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La Rose et le Lotus… ou le R.E.A.A. et le Bouddhisme 27 juillet, 2022

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La Rose et le Lotus… ou le R.E.A.A. et le Bouddhisme

 
La Rose et le Lotus… ou le R.E.A.A. et le Bouddhisme dans Recherches & Reflexions Ida-Radogowski-150x150

Par Ida Radogowski
23 juillet 2022
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Être initié n’est pas le fruit d’un hasard, mais plutôt celui d’une recherche inconsciente, aboutissement de voyages et de rencontres. Ce qui nous pousse à être initié, est purement personnelle, fruit d’idées, de conceptions des choses, définition d’une vision du monde propre à chaque individu. Même si l’initiation est, au départ, centrée sur soi-même, elle ne peut exister qu’à travers l’Autre ou plutôt les Autres, pour finalement créer une œuvre Ternaire. 

Cette œuvre conduit l’initié vers la Connaissance, mais il lui faudra encore et encore pratiquer, s’employer à, le « travail ne s’arrête jamais ». C’est pour cela qu’Être initié nous conduit donc naturellement vers un nouveau « savoir-faire », vers un nouveau « savoir-être », « Savoir et ne pas Faire, cela n’est pas Connaître » !

J’ai dans ma vie, vécu deux initiations, tout d’abord à travers le massage Thaïlandais ou NUAT BORAN, puis comme apprenti Franc-maçon au R.E.A.A. Deux pays, deux cultures, deux visions de la spiritualité, et pourtant malgré ce qui semble être des différences, je n’y ai trouvé que des similitudes, comme le symbolisme de la fleur de Lotus chez les Bouddhistes, et la Rose Rouge chez les Francs-maçons, entre autres.

A la suite d’un dysfonctionnement de l’épaule, et afin d’échapper à une opération chirurgicale, je rencontre un masseur-kinésithérapeute, qui par une méthode non traditionnelle, me soigne l’épaule sans jamais la toucher, en « rééquilibrant mon squelette ».

Quelques années plus tard, je suis en Thaïlande dans le cadre de mon activité professionnelle. Cela fait déjà plusieurs mois que je voyage à travers le monde. Hôtels, avions, travail, le stress, le dérèglement alimentaire, mais aussi cette entrainement dans une spirale ou le temps ne s’arrête pas. Cocktail réussi pour déclencher un mal de dos terrible et douloureux, le corps et l’esprit n’était plus du tout en adéquation ! Ce que nous n’apprenons pas par Sagesse, nous l’apprenons dans la Douleur !

Le chemin de l’initiation au massage, commence banalement vers la recherche d’un massage « traditionnel Thaïlandais ». Contrairement aux idées reçues, cette pratique est née en Inde, il y a plus de 2500 ans, à l’initiative du Docteur Jivako Kumar Bhacca, yogi et ami de l’éveillé Siddhârta Gautama, communément appelé Bouddha. Inspirée du shiatsu, de l’ayurveda et du yoga, cette pratique s’est développée en Thaïlande dans les temples bouddhistes pour apaiser les muscles après les longues heures de méditation ou de travail dans les champs.

Transmis oralement de moine en élève, ce massage, appelé Nuad (pression) Bo Rahn (ancien), a connu un véritable essor dès 1830 lorsque le roi Rama III a créé à Bangkok l’école de Wat Pho. Implantée dans le Temple du Bouddha Couché, cette pratique fait partie d’un « art de vivre » quotidien, familial pour harmoniser le corps et l’esprit.

Je rencontre Samtchu Porn pour la première fois, petite femme âgée de 40 ans, qui me regard dans les yeux en écoutant mon problème, je ne suis pas sûr que sa pratique de l’Anglais soit suffisante, mais l’assurance de son regard me laisse penser « qu’elle Connaît, qu’elle comprend ! ». Quelques instants plus tard, en tenu de « massé », je me retrouve dans ce petit espace de 2,50 m de long pour 1,60 m de large, entourée par des cloisons de bois, sans plafond. D’autres de ces cabines exigus, identiques sont alignées dans cette grande pièce commune. Il y fait sombre, je ne vois pas grand chose, hormis cette natte tressée protégée d’un tissus L’environnement est sobre. 

Allongé à même le sol, je sens ses doigts parcourir mon dos, ces gestes sont précis, cherchant, je la devine en train de saisir ce qui me provoque ces douleurs, je le devine car je ne la vois pas. L’exactitude, la justesse, la sûreté de son touché me rassure et me fait penser à celui de mon Kiné en France. Cette femme qui n’a fait aucune école médicale, possède un geste acquis empiriquement, acquis par l’expérience et la pratique répétée, je découvrirais plus tard qu’il y avait autre chose ! Elle m’explique brièvement d’où viennent mes douleurs en appuyant sur les endroits sensibles. Immédiatement je la reconnais comme maîtrisant son art.

Je me laisse complètement aller, n’offrant aucune résistance, car sans la connaître j’ai confiance. Après 90 minutes de massage, je réalise que tous les gestes, sont des techniques souveraines. Ce qui est marquant, est le silence dans lequel se déroule la séance, pas un mot, pas de paroles, le calme, la pose fait partie de la pratique, ont dirait que le monde est stoppé. Je suis donc, comme un Apprenti en Loge, j’observe, j’écoute, je ressens dans le silence. Je ressens à cet instant sans pouvoir le comprendre, l’état de conscience dans lequel se trouve Samtchu Porn pour exercer sans art. 

Sans le vouloir, pendant des mois je retourne voir Samtchu Porn régulièrement, elle me prodigue des soins de plus en plus technique. Je suis émerveillé par ses connaissances, je réalise qu’elles sont de plus en plus sophistiquées, cette science de l’art de dénouer les tensions musculaires et d’en libérer les énergies et d’une efficacité redoutable. En débloquant ces énergies, elle soulage les maux. 

Le massage n’est qu’une partie de la philosophie de l’hygiène de vie en Thaïlande, la population estime que chacun de nous est animé par le « Prana », souffle vital qui parcourt le corps suivant des lignes appelées « Sen », ils sont difficiles à appréhender pour les occidentaux, car il faut les ressentir, sans les voir”. Le massage Thaï est une médecine des sens, des sensations, des émotions, sans mots et sans langage. Il n’y a pas d’explication à entendre, il faut ressentir les choses. 

Après plusieurs mois de massage régulier, je demande à Samtchu Porn, s’il elle veut bien m’enseigner le Nuat Boran. L’élève trouve son Maître, le maître trouve son élève! J’acquiesce immédiatement un refus, l’élève à trouvé son Maître, mais ce n’est pas réciproque. Ces fins de non-recevoir seront répétées pendant 16 semaines. Apprendre demande de la persévérance, dans ce cas là, il ne s’agit pas de s’inscrire à une formation « catalogue », mais de s’engager dans une expérience, où ni le temps, ni l’argent n’a sa place et d’ailleurs ou rien de ce qui représente nos « valeurs » occidentales n’ont leurs places. 

J’accepte donc toutes les conditions de Samtchu Porn, elle m’informe, qu’il me faudra travailler pendant plusieurs heures tous les jours, pas de livres, pas de schémas, aucune explication biomécanique, pas de photos. Je suis cependant autorisé à dessiner à mon domicile les protocoles acquis. Elle me confirme qu’elle ne fixe pas de somme d’argent pour ce « stage », elle laisse cela à ma discrétion, à combien j’évalue cet enseignement ?

C’est donc dans le silence et la pénombre que je dois sentir, ressentir, comprendre, interpréter, visualiser sans voir, les mouvements, les gestes, le positionnement de ces mains, paumes, doigts, genoux, avant-bras, pieds. Le massage Thaï est un équilibre représentant un polygone, où les pieds, les mains, le corps, forment un équilibre harmonieux en trois points, pour que d’en un rythme immuable, prodiguer simultanément, une pression équilibrée et précise, un peu comme la marche de l’éléphant. Il faut donc pratiquer, persévérer, encore et encore.

Sous le flot de mes questions, Samtchu Porn me réponds qu’elle ne sait pas ! et que nous les occidentaux, nous avons le défaut de toujours « chercher à comprendre », il faut donc se laisser-aller et laisser aller !

Plusieurs semaines d’apprentissages se sont écoulées, lorsque qu’un soir, Samtchu Porn me demande si « ça va » ? Je profite pour lui dire de façon la plus honnête et respectueuse, que je m’ennuie, car je n’apprends que des techniques et que je suis venue apprendre comment ressentir et comprendre ces sensations. A cette instant, sans aucun sourire, elle me demande de lui donner 13 baht (environ 0,38€) et de la retrouver demain soir au même endroit. Je ressens à ce moment un basculement dans notre relation, que je ne sais ni comprendre, ni expliquer. Mais je suis toujours dans le même état d’esprit, celui de « faire confiance ». 

Le lendemain, Samtchu Porn, m’informe qu’elle est allée au Temple Bouddhiste. Tout d’abord pour demander l’autorisation des moines de la reconnaître comme mon « Maître d’apprentissage » et dans un deuxième temps, de me reconnaître comme un « Neukliane » (traduction phonique), ou “apprenant”. Dorénavant, je suis reconnu comme tel et je devrais avant de commencer tout massage, me présenter devant l’autel de prière, ou siège les statues du Bouddha et celle du Docteur Jivako Kumar Bhacca. Je devrais prier avec elle et ensuite sans elle, chaque fois que je commencerais une journée de massage, ces prières sont à apprendre en Sanskrit (langue de l’époque du Bouddha), je vais les apprendre par cœur, sans difficulté, car avec le « Cœur ». 

Les jours qui ont suivie, Samtchu Porn modifia sa méthode d’apprentissage. Par respect je ne peux les communiquer, mais tout était tournée vers le fait de ne pas chercher à comprendre; Entendre l’inouï, voir l’invisible, sentir l’immatériel, ont été mes guides.

 Quelques semaines plus tard, Samtchu Porn, m’informe que son travail est fini, et qu’elle n’a “plus rien à m’apprendre”. Je suis bien sûr dévasté par cette nouvelle, car il me semble que j’aurai encore tant de chose à apprendre à ses côtés, tant sa connaissance me semble cyclopéenne. Elle m’informe que pour reconnaître son travail et aller plus loin, je devrais dorénavant me rendre à Bangkok et intégrer l’école de massage de Wat Pho. 

Comme une évidence, je m’y suis rendu pour suivre l’ensemble des cours. Je ne sais toujours pas pourquoi, ni comment le Maître qui m’a reçu et formé, à dès le premier jour, sans que je connaisse personnes, sans que je ne parle de Samtchu Porn, sans même ne rien à dire à personne, m’a identifié comme un « Neukliane » ! Là aussi, j’ai reçu un apprentissage différent, chaque Maîtres de cette prestigieuse école, m’en demandais toujours plus, d’aller plus loin, je ressentais la même sensation d’état de conscience enseignées par Samtchu Porn. 

Pour finir cette aventure, une fois diplômé de Wat Pho, j’ai parcouru comme un Compagnon, le Nord de la Thaïlande pendant plusieurs mois, à la rencontre d’autres praticiennes et praticiens, d’autres techniques, d’autres méthodes. Décidément le travail ne s’arrête jamais, j’ai rapidement compris que le cycle de l’initiation était celui d’une spirale parcourant par rotation le temps de notre vie. 

Prières au Docteur Jivako Kumar Bhacca – 

Nous invitons l’esprit de notre fondateur, le Père Docteur « Jivako », qui nous a enseigné tout au long de sa vie sainte.

Veuillez nous apporter la connaissance de la nature et nous montrer la vraie médecine dans l’univers.

A travers cette prière, nous sollicitons votre aide; qu’à travers nos mains, vous apporterez intégrité et santé au corps de la personne que nous massons.

Le dieu de la guérison habite dans les cieux, tandis que l’humanité reste dans le monde en dessous. Au nom du fondateur, que les cieux soient reflétés sur la terre, afin que cette médecine guérissante puisse encercler le monde.

Nous prions pour celui que nous touchons, qu’il soit heureux et que toute maladie soit libérée de lui.

En Loge nous entendons cette phrase « Le bandeau qui couvre vos yeux est le symbole de l’aveuglement dans lequel se trouve l’homme, dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance, est-ce de votre propre volonté, en pleine liberté et sans aucune suggestion, que vous vous présentez ici ? » Dit rapidement le Vénérable Maître au postulant après avoir franchit la porte du Temple. 

Pour être initié, il faut être libre, c’est à dire accepter de s’aventurer dans une expérience unique. Nous savons aussi que nous ne risquons rien, personne ne va attenter à notre vie, car l’initiation est avant tout symbolique, alors allons voir!! Il y a beaucoup de curiosité dans notre volonté première d’être initié. Nous découvrons bien plus tard que ce n’est pas le fait d’être initié qui nous permet d’être libre, mais bien l’accomplissement d’un travail et d’un devoir. 

Sans le savoir, nous entrons dans des voies où il n’y a rien « à Voir » … le bandeau du néophyte, l’obscurité du box de massage, le faible éclairage du Temple, nous montre que la voie que nous nous apprêtons à suivre sera celle du cœur et non celle de la raison. Le silence est prédominant, il n’y a rien à dire, non plus … Il va nous falloir nous ouvrir et accepter l’espace du vide dans notre essence, « l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne » disait Pierre DESPROGES ! Stopper le monde, ouvrir notre personnalité, laisser aller notre intelligence, déconstruire nos certitudes, et tout cela pourquoi ? 

Ce qui nous rassemble et nous ressemble, et le fait de vouloir nous détacher de la « Souffrance », comme le définit Matthieu RICARD (docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe) dans son livre « Le moine et le Philosophe », « la souffrance est un état d’insatisfaction profonde est parfois associé à la douleur physique, mais qui est avant tout une expérience de l’esprit », elle naît du désir, de l’attachement, de la haine, de l’orgueil, de la jalousie, du manque de discernement et de tous les facteurs mentaux que l’on appelle « négatif » ou « obscurcissant, parce qu’ils troublent l’esprit et le plonge dans un état de confusion et d’insécurité ». 

Nous allons devoir trimarder de Loge en Loge, de livre en livre, d’occasion en occasion, sur un chemin personnel. Aller à la rencontre de l’Autre, cette Autre qui ne nous ressemble pas, qui nous dérange et que notre regard aveugle nous limite de voir ; Le Prologue de St JEAN nous permet d’aller plus loin : « La vrai Lumière était celle qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde; le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu : à ceux-là qui croient en son nom, qui ne sont nés ni du sang, ni du désir de la chair, ni du désir de l’Homme, mais de Dieu ». Mais avons-nous vraiment enlever ce bandeau à la fin de notre initiation ?

Ce bandeau couvre nos yeux, représente le symbole de notre aveuglement dans lequel se trouve l’Homme, dominé par ses passions et plongée dans l’ignorance, ce que nous pourrions appeler la « souffrance » (voir les quatre nobles vérités du Bouddhisme). 

