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ORDO AB CHAO 4 mai, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Au commencement était le Chaos.

Il n’y avait pas de lumière et aussi l’obscurité n’existait pas.

 

C’était le Néant, le Vide total. Dedans, le Grand Géomètre !

Un mouvement séculaire a commencé à organiser le Chaos en vagues d’énergie.

Dans le Chaos, dans le Néant, le Grand Géomètre s’est manifesté. Et il ressentit le besoin de se projeter dans l’espace infini, de déployer ses ailes et de limiter en elles l’Univers alors vide.

ORDO AB CHAO dans Contribution

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La Terre, cependant, était sans forme et vide; les ténèbres couvraient la surface de l’abîme, et l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux.

Dieu a dit : « Que la lumière soit ! Et la Lumière a été faite » . (Genèse, 1:1-3).

Il répand Sa Lumière sur le monde et commence Son œuvre : concevoir et construire le Temple de Sa Création.

Organisant le non-manifesté, qui est le Chaos par essence, Il crée les premières particules qui donneront naissance à des atomes dispersés et déconnectés. Des atomes qui formeront des molécules, des substances, de la matière. Molécules qui formeront des cellules, des tissus, des organes, des organismes. Volonté et verbe, qui formeront des âmes, qui incarneront des esprits dans des corps.

Le Grand Créateur a placé l’Ordre à partir du Chaos.

Indice

la théorie du chaos

C’est l’une des Lois les plus importantes de l’Univers, présente dans l’essence de presque tout ce qui nous entoure.

L’idée centrale de la théorie du chaos est qu’un petit changement au début de tout événement peut avoir des conséquences énormes et absolument inconnues à l’avenir. Par conséquent, de tels événements seraient pratiquement imprévisibles – chaotiques, donc.

Le mot « Chaos » est d’origine grecque et signifie confusion, désordre, perturbation.

Dans la théologie grecque, cependant, le Chaos était tout ce qui existait avant l’émergence de l’univers : le Vide ou le Néant.

Dans la théologie de l’Ancien Testament, « La terre était sans forme et vide, et les ténèbres couvraient l’abîme. »

C’est du désordre que naît l’ordre.

Edward Lorenz est considéré comme le père de la théorie du chaos, qui s’est inspiré des prévisions météorologiques, faites de manière inexacte par les météorologues, simulé sur son ordinateur, le Royal Mcbee de ( Publié dans freemason.pt) environ 800 kilos, quelles seraient les prévisions météorologiques pour le l’état où il vivait, l’état du Massachusetts, compte tenu des conditions initiales prévues par son programme, température, vitesse du vent, humidité et pression.

Lorenz a réussi à montrer qu’avec ces variables, il était possible de faire des prévisions météorologiques, et a prouvé que de petites causes peuvent provoquer de grands effets, indépendamment de l’espace et du temps.

La théorie de « l’effet papillon », et l’analyse populaire : le battement d’ailes d’un papillon en Amazonie peut produire une tornade au Texas, a été l’exemple pris par le scientifique.

Beaucoup d’entre vous se souviennent peut-être du film The Butterfly Effect, sorti en 2004, qui a suscité des discussions dans le monde entier. Dans l’intrigue, réalisée par Eric Bress et J. Mackye Gruber, le jeune Evan Treborn (joué par Ashton Kutcher) découvre qu’il a le potentiel d’apporter de petits changements aux histoires de son passé dans le but de changer le présent et, par conséquent, de promouvoir de vrais révolutions dans votre avenir.

Le chaos est l’établissement d’un modèle organisé pour le désordre apparent.

C’est exactement ce que ces études cherchent à montrer : un ordre dans des phénomènes qui n’ont aucun ordre du tout, qui sont des catastrophes. Ils veulent instituer une règle pour un événement totalement non réglementé et imprévisible qui peut dévaster plusieurs vies sans préavis (ces événements sont considérés comme des phénomènes chaotiques).

La théorie du chaos peut être appliquée à la vie humaine. Un simple événement peut changer plusieurs facteurs dans nos vies (la fameuse goutte d’eau).

La théorie du chaos, qui dans sa conception analysait les conditions météorologiques, a commencé à être appliquée dans plusieurs domaines, tels que le développement de la bourse ou l’analyse des polices d’assurance, entre autres.

Dans les nouvelles quotidiennes, les situations dans lesquelles un petit facteur provoque des transformations majeures sont toujours considérées, comme l’exemple d’un léger retard que quelqu’un a eu en quittant la maison et qui a conduit à manquer le bus et à être en retard pour prendre l’avion, et l’avion écrasé. Un deuxième retard était la différence entre la vie et la mort. D’où la question sans réponse : y a-t-il un destin ? Ou existe-t-il et change-t-il au fur et à mesure que nous faisons des choix ?

Toujours dans les sciences du comportement, « l’effet papillon » conduit à réfléchir sur l’imprévisibilité de la vie, puisque les attitudes conscientes et inconscientes peuvent conduire à des résultats catastrophiques.

Au fur et à mesure que les études évoluent, de nouvelles applications émergent pour cette théorie lancinante.

L’évolution de la société et l’émergence croissante de nouvelles connaissances font que les théories reçoivent des contributions des domaines les plus divers du savoir, et pas seulement des sciences sociales. Nous devons être ouverts aux nouvelles observations et trouver comment utiliser ces informations à notre avantage.

En raison de la grande rapidité avec laquelle les transformations se sont produites, la gestion devient une tâche de plus en plus difficile, car les ressources de plus en plus rares ou rationalisées, la concurrence féroce et les réalités diverses, doivent être vues de manière globale et interdépendante, ce qui ( Publié dans freemason.pt) signifie que le choix d’une stratégie affecte considérablement le résultat et les personnes impliquées. C’est le principe de cause à effet en action continue.

Cause et effet vs théorie du chaos

La Loi de Cause à Effet accompagne et régule les êtres dans leur évolution dans les expériences vécues dans les mondes de la forme, se déroulant sur des millénaires, ajustant et réajustant l’expansion de la conscience humaine.

On oublie qu’un aujourd’hui harmonieux et organisé fera demain le bonheur.

Le Dalaï Lama nous dit dans sa sagesse, mélange d’expérience de vie et de don divin :

« Il n’y a que deux jours de l’année contre lesquels rien ne peut être fait. L’un d’eux s’appelle hier et l’autre demain. Alors aujourd’hui est le bon jour pour aimer, rêver, oser, produire et surtout croire… Hier est irrécupérable, il n’y a rien à y penser et demain, rien ne sera sans aujourd’hui. C’est dans l’ici et maintenant que nous devons cultiver des pensées et des actions bonnes et précises, car ce n’est qu’alors qu’un demain tant attendu pourra voir le jour ».

La loi de cause à effet, parfois appelée loi des semailles et des récoltes, est connue comme la loi principale, car toutes les autres en émanent.

Toutes les lois, comme la vie, ont un principe de cause à effet. Il n’y a pas d’exceptions.

Si vous êtes un agriculteur et que vous plantez du maïs, vous récolterez du maïs.

Si vous plantez des tomates, vous récolterez des tomates, pas des haricots ou du soja.

La cause est la plantation, l’effet est la récolte…

Si vous semez des pensées négatives dans votre esprit, c’est ce que vous obtiendrez ou récolterez dans la vie : des résultats négatifs.

Cependant, si vous semez des pensées positives, vous récolterez des résultats positifs.

En d’autres termes, si vous faites ou dites quelque chose, c’est la cause, vous devez donc attendre les
conséquences, ou l’effet.

L’ordre sort du chaos (ordo ab chao)

Cette métaphore trouve également des parallèles dans les concepts scientifiques modernes qui traitent de la formation de l’univers physique. Si, d’une part, la relativité provoquée par la vitesse à laquelle les particules se dispersent dans le vide cosmique nous montre un univers chaotique et indifférent, semblable à ce qu’on disait exister dans les premiers instants de sa création, la gravité existant dans les corps formé par la condensation de l’énergie lumineuse, qui se transforme en masse, force ces particules à se rassembler et à former des systèmes.

La physique moderne enseigne que l’équilibre universel est causé par l’opposition de l’énergie positive dépensée par l’univers dans son expansion et de l’énergie négative générée par les champs gravitationnels qui entretiennent les systèmes planétaires. C’est-à-dire un choc entre la relativité et la gravité, dans l’organisation des systèmes ces forces sont représentées par la synergie (qui génère et unit) et l’entropie (qui consomme et disperse).

C’est aussi le processus qui génère la connaissance. L’énergie se concentre dans des endroits spécifiques de l’organisme (les neurones du cerveau) et génère l’activité psychique.

Grâce à cette activité, nous apprenons à connaître le monde dans lequel nous vivons.

Et ainsi le monde s’organise, la logique naît et ce qui était désordre et ignorance devient science. L’ordre émerge du chaos. ORDO AB CHAO.

Par conséquent, nous pouvons conclure que l’évolution est l’ordre du chaos. Ce n’est qu’alors que l’Ordre traverserait le Chaos.

Dans la topologie de la connaissance humaine, il est enfin reconnu qu’il existe une forme d’énergie forçant la matière universelle à se disperser et à combler en principe le vide cosmique, et une autre qui favorise son organisation, par regroupement.

De manière analogue, nous pourrions dire que ce même processus se produit dans la formation des deux substrats qui soutiennent le phénomène de la vie, c’est-à-dire l’esprit et le corps. Alors que l’organisme se forme en dispersion, par le phénomène de clivage, qui est la multiplication cellulaire à partir d’un zygote, l’esprit se développe par la céphalisation, qui est le processus qui permet la collecte et le traitement des informations vitales dans des corps infiniment petits, les neurones.

Ordo Ab Chao en franc-maçonnerie

De cette théorisation nous voyons la performance d’une Intelligence Suprême, qui est comparable à celle d’un architecte dans l’élaboration d’un grand édifice cosmique. D’où l’idée d’un Grand Architecte dirigeant les travaux de construction de l’édifice universel.

Dans la franc-maçonnerie, la tradition selon laquelle le cosmos est construit à partir de la dialectique des contraires se reflète dans le conflit entre le vice et la vertu. Pour cette raison, le franc-maçon est mis au défi de réfléchir à ce qu’est la vertu.

C’est pourquoi dans le rituel d’Initiation, on demande à l’initié ce qu’il entend par l’un et l’autre, en précisant que la vertu est une disposition de l’âme qui nous incite à pratiquer le bien et le vice est l’habitude malheureuse qui nous entraîne vers le mal. . Cette interprétation montre clairement que la pratique ( Publié dans freemason.pt) de la franc-maçonnerie est comprise comme une discipline de comportement, dans laquelle l’individu est formé pour réglementer ses coutumes, réalisant ainsi un équilibre parfait entre les forces qui motivent sa conduite en tant qu’être humain personne, membre de la société.

C’est pourquoi la franc-maçonnerie est comparée à un voyage à la recherche de la lumière ; un voyage qui commence dans l’initiation et ne finit jamais dans la vie, car ce n’est que dans le passage de cette existence à une autre que cette lumière se révèle dans toute sa splendeur, sous la forme de l’esprit qui s’affranchit de la matière et se condense en pure énergie lumineuse.

La dialectique des contraires, dans la pratique maçonnique, n’est cependant pas seulement invoquée dans sa conformation moraliste. Il révèle également le caractère mystique de l’Art Réel, dans ce qu’il a de symbolique et d’archétypal. Dans la topographie de l’inconscient humain, le mal et le bien ont toujours été liés aux couleurs, aux températures, aux sons, aux directions, etc.

Ainsi, des traditions se sont développées qui informent que le bien se trouve dans la lumière, dans le silence, dans le froid ou la chaleur extrême, à l’est, et le mal dans l’obscurité, dans le bruit, par temps tempéré, à l’ouest, etc. Ce sont des métaphores neurolinguistiques qui expriment bien le contenu archétypal de l’esprit humain.

Ce n’est pour aucune autre raison que les Temples Maçonniques ont leur plan orienté d’Ouest en Est (là où le Soleil se lève) et la marche ascendante du Frère à l’intérieur du Temple suit toujours l’orientation de l’Ouest (yin, sombre, féminin) vers l’Est (yang , lumineux, masculin); et aussi de gauche à droite, car c’est le sens de rotation de la Terre.

Architecte de l’Univers, qui a les Maîtres Arcanes dans les armées célestes, dans les figures de ses anges, et dans les hommes ses Maçons Universels. Ces métaphores sont constamment invoquées dans la pratique maçonnique et sont basées sur divers archétypes que l’esprit collectif de l’humanité, à ses divers stades de développement, a créés.

