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La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales 21 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
« Si la maçonnerie moderne se tournait vers la question de la transcendance en oubliant sa tradition humaniste ou si, au contraire, au nom de son devoir de défendre l’humanisme, elle oubliait sa vocation spirituelle, l’authentique démarche maçonnique serait alors mutilée »

  • 3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

Michel Barat3 (ancien Grand Maître de la grande Loge de France)

1Nulle organisation ne témoigne mieux que la Franc-maçonnerie, peut-être, des aspirations religieuses de l’homme moderne, mais également du paradoxal mouvement d’écartèlement et de recouvrement entre Dieu et le siècle qui marque aujourd’hui la société occidentale, comme nous allons le montrer dans cette étude.

2Nous mettrons ainsi en évidence la dimension religieuse de cette société initiatique, qui ne saurait pourtant être considérée elle-même comme une religion : d’abord parce que la quête spirituelle qu’elle propose et le sacré dont elle entoure ses rites ne renvoient pas à un culte, dans la mesure où elle se veut a-dogmatique ; ensuite parce que la question de la croyance en un Être Suprême et de l’évocation du Grand Architecte de l’Univers au sein des loges ne cesse de diviser les différentes obédiences.

3Puis nous soulignerons l’engagement sociopolitique de nombreux francs-maçons, désireux de faire évoluer les lois de la République et de défendre les principes de la laïcité, en accord avec la devise maçonnique qui exhorte les initiés à travailler « au progrès de l’humanité ». Or c’est bien dans cette tentative d’équilibrage entre la construction de la cité céleste et l’édification de la cité terrestre, constitutive d’une philosophie résolument médiatrice, que réside l’originalité – mais aussi la complexité – de la démarche maçonnique.

La dimension religieuse de la Franc-maçonnerie : fonction reliante et présence du sacré

4La Franc-maçonnerie, qui se présente comme une société « secrète » ou « discrète », une association « philosophique et philanthropique », ne peut être considérée comme une religion, dans la mesure où elle est ne professe pas de dogme et ne pratique pas de culte. Loin d’inculquer des vérités révélées, elle propose une mise sur la voie (« initium »), un enseignement (au sens originel de « montrer le signe ») via un système de symboles que chaque adepte doit s’efforcer d’interpréter personnellement par un incessant travail herméneutique, et plus profondément une démarche initiatique ancrée dans un rituel.

  • 4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religi (…)
  • 5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, D (…)

5Cependant, la Franc-maçonnerie a affirmé une véritable dimension religieuse dès sa création, en 1717, suite à la fusion de quatre loges londoniennes et à la formation de la Grande Loge Unie d’Angleterre : d’abord en faisant référence à Dieu, et plus tard au Grand Architecte de l’Univers (dont on retrouve le symbole dans les temples maçonniques, à travers le « Delta lumineux » doté de « l’œil qui voit tout »), ensuite en privilégiant la construction d’un lien social, à travers la fameuse « fraternité » maçonnique4. Elle est donc bien ce « laboratoire de reliances » que décrit le sociologue et franc-maçon belge Marcel Bolle de Bal5, s’efforçant de tisser une médiation tant verticale qu’horizontale, en accord avec l’étymologie du mot « religion », issu du latin « religare », signifiant « relier ».

  • 6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octr (…)

6Michel Meslin, en effet, relevant le changement de sens que le mot religion a connu au IVe siècle, sous Constantin et sous Lactance (et qui, après avoir longtemps désigné un ensemble de traditions et de croyances propres à une société humaine, finit par indiquer la vénération que les hommes portent à un Être suprême), souligne fort justement à ce propos : « on aurait tort, je pense, de voir dans ces deux sources étymologiques « une duplicité originaire de la religion » comme l’affirme Jacques Derrida. Je dirais volontiers qu’il s’agit d’un complément de sens : une religion fonde des liens entre des hommes et des femmes qui partagent une même croyance et, en même temps, elle est un lien vertical entre ces humains et le(s) dieu(x) qu’ils vénèrent ».6

  • 7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, (…)
  • 8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

7Plus largement, ce désir de reliance verticale / horizontale, qui se double d’une volonté de conciliation entre le transcendant et l’immanent, le céleste et le terrestre, s’exprime à travers le système symbolique qui soutient toute la démarche maçonnique. Or, la médiation horizontale à laquelle procède la pensée symbolique est évoquée par l’étymologie même du mot « symbole », qui provient du grec « sumbolon », lui-même lié au verbe « sumballein » signifiant « réunir, rassembler ». De fait, le symbole désignait initialement une pièce de terre cuite brisée en deux, et destinée à être réunie ultérieurement par des amis, des familles ou leurs descendants lors de retrouvailles. L’aspect social et communicationnel y est clairement manifeste, le symbole étant un signe de reconnaissance, une concrétisation matérielle des rapports de confiance établis, et visant à réparer une séparation. Aussi Régis Debray rapproche-t-il les notions de symbolisation et de fraternisation : « symbolique et fraternel sont synonymes : on ne fraternise pas sans quelque chose à partager, on ne symbolise pas sans unir ce qui était étranger. L’antonyme exact du symbole, en grec, c’est le diable : celui qui sépare. Dia-bolique est tout ce qui divise, sym-bolique est tout ce qui rapproche »7. Parallèlement, le symbole tisse une médiation verticale, réunissant l’idéel et le matériel, puisqu’il est « le message immanent d’une transcendance », ou encore une « reconduction du sensible, du figuré au signifié, mais en plus il est par la nature même du signifié inaccessible, épiphanie, c’est-à-dire apparition, par et dans le signifiant, de l’indicible », ainsi que le souligne Gilbert Durand8.

  • 9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.
  • 10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

8Enfin, la Franc-maçonnerie se rapproche de la religion par les rapports intrinsèques qu’elle entretient avec le sacré9. Les adeptes travaillent dans un espace-temps distinct de celui du monde profane, « de midi à minuit », dans une enceinte réservée à cet effet, appelée « temple ». Comme la plupart des institutions religieuses, d’ailleurs, l’institution maçonnique a élaboré son propre calendrier, qui fonctionne avec 4000 ans d’avance par rapport au calendrier chrétien : ainsi l’année civile 2011 correspond-elle, pour les francs maçons, à l’année maçonnique 6011. Elle possède ses propres mythes (le mythe d’Hiram, notamment), et fonctionne selon des rituels particuliers (Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Écossais Rectifié, Rite Émulation…). Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que le processus initiatique dans lequel s’engage tout franc-maçon est censé aboutir à une « métanoia » ou conversion totale de l’être, comme le note Bruno Etienne10, démarche proche de ceux qui s’engagent en religion.

  • 11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité mé (…)
  • 12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la (…)

9Les recherches menées par l’historien Maurice Agulhon11 peuvent nous éclairer sur la complexité des relations que les loges maçonniques entretiennent vis-à-vis de la sphère religieuse. La loge, en effet, possède un caractère mixte, dans la mesure où elle offre une sacralité qui ne se confond pas toutefois avec celle qu’offre la religion. Agulhon a montré les points communs qui existent, dans la région provençale du XVIIIe siècle, entre les confréries religieuses et les confréries associationnistes, au rang desquelles figure la Franc-maçonnerie : un même esprit d’entraide spirituelle et de fraternité anime ces deux types de structures, au point que nombre de membres de la première catégorie (les notables surtout12) vont déserter progressivement leur institution d’accueil pour intégrer les secondes vers la fin de l’Ancien Régime. Si ce passage des associations religieuses aux associations maçonniques a pu se faire aussi facilement, c’est précisément parce qu’il existe des éléments de continuité entre elles, autant que des éléments de divergence. Agulhon voit dans les loges maçonniques un mouvement de déchristianisation qui conserve néanmoins un sentiment religieux.

