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L’Olivier : un arbre cosmique 18 septembre, 2020

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L’Olivier : un arbre cosmique

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Après avoir offert le grain et le vin, la Vénérable maîtresse offre l’huile, symbole de Paix et d’harmonie. C’est l’olivier qui nous offre cette huile sacrée.

L’olivier constitue avec le blé et la vigne, la trilogie des arbres symboliques que l’on retrouve lors de la cérémonie de la Saint-Jean d’été.

Généreux présent des Dieux, l’olivier est un arbre d’exception qui opère une véritable fascination. Sa silhouette noueuse évoque le soleil, la chaleur et le chant des cigales.

La multitude des symboles représentés par cet arbre permettent de mesurer l’impact culturel fondamental de l’olivier sur l’humanité. En effet, de nombreuses civilisations ont incorporé des symboles qui se rattachent à l’olivier. L’arbre est ainsi entré dans une dimension universelle, alors qu’il est cultivé essentiellement dans les pays méditerranéens. Depuis quelques années il est présent sous les tropiques et nous le voyons pousser dans nos jardins.

 

Un symbole culturel universel

 

Depuis les débuts de l’humanité, les Hommes, ont associé l’olivier à leurs les traditions et à leurs rites religieux.

Dès la plus haute antiquité l’olivier est une premières plantes cultivée par les Perses 12000 ans avant J.C. par les Egyptiens 6000 ans av. J.C., qui l’utilisent dans les soins du corps et les rites funéraires. Les Crétois extraient l’huile d’olive 2500 ans av. J.C. et il arrive dans le midi de la France vers 600 av J.C.

Il est symbole de longévité et de ténacité car il pousse quelles que soient les conditions. Aujourd’hui encore de jeunes rameaux pousseraient sur des racines de plus de 2000 ans. Dans tout le bassin méditerranéen, on rencontre des oliviers millénaires, et parfois même réputés plurimillénaires. Le plus vieil olivier du monde se trouve dans un village au sud de Jérusalem, il aurait entre 5.000 et 7.000 ans selon les estimations, et il est considéré comme un trésor national. L’Olivier le plus vieux de France se trouve à Roquebrune-Cap-Martin dans les Alpes Maritimes, il a 2000 ans.

 

L’olivier l’arbre béni des Dieux

 

Il est consacré à Athéna, la déesse de la pensée en Grèce, ses attributs sont la raison, la mesure, la pondération et la sagesse. Les oliviers étaient alors divinisés et protégés. Ceux qui les endommageaient étaient traduits en justice.

Le premier parfum offert aux dieux antiques fut de l’huile d’olive et les représentations des divinités étaient sculptées dans du bois d’olivier.

Dans la mythologie grecque et romaine

L’olivier est le symbole de force. Selon Homère, Hercule en faisait ses massues et le pieu qu’il utilise pour vaincre le Cyclope est fait de bois d’olivier.

Il est aussi symbole de fidélité car le lit dans lequel Pénélope resta fidèle à Ulysse pendant ses 20 ans d’absence était fait de bois d’olivier.

En 400 avant J.C., dans les jardins de l’Académie, Platon enseignait la philosophie à ses disciples à l’ombre d’un olivier.

 

L’olivier est un arbre sacré

Il est souvent cité dans la Bible. Le Roi Salomon livrait chaque année à Hiram, Roi de Tyr, du blé et vingt Kors d’huile d’olive soit entre 4000 et 8000 litres (I Rois 5 :11 ).

Dans la nuit qui précéda son arrestation, Jésus choisit le Mont des Oliviers pour se recueillir et prier. C’est dans ce lieu qu’il serait mort sur une croix faite de bois d’olivier et en cèdre. L’olivier est alors symbole d’amour et de sacrifice.

Olivier et huile d’olive signent le pacte entre l’homme et Dieu.

Seule l’huile d’olive vierge était admise dans les rites religieux, la médecine ou l’éclairage.

L’huile d’olive apaise, purifie nourrit et fournit un combustible. On brûlait l’huile dans les temples grecs : les héros et les dieux de l’Odyssée s’en frottaient pour préserver leur beauté immortelle.

L’onction à l’huile d’olive, dans une fonction sacralisant et purifiante, est souvent utilisée dans les rites de diverses religions, Dans le catholicisme et le judaïsme, l’huile d’olive est la divine source de lumière, servant de guide aux hommes.

Elle confère la puissance et l’autorité, aussi les Hébreux en enduisaient-ils leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois. David fait de l’olivier le symbole du succès et de la bénédiction divine. Cette fonction sacrée de l’huile se retrouve dans le Saint-Chrême avec lequel on fait des onctions lors des baptêmes, ou lors du sacre des rois, de l’ordination des prêtres et des malades avec l’extrême onction.

Le dimanche des Rameaux, ce sont des branches d’olivier que l’on fait bénir à la messe dans les régions méditerranéennes.

Le Coran enseigne que l’olivier est un arbre béni, « l’arbre central », symbole de l’homme universel. Il est l’axe du monde, associé au figuier, il tient le rôle d’arbre sacré du Paradis. Mahomet aurait dit : « Consommez de l’huile d’olive et frottez-vous en le visage, car elle provient d’un arbre béni ».

Pour les Soufis, c’est un arbre béni qui donne l’huile alimentant les lampes et répand la lumière. Arbre central, axe du monde, il est symbole de l’Homme universel, l’Homme réalisé spirituellement, et permet l’accès à la vie éternelle.

L’olivier est présent dans de nombreuses traditions

Il est symbole de victoire et de récompense.

Les vainqueurs des Jeux Olympiques d’Athènes étaient récompensés avec des branches d’olivier et des jarres d’huile d’olive en plus de la couronne de laurier.

Comme à Rome, arbre de Minerve (équivalente d’Athéna) et Jupiter qu’on fêtait à l’équinoxe de printemps et au solstice d’été, où le vainqueur de la grande course à pied était aussi récompensé par une couronne de rameaux d’olivier et une jarre d’huile d’olive.

Au Japon, c’est l’arbre de l’amabilité et de la victoire morale, il représente la réussite et le succès dans les entreprises qu’elles soient civiles ou guerrière.

Il est symbole de Paix

Le rameau d’olivier porté à Noé par une colombe à la fin du Déluge symbolise la paix entre Dieu et les hommes.

En Inde l’olivier est l’arbre de la pacification et de l’apaisement « Quand la nature est en furie, on offre de l’olivier à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit, à un typhon pour le détourner d’une région, à un tremblement de terre pour qu’il reste mineur.

Quand les hommes sont saisis de folie meurtrière, on fait des sacrifices d’olivier pour mettre fin aux émeutes, aux guerres, aux troubles de toutes sortes qui viennent perturber le cours tranquille et naturel de l’existence »

On en offre aux couples qui se disputent. En France du sud on dit « Vous mettez si vous êtes victimes d’un époux ou d’une épouse acariâtre quelques feuilles d’olivier sous son matelas à hauteur de la tête. Vous aurez alors le plus doux et le plus aimable des partenaires et votre vie conjugale sera des plus heureuses »

L’olivier symbolise la paix universelle au travers du drapeau de l’ONU qui représente le monde entouré d’une couronne de rameaux d’olivier.

Les ambassadeurs de paix tenaient dans leurs mains des branches d’olivier entourés de laine.

Ses vertus médicinales sont impressionnantes

Ses feuilles dans l’Antiquité étaient utilisées contre les fièvres, pour se guérir d’une migraine ou de verrues. Elle renforcerait la fécondité des femmes ou la vigueur sexuelle des hommes.