ORDO AB CHAO (Ordre dans le Chaos) est une devise maçonnique par excellence. Présente dans tous les rites maçonniques, elle est, à elle seule, explicative des finalités de la franc-maçonnerie, en tant que philosophie d’organisation et de construction d’un édifice social universel. En tant que devise, il est unique au Rite Écossais Ancien et Accepté.

Au sens symbolique-philosophique, il entend amener le maçon à mettre de l’ordre dans sa vie, à s’améliorer dans tous les sens : intellectuellement, moralement, civilement, culturellement et émotionnellement – ​​afin de surmonter le chaos que le monde offre aux non préparés. et que l’esprit humain présente par son essence même.

 

SOURCE : École maçonnique Maître António Augusto Alves de Almeida

DIEU ET LE BIG BANG 12 avril, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

DIEU ET LE BIG BANG

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On croyait Dieu mort et enterré, à reléguer dans les greniers de l’Histoire. Les scientifiques nous l’avaient bien dit, depuis des décennies, tout n’est que matière en relation de causes à effet. Circulez ! Il n’y a rien à voir… Mais derrière cette belle mécanique, qui y a-t-il ?

Le rationalisme a dominé tout le XXème siècle pour nous démontrer que l’Univers n’avait rien de mystérieux, que ce n’était qu’un flux mécanique dont la science était chargée de nous dévoiler les engrenages. Autrement dit, nous n’avions pas besoin d’inventer Dieu pour expliquer le monde et l’origine de la vie.

Seuls les esprits très irrationnels et épris de merveilleux croyaient encore en Dieu, relique des temps anciens, quand les humains n’étaient pas encore sortis de leur gangue originelle. Heureusement que la science était là pour nous sortir de notre ignorance et de nos croyances archaïques !…

Mais, il faut toujours se méfier de nos certitudes. Je situe le tournant à la fin du siècle passé, lorsque les physiciens ont commencé à poser définitivement l’hypothèse du Big Bang…

Je viens de terminer la lecture du livre le plus fascinant que je n’ai jamais lu. Un livre qui fera date, le livre qui peut changer notre vision du monde. Les principales notions qui figurent dans cette chronique ont été inspirées par « Dieu, la science, les preuves » dont je ne peux que vous recommander la lecture. Il peut constituer un très beau cadeau de Noël.

Avant le Big Bang ?

Ironie et clin d’œil de l’histoire, on doit cette idée d’un début de l’univers à un prêtre cosmologiste, l’abbé George Lemaitre. Avant lui, et encore longtemps après lui, le consensus scientifique voulait que l’univers ait toujours existé et existerait toujours.

Le grand Einstein lui-même ne parvenait pas à accepter cette idée, malgré l’accumulation de preuves irréfutables. « Non, pas cela, cela suggère trop la création » s’écria-t-il. « Physique de curé !» ironisa-t-il en privé.  Comme quoi on est toujours prisonniers de ses préjugés ! Le terme de Big Bang est une expression forgée en 1949 par un physicien afin de dénigrer le concept d’un début de l’univers.

Le titulaire de la chaire de cosmologie, au Collège de France, s’est lui-même insurgé au sujet du Big Bang : « C’est de la foutaise. L’Univers n’a pas de début, ce n’est plus de la physique, c’est de la métaphysique ». En effet, au début du XXème siècle, l’Univers était considéré par la plupart des hommes de Science comme fixe, immuable, immense, sans limites dans le temps et dans l’espace, et l’idée qu’il ait pu connaitre des changements majeurs ne se posait même pas comme hypothèse.

Entre 1905 et 1915, Albert Einstein révolutionna la physique. Tout d’abord en postulant que la vitesse de la lumière est une constante et un absolu indépassable dans notre Univers. Puis, que le temps et l’espace sont au contraire relatifs, pouvant se contracter ou se dilater selon le référentiel.

Dans un deuxième temps, il présenta ses travaux connus sous le nom de « Relativité générale ». Il théorisait que l’espace, le temps et la matière sont liés et que la présence de matière ou d’énergie déforme l’espace-temps. La distorsion de l’espace-temps fut confirmée expérimentalement, un an avant sa mort, en 1954, par une horloge atomique embarquée dans un avion.

Mais si on suit les implications de sa théorie, on aboutit à un Univers non stable, ce qui pour Einstein était inconcevable. Pour éviter cette hypothèse il ajouta dans ses équations une « constante cosmologique », béquille mathématique pour obtenir un Univers stable.

C’est en 1922 qu’un jeune cosmologiste Russe de 33 ans, Alexandre Friedmann, publia la première étude d’un Univers en expansion, en se fondant sur les travaux d’Einstein lui-même. Ce dernier réagit vigoureusement en disant : « Admettre de telles possibilités semble insensé ». L’année suivante il se rétracta et admis que les calculs de Friedman étaient exacts et « ouvraient de nouvelles voies de recherche » …

La nouvelle révolution de l’abbé Lemaître

En 1927, un prêtre cosmologiste publie sa théorie de l’expansion de l’Univers. Il calcula très précisément la loi de proportionnalité entre vitesse de fuite et la distance des autres galaxies. Cet article fit beaucoup de bruit parce qu’il contredisait toutes les certitudes de l’époque. « Vos calculs sont justes, mais votre intuition physique est abominable » s’emporta Einstein.

Presque toute la communauté scientifique s’insurgea contre les théories de Lemaître, et elle n’avait pas encore tout entendu. En 1931 il va émettre une hypothèse, encore plus difficile à admettre, avec la notion d’atome primitif qui aurait précédé l’expansion : « Nous pouvons concevoir que l’espace a commencé avec l’atome primitif et que le commencement de l’espace a marqué le commencement du temps ».

Le tollé fut général, car l’idée d’un commencement à partir de rien suppose un créateur. Pour les athées, cette théorie devenait l’ennemi à abattre. Il avait bien fallu admettre l’évidence de l’expansion de l’Univers observée expérimentalement par Hubble dès 1929. « De toutes les grandes prédictions que la science n’ait jamais faites, n’y a-t-il jamais eu de prédiction plus grande que celle-là : prédire, et prédire correctement, et prédire contre toute attente un phénomène aussi fantastique que l’expansion de l’Univers ? » s’exclama le physicien John Wheeler.

Mais admettre un commencement, sous forme d’une sorte de Big Bang, c’était trop pour la communauté scientifique. « Voici l’homme du Big Bang » se moqua un Physicien lors de l’arrivée de Lemaître à un colloque à Pasadena en 1960. L’expression fut reprise par la presse et connu le succès que l’on sait.

Tous ceux qui furent à l’origine de la théorie de l’atome primitif furent déconsidérés et abandonnèrent la physique. Néanmoins, en 1964, c’est-à-dire plus de trente ans après la publication de Georges Lemaître, une équipe de Princeton mis en évidence un rayonnement fossile en provenance du fond de l’Univers, comme il était prévu selon la théorie du Big Bang. Il s’agissait de ce que Lemaître appelait « l’éclat disparu de la formation des mondes ». Ce dernier apprit la nouvelle à l’Hôpital, atteint d’une leucémie, et dit simplement : « je suis content maintenant, au moins, on en a la preuve ».

Le visage de Dieu

Les décennies qui suivirent apportèrent de nouvelles confirmations, confortant ce qui devint « le modèle standard du Big Bang ». En 1992 George Smoot publia la première image du fond de l’Univers, peu de temps après le Big Bang, et prise par divers satellites. Smoot obtint le prix Nobel en 2006 et, projetant sur un écran la photographie de la première lumière cosmique, il s’exclama « c’est comme voir le visage de Dieu ».

Selon ce modèle classique du Big Bang, il n’y a ni temps, ni espace, ni matière avant l’évènement. Le Big Bang est en réalité un déploiement extrêmement organisé en plusieurs phases. Il est alors clair que l’Univers provient d’une cause qui n’est ni temporelle, ni spatiale, ni matérielle, c’est-à-dire d’une cause naturelle, transcendante, à l’origine de tout ce qui existe.

Cet évènement extraordinaire, commencé il y a 13,8 milliards d’années s’est déroulé suivant différentes phases extrêmement précises et organisées, comme si rien n’avait été laissé au hasard… C’est ce que les physiciens dénomment le réglage fin de l’Univers. Prenons G, la constante de gravitation, si par exemple sa valeur n’était pas 6,67418, mais seulement 6,67417, l’Univers n’aurait pas existé !  Il existe des dizaines d’autres constantes, encore plus finement ajustées. « Si l’Univers est créé par un choix aléatoire de paramètres, la probabilité qu’il contienne des étoiles est d’une chance sur 10 puissance 229 » reconnait le physicien matérialiste Lee Smolin.

De son côté, la constante de Planck structure l’Univers et est à la base de la mécanique quantique. Elle règle universellement les niveaux d’énergie de tous les atomes. Et si les lois de l’Univers n’avaient pas programmé cela, le monde qui nous entoure n’existerait tout simplement pas. C’est la raison pour laquelle la célèbre constante de Planck fut dénommée « la constante théologique ».

La communauté scientifique s’alarma de ces découvertes et les physiciens athées cherchèrent pendant presque un siècle à trouver, en vain, un modèle alternatif. Cette idée d’atome primitif était particulièrement inacceptable en Union Soviétique et nombre de physiciens furent envoyés au goulag pour l’avoir défendue. Un fidèle de Staline résume la position des bolcheviques : « Les falsificateurs de la science veulent faire revivre le conte de fées de l’origine du monde à partir de rien ! ».

Sakharov, en une ultime provocation, osa appeler l’origine de l’Univers « la singularité de Friedmann ». Le 22 janvier 1980 au matin, il fut arrêté en pleine rue et envoyé en résidence surveillée à Nijni Novgorod.

« Seul un idiot peut être athée »

Dans la communauté scientifique occidentale, imprégnée de matérialisme, la résistance dura encore longtemps. Mais, à la fin, il fallut bien admettre que le commencement absolu de l’Univers apparait comme un point de jonction entre la physique et la cause créatrice, extérieur à l’Univers. Petit à petit, les plus grands chercheurs se rallièrent à cette théorie et en tirèrent les conséquences : pour expliquer l’Univers les physiciens avaient besoin de Dieu !

Pour Einstein, face à toutes ces coïncidences improbables, le hasard n’est pas le maitre du monde et « Dieu ne joue pas aux dés ». Autrement dit, il y a une cause derrière l’origine de l’Univers…

« Toute la matière trouve son origine et existe seulement en vertu d’une force. Nous devons supposer derrière cette force l’existence d’un esprit conscient et intelligent ». (Max Planck, prix Nobel de Physique).

« Les meilleures données dont nous disposons sont exactement celles que j’aurais pu prédire si je n’avais rien lu d’autre que les cinq livres de Moïse, les Psaumes et la Bible. Le Big Bang a été un instant de brusques créations à partir de rien. L’apparition à partir de rien, de notre Univers ». (Arno Penzias, prix Nobel de Physique).

« Il y a certainement eu quelque chose qui a réglé le tout. A mon sens, si vous êtes religieux, selon la tradition judéo-chrétienne, il n’existe pas de meilleure théorie de l’Univers qui puisse correspondre à ce point à la Genèse ». (Robert Wilson, prix Nobel).

« Je pense que seul un idiot peut être athée. Nous devons admettre qu’il existe une puissance ou une force incompréhensible, dotée d’une clairvoyance et d’un savoir illimités qui a fait naitre l’Univers à son origine ». ( Christian Anfisen, prix Nobel de chimie).

« L’idée que le monde, l’Univers matériel, s’est créé tout seul me parait absurde ; je ne conçois pas le monde sans un créateur, donc un Dieu » (Alfred Kastler, prix Nobel de physique).

« La physique atomique moderne a bousculé les sciences hors du sentier matérialiste sur lequel elle se tenait au XIXème siècle ». (Werner Heisenberg, prix Nobel de physique).

Etc., etc…

Conclusion

« L’Univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger » écrivit Voltaire qui s’interrogeait déjà sur l’origine du monde. « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » aimait questionner Hubert Reeves.

Tout ce qui précède demande une longue méditation. Chacun conclura comme il pourra.

Vous lirez aussi la prochaine chronique ébouriffante n°1013, qui sera la suite de celle-ci, et qui paraitra le jour de Noël et sera intitulée « Le miracle de la vie ».

Vous pouvez aussi relire la chronique n°221 « Le visage de Dieu ».

