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L’humanisme maçonnique prêt à s’enrichir de l’écologie ? 12 juillet, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’humanisme maçonnique prêt à s’enrichir de l’écologie ?

Par

Jacques Fontaine

 
citations-ecologie

La Franc-maçonnerie est sans doute un des fleurons de la pensée démocratique. Elle conjugue, en effet, à la fois, les deux composantes naturelles de l’être humain : la compétition et la coopération., telles que l’éthologie, cette science naissante, l’observe. Selon les époques, les lieux ces deux manières se mêlent.
Les chantres philosophes du vivre ensemble ménagèrent les chemins du respect de l’autre en son corps, ses opinions et ses actes, s’ils ne nuisent pas au bonheur de l’autre (on disait avant : « au bien commun) En cela, pour moi, .la fraternité est le point d’orgue de la réalisation du bonheur social et individuel. Ne sait-on pas, c’est bien démontré, que la gratitude, par exemple dire « merci » enrichit le destinataire mais aussi le locuteur. C’est le germe de cette fraternité prôné par notre Ordre. Nous allons voir que cette orientation fraternelle peut s’élargir à l’appréhension de l’environnement naturel ; désormais ancré dans l’écologie.
La Franc-maçonnerie est un des mouvements les plus porteurs des avancées sociales. Elle nous entraîne à la fois, dans le siècle avec l’action dans la société et dans la permanence avec la descente en soi, le lien avec les autres Elle est intemporelle dans ses soubassements. C’est ainsi que depuis 2002, s’expriment presque toutes les obédiences de style français. L’approche spirituelle promeut à la fois l’introspection, la fraternité et l’action dans le monde profane. Cette spiritualité est-elle en mesure de mieux intégrer en chacun la dimension écologique ?

Un moment d’abord sur l’évolution du regard humains sur lui-même et, le cas échant sur la nature autre. En réponse aux peurs inhérentes à notre espèce, nous avons développé les protections pour se nourrir, se reproduire, se vêtir et avoir un toit. Comment firent-nous ? Baignés dans la nature ou en repli sur soi ?
La réponse fut longtemps :la terre est une mère nourricière. Il suffit de l’exploiter (le mot est emblématique. Elle est à nous ! Mais, comme le bébé trop goulu, nous voulons toujours en avoir plus. Nous devenons tyranniques avec notre mère-nature. Cette hystérie de l’avoir est devenue insupportable. Sait-on que, chaque jour, 15 000 petits enfants meurent de faim ou de malnutrition. ? Sans que les gavés que nous sommes n’y fassent pas grand-chose. L’écologie ? Qu’elle se mette en sourdine !
Pour accompagner l’espèce dans cette nécessité inconsciente il fut nécessaire de légitimer la place de l’humain. Il devint tout de suite le SEIGNEUR sur Terre. Les religions et autres croyances mettent au centre de leur entrelacs mystique et soumettant, l’humain, rien que lui ! Sauf quelques animismes et le jainisme¨, spontanément écologistes. Sinon, l’homo dit sapiens , à ses yeux, règne sans partage : c’est ainsi qu’au lieu d’ »enlever les plantes inutiles », « on arrache les mauvaises herbes » !
Et cela n’a pas changé jusqu’à une époque récente. Bien sûr il y a des exceptions ; elles sont rares .les humains considérèrent la nature leur est donnée, pour eux seuls ; dans l’oubli voire le mépris de milliards de milliards de vivants. Pas un paragraphe dans les textes sacrés, mystique, initiatiques sur l’araignée, le buffle ou le vers. Quelques-uns d’entre nous ont des lunettes plus appropriées mais la majorité des terriens sirotent la vie dans leur royaume humanoïde. Avec les délices d’une nature à leur service
Résultat actuel : ; La nature ne peut plus sur un an, renouveler les ressources nécessaires à la survie de notre espèce. En juillet, le décompte s’arrête !

Au XVIIIème siècle , le regard sur la nature évolua enfin. Pour les fameuses Lumières, il faisait bon aller se recueillir, à cheminer sous les arbres centenaires, à goûter des vallons et les collines boisées comme des spectacles naturels. Aujourd’hui, on affirme toujours que rien ne vaut une promenade dans la nature, le silence, rehaussé par le gazouillis des oiseaux. L’humanisme se résume au délices d’être dans la nature, surtout pas à celui d’être la nature Presque tous sommes atteints par un virus,, l’anthropocentrisme. Tout tourne autour de nous. Et nous est soumis.

Sommes-nous enfin sortis de cet anthropocentrisme canaille qui donne bonne conscience. Pas du tout ! Nous ne cessons de détruire, abattre, tuer en humanistes convaincus.: On pourrait le rêver depuis qu’une nouvelle étape a été franchie, il y a quelques décennies avec la naissance véritable de l’écologie. Le vrai problème, , c’est la prolifération des humanimaux. Mais en bons humanistes, c’est le seigneur qui importe. En réalité, le seigneur est devenu, à l’échelle planétaire, le SAIGNEUR. Il fait couler ses eaux sales, la sève des arbres sacrifiés, le sang des bêtes d’abattoir, en restant noble sur ses principes humanistes anthropocentristes. Pendant que 3 millions de requins sont rejetés à la mer, l’aileron coupé, pour satisfaire des caprices Certains humanistes ont effectué leur mue, ils se révoltent de plus en plus contre les cruelles conditions d’élevage des animaux nourriciers. À ce propos, j’entends le combat pour que survivent les abeilles. Mais pourquoi, celui-ci plutôt que les frelons ou les bourdons ? Mais, anthropocentrisme oblige, parce qu’elles nous fournissent le miel. Et que c’est bon !

Les valeurs humanistes, notamment celles défendues par la Franc-maçonnerie, ne touchent jamais la préservation de la nature. Mais on peut espérer peut-être. Examinons ce qui se passe dans le monde : de plus en plus, nous voyons se lever ceux et celles qui veulent vivre différemment leur relation au monde. A la différence de leurs semblables, piégés dans l’hypercapitalisme. Car, je n’en doute pas un instant : le mode de vie économique triomphant à notre époque est intriqué, indissolublement, avec la protection de notre environnement naturel. Voici donc une double exigence pour l’humain de demain. Réformer l’économie en tissant de nouveaux liens écologiques.
Tant que nous serons des asservis par l’avoir et le paraître, nous laisserons mourir le manchot du cap, dans les affres établies par l’hyper capitalisme. Si nous n’acceptons pas dans nos méninges notre cœur et notre corps que nous sommes une espèce d’animal avec ses singularités si périlleuses comme la conscience et la raison., la métamorphose ne se fera pas. 
Il nous faut donc désormais changer le système humain et sa relation à la nature. Je dis et redis qu’il s’agit de l’attelage des deux chevaux qui galopent dans un éco-système régénéré.

Ci et là, les essais voient le jour, les quelques milliers de communautés, les associations de défense de l’environnement, les réseaux sociaux écologiques …déjà des jeunes inventent d’autres manières de vivre ; Ils gardent la moelle de notre humanisme mais le recycle avec un regard circulaire sur l’ensemble de la nature qui les entourent et dont ils se sentent faire partie. Des mouvements telle l’anarchie verte dont je me réclame esquissent sans doute un futur qui tienne vraiment compte de nos données effrayantes actuelles ;

Alors que les Francs-maçons retiennent-ils de l’écologie, avec leur humanisme si solide s et si bien ancré dans leur tête et leur cœur ? Rien, ! Ce n’est pas leur propos, sauf dans des planches. Mais nous sommes gens de fort bonne volonté. A nous de devenir écosophes, au risque, diront certains, de se noyer dans l’écologisme. A savoir, soucieux d’intégrer en permanence le facteur naturel. Prend-on une décision d’ordre économique, politique, culturel, sociétale… ? Comment procéder pour la rendre conforme à la préservation de la planète
Je songe donc, pour les Maçons, s’ils ne veulent être largués dans les fosses de l’histoire, à une reconversion. Ils en ont et la matière première, leurs valeurs ; les moyens, l’ initiation avec en ligne de mire « une spiritualité pour agir » ; et leur aspiration à plus de bonheur sur terre, désormais, prise dans toutes ses composantes.
Les valeurs maçonniques sont nourricières et d’embrassades larges. Un pays en a décliné trois, maintes fois reprises dans nos déclarations et nos rituels. Liberté, égalité, fraternité. Mais c’est tout à fait cela pour le vivant , pour tous: liberté de croître et de mourir ; égalité des chances dans son écosystème et fraternité à l’instar des bonobos, eux qui règlent leurs conflits par l’affection.

Soyons plus qu’humanistes au petit pied. Le vivant n’attend rien de nous mais nous lui devons tout, entre autres, ce que nous sommes. Offrons-lui, en parfait biopjhile, le respect de la vie sous toutes ses formes ; certains humains ont connu cet état d’esprit Je songe à François d’Assise, à mes yeux, le parfait franc-maçon ; aussi à un autre : je laisse le soin Frédéric Lenoir de le citer, pour terminer :
« “c’est une véritable révolution copernicienne de la conscience morale qu’instaure Spinoza: la vraie morale ne consiste plus à chercher à suivre des règles extérieures, mais à comprendre les lois de la nature universelles et de notre nature singulière afin d’augmenter notre puissance et notre joie…et c’est ainsi que nous serons le plus utile aux autres”.

Jacques Fontaine

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/16/lhumanisme-maconnique-pret-a-senrichir-de-lecologie/?fbclid=IwAR0rwJ4d9L7CW6wte_Xn0JO49tRpOquS9LQtO0F0RH1l-xJR08IbIQ_8dxA

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ? Chez les « Egyptiens » Français 17 octobre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?

Publié le 13 juin 2018

Rites … Obédiences … Ordres …

Chez les « Egyptiens »  Français

Avant-propos : Un dicton populaire nous dit « il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Martin !!! » ainsi les noms qui sont « burinés sur cette planche à tracer de pierre » ne désignent que des personnes ayant pu exister (ou pas) ou ayant rejoint d’autre Orient comme il est évoqué dans nos cénacle (ou pas) … si d’aventure certains noms pouvaient poser problème(s), ceux-ci auront été transformés, transposés voire cryptés de telle façon que « toute ressemblance avec une personne réelle ne serait que le fruit du hasard ». Sont évidemment conservés corrects les noms qui par leurs fonctions sont tracés dans des actes consultables par tous moyens habituels (ex Président d’association ou déclaration sur des sites d’information Web.  Cela dit, je peux poursuivre ma méditation. L’important ce sont les événements et les contextes !!!!

Sans faire œuvre d’historien précisons simplement qu’en France un nouveau paysage maçonnique se construisit dans la période 1998-2000. En ce temps-là  trois structures Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?   Chez les « Egyptiens »  Français dans Chaine d'union rites-300x301-299x300obédientielles : pour l’une, elle émergeait tout simplement et pour les autres, elles ré-émergeaient à la suite d’une crise dure et profonde. Pour la première, il s’agissait de la GLMMM (la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm) ; pour les autres évoquons la GLMFMM (la Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm) et la partie Féminine (Les fameuses Robes Jaunes). Ces dernières étaient alors sous la coupe d’une gérance internationale  (OIRAPMM : Ordre International du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm) dont le Grand Maître Mondial (et Grand Hiérophante) était le Frère Chekna Sylla. Il venait de succéder à Gérard Kloppel (lequel succédait, lui-même, à l’Illustre et Sublime frère Robert Ambelain. Une quatrième puissance maçonnique était déjà installée : la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (le GLFMM, les Robes Blanches) dont la gouvernance était sous la responsabilité de notre Sœur Julienne Bleyer.

Avant de poursuivre : un petit « flash-bak » : Tout observateur attentif de notre espace Maçonnique sera convaincu que les « Rites Égyptiens » ne viennent pas de nulle part … et, pour n’écrire que sur les nôtres, rendons hommage à nos fondateurs officiels « mondiaux » d’abord (Grands Maîtres Généraux et parfois Grand Hiérophante) et « Français », ensuite, (Grands Maitres de France) qui étaient tous, rappelons-le, Ad-Vitam.

Année Grands Maîtres Mondiaux Grands Maîtres de France
1838 Jean Etienne Marconis de Nègre (F)  
1869 Marquis de Beauregard (Egypt)  
1874 Salvatore A.Zola (Egypt)  
1881 Joseph Garibaldi (I)  
1900 Ferdinand Delli Odi (I)  
1902 John Yarker (UK)  
1908   Gérard Encausse dit Papus
1919   Jean Bricaud
1934   Constant Chevillon
1936 Guerino Trolio (Argentine)  
1944   Charles-Henri Dupont
1946 Georges Bogé de la Grèze (F)  
1960   Robert Ambelain
1965 Robert Ambelain (F)  
1985 Gérard Kloppel (F) Gérard Kloppel
1998 Georges Claude Vieilledent (F)(Contestation)  
1998 Chekna Sylla (CI)  
1998   Michel Kieffer
1998   Guy Renaudin

Donc, en 1998, comme toujours cet Ordre (l’OIRAPMM) garantissait la cohérence et la coordination des travaux maçonniques via un Souverain Sanctuaire International dans lequel étaient rassemblés tous les Grands Maîtres Nationaux … le TSF Guy Renaudin était, comme il est précisé dans le Tableau, en ce Temps-là le Grand Maître de France, ad-Vitam.

Les fondements de notre Rite impliquaient :

  • Des fonctions … à vie.
  • Une Grande Hiérophanie (c’est-à-dire un « humain plénipotentiaire » (mieux que Thot qui lui n’était que trois fois grand !!! … un peu d’humour ne nuit point pour qui reste modeste et humble)
  • Une échelle du premier degré au 95ième degré avec un GM (Grand Maitre Chargé des loges Bleues), un SLGC (Souverain Lieutenant Grand Commandeur) pour les degrés de 04 à 33 et un SGC (Souverain Grand Commandeur) pour les autres degrés
  • Un refus, au nom de la tradition, de la mixité … un refus qui venait d’être levé lors d’un fameux Convent exceptionnel … celui de l’an 2000. On ne peut se battre, manifestement longtemps, contre l’évolution des consciences et surtout contre un « apartheid » incompréhensible au crépuscule du 20ième siècle …  et à l’aube d’un siècle dont il est dit que celui-ci sera spirituel ou ne sera point !!! 

Lors de la formation de la « Mixité » au sein de notre Rite, à partir du questionnement des fonctions ad-vitam, mais, aussi, de l’acceptation d’une fonction suprême : « La grande Hiérophanie », apparurent les puissances maçonniques suivantes :

  • La Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm (Masculine … Créée en 1960 par Robert Ambelain qui fut, quelques jours, sous l’administration provisoire de Gérard Tavol (en 1998) avant d’être sous la gouvernance du frère Guy Renaudin, GM de France Ad-Vitam,
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm, dont le premier grand Maître fut Pierre Topilif
  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (Création en 1987 et devenue indépendante en 1990 sous Julienne Bleyer)
  • La Grande Loge Symbolique de France (Création par Georges Claude Vieilledent en 1998 à la suite d’un différend conséquent avec Gérard Kloppel d’où une scission rapidement diligentée … )
  • La Grande Loge Traditionnelle des Rites Egyptiens. La GLTRE fut créée par Claude Liew & Gérard Baudou-Platon en 2001 sous patente de Guy Renaudin (Claude Liew fut désigné selon un processus « symarchique » le premier Grand Maître).

Le Frère Guy Renaudin mit fin à la patente qu’il avait accordée au Frère Claude Liew le 07/03/2004 et poursuivit la construction de sa voie maçonnique avec Gérard Baudou-Platon au sein non plus d’une grande loge mais d’un Ordre « l’OIAPMM » où Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (officiellement conçu en 2003 pour compléter l’institution Maçonnique prévue au service d’une échelle à 01 à 97°) …

La mise en activité de l’OIAPMM fut, donc, la conséquence directe des disfonctionnements patents au sein de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm et de la recomposition du paysage maçonnique Egyptien à l’Orée du 21ième Siècle.

Au sein de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il y eut :

  • D’abord une voie unique (Celle de Robert Ambelain),
  • Puis trois voies ont été expérimentées : Voie Théurgique avec le Frère Guy Renaudin, Voie Alchimique avec le Frère Claude Andréotto, Voie Orientale avec le Frère Gérard Baudou-Platon)
  • Puis est venue une voie complémentaire : la voie Celtique grâce à une patente donnée par une Druidesse au nom d’un héritage Celte et de son parcours personnel, de ses pratiques et études.
  • Aujourd’hui, après 16 ans d’expérimentation, Il peut être étudié quatre voies :

A : la voie dite de Robert Ambelain travaillant au Rite en 95 degrés (avec des degrés transmis obligatoirement par voie de transmission rituelique : 1,2,3,4,9,13-14,18,28,30,33 … 90,95 … (Sous la Houlette de notre Frère Guy Duval).

B : la voie dite Orientale mis en cohérence par Gérard Baudou-Platon travaillant toujours selon de Rite en 95 degrés et transmet 33 « étapes de l’échelle » sous forme rituellique (les autres sont « communiqués »)  au lieu de 14 degrés (le 66ième étant un degré à part).   Quant aux Arcana et l’Arcana-Arcanorum, cette voie effectue un réel travail sur le 87,88,89 et 90ième degré. Cette voie intègre la voie Celtique.

C : La voie Misraïmite Ancienne basée sur les prescriptions du Très Sublime Frère Robert Ambelain. Cf. « La Franc-Maçonnerie Oubliée » (Edit Robert Laffont)  et « la Franc-Maçonnerie d’Autrefois » (Edit Robert Laffont) … à confirmer

D : L’universalité du chemin impliquait un  « éventail initiatique ». Ainsi l’OIAPMM a « adopté » un Rit historique : Le Rite Primitif d’Écosse.

Ajoutons ici, qu’il serait opportun que renaisse, le Rite de Memphis (perdu corps et biens, enfin presque), sachant que l’essence du Régime Écossais Rectifié nous est offert par le Grand Prieuré Souverain de France et que l’essence du Rit Écossais Ancien et Accepté nous est rendu sensible par notre promiscuité avec des Frères et de Sœurs travaillant au sein de puissance maçonnique ad-hoc …

Appel est fait à nos frères et sœurs du Rite de Memphis s’ils jugent pertinent le fait de se rassembler au sein d’une entité dont la seule ambition serait de capitaliser nos savoirs et de tonifier notre connaissance

Quelles sont les règles de base associées à notre Rite et à nos Voies (dans le cadre de l’OIAPMM).

Nos Voies que nous qualifions « d’Éveil » sont assises sur Six concepts :

1 : L’existence de Trois degrés (et pas un de plus) … Apprenti – Compagnon & Maître avec les particularités suivantes :

  • Le degré d’apprenti dont la fonction est la « re-connaissance » de soi et l’observation du monde selon « le mythe de la caverne » de Platon …
  • Le degré de Compagnon dont l’utilité est d’acquérir les outils nécessaire à tout maçon désireux d’être un chercheur authentique, mu par son unique conscience … Ce point met en valeur la nature de notre ordre qui n’est pas rattaché à un égrégore collectif mais qui est rattaché à une source : celle que distille notre Rite. Cela exige l’acquisition d’un minimum de maitrise. La première « boite à outils : les « 7 Arts Royaux » et des philosophes « déclencheurs » d’intérêts … Tels Lycurgue, Pythagore, Socrate, Platon, Thalès, … et autres « lanceurs d’Alertes » spirituelles s’entend …
  • Les Maîtres, nouvellement exaltés, comprendront que notre Rite implique, après le voyage intérieur de l’Apprenti, puis les voyages « découvertes » des mondes du compagnon, un autre voyage beaucoup plus long à travers l’histoire symbolique, philosophique, métaphysique et ésotérique de toutes les IA-1-300x225 dans Contributioncivilisations que notre planète ait portée car les peuples passés ont construit peu à peu ce que nous sommes . Cela fait, ayant pénétré cette conscience universelle la voie de la Haute Maitrise permettra, au Maître, ainsi, réalisé, aguerri et informé de cheminer vers l’ultime initiation … être exhaustif … et « épuiser » sa vie afin que nous la rendions en ayant extirpé la substantifique moelle voilà le statut du Maître !!! … tant que cela n’est pas accompli nul repos ne les tente.

2 : La conviction que notre Rite et nos voies étaient, aujourd’hui, les plus à même de relier « Science et Spiritualité ».

3 : L’échelle de notre Rite resterait « une échelle en 95 degrés » en respect avec les transmissions que nous avons reçues. Cette échelle bien que nous ayant été transmise par le TSF Robert Ambelain (sur le plan historique) a été beaucoup enrichie grâce à des apports en provenance des USA, du Canada, de la Belgique et en moindre importance d’Allemagne. Le parcours des Maîtres s’organisant autour d’une progression logique pour servir la notion d’éveil dont nous avons parlé plus haut. Il sera pour nous aisé de faire savoir que ces 95° suppose un grand investissement personnel afin de pénétrer notre véritable nature et comprendre notre réelle destinée.

En résumé … Ancienne Égypte, Tradition primordiale, Judaïsme, Rayonnement Christique, Celtisme, Mithraïsme, retour aux apports des rites anciens, Védisme, Hindouisme, Bouddhisme, Shivaïsme, Soufisme … seront le lot des études poursuivies par le Maître l’obligeant à la souplesse de vue et à se sentir à l’aise dans un état de « conscience augmenté » et propre à concevoir une véritable  universalité.

4 : la Franc-Maçonnerie, avec sa teinture « voie orientale » devient une école opérative formant des  hommes et des femmes dont le métier est de construire en soi et hors de soi harmonie et futur pour le bien de l’humanité toute entière. Cette école opérative qui n’exclut en aucun cas les croyances individuelles qui peuvent émerger de la méditation Maçonnique  et qui permet même à chacun de vivre des voies « extra-maçonniques » qui répondent plus profondément à son aspiration (Martinisme, Église Gnostique, Réaux-Croix, Élus Coens, Rose+Croix d’Orient, Ordre Kabbalistique, … que sais-je encore).

5 : l’OIAPMM est une Organisation sans structure administrative hiérarchique puisque chaque atelier est  « libre », « indépendant » et « souverain » selon les modes d’organisation ayant cours au 18ième Siècle. Siècle des lumières dit-on avec justesse. Chaque atelier a, dès lors, l’obligation d’être en règle avec les lois du pays dans lequel il travaille. Cependant, pour asseoir leur autorité initiatique et pour garantir la qualité de leur transmission chaque atelier souscrit une Charte qui le lie au Souverain Sanctuaire Khorshed. Ce Souverain Sanctuaire a pour mission de rassembler les dépôts initiatiques nécessaires à la vie et à l’enrichissement du rite qui lui sert de voie initiatique.

6 : Le respect que l’on doit à tout être libre dans son cœur et dans son âme, chevalier dans sa fonction et dans l’humilité de son statut au regard d’un cosmos source de toute vie nous oblige :

  • à refuser toute labellisation sachant que la recherche de la vérité n’admet aucune entrave[i],
  • à refuser le statut de la Grande Hiérophanie[ii],
  • à marginaliser au maximum les contraintes profanes afin de parcourir son chemin spirituel avec le plus grand bénéfice personnel et pour autrui

Restons en-là sur les fondements de notre Rite

Nous devons maintenant aborder le mode de fonctionnement des ateliers de l’OIAPMM (Triangle – Loge juste – loge juste et parfaite – Collège – Chapitre – Sénat – aréopage – et autres consistoires – Cité Mystique – Souverain Sanctuaire …) …

La voie Égyptienne tout comme les philosophies orientales et Africaines nous enseignent que :

  • le Temps n’existe point … car il est sacré … et qu’entre deux parenthèses seul l’esprit circule !!
  • ce que nous faisons, ici et maintenant, doit rassembler toute notre attention, nos forces de méditation, d’inspiration et … notre authenticité …
  • et c’est pour cela qu’elle nous suggèrent que la recherche de la Vérité est notre seule et unique ambition, aucune irruption étrangère ni injonction du monde profane ne pouvant être tolérée. Le lieu de nos travaux étant, assurément, secret mais, aussi, sacré.
  • Nos assemblés rythmés par l’ouverture et la fermeture de nos travaux puis la présentation des « morceaux d’architecture » doivent s’inscrire dans ces deux parenthèses entre lesquelles tout espace-temps devient inconditionnel

Pour la voie dite « orientale » il sera ajouté un autre précepte :

Ne pensons point obtenir notre réalisation personnelle ni notre « réintégration dans notre statut d’origine » comme nous le suggère certains de nos rituels si nous refusions de faire comme les moines taoïstes le chemin tortueux de l’esprit de vie … re-connaitre d’où l’on vient, prendre conscience du « lieu » où nous sommes et se libérer pour accomplir sa destinée … et, chemin faisant, pratiquer la compassion et l’aide … voilà le devoir des Maçons Francs du 21ième siècle …     

Qu’écrire de plus sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm – Voie d’Eveil (Voie Orientale,  Voie Robert Ambelain et voie Misraïmite Ancienne)

Le « souverain Sanctuaire Khorshed[iii] » a rassemblé et réexaminé l’ensemble des dépôts initiatiques afin de rendre les rituels conformes aux principes que je viens de d’exposer. OIAPMM-SSKhorshed-Blanc-300x300 dans Recherches & ReflexionsNous devons juste nous convaincre de l’idée suivante :

« Une tradition (héritage culturel voire cultuel) qui ne s’actualise pas est une tradition qui meurt » … « Une tradition qui s’actualise nourrit et fortifie le passé – le Présent – et l’avenir, garantissant ainsi le respect de nos anciens (Maîtres passés :: « ancêtres ») et notre capacité à enfanter l’avenir par une belle transmission murie par le soleil de l’amour fraternel »

Malgré ce qui en est parfois dit, nos Rituels « ne sont pas longs » … ils agissent le temps nécessaires pour que notre être oppressé par des tensions profanes prenne le temps de retrouver une véritable écoute et le lien qui n’aurait jamais dû être coupé entre l’homme et son être profond …

Notre Ordre et le paysage Maçonnique actuel

Tout pourra être dit … Tout … et même son contraire sur ce sujet !!!! … Mais pour paraphraser une stance de nos rituels je dirais que « nous maçons d’Egypte nous ne prendrons jamais des vessies pour des lanternes » et que si nous dressons notre âme pour voguer dans des espaces plus subtils nous savons être rationnels et nous savons juger par nous-mêmes … Nul ne peut se présenter et déclarer être notre recteur de conscience.

Nous savons aussi que nous sommes tous des Chevaliers (Samouraïs) ou des chevaliers en devenir car nous sommes des Francs-maçons constructeurs d’harmonies exécrant l’irrespect, l’exclusion, et toutes les attitudes sectaires d’où qu’elles viennent !!!