Mais ne regardons pas trop cette Lumière car les yeux de notre esprit ne sont pas encore disposés à « voir ». L’initiation est surprenante, nous venons chercher la lumière mais ne devrions-nous pas plus tôt avancer sur le chemin de « l’Outre-Noir » propre au peintre Pierre SOULAGE. Car il n’y a pas de noir absolu, même si par exemple le Carbone absorbe 99,99% de lumière ! il reste toujours de la Lumière  « l’Outre-Noir est une lumière, pour dire au delà du noir, une lumière reflétée, transmutée par le noir, Outre-Noir, Noir qui cessant de l’être devient émetteur de clarté, de lumière secrète. »

Ce carbone pour les Bouddhistes est composé des trois poisons que sont la soif ou l’avidité, la colère ou l’aversion, et l’ignorance. L’initiation nous offre l’ouverture d’une porte que nous possédons en nous, porte sur laquelle commence un chemin. Celui de l’Inconscient, révélateur de chaos dans un premier temps, ce qui nous plonge dans l’Avoir, du Faire et du Être dans un second temps. Puis s’offrira à nous des choix tirés de l’inconnu à nous de donner du sens, d’être créateur et responsable, et de cet instant nous pourrons nous « Autoriser », nous « permettre » de poursuivre en prenant le pouvoir de notre vie, être dans cet état de conscience de guérison de nous-même, pour que la spirale de l’espace de notre temps, nous transforme en Être, un Avoir et un Faire (voir Martine DUSSART – Les trésors oubliés de l’arc-en-ciel – Tome 8 – martine-dussart.be).

Cette voie sur laquelle nous nous engageons, va nous transformer quoi qu’il en soit en combattant. Nous devons puiser dans notre courage, notre persévérance, lutter contre l’adversité. Dans la plupart des spiritualités orientales, le travail consiste à faire mourir l’ancienne personne en nous pour renaître, c’est à partir de la mort que la vie s’envisage !

Nous avons le privilège d’être Bouddhiste et Franc-Maçon, issu de la culture de la Rose et du Lotus. Cette Voie du milieu, ou plutôt c’est deux voies du milieu, médiane, nous dote de parvenir à l’éveil et à la libération de la souffrance : la juste intention, la juste vision, la juste action, la juste parole, la juste conscience, la juste subsistance, la juste concentration, le juste effort !

« Je t’aime comme le soleil aime la pluie, comme la pluie aime le soleil, c’était pas gagné… » Thierry C.

Thierry est un des collaborateurs de LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

SOURCE  :

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Les Vers Dorés des Pythagoriciens 24 juillet, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Les traductions des « vers d’Or » sont nombreuses, celle de Mario Meunier est à la fois élégante et fidèle, il a également traduit les commentaires d’Hieroclès.Celle que Fabre d’Olivet (1768 – 1825) publia en 1813, est moins fidèle au mot à mot, plus poétique, elle incite à la méditation.

Les travaux sur Pythagore sont nombreux et nous n’en citerons aucun : le petit livre d’Ivan Gobry « Pythagore ou la naissance de la philosophie », dans la collection Philosophes de tous les temps, chez Seghers, est un condensé très complet de la doctrines et des principales études sur Pythagore.

L’apport de pythagoriciens aux Arts Libéraux est déterminant par les rapports qu’ils établissent entre eux, tous connaissent le théorème de Pythagore qui n’est autre que la 47° proposition du Premier livre des éléments d’Euclide et sa table de multiplication. Si l’on en croit Boëce, c’est a son école que l’on doit des connaissance musicales étonnantes pour l’époque. (Il est difficile de se défaire de la tendance à croire que les anciens nous étaient inférieurs).

Sa distinction entre le chiffre et le nombre, ce dernier représentant l’harmonie de la nature, est importante, même si elle a dégénéré en superstitions idiotes.
 
 

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Traduction de Mario MEUNIER

l’Artisan du livre 1931 (1ère éd. 1925)

Editions de la Maisnie – Guy TREDIANEL – 1993
 
 
 

Honore en premier lieu les Dieux immortels dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi.

Respecte le Serment. Honore ensuite les Héros glorifiés.

Vénère aussi les Génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.

Honore aussi et ton père et ta mère et tes proches parents.

Entre les autres hommes, fais ton ami de celui qui excelle en vertu.

Cède toujours aux paroles de douceur et aux activités salutaires.

N’en viens jamais, pour une faute légère, à haïr ton ami,

quand tu le peux: car le possible habite près du nécessaire.

Sache que ces choses sont ainsi, et accoutume-toi à dominer celles-ci :

la gourmandise d’abord, le sommeil, la luxure et l’emportement.

Ne commets jamais aucune action dont tu puisses avoir honte, ni avec un autre,

ni en ton particulier. Et, plus que tout, respecte toi toi-même.

Pratique ensuite la justice en actes et en paroles.

Ne t’accoutume point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir.

Mais souviens-toi que tous les hommes sont destinés à mourir :

et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune.

A l’égard de tous les maux qu’ont à subir les hommes de par le fait des arrêts augustes du Destin,

acceptes-les comme le sort que tu as mérité; supporte-les avec douceur et ne t’en fâche point.

Il te convient de remédier, dans la mesure que tu peux. Mais pense bien à ceci :

que la Destinée épargne aux gens de bien la plupart de ces maux

Beaucoup de discours, lâches ou généreux, tombent devant les hommes;

ne les accueille pas avec admiration, ne te permets pas de t’en écarter.

Mais si tu vois qu’on dit quelque chose de faux supporte-le avec patience et douceur.

Quant à ce que je vais te dire, observe-le en toute circonstance.

Que jamais personne, ni par ses paroles ni par ses actions, ne puisse jamais

t’induire à proférer ou à faire ce qui pour toi ne serait pas utile.

Réfléchis avant d’agir, afin de ne point faire des choses insensées,

car c’est le propre d’un être malheureux de proférer ou de faire les choses insensées.

Ne fais donc jamais rien dont tu puisses avoir à t’affliger dans la suite.

N’entreprends jamais ce que tu ne connais pas; mais apprends

tout ce qu’il faut que tu saches, et tu passeras la vie la plus heureuse.

Il ne faut pas négliger la santé de ton corps,

mais avec mesure lui accorder le boire, le manger, l’exercice,

et j’appelle mesure ce qui jamais ne saurait t’incommoder.

Habitue-toi à une existence propre, simple :;

et garde-toi de faire tout ce qui attire l’envie.

Ne fais pas de dépenses inutiles, comme ceux qui ignorent en quoi consiste le beau.

Ne sois pas avare non plus: la juste mesure est excellente en tout.

Ne prends jamais à tâche ce qui pourrait te nuira, et réfléchis avant d’agir.

Ne permets pas que le doux sommeil se glisse sous tes yeux,

avant d’avoir examiné chacune des actions de ta journée.

En quoi ai-je fauté ? Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je omis de ce qu’il me fallait faire ?

Commence par la première à toutes les parcourir. Et ensuite,

si lu trouves que tu as commis des fautes, gourmande-toi; mais, si tu as bien agi, réjouis-toi.

Travaille à mettre ces préceptes en pratique, médite-les; il faut que tu les aimes,

et ils te mettront sur les traces de la vertu divine,

j’en jure par celui qui transmit à notre âme le sacré Quaternaire,

source de la Nature dont le cours est éternel.Mais ne commence pas à prendre à tâche une oeuvre

sans demander aux Dieux de la parachever. Quand tous ces préceptes te seront familiers,

tu connaîtras la constitution des Dieux Immortels et des hommes mortels, tu sauras

jusqu’à quel point les choses se séparent, et jusqu’à quel point elles se rassemblent.

Tu connaîtras aussi, dans la mesure de la Justice, que la Nature est en tout semblable à elle-même,

de sorte que tu n’espéreras point l’inespérable, et que plus rien ne te sera caché.

Tu sauras encore que les hommes choisissent eux-mêmes et librement leurs maux,

misérables qu’ils sont; ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont près d’eux.

Peu nombreux sont ceux qui ont appris à se libérer de leurs maux.

Tel est le sort qui trouble les esprits des mortels, Comme des cylindres,

ils roulent çà et là, accablés de maux infinis.

Innée en eux, en en effet, l’affligeante Discorde les accompagne et leur nuit sans qu’ils s’en aperçoivent;

il ne faut point la provoquer, mais la fuir en cédant.

O Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent,

si tu montrais à tous de quel Génie ils se servent !

Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,

et que la Nature sacrée leur révèle ouvertement toutes choses.

Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que je l’ai prescrit;

ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux.

Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé, en appliquant ton jugement

à tout ce qui peut servir à purifier et à libérer ton âme. Réfléchis sur chaque e chose,

en prenant pour cocher l’excellente intelligence d’en-haut.

Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,

tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort.

 

 

LES VERS DORES DES PYTHAGORICIENS

Traduction de FABRE D’OLIVET (1813)

 
 
 

PRÉPARATION

 Rends aux Dieux Immortels le culte consacré;

Garde ensuite ta foi : révère la mémoire

Des Héros bienfaiteurs, des Esprits Demi – Dieux
 
 

 PURIFICATION

 Sois bon fils frère juste, époux tendre et bon père

Choisis pour ton ami l’ami de la vertu,

Cède à ses doux conseils, instruis – toi par sa vie

Et pour un tord léger ne le quitte jamais,

Si tu le peux du moins: car une loi sévère

Attache la puissance à la Nécessité.

Il t’est donné pourtant de combattre et de vaincre

Tes folles passions; apprends à les dompter,

Sois sobre, actif et chaste; évite la colère.

En public, en secret, ne te permets jamais

Rien de mal; et surtout respecte – toi toi – même.

Ne parle ni n’agis point sans avoir réfléchi,

Sois juste. Souviens – toi qu’un pouvoir invincible

Ordonne de mourir; que les biens , les honneurs

Facilement acquis sont faciles à perdre.

Et quant aux maux qu’entraîne avec soi le Destin

Juge – les ce qu’ils sont: supporte – les et tâche

Autant que tu pourras d’en adoucir les traits:

Les Dieux aux plus cruels n’ont pas livré les sages.

Comme la Vérité, l’erreur a ses amants:

Le philosophe approuve ou blâme avec prudence

Et si l’erreur triomphe, il s’éloigne, il attend.

Écoute et grave bien en ton cœur ces paroles:

Ferme l’œil et l’oreille à la prévention;

Crains l’exemple d’autrui, pense d’après toi – même

Consulte, délibère et choisis librement.

Laisse les fous agir sans but et sans cause.

Tu dois dans le présent contempler l’avenir;

Ce que tu ne sais pas, ne prétends pas le faire;

Instruits – toi: tout s’accorde à la constance, au temps.

Au corps les aliments, à l’esprit le repos.

Trop ou trop peu de soins sont à fuir car l’envie

A l’un et l’autre excès s’attache également.

Le luxe et l’avarice ont des suites semblables

Il faut choisir en tout le milieu juste et bon.
 

 

 

 

PERFECTION

 Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière

Sans t’être demandé: Qu’ai – je omis? Qu’ai-je fait

Si c’est mal abstiens – toi, si c’est bien persévère.

Médite ces conseils, aime – les , suis – les tous:

Aux divines Vertus ils sauront te conduire.

J’en jure par celui qui grava dans nos coeurs

La Tétrade sacrée, immense et pur symbole,

Source de la Nature et modèle des Dieux.

Mais qu’avant tout ton âme , à son devoir fidèle,

Les Dieux dont les secours

Peuvent seuls achever tes oeuvres commencées.

Instruit par Eux, alors rien ne t’abusera:

Des êtres différents tu sondera l’essence,

Tu connaîtras de Tout le Principe et la fin

Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature,

Semblable en toutes choses est la même en tous lieux.

En sorte qu’éclairé sur les droits véritables,

Ton coeur, de vains désirs ne se repaîtra plus.

Tu verras que les maux qui dévorent les hommes

Sont le fruit de leurs choix et que ces malheureux

Cherchent loin d’eux les maux dont ils portent la source.

Peu savent être heureux: jouets des passions,

Tour à tour ballottés par des vagues contraires.

Sur une mer sans rive, ils roulent aveuglés,

Sans pouvoir résister ni céder à l’orage.

Dieux vous les sauveriez en dessillant leurs yeux…

Mais non, c’est aux humains dont la race est divine

A discerner l’erreur, à voir la Vérité.

La Nature les sert, toi qui l’a pénétrée

Homme sage, homme heureux, respire dans le port.

Mais observe ses Lois , en t’abstenant des choses

Que ton âme doit craindre en les distinguant bien,

En laissant sur ton corps régner l’intelligence,

Afin qu’en t’élevant dans l’Ether radieux

Au sein des Immortels, tu sois un Dieu toi – même.

 

Les textes ci-dessus ont été informatisés par R. D., qu’il en soit remercié !

Ils évoquent l’adage : La simplicité est le sceau de la Vérité.

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La femme prêtresse

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La femme prêtresse

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La femme prêtresse par Jules Bois.

Nous allons lire ici un étrange article issu de la plume de Jules Bois dans lequel nous retrouvons le principe de la femme prêtresse. Bois n’était pas un féministe ordinaire, il serait même antinomique des mouvements contemporains. Cependant, l’auteur de l’Ève moderne nous présente ici, entre les lignes, une vision personnelle — et cependant tellement vraie — de la femme à l’autel. Ces lignes seront donc d’un certain intérêt pour les églises gnostiques ou chrétiennes libérales qui accordent à nouveau à la femme sa place de prêtresse.

Spartakus FreeMann.

Jules Bois présente en ce moment à la Bodinière un prêtre et une prêtresse égyptiens, qui doivent donner à Paris une cérémonie isiaque, pour célébrer un office en l’honneur d’Isis, la femme-dieu.

On désirerait avoir quelques renseignements sur le rôle de la femme prêtresse ; s’il est vrai que dans le catholicisme primitif, il y avait eu des femmes ordonnées. De nos jours existe-t-il encore des prêtres femmes dans le christianisme.

Est-ce un indice de notre décadence, que cet engouement de Paris pour les religions de l’Orient, brahmanisme, bouddhisme et surtout pour ce culte d’Isis qui s’établit dans Rome antique, au moment où l’Empire entrait dans sa période de déclin ?

JEANNE DAX.