Tandis qu’en Chine l’olivier joue un rôle protecteur contre le poison.

En Espagne on suspend des branches au dessus des portes pour éloigner tous maux de la maison.

Au Moyen-âge, alors qu’Hildegarde de Bingen recommandait son huile, l’olivier incarnait l’or et l’amour.

C’est l’arbre de la sagesse : l’habit vert des membres immortels de l’Académie française doit son nom aux broderies vertes qui le décorent et qui représentent une branche d’olivier.

 

Un arbre cosmique pour la Franc-maçonnerie

Dans l’univers symbolique, l’arbre correspond à l’axe cosmique reliant la terre au ciel.

Avec ses racines qui plongent dans le sol, son tronc qui apparaît à la surface de la Terre, ses branches et ses feuillent qui montent vers le ciel, l’arbre est un sujet cosmique qui incite à la réflexion et notamment l’olivier est l’un des arbres dont le symbolique est particulièrement riche.

Une réflexion sur le temps : par sa longévité supérieure à celle de l’homme, par le temps qui semble ne pas l’atteindre, l’olivier est le symbole de l’éternité, il repousse inlassablement le temps, fidèle à la vie, tourné vers la lumière. Son tronc noueux souligne cette impression de force et de sagesse. Deux vertus qui nous sont chères.

Il évoque la vie par ses feuilles qui absorbent la lumière et la transforme en sève, en fleurs et en fruits par la magie de la chlorophylle.

Par ses racines et sa cime, il est l’axe vertical qui relie la terre au ciel.

Parmi tous les symboles évoqués nous en retiendrons cinq qui nous semblent particulièrement essentiels pour notre cheminement en Franc-maçonnerie.

 

1 – Le symbole d’éternité.

Cet arbre qui demeure vert, symbolisent l’immortalité et par conséquent le travail de recherche du franc Maçon, la quête perpétuelle qui ne s’achèvera jamais. La couleur verte est également la couleur de l’espérance en la vie éternelle ; la couleur de l’élément Eau et la couleur de la création.

2 – Le symbole de Paix

Dans notre rituel de la Saint-Jean, la VM offre l’huile en prononçant cette prière « offrons l’huile symbole de Paix et d’harmonie, nous offrons nous-mêmes au service de l’Amour fraternel. Que la Paix soit en nous et autour de nous. » Paix intérieure, harmonie, amour fraternel autant de sentiments nous recherchons toutes.

3. – Le symbole de force

L’olivier est réputé pour son bois très compact, très lourd et très dur. Notre force est à puiser dans cette huille vivifiante et purifiante qui nourrit le corps et l’esprit. Elle une fonction régénératrice et d’élévation spirituelle.

4 – Le symbole de sagesse

L’olivier se mérite. Cet arbre que ne rebute pas les rigueurs du climat donne à l’homme une leçon d’exigence et de vie : « Comme nous, il répugne à la facilité, dit l’écrivain algérien Mouloud Mammeri Contre toute logique, c’est en hiver qu’il porte ses fruits, quand la froidure condamne à mort tous les autres arbres. » Par la transformation des produits de la nature avec mesure, l’homme participe d’une certaine manière à la création, d’une évolution spirituelle.

5 – Le symbole de la lumière

Un des usages de l’huile d’olive est donner la lumière. La lumière émise est chaude et permet de communiquer A travers son huile, l’olivier transmet le message de lumière, mais aussi de justice et de miséricorde, de clarté intérieure et d’amour de son prochain.

Conclusion

Aucun arbre ne cumule autant de symboles : Sagesse, Longévité, Espérance, Sacrifice, Réconciliation, Symbole de vie, d’éternité, de victoire.

L’olivier est un arbre généreux : il nourrit l’homme, le réchauffe, l’éclaire, l’aide à se garder en bonne santé. En franc maçonnerie, cette huile fournie par l’olivier nous interpelle par la lumière qu’elle permet de diffuser.

Elle nous invite à réfléchir au symbolisme solaire qui se rattache si étroitement à la célébration de nos fêtes de la Saint-Jean, notre grand luminaire diurne, caractérisé par le rayonnement, la chaleur et la lumière qui en émanent.

Pour terminer je citerai une parabole extraite du Coran dans laquelle d’Allah oppose la lumière aux ténèbres de l’incrédulité :

« Dieu est la lumière des cieux et de la terre ! Sa lumière est comparable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un verre ; le verre est semblable à une étoile brillante. Cette lampe est allumée à un arbre béni : l’olivier qui ne provient ni de l’Orient ni de l’Occident et dont l’huile est près d’éclairer sans que le feu la touche. Lumière sur lumière !

 

Y.M. R.

 

LE TEMPS DE L’OLIVIER

 

Je suis du temps de l’olivier

des amitiés non dispersées

souvent bien lentes à pousser

mais au cœur enracinées.

Je suis du champ de l’olivier,

des cueillettes bien partagées.

Propriétaires et employés

tout simplement se mélangeaient.

Je suis du temps où s’échangeaient

poignées de mains plus que baisers,

regards droits en fraternité,

couplets et refrains de paix.

Je suis du chant de l’olivier.

 

Colette Muyard

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Sur la piste des Amazones… 8 décembre, 2018

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Sur la piste des Amazones…

 

Les Dames arrêtent, avec deux rubans, les deux côtés de leurs robes, pour la soutenir à la hauteur de leurs poches, ce qui signifie qu’elles sont prêtes à marcher au combat : elles découvrent une partie de la mamelle gauche et se couvrent absolument la droite d’un nœud de ruban rouge et blanc ; elles portent sur l’épaule gauche un carquois garni de flèches : elles tiennent un arc de la même main [en posant][& portent la droite sur le côté] la droite sur le côté. La reine ajoute une couronne sur sa tête. Cette couronne doit être de laurier ornée de fleurs de la saison & elle tient un sceptre.

Les hommes portent une barbe postiche & ils ajoutent sur le côté gauche de leur habit une plaque, un drap brodé représentant le Delta. Ils ont le chapeau rabattu & sont sans épée.

Les chambres [salle d’assemblée] d’assemblée se nomment Conseil. Elles doivent être décorées le plus richement qu’il est possible, principalement en lustres & girandoles dont le nombre est illimité.

Il doit y avoir, au midi, un trône surmonté d’un dais.

NOMS AU CONSEIL

La 1ère dame, qui est en possession [tient] des Constitutions prend le titre de Reine.

La 2e est appelée Courageuse Généralissime.

– 3e prend le titre de Courageuse Inspectrice.

– 4e Celui de Courageuse Introductrice.

– 5 – de Courageuse Intendante.

Les autres dames sont appelés Courageuse Scythienne[1].

Le 1er homme prend le titre de Grand Patriarche.

– 2e le titre de Patriarche Gardien.

– 3e — de Patriarche Orateur

– 4e ——————–Trésorier.

Le 5e de Patriarche présentateur.

Les autres sont désignés sous le titre de Patriarche Scythien.

PLACES AU CONSEIL

La reine [est] sur le trône.

Les Courageuses à sa gauche  tenant aupré [?] vers le nord.

Il faut observer que si le nombre des dames ou des hommes est plus grand l’un que l’autre, ceux ou celles qui seront de trop seront obligés de s’asseoir pendant toute la tenue du conseil, sur les marches du trône, aux pieds de la reine, ce qui – appartient aux derniers reçus, parce que les exercices ne peuvent être faits avec justesse que quand le nombre des dames est égal à celui des hommes.

