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Les Rites dits « Égyptiens » de la Maçonnerie 7 juin, 2014

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Les Rites dits « Égyptiens » de la Maçonnerie

 

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Article publié le 17 juil 2010

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Par Jean Mallinger

1. Les légendes

De même que l’on attribue à l’Ordre Maçonnique en général des origines légendaires — soit le Temple du roi Salomon, soit l’Ordre des Templiers, soit les collèges romains d’artisans —, chacun des rejetons de l’arbre maçonnique tente de se rattacher à une source aussi antique que possible.

Les rites dits « égyptiens » de la Maçonnerie n’échappent pas à cette règle ; ils tiennent, au surplus, dans la grande famille triangulaire une place particulière : leur échelle d’instruction comporte 90 degrés — sans compter les grades administratifs, qui se terminent au 98e, depuis la réforme de 1934.

Interrogeons l’abondante documentation que ces rites originaux soumettent au jugement de l’histoire.

Une première version nous est présentée par le grand propagandiste du rite de Misraïm en France, Marc Bédarride — né en 1776 à Cavaillon, dans le Comtat venaissin — dans son ouvrage sur cette Obédience (1).

Selon cet auteur, dépourvu de tout sens critique, la maçonnerie serait aussi ancienne que le monde. Israélite pratiquant, Bédarride s’en réfère à l’Ancien Testament ; selon lui, c’est Adam lui-même, qui aurait créé, avec ses enfants, la première loge de l’humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge ; Cham l’établit en Égypte, sous le nom de « Mitzraim » : c’est-à-dire les Égyptiens. C’est donc de ce peuple seul que doit venir la tradition secrète de l’ésotérisme. C’est à cette source unique que vinrent boire tous les pasteurs des peuples : Moïse, Cécrops, Solon, Lycurgue, Pythagore, Platon, Marc-Aurèle, Maïmonide, etc., tous les instructeurs de l’antiquité ; tous les érudits israélites, grecs, romains et arabes.

Le dernier maillon de cette chaîne ininterrompue est le propre père de l’auteur, le pieux Gad Bédarride, maçon d’un autre rite, qui aurait reçu en 1782 la visite d’un mystérieux Initiateur égyptien, de passage en son Orient et dont l’on ne connaît que le « Nomen mysticum » : le Sage Ananiah (2). Cet envoyé le reçut à la Maçonnerie égyptienne.

Signalons ici que ce n’est pas là la première allusion historique au passage d’un Supérieur inconnu de la Maçonnerie égyptienne dans le Comtat Venaissin : un autre écrivain en a donné la nouvelle vingt-trois années avant la parution de l’ouvrage de Bédarride : c’est l’initié Vernhes, qui, dans son plaidoyer pour le rite égyptien, paru en 1822, signale, lui aussi, le passage du missionnaire Ananiah dans le Midi de la France, en l’année 1782 (3).

Une seconde version, bien différente de la première, sur l’origine de la maçonnerie égyptienne nous est contée par le polygraphe français Jean-Étienne Marconis de Nègre, fils du créateur du Rite de Memphis.

Selon cet auteur abondant, romantique et touffu, l’apôtre St Marc, l’évangéliste, aurait converti au christianisme un prêtre « séraphique » nommé Ormus, habitant d’Alexandrie. Il s’agit évidemment d’une erreur de plume : le mot « séraphique » ne peut s’appliquer qu’à une catégorie d’anges bien connue des dictionnaires théologiques ; remplaçons-le ici par celui de « prêtre du culte de Sérapis » et la légende ainsi rapportée paraîtra moins choquante.

Cet Ormus, converti avec six de ses collègues, aurait créé en Égypte une société initiatique des Sages de la Lumière et initié à ses mystères des représentants de l’Essénisme palestinien, dont les descendants auraient à leur tour communiqué leurs secrets traditionnels aux chevaliers de Palestine, qui les auraient ramenés en Europe en 1118. Garimont, patriarche de Jérusalem, aurait été leur chef et trois de leurs instructeurs auraient créé à Upsal, à cette époque et introduits par après en Écosse, un Ordre de maçons orientaux (4). Il est regrettable que cette littérature ne soit appuyée par aucune référence historique.

Le nom même du vulgarisateur varie d’ailleurs avec les années. D’Ormus, il devient Ormésius dans un autre ouvrage de Marconis (5).

Divers auteurs font allusion à cette version (6). Soulignons, dès à présent, que ces deux versions parallèles — aussi fantaisistes l’une que l’autre — prouvent toutes deux la profonde ignorance de leurs propagateurs.

L’Égypte est, dans l’histoire des traditions ésotériques, un courant original, totalement distinct du courant judaïque comme du courant judéo-chrétien.

Sans doute, au moment où Napoléon fait sa campagne d’Égypte, l’on sait encore très peu sur la religion, l’écriture, le symbolisme de l’ancienne Égypte : Champollion n’avait pas encore découvert la clé des hiéroglyphes : il ne devait faire sa première et sensationnelle communication sur l’alphabet égyptien qu’à la date du 17 décembre 1822.

Que connaissait-on de l’Égypte à cette époque ?

De véritables fables couraient sur elle ; ses initiations sacerdotales étaient décrites de façon romanesque et invraisemblable ; deux Allemands, pleins d’imagination, von Koppen et von Hymmen avaient lancé depuis 1770 un rite théâtral, appelé : Crata Repoa, qu’ils traduisaient fort faussement par : Silence des Dieux, où l’initiation antique qui se donnait dans la Grande Pyramide était « fidèlement reproduite » par une réception symbolique à sept degrés successifs (Pastophore ; Néocore ; Mélanophore ; Christophore ; etc.) d’une lamentable fantaisie. Deux Français, Bailleul et Desétangs devaient en diffuser une version française en 1821. De son côté, l’abbé Terrasson avait déjà montré la voie, dans son roman initiatique : Sethos (7).

La « mode » des initiations « à l’égyptienne » avait d’ailleurs conquis Paris et devait provoquer l’inquiétude, puis la réaction sévère des autorités maçonniques de l’époque (8).

II. L’histoire

Interrogeons des contemporains et demandons-leur ce qu’ils savent des rites égyptiens au moment où ceux-ci tentent de conquérir la France.

Levesque qui rédigea en 1821 un « Aperçu général historique » des   sectes maçonniques de son temps parle en ces termes du nouveau venu : le rite de Misraïm, « II y a, je crois, cinq ou six ans que ce Rite est venu s’établir à Paris. Il venait du Midi de l’Italie et jouissait de quelque considération dans les Îles Ioniennes et sur les bords du golfe Adriatique. Il a pris naissance en Égypte (9). »

Après ce premier témoignage, interpellons le maçon le plus érudit de France, le célèbre Thory (1759-1817), qui dans ses deux tomes des « Acta Latomorum » reproduisit un nombre considérable de documents historiques précieux dont il avait été le conservateur (10).

Il précise : « Le Rite de Misraïm, qui ne date, en France, que de quelques années, était très en vigueur à Venise et dans les îles ioniennes, avant la Révolution française de 1789. Il existait aussi plusieurs Chapitres de Misraïm dans les Abruzzes et dans la Pouille. »

Et il ajoute cet élément intéressant : « Tous ces grades excepté les 88e, 89e et 90e ont des noms différents. Quant aux trois derniers, nous n’en connaissons pas la dénomination, on les a indiqués comme voilés, dans le manuscrit qui nous a été communiqué (11). »

Nous verrons plus loin l’extrême importance de cette observation.

Abordons maintenant Ragon, qui, après une courte collaboration avec les frères Bédarride, devint leur implacable adversaire.

Il nous apprend — il est ici un témoin oculaire — que les pouvoirs des dirigeants français du Rite, les FF. Joly, Gabboria et Garcia leur avaient été conférés à Naples en 1813. Les documents justificatifs étaient rédigés en langue italienne (12) et furent présentés aux commissaires du Grand-Orient le 20 novembre 1816.

Parlant plus loin des secrets des derniers degrés de ce Rite, le célèbre « auteur sacré de la maçonnerie », spécifie : « Nous reproduisons les quatre derniers degrés du Rite de Misraïm apporté du Suprême Conseil de Naples, par les ff. Joly, Gabboria et Garcia. Tout lecteur impartial, qui les comparera, verra combien ces degrés diffèrent de ceux qu’énoncent les FF. Bédarride. » Et il ajoute ailleurs en note : « Cette explication et les développements des degrés 87, 88 et 89, qui forment tout le système philosophique du vrai rite de Misraïm, satisfait l’esprit de tout maçon instruit… (13) »

Le 1er août 1818 paraît à Bruxelles une défense du rite de Misraïm, signalant un ouvrage paru à Londres sur ce rite en 1805, sous forme d’in-quarto (14).

Nous avons d’autre part en notre possession à Bruxelles, où le rite de Misraïm fut introduit en 1817, une partie de ses archives : statuts (parus chez Remy, rue des Escaliers, le 5 avril 1818) ; diplômes ; polémique avec les autres Rites ; et un tuileur manuscrit, sur parchemin, contenant notamment les « Arcana Arcanorum » — sur papier et avec écriture absolument identique à un autre document daté de 1778.

De ces éléments, nous pouvons déduire : 1) que le rite égyptien était pratiqué en Méditerranée et en Italie avant 1789 ; 2) que ses derniers degrés se pratiquaient sous forme de deux régimes très différents : un régime à philosophie kabbalistique (Régime Bédarride) et un régime à philosophie égypto-hellénique (Arcana Arcanorum : Secrets des Secrets, ou Régime de Naples).

On conçoit dès lors facilement que ceux-ci aient été voilés pour l’historien Thory, dont on craignait les divulgations.

On comprend aussi l’avis de Ragon : « Tout ce rite se résume en fait aux quatre degrés philosophiques de Naples (15). » Le fait que Bédarride signale que son mystérieux Ananiah ait quitté le Midi de la France en 1782 pour l’Italie (16) prouve qu’au moins ce point de son histoire du rite n’est pas dépourvu de vraisemblance historique. C’est donc avec raison que l’historien Waite repousse comme très douteuse l’hypothèse de certains écrivains mal renseignés, qui attribuent « l’invention » de ce rite à un nommé Lechangeur, à Milan, en 1805 ! (17) »

Voici maintenant un nouvel élément, digne d’intérêt : le 17 décembre 1789, le célèbre Cagliostro, qui avait installé à Rome une loge de rite égyptien le 6 novembre 1787, se faisait arrêter par la police pontificale. On trouvait dans ses papiers les catéchismes et rituels de son Rite et notamment une statuette d’Isis 18. Or, Isis est le mot sacré d’un des degrés de Naples.

L’on peut se demander si Bédarride a connu Cagliostro. Il faut répondre par l’affirmative ; il ne conteste ni la réalité de son initiation en Égypte ni celle de ses pouvoirs, il se borne à lui reprocher d’avoir, en France, fait un rite égyptien personnel.

3. La philosophie du Misraïmisme

Si la maçonnerie est, en général, l’héritière et la propagandiste inlassable d’une morale sociale, qui vise, avant toute autre chose, à nous apprendre à nous transformer, par une discipline progressive, en « pierre taillée », en « pierre cubique », au lieu de demeurer une « pierre brute », inutilisable au bonheur de tous ; si elle impose à ses adeptes le respect le plus absolu des idées d’autrui, la plus parfaite égalité, une tolérance permanente et une fraternité réelle, si elle leur demande de chercher en toute chose la vérité et de pratiquer la justice, il va de soi que ces impératifs éthiques n’ont, ni de près ni de loin, aucun rapport avec l’initiation, dans le sens le plus élevé de ce mot.

Si par ce vocable nous entendons : « la communication de certains secrets d’ordre cosmique à un petit nombre d’élus, susceptibles d’en faire un bon usage », la maçonnerie actuelle n’est pas une école initiatique : elle ne donne aucun enseignement dogmatique ; elle respecte obligatoirement l’opinion de tous et celle de chacun ; elle n’est pas une université d’occultisme ; elle n’est pas dirigée par une hiérarchie de didascalies, qui enseignent des néophytes et leur transmettent secrets ésotériques et pouvoirs initiatiques ; ses dirigeants sont en certains pays des athées convaincus, que seul le progrès matériel et social intéresse directement ; sans doute, elle donne la plupart de ses instructions par le canal traditionnel du symbolisme ; mais ce dernier n’est pas religieux ; n’a pas de tendance mystique et repousse au contraire nettement toute intrusion d’un élément irrationnel dans la formation qu’elle donne à ses élèves (19) ».

Toute différente était la maçonnerie du 18e siècle ! Elle ne groupait, en la plupart des rites, que d’ardents spiritualistes. Loin de se limiter à la recherche du bonheur humain, à l’émancipation des esprits, à l’éducation du cœur, elle mettait sa préoccupation essentielle dans la conquête de la Vérité, dans l’effraction des mille secrets de la Nature, dans les expérimentations les plus hardies dans le domaine spirituel. De là, cette extraordinaire floraison des rites les plus variés, des obédiences les plus singulières, des hauts grades les plus mystiques et les plus hermétiques : pour nous en convaincre, il faut et il suffit de lire simplement la nomenclature des degrés qui constituent la maçonnerie égyptienne. Les religions, l’alchimie, l’hermétisme, la kabbale s’y rencontrent et s’y mélangent ; l’arbre de Misraïm est une école de secrets de toute espèce et ses quatre derniers degrés du régime napolitain, nous apportent les secrets les plus considérables de la tradition spiritualiste la plus vénérable.

L’on conçoit dès lors facilement le dédain, l’antipathie marquée, l’hostilité dont la maçonnerie égyptienne a toujours été, au cours de son histoire, la victime permanente de la part des autres rites.

Le Grand Orient de France battit, en ce domaine pénible, tous les records de la méchanceté, allant jusqu’à dénoncer le rite de Misraïm au pouvoir politique, à provoquer des perquisitions et des poursuites contre le rite de Misraïm, afin de rendre à ce dernier toute existence impossible (20).

Aussi certains dignitaires misraïmites parisiens eurent-ils la faiblesse de renoncer à certains de leurs grades supérieurs et tentèrent de se mettre au pas volontairement, en donnant aux matérialistes qui les critiquaient des gages de conformisme athée véritablement déplorables (21) — à ce prix, ils se firent facilement reconnaître.

 Mais ce n’est là que l’exception.

Les hauts grades du Rite n’ont jamais approuvé : ni la réduction de l’échelle égyptienne aux trente-trois degrés de l’écossisme, ordonnée par l’Hiérophante Pessina et mise en pratique en certains pays (notamment l’Argentine) ; ni la suppression de ses liturgies spiritualistes.

De tout temps, les « Arcanes » des quatre derniers degrés se sont transmis de façon régulière.

Peut-on dans une revue de vulgarisation destinée au monde profane, esquisser en ses grandes lignes un bref résumé de ce qui pourrait s’appeler : la philosophie de ce Rite ?

C’est là une œuvre nécessaire, car précisément Misraïm se distingue des autres Ordres maçonniques par la richesse de son enseignement ésotérique.

Un simple coup d’œil sur son organisation et sur son symbolisme suffit à définir son caractère.

1) Ses statuts authentiques — ceux de 1818 — montrent que cet Ordre est basé, non sur le nombre, mais sur la sélection ; non sur le vote de la masse, mais sur l’autorité de ses instructeurs. Le Grand-Maître, Souverain Grand Conservateur Général du Rite, Puissance Suprême, a tout pouvoir dogmatique et administratif au sein de l’Ordre. Il est son régent, ad vitam. Tout membre du 90e degré peut initier individuellement et sous sa propre responsabilité à tous les degrés successifs de l’Échelle du Rite. Au premier degré, un vote est exigé de l’atelier sur toute candidature de profane qui lui serait soumise, la majorité étant requise pour qu’une admission soit agréée.

Cette organisation est conforme aux traditions initiatiques. L’Hiérophante est le Père et l’instructeur de ses enfants spirituels. Il ne dépend pas d’eux, ce ne sont pas les enfants qui élisent leurs parents.

Ses collaborateurs directs, titulaires du dernier degré, ont le pouvoir d’initiation individuelle, en dehors de tout temple et de toute organisation. C’est là le précieux principe de l’Initiation Libre, qui a permis tant de diffusion à d’autres Fraternités initiatiques, telles que le Pythagorisme et le Martinisme.

2) Ses symboles particuliers ne manquent pas d’intérêt : on y retrouve : d’une part le Triangle rayonnant, d’autre part, Le secret des Pythagoriciens, ainsi que le double Carré — Matière-Esprit — tout emboîté les uns dans les autres.

Les trois mondes sont symbolisés par trois cercles concentriques. La Kabbale y est représentée par l’Échelle de Jacob et les tables de la Loi, le courant égypto-hellénique, par le dieu Bélier Amon et l’Olivier sacré.

3) Ses enseignements ne sont pas seulement un compendium traditionnel des Vérités de l’ésotérisme. Ils confèrent de véritables secrets et assurent un Lien vivant avec l’Invisible.

Le parallélisme entre certains passages des Arcana et les traditions du rituel de Cagliostro est étonnant : par exemple : « le 89e degré de Naples donne, dit Ragon, une explication détaillée des rapports de l’homme avec la Divinité, par la médiation des esprits célestes ». Et il ajoute : « Ce grade, le plus étonnant et le plus sublime de tous, exige la plus grande force d’esprit, la plus grande pureté de mœurs, et la foi la plus absolue (22). »

Écoutons maintenant Cagliostro : « Redoublez vos efforts pour vous purifier, non par des austérités, des privations ou des pénitences extérieures ; car ce n’est pas le corps qu’il s’agit de mortifier et de faire souffrir ; mais ce sont l’âme et le cœur qu’il faut rendre bons et purs, en chassant de votre intérieur tous les vices et en vous embrasant de la vertu.

II n’y a qu’un seul Être Suprême, un seul Dieu éternel. Il est l’Un, qu’il faut aimer et qu’il faut servir. Tous les êtres, soit spirituels soit immortels qui ont existé sont ses créatures, ses sujets, ses serviteurs, ses inférieurs.

Être Suprême et Souverain, nous vous supplions du plus profond de notre cœur, en vertu du pouvoir qu’il vous a plus d’accorder à notre initiateur, de nous permettre de faire usage et de jouir de la portion de grâce qu’il nous a transmise, en invoquant les sept anges qui sont aux pieds de votre trône et de les faire opérer sans enfreindre vos volontés et sans blesser notre innocence (23). »

Ces rituels tendent tous au même but : purifier les assistants ; les plonger dans une vivifiante ambiance spirituelle ; les mettre en relation et en résonance sur les plans supérieurs à la débilité humaine ; les charger des grâces d’En-Haut.

C’est là, au fond, reprendre tout ce que le vieux courant égypto-grec avait enseigné à ses prêtres : Apollon descendait à Delphes et inspirait la Pythie ; Amon-Ra descendait à Thèbes et animait son image ; l’Invisible touche le visible, dans une osmose ineffable.

Tel n’est-il pas le seul, l’immense, l’indicible effet de l’Initiation véritable ? Donner à la vie un sens. Mener l’initié à la communion avec le Cosmos. Le ramener à sa Patrie céleste. Et si les rites modernes n’ont pas la puissance et le rayonnement des liturgies antiques, ils ont cependant cet avantage précieux de nous mettre sur le chemin de la Vérité et de nous donner une joyeuse confiance en nos destins…

Jean Mallinger, Avocat à la Cour d’Appel de Bruxelles.

Les plus belles prières des Rites égyptiens

I. Invocation pour l’ouverture des travaux au premier degré

« Puissance Souveraine qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seule, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous te saluons !

Reçois, ô mon Dieu, l’hommage de notre amour, de notre admiration et de notre culte !

Nous nous prosternons devant les Lois éternelles de Ta Sagesse. Daigne diriger nos Travaux ; éclaire-les de Tes lumières ; dissipe les ténèbres qui voilent la Vérité et laisse-nous entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, dont Tu gouvernes le monde, afin que, devenus de plus en plus dignes de Toi, nous puissions célébrer en des hymnes sans fin l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. »

Extrait de : Le Sanctuaire de Memphis, par le F. E.-J. MARCONIS DE NEGRE, pages 62-63, Paris, Bruyer, 1849.

II. Prière de clôture des travaux au premier degré

« Dieu Souverain, qu’on invoque sous des noms divers et qui règnes seul, Tout-Puissant et immuable, Père de la Nature, Source de la Lumière, Loi suprême de l’Univers, nous Te saluons !

Pleins de reconnaissance pour Ta Bonté infinie, nous Te rendons mille actions de grâces, et au moment de suspendre nos travaux, qui n’ont d’autre but que la gloire de Ton Nom et le bien de l’humanité, nous Te supplions de veiller sans cesse sur Tes enfants.

Écarte de leurs yeux le voile fatal de l’inexpérience ; éclaire leur âme ; laisse-leur entrevoir quelques-uns des Plans Parfaits de cette Sagesse, avec laquelle Tu gouvernes le monde, afin que, dignes de Toi, nous puissions chanter avec des hymnes sans fin Tes ouvrages merveilleux et célébrer, en un chœur éternel, l’universelle Harmonie que Ta Présence imprime à la Nature. » Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Ton Nom, gloire à Tes Œuvres ! »

Id. : page 102.

III. Prière d’ouverture du Souverain Chapitre

« Seigneur, Père de Lumière et de Vérité, nos pensées et nos cœurs s’élèvent jusqu’au pied de Ton trône céleste, pour rendre hommage à Ta Majesté Suprême.

Nous Te remercions d’avoir rendu à nos vœux ardents Ta Parole vivifiante et régénératrice : Gloire à Toi !

Elle a fait luire la Lumière au milieu des ténèbres de notre intelligence : Gloire à Toi !

Accumule encore Tes dons sur nous et que, par la science et par l’amour, nous devenions aux yeux de l’univers, Tes parfaites images ! »

Id. : page 135

IV. Prière de clôture du Souverain Chapitre

« Dieu Souverain, Ta bonté paternelle nous appelle au repos. Reçois l’hommage de notre reconnaissance et de notre amour. Et pendant que le sommeil fermera nos paupières, que l’œil de l’âme, éclairé de Tes splendeurs, plonge de plus en plus dans les profondeurs de Tes divins Mystères ! »

Id. : page 137.

V. Prière sur un initié

« Mon Dieu, créez un cœur pur en lui et renouvelez l’esprit de Justice en ses entrailles ! Ne le rejetez point de devant Votre face ! Rendez-lui la joie de Votre assistance salutaire. Et fortifiez-le par un esprit, qui le fasse volontairement agir. Il apprendra Votre voie aux injustes ; et les impies se retourneront vers Vous… »

CAGLIOSTRO : « Rituel du 3e degré », page 65 (Éditions des Cahiers astrologiques, Nice 1948).

VI. Prière finale

« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, Ame de l’Univers, que Tu remplis de Ta gloire et de Tes bienfaits, nous adorons Ta Majesté Suprême ; nous nous inclinons devant Ta Sagesse Infinie, qui créa et qui conserve toutes choses.

Daigne, Etre des êtres, recevoir nos prières et l’hommage de notre amour ! Bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi !

Éclaire-les de Ta Lumière Divine. Qu’ils n’aient d’autre but que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l’Ordre et le bien de l’humanité.

Veuille unir les humains, que l’intérêt et les préjugés séparent les uns des autres ; écarte le bandeau de l’erreur, qui recouvre leurs yeux. Et que, ramené à la Vérité par la Philosophie, le genre humain ne présente plus devant Toi qu’un peuple de frères, qui T’offre de toutes parts un encens pur et digne de Toi ! »

Extrait de : Marc Bédarride : De l’Ordre Maçonnique de Misraïm, tome II, page 419, Paris, Bénard, 1845.

Notes :

1 Marc BEDARRIDE : « De l’Ordre Maçonnique de MISRAÏM, de son antiquité, de ses luttes et de ses progrès », Paris — Bénard, 1845 — en deux tomes.

2 Id. : Tome II, page 125.  Histoire répétée, par John YARKER dans son livre « The Arcane Schools », page 488, Ed. William Tait, Belfast, 1909.

3 VERNHES : « Défense de Misraïm et quelques aperçus sur les divers rites maçonniques en France », page 21, Paris, Imprimerie Constant-Champie, 1822.

4 J.-E. MARCONIS et E.-N. MOUTTET : « L’Hiérophante », page 6, Paris, 1839, chez Morel. E.-J. MARCONIS DE NEGRE : « Le Sanctuaire de Memphis », page 11, Paris, Bruyer, 1849. MARCONIS : « Le Soleil mystique », page 193, Paris, A. Goubaud, 1853.

5 « Le Temple mystique », page 7, Paris, octobre 1854.

6 Notamment : Reg. Gambier MAC BEAN : « Notes on the A. and P. Oriental Rite of Memphis », page 3, Palerme, 1927. Arthur WAITE : « A new encyclopaedia of Freemasonry », tome 2, p. 241, London, Rider, 1921.

7 cf. une version française des Crata Repoa dans la revue HIRAM, dirigée par le Dr PAPUS, fascicules 4 à 7 du 1er avril 1909 au  1er juillet 1909, Paris ; un résumé détaillé dans WAITE : « Encyclopaedia of Freemasonry », tome I, pages 218 à 225 ; et une réédition récente : « Freemasonry of the ancient Egyptians », par Manly HALL, The Philosophers Press, Los-Angelès, 1937. Une gravure sensationnelle, montrant l’initié passant par l’eau et par le feu à l’intérieur de la Grande Pyramide, avait d’autre part été publiée par Alexandre LENOIR (1761-1839) dans son livre : « La Franche Maçonnerie rendue à sa véritable origine », Paris, 1814. cf. cette gravure dans : Manly HALL, op. cit., page 81. Elle a paru dans l’ouvrage : « Histoire générale et particulière des religions et du culte de tous les peuples du monde », par le célèbre érudit Fr. H. DE LAULNAYE, tome I, Paris, Fournier, 1791 — il la reproduit d’après SETHOS dont la première édition date de 1728 (dessin de J.-M. MOREAU le jeune).

8 cf. dans Jean-Marie RAGON, Tuileur Général, Paris, Collignon, 1861, pages 250-252 : Compte rendu des tenues égyptiennes des 15 mai et 12 juin 1817. « Cette représentation fit fureur ; elle fit pâlir le symbolisme ordinaire, mais sa renommée fut par trop retentissante, tant l’admiration fut grande. »

9 LEVESQUE : Aperçu général et historique des   sectes maçonniques, page 105, Paris, 1821.

10 THORY : « Acta Latomorum », en deux tomes, pages 327-328, Paris, 1815.

11. Ibid.

12 RAGON : op. cit., pages 247 et 307, note I.

14 BRETEL, aîné : « Réponse à un libelle », page 7, publiée en août 1818.

15 RAGON : Tuileur 1856, page 307, note 1.

16 BEDARRIDE : « Histoire de Misraïm », tome 2, page 125.

17 WAITE : « Encyclopaedia of the Freemasonry », tome 2, page 75.

18 Sur CAGLIOSTRO, cf. « Vie de Joseph Balsamo, extraite de la procédure instruite contre lui à Rome en 1790 », Paris, éd.   Treuttel, 1791 ;   et : Dr Marc HAVEN : « Le Maître Inconnu, Cagliosto », Paris, Dorbon aîné, 1913 ; cf. aussi : « Rituel de la Maçonnerie Égyptienne », Nice, Ed. des Cahiers Astrologiques, 1947.

19 Oswald WIRTH l’a d’ailleurs précisé en 1931 de façon très claire : « Le penseur se fait lui-même : il est le fils de ses œuvres. La F. M. le sait, aussi évite-t-elle d’inculquer des dogmes. Contrairement à toutes les églises, elle ne se prétend point en possession de la Vérité. En Maçonnerie, on se borne à mettre en garde contre l’erreur, puis on exhorte chacun à chercher le Vrai, le Juste et le Beau » (« Le Livre de l’Apprenti », page 8, éd. Dorbon aîné)… Elle veut obliger ses adeptes à penser et ne propose, en conséquence son enseignement que voilé sous des allégories et des symboles… » (Id.)

Edmond GLOTON est tout aussi formel : « La F. M. est formée des éléments les plus disparates, tant au point de vue professions, confessions ou idéologies politiques ; les idées les plus contraires s’y affrontent, se confrontent, s’affirment, mais est-il possible de faire une synthèse de ces éléments disparates et de déterminer une moyenne ? Non, ce serait aller contre la Maçonnerie que de vouloir lui assigner une doctrine ; ce serait limiter son champ d’action. La F. M. ne mettant pas de limite à la recherche de la Vérité, ne peut avoir de doctrine. » (« Instr. Mac. du 1er degré », pages 96-97, 1934.

Le Dr Raymond CORBIN est plus affirmatif encore : « Nous avons vu que le symbole maçonnique n’est jamais, lui, figé dans une interprétation définitive et qu’il est au contraire toujours vivant, toujours nouveau et toujours rajeuni, renaissant peut-on dire, chaque fois qu’il est étudié et interprété par un nouvel initié. Il ne saurait donc être question entre la Maçonnerie et ses symboles des mêmes rapports que ceux que nous venons d’apercevoir entre les religions et leurs rites » (« Symboles initiatiques et mystères chrétiens », pages 111-112, 1929).

Et Edouard PLANTAGENET de conclure : « Nous l’avons dit, le maître maçon n’a pas plus à être un occultiste savant qu’un exégète subtil des mystères cosmogoniques. L’Initiation ne doit l’amener qu’à la pratique d’une vie supérieure, imprégnée de réel, de beauté, d’harmonie » (« Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu », page 41, Paris, 1931).