La question théiste au cœur des dissensions internes et les rapports conflictuels de la Franc-maçonnerie avec l’Eglise

10En plein siècle des Lumières donc, tandis que nombre de philosophes combattent une foi jugée obscurantiste afin de placer la raison prétendue toute-puissante et éclairante au centre d’un mouvement d’émancipation humaine, la Franc-maçonnerie met la religiosité au cœur de son fonctionnement. A l’issue de leur initiation, les néophytes prêtent serment de garder le silence sur les secrets de leur communauté d’accueil en jurant sur les trois Grandes lumières de la Franc-maçonnerie, qui ne sont autre que l’équerre, le compas et le Volume de la loi sacrée, c’est-à-dire la Bible. James Anderson et Jean Théophile Désaguliers introduisent d’ailleurs la notion de « religion naturelle » dans les célèbres Constitutions, parues en 1723 et qui constituent la charte fondatrice de la Franc-maçonnerie puisqu’elles en fixent l’histoire officielle, les principes et modes de fonctionnement.

  • 13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.
  • 14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.
  • 15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionn (…)

11Mais très vite, cette religiosité va être l’objet de vives dissensions au sein de la jeune institution. Dès le milieu du XVIIIe siècle, une querelle oppose les obédiences, notamment à propos de la place qu’il convient d’accorder à la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme au sein des loges. Certaines d’entre elles sont résolument théistes, d’autres sont simplement déistes, ces deux types d’obédiences formant une branche que l’on pourrait qualifier de traditionnelle. D’autres encore, qui reçoivent la désapprobation de la branche traditionnelle, constituent un courant libéral en acceptant d’initier des agnostiques et des athées13. Cette querelle se transforme en un véritable schisme en 1877 (lorsque le Grand Orient de France, de mouvance libérale, supprime l’obligation pour ses membres de croire en Dieu, puis les références rituelles faites au Grand Architecte de l’Univers14, et se trouve alors ostracisée par la plupart des obédiences anglo-saxonnes d’inspiration traditionnelle), et se poursuit aujourd’hui.15

  • 16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage d (…)

12Ainsi, si la Grande Loge Unie d’Angleterre affirme que les francs-maçons placés sous sa juridiction « doivent croire en un Être Suprême », dans le troisième de ses huit principes de base, remaniés en 1989, les obédiences qui se réfèrent aux Constitutions d’Anderson, adoptent une position plus tolérante, en accord avec le texte du pasteur presbytérien qui déclare : « Bien que dans les temps anciens les maçons étaient tenus dans chaque pays de pratiquer la religion de ce pays, quelle qu’elle fût, il est maintenant considéré plus expédient de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, c’est-à-dire à être hommes de bien et loyaux, ou homme d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer »16. Enfin, une obédience comme le Grand Orient de France stipule dans l’article premier de sa Constitution de 1877 que la Franc-maçonnerie « a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n’exclut personne pour ses croyances ».

  • 17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conf (…)
  • 18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.
  • 19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Pa (…)

13Si les rapports de la Franc-maçonnerie avec la religion sont sources de dissensions internes, la problématique se révèle encore plus complexe si l’on considère les relations qu’entretiennent l’institution maçonnique et l’Église. A partir de 1738, et pendant près de deux siècles, en effet, l’Église condamna la Franc-maçonnerie, allant jusqu’à interdire à ses prêtres l’initiation maçonnique17. Ainsi l’évêque de Marseille, Mgr de Belzunce, grande figure de l’épiscopat français, condamna-t-il sans appel les conventicules maçonniques dans un mandement de 1742, où il fustigea ces « assemblées où sont indifféremment reçus gens de toute nation, de toute religion et de tout État »18. Selon Charles Porset et Cécile Révauger, cette attitude de l’Église catholique serait due à sa crainte d’être concurrencée par une association faisant référence à une religion naturelle, libérée des dogmes, et proche, dans son esprit, de l’idéologie protestante19.

  • 20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Univer (…)
  • 21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de (…)

14La Franc-maçonnerie libérale, à son tour, combattit le cléricalisme dans des pays comme la France à partir des XIXe et XXe siècles, comme le prouve l’affaire des fiches qui éclata avec le général André et la complicité du Grand Orient de France, sous le gouvernement Combes, et visait à éradiquer les tendances conservatrices de l’armée20. Cet attachement au républicanisme fit dire à l’historien et maçonnologue Pierre Chevallier que la Franc-maçonnerie devint « l’Eglise invisible de la République »21. En 1905, enfin, de nombreuses obédiences participèrent à réaliser la séparation de l’Église et de l’État.

Un fort engagement social et politique : les francs-maçons dans la cité terrestre

  • 22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Ga (…)

15Si la question religieuse a préoccupé les francs-maçons dès les débuts de la Franc-maçonnerie, les questions sociales ont aussi été l’objet d’une attention majeure à partir du XVIIIe siècle. Bien avant la Révolution française, l’institution maçonnique affirma le principe d’égalité entre les hommes (représenté symboliquement par cet outil rituel qu’est le « niveau »), ce qui ne manqua d’ailleurs pas de faire scandale sous l’Ancien régime, foncièrement inégalitaire, ainsi que le fait remarquer l’historien Gérard Gayot en s’appuyant sur des témoignages d’époque22. Nombre d’aristocrates, en effet, voyaient d’un mauvais œil ces ateliers où de grands seigneurs abandonnaient le privilège de leur rang en fraternisant avec des roturiers. Cet intérêt pour les problématiques sociopolitiques s’est mué en un véritable engagement dans le siècle, même si cela est surtout vrai pour la Franc-maçonnerie libérale et irrégulière, la Franc-maçonnerie anglo-saxonne, traditionnelle et régulière, restant davantage tournée vers les thématiques spirituelles.

16En France, l’attachement des francs-maçons – majoritairement libéraux à l’exclusion de ceux qui œuvrent au sein de la GLNF – aux lois de la République est attesté depuis très longtemps, et nombre d’entre eux se sont illustrés dans ce sens : Lazare Carnot et Jules Ferry, fervents défenseurs de la laïcité et partisans d’une éducation égalitaire, accessible à tous, Victor Schoelcher, qui réalisa l’abolition de l’esclavage, ou encore Félix Faure, Camille Pelletan, Léon Gambetta, Alexandre Millerand, Guy Mollet, Gaston Doumergue, Paul Ramadier… Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, on compte également des noms aussi célèbres que Winston Churchill, George Washington, Franklin Roosevelt, Théodore Roosevelt et Harry Truman. Au XXe siècle, en France, les francs-maçons ont œuvré dans le sens de la laïcité, défendu le projet de loi sur la contraception, participé à faire voter la loi Veil autorisant l’avortement ou encore la loi abolissant la peine de mort, aux côtés de Robert Badinter. Plus récemment, ils ont contribué au retrait du très controversé fichier Edvige, et tentent de faire progresser la législation autour de l’euthanasie et de la bioéthique, notamment.