Ainsi commence un des plusieurs curieux textes, qualifié de « maçonnique ». Mais qu’est-ce qu’un texte, fut-il maçonnique ? Si l’on en croit Roland Barthes[2], c’est la surface phénoménale de l’œuvre littéraire, le tissu des mots engagés dans l’œuvre et agencés de façon à imposer un sens stable et autant que possible unique. Le texte apporte la garantie de la chose écrite par rapport à la fragilité de l’oral. Il relève de la stabilité et de la sécurité. Il est donc souvent lié aux institutions dont il exprime la légitimité et les activités. Néanmoins l’existence de manuscrits ne préjuge pas d’un fonctionnement. Présentement, aucun autre document (décors, diplômes, discours, etc.) ne vient confirmer la réalité de la mise en œuvre dudit texte, mais une découverte est toujours possible, infirmant cette hypothèse.

Présentement, le rituel des Amazones est connu par cinq ( ?) exemplaires dont nous avons tenté un classement chronologique :

* BNF, Paris, FM4 76, L’Amazonie anglaise in [volume sans titre] ff. 36r-41v, le texte est compris entre le Maître Parfait Irlandais & le 3e Grand Grade Maître Anglais (daterait entre la fin de la décennie 1760 & le début de la décennie 1770)

* BNF, Paris, FM4 1323 : Maçonnerie de Dames [ou] L’azille Enchanté Ou la Réunion des deux Sexes (1780-1785) (daterait d’entre 1771 et 1775 selon JS[3]), 121r-139v

* The Morison Library (GL of S), Edimbourg, ML 495 : Maçonnerie d’Adoption (1780) dont L’Amazonnerie Anglaise ou l’Ordre des Amazonnes (85-113)

* Centre culturel maçonnique Prins Frederik (GOdPB), La Haye, Fonds Georg Kloss, 240.E.123 Amazonerie Anglaise ou Ordre des Amazonnes (c. 1818)

* BM Lyon Part-Dieu, SJ Mss 8/709, 1 volume 188 pages (L’Amazone à partir de la page 137) (semble une copie du précédent)

 

*** Un Ordre « antique » redécouvert dans les ruines d’Herculanum ?

Sur la piste des Amazones… dans Recherches & ReflexionsSi on en croit le texte lui-même, on apprend que ledit rituel fut trouvé « dans les Ruines de la Ville d’Herculanum ». Au demeurant, le mot de passe (BRA-CO-MA-PRE) confirmerait cette origine puisqu’il serait formé par les premières lettres des « quatre lords anglais qui découvrirent, dans les ruines de la ville d’Herculanum, l’Ordre » à savoir Braïn, Cointer, Madine & Pretemmer [4]. Néanmoins, ces quatre noms ne semblent pas appartenir à l’honorable catégorie des antiquarian gentlemen. Pourtant diverses sociétés étaient fort actives dans la Grande-Bretagne, à l’image de la Dilettanti Society, fondée en 1734, qui enverra en mission des architectes, des dessinateurs, des arpenteurs, des épigraphistes, en Grèce et en Asie Mineure. À partir des années 1740, les voyages « archéologiques » dans le bassin méditerranéen s’étaient multipliés. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, en matière d’expéditions, de voyages, d’explorations, de transfert d’œuvres et de publications d’ouvrages « scientifiques » fut active. Pour illustrer cette rivalité, citons Leroy Julien-David (1724-1803), d’un côté [5], et Stuart James (1713-1788) & Nicholas Revett (1720-1804) [6], de l’autre.

Les fouilles sur le site d’Herculanum (découvert en 1709) furent menées de 1738 à 1745, à l’initiative du roi Charles (V de Sicile & VII de Naples) [7](1716-1788), roi de 1734 à 1759, despote éclairé [qui laissera le royaume à son fils Ferdinand (III & V) (1751-1825), roi de 1759 à 1806 [8]], par l’ingénieur espagnol Rocque Joaquim de Alcubierre (1702-1780) qui prospectera également Pompéi. Ces travaux seront poursuivis par le Suisse Karl Jacob Weber (1712/64). Les découvertes sur les sites d’Herculanum et de Pompéi (fouillé à partir de 1748) eurent de profondes conséquences sur la culture du temps.

Emmanuel Maurice de Lorraine-Guise (1677-1763), futur duc d’Elbeuf (1748), colonel maréchal des troupes autrichiennes (1710) qui occupèrent Naples, marié en 1713, à Marie Thérèse Stramboni, des ducs de Salsa, fut à l’origine de la découverte des ruines de Portici. Pompéi fut exploré à partir de 1748. Mais très vite la fouille fut délaissée et les efforts se reportèrent sur Herculanum où l’on venait de découvrir la Maison des Papyri, ses statues de bronze et sa bibliothèque riche de mille huit cents manuscrits. Quand les travaux reprirent à Pompéi, en 1765, on procéda à de grands déblaiements : l’Odéon, le temple d’Isis et la caserne des gladiateurs.

Ces fouilles connurent une grande popularité tout au long du siècle, en dépit ou peut-être à cause de la tentative de les garder secrètes. Elles firent donc l’objet de diverses publications à succès. Le prêtre florentin Antonio Francesco Gori (1691-1757), considéré comme l’un des hommes les plus savants d’Italie, rédigea, dès 1748, les Notizie del memorabile scoprimento dell’antica città di Ercolano, vicina a Napoli [9]. La même année, l’écrivain et érudit véronais, le marquis Scipione Maffei (1675-1755) narrait la découverte dans un recueil de lettres la seconda sopra le nuove scoperte d’Ercolano [10]. Les Descrizione delle prime scoperte della antica città d’Ercolano (Description des premières découvertes de l’antique cité d’Herculanum)[11], de Marcello Venuti (1700-1755) furent présentées par Charles de Brosses (1709-1777), futur président du Parlement de Bourgogne (1775), en 1749, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à Paris. Le Antichità di Ercolano [12] (Les Antiquités d’Herculanum) de Francesco Valleta (1680-1760), publiées en 1757 (huit volumes [13] jusqu’en 1792) sous le patronage de Charles III et d’une académie de quinze membres, exposèrent aux amateurs impatients des copies des peintures, sous forme de gravures, que l’ambassadeur de France à Naples communiqua au directeur (1751-1775) de l’Académie de France (villa Médicis), à Rome, Charles Natoire (1700-1777), puis à Paris. Le protonotaire apostolique d’origine parmesane Ottavio Antonio Baiardi (1694-1764), ancien gouverneur de Narni, puis de Bénévent, publia successivement le Prodromo delle antichità d’Ercolano [14] & le Catalogo degli antichi monumenti dissotterrati della discoperta città di Ercolano [15]. Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) [16], un des fondateurs de l’archéologie comme science, visita les fouilles de Pompéi et d’Herculanum à quatre reprises (1758, 1762, 1764 & 1767) et les signala, de manière critique, dans diverses correspondances :  Sendschreiben von den Herculanischen Entdeckungen [17], au comte saxon Heinrich von Brühl (1700-1763), favori et premier ministre de l’Electeur (1733) Auguste III (1696-1763), par ailleurs roi de Pologne (1733/1763) et beau-père du Roi Charles (V & VII) de Naples et Sicile [et père du comte Aloïs/Alojzy, dont nous reparlerons plus loin] et den Nachrichten von neuesten Herculanischen Entdeckungen [18] à l’historien et éditeur zurichois Johann Heinrich Füssli (1745-1832). Le Lausannois Gabriel Seigneux de Correvon (1695-1775) fit publier ses Lettres sur la découverte de l’ancienne ville d’Herculanum et sur ses principales antiquités, à Yverdon, en 1770, en deux volumes.