20 Cf. THORY : « Acta Latomorum », tome 2 ; cf. années 1818, 1819, 1821, 1822, 1836, où des exclusives, dénonciations, saisies eurent lieu en France et aux Pays-Bas. cf. l’intéressante étude parue en avril-mai 1935 dans le « Bulletin Mensuel des Ateliers Supérieurs du Suprême Conseil de France » — 8, rue Puteaux, Paris — numéros 4 et 5, sous la plume du F. Fernand CHAPUIS, sur l’histoire et les tribulations de la loge misraïmite de Besançon, en 1822. Il signale qu’en 1822, le rite avait en tout en France 73 ateliers de grades divers, notamment à Paris 7 loges et 15 Conseils.

21 cf. Rite Oriental de Misraïm ou d’Égypte — Fête d’ordre du 4 août 1889 — Paris — discours du F. Dr CHAILLOUX, Grand Secrétaire : « Mais vient l’instant où il lui est permis enfin de disposer de ses forces vives pour les mettre au service des idées de progrès ; cette institution est amenée par la force des choses à se transformer, à évoluer dans un sens progressif. Chez nous, la réorganisation a commencé par la refonte des rituels. Ces rituels ont été mis en harmonie, non seulement avec les principes maçonniques et démocratiques, mais avec les données scientifiques les plus modernes (pages 10-11). En supprimant complètement tout ce qui, de près ou de loin, pouvait rappeler le caractère si religieux de ce grade à son origine, la maçonnerie n’ayant et ne devant avoir rien de commun avec la religion… etc. (p. 12). Si on peut lire en notre Déclaration de principes imprimée en 1885 : Base fondamentale et immuable : l’existence de l’Être Suprême : l’immortalité de l’âme ; l’amour du prochain, on peut lire dans notre Constitution réformée : autonomie de la personne humaine, justice, altruisme (p. 13).

22 RAGON : Tuileur universel, page 307, 1856.

23 cf.   «Rituel de CAGLIOSTRO»,   pages 54,  55,   61,  62. L’enseignement de ce dernier est totalement étranger aux doctrines du Régime de Naples ; c’est celui inséré au 3e degré d’adoption de Cagliostro où il donne (cf. pages 140-142) les détails pratiques d’une opération, devant durer quarante jours et provoquer un rajeunissement complet de tous les organes physiques de l’adepte !   C’est là, évidemment, un symbole, que les gens crédules ont cru bon de prendre à la lettre : non seulement aucun d’eux n’a pu réussir cette cure « d’élixir de longue vie », mais Cagliostro lui-même a avoué un jour n’avoir jamais expérimenté ni réussi la méthode, dont il se faisait le propagandiste ! (cf.  Vie de Balsamo, page 206, 1791.)

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POURQUOI LES RELIGIONS DITES RÉVÉLÉES DISENT AMEN A LA FIN DE LEURS PRIÈRES ? 29 mars, 2014

Posté par hiram3330 dans : Contribution , 4 commentaires

POURQUOI LES RELIGIONS DITES RÉVÉLÉES DISENT AMEN A LA FIN DE LEURS PRIÈRES ?

amon

Les juifs prient et parlent de Yahvé Adonaï, mais terminent tous leurs prières et leurs invocations par AMEN

Les Chrétiens prient et parlent tout le temps de Yahvé, Elohim, el Shaddai, etc… Mais terminent tous leurs prières et leurs invocations par AMEN

Les Musulmans prient et parlent d’Allah mais terminent tous leurs prières et leurs invocations par AMEN(AMIN)

Il n’échappe a personne que toutes les religions dites révélées emploient ce terme AMEN comme acte de foi ou en guise de conclusion de leurs prières. Ce qui est intrigant, c’est que le même mot soit employé invariablement dans toutes ces religions.

Aussi Lorsqu’on demande aux adeptes des religions (judaïsme, christianisme islam) , religions dites révélées (prêtres, clergés, rabbins, imams, fideles et croyants, etc..) des explications sur le sens de ce mot, ils disent que ca signifie « ainsi soit-il »
Des fois ils disent officiellement que ca signifie « En vérité »
Des fois ils disent que ca veut dire « C’est ma foi »

Ces explications soulèvent un certain nombre de question a savoir :

Comment se fait-il que ce même mot AMEN soit employé dans ces religions ?
En quelles langues ce mot veut-il dire : « ainsi soit-il » ou « En vérité » ou « c’est ma foi » ?

Et comment un même mot peut-il avoir trois significations pour un même contexte (contexte des prières ou des invocations) ?

Tout ceci nous emmène a cette question : D’ou vient le terme AMEN utilisé par les adeptes des religions révélées (judaïsme, christianisme, islam) comme acte de foi ou en guise de conclusion de leurs prières ?

L’étude linguistique en hébreu (langue utilisée dans le judaïsme), en arabe (langue de l’islam) et des langues européennes (langues majoritairement utilisées dans le christianisme) montre que le terme AMEN ne signifie ni ainsi soit-il, ni en vérité, ni « c’est ma foi » dans aucune de ces langues. Inversement si vous prenez les termes « Ainsi soit-il », « en vérité » ou « c’est ma foi », vous verrez que ces termes ne renvoient pas a AMEN. Le terme AMEN comme invocation ou comme conclusion aux prières, ne signifie rien de ce qui disent les religions dites révélées, dans aucune de ces langues. C’est pourquoi lorsqu’on suit les religions dites révélées et leurs explications concernant ce mot, on arrive a rien de satisfaisant.

D’où vient le terme AMEN alors ?

La plus ancienne attestation de terme vient de la vallée du Nil (Civilisation pharaonique). Dans l’enseignement religieux de nos ancêtres de la vallée du Nil, ce terme (Amon, ou Amen) signifie le caché, et c’était le nom que Nos ancêtres de la vallée du Nil donnaient a Dieu, le Dieu unique. En effet pour nos ancêtres, le créateur est et constitue celui est au dessus de tout, ce que rien ne peut dépasser. Il est invisible (car personne ne la jamais vu), impénétrable, insondable (car personne n’a jamais pu le sonder), insaisissable, mystérieux pour nous car nous sommes bloqués par nos sens (ouïe, odorat, vue, etc.…) qui nous empêchent physiquement de le percevoir dans toute sa grandeur et sa totalité. Ainsi ils donnaient a Dieu le nom d’Amon ou Amen (nom qui signifie le caché), pour designer le fait que Dieu est invisible, insondable, etc.

si l’on prend par exemple (parmi les nombreux textes qui existent) le texte pharaonique de nos ancètres qui s’appelle Doua en Imen (Louange a Amon) on a :

« Unique est Amon qui est caché pour eux, (…) sans que l’on connaisse son véritable aspect ; »

Donc comme nous l’avions dit, pour nos ancêtres le créateur (Amon, Amen, Imen, Iman, Imana, Amani, Ameni, Ama Aman, Amun, etc..) est unique (monothéisme) et est caché, etc..

Ainsi lorsque nos ancêtres faisaient des prières, des invocations, ils remettaient ces prières et ces invocations à Amon ou Amen, le Dieu unique, le principe créateur de l’univers, la source cachée de toutes les bénédictions et de toute la création. Lorsqu’ils voulaient prendre le créateur à témoin de quelque chose ils utilisaient le terme Amon (Amen). Le nom divin Amon se trouvait aussi dans beaucoup de noms ou de titres de pharaons, qui portaient ce nom en guise de bénédiction sur eux même ou en guise de protection contre les mauvais esprits ou les forces du désordre et du mal (incarnées par Seth).

On le trouve par exemple dans le nom du pharaon TutankhAMON, qui s’écrit aussi TutankhAMEN.

Les pharaons AMENhotep I, AMENhotep II, AMENhotep III, AMENhotep IV (qui est devenu plus tard AKHENATON) portaient le nom divin dans leurs noms.

Le nom AMENHOTEP se compose de AMEN qui signifie AMON et de HOTEP qui signifie être en PAIX

Le nom AMENHOTEP se traduit par AMON (Dieu) EST EN PAIX OU AMON (Dieu) EST SATISFAIT.
Le terme AMEN renvoie (comme on peut le voir ici) directement au créateur

Amen (Amon) c’est ainsi que nos ancêtres de la vallée du Nil appelaient Dieu. Nos ancêtres invoquaient Dieu en l’appelant ainsi. Le terme AMEN est le terme qui servait appeler et a invoquer le Dieu unique créateur, principe de la création et a l’origine de toute choses.

Comment savons nous que c’est cette appellation de Dieu qui a été reprise copiée et plagiée par les religions dites révélées ?

Eh bien ce sont les religions révélées qui se trahissent eux-mêmes

Dans les autres livres et exégèses de la tradition rabbinique, notamment dans le Talmud (autre livre que la Thora important chez les juifs), les Rabbins expliquent que le terme AMEN comme étant d’abord un acronyme signifiant « Dieu, Roi en qui l’on place sa confiance ». Amen est ensuite défini comme l’origine de toutes les bénédictions qui arrivent sur Israël. Or, qui est l’origine de toutes les bénédictions et en qui l’on place sa confiance? N’est ce pas le créateur (Dieu) ?

Les traditions et exégèses des rabbins définissent AMEN comme une invocation a Dieu, un mot pour invoquer Dieu, et non comme un mot pour dire Ainsi soit-il, , etc..

Dans le cadre du christianisme, un indice sur Amen est donné dans le livre de l’apocalypse chapitre 3 verset 14 : « ainsi parle L’AMEN, le témoin fidèle et vrai, le principe de la création de Dieu ». AMEN est ici défini comme le principe à l’origine de la création et le témoin vrai et fidèle.
Or n’est ce pas Dieu le témoin fidèle et vrai qui voit tout ? N’est ce pas Dieu créateur qui est le principe à l’origine de la création de tout ?

Dans le cadre de la tradition de l’islam, qui reprend puis ferme la marche des religions révélées, le mot Amen (Amin) est utilisé pour se référer à Dieu, et intervient comme acte de foi envers Dieu pour demander a Dieu d’exaucer ou de répondre aux prières.

Donc le mot AMEN utilisé dans le cadre des religions révélées (judaïsme christianisme, islam) pour conclure les prières ou faire des invocations n’a dans le fond, rien a avoir avec « ainsi soit-il » ou « en vérité », ou « c’est ma foi », mais c’est un terme qui à l’origine était utilisé pour designer Dieu et l’appeler, exactement comme le faisaient nos ancêtres de la vallée du Nil.

Le terme AMEN des religions dites révélées à pour origine la vallée du Nil. Le terme AMEN est le nom que nos ancêtres utilisaient pour désigner le créateur et l’appeler depuis la nuit des temps.

Si ce terme se retrouve dans les religions révélées c’est simplement parce que le nom que nos ancêtres donnaient a Dieu (C’est-à-dire Amon, Amen) a été plagié et copié par les religions dites révélées. C’est pourquoi dans les religions dites révélées ce sont se réfère directement a Dieu, exactement comme dans l’enseignement religieux de nos ancêtres des bords du Nil.

Comme quoi les religions dites révélées disent que le nom de celui qu’ils prient c’est Yahvé, Elohim, Adonaï, Allah, jésus, etc., Mais le dernier mot de leurs prières, de leurs invocations de leurs aspirations revient a AMEN (AMON), c’est-à-dire le Dieu créateur tel qu’il était connu et adoré par nos ancêtres depuis la nuit des temps.

Quand vous priez, chaque fois que vous dites…… AMEN !!!!!!!! Vous invoquez sans le savoir AMON, le Dieu unique tel qu’il était connu par nos ancêtres depuis la nuit des temps.

A la fin de vos prières et de vos invocations, dites AMEN !!!!

Source : https://www.facebook.com/LaVeriteRetablieDansLaBible

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Cosmogonie mythique animiste en Afrique de l’ouest 3 août, 2013

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Cosmogonie mythique animiste en Afrique de l’ouest

Plan

-         Introduction (définition)

-         Cosmogonie mythique animiste en Afrique de l’ouest (Bénin – Togo)

·        Les cosmogonies animistes

·        Le Culte Vaudou (initiation au Vaudou et au FA)

·        Le Culte des ancêtres

·        Culte des rites funéraires

·        La sorcellerie

-         Conclusion

Lexique

Lègba : il est matérialisé par une motte de terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons ou au cœur des marchés. Il est censé apporter  protection, paix et prospérité, il peut également  punir.

 

Fétiches : objet auquel on attribue des vertus magiques

 

Animisme : c’est une doctrine visant à croire que tout élément de la nature est animé ou possède une vie

 

Panthéisme : doctrine de ceux qui identifient dieu et la nature « Dieu est dans tout »

 

Hêvieso : c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.

Sakpata : encore appelé la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.

Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter aussi sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.

EGu : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protège mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Segbo-Lisa : divinité de la pureté de la richesse – le père de tous les fétiches

 

Nana Buruku : La mère de tous les fétiches, immense et féconde

 

Couvent : temple

 

Paradigme : une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde

 

Anthropomorphique : caractère humain dans les objets et les animaux

 

Triumvirat : association de 3 hommes qui exercent un pouvoir ou une influence

 

Trimorphie : qui peut cristalliser dans 3 systèmes différents

 

Androgynie : est un être humain dont l’apparence ne permet pas de savoir à quel sexe ou genre il/elle appartient

 

La cosmogonie dans l’Afrique de l’Ouest

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Le terme cosmogonie signifie littéralement « naissance du monde ». C’est de ce mythe originel que découlent aujourd’hui la plupart des croyances qui régissent les sociétés africaines. Les mythes cosmogoniques et les grands récits sur la création qui se sont succédés à travers les époques, s’ils offrent une explication suffisante aux sociétés qui les ont fondées, ils en reflètent également la culture. Car si chaque société élabore sa compréhension de l’univers, elle le fait en fonction de ses spécificités et ses interrogations propres.

On peut trouver en Afrique de l’Ouest quatre types principaux d’explications cosmogoniques, correspondant à des groupes ethniques différents (les Ewe au Togo, les Fon au Bénin, les Youruba au Nigéria, les Dogon et les Bambara sont principalement au Mali, …etc.) :

1)    Pas de cosmogonie : le monde est donné, il a toujours été, il se réduit au ciel et à la terre.

2)    Conception panthéiste et pseudo-rationnaliste. Certains disent : le ciel repose sur la terre qui ne repose sur rien, le soleil est multiple, il en naît un chaque matin qui disparaît le soir même

3)    La genèse est sortie d’un néant primordial et du verbe préexistant, le monde fut formé en plusieurs temps

4)    Le monde est crée par un être transcendant, dieu personnalisé qui s’occupe de sa création

On remarque le rôle important que joue la parole comme agent créateur ; le monde est généralement  conçu comme limité dans l’espace et dans le temps, il a une forme (la calebasse chez les Yorouba, le grenier chez les Dogons) ; le ciel et la terre sont voisins, on peut passer de l’un à l’autre ; enfin autre idée répandue, le monde est inachevé, il y a d’autres mondes à venir et Dieu n’a pas terminé sa création.

Bref le sujet est très dense,  Notre palabre de ce soir portera sur quelques mythes du vaudou, du culte des ancêtres, du rite funéraire (Bénin – Togo), de la sorcellerie et de la cosmogonie animiste de la sous région sud du Togo et du Bénin.

1)    Les cosmogonies animistes sont basées sur les structures de la société humaine ; elles sont anthropomorphiques, connaissent le dualisme sexuel et les puissances androgynes, on y rencontre le principe d’autorité et la révolte ou désobéissance. Je vais vous présenter deux de ces mythes.

Premier mythe

Mawu (Dieu) créa Segbo-Lisa et Nana Buruku, puis Legba et Gu, ses messagers. Les deux premiers avaient pour mission de donner naissance aux autres dieux. Segbo-Lisa était un mâle, mais Nana Buruku n’avait pas de sexe. Ceux-ci ne pouvant procréer, Legba et Gu se mirent d’accord : Gu pour pratiquer l’incision génératrice du sexe féminin. Legba pour donner à l’acte sexuel son pouvoir de procréation.

Ainsi naquirent Sakpata, Hevieso, Tokpadun, et Dan. Mawu félicita ses messagers de leur initiative heureuse et leur fit une place d’honneur parmi toutes les divinités. A l’origine, ils habitaient la terre. Mais Tokpadun, la femme de Hevieso, était assidument courtisée par son frère Sakpata (la variole). Cette situation créa entre eux une rivalité que la vagabonde Dan (déesse du vent) s’employa à envenimer. Dans sa colère Hevieso se détacha de la terre pour aller se fixer au ciel. La voûte céleste telle qu’elle nous apparaît aujourd’hui, fut réalisée par Hevieso. Dan se fixa dès lors entre les deux rivaux, dans l’atmosphère, pour continuer à jouer son rôle perfide. La lutte se poursuit encore de nos jours. Lorsque Dan est du côté du terrible Hevieso, on la voit sous forme d’un serpent lumineux (l’éclair) encourageant le tonnerre ou la foudre à anéantir la terre. Quant, au contraire, Dan sert Sakpata, on la sent onduleuse et invisible dans le vent perfide qui empêche la pluie de tomber (Sakpata, la variole  ne règne en maître que par un temps très sec). Son amitié n’a d’ailleurs rien de durable. Souvent représentée sous la forme de serpent à deux cornes, Dan est l’inconstance même. Parfois, elle sert les deux rivaux à la fois, l’un contre l’autre. Sakpata courroucé par une trahison si souvent renouvelée la chasse ; c’est alors que, dans une course folle, haletante, éperdue, la vagabonde Dan va se cacher dans les eaux, dans les montagnes, dans les grands arbres, où la foudre non moins furieuse, l’atteint pour la  déloger de sa retraite. Segbo-Lisa, divinité de la pureté, de la richesse, possédant toutes les nuances de vêtements (mais préférant nettement la couleur blanche) est le père de tous les fétiches. Il habite la région orientale du ciel et il est symbolisé par un caméléon. Nana Buruku, immense et féconde, demeure dans la partie occidentale du ciel, c’est la mère de tous les fétiches.

Commentaire : Ce mythe, explique en outre par image la sexualisation, la procréation et l’inceste originels. Les convoitises sexuelles, sources de dissensions, même intra-familiales, servent de paradigme aux rivalités et trahisons humaines. Multiforme et perfide, le serpent peut apparaître partout, dans l’air, sur la terre, dans l’eau. Le rôle des forgerons dans les sacrifications rituelles s’exemplarise à travers l’action de EGu, le dieu de fer et des armes. L’exaltation de la virilité de Legba, gardien et fécondateur des foyers, s’amplifie par la valorisation de l’orient mâle, pur et riche, par rapport à l’occident représenté comme une femelle incomplète initialement mais devenue féconde. La labilité des tempéraments divins peut paraître justifier l’inconstance des idées et options humaines.

Second mythe

Au tout premier temps, Mawu Kokodabi (le Tout puissant – Dieu – GADLU) vivait en solitaire d’une existence monotone. L’idée lui vint de créer d’abord des esprits serviteurs réputés eux aussi pour leur force, puis les hommes pour l’adorer et reconnaître sa puissance. Ainsi sa vie aurait davantage de sens.

La vie battait son plein dans le monde peuplé du grand Fetome (l’univers). Tout le monde était heureux. Mais un jour que Mawu était en sommeil (endormi), trois esprits serviteurs complotèrent pour le tuer et devenir maîtres de la vie. Pris de remords et conseillé en rêve, le plus petit d’entre eux alla trouver Mawu pour lui annoncer leur sombre dessein. Arrivé à la grande porte, il vit Dieu qui, lui aussi averti en rêve attendait la venue des trois serviteurs. Dieu les fit amener de force à ses pieds et les écouta. Ils eurent le courage d’avouer leur conspiration, si bien que Dieu réduisit la punition qu’il leur avait initialement réservée. Ces trois serviteurs devraient mourir dans le Fetome (l’univers) et renaître en vue d’être envoyés sur terre où les hommes les attendraient, mais après leur renaissance, ils devraient subir une purification de six jours leur permettant de comprendre le langage des hommes qu’ils seraient appelés à diriger et à sauver du mal.

Si les hommes avaient eux aussi été renvoyés de Fetome vers la terre, c’est parce qu’ils avaient promis d’adorer les trois esprits, à condition que ceux-ci réussissent à éliminer Mawu qui, disaient-ils, les avaient créés faibles et imparfaits.

Lors de la seconde création, Vodu Sakpata, déesse de la terre, fut première à renaître et devint la doyenne du trio. Après elle,  vint Vodu Hevieso, dieu du ciel. Le dernier né fut Afa anagonu à qui fut attribuée l’atmosphère (Ahlime) entre le ciel et la terre. A leur grande surprise, ils s’aperçurent lors de leur renaissance qu’ils n’étaient plus esprits mais des Vodu, petits dieux méchants. Mawu leur avait attribué à chacun un domaine et un rôle. Tout en leur rappelant qu’ils étaient tenus de passer les six jours d’initiation auprès de lui avant d’entrer chez les hommes, il leur précisa qu’il y aurait dans le royaume des hommes, des trônes d’importance décroissante selon l’ordre d’arrivée.

Chacun des trois dieux ainsi recréés n’avait qu’une seule idée arrêtée : tout faire pour arriver le premier sur la terre et occuper le grand trône. C’est pourquoi, au lieu des six jours de purification prévus, Hevieso n’en fit que quatre et partit le cinquième pour occuper le grand trône. Constatant l’absence de Hevieso, Sakpata voulut occuper au moins la seconde place et partit au début du sixième jour. Afa Anagonou fut le seul à assister à la séance de clôture de cette période d’initiation et de purification. Aussi, Mawu louant son bon comportement lui fit un don précieux : celui de comprendre le langage des dieux et celui des hommes. Le septième jour comme prévu il se rendit sur terre.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu’au lieu des trois trônes il n’en trouva qu’un seul à propos duquel Hevieso et Sakpata s’épuisaient en querelles. Puisque les raisons qu’avançaient Hevieso, le dieu mâle, détenteur d’un pouvoir de commandement, n’arrivaient pas à convaincre la déesse Sakpata, arguant de son droit d’aînesse, toute tentative de trouver une issue était impossible. Pour Afa, il n’était pas question de se lancer dans des discussions sans promesse de la part des autres vodu, d’autant qu’il leur savait fermée la porte de Fetome(l’univers) en raison de leur désobéissance, et que Mawu ne leur dirait donc pas à qui devait revenir l’unique trône.

A bout de forces, les deux premiers arrivants ne savaient comment s’adresser aux hommes pour leur signaler leur faim et leur soif. Reconnaissant leur erreur, ils comprirent la nécessité de l’initiation et se trouvèrent obligés de demander l’aide d’Afa qui seul pouvait traduire aux hommes le message de l’arrivée des vodu et leur réclamer les nourritures sacrificielles qui les sauveraient du mal. Poussés par la faim et la soif, Hevieso et Sakpata durent accepter la condition posée par Afa : que celui-ci monte sur le trône pour présider ce triumvirat divin sur la terre. Lorsque Afa monta sur le trône avec un esprit d’humilité et de roi-serviteur, se dessina le premier arc en ciel, message des dieux aux hommes. Ceux-ci ne tardant pas à s’interroger sur le sens de ce signe, allèrent consulter l’oracle qui leur révéla la portée du message : l’arrivée du dieu-roi parmi eux et le début d’une ère nouvelle. Ils immolèrent donc des animaux en guise de présents accompagnés de boissons, en chantant et en dansant autour de la demeure des dieux. Ce jour-là, les trois dieux prirent ensemble leur premier repas dans la grande communauté des hommes.

Mais ne pouvant supporter plus longtemps cette vie en commun qui compromettait son prestige masculin, Hevieso engagea une lutte ouverte contre Sakpata pour venger le fait qu’elle l’avait empêché de monter sur le trône. Il voulait par là se classer en second après Afa, ce que la déesse ne pouvait tolérer puisqu’elle affirmait que si aujourd’hui les hommes ont un corps couvrant leurs os, c’est grâce à elle qui le leur avait modelé avec une partie d’elle-même qui est la terre, sur ordre du tout-puissant Mawu.

Ce malentendu oppose encore Sakpata à Hevieso et s’accompagne de rixes. Finalement Hevieso se retira au ciel à la recherche d’un point stratégique pouvant lui permettre d’attaquer avec ce grand fusil qu’est l’éclair. Sakpata resta sur terre auprès des hommes qu’elle avait modelés avec sa chair, mais elle manifeste son humeur par des épidémies de variole.

En présentant la création des êtres par un dieu tout-puissant mais devenu lointain et solitaire, ainsi que les péripéties de la genèse, ce mythe d’origine  fournit les justifications à l’ordre des pouvoirs, à l’ordre moral et à l’ordre cultuel

Dans l’ordre des puissances, la primauté est donnée aux esprits sur les hommes et au manipulateur du verbe sur les manipulateurs de la force. L’indivision du pouvoir représenté par l’unique Mawu et l’unique trône chez les hommes n’exclut pas une trimorphie :

1)      Le pouvoir de la force mâle et violente est celui d’Hevieso qui tue par la foudre,

2)      Sakpata représente le pouvoir génésique de la terre féconde et de la féminité, mais aussi le droit d’ainesse afférent à la priorité d’apparition de la  vie. L’homme vit en dépendance de la terre créée la première. C’est grâce aux fruits nourrissants de la terre que sa chair prend forme ;

3)      Le pouvoir du verbe se lit dans l’importance d’Afa Anagonou (d’origine nago) en tant qu’oracle révélateur des désirs des divinités, interprète des songes, détenteur du savoir  ésotérique transmis dans les initiations, messager-serviteur des autres dieux.

Quant à l’ordre moral, il est suggéré par les conséquences de la rébellion des esprits orgueilleux, avides de pouvoirs, et des hommes insatisfaits de leurs incomplétudes.

Le mythe justifie enfin l’ordre religieux parce qu’il explique l’acte fondateur du culte en situant les vodu dans leur rôle d’intermédiaires entre Mawu et les hommes, parce qu’il légitime les rites sacrificiels par la nécessité de faire vivre les dieux qui font vivre les hommes, tout en évoquant quelques éléments de la symbolique cultuelle : le chiffre trois (vodu et trônes), l’arc en ciel (Dan) unissant la terre et le ciel. Enfin et surtout se trouve sacralisée la pratique de l’initiation comportant mort et renaissance avec apprentissage d’un langage de communication entre le visible et l’invisible.

 

2)    Le Culte Vaudou

En termes de statistique, le christianisme (catholiques, protestants sans parler des nombreuses églises évangéliques, célestes) représente 70% et l’islam 30%, des chiffres qui ne signifient pas grand-chose dans la mesure où l’on peut très bien être à la fois chrétien ou musulman et pratiquer effectivement le culte de ses ancêtres « le Vaudou ».

Le vaudou est un culte religieux ancien et une tradition philosophique originaire de la « côte des Esclaves » d’Afrique occidentale.

Avec la traite des esclaves, au 17eme siècle ce culte s’est propagé jusqu’aux Caraïbes ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud où il s’est mêlé au catholicisme et à d’autres traditions religieuses.

Aujourd’hui, il est encore pratiqué  d’abord en Afrique parmi les Fon au Bénin, les Yoruba au Nigéria et les Ewe au Togo dans le golfe du Bénin.

La cosmogonie vaudou est organisée autour d’esprits et de figures d’essence divine selon une hiérarchie allant des divinités majeures qui régissent la société et les forces de la nature, aux esprits des ruisseaux, des arbres et des rochers.

Les cérémonies se déroulent dans des couvents ou dans des temples avec un rituel spécifique à chaque divinité. Par exemple : les Mami water (la déesse de la mer), les Egu (dieu du fer qui porte une épée comme attribut et symbolise la guerre, le travail) ou encore Hevieso, famille d’esprit représentant le tonnerre, les zangbéto symbolisent les gardiens ou policiers de la nuit.

Les adeptes exécutent des danses au rythme des tambours qui débouchent sur des transes. Des sacrifices d’animaux (bœufs, moutons, coq ou poules, …) sont offerts au vodun pour  s’en concilier les faveurs. Des prêtres (Voduno ou hunon), se chargent de l’interprétation des messages des adeptes en transe.

Chaque ethnie, village, famille honore son propre Vodun.

Le « Fa » prédit et révèle aux individus le Vodun qu’ils doivent honorer ainsi que les rites appropriés pour obtenir ses faveurs ou apaiser ses colères.

Les cérémonies d’initiation au vaudou se décomposent comme suit :

-         L’isolement du postulant

-         Sa réception

-         Sa formation au couvent

-         Sa sortie

 

Isolement

Le jour fixé pour l’entrée au couvent, le postulant quitte à la tombée de la nuit sa maison en courant, sans regarder en arrière et sans répondre à aucune salutation. Il entre en trombe au couvent et y tombe face contre terre.

Quelques minutes après,  on l’arrose de l’eau du vaudou et on lui montre un réduit séparé du dortoir des novices ; il y dormira jusqu’au jour de sa réception.

Réception

Les cérémonies de réception ont lieu le 7ème jour de l’entrée du postulant au couvent. Ce jour, il est conduit devant l’entrée du sanctuaire où se trouvent les symboles du vaudou ; on compte jusqu’à 7 avant de lui en faire franchir le seuil. Il s’y lave entièrement et subit une tonsure complète de la tête. Il reçoit ensuite un pagne souillé d’huile rouge puis un cordon blanc de coton qu’il porte en collier, symbolise le lien qui l’attache désormais au vaudou. Avant de remettre ces différents objets, l’officiant compte jusqu’à 7 comme précédemment. Pour marquer la métamorphose du néophyte désormais intégré au monde des novices, on lui donnera un nouveau nom qu’il portera toute sa vie et ceux qui ignorent ce nom l’appelleront vaudou.