Dès lors nous avons à imposer un comportement qui honore la Franc-maçonnerie avec toutes ses magnifiques valeurs … (Droit à la conscience individuelle, liberté d’expression, droit de l’homme et plus généralement droit du vivant, protection de l’environnement, …)

A : Le paysage Maçonnique

Voici en 2018 une première classification des sensibilités Égyptiennes selon leur adhésion à la « Grande Hiérophanie » et à la nomination Ad-Vitam des  représentants du Rite.

  • Les puissances maçonniques acceptant la gouvernance selon les principes de la Grande Hiérophanie :
  • L’OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm) :: GMG Willy Reamaker et Bernard Teuqnirt …
  • L’ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) qui comprend, aussi, les Rites Confédérés :: Joseph Castelli … en son sein nous trouvons : La Grande Loge Egyptienne de France (ex Gérard Harel) :: La Grande Loge Orientale Régulière de France (Richard Ytram) :: …
  • Le GOSRE (Le Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le Grand Hiérophante est Michel Goudard de Soulages. En son sein résident : la Grande Loge Symbolique Burgonde (François Clouzet) :: la Grande Loge Internationale régulière de Memphis Misraïm :: l’Ordre maçonnique Oriental de Memphis Misraïm (jean Pascal Tollip)
  • Les puissances maçonniques intégrant des modes de gouvernance proches du monde électoral :
  • Le GOE le Grand Ordre Égyptien du GODF (Philippe Foussier)
  • La GLMFMM puis FedMM :: Fédération de Memphis Misraïm … Bernard Champigneux
  • La Grande loge Féminine de Memphis Misraïm :: Éléonore Lecoq
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm :: Olivier Sartoux
  • La Grande Loge Traditionnelle de Memphis Misraïm Battini Jean Simon
  • L’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm:: Patrick Theron
  • La Grande Loge Symbolique de France (& Grande Loge Traditionnelle Internationale) :: Jacques Lavilette.
  • La Grand Loge Unis de Memphis Misraïm :: François Evreux
  • La Grande Loge Mixte de France :: Édouard Habrant …
  • Et dans des parties de « sensibilité Egyptienne » inclus dans des Obédiences Multi-Rites (GLISRU : Grande Loge Indépendante et Souverain des Rites Unis, GLMN : Grande Loge Mixte Nationale, GLMF : Grande Loge Mixte de France, …)

Combien sommes-nous de frères ou de Sœurs Egyptiens en France ? Disons 4200 sur 182.400 FM[iv] (répartis en 7200 loges) environ  … la France représente 5,99% de la FM Mondiale (soit 3.051.000 FM) … pour une fois les Francs-maçons Français éternels nombrilistes pourront faire acte d’humilité !!!

Le nombre d’Egyptiens (4200 :: nombre statistique selon déclarations spontanées) en France est réparti en au moins 45 Ordres ou Obédiences … Nous nous rappellerons juste que :

  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm en comptait il y encore peu de temps 1300 … (les sœurs ont récemment vécu des scissions du fait des exigences de reconnaissance du Grand Orient de France)
  • La Grande Loge mixte de Memphis Misraïm en comptait, il y a peu environ 300
  • La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (aujourd’hui Fédération de Memphis Misraïm) en comptait, quant à elle entre 250 …
  • Le Grand Ordre Egyptien du GODF (Date Naissance : 19/09/2001) … 400 …
  • La Grande Loge Mixte de France … un peu moins de 200 ? …
  • Aujourd’hui le groupe ci-dessus ne représente plus que 2450 Frères et Sœurs !!! Il sera dès lors aisé de constater, alors, que 1750 autres frères et sœurs Egyptiens se sont répartis en 40 Obédiences !!! ….  Je n’ai pas compté la dernière naissance … il y a m’a-t-on dit, un an : l’Ordre Maçonnique Egyptien Mixte International (OMEMI, un nouveau système issu de « l’Océan Indien »  ….  Donc 41 !!!

Cela nous laisse rêveur. La consistance numérique de chacune d’entre-elle, sachant que certaines ont plus particulièrement résistée et « jaugent » à plus de 150 membres !!! (Nous faisons partie de celles-là) … reste bien légère, c’est-à-dire « poids plume » …

Avant d’aller plus avant nous pouvons nous convaincre de ceci, car nous sommes bien en France et il existe dans notre pays des principes de liberté inaliénables : Les hommes et les femmes peuvent se rassembler sans avoir de « tuteur » au travers de structures de type associative (Association de la loi de 1901 et de 1905)  de ce fait :

  • Il n’existe, donc aucune obligation pour des Maçons libres dans une loge libre d’adhérer à une fédération ou une confédération …
  • Les liens entre associations relèvent de la volonté pleine et entière des signataires et des puissances qui les formalisent. Il n’appartient dès lors à aucune autres autorités de les contester sur la base de principes qui dérogeraient à la liberté de conscience, à la liberté d’expression, au droit de s’unir pour des raisons qui les concernent.

Dans le cas contraire : la recherche de « tutorat » ou tout simplement la volonté de construire entre plusieurs associations (loges) des liens de dépendance ou de contrôle hiérarchique peuvent amener certaines d’entre-elles à rechercher une adhésion à une Fédération ou une confédération … ce que nous maçons appelons  « Grande Loge » ou « Confédération Maçonnique ».  Modèle de gouvernance largement inspiré des propositions du « Pasteur Anderson ».

Ce mode de gestion est devenu quasiment la règle depuis le 20ième Siècle … L’idée étant bien acquise par la « Grande Loge Unie d’Angleterre » (GLUA) (laquelle inventa, alors, l’abaque de la « régularité »  puis pour ne pas être « en reste » par rapport à nos frères anglo-saxons, cette idée fut reprise par le Grand Orient de France (lequel nous inventa la « reconnaissance »).  Sans polémique, aucune, nous dirons, alors, que chacun peut inventer ce qu’il veut mais il sera important pour nous maçon de savoir, de connaitre puis d’accepter (ou de ne point accepter) les affres qui sont les conséquences naturelles de toutes sectarisations et/ou de tout asservissement !!!!.

Il existe pourtant une formule « le Traité d’Amitié » efficace et chargée de sens,  dont la valeur reste inestimable puisqu’elle relie, normalement, des puissances maçonniques désireuses de partager et de travailler ensemble. Mais là encore quel gâchis !!!

En voyageant sur le Web et en nous arrêtant sur le site des diverses Grandes Loges ou Ordres l’on peut constater la publication d’une ou plusieurs pages listant les traités d’amitié et de reconnaissance. Il suffira de suivre trois Grandes Loges sur leur site Internet : GL3M, GLMN, FedMM où chacune d’entre-elle a entre 10 et 22 liens d’amitié. Est-il possible pour un frère et une sœur de faire vivre : une famille, un métier, une loge, une grande loge avec, si ce frère ou cette sœur, pratique les cénacles de perfection, un atelier spécifique, sa fédération associée et enfin ses propres recherches !!!! C’est assurément le grand écart et de douloureuses lombalgies éprouvantes … quand peut-on alors parler ésotérisme ? …  Comment peut-on penser au moindre échange initiatique de fond dans ces conditions ? !!!! Ces seuls liens résident, souvent et assurément, dans des participations protocolaires lors de tenues spécifiques que les maçons désignent par le terme de « Convent ».

Pour faire bon poids et être complet : même en en notre siècle, il semble qu’au titre de la « tradition » une grande partie de l’humanité est exclue (sur le plan du principe !!!) … sans pour cela ne soulever aucune indignation.

Prenons pour critère le « sexe » une grande majorité sera masculine, … prenons celui du substrat ésotérique la presque totalité sera … judéo-chrétienne !!!

Lorsque les loges et ateliers ont choisi de s’affilier à une Grande loge. L’on doit savoir cela :

Une puissance Maçonnique dite « régulière » ou « reconnue » dans la plupart  des cas (98%) est formée de deux parties :

  • Un ensemble de loges dites « Symboliques » ou « Allégoriques » qui sont sous le contrôle administratif d’une « Grande Loge » (C’est sur celle-ci que repose le qualificatif de « régulière » si elle répond aux « Landmark » de la GLUA ou de « reconnue » si elle répond aux exigences (à géométrie variable … nous en avons pour preuve la reconnaissance discutée, actuellement, avec la GL-AMF !!! ), par le GODF
  • Un deuxième ensemble les « Ateliers Supérieurs » ou de « Perfection » qui pratiquent leur Rite sous l’autorité d’un « Suprême Conseil », d’un « collège des Rites » ou autres désignations … ce deuxième ensemble ne souffre généralement pas de « reconnaissance » ni de « régularité » … dans le cas contraire il s’agirait là d’une forfaiture. Tout le monde sait que les échelles des hauts-grades sont d’une extrême variété et personne sur le plan historique ne peut déterminer ce qui serait opportun de designer comme « juste et parfait »

Voilà donc, quelques définitions posées.

Nous pouvons … continuer … en nous focalisant sur le groupe de maçons que constituent « les Egyptiens » (Terme générique, évidemment) … Précisons tout de même ce que cela signifie :

  • Au 19ième Siècle disons qu’il existait le Rite de Misraïm (dit Rite Egyptien), le Rite de Memphis (dit Oriental … Attention pas le nôtre) et le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm
  • Au 20ième Siècle nous y trouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm
  • Au 21ième siècle nous retrouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (dans lequel s’ajoute notre Voie Orientale – Voie d’Eveil), le Rite de Misraïm, l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm mais aussi, un réémergence du Rite de Misraïm, et enfin, le Rite du Grand Ordre Egyptien (Cf. Note de fin)

Selon ces critères, nous somme 4200 Frères et Sœurs « egyptianisants »  (cf. supra). Ils se répartissent en deux catégories selon la notion de « reconnaissance du GODF » (la « Régularité » est à exclure de fait, naturellment ):

  • Les structures « reconnues » par le GODF[v],

Je reprends, ici, que celles qui pratiquent les « Rites Égyptiens » : Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (qui est devenue aujourd’hui la Fédération Memphis Misraïm … Traité signé le 29/11/2017 à Paris), Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (Traité signé le 29/05/2004), Grande Loge Mixte de France, la Grande Loge Symbolique des Rites Unis …

  • Les structures « non reconnues » par le GODF 

Dans Celles qui sont reconnues comme puissances maçonniques selon les principes de la convention de Strasbourg de 1961 et qui sont « Amies » d’une puissance maçonnique reconnue (par le GODF):

     A : OIAPMM[vi] (Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm), la Grande Loge Symbolique de France,  Grande Loge Française de Misraïm (Celle d’André Jacques, manifestement), …

B : La Grande Loge Unis de Memphis Misraïm,

C : La Grande Loge Symbolique de France,

Ici, notre attention doit être requise : « les Amis de mes Amis pourraient à priori être mes Amis ». Assertion que l’on retrouve souvent dans le monde profane, qui relève du bon sens et qui fonctionne souvent sauf cas particuliers !!!.

De façon coutumière & objective, cet aphorisme est faux au sein de la franc-Maçonnerie Française dite « reconnue » c’est dire au sein des obédiences qui ont jugé utile se mettre sous la coupe d’un « Grand Ordre » … même si celui-ci s’auto-désigne comme « Égyptien » :

là: « Les amis de mes amis sont inexistants, non advenus ».

  • Enfin Les autres… au sein des quelles l’on trouve:

Les structures dites « sauvages » …  dont certaines appartiennent au Portail des loges libres et indépendantes. Disons le franchement: il y a des loges dites sauvages qui transmettent un enseignement de première importance et … il y a des loges dites reconnues qui pourraient les envier !!!

Remarques importantes: Toutes les loges inscrites au portail ne sont pas « sauvages » !!!. J’en pour preuve que 70% d’entre-elle font partie de structures parfaitement organisées :

> La Fédération des loges libres et Souveraines (FLLS),

> L’Alliance Maçonnique Universelle (ALMA),

> Mais aussi, d’un certain point de vue, L’OIAPMM (Eh oui nous faisons partie du portail … puisque tous nos ateliers sont libres et indépendants sur le plan administratif mais par contre ils sont reliés exclusivement par une Charte Initiatique. C’est notre particularité absolue. Cette particularité nous exclut statutairement de toute « reconnaissance » du GODF puisque la « reconnaissance » est attribuée dans le seul but d’évaluer les modes de gouvernances (« fourches caudines » administrative) et d’imposer, sur le plan initiatique, l’abandon du Rite d’origine par l’adoption d’un Rite reconconstruit en 2000 sur la base de l’Echelle de Yarker en 33 degrés  (Cf. Marcos // Biasi)

  • Les structures rattachées à la grande Hiérophanie donc irrémédiablement non reconnues

> OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis (dont le dernier Grand Hiérophante présumé … le 12ième … est Willy Reamaker) ;

> ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) sous la gouvernance du Grand Hiérophante, présumé … le 12ième aussi : Joseph Castelli grand timonier de ce que l’on appelle « les Rites Confédérés » … espace dans lequel un grand nombre de sensibilités spirituelles sont rassemblées.

> GOSRE (Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le premier Grand Hiérophante se dit être (encore un) en fait le 12ième Grand hiérophante : Michel Goudard de Soulages !!!  …

  • Rajoutons aujourd’hui un phénomène nouveau : le réveil des courants qui avaient été mis sous le boisseau par le TSF Robert Ambelain … ce sont des sensibilités ésotériques allemandes et Italiennes (Naples, Venise, ..). réapparaissent, aussi, des filiations Jean Prévost, Jean Bernadac, Gian Carlo Seri, … Tous ces mouvements maçonniques n’ont pas été quantifié mais ne nous trompons point, ils sont loin d’être négligeables … et surtout nous ne savons pas encore sur quelles bases philosophiques ils sont réellement posés (Discrétion ? Secret ? )…  La position des autorités Italiennes laisse penser que la France pourrait, bien, être une Terre d’accueil. Situation intéressante quand l’on sait que la Franc-maçonnerie française (« reconnue » et la plus nombreuse) est incapable d’hospitalité sur son propre territoire.

(Je n’ai pas pu chiffrer ces deux dernières catégories … je compléterai mon analyse ultérieurement)

B : Paysage Maçonnique et Rites Egyptiens

  • Le Rite de Misraïm (Dit Egyptien),

C’est avec le Rite de Memphis Misraïm, les deux systèmes hermétiques importants. Dans le Rite de Misraïm se développèrent et se multiplièrent des degrés (hauts grades), il faut bien le dire de façon un peu anarchique. Il fut raillé par son nombre important de degrés. Railleries facile lorsque l’on est ignorant des contenus et de la valeur opérative de ses modes de fonctionnement. Le terme de   « Misraïm » se retrouve pour la première fois lors de la présentation des secondes Constitutions d’Anderson du Frère de la Tierce en 1742. « Misraïm »  désigne « l’Egypte » en Hébreux. A ce moment pourtant rien à voir avec l’inspiration de l’ancienne Egypte. La base initiatique est parfaitement Hébraïque. Une connotation Egyptienne apparait en 1767. En effet les frères de la Stricte Observance Templière et les maçons Ecossais en lien avec Fréderic de Prusse évoquent l’idée d’inclure dans le parcours initiatiques des frères un enchainement authentique sur le sentier de l’initiation : cela concerne, évidemment, l’ancienne Egypte. Le Rite Krata Repoa sera un support-soutien manifestement peu compris pour promouvoir un nouvel hermétisme. Rites païen et Rite Chrétien semblent faire bon ménage à tel point que les Frères des Rites Rectifiés s’en accommodent. Des Sources Inspiratrices

A : 1759 Les amis de Delphes « Rites des Philadelphes » travaillés dans une loge Narbonnaise (Théurgie). La fondation du rite est attribuée au Vicomte de Chefdebien d’Aigrefeuille

B : 1750-1760 des principes et des pratiques Rose+Croix ….

C : 1773, fondation à Lyon du Rite des Philalèthes dont les influences de Willermoz et de Cagliostro sont patentes. Jean solis expliquera que « Le système s’articule en trois séries : Symbolique à Ecossais, Chevaleresque avec une Rose+Croix et un Chevalier du Temple, sur trame alchimique, théosophique et Théurgique à connotation sacerdotale proche des Elus Cohen ».

D : Cagliostro et bien sûr le Rite de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy.

Deux personnages se feront concurrence : Cagliostro et le Comte de St Martin !!! Cagliostro est un Mystique, Théurge, Thérapeute et alchimiste des voies internes et externes (escroc pour d’autres !!!) … il récolte des degrés particuliers à Malte (Fonseca) et à Naples. Il se forme au mysticisme chevaleresque de Willermoz. Toutes ces aptitudes le mènent à la création en 1784 du Rite Primitif qui porte son nom. Il en devient son patriarche !!! Là réside, peut-être, la source de l’Arcana Arcanorum …

L’ensemble fut recueilli par le patriarche Gad Bédarride dans des conditions … étranges … Marc-Badarrides-01-248x300mais c’est à ce moment que furent construits les 90 degrés du Rite de Misraïm …

L’histoire nous dit que les hauts degrés furent perdus et seuls les 77 premiers degrés restèrent entre les mains des fils Bédarrides. … les degrés manquant furent réinventés par eux, naturellement dénaturés … Où sont les véritables hauts degrés ? … personne ne peut, objectivement s’en prévaloir.

  • Le Rite de Memphis (Qui est dénommé à tort  « Oriental »),

Selon la tradition de notre voie maçonnique il est écrit : « La plupart des membres de la mission d’Egypte qui accompagnèrent Bonaparte était Maçons de très anciens Rites Marconis-De-Negre-01initiatiques : Philalethes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre des frères issus du Grand Orient de France. C’est la découverte, au Caire d’une survivance gnostico-hermétique qui va, alors conduire ces frères à renoncer à la filiation reçue, jadis, par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Ainsi sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, nait à Montauban en 1815, un nouveau courant maçonnique ne devant rien à l’Angleterre : le Rite de Memphis. Si ce Rite rassemble rapidement les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c’est bien au sein de Memphis que se regroupe les demi-solde de l’ex-grande armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle.

Les personnages emblématiques :

1 : Gabriel Mathieu Marconis (33° du REAA et les plus hauts degrés du Rite Primitif … et les hauts lieux kabbalistiques en Europe)

2 : Jacques Etienne Marconis de Nègre, son fils, Hauts degrés du Rite de Misraïm, Hermétisme Ecossais et Krata Repoa Germaniques et ésotérisme Egyptien grâce à l’épisode de l’épopée Napoléonienne.

En 1816 les deux Rites Misraïm et Memphis ont le même grand Maitre général … prémices d’une prompte réunion ?  … mais après quelques vissicitudes le Rite reprendra ses travaux le 23/03/1838. Le 30/04/1838 verra la constitution de la Grande Loge d’Osiris et les statuts du Rite déposés le 11 Janvier 1939.

Le Rite sera reconnu par le GODF en 1862 …

L’on notera que selon certains « témoins » Bonaparte aurait été initié Franc-Maçon dans Bonaparte-Arcole-02la loge « ISIS » au Caire. Le Vénérable Maître en aurait été « le Général Kleber ». Salvatore Avventore Zola écrit : qu’exactement en Aout 1798, Napoléon reçut les transmissions des antiques sages de l’Egypte. Cette initiation aurait été faite dans la pyramide Chéops. Ainsi naquit, sans doute le premier foyer « Memphis » en Egypte. En 1815, le 30 Avril à Montauban fut fondée la première loge en France sous la désignation « des Disciples de Memphis » par Sanuel Honis, Gabriel Mateo Marconis de Nègre, la Baron Dumas, le Marquis De Laroque et Hyppolite Labrunie.

  • L’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm,

Ce rite est essentiellement pratiqué en Italie au sein du GSA (Grand Sanctuaire Grand-Sanctuaire-Adriatique-03-300x281Adriatique) il est masculin mais admet des « loges d’adoption » féminines (pour lesquels la présence d’un « homme », patriarche de surcroît est requis !!! son fondement : La Grande Hiérophanie et l’accès à l’Arcana Arcanorum. Ce dernier est, selon cette puissance maçonnique, défini par Jean Pierre Judicelli de Cressac Bachelerie dans son livre « de la Rose Rouge à la Rose d’Or » (Cet enseignement concerne la Théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des Eons-Guides qui doivent prendre le relais afin de faire comprendre un processus mais, aussi, une voie Alchimique très fermée qui est un « nei-tan » (voie Interne)). Cette version de rite égyptien est naturellement très intriquée avec les autres essences « Memphis Misraïm » mais s’inspire, aussi, de sources très anciennes (Venise). La maitrise est basée sur le thème du « Mythe Osirien » et les autres degrés détermineront l’aptitude de chacun à progresser sur un plan opérationnel et non intellectuel. L’astrologie et la Kabbale seront nécessaires pour l’accès aux arcanas (le retour à l’Unité). Leur grande Hiérophanie souscrit à une transmission de noblesse spirituelle. Dans ce cadre leur  « in Memoriam » souligne l’autorité des : marc Bédarride, Marconis de Nègre, Marco Edigio Allegri, Ottavio Ulderico Zasio, Gastone Ventura, Sébastiano Caracciolo …

  • Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (Historique),

Le Rite ancien (REAA) et Primitif (Narbonne : hermétique et opératoire) de Memphis Misraïm résulte de la fusion effectuée, en 1881, entre le Rite de Memphis et celui de Misraïm sous la gouvernance de Giuseppe Garibaldi, Franc-maçon, général de l’Armée Italienne qui fit l’Unité Italienne. « Italia fara da se »  …

Ce rapprochement sera, évidemment, violemment rejeté par le Grand Orient d’Egypte (fondation 1856)

Rapidement brossé les deux premiers degrés ont une connotation égyptienne, le 3ième fait référence au Mythe de Salomon, puis du 4ième au 33ième le rite suit celui du Re2a dans les « stations » mais pas totalement dans les messages initiatiques, du 34ième au 68ième il développe la philosophie maçonnique et restitue les Mythes Anciens et enfin les suivants qui seront d’essence Théurgiques et Alchimiques.

Le 66ième degré consacre « une Eglise Intérieure » en relation avec le Gnosticisme assis sur une gnose de type Judéo-païenne  (Ordres Mineurs, Ordres Majeurs, Prêtrise, Episcopat) sensé s’inspiré du « Temps du Christianisme Primitif » … Ce degré donne assurément à ce Rite une « Régularité Sacerdotale »

Concernant les fameux « arcanas », couronnés de « l’Arcana Arcanorum », l’Arcane des arcanes ils donnent titre de Sublime Maître du Grand Œuvre. Il signifie, à priori, pour le titulaire sa réintégration dans l’Unité et sa capacité à avoir construit son « corps de Gloire ».

C’est pour ce faire que ces arcanas décernent « les secrets oraux de Naples » au « cherchant » et sans doute pour l’occasion « au souffrant » !!!

Les Adeptes « Egyptiens » progressent ainsi selon un cheminement individuel guidé par un déambulatoire le plus complet possible sur le plan initiatique. 4 caractéristiques peuvent, aujourd’hui, être recensées :

  • Les Rites judéo-chrétien de Robert Ambelain
  • Les Rites Orientaux … Il y en a quelques-uns … mais à ma connaissance seul l’OIAPMM est en lien avec des « pratiques » d’inspiration extrême orientale …

A : l’OMOMM (Ordre Maçonnique Oriental de Memphis-Misraïm). Leur filiation est celle de Bricaud – Constant Chevillon – Ambelain & Bricaud – Constant Chevillon – Chambellan.

B : ROM (Rite Oriental de Misraïm) : Cette puissance Maçonnique puise dans les Antiques Traditions du bassin méditerranéen … Pythagoriciens, Auteurs Hermétiques Alexandrins, Néoplatoniciens, Sabéen de Harrân, Ismaéliens … en 1792 des sources de Misraïm de l’Ile de Zante …

C : l’OMORAPMM (Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm en France … Voici une nouvelle résurgence de lignées Italiennes … ce que l’on peut dire c’est que cet Ordre reçut patente le 09/02/1988 des mains de Giancarlo Seri

D : Au sein de l’OIAPMM:

Cette puissance Maçonnique fait bien partie de la famille que nous décrivons mais il nous faut souligner leurs spécificités. Il n’y a que 3 degrés (Cela répond au critère de tous les systèmes maçonniques) : Apprenti, Compagnon et Maître.   Le degré de Compagnon est réservé à l’apprentissage des 7 Arts Royaux (et libéraux) ainsi qu’au contact avec certains philosophes emblématiques au regard de l’évolution des sociétés et civilisations. Le degré de Maitre est transmis selon la référence au mythe Osirien (pour la voie Orientale), la voie Robert Ambelain conserve la référence du Mythe d’Hiram..

Les autres « degrés » sont en fait des « Stations initiatiques » que les Maîtres rencontrent lors de leur cheminement dans le Rite. Et pour certaines d’entre-elles, il est réveillé (en complément des degrés classiques) de nombreuses sensibilités Egyptiennes, extrême-Orientales tel que le Chevalier de Mercy (Siddhârta Gautama), … , Patriarche des Védas Sacrés, …  

  • Les Rites Anciens,

Cf Supra (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Régime Ecossais Primitif, Stricte Observance, Gnosticisme, Celtisme, Rose+Croix, … ) … au sein desquels, à ma connaissance, des Ordres font références: l’OMRA (Ordre Maçonnique des Rites Anciens), des Grands Prieurés (GPDG, GPIDF, GPERRO, GPSDF, GPITDG, …).

  • La grande Hiérophanie

C’est un système de gouvernance qui implique qu’un Grand Maitre Général ou un Grand Maitre National est nommé Ad-Vitam et qu’il possède l’autorité absolu pour désigner son successeur … à priori la statut minimum, pour un Grand Maître Général (Mondial, donc), est de posséder la connaissance au plus degré d’au moins trois voies Initiatiques. En général un Rite Egyptien, un Episcopat Gnostique, une voie Martiniste ou un Ordre Rose+Croix ou Kabbalistique …

Au sein de cette spécificité l’on trouvera le GSA, l’OIRAPMM, le GOSRE, l’ORUMM, ….

L’OIAPMM, comme le GOE, la FedMM, la GLMMM, …, ne sont donc pas concernés

  • Le Grand Ordre Egyptien[vii] (GOE) … il fut fondé la même année que notre voie initiatique !!!