Si l’on voulait trouver un idéaltype de l’antiquarian gentleman, on se référerait sans doute à l’Ecossais Sir William Hamilton (1731-1803), ancien lieutenant aux 3rd Foot Guards, ancien député de Midhurst (Sussex)[19] et ambassadeur de Sa Très Gracieuse Majesté à Naples de 1764 à 1800. Pendant son ambassade mission, Hamilton étudia l’activité volcanique et les séismes de la Campanie. Il envoya diverses communications à la Royal Society, en particulier un compte-rendu de l’éruption du Vésuve de 1766. Il s’intéressa aux fouilles et écrira un livre sur Pompéi[20]. Il constitua une des plus importantes collections de vases grecs de son temps, et autres antiquités gréco-romaines. La partie de sa collection vendue au British Museum en 1772 servit de base de son département antiquités grecques et romaines. La seconde partie de sa collection sera perdue lors du naufrage du HMS Colossus pendant son voyage vers la métropole. C’est d’après les collections du diplomate que l’historien et marchand d’art nancéen Pierre-François Hughes dit d’Hancarville (1719-1805) exécuta son grand mais onéreux ouvrage, orné de magnifiques gravures : Antiquités étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamilton, envoyé extraordinaire de S.M. britannique en Cour de Naples u chevalier W. Hamilton, (en anglais et en français[21]), Naples, 1766-67, 4 vol. in-fol.

Néanmoins, en France, l’Académie des inscriptions se concentrait principalement sur les monnaies antiques. Les érudits et savants ne prenaient en considération que les textes anciens, et comme Pline le Jeune n’avait pas fait mention d’Herculanum dans son récit de l’éruption du Vésuve, l’indifférence persista chez les Français plusieurs années en dépit de l’intérêt manifesté par de Brosse ou par Caylus[22]. Malgré ce dédain pour les « antiquaires », l’Encyclopédie publiait en 1758 un article enthousiaste de quatre pages sur Herculanum[23] écrit par Louis de Jaucourt (1704-1779), dit l’esclave de l’Encyclopédie, puisqu’il écrivit environ un quart des articles.

 

*** Un ordre légitimé par l’intelligentsia gréco-romaine ?

 dans Recherches & ReflexionsCet Ordre « antique » fut et demeure légitimé par 38 historiens et 12 poètes [24], à savoir pour les premiers :

Appien d’Alexandrie (+ 161), Apollodore d’Artemida (130/87), Arrien de Nicomédie (c. 90/170), Athénée de Naucratis (c. 170/225-30 ?), Cicéron (Marcus Tullius Cicero, 106/43), Lucius Coelius Antipater (c. 180/ C. 120), Denys d’Halicarnasse (c. -60/+8), Diodore de Sicile (90/30), Dion Cassius (155/235), Etienne (Stephanus) de Byzance (VIe siècle), Eustathe (Eustatius) d’Epiphanie (c. 455/518-27), Hérodote (c. 480/c. 425), Hygin (Caius Julius Hyginus, -67/+17), Isidore de Séville (Isidorus Hispalensis, c.560-70/636), Isocrate (436/338), Jordanès (Jornandès) (VIe siècle), Justin (Marcus Junianus Justinus, IIIe siècle), Juvenal (45-65/c.128-30), Memnon d’Héraclée, Monoetius ( ?), illisible (Oratien ?, Oratibus ?), Paulus Orosius (385-420), Pausanias (c. 115/c.180), Philostrate d’Athènes (c. 170/ 244-9), Pline le Jeune (61-2/113-5), Plutarque (c. 46/c. 125), T. Mufidius Pollianus, Pollidomin ( ?), Polybe (c. 206/c. 124), Pomponius Mela (c. 15/50-60 ?), Posidonius d’Apamée (135/51), Quinte Curce (Ier siècle), Salluste (85/35-4), Maurus Servius Honoratus (Ive siècle), Strabon (c. -64/21-5), Suètone (c. 70/c. 122), Suidas le lexicographe (IXe siècle), Thucydite (c. 460/400-395) & illisible (Tserxes ?) ;

Et pour les seconds :

Claudien (Claudius Claudianus, 370/408), Homère (BC VIIIe siècle° ? Horace (65/8), Silius Italicus (526/101), Juvenal (I/II siècles), Martial (c. 40/ C.104), Ovide (-43/+7-8), Properce (c. 47/16-5), Sénèque[25] (- 4-1/65), Stace (40/96) et Virgile (70/19).

 

*** Un texte pas très maçonnique !

Le texte présentement uniquement des références mythologiques gréco-latines empruntées entre autres à Aristote, Virgile, Diodore de Sicile & Justin, mais on n’y trouve aucune allusion à l’Art royal, pourtant dès le Moyen Âge occidental, on voyait parmi les femmes guerrières en général et les Neuf Preuses [26] en particulier, quelques bâtisseuses comme la reine Sémiramis ou dans d’autres registres, la fée constructrice Mélusine ou la Reine de Saba.

Comme souvent dans le corpus amazonique, le texte présente les caractéristiques ambiguës des Amazones : féministes ou femmes virilisées. La haine des hommes n’y est pas du tout évidente. Les Amazones n’y sont point androphobes ou misandres, mais simplement opposées à la domination masculine. Depuis le XVe siècle et en particulier chez Christine de Pizan (1364/c. 1430), elles apparaissaient déjà comme politiquement et sexuellement autonomes, libres d’agir et non dépendantes des hommes, et comme on le voit à partir de la fin du XVIIe siècle, un tantinet asexuées. Ces guerrières semblent faire peu la guerre et l’amour. Elles n’incarnent ni la barbarie (bouleversement de l’ordre naturel par le refus des femmes d’accepter la destinée qui leur est assignée par « nature », entrainant l’état de barbarie, thématique développée par les auteurs gréco-romains, repris par les Pères de l’Eglise, les compilateurs médiévaux & divers écrivains contemporains), ni l’animalité, mais semblent plus signifier l’altérité, voire l’utopie (l’île des Femmes, gynécocratie).

Cependant, le caractère « extraordinaire » de ces femmes guerrières peut aussi légitimer l’ordre social existant comme l’avait déjà fait le thème littéraire des Neuf Preuses. Depuis le Haut Moyen Âge, la chevalerie occidentale en tant que société et culture militaro-politiques était en déclin constant, mais n’en demeurait pas moins un modèle toujours exalté. N’étant plus un fait social et culturel pertinent, la chevalerie s’évada dans l’imaginaire comme le montre l’essor de la thématique chevaleresque dans les grades post-magistraux maçonniques. Pendant féminin des chevaliers, les Amazones étaient très présentes dans la culture occidentale dès le premier roman écrit en langue romane le Roman de Troie (1160/1170) en vers octosyllabes à rimes plates du poète normand (ou angevin) Benoît de Sainte-Maure. Dès ce moment, elles apparurent sous les traits flatteurs de Preuses, de reines célibataires et vertueuses, alliant courage et vertu et donc dignes d’entrer dans une société où l’on disait élever des temples à ladite vertu.

