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SENS DU CORBEAU 30 avril, 2022

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SENS DU CORBEAU
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Le corbeau est un symbole de l’esprit, de la pensée et de la sagesse selon la légende nordique, comme son dieu Odin a été accompagné par deux corbeaux.
L’un des corbeaux était Hugin, qui représentait le pouvoir de la pensée et de la recherche active d’informations et un autre corbeau, Mugin, représentant l’esprit, et sa capacité à l’intuition. Odin envoie ces deux corbeaux voler chaque jour à travers les terres. À la fin de la journée, les corbeaux retournent à Odin et lui parlent de tout ce qu’ils ont vu et appris leurs voyages.
Odin était aussi connu comme le Dieu Corbeau. Odin avait de nombreuses filles connues sous le nom de Valkyries qui avaient le pouvoir de se transformer en corbeaux, avec cette apparence, elles ramassaient les âmes des guerriers nordiques tombés dans la bataille et les aidaient à atteindre leur paradis paradis, le Valhalla, où d’escanseraient en paix
Les Grecs et Romains antiques, malgré leur plumage sombre, sont associés au soleil, et en Grèce et à Rome, le corbeau a été associé à Athéna et Apollon, symboles de lumière solaire et de sagesse.
Carl Jung associa au corbeau le symbolisme de l’ombre elle-même, ou le côté obscur de la psyché. Ce qui est positif, c’est qu’en reconnaissant ce côté obscur, qui peut communiquer efficacement avec les deux moitiés de nous-mêmes. Cela offre un équilibre libérateur, et nous permet d’accéder à une grande sagesse, qui est le véritable symbolisme du corbeau.
Lorsque nous contemplons l’énergie corbeau, nous pouvons profiter du courage de célébrer tout de nous-mêmes dans la conscience.
L’ombre contient l’énergie dont nous avons besoin pour grandir, changer, briser à travers la mesquinerie de l’ego et l’inquiétude dans l’être complet, rayonnant que chacun de nous est déjà devenu.
Certaines légendes gréco-romaines racontent qu’il fut un temps tous les corbeaux étaient blancs, et c’est parce que le corbeau ne pouvait garder aucun secret, qu’Apollon a puni le corbeau en tournant ses plumes brillantes, noir, blanc. Il y a aussi une version qui disait que le hibou a été remplacé par le corbeau par Athéna comme associé de sagesse parce que le corbeau n’arrêtait pas de jacasser, puisque sa sagesse lui permettait de parler.
Aussi dans la Bible, le corbeau subit des conséquences éternelles. Apparemment Noé a envoyé le corbeau en voyant qu’il n’avait pas plu depuis des jours et soupçonné que le déluge était peut-être en train de se terminer. Comme le corbeau n’est pas revenu, il a fini par envoyer la colombe, et quand il est arrivé plus tard, il a été puni en changeant la couleur blanche qu’il avait au noir qu’il a depuis.
Parmi les Amérindiens, le corbeau a une signification de métamorphose et symbolise les changements et la transformation. Souvent, le corbeau est honoré parmi les hommes et la médecine sacrée des tribus en raison de ses qualités qui changent de forme, le Corbeau est appelé dans les rituels chamaniques parce qu’il clarifie beaucoup les visions du chaman. Le corbeau totémique aide le chaman en cas de doute de vision, et lui apporte de la clarté.
Avant tout, le corbeau est un symbole de magie parmi les Amérindiens et un oracle aussi des messages du cosmos. Les messages qui sont au-delà de l’espace et du temps se trouvent sur les ailes de minuit du Corbeau et ne viennent qu’à ceux de la tribu qui sont dignes de la science.
Le corbeau est également appelé dans le rituel indigène à des fins de guérison. Plus précisément, le corbeau est pensé pour fournir la guérison à distance.
Le corbeau est aussi un gardien des secrets, et il peut nous aider à déterminer les réponses en faisant allusion à notre sagesse cachée.
Les corbeaux sont humanitaires dans les légendes des Amérindiens, selon les légendes, le corbeau était un héros pour de nombreuses tribus. Les Inuits, par exemple, croient que le corbeau a trompé un monstre marin géant et l’a vaincu, et jusqu’à aujourd’hui son corps a formé la partie continentale de l’Alaska.
D’autres tribus américaines ont vu le corbeau comme le porteur de la lumière. En effet, les tribus du sud-ouest (Hopi, Navajo, Zuni) disent que le corbeau s’est envolé du ventre sombre du cosmos, et avec lui a apporté la lumière du soleil (qui symbolise l’aube de la compréhension). En conséquence, pour ces tribus, le corbeau est considéré comme un oiseau vénéré de la création, car sans le corbeau, les êtres humains vivraient éternellement dans les ténèbres.
Le corbeau est la sagesse, l’intelligence, la connexion intérieure avec notre conscience la plus profonde pour chercher une réponse à tout.
Le totem corbeau est aussi un oracle, capable de donner des messages de clairvoyance par des rêves, affinant l’intuition de celui qui le porte comme totem.
Le corbeau est un totem important parmi les tribus américaines et aussi dans la culture celtique européenne.
Peut-être que le corbeau semble négatif pour beaucoup, sans doute cette négativité associée au corbeau vient de son apparition sur les champs de bataille de tant de guerres dans l’ancienne Europe.
Le corbeau évoque dans cette image un cauchemar ancestral. La mort.
Le corbeau dans l’Europe celtique était associé à la déesse celtique Morrigan, déesse celtique de la guerre, de la mort et de la destruction et qui était un grand prophète qui utilisait le corbeau comme oracle.
Cependant, l’intelligence du corbeau est probablement sa meilleure caractéristique. En fait, ces oiseaux peuvent être dressés à parler. Cette capacité de parler conduit à la légende des corbeaux utilisés comme oracle suprême.
En fait, le corbeau est souvent entendu caqueter des phrases qui ressemblent à « cras, cras ». Le cras comme mot signifie « demain » en Amérique, de sorte qu’en Amérique aussi le corbeau est un oiseau qui prédit l’avenir et révèle des présages et des signes.
SOURCE : le net, avec traduction

Les hommes et les pouvoirs … 26 juin, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Silhouette , ajouter un commentaire

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                            Il y a … et plus, j’ai eu la faveur de pouvoir rencontrer et d’échanger (surtout écouter … ..), dans un cadre très discret et en compagnie d’une poignée de « privilégiés » (pourquoi nous ?), avec Jean Mourgues et deux de ses amis sans âge.

                            C’était au millénaire précédent, c’était hier, ce fut … indescriptible, passionnant, étonnant, émouvant, c’était au siècle dernier à Nîmes, c’était … « ici et maintenant » …

                            Aujourd’hui je n’ai pas oublié … comme pouvoir oublier ces instants hors de « l’espace-temps » habituel, comment pouvoir oublier cette lumière de simplicité et de modestie, comment oublier la paire d’amis très chers qui étaient à ses côtés, comment oublier cette poignée de « jeunes » que nous étions … alors comme la môme Piaf je peux fredonner « non, rien de rien  (…) ».

                            Aussi j’ai recopié quelques lignes de ce veilleur de l’esprit que je vous « livre » sans aucune modification … D’ailleurs je vous invite fraternellement à re-trouver l’encre de ses pensées dans un (parmi une multitude d’autres …) ouvrage intitulé « Les hommes et les pouvoirs » 1975 – 1979 – club lectures et culture.

                            Le « Partage » était aussi sa vocation au-delà de tous dogmes, limites, frontières, qu’il en soit remercié dans l’infinitude de l’incommensurable de nos mémoires, et actions personnelles et collectives.

 

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Il faut préserver la voie de l’esprit

 

                Quand je lis les déclarations des babouvistes, des socialistes utopiques – St Simon, Fourier – et celles de leurs disciples, je me dis que l’esprit de révolte est bien à la fois le plus général, le plus constant et le plus infantile de tous les esprits. La proclamation de l’égalité, l’organisation de la cité, l’aspiration à la liberté ne peuvent se concevoir que comme des espérances. Dans la mesure où ces hommes ont appelé de leurs vœux le pouvoir de réaliser leurs rêves, dans la mesure même où, sous une forme de coopératives, de phalanstères, de camps d’émigrés, ils ont tenté d’établir dans les faits ces projets conçus par leur imagination, ils ont témoigné de leur méconnaissance radicale de la nature humaine dont cependant leurs analyses avaient parfaitement rendu compte.

                Le visionnaire en eux était curieusement doublé d’une volonté dévoyée. Jamais une révolte, jamais une révolution n’ont servi la liberté. Il y a toujours – ce n’est pas moi qui le dit mais Lénine – il y a toujours, à la suite d’un mouvement révolutionnaire, un resserrement de l’autorité.

                Bien sûr, il se peut que les préfets de Napoléon aient été les animateurs de la Constituante ou de la Convention, bien sûr, il se peut que les commissaires de Staline aient été les initiateurs de la révolte contre l’autorité de la noblesse tsariste : ce qui compte, c’est que l’aboutissement de la révolte ne soit jamais, en fait, la liberté.

Il y a là un signe important. Dans toute la force du terme, ce signe, les chrétiens des deux premiers siècles l’avaient perçu. Ils avaient su opposer à l’ordre contraignant l’action corrosive du jugement droit de la conscience pure. Ils avaient su, par la résignation et par la lucidité, témoigner de la puissance éternelle de l’esprit.

Il n’y a évidemment aucune communauté d’attitude entre les inquisiteurs du quatorzième et du quinzième siècle, et les martyrs des cirques romains. Mais qu’on le veuille ou non, il y en a une entre les martyrs chrétiens et les hérétiques – cathares, hussistes, vaudois, protestants de tous ordres – .

                Toutefois, je me demande s’il faut en arriver à l’affrontement. Je me demande s’il faut jamais en arriver à l’affrontement. La partie est difficile : il faut ruser. La puissance cohérente d’une classe d’opprimés peut donner l’illusion de la force. Mais pour ceux qui n’entendent pas seulement que la force change de main, mais qui souhaiteraient que la justice et l’amour président aux rapports sociaux, l’accès au pouvoir du plus grand nombre est une aberration parmi d’autres. Aussi, je suis de plus en plus persuadé que les voies de l’esprit sont la profondeur secrète de l’enseignement, l’expression discrète et détournée du jugement et le refus de se résigner à l’oppression des maîtres nantis.

Il y a une voie de l’esprit : il faut la préserver coûte que coûte.

 

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leshommesetlespouvoirs.MOURGUES

 

Je vous invite également à (re)lire, entres tant et tant de ses écrits

choix de l'homme Mourgues

Le symbolisme du baobab, l’arbre magique 14 juin, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le symbolisme du baobab, l’arbre magique

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Le symbolisme du baobab, l'arbre magique dans Contribution
 
 

Le baobab est un des plus grands arbres de notre planète ; certains atteignent plus de 30 mètres de circonférence. Il fait partie des rares arbres qui ont une longévité remarquable : jusqu’à plusieurs centaines d’années voire plus pour certains auteurs. On dénombre huit espèces de baobabs essentiellement sur le continent africain, en Australie et surtout à Madagascar ; l’espèce que je connais le mieux est l’Adansonia digitata, découverte en 1750, par le botaniste français Michel Adanson (1727-1806) lors d’une mission de recherche au Sénégal entre 1749 et 1754.

 

A la découverte du Baobab à partir d’une légende africaine

 
 
 dans Recherches & Reflexions
 
 

On retrouve dans différentes ethnies africaines, de nombreuses légendes qui parlent du baobab ; je vous en propose une qui vient du Burkina-Faso :

 

On raconte que, dans un endroit lointain de l’énigmatique Afrique, vivait une famille très pauvre de lapins ; le père lapin gagnait sa vie comme il pouvait pour donner à manger à sa famille. La vie était très difficile pour cette famille de lapins. Un jour, papa lapin fatigué de marcher dans le désert brûlant se coucha à l’ombre d’un grand arbre.

 

Le lapin assis dans l’ombre de l’arbre déplorait son sort. Il a commencé par maudire le soleil qui brûle, le sable, la pluie qui inonde le village. Quand soudain, l’arbre se mit à lui parler avec une voix très douce.

 

- Ami Lapin, pourquoi vous plaignez-vous ?

 

- Oh, combien triste et malheureuse est ma vie. Si seulement je pouvais être un arbre comme vous Debout toute la journée, sans avoir à travailler, il suffit de vous dégourdir les feuilles et d’obtenir les aliments du soleil et la pluie. Alors que moi, je dois travailler très dur, je dois souffrir de la faim pour nourrir mes enfants Quelle est triste ma vie !

 

L’arbre lui répondit de sa voix mélodieuse :

- Vous savez, je ne suis qu’un baobab, et même si je n’ai jamais su parler aux animaux, cela me fait de la peine de vous entendre gémir ainsi !

 

Après ces mots, le lapin se leva et regarda l’arbre de haut en bas. Il n’avait pas remarqué que l’arbre était en fait un baobab.

 

- Excusez-moi Baobab, je vous promets que je ne me plaindrai jamais plus, il suffit de me laisser aller et continuer à travailler fort afin de ne pas pleurer pour ce que je suis.

 

- Attendez ami lapin, ne partez pas encore

 

Tout à coup, les branches du baobab s’écartèrent, le baobab poussa un soupir de joie et, après quelques secondes de silence, son cœur s’ouvrit lentement pour laisser apparaître des bijoux, des diamants, des pièces d’or, des perles, pierres précieuses et des tissus précieux,.

 

Le lapin fut très étonné de ce spectacle et le baobab de sa voix douce lui dit :

 

- Prenez ce que bon vous semble, aller, acceptez le peu d’aide que je vous offre de bon cœur mon bon ami.

 

Le lapin, très reconnaissant, prit dans ses mains ce qu’il pouvait et s’éloigna heureux après avoir remercié le baobab d’une telle démonstration de générosité.

 

Arrivant à la maison, il raconta tout à sa famille ; il pourra désormais changer leur mode de vie.

 

Papa Lapin avait maintenant une voiture de lapin pour aller au travail. Maman Lapine portait de beaux habits, et pouvait maintenant préparer un repas aux enfants. Maman Lapine se mit à porter un collier de perles aux réunions de ses amis ; ce fut lors d’une de ces réunions que Mme Hyène nota avec beaucoup d’envie les richesses de Mme Lapine. Mme Hyène, qui était très autoritaire, exigea de son mari qu’il aille lui acheter un collier de perles !

 

M. Hyène, était curieux de savoir comment le lapin avait acquis tant de richesses ; un jour, il s’approcha de lui et lui demanda ce qu’il avait fait. Eh bien, papa lapin, qui était d’un cœur noble, lui raconta tout ce qui s’était passé avec le baobab.

 

M. Hyène très excité, sans perdre une seconde, alla à l’endroit était le baobab.

 

Puis, il cria d’une voix forte :

 

- Ah. Pourquoi ma vie est-elle si misérable ? Je suis si pauvre, et si malheureux !

 

Le baobab se mit à secouer ses branches doucement et lui répondit :

- Mon bon ami Hyène, pourquoi vous plaignez-vous de votre sort ?

- A la vérité, je ne suis pas assez heureux comme il le devrait, si seulement je pouvais avoir autant de trésors que Mr Lapin, ma vie serait différente.

Soudain, les feuilles de baobab s’étirèrent avec un tendre soupir. Mr Hyène, impatient, ne pouvait pas arrêter de bouger de gauche à droite.

 

Puis, le cœur de l’arbre s’ouvrit pour faire apparaître ses nombreux trésors, et le baobab dit de sa voix calme :

- Prenez ce que bon vous semble, aller, accepter le peu d’aide que je vous donne, cher monsieur Hyène

 

M. Hyène, qui avait une intention bien différente de celle du lapin, souhaitait s’approprier la totalité des trésors du baobab ; il se jeta sauvagement sur le baobab et, avec, ses griffes acérées, commença à déchirer le cœur de l’arbre et à faire beaucoup de dégâts.

 

Ce fut très douloureux pour le baobab, qui poussa un long cri de douleur et de tristesse ; puis le cœur du baobab se referma et se cacha parmi les feuilles qui avaient pris un ton d’un vert très foncé. L’hyène qui ne put obtenir ce qu’il souhaitait se mit à maudire l’arbre en déchirant son tronc ; mais le tronc du baobab était devenu tellement rugueux que M. Hyène, très fatigué, se retourna et rentra chez lui sans aucune espèce de trésor.

 

La légende raconte que depuis lors, personne n’a jamais vu le cœur du baobab et qu’il ne peut plus être abordé par les animaux parce qu’une odeur repoussante émane de son tronc. On dit aussi que les hyènes errent toujours à travers le désert à la recherche de baobab pour obtenir les trésors cachés de cet arbre.

 

Et ils disent aussi que le baobab est un peu comme les gens. Pourquoi est-il si difficile pour les gens d’ouvrir leur cœur ? Pourquoi est-il si difficile de démontrer la richesse qui est à l’intérieur ?

 

Il y aurait tant à dire sur ce que nous apprend cette légende ; je la trouve intéressante car elle met en scène ce que l’on pourrait appeler « la fermeture des cœurs » sous l’effet de la violence et de la cupidité.

 
 

Un symbole archétypique

 

Arbre d’Afrique, le baobab s’est vu attribué de multiples qualificatifs : « l’arbre magique », « l’arbre pharmacien », « l’arbre de la vie », « l’arbre à palabres », « l’arbre à l’envers » ou encore « l’arbre sens dessus dessous ». Et nous verrons pourquoi.

 

Le Baobab, c’est d’abord un arbre et à ce titre il est un des archétypes porteurs d’une symbolique universelle. C’est ce qui lui vaut le nom « d’arbre magique » ou « d’arbre de la vie».

 

Pour Carl Gustave Jung, l’arbre de vie est l’archétype de l’existence humaine dans sa verticalité entre la terre et le ciel.

 

L’arbre et son cycle ont de tous temps inspirés la symbolique du cycle de la vie terrestre. La graine qui donne naissance, la croissance, l’explosion florale, le dessèchement avant la phase de repos végétal apparent, sont à l’image des différentes phases de la vie humaine.

 

D’autres arbres dans le monde ont pris une valeur symbolique ; pour ne parler que des principaux, citons le Chêne en Europe et au Moyen orient, le Frêne en Europe du Nord, l’Olivier des grecs et des romains, le Sakaki (Cleyera japonica) pour les shintoïstes japonais, le Sycomore des égyptiens, le Dialan (caïcedrat) pour les Peuhls et les Mandingues, sans parler bien sûr de l’Acacia qui nous est cher.

 

Par ailleurs, l’arbre renvoie aussi à la symbolique de la forêt et des bois sacrés. C’est dans le bois sacré que se déroule le processus initiatique qui transforme le jeune apprenti en initié de la communauté.

 
 

Un symbole repris par des Etats

 
 

Au Sénégal, qui est ma deuxième patrie, nous avons deux symboles majeurs, le baobab et le lion ; le sceau du Baobab estampille tous les actes officiels.

 
 
 

En Afrique du sud, il a été institué depuis 2002, sous la Présidence de Thabo Mbecki, The Order of the Baobab pour honorer ceux qui ont servi ce pays ; le baobab a été choisi car il est le symbole de l’endurance, de la vitalité et pour son utilisation comme arbre à palabres sur les places villageoises.

 
 

Un symbole animiste

 

Le baobab est un élément important de la culture animiste en général et de la culture sérère en particulier. Il est ici possible de parler de symbole vivant dans la mesure où il joue pleinement son rôle en participant à différents moments sacrés de la vie sociale.

 
 
 

Chez les soninkés, il existe une formule préalable à une prise de contact avec quelqu’un de confiance qui s’apparente à un interrogatoire rituel :

A la suite cet échange de paroles rituelles, chacun s’étant reconnu, le dialogue peut commencer.

 

Au Sénégal, chez les wolofs et les lébous, il semble que le contenu symbolique du Baobab soit lié surtout à sa qualité d’arbre : comme tous les arbres il rentre en interférence avec les rab, les tuur et les djinns ; les arbres sont la résidence des rab. On considère généralement que le rab entre dans l’être humain à la suite d’une offense, d’une provocation généralement inconsciente ; donc s’il a besoin de quelque chose dont les hommes disposent pour réparer cette offense, le rab exige qu’on réponde à ce besoin. Cependant, l’homme [dans lequel le rab est entré] ne le saura qu’à la suite d’une consultation auprès d’un guérisseur qui lui indiquera le rab et ses exigences (qui peuvent être du lait, un mouton, des noix de cola, un coq, une chèvre…). Tant qu’on ne l’a pas offensé, le rab ne peut rien contre l’humain, l’offenser est un acte involontaire car il est invisible. L’arbre peut donc être vécu comme un élément de méfiance et de peur.

 

Certaines ethnies – notamment les Sérères et les Lébous – n’enterraient pas leurs griots, mais les déposaient à l’intérieur des troncs creux de gros baobabs, une coutume qui s’est poursuivie jusqu’au XXe siècle. Cette relation entre le Baobab et le griot mérite qu’on s’y arrête car la fonction sociale du griot et ses dons donnent un éclairage sur le symbolisme du baobab. Dans la hiérarchie sociale sérère le griot est au service de l’homme libre (les Diambours en wolofs) ; au-delà du mémorialiste – historien de la famille, le griot était d’abord un conteur de la nuit ; cette fonction de conteur et le rôle pédagogique et social du conte sont des éléments essentiels de la cohésion du groupe familial.

 

A Kahone, tout proche de Kaolack, cette ancienne capitale du royaume du Saloum est célèbre pour son Baobab des initiés, dit « Gouye Ndiouly ». C’est en effet sous cet arbre que Bour Saloum (titre que portait le du roi du Saloum) réunissait les jeunes pour leur circoncision. L’occasion était également mise à profit pour les initier à la vie, notamment au combat et à la cavalerie.

 

Gouye Ndiouly servait également de lieu de test aux candidats à l’intronisation, en ce sens que chaque prétendant au trône se devait de l’arpenter sans l’aide des bras. Et le nombre de pas franchis déterminait la durée de son règne.

 
 

Un arbre utilitaire dans la vie africaine :

 
 
 

L’appropriation du baobab par la population africaine provient aussi des multiples utilisations de ses productions :

 

Le Fruit du baobab, encore appelé pain de singe, contient une pulpe sèche crayeuse dont la décoction donne un jus rafraichissant, appelé, jus de Bouye ; cette pulpe est aussi utilisée comme antidiarrhéique pour ses propriétés astringentes (Afrique de l’Ouest, Afrique australe), comme fébrifuge et aussi dans l’hémoptysie, contre le paludisme, et aussi dans l’agalactie. Cette pulpe sèche a une composition très intéressante, ca très riche en anti-oxydants.

 

La Feuille du baobab est utilisée en décoction dans des tisanes médicinales et contre le paludisme. Elle sert de fourrage pour le bétail durant la saison sèche.

 

L’Écorce du baobab a des propriétés fébrifuges. Elle servait aussi, autrefois, avant que cela soit prohibé, à confectionner cordes et cordages.

 

Au Mali, au Pays dogon, la coque du fruit est transformée en « maracas » après l’avoir percé de petits trous et décoré au fer rouge.

 

Riches en phosphate, les graines sont utilisées pour la fabrication de savon et d’engrais.

 

La sève du baobab servait autrefois dans la fabrication du papier.

 

Au-delà de l’utilisation de ses composantes, le baobab c’est aussi le lieu de rendez-vous de la communauté villageoise où on peut échanger et décider, ce qui lui vaut le nombre « d’arbre à palabres ».

 
 

Un symbole religieux

 

Symbole cher aux animistes, le Baobab appartient aussi au Mouridisme, une des confréries islamiques, et à Touba au Sénégal (la Rome du Mouridisme) il figure comme un symbole vivant et sacré.

 

Cheikh Amadou Bamba a connu son expérience mystique au pied d’un baobab et les lieux-dits de TOUBA comportaient des arbres comme « Gouye Tékhé », le baobab de la félicité dans le cimetière, et l’impressionnant baobab mosquée Gouye Diaye qui servit au Cheikh Ahmadou BAMBA pour abriter ses retraites spirituelles.

 
 

Un arbre bienfaisant mais aussi que l’on peut craindre :

 

- A Madagascar, on dit que certains baobabs retiendraient des esprits maléfiques qu’ils libèrent la nuit tombée.

- Au sud-ouest du Bénin, précisément dans les départements du Mono et du Kouffo, les populations de baobab (Adansonia digitata) sont actuellement très menacées parce que selon les communautés locales, ces baobabs abriteraient des sorciers et autres esprits maléfiques.

- Dans le Sine-Saloum, une étude sur le système des croyances Nyominka réalisée par Amadou Tidiane CISSE, Aurélie GHYSEL & Cédric VERMEULEN témoigne de la présence de l’esprit Laga maléfique résidant dans un baobab sacré à proximité du village de Soum. La zone d’influence de cet esprit s’étend à tous les espaces environnants (mangrove, bolongs, vasières et amas coquilliers). L’accès y est formellement interdit aux Wolofs, aux personnes vêtues de rouge et nul ne peut y prélever les fruits de son territoire hormis la famille bienveillante, qui y dispose donc d’une maîtrise exclusive interne.

- Cette capacité à accueillir des mystères explique qu’on appelle le baobab « l’arbre à l’envers».

 

Un symbole de la culture africaine :

 

Pour les peuples d’Afrique, bien que l’attachement aux mythes traditionnels semble en déclin, le baobab reste un symbole important du savoir ancestral et de la réflexion philosophique ; le grand spécialiste de la mythologie africaine, Amadou Hampâté Bâ, n’a-t-il pas déclaré :

 

« Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. »

 
 
 

Pour de nombreux citoyens du monde, il symbolise aujourd’hui l’Afrique et à travers lui tout ce qu’elle a de beau, de grand et de juste ; il est intéressant de noter que la revue Jeune Afrique publia en 2004, à l’occasion du 91ème anniversaire d’Aimé Césaire, un article titré « Un baobab nommé Césaire ». Aimé Césaire (1913-2008), ce grand poète martiniquais qui a tellement bien su exprimer la sensibilité de la négritude et la révolte anti-colonialiste.

 

Le chanteur Blacko l’utilise, dans une chanson intitulée « Déraciné », pour illustrer sa détresse :

 

Déraciné, je suis déraciné

Même pas blanc, même pas noir une histoire trop compliquée, compliquée

Déraciné, je suis déraciné

Comme un baobab planté dans Babylone

 
 

Un symbole longtemps méconnu :

 

Cette méconnaissance, on peut l’illustrer par son utilisation par Antoine de Saint-Exupéry, dans le Petit Prince ; le célèbre écrivain utilise le caractère gigantesque du baobab pour en faire un repoussoir et un arbre de malheur à tel point qu’il le range dans les mauvaises herbes qu’il faut éradiquer pour garder la planète propre.

 

Dire que les millions de lecteurs d’un des ouvrages les plus lus dans le monde, avec tout le prestige qui l’accompagne, puissent percevoir les baobabs comme des agents destructeurs de la planète montre à quel point un auteur du XXè siècle pouvait avoir une perception aussi fausse de l’univers africain !

 
 
 

Un arbre en voie de disparition au Sénégal :

 

Cet arbre qui est devenu un des symboles de la République du Sénégal n’est plus, dans de nombreuses régions, que l’ombre de lui-même : étêtés, émondés à outrance, ils tombent les uns après les autres ! En dehors de la Casamance, il n’y a plus que dans la réserve de Bandia que l’on peut encore en voir avec leur majesté et leur magnifique frondaison.

 

Aujourd’hui, on ne peut éviter de se poser une question : comment le Sénégal et les Sénégalais peuvent-ils accepter de voir cet arbre magnifique qu’est le baobab périr progressivement au risque de le voir disparaître du territoire ?

 
 

Au total, on pourrait attribuer cinq qualificatifs pour résumer le contenu symbolique du baobab :

 

- Symbole d’une vie antérieure et d’un univers invisible

- Symbole de la générosité

- Symbole de protection

- Symbole d’une localisation d’esprits maléfiques

- Symbole de l’Afrique et de sa grandeur.

 
 
 

Du symbole à la pensée symbolique : le concept d’Univers Symbolique Protecteur

 
 
 

Une question se pose : quel est l’intérêt d’étudier les symboles ? Essayons de répondre à cette question majeure.

 

L’étude des symboles, qu’ils soient maçonniques ou non, nous plonge dans ce qu’on appelle la pensée symbolique.

 

Jean Piaget (1896-19800), le célèbre psychologue suisse, fut le premier chercheur à avoir démontré l’importance de la pensée symbolique dès le plus jeune âge. C’est elle qui permet à l’enfant d’accepter l’éloignement physique de la mère en lui substituant un objet symbolique chargé d’affectivité.

 

En grandissant, l’enfant devenu adulte va conserver ce mode de pensée. On peut affirmer que, pour un individu, la force d’un symbole est en relation avec l’attachement affectif qu’il lui projette.

 

Affectivement, le symbole prend généralement une valeur de protection ; ce sentiment de protection qu’inspire le symbole peut n’être que ponctuel, en rapport avec une situation, un lieu, une ambiance. Nous avons tous plusieurs symboles pour lesquels nous projetons une relation affective : c’est cet ensemble de symboles personnels qui constitue ce que j’appelle l’univers symbolique protecteur !

 

Le symbole prend une dimension supérieure lorsque ce qui se passe pour une personne est partagée par des milliers voire des millions d’individus. Ainsi en est-il par exemple pour certains symboles religieux ou nationaux ; la croix christique en est un exemple.

 

Nous-mêmes Francs-Maçons, nous sommes invités, que dis-je éduqués à utiliser notre pensée symbolique pour nous réapproprier la symbolique maçonnique ; le temple maçonnique que nous fréquentons est en lui-même un symbole que nous adoptons progressivement.

 

Etudier un nouveau symbole, c’est en quelque sorte effectuer un voyage à la découverte d’un nouveau monde, d’une nouvelle culture ; bien évidemment, cela permet d’alimenter notre besoin d’universalisme ; c’est aussi, une façon de sortir de nos habitudes et du repli sur soi pour s’ouvrir aux autres et essayer de les comprendre. Cela ne suffira pas à engendrer une relation affective spécifique, mais au moins cela nous permettra de comprendre.