Il est une juridiction de « hauts-grades » maçonniques travaillant au « Rite Ancien et Sceau-revu-BDMIPrimitif de Memphis-Misraïm » pratiqué selon une échelle en 33 degrés établie par Jacques-Etienne Marconis de nègre[viii], fondateur du Rite de Memphis, lorsqu’il entra dès 1862 au Grand Orient de France avec son rite. Celle-ci fut analysée et travaillée avec  l’aide de son Premier Grand Maître Adjoint, Ludovic Marcos, sans oublier la haute inspiration du frère Jean-Louis Biasi …

Le plan ésotérique prévu par le GOE institue un parcours conçu comme suit : « Les rituels et les travaux plongent le cherchant véritable dans l’Egypte alexandrine creuset des cultures, philosophies et religions de l’Egypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés. Cette quête conduit nombre de participants vers la fameuse inscription qui ornait le temple d’Apollon à Delphes « connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». Pour cela, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés n’emprunte rien aux autres rites. Contrairement à l’échelle en 95 degrés du même rite, celle en 33 degrés n’utilise pas les grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Les rituels n’ont aucun lien avec la légende d’Hiram ou toute autre connotation judéo-chrétienne puisque ses fondamentaux sont préchrétiens ».

En 2018 … nous sommes contraints de constater une règle absolue imposée par le GODF … « toute puissance maçonnique qui souhaite être « reconnue » doit mettre en œuvre à court terme les rituelies prévue par le GOE[ix] ».

Ceci signe la disparition d’une grande partie du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm historique (Celui issu de Robert Ambelain, Gérard Kloppel … et si l’on sait compter : 2200 « reconnus » … implique 2000 « non reconnus » …

C : enfin : Organisation de l’OIAPMM (Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm)  pour y voir plus Clair

  • Il appartient au portail des loges libres et indépendantes (130) qui regroupe :

La Fédération des loges Libres et souveraines (FLLS) … Multi-Rites, L’alliance Maçonnique Universelle (ALMA) … Multi-Rites, Nous-mêmes (OIAPMM) … Mono-Rite, et enfin une quarantaine de loges résolument indépendantes. Lesquelles pour l’essentiel ne sont pas égyptiennes.

Dans ce portail une loge de recherche de première importance éditrice « d’une parole circule » la Respectable Loge Sud-Rosa à Genève, montre la qualité du travail accompli.

  • Nous respectons les lois de nos pays de rattachement et chaque loge ou atelier a signé la charte des loges libres et indépendantes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Charte qui est sous le contrôle du  « Souverain Sanctuaire Khorshed ».
  •  Dans le cadre de sa partie initiatique notre système est conçu comme un « Ordre » et non comme une Obédience.  Son Assise est définie par trois degrés : « Apprentis », « Compagnons » et « Maîtres ».

> Apprentis ou la prise de conscience de Soi …

> Compagnons ou l’Apprentissage des 7 Arts Royaux, l’approche de la philosophie et la maîtrise de « ses sens ».

> Maîtres … le compagnonnage dans les sources philosophiques, Métaphysiques, Mythologiques et ésotériques (terme générique, évidemment) … avec en fin de parcours les travaux très individuels sur ce que l’on désigne sous le terme « Arcana Arcanorum». Ce parcours s’effectue sans notion de hiérarchie en 27 Stations réelles abordées par la « voie de l’initiation » …

  • Nous respectons les termes et l’esprit de la « Convention de Strasbourg du 22/01/clipsas011961 ». Nous somme en liens avec des structures qui elles-mêmes sont garantes de cet esprit :

> L’ex GLFrMM (Grande Loge Française de Memphis Misraïm) devenue Fed MM (Fédération Memphis Misraïm) (sur le plan National),

> La GLNC (Grande Loge Nationale du Canada (sur le plan International),

Nous avons, également, voulu rendre hommage à l’immense travail fourni par notre TSF Robert Ambelain en y ajoutant, dans nos relations, des courants qui ont constitué  les soubassements de notre Rite. Ainsi nous comptons parmi nos traités d’amitiés :

> L’Ordre Illustre de la Strict Observance Templière,

> L’Union Maçonnique Européenne,

> L’Ordre des Rites Anciens

  • Pour cette raison, nous avons choisi d’être clair dans notre mode de gouvernance :

> Une Charte qualité qui règle les modes de transmissions selon notre échelle à 3 degrés (AA ::CC ::MM) et 27 Stations (pour les Maîtres) de Transmission Rituellique et 3 de directions plus des dossiers d’instruction complémentaire. (Là il s’agit bien de degré transmis rituelliquement dans une Échelle en 95-96-97 degrés)

> Une « grammaire maçonnique » basée sur une rituelie non abrégée pour permettre l’examen en profondeur des suggestions proposées par le Rite

> Un mode de travail qui respecte la sensibilité de chacun … faisant, ainsi, de la loge un lieu sacré où partages et confrontations trouvent un espace serein d’expression (Non-jugement et respect des formes d’expression – être Franc-maçon c’est savoir écouter et accepter la diversité des « savoir-être ».

> Un système de recrutement appuyé sur les us et coutumes de toutes les maçonneries traditionnelles (Enquêtes, Passages sous le bandeau pour notre Rite et Publications)

> Des Loges et Ateliers construits, sacralisés et protégés des indiscrétions profanes selon les pratiques traditionnelles qui nous ont été transmises.

Conclusions Temporaires, évidemment …

Au travers cet exposé nous l’aurons compris : rien n’est simple. Mais l’on peut en tirer une leçon.

L’essentiel de la franc-maçonnerie est anglo-saxonne (avec une qualité recherchée la Régularité) … un ilot est Française (avec un statut désiré: la reconnaissance) … cette maçonnerie est à 99% Judéo-Chrétienne c’est-à-dire référent à une culture assise sur l’inspiration hébraïque et Christique. Elle est occidentale et se dit « Universelle ». Pourtant n’importe quel philosophe (je dis bien « philosophe ») sincère et sérieux ne pourrait affirmer que cette « désignation-jugement » soit conforme à la réalité.

Cette maçonnerie se rassemble (toujours pour l’essentiel)  au sein de Rites : le Régime Ecossais Rectifié (1778), le Rite Ecossais Ancien et Accepté (1801), le Rite d’York, le Rite Emulation (1823), le Rite Français 1783) … gérés par un nombre d’ordres et d’obédiences limité…

Notons encore le Rite Standard d’Écosse (Historique) de la famille du Rite Émulation, le Rite Suédois (1759), le Rote Primitif d’Écosse (1598), Le Rite Opératif de Salomon (1974), le Rite Écossais Primitif (Ambelain 1985)

Une infime partie de la maçonnerie est dite « Egyptienne » (Terme générique évidemment). Elle est gérée par un nombre « incalculable » d’officines Maçonniques. Elle pratique de nombreux Rites issus de courants ésotériques très divers.

En son temps (il y a un demi-siècle) le TSF Robert Ambelain avait réussi à rassembler « presque » tout cela (après la guerre de 1939-1945) en une seule structure !!! … après 40 ans d’excellents travaux de fondation il n’a pas fallu 10 ans pour qu’une tour de Babel s’érige en lieu et place de cette fondation dite » moderne.

Notre Rite le RAPMM est assurément universel puisque son contenu l’est !!! Il aurait pu être servi par des frères puis des sœurs qui auraient pu prendre cette caractéristique pour en faire un Rite référent pour notre 20ième et 21ième Siècle … relier, rallier  « l’Orient & l’Occident » … mettre toutes les cultures du monde dans un même creuset !!! Quelle magnifique perspective !!! … il ne nous faut pas être nombreux … il nous faut être des penseurs accompagnant l’émergence d’une nouvelle forme de travail maçonnique au service de nos civilisations

Après ce travail, trop rapide, en effet, il faut « remercier » le GODF  !!! et « apprécier » son choix Rituélique recadrant des sources de savoir et de connaissance (notamment le Grand Ordre Égyptien) … Il réalise ce que nos dirigeants d’aujourd’hui n’ont pas su conserver … Il accueille, dès lors en leur sein et dans le sein des officines qu’il reconnaît, des frères et des sœurs qui ne sont plus en mesure de valoriser les dépôts maçonniques transmis par nos anciens. C’est tant mieux s’il existe une telle possibilité pour celles et ceux qui cherchent un chemin tout tracé au sein d’une pensée quelque peu « prêt-à-porter », il est vrai …

Comprenons que la moitié de « l’infime partie » que nous venons d’évoquer reste fidèle aux transmissions que nous avons reçues et plus encore en ce qui nous concerne. Comme un excellent compagnon nous avons fait un pas de côté pour revenir dans l’axe de notre trajectoire. L’OIAPMM voie Orientale (Voie d’Eveil), Voie Robert Ambelain et d’une Voie d’étude sur la sensibilité Misraïmite s’est, alors, assigné une lourde tâche … Celle d’être des continuateurs de la richesse du passé, de faire vivre une réelle universalité grâce à un compagnonnage judicieusement organisé et enfin celle de faire respecter notre droit à la différence … (nous exécrons l’inhospitalité, l’exclusion et toutes formes de ségrégation ou de sectarisme revoyant toutes celles et tous ceux qui les pratiquent à leur enfermement doré).

Rappelons-vous : aucune loi n’oblige quelqu’un à recevoir chez elle quiconque …  cela est valable pour toute organisation !!! même associative … même maçonnique …

Par contre la chaleur d’un partage quand il est voulu et désiré est le véritable signe d’une fraternité assurément maçonnique car au-delà du plaisir d’être ensemble il y a cette magnifique générosité de transmettre ce que nous avons appris, vu et vécu.

Nous entendons bien le discours de nos frères et de nos sœurs qui par des incantations constantes voudraient défendre notre modèle de société (occidentale) basée sur « la Liberté, Égalité et la Fraternité » mais qui en même temps ferment les portent de leurs temples où laissent d’autres frères et nos sœurs dans l’ombre ou sur le bord du sentier de peur que ……..  au titre, bien sûr, d’un ségrégation d’un autre temps. Frilosité ? Servilité ? Peur d’une différence qu’ils portent pourtant haut et fort en burinant dans leurs travaux la stance  remarque d’Antoine De Saint-Ex « Si tu es différent de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » (Citadelle 1948 … j’avais 3 ans … )

Nous Maçons de la Terre Égypte nous construisons la truelle à la main et l’épée de l’autre …  Nous serons aimés si nous sommes porteurs de futur dans le cas contraire nous resterons à tout jamais dans l’amalgame et prisonniers d’un passé qui n’est plus audible dans notre siècle.

Dès lors l’Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm est fondé sur des principes très clairs :

1: Liberté de Conscience

2: Liberté d’investigation totale

3: l’accès à la connaissance n’admet aucune entrave

4: Universalité de notre recherche et confrontation avec « la science » (terme désignant toutes les sciences)

5: Aucun ancrage National obligatoire

6: Respect des filières initiatiques que la tradition nous a transmises

7: Respect inconditionnel à la convention de Strasbourg de 1961 …. Convention qui a aujourd’hui plus d’un demi-siècle !!! Sans oublier notre contribution incessante au respect des droits de l’homme et notre action pour la protection de notre planète.

8: Respect des modes de gestions profanes en fonction du pays uniquement sur les plans juridiques et Fiscales

Un constat simple : en dehors de toute autre argument l’idée de « reconnaissance » est, dès lors, pour nous exclut compte tenu des contraintes associées à ce qualificatif

Un désir, voir un Appel

J’ose rêver, dans un premier temps, à une École des mystères Universelle et Libre d’Égypte assise sur des Rites référencés comme « Égyptiens » (c’est-à-dire dont la portée couvre l’Orient et l’Occident ainsi que la totalité des durées de vie des diverses civilisations ayant enrichi notre héritage philosophique et spirituel) … représentés par des Emule-Logo-02-400-1-300x300Organisations Maçonniques respectant les termes d’une Charte (telle que la nôtre, par exemple). Organisations qui permettraient un partage et un échange harmonieux dans le respect de la diversité pédagogique de transmission des savoirs et de la connaissance mis en place patiemment par chacune d’entre-elle. Une telle École des Mystères Universelle et Libre (EMULE) dont la seule mission serait la garantie de la qualité des dépôts initiatiques et la régularité des transmissions. La Franc-Maçonnerie de demain ne peut être basée que sur ces valeurs et l’autonomie responsable de ses animateurs quel que soit les modes de gouvernance profanes. La Maçonnerie de demain est une Maçonnerie d’éveil individuel et de compassion pour tout ce qui touche la création.

Il y a de multiple solutions pour donner réalité à cette idée … reste à le vouloir

Pour ce qui est des valeurs statistiques, je confesse la difficulté de pointer sur un « état des lieu » vrai … il est de l’intérêt de tout maçon désireux de faire rayonner son rite et son Obédience/Ordre de connaître son environnent. Petit il aura à cœur de faire savoir son existence et sa spécificité, Important il prendra conscience de la diversité de la « Canopée » Initiatique et Franc-maçonnique. Je remercie par avance celles et ceux qui m’informeront sur platon-gerard@vorap2m.com … leur Obédience, leur(s) Rite(s) et plus particulièrement Égyptien, nombre de membres, nombre de loges, nombre ateliers de perfection (terme générique pour toutes formes d’ateliers spécifiques). Dès lors, je pourrai fournir un ou deux tableaux de lecture … pour information seulement, évidemment !!! … Qu’en est-il pour 2017 ..

Gérard Baudou-Platon,

Président du Souverain Sanctuaire Khorshed


[i]… Sans nous insinuer dans les « questionnements » d’autrui je peux reproduire partie d’une publication sur Hiram.be (en voici le lien pour une étude complète : http://www.gadlu.info/gldf-scdf-peripetie-au-reaa.html …)

La Grande Loge de France (GLDF) remet en cause son autonomie, son indépendance et sa souveraineté par rapport au suprême conseil de France (SCDF) !

La bombe est lâchée : le Grand Maître Philippe Charruel, qui va descendre de charge dans un mois, vient de signer en catastrophe un décret destiné à interdire aux membres de la GLDF de poursuivre leur parcours dans le REAA en dehors du SCDF. Du moins c’est ce qu’il faut comprendre dans le préambule du décret, car le texte du décret lui-même est incompréhensible, jésuite, et rédigé dans des termes abscons.

DECRET – CF DU 18 05 2018

Le Grand Orateur de la GLDF demande aux loges de la GLDF d’intenter une action en justice maçonnique contre leurs membres qui auraient rejoint le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA.
En effet, nous avons appris que depuis 2017 plusieurs membres de la GLDF et d’autres obédiences ont décidé de poursuivre leur parcours du REAA en dehors du SCDF, en créant une alternative à
cette noble institution. Cette alternative s’appelle le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA. Or, cela déplaît profondément aux hiérarques du SCDF (comme on l’a déjà lu sur gadlu.info.). Ils font donc pression sur le Grand Maître de la GLDF pour mettre immédiatement fin à la participation des FF à ce nouveau suprême conseil.

Evidemment une telle situation ne doit pas pouvoir exister sauf à bafouer les plus élémentaires droits individuels … la maçonnerie dite « officielle » marche sur la tête !!!


[ii] Rappelons ici que, selon la règle posée par notre TSF Gérard Kloppel, pour être Grand Hiérophante il était convenu que l’impétrant devait être titulaire du plus haut degré dans 3 voies différentes. Notre TSF Robert Ambelain était au moins dépositaire des hauts degrés de Memphis Misraïm, de l’Eglise Gnostique (EGA), Réaux-Croix … ajoutons OKCR, Martinisme, …


[iii] Son président est :

  • Maître Maçon issu de GODF ayant travaillé au RFM durant 14 ans
  • Grand Patriarche grand conservateur du Rite soit un 95ième du RAPMM
  • Grand Patriarche grand consécrateur du Rite soit un 66ième du RAPMM
  • Grand Profess du Régime Ecossais Rectifie Eques a Vitus Fidéïs
  • Evêque de l’Eglise Gnostique : Tau Synésios de Cyrène n° 146 dans la filiation apostolique de Pierre
  • Membre de l’Ordre de la Rose Croix d’Orient.
  • Hermite dans les philosophies extrêmes orientales (Bouddhisme Tibétain et Taoïsme)

 


 

[iv] Franc-maçonnerie en France … Quelques chiffres statistiques datés 2014 par Hiram.be

Puissance Maçonnique Membres % Sœurs
GODF 50.000 2,60
GLDF 33.000 0,00
GLNF 25.000 0,00
FFDH 17.000 67,00
GLAMF 14.700 0,00
GLFF 14.000 100,00
GLMF 4.900 45,00
GLTSO 4.700 0,00
GLEFU 2,400 22,50
GLMU 1.400 52,00
GLFMM 1.300 100,00
OITAR 1.200 50,00
GLTF 1.100 0,00
GPDG 1.000 0,00
GLCS 550 47,00
GLFMM 500 25,00
GLIF 300 0,00
GLISRU 280 45,00
GOTM 140 33,00
GLNIRF 100  
     
LNFU (LNF+LNMF) 194  
OIAPMM 150 30,00
…. 27.986  
Total France 182.000  

[v]  Avant toute chose … Quelle légitimité à le GODF dans cette fonction de distribuer les « reconnaissances » … laissons les frères et sœurs juger eux-mêmes l’article premier de leur Grande Constitution :

« ARTICLE PREMIER

La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité … »

L’on pourra immédiatement faire un lien avec l’objet de nos Grandes Constitutions qui stipule que nous sommes une institution essentiellement Symbolique, Philosophique et ésotérique et …  que nous sommes indifférents à tout mode de gouvernance des peuples ou tout mode d’organisation sociale à conditions que celui-ci respecte la libre conscience, la libre expression, les droits de l’homme et de toute forme de vie !!!!

Pourtant voici un extrait de la Circulaire n°1-2013-2014 du 16 Octobre 2013 émise par le GODF

Cette circulaire précise que 97 Obédiences sont reconnues par le GODF …

Dont 14 Françaises (avec la date de leur dernière validation …

1965 : GLTSO :: 1972 GLDF :: 1973 LNF :: 1975 FFDH :: 1982 GLFF :: 1993 :: GLFMM(*) (les Robes Blanches – Historique Robert Ambelain) :: 1993 GLMU :: 1993 GLMF(*) :: 2002 GLNF(**) :: 2003 GLISRU(*) :: 2003 OITAR :: 2003 GPG :: 2003 GLfrMM(*) (Elle est devenue Aujourd’hui Fédération Memphis Misraïm) et enfin 2010 GL3M(*)

Aujourd’hui (en 2018) suite à une récente « OPA » du GODF facilité par l’errance de nos Frères et Sœurs de nos Rites nous devons préciser que :

– le changement de nom de GLfrMM en Fédération Memphis Misraïm nécessite la publication officielle d’un nouveau protocole (lequel est en cours)

– le GODF pour renouveler ses accords de reconnaissance exige pour les rites égyptiens la pratique du Grand Ordre Egyptien. La conséquence directe est l’abandon du RAPMM Historique. Démarche accepté par :

/ La FedMM ::

/ La GLFMM (Robes Blanches … d’où une implosion qui a eu de lourdes conséquences notamment scission d’une partie de ses membres … elles étaient 1300 .. nous n’avons pas encore d’informations sur les nouvelles répartitions … 3 loges ont déjà rejoint le FedMM …)

/ La Création de la GLMN (Multi-Rite) qui possède un couple de loge travaillant aux Rites Egyptiens … la GLMF

(*) Au sein de ces puissances maçonniques sont pratiqués les Rites Egyptiens

La « reconnaissance » implique alors l’adoption de l’échelle Yarker en 33 degrés (Biasi) … de ce fait chaque obédience reconnue a reçu patente du GOE du GODF. Elle se doit de ce fait de créer, en son sein,  un Grand Ordre Egyptien à la tête duquel est nommé un « premier Grand Patriarche Grand Conservateur » de la dite échelle …

Ce GOE au sein de l’obédience est composé d’une Chambre d’Administration dont la mission est de gérer administrativement la progression initiatique … cette Chambre est composée de 33ième de l’Ordre … Elle ne semble pas statuer sur les degrés transmis par le Suprême Conseil (04-30) mais seulement sur les degrés 31 à 34 …

Trois structures sont créées pour coordonner tout cela : Les Souverains Collèges Egyptiens, l’Académie Egyptienne, le Souverain grand Conseil …

Le premier patriarche est chargé de l’exécution de ces dispositions.

(**) Cette puissance maçonnique est titulaire de la Régularité c’est-à-dire qu’elle respecte scrupuleusement les « Landmark » imposée par la GLUA (Grande Loge Unie d’Angleterre grande inspiratrice des « Constitutions d’Anderson » !!! comme quoi la conscience et la rigueur du GODF est à grande Géométrie Variable !!)

Ci-dessous les 12 points qui constituent ces « landmarks »

  1. La franc-maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’univers.
  2. La franc-maçonnerie se réfère aux sources de la fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la régularité de la juridiction.
  3. La franc-maçonnerie est un Ordre, auquel ne peuvent appartenir que les hommes libres et respectables, qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.
  4. La franc-maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’humanité tout entière;
  5. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres la pratique exacte et rigoureuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la connaissance par les voies spirituelles et initiatiques qui lui sont propres.
  6. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et des croyances de chacun. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse, politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règnent une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.
  7. Les Francs-maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Loi Sacrée, afin de donner au serment prêté sur lui le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.
  8. Les Francs-maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où sont toujours exposées les trois grandes lumières de l’Ordre’: un volume de la Loi sacrée, une équerre et un compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité, et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements généraux de l’obédience.
  9. Les Francs-maçons ne doivent admettre dans leurs loges que les hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur, loyaux et discrets, dignes en tous points d’être leurs frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Éternel.;
  10. Les Francs-maçons cultivent dans leurs loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.
  11. Les Francs-maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.
  12. Les Francs-maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.

[vi] Quand même une petite parenthèse … le Président du Souverain  de l’OIAPMM est un Maître du GODF … un Maitre de la GLMFMM historique donc reconnu par le GODF et de surcroit ancien fonctionnaire de l’Etat et donc sait, connait, et défend la liberté de penser, de conscience et prône l’amour entre toutes formes de vie … ce qui ne semble, tout de même, pas le cas nombreuses structures maçonniques dites « reconnues » qui sèment exclusions et souffrances à celles et ceux qui leur ont fait confiance …


[vii] L’un des points notables est de délivrer l’enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d’une échelle de 33 grades :

  1. Maître Discret
  2. Maître Sublime-Maître des Angles
  3. Chevalier de l’Arche Sacrée
  4. Chevalier de la Voûte Secrète
  5. Chevalier de l’Epée
  6. Chevalier de Jérusalem
  7. Chevalier d’Orient
  8. Chevalier Rose-Croix
  9. Chevalier de l’Aigle Rouge
  10. Chevalier du Temple
  11. Chevalier du Tabernacle
  12. Chevalier du Serpent
  13. Sage de la Vérité
  14. Chevalier Kadosh
  15. Chevalier du Royale Mystère
  16. Grand Inspecteur
  17. Philosophe Hermétique
  18. Patriarche Grand Installateur
  19. Patriarche Grand Consécrateur
  20. Patriarche Grand Eulogiste
  21. Patriarche de la Vérité
  22. Patriarche des Planisphères
  23. Patriarche des Védas Sacrés
  24. Maître Egyptien Patriarche d’Isis
  25. Patriarche de Memphis
  26. Patriarche de la Cité Mystique
  27. Sublime Maître du Grand Œuvre
  28. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine
  29. Prince de Memphis
  30. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les degrés en vert sont transmis de façon rituelique les autres sont travaillés sur « document »


[viii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Étienne_Marconis_de_Nègre


[ix] Après les trois premiers degrés … les fondateurs du GOE expliquent :

« Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l’Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d’Isis et dans l’Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l’objet d’une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques. »


[x] Selon les Statut du GODF voici la définition qui serait recevable … « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité » … Il y a, naturellement loin de la coupe aux lèvres !!

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A propos Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix … Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l’Administration des Postes, Télécommunications et de l’Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l’Association l’Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d’Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail

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SOURCE : http://gerardplaton.neowordpress.fr/2018/06/13/un-paysage-maconnique-un-ordre-un-reve-un-appel/

Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie 10 mars, 2018

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ?

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La Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui est le fruit d’un long mûrissement qui commença au Moyen-Âge sur les chantiers des abbayes romanes et des cathédrales gothiques.

Alors, les bâtisseurs étaient de simples artisans, détenteurs d’un savoir de métier qui leur avait été pieusement transmis, qu’ils gardaient hermétiquement secret et qu’ils transmettraient un jour à ceux qui reprendront leur flambeau.

Ce savoir est leur fond de commerce : pas question de le livrer à celui qui n’appartiendrait pas au métier. Aussi, pour être sûr de ne pas commettre de bévue, les maçons reçoivent-ils, lors de leur admission dans l’ordre maçonnique, des mots, signes et attouchements qui leur permettront, toute leur vie durant, de « re-connaître » un homme comme l’un des siens, comme l’un de ses frères dans cette vaste famille universelle qui regroupe tous les constructeurs authentiques, détenteurs des secrets des outils des tailleurs de pierre et de la géométrie des architectes. Là est l’origine de ce fameux « secret maçonnique » qui a fait couler tant (trop) d’encre.

Le Franc-Maçon d’aujourd’hui est l’héritier de ceux-là.

Mais il a quitté le chantier opératif (de « operare » : travailler de ses mains) des cathédrales pour s’engager dans le chantier spéculatif (de « speculare » : travailler avec sa pensée) de l’humain.

Aujourd’hui, la seule cathédrale à construire est l’homme lui-même, mais rien ne change quant aux méthodes, aux outils. Les tours de main d’antan deviennent des tours d’esprit et de cœur, voilà tout.

Cette mutation de l’opératif au spéculatif a commencé dès les XVIIème siècle, et s’est parachevée durant le XVIIIème siècle, spécialement en Angleterre.

Mais laissons là l’histoire : elle n’est que l’apparence externe des choses.

Mieux vaut plonger dans la chair de la Franc-Maçonnerie pour voir et comprendre sa place dans le monde d’aujourd’hui.

La Franc-Maçonnerie est, à la fois, une foi, un ordre et une fraternité.

FOI

Elle est une foi …

Foi en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers.

Par là, les Maçons indiquent qu’ils ne croient pas en un univers fruit du seul hasard matérialiste : l’univers est le fruit, la manifestation, l’expression de quelque chose qui le dépasse infiniment. La nature de ce « quelque chose » importe peu : elle est et restera mystère et c’est très bien ainsi. Au moins, les Maçons ne se querellent-ils pas entre eux, comme les profanes (les non-Maçons) sur le sexe des anges ou les attributs divins. C’est là probablement, la source profonde de cette « tolérance » maçonnique dont on nous rabâche parfois les oreilles. Les Maçons ne sont pas spécialement tolérants ; ils sont simplement lucides et ne disent pas savoir alors qu’ils ne savent pas mais qu’ils savent qu’ils ne sauront jamais.

