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PÂQUES, AU SENS MAÇONNIQUE 31 mars, 2024

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PÂQUES, AU SENS MAÇONNIQUE

 

C’est une idée répandue que certains rites sont particulièrement plus proches d’un sentiment et d’une pratique religieuse, très proches des interprétations et des récits chrétiens. Si cela est vrai, cela ne répond évidemment pas à toute la complexité qu’intègre la Franc-maçonnerie, à la nature de la dimension polysémique des symboles et aux interprétations symboliques variables que chacun réalise dans son individualité.

PÂQUES, AU SENS MAÇONNIQUE dans Contribution

L’histoire de l’intégration d’Hiram dans la mesure où elle centre le récit et du rituel pour devenir Maître est fascinante, autant que possible, nous pouvons en récupérer. Pour essayer d’interpréter l’intégration de ce personnage, plus que secondaire et périphérique au récit biblique, au centre d’un moment si important de la vie maçonnique, l’ancienne testamentisation retrouvée dans la Franc-Maçonnerie à travers la reprise du symbolisme relation avec le Temple de Salomon.

 

Et cette refondation centrale sur l’Ancien Testament se retrouve sous de nombreux aspects, même si l’on se concentre uniquement sur les trois premiers degrés : c’est la notion de sacralité du Temple ; c’est la disposition de l’espace, notamment en ce qui concerne les colonnes ; est le mythe d’Hiram, le Maître bâtisseur du Temple. À différentes époques, en plus d’un siècle de construction, nous pouvons trouver de nombreuses approximations avec des significations bibliques et, certaines d’entre elles, des chevauchements avec des héritages clairement chrétiens et chrétiens.

En fait, une partie de cette Ancien Testament se termine, ironiquement, par une essence fondamentalement chrétienne. Dans les traditions religieuses et initiatiques nées autour de la Méditerranée, la mort et le retour à la vie, la résurrection, sont une part presque omniprésente de tous les récits. Nous pouvons suivre ce chemin mythologique qui apparaît, au moins, dans la Descente d’Inanna aux Enfers, dans le Cycle de Baal, dans le Mythe d’Isis et d’Osiris, dans les Mystères d’Éleusis, dans les Cultes en l ‘honneur d’Adonis, dans le Culte de Dionysos ou de Bacchus, sans oublier la Religion de Mithra, pour ne citer que les plus significatifs. Mais le dernier point et le plus marquant culturellement est sans aucun doute le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, se transformant ainsi en Christ.

Passons maintenant à la période dans laquelle nous vivons, le centre de Pâques est précisément la mort du Rabbin, le Maître, selon les paroles de Marie-Madeleine, la première personne qui le trouvera ressuscité. Dans ce cycle, la figure de Jésus porte la peau de tous les récits antérieurs de même nature, les actualisant et leur donnant un sens renforcé : en mourant, en étant enterré, en descendant aux enfers et en ressuscitant, Jésus sauve tous les humains, transformants. à Salvador, l’Agneau de Dieu qui est sacrifié.

Le retour de Jésus dans le monde des vivants, déjà comme Christ, est traité théologiquement comme la Lumière envoyée au monde, suivant la belle interprétation gnostique du prologue de l’Évangile de saint Jean qui raconte Jésus, Vie et Lumière. .

Bien sûr, nous avons tous revu et revécu le rite car nous parlons de participation. Vivre un rite, même s’il s’agit presque de « regarder », sans avoir de rôle ou de fonction particulière, implicite d’être dans le rite, d’en faire partie et non d’en être spectateur ; en fait, lors d’un rite, il n’y a personne pour assister… les gens participant toujours.

Ce rituel est toujours un moment de mise à jour du sens. Mais le sens maçonnique transforme le sens christique en un aspect essentiel et donne ainsi un ton très spécifique à la franc-maçonnerie : si dans le récit biblique Jésus vit le moment de la mort pour être le seul ​​à ascend ce tourment, libérant les humains de ce fardeau, Dans le récit maçonnique, l’intention est que chacun revive ce drame, sans que personne ne le vive à la place de quelqu’un d’autre.

Maçonniquement, à Pâques, comme l’indique un grand passage – comme l’indique le mot hébreu -, la mort a été vaincue. Tout en suivant le récit de Jésus, le Maître Franc-Maçon revit ce passage à travers les ténèbres, les surmontant. Non pas dans l’acte accompli par un autre à votre place, mais à la première personne, en recherchant une Lumière universelle, mais atteinte par chacun.

Enfin, si Jésus est ressuscité, vous devrez passer du temps avec vos compagnons, le Maître Maçon sera au monde, au travail de l’atelier, pour partager de la Lumière qui est désormais parvenue et c’est pareil.

Le Maître Franc-Maçon est issu et pour le Monde.

PMP

SOURCE  :

GADLUINFOLOGOBLOG-2

L’Eau androgyne du Nil 13 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaire

L’Eau androgyne du Nil

Je-suis

Je suis

Je suis l’eau, l’onde, la goutte, qui abreuve et s’écoule. Éternité fluide, je suis le Noun des Anciens Egyptiens, matrice universelle, océan primordial figuré par trois vases et trois ondes. Les vases me contiennent, m’enrobent, me délimitent, comme autant de points d’eau en nombre limité. Les ondes vont au-delà, débordent et se répandent où des espaces abondent sur la terre abreuvée.

Je suis le Nil des Anciens Egyptiens, limité par des rives mesurées par les scribes, aux ondes nourricières, limon noir plein de vie. « Hâpy, père des dieux », dieu du Nil, hermaphrodite à la fois vase et onde, se représente sous les traits d’un homme aux seins tombants et au ventre rebondi et symbolise la fertilité offerte par le Nil à l’Egypte. La grenouille « Heket », déesse de l’eau, se tient auprès du dieu « Khnoum, le maître de l’eau fraîche » à tête de bélier, dieu de l’inondation, de la crue et de la création, source de toute vie, façonnant Pharaon et les hommes sur son tour de potier. Il tourne son argile, le limon noir fertile du Nil, pour façonner les corps et leur insuffler le Ka, siège de l’énergie vitale qui les anime de l’intérieur, embrase leur cœur et leur transmet la connaissance et l’amour de la vie.

« Je suis le Maître de l’univers, je suis Atoum, je suis Khépri, je suis l’aîné de Rê ! Je suis l’Ibis vénérable, je suis Hâpy le premier baï d’Osiris… » dit le défunt, nouvel Osiris dans les rites funéraires. « Je suis Thot, le scribe excellent, aux mains pures, maître de pureté, qui chasse le mal, le scribe de la Maât, dont l’abomination est le mal, dont le jonc (le calame) protège le maître de l’Univers, maître des lois, qui fait parler l’écrit, dont les paroles ont fondé les deux rives. » (1) « Je suis le dieu Atoum qui a fait le ciel et créé ce qui est, qui est sorti de la terre et a fait naître toute semence, qui a mis au monde les dieux, lui le dieu advenu par lui-même, le maître de la vie qui a fait prospérer les deux assemblées divines. » (2)

Je suis le défunt renaissant à soi-même de son vivant, artisan de sa propre régénérescence, travaillant à renaître d’une mort latente pour vivre en conscience et avec cœur chaque instant, passant d’une existence en survie à une sur-vie régénérante, revivifiant le Soi en soi-même, et Dieu en Soi. Je suis le vivant souriant en soi-même de son cœur aimant intelligent à ses Frères et Sœurs et aux dieux. En égyptien, un être intelligent est dit « délié du cœur », la joie est appelée « dilatation du cœur » et correspond à « l’ouverture du cœur » de celui qui cherche et trouve la clé de lecture du niveau secret des textes sacrés des Traditions. Il sourit de ces sourires paisibles et intimes éclairant les visages des égyptiens gravés sur les murs des temples et des tombes, lumière du cœur filtrant à travers l’enveloppe charnelle, exprimant le lien indicible établi avec l’invisible, un au-delà des apparences ici déjà omniprésent. Son cœur exerce en conscience son libre arbitre et libère à la fois son mental de l’oppression des passions incontrôlées et tout son amour, rayonnant de spiritualité. Mais à l’inverse s’il ferme son cœur, disent les égyptiens, il s’immerge dans le Noon qui est sans mémoire et sans conscience.

« Je suis Osiris l’incandescent, frère d’Isis l’incandescente. » (3) « Osiris est représenté, sur une grande quantité de monuments égyptiens, sous des formes efféminées, ou sous celle d’Isis, avec laquelle il se confond. On représentait donc Osiris et Isis sous les deux natures, mâle et femelle, parce qu’on leur supposait à l’un et à l’autre la puissance d’imprimer le mouvement et la vie par le pouvoir seul de la volonté. Dieu créa l’homme à son image ; il le créa mâle et femelle ; il lui donna une compagne qu’il forma de la substance du premier homme, et il a dit : ils seront deux dans une seule chair… Osiris est androgyne comme Apollon, Atys, Adonis et Bacchus, auxquels on donnait indistinctement les formes des deux sexes. » (4)

« Je suis, moi, ce qui demeure, dit Atoum, après m’être transformé en serpents que les hommes ne connaissent pas et que les dieux ne voient pas. » (5) Comme Atoum, chez tous les peuples de la Terre et depuis la nuit des temps, la Mère Universelle de la création est androgyne et symbolise le Serpent primordial, la Source, le Principe d’avant la Manifestation, mâle et femelle à la fois, et non pas le Dieu-Père masculin des religions issues d’Abraham, ni la Déesse-Mère païenne qui serait uniquement féminine. « Les couples alchimiques où les deux êtres sont androgynes imagent l’unité, la Mère Universelle, et sont inspirateurs et créateurs. La Mère Universelle, les hommes l’ont adorée sous les noms d’Atoum, Astarté, Nammu, Maât, Isthar, Tanit, Cybèle, Dana, Koridwen, Brigitt, Belisama, Marie… et tant d’autres noms chez tous les peuples de la Terre, lui donnant le plus souvent l’apparence féminine, mais la Féminité manifestée est la vraie Masculinité et donc cette activité par la vraie réceptivité est l’androgynie. Cette Identité suprême peut être désignée par les noms de l’un ou l’autre de ses principes conjoints, on peut la concevoir comme féminine ou masculine, ou les deux à la fois » (6)

Je suis, Je suis

« Je suis, Je suis » dit à deux voix l’androgyne, ses deux natures masculine et féminine s’exprimant en même temps d’une seule voix. A l’instar des dieux égyptiens, l’androgyne serait l’incarnation d’un être ancien, originaire, complet et parfait, et contenant en puissance toutes les possibilités, qu’il s’agit de réactiver en dépassant les oppositions grâce à la réflexion philosophique et à la contemplation, une androgynie plus spirituelle que physique entretenant un rapport constant avec le divin. L’androgyne symbolise l’être non manifesté destiné à l’être : d’une part l’état primordial non manifesté et ses deux natures opposées fusionnées, « appelées » à se dissocier pour devenir les Principes alchimiques du Grand Œuvre, et d’autre part l’état final de l’être manifesté où ces natures fusionnent à nouveau, l’être ayant alors accompli en soi-même sa ré-intégration et son processus d’individuation, et rejoint l’Unité primordiale. Cette union de principes opposés participe à l’éclosion d’un tout plus grand que la somme de ses parties. « Malheureusement, notre esprit occidental en conséquence de son manque de culture dans cette perspective n’a pas encore trouvé une notion et encore moins une dénomination pour exprimer l’union des contraires, cette cheville ouvrière fondamentale de l’expérience intérieure telle que l’exprime par exemple le Tao des Chinois. Une telle union des contraires constitue à la fois le fait le plus individuel et l’accomplissement le plus rigoureux, le plus universel de la vie en nous et de son sens. » (7)

« Je suis, Je suis » dit l’androgyne préparant la célébration en soi-même des « noces chymiques » du moi conscient et du Soi inconscient. Le Soi est peuplé de « constellations psychiques » semblables à celles de l’espace et du cosmos, des héros, dieux et déesses mis en scène dans la mémoire collective par les mythes et l’art. Selon C.G. Jung, ces archétypes (du grec ancien « αρχέτυπον, arkhêtupon, modèle primitif ») sont des racines psychiques susceptibles de déclencher des transformations profondes de l’être et d’orienter celles de la psyché dans sa quête de sens, jusqu’à les propulser dans un processus de développement psychique et de connaissance de soi conduisant à l’individuation. Le moi conscient est dirigé et régulé principalement par l’intellect, la logique et le calcul, alors que le Soi inconscient est plutôt inspiré par des modes de pensées symbolique et analogique, et tend à déployer une vision du monde globale, intuitive et spirituelle, holistique et harmonique. Le fonctionnement du moi relève d’abord d’informations ponctuelles, et celui du Soi des relations établies entre toutes ces informations et celles de l’inconscient collectif.

« Je suis, Je suis » disent le petit moi et le grand Soi ensemble et à deux reprises lors des deux conjonctions de ce processus alchimique. La première transforme le Soi en être unifié Soi-moi, doué d’une fonction transcendante de mentor du moi et appelé à guider le moi vers les états de conscience élevés d’un Je. La deuxième conjonction est celle d’un Soi-Je, sujet global harmonisant les plans corps/âme/esprit de l’être, apte dès lors à exprimer ses capacités spirituelles régénérées en pleine conscience. Les alchimistes assimilent ces deux conjonctions à celles des principes mercure et soufre, et aux unions d’une vierge (le Soi), avec un vieillard d’abord (le moi), et un plus jeune ensuite (le Je), « engendrant chacune un rejeton de sexe différent : le soufre, de complexion sèche et ignée, et le mercure, de tempérament lymphatique et mélancolique. C’est ce que veulent enseigner Philalèthe et d’Espagnet en disant que notre vierge peut être mariée deux fois sans rien perdre de sa virginité ». (8)

« Je suis, Je suis » dit le REBIS alchimique, à la fois soufre et mercure, roi et reine, mâle et femelle, représenté dans l’Œuf philosophique par un corps humain à deux têtes d’homme et de femme. Il symbolise les conjonctions opérées dans l’Œuvre, signalées par la couleur noire du compost, « première apparence de la décomposition consécutive à la mixion parfaite des matières de l’Œuf. C’est, au dire des Philosophes (autre nom des Alchimistes), la marque certaine du succès futur, le signe évident de l’exacte préparation du compost… le mot REBIS (ou RE RE), fréquemment employé par les Philosophes, caractérise leur compost, ou composé prêt à subir les métamorphoses successives sous l’influence du feu. Résumons. RE, une matière sèche, or philosophique ; RE, une matière humide, mercure philosophique ; RERE ou REBIS, une matière double, à la fois humide et sèche, amalgame d’or et de mercure philosophique, combinaison qui a reçu de la nature et de l’art une double propriété occulte exactement équilibrée. » (9)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste portant témoignage par son œuvre extérieure sur la matière de ses propres bouleversements successifs intérieurs, comme aimanté par sa raison d’être et, dirait-on dans la Langue des Oiseaux, devenant de lui-même et par lui-même l’aimant du sage aimant. L’aimant (du grec ancien « ἀδάμας, adámas, indomptable ») « désigne, sur le plan terrestre, « l’acier le plus dur », employé pour « Άδάμαστος », c’est-à-dire « indomptable » et « encore vierge », ce qui caractérise bien la nature profonde du premier homme céleste et du premier corps terrestre, comme étant solitaires et non soumis au joug de l’hymen… Ce premier Adam, le « sujet des sages » lui-même, qualifié « première matière » (prima materia) de l’art, est proprement la « mère » de l’Œuvre, comme Eve est la mère des hommes. C’est elle qui dispense aux corps qu’elle enfante, ou plus exactement qu’elle « réincrude », la vitalité, la végétabilité, la possibilité de mutation. » (10)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste en qui s’attirent la « Magnésie » (du grec « μάγνης, aimant »), la matière féminine brute, et l’esprit enclos sous la dure écorce de l’acier des sages. « Celui-ci, pénétrant comme une flamme ardente le corps de la nature passive, brûle, consume ses parties hétérogènes, en chasse le soufre arsenical (ou lépreux) et anime le pur mercure qu’elle renferme, lequel paraît sous la forme conventionnelle d’une liqueur à la fois humide et ignée – eau-feu des Anciens -, que nous qualifions « Esprit de la Magnésie » et dissolvant universel. Comme l’« acier tire à soi l’aimant », écrit Philalèthe, de même l’aimant se tourne vers l’acier. C’est là ce que l’« aimant des sages » fait à l’égard de leur acier. » (11)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste dont l’eau se purifie en s’imprégnant de cet Esprit de Magnésie et en devenant eau divine. « Dans le récit intitulé Isis à Horus (Berthelot, Collection des anciens alchimistes grecs), l’ange qui apparaît apporte un petit vase rempli d’eau transparente ou mieux, sans doute, « brillante ». Il faut, conformément à la nature alchimique du traité, concevoir cette eau comme l’eau divine de l’art ; celle-ci représente en effet, outre la prima materia, l’« arcane » proprement dit. L’eau (du Nil) possède dans l’ancienne Egypte une signification singulière : elle est Osiris, le dieu démembré par excellence. Il est dit dans un texte d’Edfou : « Je t’apporte les vases avec les membres du dieu (c’est-à-dire le Nil) pour que tu en boives ; je rafraîchis ton cœur pour que tu sois content. » Les membres du dieu sont ses quatorze parties. Les textes alchimiques contiennent de nombreuses allusions à la nature divine secrète de la matière mystérieuse. Conformément à cette ancienne tradition, l’eau possède la faculté de permettre la résurrection, car elle est Osiris qui est ressuscité des morts. » (12)

« Je suis, Je suis » dit l’Alchimiste dont l’eau possède le double pouvoir de vivifier et tuer, tuer pour revivifier. « L’idée de l’eau merveilleuse tire son origine première de la philosophie naturelle hellénistique influencée vraisemblablement par l’Egypte, et nullement de sources chrétiennes ou bibliques. Grâce à cette vertu mystique, elle vivifie et féconde, mais elle tue aussi. Ce cycle de vie et de mort a déjà été représenté par l’alchimie ancienne dans le symbole de l’ouroboros, celui qui mange sa queue, c’est-à-dire le dragon qui se mord la queue. Cette manducation correspondait à l’autodestruction. L’union de la queue et de la gueule du dragon était également conçue comme une fécondation de lui-même. C’est pourquoi les textes disent : « Le dragon se tue lui-même, s’épouse lui-même, se féconde lui-même. » Dans l’eau divine, dont la double nature est sans cesse soulignée, deux principes se tiennent en équilibre, l’un actif, l’autre passif, l’un masculin, l’autre féminin, et ils constituent dans l’éternelle alternance rythmique de la naissance et de la mort l’essence même de la force créatrice. » (13)

Je suis Qui Je suis

« Je suis Qui Je suis », Qui débordant de la force vitale symbolisée par l’ânkh, la croix de vie conjuguant les pouvoirs bénéfiques du soleil et de l’eau représentés dans de nombreuses scènes par une enfilade de sigles ânkh. Mais ici le sens du symbole n’est pas imposé de l’extérieur par le dogme d’une pensée religieuse. Le symbole s’anime de lui-même dans l’imaginaire de l’égyptien qui en saisit et comprend le sens, ressentant sa vitalité en conjuguant en lui-même ses pensées sensible et imaginaire. Le sens du symbole se re-sent autant qu’il se comprend par le cœur, et se découvre à mesure qu’il révèle ses arcanes à l’initié comme Khépri vient au jour. En Egypte on ne voit pas le Dieu, on le sent, sa présence dans le temple se manifeste par son parfum divin, un parfum qui comme le Ren (le nom) est un phénomène vibratoire très subtil et un signe de reconnaissance. Les onctions rituelles de parfum sur les statues divines sont destinées à éveiller et réveiller leur puissance, et à la mise en sympathie cosmique de l’officiant avec la divinité. Le sens de la vie s’appréhende peu à peu, pas à pas, dans la lumière du cœur, par degrés croissants de connaissance et de conscience, à mesure que s’éclaire et rayonne par soi-même et en soi-même l’esprit religieux égyptien.