 

C’est parce que la franc-maçonne ou le franc-maçon connaît les symboles de chaque culture qu’il s’approche du caractère sacré de l’humain et qu’ainsi il avance vers la fraternité universelle.

 

Les symboles sont en eux-mêmes dérisoires et pourtant par un phénomène de projection certains prennent vie et jouent pleinement leur rôle dans cet univers symbolique protecteur qui nous est nécessaire pour vivre en confiance et en amour.

 

Symbole présent dans de nombreux mythes africains où il est associé aux mystères des génies, le Baobab est aujourd’hui, dans le monde entier, devenu un symbole moderne avec un nouveau contenu plus simple : la grandeur de l’Afrique, de sa culture et de sa pérennité.

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Qu’est-ce que la parole perdue ? 18 mai, 2021

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Qu’est-ce que la parole perdue ?

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L’expression la parole perdue apparaît dans des rituels du 3e degré, où l’on parle aussi de la perte des secrets véritable du maître maçon. Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables ; ainsi le document Prichard de 1743 et l’instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Écossaise de l’Orient d’Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? – R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu’est ce qui a été perdu ? – R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? – R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

 

Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. Alors, est-ce un savoir que lui seul possède ? Est-ce une partie d’un mot à prononcer avec d’autres pour qu’il soit complet et efficient ? La parole d’Hiram serait-elle autre chose que celle d’un seul homme ? Que peut-être cette parole pour le franc-maçon d’aujourd’hui ? N’oublions pas que le mot Hiram porte en lui-même des mystères et parmi ses nombreuses traductions de l’hébreu, il peut aussi être lu comme HaReM qui désigne la chose cachée.

 

Le savoir personnel

 

Quel serait ce savoir ?

  • Au Rite York, à la mort d’Hiram, il est dit : « Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer pour permettre aux ouvriers de poursuivre leur travail, et le G :. M :. H :. A :.  a disparu ». Sur la planche, le maître d’œuvre modifie le plan selon lequel la construction du Temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repaire pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. La conception théologique de l’art de la construction peut se résumer en une recherche de médiété parfaite entre la beauté pure qui n’appartient qu’à Dieu et le miroir que doit lui offrir, par son œuvre, l’architecte afin qu’elle se révèle aux yeux des hommes. Concrètement, ce qui fut perdu serait-ce cette capacité architecturale de concevoir l’édifice et de terminer l’œuvre ?
  • Mais allons plus loin. Hiram, a été envoyé par le roi de Tyr à Salomon pour ses savoirs aussi particuliers que ceux que possédait Betsaléel, le constructeur de l’Arche d’alliance du désert : il était habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes en pourpre et en bleu, en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objets d’art qu’on lui donne à exécuter (II Chroniques, 2, 13 et 14).

C’est grâce à 3 vertus que le premier temple fut construit par Betsaléel car il est écrit en Exode 31,3 : «Je [dieu] l’ai rempli de l’esprit d’Élohim en sagesse, en intelligence et en savoir»,  » בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת « , vertus que l’on retrouve en Hiram dans I Roi 7, 14 « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir »  » אֶת-הַחָכְמָה וְאֶת-הַתְּבוּנָה וְאֶת-הַדַּעַת « 

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Ces trois vertus, concepts, attributs divins, types de forces, ou niveaux de conscience, sont les processus à l’œuvre des structures vivantes, correspondant aux 3 séphiroth  :     Hokhmah, la sagesse ; Tébouna, alias Binah, l’intelligence ; Daath, le savoir, la connaissance.

La somme de leurs valeurs guématriques, après réduction, est équivalente à ce qui relie les 2 colonnes Yakin et Boaz[1] qu’Hiram a fondues. La parole perdue serait-elle l’esprit d’Elohim, cette capacité de création, comme celle du maharal de Prague avec son Golem dont aurait été doté Hiram ?

John Yarker qui, dans un article sur Le rite d’York et l’ancienne maçonnerie en général, remarque qu’«en vérité, des ouvriers complotèrent illégalement pour extorquer d’Hiram Abif un secret, celui de l’animal étonnant qui avait le pouvoir de couper les pierres.  Le secret qui a été perdu par les trois Grands Maîtres est celui de l’insecte shermah (shamir), qui a été employé pour donner un parfait polissage aux pierres. Considérant cette remarque de Yarker, le secret opératoire du shamir serait-il «ce qui a été perdu» ?

De même, dans la présentation du rituel Wooler, qui ressemble au texte de Yarker, on lit dans un catéchisme du troisième degré : «Après la construction du Temple, les ouvriers du plus haut degré, connus sous le nom de« Most «Excellent», ont accepté les grands secrets concernant le noble In… Sh…, qui était ce qui constituait le secret des trois Grands Maîtres et [pour] lequel HAB fut tué » ; l’utilisation d’abréviations prouvant le caractère autrefois ésotérique, ou supposé tel, de l’information.

Dans son Miscellanae Latomorum, le Dr William Wynn Westcott propose un passage d’un vieux rituel qui parle précisément du secret de l’insecte shamir et des trois Grands Maîtres. Voilà notre intérêt maçonnique éveillé.

Cette tradition maçonnique est ignorée de nos jours, mais intéressons nous à ce shamir ; essayons de trouver quelques sources à cette incroyable histoire.

Ce shamir miraculeux aurait été spécialement créée au début du monde pour cette utilisation opératoire. Selon cette légende, quand Salomon demanda aux rabbins comment construire le Temple sans utiliser d’outil de fer, pour se conformer, bien sûr, à l’injonction du Deutéronome (Exode, 20,21 ; Si toutefois tu m’ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes), ils attirèrent son attention sur le shamir par lequel Moïse avait gravé le Nom des tribus sur le pectoral du grand prêtre.

Voyons cela de plus près.

Ranulf Higden (1300-1363), dans son Polychronicon, cite la légende du ver de fendillement de pierre, qu’il nomme thamir.

Dans l’Encyclopédie juive on trouve cette légende qui raconte que, sur la recommandation des rabbins et afin de ne pas utiliser le fer, Salomon taillait les pierres au moyen du shamir, un animal, un ver dont le seul contact fendait la pierre. On retrouve cette légende également dans la littérature arabe et même dans  le Coran.

Dans la littérature talmudique, il existe de nombreuses références à Shamir. Des qualités inhabituelles lui ont été attribuées. Par exemple, il pourrait désintégrer quoi que ce soit, même dur comme des pierres. Parmi ses possessions, Salomon la considérait comme la plus merveilleuse. Le roi Salomon était désireux de posséder le Shamir parce qu’il en avait entendu parler. La connaissance du Shamir est en fait attribuée par des sources rabbiniques à Moïse. Après avoir beaucoup cherché le Shamir de la taille d’un grain d’orge, il a été trouvé dans un pays lointain, au fond d’un puits, rapporté à Salomon, mais étrangement, il perdra ses capacités et est deviendra inactif plusieurs siècles plus tard, à peu près au moment où le Temple de Salomon a été détruit par Nabuchodonosor.

Étonnant et curieux Shamir ? Qu’est-ce donc ?

  • Selon les auteurs médiévaux, Rachi, Maimonides et d’autres, Shamir était une créature vivante, un ver ; soutenant que Shamir ne pouvait pas être un minéral parce qu’il était actif. Ce ver magique était doté du pouvoir de modifier la pierre, le fer et le diamant, par son simple regard. Par ailleurs, les sources rabbiniques ont transmis la description de la gravure des noms des douze tribus sur les douze pierres précieuses de la cuirasse du grand-prêtre (le pectoral) ; Moïse le fit non pas par sculpture, mais en écrivant avec un certain fluide et en les «montrant» à Shamir, ou en les exposant à son action. De l’avis des auteurs modernes, l’expression «montré à Shamir » indique clairement que c’était le regard d’un être vivant qui a effectué la division de bois et de pierres. On admet cependant que dans les sources talmudiques et midrashiques, on ne dit jamais explicitement que le Shamir était une créature vivante. 3 Alors Shamir/ schamir/ samur, comme on en trouve l’expression, un ver de la taille d’un grain, ou autre chose, une pierre selon les différentes sources littéraires ?
  • Une vieille source, La Légende de Soliman et testament de Salomon[2], ouvrage écrit en grec, probablement au début du troisième siècle de l’ère actuelle, se réfère à Shamir comme une «pierre verte», page 10 note 31 : le shamir serait une pierre de cristal vert de grande puissance. Le nom dérive probablement de samir/ épine ou tranchant. Un seul shamir est reconnu avoir existé. Il est sculpté en forme de coléoptère, scarabée de l’espèce sacer ateuchus. C’est la raison pour laquelle on a confondu le shamir avec un insecte.

Mais comment une pierre verdâtre aurait-t-elle pu couper le plus dur des diamants avec son seul regard ?

Reprenons ce que raconte Louis Guinzberg, en 1909, dans Les légendes des juifs, qui, inspiré par l’exégèse rabbinique, rapporte l’histoire de manière très fantastique : le shamir fut créé au crépuscule du sixième jour avec d’autres choses extraordinaires. Il n’était pas plus grand qu’un grain d’orge et possédait le pouvoir remarquable de tailler les diamants les plus durs. C’est pour cette raison qu’il fut utilisé pour les pierres du pectoral porté par le grand prêtre. D’abord on traça à l’encre les noms des douze tribus sur les pierres qui devaient être serties dans le pectoral ensuite le shamir fut conduit sur les lignes tracées et celles-ci furent ainsi gravées. Circonstance miraculeuse, le tracé ne porta aucune particule de pierre. On avait également utilisé le shamir pour tailler les pierres dont fut construit le Temple, car la loi interdisait d’utiliser des ustensiles de fer pour tout ouvrage destiné au Temple. Pour le conserver, il ne faut placer le shamir dans aucun réceptacle de fer, ni d’aucun métal, il le ferait éclater. On le conserve enveloppé dans une couverture de laine qui à son est tour est placée dans une corbeille de plomb remplie de son d’orge. Le shamir fut gardé au Paradis jusqu’au jour où Salomon eut besoin de lui. Il envoya l’aigle pour y chercher le ver. Lors de la destruction du Temple, le shamir disparut[3].

La manière dont Shamir était gardé en sûreté peut nous donner un indice: «Le Shamir ne peut être mis dans un vase de fer pour la garde, ni dans aucun vaisseau métallique: il éclaterait un tel récipient. Il est gardé enveloppé dans de la laine à l’intérieur d’une boîte de plomb rempli de son d’orge. Cette phrase est tirée du chapitre 48b du Talmud de Babylone et contient un indice important ; car, avec la connaissance actuelle nous pouvons facilement deviner qui ou plutôt ce qu’était Shamir : c’était une substance radioactive ; les sels de radium, par exemple, agissant sur certaines autres substances chimiques, peuvent émettre une luminescence de couleur jaune-vert.

Cela expliquerait comment le pectoral du grand-prêtre avait été gravé : les lettres étaient écrites à l’encre, et les pierres étaient exposées l’une après l’autre au «regard» ou au rayonnement du Shamir. Cette encre devait contenir du plomb en poudre ou des oxydes de plomb. Les parties des pierres qui n’étaient pas protégées par le plomb se désintégrèrent sans laisser de particules de poussière qui, selon ce Talmud, paraissaient particulièrement merveilleuses. Les parties protégées par de l’encre de plomb se dressaient en relief sur la surface des pierres précieuses[4].

La possession la plus précieuse de Salomon, son Shamir, n’a pas survécu avec le temps, il est devenu inactif. La version habituelle de l’histoire, « le Shamir disparu », ne correspond pas à la traduction exacte texte hébreu. Le mot batel utilisé pour décrire la fin, ou la disparition, de Shamir  n’a qu’une seule signification : « Pour devenir inactif. ». Dans les quatre cents ans qui ont passé de la construction du premier Temple à sa destruction par Nabuchodonosor en -587, une substance radioactive aurait pu devenir inactive[5].

Le secret d’Hiram serait-il celui de l’utilisation d’une sorte de laser radioactif[6] ?

 

La connaissance partagée

 

Et si la « parole » était un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !

Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, le roi de Tyr et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu’au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital.

Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu’aucun d’entre eux n’ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ?

Les exégètes des rituels assimilent la prononciation du Tétragramme à la « parole perdue ». Elle devait être trisyllabique. La syllabe est l’élément réellement indécomposable de la parole prononcée, même si elle s’écrit naturellement en quatre lettres. En effet, quatre (4) se rapporte ici à l’aspect « substantiel » de la parole et 3 à son aspect « essentiel ». Il est d’ailleurs à remarquer que le mot substitué  lui-même, dans sa prononciation rituelle, sous ses différentes formes, est toujours composé de trois syllabes qui sont énoncées séparément.

Considérant que chez les Hébreux, le grand prêtre, le Cohen Gadol, était seul détenteur de la prononciation recta dictio et totale du mot sacré qu’il vocalisait une fois par an dans le saint des saints, cela pourrait vouloir dire que la parole ne fut pas perdue et que si Salomon la substitua, c’est qu’il pensait que son Maître d’œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs en la dévoilant : il fallut donc changer cette parole.

 

Dans ce même registre, on remarquera que lors de la destruction du Temple de Jérusalem et de la dispersion du peuple juif, la véritable prononciation du Nom tétragrammatique fut perdue ; il y eut bien un nom substitué, celui d’Adonaï, mais il ne fut jamais regardé comme l’équivalent réel de celui qu’on ne savait plus prononcer. En effet, la transmission régulière de la prononciation exacte du principal nom divin, désigné comme ha-Shem ou le Nom par excellence, était essentiellement liée à la continuation du sacerdoce dont les fonctions ne pouvaient s’exercer que dans le seul Temple de Jérusalem ; serait-il le centre spirituel de la tradition qui fut perdu ?

Les mystères des sociétés initiatiques de l’Antiquité perpétuaient les premières traditions du genre humain et les nouveaux acquits des corps savants pour élever, au-dessus de leurs semblables, des initiés jugés aptes à en faire un usage utile pour tous. Cet enseignement leur était donné de bouche à oreilles après avoir pris l’engagement, par un serment menaçant, de ne le transmettre à d’autres initiés que sous les mêmes formes et conditions. Il est raconté qu’ils étaient possesseurs de secrets scientifiques redoutables et bienfaisants, dont leur haute morale imposait le respect, mais susceptibles, étant détournés de leur action bénéfique, d’être transformés dans un but malfaisant. Les initiations furent interrompues ; des initiés s’éteignirent, emportant dans la mort les secrets qui leur avaient été confiés. Les secrets des rites initiatiques pour l’intromission des pharaons, véritables mystères de la lignée royale d’Égypte, furent définitivement perdus à la mort du roi Sekenenrê Taâ qui mourut sans les avoir dévoilés à son ennemi qui voulait les lui arracher.

 

Dans certains cas, au lieu de la perte d’une langue, il est parlé seulement de celle d’un mot, tel qu’un nom divin par exemple, caractérisant une certaine tradition et la représentant en quelque sorte synthétiquement ; et la substitution d’un nouveau nom remplaçant celui-là marquera alors le passage d’une tradition à une autre. Quelquefois aussi, il est fait mention de « pertes » partielles s’étant produites, à certaines époques critiques, dans le cours de l’existence d’une même forme traditionnelle : lorsqu’elles furent réparées par la substitution de quelque équivalent, elles signifient qu’une réadaptation de la tradition considérée fut alors nécessitée par les circonstances ; dans le cas contraire, elles indiquent un amoindrissement plus ou moins grave de cette tradition auquel il ne peut être remédié ultérieurement[7].

 

Que peut-être la parole perdue pour un F:. M:. d’aujourd’hui ?

 

Les remarques que nous venons de faire montrent que la parole perdue serait soit un savoir, soit une prononciation, soit une connaissance spirituelle ou magique soit encore la trace du passage d’une tradition à une autre. La parole perdue du F:. M:. me paraît un peu différente. Nous ne pouvons faire l’erreur des mauvais compagnons qui croyaient que le secret du maître maçon relevait de la communication d’un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu’elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l’être et du spirituel, de l’immanence et de la transcendance.

Dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte.

La parole perdue met en relief la nécessité d’une nouvelle perception et d’un nouveau langage relatif à la notion d’essence et de présence au-delà de la forme. Elle n’est pas à comprendre comme uniquement une perte dans la transmission, mais comme le commencement d’un apprentissage d’autres éléments de langages.

Il nous reste à nous interroger sur comment trouver cette parole[8] ou comment lui en substituer une autre de même puissance.

À suivre…

 


[1] Si, comme en guématrie simple on ne donne pas une valeur particulière aux lettres finales : Yakin s’écrit

«יָכִין» yod, kaph, yod, noun et a une valeur de 10+20+10+50 = 90 ; Bo’az s’écrit « בֹּעַז» beth, eïn, zaïn et a une valeur de 2+70+7 = 79.

Entre les deux il y a une différence, une présence de 11.

Hakhmah, « חָכְמָה», la sagesse , (heith, kaph, mem, hé) soit 8+20+40+5 = 73

Tébouna, alias Binah, «תְבוּנָה »l’intelligence (tav, beith, vav, noun, hé) soit 400+2+6+50+5 = 463

Daath, « דַעַת » le savoir, la connaissance (dalethh, eïn, tav) soit 4+70+400 = 474

L’ensemble des  3 vertus : 73+463+474 = 1010 soit en réduction 11

[2] D’après les chroniques de Tabari Me d Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour. https://books.google.fr/books?id=-oEaEmuYFPoC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

[3] À rapprocher de l’Ourim et le Thoummim qui sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l’art de la divination. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un instrument qui servait à donner la révélation et à déclarer la vérité. Ils disparurent avec la destruction du 1er Temple, le shamir, quant  lui, disparut avec la destruction du second Temple. Ils sont tous en rapport avec le pectoral porté par le Grand prêtre d’Israël.

[4] La plupart des gemmes, tels que le diamant, le saphir, l’émeraude ou la topaze, sont décolorés par la radioactivité. D’autres pierres précieuses, comme l’opale, sont constituées de cristaux de silice hydratée. Le rayonnement alpha les désintègre en rompant la liaison avec l’eau ; celle-ci se volatilise sans laisser de résidu.

[5] Le radium perd environ un pour cent de sa radioactivité tous les 25 ans

[6] Pour compléter cet aspect : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1424&mode=print

[7] La mort d’Hiram et la Parole perdue de René Guénon :  

https://legende-hiram.blogspot.fr/2016/05/1948-la-mort-dhiram-et-la-parole-perdue.html

[8] Rite émulation

V.- (au ler S.) Qu’est-ce donc qui est perdu ?

1er S.- Les véritables secrets des MM. MM.

V.- (au 2e S.) Comment se sont-ils perdus ?

2° S.- Par la mort prématurée de notre M. H.A.

V.- (au ler S.) Où espérez-vous les trouver ?

l er S.- Au Centre

V.- (au 2e S.) qu’est-ce que le Centre ?

2e S.- Un point à l’intérieur d’un cercle qui se trouve à une distance égale de toutes les parties de la circonférence.

V.- (au ler S.) Pourquoi au centre ?

ler S.- Parce que c’est le point où le M.M, ne peut faillir.

V.- Nous vous aiderons à réparer cette perte.

 

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/

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Réflexions sur le Prologue de Jean 28 mars, 2021

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31 octobre 2020

Réflexions sur le Prologue de Jean.

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En loge, la Bible est placée sur le plateau du Vénérable, ouverte à la page du Prologue de Jean. L’équerre et le compas la recouvrent. Elle est le symbole d’une tradition immémoriale qui dicta nos règles de vie et notre morale collective.

La présence de la Bible est confirmée par les rituels les plus anciens. L’évangile de Jean est un livre capital de la spiritualité chrétienne. Le caractère ésotérique de ses écrits le distingue des évangiles dits synoptiques. Très tôt au sein de la première diaspora,  les adeptes de Jean se voulaient les gardiens de la part cachée de la tradition par opposition aux tenants de l’Eglise de Pierre exotérique et dogmatique.

Si un certain nombre de loges maçonniques s’intitulent « Loges de St Jean », la raison est peut-être due à cette particularité. La F.M. se plaça sous le patronage des deux St Jean. Le baptiste est considéré comme le précurseur et l’initiateur, Jean l’évangéliste, lui, nous appelle à nous ouvrir aux mystères de la vie de l’Esprit.

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Pour ma part, je remercie la franc-maçonnerie qui me l’a fait redécouvrir, car depuis de nombreuses années, Jean l’évangéliste est devenu mon « Maître ». Je prends donc le parti d’exprimer mon ressenti de franc-maçon-chrétien. Comme un viatique, ce prologue qui lui est attribué traduit l’essentiel de ma démarche maçonnique. 

Par contre c’est une tâche délicate que d’aborder ces sujets devant des Sœurs et Frères de sensibilités hétérogènes.

         Le Prologue – 1/18 – « Pro-logos » (avant le discours) ; c’est avant tout un hymne au LOGOS qui condense la pensée de Jean. Il emploie un langage poétique car il n’y a pas de mot qui sache exprimer de façon adéquate sa pensée. C’est un langage allusif qui indique quelques directions, quelques indices orientés pour qui a le désir de s’y aventurer. « La poésie n’est pas un jeu mais un moyen de haute connaissance » disait Henri Bosco.

Le cadre historique

En quelques versets (1/18), Jean nous plonge dans un espace-temps qui se contracte pour nous projeter dans la fulgurance d’une rencontre qui va changer le monde : nous sommes dans ces temps instables et anxiogènes où la culture vétérotestamentaire était battue en brèche par les occupations grecques puis romaines et les nombreuses invasions qui l’ont précédée.

De ce fait, au sein de ce peuple qui souffre et s’interroge, la résurgence de l’idée d’un sauveur que l’on pourrait dire « miraculeux », un Messie roi, « fils de David » qui viendrait libérer Israël du joug de l’occupant se fait de plus en plus prégnante.   Mais le profil de cet envoyé de Dieu reste flou; en effet de qui parle-t-on ? D’un messie prêtre ? D’un messie chef des armées ?

L’évangile de Jean vient interrompre ce temps d’incertitude : il fallut l’apparition de Jésus/Yeshoua sur les bords du Jourdain pour que le rideau se lève dévoilant un paysage inattendu. En effet, comme le décrit Jean, il est au-delà des schémas habituels : ce n’est pas un messie davidique au sens où on l’entend, il fuit ceux qui veulent le faire roi et proclame devant Pilate que sa royauté est d’en haut… C’est évidemment incompréhensible pour qui l’entend.

Tel que je le perçois, Jean prend le prétexte de la rencontre de Jean Baptiste et de Jésus-Yeshoua qu’il décrit comme capitale, comme un basculement : nous sommes à la croisée des chemins, au point de jonction de la Première Alliance abrahamique, l’ancien monde et l’Avènement d’une Nouvelle Alliance qui porte en elle le concept d’Amour et de Vie éternelle et cette Nouvelle alliance, Jean va clairement  l’identifier à une personne : Yeshoua,  l’Unique de Dieu.  Le Logos divin préexistant qui se manifeste au sein du monde.

Pour Jean, le message de Yechoua/Jésus, commence véritablement ce jour-là, au bord du Jourdain. Cette histoire s’inscrit dans l’histoire universelle… comme l’image d’un grouillement improbable et une Présence, une présence « discrète et irradiante ». Jean nous convie à nous approcher de ces textes avec audace, à les scruter, à nous ouvrir à l’appréhension des mystères, il nous fait entrer, en présence d’une « Altérité que ni l’intellect ni le cœur ne peut contenir ». Ces écrits sont, pour moi, comme une épiphanie…

Ceci traduit ma quête essentielle, et tout ce vers quoi je tends. Jean  me donne à entrevoir tout un contenu qui n’est pas explicitement signifié. Il m’apprend à voir « au-delà » et avec une plus juste mesure…  C’est, pour moi, la mise en état de regard avec cette Présence qui rencontre mon désir de sens et m’invite à une aventure… comme Yeshoua le dit simplement à Jean et son ami André qui lui demandaient : « Où demeures-tu », ils voulaient dire « Dis-nous ta vraie nature ». Il répond simplement : « Venez et voyez… ». 

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Avant d’étudier ce message transmis par Jean:

Qui était-il ce Jean, ce « disciple bien-aimé » auteur du quatrième évangile ?

Un personnage historique : Johannes – homme savant du clan Cohen ?  ou Jean, fils de Zébédée, l’Apôtre, frère de Jacques ? Ou une figure symbolique, l’archétype du disciple idéal ?

A-t-il été écrit en grec ou en araméen ? Les conjectures abondent et qu’importe de ne pas savoir exactement  qui  il était,  cela nous montre d’ailleurs  le degré d’humilité et de retrait qui l’habitait.

Innombrables sont les figures de Jean. L’Église chrétienne a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux saints Jean en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination.  L’évangéliste rapporte lui-même dans son évangile les paroles du Baptiste « Il faut que lui grandisse et que je décroisse ». Elles croisent ces belles paroles de François Cheng : « Vraie Lumière, celle qui jaillit de la Nuit » … « Vraie Nuit, celle d’où jaillit la Lumière ».

Ces fêtes sont restées présentes dans l’univers de la franc-maçonnerie, comme lente et sage respiration que rythment nos banquets d’ordre, notre fête solsticiale et les rites de notre année maçonnique. J’aime la figure sur les tableaux des loges des deux tangentes de part et d’autre du cercle avec son point de centre : le dernier des prophètes de l’ancienne alliance et le premier des témoins de la nouvelle alliance qui touchent au plus près la « figure » du Logos.   

Pour de nombreux francs-maçons (je cite Hubert Greven Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France), je cite « Jean fut un prodigieux médium, son évangile est essentiellement ésotérique… L’ésotérisme des écrits de Jean fait comprendre au mieux, en le faisant murir, le fond commun et traditionnel de toutes les religions… C’est un bâtisseur du Temple dont il présente les dimensions à l’échelle universelle, participant au Cosmos. L’Homme est comme un dieu en devenir.  Son message a pour but de dégager l’homme de son état strictement humain, de rendre effective la capacité qu’il possède d’accéder aux états supérieurs. » Jean est le patron des francs-maçons et des Templiers. 

Il poursuit : « Peut-on considérer que  l’évangile de Jean n’est que réflexions analogiques, intuition et actions symboliques, attribuées à des personnes… on peut considérer que ces personnes ont existé, nier leur réalité historique ou les regarder comme des archétypes comportementaux, selon son intime conviction personnelle, et selon l’adage : « tout est symbole ? L’important est de s’attacher au cheminement initiatique évoqué par les textes »

Quant à René Guénon il suggère : « L’idée principale… est que l’Être a de multiples états dont l’espèce humaine ne fait qu’en occuper un, mais que de l’un à l’autre de ces états on peut s’élever par des actes volontaires de son esprit, par son activité psychique et intellectuelle jusqu’à parvenir sur ce plan à l’identité suprême… Pour cela  il faut une initiation et des rites initiatiques.  Dans les états mystiques au contraire, il est enseigné depuis Abraham, que l’on ne peut obtenir une certaine élévation que par la grâce de Dieu qui répond à un désir… ce qu’il appelle le mysticisme passif… ».

Mais pour un grand nombre d’exégètes, Jean était avant tout un théologien sublime à la fois gnostique et mystique. Toute son intelligence et son amour disent la manifestation de l’Être ; il s’est élevé très haut dans la contemplation de cette manifestation… son emblème est l’aigle qui, seul, s’élève, porté par le vent de l’esprit jusqu’au zénith.

La lecture que nous pouvons faire de ce prologue sera donc polysémique, elle peut être vue sous un angle ésotérique, théologique ou mystique. « Notre cerveau est un « organe de tâtonnements, ce serait lui faire injure que de lui imposer des certitudes ».

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Et « Jean le Baptiste » : Qui était Iohanân ?

Il a été dit que Jean Baptiste avait été un adepte des communautés esséniennes. C’est une hypothèse plausible. Cette secte juive de stricte observance prêchait l’ascétisme et la repentance,  l’immersion quotidienne et même le célibat.

Leur théologie était une gnose-dualiste et eschatologique,  elle attendait et se préparait pour la fin des temps lors d’événements apocalyptiques décrits comme un gigantesque combat opposant les Fils de Lumière aux Fils de Ténèbres. 

Deux Figures eschatologiques étaient donc attendues intensément par cette communauté : un Prophète qui devait annoncer la venue d’un Messie, et ce Messie à la fois sacerdotal et royal. « Mashia’h » en araméen, c’est celui qui a reçu l’onction (Samuel a consacré David). Mais en élargissant cette fonction à l’image du « Parakletos grec », c’est celui qui intercède, vient en aide ou console.

Jean le Baptiste semble s’inscrire dans cette mouvance. Il va se retirer dans le désert. Il prophétise et baptise. Il prêche le renoncement et la conversion, la redécouverte des fondamentaux de la religion… et devient Jean le Précurseur, une « figure » dans la vie religieuse et politique de ce pays, et les gens viennent à lui en grand nombre.  Il est la voie qui crie : « Dans le désert déblayez, frayez les chemins du Seigneur ».

Appelé par Yeshoua « le plus grand parmi les fils de la femme », Fils de ce terreau qu’est notre humanité, il clôt le cycle des prophètes de la première Alliance. Il prêche la Téchouva… le retournement. Il est, pour nous francs-maçons,  un initiateur. Cette figure est essentielle, elle nous incite au grand déblaiement de notre « moi », avant tout choix de vie pour cheminer vers la Lumière, car il s’agit bien là de traversée du désert, de dépouillement, d’abandon, de dé-sécurisation.

A ce vide nécessaire, comme la « table d’attente » en héraldique,  répond, le « lâché prise », la vacuité totale d’esprit, d’âme et de corps qui nous est nécessaire pour  accueillir l’Infini/ la conscience du « Soi »,  l’Axe de notre condition humaine.

