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Responsabilité Universelle 23 janvier, 2022

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Responsabilité Universelle

 
Responsabilité Universelle dans Contribution

Décryptage De La Notion De Responsabilité Universelle Prônée Par Le Dalaï-lama.

 

Le Dalaï-Lama déplore profondément que les religions soient souvent devenues des sources de conflits majeurs. À l’origine, toutes les grandes traditions religieuses ont eu pour but d’améliorer l’homme, non de lui nuire. On retrouve dans toutes les spiritualités la notion d’amour du prochain, même si cet idéal a été maintes fois démenti par les faits. 

 

Selon le Dalaï-Lama, une telle perversion se produit lorsque l’on brandit la religion comme un drapeau, qu’on la transforme en diktat, sans en comprendre ni en pratiquer le sens profond.

 

Il propose quatre démarches qui peuvent contribuer à l’élimination de ces dissensions :

 

1 – Rencontrer les érudits appartenant à des confessions différentes afin d’apprendre à mieux connaître les fondements philosophiques des autres religions.

 

2 – Rencontrer des contemplatifs afin de partager les expériences spirituelles.

 

3 – Organiser des rencontres inter religieuses, comme celle qui s’est tenue à Assise en 1986, permettant aux chefs religieux de développer un respect mutuel et de trouver ensemble des remèdes aux tensions entre les différentes communautés.

 

4 – Organiser des pèlerinages auxquels participeraient des fidèles de différentes confessions, car en se rendant dans ces endroits exceptionnels, chaque pèlerin exprime ce qu’il a de plus noble en lui-même, facilitant ainsi un climat d’ouverture et d’entente.

 

C’est ainsi que le Dalaï-Lama s’est notamment rendu, en compagnie de représentants des autres religions, à Jérusalem, à Lourdes, à Fatima, à Bénarès, au Kumba Mela d’Allahabad (où 70 millions d’hindous se sont retrouvés en 2002).

 

 dans Recherches & Reflexions

 

La Responsabilité Universelle

 

La Notion De « Responsabilité Universelle » Est L’une Des Notions Les Plus Importantes Que Développe Le Dalaï-lama. Elle Est Fondée Sur Le Concept De L’interdépendance Qui Est Au Cœur De La Réalité Et De La Philosophie Bouddhiste.❞

 

Notre vie entière est intimement liée à un très grand nombre d’êtres et notre bonheur passe nécessairement par celui des autres. Vouloir construire notre bonheur sur la souffrance d’autrui est non seulement amoral, mais irréaliste.

 

En effet, tout changement important qui se produit quelque part dans le monde a des répercussions sur chacun d’entre nous. Nous devons donc nous sentir concernés dans nos pensées et nos actes par le bien-être de tous les êtres.

 

D’où l’importance essentielle de la notion de non-violence entre les hommes, non-violence à l’égard des animaux et non-violence encore à l’égard de l’environnement.

 

Matthieu Ricard

 

Billet proposé par Aron O’Raney

SOURCE : https://oraney.blogspot.com/2022/01/responsabilite-universelle.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email

A mes Frères et mes Sœurs en l’humanité. 30 décembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Bonnes fêtes de Solstice  

et 

Bonne Nouvelle Année 2022 de nos temps présents

gbp Voeux-2022-

A mes Frères et mes Sœurs en l’humanité.

 

Le Solstice d’hiver est un moment particulier où la nature et les humains qui en font partie marquent un pas.

 

Là s’exprime dans le silence et une aurore naissante la nécessité de faire le point.

Le présent devient passé et le futur doit être dessiné …

 

Entre les deux, une méditation s’impose.

 

Si la nature sait, connaît et projette les essences de sa continuité,

il n’en est pas de même des bipèdes que nous sommes pourtant dotés de plus de 100 milliards de neurones et d’un cortex performant qui, dit-on, leur  permettent de penser, de formuler, de concevoir et de transformer, tels des alchimistes dont l’expertise est encore …. incertaine. 

Nous sommes, devenus, ceux par qui la sixième extinction des espèces est, dès lors, à l’œuvre (*).

Nous sommes ceux qui par notre inconséquente habitude de vie et de consommation plongent notre planète dans un cycle infernal pour nous-mêmes et le vivant qui naquit, pourtant, bien avant notre présence sur notre rocher.

Seule la course au PIB, l’observation des courbes de croissance et l’occupation de tous les espaces intéressent le plus grand nombre d’entre nous. Pour cela nous faisons confiance à ceux à qui nous déléguons notre pouvoir …

 

Il me plait, alors, lors de ce solstice de rappeler ce que nous sommes réellement pour en déduire des clefs, afin que cette nouvelle année terrestre et humaine soit une réussite pour l’éveil du genre humain et de l’écosystème dans lequel il s’épanouit.

Nous sommes des êtres vivants au même titre que tout ce qui est ici, et maintenant.
Nous sommes assujettis aux cycles de vie que la nature impose pour chacun des cœurs qui bat dans un ensemble harmonique. Nature que seul « un Innommable » a pu concevoir par  un  juste réglage afin qu’une création, aussi, magnifique que la nôtre puisse se prolonger à partir de cet espace-temps primordial qui nous donnât réalité.

Nous avons décidé de devenir 10 milliards d’individus de notre espèce en 2050. Alors, nous devons penser à partager espace, ressources, habitats et fraternité avec notre Terre mère et ce qu’elle porte en son sein.

 

Je souhaite ardemment que dans les nouveaux temps qui arrivent, nous prenions conscience des urgentes décisions à prendre, et, que nous saurons mettre des gouvernants informés, pertinents, engagés et tenaces  (dépositaires de nos délégations de pouvoir) pour mettre en œuvre des  solutions à notre gravissime situation..

 

Je souhaite que nature ait un statut juridique qui nous permette de la défendre et d’assigner ceux qui penseraient la violer impunément soient contraints à pleine réparation.

 

Je souhaite que nous portions secours à celles et ceux que nous avons mis en difficultés par nos choix, ici et là, inadaptés, laissant de côté des susceptibilités historiques inopportunes. 

 

Je souhaite, enfin, que la raison et la générosité qui sont en nous créent les conditions d’un changement de paradigme utile pour notre vie sur terre et utile pour nos liens avec le cosmos qui nous entoure.

 

J’ai choisi cette image, envoyée par mon ami Charles, un Canadien aguerri à des mondes instables et bousculés par l’histoire … Je n’y ai rien ajouté.

Elle parle d’elle-même, à qui est sensible aux représentations animalières et florales … cette image est donc nature, calme et sérénité  … Le ciel est parcouru de couleurs boréales, signe que nos conditions de vie viennent, bien, d’un lien cosmos-tellurique utile à notre existence …

Pourtant celui et celle qui voyageraient dans ce ciel illuminé découvriraient (**) ce qu’il est … un Corps … une âme … un esprit … comme tout ce qui est … ici, là, ailleurs, nulle part, encore …

Mes Amis, soyez tous protégés,

Que votre santé soit bonne,

Que votre joie de vivre se renforce,

Que votre désir de comprendre ne s’éteigne jamais,

Que vos actions soient réparatrices et empreintes d’amour

 

Gérard Baudou Platon (***)

Δ

Δ       Δ

 

(*)  de 1970 à 2016 les populations de vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont chuté de 68%. De la même façon  40% des insectes sont en voie d’extinction. Nous avons saccagé leurs habitats par la déforestation, par une occupation des sols sans conscience, par la génération d’une pollution outrancière, par une production de gaz à effet de serre inconsidérée … pourquoi ? pour satisfaire un petit milliard de bipède privilégiés sur 7,8 milliards que nous sommes aujourd’hui. … les autres souffrent de tous les manques qui feraient d’eux, pourtant, des égaux en droits et en devoirs

Pour la France: les espèces menacées sont de: 14% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux, 19% des poissons, 26% des crustacés d’eau douce … Nos actions doivent être immédiates … inutile de regardez ailleurs …

 

 

(**) en faisant courir notre « souris » dans ce ciel, le hasard nous fera-t-il rencontrer … un Corps (représenté par une séquence musicale de Goeff) … une âme (les tambours Japonais) … un Esprit  (Om Mani Padme Hum)

En quelques sorte … le rustre regardera cette image avec admiration et un incroyable plaisir de voir la magie de la nature … il se sentira spectateur … spectateur privilégié, assurément !!!! le connaissant saura distinguer, dans ce grandiose spectacle, la composition même de son être … Corps, Âme, Esprit … placé au centre de toute énergie primitive (ici représenté par les couleurs boréales) …  organisé en triangle (la base étant de gauche à droite à … l’horizon  du monde visible). 

(***) mail : gerardplaton06@gmail.com

 CelticBullet2

Au  Solstice d’hivers 2021 en Beauce !!!!

gbp SosticeHiver-Auteur-Courtoisie-Pixabay

 

Notre planète est un joyau … je la regarde avec respect et une attention soutenue car il nous appartient de ne pas le défigurer ….

Vincent Munier écrit « J’ai choisi de célébrer la beauté plutôt que de creuser le désespoir« .

 

Combien a-t-il raison, car la beauté existe, encore … alors, conscient de sa présence, nous avons envie de la conserver telle que la nature la burine par delà les siècles …

 

Merci à Vincent Numier, photographe de l’impossible, et au profond philosophe et géographe Sylvain Tesson …

gbp Panthere-des-neiges-Fantome-des-Montagnes

Source : https://rapmm-vo.oiapmm.org/Voeux/2022/Voeux-2022-Prf.html

Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 12 décembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Savoir n’est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 19 Juillet 2020, 23:14pm

Catégories : #FrancMaçonnerie, #GLDF, #PVI, #Revue, #Savoir, #Connaissance

Jean-Pierre Bayard, célèbre écrivain et membre de la Grande Loge de France est interrogé dans le N° 16 de Points de Vue Initiatiques de novembre 1974.

Voici le texte de son interview : 

La Grande Loge de France vous parle… 

LE SAVOIR N’EST PAS LA CONNAISSANCE

 

Le Savoir n'est pas la Connaissance, par Jean-Pierre Bayard. PVI N°16 dans Recherches & Reflexions
Jean-Pierre Bayard

Jean-Pierre BAYARD, nous sommes heureux de vous accueillir, car nous vous  considérons  comme  un  écrivain   spiritualiste,  recherchant   le   symbolisme et illustrant par-là la pensée maçonnique. Nous voudrions ainsi parler de votre recherche ; avez-vous écrit de nombreux ouvrages ?

 

 

JPB : – J’en ai publié une quinzaine, sans compter ceux en chantier.

- Y a-t-il longtemps que vous  écrivez  et  votre  pensée  s’est-elle  trans­formée ?

JPB : – Vers l’âge de 14 ou  15  ans  j’ai  voulu  écrire  ;  j’ai  alors  fréquenté Pierre Mac ORLAN et des artistes-peintres.  Cependant  j’ai  dû  faire  mes  études tournées vers les mathématiques,  vers  les  sciences  appliquées  ; malgré  la  discipline  des  intégrales  et  du  calcul  différentiel  j’ai  collaboré   à de nombreuses revues littéraires, poétiques, artistiques ; j’ai  eu  la  joie  de publier mes premiers articles aux Nouvelles Littéraires, d’assurer  des  posts dans divers grands journaux ou revues littéraires, de côtoyer  ainsi  de  nom­breux écrivains et artistes qui m’ont éduqué.

- Étiez-vous attiré par le symbolisme ?

JPB : – Sans doute, mais sans que Je le  sache  exactement.  J’ai  retrouvé  des notes  écrites  en  1940,  à  l’âge   de  20  ans,  sur   la  Franc-Maçonnerie  et   déjà  j’y  conservais  ce  qui  me   paraissait   essentiel,   c’est-à-dire   l’esprit   initiatique, les  rituels.  Puis  j’ai  été  attiré  vers  les  légendes,   le   folklore,   le   comporte­ ment de la pensée humaine.  Je  suis  venu  ainsi  à  la  profonde  recherche spirituelle  de  l’homme  et  petit  à   petit   j’ai   découvert   cet   esprit   initiatique. C’est sans doute en  écrivant  )’Histoire  des  Légendes  que  j’ai  mieux  perçu grâce à René Guénon cette chaîne initiatique ,  principalement  à  partir  de  la  queste du Graal. J’ai également étudié les contes  de  Perrault  en  fonction  d’un rituel d’initiation, tout en rattachant l’ensemble à la culture celtique.