« Je suis Qui Je suis », le mort accédant à l’état de Pharaon dans l’au-delà, et l’initié parvenu de son vivant au sommet de la réalisation spirituelle et à l’union des « deux terres » noire et rouge de son royaume intérieur, Pharaon portant la double couronne de la terre noire du nord, humide et lunaire, et de la terre rouge du sud, aride et solaire, les deux couleurs du début et de la fin de l’œuvre de transformation intérieure de l’Alchimiste. Semblable à l’homme religieux égyptien, l’initié « Qui » ne se dessaisit jamais de sa propre théogonie et ressent en tout la force vitale de l’univers qui le relie à « Celui qui » et « Celle qui » prennent des formes innombrables : « Celui qui vient à l’existence » : Khépri, manifestation du soleil naissant, de son passage de l’état latent à l’état actif ; « Celui aux parcours secrets » ; « Celui à la parole joyeuse » ; « Celle qui est parée » ; « Celle qui parle sur la barque »…

« Je suis Qui Je suis », verbe actif à deux voix de l’androgyne qui se suffit à soi-même pour engendrer en soi-même et par soi-même un être renouvelé. Qui s’intercale entre ses géniteurs Je suis, Je suis, tel le dieu égyptien Horus (de l’égyptien Hor, Horou, le Lointain), fils posthume d’Osiris démembré et d’Isis, sa mère, qui s’unit pour le concevoir avec le phallus d’Orisis qu’elle a elle-même reconstitué avec le limon du Nil. Son nom Hor fait référence au soleil, semblable au faucon planant dans le ciel où il décrit de larges cercles, et désigne une divinité céleste confondue avec le ciel lui-même, immense face divine dont le soleil et la lune sont respectivement l’œil droit et l’œil gauche. Cet œil gauche perdu par Horus lors d’un combat avec son oncle Seth, dieu du désordre, est reconstitué par le dieu Thot morceau par morceau et devient l’Oudjat, l’œil d’Horus protégeant des maladies et voyant l’invisible.

« Je suis Qui Je suis », voyant à la fois de l’œil gauche d’Horus, dans le monde lunaire et la nuit noire de l’invisible, de l’œil droit de Rê dans le monde solaire baigné de lumière, et surtout du troisième œil Oudjat, voyant dans le noir la sphère solaire Atoum tourner du soir au matin, pré-voyant et illustrant sa renaissance au matin par le dieu scarabée Khépri oeuvrant à pousser sa bouse sphérique en mouvement, et voyant le disque solaire du dieu Rê du matin au soir. Horus le voyant voit et se voit existant à tous les temps : présent et hors-présent, et se nomme tout à tour Atoum, Khépri et Rê. Maillon intermédiaire entre les mondes des dieux et des hommes, Horus est le premier Pharaon, et s’incarne en chacun de ses successeurs, conférant à la fonction royale sa dimension sacrée.

« Je suis Qui Je suis », le dieu Sobek surgi des eaux boueuses de l’océan primordial pour créer l’univers, et condensant en lui les quatre dieux élémentaires et les quatre éléments : Rê, le feu, Shou, l’air, Geb, la terre et Osiris, l’eau ; Qui Sobek le crocodile, dieu souverain des eaux et de la fertilité, couronné par une paire de plumes, protecteur d’Horus avant sa naissance, adoré dans un temple au double sanctuaire à Kom Ombo, l’un consacré à Horus et l’autre à Sobek, le premier incarnant la lumière et le second l’eau, éléments primordiaux de la vie. En ce temple double s’entrecroisent les lieux de cultes consacrés à la dualité Horus-Sobek : deux entrées, deux couloirs mystérieux entourant le naos, des passages dédoublés entre les parties de l’édifice, deux types de culte dans le Saint des saints divisé en deux parties séparées par un naos. Loin de les dissocier et de les opposer, cette dualité conjugue les natures de ces deux divinités présentes côte à côte, l’une étant honorée dans la partie du temple consacrée à l’autre et réciproquement, l’entrecroisement des salles des temples rappelant ô combien l’entrelacement des deux serpents du caducée Mercure et semblant composer un REBIS alchimique divinisé géant sous forme de temple.

« Je suis Qui Je suis », l’initié s’initiant soi-même en son propre temple-REBIS, nouvel Horus remontant le cours de sa vie jusqu’à sa naissance comme fils d’Isis et d’Osiris, et encore plus avant comme protégé de Sobek, jusqu’à sa résorption dans le principe Eau. Zosime dit de cette « eau divine » : « C’est le divin et le grand mystère, la chose recherchée. C’est en effet le Tout. Le Tout vient de lui et le Tout est par lui. Deux natures, une essence. Et l’une (l’essence unique) attire l’autre. Et cette une domine l’une. C’est l’eau d’argent, l’homme-femme, qui toujours fuit… car il n’est pas dominé. C’est le Tout en tous. Il a vie et esprit et il est destructeur. » « L’eau est tout autant l’« arcane » de l’alchimie que le « Mercure », la « pierre », le « filius philosophorum », etc. Comme eux, elle est une image de la totalité… l’eau est le tout… Le « tout » de Zosime est un microcosme, c’est-à-dire le tout ou la totalité dans le plus petit point matériel, et il se trouve donc dans toute chose animée ou inanimée. Puisque le microcosme est identique au macrocosme, le premier attire le second, ce qui amène à la réalisation d’une sorte d’apocatastasis, un rétablissement de tout ce qui est isolé dans la totalité originelle. Ainsi « chaque grain devient froment et tout métal devient or » comme le dit Maître Eckart, et le petit homme isolé devient le « grand homme », l’homo maximus ou anthropos, c’est-à-dire le Soi ; à la transmutation alchimique en or, au sens « physique », correspond au sens moral la connaissance de soi, qui signifie une réminiscence de l’homme total. » (14)

« Je suis Qui Je suis », embarquant sur l’eau du Nil vers Abydos, centre spirituel vers lequel vont en pèlerinage les égyptiens du nord et du sud, comme des poissons remontant à leur source. La barque est l’emblème du voyage du pèlerin, du mouvement en soi-même de l’être décidé à prendre en main son destin, à devenir pour être. « Je suis l’enfant d’hier sur la route de demain » dit l’égyptien, étant ici et maintenant pour mieux être hier et demain, pensée paradoxale initiatique maintenant le cœur-mémoire en éveil par un travail sur soi-même renouvelé régulièrement, loin des sirènes de la paresse et du renoncement. La source de la paresse est la perte de mémoire de l’individu qui oublie la finalité de ses actes et de sa présence au monde, le sens à donner à sa vie en étant solidaire de tout ce qui est vivant, et surtout la notion de restitution. Pour sortir de l’inertie et agir à nouveau, les Egyptiens préconisent de faire de l’action une offrande, ce qui explique la présence récurrente de scènes d’offrande dans les scènes d’action.

« Je suis Qui Je suis » par le cœur, étant qui je vois et voyant qui je suis, cœur/conscience androgyne reliant et croisant en soi-même les pensées symboliques et les pensées sensibles, cultivant par soi-même cette double nature de pensées s’entrechoquant comme des pierres de lune et éclairant d’étincelles nouvelles son champ de conscience. Les hiéroglyphes, ces pensées tracées et gravées par les scribes, non seulement représentent des objets et des actions, mais participent à l’œuvre de transformation intérieure des scribes eux-mêmes qui, dans le même temps, conjuguent mentalement les temps de la gravure et de l’intellection, l’une retenant l’attention du scribe et l’autre la stimulant. Pharaon croise sur sa poitrine les symboles de ces deux actions mentales, le sceptre-héqa et le fléau-nekhekh, le premier servant au pasteur Pharaon à retenir par la patte ses brebis et le second à les faire avancer dans la bonne direction.

Je suis l’eau

Je suis l’eau de chaque cellule du cœur de l’homme, ondulant sous les rayons de sa conscience, chaque pensée imprimant sa marque dans cette eau sensible à toute vibration, comme la plume de Maât vibre au moindre souffle, à l’onde la plus infime de volonté de faire bien ou mal, d’être vrai ou faux. Car la déesse Maât, non seulement symbolise la justice, la vérité, la paix, l’ordre, l’équité, mais garde en mémoire les choix faits par l’homme durant sa vie d’être juste ou injuste, vrai ou faux, en paix ou en guerre, et du fait de ces choix d’être aussi léger ou plus lourd que la plume de Maât au moment de la pesée du cœur du défunt dans le tribunal d’Osiris. La plume de Maât vibre dans la vie comme dans la mort, et c’est aussi devant soi-même que l’être vivant se traduit en conscience, le jugement d’Osiris étant l’équivalent de celui rendu par un cœur conscient de son vivant. Tout action bonne ou mauvaise est gardée en mémoire dans le cœur, et c’est bien pour en être conscient qu’il faut ouvrir son cœur de son vivant, le choix de l’inconscience et de l’oubli étant fait par des cœurs fermés. Cœur, conscience, mémoire, eau, tout est lié chez l’être vivant sa vie comme une initiation permanente à la dimension divine de l’existence.

Je suis l’eau de l’homme océan, des cellules du cœur et du cerveau composées comme tout le corps humain de 98% de molécules d’eau H2O, l’eau reflet vivant permanent des pensées et des états d’âme. Masaru Emoto, scientifique et artiste croisant avec génie les connaissances sensibles et rationnelles, l’a démontré par des photos de cristaux d’eau sensibles à toutes sortes de vibrations : musique, image, voix, parole, pensée, et même à de simples mots écrits sur du papier comme haine ou amour. Il suffit de voir ces cristaux pour immédiatement ressentir la force ou la faiblesse de leur structure, leur joie ou leur détresse semblable à celle d’un être vivant. Cette vraie symphonie cristalline parle d’autant plus à cœur ouvert au cœur des hommes et des femmes qui les contemplent, qu’ils prennent conscience d’en être les créateurs permanents dans leur environnement et en eux-mêmes. Non seulement l’eau étanche la soif du corps physique, mais elle abreuve de lumière et de beauté l’esprit avide de boire à sa source.

Je suis l’eau mémoire de chaque musique, image, voix, parole, pensée, chacune de leurs vibrations imprimant leurs marques dans la matière fluide, même à doses infinitésimales. Car l’eau peut émettre et capter des ondes, comme l’ont démontré les chercheurs Jacques Benveniste et Luc Montagnier, en mettant en contact une molécule d’ADN avec de l’eau, puis en faisant disparaître cette molécule par une dilution extrême, équivalente à la dilution d’une goutte dans tout l’océan Atlantique. Il subsiste une onde électromagnétique de cette molécule de base qui en conserve les propriétés et les vertus, et n’agit plus par contact avec d’autres molécules, selon les règles de la biologie classique, mais selon les normes régissant l’univers de l’infiniment petit. On passe de l’atome au quantum, où à cette échelle la matière n’existe plus, les atomes et les molécules devenant des fréquences d’information.

Je suis l’eau de la mémoire totale, qui relie tout à tout, tout au Tout. Dans une goutte d’eau tout est déjà là pour émettre et recevoir les ondes du monde, comme un être conscient du monde dans une enveloppe transparente. Sur cette enveloppe, tendue par les réactions physico-chimiques qui s’opèrent à la surface, s’effectuent des échanges de charges électriques et des transferts d’énergie, sources de champs électromagnétiques et d’ondes. C’est au mental de l’être conscient qu’il revient de s’approprier ces phénomènes énergétiques, d’initier et de renouveler cette tension régulièrement pour être soi-même une onde reliée aux champs d’ondes de l’univers aux propriétés extra-ordinaires.

Je suis l’onde

« Contrairement à la matière qui ne peut se trouver en deux lieux différents au même instant, les ondes possèdent la propriété d’ubiquité, c’est à dire la capacité d’être présentes en plusieurs lieux simultanément. De plus, alors que la matière transfère l’énergie lors de chocs ou de contacts physiques, certaines ondes peuvent véhiculer l’énergie à distance à travers le vide sans contact physique direct… La science regroupe en sept catégories les différents types d’ondes que l’on peut rencontrer dans la nature : 1. élastiques, 2. capillaires, 3. acoustiques ou sonores, 4. électromagnétiques, 5. gravitationnelles, 6. de probabilité, 7. subtiles. Les catégories 1 à 3 sont des vibrations qui ont besoin d’un support matériel pour se propager : solide (1), liquide (2) ou gazeux (3). S’il n’y a pas de matière, aucune énergie ne peut être transportée via de telles ondes (…) Les catégories 4 et 5 sont des vibrations qui peuvent propager l’énergie en l’absence de matière, c’est à dire dans le vide (…) Comme ces ondes de catégorie 4 et 5 transportent de l’énergie, elle ne peuvent se propager plus vite que la vitesse de la lumière (principe de relativité). Comme les ondes précédentes, il est néanmoins possible de propager de l’information via la phase de l’onde. La catégorie 6 sont des ondes qui se propagent à des vitesses supérieures à la vitesse de la lumière et ne peuvent donc véhiculer que de l’information et pas d’énergie. Il s’agit des fameuses ondes de matière de Louis de Broglie et qui sont abondamment traitées dans les nombreux livres de physique quantique…

« Il est bon de savoir que la recherche scientifique académique ne reconnaît que les catégories 1 à 6. Pour la recherche non académique il existe une septième catégorie où l’on trouve : les ondes psychiques (télépathie), les ondes biologiques (dynamisation de l’eau), les ondes de forme (parapsychologie, Feng-Shui), les ondes telluriques (radiesthésie, réseaux Hartmann, Curie, etc), et bien d’autres encore. Pour la commodité du langage, j’ai l’habitude de regrouper ces phénomènes sous l’appellation « ondes subtiles ». Si de telles ondes existent bel et bien, une seule chose est sûre : il ne peut s’agir que d’ondes de phase purement informationnelles, similaires ou distinctes des ondes de probabilité. Si de telles ondes véhiculaient une réelle énergie physique, elles seraient en effet détectables avec les appareils de mesure physiques de la science actuelle et seraient donc officiellement reconnues au même titre que les autres. En fait, le point commun à toutes ces ondes subtiles, c’est qu’elles ne sont pas invariantes par changement d’observateur comme les ondes officielles. Il faut impérativement faire intervenir ici le sujet qui réalise la mesure. Le cadre théorique quantique a été formulé par le physicien Joel Sternheimer qui a montré que de telles ondes impliquant le sujet ou l’observateur n’étaient pas des ondes de Broglie mais de nouvelles ondes assurant la propagation de l’information d’échelle en échelle, raison pour laquelle elles ont été baptisées « ondes d’échelle » (…)

« L’existence des ondes d’échelle découle simplement du fait que l’on ne peut décrire l’univers comme un objet vu de l’extérieur, puisque nous en faisons partie et conduit donc à prendre en compte le sujet dans la description des phénomènes. Or, les deux piliers de la physique contemporaine que sont la théorie de la relativité et la physique quantique, incluent l’un et l’autre dans leurs postulats des propriétés d’invariance de leurs objets. Le monde décrit par ces deux théories est ainsi un monde d’objets, que le sujet qui effectue la description considère en quelque sorte « du dehors », alors qu’il en fait partie. Pour résoudre ce paradoxe, Joël Sternheimer a introduit un autre type d’invariance, l’invariance du rapport sujet-objet (…) Ainsi, il existe à côté des ondes de matière de Schrödinger-De Broglie associées à l’espace-temps physique, des ondes dites d’échelle associées à l’appareil de mesure qui à une échelle donnée observe le phénomène spatio-temporel. Grosso modo ce sont les ondes d’échelles qui assurent la cohérence entre les différentes échelles de description et de manifestation d’un même objet physique, de la même manière que les ondes de matière assurent la cohérence du système en différents points de l’espace-temps.

« Ces ondes d’échelle qui n’apparaissent pas dans les traités de physique quantique ou relativiste académiques nous sont pourtant bien familières à partir du moment où l’on accepte de se poser la question de savoir comment un individu arrive à reconnaître les différentes parties qui le constituent. Grâce aux ondes d’échelle, un même individu ressent son unité quelque soit l’échelle qu’il utilise pour se décrire. Il peut ainsi se percevoir comme étant lui-même soit au niveau de son corps macroscopique (échelle du mètre), soit au niveau de ses organes (échelle du centimètre), de ses tissus (échelle du millimètre), de ses cellules (échelle du micron), de ses biopolymères (échelle du nanomètre), de ses atomes (échelle de l’angström), de ses noyaux atomiques (échelle du femtomètre) ou de ses quarks (échelle de Planck). Ces mêmes ondes d’échelle permettent aussi à l’individu de se percevoir comme lui-même à l’échelle d’une planète (échelle du km), du système solaire (échelle de l’année-lumière), d’une galaxie (échelle du parsec) ou de l’univers tout entier (échelle du mégaparsec). » (15)

Je suis le bain d’ondes permanent, l’eau mémoire de la conscience, de toutes les ondes à tout moment, l’eau de la goutte consciente dans l’immensité de l’océan et l’eau des ondes inconscientes, l’eau du cœur et ses battements. L’être pensant dans sa goutte émet ces ondes et les reçoit, et change ses degrés de conscience comme il change de longueurs d’ondes cérébrales. Aux ondes Delta (0,5-3,5 Hz) correspondent le sommeil profond, l’immunité et la guérison, aux ondes Thêta (4-8 Hz) le synchronisme des deux cerveaux, la visualisation lucide, les états de transe, l’hypnose et la méditation profonde, aux ondes Alpha (8-12 Hz) la relaxation, la méditation, les pensées calmes et claires, l’apprentissage accéléré, la visualisation, aux ondes Bêta (12-45 Hz) les activités quotidiennes, la concentration, les pensées actives, la vivacité d’esprit, et aux ondes Gamma (35-45 Hz) le dynamisme mental et la créativité.

