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MENHIRS ET DOLMENS UNE CONNAISSANCE ANCESTRALE, UNE SCIENCE PERDUE 29 novembre, 2021

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MENHIRS ET DOLMENS

UNE CONNAISSANCE ANCESTRALE, UNE SCIENCE PERDUE

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Chacun le sait, les Celtes ont joué un rôle considérable dans notre histoire. Ils ont été plus qu’un peuple, une civilisation, la première qu’ait connue l’Europe de l’Ouest, avant l’arrivée des Romains. Dans notre pays, la tradition celte n’a cessé d’être évoquée et réaffirmée comme partie constitutive, voire fondamentale du génie national. « Nos ancêtres les Gaulois » constituaient un rameau tardif et d’ailleurs brillant de cette civilisation issue très certainement d’un centre dont nous ignorons la situation géographique précise.

 

Albert Grenier écrit : « Quand l’histoire commence, les Celtes dominaient partout ! Ils possédaient un art original, une littérature lyrique et épique, ainsi qu’une religion et une science, celles des druides. »

Les cathédrales gothiques sont les héritières directes de la grande connaissance des anciens âges.

 

Au cœur de l’immense forêt qui recouvrait la Beauce se dressait à l’époque des mégalithes, une cathédrale de pierre, c’est à dire un grand dolmen précédé d’une allée couverte. Pour avoir une idée exacte de cet ensemble, il nous suffit de visiter le dolmen de Bagneux, dans le Maine-et-Loire. Placé au sommet d’un tertre, la cathédrale mégalithique abritait une vierge noire. Cette déesse-mère était servie par un collège de druides. Les Celtes avaient succédé aux hommes de l’âge de bronze et ces Carnutes donnèrent leur nom à cette cité sacrée : « Carnutiis ou Carnut-Is selon les étymologies.

 

L’arrivée des Romains à Chartres fut suivie de la construction d’un temple. Toujours présente, la déesse-mère, la Vierge Noire continuait de recevoir l’hommage des populations beauceronnes. Aujourd’hui encore, cette reine des cryptes occupe deux cent cinq sanctuaires en France, dont cent quatre-vingt-dix existaient déjà au XIVe siècle.

 

Au début du Vie siècle les populations locales virent apparaître un curieux personnage qui parcourait tous les villages. Vêtu d’une robe de bure et portant un bâton en forme de croix, il détenait le don du verbe. Sous son impulsion les druides furent chassés et l’antique déesse-mère changea de robe. Elle se fit chrétienne. L’homme était saint Lubin, premier évêque de Chartres.

 

Divers monuments s’élevèrent sur l’emplacement du sanctuaire originel, mais tous furent détruits par le feu du ciel ou celui des hommes. L’église de Notre-Dame de Dessous-Terre, située sous l’actuelle cathédrale que l’on désigne à tort sous le nom de crypte, nous vient de l’église de Fulbert, ravagée en 1194. De 1194 à 1220, on édifia l’église gothique, celle qui fait encore notre admiration.

 

L’ÉNERGIE TELLURIQUE

 

Toutes les initiations primitives ont imaginé l’énergie tellurique sous la forme d’un serpent : d’un dragon. L’adepte doit obligatoirement vaincre cet animal mythique en ne succombant pas à ses tentations. Eliphas Lévi désignait dans son Dogme et Rituel de la Haute Magie cet agent magique sous le nom de « lumière astrale ».

Le serpent ou la lumière astrale agit sur l’être instinctif et toutes nos passions lui sont soumises. L’adepte doit se soustraire à l’action de ces forces fatales, il ne doit jamais affronter les puissances d’en bas, ni avoir la prétention de les détruire.

 

Le célèbre docteur Encausse, mieux connu sous le nom de Papus, enseignait dans La Science des Mages :

« L’agent universel est une force vitale subordonnée à l’intelligence. Abandonné à lui-même, il dévore rapidement comme Moloch, tout ce qu’il enfante et change en vaste destruction la surabondance de vie. C’est alors le serpent infernal des mythes anciens, le Typhon des Egyptiens et le Moloch de la Phénicie ; mais si la sagesse, mère des Eloïm, lui met les pieds sur la tête, elle épuise toutes ses flammes, qu’il vomit et verse sur la terre à pleine mains une lumière vivifiante ! »

 

Le Zohar enseigne, qu’au commencement de notre période terrestre, lorsque les éléments se disputaient la surface du monde, le feu semblable à un serpent immense, avait tout enveloppé dans ses replis et allait consumer tous les êtres, lorsque la clémence divine, soulevant autour d’elle les flots de la mer comme un vêtement de nuages, mit le pied sur la tête dus serpent et le fit rentrer dans l’abîme. Energies terrifiantes, les forces magnétiques de la Terre sont figurées par deux serpents. Ce sont eux que l’on découvre sur le caducée venant boire à la coupe d’or. L’analogie étant la loi qui régit les trois mondes, nous découvrons l’archétype du caducée dans les grandes énergies terrestres, dans la Kundalini et au cœur même de l’ADN.

 

Ce sont ces deux couleuvres du berceau d’Hercule. L’enfant en prend une dans chaque main, la rouge de la main droite et la bleue de la main gauche. Elles meurent alors, et leur puissance passe dans les bras du mythique héros.

 

UN PASSE EFFACE

 

Nous avons tous rêvé sur les bancs de l’école aux sublimes secrets des druides. Face aux pierres levées, ces secrets nous hantent et nous regrettons que la « paix romaine «, celle des envahisseurs, ait effacé à jamais dans un bain de sang, le savoir et l’âme celtes. Nos ancêtres, nous l’apprenons aujourd’hui, ont fait preuve, pour déterminer l’emplacement de leurs sites sacrés, de connaissances astronomiques stupéfiantes, ils ont couvert l’étendue des terres sous leur domination d’un réseau de mégalithes matérialisant au sol une cosmogonie magique.

 

Si l’on sait que les analyses au carbone 14, pratiquées sur les débris de bois provenant du tumulus Saint-Michel de Carnac, donnèrent comme origine 3 760 avant notre ère, nous devons reconnaître que les constructeurs de menhirs détenaient dès le début de notre ère, un savoir bien étrange. D’autres lots analysés par la même méthode donnèrent respectivement 6 650 et 7 030 av-J.C.

 

Il est probable que les techniques employées pour le déplacement de ces pierres gigantesques demeureront longtemps encore une énigme. Quelques monuments ont été élevés près de leur carrière. D’autres au contraire ont dû franchir de très longues distances avant d’atteindre leur point d’érection. Dans Belle-Ile-en-Mer, on voit deux menhirs : l’un est en quartz et se nomme Jean de Runello ; et l’autre est en granit, on le nomme Jeanne de Runello. Ce dernier a été renversé et brisé, il avait à l’origine 8 mètres de haut et pesait environ 25 000 kilogrammes. Mais il n’y a pas de granit dans l’île. Il a donc été arraché à un gisement du continent. Or la presqu’île de Quiberon est à 16 kilomètres de distance.

 

Ces deux aiguilles de pierre étaient faites pour rayonner l’une sur l’autre. Le quartz et le granit jouant des rôles différents mais bien réels.

 

Le tumulus de l’île de Gavr’Innis est bien connu des archéologues pour la richesse de ses pierres sculptées et des mystérieux dessins qu’on peut y découvrir. Ce tumulus est remarquable, car quelques-uns des blocs qui le composent sont d’un grain totalement étranger au sol de l’île. Pour se procurer ces pierres énormes, il a donc fallu chercher un gisement ailleurs, au plus près sur les terrains continentaux de Baden et d’Arradon. Leur placement et leur embarquement sur des radeaux solides, tout comme leur traversée sur l’océan doivent nous donner à réfléchir.. Cette constatation est également valable pour le menhir de Derlez-en-Peumerit, dans le Finistère, qui a été élevé à 3 kilomètres de sa carrière. En passant au peigne fin les carrières proches de Stonehenge, les géologues ont conclu que les chambranles de 40 tonnes avaient dû parcourir 40 kilomètres pour rejoindre le sanctuaire sacré. C’est en effet à Malborough que les monolithes du célèbre ensemble ont été extraits.

 

En 1931, Maurice Privat rapportait dans Les Documents Secrets l’étonnant récit que voici :

« Aux environs de Cluny, dont les moines sont restés célèbres, un dolmen gaulois s’érigeait dans un champ. Un cultivateur, qu’il gênait, le fit enlever. Il gît depuis parmi les chardons.

Il était orné de sept cupules. Elles servaient, disaient quelques érudits, à recueillir le sang répandu lors des sacrifices humains. Cette explication paraissait puérile et calomnieuse à un médecin de Cluny. La religion celtique était trop belle à son avis, pour que les dolmens fussent utilisés pour des fêtes sauvages. Il chercha si le dolmen de Cluny ne jouait pas un rôle dans les fêtes du ciel et dus soleil, le druidisme comme la plupart des cultes antiques, étant fondé sur les astres. Ayant versé de l’eau dans les cupules du dolmen, il eut la joyeuse surprise de constater, une nuit solstice d’été, pour la Saint-Jean aux mille feux, que chacune des sept étoiles du Grand Chariot se reflétait dans chacune des sept cupules.

 

Ainsi ce dolmen servait aux observations astronomiques. Certes d’autres dolmens portent des cupules semblables. Groupés, ne reproduisirent-ils pas, ou la carte des vastes ciels, ou le zodiaque ?

Il serait important de l’étudier.

 

UNE REPARTITION GEOGRAPHIQUE TROUBLANTE

 

Les Hébreux guidés par les Sages d’Israël partageaient avec les peuples implantés sur notre territoire une connaissance magico-scientifique de la pierre. Les juifs ont dressé des monuments semblables à ceux dressés par les Celtes.

Ils les nommaient BET-EL : LA MAISON DE DIEU. Sans doute ce terme était-il synonyme de condensateur d’énergie, réservoir de puissance. Des menhirs ont été dressés sur la rive du Jourdain après le passage du fleuve par les armées de Josué, le Capitaine du Seigneur. Il est toujours possible d’en découvrir à Gezer, entre Jérusalem et Jaffa. Comme à Carnac, les monolithes représentent des alignements mais également des cercles.

On montre près de Rabbat, l’actuel Amman, capitale de la Jordanie, un dolmen funéraire de basalte, enfermant un fort pourcentage de fer, il est donné pour « le lit du Géant ».

 

Partout dans le monde, et même au Japon, ces pierres levées offrent aux archéologues une passionnante énigme à résoudre. Ces bornes constituaient pour les Anciens des émetteurs d’énergie, pour ne pas dire d’ondes, des répartiteurs aptes à féconder la nature et l’esprit des hommes.

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Source : le net

Guy Tarade

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Tarade

Les Grands Initiés : Moïse la vision du Sinaï. 17 octobre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les Grands Initiés : Moïse la vision du Sinaï

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La véritable Mission de Moïse, donner une base solide à la religion Universelle… et pour cela il a choisi les descendants d’Abraham….

 

Une sombre masse de granit, si nue, si ravinée sous la splendeur du soleil qu’on la dirait sillonnée d’éclairs et sculptée par la foudre. C’est le sommet du Sinaï, le trône d’Aelohim, disent les enfants du désert.

En face, une montagne plus basse, les rochers du Serbal, abrupte et sauvage aussi.

Dans ses flancs, des mines de cuivre, des cavernes.

Entre les deux montagnes, une vallée noire, un chaos de pierres, que les Arabes appellent l’Horeb, l’Erèbe de la légende sémitique. Elle est lugubre, cette vallée de désolation quand la nuit y tombe avec l’ombre du Sinaï, plus lugubre encore quand la montagne se coiffe d’un casque de nuages, d’où s’échappent des lueurs sinistres.

Alors un vent terrible souffle dans l’étroit couloir.

On dit que là, Aelohim renverse ceux qui essaient de lutter avec lui et les lance dans les gouffres où s’effondrent les trombes de pluie.

Là aussi, disent les Madianites, errent les ombres malfaisantes des géants, des Refaïm qui font crouler des rochers sur ceux qui tentent de gravir le lieu saint.

La tradition populaire veut encore que le Dieu du Sinaï apparaisse quelquefois dans le feu fulgurant comme une tête de Méduse à pennes d’aigle.

Malheur à ceux qui voient sa face. Le voir c’est mourir.

 

Voilà ce que racontaient les nomades, le soir, dans leurs récits sous la tente, quand dorment les chameaux et les femmes.

La vérité est que seuls les plus hardis parmi les initiés de Jétro montaient à la caverne du Serbal et y passaient souvent plusieurs jours dans le jeûne et la prière.

 

Des sages de l’Idumée y avaient trouvé l’inspiration. C’était un lieu consacré depuis un temps immémorial aux visions surnaturelles, aux Ealohim ou esprits lumineux.

Aucun prêtre, aucun chasseur n’eût consenti à conduire le pèlerin.

 

Moïse était monté sans crainte par le ravin d’Horeb. Il avait traversé d’un cœur intrépide la vallée de la mort et son chaos de rochers.

 

Comme tout effort humain, l’initiation a ses phases d’humilité et d’orgueil.

 

En gravissant les marches de la montagne sainte, Moïse avait atteint le sommet de l’orgueil, car il touchait au sommet de la puissance humaine.

Déjà, il croyait se sentir un avec l’Etre suprême.

Le soleil d’un pourpre ardent s’inclinait sur le massif volcanique du Sinaï et les ombres violettes de couchaient dans les vallées, quand Moïse se trouva à l’entrée d’une caverne dont une maigre végétation de térébinthes protégeait l’entrée.

 

Il s’apprêtait à y pénétrer, quand il fut comme aveuglé par une lumière subite qui l’enveloppa.

Il lui sembla que le sol brûlait sous lui et que les montagnes de granit s’étaient changées en une mer de flammes.

A l’entrée de la grotte, une apparition aveuglante de lumière le regardait et du glaive lui barrait la route.

Moïse tomba foudroyé, la face contre terre.

 

Tout son orgueil s’était brisé.

 

Le regard de l’Ange l’avait transpercé de sa lumière. Et puis, avec ce sens profond des choses qui s’éveille dans l’état visionnaire, il avait compris que cet être allait lui imposer des choses terribles.

Il eût voulu échapper à sa mission et rentrer sous terre comme un reptile misérable.

 

Mais une voix dit : « Moïse ! Moïse ! » Et il répondit : « Me voici !

-Ne t’approche point d’ici. Déchausse les souliers de tes pieds. Car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »

 

Moïse cacha son visage dans ses mains. Il avait peur de revoir l’Ange et de rencontrer son regard.

 

Et l’Ange lui dit : « Toi qui cherches Aelohim, pourquoi trembles-tu devant moi ?

-Qui es-tu ?

-Un rayon d’Aelohim, un ange solaire, un messager de Celui qui est et qui sera.

-Qu’ordonnes-tu ?

-Tu diras aux enfants d’Israël : L’Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu de Jacob m’a envoyé vers vous, pour vous retirer du pays de servitude.

-Qui suis-je, dit Moïse, que je retire les enfants d’Israël de l’Egypte ?

-Va, dit l’Ange, car je serai avec toi. Je mettrai le feu d’Aelohim dans ton cœur et son verbe sur tes lèvres. Depuis quarante ans tu l’évoques. Ta voix à retenti jusqu’à lui.

 

Voici, je te saisis en son nom. Fils d’Aelohim, tu m’appartiens à jamais. »

 

Et Moïse enhardi s’écria : »Montre-moi Aelohim ! Que je voie son feu vivant ! »

 

Il releva la tête. Mais la mer de flammes s’était évanouie et l’Ange avait fui comme l’éclair. Le soleil était descendu sur les volcans éteints du Sinaï ; un silence de mort planait sur le val d’Horeb ; et une voix qui semblait rouler dans l’azur et se perdre dans l’infini disait : « Je suis Celui qui suis. »

 

Moïse sortit de cette vision comme anéanti. Il crut un instant que son corps avait été consumé par le feu de l’Ether. Mais son esprit était plus fort. Quand il redescendit vers le temple de Jétro il se trouva prêt pour son œuvre.

Son idée vivante marchait devant lui comme l’Ange armé du glaive de feu.

 

Chapitre V

L’EXODE – LE DESERT – MAGIE ET THEURGIE

 

Le plan de Moïse était un des plus extraordinaires, des plus audacieux qu’homme n’ait jamais conçus. Arracher un peuple au joug d’une nation aussi puissante que l’Egypte, le mener à la conquête d’un pays occupé par des populations ennemies et mieux armées, le traîner pendant dix, vingt ou quarante ans dans le désert, le brûler par la soif, l’exténuer par la faim ; le harceler comme un cheval de sang sous les flèches des Hittites et des Amalécites prêts à le tailler en pièces ; l’isoler avec son tabernacle de l’Eternel au milieu de ces nations idolâtres, lui imposer le monothéisme avec une verge de feu et lui inspirer une telle crainte, une telle vénération de ce Dieu unique qu’il s’incarnât dans sa chair, qu’il devînt son symbole national, le but de toutes ses aspirations et sa raison d’être.

Telle fut l’œuvre inouïe de Moïse.

 

L’exode fut concerté et préparé de longue main par le prophète, les principaux chefs israélites et Jétro. Pour mettre son plan à exécution, Moïse profita d’un moment où Ménephtah, son ancien compagnon d’études devenu pharaon, dut repousser l’invasion redoutable du roi des Lybiens Mermaïoui.

L’armée égyptienne tout entière occupée du côté de l’Ouest ne put contenir les Hébreux et l’émigration en masse s’opéra paisiblement.

 

Voilà donc les Béni-Israël en marche.

 

Cette longue file de caravanes, portant les tentes à dos de chameaux, suivie de grands troupeaux, s’apprête à contourner la mer Rouge.

Ils ne sont encore que quelques milliers d’hommes. Plus tard l’émigration se grossira « de toutes sortes de gens » comme dit la Bible, Cananéens, Edomites, Arabes, Sémites de tout genre, attirés et fascinés par le prophète du désert, qui de tous les coins de l’horizon les évoque pour les pétrir à sa guise.

Le noyau de ce peuple est formé par les Béni-Israël, hommes droits, mais durs, obstinés et rebelles. Leurs hags ou leurs chefs leur ont enseigné le culte du Dieu unique. Ils constituent chez eux une haute tradition patriarcale.

 

Mais dans ces natures primitives et violentes le monothéisme n’est encore qu’une conscience meilleure et intermittente. Dès que leurs mauvaises passions se réveillent, l’instinct du polythéisme, si naturel à l’homme, reprend le dessus.

Alors ils retombent dans les superstitions populaires, dans la sorcellerie et dans les pratiques idolâtres des populations voisines d’Egypte et de Phénicie, que Moïse va combattre par des lois draconiennes.