En une longue suite de mutations Mort/résurrection/ Mort/résurrection,  nous devons petit à petit nous détacher, mourir à nos attachements, accepter parfois de ne plus rien comprendre, comme notre père Abraham, mort à lui-même, devant son fils Isaac qu’il croyait devoir immoler.  Longue et périlleuse est la route qui nous conduit à notre verticalisation.

Jean le baptiste est le Précurseur, témoin de la Lumière. Notre mission d’initiés est d’être nous-même des témoins de la Lumière. 

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Alors entrons dans le texte : nous avons parlé de Jean l’évangéliste, et nous avons évoqué sa rencontre avec Jésus / Yeschoua.

 Verset 1 : Ce premier verset, on peut l’énoncer de différentes façons, issues de traducteurs, tous théologiens : « Au commencement était le verbe » , « Au commencement, le Logos, Le Logos est vers Dieu/Le Logos est Dieu », «Entête lui le Logos/ et le logos, lui pour Elohîms / et le logos, lui, Elohîms »,  « D’abord il y avait le Langage… », « Dans le principe, le verbe… »   Enfin, « Au commencement était la Parole, la Parole était en compagnie de la Lumière, la Parole était la Lumière », cette dernière traduction de Hubert Greven pour qui « ces écrits sont essentiellement un message ésotérique qu’il faut décrypter ».

Nous pouvons en effet l’interpréter selon ce point de vue car « tout est symbole » et Jean, le poète, l’ami fidèle de Yeshoua, nous y invite, son évangile et particulièrement le prologue est, pour moi, un rougeoiement qui attend notre désir mêlé au souffle divin pour nous illuminer. Sa lecture nous demande de rester ouverts … « le vent, on ne sait d’où il vient, ni où il va… » comme une parole lancée, on ne sait pas où elle va aboutir.

Ce n’est donc pas à proprement parler de la « lecture comparée », mais plutôt une approche collégiale. C’est mon choix, mon interprétation en est une parmi d’autres.  Il n’y a pas d’interprétation unique. Nous verrons que plus on approche et plus le sens se révèle infini en tant qu’il est inépuisable.

Ainsi Verset 1) : La première question qu’on ne peut éviter : « Au commencement… »  Jean Yves Leloup (philosophe et théologien) nous invite à poser cette question fondamentale : « Au commencement de quoi ? et quel commencement ?  Le commencement du monde, de cet espace-temps.  Mais avant ce commencement ?…  De rien, rien ne peut sortir ».

 On se souvient du premier mot de la Genèse : Bereshit.  André Chouraqui en bon exégète bibliste nous fait signe : avant le « beth » il y a « l’aleph », ce mystère qui est et qui nous dit qu’il y a quelque chose plutôt que rien.

Jean-Yves Leloup précise : « Il faut garder cette question ouverte car elle est fondamentale dans notre démarche de maçon : Connaître son origine, c’est connaître sa fin… ce pourquoi nous sommes faits.  Elle me force à m’identifier : quel est le lieu d’où je viens ?… Car le commencement n’est pas à chercher hier, autrefois, mais ici et maintenant ».  Qu’y a-t-il à l’origine de mes actes, à la source de mes pensées, de mes émotions, de mes sentiments ? A la source d’une pulsion, d’un cri, d’une angoisse ? ».

On rejoint la question de Jean et André : « Maître, d’où est-tu ?». On rejoint aussi, nous le verrons plus loin, l’analyse d’Annick de Souzenelle.

Si nous revenons au texte, en tout premier lieu, Jean nous invite à une réflexion : pour le premier verset, nous avons plusieurs traductions possibles.                                      

Mais avant tout, première digression :

On parle là de Dieu, ou plutôt des noms des dieux, tous improbables …car comme le dit Sylvie Germain : « On a tous une certaine conception de Dieu, et selon le nom qu’on lui octroie, cela peut déterminer le sens d’une croyance ou d’un comportement ».

Il faut rappeler que, pour les croyants « Dieu n’existe pas, il n’est rien de ce qui existe, Il est Incréé… il n’appartient pas au règne des Etants… il n’est pas du monde. Il est « l’Incréé » d’où vient toute créature ».

Et les francs-maçons précisent que « Dieu n’a rien à voir avec les religieux, dieu est un nom qui s’applique à aucune chose en particulier, bien qu’il les concerne toutes singulièrement. Du fond de leur réalité finie, exprime leur commune appartenance à une totalité infinie. »

C’est ainsi que dans beaucoup d’ateliers il est nommé « Grand Architecte De L’Univers », (pour moi, c’est un vocable « technique ») c’est la « Sagesse divine ».  

Au REP nous disons « Dieu » et parfois le « GADLU », les Juifs ne le prononcent pas, il est יהוה, ils l’appellent « Chaddaï » ou « Adonaï » ou « Eloïms ».

D’autres le nomment « l’Être », «la Lumière », « le Soi », « la Conscience ».

Les chrétiens disent « Yahvé » (c’est à mon avis une traduction hasardeuse), ou « Abbah /Père » comme l’appelle le Fils.  D’autres enfin ne veulent pas nommer ce qu’ils rejettent comme irrecevable.

Quelques précisions : Quand Jean parle du « Père », c’est l’origine, le fondement…

Pour Hubert Greven, c’est le père spirituel, l’initiateur, le Maître.

Le Fils : « Être fils », c’est entretenir une relation d’intimité avec ce qui sans cesse nous fonde et nous « origine ». Pour Hubert Greven : « fils » c’est le disciple privilégié, l’Initié, le fils spirituel.

Et « l’Esprit » est la relation (pneuma / souffle) spirituelle.  Relation de Présence-à-présence, présence du souffle humain au Souffle qui anime « tout ce qui vit et respire ».

Nous le voyons, autant de lectures et de sensibilités intéressantes. C’est la pluralité des lectures et leurs interprétations qui nous ouvrent à la connaissance de ce texte. Quant au LOGOS, j’ai retenu en premier lieu ce vocable pour la richesse d’interprétations qu’il offre :

 « Logos », selon un helléniste italien, le professeur Morani, est un mot clé qui pourrait résumer à lui tout seul l’expérience culturelle des grecs anciens : « LOGOS signifie parole, pensée, rationalité, capacité de l’être humain de relier et développer ses propres pensées ». Il note que la signification originelle de Logos est le fait de parler, d’être en capacité de communiquer quelque chose de rationnel. Logos n’est pas simplement la parole, mais un mot qui exprime l’intelligibilité (intelligence, parole, verbe, information créatrice…).

Ainsi nous parlons du Logos qui est « Parole créatrice ». Pour les sémites, parole et évènement sont liés ; c’est la Parole (Dabar en hébreu) de Dieu qui crée. C’est le concept d’information : pour qu’une chose existe, elle a besoin d’être informée.

« Au commencement, à l’origine, » il y a donc cette Intelligence, cette « Parole créatrice » qui informe toutes choses, elle est « agir et réalisation ».  Plus généralement  la parole est « créatrice » au sens où elle donne du sens et crée de la relation.

Osons aller au-delà, « la Parole » engendre « l’écoute, le lien », elle donne vie à « la relation ».  Dire (en 1) : « Au commencement : le Logos / Le logos est vers Dieu », c’est admettre et dire que ce qui est premier est de l’ordre de la « Relation » et qu’il y a « mouvement et orientation ».  Et Jean ajoute que ce « Logos est Dieu », en nous disant cela, il nous informe que ce Logos contient tout Dieu. Et comme nous le dit Jean Grosjean : « Il contient la totalité de sa source.  Il ne fait qu’un avec la lumière qu’il donne à contempler ». Il évoque là, en particulier « le mystère divin personnifié ». Je le cite : « Le Logos et le Théos sont distincts. Ils ne sont pas séparés. Ils ne sont pas confondus ou mélangés : ils sont Un… Entre l’aleph, l’inconnaissable et la création, il y a ce Logos ce « dialogue », qui pose la dualité et dans le même mouvement appelle et rend possible l’Unité… non l’unité indifférenciée ou fusionnelle, mais l’unité de relation. L’Unité n’est pas détruite par l’Altérité, l’Altérité n’est pas anéantie par l’Unité ».

Avec Jean, le regard plonge donc dans l’intime de l’Être. Nous  entrons  dans le mystère trinitaire.

Hubert Greven, lui parle de fusion : « La Parole était en compagnie de la Lumière, la Parole était la Lumière » Ceci revient à dire que la parole existe depuis l’origine du monde créé et accompagnait la Lumière. Tout a donc été fait par la Parole et par la Lumière… « la fusion de ces deux concepts implique un seul principe créateur qui est à la fois Parole et Lumière. »  Ailleurs, il dit : La parole est dans la Lumière, et la Lumière se manifeste par la Parole, celle de la sagesse suprême, envoyée sur la terre pour y révéler les secrets de la volonté divine et c’est ce postulat, cette espérance qui fonde la quête du F.M. »

Annick de Souzenelle a une vision toute différente et passionnante que je tente de résumer : elle rejette le terme « au commencement » pour « Dans le Principe, le Verbe ». Cette traduction nous projette dans ce qu’Annick de Souzenelle appelle « le temps ontologique », qui n’est plus « le temps historique » composé du passé, présent et futur, c’est au contraire « l’instant » Hic et Nunc, qui nous relie au divin, c’est le « non temps » de l’éternité.

Dans le Principe est le Verbe qui nous habite, ici et maintenant : c’est le temps et le lieu de l’accompli et du non-accompli. Cet inaccompli qui verra son accomplissement au fur et à mesure des dimensions de conscience successives qui nous habitent et nous habiteront. C’est une réflexion fondamentale qui nous met, non pas au pied du mur, mais aux pieds de l’échelle de Jacob et des nombreux paliers qui nous attendent. 

Puis Jean précise, il répète, et c’est un indice (en 2) : « Il est au commencement avec Dieu ».  C’est la révélation que Jean nous livre : le dévoilement de l’Uni /Trinité de l’Être. Quand j’ai pris conscience de cela, ce fut, pour moi, libérateur, car cette unité n’a rien de statique. Tout est Mouvement / Relation et Vie...        

Si l’on adopte cette révélation, il n’est plus question d’un Être solitaire et Omnipotent, mais d’une relation d’Amour. Pour Jean, l’Amour est avant tout le cœur et l’ADN de chaque chose. Il le dit plus loin (en 4) : « de tout être il est la vie… ». Lorsque rien n’existait à part l’Uni /Trinité de l’Être, il y avait donc l’Amour. Tout est contenu dans ce mot : mouvement/relation /vie

Fidèle de Jean, j’ai donc cette intuition toute personnelle, que ma vie, ici et maintenant, est pétrie de cet Eternel qui me fait…. Il me constitue, il me structure. Il est « L’AMOUR qui tient toutes choses ensemble. Inouï et Irreprésentable ». Le Logos n’est plus un « objet de connaissance », « quelque chose à comprendre », mais le dévoilement d’une Présence qui s’offre à mon intuition, à ma liberté et m’introduit dans son mouvement « vers l’Infini / l’Altérité absolue et l’Inconnu d’où nous venons ».

(En verset 3) – « Tout existe par Lui – Sans Lui : rien ». Traduction au plus près : « Le tout, en Lui, sa genèse et rien n’a de genèse en dehors de lui ». Pour Jean-Yves Leloup : « Il importe de s’éprouver sans cesse en genèse, en voie de création. Nous ne sommes pas faits une fois pour toute. Le Logos est sans cesse à l’œuvre pour nous tenir hors du Néant ».

Et pour Jean Grosjean, je cite : « L’univers est tramé, tout le temps, par le mouvement même de la parole. Et comme on ne sait jamais où va aboutir une phrase, on ne sait pas non plus où va l’histoire du monde… » question !!

(En verset 4) – « De tout être, Il est la vie. La vie est la lumière des hommes. »

(En verset 5) - « La lumière luit dans les ténèbres, les ténèbres ne peuvent l’atteindre ».

Jean proclame que Logos est la vie de nos vies. Il contient l’univers et tous les univers possibles… tout être vivant est « demeure de l’infini/Réel ». 

La lumière est par elle-même invisible, invisible au cœur même de tout ce qu’elle donne à voir ; cette Lumière incréée qui habite dans les profondeurs de l’être n’est pas accessible à l’esprit « sec », elle est d’une autre nature.  

Cette gnose, ce Souffle, nous donne à voir le Logos dans tous les êtres. C’est faire l’expérience de la Transfiguration, c’est le symbole du mont Thabor. Nous devons donc tenter de percevoir le Logos qui anime toutes choses : si nous l’oublions, le monde devient profane à nos yeux, « profané », vidé de la présence qui l’habite, vidé de sa Lumière.

Pour Hubert Greven : « De même que le soleil illumine la route, de même la lumière (c’est-à-dire illumination) est ce qui éclaire le chemin divin : c’est le principe même de l’initiation. La lumière est symbole de vie aux ténèbres de la captivité (le profane prisonnier de ses passions) s’opposant à la lumière de la libération et du savoir. »

« La vie de l’Esprit fait sortir l’homme des ténèbres.  La lumière de l’Esprit va lui permettre de s’ouvrir pour avoir la vision d’une autre réalité. C’est la source et le fondement de la Connaissance qui est symbole de ce qui éclaire la vie intérieure, de ce qui oriente. La véritable Lumière, c’est la Parole, l’ultime réalité qui est en « tout homme venant dans ce monde ». C’est un message qui demeure éternellement en accomplissement. »

(En verset 6) – « Paraît un homme, envoyé de Dieu – Iohanan est son nom ».

(En verset 7) « Il vient comme Témoin pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous y adhèrent »

(En verset 8) – « Il n’est pas la Lumière mais témoin de la lumière ».

Jean le Baptiseur est l’archétype de l’envoyé, l’apôtre, « l’Ad Verbum ».  Il porte la Lumière et sa présence est pure capacité de l’Autre.

Jean le baptiste est nommé, il est l’envoyé de Dieu : être appelé par notre nom, est fondamental, au sens strict du terme. Quand Socrate nous dit : « Connais-toi toi-même », il nous invite à une introspection, soit, mais se « connaître soi-même », c’est se connaître comme individu, quand le soi est pris comme objet de connaissance ou d’investigation, on s’aperçoit qu’en vérité, on ne sait rien de soi, l’essentiel nous échappe. Mais si cette connaissance est vécue en une lente maturation, en toute humilité, par une attention toute intérieure à chacune de nos pensées, de nos silences, comme notre initiation doit être vécue et continue de l’être, on devient de plus en plus conscient de son souffle, de son axe et de ce qui nous entoure, conscient du Soi qui nous crée et constitue à chaque instant.

Car notre nom usuel n’est que nom substitué ; cette exigence d’identité demeure notre démarche fondamentale : rejoindre le tréfonds de nous-même pour nous placer dans l’axe du Très-Haut.

Exigence constante, comme l’est l’exigence de la transmission qui rejaillit à chaque étape de notre existence de Maître Maçon. A l’instar de Jean le Baptiste, notre mission d’initiés n’est-elle pas d’être nous-même des témoins de la Lumière pour que nos Frères humains soient eux-mêmes illuminés.

 (En verset 9) – « Le Logos est Lumière véritable qui éclaire tout homme. »

 (En verset 10)« Il est dans le monde, le monde existe par lui, le monde ne le connaît pas. »

 (En verset 11) – « Il vient chez les siens, les siens ne le reçoivent pas. »

Traduction de Hubert Greven : « La Parole était lumière, la vraie, celle à laquelle il appartient d’éclairer tout homme ; elle fit à ce moment son entrée dans le monde. »

Toute parole de vérité, quelle que soit son origine, est inspirée de l’Esprit.

Jean le baptiseur disait : « Il y a au milieu de vous quelqu’un que vous ne connaissez pas ».

Le monde est l’histoire des hommes, c’est ce que l’homme fait de l’Univers pour le meilleur et pour le pire, en harmonie avec le Logos qui l’anime ou au contraire contre Lui. Et Jean comprend qu’il n’y a pas de place pour l’Éternel dans notre temps, pas de place pour l’infini dans notre finitude.

Annick de Souzenelle nous le dit : « Le monde est comme dans un état « d’ignorance » (de non vision) qui n’est pas manque de savoir, mais oubli de l’Être, l’ignorance du Soi, à côté de ce qu’on est et de ce pour quoi on est fait vraiment, histoire purement horizontale, oublieuse de notre verticalité, de notre ouverture à la transcendance ». « Le monde extérieur est fait de compensations.  Nous sommes dans  l’archaïsme.  Nous pratiquons un humanisme à l’horizontal avec les valeurs de l’exil. Adam se croit devenir Dieu, il se croit accompli. Il a perdu conscience de son être intérieur. Nous n’avons que notre identité biologique. » Il s’agit alors de retrouver notre dimension ontologique : « Être dans le monde, sans être du monde ».

Le LOGOS s’incarne toujours aussi difficilement. L’homme n’est jamais « forcé » de croire ou d’accepter l’amour qui le constitue et qui lui offre une absolue liberté… C’est certainement un concept des plus difficiles à accepter, difficile à y adhérer.

 (En verset 12) – « A tous ceux qui le reçoivent, à ceux qui croient en son Nom, Il donne d’être Enfants de Dieu ».

(En verset 13) – « Engendrés ni du sang, ni de la chair, ni d’un vouloir d’homme mais de Dieu ».

De verset en verset, Jean nous conduits à nous ouvrir à cet exhaussement, ceux qui se font « capacité », le Logos les investit « Shema Israël… ». L’Ecoute conduit à la « fiance ». Croire en son Nom, c’est adhérer au dynamisme de vie, d’intelligence et d’Amour qu’il signifie, c’est devenir « enfant de Dieu » et ceux-là entrent dans une nouvelle dimension. Ils sont « d’ailleurs », ils sont « nés d’en haut, ainsi nait l’homme nouveau ! ».

Et comme le suggère Hubert Greven : « Lorsqu’il reçoit la lumière, l’Apprenti, mort aux séductions du monde phénoménal et des « demeures » profanes, entre dans la demeure initiatique, dans la voie de la Connaissance. De profane (hors de Temple), il devient initié (celui qui commence). Pénétrant dans le sanctuaire, il voit se dévoiler les mystères sacrés, s’ouvrir les seuils jadis interdits, éblouissants de lumière ». Nous sommes à la recherche de la Parole perdue, c’est une aventure (intérieure) spirituelle initiatique. La quête de perfectionnement ».

 (En verset 14) – « Le Logos a pris chair. Il a fait sa demeure parmi nous ». Le logos a fait sa genèse dans la chair (humanité corps et âme). « Et nous avons contemplé sa gloire, la gloire de l’Unique du Père, plein de grâce et de vérité. »

Le Logos nous a rejoints dans notre « histoire » en venant nous dire Dieu dans une « vie humaine ». L’Eternel est entré dans le temps. La matière est ici sanctifiée comme demeure du Logos/ Dieu.

Ce corps humain fragile abrite la Présence Divine et l’information qu’elle contient. Comme le dit Jean Grosjean, le poète : « Il a dressé sa tente de nomade parmi nous. Il campe, il est de passage, le temps de dire et de manifester aux hommes l’Amour dont ils sont aimés dès l’Origine. Depuis Abraham l’installation n’est pas notre nature, nous sommes des passants, nous sommes tissés de temps, notre vie est un mouvement imprévisible, le mouvement même du langage qui est venu en personne partager nos déplacements incertains ».

(En verset 15) – « Iohanan lui rend témoignage. Il crie : Voici celui dont j’ai dit : lui qui vient derrière moi est passé devant moi, parce qu’avant moi, Il était ».

Nous connaissons bien cet appel en Franc-Maçonnerie : « Il faut que je décroisse pour que lui grandisse ».  Qui a des oreilles, entende !

(En verset 16) – « De sa Plénitude, nous avons tout reçu, et grâce sur grâce ».

(En verset 17) « La Thora nous a été donnée par Moshé. La Grâce et la Vérité nous sont venues par Ieschoua, le Messie. »

On peut avancer cette explication : la grâce de la création en genèse, puis la grâce de la Thora par Moïse, enfin la grâce de la filiation. 

Jésus incarne la Thora, l’éclaire du dedans en la vivant comme une expression de l’Amour.  Il nous révèle que nos actes n’ont de valeur que par la liberté et l’amour qu’on y introduit. C’est ce qui leur donne leur « poids » de gloire.

Leloup : (En verset 18) – « Nul n’a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui demeure au sein du Père, Lui, nous le fait connaître ». On ne connaît Dieu que par son Logos.  Personne n’a jamais vu Dieu. Le propre de Dieu est d’être inconnaissable. Le Logos est son Unique, ce Fils est le seul à connaître sa source. Cet Unique est entièrement dans le secret du Père puisqu’il en est l’expression parfaite.

Ieshoua ne dit pas : « J’ai la vérité », mais « Je suis la vérité ». Par-là, Jean affirme que Jésus est Vérité de Dieu et Vérité de l’homme, sans confusion, sans séparation. Il nous invite à changer de regard, à voir toutes choses enveloppées d’Invisible. Il nous montre que la moindre virgule d’humanité contient en secret le Nom Divin, fait à la fois d’intériorité et d’extériorité. Il nous oriente avec Lui sur le chemin de l’existence vers « le Père ».

Voilà, avec Jean, je vous ai dit mon angle de lecture.  Je suis sur le chemin… un chemin initiatique que je découvre à chaque instant.  Tout l’évangile de Jean dira que l’œuvre  du Logos dans le monde sera de rendre à l’homme Son Esprit (pneuma), son BON sens, tourné vers le Père/Origine et le restituer dans sa dimension de Fils. Ce sera en soi une invitation au retour dans cette intimité, qui est participation à la vie Trinitaire, à la vie intérieure de Dieu.

« Présence de l’infini dans les corps et le souffle fragile que nous sommes ».

« Que demandez-vous, mon frère ? La Lumière ! »

M.°.L.°.  -  R.°.L.°. « Le Chardon Ecossais » à l’O.°. de Besançon.

Auteurs cités :

Hubert GREVEN – Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.

ORDO AB CHAO : Réflexions dur l’enseignement de St Jean.

Allocations faites en qualité de Ministre d’Etat, Grand Orateur du Suprême Conseil de France à l’occasion de la St Jean d’hiver de décembre 1989.

Jean-Yves LELOUP : Ecrivain, psychologue et philosophe, théologien orthodoxe. Fondateur de l’Institut pour la rencontre et l’étude des civilisations et du Collège international des thérapeutes. Il a donné des traductions et des interprétations innovantes de l’évangile, des Épitres et de l’apocalypse de Jean, ainsi que des évangiles considérés comme apocryphes (Philippe, Marie, Thomas).

André CHOURAQUI : (1917 en Algérie /+ 2007 à Jérusalem) Ecrivain, penseur, homme politique, traducteur et commentateur de la Bible, (hébraïque et évangiles).

Jean GROJEAN (1912 / +2006) Ecrivain, poète,  philosophe et exégète . Traducteur et commentateur de la Bible,  de l’évangile et de l’Apocalypse de Jean et du Coran.

Ami de Malraux,  Jean Grosjean participa à l’aventure NRF (éditions et revue) en tant que lecteur et éditeur, aux côtés de Claude Gallimard, Raymond Queneau et J.M.G. Le Clézio notamment.

Annick de SOUZENELLE :  née le 4 Novembre 1922. Infirmière anesthésiste pendant 15 ans, elle a suivi une formation Jungienne de psychothérapeute puis fait des études de théologie chrétienne orthodoxe et d’Hébreu biblique. Depuis 40 ans elle est écrivain et conférencière.  Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de spiritualité. Sa recherche s’inspire de la spiritualité cabaliste. Citons « Le symbolisme du corps humain ».

 

SOURCE  : https://ecossaisdesaintjean.over-blog.com/

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La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales 21 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
« Si la maçonnerie moderne se tournait vers la question de la transcendance en oubliant sa tradition humaniste ou si, au contraire, au nom de son devoir de défendre l’humanisme, elle oubliait sa vocation spirituelle, l’authentique démarche maçonnique serait alors mutilée »

  • 3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

Michel Barat3 (ancien Grand Maître de la grande Loge de France)

1Nulle organisation ne témoigne mieux que la Franc-maçonnerie, peut-être, des aspirations religieuses de l’homme moderne, mais également du paradoxal mouvement d’écartèlement et de recouvrement entre Dieu et le siècle qui marque aujourd’hui la société occidentale, comme nous allons le montrer dans cette étude.

2Nous mettrons ainsi en évidence la dimension religieuse de cette société initiatique, qui ne saurait pourtant être considérée elle-même comme une religion : d’abord parce que la quête spirituelle qu’elle propose et le sacré dont elle entoure ses rites ne renvoient pas à un culte, dans la mesure où elle se veut a-dogmatique ; ensuite parce que la question de la croyance en un Être Suprême et de l’évocation du Grand Architecte de l’Univers au sein des loges ne cesse de diviser les différentes obédiences.

3Puis nous soulignerons l’engagement sociopolitique de nombreux francs-maçons, désireux de faire évoluer les lois de la République et de défendre les principes de la laïcité, en accord avec la devise maçonnique qui exhorte les initiés à travailler « au progrès de l’humanité ». Or c’est bien dans cette tentative d’équilibrage entre la construction de la cité céleste et l’édification de la cité terrestre, constitutive d’une philosophie résolument médiatrice, que réside l’originalité – mais aussi la complexité – de la démarche maçonnique.

La dimension religieuse de la Franc-maçonnerie : fonction reliante et présence du sacré

4La Franc-maçonnerie, qui se présente comme une société « secrète » ou « discrète », une association « philosophique et philanthropique », ne peut être considérée comme une religion, dans la mesure où elle est ne professe pas de dogme et ne pratique pas de culte. Loin d’inculquer des vérités révélées, elle propose une mise sur la voie (« initium »), un enseignement (au sens originel de « montrer le signe ») via un système de symboles que chaque adepte doit s’efforcer d’interpréter personnellement par un incessant travail herméneutique, et plus profondément une démarche initiatique ancrée dans un rituel.

  • 4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religi (…)
  • 5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, D (…)

5Cependant, la Franc-maçonnerie a affirmé une véritable dimension religieuse dès sa création, en 1717, suite à la fusion de quatre loges londoniennes et à la formation de la Grande Loge Unie d’Angleterre : d’abord en faisant référence à Dieu, et plus tard au Grand Architecte de l’Univers (dont on retrouve le symbole dans les temples maçonniques, à travers le « Delta lumineux » doté de « l’œil qui voit tout »), ensuite en privilégiant la construction d’un lien social, à travers la fameuse « fraternité » maçonnique4. Elle est donc bien ce « laboratoire de reliances » que décrit le sociologue et franc-maçon belge Marcel Bolle de Bal5, s’efforçant de tisser une médiation tant verticale qu’horizontale, en accord avec l’étymologie du mot « religion », issu du latin « religare », signifiant « relier ».

  • 6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octr (…)

6Michel Meslin, en effet, relevant le changement de sens que le mot religion a connu au IVe siècle, sous Constantin et sous Lactance (et qui, après avoir longtemps désigné un ensemble de traditions et de croyances propres à une société humaine, finit par indiquer la vénération que les hommes portent à un Être suprême), souligne fort justement à ce propos : « on aurait tort, je pense, de voir dans ces deux sources étymologiques « une duplicité originaire de la religion » comme l’affirme Jacques Derrida. Je dirais volontiers qu’il s’agit d’un complément de sens : une religion fonde des liens entre des hommes et des femmes qui partagent une même croyance et, en même temps, elle est un lien vertical entre ces humains et le(s) dieu(x) qu’ils vénèrent ».6

  • 7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, (…)
  • 8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

7Plus largement, ce désir de reliance verticale / horizontale, qui se double d’une volonté de conciliation entre le transcendant et l’immanent, le céleste et le terrestre, s’exprime à travers le système symbolique qui soutient toute la démarche maçonnique. Or, la médiation horizontale à laquelle procède la pensée symbolique est évoquée par l’étymologie même du mot « symbole », qui provient du grec « sumbolon », lui-même lié au verbe « sumballein » signifiant « réunir, rassembler ». De fait, le symbole désignait initialement une pièce de terre cuite brisée en deux, et destinée à être réunie ultérieurement par des amis, des familles ou leurs descendants lors de retrouvailles. L’aspect social et communicationnel y est clairement manifeste, le symbole étant un signe de reconnaissance, une concrétisation matérielle des rapports de confiance établis, et visant à réparer une séparation. Aussi Régis Debray rapproche-t-il les notions de symbolisation et de fraternisation : « symbolique et fraternel sont synonymes : on ne fraternise pas sans quelque chose à partager, on ne symbolise pas sans unir ce qui était étranger. L’antonyme exact du symbole, en grec, c’est le diable : celui qui sépare. Dia-bolique est tout ce qui divise, sym-bolique est tout ce qui rapproche »7. Parallèlement, le symbole tisse une médiation verticale, réunissant l’idéel et le matériel, puisqu’il est « le message immanent d’une transcendance », ou encore une « reconduction du sensible, du figuré au signifié, mais en plus il est par la nature même du signifié inaccessible, épiphanie, c’est-à-dire apparition, par et dans le signifiant, de l’indicible », ainsi que le souligne Gilbert Durand8.

  • 9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.
  • 10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

8Enfin, la Franc-maçonnerie se rapproche de la religion par les rapports intrinsèques qu’elle entretient avec le sacré9. Les adeptes travaillent dans un espace-temps distinct de celui du monde profane, « de midi à minuit », dans une enceinte réservée à cet effet, appelée « temple ». Comme la plupart des institutions religieuses, d’ailleurs, l’institution maçonnique a élaboré son propre calendrier, qui fonctionne avec 4000 ans d’avance par rapport au calendrier chrétien : ainsi l’année civile 2011 correspond-elle, pour les francs maçons, à l’année maçonnique 6011. Elle possède ses propres mythes (le mythe d’Hiram, notamment), et fonctionne selon des rituels particuliers (Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Écossais Rectifié, Rite Émulation…). Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que le processus initiatique dans lequel s’engage tout franc-maçon est censé aboutir à une « métanoia » ou conversion totale de l’être, comme le note Bruno Etienne10, démarche proche de ceux qui s’engagent en religion.