 

 

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Chronique Libre d’Yves Ponroy

Liberté de ton, Liberté d’opinion

L’Alchimie et ses Liens avec d’Autres Traditions Ésotériques 19 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’Alchimie et ses Liens avec d’Autres Traditions Ésotériques

Publié par Yann Leray 3 Mars 2024

Alchimie, Kabbale, Astrologie, Gnose

L’alchimie, cet art ancien mêlant chimie, magie, philosophie et spiritualité, a depuis toujours fasciné par son aura mystérieuse et ses promesses de transmutation du plomb en or. Cependant, au-delà de cette quête matérielle, l’alchimie est profondément enracinée dans la recherche de la transformation spirituelle. Ce qui la rend d’autant plus fascinante est son intersection avec d’autres traditions ésotériques, telles que la Kabbale, l’astrologie, et le gnosticisme, tissant un réseau complexe de symbioses philosophiques et spirituelles.

Alchimie et Kabbale
Une Quête Commune de l’Absolu

L’alchimie et la Kabbale, deux traditions antiques imprégnées de mysticisme et de spiritualité, entament une quête parallèle vers un objectif commun : la réalisation de l’absolu et l’union avec le divin. Cette aspiration profonde à transcender le matériel et à atteindre une forme de sagesse et de connaissance ultime crée un pont entre ces deux disciplines, révélant une riche diversité de symboles, de rites et de doctrines qui se chevauchent et s’entrelacent.

Le Grand Œuvre Alchimique

Dans le cœur battant de l’alchimie se trouve le Grand Œuvre, une série d’opérations mystiques et chimiques visant la transmutation des métaux base en or, symbolisant la quête de la perfection et de la pureté ultime. Ce processus, cependant, dépasse largement le cadre de la transformation physique des éléments pour s’ancrer dans une métamorphose spirituelle de l’alchimiste lui-même. Le véritable or recherché n’est pas tant matériel qu’intérieur ; il représente l’éveil, la réalisation de l’essence divine au sein de l’individu, et l’harmonisation avec les lois universelles.

L’Arbre de Vie Kabbalistique

De son côté, la Kabbale, avec son système complexe et profond de mysticisme juif, explore la connexion de l’homme à Dieu à travers l’étude de l’Arbre de Vie, une structure composée de dix sphères (sefirot) interconnectées représentant les différentes facettes de Dieu, de l’existence, et de la conscience humaine. L’Arbre de Vie sert de carte cosmique pour le voyage spirituel, guidant le pratiquant à travers les différentes étapes de l’illumination et de la compréhension divine. Chaque sefira incarne un aspect de la vie spirituelle, de la sagesse à la beauté, et leur exploration permet de dévoiler les secrets les plus profonds de la Création et de l’âme humaine.

Intersections et Synergies

Les alchimistes et les kabbalistes utilisent tous deux un langage riche en symboles et en métaphores pour naviguer et décrire ces voyages intérieurs. Par exemple, la transformation alchimique à travers les phases de nigredo (putréfaction), albedo (purification) et rubedo (union) trouve un parallèle dans le voyage kabbalistique à travers les sefirot de l’Arbre de Vie, de Malkuth (le royaume terrestre) à Kether (la couronne divine).

La purification est un thème central dans les deux traditions, soulignant la nécessité d’éliminer les impuretés spirituelles et psychiques pour atteindre une forme de perfection ou d’unité avec le divin. L’équilibre est également crucial ; dans l’alchimie, il concerne l’harmonisation des principes opposés (le soufre et le mercure, le masculin et le féminin), tandis que dans la Kabbale, il se rapporte à l’équilibre entre les différentes forces et qualités divines représentées par les sefirot.

Astrologie
Les Influences Célestes dans la Transmutation

L’astrologie et l’alchimie, deux disciplines anciennes et mystiques, partagent une connexion profonde ancrée dans la croyance que l’univers est un système interconnecté où chaque élément, qu’il soit céleste ou terrestre, exerce une influence sur les autres. Cette vision holistique sert de fondement à l’approche alchimique de la transformation, où les mouvements et les positions des astres ne sont pas de simples coïncidences, mais des signaux divins qui guident l’œuvre sacrée de transmutation.

La Correspondance Céleste

Au cœur de cette union entre astrologie et alchimie se trouve le principe de correspondance, selon lequel chaque métal que l’alchimiste cherche à transmuter est régi par une planète spécifique. L’or, par exemple, est associé au Soleil, symbole de lumière, de pureté et de divinité ; tandis que l’argent est lié à la Lune, représentant la réflexion, le changement et le potentiel caché. Cette association n’est pas arbitraire ; elle reflète une compréhension que les qualités intrinsèques des métaux partagent une essence avec les énergies projetées par leurs planètes régissantes.

Planification et Harmonisation

L’alchimiste, en quête de réussite dans son Grand Œuvre, planifie méticuleusement ses opérations en fonction des configurations astrologiques. Cette synchronisation avec les cycles cosmiques n’est pas seulement une question de timing ; elle est vue comme essentielle pour harmoniser l’œuvre alchimique avec les forces universelles. Par exemple, le choix de commencer un processus de transmutation sous un alignement favorable peut amplifier les énergies requises pour la réussite de la transformation. Cette pratique souligne une croyance en l’importance de travailler en accord avec les rythmes de l’univers, plutôt que contre eux, pour faciliter le passage du plomb spirituel à l’or intérieur.

Microcosme et Macrocosme

L’idée que l’homme (le microcosme) et l’univers (le macrocosme) sont des reflets l’un de l’autre est centrale dans l’astrologie alchimique. Cette perspective enseigne que les processus qui se déroulent dans le ciel étoilé ont un écho dans l’âme humaine, et vice versa. Ainsi, l’alchimiste ne se voit pas seulement comme un transformateur de substances, mais aussi comme un participant dans un dialogue cosmique, où chaque action a une résonance dans le grand orchestre de l’univers.

Gnosticisme
La Connaissance Secrète de la Transformation

Le gnosticisme et l’alchimie, bien qu’appartenant à des sphères différentes de la pensée mystique, convergent dans leur essence sur le chemin de la quête spirituelle. Cette quête est animée par un désir ardent de percer les mystères les plus profonds de l’existence, de dévoiler la connaissance secrète (gnose) qui libère l’âme de ses chaînes matérielles et lui permet de fusionner avec le divin.

La Quête Gnostique de la Gnose

Le gnosticisme, un courant de pensée mystique et spirituel qui a émergé dans les premiers siècles de notre ère, propose une vision du monde dualiste où la matière est souvent perçue comme l’œuvre d’un démiurge inférieur, en opposition avec le royaume supérieur du divin pur et absolu. La gnose, dans ce contexte, est bien plus qu’une simple connaissance ; elle est l’illumination, une révélation intérieure qui permet à l’individu de reconnaître sa véritable nature divine et de s’élever au-dessus du monde matériel corrompu. Cette ascension spirituelle n’est pas le fruit d’une foi aveugle ou d’une observance rituelle, mais d’une expérience directe et personnelle du divin, souvent décrite comme une étincelle divine présente en chaque âme.

L’Alchimie : Une Transformation Intérieure

L’alchimie, dans sa quête du Grand Œuvre, partage cette aspiration à transcender le matériel pour atteindre une forme de perfection spirituelle. Le but ultime n’est pas simplement de changer les métaux vils en or, mais de réaliser une transformation intérieure profonde, symbolisée par cette transmutation. Cette transformation est envisagée comme un chemin de purification, de mort et de renaissance, où l’alchimiste lui-même devient le creuset dans lequel les impuretés sont brûlées et la véritable essence spirituelle est révélée.

Allégorique, Symbolique et Ésotérique

Les similitudes entre gnosticisme et alchimie s’étendent à leur utilisation de la langue symbolique et allégorique. Les textes gnostiques, avec leurs récits de création complexes et leurs figures mythologiques, utilisent le symbolisme pour transmettre des vérités spirituelles cachées. De même, l’alchimie emploie un riche répertoire de symboles – le lion vert, le phénix, le roi et la reine – pour exprimer les étapes de la transformation alchimique et les principes de la création. Ces symboles ne sont pas destinés à être interprétés littéralement mais comme des clés ouvrant sur des réalités spirituelles profondes, accessibles seulement à ceux qui sont prêts à regarder au-delà de la surface.

Transcendance de la Rationalité

Gnostiques et alchimistes partagent une méfiance envers la simple rationalité comme moyen d’accéder à la vérité ultime. Pour eux, la connaissance véritable transcende la logique et l’intellect pour toucher à des domaines de l’intuition, de la vision intérieure, et de l’expérience mystique directe. Cette approche valorise l’expérience personnelle et la révélation intérieure comme voies privilégiées vers la sagesse, soulignant que certaines réalités ne peuvent être comprises qu’en les vivant de l’intérieur.

Un Tissage de Connaissances
La Quête de la Transmutation

Au cœur de l’obscurité, là où la matière se fond avec l’esprit, un chemin ancien se dévoile, tissé des fils d’or de la connaissance ésotérique. Dans ce labyrinthe mystique, l’alchimie se dresse comme une sentinelle éternelle, gardienne des secrets de la transmutation. Ce n’est pas seulement la quête de transformer le plomb en or qui éveille l’âme de l’initié, mais une aspiration bien plus profonde : celle de révéler l’or intérieur, la lumière divine qui réside en chaque être.

Sur ce chemin, l’alchimiste ne voyage pas seul. La Kabbale, avec ses mystères de l’Arbre de Vie, l’astrologie, avec ses cartes célestes, et le gnosticisme, avec sa quête de la gnose, sont des compagnons de voyage, des guides spirituels qui éclairent la route vers l’illumination. Chacun de ces chemins ésotériques est un fil dans le tissu complexe de la connaissance, entrelacés dans un motif divin qui révèle la structure intime de l’univers.

La quête de l’alchimiste est donc bien plus qu’une exploration de la matière ; c’est un voyage sacré au cœur de l’esprit, une danse avec les forces cosmiques qui façonnent notre réalité. Dans le creuset alchimique, les éléments se transforment, les étoiles murmurent des secrets anciens, et l’âme s’élève vers des sommets inexplorés de sagesse et de compréhension.

Ce tissage de la connaissance, où l’alchimie se mêle à d’autres traditions ésotériques, n’est pas une simple coïncidence, mais une manifestation de la vérité universelle que tout est connecté. La transformation du plomb en or symbolise la transformation de l’ignorance en sagesse, des ténèbres en lumière, de la mort en vie éternelle. C’est un rappel que, dans le grand dessin de l’univers, nous sommes à la fois les créateurs et les créations, engagés dans une danse éternelle de destruction et de renaissance.

Ainsi, le voyage de l’alchimiste devient un symbole puissant de notre propre quête spirituelle, un miroir dans lequel nous pouvons voir notre potentiel pour la transformation intérieure. En tissant ensemble les fils de la Kabbale, de l’astrologie, et du gnosticisme, nous créons un tissu de sagesse qui peut nous guider vers l’unité avec le divin, vers la réalisation que nous sommes tous des alchimistes, appelés à transmuter les métaux vils de notre expérience humaine en l’or pur de la connaissance spirituelle.

Dans cette quête, nous découvrons que la véritable transmutation n’est pas seulement celle des substances, mais celle du cœur et de l’esprit. Elle nous invite à regarder au-delà du voile de la réalité matérielle, à reconnaître la lumière sacrée qui brille en chacun de nous, et à embrasser notre rôle dans le grand œuvre cosmique de création et de transformation.

Yann LERAY @ 2024

SOURCE :  https://www.lesamisdhermes.com/2024/03/l-alchimie-et-ses-liens-avec-d-autres-traditions-esoteriques.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Le christianisme primitif et les racines mythologiques des évangiles 10 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le christianisme primitif et les racines mythologiques des évangiles

salomon8nrnqjuin 4, 2023
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On nous présente souvent l’histoire des évangiles comme le témoignage véridique et d’inspiration divine de l’histoire du Nazaréen Jésus.

Les 4 évangiles pourtant ne sont pas des sources fiables pour cerner le personnage historique de Jésus.

Les évangiles n’ont pas été écrit par des témoins directs de la vie de Jésus, mais par des personnages qui n’ont même pas connu des témoins directs et qui n’ont fait qu’écrire les mythes qui s’étaient créés autour du personnage de Jésus.

L’évangile de Marc selon les historiens a été écrit d’une manière certaine vers l’an 70 de notre ère, soit 40 ans après la mort du Nazaréen.

L’évangile de Matthieu a été composé vers l’an 90 en Égypte.

L’évangile de Luc aurait été composé vers l’an 80.

L’évangile de Jean est le plus tardif : autour de 110 de notre ère.