En affirmant leur foi en le Grand Architecte de l’Univers, les Maçons récusent tout humanisme : l’homme n’est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l’Univers. L’homme est un moyen, un instrument, un artisan sur le chantier du monde au service de l’Architecte suprême.

Le monde est un chantier. L’homme est un chantier. Tout reste à construire, à créer, à édifier. Mais pas n’importe comment : il existe un Architecte suprême qui indique la voie, celle de l’harmonie universelle ou, encore, de la beauté, de la sagesse et de la force créatrices … Nietzsche dirait peut-être : de la Volonté de Puissance », Bergson : « de l’Elan Vital », Teilhard de Chardin : « du point Omega ». Cette voie est un mystère … Il faut donc sortir de son état natif d’homme aveugle et aller à la rencontre de la Lumière qui éclairera le chemin à suivre.

C’est le rôle de l’initiation que d’offrir cet accès à la Lumière.

La Franc-Maçonnerie est, en effet, initiatique c’est-à-dire qu’elle s’élabore sur base d’une méthode pédagogique bien particulière, à l’exact opposé de l’exposé dogmatique ou du cours ex-cathedra …

Cette méthode initiatique passe par un rituel qui exprime, sous forme du mythe et du symbole, les clés d’une connaissance à découvrir. Ces mythes et symboles sont des graines que le rituel sème à profusion dans le terreau d’un foi naissante. Et ces  graines, si le terreau est fertile et bien arrosé de sueur méditative, germeront et pousseront jusqu’à engendrer l’arbre de la vie intérieure de chacun, chacun pour soi, en soi, par soi. La Franc-Maçonnerie, en ce sens, est une forêt où aucun arbre n’est semblable aux autres mais où la vie de l’esprit s’épanouit et s’accomplit dans la différence et l’harmonie. Cette harmonisation organique des différences s’appelle « fraternité », mais nous y reviendrons …

En somme, devenir Franc-Maçon (on n’est pas Franc-Maçon, on le devient indéfiniment …), c’est surtout avoir cette foi inébranlable en ceci que la vocation ultime de l’homme est de construire un Temple qui le dépasse infiniment, un Temple qui le transcende radicalement, en ceci que l’homme n’a de sens qu’au service de ce qui le dépasse (Nietzsche dirait que l’homme ne devient homme qu’en étant pont vers le Surhumain, c’est-à-dire vers ce qui dépasse l’homme).

La Franc-Maçonnerie offre les outils pour tracer le plan de ce Temple et pour en édifier les structures. Et cette offrande est initiatique, c’est dire qu’elle s’adresse bien plus au cerveau droit (celui de l’intuition, de l’imagination, du qualitatif, du global, de la sensibilité, de l’herméneutique, du visuel …) qu’au cerveau gauche (celui de la rationalité, du calcul, du quantitatif, de l’analytique, de la logique, du verbal, …).

En ce sens, la Franc-Maçonnerie est un anti-rationalisme, comme un pont entre Moyen-Âge et contemporanéité, par dessus de ces cinq siècles de matérialisme rationaliste et scientiste qui s’étalent de la Renaissance italienne à la Chute du mur de Berlin.

ORDRE

« Là tout n’est qu’ordre et beauté

Luxe, calme et volupté » (Baudelaire)

La Franc-Maçonnerie est un ordre. Cela signifie qu’elle est ordonnée, qu’elle est régie par une Règle (la règle est aussi un outil d’architecte …), qu’elle doit être régulière, donc.

Cette règle, cet ordre repose sur quelques principes intangibles que l’on appelle les « landmarks » (les limites du terrain, le cadre de l’épure, en quelque sorte).

Outre la foi incontournable en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers, le nombre et le contenu des « landmarks » connaissent différents recensements.

Les principaux sont les suivants.

L’ordre initiatique se construit sur trois degrés qui sont, dans l’ordre : celui d’Apprenti où l’on n’est pas encore initié aux secrets du métier, mais où l’on est admis aux « travaux », à l’essai en quelque sorte ; celui de Compagnon où l’on apprend les outils de la Franc-Maçonnerie (le « comment ») ; et celui de Maître où l’on découvre la vocation profonde de la Franc-Maçonnerie (le « pourquoi »).

Les Francs-Maçons appartiennent tous à une Loge, c’est-à-dire à une structure de base, à une cellule du réseau. Chaque Loge porte un nom. C’est elle le lieu de la rencontre et de l’initiation des Francs-Maçons. L’ensemble des Loges d’un même Etat est fédéré au sein d’une Grande Loge (aussi appelée « obédience ») qui est une structure purement administrative ne détenant aucun pouvoir initiatique ou hiérarchique autre que d’être le garant que toutes les Loges qu’elle fédère respectent bien les « landmarks » exprimés dans sa constitution et ses règlements.

Ma Loge s’appelle « La Parfaite Fraternité », elle est située à Mons en Belgique, elle appartient à la Grande Loge Régulière de Belgique.

Depuis la fin du XIXème siècle, sous pression positiviste et scientiste, des Loges ont fait dissidence par rapport à la Règle universelle commune et ont voulu s’affranchir de certains « landmarks », spécialement ceux concernant la foi en l’existence d’un Grand Architecte de l’Univers (ouvrant ainsi la porte à une tendance matérialiste, athée, humaniste et rationaliste) et concernant la pure masculinité (on parlera plus loin). Ces dissidences, présentes essentiellement en France et en Belgique, vivent leur vie de leur côté et pratiquent une Maçonnerie non spirituelle, essentiellement laïque, politique et lobbyiste, n’ayant gardé de la Franc-Maçonnerie régulière que quelques apparences rituéliques et formelles. Ces obédiences dissidentes s’appellent généralement « Grand Orient » ou « Droit Humain », etc …

Originellement, le métier de maçon étant très physique, on n’y trouvait guère de femmes. Parfois, des veuves de maçon étaient accueillies sur les chantiers afin d’y gagner leur pitance, mais elles n’étaient jamais initiées aux secrets du métier : nous sommes alors dans la société très machiste du Moyen-Âge chrétien, ne l’oublions pas. Depuis, cette règle de la pure masculinité s’est maintenue non pas tant « contre » la femme que comme aveu de faiblesse des hommes à être incapables de se concentrer sur leur travail sur soi en présence du beau sexe.

Cela dit, les Loges régulières, purement masculines, ont suscité des structures maçonniques parallèles destinées à accueillir les femmes, en Europe comme aux USA. Les Grandes Loges Féminines, descendantes des Loges d’Adoption souchées au XVIIIème siècle sur des Loges masculines régulières, sont de celles-là.

Chaque Loge est dirigée par un Vénérable Maître élu par l’ensemble des Maîtres.

Ce Vénérable fait office de président de séance. Il dirige les rituels et détient l’autorité sur les Frères présents. Il faut ici ne jamais confondre : faire autorité n’est pas détenir un pouvoir !

Un Vénérable fait autorité : il est respecté et écouté parce qu’il est le plus apte à diriger les travaux en vertu de sa Connaissance du métier et de ses talents sur le chantier.

Dans sa tâche, le Vénérable est entouré d’Officiers dignitaires ayant chacun leur rôle précis. Il y a un Premier Surveillant qui s’occupe des Compagnons, un Second Surveillant qui s’occupe des Apprentis, un Secrétaire qui est la Mémoire de la Loge, un Orateur qui est le garant de l’orthodoxie, un Maître des Cérémonies qui règle tous les mouvements en Loge, un Couvreur qui empêche quiconque de pénétrer dans la Loge sans en avoir reçu la permission expresse, etc …

Les « travaux » de la Loge consistent essentiellement à préparer ou à exécuter les rituels initiatiques qui jalonnent la vie intérieure de chaque Maçon.

Il s’agit d’entendre les « planches » de « demande d’augmentation de salaire » de Frères Apprentis ou Compagnons qui demandent à être reçu au grade supérieur au leur ; il s’agit d’exécuter les rituels de ces réceptions ; il s’agit de recevoir un Frère conférencier qui parlera d’un sujet exclusivement maçonnique, d’une méditation, d’une herméneutique personnelles qu’il souhaite partager ; il s’agira de « tenue administrative » d’élection du nouveau Vénérable ; etc …

Mais jamais il ne faut jamais oublier que le travail du Maçon, de chaque Maçon, ne se fait pas en Loge, mais en lui-même, à tout moment.

La Loge n’est pas le Chantier.

La Loge n’est qu’un lieu de transmission et de ressourcement. Le travail est ailleurs. Le travail maçonnique est dans l’accomplissement de soi, au service du Grand Architecte de l’Univers, sur le chantier du monde.

La Loge nourrit ce processus et ce travail, mais elle ne s’identifie jamais à lui.

FRATERNITE

La Franc-Maçonnerie, enfin, est une Fraternité : tous les Maçons réguliers du monde sont des Frères, fils de la même Veuve (la mère de l’architecte Hiram qui construisit le Temple de Jérusalem pour le Roi Salomon en Israël).

Cette Fraternité est bien plus que du copinage ou de l’amitié : « on choisit ses amis, pas ses frères ! ».

La Fraternité maçonnique répond parfaitement à Saint-Exupéry : l’amour, ce n’est pas se regarder dans les yeux, c’est regarder ensemble dans la même direction ».

Et cette direction unique, c’est précisément le service du Grand Architecte sur le chantier de l’Univers et de l’homme dans le monde.

Ce qui unit les Franc-Maçons, bien au-delà des sympathies et amitiés interpersonnelles, c’est le processus d’accomplissement que chacun expérimente à chaque heure de sa vie d’homme en quête de perfectionnement et de création de soi.

Cette Fraternité n’est pas une fraternité de comptoir ; elle est une Fraternité de combat. Combat contre soi, contre sa paresse, contre la bêtise et la barbarie, contre l’orgueil et la suffisance.

Cette Fraternité nourrit une vraie solidarité entre Maçons.

Mais cette solidarité n’est jamais copinage, affairisme, complicité malsaine, collusion, sous peine de sanctions et d’exclusion.

L’histoire des obédiences dissidentes qui ont sombré dans la politique et dans le politique, a démontré à suffisance, surtout en France, combien la Fraternité se prostitue et s’avilit dès lors qu’elle se met à servir des intérêts humains, même si parfois ils furent louables.

La Fraternité maçonnique appelle chaque Maçon a vivre sa vie en étroite connivence avec ses Frères comme l’on vit en famille sans plus ni moins.

Elle convie à sortir des schémas mercantiles du donné et du rendu, de la comptabilité des plaisirs et des douleurs : « il faut laisser ses métaux à la porte de la Loge » dit-on en Maçonnerie, ce qui signifie que le Maçon doit s’efforcer de fonctionner avec ses Frères en communauté d’esprit et en rabotant son ego.

Au « Connais-toi toi-même » socratique, répond un « Oublie-toi toi-même » maçonnique.

Seule l’œuvre importe.

Seul le chantier et le travail qui s’y fait importent, et les individualités qui y évoluent s’effacent devant le Temple qui s’érige peu à peu.

Le travail est anonyme !

 

Merci à toi mon F:. Jean-Claude de cette communication

Cloudy_Square

Les élucubrations d’un vieux Maître Apprenti (extrait) 8 octobre, 2017

Posté par hiram3330 dans : Humour,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les élucubrations d’un vieux Maître Apprenti (extrait)

humour maç

(* élucubrations: s’emploie surtout au pluriel et Ironiquement. Élaboration progressive, œuvre ou théorie résultant de recherches longues et patientes.)  Je me présente: Frère JACQUES, nom prédestiné! Pensez donc, le Frère Jacques. Bien que connaissant la chanson, rassurez-vous, mon intention n’est nullement de vous endormir.

Je ne vais pas parler d’alchimie, ni de magie, pas même de géométrie. Je ne suis possesseur d’aucun secret, pas même celui de transformer du plomb en or. Dans mon temple intérieur, il n’y a pas d’Athanor, je n’ai pas trouvé non plus dans ma cave de grimoire poussiéreux révélant le secret de la longévité. Non, rien de tout cela.

Par contre, je vous le dis simplement, l’orateur à qui vous faites la faveur de prêter attention ce soir est (n’ayons pas peur des mots) un génial inventeur. Eh oui! Après bien des années d’observations, j’ai mis au point un appareil à mesurer la fraternité que j’ai appelé pompeusement le FRATERNOMÈTRE. Comment se présente-t-il ?

Le module est de forme pyramidale. La base est de couleur bleue, le sommet rouge. Sur le côté gauche (côté cœur) une première graduation bleue de 1 à 3, puis une deuxième rouge de 3 à 33. On peut améliorer le système pour certaines obédiences en allant jusque 99. Une cotation de 1 à 10 à l’intérieur de chaque degré permet de noter la fraternité à chaque niveau. Il y a bien une graduation au-dessous de zéro, couleur noire, mais je ne peux croire que l’appareil puisse servir à ce niveau dans le cadre de notre philosophie.

Comment réagit l’instrument vous demandez-vous? Systématiquement en fonction des diverses catégories de frères et de sœurs œuvrant au sein de nos ordres. Il suffit de se trouver à proximité du FRATERNOMÈTRE Qui réagit selon la couleur des auras. Mon invention n’étant pas encore brevetée, vous comprendrez ma discrétion et ma réticence à vous en dire davantage. Toutefois, mes observations m’ont permis de dresser une nomenclature, qui n’est d’ailleurs pas exhaustive, ayant fait réagir mon invention.

Bien sûr si par hasard au cours de cette énumération certains frères croyaient reconnaître un des nôtres, il ne s’agirait que d’une coïncidence, les Frères présents sur ces colonnes ne pouvant être concernés. Mais sait-on jamais? Un visiteur inconnu? De toute façon, on a toujours une possibilité d’essayer de se corriger. A chaque catégorie, je me suis permis de consulter le FRATERNOMÈTRE. Je vous ferai part de la citation … Cet appareil qui va révolutionner les obédiences ne peut se tromper.

Si vous le permettez, je vais donc les citer : Classifications et notations qui évidement n’engagent que moi.

Les AMBITIEUX: Dès leur arrivée dans notre ordre, ils rêvent de brûler les étapes, ils se voient « vénérable » au bout de quelques mois et veulent par tous les moyens occuper un poste en vue, n’hésitant pas le cas échéant à dresser les Frères les uns contre les autres pour arriver à leurs fins. Ils sont atteint d’une grave maladie: la « cordonnite » et ont des décors chamarrés d’or. Ils ne pensent pas un seul instant que le passage d’un degré à un autre est une borne kilométrique indiquant l’amplitude de la fraternité sur l’autoroute qui mène à l’initiation. Je survolerai le cas de frères qui, dans la vie profane, ont atteint leur niveau d’incompétence. Ils ont vaguement conscience qu’ils ne sont rien mais voudraient tant avoir de l’importance que cela devient pour eux obsessionnel et les métamorphose (à fortiori si on leur confie une fonction) en petit tyranneaux, au mieux adjudants de quartier, n’ayant rien à voir avec nos règles de fraternité. Ceux-là en vérité peuvent être, à la rigueur dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les ORGUEILLEUX: Sous des prétextes les plus futiles, ils prennent la parole et ne la redonnent plus, pour faire étalage de leur science, de leur situation matérielle ou professionnelle, etc… Ils n’ont en aucun cas laissé leurs métaux à la porte du temple. Ils ignorent le mot « égalité » et cultivent le narcissisme à grande dose. Bienheureux si l’on échappe à une contre-conférence n’ayant pas forcément rapport avec le sujet évoqué par le frère au banc d’éloquence. Certains de ces Frères me font penser à ces vieux chevaux courant à Auteuil à qui on a mis les œillères afin qu’ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe autour d’eux. L’humour, ils ne connaissent pas : pensez donc, ils sont chargés de refaire le monde … On ne plaisante pas avec les gourous!! Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les PAONS : Dignitaires, cousins des deux précédentes espèces, ils se distinguent par leur ton péremptoire. Inutile de leur demander qui ils sont, ils vous le diront à la première occasion. Ils connaissent tout, ce sont des puits de science, du moins, ils le croient. Je suis allé au zoo, c’est vrai qu’ils sont beaux ces paons lorsqu’ils font la roue. Sont-ils intelligents? Pas forcément. Il en est de même de ces faux spiritualistes qui sillonnent nos ateliers. Si par malheur vous vous hasardez à faire une objection, rapide rappel à l’ordre: « Je suis Maître depuis 1925″. Il est 18°,33°,90°, que sais-je? Ils connaissent Alphonse, Jules, Paul ou Untel. A les entendre, il est évident que si le Grand Maître a pris telle décision, c’est sur leur conseil et les voilà partis dans des discussions filandreuses, tellement filandreuses qu’ils ont parfois du mal à suivre eux-mêmes le fil de leurs idées. On se demande ce qu’ils font dans les Loges bleues qui ne sont pour eux que de la roupie de sansonnets, peuplées de jeunes galopins ayant tout à apprendre. Ils ont le verbe haut, emphatique. Rien ne peut leur faire plus plaisir que si vous les écoutez béats d’admiration devant tant de connaissances. El1e est bien loin la cérémonie d’initiation. Ceux-là en vérité sont moyennement des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les DOGMATIQUES : Ces Frères font de la Franc-maçonnerie une religion. Ils assistent aux tenues 8 jours sur 7, ne peuvent comprendre que les autres Frères aient des obligations professionnelles ou familiales! Au nom de la tolérance, ils sont les plus intolérants qui soient. Ils se retrouvent souvent, du fait qu’ils ont négligé leur travail, à pointer au bureau de chômage le plus proche, quand ce n’est pas dans le pire des cas devant un juge, car leurs compagnes, lassées de jouer les Pénélopes ont demandé le divorce. En vérité, ces Frères là sont  Dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les FAINÉANTS: (Ils se disent débrouillards). Contrairement à d’autres, ils  ne veulent occuper aucun poste, ne faire aucune enquête et ne participer à aucuns travaux. Ce sont, selon notre langage imagé, des « plantes vertes » ou des potiches. Ils n’ont pas conscience que si tous les Frères avaient le même comportement, on pourrait mettre l’atelier en sommeil. Trop de Frères viennent épisodiquement quand ça leur chante ou que cela ne les dérange pas trop. On n’est pas Maçon 3 heures par mois, mais chaque heure du jour. A tous les Frères arrivés au grade de Maître qui pensent avoir atteint leur bâton de maréchal, je leur dis qu’ils se trompent lourdement, c’est le contraire: que c’est là, à ce moment précis que tout commence. Ceux-là, en vérité, peuvent être  aussi dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les PEUREUX : Ils laissent leur voiture à 1 Km du temple, ne veulent figurer sur aucun annuaire, sur aucune convocation. Ils craignent jour et nuit d’être découverts, à croire qu’ils ont attrapé une maladie honteuse. Ils ne mettront pas l’autocollant sur le pare-brise de leur voiture, c’est trop risqué! Lorsqu’ils se rendent à une tenue, ils surveillent le rétroviseur pour voir s’ils ne sont pas suivis. Tout juste s’ils n’achètent pas des chaussures à semelle de crêpe pour qu’on ne les entende pas se diriger vers le temple. Ils ont la peur chronique de perdre leur place si on apprend qu’ils sont Francs-Maçons. Rassurez-vous, plusieurs années s’écoulent, ils sont toujours en place ! Ils seront les premiers à nous trahir, voire à nous dénoncer en période troublée. De toute façon, ils nous quitteront. Ceux-là en vérité sont des Frères très dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les LUNETTES ROSES : Contrairement à la catégorie que je viens d’évoquer, ces Frères sont prolixes. Ils sont atteints de « maçonnite ». Je m’explique: ils voient des Maçons partout: le curé, le cantonnier, le vidangeur, le Ministre, ils sont tous Maçons. D’ailleurs, ils tiennent leurs renseignements de sources sûres: « on lui a dit!!! » A la télévision, du perchiste au reporter, ils voient des Maçons partout: celui-ci à une pochette triangulaire, l’autre a un point sur la cravate, le troisième met les pieds en équerre. Ce ne sont que des Maçons ! A croire qu’ils sont tous venus d’Amérique pour faire souche en France. Si on leur prouve le contraire, ils ne sont pas décontenancés pour autant: « Alors, c’est un Maçon sans tablier », comme si cela pouvait exister! A quoi sert l’apprentissage, le chemin parcouru vers l’initiation? Hélas, si certains pensent qu’il y a des Maçons sans tablier, force est de constater que derrière certains tabliers, il n’y a malheureusement pas que des maçons. Ceux-là en vérité ne sont pas forcément dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les INDISCRETS: Cette catégorie est redoutable. Ce sont des bavards impénitents, ils ne peuvent garder aucun secret, et sont de véritables moulins à paroles, au bout de quelques minutes d’entretien, ils ont énuméré une cinquantaine de noms, n’importe où, n’importe quand à n’importe qui. Ils se promènent avec des insignes gros comme des phares de voiture. Ils vous aperçoivent, même accompagnés, ils vous sautent au cou pour vous embrasser. Ils vous téléphonent et égrènent des « mon Frère » à n’en plus finir sans se soucier s’ils ne vous portent pas préjudice. Ils vous envoient du courrier à votre travail sans se préoccuper si le courrier est ouvert par vous ou pas. A la période des vacances, ils vont gentiment vous envoyer une carte sans enveloppe mais vous assurent de leurs pensées les plus fraternelles et les plus maçonniques.  Si après cela votre entourage ignore que vous êtes Maçons, ce ne sera pas de leur faute, mais ce ne sera pas pour autant qu’ils vous retrouveront le cas échéant une autre place si vous perdez votre emploi. Ceux-là en vérité sont extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les POLITICIENS: ils viennent en Loge tester leur pourcentage électoral et le nombre de voix à recueillir éventuellement dans l’assistance. Ils se fâchent parfois avec les Frères qui ne partagent pas leurs idées. Assidus en période électorale, ils retombent ensuite dans une douce torpeur pour ne se souvenir de vous qu’au bon moment. C’est tout juste s’ils ne collent pas leurs affiches dans les parvis. Élus, ils redeviendront rares, car très pris par leurs charges (c’est eux qui le disent !). Déboutés, ils accuseront la société, la franc-maçonnerie en particulier, de n’avoir rien compris et de ne pas avoir été le tremplin espéré. En vérité, ces Frères-là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les MÉCHANTS: Ceux-ci n’écoutent une planche, une conférence, que pour coincer l’orateur. Quand ils ont trouvé la faille, ils n’écoutent plus. Ils vont commencer par vous féliciter et pan! pan! pan! … ils tirent à boulets rouges sur ce malheureux conférencier.

Ce sont des distributeurs automatiques de boules noires. Ces Sherlock Holmes en herbe décèlent tout de suite d’énormes défauts au pauvre profane qui passe sous le bandeau (il est vrai que pour le présentateur, son filleul est toujours la perle rare) mais tout de même où est la tolérance dans tout cela ? Ils ont oublié qu’un atelier les a accueillis en toute fraternité et peut-être beaucoup d’indulgence. Une autre sous-catégorie dans cette classification : ceux qui passent leur temps à tout critiquer, à leurs yeux, rien n’est bien: l’exécution du rituel, la tenue vestimentaire, la longueur des réunions, le choix et le lieu des agapes, etc … A les entendre, seuls les amis qu’ils ont présentés sont intelligents, les autres …. bof !!! Le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire serait un miroir. Mais je doute qu’ils veuillent bien s’en servir, et pourtant, ça leur rendrait le plus grand service. On ne peut pas dire que’ la mansuétude soit leur qualité essentielle, et ce sont souvent eux les artisans de la sclérose de certains ateliers. Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les OBÉDIENTIELS : J’aurai pu vous parler d’un Ordre où il y a obligation, pour entrer, de croire en un Dieu révélé. « Interdiction de visiter les mécréants … Interdiction de ceci… Interdiction de cela … Souscription obligatoire pour ceci … Paiement pour cela … etc … etc …  » Étant un homme libre, j’ai pu retrouver ma plénitude et ma tranquillité, ouf !.., en me libérant de ce carcan intolérant. Parlons plutôt des Obédiences qui nous concernent, dites « libérales ». Pour les Obédientiels, seule leur Obédience est bonne, les autres ne sont que de vagues sous-produits ou ersatz. A les entendre, ils appartiennent à la race élue. Pourtant, toutes ont leur raison d’exister. Que de temps gagné si l’on savait éviter ces querelles de clocher. Ne serait-il pas plus sage et raisonnable de ne point s’abaisser à des jalousies vaines et stupides, et d’œuvrer pour tout ce qui peut nous rassembler, nous grandir. Je parle en connaissance de cause, les ayant presque toutes pratiquées. Il me reste encore la grande Loge Féminine, mais je ne suis pas certain qu’elles m’accepteraient. Je reconnais pourtant que MISRAÏM est la Rolls de la spiritualité. Vous voyez, moi aussi je me laisse entraîner. Mais, pour justifier mes « voyages », ne dit-on pas qu’une petite grenouille au fond d’un puits ne voit qu’un petit coin de ciel? Ceux-là, en vérité, ne sont pas dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 6

Les DRAGUEURS: Ils sévissent dans les Obédiences mixtes ou féminines (du moins j’ose l’espérer, mais sait-on jamais !…) Ils ne viennent pas au Tenues pour pratiquer le Rituel ou écouter une planche, pour eux, c’est un problème mineur. Non, ils viennent pour la CHOSE : la philosophie ? Non, je le répète, pour la chose. Comme dirait Nougaro, pour eux, le problème qui se pose: séparer 50 Kg de chair rose de 50 grammes de nylon.

L’œil de velours, l’attitude avantageuse, ils repèrent leur proie en attendant de les accoster en chambre humide. Leur nombre d’or à eux, c’est 90 (vous l’avez compris, c’est le tour de poitrine). Il n’y a pas plus dévoués qu’eux pour raccompagner une Sœur … Toutefois, et heureusement pour la Maçonnerie, ils oublient que nos sœurs n’ont pas les mêmes objectifs et viennent, elles, pour une fraternité sans arrière pensée.  En vérité, ces Frères ne sont pas forcément dangereux. Allez, la chair est faible !

