > sa compétence.

(84) : litt : « gavé » > nourri

(85) : Qu’en observant le magistrat et en s’en inspirant.

(86) : Aphorisme- litt : « purgé » > exempt

(87) : Un homme attentif est forcément quelqu’un à qui on prête attention.

(88) : nfr> parfaite> exemplaire, sublime

(89) : Euphémisme : par quelque chose d’utile, il faut entendre « un trésor ».

(90) : L’auditeur auquel il fait allusion est d’un niveau d’étude supérieur. L’enseignement débutait par l’apprentissage de l’écriture.

(91) : Importance de l’adhésion de l’élève, voir : transfert Freudien

(92) : Le « jb » : >l’esprit, l’intelligence, la capacité intellectuelle, mentale, la sensibilité, la spiritualité, etc.

(93) : Prise en charge du disciple par le maître.

(94) : « aller à la dérive » verbe fondé sur la racine nmj, vagabonder, se fourvoyer

(95) : jqr=excellent> influent

(96) : Pas de projet construit, vagabonde sans méthode.

(97) : Voila le trait dominant de son caractère qui sera retenu par les magistrats.

(97bis) : Ptahhotep, s’exprime souvent par des formules lapidaires, dont l’interprétation suppose une connaissance qui nous échappe, avec une liberté laissée au lecteur qui doit se débrouiller…Il parle du destin fâcheux de l’ignorant.

Commentaire de Mr Grandet : « Le type en question est le modèle de la confusion il rejette ce qui lui permettrait de vivre. »

Donc, concernant l’ignorant, dont on a démontré au préalable qu’il gâche sa vie, on pourrait dire en français : «vivre ainsi, c’est mourir à petit feu »…

 (98) : On l’excuse.

(99) :Celui-là > à valeur méliorative, ex: « ce fameux », « cet homme célèbre » ici, Ptahhotep.

(100) : …que l’auditoire s’était assis et calmé.

(101) : Stricte intégrité du texte et de sa transmission. Pas de manipulation.

(102) : Ouvrir des clôtures internes : se libérer (à mauvais escient) de ses inhibitions.

(103) : Esprit immergé, plongé, > maîtrisé et donc dissimulé… Bien voir : le couple intellect qui conçoit/bouche qui exprime.

(104) : litt : « pour que tes projets se réalisent »

(105) : Ptahhotep.

(106) : litt : « Ce qui est sorti de sa bouche est parfait ».

(107) : litt : « C’est hors de son corps à lui, (le disciple), qu’il est sorti »

(108) : L’âge idéal pour les anciens égyptiens.

(109) : Que le roi est en mesure de dispenser.

(110) : JmAx >vénérable> ici, retraite.

(111) : Formule de clôture

Danielle Oizan-Chapon

Cours Institut Khéops, Années 2010/2011

Professeur : Monsieur Pierre Grandet

(Les erreurs possibles n’étant que de mon fait.)

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Origine du Rite de Memphis – Misraïm 27 novembre, 2015

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Origine du Rite de Memphis – Misraïm

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EzoOccult > Sociétés Secrètes > Franc-Maçonnerie > Origine du Rite de Memphis – Misraïm

Article publié le 15 nov 2004

Par Jean Bricaud

L’Ordre Maçonnique est partagé en différents Rites, lesquels, bien que divers, sont cependant tous basés sur les trois degrés de la Maçonnerie Symbolique.

En France, les Rites actuellement pratiqués sont : le Rite Français (Grand Orient), le Rite Ecossais (Grande Loge et Suprême Conseil), le Rite Anglais (Grande Loge Nationale), le Rite Ecossais rectifié (Loges de Maîtres Ecossais de Saint-André, dans la Grande Loge Nationale) et enfin le Rite de Memphis-Misraïm (Souverain Sanctuaire).

Mentionnons encore, bien qu’étant en dehors de la Maçonnerie de tradition parce qu’il initie les femmes au même titre que les hommes, le Rite mixte, pratiqué par le Droit Humain et par la Grande Loge Mixte, scission du Droit Humain.

Notre but n’étant pas d’examiner l’organisation de ces Rites, mais de réunir en quelques pages des notes et dates historiques concernant le Rite de Memphis-Misraïm, nous dirons simplement que chacun de ces Rites a son autorité régulatrice et sa hiérarchie. L’autorité reconnue par chaque Rite, a seule le droit de constituer des Maçons, de promulguer des décrets dans ce Rite, et de conférer les degrés de sa hiérarchie.

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, respectant par-dessus tout les principes traditionnels de la Franc-Maçonnerie qu’il a maintenus et veut maintenir intacts, tient à déclarer qu’il respecte l’indépendance des autres Rites, et comme il ne s’immisce en rien dans les [4] actes émanant de leur autorité, il entend que les autres Rites agissent à son égard de la même manière.

Le Rite de Memphis-Misraïm est l’héritier des traditions maçonniques du XVIIIe siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline. Il tire son origine de la Maçonnerie Occulte des Philalètes de Paris, des Frères Architectes Africains de Bordeaux, de l’Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety d’Avignon, et surtout du Rite Primitif des Philadelphes de Narbonne.

C’est à ce Rite primitif des Philadelphes, établi vers 1779 à Narbonne par le Marquis de Chefdebien, que le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fait remonter l’origine de ses principes et la forme de son organisation. Le régime était divisé en trois classes de maçons qui recevaient dix degrés d’instruction. Ces classes ou degrés n’étaient pas la désignation de tels ou tels grades, mais des dénominations de collections pouvant être étendues en un nombre infini de grades. La troisième classe formée de quatre chapitres de Rose-Croix s’occupait de la maçonnerie au point de vue ésotérique et étudiait particulièrement les sciences occultes.

Le Rite primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient en 1806. Mais, en avril 1815, il y eut, à Montauban, une sorte de renaissance du Rite.

Le Rite primitif de Narbonne avait, en 1798, été importé en Égypte par des officiers de l’armée de Bonaparte, qui avaient installé une Loge au Caire. C’est dans cette Loge que fut initié Samuel Honis, lequel, venu en France en 1814, rétablit à Montauban, en 1815, une grande Loge sous le nom Les Disciples de Memphis, avec l’assistance de Gabriel Marconis de Nègre, du baron Dumas, du marquis de la Roque, de J. Petit et Hippolyte Labrunie, anciens frères du Rite. Le Grand Maître était le F. Marconis de Nègre.

À la suite d’intrigues, cette grande Loge fut mise en sommeil le 7 mars 1816. Les travaux furent repris en 1826 par une partie de ses membres, mais sous l’obédience du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, plusieurs frères, parmi lesquels Étienne Marconis de Nègre, fils du Grand Maître des Disciples de Memphis et haut gradé du Rite de Misraïm, eurent l’idée de réunir les degrés des divers Rites pratiqués [5] jusqu’alors et de les consolider sur les principes adoptés à Montauban.

Ils examinèrent les degrés des divers Rites, les révisèrent et les encadrèrent d’un certain nombre de degrés rassemblant et expliquant les dogmes religieux des anciens Hiérophantes et des Initiations anciennes, puis ils donnèrent à cette organisation le titre de Rite ancien et primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries et sept classes, qui sont bien moins des rangées de degrés que des Écoles, où, comme dans le Rite primitif de Narbonne, sont enseignées les sciences maçonniques.

La première série enseigne la partie morale, reposant sur la connaissance de soi-même. Elle offre l’explication des symboles, des emblèmes et des allégories ; elle dispose les initiés à l’étude de la philosophie maçonnique.

La deuxième série comprend l’étude de l’histoire et des Rites maçonniques les plus universellement répandus, ainsi que des mythes poétiques de l’antiquité et des initiations anciennes.

La troisième série renferme le complément de la partie historique de la philosophie, elle étudie le mythe religieux dans les différents âges, de même que toutes les branches de la science appelée occulte ou secrète ; enfin, relativement à la Maçonnerie, elle en fait connaître la partie mystique et transcendante, composée d’ésotérisme et de grands mystères, et admet les études occultes les plus avancées.

Non seulement chacune de ces trois séries est formée de plusieurs divisions dans lesquelles sont conférés tous les degrés maçonniques modernes, mais encore, tout en conduisant progressivement à travers les anciens mystères où se révèle la raison d’existence de ces degrés, la dernière série révèle l’ésotérisme de la Maçonnerie, la Gnose, cette science qui s’est perpétuée de siècle en siècle jusqu’à nous et illumine aujourd’hui notre institution.

Telle est l’origine et la constitution du Rite ancien et primitif de Memphis, auquel est venu s’adjoindre, par la suite, le Rite de Misraïm.

Le Rite de Memphis-Misraïm est l’héritier des traditions maçonniques du XVIIIe siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline. Il tire son origine de la Maçonnerie Occulte des Philalètes de Paris, des Frères Architectes Africains de Bordeaux, de l’Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety d’Avignon, et surtout du Rite Primitif des Philadelphes de Narbonne.

C’est à ce Rite primitif des Philadelphes, établi vers 1779 à Narbonne par le Marquis de Chefdebien, que le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fait remonter l’origine de ses principes et la forme de son organisation. Le régime était divisé en trois classes de maçons qui recevaient dix degrés d’instruction. Ces classes ou degrés n’étaient pas la désignation de tels ou tels grades, mais des dénominations de collections pouvant être étendues en un nombre infini de grades. La troisième classe formée de quatre chapitres de Rose-Croix s’occupait de la maçonnerie au point de vue ésotérique et étudiait particulièrement les sciences occultes.

Le Rite primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient en 1806. Mais, en avril 1815, il y eut, à Montauban, une sorte de renaissance du Rite.

Le Rite primitif de Narbonne avait, en 1798, été importé en Égypte par des officiers de l’armée de Bonaparte, qui avaient installé une Loge au Caire. C’est dans cette Loge que fut initié Samuel Honis, lequel, venu en France en 1814, rétablit à Montauban, en 1815, une grande Loge sous le nom Les Disciples de Memphis, avec l’assistance de Gabriel Marconis de Nègre, du baron Dumas, du marquis de la Roque, de J. Petit et Hippolyte Labrunie, anciens frères du Rite. Le Grand Maître était le F. Marconis de Nègre.

À la suite d’intrigues, cette grande Loge fut mise en sommeil le 7 mars 1816. Les travaux furent repris en 1826 par une partie de ses membres, mais sous l’obédience du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, plusieurs frères, parmi lesquels Étienne Marconis de Nègre, fils du Grand Maître des Disciples de Memphis et haut gradé du Rite de Misraïm, eurent l’idée de réunir les degrés des divers Rites pratiqués [5] jusqu’alors et de les consolider sur les principes adoptés à Montauban.

Ils examinèrent les degrés des divers Rites, les révisèrent et les encadrèrent d’un certain nombre de degrés rassemblant et expliquant les dogmes religieux des anciens Hiérophantes et des Initiations anciennes, puis ils donnèrent à cette organisation le titre de Rite ancien et primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries et sept classes, qui sont bien moins des rangées de degrés que des Écoles, où, comme dans le Rite primitif de Narbonne, sont enseignées les sciences maçonniques.

La première série enseigne la partie morale, reposant sur la connaissance de soi-même. Elle offre l’explication des symboles, des emblèmes et des allégories ; elle dispose les initiés à l’étude de la philosophie maçonnique.

La deuxième série comprend l’étude de l’histoire et des Rites maçonniques les plus universellement répandus, ainsi que des mythes poétiques de l’antiquité et des initiations anciennes.

La troisième série renferme le complément de la partie historique de la philosophie, elle étudie le mythe religieux dans les différents âges, de même que toutes les branches de la science appelée occulte ou secrète ; enfin, relativement à la Maçonnerie, elle en fait connaître la partie mystique et transcendante, composée d’ésotérisme et de grands mystères, et admet les études occultes les plus avancées.

Non seulement chacune de ces trois séries est formée de plusieurs divisions dans lesquelles sont conférés tous les degrés maçonniques modernes, mais encore, tout en conduisant progressivement à travers les anciens mystères où se révèle la raison d’existence de ces degrés, la dernière série révèle l’ésotérisme de la Maçonnerie, la Gnose, cette science qui s’est perpétuée de siècle en siècle jusqu’à nous et illumine aujourd’hui notre institution.

Telle est l’origine et la constitution du Rite ancien et primitif de Memphis, auquel est venu s’adjoindre, par la suite, le Rite de Misraïm.

Origine du Rite de Memphis – Misraïm dans Recherches & Reflexions David_Roberts_Aboo_Simbel

Temple d’Abou Simbel, David Roberts, 1838.

Chronologie du Rite

1838. – Le Fr. Jean-Etienne Marconis de Nègre, écrivain, né à Montauban le 3 janvier 1795, fils de Gabriel Marconis de Nègre, réveille le Rite de Memphis par l’installation à Paris, au Prado, le 23 mars 1838, de la grande Loge Osiris, et à Bruxelles, le 21 mai, de la Loge La Bienfaisance.

Elu Grand-Maître, Grand Hiérophante du Rite, le 7 juillet, le Fr. J.-E. Marconis procède, le 5 octobre, à l’installation du Sanctuaire de Memphis, chargé du Gouvernement de l’Ordre. Le Sanctuaire est composé du Grand Hiérophante et de Six Patriarches Conservateurs de l’Ordre, dont voici les noms : le Fr. Marconis, homme de lettres, le Fr. Delapline, ex-chirurgien de la Marine, le Fr. Dr Audibert, membre de l’Institut, le Fr. Moutet, homme de lettres, le Fr. baron de Pœderlé, rentier, le Fr. Laroussie, rentier, le Fr. Dr Morison de Greenfleld, médecin de S.A.R., le duc de Sussex.