Je suis l’eau des ondes en phase des deux hémisphères cérébraux, de l’éclairante synergie des fonctions logiques (cerveau gauche) et créatives (cerveau droit), source des performances mentales et intellectuelles et du sentiment de bien-être qui en résultent. Ainsi s’opère le passage de la synchronisation des ondes et de leurs performances matérielles cérébrales, à la synchronicité de leur survenue dans la conscience et au bien-être spirituel du cœur. La synchronicité se manifeste par « les coïncidences qui ne sont pas rares, d’états de faits subjectifs et objectifs qui ne peuvent pas être expliqués de façon causale, tout au moins à l’aide de nos moyens actuels. C’est sur ce postulat que repose la méthode du Yi King. » (16) Ce passage de la synchronisation à la synchronicité éclaire la conscience d’une telle luminosité/numinosité qu’elle lui confère un caractère véritablement spirituel, moment sanctuarisé par des cérémonies et des rituels conférant l’état d’initié.

Je suis l’eau de l’être mental, générateur de sa propre lumière, « des scintillae, des étincelles que sous forme d’illusion d’optique, on rencontre dans la « substance de transformation ». « L’intelligence humaine est également une telle scintillae. Par l’étincelle de feu de l’âme du monde, la substance mystérieuse (de la terre aqueuse ou eau terrestre/limon de l’Etre universel) est universellement animée. Dans l’eau de l’art, dans notre eau qui est aussi le chaos se trouvent les étincelles de feu de l’âme du monde comme pures formes essentielles des choses. Ces « formes » correspondent aux idées platoniciennes, ce qui placerait les scintillae sur le même plan que les archétypes, si l’on admet que les images éternelles de Platon conservées en un lieu supracéleste sont une forme philosophique des archétypes psychologiques. De cette vision alchimique on devrait tirer la conclusion que les archétypes possèdent en eux-mêmes une certaine clarté, une certaine similitude avec la conscience et qu’une luminositas correspond à la numinositas. » (17)

Je suis l’œil d’Horus, l’« oudjat », signifiant « complet » en ancien égyptien, l’œil qui voit tout et protège. Sa forme ressemble à s’y méprendre à la coupe anatomique de la zone médiane du cerveau entourant la glande pinéale, le thalamus et l’hypothalamus qui intègrent toutes les informations transmises par les cinq sens, ainsi, disent les égyptiens, celles générées par la pensée. Dans la mythologie égyptienne, Seth tue son frère Osiris et s’en prend à son fils posthume Horus. Au cours d’un combat, il lui arrache l’œil gauche, le coupe en six morceaux qu’il le jette dans le Nil. A l’aide d’un filet, Thot, maître suprême de l’arithmétique, de la parole, des scribes, de la science et de la magie, récupère les morceaux mais il en manque un. En effet, la somme des fractions de l’oudjat, correspondant aux parts respectives des cinq sens et de la pensée, ne fait que 63/64 et c’est le 1/64 manquant qui est rajouté par Thot par magie pour permettre à l’œil d’Horus de voir tout. Ces fractions désigneraient selon les traditions les parties de l’oudjat : (1/2 = la conjonctive gauche), (1/4 = la pupille) (1/8 = le sourcil), (1/16 = la conjonctive droite), (1/32 = la larme spiralée), (1/64 = la tache descendante du faucon). Elles rappellent surtout les formes du système ventriculaire du cerveau, et dans le dessin de l’œil d’Horus, le troisième ventricule, les ventricules latéraux, le quatrième ventricule et l’hypophyse, qui remplacent respectivement les deux conjonctives de l’œil, le sourcil, la larme spiralée et la tache du faucon.

Je suis l’eau vive

Je suis le liquide céphalorachidien circulant entre les ventricules latéraux, le troisième et le quatrième ventricule, et le canal central de la moelle épinière, et l’eau baignant les cellules de l’épiphyse et de l’hypophyse, deux glandes androgynes constituées de deux parties en étroite symbiose, dont les principes actifs stimulés et les vertus conjuguées par paires concourent au développement cognitif et spirituel. Car dans cette zone centrale du cerveau où tout va de paire comme dans tout le corps, les croisements des fonctions hormonales et nerveuses se démultiplient, concourant à l’équilibre de l’organisme, à sa vie et à sa survie. Ainsi, l’hypophyse, située au-dessous du Chiasma où se croisent les nerfs optiques dans le cerveau, conjugue les réactions hormonales et nerveuses respectivement dans ses parties antérieure et postérieure, donnant aux pensées la capacité d’influencer les flux hormonaux et nerveux d’informations.

Je suis cette eau vive omniprésente et fluctuante, comme le flux et le reflux de la marée sous l’influence de la lune. « La circulation du liquide céphalorachidien (LCR) se fait au rythme des mouvements du corps et des mouvements respiratoires. Il se renouvelle quatre fois par jour, se glisse, tel un liquide dans un liquide, à partir du canal arachnoïdien dans lequel il s’écoule, et se prolonge dans le sang et la lymphe où il devient palpable à plusieurs niveaux. Comme la force de la rivière que l’on vient de libérer d’un barrage, le LCR gonfle les liquides existants et les pousse à fluctuer, se déverse dans les canaux et les dilate. Il rétablit ou renforce le mouvement dans les étangs d’eau stagnante. Le facteur premier pour établir une circulation correcte est le mouvement, et liquide dans un liquide, c’est le LCR qui dynamise ce mouvement renforcé par l’alternance enroulement/déroulement du cerveau dans lequel il est produit. Il a son propre rythme que l’on peut retrouver dans chaque cellule. » (18)

Je suis l’eau des courants cycliques en action dans tout ce qui se fait, se crée, se transforme, évolue et se transcende. Du microcosme de la cellule au macrocosme de l’univers, qu’il soit lunaire, solaire, climatique, hormonal, de croissance, de reproduction, de mort, de renaissance, le cycle est à l’œuvre partout depuis la nuit des temps et assure le développement de l’ensemble des formes d’existence et le passage des unes aux autres. Son symbole, l’Ouroboros, est déjà mentionné en Egypte dans les Textes des Pyramides et ses premières représentations remontent à la XVIIIè dynastie. Au-delà du passage d’une phase d’existence matérielle à une autre, il figure surtout le passage de la vie matérielle à la vie spirituelle, du vivant même de ceux et celles qui choisissaient d’éveiller leur conscience sans attendre la vie après la mort, de convertir leur vie en initiation.

Je suis à la fois l’eau de vie matérielle des organismes en recherche instinctive d’équilibre, et l’eau de sur-vie spirituelle des êtres à la conscience éclairée. Mais je suis le plus souvent « entre deux eaux », dans une zone intermédiaire semblable à celle de la glande hypophyse, entre les humeurs lunaires des hormones sécrétées dans sa partie antérieure et le rayonnement solaire des influx nerveux de sa partie postérieure. C’est dans cette zone intermédiaire que s’entremêlent et se dissocient les vies mentale et morale, pour concourir, au terme d’un long travail régulièrement renouvelé, à un équilibre global de l’être physique, moral/mental, et spirituel. C’est toute cette œuvre en soi-même, par soi-même et sur soi-même, qui est symbolisée par le caducée, symbole des soignants et des médecins, un bâton autour duquel se croisent et s’écartent à plusieurs reprises deux serpents qui finissent par se faire face et se conjoindre au sommet, symbole de l’œuvre accomplie avec succès.

Je suis l’eau androgyne

Je suis l’eau androgyne baignant les deux lobes de la glande hypophyse, aux polarités opposées, l’un rattaché au mental et l’autre aux pensées mystiques, et l’eau androgyne de l’épiphyse de l’Alchimiste, le troisième œil ou œil d’Horus de l’être éveillé, cette glande endocrine creuse de 8mm, située en position médiane en arrière du troisième ventricule du cerveau entre les deux thalamus, en forme de pomme de pain ou de goutte. L’épiphyse, aux deux hémisphères physiquement presque fusionnés et évoquant de ce fait la conjonction alchimique des principes soufre et mercure, masculin et féminin, est activée par le rayonnement lumineux et contrôle les différents biorythmes du corps, en particulier le cycle veille-sommeil. La présence de cristaux d’apatite dans l’épiphyse expliquerait la sensibilité aux ondes électromagnétiques, et la régulation du cycle menstruel d’après les phases de la lune.

Je suis l’eau de source purifiant les cellules du corps et les glandes endocrines, loin des eaux polluées et traitées artificiellement pour alimenter les réseaux d’eau potable. Pourtant, même l’eau du robinet peut être purifiée grâce à la sauge, plante aux propriétés médicinales traitant toutes sortes d’inflammations, récoltée lors de cérémonies par les Romains, et bien avant par les Egyptiens pour traiter l’infertilité. Des feuilles de sauge purifient et dynamisent l’eau d’une bouteille en verre mise au réfrigérateur durant quatre heures, lui redonnant tout son pouvoir régénérant.

Je suis « entre deux eaux », l’interface des dimensions matérielle et spirituelle de l’existence, des niveaux de conscience en rapport avec le degré de pureté de l’eau, et donc à la mesure du travail de purification de l’eau accompli. Tout se tient dans l’eau, la conscience, la mémoire, le cœur, à condition de s’y plonger symboliquement et d’en perfectionner la connaissance pour se purifier soi-même, et inversement de purifier son eau pour se perfectionner soi-même. Ainsi les Anciens Egyptiens traduisaient dans leurs rituels cette double purification de l’eau et de la conscience, par des cérémonies collectives où chacun se retrouvait face à sa conscience comptable de ses propres efforts. Ils ne déléguaient aux dieux la charge de les juger qu’après leur mort, gardant la main de leur vivant sur la destinée qu’ils façonnaient jour après jour, transformant ainsi insensiblement, mais certainement, leur vie en initiation à la vie divine.

Je suis l’eau de la vie liturgique des Anciens Egyptiens. « Les rites liés à l’eau, voir le rôle de l’eau dans l’exercice cultuel, sont très variés. Dans le rite funéraire de la libation, l’accent est mis sur l’eau en tant que boisson, procurant la satiété rafraîchissante au défunt dans l’au-delà, et donc sur la capacité de renouvellement de l’énergie du mort dans l’éternité. Mais l’eau purifie également. Outre le nettoiement par l’eau des aliments déposés sur les tables d’offrande du mort, la purification est un autre rite, subi par la statue divine dans le temple ou encore par les hommes dans le contexte de leur entrée dans le temple. Rois, prêtres et soldats en étaient alors l’objet. A l’arrivée du roi au temple, devant la porte du pylône, l’eau d’une aiguière en or était versée sur le souverain par des prêtres tenant le rôle d’Horus et de Thot représentant les dieux qui personnifiaient les quatre points cardinaux. Il s’agit de laver le roi de toute souillure, mais aussi de lui conférer « vie et prospérité », c’est-à-dire de le régénérer grâce à ce qui pourrait être l’eau du Noun ou de l’inondation qui est pourvue de ces qualités…

« L’eau de libation, comme l’eau de lustration, est souvent en relation avec l’inondation et la fertilité conséquente du pays. En effet, un Nil abondant est source de satiété et à ce titre l’objet de pratiques cultuelles exprimant la vénération qu’on lui porte, voire d’un culte de la crue. Le pharaon accomplit un culte verbal et monumental, en vue de maintenir la sécurité de l’univers, au flot montant du Noun et aux grands dieux locaux qui en sont la manifestation. Hâpy, le génie du Nil est le dynamisme du flot procédant d’une mer incréée et périphérique à laquelle il retourne. Représenté sous la forme d’un androgyne chevelu, barbu, au ventre plantureux et aux mamelles lourdes, cette personnification de la crue fertilisante soutient, sur son plateau, moultes vases et plantes évocatrices des terres et marais qu’il inonde. Dédoublé, il est représenté liant les plantes des Deux-Terres nouées autour du signe signifiant leur union… Aucun vestige de temple n’est, semble-t-il, dévolu spécialement à Hâpy. Le culte se déroulait à l’extérieur et l’image de Hâpy était l’eau flot lui-même. » (19)

Je suis l’eau de la toilette des Egyptiennes et des Egyptiens qui prenaient grand soin de leur visage et de leur corps, se lavaient plusieurs fois par jour, le matin au lever, avant et après les repas, et transformaient par des gestes rituels leur toilette en purification. Le nom de leur vase à bec, le « hesmenyt », de « hesman, natron », souligne leur usage du natron ou natrum, carbonate de sodium du delta du Nil utilisé quotidiennement comme détergent, dentifrice et antiseptique, et dans les rituels d’embaumement comme déshydratant naturel les tissus corporels. Le natron serait aussi l’un des composants des pierres reconstituées des pyramides, le mélange, coulé dans des moules, du natron avec de l’argile et de la chaux pour générer un autre agglomérat de feldspathoïde et de calcaire, c’est-à-dire une pierre comme naturelle. Le scribe Imhotep serait l’inventeur de la pierre ré-agglomérée (2650 av. J.-C.) et l’architecte de la première pyramide d’Egypte. Au lieu d’utiliser la brique d’argile crue, il aurait simplement remplacé l’argile par un calcaire ré-aggloméré et gardé la même technique de moulage de briques. Le travail des deux types de pierres, naturelle ou/et agglomérée, conduirait à deux mythologies plaçant successivement à leur sommet les dieux Khnoum et Amon.

« Chez les anciens Égyptiens, la pierre avait une valeur sacrée, utilisée uniquement à des fins religieuses qui interdisaient son utilisation dans des bâtiments à usage profane (construits plutôt en brique de limon, argile et bois, jamais en pierre). Ce n’est que sous les Ptolémées, 2000 ans après les pyramides, que la pierre devint un matériau de construction banal. Les causes de cette distinction sont religieuses. La civilisation égyptienne s’étire sur plus de 3000 ans et, contrairement à ce que pense le grand public, elle n’est pas homogène. Ainsi, il y a deux genèses expliquant la création du monde ; deux divinités distinctes revendiquent la création du monde et de l’homme : Khnoum et Amon. Le dieu Khnoum est vénéré durant l’Ancien et le Moyen Empire (3000 à 1800 av. J.-C.). Il est représenté sous la forme d’un homme à tête de bélier aux cornes horizontales. Il personnifie le Nil nourricier et à Éléphantine, Thèbes, Héracléopolis, Memphis, il est le dieu créateur. Dans son acte de création, il « pétrit » l’humanité sur son tour de potier avec le limon du Nil et d’autres minéraux comme la mafkat, le natron, à l’instar de la genèse biblique et coranique. Cela ne donne pas une argile quelconque, mais une pierre appelée « ka », c’est-à-dire l’âme qui n’est pas esprit, mais pierre éternelle. Khnoum et toutes les incarnations divines de Râ sont matérialisés par l’acte de fabrication de la pierre. Son signe hiéroglyphique est un vase de pierre dure comme ceux des époques nagadéennes (3500 à 3000 av. J.-C.). Ainsi, sous l’Ancien Empire, l’acte d’agglomération avait pour but de reproduire l’intervention divine lors de la création du monde et de l’âme humaine…

« Amon est le second démiurge. Il n’est à l’origine qu’une divinité insignifiante. Il devient dieu dynastique lors de la XIIe dynastie (1800 av. J.-C.), mais il n’est pas encore démiurge, rôle toujours réservé à Khnoum. Puis, il devient le « roi des dieux » et les prêtres lui donnent le pouvoir de création du monde. Dans le mythe de la genèse, Amon est identifié à une montagne sacrée et il « taille » chaque être dans une partie de lui-même, c’est-à-dire à même la montagne sacrée. Amon et toutes les incarnations divines d’Amon-Râ sont donc matérialisés par l’acte de la taille de la pierre, et sont à l’origine des monuments du Nouvel Empire, comme ceux de Ramsès II, 1300 ans après les pyramides. On comprend alors pourquoi les tombes ne sont plus sous des pyramides, symboles d’agglomération, mais sous une montagne sacrée, la Vallée des Rois, symbole d’Amon. De même, les temples sont construits en pierre taillée avec grands soins et les obélisques sont appelés les « doigts d’Amon ». Comme durant l’Ancien Empire, où le nom de Khnoum (« celui qui lie ») se trouve dans le nom complet de Khéops (Khnoum-Khoufou), le nom d’Amon (« celui qui est caché ») se rencontre dans les noms des pharaons du Nouvel Empire comme Amenhotep. » (20)

Je suis l’eau de Khnoum consubstantielle aux pierres reconstituées des pyramides, avant d’en être disjointe et de couler non loin, aux pieds des pierres taillées des temples d’Amon. Je suis l’eau du travail ritualisé de Khnoum au réel pouvoir de purification, avant d’être l’eau d’un rituel travaillé d’Amon transférant du travail au rituel le pouvoir de purifier. Un travail effectué régulièrement se cristallise sous la forme d’un rituel, alors qu’un rituel peut boucler sur lui-même sans que s’accomplisse un quelconque travail. Khnoum travaille sur son tour et fait naître l’homme, qui à son tour fait re-naître Khnoum dans son imaginaire, qui lui-même inspire l’homme au travail… Le cycle vertueux du travail rapproche Khnoum de l’homme, jusqu’à renaître en lui, alors qu’Amon s’éloigne de l’homme, d’une distance verticale instituée et préservée par le rite et le prêtre. Dans la boucle de Khnoum, les prêtres ne travaillent momentanément qu’au service du culte et incarnent un devoir intérieur reliant directement l’homme à Khnoum, tandis que les prêtres s’imposent en permanence sur la verticale d’Amon, et s’intercalent en force en s’attribuant le droit de relier l’homme et Amon.

Je suis l’eau purifiée

Je suis l’eau purifiée vivifiant ces deux liens entre l’homme et dieu, Khnoum et Amon, exigeant pour rester pure de conjuguer le travail et le rituel, un travail de l’homme tellement régulier dans le temps qu’il doit accepter de se ritualiser pour perdurer. Mais l’homme qui se purifie rituellement dans le temps risque toujours de se voir dépossédé des fruits spirituels de son travail par des religieux matérialisant et s’appropriant l’espace du temple reliant l’homme et dieu. Il faut donc lutter contre cette dépossession de l’espace et du temps sacré où s’opère la jonction avec la dimension divine de l’existence. Or cette dépossession par l’être religieux résulte avant tout de l’abandon par l’homme lui-même de sa vie divine, et de son travail physique, moral/mental et spirituel, purifiant l’eau qui le parcourt et le reflète tout entier.