FRATERNOMÈTRE : 6

Les AGAPEUX : Parfois doublés d’éthylisme prononcé, ces Francs-Maçons de comptoir sont indéracinables du bar. Si vous ne prenez pas avec eux quelques verres, vous êtes classés mauvais Maçon. Ils ont des haleines de cow-boy endurcis, parfois du mal à s’exprimer, et offrent un spectacle lamentable aux Frères sur les colonnes. Mais ne boudons pas notre plaisir, je vous avoue que j’ai une certaine admiration pour leur capacité d’ingurgitations …

Les colonnes J. et B. représentent pour eux une marque de whisky (publicité non payée).  La Franc-maçonnerie n’est pour eux que prétextes à ripailles ou foirail, ce sont des professionnels des agapes. Ce sont souvent ces frères qui s’élèvent contre le montant des capitations, alors qu’ils dépensent le double en boissons. En vérité, ces Frères-là sont dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les FANTAISISTES: Parole d’honneur vous pouvez compter sur eux, ils seront toujours présents à vos côtés. La main sur le cœur, ils vous remercient de les avoir accueillis, parole, ils n’auront qu’un atelier. Après cette confession de foi, ils courent s’inscrire dans plusieurs loges, voire plusieurs obédiences. Vous ne les revoyez plus pendant deux mois puis ils reviennent décontractés, étonnés que l’on puisse leur rappeler leurs engagements. A ce propos, je suis toujours béat d’admiration devant les Frères qui ont tellement d’occupations le soir à 19 h 30, et ce, justement le jour de leur tenue, d’autant plus qu’en principe, celle-ci se déroule toujours à une date régulière. D’ailleurs s’ils ne sont pas présents (ce qui a leurs yeux n’est pas forcément indispensable), c’est que dans le monde profane, eux, ils œuvrent, ils sont efficaces, et bien voyons !!! C’est pourquoi je leur suggère de trouver une obédience qui initie par correspondance … Ces infidèles, ou amnésiques, sont en vérité des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les MYSTÉRIEUX: Ils parlent à voix basse … qu’aux seuls maîtres, naturellement. Ce sont de grands initiés et probablement détenteurs des secrets du GRAAL (mais chut ! Ne le dites surtout pas !), secrets que vous pourrez peut-être, un jour indéterminé, être amenés à comprendre. Mais, est ce bien sûr? Car eux, « les Maîtres », appartiennent à une Élite et vous ne représentez que de vulgaires parias. Je me demande s’ils ont bien compris le sens de l’initiation? En tout cas, on ne peut dire qu’ils œuvrent pour une grande cohésion. En vérité, ces Frères là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les RÉGLEMENTEUX: Ceux-ci brandissent le règlement en toutes occasions: Article 18, article 44, article 158, page tant. Ils paralysent l’atelier. Ils ne se rendent pas compte qu’ils créent un mauvais climat. Un règlement au sein d’une assemblée fraternelle ne devrait être consulté qu’à la dernière extrémité, en cas de litige problématique, le bon sens devant prendre le pas en toute occasion. Peut-être serait-il bon de leur rappeler qu’ils ne sont pas au centre des impôts ou dans un tribunal quelconque. Notre excellent frère CLEMENCEAU n’a-t-il pas dit que l’interprétation d’un règlement ne dispensait pas d’être intelligent. En vérité, ces Frères sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les INGRATS: Ils viennent vous contacter pleins de sollicitude et de modestie. « Mon Frère, pourrais-tu me faire obtenir dans le monde profane un travail, une intervention, une accession à un autre poste, l’obtention d’un appartement, tu serais le meilleur des frères ». Tout cela évidemment demande du temps, un engagement personnel, et n’est pas forcément garanti de réussite. Si vous échouez, vous vous exposez à leurs vindictes. Si vous réussissez, ils vous dresseront des couronnes et vous assureront de reconnaissance et amitié éternelle qui, dans le meilleur des cas, se limiteront à six mois. Après, ils ne vous connaîtront plus et même au jour de l’an, sans être outre mesure protocolaire, oublieront de vous présenter leurs bons vœux. Soyez heureux si, à votre insu, ils ne disent pas du mal de vous. Il est vrai que RÂMA YANA dit: « Les sages prescrivent des punitions pour les meurtriers, les voleurs, les ivrognes et autres pécheurs, mais aucune expiation ne peut effacer la faute de ceux qui ont commis le crime d’ingratitude ». Ceux-là en vérité sont des Frères … peut-être pas dangereux, mais sûrement pas généreux!

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Les RUMEURISTES : Ah, les rumeuristes ! … ils vous attirent dans un coin discret, avec des airs de conspirateurs. En général, cela commence ainsi: « Surtout, tu me promets de ne pas répéter, … c’est sous le maillet… je vais te confier un secret. »  Là, je vais prendre un exemple complètement bidon, mais qui somme toute n’est pas toujours éloigné de la réalité: « J’ai vu un Frère embrasser l’épouse d’un Grand Officier, il la serrait de près  » … Ils vous disent ça avec un air entendu qui en dit long … et c’est parti. 4 ou 5 intermédiaires et au bout de la chaîne la rumeur s’est amplifiée : « Sa femme le trompe, ils ont des amants, des enfants clandestins, ils se battent … si, si, ils sont criblés de dettes, ils sont ruinés …  » Que sais-je encore! Démesure, mensonge, méchanceté, bêtise: tel est le résultat de ces rumeurs à coup sûr jamais positives.  « Je vais te confier un secret… Ne le répète pas … sous le maillet. .. « STOP, ARRÊTEZ, de grâce, ARRÊTEZ! Je ne veux plus vous écouter. Si vous avez des informations ou des renseignements, adressez-vous aux intéressés. Ayez le courage de combattre ces fléaux, hélas trop fréquents dans nos obédiences, afin de clore définitivement la bouche à ces gens qui n’ont pas lieu d’exister dans nos Loges. Ces inconscients et irresponsables pourraient vous faire condamner à mort à votre insu. En vérité, ces gens-là sont extrêmement dangereux.

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Les SANS GÊNE: En toute fraternité, ils viennent chez vous sans avertir, à n’importe quelle heure, avec une préférence marquée pour les heures des repas. Ils ne repartent plus, ou avec beaucoup de mal … Quelle présence ! Ils vous « bouffent » littéralement les neurones, on pourrait les assimiler à certaines petites bêtes qui s’accrochent obstinément, ce sont de véritables enzymes gloutons. Heureux s’ils ne fouillent pas dans le buffet, la bibliothèque, etc … (si, si, cela existe, je l’ai vu), ignorant que le fait d’être Frère ou Sœur n’est pas incompatible avec une bonne éducation. Ils tutoient votre compagne sans attendre l’accord de celle-ci. (Elle est leur belle-sœur !) Ils sont étonnés que vous ne puissiez leur prêter de l’argent, comme si cela était normal. Allons, voyons ! Au cas où cela est possible et que vous acceptiez, ils vous rembourseront (ça arrive …) quand ils le pourront, en auront le temps, sans se soucier qu’ils puissent vous mettre en difficulté (moi d’abord, les autres ensuite). En vérité, ces Frères sont des gens dangereux.

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Les AFFAIRISTES : Ah les affairistes ! Quel mal ont-ils pu faire à la franc Maçonnerie! Pour eux le sigle F\M\ représente le Fric Maximum. Leurs activités sont beaucoup plus intenses sur les parvis, les fraternelles, qu’à l’intérieur de nos temples. Quand vous pensez que des pseudo-Frères inscrits au G.I.T.E. n’ont pas mis les pieds dans des ateliers depuis de nombreuses années, on croit rêver … si, si, vérifiez! D’autres, sous couvert de fraternité, vous comptent le prix fort, ne soignent pas forcément l’accueil ni la qualité de leur produit (une plaisanterie, peu fraternelle je vous l’accorde, circulait dans nos obédiences : on reconnaissait l’endroit où les Frères avaient déjeuné au nombre de boutons qu’ils avaient sur la figure). Ils sont en quête d’adresses, de numéros de téléphone et se renseignent sur les activités professionnelles des Frères et des Sœurs. Ils ne demandent pas le nom de l’Atelier; mais la profession. Leur mot de passe : « Donne-moi ton premier chiffre, je te donnerai le second ». La franc-maçonnerie est devenue leur second métier, sinon le premier. La spiritualité, ils s’en moquent comme de leur première chemise, leur fraternité se borne aux bénéfices réalisés. C’est pourquoi il est toujours recommandé de s’adresser au Vénérable maître pour toutes les sollicitations, quelles qu’elles soient. Cela ne veut surtout pas dire qu’il ne faut pas nous entraider, bien au contraire, mais il y a la manière. En vérité, ces frères sont des gens extrêmement dangereux.

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Je m’arrête dans mon énumération. Bien sûr j’en oublie (volontairement ou non). En cherchant, on trouverait certainement d’autres personnages types, mais n’avons-nous pas dit le principal ?

Commentaire : chacun pourra mettre des noms derrière ces classifications ! J’avoue que ça me démange ! Notre Frère a oublié, les COCUS ! , ceux qui sont restés fidèles à des Frères qui n’en valaient pas la peine . En ce moment il y en a pas mal et j’en fait partie.

source : http://logedermott.over-blog.com/article-les-elucubrations-d-un-vieux-maitre-apprenti-114079996.html

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La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil? 30 août, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 3 commentaires

La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil?

 

«le bouddhisme… ne contient ni n’autorise aucune promesse. Il propose simplement la nécessité fondamentale de travailler avec soi-même. Essentiellement, très simplement, de façon très ordinaire. C’est très sensé. On ne se plaint pas en fin de parcours. C’est très précis comme voyage.»

Par Anne-Françoise Rey

 

A la fin du colloque précédent, il me semble qu’une interrogation persistait : si la franc-maçonnerie est une voie spirituelle complète, quels compléments de nombreux maçons peuvent-ils bien aller chercher dans d’autres traditions spirituelles et notamment dans le bouddhisme ?

C’est à cela que j’ai souhaité réfléchir à partir de ce que j’ai expérimenté au sein du R.E.A.A.

Franc-maçon depuis 30 ans, sympathisante bouddhiste depuis une vingtaine d’année, bouddhiste active depuis l’an dernier… Au fil du temps et des lectures, de multiples convergences me sont apparues. Je me sens en terrain connu dans ce que je comprends et découvre en pratique du Dharma alors que la voie concrète que j’ai suivie avec persistance et permanence pendant la moitié de ma vie est celle de la franc-maçonnerie.

En restant dans les limites de ce qui est accessible à tous dans les ouvrages maçonniques (pas de bigoterie maçonnique !), dans un premier temps, je présenterai quelques convergences. Puis je montrerai que la franc-maçonnerie est un chemin méthodologique ouvert sur une certaine qualité de lumière. Enfin, j’indiquerai comment, pour moi, la franc-maçonnerie a eu pour la fonction d’une propédeutique qui s’est, à un endroit précis, branchée sur le Dharma, voie d’éveil.

Une affirmation de Chôgyam Troungpa m’a fourni un point de départ.

Il écrit, dans Mandala, que « le bouddhisme… ne contient ni n’autorise aucune promesse. Il propose simplement la nécessité fondamentale de travailler avec soi-même. Essentiellement, très simplement, de façon très ordinaire. C’est très sensé. On ne se plaint pas en fin de parcours. C’est très précis comme voyage. »

Cela s’applique aussi bien à la franc-maçonnerie qu’au bouddhisme.

La franc-maçonnerie, comme le bouddhisme, ne fait aucune promesse. Les voyages dont il est question, et il est constamment question de voyages en maçonnerie, sont des voyages sur place. Ce qui est offert, c’est un cadre concret de travail sur soi avec pour horizon un symbole, le delta radieux. Ce symbole est suffisamment fort pour entraîner l’adhésion et pour déclencher un élan vers quelque chose d’indéfinissable… quelque chose qui dépasse la condition humaine et qui peut-être la contient en germe.

Les franc-maçons sont, par définition, Fils de la Lumière. Les membres du Sangha, comme tous les humains, ont en eux la nature de Bouddha, terrain d’éveil.

Lumière, éveil… Ces mots, loin d’évoquer un objectif de clarté ultime extérieur à l’humain, terme d’une sorte de quête du Graal par définition impossible à atteindre, ces mots désignent une réalité d’illumination interne, une réalité qu’il convient de dévoiler au moyen d’un travail sur soi.

Tous les francs-maçons gardent claire l’image de la porte du temple qui, lors de l’initiation maçonnique, s’ouvre sur le delta radieux. Cette porte s’ouvre au candidat qui « est dans les ténèbres et cherche la lumière »… Ce symbole concret de la connaissance peut être aussi perçu comme un indice d’éveil désignant la découverte de la réalité ultime, cachée sous l’apparence trompeuse des phénomènes. Lumière, éveil… cela semble très proche.

Certaines convergences m’ont permis de relier, dans mon cheminent, sentier maçonnique et voie du Bouddha. Tout d’abord, et c’est ce que je considère comme fondamental, l’exposé des Quatre Nobles Vérités me paraît une grille applicable à la démarche maçonnique.

Le premier point, c’est la constatation de la souffrance.

Ce qui apparaît d’emblée dans les motivations de la grande majorité des profanes qui frappent à la porte du temple, c’est l’expérience de la nature douloureuse de l’existence. En 30 ans, je n’ai pas rencontré de gens vraiment, totalement heureux, qui fassent cette démarche. Il y a au minimum, dans toute demande, une insatisfaction, un appel à la force quasi mythique de la franc-maçonnerie pour fournir un point d’appui où placer son levier pour être plus efficace. Je ne parle pas, bien sûr, des curieux plus ou moins inconscients qui passent là comme des touristes, ni des arrivistes qui n’auront jamais de maçons que le nom.

On a pu dire que la franc-maçonnerie était un gigantesque hôpital psychiatrique. Cet excès de langage ironique recouvre une réalité dont le sens, loin d’être péjoratif, est au contraire très signifiant. Les personnes qui se préoccupent d’initiation sont souvent celles qui s’approprient avec une intensité inquiétante les questions perturbatrices fondamentales : Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que cette condition humaine ? Quelle est sa destinée ? Pourquoi tant de mal ? Pourquoi la mort ? Que peut-on faire ? N’est-il pas plus efficace de joindre ses efforts à ceux d’autres personnes qui ont les mêmes préoccupations ? etc.

Il me semble que le gens pleinement heureux ne se posent pas de telles questions. Surtout lorsque la soif de trouver une réponse est ardente et tenace. L’urgence vitale que ce questionnement est susceptible de prendre peut paraître pathologique.

Le deuxième point, c’est la situation concrète de rupture avec tout attachement.

Le profane passe par le cabinet de réflexion où il rédige son testament philosophique. Il est dépouillé de son argent et de ses bijoux, ses yeux sont bandés et il se confie entièrement à un inconnu qui le guide. Il va prêter un serment dont il ignore le contenu avant de s’engager. Il sait simplement que d’autres personnes qu’il connaît et apprécie, ont prêté ce serment.

Détaché de tout ce qui est essentiel dans sa vie, c’est symboliquement un homme mort, qui entre dans un espace et un temps désignés comme sacrés. L’évocation de la loi du silence renforce encore cela : il n’aura pas le droit de parler de ce qui se passe en loge, pas le droit de désigner à l’extérieur ses frères et ses soeurs comme franc-maçons, etc.

Cet engagement va lui être considérablement exigeant et, peu à peu, va même changer profondément sa vie, mais il n’aura pas la compensation narcissique de s’en prévaloir dans son entourage. S’il prend au sérieux, par exemple, les titres quelque peu folkloriques et ronflants qu’il recevra, il ne pourra jamais en faire état dans le monde profane…

Le troisième point, c’est l’existence du cheminement initiatique.

La loge n’est pas un refuge et encore moins une tanière où l’on peut venir lécher ses plaies. C’est un lieu fraternel mais impitoyable, un lieu de possible transformation, à condition de se joindre au chantier commun. C’est un lieu actif d’où émerge la prise de conscience progressive de la possibilité de dépasser ce qui est expérimenté comme douloureux.

Le quatrième point, c’est la méthodologie elle-même.

Les moyens de cette méthodologie sont les outils concrets, conceptuels et mythiques, l’importance de l’ici et maintenant et le cadre fraternel.

Je disais au tout début que la franc-maçonnerie est une voie efficace pour la recherche d’une certaine lumière. Cette recherche de lumière est recherche de connaissance, entendue en loge bleue comme développement des possibilités cognitives et acquisition des compétences au métier symbolique de maçon. Cette lumière ne se confond pas, à ce stade, avec l’éveil, tout en ne lui étant pas vraiment étrangère.

Lorsque le bandeau tombe, lorsque la lumière est donnée au néophyte, il est à l’entrée du temple, entre les colonnes et il est convié à contempler le delta radieux qui brille à l’Orient. La voie à parcourir s’étend devant lui. Elle se perd dans ce point de lumière. Dans certaines loges, cette voie est même parfois matérialisée par deux traits lumineux.

Ce Delta est l’emblème de la connaissance humaine d’abord, celle qui résulte du travail. C’est là, le programme réaliste de base. On peut en rester là. On peut ne jamais se préoccuper de spiritualité et être néanmoins un bon maçon. J’ai souvent vérifié que la franc-maçonnerie est le lieu où peut se vivre le souhait de Voltaire : « Que chacun, dans sa voie, cherche en paix la Lumière ! »

Mais il est possible aussi d’approfondir et de voir ce symbole comme une véritable icône qui clame à qui peut l’entendre que l’objectif ultime est spirituel sans que cette spiritualité se confonde forcément avec celle des religions. On peut faire l’hypothèse que ce delta, entre soleil et lune, comme Tchenrézi sur les tangkas, soit le lieu de transformation où peut se faire, selon l’expression de Lama Denys, le passage de la condition de sapiens-sapiens qui nous place au sommet actuel de l’évolution de notre espèce, à la condition de sapiens-sapiens-sapiens qui résulterait d’un changement qualitatif. Là pourrait se produire l’éveil, au sens du Dharma. L’homo sapiens-sapiens-sapiens, Lama

Denys le voit comme celui qui a réalisé le coeur-esprit éveillé, celui qui a l’intelligence de la connaissance.

Dans ce delta radieux, la connaissance cognitive peut se transmuter et devenir spirituelle. Pas de dogme relatif à cette transmutation. Chacun continue à suivre la voie qui est la sienne. Ce changement qualitatif me paraît ouvert à celui qui croit au ciel, à celui qui n’y croit pas comme à celui que le ciel ne concerne pas. Néanmoins, la franc-maçonnerie ne fait aucune suggestion. Elle n’offre pas d’outil méthodologique spécifique pour réaliser cette transmutation. Elle n’interdit pas non plus d’en importer. La solitude règne sur cette partie du chemin initiatique !

Revenons au delta radieux. Recevoir la lumière, c’est y être confronté. Le néophyte retrouve à ce moment l’usage de la vue. La chute du bandeau noir provoque un éblouissement dans le temple brillamment éclairé… Néanmoins, la désignation solennelle du symbole, le geste d’arrêt, de respect et de contemplation qu’on l’invite à effectuer ne le mettent pas en contact avec la révélation fulgurante qui était, peut-être, le contenu implicite de sa demande ! Du coeur de l’émotion spécifique qui l’envahit, le néophyte est rappelé à la réalité. On lui signifie que son action sera concrète : il reçoit un maillet et un ciseau et on l’invite à faire un premier travail opératif sur une pierre brute. . . La voie qui lui désignée est bien celle de l’homo sapiens-sapiens qu’il est déjà certes mais dont il va devoir davantage actualiser et accroître les potentialités par la méthode maçonnique. Ces potentialités sont celles qui caractérisent tout humain, celles de la vie qui l’anime, cette vie qui est une situation tout à fait exceptionnelle. Dans le Dharma, n’est-il pas question de « la précieuse existence humaine libre et qualifiée » ?

Tout le travail en loge bleue, et même après, consiste à faire tomber les nombreux voiles qui obscurcissent la lumière de la vie. Il s’agit donc d’abord d’un travail mental. Le propos est la pleine participation à la qualité de sapiens-sapiens.

La dernière décennie a vu fleurir les méthodes cognitives de développement et/ou de remédiation. La méthode maçonnique s’y apparente, encore faut-il la percevoir comme telle, dans le corpus des rituels et consignes de fonctionnement. La percevoir et la pratiquer… si possible sans mauvaise foi !

Le chantier auquel le néophyte est intégré est donc avant tout un chantier cognitif. Dans un monde où l’on n’apprend plus véritablement à penser de façon juste, où l’on fait n’importe quoi au gré de ses fantasmes sous prétexte de créativité, la première étape de la méthode maçonnique vers la lumière,c’est de former la pensée, de la rendre juste, à l’équerre.

Les hommes et les femmes qui composent la Loge ont beau être des adultes développés intellectuellement, ils n’en sont pas moins aussi bénéficiaires de conditionnements sociaux déformateurs, ces fameux voiles qu’il s’agit de faire tomber. De même qu’au temps de la construction des cathédrales, la première formation portait sur le maniement des outils matériels, le premier objectif des loges bleues utilisant le symbolisme des outils des bâtisseurs est un entraînement précis à l’utilisation juste des outils mentaux.

La loge procure un environnement suffisamment chaleureux pour utiliser l’outil qu’est la déstabilisation. On sait que, sur le plan des apprentissages cognitifs, la déstabilisation est un moyen de progrès par la surprise provoquée et les possibilités de ré-équilibration majorantes qui en découlent. Cela peut advenir à tout moment du rituel ou des planches et déboucher sur des échanges très riches. Les sujets abordés sont divers. En relation avec les symboles maçonniques ou les questions sociales du moment, les thèmes des planches relèvent avant tout des préoccupations de leurs auteurs dont elles sont évidemment la projection. Même lorsque le sujet est imposé, l’équation personnelle du plancheur est toujours largement présente. L’écoute est totale. La loge est sans doute l’un des lieux où l’on n’interrompt pas celui qui parle même si l’on en a bien envie. Que la planche soit ennuyeuse, absconse, ronronnante ou franchement extraordinaire et passionnante, c’est le même accueil silencieux, la même écoute. La situation est celle d’une présence telle qu’elle. Lorsque le sujet n’est pas intéressant, le plancheur l’est toujours. Quant au débat qui suit, si l’on ignore le thème, si l’on n’a rien préparé, c’est trop tard, il n’y a plus possibilité de faire appel à des documents ou à des banques de données. Il ne reste plus qu’à écouter puis à réfléchir le plus logiquement possible si l’on veut apporter sa pierre.

On constate alors souvent que, malgré l’image positive qu’on peut avoir de soi et de son propre savoir, on ne peut avancer. On est littéralement au pied du mur : il s’agit de s’évaluer soi-même à l’équerre, au niveau et au fil à plomb. Et de mieux faire la prochaine fois ! C’est un des intérêts de la loge en tant que groupe durable.

La situation est celle de l’ici-et-maintenant, autrement dit, il s’agit d’être dans la présence. L’écoute, théoriquement favorisée par une posture non avachie sur sa chaise et par la disposition spécifique de la loge, n’est en général pas appuyée sur une prise de notes. « On ne grave pas en loge », disent certains puristes. L’objectif, jamais formulé ouvertement, semble le développement de la mémorisation et de l’attention. Les interventions que chacun fait librement doivent être sobres et correctes, entre l’équerre et le compas, l’équerre désignant l’adéquation de l’intervention au sujet traité et le compas, la latitude d’élargissement liée aux compétences et à l’imaginaire de chacun.

Elles bénéficieront aussi de l’usage du levier, la référence à cet outil soulignant le souci de donner de la rigueur et de la puissance à ce qui est dit. Je ne multiplierai pas les exemples d’application cognitive des outils des bâtisseurs. Normalement, ce va-et-vient est omniprésent et structure les échanges, à condition bien sûr que les anciens maçons chargés de l’acculturation des néophytes, aient fait leur travail. Cette acculturation est d’ailleurs prévue et presque codifiée.

La force de la transmission orale dans l’apprentissage est complétée par la présentation en fin d’exposé d’une synthèse entre le thème de la planche et les interventions. C’est là un travail assez redoutable mais extrêmement formateur pour qui en est chargé. Le résumé de tout cela sera présenté au début des travaux suivants, ce qui a pour effet de renforcer la mémorisation, si l’on est pas passif.

La force et l’unité pédagogique de ce fonctionnement placent le sapiens-sapiens privé de ses béquilles d’enregistrement et de prises de notes en situation d’exercer et d’affûter ses capacités mentales avec le rappel actif des outils omniprésents. A condition, bien sûr, qu’il renonce à se conduire en consommateur passif de spectacles et devienne partie prenante de son évolution, c’est-à-dire qu’il soit dans l’ici-et-maintenant, dans la présence.

On a parfois l’impression, en lisant les titres des travaux en loge, que les francs-maçons sont étranges. Certains sujets de planches peuvent paraître déconnectés, hors du temps, et même surréalistes. J’y vois un indice de sérieux du travail spécifique sur les invariants du fonctionnement de la pensée et des grands thèmes. Cela peut faire penser à ce que Jean-Claude Guillebaud appelle une « micro-société de clercs retranchés, loin du vacarme, soucieux de rigueur, capables de prendre en charge la complexité ». Or, prendre en charge la complexité, c’est, selon Edgard Morin, ce qui protège de la pensée unique, donc de la tyrannie. Les francs-maçons sont des hommes et des femmes libres. Chacun travaille, sans complexe, au niveau qui lui convient. Ni blâme, ni louange, seulement la reconnaissance pour qui fait l’offrande de son travail.

La situation d’ici et maintenant se complète par l’environnement fraternel. Sur le chantier commun, le propos est d’expérimenter qu’autrui est aussi important que soi. Avant de franchir, un jour, l’étape où cet autrui pourra être considéré comme plus important que soi !

Les loges sont des groupes qui, certes, évoluent et se transforment, mais qui ont une durée. Et cette durée est un élément important. Cette durée entraîne une structure institutionnelle et, qu’on le veuille ou non, l’intervention de l’institutionnel dans un groupe, même s’il s’agit d’un cadre visant à faciliter la transmission initiatique, est génératrice d’émotions et de conflits. Des oppositions, des incompréhensions apparaissent notamment lors des promotions dans les hauts-grades et sont souvent l’occasion de réactions émotionnelles très éprouvantes.

Il apparaît alors, bien que cela soit rarement dit de façon explicite, que la méthode maçonnique utilise les conflits pour provoquer le progrès initiatique. J’ai souvent été tentée de penser que les règles traditionnelles de fonctionnement ne sont qu’en apparence anodines et de bon ton. En réalité, elles fournissent un cadre qui potentialise l’agressivité feutrée des échanges. Car les affrontements existent, mêmes s’ils sont verbaux et cadrés par le rituel. Parfois, il y a même souffrance profonde issue des incompréhensions. Mais le statut de groupe durable permet des solutions qui débouchent sur le progrès des individus. On s’est donné beaucoup de coups de maillet sur les doigts mais, finalement, ce qu’on a créé en commun en valait la peine. Là aussi, ceux qui apparaissent un instant comme les ennemis sont nos meilleurs maîtres.