1839. – Le mouvement s’étend par le réveil, à Paris, le 21 mars, de la Loge Les Disciples de Memphis, de Montauban, la création, le 21 mai, de la Loge chapitrale Les Philadelphes, et, le 6 décembre, à Bruxelles, l’installation du chapitre Héliopolis.

1840. – Publication du Hiérophante, exposé complet des mystères maçonniques par J.-E. Marcenis et E. Moutet.

Installation, à Marseille, le 21 novembre, de la Loge chapitrale Les Chevaliers de Palestine, et à Paris, le [7] 25 décembre, de la Loge chapitrale Les Sectateurs de Ménès.

1841. – Le 15 juin, à la suite de diverses intrigues d’adversaires du Rite, interdiction est faite par le Préfet de police de Paris, sans autre motif sérieux que celui du bon plaisir, de réunir les membres du Rite de Memphis ; toutes les loges existant en France entrent en sommeil.

1842. – Après avoir constitué un Temple mystique pour la garde des Archives et la propagation du Rite à l’étranger, le Gouvernement de l’Ordre se met également en sommeil.

1848. – Le 5 mars, après sept années de sommeil, le Rite reprend ses travaux en France, et trois Loges, un Chapitre et un Conseil sont remis en activité.

1849. – Publication des Statuts Généraux de l’Ordre. Introduction du Rite en Roumanie.

1851. – Le Fr. Marconis établit, à Londres, le 16 juillet, la grande Loge Les Sectateurs de Ménès, et institue le Fr. Berjean Grand-Maître pour l’Angleterre. À la suite des accusations dirigées au cours de l’année 1850 contre la Maçonnerie en général, l’autorisation de se réunir est retirée aux Loges du Rite de Memphis et à celles de la grande Loge Nationale. Les Loges de Memphis se mettent à nouveau en sommeil le 23 décembre.

1853. – Réveil du Rite en France, après l’échec d’une tentative d’union avec le Grand Orient.

1856. – Le grand Hiérophante Marconis se rend aux États-Unis, où il établit, le 9 novembre, à New-York, un Souverain Grand Conseil du 94e degré, avec le Fr. David Mac Leilan pour Grand Maître.

Le Rite est constitué en Égypte par la fondation, à Alexandrie, d’un Sublime Conseil de l’Ordre, sous le titre distinctif de Grand Orient d’Égypte, avec pouvoirs pour établir un Souverain Sanctuaire. Le Fr. marquis Joseph de Beauregard en est le Grand Maître.

En Australie, à Ballarat, est constituée la Mère Loge The Golden Bough of Eleusis.

1861. – Le Fr. Harry Seymour succède au Fr.Mac Leilan comme Grand Maître du Souverain Conseil Général des États unis.

[8] 1862. – Le 30 avril, le Maréchal Maignan, nouvellement promu à la Grande Maîtrise du Grand Orient de France, adresse à toutes les autres Obédiences une circulaire en vue de l’unité maçonnique en France. Le Rite de Memphis s’unit au Grand Orient qui l’admet dans son Grand Collège des Rites à la suite d’un rapport très favorable du Fr. Razy, membre de la Commission d’examen. Des Loges du Rite de Memphis sont constituées sous le contrôle du Grand Orient.

En juillet, le Grand Hiérophante établit une Charte pour la constitution aux États-Unis d’un Souverain Sanctuaire sous la grande maîtrise du Fr. Seymour. Cette Charte est ratifiée par le Grand Orient de France, le 3 septembre, et enregistrée dans son Grand Livre des Sceaux, sous le numéro 28.911.

Afin de faciliter la correspondance des degrés avec ceux du Grand Orient, les degrés du Rite de Memphis sont nominalement et provisoirement réduits de 95 à 33.

1863. – En juin, le Souverain Sanctuaire des États-Unis est définitivement établi. De nombreux Chapitres et Sénats sont constitués.

1865. – Des garants d’amitié sont échangés entre le Grand Orient de France et le Souverain Sanctuaire des États-Unis. Le garant d’amitié du Souverain Sanctuaire auprès du Grand Orient est le Fr. Heullant, Grand Officier, Chancelier de la Légion d’honneur.

Le 26 août, les FF. Joseph Garibaldi, 33e, ancien Grand- Maître du Grand Orient d’Italie, et Francesco di Lucca, 33e, Grand-Maître, sont élus membres honoraires du Souverain Sanctuaire des États-Unis. Des garants d’amitié sont échangés entre le Souverain Sanctuaire et le Grand Orient d’Italie.

Le 20 décembre, le Souverain Sanctuaire des États-Unis adopte la réduction en 33 degrés du Rite de Memphis, conformément à l’accord survenu entre le Grand Orient et le Grand Hiérophante Marconis.

1866. – Le Rite s’établit en Égypte sur des bases solides. Toutefois, le Grand-Maître pour l’Égypte déclare que l’acte par lequel le Grand Hiérophante Marconis a abdiqué ses droits en faveur du Grand Orient de France n’ayant pas été contresigné par le Grand Chancelier du Rite, il refuse d’en reconnaître la légitimité, il maintient l’organisation du Rite en 95 degrés.

[9] 1868. – Mort du Grand Hiérophante Marconis.

1869. – Le Souverain Sanctuaire des États-Unis rompt les relations avec le Grand Orient de France parce que celui-ci a reconnu, sous le nom de Suprême Conseil, un corps de Maçons de la Louisiane, qui délivrait clandestinement des Chartes pour l’établissement de loges dans cette juridiction, violant ainsi les droits et autorité de la Grande Loge légitime de Louisiane.

Notification est faite au Grand Orient de France par le Grand Maître Seymour, le 20 mars 1869.

Après la mort du Grand Hiérophante, le Gouvernement Suprême du Rite passe en Égypte, avec le marquis de Beauregard, comme chef du Rite.

1872. – Le Souverain Sanctuaire des États-Unis délivre, le 4 juin, une Patente au Fr. John Yarker, pour l’établissement d’un Souverain Sanctuaire en Angleterre et en Irlande. Le 8 octobre, le Fr. Seymour, en une Assemblée générale des Membres du Rite, au Freemason’s Hall, à Londres (Siège de la Grande Loge d’Angleterre) constitue définitivement le Souverain Sanctuaire de Grande-Bretagne et d’Irlande, avec le Fr. John Yarker, comme Grand-Maître général. Le nouveau Sanctuaire nomme le général Garibaldi, membre honoraire, et des relations sont aussitôt établies avec le Suprême Conseil Ecossais de Sicile et le Grand Orient d’Égypte.

1873. – Le 21 mars, le Fr. Salvatore A. Zola est élu et proclamé Grand-Maître du Souverain Sanctuaire de Memphis (Grand Orient National d’Égypte).

1874. – Le 11 janvier, le Grand Maître Zola est autorisé à assumer le titre de Grand Hiérophante du Rite.

Le 23 juin, le Fr. Seymour, ayant résigné ses fonctions, le Fr. Alexandre B. Mott lui succède comme Grand-Maître Général du Rite aux États-Unis. Peu après, une scission se produit dans le Rite. Un certain nombre de FF. Américains, peu satisfaits de la réduction des degrés du Rite à 33, organisent le Rite Égyptien de Memphis, présidé par Calvin C. Burt.

1876. – Le Grand Orient National d’Égypte (Rite de Memphis) confère, le 25 octobre, à l’Ill. Fr. Garibaldi, les grades, de 95 et 96e, avec le titre de Grand-Maître honoraire ad vitam.

[10] 1877. – Le Souverain Sanctuaire d’Angleterre confère, le 24 novembre, les grades de la Maçonnerie d’Adoption à Mme Blavatsky.

1880. – Le 13 septembre, le Souverain Sanctuaire d’Angleterre nomme à Naples, pour le représenter, le Fr. J.-B. Pessina, Grand-Maître du Rite réformé de Misraïm.

1881. – Les Souverains Sanctuaires des États-Unis, d’Angleterre et d’Italie nomment, en septembre, le général Garibaldi, au grade de Grand Hiérophante, 97e. Mais l’Égypte, s’autorisant de la succession directe au Gouvernement Suprême de l’Ordre, après la mort du Grand Hiérophante Marconis, refuse de reconnaître la légitimité de cette nomination. (Toutefois, la question fut résolue d’une façon conciliante en 1900.) l

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, qu’après bien des discussions, les Rites de Memphis et de Misraïm, qui ont, dans la plupart des pays étrangers, les mêmes hauts dignitaires, fusionnent en un unique Ordre maçonnique, à Naples. (Seul le Souverain Grand Conseil Général du Rite de Misraïm pour la France refuse d’entrer dans la Confédération des Rites-Unis de Memphis-Misraïm, et conserve sa hiérarchie de 90e , comme Rite Oriental de Misraïm, avec le P. Fr. Osselin comme Grand Maître.)

Un Souverain Sanctuaire des Rites de Memphis et Misraïm est constitué en Roumanie, en vertu d’une Charte délivrée le 24 juin par le Fr. Pessina au Fr. Constantin Moriou, Grand-Maître de la Grande Loge Roumaine.

1882. – Mort du Général Garibaldi, le 2 juin. Pessina se proclame son successeur comme Grand Hiérophante, mais il n’est pas reconnu par les Souverains Sanctuaires étrangers.

1883. – Le 6 avril, le Grand Hiérophante d’Égypte, S. A. Zola se démet de toutes ses fonctions maçonniques, et nomme pour le remplacer, comme Grand Hiérophante, le Professeur Ferdinand-Francis Oddi, mais sa reconnaissance comme tel, par les autres Souverains Sanctuaires, n’a pas lieu avant 1900.

1887. – Fondation, le 15 février, du Souverain Grand Conseil Ibérique, Rite National Espagnol de Memphis-Misraïm. Grand-Maître : Pr. Gimeno y Catalan.

[11] 1890. – Installation à Palerme, en vertu d’une Charte délivrée par l’Égypte, d’un Souverain Sanctuaire de Memphis pour l’Italie, avec le Fr. Salvatore Sottile pour Grand-Maître.

1894. – Le Fr. Villarino del Villar est élu le 30 mars, Grand-Maître du Souverain Grand Conseil Ibérique.

1900. – Le 30 mars, les Souverains Sanctuaires des États unis, d’Angleterre, de Roumanie, d’Espagne et d’Italie, signent un accord proclamant « Grand Hiérophante Universel, le Fr. Ferdinand François delli Oddi, Grand-Maître du Grand Orient National d’Egypte, Chef Suprême du Rite Oriental, charge qu’avait assumé durant sa vie le Puissant Fr. et Premier Maçon du Monde, Général Joseph Garibaldi, qui fut Grand-Maître honoraire du Grand Orient National d’Égypte (Egitto Massonico, N° du 31 mai 1900).

1902. – Disparition en France du Rite de Misraïm autonome.

Le Fr. J. Yarker succède au Fr. delli Oddi comme Grand Hiérophante.

Constitution par le Souverain Sanctuaire d’Angleterre du Souverain Sanctuaire pour l’Allemagne. – Grand-Maître : Théodor Reuss.

1905. – Démission du Grand-Maître d’Italie et mise en sommeil du Rite en Italie.

1908. – Constitution à Paris, à la suite du Congrès Maçonnique Spiritualiste tenu en juin dans le Temple du Rite du Droit Humain, d’un Souverain Grand Conseil Général du Rite de Memphis-Misraïm pour la France et ses dépendances. La Patente Constitutive est délivrée par le Souverain Sanctuaire d’Allemagne, signée et scellée le 24 juin, à Berlin, par le Grand-Maître Théodor Reuss (Peregrinos) qui assistait au Congrès de Paris. Le Grand-Maître et le Grand-Maître adjoint sont le Docteur Gérard Encausse (Papus) et Charles Détré (Teder). La Loge Humanidad, précédemment rattachée au Rite National Espagnol, devient Loge-Mère pour le Rite de Memphis-Misraïm en France.

1910.- Le Fr. Frosini, de Florence, Délégué Général pour l’Italie du Rite National Espagnol, fonde à Florence le Rite Philosophique Italien en 7 degrés, résumant les degrés Écossais, de Misraïm et de Memphis.

[12] 1911. – Le Fr. Constantin Moriou abandonne, en raison de son âge (77 ans), la Grande Maîtrise du Rite en Roumanie. Le Fr. Colonel I.-T. Ulic lui succède comme Grand-Maître.

1913. – Le Grand Hiérophante John Yarker meurt le 20 mars. Le titre de Grand Hiérophante est reconnu légitimement au Fr. Théodor Reuss, Grand-Maître pour l’Allemagne.

Le Rite National Espagnol, après la mort de son Grand-Maître Villarino del Villar, fusionne avec la Grande Loge Catalane Baléare.

1914. – Mise en sommeil du Rite Philosophique Italien de Frosini.

1916. – Mort du Grand-Maître pour la France, Dr Gérard Encausse, le 25 octobre 1916, à la suite d’une maladie contractée aux Armées.

Le Grand-Maître adjoint Charles Détré lui succède.

1918. – Mort du Grand-Maître adjoint Charles Détré, le 25 septembre. Pendant la guerre, le Rite est en sommeil en Angleterre, en France, en Allemagne, en Roumanie et en Égypte.