  • 11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité mé (…)
  • 12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la (…)

9Les recherches menées par l’historien Maurice Agulhon11 peuvent nous éclairer sur la complexité des relations que les loges maçonniques entretiennent vis-à-vis de la sphère religieuse. La loge, en effet, possède un caractère mixte, dans la mesure où elle offre une sacralité qui ne se confond pas toutefois avec celle qu’offre la religion. Agulhon a montré les points communs qui existent, dans la région provençale du XVIIIe siècle, entre les confréries religieuses et les confréries associationnistes, au rang desquelles figure la Franc-maçonnerie : un même esprit d’entraide spirituelle et de fraternité anime ces deux types de structures, au point que nombre de membres de la première catégorie (les notables surtout12) vont déserter progressivement leur institution d’accueil pour intégrer les secondes vers la fin de l’Ancien Régime. Si ce passage des associations religieuses aux associations maçonniques a pu se faire aussi facilement, c’est précisément parce qu’il existe des éléments de continuité entre elles, autant que des éléments de divergence. Agulhon voit dans les loges maçonniques un mouvement de déchristianisation qui conserve néanmoins un sentiment religieux.

La question théiste au cœur des dissensions internes et les rapports conflictuels de la Franc-maçonnerie avec l’Eglise

10En plein siècle des Lumières donc, tandis que nombre de philosophes combattent une foi jugée obscurantiste afin de placer la raison prétendue toute-puissante et éclairante au centre d’un mouvement d’émancipation humaine, la Franc-maçonnerie met la religiosité au cœur de son fonctionnement. A l’issue de leur initiation, les néophytes prêtent serment de garder le silence sur les secrets de leur communauté d’accueil en jurant sur les trois Grandes lumières de la Franc-maçonnerie, qui ne sont autre que l’équerre, le compas et le Volume de la loi sacrée, c’est-à-dire la Bible. James Anderson et Jean Théophile Désaguliers introduisent d’ailleurs la notion de « religion naturelle » dans les célèbres Constitutions, parues en 1723 et qui constituent la charte fondatrice de la Franc-maçonnerie puisqu’elles en fixent l’histoire officielle, les principes et modes de fonctionnement.

  • 13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.
  • 14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.
  • 15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionn (…)

11Mais très vite, cette religiosité va être l’objet de vives dissensions au sein de la jeune institution. Dès le milieu du XVIIIe siècle, une querelle oppose les obédiences, notamment à propos de la place qu’il convient d’accorder à la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme au sein des loges. Certaines d’entre elles sont résolument théistes, d’autres sont simplement déistes, ces deux types d’obédiences formant une branche que l’on pourrait qualifier de traditionnelle. D’autres encore, qui reçoivent la désapprobation de la branche traditionnelle, constituent un courant libéral en acceptant d’initier des agnostiques et des athées13. Cette querelle se transforme en un véritable schisme en 1877 (lorsque le Grand Orient de France, de mouvance libérale, supprime l’obligation pour ses membres de croire en Dieu, puis les références rituelles faites au Grand Architecte de l’Univers14, et se trouve alors ostracisée par la plupart des obédiences anglo-saxonnes d’inspiration traditionnelle), et se poursuit aujourd’hui.15

  • 16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage d (…)

12Ainsi, si la Grande Loge Unie d’Angleterre affirme que les francs-maçons placés sous sa juridiction « doivent croire en un Être Suprême », dans le troisième de ses huit principes de base, remaniés en 1989, les obédiences qui se réfèrent aux Constitutions d’Anderson, adoptent une position plus tolérante, en accord avec le texte du pasteur presbytérien qui déclare : « Bien que dans les temps anciens les maçons étaient tenus dans chaque pays de pratiquer la religion de ce pays, quelle qu’elle fût, il est maintenant considéré plus expédient de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, c’est-à-dire à être hommes de bien et loyaux, ou homme d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer »16. Enfin, une obédience comme le Grand Orient de France stipule dans l’article premier de sa Constitution de 1877 que la Franc-maçonnerie « a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n’exclut personne pour ses croyances ».

  • 17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conf (…)
  • 18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.
  • 19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Pa (…)

13Si les rapports de la Franc-maçonnerie avec la religion sont sources de dissensions internes, la problématique se révèle encore plus complexe si l’on considère les relations qu’entretiennent l’institution maçonnique et l’Église. A partir de 1738, et pendant près de deux siècles, en effet, l’Église condamna la Franc-maçonnerie, allant jusqu’à interdire à ses prêtres l’initiation maçonnique17. Ainsi l’évêque de Marseille, Mgr de Belzunce, grande figure de l’épiscopat français, condamna-t-il sans appel les conventicules maçonniques dans un mandement de 1742, où il fustigea ces « assemblées où sont indifféremment reçus gens de toute nation, de toute religion et de tout État »18. Selon Charles Porset et Cécile Révauger, cette attitude de l’Église catholique serait due à sa crainte d’être concurrencée par une association faisant référence à une religion naturelle, libérée des dogmes, et proche, dans son esprit, de l’idéologie protestante19.

  • 20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Univer (…)
  • 21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de (…)

14La Franc-maçonnerie libérale, à son tour, combattit le cléricalisme dans des pays comme la France à partir des XIXe et XXe siècles, comme le prouve l’affaire des fiches qui éclata avec le général André et la complicité du Grand Orient de France, sous le gouvernement Combes, et visait à éradiquer les tendances conservatrices de l’armée20. Cet attachement au républicanisme fit dire à l’historien et maçonnologue Pierre Chevallier que la Franc-maçonnerie devint « l’Eglise invisible de la République »21. En 1905, enfin, de nombreuses obédiences participèrent à réaliser la séparation de l’Église et de l’État.

Un fort engagement social et politique : les francs-maçons dans la cité terrestre

  • 22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Ga (…)

15Si la question religieuse a préoccupé les francs-maçons dès les débuts de la Franc-maçonnerie, les questions sociales ont aussi été l’objet d’une attention majeure à partir du XVIIIe siècle. Bien avant la Révolution française, l’institution maçonnique affirma le principe d’égalité entre les hommes (représenté symboliquement par cet outil rituel qu’est le « niveau »), ce qui ne manqua d’ailleurs pas de faire scandale sous l’Ancien régime, foncièrement inégalitaire, ainsi que le fait remarquer l’historien Gérard Gayot en s’appuyant sur des témoignages d’époque22. Nombre d’aristocrates, en effet, voyaient d’un mauvais œil ces ateliers où de grands seigneurs abandonnaient le privilège de leur rang en fraternisant avec des roturiers. Cet intérêt pour les problématiques sociopolitiques s’est mué en un véritable engagement dans le siècle, même si cela est surtout vrai pour la Franc-maçonnerie libérale et irrégulière, la Franc-maçonnerie anglo-saxonne, traditionnelle et régulière, restant davantage tournée vers les thématiques spirituelles.

16En France, l’attachement des francs-maçons – majoritairement libéraux à l’exclusion de ceux qui œuvrent au sein de la GLNF – aux lois de la République est attesté depuis très longtemps, et nombre d’entre eux se sont illustrés dans ce sens : Lazare Carnot et Jules Ferry, fervents défenseurs de la laïcité et partisans d’une éducation égalitaire, accessible à tous, Victor Schoelcher, qui réalisa l’abolition de l’esclavage, ou encore Félix Faure, Camille Pelletan, Léon Gambetta, Alexandre Millerand, Guy Mollet, Gaston Doumergue, Paul Ramadier… Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, on compte également des noms aussi célèbres que Winston Churchill, George Washington, Franklin Roosevelt, Théodore Roosevelt et Harry Truman. Au XXe siècle, en France, les francs-maçons ont œuvré dans le sens de la laïcité, défendu le projet de loi sur la contraception, participé à faire voter la loi Veil autorisant l’avortement ou encore la loi abolissant la peine de mort, aux côtés de Robert Badinter. Plus récemment, ils ont contribué au retrait du très controversé fichier Edvige, et tentent de faire progresser la législation autour de l’euthanasie et de la bioéthique, notamment.

  • 23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une m (…)
  • 24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le (…)
  • 25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçon (…)
  • 26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

17L’exemple de la « fraternelle »23 parlementaire, créée en 1947 sous l’impulsion de l’ancien sénateur et député – initié au Grand Orient de France – Henri Caillavet, durant le mandat de Paul Ramadier, est à cet égard significatif24. Les élus du Sénat et de l’Assemblée Nationale, appartenant à diverses obédiences maçonniques, s’y retrouvent pour débattre des dossiers en cours et de diverses questions de société en s’efforçant de dépasser les clivages des partis. Tout cela atteste de la tradition d’engagement dans la cité qui est celle des francs-maçons depuis les origines25, tout du moins en France et en Belgique. Une tradition qui, associée à la fraternité et à l’esprit d’entraide maçonniques, peut d’ailleurs être source de dérives en tous genres26 (comme le prouvent les scandales politico-financiers qui secouèrent la région PACA vers la fin des années 1990, et que le Procureur de la République au Tribunal de Grande instance de Nice, Eric de Montgolfier, s’efforça de combattre), lesquelles font le bonheur des grands hebdomadaires et de leurs marronniers. D’où le préjugé, largement répandu, selon lequel la Franc-maçonnerie se réduirait à n’être qu’un réseau affairiste destiné à servir les intérêts personnels de quelques individus cupides.

Une tentative d’équilibrage : vers la réalisation utopienne des « noces chimiques du ciel et de la terre »…

  • 27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler (…)

18Pour autant, cet engagement politique et social est censé être complémentaire avec le développement spirituel des initiés. La progression des adeptes dans leur quête intérieure, en effet, doit idéalement les amener à transformer leur comportement au sein de la société. Car si le travail de l’initié prend naissance dans l’enceinte sacrée, où s’élabore la réflexion et où se cherche la sagesse, il se prolonge et s’actualise naturellement dans le monde profane, comme en atteste ce passage du Rite Écossais Ancien et Accepté, invitant chaque franc-maçon à « poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». Inversement, l’amélioration de la vie matérielle doit favoriser l’épanouissement personnel des adeptes.27

  • 28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Derv (…)
  • 29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende (…)
  • 30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

19Considérations temporelles et spirituelles sont donc dialectiquement imbriquées, pour la plupart des obédiences francophones, et témoignent de l’influence profonde et durable que la tradition alchimique, qui s’efforçait de réconcilier l’esprit et la matière en opérant les « noces chimiques du ciel et de la terre » par un phénomène de transmutation, possède sur les francs-maçons. Le système ternaire des « frères trois points » (triangle, trois pas de l’Apprenti, trois colonnes baptisées « Sagesse », « Force » et « Beauté », trois Grande Lumières de la Franc-maçonnerie…), n’est d’ailleurs pas sans rappeler les principes de base des alchimistes, qui prétendaient réunir le Soufre igné et le Mercure aqueux via un troisième terme, le Sel. L’analyse que l’initié Edouard Plantagenet effectue au sujet de la conversion maçonnique est nettement imprégnée de cette pratique alchimique, puisqu’il précise que « cette tâche s’accomplit en « spiritualisant la matière » au premier degré de l’Initiation, en « matérialisant l’esprit » au second et, enfin, en unifiant la matière et l’esprit au troisième »28. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la symbolique maçonnique des hauts grades s’inspire également des traditions templière et chevaleresque29, les moines-soldats et membres de ces ordres étant animés par des motivations tant profanes que spirituelles30.

  • 31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.
  • 32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve (…)
  • 33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton (…)

20On peut même percevoir dans la voie maçonnique une ambition utopienne, visant à réaliser la cité céleste sur terre, dans la mesure où elle entreprend de parfaire la condition humaine. Le caractère « protestataire » que Karl Mannheim identifie comme étant au fondement de l’utopie31 (à l’inverse de l’idéologie qu’il décrit comme un outil de conservation du pouvoir aux mains des classes dominantes), en effet, est bien présent dans l’institution maçonnique, qui s’efforce de changer la nature des choses. Il s’exprime notamment à travers l’initiation, qui prétend faire du profane un « nouvel homme » qui renaît après avoir connu une mort symbolique, ou encore à travers la devise maçonnique Ordo ab chao, qui entreprend de faire advenir l’ordre à partir du désordre32. Enfin, on peut aussi en trouver la trace dans le désir de dépasser les clivages idéologiques, religieux et politiques, et d’unir les hommes autour de valeurs communes. La Franc-maçonnerie, en effet, éprise d’universalisme, entend bien offrir à ceux qui se considèrent « citoyens du monde » une institution cosmopolite33, un langage symbolique anté-babélien, capable de transcender les particularismes nationaux. Elle est ce « centre de l’Union » évoqué par les Constitutions d’Anderson, qui permet de réunir par une » véritable amitié, des personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées »…

21Une obédience comme l’Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain, qui rassemble plus de 27 000 membres de par le monde, tente explicitement de concilier approches symboliques et spirituelles d’une part, approches sociales d’autre part, en faisant « plancher » annuellement ses adeptes sur des questions relevant de ces deux thématiques. Très attachée à la laïcité, elle est également tournée vers des considérations proches de celles que les religions développent, certains de ses adeptes s’engageant dans une démarche méliorative que l’on pourrait qualifier de sotériologique.

  • 34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.
  • 35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

22Cette tentative d’équilibrage entre deux postures que les philosophes des Lumières tendaient à considérer comme antinomiques (tradition et modernité, symbolisme et conceptualisme, foi et raison, ésotérisme et exotérisme…), traduit une volonté de ré-enchanter un monde désenchanté – selon l’analyse weberienne – par l’affaiblissement des idéologies transcendantes et des référents métaphysiques, sans toutefois sacrifier aux idées de progrès et de liberté que la société moderne a mises en exergue. Dans certains ateliers du Droit humain34, l’ouverture et la fermeture des travaux par le Vénérable Maître se fait d’ailleurs selon la mention significative suivante : « Au Progrès de l’Humanité et / ou à la Gloire du Grand Architecte de l’univers »… Si la franc-maçonnerie est un idéal, elle se veut donc un idéal incarné. Alain Pozarnik, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, affirme ainsi qu’ « il y a deux plans, deux niveaux de vie, l’homme peut choisir l’un ou l’autre, le matériel ou le spirituel, l’initié s’équilibre entre les deux, il vit à la fois le ciel et la terre »35.

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Notes

1  Roy, Jean-Philippe, « Théisme, déisme, adogmatisme, la Franc-maçonnerie. Une troisième voie pour sortir du clivage autonomie/hétéronomie ? », in La Pensée et les Hommes, n° 66, 2007.

2  Maffesoli, Michel, Eloge de la raison sensible, Paris, Grasset, 1996.

3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religion dans le monde, si nous considérons le terme comme dérivé de « religare », puisqu’elle unit tous les hommes qui lui appartiennent comme des « frères », sans égard à leur race ni à leur foi » (Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu, Paris, Dervy, 2001, p. 72).

5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, Detrad, aVs, 1998.

6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octrobre 2005 : les conditions d’un enseignement du fait religieux dans l’école française, publiés par l’ARELC, Bulletin de liaison, n° 20, 2007.

7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, p. 82.

8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.

10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité méridionale, Paris, Fayard, 1968.

12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la fois pénitents et francs-maçons.

13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.

14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.

15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionnelle, tandis que le Grand Orient de France incarne la mouvance la plus libérale.

16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage de Ferré, Jean, Histoire de la Franc-maçonnerie par les textes (1248-1782), Paris, éditions du Rocher, 2001.

17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conflit, Paris, Desclée de Brouwer, 1998.

18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.

19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Paris, Honoré Champion, 2006.

20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Universitaires, 1989.

21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de la République : 1877-1944 », Paris, Fayard, 1975.

22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Gallimard, 1991 (p. 125, pp. 153-177).

23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une même profession.

24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le divorce par consentement mutuel, l’acharnement thérapeutique, les greffes d’organe ou encore la transsexualité, et participé à la création de la CNIL.

25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçonnerie en Europe, XIXe – XXe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2000.

26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler un chapitre de son ouvrage La Réalité maçonnique « La Franc-maçonnerie, corps spirituel et corps social ».

28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Dervy, 1992.

29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières, Paris, Dervy, 2005.

30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.

32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve encore une fois l’influence de l’alchimie dans la devise maçonnique Ordo ab chao. Les alchimistes, en effet, possédaient une devise assez semblable (Solve et Coagula, qui signifiait que la materia prima dissoute se transformait ensuite en une substance ennoblie et solidifiée), et affirmaient donner naissance à l’Œuvre au Blanc à partir de l’Œuvre au Noir.

33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton à Metternich, Rennes, Ouest-France, 1999.

34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.

35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

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References

Electronic reference

Céline Bryon-Portet, « La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales », Amnis [Online], 11 | 2012, Online since 10 September 2012, connection on 10 November 2019. URL : http://journals.openedition.org/amnis/1676 ; DOI : 10.4000/amnis.1676

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Céline Bryon-Portet

Maître de conférences HDR en Sciences de l’information et de la communication, Université de Toulouse, France, celine.bryonportet@ensiacet.fr

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Le Temps … 7 février, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Temps

Publié le 3 décembre 2016 par Gérard Baudou-Platon

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Le temps

La Déesse Neith ….

(Inscription au fronton du temple de Saïs)

«  Je suis ce qui est, ce qui a été, ce qui sera,

Nul n’a jamais soulevé mon triple voile noir.

Le fruit que j’ai en engendré est le « Soleil » »

Le compagnon de Neith est Oupouaout, l’ouvreur des chemins … Avec Neith nous sommes dans la sphère des « Shemsou-Hor » et dans la mouvance des Grands anciens …

L’apprentie, Noen, dans le Temple du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, Voie Orientale, de sa colonne du septentrion doit tendre l’oreille, ouvrir les yeux, à chercher à comprendre par le cœur, par l’esprit … par la raison … Elle contemple cet espace considéré comme « sacré » … Son chemin parcouru depuis son statut de profane vers une « initiée ayant reçu la lumière » l’a conduit à se confronter à un ensemble de symboles. Chacun d’entre-eux  parle à son cœur et à son âme et éveille en elle une connaissance particulière.

Il est à propos de dire « connaissance » car la « Franc-maçonnerie n’étant pas un système de transmission dogmatique », elle n’érige rien, à partir des messages qu’elle suggère, comme une vérité absolue ou devant être reçu comme telle » … son rôle : la révélation de soi …  le « Connais-toi, toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux » … ainsi la vérité exprimée par chaque Franc-maçon sera la vérité qu’il conçoit en son âme et conscience … Vérité qu’il apportera dans l’Athanor de la loge( ou de l’atelier) afin qu’elle se confronte aux miroirs de ses alter-égaux

L’Apprenti (Terme générique), après un parcours particulier « Profanum », aura été attiré par le « Naos », par la « circulation de la lumière » puis il aura côtoyé une démarche très instructive grâce à l’examen d’un « Compagnonnage particulier : celui de Platon » … un voyage, d’abord intérieur, s’il en est, au sein d’une  ancienne Égypte qui reste, aujourd’hui d’une richesse absolue en ce qui concerne l’accès au « savoir » et à la « connaissance ». Quels autres éléments symboliques lui sont-ils suggérés dans le Temple qu’il côtoie, maintenant ?

Une juste apposition de la lune et du soleil, une Houppe dentelée suggérant 12 fenêtres dans la voute céleste, chacune d’entre-elles évoquant un symbole que tout profane associera à la représentation de l’infini … mais aussi, d’un événement Cosmique qui fut à l’origine de tout …

Voici, donc, deux éléments qui interpellent profondément l’apprenti. Sans doute a-t ‘il raison  car voilà deux symboles qui lui parlent en profondeur et qui désignent, enfin, quelque chose de « vivant » … en un mot le « mouvement » …

L’un apporte la lumière et réchauffe la Terre et son absence détermine la nuit … l’autre rarement  visible le jour trône la nuit … soulignant des phases que le psychisme humain identifie à diverses situations réglant sa vie de façon quasi intime …  L’un rythmant jour-nuit et ensoleillement de toute la nature selon une judicieuse dilution orchestrée par les saisons … l’autre présidant à la germination … Oui, le couple  « Soleil – Lune » nous parlent de Vie et de Cycle … de Cycle de vie … et d’alternance.

Noen sent que la nature est « palpitante », qu’elle pulse, qu’elle construit inéluctablement, qu’elle conduit une création suivant un ordonnancement, manifestement, sans faille …

Voici … qu’apparaît ce qui se succède, ce qui est simultané, ce qui est occurrent, ce qui disparait puis revient. Voici, alors, des séquencements d’événements de toutes natures d’où émerge l’idée d’une  Horloge … le Calendrier et leurs phénomènes récurrents … Les Marées … le pouls humain … le souffle dont on dit qu’il peut être Cardiaque ou Mental …  le rythme social … économique … politique … tout semble alternance …

Tout est mouvement et transformation   quelle en est la cause ? Ou les causes ? …

… Le Temps …

Nécessaire ou inutile …. Présent ou Absent … Réel ou conceptions opportunes …

Le mouvement … Un concept claviculaire pour comprendre la Vie conduit à cette notion partageable par tous les chercheurs du Monde entier qu’ils soient scientifiques ou ésotéristes convaincus … car, en effet lorsque l’on évoque un mouvement il est difficile de ne pas le relier à un rapport « Espace / temps » voilà, un mouvement uniforme puis … un nouveau rapport entre le précédent rapport avec de nouveau le temps … né, par conséquent, l’accélération ou le mouvement uniformément varié sous l’action de forces, de gravitation (concept à l’œuvre dans tous les univers)… ainsi nous vient à l’esprit une nouvelle notion : « l’espace-Temps » … terme définissant les caractéristiques vivantes d’un lieu, partie du monde manifesté qui nous entoure.

Qu’est-ce que le temps ? Si d’aventure il est, assez, simple de définir « l’espace » (ce qui reste à démontrer) parler de la notion de « temps » est d’une grande complexité. Pour l’heure l’apprenti  sentira naturellement qu’il faille, à son stade, faire appel à l’intuition.

La logique humaine nous fait concevoir que la cause d’un phénomène est, forcément, antérieure au phénomène, lui-même. Lorsqu’il se produit il est impossible de revenir en arrière … la flèche du temps a une origine et une seule direction !!! … peut-être, peut-être ?

Pourtant il y a le « temps objectif », le « temps subjectif » … derrière le terme « Temps » émerge une complexité de notions toutes aussi vraies et toutes aussi essentielles … qu’est-ce que : la simultanéité, la succession, la durée, le changement, l’évolution, la répétition, la « synchronicité » chère à notre frère Young … le devenir

Le temps crée, use, détruit, sans jamais reconstruire ce qu’il détruit … il élimine mais il construit … jamais la même chose … enrichit-il ?  Adapte-t’il ? rend t-il adéquat ?

Le temps séquence les phénomènes (actions, réactions, rétroactions, évaluations, adaptations, …), la pensée, l’humanité … quel était le temps des civilisations disparues (le temps de l’Atlantide, le temps de la Mésopotamie, celui de l’Egypte ancienne, d’Alexandre le Grand),  le temps de la chrétienté … celui de Saint Augustin, pas celui des Arabes ni celui des Chinois, le temps du moyen-âge. Il n’est pas le temps du Siècle des Lumières, ni celui du 20ième siècle … celui des ténèbres mais aussi des révolutions industrielles, le temps du 21ième siècle qui n’est pas le temps de la construction des pyramides ni celui des cathédrales … c’est celui du temps raccourci, de la communication, de l’inter-connectivité … celui des réseaux sociaux, de l’événement médiatique immédiat, des technologies mobiles, celui la prolifération mathématique et des espaces multidimensionnels …

Mais alors ce temps, que signifie-t-il ?, y a-t-il un temps absolu ? Un temps relatif ? Existe-t-il, seulement ? Ou est-il tout simplement multiple et associé juste à une configuration … locale ?

Aristote nous explique cela : « Puisque le passé n’est plus, puisque l’avenir n’est pas, encore. Puisque le présent n’existe déjà plus dès qu’il a commencé d’exister comment pourrait-il être … un « être temps » … Bergson, lui fera la distinction entre temps objectif et temps subjectif et dira «  le temps est celui qui est vécu er ressenti par chaque être humain » …

Descartes, Kant professent l’idée que « le temps n’existe que selon l’esprit de l’homme ». Une manière de saisir l’ensemble des événements reposant sur la conscience humaine … l’homme non conscient serait-il, alors, hors temps ?

Mais revenons à Galilée qui nous confirme que « le temps est une valeur quantifiable susceptible de mesurer le mouvement » examinant la chute des corps il comprend, alors que la vitesse acquise est proportionnelle au temps de chute !!!! (Belle démonstration pour dire que le temps appliqué à lui-même nous projette dans un autre monde celui des forces d’attraction ou de gravitation et sa conséquence première : l’accélération des masses)

Newton mais aussi Stephen Hawkins évoquerons la théorie du temps absolu « avec une bonne horloge le temps devient le même pour tous »

Mais il existe un temps objectif … celui des objets célestes (-5000 Chine), celui des Clepsydres (horloge à eau) (-2500 Mésopotamie), celui des sabliers (1300), celui de l’horloge de Huygens qui utilisa le pendule (1656) … puis celui du balancier à spirale (1675) …  l’invention du Chronomètre marine par John Harrison (1761) … les premiers chronographes au 10ième de seconde en 1821 … l’horloge Astronomique, horloge Atomique  … Le temps de cosmologistes … qui détermineront l’origine de toutes existences (13,7 Milliard d’années pour notre univers … 4.5 Milliard d’année pour notre espace solaire et notre planète Terre, 3,5 million d’années pour voir apparaitre un bipède …

Avec Albert Einstein … le temps absolu n’existe pas … il est relatif et se définit dans une notion connue sous ne nom « Espace-Temps » (au moins trois dimensions + une pour simplifier). Il sera, alors, important de signaler le paradoxe des frères jumeaux de Paul Langevin. Pour ce dernier le temps n’est pas le même, lorsqu’il est évalué dans deux espace-temps en mouvement l’un par rapport à l’autre. Une horloge placée dans l’un et l’autre de ces deux espace-temps montrerait que l’une et l’autre se « désynchroniserait » … ce qui implique la valeur du temps dans l’un et dans l’autre des espaces-temps n’est plus la même !!!! (Phénomène parfaitement vérifié pour les satellites dont l’horloge embarquée détermine les résultats du système GPS). Il est, dès lors nécessaire des systèmes permettant la parfaite synchronisation avec notre planète Terre.

Enfin toute la famille des physiciens quantiques, pour les désigner … Planck, Einstein pour une part, De Broglie, Bohr puis Pauli, Heisenberg, Jordan, Dirac … et enfin Schrödinger, Born … tous ayant concouru à  modéliser un monde subtil grâce à la description de « fables » permettant de décrire des réalités physiques expérimentées et évaluées selon des probabilités crédibles et  de dire que le vide interstellaire et atomique est en fait un « plein » (nos ésotéristes nous l’avaient suggéré) un plein d’in-formation circulant à des vitesses qui sont de l’ordre de 20.000 fois la vitesse de la lumière ce qui démontre l’interrelation entre tous les éléments de l’univers, l’intrication de toutes formes de réalité, le principe de non localité, la croyance en la présence de multi-univers mais aussi d’un méta-univers produisant in-formation et processus de création ordonné … allant même à penser que la présence d’un champ A (Champs Akashique ?) pourrait être la référence de tout système d’où peut émerger vie et conscience … Qu’elle lien entre cet Akasha et les sources de l’âme ?  … quel lien entre ce que l’on vient d’écrire et notre capacité à changer le vieil homme que nous sommes ?

physicquanta-ingres

Cette photo, particulièrement symbolique du lien entre l’homme et le cosmos, a été tirée du blog dont je mets, ci-dessous, le lien …

https://allevents.in/neuchatel/physique-quantique-et-loi-de-l’attraction/1134548449936857

Ainsi pour l’apprenti … lorsque le moment est venu … lorsqu’il se trouve sur les parvis … il accomplit le passage d’un monde profane vers un monde sacré … l’un semble mettre en œuvre de multiple façons d’évaluer les dimensions temporelles qui y sont attachées. Dans le temple d’autres dimensions temporelles se font, dès lors, jour … elles ont trait aux dimensions profondes qui construisent toute vie, toute création, au travers d’un souffle qu’il faudra sans doute découvrir. Dans tous les cas, son corps, son esprit, du fait de l’incarnation qu’il expérimente, ici et maintenant, devra prendre en compte ces deux espaces … son temple intérieur & son temple extérieur.

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, Voie Orientale notamment, est un Rite dont la vocation est, dès le degré d’Apprenti, d’apprendre à intégrer de nombreux champs ou plans de réflexion … Symbolisme, Philosophie surement mais aussi Physique, Mathématique, Métaphysique, Hermétique … ainsi l’apprenti souhaitera devenir Compagnon car l’apprentissage des Arts Royaux lui sera d’un grand secours pour … entrer en lui-même … et intégrer tous les temps qui structurent sa propre vie.

Faire mourir le vieil homme qui est en nous pour se régénérer en Homme réalisé c’est-à-dire devenir un être conforme et incarnant en tout point l’harmonie universelle des forces primordiales

Noen, a appris que l’espace est remplit de l’Energie, de Matière … mais le Temps. Si la vie est Mouvement alors l’espace a besoin de Temps ……. le « Temps » … est-il discontinu ?, est-il linéaire ?, est-il cyclique ? Est-il relatif ? Est-il uniforme ?…

Notre Sœur Noen se rappelle de ses premiers cours de physique … lorsque relation était faite entre Espace et Temps

Dès lors le facteur « temps » est de la plus haute importance à la fois sur le plan des différentes sciences dites objectives mais aussi sur le plan de l’organisation des sociétés (lorsque le temps des changements technologiques, des systèmies organisationnelles et même de l’évolution des savoirs ne sont plus en symbiose avec le temps individuel, intérieur du monde vivant et notamment de l’homme)

Que nous disent les anciens ?