 

Autour du prophète qui commande à ce peuple, il y a un groupe de prêtres présidés par Aaron, son frère d’initiation, et par la prophétesse Marie qui représente déjà dans Israël l’initiation féminine.

 

Ce groupe constitue le sacerdoce. Avec eux soixante-dix chefs élus ou initiés laïques se serrent autour du prophète de Iévé, qui leur confiera sa doctrine secrète et sa tradition orale, qui leur transmettra une partie de ses pouvoirs et les associera quelquefois à ses inspirations et à ses visions.

 

Au cœur de ce groupe on porte l’arche d’or. Moïse en a emprunté l’idée aux temples égyptiens où elle servait d’arcane pour les livres théurgiques ; mais il l’a fait refondre sur un modèle nouveau pour ses desseins personnels.

 

L’arche d’Israël est flanquée de quatre chérubins en or semblables à des sphinx, et pareils aux quatre animaux symboliques de la vision d’Ezéchiel.

L’un a une tête de lion, l’autre une tête de bœuf, le troisième une tête d’aigle et le dernier une tête d’homme.

Ils personnifient les quatre éléments universels : la terre, l’eau, l’air et le feu ; ainsi que les quatre mondes représentés par les lettres du tétragramme divin. De leurs ailes les chérubins recouvrent le propitiatoire.

 

Cette arche sera l’instrument des phénomènes électriques et lumineux produits par la magie du prêtre d’Osiris, phénomènes qui, grossis par la légende, enfanteront les récits bibliques.

 

L’arche d’or renferme en outre le Sépher Béréhit ou livre de Cosmogonie rédigé par Moïse en hiéroglyphes égyptiens, et la baguette magique du prophète, appelée verge par la Bible.

Elle contiendra aussi le livre de l’Alliance ou la loi du Sinaï. Moïse appellera l’arche le trône d’Aelohim ; car en elle repose la tradition sacrée, la mission d’Israël, l’idée de Iévé.

 

Quelle constitution politique Moïse donna-t-il à son peuple ?

A cet égard il faut citer l’un des passages les plus curieux de l’exode. Ce passage a l’air d’autant plus ancien et plus authentique qu’il nous montre le côté faible de Moïse, sa tendance à l’orgueil sacerdotal et à la tyrannie théocratique, réprimée par son initiateur éthiopien.

 

Le lendemain, comme Moïse siégeait pour juger le peuple, et que le peuple se tenait devant Moïse depuis le matin jusqu’au soir.

Le beau-père de Moïse ayant vu tout ce qu’il faisait au peuple, lui dit : Qu’est-ce que tu fais au peuple ? D’où vient que tu es seul assis et que le peuple se tient devant toi depuis le matin jusqu’au soir ?

 

Et Moïse répondit à son beau-père : C’est que le peuple vient à moi pour s’enquérir de Dieu.

Quand ils ont quelque cause, ils viennent à moi ; alors je juge entre l’un et l’autre et je leur fais entendre les ordonnances de Dieu et ses lois.

Mais le beau-père de Moïse lui dit : Tu ne fais pas bien.

Certainement tu succomberas, et toi, et même ce peuple qui est avec toi ; car cela est trop pesant pour toi, et tu ne sauras faire cela à toi seul.

Ecoute-donc mon conseil ; je te conseillerai, et Dieu sera avec toi. Sois pour le peuple auprès de Dieu, et rapporte les causes à Dieu ;

Instruis-les des ordonnances et des lois, et fais-leur entendre la voix par laquelle ils doivent marcher, et ce qu’ils auront à faire.

 

Et choisis d’entre tout le peuple des hommes vertueux, craignant Dieu, des hommes véritables haïssant le gain déshonnête, et établis sur eux des chefs de milliers, des chefs de centaines, des chefs de cinquantaines, et des chefs de dizaines ;

Et qu’ils jugent le peuple en tout temps ; mais qu’ils te rapport en toutes les grandes affaires, et qu’ils jugent toutes les petites causes. Ainsi ils te soulageront et ils porteront une partie de la charge avec toi.

 

Si tu fais cela, et Dieu te le commande, tu pourras subsister, et même tout le peuple arrivera heureusement en son lieu.

Moïse donc obéit à la parole de son beau-père, et fit tout ce qu’il avait dit -Exode, XVIII, 13-24(12)

Il ressort de ce passage que dans la constitution d’Israël établie par Moïse, le pouvoir exécutif était considéré comme une émanation du pouvoir judicaire et placé sous le contrôle de l’autorité sacerdotale.

 

Tel fut le gouvernement légué par Moïse à ses successeurs, sur le sage conseil de Jétro. Il resta le même sous les juges, de Josué à Samuel jusqu’à l’usurpation de Saül.

Sous les rois, le sacerdoce déprimé commença à perdre la véritable tradition de Moïse, qui ne survécut que dans les prophètes.

 

Nous l’avons dit, Moïse ne fut pas un patriote, mais un dompteur de peuple ayant en vue les destinées de l’humanité entière.

Israël n’était pour lui qu’un moyen, la religion universelle était son but, et par-dessus la tête des nomades sa pensée allait aux temps futurs.

Depuis la sortie d’Egypte jusqu’à la mort de Moïse, l’histoire d’Israël ne fut qu’un long duel entre le prophète et son peuple.

 

La suite – L’Exode – Le désert – Théurgie et Magie (suite)

Source : http://graal.over-blog.com/article-7144722.html

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La mort volontaire du vaincu chez les Celtes 5 septembre, 2021

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Polythéisme celtique

La mort volontaire du vaincu chez les Celtes (recension de tous les textes classiques qui évoquent le phénomène).

Chantal BrachetdelafayeLES GRANDES BATAILLES DE L’HISTOIRE

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La mort volontaire du vaincu chez les Celtes

Si l’on en croit Tite Live, lorsque les Romains rencontrèrent pour la première fois, directement et officiellement des Gaulois, des Sénons, lors de l’ambassade des trois Fabius en 391 av. J.-C., ils demandèrent à ces nouveaux venus de quel droit ils réclamaient des terres aux Clusiniens et ce qu’ils venaient faire en Etrurie. La réponse fut cinglante : «Du droit de nos armes. Tout appartient aux braves » .

Alors les ambassadeurs romains, de caractère farouche, «plus semblables à des Gaulois qu’à des Romains » , prirent les armes, bafouant ainsi les usages du ius gentium. Le souhait du Sénat et du peuple romain – «nouer des relations pacifiques avec ce nouveau peuple » – s’évanouissait.

La guerre commença. Ce fut la bataille de l’Allia, la prise de Rome. C’est donc sur le champ de bataille, que Rome découvrit les Gaulois, «un peuple impulsif » que «l’on n’avait jamais vu et dont on ne savait rien si ce n’est qu’il venait des bords de l’Océan et du bout du monde » . De ces affrontements, Rome conserva pour longtemps l’image d’une nation belliqueuse, aux chants sauvages et discordants qui déferlait en bandes rapides dans le Latium. La plupart des cités de l’Antiquité classique subirent la même expérience que Rome. Aussi «tous les peuples appartenant à la race celtique passèrent pour passionnés de guerre » constate Strabon, qu’ils soient mercenaires, ennemis ou alliés. Ce trait de caractère collectif qui a impressionné les Anciens, a été reconnu, étudié et nuancé par les historiens modernes. En revanche, un comportement guerrier a été quelque peu négligé, celui de la mort volontaire des Celtes sur le champ de bataille.

Avant tout, deux remarques s’imposent. L’une concerne les sources disponibles. Les textes littéraires qui présentent ces morts volontaires sont toujours rédigés par des adversaires des Celtes qui appartiennent en définitive au camp des vainqueurs. Et leurs rédacteurs qui visent d’abord à éblouir leurs lecteurs par les exploits qu’ils rapportent, ne cherchent guère à comprendre les motivations de ces barbares. Malgré tout existe une certaine curiosité, voire une admiration un peu condescendante, pour ces morts volontaires. Mais souvent, ces auteurs sombrent dans des généralités, versent dans des clichés ou projettent leurs propres valeurs sur les comportements de leurs ennemis. Pour cette raison, je rappellerai, quitte à caricaturer, que si les Grecs condamnent en général la mort volontaire, ils l’acceptent parfois pour des motifs militaires, tandis que les Romains, du moins jusqu’à la fin du premier siècle ap. J.-C., n’élèvent aucune condamnation à l’égard de celui qui se tue, quelles qu’en soient les causes. L’autre veut replacer ces suicides sur le champ de bataille dans un cadre culturel plus vaste, celui de la mort volontaire chez les peuples celtes. Rien de précis n’existe sur cette question et les explications qui en sont apportées demeurent hypothétiques tant les sources littéraires sont discrètes. Au demeurant, l’essentiel de nos connaissances en ce domaine repose précisément sur les cas de suicide sur le champ de bataille ou consécutifs à une défaite militaire. Certes d’autres cas nous sont rapportés chez les peuples celtes, mais ils sont très peu nombreux. C’est donc surtout à travers l’étude des morts volontaires liées à la guerre que se dessinent les contours d’une conception particulière de la mort voulue. À cette fin, j’examinerais en premier lieu les faits. Dans un second temps, j’en proposerais une interprétation avant d’aborder les conséquences que l’on est en droit de tirer. Pour suivre les cas de morts volontaires celtes sur le champ de bataille, le fil conducteur le plus simple est celui qui relie chronologie et grands espaces géographiques où les Celtes interviennent.

En 283 av. J.-C., lors de la bataille du lac Vadimon, en Étrurie méridionale, les Gaulois cisalpins sont écrasés par le consul Publius Cornelius Dolabella. Les survivants s’entretuèrent, dit Appien comme pris de folie. Quelques décennies passent. En 225, à proximité du golfe Télamon, les troupes romaines et italiennes l’emportent difficilement sur une coalition de peuples gaulois. «Finalement écrit Polybe, se voyant incapables de repousser leurs adversaires, (…) les uns (des Gésates) allèrent, dans un élan de fureur irraisonnée, se jeter en aveugles au milieu des ennemis, s’offrant volontairement à la mort… » . D’autres reculèrent. Selon Polybe, le désastre humain fut important : 42 000 Gaulois furent tués, 10 000 faits prisonniers. Anèroestès, l’un des deux rois gésates, gagna avec quelques compagnons, ses proches, un refuge, les tua et se donna ensuite la mort.

Pour les autres combats en Italie où s’affrontèrent Romains et peuples celtes, je n’ai relevé aucun cas de mort volontaire signalé par les sources littéraires. Mais pendant l’hiver 218-217, attaqués par Hannibal, certains habitants de Victumulae, dans le territoire de Verceil, voyant leur ville perdue, se réfugièrent dans leurs maisons avec leurs femmes et leurs enfants, y mirent le feu et s’y jetèrent tandis que d’autres se donnèrent la mort après avoir tué les leurs.

Les peuples celtes apparurent dans les Balkans à la fin du IVe siècle. Vers la fin de l’automne 279 av. J.-C., une bande de Celtes marcha sur Delphes. Ce fut un échec. Pourtant l’événement marqua les esprits : nombreux, bavards et contradictoires furent les auteurs anciens qui racontèrent la mort volontaire de Brennus, le chef qui conduisait l’expédition. Pour les uns, il se serait tué en pénétrant dans le temple d’Apollon. Pour les autres, blessé, il aurait mis fin à ses jours au cours d’une retraite pénible soit d’un coup de poignard, soit en buvant du vin pur. Quant aux explications avancées pour comprendre son geste, on évoqua tour à tour : la vengeance d’Apollon, une douleur insoutenable, la crainte de représailles de la part des siens, la honte des calamités infligées à la Grèce. Mais avant ce suicide du chef de guerre, on rapporta que les blessés furent achevés et qu’une folie meurtrière gagna l’armée des Celtes en déroute : «prenant les armes les uns contre les autres, note Pausanias, ils se massacraient mutuellement, ne se reconnaissant plus ni à leur langue, ni à leurs armes, ni à leur aspect » .

Si nous ne savons rien du comportement des Galates lors de la défaite de Lysimacheia en 277, nous retrouvons des Galates mercenaires en 275/ 274 au service de Ptolémée II Philadelphe. Ce dernier, au lendemain de l’offensive avortée de Magas, son demi-frère, roi de Cyrénaïque, confronté à des mercenaires gaulois qu’il avait recrutés et craignant qu’ils ne s’emparassent de l’Égypte, les débarqua sur une île déserte du delta du Nil et les y abandonna. Tous les Galates périrent. Soit par le feu en se jetant sur des bûchers qu’ils avaient construits, dit Callimaque, un contemporain de ces drames, soit en s’entretuant, soit de faim, soit enfin parce qu’ils furent noyés par le roi qui aurait fait inonder l’île. En outre, il est fort probable que les familles de ces mercenaires participèrent à cette tragédie. Beaucoup plus tard, en 189 av. J.-C., des Tolistobogiens et des Tectosages battus respectivement aux batailles du mont Olympe de Mésie et du mont Magaba et faits prisonniers par les forces de Cn. Manlius Vulso, stupéfièrent les Romains par leurs attitudes : «ils essayaient de rompre leurs chaînes avec leurs dents et s’offraient les uns aux autres pour qu’on les étranglât » . Déjà lors de l’attaque de Manlius au mont Olympe, certains Galates, ne pouvant rendre les coups qu’ils avaient reçus, aveuglés de colère (ira) et de terreur (pavor), se jetèrent les uns contre les autres comme des bêtes sauvages blessées tandis que d’autres se ruaient sur leurs ennemis et se faisaient égorgés par les vélites. Après cette date, aucune mort volontaire de Galate sur le champ de bataille ne nous est signalée par les sources littéraires.

En 195 av. J.-C., au nord de l’Ebre, Caton, alors consul, désarma des Espagnols (Hispani). Beaucoup parmi eux ne purent supporter cette humiliation et se tuèrent : ils n’envisageaient pas de vivre sans armes. En juin 137, Decimus Iunius Brutus affronte en Galice des Celtes. Aux côtés des hommes, des femmes combattent dans les rangs des barbares. Appien qui décrit cette bataille, la seule bataille importante de cette campagne, insiste sur la résistance de ces femmes qui se battirent jusqu’à la mort, préférant tuer leurs enfants et se tuer ellesmêmes plutôt que d’être faites prisonnières. Des scènes analogues sont décrites par Strabon pendant la guerre contre les Cantabres, avec une amplification : sur l’ordre de son père, un petit enfant tue ses parents et ses frères pour leur éviter la captivité. Et à chaque défaite, celle du Mons Medullius en 26 av. J.-C. 29, celle de 22 av. J.-C. subie devant les troupes de C. Furnius, des Cantabres se donnèrent la mort et s’entretuèrent. Même des prisonniers réussirent à se jeter d’eux-mêmes sur un bûcher embrasé. Parlant des morts volontaires des Cantabres, Appien précise : «Ces moeurs se retrouvent chez les Celtes, les Thraces et les Scythes, peuples connus aussi pour leurs actes de courage tant de la part des hommes que de celle des femmes » . Plus à l’est, Numance. En 133, à la suite d’un long et célèbre siège, les Numantins se supprimèrent selon un scénario où se distinguent quatre temps :

1) délibération, prise de décision de mourir, repas funéraire (anticipé sur sa propre mort) composé de viande à demi crue et d’une boisson forte (la celia) faite avec du blé;

2) préparation d’un gigantesque bûcher où même les armes furent brûlées;

3) mise à mort des femmes et des enfants;

4) auto-extermination des survivants. Résultat de cette rabies : selon Florus, «on ne triompha que d’un nom » . On ne trouva en effet pas un seul habitant pour être emmené en esclavage.

Le premier cas de mort volontaire sur le champ de bataille concerne des populations gauloises (Gallorum) qui se trouvent au pied des Alpes et que vainc en 117 av. J.-C. le consul Q. Marcius. Seul Orose signale ces événements et l’on ne s’accorde pas toujours sur le nom de cette population (Ligures? Stoeni?). Toujours est-il que les combattants qui survécurent aux assauts romains, supprimèrent femmes et enfants et s’élancèrent dans les flammes tandis que ceux qui furent faits prisonniers quittèrent volontairement la vie au début de leur captivité par le fer, la corde ou le refus de nourriture. Il n’y eut aucun survivant. Moins clairs sont les deux épisodes suivants. Si personne ne conteste les suicides tels que nous les relatent les auteurs anciens, on hésite sur l’origine ethnique des populations : qui des Teutons, des Cimbres, des Tigurins et des Ambrons relèvent du monde celtique ou du monde germanique? À la limite cela importe peu, tant les faits sont semblables à Aix-en-Provence en 102, à Verceil en 101 et tant les conduites militaires entre Celtes et Germains sont proches. Lors de ces deux batailles, les vaincus, dont deux roitelets, s’entretuèrent et leurs femmes suivirent leurs exemples selon diverses modalités (feu, pendaison, glaive) après avoir tué les petits enfants. Il y eut cependant de très nombreux prisonniers. Troisième champ de bataille, la mer. Les Vénètes que bat la flotte de César, se précipitèrent dans l’Océan ou cherchèrent la mort sous les coups des vainqueurs en escaladant leurs vaisseaux ou de toute autre manière.

En 51 av. J.-C., Corréos, chef des Bellovaques, à la tête de cavaliers et de fantassins d’élite, tendit une embuscade aux soldats de César qui allaient fourrager. Après avoir reculé, les Romains, rapidement soutenus par des renforts légionnaires, bousculèrent les Gaulois qui se dispersèrent et s’enfuirent. Cependant Corréos refusa de se rendre et «finit par obliger les vainqueurs emportés par la colère à l’accabler de leurs traits » . Enfin, en 21 ap. J.-C., à la suite d’une bataille qu’il perdit près d’Autun, l’Eduen Sacrovir avec ses plus fidèles amis, se réfugia dans une uilla et s’y tua. Ses fidèles se donnèrent mutuellement la mort et la uilla à laquelle fut mis le feu, leur servit de bûcher funéraire. Auparavant, la même année, son allié Iulius Florus, un Trévire de haute naissance, mit fin à ses jours après avoir été battu par les légions. Quelques décennies plus tard, en 69, après l’échec de sa révolte, le Lingon Iulius Sabinus fit croire qu’il s’était tué dans une villa qu’il avait enflammée. Ce subterfuge lui permit de vivre caché pendant neuf années grâce à l’aide de son épouse Epponine et de ses amis.