1919. – Un groupe de Maçons appartenant soit au Rite Français (G. O.), soit au Rite Ecossais (G. L. et S. C.) et possédant également les hauts grades du Rite de Memphis-Misraïm, désireux, tout en restant fidèles à leur Obédience (Grand Orient, Grande Loge ou Suprême Conseil), de travailler la Maçonnerie au point de vue purement initiatique, prend la résolution de rétablir le Rite de Memphis-Misraim en France. Ils réveillent, à l’Orient de Lyon, la Mère-Loge Humanidad, d’accord avec la Puissance Maçonnique qui délivra la Charte de Constitution en 1908, du Rite de Memphis-Misraïm pour la France. Cette même Puissance délivre au Fr. Bricaud, le 10 septembre 1919, une Charte pour la constitution en France d’un Souverain Sanctuaire de Memphis-Misraïm, et le 30 septembre, le Suprême Grand Conseil des Rites Confédérés des Etats-Unis lui délivre également une Charte pour l’établissement en France d’un Suprême Grand Conseil des Rites Confédérés (Early Grand Scottish Rite, Memphis and Misraïm, Royal Order of Scotland, etc…).

1921. – Réveil du Rite de Memphis en Italie, en vertu [13] de la Charte délivrée jadis par l’Égypte. Grand-Maître, G. Macbean, Souverain Sanctuaire à Palerme.

1924. – Mort du Grand Hiérophante du Rite, le Fr. Théodore Reuss (Peregrinos).

1925. – Mise en sommeil du Rite en Italie par le Grand-Maître G, Macbean, en raison de la situation politique et de l’attitude du Gouvernement fasciste envers la Franc-Maçonnerie.

1930. – Publication par le Souverain Sanctuaire de France, de la Constitution et des Règlements généraux de l’Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

1933. – Création du Bulletin Officiel du Rite de MM par le Grand-Maître Jean Bricaud.

1934. – Le Grand-Maître Jean Bricaud, du S S pour la France, meurt à Lyon, le 21 février. Le Fr M. C. Chevillon, député Grand-Maître et Membre du Comité Permanent du S Sest reconnu comme Grand-Maître Général, 96e, en mars, par les Sub Pat Grands Cons du Rite 33, 95e. La proclamation consécutive à son élection est publiée dans le Bulletin Officiel de la Saint-Jean d’Eté de la même année.

Le nouveau Grand-Maître Général constitue deux provinces administratives à Madagascar et dans l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie) et nomme deux Grands Maîtres Adjoints pour les diriger.

1935.- Réveil du S S Helvétique sous la Grande Maîtrise du FrHilfiker-Dunn.

1936. – Création des Grands Temples Mystiques de Belgique et de Pologne qui relèvent de l’obédience du S S pour la France.

Deux grands Représentants, Membres du SSde France, sont établis, l’un à Alep pour la Syrie-Palestine, l’autre à Concepcion (Chili) pour l’ensemble de l’Amérique du Sud.

1937. – Le Couvent annuel du S S de France se déroule à Lyon, dans le Temple de la Mère-Loge Humanidad. Une importante délégation du S S Helvétique, sous la conduite du Grand-Maître Hilfiker et du Général Chancelier A. Reichel, assiste aux diverses tenues. Les deux S S s’engagent a travailler en parfait accord, ils échangent des garants d’amitié pour sceller leur union.

[14] Organisation du S S de Memphis Misraïm

Pour la France et ses dépendances :

De 1908 à 1919 : SouvGrand Conseil Général (94e) des Rites Unis de la Maçonnerie Ancienne et Primitive (MM) :

Grands Maîtres :

1908 à 1916. – Fr Dr Gérard Encausse (Papus), décédé en octobre 1916.

1916 à 1918. – Fr Charles Détré (Teder), décédé en septembre 1918.

Souv Sanctuaire (95e).

1918 à 1934. – Fr Jean Bricaud, décédé à Lyon, le 21 février 1934.

1934. – F M. C. Chevillon.

Ateliers Symboliques

1919. – Réveil de la Mère-Loge Humanidad, N° 1, à l’Orde Lyon.

1920. – L Jérusalem des Vallées Egyptiennes, N° 2, à l’Or de Paris.

Hermès, N° 3, à l’Ord’Alger (en sommeil).

1921. – L Salvador Corréa, N° 4, à l’Or de Loanda.

1922. – L Concordia, N° 5, à l’Ord’Angoulème (en sommeil).

1924. – L Paz e Trabalho, N° 6, à l’Orde Malanga.

1925. – L Sphinx, N° 7, à l’Orde Bordeaux.

1931. – La L N° 8 a été démolie.

L La Sincérité, N° 9, à l’Ord’Alep.

Lde Managua, N° 10.

1932. – L Hermès, N° 11, à l’Orde Rabat.

1936. – LVardar, N° 12, à l’Or de Skopje.

LLa Rose, N° 14, à l’Orde Bruxelles.

1937.- LLos Hermanos de Luxor, N° 15, à l’Or[15] de Concordia.

L La Pyramide du Nord en la Vallée de la Vistule, N » 16, à l’Or de Varsovie.

L Lumen, N° 17, à l’Orde Santiago.

LL’Age Nouveau, N° 18, à l’Or de Paris.

– L Apollonius de Tyane, N° 19, à l’Orde Marseille.

1938. – L Les Inconnus, N° 20, à l’Or d’Alexandrie.

**********

Des Triangles existent aux Orde : Le Havre, Romans, Caen, Alger, Tananarive et Athènes.

ATELIERS SUPERIEURS

1919. – Le Grand ChapHumanidad, N° 1, en la Val de Lyon.

1936. – ChapClarté, N° 2, en la Vallée de Marseille.

1937. – ChapLe Pélican à l’Aube Naissante, N° 3, en la Vallée de Varsovie.

1938. – Chap I.N.R.I., N° 4, en la Vallée de Paris.

**********

1919. – Le Grand Aréopage Humanidad, N° 1, en la Vallée de Lyon.

1938. – Ar Jacques de Molay, N° 2, en la Vallée de Paris.

**********

Le Grand Consistoire du 34 au 71e degré siège en la Vallée de Lyon.

Le Grand Conseil du 90e degré des SubMdu Grand Russe, Les Disciples de Memphis, siège en la Vallée de Lyon.

**********

Le Grand Tribunal du Rite 91e degré est divisé en trois sections avec siège à Lyon, Paris et Marseille.

**********

1936. – Création du Grand Temple Mystique de Belgique, séant au Zde – Bruxelles. – – Création du Grand

Temple Mystique de Pologne, séant au Z de Varsovie.

**********

1934.- Création de deux provinces administratives :

[16] – Province de Madagascar avec juridiction spéciale sur la Grande Ile et ses dépendances géographiques, avec siège au Zd’Ambositra.

Province de l’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie et Maroc) avec siège au Z d’El-Biar (Dép. d’Alger).

**********

Grands Représentants

Amérique du Sud : Siège du Grand Représentant au Zde Concepcion (Chili).

Syrie-Palestine : Siège du Grand Représentant au Zd’Alep.

Un Représentant Général est accrédité auprès du SSde France, pour la Val d’Alexandrie d’Égypte et siège en cette ville.

**********

La Grande Chancellerie du Rite est fixée au Z de Coutances (Manche).

Le Grand Orateur réside au Z de Marseille.

Notes de transcription

Le texte de cette notice a été rédigé par Jean Bricaud et publié en 1933. Cette première édition de 15 pages, couverture orange, étant épuisée Constant Chevillon en fit une nouvelle, en 1938, en y ajoutant un « avertissement » (p. 2), il conserva l’histoire du Rite de Memphis-Misraïm écrite par Bricaud ainsi que la « Chronologie » à laquelle il ajouta les années 1933 à 1937, il compléta aussi les dernières pages.

L’édition de 1938 est une plaquette, format 135 x 205 m/m, de 16 pages, couverture bleue. Les numéros de pages sont indiquées : […].

Ces « Notes historiques » sont à lire avec grande prudence,(particulièrement la partie ancienne) en tenant compte de l’époque de leurs publications et de l’environnement maçonnique d’avant guerre.

Complément

Il est possible de mettre des noms aux deux dernières lignes de la page 16 :

Le Grand Chancelier était Henry-Charles Dupont, résidant à Coutances (Manche)

Le Grand Orateur : Raoul Fructus de Marseille, mort en déportation, au camp de Bergen-Belsen, le 26 février 1945.

Constant Chevillon fut Grand Maître du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm introduit en France par Papus, de 1934 à son assassinat dans la nuit du 25-26 mars 1944 à Lyon. Malgré l’interdiction de toutes les activités maçonniques et para-maçonniques pendant l’occupation, il garda, dans la mesure de ses possibilités, contact avec ses frères et sœurs jusqu’à sa mort. Il est le véritable dernier Grand-Maître du Rite.

Après la mort de C. Chevillon la Grande Maîtrise revint à Henry-Charles Dupont, il fit tout son possible pour faire survivre le Rite, sans toutefois y parvenir pleinement, il tint la barre jusqu’à deux mois avant sa mort, le 1er octobre 1960.

Le Rite passa entre les mains de Robert Ambelain qui…

À ceux de memphis de compléter…

Source : http://www.esoblogs.net/

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Les Secrets du Grade de Maître 16 novembre, 2015

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Les Secrets du Grade de Maître

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Article publié le 15 avr 2007

Les Secrets du Grade de Maître dans Recherches & Reflexions Maconnerie004-235x300

Par Jean Mallinger

Si le grade de Maître est le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques, il est, malheureusement, souvent mal compris, mal donné et ne réserve pas à ses néophytes les lumières qu’ils sont en droit d’en attendre.

Historiquement, il y a lieu d’observer : que dans la Maçonnerie « opérative », il n’existait traditionnellement que deux degrés – celui d’apprenti, où le débutant apprenait à tailler la pierre brute, avait le droit d’être admis dès l’âge de 14 ans et se formait pendant sept années – et ensuite celui de Compagnon, où les secrets du métier étaient approfondis, spécialement en matière d’arpentage, de géométrie, de sculpture et d’architecture, un seul mot de passe, un seul signe de reconnaissance y étaient enseignés et le mythe d’Hiram y était inconnu. Quant au « Maître », c’était à ce moment soit le seul chef de chantier, soit le patron lui-même, établi pour son compte. Puis, la crise économique appauvrit les communes libres de l’époque ; le métier décline ; on ne bâtit plus de cathédrales ni d’hôtels de ville ; pour sauver la profession, les tailleurs de pierre élisent des « membres d’honneur » ; ce seront leurs protecteurs, ils leur confieront l’édification de châteaux et de maisons de maître, puis, peu à peu, les « spéculatifs » remplaceront les « opératifs » ; déjà en 1663, une loge pouvait comporter un seul homme de métier et quatre « maçons libres et acceptés » ; à Aberdeen, en 1670, une loge de 40 maçons ne comportait déjà plus que 8 maçons de métier.

Initialement : c’est bien autre chose que le grade de Maître nous apporte ! Il est d’une incroyable richesse ; encore est-il nécessaire de le rappeler !

a) Le cadre rituel d’abord : le passage du 2° au 3° degré est une grande « opération » et non un simple jeu de théâtre.

C’est le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel ; une évolution importante ; une nouvelle étape de compréhension.

Pour comprendre ce mûrissement, il faut se rappeler encore la nature de l’être humain, que toutes les traditions initiatiques nous ont confirmée, de l’Égypte antique à la Grèce, de celle-ci à Rome et au judéo-christianisme.

L’homme est une matière unie à l’esprit par un médiateur psychique ; il est à la fois force, sagesse et beauté émotive ; un rituel psychomoteur doit donc frapper à la fois ces trois états de l’être.

— Comment le cadre rituel du grade résoud-t-il [sic] ce programme ? II le fait en trois stades :

Premier stade : Préparation du psycho-drame ; deuil et tristesse. C’est l’épreuve du seuil. On interroge le néophyte, on le suspecte, on le vérifie. L’enquête se termine par la reconnaissance de son innocence dans le meurtre du Maître.

Deuxième stade : Épreuve de l’abandon, de l’errance, de la recherche. Nous sommes tous orphelins ; le Maître est mort et on ignore même où se cachent ses pauvres restes.

Troisième stade : Épreuve suprême : voyage par l’élément TERRE et jaillissement du germe de VIE. La mort sera vaincue ! HIRAM sort des ténèbres de la mort, des profondeurs de la terre ; il re-naît dans le néophyte ; la Vie a triomphé à jamais de la mort.

Le RITUEL le montre, l’enseigne :

LA MARCHE DU MAÎTRE triomphe trois fois de la mort car on enjambe trois fois le douloureux emblème qu’est le Cénotaphe.

L’homme étant un être TRIPLE, doit donc triompher trois fois de la mort (sinon un seul enjambement suffirait !)

La lumière rouge est symbole de chaleur vivifiante ; 1’infrarouge annonce la lumière intégrale et mûrit le germe de vie par sa bienfaisante radiation.

Les 5 POINTS DE PERFECTION complètent cette renaissance de la vie : si à l’origine on fixait sur le sol un piquet à chacun des quatre angles de la construction future, puis un cinquième au centre, point de rencontre des diagonales du Temple à construire, on retrouve ces « cinq landmarks » essentiels dans l’initiation au grade de Maître, où le néophyte doit, lui aussi, devenir un TEMPLE VIVANT à construire par sa revivification.