Formation au couvent

Les novices demeurent reclus à l’intérieur du couvent 4 à 7mois, période au cours de laquelle ils font l’apprentissage d’une vie nouvelle en se consacrant à des exercices de piété, à l’inculcation d’un code moral et culturel fait de discrétion, serviabilité, honnêteté, politesse, à l’exécution de chants et danses sous la direction d’un instructeur, à l’étude de la langue vaudou.

Les novices procèdent aussi sous la direction d’anciens initiés à la fabrication de nattes, de cordes, de paniers, de corbeilles, de chapeaux de paille, etc…

Ces objets fabriqués seront vendus au marché et les fonds collectés forment un bien commun qui servira à couvrir les dépenses qu’impliquent les sacrifices et les fêtes rituelles.

Sortie

La sortie du couvent donne lieu à des cérémonies à l’intérieur comme à l’extérieur : l’énumération des interdits par exemple. Cette cérémonie qui se déroule à l’intérieur du couvent consiste, pour chaque interdit formulé, à déposer un brin de paille sèche dans un pot d’eau. On bande les yeux des novices et on leur fait boire de cette eau, tandis que les anciens  initiés crient : « Malheur à toi, si tu transgresses l’interdit. »

Les bandeaux sont enlevés et la cérémonie se poursuit par la présentation des symboles du vaudou à chaque novice :

1)    L’officiant montre une paire de tenailles, en pinçant la langue du novice et dit : « si tu révèles ce que tu as vu ici le fétiche t’arracheras la langue » ;

2)    Il prend une hachette, la promène au-dessus de la tête du novice et dit : « si tu racontes ce que tu as vu ici, le fétiche te fendra la tête » ;

3)    Il saisit un morceau de fer tordu comme un serpent et symbolisant la foudre. L’agite sous les yeux de chaque novice et  dit : « si dévoiles ce que tu as vu ici. Le tonnerre te foudroiera » ;

4)    Il prend 7 bouts de bois  les montre et dit :  « si tu révèles ce que tu as vu ici, le fétiche te tuera en frappant ton dos de ces morceaux de bois » ;

5)    Si tu dis que le fétiche n’est que tenaille, hachette, fer tordu et bouts de bois et qu’il n’a aucune puissance, « il te tuera ».

Après ces ultimes recommandations tous les novices s’agenouillent frappant des mains pour remercier leurs instructeurs et se déchargent de leur terreur et de leurs peines précédentes par des bruyants éclats de rire.

Les cérémonies à l’extérieur du couvent sont la plupart du temps, l’exécution des danses apprises.

Initiation au FA

Le FA est un art divinatoire qui traduit aux hommes le passé, le présent et le futur  (la géomancie).

Pour être admis à l’initiation du FA qui est conférée  dans le bois sacré FA-ZU, un devin ou Bokono d’Abomey (prêtre) est interrogé sur l’âge requis. Il répond en ces termes : « il faut, pour se rendre dans la forêt sacrée, n’être ni trop jeune ni trop vieux. A quoi bon aller au FA-ZU se faire révéler le secret de la vie si l’on est déjà près de la mort ? Ceux qui y vont sont les hommes jeunes à l’aube de leur vie, ceux qui ont atteint ou dépassé la puberté, et peuvent tenir dans leur main les 18 noix de FA sans les laisser échapper ».

Lorsque le postulant a réuni les objets prescrits : (animaux, volailles, couteau, houe, tissu, boissons,… etc), il se rend chez le Bokono (prêtre) où il les dépose.

Des prières sont dites pour tous ceux qui doivent participer à la cérémonie. On donne ensuite au néophyte de l’eau à boire. Le départ pour le bois sacré a lieu le même soir. Il faut préciser que lorsque la déforestation oblige le Bokono à organiser la cérémonie dans sa propre maison, le couteau demandé au candidat permet de simuler la pénétration dans une forêt dense où l’on doit se frayer un chemin au coupe-coupe.

En cours de route, le candidat n’a pour tout vêtement qu’un pagne usagé, noué autour des reins, reçoit d’un assistant du Bokono un certain nombre de bourrades. A l’un des bouts de son pagne, est nouée une modique somme d’argent censée représenter toute sa fortune. Le candidat insiste ainsi sur sa pauvreté au moment où il n’est pas encore éclairé par  « FA ».

A l’approche de la forêt, on l’interpelle :

-         « Où vas-tu ? »

-         « Je vais connaître ma vie, je veux voir mon signe de FA est sa réponse. »

-         « On entre pas ici dans la forêt de FA. Donne de l’argent avant d’entrer », poursuit celui qui l’a interpellé. Le candidat donne quelques sous et poursuit son chemin.

Un deuxième assistant de Bokono l’arrête quelques minutes plus tard dans les mêmes conditions que le premier.

En fin de trajet, un troisième assistant lui pose les questions suivantes :

-         As-tu fait tout ce que tu devais faire avant de venir ici ?

-         As-tu été au marché pour offrir de bonnes choses à ton Bokono ?

-         As-tu labouré son champ ?

-         As-tu fabriqué ou porté son hamac ?

-         Lui as-tu offert un mouton  à cornes ?

-         Lui as-tu offert une mouche à cornes ?

-         Lui as-tu offert un cheval à cornes ?

-          

Le candidat répond par l’affirmative à toutes les questions dont les dernières évoquent l’effort surnaturel qu’il doit accomplir pour transformer sa vie.

Les interpellations sur le chemin du bois sacré symbolisent les difficultés de l’existence et la nécessité d’acquérir et de dépenser des richesses avant de s’élever socialement.

Le candidat entre dans l’enceinte sacrée, un panier contenant les volailles demandées par le devin, sur la tête. Une fois le panier retiré, on lui bande les yeux.

Des sacrifices sont effectués et on allume un feu dont la fumée, s’élevant vers le ciel, est censé porter les paroles, les pensées, les vœux des humains vers Mawu (Dieu) car la révélation des choses cachées relève de lui seul.

Quelques instants plus tard. Le bandeau lui est enlevé ; il découvre un petit tableau sur lequel figurent les indices des seize signes majeurs de FA. Le Bokono les énumère dans l’ordre, où ils se trouvent :

GBE-MEJI

Puis il continue en ces termes : voir ce tableau c’est voir FA en pleine lumière. Seuls les initiés peuvent le contempler et accéder à la connaissance des mystères qu’il renferme. Il est demandé au candidat d’élever un petit monticule de terre et de s’y installer. Le Bokono dépose dans la concavité de fer de houe les noix de FA (noix de palme) qu’il a apportées et les verse de là entre les mains du candidat. La houe est l’instrument avec lequel on creuse les tombes et qui ouvre aux morts le domaine de l’au-delà ; l’initiateur par son geste, réconcilie le candidat avec la houe, c’est-à-dire avec la mort et l’inconnaissable. Les noix de FA représentant la vie, la mort, par l’intermédiaire de l’initiateur et par la grâce de FA se transforme en vie.

La houe, instrument de travail, est aussi un symbole de richesse.

Au milieu des chants de l’assistance, le candidat sur l’invitation de l’initiateur porte les noix à son front et à son cœur, les élève vers son maître et vers les quatre points cardinaux puis les repose dans le fer de houe. Ces gestes sont répétés trois fois. Lorsque les noix sont versées pour la troisième fois dans les mains du candidat, on lui apprend comment les manipuler pour obtenir, découvrir son signe de FA.

Quand le signe de FA est trouvé, les sacrifices exigés sur place sont immédiatement effectués et l’assistance quitte la forêt ou FA-ZU.

Le lendemain, l’initié, le corps marqué de taches blanches, noires et rouges se rend en brousse avec son maître, un assistant et le tableau où les signes majeurs de FA sont inscrits. Un trou est creusé ; le tableau y est déposé et l’initié s’y installe. L’assistant lui rase la tête, lui coupe les ongles, lui lave le corps à l’éponge et au savon puis lance dans le trou le pagne usagé qu’avait porté l’initié ; le trou est fermé.

Habillé de blanc, l’initié revient à la maison de son maître où il se passe le haut de la tête à la craie blanche et fixe sur son front une parure faite avec du fil de couleurs blanches et noires et des plumes de perroquets.

Trois jours plus tard a lieu la recherche du signe de FA complémentaire (Agbassa) ; il correspond en astrologie au signe ascendant.

Les cérémonies se terminent par l’interprétation des deux signes trouvés.

Cette initiation n’est que la première étape d’un long parcours. L’initié pourra accéder par la suite, à des degrés plus élevés s’il en est jugé digne et s’il dispose des moyens financiers nécessaires.

Le système de divination fa a été ajouté en 2005 par l’UNESCO à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

(Extrait de la rencontre humaniste et fraternelle africaine et malgache « Refrahm » en février 1999 à Lomé-Togo)

3)   Le culte des Ancêtres

La croyance de base en Afrique noire est l’Animisme qui reconnaît l’existence d’une force vitale dans les êtres naturels, que ce soit l’homme, l’animal, un arbre ou une rivière.

Le poète sénégalais Birago Diop nous parle de

(1)       La présence des défunts

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis;

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire,

Ils sont dans l’ombre qui s’épaissit…

Les morts ne sont pas morts;  

Ils sont dans l’ombre qui frémit;

Ils sont dans le bois qui gémit;

Ils sont dans l’eau qui coule;

Ils sont dans l’eau qui dort;

Ils sont dans la case; ils sont dans la foule…

Les morts ne sont pas morts… »[1][1]

Selon lui, pour la majorité des africains, la mort ne semble pas constituer « la négation de la vie, mais plutôt une mutation ».[2][2] Les morts ne sont pas vivants, certes, mais ils continuent d’exister sous forme de forces spirituelles et sont en interaction avec les vivants. En Afrique, « nous sommes dans des sociétés qui ne considèrent pas qu’il y a une frontière entre le monde visible et le monde invisible qui, l’un comme l’autre, participent du monde réel ».[3][3] Le monde des défunts, des dieux, des esprits et des génies – l’au-delà – est le corollaire du monde des vivants – l’ici-bas – deux mondes distincts, mais tous deux concrets.

On s’adresse aussi aux ancêtres qui « voient dans l’obscurité » par l’intermédiaire d’un géomancien pour connaître le passé et l’avenir, savoir ce qui peut arriver de la part d’ennemis vivants ou morts, demander la cause d’un fléau actuel, déceler le sorcier qui provoque la mort d’une personne de la famille. S’il apparaît qu’un malade a offensé les ancêtres, le Bokono (prêtre) impose des sacrifices d’expiation. Porte-parole de l’au-delà, Fa (fétiche), aux décisions incontestables, est bien le plus fréquent transmetteur de la volonté des ancêtres et des vodu aux vivants.

Quelques anecdotes au sujet de cette présence des morts :

-         Pour ne pas gêner les morts pendant la nuit, on s’abstient de siffler, de balayer la maison, de piler dans un mortier. Si on doit jeter de l’eau sale ou de l’eau chaude, on les avertit d’abord en disant : « Agoo»  (attention, excusez) pour qu’ils s’écartent.

-         De jour, il n’est pas normal de manger de la nourriture cuite  sans en avoir déposé par terre quelques miettes dont on pense que les morts en consomment la substance, ni de boire, même de l’eau, sans en verser quelques gouttes à leur intention.

-          Le contenu d’un verre qui se renverse par terre signifie que les ancêtres ont soif, et l’ont pris de force.

-        

4)   Le rite funéraire :

Les rites funéraires seraient destinés à assurer le passage et l’intégration d’un mort dans la communauté de l’au-delà.

Du 4ème au 9ème jour après un décès selon les clans une libation qui consiste à verser de l’eau par terre et souvent précède d’une journée les funérailles proprement dites. Elle est faite au nom de la famille rassemblée devant la porte d’entrée du domicile du défunt, pour que son âme, quittant la terre, puisse entreprendre en paix le voyage vers l’au-delà. On pense en effet que le mort doit traverser le fleuve et verser un péage au piroguier (à cet effet de l’argent est déposé dans sa tombe), pour se rendre au séjour des ancêtres.

Le fait d’offrir des libations vise à faciliter la mutation du défunt, et  exprime le souhait d’un séjour heureux. Pour la cérémonie, sont nécessaires les ingrédients suivants : farine de maïs délayée dans de l’eau, vin de palme, bière de maïs, aujourd’hui on requiert les boissons sucrées et alcoolisées (limonade, bière, rhum, schnaps et du whisky par exemple)

Une part destinée aux ancêtres est versée sur le sol au cours de l’invocation suivante et le reste bu par les personnes présentes.

Cette prière est prononcée par le responsable de la famille : « Ancêtres, je vous appelle (3 fois). Je vous demande de venir  vers nous et de prêter l’oreille au message que la communauté m’a chargé de vous  transmettre ». L’officiant cite alors tous les ancêtres illustres de la famille. La litanie étant longue, il est aidé dans l’établissement de la liste par ceux qui sont autour de lui. Il poursuit : « Togbui Y (c’est le plus ancien dans la lignée), venez recevoir ce message pour tous les frères et sœurs qui sont avec vous. Votre fils A, après plusieurs semaines de maladie vient de nous quitter pour vous rejoindre. Sa mort nous a beaucoup peinés, mais comme nous savons qu’il sera avec vous dans notre demeure commune, nous sommes moins inquiets pour lui. Nous vous demandons de l’accueillir fraternellement parmi vous. Les boissons que nous vous offrons ce matin sont destinées à vous rappeler tous vos devoirs envers le défunt et envers nous qui continuons de garder tout ce qui vous était cher dans cette vie. »

Remarque : Un défunt non satisfait de son inhumation ou de l’organisation de ses funérailles pourrait revenir hanter les lieux qu’il connaît et tourmenter sa famille jusqu’à ce que des sacrifices réparent les maladresses commises et assurent son repos dans le pays des morts synonyme de la demeure des ancêtres.

5)   Sorcellerie

On ne peut pas parler de Vodou sans parler de sorcellerie. Mais ne confondons pas sorcier et magicien.

Le magicien est souvent un guérisseur, il emploie en même temps les plantes curatives et les formules magiques ; sa thérapie est efficace car la pharmacopée africaine est riche en produits actifs. Lorsque les drogues ne font pas d’effet, les procédés magiques prennent le relais, et souvent avec succès, car le malade guérit quand il croit qu’il va guérir : le pouvoir du guérisseur réside dans la confiance du patient en son pouvoir. (On pense que ce pouvoir surnaturel du guérisseur lui vient des ancêtres, et que le même homme est à la fois médecin et magicien).

La Sorcellerie n’est pas une technique comme la magie, c’est un état : le Sorcier est un monstre psychique, conscient ou non de son pouvoir surnaturel et maléfique ; sa nature secrète agit en son insu, parfois contre sa volonté. Le sorcier inconscient de son état comme le docteur Jekyll, ne l’apprend que par les accusations publiques ; n’importe qui peut être accusé de sorcellerie et celui qui est l’objet d’une telle dénonciation, ne met pas en doute l’existence de la sorcellerie en laquelle il croit, il est seulement atterré en apprenant son malheur. Puisque le sorcier fait le mal à l’insu de son moi conscient, il ne lui vient pas à l’idée de se tenir pour innocent ou de nier.

Il existe plusieurs sortes de sorciers ; le plus fréquent est le « mangeur d’âme » ; ce sorcier est affligé d’un double doué de pouvoirs surnaturels. Ce double peut quitter le corps pendant la nuit, parfois le jour, et commettre des crimes dans le monde invisible, s’emparer du double des autres hommes, les « tuer », les manger, leur voler leur force vitale, etc. il peut aussi « manger » la substance interne des semences ou des récoltes sans que leur aspect extérieur ne soit modifié. Il agit presque toujours au sein de sa famille et fait périr ses proches. Cette idée horrible n’est-elle pas justifiée par la haine de famille d’autant plus violente que l’individu qui en est la victime, ou l’agent, est plus traumatisé par ce renversement des valeurs sociales ?

Conclusion

Les récits de la cosmogonie africaine, ont eu de nombreuses influences notamment au niveau de l’esclavage et de la colonisation. Le christianisme a été importé et imposé par les maîtres et les colonisateurs aux africains.

La place de la cosmogonie dans la conscience africaine et le rôle (social, culturel, d’éthique,…) qu’elle joue dans la vie de tous les jours sont importants.

Les religions coutumières font partie du patrimoine culturel national et organisent en conséquence des festivals régionaux dont le plus célèbre est  celui qui depuis février 1993 fait de Ouidah (Bénin) la capitale du Vaudou.

Chaque année une rencontre mondiale (Brésiliens, Haïtiens, Antillais,….) est organisée pour les vaudouistes du monde afin qu’ils puissent se ressourcer dans leur bastion.

Nous pouvons voir à travers la cosmogonie africaine, l’expérience du sacré, tel que l’affirme Emile DURKHEIM en disant que tout est religieux, c’est-à-dire que toute société repose sur des croyances et des représentations collectives.

La notion judéo-chrétienne de péché n’existe pas, mieux vaudrait parler de transgression d’interdits. La maladie, la sécheresse, la faim sont toujours ressenties dans l’esprit des animistes comme les conséquences d’une faute grave commises à l’égard des ancêtres.

Le champ du vodou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.

A la rédaction de ce morceau d’architecture, j’ai été frappé par de nombreux chiffres, références….présents dans beaucoup de sociétés initiatiques dont la nôtre :

ü L’isolement du postulant et les épreuves qu’il doit subir

ü Les purifications par les éléments, et en premier lieu par la terre en période d’isolement, ce qui nous fait penser à notre cabinet de réflexion

ü Les yeux bandés lors des épreuves et le bandeau qui est retiré afin de permettre la présentation de symboles au novice

ü Les cérémonies de réception intégrant le récipiendaire au sein du groupe

ü Les voyages

ü Le pagne au lieu du tablier et le cordon blanc de coton autour du cou qui symbolisent le lien avec les autres membres du groupe

ü L’interdiction de révéler aux profanes ce que le récipiendaire a vécu

ü Les chiffres 3 et 7 omniprésents

ü Les cycles de vie – mort – renaissance spirituelles

ü Les 3 adeptes qui trahissent leur maitre et conspirent contre lui

ü Le monticule de terre faisant penser à notre tertre

ü ….

Et pour nos FF ayant reçu des degrés supérieurs sur lesquels je ne m’étendrai pas : un nouveau nom qui est donné, l’importance de la houe,  du front et du cœur, …….

Enfin, personnellement, n’étant pas pratiquant,  je respecte le culte du vaudou car il fait partie de ma culture.

Il faut dire que d’après la tradition, rendre visite à un membre de sa famille (tante, oncle, grand oncle etc…) dans un village amène à participer à une cérémonie d’accueil, de respecter les consignes, les tabous par exemple se déchausser avant de rentrer dans la maison, boire de l’eau offerte dans une calebasse, et verser quelques gouttes par terre, et à écouter, ce qu’on appelle la bénédiction des ancêtres.

Bref ces cultes animistes font partie de toute l’enfance d’un petit enfant d’Afrique de l’Ouest, et intégré dans l’inconscient collectif…. À tel point que vous ne devrez pas être étonnés, si un jour en salle humide un verre est renversé, m’entendre dire : «  Les ancêtres ont soif » !

J’ai dit

Bibliographie

-          1er mythe est un extrait  de Garnier et Fralon dans « le fétichisme en Afrique noire et très influencé par la tradition Fon, a cours chez les Gen » et a été puisé, semble-t-il, dans un texte rédigé en 1934 par Fio Agbano II, Roi de Glidji.

-          2ème mythe est chanté lors des initiations à Afa, et explique les relations respectives entre Mawu, Hevieso, Sakpata et Afa. Informateur (Agbé Kékéli Dovi)

-          « Animismes » (Les Religions Païennes de l’Afrique de l’Ouest) – J.C. FROELICH – « Ed. De L’Orante, Paris VIIe »

-          Rites et Secrets du Vaudou – Amar HAMDANI – « Ed. Magellan  1994» collection Frontières de l’étrange

-         Anthropologie Religieuse de EWE du Togo – Claude Rivière – professeur à la Sorbonne « Les nouvelles éditions africaine » 1968

-         Extrait de la rencontre maçonnique africaine (REFRAHM) au Togo – Février 2005


[1][1] Birago DIOP, « Sarzan » dans Les Contes d’Amadou Koumba, Paris: Présence africaine, 1961, 191 p., p. 180.

[2][2] Louis-Vincent THOMAS, Cinq essais sur la mort africaine, Dakar: Université de Dakar, 1968, 501 p., pp. 216-217.

[3][3] Etienne LE ROY, Le jeu des lois, Paris: LGDJ, coll. Droit et société, 1999, 415 p., p. 241.

Source : http://sog1.free.fr/index.htm Bibliothèque du Suprême Conseil REAA du GODF

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Le diable et le satanisme expliqués aux Francs-Maçons 14 juillet, 2013

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
Lundi 17 juin 2013
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Le 1er principe de la règle en douze points de la Franc Maçonnerie régulière stipule que le premier devoir du Franc Maçon est la croyance en Dieu, un Dieu révélé par les Saintes Ecritures. Or l’adage populaire dit :  » Qui croit en Dieu croit au diable « , et les Saintes Ecritures regorgent aussi d’allusions à celui qu’on appelle couramment Satan comme ennemi de Dieu ou des hommes, les conceptions varient selon les religions.

Nous, Francs Maçons, nous nous voulons croyants en un Dieu bon et généreux d’une part et hommes de vertu d’autre part, mais sommes-nous pour autant des pourfendeurs de vices, des Torquémada en tablier ? Les Frères, eux, ont pour but l’amélioration personnelle en éradiquant le vice dans le but de pouvoir ensuite transpirer cette amélioration pour tenter d’améliorer un peu – Un tout petit peu – l’humanité, si tant est que ce soit possible… Mais la question de l’origine des vices n’est pas posée.

La définition de la vertu dans le rituel d’initiation selon le Guide des Maçon, notre rituel, est  » Une disposition qui porte à faire le bien « . Or parmi les 7 vertus principales de la religions judéo-chrétienne on trouve 3 vertus théologales, c.a.d qui ont Dieu pour objet. Pour mémoire : La foi, l’espérance et la charité. Donc, par conséquent, si on considère, comme le dit le même rituel d’initiation, que le vice est  » l’opposé de la vertu « , alors faut-il en déduire que certains vices auraient pour objet l’opposé de Dieu : le diable ?

Mais alors qui est ce diable, ce Satan, à qui les chrétiens attribuent tous les malheurs du monde ? Qu’est-ce que le satanisme ? En quoi cela consiste-t-il ? Quelle est sont origine ?


L’apparition de Satan tel que nous le connaissons aujourd’hui date du nouveau testament dans lequel il est pour le moins omniprésent. Ainsi St Marc dans son évangile raconte que les pharisiens et Jésus s’accusent mutuellement d’être les agents du Diable :  » C’est par le chef des démons qu’il chasse les démons  » disent les scribes à qui Jésus rétorque  » Comment Satan peut-il chasser Satan ?  » (Marc 3 – 22 & 23). Dans la même optique, Luc et Matthieu font de la tentation dans le désert l’épisode clef de la vie du christ :  » Alors Jésus fut conduit par l’esprit au désert pour être tenté par le Diable  » (Matthieu 4-1).

Soit, mais le problème est que ce  » Satan « , ce diable, ne nous a jamais été présenté. L’ancien Testament nous avait laissé l’image d’un Satan plutôt discret, accusateur certes,  » empêcheur de tourner en rond  » pourrait-on dire, mais nullement puissance du mal. Le peuple hébraïque ignore d’ailleurs le diable qui est totalement absent de l’ancien testament.

Pourquoi ? Parce que Yahvhé, Dieu unique, est loin d’incarner le bien absolu. Il ressemble en cela à ces prédécesseurs car ambivalent, il peut faire beaucoup de bien comme beaucoup de mal : Il lutte sans raison apparente contre Jacob, il tente même d’assassiner Moïse (Exode 4 – 24 & 25). Ce n’est que vers le 7e siècle avant notre ère que les prophètes font des tentatives pour dissocier le mal de Dieu. La solution adoptée est celle d’êtres spirituels bras droit de Dieu à qui ce dernier confierait les tâches ingrates, ces mêmes serviteurs ayant parfois une tendance à faire du zèle, au grand dam de l’Eternel qui, tout parfait qu’il soit, semble avoir du mal à contrôler les ardeurs de ses subordonnés. Ces serviteurs sont appelés des satans, de la racine hébraïque  » stn  » qui signifie  » adversaire  » ou  » celui qui met obstacle « . Signalons d’ailleurs que le mot diable vient du grec  » diabolos  » ou du latin  » diabolus « , c.a.d  » Calomniateur « . Entre l’accusation et la calomnie, la frontière est ténue et elle est vite franchie… Le satan est donc un employé de Dieu qui n’agit qu’avec la permission de celui-ci pour accomplir les basses œuvres et jouer le rôle d’accusateur voire de procureur. C’est donc un satan qui met Job à l’épreuve en lui envoyant des calamités (Job, 1 – 6 à 12, 2 – 4 à 7). Et c’est encore un satan qui, dans le vision de Zacharie (Zacharie 3 – 1), tient de procureur dans le procès de Josué. Dans ce tribunal le satan est d’ailleurs assis à la droite de Dieu.

L’exemple le plus criant de cette dissociation de Dieu et de ses second couteaux est consigné dans le livre de Samuel (24 – 75 & 76) où il est écrit :  » Le seigneur envoya donc la peste en Israël depuis ce matin là jusqu’au temps fixé, et il mourut parmi le peuple, de Dan à Beer-Sheva, 70 000 hommes. L’ange étendit son bras vers Jérusalem pour la détruire mais le seigneur renonça à sévir et dit à l’ange qui exterminait le peuple :  » Assez maintenant, relâche ton bras « .  »

Peu à peu, insensiblement, le satan de l’ancien testament devient autonome par rapport à Dieu. A ce point que, lorsque l’église catholique arrive au pouvoir vers le 4e siècle, celle-ci cherche à laver Dieu de toute intention maligne. Le mal est alors reporté sur Satan qui devient indépendant et à qui on peut désormais mettre une majuscule…

Un exemple de ce basculement nous est fournie par l’affaire du recensement d’Israël, pratique interdite par le loi mosaïque. Dans Samuel (24 – 1) c’est Yahvhé qui pousse David à le faire avant de le sanctionner. Quelques siècle plus tard, dans le 1er livre des chroniques (21 – 1) il est écrit  » Satan se dressa contre Israël et il incita David à dénombrer Israël « .

Voilà, l’ennemi est désigné. Et sans le savoir, l’Eglise catholique se rapproche des conceptions païennes qu’elle va combattre avec véhémence. En effet le Satan chrétien n’est pas sans rappeler les anciens Dieux Perses. Dans les mythes perses il existe un dieu suprême, Ahura Mazda, alias Ormuz, et deux esprits jumeaux : Spenta Mayu, le bon, et Ahra Mayu, surnommé Ahriman, le mauvais. D’après les écrits zoroastristes, Ahriman convoitait la lumière, mais pour lui barrer la route, Ahura Mazda, créé le monde, foncièrement bon. Ahriman, en réaction, créé les êtres malfaisants et commence ainsi une lutte incessante entre le bien et le mal. On pourrait voir dans cette légende une ébauche du prologue de St Jean (1-4) :  » La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’on point reçue « .

Il se trouve en plus que dans la mythologie Zoroastriste, Ahriman est représenté par un serpent, tout comme le tentateur de la genèse (chap 3 – 1 et suiv), celui qui pousse Eve à faire manger à Adam du fruit de l’arbre de la connaissance. On pourrait plancher longuement sur le symbolisme attaché au serpent mais cela dévierait du sujet… Ahriman est également secondé par 7 archidémons qui figurent des maux physiques et moraux. La liste de ces maux rappelle tantôt les 7 pêchés capitaux, tantôt les 7 plaies d’Egypte. Ces 7 archidémons sont : L’erreur, l’hérésie, l’anarchie, la discorde, la présomption, la faim et la soif.

Dans l’armée d’Ahriman enfin, on trouve enfin des personnages qui feront partie des légions de Satan selon la Bible: Azazel, Lilith, Léviathan…

Ainsi, dans le nouveau testament, le diable est omniprésent. Il est cité 188 fois sous les noms de Satan, démons, diable, bêtes, ou dragon. Son nombre est donné : 666, chiffre issu de la transcription du nom du 6e empereur de Rome,  » César-Néron « , selon l’alphabet hébraïque, ou  » César-Dieu  » si on utilise l’alphabet grecques. On dira également que 666 était le chiffre de Napoléon Bonaparte. Ce chiffre serait celui de l’imperfection par rapport au 7 divin. Le diable se serait vue attribuer ce chiffre parce, selon certains, 600 serait le chiffre de la fausse religion, 60 celui du commerce avide, et 6 celui de la conduite du monde. On se demande qui a bien pu avancer cette explication mais, en tout cas, quel bon argument pour les antimondialistes aujourd’hui !

L’ennemi est désigné mais l’Eglise, en conférant à Satan le rôle de propagation du mal dans le monde va commettre une terrible erreur : Elle va donner tellement d’autonomie à Satan qu’elle va en faire un égal de Dieu, ce dernier ne pouvant rien contre son action. Un dualisme qui suivra toujours l’église catholique. Un dualisme qui a d’ailleurs servi de fondement à différentes doctrines rassemblées sous le vocable  » gnosticisme « . Ces doctrines veulent que le monde soit tellement mauvais et répugnant qu’il n’ait pu être engendré par un Dieu bon et tout puissant. Le véritable salut ne vient alors pas de l’adoration de ce Dieu céleste mais de la connaissance interne, la gnose, qui révèle le véritable Dieu, bon et généreux. Pour mieux installer définitivement le dualisme le concile de Constantinople, en 533, condamnera la doctrine de l’apocatastase voulant qu’à la fin des temps, le diable serait pardonné. Même Dieu ne peut racheter le diable, n’est-ce pas la preuve de l’égalité de ce diable et de Dieu…

Un fait surprenant tendrais à prouver la bien fondé de cette dualité. La racine hébraïque de Satan est  » stn « . En kabbale,  » stn  » (Sin, Tet, Noun) à pour valeur numérique 359. Or 359 est le 72e nombre premier. Et le Grand Nom de Dieu dans la tradition hébraïque a 72 lettres… Cette dualité serait-elle donc inscrite dans les textes sacrées ?