Je suis l’eau purifiant l’homme régulièrement de ce qui souille son existence, son corps, ses pensées, ses états d’âme, ses émotions, de tout ce qui l’empêche de vivre en soi et propager autour de soi le bien-être. L’eau des rivières et des cascades est une source évidente de bienfaits naturels immédiats, mais il est possible également de se purifier au quotidien en accomplissant en conscience une multitude de gestes habituellement effectués sans conscience, comme se laver les mains et les pieds, prendre une douche, boire de l’eau. Car si être propre et être pur ont la même étymologie (le mot latin « purus, sans tache, sans souillure, propre, net, pur »), c’est l’être en propre, l’être en soi, le Soi, qui est impliqué dans la purification, l’être à libérer de ce qui n’est pas Soi.

Je suis l’eau purifiée, la source de vie qui régénère et revivifie ceux qui s’abreuvent d’eau/lumière, l’eau mémoire où s’impriment en totalité les pensées, les souvenirs, les aspirations, les émotions, transposant à l’échelle du corps, des cellules et des molécules toutes les formes prises par l’eau dans la nature, et les transformant en goutte d’eau, océan, brume, nuage, rivière, cascade, lacs… Et ce sont bien des entrelacs qui symbolisent ces formes d’eau en interaction en nous-mêmes les unes avec les autres, des mouvements de l’eau qui s’entrecroisent pour composer les ensembles parfaitement orchestrés de lignes et de courbes des enluminures égyptiennes et celtiques.

Je suis l’entrelacs des entrelacs, le nœud d’Isis, la croix de vie égyptienne des initiés et des pharaons. Lors de leur intronisation, les pharaons « maîtres des deux terres », c’est-à-dire de leur dualité résolue, accédaient au rang d’immortels et recevaient une pluie de croix de vie déversées sur eux par les dieux Thot et Horus. La croix de vie dénoue les nœuds de l’existence par l’ouverture de la boucle supérieure de la croix symbolisant l’accès au cycle éternel de l’immortalité, tout en nouant et dénouant avec régularité les boucles de la vie matérielle et spirituelle, respectivement sur les deux bras de l’axe horizontal et sur l’axe vertical de la croix. Mais surtout les fils de la croix de vie, tissés et travaillés rituellement du vivant des Egyptiens, symbolisent la montée en puissance des Egyptiens vers la pleine possession de leurs moyens physiques, mentaux et spirituels.

Je suis l’énergie générée par cet entrecroisement régulier de fils, et le flux électromagnétique ré-généré régulièrement par les Egyptiens eux-mêmes, artisans de cette énergie physique, mentale, et spirituelle. Au niveau physique, la croix de vie ressemble à une diode, dont la fonction est de laisser passer un courant ou bloquer son passage, en modifiant l’intensité du courant électrique ou la tension aux bornes de la diode. Non seulement l’Ankh, mais aussi le Djed, le Tyet, le Neb, le Sa, etc. ressemblent à des composants de circuits électromagnétiques et correspondraient respectivement à une pile, à une bobine d’oscillation, à un haut-parleur, à une bobine d’accord… » (21) Les fils de l’Ankh s’enroulent, se nouent et se dénouent régulièrement autour des axes de la croix et de sa boucle supérieure, se transformant en bobines génératrices de courant électrique circulant avec et sans fils, avec fils comme un courant alternatif dans les branches de la croix, et sans fils comme un courant induit passant par le centre de la boucle supérieure.

Je suis la conscience éclairée par le courant électrique généré dans l’eau des cellules du cerveau par une nourriture diététique, offerte et ingérée rituellement comme une offrande et accentuant, de ce fait, les propriétés diélectriques et électromagnétiques des cellules et de leurs champs de forces. Car un champ électromagnétique se crée au sein des cellules par auto-électrolyse des sérums intra et extra-cellulaires et création d’une différence de potentiel dans les cellules ou/et à leur surface. (22) Ces champs fortifiés par des offrandes sont d’autant plus puissants qu’ils répondent aux lois de l’analogie et de la réciprocité, les dons de nourriture nourrissant en retour des flots d’énergie divine et de bien-être. En Egypte antique le mot offrande peut être traduit par « Hotep » signifiant « être en paix, être satisfait » et désigne la table à offrande du même nom. Hotep serait l’état de grâce et de paix dûs à l’état androgyne, communion du fixe et du volatile, du « donner » et du « recevoir », une plénitude dans le partage permettant l’échange d’énergies entre le monde visible et invisible, entre les esprits des dieux et Soi. Etre « hotep » est tout donner et tout recevoir, se donner Soi et se recevoir.

Je suis la pensée spirituelle en son premier frémissement dans le cœur/conscience, avant même son expression et toute formulation claire de sentiment, d’idée, de mot ou de note de musique, un frémissement si subtil qu’il semble émaner d’un dieu en Soi et s’imprimer à la surface d’un lac au repos. Ce frémissement est symbolisé par la ligne ondulante de l’hiéroglyphe de l’eau qui génère elle-même deux lignes au-dessus et au-dessous, induisant à leur tour un champ de forces entre leurs deux polarités (trois lignes ondulantes, autre hiéroglyphe de l’eau). Dieu en Soi, avant même le commencement de toute création, frémit du vertige qui le saisit et pré-figure par une seule vibration toute son œuvre à venir. Mais dans la Genèse, point de frémissement initial, Dieu commence directement par la séparation de la lumière des ténèbres, et des eaux du dessous et du dessus. « Au commencement … Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres … et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus … » Il ne s’agit pas tant de les séparer que de créer en les séparant une tension entre eux, comme lorsqu’on tend un élastique, et générer ainsi un champ de force physique où vibre le sentiment, l’idée, le mot, la note de musique… Tout ce que le penseur pense, ressent, imagine, imprime un commencement frémissant dans ces champs de forces, vibrant et comme ondulant à la surface d’un lac.

Je suis l’eau du lac retrouvant à nouveau le repos ordonné par la conscience, obéissant à sa volonté d’être au repos. « Je suis repos » stoppe net le fourmillement d’ondes à la surface de l’eau, ses courants et ses tourbillons engloutissant les idées et les sentiments qu’ils charrient. Et au cœur de mon cœur/conscience, je suis à la fois mouvement et repos, le mouvement de la vie qui m’inspire l’amour du repos, tout en savourant le mouvement qui revient troubler le repos. Alors je suis l’eau/conscience brassant et embrassant dans ses courants la vie jusqu’au fin fond de l’univers, l’eau éblouissant d’une symphonie intelligente de jets d’eau les visiteurs des jardins du Château de Versailles, l’eau éclaboussant de joie l’enfant et ses jeux d’eau, l’eau du liquide amniotique de la matrice utérine, mémoire charnière initiale entre le visible et l’invisible.

Je suis l’eau purifiant l’écrivain dont les mots coulent de source à mesure qu’il écrit sur l’eau, comme embarqué sur sa barque solaire vers un au-delà purifié toujours un peu plus présent à mesure que le texte avance. Car écrire sur l’eau nettoie en profondeur l’homme océan qui sommeille et/ou survit difficilement dans son eau poubelle où se déversent les toxines d’une vie déséquilibrée aux trois niveaux physique, mental, et spirituel. Mais l’eau raisonne et résonne, car l’eau/conscience est intelligente, et l’eau/résonance trans-pose les efforts faits pour purifier un niveau sur les deux autres. Ainsi, équilibrer son alimentation modère les pensées et calme l’esprit, alors qu’à l’inverse un esprit trop surchauffé reste en proie aux déséquilibres d’une alimentation toxique et de pensées négatives.

Je suis l’eau des lecteurs/lectrices gravant dans leur eau/mémoire les mots de l’écrivain, l’eau de nos cœurs/consciences liés par-delà l’espace, vibrant en résonance et comme jouant à distance des deux sistres égyptiens, l’un initiant chaque vibration (le « sakhm »), l’autre l’accueillant (le « saischschit »). Vibrons de concert cœurs à cœurs, consciences œuvrant ensemble à se purifier et jouissant d’une eau divine coulant goutte à goutte, l’élixir baignant Dieu en Soi.

Patrick Carré

Juin 2017

(1) Livre des Morts égyptien

(2) Livre des Morts, Formule pour faire partie de la corporation des dieux

(3) Livre des Morts, Formule pour sortir au jour

(4) Marie Alexandre Lenoir, Nouvelle explication des hiéroglyphes

(5) Livre des Morts égyptien

(6) A. K. Coomaraswamy, La Doctrine du Sacrifice

(7) C.G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient

(8) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(9) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(10) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(11) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales

(12) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(13) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(14) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(15) Professeur Marc Henry, L’eau et la physique quantique, L’eau qui nous relie, Ondes d’échelle

(16) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(17) C.G. Jung, Les racines de la conscience

(18) W.G. Sutherland, Le corps autoguérisseur

(19) Marie-Ange Bohême, Les eaux rituelles en Egypte pharaonique

(20) Joseph Davidovids, La Nouvelle Histoire des Pyramides

(21) Gruay et Mouny, Le grand secret du signe de vie

(22) Louis-Claude Vincent, Traité de bio-électronique

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SOURCE  :  http://patrick-carre-poesie.net/spip.php?article1218

VARIATIONS SUR LE COQ ET LA CHOUETTE 7 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

VARIATIONS SUR LE COQ ET LA CHOUETTE

Le coq et la chouette
et réciproquement… comme dirait Pierre Dac
Avant le chant du coq

 

 Chouette

Le coq et la chouette

Le coq chante et la chouette chuinte.
Coq se prononce de la même façon lu de gauche à droite et inversement. 
Chouette, c’est déjà plus dur : Ettuoche !

Ceci pour un préliminaire qui n’a absolument rien à voir avec ce qui suit… Quoique…  

       Coq et chouette, symbole de la complémentarité par une contrepèterie simpliste ?!… Pas seulement ça!… On peut lire d’ailleurs « le coq est la chouette » relié par le verbe « être » ce qui en fait une symbiose du couple ; celui-ci assure un équilibre car, comme en mécanique, si l’un tire, l’autre est attiré tout en maintenant une résistance, si toutefois il y a une volonté de préserver l’équilibre. Il s’agit là d’une complémentarité comme d’un dualisme. Un couple n’est pas forcément « mâle » et « femelle » ! Mais peut-être nous faut-il le miroir des animaux pour alimenter notre réflexion, La Fontaine l’avait bien saisi tout comme les égyptiens dont le bestiaire est une base du langage.

    Coq donc symbole masculin et chouette symbole féminin ? D’ailleurs une inversion des lettres initiales des deux mots font d’un « coq pour une chouette » un « choc pour une couette ». C’est dans cette dualité du choc du réveil annoncé par le coq et la nuit symbolisée par cette couette, pardon, cette chouette que se révèle la symbolique du « midi minuit » ; en ce sens, le coq se réveille aux rayons du soleil qu’il appelle et vénère alors que plus subtilement en demi-teinte, la chouette s’exprime dans ce qui marque la réflexion du soleil dans l’astre lunaire au sein de la pénombre qui l’enveloppe sans l’emprisonner ; mais ne nous y trompons pas : si on peut lire « le choc et la couette » comme résultante du « coq et de la chouette », il ya lieu , sans doute, de rechercher notre vitriol hors de la douce et rassurante couette, dans des forces différentes et multiples qui nous éprouvent. Ainsi, au fin fond d’une cellule, au fin fond de nous-mêmes, il nous restera l’espoir d’être, peut-être , libre…

    Mais, que dire alors de la conjonction dite de coordination entre « le coq et la chouette » ? Sont-ils véritablement reliés ? Car si l’un travaille au soleil de midi et l’autre sous la lune étoilée, quand font-ils des bébés afin de répandre dans le monde les vérités qu’ils auraient acquises ?

    C’est là que notre mystérieux mot du début intervient : ettuoche, inverse de chouette , mais aussi abréviation de « et tout tautologiquement une otarie cave hennissante et énervée » car à la recherche de la lumière elle ne trouve que « myste et mu » ; mais elle commence à se rendre compte que de tous temps, seuls les hommes ont tenté de s’élever cherchant l’inaccessible mais que par essence le haut absolu et le bas absolu n’existant pas ils sont relativement interchangeables ; la terre, (peut-être l’enfant de la chouette et du coq ?…), la terre est ronde comme un cycle d’alternance du jour et de la nuit dont nous attendons le moment favorable pour nous élever.

    C’est ce que je n’ai pas fait .  

La chouette et le coq

    …Or il advint qu’un fils de la lumière fit le pari de s’acoquiner avec une fille de la lune.
Union contre nature.
Vit-on jamais volatile claironnant la charge du soleil se couler dans le rythme nycthéméral d’une discrète belle de nuit ? Difficile certes, mais pas inimaginable, ni complètement nouveau, si l’on veut bien se souvenir du coq à l’âne – du coq et de la cane -
Mais comment s’y prendre quand on est du jour ? Quand on est du jour, qu’elle est de la nuit.
Lafayette alla chercher conseil auprès de Chantecler, le vénérable coq, au zénith du clocher, où dame Aegolie, l’oiseau de Minerve, abrite ses songes diurnes.
Rupicola, le coq servant, bien connu de nos galères, en tablier pied de coq et toque coq de roche, était à la lucarne de sa loge. Il fut ainsi le témoin privilégié de cette union qui n’aurait jamais dû voir le jour.
D’ailleurs, elle eut lieu presque la nuit, tant il est vrai qu’aucun mystère ne supporte la pleine lumière.
Mais il était dit que ce jour là, le soleil avait rendez-vous avec la lune et le coq avec la chouette.
L’éclipse, moment fécond, née de la conjonction de l’intuition et de la réflexion, nous place aux frontières de l’intelligible, au bord du vertige de la rencontre avec l’inconnu, avec l’autre ; et donc, les coqs ont peur puisque les chouettes « effraient ». Et pourtant, mes frères et mes sœurs, chevêche n’est pas revêche ! Ce fut une brève rencontre …nycthémérale s’entend !

C’était un coq qui avait tellement chargé qu’il se dit : « chouette, une hulotte sans culotte ! »
Que nenni, c’était Nyctalope, N.T.L. de son petit nom (le glossaire sera sur le plateau du secrétaire).
Couleur de lune, couleur de nuit. Un peu dans la lune, beaucoup de la lune, la paupière nictitante, mais l’œil en delta rayonnant sous son masque, hulotte mais pas boulotte, polyglotte, rapace mais pas vorace, chouette quoi!
Dressé sur ses égos et, mollets de coq, la crête en bataille et le cœur en ripaille, l’oiseau de Mercure, pour montrer sa belle sagesse, ouvre large ses barbillons et laisse tomber son aile sur la donzelle.
Elle, de surprise, laisse tomber son « h » et devient couette, le coq s’en saisit et devient choc.
Ils sont enfin à couvert, l’inviolabilité de leur mystère est assurée. Puisqu’il est l’heure et qu’ils ont l’âge…

Mes frères aux mollets de coq, mes sœurs aux yeux de chouette, il ne s’agit pas pour eux d’être comme des coqs en pâte, ni de travailler là où la bonne femme vendit son coq. Ils protègent leurs travaux. Ne soyons pas rouges comme des coqs et ne craignons point de sa part un comportement de poule. Si elle est très chouette, pleine de sagesse et de bonne volonté, elle est aussi un peu coq et c’est en elle, qu’est la lumière avant qu’elle ne brille au dehors.
Allons, ne soyez pas comme les coqs de la paroisse ! de minuit à midi, peu d’occasions sont données à ces deux veilleurs. Gageons que de ce choc de la couette, de ce cri et chuintement, de cette rencontre, brève certes, mais fulgurante et même transcendantale, naîtra ce qui, au delà des apparences, ne connaît ni jour, ni nuit, réconcilie les contraires et la dualité.

Lafayette veut montrer son bel organe, il ouvre un large bec et chante: « Viens poupoule, viens poupoule, viens… » Hélas, l’éclipse est finie, Aegolie endormie, et quand le coq chante, la chouette se tait et la caravane passe. Et à la réflexion tant mieux, nous avons échappé au canari !
C’était une éclipse, pas une galère, une neuf à la coq, que dis-je, une coque de noix, sur laquelle nous avons embarqué de plein gré avec vous.
C’était une chimère, que dis-je, une coquecigrue.
Notre témoin le coq servant nous dit: « Gardez vos poules, je lâche mes coqs ». Mais celui qui a été aveuglé par l’amour voit aussi bien de jour que de nuit.
Rupicola comprit, mais un peu tard que le fruit de cette union mystique n’était autre que cette forme éblouissante et androgyne à l’œil frontal d’émeraude, qui lui avait fait un petit signe complice lorsqu’il avait pénétré dans le temple.

Comprenne qui pourra… ou voudra !

Avant le chant du coq

    Petit enfant, éduqué comme vous l’imaginez (et si vous ne l’imaginez pas, cela n’a pas d’importance), j’étais fasciné par l’imminence du chant du coq dans la suite des reniements de Saint Pierre.
    Pauvre Saint Pierre ! que j’admirais pour son apparent courage n’avait-il pas voulu tirer Jésus Christ par la force, du traquenard du Mont des Oliviers ?- et dont j’avais choisi le prénom lors de ma Confirmation ! (on m’a fait la totale, les initiés de l’eau bénite comprendront…)
    Ce reniement, qui ne lui avait pas été arraché sous la torture, ne témoigne, dans l’Évangile, que d’une défaillance passagère dont il n’est plus fait grief à l’intéressé du moment qu’il a su se racheter, contrairement à Judas.
    Je reste fasciné par la capacité humaine à trahir : l’amitié, l’amour, la confiance d’autrui.
    Je ne me mets pas hors du lot.

    L’homme ne se définit que par ses actes, et il arrive des moments où l’on ne peut plus biaiser.
    Il ne lui reste que le choix de céder à ses faiblesses ou à faire un pas en avant, dans le vide, pour les dépasser.
    Si on n’a pas le choix, c’est triste, mais c’est une autre histoire qui n’appelle aucun cocorico.
    Le reniement, c’est la lâcheté !
    On pourra faire mieux un autre jour, mais ça reste une souillure qui ne partira pas au lavage…
    Au lavage des larmes qui burinent, dans l’iconographie, le visage de Pierre… si l’on accepte de pleurer, ce qui n’est pas donné à tous les lâches.
    Je n’oublie pas la maçonnerie (« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon obédience… »)
    Nous le savons, c’est au pied du mur que le maçon se révèle.
    Le mur, c’est l’occasion de voir s’il a compris quelque chose à l’ordre maçonnique ou s’il n’est qu’un cordon sur pied.