 

*** Un manifeste « féministe » prônant l’égalité hommes/femmes ?

Il est également possible de lire le texte des Amazones comme un manifeste « féministe » prônant l’égalité des sexes à la suite de divers auteurs du XVIIe siècle, comme la « fille d’alliance » de Montaigne, Marie de Gournay (1565-1645) [27], la poétesse et savante néerlandaise Anna Maria Van Schurman (1607-1678) [28], la philosophe catholique Gabrielle Suchon (1632-1703) [29] ou le philosophe cartésien converti au protestantisme François Poullain de la Barre (1647-1725) [30]. De même la théologienne anglaise Mary Astell (1666-1731) avait dénoncé le caractère politico-culturel de l’assujettissement féminin. Son ouvrage Serious Proposal to the Ladies for the Advancement of their True and Greatest Interest [31] présentait un plan d’enseignement exclusivement réserve aux filles et aux jeunes femmes qui n’est pas sans annoncé le « programme pédagogique » du rituel étudié.

Ce thème « féministe » reprend force et vigueur au milieu du XVIIIe siècle, de part et d’autre de la Manche. Il semble se retrouver comme un fil rouge dans le rituel, sans doute par qu’il est dans l’esprit du temps. En effet, un courant de réaction à la prééminence du masculin sur le féminin s’exprimera à travers les écrits d’auteurs et surtout d’auteures qui généralement sous couvert d’anonymat manifestèrent leurs revendications. Reprenant des arguments déjà développés par Gournay & Poullain de La Barre, l’ouvrage précurseur est celui de Sophia, A Person of Quality [32]. Il s’agit d’une remise ne cause fondamentale du postulat machiste de la supériorité naturelle, intellectuelle, culturelle et sociale de l’homme sur la femme. Ce texte connut en France un certain succès.

Selon une hypothèse, il aurait été repris par l’écrivaine moraliste Madeleine de Puisieux (1720-1798), par ailleurs maîtresse de Diderot [33] depuis environ 1745, d’abord sous le titre de Dissertation dans laquelle on prouve que la femme n’est pas inférieure à l’homme (1749), puis sous celui de La femme n’est pas inférieure à l’homme [34]. Il sera republié l’année suivante sous le titre Le Triomphe des dames [35]. On attribue parfois les deux textes au mari de Madeleine, Philippe-Florent de Puisieux (1713-1772), avocat de Parlement de Paris, ambassadeur de France en Suisse car il était en effet l’auteur de nombreuses traductions depuis l’anglais. Selon d’autres, le texte de Mary Wortley Montagu serait une réécriture de l’égalité des sexes (1673) de François Poullain de La Barre (1647-1725), lors de son exil à Genève (1690).

Quoiqu’il en soit ses thématiques se retrouvent peu ou prou dans le rituel des Amazones.

 

*** Un invitation à une certaine égalité, voire une égalité certaine frères/sœurs en loge ?

 

Faut-il inclure ce texte dans la littérature qui durant tout le XVIIIe siècle présentait les arguments défavorables ou favorables à la présence des femmes en loge ? En effet, en autre chose, la maçonnerie des Dames exprima un proto-féministe, au moins dans sa forme marginale et non réglementée des années 1750, à l’exemple de la loge de Juste, à La Haye (1751). Lorsque, notamment en France, s’institutionnalisa la maçonnerie dite d’adoption, la question de l’admission des femmes en loge (à égalité avec les hommes) se reposa. Ce débat est particulièrement vif dans les décennies 1770/1780 comme le montrent les quelques exemples suivants, d’autant que c’est en 1774 que le GOdF codifia le statut de la maçonnerie des Dames.

* Discours du 5 mai 1777 de Pierre-Louis Goulliard Aîné (173 1-1800), ancien séminariste, avocat au Parlement, régent de la faculté de Droit de Paris, censeur royal, officier du GOdF & vénérable de la loge Sainte-Sophie (1772-1785). Texte cité par G.O. Vat, Etude sur les loges d’Adoption, Paris, V. Gloton, 1933, p. 38/42.

* 15 mai 1777 : discours de Pierre A. F. Choderlos de Laclos (1741-1803), lors de l’installation des loges masculine & d’adoption L’Union parfaite, sise à Salins (BM Besançon, ms).

* Beyerlé-Philalète, Jean-Pierre Louis (de) Beyerlé (1738-1805), Essai sur la franche-maçonnerie ou du But essentiel et fondamental de la franche-maçonnerie, Latomopolis, X, Andron, l’an de la V.L. 5784, 2 volumes, appendice De la FM d’Adoption, à partir de la page 241.

. Le texte est très contemporain des écrits cités ci-dessus. Il est donc possible qu’un nouvel ordre mixte ait été envisagé dans l’attente (ou par substitution) d’une maçonnerie des deux sexes ?

 

*** Un texte inclus dans l’omniprésente thématique amazonique du XVIIIe siècle.

 

Au XVIIIe siècle, la thématique amazonique sera omniprésente dans les arts, les lettres, l’histoire et la géographie.

* Ce fut Francisco de Orellana (c.1490/1511-1545) qui définitivement donna le nom d’Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le grand fleuve de l’actuel Brésil, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières. Il est également à l’origine du mythe de l’El Dorado.

* Mocquet, Jean, Voyages en Afrique, Asie, Indes Orientales & Occidentales garde du cabinet des singularités du roi, aux Tuileries, enrichi de figures, 6 vol., Paris, Jean de Heuqueville, 1617.

* Pierre Petit (1617-1687), « De Amazonibus dissertatio qua an vere extiterint, necne, vanis ultro citroque argumentis et conjecturis disputatur », Paris, A. Cromoisy, 1685; (voir plus loin : Traité historique sur les Amazones, Leyde, J.A. Langerak, 1718) [36].

* Le jésuite tchéque Samuel Fritz, après avoir parcouru l’Amazone de 1689 à 1692, dressa la carte du fleuve qui sera publiée à Quito en 1707. La version française a été publiée en 1717 à Paris.

* La Neuville, P. de, Chaillou Michel., Saltiel, M., « Lettre sur le fleuve des Amazones », (Journal de Trévoux, novembre 1722) dans La Petite vertu : huit années de prose courante sous la régence, Paris, Bailland, 1980, p. 337-340.

* Guyon, Claude-Marie, Histoire des Amazones anciennes et modernes : enrichie de médailles : avec une préface historique pour servir d’introduction, Bruxelles, Jean Leonard, 1741 [37].

* La Condamine, Charles Marie de, Journal de voyage fait par ordre du roi à l’Equateur, servant d’introduction historique à la « Mesure de trois premiers degrés du méridien dans l’hémisphère austral », Paris, Imprimerie Royale, 1751

[* Charles-Marie de La Condamine (1701-1774) qui relate l’expédition faite en 1737-1743 avec le mathématicien Pierre Bouguet (1698-1760) et l’astronome Louis Godin (1704-1760), [1]« Relation abrégée d’un voyage fait dans l’intérieur de l’Amérique méridionale, en descendant la rivière des Amazones »].

 

  1. NB : L’omniprésence du mythe des Amazones dans les récits et travaux des voyageurs et géographes aux Amériques est si importante qu’elle va entrainer dans l’iconographie la représentation/symbolisation du continent américain sous les traits d’une Amazone.

 

Au XVIIIe siècle, les Amazones sont également omniprésentes dans les arts (François Verdier, Louis Elle Le Jeune, Jean-Germain Drouais, Wilhelm Tischbein, Johann Platzer) dans la littérature : sans être exhaustif (loin s’en faut), citons :

* Marthésie, première reyne des Amazones, tragédie chantée devant le roi, à Fontainebleau (octobre 1699) et à l’Académie de musique (Paris), le 29 novembre 1699, musique d’André-Cardinal Destouches (1672-1749), paroles d’Antoine Houdar de La Motte (1672-1731).