- Vous vous êtes aussi Intéressé aux éléments, et vous avez écrit une véritable somme sur le Feu, sur son symbolisme.

JPB : – Effectivement j’ai cherché la signification et le rôle  du Feu  en prenant mes exemples dans toutes les civilisations , dans les traditions  religieuses  et dans les diverses formes de  la Sagesse. Le  Feu  anime,  vivifie, spiritualise  et en ce sens il reste le thème initiatique par excellence, puisque la Lumière spirituelle est – l’émanation du Feu. Mais j’ai aussi proposé  aux  lecteurs  la chaleur magique, les différentes eaux de feu, la combustion dans notre corps  avec son énergie génératrice ; au XII’ paragraphe j’ai étudié le feu  des Kabbalistes après avoir évoqué l’esprit des alchimistes.

- Votre livre est fort complet, et l’on a parlé d’une grande érudition.

JPB : – Pour étayer mes thèses j’ai dû effectivement confronter  des  textes, choisir parmi les exemples et donner des références  à ce que  j’avançais. Mais en réalité toute cette analyse minutieuse  ne  sert  qu’à  une  synthèse  par laquelle je veux faire ressortir les grands  thèmes  initiatiques,  retrouver  la pensée créatrice ; le mythe du Phénix, les thèmes de rajeunissement et de résurrection, l’analyse  des voyages  en enfer  -  un enfer  où le  feu  brûle  mais ne consume pas, n’anéantit pas -, tous ces  thèmes  prouvent  que  pour  être initié Il faut pouvoir passer par le Feu.

- Vous avez fait  rééditer  votre  autre  ouvrage,  sorte  lui  aussi  de  clas­sique, sur les épreuves de la Terre, que vous avez nommé La Symbolique du Monde Souterrain.

JPB : – Oui là aussi à travers les Thèmes de la mythologie et des récits légendaires du sous-sol j’ai voulu interroger ces bouches  de  l’enfer, examiner ces grottes sacrées, ces labyrinthes où séjournent les Vierges Noires. Ces étranges Vierges, venues du druidisme, ont un reflet alchimique. Aussi nous abordons le thème de la descente de l’esprit dans  la matière, mais  également des rites de sépultures. J’ai évoqué  l’eau  rédemptrice,  les  puits,  les  racines, les  pierres,  allant  du  simple  caillou  aux  gemmes  étincelantes,  ces   rosées du ciel coagulées au sein de la Terre.

- Y avez-vous décrit des thèmes initiatiques ?

JPB : – Oui  ce  sont  les  couloirs  initiatiques,  les   chambres   secrètes   enterrées et  l’on  y  rencontre  aussi  bien  Thésée  tuant  le  Minotaure  dans   un  baptême   de sang, que le cabinet de réflexion de la Franc-Maçonnerie. J’ai dégagé le symbolisme du Tombeau de la Chrétienne, cet étonnant monument  situé  près d’Alger  et  sur  lequel  je  voudrais  consacrer  un   ouvrage.   Mais   j’ai   surtout voulu  montrer  la  puissance  de  toutes  ces  énergies  mystérieuses  et   aboutir ainsi à la compréhension de la réalisation spirituelle de notre être.

- Tous vos ouvrages, au style aisé, avec leurs tables,  leurs  bibliographies, leurs  index  sont  de  précieux  instruments  de  travail  qui  s’adressent non seulement aux  spécialistes  mais  aussi  à  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la recherche de la spiritualité. Avez-vous en vue d’autres  ouvrages  de  ce  genre car vous n’avez pas terminé le cycle des éléments ?

JPB : - Effectivement ce cycle n’est pas complet. Mais  j’ai  terminé  un impor­tant ouvrage sur Le Symbolisme Maçonnique. Cet ouvrage qui comporte deux gros volumes cherche à faire le point sur le symbolisme rencontré aux divers grades maçonniques. Mon étude reste basée sur les  33  degrés  du  Rite Écossais Ancien et Accepté mais j’ai donné des variantes concernant d’autres rites maçonniques.

- Vous vous êtes aussi intéressé au symbolisme d’autres cérémonies.

JPB : – Effectivement j’ai étudié le Symbolisme  du  sacre  des  Rois,  et  en dehors de la recherche historique, j’ai voulu montrer la signification du fait liturgique, découvrir l’origine magique de la royauté, la relation de l’homme avec le cosmos, la valeur de cette institution qui vise à restaurer le premier citoyen du monde dans son unité primordiale.

Dans le même esprit, mais me basant sur une recherche historique  plus poussée j’ai fait paraître un ouvrage intitulé Les  Frans-Juges  de  la  Sainte­ Vehme. J’ai cherché à rétablir la vérité sur  ce  tribunal  médiéval,  né  en Westphalie, sur lequel il fut écrit tant de drames romantiques.

J’ai eu à me pencher sur !’Ordre des Chevaliers Teutoniques et  des mouvements terroristes avant le Nazisme. En réalité ce livre  cerne  une  longue quête humaine, à la poursuite du Sacré et de l’indéfinissable.

- Parmi  les  organisations  qui  ont  précédé   la   Franc-Maçonnerie   vous avez aussi évoqué la Rose-Croix. Voulez-vous en parler ?

JPB : – Ce mouvement né en Allemagne  vers 1614  doit beaucoup  à  la  Réforme ; la rose sur la Croix, emblème de Luther, était  le  signe  de  la  rébellion  contre l’Eglise de Rome. Après l’évocation des premiers  manifestes  et  de  la  figure centrale d’Andreae j’ai commenté les autres mouvements nés au siècle  des Lumières.

- Faites-vous  un  rapprochement  entre  la  Fraternité   de  la  Rose-Croix   et la Franc-Maçonnerie ?

JPB : – Il est indéniable que dans ces deux Ordres nous trouvons des pensées communes. Les Rose-Croix peuvent apparaître comme  des  surhommes,  des grands initiés. Pour d’autres les Rose-Croix ne  sont  que  des  mystiques hallu­cinés et même parfois des charlatans qui profitent de la crédulité de  leurs semblables.  Nous  côtoyons  le  délire  dans  l’imaginaire,  ou  le  scepticisme   le plus navrant

- Le Rose-Croix a-t-il  réellement  existé  et  n’avons-nous  pas  uniquement une projection sublimée?

- En dehors des quelques hommes du XVIème siècle qui ont cherché l’illumination  afin  de  venir  à  une  vie  meilleure,  le  vocable   Rose-Croix   couvre un  ensemble  de  sociétés  secrètes  se  disant  héritières  d’une  antique  sagesse  et  formant  une  fraternité  secrète.  On  y  trouve  ainsi  l’influence  de   l’hermé­tisme égyptien, du gnosticisme, de la Kabbale, de l’alchimie,  de  l’ésotérisme chrétien,  tout  un  monde  gravitant   autour   de   l’illumination   et   communiquant par le symbolisme.

Toutes ces sociétés sont  l’émanation  de  la  vie  d’un  groupe  ;  ce  sont  des œuvres collectives et !’Esprit s’est ainsi  propagé,  marquant  d’autres sociétés et d’autres individus. Ce ferment spirituel se renouvelle à  chaque  époque et marque des êtres qui visent une perfectibilité.

Les Sociétés des Rose-Croix et  de  la  Franc-Maçonnerie  ont  puisé  aux mêmes sources car eux-mêmes sont d’essence spirituelle.

Grâce  à  cette  pensée  millénaire  on  authentifie  mieux  la  valeur   initiatique de la Franc-Maçonnerie.

- Pensez-vous que l’on ne puisse trouver l’amour fraternel, la charité, ou même la recherche d’une médecine universelle que dans  ces  confréries secrètes et bien mystérieuses ?

JPB : – Sans doute non, mais la Franc-Maçonnerie,  grâce  à  son  organisation rigide, à  ses  rituels  bien  établis,  a  le  mieux  conservé  cette  pensée  spirituelle qui marque une époque.

Pour ma part je pense que l’étude des sociétés secrètes devient une nécessité si l’on veut avoir une compréhension tant des faits  anciens  que de ceux des temps modernes, car une fraternité de pensée a toujours une répercussion sur le milieu  qui  l’environne.  L’acte  politique  n’est  sans  doute pas commandé par un initié, mais il est  motivé  par une  atmosphère  générale qui se ressent de l’influence de penseurs, de chercheurs,  d’humanismes. On  peut dire que les encyclopédistes ont été le levain de la  révolution  française, sans pour autant agir directement sur les événements politiques.

Tous les adhérents de  ces  sociétés  parviennent  ainsi  à  leur  vérité,  une vérité qu’ils se sont forgée, difficilement  explicable  aux  autres,  à  moins  que ceux-ci  reprennent  le  même  processus,  un  très  long  chemin  qui  après  bien  des détours les mettra alors dans la même compréhension.

L’inexprimable n’est pas l’incompréhensible ; la recherche de sa  signifi­cation permet à l’adepte de passer  d’un état  extérieur  à  un  état intérieur  qui  est le propre de l’initiation. La société secrète fait appel aux symboles qui suggèrent par une correspondance analogique. Mais ce qu’il faut  bien  sou­  ligner c’est que ces symboles se retrouvent partout,  aussi  bien  dans  les sociétés archaïques, que chez les  Mayas,  dans  la  société  égyptienne,  dans les mystères de Mithra ou d’Éleusis. Dans les Sociétés initiatiques du monde occidental, à notre  époque,  la Franc-Maçonnerie et  le Compagnonnage  grâce à leur cadre précis savent faire revivre ces légendes qu’ils insèrent dans leurs rituels. Je travaille actuellement sur un livre concernant le Compagnonnage.

Ce  que  je  tente  d’établir  c’est  une  liaison  entre   ce  Monde   de   l’extérieur et  celui  de  ces  sociétés,  où  les  membres  sont  imprégnés  même  à  leur  insu par un même symbolisme, par un même rituel.

- Mais être initié ne veut-il  pas  dire  qu’il  faut  assimiler  une  doctrine  ? Ne faut-il pas pratiquer des cérémonies, connaître un catéchisme,  savoir répondre à des questions?

JPB : – Sans  doute  mais  tout  cela  n’est   valable   que   si   l’on   enregistre   un réel effort intérieur,  un  travail  de  décantation. «  Nul  n’est  initié  que  par  lui­-même »  dit Villiers de l’Isle Adam dans son roman Axël.

- Si je vous comprends bien l’homme  doit  rechercher  en  lui-même  et pour bien sentir une chose l’homme doit déjà posséder  un  germe  de  cette chose ; ce que l’on comprend doit se développer en soi-même. Ainsi l’effort intellectuel ne nous intègre pas obligatoirement dans  la  Connaissance  ;  le Savoir n’est pas la Connaissance.

- Exactement.  li  faut  ressentir  profondément  ce  que  nous   cherchons   et ce que nous  portons  en  nous,  même  peut-être  obscurément.  La  pensée  reste un  miroir  psychique,  une  valeur  extérieure.  La  raison  laisse   apparaître   un fossé  entre  le  miroir  et  l’objet,  entre  le  sujet  et  l’objet   ;   l’association   des idées nous fait souvent peur car  nous  craignons  encore  notre  reflet.  L’intelligence  ne  fait   rien   ;   seul   l’esprit  permet   d’unir   l’ensemble   au   Tout.  Seule la Beauté,  moteur  de  l’Amour,  nous  met  sur  la  voie  directe.  Mais  la  Sagesse ne s’enseigne pas, la vérité ne se commente pas.

PVI N°16, 4ème trimestre 1974

Pour tout contact :  pvi.fb@gldf.org

 

 dans Recherches & Reflexions

 

Jean-Pierre Bayard est un docteur ès lettres, ingénieur et écrivain français, né le 7 février 1920 à Asnières et mort le 5 mars 2008 à Angers.