M. Jules Bois qui dans ses livres s’est souvent occupé de la femme-prêtresse et de la femme Dieu nous donne les notes suivantes :

« C’est dans mes recherches pour les Petites religions de Paris que j’ai trouvé l’hiérophante Rhamsès et la grande prêtresse Anari, (ce sont leurs noms d’initiés) qui voudront bien reconstituer devant un public parisien à la Bodinière l’ancien rite isiaque avec le dévoilement des dieux, le bruit des sistres, le chant des formules magiques et la danse des quatre éléments, devant la statue d’Isis, exécutée par la mime sacrée. Rhamsés et Anari sont des occultistes qui prétendent avoir reçu par tradition l’initiation égyptienne. J’ai pu vérifier chez eux les idées et les mœurs du primitif sacerdoce. »

« Chez les Égyptiens, selon Hérodote et Diodore, la femme avait un rôle prépondérant : tandis que l’homme filait et se livrait aux soins du ménage, la femme faisait les lois, édifiait la cité intérieure. Elle fut donc là-bas la première déesse, le premier prêtre. Toute l’antiquité est pleine de prêtresses. La femme à l’autel indique que cette humanité que nous nous plaisons à considérer parfois comme barbare avait un sentiment plus vrai et plus élevé de sa vie morale puisqu’elle associait la femme au culte de son idéal. »

« La question de la prêtresse se rattache d’abord à la question du dieu double, du Père-Mère. Je l’ai montré dans le Satanisme et la magie, c’est Moïse qui créa le dieu misogyne, le dieu mâle solitaire ; sans femme ; et du coup plaça la femme au second rang, au temple et dans la vie intérieure. Les religions qui suivirent eurent une tendance à se conformer à l’injuste prohibition, christianisme, mahométisme, etc. Dès lors la femme est en tête de l’hérésie. J’ai expliqué maintes fois que la femme chassée du temple devint la sorcière. Elle paya cette révolte, du plus riche et du plus précieux de son sang. Les Albigeois et les gnostiques la glorifièrent. La sainte Sophia était pour eux la déesse invisible et il existait une papesse qui était la Sophia visible. C’est dans le massacre que fut noyée cette résurrection mystique de la femme. Plus tard les bohémiens arrivent à Paris, ils disent obéir à la sublime maîtresse du feu et du métal, prêtresse d’Isis, qui dans le dernier de leurs chariots penche un front couronné de sequins sur le livre d’Hermès, le Tarot, la Bible de la Femme. Mais la pauvre sorcière du Moyen-âge est encore la plus dolente. On l’extermine par hécatombes. Au sabbat elle avait le premier pas. Prêtresse du diable, elle officiait à la messe noire, devenait même l’autel. »

« De nos jours, le mouvement hérésiarque de la femme se continue. C’est elle qui a, avec Mme Blavatsky, élevé en face des églises masculines d’Occident la Théosophie. La Gnose, que l’helléniste Doinel avait voulu rétablir à Paris, associait comme autrefois, au pontificat, la femme. »

« J’ai connu beaucoup le fameux abbé Boulan (le Dr Johannes de Là-Bas) il était le pontife d’une secte religieuse “l’œuvre de la miséricorde” qui consacrait des femmes et j’ai connu ainsi diverses prêtresses. L’abbé Boulan était le continuateur de cet extraordinaire Vintras qui se croyait l’homme du Paraclet et avait proclamé la femme “prêtresse de Marie” comme elle le fut dans la secte de Callydiciens. Le vin de la messe de la femme était rouge, celui de l’homme, blanc. »

« Michelet a affirmé que dans les premiers temps du catholicisme, la femme consacrait, ayant le sacrement de l’Ordre. Elle recevait le Saint-Esprit par l’imposition des mains. (Concile de Chalcédoine 4e œcuménique) »

« Le concile de Laodicée de 366 ou 369 lui défend le sacerdoce (cap. XII. collection de Denys le Petit, Mayence, 1525). Le concile de Carthage en 391 lui défend de catéchiser de baptiser, d’étudier même, sinon avec son mari. Jusque-là elle présidait, prêchait, donnait des ordres, officiait. Un auteur du temps remarqua qu’elle en était très digne par l’instruction qu’elle avait reçue dans les temps païens. On comprend aisément la puissance de la femme (de trente ans dit Michelet, belle, éloquente et subtile comme elles étalent en Grèce et en Orient), dans ces hautes fonctions qui, presque la divinisèrent. Intronisée à l’autel même, admirée, et l’amour de tous, elle avait un véritable règne et certainement le plus complet. Le sombre Tertullien s’en indigne. Le farouche Athanase craint l’effet trop sensible du moment où elle consacrait, où tous communiaient avec elle de sa main, de sa douce main. Si elle consacre, il veut que ce soit à huis clos et pour elle seule. Mais souvent elle n’avait pas la force de se clore ainsi tout à fait. La porte ne fermait pas bien fort ; les zélés restaient au-dehors, la surprenaient au moment décisif, dans un trouble touchant de pudeur et de sainteté. Là, nouvelle fureur d’Athanase qui ne veut pas qu’elle se laisse surprendre, voudrait la rendre repoussante, lui interdit de se laver. »

« Et dire que tant de théologiens ignorent ces faits et pousseraient même les hauts cris si on leur disait que dans l’Église orientale, pendant plus de trois siècles, il exista des prêtresses. En Occident la femme, plus ignorante, eut seulement le diaconat. »

« Le christianisme libéré a continué à revêtir du caractère sacré la femme. Les femmes pasteurs sont de plus en plus nombreuses en Amérique. Dans le récent congrès de Mme Joséphine Butler à Londres, j’ai entendu une femme-pasteur raconter les misères de pauvres femmes hindoues ; elle nous arracha les pleurs des yeux. »

« Je crois que la femme est très susceptible de porter à tous la parole divine, puisque cette parole devrait être toujours une parole de paix et d’amour. »

« En tout cas la semaine prochaine, à la Bodinière, ce sera la première fois depuis près de deux mille ans qu’une prêtresse d’Isis officiera en Europe. »

Plus sur le sujet :

La femme prêtresse par JULES BOIS.

La Fronde, 26 février 1899. Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327788531
Provenance : Bibliothèque nationale de France
Image par Stefan Keller de Pixabay

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Gnose, Jules Bois, Jules Doinel / Publié le : 26 mai 2020
Mis à jour le : 16 septembre 2020

https://www.esoblogs.net/23337/femme-pretresse/

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Bacchus, Jésus et la Gnose 17 juillet, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Bacchus, Jésus et la Gnose par Tau Synesius.

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Tout mythe enferme implicitement la consécration de l’antique aphorisme : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas». Ce qui revient à dire que tout mythe est le résumé ingénieux, poétique, imagé, d’une double action conjointement accomplie sur plan hylique et sur le plan divin.

Prenons aujourd’hui pour élucider cette vérité Bacchus et son culte.

Ce mythe, résumons-le d’après le magnifique ouvrage de M. Decharme, sur la mythologie de la Grèce.

Sémélé, fille de Cadmus, est aimée de Zeus qui la féconde en descendant sur elle sous la forme d’une pluie d’or, mais cette mystique communion ne suffit pas aux passionnelles aspirations de Sémélé. Comme la Sophia gnostique, elle veut contempler le Dieu dans la splendeur de sa gloire, au milieu de sa foudre et de ses éclairs. Mais les feux divins l’éblouissent et la consument et, en mourant, elle laisse échapper son fruit que Zeus enferme dans sa cuisse jusqu’à l’époque où l’enfant sera viable. Remarquons, en passant, ainsi que le fait M. Decharme, l’analogie de la naissance de Bacchus avec celle du Soma des Védas, le Soma est, lui aussi, recueilli dans la cuisse d’Indra et son surnom est Vinas, l’aimé, comme plus tard Bacchus deviendra οἶνος, Vinum, le Vin. De Vinos, on peut aussi rapprocher le dorien φιντατοσ, Très aimée, pour φιλατοσ.

Bacchus, une fois issu de la cuisse de Zeus est confié aux Nymphes de Nysa, d’où il tire son nom grec de Dionysios. Elles l’élèvent au fond d’une grotte tapissée de vignes. Devenu grand, Bacchus goûte au fruit de ces vignes, ses nourrices l’imitent, et les voilà transportées d’une volupté nouvelle, gravissant les collines, pénétrant dans l’épaisseur des taillis, faisant éclater partout leurs cris de joie.

Le plus élémentaire évhémérisme explique le sens matériel de cette légende. Sémélé, c’est la Terre, en qui l’ondée bienfaisante symbolisée par Zeus, vient développer le germe vital de la vigne. Le cep sort du sol, s’élance vers le ciel, mais l’ardeur solaire brûle le sol ; le raisin périrait s’il ne se cachait sous le feuillage et surtout si le ciel ne se couvrait de nuages.

D’autre part, les Nymphes, les Hyades, nourrices de Bacchus, représentent les sèves vivifiantes et peut-être aussi les pluies rafraîchissantes. Quant aux courses de Bacchus à travers le monde, il n’est pas difficile d’y voir le développement successif de la culture de la vigne dans les diverses régions de l’univers.

Jusqu’ici nous n’avons pas, ce semble, quitté le plan hylique ; naissance et culture de la vigne, production d’un breuvage enivrant, etc. Et pourtant, insensiblement, nous arrivons au plan divin. Ouvrons, en effet, le catéchisme gnostique, que notre vaillant coopérateur, l’évêque Sophronius vient de livrer à l’édification des Parfaits. Il y est dit que le Christ, entre autres manifestations, se présente sur la terre sous les apparences de la boisson fermentée.  La boisson est le jus fermenté tiré soit des tiges du sarcostemma viminatie, soit des fruits de la vigne. Le sarcostemma était coupé en morceaux ; ceux-ci étaient écrasés dans un mortier au moyen d’un pilon et le jus filtré était placé dans un vase où on le laissait fermenter. Au bout de trois jours, le Soma était prêt. On sait comment se prépare le vin. Or du Soma aussi bien que du vin on tire l’eau-de-vie ou l’eau-de-feu, qui brûle avec flamme. Le vin et le Soma contiennent donc le feu, le Christ. Celui-ci a dit d’ailleurs par la bouche de léshu : « Je suis la vraie vigne » et montrant le vin : « Ceci est mon sang ».

Voici d’ailleurs que Bacchus est devenu un Dieu phallique, ainsi qu’il appert de la description que Plutarque nous donne de la Fête des Dionysies, c’est-à-dire une puissance féconde et créatrice, et aussi un Dieu de beauté, de grâce souveraine, de suggestive esthétique, ainsi qu’il résulte de la Fête des Anthestéries, ces pâques fleuries du paganisme. C’est encore un Dieu de bonté, un bienfaiteur de l’Humanité, s’opposant au farouche Arès, ce Démiurge hellénique, ainsi que l’indique S. G. Sophronius :

« Né bienfaisant et épris de gloire (de gloire pacifique, il faut entendre) Man (Bacchus) voulut faire participer les hommes aux utiles découvertes dont la cité céleste avait été dotée par les rois et enseigner au monde l’usage du blé et du vin. Il partit donc à la tête d’une armée considérable (une armée d’apôtres, il est à supposer) et visita un grand nombre de peuples, qui le reçurent comme un dieu, puisqu’il apportait partout l’abondance et la joie. »

Des influences asiatiques ne tardèrent pas à intervenir, qui transformèrent le concept initial du Dionysios grec en « un adolescent aux joues imberbes, au teint délicat, à la figure virginale, qu’encadrent les boucles flottantes d’une chevelure. À voir sa longue robe, sa molle et traînante démarche, sa grâce efféminée, on hésite à lui attribuer la nature masculine. C’est qu’en effet le génie religieux de l’Asie a marqué Dionysios de son empreinte, il en a fait un dieu à double nature, un symbole de l’Essence divine, qui embrasse tout, qui comprend tout qui se suffit à lui-même une divinité androgyne, comme Siva dans l’Inde où comme Astarté, en Syrie. » (Decharme. op. cit.).

Avec cette seconde phase, ou plutôt sous ce second aspect du mythe dionysiaque, nous voyons s’accuser de plus en plus le plan spirituel. Le dieu de Nysa devient une sorte d’incarnation delà Beauté éternelle, un vivant et merveilleux reflet des splendeurs du Plérome. Cette insexualité même, ou, pour mieux dire, cette fusion idéale des deux sexes, c’est le rêve sacré que la Gnose Valentinienne formulera dans le dogme de Bythos-Sigé, et dans celui des différentes Syzygios, qui en émanent.

Sans quitter le plan divin, où nous a amené cette épide, nous allons assister maintenant à une quasi-identification de Bacchus avec le Christ. Remarquez que cette nouvelle phase remonte, historiquement, au moins à cinq cents ans avant notre ère, mais cela soit dit, sans vouloir amoindrir les grandes choses de la foi chrétienne. Pour le divin, le temps n’est pas. Dans l’évolution historique, Bacchus a pu précéder Jésus : dans la réalité éternellement fixe de l’Au-delà, les deux ordres de faits se confondent, c’est là une vérité qu’on ne proclamera jamais assez haut, que cette inanité du temps dans le domaine divin.

Poursuivons. Comme le Fils de Miriam, Dionysios a ses souffrances, sa passion. Il a été surpris par les Titans qui, jaloux de lui, l’ont mis en pièces. Son cœur, échappé à leurs fureurs, a été recueilli par Pallas, et il est redevenu, au ciel, le centre d’une vie renaissante [1].

De là, la curieuse eucharistie pratiquée en Grèce, dès le temps de Thémistocle, sorte de banquet mystique où les Initiés mangeaient en commun la chair d’un taureau, qui était pour eux le propre corps de Bacchus. Pour comble de similitude, Iacchos qui est un des noms de Dionysios, n’est-il pas la traduction évidente du vocable hébraïque leschou ?

Bacchus fut ainsi que Jésus, l’objet d’une sorte de culte hystérique de la part des femmes. Ici, nous sortons du plan divin ou plutôt nous touchons à la ligne, ou plan di vin et plan hylique se copénètrent, à la région vague, où l’érotisme charnel se soude pour ainsi dire à la religiosité mystique dionysiaque, en vertu duquel, comme dit M. Decharme, « l’être humain affranchi de la raison, comme d’une entrave, n’obéissant qu’aux palpitations de son cœur et au délire de son cerveau, court se perdre dans l’objet inconnu de son adoration, auquel il abandonne la direction de sa vie et son âme tout entière », ce mysticisme, disons-nous, a sa frappante analogie dans les extases de Sainte-Thérèse et de Mme Guyon.

Desmarèts de Saint-Sorlin n’a-t-il pas écrit : « L’âme étant devenue un rien ne peut rien sentir ; quoi qu’elle fasse, n’ayant rien consenti, elle n’a pas péché. Par une dissolution entière de nous-mêmes, la vertu du Saint-Esprit s’écoule en nous, et nous devenons tout Dieu par une déformation admirable. »

Molinos n’a-t-il pas déclaré que les péchés sont une occasion d’humilité et une échelle pour monter au ciel ?

Enfin François de Sales lui-même n’a-t-il pas préconisé l’anéantissement de la volonté comme un idéal de perfection ?

Quant à ces fêtes orgiastiques, au cours desquelles les ménades échevelées se déchirent les seins et inondent les chemins de leur sang, n’est-ce pas une réalisation anticipée de ces tendances érotico-mystiques, qui feront surgir tour à tour les Flagellants du moyen âge, les ascètes des cloîtres et les convulsionnaires de Saint-Médard ?

Plus sur le sujet :

Bacchus, Jésus et la Gnose.

In L’Écho de l’Au-delà et d’Ici-bas, n° 4, 15 février 1900.

La revue ne cite pas son auteur, mais certains passages laissent penser qu’il est probable que ce soit Fabre des Essarts, Tau Synesius in ecclesia.

Image : Paul Véronèse / Public domain.


[1] Ce détail du mythe dionysiaque a pu par voie d’atavisme, donner naissance au culte moderne du Sacré-Cœur, si mal compris de tous, et principalement de ceux qui le pratiquent.

 

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Bacchus, Tau Synesius / Publié le : 24 mai 2020

Mis à jour le : 24 septembre 2020

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SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes 15 mai, 2022

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

SpiritualitéAutres Voies Spirituelles

SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes

 
SAKYADHITA association Internationale des Femmes Bouddhistes dans Recherches & Reflexions Ida-Radogowski-150x150

Par Ida Radogowski
7 mai 2022
Sakhiadita dans Recherches & Reflexions

Sakyadhita « les filles de Bouddha », principale organisation internationale de femmes bouddhistes, est une alliance de femmes (et d’hommes) qui entend se vouer à la transformation du mode de vie des femmes dans les sociétés où fleurit le bouddhisme. Elle a été fondée lors du premier Congrès International des Femmes Bouddhistes à Bodhgaya (Inde) en 1987.

Sakyadhita cherche à unir des femmes de nationalités et de traditions bouddhistes différentes afin de promouvoir leur bien-être et de faciliter leurs activités pour le bien de tous.

Elles sont 300 millions de femmes bouddhistes dans le monde, dont plus de 130.000 moniales. Pour un très grand nombre, elles vivent dans la pauvreté et n’ont pas accès à l’éducation ou aux structures qui soutiennent la pratique bouddhiste.

De nos jours, ce n’est qu’au sein de trois traditions bouddhistes (chinoise, coréenne et vietnamienne) que les femmes peuvent recevoir une ordination dont le statut est identique à celui des hommes.