La jonction des pieds, l’inflexion des genoux, la jonction des mains, le serrement de la main gauche sur l’épaule droite et finalement le Baiser de Paix infusent dans le récipiendaire toutes les vertus de son nouvel état de conscience : l’amour fraternel, le dévouement affectueux, la confiance totale, la collaboration éclairée, la douce union initiatique – points sacrés unissant à la fois les cœurs, les pensées, les volontés dans un idéal partagé. Oui, désormais nous ne faisons plus qu’un, car nous nous comprenons, nous nous entendons ; être Maître, c’est atteindre un palier nouveau.

Mais attention cependant : il ne suffit pas de re-lever le candidat par les cinq points de la Maçonnerie pour que d’office il soit devenu HIRAM lui-même !

On ne devient pas Maître en un seul instant. Un enfant, mis au jour, doit encore grandir. Un nouveau Maître doit se rendre compte :

1) Qu’il a sans doute « 7 ans et plus », c’est surtout « et plus » qui comptent ici, c’est-à-dire le temps de la maturation.

2) De ce que la Parole est « perdue » et doit être retrouvée un jour, c’est toute une évolution, tout un programme ; tout un travail intérieur !

Le Maître devra mûrir pour donner un jour tout son fruit.

L’ACACIA symbolise cette bataille pour la Vérité ; son bois est dur et solide car un Maître doit être stable et robuste ; mais il est hérissé d’épines, car il est apotropaïque : le pouvoir des pointes qu’il recèle ainsi rejette au loin les forces des ténèbres.

« L’acacia m’est connu » : je suis en mesure de me défendre et de rejeter au loin tout préjugé, toute erreur, toute sujétion à des images préfabriquées par une société imparfaite.

QUANT AUX SIGNES DU MAÎTRE et des deux premiers degrés, combien ils ont été mal compris ! Ils sont tous les précurseurs de « l’acacia m’est connu », car l’initiation est une bataille continuelle et progressive contre les puissances des ténèbres.

L’Apprenti se coupe la gorge ; celle-ci est à la fois le véhicule de la nourriture et l’organe de la parole. L’Apprenti enlève ainsi en lui l’esclavage des appétits physiques et l’imprudence des vaines paroles ; il apprend les vertus du silence, de la retenue, de la prudence verbale.

Le Compagnon s’arrache le cœur, en ce sens qu’il se défait des excès du sentiment et des liaisons sentimentales qui peuvent annihiler sa volonté ; il se libère de l’esclavage charnel et sentimental, si entaché d’égoïsme effréné ; il bride ainsi ses passions et atteint un équilibre rationnel.

Le Maître enfin se coupe le ventre. PLATON enseignait que tout est hiérarchie dans l’être humain ; la tête doit dominer le cœur et celui-ci doit dominer le ventre, symbole de tous les appétits terrestres et de toutes les passions inférieures. Etre sans désir est le grand secret du Maître, qui peut par la puissance de sa volonté, triompher de toutes les faiblesses. Un Maître se domine entièrement et sans effort.

Il a triomphé de ses derniers sursauts d’égoïsme. Ainsi libéré de lui-même, il pourra remplir son devoir social et libérer les autres.

Le Maître agit. Se placer à l’ordre de Maître, c’est dire : « Me voici. Je suis prêt à agir ». Le Maître est toujours en alerte, prêt à l’action

Quelle action ? Celle qui est sa raison d’être, la raison d’être de notre Ordre. La libération de l’humanité de son état d’indignité et de méchanceté, Le signe d’horreur le révèle. Le monde est rempli de haine, d’iniquités ; le meurtre d’HIRAM en est l’affreuse image ; il révolte notre conscience ; il provoque notre juste courroux. On se réfugie alors dans le Temple des mystères, on s’écrie : « Ah ! Seigneur, mon Dieu ! » pour signifier qu’on appelle à soi toutes les puissances bénéfiques de la Nature, toutes les vertus de bonté humaine, tous les ressorts de la générosité, pour mettre fin au règne des ténèbres, qui égare et asservit les hommes.

b) Après ce « Cadre rituel », sachons trouver le symbole vivant de la Maîtrise, dont tout l’enseignement, tout le suc initiatique est condensé en un seul geste : la précieuse « GRIFFE DE MAÎTRE » qui est généralement si mal enseignée, si mal pratiquée et si mal comprise, au point qu’elle est en fait dépourvue de ce qui fait l’essence même de sa révélation.

Sans doute, la Griffe de Maître nous rappelle que chaque Maître est pour les autres un MAILLON de la Chaîne des Maîtres.

Elle est un signe d’ALLIANCE éternelle, dans un but élevé commun. « Nous nous comprenons, nous nous aimons ». Mais, bien, pratiquée, elle est bien plus que cela ; elle est te secret de lu. Maîtrise elle-même !

Car, quel est le secret essentiel du Grade ? La renaissance du Maître HIRAM en chacun des Maîtres.

Pour venir au jour, pour naître, il faut inévitablement et préalablement être conçu !

Pour être conçu, il faut qu’un générateur dépose la semence de vie dans un milieu favorable et réceptif ; la Mère a en elle une « Chambre du Milieu » où cette précieuse opération de création de la Vie pourra se faire.

Il faut donc que le néophyte ferme sa main en griffe pour symboliser la cavité réceptive du germe de vie et que l’Initiateur pousse son doigt médius au sein de cette cavité au moment où il ferme sa main en griffe sur la main du néophyte Cela signifie : « Je te crée Maître ».

Et ceci perçu, le néophyte à son tour pousse son médius dans le creux de la main de son Initiateur en disant mentalement : « Oui, je viens de naître. Me voici ! »

Il y a donc deux temps dans cette action :

1) Création, fécondation.

2) Naissance et manifestation.

Le Maître Initiateur doit donc émettre une flamme spirituelle, qui favorisera la naissance du néophyte à un nouvel état supérieur de conscience et de spiritualité.

La paternité est un échange de vitalité.

Initier, c’est éveiller en autrui une sorte de « courant induit » volontairement bénéfique et qui le rend meilleur pour l’avenir, de façon indélébile.

On conçoit dès lors combien est émouvante la GRIFFE DE MAÎTRE que l’on échange de façon soignée : elle rappelle ces deux grands moments de l’initiation de l’HIRAM nouveau :

« Je t’ai créé Je suis ton fils ? »

Notons au passage que la Griffe était connue des Anciens et que les Orphiques et les Gnostiques, le pratiquant couramment, ont été de ce fait, l’objet des attaques perfides des Pères de l’Église, sophistes ayant toujours la bave aux lèvres, voulant attaquer la « griffe initiatique » où l’on se « chatouille le creux de la main », les polémistes chrétiens y voyaient un mariage avec les démons. Les mots « chatouiller le creux de la main » montrent bien que la Griffe n’étaient pas simplement le fait de se donner la main comme le font les profanes, niais un moyen rituel de se faire reconnaître par des actes précis que l’on échangeait à cette occasion.

Tel est le résumé suggestif et vivace de ce degré sublime.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’Univers, dans le Kosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, c’est là l’image d’une Maîtrise éternelle. Puisse chacun de nos FF s’en souvenir, le jour où son corps périssable sera livré au froid, aux ténèbres et au silence du sépulcre ; alors que comme Hiram, il verra « sa chair quitter les os » (MAC BENAC). Mais Hiram, c’est lui ; comme lui, il est impérissable et il sera toujours vivant, chargé d’une immortelle Espérance

Jean Mallinger

Source : http://www.esoblogs.net/

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique 13 mars, 2015

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique

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L’expédition d’Egypte (1798-1801) fut d’abord une aventure maritime d’une flotte disparate de 250 navires marchands protégés par douze vaisseaux, six frégates et neuf flûtes, sans compter quelques chaloupes, avisos, bombardes et autres tartanes : 22 jours pour joindre Toulon à La Valette, 14 jours encore pour arriver à Alexandrie. Dans la promiscuité des navires, entre l’ennui et la peur de l’Anglais, entre les jeux de dés, d’échecs ou de loto et les rêveries collectives, les chicaneries et les discussions, le mal de mer, les odeurs de goudron, de cordage et de bois, les taches quotidiennes et les observations, marins, soldats, civils et savants eurent le temps de se connaître, de se reconnaître. Ce fut sans doute le cas des maçons d’antan, des maçons d’avant , obscurs ou célèbres comme le vice-amiral François Paul de Brueys d’Aigalliers (1753-1798), le général mulâtre Thomas Davy de la Pailleterie dit Dumas (1762-1806), le chirurgien Dominique Larrey (1766-1842) ou le savant Gaspard Monge (1746-1818) et quelques autres .

Néanmoins, faute de sources probantes, il est difficile d’affirmer que ces ci-devant maçons manièrent la truelle et l’équerre aux pieds des pyramides.

Après les périls de la mer et des vents, l’eau et l’air, l’expédition dut affronter les épreuves de la terre avec le débarquement du 13 messidor VI, la prise d’Alexandrie, la bataille des Pyramides (3 thermidor) et l’entrée dans Le Caire, et du feu avec le désastre d’Aboukir (14 thermidor) : Le vaisseau Orient explosé à cause des flammes provoquées par les combats, le Timoléon, brûlé par les français pour éviter sa capture, tout comme la frégate L’Artémise, et sept des neuf navires pris par les marins du frère borgne Horatio Nelson (1758-1805), incendiés par les britanniques. Les bateaux consumés, le dépaysement, le mal de la patrie, l’inconnu, l’adversité, le climat, le sang et les diverses épreuves agissaient sur les relations interpersonnelles parmi lesquelles la fraternité-amitié, la philia; jouait un rôle central. Chez ces Français d’Orient cohabitèrent mesquineries, jalousies, pratiques générales d’une vie en commun obligée, camaraderies masculines  de garnison, amitiés profondes ou équivoques et/ou affections fortes réelles ou sublimées dans une fraternité exaltée. L’expédition d’Egypte sera à la fois une aventure militaire, géopolitique, savante, psychopathologique et maçonnique. Alors que la vie maçonnique peinait à retrouver force et vigueur en France, malgré la reprise des travaux du Grand Orient de France (printemps 1796) et de la Grande Loge dite de Clermont (messidor an VI/juin 1796), dans la « communauté » française d’Egypte, une loge maçonnera sur les bords du Nil. Plusieurs peut-être ? Une seule cependant est clairement identifiée : les Vrais Amis Réunis, loge que nous avions analysé, dans notre thèse d’Etat (1992) (mais à partir de sa « reconstruction » officielle à Toulon) et dont notre ami Jean-Pierre Zimmer a écrit l’histoire (2001). Selon sa demande de constitution, elle fut créée le 11 fructidor an VII (28 août 1799), le jour même où le général Bonaparte quittait discrètement l’Egypte, avec les généraux Berthier, Duroc, Lannes, Marmont et Murat et les savants Berthollet, Denon et Monge sur la petite flottille (2 frégates et 2 avisos) du contre-amiral Ganteaume. Constater que plus de la moitié de ces personnages sera sous l’Empire des notabilités maçonniques, ne peut suffire à faire de ce départ un complot hiramique. Cette fondation se situe néanmoins dans une période de calme, après la pacification du delta, la conquête de la Haute-Egypte et l’expédition de Syrie-Palestine. On regrettera qu’aucune nouvelle découverte n’ait éventuellement permis d’allonger la liste des loges. Faute de documents suffisants, l’histoire de la vie maçonnique française durant l’expédition reste à écrire. Il faut être gré à Alain Quéruel d’avoir apporter à ce chantier, des matériaux biographiques dans son livre Les francs-maçons de l’expédition d’Egypte (2012). Que dire présentement du dossier? D’abord qu’une loge (peut-être plus, mais peut-être pas ?) a maçonné. Dans le fonds Castinel 4 J 85 (Archives départementales du Var), nous avions consulté le livre d’architecture du chapitre souché sur la loge Vrais Amis Réunis qui couvre la période du 8 juillet 1800 au 7 septembre 1801. Il rapporte principalement des cérémonies d’avancement de grade et nous apprend que les Vrais Amis Réunis étaient des officiers et des cadres subalternes. Ensuite que dans le corps expéditionnaire français, on peut estimer, pour le moment et avec une très grande prudence, le nombre des maçons à une grosse cinquantaine  (chiffres sans doute à surévaluer en cas de nouvelles découvertes) sur un total d’environ 38 000 personnes (en réalité chiffre plus faible compte tenu des 8 000 hommes laissés en Corse, à Malte et à Corfou et des pertes diverses : 3 600 tués dans les combats, 1000 accidentés ou morts de diverses manières et 4 150 décès par maladies dont 2 400 décès suite principalement à des maladies vénériennes et 1 700 à la peste. Ce % provisoire (0,4%°) est pourtant faible dans un échantillon qui possédait toutes les caractéristiques socioculturelles pour un fort recrutement maçonnique : masculin, dans la force de l’âge, militaire et savant. Il est vrai qu’a cette époque du Directoire finissant, aucune loge militaire n’était officiellement signalée dans les diverses armées de la République. L’initiation d’officiers comme, en juillet 1797, les généraux Jean Charles Pichegru (1761-1804) et Amédée Willot (1757-1823), au demeurant royalistes, demeurait un fait isolé. Pourtant cette franc-maçonnerie en Egypte s’inscrivait dans le droit fil des loges militaires d’Ancien Régime analysées par Jean-Luc Quoy-Bodin et annonçait la floraison des ateliers « ambulants » du Premier Empire (4 en 1801, mais plus de 130 loges proprement militaires (y compris les loges de prisonniers de guerre) dans la décennie 1810 et 1 officier sur 3 ou 4, franc-maçon, selon les calculs de Pierre-François Pinault.