Dès ses 14 ans, il fréquente Pierre Mac Orlan et rencontre par la suite Georges Duhamel, des poètes comme Francis Carco ou Philippe Chabaneix. À partir de 1959, il préside le Cercle Scarron qui remettait un prix littéraire de l’humour, le Prix Scarron.

Il soutient une thèse en 1977 à l’université de Rennes sur le compagnonnage en France, dont il tire un ouvrage. L’historien François Icher, mentionne que malgré quelques réserves de Compagnons du Devoir du fait d’interprétations plus maçonniques que compagnonniques, cet ouvrage est devenu « un classique de la littérature compagnonnique ».

Il est l’auteur d’ouvrages sur l’ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes, des symbolismes divers, l’esprit du compagnonnage et de l’aspect spirituel de la franc-maçonnerie.

Il est également directeur de collections d’ouvrages ésotériques (Dangles).

Initié à la Grande Loge de France en 1954, il est reçu 33ème (Rite écossais ancien et accepté) en 1980 et devient membre actif du Suprême Conseil de France. Il a entretenu de solides relations avec les principaux dirigeants de divers groupes maçonniques tels Jean Tourniac, Marius Lepage, Johannis Corneloup, Jean Baylot, Alec Mellor, Robert Ambelain, Paul Naudon, Philippe Encausse (fils de Papus). Il rencontre également souvent Mircea Eliade, Raymond Abellio ou Louis Pauwels.

Martiniste, il est initié par Robert Ambelain et Philippe Encausse.

 

Œuvres

Histoire des légendes, (PUF, Que sais-je, 1955, 3e éd. 1970)

Le feu, la symbolique (Flammarion, Coll. Symboles, 1958)

Le monde souterrain (Flammarion, Coll. Symboles, 1961)

Le sacre des rois (Édition de la Colombe, 1964)

Le symbolisme du caducée (Guy Trédaniel, Éditions de la Maisnie, 1964, 4e éd. 1990)

Les Francs-Juges de la Sainte-Vehme (Albin Michel, 1971 ; réédition : Dualpha, 2004)

La symbolique du feu (Payot, 1973 ; réédition : Trédaniel, 1990, Véga (16 mars 2009) (ISBN 978-2858295210))

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Payot, 1973, Véga (12 janvier 2009) (ISBN 978-2858295395))

Le symbolisme maçonnique traditionnel. Thesaurus Latomorum (Éditions du Prisme, 1974)

La symbolique de la Rose-Croix (Payot, 1975)

Les talismans (Tchou, 1976, Dangles, 1976, 1983, 1987, 1990…, 2011)

Le compagnonnage en France (Payot, 1977 – réédité en 1988, 1997)

Les pactes sataniques (Vernoy, 1980, Rééd. Dervy, 1994, 2002)

Le symbolisme maçonnique traditionnel (2 tomes) (Edimaf, 1981-1982, 1987)

Le diable dans l’art roman (Guy Trédaniel, 1982, 1996)

Les rites magiques de la royauté (avec Patrice de la Perrière) (Friant, 1982, Rééd. Bélisane, 1998)

L’occultisme (Éditions du Borrego, 1984)

Sacres et couronnements royaux (Guy Trédaniel, 1984)

La symbolique du cabinet de réflexion ou la lumière dans les ténèbres (Edimaf, 1984, Rééd. 1995, 2012)

La franc-maçonnerie (MA Éditions, 1986)

Les rose-croix (MA Éditions, 1986)

Guide des sociétés secrètes et des sectes (Philippe Lebaud, 1989, Rééd. Oxus, 2004)

La symbolique du monde souterrain et de la caverne (Trédaniel, 1990)

La spiritualité de la Rose-Croix. Histoire, traditions et valeur initiatique (Dangles, 1990 ; réédition : Dualpha, 2003)

La légende de saint Brendan, découvreur de l’Amérique. Légende du ixe siècle (Trédaniel, 1990)

Les origines compagnonniques de la franc-maçonnerie (avec Henri Gray) (Trédaniel, 1990)

Tradition et sciences secrètes (Soleil Natal, 1998, rééd. Dualpha, 2008)

Précis de franc-maçonnerie (Dervy, 1999)

La tradition cachée des cathédrales (Dangles, 1999, rééd. J’ai lu, Aventure Secrète, 2014)

L’Esprit du compagnonnage. Histoire, tradition, éthique et valeurs morales, actualités… (Dangles, 1994)

Plaidoyer pour Gilles de Rais, Maréchal de France, 1404-1440 (Soleil Natal, 1995 ; réédition : Dualpha, 2007)

La spiritualité de la Franc-Maçonnerie (Dangles, 1999)

La pratique du tarot. Symbolisme, tirages et interprétations (Dangles, 1999)

La grande encyclopédie maçonnique des symboles (Éditions Maçonniques de France, 2000)

Déesses mères et vierges noires (Éditions du Rocher, 2001)

La symbolique du Temple (Edimaf, 2001)

Symbolique du labyrinthe sur le thème de l’errance (Huitième jour, 2003)

Trente-trois – Histoire des degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté en France (Ivoire-Clair, 2004)

Papus : occultiste, ésotériste ou mage ? (Ediru, 2005)

Le Compagnonnage aujourd’hui (Dangles, 2005)

Credo Maçonnique (Dangles Collection : Horizons ésotériques, 2006 (ISBN 978-2703306412))

Le sens caché des rites mortuaires (Dangles, 2007)

Les regrets du peintre Faust (roman) (Dualpha, 2007)

G comme Géométrie (2 tomes) (Edimaf, 2012)

 

° Mélanges offerts à Jean-Pierre Bayard, préface de Michel Barat, études de A. Buisine, J. Fabry, J.-J. Gabut, C. Gilquin, J.-Y. Goéau-Brissonnière, C. Guérillot, C. Lochon, P. Négrier, H. Rochais, F. Rognon, réunies par Patrick Négrier, Paris, Grande loge de France 2001, 138 p.

La franc-maçonnerie aux États-Unis

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La franc-maçonnerie aux États-Unis

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De par son histoire, la franc-maçonnerie aux USA est très différente de celle qui prédomine en Europe.

Elle se caractérise par sa transparence et par son nombre important de membres qui, quoi que décroissant, représente encore près de deux millions répartis dans environ 15’000 ateliers, pour cinquante grandes loges.

La structure fédérale du pays conduit à ce que chaque État des États-Unis dispose de sa propre grande loge. La franc-maçonnerie s’implante dans ce pays par les mouvements migratoires et la tutelle de l’Empire britannique sur sa colonie.

À ce titre, le premier document attestant la présence maçonnique dans le « Nouveau Monde » date du 30 juillet 1733 et relate la nomination du grand maître provincial d’Amérique du Nord Henri Price, par le grand maître d’Angleterre d’alors le vicomte de Montagu.

La première loge se réunit ainsi à la taverne « La Grappe de raisin » sur King Street à Boston. La franc-maçonnerie américaine est née autour de la Grande Loge de Saint John, quoique sa souveraineté limitée n’échappe pas au contexte historique.

Dès 1734, Benjamin Franklin imprimera les Constitutions d’Anderson affirmant ainsi la portée de la franc-maçonnerie dans la colonie. Le 24 juin de la même année, il sera nommé grand maître provincial de Pennsylvanie et motivera la première volonté d’indépendance à la couronne britannique dans le cadre maçonnique.

Mais la franc-maçonnerie américaine est toujours inféodée au « Vieux Continent ». La Grande Loge d’Écosse crée en 1752 à Boston la loge Saint Andrews qui sera aux balbutiements de la Grande Loge du Massachusetts créée en 1759. L’opposition entre anciens et modernes en sera d’ailleurs nourrie. La Grande Loge de Saint John était résolument dans le camp des modernes alors que la Grande Loge du Massachusetts, dans celui des anciens. Cette opposition maçonnique reflète néanmoins une opposition historique.

Les divisions au sein de la franc-maçonnerie américaine s’accentueront entre 1752 et 1778. La Grande Loge de Saint John, à Boston, réunissait la bourgeoisie locale et aspirait largement à l’indépendance. Alors que sa rivale restait fidèle au Royaume-Uni ; elle était essentiellement composée de soldats (majoritairement irlandais) envoyés par la couronne. De cette date jusqu’à la guerre d’indépendance, les francs-maçons américains resteront largement divisés.

C’est de la loge « Saint André » de Boston, dirigée par Joseph Warren, que naquit la Boston Tea Party7, événement qui déclencha la guerre d’indépendance.

Grand maître provincial, Joseph Warren fut tué à la bataille de Bunker Hill. Pendant la guerre, dans la plupart des provinces, les membres des loges « anciennes » se rangèrent plutôt du côté de George Washington, Joseph Warren et Benjamin Franklin, alors que ceux des loges « modernes » s’engagèrent plutôt du côté de l’Angleterre. Parmi les cinquante-six signataires de la déclaration d’indépendance de 1776, cinquante environ auraient été francs-maçons.

Benjamin Franklin vint à Paris en tant que « ministre plénipotentiaire des États-Unis d’Amérique septentrionale », où il devint de 1779 à 1781 vénérable maître de la loge les Neuf Sœurs qui organisa le soutien français à la cause américaine. Parmi les francs-maçons français, le marquis de La Fayette, joua un rôle notable dans la guerre d’indépendance.

Profitant du conflit, la Grande Loge de Pennsylvanie se séparera officiellement de la Grande Loge d’Angleterre en 1778.

Après la guerre, le système des grandes loges à juridiction exclusive sur le territoire de chaque État de l’Union fut établi. Il posa quelques problèmes dans les États où coexistaient deux grandes loges (« ancienne » et « moderne »), mais il finit par s’imposer totalement au bout d’une vingtaine d’années.

En 1800, il y avait aux États-Unis onze grandes loges, regroupant 387 loges et 16’000 francs-maçons.

Politique La franc-maçonnerie a joué un rôle important dans la politique américaine des origines jusqu’à nos jours. Nombreux politiciens ont assumé et assument au grand jour leur appartenance à l’ordre maçonnique.

George Washington, le premier président des États-Unis, fut l’initiateur de cette tradition américaine en posant avec les décors maçonniques pour un portrait officiel.

Seize autres présidents, à la fois francs-maçons, ont leur portrait au Mémorial maçonnique d’Alexandria (Virginie).

Toutefois, l’influence de la franc-maçonnerie dans la vie politique américaine est aujourd’hui en déclin.

Au cours des trente dernières années, ses effectifs seraient passés de quatre millions de membres (Naudon 1981) à environ deux millions.

On constate que depuis Gerald Ford, plus aucun président n’appartient à l’ordre. Spécificités de la franc-maçonnerie américaine.

La principale particularité de la franc-maçonnerie américaine est la prédominance en son sein d’un rite maçonnique qui lui est presque exclusif : le Rite d’York.

En ce qui concerne les trois premiers grades, dits « symboliques », ce rite est principalement issu du Rite des Anciens et n’a pas subi les évolutions qui ont abouti en Angleterre, après la guerre d’indépendance, au Rite anglais de style Émulation.

Il interdit dans ses loges toute discussion de sujets politiques, religieux ou de tout autre sujet controversé et ne revendique comme objectif que celui de l’amélioration de ses membres.

La franc-maçonnerie américaine est également spécifique en ce qu’elle comprend des ordres para-maçonniques importants et en ce qu’elle se particularise dans son histoire récente selon les nombreuses minorités du pays.

Enfin, la franc-maçonnerie américaine est très différente de celle que l’on rencontre sur le continent européen en ce qui concerne la manière dont elle envisage la progression initiatique de ses membres : Aux États-Unis, il est fréquent qu’un nouveau membre atteigne le troisième degré en quelques mois, et les derniers degrés du Rite écossais ancien et accepté en quelques années. La progression peut même parfois être encore plus rapide. C’est ainsi par exemple que l’acteur Richard Dreyfuss fut nommé maître maçon et promu au 32e degré du Rite écossais ancien et accepté par un simple décret du grand-maître de la Grande Loge du District de Columbia en date du 10 juin 2011.