Sakyadhita œuvre à la réalisation de l’égalité hommes/femmes dans le bouddhisme, c’est-à-dire à l’obtention, pour les femmes bouddhistes du monde entier, de l’égalité des chances en matière d’éducation et de formation. Ses membres leur apportent l’aide nécessaire afin qu’elles développent leurs potentiels et capacités, en tant que chercheuses, pratiquantes, enseignantes, avocates, artistes, membres ou organisatrices de mouvements associatifs, personnes compatissantes engagées dans le domaine social.

Les objectifs de Sakyadhita sont :

Etablir une alliance internationale de femmes bouddhistes

Faire progresser le bien-être spirituel et temporel des femmes dans le monde

Œuvrer à l’égalité hommes/femmes en matière d’éducation, de formation, d’ordination et de structures institutionnelles.

Promouvoir l’harmonie et le dialogue entre les diverses traditions bouddhistes, ainsi qu’avec les autres religions.

Encourager la recherche et la publication de travaux ayant trait à des sujets concernant les femmes bouddhistes.

Favoriser l’action sociale axée sur le bien de l’humanité.

Promouvoir la paix mondiale au travers des enseignements du Bouddha.

Une conscience aigüe et un engagement pour l’action sociale se développent naturellement parmi les femmes qui participent aux Conférences Internationales Sakyadhita des femmes bouddhistes. Jusqu’ici les conférences internationales de Sakyadhita se sont tenues à Bodhgaya en 1987, Bankgok en 1991, à Colombo en 1993, au Ladak en 1995, à Phnom Penh en 1998, à Lumbini (lieu de naissance du Bouddha) en 2000, à Taipei en 2002, à Séoul en 2004, à Kuala Lumpur en 2006, à Ulanbator en 2008, et Ho Chi Minh ville en 2009, et de nouveau à Bangkok en 2011, en Inde en 2013, en Indonésie en 2015, à Hong Kong en 2017, Blue Mountain (Australie) en 2019 et la dernière s’est déroulée à Bornéo en 2021.

Bouddhistes

Les femmes ont joué un rôle très important dans l’histoire du Bouddhisme. Le Bouddha leur a conféré la pleine ordination. Elles ont été tour à tour enseignantes, Yoginis, grands Maîtres, fondatrices de lignées, et ont atteint l’illumination. Elles ont grandement contribué, de différentes manières, à venir en aide aux êtres.

L’accès à l’éducation ayant toujours été très difficile, la plupart d’entre elles ne savaient ni lire, ni écrire. Il leur était donc souvent impossible de transmettre leur haute expérience spirituelle, en tous cas d’en laisser un témoignage écrit ou durable.

Il aura fallu mener des recherches très poussées pour retrouver la trace de ces femmes d’exception et de leurs précieuses expériences.

Afin de faciliter dorénavant aux femmes l’accès à l’éducation et au savoir, de nombreux projets ont récemment vu le jour. Nous aimerions présenter et soutenir activement certains projets.

Pour plus d’infos et d’éventuels dons suivre ce lien :

www.buddhistwomen.eu/FR/index.php/Main/HomePage

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

 

SOURCE : https://450.fm/2022/05/07/31696/

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CHAKRAS DE LA TERRE 20 avril, 2022

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

 

CHAKRAS DE LA TERRE

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Tout comme nous avons nos propres centres énergétiques appelés Chakras, la Terre possède aussi les siens.

Si vous observez notre Univers ainsi que la planète Terre, vous vous apercevrez que tout est comme un miroir. Il y a un Univers autour de nous, il y a un Univers en nous et nous sommes tous connectés.

Nous sommes aussi tous connectés à la Planète Terre grâce au courant électrique subtil qui parcourt la planète entière. Ces courants électriques sont connus sous le nom de « Lignes telluriques » (« Lay lines » en anglais) et sont presque comme le système sanguin de notre planète Terre.

De la même façon que des veines et des artères qui entrent et sortent du cœur, la planète Terre possède des lignes telluriques, qui sont des lignes d’énergie qui serpentent autour de la terre.

D’un point de vue scientifique, une ligne tellurique est une ligne de faille droite au niveau des plaques tectoniques de la Terre. Grâce à ces fissures dans les plaques tectoniques de la Terre, les énergies magnétiques libérées à ces endroits sont très puissantes.

Les intersections où les lignes telluriques se croisent sont des points d’énergie importants possédant de fortes concentrations d’énergie électromagnétique. C’est souvent sur ces intersections que la plupart des anomalies scientifiques se produisent.

A ces endroits, les personnes sensibles témoignent ressentir l’énergie déferler sur leur corps et d’autres prétendent même s’être évanouies car l’afflux était très puissant.

On dit aussi que ces lignes telluriques captent les informations et les énergies venant de ces points vibratoires supérieurs et les transportent autour de la planète, en répandant la connaissance et la sagesse à tous ses habitants.

Machu Picchu, le monolithe noir de la Mecque, Stonehenge et Angkor Wat.

En Europe, l’un des points vibratoires le plus connu est situé en France. C’est l’endroit où a été bâti la Cathédrale Notre-Dame-de Paris. C’est l’une des plus anciennes cathédrales gothiques de France et elle se trouve précisément à l’intersection de deux lignes telluriques qui traversent Paris.

En observant les anciennes civilisations avancées comme les Egyptiens, il est clair qu’ils avaient compris l’importance de ces courants d’énergies.

En fait, la plupart des cultures anciennes avaient probablement une certaine compréhension des lignes telluriques. En Chine, elles sont connues sous le nom de « lignes du Dragon ». En Amérique du Sud, les Chamans les appelaient les lignes d’esprit et en Australie, les aborigènes les appelaient les lignes de rêve.

Une autre chose intéressante à constater et que les points où les lignes telluriques se croisent sont parfaitement alignés avec les constellations astrologiques.

En considérant ces lignes telluriques comme les courants énergétiques de la planète Terre, vous pouvez maintenant comprendre comment il est possible que la Terre ait aussi ses propres centres d’énergie (Chakras).

On pense que les Chakras de la planète Terre sont situés à ces endroits :

Chakra Racine

Mount Shasta, Californie, États-Unis

Le Mont Shasta est un ancien volcan haut de 4318m qui fait partie de la chaîne de montagnes des Cascades. Elle s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’Oregon et jusqu’à la frontière Canadienne. Le Mont Shasta est considéré comme l’une des montagnes ayant le taux vibratoire le plus élevé, mais toute la région est également très animée. Cette zone est considérée comme la base du système énergétique de la planète Terre.

Chakra Sacré

Lac Titicaca, Pérou-Bolivie, Amérique du Sud

Le lac Titicaca est le centre du chakra sacré de la Terre. Vous trouvez juste à coté le Machu Picchu, Cuzco et Iquitos qui sont également considérés comme ayant une très haute énergie.

Deux lignes telluriques se croisent au lac Titicaca, la ligne tellurique du Grand Dragon Masculin (Male Great Dragon) qui relie le Mont Shasta au lac Titicaca et la ligne tellurique du Grand Dragon Féminin (Female Great Dragon).

Chakra du Plexus Solaire

Uluru – Kata Tjuta, Territoire du Nord, Australie

Uluru et une zone appelée Kata Tjuta et est considérée comme étant le charka du Plexus Solaire de la Terre. Cette zone est aujourd’hui toujours considérée comme sacrée par les autochtones. La ligne tellurique du Grand Dragon Féminin relie le lac Titicaca et Uluru.

Chakra du Coeur

Stonehenge, Angleterre

Stonehenge ainsi que les régions environnantes de Glastonbury, Somerset, Shaftesbury et Dorset forment le Chakra du Cœur de la Terre Mère. L’endroit où Stonehenge est construit est le point qui possède l’énergie la plus élevée. Encore une fois, c’est la ligne tellurique du Grand Dragon Féminin qui relie Uluru à Stonehenge.

Chakra de la Gorge

La Grande Pyramide, Jérusalem, le Mont Sinaï et le Mont des Oliviers (Moyen-Orient)

Le Chakra de la Gorge de la Terre comprend la zone de la Grande Pyramide, le Mont Sinaï et le Mont des Oliviers qui se trouve à Jérusalem. Le Chakra de la Gorge est l’un des plus grands centres d’énergie de la Terre, ce qui indique son importance à ce moment particulier de notre histoire. C’est aussi le seul centre d’énergie qui n’est pas relié à la ligne du Grand Dragon.

Chakra du Troisième œil

Le Chakra du Troisième œil est le seul qui est mobile à cause du mouvement de l’axe de la Terre. Le chakra du Troisième œil se déplace tous les 150 à 200 ans ainsi qu’au moment des changements d’ères astrologiques tous les 2000 ans environ. En 2012 nous sommes sortis de l’ère du Poisson pour entrer dans l’ère du Verseau, ce qui signifie que le chakra du Troisième œil est actuellement situé en Europe occidentale près de Stonehenge, au même endroit que le Chakra du Cœur.

Ce n’est pas étonnant quand on connait les rôles des Chakras. Le Chakra du cœur se réfère à la compassion et à l’amour, tandis que le Chakra du troisième œil est en rapport avec la prise de conscience, le fait de voir au-delà de nos croyances. Nous sommes justement dans une période où l’humanité se réveille et commence à percevoir les autres dimensions.

Chakra Couronne

Mont Kailash, Montagnes de l’Himalaya, Tibet

Le mont Kailas est situé au Tibet et est considéré comme la montagne la plus sacrée de l’Himalaya. C’est à cet endroit qu’est situé le Chakra Couronne de la Terre.

Ce Chakra serait connecté à la Pleine Lune du Scorpion qui a lieu une fois par an en Avril ou en Mai. A ce moment, de nombreux habitants célèbrent la Pleine Lune du Scorpion sur le Mont Kailas car elle marque le début d’une nouvelle évolution de conscience.

Même si les 7 Chakras de la Terre possèdent une énergie très élevée, d’autres endroits sur Terre sont également situés à l’intersection de lignes telluriques et possèdent également un fort taux vibratoire, par exemple :

Le Triangle des Bermudes

Karachi, au Pakistan

Le Triangle de la Mer du Diable (Japon)

Le Mont Fuji, Japon

Maui, Hawaii

Sedona, Arizona

Calgary, Canada

Findhorn, Écosse

Kiev, Ukraine

Bali, Indonésie

Île de Pâques

Angkor Wat, Cambodge

Sarawak, Bornéo

Gabon (Afrique de l’Ouest)

Capetown, Afrique du Sud

Lake Taupo, Nouvelle-Zélande

Il existe différentes théories concernant la position des Chakras de la Terre mais la chose à retenir est que notre planète possède bien un système électromagnétique qui rentre en résonance avec celui de notre propre corps. Notre champs vibratoire est donc grandement influencé par les différents endroits ou nous nous déplaçons.

Si vous avez l’occasion de vous rendre sur l’un de ces points, nous vous encourageons à prendre un moment pour y méditer ou pour ressentir ce qui se passe à cet endroit ! »

Notez également que vous pouvez vous servir de pierres pour harmoniser les vibrations de votre corps ou de votre lieu de vie. Elles ont chacune leur vertus et sont un outil particulièrement efficace dont vous pouvez vous servir au quotidien.

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Source: https://blog.karma-yoga-shop.com

Ecolieu Le Jardin Enchanteur

merci Gérard pour ce partage …

Des clés pour relire Blanche-Neige 10 avril, 2022

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le conte a une valeur initiatique fondamentale. Au fil des aventures imagées qu’il propose, c’est tout un symbolisme de l’aventure humaine qui est décrit. Souvent le conte fait peur, on y passe du mal absolu au bien absolu. Cela est nécessaire pour impressionner l’imagination, nourrir la réflexion, investir la mémoire. Dans ce texte, publié une première fois en 1988 , Michel Watier déplie une grille de lecture exploitant la méthode et la culture maçonniques et offre un accès privilégié aux mystères de Blanche-Neige.

Des clés pour relire Blanche-Neige dans Contribution CDU_074_0058_im001

1[1][1]Publié dans le numéro 9 de la Chaîne d’Union, paru au printemps…Les contes de fées. Voilà un genre littéraire qui ne jouit plus d’une grande considération de nos jours. On en garde quelques-uns, par tradition, dans des livres pour enfants destinés à favoriser le sommeil. Si l’enfant est trop petit pour lire et que le papa se voit réclamer une histoire, le livre de contes de fées sera le bienvenu pour suppléer une imagination défaillante. Mais, dès ses huit ans, l’enfant s’intéressera moins aux contes de fées ou aux contes et légendes de type mythologique, pour préférer épanouir son rêve du côté de la science-fiction.

2Le conte, donc, genre aujourd’hui dévalué, a pourtant connu un regain de vogue grâce au dessin animé dans les longs métrages de Walt Disney. (Finalement, nous adorons qu’on nous raconte des histoires.)

3Il y a 300 ans, Perrault et plus tard Grimm et Andersen mirent en forme toute une littérature orale traditionnelle. Orale, car le conte, c’est évidemment ce que l’on raconte, et non ce qu’on lit.

4Le conte, c’est la veillée devant la cheminée, avec le jeu des flammes et des ombres, et les bruits de la nuit au-dehors. Le conte, c’est avant tout un conteur, dont la voix change avec les personnages, qui module ses effets, qui crée une atmosphère et un rêve collectif, alors que le livre ne crée qu’un rêve individuel.

5Le conte avait une valeur initiatique fondamentale, car à travers les aventures imagées c’était tout un symbolisme de l’aventure humaine qui était décrit. Et si le conte faisait souvent peur, c’était pour laisser une marque, pour impressionner les imaginations, motiver les réflexions, pénétrer les mémoires.

Du mal absolu au bien absolu

6Il faut noter la forme dialectique du contenu, les oppositions, les violences extrêmes. On voit froidement le loup dévorer la grand-mère, l’ogre mettre les enfants au saloir jusqu’à ce que Saint-Nicolas vienne miraculeusement leur rendre leur intégrité physique et la vie. On passe du mal absolu au bien absolu par un coup de baguette magique qui établit l’exemplarité du conte, sa distance vis-à-vis du réel, et nous ramène à cette logique enfantine qui est celle des grandes profondeurs psychiques. Comme disent les enfants : « On dirait que c’est vrai… On dirait que je suis le prince… On dirait que je monte sur les oiseaux pour survoler le monde… »

7En fait, les prémisses totalement convenues sont une certaine appropriation du réel, et le déroulement est exemplaire. La leçon, prise au second puis au troisième degré, se développera au cours du temps, avec la vie de l’individu, jusqu’au moment où, à son tour, il racontera à ses enfants puis à ses petits-enfants les histoires traditionnelles. Et, parce qu’elles sont traditionnelles, parce qu’elles font partie de la petite enfance avant de faire partie de l’âge adulte, elles nous rattachent à nos racines profondes, à notre moi intime, à ce qui nous remue, nous émeut, nous justifie.

Trois degrés d’interprétation

8Un premier degré d’interprétation des contes de fées est celui de Carl Gustav Jung, aidé de son assistante Marie-Louise von Franz. (Plus tard, Bruno Bettelheim suivra la même interprétation.) Pour Jung, toute l’aventure relatée par le conte reflète la lutte que mène l’inconscient pour accéder à la conscience. Le conte utilise les voies de l’émotivité, du vécu et de l’instinct pour conduire de grandes pulsions et de grands enseignements jusqu’à la prise de conscience, par un chemin non rationnel.