Ce qui caractérise les affrontements en loge, c’est l’apprentissage au fil des années d’une vérité essentielle : ce sont les idées qui doivent s’affronter, jamais les individus. Comprendre cela, le vivre effectivement, est un indice de progrès considérable sur une voie spirituelle humaniste. En réalité, on travaille avec et sur les émotions avec et sur l’agressivité comme énergie du développement cognitif. Agir ainsi revient bien à dégonfler les boursouflures de l’ego qui accordent une importance exagérée à ce qui n’est qu’accessoire. Parfois, du fond de sa colère spontanée et silencieuse, réussir à déceler et à prendre en compte la demande et l’éventuelle souffrance de son frère ou de sa soeur et faire passer cela avant son désir propre, est signe d’avancement sur la voie initiatique. S’ouvrir à l’autre, le considérer comme plus important que soi, c’est souvent travailler correctement ses émotions. Et c’est essentiel dans le cheminement vers la lumière.

La mise en garde contre les effets nocifs de la parole existe dans le Dharma et en franc-maçonnerie. Sur les dix actes négatifs que tout bouddhiste doit s’efforcer de ne pas commettre, quatre sont relatifs à la parole : ce sont les mensonges, les paroles de mésentente, les paroles blessantes et les commérages. Ne pas nuire à autrui par la parole. S’abstenir d’abaisser sa tension ou son angoisse personnelle en colportant des rumeurs et en disant du mal d’autrui sous prétexte d’informer. et je ne m’étendrai pas sur le serment de silence que le maçon prête, main dégantée, c’est-à-dire solennellement, en fin de tenue.

Le maçon qui a passé de nombreuses années en Loge avance vers le delta radieux. Cette progression est balisée par des grades successifs. Peu à peu, il se rapproche de ce symbole qu’il avait aperçu bien loin, à la chute du bandeau, au soir de son initiation.

Lui qui cherche la lumière, depuis le début, il a commencé par expérimenter cette lumière sous forme intellectuelle, fraternelle, morale et éventuellement sociale. Sa spiritualité peut être exclusivement humaniste. Ses efforts, son opiniâtreté, font qu’il est dans la lumière, en latin lumen, et qu’il accroîtra celle-ci jusqu’à la fin de sa vie.

Si je me tourne vers le latin, c’est que cette langue offre deux mots pour signifier la lumière : lumen et lux. Lumen concerne la lumière physique, perceptible, celle du soleil, et, par extension, celle de la connaissance. Lux renvoie à la lumière incréée, à la lumière qui échappe à toute conception, à toute désignation. C’est le « fiat lux » de la tradition judéo-chrétienne et peut-être la « claire lumière » de la tradition bouddhiste. La voie initiatique de la maçonnerie se déroule dans l’espace de lumen. Elle peut s’ouvrir sur lux. Le delta radieux en est bien l’indication essentielle : lorsque la lumière est donnée, on ne sait ce qu’il est. On est fasciné par sa lumière et c’est tout.

Il arrive un moment où on peut le voir comme une sorte de compas. Comme le dit Jean-Pierre Pilorge, les branches du compas s’écartent, le centre reste jusqu’à ce que les lignes aient tellement rempli leur fonction de rayons générateurs du cercle que ce cercle du sacré puisse être tracé puis jusqu’à ce que la notion même de cercle disparaisse dans ce qui est peut-être transformation de lumen en lux.

Cette notion de centration est fondamentale dans tout le symbolisme maçonnique :

*. centration d’abord sur soi par le connais-toi-toi-même, découvert dans le cabinet de réflexion ;

* centration autour de la préoccupation de tailler sa propre pierre brute au coeur du groupe du chantier d’apprentis ;

* centration dans l’espace même de la loge autour du symbole de l’axe du monde ;

* enfin cercle, cette marque fondamentale des hauts grades, depuis le système du 4e jusqu’à la place où, au terme de la voie, il signe le centre ultime de la structure de l’ordre.

On peut considérer toutes ces centrations successives comme des échafaudages qui permettent la construction et devront ensuite disparaître pour faire place à l’oeuvre. Ce sont les éléments d’une propédeutique qui implante des repères solides à partir desquels il sera possible de se décentrer pour ce changement qualitatif qui débouche peut-être sur l’éveil.

Eblouissant à l’arrivée, le delta radieux prend de plus en plus d’importance au fil des années. Et cela d’autant plus qu’on continue à travailler en loge bleue en même temps qu’on suit le chemin dit des hauts grades. Degré après degré, on s’achemine vers toujours plus de lumière, une lumière au-delà du blanc ; la lumière irréelle de l’aube, la lumière d’or du petit matin et, qui sait, la lumière qu’on peut rêver être celle de l’illumination ?

Alors, ce delta radieux devient une fenêtre. La voie maçonnique avec ses outils, ses concepts et ses traditions, a construit cette fenêtre qui ouvre sur la lumière sans forme. Et c’est lorsque cette fenêtre est solidement posée, construite, qu’elle devient icône. L’initié peut la franchir et, par là même, la dissoudre. Le coeur de la bienheureuse prajnaparamita indique qu’il n’est pas de voie, pas de connaissance primordiale… Alors, il n’est pas de fenêtre !

Sur le chemin maçonnique, il arrive un moment où le maçon a terminé sa propédeutique. Il a assuré son organisation mentale, il sait raisonner juste, il a affiné son fonctionnement émotionnel et appris à transformer les conflits en énergie pour un progrès initiatique. A ce moment, il peut souhaiter franchir la fenêtre qu’est le delta radieux. Il peut souhaiter trouver une voie d’éveil !

La propédeutique maçonnique m’a ainsi permls une grande partie du chemin. Ceux qui connaissent la représentation du Rite Ecossais Ancien et Accepté qu’on découvre au 32e, savent que trois oiseaux y marquent un envol (pas de bigoterie maçonnique, je ne dévoile rien : cette représentation se trouve dans le Vuillaume et dans le Bongrand, en vente libre, à tout profane).

Là, je n’ai plus trouvé d’instructions dans le cadre maçonnique… seulement l’obsédante interrogation du symbole … seulement cinq rayons qui convergent vers un cercle vide.

Alors, ce cercle vide ? Le détachement, selon la vision de Maître Eckhart ? Le vide du tao ? La vacuité ? Le cheminement maçonnique peut conduire jusque là. Après ? La voie est libre. Elle dépend de la sensibilité et du cadre de référence de chacun. « Que chacun, dans sa voie, cherche en paix la lumière. »

Lux au-delà de lumen. A ce point, les trois oiseaux, les cinq rayons et le cercle vide m’ont dirigée vers le Dharma. Ce n’est pas une autre voie, ce n’est pas une conversion, c’est la constance de la fidélité. C’est mon expérience. Cela n’exclut aucune autre expérience. La confrontation nous enrichit de nos différences.

La franc-maçonnerie ne m’avait rien promis. Elle m’a beaucoup donné. Elle m’a notamment appris à trouver des ponts entre des univers apparament étrangers et à lancer des arches quand il n’y en avait pas !

Questions-réponses

Un intervenant

La vision cognitive de la franc-maçonnerie qui vise à maîtriser ses pensées me semble opposée et contradictoire avec les traditions spirituelles parmi lesquelles le bouddhisme s’inscrit.

Cela ne laisse pas de place non plus à la tradition symbolique du rite Emulation et aux autres traditions kabbalistes chrétiennes.

Je suis franc-maçon et je m’oppose fortement à cette vision spéculative de la maçonnerie.

Anne-Françoise Rey

Mais tu as le droit, mon frère, c’est ta voie et j’ai la mienne. Pour moi, les outils cognitifs existent et je les ai traduits comme cela. Notre originalité en tant que maçonnes et maçons que nous sommes est que les opinions opposées ne peuvent en rester là, tout le travail sera, peut-être, de nous retrouver, un jour, dans un troisième colloque.

« Votre méconnaissance des autres rites. » Il existe d’autres rites, mais j’ai cherché des ponts entre la franc-maçonnerie et le bouddhisme à partir de mon expérience. Méconnaissance, ignorance, je veux bien, en tant que franc-maçonne et en tant que bouddhiste, je ne me fie pas à ce que l’on me raconte mais j’essaye de tirer partie de ce que j’expérimente, très modestement, peut-être malgré mes affirmations un peu passionnées

Je ne dis pas que ce rite est préférable ou meilleur à un autre. Ce rite consiste à apprendre par cœur, à restituer le rituel par coeur en étant totalement observateur de ce que l’on fait en même temps que l’on est acteur. Il consiste à respecter le geste juste, la parole juste et à invoquer le Grand architecte de l’Univers en permanence.

Et en ce sens, et c’est pour cela que je voulais intervenir, parce que ce rite n’était pas évoqué ici, et nous pourrions en discuter, est très proche d’une voie, sinon bouddhiste du moins orientale, puisqu’elle est fondée sur le karma, c’est à dire l’action juste, le geste juste en action.

La maçonnerie n’est pas qu’une voie spéculative au sens ou tu le disais, ma soeur. Il y a aussi d’autres rites plus opératifs.

Anne-Françoise Rey

Je te répondrai très rapidement que, si nous avions présenté des planches seulement sur le rite Emulation, eh bien, le cadre de référence que j’évoquais aurait été regretté par d’autres intervenants, alors c’est un choix. Je ne peux parler qu’à partir de ce que j’ai expérimenté.

Jean-Pierre Schnetzler

L’intérêt de cette journée est de permettre l’expression de témoignage divers, fondés en plusieurs rites. La spécificité du rite Emulation, resté proche des opératifs, est de contraindre à pratiquer l’art de mémoire et d’habiter le rituel par coeur et par le coeur.

Cette expérience transformatrice peut être étendue à d’autres rites, si les frères et/ou les soeurs de la loge sont bien conscients des motivations de cet effort et de ses résultats.

Un intervenant

La franc-maçonnerie est-elle une voie d’éveil ? La réponse n’est-elle pas dans le rituel du troisième degré ? La connaissance sommeille à l’ombre de l’acacia. Ne faut-il pas la réveiller ? La question est alors : comment ?

Anne-Françoise Rey

Je me posais la même question et c’est pour ça que je considère la franc-maçonnerie comme une propédeutique très avancée pour ce que j’en ai expérimenté. Je n’y ai pas trouvé de méthodologie spécifique avoisinant ce que je crois avoir compris et que le Dharma désigne par éveil.

Lama Denys

Je trouve dommage que l’on mette la parole dans la salle en question fichée. C’est-à-dire empêcher une parole incarnée chez un sujet singulier avec sa tonalité et sa vibration particulière.

Jean-Pierre Schnetzler

Eh bien ! Notre frère vient de nous donner la preuve que cela n’est pas le cas. Nous avons eu droit à son exposé que, personnellement, en tant que membre du rite Emulation, j’ai pu apprécier.

Un intervenant

Ne trouvez-vous pas que l’on parle plus facilement du dogmatisme religieux que du dogmatisme maçonnique ?

Jean-Pierre Schnetzler

Ca, c’est une bonne question, parce qu’il y a un dogmatisme de l’antidogmatisme qui fleurit parfois en franc-maçonnerie. C’est d’ailleurs ce que nous disions au repas, ce midi.

Un intervenant

L’avancée sur la voie initiatique degré par degré permet l’éveil et l’élargissement de la conscience. De ce fait, elle engendre la souffrance, car elle nous met de plus en plus en position d’observateur de nos imperfections et de nos insuffisances. N’est-ce pas contraire à la recherche de la paix intérieure ?

Jean-Pierre Schnetzler

Oui, c’est parfaitement vrai à court terme. La méditation en est un exemple flagrant, surtout quand on pratique celle de la vision pénétrante -vipashyana- qui est justement l’observation seconde après seconde de ce qui est, donc de notre propre stupidité spontanée. Il est vrai que c’est un spectacle affligeant. Si on recherche la paix intérieure tout de suite, on a l’impression de lui tourner le dos. Pourtant, c’est la seule façon d’arriver à nettoyer les écuries d’Augias intérieures afin d’avoir une maison à peu près propre et agréable à habiter. Mais ce n’est pas tout à fait vrai si l’on pratique la concentration, une autre forme de méditation qui fournit immédiatement, de façon temporaire, un état de stabilité, de calme et de paix.

La concentration, c’est la carotte qui fait avancer l’âne porteur des reliques dont nous parlions tout à l’heure. La concentration est agréable. Elle encourage à la pratique méditative, qui est une voie ardue et souvent douloureuse, mais toute voie initiatique est douloureuse. Si vous voulez changer, il faut en payer le prix.

Lama Denys

Je peux ajouter un petit mot. Il y a effectivement la recherche de paix intérieure pour ce qui est de la pratique profonde de la méditation et de la carotte qui fait avancer l’âne qui porte je ne sais quoi. Mais la tentative de produire une paix intérieure ou un calme mental est un gros écueil dans la pratique méditative. Il y a bien, comme le suggérait cette question, une démarche d’ouverture, de désengagement, de désinvestissement dans lequel on est confronté à ce qui est en soi, pensées, émotions, toutes sortes d’événements qui sont susceptibles d’émerger.

Dans la pratique, samatha-vipashyana, consiste en la capacité à vivre cette émergence dans une position d’observateur non engagé, neutre. La politique qui consiste à vouloir faire la paix intérieure est, au mieux, une étape préparatoire, mais trop souvent une voie de garage. C’est comme mettre une chape pour éviter d’être confronté à ce qui est là, alors qu’il est nécessaire que les imprégnations, l’attente dans la psyché, dans la conscience profonde puissent se libérer dans une expression dégagée, en une opération de purification, de catharsis et donc de confrontation à son karma, à son ombre, à ses imprégnations, à tout cela, à sa névrose.

C’est un passage dont on ne peut faire l’économie et il y a quelque chose d’ardent et de pénible dans cette expérience. Je pense aussi qu’il faut souligner le danger qu’il peut y avoir à pratiquer la méditation dans une certaine attitude. Je crois que tout ce qui peut guérir peut aggraver la maladie, la maladie de l’ego, l’égalgie aiguë peut s’aggraver avec des exercices de concentration et de méditation. Ce n’est pas si simple.

La première difficulté, en dehors du fait de rester immobile dans une posture parfois douloureuse pour nous Occidentaux, c’est le lâcher-prise, c’est-à-dire de pratiquer la méditation pour rien, sans intention de profit, sans rien vouloir saisir, rien vouloir fuir, ce qui nous est extrêmement difficile.

Parce que le maître mot de la modernité consommante, le moteur de l’économie triomphante dénoncée par Albert Jacquart, c’est, bien sûr, toujours le mot motivation. On s’intéresse à la méditation parce qu’on se dit : comme cela, je vais avoir une meilleure santé, je vais devenir quelqu’un exceptionnel, devenir un grand maître du bouddhisme zen, du Vajrayana. Il y a là une attitude dont il faut très rapidement se débarrasser. Je crois que cette attitude de non-profit est vraie et juste pour toutes les voies. C’est vrai aussi bien sûr pour les voies maçonniques et c’est vrai très largement pour la pratique de la méditation assise sous toutes ses formes avec ses différentes méthodes avec ses différents moyens. Ramana Maharshi, ce sage décédé en 1950 et qui habitait le sud de l’Inde, avait cette formule terrible : « Il médite, il pense qu’il médite, il est satisfait du fait qu’il médite, mais à quoi cela le mène-t-il si ce n’est qu’à l’épaississement de son ego ? » Donc, danger également à propos de la méditation.

Un intervenant

Le risque de tout rite n’est-il pas de scléroser ? Je prends pour témoin le rappel conditionnant de préceptes, si beaux soient-ils, que certains vont même jusqu’à les rappeler pendant le troisième voyage.

Anne-Françoise Rey

Le risque de tout rite n’est-il pas de scléroser ? Je dirais oui, si pratiquer un rite devient mécanique, si on fait n’importe quoi. Alors, à ce moment-là on se sclérose. Mais à partir du moment où il y a enrichissement du contenu symbolique, où il a référence symbolique, ce n’est pas possible, cela reste vivant.

Un intervenant

La place de la femme en maçonnerie est récente. Au cours de mes quelques lectures sur le bouddhisme, je n’ai guère vu la place de celle-ci. Qu’en est-il ? Comment se situe-t-elle ? Votre intervention me montre qu’elle a sa place.

Anne-Françoise Rey

Maria Deraime a été initiée, il y a un peu plus d’un siècle. Nous la considérons comme la première

femme initiée mais, paraît-il, il y en aurait eu avant. Moi, je le crois, parce que la première loge mixte était Adam et Eve au paradis (rires)… Je ne sais pas qui fut vraiment la première femme initiée mais la femme à sa place en maçonnerie.

Il existe des ordres mixtes, une maçonnerie féminine en pleine expansion. Beaucoup de femmes deviennent franc-maçonnes. Elles sont peut-être très discrètes, trop discrètes, mais enfin, cela, c’est la caractéristique ou peut-être le défaut de la femme !

Notre soeur Jeanine Auger abordera ce sujet demain.

Un intervenant

Quelle place pour le rire et la convivialité dans le chemin maçonnique ?

Anne-Françoise Rey

Alors là, je dirais que, pendant la première décennie où j’y étais, je ne les ai pas trouvés. Ca me paraissait, quelquefois, ennuyeux. Et puis, depuis quelques années, je crois que l’on aime bien rire. Il y a des planches qui touchent quelquefois le comique. Je connais aussi des rituels qui sont, disons, des déformations, des parodies. Il y a aussi tout l’éventail très large des lapsus faits en loge et il y en a. Je peux vous dire qu’une fois, dans la chaîne d’union, au lieu de dire « bien au dessus des soucis de la vie matérielle », j’ai déclaré avec un énorme sérieux « bien au dessus de la vie maternelle ». Je vous assure que, ce jour-là, la loge était pliée en quatre. Il y a beaucoup d’autres occasions de rire. Et il y a aussi les agapes, sans qu’elles soient forcément orgiaques… Il y a aussi les sorties, les balades quand on s’entasse à plusieurs dans une voiture pour aller à l’autre bout de la France pour un colloque, je vous assure que l’on rit bien.

Alors, je crois que le rire et la convivialité ont leur place en maçonnerie, et puis, on ne se prend pas au sérieux en général. . .

On m’informe que la première Grande Maîtresse était la Duchesse de Norfolk. Elle était écossaise et c’était en 1646.

Pour terminer, on me passe un billet où il est écrit en réponse aux guerres de clocher : « On ne voit bien qu’avec le cœur. » Cela me rappelle la phrase d’un soufi, El Halai, qui dit : « J’ai interrogé mon seigneur avec le regard du cœur. Je lui ai demandé : qui es-tu ? Il m’a répondu : toi. »

Alain Lorand

On ne voit bien donc qu’avec le cœur, comme disait Saint-Exupéry, on retombe sur les concordances.

On n’a pas pu répondre à toutes les questions, mais aux principales. Lama Denys va donc aborder

maintenant ce qu’est l’éveil. Lourde question…

Octobre 1997

Anne-Françoise Rey

Extrait de : http://www.buddhaline.net

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Salvador ALLENDE 5 mai, 2008

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Socialisme

&

Franc-maçonnerie

Dans cette planche prononcée à la Grande Loge de Colombie de Bogota le 28 août 1971, le président en exercice du Chili proclame son adhésion profonde et constante aux idéaux maçonniques qui l’ont guidé dans son action politique. Le projet et le programme de l’Unidad Popular, mouvement qui a porté Allende à la présidence du Chili, apparaissent clairement comme la reviviscence historique et politique d’un front populaire chilien à la tête duquel se trouvait, dans les années 1930, le frère Pedro Aguirre Zerda, radical de droite et leader d’une formation qui s’étendait des marxistes aux radicaux et aux démocrates. Il semble évident et non fortuit qu’il y ait eu un rapport entre le front populaire de Zerda et la liste qui porta le frère Ernesto Nathan à devenir maire de Rome. Il s’agit donc d’un document d’un grand intérêt, dans lequel Allende se montre conscient des difficultés qu’Unidad Popular allait rencontrer. Pourtant, il semble sous-évaluer risques et périls, et l’on en trouve la preuve dans son affirmation sereine et peut-être naïve: «il est rare aujourd’hui que l’on craigne la présence d’un franc-maçon ou d’un socialiste à la présidence du Chili». L’histoire nous a montré combien on craignait la présence d’un socialiste.

 