Prince Hall Dans le contexte de discrimination raciale qui régna longtemps aux États-Unis, les afro-américains se réunirent dans leur propre obédience dénommée en 1827 Prince Hall Grand Lodge.

Cette forme de la franc-maçonnerie prit naissance en 1775, lorsqu’un Afro-Américain du nom de Prince Hall fut introduit au sein de la Irish Constitution Military Lodge, en compagnie de quatorze autres afro-américains, tous nés libres (de l’esclavage). Quand la Military Lodge quitta la région, ces quinze hommes noirs reçurent l’autorisation de se réunir en loge, d’organiser des processions à la fête de la Saint-Jean, de procéder à des funérailles maçonniques, mais non de conférer des degrés, ni d’entreprendre d’autres travaux maçonniques.

Ces hommes obtinrent un Warrant for Charter de la Grande Loge d’Angleterre (Grand Lodge of England) en 1784 et formèrent la Loge africaine no 459 (African Lodge #459). En 1787 on sait qu’il y avait au moins 73 maçons afro-américains au Massachusetts.

Ils ont produit une lettre adressée au gouvernement pour exprimer leurs souhaits de retourner en Afrique : « Desire to return to Africa, our native country . . . for which the God of nature has formed us. » (« Nous désirons retourner en Afrique, notre pays d’origine… pour lequel le Dieu de la nature nous a formés. »).

Après avoir été rayée des registres pour cause de non-paiement des cotisations en 1813, la loge s’est renommée la « Grande Loge africaine n°1 » (« African Grand Lodge #1 », à ne pas confondre avec les diverses grandes loges du continent africain), et séparée de la maçonnerie communément reconnue. Elle donna ensuite naissance à de nombreuses grandes loges exclusivement noires dans l’ensemble des États-Unis.

Des efforts ont été entrepris par plusieurs maçons dès le début du XIXe siècle afin d’intégrer tous les Afro-Américains et les Caucasiens dans des obédiences communes.

Cependant le racisme et la ségrégation à cette époque rendaient impossible la participation « harmonieuse » des Afro-Américains dans les loges « traditionnelles ».

De plus, beaucoup de grandes loges traditionnelles refusaient de reconnaitre les loges Prince-Hall arguant que cela allait à l’encontre d’un des principes de la « régularité » qui affirme qu’il ne doit y avoir qu’une grande loge par juridiction territoriale et que la Grande Loge d’Angleterre en 1784 n’avait pas autorité pour ce faire.

Aux États-Unis, la ségrégation raciale est entretenue dans les loges : ainsi les loges blanches refusent de reconnaître ou d’initier les membres des loges afro-américaines. Cette ségrégation aurait eu des implications politiques dans les états sudistes, où les maçons sont très présents et où les noirs furent privés de leurs droits économiques, juridiques, scolaires et politiques.

Albert Pike était lui-même connu pour ses idées racistes.

Après avoir été pour plusieurs raisons, tenues à l’écart pendant des décennies des grandes loges blanches (dites « caucasiennes ») des États-Unis, les grandes loges dites de « Prince Hall » sont depuis le début des années 1990 reconnues par un nombre chaque année croissant de celles-ci.

Les obédiences dites régulières

Les obédiences dites «régulières» de traditions et se reconnaissent entre elles. La majorité étant reconnus par la Grande Loge unie d’Angleterre. Elles demandent – entre autres – la croyance en Dieu à leurs membres.

Aux États-Unis, sans compter Prince Hall qui est reconnue par la majeure partie des obédiences comme étant traditionnelle et régulière, chaque État ne peut avoir qu’une seule obédience dite «régulière». Certains conseils nationaux ou supranationaux chapeautent les rites au sein de ces mêmes obédiences. Il existe ainsi pour le Rite écossais ancien et accepté, le : • Suprême Conseil de la Juridiction Sud, il réunit les hauts degrés dans la moitié sud des États-Unis. • Suprême Conseil de la Juridiction Nord, institution équivalente à la précédente, mis à part qu’elle officie pour la moitié nord des États-Unis.

Pour le rite d’York, les institutions sont plus nombreuses. Il y a le : Grand Chapitre général des maçons de l’Arche royale, qui administre les hauts degrés de l’Arche Royale. Grand Conseil général des maçons cryptiques, qui administre les hauts degrés dits Cryptiques. Grande Commanderie des chevaliers templiers, juridiction nationale comme les précédentes pour les hauts degrés de « Chevaliers du Temple ».

Les obédiences libérales

Il existe quelques obédiences dites «libérales» aux États-Unis. À l’exemple de l’Europe, on trouve un peu toutes les tendances. Mais celles-ci ne sont pas reconnues par les obédiences dites «régulières».

Par cet ostracisme, les obédiences libérales américaines ont tendance à se rapprocher de celles existant en Europe. C’est le cas de la George Washington Union qui a adhéré en 1979 au Centre de liaison et d’information des puissances maçonniques signataires de l’appel de Strasbourg (CLIPSAS) réunissant plusieurs obédiences dans le monde.

Depuis 1903 l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » s’est implanté aux États-Unis. La Fédération américaine du Droit humain est présente dans de nombreuses grandes villes.

En 2007 s’est constituée une nouvelle obédience de type libéral, regroupant des loges masculines, voulant être identifiée dans la franc-maçonnerie moderne et libérale : le Grand Orient des États-Unis d’Amérique.

En 2014 s’est constituée une nouvelle obédience libérale mixte, pratiquant le Rite moderne: la « Grande Loge du Rite moderne en Amérique du Nord et dans les Caraïbes ».

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Les apôtres 5 décembre, 2021

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Les apôtres

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Le mot « apôtre » vient du grec « apostolos » qui désigne un envoyé, un missionné. C’est une traduction du mot hébreu « shaliah » qui se traduit par envoyé plénipotentiaire.

Mais le terme « douze apôtres » n’a été mentionné qu’une fois dans l’évangile de Matthieu et une autre fois dans celui de Luc. Les apôtres sont désignés pour être les témoins de la résurrection de Jésus, puis ultérieurement pour annoncer l’évangile de Dieu et convertir les peuples.

Ce nombre très précis va cependant varier au fur et à mesure de l’histoire. Mais pour l’instant concentrons-nous sur ce nombre de 12.

1. Les douze

Nos douze apôtres, ou groupe des douze, ou disciples, ou douze disciples, ou juste les apôtres (la terminologie variant en fonction des différents écrits), sont désignés dans les trois évangiles synoptiques : celui de Matthieu (Mt 10,2-4), celui de Marc (Mc 3,16-19) et celui de Luc (Lc 6,14-16), ainsi que dans les actes des apôtres (Ac 1,13). Selon certains écrits, il est dit que les apôtres sont classés selon un ordre décroissant de préséance et non pas par leur ordre d’apparition auprès de Jésus.

Cependant cet ordre, même s’il est censé représenter leur autorité dans l’église primitive, n’est pas le même d’un évangile à l’autre, à l’exception de Simon-Pierre qui est toujours le premier, Philippe qui est toujours le cinquième, Jacques qui est toujours le neuvième et de Judas qui est toujours le dernier.

1.1. Evangile selon Saint Matthieu

Chez Matthieu, ce sont « douze apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Simon appelé Pierre, André son frère, Jacques fils de Zébédée, Jean son frère, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu le publicain, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas l’Iscariote celui qui livra Jésus.

1.2. Evangile selon Saint Marc

Chez Marc, ce sont « les douze » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il (Jésus) nomma Pierre, Jacques fils de Zébédée, Jean frère de Jacques qu’il nomma Boanergès, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas Iscariote celui qui livra Jésus.

1.3. Evangile selon Saint Luc

Chez Luc, ce sont « les disciples » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le zélote, Jude fils de Jacques et Judas Iscariote qui devint traître.

1.4. Les actes de apôtres

Dans les actes des apôtres, ce sont « les apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques. Judas n’est pas mentionné parce qu’il s’est suicidé.

1.5. Evangile selon Saint Jean

Dans l’évangile selon Saint Jean, « les disciples » ne sont pas énoncés sous forme de liste mais tout au long du récit. Le premier nommé est André, puis Philippe, Jude, Simon Pierre, Thomas appelé le jumeau, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, deux autres disciples dont les noms ne sont pas donnés, André, Philippe et Jude. Judas Iscariote est souvent cité, ainsi que le disciple bien-aimé dont le nom n’est jamais cité.

2. Les douze apôtres (selon l’ordre de Matthieu)

Le nombre « douze » évoque les douze tribus d’Israël, c’est le cercle restreint du peuple nouveau tel qu’il sera assemblé par Dieu à la fin des temps. La mission de Jésus était de rassembler la totalité de ce peuple et de le mener à son accomplissement.

Il y a certaines constantes dans les « douze », ils sont tous juifs et tous originaires de la Galilée (ou presque !!!). Certains sont appelés par leurs noms grecs, ou par leurs noms hébreux ou bien autrement. Essayons d’y voir un peu plus clair…

2.1. Pierre

Il est le premier dans toutes les listes.

Pierre est un juif de Galilée ou de Gaulanitide (région située à l’est de la Galilée). Pierre est né Simon ou Symon Barjona ; Barjona étant un mot araméen signifiant révolutionnaire, ou bien Bar-jona signifiant fils de Jonas en hébreu.

C’est Jésus qui lui donne le nom de Simon Kephas ; Simon était surnommé Kêfâ en araméen que l’on peut traduire par « roc », Kephas étant une hellénisation du mot araméen.

C’est dans l’évangile de Matthieu que l’on trouve « Pierre, tu es un roc et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée » que l’on peut interpréter par « Kephas (le roc surnom de Simon), tu es petros (roc en grec), et sur cette petra (pierre en grec) je bâtirai mon ekklésia (assemblée en grec, qui donnera le mot église) ».

C’est à la suite de ce jeu de mot dans l’évangile de Matthieu que Simon le Képhas est renommé Pierre.

2.2. André

Il est le 2ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 4ème dans la liste de Marc et 3ème dans la liste des apôtres.

André est né à Bethsaïde connut sous son nom grec d’Andreas. Il est le frère de Simon (vous savez Pierre Képhas) qui lui était originaire de Galilée ou de Gaulanitide, ce qui est surprenant c’est que deux frères puissent venir de deux régions différentes !!!

Si André n’est pas le premier disciple de Jésus, il est considéré comme le premier appelé.

D’après une tradition, il aurait rencontré Jésus alors qu’il pêchait avec son frère dans le lac de Tibériade. D’après une autre, c’est après que Jean le Baptiste ait désigné Jésus comme l’agneau de Dieu qu’Andreas suivit Jésus et ne le quitta plus.

C’est André qui présentera son frère Simon (Pierre) à Jésus.

Ces deux premiers apôtres ont une importance considérable, Pierre (Simon Képhas) est considéré comme le fondateur de l’église de Rome (occidentale) tandis que André (Andreas) est considéré comme le fondateur de l’église Constantinople (orientale).

2.3. Jacques

Il est le 3ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 2ème dans la liste de Marc et 4ème dans la liste des apôtres.

Jacques est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc). Dans l’évangile de Marc, on apprend que, lors de la crucifixion, les femmes présentes étaient : Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé. Dans l’évangile de Matthieu, lors de la crucifixion, les quatre femmes présentes sont : Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Donc il est fort possible que Salomé soit la mère de Jacques et l’épouse de Zébédée.

Il est également appelé Jacques de Zébédée (en référence à son père) ou bien Jacques le Majeur (par opposition à Jacques le mineur, ceci ne voulant pas forcément dire qu’il était plus âgé que le mineur mais juste qu’il avait rencontré Jésus avant).

Il est également le frère de Jean avec lequel il abandonnera leur bateau de pêche pour suivre Jésus.

Contrairement à ce qui avait été écrit auparavant (ou bien ce qui est encore pensé de nos jours), l’épître de Jacques n’est pas de lui (ni de Jacques le Mineur), le Jacques, rédacteur de l’épître, aurait été un chrétien d’origine païenne de la 2ème (ou même 3ème) génération chrétienne.