Comme on peut voir la 1ère génération de chrétiens n’a laissé aucun écrit. C’est seulement à la 2ème génération de chrétiens qu’on commence à structurer des groupes. Pourquoi ?Tout simplement parce que la première génération de chrétiens, celle qui a connu Jésus, a suivi les paroles de Jésus : en effet Jésus a dit clairement que l’arrivée du paradis serait avant la fin de sa génération. « La fin des temps, la parousie ou l’apocalypse » qui étaient des sujets très à la mode dans la Palestine du 1er siècle, étaient attendues d’une manière sûre et certaine par ceux qui avaient connu Jésus.

Il est clair que Jésus n’a jamais voulu fonder une nouvelle religion et qu’il avait seulement voulu redonner des valeurs religieuses et morales à son peuple juif qui se sentait trahis par leurs prêtres du Sanédrin qui collaboraient avec le pouvoir de l’occupant romain.

Comme pour Dieu dans l’ancien testament, le message ne s’adresse pas à l’humanité toute entière, mais se réduit à un message aux juifs qui veulent rester fidèles à l’Éternel, le dieu d’Israël.

N’oublions pas que Jésus est rabbin et en tant que tel il respecte la foi de ses ancêtres et ne prône aucune autre religion nouvelle.

Jésus s’est attaqué a certains rouages de la loi juive de l’époque non pas pour créer une religion nouvelle, mais pour inciter ses congénères à retrouver la loi de Moïse dans son esprit et non dans sa forme.

Rappelons qu’à l’époque la Palestine pullule de prophètes, de messies en tout genre qui prédisent tous l’arrivée très très proche de la fin des temps. Les actions qu’ils proposent sont parfois différentes, mais l’esprit en gros est toujours le même : « Rome la païenne occupe notre territoire, profane nos lieux sacrés avec les statues de leurs Dieux païens, il faut se débarrasser d’eux et de nos prêtres du Sanédrin qui sont leurs collaborateurs ».

Jésus meurt vers l’an 30 et ses adeptes, les années passantes, qui ne voit toujours pas arriver le paradis sur terre commencent à se poser des questions.

C’est à cette époque qu’apparaît un christianisme qui commence à séparer de ses racines juives et de ses premiers adeptes.

Paul de Tarse (St-Paul), un juif de culture grecque et citoyen romain, au service de Rome, qui pourchassait les chrétiens, retourne sa veste et dit avoir vu Jésus après sa mort dans une vision et se met à prêcher un christianisme qu’il s’invente lui-même car il n’avait jamais connu en personne Jésus.

Rapidement il se met à faire du message purement hébreu de Jésus, un message pour l’humanité entière. Il apporte des modifications profondes : la possibilité de convertir des non-juifs à la religion nouvelle et qui ne seraient pas obligés d’être circoncis ou de respecter la loi de Moïse dans son entier.

Cette idée horripile tellement les adeptes de Jésus restés à Jérusalem et fidèles aux enseignements de leur rabbin Jésus, qu’ils s’engueulent par deux fois avec Paul de Tarse et ses adeptes.

La rupture est totale. Ceci se passe environ 15 ans après la mort du Nazaréen. La communauté chrétienne primitive restée à Jérusalem et dirigée par le propre frère de Jésus, Jacques, va se dissoudre aux début des années 60 de notre ère lorsque Rome décide d’écraser tous les soulèvements de Palestine par une grande action militaire qui va durer plusieurs années. Non seulement la communauté de Jacques va disparaître, mais d’autres mouvements juifs comme les Zélotes ou les Esséniens.

C’est le début d’un chapitre dramatique pour le peuple juif : la diaspora.

La communauté chrétienne primitive disparue, que reste-t-il ?

Et bien les chrétiens des différentes communautés créées par Paul de Tarse : on en trouve en Anatolie, en Égypte, en Grèce et bientôt même à Rome. Ces communautés ne vont pas tarder à se fâcher entre elles et même à se faire de véritables guéguerres.

Très tôt va naître encore une nouvelle tendance du christianisme : la Gnose.

Et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une quantité incroyable de sectes chrétiennes qui ne s’aiment pas beaucoup entre elles et qui s’agressent régulièrement.

Il faudra attendre l’an 325 pour que soit imposé par décret une unité des dogmes et une interdiction de toutes les autres tendances du christianisme primitif.

Les autres tendances seront persécutées par la nouvelle orthodoxie chrétienne et naîtra ainsi le catholicisme.

C’est dans l’ambiance de sectes chrétiennes qui s’opposent entre elles que sont écrits les évangiles dans les différentes communautés du 1er siècle. C’est pour cela qu’il n’y aucune unité entre les évangiles et qu’elles se contredisent énormément. La quantité de contradictions est impressionnante.

Un exemple parmi tant d’autres : la découverte du tombeau vide de Jésus. Selon Jean (20 : 1 ) Marie-Madelaine était seule. Selon Matthieu (28 : 1 ) les femmes sont deux : « Marie-Madelaine et l’autre Marie ». Selon Marc (16 : 1 ) elles sont trois : « Marie-Madelaine, Marie mère de Jacques et de Jésus, et Salomé ». Selon Luc (24 : 9 ) elles sont plusieurs : « Marie-Madelaine, Jeanne, Marie mère de Jacques et de Jésus, et d’autres femmes ».

Vous me direz, ce ne sont que des détails, mais quand ces détails contradictoires s’élèvent à plus de 100, on peut commencer sérieusement à avoir des doutes sur l’inspiration divine des auteurs, et donc de la réalité des faits. Remarquez au passage que Jésus n’est pas le seul fils de Marie… la question de la virginité de cette dernière devient compliquée…voire très douteuse !

Selon 2 évangiles, Jésus serait né à Bethléem, et selon les 2 autres il serait né à Nazareth ; l’histoire des rois mages est contée seulement par Marc, les autres n’en font même pas mention tellement que ça leur paraissait gros ! Ainsi de suite… là aussi, pour ceux que le sujet intéresse, je conseille tout simplement de lire les 4 évangiles en parallèle et de constater par eux-mêmes.

Les communautés primitives du christianisme semblent avoir puisé dans les mythologies des peuples environnants certains mythes fondamentaux du christianisme.

Puisqu’il est sujet de la virginité de la mère de Jésus, il est intéressant de savoir que les chrétiens parlent pour la 1è fois de la virginité de Marie en l’an 380, et il est curieux de remarquer que Zoroastre (le célèbre prophète perse) est né d’une vierge (quelques siècles avant Jésus…). Adonis, Dieu babylonien, est né de la vierge nommée Ishtar. Mitra, le grand Dieu indo-européen du soleil et des forces célestes, est né d’une vierge dans une étable et sa naissance était célébrée depuis toujours le 25 décembre de chaque année. Ça n’est que lors du concile de l’an 325 qu’a été décidé que la naissance de Jésus serait célébrée le 25 décembre, et non autour du mois de Mars comme ça se faisait jusqu’à là. Le christianisme récupérait ainsi la fête païenne du solstice d’hiver, la fête de Mitra et du « Sol invictus et natalis », le soleil invaincu et naissant. La conversion des païens devait être ainsi plus facile et commençait par là la lente et sûre déviation des traditions païennes au profit d’un christianisme absolutiste, intolérant et conquérant.

Le Dieu Dionysos est lui aussi né d’une vierge. Dionysos avait le pouvoir de changer l’eau en vin (tiens, ça rappelle le passage des noces de Canaan où Jésus fait soit-disant la même chose). Dionysos est fils de Zeus, père des Dieux, comme le Nazaréen fils de Dieu. Lors des fêtes du Dieu Bacchus (l’équivalent romain de Dionysos) le prêtre prenait un morceau de viande et disait dans son rituel : « Prenez mangez, ceci est le corps du maître ». Ensuite il prenait du vin et disait : « prenez et buvez, ceci est le corps du maître qui vous donne son âme ». Ça ne vous rappelle pas un peu l’eucharistie chrétienne inventée en 120 après le Nazaréen ?
La naissance de Bacchus se fêtait elle aussi le 25 décembre et sa résurrection se fêtait au mois d’avril. Ça commence à faire beaucoup de similitudes quand même !

Au-delà d’un certain nombre de similitudes, ça ne peut plus être dû au hasard, mais plutôt au plagia.

Les chrétiens lors de la composition de leurs évangiles ont allègrement puisé dans les mythes païens. Ils auraient au moins pu être reconnaissants au lieu de chercher à exterminer toute trace de paganisme en Europe et dans le monde comme ils ont fait pendant les 2000 ans qui ont suivi !

L’évangéliste Jean a puisé dans le mythe du Dieu grec Hermès qui était le messager des Dieux.

Ce Dieu était connu pour visiter le monde des hommes sous forme de jeune berger portant une brebis sur les épaules, tout comme Jean représente Jésus dans son évangile (10 : 11 et 10 : 26 ).

Rapidement les chrétiens vont abandonner le shabbat (Samedi) comme jour de repos au profit du dimanche, qui chez les païens est le jour du Soleil (dies solis). Ainsi on récupère encore une fois une fête païenne en la dénaturant.

Presque toutes les fêtes païennes vont être récupérées par les chrétiens, qui veulent faire disparaître le paganisme d’une manière définitive. Quelques exemples :
Noël (voir plus haut), le solstice d’été (Feux de la St-Jean), fête romaine de la lumière et Imbolc celte (Chandeleur), la fête celte de Shamain (Toussaint),…etc

Le christianisme allait devenir au cours des siècles suivants une puissance religieuse intolérante aux humeurs massacrantes, une puissance financière sans partage, et une puissance politique impliquée dans les rouages les plus corrompus de l’histoire.

Pendant plus de mille ans, les chrétiens vont s’acharner à soumettre ou à exterminer tous les païens d’Europe, les derniers officiellement sur la liste seront les païens baltes au 14è siècle. Et cela est sans compter tous les autres massacres dû à l’inquisition par exemple.

Mais ça, c’est une autre histoire…

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SOURCE  : salomon8nrnqjuin 4, 2023

Une vie plus sobre, de Thoreau au Bouddhisme 17 janvier, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Une vie plus sobre, de Thoreau au Bouddhisme

 
Ida Radogowski

Par Ida Radogowski
11 janvier 2024

 

Une vie plus sobre, de Thoreau au Bouddhisme dans Recherches & Reflexions earth-683436_1920-696x696

Terre dont la moitié est en feu, elle brûle. Planète

Un texte de Sophie Solère

Plus de sobriété dans nos modes de vie : nous y sommes tous appelés pour préserver la planète. Et si elle prenait l’une de ses sources dans le bouddhisme ? Sur les pas des précurseurs d’une heureuse connexion.

Profiter de la crise sanitaire que nous venons de traverser pour changer vraiment, en réduisant notre empreinte carbone, notre consommation, nos déplacements, est le défi lancé par toutes les associations pro-environnement à la sortie du confinement, comme par de simples citoyens, conscients du lendemain. La sobriété pourrait être la clé. Une « sobriété heureuse » – pour citer Pierre Rabhi  – car choisie et riche de liens, avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle nous soit imposée par d’autres épidémies, d’autres catastrophes naturelles. Comment ralentir, se défair1.e de nos désirs et attachements qui nous poussent toujours plus du côté de l’Avoir et nous éloignent de l’Être ? La méditation et la contemplation de la nature, ainsi que la réflexion forçant la prise de conscience et notre responsabilité, sont de précieuses ressources que le bouddhisme, notamment, peut mettre à notre disposition. Pas étonnant que les penseurs de référence d’un « éco-dharma » actuel, associant l’écologie et l’enseignement du Bouddha, aient à la fois prôné la sobriété et déclaré leur intérêt pour les spiritualités orientales dès le XIXe siècle. Retour sur une influence croisée porteuse de sens.

Méditer avec Thoreau dans les bois

Point de départ outre-Atlantique, avec le développement d’une industrie qui forge peu à peu une nouvelle Amérique au XIXe siècle. Alors que tout s’accélère, un homme hausse la voix, condamne la société esclavagiste de son temps ainsi que la guerre du Mexique, pour se faire porte-parole d’une nature sauvage et de la simplicité volontaire. Il s’agit d’Henri David Thoreau, philosophe et poète proche du transcendantalisme, mouvement littéraire, philosophique et spirituel américain exaltant la bonté inhérente de l’homme et de la nature, tous deux reliés ensemble à une dimension transcendante. C’est un original qui peine à trouver sa place en tant qu’enseignant et finit par devenir naturaliste. Il explore les sommets, parcourt les forêts et choisit de vivre un temps retiré, comme il le rapporte dans Walden [1] , le récit de deux années passées dans les bois entre 1845 et 1847, sans rupture avec le monde.