  • 23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une m (…)
  • 24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le (…)
  • 25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçon (…)
  • 26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

17L’exemple de la « fraternelle »23 parlementaire, créée en 1947 sous l’impulsion de l’ancien sénateur et député – initié au Grand Orient de France – Henri Caillavet, durant le mandat de Paul Ramadier, est à cet égard significatif24. Les élus du Sénat et de l’Assemblée Nationale, appartenant à diverses obédiences maçonniques, s’y retrouvent pour débattre des dossiers en cours et de diverses questions de société en s’efforçant de dépasser les clivages des partis. Tout cela atteste de la tradition d’engagement dans la cité qui est celle des francs-maçons depuis les origines25, tout du moins en France et en Belgique. Une tradition qui, associée à la fraternité et à l’esprit d’entraide maçonniques, peut d’ailleurs être source de dérives en tous genres26 (comme le prouvent les scandales politico-financiers qui secouèrent la région PACA vers la fin des années 1990, et que le Procureur de la République au Tribunal de Grande instance de Nice, Eric de Montgolfier, s’efforça de combattre), lesquelles font le bonheur des grands hebdomadaires et de leurs marronniers. D’où le préjugé, largement répandu, selon lequel la Franc-maçonnerie se réduirait à n’être qu’un réseau affairiste destiné à servir les intérêts personnels de quelques individus cupides.

Une tentative d’équilibrage : vers la réalisation utopienne des « noces chimiques du ciel et de la terre »…

  • 27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler (…)

18Pour autant, cet engagement politique et social est censé être complémentaire avec le développement spirituel des initiés. La progression des adeptes dans leur quête intérieure, en effet, doit idéalement les amener à transformer leur comportement au sein de la société. Car si le travail de l’initié prend naissance dans l’enceinte sacrée, où s’élabore la réflexion et où se cherche la sagesse, il se prolonge et s’actualise naturellement dans le monde profane, comme en atteste ce passage du Rite Écossais Ancien et Accepté, invitant chaque franc-maçon à « poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». Inversement, l’amélioration de la vie matérielle doit favoriser l’épanouissement personnel des adeptes.27

  • 28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Derv (…)
  • 29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende (…)
  • 30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

19Considérations temporelles et spirituelles sont donc dialectiquement imbriquées, pour la plupart des obédiences francophones, et témoignent de l’influence profonde et durable que la tradition alchimique, qui s’efforçait de réconcilier l’esprit et la matière en opérant les « noces chimiques du ciel et de la terre » par un phénomène de transmutation, possède sur les francs-maçons. Le système ternaire des « frères trois points » (triangle, trois pas de l’Apprenti, trois colonnes baptisées « Sagesse », « Force » et « Beauté », trois Grande Lumières de la Franc-maçonnerie…), n’est d’ailleurs pas sans rappeler les principes de base des alchimistes, qui prétendaient réunir le Soufre igné et le Mercure aqueux via un troisième terme, le Sel. L’analyse que l’initié Edouard Plantagenet effectue au sujet de la conversion maçonnique est nettement imprégnée de cette pratique alchimique, puisqu’il précise que « cette tâche s’accomplit en « spiritualisant la matière » au premier degré de l’Initiation, en « matérialisant l’esprit » au second et, enfin, en unifiant la matière et l’esprit au troisième »28. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la symbolique maçonnique des hauts grades s’inspire également des traditions templière et chevaleresque29, les moines-soldats et membres de ces ordres étant animés par des motivations tant profanes que spirituelles30.

  • 31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.
  • 32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve (…)
  • 33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton (…)

20On peut même percevoir dans la voie maçonnique une ambition utopienne, visant à réaliser la cité céleste sur terre, dans la mesure où elle entreprend de parfaire la condition humaine. Le caractère « protestataire » que Karl Mannheim identifie comme étant au fondement de l’utopie31 (à l’inverse de l’idéologie qu’il décrit comme un outil de conservation du pouvoir aux mains des classes dominantes), en effet, est bien présent dans l’institution maçonnique, qui s’efforce de changer la nature des choses. Il s’exprime notamment à travers l’initiation, qui prétend faire du profane un « nouvel homme » qui renaît après avoir connu une mort symbolique, ou encore à travers la devise maçonnique Ordo ab chao, qui entreprend de faire advenir l’ordre à partir du désordre32. Enfin, on peut aussi en trouver la trace dans le désir de dépasser les clivages idéologiques, religieux et politiques, et d’unir les hommes autour de valeurs communes. La Franc-maçonnerie, en effet, éprise d’universalisme, entend bien offrir à ceux qui se considèrent « citoyens du monde » une institution cosmopolite33, un langage symbolique anté-babélien, capable de transcender les particularismes nationaux. Elle est ce « centre de l’Union » évoqué par les Constitutions d’Anderson, qui permet de réunir par une » véritable amitié, des personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées »…

21Une obédience comme l’Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain, qui rassemble plus de 27 000 membres de par le monde, tente explicitement de concilier approches symboliques et spirituelles d’une part, approches sociales d’autre part, en faisant « plancher » annuellement ses adeptes sur des questions relevant de ces deux thématiques. Très attachée à la laïcité, elle est également tournée vers des considérations proches de celles que les religions développent, certains de ses adeptes s’engageant dans une démarche méliorative que l’on pourrait qualifier de sotériologique.

  • 34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.
  • 35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

22Cette tentative d’équilibrage entre deux postures que les philosophes des Lumières tendaient à considérer comme antinomiques (tradition et modernité, symbolisme et conceptualisme, foi et raison, ésotérisme et exotérisme…), traduit une volonté de ré-enchanter un monde désenchanté – selon l’analyse weberienne – par l’affaiblissement des idéologies transcendantes et des référents métaphysiques, sans toutefois sacrifier aux idées de progrès et de liberté que la société moderne a mises en exergue. Dans certains ateliers du Droit humain34, l’ouverture et la fermeture des travaux par le Vénérable Maître se fait d’ailleurs selon la mention significative suivante : « Au Progrès de l’Humanité et / ou à la Gloire du Grand Architecte de l’univers »… Si la franc-maçonnerie est un idéal, elle se veut donc un idéal incarné. Alain Pozarnik, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, affirme ainsi qu’ « il y a deux plans, deux niveaux de vie, l’homme peut choisir l’un ou l’autre, le matériel ou le spirituel, l’initié s’équilibre entre les deux, il vit à la fois le ciel et la terre »35.

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Notes

1  Roy, Jean-Philippe, « Théisme, déisme, adogmatisme, la Franc-maçonnerie. Une troisième voie pour sortir du clivage autonomie/hétéronomie ? », in La Pensée et les Hommes, n° 66, 2007.

2  Maffesoli, Michel, Eloge de la raison sensible, Paris, Grasset, 1996.

3  Barat, Michel, La Conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992, p. 48.

4  La Franc-maçonnerie est « une véritable ecclesia dans le sens d’union fraternelle, la seule religion dans le monde, si nous considérons le terme comme dérivé de « religare », puisqu’elle unit tous les hommes qui lui appartiennent comme des « frères », sans égard à leur race ni à leur foi » (Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu, Paris, Dervy, 2001, p. 72).

5  Bolle de Bal, Marcel, La Franc-maçonnerie, porte du devenir. Un Laboratoire de reliances, Paris, Detrad, aVs, 1998.

6  Meslin, Michel, « Religion, sacré et mythe », Actes du colloque de Paris, Centre Ravel, 24-26 octrobre 2005 : les conditions d’un enseignement du fait religieux dans l’école française, publiés par l’ARELC, Bulletin de liaison, n° 20, 2007.