2.4. Jean

Il est le 4ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 3ème dans la liste de Marc et 2ème dans la liste des apôtres.

Jean est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc) et le frère de Jacques.

Dans la tradition chrétienne, l’évangile selon Jean aurait été écrit par l’apôtre Jean fils de Zébédée. D’après de récentes recherches, il aurait plutôt été écrit par Jean le Presbytre qui a créé la communauté johannique d’Ephèse.

2.5. Philippe

Il est le 5ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Il est originaire très exactement de Bethsaïde au bord du lac de Tibériade.

Il a d’abord été un disciple de Jean-Baptiste (comme André) avant de suivre Jésus.

C’est lui qui aurait présenter Nathanaël (selon l’évangile de Jean) à Jésus. Vraisemblablement Nathanaël serait Barthélemy, Nathanaël bar-Tolmay, Nathanaël fils de Tolmay.

2.6. Barthélemy

Il est le 6ème dans les listes de Matthieu, de Luc, et de Marc et 7ème dans la liste des apôtres.

Il est Nathanaël bar-Tolmay (bar préfixe : fils de, et Tolmay : sillon en araméen).

2.7. Thomas

Il est le 7ème dans la liste de Matthieu, 8ème dans les listes de Luc et de Marc et 6ème dans la liste des apôtres.

Le prénom de Thomas n’est pas connu avant lui, en araméen il viendrait de Te’oma signifiant « jumeau ». C’est sans doute pour cette raison qu’il est appelé Thomas le didyme dans l’évangile selon saint Jean (didymos, mot grec se traduisant par « jumeau »).

Dans les trois premiers évangiles synoptiques, Thomas n’est mentionné que dans les listes des apôtres ou des disciples. Ce n’est que dans l’évangile de Jean que l’on commence à parler de lui et de ses paroles, en lui donnant un caractère fougueux et généreux tout en accentuant sur son incrédulité.

2.8. Matthieu

Il est le 8ème dans les listes de Matthieu et des apôtres, 7ème dans les listes de Marc et de Luc.

Matthieu est l’abréviation grécisée du mot hébreu Mattay qui est une abréviation du mot hébreu Mattithyahû (don de Yahvé) que l’on peut aussi réduire en Matthieu-Lévi.

Dans l’évangile selon Matthieu, il est appelé Matthieu ou bien Lévi fils d’Alphée, dans ceux de Marc et Luc il est appelé Lévi.

Matthieu est un publicain (un collecteur d’impôts) à Capharnaüm. C’est d’ailleurs contre lui que vont la colère des disciples immédiatement après l’arrestation de Jésus.

Les historiens remettent en cause sa paternité pour l’évangile portant son nom, parce que ce dernier est inspiré de celui de Marc et que les ajouts ne sont que des paroles attribuées à Jésus. Il serait surprenant qu’un témoin direct se soit inspiré du texte d’un témoin indirect, « de seconde main ».

Dans l’évangile de Marc, Lévi-Matthieu est présenté comme un fils d’Alphée.

2.9. Jacques

Il est le 9ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Jacques est présenté comme le fils d’Alphée afin de le différencier de l’autre Jacques, celui fils de Zébédée. On peut supposer qu’Alphée est le nom de son père, et que Lévi-Matthieu pourrait être son frère s’il s’agit du même Alphée.

Dans la tradition chrétienne, Clopas était le frère (ou demi-frère) de Joseph qui aurait épousé Marie Jacobé (une des quatre femmes qui ont assisté à la crucifixion de Jésus) dont il aurait eu deux fils : Jacques le mineur et Joset. Donc Jacques serait un cousin de Jésus.

On ne sait pas si c’est ce Jacques qui est le père ou le frère de Jude.

Le christianisme oriental fait une différence entre Jacques d’Alphée et Jacques le mineur (ou le juste). Jacques le juste était le chef du judéo-christianisme et le qualificatif de « mineur » a très bien pu lui être accordé (postérieurement) afin de minimiser ce courant.

La tradition occidentale ne reconnait que deux Jacques : le majeur, fils de Zébédée et le mineur, fils d’Alphée, dit aussi le juste ou bien le frère du seigneur (par suite d’une homonymie de traduction, frère ayant remplacé cousin).

2.10. Jude

Il est le 10ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 11ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Il s’appelle Jude (ou Judas) fils de Jacques mais on le nomme aussi Thaddée ou Judas Thaddée.

Chez les orthodoxes et les nestoriens, il est le descendant du roi David et de Salomon par Joseph dont il était le fils né d’un mariage avant celui d’avec Marie.

Chez les catholiques, il est le fils d’une demi-sœur de Marie, Marie Jacobé, et d’un frère (ou demi-frère) de Joseph, Clopas. Jude est le frère de Simon le Zélote et de Jacques « frère du seigneur » qui est identifié à Jacques le mineur (lui fils de Clopas et Marie Jacobé). C’est sans doute pour cette raison qu’il est aussi nommé Judas de Jacques, signifiant qu’il est le frère de Jacques et non son fils.

Il ne faut pas le confondre avec Jude ou Judas, un des quatre frères (ou cousins) de Jésus qui serait l’auteur de l’épitre de Jude. Comme les frères de ce Jude se prénomment Jacques, Joset et Simon, les confusions sont nombreuses.

2.11. Simon

Il est le 11ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 10ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Son prénom vient de l’hébreu Shiemone.

Dans les évangiles de Marc et Matthieu, on le surnomme Simon le cananéen, du grec Kananios qui serait une translitération du mot hébreu « qannaim » qui vient du verbe « qana » dont la traduction peut être soit « jaloux », soit « zélote »

Ce serait donc un zélote, membre de la tribu des zélotes qui auraient incité le peuple de Judée à se rebeller par les armes contre les occupants romains. Simon aurait donc quitté le mouvement zélote pour suivre Jésus.

Dans l’évangile de Luc, il est présenté comme Simon le Zélote ; comme le contexte politique avait changé au moment de cet écrit, il n’était plus utile d’utiliser un subterfuge linguistique.

Toutefois, il ne faut pas le confondre avec Simon fils de Clopas et frère (ou cousin) de Jésus. Cette erreur a été commise par Jérôme de Stridon (saint Jérôme) qui a amalgamé Jacques le mineur et Jacques le Juste, ainsi que Simon le Zélote et Simon fils de Cléopas. Isidore a également fait la confusion entre Simon le Zélote et Simon (ou Siméon) qui succéda à Jacques le Juste en tant qu’évêque de Jérusalem.

2.12. Judas

Il est le 12ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Nous savons qu’il est originaire de Galilée comme les autres apôtres. Il est constamment appelé Judas et jamais sous le diminutif de Jude afin de ne pas faire de confusion avec les autres Judas ou Jude.

Les origines de son nom Iscariote sont nombreuses. Il a été émis l’hypothèse qu’Iscariote viendrait d’une forme dérivée de la ville de Qeriyyot qui se trouve en Judée et pas en Galilée, mais il aurait été difficilement concevable que l’on adjoigne le nom d’un village à celui d’un traitre, cela aurait entrainé des graves conséquences pour ce village et/ou ses habitants. Saint Jérôme pensait que Judas était originaire de la tribu d’Issachar (neuvième fils de Jacob) dont le nom peut se traduire par « homme du salaire », en référence à la somme perçue par Judas.

Le mot Iscariote pourrait venir d’une sémitisation du mot latin « Sicarius » ; les sicaires (termes péjoratifs) étaient des dissidents qui voulaient expulser les romains de Judée, Iscariote montrant l’appartenance à la communauté des sicaires. Mais il est également possible que ce soit une référence aux judéens qui ont refusé de reconnaitre la messianité de Jésus.

L’évangile de Matthieu suit donc une chronologie familiale, Simon Pierre est le frère d’André, Jacques est le frère de Jean, Philippe est le frère de Barthélemy, Thomas qui est présenté comme le jumeau mais dont le frère n’est pas un apôtre, Matthieu est le frère de Jacques, Jude est le frère de Simon, et Judas qui est seul (à moins que ce ne soit lui le jumeau de Thomas, mais c’est une théorie qui a été infirmée). Nous avons donc cinq frères qui ont suivi Jésus, un dont le jumeau n’a pas suivi Jésus et Judas qui est seul.

3. Douze moins un égal onze

Après la mort de Jésus, à la suite de la trahison et la mort de Judas, notre groupe des douze se trouve réduit à onze (12 – 1 = 11, CQFD).

C’est l’apôtre Pierre (Képhas) qui proposa que quelqu’un prenne la place de Judas. Comme les apôtres étaient les témoins de la résurrection de Jésus, il fallait que le candidat soit choisi parmi ceux qui avaient suivi Jésus et ses apôtres/disciples. Deux candidats furent proposés : Joseph Barnabas (ou le juste) et Matthias. Il fut décidé de tirer au sort entre les deux candidats et ce fut Matthias qui gagna.

Jacques de Voragine nous a dit que Matthias venait de la tribu de Juda et qu’il était né à Bethléem. Ce qui semblerait accréditer la thèse de l’origine de Judas l’Iscariote, un membre de la tribu de Juda en remplaçant un autre. Quant à la naissance de Matthias à Bethléem, comme Jésus, cela ne faisait que renforcer son éventuelle qualité d’apôtre. Cependant les écrits de Jacques de Voragine sont à prendre avec beaucoup de méfiance…

Matthias est la version hébraïque de Mattithyahû, « don de Dieu » (comme nous l’avons vu plus haut pour Matthieu). Il est nommé Matthias pour ne pas le confondre avec Matthieu, un des premiers du groupe des douze.

Dans certains écrits (ceux d’Eusèbe de Césarée), Matthias est appelé Tolmai, sous-entendant qu’il serait le père de Barthélemy (donc également de Philippe) …

Mais pourquoi préférer Matthias à Barnabé ? Joseph Barnabas (Barnabé) était un juif de la tribu des Lévi, surement originaire de Chypre, et il était le cousin de Marc l’évangéliste. Contrairement à Matthias, il n’était pas originaire de Galilée d’où notre groupe venait dans sa totalité. En plus, Barnabé n’avait pas de liens familiaux avec les apôtres/disciples de Jésus.

Comme quoi le hasard a bien fait les choses, il a été au choisi au hasard le seul des deux candidats qui était originaire de Galilée et qui avait un lien de parenté avec un des apôtres déjà présents… Ou bien le hasard n’existe pas ou bien …

Nos apôtres/disciples se retrouvent de nouveau douze après la nomination d’un remplaçant. Il est vrai que c’est plus pratique quand on appartient à un groupe qui se fait appeler les « douze » …

4. Douze et plus ???

Jésus avait institué en personne, sur le chemin de Damas, Paul de Tarse. Donc on pourrait le considérer comme le 13ème apôtre, mais non, car dans les actes des Apôtres, il est signalé que Barnabas et Paul sont tous les deux des apôtres. Donc Paul de Tarse serait le 14ème apôtre et Barnabas le 13ème car ce dernier se serait converti avant Paul, à l’époque où il se faisait encore appeler Joseph…

Le problème est que Paul/Saul est un citoyen romain né à Tarse en Cilicie. Bien que citoyen romain, il était juif surement originaire de la tribu de Benjamin (dont était issu Saul le premier roi d’Israël auquel succèdera David). Et en tant que romain, il persécutait les apôtres/disciples de Jésus. Il s’est converti après avoir rencontré Jésus qui venait de ressusciter. Quand Pierre (Simon Képhas) dit qu’il faut choisir parmi ceux qui ont suivi Jésus depuis le début, il exclut (plus ou moins volontairement) Paul qui avait été leur persécuteur.

Si Paul de Tarse a été institué par Jésus en personne, il n’y a rien de tel à propos de Joseph/Barnabas à part cet acte des apôtres et le fait qu’il aurait vendu son champ (donc il n’était pas pêcheur en plus) pour en donner le produit aux apôtres. C’est pourtant Barnabé qui a présenté Paul aux apôtres en leur expliquant que ce dernier avait vu Jésus et prêché en son nom à Damas.