9Marie-Louise von Franz rapporte un mythe des Indiens Ojibwa d’Amérique du Nord. Quand le Grand Dieu voulut transmettre aux hommes la connaissance de la « médecine secrète », il ne put se faire comprendre d’eux. Alors, il instruisit une loutre qui, à son tour, enseigna les humains. Le dieu est donc passé par un animal (c’est-à-dire par un instinct) pour se faire comprendre. Marie-Louise von Franz conclut : « Dès que la conscience humaine adopte une forme de conviction absolue, un dogmatisme, face au mystère du monde qui l’entoure et de la psyché, le pôle spirituel est fermé. J’ai souvent constaté qu’en pareil cas, l’archétype qui veut se manifester à la conscience doit emprunter la voie de la loutre. »

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10Un second niveau d’interprétation, celui que je propose ci-après, exploite totalement la méthode et la culture maçonniques : c’est la voie symbolique.

11Un troisième niveau se relie aux mythes spiritualistes les plus élaborés des traditions ésotériques et mystiques (Hindous, Juifs, Chrétiens). Ce niveau dépend de chaque interprétation personnelle, en fonction de la culture et des goûts de chacun.

12Mais, avant d’en arriver là, il faut tout d’abord passer par la lecture symbolique. Prenons l’exemple de Blanche-Neige (je m’inspire ici d’un article paru il y a quelque quarante ans dans Renaissance Traditionnelle et qui était dû à Jean Duprat).

13Pour que la référence soit plus aisée au souvenir de chacun, je me fonderai sur le déroulement du film de Walt Disney, qui suit exactement le conte. En parlant de films, d’ailleurs, n’est-il pas intéressant qu’un conte fantastique moderne comme La Guerre des étoiles éprouve le besoin de faire appel à une notion de chevalerie, d’initiation, d’apprentissage dans la maîtrise de soi et de recours à une force supérieure ?

Les Nains comme le Miroir sont les figures de facultés humaines

14Laissons se dérouler le fil de l’histoire en admettant comme clé d’interprétation que presque tous les personnages, la Reine, Blanche-Neige, le Miroir, les Nains, sont les figures de différents aspects ou de différentes facultés d’une même personne humaine dont l’itinéraire spirituel nous est conté. N’oublions pas que ce conte, issu d’une tradition ancienne, a mûri dans un contexte à l’époque obligatoirement religieux, qui évoquait l’intervention divine, mais que nous pouvons aujourd’hui, à notre choix, interpréter dans le contexte spirituel qui conviendra à chacun.

15Au départ, c’est la rencontre de deux personnages : Blanche-Neige (l’âme) et le Prince Charmant (qui représente l’état supérieur de la conscience, apparaissant ici comme vecteur de l’amour divin dans une interprétation théiste, ou en général comme la faculté de dépassement vers un état supérieur de l’être).

16Le conte débute dans un château. Une femme belle, hiératique et dure, interroge le Miroir magique. Pour la première fois, celui-ci lui répond qu’elle n’est pas la plus belle, mais que « Blanche-Neige est plus belle que toi ». Quelque part dans le château, Blanche-Neige, une toute jeune fille vêtue en souillon, accomplit des travaux serviles.

17La Reine (la femme qui interroge le Miroir) est l’âme mondaine, attachée aux apparences, dans son égoïsme satisfait. Le Miroir, c’est la conscience que cette âme peut avoir d’elle-même. Dans toute la littérature d’imagination symbolique, le miroir représente la prise de conscience de soi. Quand Alice au pays des Merveilles passe de l’autre côté du miroir, elle va explorer d’autres aspects de sa personnalité. Blanche-Neige, elle, figure l’âme spirituelle, qui était complètement écrasée par la mondanité dominatrice que représente la Reine.

18Aucune des virtualités que Blanche-Neige porte en elle n’avait pu se développer jusqu’à ce moment précis où, devant un auditoire représenté par des oiseaux, elle chante son désir de rencontrer le Prince Charmant. L’âme spirituelle a pris conscience d’elle-même et de sa vocation. Nous l’avons déjà constaté dans le fait que sa beauté, jusqu’ici voilée, devient apparente, ce que reconnaît le Miroir magique.

19Une seconde conséquence va se produire aussitôt. Le premier mouvement de l’âme vers sa transfiguration reçoit sa réponse : un cavalier s’approche de Blanche-Neige. Celle-ci ne l’aperçoit d’abord que par sa réflexion dans l’eau du puits sur lequel elle est penchée. Effarouchée, la jeune fille s’enfuit à l’intérieur du château puis, confuse de sa tenue, elle a un geste de coquetterie avant de se montrer à la fenêtre. Elle échange avec le Prince un baiser symbolique dont une colombe est le messager.

20Observons soigneusement la succession des événements :

  • un désir humain de dépassement et de rencontre spirituelle ;
  • la contemplation imparfaite et par réflexion du messager ;
  • enfin, un regard face à face, lorsque Blanche-Neige a pris conscience d’elle-même.

 

21L’aspect supérieur, d’ordre divin, de l’être humain, était auparavant voilé par les conséquences d’une « chute » ou d’une « déchéance ». Il y a nombre de contes, comme dans Cendrillon ou Peau-d’Âne, où une jeune fille de bonne naissance se trouve réduite en servitude.

Le Prince Charmant c’est la faculté de dépassement vers un état supérieur de l’être

22Alors, une intervention d’ordre supérieur est nécessaire pour opérer le rachat et faire sortir l’âme de sa léthargie. Cette intervention n’est pas autre chose que la transmission d’une influence spirituelle représentée par le regard échangé. Cette rencontre de l’humain et du divin se produit dans le rite initiatique.

23Le geste de coquetterie de Blanche-Neige consiste à passer la main dans ses cheveux pour en arranger l’ordonnance. Cela indique qu’elle prend conscience à la fois de sa beauté naturelle et de l’état d’effacement dans lequel cette beauté se trouve voilée.

24La Reine, elle, l’âme humaine, restait belle, selon sa nature, malgré sa déchéance et sa mondanité, jusqu’à l’arrivée du Prince. Mais toute cette beauté s’effondre devant « l’âme de l’âme » dès que celle-ci est illuminée par la perspective supérieure.

25Soulignons le symbolisme du regard qui « projette » sa lumière. Bien sûr, le symbole est à l’inverse des règles de l’optique physique, mais ne dit-on pas couramment « jeter un regard » ? Ce regard illuminateur et re-créateur est donc un symbole adéquat de l’influence profonde que transmet l’initiation.

26Nous voici parvenus au premier nœud dramatique. Devant la franchise du Miroir Magique, la Reine se rebelle. On peut avoir conscience d’un fait, mais c’est autre chose que de l’accepter. Aussi la Reine convoque-t-elle un garde auquel elle donne l’ordre d’emmener Blanche-Neige dans la forêt et là, de la tuer. L’âme égoïste et mondaine sent le danger que représente pour elle la spiritualité. Son instinct de conservation lui fait rejeter une aventure spirituelle qui serait sa propre destruction.

27Le meurtre ne sera en fait que symbolique. On apprendra qu’à Blanche-Neige épargnée sera substituée une biche dont le cœur sera présenté à la Reine. Nous avons ici un thème analogue à celui du sacrifice d’Isaac : la biche est l’équivalent féminin et forestier du bélier.

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28Le meurtre simulé de Blanche-Neige correspond à la première mort initiatique. Il s’agit pour l’âme de mourir à un état d’esclavage pour renaître dans un état de liberté.

29La spiritualité de l’âme reprend sa place privilégiée grâce à cette mort initiatique et il est intéressant de citer ici un passage du Coran – ce qui nous permet pour une fois d’élargir nos traditionnelles références judéo-chrétiennes. Il est écrit, dans la sourate dite « des Aumailles » : « Certes Dieu est le fendeur du grain et du noyau. Il fait sortir le vivant du mort et il est celui qui tire le mort du vivant. »

La fuite de Blanche-Neige est comme une descente aux Enfers

30Ayant échappé au couteau, Blanche-Neige, éperdue, s’enfuit. Dans sa peur panique, la forêt lui apparaît affreusement hostile. Un monde ténébreux se manifeste à elle. Les arbres deviennent des monstres grimaçants qui l’agrippent de leurs griffes au passage. Elle court, trébuche, s’enfuit, jusqu’au moment où, à bout de forces, elle s’effondre en sanglotant dans une clairière, puis s’endort.

31On pense évidemment à une descente aux Enfers, qui accompagne la première mort initiatique. Cet aspect infernal est particulièrement marqué dans le film de Walt Disney par la chute verticale de Blanche-Neige, au cours de sa fuite, dans un marécage où les troncs flottants deviennent des crocodiles.

32Pendant le sommeil de Blanche-Neige, la forêt est devenue un lieu paradisiaque éclairé par une lumière de printemps. Les animaux convergent vers la clairière où la jeune fille est étendue. Celle-ci s’éveillera dans un monde d’âge d’or, ou de Paradis terrestre (nous rejoignons ici l’idée d’effacement de la chute et d’une éventuelle faute originelle). Aucune hostilité n’existe entre les bêtes, et toutes paraissent attirées par Blanche-Neige. Cette dernière s’est éveillée pour une seconde naissance. La lumière est donnée, il reste à l’actualiser.

33Blanche-Neige est conduite jusqu’à une maison dont les occupants sont absents. Ces derniers, sept nains, sont en train de travailler dans une mine creusée dans la montagne, d’où ils extraient des diamants. Le thème des nains gardiens d’un trésor est fréquent (voir les Niebelungen). Ils apparaissent souvent aussi au terme d’un voyage qu’accomplit le héros.

34Il convient de remarquer qu’ici le voyage est intérieur : les sept nains représentent les sept puissances de l’âme. Les noms qu’ils portent désignent des qualités du psychisme. Ils travaillent dans la montagne, lieu privilégié du symbolisme hermétique, et plus précisément dans la mine ou la caverne, qui figure le cœur.

35Ainsi, pendant que se déroulait la renaissance de l’âme spirituelle en dépit de sa partie profane, les fonctions naturelles de l’être, figurées par les nains, recherchent la lumière sous sa forme cristallisée : le diamant.

36La maison des nains est mal tenue. Aidée par les animaux de la forêt, Blanche-Neige entreprend de nettoyer et de mettre de l’ordre. Pour ce faire, elle « rassemble des objets qui sont épars ». Ayant achevé son travail, fatiguée, elle s’étend en travers des lits. Les lits des nains sont petits : elle prend possession de plusieurs d’entre eux, marquant ainsi la domination de l’âme spirituelle sur les facultés psychiques. Du même coup est signifiée l’unité fondamentale de l’être humain.

37Et Blanche-Neige s’endort.

La Reine est l’âme individuelle pervertie

38Il nous est possible maintenant de mieux situer les uns par rapport aux autres les différents aspects de l’être évoqués par les principaux personnages.

  • La Reine est l’âme individuelle pervertie, c’est-à-dire faisant porter son unique intérêt sur un « moi » dont le centre de gravité est en décalage par rapport au véritable centre de l’humain. Par rapport à la théorie chrétienne, elle a les caractéristiques de Lucifer, le plus beau et le plus indépendant des anges.
  • Les Nains représentent les diverses facultés qui, par nature, ne sauraient être perverties. Ils échappent un peu au raisonnement moral, aux notions de bon et de mauvais, bien que la visite illuminante de Blanche-Neige les amène à faire leur toilette. Ils expriment quelque chose de relativement innocent dans l’âme humaine. Cette innocence est celle d’une égale incapacité de tomber ou de s’élever. Ils peuvent conquérir la vérité sous la forme condensée du cristal, comme un germe dont les virtualités ne se sont pas développées.
  • Blanche-Neige est, dans l’âme, la possibilité de pure spiritualité. Elle a suivi le processus initiatique dans ses phases essentielles : mort, descente aux Enfers, résurrection, travail.

 

Sept nains, sept cascades, sept collines

39Poursuivons le récit. Quand les Nains rentrent du travail, leur première réaction sera l’effroi : quelque chose a changé dans la demeure. Une fois qu’ils auront compris que Blanche-Neige a réalisé l’unité de l’être, et qu’elle a en quelque sorte rencontré ce dernier, la fête succédera au trouble. Blanche-Neige danse avec les Nains. Ainsi la danse fait pendant à la fuite dans la forêt. L’une étant la descente aux enfers dans le pessimisme, l’autre est l’exaltation de l’optimisme.

40À cette étape du récit, l’initié a réalisé en lui l’état primordial. Sa démarche fut jusqu’ici horizontale, de la périphérie au centre. C’est l’achèvement de ce qu’on a appelé les Petits Mystères.

41Que se passe-t-il alors ? La Reine apprend par le Miroir que Blanche-Neige « qui est plus belle que toi » est toujours en vie et réside chez les sept Nains, par-delà les sept cascades, au pied des sept collines. La Reine a alors recours à deux pratiques magiques : elle se transforme en une horrible sorcière pour ne pas être reconnue, et élabore une pomme empoisonnée. Elle rejoint Blanche-Neige au domicile des sept Nains et, en l’absence de ces derniers, l’empoisonne. Blanche-Neige s’effondre, apparemment morte. Les Nains arrivent trop tard. Ils poursuivent la sorcière à travers les rochers d’une montagne dénudée. Elle tombe dans un ravin et se tue à son tour.

42Nous sommes évidemment en présence d’un récit destiné à évoquer le début d’une seconde phase initiatique. Blanche-Neige est soumise à la seconde mort, celle qui ouvre le chemin des Grands Mystères. Cette seconde mort est la dissolution des facteurs individuels ou des résidus psychiques qui leur servent de support. Et voilà pourquoi Blanche-Neige apparaît morte aux yeux des Nains, qui ne peuvent pas voir au-delà de leur propre monde.

43Soulignons que l’expression « seconde mort » se trouve dans l’Apocalypse de Saint Jean, dans le passage suivant : « L’enfer et la mort furent jetés dans l’étang de feu, c’est-à-dire la seconde mort. »

44Pour l’individualité, il s’agit de l’annihilation pure et simple, donc de l’éventualité la plus angoissante. C’est bien ce qui va se produire pour la Reine-sorcière. Elle incarne les possibilités « infernales » de l’être humain qui sont alors destinées à disparaître totalement. Cette disparition sera la chute dans le ravin, fin du caractère illusoire de ces possibilités. Nous avons dit que la Reine avait un aspect luciférien (le plus beau et le plus indépendant des anges). Maintenant la nature satanique remplace l’aspect luciférien : elle apparaît comme une sorcière très laide et très dangereuse, jusqu’à sa disparition.

45Blanche-Neige avait cheminé jusqu’ici de façon horizontale, jusqu’au centre de son être. Maintenant qu’elle l’a trouvé, son chemin va être vertical. Il s’agira d’une transformation au sens étymologique, c’est à dire d’un passage au-delà de la forme, qui est, avec le temps, une caractéristique de la manifestation matérielle. Blanche-Neige est morte à l’individualité.

46La première étape initiatique était une sortie de l’état profane. Mort symbolique, puisqu’il y avait substitution par la biche. L’individualité n’est pas détruite : elle doit au contraire prendre possession de toutes ses possibilités.

47La seconde mort marque un décrochement d’un autre ordre : Blanche-Neige, en tant qu’individu, n’existe plus.

48La première mort se faisait par blessure, et le cœur était symboliquement arraché : l’amande devait être ôtée de la coque, le germe mis à nu. La seconde mort passe par la consommation d’un fruit empoisonné, fruit qui, comme par hasard, est une pomme ! Nous revoilà dans l’ésotérisme chrétien, dans le fruit de la connaissance… Vous savez que quand on coupe une pomme en deux horizontalement, on voit apparaître au centre une étoile à cinq branches.