    L’Ordre maçonnique, c’est tout, sauf l’ordre établi.
    Dés que le maçon choisit l’ordre établi, comme saint Pierre, il renie l’esprit de l’ordre maçonnique.
    C’est vrai qu’il est toujours plus difficile de penser par soi-même que de se conformer à la pensée des autres, surtout si elle est dominante.
    Pourquoi, alors que l’esprit maçonnique est celui de la libération de la pensée, de l’expression du doute, de l’imagination, de l’humour, de l’engagement critique, tant de maçons privilégient-ils la rigidité mentale, le dogme, la langue de bois insupportable, l’onction des adjudants de ce qui n’est plus une loge, mais une caserne ?
    Pourquoi, alors que la Vie -avec un grand V, pas la « vie du rail » n’est issue que du choc des tensions, de confrontations, de différences, certains maçons préfèrent-ils veulement, le pas lent du troupeau, l’aboiement du chien de berger, l’immolation de leurs entrailles à la pensée ésotérique unique ?
    C’en devient obscène, je m’arrête.
    Il y a plus que de la lâcheté, il y a du reniement fondamental à la dimension humaine que l’ordre maçonnique appelle à faire rayonner dès la cérémonie d’initiation, dans le fait de s’agenouiller, adulte-maçon, devant ce qui faisait tant de mal aux doigts et aux rotules de l’enfant-écolier-puni : La règle.
    Je ne méconnais pas le caractère iconoclaste d’un tel raccourci qui tend à ranger les maçons en deux catégories : Les affranchis et les serfs.
    Il n’est pas dit que, dans une vie maçonnique, on ne soit pas, un jour l’un, un jour l’autre…
    Mais il est vrai qu’une personnalité non structurée, fragile, quémandant la reconnaissance des autres comme condition de son existence à ses propres yeux, habile à jouer de la tolérance culpabilisante des ses frères ou sœurs dans une structure intemporelle où ses névroses peuvent avancer masquées, fera du maçon un excellent gardien de la Règle, comme elle aurait généré, dans lé monde profane, un excellent gardien de prison.
    La personnalité forte, curieuse, indépendante, en quête de liberté intérieure, n’a aucune chance sur l’échiquier des matons. Elle peut, néanmoins, s’épanouir en maçonnerie sur le pavé mosaïque des fous.

    Être maçon sans se renier, parvenir à la connaissance sans être mutilé, comme la chouette livrée à l’ignorance des superstitieux, c’est le défi maçonnique.
    Il faut le relever avant que le coq ne chante !

SOURCE : http://momasite.com/planche-symbolique8-coq-chouette.htm

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Vite un chaman ! 12 janvier, 2024

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Vite un chaman !

 
Claude Laporte

Par Claude Laporte
16 décembre 2022

 

Vite un chaman ! dans Recherches & Reflexions Chaman

Le chaman à l’aide de chants et de rituels, voyage en esprit. Il assure auprès des membres d’un groupe qu’il le reconnait pour ses talents comme un être supérieur, un certain nombre d’opérations dans la vie quotidienne, dont le retour à l’équilibre avec eux-mêmes, leurs proches, leur communauté comme avec leur environnement ….

Mais que savons-nous de son activité salvatrice dans ces sociétés éloignées de nos centres urbains dit « civilisés », une activité qui dans ces communautés que nous jugeons « étranges » a priori, au point de taxer leurs pratiques d’hérétiques, d’irrationnelles, de tristement dominées par les superstitions ou la sorcellerie ?

Des communautés lointaines certes : en Laponie chez les Inuits, aux confins du Népal, ou du côté de l’Amérique de l’Est et de celle du Sud, dans la forêt brésilienne ou bien localisées au cœur de l’Afrique voire plus loin encore : en Australie, chez les aborigènes mais étonnamment aussi dans la montagne Corse ou dans d’autres régions françaises ! Le panorama « des chamanismes » est vaste et le phénomène captivant !

Une journée d’études bien nommée : « Aux racines du Chamanisme » programmée au Musée du Quai Branly à Paris le mardi 6 décembre 2022, a réuni, une audience nombreuse et curieuse de ces diversités culturelles présentées et commentées par des chercheurs, des ethnologues, des enquêteurs sur de longues périodes d’immersion…

Étaient aussi présentes comme intervenantes, des personnes engagées sur le terrain dans des communautés pour lesquelles elles cultivent de l’empathie, d’autres reconnues sur le lieu de vie de ces communautés comme possédant la maîtrise du chaman, ou encore, des personnes ayant acquis l’intime compréhension du sens de la communication établie par « médiumnité » avec des forces de l’invisible.

Le chamanisme n’est pas chose simple !

Chaman-en-tenue dans Recherches & Reflexions

Mais son intention tient en cela : reconnecter l’humain avec le monde, reprendre quand c’est nécessaire le lien qui pourrait être cassé avec tout ce qui l’entoure.

Dans cette approche il n’est pas question de posséder du bien ou des richesses matérielles mais « d’être avec » car dans ces communautés nous sommes loin, très loin de la culture de « l’Avoir » !

Force est de constater que nombreux contre-sens sont faits aujourd’hui avec le mot « chaman », – nullement genré d’ailleurs- et là où les pratiques chamanistes existent dans les groupes qui reconnaissent « leur chaman », ces aides sont mal envisagées ou peu perçues comme étant des actes de médiation ou « d’accompagnant » volontairement chargés d’efficience.[1]

Pour le maître spirituel le souci prioritaire est, en cas de crise, de savoir restaurer précisément « un équilibre dans la tribu qu’il gère », que sa fin est d’en apaiser, dans un présent immédiat, les tensions, d’évacuer des peurs, des angoisses physiques et morales…

La notion d’une relation avec l’invisible échappe à l’évidence à nos définitions rationnelles et classificatoires. Le mot Esprit n’est d’ailleurs pas conceptualisé par la plupart de ces peuples qui déposent leur foi en une interaction des énergies de la nature et du vivant …

Cultures-mythiques-et-mystiques-au-Benin
Cultures mythiques et mystiques au Bénin

Chaque groupe ethnique développe par contre sa propre perception de son monde dit « invisible ». Il s’observe tout un jeu de connexions possibles avec « des acteurs cachés » et des moyens très variés pour communiquer et pour faire advenir quelque chose : par exemple, avec le maniement du tambour qui provoquent des états de transe, ou avec d’autres rituels appliqués comme ceux de la purification par l’eau, l’air, le feu, la terre, qui vont donner aux êtres la certitude d’entrer dans un nouveau cycle de vie ….

Au Népal, chez les Chepang, une multitude de formes de chamanisme ont été différemment pénétrées par la religion hindoue mais des caractères propres à des rituels de vie et de mort y subsistent. Telle cette double cérémonie des funérailles accomplie avec toute la lignée horizontale du défunt (ou de la défunte), sur son ancien lieu de vie, pour assurer ensemble de stricts rites de purification. La disparition du défunt générant souvent des troubles et des déséquilibres au sein des lignées, ces rites une fois accomplis restaureront de la quiétude pour poursuivre une vie ordinaire, et rester unis et solidaires.[2]

Les sociétés totémistes sur les Terres aborigènes des Warlpiri, en Australie, expriment une autre facette de connexions : par le biais de la danse, du chant et de la littérature orale, le « Temps du Rêve » est commun à tous : le « Jukurrpa ». Il est un temps incluant passé, présent, et avenir, et pour tout homme, ce qui fait l’univers visible et invisible, matériel et immatériel « assemblés »[3] .

Tous les êtres sont des parties prenantes d’une dynamique éternelle qui agit dans le présent et la présence du paysage, des rivières, des montagnes, des animaux, des plantes reste influente dans les comportements sociaux et économiques de ces peuples. L’invisible côtoie le visible à travers l’offre infinie de la Nature, et ce au travers de voies multiples. Par exemple, les aborigènes de ces terres (qu’ils n’envisagent pas autrement que sacrées), échangent leurs marchandises, les objets naturels qu’ils ont produits, suivant des « routes », (« les songlines ») transmises depuis l’origine du monde, des « routes » qui restent les pistes suivies par les ancêtres, là où ils ont posé leur pas et chanté le monde pour le créer…. Et pour que chacun puisse sans fin échanger égalitairement des tronçons de chants avec les autres…

Danse-Aborigene
Danse du peuple Aborigène

Dans les différentes démarches « chamaniques », où l’imaginaire et le réel s’entrecroisent, l’intercesseur ou le chaman ou le maître vaudou, s’applique à comprendre la situation, à intégrer le sens et les voies de transformation. Il accepte ou fait accepter de « mourir pour renaître » … Ce sont là autant d’efforts prodigués pour aller vers un état de réparation individuel et collectif et pour maintenir une économie de paix, notamment la préservation du lien social et de la Tradition ancestrale.

Au Musée des Arts Primitifs, les interrogations d’un public intéressé

Au cours de cette journée d’information sur les chamanismes, beaucoup de récits, de vidéos, de témoignages rapportés par les intervenants ont suscité des interrogations multiples : « le maniement du tambour[4] requiert-il une capacité ou un apprentissage particulier pour établir une passerelle entre les mondes du visible et de l’invisible » ? « Pourquoi dans certaines sociétés chamans, l’usage de l’arc et de la flèche ? Pour percer des énergies négatives ? » « Pourquoi ne pas dire le nom du défunt pendant un certain temps ? Cette attitude manifeste-t-elle du respect ou de la crainte ? ». « Pourquoi privilégier une relation aux ancêtres plutôt qu’une relation aux défunts ? »

La vision holistique du monde et du réel

Holistique vient du grec, holos, qui signifie la totalité, l’entier. L’approche holistique consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité plutôt que de la considérer de manière morcelée. Par exemple, une vision holistique de l’être humain tient compte de ses dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle. 

Elle favorise l’émergence des mythes reliant divers plans de l’Univers et plusieurs niveaux de conscience apparaissent comme une vision essentielle et opérative.

Cette approche comme le sentiment que « Tout est en tout » seraient-ils pour nous occidentaux lassés par nos modes de vie technologiquement très « appareillés », une voie qui mériterait attention et méditation sur des savoirs empiriques que nous avons peut-être perdus ou oubliés ?

Le but de cette journée d’étude sur le Chamanisme a été atteint.

Le débat a été ouvert et il a dépassé les limites académiques parfois un peu sclérosées de nos spécialistes en anthropologie et ethnologie ou autres sciences humaines. Elle a su donner la parole à des personnes qui ont pratiqué l’observation participante et qui ont, d’une façon ou d’une autre, senti dans leur être profond ce que signifie mettre « en évidence » l’invisible. De fait, les associations organisatrices ont rendu accessible par un programme bien construit cette première vérité à savoir qu’une spiritualité vivante et profonde peut s’exprimer ici et ailleurs, sans nécessairement la rejeter ou la folkloriser … Une intention à suivre sur le chemin de la Connaissance ?


[1] Karine Dellière. Chercheuse indépendante sur les cultes autochtones ; « Le vaudou béninois et chamanisme sami » 

[2] Observation rapportée par Adrien Viel – Doctorant anthropologie Lille-1, Clerse – Umr 8019.

[3] Nb du rédacteur : Ô l’emprise de notre pensée occidentale et du choix de nos mots !

[4] Pratique du tambour bien nommée : « cette femme qui protège »

 

Claude LaporteClaude Laporte

Cursus universitaire en Droit public, Organisation du travail, et Sociologie Politique. (Maîtrise en Droit Public (1972), à la Faculté de Bordeaux. Chargée de cours sur la « Sociologie Politique et des Institutions Internationales » aux élèves de 1ère Année de Droit (1972/1973). Puis, intégration professionnelle au sein de l’Assurance Maladie. Dernier poste occupé : Responsable de la Communication à la Direction des Systèmes d’Information à la CNAMTS. Autres diplômes : DESS Systèmes d’Information; DEA «Communication, Technologies et Pouvoir » (Université Paris-Sorbonne). Par ailleurs : des engagements dans le domaine associatif et culturel. Depuis mars 2020 une activité écriture/publications avec la création et l’animation du blog EMEREKA, journal d’opinions et d’humeurs ..
SOURCE  :  https://450.fm/2022/12/16/vite-un-chaman/
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Druidisme et Franc-maçonnerie sont deux traditions énigmatiques, mystiques et uniques 7 janvier, 2024

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Druidisme et Franc-maçonnerie sont deux traditions énigmatiques, mystiques et uniques

 
La Rédaction

Par La Rédaction
9 août 2023
Druidisme et Franc-maçonnerie sont deux traditions énigmatiques, mystiques et uniques dans Recherches & Reflexions Druides-696x506

Druides

De notre confrère thesquaremagazine.com

Elles intriguent les érudits, les chercheurs spirituels et les passionnés depuis des siècles. En raison de leur nature mystérieuse, les théories spéculatives sur leurs relations ont été répandues.

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui a ses racines dans les guildes de tailleurs de pierre médiévaux. Au fil du temps, ces guildes commerciales ont évolué pour devenir des sociétés secrètes aux enseignements philosophiques et moraux profonds qui ont attiré des personnes d’horizons divers.

L’organisation conserve encore une grande partie de son symbolisme original dérivé de la maçonnerie, comme l’équerre, le compas, le fil à plomb, le niveau et d’autres outils de travail, qui servent de représentations allégoriques des principes moraux et éthiques.

Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie progressait, elle étendait son symbolisme pour englober des concepts plus universels, reflétant sa nature non confessionnelle. Les francs-maçons sont censés croire en un Être suprême, mais la fraternité n’impose aucune croyance religieuse particulière.

Le druidisme, quant à lui, fait référence aux pratiques religieuses et spirituelles des anciens Celtes, en particulier des druides. En tant que caste sacerdotale, les druides servaient de chefs spirituels, de gardiens du savoir, de conseillers et même de juges. On sait peu de choses sur les croyances et pratiques originales des druides, principalement en raison du manque de documents écrits. Une grande partie de notre compréhension de leurs pratiques provient de légendes, de contes populaires et de découvertes archéologiques.

Druides celtiques

Les druides celtiques étaient une partie essentielle de la société celtique ancienne, qui était répandue dans toute l’Europe à l’âge du fer et au début de la période médiévale. Principalement concentrés dans les îles britanniques, la Gaule (France) et l’Irlande, ils étaient la caste savante et occupaient des rôles influents dans la vie quotidienne des Celtes.

En tant que chefs spirituels et intermédiaires entre le monde vivant et le monde spirituel, ils étaient chargés d’accomplir des rites et des cérémonies pour apaiser les différentes divinités celtiques. On disait que les druides avaient une sagesse remarquable, une connaissance de l’astronomie, des sciences naturelles et des capacités de guérison. Ils ont agi en tant que juges et ont présidé les différends, et ils ont également été consultés en temps de guerre.

Les connaissances druidiques ont été transmises à travers une longue tradition orale pour éviter les traces écrites, c’est pourquoi une grande partie de leurs pratiques et croyances restent inconnues. La compréhension limitée des druides provient principalement des historiens romains et grecs, du folklore et des découvertes archéologiques.

Druides anciens

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ILLUSTRATION IMAGINATIVE DE ‘AN ARCH DRUID IN HIS JUDICIAL HABIT’, DU COSTUME DES PREMIERS HABITANTS DES ÎLES BRITANNIQUES PAR SR MEYRICK ET CH SMITH (1815)
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Les anciens druides faisaient partie d’une lignée établie de longue date, remontant au deuxième millénaire avant notre ère. Certains érudits pensent que les origines des druides remontent à la fin de l’âge du bronze, vers 1500 avant notre ère. Cela coïncide avec l’émergence du peuple celtique en Europe centrale.

Les anciens druides ont joué un rôle central dans les sociétés celtiques et leur influence était évidente dans les aspects spirituels, juridiques, éducatifs et politiques de la vie celtique. Ils étaient tenus en haute estime et leurs connaissances et leur sagesse étaient recherchées par les rois et les chefs.

Les druides étaient profondément liés au monde naturel et leurs rituels se déroulaient souvent dans des bosquets sacrés, près des cours d’eau et des puits, ou dans des cercles de pierre cérémoniels comme Stonehenge. Les druides vénéraient le chêne et voyaient le gui pousser sur ses branches comme symbole de vie et de fertilité.

Les anciens druides ont finalement été supprimés par l’Empire romain, les Romains détruisant de nombreux sanctuaires druidiques lors de leur conquête de la Gaule et de la Grande-Bretagne. Au fil du temps, l’influence du christianisme a conduit à la diminution du statut des druides, mais leurs légendes et contes populaires ont continué à inspirer des générations pendant des siècles.

Druides célèbres

Bien qu’une grande partie de l’histoire entourant les druides soit entourée de mystère, il existe quelques personnages connus sous le nom de druides eux-mêmes ou associés à la tradition druidique.

– Divitiacus était un druide gaulois qui a vécu au 1er siècle avant notre ère. Il était réputé pour sa connaissance des sciences naturelles et de la philosophie, et il s’est même rendu à Rome en tant qu’ambassadeur au nom d’une tribu gauloise. Il a été mentionné par Jules César dans son récit de la guerre des Gaules. Divitiacus est le seul druide de  l’Antiquité  dont l’existence est attestée par son nom.

– Merlin , le célèbre sorcier mythique et conseiller du roi Arthur dans les légendes arthuriennes, est souvent décrit comme ayant des connaissances et des pouvoirs druidiques.

– Cormac mac Airt , un haut roi irlandais mythique (3e siècle de notre ère) qui s’est associé aux druides pour leurs capacités prophétiques

Druides modernes

Le druidisme moderne, ou néo-druidisme, est un mouvement spirituel qui cherche à faire revivre les anciennes pratiques et croyances druidiques. Il a commencé à émerger au 18ème siècle en conjonction avec divers renouveaux culturels européens. Le mouvement a pris de l’ampleur au cours du XXe siècle et n’a cessé d’évoluer, avec des organisations telles que l’ Ordre des bardes, des ovates et des druides et le British Druid Order .

Le druidisme moderne intègre un large éventail de croyances et de pratiques, mettant souvent l’accent sur le lien avec le monde naturel, les cycles des saisons et les traditions ancestrales. Les rituels sont conçus pour s’harmoniser avec les énergies de la Terre, avec des célébrations saisonnières telles que les solstices et les équinoxes.

Les druides contemporains se concentrent également sur le développement personnel et la croissance spirituelle, s’inspirant souvent d’un large éventail de sources, y compris diverses traditions spirituelles et ésotériques.

Il est important de noter que si le druidisme moderne cherche à faire revivre et à reconstruire les anciennes croyances et pratiques druidiques, il s’agit intrinsèquement d’un mouvement spirituel contemporain. Plutôt que d’être une continuation authentique de l’ancienne tradition druidique, il représente l’évolution millénaire des idées spirituelles et culturelles inspirées par les énigmatiques et sages druides des temps anciens.

L’attraction entre francs-maçons et druides

Aux 18e et 19e siècles, les mouvements culturels et les renaissances en Europe ont attiré l’attention de certains francs-maçons sur les énigmatiques druides. Les francs-maçons étaient particulièrement intéressés par le riche symbolisme et les pratiques rituelles des druides, qu’ils croyaient en résonance avec les leurs.