Pour Corriger le tir l’église catholique se lance dans une vaste opération de terreur. Elle s’ingénie à décrire le diable comme un être physiquement horrible. Le concile de Trente le montre comme un hybride d’homme et de bête : Un corps d’homme, un abdomen de bouc des pieds fourchus, une longue queue, une barde rousse, une peau noirâtre, des cornes et il exhale une odeur de souffre. Encore un rapprochement avec les conceptions païennes puisque ce diable ressemble étrangement au dieu Pan dans la mythologie grecques. Il s’agit quoi qu’il en soit d’un symbolisme bien maladroit : L’aspect physique de Satan traduit la noirceur de son âme et la noirceur de l’âme de son serviteur. D’aucun pourrait parler de délit de sale gueule… Mais il s’agissait avant tout de contrecarrer l’action des artistes du 5e siècle qui représentent le diable comme un beau jeune homme richement vêtu et aux manières gracieuses. Une image qui pourrait plus séduire les fidèles qu’un Dieu tout puissant que personne n’a jamais vu…

C’est aussi à cette époque que fleurissent les manuels de démonologie. On citera pour mémoire le  » Malleus malifacrum  » ( » Le marteau des soricères « ) des inquisiteurs allemands Jacques Sprenger et Henri Institori, peudonyme de Henrich Kramer (1486), ou le  » De la démonomanie des sorciers  » du jurisconsulte français Jean Bodin (1508). C’est enfin l’époque des exorcismes et de la chasse aux sorcières et des soi disant  » pacte avec le diable « . On vois alors le diable partout : Dans les cultes païens, dans la médecine, dans les catastrophes naturelles, dans ce que le clergé appelle  » l’art noir  » et qui n’est autre que l’alchimie, dans les plaisirs en général et en particulier le 1er d’entre eux, la grande peur des religions occidentales : le plaisir sexuel…

Enfin, les légions des ténèbres sont dénombrées. Au XVIe siècle on parle de plus de 44 millions de démons répartis en 6666 légions commandées par 66 princes de l’enfer parmi lesquels Abaddon, Mammon, Belphégor, Alastor, Léviathan, Astaroth… Et j’en passe. Certes tout cela ne représente, paraît-il, qu’ 1/3 des armées divines mais on ne peut s’empêcher de crier au délire face à de tels chiffres sur lesquels les théologiens ergotent à l’époque…

Tout cela est tel que la chasse au diable aboutira au résultat inverse. Au XVIIIeme siècle et surtout au XIXe, le statut de Satan se renverse : Il devient avec la révolution française puis la révolution industrielle un symbole de la lutte contre le pouvoir et l’oppression, un symbole d’affranchissement. En 1877, Calvinhac, un des chefs de la libre pensée française déclare dans une réunion publique :  » Dieu, c’est le mal. Satan, c’est le progrès, la science, et si l’humanité était mise en demeure de reconnaître et d’adorer l’un de ces deux entêtés, elle ne devrait pas hésiter un seul instant… « . Voilà comment le diable devient l’ami de l’homme.

La littérature s’en fait l’écho avec des gens comme lord Byron qui loue Lucifer d’avoir soutenu Caïn contre la tyrannie divine. Percy Shelley qui dans un  » Essai sur le diable et sur les démons  » démontre que les chrétiens ont tout fait pour retirer à Dieu la responsabilité du mal et voit dans le diable le symbole de la prise de conscience de cette vérité. Georges Sand enfin qui dans  » Consuelo  » fait dire à Satan :  » je ne suis pas le démon (…) je suis le dieu du pauvre, du faible et de l’opprimé.  »

Et ce n’est pas fini : Avec les Frères Lumière, Satan passera au cinéma : Depuis  » Le manoir du diable  » en 1896 jusqu’à  » L’associé du diable  » avec Al Pacino en 1997, en passant par  » La beauté du diable  » (1949),  » Rosemary’s baby  » (1968),  » L’exorciste  » (1973),  » Angel heart  » (1985)  » Les sorcières d’eastweek  » (1987) et surtout la trilogie  » Damien – La malédiction  » débutée en 1976. Aujourd’hui l’image du diable est plutôt brandie par les groupes de musique rock et ce depuis les années 60 à 70. Les Rolling Stones chanteront  » sympathy for the devil  » avant que, dans les années 70, le groupe Black Sabbath ou le chanteur Screaming Lord Sutch ne défraient la chronique. Aujourd’hui l’étendard satanique est surtout brandi par les groupes black métal comme Dark Funeral, Dimmu Borgir, Gorgoroth, Mystic Circle, Dark Throne, etc…

Mais il faut avouer que le cinéma, et plus encore le black métal, donne souvent de Satan et du satanisme moderne une image extrêmement faussée, image dans laquelle satanisme, violence et apocalypse forme un mic-mac plutôt indigeste pour les profanes.

Quant à l’idée du culte satanique et des rites sataniques, elle n’est pas récente. Les historiens se déchirent sur la réalité des sabbats, ces rites qu’on appelle parfois  » messes noires « . Le manuel de démonologie de Bodin ou le  » Malleus maléficarum  » affirment haut et fort l’existence des sabbats et donnent des descriptions plus atroces les unes que les autres de sacrifices humains, d’orgies sexuelles à grandes échelles. Et ce n’est pas l’Ordre du temple d’orient fondé en 1912 par l’anglais Aleister Crowley, transfuge de la Golden Dawn, qui le démentira, loin de là… A titre anecdotique, les lieux de cultes sataniques ont même été situés dans les temples maçonniques par le sieur Gabriel Jorgan-Pages, alias Léo Taxil, de triste mémoire. Aujourd’hui, la situation est plus claire…

Le fondateur du satanisme moderne est l’américain Anton Szandor Lavey, un F:. d’ailleurs, qui fonde en 1966 l’Eglise de Satan qui demeure aujourd’hui la principale organisation sataniste, celle qui chapeaute toutes les autres. 1966 est proclamée première année de l’ère satanique. Si les F:. M:. sont en l’an 6002, les satanistes sont en l’an 36.

Le satanisme moderne n’a rien à voir avec les digressions du maléficarum, ni les invectives des curés. Pas question de sacrifices d’enfants ou même d’animaux, pas de sabbats champêtres nocturnes où l’on se rend à califourchon sur un balai et qui se termine par un obsculum obsenum…

Certes le satanisme moderne a repris le coté contestataire du diable tel qu’inspiré des saintes écritures et n’importe quel Franc Maçons serait pour le moins septique à l’écoute de cette doctrine satanique. Ainsi le satanisme moderne affirme haut et fort la non existence de Dieu, création purement humaine. Idem pour le paradis et l’enfer qui ne sont que des moyens de dominer les fidèles au même titre que le pêché originel et son corollaire : Le meilleur outil de contrôle des personnes et des masses : La Culpabilité. Le satanisme moderne se veut seulement une spiritualité athée et d’origine païenne, sans aucune vénération d’un quelconque être supérieur. Satan n’est plus qu’un concept et le satanisme se veut une spiritualité basée non pas sur la vénération d’un Dieu unique qui vous rachètera dans l’autre monde si vous avez beaucoup souffert sur Terre, mais sur l’épanouissement de la personne, l’augmentation de l’intelligence et sur l’accomplissement individuelle. Un démarche certes très initiatique voire, pourquoi pas, Nietzchéenne.

Cette étrange mélange de contestation et d’initiation se retrouve dans les 11 règles sataniques. C’est 11 commandement reflètent plutôt, eux le coté contestataire. De plus il y a 10 commandements dans les religions du livre, il y en a 11 dans le satanisme, encore une forme de contestation… Qu’elle sont-ils ? Citon-en quelques uns :  » Ne donnez pas votre opinion à moins qu’on vous la demande « ,  » Si vous allez dans le repaire de quelqu’un montrez lui du respect, sinon n’y aller pas « ,  » Ne vous plaignez de rien qui vous concerne pas personnellement « ,  » Ne tuez pas d’animaux sauf pour vous défendre ou pour vous nourrir  »  » Quand vous sortez, n’ennuyez personne. Si on quelqu’un vous ennuie, dites lui d’arrêter. S’il continue (…) faites en sorte qu’il ne puisse plus vous contrarier « .

Faisons aussi un détour par la symbolique des nombres. 11, c’est la plénitude du 10 qui symbolise un cycle complet auquel s’ajoute le 1 qui fait du nombre 11 celui de la démesure, du dépassement, de l’outrance dans la symbolique chrétienne. St Augustin dira  » le nombre 11 est l’armoirie du péché. « . Mais si le 11 est supérieur au 10 qui représente le cycle accompli, il faut aussi comprendre que 11, c’est quelque chose de nouveau qui commence. Le Dr René Allendy, dans on ouvrage  » La symbolique des nombres  » publié en 1948, écrit :  » 11 est le nombre de l’initiative individuelle mais pas forcement dans le sens de l’harmonie cosmique, car 11 est aussi 1 + 1 donc 2. Or le 2 est le chiffre de la lutte intérieure, de la transgression. « .

L’initiative individuelle, la lutte intérieure, la transgression … Dans le monde profane tout cela est synonyme de péchés, de marginalité, d’un mal être qui peut vous conduire sur le divan du 1er psychanalyste venu… Dans le monde initiatique, nous parlons de tout cela en terme de parcours initiatique…

Cette volonté d’épanouissement et d’initiation qui caractérise le satanisme, on les retrouve aussi dans les 9 péchés sataniques qui, eux, reflètent plutôt le coté développement personnel :

1 – La stupidité.
2 – La prétention.
3 – Le nombrilisme, un sataniste ne donne jamais son avis, il écoute.
4 – Se couvrir de ridicule, sauf pour s’amuser.
5 – Le conformisme.
6 – Le manque de perspective, toujours restituer un événement dans l’histoire.
7 – L’oubli du passé, comprenez  » accepter ce qui est nouveau sans se poser de question.  »
8 – La satisfaction béate.
9 – Le manque d’esthétisme.

Signalons tout de suite que ces péchés ne sont en aucun cas mortels ou véniels, étant donné que les satanistes sont avant tout athées, il n’y a pas de condamnation venant d’une autorité supérieure si l’un de ces péchés a été commis… Ils s’apparentent alors plutôt à de simples conseils…

Pourquoi 9 ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce nombre 9 est des plus intéressants et des plus opportun en la matière. 9, toujours selon René Allendy, c’est le nombre complet de l’analyse totale. Car 9 est un des nombres des sphères célestes et c’est le nombre des cercles de l’enfer, Beaucoup de traditions symboliques voient dans le nombre 9 la synthèse de la terre, du ciel et de l’enfer. Enfin, 9 représente l’ouverture du cercle vers le bas, donc sur le monde matériel, contrairement au 6 qui représente l’ouverture sur le monde spirituel, le cercle du chiffre s’ouvrant vers le haut. 9, c’est enfin 6 + 6 + 6 = 18, 1 + 8 = 9.

Alors certes on peut ne pas être d’accord avec cette doctrine, ces péchés et ces commandements, mais le satanisme doit être traité comme n’importe quelle religion ou spiritualité : il faut en prendre est en laisser…

Revenons un instant sur les croyances d’autrefois. Les manuels de démonologies palabrent à grand renfort de détails scabreux sur des sacrifices d’animaux, sinon humains, des festins de chair humaine sans boisson, et des orgies sexuelles auxquelles nos amis les bêtes sont éventuellement conviées à des fins que la morale réprouve…

Il existe certes des rituels dans le satanisme et la pudeur n’y a pas forcement sa place. Ainsi lors des célébrations sataniques les participants sont vêtus de robes noires mais les jeunes femmes peuvent être plus légèrement vêtus… Mais il faut d’entrée noter que dans les célébrations satanistes, les participants sont en robe noire, donc en deuil, tout comme en maçonnerie. L’attrait de la robe noire dans ces cérémonies est la même que dans la justice judiciaire et le même que le tablier et le costume sombre en maçonnerie : Elle a le mérite de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, il n’y a plus de riche, de pauvre, de laid, de beau, il n’y a que des gens égaux, qui ont les mêmes aspirations, en quête de quelque chose à partager par delà les différences. Certes le noir symbolise la mort dans la civilisation occidentale mais dans la tradition initiatique le noir est toujours le préalable au blanc. Ce noir est alors temporaire, et synonyme de préalable à un passage à une lumière d’un grande blancheur, une lumière synonyme de vie. C’est le même processus que dans les danses initiatique des derviches tourneurs qui sont revêtus d’un manteau noir qu’il enlèvent pour apparaître en robe blanche et se mettre à danser. C’est le même processus que lors de l’initiation maçonnique durant laquelle le candidat est plongé dans le noir du cabinet de réflexion préalablement à la réception de la lumière. Et on signalera enfin, dans cette optique, qu’un des nombreux noms du diable est  » Lucifer  » ce qui veut dire  » Le porteur de lumière « , Lucifer qui était aussi le nom du christ jusqu’au IIIe siècle…

On comprend mieux cette vêture et cette aspiration à la lumière à la lueur d’autres symboles présent lors d’une célébration satanique :

– Les 2 bougies qui entourent l’autel : L’une d’elle est blanche, l’autre est noire. Elle représente la passage des ténèbres à la lumière. On ne peut s’empêcher de penser au pavé mosaïque.

– Le calice qui est le réceptacle de tous les bienfaits dans différentes traditions symboliques. Analogue au Graal, il contient l’immortalité et donc la vie. La cérémonie satanique serait donc une célébration de la vie. Fait du hasard ? : Le hiéroglyphe égyptien pour le cœur est un calice… Enfin, ce calice doit contenir un liquide agréable au palais

– Enfin et surtout le symbole du Baphomet. Le Baphomet est une tête de bouc insérée dans un pentagrame dont la pointe est tournée vers le bas. On a tout dit sur ce pentagrame inversé, cette étoile à cinq branches dont la pointe est tournée vers le bas, et sur ce bouc qui attaque le ciel avec ses cornes. Encore une pique à l’église… Il faut dire, pour comprendre tout cela, que le Lévitique (chap 16, verset 15 à 16) parle du sacrifice d’un bouc pour expier les pêchés d’Israël. Le monde judéo-chrétien a donc rapidement fait du bouc un symbole de luxure et de perversion alors que cette interprétation est elle-même une perversion d’autres traditions symboliques.
Le symbolisme attaché au bouc est en effet plutôt positif : Autour de la Méditerranée il est perçu comme un capteur de tout le mal qui peut s’abattre sur une communauté. A ce titre jamais personne n’ennuie les boucs dans les villages. Il est souvent aussi symbole de virilité et de fertilité, donc, par extension, symbole de vie. Dans le même ordre d’idée, en Inde, le bouc est assimilé au feu, plus exactement au dieu védique Agni, dieu du feu. Le bouc apparaît alors comme le symbole du feu d’où naît la vie et la mort.

Il y a d’autres accessoires symboliques utilisées dans les cérémonies sataniques : La cloche, l’épée comme symbole du verbe, le gong… Mais pas question de faire un listing de symboles dont vous avez pu voir qu’ils convergent tous vers la même interprétation.

Ces explications serviront-elles à éloigner la peur du diable ? On peut en doute tant elle est encore présente. Ainsi de nos jours on s’effraie encore lorsqu’on découvre, dans l’actualité, des images de profanations de sépultures dans des cimetières dans lesquels les croix sont renversées, les cadavres exhumés, des slogans peints, de pauvres animaux égorgés. Et lorsque les fauteurs de troubles sont attrapés on se rend compte que tout cela a été perpétré par des adolescents aux cheveux longs, tout de noir vêtus et fan de black métal. Point là de satanisme mais un simple délire de jeunes perturbés, probablement par une famille indigne…Certes pour beaucoup le satanisme est le prétexte de gens mal intentionnés qui répandent la destruction et l’affliction autour d’eux par plaisir sadique. Mais on pourrait dire de même des croisades, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui, perpétrées par les grandes religions pour lesquelles la lutte contre le diable a longtemps été un prétexte. Cette peur du diable est revenu en force il y a quelque temps, avec la fin du XXe siècle. La tempête du 26 décembre 1999 y a été pour quelque chose dans l’esprit des gens cultivés. On alors longuement reparlé de l’apocalypse selon St Jean et de la venue de l’antéchrist. L’antéchrist qui n’est d’ailleurs pas le diable lui-même mais un démon incarné selon certains, le fils d’un démon et d’une femme selon St Jérôme.

On a, de plus, du mal a priori à comprendre cette peur du diable issue de l’apocalypse puisque, selon St Jean comme dans toutes les traditions apocalyptiques, le diable perd le combat ultime et du champ de bataille naît un monde meilleur, la terre redevenant alors un paradis, du moins selon St Jean. Mais, toujours selon St Jean, ce paradis sur terre ne s’installe qu’après un jugement dernier dans lequel seuls les bons seront récompensés. Il n’est pas interdit de penser, dés lors, que cette peur du diable serait, quelque part, la peur de soi-même. Plus exactement du mal intérieur, de celui que tout homme peut commettre. Ce mal barrant l’entrée du paradis…

On a prêté longtemps aux prétendus satanistes, aux païens, aux idolâtres les pires vices. Cette idée survie encore de nos jours. Mais, d’un autre coté, au nom de Dieu, qui n’en demandait sûrement pas autant, des hommes soi-disant très pieux ont massacrés de soi-disant infidèles, pillés, torturés, violés, détruits… On se demande alors de quel coté est le vice…

Le satanisme est un sujet bien inhabituel pour une loge de maçons francs et réguliers, qui affirment donc leur croyance en un Dieu révélé, qui prêtent serment sur la bible, le Coran ou la Torah. L’athéïsme des satanistes leur interdit l’accès des loges régulières, d’une part, et les Francs maçons réguliers ne peuvent, d’autre part, se reconnaître totalement dans cette doctrine. Un sujet inhabituel certes, charge à vous mes FF:. d’en tirer l’enseignement que vous voudrez : Simple savoir, connaissance de l’ennemi, ou réflexion plus profonde. Charge à vous donc de réunir ce qui est épars…

[Avant de rendre la parole par la formule rituelle, je souhaiterais remercier le F:. Sam Eched, 33e degré au REAA et membre du Suprême Conseil de Belgique pour sa contribution de kabbaliste sur la racine stn.]

J’ai dit, V:. M:.

Sources : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/satan/satan.htm

et l’excellent blog : http://hautsgrades.over-blog.com

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Les Rites maçonniques égyptiens 29 mai, 2013

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Les Rites maçonniques égyptiens

Les Rites maçonniques égyptiens forment une famille de rites maçonniques utilisés par un assez petit nombre de loges maçonniques (de l’ordre de la centaine), principalement en France, réparties dans un assez grand nombre d’obédiences (de l’ordre d’une vingtaine). Il s’agit de rites d’inspiration mystique et hermétique. Les principaux d’entre eux sont:
* Le Rite de Misraïm
* Le Rite de Memphis
* Le Rite de Memphis et Misraïm (époque de Garibaldi)
* Le Rite de Memphis-Misraïm (tel que rénové par Ambelain)

Origine et Histoire
L’origine des rites maçonniques dits « égyptiens » remonte à plus de 200 ans. Ces rites ont revendiqué une première filiation, venant d’un Rite Primitif qui aurait été pratiqué à Paris en 1721, mais dont l’existence n’a jamais été historiquement démontrée. Ils se réclament aussi du Rite Primitif des Philadelphes à Narbonne en 1779.

Cependant leur histoire est plus complexe. Ceci est dû principalement à une triple particularité:

* la légitimité maçonnique y est réputée provenir principalement de la transmission de pouvoirs de dirigeant à dirigeant, via des documents appelés « chartes ».
* leurs dirigeants étaient, jusqu’à la scission de 1998, tous nommés à vie.
* leur pratique ayant toujours été extrêmement minoritaire dans la maçonnerie mondiale, la littérature les concernant est moins fournie et moins facilement accessible que pour d’autres rites.

Les origines
Plusieurs Rites ou Ordres initiatiques ont existé en France à la fin du XVIIIe siècle. Ils se présentaient comme héritiers de divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C’est le cas par exemple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d’Egypte, en 1801 de l’Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désert.

Ces Rites s’inspiraient de ce que l’on appelait la « tradition égyptienne », et consistaient en une association de traditions et de textes, telles qu’ils étaient comprises à cette époque. C’est le cas par exemple du « Séthos » de l’Abbé Jean Terrasson (1731), « l’Oedipus aegyptianicus » d’Athanasius Kircher (1652) et du « Monde primitif » d’Antoine Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l’hermétisme néo-platonicien, l’ésotérisme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient également là une source naturelle d’expression. C’est ainsi que Cagliostro, par exemple, qualifia le rite qu’il constitua dans les années 1780 de « Rite de la haute maçonnerie égyptienne »

Mais c’est surtout au début du XIXe siècle, suite à la campagne d’Égypte, que l’égyptomanie se développa le plus dans la franc-maçonnerie comme dans l’ensemble de la société française

Au XIXe siècle
Rite de Misraïm ou égyptien

De 1810 à 1813, les frères Bédarride développèrent le rite de Misraïm (Misraïm siginifiant « Égypte » en hébreu) dans les milieux français d’Italie, puis en France à partir de 1814. Bien que controversé, il semble que leur système et leurs chartes aient convaincu divers maçons, dont Thory et le Comte Muraire, qui les mirent en relation avec d’autres maçons du rite écossais. Quelques Loges furent créées. Mais divers problèmes de détournement des fonds de la part des frères Bédarride poussèrent de nombreux frères à se retirer et à fonder une nouvelle Puissance Suprême égyptienne qui demandera en 1816 et sans succès à être admise au sein du « Grand Consistoire » du Grand Orient de France. Le rite de Misraïm poursuivra son histoire avec des hauts et des bas jusqu’en 1822, date à laquelle, ayant été utilisé comme couverture par des réseaux politiques libéraux et républicains, il fut interdit par la police de la Restauration. Celle-ci ferma la dizaine de loges qui le composaient et confisqua une grande partie de ses archives, qui se trouvent aujourd’hui aux Archives Nationales.

En 1831, le rite obtint de la Monarchie de Juillet le droit de se reconstituer, mais seules 4 Loges parisiennes y parvinrent. Le frère Morrison (1780-1849) joua également un rôle notable dans l’histoire de ce rite. Originaire d’Écosse, ancien médecin militaire des armées britanniques pendant les guerres napoléoniennes, il s’établit à Paris en 1822. Passionné par les hauts grades maçonniques, il fut dignitaire de tous les systèmes de hauts grades existant à l’époque à Paris et contribua à la reconstitution du rite.

Entre les années 1848 et 1862, le rite de Misraïm traversa une crise. Michel Bédarride ayant un comportement très contestable à plusieurs reprises (entre autres sur le plan financier), de nombreux frères quittèrent l’obédience et, ne pouvant créer une autre structure, entrèrent au Grand Orient de France où ils ouvrirent, entre autres, la Loge « Jérusalem des Vallées Egyptiennes ».
En 1858, le Grand Maître du Grand Orient de France fit savoir que les frères de Misraïm ne pouvaient être reçus en visite dans les Loges du Grand Orient de France. M. Bédaride transmit avant sa mort la charge de diriger l’ordre à Hayère auquel succédèrent Girault et Osselin. Ce dernier ferma la Grande loge Misraïmite en 1899

En 1889, le Rite de Misraïm placé sour la juridiction française comptait 3 Loges à Paris, 8 en province, 2 à New-York, 1 à Buenos-Aires et 1 à Alexandrie. À celles-ci, il convenait d’ajouter les loges de la juridiction italienne qui était alors indépendante

Rite de Memphis ou oriental
Le Rite de Memphis naquit peu avant 1838, sous l’influence de Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1868). Exclu du rite de Misraïm, il fonda en 1838 l’Ordre de Memphis dont il devint le Grand Maître et Grand Hiérophante. Son rite ne compta jamais plus de 5 ou 6 loges au XVIIIe siècle, mais il l’implanta aussi aux États-Unis, en Roumanie et en Égypte. En 1841, sur la dénonciation des frères Bédarride, son rite fut interdit en France sous l’accusation d’afficher des sympathies républicaines.

En 1862, répondant à l’appel du Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, pour l’unité de l’Ordre Maçonnique en France, Marconis proposa la réunion de son rite à l’Obédience, ce qui fut fait la même année: les Loges qui composaient l’Obédience se réunirent au Grand Orient de France

Rite ancien et primitif de Memphis et Misraïm
Devenu ainsi dépositaire du Rite de Memphis, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France accorda une reconnaissance officielle au Souverain Sanctuaire de Memphis aux États-Unis. Sous la grande maîtrise de Seymour, celui-ci ouvrit d’assez nombreuses loges non seulement aux États-Unis mais aussi dans différents pays du monde. Il fonda en particulier un Souverain Sanctuaire pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, dont John Yarker était le grand-maître. En 1881, Yarker procéda à un échange de chartes avec le rite réformé de Misraïm de Pessina, sous l’Égide de Giuseppe Garibaldi, qui devint « Grand Hiérophante » des deux rites réunis, « Memphis et Misraïm ». À la mort de celui-ci, Yarker lui succéda.

Au XXe siècle
Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm

En France, le docteur Gérard Encausse (dit Papus), fondateur de l’Ordre martiniste et adversaire du Grand Orient de France, s’intéressait à la tradition maçonnique ésotérique. Après avoir sans succès demandé son admission à la Grande Loge Misraïmite et à la Grande Loge de France, il obtint de Yarker une patente lui permettant d’ouvrir une loge au rite Swedenborgien. En 1906, il obtint de Yarker l’autorisation de constituer une Grande Loge et en 1908, Théodore Reuss l’autorisa à ouvrir en compagnie de Teder la loge Humanidad qui devient l’Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm en France. Il en devint le Grand Maître. Lui succédèrent Téder (de 1916 à 1918), puis Jean Bricaud (de 1818 à 1934), Constant Chevillon (de 1934 à son assassinat en 1944 par la Milice française), Henri-Charles Dupont (de 1945 à 1960)

Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Robert Ambelain, ayant pris la direction du rite en 1960, en réformera les rituels en profondeur et renommera son obédience du nom de « Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmettra sa succession à Gérard Kloppel en 1985.

L’éclatement de la Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Les prémisses de l’éclatement de la Grande Loge de Memphis-Misraïm eurent lieu à partir de 1995. Les conflits étaient principalement liés:
* A la question de la mixité des loges.
* A celle de l’indépendance des ateliers des trois premiers grades vis à vis de ceux des hauts grades.
* A la question de la nomination à vie des dirigeants.
* Au débat sur la distinction entre rite et obédience.
* Ainsi peut-être qu’à quelques querelles de personnes.

Après la création d’une « Voie » égyptienne mixte, intervint en 1997 le projet de modification de la structure de l’obédience. Le conflit conduisit à la désintégration de l’obédience le 24 janvier 1998, et à la séparation de l’obédience en deux branches, l’une formant la Grande Loge Symbolique de France sous l’impulsion de Georges Claude Vieilledent, l’autre restant fidèle à Gérard Kloppel sous le nom de Grande Loge française masculine de Memphis Misraïm. A la suite de cette scission, après avoir créé la Grande Loge Traditionnelle de Memphis-Misraim, Gérard Kloppel démissionna le 5 mai 1998 en transmettant ses pouvoirs à Cheikna Sylla. La dissolution de la Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fut ensuite prononcée par le tribunal de Créteil. On assista ensuite à l’apparition d’une trentaine d’autres scissions au cours des années suivantes.

L’obédience d’origine ayant été dissoute par voie de justice, personne ne pouvait reprendre le même titre sans assumer la charge du passif relativement lourd. Ceci explique, notamment, qu’il existe aujourd’hui différentes Grandes Loges françaises qui reprennent le nom de Memphis-Misraïm mais qu’aucune d’entre elles ne soit officiellement déclarée sous ce nom selon la loi de 1901.

En 1999, six loges et quatre triangles se rapprochèrent du Grand Orient de France, tant par affinités personnelles que philosophiques, et y obtinrent leur intégration, ainsi que le réveil de la patente du rite égyptien détenue par le Grand Orient depuis 1862, offrant ainsi un pôle de stabilité au Rite.

Le 2 mars 2000, à Bruxelles, Gérard Kloppel organisa un Souverain Sanctuaire International qui décida de destituer Cheikna Sylla. Le 12 juillet 2007, bien que n’ayant plus aucune prérogative selon ses propres constitutions, il participa à la création d’une association dénommée « Confédération Internationale Franc-Maçonnique » et décida de « restaurer » l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm.

Cette destitution est considérée comme nulle et non avenue par Cheikna Sylla et son successeur au sein de l’ordre maçonnique international du rite ancien et primitif de Memphis-Misraim, Willy Raemakers. Ce dernier prit le 26 janvier 2008 un décret de radiation du rite de Gérard Kloppel.

Se placent notamment sous la Grande Hiérophanie de W. Raemakers les obédiences suivantes: la Grande Loge Symbolique de Belgique, la Grande Loge Symbolique du Canada, la Grande Loge Symbolique Masculine d’Afrique, le Conseil National de France, et la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraim.