Rappelons-nous que les apôtres sont censés représenter les douze tribus d’Israël et dans les galates nous apprenons que les trois colonnes (colonne étant à prendre dans le sens des pierres de fondation qui étaient toujours trois à l’époque) de l’église (Ekklésia donc assemblée) primitive qui étaient : Pierre, Jacques et Jean qui ont assigné aux deux apôtres supplétifs ou supplémentaires (qu’ils reconnaissent comme tels) la mission d’aller convertir les incirconcis. Donc les douze, représentants des douze tribus d’Israël, ont pour mission de convertir les circoncis (donc les juifs) et les deux supplétifs celle de convertir les autres.

En toute logique nos douze restent douze mais avec deux de plus qui ont une mission différente…

5. Conclusion

Pour résumer : Il y avait 12 apôtres (si on ne rajoute pas Barnabé et Paul), puis 11 (après la mort de Judas) puis de nouveau 12 (après le tirage au sort de Matthias), puis 14 si on compte Barnabé et Paul. Donc si je compte bien, il y a eu 15 apôtres, et l’on continue de parler des 12 apôtres, généralement sans se souvenir de leurs prénoms…

D’ailleurs dans l’iconographie religieuse (généralement celle aux frontons de nos églises et/ou cathédrales), Judas n’est jamais représenté, Paul et Matthias figurent dans le nombre des douze au détriment d’un des onze appelés par Jésus, et parfois même Barnabé y figure et ça toujours au détriment d’un des onze.

Frédéric de V. – A.

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Chypre, Mémoire Des Templiers 4 novembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Chypre, Mémoire Des Templiers

Posted: 05 Oct 2021 02:37 AM PDT

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La croix des Templiers sur le sarcophage d’Adam d’Antioche,

maréchal de Chypre, au XIVe siècle. Alex MITA / AFP

 

Plus De Cinq Siècles Après Le Départ Des Croisés, Les Traces De Cette Confrérie Se Sentent Sous Les Vestiges Vénitiens Et Ottomans. Un Héritage Qui, Selon Les Historiens, Résonne Encore.

 

Les Fantasmes Sur Les templiers n’ont Cessé D’attiser L’imaginaire Collectif.

 

Dans les profondeurs de l’île de Chypre, un château ayant appartenu à la confrérie médiévale cache un héritage des croisés, encore visible aujourd’hui. En bas d’un escalier étroit et escarpé du fort de la ville portuaire de Limassol, et à l’intérieur d’une salle voûtée bordée de pierres tombales de chevaliers, il y a la chapelle où le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, se serait marié en 1192, sur la route de la troisième croisade.

 

«L’architecture et les objets qui se trouvent ici reflètent la grande histoire de Chypre», affirme l’archéologue Elena Stylianou, en brandissant une épée de l’époque des croisades, rouillée et abîmée, mais toujours tranchante. 

 

En raison de sa situation stratégique, « Chypre était un endroit convoité par de nombreux étrangers qui voulaient s’en emparer ». Le roi Richard y a célébré sa nuit de noces en buvant du vin rouge sucré avant de passer sa lune de miel à battre les campagnes, pour brûler et piller jusqu’à ajouter Chypre à ses possessions, et la vendre aux Templiers.

 

 

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Ampoule d’argile, elle contenait de l’eau bénite. (Musée médiéval de Chypre).

Alex MITA / AFP

 

Le musée médiéval de Chypre, installé dans le fort, précise que si les parois principales du château datent de la période ottomane du XVIe siècle, elles reposent sur des fondations plus anciennes. La voûte est « probablement une chapelle des fortifications principales des Templiers » à Chypre.

 

L’ordre monastique du Temple, fondé en 1129 pour protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem, utilisait Chypre comme quartier général des campagnes militaires autorisées par la papauté en Terre sainte, à un peu plus de 100 kilomètres par-delà la Méditerranée.

 

Une Enclave Chrétienne Aux Portes De l’Orient

 

Pour l’historien médiéviste chypriote Nicholas Coureas, les croisades sont une étape clé de la formation de l’identité nationale chypriote : « La conséquence la plus durable de la conquête de Richard est que Chypre a toujours une orientation européenne. La plupart des Chypriotes s’identifient davantage à l’Europe qu’à l’Asie ou à l’Afrique

 

Grâce À Sa Position Géographique Et À Sa Population, Chypre Est À La Limite De L’Europe, Elle A Aussi Des Liens Étroits Avec Le Moyen-orient».

 

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Le château médiéval de Buffavento, au-dessus du port de Kyrenia,

en République turque autoproclamée de Chypre du Nord. Birol BEBEK / AFP

 

Aujourd’hui, l’île est divisée depuis 1974, date à laquelle la Turquie a envahi et occupé le tiers nord en réponse à un coup d’État parrainé par Athènes visant à rattacher l’île à la Grèce.

 

Une zone tampon des Nations unies sépare le sud, hellénophone et majoritairement chrétien, de la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Ankara. 

 

Chypre compte toujours deux bases britanniques souveraines à partir desquelles ont été lancées au cours de la décennie écoulée des opérations aériennes en Libye ou en Syrie.

 

« Les croisades sont très pertinentes aujourd’hui, car il y a beaucoup de parallèles, observe Nicholas Coureas. Ce qui a également commencé à l’époque des croisades, c’est l’importance de Chypre en tant que base pour des opérations des forces occidentales opérant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».

 

Autre référence aux croisades, le vin rouge « Commandaria » de Chypre, ainsi nommé par les Templiers, le plus ancien vin à être certifié d’une Appellation d’origine contrôlée, selon le Guinness des records. Symbole de la persistance de cet imaginaire du Moyen-Âge, des croisés figurent sur son étiquette

 

Si les Templiers n’ont possédé Chypre que pendant huit mois, avant de la vendre au roi franc de Jérusalem, Guy de Lusignan, ils ont un temps conservé des châteaux sur l’île. Jusqu’à être qualifiés d’hérétiques et être brûlés sur les bûchers au XIVe siècle, selon divers ouvrages.

 

Chypre reste parsemée de châteaux et de ruines laissés par les croisés, comme celui de Kolossi, autrefois base de l’ordre des Chevaliers Hospitaliers: ou encore au nord, le château de Saint-Hilarion, perché au-dessus du port de Kyrenia.

 

Infusée D’influences Grecques, Turques Et Latines, L’île De Chypre Reste Une Île Jetée Au Carrefour De Trois Mondes. Et De Trois Histoires.

 

Base Documentaire: AFP

 

▲ Aron O’Raney

Connaître Un Peu Confucius 31 octobre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Connaître Un Peu Confucius

Posted: 14 Oct 2021 06:45 AM PDT

 
 
 
 
Connaître Un Peu Confucius dans Recherches & Reflexions Connaître+Un+Peu+Confucius
Confucius, En Chinois Kong Qiu, Dit Kongzi, Ou Kongfuzi  « maître Kong », Le Nom Est Latinisé Par Les Missionnaires Jésuites Du XVIIe Siècle En Confucius. 
 
Il est ce Philosophe, et premier grand maître itinérant de la tradition chinoise, dont l’enseignement oral renouvela le sens des anciens textes (v. 551 — v. 479 av. J.-C).
La doctrine philosophique et religieuse de Confucius, qui défie les systèmes politiques depuis 2.500 ans, préconisait le retour à la morale en appelant aux Droits Des Faibles Et Aux Devoirs Des Puissants. 
 
À l’époque la Chine traversait une période troublée par la rivalité de ses princes, et cette philosophie tenta d’inculquer aux souverains l’art de gouverner par la vertu. Cet idéal a marqué tout l’Extrême-Orient de pensée chinoise. Confucius aurait cherché pendant treize ans un souverain éclairé pouvant accepter d’expérimenter son système politique, mais, parvenu au pouvoir et en ayant éprouvé l’inconsistance, Il serait revenu à la méditation et à l’enseignement. 
 
Ses préceptes sont le respect des traditions, et l’exigence de tolérance et d’humanisme. 
 
Ils furent repris par tout un courant de pensée, le confucianisme, qui forma le cœur de l’idéologie politique, de l’idéal humaniste et du comportement quotidien de la société chinoise.
 
Kongfuzi, Le Maître
 
Les données de la vie de Confucius sont basées essentiellement sur une biographie idéale, une véritable vie de saint, rédigée par les disciples de la doctrine.
 
Confucius serait né le 28 septembre 551 av. J.-C., au royaume de Lu, dans la province du Shandong. Issu d’une famille pauvre, mais d’ascendance illustre, car il remonterait à la dynastie des Shang, il devint orphelin à son plus jeune âge. 
 
Confucius, dont le nom latinisé est composé du nom de famille « Kong » et d’appellations honorifiques, signifiant « maître » (Fu et Zi), aurait eu deux enfants, il obtint un poste de fonctionnaire, avant d’entreprendre un voyage à « Luoyang », capitale de la dynastie Zhou, où il aurait rencontré le philosophe taoïste Lao-Tseu
 
Cette rencontre supposée entre ces deux grands penseurs, a suscité bon nombre de commentaires et d’œuvres d’art.
 
Persuadé qu’il était nécessaire de moraliser la politique, Confucius, nommé gouverneur de la ville de « Zhongdu », chercha à mettre en pratique ses préceptes sur la gouvernance idéale. 
 
Ses disciples affirmèrent que son exercice du pouvoir fut si remarquable qu’« au bout d’un an aux quatre points cardinaux tous le prenaient pour modèle ». 
 
La tradition fait toujours de lui, un intendant des travaux publics, un ministre de la Justice vers l’an 5 av. J.-C., et un conseiller politique de la principauté de Lu. Écarté de ce dernier poste, il reprit à partir de l’an 497, sa vie d’errance et arriva dans la principauté de Wei.
 
Au terme de quatorze ans d’absence, Confucius serait rentré dans son pays natal et se serait alors entièrement consacré à l’étude des textes, des chants et des rituels anciens. 
 
Selon l’historien Sima Qian, il compila, remania ou rédigea plusieurs parties des grands textes canoniques de l’antiquité, notamment le Livre des documents « Shujing », le Livre des odes « Shijing » et le Livre des mutations « Yijing ». 
 
Il aurait aussi composé une chronique de la principauté de Lu, les Annales des printemps et des automnes « Chunqiu ».
 
Confucius serait mort le 11 mai 479 av. J.-C., à l’âge de soixante-douze ans, il aurait été inhumé non loin de la capitale de Lu. 
 
Le site présumé de sa sépulture devint un lieu de sacrifices dédiés à sa mémoire.
 
 

▲ Aron O’Raney

GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie 24 octobre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie

René Guénon

Paru dans La Gnose, mars 1910 (n° 5 1909-1910), sous la signature « T Palingenius »

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« La Gnose, a dit le T∴ Ill∴ F∴ Albert Pike, est l’essence et la moelle de la Franc-maçonnerie. » Ce qu’il faut entendre ici par Gnose, c’est la Connaissance traditionnelle qui constitue le fonds commun de toutes les initiations, et dont les doctrines et les symboles se sont transmis, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, à travers toutes les Fraternités secrètes dont la longue chaîne n’a jamais été interrompue.

 

Toute doctrine ésotérique ne peut se transmettre que par une initiation, et toute initiation comprend nécessairement plusieurs phases successives, auxquelles correspondent autant de grades différents. Ces grades et ces phases peuvent toujours se ramener à trois ; on peut les considérer comme marquant les trois âges de l’initié, ou les trois époques de son éducation, et les caractériser respectivement par ces trois mots : naître, croître, produire.

Voici ce, que dit à ce sujet le F∴ Oswald Wirth : « L’initiation maçonnique a pour but d’éclairer les hommes, afin de leur apprendre à travailler utilement, en pleine conformité avec les finalités mêmes de leur existence.

Or, pour éclairer les hommes, il faut les débarrasser tout d’abord de tout ce qui peut les empêcher de voir la Lumière.

On y parvient en les soumettant à certaines purifications, destinées à éliminer les scories hétérogènes, causes de l’opacité des enveloppes qui servent d’écorces protectrices au noyau spirituel humain.