Après l’anéantissement de son armée en 60/ 61, Boudicca, la reine des Icéniens se tua sur le champ de bataille, ou peu après. Pourtant son soulèvement contre l’occupant romain avait bien commencé. Après avoir pris et détruit trois villes romaines, battu une légion, elle avait remercié Andraste, la déesse de la victoire en entourant son bois sacré de femmes (romaines selon toute vraisemblance) embrochées à des pieux, un procédé qui n’est pas sans évoquer le trophée de Ribemont sur-Ancre. Vingt ans plus tard, exactement en 83, après la bataille remportée par Agricola contre les Bretons, Tacite signale que «quelques isolés, sans armes, se ruaient à l’assaut et s’offraient à la mort » et que les Bretons incendièrent le lendemain leurs maisons, massacrèrent leurs épouses et leurs enfants avant de se supprimer eux-mêmes » . «Partout, écrit l’historien, qui devait tenir ces choses vues de son beau-père, un silence de mort, des collines désertes, des toits fumants au loin, pas un homme sur la route de nos éclaireurs » . Sur cette description d’un pays où la vie s’est éteinte s’achève cette série de morts volontaires celtes sur le champ de bataille.

Jean-Louis Voisin

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La Franc-Maçonnerie Militaire 27 juillet, 2021

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La Franc-Maçonnerie Militaire

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La Franc-Maçonnerie militaire a joué un rôle essentiel dans l’apparition en France de la Maçonnerie spéculative. Avant 1789, les Loges militaires qui existaient dans la plupart des régiments de l’armée royale initiaient au hasard des déplacements, d’une garnison à l’autre, des aristocrates, des bourgeois, des commis d’administra­tion, des avocats, des religieux qui allaient devenir un peu plus tard les animateurs des Loges sédentaires.

Plus tard, sous le Premier Empire, ce furent les Loges militaires de la Grande Armée qui propagèrent la Franc-Maçonnerie dans toute l’Europe, notamment en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Pologne, en Italie, en Espagne, initiant un peu partout dans les terri­toires occupés et y donnant naissance à une Maçonnerie locale là où elle n’existait pas encore, réveillant ailleurs de vieilles Loges qui étaient en sommeil depuis un certain temps. Par un étrange para­doxe, ce furent ainsi les militaires francs-maçons de l’armée impé­riale qui propagèrent à travers l’Europe l’idéal de la Révolution française de 1789.

Officiers et hommes de troupes se retrouvaient fraternellement unis dans la Loge, sans aucune distinction de grades. Ainsi, en 1779, La Parfaite Union du régiment du Vivarais avait comme Vénérable le simple soldat Dupred, alors que le capitaine Charles de Roux l’assistait comme Secrétaire.

En 1773, la Loge Saint-Charles des Amis Réunis, installée au sein du régiment de Saintonge, avait pour Vénérable le fourrier La­bouisse. Elle comptait parmi ses membres le comte de Bérenger, mestre de camp.

Il n’est pas inutile de rappeler que, bien avant la création en 1717 de la Grande Loge de Londres, la Franc-Maçonnerie dans sa forme spéculative, avait été introduite en France par des militaires. Lorsque la reine Henriette, fille du roi de France Henri IV, épouse du roi d’Angleterre Charles r, s’était réfugiée au château de Saint- Germain, la plupart des officiers écossais de sa suite appartenaient à des Loges anglaises qu’ils s’étaient empressés de reconstituer en exil.

Dès 1689, à Saint-Germain-en-Laye, une Loge jacobite, La Bonne Foi, existait au régiment de Dillon des gardes écossais. Plusieurs autres Loges stuartistes furent ouvertes en France dès 1690. Dans des conditions identiques, des marins et des soldats participèrent à la fondation des premières Loges spéculatives en territoire fran­çais. Ainsi, en 1732, des officiers de marine anglais séjournant à Bordeaux y ouvrirent la Loge L’Anglaise qui existe encore de nos jours.

De nombreux officiers français furent initiés à cette époque. En 1736, plus de deux cents officiers de hauts grades assistaient à la Tenue maçonnique pour laquelle le chevalier de Ramsay écrivit son célèbre Discours, premier essai de réforme de l’Ordre maçonnique. Ce fut à ce moment que fut initié le Maréchal d’Estrées.

Le premier Grand Maître français, Louis de Pardaillan de Gon­drin, duc d’Antin et d’Epernon, élu le 24 juin 1738, était lui-même colonel du régiment de Royal-Marine.

Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, qui fut appelé à lui succéder en 1743, avait fait ses preuves sur le champ de bataille. Il fut désigné par ses Frères de préférence au prince de Conti et au Maréchal de Saxe.

Il y eut ainsi une longue période pendant laquelle les militaires exercèrent l’autorité suprême dans l’Ordre maçonnique en France. Au tableau des Grands Officiers pour l’année 1773 figurent ainsi le Frère de Montmorency-Luxembourg, brigadier des armées du roi ; le colonel d’infanterie de Buzançais ; le mestre de camp de cava­lerie Rohan-Guéménée ; le colonel d’infanterie de Lauzun ; le colo­nel d’infanterie Bacon de la Chevalerie ; le colonel du régiment de Champagne Colbert, marquis de Seigneley ; le maréchal de camp prince de Tarente ; le mestre de camp des dragons prince de Pigna­telly ; le colonel d’infanterie vicomte de Rouait ; le colonel d’infanterie chevalier de Launey ; le lieutenant-colonel Giraud-Destours ; le colonel comte d’Ossun ; le mestre de camp de cavalerie marquis de Clermont-Tonnerre, d’autres encore.

Tous les régiments possédaient alors une ou plusieurs Loges maçonniques.

Il suffit par ailleurs de consulter les tableaux des Loges pari­siennes avant 1789 pour y trouver en très grand nombre des mili­taires de toutes les armes et de tous les grades.

Tout naturellement, les soldats francs-maçons prirent fréquem­ment l’initiative de créer des Loges civiles et sédentaires dans les villes où ils étaient affectés. Ce fut ainsi que le capitaine Frignet, du Royal-Lorraine-Cavalerie, fut en 1748 le fondateur à Rennes de La Parfaite Union, une Loge qui devait devenir plus tard la Mère- Loge de la Maçonnerie bretonne. De même, en 1756, ce fut la Loge militaire Les Frères Unis, au régiment de Thianges-Dragons, qui installa à Laval la Loge sédentaire L’Union, composée essentielle­ment de petits bourgeois.

En 1768, lorsque L’Heureuse Rencontre fut installée à Brest, elle comptait parmi ses fondateurs une majorité d’officiers.

Les archives de la Franc-Maçonnerie française permettent de suivre les régiments dans leurs successifs déplacements. Prenons l’exemple de La Parfaite Union, Loge militaire du régiment Royal Roussillon-Cavalerie. Elle se trouve en garnison à Hesdin en 1774 lorsqu’elle ouvre ses travaux sous la direction du capitaine de More­ton-Chabrillant. En 1775, lorsqu’elle initie le comte des Rieux et le comte de Carné, elle tient ses assises dans le Temple de la Loge de Rennes.

De la même façon, nous pouvons suivre pendant plus de vingt ans dans ses déplacements la Loge militaire de l’Orléans-Dragons. Des noms connus figurent sur les tableaux des Loges militaires. Le sous-lieutenant Alexandre de Musset, grand-oncle du poète, appar­tenait à La Concorde, Loge du régiment d’Auvergne. Le baron de Montboissier-Beaufort-Canillac, gendre de Malesherbes, fut Véné­rable de L’Amitié à l’Epreuve, la Loge de l’Orléans-Dragons. Le duc de Richelieu, futur Premier ministre du roi Louis XVIII, fut l’orateur des Dragons Unis, au régiment des Deux-Ponts-Dragons. Percy, l’un des rénovateurs de la chirurgie militaire, fut le Secrétaire des Frères Unis, au régiment de Berry-Cavalerie. Le célèbre Choderlos de Laclos, l’auteur des « Liaisons dangereuses «, fut le Vénérable de L’Union, au corps d’artillerie de Toul.

Lafayette et Rochambeau étaient eux-aussi francs-maçons.

Axel de Fersen, colonel du Royal Suédois, l’homme qui organisa la fuite à Varennes de la famille royale, appartenait à L’Olympique de la Parfaite Estime. Dans cette Loge il retrouvait un lieutenant- général qui se nommait… Charles d’Estaing.

Le célèbre mathématicien Gaspard Monge fut en 1779 l’Orateur de L’Union Parfaite du Corps du Génie où il avait été initié. La Tour d’Auvergne, le premier grenadier de France, tombé au champ d’hon­neur le 27 juin 1800, appartenait à une Loge bretonne.

Il demeure que la période la plus faste de la Maçonnerie mili­taire, ce fut indéniablement celle du Premier Empire, avec les francs-maçons Junot, Pichegru, Mac Donald, Beurnonville, Kléber, Brune, Joseph.et Jérôme Bonaparte, Sérurier, Kellermann, Mortier, Ney, Lannes, Lefebvre, Murat, Augereau, Moreau, Exelmans, Suchet, Oudinot, Bernadotte, Molitor, sans oublier le général Hugo, père de Victor, qui appartenait à L’Amitié d’Aix-en-Provence et à La Concor­de de Bastia.

Faire aujourd’hui le tour de Paris par les boulevards extérieurs c’est s’offrir l’occasion de saluer l’un après l’autre les plus grands noms de la Maçonnerie militaire.

N’oublions pas le maréchal Masséna, duc de Rivoli, qui avait été initié à Toulon en 1784 par la Loge Les Enfants de Minerve. Quant à Grouchy, celui de Waterloo, il appartenait à La Candeur de Strasbourg.

Dans toute l’histoire de la Franc-Maçonnerie universelle aucune date n’est plus douloureuse que celle du 18 juin 1815. Ce jour-là, dans la plaine de Waterloo, se retrouvèrent face à face les francs- maçons français du Frère Grouchy, les francs-maçons anglais du Frère Wellington, les francs-maçons prussiens du Frère Blücher. La fine fleur des Loges militaires de la Grande Armée disparut dans la charge héroïque de la Haie-Sainte que commandait le franc-maçon Lassale.

Quelques-uns des plus grands noms de la Marine figurent éga­lement sur les tableaux des Loges, notamment ceux du corsaire Surcouf et du corsaire Bompard, du bailli de Suffren, de l’amiral Villaret de Joyeuse, de l’amiral Bruix, de l’amiral Magon de Médine qui trouva la mort à Trafalgar.

Les marins français participèrent activement à l’implantation et au développement de la Maçonnerie aux Antilles, à Saint-Do­mingue, aux Indes, au Moyen-Orient et en Amérique Latine. Un mili­taire comme le comte de Grasse-Tilly propagea de la même façon et organisa dans plusieurs pays d’Europe, notamment en Belgique et en Espagne, le système des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

La liste est longue des soldats francs-maçons qui, sous les différents régimes, furent élevés à la dignité de Maréchal de France. Les plus connus sont Augereau, Bernadotte, Exelmans, Joffre, Keller­mann, Lefebvre, Masséna, Murat, Ney, Soult et Suchet. Pendant la guerre de 1914-1918, le Grand Maître de la Grande Loge de France était le général Peigné. Une Loge parisienne de son Obédience porte aujourd’hui son nom.

Entre 1919 et 1940, et depuis 1944, de nombreux officiers d’ac­tive furent Vénérables de Loges écossaises et plusieurs d’entre eux furent appelés à siéger au Conseil Fédéral de la Grande Loge de France.

Ainsi, la tradition de la Franc-Maçonnerie militaire se prolonge. Elle constitue à coup sûr l’une des plus belles pages de l’histoire de la Franc-Maçonnerie française.

MAI 1982 Publié dans le PVI N° 46

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Historique du rite ancien et primitif de Memphis – Misraïm 21 juillet, 2021

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Historique du rite ancien et primitif de Memphis – Misraïm

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15 Février 2016 , Rédigé par RAPMM

La Franc-maçonnerie est une institution pluri centenaire, car les premières révélations historiques remontent au XIIIème siècle. Cette association de métier, à l’origine dite opérative…, au caractère corporatiste autant que moral et spirituel, devient, dès le Carrefour de 1723, un « centre d’union » où se retrouvent, en toute fraternité, des hommes qui, sans elle, ne se seraient pas reconnus… Adopter une vision tranchée et univoque de la Franc-maçonnerie moderne, dite spéculative.., semble difficile, car celle-ci, selon les temps et les lieux, a revendiqué des origines et des finalités bien différentes, bien qu’elle s’inscrive dans le courant judéo-chrétien. En outre, sa philosophie ne s’exprime que par le truchement des symboles : or leur sens dépend de la tradition initiatique à laquelle se rattache chaque Rite, qui représente l’Esprit de chaque Ordre existant Ainsi, les différentes Obédiences françaises couvrent un large spectre, allant du social au spirituel, de l’athéisme au déisme ; elles ont toutes cependant en commun leur essence initiatique et leurs trois premiers degrés représentent un centre adogmatique de perfectionnement individuel, intellectuel, moral et de travail sur soi. Ce n’est que par la suite que l’empreinte du Rite, propre à chaque Obédience se manifeste dans toute son amplitude : il donne à ses cérémonies une qualité, une densité, une stabilité, une impulsion et une prégnance à nulle autre pareille. De telle sorte que cette juxtaposition de mille et une nuances dans l’Art Royal entrouvre l’accès à une voie adaptée à la nature du Cherchant et à ses exigences, dans le respect le plus strict de sa liberté absolue de conscience. La Franc-maçonnerie du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm possède ses spécificités propres, qui font d’elle une Maçonnerie peu connue, mais d’une grande richesse à la fois rituelle et historique. Parmi celles-ci, se distinguent entre autres :
Son orientation spiritualiste et déiste dans le cadre de la Voie Initiatique.
Sa volonté de donner l’accès à la Connaissance Essentielle par l’alliance de l’intelligence du cœur à celle du mental ;
Sa représentation en tant que gardien des traditions de l’ancienne Egypte, berceau de toute initiation. Sa vocation de conserver et de développer une Tradition intacte (comprise comme la Tradition Primordiale transmise dans les courants hermétiques, gnosticistes, kabbalistes, templiers et rosicruciens), propre à libérer l’homme de ses chaînes matérielles, au travers de son évolution spirituel
le. Cette Tradition se veut dépositaire des antiques initiations de la vallée du Nil, perpétuées au travers de divers mouvements, parmi lesquels se retrouvent les pythagoriciens (qui détiennent l’héritage d’une Géométrie d’essence sacrée), les Hermétistes Alexandrins (dont les ouvrages de référence sont le Corpus Hermeticum et La Table d’émeraude attribués à Hermès Trismégiste), les Néo-platoniciens, les Sabéens de Harrân, les Ismaéliens, les descendants d’Abraham, les Templiers et les Rose Croix. Pour une Obédience spiritualiste comme celle du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le Rituel est donc l’occasion d’une régénération spirituelle, d’une réintégration métaphysique, de la personne qui y participe et joue le rôle de catalyseur sur le sentier de l’évolution intérieure. Mais en même temps, il reste attaché à son héritage humaniste, profondément engagé au côté des valeurs de la dignité, du droit, et de la défense de l’opprimé. C’est là sa grande force, son côté insolite, et la raison pour laquelle, peut-être, il attire autant qu’il intrigue…

LE RITE DE MISRAÏM

Il faut ici commencer à mi-chemin entre l’histoire et la légende… Peut-être par « il était une fois »…en présentant l’énigmatique personnage que fut Alexandre Cagliostro, de son vrai nom Joseph Balsamo, aigrefin de renom un peu souteneur et un peu espion pour les uns, Grand Initié sans attache, magicien et enchanteur pour les autres…en tout cas acteur occulte de la Révolution Française pour l’ensemble -, et certainement un être moralement indéfinissable, tant ce Rite attire des caractères trempés dans une eau qui n’a pas grand-chose à voir avec l’eau plate. Notre homme, très proche du Grand Maître de l’Ordre des Chevaliers de Malte Manuel Pinto de Fonseca avec lequel il aurait effectué des expériences alchimiques…, fonde en 1784 le « Rite de la Haute-Maçonnerie Egyptienne »… Bien que celui-ci n’ait eu que trois degrés (Apprenti, Compagnon et Maître Egyptien), le Rite de Misraïm semble lui être directement relié. On sait encore mal, aujourd’hui, où Cagliostro fut réellement initié (sans doute à Malte) et comment il bâtit son Rite : selon Gastone Ventura, il reçoit entre 1767 et 1775 du Chevalier Luigi d’Aquino, frère du Grand Maître National de la maçonnerie napolitaine, les Arcana Arcanorum, trois très hauts degrés hermétiques, venus en droite ligne des secrets d’immortalité de l’Ancienne Egypte, afin qu’il les dépose dans un Rite maçonnique d’inspiration magique, kabbalistique et divinatoire. Ce qu’il semble avoir fait en 1788, non loin de Venise, en y établissant une Loge où il opère le transfert des Arcana Arcanorum dans le Rite de Misraïm. Ce Rite, à demi-centenaire lorsque Cagliostro en fait le dépositaire du Secret des Secrets, est un écrin idéal pour le joyau qu’il reçoit, nourri de références alchimiques et occultistes, il attire alors de nombreux Adeptes. Il se réclame de plus d’une antique tradition égyptienne, le terme « Misraïm » signifiant ou « les Egyptiens » ou « Egypte » en hébreu…et possède 90 degrés… Dans l’état actuel des recherches, il apparaît surtout que les sources du Rite de Misraïm se situent dans la République de Venise et dans les Loges Franco-italiennes du Royaume de Naples de Joachim Murat, et qu’il a subi douloureusement à la fin du siècle l’occupation autrichienne qui en interdit la pratique. Les trois frères Bédarride, dont les plus marquants, Marc et Michel, auraient été initiés dans le Rite de Misraïm en 1803, l’introduisent en France à Paris en 1814 et 1815, à l’époque où les Ordres maçonniques sont interdits en Italie. Le Rite recrute aussi bien de hautes personnalités aristocratiques, que des bonapartistes et des républicains, parfois des révolutionnaires, Carbonari, comme Pierre Joseph Briot, – membre de la société secrète républicaine des Philadelphes…, ou bien encore Charles Teste, frère cadet du baron François Teste, lieutenant de Philippe Buonarrotti, le célèbre conspirateur qui utilisa la Charbonnerie pour servir la cause de son pré communisme, et qui fut, avec Babeuf, le coauteur du Manifeste des Egaux. Or, dès 1817, le Grand Orient, qui n’apprécie guère le système des Hauts Degrés, devient un vigoureux opposant au Rite de Misraïm. Ainsi, en 1822, alors que les affaires semblent florissantes, le Grand Orient, à cette époque monarchiste et catholique, profite de l’affaire des Quatre Sergents de La Rochelle et de l’inquiétude suscitée par les Carbonari pour dénoncer aux ordres de police, l’Ordre de Misraïm comme un repaire de séditieux « antimonarchiques et antireligieux » prêts pour l’insurrection armée. L’essor de ce nouveau Rite plein de promesses est ainsi stoppé net. En tant que Rite interdit, il devient tout naturellement un espace de rencontre pour tous les opposants au régime. Mais déjà il commence à péricliter. Vers 1890, les derniers Maçons du Rite attachés à leurs principes déistes et spiritualistes, se retrouvent bientôt dans une seule Loge, la fameuse Loge Arc-en-Ciel… Le Rite de Misraïm reviendra presqu’un siècle plus tard, lorsque Robert Ambelain, ancien Grand Maître ad vitam, démissionnaire du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le ravive en 1992, malgré ses engagements pris de ne jamais le ranimer. (cf. les correspondances Robert Ambelain / Gérard Klopp el)