Qu’Il existe des enseignements issus des Egyptiens et datant du 1ier siècle, connu sous le nom de « Corpus Herméticum » … il exprime le fondement d’un système de croyances qui voyait une connexion entre le cycle des étoiles, celui des hommes et des choses terrestres …  « Dieu organisa le Zodiaque en accord avec le cycle de la nature  …. Et conçut une machine secrète (le Système Stellaire)  associé au destin infaillible et inévitable auquel tout, dans la vie des hommes, de leur naissance à leur destruction finale, sera nécessairement soumis … et tout autre chose, sur Terre, dépendra également du fonctionnement de cette machine »

L’égyptologue Richard Wilkinson explique que jusqu’à des temps forts reculés trois grands thèmes : la structure cosmique originelle, la fonction cosmique dans le présent et la régénération cosmique … pouvaient être considérés comme récurrents  dans le symbolisme des Temples Egyptiens ….

Rundle Clark précise que tous les rituels et les fêtes pharaonique de l’Ancienne Egypte étaient « la répétition d’un évènement ayant eu lieu au commencement des Temps »  ….. « Les principes fondamentaux de la vie, de la nature et la société avaient été déterminés par des Dieux depuis longtemps, avant l’établissement de la Royauté … cette période, appelée Zep-Tepi « les premiers Temps » dura du moment où « le grand Dieu » fit son premier mouvement dans les eaux primitives jusqu’à l’intronisation d’Horus et la Rédemption d’Osiris … tous les mythes authentiques relatent des évènements de cette époque » …  (Jubilée Heb-Sed …. Le Zep-Tepi Heb-Sed ou le Hed-Sed des premiers temps  … Zep-Tepi Wahen Hed-Sed ou la répétition du Hed-Sed des premiers temps)

Ces fêtes Hed-Sed consacraient « Pharaon » apte à faire corrélation entre Ciel & Terre afin d’assurer Fertilité, Santé et Richesse

Ces fêtes étaient en relation avec ce que l’on appelle le « Cycle Sothiaque »  …. Pharaon suivait, alors, le trajet du Dieu Soleil Rê-Horakhty (Horus de l’Horizon)

Le cyclique sothiaque correspond au temps qu’il faut pour  que le temps présent  revienne à l’identique lorsque l’on compte la longueur d’une année en 365 jours … alors que manifestement la révolution solaire telle qu’elle est calculée est de 365 jour 2422

En effet si l’on considère que le Soleil fait une révolution en 365 jours ¼ (soit 0,25 jour en plus)  … l’on constatera, si nous ne prenons en  compte que 365 jours, qu’il nous faudra 365/0,25 soit 1460 ans pour « resynchroniser » les deux calendriers … année civile & année Sothiaque ##

Le Cycle Sothiaque concerne le lever héliaque de Sirius à l’Horizon … si cet évènement fût constaté en l’an 139 ap JC … alors le Zep-Tepi devrait avoir eu lieu (139 -1460) 1321 Av JC …. Ou 2781 av JC …. Ou 4241 av JC … 5701 av JC …. … … 11541 av Jc

Ainsi une fois tous les 1460 des super Jubilé étaient célébré « le retour du Phénix »   … les premiers temps » pourraient bien être à cet âge d’0r ou pour la première fois l’homme aurait vu Sirius pointer à l’Horizon … dans le livre « le Code Secret des Pyramides » (Robert Bauval) un chercheur utilisa le calculateur Starrynight qui utilisait un logiciel astronomique ultra performant dans la  reconstruction du ciel cosmique en fonction d’une date donnée) et proposa que cet évènement aurait eu lieu en 11.541 avant JC !!!

« A ce moment Sirius émergeait au Sud de l’Egypte …. Un observateur tourné vers  l’Est aurait vu, simultanément,  le lever d’une autre légendaire constellation  …  l’astronome Nancy Hathaway décrit ce moment avec lyrisme « la constellation du Lyon ressemble à un animal dont elle porte le nom … un triangle d’étoiles trace le contour de la patte arrière …. L’avant de la constellation comme un point d’interrogation géant retourné, profile la tête, la crinière et les pattes avant … au pied du point d’interrogation de se trouve « Regulus », le cœur du lion » »

Sur le plateau de Guizeh  il existe un Lion tourné vers l’Est que l’on nomme le Grand Sphinx …. Entre ses pattes se tient une grosse pierre couverte d’inscription dont celle-ci «  ceci est le lieu Splendide du Premier Temps » …. (Message ésotérique du Sphinx selon Etienne Guillé : Savoir, Vouloir, Oser, se taire)

En 11541 ans avant JC  … la voie lactée se trouvait, alors, dans l’axe du Nil …. « Ainsi les eaux d’en haut (la voie Lactée) fécondait les eaux d’en bas (le Nil) » …. Et notre rituel ajoute « en la même mystérieuse saison » … en ce temps, Sirius, le Phenix-Bennu s’était sphynx-04posé et avais mis en marche le « Temps »

Les Egyptiens de 2781 avant JC  (date du Retour de Sirius …  la réapparition du Phénix) fut le départ de la construction du complexe pyramidal de Guizèh et de l’implantation des Temples  … cette disposition représentait dans son intégralité la cosmologie, le renouveau cosmique et l’autorité cosmique qui affectait les Egyptiens … les prêtres d’Héliopolis se mirent à mettre en œuvre l’aménagement de la région de Memphis et d’Héliopolis

Mais une autre forme de Temps peut être pointée par la raison : c’est le grand cycle Solaire … comme le cycle Sothiaque il est déterminé par le fait que une révolution solaire se fait en 365 jours et 0,2422 ou pour simplifier 0,243 jours … ainsi basée sur une année de 365 jours  … le dit Cycle se régénère tous les 365/0,243 soit 1506 ans  … ce sera le retour du jour de l’an au Solstice d’été …  ce Cycle se nomme « le Grand Cycle Solaire »

Enfin le « symbole solaire » de notre Temple (et le luminaire du tous les mondes vivants) nous invite, toujours, en relation avec notre planète « Gaia » (Note Terre-mère) à prendre en compte une autre notion …. La « précession des équinoxes »  qui fut bien comprise par les Egyptiens …. En témoigne la construction de temples de Satis bâtis en Eléphantine, les temples d’Horus construit sur la colline de Thot … les Temples d’Isis à Dendérath … ce cycle est de 25.960 ans … ce cycle sera nommé « la grande Année »

Précisons un peu :

S’agissant de la Grande Année … pour simplifier nous dirons que la précession des équinoxes fait croiser la route du soleil avec l’équateur de la Terre (« point vernal »)  … terre_axe04avec un recul de 1° tous les 72 ans dans le champ Zodiacal …. Ainsi faudrait-il  (72 ans * 30 soit 2160 ans) pour reculer d’un signe …. Pour l’exemple, selon les données astronomiques,  l’Ere du poisson aurait débutée  en -130 Av JC … et verrait sa fin en 2030 Ap JC  …. Là commencerai l’ère du verseau !!!  ….

Il conviendra de noter que l’Ere du Poisson, nommée « ère de César » …. A vue épopée Christique se développer  sous le symbole même du Poisson : l’évangéliste Luc en sera témoin et porteur du symbole  …

Pour parcourir l’écliptique dans sa totalité, c’est à dire les douze constellations, le temps serait de 2160 * 12 soit 25920 ans

Profitons d’en être à ce point pour compléter une définition naturelle du découpage temporel de notre espace Terre. De façon classique que cela soit dans l’hémisphère Sud comme au Nord au niveau du +- 45° parallèle lorsque le Soleil passe au point Vernal, il déterminera un point « Zéro » pour nos saisons … entre le 19 et le 21 Mars ce sera, pour l’hémisphère Nord le « Printemps » (en 2016 le 30/03/ à très exactement 5H30’11’’) … puis l’Eté … Puis l’Automne … enfin l’Hiver … (et l’inverse pour l‘hémisphère Sud) Il n’y a pas lieu de préciser plus mais il nous sera facile de comprendre que les énergies et la lumière associées à ces saisons orchestreront la magnificence de la création sur notre Planète Terre

De même rappelons qu’un autre effet et non des moindres !!! sera mis en œuvre par un autre Symbole : « La Lune » … avec son cycle de 28 jours en moyenne … au moment de l’équinoxe de printemps 2016 … la pleine lune était le 23/03 …

Sur le plan astronomique :

Là, encore, inutile de préciser, ici, toutes les conséquences tant elles sont nombreuses sur notre environnement et même en médecine !!!

Voilà la magie des Cycle … mais revenons, quelques instants, à l’ancienne Egypte … lors de l’écoulement d’une année le fait important  sera la crue du Nil …  de cet événement s’amorcera le début de la nouvelle année ….   Moment de la fécondation  du Nil par les eaux d’en haut …. et sa conséquence bienfaisante … la crue du Nil charriant les limons nécessaires pour la nourriture des hommes et des animaux

La montée des eaux commençait fin juin (21 Juin) … et se terminait fin Septembre..

… en l’an 2781 av JC  qui était un nouveau début du Cycle Sothiaque soit une image des « premier temps » Sirius avait disparu 70 jours avant … le 21 Juin, jour du Solstice d’été  … il réapparait, juste avant le lever du Soleil  … les astronomes égyptiens n’ont pas pu s’empêcher de remarquer une triple coïncidence : Levé héliaque de  Sirius dans la constellation du Lion, Solstice d’été, le début de la saison de la crue du Nil  …. Ainsi les Egyptiens voyaient dans les mystérieux 70 jours qui précédaient la renaissance du Nil une période de transformation magique du « Douat souterrain » menant de la mort à la renaissance  ….

Ainsi s’établissait la première saison : « Akhet »  (Inondation)  … Comprenant 4 mois  (Thot, Phaopi, Athyr, Choiak) … puis la saison « Peret » (émergence) comprenant 4 mois aussi (Tybi, Méchir, Phamenoth, Pharmaouti) …. Enfin la saison « Shemou » de 4 mois également (Pachons, Payni, Epiphi, Mesori)

Suivaient … les jours épagomènes ….  – le jour d’Osiris  – d’Horus, – de Seth,  – d’Isis, – de Nephtys, …  la crue du Nil … le jour suivant ce sera le premier  jour du mois de Thot … en ce temps-là cela devait être le 19 juillet

Dès maintenant l’Apprenti notera que toutes ces « intuitions » sur la notion de temps seront présentes partout, dans toutes les civilisations, dans toutes les religions, dans toutes les sensibilités initiatiques, mais aussi dans tous les calendriers profanes !!!!

Concernant notre Ordre, l’OIAPMM, notre Calendrier a retenu le décodage scientifique du symbole …. crue du Nil le 19 juillet …. Adombrement de Terres de Memphis après la gestation du Nil  – 29 Aout (+ 40 jours) …. Retrait des eaux le 30 Septembre

Dans ce cas : Les jours épagomènes que nous avons retenus ….  – 24 Aout :: Osiris  – 25 Aout :: Horus, – 26 Aout :: Seth, – 27 Aout Isis, – 28 Aout Nephthys, … puis Le 29 Aout la Maturation/Accouchement du Nil  … le 29 Aout, ce sera le premier  jour du mois de Thot …

Les deux Calendriers sont, pourtant, éminemment intéressants sur le plan symbolique … :

Les Anciens égyptiens ne semblaient pas vouloir établir une chronologie de référence et laissaient de côté la chasse au temps qui nous préoccupe tant, aujourd’hui.  Seuls les cycles les intéressaient puisqu’ils rythmaient à ceux-ci leurs vies et leur richesse …. L’alpha et l’Omega du temps leur étaient indifférents … Tout était au temps de l’an 000.000.000 de la Véritable Lumière  … c’est-à-dire un temps de l’indéfinissable « origine du temps »

Une convocation à une tenue du 22 Octobre 2016, par exemple, se traduira au sein de notre rite par le texte suivant :

« J’ai le grand plaisir de vous informer que le 25 du mois de Paophi de la Saison Sha de l’an 000.000.000 de la V...L... soit l’an13.557 du « Zep Tepi » Vous êtes cordialement invités à venir partager nos Travaux Fraternels, en Tenue de Loge dans un lieu empli de Mystères, très éclairé par la Lumière d’Egypte ». Sachant que le Zep-Tepi fut évalué à l’an -11541 … et la nouvelle année commençant le 1ier Jour de Thot soit le 29 Aout dans notre Calendrier.

D’autres sensibilités utilisant notre Rite utiliseront d’autres dates … le choix des « origines » et dès lors significatifs sur le plan initiatique, philosophique, politique ou sociologique … le temps ne « compte » pas seulement, il situe un peuple dans sa référence historique

Au sein de l’année égyptienne, encore des Rythmes (cf. Supra).

Comme nous l’avons déjà évoqué, notre Rite avec ses 90 degrés initiatiques traditionnels doit nous mener vers une condition propice à l’éveil … ainsi dans la recherche d’une définition « du temps » nous avons pu appréhender le fait que rythme cosmique, Rythme terrestre et Rythme du vivant pourraient bien être lié de façon intime. La Médecine Traditionnelle Chinoise en est un exemple. C’est une médecine basée sur la maitrise des énergies, de la matière … et du Chi qui garantit les bons équilibres et les transformations nécessaires à l’entretien de cette vie si fragile dont la durée dépend de notre capacité individuelle à « s’adapter ». Elle nous enseignera que l’année Terrestre verra le siège, pour la biologie humaine, d’un cycle très précis qui conditionnera notre état de santé. En voici le découpage :

Le printemps : du 07/02 au 05/05 … 46 jours avant et 47 jours après notre Équinoxe du 21/03 … en ce temps-là ce sera le règne du « Air » (le Vent)

L’été : du 06/05 au 06/08 … 50 jours avant et 47 jours après notre Solstice d’été (environ 21 juin) … en ce temps-là ce sera le règne du « Feu »  (la Chaleur)

L’Automne : du 07/08 au 06/11 … 47 jours avant et 46 jours après notre Équinoxe du 21/09 … en ce temps-là ce sera le règne du « Eau » (l’Humidité)

L’Hiver : du 07/11 au 06/02 … 47 jours avant et 42 jours après notre Solstice d’été (environ 21 Décembre)… en ce temps-là ce sera le règne du « Terre » (la sècheresse)

En « MTC, Médecine Traditionnelle Chinoise » Santé, source de maladie et traitement seront évalués en référence à ces différents cycles

Maintenant, tenter de placer la création dans une histoire cosmique nous amènera, encore pour l’exemple, à méditer sur le déroulement de l’œuvre cosmique selon les années divines svastika-001-gris(hindou) … selon une source …  un jour de Brahma (le Kalpa) comprend 14 manvantaras  …. Un Manvantara (nous sommes dans la 7ième) est composé de 64.800 ans  … Ces 64800 ans ordonnées selon la relation mythique  4,3,2,1  ….

4/10 de 64.800 * 4 …. 25.900 ans c’est le Krita – Yuga ou « Sattwas » … l’âge D’or

3/10 de 64.800 * 3 …. 19.440 ans c’est le Treta –Yuga ou « Rajas » … l’âge d’Argent

2/10 de 64.800 * 2 …. 12.960 ans c’est le dwapara-Yuga ou « Tamas » … l’âge d’Airain

12.960 ans ce sera la grande Année selon des Grecs et les Perses

1/10 de 64.800 …. 6480 ans c’est Kali-Yuga ou « Tamas » …. L’âge de Fer  …

Il sera aisé de constater que un Manvantara contient 5 Grandes années Grecques et Perses  (12.960 * 5 = 64.800) … dans ce cas, si la fin du cycle est en 2030 …

Du point de chronologique, il y concordance quasi parfaite avec les récits de « Platon » figurant dans le « Timée et de Critias » …

La fin de l’ère du Kali-Yuga (âge de fer prévu en 2030 (une différence de 40 ans avec ce qui est écrit supra)) où il était prévu par les anciens un temps chaotique et de grandes catastrophes …

Qu’en pensons-nous ?  

Voilà sans doute une belle démonstration de synchronisation des évènements sur notre planète … d’autres synchronisations sont proposées par l’histoire, plus conforme à des textes de grands initiés …

Tout d’abord « Samain » le 01 Novembre : « Cette heure n’est pas une période de l’année car il n’y plus d’année. La vieille année celtique s’achève, la nouvelle année commence. A Samain le Temps n’existe plus »

Ensuite « Alban Arthan » le 21 Décembre qui correspond au Solstice d’Hiver … « Par les Noms Sacrés de Lugh et de Koridwenn, Emanations Supérieures de l’Incréé, en vertu des liens existant entre vos Intelligences et le Tribann, nous nous inclinons respectueusement devant vous. Nous sommes au Solstice d’Hiver de l’Année des Humains. Nous sommes rassemblés Ici et Maintenant… afin de célébrer la Renaissance des Forces vives de la Terre – qui vient à nouveau de s’éveiller sous le Feu du Jeune Soleil. »

Puis, « Imbolc » le premier février … « Il est vrai que depuis la Nuit-Heureuse de la Fête du Gui qui marque le Solstice d’Hiver, tandis que les semences pointent leurs germes dans le sein de la tiède glèbe ; que la sève reprend avec lenteur son ascension dans le tronc des arbres et les tiges des plantes…le Jour grignotant la Nuit, a préparé la solennité de IMBOLC que nous célébrons ce soir. Et de cette Nuit-Heureuse jusqu’à celle triomphale de Lughnasad, le Char de Belen conduit par Berc’Hed va illuminer de plus en plus durablement le Ciel et la Terre… »

Suit, « AlBan Eiler » le 21 Mars soit vers l’équinoxe de printemps … « L’œuf d’Or est Equilibre entre les Forces Solaires et les Forces Lunaires ; équilibre entre la Vie et la Mort par le Souffle de Vie du dragon, le Grand Serpent-Vert. Cette Harmonie jaillit de GWENVED en cette saison des Semailles … »

Suit, encore, « Beltaine » le premier Mai … « Nous venons d’assister à la Danse de l’Arbre de Mai effectuée sur la Musique des Druides : le «Jabadao».  Danse et Musique sacrées qui nous mettent en relation avec le Cosmos, et se faisaient à l’origine dans une clairière dès la minuit passée, face au ciel étoilé. Les Anciens d’Hyperborée rendaient ainsi grâce aux Etoiles qui tournoyaient autour de l’Axe du Monde Celtique = la POLAIRE, faisant partie des deux OURSES, la Petite et la Grande. C’est pourquoi également le Roi Mythique s’appelait  ARTUS (l’OURS). Ce puissant Symbolisme est toujours vivace de nos jours, et nous nous devons de le connaître au mieux.… »

Vient, « Alban Efin » le 21 Juin … près du Solstice d’été … « Nous sommes au Solstice  d’Eté,  Fête du Feu Nouveau, du Feu Purificateur. Nous sommes assemblés ici pour célébrer la Renaissance de la Nature, de notre Terre-Mère, en ce Jour le plus long, en cette Nuit la plus courte.… »

Puis « Lughnasad » le premier Aout … « Voici venu le Temps de la première Moisson. Les fruits mûrs tombent, les blés dorés seront fauchés et battus, le foin sera étalé pour sécher. C’est le moment où Gwion Bach fut avalé sous forme de graine ; c’est le moment où il est entré dans le noir de la Matrice du Monde. »

Enfin, « Alban Elfed » le 21 Septembre ou près de l’Equinoxe d’Automne … « Enfants de la Terre, les Portes de la Nuit sont ouvertes. Effectuons nos provisions de nourriture pour nos survies ; effectuons nos provisions d’énergie pour nos esprits ; effectuons nos provisions d’amour pour nos cœurs. Attendons dans la Paix, le Printemps »

Qui fut imposé par la Convention, le 5 Octobre 1793. Ce calendrier part du 22 Septembre 1792. Il est structuré de la façon suivante. 12 Mois de 30 Jours (soit 360 jours) … et 5 Jours calendrier-revolutionnaire-allegorieparticuliers, «  les sans-culottides » correspondant à des valeurs Républicaines foncières : « Vertu », « Génie », « Travail », « Opinions », « Récompenses » …. Et enfin 1 journée supplémentaire tous les 4 ans … ce sera la « fête de la révolution ». Ainsi le Printemps sera composé du mois de Germinal (Germinations), de Floréal (Fleurs), Prairial (Prairies) … l’Eté du mois de Messidor (Moissons), Thermidor (Chaleur), Fructidor (Fruits) … l’Automne avec les mois de Vendémiaire (Vendanges), Brumaire (Brouillards), Frimaire (Frimas) … et enfin l’Hiver et ses mois de Nivôse (Neiges), Pluviôse (Pluies), Ventôse (Vents)

cyclesvie-humain-001En haut le monde cosmique et ses influences planétaires … au centre des pulsations cardiaques … mystère des mystères où la matière s’anime et déclenche rythme et souffle … en dessous des biorythmes qui symbolisent un rythme interne qui semble contrôler les divers processus de toute biologie …

 

Selon les Grecs la vie de l’homme serait liée au nombre 7 et chaque « septénaire » fait l’objet d’un bilan « de pertes et d’acquisitions » … citons « Solon »

« Sept. L’enfant perd ses dents et d’autres les remplacent, et son esprit s’accroit

Sept, encore se passent et son corps florissant se prépare à l’amour.

Trois fois Sept, sa vigueur va grandissant, toujours, et sur sa fraiche joue un blond duvet se lève,

Sept, encore, il est mur pour les travaux du glaive. Son esprit et son corps sont tous deux accomplis.

Cinq fois Sept, il est temps que vers de justes lits, il tourne sa pensée et choisisse une femme.

Six fois Sept : il a su, enrichissant son âme, vivre, penser, combattre, obtenir, s’efforcer, et s’il le fallait, sans deuil il pourrait renoncer aux biens trop éloignés, au but peu accessible, content, dorénavant, de jouir du possible.

Sept fois Sept et huit fois Sept : il se connait soi-même,

Neuf fois sept : tout en lui a gardé sa fierté, mais sa voix au Conseil est désormais moins sûre. Il sent diminuer sa vieille autorité …

Dix fois Sept : de la vie il a pris sa mesure … il va pouvoir dormir avec sérénité »

Bien sûr nous laisserons Solon à sa limite de 70 ans … l’auteur de cette planche l’ayant franchi … Il peut, encore, certifier qu’en bon maçon il n’aspire point au repos !!!!

Pamela Levin, décrit, elle, les « cycles de l’identité » qui s’expriment par Six étapes de croissance et de développement  jusque à l’âge de 19 ans. De la naissance à 6 mois : exister … de 5 à 18 mois : Faire … de 18 mois à 3 ans : Penser … de 3 à 6 ans : découvrir son identité … de 6 à 12 ans : Acquisition des compétences, pouvoir de réussir, se structurer … de 13 à 19 ans environ : donner une unité à sa personnalité, se socialiser ….

Conclusion … provisoire … provisoire !!!

Dès lors, pour l’apprenti un nouveau monde apparait, multiple, diverse, kaléidoscopique, multiforme et sans cesse en transformation sous l’injonction de multiple cycles de vie … des mondes dans des mondes, les espaces-temps encapsulés, interpénétrés … et lui abritant cette multitude ….

Il devra comprendre cela … et même vivre cela … car de cela est-il fait … « Compagnon » il devra pénétrer ces lieux car c’est, sans doute là que se situe … la réalité de son être …

J’ai buriné avec passion

Gérard Baudou-Platon

 

Clin d’Oeil

Le temps et le labyrinthe :

Tiré de Mr René Lachaud …

Il existait dans le Fayoun, au pied de la Pyramide d’Hawara, un gigantesque Temple funéraire à étages  … les voyageurs de l’antiquité disaient que celui qui pénétrait dans ce hawaraTemple ne pouvait en sortir que grâce à l’aide des Prêtres … d’où son qualificatif de labyrinthe … Aujourd’hui ce temple est devenu invisible « à l’épreuve du temps » qui passe inexorablement … pourtant il est présent dans la mémoire … il est donc vivant au-delà de tout matérialité … il niche dans le cerveau au mille circonvolutions labyrinthiques … voyager en Egypte et en explorer les arcanes c’est accomplir une formidable exploration de la mémoire de l’humanité …. Et par conséquent l’histoire de notre propre mémoire …  en progressant dans ce pays on a l’impression très nette de se déplacer dans un espace-temps qui échapperait  à toutes les limitations … et mieux cerner « l’éternité » …

Le livre des morts Egyptiens :

« Je suis l’enfant d’hier qui marche sur le chemin de demain » ….

Mémoire vivace de « Kemet » … plongeant ses racines dans le terreau de notre devenir ….

Et de continuer en écrivant : « Le royaume d’Egypte … échappe aux conditionnements humains … agit comme un révélateur de ce que nous sommes réellement …

Isis retrouve Osiris,

Thot devient Frère avec Seth

Horus affronte encore ses limitations ..

Il existe en soi, un royaume blasonné par le Lys, le Papyrus, le vautour et le Cobra, le roseau et l’Abeille …

« Celui qui n’a pas expérimenté sais peu,

Celui qui a expérimenté a cru en sagesse,

Laisse le voyageur s’instruire encore » »

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ 11 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (1ère partie)

imhotep 

Imhotep (« Ἰμούθης » en grec) dont le nom signifie « celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l’Égypte antique.

 

Ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser (aujourd’hui au Musée du Caire), il est présenté comme « Le chancelier du roi de Basse-Égypte, le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur ».

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep apporte à l’Égypte quelques innovations :

- l’historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture ;

- il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau (« demeure d’éternité ») du roi.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical, le papyrus Ebers (même si le document a été probablement rédigé vers -1700 avec des écrits complémentaires de plusieurs médecins).

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques.

En 2017, la momie de l’un de ses disciples, Nespamedou, est radiographiée et son visage reconstitué.

Le Grand Prêtre IMHOTEP inventa la formule chimique il y a 5000 ans permettant de réaliser des vases en pierre (un aggloméré).

Il fût le concepteur et constructeur de la première pyramide de l’histoire : la pyramide à degrés de SAQQARAH. La première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu a une organisation fermée de prêtres appelés l’Ecole des Mystères « de l’œil de Horus », les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

IMHOTEP dont le nom signifie « le sage qui vient dans la paix » occupe une place particulière dans l’Histoire. Il était vénéré en Egypte pendant 3000 ans, c’est-à-dire de sa propre vie pendant le règne du Roi DJOSER jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son Père était l’Architecte royal KANOFER, sa Mère KHREDUONKH, une noble héréditaire.

A un âge très jeune, IMHOTEP entra en prêtrise et commença à vivre au Temple d’ ANNU sur les rivages du Nil. Ce temple était un centre de la science et de la religion avec une grande bibliothèque. Là, IMHOTEP apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

IMHOTEP laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus (le caducée, symbole actuel des médecins, représentant Hermès dans la mythologie grecque).

La légende indique qu’IMHOTEP divisa les cieux en secteurs de 30°, connus aujourd’hui comme les zones du zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prête scientifique comme IMHOTEP pouvait faire des vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et, la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’Eternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à THOTH, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé HERMES TRIMEGISTUS, trois fois le Grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Vous avez toujours été fascinés par la civilisation de l’Égypte antique. Et votre esprit s’évade dans votre imagination dès que l’on vous parle de la mythologie égyptienne.

Les mots Karma et réincarnation vous interpellent, et vous ressentez profondément en vous l’utilité d’une démarche spirituelle dans votre vie.

Vous recherchez l’éveil de votre conscience à travers un enseignement ésotérique et surtout pratique.

Alors je vous propose un atelier de deux jours, avec les plus grands secrets de la pratique spirituelle et quotidienne de l’école des mystères de l’œil d’Horus.

Je m’appelle Didier Boulay et, depuis plus de 25, j’étudie les traditions ésotérique du monde entier, et grâce à plusieurs enseignements et à mes propres recherches, j’ai fini par redécouvrir et transmettre des outils énergétiques et spirituelles liés à l’ancienne civilisation égyptienne.

J’ai appelé cet atelier « Les Secrets d’Imhotep «.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix », et il est le personnage emblématique de l’Égypte antique.

Grand vizir du pharaon Djéser, architecte, concepteur de la plus ancienne pyramide à degrés du monde : Saqqarah.

Médecin, reconnu comme le plus grand guérisseur de son époque, on lui doit le Caducée encore utilisé de nos jours comme symbole de la Médecine.

Il utilisait le Caducée, un bâton entouré de deux serpents garni de sept pierres, pour sentir dans quels Chakras étaient installés les déséquilibres et il envoyait de l’énergie dans l’aura pour rééquilibrer les chakras appropriés.

Il fut appelé Hermès Trismégistus (Le trois fois grand), et Asclépios par les Grecs venus recevoir son enseignement.

Asclépios ou Esculape chez les Romains, était le dieu de la médecine dont les attributs étaient le serpent, le coq, le bâton, la coupe.

Pére de la Médecine, de l’Hermétisme, de la Gnose, inspirateur de la rose croix, des illuminatis et de la franc maçonnerie.

Il fut aussi astronome, astrologue, philosophe, grand prêtre de l’œil d’Horus, il utilisait la géométrie sacrée et consacra sa vie à l’évolution spirituelle de l’humanité à travers ses réalisations et son enseignement.

La médecine dans l’Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu’à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l’époque, était le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin.

Le concept de maladie était différent de la définition moderne :

• en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,

• la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient, œuvre d’agents surnaturels (ennemi disposant d’une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),

• l’enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l’espérer (la pire situation pour un ancien égyptien était d’avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l’origine des connaissances de la médecine égyptienne de l’Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l’Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l’objet de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie, non invasive, la réduction des fractures, disposaient d’une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques.

Bien que les remèdes de l’Égypte antique soient souvent considérés dans la culture moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu’ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation1.

Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic, du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d’ostraca.

Jusqu’au XIXe siècle, les principales sources d’information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l’Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout autre art. » L’historien grec Hérodote s’est rendu en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l’Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l’Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l’Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L’intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits.