Bonaparte parti, les difficultés croissantes du corps expéditionnaire français durent être peu propices à la vie maçonnique. Le 8 messidor an IX (27 juin 1801), le futur frère (il sera fait maçon en 1802 dans la loge bruxelloise Les Amis Philanthropes) Augustin Bélliard (1769-1832), plus tard comte de l’Empire, général de division, pair de France et ambassadeur auprès du roi des Belges, parapha la capitulation du Caire. Deux semaines plus tard, 13 500 français civils et militaires et un millier de collaborateurs coptes, grecs et syriens quittaient la capitale égyptienne, avec armes et bagages, pour être rapatrier en France. Le ci-devant baron de Menou (1750-1810), fait maçon à Loches avant la Révolution, converti à l’Islam en mars 1799 sous le nom d’Abdallah, successeur du général Jean-Baptiste Kléber, assassiné le 14 juin 1800, signa le 13 fructidor an IX (31 août 1801) la capitulation d’Alexandrie. Malgré les difficultés, les Vrais Amis Réunis continuèrent à se réunir, preuve que la greffe maçonnique avait bien pris. La dernière réunion du chapitre date du 7 septembre 1801. Selon les « refondateurs » de l’atelier à Toulon, la dernière tenue se serait déroulée le 8 octobre courant (date sans doute erronée vu la situation militaire française à ce moment). En effet, à la mi-octobre, les derniers Français quittaient l’Egypte.

Le retour des « Egyptiens » en France marquera le début d’une égyptomanie qui ira croissante durant tout le siècle. Elle contribuera à transformer en succès culturel une entreprise complètement ratée militairement. La publication du Voyage dans la Basse et la Haute Egypte (1802) du frère Dominique Vivant Denon (1747-1825), alors directeur du Musée central des Arts, de la monumentale Description de l’Egypte (neuf volumes in-4° et de onze volumes de planches), de 1809 à 1830, sous le direction de la Commission d’Egypte, présidée par le sénateur Claude-Louis Berthollet (1749-1822), chimiste et ancien « Egyptien », comte de l’Empire et les travaux de Champollion en furent les premiers temps forts.

Mais l’égyptomanie ne datait pas de la campagne d’Egypte. Elle s’appuyait sur la lente découverte de la civilisation égyptienne ancienne. Egyptologie et égyptomanie vont de pair. Sans invoquer Hérodote, Strabon ou Diodore de Sicile, depuis les Croisades, l’Egypte fascinait l’Europe. La « paléo-egyptomanie » remonte aux XV- XVIe siècles. On fait parfois du jésuite allemand Athanius Kircher (1601-1680), auteur de l’Oedipus Aegyptiacus (trois volumes entre 1652 et 1655), le père de l’égyptologie. Au XVIIIesiècle, la terre des Mamelouks fut parcourue par des diplomates en mission ou non, des religieux, des négociants ou des « voyageurs par curiosité » (ancêtres des touristes-explorateurs). L’évêque anglican irlandais Richard Pocoke (1704-1765), visita le Moyen-Orient de 1737 à 1742 (Cf. A description of the East…, Londres, 1743-1745). Lord John Sandwich (1718-1792) fonda la premièreEgyptian Society in London (1741-1743). A view of the Levant, particularly of Constantinople, Syria, Egypt and Greece du britannique Charles Perry (1698-1780) fut imprimé à Londres en 1743. L’antiquaire et écrivain français Anne Claude, marquis d’Esternay,dit le comte de Caylus (1692-1752), publia un Recueil d’antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et gauloises, en sept volumes entre 1752 et 1767. L’italien Vitaliano Donati (1717-1762), membre de l’Académie royale de Suède et fellow de la Royal Society, rassembla à Turin, la première collection d’antiquités égyptiennes après son voyage en Orient (1759). Le géographe français Jean Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782) fut l’auteur deMémoires sur l’Egypte ancienne et moderne, suivi d’une description du Golfe Arabique ou de la Mer Rouge, avec sept cartes (Paris 1766). Le naturaliste français Charles Nicolas Sonnini de Manoncourt (1751-1812) parcourut l’Egypte de juin 1777 à octobre 1778 (Voyage dans la haute et basse Egypte, Paris, 1 800). Le géographe danois Carsten Niebhur (1733-1815) visita l’Egypte, le Sinaï, le Yémen, l’Inde et¨la Perse de 1761 à 1767 et en donna un compte-rendu détaillé en quatre volumes (1772, 1774, 1778 et un posthume en 1837). LeVoyage en Egypte et en Syrie pendant les années 1783, 17684 et 1785de Constantin François Chasseboeuf dit Volney (1757-1820) connurent un grand succès. Le voyageur écossais James Bruce of Kinnard (1730-1794) explora le cours supérieur du Nil et narra son voyage dans cinq volumes édités à Londres, en 1790. Le danois Jorgen Zoega (1755-1809) tenta dans son Origine et usu obeliscum(1797) une première tentative de déchiffrage des hiéroglyphes. Plusieurs dizaines d’autres européens parcoururent encore l’Egypte. Des dizaines d’autres seraient à citer.

Dans les pas de ces marcheurs, l’Egyptomanie toucha tous les domaines : architecture, décoration, ébénisterie, mobilier, mode, théâtre, littérature, poésie, musique, jeux de société ou art funéraire. Jean-Philippe Rameau composa Les Feste de l’Himen ou les Dieux de l’Egypte (1742) et La Naissance d’Osiris ou la Fête de Pamylie (1751). Le futur maçon Mozart écrivit Thamos, roi d’Egypte version (1773 et 1779) sur un livret du frère baron Tobias von Geller. A Dresde fut créé en 1781, l’Osiris du frère Johann Gottlieb Naumann (1741-1801). Puis vint Die Zauberflöte (1791) des frères Wolfgang Amadeus et Emanuel Schikaneder (1751-1812). On notera cependant que les décors de Gayl et d’Andréas Nesslather (1748-1821) étaient plutôt d’inspiration « pré-romantico-germano-romaine ». Il faudra attendre la représentation de Berlin (1815) pour que la symbolique égyptienne envahisse la scène. L’architecte vénitien Giambattista Piranesi (1720-1778) présenta la décoration à l’égyptienne dans quinze planches de son ouvrage Diverse maniere d’adornare i camini (Rome, 1769). Son collègue français néo-classique Etienne-Louis Boullée (1728-1799) s’inspira de l’art funéraire égyptien tout comme le sculpteur Michel Ange Slodtz (1705-1764). L’architecte écossais Charles Cameron (1745-1812) érigea une pyramide dans le parc de Tsarkoïe Selo pour la Grande Catherine II et une autre dans l’allée des tombeaux du parc de Wilhelmshöhe, près de Cassel (1775). Notons que le futur commandant en chef de l’expédition d’Egypte, Jean-Baptiste Kléber (1753-1800), rendu à la vie civile depuis 1783, chargé de remodeler le parc du château d’Etupes, résidence d’été de Charles II Eugène, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard, imagina d’y placer une pyramide à l’égyptienne. Hasard objectif cher à André Breton ? Le roi Charles III d’Espagne commandita, entre autres, au décorateur Jean Démosthène Dugourc (1749-1825) une salle égyptienne pour l’Escurial. L’Egypte était encore présente dans quelques tableaux du peintre Hubert Robert (1733-1808), dans les terres cuites du sculpteur Michel Clodion (1738-1814), dans les sculptures de Louis Jean Desprez (1743-1804), dans la production du céramiste britannique Josiah Wedgwood (1728-1799), dans le mobilier de l’ébéniste français à la mode Jean Baptiste Séné (1748-1803)et dans des centaines d’œuvres d’artistes célèbres ou obscurs. Le banquier anglo-néerlandais Thomas Hope (1769-1831) imagina une décoration et un mobilier égyptiens pour sa maison londonienne, sise Duchess Street. L’Egyptomanie prospéra dans l’espace et le temps comme l’a montré l’importante exposition L’Egyptomania ; l’Egypte dans l’art occidental, présentée successivement à Paris (janvier-avril 1994), Ottawa (juin-septembre 1994) et Vienne (octobre 1994-janvier 1995).

L’égyptomanie devint un fait cultural majeur oscillant entre un courant « rationalio-archéologisant » et une mouvance fantastico-ésotérique comme le montrent les travaux de Claude Gyss, notamment. Dans cette dernière famille, on peut placer le Sethos (1731) de l’abbé Jean Terrasson (1670-1750), de l’Académie française, qui popularisa la notion de « mystères égyptiens » ou leCrata Repoa ou Initiations aux anciens mystères des prêtres d’Egyptedes allemands Johann von Hymmen (1725-1787) et Karl Friedrich von Koppen (1734-1797). L’Egyptomanie féconda l’imaginaire maçonnique, véritable éponge capable d’emprunter à toutes les respirations du temps. Le courant maçonnico-égyptisant se cristallisera entre Naples, la mer Adriatique et Vienne. Il se retrouvera entre autres, dans le Rite Primitif de Narbonne et dans la loge des Philadelphes, de la famille Chefdebien d’Armissan, dans le Rite des Architectes Africains de Von Koppen, cité ci-dessus, dans celui des Parfaits Initiés d’Egypte de loccultiste taromancier Jean-Baptiste Aliette dit Etteilla (1738-1791) et dans la « Haute Maçonnerie Egyptienne » du Grand Cophte Joseph Balsamo alias Cagliostro (1743-1795). Comme le notait Bruno Etienne, la franc-maçonnerie, forme statique du voyage en Orient, prédisposait beaucoup de ses membres à franchir le miroir vers un Orient rêvé, voire fantasmé, plus que dans un Orient parcouru et analysé.

En contre-point, on ne  peut que constater la minceur de la documentation sur la vie maçonnique en Egypte, durant ces trois années et même dans les décennies suivantes. Sans oublier la frustration de tous  ceux qui espèrent y trouver la preuve irréfutable de la réception du général Bonaparte. Depuis plusieurs décennies, les mêmes pistes sont à l’honneur. D’abord durant le séjour-éclair à Malte (8 jours), mais le commandant en chef qui rêvait des conquêtes d’Alexandre et de la route des Indes avait-il la tête à se faire recevoir dans une institution marginalisée durant la décennie 1790 ? C’est plus tard à partir de 1803-1804 que le Premier Consul comprendra l’intérêt à transformer la franc-maçonnerie désormais très présente dans les élites civiles et militaires, en un appareil idéologique d’Etat, stratégie qui sera conceptualisée par le frère Jean-Etienne Portalis, alors ministre des Cultes. Même la lourde et mystérieuse porte de la pyramide de Chéops, subrepticement ouverte le 11 août 1798, n’est pas complètement close. Pourtant durant cette période, le général Bonaparte était sur la route du Caire en train de combattre les troupes du mamelouk circassien Ibrahim Bey (c. 1735-1805). Demeurent les rumeurs et les suppositions : Elles ne seront pas près de s’éteindre pour le plus grand bonheur des songe-creux.

Néanmoins dans la franc-maçonnerie consulaire et impériale, l’égyptomanie continua son bonhomme de chemin. Les Vrais Amis Réunis d’Egypte devint une loge toulonnaise qui maçonna jusqu’en 1845. Le Grand Sphinx fut officiellement patenté en 1804 par le Grand Orient de France. La loge des Commandeurs du Mont Thaborsemble plutôt s’inscrire dans une mouvance ésotérico-chrétienne et néo-templière.

Il  faut rappeler également  l’Ordre Sacré des Sophiciens, analysé par Darius Alexander Spieth dans son ouvrage Napoleon’s Sorcerers : the Sophisians (2007) et composé grandement d’anciens de l’expédition et lié à la loge Les Frères Artistes, le Rite de Misraïm (Egypte en hébreu), né dans la décennie 1810, avec les trois frères comtadins Michel, Marc et Joseph Bédarride et le Rite de Memphis, constitué en 1838 par un dissident misraïmide Jacques Etienne Marconis de Nègre (1795-1868), sans oublier la Société Secrète Egyptienne, dirigée par l’aventurier, antiquaire à ses heures et consul de France (1803-1814 et 1821-1829) Bernardino Drovetti (1776-1852). Ladite institution aurait conspiré contre la Sublime Porte en faveur de Mehmet Pacha (1769-1849). Ce dernier, maître de facto de l’Egypte depuis 1807, mena une politique plutôt francophile. Ce fut sous son « règne » que deux loges d’origine française se seraient allumées en Egypte : Les Chevaliers des Pyramides (Le Caire 1811) et Les Amis de la Concorde(Alexandrie , 1812). But that’s another story (Cf. la communication de Gérard Galtier, paru dans les Cahiers de la Méditerranée, Nice, 2006).

Sous l’Empire encore, l’antiquaire Alexandre Dumège (1780-1862), fonda en 1806, à Toulouse, le Rite de la Souveraine Pyramide des Amis du Désert. L’année suivante, l’archéologue Alexandre Lenoir(1762-1839) expliquait dans La Franche-Maçonnerie rendue à sa véritable origine les trois grades et les quatre ordres du Rite moderne à la lumière des mystères égyptiens.