LE RITE DE MEMPHIS

Le Rite de Memphis est une variante du Rite de Misraïm, constitué par Jacques-Etienne Marconis de Nègre en 1838. Pour autant, s’il reprend la mythologie égypto-alchimique du Rire, il la fortifie d’emprunts templiers et chevaleresques…les références à la légende d’Ormuz et à la Chevalerie de Palestine sont là-dessus très significatives…Robert Ambelain estime pour sa part, …mais l’information demande encore sa confirmation définitive…que ce Rite serait né de la fusion de divers rites ésotériques d’origine occitane, notamment le Rite Hermétique d’Avignon, le Rite Primitif de Narbonne, le Rite des Architectes Africains de Bordeaux, et un Rite Gnostique d’origine Egyptienne… Là où Misraïm est le Rite des Adeptes entre Ciel et Terre, des révolutionnaires insaisissables, et des comploteurs libertaires…selon ce qu’en disent les documents de police de l’époque Memphis durcit la ligne des références mythiques, et veut conquérir des hommes de force, à l’idéal chevaleresque. Le Rite connaît un succès certain, justement du côté des Loges militaires, tant et si bien qu’en 1841, les frères Bédarride le dénoncent à leur tour aux autorités, et le Rite de Memphis est contraint de se mettre en sommeil… Il faudra attendre 1848 et la destitution de Louis-Philippe pour que le Rite de Memphis reprenne une vigueur toute relative, luttant pour ne pas péricliter… Mais c’est plutôt Outre-manche, que le Rite perdure… A partir des années 1850, des Loges anglaises, travaillant en français au Rite de Memphis, se multiplient. Elles sont restées célèbres pour avoir été essentiellement composées d’ardents républicains ayant fui la France après le coup d’Etat du 2 décembre 1851. On y retrouve Louis Blanc, Alfred Talandier, Charles Longuet le gendre de Karl Marx, et Joseph Garibaldi membre d’honneur dont nous reparlerons par la suite. En 1871, l’écrasement de la Commune attire en Grande-Bretagne de nouveaux réfugiés… Ceux-ci contribuent à la vivification du Rite, mais toutes ces Loges s’éteignent en 1880, lorsque le nouveau gouvernement républicain déclare l’amnistie. Parallèlement, le Rite de Memphis semble avoir connu un important développement en Egypte à partir de 1873, sous l’impulsion du Frère Solutore Avventore Zola, nommé Grand Hièrophante… Jusqu’à l’époque du roi Farouk, il ne cesse de se développer, en tant que continuateur des anciens Mystères Egyptiens, à telle enseigne que les frères de Memphis sont unanimement appréciés et respectés. Le Rite de Memphis s’implante également aux Etats-Unis vers 1856-57, lors du voyage à New-York de Marconis de Nègre… Il connaît un certain essor, notamment sous la grande maîtrise de Seymour en 1861, et sera reconnu, un temps, par le Grand Orient de France.

LE RITE DE MEMPHIS – MISRAÏM

Survient en fin décembre 1870 un événement, apparemment anodin, mais qui aura de grandes conséquences : le 28 décembre, quatre Maçons menés par Robert Wentworth Little, qui avait crée quatre ans auparavant la S.R.I.A. (Societas Rosicruciana In Anglia)…invoquent une prétendue consécration pour établir en Angleterre, auprès de Yarker, un « Suprême Conseil Général 90ème du Rite de Misraïm », Yarker associe donc au Rite de Memphis qui lui fut transmis par Seymour en 1872, le Rite de Misraïm introduit par Little puis légitimé par la Charte de Pessina en 1881… Et pour affermir cette alliance de Memphis et de Misraïm, il place à la tête du Rite la figure emblématique du chef des Camissia Rossa, Garibaldi, premier Grand Hiérophante des deux Rites en 1881, qui, trop âgé, ne put exercer ses fonctions et mourût peu après en 1882… …La réunification de la maçonnerie de Rite Egyptien fût brève, et des dissensions successives éclatèrent quant à la succession au titre de Grand Hiérophante entre les Souverains Sanctuaires des différents pays, principalement l’Egypte… Finalement, Yarker devient le Grand Hiérophante de Memphis-Misraïm pour tous les pays d’Europe seulement, de 1903 à 1913, date de son trépas. La fusion définitive des deux Rites ne devait réellement se faire, en fait, qu’en 1989…

LE RITE DE MEMPHIS-MISRAÏM en France

Il nous faut maintenant parler d’une autre figure mystérieuse et étrange, agaçante pour certain, fascinante pour d’autre, et dont le profil rappellera Cagliostro : le célèbre Docteur Gérard Encausse, alias Papus. Celui qu’Anatole France pressentait pour une chaire de Magie, si d’aventure elle se faisait, laissa un profond sillage dans cette France entre deux siècles. On suppose que Papus fut initié par des Frères dissidents de la Loge Souveraine L’Arc en Ciel avant la fin du siècle, mais on n’en a aucune preuve… En tout cas, en 1901, John Yarker lui délivre une patente, pour ouvrir son Chapitre I.N.R.I… Une Charte la transformera en « Suprême Grande Loge de France du Rite Swedenborgien » en 1906… Ce « Temple de Perfection » ne l’autorise pas cependant à initier aux trois premiers degrés… En 1906, Papus réussit à obtenir de Villarino del Villar, Grand Maître de la Grande Loge Symbolique Espagnole du Souverain Grand Conseil Ibérique, une charte du Rito National Espanol, Rite en sept degrés dérivé du Rite Italien de Memphi-Misraïm de Pessina et contesté par la Maçonnerie régulière. Celle-ci lui permet d’ouvrir une nouvelle Loge Symbolique Humanidad et d’y travailler aux trois premiers degrés du « Rite Ecossais ».Enfin, en juin 1908, Papus constitue à Paris un Suprême Grand Conseil et Grand Orient du Rite « Ancien et Primitif de la Maçonnerie», mais ce dernier n’a cependant pas le Statut de Souverain Sanctuaire et ne peut créer de Loges. Le Rite évoqué est vraisemblablement le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 97 degrés créé avec l’impulsion de John Yarker lors de la fusion des Rites de Memphis et de Misraïm entre 1881 et 1889. C’est donc par les initiatives de Papus que le Rite a pu revenir en France, par l’intermédiaire de sa Loge Mère Humanidad, pour les trois premiers degrés et de son Chapitre INRI converti au Rite Ancien et Primitif des Hauts-Degrés. Jean Bricaud, successeur de Papus, prend en main les affaires de l’Ordre, en 1919, et cherche à faire gagner à son Obédience une respectabilité maçonnique qu’elle négligeait un peu pendant les années d’avant-guerre. Il enrichit les Rituels, avec malheureusement un mélange d’apports gnostiques, ouvre le Rite vers les profanes, fait disparaître l’efflorescence des innombrables sociétés occultes atomisées du début du siècle en ouvrant l’accès à son Ordre Martiniste, à l’Ordre de la Rose Croix Kabbalistique et Gnostique, et à l’Eglise Catholique Gnostique. Quand Jean Bricaud s’éteint en 1934, Constant Chevillon est choisi pour lui succéder. Hélas, la menace de l’holocauste plane bientôt sur le monde. Le Rite, alors en pleine expansion subit de plein fouet la violence de la barbarie nazie. George Delaive, qui fut l’un des Grands Maîtres du Rite en Belgique, est emprisonné et bientôt assassiné par les nazis à la prison de Brandebourg, après avoir rejoint la Résistance en France. Raoul Fructus, qui avait de hautes responsabilités dans le Rite avant la guerre, meurt en déportation en février 1945. Otto Westphal, responsable du Rite en Allemagne, est interné en camp puis torturé, Constant Chevillon, Grand Maître National du Rite après Jean Bricaud, est abattu à quelques kilomètres de Lyon au printemps 1944, par la milice de Vichy après dénonciation…
…Le Rite de Memhis-Misraïm a donc payé un lourd tribut au fléau nazi, celui de son attachement à la Liberté. Au sortir de la guerre, c’est Henri-Charles Dupont qui prend légitimement la direction du Rite de Memphis-Misraïm pour la France. H-C Dupont nomme Pierre De Beauvais Grand Maître Général de Memphis-Misraïm, mais, comme celui-ci trop autoritaire, est mal perçu, il doit vite reprendre la Grande Maîtrise Générale par la suite. Peu avant sa mort, Henri-Charles Dupont remet le 13 août 1960 à Robert Ambelain une patente de Grand Administrateur du Rite et de successeur… Ce dernier a reçu de 1941 à 1945 tous les Hauts Degrés du Rite Ecossais Ancien Accepté, du Rite Ecossais Rectifié, en plus de ceux du Rite de Memphis-Misraïm, il détient également la transmission du Suprême Conseil du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish Rite dit Cerneau) conférée au Grand Maître Jean Bricaud, en 1920, par le Suprême Conseil des Etats-Unis. Robert Ambelain, une fois devenu Grand Maître, va tenter de rassembler, dans une même Obédience mondiale, les Ordres se réclamant du Rite de Memphis-Misraïm. Il parvient à établir des relations fraternelles avec la plupart des Grandes Obédiences Françaises. Il ne réussit pas néanmoins à unifier certains groupuscules de Memphis séparés, ni les Rites de Memphis-Misraïm d’Italie issus d’une filiation différente… Sous la Grande Maîtrise de Robert Ambelain, il est décidé que le siège de la Grand Maîtrise générale sera obligatoirement Paris et que le Grand Maître devra autant que possible être francophone… En outre, en 1963, les 33 premiers degrés de Memphis-Misraïm sont revus pour les conformer au « Rite Ecossais Ancien Accepté » et faciliter ainsi les contacts avec les autres Obédiences. Dans la nuit du 31 décembre 1984 au 1er janvier 1985, Robert Ambelain transmet sa charge de Grand Maître ad-vitam du Rite à Gérard Kloppel, alors Grand Maître Général adjoint depuis 2 ans et responsable de la pyramide jusqu’au 32ème degré. Quelques mois plus tard, en juillet, il lui transmettra également les degrés du Rite Ecossais Primitif…en 1987, Gérard Kloppel fonde le premier Souverain Sanctuaire féminin, mais ce Souverain Sanctuaire prend son indépendance en 1990 ; une nouvelle fédération féminine, devenue par la suite Grande Loge sera recréée en 1993. Depuis 1997 est mise en place la structure mixte…

En conclusion…

Le Rite de Memphis-Misraïm est un Rite de Tradition, c’est-à-dire qu’il suppose que le Rituel a une opérativité réelle pour retrouver cette Parole Perdue, qui n’est d’aucun siècle mais qui les traverse tous. Résolument spiritualiste et symbolique, il estime en outre que les Arts traditionnels, Alchimie, Kabbale, Théurgie, Gnose., sont essentiels pour quiconque veut travailler à son propre perfectionnement et à celui de la Nature et de l’Humanité toute entière… En outre, le Rite de Memphis-Misraïm s’est toujours attaché à défendre ces valeurs fondamentales que sont : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité… Le courage n’a jamais manqué à ces « Maçons de la Terre de Memphis », lorsqu’il s’est agi de protéger l’opprimé contre le puissant…il lui en a coûté, on l’a vu, beaucoup de martyrs… Mais c’est le prix de l’intransigeance morale. Ce Rite a rayonné à chaque période de bouleversements sociaux ou politiques, lorsqu’il a fallu que des âmes fortes témoignent de leur attachement à l’humanisme et à la solidarité, tandis que s’étendait partout la plus sombre obscurité. Ainsi, fidèle à ses principes et à son identité historique le Rite demeure soucieux du monde à la fois spiritualiste, traditionnel et social : il a toujours contemplé avec le même attachement et le même Amour de la Voûte étoilée et ses Frères humains, fidèle à l’éternelle parole d’Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Car c’est là, à la croisée des Chemins, entre la contemplation des Cieux et l’engagement pour la Fraternité, les pieds ancrés dans la terre à la recherche de son être divin que se révèle et s’épanouit la Lumière du Rite de Memphis-Misraïm dans le cœur du maçon…

Source :

Hauts Grades

Hauts Grades

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Poèmes d’Auschwitz 25 juin, 2021

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Poèmes d’Auschwitz

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Lors d’une cérémonie rituelle, la loge Abbé Grégoire a fêté, en présence du Grand Maître de la Grande Loge de France et d’une Importante délégation du Conseil Fédéral, le jubilé maçonnique de sept de ses membres, qui avaient atteint ou dépassé trente- trois années de vie maçonnique.
Une grande tradition de la Franc-Maçonnerie veut qu’une loge soit composée, non seulement des Frères nouvellement initiés, et des anciens comme ceux qui étaient fêtés au cours de cette cérémonie, mais aussi de tous les frères passés à l’Orient éternel, qui ont participé à la construction du temple et ont rendu possible l’existence de la loge.
C’est ainsi que toute l’assistance a été profondément émue d’entendre la lecture de deux poèmes de Pierre Créange, ancien Vénérable de la loge Abbé Grégoire, probablement écrits en 1942 au camp d’Auschwitz où Pierre Créange est passé à l’Orient éternel.

EXIL
 
Horizons fermés,
Fils barbelés,
Banales baraques interchangeables.
Travail morne qui ne console pas.
Frères de misère,
Qui parfois à nos misères ajoutez…
Solitude dans la multitude,
Langues étrangères,
Paysages et visages hostiles,
Ou fermés.
Notre destin nous est rivé
A toi, mon aimée,
Comme à moi
Pour des jours et des jours,
Longs à traîner.
Nous sommes séparés,
A l’absence s’ajoute le silence.
Si parfois la violence de ma peine décroît,
Et semble s’assoupir,
Comme s’atténue le froid quand tombe la neige,
C’est que ta pensée,
De ton aile impalpable, m’a caressé.
La vie nous semblera une merveilleuse aventure
Lorsque nous serons réunis.
Parfois je crois voir notre retour,
Mon Amour…
Les embrassements triomphants
De nos enfants,
Grandis et mûris par l’épreuve.
L’étreinte de nos parents,
Vieillis mais retrouvés…
Les yeux tendres du vieux chien,
Et l’accueil même des choses,
Et le sourire perlé de nos roses.
Jamais nous n’aurons été
Si près l’un de l’autre.
La maison nous sera douce, si douce…
Nous deviendrons casaniers
Parmi les amis et les livres retrouvés,
Sous les yeux attendris des aïeux
Dans leurs cadres patinés.
Horizons fermés,
Fils barbelés,
Banales baraques interchangeables,
Travail morne qui ne console pas.
Frères de misère
Qui parfois à nos misères ajoutez…
Solitude dans la multitude,
Langues étrangères,
Paysages et visages hostiles,
Vous serez comme un cauchemar,
Dont le jour d’un coup délivre.
Je reverrai bientôt tes yeux mon adorée,
Et j’embrasserai en pleurant tes cheveux.

 

FAIT-DIVERS AU LAGER
 
Il est arrivé un soir,
Juif parmi d’autres juifs,
– Inconnu parmi les inconnus –
Il est arrivé un soir
Avec vingt autres hommes.
Sa valise et sa peine
Courbant ses épaules.
……………………….
C’était un être au destin banal.
Ou peut-être avait-il été quelqu’un.
Tu n’as rien livré de toi ;
Tu ne nous as pas parlé ;
Passant discret, tu es passé,
A peine as-tu donné ton nom,
Et ton regard déjà atone…
On t’a couché
Et tu ne t’es pas relevé.
……………………….
Tu es parti à midi.
Le vent d’ouest hurlait.
Une charrette a porté à travers la plaine
Le pauvre cercueil de bois blanc,
Et quatre des nôtres ont suivi ton corps.
Tandis qu’un soldat en armes
Gardait le mort et les vivants —
Alors j’ai vu de furtives larmes anonymes de femmes,
— Prélude aux larmes qui couleront ailleurs…
Enfin au cimetière,
Quelques prières,
Et les rituelles pelletées de terre…
……………………….
Un Juif à rayer sur les registres,
Et c’est tout.

 

Publié dans le PVI N° 37 – 2éme trimestre 1980  -  Abonnez-vous : PVI c’est 8 numéros sur 2 ans
SOURCE : https://valdeloire.blog4ever.com/articles/poames-contes-maaonniques

Les pyramides 20 juin, 2021

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Les pyramides

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Très récemment, quelqu’un m’a posé des questions sur les pyramides, à savoir le mode de construction, le savoir pour y parvenir, et pourquoi la structure pyramidale se retrouve ailleurs dans le monde.

La plupart de ces sujets sont encore âprement discuté, tout le monde a sa théorie sur le sujet, très souvent au mépris des récentes découvertes et tout un chacun veut avoir raison, certains vont même jusqu’à falsifier/arranger des résultats pour justifier/prouver leurs conclusions.

Mais avant toute chose, il serait intéressant de se pencher sur l’origine de ce mot « pyramide ».

1. Un peu d’étymologie

Le mot « pyramide » vient du grec ancien « puramîs-dos », latinisé en « pyramis-idis ». Le mot grec « puramîs » veut dire « gâteau » et il est un dérivé du mot grec « puros » qui veut dire « froment », désignant ainsi un gâteau à la farine de froment. Ce type de gâteau (à base de miel également) était offert par les grecs lors de leur cérémonie mortuaire. Cette recherche étymologique a été faite par Wladimir Brunet de Presle (10/11/1809 – 12/09/1875), helléniste byzantiste et historien, en 1850.

C’est Platon (427 avant J-C à 347 avant J-C) qui donna le mot de « puramîs » au polyèdre formé en reliant une base polygonale de plusieurs côtés à un point, ce qui est quand même plus court. Puis Euclide (vers 300 avant J-C) reprit le mot pour désigner le même solide.