Il y avait à la bibliothèque d’Alexandrie une encyclopédie médicale en six volumes dont il n’est resté que le sommaire. Mais l’importance de la pratique médicale était consignée dans une quinzaine de papyri, écrits en langue grecque sacrée. Le plus célèbre et le plus ancien est le papyrus Ebers, écrit durant le Nouvel Empire, regroupant sept cents formules de maladies internes, classées en fonction des organes concernés. Le Papyrus d’Edwin Smith était selon son auteur, une copie du Moyen-Empire du livre d’Imhotep, intitulé le livre secret des médecins, livre d’enseignement exotérique et ésotérique, dont il ne reste que quelques chapitres, notamment sur le cœur mais qui exposait une médecine objective, scientifique basée sur de minutieuses observations et une très bonne connaissance de l’anatomie humaine2.

• les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d’autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :

• le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections3. Il a probablement été écrit vers -1 600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3 000 ans avant notre ère4. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l’auteur du texte du papyrus original et le fondateur de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie),

• le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d’incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions1. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’Antiquité a été correctement interprété. D’autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d’une cérémonie de circoncision, les ostraca médicaux :

en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l’apprenti scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide.

Le coût du papyrus ne permettait pas d’utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satiriques, et encore moins pour apprendre l’écriture hiéroglyphique ;

les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

LES PRÊTRES DE L’ANCIENNE ÉGYPTE

La classe sacerdotale

Tous n’étaient pas des prêtres dans cette « Maison » représentée par le clergé de l’ancienne Égypte, qui vivait dans l’enceinte des temples et de ses annexes, mais beaucoup l’étaient à un titre ou à un autre.

Par « prêtre », il nous faut comprendre tout homme qui s’était mis dans l’état de pureté requis pour approcher le lieu saint, résidence du dieu.

Si le nombre, des « prêtres purifiés » (les ouêbou), était considérable, du chapelain au prêtre s’étageaient des classes, entre lesquelles se répartissaient une foule d’officiants et d’auxiliaires.

Ces classes étaient flottantes et parfois insuffisantes, car diverses catégories servant dans le domaine des temples n’auraient su être systématiquement rattachées à l’une ou à l’autre. C’était le cas des « chanteuses », des « prêtres lecteurs », des « hiérogrammates » (scribes), des « horologues » (annonceurs de l’heure) qui jouaient un rôle très important, dans les offices du culte divin, dans les cérémonies du Jubilé ou lors d’un couronnement.

Aussi, nous adopterons une classification, fondée sur le rôle joué par chaque officiant dans ses fonctions. Les textes ne manquent pas où l’on voit des prêtres de petits sanctuaires cumuler titres sacerdotaux et titres administratifs, passer du domaine du culte au statut de chef des troupeaux, ou bien encore au service du compte des sacs de blé.

L’accession au sacerdoce

Il est difficile de dégager une règle définissant les conditions d’accès aux fonctions sacerdotales pour toutes les époques. Plusieurs filières étaient admises : les droits de l’hérédité — un prêtre pouvait être remplacé par un membre de sa famille — la cooptation, le rachat des charges ; ces filières permettaient en général un recrutement convenable.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que le culte divin rendu dans le temple, quels que soient les droits de fait acquis par les membres du clergé au service du dieu, restait une délégation royale. Le pharaon étant pratiquement le seul ministre des cultes, son autorité pouvait à tout moment intervenir dans les arrangements au sein du clergé.

À d’autres moments, Pharaon — Per-aâ, qui, sous l’ancien Empire signifiait la « Grande Demeure » — prenait la décision de promouvoir un prêtre dont l’activité et les dispositions lui agréaient.

Ce fut le cas du prêtre Nebouây, sous le règne de Thoutmosis III, qui fut élevé au statut de « Premier Grand Prêtre d’Osiris ». « Les dieux m’ont préparé la route, c’est le roi qui m’envoie contempler le dieu dans le Saint des Saints », dit un chapitre du rituel d’intronisation.

• Vers le Nouvel Empire, dans l’enceinte des temples, les femmes eurent la possibilité d’exercer une charge sacerdotale de second rang.

Un clergé féminin, les ouêbouit, fut mis en place lors des cultes.

Des exemples de femmes prêtresses ne manquent pas.

L’institution thébaine consacrait une épouse terrestre au dieu Amon, appelée « la Divine Adoration », Lors de représentations des Mystères religieux, deux jeunes femmes, choisies vierges, jouaient le rôle du cérémonial des déesses Isis et Nephtys.

À partir de la XVII° dynastie, des scènes épigraphiques mettent en évidence ce que des épouses royales eurent des fonctions religieuses et des transmissions de mère à fille.

Ce fut le cas de la reine Hatshepsout pour sa fille Neferouré, et de Néfertari pour sa fille Merytamon. Les chanteuses d’Amon, les hymnodes, se rangeaient parmi les prêtresses, car il convenait que le rythme des mélopées adressées au dieu fût conforme aux traditions d’élocution sacrée.

Les prêtres et l’ensemble des officiants qui assuraient le service du culte au temple fonctionnaient sur une période d’un mois environ. Autrement dit, chaque groupe n’officiait que trois mois par an, chacune de ces périodes étant séparée par un trimestre d’inactivité, tout au moins dans l’enceinte du temple. Le groupe sortant livrait le temple avec son matériel de fonctionnement aux nouveaux arrivants.

Seule la haute prêtrise demeurait en fonction permanente au sein du temple.

La pensée religieuse

La pensée religieuse égyptienne a produit des œuvres qui tournent une à une les pages glorieuses d’un passé plusieurs fois millénaire, ou le désir d’une vie sans fin s’étendait au-delà des formes créées. Le domaine de l’inconnaissable restait à tout moment perceptible dans un autre monde, où les dieux et les morts se fixaient dans une vie dans déclin.

C’était une magie qui agissait comme un régulateur d’énergies spirituelles et matérielles entre le divin et l’homme, parce qu’elle plaçait le sacré comme première valeur.

C’était Pharaon qui, par sa filiation divine (fils d’Amon-Rê), était la clé de voûte ; sur lui reposait le fonctionnement social et religieux du peuple d’Égypte.

Appelé aussi le « Grand Magicien », il rendait le culte divin qui se déroulait chaque jour dans la « Demeure du dieu », ce qui en faisait le « Premier Grand Serviteur » du temple.

• Considéré comme le reposoir terrestre du dieu, le temple était l’image symbolique du « Tertre originel émergé du Noun ».

Et parce qu’il devait être un creuset d’ordre et d’équilibre du monde sous l’influence de Maât, il fallait pour faire fonctionner cette « centrale d’énergie » tout un personnel qui peuplait et semait la vie dans l’ensemble du domaine du temple :

du « Grand Prêtre », haut personnage politique et religieux, aux différentes classes des prêtres et chapelains, des scribes, des fonctionnaires au personnel d’entretien.

À Karnak, au temps de la faveur d’Amon, on pouvait évaluer les membres du clergé attachés aux fonctions sacerdotales à plus d’un millier, sans compter les autres personnels affectés à la gestion du domaine économique du temple.

Le statut de prêtre

L’Égypte (Kemet), un pays immuable aux lignes toujours semblables : un soleil jamais voilé, un fleuve qui chaque année s’enfle pour fertiliser ses rives, un désert ocre, qui s’étend comme une entité de puissance et de silence. Mais encore, des voiles blanches de felouques glissant tel un ibis, qui, ailes étendues, trace dans le ciel les signes sacrés du dieu Thot et encore des fellahin qui, en buvant le karkadé, discutent à l’ombre d’une palmeraie, enfin des enfants rieurs qui s’ébattent dans le Nil, les mélopées des femmes qui règlent la vie du village.

Tel fut le cadre où se forma l’âme du peuple égyptien, marquée par une religiosité envers les dieux et le monde, tel qu’il fut créé au premier jour.

Pour maintenir cet équilibre selon le plan défini par les dieux, il fallait un « Législateur » » :

en premier lieu venait Pharaon, suivi du haut clergé avec sa cohorte de prêtres.

Si nous prêtons l’oreille, il nous semble entendre le vieil écrivain et philosophe d’Alexandrie, Porphyre, décrire avec admiration les prêtres des bords du Nil : « Par la contemplation, ils arrivent au respect, à la sécurité de l’âme, par la réflexion à la science, et par les deux, à la pratique de mœurs ésotériques du temps jadis. Être en contact avec l’inspiration divine et la science réprime les passions et stimule la vitalité de l’intelligence. »

De par sa double fonction religieuse et législative, sa Majesté (hemef) était le garant du culte divin qui s’exerçait quotidiennement au temple : aussi l’existence officielle du corps sacerdotal dans sa fonction, reposait en nom et place du souverain régnant. Il assurait sur tout le territoire l’exercice du culte, ainsi que l’ensemble des rituels à l’occasion des grandes cérémonies.

L’action théologique essentielle contribuait à maintenir la présence du dieu sur Terre et à conserver le monde sous la forme où les dieux l’avaient établi au premier matin.

Nous devons nous garder, au travers du terme « prêtre », de les considérer comme les dépositaires d’une « vérité révélée » qui ferait d’eux une catégorie à part de la société, la religion égyptienne n’étant pas une « vérité acceptée ».

En ce sens, ils n’avaient rien de prophètes : à l’exemple des Hébreux, c’étaient des hommes semblables aux autres, et ils ne bénéficiaient d’aucun privilège d’origine divine.

S’ils pouvaient être de riches penseurs ou saints hommes, c’était grâce à l’action de leurs tendances personnelles, et non par une suite obligatoire sacerdotale.

Il faut reconnaître que la prêtrise, ouverte parfois trop largement, pouvait accueillir un recrutement d’hommes sans convictions, peu enclins à la vie spirituelle et à la méditation qui se révélaient à l’ombre des temples ; ainsi l’accès aux charges religieuses fut-il l’enjeu de constantes convoitises.

Les postulants à la prêtrise pouvaient entrer très jeunes dans des collèges où étaient enseignées l’instruction religieuse et les sciences.

Hiérarchie du clergé

Le fonctionnement du corps sacerdotal se trouvait sous la responsabilité d’un haut personnage religieux d’État, appelé le « Grand des Voyants (Our-Maour) de Rê ».

Après Pharaon, c’était lui qui assurait l’office divin au temple ; à son service étaient placés les « prêtres purs » (ouêbou), puis venaient les scribes ; suivait tout un personnel de fonctionnaires et d’auxiliaires qui assuraient et préparaient la bonne marche du temple.

Le « Grand des Voyants » était désigné par Pharaon à la fonction suprême ; il était dans la tradition de faire confirmer sa nomination par un oracle du dieu.

Divinement intronisé, ce haut personnage recevait alors deux anneaux d’or et bâton magique héka, symboles de son autorité spirituelle et de ses pouvoirs, tandis que Pharaon prononçait la phrase traditionnelle : « Te voici, Grand Prêtre du dieu, ses trésors et ses greniers sont sous ton sceau : tu es le premier serviteur de son temple ».

Eu égard à ses fonctions, tant politiques que religieuses, il se trouvait fréquemment écarté de son service quotidien du temple, si bien qu’il déléguait ses devoirs au « prêtre Sem », second serviteur en rang.

Parmi les classes des « prêtres ouêbou », qui pouvaient, suivant l’expression consacrée, « ouvrir les portes du ciel » et contempler le dieu hors du culte quotidien, se formait une élite dans laquelle se recrutaient les plus hauts dignitaires et savants du clergé, à l’exemple d’Imhotep qui fut Grand Prêtre à Héliopolis et choisi par le Pharaon Djoser pour construire à Saqqarah sa « Demeure d’éternité ».

Observances et rites

Pour accomplir les offices divins au temple, les prêtres devaient se purifier se prêtant à des observances et à certains rites, où se rattachait tout un symbolisme.

L’eau était, dans la pensée religieuse des Égyptiens, l’élément initial d’où toute vie était sortie ; celui d’où le dieu Rê, accomplissant son cycle de renaissance, apparaissait à l’aurore pour disparaître au crépuscule, afin de puiser, dans son voyage à travers le monde souterrain d’Osiris, la nouvelle énergie qui allait lui donner un lendemain rajeuni dans sa pureté originelle.

Dans certains bas-reliefs figurent des scènes de purification, où l’eau fraîche s’échappe des aiguières, remplacées parfois par une pluie de petits signes de vie ankh. Le rite d’ablution d’eau fraîche pour le culte divin du matin imprégnait les officiants d’une vie rajeunie et purifiée qui leur permettait d’assurer le rituel du culte.

Une autre forme de purification, à laquelle devaient se soumettre les officiants avant de pénétrer les lieux saints en empruntant l’Adyton, consistait à se laver la bouche avec du natron délayé dans de l’eau.

Autre observance rigoureuse : dépouiller son corps de tout poil et se raser les cheveux. Certains textes précisent que les prêtres devaient s’épiler les cils et les sourcils ; à ces règles, venait s’ajouter la circoncision.

Constituait-elle une des conditions nécessaires ? On ne peut être affirmatif. Néanmoins, des écrits relatent que des novices à la prêtrise ne subissaient ce rituel qu’au moment où ils accédaient officiellement à leur charge.

La vie sacerdotale demandait encore un autre état de pureté : l’abstinence de relations sexuelles durant les périodes de présence et de service au temple.

Les prêtres du temple pouvaient se marier : leurs fonctions ne les contraignaient pas au célibat ; tout au plus devaient-ils se satisfaire d’une épouse.

Cette restriction ne fut pas toujours respectée, puisque le prêtre Phérenptah s’était constitué un véritable harem.

Mais ils devaient être purs lorsqu’ils franchissaient les portes du temple. Sur ce point, les textes sont formels : « Quiconque accède au temple doit être purifié de tout contact féminin par une abstinence de plusieurs jours ».

Le texte d’une statue d’un jeune prêtre donne ce détail : « Je me suis présenté devant le dieu, étant un jeune homme excellent, tandis qu’on m’introduisait dans l’horizon du ciel. Je suis sorti du Noun (l’eau initiale) et je me suis débarrassé de ce qu’il y avait de mauvais en moi ; j’ai ôté mes vêtements et les onguents comme se purifient Horus et Seth. Je me suis avancé sans souillure devant le dieu dans la salle sacrée, plein de crainte devant sa puissance ». Les étapes de purification accordaient la présentation au temple, la vision du dieu, la reconnaissance de quelques secrets que seuls les « prêtres initiés » pouvaient transmettre, ainsi que la communication de formules magiques. Celles-ci permettaient de charmer le ciel, la terre et les eaux, de voir le soleil monter au ciel et en redescendre — Khépri au lever, Rê au zénith, Atoum au coucher — de voir les étoiles en leur forme et la lune se lever, de sentir les pulsations de Noun.

Les prêtres-initiés et les scribes

Cette dalle de grès décorée d’un bas-relief provient du temple dédié à la déesse Hathor construit à Dendérah, au nord de l’actuelle Louxor.

Ce temple fait partie de ces merveilles architecturales que l’Expédition d’Égypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Le zodiaque circulaire ornant le plafond d’une des chapelles situées sur le toit du temple est une représentation de la voûte céleste constituée d’un disque soutenu par quatre femmes, les piliers du ciel, aidées par des génies à tête de faucon.

Sur son pourtour, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.

Puis on trouve des constellations, au nombre desquelles figurent les signes du Zodiaque.

Pour la plupart, leur représentation reste proche de leur désignation. On peut ainsi facilement reconnaître le Bélier, le Taureau, le Scorpion, le Capricorne. D’autres ont une iconographie plus égyptienne tel le Verseau représenté par Hapy.

Dans cette grande « Maison » du clergé vivait une catégorie de prêtres et scribes.

Des documents du Moyen Empire désignent ces prêtres sous le nom de chendjouty, ce qui signifie le « prêtre du pagne ». Ils devaient préparer les objets du culte divin et pourvoir à leur entretien, aux habillements de la statue du dieu, ses parures, ses bijoux, ses parfums et les onguents, apprêter les aiguières pour les ablutions, l’encens pour les fumigations, ainsi que la table des offrandes. Parmi ces prêtres figuraient les intellectuels et les savants de la « Maison de Vie » (Per-Ankh), où se rédigeaient, les livres liturgiques et où s’élaboraient aussi les éléments de la science sacrée.

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (2ème partie)

Hermes-4

À ces institutions appartenaient les scribes et les « hiérogrammates » ; certains d’entre eux étaient prêtres, particulièrement estimés à la cour de Pharaon en raison de leur vaste culture.

Auprès d’eux s’affairaient les « prêtres lecteurs » : porteurs des rouleaux du Livre divin, ils partageaient le renom et la popularité de la « Maison de Vie ».

À l’extérieur du temple, on les retrouvait dans d’autres contextes où ils s’occupaient de médecine et de chimie ; plusieurs recettes de papyrus médicaux sont attribuées à leur science. Ils représentaient pour le peuple égyptien le type même du magicien populaire, dont les légendes étaient racontées par la « femme sage », le soir à la veillée.

À ces « Maisons de Vie » se rattachaient deux ordres de prêtres, les « horologues » et les « horoscopes ».

Les « horologues » ou « prêtres horaires » (ounout) sembleraient avoir été en fait des astronomes, chargés d’approfondir les écrits, établis par les scribes de la « Maison de Vie », relatifs à l’ordonnancement des étoiles fixes, des mouvements de la Lune et des planètes qui errent dans le ciel, les « infatigables » (ikhémou-sek).

Ces prêtres étaient aussi chargés de préciser les jours et heures favorables pour la grande fête d’Opet (la Belle Fête de la vallée), qui se déroulait chaque année. Tout prouve qu’ils étaient parvenus dans la science du ciel à des connaissances avancées pour l’époque.

• Les éclipses Soleil/Lune leur étaient parfaitement connues ; un texte de Thoutmosis III évoque le passage d’un astre lumineux qui, relevant des calculs de nos astronomes modernes, pourrait être la comète d’Halley.

Sur le zodiaque du temple de Dendérah et sur le plafond de la tombe de Senmout, on peut reconnaître la grande Ourse, sous la forme d’une « jambe de bœuf », la constellation d’Orion, représentée par un homme courant et tenant dans sa main une étoile, et Cassiopée, figurée par un personnage bras tendus vers le ciel. Dans une salle du Ramesseum, le « Château des millions d’années » de Ramsès II, existe un magnifique plafond astronomique.

La connaissance du firmament jouait un rôle dans la détermination des points cardinaux, en fonction desquels était édifiée et disposée la « Demeure du dieu ». Toute fondation d’un temple cultuel partait d’observations célestes.

Dans les documents dont nous disposons, tout semble indiquer que l’astrologie, venant très probablement de la Babylonie, fut très employée.

Les traités d’astrologie étaient confiés aux « prêtres horoscopes » ; ceux-ci devaient connaître le calendrier mythologique et établir quels étaient les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne, qui comptait 365 jours.

On a retrouvé des papyrus-calendriers, où chaque jour de l’année était défini comme bon, neutre ou néfaste.

Puis l’idée s’est progressivement infiltrée de lier le destin de chaque individu aux circonstances cosmiques de sa naissance en déterminant les influences des astres qui étaient dominantes à l’heure de sa venue au monde.

Des écrits nous informent que des scribes, instruits dans la science des « apparitions nocturnes » se tenaient à la disposition de ceux qui désiraient connaître la signification de leurs rêves.

Ces scribes se faisaient les interprètes des songes ; eux-mêmes avaient coutume de s’endormir dans une salle du temple, dans l’espoir qu’un rêve prémonitoire pût leur révéler un événement présent à venir. L’histoire nous met en mémoire le rêve de Pharaon, dont Joseph, à la demande du roi, se fera l’interprète.

Des prêtres initiés aux sciences divinatoires étaient requis pour les oracles mis en œuvre pour interroger les dieux, sans omettre les requêtes écrites. Dans un petit temple du Fayoum, on a retrouvé des requêtes adressées au dieu du temple.

À la cour du Pharaon, des « prêtres-précepteurs » étaient recrutés pour instruire les jeunes princes et princesses à leurs futures charges royales et religieuses.

La magie héka

Aux yeux des prêtres, la connaissance de la magie et de ses formules fournissait une puissance quasi-certaine sur les êtres vivants, les dieux et les forces de l’univers.

Le « prêtre-magicien » était un personnage que les événements les plus spectaculaires ne faisaient pas reculer. Un texte lui prête ces paroles : « J’abattrai la terre dans l’abîme de l’eau, le Sud deviendra le Nord, la terre sera bouleversée ».

Dans la pratique, l’action était plus estimable, en ce sens qu’il fallait avant tout protéger l’ordre du monde constamment menacé par des forces perverses.

Il y avait un ciel, il y avait une terre, ils agissaient l’un sur l’autre, imprégnés d’une force spirituelle que les « prêtres-magiciens » appelaient héka (magie).

Si certains sorciers de village utilisaient quelques recettes magiques, seule la « Grande Magie » était révélée à une élite de prêtres et de scribes. « Voilà que je me suis adjoint cette puissance magique en tout lieu où elle se trouve, elle est plus rapide que le lévrier, plus prompte que la lumière », dit le magicien dans le Livre des Morts.

La croyance répandue dans le peuple des fellahin voulait que les maladies fussent envoyées par la terrible déesse Sekhmet ; il fallait donc exorciser le mauvais démon, et personne n’était aussi qualifié pour rédiger une formule magique que le « prêtre-lecteur », versé dans toutes les ressources de la vieille magie.

Et seul le Supérieur des prêtres de Sekhmet avait la compétence pour enrayer la fureur de la déesse lionne.

Un autre prêtre, le hery-tep « celui porte le rituel » était instruit à une forme de magie plus particulière, dite « défensive ».

Cette magie était un don des dieux, que les hery-tep utilisaient contre des procédés d’envoûtement, ou de toute manifestation venant d’un ennemi, et relevant de la protection de Pharaon sur sa personne, de son épouse ou de ses descendants.

Sous la XI° dynastie, un magicien héka, le prêtre Hétépi, fut un personnage très important. Il est écrit que le héka fut donné par le démiurge en tant qu’arme pour agir sur l’effet d’événements survenant dans la vie des hommes, comme détourner l’action néfaste du serpent Apopis « ennemi du dieu Rê », de Seth « le fauteur de troubles », ou de Sekhmet « celle qui a le pouvoir » », ou bien encore Sobek « la mangeuse de l’Occident ».

C’est le héka dans le bâton d’Aaron, qui s’est transformé en serpent protecteur (Menen) et a absorbé le bâton du « prêtre-magicien » de Pharaon. Dans cet acte, Aaron invoquait l’entité héka, pour recevoir d’elle la puissance magique. C’est aussi celui par l’entremise duquel Moïse déclencha les dix plaies d’Égypte, fendit les eaux de la Mer des Roseaux, puis fit jaillir l’eau du rocher en Horeb.

Il serait difficile de passer sous silence ceux qui s’acquittaient des cérémonies funéraires, rangés sous le nom de « prêtres-embaumeurs ».

Dans le clergé, ils occupaient une place très importante ; s’ils étaient pour la plupart indépendants des sanctuaires, ils constituaient une sorte de confrérie sans rapport avec l’office des cultes, dont s’acquittaient les prêtres-ouêbou.

Les « prêtres-embaumeurs » accomplissaient la momification qui se déroulait dans la « Tente de purification » (ouêbet), située en dehors du temple.

Il pratiquaient sur la momie tous les rites régénérateurs qui devaient la transformer en un nouveau corps rajeuni, doté de toutes ses anciennes facultés terrestres qu lui permettaient d’être apte à franchir les sombres régions du serpent Apopis, et de jouir d’une vie sans déclin.

Le rite essentiel pratiqué par l’officiant était l’ouverture de la bouche. Armé de l’herminette nétjerty ou de la baquette magique ouret-hékaopu, il faisait le geste rituel d’écarter les lèvres du défunt, afin de lui rendre le souffle de vie et l’usage de la parole.

Durant cet acte, le « prêtre-lecteur » récitait les litanies du Livre des Respirations.

Les Maisons de Vie

Chaque temple dans son domaine, avec sa raison d’être, la Demeure du dieu sur Terre, possédait une « Maison de Vie » et une bibliothèque.

Il faut constater que les Égyptiens parlaient d’elles sans donner de détails ; c’étaient des institutions encore assez mystérieuses.

D’une façon certaine, nous connaissons leur existence à Memphis, Abydos, Coptos, Esna, Karnak et Tell el-Amarna.

Ces institutions étaient probablement des centres plus ou moins fermés où s’élaborait la science, où les textes étaient étudiés et recopiés par des prêtres et des scribes initiés.

En retranscrivant les vieux manuscrits, en comblant les lacunes, on élaborait les textes sacrés de la théologie et de la liturgie ; on réécrivait à des milliers d’exemplaires des versions de ces œuvres : le Livre des Morts, le Livre des Cavernes, le Livre de la Totalité réunie, le Livre de ce qu’il y a dans la matrice des étoiles, les Litanies de la Demeure d’éternité, les Litanies de Rê qui dévoilent les noms de la Lumière divine, le Livre de la Barque solaire, le Livre de la Vache du Ciel, le Livre des Portes, le Livre de ce qu’il y a dans l’autre monde (l’Amdouat).

On préparait les grimoires magiques, on enseignait l’astronomie, la philosophie, la religion, la médecine, la littérature et les arts.

Quelques-uns des plus beaux textes spirituels ou moraux qui furent retrouvés, sont nés des réflexions et des convictions de scribes et de prêtres obscurs, dont les noms nous restent encore inconnus.

On peut considérer que tout ce qui s’écrivait sur la pierre des temples, sur les parois des tombes, dans les sarcophages, comme tous les textes sur papyrus nécessaires au culte divin, aux cérémonies, les hiéroglyphes décrivant et dévoilant aux initiés ce qui réside dans le Noun, d’où naît toute forme de vie, tous les éléments de la science, de la religion, de la culture, sortaient des « Maisons de Vie ».

Il existait aussi une classe de prêtres plus sélective: les prêtres de la « Demeure d’Or », dans laquelle un art magistral mettait en œuvre le métal précieux considéré comme la « Chair des dieux », dont étaient revêtues les momies royales, où s’opérait l’alliage des métaux pour obtenir l’électrum qui revêtait le pyramidion des obélisques. Là se préparaient les potions magiques, les onguents et les parfums, se réalisait aussi la chimie des pigments servant à la composition des couleurs et s’opérait la reconstitution de pierres précieuses comme le lapis-lazuli, qui servait à l’ornementation des maques funéraires, des amulettes et des bijoux.

Nous pouvons supposer que dans des ateliers, des prêtres-artisans façonnaient les objets sacrés : le diadème seshed où venait se fixer l’Uræus, symbole de protection de la puissance royale ; le collier meânkh, « celui qui donne la vie », l’amulette Oudjat, « qui donne la vie éternelle », tout un art magique qui se pratiquait dans les « Maisons de Vie ».

Conclusion de ce chapitre

En parcourant les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée que, dans ce confluent méditerranéen, l’Égypte pharaonique, fût le berceau d’un souffle porteur d’une vérité fondamentale : le rapport entre les hommes et les dieux est indispensable au maintien de l’harmonie du monde. Cette relation ne pouvait être maintenue que par la célébration des rites cultuels et de la magie héka.

Des savants, des philosophes, des historiens, tels Homère, Platon, Solon, Thalès, Pythagore, Hérodote, ont franchi la mer et se sont rendus dans ces « Écoles de Mystères » pour y recevoir l’enseignement d’une partie de cette science accumulée au cours des millénaires. C’est la que Platon aurait été informé de la légende de l’Atlantide par des prêtres d’Héliopolis. Dans son ouvrage les Aiguptiaka, Manéthon nous donne des informations qui restent une des sources principales de connaissance des mœurs des Égyptiens, Grecs et Romains, passionnés par la science de la religion de cette fabuleuse civilisation, laissèrent des témoignages qui constituent le fonds le plus riche que nous ayons à notre portée pour comprendre l’histoire et la religion de l’Égypte ancienne.

Nous savons aussi par des commentaires de voyageurs grecs qui firent des stages à cette époque en Égypte, que les prêtres et les scribes des « Maisons de Vie » éprouvaient une réticence à divulguer certaines révélations, selon les textes sacrés de la Tradition du passé : « J’ai été initié dans ces Mystères. En vérité je ne le répéterai jamais ce que j’ai entendu. Je ne raconterai à personne ce que j’ai vu ». Livre des Morts

Cette connaissance, relevant de la haute idée qu’ils conçurent de la science, de la religion et de la morale, enseignait le respect de la hiérarchie aux futurs prêtres et fonctionnaires royaux. Les enseignements de Ptahotep, vizir du roi Djedkarê de la V° dynastie, rendus célèbres et utilisés dans les écoles égyptiennes, en sont un témoignage. Des scribes lettrés écrivirent des contes dans le genre des Mille et une Nuits : conte des Deux Frères, conte du naufragé, conte de l’Oasien, conte de Sinouhé, pour ne citer que ceux-là.

Les prêtres de l’Ancienne Égypte étaient-ils des initiés, œuvrant dans les secrets des « Maisons de Vie » où s’élaborait une science: science de l’approchement et l’application (le savoir), science de la réalisation et de l’accomplissement (la connaissance) ?

Nous pouvons reconnaître l’existence d’une élite qui se partageait un savoir et une connaissance.

De ce fait, nous pourrions qualifier cette élite de « cercle d’initiés », dans le sens où ce terme codifiait l’admission à la révélation des mystères de la science de Dieu, de l’univers de l’homme.

Nous sommes en mesure d’affirmer que la mission du corps sacerdotal de l’Ancienne Égypte était de maintenir par la magie du sacré la présence du dieu sur Terre, d’imposer une ligne de conduite permettant d’aspirer à l’immortalité, et également de veiller sur la personne de Pharaon « fils du dieu », garant de l’ordre du monde, tel qu’il fut établi par les dieux (les Netjerou) au commencement de la Création.

L’Égypte était considérée comme la réalité du monde. Pharaon et les prêtres en étaient les magiciens… !

LE GRAND PRÊTRE IMHOTEP A INVENTÉ LA FORMULE CHIMIQUE IL Y A 5000 ANS.

Concepteur et constructeur de la PREMIÈRE PYRAMIDE de l’histoire, la pyramide à degrés à Saqqarah…

Depuis les années 1980, Joseph Davidovits démontre que les pyramides et les temples de l’Ancien Empire égyptien furent construits en calcaire aggloméré, et non pas avec des blocs de calcaire taillés et transportés depuis les carrières.