Plusieurs facteurs ont pu contribuer à cet intérêt croissant :

1. La fascination de la franc-maçonnerie pour les civilisations anciennes2. La romantisation des druides en tant que gardiens de la sagesse ancienne3. Le désir d’associer la franc-maçonnerie au noble héritage des druides

Cette fascination a donné naissance à divers degrés, ordres et sociétés maçonniques qui ont directement ou indirectement puisé leurs thèmes et principes dans le druidisme. Les prochaines sections discuteront de quelques exemples remarquables de ces organisations maçonniques (ou pseudo-maçonniques).

Societas Rosicruciana in Anglia (SRIA)

La Societas Rosicruciana in Anglia est une société maçonnique fondée en 1866 avec des liens étroits avec le druidisme. Il incorpore des symboles cryptiques, des rituels allégoriques et une sagesse ancienne issue d’un éventail de traditions ésotériques, notamment l’hermétisme, le gnosticisme, la Kabbale, l’alchimie et le druidisme.

Le SRIA s’est inspiré des thèmes druidiques du secret, de l’initiation et de la poursuite de la connaissance.

Le lien de la SRIA avec le druidisme est encore illustré par son affiliation à l’Ordre ancien et archéologique des druides (AAOD). En 1874, un   membre fondateur de la SRIA, Robert Wentworth Little, rassembla d’autres membres intéressés de la maçonnerie et fonda une société druidique qu’il appela l’Ordre ancien et archéologique des druides (AAOD). Bien que de nombreux maçons faisaient partie de l’ordre, il n’y avait aucune obligation d’être un franc-maçon pour rejoindre.

L’Ordre Ancien et Archéologique des Druides (AAOD) a continué et en 1966, a été fusionné avec l’Ordre Littéraire et Archéologique des Druides (LAOD) . C’est un Ordre florissant à ce jour.

 Depuis le site LAOD :

«LAOD est profondément ésotérique et mystique, avec ses rituels et ses enseignements descendant de Robert Wentworth Little dans les années 1800, en passant par Desmond Bourke à la fin des années 1900, jusqu’à aujourd’hui.

Les rituels au sein de LAOD font référence à Dieu (ou en gallois « Duw »). Les membres et les candidats à l’adhésion doivent donc croire et désirer communiquer avec l’être suprême que nous appelons avec amour Dieu.

LAOD n’entre en aucun cas en conflit avec les religions des confessions abrahamiques. La grande majorité de nos membres s’identifient comme chrétiens et beaucoup sont membres d’autres ordres ésotériques judéo-chrétiens.

LOAD n’est pas un Ordre maçonnique, n’a aucune ressemblance avec la franc-maçonnerie et ne nécessite l’appartenance à aucun autre Ordre (maçonnique ou autre).

L’Ordre des Druides (alias les Druides de Primrose Hill)

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JEAN TOLAND. PAR JD PHILIPPIN, NÉ SYSANG (1729 – 1791) – HTTP://WWW.CARBONERIA.IT/TOLANDFR.HTM
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

On raconte que le 21 septembre 1716, le philosophe et libre penseur irlandais John Toland se tenait sur Primrose Hill et exhortait les druides de toutes les îles britanniques à se réunir à l’Apple Tree Tavern à Londres “un an et un jour d’ici” pour former An Druidh Uileach Braithreachas , le bosquet mère de l’ancien ordre des druides.

Ainsi, le 22 septembre 1717, Toland est élu chef de l’Ordre reconstitué. Toland, qui était franc-maçon, est resté chef druide jusqu’en 1722, date à laquelle l’antiquaire, archéologue et franc-maçon William Stukeley a pris la relève jusqu’en 1765.

Il y a une certaine controverse sur la chronologie de l’Ordre des Druides, avec certains historiens, notamment Ronald Hutton  qui déclare que l’Ordre des Druides dans sa forme actuelle a commencé vers 1909 ou 1912 lorsque George Watson MacGregor Reid (1862-1946) a créé le groupe.

Quelle que soit la légende, il est intéressant de voir le lien possible (si faux soit-il) entre la franc-maçonnerie et le druidisme – notez le lieu et l’année particuliers que Toland a choisis pour la réunion (la Apple Tree Tavern) et l’année 1717.

L’Ordre des druides existe toujours aujourd’hui et est basé à Londres.

Ancien Ordre des Druides (AOD)

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ARMOIRIES DE L’ANCIEN ORDRE DES DRUIDES, VERS 1830. ARCHIVES AOD. PAR AOD – ARCHIVES AOD,
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

L’Ancien Ordre des Druides est une organisation fraternelle fondée à Londres en 1781, qui vise à promouvoir la bienveillance, l’amitié et la fraternité entre ses membres.

L’AOD était structurée de la même manière que la franc-maçonnerie et s’inspirait d’un éventail de traditions diverses, y compris les anciens druides et les Templiers.

Les thèmes druidiques ont considérablement influencé les rituels, les costumes et l’organisation de l’AOD. Par exemple, ils ont reconnu les solstices d’été et d’hiver et l’équinoxe d’automne comme des dates clés pour divers événements.

Ils organisaient des cérémonies au sein de cercles de pierre comme Stonehenge et créaient une hiérarchie, qui reflétait l’ancien système de caste druidique.

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MAGAZINE DES DRUIDES: UN RECUEIL DE PROCÉDURES DRUIDIQUES .
IMAGE LINKED : COLLECTION DE BIENVENUE ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Ordre ancien uni des druides (UAOD)

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ARMOIRIES UAOD + DEVISE (1834) PAR CHARTIX – TRAVAIL PERSONNEL,
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

En 1833, un schisme s’est produit au sein de l’Ordre ancien des druides (AOD) et l’  Ordre ancien uni des druides (UAOD) a été fondé.

Une partie importante des membres de l’AOD a décidé de créer un ordre druidique plus ouvert aux différentes classes sociales, structuré comme une société de bienfaisance et enregistré par le gouvernement. Au cours des premières décennies, l’UAOD a conservé le même emblème que l’AOD (un bouclier avec trois chênes entouré d’un guerrier celtique et d’un druide), changeant la devise en unis pour aider.

Très vite, l’UAOD s’est avéré être un grand succès et nombre de ses membres voyageant à l’étranger ont créé de nouvelles loges aux États-Unis d’Amérique (1839), en Australie (1851), en Nouvelle-Zélande et dans l’empire allemand (1872).

En 1858, l’UAOD se sépare en deux parties, et une nouvelle société fraternelle, l’Ordre des Druides est créée. Après la Seconde Guerre mondiale, l’organisation s’est évanouie, car la généralisation de l’État-providence a fourni aux gens tout ce qui était sa raison d’être.

Sa dernière Loge en Angleterre, a fermé en 1999 mais l’UAOD existe toujours dans plusieurs pays comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Allemagne, et les pays d’Europe du Nord.

Ordre des Druides (OD)

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EMBLÈME DE L’ORDRE DES DRUIDES
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Enfin, nous avons l’Ordre des Druides (OD) une organisation fraternelle et de bienfaisance fondée en  Angleterre , en 1858 après un schisme avec l’  Ordre Ancien Uni des Druides .

L’emblème de l’ordre était un druide avec une harpe et un guerrier celtique avec les emblèmes nationaux du Royaume-Uni, de l’Australie, de l’Inde et des États-Unis.

À l’époque victorienne, la section la plus importante était celle des druides indépendants égalisés de Sheffield.

Entre les deux guerres mondiales, cette société était l’une des trois principales sociétés fraternelles druidiques de l’  empire britannique . Il était très influent à  Sheffield  et dans les bassins houillers d’  Angleterre . Après  la Seconde Guerre mondiale  et l’instauration de l’  État-providence , elle s’est estompée, et les derniers lodges ont fermé dans les années 1970.

Joseph Smith, franc-maçonnerie et druidisme

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JOSEPH SMITH – PEINTRE INCONNU, VERS 1842. L’ORIGINAL APPARTIENT AUX ARCHIVES DE LA COMMUNAUTÉ DU CHRIST.
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)

Joseph Smith , le fondateur du mouvement des saints des derniers jours, était un adepte de multiples influences ésotériques, avec des racines profondes dans la franc-maçonnerie. Il est devenu maître maçon en 1842 et a incorporé des éléments de rituels maçonniques dans les cérémonies de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Église SDJ).

Il existe des preuves suggérant que Smith a également incorporé des philosophies et des concepts druidiques dans ses croyances religieuses.

Le Livre de Mormon raconte l’histoire d’une tribu perdue d’Israël qui a émigré vers l’Amérique ancienne, faisant écho aux mythes druidiques d’une race perdue qui a traversé l’Atlantique et établi une civilisation en Grande-Bretagne.

Différences entre franc-maçonnerie et druidisme

Bien qu’il existe de nombreuses similitudes et connexions entre la franc-maçonnerie et le druidisme, il est crucial de reconnaître leurs différences marquées.

1. La franc-maçonnerie n’a jamais prétendu se représenter comme une tradition religieuse singulière, alors que le druidisme représente les pratiques religieuses et spirituelles des anciens Celtes.
2. Aucune preuve ne suggère que les anciens druides étaient une fraternité fraternelle comme les francs-maçons, et il n’y a pas non plus d’authentification historique de leurs rituels et pratiques.

Rapprochement ou simple inspiration ?

Bien que les liens entre la franc-maçonnerie et le druidisme soient fascinants, il est essentiel de reconnaître que ces liens n’impliquent pas que la franc-maçonnerie est une continuation des anciennes traditions druidiques.

Au lieu de cela, les organisations qui ont émergé du mélange de ces thèmes devraient être perçues comme des entités distinctes, distinctes à la fois de la franc-maçonnerie et du druidisme, s’inspirant des deux, mais pas complètement assimilées à l’un ou à l’autre.

Pour conclure, les liens « franc-maçonnerie et druidisme » remontent principalement aux XVIIIe et XIXe siècles lorsque les francs-maçons s’intéressent aux thèmes druidiques. Bien qu’ils partagent certaines similitudes et certains aspects, tels que le symbolisme, les rituels, les enseignements moraux et les nuances philosophiques, leurs antécédents historiques et leurs philosophies fondamentales sont intrinsèquement différents.

Les organisations qui incluent à la fois des influences maçonniques et druidiques doivent être considérées comme des entités inspirées séparément plutôt que comme une continuation directe de l’ancienne tradition druidique.

Ressources:

L’Ordre des Druides :   http://thedruidorder.org/index.html

Ordre Littéraire et Archéologique des Druides (LAOD):   https://www.archgrove.org/

Article de Margaret S.

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Margaret S. est une conférencière à la retraite et consacre une grande partie de son temps à l’écriture théologique et philosophique.

Elle a été nommée franc-maçon dans l’Ordre international de la franc-maçonnerie pour hommes et femmes – Le Droit Humain.

(Margaret S. est son nom de plume pour tous ses papiers maçonniques)

 

SOURCE  :  https://450.fm/2023/08/09/druidisme-et-franc-maconnerie-sont-deux-traditions-enigmatiques/

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Ni trois, ni rois… La véritable histoire des Rois mages 19 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Ni trois, ni rois… La véritable histoire des Rois mages

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Publié le samedi 5 janvier 2019
 
"L’adoration des Mages", une huile sur toile de Diego Velázquez datée de 1619

« L’adoration des Mages », une huile sur toile de Diego Velázquez datée de 1619

C’est l’Épiphanie ! Entre deux parts de galette, prenez le temps de vous pencher sur la véritable histoire des mages telle qu’elle a été racontée dans la Bible (avant qu’elle soit réécrite par la tradition) et d’en découvrir le sous-texte.

Serez-vous reine ou roi de la galette cette année ? Douze jours après Noël, l’Épiphanie célèbre la visite des mages venus d’Orient, à Jésus nourrisson. Aujourd’hui, on les connaît sous les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar, comme les a nommés au VIe siècle la tradition, qui a pérennisé l’idée qu’ils étaient trois, venus de continents différents, et en a fait des rois. En réalité, l’épisode initial tel qu’il est raconté par Saint Matthieu, le seul évangéliste à avoir évoqué ces mages, est extrêmement énigmatique, et surtout très peu historique.

Un très court passage dans la Bible : « Tout l’effort de chercher là un épisode qui se serait véritablement déroulé est erroné. »

Il n’y a pas grand chose d’historique en dépit de tout ce que l’on peut chercher. Je crois que ce texte est déjà volontairement écrit comme une légende« , commentait à propos de l’épisode des mages l’anthropologue Jean Lambert, chercheur au CNRS, dans Les Chemins de la connaissance en 1993. Seul Saint Matthieu parle de « mages » dans son Évangile, écrite entre 70 et 90 ans après la naissance de Jésus. Assez peu de lignes sont consacrées à ces mystérieux astrologues ; voici l’extrait central de ce court récit :

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus l’adorer. Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. [...] Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils eurent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Ni trois, ni rois, et privés de noms

 
"L'Adoration des mages" (détail), peinture attribuée à Jérôme Bosch. Après 1514

« L’Adoration des mages » (détail), peinture attribuée à Jérôme Bosch. Après 1514

D’après le Nouveau Testament, le nombre des mages n’est donc pas mentionné, pas plus que leurs noms, ou que leur provenance précise, comme le soulignait Jean Lambert : « Le texte de Matthieu ne dit pas qu’ils sont des rois, pas plus qu’il ne dit qu’ils sont trois, ou qu’il y en a un qui serait noir et les deux autres arabes. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils viennent, ils donnent, et ils partent par une autre route.« 

C’est en fait le nombre des cadeaux (or, encens et myrrhe) qu’a retenu la tradition, pour pérenniser l’idée que ces mages étaient au nombre de trois. Et c’est à l’éminent théologien de Carthage, Tertullien, qu’ils doivent leur couronne : au IIe siècle, celui-ci, qui s’est converti au christianisme, rapproche le texte de Saint Matthieu d’autres textes bibliques, et notamment du psaume 72 qui claironne : « Les rois de Tarsis et des îles enverront des présents, les rois de Saba et de Séva paieront le tribut, tous les rois se prosterneront devant lui ». Les mages deviennent-ils rois dès ce moment-là ? L’histoire de l’art témoigne qu’il faut quand même attendre le XIIe siècle pour les voir représentés avec une couronne.

Enfin, c’est un manuscrit du…. VIIIe siècle, intitulé Excerpta latina barbari (« Extraits latins d’un barbare ») qui les baptisera « Gaspard », « Melchior » et  »Balthazar » :

In his diebus sub Augusto kalendas ianuarias magi obtulerunt ei munera et adoraverunt eum, magi autem vocabantur Bithisarea, Melichior, Gathaspa. « Excerpta latina barbari », extrait 

Un texte écrit comme une légende

Pour Jean Lambert, le récit de Matthieu a clairement des allures de légende ; il s’agit d’un récit de naissance royale comme il en existe pléthore dans la tradition proche-orientale : 

On peut rappeler les caractéristiques de ces légendes-types : il s’agit souvent d’un individu dont les parents sont de filiation royale [la filiation avec le roi David pour Jésus, NDR]… Quant à savoir si c’est une réalité ou une interprétation théologique de Matthieu… Pour faire que Jésus soit roi, il est naturel d’utiliser les ressources littéraires de légendes de nativités royales : elles disent presque toujours que l’enfant est l’objet d’une conception inhabituelle, parfois même fils d’un dieu. Sa naissance est dramatique, des tentatives pour le tuer sont extrêmement courantes [rappelons que chez Matthieu, le roi Hérode veut faire tuer Jésus pour conserver sa couronne, NDR], la naissance est généralement signalée par un signe cosmique, l’étoile…

Généalogie de Jésus narrée en trois moments, couple instruit par un ange, arrivée des mages, étoile, Hérode… autant d’éléments auxquels s’ajoute la séquence centrale de la prosternation des mages, qui relève de manière protocolaire du récit d’un rituel d’intronisation royale. Toutes les étapes spécifiques amenant à la reconnaissance du caractère royal du protagoniste sont en effet méthodologiquement respectées, le premier indice étant bien sûr l’étoile ayant guidé les mages. Car l’anthropologue rappelle qu’en Perse, en Iran, les constellations sont le signe par excellence de la désignation qu’un nouvel individu dispose d’un mandat céleste. 

Un roi ne règne que par mandat céleste dans ce monde indo-européen. Et donc, quand le roi cesse d’avoir sur lui le signe visible qu’il est désigné comme celui qui doit régner, non seulement il perd son pouvoir, c’est le successeur qui le reçoit, mais le roi déchu doit faire allégeance. Or, quand on voit qu’Hérode dit : “Dites-moi où il est pour que j’aille moi aussi me prosterner”, avant d’y trouver une ironie, je crois qu’il faut y trouver tout simplement un rituel. [...] Chez Hérodote, il y a une remarque curieuse où il dit que succède chez les Perses à un autre roi celui qui le premier voit l’étoile à l’Occident. Or, les mages ont vu l’étoile à l’Orient, qui les conduit à l’Occident, et celui qui le premier verra l’étoile à l’Occident, c’est effectivement l’enfant Jésus.

Mithra, Hérodote… Les emprunts à d’autres religions, d’autres traditions, et d’autres textes

A travers ce récit de Saint Matthieu, apparaissent quelques clairs emprunts à des croyances antérieures au christianisme, à commencer par le culte de Mithra (un dieu indo-iranien dont le nom apparaît pour la première fois en 500 avant J.-C. , et dont le culte se diffusa surtout au IIe siècle) :

Ces mages renvoient à des savants qui ne sont pas juifs, vraisemblablement Perses, et qui sont en lien avec le monde romain. La première hypothèse est que ça fait un peu penser à la religion de Mithra. On sait bien par ailleurs que Noël est très mêlé, dans sa datation, sa fixation, à des éléments du culte solaire ou du culte de Mithra. C’est assez piquant de se rappeler que l’une des plus anciennes mosaïques chrétiennes que l’on connaisse, à Rome, représente Jésus sur un char solaire.

Parmi les matériaux composites qui constituent l’épisode des mages de Saint Matthieu, on peut aussi relever des emprunts au Mahabharata, la grande épopée sanskrite de la mythologie hindoue. A commencer par la référence au recensement dans le texte de l’évangéliste, qui est également importante dans les traditions indiennes ; mais aussi l’importance de la louange publique et de la proclamation anticipée des mérites du roi qui vient de naître :

Ce qui accompagne cette proclamation, ce sont des cadeaux. Prenons l’exemple d’épisodes comme celui du roi Prithu, le premier roi mythologique en Inde : aussitôt né, il fait en direction des mages un geste de respect montrant qu’il se conformera en tout à leurs conseils, et les mages, par un certain nombre de gestes se mettent à son service. Il y a déjà ce genre d’allégeance. Ils lui donnent des cadeaux, la terre, l’océan et les monts… ces cadeaux sont différents mais ils ont la même signification, ils sont tri-fonctionnels, ils renvoient aux fonctions du roi.