A ce stade étymologique, il est inutile de faire un (fallacieux) rapport entre les « pyramides » en tant que tombeau et le fait que le mot d’origine grecque désignait un gâteau offert lors des cérémonies mortuaires. Platon s’est juste contenté de donner un nom à un solide et non à un monument par analogie de forme.

Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) mentionne la « pyramide de Khéops » comme « le plus haut monument du plateau de Gizeh attribué à Khéops », il n’utilise pas le mot pyramide…

C’est grâce à Hérodote, dans sa description des ouvrages extraordinaires, que la « pyramide de Khéops » est rangée parmi les « sept merveilles du monde », même si à son époque il n’y avait aucune liste établie. Cette fameuse liste a été établie entre le 2ème siècle avant J-C et 14ème siècle, d’ailleurs Jean-Pierre Adam (né le 24/11/1937), architecte et archéologue, a dénombré un peu plus de 19 variantes de cette liste.

Gaston Maspero (23/06/1846 – 30/06/1916), égyptologue, a avancé la théorie que les grecs se seraient inspirés du mot égyptien « pr-m-ous » (peremous) qui désigne la hauteur de l’édifice en partant du centre de la base quadrangulaire jusqu’à son point le plus haut (apex).

Les égyptiens, à l’époque, les nommaient toute par un nom qui leur étaient propre précédé du symbole hiéroglyphique égyptien qui se prononce « mer », qui représente une pyramide avec une base rectangulaire. La pyramide de Khéops (en grec) ou de Khoufou (en égyptien) avait pour nom « aht-xwfw » (l’horizon de Khoufou).

2. Pas une mais plusieurs pyramides

Généralement quand on parle des pyramides, nous avons tous en image le complexe de Gizeh avec ses trois pyramides monumentales et nous avons tendance à croire qu’elles sont les seules et uniques pyramides d’Egypte, alors qu’elles ne sont juste que les plus connues.

Rien que sur le plateau de Gizeh, on ne dénombre pas moins de onze pyramides, même s’il est vrai que les huit suivantes sont plus petites que les trois grosses, elles n’en restent pas moins des pyramides.

Actuellement, nous dénombrons au moins cent-vingt-trois pyramides en Egypte, la dernière ayant été découvertes par une équipe d’archéologues belges en 2013. Ce décompte n’est bien entendu que provisoire parce que nous savons (d’après des anciens écrits égyptiens) que des souverains (et souveraines) se sont fait construire leurs propres pyramides mais elles n’ont juste pas encore été découvertes à ce jour.

Dans ce décompte, il y a les pyramides qui se sont effondrées, celles qui ont été saccagées et celles qui n’ont pas été finies.

Pour l’instant (donc de nos jours), la plus ancienne pyramide connue est celle de Djoser (pharaon de la 3ème dynastie qui a régné au 27ème siècle avant JC), la fameuse pyramide à degrés et la plus récente pyramide connue est celle d’Ahmosis (pharaon de la 18ème dynastie qui a régné au 16ème siècle avant J-C).

Donc, après un rapide calcul, on peut voir que les égyptiens ont construit des pyramides pendant près de onze siècles.

3. Avant les pyramides

Si la plus ancienne pyramide connue est celle du pharaon Djoser, la question à se poser est de se demander comment les pharaons d’avant se faisaient enterrer.

Avant les pyramides (et même pendant et après), les pharaons se faisaient ensevelir dans des mastabas qui étaient des constructions rectangulaires d’un ou deux étages. Ces constructions ont pris le nom mastaba au 19ème siècle, c’est un terme arabe qui signifie « banc ».

La (première) pyramide est d’ailleurs à degrés et l’on pense (mais « on » n’en n’est pas sûr) qu’elle a été construite comme un empilement de différents mastabas.

Il faut voir dans le mastaba une évolution des tertres funéraires (tumulus) qui étaient élevés au-dessus des fosses mortuaires.

Ce tertre est une symbolisation de la butte primordiale (benben en égyptien) qui émergea de l’océan primordial (Noun en égyptien) et sur lequel apparut le soleil pour la première fois.

Ce tertre était entouré d’une infrastructure. Le tertre servant de lieu de sépulture et le reste de l’infrastructure au culte rendu au défunt.

4. Pharaon

Le mot pharaon vient du latin chrétien « pharao-onis » emprunté au grec ancien « pharao » et à l’hébreu biblique « par’oh » qui vient de l’égyptien « per-aä » (grande maison ou palais) puis par métonymie « l’occupant du palais/grande maison ».

Il est le souverain qui règne sur la haute et basse Egypte. Il est à la fois le chef religieux, chef militaire, chef politique, chef administratif, etc., il est l’un et le tout.

La nature de Pharaon est double, à la fois humaine et divine. Cependant la nature divine de Pharaon a évolué selon les différentes périodes de l’histoire égyptienne. A l’époque de l’ancien empire (2.700 à 2.200 avant J-C), il est le fils du Dieu et il est chargé de maintenir en ordre la création divine. Après la première période intermédiaire (2.200 à 2.030 avant J-C), sous le moyen empire (2.065 à 1.735 avant J-C), il est choisi par le Dieu Rê. Sous le nouvel empire (1.580 à 1.077 avant J-C), il est le fils charnel du Dieu.

La divinité de Pharaon n’est acquise que lorsque sa forme humaine fusionne avec sa part d’immortalité, lors de son couronnement. Pharaon ne devient un dieu que lors de son sacre, quand il prend place sur le trône d’Hor (fils d’Usere et de Rê), quand il s’identifie à lui, quand il devient lui.

5. C’est quoi une pyramide ?

La pyramide, étant une évolution architecturale du tumulus initial, s’inscrivait dans un complexe funéraire complexe avec un temple bas, centre d’accueil des processions funéraires et/ou cérémonielles (c’est dans ce temple qu’était pratiqué le rite d’embaument puis, après l’enterrement, c’était l’endroit où l’on apportait les offrandes), une chaussée, ceinte de murs (c’est le parcours qu’empruntait le corps momifié et sa procession, puis après l’enterrement servait de passage vers le temple haut), un temple haut (au départ une simple chapelle qui s’est agrandie au fur et à mesure du temps jusqu’à devenir un temple à l’architecture complexe), quelques pyramides secondaires (destinées à des cérémonies et/ou à des proches comme les mères et/ou épouses et/ou enfants) et la pyramide. Dans certains complexes, on peut aussi trouver des fosses à barques.

La fonction de ce gigantesque complexe n’est pas que d’être un lieu de sépulture pour celui qui était l’incarnation même du Dieu, mais aussi une structure qui servirait à lui vouer un culte avec des prêtres qui lui seront dédiés. Ce culte pouvant dépasser plusieurs générations.

Donc il faut appréhender la pyramide comme un élément d’une structure complexe et excessivement codifiée.

6. Quand construisait-on une pyramide ?

Après la mort de Pharaon, le lendemain matin (donc après la fin du cycle solaire d’une journée) il y avait une prise de pouvoir du futur Pharaon (qui est considéré comme l’année zéro de son règne), puis celui-ci laissait passer un délai de 70 jours (temps nécessaire à la momification) pour organiser la cérémonie funéraire de son prédécesseur. A la suite de quoi, il préparait sa cérémonie de couronnement (qui devint de plus en plus complexe au fil du temps) dont la date était généralement fixée à une date symbolique dans le calendrier ou bien dans le cycle des récoltes ou bien celui lunaire (cela a varié en fonction des époques).

Peu de temps après son sacre (couronnement), Pharaon s’attelait à la construction de sa future dernière demeure. Pourquoi si tôt, parce que les temps de construction étaient longs et que les égyptiens s’avaient que la vie sur terre pouvait être courte. Plus la construction était monumentale, plus cela durait longtemps et plus le risque que la dernière demeure ne soit pas achevée à la mort de Pharaon était grand (pour preuve les quelques pyramides inachevées (généralement au début de la construction) et les témoignages d’autres pharaons qui ont expliqué avoir terminé la construction du complexe de leurs prédécesseurs).

La première cérémonie était celle du choix du lieu du futur complexe (selon des critères avec lesquels aucun spécialiste n’est d’accord). La deuxième était celui du tracé au sol de la future pyramide. Et uniquement après venaient les travaux de préparation du terrain afin d’en recevoir la base, puis la construction jusqu’à l’achèvement finale du complexe dans son intégralité.

7. Des méthodes de construction de plus en plus précises

L’erreur faite par de nombreuses personnes (surtout les récents égyptophiles amateurs autoproclamés) est de vouloir chercher/percer le secret de la construction des pyramides en se focalisant sur celle de Khoufou (Khéops en grec). De la première pyramide connue qui est celle de Djoser (qui a régné au 27ème siècle avant J-C) et jusqu’à celle de Khoufou (qui a régné au 25ème siècle avant J-C), on peut dénombrer (en fonction des découvertes actuelles) 16 pyramides construites.

Si celle de Khoufou (à Gizeh) est la plus haute avec 146,6 mètres pour une base carrée de 230,3 mètres de côté, vient celle de Khafrê (Khephren en grec) (à Gizeh) qui mesure 143,5 mètres de haut sur une base carrée de 215,2 mètres de côté, vient celle de Snéfrou (à Dahchour) 109,5 mètres de hauteur pour une base carrée de 219,1 mètres de côté, puis celle encore de Snéfrou (à Dahchour) 104,7 mètres de hauteur pour une base carrée de 189,4 mètres, puis celle de Houni (à Abou Rawash) d’une hauteur estimée (ce ne peut être qu’une estimation, elle n’a pas été terminée) de 105,0 mètres sur une basse carrée de 215,0 mètres de côté, puis celle de Snéfrou (encore lui) (à Meïdoum) de 91,9 mètres de hauteur pour une base carrée de 144,3 mètres, et ainsi de suite…

La pyramide de Menkaourê (Mykérinos en grec) (à Gizeh) parait bien petite avec ses 65,6 mètres de haut et sa base rectangulaire de 102,2 mètres par 104,6 mètres, mais dont les dimensions seraient à rapprocher de celle de Djéser (à Saqqarah) qui mesure 62,0 mètres de haut sur base rectangulaire de 109,0 mètres par 121,0 mètres.

En moins de deux siècles, on peut (quand même) considérer que les égyptiens avaient progressé en matière de construction de pyramide. Cela reviendrait à essayer de déduire les méthodes de construction de l’arc de Triomphe (à Paris et dont la construction a duré de 1806 à 1836) en analysant celles de la tour Montparnasse (à Paris toujours et dont la construction a duré de 1969 à 1973), ou bien de déduire celles de la villa Godi Malinverni (en Italie à Lugo di Vicenza et dont la construction a duré de 1537 à 1542) en analysant celles de l’hôtel des invalides (à Paris encore et dont la construction a duré de 1670 à 1679).

Mis à part l’exemple (très moqueur, je le concède) de comparer la tour Montparnasse avec l’arc de Triomphe, il est évident qu’en un laps de temps aussi long, on peut penser que les différents ouvriers aient perfectionné leurs méthodes de construction.

Ou alors, il faut faire comme certains adeptes de la pyramidologie (les pyram-idiots comme on les nomme aussi) qui font des spéculations pseudo-scientifiques et dont la plus amusante est celle qui considère que les pyramides sont l’œuvre des atlantes et plus récemment des extra-terrestres.

8. L’organisation du travail

Un élément qui est souvent oublié quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est celui de l’organisation administrative et excessivement hiérarchisée de ce pays. C’est sans doute pour cette raison que ce pays (l’Egypte) a pu rester pendant tant de millénaires une des grandes civilisations dans le monde.

Nous avons retrouvé des écrits (d’époque en plus) qui mentionnent les noms, les fonctions et les « grades » des ouvriers qui opéraient sur les chantiers des pyramides. Il y avait une hiérarchie et une organisation très perfectionnées pour l’époque (n’oublions pas que nous parlons du 3ème millénaire avant J-C).

Nous savons qu’il y avait des équipes sur le chantier de construction, des équipes pour l’extraction et la taille des pierres et des équipes pour le transport des pierres. Il a été estimé qu’il y avait en permanence sur le chantier 5.000 personnes qui étaient hautement spécialisés et à peu près 15.000 personnes qui travaillaient de manière temporaire sur le chantier. Le personnel du chantier était divisé en brigades de 1.000 hommes, elles-mêmes divisées en cinq équipes (dont chacune avait un nom différent) de 200 hommes. Les équipes ne travaillaient pas toutes en même temps et se relayaient.

Nous avons pu retrouver les restes du village des ouvriers (et les tombes de certains) sur le plateau de Gizeh et nous savons aussi que les ouvriers avaient droit à des soins médicaux, qu’ils vivaient avec leur famille, qu’ils étaient bien nourris et qu’ils venaient de toute l’Egypte. Il y a fort à penser que c’étaient les femmes qui s’occupaient de l’intendance et de l’approvisionnement alimentaire.

L’analyse des squelettes des ouvriers a également montré (en plus de la riche alimentation et des bons soins médicaux) que le travail y était particulièrement pénible et dure. On peut estimer que l’espérance de vie était de 40 ans.

Il faut voir ce chantier de complexe funéraire comme l’œuvre d’un pays entier, après tout il s’agissait de la construction d’un ouvrage destiné à un Dieu. Il faut voir aussi cette construction comme un instrument de la cohésion sociale du pays et du régime politique.

C’est Hérodote qui nous a raconté que les pyramides avaient été construites en trente ans avec 100.000 hommes qui étaient des esclaves. Quand Hérodote a visité l’Egypte, cela faisait plus de 2.000 ans que les pyramides du plateau de Gizeh avaient été construites. Le nombre d’hommes avancé aurait correspondu au 10ème de la population de l’Egypte. La notion d’esclave est en contradiction avec le résultat des dernières fouilles.

N’oublions pas que c’est Hérodote qui a colporté la légende selon laquelle Khéops (là je laisse le nom en grec) aurait prostitué sa fille et où chaque client la payait avec une pierre. La pyramide représentant 6 millions de tonnes, cela aurait fait quelques passes pour la jeune fille, et je vous laisse imaginer la prestation sexuelle à laquelle le monsieur a eu droit quand il l’a payé avec un bloc de 60 tonnes (tout ceci laisse rêveur !!!).

En fonction des derniers éléments connus sur le nombre estimé des ouvriers sur le chantier, il a été calculé qu’il aurait fallu 4 ans pour la préparation du chantier, 10 ans pour la construction de la pyramide, 4 ans pour le polissage des faces et le démontage des rampes et 2 à 4 ans pour la construction des petites pyramides, des temples et de la chaussée. Mais tout ceci n’est qu’une estimation…

9. Les blocs de pierre de la pyramide

La pyramide (celle de Khoufou pour cet exemple) est constituée de pierres. Les nombreuses analyses ont permis de les classer en cinq catégories, ce qui va permettre de répondre à quelques questions.

- Des quartiers de pierre équarris grossièrement en calcaire nummulitique (au moins 85% du volume de la pyramide). Ces pierres provenaient d’une carrière située sur le plateau de Gizeh (à une centaine de mètres de la grande pyramide).
– Des gradins bien taillés en calcaire nummulitique (de la même provenance que les pierres citées ci-dessus) qui sont encore visibles sur les faces de la pyramide de Khoufou.
– Des blocs de parement extérieur en calcaire fin provenant des carrières de Tourah et d’El-Maasara (au sud du Caire et à moins de 20 kilomètres de Gizeh), que l’on peut encore voir sur la 1ère assise de Khéops, sur le sommet de Khephren ou bien sur la Rhomboïdale de Dahchour.
– Des blocs de parement intérieur, qui sont minutieusement taillés et ajustés, en calcaire fin provenant aussi des carrières de Tourah et d’El-Maasara. Certains sont aussi en granit.
– Des blocs mégalithiques (de plusieurs dizaines de tonnes) en syénite qui proviennent des carrières d’Assouan.

Quand on nous représente les transports des blocs de pierre ayant servi à la construction des pyramides, on nous fait voir une image avec une cohorte de bateaux longeant le Nil, toutes voiles dehors. Cette image ne peut s’appliquer que pour les pierres issues des carrières d’Assouan en rajoutant qu’en plus de la navigation par la force du courant et des voiles, le halage était fréquent.

D’après les comptes rendus des carriers d’Assouan, nous savons qu’il fallait à peine une semaine pour rejoindre le plateau de Gizeh en bateau. Nous savons également, qu’afin de livrer au plus près les gigantesques blocs, que les égyptiens avaient construits des canaux qui allaient presque au pied de la grande pyramide. Une théorie récente envisage que le quai de déchargement aurait servi par la suite aux fondations du temple bas.

Quant aux blocs extraits des carrières de Tourah et d’El-Maasara, il a surement été plus rapide de transporter les différents blocs par voie de terre, plutôt que de les descendre jusqu’au Nil pour les charger dans un bateau, les faire voyager en bateau, puis les décharger, puis de nouveau les transporter.

Le transport des carrières de Gizeh au site de construction, même si les distances sont courtes (une centaine de mètres), fait encore l’objet de questionnement. Mais à priori, des différentes méthodes envisagées (j’évite d’aborder celles délirantes du transport par télékinésie ou bien par des soucoupes volantes), celles utilisant des chariots en forme de traineau, celles envisageant de faire glisser les blocs sur des rondins de bois et celles de blocs montés sur un chariot glissant sur des rondins ont dû toutes être utilisées. Les découvertes de dessins nous ont permis de comprendre que ces chariots étaient tirés ou poussés par la force humaine et/ou la force animale (comme des bœufs).

10. Comment les blocs ont-ils été taillés ?

Quand on aborde le sujet des outils des égyptiens (à l’époque des pyramides de l’ancien empire), on nous explique que la majorité des outils était héritée du néolithique. Et nous imaginons donc des hommes en train de tailler des pierres avec d’autres pierres… Mais ce n’est pas aussi simple que cela.

Depuis le néolithique, les artisans avaient perfectionné leurs outils, ils étaient nombreux et complexes (même si nous les qualifions encore de rudimentaires). Les artisans avaient également développé une connaissance des différentes échelles de dureté des matériaux et plus précisément des pierres, et tout ceci bien avant la création de l’échelle de Mohs en 1812 ou bien celle de Knoop en 1939 (ce sont les deux échelles de dureté des pierres les plus utilisées de nos jours).

Nous avons pu retrouver quelques outils en cuivre sur les différents sites des chantiers de l’ancien empire. Le minerai de cuivre extrait à l’époque pourrait être aujourd’hui considéré comme n’étant pas pur à cause des pourcentages d’arsenic et de bismuth contenus à l’intérieur. Si ce taux d’impureté rend ce métal moins précieux, il a la particularité d’en faire un alliage très dur. Donc ce n’était pas une volonté des égyptiens de trouver un alliage dur, il l’avait déjà sous la main du fait du hasard…

Mais les découvertes des outils sont rares (surtout en métal) sur les sites archéologiques et pour cela il faut y avoir quelques raisons.