Quoiqu’il en soit le(s) courant(s) « égyptien(s) », dans les décennies suivantes, même marginal(ux), continua(èrent) à faire partie du paysage maçonnique mondial à travers les figures pour n’en citer que quelques unes, de l’italien Giuseppe Garibaldi (1807-1882), le héros des deux mondes, du négociant britannique John Yarker (1883-1913), du journaliste anarchisant, occultiste et féministe anglo-allemand Théodore Reuss (1855-1923) ou de l’écrivain occultiste Gérard Encausse dit Papus (1865-1916). En marge ou en parallèle de l’Egyptologie, c’est-à-dire le champ d’étude de l’Egypte ancienne par les sciences humaines, dans la nébuleuse de l’Egyptomanie, c’est-à-dire la fascination plus ou moins bridée pour l’histoire et la culture égyptiennes antiques, nous sommes, avec cette filiation, dans l’egyptosophie comme la définit l’égyptologue suisse Erik Hornung, c’est-à-dire la quête ésotérique perpétuelle à travers les âges pour voir dans l’Egypte la source de la sagesse et la terre de l’hermétisme. La première procède de la science, la seconde de la passion, la troisième de la quête. Le chercheur ne doit ni les ignorer, ni les confondre.

Source : le blog https://yveshivertmesseca.wordpress.com/

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Discours sur la morale maçonnique, adressé à des profanes avant leur admission aux épreuves 29 novembre, 2014

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Discours sur la morale maçonnique, adressé à des profanes avant leur admission aux épreuves

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Les gens de notre ordre toujours

Gagnent à se faire connaître ;

Et je prétends par mes Discours

Inspirer le désir d’en être.

Qu’est-ce qu’un Franc-maçon ? En voici le portrait.

C’est un bon citoyen, un sujet plein de zèle,

A son prince, à l’État fidèle,

Et de plus un ami parfait. 

Procope, médecin, Apologie des Fr\ M\ 

Messieurs, 

Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira, disait Jésus-Christ à ses disciples. Ces paroles symboliques du sage de la Judée sont plus une loi qu’une maxime pour les Francs-Maçons, qui s’honorent de professer les principes de l’évangile. Une loi est obligatoires ; une maxime peut être contestée, mais en disant : Demandez et vous recevrez, Jésus-Christ n’a pas prétendu qu’on donnât a qui n’était pas digne de recevoir, cherchez et vous trouverez, qu’on allât au-devant de l’homme qui cherche des dupes ; frappez et l’on vous ouvrira, qu’on accordât l’hospitalité sans précaution et au hasard. La leçon morale de l’Homme-Dieu nous apprend qu’il faut faire le bien, mais le faire à propos ; qu’il faut bien faire convenablement. En chrétien je donne à celui qui est dans le malheur ou la misère ; j’attends pour juger avec ma raison d’abord, et mon cœur ensuite, ce qu’on espère de moi ; j’accorde l’hospitalité au voyageur égaré ou en retard, et dans cette triple disposition, je cède à l’inspiration évangélique. 

Nous avons entendu, Messieurs, votre demande ; nous nous sommes prêtés à votre recherche, nous vous avons ouvert du moment que vous avez frappé. Mais vous n’irez pas plus loin si vous ne répondez loyalement à nos questions. Demandez-vous le chemin de la vertu, cherchez-vous son temple, frappez-vous pour y parvenir ? Car ici nous ne nous occupons que de morale, et nous repoussons le vice ou la stérile curiosité. Amis, soyez francs ; ennemis ou censeurs, soyez francs encore. Le mépris s’attache à la fausse amitié. L’estime peut exister entre des ennemis loyaux… Puisque vous persistez dans votre courageuse entreprise, et que vous nous répondez en hommes d’honneur, nous allons cesser une réserve prudente : écoutez et jugez.

On parle beaucoup de l’institution maçonnique dans le monde profane, où, inconnue, elle est traitée avec une grande légèreté, sinon une grande injustice. C’est une institution insignifiante, ou une société de plaisir, ou un club politique dangereux, on enfin une association de perversité religieuse et morale ; voilà ce qu’on dit et ce que vous avez peut-être dit vous-mêmes : 

Des profanes humains la foule impitoyable.

Parle et juge en aveugle, et condamne au hasard.

Cette institution insignifiante dérive de ce que les peuples de l’antiquité avaient de plus recommandables, l’initiation aux mystères. Elle est entre le passé et le présent la chaîne qui les rend inséparable.

Cette société de plaisir ne prescrit ni les bals, ni les jeux, et défend toute espèce de débauche.

Ces clubs politiques dangereux sont toujours en grade contre les discussions ou les excursions politiques. L’ultracisme des opinions quelles qu’elles soient est sévèrement repoussé de nos Ateliers; les plus simples et les plus pacifiques entretiens sur les affaires publiques sont sur les champs écartés, soit par la jurisprudence maçonnique, soit par le bon esprit des Frères.

Cette association de perversité religieuse et morale prêche la tolérance pour tous les cultes, la fidélité à tous les engagements sociaux, le respect pour les mœurs, l’amour de l’humanité.

Devant cette explication en tout point exacte, tombent les odieuses calomnies, les inculpations hasardées, les doutes injurieux.

La sagesse est une dans tous les temps, et encore aujourd’hui est sage qui veut l’être. Les anciens initiés, hommes de science, de talent, de mérite, marchaient, avec fermeté dans le sentier de la vertu. Les Francs-Maçons seuls, parmi les membres des, associations secrètes modernes, parce qu’ils sont sans intérêts mondains, suivent le sentier qui, pour avoir été longtemps frayé, n’en est pas plus facile à parcourir. Le terrain des passions est fécond en aspérités, en reproduction d’entraves. A peine l’aspirant à la sagesse a-t-il fait un pas, que les difficultés qu’il a vaincues renaissent pour l’aspirant qui le suit et qui retrouve les mêmes ronces, les mêmes épines, les mêmes obstacles, plus nombreux souvent, plus difficiles à surmonter, peut-être. Voilà pourquoi la route, toujours belle en perspective, est si pénible alors qu’on veut la franchir. Mais a-t-on atteint le terme, on jouit des avantages de la réalité, et ils dédommagent des sacrifices qu’on a faits. 

Vous savez sans doute, par vos lectures, que les prétendants à l’initiation aux anciens mystères n’avaient pas tous le bonheur d’être initiée. Je vous le rappellerai utilement ici ; je l’apprendrai à ceux qui pourraient l’ignorer. Pour être admis aux anciens mystères, il fallait un mérite supérieur ; il fallait surtout montrer la plus rare constance, une force supérieure de corps et d’esprit. Tel aspirant avait vaincu les obstacles physiques, qui succombaient aux secousses de l’âme. Tel autre, constamment vainqueur, entrevoyait la lumière ; hésitait-il, il retombait dans une profonde obscurité. Touchant au sanctuaire, un troisième en était éloigné pour une faute même légère : c’est qu’il fallait se dépouiller entièrement de tout ce qui tenait à la faible et fragile humanité. On n’admettait point à l’initiation uniquement sur un grand courage, uniquement sur une volonté prononcée ; il fallait vouloir et pouvoir. Combien d’hommes avaient la volonté et n’avaient pas la force ! Combien d’autres avaient la force et manquaient de cœur !

Admis dans l’enceinte sacrée, l’aspirant recevait l’initiation, c’est-à-dire la connaissance de toutes les choses accessibles à l’esprit de l’homme.

La Franche-Maçonnerie ne demande pas de si hautes qualités à ses néophytes. Elle a suivi la marche du temps et le progrès des lumières ; elle ne cherche pas des hommes sans défauts ; elle veut des hommes avec toutes les forces qui leur sont propre ; mais elle veut que ces forces soient dirigées par la sagesse.

Ne peuvent être reçus Francs-Maçons que ceux qui ont une âme noble, un esprit exempt de préjugés, un cœur généreux. Aimez-vous les uns les autres, disait après J.-C. son disciple bien aimé, et après eux c’est ce que nous répétons sans cesse à nos frères et aux profanes. Dans cette amitié fraternelle sont la philanthropie et la philosophie, pratique et enseignement aussi sacrés pour ceux qui écoutent que pour ceux qui professent. Là, je puis, terminer cette instruction préparatoire ; j’ai encore trop de choses utiles à vous annoncer.

Ainsi que la mort qui égalise tous les rangs, la Franche-Maçonnerie, en nous enlevant morale mène au monde profane, nous fait oublier toutes les vanités, toutes les distinctions humaines. Le niveau maçonnique, ce niveau de la nature auquel on veut inutilement se soustraire, nous maintient incessamment à la même hauteur.

Le prince et le simple citoyen devenus Francs-maçons siègent à côté l’un de l’autre, unis par la douce fraternité. Ils sont hommes, ils sont frères, ils sont mortels : que les hommes sont petits devant ces grandes idées ! Dans nos rangs uniformes, ils apprennent à l’avance qu’aux yeux du Maître de l’univers ils sont égaux. Ils sont le néant même quand leur vie n’a pas été marquée par la possession et la pratique des vertus. Vous devez vous pénétrer de ces principes et les suivre fidèlement si nous avions le mutuel bonheur d’être associés dans le plus grand œuvre de l’esprit humain, l’amélioration morale de l’homme ; alors plus que nous, vous ne vous abaisserez devant l’homme en place s’il n’est vertueux, ni ne vous enorgueillirez devant l’homme obscur, parce que votre position sociale vous aura mis au-dessus de lui. La dignité personnelle est la seule que nous reconnaissions.

Nous offrons, autant qu’il dépend de nous, à l’homme qui descend dans son cœur, des amis désintéressés, des confidents loyaux de ses pensées. Il trouve dans nos réunions la pratique de la vertu sans ostentations ; l’humanité qui fait soulager l’infortune, et consoler celui qui souffre.

Ces choses sublimes chez nous peuvent paraître de peu d’importance aux hommes vulgaires. Que nous importe ! Il y a d’autres hommes qui savent nous entendre, et c’est pour ces hommes bons, réfléchis, raisonnables, que nos temples sont établis ; ils y trouvent à occuper utilement leur esprit et à satisfaire le doux besoin de leur cœur. Ils n’ignorent pas que les plus grands hommes de l’antiquité appartenaient à l’initiation comme les hommes les plus distingués des temps modernes appartiennent à la Franche-Maçonnerie. Parmi ces derniers, Franklin, Lalande, Voltaire, le génie de son siècle, ont été Francs-Maçons.

Tous ces hommes s’étaient fait une idée juste de la véritable gloire, et c’est par un examen rapide de ce beau sujet que je terminerai un discours qui sera pour vous, Messieurs, une première épreuve, puisque j’aurai trop longuement exercé votre patience.

Nous n’entendons point, nous Francs-Maçons, la gloire par le sang que l’on répand sur le champ de bataille. Cette gloire est noble quand on défend le sol sacré de la patrie. Cette gloire est funeste quand l’amour et le délire des conquêtes ou les froides combinaisons de la politique nous forcent d’être leurs aveugles et dociles instruments. Nous n’entendons point la gloire par les succès du prosélytisme, par les triomphes de la tyrannie, par l’usurpation même légale du fort sur le faible, nous ne l’entendons pas encore par la supériorité qu’on peut légitimement obtenir dans les sciences, dans les lettres, dans les arts, enfin dans les découvertes industrielles, quelles qu’elles soient.

La gloire pure, la gloire sans larmes, c’est celle que nous allons offrir à votre esprit :

Quand, bons fils, vous rendez aux auteurs de vos jours l’amour et le dévouement qu’ils vous ont portés, alors que par votre faiblesse ils étaient vos seuls amis ;

Quand, estimable citoyens, vous exercez honorablement votre état, et remplissez tous vos engagements envers la société ;

Quand, vertueux époux, vous n’oubliez jamais que votre femme est la compagne que le ciel et les lois vous ont donnée ;

Quand, pères tendres et prévoyants, vous veillez avec une continuelle sollicitude à l’éducation et au bien-être de vos enfants :

Voilà, Messieurs, la gloire chère à tous les cœurs bien nés.

La gloire du Franc-maçon est dans l’accomplissement de tous ces devoirs, et dans d’autres encore que notre ordre auguste impose à ses adeptes, et que je puis vous signaler d’avance.

Reçu Franc-maçon, car j’en ai conçu pour vous la plus flatteuse espérance, assistez le plus régulièrement que vous le pourrez à nos conférences fraternelles. Ecoutez en silence les instructions et les maximes de l’ordre ; observez avec soin les allégories, les usages dont nous nous faisons une constante étude ; méditez de toutes les facultés de voire esprit les documents historique, que nous a légués le passé, et que nous voulons avec notre propre histoire, transmettre aux siècles à avenir. La succession est héréditaire. Pour être échue à une branche collatérale, elle ne sort pas pour cela de la famille.

Ainsi, héritiers directs ou collatéraux des sages de l’antiquité, nous sommes possesseurs légitimes. Possesseurs légitimes, soyons dignes. Vous, Messieurs, appelés à cette grande succession, comme nous soyez bons, car la bonté attire la confiance que suit presque toujours l’amitié ; soyez patients, car la patience dompte la violence des passions, et fait estimer celui qui sait se vaincre soi-même ; soyez dociles aux conseils de vos chefs, car ils ont pour eux l’expérience qui leur fait prévoir l’avenir par la connaissance qu’ils ont du passé ; soyez laborieux et zélé, car le travail remplit tous les vides de l’esprit, et éloigné les orages du cœur ; soyez surtout indulgents et charitable, car l’indulgence est la preuve d’un esprit éclairé et d’une âme forte ; car la charité sauve du désespoir l’infortuné qui la sollicite. C’est, d’ailleurs, semer pour recueillir, puisque, dans le malheur, vous trouvez aussi des secours : et si la prospérité ne vous abandonne jamais, votre conscience vous récompense de tout le bien que vous avez fait. Aux dons réels vous ajoutez la puissance de l’exemple : l’homme bienfaisant est deux fois utile à ses semblables.