7  Debray, Régis, Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard, 1989, p. 82.

8  Durand, Gilbert, L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964, pp. 12-18.

9  Ferré, Jean, La Franc-maçonnerie et le sacré, Paris, Dervy, 2004.

10  Etienne, Bruno, L’Initiation, Paris, Dervy, 2002.

11  Agulhon, Maurice, Pénitents et francs-maçons dans l’ancienne Provence. Essai sur la sociabilité méridionale, Paris, Fayard, 1968.

12  Cambacérès et Joseph de Maistre, par exemple, possédaient une double affiliation, étant tout à la fois pénitents et francs-maçons.

13  Négrier, Patrick, L’éclectisme maçonnique, Bagnolet, éditions Ivoire-Clair, 2003.

14  Dachez, Roger, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, collection « Que sais-je ? », 2003.

15  En France la Grande Loge Nationale Française est l’une des représentantes de la branche traditionnelle, tandis que le Grand Orient de France incarne la mouvance la plus libérale.

16  On trouvera une publication des différentes versions des Constitutions d’Anderson dans l’ouvrage de Ferré, Jean, Histoire de la Franc-maçonnerie par les textes (1248-1782), Paris, éditions du Rocher, 2001.

17  Boutin, Pierre, La Franc-maçonnerie, l’Eglise et la modernité : les enjeux institutionnels du conflit, Paris, Desclée de Brouwer, 1998.

18  Cité par Beaurepaire, Pierre-Yves, « Le temple maçonnique », Socio-anthropologie, n° 17-18, 2006.

19  Porset, Charles, et Révauger, Cécile, Franc-maçonnerie et religions dans l’Europe des Lumières, Paris, Honoré Champion, 2006.

20  Vindé, François, L’Affaire des fiches. 1900-1904 : chronique d’un scandale, Paris, éditions Universitaires, 1989.

21  Chevallier, Pierre, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 3, « La Maçonnerie, Église de la République : 1877-1944 », Paris, Fayard, 1975.

22  Gayot, Gérard, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Gallimard, 1991 (p. 125, pp. 153-177).

23  Nom donné à des associations inter-obédientielles, qui regroupent des francs-maçons exerçant une même profession.

24  Henri Caillavet a élaboré des projets de loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), le divorce par consentement mutuel, l’acharnement thérapeutique, les greffes d’organe ou encore la transsexualité, et participé à la création de la CNIL.

25  Martin, Luis P., (dir.), Les Francs-maçons dans la cité. Les cultures politiques de la Franc-maçonnerie en Europe, XIXe – XXe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2000.

26  Coignard, Sophie, Un Etat dans l’Etat. Le contre-pouvoir maçonnique, Paris, Albin Michel, 2009.

27  Jean Verdun a mis en évidence cette bipolarité de la démarche maçonnique, allant jusqu’à intituler un chapitre de son ouvrage La Réalité maçonnique « La Franc-maçonnerie, corps spirituel et corps social ».

28  Plantagenet, Edouard, Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Dervy, 1992.

29  Mollier, Pierre, La Chevalerie maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières, Paris, Dervy, 2005.

30  Vierne, Simone, Les Mythes de la Franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008, pp. 122-123.

31  Mannheim, Karl, Idéologie et Utopie, Paris, Marcel Rivière, 1956.

32  Le désir d’ordre, en effet, est une constante des organisations utopiennes. En outre, on retrouve encore une fois l’influence de l’alchimie dans la devise maçonnique Ordo ab chao. Les alchimistes, en effet, possédaient une devise assez semblable (Solve et Coagula, qui signifiait que la materia prima dissoute se transformait ensuite en une substance ennoblie et solidifiée), et affirmaient donner naissance à l’Œuvre au Blanc à partir de l’Œuvre au Noir.

33  A ce sujet, voir Beaurepaire, Pierre-Yves, La République universelle des francs-maçons. De Newton à Metternich, Rennes, Ouest-France, 1999.

34  Tel est le cas, par exemple, à la loge Nostra Delta, sise à Salon de Provence.

35  Pozarnik, Alain, A la lumière de l’acacia. Du profane à la maîtrise, Paris, Dervy, 2000, p. 35.

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References

Electronic reference

Céline Bryon-Portet, « La Franc-maçonnerie, entre cité céleste et cité terrestre : divisions et équilibrages internes au sujet du théisme, de la religion et des questions sociétales », Amnis [Online], 11 | 2012, Online since 10 September 2012, connection on 10 November 2019. URL : http://journals.openedition.org/amnis/1676 ; DOI : 10.4000/amnis.1676

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Céline Bryon-Portet

Maître de conférences HDR en Sciences de l’information et de la communication, Université de Toulouse, France, celine.bryonportet@ensiacet.fr

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La Liberte 7 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La Liberté

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La Liberté ne présuppose pas un changement de condition car elle est pour tout homme le fondement même de la dignité. Cet affranchissement est radical car il ne se confond pas avec l’idéal du sage, stoïcien ou autre, qui par la réflexion ou l’effort moral cherche à acquérir la parfaite maîtrise de soi et à s’établir dans une inviolable tranquillité intérieure.

Loin d’être le fruit d’une doctrine, d’une politique, d’une philosophie, d’une religion ou, à l’inverse, d’une révolution sanguinaire, la liberté résulte d’un événement qui devrait s’inscrire dans l’histoire de chacun d’entre nous, je veux parler de l’initiation, et d’un contact personnel à travers le travail à la gloire du G … A … D … U ….
Le maçon est libre en ce sens qu’il a reçu le pouvoir de vivre en s’acceptant et en acceptant autrui, le pouvoir de vivre en regardant sa mort avec sérénité (je n’ai pas dit sans peur et sans angoisse …), le pouvoir de comprendre et observer la loi naturelle qui dépasse celles des hommes.
La liberté c’est la réalité de l’arrachement opéré à l’empire des ténèbres car il est vrai que nous sommes sur le chemin conduisant du centre de la caverne aux délices des jardins de la Jérusalem céleste.

Si chacun d’entre nous vit réellement au quotidien l’exercice des vertus d’un degré d’Amour, alors le Phénix l’emporte plus haut pour lui donner le pouvoir d’exercer sa liberté. Le pouvoir se situe là, uniquement là et pas ailleurs.

C’est cette seule, mais impérieuse condition, qui l’autorise à tenir le glaive du Chevalier, car s’il est bien passé de la mort à la vie, alors il peut ajouter sans crainte l’action à l’amour. En effet, si nous sommes bien morts au vieil homme, alors nous sommes dégagés de la loi extérieure et ce n’est plus en elle que réside le germe de notre action. Nous sommes dans un régime nouveau et la docilité à l’esprit représente maintenant la norme de notre conduite dans le monde des Hommes.
Cette possibilité d’action selon les normes de l’esprit pour fabriquer le Monde, là est notre Liberté.

Cependant « Tout est permis, mais tout n’édifie pas » déclarait Paul aux Corinthiens; et il ne semble pas y avoir là une limite à la Liberté mais bien une façon supérieure de l’exercer pour le bien de la communauté humaine. En ces dernières années du second millénaire, si nous réussissons à contribuer à cette prise de conscience, ne serait ce qu’un peu, alors nous pourrons dire que nous avons fait notre travail « à notre place et à notre office ».