De nos jours
Le Rite de Memphis-Misraïm est pratiqué par de nombreuses obédiences à travers le monde. Cependant, il est divisé en une multitude de « branches » et de groupes qui ne se reconnaissent pas forcément les uns les autres. On constate que ces nombreuses obédiences sont souvent « groupusculaires » et isolées.

Le problème vient en partie de ce que, contrairement aux autres Rites Maçonniques, la filiation d’un Rite Egyptien repose sur un seul homme ou une seule femme, ce qui permet non seulement à tout(e) franc-maçon(ne) de fonder une nouvelle branche du Rite, une fois un certain degré atteint (90e pour le rite de Misraïm, 95e pour le Rite de Memphis-Misraïm ), mais facilite aussi parfois les impostures et rend la légitimité de chaque branche pratiquement invérifiable.

De plus, la Maçonnerie Egyptienne use beaucoup plus des « communications », à savoir de la transmission de degrés sur simple base d’un document écrit, sans faire passer les épreuves « physiques » de l’initiation. On a parfois également dit que certains « hauts dignitaires » du Rite, peu scrupuleux, auraient tout simplement fait commerce de chartes et de patentes, qu’ils auraient émises « à tout vent » en échange de sommes d’argent rondelettes. De telles accusations furent en leur temps portées contre les frères Bédarride. C’est ainsi que certaines loges et obédiences du Rite auraient été fondées par des personnes n’ayant qu’une faible pratique des loges, mais ayant en leur possession une patente ou une charte les ayant élevés aux plus hauts degrés du Rite, leur conférant ainsi autorité sur leur(s) structure(s).

La meilleure manière de savoir si une branche d’un Rite Égyptien est légitime est de vérifier sa patente. Cette patente doit être détenue par un possesseur d’un des degrés cités ci-dessus et avoir été obtenue de façon régulière auprès d’une autre structure elle-même authentique.

Fonctionnement
L’originalité du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm réside principalement dans ses grades maçonniques spécifiques, bien qu’elle s’affirme également, dans une moindre mesure, dès son premier degré. Ses degrés d’instruction et d’enseignement se situent sur une échelle de 99 grades divisés en plusieurs séries distinctes:
* La Maçonnerie symbolique, du premier au troisième degré, travaille sur le symbolisme et énonce les prémices de la recherche philosophique.
* La Maçonnerie philosophique, du 4e au 33e degré, s’attache à l’étude de la philosophie et des mythes. Le but est de mettre sur la voie de la recherche des causes et des effets originels.
* La Maçonnerie hermétique et ésotérique, du 34e au 99e degré, privilégie la haute philosophie, étudie les mythes religieux des différents âges de l’Humanité et accède au travail philosophique et ésotérique le plus avancé.

A noter que la plupart d’entre eux ne sont pas pratiqués et sont conférés par simple communication. On remarquera que ce rite a complètement intégré la hiérarchie du rite écossais ancien et accepté qu’il a prolongé par des grades qui lui sont spécifiques (donc à partir du 34e, ce qui fait donc 66 degrés spécifiquement misraïmites).

Il convient de remarquer qu’il existe toujours des Loges qui pratiquent le seul rite de Misraïm en 90 degrés et d’autres le seul rite de Memphis.

Les Grades
Loges symboliques

Les rites égyptiens étant à leur origine des systèmes de hauts grades maçonniques, il n’y avait pas, jusqu’à une date relativement récente, de spécificité égyptienne dans les rituels des loges symboliques: C’était le Rite français qui y était utilisé, dans ses trois grades:
* 1er Apprenti
* 2e Compagnon
* 3e Maître

Loges de hauts grades
Du 4e au 33e degrés, les rites égyptiens utilisèrent le plus souvent l’échelle des grades du Rite écossais ancien et accepté, avec parfois des variantes et avec cette différence avec le REAA que ces trente grades étaient généralement tous pratiqués dans le cadre d’un même atelier, susceptible de prendre symboliquement différentes dénominations suivant le grade auquel il travaillait. C’était le cas en particulier du système en 33 degrés que pratiquait Yarker et qu’il publia à Londres en 1875. En 1934, au convent de Bruxelles, le rite égyptien de Memphis-Misraïm décida de réactiver l’échelle complète de 90 grades d’instruction et de 9 grades administratifs telles que définie comme ci-dessous. Toutefois, la plupart de ces degrés étaient conférés sans aucune cérémonie rituelle, par simple communication. Seule une petite minorité d’entre eux donnait lieu à une cérémonie d’intiation et à une pratique réelles. Robert Ambelain lui-même considérait qu’à ses yeux les seuls obligatoires étaient les 9e, 18e, 30e, 32e et 33e.

Échelle en 99 grades
Loges de Perfection:
* 4e Maître Secret
* 5e Maître Parfait
* 6e Secrétaire Intime
* 7e Prévôt et Juge
* 8e Intendant des Bâtiments
* 9e Maître Élu des Neuf
* 10e Illustre Élu des Quinze
* 11e Sublime Chevalier Élu
* 12e Grand Maître Architecte
* 13e Royal Arche
* 14e Grand Élu de la Voûte Sacrée, dit Jacques VI ou Sublime Maçon

Chapitres:
* 15e Chevalier d’Orient ou de l’Épée
* 16e Prince de Jérusalem
* 17e Chevalier d’Orient et d’Occident
* 18e Sublime Prince Rose-croix

Sénats :
* 19e Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem céleste
* 20e Chevalier du Temple
* 21e Noachite ou Chevalier Prussien
* 22e Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
* 23e Chef du Tabernacle
* 24e Prince de Tabernacle
* 25e Chevalier de Serpent d’Airain
* 26e Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
* 27e Grand Commandeur du Temple
* 28e Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
* 29e Grand Écossais de Saint André d’Écosse, Prince de la Lumière

Aréopages et Tribunaux :
* 30e Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir
* 31e Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
* 32e Sublime Prince du Royal Secret
* 33e Souverain Grand Inspecteur Général

Grands Consistoires:
* 34e Chevalier de Scandinavie
* 35e Sublime Commandeur du Temple
* 36e Sublime Negociate
* 37e Chevalier de Shota (adepte de la Vérité)
* 38e Sublime Élu de la Vérité
* 39e Grand Élu des Eons
* 40e Sage Sivaïste (Sage Parfait)
* 41e Chevalier de l’Arc-en-Ciel
* 42e Prince de la Lumière
* 43e Sublime Sage Hermétique
* 44e Prince du Zodiaque
* 45e Sublime Sage des Mystères
* 46e Sublime Pasteur des Huts
* 47e Chevalier des Sept Étoiles
* 48e Sublime Gardien du Mont Sacré
* 49e Sublime Sage des Pyramides
* 50e Sublime Philosophe de Samothrace
* 51e Sublime Titan du Caucase
* 52e Sage du Labyrinthe
* 53e Chevalier du Phoenix
* 54e Sublime Scalde
* 55e Sublime Docteur Orphique
* 56e Pontife de Cadmée
* 57e Sublime Mage
* 58e Prince Brahmine
* 59e Grand Pontife de l’Ogygie
* 60e Sublime Gardien des Trois Feux
* 61e Sublime Philosophe Inconnu
* 62e Sublime Sage d’Eleusis
* 63e Sublime Kawi
* 64e Sage de Mithra
* 65e Patriarche Grand Installateur
* 66e Patriarche Grand Consécrateur
* 67e Patriarche Grand Eulogiste
* 68e Patriarche de la Vérité
* 69e Chevalier du Rameau d’Or d’Eleusis
* 70e Patriarche des Planisphères
* 71e Patriarche des Védas Sacrés

Grands Conseils:
* 72e Sublime Maître de la Sagesse
* 73e Docteur du Feu Sacré
* 74e Sublime Maître du Sloka
* 75e Chevalier de la Chaîne Lybique
* 76e Patriarche d’Isis
* 77e Sublime Chevalier Théosophe
* 78e Grand Pontife de la Thébaïde
* 79e Chevalier du Sadah Redoutable
* 80e Sublime Élu du Sanctuaire
* 81e Patriarche de Memphis
* 82e Grand Élu du Temple de Midgard
* 83e Sublime Chevalier de la Vallée d’Oddy
* 84e Docteur des Izeds
* 85e Sublime Maître de l’anneau Lumineux
* 86e Pontife de Sérapis
* 87e Sublime Prince de la Maçonnerie
* 88e Grand Élu de la cour Sacrée
* 89e Patriarche de la Cité Mystique
* 90e Patriarche Sublime Maître du Grand Œuvre

Grands Tribunaux:
* 91e Sublime Patriarche Grand Défenseur de l’ordre

Grands Temples Mystiques:
* 92e Sublime Cathéchrist
* 93e Grand Inspecteur Régulateur Général
* 94e Sublime Patriarche de Memphis

Souverains Sanctuaires:
* 95e Sublime Patriarche Grand Conservateur de l’Ordre
* 96e Substitut Grand Maître National, Vice-Président du Souverain Sanctuaire National
* 97e Grand Maître National, Président du Souverain Sanctuaire National
* 98e Substitut Grand Maître Mondial, Vice-Président du Souverain Sanctuaire International
* 99e Sérénissime Grand Maître Mondial, Grand Hiérophante, Président du Souverain Sanctuaire International

Échelle en 33 grades
En ce qui concerne les hauts grades des rites égyptiens tels qu’ils sont pratiqués au Grand Orient de France, la situation est différente, puisqu’ils sont pratiqués suivant l’échelle ramenée à 33 degrés définie par l’accord de la fusion de 1862 menée par Marconis de Nègre (en gras, les grades conférés par initiations, les autres étant communiqués sans cérémonie particulière):

Collèges égyptiens
* 4 Maître discret
* 5 Maître sublîme-Maître des angles
* 6 Chevalier de l’Arche Sacrée
* 7 Chevalier de la Voûte Secrète
* 8 Chevalier de l’Épée
* 9 Chevalier de Jérusalem
* 10 Chevalier d’Orient
* 11 Chevalier Rose-Croix
* 12 Chevalier de l’Aigle Rouge
* 13 Chevalier du Temple
* 14 Chevalier du Tabernacle
* 15 Chevalier du Serpent
* 16 Sage de la Vérité
* 17 Philosophe hermétique
* 18 Chevalier Kadosh
* 19 Chevalier du Royal Mystère
* 20 Grand Inspecteur
* 21 Patriarche Grand Installateur
* 22 Patriarche Grand Consécrateur
* 23 Patriarche Grand Eulogiste
* 24 Patriarche de la Vérité
* 25 Patriarche des Planisphères
* 26 Patriarche des Védas Sacrés
* 27 Maître Égyptien – Patriarche d’Isis
* 28 Patriarche de Memphis
* 29 Patriarche de la Cité Mystique
* 30 Sublîme Maître du Grand Œuvre

Académie égyptienne
* 31 Grand Défenseur du Rite
* 32 Prince de Memphis

Souverain Sanctuaire
* 33 Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

 

Source : Les Rites maçonniques égyptiens forment une famille de rites maçonniques utilisés par un assez petit nombre de loges maçonniques (de l’ordre de la centaine), principalement en France, réparties dans un assez grand nombre d’obédiences (de l’ordre d’une vingtaine). Il s’agit de rites d’inspiration mystique et hermétique. Les principaux d’entre eux sont:
* Le Rite de Misraïm
* Le Rite de Memphis
* Le Rite de Memphis et Misraïm (époque de Garibaldi)
* Le Rite de Memphis-Misraïm (tel que rénové par Ambelain)

Origine et Histoire
L’origine des rites maçonniques dits « égyptiens » remonte à plus de 200 ans. Ces rites ont revendiqué une première filiation, venant d’un Rite Primitif qui aurait été pratiqué à Paris en 1721, mais dont l’existence n’a jamais été historiquement démontrée. Ils se réclament aussi du Rite Primitif des Philadelphes à Narbonne en 1779.

Cependant leur histoire est plus complexe. Ceci est dû principalement à une triple particularité:

* la légitimité maçonnique y est réputée provenir principalement de la transmission de pouvoirs de dirigeant à dirigeant, via des documents appelés « chartes ».
* leurs dirigeants étaient, jusqu’à la scission de 1998, tous nommés à vie.
* leur pratique ayant toujours été extrêmement minoritaire dans la maçonnerie mondiale, la littérature les concernant est moins fournie et moins facilement accessible que pour d’autres rites.

Les origines
Plusieurs Rites ou Ordres initiatiques ont existé en France à la fin du XVIIIe siècle. Ils se présentaient comme héritiers de divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C’est le cas par exemple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d’Egypte, en 1801 de l’Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désert.

Ces Rites s’inspiraient de ce que l’on appelait la « tradition égyptienne », et consistaient en une association de traditions et de textes, telles qu’ils étaient comprises à cette époque. C’est le cas par exemple du « Séthos » de l’Abbé Jean Terrasson (1731), « l’Oedipus aegyptianicus » d’Athanasius Kircher (1652) et du « Monde primitif » d’Antoine Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l’hermétisme néo-platonicien, l’ésotérisme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient également là une source naturelle d’expression. C’est ainsi que Cagliostro, par exemple, qualifia le rite qu’il constitua dans les années 1780 de « Rite de la haute maçonnerie égyptienne »

Mais c’est surtout au début du XIXe siècle, suite à la campagne d’Égypte, que l’égyptomanie se développa le plus dans la franc-maçonnerie comme dans l’ensemble de la société française

Au XIXe siècle
Rite de Misraïm ou égyptien

De 1810 à 1813, les frères Bédarride développèrent le rite de Misraïm (Misraïm siginifiant « Égypte » en hébreu) dans les milieux français d’Italie, puis en France à partir de 1814. Bien que controversé, il semble que leur système et leurs chartes aient convaincu divers maçons, dont Thory et le Comte Muraire, qui les mirent en relation avec d’autres maçons du rite écossais. Quelques Loges furent créées. Mais divers problèmes de détournement des fonds de la part des frères Bédarride poussèrent de nombreux frères à se retirer et à fonder une nouvelle Puissance Suprême égyptienne qui demandera en 1816 et sans succès à être admise au sein du « Grand Consistoire » du Grand Orient de France. Le rite de Misraïm poursuivra son histoire avec des hauts et des bas jusqu’en 1822, date à laquelle, ayant été utilisé comme couverture par des réseaux politiques libéraux et républicains, il fut interdit par la police de la Restauration. Celle-ci ferma la dizaine de loges qui le composaient et confisqua une grande partie de ses archives, qui se trouvent aujourd’hui aux Archives Nationales.

En 1831, le rite obtint de la Monarchie de Juillet le droit de se reconstituer, mais seules 4 Loges parisiennes y parvinrent. Le frère Morrison (1780-1849) joua également un rôle notable dans l’histoire de ce rite. Originaire d’Écosse, ancien médecin militaire des armées britanniques pendant les guerres napoléoniennes, il s’établit à Paris en 1822. Passionné par les hauts grades maçonniques, il fut dignitaire de tous les systèmes de hauts grades existant à l’époque à Paris et contribua à la reconstitution du rite.

Entre les années 1848 et 1862, le rite de Misraïm traversa une crise. Michel Bédarride ayant un comportement très contestable à plusieurs reprises (entre autres sur le plan financier), de nombreux frères quittèrent l’obédience et, ne pouvant créer une autre structure, entrèrent au Grand Orient de France où ils ouvrirent, entre autres, la Loge « Jérusalem des Vallées Egyptiennes ».
En 1858, le Grand Maître du Grand Orient de France fit savoir que les frères de Misraïm ne pouvaient être reçus en visite dans les Loges du Grand Orient de France. M. Bédaride transmit avant sa mort la charge de diriger l’ordre à Hayère auquel succédèrent Girault et Osselin. Ce dernier ferma la Grande loge Misraïmite en 1899

En 1889, le Rite de Misraïm placé sour la juridiction française comptait 3 Loges à Paris, 8 en province, 2 à New-York, 1 à Buenos-Aires et 1 à Alexandrie. À celles-ci, il convenait d’ajouter les loges de la juridiction italienne qui était alors indépendante

Rite de Memphis ou oriental
Le Rite de Memphis naquit peu avant 1838, sous l’influence de Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1868). Exclu du rite de Misraïm, il fonda en 1838 l’Ordre de Memphis dont il devint le Grand Maître et Grand Hiérophante. Son rite ne compta jamais plus de 5 ou 6 loges au XVIIIe siècle, mais il l’implanta aussi aux États-Unis, en Roumanie et en Égypte. En 1841, sur la dénonciation des frères Bédarride, son rite fut interdit en France sous l’accusation d’afficher des sympathies républicaines.

En 1862, répondant à l’appel du Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, pour l’unité de l’Ordre Maçonnique en France, Marconis proposa la réunion de son rite à l’Obédience, ce qui fut fait la même année: les Loges qui composaient l’Obédience se réunirent au Grand Orient de France

Rite ancien et primitif de Memphis et Misraïm
Devenu ainsi dépositaire du Rite de Memphis, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France accorda une reconnaissance officielle au Souverain Sanctuaire de Memphis aux États-Unis. Sous la grande maîtrise de Seymour, celui-ci ouvrit d’assez nombreuses loges non seulement aux États-Unis mais aussi dans différents pays du monde. Il fonda en particulier un Souverain Sanctuaire pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, dont John Yarker était le grand-maître. En 1881, Yarker procéda à un échange de chartes avec le rite réformé de Misraïm de Pessina, sous l’Égide de Giuseppe Garibaldi, qui devint « Grand Hiérophante » des deux rites réunis, « Memphis et Misraïm ». À la mort de celui-ci, Yarker lui succéda.

Au XXe siècle
Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm

En France, le docteur Gérard Encausse (dit Papus), fondateur de l’Ordre martiniste et adversaire du Grand Orient de France, s’intéressait à la tradition maçonnique ésotérique. Après avoir sans succès demandé son admission à la Grande Loge Misraïmite et à la Grande Loge de France, il obtint de Yarker une patente lui permettant d’ouvrir une loge au rite Swedenborgien. En 1906, il obtint de Yarker l’autorisation de constituer une Grande Loge et en 1908, Théodore Reuss l’autorisa à ouvrir en compagnie de Teder la loge Humanidad qui devient l’Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm en France. Il en devint le Grand Maître. Lui succédèrent Téder (de 1916 à 1918), puis Jean Bricaud (de 1818 à 1934), Constant Chevillon (de 1934 à son assassinat en 1944 par la Milice française), Henri-Charles Dupont (de 1945 à 1960)

Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Robert Ambelain, ayant pris la direction du rite en 1960, en réformera les rituels en profondeur et renommera son obédience du nom de « Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmettra sa succession à Gérard Kloppel en 1985.

L’éclatement de la Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Les prémisses de l’éclatement de la Grande Loge de Memphis-Misraïm eurent lieu à partir de 1995. Les conflits étaient principalement liés:
* A la question de la mixité des loges.
* A celle de l’indépendance des ateliers des trois premiers grades vis à vis de ceux des hauts grades.
* A la question de la nomination à vie des dirigeants.
* Au débat sur la distinction entre rite et obédience.
* Ainsi peut-être qu’à quelques querelles de personnes.

Après la création d’une « Voie » égyptienne mixte, intervint en 1997 le projet de modification de la structure de l’obédience. Le conflit conduisit à la désintégration de l’obédience le 24 janvier 1998, et à la séparation de l’obédience en deux branches, l’une formant la Grande Loge Symbolique de France sous l’impulsion de Georges Claude Vieilledent, l’autre restant fidèle à Gérard Kloppel sous le nom de Grande Loge française masculine de Memphis Misraïm. A la suite de cette scission, après avoir créé la Grande Loge Traditionnelle de Memphis-Misraim, Gérard Kloppel démissionna le 5 mai 1998 en transmettant ses pouvoirs à Cheikna Sylla. La dissolution de la Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fut ensuite prononcée par le tribunal de Créteil. On assista ensuite à l’apparition d’une trentaine d’autres scissions au cours des années suivantes.

L’obédience d’origine ayant été dissoute par voie de justice, personne ne pouvait reprendre le même titre sans assumer la charge du passif relativement lourd. Ceci explique, notamment, qu’il existe aujourd’hui différentes Grandes Loges françaises qui reprennent le nom de Memphis-Misraïm mais qu’aucune d’entre elles ne soit officiellement déclarée sous ce nom selon la loi de 1901.

En 1999, six loges et quatre triangles se rapprochèrent du Grand Orient de France, tant par affinités personnelles que philosophiques, et y obtinrent leur intégration, ainsi que le réveil de la patente du rite égyptien détenue par le Grand Orient depuis 1862, offrant ainsi un pôle de stabilité au Rite.

Le 2 mars 2000, à Bruxelles, Gérard Kloppel organisa un Souverain Sanctuaire International qui décida de destituer Cheikna Sylla. Le 12 juillet 2007, bien que n’ayant plus aucune prérogative selon ses propres constitutions, il participa à la création d’une association dénommée « Confédération Internationale Franc-Maçonnique » et décida de « restaurer » l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm.

Cette destitution est considérée comme nulle et non avenue par Cheikna Sylla et son successeur au sein de l’ordre maçonnique international du rite ancien et primitif de Memphis-Misraim, Willy Raemakers. Ce dernier prit le 26 janvier 2008 un décret de radiation du rite de Gérard Kloppel.

Se placent notamment sous la Grande Hiérophanie de W. Raemakers les obédiences suivantes: la Grande Loge Symbolique de Belgique, la Grande Loge Symbolique du Canada, la Grande Loge Symbolique Masculine d’Afrique, le Conseil National de France, et la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraim.

De nos jours
Le Rite de Memphis-Misraïm est pratiqué par de nombreuses obédiences à travers le monde. Cependant, il est divisé en une multitude de « branches » et de groupes qui ne se reconnaissent pas forcément les uns les autres. On constate que ces nombreuses obédiences sont souvent « groupusculaires » et isolées.

Le problème vient en partie de ce que, contrairement aux autres Rites Maçonniques, la filiation d’un Rite Egyptien repose sur un seul homme ou une seule femme, ce qui permet non seulement à tout(e) franc-maçon(ne) de fonder une nouvelle branche du Rite, une fois un certain degré atteint (90e pour le rite de Misraïm, 95e pour le Rite de Memphis-Misraïm ), mais facilite aussi parfois les impostures et rend la légitimité de chaque branche pratiquement invérifiable.

De plus, la Maçonnerie Egyptienne use beaucoup plus des « communications », à savoir de la transmission de degrés sur simple base d’un document écrit, sans faire passer les épreuves « physiques » de l’initiation. On a parfois également dit que certains « hauts dignitaires » du Rite, peu scrupuleux, auraient tout simplement fait commerce de chartes et de patentes, qu’ils auraient émises « à tout vent » en échange de sommes d’argent rondelettes. De telles accusations furent en leur temps portées contre les frères Bédarride. C’est ainsi que certaines loges et obédiences du Rite auraient été fondées par des personnes n’ayant qu’une faible pratique des loges, mais ayant en leur possession une patente ou une charte les ayant élevés aux plus hauts degrés du Rite, leur conférant ainsi autorité sur leur(s) structure(s).

La meilleure manière de savoir si une branche d’un Rite Égyptien est légitime est de vérifier sa patente. Cette patente doit être détenue par un possesseur d’un des degrés cités ci-dessus et avoir été obtenue de façon régulière auprès d’une autre structure elle-même authentique.

Fonctionnement
L’originalité du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm réside principalement dans ses grades maçonniques spécifiques, bien qu’elle s’affirme également, dans une moindre mesure, dès son premier degré. Ses degrés d’instruction et d’enseignement se situent sur une échelle de 99 grades divisés en plusieurs séries distinctes:
* La Maçonnerie symbolique, du premier au troisième degré, travaille sur le symbolisme et énonce les prémices de la recherche philosophique.
* La Maçonnerie philosophique, du 4e au 33e degré, s’attache à l’étude de la philosophie et des mythes. Le but est de mettre sur la voie de la recherche des causes et des effets originels.
* La Maçonnerie hermétique et ésotérique, du 34e au 99e degré, privilégie la haute philosophie, étudie les mythes religieux des différents âges de l’Humanité et accède au travail philosophique et ésotérique le plus avancé.

A noter que la plupart d’entre eux ne sont pas pratiqués et sont conférés par simple communication. On remarquera que ce rite a complètement intégré la hiérarchie du rite écossais ancien et accepté qu’il a prolongé par des grades qui lui sont spécifiques (donc à partir du 34e, ce qui fait donc 66 degrés spécifiquement misraïmites).

Il convient de remarquer qu’il existe toujours des Loges qui pratiquent le seul rite de Misraïm en 90 degrés et d’autres le seul rite de Memphis.

Les Grades
Loges symboliques

Les rites égyptiens étant à leur origine des systèmes de hauts grades maçonniques, il n’y avait pas, jusqu’à une date relativement récente, de spécificité égyptienne dans les rituels des loges symboliques: C’était le Rite français qui y était utilisé, dans ses trois grades:
* 1er Apprenti
* 2e Compagnon
* 3e Maître

Loges de hauts grades
Du 4e au 33e degrés, les rites égyptiens utilisèrent le plus souvent l’échelle des grades du Rite écossais ancien et accepté, avec parfois des variantes et avec cette différence avec le REAA que ces trente grades étaient généralement tous pratiqués dans le cadre d’un même atelier, susceptible de prendre symboliquement différentes dénominations suivant le grade auquel il travaillait. C’était le cas en particulier du système en 33 degrés que pratiquait Yarker et qu’il publia à Londres en 1875. En 1934, au convent de Bruxelles, le rite égyptien de Memphis-Misraïm décida de réactiver l’échelle complète de 90 grades d’instruction et de 9 grades administratifs telles que définie comme ci-dessous. Toutefois, la plupart de ces degrés étaient conférés sans aucune cérémonie rituelle, par simple communication. Seule une petite minorité d’entre eux donnait lieu à une cérémonie d’intiation et à une pratique réelles. Robert Ambelain lui-même considérait qu’à ses yeux les seuls obligatoires étaient les 9e, 18e, 30e, 32e et 33e.

Échelle en 99 grades
Loges de Perfection:
* 4e Maître Secret
* 5e Maître Parfait
* 6e Secrétaire Intime
* 7e Prévôt et Juge
* 8e Intendant des Bâtiments
* 9e Maître Élu des Neuf
* 10e Illustre Élu des Quinze
* 11e Sublime Chevalier Élu
* 12e Grand Maître Architecte
* 13e Royal Arche
* 14e Grand Élu de la Voûte Sacrée, dit Jacques VI ou Sublime Maçon

Chapitres:
* 15e Chevalier d’Orient ou de l’Épée
* 16e Prince de Jérusalem
* 17e Chevalier d’Orient et d’Occident
* 18e Sublime Prince Rose-croix

Sénats :
* 19e Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem céleste
* 20e Chevalier du Temple
* 21e Noachite ou Chevalier Prussien
* 22e Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
* 23e Chef du Tabernacle
* 24e Prince de Tabernacle
* 25e Chevalier de Serpent d’Airain
* 26e Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
* 27e Grand Commandeur du Temple
* 28e Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
* 29e Grand Écossais de Saint André d’Écosse, Prince de la Lumière

Aréopages et Tribunaux :
* 30e Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir
* 31e Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
* 32e Sublime Prince du Royal Secret
* 33e Souverain Grand Inspecteur Général

Grands Consistoires:
* 34e Chevalier de Scandinavie
* 35e Sublime Commandeur du Temple
* 36e Sublime Negociate
* 37e Chevalier de Shota (adepte de la Vérité)
* 38e Sublime Élu de la Vérité
* 39e Grand Élu des Eons
* 40e Sage Sivaïste (Sage Parfait)
* 41e Chevalier de l’Arc-en-Ciel
* 42e Prince de la Lumière
* 43e Sublime Sage Hermétique
* 44e Prince du Zodiaque
* 45e Sublime Sage des Mystères
* 46e Sublime Pasteur des Huts
* 47e Chevalier des Sept Étoiles
* 48e Sublime Gardien du Mont Sacré
* 49e Sublime Sage des Pyramides
* 50e Sublime Philosophe de Samothrace
* 51e Sublime Titan du Caucase
* 52e Sage du Labyrinthe
* 53e Chevalier du Phoenix
* 54e Sublime Scalde
* 55e Sublime Docteur Orphique
* 56e Pontife de Cadmée
* 57e Sublime Mage
* 58e Prince Brahmine
* 59e Grand Pontife de l’Ogygie
* 60e Sublime Gardien des Trois Feux
* 61e Sublime Philosophe Inconnu
* 62e Sublime Sage d’Eleusis
* 63e Sublime Kawi
* 64e Sage de Mithra
* 65e Patriarche Grand Installateur
* 66e Patriarche Grand Consécrateur
* 67e Patriarche Grand Eulogiste
* 68e Patriarche de la Vérité
* 69e Chevalier du Rameau d’Or d’Eleusis
* 70e Patriarche des Planisphères
* 71e Patriarche des Védas Sacrés

Grands Conseils:
* 72e Sublime Maître de la Sagesse
* 73e Docteur du Feu Sacré
* 74e Sublime Maître du Sloka
* 75e Chevalier de la Chaîne Lybique
* 76e Patriarche d’Isis
* 77e Sublime Chevalier Théosophe
* 78e Grand Pontife de la Thébaïde
* 79e Chevalier du Sadah Redoutable
* 80e Sublime Élu du Sanctuaire
* 81e Patriarche de Memphis
* 82e Grand Élu du Temple de Midgard
* 83e Sublime Chevalier de la Vallée d’Oddy
* 84e Docteur des Izeds
* 85e Sublime Maître de l’anneau Lumineux
* 86e Pontife de Sérapis
* 87e Sublime Prince de la Maçonnerie
* 88e Grand Élu de la cour Sacrée
* 89e Patriarche de la Cité Mystique
* 90e Patriarche Sublime Maître du Grand Œuvre

Grands Tribunaux:
* 91e Sublime Patriarche Grand Défenseur de l’ordre

Grands Temples Mystiques:
* 92e Sublime Cathéchrist
* 93e Grand Inspecteur Régulateur Général
* 94e Sublime Patriarche de Memphis

Souverains Sanctuaires:
* 95e Sublime Patriarche Grand Conservateur de l’Ordre
* 96e Substitut Grand Maître National, Vice-Président du Souverain Sanctuaire National
* 97e Grand Maître National, Président du Souverain Sanctuaire National
* 98e Substitut Grand Maître Mondial, Vice-Président du Souverain Sanctuaire International
* 99e Sérénissime Grand Maître Mondial, Grand Hiérophante, Président du Souverain Sanctuaire International

Échelle en 33 grades
En ce qui concerne les hauts grades des rites égyptiens tels qu’ils sont pratiqués au Grand Orient de France, la situation est différente, puisqu’ils sont pratiqués suivant l’échelle ramenée à 33 degrés définie par l’accord de la fusion de 1862 menée par Marconis de Nègre (en gras, les grades conférés par initiations, les autres étant communiqués sans cérémonie particulière):

Collèges égyptiens
* 4 Maître discret
* 5 Maître sublîme-Maître des angles
* 6 Chevalier de l’Arche Sacrée
* 7 Chevalier de la Voûte Secrète
* 8 Chevalier de l’Épée
* 9 Chevalier de Jérusalem
* 10 Chevalier d’Orient
* 11 Chevalier Rose-Croix
* 12 Chevalier de l’Aigle Rouge
* 13 Chevalier du Temple
* 14 Chevalier du Tabernacle
* 15 Chevalier du Serpent
* 16 Sage de la Vérité
* 17 Philosophe hermétique
* 18 Chevalier Kadosh
* 19 Chevalier du Royal Mystère
* 20 Grand Inspecteur
* 21 Patriarche Grand Installateur
* 22 Patriarche Grand Consécrateur
* 23 Patriarche Grand Eulogiste
* 24 Patriarche de la Vérité
* 25 Patriarche des Planisphères
* 26 Patriarche des Védas Sacrés
* 27 Maître Égyptien – Patriarche d’Isis
* 28 Patriarche de Memphis
* 29 Patriarche de la Cité Mystique
* 30 Sublîme Maître du Grand Œuvre

Académie égyptienne
* 31 Grand Défenseur du Rite
* 32 Prince de Memphis

Souverain Sanctuaire
* 33 Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

source : Les Rites maçonniques égyptiens forment une famille de rites maçonniques utilisés par un assez petit nombre de loges maçonniques (de l’ordre de la centaine), principalement en France, réparties dans un assez grand nombre d’obédiences (de l’ordre d’une vingtaine). Il s’agit de rites d’inspiration mystique et hermétique. Les principaux d’entre eux sont:
* Le Rite de Misraïm
* Le Rite de Memphis
* Le Rite de Memphis et Misraïm (époque de Garibaldi)
* Le Rite de Memphis-Misraïm (tel que rénové par Ambelain)

Origine et Histoire
L’origine des rites maçonniques dits « égyptiens » remonte à plus de 200 ans. Ces rites ont revendiqué une première filiation, venant d’un Rite Primitif qui aurait été pratiqué à Paris en 1721, mais dont l’existence n’a jamais été historiquement démontrée. Ils se réclament aussi du Rite Primitif des Philadelphes à Narbonne en 1779.