* Louis Fuzelier (c.1672-1732), auteur prolixe (240 pièces environ), Thésée ou la défaite des Amazones, pièce en trois actes et intermèdes, avec un nombre variable de personnages, 1701, Paris, foire Saint-Laurent, au théâtre de marionnettes d’Alexandre Bertrand (1684-1723).

* François Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770), de l’Académie française (1733), Zéloïde & Amanzarifdine, contes indiens, 1715

* François de Salignac de La Mothe-Fénélon (1651-1715), archevêque de Cambrai (1695), Voyage dans l’île des Plaisirs, extrait des Fables et opuscules pédagogiques, édition posthume (1718), collationnée par le Chevalier Michel André de Ramsay (1686-1743) & par Gabriel de Salignac de La Mothe, marquis de Fénélon (1688-1746)

* traduction en français du De Amazonibus dissertation de P. Petit (1685) sous le titre de Traité historique des Amazones où l’on retrouve tout ce que les auteurs tant anciens que modernes ont écrit pour ou contre ces héroïnes, Leïde, Marchand, 1718 & J. A. Langerak, 1718, tous deux en deux volumes.

* Alain-René Lesage (1668-1747) & Jacques Philippe d’Orneval (c. 1700- c. 1766), L’Isle des Amazones, opéra-comique, pièce en un acte qui devait être jouée à la foire St Laurent, en 1718, mais éditée seulement en 1721.

* Marc-Antoine Legrand (1673-1728), Les Amazones modernes, comédie, Théâtre de Monsieur le Grand (1727).

* Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763), La nouvelle colonie ou la Ligue des femmes, présentée (une seule fois) au Théâtre-Italien de Paris, le 18 juin 1729, puis publiée sous le titre la colonie, comédie en prose et 18 scènes, dans Le Mercure en décembre 1750.

* Louis (don Luis) Le Maingre de Boucicaut (Bouciquault), Les Amazones révoltées, comédie en cinq actes, roman moderne en forme de parodie sur l’Histoire universelle, Rotterdam, 1730.

* Le Nouveau Gulliver ou voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver, Traduit d’un manuscrit anglois par Monsieur L.D.F. [l’abbé Pierre-François Guyot-Desfontaines, 1685-1745], Paris, La veuve Clouzier & François Le Breton, 1730.

* Louis Rustaing de Saint-Jorry (c. 1690-1752), Les femmes militaires, relation historique d’une isle nouvellement découverte, chez Claude Simon & Pierre De Bats, A Paris 1735.

* Anonyme, Zensoli & Bellina ou la tragédie de la nature, La Haye, 1746.

* Anonyme, Antiope, reine des Amazones, traduit du grec par M.D.N***, Paris, J. Clousier, 1749.

* Anne-Marie du Boccage (1710-1802), Les Amazones, tragédie en cinq actes, Paris, F.Mérigot, 1749.

*Thème amazonique repris dans La Colombiade ou la Foi portée au Nouveau Monde, Paris, (1758).

* Farin de Hautemer (c. 1700- c. 1770), Les femmes corsaires ou l’Île des Amazones, opéra-comique ballet en un acte, représenté pour la première fois sur le théâtre de la foire St Laurent, le 24 août 1753 (plagiat de la comédie de Lesage et d’Orneval).

* Talestri, regina delle Amazzoni, dramma per musica, musique et livret d’Ermelinda Talea (pseudonyme de Marie Antoinette Walpurgis de Bavière (1724-1780), princesse de Saxe), Nymphenburger Schloss, près de Munich, 6 février 1760.

* Jean-Pierre Louis dit le marquis de Luchet (1740-1792), La reine de Berni, nouvelle historique, Amsterdam & Paris, Grangé, 1766.

* Etienne Lauchery (1732-1820), L’Amour vainqueur des Amazones (1769), ballet héroï-pantomine, musique de Johann Christian Innocenz Cannabich (1731-1798).

 

***Mais la thématique amazonique est peu présente dans le corpus maçonnique

A mis-siècle, on trouve bien l’œuvre d’Antoine Alexandre Henri Poinsinet (1735-1769), les Fra-Maçonnes. Parodie de l’Acte des Amazones, [opéra-ballet de Rameau, livret de Louis de Cahusac, et plus spécialement de la première entrée dite Osiris ou les Amazones] dans l’Opéra des Fêtes de l’Amour et de l’Himen, en un acte, représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire Saint-Laurent, le 28 août 1754, A Paris, chez Duchesne, Libraire…

En réalité, il s’agit d’une tentative de femmes pour percer le secret des loges.

Postérieur aux premières versions du rituel, la Société Olympique (souchée sur la loge parisienne L’Olympique de la Parfaite Estime) possède un chapitre des Amazones (au rôle par encore précisé) qui selon le tableau de 1786 compterait onze sœurs /

* Jeanne David, comtesse de Colbert par mariage avec Louis Henri François Colbert (1737-1792), comte de Chabanais.

* Marie Anne Rosalie Adam, Dame Cheyssac, par mariage avec André de Cheyssac, sieur de La Rivière

* Antoinette Louise, marquise de Corberon, par mariage avec Pierre Philibert Bourrée, marquis de Corberon (1746-1794), vénérable de la loge Olympique.

* Marie Marguerite des Hayes, comtesse Dauvet, par mariage avec Alaoin Louis, seigneur de Bouffé, dit le comte Dauvet.

* Marie Josèphe de Robert de Lignerac de Caylus, comtesse Duplessis, par mariage avec Pierre François Olivier de Rouget dit le comte Duplessis de Bellière (1756-1816).

* Marie Adelaïde Bouret, dame Lahaye, par mariage avec Charles Marin de La Haye des Fosses, fermier général.

* Petronille de La Lande, dame Delaunay, par mariage avec Louis Guillaume Cordier de Launay de Montreuil.

* Marie Elisabeth Des Brets, marquise de Lucenay, par mariage avec Pierre Louis Randon dit le marquis de Lucenay.

* Charlotte Marie Lelong de Vadancourt, dite la marquise de Pardieu par mariage avec Guy-Félix Centurion, marquis de Pardieu (1758-1799).

* Elisabeth Langloys, mariée à Jean-Baptiste Pavée, seigneur de Vandeuvre (1752-1814).

* Jeanne Louise d’Aumont (1731-1816), duchesse de Villeroy par mariage avec le 5e duc de Villeroy, Gabriel de Neufville (1731-1794).

 

*** Faut-il alors se tourner vers la Pologne, le pays des Sarmates ?

En 1767 est fondée à Varsovie, la loge Le Vertueux Sarmate (Cnotliwego Sarmaty), présidée par le comte Alojzy Brühl (1739-1793), grand maître de l’artillerie du roi de Pologne et fils du comte Heinrich évoqué plus haut. En juin 1769, August Moszynski (1731-1786), lui succède à la tête d’un atelier auto-proclamé Grande Loge.