Vous connaissez maintenant Messieurs, la véritable gloire, qui n’est autre que la morale de l’ordre franc-maçonnique. Cette gloire, la plus utile aux hommes, est celle dont la divinité nous tient le plus de compte. 

Je ne sais si, après ces développements indispensables de nos principes, ces confidences d’une amitié prématurée, vous persisterez à demander l’initiation maçonnique. Dans le cas contraire, passez plus loin éloignez-vous ; le temple de la sagesse vous sera fermé, et ses dons rigoureusement refusés.

Mais si nous ne nous sommes pas trompés sur vos intentions, nous remplirons à votre égard le précepte de l’Evangile, et à votre tour, avec nous ou comme nous, vous ouvrirez, vous donnerez à qui aura, comme vous, frappé et demandé…

Puisque vous persistez, je vous abandonne aux épreuves. Messieurs, du courage : on craint, on hésite, on tremble…on n’en meurt pas !

Source : Tuileur de Delaunay (1836)

Source :

l’excellent site à suivre attentivement http://hautsgrades.over-blog.com/

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Albrecht Dürer Oules trois voies de la réalisation initiatique 1 novembre, 2014

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Albrecht Dürer oules trois voies de la réalisation initiatique

16 juin 2012, 16:50

Albrecht Dürer oules trois voies de la réalisation initiatique

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Jacques Trescases

Réalisées en une année, les  » Meisterstische « , chefs d’œuvre du Maître de Nuremberg, sont trois gravures sur cuivre qui révèlent la maîtrise de leur auteur et la pleine maturité de sa pensée :  » Le Chevalier, le diable et la mort « , exécutée en 1513,  » Saint-Jérôme dans sa cellule « , et  » Mélancolie « , gravées en 1514, apparaissent a priori fort différentes, par leur facture autant que par leur sujet. Pourtant, ces œuvres ont toujours été considérées comme faisant partie d’un même ensemble, comme un triptyque destiné à transmettre un message unique.

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Certains ont vu dans ces trois gravures l’illustration des trois sortes de vertus, selon la classification scolastique : morales, théologales et intellectuelles . Le Chevalier représenterait ainsi la vie du chrétien dans le monde. Luthérien convaincu, Dürer pouvait effectivement imaginer le  » soldat du Christ  » armé et casqué pour affronter un monde plein de tentations et de fausses pistes, d’autant que cette image était classique et avait été maintes fois utilisée dans l’iconographie religieuse. Saint-Jérôme figurerait la voie mystique, tandis que la Mélancolie illustrerait la recherche intellectuelle, accompagnée de tristesse et de découragement. Cette interprétation paraît juste, mais il convient de la préciser en tenant compte du fait qu’Albert Dürer, initié, se devait de transmettre un message initiatique. Les trois gravures apparaissent dès lors comme l’expression des trois voies :

*La voie chevaleresque ;*La voie monastique ;*L’Art Royal.

Profondément enraciné dans son siècle et son terroir germanique, A. Dürer s’affirma rapidement comme l’un des plus grands peintres, dessinateurs et graveurs de tous les temps tandis que son génie était reconnu comme universel. Se définissant lui-même comme Maître artisan, il fut non seulement un artiste de grand talent, mais un créateur et un théoricien de l’art et des sciences, ami des humanistes les plus prestigieux et de scientifiques les plus renommés dans les domaines les plus variés (géographie, astronomie, naturalisme, mathématiques)Nombre d’indices permettent d’affirmer qu’il était initié :

* Il reçut probablement son initiation de son propre père, maître orfèvre, auprès de qui il fit son premier apprentissage. À l’époque, chaque corps de métier avait vraisemblablement sa propre initiation, transmettant à la fois les secrets de l’art et l’enseignement ésotérique. Parmi tous les métiers, celui d’orfèvre était sans doute l’un des plus nobles, et l’un des plus proches de celui de constructeur, par le soubassement géométrique qu’il impliquait, la technique du trait et l’art architectural.* Encore jeune homme, il entreprit ses  » voyages de compagnon  » auprès des plus grands maîtres d’alors, ce qui le conduisit notamment à Colmar, Strasbourg et Bâle, villes réputées pour leur tradition initiatique.* Où qu’il aille, où qu’il se trouve, il entre immédiatement en contact avec les meilleurs esprits de toutes les disciplines. À peine arrive-t-il à Venise, par exemple, qu’il se voit confié la confection du retable de San Bartolomo, église de la colonie allemande. * « La fête du rosaire », sujet de ce retable, semble avoir été commanditée par une  » confrérie du rosaire « , ordre initiatique dont Stabius aurait pu être une personnalité influente, peut-être même le Grand Maître.Dürer éprouvait une véritable vénération pour cet homme, qu’il a représenté plusieurs fois, notamment sous les traits de Saint-Coloman pèlerin, dont les armes comportent un aigle à deux têtes.

Les écrits de Dürer expriment des points de vue qu’aucun initié ne saurait renier : auteur d’un  » Traité des proportions « , il y révèle, au delà des techniques de son art, ses convictions intimes :  » L’art est dans la nature « , expose-t-il,  » tout ce qui est opposé à la nature est mauvais « . Mais la nature entière a été elle-même conçue sur des bases géométriques :  » Les éléments primordiaux de toute connaissance sont le triangle, le carré et le cercle « . Nul doute que, dans son esprit, la nature ne soit l’œuvre d’un artisan-géomètre, un Grand Architecte de l’Univers : La Beauté est pour lui témoignage de la Vérité, expression de la Divinité. Si l’art est le fait de l’artisan, honnête ouvrier intégré dans son équipe, il est inspiré par Dieu.  » Toute inspiration vient d’en Haut « . L’origine de l’art est divine et les plus grandes œuvres ne sauraient relever que de l’Art sacré. Dürer éprouva une prédilection pour les thèmes à portée ésotérique : le tarot, l’astrologie, la mort, l’Apocalypse de Saint-Jean, (dont il fut le plus prodigieux illustrateur). Même les sujets religieux, auxquels il consacra une grande part de son talent, s’offrent à une interprétation ésotérique, comme en témoigne cette ravissante  » Vierge à l’enfant  » : Sise sur un croissant de lune, elle patronne ainsi toutes les initiations ; inscrite dans un triangle, lui-même inscrit dans un cercle au centre d’un carré, elle tient sur son sein l’enfant Jésus, centre du tableau et centre du monde, ce qui est une manière, compte tenu de ses convictions, de montrer le parfait ordonnancement du Cosmos. Aimant faire son autoportrait, il se représente une fois sous les traits du Christ, ce qui ne saurait être interprété comme une folie paranoïaque, mais comme l’idéal d’un homme naturellement humble, qui doit s’efforcer de ressembler à l’image du Fils. Une autre fois, il se peint exhibant un chardon. Peut-être est-ce une référence à un ordre initiatique : Robert Bruce n’avait-il pas institué un Ordre de Saint-André du Chardon ?Albert Dürer, initié, se veut naturellement porteur d’une Parole :Les trois  » Meisterstiche  » constituent évidemment le meilleur support de l’enseignement ésotérique que le Maître génial de Nuremberg voulait inscrire dans son œuvre :

Melancolia IOu la quête de la Connaissance

Pour un non initié, cette gravure doit paraître bien déconcertante : une jeune fille ailée est montrée accablée et pensive au milieu d’objets insolites et hétéroclites. Elle n’est émouvante et signifiante que parce que son sujet, apparemment banal, a fait l’objet, de la part de l’artiste, d’une triple transmutation.

De l’humeur chagrine à la quête spirituelle

Dürer connaissait, pour l’avoir lui-même illustrée, la théorie des humeurs prévalant chez les médecins de l’époque : l’humeur prédominante caractérisait les individus susceptibles, dès lors, d’être classés en quatre catégories : les sanguins, les colériques, les lymphatiques, les mélancoliques. L’excès de bile noire ne donnait pas à ces derniers des caractéristiques très sympathiques : De complexion pessimiste, à l’aspect triste et au teint olivâtre, les mélancoliques étaient réputés malchanceux, déplaisants, maladroits, avares et avides, lâches, rancuniers et méchants. Fuyant leurs semblables et méprisant le sexe opposé, ils avaient une inclination pour l’étude solitaire.

Toutefois, à la suite de la publication en Allemagne des  » Lettres  » de Marsile Ficin et de ses  » livres de vie « , le concept de mélancolie s’était modifié et était devenu à la mode. Personnalité dominante de l’académie néoplatonicienne de Florence, – point de passage privilégié de la Renaissance de l’humanisme antique, dont Durer était friand, – Marsile Ficin était lui-même de constitution délicate et de disposition mélancolique. Il s’était consolé en découvrant chez Aristote une théorie réhabilitant les mélancoliques, dont il s’était fait le propagateur. Selon cette analyse psychophysiologique, le mélancolique se caractériserait par une sensibilité particulière, lui permettant d’atteindre, dans tous les domaines de la spéculation, des sommets inaccessibles au commun des mortels. Le mélancolique, réceptif à la  » furor divinis  » chère à Platon, pourrait connaître ces extases mystérieuses, qui lui donnent accès aux plus sublimes vérités. Les meilleurs peintres, poètes ou philosophes seraient des mélancoliques.

Cette nouvelle célébration de l’humeur mélancolique s’accompagne de la réhabilitation et de l’ennoblissement de Saturne et de sa planète, qui relève de la même complexion (froide et sèche). Les néoplatoniciens de Florence avaient découvert que Plotin et ses disciples avaient de Saturne une aussi bonne opinion qu’Aristote de la mélancolie :ayant engendré Jupiter, Saturne lui serait antérieur et supérieur. Il symboliserait l’Esprit du Monde alors que Jupiter n’en serait que l’âme. Saturne inspirerait notamment ceux  » dont l’esprit est enclin à la contemplation et à la recherche des choses les plus élevées et les plus secrètes « . Pourtant, vieux, sec et froid, lié à la Terre et même au monde souterrain, Saturne conserve des aspects néfastes dont il importe de se préserver : un Carré magique, figurant sur la gravure étudiée, permettait à cette fin de  » changer le mal en bien « 

Le caractère saturnien de cette gravure est en effet souligné par la présence du chien et de la chauve souris, attributs traditionnels de Saturne. Celui-ci était également associé, par une sorte de conséquence logique, à la géométrie, loi cachée du Cosmos et de la vie. À ce titre, Saturne avait déjà été représenté comme le grand Géomètre de la Terre. La Mélancolie saturnienne de Dürer est donc naturellement entourée des outils du géomètre (un géomètre architecte) et des produits de son art, la sphère et l’hexaèdre, dont la forme, insolite, est en fait significative.

Ainsi, à partir de figures connues, transposées par son génie, Dürer parvient-il à exprimer le caractère sublime et quasi désespéré de la quête de la connaissance, l’impuissance à savoir manier les outils dispersés et à utiliser la clef, dont le personnage central est muni, mais dont il ne sait apparemment pas se servir.

De la conception philosophique à la confession de l’artiste

Cette gravure nous touche parce qu’au delà de l’exposé d’une vision théorique, elle nous apparaît comme un aveu. La mélancolie de Dürer n’est en rien l’état naturel résultant d’un déséquilibre humoral ! C’est celle de l’artiste, parvenu au sommet de son art, qui a entrevu des vérités sublimes, qu’il se voit incapable d’exprimer.La maîtrise consommée résulte, selon ses propres écrits, de la parfaite coordination de deux acquis, le savoir théorique et, en particulier, une connaissance approfondie de la géométrie, ( » die Kunst) et l’habileté de l’art (« der Brauch « ).  » Les deux doivent aller de pair car l’un ne va pas sans l’autre « . Cette conception explique la torpeur du personnage central, (féminin), qui sait ce qu’il pense, mais ne peut agir, et, en contrepoint, la fébrilité activiste de l’angelot (masculin), qui griffonne sur son ardoise des graffitis dépourvus de sens. De la désunion de la théorie et de la pratique, ne peuvent résulter qu’impuissance et tristesse.

Exprimant ainsi son désespoir de ne pouvoir, malgré son talent, exprimer par son art les vérités sublimes qu’il perçoit dans le firmament, il rejoint l’aveu désabusé du Docteur Faust :

 » J’ai étudié toute la philosophie,Tout le Droit, toute la médecine,Et suis aussi ignorant qu’au premier jour « 

Le souci de perfectionnement est à la base de la Franc-maçonnerie des trois premiers degrés.  » J’ai à me perfectionner  » constate aussi le Grand Elu de la Voûte Sacrée du REAA, à l’issue du long périple de la Loge de Perfection.

De l’expérience de l’artiste à l’essence de l’Art Royal

Dürer nous offre dans ce tableau une double leçon d’ésotérisme, il démontre sa virtuosité dans la maîtrise de l’Art Royal. Le fourneau et le creuset sont des références alchimiques explicites ; mais les allusions invitent à approfondir la recherche dans cette direction ; ainsi, par exemple, nous savons que l’alchimie est représentée dans le médaillon central de la façade de Notre Dame de Paris par un visage de femme devant une échelle. La composition de Dürer représente également une jeune femme ailée devant une échelle, composée de sept barreaux, quatre visibles, trois invisibles, qui relie la Terre au Ciel, et dont, précisément, la jeune femme semble avoir perdu le secret.