Ce type de béton de calcaire, avec des coquillages fossilisés, aurait ainsi été moulé ou compacté dans des moules.

Les ouvriers égyptiens ont extrait le matériau dans des carrières de calcaire relativement tendre, puis l’ont désagrégé avec de l’eau, mélangé cette pâte de calcaire à de la chaux et des ingrédients comme l’argile kaolinitique, le limon et le sel natron égyptien (carbonate de sodium) formant des tecto-alumino-silicates (geosynthèse).

La boue de calcaire (incluant les coquillages fossiles) fut transportée dans des paniers puis versée, tassée ou compactée dans des moules (faits de bois, pierre, argile ou brique) placés sur l’aire des pyramides.

Ce calcaire ré-aggloméré, lié in situ par réaction géopolymèrique (appelé ciment géopolymèrique), durcit en blocs de grande résistance.

En 1979, au 2eme Congrès International des Égyptologues, à Grenoble en France, Joseph Davidovits présenta deux conférences.

L’une exposa l’hypothèse que les blocs de pyramide ont été moulés comme du béton, au lieu d’être taillés. Une telle théorie était très dérangeante par rapport à la théorie classique avec ses centaines de milliers d’ouvriers participant à cet effort gigantesque.

La deuxième conférence a souligné que des vases en pierre, fabriqués il y a 5000 ans par des artisans égyptiens, ont été faits en pierre dure synthétique (fait de main d’homme).

Imhotep a conçu et construit la première pyramide de l’histoire humaine, la pyramide à degrés de Saqqarah, la première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu à une organisation fermée de prêtres appelés l’école des mystères “de l’oeil de Horus”, les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

Imhotep, dont le nom signifie “le sage qui vient dans la paix”, occupe une place particulière dans l’histoire.

Il était vénéré en Egypte pendant trois mille ans – c’est-à-dire, de sa propre vie pendant le règne du Roi Djoser jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son père était l’architecte royal Kanofer, sa mère Khreduonkh, une noble héréditaire.

À un âge très jeune, Imhotep entra en prêtrise et commença à vivre au temple d’Annu sur les rivages du Nil – un centre de la science et de la religion, avec une grande bibliothèque. Là, Imhotep apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

Imhotep laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus, le symbole actuel des médecins.

La légende indique qu’Imhotep divisa les cieux en secteurs de 30º, connus aujourd’hui comme les zones du Zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prêtre-scientifique comme Imhotep, pouvant faire les vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial, puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’éternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à Thoth, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé Hermes Trismegistus, trois fois le grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Hermès, le Trois Fois Grand, est une personnalité devenue légendaire, et dont on discute cependant ‘l’existence. Mais son nom est comme un fil d’or dans toute la littérature ésotérique mondiale.

Très importantes sont les paroles gravées au-dessus de la Porte des Lions de Mycène:

« Les Egyptiens descendent du Fils de Toth, Prêtre de l’Atlantide. »

ALCHIMISTE

Les enseignements que l’on retrouve en partie dans la littérature, ont été écrits par Hermès II, fils d’Hermès-Toth.

Hermès II est devenu une figure vivante pour le lecteur moderne, car on peut lire ses discours avec son fils Tat, et son petit-fils Asclépios, c’est-à-dire, le grand Imhotep.

D’Hermès-Toth, on raconte qu’il fut l’arbitre entre les Dieux géants et les Titans, et qu’il fut le conseiller des bons géants qui transmirent la connaissance aux hommes.

Ainsi la légende devint réalité. Ces écrits, si volontiers niés par certains ésotéristes, ne peuvent cependant pas être mal interprétés.

Il y eut un temps où les Fils de la Lumière descendirent, ou chutèrent.

Il y eut un temps où quelques Fils de la Lumière régnèrent sur diverses régions, comme de divins prêtres-rois.

Et il y eut un temps où quelques uns « retournèrent » et où d’autres restèrent en arrière – ces autres dont nous descendons -, nous, chercheurs-âmes.

De ce point de vue, il est compréhensible que tous les Sages de l’ère préchrétienne, soient considérés comme les Ancêtres de la Connaissance divine et de tous ces Enseignements immatériels, et que tous les autres Fils de la Lumière soient leurs descendants.

Les Papyrus égyptiens ne manquent pas de citer son nom, ni celui d’Isis, d’Osiris et d’Horus, avec des annotations très tangibles. Ils entrèrent alors dans l’histoire comme de véritables Messagers d’un Enseignement divin, qui ne peut être compris que par des « dieux » – les Fils de la Lumière restés sur terre.

L’humanité-terrestre les imita et cita leurs enseignements; elle ne désirait cependant pas la « Reddition » ou la Lumière, mais elle voulait être comme ces Dieux; elle n’aspirait pas non plus à une Source originelle, comme étant son Pays d’Origine.

L’Alchymie nous vient d’Hermès-Toth, et a vue le jour en Egypte comme un enseignement originel, dont la médecine – où l’enseignement du Salut de l’âme – est issue. Logiquement donc, le premier Guérisseur fut Asclépios-Imhotep, le petit-fils d’Hermès-Toth, qui puisa son savoir « des livres de son père et de son grand-père, des livres qui étaient descendus du ciel. »

L’ibis est connu comme étant le symbole le plus ancien de l’Alchymie.

L’ibis blanc avec des taches noires était considéré comme étant le plus saint, car il était le symbole de la renaissance.

Il en va de même avec le corbeau noir et la colombe blanche.

La symbolique la plus ancienne remonte toujours à cet Evénement extraordinaire que fut la « descente » des Fils de la Lumière, leur « Retour partiel », et le « Salut » ou la « Renaissance » de ceux qui restèrent.

Ce fut sans doute un Evénement qui changea la face du monde et de l’humanité, et dans le Livre d’Enoch, on peut lire à ce propos:

« ….. après (la descente et la résistance au Créateur), le monde devint différent. »

Dans ce monde devenu différent, nous vivons avec les Souvenances, les Ecrits, le Symbolisme et les Paroles divines qui nous touchent.

Jadis, Hermès fut le Guide de l’Ogdoade – le Saint Huit -, les 4 premiers couples de la création qui devaient ordonner le Chaos.

Même la symbolique des nombres témoigne de ce temps inoubliable.

Hermès-Toth est de temps à autre cité comme étant l’un des Elohims, les Dieux qui créèrent le monde. Ses Pensées sont gravées en hiéroglyphes sur les piliers des temples, dans une écriture à double sens:

L’Ecriture des saints, comportant des symboles pour les Fils de la Lumière, et l’écriture profane.

Après le Déluge, son fils Hermès II, père de Tat, grand-père d’Asclépios, aurait recopié ces hiéroglyphes sur des papyrus. Ainsi nous racontent les traditions. Ces saints papyrus auraient été cachés dans les temples égyptiens, et essentiellement à Memphis.

Ainsi, le Tarot de Memphis est-il un Chemin initiatique, écrit de la main d’Hermès II. Les gravures ont été effectuées d’après les saints Ecrits d’Hermès-Toth, le « Trois Fois Grand ».

Le nom d’Hermès signifie: Médiateur.

Tout comme le nom Chrestos ou Christ, qui signifierait Médiateur, Messager.

Les Papyrus d’Hermès II ont été recopiés par Manéthon, le fameux prêtre égyptien cité par tous les historiens. Ainsi ces Paroles sont-elles parvenues jusqu’à notre époque.

Dans les citations attribuées à Hermès-Toth, nous lisons que l’âme, après qu’elle eut quitté le corps, ne se perd pas dans l’Ame du monde, mais elle continue d’exister en tant qu’âme, pour rendre compte devant le Père de tout ce qu’elle a fait durant sa vie terrestre.

C’est ici également une confession de l’âme, une responsabilité pour ses actes – une confession qui a été imitée par les hommes dans leurs religions. Ces notations sont en accord avec les découvertes modernes sur l’existence post-mortem.

L’âme ne peut pas vivre comme elle le veut, « sans loi », mais elle a un but; elle s’est séparée jadis de son Pays natal, et depuis ces temps-là, elle doit y retourner au travers des expériences de la vie.

Ce qui est divin la purifie, ce qui est satanique la lie au chaos.

En vérité, tout serait si simple si nous n’avions pas érigé cet égo comme quelque chose d’exceptionnel!

Car, une âme repentante souhaiterait-elle faire autre chose que des Choses divines?

En tous cas, lorsqu’une telle âme est torturée par la compréhension?

De la cosmogonie d’Hermès-Toth, nous citons ce qui suit:

« Le soleil relie le ciel et la terre comme un médiateur. Du ciel, il envoie l’essentiel, et la matière terrestre est alors tirée vers le haut. Le soleil est le cœur du char du monde; il donne aux immortels l’Eternité, et à travers sa lumière, il nourrit les immortelles parties de la terre.

Lorsque sa lumière est emprisonnée par la terre, elle stimule la naissance, la métamorphose et la vie. La sphère du penser est fixée à Dieu; l’émotion ou le monde des sens, est fixé à l’intelligence et au soleil.

Pendant son voyage à travers les sphères du penser et de l’émotion, le soleil reçoit sa nourriture de Dieu; c’est l’entrée en action de l’activité créatrice » le véritable Bien.

De plus, autour du soleil, gravitent des sphères dont les dieux sont dépendants, et de ces dieux également, les hommes sont dépendants – mais tout et tous sont dépendants du Dieu. »

Voilà bien une citation hermétique originelle. On y trouve l’ancienne astrologie, le pouvoir des dieux planétaires et leur influence sur la terre, sur le penser et les émotions des hommes.

Au-dessus de tout rayonne le soleil, comme médiateur entre le ciel et la terre, et entre Dieu et sa création.

Evidemment, l’astronome moderne y trouvera un non-sens!

Mais il y a autre chose encore, car bien que la terminologie soit archaïque, l’essentiel a cependant été préservé.

Tout homme ésotérique pourra croire à un « Fils du Soleil », un Mithra, un Chrestos, un Osiris.

Un « Fils du Soleil » est quelqu’un qui, comme le dit Hermès-Toth, a autour de lui des sphères dont les dieux sont dépendants, c’est-à-dire, ceux qui sont en contact direct avec le Fils de la Lumière.

Et d’eux sont dépendants également les hommes-terrestres – oui – toute la terre et sa vie.

A quoi aspire en effet un chercheur spirituel: A redevenir un Fils du Soleil (et pas une imitation des dieux!), un Fils du Soleil ayant un Champ vibratoire autour de lui, champ vibratoire dont les « dieux », ses semblables sont dépendants, jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi, devenus des Fils de la Lumière – et la terre et son humanité, sont dépendantes de leur action, dans sa globalité.

Ainsi, si nous pensons être un Fils de la Lumière, même si c’est à l’état latent, il y aura aussi une responsabilité et une « note à payer », que la terre et son humanité offrent à ce Fils de la Lumière!

La nature n’est pas satanique, c’est le Fils de la Lumière qui apporte ce satanisme.

Ces Fils qui donnèrent à Hodur, le dieu aveugle, une branche de gui pour blesser Baldur, le Fils de la Lumière, dans son point faible.

On peut y penser, lorsque l’on sait que le gui est un remède contre la prolifération anarchique des cellules – le cancer – et contre les maladies héréditaires.

Une cellule cancéreuse est un agresseur dans le système de division cellulaire, dans leur structure et leurs lois: Elle ne désire plus prendre part à cet ordre: elle a un comportement anarchique.

L’Enseignement hermétique est, dans son ensemble, destiné à ceux qui retournent, à celles des âmes qui possèdent encore la possibilité de Choix entre la Lumière et l’obscurité.

« Je me sens tellement isolé tout seul, je ne peux parler avec personne… »

C’est effectivement pourquoi beaucoup d’entre elles parlent ainsi.

En toute logique, de tels hommes-âme ne peuvent « qu’échanger » et « parler » avec des Fils de la Lumière; mais également, et tout aussi logiquement, ils ne sont jamais dociles et dépendants de leurs prochains pour leur « salut ».

Chaque âme tombée est clairement appelée à rendre des comptes.

Personne ne peut alors se cacher derrière autrui!

Il est aussi curieux de voir que des Fils de la Lumière ayant une Souvenance céleste innée, puissent condamner la nature comme étant satanique et détournant l’âme.

N’est-ce pas là un peu vouloir rejeter sa dette sur les autres?

S’il y a quelque chose de satanique, d’anti-divin dans cette création, et même de provoquant, c’est bien le résultat de l’intervention des Fils de la Lumière.

Car selon les paroles d’Hermès:

« La nature temporelle et la Nature Originelle, sont une Unité. »

Dans la première, se trouve une partie de la Divinité.

Dans la seconde, se trouve Dieu, en Totalité.

Seulement dans la première, on peut enlever cette partie de divinité, et ce qui reste alors est mort.

L’Enseignement d’origine hermétique, nous apprend aussi cela: De la Nature Originelle, chuta le 1.

Il peina à travers les 7 phases d’-expériences, puis devint l’Ogdoade, le René, et finalement il fut le 9, le « Trois Fois Grand » (3×3=9), pour aboutir dans la Nature Originelle. (Le 10 n’est rien.)

Asclépios, le petit-fils d’Hermès, dit aussi:

« Le Dieu Créateur a formé le corps humain, comme le monde, à partir des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre, afin que leur combinaison harmonieuse en fasse une belle créature.

Il y mis en plus un Souffle céleste puissant qui provient de l’Esprit divin; et ainsi ce Souffle (Pneuma) reçut-il une petite « demeure » fragile, qui ressemble malgré tout au monde. »

Ainsi l’homme est-il semblable au monde, mais vivifié par une Flamme éternelle, et la marche éternelle des cinq planètes, ainsi que celle du soleil et de la lune – afin que l’être, bien qu’il fut semblable au monde, soit dominé par le même Noyau Divin.

L’axiome hermétique « Ainsi en haut, ainsi en bas » est clairement démontré ici; aussi l’idée hermétique qui dit que l’homme est à l’image du Macrocosme, et que, comme tout dans ce Macrocosme, il possède un « ordre spirituel », selon la quantité de Lumière ou selon l’intelligence qu’il a de cette Lumière, et par lequel toute la création est ordonnée. Ici, on peut se faire une idée de la classification des planètes: Jupiter est « bon » – Saturne est « mauvais » ou inférieur.

On peut ainsi également trouver la base alchymique par laquelle « L’inférieur doit se transmuer en supérieur ».

Ce qui est purement naturel, ne pourra pas devenir divin, mais est et reste dans cette nature.

Connaissez-vous les axiomes de la science hermétique?

Les anciennes idées s’y retrouvent:

Premier axiome: Ce que l’on peut accomplir simplement, ne doit pas être tenté par la voie difficile

Un monde plein de sagesse doit s’ouvrir maintenant devant nous.

Je l’ai déjà dit: C’est si simple! Une âme tombée, jadis divine, a le choix entre la divinité ou le satanisme, qui est de la divinité transmuée.

Si elle éprouve de la repentance ou de la compréhension vis à vis de cet état, qu’est-ce qui la sépare alors de la divinité?

Ne désignons pas encore et de nouveau ici l’égo, pauvre et aveugle, à la vindicte, ou comme étant le grand coupable! L’égo ne fait que suivre celui qui guide, aveuglément.

Il ne possède pas de Lumière en lui-même, il est éclairé comme par transparence; il est éclairé ou bien il est obscurci.

Deuxième axiome:

II n’y a pas de substance qui, sans une longue souffrance, ne puisse être parfaite

La souffrance purifie n’est-ce pas ?

Si elle fait autre chose en nous, c’est qu’il y a quelque chose dans notre intérieur, dans notre âme, qui fait défaut. Une « action » apporte des expériences intenses.

Le plomb qui doit devenir de l’or, devra beaucoup expérimenter.

Troisième axiome:

La nature doit être aidée par l’Art, si sa force est trop faible

L’Art est l’Enseignement à travers l’égo, pour que celui-ci retrouve le bon chemin, et devienne une nature pure, forte et équilibrée.

L’Art est l’Alchymie ;

la Transmutation du Tout.

La nature retourne à la nature, et l’Esprit retourne à l’Esprit.

L’Art et la nature doivent coopérer.

Quatrième axiome:

La nature ne peut rectifier que selon son propre état

La nature est la nature, et elle ne deviendra jamais l’Esprit. La nature ne peut s’identifier à autre chose, elle ne peut que ressembler à cette autre chose.

Ici, je pense à ce splendide exemple du diamant et du saphir : Le diamant est la pierre précieuse la plus élevée; il est, selon son appellation grecque « Adamas », invulnérable.

Mais le saphir peut lui ressembler, lorsqu’on le fond très doucement avec de l’or – le métal le plus élevé – Ainsi le saphir perd-il sa couleur bleue et devient clair comme de l’eau – brillant comme un diamant – mais il reste dans sa structure cristalline (son âme), un saphir. Il ne peut devenir l’autre.

Cinquième axiome:

La nature comprend et conquiert la nature

La nature peut tout entreprendre avec la nature. Il n’y a que l’âme – qui n’est pas de cette nature – qui lui reste incompréhensible.

Et l’on ne peut pas attendre autre chose d’elle. Ainsi, toutes ces méthodes provenant de cette nature, de l’égo, destinées à changer l’âme ou à la renforcer, sont-elles parfaitement inutiles.

Sixième axiome:

Celui qui ne connaît pas la vie, ne connaît pas la nature

Ceux qui ne se connaissent pas, qui ne connaissent ni leur organisme, ni les lois qui régissent leur être naturel, et qui même les repoussent, ceux-là ne vivent pas et n’ont pas alors part au mouvement éternel qui est la Vie.

Septième axiome:

On ne peut arriver d’une extrémité à une autre qu’à travers un médiateur

Le plus Haut et le plus bas ont besoin d’un médiateur pour s’unir l’un à l’autre. L’âme unit Dieu et l’homme. C’est pourquoi l’on doit d’abord être véritablement « homme »: nature – Porteur du mouvement éternel.

Huitième axiome:

Dans l’Alchymie, rien ne peut porter de fruits sans être mort au préalable

Si en nous se trouve encore présent un « petit roi de papier têtu », la Sagesse du Grand Roi ne pourra pas se démontrer.

Plus encore: On ne pourra pas être un prêtre-roi, ni un Hermès, ni un 9.

Le Neuf est le « UN » René; c’est la suffisance purifiée en Sagesse par la souffrance d’un chemin de dures expériences.

Neuvième axiome:

Où les vrais Principes sont absents, les résultats seront imparfaits.

Nous devons nous fonder sur une triple base: Dieu, qui est présent dans l’âme; celle-ci demeure dans une nature modeste et harmonieuse.

Sans ces trois Principes, on ne peut même pas penser à un Chemin spirituel.

Dieu doit demeurer en nous, et pas dans autrui. L’âme doit être clairement présente et vivante, et notre nature doit savoir s’arrêter de s’élever sur elle-même.

Et finalement, comme dixième axiome, une brève sagesse embrassant le tout:

Dixième axiome:

L’Art commence là où la nature arrête son activité

C’est le passage étroit; ici, il y en a beaucoup qui tombent. On considère souvent ce passage comme un début, sans avoir compris l’ensemble des autres axiomes.

L’homme présomptueux lit superficiellement ceci, et il commence par punir la nature, par la torturer, par la mépriser et même par la haïr.

Cependant, ces paroles ne veulent rien dire d’autre que ceci: La nature n’est en mesure d’accomplir que ce qu’elle peut accomplir selon son état – après cela, vient l’Identification avec la Lumière.

Mais avant que cela n’ait lieu, la nature doit être harmonieuse; car toute dysharmonie dans cette nature est un frein dans le processus de l’Art.

Aussi longtemps que nous sommes occupés à observer notre égo avec contrainte, à le traîner ou à le punir, nous serons et resterons des âmes stupides et de pauvres petites gens.

Que pouvons-nous alors parler encore de spiritualité ?

Le miracle de la nature est qu’elle sait transformer.

Le Miracle de l’Esprit, est qu’il s’Identifie.

La nature se perd dans la nature, et devient différente, mais elle reste toujours de la nature.

L’esprit s’adonne à l’Esprit, mais reste Esprit.

L’esprit est individuel – la nature est division : deux forces aveugles par lesquelles elle se transforme sans fin.

Le UN est UN, et à travers chaque nombre travaille la force de ce UN, pour finalement redevenir le Un qui est comme un Neuf.

C’est l’énigme – Et dans le 9, il y a 3 x 3.

D’abord la Lumière, ensuite le Choix, et finalement la Sagesse: 3 – 6 – 9 .

Et ensemble, ils font de nouveau: 3 + 6 + 9 = 9 : l’Ermite, l’Inaltérable, la Lumière de la Lumière, Omniprésent et Indivisible.

Un Mystère en soi. Hermès connaissait ce Secret.

Nous le connaîtrons si nous Le sommes.

Le 9, ce Soleil qui lie ciel et terre, et qui porte en Lui le Message divin, a besoin d’eux, qui lui sont dépendants.

Que cet exposé philosophique soit très proche de la réalité en nous-mêmes :

« Toutes les forces en moi louent le Un et le Tout-puissant, afin que la Gnose devienne Vivante en moi ».

 

SOURCE : le net (merci mon F:. Louis de cet apport)

IbisToth3

Régularité et Reconnaissance 16 décembre, 2020

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Régularité et Reconnaissance

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Il m’est souvent arrivé d’écrire dans des diverses publications qu’on ne doit pas se considérer dans une étape exceptionnelle de l’histoire parce que tout le monde s’est imaginé cela dans toutes les époques et le plus souvent s’est trompe. On a besoin d’une perspective de siècles pour nous rendre compte quelle années ont vraiment été des moments principaux et pivotaires dans l’histoire de l’humanité. Les décennies ne suffisent pas. Il ne serait pas pourtant exclu que sur ce pas entre le deuxième et le troisième millénaire que nous venons de dépasser, nous ayons vit une période exceptionnelle de l’histoire de la Franc-maçonnerie moderne. Avec le risque de commettre une faute, je vais expliquer pourquoi je le pense et cela ne veut pas dire le millénarisme.

Le passage de peu de temps de l’année 2000 n’est pas une étiquette mise par les hommes sur le cours par parfois calme mais plus souvent trouble de l’histoire qui fait le croire aujourd’hui.

Nous savons, tout le monde sait, que la Franc-maçonnerie moderne est née avec la fondation en 1717 de la Grande Loge de Londres et Westminster. Cela s’est passe par l’union des quatre loges, avant cela indépendantes, qui sont ainsi devenues la première obédience maçonnique cela veut dire, la première fédération de loges décidées de mettre au commun l’intendance et pour pouvoir se concentrer sur certaines choses qui leur semblaient plus importantes, comme la mise en pratique de la fraternité, l’amélioration des gens et par cela et par eux l’amélioration du sort de l’humanité. Cela a donne à la maçonnerie anglaise une avance sur toutes les autres, même si les soit dites ancêtres de notre Ordre, les champions opératifs, étaient plus nombreux en France qu’en Angleterre.

De cette manière, et au cours de deux siècles et demi la maçonnerie anglaise a étendu ses ailes protectrices mais suffocantes de la Franc-maçonnerie universelle. Des choses qui n’existaient point dans la maçonnerie d’origine ont été ajoutées pour des raisons purement politiques, comme l’assimilation du Grand Architecte de l’Univers avec le Dieu de la Bible (voir les Vieux taches des constitutions d’Anderson). Les lois et les édits de la Grande Loge de Londres premièrement, et après cela, des grandes loges des Antiques et des Modernes, de la Grande loge Unie de l’Angleterre après 1813, déterminent dans le monde entier qui était Franc-maçon et qui ne l’était pas, quelle obédience était régulière et quelle ne l’était pas, par le simple jeu de la reconnaissance et de la ne reconnaissance. Ceux qui étaient reconnus à Londres jouissaient de relations privilégiées entre eux sons les yeux attendris et affectueux de la Grande Loge Unie de l’Angleterre tous les autres étant rejettes dans les contrées froides et assombries de la ne reconnaissance, donc, d’une manière automatique et par définition britannique de l’irrégularité.

L’influence de l’Angleterre s’est répandues encore après la révolution américaine, qui transforme treize colonies anglaises d’Amérique de Nord dans le plus grand pouvoir de langue anglaise et sans doute le plus grand pouvoir purement et simplement de l’entier histoire de l’humanité.

Cette révolution qui avait rompu les liaisons purement politiques et administratives avec le pouvoir colonial, n’a pas influence que très peu la Franc-maçonnerie nord-américaine. Cela a continué d’être extrêmement dépendant de nos amis Anglais et seulement avec beaucoup de timidité, au début du vingtième siècle s’est permis enfin de prendre quelques initiatives indépendantes, mais toujours au sens souhaite par la Grande Loge Unie de l’Angleterre. Par exemple l’idée qu’une seule obédience maçonnique doit être reconnue dans chaque pays ou étant, a pris naissance aux états Unis et cela au XIX éme siècle.

Nous savons tous que les guerres provoquent souvent des progrès technologiques et des réveils intellectuels et de l’âme. Cela s’est prouve aussi au sein de la Franc-maçonnerie. La fin des guerres napoléoniennes, de la guerre de Sécession aux États-Unis et d’autres guerres au XIX éme siècle, la fin de la première et la deuxième guerre mondiale, ont donne a la Franc-maçonnerie des impulses successifs qui agrandirent son nombre et son influence d’une manière tout a fait inédite.

Qui aurait pu s’imaginer que les petites réunions dans les salles cachées de quelques tavernes et parfois hilaires du début sont de la moitié du XVIII éme siècle donnera naissance ŕ quatre millions de maçons américains en 1959 est à deux millions de maçons dans l’empire Britannique à la même époque?

Le réveil de la Franc-maçonnerie Européenne de la fin de la deuxième guerre mondiale a été plus lent, moins spectaculaire mais plus solide.

Quelle est la situation actuelle ? Je voudrais vous parler de quelques choses dont peut être vous n’avez pas entendu jusqu’à présent, mais qui pèseront bien lourdement sur les décisions qui devrons être prises pendant cette décennie et pendant la décennie prochaine, ainsi comme sur le futur de la Franc-maçonnerie.

Mais, tout d’abord, quelles sont les règles (terme d’où surgit la parole réguler , régularité qui du début du XVIII éme siècle et de la Franc-maçonnerie de Grande Loge ont fait la différence entre les obédiences qui étaient Maçonniques et celles qui ne l’étaient pas ? Qu’on me pardonne si quelques éléments de cette énumération fâchent (au moins pour le moment) les convictions de quelques lecteurs, mais je ne peux pas, et je ne veux pas changer on maquille la réalité historique. Il est aussi possible que les solutions du futur ne dépendent entièrement de ces règles et nous allons bientôt voir pourquoi.

Du point de vue de 99% de la Franc-maçonnerie mondiale et de la Grande Loge Unie de l’Angleterre qui a invente les critères d’origine et nous a servi pour longtemps comme modèle, une obédience régulière.

1. Elle est formée seulement d’hommes ;

2. Elle applique un Rite et un Rituel traditionnel, ŕ la gloire et sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers ;

3. Elle le fait dans la présence des Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie qui sont et le Volume de la Loi Sacre, la Sainte Bible.

4. Elle a été crée, par filiation interrompue, par au moins trois loges venant d’une obédience régulière ;

5. Elle est souveraine et indépendante de tout autre Pouvoir Maçonnique, de tout autre système de Hauts Degrés, de tout parti ou organisation politique et de tout Église.

Nous pouvons voir tout de suite qu’une obédience qui, comme le Grand Orient de la France a abandonne en 1877 la Sainte Bible et toute référence au Grande Architecte de l’Univers est irrégulière. Mais que pouvons dire sur GLNF, la Grande Loge Nationale de la France, reconnue par l’Angleterre, un jour avant d’être crée en 1913, mais constituée seulement de deux loges irréguliers, le Grand Orient de la France et soumise a un pouvoir maçonnique étranger, la Grande Loge Unie de l’Angleterre d’on elle recrue souvent les Grands Officier.

Que pouvons nous dire sur la Grande loge du Suède, reconnu comme la Grande Loge de l’Angleterre mais qui impose a ses candidats l’appartenance à l’Église Nationale Suédoise (on n’y reçoit pas ni les membres d’une autre église protestante ni des catholiques, ni des hébreux et qui est dirigée par un Conseil Suprême des Hauts Dégrées on seulement les nobles pouvant prendre part ? Qu’est-ce qu’on peut dire sur la Grande Loge du Danemark, sur la Grande Loge de Norvège ou sur l’une des composants des Grandes Loges Unies de la Germanie, toutes régentées par de Suprêmes Conseils des Hautes Dégrées.

Évidemment, quelque part se passe quelque chose dont les Frères Maçons communs ne sont presque jamais informes. Une obédience régulière, conforme aux règles de la Grande Loge Unie de l’Angleterre n’est pas automatiquement reconnue et, via versa, des obédiences fortement irrégulières conformes aux mêmes règles sont reconnues. Mais, dans ce cas et si la régularité l’impose, comme son nom l’indique, le respect de certain règles, qu’est ce qui se passe avec la reconnaissance ?

La reconnaissance entre les obédiences maçonniques ne dépend point de la régularité de celles reconnues, mais des intérêts politiques (au sens de la politique maçonnique et des obédiences qui accordent cette reconnaissance. Ne vous imagine pas que nos amis anglais ne sont pas au courant, au moins en grandes lignes, avec la réalité maçonnique sur le continent Européen.