La première est que les ouvriers étaient employés d’un chantier à l’autre et les ouvriers spécialisés se déplaçaient (comme de nos jours) avec leurs outils qui étaient leurs propriétés personnelles. Je connais un tailleur de pierre qui m’a raconté avoir perdu une truelle sur un chantier et il en rêve encore la nuit. A part le fait qu’un bon ouvrier finit par avoir bien dans sa main son propre outil, leur fabrication devait être onéreuse, surtout pour les outils avec du métal (cuivre ou autre).

La deuxième est que les professions se transmettaient d’une génération à l’autre et généralement dans la transmission/héritage il y avait les outils de la génération précédente. Et si l’ouvrier/artisan n’avait pas de descendance (ou bien une descendance qui avait choisi une autre voie), il léguait ses outils à son meilleur apprenti. Le même tailleur de pierre, que je citais plus haut, a dans sa besace des outils ayant appartenus à son grand-père.

Donc, on peut en déduire que les outils (re)trouvés ont été égarés ou bien trop abimés pour être réparables.

Pour comprendre la rapidité d’exécution et la précision des gestes des tailleurs de pierre de l’époque égyptienne, je vous recommande d’aller sur un chantier pour voir nos tailleurs de pierre contemporains (en plus ce sont des gens charmants et très ouverts qui aiment faire partager leur métier). Vous verrez qu’avec de nombreuses années de pratique, on apprend à tailler avec une économie de geste et une grande précision. Et vous pourrez voir que leur sac à outils contient aussi des outils que l’on pourrait qualifier de rudimentaires…

11. Comment les blocs ont-ils été montés ?

Quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est surtout la manière dont les pierres ont été montées au fur et à mesure de la construction qui focalise l’attention (alors qu’il y a une multitude d’autres problèmes à résoudre aussi). Les égyptologues avancent des théories, les ingénieurs en démontrent d’autres, etc. et finalement « on » ne trouve aucune solution qui puisse satisfaire tout le monde.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet affrontement sur le hissage des pierres est très ancien. Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) est à l’origine de la théorie « machiniste » puisqu’il avait expliqué qu’on lui avait raconté que les pierres avaient été montées à l’aide de systèmes de levier. Diodore de Sicile (vers le 1er siècle avant J-C) est à l’origine de la théorie « rampiste » qu’on lui aurait également raconté lors de son voyage en Egypte où les pierres étaient montées par glissement le long d’une rampe de terre.

Pour les « rampistes », les hypothèses sont nombreuses d’autant que l’on a retrouvé au pied de quelques pyramides des vestiges de rampes, tout comme pour les « machinistes » où l’on a retrouvé des vestiges de leviers. La réalité doit surement se trouver sur un mélange et/ou l’utilisation de ces deux théories.

12. Les autres pyramides

Si effectivement on peut constater que, de part le monde, la forme pyramidale a toujours fasciné, il serait très hasardeux d’en tirer des conclusions trop hâtives.

Comme nous l’avons vu plus haut, les égyptiens voyaient dans la structure pyramidale une représentation stylisée et parfaite de la butte primordiale, mais les autres civilisations ont pu y voir la même chose (à condition que leur mythe de la création s’en rapproche), ou bien une manière de s’approcher au plus près des dieux, ou bien du soleil, ou de la lune, ou des étoiles, ou bien juste dans la volonté de donner un caractère imposant et magistral aux monuments.

S’il devient de plus en plus évident (en fonction des découvertes archéologiques) que les pyramides aient été des tombeaux (même si pour certaines, nous savons qu’elles étaient des cénotaphes), ce n’est pas toujours le cas des pyramides dans le reste du monde.

13. Les pyramides chinoises

Le décompte des pyramides de Chine n’est pas encore terminé, mais on les estime (de nos jours) à plus de deux-cents.

Certaines de ces pyramides sont des collines naturelles dans lesquels on a creusé, d’autres sont des monticules de terres ou bien de briques recouvertes de terre.

La construction de pyramides en Chine s’étale sur une période qui va du 3ème siècle avant J-C au 16ème siècle. A contrario, nous savons que chaque pyramide abritait une sépulture (et même là, il y a des controverses).

14. Les pyramides nubiennes

On dénombre un peu plus de 220 pyramides en Nubie qui sont les tombeaux des rois et reines de Napata et de Méroé. Les dates estimées pour les constructions vont du 7ème siècle avant J-C jusqu’au 1er siècle avant J-C.

Si la structure pyramidale (et la fonction de tombeaux) est directement empruntée à la culture égyptienne, elle ne fait pas référence aux pyramides de l’ancien empire égyptien mais à la culture égyptienne et essentiellement les pharaons qui étaient rentrés dans le mythe.

Les pyramides nubiennes ont cette particularité d’être très pointues (une pente d’à peu près 70°) et d’être moins imposantes.

15. Les pyramides amérindiennes

Quand on parle des pyramides, on fait souvent (surtout les pyram-idiots) le parallèle avec celles du Mexique et celles du Pérou.

Si effectivement la construction est en forme pyramidale, les dimensions, les inclinaisons, les méthodes de construction, la finalité n’ont pas de rapport avec celles que l’on trouve en Egypte et en plus il y a un problème de date. On confond les cultures (qui étaient très nombreuses sur le continent américain), les religions et les dates.

Il y a aussi d’autres pyramides dans le monde entier, des petites comme des grandes, des anciennes comme des récentes. La plus récente a été construite au Kazakhstan à Astana, c’est le palais de la paix et de la réconciliation qui a été achevé en 2006.

16. Conclusion

Il est malhonnête intellectuellement (même si certains ne s’en privent pas) de vouloir comparer l’incomparable, de vouloir faire des liens avec des civilisations qui justement n’en avaient aucun (sauf à moins de vouloir faire des raccourcis stupides avec des hypothèses fantaisistes sur des transports aériens ou même spatiaux), etc.

Il y a bien une quête d’un savoir perdu et cette discipline a un nom, elle se nomme l’archéologie. Cependant l’archéologie n’est considérée comme une science que depuis la fin du 19ème siècle. Si l’archéologie utilise de plus en plus des techniques modernes pour l’aider dans la compréhension du passé, elle passe parfois plus de temps à poser des questions qu’à y répondre, et les réponses ouvrent souvent sur de nouvelles questions encore plus difficiles.

Les archéologues essaient d’avoir une démarche scientifique en appliquant le principe de la preuve démontrable, mais cela n’est pas facile à appliquer quand les preuves sont peu nombreuses, qu’elles ont disparues ou bien ont été détruites (pour de nombreuses raisons).

Mais il ne faut pas prendre la réflexion d’un archéologue qui vous répondra, en toute honnêteté intellectuelle, « je ne sais pas » ou « nous ne savons pas » pour une porte ouverte à tous les délires dont l’origine est souvent une quête du merveilleux et de l’irrationnel (dans le meilleur des cas).

La tendance actuelle (surtout utilisée par des personnes peu scrupuleuses) est de considérer les archéologues comme des vieux (alors que certains sont jeunes) messieurs (alors qu’il y a aussi des dames) imbus de leur personne et qui savent tout. Les archéologues ne savent qu’une seule chose avec certitude, c’est qu’ils ne savent pas tout et ce qu’ils ne savent pas encore, ils le sauront un jour (ou bien les générations suivantes…) et surtout ils savent qu’une superbe théorie peut être démontrée et invalidée à tout moment. Rien n’est acquit, ni ferme, ni définitif… et encore moins les théories…

De nombreuses découvertes ont été faites par des amateurs (donc des non professionnels de l’histoire et/ou de l’archéologie) mais surtout de nombreuses découvertes sont le fruit du hasard…

Mais avant de prendre les historiens et/ou les archéologues en défaut, il faut savoir faire preuve de rigueur dans les recherches et une théorie basée sur des hypothèses tronquées (quand ce ne sont pas de purs mensonges) n’est pas une théorie mais une escroquerie intellectuelle.

Frédéric de Villard – Aubaud

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Le symbolisme du baobab, l’arbre magique 14 juin, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le symbolisme du baobab, l’arbre magique

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Le symbolisme du baobab, l'arbre magique dans Contribution
 
 

Le baobab est un des plus grands arbres de notre planète ; certains atteignent plus de 30 mètres de circonférence. Il fait partie des rares arbres qui ont une longévité remarquable : jusqu’à plusieurs centaines d’années voire plus pour certains auteurs. On dénombre huit espèces de baobabs essentiellement sur le continent africain, en Australie et surtout à Madagascar ; l’espèce que je connais le mieux est l’Adansonia digitata, découverte en 1750, par le botaniste français Michel Adanson (1727-1806) lors d’une mission de recherche au Sénégal entre 1749 et 1754.

 

A la découverte du Baobab à partir d’une légende africaine

 
 
 dans Recherches & Reflexions
 
 

On retrouve dans différentes ethnies africaines, de nombreuses légendes qui parlent du baobab ; je vous en propose une qui vient du Burkina-Faso :

 

On raconte que, dans un endroit lointain de l’énigmatique Afrique, vivait une famille très pauvre de lapins ; le père lapin gagnait sa vie comme il pouvait pour donner à manger à sa famille. La vie était très difficile pour cette famille de lapins. Un jour, papa lapin fatigué de marcher dans le désert brûlant se coucha à l’ombre d’un grand arbre.

 

Le lapin assis dans l’ombre de l’arbre déplorait son sort. Il a commencé par maudire le soleil qui brûle, le sable, la pluie qui inonde le village. Quand soudain, l’arbre se mit à lui parler avec une voix très douce.

 

- Ami Lapin, pourquoi vous plaignez-vous ?

 

- Oh, combien triste et malheureuse est ma vie. Si seulement je pouvais être un arbre comme vous Debout toute la journée, sans avoir à travailler, il suffit de vous dégourdir les feuilles et d’obtenir les aliments du soleil et la pluie. Alors que moi, je dois travailler très dur, je dois souffrir de la faim pour nourrir mes enfants Quelle est triste ma vie !

 

L’arbre lui répondit de sa voix mélodieuse :

- Vous savez, je ne suis qu’un baobab, et même si je n’ai jamais su parler aux animaux, cela me fait de la peine de vous entendre gémir ainsi !

 

Après ces mots, le lapin se leva et regarda l’arbre de haut en bas. Il n’avait pas remarqué que l’arbre était en fait un baobab.

 

- Excusez-moi Baobab, je vous promets que je ne me plaindrai jamais plus, il suffit de me laisser aller et continuer à travailler fort afin de ne pas pleurer pour ce que je suis.

 

- Attendez ami lapin, ne partez pas encore

 

Tout à coup, les branches du baobab s’écartèrent, le baobab poussa un soupir de joie et, après quelques secondes de silence, son cœur s’ouvrit lentement pour laisser apparaître des bijoux, des diamants, des pièces d’or, des perles, pierres précieuses et des tissus précieux,.

 

Le lapin fut très étonné de ce spectacle et le baobab de sa voix douce lui dit :

 

- Prenez ce que bon vous semble, aller, acceptez le peu d’aide que je vous offre de bon cœur mon bon ami.

 

Le lapin, très reconnaissant, prit dans ses mains ce qu’il pouvait et s’éloigna heureux après avoir remercié le baobab d’une telle démonstration de générosité.

 

Arrivant à la maison, il raconta tout à sa famille ; il pourra désormais changer leur mode de vie.

 

Papa Lapin avait maintenant une voiture de lapin pour aller au travail. Maman Lapine portait de beaux habits, et pouvait maintenant préparer un repas aux enfants. Maman Lapine se mit à porter un collier de perles aux réunions de ses amis ; ce fut lors d’une de ces réunions que Mme Hyène nota avec beaucoup d’envie les richesses de Mme Lapine. Mme Hyène, qui était très autoritaire, exigea de son mari qu’il aille lui acheter un collier de perles !

 

M. Hyène, était curieux de savoir comment le lapin avait acquis tant de richesses ; un jour, il s’approcha de lui et lui demanda ce qu’il avait fait. Eh bien, papa lapin, qui était d’un cœur noble, lui raconta tout ce qui s’était passé avec le baobab.

 

M. Hyène très excité, sans perdre une seconde, alla à l’endroit était le baobab.

 

Puis, il cria d’une voix forte :

 

- Ah. Pourquoi ma vie est-elle si misérable ? Je suis si pauvre, et si malheureux !

 

Le baobab se mit à secouer ses branches doucement et lui répondit :

- Mon bon ami Hyène, pourquoi vous plaignez-vous de votre sort ?

- A la vérité, je ne suis pas assez heureux comme il le devrait, si seulement je pouvais avoir autant de trésors que Mr Lapin, ma vie serait différente.

Soudain, les feuilles de baobab s’étirèrent avec un tendre soupir. Mr Hyène, impatient, ne pouvait pas arrêter de bouger de gauche à droite.

 

Puis, le cœur de l’arbre s’ouvrit pour faire apparaître ses nombreux trésors, et le baobab dit de sa voix calme :

- Prenez ce que bon vous semble, aller, accepter le peu d’aide que je vous donne, cher monsieur Hyène

 

M. Hyène, qui avait une intention bien différente de celle du lapin, souhaitait s’approprier la totalité des trésors du baobab ; il se jeta sauvagement sur le baobab et, avec, ses griffes acérées, commença à déchirer le cœur de l’arbre et à faire beaucoup de dégâts.

 

Ce fut très douloureux pour le baobab, qui poussa un long cri de douleur et de tristesse ; puis le cœur du baobab se referma et se cacha parmi les feuilles qui avaient pris un ton d’un vert très foncé. L’hyène qui ne put obtenir ce qu’il souhaitait se mit à maudire l’arbre en déchirant son tronc ; mais le tronc du baobab était devenu tellement rugueux que M. Hyène, très fatigué, se retourna et rentra chez lui sans aucune espèce de trésor.

 

La légende raconte que depuis lors, personne n’a jamais vu le cœur du baobab et qu’il ne peut plus être abordé par les animaux parce qu’une odeur repoussante émane de son tronc. On dit aussi que les hyènes errent toujours à travers le désert à la recherche de baobab pour obtenir les trésors cachés de cet arbre.

 

Et ils disent aussi que le baobab est un peu comme les gens. Pourquoi est-il si difficile pour les gens d’ouvrir leur cœur ? Pourquoi est-il si difficile de démontrer la richesse qui est à l’intérieur ?

 

Il y aurait tant à dire sur ce que nous apprend cette légende ; je la trouve intéressante car elle met en scène ce que l’on pourrait appeler « la fermeture des cœurs » sous l’effet de la violence et de la cupidité.

 
 

Un symbole archétypique

 

Arbre d’Afrique, le baobab s’est vu attribué de multiples qualificatifs : « l’arbre magique », « l’arbre pharmacien », « l’arbre de la vie », « l’arbre à palabres », « l’arbre à l’envers » ou encore « l’arbre sens dessus dessous ». Et nous verrons pourquoi.

 

Le Baobab, c’est d’abord un arbre et à ce titre il est un des archétypes porteurs d’une symbolique universelle. C’est ce qui lui vaut le nom « d’arbre magique » ou « d’arbre de la vie».

 

Pour Carl Gustave Jung, l’arbre de vie est l’archétype de l’existence humaine dans sa verticalité entre la terre et le ciel.

 

L’arbre et son cycle ont de tous temps inspirés la symbolique du cycle de la vie terrestre. La graine qui donne naissance, la croissance, l’explosion florale, le dessèchement avant la phase de repos végétal apparent, sont à l’image des différentes phases de la vie humaine.

 

D’autres arbres dans le monde ont pris une valeur symbolique ; pour ne parler que des principaux, citons le Chêne en Europe et au Moyen orient, le Frêne en Europe du Nord, l’Olivier des grecs et des romains, le Sakaki (Cleyera japonica) pour les shintoïstes japonais, le Sycomore des égyptiens, le Dialan (caïcedrat) pour les Peuhls et les Mandingues, sans parler bien sûr de l’Acacia qui nous est cher.

 

Par ailleurs, l’arbre renvoie aussi à la symbolique de la forêt et des bois sacrés. C’est dans le bois sacré que se déroule le processus initiatique qui transforme le jeune apprenti en initié de la communauté.

 
 

Un symbole repris par des Etats

 
 

Au Sénégal, qui est ma deuxième patrie, nous avons deux symboles majeurs, le baobab et le lion ; le sceau du Baobab estampille tous les actes officiels.

 
 
 

En Afrique du sud, il a été institué depuis 2002, sous la Présidence de Thabo Mbecki, The Order of the Baobab pour honorer ceux qui ont servi ce pays ; le baobab a été choisi car il est le symbole de l’endurance, de la vitalité et pour son utilisation comme arbre à palabres sur les places villageoises.

 
 

Un symbole animiste

 

Le baobab est un élément important de la culture animiste en général et de la culture sérère en particulier. Il est ici possible de parler de symbole vivant dans la mesure où il joue pleinement son rôle en participant à différents moments sacrés de la vie sociale.

 
 
 

Chez les soninkés, il existe une formule préalable à une prise de contact avec quelqu’un de confiance qui s’apparente à un interrogatoire rituel :

A la suite cet échange de paroles rituelles, chacun s’étant reconnu, le dialogue peut commencer.

 

Au Sénégal, chez les wolofs et les lébous, il semble que le contenu symbolique du Baobab soit lié surtout à sa qualité d’arbre : comme tous les arbres il rentre en interférence avec les rab, les tuur et les djinns ; les arbres sont la résidence des rab. On considère généralement que le rab entre dans l’être humain à la suite d’une offense, d’une provocation généralement inconsciente ; donc s’il a besoin de quelque chose dont les hommes disposent pour réparer cette offense, le rab exige qu’on réponde à ce besoin. Cependant, l’homme [dans lequel le rab est entré] ne le saura qu’à la suite d’une consultation auprès d’un guérisseur qui lui indiquera le rab et ses exigences (qui peuvent être du lait, un mouton, des noix de cola, un coq, une chèvre…). Tant qu’on ne l’a pas offensé, le rab ne peut rien contre l’humain, l’offenser est un acte involontaire car il est invisible. L’arbre peut donc être vécu comme un élément de méfiance et de peur.

 

Certaines ethnies – notamment les Sérères et les Lébous – n’enterraient pas leurs griots, mais les déposaient à l’intérieur des troncs creux de gros baobabs, une coutume qui s’est poursuivie jusqu’au XXe siècle. Cette relation entre le Baobab et le griot mérite qu’on s’y arrête car la fonction sociale du griot et ses dons donnent un éclairage sur le symbolisme du baobab. Dans la hiérarchie sociale sérère le griot est au service de l’homme libre (les Diambours en wolofs) ; au-delà du mémorialiste – historien de la famille, le griot était d’abord un conteur de la nuit ; cette fonction de conteur et le rôle pédagogique et social du conte sont des éléments essentiels de la cohésion du groupe familial.