Notre liberté ne semble pas être en rapport avec l’une ou l’autre des facultés qui résultent de notre organisation mentale ou physiologique. Il faut aller plus loin pour chercher cette caractéristique inexistante ailleurs; ce trait spécifique de l’être humain c’est notre étonnante aptitude, notre inexplicable possibilité d’exercer la Charité.
C’est ce qui nous rend capables d’aimer avec désintéressement, d’un amour dicté ni par le sang, ni par l’intérêt, ni par l’instinct, ni par le désir d’appropriation, d’un amour
qui ne vit pas pour soi mais pour l’autre et qui le fait exister. Cet amour inclut la Liberté car, que serait un amour nécessaire, sinon une servitude ?

La Liberté n’est pas une valeur ajoutée à notre équipement moral; elle est à l’amour ce que les notes sont à la musique (A.Frossart) .Malheureusement de même que nos cinq sens se croient libres alors qu’ils sont esclaves de l’habitude et de l’éducation, de même que certains ont la folie des grandeurs, nous nous avons souvent la folies des petitesses.

Albert Camus écrivait que « la liberté n’est pas une récompense ni une décoration qu’on fête dans le champagne. Ni d’ailleurs un cadeau, une chatterie propre à donner le plaisir des babines. Oh! Non c’est une corvée au contraire et (rejoignant la pensée paulinienne) une course de fond; bien solitaire, bien exténuante.»
Nous pouvons le croire car le corollaire de la liberté c’est la responsabilité et nous savons qu’au terme de toute liberté il y a une sentence. C’est pourquoi nous ne pouvons, ici et maintenant, nous résoudre à n’être que des artistes et des témoins, encore moins des juges baignant mollement dans la violence de l’histoire.

« Beaucoup d’œuvres ont besoin de mûrir, d’être l’aboutissement d’une vie, la somme des connaissances, le recul nécessaire à une juste critique. Avec la relativisation les haines peuvent devenir moins fanatiques. Il y a une comparaison avec les vrais drames de l’existence. Pour un peintre l’heure vient l’heure où il ne peut pas se satisfaire du bâclé, ou d’un répétitif sans âme. Le temps paraît plus supportable quand l’œuvre se construit. C’est peut être cela la sagesse, quand vient le moment où les heures s’égrènent, à la fois trop lentement, sans perspectives apparentes, alors qu’il permet à la pensée, à la méditation, d’être en elles-mêmes un œuvre, tandis qu’au contraire le temps débusque le temps pour filer trop vite, trop cruellement vite vers le terme. Cette contradiction, elle aussi, est gérée d’une manière irraisonnée par les humains. Certains n’ont rien à se dire, ils mènent une vie quasi-végétative, véritable survie dans une société d’opulence. Les autres trépignent, n’ont pas le temps de tout faire, veulent réparer le gâchis d’un temps massacré, gaspillé comme des rasoirs jetables ».[1]

C’est pour toutes ces raisons que nous travaillons à la construction de la liberté et souhaitons de ne pas devoir un jour, prendre les armes dans ce but. Malheureusement nous trichons; nous parlons, parlons … parlons beaucoup, beaucoup trop. Moi même ce soir je me suis laissé prendre à ce jeu … C’est dramatique parce qu’il y a urgence. « Que Dieu existe ou pas. S’il n’existe pas, il faut l’inventer, chacun selon ses moyens, intellectuels, spirituels, familiaux, historiques. Si pour de vraies raisons il n’est pas possible de l’inventer, il ne reste qu’à exploiter le non-sens, dépassant l’absurde par la jouissance de chaque souffle de vie. Le sens est là dans l’instantané, dans le temps vécu,ici, là, tout de suite, maintenant, faisant de chacun de nous un toxicomane de la vie parce que (dans ce cas) il n’y a plus rien après, parce que être programmé comme les hannetons ou autres insectes est monstrueux, effaçant l’homitude, effaçant l’imaginaire ». [2]
Voilà, à mon sens le véritable sens de l’action et la raison pour laquelle gloser interminablement sur le sexe des anges est dérisoire, inutile, petit, et insignifiant.

Voilà pourquoi nos prédécesseurs ont institué ce grade d’action à cette place dans le Rite. Voilà pourquoi nous les trahissons lamentablement lorsque nous nous amusons à nous poser des questions sans réponses et à résoudre des problèmes qui n’en sont pas.

Cela est humain et beaucoup d’hommes et de femmes de notre temps ne se les posent même pas …

Or il y a dans la vie de rares instants, rares mais sublimes, où nous avons la sensation fugitive de toucher le Principe, des moments où nous sommes pénétrés du chant de la Terre, des instants où les sensations passées viennent colorer l’action immédiate … des soupirs musicaux où un regard, un sourire, une pression de main viennent enluminer un petit geste de nous, nous donner de la valeur et du sens.

C’est que nous avons fait et c’est seulement grâce à ce que nous aurons fait que nous pourrons prétendre partager, un tout petit peu, le Règne, la Puissance et la Gloire.

J’ai dit.

 

Source : http://www.temple-parvis.com/la-liberte-planche-maconnique.html

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La tour de Babel 14 avril, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La tour de Babel est un sujet incontournable dans l’univers du symbolisme constructif. Babel prend tout son sens si on veut bien considérer l’homme dans sa relation « idéale » entre la Terre et la Ciel. De cette relation idéale et imaginaire naîtront deux voies ascendantes : la première celle d’une Babel, instaurant la vanité et l’orgueil d’une immanence qui ne doit rien à un divin supérieur à soi, la seconde celle de l’échelle de Jacob donnant le modelé d’un plan graduel « spirituel » et donc le véritable sens à tout symbolisme constructif. Dans Babel la construction est littéralement « insensée ». Le sens véritable (l’essence de vérité ou de lumière) doit être recherché dans l’échelle de Jacob. L’immanence du plan et des fondations ne peuvent donc ignorer l’essence et la transcendance. Il semblerait que toute tentative d’élévation ne puisse se faire sans esprit.

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1er Partie La tour de BABEL de l’ego au symbole.

Je ne vais pas faire le tour des définitions, mais nous plonger directement dans celle qui nous intéresse. Cette tour est une construction de forme cylindrique nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural ayant généralement un rôle défensif et se dressant devant le zénith.

Un peu d’histoire… La tour de Babel fit sa première apparition avec le peuple Sumérien selon la Genèse. Je ne pourrai pas vous citer de date, car aucune de mes sources ne se coordonnent. Pour ce qui est de sa taille, elle est souvent décrite à huit étages. Chaque projet a un but. Il est dit, que les hommes, survivants du déluge, descendants de Noé, ne parlaient qu’une seule et même langue (dont on ne connaît même pas le nom). Il est peut-être là question de la langue primordiale. Deux hypothèses s’offrent à nous. Soit les hommes ont édifié la tour pour atteindre le ciel, Dieu et se sentir son égal. Soit les descendants de Noé, pour se protéger d’un second déluge, ont construit une tour de briques cuites et de bitume.

Pour les punir de leur vanité, Dieu multiplia les langues. L’incompréhension du langage a fait que le chantier de la tour s’arrêta. Et dans certains écrits il est même dit que c’est l’homme qui décida de la détruire. Citation Apocalypse de Saint-Jean Chapitre 14 Verset 8

Un autre Ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.

Dans beaucoup de textes sacrés, dont l’Apocalypse de Saint Jean, on retrouve des passages de Babylone faisant allusion à la tour de Babel et surtout à sa destruction annonciatrice de la fin des temps.Dans mes recherches sur la tour de Babel beaucoup d’interrogations et de points symboliques sont apparus.