L’artiste a glissé dans sa composition quelques rébus, dont la solution est à trouver dans l’ésotérisme : ainsi, par exemple, l’objet de la quête ésotérique consiste symboliquement à rechercher la  » quadrature du cercle » ; la juxtaposition du carré magique, du sablier et du compas, peut se lire , en allemand  » Quadra  » « Ur  » der  » Zirkel « . Un autre rébus propose une balance, l’échelle et la planète, qui peuvent se lire  » Waage –Leiter-Project « , décrivant ainsi trois phases du processus alchimique. Loin d’être un jeu puéril, le rébus est pour Dürer, comme pour les humanistes, le moyen de montrer que, derrière l’apparence du dessin, il convient de rechercher le sens caché.

Cette intention apparaît dans toute sa splendeur avec la présence du carré magique qui, au delà de la virtuosité arithmétique, porte un message initiatique d’un intérêt majeur :

16 3 2 13 5 10 11 8 9 6 7 12 4 15 14 1

La somme des nombres inscrits dans chaque case est toujours égale à 34, quel que soit le sens dans lequel l’addition est faite : horizontal, vertical, ou en diagonale. Ce carré se divise en quatre carrés de quatre cases : le total des nombres de chaque carré fait encore 34. Au total, on trouve 22 fois le nombre 34, lequel peut se lire 3 + 4. Le nombre 7 est celui de la maîtrise, celui où la Terre s’ouvre à la lumière du Ciel (raison pour laquelle l’échelle a sept barreaux). Le nombre 7 est bien le nombre clef : le carré magique comprend 16 cases : 6+1.22 : 7 = 3,14116 = Pi, nombre permettant de passer du carré au cercle, soit, pour nous, de l’équerre au compas, le chiffre qui résout le problème de la quadrature du cercle. Les deux volumes qui figurent au centre de la composition sont précisément l’hexaèdre et la sphère. L’hexaèdre est un polyèdre à six faces en forme de pentagone : il contient le secret du passage du cube à la sphère. On notera sans surprise que 6+1 correspond à la batterie du Maître Secret. Ce rapprochement n’a rien d’artificiel, car, en fait, c’est tout le cycle de la quête de la Connaissance que peut figurer cette gravure. Quête bien décevante, car l’adepte est incapable de définir la lumière qu’il a perçue, qui ne brille que faiblement au cœur de l’arc-en-ciel. Cette lumière n’éclaire plus l’héroïne du tableau, dont les ailes semblent indiquer que c’est un ange non pas crânement déchu, comme Lucifer, mais simplement égaré, par ce qu’il a perdu le secret du sens ; la Parole est Perdue et tout semble promis à la désespérance.

Il a perdu  » la droite voie  » dont parle Dante au seuil de la Divine Comédie, qui le plonge dans le même état d’accablement. Mais cet abattement n’est que provisoire : tout invite à le dépasser ; d’ailleurs notre héroïne porte sur elle la Clef, comme le Maître Secret, qui ne sait quoi en faire. C’est le sens du I qui figure à côté du titre  » Melancolia « , mot latin qui se traduit par  » Sehnsucht  » en allemand, la  » nostalgie « , la nostalgie de ce qui a été perdu, qui nous apportait le bonheur de vivre. La Parole Perdue invite donc l’adepte à changer de voie, à en explorer une autre pour la retrouver.

La voie mystique Ou L’éclosion de l’ Amour sublime

Saint-Jérôme dans sa cellule. Cette gravure donne l’impression exactement inverse de celle produite par la précédente : tout est calme, serein, ordonné. Même si le tableau comporte nombre d’éléments, ces derniers sont délibérément secondaires, subordonnés au sujet central, focalisé par le jeu subtil de la perspective et de la lumière. Au delà de la prouesse technique, le message est clair : le don total de soi apporte Paix et Joie.

Depuis son plus jeune âge, Dürer avait été fasciné par Saint-Jérôme. Il l’a représenté au moins dans cinq circonstances différentes : près d’un saule, battant sa coulpe, près d’un crâne, dans une grotte, et, à deux reprises, dans sa cellule. La forte personnalité de ce saint permet de comprendre cette fascination : docteur et  » père  » de l’Eglise, Saint-Jérôme, ou HIERONYMUS, avait été un savant et un érudit. Féru de culture classique, il connaissait le grec, le latin, l’hébreu et l’arménien. Il avait été successivement, prêtre, moine, anachorète, cardinal. Dürer admirait surtout en lui le lettré qui avait su faire le pont entre sa culture classique et sa foi chrétienne, donc un précurseur des humanistes dans lesquels l’artiste se reconnaissait.

Le personnage que Dürer représente dans cette gravure n’est pas l’érudit, mais le saint, même s’il reste penché sur son écritoire. Il a surmonté l’appréhension de la mort, dont la présence lui reste familière (crâne posé devant lui, sablier qui lui compte son temps), apaisé ses pulsions terrestres (chien endormi) et domestiqué sa vanité (lion assagi). Triplement illuminé par le soleil, qui filtre à travers les vitres, la Croix du Christ, offerte à sa contemplation et sa propre lumière intérieure, il peut, en toute humilité, se consacrer à son œuvre au service de l’humanité entière. En effet, il apporte au Monde  » la Parole « , en traduisant la Bible, porteuse pour l’humanité entière, de foi, d’espérance et de charité.

Cette œuvre, qu’il ne suspend que lorsque ses forces doivent être renouvelées, correspond au but d’un Rose-Croix, un grade charnière du REAA :  » Combattre l’orgueil, (son chapeau de cardinal est négligemment accroché à un piton), l’égoïsme et l’ambition, afin de faire régner à leur place le dévouement et la charité  » . Comme celui-ci, il ne découvre sa vocation qu’après avoir traversé le désert, l’impasse que constituait l’acquisition de la connaissance, si l’on ne la partage pas dans un acte d’amour totalement gratuit. Il n’est porteur de Parole que par ce qu’il se veut  » le plus humble de tous « , parce qu’il est  » le plus éclairé  » et qu’il sait  » que toute inspiration vient d’en Haut « 

Le CHEVALIER , LE DIABLE ET LA MORT. ou L’action de l’Initié dans le Monde.

Comme pour la gravure précédente, le double jeu des ombres et de la lumière fait montre d’une virtuosité stupéfiante. Ainsi, ou remarque moins, au premier abord, que la composition s’inscrit élégamment dans un pentagramme étoilé, symbole d’harmonie parfaite. Nous connaissons suffisamment Dürer pour savoir que cette composition n’est ni fortuite ni gratuite. La détermination sereine du cavalier dominant sa monture, qui chemine d’un pas mesuré, est encore rendue plus manifeste par le contrepoint du DIABLE, bouc et pourceau, plus répugnant que jamais, et de la MORT, cadavre en décomposition, horrible et ricanante pour se faire plus effrayante.

Moine-soldat et pèlerin :Tandis que Saint-Jérôme figurait la vie du saint dans le monde spirituel, isolé des bruits et violences du monde, le Chevalier représente le chrétien en action, dans sa vie quotidienne, confronté à son hostilité, à ses tentations, à ses illusions. Comme pour les deux gravures déjà étudiées, Dürer trouve le modèle de son personnage central dans l’iconographie populaire que son génie propre métamorphose et transfigure. Le thème de  » soldat du Christ « , maintes fois traité avant lui, trouve sa source dans les Ecritures : déjà Saint Paul exhortait les chrétiens à  » revêtit l’armure de Dieu « ,  » la cuirasse de justice « ,  » le casque du salut  » tout en précisant que  » les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas celles de la chair, mais de l’esprit « . Cette métaphore reste courante durant tout le Moyen-âge et l’on en trouve de nombreuses xylographies. En revanche, le Diable et la Mort accompagnent plutôt le pèlerin, qui affronte un monde hostile pour effectuer son cheminement. Comme pour  » Mélancolie « , Dürer mélange donc deux thèmes pour qu’ils s’enrichissent mutuellement.

L’image de  » soldat du Christ  » avait été reprise par Erasme, précisément au moment où Dürer réalisait sa gravure :  » Afin que vous ne soyez pas détournés du chemin de la vertu, parce qu’il apparaît ardu et lugubre, parce qu’il peut exiger que vous renonciez aux avantages du monde et que vous combattiez incessamment trois ennemis déloyaux qui sont la chair, le diable et le monde, voici une troisième règle qui se propose à vous ; tous ces mauvais esprits et ces fantômes qui viennent vous assaillir comme dans les gorges de l’Enfer, vous devez les compter pour rien, suivant l’exemple de l’Enée de Virgile.  »

C’est exactement ce que représente l’artiste dans cette gravure, différente en cela de toutes les illustrations antérieures : les ennemis de l’homme, si effrayants et horribles soient-ils, ne semblent pas avoir de réalité : ils ne sont que des fantômes, des fantasmes, pourrait-on dire, que le chevalier doit ignorer. Sûr de lui, armé de sa vertu et casqué par sa foi, il passe sans les voir et poursuit calmement son chemin,  » les yeux fixés intensément et sans faiblir  » , vers l’objet de sa quête.

Chevalier de l’Universel et de l’éternel. Jusqu’alors, l’Initié avait progressé dans un milieu artificiel et protégé. Le maçon reçoit son initiation et reçoit toutes ses élévations de salaire dans une Loge ou un Atelier supérieur, espace-temps sacré, en dehors de la vie courante. L’Ordre constitue un cadre protecteur où il peut exercer ses vertus à l’abri des exigences, tentations et agressions du monde extérieur. Mais il est évident que l’acquisition de sa propre maîtrise et la libération de son inclinaison à l’altruisme n’ont de sens que s’il peut les vivre dans sa vie quotidienne et sait les faire partager dans sa famille et les divers milieux qu’il fréquente. Un statut intermédiaire est celui des travaux en salle humide. Où les discussions suscitent échanges et nécessitent maîtrise de soi.

À titre d’exemple, Au 30éme degré du REAA, le Kadosch (saint) est considéré suffisamment armé pour affronter le monde extérieur : C’est sur le monde et dans le monde, qu’il doit agir. Il  » a acquis la notion d’un plan supérieur qui est celui de l’absolu, où la dualité se résout en unité,  » mais ne peut pas vivre sur ce plan supérieur. Il lui faut donc redescendre sur celui de l’humanité et s’y affermir pour agir efficacement « . Ce cheminement sera pour lui un combat, un combat permanent pour le Droit et la Justice. À cette fin, il est armé du  » glaive flamboyant de Saint-Michel « , de la  » lance inflexible de Saint-Georges « , et du  » Caducée de Mercure « . Le Chevalier de Dürer,  » der Reiter « , a aussi ces trois armes : l’épée, le bâton de pèlerin et son propre détermination, la composition le plaçant au milieu du Diable et de la mort, dont l’ensemble forme précisément le caducée. Il est guidé par la lumière de la Jérusalem céleste que l’on voit représentée en haut et vers laquelle il se dirige, même si cet objectif paraît inaccessible, sa voie le maintenant actuellement dans un chemin sombre où toutes les embûches sont à craindre.

 » L’homme qui se régénère, se spiritualise, se dépouille pour ainsi dire de l’homme de chair, franchit les portes de la mort pour entrer dans le cycle de la vie éternelle  »  » Chercheur de lumière, celle de la vérité et de la Justice, le chevalier est véritablement  » saint « , puisque protégé par son casque et sa cuirasse contre les exigences, les tentations et les illusions qu’il rencontre. Prêt à combattre  » toutes les ignorances, tous les fanatismes, qui sont les oppresseurs de la pensée, de la Justice et du Droit « ,  » sa profonde foi l’éclaire dans le combat qu’il mène « . Ses alliés sont le chien, saturnien, en contact avec la Terre et le monde souterrain, entièrement domestiqué, symbole de fidélité, de zèle et d’obstination, et la salamandre, animal mythique qui survit, dit-on, à son immixtion dans le feu, donc symbole de la régénérescence par l’Initiation. Ses ennemis, si redoutables et répugnants qu’ils paraissent, sont faciles à maîtriser : il suffit de les ignorer et de les tenir à distance : ce ne sont que les produits morbides d’une imagination exaltée.

Le DIABLE-POURCEAU, figure de l’instinctivité primaire, ne parvient pas à troubler, ni avec sa corne (naturelle), ni avec sa pioche (artificielle), le sage qui a su mettre un écart entre ses pulsions et son esprit souverain. L’assise solide du chevalier exprime la même idée : l’impulsivité du cheval est parfaitement maîtrisée par le cavalier qui contient sa fougue et maintient sa monture au rythme qu’il lui impose. Quant à la MORT, le Kadosch n’a pas à la craindre : elle viendra à son heure, nécessairement, au bout du chemin, (crâne et sablier sont là pour le rappeler). Mais le seul ennemi à redouter, c’est la seconde mort, décrite par l’auteur de l’Apocalypse, que Dürer connaît bien, quand il écrit :  » Le vainqueur, jamais ne connaîtra la seconde mort « .

Au terme de cette étude, deux conclusions. Certains rapprochements sont audacieux, mais ils ne sont arbitraires. Albrecht Dürer, maître ésotériste incontestable, a montré que les jeux de mots et d’esprit peuvent être porteurs de vérités supérieures. On chercherait évidemment en vain le nom de Dürer sur les registres de Loges ou de sociétés initiatiques ayant survécu.

En revanche, à la lumière de ses trois œuvres maîtresses, toute progression initiatique, quelle qu’en soit la forme, à emprunter et explorer, successivement, puis simultanément, les trois voies de la Connaissance, de l’Amour et de l’Action. Ces trois éléments apparaissent bien entendu dans les trois premiers degrés de la Maçonnerie et sont à développer en parallèle.

Merci Ana de cette trouvaille et du partage.

durer carre

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