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Sérénissime Grand Maître de la Grande loge de Colombie, très chers frères du Suprême Conseil, hauts dignitaires de l’Ordre, mes très chers frères: regardant en arrière, le début de ma vie, je me souviens qu’il ne me fut pas facile de devenir membre de la Grande Loge du Chili, parce que j’avais été un étudiant rebelle. Et si j’ai persévéré à frapper à la porte de la respectable Loge Progreso n° 4 de Valparaiso, c’est par profonde conviction, imprégné des principes maçonniques inculqués à notre famille par mon père, notre cher Frère Ramon Allende Padilla Huelvo, qui fut Sérénissime grand Maître de la Grande Loge du Chili et fondateur de la loge qui m’ouvrit ses portes à Valparaiso, la seconde loge du pays.
J’étais pleinement conscient que l’Ordre n’est ni une secte, ni un parti, et qu’en dégrossissant la pierre brute on se prépare à agir dans le monde profane. Je savais que les Francs-maçons se devaient d’agir dans le monde profane en se fondant sur les principes permanents de la Franc-maçonnerie. C’est pour cette raison, et non en manière de remerciement (étant donné que ce terme est impropre entre Frères) mais plutôt pour témoigner sur le contenu généreux des paroles du souverain Grand Commandeur et du Sérénissime Grand maître que je voudrais évoquer la nuit de mon initiation, lorsque, écoutant le Rituel pour la première fois, j’entendis que «les hommes sans principe et sans idées fermes sont comme les bateaux dont le timon est rompu, ils se brisent contre les écueils».
J’appris également que dans notre ordre, la hiérarchie ne se fondait pas sur des distinctions sociales ou économiques. Ainsi, dès le premier instant, ma conviction se fit plus forte que les principes de l’Ordre, projetés dans le monde profane, pouvaient et devaient contribuer au grand processus de renouveau que tous les peuples du monde cherchent à mettre en œuvre, et particulièrement les peuples de ce continent, dont la dépendance politique et économique accentue leur tragédie de pays en voie de développement.
La tolérance, j’en suis sûr, est une des vertus les plus profondes et solides; durant mes 33 ans de vie maçonnique, j’ai toujours insisté, dans les planches que j’ai présentées aux diverses loges de mon pays, sur la certitude de pouvoir vivre harmonieusement dans le Temples avec mes Frères, même si pour beaucoup il était difficile d’imaginer que cela fût possible pour un homme qui, dans la vie profane, se proclamait ouvertement marxiste. Cette réalité était comprise dans les loges, mais elle ne l’était pas dans mon propre parti.
Lors des congrès de ce parti, pourtant fondé par un Ex Sérénissime Grand Maître de l’Ordre Maçonnique du Chili, Eugenio Matto Hurtado, on discuta plus d’une fois de l’incompatibilité entre Socialisme et Maçonnerie. J’ai soutenu mon droit à faire partie des deux en même temps. J’ai dit alors qu’en cas d’incompatibilité, c’est le parti que j’abandonnerais, sans cesser pour autant de rester fidèle aux idéaux et aux principes socialistes. Mais en même temps, j’affirmais en Loge que le jour où l’Ordre proclamerait l’incompatibilité entre mes idéaux et convictions marxistes et mon appartenance maçonnique, j’abandonnerais une Loge où l’on aurait cessé de pratiquer la vertu de tolérance. J’ai donc pu vivre cette double réalité, maçon et marxiste, et je crois pouvoir affirmer aux Frères de la Grande Loge de Colombie que je vis dans la loyauté au regard des principes de l’Ordre, tant à l’intérieur de l’Ordre que dans le monde profane.
Au cours de toutes ces années durant lesquelles, étudiant, j’ai connu la prison, l’expulsion de l’Université, et la relégation (pratique des dictateurs chiliens qui consistait à déporter les opposants dans des régions isolées du pays, comme durant la période fasciste italienne, ndlr) jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été conséquent avec mes convictions. J’ai soutenu des combats dans un monde politique agité, dans un pays qui avait atteint un haut niveau de culture politique, parfois sans moyens, mais toujours certain d’arriver un jour à la Présidence du Chili. Je voulais ouvrir un sillon, semer une graine, l’arroser de l’exemple d’une vie d’efforts, afin qu’un jour elle donne un fruit; non pas pour moi, mais pour mon peuple, pour ma Patrie, qui méritait une vie différente. Certes, le Chili, comme je l’ai dit, a atteint un développement politique supérieur à celui des autres pays de ce continent, et la démocratie bourgeoise y a permis le développement de toutes les idées, mais on le doit à la lutte des masses populaires pour le respect des droits de l’homme, et aux conquêtes obtenues par le peuple au cours d’héroïques batailles pour la dignité et pour le pain.
Bien que le Chili ait pu devenir un pays politiquement indépendant, il ne l’est pas du point de vue économique. Et nous croyons que l’indépendance économique est nécessaire pour que notre pays soit authentiquement libre politiquement. Nous pensons qu’il est fondamental d’atteindre cet objectif en tant que Peuple, que Nation, que Pays. De même il est fondamental que l’homme de mon pays cesse d’avoir la peur de vivre, rompe avec la soumission, obtienne le droit au travail, à l’éducation, au logement, à la santé et aux loisirs. Nous pensons que l’homme du Chili doit pouvoir vivre le contenu de ces paroles si pleines de sens, qui constituent le triple socle de la Maçonnerie: FRATERNITE, EGALITE, LIBERTE. Nous avons soutenu qu’il ne peut y avoir d’égalité lorsque peu de gens possèdent tout tandis que beaucoup n’ont rien. Nous pensons que la fraternité ne peut pas exister lorsque l’exploitation de l’homme par l’homme est la caractéristique d’un régime ou d’un système. Et la liberté abstraite doit céder le pas à la liberté concrète. C’est pour tout cela que nous avons lutté.
Nous savons que la tâche sera rude, et nous sommes pleinement conscients que chaque pays a sa réalité, ses méthodes, son histoire, sa manière de penser particulières. Et c’est pourquoi nous respectons les caractéristiques qui donnent un profil particulier à chaque nation du monde, surtout sur ce continent. Mais nous savons aussi en toute conscience que ces nations ne réussiront à émerger que si elles brisent leurs chaînes, grâce à l’effort solitaire de quelques hommes, nés en diverses terres sous des drapeaux différents, mais unis sous un seul drapeau idéal, pour rendre possible une Amérique indépendante et unie. L’histoire nous enseigne que quelques loges irrégulières, comme la Lautariane (fondée par Simon Bolivar et d’autres frères étrangers au Chili, ndlr) furent la graine et le ciment des luttes pour l’indépendance.
Simon BolivarEt ici, dans la Grande Loge de Colombie, je peux rappeler avec une profonde satisfaction que Bolivar, lorsqu’il apprit la défaite, écrivit à O’Higgins (Franc-maçon libérateur du Chili, ndlr) «qu’il y voyait la preuve de sa ténacité» et ces paroles éveillèrent un écho chez le père de notre patrie, lui donnant la force de se reprendre et de passer dans la fraternelle terre argentine, où, avec San Martin (Franc-maçon, libérateur de l’Argentine, ndlr) il put commencer la bataille pour la libération du Chili. Il eut pour l’extrême sud de l’Amérique la même vision que Bolivar avait eue pour le reste du continent. Et le 20 août, il salua le navire appareillant en baie de Valparaiso pour entreprendre l’expédition qui devait libérer le Pérou avec ces paroles: «de ces quatre bouts de bois dépend le sort de l’Amérique». Ce furent des soldats du Chili et de l’Argentine qui contribuèrent à la libération du Pérou.
Dans le monde contemporain, plus que l’homme, ce sont les peuples qui doivent être, qui sont les acteurs fondamentaux de l’Histoire. C’est pour cela que j’ai fait en sorte que le peuple chilien prenne conscience de sa force et sache trouver son chemin. Ce furent les masses populaires chiliennes, paysans et ouvriers, étudiants, employés, techniciens, spécialistes, intellectuels et artistes, athées et croyants, maçons, chrétiens, laïcs. Ce furent des hommes regroupés au sein de partis centenaires comme le parti radical, ou sans appartenance politique, mais rassemblés sur un programme exaltant la volonté combative des masses chiliennes pour affronter le réformisme de la démocratie chrétienne et la candidature de Monsieur Jorge Alessandri, qui représentait le capitalisme traditionnel.
Le Chili a vécu la longue mais non stérile période des gouvernements capitalistes. Et si je dis non stérile, c’est effectivement parce que je soutiens que dans notre pays, la démocratie bourgeoise a fonctionné vraiment ainsi. Les institutions chiliennes sont plus que centenaires, et cette année, le Congrès de ma patrie, auquel j’appartiens depuis vingt sept ans, deux comme député et vingt cinq comme sénateur, fêtera ses 160 ans de travail quasi ininterrompu. Je dirais même de travail ininterrompu. Nous ne renions pas ce qui a été fait, mais nous soutenons que le chemin d’hier ne peut pas être celui de demain. Au vieux système politique on doit au moins d’avoir fait miroiter l’espérance, même démagogique, d’une révolution et d’une liberté taillées sur le modèle réformiste de la démocratie chrétienne.
Et je ne nie pas que ce gouvernement, auquel succède désormais le gouvernement du peuple, n’ait pas accompli des pas en avant dans les domaines économique, social et politique. Mais il n’a pas éliminé les grands déficits qui caractérisent l’existence des peuples comme les nôtres : logement, travail, santé, éducation. Il n’existe aucun pays en voie de développement qui ait pu résoudre un seul de ces éléments essentiels, en particulier sur ce continent, où un vaste secteur humain a toujours été méconnu. Il s’agit des descendants des Atahualpa, ou des fils de Lautaro dans ma patrie, l’héroïque aruaco, le mapuche, l’indien ou le métis. Alors qu’ils ont donné la semence de notre race, ils ont été repoussés, infériorisés, et dans certains pays, niés dans leur existence.
C’est pourquoi notre lutte et notre détermination ont tendu à donner le pouvoir à un peuple qui désirait une profonde transformation dans les domaines économique, social et politique, et non la transmission du pouvoir d’un homme à un autre. Comme je l’ai déjà dit, Sérénissime Grand Maître, pour ouvrir le chemin vers son droit légitime au socialisme, le Chili a sa propre histoire, comme les autres peuples ont la leur avec ses caractéristiques particulières. Et la Colombie a, comme le Chili, sa propre vocation démocratique et libertaire.
En 1938 en effet, nous vivions une époque différente de celle de tous les peuples du continent, et de presque tous les peuples d’Europe et du monde: le Chili fut un des trois pays du monde à avoir un «Front Populaire». Et un franc-maçon radical, Maître et homme d’Etat, Pedro Aguirre Zerda, arriva au pouvoir grâce à l’entente entre le multiséculaire parti radical et les partis marxiste, communiste, socialiste et démocratique. Dans ma patrie, et hors de ma patrie, on combattait la possibilité d’une victoire du front Populaire en sonnant le tocsin. On parlait d’ «idiots utiles» en disant que les communistes et les socialistes se seraient servis des radicaux pour instaurer une dictature.
Et Aguirre Zerda, radical de droite, devint grand avec l’exercice du pouvoir, parce qu’il consacra sa vie au contact avec le peuple dans une totale loyauté. Et lorsqu’un jour funeste des soldats qui ne respectaient pas l’objection de conscience reconnue par la Constitution se rebellèrent sous le prétexte futile que sur la façade du palais de la Moneda flottait un drapeau rouge alors qu’en réalité, c’était un drapeau d’un parti politique simplement appuyé au mur, ce fut le peuple qui entoura la caserne. Ce fut le peuple qui, sans un seul coup de fusil, les obligea à se rendre, sans qu’un coup soit tiré sur cette foule disposée à défendre un radical Franc-maçon, Maître et homme d’Etat.
Aux racines de l’évolution politique chilienne, on trouve des antécédents sans parallèles; il est donc difficile de comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans ma patrie: il est rare désormais qu’on craigne la présence d’un Franc-maçon ou d’un socialiste à la présidence du Chili. La vérité, Sérénissime Grand-Maître, c’est que personne, que ce soit dans ma patrie ou hors des frontières, ne peut soutenir qu’on l’a trompé: durant plus d’une année nous avons fait connaître le programme de Unidad Popular où se côtoient, comme je l’ai dit, laïcs, marxistes, chrétiens, écrivains, cultivateurs, mineurs des mines de cuivre. Tout ceux qui l’ont voulu ont pu savoir pour quoi nous luttions.
J’ai toujours soutenu que s’il était difficile de gagner les élections, il serait bien plus difficile encore de construire le socialisme. Et j’ai toujours dit aussi qu’il s’agissait là d’une tâche que ne pouvait conduire à son terme un homme ou une coalition de partis, mais seulement un peuple organisé, discipliné, conscient, responsable de sa grande tâche historique, et les faits ont confirmé cette assertion. Nous fûmes combattus comme en 1938. Et moi qui ai été plusieurs fois candidat, je sais à quelles méthodes on arrive à recourir pour combattre l’avancée des peuples. En 1969 fut suscitée une impressionnante croisade semant la panique de la persécution religieuse, la crainte de l’élimination des Forces Armées du Chili, et de la dissolution du corps des Carabiniers: arguments simplistes, mais capables, grâce à leur malveillance cachée, d’être assimilés et de nous aliéner les votes dont nous avions besoin.
J’ai toujours soutenu que chaque pays devait trouver sa voie en fonction de sa propre réalité. Mais j’ai toujours ajouté que d’un point de vue théorique, au moins pour moi, la guérilla, la rébellion armée, l’insurrection populaire armée ou les élections étaient autant de chemins que le peuple pouvait choisir en fonction de sa propre réalité. Je le dis sans circonlocutions. Il y a des pays où personne ne peut imaginer des élections, parce qu’il n’y existe pas de parlement, pas de partis, pas d’organisations syndicales.
Nous faisons donc notre chemin dans le cadre des lois de la démocratie bourgeoise, à la fois décidés à les respecter et à oeuvrer à leur transformation, pour rendre possible à l’homme du Chili une autre existence, pour que le Chili soit vraiment une patrie pour tous les chiliens. Nous avons proposé une révolution authentiquement chilienne, faite par les Chiliens pour le Chili. Nous n’exportons pas notre révolution pour une raison très simple: nous connaissons, au moins un peu, les caractéristiques de chaque pays. Pour que l’on puisse exporter la démocratie et la liberté, il faudrait des conditions qui n’existent pas dans l’immense majorité des pays d’Amérique latine. C’est pourquoi, mes Frères de la Grande Loge de Colombie, vous pouvez juger par vous même de la sincérité de notre position de non intervention. Et c’est là l’expression franche d’un Frère à ses Frères.
Notre bataille est dure et difficile parce qu’indiscutablement, pour élever les conditions de vie de notre peuple, nous devons effectuer de grandes transformations révolutionnaires qui frappent des intérêts extérieurs comme les capitaux étrangers et l’impérialisme, et des intérêts nationaux comme les monopoles et les banques. Nous sommes convaincus que nous ne pourrons vaincre le sous-développement et l’ignorance, de même que la misère morale et physiologique, si nous n’utilisons pas les excédents de notre économie pour semer des écoles, des routes, des fermes cultivées avec des techniques modernes, pour jouir, dans notre propre patrie, des bénéfices qui nous appartiennent légitimement.
Prenons l’exemple du cuivre, typique du Chili: cette richesse, pour nous fondamentale, pilier de notre économie, représente 82% de nos exportations, et produit 24% des recettes fiscales. Le cuivre a toujours été géré par des mains non chiliennes. Les investissements initiaux des sociétés américaines du cuivre, il y a 50 ans, ne dépassaient pas 13 millions de dollars. Et au cours de ces années sont sortis du Chili 3.200 millions de dollars qui sont allés enrichir les grands empires industriels. Dans ces conditions, comment pouvons-nous progresser? Comment un peuple qui possède la plus grande réserve mondiale de cuivre, la plus grande mine du monde, Chuquicamata, ne peut-il contrôler les prix, le niveau de production, les marchés, alors qu’une augmentation d’un centième de dollar sur la livre de cuivre représenterait pour le Chili une entrée de 12 millions de dollars? Comment comprendre que cela, que nous appelons «le salaire du Chili», soit exclusivement géré par des mains étrangères?
Mes chers Frères, je déclare solennellement que dans cette décision qui est la nôtre de récupérer nos richesses fondamentales, il n’y a aucune volonté de discrimination, rien qui soit contre les peuples. Nous respectons les Etats-Unis comme nation. Nous connaissons leur histoire et nous comprenons parfaitement la phrase de Lincoln lorsqu’il disait, parlant de sa patrie: «cette nation est à demi libre et à demi esclave». Ces mêmes paroles, cette même phrase, nous pouvons les appliquer à notre peuple, apparemment libre, mais esclave de la réalité moderne. C’est pour cela que nous avons lutté et combattu.
J’ai donné l’exemple du cuivre, mais je pourrais parler du fer, de l’acier, du charbon, du soufre, et je pourrais aussi parler de la terre. Dans un pays qui peut nourrir 20 millions d’habitants ou peut-être davantage, on importe de la viande, du blé, du beurre, de l’huile pour une valeur de 180-200 millions de dollars. Si l’augmentation de la population continuait au taux de 2,9%, en 2000 le Chili devrait importer 1.000 millions de dollars de nourriture. En ce moment, la totalité des exportations chiliennes est de l’ordre de 1.200 millions de dollars par an, dont le cuivre représente 1.030 millions. Dans ces conditions, on ne peut échapper à la profonde nécessité d’une réforme agraire, qui fait partie du processus de développement économique du pays. Et il ne s’agit pas seulement d’un changement de propriété de la terre, mais de l’élévation du niveau intellectuel et moral des agriculteurs. Nous avons fait nôtre la phrase de Tupac-Amaru, le cacique du pérou, qui disait à ses indiens: «le patron ne mangera plus de ta faim». Nous avons voulu que l’agriculteur obtienne le droit de manger lui aussi ce que la terre produit.
Et moi qui suis médecin et qui suis resté durant 5 ans président du Collège Médical du Chili, en même temps qu’un sénateur socialiste batailleur, moi qui connais la vie de cette association professionnelle, qui puis dire avec satisfaction à mes Frères que les médecins de mon pays m’estiment et m’ont toujours estimé, je dois signaler avec la douleur d’un Chilien ce qui arrive certainement aussi dans les autres pays: 600.000 enfants de ma patrie, une patrie, Sérénissime Grand Maître, qui a atteint le niveau politique dont je parlais plus haut, sont handicapés mentaux faute d’avoir reçu assez de protéines durant leurs six premiers mois de vie. Face à cette réalité, on ne peut rester conformiste. Face à ce tableau, je me dois de porter au monde profane les principes que l’on m’a enseignés et que j’ai appris de l’Ordre.
C’est pour cela que j’ai combattu, c’est pour cela que l’on me considère moins comme un vrai Président que comme le porte-voix du peuple, qui doit accomplir sans tergiverser le programme qu’il a présenté au peuple. J’ai pris cet engagement avec ma conscience, l’engagement d’un Maçon avec sa conscience de Maçon, avec l’histoire, avec ma patrie. Il y aura sans doute des représailles: il est difficile de frapper ces intérêts, et nous savons qu’ils se défendront, nous le voyons déjà. Mais jusques à quand les peuples supporteront-ils d’être dirigés et contrôlés à distance? Durant ces vingt dernières années, on a parlé de Fonds Monétaire International et de convertibilité en or des monnaies. Et du jour au lendemain, au gré du pays qui a l’hégémonie, on change les règles du jeu et on frappe nos faibles économies. Pendant quinze ans, vingt ans, nous avons vu qu’on a interdit l’entrée aux nations unies de la république populaire de Chine, un pays de 900 millions d’habitants.
Mais pour des raisons de politique intérieure, à la veille d’élections, on peut bien déclarer que l’on reconnaîtra la Chine, et le président des Etats-Unis peut bien se rendre en Chine pour s’entretenir avec Mao Tse Toung. Seulement, nous, nous ne pouvons pas le faire avant. Jusques à quand nous interdira-t-on de tracer notre propre chemin, de prendre en main les drapeaux libérateurs des partisans de l’indépendance de ce Continent pour les transformer en réalité, alors que c’est la tâche qu’ils nous assignent? Si c’est cela être révolutionnaire, je déclare que je le suis, et si c’est cela être Maçon, je déclare également que je le suis.
Et je peux dire à mes chers Frères de la Grande Loge de Colombie que dans ma partie, il n’y a pas un seul homme emprisonné (pour délit d’opinion, ndlr) que dans ma patrie il n’y a pas un détenu politique, que dans ma patrie on respecte tous les droits. Cette nuit, j’ai eu le plaisir de gagner ce temple accompagné par l’Ambassadeur du Chili en Colombie, notre cher Frère Hernàn Gutiérrez. Avec nous se trouvait également le directeur général des carabiniers, le Général José Maria Sepùlveda, lui aussi notre Frère, et tous les deux savent parfaitement que ce que je vous dis là est vrai. Et s’il fallait absolument trouver un témoin, il se trouve ici présent un Frère qui a vu la lumière dans ce temple, parce qu’il est Colombien. C’est l’Ambassadeur de Colombie au Chili, qui n’a pas oublié qu’il était Maçon. J’ai eu la joie et la chance de lui serrer la main après le triomphe des urnes, dans un temple maçonnique, qu’il fréquentait tout en étant diplomate, comme le fait ici Gutiérrez dans une loge (colombienne, ndlr) pour remplir ses obligations maçonniques.
Pour ces raisons, je pense que, compte tenu du climat qui régnait avant et pendant les élections, nous aurons à affronter des faits beaucoup plus graves. Il existe des gouvernements qui trouvent légitime de défendre les intérêts d’un petit nombre de gens très puissants. Quant à moi, je me réserve le droit de défendre les intérêts de mon peuple et de ma patrie contre les intérêts de ce petit nombre. Si quelqu’un pense qu’en ce moment les menaces matérielles peuvent faire plier le peuple, il se trompe. Les Etats-Unis doivent tirer la leçon du Viêt-nam.
La leçon du Viêt-Nam vaut pour tous les petits pays, car elle la leçon de l’héroïsme et de la dignité. Pendant qu’il y a des pays qui dépensent des centaines de millions de dollars par an sur un continent qui n’est pas le leur, pour empêcher un peuple de choisir son propre destin, l’Amérique latine doit rester les mains tendues, implorante, pour mendier de petits prêts, goulettes de lait des mamelles énormes du plus puissant pays capitaliste. De plus, durant les dix dernières années, en raison du principe d’amortissement du capital et des intérêts, il est sorti de ce pays bien plus de millions qu’il n’en est entré comme investissements en provenance de l’étranger. L’Amérique latine, continent pauvre, exporte du capital, contrairement au plus puissant pays du monde, le pays du capitalisme international.
Voilà donc notre lutte, c’est pour cela que j’utilise ce langage, qui est celui de la clarté, comme je me dois de l’utiliser en présence de mes Frères. C’est un affrontement qui n’aura pas le seul Chili pour champ, il se déchaîne dans toutes les parties du monde, l’heure est venue, les anciens systèmes craquent. Il est de notre devoir de garder les yeux ouverts, attentifs à ce qui arrivera demain, analysant nos capacités à trouver les lits qui permettront aux grands fleuves des masses de continuer leur chemin qui ne doit pas être celui de la violence inutile. Je l’ai dit dans mon pays, je le répète ici à vous, mes frères de Colombie : je ne suis pas une digue, je suis au contraire le lit dans lequel le peuple pourra avancer avec la certitude que ses droits seront respectés. On ne peut pas retenir les avalanches de l’histoire. Les lois répressives ne peuvent pas apaiser la faim des peuples. Elles pourront peut-être retarder le mouvement quelques années, une génération peut-être. Mais tôt ou tard, les digues rompront, la marée humaine se précipitera, cette fois avec violence, une violence juste, dirai-je, car la faim et la souffrance durent depuis des millénaires en tant de lieux, et depuis des siècles sur notre continent.
Si de vieilles institutions comme l’Eglise voient se transformer les contenus de leur propre existence, si les évêques réunis à Medellin parlent un langage qui, il y a seulement dix ans, aurait été considéré comme révolutionnaire, c’est parce qu’ils ont compris qu’ils doivent récupérer le Verbe du Christ s’ils veulent se sauver en tant qu’institution. Car s’ils persistent dans leur compromission permanente avec les intérêt d’un petit nombre, personne ne croira plus demain à l’enseignement de celui qui fut le Maître de Galilée, et que je respecte en tant qu’homme.
C’est aussi pour cela que je pense, et que je rêve. Je rêve à la nuit de mon Initiation, lorsque j’entendis ces paroles: «les hommes sans principe et sans idées fermes sont comme les bateaux dont le timon est rompu, ils se brisent contre les écueils». Je voudrais dire à mes frères de Colombie que je ne lâcherai pas le timon que constituent mes principes maçonniques. Ils est difficile de faire une révolution sans coût social, et il est dur de s’affronter aux puissants intérêts internationaux et nationaux. L’unique chose que je désire, c’est que demain, une fois ma tâche accomplie, je puisse entrer (la tête haute, ndlr) dans mon Temple, comme lorsque j’y suis entré en tant que nouveau président du Chili.

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Version transcrite à partir de la bande magnétique enregistrée par le Grand secrétaire de la Grande Loge de Colombie

 


Hommage à E. F. CHABANNE 25 avril, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union , 3 commentaires

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PLANCHE pour CHABY

 

 

 

Évoquer en quelques minutes l’homme et quel homme, le F:.M:. et quel F:.M:., notre F:. et quel F:. est une gageure. Il faudrait en effet que ceux qui ont été ses collaborateurs, ses compagnons, ses amis, sa famille soient là et que nous les écoutions pendant de longues soirées pour commencer à percevoir la force, la sensibilité, et la pensée de ce constructeur, tant dans la vie profane que dans la F:.M:. universelle.

 

L’homme et le F:.M:. dont nous allons parler ce soir s’appelle Ernest Ferdinand Chabanne mais le titre donné à ce travail par notre V:.M:. est Chaby, car pour tous ceux qui l’ont connu, c’est à dire ceux qui sont nés avec lui à nos rencontres de l’esprit et du cœur, il est Chaby.

Pour essayer, s’il en était besoin, de rappeler sa personnalité hors du commun à ceux qui ont siégé sur ces colonnes avec lui, et surtout, pour essayer de la faire percevoir à ceux qui lui succèdent dans ce Temple, j’ai fait appel à la planche de notre V:.M:. d’honneur Georges Fontalba pour les cinquante ans de maçonnerie de notre Frère Chaby et à celle de l’Orateur pour ses quarante ans. Mais j’ai aussi relu ses allocutions de Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, et nous vous présenterons des extraits de sa substantifique pensée . Il n’aurait pas aimé que je qualifie ainsi sa pensée.

Je me souviens qu’un jour où je lui demandais pourquoi il n’écrivait pas et ne livrait pas sa pensée à notre réflexion, il me répondit: « Avec Jean Mourgues, nous nous sommes partagé les tâches ». Cela voulait dire : lui il écrit il le fait bien et le Grand Commandeur administre l’Obédience. Et je rajoute ce soir : et il l’a fait bien, comme j’ai rajouté ce soir là : c’est dommage que tu ne veuilles pas écrire. Je pense qu’à la fin de cette soirée vous partagerez ce sentiment et ce regret.

 

L’Homme

 

Ernest Ferdinand CHABANNE est né le 16 mai 1917 à Saint Dié dans les VOSGES, dans cette Lorraine, carrefour des civilisations occidentales. Et pour mieux affirmer sa multiculture c’est en Belgique qu’il fera ses études, au sein de l’Université Libre de Bruxelles et plus particulièrement à l’Académie Royale des Beaux-arts, dont il sortira nanti d’un Premier Prix d’Architecture. Il n’est pas inutile de préciser que l’Université Libre de Bruxelles est une réalisation, parmi d’autres, de la Franc-maçonnerie Belge et que l’un des Grands Maîtres du Grand Orient de Belgique fut le Très Illustre Frère ENGEL, beau-frère de Chaby et son père adoptif.

Mais la 2ème guerre mondiale est là. C’est l’Ecole du Génie qui l’accueille pour un temps. Après la débâcle il se retrouve dans les Chantiers de Jeunesse. L’instauration le 04 septembre 1942 du S.T.O., puis le débarquement en Afrique du Nord et enfin l’invasion de la Zone Libre le 11 novembre 1942 vont tout naturellement conduire Chaby à se fondre dans une semi clandestinité. C’est dans les Cévennes Viganaises qu’il trouvera refuge, après un bref séjour à Ganges Un accident de moto va être l’occasion d’une rencontre qui marquera à jamais l’existence de ce fougueux jeune homme. C’est en effet dans une salle d’hôpital à Montpellier qu’il fait la connaissance de Christiane Périvier qu’il épousera quelques mois plus tard.

Employé par l’entreprise Ferrières du Vigan, c’est dans cette ville que le couple s’installe. Deux enfants sont nés de cette union, deux filles, l’aînée Marie-Joëlle, dite Lalou, épouse de notre ancien V:.M:. Claude F:. et Frédérique, la cadette qui réside à Toulouse. Dès la fin du conflit EF CHABANNE devient l’architecte Municipal du Vigan puis de St Gilles, villes dans lesquelles il réalisera ses premières opérations de bâtisseur.

Il s’installera à Nîmes vers 1953 où le Cabinet d’architecte qu’il ouvre Rue de St Gilles devient en peu de temps le plus important de tout le Sud.

Mais l’homme a bien d’autres cordes à son arc. Et si la politique l’a un instant interpellé, comme on dit aujourd’hui, ce ne fut que pour servir un idéal, celui d’un homme de Gauche. Lui le bourgeois a toujours manifesté sa sympathie pour les humbles plutôt que pour les superbes, comme se plaisait à le dire notre regretté Frère Jean MOURGUES.

 

Après l’Homme voici

 

 

 

 

L’Architecte

 

L’œuvre de notre B:.A:. F:. est, dans ce domaine, à la mesure de l’homme.

Cette soirée ne saurait suffire à vous énumérer tout ce qui était né de son esprit et qui était devenu matière, tout ce qu’il a fait sortir du sol pour répondre aux besoins des hommes. Cela va des réalisations Viganaises en 1950 à la construction des complexes scientifiques de Rangueil à Toulouse, au complexe technique d’ Aix en Provence en passant par les bâtiments scolaires de Nîmes, de ceux de la Sécurité Sociale qui nous font face de l’Hôtel du Département, de ceux de l’I.N.R A. à Bellegarde de l’Hôpital Carémeau. Sans oublier les H.L.M. de la Z.U.P. au Chemin bas d’Avignon, la réalisation de l’E.D.F. , l’Aéroport de Garons, des Banques, des Grands Magasins et j’en passe ! La patte de l’Architecte se retrouve un peu partout, dans le Midi comme ailleurs en France et même à l’Etranger. On la retrouve aussi dans cet immeuble, qui est notre patrimoine. Grâce à lui, à sa volonté, à ses connaissances et ses efforts, nous avons pu après les jours sombres de la guerre, non seulement retrouver ce lieu mais restaurer aussi ce Temple.

Sans qu’on le sache toujours, il y a donc autour de nous des lieux de résidence, d’études, de travail, qui sont le fruit l’imagination et du savoir de notre Frère CHABANNE.

Ils seront la trace visible laissée par l’Architecte.

 

Après l’Homme, après l’Architecte voici le

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franc-maçon, notre F:. CHABY

 

Le 13 mars 1946, au lendemain d’un conflit qui avait laissé beaucoup de traces dans l’esprit des Frères, la Loge avait à son ordre du jour l’initiation d’un jeune architecte tout à fait inconnu ou presque. Soixante et un ans après, qu’est-il advenu de ce jeune Apprenti ? qu’a-t-il reçu et surtout qu’a-t-il apporté ?

Compagnon le 22 janvier 1947, il sera élevé à la Maîtrise le 28 octobre 1947. Et la première fonction que la Loge lui confiera sera celle d’Orateur, fonction qu’il occupera de septembre 1948 à septembre 1950. Il sera Grand Expert de 1951 à 1953 puis Maître des Cérémonies en 1953 et 1°Surveillant en 1955 pour être à nouveau Maître des Cérémonies en 1960.

En 1957 la Loge a Cent ans et pour fêter cet anniversaire, le Congrès Régional tient ses assises à Nîmes. Vous dire qui en fut l’organisateur ne me paraît pas être de nature à vous surprendre, aussi me contenterai-je de souligner que les travaux se sont déroulés ici dans ce Temple, visiteurs compris ! Mais il n’y avait pas encore plus de cent cinquante Loges, même pas cinquante.