Le départ du Prince Charmant et de Blanche-Neige dans un flamboiement de soleil correspond aux Grands Mystères

49Blanche-Neige, donc, meurt aux apparences. Les Nains l’ont allongée dans une châsse de verre, jusqu’au moment où le cavalier transcendant du début de l’histoire apparaît et réveille Blanche-Neige d’un baiser. Il l’emmène sur son cheval, dans un flamboiement de soleil. Ce départ vers un avenir radieux, mais non explicité, cette ellipse de la fin, correspond bien aux Grands Mystères. Au niveau des Petits Mystères, le travail était montré (Blanche-Neige mettait de l’ordre dans la maison des Nains) et le résultat acquis était fêté par la danse. Mais maintenant plus rien n’est accessible de l’extérieur. On peut se demander quel est le niveau de réalisation spirituelle suggéré par la fin de l’histoire. S’agit-il de l’identité suprême, de l’ascension au niveau supérieur de l’esprit ? Le fait que l’homme et la femme, unis, s’envolent à travers les airs vers un château céleste flamboyant de lumière peut le laisser supposer.

Notes

  • [1]
    Publié dans le numéro 9 de la Chaîne d’Union, paru au printemps 1988
Mis en ligne sur Cairn.info le 28/05/2021
https://doi.org/10.3917/cdu.074.0058

Connaissez-vous l’Ordre indépendant du B’nai B’rith, de l’hébreu : « Les fils de l’Alliance » ? 7 avril, 2022

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Bnai-Brith

 

Il s’agit de la plus vieille organisation juive toujours en activité dans le monde. Calquée sur les organisations maçonniques, elle a été fondée à New York, le 13 octobre 1843, par douze personnes, dont Henry Jones et deux frères, juifs émigrés d’Allemagne, qui avaient appartenu à la Société des Frères (Brüder Bund) qui joua un certain rôle dans l’élaboration de la Première Internationale (Association internationale des travailleurs). Ils voulaient fonder un système d’entraide pour les juifs arrivant aux États-Unis et devant faire face à des conditions de vie difficiles.

C’est à partir de cette base, d’aide humanitaire et de services, qu’un système de loges et chapitres fraternels grandit aux États-Unis, puis dans le monde entier.
B’nai B’rith International est également affilié au Congrès juif mondial.

Bref rappel historique, description et buts

Connaissez-vous l’Ordre indépendant du B’nai B’rith, de l’hébreu : « Les fils de l’Alliance » ? dans Recherches & Reflexions 220px-Bnai_brith_certificate

L’organisation est fondée en 1843 et sa première action concrète est la création d’une police d’assurance-décès attribuée aux membres. Ainsi les veuves recevaient une somme pour les frais funéraires, et une allocation d’un dollar par semaine pour le reste de leur vie. Chaque enfant recevait également une bourse et, pour les enfants mâles, l’assurance d’apprendre un métier.

La constitution adoptée par l’organisation en 1868 promeut quatre valeurs fondamentales du judaïsme : justice, amour fraternel, harmonie, bienfaisance. Les discussions politiques et religieuses sont prohibées au sein de l’organisation. Les premières missions que se donne l’organisation sont d’aider les immigrants juifs aux États-Unis, de défendre la communauté juive contre l’antisémitisme, de sauvegarder les valeurs du judaïsme et d’élever le niveau intellectuel et moral du peuple juif. Le succès est rapide dans une période où l’immigration juive est nombreuse : de 12 membres à la fondation en 1843, l’organisation passe à 10 000 membres en 1870, 22 800 en 1879 et 30 000 en 1902. En 1882, est créée la première loge en Europe, à Berlin.

En 1868, le B’nai B’rith mène son premier projet international de soutien aux communautés juives d’Afrique du nord et du Moyen-Orient en apportant un soutien financier à l’Alliance Israélite Universelle. En 1888, le B’nai B’rith fonde une loge à Jérusalem, la première organisation de langue hébraïque en Palestine.

L’organisation, qui a affirmé très tôt l’unité du peuple juif, est engagée dans une grande variété de services communautaires et d’activités de soutien, incluant la promotion des droits pour les communautés juives, l’assistance aux hôpitaux et aux victimes de catastrophes naturelles, la remise de bourses d’études aux étudiants juifs et la lutte contre l’antisémitisme.

220px-Большая_ложа_Бней_Брит dans Recherches & Reflexions

Au début du XXe siècle, B’nai B’rith lance trois des organisations juives majeures toujours en activité aujourd’hui : La Ligue anti-diffamation (Anti-Defamation League, ADL), Hillel International et BBYO, toutes trois surtout actives sur le continent nord-américain et ayant développé avec le temps un certain degré d’autonomie.

Le B’nai B’rith agit aussi en tant qu’organisation non gouvernementale et intervient à l’ONU, à l’Unesco, au Mercosur et au Conseil de l’Europe. L’organisation est exclusivement réservée aux israélites et comprend plus de 500 000 frères et sœurs dans une cinquantaine de pays.

Elle fut aussi fondée en réaction à l’exclusion des juifs dans les loges maçonniques allemandes de l’époque.

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En plus de ses activités caritatives, le B’nai B’rith soutient la politique et la pérennité de l’État d’Israël et le mouvement sioniste.

BBYO, anciennement connu comme B’nai B’rith Youth Organization, est un mouvement juif pour des étudiants et adolescents. En 2002, le mouvement s’est séparé de l’organisation des B’nai B’rith7, et le groupe s’est appelé BBYO.

Le B’nai B’rith a activement apporté de l’aide aux victimes de l’ouragan Mitch, des tremblements de terre en Turquie, au Salvador et en Inde, à la population civile au Kosovo et en Asie à la suite du tsunami. Il travaille aussi sur de nombreux projets caritatifs concernant des hôpitaux pour enfants là où son aide est acceptée.

Chaque fin d’année, la loge Ben Gourion organise le Salon des Ecrivains où des auteurs viennent dédicacer leurs ouvrages à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Site officiel français de l’organisation

 

SOURCE :  https://450.fm/2022/04/02/connaissez-vous-lordre-independant-du-bnai-brith-de-lhebreu-les-fils-de-lalliance/

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique 30 janvier, 2022

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Aux sources de l’Egyptomania maçonnique

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08/09/2014

L’expédition d’Egypte (1798-1801) fut d’abord une aventure maritime d’une flotte disparate de 250 navires marchands protégés par douze vaisseaux, six frégates et neuf flûtes, sans compter quelques chaloupes, avisos, bombardes et autres tartanes : 22 jours pour joindre Toulon à La Valette, 14 jours encore pour arriver à Alexandrie. Dans la promiscuité des navires, entre l’ennui et la peur de l’Anglais, entre les jeux de dés, d’échecs ou de loto et les rêveries collectives, les chicaneries et les discussions, le mal de mer, les odeurs de goudron, de cordage et de bois, les taches quotidiennes et les observations, marins, soldats, civils et savants eurent le temps de se connaître, de se reconnaître. Ce fut sans doute le cas des maçons d’antan, des maçons d’avant , obscurs ou célèbres comme le vice-amiral François Paul de Brueys d’Aigalliers (1753-1798), le général mulâtre Thomas Davy de la Pailleterie dit Dumas (1762-1806), le chirurgien Dominique Larrey(1766-1842) ou le savant Gaspard Monge (1746-1818) et quelques autres .

Néanmoins, faute de sources probantes, il est difficile d’affirmer que ces ci-devant maçons manièrent la truelle et l’équerre aux pieds des pyramides.

Après les périls de la mer et des vents, l’eau et l’air, l’expédition dut affronter les épreuves de la terre avec le débarquement du 13 messidor VI, la prise d’Alexandrie, la bataille des Pyramides (3 thermidor) et l’entrée dans Le Caire, et du feu avec le désastre d’Aboukir (14 thermidor) : Le vaisseau Orient explosé à cause des flammes provoquées par les combats, le Timoléon, brûlé par les français pour éviter sa capture, tout comme la frégate L’Artémise, et sept des neuf navires pris par les marins du frère borgne Horatio Nelson (1758-1805), incendiés par les britanniques. Les bateaux consumés, le dépaysement, le mal de la patrie, l’inconnu, l’adversité, le climat, le sang et les diverses épreuves agissaient sur les relations interpersonnelles parmi lesquelles la fraternité-amitié, la philia; jouait un rôle central. Chez ces Français d’Orient cohabitèrent mesquineries, jalousies, pratiques générales d’une vie en commun obligée, camaraderies masculines  de garnison, amitiés profondes ou équivoques et/ou affections fortes réelles ou sublimées dans une fraternité exaltée. L’expédition d’Egypte sera à la fois une aventure militaire, géopolitique, savante, psychopathologique et maçonnique. Alors que la vie maçonnique peinait à retrouver force et vigueur en France, malgré la reprise des travaux du Grand Orient de France (printemps 1796) et de la Grande Loge dite de Clermont (messidor an VI/juin 1796), dans la « communauté » française d’Egypte, une loge maçonnera sur les bords du Nil. Plusieurs peut-être ? Une seule cependant est clairement identifiée : les Vrais Amis Réunis, loge que nous avions analysé, dans notre thèse d’Etat (1992) (mais à partir de sa « reconstruction » officielle à Toulon) et dont notre ami Jean-Pierre Zimmer a écrit l’histoire (2001). Selon sa demande de constitution, elle fut créée le 11 fructidor an VII (28 août 1799), le jour même où le général Bonaparte quittait discrètement l’Egypte, avec les généraux Berthier, Duroc, Lannes, Marmont et Murat et les savants Berthollet, Denon et Monge sur la petite flottille (2 frégates et 2 avisos) du contre-amiral Ganteaume. Constater que plus de la moitié de ces personnages sera sous l’Empire des notabilités maçonniques, ne peut suffire à faire de ce départ un complot hiramique. Cette fondation se situe néanmoins dans une période de calme, après la pacification du delta, la conquête de la Haute-Egypte et l’expédition de Syrie-Palestine. On regrettera qu’aucune nouvelle découverte n’ait éventuellement permis d’allonger la liste des loges. Faute de documents suffisants, l’histoire de la vie maçonnique française durant l’expédition reste à écrire. Il faut être gré à Alain Quéruel d’avoir apporter à ce chantier, des matériaux biographiques dans son livre Les francs-maçons de l’expédition d’Egypte (2012). Que dire présentement du dossier? D’abord qu’une loge (peut-être plus, mais peut-être pas ?) a maçonné. Dans le fonds Castinel 4 J 85 (Archives départementales du Var), nous avions consulté le livre d’architecture du chapitre souché sur la loge Vrais Amis Réunis qui couvre la période du 8 juillet 1800 au 7 septembre 1801. Il rapporte principalement des cérémonies d’avancement de grade et nous apprend que les Vrais Amis Réunis étaient des officiers et des cadres subalternes. Ensuite que dans le corps expéditionnaire français, on peut estimer, pour le moment et avec une très grande prudence, le nombre des maçons à une grosse cinquantaine  (chiffres sans doute à surévaluer en cas de nouvelles découvertes) sur un total d’environ 38 000 personnes (en réalité chiffre plus faible compte tenu des 8 000 hommes laissés en Corse, à Malte et à Corfou et des pertes diverses : 3 600 tués dans les combats, 1000 accidentés ou morts de diverses manières et 4 150 décès par maladies dont 2 400 décès suite principalement à des maladies vénériennes et 1 700 à la peste. Ce % provisoire (0,4%°) est pourtant faible dans un échantillon qui possédait toutes les caractéristiques socioculturelles pour un fort recrutement maçonnique : masculin, dans la force de l’âge, militaire et savant. Il est vrai qu’a cette époque du Directoire finissant, aucune loge militaire n’etait officiellement signalée dans les diverses armées de la République. L’initiation d’officiers comme, en juillet 1797, les généraux Jean Charles Pichegru (1761-1804) et Amédée Willot (1757-1823), au demeurant royalistes, demeurait un fait isolé. Pourtant cette franc-maçonnerie en Egypte s’inscrivait dans le droit fil des loges militaires d’Ancien Régime analysées par Jean-Luc Quoy-Bodin et annonçait la floraison des ateliers « ambulants » du Premier Empire (4 en 1801, mais plus de 130 loges proprement militaires (y compris les loges de prisonniers de guerre) dans la décennie 1810 et 1 officier sur 3 ou 4, franc-maçon, selon les calculs de Pierre-François Pinault.

Bonaparte parti, les difficultés croissantes du corps expéditionnaire français durent être peu propices à la vie maçonnique. Le 8 messidor an IX (27 juin 1801), le futur frère (il sera fait maçon en 1802 dans la loge bruxelloise Les Amis Philanthropes) Augustin Bélliard (1769-1832), plus tard comte de l’Empire, général de division, pair de France et ambassadeur auprès du roi des Belges, parapha la capitulation du Caire. Deux semaines plus tard, 13 500 français civils et militaires et un millier de collaborateurs coptes, grecs et syriens quittaient la capitale égyptienne, avec armes et bagages, pour être rapatrier en France. Le ci-devant baron de Menou (1750-1810), fait maçon à Loches avant la Révolution, converti à l’Islam en mars 1799 sous le nom d’Abdallah, successeur du général Jean-Baptiste Kléber, assassiné le 14 juin 1800, signa le 13 fructidor an IX (31 août 1801) la capitulation d’Alexandrie. Malgré les difficultés, les Vrais Amis Réunis continuèrent à se réunir, preuve que la greffe maçonnique avait bien pris. La dernière réunion du chapitre date du 7 septembre 1801. Selon les « refondateurs » de l’atelier à Toulon, la dernière tenue se serait déroulée le 8 octobre courant (date sans doute erronée vu la situation militaire française à ce moment). En effet, à la mi-octobre, les derniers Français quittaient l’Egypte.

Le retour des « Egyptiens » en France marquera le début d’une égyptomanie qui ira croissante durant tout le siècle. Elle contribuera à transformer en succès culturel une entreprise complètement ratée militairement. La publication du Voyage dans la Basse et la Haute Egypte (1802) du frère Dominique Vivant Denon (1747-1825), alors directeur du Musée central des Arts, de la monumentale Description de l’Egypte (neuf volumes in-4° et de onze volumes de planches), de 1809 à 1830, sous le direction de la Commission d’Egypte, présidée par le sénateur Claude-Louis Berthollet (1749-1822), chimiste et ancien « Egyptien », comte de l’Empire et les travaux de Champollion en furent les premiers temps forts.