Les francs-maçons lors de leur première venue découvrent un nouveau langage symbolique fort, réservé à la Franc-Maçonnerie. L’apprenti débute sont Initiation par les trois voyages, la Lumière, le discours de l’Orateur, ainsi que le mot de passe, les signes de reconnaissance, les outils, etc.… La preuve est là que le franc-maçon utilise quelque chose d’unique et donc de puissant pour se faire comprendre et reconnaître de ses Frères.

Nous ne bâtissons pas de temple apparent, mais avec nos Frères nous bâtissons notre propre temple intérieur, voire notre tour intérieure. Peut-être faut-il chercher là, une suite logique à une volonté qui nous dépasse? L’homme dans sa nature la plus primaire est toujours à la recherche de vérité. Peut-être son ego le pousse ? La tour de Babel est un des symboles qui nous montre les erreurs de l’homme. Pour trouver cette vérité, l’homme a des limites. Le chemin intérieur pour rejoindre le céleste est bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Cette tour est effectivement un symbole de verticalité et de hauteur. Bien sûr le rapprochement entre le terrestre et le céleste est flagrant. La tour de Babel est un édifice. Qui dit édifice, dit fondation et étages. Elle est à la base un vecteur montant.

Dans un premier temps, elle est plus le liant de ces deux univers. Et pour communiquer, entre ces deux mondes, il faut gravir les étages pour pouvoir ensuite les descendre. Pour exemple de l’échelle de Jacob qui a été ou va être lu.

Dans un second temps, la Tour (enfin son sommet) permet à l’homme de voir et de découvrir ce qui l’entoure, en prenant de la hauteur par apport à sa base. Qui dit base dit point de départ, donc origine. Plus il va s’élever dans les étages (on peut y voir là un voyage spirituel), plus il va prendre du recul par rapport à son environnement et comprendre de nouvelles choses ou symboles. Il va ensuite se servir de ce qu’il a vu et compris, afin de le partager.

Comme nous franc-maçon qui sommes là pour transmettre à nos Frères. Je finirai par le langage universel. Pour moi, le langage universel n’existe pas sous forme parlée et n’a jamais existé. Mais le symbole ou langage symbolique, vu dans des précédentes planches, lui est vrai. C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher ». Bien sûr, d’après l’histoire de la tour de Babel, un rapprochement des hommes au niveau de la compréhension a été inévitable pour construire cet édifice, qui au final est un symbole. Les symboles ne s’adressent pas à l’intellect, mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer pour toucher autrui.
Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine.

« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir » (l’Évangile de Philippe)

Il est vrai que la communication entre les hommes quels qu’ils soient (profanes ou initiés), si elle est la même, nous permet plus facilement d’atteindre l’âme. Je pourrais citer pour conclure : Seuls, nous ne pourrions que nous isoler du monde ; réunis, nous allions pouvoir le transformer. L’Évangile selon Pilate

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2ème Partie La tour de Babel, ou l’exaltation dans la matière.

La tour de Babel (Genèse 11.1-9)

11 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent.

3 Ils se dirent l’un à l’autre: «Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu!» La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment.

4 Ils dirent encore: «Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre.»
5 L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: «Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement.»
8 L’Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. 9 C’est pourquoi on l’appela Babel: parce que c’est là que l’Eternel brouilla le langage de toute la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.

(Bible Louis Second)

 

1/ L’exaltation vaniteuse/ exaltation dans la matière

L’homme, s’éloignant de l’Orient et de sa lumière spirituelle (Est), à l’orgueil de vouloir se hisser jusqu’au ciel par la matière et l’accumulation des briques. Cet orgueil fera l’échec du projet.

Vouloir construire trop près des cieux c’est aller au-delà des limites de l’homme. « Construire une tour dont le sommet pénètre les Cieux » à l’aide de la même glaise que celle de l’homme, mais cuite par feu sans esprit. L’homme fabrique sa remontée au ciel à partir d’une matière sans esprit. C’est ce qu’on appelle la folie des grandeurs ! C’est ici une exaltation des attaches de l’homme avec la matière, ce n’est pas une exaltation de l’esprit. Cette exaltation rend l’homme mégalomane.

Cet orgueil d’être l’homme s’identifiant au ciel se retrouvera dans le mythe d’Icare. Ces deux mythes sont une exaltation de la matière dans l’homme et démontre les limites de l’excellence technique sans spiritualité. Dédale à inventé sa propre prison et une cire et des plumes qui n’élèvent pas l’esprit, c’est son fils qui en sera la victime. Les bâtisseurs de Babel ont utilisé une brique imparfaite en regard de sa destination spirituelle, c’est la collectivité des hommes qui sera dispersée. Ici la faute est collective, et dans le cas de Dédale l’orgueil technique se transmet au fils. J’en déduis que la vanité d’un Roi-soleil est une perversion de l’esprit, collective et transmissible.

La technique matérielle philosophique ou magique exaltant l’homme ne peut s’affranchir de l’esprit. Ce serait une exaltation vaniteuse. L’esprit peut être compris comme le principe organisateur de la matière a quelque niveau que ce soit. L’esprit est immédiatement lié au logos et donc au Verbe

Dans les deux cas, c’est l’Esprit qui inflige le châtiment : Dieu en regard du mythe biblique, ou le soleil en regard du mythe grec.

En tous les cas c’est l’absence d’harmonisation de l’acte matériel avec le directeur spirituel qui conduit à la chute ou à la dispersion. Le directeur spirituel de l’architecte est sa conscience de la dimension divine dans l’homme et dans la proportion du bâti. Il y a donc nécessité d’entendre cette norme supraconsciente.

 

2/ Le souffle de l’esprit / le secret de l’initié

Si l’architecte est doué sur un plan technique, s’il n’est pas initié, il ignore que la brique doit être cuite au feu de l’esprit. La perte de ce savoir est corrélative à l’eau du déluge qui engloutit l’antique science.

Aucune technique d’origine sacrée ne peut être détournée d’un usage spirituel. Il est connu dans toutes les civilisations que c’est à partir de la boue que Dieu façonna l’homme et qu’il lui insuffla le souffle vital par les narines. Ce souffle purificateur est celui de l’esprit, et donc la glaise est associée au souffle vital. Extrait de la Bible Second, Genèse II, 7-9.

2.7 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

2.8 L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l‘orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.

2.9 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

On voit clairement une triple analogie : l’emploi de la boue pour l’homme est transféré à la brique pour la tour de Babel ; en lieu et place de l’homme veillant sur l’arbre à fruit, nous avons une tour fruit de l’orgueil de l’homme. L’arbre et le jardin sont à l’Orient alors que la Tour est à l’Occident.

Sur ces trois points, nous avons un parallélisme symbolique saisissant. Le point de rupture se situe dans l’absence d’esprit dans la construction babélienne, son intervention finale arrive comme une sanction. L’image Babélienne est l’inverse du jardin d’Éden de même que le Temple de Salomon sera l’inverse de la tour de Babel.

Dans ce passage de la Genèse l’homme se prend pour Dieu, mais il méconnaît la technique du souffle vital appelée aussi Esprit. La tour serait comme la Lettre sans l’Esprit. L’élévation orgueilleuse fondée sur la matière implique la chute dans une matérialisation grandissante. L’homme doit s’élever en esprit et l’ouvrage doit être serviteur de l’esprit (Orient) et non pas de la vanité technico-égotique (Occident).