Par une politique d’alliance matrimoniale, le saxon Brühl se fit patriote « sarmate ». Le sarmatisme était à la fois un mouvement culturel & patriotique, une idéologie de caste et un mode de vie pour la Szlachta (noblesse) polonaise. Au bas Moyen Âge, le mythe sarmate était apparu en Pologne. En 1555, Marcin Kromer (1512-1586), prince-évêque d’Ermeland et secrétaire royal des rois Sigismond 1er et Sigismond 2e théorisa l’origine sarmate de la Pologne. La noblesse polonaise vit dans les Sarmates sa propre origine, différente de celle du peuple[38]. Des traditions, comme le costume sarmate (inspiré de vêtements persans et/ou turcs) ou l’habitude de se raser le crâne furent « inventées ». Ce corpus servit de construction légitimatrice à la confiscation de la vie publique par l’aristocratie. Formant 4 à 12% de la population, mais très hétérogène, de la magnateria (haute aristocratie) jusqu’à la gueuserie nobiliaire, en passant par le Ziemianstwo (moyenne noblesse terrienne), cette « élite » fut idéologiquement et culturellement unifiée par le sarmatisme. Mélange de traditions équestres, de culte du terroir, d’esprit de caste, de religiosité flamboyante & d’activités civiques, le sarmatisme pénétré par les Lumières et l’influence française, s’étendit à tous les aspects de la société aristocratique (philosophie, style, habillement, habitat, conversation, décoration) [39]. Les malheurs de la Pologne dans le dernier tiers du XVIIIe siècle amenèrent une revalorisation du sarmatisme comme défense et illustration identitaires et patriotiques de la nation.

2. NB : Le sarmatisme remit à la mode l’épisode des Amazones de Bohème. Imaginées par la princesse Libussa, fille du « roi » Krok, elles furent organisées par une jeune guerrière Wlasta (début VIIIe siècle). A la mort de la princesse (c. 722-5), un conflit naquit avec le prince consort Premysl le Laboureur. Wlasta incita à la formation d’un état gynécocratique indépendant qui se maintint sept ou huit ans avant d’être vaincu, par la ruse, par les Bohémiens. Cette histoire est narrée dans la Chronica Boemorum (Histoire des habitants de la Bohême, pays des Tchèques), rédigée par Cosmas de Prague, un intellectuel européen des 11ème et 12ème siècles, devenu doyen de la cathédrale de Prague et historien de son peuple. Le 210e pape Pie II (1458/1464), sous le pseudonyme d’Anéas Sylvius, dans sa Historica Bohemica (1457) attribue une parenté amazonienne à cet événement.

Cette histoire sera reprise par le savant polonais et franc-maçon Jan Potocki (1761-1816) au 18ème siècle dans Fragments historiques et géographiques sur les Slaves[40]. La date est postérieure d’une vingtaine d’années à la rédaction dudit rituel, mais on peut supposer que l’épisode des Amazones de Bohème était connu dans la Pologne sarmate.

 

*** La Pologne est aussi le pays des Ordres androgynes

 

Sternkreuz-Orden (congrégation de la Croix étoilée), ordre féminin fondé à Vienne en 1683, mais avec de nombreuses ramifications en Pologne, notamment grâce à la polono-écossaise Izabela Morstin (1671-1758), mariée au prince Kazimierz Czartoryski (1674-1741)[41].

Confrérie rouge (Czerwone Bractwo), fraternité mixte fondée à Varsovie en 1720 (siège à Torun).

Ordre des Mopses d’origine « allemande » mais avec des groupes en Pologne dont le roi (1733/63) Auguste III est le grand maître.

Ordre des Chevaliers et des Dames de la Persévérance, avec une implantation en Pologne grâce à Anna Teresa Potocka et la complicité du roi Stanislas II.

Société de la Table Ronde.

Ordre des Hermines (quelques Polonaises).

Le Vieux Sarmate possédait une brillante loge d’adoption présidée entre autres par la sœur du roi la comtesse Isabelle Branicka [42] (1730-1813), dite Madame de Cracovie[43] & Anna Teresa Potocka (1746-1810) [44], dame chevalière du Sternkreuz-Orden. On y trouvait également deux cousines germaines, petites-filles d’Izabela Czartoryska (Morstin), Izabela Poniatowka[45](Brancka) (1730-1813), mariée au comte Jan Klemens Branicki  & sœur du roi Stanislas II, & Izabela Czartoryska[46] (Lobomirska) (1733/1816), mariée au prince grand maréchal Stanislas Lobomirski (172261782).

Cf. http://mvmm.org/c/docs/div19/elsner3.html

  1. Néanmoins la France demeure le grand pays des ordres et sociétés androgynes badines, galantes et/ou culturelles.

 

Hypothèse

Faute d’autres documents, il est donc difficile de préciser la nature exacte du Rituel de l’Amazone anglaise.

On ne peut émettre que des hypothèses qui seront confirmées, modifiées ou infirmées en fonction de la découverte de nouvelles sources.

Peut-être s’agit-il d’un Ordre (simplement imaginé) androgyne, « inventé » dans les milieux polonais sarmates maçonniques & importé en France par des Polonais (décennie 1760) ?[47]

Peut-être s’agit d’un projet d’un Ordre androgyne élaboré en France comme moyen de « contournement » (d’entrisme) dans la maçonnerie qui par le système de l’adoption tenait les femmes en infériorité dans les loges ?

Peut-être s’agit d’un manifeste « proto-féministe » arrivé dans le corpus maçonnique un peu par hasard ?

Peut-être… ?

Ensuite ledit rituel aurait été inscrit (délibérément ou par hasard) dans un cahier maçonnique (fin décennie 1760/début 1770)…

Puis cette version aurait été recopiée à la fin d’un cahier d’adoption (1771-1775)…

Avant d’être déclarée 7e grade d’un système d’adoption (1818) ???

Non idem est si duo dicunt idem.

 

[1] Du Pays des Scythes. Le héros Héraclès, aidé de Thésée, après avoir vaincu comme neuvième des travaux imposés à lui par le roi Eurysthée d’Argolide, les Amazones à la bataille du fleuve Thermodon, en Cappadoce, au cours de laquelle leur reine Hippolyté fut tuée, avait fait monter les survivantes prisonnières sur trois navires pour les amener en Grèce. Durant la traversés, les guerrières se révoltèrent et massacrèrent leurs geôliers, mais ignorant tout de l’art de la navigation, elles errèrent sur les flots du Pont Euxin avant d’échouer sur les rivages du Palus Maiotis (peut-être l’embouchure du Don ?), avant-pays de la Scythie. Ayant débarqué, les Amazones s’emparèrent d’un troupeau de chevaux et s’empressèrent d’attaquer les autochtones, lesquels furent tout à la fois irrités, surpris et consternés quand ils découvrirent que leurs agresseurs étaient de jeunes guerrières. Préférant l’amour et la diplomatie à la guerre, les Scythes envoyèrent les plus jeunes d’entre eux auprès des Amazones pour les amadouer, les séduire et plus si affinité(s). La stratégie fut payante. Les indigènes proposèrent aux Amazones de s’installer avec eux en Scythie, mais elles refusèrent invitant à leur tour leurs compagnons à les suivre, ce qu’ils firent. Ainsi fut fondée la nation des Sauromates (Sarmates), peuple des steppes de l’actuelle Russie méridionale, connue par la description faite par Hérodote, au livre IV de ses Histoires.

[2] Théorie du texte, in Encyclopedia Universalis, 1973, tome 22 (2002), p. 461/65.

[3] Cf. Snoek Jan, Le rite d’adoption et l’initiation des femmes en franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2012.

[4] Pour le ms de Lyon : Brin/Evinter/Madine/Prentemev.

[5] Ruines des plus beaux bâtiments de la Grèce, Paris, H.L. Guerin, Delatour & Nyon, & Amsterdam, Nevalme, 1758.

[6] [& William Newton (1735-1790)], Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn, 1762 à 1816.

[7] Il deviendra roi d’Espagne de 1759 à 1788 sous le nom de Charles III.

[8] Puis roi des Deux-Siciles de 1816 à 1825.

[9] Florence, Stamperia imperiale, 1748.

[10] Vérone, Stamperia del Seminario, 1748.

[11] A Venise, Lorenzo Baseggio, 1749.