Ne vous imaginez pas qu’ils ne savent qui sont vraiment régulière parmi ceux ne sont pas reconnus ou qu’ils s’imaginent que les loges qu’ils reconnaissent, GLNF, les Suédois ou les Grandes Loges Unies de l’Angleterre (et beaucoup d’autres loges insignifiantes, surtout en Europe d’Est) seraient réguliers. C’est tout simplement dans leur intérêt d’avoir des relations maçonniques d’une partie avec les obédiences des pays importantes comme la France, l’Allemagne et les pays scandinaves et d’autre partie avec de petites obédiences des autres pays (l’Espagne, le Portugal, les pays de l’Orient) ayant des problèmes de régularité réelle, donc facilement a soumettre et a contrôler. Ils reconnaissent à qui ils veulent, sans aucun état d’âme, laissant a ces pauvres obédiences le souci de se croire régulières, car ils ont reconnus perdre leur souffle en essayant sans cesse de démonter qu’ils sont dignes de cette reconnaissance essayant souvent ętre plus Catholiques que le Pape.

Cette combinaison est marche assez bien jusqu’aux années 1980. A ce moment là, un point de rupture semble avoir été touche et quelques choses se sont rompues irréparablement dans le domaine de la Franc-maçonnerie anglo-américaine.

Le déclin était commence d’ailleurs plus antérieurement, d’une manière peu visible et pour beaucoup de temps les Grandes Loges touchées par cette maladie n’ont pas vu (ou elles n’ont pas voulu voir) le danger.

Depuis plus de quarrant ans, les obédiences anglaises et américaines perdent plusieurs membres au bien d’initier.

Le nombre des membres de la Maçonnerie de USA baisse du maximum atteint en 1959) rythme presque invariable de 3% chaque année.

Le nombre des membres de la maçonnerie anglaise, une fois presque deux millions (ci = compris les colonies), est baisse sous 200.000 de nos jours. D’autre part, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a perdu récemment, après avoir tenté une fois de trop de s’imposer le point de vue aux autres, la puissante Franc-maçonnerie Indienne, italienne et grecque.

Mais une autre chose a été plus grave: c’était pour la première fois dans son histoire qu’elle n’a pas été suivie.

Ni les grandes loges de USA, ni celles de Canada, Australie et Nouvelle Zélande, ni même son fidèle vassal GLNF ne l’ont pas suivie et n’ont pas retiré la reconnaissance des Indes, des Grecques et des Italiens. La significations de ce fait ne peut pas être sous-estime.

En rupture avec l’opinion publique anglaise, autrefois favorable, avec l’Église Anglicane, autrefois une principale alliée, mais elle-même en difficulté de nos jours, la Franc-maçonnerie anglaise fait aujourd’hui des efforts désespérés pour ralentir son écroulement. Par exemple a l’occasion de l’anniversaire de la création en 1717, de la Grande Loge de Londres et Westminster, le Grand Maître, Son altesse Royale, le Duc de Kent a exprime devant une assistance de 6000 personnes, Maçons et profanes réunis pour une tenue maçonnique (ce qui n’était pas régulier) le désir d’imiter, en espérant une renaissance, la Franc-maçonnerie américaine par une extériorisation presque complète.

Pour répondre a une campagne dans la presse des scandales qu’elle pouvait autrefois, regarder avec mépris, la Grande Loge Unie de l’Angleterre a censure de ses rituels, tous les « serments pénaux ». Ceux ci sont aujourd’hui remplaces par un serment adouci et inoffensive. Elle a aussi publie dans la presse, il y a quelques ans, les signes et les mots des trios dégrées afin de prouver qu’elle n’a pas des secrets et rien a cacher. Ce qui prouve la grandeur de ses problèmes, ainsi que les sacrifices qu’elle est dispose de faire et consentir pour sauver son existence. Enfin et encore une fois, personne dans sa sphère d’influence ne semble pas dispose a la suivre.

Le plus grand problème pour une imitation des américains est, bien entendu, que les Américains mêmes sont de nos jours loin d’être un exemple à suivre pour les Anglais membres a chaque dix ans. La Franc-maçonnerie Américaine perde de nos jours et chaque année plus que tous les membres de la Franc-maçonnerie Française, environ de 100 000 personnes. Le nombre total des membres de la Franc-maçonnerie SUA est passé d’un maximum de Presque 4.200.000 en 1959 a moins de 1.800.00 de nos jours. Des chiffres d’ailleurs inflationnistes, parce qu’en vertu du système de numérotation qu’ils utilisent, un frère membre de trios loges est prés en compte trios fois. Enfin, après un rapport très official de la Société d’Ex Maîtres Vénérables de SUA. Seulement 10% des nouveaux maçon, reviennent jamais à la Loge après l’initiation et seulement 5 % sont plus ou moins assidus. Ce qui signifie qu’en dépit du grand nombre de membres annoncés (1.800.000), le nombre réel de Maçons aux États Unis qui fréquentent vraiment les loges est de 90.00 à 125.00, pour une population de Presque 260 millions d’habitants.

Des loges qui ont sur le papier 500 membres ont souvent des difficultés pour ouvrir une tenue.

Les Grandes Loges des USA se trouvent donc obligées d’adopter des mesures qui ne peuvent pas être considérées que désespérées. Une proposition récente de la Grande Loge de la Californie à la tendance d’obliger les loges avec moins de 500 membres, à se réunir dans une seule pour pouvoir amasser une douzaine nécessaire a une ouverte. Dans une autre tentative de stopper l’hémorragie, la Grande Loge de Floride initiait il y a un an dans une seule cérémonie et directement au dégrée de Maître plus de 1000 profanas en espérant de retenir au moins une centaine. Il n’est pas étonnant qu’on est tentes de comparer avec les problèmes de robinet et baignoire que nous devions résoudre de notre enfance. Si une baignoire, contenant 300 litres d’eau, perd quatre litres a chaque minute a cause d’un écoulement accidentel et que le robinet ne peut débiter que 3 litres et demie par minute, combine de temps s’écoulera jusqu’à ce que la baignoire soit vide?

Et pourtant, beaucoup de Franc-maçon du monde entière ne se rendent pas compte avec quelle vitesse va changer le paysage maçonnique international. Quelques frères s’agitent ici a Paris autour des problèmes lies aux relations avec la Franc-maçonnerie anglaise et américaine, comme s’ils vivaient pendant les années 1950. Quelqu’un devrait être extrêmement naïf pour penser qu’une Grande Loge au courant avec la situation exacte dans le monde anglo-saxonne puisse avoir le moindre envie de s’embarquer sur un navire a voiles qui prend de l’eau de toutes ses parties. Et pourtant, certains le font, et même en Roumanie si je ne me trompe pas.

Le future de la Franc-maçonnerie a beaucoup d’opportunités pour être une période extrêmement intéressant, à condition qu’on s’abstienne de commettre trop de bêtises et à perdre trop de terrains, choses pour lesquelles les obédiences maçonniques ont un immense talent.

Je vous propose de nous concentrer maintenant un peu sur ce future, car jusqu’ici nous n’avons pas parle que du passé et du présent. Je prendrai donc le risqué de faire quelques prophéties sur a un délai court et moyen, prophéties qui en fait valent aussi beaucoup que toutes les prophéties de nos jours mais ont autant de chances d’être la réalité de demain ou après demain.

Bien entendu, je ne les ferrai pas cette fois ci sur la Roumanie mais sur l’Europe Occidentale, ou je vis depuis la moitie du siècle passé. On voit déjà depuis des dizaines d’années que les obédiences liées a l’Angleterre et a l’Amérique décroisent et se diminuent parfois plus vite que celles anglo-saxonnes.

D’autre part, les obédiences régularise indépendantes, qui sont souvent des membres de la Confédération des Grandes Loges de l’Europe (ne pas être confondu a « l’Espace Maçonnique » ou autre chose) sont en permanente augmentation dans un rythme positif qui reflète le rythme négative de celles anglo-saxonnes et irréguliers: + 3% par année.

Le graphique de la diminution de la Franc-maçonnerie anglo-américaine s’entrecroisera avec celui de l’augmentation de la Franc-maçonnerie régulier indépendante dans une dizaine ou une douzaine d’années. Les obédiences réguliers indépendantes sont déjà plus nombreuses que les obédiences soumises a l’Angleterre. Le moment ou les relations maçonniques internationales sur la volonté indépendante et souveraine de chaque obédience, est bien proche.

Ce serait un moment exaltant mais difficile. Difficile à cause d’immenses différences de buts et de méthodes qui persisteront entre ces obédiences. La vaste majorité, je pense qu’environ de 90%, resteront fidèles aux principes de régularité énonces au début de cet article. Pourquoi les changeraient elles? Leur régularité n’est qu’un aspect des vieilles traditions et règles qu’elles n’ont aucun raison d’abandonner. Je pourrais imaginer la Franc-maçonnerie de l’avenir centre sur les obédiences européennes et latino-américaines avec un foyer dans la maçonnerie française. Les obédiences anglo-américaines commenceront a se diviser d’une partie en groupes assez grands pratiquant la charité, se lançon peut être dans l’action sociale et politique mais quittant, excepte quelques signes extérieurs, le rituel et la tradition maçonnique. D’autre part il y aura des groupes plus petits ou moyens, revenues a la régularité d’origine, mais qui auront abandonne, a cause de leurs nouvelles dimensions, toute velléité de hégémonie ou suprématie.

La même chose se passera avec les quelques bouts de ponts qu’elles ont constituées sur le continent européen et moins sur le continent central et sud américain.

Je peux imaginer la Franc-maçonnerie française et européenne gardant sa variété et sa multiplicité, mais revenant la où il est nécessaire, chez les portiques traditionnels. Je vois le Rite Ecossais Antique et Accepte, de loin le plus riche du point de vue intellectuel et moral, symbolique et ésotérique, s’étendant et remplacent les rites de type anglais qui ne permettent ni des affiches ni des discutions. Dans, ce contexte je pense que les obédiences européennes qui ont abandonne la tradition et les points de repère traditionnels pour l’action politique, sociale et charitable continueront a abandonner l’un après l’autre les éléments qui définissent la Franc-maçonnerie jusqu’à devenir autre chose, bien respectable peut-être mais qui aurait cesse entièrement de mériter le nom de Franc-maçonnerie.

Si la Franc-maçonnerie des futures décennies réussis à devenir, avec trois siècles en retard, une Maçonnerie Universelle dont ses fondateurs ne rêvaient pas, car leur rêve était beaucoup plus étroit, c’est qu’il est arrive le moment de travailler en harmonie. Pas pour s’épuiser en querelles stériles de préséance, de supériorité, de hégémonie et d’argents autant au sein des obédiences qu’entre elles. Il est plus urgent et important que nous soyons sincères les uns avec les autres, que nous nous rencontrions plus souvent, que nous nous connaissions mieux et nous nous entendions beaucoup mieux.

Quand a la régularité que plusieurs d’entre nous ont et que nous devons défendre a tout prix, parce qu’elle représente l’essence de ce que nous sommes dans le cas de quelques uns d’entre nous depuis Presque trios siècles.

La Régularité et seulement la régularité est ce qui fait la différence entre nous Maçons et le Rotary, Lions et la taverne du coin de la rue, entêtes respectables mais pas maçonniques.

Nous devons ainsi nous protéger envers les innovateurs, qui tachent a nous expliquer que nous sommer dans le XXI éme siècle et que nous devons simplifier et réduire nos rituels, nous débarrasser de cette vieillesse et de celle la qui sont des points de rituel et de tradition qu’ils n’ont pas compris. Et d’autant plus nous devons nous protéger envers les fabricants de nouveaux rituels, des rites et des dégrées qui tachent s’introduire des innovations partout, parfois pas bêtise et ignorance envers ce qu’ils ont déjà, parfois par la conviction qu’ils sont plus intelligents que tout le monde, mais surtout par volonté et pouvoir et donc, bien simple, pour se constituer un fondement d’où ils pourront conquérir le pouvoir.

Nous avons tous notre Tradition; au moins nous l’avons eue. La Tradition implique le devoir de la transmettre. Ce qui signifie la recevoir de nos prédécesseurs, de la maintenir en bon état, de la changer autant peu que possible et seulement s’il est absolument nécessaire et enfin de la transmettre la plus intact que possible a nos successeurs. Pour paraphraser ce que disait Antoine de Saint Exupéry sur la terre nous n’héritons pas la tradition de nos ancêtres, mais la prêtons de nos successeurs. Nous devons la transmettre dans son état d’origine, ou la remettre dans son état d’origine avant de la rendre a eux.

Comme dernière parole a l’égard de ce sujet, je dirais que nous devrions traiter la Franc-maçonnerie et nos rituels comme une foret: nous promener dans elle a l’aise, y trouver des paysages des routes et des itinéraires signes et décrits par les autres ou hors des chemins circules. Nous devons passer nos soirées sous ses branches mais la laisser dans le même état que nous l’avons trouvée quand nous y sommes arrivé.

L’étudier en général pour la connaître, l’étudier en détails si nous y sommes intéresses mais n’incruster pas notre nom et nos signes dans l’écorce des arbres. Ne plantons pas en elle des arbres étrangers sous de prétextes puérils. Ne la mettre pas en flammes, et ne nous imaginons nous mêmes envoyés pour la réinventer.

Et, enfin, nous devons savoir punir et attirer l’attention de ceux qui essaieraient de la dévaster et la gâter, soit par ambition, malice ou bêtise.

Michael Segall

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La franc-maçonnerie en Afrique 14 octobre, 2020

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La franc-maçonnerie en Afrique

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Des demandes provenant de divers pays d’Afrique concernant l’entrée en franc-maçonnerie me parviennent très régulièrement, j’ai donc traduit ce petit guide et actualisé ces informations

J’invite bien entendu mes FF et SS à me corriger, rectifier, augmenter ce guide s’ils le souhaitent en m’envoyant par message privé les modifications à faire car il va de soi qu’entre le moment de la publication et le jour où vous la lirez, ces informations auront peut être changées

Les principales questions à se poser pour choisir une Obédience sont :

– Etes-vous croyants et souhaitez-vous voir associer votre démarche religieuse à votre démarche en maçonnerie ?

– Souhaitez-vous voir traiter les problèmes sociétaux ou vous lancer dans une recherche plus intérieure ?

– La mixité est-elle pour vous un plus ou un risque de perturbation ?

Je ne peux que vous recommander de chercher sur les sites officiels des obédiences afin de voir si une d’elle répond à vos attentes

Eric SMITH

Commençons par le commencement

Il semble y avoir beaucoup de malentendus au sujet de la franc-maçonnerie en Afrique (et encore c’est un euphémisme…)

1. Devenir franc-maçon ne vous procurera pas d’argent et ne vous fera pas devenir riche (du moins monétairement parlant)
2. Devenir franc-maçon ne vous fera pas devenir un VIP ni ne vous aidera à obtenir des contrats
3. Un franc-maçon doit (en théorie en tout cas) fuir le vice et pratiquer la vertu
4. Parfois des collectes d’argent sont organisées à des fins de bienfaisance et non pas pour remplir les comptes en banque des frères
5. VOUS DEVEZ PAYER DES FRAIS DE LOGE ANNUELS, qui sont utilisés pour la pérennité de la loge
6. Au cas où vous n’avez pas bien lu le 1er point je vous le répète, devenir franc-maçon ne vous donnera pas d’argent et ne vous fera pas devenir riche

Cette partie est vraiment importante :

Il est inutile de perdre votre temps en envoyant des demandes d’ami ou des messages par centaines ça ne changera rien. Je ne veux pas être impoli, mais je ne vais pas les accepter, donc ne soyez pas surpris si je supprime vos messages puisque vos réponses sont ici, ne posez pas de question via un message privé je n’y répondrais pas non plus

Je pense que l’article est bien documenté et suffisamment clair

Si vous avez très soigneusement lu cet article et que vous ne voyez toujours pas la réponse à votre interrogations, je vous suggère de lire à nouveau l’article avant de poser votre question sur le mur principal de cette page

Je comprends que ce texte est long, mais c’est vous qui frappez à la porte et il va falloir vous habituer à patienter parfois même des mois si vous voulez entrer en franc-maçonnerie

AVERTISSEMENT :

1- Il y a un nombre croissant de fausses loges opérant en Afrique. Elles utilisent également Facebook très efficacement dans leurs manières d’escroquer donc soyez très prudent !
2- Tout comme il n’existe pas d’initiation officiellement reconnu via internet…
3- En aucun cas, vous ne devez payer quoi que ce soit tant que vous n’avez pas été accepté et que vous êtes sûr d’être dans une véritable loge maçonnique
4- Personne ne va vous appeler d’une loge maçonnique, donc s’il vous plaît ne mettez pas votre numéro sur Facebook
5- Ne pas poster votre photo sur le groupe Il ne sera fait aucune différence, et après tout, c’est une page maçonnique, pas un site de rencontres !

Avant de vous lancer vers votre voyage maçonnique, sachez que le processus peut prendre des mois et des mois … .. Nous ne laissons jamais quelqu’un dans l’oubli…

OK, si vous êtes encore avec nous à ce stade, il y a peut-être une possibilité pour vous de frapper à la porte…

Si vous ne pouvez répondre OUI à l’une des questions ci-dessous il va falloir reconsidérer votre envie de rentrer en franc-maçonnerie :

1- Vous êtes âgé de plus de 21 ans ? (Dans certains pays, l’âge minimum est de 18 ans)
2- Pouvez-vous vous permettre de payer vos frais de loge annuels sans que vous ou votre famille soit mise en difficulté financière ?
3- Vous êtes en mesure de consacrer 3 ou 4 soirées par mois pour assister aux tenues, réunions, ateliers, repas ?
4- Êtes-vous capable de consacrer du temps et / ou de l’argent pour aider ceux qui sont moins chanceux que vous ?

Et enfin la grande question :

Pourquoi voulez-vous devenir franc-maçon? On vous le demandera souvent, inutile de créer une histoire les personnes chargées de vous questionner le devineront très rapidement, soyez sincère et surtout soyez honnête avec vous-même

Les liens ci-dessous sont à ma connaissance des loges régulières et reconnues (la liste n’est pas exhaustive), beaucoup, mais pas toutes, sont de constitution Anglaises.

Si vous allez en dehors de ces liens, je ne prends aucune responsabilité pour les conséquences

Un dernier AVERTISSEMENT certains pays d’Afrique ont proclamés l’interdiction de la franc-maçonnerie, donc assurez-vous avant de faire votre demande que la franc-maçonnerie soit bien considérée comme légale dans votre pays !!! Dans certains pays la Franc-Maçonnerie doit faire face aux problèmes politiques, à l’opposition du gouvernement ou de milieux religieux, c’est notamment le cas de l’Angola, de l’Egypte, de l’Ethiopie, de la Libye, du Mozambique, de la Somalie, du Soudan et de l’Ouganda.

Si vous vivez en Ouganda, en Tanzanie ou au Kenya, les Loges sont administrées par le district de la Grande Loge de l’Afrique de l’Est, vous aurez donc besoin d’écrire à cette adresse:

DISTRICT GRAND LODGE OF EAST AFRICA
District Grand Secretary
Address
Freemasons’ Hall
PO Box 40828
Nairobi
Kenya
Tel: +220 2727201
http://www.dgleastafrica.org

Si vous ne pouvez pas téléphoner, écrire une lettre demandant plus d’informations sur l’adhésion.

Le DGLEA ont récemment eu le plaisir de me fournir des informations supplémentaires, spécifiques sur l’adhésion à leurs Loges, y compris leurs frais…

1. Comme dans d’autres organisations, vous devez être recommandé par quelqu’un qui est déjà membre et qui vous connais depuis au minimum trois ans.
2. Votre situation financière doit être telle que vous pouvez vous permettre le prix d’entrée qui, dans la plupart de nos loges est en moyenne de 30.000 Kshs. à 40.000 Kshs. avec un abonnement annuel en moyenne de 4000 Kshs. à 6000 Kshs. par an.
3. Nous sommes un organisme de bienfaisance, cet argent frais de nos membres et distribué à d’autres organismes de bienfaisance tels que, Armée du Salut, Écoles d’aveugles, Maisons pour handicapés, etc. Nous ne faisons pas la charité aux individus, votre situation financière doit être suffisante pour nous soutenir et ce sans porter préjudice à vous ou votre famille. Nous aidons les organismes de bienfaisance officiels et non des personnes.
4. Si vous êtes un homme marié, nous aimons être assurés que votre femme est en plein accord de votre demande à devenir membre.
5. Vous devez avoir une croyance en Dieu Tout-Puissant ou l’Être suprême de votre propre religion ce qui est essentiel à l’adhésion, mais je dois souligner que nous ne sommes pas une religion, nous nous efforçons d’améliorer la religion personnelle de chaque membre.
6. Veuillez noter qu’aucun frais ne sera demandé jusqu’à ce que vous soyez accepté en tant que membre d’une loge dans ce district.

Si vous vivez au Ghana, vous avez un choix de loges. La franc-maçonnerie au Ghana est organisée sous deux constitutions – la Grande Loge du Ghana qui est une fusion des Loges irlandaises et écossaises, et le district de Grand Lodge du Ghana, constitution anglaise.

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Constitution Anglaise :

GRAND LODGE OF GHANA
District Grand Secretary Kofi Adimado
Address
PO Box 409
Liberia Road
Accra
Ghana

http://www.grandlodgeofghana.org

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Constitution écossaise et irlandaise :

Office of the Grand Lodge of Ghana,
Grand Secretary – R.W. Bro. Fernando Baeta
P.O. Box KA 9590,
Accra – Ghana

J’ai enlevé le numéro de téléphone, de sorte que vous aurez à écrire une lettre demandant plus d’informations sur l’adhésion.

Si vous vivez au Nigeria, vous avez le choix entre trois constitutions, anglaise, irlandaise et écossaise. Chacune d’entre elles sont reconnues et régulières. Vous pouvez les contacter à ces adresses:

http://www.dgln.org/DGLN/Welcome.html

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DISTRICT GRAND LODGE OF NIGERIA

St George’s Hall
28, Broad Street
Lagos.

Ebute Metta Masonic Temple
22, Odellki Street
Ebute Metta
Lagos

The Academic Hall
340 Murtala Mohammed Way
Yaba
Lagos

District Grand Secretary Peter Graham Crabb
PO Box 227
Lagos
Nigeria

Tel: [234] (0)704 406 3847

Pour les Nigériens qui souhaitent se joindre à la Constitution irlandaise contacter

The Provincial Grand Lodge of Nigeria
18, Morgan Street,
Ojodu, Ikeja,
Lagos,
Nigeria

Téléphone: +2348033124069, +2348033289823

Si vous ne pouvez pas téléphoner, écrire une lettre demandant plus d’informations sur l’adhésion.

A savoir, le Grand District du Nigeria exige qu’une personne qui cherche à se joindre à la fraternité, DOIT venir en personne à la Loge, il doit chercher à rejoindre et rencontrer les frères en premier.
Après une rencontre avec les frères, il doit demander une pétition et lors de la présentation de la pétition, il DOIT inclure un court essai ou une déclaration écrite sur pourquoi il souhaite joindre la franc-maçonnerie
Cela peut être un processus long, et vous devez être persistant mais pas agressifs ! Ces hommes ont besoin d’apprendre à connaître qui vous êtes d’abord parce que 2 d’entre eux seront tenus de signer votre pétition et de se porter garant pour vous. Je ne réponds pas de quelqu’un que je ne connais pas, si vous les rejoignez et que vous devenez un maître maçon, vous serez alors dans cette position un jour, donc soyez compréhensif
Ce n’est pas un droit que d’adhérer à notre fraternité, je ne veux pas insister sur la quantité de fausses informations, mais je peux vous assurer que joindre la franc-maçonnerie ne fera pas de vous quelqu’un de riche ou de connu !

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Si vous vivez en Zambie

DISTRICT GRAND LODGE OF ZAMBIA
District Grand Secretary Nirmal Kumar Shaw
Address PO Box 320075
Woodlands
Lusaka
Zambia
Tel: +260 1 25672
http://www.freemasonszambia.com

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Si vous vivez en Namibie

DISTRICT GRAND LODGE OF NAMIBIA
District Grand Secretary John D. Mandy
Address
PO Box 774
Windhoek
Namibia
Tel: 61 227647
https://www.facebook.com/thys.debeer.54?hc_location=stream

DISTRICT GRAND LODGE OF SIERRA LEONE & THE GAMBIA
District Grand Secretary Henry Gbassay Deen
Address PO Box 401
Freemasons’ Hall
Freetown
Sierra Leone

DISTRICT GRAND LODGE OF ZIMBABWE & MALAWI
District Grand Secretary John Rex Paxton
Tel: +263 4 778270
Or write to them at this address:
The District Grand Secretary
PO Box BE 291
Belvedere
Harare
Zimbabwe

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Afrique du sud

http://www.grandlodge.co.za/

https://www.facebook.com/thys.debeer.54?hc_location=stream

DISTRICT GRAND LODGE OF SOUTH AFRICA, CENTRAL DIVISION
District Grand Secretary
Masonic Temple
Du Toitspan Road
Kimberley
8301 South Africa
Postal Address
PO Box 10411
Beaconsfield
8315 South Africa
Tel: +27 53 832 5402

Attention pour toute demande concernant une loge en Afrique du Sud, vous devez obligatoirement avoir la citoyenneté sud-africaine ou un visa correct. Cela est dû à de nombreux immigrants clandestins qui tentent de gagner l’entrée en Afrique du Sud via la fraternité.

DISTRICT GRAND LODGE OF SOUTH AFRICA, EASTERN DIVISION
District Grand Secretary
Address
PO Box 19603
Tecoma
East London
5214 South Africa
Tel: +27 43 735 4393

Attention pour toute demande concernant une loge en Afrique du Sud, vous devez obligatoirement avoir la citoyenneté sud-africaine ou un visa correct. Cela est dû à de nombreux immigrants clandestins qui tentent de gagner l’entrée en Afrique du Sud via la fraternité.

DISTRICT GRAND LODGE OF SOUTH AFRICA, NORTH
District Grand Secretary
Address Freemasons’ Hall
6 Park Lane
Parktown
Johannesburg 2193
Postal Address
PO Box 17037
Hillbrow
2038South Africa
Tel: [27] (0) 11 6433311

Attention pour toute demande concernant une loge en Afrique du Sud, vous devez obligatoirement avoir la citoyenneté sud-africaine ou un visa correct. Cela est dû à de nombreux immigrants clandestins qui tentent de gagner l’entrée en Afrique du Sud via la fraternité.

DISTRICT GRAND LODGE OF SOUTH AFRICA, WESTERN DIVISION
District Grand Secretary
Masonic Centre
Ringwood Drive
Pinelands
7405South Africa
Postal Address
PO Box 205
Howard Place
Cape Town
7450 South Africa

Tel: +27 21 531 6192

Attention pour toute demande concernant une loge en Afrique du Sud, vous devez obligatoirement avoir la citoyenneté sud-africaine ou un visa correct. Cela est dû à de nombreux immigrants clandestins qui tentent de gagner l’entrée en Afrique du Sud via la fraternité.

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Liens additionnels :

Le lien de la Grand Lodge of Ireland pour le Zimbabwe, Northern South Africa, Zambia, Natal, Southern Cape, Kenya

http://www.irish-freemasons.org/…/O…/GL_Overseas_Lodges.html

Liberia

DISTRICT GRAND LODGE OF THE STATE OF LIBERIA

Telephone: +231-886-512-925

info@grandlodgeofliberia.org

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Grande Loge Symbolique du Gabon (Français)

http://www.glsg.info/

Les démarches pour devenir Franc-maçon à la Grande Loge Symbolique du Gabon :
Tenter de devenir Franc-maçon n’est pas une décision qui se prend à la légère.
Elle doit être le reflet d’une réflexion aboutie, qui a conduit à se poser des questions essentielles sur soi-même et sur les valeurs qui guident nos actions dans notre vie au sein de la société.
Etre Franc-maçon est un engagement qui n’est pas anodin et qu’il convient d’honorer par une disponibilité régulière.

Un candidat qui désire “frapper à la porte du temple“ devra établir une lettre manuscrite de motivation, et envoyer sa candidature directement à la Grande Loge Symbolique du Gabon, dont l’adresse est inscrite dans l’onglet “Contact“.

Un candidat qui aura retenu l’attention, devra constituer un dossier administratif, muni d’un certain nombre de documents.

Le processus se poursuivra avec l’organisation de plusieurs rencontres, qui permettront de mieux connaître le candidat et d’apprécier ses réelles motivations.

Si ces diverses entrevues s’avèrent positives, le candidat sera contacté pour subir un entretien plus solennelle, qu’on appelle le “passage sous le bandeau“.
Au cours de ce rendez-vous particulier, le candidat sera introduit dans le temple de la Grande Loge Symbolique du Gabon, les yeux recouverts d’un bandeau pour des raisons de discrétion.
Il devra répondre à plusieurs questions.
C’est à l’issue de cet ultime échange que son admission sera prononcée ou que sa candidature sera rejetée.

Si son admission est prononcée, son entrée en Franc-maçonnerie se déroulera sous la forme d’une cérémonie qu’on appelle : “initiation“

Je vous souhaite bonne chance dans votre voyage s’il est honorable.
Travaillez dur dans vos études, obtenir vraiment quelque chose de bon que vous aimez, ou inventez quelque chose dont tout le monde a besoin, ou développez un remède pour le cancer, telle est la façon de devenir riche, pas en se joignant à la franc-maçonnerie.

Grande Loge Symbolique du Gabon

B.P. 5599 – Libreville

Téléphone : 00 (241) 01 73 07 51

Email : contact@glsg.info

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La Grande Loge de Côte d’Ivoire

http://www.glcifm.org/DEVENIR-FM.19.html

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île Maurice

GRANDE LOGE DE MAURICE (GLUA donc pas de reconnaissance avec les obédiences Françaises)

Barachois Estate, Tamarin
REPUBLIQUE DE MAURICE
OCEAN INDIEN
Tél. : +(230) 483 4439
Fax : + (230) 483 8493
Email : glmasonica@intnet.mu

Sont aussi présent  le GO, la GL le DH, la GLFF, la GLSF (reconnaissance sujette a caution)

Grand Orient de France (GODF) : http://www.godf.org/…/les-demarches-pour-devenir-franc-macon

Encore une fois ATTENTION aux escroqueries et armez-vous de patience !

francs maçons sans frontieres petit

SOURCE : https://ordoabchaossite.wordpress.com/la-franc-maconnerie-en-afrique/

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