 

A Kahone, tout proche de Kaolack, cette ancienne capitale du royaume du Saloum est célèbre pour son Baobab des initiés, dit « Gouye Ndiouly ». C’est en effet sous cet arbre que Bour Saloum (titre que portait le du roi du Saloum) réunissait les jeunes pour leur circoncision. L’occasion était également mise à profit pour les initier à la vie, notamment au combat et à la cavalerie.

 

Gouye Ndiouly servait également de lieu de test aux candidats à l’intronisation, en ce sens que chaque prétendant au trône se devait de l’arpenter sans l’aide des bras. Et le nombre de pas franchis déterminait la durée de son règne.

 
 

Un arbre utilitaire dans la vie africaine :

 
 
 

L’appropriation du baobab par la population africaine provient aussi des multiples utilisations de ses productions :

 

Le Fruit du baobab, encore appelé pain de singe, contient une pulpe sèche crayeuse dont la décoction donne un jus rafraichissant, appelé, jus de Bouye ; cette pulpe est aussi utilisée comme antidiarrhéique pour ses propriétés astringentes (Afrique de l’Ouest, Afrique australe), comme fébrifuge et aussi dans l’hémoptysie, contre le paludisme, et aussi dans l’agalactie. Cette pulpe sèche a une composition très intéressante, ca très riche en anti-oxydants.

 

La Feuille du baobab est utilisée en décoction dans des tisanes médicinales et contre le paludisme. Elle sert de fourrage pour le bétail durant la saison sèche.

 

L’Écorce du baobab a des propriétés fébrifuges. Elle servait aussi, autrefois, avant que cela soit prohibé, à confectionner cordes et cordages.

 

Au Mali, au Pays dogon, la coque du fruit est transformée en « maracas » après l’avoir percé de petits trous et décoré au fer rouge.

 

Riches en phosphate, les graines sont utilisées pour la fabrication de savon et d’engrais.

 

La sève du baobab servait autrefois dans la fabrication du papier.

 

Au-delà de l’utilisation de ses composantes, le baobab c’est aussi le lieu de rendez-vous de la communauté villageoise où on peut échanger et décider, ce qui lui vaut le nombre « d’arbre à palabres ».

 
 

Un symbole religieux

 

Symbole cher aux animistes, le Baobab appartient aussi au Mouridisme, une des confréries islamiques, et à Touba au Sénégal (la Rome du Mouridisme) il figure comme un symbole vivant et sacré.

 

Cheikh Amadou Bamba a connu son expérience mystique au pied d’un baobab et les lieux-dits de TOUBA comportaient des arbres comme « Gouye Tékhé », le baobab de la félicité dans le cimetière, et l’impressionnant baobab mosquée Gouye Diaye qui servit au Cheikh Ahmadou BAMBA pour abriter ses retraites spirituelles.

 
 

Un arbre bienfaisant mais aussi que l’on peut craindre :

 

- A Madagascar, on dit que certains baobabs retiendraient des esprits maléfiques qu’ils libèrent la nuit tombée.

- Au sud-ouest du Bénin, précisément dans les départements du Mono et du Kouffo, les populations de baobab (Adansonia digitata) sont actuellement très menacées parce que selon les communautés locales, ces baobabs abriteraient des sorciers et autres esprits maléfiques.

- Dans le Sine-Saloum, une étude sur le système des croyances Nyominka réalisée par Amadou Tidiane CISSE, Aurélie GHYSEL & Cédric VERMEULEN témoigne de la présence de l’esprit Laga maléfique résidant dans un baobab sacré à proximité du village de Soum. La zone d’influence de cet esprit s’étend à tous les espaces environnants (mangrove, bolongs, vasières et amas coquilliers). L’accès y est formellement interdit aux Wolofs, aux personnes vêtues de rouge et nul ne peut y prélever les fruits de son territoire hormis la famille bienveillante, qui y dispose donc d’une maîtrise exclusive interne.

- Cette capacité à accueillir des mystères explique qu’on appelle le baobab « l’arbre à l’envers».

 

Un symbole de la culture africaine :

 

Pour les peuples d’Afrique, bien que l’attachement aux mythes traditionnels semble en déclin, le baobab reste un symbole important du savoir ancestral et de la réflexion philosophique ; le grand spécialiste de la mythologie africaine, Amadou Hampâté Bâ, n’a-t-il pas déclaré :

 

« Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. »

 
 
 

Pour de nombreux citoyens du monde, il symbolise aujourd’hui l’Afrique et à travers lui tout ce qu’elle a de beau, de grand et de juste ; il est intéressant de noter que la revue Jeune Afrique publia en 2004, à l’occasion du 91ème anniversaire d’Aimé Césaire, un article titré « Un baobab nommé Césaire ». Aimé Césaire (1913-2008), ce grand poète martiniquais qui a tellement bien su exprimer la sensibilité de la négritude et la révolte anti-colonialiste.

 

Le chanteur Blacko l’utilise, dans une chanson intitulée « Déraciné », pour illustrer sa détresse :

 

Déraciné, je suis déraciné

Même pas blanc, même pas noir une histoire trop compliquée, compliquée

Déraciné, je suis déraciné

Comme un baobab planté dans Babylone

 
 

Un symbole longtemps méconnu :

 

Cette méconnaissance, on peut l’illustrer par son utilisation par Antoine de Saint-Exupéry, dans le Petit Prince ; le célèbre écrivain utilise le caractère gigantesque du baobab pour en faire un repoussoir et un arbre de malheur à tel point qu’il le range dans les mauvaises herbes qu’il faut éradiquer pour garder la planète propre.

 

Dire que les millions de lecteurs d’un des ouvrages les plus lus dans le monde, avec tout le prestige qui l’accompagne, puissent percevoir les baobabs comme des agents destructeurs de la planète montre à quel point un auteur du XXè siècle pouvait avoir une perception aussi fausse de l’univers africain !

 
 
 

Un arbre en voie de disparition au Sénégal :

 

Cet arbre qui est devenu un des symboles de la République du Sénégal n’est plus, dans de nombreuses régions, que l’ombre de lui-même : étêtés, émondés à outrance, ils tombent les uns après les autres ! En dehors de la Casamance, il n’y a plus que dans la réserve de Bandia que l’on peut encore en voir avec leur majesté et leur magnifique frondaison.

 

Aujourd’hui, on ne peut éviter de se poser une question : comment le Sénégal et les Sénégalais peuvent-ils accepter de voir cet arbre magnifique qu’est le baobab périr progressivement au risque de le voir disparaître du territoire ?

 
 

Au total, on pourrait attribuer cinq qualificatifs pour résumer le contenu symbolique du baobab :

 

- Symbole d’une vie antérieure et d’un univers invisible

- Symbole de la générosité

- Symbole de protection

- Symbole d’une localisation d’esprits maléfiques

- Symbole de l’Afrique et de sa grandeur.

 
 
 

Du symbole à la pensée symbolique : le concept d’Univers Symbolique Protecteur

 
 
 

Une question se pose : quel est l’intérêt d’étudier les symboles ? Essayons de répondre à cette question majeure.

 

L’étude des symboles, qu’ils soient maçonniques ou non, nous plonge dans ce qu’on appelle la pensée symbolique.

 

Jean Piaget (1896-19800), le célèbre psychologue suisse, fut le premier chercheur à avoir démontré l’importance de la pensée symbolique dès le plus jeune âge. C’est elle qui permet à l’enfant d’accepter l’éloignement physique de la mère en lui substituant un objet symbolique chargé d’affectivité.

 

En grandissant, l’enfant devenu adulte va conserver ce mode de pensée. On peut affirmer que, pour un individu, la force d’un symbole est en relation avec l’attachement affectif qu’il lui projette.

 

Affectivement, le symbole prend généralement une valeur de protection ; ce sentiment de protection qu’inspire le symbole peut n’être que ponctuel, en rapport avec une situation, un lieu, une ambiance. Nous avons tous plusieurs symboles pour lesquels nous projetons une relation affective : c’est cet ensemble de symboles personnels qui constitue ce que j’appelle l’univers symbolique protecteur !

 

Le symbole prend une dimension supérieure lorsque ce qui se passe pour une personne est partagée par des milliers voire des millions d’individus. Ainsi en est-il par exemple pour certains symboles religieux ou nationaux ; la croix christique en est un exemple.

 

Nous-mêmes Francs-Maçons, nous sommes invités, que dis-je éduqués à utiliser notre pensée symbolique pour nous réapproprier la symbolique maçonnique ; le temple maçonnique que nous fréquentons est en lui-même un symbole que nous adoptons progressivement.

 

Etudier un nouveau symbole, c’est en quelque sorte effectuer un voyage à la découverte d’un nouveau monde, d’une nouvelle culture ; bien évidemment, cela permet d’alimenter notre besoin d’universalisme ; c’est aussi, une façon de sortir de nos habitudes et du repli sur soi pour s’ouvrir aux autres et essayer de les comprendre. Cela ne suffira pas à engendrer une relation affective spécifique, mais au moins cela nous permettra de comprendre.

 

C’est parce que la franc-maçonne ou le franc-maçon connaît les symboles de chaque culture qu’il s’approche du caractère sacré de l’humain et qu’ainsi il avance vers la fraternité universelle.

 

Les symboles sont en eux-mêmes dérisoires et pourtant par un phénomène de projection certains prennent vie et jouent pleinement leur rôle dans cet univers symbolique protecteur qui nous est nécessaire pour vivre en confiance et en amour.

 

Symbole présent dans de nombreux mythes africains où il est associé aux mystères des génies, le Baobab est aujourd’hui, dans le monde entier, devenu un symbole moderne avec un nouveau contenu plus simple : la grandeur de l’Afrique, de sa culture et de sa pérennité.

SOURCE : https://www.idealmaconnique.com/post/le-symbolisme-du-baobab-l-arbre-magique?postId=590fe62d-1644-4462-a050-c35b8b16b0cb

https://www.idealmaconnique.com/

L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage 14 avril, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage

 

Voici l’un de mes thèmes préférés, le décodage du symbolisme, car tout dans le monde fonctionne par symboles. La difficulté est de relier les points. Richard Cassaro nous parle cette fois du logo traditionnel des franc-maçons.

L’équerre et le compas maçonniques décodés

Le symbole de l’équerre et du compas franc-maçon est un mystère pour les médias, les spécialistes, les historiens et même pour les franc-maçons. Personne ne sait d’où il vient ou ce qu’il signifie. Nous allons voir comment ce symbole détient un sens ancien, mystique et magique qui peut  »éclairer » les initiés.

L'Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage dans Contribution 1
 
L’équerre et le compas franc-maçons avec un  »G » au milieu, chapeautés de l’oeil de l’esprit (3ème œil) dans un triangle.
 

La plupart des franc-maçons, si on leur demande le sens de leur logo, déclarent :

 »Ce sont deux …outils d’architecte …pour enseigner des leçons symboliques… »

—Wikipédia

(Voir aussi cet article assez confus sur la signification du logo, NdT)

Pourtant, le logo de l’équerre et du compas a une signification qui va beaucoup plus loin que les simples leçons enseignées. Remarquez comme le compas en tant qu’outil présente à son sommet une forme  »en cercle » :

2 dans Recherches & ReflexionsL’équerre en tant qu’outil montre en bas une forme  »carrée » :
 
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Une fois réunis, comme dans le logo des franc-maçons, les outils compas et équerre forment un carré et un cercle :
 
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La forme carré et cercle est rapportée dans le 47ème problème d’Euclide, la  »quadrature du cercle », qu’on dit être le but principal de la réalisation maçonnique.

La quadrature du cercle, pourtant, ne se réfère pas dans ce cas à un problème mathématique : c’est une référence spirituelle à la quête instinctive de l’homme pour harmoniser ses natures physique et spirituelle.
Depuis l’antiquité, le carré a représenté le corps physique. Le cercle, d’un autre côté, a toujours représenté l’esprit.
L’équerre et le compas symbolisent donc la condition de l’Homme en tant qu’éternel esprit se manifestant dans un corps transitoire. Le cercle est notre côté spirituel qu’on ne peut voir, entendre, toucher, palper ou sentir. C’est notre Soi réel, inné et parfait, la partie que nous sentons en fermant les yeux et en pensant  »moi ».

 »Généralement, pour la poésie de la Renaissance, le cercle était un symbole de perfection et … un symbole de l’esprit humain. »—J. Douglas Canfield, Université d’Arizona

Les compas, sont cependant entourés d’une équerre ; notre cercle est entouré par notre corps. Réfléchissez ici au carré à quatre côtés et à la manière dont nous expérimentons les  »quatre » dans la Nature :

  • Les quatre points cardinaux (nord, sud, est, ouest)
  • Les quatre saisons (hiver, printemps, été, automne)
  • Les quatre éléments (terre, air, eau, feu)
  • Les quatre états de la matière (solide, liquide, gazeux, plasma)

Quatre représente le corps physique imparfait, ainsi que les désirs primaires et les appétits charnels qui alourdissent le corps. La vie humaine est vulnérable et temporaire, en saisissant contraste avec l’esprit invulnérable et permanent.

 »Il y a un signe qui n’a jamais changé de signification dans le monde civilisé – le compas et l’équerre. Un signe d’union entre le corps et l’esprit. »

Deman Wagstaff, La norme maçonnique (1922)


 »… Les compas représentent … le côté spirituel de l’homme, alors que l’équerre appartient au monde matériel … l’équerre représente la matière. Dans le cas des compas … ils représentent … le Spirituel. »

J. S. Ward, Interprétation de nos symboles maçonniques

 »Un homme est un dieu en ruine »Emerson

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 Ci-dessus : William Rimmer, Le Soir, Tombée du Jour (1869).
C’est une représentation ésotérique de ce qui est arrivé à chacun d’entre nous quand le  »dieu intérieur » s’est incarné en tant qu’Homme.

Nous sommes des anges déchus, des étincelles du divin vivant maintenant dans le monde matériel, comme l’illustre merveilleusement la peinture de William Rimmer.

Nous avons tous chuté et sommes descendus dans la matière, qui est le monde matériel dans lequel nous vivons maintenant. Les deux outils équerre et compas symbolisent la  »double nature » de l’Homme après la Chute :

 »Le compas, en tant que symbole des cieux, représente la partie spirituelle de cette double nature de l’Humanité … et l’équerre, en tant que symbole de la Terre, sa partie matérielle, sensuelle, la plus basique. »

—Albert Pike, Morales & Dogme

Il est intéressant de voir que de nombreux érudits et philosophes ont remarqué ce type de symbolisme. Les philosophes grecs ont compris ce concept et sont même allés jusqu’à dire que l’esprit est  »emprisonné » dans le corps, parce qu’on doit prendre soin du corps et constamment :

  • Respirer
  • Manger
  • Boire
  • Maintenir une température constante
  • Combattre les maladies

Le corps ne peut subsister pour toujours et sera finalement détruit par la mort, ce qui libérera à nouveau l’esprit.
L’esprit, bien que piégé dans le corps humain, notre condition actuelle, est loin d’être impuissant. Parce qu’il est éternel, l’esprit arrive complet avec ses propres pouvoirs inhérents – pouvoirs qui peuvent être redécouverts et entraînés ici dans le monde matériel.
Bien qu’ayant chuté, l’esprit n’a jamais perdu ces pouvoirs ; ils ont été simplement  »revêtus » d’un corps, les rendant méconnaissables.
La maçonnerie existe non seulement pour révéler à l’Homme la présence de son esprit inné, mais pour l’aider à redécouvrir ses pouvoirs les plus élevés, pouvoirs recouverts par le corps même qu’il habite.

L’homme de Vitruve

 

Reconnaître ces pouvoirs intérieurs est la clé de la quadrature du cercle, ou le devenir d’un dieu vivant sur terre en tant que mortel plutôt qu’un mortel s’efforçant de devenir un dieu. Cette idée est ce que les anciens appelaient l’Homme de Vitruve :
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L’homme de Vitruve du mondialement connu Léonard de Vinci (1487)
 

Notez la manière dont de Vinci dessine l’Homme de Vitruve à l’intérieur d’un cercle dans un carré : il a compris les implications de la doctrine maçonnique.

De Vinci n’était pas juste le célèbre artiste qui a créé l’homme de Vitruve, ni le seul à l’associer au cercle et au carré :
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L’Homme de Vitruve vit en parfait état d’équilibre, appréciant une vie bien intentionnée, ésotérique, stable, capable d’abondance. Le cercle est son esprit éternel. Le carré est son corps transitoire. Il sait cela ; il est illuminé de sa  »gnose » (connaissance).
Les grands franc-maçons des ères passées étaient des Hommes de Vitruve, comme Washington et Franklin. C’est parce qu’ils avaient compris la franc-maçonnerie, à la différence des franc-maçons modernes qui ont perdu la profondeur et le symbolisme de leur tradition.
Remarquez le très grand cercle derrière Washington :

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 L’apothéose de Washington est une pièce maîtresse d’art qui se voit à l’intérieur du dôme du Capitole américain à Washington D.C.
 

Cette apothéose n’est pas  »un homme devenant un dieu » ou  »Washington devenant un dieu ». C’est une mauvaise interprétation criticable. C’est plus comme  »un homme réalisant qu’il est déjà un dieu », un esprit se manifestant en tant que corps – ou en termes symboliques, un cercle entouré d’un carré.
Cette pensée hérétique de la franc-maçonnerie est très différente du christianisme dominant, qui explique pourquoi les franc-maçons étaient historiquement une société secrète.
Toute cette sagesse Équerre et Compas est basée sur une antique sagesse, et pas seulement sur une ancienne culture. Les égyptiens et les chinois, deux antiques cultures dont les spécialistes pensent qu’ils n’ont jamais été en contact, utilisaient toutes deux le symbole du cercle pour indiquer  »l’esprit intérieur ».

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Le glyphe égyptien Aton est formé d’un cercle avec un point au centre. À droite, le symbole de l’ancienne Chine du Yin Yang est un cercle avec le symbole de poissons jumeaux à l’intérieur.
 

Le Tai Chi est le Soi éternel. Le Soi fait germer des paires d’opposés durant la manifestation – les symboles des deux poissons jumeaux, l’un noir et l’autre blanc.
L’Aton égyptien est également le Soi éternel. Il était souvent dessiné en tant que disque ailé, deux serpents et des ailes.
Le Tai Chi et Aton symbolisent tous deux notre esprit intérieur ou cercle intérieur parfait. Les deux symboles apparaissent souvent au-dessus des entrées principales de temples et d’importants édifices religieux dans l’ancienne Égypte :

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Ils symbolisent l’esprit parfait, éternel, un état que chaque être humain doit réaliser (l’état de Bouddha, de Christ).