Mais l’égyptomanie ne datait pas de la campagne d’Egypte. Elle s’appuyait sur la lente découverte de la civilisation égyptienne ancienne. Egyptologie et égyptomanie vont de pair. Sans invoquer Hérodote, Strabon ou Diodore de Sicile, depuis les Croisades, l’Egypte fascinait l’Europe. La « paléo-egyptomanie » remonte aux XV- XVIe siècles. On fait parfois du jésuite allemand Athanius Kircher (1601-1680), auteur de l’Oedipus Aegyptiacus (trois volumes entre 1652 et 1655), le père de l’égyptologie. Au XVIIIesiècle, la terre des Mamelouks fut parcourue par des diplomates en mission ou non, des religieux, des négociants ou des « voyageurs par curiosité » (ancêtres des touristes-explorateurs). L’évêque anglican irlandais Richard Pocoke (1704-1765), visita le Moyen-Orient de 1737 à 1742 (Cf. A description of the East…, Londres, 1743-1745). Lord John Sandwich (1718-1792) fonda la premièreEgyptian Society in London (1741-1743). A view of the Levant, particularly of Constantinople, Syria, Egypt and Greece du britannique Charles Perry (1698-1780) fut imprimé à Londres en 1743. L’antiquaire et écrivain français Anne Claude, marquis d’Esternay,dit le comte de Caylus (1692-1752), publia un Recueil d’antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et gauloises, en sept volumes entre 1752 et 1767. L’italien Vitaliano Donati (1717-1762), membre de l’Académie royale de Suède et fellow de la Royal Society, rassembla à Turin, la première collection d’antiquités égyptiennes après son voyage en Orient (1759). Le géographe français Jean Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782) fut l’auteur deMémoires sur l’Egypte ancienne et moderne, suivi d’une description du Golfe Arabique ou de la Mer Rouge, avec sept cartes (Paris 1766). Le naturaliste français Charles Nicolas Sonnini de Manoncourt (1751-1812) parcourut l’Egypte de juin 1777 à octobre 1778 (Voyage dans la haute et basse Egypte, Paris, 1 800). Le géographe danois Carsten Niebhur (1733-1815) visita l’Egypte, le Sinaï, le Yémen, l’Inde et¨la Perse de 1761 à 1767 et en donna un compte-rendu détaillé en quatre volumes (1772, 1774, 1778 et un posthume en 1837). LeVoyage en Egypte et en Syrie pendant les années 1783, 17684 et 1785de Constantin François Chasseboeuf dit Volney (1757-1820) connurent un grand succès. Le voyageur écossais James Bruce of Kinnard (1730-1794) explora le cours supérieur du Nil et narra son voyage dans cinq volumes édités à Londres, en 1790. Le danois Jorgen Zoega (1755-1809) tenta dans son Origine et usu obeliscum(1797) une première tentative de déchiffrage des hiéroglyphes. Plusieurs dizaines d’autres européens parcoururent encore l’Egypte. Des dizaines d’autres seraient à citer.

Dans les pas de ces marcheurs, l’Egyptomanie toucha tous les domaines : architecture, décoration, ébénisterie, mobilier, mode, théâtre, littérature, poésie, musique, jeux de société ou art funéraire. Jean-Philippe Rameau composa Les Feste de l’Himen ou les Dieux de l’Egypte (1742) et La Naissance d’Osiris ou la Fête de Pamylie (1751). Le futur maçon Mozart écrivit Thamos, roi d’Egypte version (1773 et 1779) sur un livret du frère baron Tobias von Geller. A Dresde fut créé en 1781, l’Osiris du frère Johann Gottlieb Naumann (1741-1801). Puis vint Die Zauberflöte (1791) des frères Wolfgang Amadeus et Emanuel Schikaneder (1751-1812). On notera cependant que les décors de Gayl et d’Andréas Nesslather (1748-1821) étaient plutôt d’inspiration « pré-romantico-germano-romaine ». Il faudra attendre la représentation de Berlin (1815) pour que la symbolique égyptienne envahisse la scène. L’architecte vénitien Giambattista Piranesi (1720-1778) présenta la décoration à l’égyptienne dans quinze planches de son ouvrage Diverse maniere d’adornare i camini (Rome, 1769). Son collègue français néo-classique Etienne-Louis Boullée (1728-1799) s’inspira de l’art funéraire égyptien tout comme le sculpteur Michel Ange Slodtz (1705-1764). L’architecte écossais Charles Cameron (1745-1812) érigea une pyramide dans le parc de Tsarkoïe Selo pour la Grande Catherine II et une autre dans l’allée des tombeaux du parc de Wilhelmshöhe, près de Cassel (1775). Notons que le futur commandant en chef de l’expédition d’Egypte, Jean-Baptiste Kléber (1753-1800), rendu à la vie civile depuis 1783, chargé de remodeler le parc du château d’Etupes, résidence d’été de Charles II Eugène, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard, imagina d’y placer une pyramide à l’égyptienne. Hasard objectif cher à André Breton ? Le roi Charles III d’Espagne commandita, entre autres, au décorateur Jean Démosthène Dugourc (1749-1825) une salle égyptienne pour l’Escurial. L’Egypte était encore présente dans quelques tableaux du peintre Hubert Robert (1733-1808), dans les terres cuites du sculpteur Michel Clodion (1738-1814), dans les sculptures de Louis Jean Desprez (1743-1804), dans la production du céramiste britannique Josiah Wedgwood (1728-1799), dans le mobilier de l’ébéniste français à la mode Jean Baptiste Séné (1748-1803)et dans des centaines d’œuvres d’artistes célèbres ou obscurs. Le banquier anglo-néerlandais Thomas Hope (1769-1831) imagina une décoration et un mobilier égyptiens pour sa maison londonienne, sise Duchess Street. L’Egyptomanie prospéra dans l’espace et le temps comme l’a montré l’importante exposition L’Egyptomania ; l’Egypte dans l’art occidental, présentée successivement à Paris (janvier-avril 1994), Ottawa (juin-septembre 1994) et Vienne (octobre 1994-janvier 1995).

L’égyptomanie devint un fait cultural majeur oscillant entre un courant « rationalio-archéologisant » et une mouvance fantastico-ésotérique comme le montrent les travaux de Claude Gyss, notamment. Dans cette dernière famille, on peut placer le Sethos (1731) de l’abbé Jean Terrasson (1670-1750), de l’Académie française, qui popularisa la notion de « mystères égyptiens » ou leCrata Repoa ou Initiations aux anciens mystères des prêtres d’Egyptedes allemands Johann von Hymmen (1725-1787) et Karl Friedrich von Koppen (1734-1797). L’Egyptomanie féconda l’imaginaire maçonnique, véritable éponge capable d’emprunter à toutes les respirations du temps. Le courant maçonnico-égyptisant se cristallisera entre Naples, la mer Adriatique et Vienne. Il se retrouvera entre autres, dans le Rite Primitif de Narbonne et dans la loge des Philadelphes, de la famille Chefdebien d’Armissan, dans le Rite des Architectes Africains de Von Koppen, cité ci-dessus, dans celui des Parfaits Initiés d’Egypte de loccultiste taromancier Jean-Baptiste Aliette dit Etteilla (1738-1791) et dans la « Haute Maçonnerie Egyptienne » du Grand Cophte Joseph Balsamo alias Cagliostro (1743-1795). Comme le notait Bruno Etienne, la franc-maçonnerie, forme statique du voyage en Orient, prédisposait beaucoup de ses membres à franchir le miroir vers un Orient rêvé, voire fantasmé, plus que dans un Orient parcouru et analysé.

En contre-point, on ne  peut que constater la minceur de la documentation sur la vie maçonnique en Egypte, durant ces trois années et même dans les décennies suivantes. Sans oublier la frustation de tous  ceux qui espèrent y trouver la preuve irréfutable de la réception du général Bonaparte. Depuis plusieurs décennies, les mêmes pistes sont à l’honneur. D’abord durant le séjour-éclair à Malte (8 jours), mais le commandant en chef qui rêvait des conquêtes d’Alexandre et de la route des Indes avait-il la tête à se faire recevoir dans une institution marginalisée durant la décennie 1790 ? C’est plus tard à partir de 1803-1804 que le Premier Consul comprendra l’intérêt à transformer la franc-maçonnerie désormais très présente dans les élites civiles et militaires, en un appareil idéologique d’Etat, stratégie qui sera conceptualisée par le frère Jean-Etienne Portalis, alors ministre des Cultes. Même la lourde et mystérieuse porte de la pyramide de Chéops, subrepticement ouverte le 11 août 1798, n’est pas complètement close. Pourtant durant cette période, le général Bonaparte était sur la route du Caire en train de combattre les troupes du mamelouk circassien Ibrahim Bey (c. 1735-1805). Demeurent les rumeurs et les suppositions : Elles ne seront pas près de s’éteindre pour le plus grand bonheur des songe-creux.

Néanmoins dans la franc-maçonnerie consulaire et impériale, l’égyptomanie continua son bonhomme de chemin. Les Vrais Amis Réunis d’Egypte devint une loge toulonnaise qui maçonna jusqu’en 1845. Le Grand Sphinx fut officiellement patenté en 1804 par le Grand Orient de France. La loge des Commandeurs du Mont Thaborsemble plutôt s’inscrire dans une mouvance ésotérico-chrétienne et néo-templière.

Il  faut rappeler également  l’Ordre Sacré des Sophiciens, analysé par Darius Alexander Spieth dans son ouvrage Napoleon’s Sorcerers : the Sophisians (2007) et composé grandement d’anciens de l’expédition et lié à la loge Les Frères Artistes, le Rite de Misraïm (Egypte en hébreu), né dans la décennie 1810, avec les trois frères comtadins Michel, Marc et Joseph Bédarride et le Rite de Memphis, constitué en 1838 par un dissident misraïmide Jacques Etienne Marconis de Nègre (1795-1868), sans oublier la Société Secrète Egyptienne, dirigée par l’aventurier, antiquaire à ses heures et consul de France (1803-1814 et 1821-1829) Bernardino Drovetti (1776-1852). Ladite institution aurait conspiré contre la Sublime Porte en faveur de Mehmet Pacha (1769-1849). Ce dernier, maître de facto de l’Egypte depuis 1807, mena une politique plutôt francophile. Ce fut sous son « règne » que deux loges d’origine française se seraient allumées en Egypte : Les Chevaliers des Pyramides (Le Caire 1811) et Les Amis de la Concorde(Alexandrie , 1812). But that’s another story (Cf. la communication de Gérard Galtier, paru dans les Cahiers de la Méditerranée, Nice, 2006).

Sous l’Empire encore, l’antiquaire Alexandre Dumège (1780-1862), fonda en 1806, à Toulouse, le Rite de la Souveraine Pyramide des Amis du Désert. L’année suivante, l’archéologue Alexandre Lenoir(1762-1839) expliquait dans La Franche-Maçonnerie rendue à sa véritable origine les trois grades et les quatre ordres du Rite moderne à la lumière des mystères égyptiens.

Quoiqu’il en soit le(s) courant(s) « egyptien(s) », dans les décennies suivantes, même marginal(ux), continua(èrent) à faire partie du paysage maçonnique mondial à travers les figures pour n’en citer que quelques unes, de l’italien Giuseppe Garibaldi (1807-1882), le héros des deux mondes, du négociant britannique John Yarker (1883-1913), du journaliste anarchisant, occultiste et féministe anglo-allemand Théodore Reuss (1855-1923) ou de l’écrivain occultiste Gérard Encausse dit Papus (1865-1916). En marge ou en parallèle de l’Egyptologie, c’est-à-dire le champ d’étude de l’Egypte ancienne par les sciences humaines, dans la nébuleuse de l’Egyptomanie, c’est-à-dire la fascination plus ou moins bridée pour l’histoire et la culture egyptiennes antiques, nous sommes, avec cette filiation, dans l’egyptosophie comme la définit l’égyptologue suisse Erik Hornung, c’est-à-dire la quête ésotérique perpétuelle à travers les âges pour voir dans l’Egypte la source de la sagesse et la terre de l’hermétisme. La première procéde de la science, la seconde de la passion, la troisième de la quête. Le chercheur ne doit ni les ignorer, ni les confondre.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2014/09/08/aux-sources-de-legyptomania-maconnique/

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Les apôtres 5 décembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Les apôtres

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Le mot « apôtre » vient du grec « apostolos » qui désigne un envoyé, un missionné. C’est une traduction du mot hébreu « shaliah » qui se traduit par envoyé plénipotentiaire.

Mais le terme « douze apôtres » n’a été mentionné qu’une fois dans l’évangile de Matthieu et une autre fois dans celui de Luc. Les apôtres sont désignés pour être les témoins de la résurrection de Jésus, puis ultérieurement pour annoncer l’évangile de Dieu et convertir les peuples.

Ce nombre très précis va cependant varier au fur et à mesure de l’histoire. Mais pour l’instant concentrons-nous sur ce nombre de 12.

1. Les douze

Nos douze apôtres, ou groupe des douze, ou disciples, ou douze disciples, ou juste les apôtres (la terminologie variant en fonction des différents écrits), sont désignés dans les trois évangiles synoptiques : celui de Matthieu (Mt 10,2-4), celui de Marc (Mc 3,16-19) et celui de Luc (Lc 6,14-16), ainsi que dans les actes des apôtres (Ac 1,13). Selon certains écrits, il est dit que les apôtres sont classés selon un ordre décroissant de préséance et non pas par leur ordre d’apparition auprès de Jésus.

Cependant cet ordre, même s’il est censé représenter leur autorité dans l’église primitive, n’est pas le même d’un évangile à l’autre, à l’exception de Simon-Pierre qui est toujours le premier, Philippe qui est toujours le cinquième, Jacques qui est toujours le neuvième et de Judas qui est toujours le dernier.

1.1. Evangile selon Saint Matthieu

Chez Matthieu, ce sont « douze apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Simon appelé Pierre, André son frère, Jacques fils de Zébédée, Jean son frère, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu le publicain, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas l’Iscariote celui qui livra Jésus.

1.2. Evangile selon Saint Marc

Chez Marc, ce sont « les douze » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il (Jésus) nomma Pierre, Jacques fils de Zébédée, Jean frère de Jacques qu’il nomma Boanergès, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas Iscariote celui qui livra Jésus.

1.3. Evangile selon Saint Luc

Chez Luc, ce sont « les disciples » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le zélote, Jude fils de Jacques et Judas Iscariote qui devint traître.

1.4. Les actes de apôtres

Dans les actes des apôtres, ce sont « les apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques. Judas n’est pas mentionné parce qu’il s’est suicidé.

1.5. Evangile selon Saint Jean

Dans l’évangile selon Saint Jean, « les disciples » ne sont pas énoncés sous forme de liste mais tout au long du récit. Le premier nommé est André, puis Philippe, Jude, Simon Pierre, Thomas appelé le jumeau, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, deux autres disciples dont les noms ne sont pas donnés, André, Philippe et Jude. Judas Iscariote est souvent cité, ainsi que le disciple bien-aimé dont le nom n’est jamais cité.

2. Les douze apôtres (selon l’ordre de Matthieu)

Le nombre « douze » évoque les douze tribus d’Israël, c’est le cercle restreint du peuple nouveau tel qu’il sera assemblé par Dieu à la fin des temps. La mission de Jésus était de rassembler la totalité de ce peuple et de le mener à son accomplissement.

Il y a certaines constantes dans les « douze », ils sont tous juifs et tous originaires de la Galilée (ou presque !!!). Certains sont appelés par leurs noms grecs, ou par leurs noms hébreux ou bien autrement. Essayons d’y voir un peu plus clair…

2.1. Pierre

Il est le premier dans toutes les listes.

Pierre est un juif de Galilée ou de Gaulanitide (région située à l’est de la Galilée). Pierre est né Simon ou Symon Barjona ; Barjona étant un mot araméen signifiant révolutionnaire, ou bien Bar-jona signifiant fils de Jonas en hébreu.

C’est Jésus qui lui donne le nom de Simon Kephas ; Simon était surnommé Kêfâ en araméen que l’on peut traduire par « roc », Kephas étant une hellénisation du mot araméen.

C’est dans l’évangile de Matthieu que l’on trouve « Pierre, tu es un roc et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée » que l’on peut interpréter par « Kephas (le roc surnom de Simon), tu es petros (roc en grec), et sur cette petra (pierre en grec) je bâtirai mon ekklésia (assemblée en grec, qui donnera le mot église) ».

C’est à la suite de ce jeu de mot dans l’évangile de Matthieu que Simon le Képhas est renommé Pierre.