Enfin, parmi les textes voisins dont Matthieu aurait pu s’inspirer, Jean Lambert mentionne aussi la naissance de Cyrus le grand, fondateur de l’empire perse, telle qu’elle est relatée par Hérodote au Ve siècle avant J.-C. dans le premier livre de son Enquête : « Une naissance qui ne convient pas au roi, annoncée par des signes célestes… Celui-ci consulte des mages, décide finalement de tuer l’enfant, il y aura substitution d’enfant, déplacement du héros vers le loin, puis une enfance cachée et une réapparition vers une dizaine d’années, où il reviendra chez lui et commencera ses actions spécifiques. » Malgré tout, selon le chercheur, si l’évangéliste Matthieu s’amuse avec l’intertextualité, il se démarque pourtant assez clairement des récits dont il s’inspire, et avec un certain humour : 

Chez Hérodote, les mages qui dans un premier temps ont sauvé la vie du roi Cyrus, mourront empalés dans un deuxième temps. Si Matthieu savait cela, il y a beaucoup d’humour de sa part à placer des mages. A mon sens, il retourne les traditions, ces formes légendaires annoncent un héros dans les textes dont nous parlons. Ici, pas du tout, elles n’annoncent pas véritablement un héros, bien que ce personnage soit destiné à une mort tragique.

SOURCE : https://www.radiofrance.fr/franceculture/ni-trois-ni-rois-la-veritable-histoire-des-rois-mages-7030560

 

SYMBOLISME DU CHIFFRE 3 DANS LES MYTHES NORDIQUES… 17 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

SYMBOLISME DU CHIFFRE 3 DANS LES MYTHES NORDIQUES…

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Avant de voir le symbolisme du chiffre 3 dans les anciens mythes germano-nordiques, voyons d’abord ce symbole d’une manière plus générale. Car une chose est certaine: le chiffre 3 possède une très forte dimension sacrée dans presque toutes les traditions païennes.

Tout d’abord, il faut se débarrasser de cette vision chrétienne de la trinité qui encore une fois a corrompu un ancien symbole païen. Le christianisme avec sa trinité (père, fils, et saint-esprit) nous présente la magie du 3 complètement à l’envers, car en effet pour les chrétiens catholiques la trinité correspond à trois personnes en une. C’est à dire que les 3 composantes de la trinité ne sont en fait qu’un seul et même dieu. Nous sommes donc là en présence d’une manière réductrice de voir le symbole. À tout réduire à l’1, on finit par inculquer aux gens que la vérité est unique et le monde divin unique aussi. Tout réduire à l’unité, une spécialité monothéiste…

Or la vision polythéiste du chiffre 3 est toute autre.

Les païens ont donné priorité à la multiplicité du divin, ils ont toujours célébré les aspects multiples de tous les mystères qui nous entourent. Rien n’est unique, tout est multiple.

Cette « multiplication » se retrouve parfaitement dans le symbolisme du 3, car pour les anciens peuples d’origine indo-européenne, le 3 symbolise le principe sacré « Pensée-Parole-Action ».

Ce principe a d’ailleurs survécu dans des endroits inattendus de notre culture comme ceux qui régissent en littérature une bonne dissertation. Ceux qui ont été lycéens (ou que le sont maintenant) se souviendront du principe: « Introduction, Développement, et Conclusion », principe que l’on trouve aussi exprimé par « Thèse, Anti-thèse, Conclusion ».

Et là réside de manière à peine voilée l’ancienne sagesse païenne liée à la magie du chiffre 3.

Thèse, Anti-Thèse, Conclusion, ce qui revient à dire que de la rencontre des contraires naît un nouveau principe, une nouvelle vie.

Ceci se retrouve dans les mythes nordiques, où l’on peut lire qu’au commencement il y eut un grand affrontement entre Géants de la glace et Géants du feu. De cet affrontement naquît l’eau, symbole élémentaire de la vie. 1+2=3. Ceci est aussi le principe de l’union d’un couple qui donne naissance à une descendance. La descendance étant symbolisée par le chiffre 3.

Dans toutes les mythologies on observe cet ancien principe sacré avec l’union entre le Ciel-Père et la Terre-Mère, union qui donne vie à une descendance divine. 1+2=3. Dans la tradition germano-nordique, on retrouve également au début des mythes, le grand affrontement qu’il y eut entre Dieux Ases et Dieux Vanes. De cet affrontement naîtra une nouvelle société divine, équilibrée et garante de l’ordre cosmique.

Cet affrontement entre deux grandes familles divines, l’une ouralienne et l’autre chtonienne, est un mythe partagé par la plupart des peuples d’origine indo-européenne. Chez les Celtes ce sont les Tuatha De Danann et les Fir Bolg, ou encore les Kshatriyas et Vaiçya chez les Indo-Aryens.

Le chiffre 3 est donc le résultat d’une union de deux forces opposées et complémentaires.

Il est l’achèvement d’une union sacrée. Le 3 ne donne pas seulement la vie, il est la vie. Un père, une mère, et un fils. Ce fils symbolise la continuation et le développement de la vie comme synthèse de deux principes opposés et complémentaires à la fois. Il est la concrétisation de cette union.

C’est pour toutes ces raisons que depuis la nuit des temps, le chiffre 3 fut utilisé en magie, car de la même manière, il est celui qui donne vie à tout rite.

On invoque souvent par trois fois une force bien précise, parce que c’est ainsi qu’on donne toute sa force vitale à l’invocation. C’est l’étincelle qui active l’invocation.

En magie runique on retrouve ce principe par exemple avec des inscriptions du style « Par trois fois je te grave la rune Fehu… », ce qui revient donc à activer toute la force symbolique liée à cette rune. La rune prend vie et commence à vibrer.

Le chiffre 3, tel que nous avons pu le voir avec un des aspects du trisquèle, correspond aussi à la trifonctionalité indo-européenne.

C’est la société divine et humaine divisée et unie par trois fonctions élémentaires: la souveraineté, la noblesse guerrière, et la fonction production-reproduction. Ce principe est reconnaissable dans les triades divines telles que Odin-Thor-Frey, Teutatès-Taranis-Esus, Jupiter-Mars-Quirinus, Mitra-Indra-Ashvins, etc…

Dans ce système trifonctionnel chaque fonction a son importance bien-sûr, mais c’est bien la 3è fonction, celle de « production-reproduction » qui permet la continuité de la vie.

De plus, le 3 se retrouve dans l’aspect triple de la grande Déesse, aspect clairement exprimé par les 3 Déesses du destin comme les Parques de la mythologie gréco-romaine ou les Nornes de la mythologie germano-nordique.

Le destin se présente sous son triple aspect « passé-présent-avenir » exprimant ainsi toute la magie du principe temporel.

Venons-en maintenant au chiffre 3 dans les anciens mythes germano-nordiques. Pour cela, je m’inspire d’un article en anglais sur wikipedia (lien à la fin).

- Au temple d’Uppsala en suède étaient représentées les 3 grands Dieux nordiques: Odin, Thor, et Frey, correspondant à la triade indo-européenne.

- Selon Tacite, les Germains font remonter leurs lignées à 3 grandes familles d’ancêtres: les Ingaevones, les Istaevones, et les Hermiones.

- Le triquetra et le coeur de Hrungnir sont deux symboles liés au Dieu Odin et à sa magie reposant sur le principe « Pensée, Parole, et Action ».

- 3 races de Géants: les Géants de glace, du feu, et ceux de montagne.

- 3 êtres primordiaux: Audhumla, Ymir, et Búri.

- Pendant 3 jours Audhumla lécha la glace primordiale avant de donner forme et vie à Búri.

- les Nornes du destin sont au nombre de 3, Urd (le passé), Werdandi (le présent), et Skuld (le futur).

- les 3 frères Odin-Vili-Vé forment le monde à l’origine avec les restes d’Ymir.

- Odin représente la 3è génération divine après Borr et Búri.

- L’arbre du monde Yggdrasil possède 3 racines (il soutient les 9 mondes, 3×3).

- Odin se sacrifie par 3 façons afin d’obtenir les secrets liés aux runes: il se pend à l’arbre du monde pendant 9 jours et 9 nuits, il ne mange point ni ne boit, et se blessa volontairement avec sa lance Gungnir.

- Loki conçoit 3 créatures qui ont une grande importance dans la cosmogonie nordique et l’acte lié au destin des Dieux: Fenrir, Jörmundgandr, et Hel.

- Avant le Ragnarök,3 grands hivers ont lieu pendant lesquels l’été est complètement absent; cette période se nomme le Fimbulwinter.

- Le loup Fenrir fut lié par 3 chaînes.

- Lors de la punition de Loki, ce dernier est attaché par 3 grands liens.

- Le monstre Garmr hurle par 3 fois.

- Gullveig est brûlée 3 fois et renaît à chaque fois.

- Le dieu Heimdall possède 3 pouvoirs principaux: il dort moins qu’un oiseau, il peut voir la nuit à 100 lieues, et il peut entendre l’herbe croître; il est en plus le fils de 9 mères (3×3).

- Le Dieu Heimdall est à l’origine des 3 classes de la société humaine.

- Odin se caractérise par 3 possessions: Sleipnir (son cheval), Draupnir (son anneau), et Gungnir (sa lance).

- Le Dieu Thor possède 3 objects magiques qui lui donnent toute sa force: Mjölnir (son marteau), sa ceinture qui décuple sa puissance, et ses gants de fer qui lui permettent d’utiliser Mjölnir.

- Le Dieu Frey se caractérise par 3 possessions: son vérat Gullinbursti, Skidbladnir son navire, et son épée qu’il confia à Skirnir pour conquérir Gerd, la Terre-Mère.

- Chez le Géant Utgarda-Loki, le Dieu Thor but 3 grandes gorgées d’une corne magique.

- Le Dieu Odin passa 3 nuits chez la Géante Gunnlod afin d’obtenir le breuvage sacré source de toute inspiration: l’hydromel.

Et je suis persuadé que cette liste n’est pas exhaustive… En tous cas, cela donne une claire image de l’importance du chiffre 3 dans les mythes de la tradition païenne nordique.

Hathuwolf Harson

Sources:

« Dictionnaire des symboles », Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

http://en.wikipedia.org/wiki/Numbers_in_Norse_mythology

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SOURCE : le net …

SAINT JEAN BAPTISTE L’ESOTERIQUE 13 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

SAINT JEAN BAPTISTE L’ESOTERIQUE

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La nuit du solstice d’été, la plus courte de l’année, marque un passage important : c’est le moment où le Soleil entre en contact avec la constellation du Cancer dominée par la Lune.

C’est le triomphe maximal de la lumière, mais aussi son contraire, le lent déclin jusqu’au point le plus bas en décembre.

 

Source : Rosmunda Cristiano

Le Baptiste, placé au solstice d’été, représente le point culminant de la splendeur du soleil, tandis que l’évangéliste, au solstice d’hiver, indique presque la mort de l’étoile.

Nous savons bien que ce qui atteint le maximum doit ensuite décroître, tandis que ce qui a atteint le minimum doit commencer à croître, comme en témoigne l’Evangile :

Il faut qu’il grandisse et que je diminue. jeunesse III, 30

Le symbolisme du Baptiste est étroitement lié à celui de l’évangéliste. Ils sont comme la vie et la mort, le passé et le futur, le soleil et la lune.

Les Saint Jean ont toujours été choisis comme patrons par presque toutes les anciennes sectes chrétiennes ésotériques et sociétés initiatiques, comme la Franc-maçonnerie, dans les Statuts de laquelle, publiés en 1721, cette invocation est exprimée :

Les Frères de toutes les Loges de Londres, de Westminster et des environs se réuniront au lieu convenu le jour de la Saint-Jean-Baptiste ou de la Saint-Jean l’Évangéliste…

Ils sont comme les deux solstices, les deux luminaires, les deux colonnes, l’un ne va pas sans l’autre.

Le Baptiste clôt l’Ancienne Loi, l’Ancien Testament, baptise avec l’eau du Jourdain, dans le désert de Judée. Il fait donc référence à la ligne horizontale, le Niveau, le passif, la lune.

Au contraire, l’Évangéliste se tient sur les montagnes et se réfère à la ligne verticale, au fil à plomb, à l’actif, au Soleil.

Le nom de Giovanni a été comparé à celui de Janus, protecteur de la « collegia fabrorum » , un dieu à deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir.

SAINT JEAN BAPTISTE L’ESOTERIQUE dans Contribution giovannibattista

L’allégorie du double visage et du double front est diversement interprétée : d’une manière générale, Janus était le gardien des portes et exerçait son influence sur chaque passage et sur chaque principe. Le premier mois de l’année, le début de chaque mois, chaque jour et chaque activité lui étaient consacrés. La même racine du nom indique le concept de passage.

En tant que divinité solaire, il contrôlait les portes du ciel que le soleil ouvre au lever du soleil et ferme au coucher du soleil, ainsi qu’au début et à la fin de l’année solaire.

Il ouvre et ferme les Portes Solstitielles, à travers lesquelles le Soleil commence les deux moitiés du voyage annuel ascendant et descendant.

Le visage mature et barbu, symbole du passé, et le visage jeune et joyeux, du futur, regardant en arrière et en avant en même temps, montrent la puissance de Dieu dans le temps. Parfois, il a un visage viril, âgé et hirsute et un visage féminin, jeune et beau en rapport avec la signification primitive du symbole du Soleil et de la Lune.

La même expression populaire de Saint Jean riant et Saint Jean pleurant se réfère précisément aux deux visages de Janus, aux sens opposés attribués aux deux Portes solsticiales et aux deux moitiés de l’année, la première bénéfique et favorable, la seconde triste et méchant..

 

Dans de nombreuses cultures, les temples, bien que contenus dans les limites architecturales, tracent le schéma du Cosmos, s’étendant d’Est en Ouest et de la Terre au Ciel, et les rites s’ouvrent symboliquement à Midi pour se clôturer symboliquement à Minuit.

En observant que toute mort du Soleil, de la lumière et de la végétation est suivie d’une renaissance, l’homme en déduit qu’il subit le même sort en raison de la valeur universelle des lois cosmiques. En ce sens, les Solstices acquièrent des significations en référence au destin de l’âme ainsi qu’à la perpétuation naturelle de la vie sur Terre.

« Celui qui vient après moi m’a dépassé, car il était avant moi » « J’ai besoin de diminuer pour qu’il grandisse ». Le Soleil qui diminue après le solstice d’été serait représenté par Jean, celui qui croît au semestre suivant le solstice d’hiver, par le Christ.

Selon la Légende dorée, le Baptiste a été appelé en relation avec ses privilèges : Prophète pour la connaissance, Ami du marié pour l’amour, Lumière ardente pour la sainteté, Ange pour la virginité, Voix pour l’humilité, Élie pour la ferveur, Baptiste pour l’honneur merveilleux, Héraut pour la prédication, Précurseur pour la préparation de la Voie.

En reproduisant le Soleil dans sa phase descendante, il se rapporte à la fonction mercurielle de guider les âmes à travers les ténèbres occidentales et vers la renaissance de la Lumière.

Mais qui était vraiment saint Jean-Baptiste ?

On dit qu’il vivait dans le désert, là où l’on retrouve ses traces. Les Mandéens et les Esséniens, qui vivaient à la même époque et dans les mêmes lieux que lui, semblent l’avoir considéré bien plus qu’un prophète : un « initié », quelqu’un qui connaissait et gardait les secrets du Roi de la Lumière.

Pourquoi est-il devenu l’une des pierres angulaires de certaines doctrines ésotériques ? Dans la vaste littérature que l’on peut consulter sur le sujet, on note la symétrie qu’il présente avec l’autre saint Jean : l’Évangéliste.

 

L’un né au solstice d’été et l’autre au solstice d’hiver. L’un annonce le début, l’avènement, l’autre la fin, l’apocalypse.

Les notions de début et de fin peuvent résumer la dynamique des références symboliques qui caractérisent les deux saints Jean, à partir desquelles on arrive au symbole du divin et de l’éternel : la croix avec le Christ qui marque l’écart avec l’existence humaine personnifiée par le Baptiste, définissait, en effet, « le plus grand des hommes ».

Les deux Saint Jean enferment et délimitent l’existence humaine, laissant entrevoir le divin.

Certains émettent l’hypothèse qu’ils sont comme les deux piliers d’une passerelle vers un monde de mystères ésotériques.

Des associations secrètes, des philosophes, des mystiques et des sectes de toutes sortes ont toujours tenté de voler ce type de savoir : on en trouve des exemples parmi les plus admirables même au Moyen Âge. Il s’agit des Templiers et des Hospitaliers, c’est-à-dire des Chevaliers de Malte, qui avaient pour patron Saint Jean-Baptiste.

Aujourd’hui encore, le Baptiste protège la Connaissance secrète !

Les fêtes solsticiales ont eu, au fil du temps, pour fonction de rappeler à l’homme la répétition continue de la mort et de la renaissance du Soleil et, par analogie, l’alternance de la mort et de la renaissance de la vie.

Ils représentent une transition après laquelle le mouvement du soleil prend un nouveau cours.

En franc-maçonnerie le coq fait allusion à l’éveil de la force et incite à l’action, c’est aussi un symbole de renaissance et donc du rituel d’initiation.

Elle est en effet présente dans le cabinet de réflexion, qui, à son tour, est assimilé au centre de la terre ; par conséquent, il est lié à l’idée de descente aux enfers, de travail noir, de mortification.

Cela nous ramène au côté pénitentiel du Baptiste et à sa mission dans la démarche spirituelle ; puisqu’il dit qu’il est « la voix de celui qui crie dans le désert », il a proposé une interprétation analogique avec le coq chantant à l’aube, dans le désert la nuit, pour annoncer la venue de la Lumière.

 

Cet animal symbolise aussi la fin de l’Oeuvre ou travail en rouge et donc Jean est au début et à la fin de l’Art. Au début et à la fin.

Les deux Saint Jean sont donc deux repères : le Baptiste annonce la Révolution chrétienne, l’Evangéliste clôt le livre du Monde avec l’Apocalypse. L’un est l’alpha et l’autre l’oméga.

C’est pourquoi le Christ dit du Baptiste :

… les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean

et il dit de l’évangéliste :

Je veux que tu restes jusqu’à ton retour.

Ce sont donc deux témoins, deux points limites sur le chemin de l’homme qu’en franc-maçonnerie nous identifions à VITRIOL.

Opposés l’un à l’autre, ils se complètent.

Tant du point de vue chrétien qu’initiatique, il y a une interpénétration et une complémentarité des valeurs et des significations telles qu’elles les rendent indivisibles et irremplaçables.

Ils sont en lien avec le culte du Soleil, présent chez Janus et dans la religion chrétienne, et avec la valeur que leur attribue la pensée maçonnique.

Être le « disciple » préféré de Jésus, Lumière du monde, confère au Baptiste un rôle d’identification au soleil levant.

C’est pourquoi Dante, dans la Divine Comédie – Paradiso canto XXV, en se référant à lui écrit :

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c’est lui qui était couché sur la poitrine de notre pélican, et cela depuis la croix jusqu’au grand feu choisi.