3/ L’inversion démiurgique / le royaume de la matière

La tour de Babel est l’inversion du Temple de Salomon qui est le lieu de prière de toutes les nations selon Anderson et de la Tierce. Ce lieu de concorde est un lieu de concentration, de méditation et de contemplation. La tour de Babel est un lieu de concentration certes, mais aussi satisfaction égotique et de puissance des hommes seulement. On y médite qu’une image qu’une excroissance terrestre, on y contemple que l’exaltation de l’homme dans une matérialité conquérante de ciel.

Tout projet visant l’accès au ciel ne peut se fonder sur la seule matérialité. Aucune spiritualité n’a guidé les mains des bâtisseurs babéliens, seule l’envie d’être Dieu dans la matière, et la rémunération de l’acte les motiva collectivement. Il s’agit non pas d’une démarche cultivant la relation entre la chair l’âme et l’esprit, mais plutôt le dictat de la matière sur l’esprit. L’esprit fut nié au profit de la vanité d’être à l’image de Dieu. Cet élan contraire fit de l’homme un démiurge cherchant une Gloire sans lien avec l’esprit divin. Sa motivation provient de ses muscles de l’asservissement des ouvriers, du mépris de leurs vies et de la volonté de conquérir la matière. Une pierre ne peut avoir plus de prix qu’une vie.

C’est le syndrome de la chute qui suggère à l’homme différents moyens pour rejoindre le Ciel. Ces moyens sont pris dans la matière et non pas dans l’esprit qui est ignoré. L’enjeu est de rétablir l’axe du Monde. L’homme ne comprend pas que cet axe est spirituel, car son corps ne serait plus insufflé par l’esprit, son âme serait en exil. Il veut à tout prix sa porte vers le Ciel pour avoir raison de l’esprit.

4/ Comment se situe l’épisode de la tour de Babel dans le feuilleton biblique ? (Cycle de la matière et des idoles)

Il intervient dans le corpus des textes de la Première Alliance dans la Genèse après la fameuse chute de l’Adam-Eve dans le monde matériel. Le paradis était un jardin cultivé et entretenu, soit une harmonie entre la matière sauvage et le diligentement de l’esprit.

Adam, autrefois jardinier et berger du paradis, chargé expressément de « le cultiver et le garder » pratiquait l’entretient de l’harmonie, jusqu’au moment ou il chuta pour avoir ingéré un fruit mortel à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, malgré l’interdit divin.

L’homme était animé du désir d’avoir les yeux ouverts sur son horizon. Il rompit l’harmonie et tenta d’être comme les dieux connaissant le bien et le mal. La chute est donc une âme qui s’incarne dans la chair et qui va vivre le bien et le mal, la douleur le travail et la mort.

Cette chute est antérieure à la vie terrestre de l’humanité, elle scelle la divergence entre la volonté divine et la volonté humaine. Elle ne concerne que l’âme et non pas le corps.

Les chutes successives correspondent à trois états d’être en disharmonie : Adam-(Isch « l’intellect », et Ischa « l’imagination », unis dans l’exaltation des désirs terrestres) est révolté contre l’Esprit, Caïn sera le possédant-fratricide et Babel sera la substitution du fabriqué-idolâtre au révélé. L’appel de l’esprit semble mis de côté, le désir de matière et la satisfaction cumulative semblent sans limites.

Le devenir de cette chute fut qu’Adam nomma « Ève » comme il nomma les animaux autrefois dans le jardin d’Éden. De sa nature unitaire et androgyne il se différencia en Homme et Femme. Il eut d’abord deux enfants qui s’entretuèrent, symbolisant ainsi l’opposition entre le peuple des bergers et le peuple des cultivateurs. Abel succomba sous les coups de Caïn. Les générations qui succédèrent à Caïn eurent en mémoire non seulement la chute, mais aussi le fratricide, ce sera le germe de toutes les guerres. Caïn est l’archétype du meurtre de l’esprit au profit de la maîtrise de la matière et du territoire. Caïn est condamné à l’horizontalité, il a perdu la verticalité.

C’est la victoire de l’infra conscience sur la supraconscience. Caïn fut exilé et errant sur terre.

Arrive une nouvelle chute : L’épisode du déluge et la période des géants en âge que Dieu avait voulu noyer pour leurs déviances, seul Noé et son arche aux proportions sacrées survécurent aux flots. Cette génération d’avant le déluge disparaît, mais gagnée par l’oubli associé aux eaux de l’oubli, les nouvelles générations réitèrent les erreurs des géants et se perdirent dans l’orgueil de se croire Dieu.

La génération de la tour de Babel est notre génération.

C’est l’idée d’un homme capable d’atteindre le ciel et d’en être maître qui entraîna une troisième chute. La génération de Babel ne fut pas détruite comme celle du déluge, mais elle reçut à la fois la foudre du divin qui « dispersa loin de là sur la surface de la Terre » les bâtisseurs et « confondit leur langage » afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. La dispersion fut comme l’inondation elle rompit l’élan d’orgueil en de multiples royaumes et en autant de montagnes sacrées ou pyramides. Les hommes en restèrent sur l’idée d’une œuvre de reconquête du ciel inachevée, comme un état d’orgueil blessé unifiant les mois inférieurs dans un élan collectif de matérialisation des âmes. De ces tentatives d’élévation dans le bâti, on distinguera celles qui bâtissent en esprit autour de lieux telluriques forts et celles qui sont de simples performances matérielles et techniques.

La poursuite de l’excellence technique démiurgique verra apparaître le délire mortel de l’Homme-Dieu. Certains verront dans l’idée du surhomme de Nietzsche l’expression philosophée de cet état dont on verra l’aboutissement dans le Nazisme. Mais tous les mois inférieurs fussent-ils unis dans le même acte matériel finissent par rencontrer la sanction de l’esprit. Ainsi l’acte matériel ne peut être dissocié du jugement divin ou plus simplement de notre appréciation spirituelle. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ceci implique une harmonisation entre l’acte et la pensée, par le truchement de la volonté.

Il faut donc constamment mettre en harmonie notre Pensée notre Volonté et notre Action dans le Plan avec l’axe « Corps, Âme Esprit ». C’est ce que nous fait découvrir la franc-maçonnerie.

5/ La lumière de Saint-Jean (cycle de la lumière et de l’harmonie) À cet état de dispersion dans la matière arriva un événement.

Le message de la Nouvelle Alliance dit que la Lumière, c’est-à-dire l’esprit, est en tout homme et que l’amour est le socle à partir duquel l’homme peut croître en esprit sans qu’il soit nécessaire de croître en matière. Les tours d’orgueil pourront ainsi être abolies.

L’élan vital et spirituel de l’homme ne se fait pas dans une construction de matière bâtie sur de fausses fondations qui sont celle du désir du multiple, de l’accumulation, de l’excitation ou de l’exaltation du sentiment de possession, d’appropriation ou de grandeur. Les véritables fondations sont l’amour de l’essence de la vie, de l’esprit et la confiance en la vie renouvelée. L’acte qui scelle cette confiance est l’abandon final de la vie corporelle au profit d’un renouvellement, d’une résurrection comme la graine semée en terre germe croit et essaime pour renaître ici bas sans doute, et peut-être dans un ailleurs.

C’est ce mystère de l’alliance vitale entre ce qui est du domaine de la matérialité et ce qui est du domaine de l’esprit. Cette alliance vitale sans cesse renouvelée forme l’idée divine et assoit la confiance de l’homme en lui-même. Alors l’idée d’être à l’égal de Dieu comme le bâtisseur de la tour de Babel disparaît.