 »Pour les égyptiens, le sens de la vie était de reconnaître que nous ne sommes pas le corps physique qui s’incarne dans le monde de la matière, mais un point d’esprit silencieux dans le corps qui est toujours antérieur au corps et survit à la mort du corps.

 »Le cercle … représente l’état omniscient de l’esprit quand il a atteint la pleine conscience, est libéré et vit en dehors de la matière. »

—Thomas Wilson, Svastika, le symbole connu le plus ancien et sa migration

Cette idée est traduite dans la façade des cathédrales gothiques – la rosace au centre, qui symbolise l’esprit intérieur parfaitement circulaire.

 »La rosace est … une représentation de perfection, d’équilibre et d’harmonie de l’esprit purifié »

—Michael S. Rose

Notez comment dans la rosace le carré et le cercle sont mêlés, la quadrature du cercle, but de tout franc-maçon :

Ci-dessous: vue extérieure de la rosace sud de Notre Dame de Paris
rosace+sud
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Extérieur de la rosace ouest, sculptée au 12ème siècle
 
11bis
  Détail de la façade gothique de la cathédrale d’Orvieto, la rosace.
 

Les bâtiments franc-maçons sont des structures sacrées d’initiation, encodées de schémas intriqués et d’art qui parlent de quadrature du cercle ; ils sont lourdement chargés de langage symbolique que les érudits doivent toujours décoder.
Ce ne sont pas uniquement les cathédrales gothiques. Nous voyons dans tous les édifices maçonniques l’interaction de carrés et de cercles. C’est un thème constant, la lumière (notre esprit) spirituelle/divine se manifestant dans le monde physique/matériel (notre corps).

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Ces photos montrant les symboles maçonniques du carré et du cercle entrelacés ont été prises à l’intérieur de Reid Hall, un château franc-maçon construit en 1864 et qui abrite aujourd’hui le Collège Manhattanville à Purchase, New York. 
 

Il n’y a pas que des carrés et des cercles. Ce sont des carrés et des cercles en équilibre, unis en un rythme harmonieux, une réunion des opposés.

En conclusion
 
Cet article a donc mis à nu le secret égaré de la franc-maçonnerie : l’homme est à la fois une Équerre (corps) et un Compas (esprit). Ce secret, doctrine commune autrefois dans les anciennes cultures païennes, devait être gardé secret et caché à la Sainte Inquisition par peur de représailles.
 
Sa sagesse enseigne la doctrine interdite que chacun de nous ici-bas est un  »dieu » emballé dans la matière, un esprit à l’intérieur d’un corps. Nous pouvons voir clairement notre corps, mais le Compas nous enseigne sur la partie que nous ne pouvons pas voir, l’esprit. C’est l’idée totale d’une l’initiation dans la sagesse sacrée disparue.

SOURCE

Traduit par Hélios

par Hélios Libellés :
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/05/lequerre-et-le-compas-de-la-franc.html

Méditations, par Constant Chevillon

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Méditations, par Constant Chevillon

novembre 04, 2004

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 1 mars 2018

 

Méditations, par Constant Chevillon dans Recherches & Reflexions Emanation

Par Constant Chevillon

– Dieu dans la conscience humaine –

Dieu est infini, absolu, ineffable. Il est parfaitement inintelligible, dans son essence suprême, pour tout être créé, cet être eût-il gravi la plus haute cime de la spiritualité. Les hommes pourtant peuvent s’élever vers les confins de la sphère divine, grâce à la foi soutenue par l’espérance et l’amour. Ils se haussent par l’intelligence et consolident leur position de croyant par la volonté. Mais, si la volonté, dans sa faiblesse, ne connaît pas de borne pour son amour, la raison et l’intellect sont impuissants à saisir les choses et les êtres dans leur ipséité elle-même, impuissants à transgresser la relativité des rapports engendrés par la science. Ils ne peuvent s’asseoir en des notions définitives et « ne varietur », la connaissance, comme son instrument, est un devenir. Nous ne pourrons donc jamais connaître Dieu, l’acte pur, sinon par ses qualités et attributs, envisagés à la manière humaine. En d’autres termes, nous ne comprenons pas Dieu, mais la divinité, et celle-ci, un des plus grands mystiques du XIIIe siècle nous le dit sans ambages, est loin de Dieu, comme la terre l’est du ciel ; nous pouvons ajouter, comme la matière l’est de l’esprit. La divinité est un concept ; Dieu c’est l’être et c’est la vie. Aucune définition, de ces deux derniers termes, ne peut être donnée, car leur somme d’intelligibilité humaine résulte d’une comparaison entre eux et le néant ou la mort.

Ainsi, chaque homme, dans sa soif de savoir, peut se faire une idée, non pas de Dieu inaccessible, mais de la divinité, selon la forme et la puissance de son entendement et il adhère à cette notion transcendantale avec toutes les forces de son être. L’humanité, en somme, a le Dieu qu’elle mérite, le Dieu de sa culture et de ses désirs, et chaque individu, selon son ascèse ou sa médiocrité intellectuelle, se forge, à chaque minute de son existence, un Dieu à sa portée, un Dieu à sa mesure, car il n’y a pas d’athées, malgré toutes les affirmations contraires. Pour les uns, Dieu, c’est la nature, matrice commune de toutes choses, champ clos où se déroulent les séries phénoménales. Pour d’autres, c’est l’énergie, âme de la masse, génératrice du mouvement et de la résistance. Pour ceux-ci, ce sont les principes universels et les lois régulatrices de l’équilibre cosmique. Certains passent outre à ces notions mécaniques ou dynamiques et les incorporent dans une conception plus haute et plus féconde. Pour eux, Dieu n’est pas seulement le fleuve vital torrentiel, aux berges imprécises dont les eaux, sans cesse renouvelées, s’enfuient vers l’Océan de la mort ; ce n’est pas l’énergie aveugle, la matière inerte ou la loi impondérable. Ils considèrent les formules mathématiques ou cosmogoniques comme la codification humaine de l’activité créatrice. Leur Dieu est une hypostase principielle dont aucune science ne peut donner la clef ; ils le revêtent de toutes les potentialités énergétiques, intellectuelles et morales répandues par Lui, Un, dans toutes les manifestations diversifiées de sa puissance. Il est la source, le pivot, le moyen et la fin. La parole du Buisson Ardent retentit dans leur pensée : « Je suis celui qui suis. » Mais ils s’inclinent sans comprendre ; le contingent est une fumée devant l’absolu. Ils sentent, dans les replis de leur conscience dont la nature est divine, et parfois emportés sur les ailes d’une méditation dans laquelle les paroles n’ont plus aucune valeur, ils voient comme il leur est donné de voir, car selon la parole de l’Écriture : il y a plusieurs demeures dans la maison du Père.

Mais, pour les uns comme pour les autres, en tout ceci se rencontre inévitablement un anthropomorphisme, au moins virtuel, nécessité par nos facultés représentatives et expressives, il jette un voile sur l’essence intangible de Dieu.

C. C. Texte publié dans le N° 73 des Annales Initiatiques, Avril-Mai-Juin 1938)

– La mission de la douleur –

Les membres d’une même famille sont solidaires du bien ou du mal réalisé par chacun d’eux. Il en est ainsi chez une tribu, au sein d’une nation et dans l’humanité tout entière. La répercussion d’un seul acte pèse sur l’ensemble de la collectivité. Telle est la loi qui lie les hommes.

Lorsque le bien l’emporte sur le mal, l’harmonie et la paix règnent dans la société, lorsque le mal est en surcroît, c’est le désordre et c’est la guerre. Le Bien, en effet, est un ferment d’union et d’euphorie ; le mal, au contraire, introduit la division, non seulement dans l’individu lui-même, mais encore entre les individus et les peuples. Or, selon la parole évangélique, toute maison divisée contre elle doit périr ; c’est pourquoi la division est la source de toute douleur et pourquoi la souffrance est dissolvante.

Si le bien n’est pas supérieur au mal, la douleur se déclenche automatiquement pour rétablir l’équilibre, car elle est un rachat, la monnaie par laquelle se résorbe le déficit de la balance spirituelle. Mais, dans ce retour à l’ordre et à l’harmonie, les individus souvent sont broyés suivant l’axiome, à première vue inhumain : « Oportet unum pro omnibus mori », un seul doit mourir pour tous. L’innocent parfois souffre et meurt, d’où le doute atroce de certains penseurs sur la justice et la miséricorde de Dieu. Dans leur désarroi, ils le comparent au Moloch insatiable de Tyr et de Sidon, au Minotaure repu de la chair des vierges. Ces hommes méditent en surface, la profondeur des idées leur est inconnue.

L’homme, à sa naissance, dans son âme et son corps, reflète l’indéfinie divisibilité de la matière. Son unité est factice, elle résulte d’un amalgame d’éléments irréductibles les uns aux autres. Pétri dans la diversité, il porte en lui-même le germe du mal et ne pourra se hausser vers le bien sans opérer la sublimation de ses éléments constitutifs. La plupart des individus sont incapables de comprendre et de réaliser cette ascèse, car ils suivent leur propension naturelle au lieu de réagir. Le mal monte donc inlassablement, jusqu’au jour où la balance de la justice est totalement faussée. La souffrance, tel l’ange exterminateur, apparaît alors sous la forme la plus apte à combler la somme des défaillances. Mais l’ange de la douleur peut nous paraître aveugle, il ne discrimine pas ses victimes selon les lois de nos piètres contingences. La balance s’équilibre par un choix dont la clef nous échappe.

L’homme est libre de choisir sa voie et Dieu n’intervient pas dans l’accomplissement du mal. Il n’a pas à intervenir dans la répression, il laisse la loi s’accomplir : « relinquit mundum disputationibus eorum ». Seule la norme vitale est le dieu de la vengeance, dieu abstrait, anonyme, inexorable comme l’antique Némésis. Il faut payer, un pour tous, tous pour un. La justice est un rouleau de fer, elle ne laisse subsister aucune aspérité sur son passage. Comme l’iniquité s’est répandue, la douleur s’épanche dans le sein des individus, au milieu des peuples, nul ne peut s’y soustraire, fut-il innocent, tant la solidarité est rigoureuse.

Sans doute, pour notre petit raisonnement humain, l’innocence devrait être un bouclier contre la souffrance. La logique de la vie est différente de la logique des hommes. Un individu paye pour un autre, la dette est éteinte et la justice immanente est satisfaite. Dans notre ignorance des lois transcendantales, nous les accusons de jouer à tort, et nous ne savons rien ou pas grand’chose de la réversibilité. Du reste, quelle compensation sera donnée au libérateur, volontaire ou involontaire, du coupable ? Ici encore l’obscurité nous envahit. Ne nous obstinons pas à comparer la justice et l’équité, ne nous cantonnons pas sur le seul plan accessible à nos sens. L’innocent, pour nous injustement frappé, est, sans nul doute, un nouveau Christ, un rédempteur méconnu dont le nom flamboie parmi les cohortes célestes. Non seulement il rachète de sa souffrance le démérite occasionné par le mal auquel il fut étranger, mais il réalise pour son propre compte, une balance positive dans la voie du bien. D’une part, il manifeste la solidarité, de l’autre, il résorbe le vice originel de sa naissance. Sa douleur n’est donc pas une entorse à la justice, c’est une conséquence de son humanité.

Penchons-nous sur tous les êtres douloureux, efforçons-nous de les soulager dans la mesure de nos moyens, mais n’incriminons pas Dieu de leur souffrance, il n’a rien à voir avec elle. Il ne l’a pas voulue et il ne peut rien pour la souffrance sans notre concours ou celui de nos frères humains. Elle est inhérente à notre existence spatiale et temporelle, dont seuls nous sommes responsables, malgré les apparences contraires. Sa mission est sacrée ; elle est un feu purificateur, de gré ou de force nous devons le subir pour restituer notre nature essentielle à sa fin primitive.

C. C. Texte publié dans le N° 71 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1937

– La Foi, faculté spirituelle –

La Foi n’est pas seulement une vertu théologale, une certitude intellectuelle et morale d’ordre spéculatif. C’est aussi une lumière vivante qui s’incorpore, en quelque sorte, à la volonté, et devient une puissance spirituelle, un dynamisme effectif dont les potentialités s’actualisent et se répercutent en tous nos actes. Elle est une réalisation continue de l’expérience humaine.

Cette foi dynamique est le levier des Écritures et le point d’appui d’Archimède. Appliquée dans l’axe des lois naturelles, elle peut les déclencher brusquement, renforcer leur action ou en détourner le cours pour introduire dans le cycle normal de la création visible les lois supérieures du monde invisible. Elle peut guérir les maladies, illuminer les intelligences, fortifier les volontés, anéantir les obstacles, accomplir des miracles. Mais c’est là le moindre côté de sa puissance réalisatrice. Elle est à l’origine même de notre conscience, elle nous donne la certitude absolue de notre réalité, elle est la racine radicale du « Cogito » de Descartes. Elle nous confirme donc dans une sécurité morale, intellectuelle et physique dont nos cogitations et nos actes subséquents sont l’épreuve et la conséquence immédiate. Les assises du jugement par lequel notre personnalité prend sa valeur, engage ses responsabilités, s’élève ou s’abaisse à un certain niveau, sont fonction de son dynamisme propre. En chaque homme la foi peut devenir un « Fiat » créateur susceptible de le projeter vers le plan divin et de le rendre coparticipant des attributs de Dieu. Car, non contente d’une auto-création interne de la conscience, elle est le support et l’aiguillon de la liberté dont la volonté est l’organe ; elle en assure le développement et l’usage dans le cadre de notre être, mais en reportant toujours plus loin la limite de ses possibilités. Monade essentiellement expansive, elle s’irradie, en effet, dans le néant pour y susciter une création analogue à celle qu’elle a réalisé en nous ; elle est le Même en gestation de l’Autre.

Ainsi, la foi n’est pas une croyance timide sans cesse ébranlée par les événements extérieurs, toujours en quête d’une consolidation problématique. C’est une conscience absolue des possibilités intérieures de notre être et de leurs réactions victorieuses. C’est une possession anticipée du futur, l’enclume sur laquelle nous forgeons durement notre devenir, car l’homme, malgré les contingences individuelles ou collectives, est l’artisan de son propre destin ; il le fait grand, mesquin ou misérable, au rythme de la foi dont il est animé.

Dans son unicité substantielle, la foi revêt un triple aspect : foi en Dieu, foi en soi-même, foi en la destinée. Si nous perdons la première, nous perdons aussi les autres, car Dieu est le pivot de l’Univers et il est encore une fin. Si l’aspect divin disparaît de nos facultés, il n’y a plus de support ni de fin adéquats à notre essence intime. Aucun raisonnement, aucune pensée, aucun geste ne pourront nous mettre en présence d’un avenir suffisant pour nos aspirations. Nous serons ballottés d’une rive à l’autre du fleuve vital, prêts à sombrer dans le gouffre des contingences.

Or la foi ne naît pas dans la dispersion animique et intellectuelle, elle repose sur l’unicité spirituelle. Un homme, un peuple divisé contre lui-même, réfractaire à l’unité, périra dans la désagrégation de ses éléments. Au contraire, rendu cohésif par l’unification de ses parties constitutives, il vivra dans le temps et l’espace, car il est confirmé dans la sécurité intérieure, contre laquelle les discordes extérieures restent impuissantes.

Mettez deux hommes aux prises, dans la lutte pour la vie, le triomphe appartiendra au détenteur de la foi la plus énergique et la mieux actualisée. Il est, en effet, le mieux adapté à la fin réelle de la race humaine, car cette adaptation résulte de la foi, partie intégrante et centre de son moi.

La foi véritable est peu commune, les hommes s’en détournent, ils préfèrent la facilité des volontés chancelantes, le doute à la certitude et l’emprise passionnelle à la pureté du cœur.

C. C. Texte publié dans le N° 75 des Annales Initiatiques, Octobre-Novembre-Décembre 1938.

– Prédestinés –

Tous les êtres d’une même espèce sont constitués sur un seul archétype, avec une essence, des qualités et des modalités exactement semblables.

Ainsi, tous les hommes ont un esprit, une âme et un corps identiques dans leur substance particulière et leurs potentialités. Ils sont donc tous appelés à la même fin. D’où vient le petit nombre des élus ? Parce que la réalisation de leurs possibilités suit des voies divergentes, désirées et voulues délibérément par chaque individu. Chacun de nous, en effet, participe, qu’on l’admette ou non, à la divine lumière du libre arbitre. Tous les hommes sont bien semblables dans leur unité essentielle et primordiale, – racine de l’égalité, – mais ils de viennent ce qu’ils se font eux-mêmes par l’emploi de leurs puissances de réalisations respectives. Celles-ci sont sous l’action du centre volitif ; il les dirige selon des vues écloses sous le régime de la liberté inviolable ; d’où la diversité sociale, intellectuelle et spirituelle, d’où le bien (accord avec la norme, harmonie avec le plan de la création) et le mal (désaccord avec la loi, dés-harmonisation évolutive).

Or, pour Dieu, tous les siècles des siècles sont comme un jour et réciproquement. Du sein de l’éternité, d’où la succession est exclue, il voit donc intuitivement, comme d’un seul coup d’œil, l’ensemble de la création et son évolution depuis le commencement jusqu’à la fin. Tout le problème de la prédestination, si souvent évoqué sans être résolu, est réglé par cette vision divine. Dès l’origine, Dieu voit la naissance, la vie entière et la mort de chaque homme, sa perdition ou son salut. Il peut dire, comme le musulman fataliste (ce n’est point un blasphème, mais une adoration) : Mektoub, c’était écrit. Il ne prédestine pas les uns au bonheur, les autres au malheur, sa grâce sanctifiante et efficace plane sur tous et ils peuvent la capter dans une même mesure. Il ne peut l’imposer ni ne veut la refuser à quiconque, il se doit de respecter la liberté d’action de sa créature et il voit les coopérateurs et les dissidents. Il sait donc de toute éternité quels êtres émanés de lui réintègreront le monde divin de l’Unité ou se perdront irrévocablement dans la douleur de la dispersion. Ainsi, il n’y a point de prédestinés, de créatures privilégiées créées pour la béatitude éternelle à l’exclusion des autres. Il y a pour tous la même chance et le même risque, tout dépend pour chacun de l’usage de sa propre liberté.

C. C. Texte publié dans le petit livre de Constant Chevillon, Méditations Initiatiques.

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