[12] Naples, Regia Stamperia.

[13] I-V, Le pitture antiche d’Ercolanoe contorni incise con qualche spiegazione, 1757-1779 ; De’bronzi di Ercolano, 1767-1771, 2 vol.; VI, I busti…1767 ; VII, Le statue… 1771 ; VIII, Le lucerne…1792.

[14] Naples, Regale Stamperia Palatina, 1752, 4 volumes.

[15] Naples, Regia Stamperia di S.M., 1755.

[16] Né protestant et pauvre, lettré, Winckelmann fut secrétaire (1748/1753) du comte Heinrich von Bünau (1697/1762), puis se convertit au catholicisme et partit pour Rome où il fut successivement bibliothécaire des cardinaux Alberico Archinto (1698-1758) et Alessandro Albani (1692-1779).

[17] Dresde, George Conrad Malther, 1762.

[18] Dresde, Malther, 1764.

[19] Un des plus célèbres Rollen Buroughs (Bourgs Pourris) de l’Angleterre qui élisait deux députés de 1311 à 1832.

[20] Account of the discoveries at Pompeii, Londres, W. Bowyer & J. Nichols, 1777.

[21] Naples, F. Morelli, 1766/7, 4 volumes.

[22] Anne-Claude de Pestels, dit le comte de Caylus (1692-1765) avait largement contribué à l’histoire et au succès de l’archéologie par la rédaction d’un recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines qu’il rédigea entre 1752 et 1765. Le dernier et septième volume avait été publié à titre posthume en 1767. Cet ouvrage présente les objets et les monuments antiques, au nombre total de 2890, qui composent le cœur de sa collection. On compte pourtant pas moins de 400 objets qui ne lui appartiennent pas. Il publie ainsi un grand nombre d’objets provenant des fouilles de Pompéi et d’Herculanum, en dépit des interdictions du Roi des Deux-Siciles. Ces interdictions concernaient tout autant le commerce des antiquités de Campanie que leur diffusion par le dessin et la gravure.

[23] Herculanum, L’Encyclopédie, tome VIII, 1766, p.150/154.

[24] On trouve cette référence (trente-deux historiens et douze poètes, à quelques variantes près) dans un auteur à la vie méconnue, le numismate et historien François de Chassipol, dans son Histoire nouvelle des Amazones, Lyon, imprimeur-libraire Thomas Amaulry & Paris, Claude Barbin, 1678. Ce détail inciterait à penser que le dit texte est d’origine française, ou du moins conçu dans un milieu francophile et/ou francophone. Le même ouvrage donne une description adoucie des guerrières, régies par une sororité franche construite sur des principes équitables, chaleureux et égalitaires. Il semble donc être une des sources dudit rituel. Le nombre d’historiens et de poètes est supérieur à trente-huit et douze car selon les divers manuscrits, les listes ne sont pas tout à fait identiques.

[25] Considéré comme un poète tragique.

[26] Selon le Vœux du Paon (1312/3) de Jacques de Longuyon, les neuf étaient quatre reines (Déiphyle d’ArgosS, Sémiramis de Babylone et Teuca d’Illyrie. Tomirys, reine des Massagètes (cousins des Scythes) est considérée par Christine de Pisan (La Cité des Dames, VII) comme la dernière reine des Amazones) & cinq amazones (Hippolyte, Lampeta, Ménalippe, Penthésilée & Sinope).

[27] Egalité des hommes et des femmes, Paris, n.a., 1622.

[28] Question célèbre, s’il est nécessaire ou non que les Filles soiens Sçavantes, Paris, R. Le Duc, 1646.

[29]Petit traité de la faiblesse, de la légèreté et de l’inconstance qu’on attribue aux femmes mal à propos, publié sous le pseudonyme  de G.S. Aristophile. (G.S. pour Gabrielle Suchon), Lyon, B. Vignieu & Jean Certe, 1693.

[30] De l’Égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, chez Jean du Puis, 1673.

[31] Londres, T.V. pour R. Wilkin, 1694.

[32] Lady Mary Wortley Montagu (1689-1762), Woman Not Inferior to Man, Londres, J. Hawkins, 1739.

[33] L’article « Réflexions sur le Courage des Femmes« , paru dans le Mercure de France en mars 1745, révèle un Diderot nettement féministe. Dans Le Rêve de d’Alembert, rédigé en 17693, Diderot revient sur le rapport homme/femme, mais dans un contexte avant tout biologique. Entre-temps, en vue de la rédaction de L’Encyclopédie, il a suivi intensément le mouvement de la pensée médicale (surtout de 1754 à 1769). Dans ce texte est proposée une identification entre les deux sexes, identification non contraignante, libératrice…[ D’après Jean Varloot {Le Rêve de d’Alembert, Editions Sociales, Paris 1971, p. LIV, LV), la publication des dialogues se fit dans La Correspondance littéraire d’août 1782 sous forme restreinte. Ils ne furent édités intégralement qu’en 1830].

[34] Traduit de l’Anglois, à Londres, 1750.

[35] De Milledi P****, à Londres, 1751.

[36] Compte tenu de la multiplicité et de l’importance des textes amazoniens, Pierre Petit en déduit la réalité historique de l’existence des Amazones constituées en République, preuve que les femmes sont capables de gouverner et de s’organiser politiquement.

[37] L’abbé Guyon défend lui aussi la réalité historique des Amazones, mais constate que les femmes d’aujourd’hui ont perdu leurs qualités guerrières d’antan d’autant que plus la guerre, elles ont la propension à vivre en paix.

[38] Cf. L’Empire des Sarmates : aujourdhuy royaume de Pologne, Nuremberg, Lochner, 1748, du prince Jozef Jablonowski (1711-1771) : les Polonais sont des descendants des Sarmates & des Amazones (et/ou les Amazones sont des Sarmates).

[39] Les « Républicains Sarmates » sont dirigés par le clan Potocki, fortement maçonnisé.

[40] Brunsvic [Brunswick], dans la Librairie des Ecoles, 1796.

[41] Une de ses filles, Konstancja (1700-1759), fut la mère du roi Stanislas II August.

[42] Sœur de Stanislas II Auguste Poniatowski (1732-1798), roi de Pologne (1764-1795).

[43] Veuve, Izabela épousa Andrzej Mokronowski (1713-1784) qui avait fait et fera diverses missions en France avant de devenir le 26 février 1784 grand-maître du Grand Orient de Pologne, avant de décéder le 4 juin courant.

[44] Née Ossolinska, mariée au comte Josef Potocki (1735-1802).

[45] Fille de Konstancja Czartoryska (1700/1759) & de Stanislas Poniatowski (1676-1762).

[46] Fille d’August Aleksander Czartoryski (1697-1782), lui-même frère de Konstancja (et par elle oncle du roi Stanislas II).

[47] Cette hypothèse avait été avancée et développée par Olivia Harman, dans un article pertinent et novateur L’Azille enchnaté ou la réunion des deux sexes, in Renaissance Traditionnelle, n° 127/128, juillet-octobre 2001.

NB. La thématique amazonique (amazonienne) a été grandement renouvelée par l’ouvrage d’Adrienne Mayor, The Amazons, Lives and Legends of Warriors Women Accros the Ancien World,  Princeton (New Jersey), Princeton University Press, 2014; traduit de l’anglais par Philippe Pignarre, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe  siècle av. J.C.-Ier siècle apr. J.C.), Paris, La Découverte, 2017, bibliographie, p. 537/551.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2017/07/28/sur-la-piste-des-amazones/

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