Cependant leur histoire est plus complexe. Ceci est dû principalement à une triple particularité:

* la légitimité maçonnique y est réputée provenir principalement de la transmission de pouvoirs de dirigeant à dirigeant, via des documents appelés « chartes ».
* leurs dirigeants étaient, jusqu’à la scission de 1998, tous nommés à vie.
* leur pratique ayant toujours été extrêmement minoritaire dans la maçonnerie mondiale, la littérature les concernant est moins fournie et moins facilement accessible que pour d’autres rites.

Les origines
Plusieurs Rites ou Ordres initiatiques ont existé en France à la fin du XVIIIe siècle. Ils se présentaient comme héritiers de divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C’est le cas par exemple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d’Egypte, en 1801 de l’Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désert.

Ces Rites s’inspiraient de ce que l’on appelait la « tradition égyptienne », et consistaient en une association de traditions et de textes, telles qu’ils étaient comprises à cette époque. C’est le cas par exemple du « Séthos » de l’Abbé Jean Terrasson (1731), « l’Oedipus aegyptianicus » d’Athanasius Kircher (1652) et du « Monde primitif » d’Antoine Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l’hermétisme néo-platonicien, l’ésotérisme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient également là une source naturelle d’expression. C’est ainsi que Cagliostro, par exemple, qualifia le rite qu’il constitua dans les années 1780 de « Rite de la haute maçonnerie égyptienne »

Mais c’est surtout au début du XIXe siècle, suite à la campagne d’Égypte, que l’égyptomanie se développa le plus dans la franc-maçonnerie comme dans l’ensemble de la société française

Au XIXe siècle
Rite de Misraïm ou égyptien

De 1810 à 1813, les frères Bédarride développèrent le rite de Misraïm (Misraïm siginifiant « Égypte » en hébreu) dans les milieux français d’Italie, puis en France à partir de 1814. Bien que controversé, il semble que leur système et leurs chartes aient convaincu divers maçons, dont Thory et le Comte Muraire, qui les mirent en relation avec d’autres maçons du rite écossais. Quelques Loges furent créées. Mais divers problèmes de détournement des fonds de la part des frères Bédarride poussèrent de nombreux frères à se retirer et à fonder une nouvelle Puissance Suprême égyptienne qui demandera en 1816 et sans succès à être admise au sein du « Grand Consistoire » du Grand Orient de France. Le rite de Misraïm poursuivra son histoire avec des hauts et des bas jusqu’en 1822, date à laquelle, ayant été utilisé comme couverture par des réseaux politiques libéraux et républicains, il fut interdit par la police de la Restauration. Celle-ci ferma la dizaine de loges qui le composaient et confisqua une grande partie de ses archives, qui se trouvent aujourd’hui aux Archives Nationales.

En 1831, le rite obtint de la Monarchie de Juillet le droit de se reconstituer, mais seules 4 Loges parisiennes y parvinrent. Le frère Morrison (1780-1849) joua également un rôle notable dans l’histoire de ce rite. Originaire d’Écosse, ancien médecin militaire des armées britanniques pendant les guerres napoléoniennes, il s’établit à Paris en 1822. Passionné par les hauts grades maçonniques, il fut dignitaire de tous les systèmes de hauts grades existant à l’époque à Paris et contribua à la reconstitution du rite.

Entre les années 1848 et 1862, le rite de Misraïm traversa une crise. Michel Bédarride ayant un comportement très contestable à plusieurs reprises (entre autres sur le plan financier), de nombreux frères quittèrent l’obédience et, ne pouvant créer une autre structure, entrèrent au Grand Orient de France où ils ouvrirent, entre autres, la Loge « Jérusalem des Vallées Egyptiennes ».
En 1858, le Grand Maître du Grand Orient de France fit savoir que les frères de Misraïm ne pouvaient être reçus en visite dans les Loges du Grand Orient de France. M. Bédaride transmit avant sa mort la charge de diriger l’ordre à Hayère auquel succédèrent Girault et Osselin. Ce dernier ferma la Grande loge Misraïmite en 1899

En 1889, le Rite de Misraïm placé sour la juridiction française comptait 3 Loges à Paris, 8 en province, 2 à New-York, 1 à Buenos-Aires et 1 à Alexandrie. À celles-ci, il convenait d’ajouter les loges de la juridiction italienne qui était alors indépendante

Rite de Memphis ou oriental
Le Rite de Memphis naquit peu avant 1838, sous l’influence de Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1868). Exclu du rite de Misraïm, il fonda en 1838 l’Ordre de Memphis dont il devint le Grand Maître et Grand Hiérophante. Son rite ne compta jamais plus de 5 ou 6 loges au XVIIIe siècle, mais il l’implanta aussi aux États-Unis, en Roumanie et en Égypte. En 1841, sur la dénonciation des frères Bédarride, son rite fut interdit en France sous l’accusation d’afficher des sympathies républicaines.

En 1862, répondant à l’appel du Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, pour l’unité de l’Ordre Maçonnique en France, Marconis proposa la réunion de son rite à l’Obédience, ce qui fut fait la même année: les Loges qui composaient l’Obédience se réunirent au Grand Orient de France

Rite ancien et primitif de Memphis et Misraïm
Devenu ainsi dépositaire du Rite de Memphis, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France accorda une reconnaissance officielle au Souverain Sanctuaire de Memphis aux États-Unis. Sous la grande maîtrise de Seymour, celui-ci ouvrit d’assez nombreuses loges non seulement aux États-Unis mais aussi dans différents pays du monde. Il fonda en particulier un Souverain Sanctuaire pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, dont John Yarker était le grand-maître. En 1881, Yarker procéda à un échange de chartes avec le rite réformé de Misraïm de Pessina, sous l’Égide de Giuseppe Garibaldi, qui devint « Grand Hiérophante » des deux rites réunis, « Memphis et Misraïm ». À la mort de celui-ci, Yarker lui succéda.

Au XXe siècle
Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm

En France, le docteur Gérard Encausse (dit Papus), fondateur de l’Ordre martiniste et adversaire du Grand Orient de France, s’intéressait à la tradition maçonnique ésotérique. Après avoir sans succès demandé son admission à la Grande Loge Misraïmite et à la Grande Loge de France, il obtint de Yarker une patente lui permettant d’ouvrir une loge au rite Swedenborgien. En 1906, il obtint de Yarker l’autorisation de constituer une Grande Loge et en 1908, Théodore Reuss l’autorisa à ouvrir en compagnie de Teder la loge Humanidad qui devient l’Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm en France. Il en devint le Grand Maître. Lui succédèrent Téder (de 1916 à 1918), puis Jean Bricaud (de 1818 à 1934), Constant Chevillon (de 1934 à son assassinat en 1944 par la Milice française), Henri-Charles Dupont (de 1945 à 1960)

Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Robert Ambelain, ayant pris la direction du rite en 1960, en réformera les rituels en profondeur et renommera son obédience du nom de « Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmettra sa succession à Gérard Kloppel en 1985.

L’éclatement de la Grande Loge Française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm
Les prémisses de l’éclatement de la Grande Loge de Memphis-Misraïm eurent lieu à partir de 1995. Les conflits étaient principalement liés:
* A la question de la mixité des loges.
* A celle de l’indépendance des ateliers des trois premiers grades vis à vis de ceux des hauts grades.
* A la question de la nomination à vie des dirigeants.
* Au débat sur la distinction entre rite et obédience.
* Ainsi peut-être qu’à quelques querelles de personnes.

Après la création d’une « Voie » égyptienne mixte, intervint en 1997 le projet de modification de la structure de l’obédience. Le conflit conduisit à la désintégration de l’obédience le 24 janvier 1998, et à la séparation de l’obédience en deux branches, l’une formant la Grande Loge Symbolique de France sous l’impulsion de Georges Claude Vieilledent, l’autre restant fidèle à Gérard Kloppel sous le nom de Grande Loge française masculine de Memphis Misraïm. A la suite de cette scission, après avoir créé la Grande Loge Traditionnelle de Memphis-Misraim, Gérard Kloppel démissionna le 5 mai 1998 en transmettant ses pouvoirs à Cheikna Sylla. La dissolution de la Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fut ensuite prononcée par le tribunal de Créteil. On assista ensuite à l’apparition d’une trentaine d’autres scissions au cours des années suivantes.

L’obédience d’origine ayant été dissoute par voie de justice, personne ne pouvait reprendre le même titre sans assumer la charge du passif relativement lourd. Ceci explique, notamment, qu’il existe aujourd’hui différentes Grandes Loges françaises qui reprennent le nom de Memphis-Misraïm mais qu’aucune d’entre elles ne soit officiellement déclarée sous ce nom selon la loi de 1901.

En 1999, six loges et quatre triangles se rapprochèrent du Grand Orient de France, tant par affinités personnelles que philosophiques, et y obtinrent leur intégration, ainsi que le réveil de la patente du rite égyptien détenue par le Grand Orient depuis 1862, offrant ainsi un pôle de stabilité au Rite.

Le 2 mars 2000, à Bruxelles, Gérard Kloppel organisa un Souverain Sanctuaire International qui décida de destituer Cheikna Sylla. Le 12 juillet 2007, bien que n’ayant plus aucune prérogative selon ses propres constitutions, il participa à la création d’une association dénommée « Confédération Internationale Franc-Maçonnique » et décida de « restaurer » l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm.

Cette destitution est considérée comme nulle et non avenue par Cheikna Sylla et son successeur au sein de l’ordre maçonnique international du rite ancien et primitif de Memphis-Misraim, Willy Raemakers. Ce dernier prit le 26 janvier 2008 un décret de radiation du rite de Gérard Kloppel.

Se placent notamment sous la Grande Hiérophanie de W. Raemakers les obédiences suivantes: la Grande Loge Symbolique de Belgique, la Grande Loge Symbolique du Canada, la Grande Loge Symbolique Masculine d’Afrique, le Conseil National de France, et la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraim.

De nos jours
Le Rite de Memphis-Misraïm est pratiqué par de nombreuses obédiences à travers le monde. Cependant, il est divisé en une multitude de « branches » et de groupes qui ne se reconnaissent pas forcément les uns les autres. On constate que ces nombreuses obédiences sont souvent « groupusculaires » et isolées.

Le problème vient en partie de ce que, contrairement aux autres Rites Maçonniques, la filiation d’un Rite Egyptien repose sur un seul homme ou une seule femme, ce qui permet non seulement à tout(e) franc-maçon(ne) de fonder une nouvelle branche du Rite, une fois un certain degré atteint (90e pour le rite de Misraïm, 95e pour le Rite de Memphis-Misraïm ), mais facilite aussi parfois les impostures et rend la légitimité de chaque branche pratiquement invérifiable.

De plus, la Maçonnerie Egyptienne use beaucoup plus des « communications », à savoir de la transmission de degrés sur simple base d’un document écrit, sans faire passer les épreuves « physiques » de l’initiation. On a parfois également dit que certains « hauts dignitaires » du Rite, peu scrupuleux, auraient tout simplement fait commerce de chartes et de patentes, qu’ils auraient émises « à tout vent » en échange de sommes d’argent rondelettes. De telles accusations furent en leur temps portées contre les frères Bédarride. C’est ainsi que certaines loges et obédiences du Rite auraient été fondées par des personnes n’ayant qu’une faible pratique des loges, mais ayant en leur possession une patente ou une charte les ayant élevés aux plus hauts degrés du Rite, leur conférant ainsi autorité sur leur(s) structure(s).

La meilleure manière de savoir si une branche d’un Rite Égyptien est légitime est de vérifier sa patente. Cette patente doit être détenue par un possesseur d’un des degrés cités ci-dessus et avoir été obtenue de façon régulière auprès d’une autre structure elle-même authentique.

Fonctionnement
L’originalité du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm réside principalement dans ses grades maçonniques spécifiques, bien qu’elle s’affirme également, dans une moindre mesure, dès son premier degré. Ses degrés d’instruction et d’enseignement se situent sur une échelle de 99 grades divisés en plusieurs séries distinctes:
* La Maçonnerie symbolique, du premier au troisième degré, travaille sur le symbolisme et énonce les prémices de la recherche philosophique.
* La Maçonnerie philosophique, du 4e au 33e degré, s’attache à l’étude de la philosophie et des mythes. Le but est de mettre sur la voie de la recherche des causes et des effets originels.
* La Maçonnerie hermétique et ésotérique, du 34e au 99e degré, privilégie la haute philosophie, étudie les mythes religieux des différents âges de l’Humanité et accède au travail philosophique et ésotérique le plus avancé.

A noter que la plupart d’entre eux ne sont pas pratiqués et sont conférés par simple communication. On remarquera que ce rite a complètement intégré la hiérarchie du rite écossais ancien et accepté qu’il a prolongé par des grades qui lui sont spécifiques (donc à partir du 34e, ce qui fait donc 66 degrés spécifiquement misraïmites).

Il convient de remarquer qu’il existe toujours des Loges qui pratiquent le seul rite de Misraïm en 90 degrés et d’autres le seul rite de Memphis.

Les Grades
Loges symboliques

Les rites égyptiens étant à leur origine des systèmes de hauts grades maçonniques, il n’y avait pas, jusqu’à une date relativement récente, de spécificité égyptienne dans les rituels des loges symboliques: C’était le Rite français qui y était utilisé, dans ses trois grades:
* 1er Apprenti
* 2e Compagnon
* 3e Maître

Loges de hauts grades
Du 4e au 33e degrés, les rites égyptiens utilisèrent le plus souvent l’échelle des grades du Rite écossais ancien et accepté, avec parfois des variantes et avec cette différence avec le REAA que ces trente grades étaient généralement tous pratiqués dans le cadre d’un même atelier, susceptible de prendre symboliquement différentes dénominations suivant le grade auquel il travaillait. C’était le cas en particulier du système en 33 degrés que pratiquait Yarker et qu’il publia à Londres en 1875. En 1934, au convent de Bruxelles, le rite égyptien de Memphis-Misraïm décida de réactiver l’échelle complète de 90 grades d’instruction et de 9 grades administratifs telles que définie comme ci-dessous. Toutefois, la plupart de ces degrés étaient conférés sans aucune cérémonie rituelle, par simple communication. Seule une petite minorité d’entre eux donnait lieu à une cérémonie d’intiation et à une pratique réelles. Robert Ambelain lui-même considérait qu’à ses yeux les seuls obligatoires étaient les 9e, 18e, 30e, 32e et 33e.

Échelle en 99 grades
Loges de Perfection:
* 4e Maître Secret
* 5e Maître Parfait
* 6e Secrétaire Intime
* 7e Prévôt et Juge
* 8e Intendant des Bâtiments
* 9e Maître Élu des Neuf
* 10e Illustre Élu des Quinze
* 11e Sublime Chevalier Élu
* 12e Grand Maître Architecte
* 13e Royal Arche
* 14e Grand Élu de la Voûte Sacrée, dit Jacques VI ou Sublime Maçon

Chapitres:
* 15e Chevalier d’Orient ou de l’Épée
* 16e Prince de Jérusalem
* 17e Chevalier d’Orient et d’Occident
* 18e Sublime Prince Rose-croix

Sénats :
* 19e Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem céleste
* 20e Chevalier du Temple
* 21e Noachite ou Chevalier Prussien
* 22e Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
* 23e Chef du Tabernacle
* 24e Prince de Tabernacle
* 25e Chevalier de Serpent d’Airain
* 26e Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
* 27e Grand Commandeur du Temple
* 28e Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
* 29e Grand Écossais de Saint André d’Écosse, Prince de la Lumière

Aréopages et Tribunaux :
* 30e Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir
* 31e Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
* 32e Sublime Prince du Royal Secret
* 33e Souverain Grand Inspecteur Général

Grands Consistoires:
* 34e Chevalier de Scandinavie
* 35e Sublime Commandeur du Temple
* 36e Sublime Negociate
* 37e Chevalier de Shota (adepte de la Vérité)
* 38e Sublime Élu de la Vérité
* 39e Grand Élu des Eons
* 40e Sage Sivaïste (Sage Parfait)
* 41e Chevalier de l’Arc-en-Ciel
* 42e Prince de la Lumière
* 43e Sublime Sage Hermétique
* 44e Prince du Zodiaque
* 45e Sublime Sage des Mystères
* 46e Sublime Pasteur des Huts
* 47e Chevalier des Sept Étoiles
* 48e Sublime Gardien du Mont Sacré
* 49e Sublime Sage des Pyramides
* 50e Sublime Philosophe de Samothrace
* 51e Sublime Titan du Caucase
* 52e Sage du Labyrinthe
* 53e Chevalier du Phoenix
* 54e Sublime Scalde
* 55e Sublime Docteur Orphique
* 56e Pontife de Cadmée
* 57e Sublime Mage
* 58e Prince Brahmine
* 59e Grand Pontife de l’Ogygie
* 60e Sublime Gardien des Trois Feux
* 61e Sublime Philosophe Inconnu
* 62e Sublime Sage d’Eleusis
* 63e Sublime Kawi
* 64e Sage de Mithra
* 65e Patriarche Grand Installateur
* 66e Patriarche Grand Consécrateur
* 67e Patriarche Grand Eulogiste
* 68e Patriarche de la Vérité
* 69e Chevalier du Rameau d’Or d’Eleusis
* 70e Patriarche des Planisphères
* 71e Patriarche des Védas Sacrés

Grands Conseils:
* 72e Sublime Maître de la Sagesse
* 73e Docteur du Feu Sacré
* 74e Sublime Maître du Sloka
* 75e Chevalier de la Chaîne Lybique
* 76e Patriarche d’Isis
* 77e Sublime Chevalier Théosophe
* 78e Grand Pontife de la Thébaïde
* 79e Chevalier du Sadah Redoutable
* 80e Sublime Élu du Sanctuaire
* 81e Patriarche de Memphis
* 82e Grand Élu du Temple de Midgard
* 83e Sublime Chevalier de la Vallée d’Oddy
* 84e Docteur des Izeds
* 85e Sublime Maître de l’anneau Lumineux
* 86e Pontife de Sérapis
* 87e Sublime Prince de la Maçonnerie
* 88e Grand Élu de la cour Sacrée
* 89e Patriarche de la Cité Mystique
* 90e Patriarche Sublime Maître du Grand Œuvre

Grands Tribunaux:
* 91e Sublime Patriarche Grand Défenseur de l’ordre

Grands Temples Mystiques:
* 92e Sublime Cathéchrist
* 93e Grand Inspecteur Régulateur Général
* 94e Sublime Patriarche de Memphis

Souverains Sanctuaires:
* 95e Sublime Patriarche Grand Conservateur de l’Ordre
* 96e Substitut Grand Maître National, Vice-Président du Souverain Sanctuaire National
* 97e Grand Maître National, Président du Souverain Sanctuaire National
* 98e Substitut Grand Maître Mondial, Vice-Président du Souverain Sanctuaire International
* 99e Sérénissime Grand Maître Mondial, Grand Hiérophante, Président du Souverain Sanctuaire International

Échelle en 33 grades
En ce qui concerne les hauts grades des rites égyptiens tels qu’ils sont pratiqués au Grand Orient de France, la situation est différente, puisqu’ils sont pratiqués suivant l’échelle ramenée à 33 degrés définie par l’accord de la fusion de 1862 menée par Marconis de Nègre (en gras, les grades conférés par initiations, les autres étant communiqués sans cérémonie particulière):

Collèges égyptiens
* 4 Maître discret
* 5 Maître sublîme-Maître des angles
* 6 Chevalier de l’Arche Sacrée
* 7 Chevalier de la Voûte Secrète
* 8 Chevalier de l’Épée
* 9 Chevalier de Jérusalem
* 10 Chevalier d’Orient
* 11 Chevalier Rose-Croix
* 12 Chevalier de l’Aigle Rouge
* 13 Chevalier du Temple
* 14 Chevalier du Tabernacle
* 15 Chevalier du Serpent
* 16 Sage de la Vérité
* 17 Philosophe hermétique
* 18 Chevalier Kadosh
* 19 Chevalier du Royal Mystère
* 20 Grand Inspecteur
* 21 Patriarche Grand Installateur
* 22 Patriarche Grand Consécrateur
* 23 Patriarche Grand Eulogiste
* 24 Patriarche de la Vérité
* 25 Patriarche des Planisphères
* 26 Patriarche des Védas Sacrés
* 27 Maître Égyptien – Patriarche d’Isis
* 28 Patriarche de Memphis
* 29 Patriarche de la Cité Mystique
* 30 Sublîme Maître du Grand Œuvre

Académie égyptienne
* 31 Grand Défenseur du Rite
* 32 Prince de Memphis

Souverain Sanctuaire
* 33 Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

 

source : http://www.equi-nox.net/

&

http://hautsgrades.over-blog.com/article-les-rites-ma-onniques-egyptiens-102779125.html

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Axiomes alchimiques 28 janvier, 2013

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Axiomes alchimiques

Axiomes alchimiques dans Recherches & Reflexions alchemistandapprentice_3

1. – Tout ce qu’on peut accomplir par une méthode simple ne doit pas être essayé par une méthode compliquée.
Il n’y a qu’une seule Vérité dont l’existence n’a pas besoin de preuve, parce qu’elle est elle-même sa propre preuve pour ceux qui sont à même de la percevoir. Pourquoi se servir de la complexité pour chercher ce qui est simple ? Les sages disent : “Ignis et Azoth tibi sufficiunt”. Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu’il vous faut, c’est le Feu et l’Air.

2. – Nulle substance ne peut être rendue parfaite sans une longue souffrance.
Grande est l’erreur de ceux qui s’imaginent que la pierre des philosophes peut être durcie sans avoir été préalablement dissoute ; leur temps et leur travail sont perdus.

3. – La nature doit être aidée par l’art toutes les fois qu’elle manque de force.
L’art peut servir la nature, mais non la supplanter. L’art sans la nature est toujours anti-naturel. La nature sans l’art n’est pas toujours parfaite.

4. – La nature ne peut être améliorée qu’en elle-même.
La nature d’un arbre ne peut pas être changée par l’arrangement des branches, ni par l’addition d’ornements ; il ne peut être amélioré qu’en perfectionnant le sol sur lequel il croît, ou par la greffe.

5. – La nature use de la nature, la comprend et la vainc.
Il n’y a point d’autre connaissance que la connaissance de soi-même. Tout être ne peut réaliser vraiment que sa propre existence, mais non celle d’un élément qui lui est totalement étranger.

6. – Celui qui ne connaît pas le mouvement ne connaît pas la nature.
La nature est le produit du mouvement. Au moment où le mouvement éternel cesserait, la nature entière cesserait d’exister. Celui qui ne connaît pas les mouvements qui se produisent dans son corps est un étranger dans sa propre maison.

7. – Tout ce qui produit un effet pareil à celui produit par un élément composé est également un composé.
L’Un est plus grand que tous les autres nombres, car il a produit l’infinie variété des grandeurs mathématiques ; mais nul changement n’est possible sans la présence de l’Un qui pénètre toutes choses, et dont les facultés sont présentes dans ses manifestations.

8. – Rien ne peut passer d’un extrême à l’autre sauf à l’aide d’un moyen.
Un animal ne peut pas arriver au céleste avant d’avoir passé par l’homme. Ce qui est antinaturel doit devenir naturel avant que sa nature puisse devenir spirituelle.

9. – Les métaux ne peuvent pas se changer en d’autres métaux avant d’avoir été réduits à la prima materia.
La volonté propre, opposée à la volonté divine, doit cesser d’être pour que la volonté divine puisse envahir le cœur. Nous devons nous dépouiller de toute sophistication, devenir semblables à des enfants, pour que la parole de sagesse puisse retentir dans notre esprit.

10. – Ce qui n’est pas mûr doit être aidé par ce qui est parvenu à maturité.
Ainsi commencera la fermentation. La loi de l’induction régit toutes les régions de la nature.

11. – Dans la calcination, le corps ne se réduit pas, mais il augmente de quantité.
Le véritable ascétisme consiste à abandonner ce dont on n’a pas besoin, lorsqu’on a reçu quelque chose de meilleur.

12. – Dans l’alchimie, rien ne porte de fruit sans avoir été préalablement mortifié.
La lumière ne peut pas luire à travers la matière, si la matière n’est pas devenue assez subtile pour laisser passer les rayons.
13. – Ce qui tue produit la vie ; ce qui cause la mort amène la résurrection ; ce qui détruit crée.
Rien ne sort de rien. La création d’une forme nouvelle à pour condition la transformation de l’ancienne.

14. – Tout ce qui renferme une semence peut être augmenté, mais point sans l’aide de la nature.
Ce n’est qu’au moyen de la graine que le fruit portant des graines plus nombreuses vient à la vie.

15. Toute chose se multiplie et s’augmente au moyen d’un principe masculin et d’un principe féminin.
La matière ne produit rien si elle n’est pénétrée par la force. La nature ne crée rien si elle n’est imprégnée par l’esprit. La pensée reste improductive si elle n’est rendue active par la volonté.

16. – La faculté de tout germe est de s’unir à tout ce qui fait partie de son royaume.
Tout être dans la nature est attiré par sa propre nature représentée dans d’autres êtres. Les couleurs et les sons de nature semblable forment des accords harmonieux ; les substances qui ont des rapports les unes avec les autres peuvent se combiner ; les animaux de la même espèce s’associent entre eux, et les puissances spirituelles s’unissent aux germes avec lesquels elles ont de l’affinité.

17. – Une matrice pure donne naissance à un fruit pur.
Ce n’est que dans le sanctuaire le plus intime de l’âme que se révèlera le mystère de l’esprit.

18. – Le feu et la chaleur ne peuvent être produits que par le mouvement.
La stagnation, c’est la mort. La pierre jetée dans l’eau forme des cercles excentriques progressifs, qui sont produits par le mouvement. L’âme qui ne s’émeut pas ne peut point s’élever et se pétrifie.

19. – Toute la méthode commence et finit par une seule méthode : la cuisson.
Voici le grand arcane : c’est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, et qui est rendu parfait dans l’objet saturnien par une cuisson continuelle, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’état de sublimation et la puissance nécessaires pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit par le Feu Hermétique. La séparation du subtil d’avec l’épais doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués et rendus mobiles. Continue cette méthode jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie au corps.

20. – L’œuvre entière s’accomplit en employant uniquement de l’eau.
C’est la même eau que celle sur laquelle se mouvait l’Esprit de Dieu dans le principe, lorsque les ténèbres étaient sur la face de l’abîme.