Source : Rosmunda Cristiano

LA FRANC-MAÇONNERIE EST-ELLE MAGIQUE ? 7 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

LA FRANC-MAÇONNERIE EST-ELLE MAGIQUE ?

 

Nous écarterons les réponses des Maçons non ésotériques, qui donneraient la réaction instinctive de : Non ! Jamais! Cela mis à part, de temps en temps j’entends un maçon ou je lis quelque chose d’un maçon qui soutient que la franc-maçonnerie est magique. Non pas que la fraternité, ses rituels, ses enseignements, etc. soient un tour de cartes ou un tour de passe-passe, mais c’est vraiment de la magie. Cela m’a longtemps dérangé.

LA FRANC-MAÇONNERIE EST-ELLE MAGIQUE ? dans Recherches & Reflexions

Premièrement, pour résoudre ce problème, nous avons besoin d’une sorte de définition de travail de ce qu’est la magie, ou du moins de comprendre quels sont les processus et les opérations impliqués dans la magie à comparer à la maçonnerie. Il existe une infinité de définitions, mais en fin de compte, nous reconnaîtrons que la magie est un processus d’exploitation et d’utilisation de pouvoirs surnaturels. Personnellement, je travaille à partir d’un modèle spirituel : la magie est le processus de travail avec les esprits, désincarne les intelligences, entités immatérielles conscientes que le magicien invoquera et conjurera (en latin, conjurare, jurer ensemble, c’est-à-dire faire un pacte — même le terme exorcisme est similaire, mais vient du grec, exorkismos, lier par un serment), et une fois en accord avec l’esprit, l’esprit accomplira les requêtes du magicien. Même dans un modèle animiste, toute chose matérielle a un esprit, un être résidant en son sein qui sera lié à la volonté du magicien. On voit même ce genre de chose dans la messe catholique, où en exorcisant l’eau (c’est-à-dire en faisant de l’eau bénite), le prêtre va exorciser la « créature de sel » avant de mettre du sel dans l’eau. Nous voyons quelque chose de similaire dans les idées alchimiques, telles que l’esprit du mercure, l’esprit du feu (c’est-à-dire la salamandre), et al. Même la façon dont nous parlons de l’alcool, un « esprit », est directement liée à cette vision animiste d’un esprit vivant dans une substance.

 

Tout au long de l’histoire, nous voyons à maintes reprises la magie être une opération rituelle consistant à contraindre, lier et utiliser des esprits pour réaliser des choses qui autrement ne peuvent pas être réalisées par des moyens normaux et naturels. Parfois, c’est super simple et n’implique vraiment pas beaucoup d’efforts. Par exemple, les Psaumes ont été régulièrement utilisés dans une grande partie de la magie européenne, et dans de nombreux cas, il suffit de réciter un Psaume, selon ce que le magicien essaie d’accomplir. Si vous voulez protéger votre femme enceinte et assurer un accouchement en toute sécurité, une récitation quotidienne du Psaume 1 est parfaite. Si vous voulez vous faire plus d’amis, récitez le Psaume 133 quotidiennement. Les Psaumes sont des prières qui ont été faites par des patriarches puissants et saints, et le Seigneur a écouté ces prières, on pense donc qu’elles ont une grande efficacité par elles-mêmes. La prière est un aspect essentiel de toute pratique magique. (Pour en savoir plus sur la magie des psaumes, voir mon essai dans Hadean Press’s Conjure Codex, Vol. 5, Black Edition, 2022).

On peut alors aller beaucoup plus loin. On peut aller à fond et mener le rituel complet de dix-huit mois de l’Abramelin, conjurer leur Saint Ange Gardien et le lier à leur tête. Ou peut-être un peu plus facile est l’Heptameron et la conjuration des rois Djinn via les sept archanges. Ou ils peuvent simplement créer des charmes magiques, dotés de pouvoirs en vertu de certains esprits ou aspects astrologiques, et ne jamais avoir à conjurer d’esprits. Cela dépend de ce que le magicien veut faire, jusqu’où il veut aller et à quel point il le veut.

Oui, il y a un rituel impliqué, comme la franc-maçonnerie a un rituel impliqué. En magie, il s’agit généralement de beaucoup de prières, d’invocations de noms sacrés, de beaucoup d’ordres aux esprits, etc. Mais ce n’est pas vraiment la même chose que le rituel maçonnique. En magie, le rituel a une certaine fonction dans la conjuration et la liaison des esprits à l’usage du magicien. Vous devez d’abord vous purifier, ce qui peut être un régime de plusieurs semaines, le jeûne, l’abstinence sexuelle et la masturbation, l’abstinence d’alcool, l’honnêteté dans les relations d’affaires, la confession des péchés, etc. Tous les outils du rituel ont besoin d’un certain niveau de consécration. Par exemple, dans l’Heptaméron, la messe du Saint-Esprit doit être conduite sur l’épée et d’autres instruments qui seront utilisés dans le rituel. Ensuite, il y a des offrandes aux esprits, un appel des esprits à sortir, et s’ils ne le font pas, une invocation plus dure pour les contraindre à sortir, un accueil des esprits, une attache pour qu’ils ne partent pas avant que vous n’en ayez fini avec eux, puis votre requête à leur donner, et ainsi de suite. Parfois, il semble que le moyen le plus simple d’obtenir ce que vous voulez est de ne pas faire de magie. Cela peut être épuisant et cela ne fonctionne toujours pas. Les esprits peuvent apparaître, mais cela ne veut pas dire qu’ils veulent vous écouter.

La franc-maçonnerie est-elle quelque chose comme ça ? Non, et cela effrayerait probablement beaucoup de gars si nous appelions des anges et toute leur grandeur et leur terreur dans la salle Lodge. Sérieusement, les anges sont assez effrayants. Existe-t-il des similitudes entre les rituels maçonniques et un certain nombre de rituels magiques ? Bien sûr, parce que c’est rituel, mais pas parce que les deux sont intrinsèquement liés ou même la même chose.

Par exemple, certains soutiennent que les rituels magiques doivent tous être mémorisés, et cela peut être une option pour certains, mais vraiment, je ne pense pas que beaucoup de gens mémorisent l’intégralité d’un rituel magique. Et historiquement, nous savons que tout n’a pas été mémorisé. C’est pourquoi nous avons des grimoires : des livres de magie que le magicien peut consulter et lire. À ce stade de ma vie, j’ai pratiquement mémorisé l’exorcisme du feu et de l’encens parce que chaque fois que je vais prier, j’allume de l’encens et récite cet exorcisme, même si j’ai généralement ma clé de Salomon à côté de moi. Est-ce que j’ai mémorisé toute la messe du Saint-Esprit ? Non. Pas même proche, et ce n’est pas quelque chose que je fais régulièrement, donc je n’ai pas vraiment d’intérêt à le mémoriser. Je veux dire, regardez n’importe quel prêtre catholique faire la messe et vous remarquerez qu’ils ont tendance à avoir une feuille de triche à côté d’eux sur l’autel.

J’ai entendu dire que la mémorisation des rituels aide notre mémoire, comme la magie. Ouais… voilà le truc, il y a un grimoire d’aide à la mémoire : l’Ars Notoria, un grimoire d’apprentissage rapide. Et la bonne mémoire a toujours été considérée comme une sorte de magie, quelque chose que Francis Yates retrace dans son livre The Art of Memory. Mais le simple fait de mémoriser les racines n’est pas la même chose que la façon dont Ars Notoria le fait, qui est pratiquement un apprentissage par osmose. Littéralement, vous dormirez avec le livre que vous apprenez sous votre oreiller. Et vous ne mémorisez certainement pas l’Ars Notoria, si jamais vous le pouviez.

J’ai entendu dire que la franc-maçonnerie est une « magie symbolique » – c’est-à-dire que c’est de la magie, mais faite symboliquement. Je ne sais vraiment pas ce que cela signifie. Le but de la magie est de réaliser quelque chose, que ce soit pour obtenir de l’argent, pour recevoir une prophétie, pour détruire ses ennemis (par exemple la moitié des Psaumes), pour guérir une maladie, et al. Si vous ne réalisez pas réellement quelque chose, alors ce n’est pas magique. C’est ce que nous appelons LARPing (jeu de rôle en direct).

J’ai aussi entendu dire que le rituel maçonnique élève notre conscience. Euh… je suppose. Je ne nierai pas que l’on peut et que l’on aura de profondes expériences spirituelles dans la franc-maçonnerie. Je l’ai certainement fait, mais ce n’est pas nécessairement de la magie. La méditation peut « élever la conscience », tout comme les médicaments, et la thérapie aussi. Mais ce n’est pas forcément de la magie. Cela peut être « magique », mais pas « magique ». L’Ordre du Temple, surtout pendant la cinquième libation est « magique », mais certainement pas magique.

Je pourrais probablement continuer encore et encore sur la dernière chose qui différencie vraiment la franc-maçonnerie de la magie. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas parce que nous considérons nos expériences en franc-maçonnerie qu’elles sont puissantes, qu’elles changent la vie et qu’elles sont spirituellement profondes. Cela ne veut pas dire que c’est nécessairement magique. Si vous avez traversé les degrés de la maçonnerie avec l’intention de devenir millionnaire, et après être devenu un maître maçon, vous avez miraculeusement reçu un vaste héritage, alors oui, d’une manière ou d’une autre, cette personne a transformé son initiation maçonnique en un rituel magique sans que personne ne le sache. Sinon, ce n’est qu’une expérience profonde, qui change nos vies pour toujours. Mais ce n’est pas de la magie

SOURCE  :  https://www.gadlu.info/la-franc-maconnerie-est-elle-magique/

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Multivers et temporalité : Lucy 19 novembre, 2023

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Lux in arcana

Multivers et temporalité : Lucy

Multivers et temporalité : Lucy dans Recherches & Reflexions

Lucy, un film de Luc Besson Lucy – Les humains se considèrent unique. Ils ont donc enraciné toute leur conception de l’existence sur leur unicité. 1 est l’unité de mesure. Mais, ça ne l’est pas. Tous les systèmes sociaux que nous avons mis en place ne sont que des ébauches. 1 + 1 = 2. Nous n’avons rien appris d’autre. Mais, 1 + 1 n’as jamais été égale à 2. Il n’existe en fait aucun nombre. Ni aucune lettre. Nous avons codifié notre existence pour la réduire à notre taille, de manière à la rendre intelligible. Nous avons créé une échelle de façon à pouvoir oublier le caractère incommensurable de son échelle. – Mais si l’humain, n’est pas l’unité de mesure. Et si l’univers n’est pas caractérisé par des lois mathématiques. Qu’est-ce qui régit tout ça ? – Filmer une voiture qui roule sur une route. Si vous accélérez le film à l’infini. La voiture disparaît. Quel preuve avons-nous alors de son existence ? Le temps donne une légitimité à son existence. La seule vraie unité de mesure est temporelle. Le temps apporte la preuve de l’existence de la matière. Sans le temps, nous n’existons pas.

 

 dans Recherches & Reflexions

LA THÉORIE DES MULTI-UNIVERS

Pour rendre enfin clairs les concepts quantiques, une nouvelle génération de physiciens propose la théorie des multi-univers ; celle-ci n’est pas facile à appréhender mais elle apporte une certaine cohérence.

« Comment comprendre que, selon la physique quantique, une particule que l’on mesure s’incarne en un unique lieu, alors qu’elle est dans tous les lieux à la fois juste avant sa mesure ? Pour les partisans des multi-univers, il se crée à l’instant de la mesure une infinité d’univers dans chacun desquels la particule se matérialise en un lieu différent. Comme si, dans notre monde, il se créait autant d’univers que l’on fait de choix le long du chemin. »

Il n’y aurait aucun problème de passage entre le monde quantique et le nôtre au moment où l’on réalise la mesure. À ce moment, il se créé une multitude d’univers dans chacun desquels se manifeste la particule dans des lieux différents. Chaque lieu devient donc réel, chacun dans un univers différent.

Le vide n’existe pas. Pour la physique quantique, le vide quantique est plein. La notion de vide qui ne contient rien est donc fausse. Le vide quantique est un médium cosmique super dense qui transporte la lumière et toutes les forces universelles de la nature. Loin d’être de l’espace vide, il forme une mer d’énergie composée d’informations, dans laquelle nous baignons et qui nous met physiquement en contact avec le reste du cosmos. Comme dans la mer terrestre, les vagues propagent les événements et les infor­mations entre les objets qui s’y trouvent et nous pourrions dire que ce vide est très proche d’un liquide.

« Lorsque nous prenons quelques milliers de molécules d’eau et que nous les laissons se disperser, elles ne suivent pas un cou­rant mais se déplacent individuellement. Dans le vide, cepen­dant, les particules se déplacent avec cohérence et sont inter-reliées par le plasma du vide super dense, même si ce plasma est de dix à vingt fois plus liquide que l’eau’. »

À l’heure où la science nous démontre brillamment que la notion de vide provient d’une vue du petit esprit, l’homme moderne, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, redoute ce qu’il appelle le vide. Il ne supporte plus le silence, le manque de bruit l’effraie et dès qu’il le ressent, il allume la radio, la télévision, ou fait du bruit avec sa bouche, ses pieds etc.

Ainsi, il se coupe de lui-même, de la profondeur de son être. Nous baignons dans un immense champ d’informations appelé l’univers. Ce champ cosmique relie tout à tout au plus profond de la réalité ; la tradition le nomme aussi « champ akashique ».

« Ce champ consiste en une mer subtile d’énergies fluctuantes à partir desquelles tout émerge : atomes, galaxies, étoiles, pla­nètes, êtres vivants, et même la conscience. »

Dans son livre L’homme superlumineux, le Pr Régis Dutheil aborde le sujet de l’existence d’un second univers complémentaire et symétrique au nôtre, où les vitesses sont supérieures à celle de la lumière. Dans cet univers, les notions habituelles de temps n’existent pas et l’on peut se déplacer dans le passé, le présent ou le futur. Cet univers baptisé « espace-temps superlumineux », est constitué d’informations (passé, présent, futur) et de conscience (toute la conscience de l’humanité). Le cortex cérébral, l’anatomie du mental, constituant une sorte de filtre ou d’écran à notre perception de l’univers total, nous ne disposons que d’une partie des informations sur le monde que nous pensons connaître. La physique moderne démontre que l’univers ne se limite pas à ce qui nous entoure, une part du réel échappe à nos sens et à nos connaissances. Grâce à de nouveaux accélérateurs de par­ticules, les physiciens arrivent à propulser des particules à une vitesse proche de la lumière. A ces vitesses extrêmes, les lois qui régissent notre univers se modifient. Le critère fondamental du réel est la matière. Celle-ci étant constituée de particules, la découverte de nouvelles particules doit modifier notre conception de la matière et nous pousser à voir le monde différemment.

Le tachyon est une classe de particules hypothétiques dont les principales caractéristiques sont d’avoir une vitesse toujours supérieure à la vitesse de la lumière dans le vide, une masse imaginaire pure et une énergie qui diminue lorsque la vitesse augmente. Puisque ce dernier se déplace plus rapidement que la lumière, son approche ne pourrait être vue. Après être passé à proximité d’un observateur, ce dernier pourrait voir deux images du tachyon allant en directions opposées.

Pour le professeur Régis Dutheil, il existerait des parti­cules animées de vitesse supralumineuse, qu’il a appelées des tachyons. Ces tachyons témoigneraient de l’existence d’espaces et d’univers différents du nôtre, où les lois de la physique sont différentes et où le temps n’existe pas selon les mêmes modalités. Nous sommes conditionnés psychologiquement pour progresser du passé vers le futur mais, dans la dimen­sion universelle totale de la conscience supérieure, la vitesse de déplacement est illimitée. Placée sur cet axe, elle dispose d’un espace infini et d’un temps nul, elle est omniprésente, instantanée et pénètre tous les mondes et toutes les formes sans se déplacer : elle est, tout simplement.

Entre les deux mondes, nous rencontrons une sorte de barrière, de frontière, un mur de lumière comparable au mur du son.

Il existe d’autres dimensions du réel et le Partenaire silencieux en est la manifestation ; situé de l’autre côté du mur, nous pouvons le contacter si le mur s’effondre grâce à l’évanouissement du néocortex, l’abandon du mental.

« La conscience ou l’esprit est constituée d’un champ de tachyons ou matières superlumineuses situé de l’autre côté du mur de la lumière dans l’espace temps superlumineux. ( ..) Notre univers souslumineux n’est qu’une projection hologra­phique de l’univers fondamental, de l’information et de la signi­fication. Cette projection s’effectue par l’intermédiaire du cortex, qui agit comme un filtre en ne laissant passer qu’une toute petite partie de l’information et de la signification … »

Étienne Guillé, agrégé de physiologie-biochimie, doc­teur es-sciences, enseignant-chercheur à l’université Paris-Sud, auteur de L’homme et son double, nomme le double univers le « Continent perpétuel ». Pour l’auteur, il s’agit d’intégrer la notion du Double dans une vision cohérente et harmonieuse de l’être humain. Selon les traditions, nous possédons plusieurs corps : le corps physique, le corps éner­gétique (constituant un pont entre la chair et l’âme) et le corps spirituel composé de matière différente de plus en plus subtile. Pour le Pr Guillé, le Double est un champ de force créateur qui réside dans les espace-temps trans­cendants. Il contient le plan de l’ensemble de création de l’être vivant qui va se manifester et s’incarner en « l’être ».

Rudolf Steiner affirmait que « nous tuons le temps sur Terre » parce que nous l’uniformisons, nous sommes per­suadés que son cours est uniforme. Ce qui est faux. Dans le ciel, le temps est vivant, il s’écoule tantôt plus vite, tantôt plus lentement ; parce qu’il est doué de vie il ne chemine pas de façon linéaire. La précision des instru­ments dont on se sert sur Terre donne des calculs toujours approximatifs et les pendules doivent être régulièrement remises à l’heure. Le temps céleste s’écoule autrement que le temps sur la Terre, tel était son point de vue.

Des mesures de plus en plus précises ont permis de vérifier ce qu’annonçait la théorie de la relativité : deux horloges ne comptent pas le même nombre de secondes dès lors qu’elles s’éloignent ou se rapprochent l’une de l’autre. La distorsion du temps reste inaccessible à nos sens et il faudrait que nous nous déplacions à des vitesses proches de celles de la lumière pour la percevoir. Le temps est un phénomène que nous percevons au niveau indivi­duel : parfois les heures semblent s’étirer, parfois « nous ne voyons pas le temps passer », c’est une notion des plus subjectives.

à suivre …

SOURCE  :   https://toysondor.blog/2023/10/28/multivers-et-temporalite-lucy/

Lux in arcana

Multivers et temporalité : Lucy

28 octobre 2023 Laisser un commentaire

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