De là, il clame, en rapportant son expérience a posteriori : « De la simplicité, de la simplicité, de la simplicité ! Oui, que vos affaires soient comme deux ou trois, et non cent ou mille ; au lieu d’un million, comptez par demi-douzaine, et tenez vos comptes sur l’ongle du pouce (…) simplifiez. Au lieu de trois repas par jour, s’il est nécessaire n’en prenez qu’un ; au lieu de cent plats, cinq ; et réduisez le reste en proportion. »  Non pas pour préserver une nature que l’on pouvait encore penser inépuisable à l’époque, mais par sagesse, en privilégiant le spirituel sur le matériel, comme il s’en explique : « Le luxe, en général, et beaucoup du soi-disant bien-être, non seulement ne sont pas indispensables, mais sont un obstacle positif à l’ascension de l’espèce humaine. Au regard du luxe et du bien-être, les sages ont de tout temps mené une vie plus simple et plus frugale que les pauvres. Les anciens philosophes, chinois, hindous, persans et grecs, représentent une classe que pas une n’égala en pauvreté pour ce qui est des richesses extérieures, ni en richesse pour ce qui est des richesses intérieures. »  C’est dire s’il a bien conscience que l’invitation à la sobriété n’est pas nouvelle, mais inscrite dans la plupart des grandes traditions philosophiques et religieuses. Si cela ne fait donc pas de lui un écologiste avant l’heure, l’objectif est donc déjà d’élever « l’espèce humaine » en la libérant d’une contingence matérielle fabriquée.[2]

De la sobriété à l’expérience de la réalité

C’est une quête de connaissance de soi et de la réalité telle qu’elle est, à laquelle nous pouvons accéder au contact de la nature en y méditant sans nous laisser distraire, comme Thoreau nous invite à le faire : « Passons un seul jour avec autant de mûre réflexion que la Nature, et sans nous laisser rejeter de la voie par la coquille de noix et l’aile de moustique qui tombe sur les rails. (…) Si la locomotive siffle, qu’elle siffle à en perdre la voix pour sa peine. Si la cloche sonne, pourquoi courir ? Nous réfléchirons à quelle sorte de musique elles ressemblent. Halte ! Et là en bas faisons jouer nos pieds et se frayer un chemin à travers la fange et le gâchis de l’opinion, du préjugé, de la tradition, de l’illusion, de l’apparence, cette alluvion qui couvre le globe, à travers Paris et Londres, à travers New York et Boston et Concord, à travers Église et État, à travers poésie et philosophie et religion, jusqu’à ce que nous atteignions un fond solide, des rocs en place, que nous puissions appeler réalité, et disions : voici qui est, et qui est bien ».  Et après ce temps d’observation, de discernement, Thoreau poursuit en proposant l’image du « Réalomètre », comme un étalon de réalité qui permettrait de mesurer la vraie nature des choses. L’expérience n’est pas sans rappeler celle que décrit Descartes dans Les Méditations Métaphysiques, tout comme certaines formes de méditation bouddhiste (ou « vision pénétrante »). Et il s’avère que le philosophe américain connaît les fondements de cette tradition, pour y avoir été initié par les transcendantalistes, tel Emerson. Il a lu et traduit des passages de la Bhagavad-Gîta et du Soutra du Lotus (publié sous le titre The Preaching of the Buddha). Il y est question de la même invitation à s’asseoir dans une forêt pour contempler la réalité et de l’enseignement du Bouddha semblable à une pluie bienfaisante tombant sur les disciples semblables à des plantes en croissance.

L’éco-bouddhisme entre Orient et Occident

De là à en faire un bouddhiste au sens strict… Pas plus qu’un écologiste au sens moderne et engagé du terme… S’il invite à l’introspection méditative, il ne renonce pas à un moi solide : « En la plupart des livres, il est fait omission du Je, ou première personne ; en celui-ci, le Je se verra retenu ; c’est, au regard de l’égotisme, tout ce qui fait la différence », prévient-il dès l’introduction de Walden. L’influence du romantisme reste forte. Cela n’empêche pas les partisans de l’éco-dharma actuel de voir Thoreau comme un de leurs penseurs de référence. Dans le livre Le Bouddha est-il vert ?, Michel Maxime Egger et Jean-Marc Falcombello reviennent tout de même sur un malentendu que pourraient justement entretenir les éco-bouddhistes sur un éventuel lien inhérent entre bouddhisme et écologie. Non, cette tradition religieuse ne serait pas en elle-même « verte » comme nous l’entendons, la notion même de nature étant moderne, et a fortiori le combat pour la défendre. Non, les précurseurs de l’écologie comme Thoreau n’étaient pas bouddhistes au sens orthodoxe du terme. Le Dharma nous invite avant tout à atteindre l’Éveil et à sortir du cycle des existences, à nous déconditionner individuellement de l’ego et de l’ignorance, plus qu’à vouloir transformer le monde.

« Passons un seul jour avec autant de mûre réflexion que la Nature, et sans nous laisser rejeter de la voie par la coquille de noix et l’aile de moustique qui tombe sur les rails. » Henry David Thoreau

Même si l’un peut mener à l’autre… et la connexion n’est pas fortuite malgré tout. Car bien sûr, les enseignements spirituels – à commencer par ceux du Dalaï-Lama ou de Thich Nhat Hanh – comme les expériences de méditation, favorisent la compréhension de la notion d’interdépendance entre l’homme, la société, la nature, pour induire un comportement responsable, encourager une simplicité volontaire salvatrice à tous les sens du terme. Une démarche au cœur de la pensée de Joanna Macy, fondatrice de l’écopsychologie et spécialiste du bouddhisme, évoquant un nécessaire « ressenti identitaire qui s’étend jusqu’aux confins de la vie et devient une motivation pour l’action » (citée ainsi par M.M. Egger).

Une connexion aux sources de l’engagement

De Thoreau aux éco-bouddhistes engagés d’aujourd’hui, la notion de sobriété a voyagé et influencé des hommes au rayonnement capital tout au long du XXe, tel Gandhi, également lecteur de l’essayiste anglais John Ruskin qui correspondait avec l’ermite de Walden. Ruskin est l’auteur d’une critique de l’économie de l’Angleterre en plein boom industriel, Unto the Last, où sont déjà décrits les dommages de la surproduction et de la consommation sur la nature. La lecture de ce texte a eu l’effet d’un électrochoc sur Gandhi, défenseur du droit des Indiens en Afrique du Sud à cette période. Il change alors son mode de vie radicalement pour aller vers toujours plus de frugalité, en commençant par réorganiser ses ashrams. Déjà essentiellement végétarien, dans le respect de la règle vishnouiste, il va se priver de toutes épices, réduire les portions alimentaires, comme tous ses besoins matériels (et l’imposer à ses proches !), dans une perspective de transformation de soi pour changer le monde sans violence, mais avec détermination. C’est l’un des déclics conduisant au Satyagraha (« étreinte de la vérité »), nom qu’il donnera désormais à son mode de résistance politique non-violente. Celui-ci n’a-t-il pas subi l’influence décisive de La Désobéissance Civile [3], l’autre grand livre de Thoreau. Certes, chez Gandhi, l’objectif n’est pas directement la préservation de la nature non plus, mais il y a là une vision du monde qui implique une écologie globale et responsable, portée par un mode de militance pacifique, particulièrement pertinente aujourd’hui.

À l’évidence, les idées et les valeurs circulent entre Orient et Occident, et réciproquement, dans un mouvement d’interdépendance fécond ! Thoreau, Gandhi et Joanna Macy inspirent ainsi les fondateurs de mouvements écologistes radicaux mais non-violents, tels Extinction Rébellion qui n’hésite pas à s’y référer. Est-ce un hasard si Thoreau « super star » est publié et lu plus que jamais, jusque dans les cafés parisiens publiquement ? L’urgence de la crise actuelle, environnementale, existentielle et de fait globale, souligne une connexion essentielle entre nature et spiritualité, écologie et Dharma pour ceux qui suivent la voie du Bouddha. À méditer dans les bois, les jardins, les plages et les parcs retrouvés cet été.

Sophie Solère est une journaliste économique et sociale qui s’intéresse depuis des années à l’environnement et à l’interdépendance. Elle travaille pour Bouddha News, une plateforme de médias dédiée à la spiritualité et à la sagesse bouddhiste. En pratiquant le yoga et la danse méditative, Sophie a découvert le pouvoir des voyages spirituels, qui offrent tant de chemins pour se (re)trouver. Elle se consacre à partager avec les lecteurs de Bouddha News des histoires inspirantes et des conseils précieux sur la pratique spirituelle et l’environnement.

Ce texte a été publié dans La Lettre Des Deux Voies pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr


1. Pierre Rabhi Au nom de la terre

2. Henri David Thoreau Walden ou la vie dans les bois L’imaginaire.Gallimard.

3. Henry David Thoreau La désobéissance civile éd. Mille et une nuits

SOURCE  :  https://450.fm/2024/01/11/une-vie-plus-sobre-de-thoreau-au-bouddhisme/

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Vite un chaman ! 12 janvier, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Vite un chaman !

 
Claude Laporte

Par Claude Laporte
16 décembre 2022

 

Vite un chaman ! dans Recherches & Reflexions Chaman

Le chaman à l’aide de chants et de rituels, voyage en esprit. Il assure auprès des membres d’un groupe qu’il le reconnait pour ses talents comme un être supérieur, un certain nombre d’opérations dans la vie quotidienne, dont le retour à l’équilibre avec eux-mêmes, leurs proches, leur communauté comme avec leur environnement ….

Mais que savons-nous de son activité salvatrice dans ces sociétés éloignées de nos centres urbains dit « civilisés », une activité qui dans ces communautés que nous jugeons « étranges » a priori, au point de taxer leurs pratiques d’hérétiques, d’irrationnelles, de tristement dominées par les superstitions ou la sorcellerie ?

Des communautés lointaines certes : en Laponie chez les Inuits, aux confins du Népal, ou du côté de l’Amérique de l’Est et de celle du Sud, dans la forêt brésilienne ou bien localisées au cœur de l’Afrique voire plus loin encore : en Australie, chez les aborigènes mais étonnamment aussi dans la montagne Corse ou dans d’autres régions françaises ! Le panorama « des chamanismes » est vaste et le phénomène captivant !

Une journée d’études bien nommée : « Aux racines du Chamanisme » programmée au Musée du Quai Branly à Paris le mardi 6 décembre 2022, a réuni, une audience nombreuse et curieuse de ces diversités culturelles présentées et commentées par des chercheurs, des ethnologues, des enquêteurs sur de longues périodes d’immersion…

Étaient aussi présentes comme intervenantes, des personnes engagées sur le terrain dans des communautés pour lesquelles elles cultivent de l’empathie, d’autres reconnues sur le lieu de vie de ces communautés comme possédant la maîtrise du chaman, ou encore, des personnes ayant acquis l’intime compréhension du sens de la communication établie par « médiumnité » avec des forces de l’invisible.

Le chamanisme n’est pas chose simple !

Chaman-en-tenue dans Recherches & Reflexions

Mais son intention tient en cela : reconnecter l’humain avec le monde, reprendre quand c’est nécessaire le lien qui pourrait être cassé avec tout ce qui l’entoure.

Dans cette approche il n’est pas question de posséder du bien ou des richesses matérielles mais « d’être avec » car dans ces communautés nous sommes loin, très loin de la culture de « l’Avoir » !

Force est de constater que nombreux contre-sens sont faits aujourd’hui avec le mot « chaman », – nullement genré d’ailleurs- et là où les pratiques chamanistes existent dans les groupes qui reconnaissent « leur chaman », ces aides sont mal envisagées ou peu perçues comme étant des actes de médiation ou « d’accompagnant » volontairement chargés d’efficience.[1]

Pour le maître spirituel le souci prioritaire est, en cas de crise, de savoir restaurer précisément « un équilibre dans la tribu qu’il gère », que sa fin est d’en apaiser, dans un présent immédiat, les tensions, d’évacuer des peurs, des angoisses physiques et morales…

La notion d’une relation avec l’invisible échappe à l’évidence à nos définitions rationnelles et classificatoires. Le mot Esprit n’est d’ailleurs pas conceptualisé par la plupart de ces peuples qui déposent leur foi en une interaction des énergies de la nature et du vivant …

Cultures-mythiques-et-mystiques-au-Benin
Cultures mythiques et mystiques au Bénin

Chaque groupe ethnique développe par contre sa propre perception de son monde dit « invisible ». Il s’observe tout un jeu de connexions possibles avec « des acteurs cachés » et des moyens très variés pour communiquer et pour faire advenir quelque chose : par exemple, avec le maniement du tambour qui provoquent des états de transe, ou avec d’autres rituels appliqués comme ceux de la purification par l’eau, l’air, le feu, la terre, qui vont donner aux êtres la certitude d’entrer dans un nouveau cycle de vie ….