21. – Toute chose doit retourner à ce qui l’a produite.
Ce qui est terrestre vient de la terre ; ce qui appartient aux astres provient des astres ; ce qui est spirituel procède de l’Esprit et retourne à Dieu.

22. – Où les vrais principes manquent, les résultats sont imparfaits.
Les imitations ne sauraient donner des résultats purs. L’amour purement imaginaire, la sagesse comme la force purement imaginaires ne peuvent avoir d’effet que dans le royaume des illusions.

23. – L’art commence où la nature cesse d’agir.
L’art accomplit au moyen de la nature ce que la nature est incapable d’accomplir sans l’aide de l’art.

24. – L’art hermétique ne s’atteint pas par une grande variété de méthodes. La Pierre est une.
II n’y a qu’une seule vérité éternelle, immuable. Elle peut apparaître sous maints différents aspects : mais, dans ce cas, ce n’est pas la vérité qui change, c’est nous qui changeons notre mode de conception.

25. – La substance qui sert à préparer l’Arcanum doit être pure, indestructible et incombustible.
Elle doit être pure d’éléments matériels grossiers, inattaquable au doute et à l’épreuve du feu des passions.

26. – Ne cherche pas le germe de la pierre des philosophes dans les éléments.
C’est seulement au centre du fruit qu’on peut trouver le germe.

27. – La substance de la pierre des philosophes est Mercurielle.
Le sage la cherche dans le Mercure ; le fou cherche à la créer dans la vacuité de son propre cerveau.

28. – Le germe des métaux se trouve dans les métaux, et les métaux naissent d’eux-mêmes.
La croissance des métaux est très lente ; mais on peut la hâter en y ajoutant la Patience.

29. – N’emploie que des métaux parfaits.
Le Mercure imparfait, tel qu’on le trouve ordinairement dans certaines contrées de l’Europe, est tout à fait inutile pour cette œuvre. La sagesse du monde est folie aux yeux du Seigneur.

30. – Ce qui est grossier et épais doit être rendu subtil et fin par calcination.
Ceci est une opération très pénible et très lente, parce qu’elle est nécessaire pour arracher la racine même du mal ; elle fait saigner le cœur et gémir la nature torturée.

31. – Le fondement de cet art consiste à réduire les Corpora en Argentum Vivum.
C’est la Solutio Sulphuris Sapientium in Mercurio.Une science dépourvue de vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n’est qu’une lumière fausse et empruntée.

32. – Dans la Solution, le Dissolvant et la Dissolution doivent rester ensemble.
Le Feu et l’Eau doivent être rendus aptes à se combiner. L’intelligence et l’amour doivent rester à jamais unis.

33. – Si la semence n’est pas traitée par la chaleur et l’humidité, elle devient inutile.
La froidure contracte le cœur et la sécheresse l’endurcit, mais le Feu de l’Amour Divin le dilate, et l’Eau de l’Intelligence dissout le résidu.

34. – La terre ne produit nul fruit sans une humidité continue.
Nulle révélation n’a lieu dans les ténèbres si ce n’est au moyen de la lumière.

35. – L’Humectation a lieu par l’Eau, avec laquelle elle a beaucoup d’affinité.
Le corps lui-même est un produit de la pensée, et a pour cette raison la plus grande affinité avec l’intelligence

36. – Toute chose sèche tend naturellement à attirer l’humidité dont elle a besoin pour devenir complète en sa constitution.
L’Un, de qui sont sorties toutes choses, est parfait ; et c’est pourquoi celles-ci renferment en elles-mêmes la tendance à la perfection et la possibilité d’y atteindre.

37. – Une semence est inutile et impuissante, si elle n’est mise dans une Matrice appropriée.
Une âme ne peut pas se développer et progresser sans un corps approprié, parce que c’est le corps physique qui fournit la matière nécessaire à son développement.

38. – La chaleur active produit la couleur Noire dans ce qui est humide ; dans tout ce qui est sec, la couleur Blanche ; et, dans tout ce qui est blanc, la couleur Jaune.
D’abord vient la Mortification, puis la Calcination, et ensuite l’éclat doré produit par la lumière du Feu Sacré qui illumine l’âme purifiée.

39. – Le Feu doit être modéré, ininterrompu, lent, égal, humide, chaud, blanc, léger, embrassant toutes choses, renfermé, pénétrant, vivant, intarissable, et le seul employé par la nature.
C’est le Feu qui descend des cieux pour bénir toute l’humanité.

40. – Toutes les opérations doivent être faites dans un seul Vaisseau et sans le retirer du Feu.
La substance employée pour la préparation de la Pierre des Philosophes doit être rassemblée en un seul lieu et ne doit pas être dispersée en plusieurs lieux. Quand une fois l’or a perdu son éclat, il est difficile de le lui rendre

41. – Le Vaisseau doit être bien clos, en sorte que l’eau ne s’en échappe pas ; il doit être scellé hermétiquement, parce que, si l’esprit trouvait une fissure pour s’échapper, la force serait perdue : et en outre il doit être bien clos, afin que rien d’étranger et d’impur ne puisse s’introduire et s’y mélanger.
II doit toujours y avoir à la porte du laboratoire une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs, et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis.

42. – N’ouvrez pas le Vaisseau avant que l’Humectation soit achevée.
Si le Vaisseau est ouvert prématurément, la plus grande partie du travail est perdue.

43. – Plus la Pierre est alimentée et nourrie, plus la volonté s’accroîtra.
La sagesse divine est inépuisable ; seule est limitée la faculté de réceptivité de la forme.

Source : http://www.collegium-rosae-crucis.com/

et : http://logedermott.over-blog.com/

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Les axiomes hermétiques 16 décembre, 2012

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Les axiomes hermétiques

Les axiomes hermétiques dans Chaine d'union hermes-caducee-252x300

1. – Tout ce qu’on peut accomplir par une méthode simple ne doit pas être essayé par une méthode compliquée.

Il n’y a qu’une seule Vérité dont l’existence n’a pas besoin de preuve, parce qu’elle est elle-même sa propre preuve pour ceux qui sont à même de la percevoir. Pourquoi se servir de la complexité pour chercher ce qui est simple ? Les sages disent : « Ignis et Azoth tibi sufficiunt ». Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu’il vous faut, c’est le feu et l’air.

2. – Nulle substance ne peut être rendue parfaite sans une longue souffrance.

Grande est l’erreur de ceux qui s’imaginent que la pierre des philosophes peut être durcie sans avoir été préalablement dissoute ; leur temps et leur travail sont perdus.

3. – La nature doit être aidée par l’art toutes les fois qu’elle manque de force.

L’art peut servir la nature, mais non la supplanter. L’art sans la nature est toujours anti-naturel. La nature sans l’art nest pas toujours parfaite.

4. – La nature ne peut être améliorée qu’en elle-même.

La nature d’un arbre ne peut pas être changée par l’arrangement des branches, ni par l’addition d’ornements ; il ne peut être amélioré qu’en perfectionnant le sol sur lequel il croît, ou par la greffe.

5. – La nature use de la nature, la comprend et la vainc.

Il n’y a point d’autre connaissance que la connaissance de soi-même. Tout être ne peut réaliser vraiment que sa propre existence, mais non celle d’un élément qui lui est totalement étranger.

6. – Celui qui ne connaît pas le mouvement ne connaît pas la nature.

La nature est le produit du mouvement. Au moment où le mouvement éternel cesserait, la nature entière cesserait d’exister. Celui qui ne connaît pas les mouvements qui se produisent dans son corps est un étranger dans sa propre maison.

7. – Tout ce qui produit un effet pareil à celui produit par un élément composé est également un composé.

L’Un est plus grand que tous les autres nombres, car il a produit l’infinie variété des grandeurs mathématiques ; mais nul changement n’est possible sans la présence de l’Un qui pénètre toutes choses, et dont les facultés sont présentes dans ses manifestations.

8. – Rien ne peut passer d’un extrême à l’autre sauf à l’aide d’un moyen.

Un animal ne peut pas arriver au céleste avant d’avoir passé par l’homme. Ce qui est antinaturel doit devenir naturel avant que sa nature puisse devenir spirituelle.

9. – Les métaux ne peuvent pas se changer en d’autres métaux avant d’avoir été réduits à la prima materia.

La volonté propre, opposée à la volonté divine, doit cesser d’être pour que la volonté divine puisse envahir le coeur. Nous devons nous dépouiller de toute sophistication, devenir semblables à des enfants, pour que la parole de sagesse puisse retentir dans notre esprit.

10. – Ce qui n’est pas mûr doit être aidé par ce qui est parvenu à maturité.

Ainsi commencera la fermentation. La loi de l’induction régit toutes les régions de la nature.

11. – Dans la calcination, le corps ne se réduit pas, mais il augmente de quantité.

Le véritable ascétisme consiste à abandonner ce dont on n’a pas besoin, lorsqu’on a reçu quelque chose de meilleur.

12. – Dans l’alchimie, rien ne porte de fruit sans avoir été préalablement mortifié.

La lumière ne peut pas luire à travers la matière, si la matière n’est pas devenue assez subtile pour laisser passer les rayons.

13. – Ce qui tue produit la vie ; ce qui cause la mort amène la résurrection ; ce qui détruit crée.

Rien ne sort de rien. La création d’une forme nouvelle à pour condition la transformation de l’ancienne.

14. – Tout ce qui renferme une semence peut être augmenté, mais point sans l’aide de la nature.

Ce n’est qu’au moyen de la graine que le fruit portant des graines plus nombreuses vient à la vie.

15. – Toute chose se multiplie et s’augmente au moyen d’un principe masculin et d’un principe féminin.

La matière ne produit rien si elle n’est pénétrée par la force. La nature ne crée rien si elle n’est imprégnée par l’esprit. La pensée reste improductive si elle n’est rendue active par la volonté.

16. – La faculté de tout germe est de s’unir à tout ce qui fait partie de son royaume.

Tout être dans la nature est attiré par sa propre nature représentée dans d’autres êtres. Les couleurs et les sons de nature semblable forment des accords harmonieux ; les substances qui ont des rapports les unes avec les autres peuvent se combiner ; les animaux de la même espèce s’associent entre eux, et les puissances spirituelles s’unissent aux germes avec lesquels elles ont de l’affinité.

17. – Une matrice pure donne naissance à un fruit pur.

Ce n’est que dans le sanctuaire le plus intime de l’âme que se révèlera le mystère de l’esprit.

18. – Le feu et la chaleur ne peuvent être produits que par le mouvement.

La stagnation, c’est la mort. La pierre jetée dans l’eau forme des cercles excentriques progressifs, qui sont produits par le mouvement. L’âme qui ne s’émeut pas ne peut point s’élever et se pétrifie.

19. – Toute la méthode commence et finit par une seule méthode : la cuisson.

Voici le grand arcane : c’est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, et qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’état de sublimation et la puissance nécessaires pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit par le feu hermétique. La séparation du subtil d’avec l’épais doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués et rendus mobiles. Continue cette méthode jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie au corps.

20. – L’oeuvre entière s’accomplit en employant uniquement de l’eau.

C’est la même eau que celle sur laquelle se mouvait l’Esprit de Dieu dans le principe, lorsque les ténèbres étaient sur la face de l’abîme.

21. – Toute chose doit retourner à ce qui l’a produite.

Ce qui est terrestre vient de la terre ; ce qui appartient aux astres provient des astres ; ce qui est spirituel procède de l’Esprit et retourne à Dieu.

22. – Où les vrais principes manquent, les résultats sont imparfaits.

Les imitations ne sauraient donner des résultats purs. L’amour purement imaginaire, la sagesse comme la force purement imaginaires ne peuvent avoir d’effet que dans le royaume des illusions.

23. – L’art commence où la nature cesse d’agir.

L’art accomplit au moyen de la nature ce que la nature est incapable d’accomplir sans l’aide de l’art.

24. – L’art hermétique ne s’atteint pas par une grande variété de méthodes. La Pierre est une.

II n’y a qu’une seule vérité éternelle, immuable. Elle peut apparaître sous maints différents aspects : mais, dans ce cas, ce n’est pas la vérité qui change, c’est nous qui changeons notre mode de conception.

25. – La substance qui sert à préparer l’Arcanum doit être pure, indestructible et incombustible.

Elle doit être pure d’éléments matériels grossiers, inattaquable au doute et à l’épreuve du feu des passions.

26. – Ne cherche pas le germe de la pierre des philosophes dans les éléments.

C’est seulement au centre du fruit qu’on peut trouver le germe.

27. – La substance de la pierre des philosophes est mercurielle.

Le sage la cherche dans le mercure ; le fou cherche à la créer dans la vacuité de son propre cerveau.

28. – Le germe des métaux se trouve dans les métaux, et les métaux naissent d’eux-mêmes.

La croissance des métaux est très lente ; mais on peut la hâter en y ajoutant la patience.

29. – N’emploie que des métaux parfaits.

Le mercure imparfait, tel qu’on le trouve ordinairement dans certaines contrées de l’Europe, est tout à fait inutile pour cette oeuvre. La sagesse du monde est folie aux yeux du Seigneur.

30. – Ce qui est grossier et épais doit être rendu subtil et fin par calcination.

Ceci est une opération très pénible et très lente, parce qu’elle est nécessaire pour arracher la racine même du mal ; elle fait saigner le coeur et gémir la nature torturée.

31. – Le fondement de cet art consiste à réduire les Corpora en Argentum Vivum.

C’est la Solutio Sulphuris Sapientium in Mercurio. Une science dépourvue de vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n’est qu’une lumière fausse et empruntée.

32. – Dans la solution, le dissolvant et la dissolution doivent rester ensemble.

Le feu et l’eau doivent être rendus aptes à se combiner. L’intelligence et l’amour doivent rester à jamais unis.

33. – Si la semence n’est pas traitée par la chaleur et l’humidité, elle devient inutile.

La froidure contracte le coeur et la sécheresse l’endurcit, mais le feu de l’amour divin le dilate, et l’eau de l’intelligence dissout le résidu.

34. – La terre ne produit nul fruit sans une humidité continue.

Nulle révélation n’a lieu dans les ténèbres si ce n’est au moyen de la lumière.

35. – L’humectation a lieu par l’eau, avec laquelle elle a beaucoup d’affinité.

Le corps lui-même est un produit de la pensée, et a pour cette raison la plus grande affinité avec l’intelligence

36. – Toute chose sèche tend naturellement à attirer l’humidité dont elle a besoin pour devenir complète en sa constitution.

L’Un, de qui sont sorties toutes choses, est parfait ; et c’est pourquoi celles-ci renferment en elles-mêmes la tendance à la perfection et la possibilité d’y atteindre.

37. – Une semence est inutile et impuissante, si elle n’est mise dans une matrice appropriée.

Une âme ne peut pas se développer et progresser sans un corps approprié, parce que c’est le corps physique qui fournit la matière nécessaire à son développement.

38. – La chaleur active produit la couleur noire dans ce qui est humide ; dans tout ce qui est sec, la couleur blanche ; et, dans tout ce qui est blanc, la couleur jaune.

D’abord vient la mortification, puis la calcination, et ensuite l’éclat doré produit par la lumière du feu sacré qui illumine l’âme purifiée.

39. – Le feu doit être modéré, ininterrompu, lent, égal, humide, chaud, blanc, léger, embrassant toutes choses, renfermé, pénétrant, vivant, intarissable, et le seul employé par la nature.

C’est le feu qui descend des cieux pour bénir toute l’humanité.

40. – Toutes les opérations doivent être faites dans un seul vaisseau et sans le retirer du feu.

La substance employée pour la préparation de la pierre des philosophes doit être rassemblée en un seul lieu et ne doit pas être dispersée en plusieurs lieux. Quand une fois l’or a perdu son éclat, il est difficile de le lui rendre

41. – Le vaisseau doit être bien clos, en sorte que l’eau ne s’en échappe pas ; il doit être scellé hermétiquement, parce que, si l’esprit trouvait une fissure pour s’échapper, la force serait perdue : et en outre il doit être bien clos, afin que rien d’étranger et d’impur ne puisse s’introduire et s’y mélanger. II doit toujours y avoir à la porte du laboratoire une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs, et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis.  

42. – N’ouvrez pas le vaisseau avant que l’humectation soit achevée.

Si le vaisseau est ouvert prématurément, la plus grande partie du travail est perdue.

43. – Plus la pierre est alimentée et nourrie, plus la volonté s’accroîtra.

La sagesse divine est inépuisable ; seule est limitée la faculté de réceptivité de la forme.

Source : http://livres-mystiques.com/

&

http://hautsgrades.over-blog.com/article-les-axiomes-hermetiques-112474727.html

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Neuf voyages vers les chemins de la Connaissance 27 octobre, 2012

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 N° 3 – 1995

Neuf voyages vers les chemins de la Connaissance dans Chaine d'union Pantacle03_1995_1

- La voie du cœur – Louis-Claude de Saint-Martin
– Les vertus – Exortus
– Le cercle – un S.I.
– Neuf voyages vers la connaissance – El Raum (maurel)
– Aspects du Divin selon Denys l’Aréopagite – Gemma
– Le nouvel homme et son ange – C. Rebisse
– Islam – Constantor.

 

Neuf voyages vers les chemins de la Connaissance.

 

Votre esprit est tel un jardin dans lequel vous semez des pensées, impressions, croyances et des CONNAISSANCES. Tout ce que vous avez dans votre subconscient se manifeste. C’est la loi universelle. Notre règle de travail sera, autant que faire se peut, de garder toujours la tête froide et l’esprit en alerte, conditions indispensables en cette recherche de la Vérité, de la CONNAISSANCE. En nous rappelant, que ce qui  FUT parallèle à ce qui EST se prolonge dans ce qui SERA Ceci est un Conte allégorique, sur la CONNAISSANCE. Un conte est un récit de faits qui peuvent  être réels. Il est destiné à amuser ou à instruire en s’amusant.

LA FONTAINE au début de la fable  » Le Pâtre et le Lion » écrit ceci.

<<  Les contes ne semblent pas être ce qui semble être.

Le plus simple animal nous y tient lieu de Maître.

Une morale nue amène l’ennui.

Le conte fait passer le précepte avec lui. >>

Le conte comme la légende est un récit populaire  traditionnel plus ou moins fabuleux, qui a souvent un fondement historique, quelquefois réel. C’est un texte qui accompagne une image et lui donne un sens. Définir ce conte et chose malaisée. Il renferme une grande partie de moi-même. Bien que certaines pensées ne soient pas de mon esprit, elles reflètent, cependant ce que je voudrais être en spiritualité, sans savoir le définir par des mots. Ce conte n’est rien d’autre qu’un petit tas de mots empruntés.

Aussi, sans outrecuidance, je rends grâce et demande humblement pardon aux auteurs, et à tous ceux qui m’ont permis de réaliser ce récit, en mettant bout à bout de nombreuses pensées et d’autres encore. c’est une libre adaptation de plusieurs écrits initiatiques soufis, sur une question importante.

Un jour, le Maître CONSCIENSUS, assis parmi les plus anciens disciples, ceux de la Connaissance, leur posa cette question : Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Après un long moment de réflexion, et après avoir questionné ses frères, le plus ancien disciple répondit :

- Maître, nous ne voyons pas le sens de ta question, rien ne nous semble plus difficile que la Connaissance.  Le maître resta un moment sans parler et leur dit… … Vous êtes si innocents, mes petits agneaux, que quand vous trouvez une clé, il vous faut sa porte, et quand vous trouvez une porte, sa clé. Et le monde est si peu contrariant que toute porte a sa clé, et toute clé, sa porte. Le monde mes chers amis, n’est qu’un labyrinthe de portes ouvertes qui font semblant d’être fermés. Si vous voulez vous y perdre, ne vous gênez surtout pas. Voici la recette, on ne lâche pas sa clé, et on ouvre, on ouvre.

La porte, dont je parle, sachez-le, n’est visible qu’ouverte et, pour l’ouvrir, il faut, je ne dis pas trois, mais bien trois fois trois clés. Pas six ni huit, mais neuf. Tant que vous n’aurez pas la neuvième, les huit autres n’ouvriront rien, et l’on vous tiendra pour fou. On dira voyez ce fou avec ses clés. Puis vous trouverez la neuvième. Alors ayant franchi la porte épargnez-vous de revenir pour crier : << J’ai trouvé ! j’ai trouvé ! >> Car, dans la porte invisible, nul ne vous verra plus, et votre cri sera muet. Épargnez-vous de revenir.

Méditez jusqu’à demain, de par ces neuf portes, vous voyageriez pour  trouver peut-être la réponse !  dit le Maître.

Premier voyage, SIMPLICIUS. On dit que je suis simple d’esprit. On dit aussi, que je suis un sage. Suis-je sage parce que je suis simple d’esprit ? Ou un simple d’esprit parce que je suis sage ? Le problème est trop difficile pour moi. Je suis un peu différent des autres. Lorsque l’on me parle d’argent, je réponds que j’ai mon dîner dans mon baluchon qui pend à mon bâton sur mon épaule. Deux dîners feraient mon fardeau trop lourd, et je ne peux pas manger deux dîners à la fois. Mes habits sont fripés, peut-être, mais le ciel est-il moins bleu parce que mon veston est déchiré ?

J’ai demandé à un individu tiré à quatre épingles s’il entendait le chant du pinson. Il n’avait jamais remarqué que les oiseaux chantaient. Je suis trop simple pour comprendre, comment on embellit l’âme en donnant des coups de pied à une grosse balle ou des coups de bâton à une petite balle. Des gens me parlent de leurs champions de boxe et ils ignorent le nom d’une fleur des champs. Ils filent sur les autoroutes comme des bolides, n’osant regarder le paysage, mais ils ne savent pas marcher. Il est dit que l’Éternel marchait avec Adam dans le Paradis terrestre, il ne semble pas que ce soit dans une machine. Je suis un simple, mais le vol d’un ange me semble plus beau que celui d’une fusée. Oui, il est certain que je suis un simple d’esprit. Les autres voient le DÉMIURGE scrutateur et sévère, son Code de Châtiments sous la main, moi je vois le DÉMIURGE bienfaisant, et avec un beau sourire. Les gens du monde croient que l’on ne peut pas être un saint sans être un sot. Ils ne savent pas au contraire que la seule et vraie manière de n’être pas un sot, c’est d’être un saint.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Deuxième voyage SILENCIUS. Un de mes amis, qui était alors mon compagnon d’infortune, entra un jour, dans ma demeure. Malgré les alertes plaisanteries qu’il jugea bien bonnes de me faire aussitôt, je ne le saluais pas. Irrité, je  le  regardai et dit :

Du moment que tu peux parler, camarades, use donc de ta langue. Demain, lorsque la Mort aura frappé à ta porte, tu seras muet. Je lui fis remarquer que le Maître a pris la ferme résolution de se livrer assidûment au culte du DÉMIURGE, et il a fait choix du silence. Il me répondit :

- Je le jure par la gloire du Seigneur et par notre amitié très ancienne, je ne prononcerai pas un mot, je ne m’avancerai point d’un pas, tant que le Maître restera silencieux ! Il pensait : << Qu’est-ce que la langue dans la bouche ?  C’est la clef qui ouvre la porte de la maison où le Maître garde son trésor. Lorsque la porte est fermée, comment savoir si c’est la boutique d’un joaillier ou d’un épicier. >>  Deux choses déplaisent au Maître Silencius : se taire lorsqu’il faut parler, et parler lorsqu’il faut se taire.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Troisième voyage LIBERATUS. Le palais du Roi est un lieu fermé. Il contient les plus belles richesses du monde. Dans ce lieu de prédilection tout est beau, la justice règne, le mal n’existe pas. C’est le domaine où est Perfection est Amour. On sait que ce palais existe. Ceux qui ont pénétré en ce lieu nous ont décrit les aspects. Mais comment faire partie du groupe de privilégiés qui, par la faveur du ROI, ont obtenu le laissez-passer qui permet de franchir la PORTE ?  On peut s’adresser au chef du Protocole. Il connaît les formalités qui doivent être accomplies. Il enseigne, comment il faut se présenter. Il surveille la préparation du candidat à l’admission. Mais qui donne l’ouverture de la Porte ?

Certes, le candidat  à l’invitation s’est préparé. Certes, il suppose faire tous les préparatifs pour être à même de franchir le seuil de la demeure. En allant au fond des choses, on constate qu’il ne peut vraiment faire les pas pour avancer. En voulant percer le Voile il se Voile.

Sur un plan ou sur l’autre, plus l’homme travaille à se dégager dans une mesure plus ou moins possible et facile, plus sa liberté prend son sens le plus plein et modifie son destin. L’Homme n’est pas plus déterminé qu’il est libre, il est les deux à la fois. La liberté est l’effet d’une grâce spéciale. Après tout, le libre arbitre n’a qu’à obéir CONSCIEMMENT à l’injonction Divine. Somme toute, il faut avoir conscience de cette injection. Mais qui peut nous donner cette Conscience de Lui, si ce n’est LUI ?

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Quatrième voyage VERITATUS. Il est curieux de constater comme notre Frère a changé depuis quelques mois, il va vers le calme et la paix rayonne aujourd’hui en lui. C’est que les Frères qu’il fréquente se reposent sur la Vérité, ne vivent que pour la Vérité et avec la Vérité. La Vérité, elle seule, a transformé notre Frère en le plaçant au niveau du calme et de la paix, qui n’ont plus à s’étendre en lui, à présent qu’il accepte d’être à leur niveau. Maître les Frères qui forment le groupe et qui se disent francs-maçons, le sont-ils vraiment. Regardez en votre cœur, voyez si à leur contact, il vibre à quelque chose. S’il en est ainsi, c’est que votre cœur aura senti, saura ce qui EST dans ce groupe. Si votre cœur reste froid, c’est qu’alors la question du sentier n’est pas pour vous. La première des conditions dans une telle recherche est d’avoir le cœur vivant, un cœur qui sent et différencie la Vérité de l’erreur. J’ai vu presque généralement dans le monde que c’étaient ceux qui ne savaient pas les vérités, qui  étaient les plus empressés de les dire.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Cinquième voyage AMORICUS. Nous voyons des gens faire leur prière, c’est vrai, et cela est bien, seulement nous ne voyons pas l’Amour. Nous voyons des gens faire le bien autour d’eux, de donner aux pauvres, c’est vrai, et cela est bien, seulement nous ne voyons pas d’amour. Et pourtant tous les Prophètes, tous les envoyés du DÉMIURGE, nous ont enseigné en tous temps que c’est l’Amour qui compte chez DÉMIURGE. Aussi je vous dis, vraiment que toutes ces belles choses sans amour n’arrivent même pas au regard du DÉMIURGE, elles sont sans valeur parce qu’elles ne possèdent pas le ferment qui est la vie de tout « L’AMOUR».

Bien sûr, on dit, on présente les enseignements de nos Très Grands Maîtres de l’authentique Sagesse, mais si l’on a pas d’Amour dans le coeur, quel est le parfum de toutes ces belles sentences. Que valent même ces belles actions si elles sont sans Amour ? le DÉMIURGE EST AMOUR Soyons honnête envers nous-mêmes : sans Amour, il n’y a pas de Foi et sans Foi, il n’y a point de DÉMIURGE. Alors que valent nos actions sans lui.

Par Amour pour nos frères et sœurs qui recherche la Présence, le désir ardent vit en notre âme et offre ses chants d’allégresse, mais aussi une judicieuse mise en garde afin que l’erreur ne fasse point figure de vérité. Car le trésor des Dons Divins est Chose si précieuse- que l’Amour l’offre dans l’Étreinte préservée de toute autre présence que la Présence de l’AMOUR. Il faut toujours se guider avec l’œil de l’Amour. Par lui vous ne verrez que le bien. Car l’AMOUR permet de voir au-delà des imperfections, de la laideur, de la disgrâce et de la défaveur charnelle, pour ne laisser transparaître que la Beauté de l’Ame.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Sixième voyage GARDARUS. Il est écrit<< je t’ouvrirai une porte et le DÉMIURGE t’ouvrira sept portes >> Pouvons nous espérer passer ces sept portes un jour ? Si le cœur contient assez d’Amour pour le DÉMIURGE, assez d’humilité pour le DÉMIURGE, assez d’abandon au DÉMIURGE, alors peut-être le DÉMIURGE ouvrira-t-il les Portes un jour… Mais il faut les franchir une à une et ce n’est pas facile, frères et sœurs, car les Portes du Royaume sont bien gardées.

Écoute : Il y a très longtemps, dans un pays le peuple était malheureux et n’était pas satisfait de son souverain. Des réunions populaires avaient lieu pour mettre au point les revendications à présenter au Palais. Puis il fallut trouver l’émissaire qui, représentant le peuple, irait voir le Souverain. C’était chose fort délicate. Qui oserait approcher le Souverain et surtout lui parler !

Alors que les anciens cherchaient parmi eux celui qui leur semblait le plus apte à s’approcher du Palais, un pauvre paysan s’avança et dit qu’il désirait être chargé de la mission. Toi paysan comment oseras-tu regarder notre Souverain et ouvrir la bouche devant lui ? Pourquoi pas ? Regardez, je prends cette balle de paille, je la mets devant moi, voilà, la balle de paille, est le Souverain. Mais malheureux… Tu ne sais pas que le Palais comporte sept grandes salles ayant chacune une porte, ces portes sont gardées avec vigilance et plus on s’approche de la septième porte, celle de la chambre où se tient le Souverain, plus la garde est farouche. Si tu arrives à passer les six portes sans dommage, sache que la septième est gardée par deux lions. Ces lions sont attachés de telle manière qu’ils peuvent te dévorer au passage, mais la corde est assez longue pour qu’ils puissent te frôler, même étant prévenu, sans doute ne passeras-tu pas cette septième Porte ! C’est bien ce que nous verrons, donnez-moi le message pour le Souverain.