Dès que celles-ci deviennent limpides, leur transparence parfaite laisse pénétrer les rayons de la Lumière extérieure jusqu’au centre conscient de l’initié. Tout son être, alors, s’en sature progressivement, jusqu’à ce qu’il soit devenu un Illuminé, dans le sens le plus élevé du mot, autrement dit un Adepte, transformé désormais lui-même en un foyer rayonnant de Lumière.

« L’initiation maçonnique comporte ainsi trois phases distinctes, consacrées successivement à la découverte, à l’assimilation et à la propagation de la Lumière.

Ces phases sont représentées par les trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, qui correspondent à la triple mission des Maçons, consistant à rechercher d’abord, afin de posséder ensuite, et pouvoir finalement répandre la Lumière.

« Le nombre de ces grades est absolu : il ne saurait y en avoir que trois, ni plus ni moins. L’invention des différents systèmes dits de hauts grades ne repose que sur une équivoque, qui a fait confondre les grades initiatiques, strictement limités au nombre de trois, avec les degrés de l’initiation, dont la multiplicité est nécessairement indéfinie.

« Les grades initiatiques correspondent au triple programme poursuivi par l’initiation maçonnique. Ils apportent dans leur ésotérisme une solution aux trois questions de l’énigme du Sphinx : d’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Et ils répondent par là à tout ce qui peut intéresser l’homme. Ils sont immuables dans leurs caractères fondamentaux, et forment dans leur trinité un tout complet, auquel il n’y a rien à ajouter ni à retrancher : l’Apprentissage et le Compagnonnage sont les deux piliers qui supportent la Maîtrise.

« Quant aux degrés de l’initiation, ils permettent à l’initié de pénétrer plus ou moins profondément dans l’ésotérisme de chaque grade ; il en résulte un nombre indéfini de manières différentes d’entrer en possession des trois grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître.

On peut n’en posséder que la forme extérieure, la lettre incomprise ; en Maçonnerie, comme partout, il y a, sous ce rapport, beaucoup d’appelés et peu d’élus, car il n’est donné qu’aux initiés véritables de saisir l’esprit intime des grades initiatiques. Chacun n’y parvient pas, du reste, avec le même succès ; on sort à peine, le plus souvent, de l’ignorance ésotérique, sans s’avancer d’une manière décidée vers la Connaissance intégrale, vers la Gnose parfaite.

« Celle-ci, que figure en Maçonnerie la lettre G∴ de l’Étoile Flamboyante, s’applique simultanément au programme de recherches intellectuelles et d’entraînement moral des trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître.

Elle cherche, avec l’Apprentissage, à pénétrer le mystère de l’origine des choses ; avec le Compagnonnage, elle dévoile le secret de la nature de l’homme, et révèle, avec la Maitrise, les arcanes de la destinée future des êtres.

Elle enseigne, en outre, à l’Apprenti à élever jusqu’à leur plus haute puissance les forces qu’il porte en lui-même ; elle montre au Compagnon comment il peut attirer à lui les forces ambiantes, et apprend au Maître à régir en souverain la nature soumise au sceptre de son intelligence.

Il ne faut pas oublier, en cela, que l’initiation maçonnique se rapporte au Grand Art, à l’Art Sacerdotal et Royal des anciens initiés. » (L’Initiation Maçonnique, article publié dans L’Initiation, 4e année, n° 4, janvier 1891.)

L’organisation initiatique, telle qu’elle est ici indiquée dans ses traits essentiels, existait dès l’origine dans le Gnosticisme comme dans toutes les autres formes de Tradition. C’est ce qui explique les liens qui ont toujours uni le Gnosticisme et la Maçonnerie, liens que nous montrerons mieux encore en reproduisant quelques discours maçonniques (déjà publiés autrefois dans La Chaîne d’Union) du F∴ Jules Doinel (Ŧ Valentin), qui fut, en même temps que Patriarche de l’Église Gnostique, membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

Sans vouloir traiter ici la question si complexe des origines historiques de la Maçonnerie, nous rappellerons simplement que la Maçonnerie moderne, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, est résultée d’une fusion partielle des Rose-Croix, qui avaient conservé la doctrine gnostique depuis le moyen-âge, avec les anciennes corporations de Maçons Constructeurs, dont les outils avaient déjà été employés d’ailleurs comme symboles par les philosophes hermétiques, ainsi qu’on le voit en particulier dans une figure de Basile Valentin. (Voir à ce sujet Le Livre de l’Apprenti, par le F∴ Oswald Wirth, pp. 24 à 29 de la nouvelle édition.)

Mais, en laissant de côté pour le moment le point de vue restreint du Gnosticisme, nous insisterons surtout sur le fait que l’initiation maçonnique, comme d’ailleurs toute initiation, a pour but l’obtention de la Connaissance intégrale, qui est la Gnose au sens véritable du mot. Nous pouvons dire que c’est cette Connaissance même qui, à proprement parler, constitue réellement le secret maçonnique, et c’est pourquoi ce secret est essentiellement incommunicable.

Pour terminer, et afin d’écarter toute équivoque, nous dirons que, pour nous, la Maçonnerie ne peut et ne doit se rattacher à aucune opinion philosophique particulière, qu’elle n’est pas plus spiritualiste que matérialiste, pas plus déiste qu’athée ou panthéiste, dans le sens que l’on donne d’ordinaire à ces diverses dénominations, parce qu’elle doit être purement et simplement la Maçonnerie.

Chacun de ses membres, en entrant dans le Temple, doit se dépouiller de sa personnalité profane, et faire abstraction de tout ce qui est étranger aux principes fondamentaux de la Maçonnerie, principes sur lesquels tous doivent s’unir pour travailler en commun au Grand Œuvre de la Construction universelle.

Source: Hiram Abiff le FM

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Le baiser maçonnique 13 septembre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Symbolisme du baiser

 

Le baiser maçonnique

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Les maçonnes et les maçons ont coutume de se témoigner physiquement leur affection fraternelle ; ils le font généralement soit en se donnant l’accolade soit en s’embrassant ; peut-être peut-on trouver l’origine de ce baiser dans la célèbre injonction de Paul « Salutate invicem in osculo sancto » (2ème épître aux Corinthiens) ou dans « Saluez tous les frères par un saint baiser » (I Thessaloniciens 5 :26).

A propos de l’accolade, il y a parfois une confusion avec la colade qui est d’origine chevaleresque (que l’on retrouve aussi en franc-maçonnerie de nos jours avec la triple frappe sur l’épaule gauche) .

Le baiser maçonnique lui se fait généralement par trois : le premier sur la joue droite, le second sur la joue gauche et le troisième à nouveau sur la joue droite ; il faut noter que dans les loges africaines on ne pratique généralement pas ce baiser mais un fraternel et triple affrontement des fronts.On retrouve le baiser sur le front dans les rituels des hauts grades et on voit aussi parfois des vénérables maîtres dans certains rites faire ce troisième baiser sur le front au moment de la réception du nouvel initié à la place du troisième baiser sur la joue droite.

Quelles significations donner à ce baiser sur le front ?

Dans le monde profane, le baiser sur le front n’est généralement pas précédé par un ou des baisers sur les joues. Il symbolise une affection particulière avec une forte connotation de protection.

Si les études concernant le baiser sur la bouche sont nombreuses, le baiser sur le front suscite beaucoup moins de littérature. L’utilisation de cette pratique au cours de l’histoire entre le plus souvent dans les relations entre vassal et seigneur, ou dans les premiers temps de l’Église chrétienne.

La majeure partie des références aux baisers au front concernent des relations entre sujets engagés dans un rapport de filiation ou de protection. Car il faut noter que celui-qui donne le baiser n’est pas le même que celui qui le reçoit, contrairement au baiser sur la joue, ou sur les lèvres ; « Les pères et les mères doivent baiser leurs enfants au front. » énonce le Dictionnaire de Furetière en 1690.

in XIXe-début XXe siècle, on retrouve ce conseil dans les « bons usages » :

«La comtesse de Gencé conseille aux jeunes filles qui se respectent de rester « sobres d’embrassades ».

On s’embrasse entre amies d’enfance ou entre parents, sur la joue si la différence d’âge n’est pas grande, sinon sur le front. C’est toujours le plus âgé qui prend l’initiative, et aucun baiser ne peut être échangé dans la rue ou dans un endroit public. » (référence : Le Baiser : premières leçons d’amour )

En Franc-Maçonnerie, on retrouve une référence au baiser sur le front au rite pratiqué par la Mère-Loge écossaise de Marseille (1750), ou Rite philosophique en 18 degrés, dans le rituel du double grade Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or (10ème et 11ème grade) où dans le cadre de l’instruction du récipiendaire il est dit :

« L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.»

On voit bien dans ce texte la filiation entre la colade chevaleresque, l’accolade et le baiser sur le front. On pourrait dire que celui-ci n’a plus vraiment le même contenu de protection que dans le sens profane mais celui de reconnaissance et d’admission.

Il en est aussi fait mention dans le livre de William Morgan « Mysteries of Freemasonry » (1826) dans une réception d’un grade de perfection « Some Knights, in addition to this, kiss the forehead of the brother saying « Alpha » to which he answers « Omega ». » Dans ce cas il n’entre pas dans le cadre du triple baiser.

Au Rite Ecossais Rectifié, c’est au troisième degré qu’après l’élévation, le rituel enjoint le V:. M:. :
« Il l’embrasse en lui donnant le baiser fraternel sur les deux joues et au front. »

On pourrait se poser la question de la place du baiser sur le front dans le rituel maçonnique ; geste symbolique qui se place dans la reconnaissance, la protection ou la fraternité , ne mériterait-il pas d’être plus pratiqué ?

 

source : https://www.idealmaconnique.com

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La mort volontaire du vaincu chez les Celtes 5 septembre, 2021

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Polythéisme celtique

La mort volontaire du vaincu chez les Celtes (recension de tous les textes classiques qui évoquent le phénomène).

Chantal BrachetdelafayeLES GRANDES BATAILLES DE L’HISTOIRE

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La mort volontaire du vaincu chez les Celtes

Si l’on en croit Tite Live, lorsque les Romains rencontrèrent pour la première fois, directement et officiellement des Gaulois, des Sénons, lors de l’ambassade des trois Fabius en 391 av. J.-C., ils demandèrent à ces nouveaux venus de quel droit ils réclamaient des terres aux Clusiniens et ce qu’ils venaient faire en Etrurie. La réponse fut cinglante : «Du droit de nos armes. Tout appartient aux braves » .

Alors les ambassadeurs romains, de caractère farouche, «plus semblables à des Gaulois qu’à des Romains » , prirent les armes, bafouant ainsi les usages du ius gentium. Le souhait du Sénat et du peuple romain – «nouer des relations pacifiques avec ce nouveau peuple » – s’évanouissait.

La guerre commença. Ce fut la bataille de l’Allia, la prise de Rome. C’est donc sur le champ de bataille, que Rome découvrit les Gaulois, «un peuple impulsif » que «l’on n’avait jamais vu et dont on ne savait rien si ce n’est qu’il venait des bords de l’Océan et du bout du monde » . De ces affrontements, Rome conserva pour longtemps l’image d’une nation belliqueuse, aux chants sauvages et discordants qui déferlait en bandes rapides dans le Latium. La plupart des cités de l’Antiquité classique subirent la même expérience que Rome. Aussi «tous les peuples appartenant à la race celtique passèrent pour passionnés de guerre » constate Strabon, qu’ils soient mercenaires, ennemis ou alliés. Ce trait de caractère collectif qui a impressionné les Anciens, a été reconnu, étudié et nuancé par les historiens modernes. En revanche, un comportement guerrier a été quelque peu négligé, celui de la mort volontaire des Celtes sur le champ de bataille.