Au Népal, chez les Chepang, une multitude de formes de chamanisme ont été différemment pénétrées par la religion hindoue mais des caractères propres à des rituels de vie et de mort y subsistent. Telle cette double cérémonie des funérailles accomplie avec toute la lignée horizontale du défunt (ou de la défunte), sur son ancien lieu de vie, pour assurer ensemble de stricts rites de purification. La disparition du défunt générant souvent des troubles et des déséquilibres au sein des lignées, ces rites une fois accomplis restaureront de la quiétude pour poursuivre une vie ordinaire, et rester unis et solidaires.[2]

Les sociétés totémistes sur les Terres aborigènes des Warlpiri, en Australie, expriment une autre facette de connexions : par le biais de la danse, du chant et de la littérature orale, le « Temps du Rêve » est commun à tous : le « Jukurrpa ». Il est un temps incluant passé, présent, et avenir, et pour tout homme, ce qui fait l’univers visible et invisible, matériel et immatériel « assemblés »[3] .

Tous les êtres sont des parties prenantes d’une dynamique éternelle qui agit dans le présent et la présence du paysage, des rivières, des montagnes, des animaux, des plantes reste influente dans les comportements sociaux et économiques de ces peuples. L’invisible côtoie le visible à travers l’offre infinie de la Nature, et ce au travers de voies multiples. Par exemple, les aborigènes de ces terres (qu’ils n’envisagent pas autrement que sacrées), échangent leurs marchandises, les objets naturels qu’ils ont produits, suivant des « routes », (« les songlines ») transmises depuis l’origine du monde, des « routes » qui restent les pistes suivies par les ancêtres, là où ils ont posé leur pas et chanté le monde pour le créer…. Et pour que chacun puisse sans fin échanger égalitairement des tronçons de chants avec les autres…

Danse-Aborigene
Danse du peuple Aborigène

Dans les différentes démarches « chamaniques », où l’imaginaire et le réel s’entrecroisent, l’intercesseur ou le chaman ou le maître vaudou, s’applique à comprendre la situation, à intégrer le sens et les voies de transformation. Il accepte ou fait accepter de « mourir pour renaître » … Ce sont là autant d’efforts prodigués pour aller vers un état de réparation individuel et collectif et pour maintenir une économie de paix, notamment la préservation du lien social et de la Tradition ancestrale.

Au Musée des Arts Primitifs, les interrogations d’un public intéressé

Au cours de cette journée d’information sur les chamanismes, beaucoup de récits, de vidéos, de témoignages rapportés par les intervenants ont suscité des interrogations multiples : « le maniement du tambour[4] requiert-il une capacité ou un apprentissage particulier pour établir une passerelle entre les mondes du visible et de l’invisible » ? « Pourquoi dans certaines sociétés chamans, l’usage de l’arc et de la flèche ? Pour percer des énergies négatives ? » « Pourquoi ne pas dire le nom du défunt pendant un certain temps ? Cette attitude manifeste-t-elle du respect ou de la crainte ? ». « Pourquoi privilégier une relation aux ancêtres plutôt qu’une relation aux défunts ? »

La vision holistique du monde et du réel

Holistique vient du grec, holos, qui signifie la totalité, l’entier. L’approche holistique consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité plutôt que de la considérer de manière morcelée. Par exemple, une vision holistique de l’être humain tient compte de ses dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle. 

Elle favorise l’émergence des mythes reliant divers plans de l’Univers et plusieurs niveaux de conscience apparaissent comme une vision essentielle et opérative.

Cette approche comme le sentiment que « Tout est en tout » seraient-ils pour nous occidentaux lassés par nos modes de vie technologiquement très « appareillés », une voie qui mériterait attention et méditation sur des savoirs empiriques que nous avons peut-être perdus ou oubliés ?

Le but de cette journée d’étude sur le Chamanisme a été atteint.

Le débat a été ouvert et il a dépassé les limites académiques parfois un peu sclérosées de nos spécialistes en anthropologie et ethnologie ou autres sciences humaines. Elle a su donner la parole à des personnes qui ont pratiqué l’observation participante et qui ont, d’une façon ou d’une autre, senti dans leur être profond ce que signifie mettre « en évidence » l’invisible. De fait, les associations organisatrices ont rendu accessible par un programme bien construit cette première vérité à savoir qu’une spiritualité vivante et profonde peut s’exprimer ici et ailleurs, sans nécessairement la rejeter ou la folkloriser … Une intention à suivre sur le chemin de la Connaissance ?


[1] Karine Dellière. Chercheuse indépendante sur les cultes autochtones ; « Le vaudou béninois et chamanisme sami » 

[2] Observation rapportée par Adrien Viel – Doctorant anthropologie Lille-1, Clerse – Umr 8019.

[3] Nb du rédacteur : Ô l’emprise de notre pensée occidentale et du choix de nos mots !

[4] Pratique du tambour bien nommée : « cette femme qui protège »

 

Claude LaporteClaude Laporte

Cursus universitaire en Droit public, Organisation du travail, et Sociologie Politique. (Maîtrise en Droit Public (1972), à la Faculté de Bordeaux. Chargée de cours sur la « Sociologie Politique et des Institutions Internationales » aux élèves de 1ère Année de Droit (1972/1973). Puis, intégration professionnelle au sein de l’Assurance Maladie. Dernier poste occupé : Responsable de la Communication à la Direction des Systèmes d’Information à la CNAMTS. Autres diplômes : DESS Systèmes d’Information; DEA «Communication, Technologies et Pouvoir » (Université Paris-Sorbonne). Par ailleurs : des engagements dans le domaine associatif et culturel. Depuis mars 2020 une activité écriture/publications avec la création et l’animation du blog EMEREKA, journal d’opinions et d’humeurs ..
SOURCE  :  https://450.fm/2022/12/16/vite-un-chaman/
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L’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue 9 janvier, 2024

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L’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue

 
La Rédaction

Par La Rédaction
25 février 2023

 

L'Ouroboros, le serpent qui se mord la queue dans Contribution ouroboros-1-696x516

De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Alors qu’est-ce que le Temps ? Si personne ne me demande, je sais; si je devais l’expliquer à quelqu’un qui me le demande, je ne sais plus.
Saint Augustin – Confessions, XI, 13-14 3

Ce sont des paroles de saint Augustin qui témoignent très bien de la difficulté que chacun de nous rencontre à définir le Temps.

Dans ma vie de franc-maçon cette question m’est souvent venue à l’esprit : le temps qui passe, comment il passe, ce qu’il laisse derrière lui.

On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve et toucher deux fois une substance mortelle dans le même état, mais à cause de l’impétuosité et de la rapidité du changement, elle se disperse et se rassemble, va et vient.
Héraclite

Le temps est cette dimension dans laquelle l’homme saisit sa condition limitée et précaire.

Le profane, suspendu entre passé et futur, ne peut rien saisir de stable. La conscience du temps est conscience de la dégradation et de la mort, avec une connotation inquiétante. Il y a donc souvent chez l’individu un refus et une aspiration à l’éternité, à un éternel présent.

Pour le franc-maçon, en revanche, le temps est bien un flux unique et homogène dans lequel baignent toutes les choses susceptibles de changer, mais il devient majoritairement circulaire et son symbole est représenté par l’Ouroboros, le serpent qui mange la queue :

l’éternel retour de l’Egal, en devenir continu.

Ce que nous ressentons n’est pas donné par les secondes, les minutes ou les heures, mais par la profondeur que nous donnons au temps que nous vivons, en particulier à l’intérieur du Temple, où le temps n’est plus une forme vide qui entoure les choses et les êtres, mais il devient la pulsation de la vie elle-même.

Le temps réel de l’existence n’est donc pas celui des instruments de mesure extérieurs, mais celui du travail maçonnique, par lequel un frère parvient à entrer en relation avec d’autres consciences. C’est le vrai temps de la liberté.

La franc-maçonnerie est, en effet, un ordre initiatique visant l’épanouissement moral et spirituel de la personne, à travers des rituels qui constituent un “retour aux origines” car reproduit un geste archétypal capable de régénérer le temps et de lutter contre le devenir.

Je n’ai ni temps ni lieu ; hors du Temps et de l’espace, mon être spirituel vit son existence éternelle.
Apologie de Cagliostro

Le rituel devient un moyen extraordinaire par lequel le Temps historique « s’arrête » pour créer une tension qui se projette vers le Grand Temps de l’Oeuvre Sublime.

Par le rituel, un franc-maçon contrôle et dirige le temps, en devient le maître ; soyons clairs, je ne parle certes pas du mesurable et du cataloguable selon les lois de la physique profane, mais de l’initiatique, qui est infini, c’est-à-dire qui projette et se mêle, se liquéfie, se fond alchimiquement, dans l’éternel essence de l’Etre.

C’est la merveilleuse transfiguration alchimique : temps profane, c’est-à-dire plombé, qui se transforme en temps initiatique, c’est-à-dire doré.

Le temps maçonnique représente l’espace dont jouissent tous les Frères, qui se déploie à travers des rythmes individuels particuliers dépourvus de toute classification ou catalogage.

Dans le temple maçonnique, lors des travaux de la Loge, le temps reste « enchanté » tandis que le rituel s’exprime et se déploie dans toute sa force.

L’illuminé, le franc-maçon, devient une personne libérée dans la vie et, précisément à cause de cela, parvient à vaincre le Temps, en ce sens qu’il ne participe plus à sa durée.

… le soleil reste immobile, mais après s’être levé au zénith il ne se lèvera pas et ne se reposera plus.Elle se tiendra seule au Centre… elle ne s’est jamais couchée, elle ne s’est jamais levée… Upaniṣad

Le soleil, c’est-à-dire le temps, s’arrête pour celui qui sait.

Source :  https://450.fm/2023/02/25/louroboros-le-serpent-qui-se-mord-la-queue/

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Intervention sur le thème : Le conflit des religions 19 novembre, 2023

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1er Congrès International de la Franc-Maçonnerie
25 juin 2006

Intervention sur le thème : Le conflit des religions

Comment la Franc-Maçonnerie, dans son Universalisme et sa Tolérance, peut-elle contribuer à l’Amour, à la Fraternité et à la Paix entre les Hommes, dans le respect de chacun pour son Dieu et celui des autres :.

 

Le thème de cette séance comprend quelques notions qui, à mon avis, méritent d’être clarifiées et j’essaierai ainsi d’exprimer mon opinion en tant qu’homme de foi juive.

Intervention sur le thème : Le conflit des religions dans Recherches & Reflexions

Le conflit des religions est, de mon point de vue, un faux problème. Il est vrai que la foi est utilisée comme argument de conflit, mais la foi n’est pas au centre du problème. Pas du moins ces jours-ci.

Les conflits au nom de Dieu ont toujours pour motif fondamental des questions économiques, sociales, démographiques et politiques. Très peu de choses sur la religion.

Cependant, le marketing est tout. Qui ferait la une d’un conflit qui n’est pas soulevé au nom de Dieu ? Qui pourrait emmener des hommes sur le front sans les motiver au Nom de Dieu ?

Il est difficile pour nous, vrais croyants, d’accepter que les pseudo-croyants manipulent le concept de Dieu pour poursuivre leurs petits objectifs terrestres.

La deuxième notion est « Votre Dieu et le Dieu des autres ». Si l’on laisse de côté les confessions autres que celles communément appelées monothéistes, cette affirmation n’a aucun sens.

Les 3 religions du Livre, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, lorsqu’elles font référence à Dieu, font clairement référence à UN et UNIQUE Dieu, le même.

Cela nous amène à l’idée qu’une offense au « Dieu des autres » est une offense à notre propre Dieu, car Il est Unique et Unique, donc un manque de respect pour « le Dieu des autres » est un manque de respect pour « votre Dieu ». ». .

La troisième notion présente est la tolérance. La tolérance ainsi proclamée par la Franc-Maçonnerie est, à mon avis, un concept dangereux.

Dangereux pour deux raisons essentielles :

  1. Ce n’est pas la parité;
  2. Ce n’est pas mesurable.

Tolérer quelqu’un ou quelque chose est une relation de supériorité envers cette personne ou cette chose. Dans une relation de Tolérance, il y a le Tolérant et le Toléré, il est vrai que chacun peut être les deux choses simultanément, mais le plus normal est que chacun de nous applique le concept de tolérance lorsque les choses ne se passent pas comme prévu.

Ce n’est pas mesurable, car il n’est pas possible de définir à quel point une personne devrait ou peut être tolérante. Et comme le disait Fernando Teixeira « la limite de la tolérance est la bêtise ».