À la première porte, des gardes lui demandèrent simplement ce qu’il voulait : << Voir le Souverain >>, répondit-il. << C’est bien tu peux passer >>.

À chaque porte, cependant, les gardes étaient plus nombreux et plus sévères, ils lui faisaient honte d’oser prétendre voir le Souverain dans une telle tenue, avec une telle assurance, un tel manque de révérence.

À la sixième porte, le paysan regrettait amèrement sa folle entreprise, il aurait voulu retourner en arrière, mais impossible, les gardes lui disaient : tu  l’as voulu, marche, va plus loin, tu verras ce qui t’attendent. Devant la septième porte, les lions s’élancèrent sur lui et notre homme perdit conscience, c’est inanimé que les gardes le mirent aux pieds de GARDARUS. Lorsqu’il ouvrit les yeux et regarda, ce qu’il vit devant lui l’épouvanta, il reconnut alors sa témérité… Il ne put que s’enfuir en s’écriant : Comment ai-je pu dire que c’était une balle de paille !

Voilà, mes frères et sœurs, ce qui attend l’imprudent qui désire franchir les Portes avant le temps choisi par le DÉMIURGE.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Septième voyage HUMILITUS. Maître, bien des hommes qui se disent savants dans diverses sciences, et qui le sont sans doute, se disent capables de conduire à la Connaissance, est-ce possible ?  Voulez-vous, Maître, nous expliquer la différence entre un savant et un Maître ?

Le Maître encore bien jeune à cette époque visitait une grande ville où existait une grande université, une grande école où se trouvaient des Savants et les dirigeants, le plus grand de tous, leur guide, dont la renommée de savant était immense. Ces savants furent très surpris de voir que certains élèves de leur école et de nombreuses personnes de la ville allaient écouter le MAÎTRE et devenaient ses disciples. Ils allèrent trouver leur guide et lui dire.

<<Oh ! guide, il se passe une chose que nous ne comprenons pas, comment cet étranger peut-il être tant écouté ? On dit qu’il est Maître, c’est peut-être vrai, mais au fond nous ne le savons pas, aussi nous avons décidé de vous poser une question que vous poserez ensuite au Maître, vous nous donnerez les deux réponses, pour nous, nous sommes certains que votre réponse pourra nous satisfaire, nous vous demandons ceci : Quelle est votre place et quelle est celle du maître ? >>

Le savant s’en fut donc trouvé le Maître qu’il rencontra dans une demeure pauvre, simplement assis sur un coussin, dans un coin. Ni beaux tapis, ni beaux objets, une demeure de pauvre, je l’ai dit. Il commença par faire de savants discours, aussi savant que lui, sur ce qu’est un guide d’Université, et il ajouta : Excusez-moi, Maître, je ne doute pas que vous soyez le Maître, mais voyez-vous, les savants qui m’entourent m’ont prié de vous poser une question. L a même qu’ils m’ont posé, je leur ai donné ma réponse, je vais leur apporter la vôtre et ainsi nous pourrons être mis chacun à notre place, la place qui est vraiment celle de chacun de nous.

Le Maître n’avait pas prononcé une parole pendant ces discours si bien tournés, mais à ces mots, il leva la tête et dit : Notre place ? Vous parlez bien mon frère, mais savez-vous seulement où est votre place avant de parler de la mienne ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire Maître, bien certainement je connais ma place, je suis le guide des Savants de l’Université de cette ville.

Ah, oui, vous êtes un savant, cela est vrai ! Mais excusez-moi de vous dire que vous n’êtes qu’un Savant… Votre place ? …..Ici même vous pouvez la trouver, si le DÉMIURGE le veut ! ……Allons, grand homme, allez vous mettre à genoux dans ce coin là-bas et dites le Nom, dites la prière, et dans un moment nous verrons s’Il daigne vous la faire  connaître, votre place. Subjugué, le Savant obéit et s’en alla dans un coin réciter le Nom Divin pendant que le Maître entrait en prières. Après un moment un grand cri retenti dans la chambre et le savant resta écroulé à terre. Le Maître ne bougea pas et continua de prier. Lorsque le Savant reprit ses sens, de son coin il s’approcha à genoux, et humblement se prosterna devant le Maître.

Alors, tonna le Maître, en colère cette fois, l’as-tu trouvé TA PLACE ? Y avait-il assez de PLACE pour toi, là où tu es allé ? ………….

Pardonnez-moi, Maître, je ne savais pas, mais à présent je sais que je suis devant le Maître, devant celui qui sans apprêts, sans gestes, sans paroles, conduits à LUI et à sa CONNAISSANCE. Votre place Maître, je la connais à présent et la mienne est à vos pieds, je vais aller le dire aux Savants. Et toujours à genoux, mais à reculons, le savant sortit de la chambre et toujours à genoux et à reculons, il sortit de la maison, au grand ébahissement de son serviteur qui lui apportait son âne. Comment veux-tu que j’ose monter sur cet âne, j’étais plus âne que lui et je ne le savais pas. Voilà mes chers disciples, conclut le Maître, comment le DÉMIURGE met chacun à sa place ! Le Savant à son travail, il donne l’instruction, le Maître à la sienne : il conduit au DÉMIURGE lorsque le DÉMIURGE le veut. Comment la fait-elle sa force ? C’est qu’alors tu laisses régner le principe, et que toutes la force vient de lui. Si tu te glorifies, tu deviens faible, parce que tu te sépares du principe, en voulant te mettre à sa place.

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Huitième voyage LABORUS.  Cela est une leçon pour notre vie de tous les jours. Et sur le plan de notre besoin le plus quotidien par exemple, celui du pain,  nous pratiquons ce labeur. Il nous faut défricher le sol en premier lieu, le labourer, le ratisser, dur labeur, car la terre est basse, si le terrain est pauvre, il faut lui fournir du fumier.

Mais que pouvons-nous ensuite ? C’est la terre   nourricière, c’est l’eau de pluie fertilisante. C’est le soleil vivifiant, qui font germer, croître, et produit le blé. Et de nouveau l’effort est pour nous. La récolte sera le fruit de notre travail, le battage, c’est nous qui l’accomplirons, la farine, c’est le meunier qui la produira, le pain, c’est le boulanger qui l’aura pétri et fait cuire.

La même division du LABEUR aura sa valeur sur le plan spirituel. Nous devons pratiquer, dans notre vie spirituelle, tous les préceptes, toutes les obligations qui nous ont été transmises par le Maître LABORUS. Il faut défricher, débroussailler tout ce que l’ignorance des choses divines cultive en nous de mauvais. Il faut travailler par l’étude, la réflexion, la méditation, les aspects des vérités qui nous sont communiquées. Il faut ratisser, sarcler, herser les enseignements exotériques pour dégager les vérités ésotériques. Il faut labourer dans les profondeurs de notre âme pour atteindre la graine de Connaissance plantée par le DÉMIURGE en chacun. Il faut faire d’incessants efforts pour amener à croître et à embellir cette parcelle de Lumière, qui en réalité  a été semée par le DÉMIURGE seul et qu’il faut, c’est la loi, développer  pour mieux  La connaître, l’apprécier et nous alimenter sainement. Accomplissons donc notre labeur, et le reste sera fait à son heure et comme il convient qu’il soit fait. Il n’y a que l’inaction qui donne jour à l’orgueil. Travaille pour l’esprit avant de demander la nourriture de l’esprit. Qui ne travaille pas n’est pas digne de vivre !

Qu’est qui est plus difficile que d’avoir la connaissance ?

Neuvième et dernier voyage le MAITRE MYSTICUS.

Au terme de ce voyage, nous nous présentons devant le Maître MYSTICUS. Quand il parle, il nous semble entendre le murmure d’une Source fraîche où l’on vient se désaltérer, et ce murmure emplit notre cœur d’extase, d’une joie profonde, mystique, que rien ne peut égaler, ni même remplacer !

Lorsque le Maître chante, on dirait le gazouillis d’oiseaux rendant hommage au Soleil, à la tiédeur du matin, vocalises que l’on écoute attentivement et religieusement ! En saisit-on réellement la Valeur ?

Lorsque le Maître parle, on se sent étreint d’une émotion profonde serait-ce la confession qui bouleverse ?  Quel est donc ce sentiment si fort abolissant toutes les frontières ?

Lorsque le Maître danse, on se sent entraîner irrésistiblement dans un tourbillon qui finit par nous projeter dans une chaîne dont nous venons de former un maillon supplémentaire et dont nous ne pouvons nier l’évidence. Bienheureux est celui qui entend ma voix, qui boit mes paroles et les << comprend>>!

Aussitôt, de notre cœur jaillit une étincelle qui finit par allumer un véritable brasier. Allons-nous nous consumer dans ce feu mystique ? Déjà, nous sentons notre résistance faiblir, nos idées, nos concepts se fondre dans les flammes purificatrices de l’oubli, seul, un désir ardent de suivre nos Maîtres émerge et voilà que nous abandonnant notre personnalité, nous y renonçons, pour fusionner dans cette Lumière inspirée qui nous aveugle.

Nous sommes dits le Maître MISTICUS volontaire pour mourir à un état et renaître en un autre plus puissant, si puissant, si Mystique. Et le moyen par excellence de cette libération est ce même Amour qui remonte de toute beauté vers la beauté parfaite.

Celui qui est sans le DÉMIURGE n’est pas toujours celui qui y croit le moins.

La poésie devrait annoncer les vérités, la musique leur ouvrir l’issue et la peinture les réaliser. La poésie est le nombre, la musique est la mesure, et la peinture est le poids.

Ne permettons à nos sens que ce que nous voudrions laisser voir à notre esprit.

Ne permettons à notre esprit que ce que nous voudrions laisser voir à notre cœur.

Ne permettons à notre cœur que ce que nous voudrions laisser voir à DÉMIURGE.

Par ce moyen tout sera dans la mesure.

Après avoir médité, le lendemain le plus âgé des disciples dit encore une fois : Maître nous n’avons pas trouvé, rien ne paraît plus difficile à avoir que la connaissance. Non, répondit le Maître, le plus difficile n’est pas d’avoir la connaissance, le plus difficile est de SAVOIR LA GARDER.

Voyez-vous, frères et sœurs, dans un jardin, il y a des fleurs, on cultive des Roses. Certaines sont odoriférantes. Quelques-unes ont une légère odeur. D’autres nous livrent, un parfum plus accentué. Mais il est en une dont la senteur est plus prononcée. C’est celle-là qui nous servira, par sa distillation, à produire le parfum subtil dont nous charmerons notre odorat.  Certes, d’autres fleurs nous procurent des satisfactions plus ou moins nuancées, mais en réalité, il n’en est qu’une, vraiment, qui sera à même de nous procurer l’ESSENCE que nous recherchons.

Pour terminer ce conte initiatique voici la phrase en deux lignes, qui résume ces quelques pages.

Combien de fois ai-je éprouvé que ce n’était pas de trouver le DÉMIURGE qui était la chose difficile, mais bien de le conserver.

http://www.martiniste.org/01_revue.html

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LA PUISSANCE DU FRANC-MAÇON ! 3 novembre, 2010

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Humour , 1 commentaire

LA PUISSANCE DU FRANC-MAÇON !

 

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Le franc-maçon peut encercler ses ennemis. Tout seul.


Quand le franc-maçon pisse face au vent, le vent change de direction.


Le franc-maçon a déjà compté jusqu’à l’infini. Deux fois.


Certains portent un pyjama de superman. Superman porte un pyjama de franc-maçon


Le franc-maçon ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est.


Le franc-maçon peut diviser par zéro.


Dieu a dit « que la lumière soit !  » et le
 franc-maçon répondit  « on dit s’il vous plait ! »


La seule chose qui arrive à la cheville du franc-maçon… c’est sa chaussette.


Le franc-maçon
 fait pleurer les oignons


Pour certains hommes le testicule gauche est plus large que le testicule droit.

Chez le franc-maçon, chaque testicule est plus large que l’autre.


Il n’y a pas de théorie de l’évolution, juste une liste d’espèces que le franc-maçon a autorisé à survivre.


Le franc-maçon et Superman ont fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par dessus son pantalon…


Le franc-maçon mesure son pouls sur l’échelle de Richter.


Le franc-maçon connait les dernières décimales de Pi et du Nombre d’Or


Le franc-maçon peut taguer le mur du son.


Quand la tartine du franc-maçon tombe, la confiture change de côté.

 

Dieu voulait créer l’univers en 10 jours; c’est le franc-maçon qui lui en a donné 6.

 

Le franc-maçon est capable de laisser un message avant le bip sonore.

 

Si le franc-maçon dort avec une lampe allumée, ce n’est pas parce qu’il a peur des ténèbres, mais parce que les ténèbres ont peur de lui.

 

Le calendrier du franc-maçon passe du 31 mars au 2 avril … Personne ne fait de poisson d’avril au franc-maçon !

 

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Merci à toi mon BAF.°. Janlou

Le scoutisme, école initiatique inventée par un général franc-maçon ? 25 août, 2010

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le scoutisme, école initiatique inventée par un général franc-maçon ?

 

 

Le scoutisme, école initiatique inventée par un général franc-maçon ? dans Chaine d'union arton44-5e82f

 

Article paru dans le numéro 7 de mai 2001 du trimestriel « Histoire du Christianisme Magazine »

jeudi 11 mars 2004 , par Jean-Jacques Gauthé

 

Lord Baden Powell of Gilwell ? Un homme dangereux. Motif : il a inventé le scoutisme ! Une institution inutile et dangereuse, voire « pire que les soviets », pour ses plus ardents détracteurs. Au début du XXe siècle, échaudés par les luttes qui les opposent à l’Etat, beaucoup de catholiques français ne voient dans le scoutisme qu’une invention protestante et franc-maçonnne. Bref, une école initiatique pour les enfants et les adolescents.

 

 

 

  Sommaire  

« Nous supplions nos amis de repousser énergiquement cette société, [les Éclaireurs de France] qui n’est qu’une franc-maçonnerie déguisée pour enfants. (…) Nous adjurons nos amis qui seraient invités à souvenir cette œuvre de la combattre énergiquement (…) Leur but [celui des fondateurs du scoutisme] est d’enlever l’adolescence à l’Église catholique et de préparer des générations de futurs francs-maçons. » C’est en ces termes inquiets que la revue catholique L’Idéal présente le scoutisme dans son numéro d’octobre 1912.

Cet article n’est que l’un de la multitude de ceux qui vont être publiés sur ce sujet entre 1911 et 1914, dans pratiquement toute la presse catholique. Dans la dénonciation du scoutisme, les Semaines religieuses, hebdomadaires publiés par les évêques, seront souvent à l’avant-garde du combat. C’est l’une d’entre elles, la Semaine religieuse de Cambrai, dirigée par Mgr Henri Delassus, infatigable dénonciateur de la conjuration antichrétienne, qui le 21 octobre 1911, publie le premier article dénonçant le scoutisme. La Semaine religieuse ne cache pas l’origine de ses informations sur le scoutisme : il s’agit d’articles publiés par la Correspondance de Rome. Ce bulletin est l’organe de la Sapinière [1], actif réseau intégriste, qui depuis Rome combat par tous les moyens les ennemis de l’Eglise ou ceux qu’il juge tels. Jusqu’à sa disparition, fin 1912, la Correspondance de Rome ne mentionnera pas moins de dix-sept fois des articles hostiles au scoutisme publiés dans la presse en France, en Belgique, en Allemagne, au Canada, aux Etats-Unis. L’Agence internationale Roma qui succèdera à ce bulletin continuera à publier jusqu’en 1914 de nombreuses dépêches de dénonciation du scoutisme dans le monde entier, des Philippines à l’Uruguay. La presse catholique va abondamment reprendre ces informations. Plusieurs évêques prennent officiellement position contre le scoutisme.

Ainsi, Mgr Gieure, évêque de Bayonne, publie, le 10 mai 1914, dans son bulletin diocésain, une circulaire de seize pages A l’occasion des boy-scouts qu’il qualifie « d’institution suspecte, dangereuse, inutile, réprouvée par l’Eglise ». Mgr de Cormont, évêque d’Aire-et-Dax consacre tout un développement condamnant le scoutisme dans son mandement de Carême 1913. Plus d’une trentaine d’autres Semaines religieuses publieront ou reproduiront des textes hostiles au scoutisme. Les congrès diocésains des œuvres de jeunesse vont aussi le dénoncer vigoureusement.

 Le dieu de Baden Powell

La principale critique faite au scoutisme par les catholiques est sa neutralité religieuse. Baden-Powell (1857-1941), général anglais inventeur de cette méthode éducative en 1907 est, circonstance aggravante pour eux, protestant. Certes, l’un des buts du scoutisme est la découverte de Dieu. Mais le dieu de Baden Powell est plus une divinité supérieure que celui d’une religion déterminée. D’autre part, les membres des Unions chrétiennes de jeunes gens [2] sont des promoteurs actifs du scoutisme en France. Et dès fin 1911, une association de scoutisme protestant, les Éclaireurs unionistes, a été fondée. Ne s’agit-il pas d’une tentative de prise de contrôle de la jeunesse catholique par les protestants ?

Parallèlement aux Éclaireurs unionistes, deux autres associations ont été fondées à la même époque, la Ligue d’éducation nationale et les Éclaireurs de France. Celles-ci sont neutres au plan religieux, par volonté d’union nationale. Elles se veulent ouvertes à tous les jeunes français, quelle que soit leur religion. Et elles les encouragent à la pratiquer. Un certain nombre de catholiques font de plus partie du comité directeur des Éclaireurs de France aux côtés de personnalités d’autres sensibilités. Mais pour les catholiques d’avant 1914, neutralité religieuse signifie opposition au catholicisme. Dans le passage de son mandement sur le scoutisme, Mgr de Cormont n’hésite pas, à propos de la neutralité, à citer l’Évangile : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. »

Certains aspects étranges du scoutisme choquent également les catholiques : « Afin de se reconnaître entre eux et de distinguer les grades, les patrouilles, il existe tout un code de signes secrets, d’habillements divers, d’insignes, de cris d’animaux qui semblent bien puérils (…) et ont un vague relent de franc-maçonnerie « , affirme la Correspondance de Rome. L’uniforme scout, inspiré de celui du corps de police créé par Baden Powell en Afrique du Sud en 1900, apparaît d’une grande étrangeté ainsi que les cris de reconnaissance « des patrouilles » (unité de base de la troupe scoute). Et les trois grades du scoutisme (aspirant à la promesse, scout de 2e classe, de 1re classe) qui permettent à l’enfant de mesurer sa progression personnelle ne sont-ils pas un démarquage des trois grades maçonniques d’apprenti, compagnon et maître ?

 Apprenti franc-maçon

La promesse scoute, engagement de l’adolescent à suivre la loi scoute, code moral en dix articles, apparaît tout aussi suspecte. Qu’est-ce que ce serment qui n’évoque pas Dieu, au moins chez les Éclaireurs de France et à la Ligue d’éducation nationale ? Ce serment n’est-il pas celui d’une obéissance passive envers les chefs scouts ? N’y a-t-il pas un parallèle avec le serment fait par l’apprenti franc-maçon ?

Enfin, la place que le scoutisme accorde à la nature semble bien suspecte aux catholiques. N’est-ce pas tout simplement du naturalisme, courant philosophique s’opposant à l’existence de Dieu 7 Pour nombre de catholiques, ces éléments signifient clairement que le scoutisme est contre les catholiques puisque créé à côté d’eux. De plus, ceux-ci rappellent que le pape Léon XIII dans son encyclique du 20 avril 1884 Humanum genus a condamné la franc-maçonnerie et les sociétés secrètes. Or, celles-ci sont celles où il y a la loi du secret et le serment de ne rien révéler. Donc, on retrouve dans le scoutisme une partie des éléments qui caractérisent les sociétés secrètes condamnées par l’Eglise.

La situation des catholiques dans la société française d’avant 1914 explique largement ces prises de position. Depuis les lois contre les congrégations et surtout la loi de séparation des Églises et de l’État de décembre 1905, l’Église catholique a le sentiment d’être attaquée sur tous les fronts. Et c’est un fait que les anticléricaux et les francs-maçons ne lui font aucun cadeau. Les associations anti-maçonniques, souvent liées au monde catholique, sont d’autant plus actives que le pape a officiellement condamné la franc-maçonnerie.

L’Église réagit donc avec une mentalité de forteresse assiégée. Dans le combat qu’elle mène contre les forces du mal, la jeunesse représente un enjeu important. Si un général anglais a créé une nouvelle structure un peu étrange pour la jeunesse, religieusement neutre, encouragée par les protestants, c’est bien qu’il s’agit de faire contre-poids à la puissante fédération des patronages catholiques, la Fédération gymnique et sportive des patronages de France (FGSPF) crée en 1898 qui regroupe trois cent mille jeunes.

 Écho dans l’Église

A partir de ces éléments, les associations de lutte contre la franc-maçonnerie vont rivaliser dans la polémique contre le scoutisme. Leur discours va trouver un écho dans l’Église avant 1914 et se prolongera jusqu’à la fin des années 30. Les révélations les plus étonnantes se succèdent : c’est le convent maçonnique [3] de septembre 1909 qui a décidé de la création des Éclaireurs de France. Ce qui n’est pas étonnant puisque Baden Powell est un franc-maçon de haut grade. De plus, parmi les membres du bureau de la Ligue d’éducation nationale, se trouvent « un juif, trois francs-maçons dont l’affiliation maçonnique est certaine et deux membres éminemment suspects d’affiliation maçonnique ». Des polémistes incisifs, tels Paul Copin-Albancelli, Joseph Santo, avant 1914, Mgr Ernest Jouin ou l’abbé Paul Boulin, après 1920 vont multiplier brochures et articles.

En 1921, Mgr Jouin découvre ainsi que le scoutisme est l’un des éléments du complot juif contre la chrétienté. En 1924, l’abbé Boulin signale gravement : « Les Soviets font peur. Un danger plus pressant parce que plus subtil, c’est le boy-scoutisme dont personne ne s’alarme. » En 1924, un religieux lié à la Sapinière prépare un dossier très argument en vue d’aboutir à la condamnation du scoutisme par Rome. Il tente de démontrer comment le scoutisme n’est qu’une création de la Société théosophique, organisation ésotérique empruntant au bouddhisme et à la franc-maçonnerie. La tentative échouera mais inquiétera vivement les scouts catholiques.

 Action française

La méfiance de l’Église vis-à-vis du scoutisme explique qu’il faut attendre 1920 pour qu’un mouvement de scoutisme catholique, les Scouts de France, puisse se créer. Les changements d’évêques qu’induiront le renouvellement des générations et la condamnation de l’Action française en 1926 permettront de rattraper le retard initial et un développement rapide du scoutisme catholique en France.

Deux exceptions notables doivent toutefois être notées : celle du Sillon et celle du diocèse de Nice. Marc Sangnier, fondateur du Sillonboy-scouts. Pourquoi n’y aurait-il pas des boy-scouts catholiques ? », écrit-il dans un éditorial de son quotidien La Démocratie le 28 avril 1912 intitulé Boy-scouts catholiques. Ce journal présente avec sympathie le scoutisme et l’engagement des catholiques en son sein. C’est ainsi qu’il détaille longuement la création à Nice d’un groupe de scouts catholiques au sein d’un patronage catholique animé par des prêtres proches du Sillon. En juillet 1913, ce groupe se constitue en association sous le nom d’Éclaireurs des Alpes. Dès janvier 1914, il regroupe cent cinquante jeunes à Nice et s’organise dans tout le diocèse, appuyé par l’évêque, Mgr Chapon, évêque proche du Sillon. La Semaine religieuse de Nice rend compte également avec sympathie de leurs activités. Enfin, dans un certain nombre de villes (Montélimar, Avignon, Sète, Paris, Mâcon…), des initiatives locales de jeunes catholiques ou de prêtres, souvent liés au Sillon, sans coordination entre eux, tendent à créer des scouts catholiques dès avant 1914. Ce n’est qu’après 1920 que leurs efforts seront couronnés de succès. C’est donc dans les milieux catholiques les plus avancés que l’idée d’un scoutisme catholique chemine d0s avant la Première Guerre mondiale. prend en effet très tôt nettement position en faveur de la création de scouts catholiques. « Il me semble que les catholiques auraient mieux à faire que de critiquer et de rejeter en bloc l’institution des

 Vénérable de la loge

L’idée du scoutisme constituant une franc-maçonnerie pour enfants a donc semblé relever du fantasme… jusqu’au jour où un scout franc-ma¿on publie des textes allant dans ce sens. En effet, en 1938, la revue maçonnique La Chaîne d’union publie un texte de Pierre Deschamps, commissaire Éclaireurs de France, vénérable de la loge Les Amis du Travail du Grand Orient de France, analysant précisément les points communs entre scoutisme et franc-maçonnerie. En 1952, il revient sur le sujet, toujours dans le même sens, en publiant dans cette revue un autre texte sous le pseudonyme maçonnique de Ben-Hiram. « Quand un franc-maçon s’intéresse au scoutisme, il ne fait que veiller sur la croissance d’un enfant dont les liens de parenté avec la franc-maçonnerie sont certains et que les adversaires de notre Ordre voudrait lui ravir », écrit-il. Il remarque de nombreuses analogies entre la franc-maçonnerie et le scoutisme et définit celui-ci comme une société préinitiatique. Les deux méthodes emploient des gestes rituels et des symboles communs, telle la chaîne d’union [4]. Mais surtout, la méthode de formation du caractère du scoutisme s’apparente à la méthode ésotérique de la franc-maçonnerie : nul ne s’initie réellement que par lui-même. La promesse scoute est considérée comme le début d’une initiation. Quant à la place de Dieu dans le scoutisme, elle est très comparable à celle qu’elle a dans la franc-maçonnerie britannique : Dieu est indispensable mais chacun adore le sien. D’autre part, le scoutisme et la franc-maçonnerie se définissent tous deux comme des fraternités mondiales animées du désir de servir. Et Deschamps revendique la qualité de franc-maçon de Baden Powell.

Il pourrait être tentant de voir dans ces textes un phénomène marginal aujourd’hui dépassé. Or, dans les pays anglo-saxons, des loges de francs-maçons scouts existent très officiellement. C’est le cas notamment en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, au Canada.

 Compas et fleur de lys

Rassemblant des cadres ou des anciens du scoutisme et des maçons s’intéressant à la jeunesse, ces loges combinent dans leur emblème l’équerre et le compas maçonniques avec la fleur de lys du scoutisme. Leurs noms font généralement référence à des éléments du scoutisme : la boussole, la fleur de lys, le foulard, voire à Baden Powell lui-même. Celui-ci, toutefois, n’était pas franc-maçon quoiqu’il ait pu être dit ou écrit. C’est pourquoi aucune loge scoute anglaise ne porte son nom. Cet usage n’est toutefois pas suivi dans les autres pays. La première loge scoute a été créée le 29 septembre 1930 en Australie, à Victoria. Elle prit le nom du fondateur du scoutisme et fût baptisée Baden Powell Lodge 488. Baden-Powell lui a rendu visite le 12 mai 1931 et a dédicacé le volume de la Loi sacrée de la loge en y notant : « Avec les meilleurs vœux pour le succès de la loge dans son bon travail, Baden Powell of Gilwell. » Son petit-fils David Michael Baden-Powell est membre de cette loge. En juillet 1944, la première loge de ce type a été créée en Grande-Bretagne. Les activités de ces loges scoutes peuvent facilement être suivies sur Internet.

Le scoutisme, une franc-maçonnerie pour enfants et adolescents ? Le débat ne présente plus aujourd’hui qu’un intérêt limité. Mais avec le recul, il est manifeste qu’un certain aspect ésotérique existe dans le scoutisme. Des francs-maçons y ont (ont cru ?) retrouver une partie de leur spiritualité. Mais, bien évidemment, le scoutisme n’a pas été créé par la franc-maçonnerie pour combattre l’Église catholique ou protestantiser la jeunesse. Dans les deux cas, des jeunes ou des adultes se sont rassemblés pour, à la fois, venir en aide aux autres et pour se développer sur le plan personnel. Il n’est donc pas étonnant que malgré leurs différences, leurs routes comportent un tronçon commun.

 

Notes

[1]Fondé en 1907 par un prélat de la curie romaine, Mgr Benigni, ce réseau secret international antimoderniste a beaucoup frappé les imaginations. Regroupant une centaine de membres en Europe, il lutte contre tous les adversaires de l’Église et constitue le noyau de l’intégrisme catholique jus-qu’à sa disparition en 1921. Utilisant une correspondance codée, diffusant La Correspondance de Rome jusqu’en 1912, puis les dépêches de l’Agence internationale Roma et Les Cahiers Romains, la Sapinière est soutenue par le pape Pie X.
Elle entretient des polémiques impitoyables avec ses adversaires, notamment les catholiques libéraux. A partir de 1911, elle mène un combat incessant contre le scoutisme naissant. « Quant au bar anglais (le scoutisme dans le langage rodé de la Sapinière), il faut lui faire une guerre sans pitié (…) mais avec beaucoup d’adresse », affirme une correspondance de Mgr Benigni du 3 février 1913, Cette campagne aura de nombreuses retombées dans les milieux catholiques.

[2]Les Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG) sont un grand mouvement international de jeunesse protestant créé en 1855.

[3]Assemblée générale de francs-maçons.

[4]Les bras croisés devant lui, chaque scout (ou franc-maçon !) donne la main à ses voisins au moment de la fin d’un rassemblement, ce cérémonial s’accompagnant en général du chant des adieux. Elle symbolise l’union fraternelle autour du monde.

 

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Source : http://www.scoutunjour.org/spip.php?rubrique43

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