2.2. André

Il est le 2ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 4ème dans la liste de Marc et 3ème dans la liste des apôtres.

André est né à Bethsaïde connut sous son nom grec d’Andreas. Il est le frère de Simon (vous savez Pierre Képhas) qui lui était originaire de Galilée ou de Gaulanitide, ce qui est surprenant c’est que deux frères puissent venir de deux régions différentes !!!

Si André n’est pas le premier disciple de Jésus, il est considéré comme le premier appelé.

D’après une tradition, il aurait rencontré Jésus alors qu’il pêchait avec son frère dans le lac de Tibériade. D’après une autre, c’est après que Jean le Baptiste ait désigné Jésus comme l’agneau de Dieu qu’Andreas suivit Jésus et ne le quitta plus.

C’est André qui présentera son frère Simon (Pierre) à Jésus.

Ces deux premiers apôtres ont une importance considérable, Pierre (Simon Képhas) est considéré comme le fondateur de l’église de Rome (occidentale) tandis que André (Andreas) est considéré comme le fondateur de l’église Constantinople (orientale).

2.3. Jacques

Il est le 3ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 2ème dans la liste de Marc et 4ème dans la liste des apôtres.

Jacques est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc). Dans l’évangile de Marc, on apprend que, lors de la crucifixion, les femmes présentes étaient : Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé. Dans l’évangile de Matthieu, lors de la crucifixion, les quatre femmes présentes sont : Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Donc il est fort possible que Salomé soit la mère de Jacques et l’épouse de Zébédée.

Il est également appelé Jacques de Zébédée (en référence à son père) ou bien Jacques le Majeur (par opposition à Jacques le mineur, ceci ne voulant pas forcément dire qu’il était plus âgé que le mineur mais juste qu’il avait rencontré Jésus avant).

Il est également le frère de Jean avec lequel il abandonnera leur bateau de pêche pour suivre Jésus.

Contrairement à ce qui avait été écrit auparavant (ou bien ce qui est encore pensé de nos jours), l’épître de Jacques n’est pas de lui (ni de Jacques le Mineur), le Jacques, rédacteur de l’épître, aurait été un chrétien d’origine païenne de la 2ème (ou même 3ème) génération chrétienne.

2.4. Jean

Il est le 4ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 3ème dans la liste de Marc et 2ème dans la liste des apôtres.

Jean est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc) et le frère de Jacques.

Dans la tradition chrétienne, l’évangile selon Jean aurait été écrit par l’apôtre Jean fils de Zébédée. D’après de récentes recherches, il aurait plutôt été écrit par Jean le Presbytre qui a créé la communauté johannique d’Ephèse.

2.5. Philippe

Il est le 5ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Il est originaire très exactement de Bethsaïde au bord du lac de Tibériade.

Il a d’abord été un disciple de Jean-Baptiste (comme André) avant de suivre Jésus.

C’est lui qui aurait présenter Nathanaël (selon l’évangile de Jean) à Jésus. Vraisemblablement Nathanaël serait Barthélemy, Nathanaël bar-Tolmay, Nathanaël fils de Tolmay.

2.6. Barthélemy

Il est le 6ème dans les listes de Matthieu, de Luc, et de Marc et 7ème dans la liste des apôtres.

Il est Nathanaël bar-Tolmay (bar préfixe : fils de, et Tolmay : sillon en araméen).

2.7. Thomas

Il est le 7ème dans la liste de Matthieu, 8ème dans les listes de Luc et de Marc et 6ème dans la liste des apôtres.

Le prénom de Thomas n’est pas connu avant lui, en araméen il viendrait de Te’oma signifiant « jumeau ». C’est sans doute pour cette raison qu’il est appelé Thomas le didyme dans l’évangile selon saint Jean (didymos, mot grec se traduisant par « jumeau »).

Dans les trois premiers évangiles synoptiques, Thomas n’est mentionné que dans les listes des apôtres ou des disciples. Ce n’est que dans l’évangile de Jean que l’on commence à parler de lui et de ses paroles, en lui donnant un caractère fougueux et généreux tout en accentuant sur son incrédulité.

2.8. Matthieu

Il est le 8ème dans les listes de Matthieu et des apôtres, 7ème dans les listes de Marc et de Luc.

Matthieu est l’abréviation grécisée du mot hébreu Mattay qui est une abréviation du mot hébreu Mattithyahû (don de Yahvé) que l’on peut aussi réduire en Matthieu-Lévi.

Dans l’évangile selon Matthieu, il est appelé Matthieu ou bien Lévi fils d’Alphée, dans ceux de Marc et Luc il est appelé Lévi.

Matthieu est un publicain (un collecteur d’impôts) à Capharnaüm. C’est d’ailleurs contre lui que vont la colère des disciples immédiatement après l’arrestation de Jésus.

Les historiens remettent en cause sa paternité pour l’évangile portant son nom, parce que ce dernier est inspiré de celui de Marc et que les ajouts ne sont que des paroles attribuées à Jésus. Il serait surprenant qu’un témoin direct se soit inspiré du texte d’un témoin indirect, « de seconde main ».

Dans l’évangile de Marc, Lévi-Matthieu est présenté comme un fils d’Alphée.

2.9. Jacques

Il est le 9ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Jacques est présenté comme le fils d’Alphée afin de le différencier de l’autre Jacques, celui fils de Zébédée. On peut supposer qu’Alphée est le nom de son père, et que Lévi-Matthieu pourrait être son frère s’il s’agit du même Alphée.

Dans la tradition chrétienne, Clopas était le frère (ou demi-frère) de Joseph qui aurait épousé Marie Jacobé (une des quatre femmes qui ont assisté à la crucifixion de Jésus) dont il aurait eu deux fils : Jacques le mineur et Joset. Donc Jacques serait un cousin de Jésus.

On ne sait pas si c’est ce Jacques qui est le père ou le frère de Jude.

Le christianisme oriental fait une différence entre Jacques d’Alphée et Jacques le mineur (ou le juste). Jacques le juste était le chef du judéo-christianisme et le qualificatif de « mineur » a très bien pu lui être accordé (postérieurement) afin de minimiser ce courant.

La tradition occidentale ne reconnait que deux Jacques : le majeur, fils de Zébédée et le mineur, fils d’Alphée, dit aussi le juste ou bien le frère du seigneur (par suite d’une homonymie de traduction, frère ayant remplacé cousin).

2.10. Jude

Il est le 10ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 11ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Il s’appelle Jude (ou Judas) fils de Jacques mais on le nomme aussi Thaddée ou Judas Thaddée.

Chez les orthodoxes et les nestoriens, il est le descendant du roi David et de Salomon par Joseph dont il était le fils né d’un mariage avant celui d’avec Marie.

Chez les catholiques, il est le fils d’une demi-sœur de Marie, Marie Jacobé, et d’un frère (ou demi-frère) de Joseph, Clopas. Jude est le frère de Simon le Zélote et de Jacques « frère du seigneur » qui est identifié à Jacques le mineur (lui fils de Clopas et Marie Jacobé). C’est sans doute pour cette raison qu’il est aussi nommé Judas de Jacques, signifiant qu’il est le frère de Jacques et non son fils.

Il ne faut pas le confondre avec Jude ou Judas, un des quatre frères (ou cousins) de Jésus qui serait l’auteur de l’épitre de Jude. Comme les frères de ce Jude se prénomment Jacques, Joset et Simon, les confusions sont nombreuses.

2.11. Simon

Il est le 11ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 10ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Son prénom vient de l’hébreu Shiemone.

Dans les évangiles de Marc et Matthieu, on le surnomme Simon le cananéen, du grec Kananios qui serait une translitération du mot hébreu « qannaim » qui vient du verbe « qana » dont la traduction peut être soit « jaloux », soit « zélote »

Ce serait donc un zélote, membre de la tribu des zélotes qui auraient incité le peuple de Judée à se rebeller par les armes contre les occupants romains. Simon aurait donc quitté le mouvement zélote pour suivre Jésus.

Dans l’évangile de Luc, il est présenté comme Simon le Zélote ; comme le contexte politique avait changé au moment de cet écrit, il n’était plus utile d’utiliser un subterfuge linguistique.

Toutefois, il ne faut pas le confondre avec Simon fils de Clopas et frère (ou cousin) de Jésus. Cette erreur a été commise par Jérôme de Stridon (saint Jérôme) qui a amalgamé Jacques le mineur et Jacques le Juste, ainsi que Simon le Zélote et Simon fils de Cléopas. Isidore a également fait la confusion entre Simon le Zélote et Simon (ou Siméon) qui succéda à Jacques le Juste en tant qu’évêque de Jérusalem.

2.12. Judas

Il est le 12ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Nous savons qu’il est originaire de Galilée comme les autres apôtres. Il est constamment appelé Judas et jamais sous le diminutif de Jude afin de ne pas faire de confusion avec les autres Judas ou Jude.

Les origines de son nom Iscariote sont nombreuses. Il a été émis l’hypothèse qu’Iscariote viendrait d’une forme dérivée de la ville de Qeriyyot qui se trouve en Judée et pas en Galilée, mais il aurait été difficilement concevable que l’on adjoigne le nom d’un village à celui d’un traitre, cela aurait entrainé des graves conséquences pour ce village et/ou ses habitants. Saint Jérôme pensait que Judas était originaire de la tribu d’Issachar (neuvième fils de Jacob) dont le nom peut se traduire par « homme du salaire », en référence à la somme perçue par Judas.

Le mot Iscariote pourrait venir d’une sémitisation du mot latin « Sicarius » ; les sicaires (termes péjoratifs) étaient des dissidents qui voulaient expulser les romains de Judée, Iscariote montrant l’appartenance à la communauté des sicaires. Mais il est également possible que ce soit une référence aux judéens qui ont refusé de reconnaitre la messianité de Jésus.

L’évangile de Matthieu suit donc une chronologie familiale, Simon Pierre est le frère d’André, Jacques est le frère de Jean, Philippe est le frère de Barthélemy, Thomas qui est présenté comme le jumeau mais dont le frère n’est pas un apôtre, Matthieu est le frère de Jacques, Jude est le frère de Simon, et Judas qui est seul (à moins que ce ne soit lui le jumeau de Thomas, mais c’est une théorie qui a été infirmée). Nous avons donc cinq frères qui ont suivi Jésus, un dont le jumeau n’a pas suivi Jésus et Judas qui est seul.

3. Douze moins un égal onze

Après la mort de Jésus, à la suite de la trahison et la mort de Judas, notre groupe des douze se trouve réduit à onze (12 – 1 = 11, CQFD).

C’est l’apôtre Pierre (Képhas) qui proposa que quelqu’un prenne la place de Judas. Comme les apôtres étaient les témoins de la résurrection de Jésus, il fallait que le candidat soit choisi parmi ceux qui avaient suivi Jésus et ses apôtres/disciples. Deux candidats furent proposés : Joseph Barnabas (ou le juste) et Matthias. Il fut décidé de tirer au sort entre les deux candidats et ce fut Matthias qui gagna.

Jacques de Voragine nous a dit que Matthias venait de la tribu de Juda et qu’il était né à Bethléem. Ce qui semblerait accréditer la thèse de l’origine de Judas l’Iscariote, un membre de la tribu de Juda en remplaçant un autre. Quant à la naissance de Matthias à Bethléem, comme Jésus, cela ne faisait que renforcer son éventuelle qualité d’apôtre. Cependant les écrits de Jacques de Voragine sont à prendre avec beaucoup de méfiance…

Matthias est la version hébraïque de Mattithyahû, « don de Dieu » (comme nous l’avons vu plus haut pour Matthieu). Il est nommé Matthias pour ne pas le confondre avec Matthieu, un des premiers du groupe des douze.

Dans certains écrits (ceux d’Eusèbe de Césarée), Matthias est appelé Tolmai, sous-entendant qu’il serait le père de Barthélemy (donc également de Philippe) …

Mais pourquoi préférer Matthias à Barnabé ? Joseph Barnabas (Barnabé) était un juif de la tribu des Lévi, surement originaire de Chypre, et il était le cousin de Marc l’évangéliste. Contrairement à Matthias, il n’était pas originaire de Galilée d’où notre groupe venait dans sa totalité. En plus, Barnabé n’avait pas de liens familiaux avec les apôtres/disciples de Jésus.

Comme quoi le hasard a bien fait les choses, il a été au choisi au hasard le seul des deux candidats qui était originaire de Galilée et qui avait un lien de parenté avec un des apôtres déjà présents… Ou bien le hasard n’existe pas ou bien …

Nos apôtres/disciples se retrouvent de nouveau douze après la nomination d’un remplaçant. Il est vrai que c’est plus pratique quand on appartient à un groupe qui se fait appeler les « douze » …

4. Douze et plus ???

Jésus avait institué en personne, sur le chemin de Damas, Paul de Tarse. Donc on pourrait le considérer comme le 13ème apôtre, mais non, car dans les actes des Apôtres, il est signalé que Barnabas et Paul sont tous les deux des apôtres. Donc Paul de Tarse serait le 14ème apôtre et Barnabas le 13ème car ce dernier se serait converti avant Paul, à l’époque où il se faisait encore appeler Joseph…

Le problème est que Paul/Saul est un citoyen romain né à Tarse en Cilicie. Bien que citoyen romain, il était juif surement originaire de la tribu de Benjamin (dont était issu Saul le premier roi d’Israël auquel succèdera David). Et en tant que romain, il persécutait les apôtres/disciples de Jésus. Il s’est converti après avoir rencontré Jésus qui venait de ressusciter. Quand Pierre (Simon Képhas) dit qu’il faut choisir parmi ceux qui ont suivi Jésus depuis le début, il exclut (plus ou moins volontairement) Paul qui avait été leur persécuteur.

Si Paul de Tarse a été institué par Jésus en personne, il n’y a rien de tel à propos de Joseph/Barnabas à part cet acte des apôtres et le fait qu’il aurait vendu son champ (donc il n’était pas pêcheur en plus) pour en donner le produit aux apôtres. C’est pourtant Barnabé qui a présenté Paul aux apôtres en leur expliquant que ce dernier avait vu Jésus et prêché en son nom à Damas.

Rappelons-nous que les apôtres sont censés représenter les douze tribus d’Israël et dans les galates nous apprenons que les trois colonnes (colonne étant à prendre dans le sens des pierres de fondation qui étaient toujours trois à l’époque) de l’église (Ekklésia donc assemblée) primitive qui étaient : Pierre, Jacques et Jean qui ont assigné aux deux apôtres supplétifs ou supplémentaires (qu’ils reconnaissent comme tels) la mission d’aller convertir les incirconcis. Donc les douze, représentants des douze tribus d’Israël, ont pour mission de convertir les circoncis (donc les juifs) et les deux supplétifs celle de convertir les autres.

En toute logique nos douze restent douze mais avec deux de plus qui ont une mission différente…

5. Conclusion

Pour résumer : Il y avait 12 apôtres (si on ne rajoute pas Barnabé et Paul), puis 11 (après la mort de Judas) puis de nouveau 12 (après le tirage au sort de Matthias), puis 14 si on compte Barnabé et Paul. Donc si je compte bien, il y a eu 15 apôtres, et l’on continue de parler des 12 apôtres, généralement sans se souvenir de leurs prénoms…

D’ailleurs dans l’iconographie religieuse (généralement celle aux frontons de nos églises et/ou cathédrales), Judas n’est jamais représenté, Paul et Matthias figurent dans le nombre des douze au détriment d’un des onze appelés par Jésus, et parfois même Barnabé y figure et ça toujours au détriment d’un des onze.

Frédéric de V. – A.

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