Il faut alors :

Il n’y a pas de Conflit de Religions mais des Conflits dus à d’autres causes.

Il n’y a qu’UN et UNIQUE Dieu.

La tolérance est un concept dangereux

Le thème semble vide. Mais seulement en apparence.

Au milieu de tout se trouve l’Homme.

L’homme est le facteur décisif. Décisif car il possède le don divin le plus puissant : le libre arbitre.

L’homme a la possibilité d’aimer ou de haïr, de respecter ou de manquer de respect, de pacifier ou de faire la guerre, d’être fraternel ou ennemi.

L’homme est cette créature parfaite au sein de l’imperfection.

C’est avec les hommes qu’il faudra résoudre nos différends, et avec eux qu’il faudra avancer vers la résolution des conflits.

Le respect de l’autre, essentiellement de la différence, est la clé du problème.

Alors, que peut faire la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie se veut et a été une école. Utiliser un chemin initiatique qui en soi est inutile car s’il est interprété Strictu sensu c’est un autre rituel et ne peut même pas remplacer le religieux.

Cependant, l’interprétation de ce rituel, accompagnée d’une action dans la société et non seulement d’une œuvre caritative ici ou là, mais d’une intervention politique et sociale cohérente et fondée, peut permettre aux hommes francs-maçons de progresser dans la société.

Contrairement à ce qui est prêché par les loges de notre obédience, la Franc-maçonnerie n’est pas apolitique. Ce qu’il ne permet pas, c’est que la politique soit discutée lors d’une séance rituelle.

Mais lorsqu’elles interviennent dans la société, les Grandes Loges doivent être des partenaires politiques.

Les partenaires politiques ne signifient pas soutenir le parti A ou B ou le candidat

Et nous devons nous impliquer dans toutes les questions.

Bien sûr que non, mais nous devons avoir notre mot à dire dans de nombreux domaines politiques, à commencer par la politique sociale, en créant des structures de soutien ou des réseaux de contacts.

Il est également évident qu’en matière de politique internationale, les Grandes Loges doivent échanger entre elles des informations pertinentes afin que leur contribution au monde dans lequel nous vivons soit prise en compte par les dirigeants locaux respectifs.

Je termine par deux exemples :

L’un sur l’action politique et l’autre sur la primauté de l’homme

En 1839/1840, un problème surgit en Syrie : des membres d’une confession religieuse furent accusés du meurtre « rituel » d’un prêtre jésuite et de son acolyte.

Le problème est devenu international et la France et l’Angleterre, puissances dominantes à l’époque, ont pris l’affaire en main, envoyant M. Adolphe Crémieux et Sir Moses Montefiore pour résoudre le problème.

Ces deux émissaires furent d’illustres francs-maçons en leur temps, Montefiore étant ambassadeur et Crémieux devenant ministre de France.

Et eux, avec la sagesse des francs-maçons, ont résolu le problème, évitant ainsi une crise internationale.

Quant à la primauté de l’Homme, il y a quelques jours le pape Benoît XVI, en visite à Auschwitz – Birkenau, demandait : « Où était Dieu en ces jours ?

Le rabbin Henry Sobel de São Paulo au Brésil a alors écrit ce qui suit :

« Avant de nous demander « où est Dieu », il nous appartient de poser une autre question : « Où est l’homme ? Que fait l’homme du monde que Dieu lui a donné ?

Conclure avec la réponse suivante :

« Avec tout le respect que je vous dois, je me permets de répondre au Souverain Pontife : Dieu était là où il a toujours été, attendant que les hommes assument leur devoir. »

La Franc-Maçonnerie en tant qu’organisation d’Hommes Libres et de Bonnes Coutumes possède un pouvoir immense dans la poursuite des objectifs de PAIX, d’AMOUR et de RESPECT des Hommes pour les Hommes et par conséquent des Hommes pour Dieu.

Alors aide-nous le Grand Architecte de l’Univers

Lisbonne, juin 2006

https://www.gadlu.info/le-conflit-des-religions-une-vision-maconnique/

ORDRE OU CHAOS ? 24 octobre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

ORDRE OU CHAOS ?
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ORDRE OU CHAOS ?

 

 

« Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse. »

Christian Bobin- L’homme joie.

 

 

Le chaos est le premier dieu, l’élément primordial précédent la lumière, c’est aussi le vide avant l’organisation du cosmos, l’univers ordonné. Quand on parle de théogonie l’on pense à Hésiode, l’organisation des dieux et de l’univers. Personnellement je pense plutôt à Ovide et ses « Métamorphoses ». Un poème de pas moins de XV livres et près de quinze mille vers, comprenant les dieux et leur histoire les mythes de la création, le XVème livre évoque Pythagore. Au commencement : « Avant que n’existent la mer, la terre et le ciel qui couvre tout, la nature dans l’univers entier ne présentait qu’un seul aspect que l’on nomma chaos. C’était une masse grossière et confuse, rien d’autre qu’un amas inerte, un entassement de semences de choses, d’éléments divisés et mal joints. » Ovide Les Métamorphoses Livre I, 5.

ORDRE OU CHAOS ? dans Recherches & Reflexions

Ce chaos d’Ovide ressemble à notre monde d’aujourd’hui il lui manque l’autorité.

Je vous recommande la lecture de ces « Métamorphoses » dans la traduction faite par Marie Cosnay, c’est comme un chant polyphonique. La traduction de M. Cosnay a des accents contemporains, on y trouve l’instabilité des formes, la puissance des passions, on discerne les grandes et les petites métamorphoses de l’humanité. Le monde se tisse peu à peu dans l’émotion, le démiurge ou les démiurges semblent épeler, balbutier comme des apprentis :« l’oiseau vole vite », « Il y a une grotte », « Il y a une petite lumière », « Il y a un golfe », « Je fais venir les nuages », « J’écrase la bouche des serpents d’un mot ». Il y a de l’infiniment grand et de l’infiniment petit comme les dieux et les hommes peuvent l’être.

Ovide nous as conté le commencement par un passage du chaos au cosmos, du chaos à l’ordre. C’est une initiation au monde ordonné, afin que chaque chose, chaque être vivant puisse trouver sa place et que l’harmonie puisse régner. Prenez place mes Frères.

Les Métamorphoses témoignent que : « Rien ne périt, croyez-moi, dans le monde entier ; mais tout varie, tout change d’aspect. » Pythagore, Lavoisier ne disaient pas autre chose. Ce qui importe donc, c’est la métamorphose des êtres. Changer l’homme, pour changer le monde les Francs-maçons travaillent à cette œuvre, c’est un véritable chant d’espérance, l’annonce d’un retour de l’exil ou l’homme était retenu. Par sa méditation et son travail intérieur, sa transformation il obtiendra la liberté de passer.

Cette espérance dénonce notre tendance à dire c’était mieux avant. Avant c’était le chaos, la pierre était brute informe, sans destination. Puis la force intérieure de l’homme son autorité a permis sa taille, son polissage pour quelle trouve sa place dans le cosmos. L’homme s’est sculpté disait Plotin, il est capable de s’élever peu à peu humblement vers la lumière, puis vers la Grande Lumière. « Si nous ne voulons pas laisser le monde sombrer dans le chaos, nous devons libérer l’amour qui abrite le cœur de tout homme. » (Nikos Karantzákis- Écrivain Grec auteur de Zorba le Grec)

 dans Recherches & Reflexions

L’Ordre est autorité reconnue et acceptée, il n’est pas violence, répression et autoritarisme, il est Sagesse et apaisement protection du plus faible, l’ordre fait de l’homme un humain. Celui qui joue avec le feu de l’autoritarisme s’expose à ne plus pouvoir maîtrisé, il ouvre la boîte de Pandore. Le feu de l’autorité doit être utilisé avec subtilité par des hommes sages et déterminés. Des hommes qui savent que la justesse est faite de la justice associée à l’amour. Ces hommes ne regardent pas qu’eux-mêmes, ils agissent avec Force, Sagesse et Beauté. Conscients de leur qualité d’homme, ils sollicitent le Grand Architecte de L’Univers, principe créateur et organisateur du cosmos, qui fait ordre et autorité en tant que principe spirituel.

Faut-il dès lors se plaindre du retour de l’autorité ? Autrefois les hommes faisaient leurs humanités, la philosophie n’était pas que théorie elle était aussi pratique. De nos jours elle a été remplacée par les sciences humaines, mais l’autorité doit néanmoins perdurer, à la fois dans la famille, à la tête de l’état et dans l’éducation. Hannah Arendt déjà dans les années 1950 déplorait, un manque d’autorité, une crise de la culture et de l’éducation liée à ce manque d’autorité, de cette autorité légitime du maître sur l’élève. Le maître aujourd’hui comme hier, n’est pas seulement là pour informer (Internet le fait plus ou moins bien), il est surtout là pour former, il n’est pas là non plus pour influencer politiquement ses élèves. L’autorité éducative doit être au service de la transmission qui repose sur des dimensions morales et culturelles. Toujours selon Arendt l’autorité n’est pas force, pouvoir et contrainte. Elle suppose simplement le respect de la dignité de l’autre et surtout du maître, de l’enseignant.

L’humaniste Jacques Le Goff professeur émérite des universités dans un article du Journal Ouest-France du 2 août 2023, nous rappelle ce que disait Albert Camus dans son discours de réception de son Prix Nobel de son instituteur Monsieur Germain : « Sans vous, sans cette main affectueuse que bous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. »

L’autorité est nécessaire à l’éducation, mais aussi à la vie de la démocratie quand elle fait défaut, quand elle est contestée, alors survient la colère qui peut être juste, mais surtout survient la violence dans l’école, puis la rue, puis les institutions, mettant à terre l’autorité protectrice et fraternelle de l’état, alors les extrémistes et marchands de haine viennent récolter sans rien faire les fruits de la violence. Le refus actuel d’autorité, d’allégeance, l’irrespect des lois votées démocratiquement, et une négation systémique de l’autorité, un nihilisme social qui pénalise les plus pauvres et empêche la vie harmonieuse en société.

Ce qui manque à mon sens, c’est une forme de hiérarchie spirituelle bien supérieure à une hiérarchie intellectuelle ou d’honneur, on ne manque pas de premiers de classes ou de cordée. On manque de travail pour établir une autorité consensuelle fraternelle.

Cette autorité existe en Franc-Maçonnerie, c’est celle des Compagnons sur les Apprentis, celle des Maîtres sur les Compagnons, autorité assortie d’exemplarité et d’un regard constant à la fois sur soi-même et sur l’autre. Il ne s’agit pas d’imposer des savoirs, mais d’ouvrir fraternellement des portes vers les voies de la Sagesse et de la Connaissance, de transmettre de donner humblement ce que l’on a reçu avoir le Devoir de le partager. Reconnaître que nous ne sommes pas dans un monde de la symétrie, mais dans une asymétrie consentie et responsable au sens où l’entendait Emmanuel Levinas. C’est-à-dire totalement et infiniment responsable de l’autre qu’il soit proche ou lointain, nous avons un Devoir d’Amour de l’homme et de l’humanité, sans attendre la moindre réciprocité. Alors l’autorité sera pleinement acceptée parce que naturelle et chacun aura à cœur de pratiquer l’autorité pour lui-même. L’autorité sera une conscience morale et non une doctrine imposée et appuyée par une force répressive devenue inutile. Est-ce un rêve ? En tout cas c’est un monde où l’Ordre viendra remplacer le chaos.

« Dans tout chaos, il y a un cosmos dans tout désordre un ordre secret. »

Karl Gustav Jung.

 

                                           

Jean-François Guerry.

ORDRE OU CHAOS ?
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Epic Music for Dark Chaos - Walking Towards Fate

Epic Music for Dark Chaos – Walking Towards Fate

Original epic orchestral music with dark and raw emotional power. From my album: The Gloaming The Gloaming Stream / Download https://www.smarturl.it/the_gloaming Composer: Greg Dombrowski …

https://www.youtube.com/watch?v=F9UJpHLtbaU

 

SOURCE  :  http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2023/08/ordre-ou-chaos.html

ET SI LA FRANC-MAÇONNERIE ÉTAIT UNE PHILOSOPHIE DE L’AUTRE ? 6 septembre, 2023

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ET SI LA FRANC-MAÇONNERIE ÉTAIT UNE PHILOSOPHIE DE L’AUTRE ?

 

Tableau de Jean Beauchard Eklablog.

Tableau de Jean Beauchard Eklablog.

 

ET SI LA FRANC-MAÇONNERIE ÉTAIT UNE PHILOSOPHIE DE L’AUTRE ?