C’est en 1960 que pour la première fois notre Frère CHABANNE accède au Conseil de l’Ordre qui en fera son Grand Orateur avant d’en faire son Grand Maître Adjoint.

Ce premier mandat prend fin en septembre 1963. La Loge en profite pour lui confier à son tour la charge de Vénérable, fonction qu’il exerce pendant un an.

En 1964 il est élu Orateur du Convent en même temps que lui sera confié un deuxième mandat de Conseiller de l’Ordre, au cours duquel il sera appelé à nouveau aux fonctions de Grand Maître Adjoint. C’est au cours de ce mandat que furent entrepris les travaux de rénovation de l’Hôtel du Grand Orient de France, rue Cadet et notre Frère y prit sa part.

En septembre 1969 la Loge lui confie une fois encore la charge de Vénérable. Ce mandat va être interrompu par une affaire qui a marqué les esprits et les cœurs. Lettres anonymes, propos diffamatoires, délation rien n’a manqué pour tenter de détruire celui qui depuis plus d’un quart de siècle avait servi la Maçonnerie. La Loge prit fait et cause pour son Vénérable et malgré ce, le Conseil prit un décret de suspension à l’encontre du Frère CHABANNE. Tout fut mis en œuvre pour retarder au maximum la réunion du Jury Fraternel Régional saisi du dossier, qui, néanmoins, tint ses assises la veille du Congrès Régional. Non seulement le Frère CHABANNE fut blanchi de toutes les accusations portées contre lui, mais le Congrès lui confiait un troisième mandat de Conseiller de l’Ordre et il fut une nouvelle fois Grand Maître Adjoint.

 

A ce stade de son propos, Georges citait Corneille dans « Nicodème »:

 

 » La Gloire est plus solide après la Calomnie

Et brille d’autant mieux qu’elle s’en est vue ternie »

 

Cette citation pourrait s’appliquer à notre Loge qui allait presque trente ans plus tard traverser quelques turbulences, fermons la parenthèse.

Ainsi s’achève la première période, celle que l’on peut qualifier de phase bleue. A mi-chemin, après vingt cinq ans passés au service de sa Loge et du Grand Orient, nous allons aborder la deuxième période, celle que l’on peut appeler la période blanche, celle du Grand Collège, au cours de laquelle notre Frère Chabanne va donner la pleine mesure de ses qualités.

Élevé au 18° Grade le 04 juillet 1954, il obtient le 30° Degré le 25 octobre 1958. Puis il fut reçu au 31° Degré le 01 avril 1962, pour enfin parvenir au 33° et dernier Degré le 03 septembre 1965.

C’est le 03 septembre 1971 qu’il est coopté par ses pairs au sein de la direction du Grand Collège des Rites que l’on nomme Suprême Conseil. Il en sera le 1° Lieutenant Commandeur (ce qui correspond à notre 1er Surveillant en Loge bleue) le 07 septembre 1973, pour en devenir le Souverain Grand Commandeur le 08 septembre 1976.

Cette fonction est la plus élevée de la hiérarchie initiatique. C’est sur sa demande, que le 07 septembre 1988, il quittera ses fonctions. Douze ans au cours desquels il a, non seulement marqué de son empreinte le Grand Collège, mais aussi les rapports entre les Suprêmes Conseil d’Europe. Il recevra le titre de Grand Commandeur ad vitam.

 

Voilà brossés les éléments apparents de la vie de notre Frère Ernest Ferdinand Chabanne, mais ils ne peuvent traduire ce qui est au plus profond de la vie de notre Loge: la relation de fraternité qui nous re-lie dans l’espace et dans le temps à notre F:. Chaby.

Et je voudrais m’adresser à toi mon F:. Chaby comme ce jeune orateur initié depuis quatre ans s’adressait à toi, le 13 mars 1986 pour fêter tes quarante ans de Maçonnerie, conscient du poids de la charge mais aussi du privilège de pouvoir, au nom de tous, communier avec toi.

J’étais parti de cette phrase que tu avais prononcée en 1985 :«Ce n’est tant ce que l’on fait qui compte, que ce que l’on est », pour nous poser la question: qui es-tu mon F:. Chabanne ?

C’est vrai que tu posais problème à certains d’entre-nous. Ta stature, ta voix, ton regard, la puissance de ta pensée avaient de quoi nous figer, mais pourtant quelle sensibilité, quel besoin de connaître les frères pour mieux vivre ta Loge, notre Loge.

Ta place était à l’ombre, sur la colonne du Nord, en haut en entrant dans le Temple. De là tu pouvais embrasser tout l’Atelier, le sentir. Car si tu ne venais pas assez souvent à ton gré, dès que tu étais dans la salle humide, paupières mi-closes, tu distillais ton regard pour percevoir chacun de nous, et les relations qui se nouaient, car tu étais très attentif à la vie de ton Atelier et donc aux Frères qui le composaient, et en particulier aux nouveaux initiés. Et si tu ne doutais pas de ce que la F:.M:. pouvait apporter à un profane, tu ne manquais pas de poser la question « Mais lui, qu’apportera-t-il à la Maçonnerie? »

Certains se demandaient si tu te mettais là pour surveiller ou diriger au nom d’autres puissances maçonniques, mais non !, respectueux de la liberté de tous et de chacun, ce n’était que pour nous inciter à user de notre liberté de réfléchir et de dire. Et si quand tu fermais les yeux quelques uns, pensant que tu dormais, en avaient profité pour dire n’importe quoi, d’un coup de patte affectueux quand même, en deux phrases, tu les remettais au cœur du sujet, sur le chemin de leur travail. Ils comprenaient qu’il n’y avait personne de plus efficace qu’un Cha… banne qui dort, car c’est un lion qui veille.

Je crois aussi que notre F:. Chaby se mettait à cette place par modestie naturelle, et pour montrer l’humilité de sa recherche. Rares étaient ses interventions , sa sensibilité, sa passion et sa pensée étaient toujours canalisées. Mais quelle force dans la concision pour nous inciter, dans le respect des fondamentaux de la Maçonnerie à devenir les acteurs de notre progression et de la vie de notre Loge, de l’Obédience et de l’Ordre.

Mais je ne pouvais m’empêcher de t’adresser une requête ce soir là « Viens plus souvent si tu peux, nous avons besoin d’entraînement pour escalader la montagne ». Quand tu n’étais pas là, tu étais quand même là et notre F:. Fanfan te gardait la place. Nous vivions la présence – absence.

Notre F:. Chaby a beaucoup donné à la Maçonnerie et à sa Loge. Son activité est indissociable de la protection, la gestion et l’amélioration du patrimoine. Il a été président de l’Acacia et il y a vingt et un ans c’est dans un Temple rénové que nous fêtions ses quarante ans. C’était le début d’une série de travaux qui nous ont permis de faire face à une catastrophe colombophile et de maintenir et embellir notre Atelier. Le souvenir de voir arriver Chaby vers la fin de nos travaux matériels toujours porteur de bonnes bouteilles et heureux de voir le résultat de notre action et se renforcer les liens qui nous unissaient, est profondément ancré en nous..

Chaby a su nous transmettre cette volonté et cet engagement de faire de nos locaux un Temple et une salle humide propices à une fraternité plus vive et à un travail spirituel plus fort et plus vigoureux. A nous maintenant d’en transmettre l’esprit et la forme en l’améliorant si c’est possible.

Nîmes passe parfois pour être le pays des Reboussié, c’est à dire de ceux qui prennent le contre-pied de l’ordre établi. Pour ma part je pense qu’il n’en est rien et que ce qui caractérise ce pays et cette Loge, ce sont leur attachement à la résistance, l’indépendance, la tolérance, en un mot la liberté. C’est peut-être ce qui a séduit notre futur F:. Chaby lorsqu’il s’est installé dans nos Cévennes. De l’Université libre à une Loge libre par un pays libre voilà le parcours de notre F:.. D’autres suivront le même chemin, n’est-ce pas Jean-Pierre et Marc?

L’Echo du G:.O:. symbolise bien cette liberté à laquelle nous sommes profondément attachés. En disant cela je pense en particulier à nos FF:. espagnols qui se sont souvent réunis dans ce Temple où ils trouvaient la sûreté et la fraternité qui doivent relier tous les FF:.MM:. et qui étaient présents le 12 mars 1986.

Et je leur disais « Ustedes, también, hermanos espanoles conocen nuestro pais. Ustedes también quieren esta Logia y sus hermanos, simbolos de libertad. Me acuerdo, Hermano Alonso cuando hablabas del sitio de este hermano asentado en la columna del norte pero nos decias: he olvidado su apellido » Mais personne ne croyait notre F:. Alonso qui accompagnait le T:.I:.F:. Rafael VILAPLANA, tant notre F:. Chabanne était connu des deux côtés des Pyrénées.

Et je rajoutais: si je pouvais, je dirais que son nom est Chaby Chabanne, Chaby pour les anciens, Chabanne pour les nouveaux, Chaby Chabanne pour chacun, ce 12 mars 5986.

Mais notre F:. Chaby était aussi connu et reconnu de l’autre côté des Alpes et le T:.I:.F:. Ghinazzi était là, accompagné de trois T:.I:.F:. « E la vostre prezensa fratelos itilianos testimonia de l’afeto que voi li portate, dal altra parte delle Alpi er noi vi ringradsiamo di essere quoui con noi, cuesta serra. »

Au cours de cette soirée où le Temple était beaucoup trop petit pour accueillir le S:.G:.M:. et tous les FF:. visiteurs, nous avons pu prendre conscience de l’estime, l’affection et la reconnaissance que lui portaient nos FF:. aux plans régional, national et européen, tant l’action de notre F:. Chaby dans la F:.M:. a été appréciée dans les Loges bleues comme au sein du G:.C:.D:.R:. et de la F:.M:. européenne.

A chacun de nous, notre F:. Chaby a ouvert les voies qui conduisent à la Connaissance et à la liberté de l’esprit. Dans ses allocutions de G:.C:., ses planches, dont la dernière dans notre Loge s’intitulait : Franc Maçonnerie et politique, en 1989, comme dans ses interventions, il a développé les enseignements fondamentaux de la F:.M:. et a toujours cherché à consolider les piliers sans lesquels il ne peut y avoir d’édifice solide, afin que chacun de nous s’engage dans la recherche de la Vérité.

Mais notre F:. Chaby pouvait nous dérouter parfois. Qui ne l’a pas entendu paraître traiter le symbolisme comme secondaire. Mais je peux témoigner qu’un des symboles qui lui était cher et sur lequel il méditait souvent était Janus. Notre F:. Chaby était très attaché à la pratique rigoureuse du rituel et je l’entends demander à Jean Mourgues s’il avait apprécié notre Tenue et le respect du rituel. Notre F:. Chaby avait aussi la capacité de détruire d’un trait l’édifice qu’il venait de construire brillamment. Il rappelait ainsi à chacun, et à lui-même, la relativité de la forme que prend l’expression de la pensée.

Constructeur infatigable, Chaby, malgré sa grande pudeur pouvait se mettre à nu et livrer sa pensée et ses interrogations. Je me souviens de ce repas avec Georges et Jean Mourgues où il me demandait si le G:.C:.D:.R:. répondait aux attentes de nos FF:..

Son attachement à sa Loge, à notre Loge était primordial. Nous nous souviendrons du dernier banquet du solstice d’hiver où malgré sa santé très déclinante, il avait tenu à participer et nous l’avions raccompagné chez lui.

Chaby devait passer à l’Orient éternel le 11 juillet 2002.

Ce soir nous nous relions encore plus fortement à Toi, mon F:. Chaby, ceux qui t’ont connu et ceux qui te découvrent un peu à travers ce propos. Et pour que tu sois plus près de nous, de nos esprits et de nos cœurs, nous allons écouter des FF:. nous lire des extraits de ta pensée.

Colonne d’harmonie :

Extraits de la sonate « Arpeggione » de Franz Schubert

 

La 1ère mission d’un Atelier est d’initier, sous la conduite de son V:.M:.. Notre V:.M:. Bernard AIG:. va nous lire ce qu’écrivait notre F:. Chaby au sujet de l’initiation:

 

« Il faut bien se dire que beaucoup de ceux qui ont franchi les portes de nos temples ne perçoivent pas immédiatement le caractère véritable de notre institution.

Il s’agit en effet, de donner à chacun de nous:

-le moyen de conquérir une vertu bien connue: la maîtrise de soi

-une attitude souhaitée par tous: la lucidité tolérante

-une mission généreuse: apporter le témoignage de notre volonté à ceux qui oeuvrent pour libérer les hommes de leurs chaînes.

Je pense que nous n’insisterons jamais assez sur le fait qu’il importe peu de considérer d’où nous partons, pourvu que dans notre vie, nous nous soyons élevés un peu plus haut.

Élévation qu’il faut comprendre dans le sens d’une libération, d’un affranchissement, d’une équité dans le jugement et d’une générosité dans la relation fraternelle. Cette élévation est toute intérieure, intime et personnelle.

Et nous n’avons pas à nous en prévaloir individuellement.

(septembre 5986)

Notre voie est claire: l’esprit critique, la conquête de soi par l’exercice du jugement, par l’affrontement des problèmes personnels et collectifs, par l’intelligence des situations, voilà ce qui justifie nos travaux…..

La véritable leçon maçonnique, ce n’est pas l’alternance du Bien et du Mal, c’est le dépassement de la dualité par un troisième terme ouvrant les voies d’un accomplissement qui résout les oppositions.

Nous avons tout à apprendre: les rites nous enseignent les voies, la discipline nous conduit sur celle que nous avons choisie et la fraternité nous protège du désespoir.

La communauté fraternelle est celle des hommes assez forts pour vivre hors du temps sans être absents des luttes quotidiennes, assez lucides pour voir dans l’échec et la douleur l’annonce d’un renouveau, assez grands pour être de plain-pied avec les humbles.

(mai 5980)

La tradition initiatique nous rappelle que c’est dans la nuit que se préparent les aurores. Sachons selon un symbolisme qui nous est consubstantiel, être les veilleurs qui annoncent les temps de la résurrection.

Nous avons des rites. Leur diversité, leur richesse nous échappent et la plupart du temps nous sommes hors d’état d’en percevoir les implications parce que nous les considérons avec légèreté, et quelque mépris complaisant; est-ce suffisant pour en recevoir une profonde influence sur nos conceptions?

Pratiquer un rite c’est le comprendre ou alors c’est se livrer à une pantomime dérisoire.

Nous avons en Loge un ordre et une discipline. Mais combien ne comprennent pas leur nécessité, et que c’est cette contrainte librement acceptée qui libère l’esprit et fortifie le caractère…

Nous avons l’instrument de la perfection individuelle qui fait que chacun de nous devient un peu meilleur, et que nous nous confortons de notre détermination commune. »

(avril 5979)

 

 

 

 

 

 

 

Mon F:.Léo RAM:. , que disait notre F:.Chaby à propos de la Franc-Maçonnerie ?

 

 » Je crois en effet que la Franc-Maçonnerie est une grande chose, qui, comme l’expression dernière de la religiosité profonde de l’humanité, n’est pas encore arrivé à sa formulation, ni à son expression, pas plus qu’à la hauteur désirable pour qu’elle soit appréciée à sa juste valeur.

 

Les constitutions mettent avec précision l’accent sur l’essentiel: l’institution est philosophique, c’est à dire qu’elle se situe dans l’ordre de la relativité généralisée de toutes les valeurs, tout autant qu’il ne s’agit pas de la vie profane(elle se situe au niveau spéculatif)

 

L’institution est philanthropique, c’est à dire qu’elle vise à améliorer la condition humaine( ce qui ne préjuge en rien la nécessité selon les circonstances, de considérer telle ou telle solution comme préférable aux besoins de l’homme)

 

Enfin elle est progressive, c’est à dire qu’elle admet qu’il faille à tous les individus une expérience, ainsi qu’une réflexion durables, continues et approfondies pour parvenir à l’intelligence des relations humaines…..

 

Nous demandons à chacun de travailler à former son propre jugement.

Pour former ce jugement, la pratique de la solidarité et l’étude- l’étude et non l’élaboration de la morale- sont considérées par la tradition maçonnique comme la voie la plus sûre.

La réflexion et l’action s’ordonnent en fonction de la compréhension de la condition humaine. « 

(septembre 5987)

 

L’action est une préoccupation, voire une impatience ou une frustration, et pourtant…Qu’en disait Chaby, mon F:. Pierre RIB:. ?

 

 » L’action est non pas l’effet de la contrainte, mais naît en chacun de nous de l’intime conviction, c’est à dire du jugement éclairé. La Maçonnerie conduit l’impétrant de la pratique des instruments de la connaissance, à la définition des valeurs, pour l’engager sur la voie de la connaissance effective.

 

 

Et c’est de l’intérieur de chacun que doit surgir la volonté de s’accorder à la communauté, comme à l’univers sans frontière qui est le nôtre.

(septembre 5987)

 

Ceux qui ont vocation de chercher la Lumière peuvent apporter aux activistes et aux conservateurs les solutions qui permettent le progrès.

(septembre 5986)

 

L’acte véritable est le rayonnement.

Ce qui est au centre doit être immobile, rayonnant et partout à la fois.

Ce n’est pas tant ce que l’on fait qui compte que ce que l’on est. « 

(septembre 5985)

 

Le Devoir, sa connaissance et sa pratique, sont une constante de notre travail maçonnique. Voici ce qu’en a dit notre F:.Chaby par la voix de notre F:. Christian JOFF:. :

 

 » Il n’y a pas de devoir plus immédiat que celui qui consiste à faire de notre comportement à l’égard des autres une source de paix.

(septembre 5976)

Moins que jamais il ne nous paraît souhaitable d’abandonner le devoir de sérénité, de lucidité et de fraternité qui est le nôtre.

Je dis le Devoir, parce qu’il n’est d’autre obligation formelle à notre engagement maçonnique, que celle d’agir selon le sentiment de notre libre conscience éclairée par l’étude et soutenue par l’amour de l’humanité.

Mais je dis de sérénité, parce qu’il n’est pas d’heures, il n’est pas de minutes, où la tentation de l’indignation, du désespoir, ou de la colère, ne nous sollicite au spectacle des abus de confiance, des détournements de sens, des récupérations dont les meilleurs sont les victimes en tout lieu de la planète….

Je dis aussi que notre conscience doit être éclairée par l’étude et je me demande si ce n’est pas là une des exigences les plus mal comprises de notre temps.

Non! Les compétences techniques, les connaissances professionnelles, les subtilités juridiques, si hautement appréciées qu’elles méritent d’être, ne suffisent pas à régler les problèmes humains.

Sans la connaissance de l’homme, de ses traditions, de ses faiblesses comme de ses hantises, de ses douleurs comme de ses haines, sans la connaissance de l’homme dans la diversité et la confusion inévitable des rapports qu’il entretient avec ses semblables, il n’est aucune réponse possible ou admissible aux conflits plus ou moins spontanés qui se multiplient depuis toujours entre eux.

J’ai dit encore que le devoir devait être soutenu par l’amour de l’humanité, et cela est sans doute l’exigence la plus redoutable, car c’est celle où les bonnes volontés se manifestent avec le plus de spontanéité et le plus d’ambiguïté. « 

(septembre 5984)

 

Il ne peut y avoir de Maçonnerie sans amour ni fraternité. Notre F:. Chaby le savait et notre F:. Philippe INF:. va nous le dire :

 

 » Il est probable que l’humanité marche vers l’uniformisation de plus en plus grande de ses pratiques, de ses comportements et de ses connaissances techniques.

Mais cette uniformisation n’éloigne ni les menaces de fanatisme, ni la volonté de domination des groupes d’intérêt qui se partagent la planète.

Notre place n’est ni dans l’un, ni dans l’autre camp. Notre souci est autre.

Peut-être moins grandiose, peut-être moins impressionnant: l’Amour tel que nous le concevons remonte à l’inspiration directe que le mot Charité véhiculait au Moyen -Age. Notre souci est celui qui consiste à comprendre, dans sa singularité, à préserver dans son identité, et à cultiver, dans son originalité, l’aspiration de chaque peuple, de chaque culture, de chaque tradition.

(septembre 5984)

 

Nul compromis ne peut intervenir au gré des complaisances partisanes. La fraternité des hommes libres n’a rien de commun avec un groupe de pression, avec un syndicat, ou avec un parti. Tout comportement sélectif en fonction d’une idéologie partisane ou d’une faction, voire d’une doctrine de l’action, est attentatoire à l’esprit maçonnique de fraternité et d’égalité…

En réalité si la solidarité doit jouer contre les injustices dont sont victimes les hommes- tous les hommes- les passe droits, les protections, les sollicitations diverses doivent être des pratiques absolument proscrites car elles sont dégradantes pour tous

(septembre 5987)

 

C’est une sottise que de prétendre que la Maçonnerie a d’abord pour mission de traiter des questions profanes. Elle a en réalité pour mission de traiter en tout lieu et tout temps de la Fraternité. « 

(septembre 5976)

 

Notre F:. Rabaut Saint Etienne disait « Ce que je réclame ce n ‘est pas la Tolérance, c’est la liberté. », mais c’était dans un autre contexte. Et si la Tolérance était une des formes de la Liberté. Mon F:. Jean Pierre V:. W:., qu’en disait notre F :. Chaby ?

 

 » Il faut bien admettre , et ce ne sera jamais assez répété, que nous sommes tous astreints au respect des autres, et que nul n’a le droit de s’y soustraire.

 

Quels que soient la position que l’on occupe, les grades universitaires obtenus, rien, absolument rien, n’autorise les analyses subjectives, provoquant des prises de positions partisanes, dogmatiques, empreintes d’ostracisme, et qui font plus songer au temps de l’Inquisition qu’au temps des Lumières.

 

En matière d’opinion la liberté est notre loi.

 

La tolérance n’implique pas l’idée de l’abandon, ni celle de la lâcheté.

Elle nécessite impérativement le respect de la pensée des autres et le courage d’analyser les situations avec sévérité, patience et honnêteté intellectuelle….

Ce n’est pas en Maçonnerie que peut renaître le dualisme manichéen. Nous sommes sous le signe du triangle. Et bien au-delà des nombres que nous connaissons.

 

La tolérance nécessite l’accueil et l’humilité. Elle ne peut fleurir que lorsqu’elle se trouve inspirée par la fraternité…..

Nous ne pourrons tous ensemble construire notre Temple individuel ou poursuivre notre idéal collectif, qu’en veillant scrupuleusement au respect, sous toutes ses formes, de la tolérance.

 

Il ne nous appartient pas de multiplier nous-mêmes les épines de la rose;et si la rose doit comporter des épines, qu’au moins nous sachions éviter leurs blessures. N’est-ce pas au fond, notre vocation la plus haute dans l’ordre social? »

 

 

 

 

Dans ce Temple, trois Ateliers du Suprême Conseil du R:.E:.A:.A:. du G:.C:.D:.R:., réunissant des FF:. d’Alès Beaucaire et Nîmes, travaillent sous la coordination de notre F:. Alain Cast:.. Mon F:. Alain que disait notre F:. Chaby à propos de la tâche du G:.C:.D:.R:. ?

 

« Cette tâche, elle est celle que le Grand Collège a toujours considérée comme la plus haute: préserver, conserver et transmettre la tradition initiatique, qui est comme le dit lui-même Corneloup, « l’antidote spécifique de tous les totalitarismes, de tous les étatismes, de toutes les technocraties qui nous menacent « 

Elle est la voie de libération de l’homme…..et, si par le fait de circonstances historiques, le Grand Orient a dû anticiper sur l’évolution des esprits et assumer la mission de témoigner pour la liberté de conscience, loin d’avoir à nous renier, nous avons bien au contraire le devoir de veiller à conserver précieusement la pureté de cette flamme.

A vouloir prétendre à des rôles qui ne sont pas les nôtres, nous risquons de ruiner nos justifications les plus essentielles.

Si nous tournons résolument le dos aux tentations du rôle politique que l’évolution des relations internationales nous offre de jouer dans un ordre qui n’est pas le nôtre alors nous pourrons servir notre mission humaniste.

Demeurons entre les branches du compas…

Si nous savons maintenir la discipline initiatique et le travail de réflexion au niveau de désintéressement qui convient; si nous savons former des hommes de jugement et de caractère, alors notre mission n’est pas achevée.

Nous demeurons une référence. Nous inspirerons la considération et le respect. Nous attirerons les esprits généreux et nous fournirons l’exemple d ‘hommes aussi proches de la sagesse qu’il est possible, d’hommes fidèles à la tradition, non seulement à la tradition spéculative trop ouverte aux intellectuels, mais à la tradition opérative, sans laquelle il n’est pas de construction solide, et nous aurons l’expérience indispensable à la poursuite de notre tâche: l’élaboration d’un ordre humain et fraternel.

(avril 5979)

 

Nos Ateliers, certes sont des lieux de travail, et nos prétentions ne sont nullement de constituer une sorte de Maçonnerie supérieure. Ceux qui cultiveraient des illusions à ce sujet seraient bien peu ouverts aux exigences de l’Art Royal….

Ne nous méprenons pas sur la relation entre les divers Ateliers : elles sont de complémentarité, non de hiérarchie.

 

C’est pourquoi je demande à ceux qui ont la charge de recevoir les candidats aux Ateliers de Perfection, de ne recevoir que ceux qui ont révélé leur intérêt pour les démarches abstraites de la pensée, et pour la méditation des pratiques rituelles ».

(septembre 5986)

 

Pour conclure, voilà ce que disait notre F Chaby à propos du Franc-Maçon :

 

« Chaque maçon porte en lui la source même de la Justice dans la rigueur de son jugement informé, et de la lucidité rationnelle. S’il oublie qu’il n’est pas de combat qui n’abaisse les adversaires au même rang, qui n’avilisse en raison des moyens utilisés, qui ne durcisse par les efforts nécessaires, il n’aura plus la possibilité de retrouver la vision sereine de l’homme qui sait discerner le bien du mal, le juste dans le malheur et le vrai dans la confusion, comme l’ordre dans le chaos.

Il y a des jeux du monde où se perd la vertu du sage. Cela ne veut pas dire que l’homme ne doit pas y jouer sa partie, cela signifie seulement que tout engagement dans ce sens limite et détermine la caractère de la vocation maçonnique.

En fait, il faut choisir: la domination ou la lumière, asservir ou libérer, contraindre ou éclairer. »

(septembre 5987)

 

Notre F:. Chaby avait choisi.

J’ai dit.

 

Colonne d’harmonie :

Extraits de « La Flûte enchantée », n°9-marche et n°10-air avec cœur Wolfang Amadeus Mozart

 

Guy S:.-Guil:.

O:. de Nîmes

28 Mars 6007

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