Avant tout, deux remarques s’imposent. L’une concerne les sources disponibles. Les textes littéraires qui présentent ces morts volontaires sont toujours rédigés par des adversaires des Celtes qui appartiennent en définitive au camp des vainqueurs. Et leurs rédacteurs qui visent d’abord à éblouir leurs lecteurs par les exploits qu’ils rapportent, ne cherchent guère à comprendre les motivations de ces barbares. Malgré tout existe une certaine curiosité, voire une admiration un peu condescendante, pour ces morts volontaires. Mais souvent, ces auteurs sombrent dans des généralités, versent dans des clichés ou projettent leurs propres valeurs sur les comportements de leurs ennemis. Pour cette raison, je rappellerai, quitte à caricaturer, que si les Grecs condamnent en général la mort volontaire, ils l’acceptent parfois pour des motifs militaires, tandis que les Romains, du moins jusqu’à la fin du premier siècle ap. J.-C., n’élèvent aucune condamnation à l’égard de celui qui se tue, quelles qu’en soient les causes. L’autre veut replacer ces suicides sur le champ de bataille dans un cadre culturel plus vaste, celui de la mort volontaire chez les peuples celtes. Rien de précis n’existe sur cette question et les explications qui en sont apportées demeurent hypothétiques tant les sources littéraires sont discrètes. Au demeurant, l’essentiel de nos connaissances en ce domaine repose précisément sur les cas de suicide sur le champ de bataille ou consécutifs à une défaite militaire. Certes d’autres cas nous sont rapportés chez les peuples celtes, mais ils sont très peu nombreux. C’est donc surtout à travers l’étude des morts volontaires liées à la guerre que se dessinent les contours d’une conception particulière de la mort voulue. À cette fin, j’examinerais en premier lieu les faits. Dans un second temps, j’en proposerais une interprétation avant d’aborder les conséquences que l’on est en droit de tirer. Pour suivre les cas de morts volontaires celtes sur le champ de bataille, le fil conducteur le plus simple est celui qui relie chronologie et grands espaces géographiques où les Celtes interviennent.

En 283 av. J.-C., lors de la bataille du lac Vadimon, en Étrurie méridionale, les Gaulois cisalpins sont écrasés par le consul Publius Cornelius Dolabella. Les survivants s’entretuèrent, dit Appien comme pris de folie. Quelques décennies passent. En 225, à proximité du golfe Télamon, les troupes romaines et italiennes l’emportent difficilement sur une coalition de peuples gaulois. «Finalement écrit Polybe, se voyant incapables de repousser leurs adversaires, (…) les uns (des Gésates) allèrent, dans un élan de fureur irraisonnée, se jeter en aveugles au milieu des ennemis, s’offrant volontairement à la mort… » . D’autres reculèrent. Selon Polybe, le désastre humain fut important : 42 000 Gaulois furent tués, 10 000 faits prisonniers. Anèroestès, l’un des deux rois gésates, gagna avec quelques compagnons, ses proches, un refuge, les tua et se donna ensuite la mort.

Pour les autres combats en Italie où s’affrontèrent Romains et peuples celtes, je n’ai relevé aucun cas de mort volontaire signalé par les sources littéraires. Mais pendant l’hiver 218-217, attaqués par Hannibal, certains habitants de Victumulae, dans le territoire de Verceil, voyant leur ville perdue, se réfugièrent dans leurs maisons avec leurs femmes et leurs enfants, y mirent le feu et s’y jetèrent tandis que d’autres se donnèrent la mort après avoir tué les leurs.

Les peuples celtes apparurent dans les Balkans à la fin du IVe siècle. Vers la fin de l’automne 279 av. J.-C., une bande de Celtes marcha sur Delphes. Ce fut un échec. Pourtant l’événement marqua les esprits : nombreux, bavards et contradictoires furent les auteurs anciens qui racontèrent la mort volontaire de Brennus, le chef qui conduisait l’expédition. Pour les uns, il se serait tué en pénétrant dans le temple d’Apollon. Pour les autres, blessé, il aurait mis fin à ses jours au cours d’une retraite pénible soit d’un coup de poignard, soit en buvant du vin pur. Quant aux explications avancées pour comprendre son geste, on évoqua tour à tour : la vengeance d’Apollon, une douleur insoutenable, la crainte de représailles de la part des siens, la honte des calamités infligées à la Grèce. Mais avant ce suicide du chef de guerre, on rapporta que les blessés furent achevés et qu’une folie meurtrière gagna l’armée des Celtes en déroute : «prenant les armes les uns contre les autres, note Pausanias, ils se massacraient mutuellement, ne se reconnaissant plus ni à leur langue, ni à leurs armes, ni à leur aspect » .

Si nous ne savons rien du comportement des Galates lors de la défaite de Lysimacheia en 277, nous retrouvons des Galates mercenaires en 275/ 274 au service de Ptolémée II Philadelphe. Ce dernier, au lendemain de l’offensive avortée de Magas, son demi-frère, roi de Cyrénaïque, confronté à des mercenaires gaulois qu’il avait recrutés et craignant qu’ils ne s’emparassent de l’Égypte, les débarqua sur une île déserte du delta du Nil et les y abandonna. Tous les Galates périrent. Soit par le feu en se jetant sur des bûchers qu’ils avaient construits, dit Callimaque, un contemporain de ces drames, soit en s’entretuant, soit de faim, soit enfin parce qu’ils furent noyés par le roi qui aurait fait inonder l’île. En outre, il est fort probable que les familles de ces mercenaires participèrent à cette tragédie. Beaucoup plus tard, en 189 av. J.-C., des Tolistobogiens et des Tectosages battus respectivement aux batailles du mont Olympe de Mésie et du mont Magaba et faits prisonniers par les forces de Cn. Manlius Vulso, stupéfièrent les Romains par leurs attitudes : «ils essayaient de rompre leurs chaînes avec leurs dents et s’offraient les uns aux autres pour qu’on les étranglât » . Déjà lors de l’attaque de Manlius au mont Olympe, certains Galates, ne pouvant rendre les coups qu’ils avaient reçus, aveuglés de colère (ira) et de terreur (pavor), se jetèrent les uns contre les autres comme des bêtes sauvages blessées tandis que d’autres se ruaient sur leurs ennemis et se faisaient égorgés par les vélites. Après cette date, aucune mort volontaire de Galate sur le champ de bataille ne nous est signalée par les sources littéraires.

En 195 av. J.-C., au nord de l’Ebre, Caton, alors consul, désarma des Espagnols (Hispani). Beaucoup parmi eux ne purent supporter cette humiliation et se tuèrent : ils n’envisageaient pas de vivre sans armes. En juin 137, Decimus Iunius Brutus affronte en Galice des Celtes. Aux côtés des hommes, des femmes combattent dans les rangs des barbares. Appien qui décrit cette bataille, la seule bataille importante de cette campagne, insiste sur la résistance de ces femmes qui se battirent jusqu’à la mort, préférant tuer leurs enfants et se tuer ellesmêmes plutôt que d’être faites prisonnières. Des scènes analogues sont décrites par Strabon pendant la guerre contre les Cantabres, avec une amplification : sur l’ordre de son père, un petit enfant tue ses parents et ses frères pour leur éviter la captivité. Et à chaque défaite, celle du Mons Medullius en 26 av. J.-C. 29, celle de 22 av. J.-C. subie devant les troupes de C. Furnius, des Cantabres se donnèrent la mort et s’entretuèrent. Même des prisonniers réussirent à se jeter d’eux-mêmes sur un bûcher embrasé. Parlant des morts volontaires des Cantabres, Appien précise : «Ces moeurs se retrouvent chez les Celtes, les Thraces et les Scythes, peuples connus aussi pour leurs actes de courage tant de la part des hommes que de celle des femmes » . Plus à l’est, Numance. En 133, à la suite d’un long et célèbre siège, les Numantins se supprimèrent selon un scénario où se distinguent quatre temps :

1) délibération, prise de décision de mourir, repas funéraire (anticipé sur sa propre mort) composé de viande à demi crue et d’une boisson forte (la celia) faite avec du blé;

2) préparation d’un gigantesque bûcher où même les armes furent brûlées;

3) mise à mort des femmes et des enfants;

4) auto-extermination des survivants. Résultat de cette rabies : selon Florus, «on ne triompha que d’un nom » . On ne trouva en effet pas un seul habitant pour être emmené en esclavage.

Le premier cas de mort volontaire sur le champ de bataille concerne des populations gauloises (Gallorum) qui se trouvent au pied des Alpes et que vainc en 117 av. J.-C. le consul Q. Marcius. Seul Orose signale ces événements et l’on ne s’accorde pas toujours sur le nom de cette population (Ligures? Stoeni?). Toujours est-il que les combattants qui survécurent aux assauts romains, supprimèrent femmes et enfants et s’élancèrent dans les flammes tandis que ceux qui furent faits prisonniers quittèrent volontairement la vie au début de leur captivité par le fer, la corde ou le refus de nourriture. Il n’y eut aucun survivant. Moins clairs sont les deux épisodes suivants. Si personne ne conteste les suicides tels que nous les relatent les auteurs anciens, on hésite sur l’origine ethnique des populations : qui des Teutons, des Cimbres, des Tigurins et des Ambrons relèvent du monde celtique ou du monde germanique? À la limite cela importe peu, tant les faits sont semblables à Aix-en-Provence en 102, à Verceil en 101 et tant les conduites militaires entre Celtes et Germains sont proches. Lors de ces deux batailles, les vaincus, dont deux roitelets, s’entretuèrent et leurs femmes suivirent leurs exemples selon diverses modalités (feu, pendaison, glaive) après avoir tué les petits enfants. Il y eut cependant de très nombreux prisonniers. Troisième champ de bataille, la mer. Les Vénètes que bat la flotte de César, se précipitèrent dans l’Océan ou cherchèrent la mort sous les coups des vainqueurs en escaladant leurs vaisseaux ou de toute autre manière.

En 51 av. J.-C., Corréos, chef des Bellovaques, à la tête de cavaliers et de fantassins d’élite, tendit une embuscade aux soldats de César qui allaient fourrager. Après avoir reculé, les Romains, rapidement soutenus par des renforts légionnaires, bousculèrent les Gaulois qui se dispersèrent et s’enfuirent. Cependant Corréos refusa de se rendre et «finit par obliger les vainqueurs emportés par la colère à l’accabler de leurs traits » . Enfin, en 21 ap. J.-C., à la suite d’une bataille qu’il perdit près d’Autun, l’Eduen Sacrovir avec ses plus fidèles amis, se réfugia dans une uilla et s’y tua. Ses fidèles se donnèrent mutuellement la mort et la uilla à laquelle fut mis le feu, leur servit de bûcher funéraire. Auparavant, la même année, son allié Iulius Florus, un Trévire de haute naissance, mit fin à ses jours après avoir été battu par les légions. Quelques décennies plus tard, en 69, après l’échec de sa révolte, le Lingon Iulius Sabinus fit croire qu’il s’était tué dans une villa qu’il avait enflammée. Ce subterfuge lui permit de vivre caché pendant neuf années grâce à l’aide de son épouse Epponine et de ses amis.

Après l’anéantissement de son armée en 60/ 61, Boudicca, la reine des Icéniens se tua sur le champ de bataille, ou peu après. Pourtant son soulèvement contre l’occupant romain avait bien commencé. Après avoir pris et détruit trois villes romaines, battu une légion, elle avait remercié Andraste, la déesse de la victoire en entourant son bois sacré de femmes (romaines selon toute vraisemblance) embrochées à des pieux, un procédé qui n’est pas sans évoquer le trophée de Ribemont sur-Ancre. Vingt ans plus tard, exactement en 83, après la bataille remportée par Agricola contre les Bretons, Tacite signale que «quelques isolés, sans armes, se ruaient à l’assaut et s’offraient à la mort » et que les Bretons incendièrent le lendemain leurs maisons, massacrèrent leurs épouses et leurs enfants avant de se supprimer eux-mêmes » . «Partout, écrit l’historien, qui devait tenir ces choses vues de son beau-père, un silence de mort, des collines désertes, des toits fumants au loin, pas un homme sur la route de nos éclaireurs » . Sur cette description d’un pays où la vie s’est éteinte s’achève cette série de morts volontaires celtes sur le champ de bataille.

Jean-Louis Voisin

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