 

La Franc-maçonnerie est-elle une philosophie de l’autre et non pas une philosophie de l’être est-ce inconcevable ? Si elle était une initiation qui révèle l’autre, une épiphanie de l’autre. Après tout pourquoi pas, puisque qu’elle affirme être fondée sur la fraternité. Encore faut-il s’entendre sur la définition de la fraternité, n’est-elle qu’un mot ? Et sur l’autre, qui ne peut être un concept, en effet selon Aristote le concept est ce qui se réfère à l’essence et non au propre de l’autre. Le concept ne serait qu’objet et non sujet. Selon une définition classique le concept est la représentation abstraite d’un objet ou d’un ensemble d’objets ayant un caractère commun, une idée que se fait l’esprit humain d’un objet de pensée.

Depuis l’antiquité les philosophies sont des philosophies de l’être, elles réduisent la définition de la fraternité dans un rapport de l’être par rapport à moi, une réduction de l’autre à moi, ignorant sa différence radicale, sa singularité. Seul Levinas changera cette idée de l’autre, et deviendra la référence en terme de philosophie de l’altérité en  proposant un regard différent du visage de l’autre il concevra l’autre comme radicalement totalement définitivement absolument différent. Inaugurant une rupture par rapport au mot Frater qui considère la fraternité comme l’ensemble de l’espèce humaine illustrée par la formule : tous les hommes sont frères. Qui va même plus en envisageant un regroupement des hommes dans un au-delà suivant une autre formule mise en chanson : ce n’est qu’un au revoir mes frères, car nous nous reverrons tous… Cette fraternité prend la forme une forme communautaire, elle est même une suprématie que dénonce Levinas : un pouvoir de moi, de mon moi sur l’autre qui dès lors se transforme en objet, c’est le concept de l’autre. Qui passe de sujet unique à un objet, perdant tout ou partie de sa singularité. Autrui dans la philosophie de Levinas n’est pas moi ou une forme de moi, il est autre que moi. Sa pensée est différente de celle de Platon qui reconnaît la famille humaine comme Une, c’est aussi la pensée des religions monothéistes exprimée dans l’injonction : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Injonction que l’on retrouve dans le Lévitique (* 1) ou encore dans les Évangiles Marc(* 2), Mathieu (* 3), Luc (* 4), les Épîtres de Jacques (* 5), les Épîtres de Paul aux Romains (*6)aux Corinthiens (*7) et enfin les Épîtres de Jean. L’on trouve aussi cette injonction dans les Hadîths de l’Islam (*9) L’on peut aussi croiser cette injonction formulée différemment dans les traditions orientales comme le Bouddhisme, le Confucianisme, l’Hindouisme et en occident dans l’humanisme. Il demeure que cet amour fraternel de l’autre à une forme conditionnelle : je l’aime pourvu qu’il me soit semblable, cela ressemble bien à un repli identitaire. La fraternité devient se transforme en une sorte de complicité entre êtres semblables, une complicité avec mon prochain. Plus facile, à accepter et à réaliser, une sorte de fraternité entre-soi. C’est une fraternité atténuée, diminuée, en fait une solidarité vantée par Léon Bourgeois qui lutta sans succès pour quelle se substitue jusque dans notre devise républicaine. La fraternité, l’altérité devenant alors un rapport réciproque entre êtres semblables, un rapport symétrique de visage à visage. L’autre devenant exclusivement mon proche, mon prochain, je le reconnais comme tel, alors je lui donne l’accolade fraternelle.Nous sommes dès lors, même si ce n’est pas agréable à dire dans une catégorie de fraternité, une fraternité sélective. Qui introduit en creux une reconnaissance singulière, particulière donc non universelle, une fraternité du donnant donnant, une fraternité qui exclue la gratuité du don et qui écarte l’étranger.

Vous m’objecterez avec justesse que la Franc-maçonnerie qui puise ses valeurs et surtout ses vertus dans toutes les traditions et les philosophies est de ce fait universelle, que de plus le Franc-maçon initié ayant progressé vers les plus hautes sphères de la Connaissance spirituelle a pris conscience d’une religion universelle appelée Tradition Primordiale unique est donc aussi fraternel avec son proche, son prochain que son lointain. Est-ce aussi sûr ? Certes, il s’engage au terme de son initiation s’il en est un, à répandre dans le monde qu’il qualifie de profane les vertus et valeurs morales qu’il a reçues. Ce qui induit qu’il pense détenir de fait une suprématie sur l’autre qui ne posséderait pas ces vertus et valeurs. Il introduit donc un rapport de domination et non de responsabilité de l’autre. Le fait même qu’il soit le gardien de son frère introduit un rapport hiérarchique entre lui et l’autre. Comme le Franc-maçon sincère envisage de répandre sur toute la surface de la terre les vertus qui naissent de la charité. Il conviendrait peut-être de privilégier une formulation différente à l’injonction : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Par tu aimeras tous les hommes, outu aimeras ton prochain et ton lointain, ou encore tu aimeras tout le vivant, ou enfin simplement tu aimeras. Ceux qui ont écrits les textes vétero et néotestamentaires ont forcément réfléchi à ce problème, c’est pourquoi peut-être ils ont fait précéder cette injonction d’une injonction plus originelle, plus créatrice tu aimeras ton Dieu. Dieu que l’on peut remplacer par Grand Architecte de l’Univers, c’est-à-dire un principe et non un concept.

Nous avons pris la mesure de la difficulté de définir l’autre, l’altérité et la fraternité ; à contrario de l’égalité et de la liberté qui peuvent êtres conçues, encadrées par des règles, parfois contestées mais il existe toujours une possibilité d’amélioration. La fraternité c’est plus difficile, d’ailleurs si l’autre est mon frère quel est notre père commun, notre origine commune ? Suis-je prêt à admettre que tous les hommes sur toute la terre sont mes frères ?

C’est là, je reviens à Levinas parce qu’il est génial ! Il rattache la fraternité à la justice qui est une conséquence de la fraternité. Pour lui la fraternité c’est autrui, c’est tous les autres et c’est la fondation de la justice. Si nous, nous arrêtons un peu en réfléchissant sur ce que nous demande la Franc-maçonnerie. Elle nous demande d’aimer les autres nos frères et de défendre la justice, de lutter contre toutes les oppressions, les tyrannies, les dictatures de toutes sortes. La philosophie de Levinas sa philosophie première est une métaphysique de l’éthique. Qui va au-delà de la morale qui régit les rapports sociaux, elle recherche de la plénitude de l’homme de sa complétude donc en analogie avec l’initiation maçonnique. La fraternité nous apparaît comme un avant ontologique et éthique, elle est originelle sans fin et sans commencement elle est. Elle fait partie de nous, elle peut surgir du tréfonds de nous-mêmes à tout moment, par exemple lors d’attentats comme Charlie Hebdo ou les Twin Towers de New-York ou un Tsunami, elle est donc espérance. Il nous faut en faire l’expérience, l’éprouver à travers un danger, elle ouvre la porte pour atteindre l’invisible, elle est le lien entre tous. Elle se manifeste lors de ces dangers, elle apparaît alors comme un lien entre tous les hommes, révèle notre humanité, notre compassion fraternelle, notre altérité diraient les bouddhistes. Elle attachée à nous-mêmes, elle est attachante, bien plus que l’égalité et la liberté qui ne peuvent se réaliser sans elle, à ce titre elle mériterait de trôner en tête de notre devise républicaine.

L’on pourrait aller jusqu’à dire qu’elle nous est consubstantielle liant cœur et raison. Hannah Arendt disait ce qui nous manque : « C’est un cœur intelligent. » Les Francs-maçons avec humilité le savent quand ils parlent de l’intelligence du cœur. Je dirais presque pour conclure qu’il nous faut savoir vivre en fraternité et au minimum être capable de partager le plus souvent possible des moments de fraternité comme l’écrivait Régis Debray. Décidément la Franc-maçonnerie qui fait une part belle à la fraternité, est sans doute proche d’une philosophie de l’autre qui présente des analogies avec celle de Levinas. Pour finir par un chant d’espérance je vous soumets ces quelques lignes du poète de l’Isle sur la Sorgues René Char : « Ensemble nous remettrons la nuit sur ses rails et nous irons tour à tour nous détestant et nous aimant jusqu’au étoiles de l’aurore. »

René Char. – Les Visages du temps- Une sérénité crispée.

 

Jean-François Guerry.

Notes et commentaires toutes les citations sont issues de la Bible de Jérusalem et les commentaires personnels.

*1- Lévitique : 19- 18 dans « Prescriptions morales et cultuelles. »

« Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Injonction qui croise celle de la genèse tu seras le gardien de ton frère. Qui fait référence à ton peuple et ton prochain semblant écartant les autres, les étrangers, les différents ceux qui ne sont ni de ton peuple et les lointains, les étrangers.

 

*2-Évangile de Marc 12- 31,32, 33 dans « Premier commandement. » « Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là (le premier était tu aimeras ton Dieu…) Le scribe lui dit : « Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire qu’il est unique et qu’il n’y a pas d’autre que Lui, l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. » L’on voit ici que le premier amour est celui de Dieu du principe de l’Un qui est tout l’alfa et l’oméga. Le second amour va vers le prochain et le lointain ? La conclusion fait remarquer que l’amour surpasse tous les dons ou que l’amour est le don le plus ultime jusqu’au sacrifice de soi. On remarque aussi l’alliance de la Raison et du Cœur pour parvenir à l’amour, cette union est l’intelligence du cœur.

 

*3-Évangile Mathieu : 7- 12 dans « Règle d’or. » « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : voilà la loi des Prophètes. » Loi des Prophètes mais aussi Loi maçonnique !

Évangile Mathieu : 22- 39 dans « Le plus grand commandement » « Le second lui est semblable (Après le premier qui est l’amour de Dieu) : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

 

*4 Évangile Luc : 10- 27 dans « Le grand commandement » « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même »

Évangile Luc : 10- 36, 37 dans « La Parabole du bon samaritain » « Lequel de ces trois, (Le prêtre, le Lévite et le Samaritain) à ton avis, s’est montré, s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? » Il dit Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui. » Cette parole semble être l’exception qui confirme la règle, c’est-à-dire que l’amour semble être universel, appliqué envers le lointain, le bon samaritain ne faisant pas de distinction entre les hommes en pratiquant la miséricorde vis-à-vis de son lointain. Reste une interrogation se sent-il responsable de son lointain ou supérieur à son lointain en lui accordant sa miséricorde ? Je dirais pour ma part qu’il pratique l’amour de son lointain en donnant ses deniers à l’aubergiste qui prend soin du blessé, parce qu’il fait ce don sans ostentation, comme doit le faire un bon Franc-maçon de manière à ne pas humilier celui qui reçoit, il ne recherche pas à obtenir un avantage pour son don.

 

*5,6,7 Épîtres de Jacques, Paul et Jean.

Épître de Jacques dans : « Le respect des pauvres ». 2- 8 « Si donc vous accomplissez la Loi royale suivant l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien ; mais si vous considérez les personnes, vous commettez un péché et la Loi vous condamne comme transgresseurs. » Cette interprétation interroge une deuxième fois, donc il y aurait une exception supplémentaire à la règle d’amour vis-à-vis de son seul proche. Cela rejoint une fois de plus la Loi maçonnique qui impose l’amour de l’autre en général qu’il soit riche ou pauvre pourvu qu’il soit vertueux (Levinas ajouterait peut-être, même s’il n’est pas vertueux, comme un devoir absolu d’aimer l’autre.) Il s’agit là de l’amour de l’homme comme humain et non comme personne.

En 2-13 dans l’Épître de Jacques ont lit : « Car le jugement est dans la miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. »

 

Épîtres aux Romains 13- 8,9,10 dans « La charité résumé de la Loi. » « N’ayez pas de dettes envers personne, sinon celle de l’amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. ». Cette Épitre s’inscrit dans un contexte des lois morales sociales qui font société, comme une réponse des croyants à des interrogations de non croyants démontrant que la Loi d’Amour s’applique dans l’humanisme également et pas seulement dans la religion.

Première Épître aux Corinthiens 13- de 1à 7. Dans « La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité. » « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je ne suis plus qu’airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne sert à rien. La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, elle croit tout, espère tout, supporte tout. » On peut difficilement faire un hymne plus beau et bon de la charité, qui est ici totalité de la Loi universelle d’amour.

 

Première Épître de Jean 4- 7,8, 21 dans « Aux sources de la charité et de la foi » « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu et quiconque aime est né de Dieu, et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu car Dieu est Amour.

Oui voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

 

SOURCE  :  Publié le 22 Juillet 2023 par Jean-François GUERRY

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