L’angoisse de la mort peut aussi bien nous enfermer dans la matière comme nous faire découvrir la voie de l’esprit. L’homme ne se réalise pas dans la plus haute tour, mais dans son progrès sur la voie d’une plus grande humanisation et dans son renouvellement par l’esprit.

Ici on oppose la vanité à la réalisation de soi. La réalisation de soi fait une place à l’esprit, la vanité lui barre la route. L’esprit n’est alors plus une notion extérieure à soi, mais au contraire constructive de soi.

Ici on touche de prés la dimension spirituelle de l’homme face à la mort. Il attache à ses actes une signification haute. Il ne s’agit point d’exploit à accomplir ou de guerre à mener, il s’agit de mettre en harmonie la chair l’âme et l’esprit. La chair qui fut à l’époque de Saint-Jean, l’évangéliste « incarnée » par la lumière, se marie à l’âme pour qu’elle anime ce corps en demande. La demande devient désir et il faut se garder de l’accumulation matérielle ou d’insatisfaction, il faut que l’âme prépare la place à l’esprit.

Psychiquement l’homme se met en phase harmonieuse. Son état d’homme responsable « animé » du sentiment d’amour de son espèce, accepte sa double nature humaine et divine. Il en conçoit l’intervention en lui comme une supra conscience qui agit en directrice censée et harmonisante. Nous reprenons ici Luc XIV, 11, « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

 

6/ L’élévation matérielle n’est pas synonyme d’élévation spirituelle. (Le franc-maçon jardinier)   Adam était jardinier, pas maçon !

Le dénuement matériel serait propice à la connaissance de l’esprit, c’est l’état Édénique qui permet de vivre dans la proximité du Divin.

Ainsi l’Adam du jardin d’Éden n’était pas un bâtisseur, mais un jardinier, or il est courant de confondre la tour bâtie et l’arbre. Ce sont deux symboles axiaux qui tendent vers le ciel, mais la tour est fabriquée, ce qui sous-entend « une spiritualité construite », alors que l’arbre est une graine germée, née du mystère de la vie soit « une spiritualité révélée ».

Le bâtisseur est un spécialiste de l’élévation technique, le jardinier est le gardien de la graine et de son mystère. La graine donne la croissance dans le domaine ésotérique. Le maître maçon doit d’abord être le jardinier de son cœur et accessoirement le spécialiste de l’élévation de la pierre taillée. L’élévation matérielle n’est qu’une impasse, un substitut exotérique ou philosophique. C’est un système, une mécanique de pensée qui ne peut prendre que l’objet pour la cause. Ce système se cristallise sous forme d’une tour sans respiration spirituelle entre le haut et le bas. La Lame XVI du tarot atteste d’une tour frappée par la foudre, c’est-à-dire par la sanction divine et la lumière de l’esprit. On y voit deux hommes en chute attestant de leur carence spirituelle. La chute est toujours due à une carence spirituelle.

Ainsi le franc-maçon, s’il n’est jardinier, ne sera qu’un orgueilleux détenteur de secret technique figé.

Il sera donc nécessaire un jour de détruire la colonne ou le temple pour faire comprendre que le secret initiatique réside dans la Foi, l’Esperance et l’amour, mais aussi dans l’acceptation de l’esprit en soi soit de la supraconscience comme directrice de l’âme. Ainsi la pensée se réalisera sur deux plans, le plan matériel et le plan spirituel. La volonté du franc-maçon sera éclairée par ce double aspect où les symboles de l’arbre et de la tour lui serviront de guide.

Or l’arbre n’est rien d’autre que l’homme intégral, chair, âme esprit en harmonie. L’homme doit croître en esprit et non pas en matière. Le franc-maçon trouvera dans l’alliance de la matière avec l’esprit, un motif utopique pour rebâtir spirituellement le temple de Salomon pour honorer le Grand architecte de l’univers. Il lui faut pour cela, réapprendre la langue commune, celle des symboles et de l’esprit, conditionnés par l’abandon préalable des métaux, mais aussi celle du signe de l’attouchement et du Mot. Le franc-maçon détient le langage commun aux bâtisseurs qui allient l’esprit à la matière et qui savent trouver dans la substance l’essence. Ce langage est celui de l’Art Royal qui met au service de l’esprit le bon usage de la matière.

Il y a non pas dispersion et incommunicabilité suite à Babel, mais unité dans le langage symbolique et dans l’action spirituelle ; Babel et sa chute ne peuvent que déboucher sur un état qui sera « la construction en esprit ». Nous passerons du savoir-faire au savoir-être. C’est l’absence d’esprit dans l’acte de bâtir qui entraîna la sanction de la chute babélienne. La chute Babelienne est une chute en la matière. C’est ainsi que le franc-maçon peut réunir les quatre parties du Monde éloignées à l’époque Babélienne en se situant au centre du cercle à équidistance de tout les points de l’horizon humain. C’est une manière symbolique de se retrouver dans un Orient intemporel, au pied de l’arbre planté au centre d’un fameux Jardin irrigué par quatre fleuves.

SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

babel-dans-les-nuages

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ? Chez les « Egyptiens » Français 17 octobre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?

Publié le 13 juin 2018

Rites … Obédiences … Ordres …

Chez les « Egyptiens »  Français

Avant-propos : Un dicton populaire nous dit « il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Martin !!! » ainsi les noms qui sont « burinés sur cette planche à tracer de pierre » ne désignent que des personnes ayant pu exister (ou pas) ou ayant rejoint d’autre Orient comme il est évoqué dans nos cénacle (ou pas) … si d’aventure certains noms pouvaient poser problème(s), ceux-ci auront été transformés, transposés voire cryptés de telle façon que « toute ressemblance avec une personne réelle ne serait que le fruit du hasard ». Sont évidemment conservés corrects les noms qui par leurs fonctions sont tracés dans des actes consultables par tous moyens habituels (ex Président d’association ou déclaration sur des sites d’information Web.  Cela dit, je peux poursuivre ma méditation. L’important ce sont les événements et les contextes !!!!

Sans faire œuvre d’historien précisons simplement qu’en France un nouveau paysage maçonnique se construisit dans la période 1998-2000. En ce temps-là  trois structures Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?   Chez les « Egyptiens »  Français dans Chaine d'union rites-300x301-299x300obédientielles : pour l’une, elle émergeait tout simplement et pour les autres, elles ré-émergeaient à la suite d’une crise dure et profonde. Pour la première, il s’agissait de la GLMMM (la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm) ; pour les autres évoquons la GLMFMM (la Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm) et la partie Féminine (Les fameuses Robes Jaunes). Ces dernières étaient alors sous la coupe d’une gérance internationale  (OIRAPMM : Ordre International du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm) dont le Grand Maître Mondial (et Grand Hiérophante) était le Frère Chekna Sylla. Il venait de succéder à Gérard Kloppel (lequel succédait, lui-même, à l’Illustre et Sublime frère Robert Ambelain. Une quatrième puissance maçonnique était déjà installée : la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (le GLFMM, les Robes Blanches) dont la gouvernance était sous la responsabilité de notre Sœur Julienne Bleyer.

Avant de poursuivre : un petit « flash-bak » : Tout observateur attentif de notre espace Maçonnique sera convaincu que les « Rites Égyptiens » ne viennent pas de nulle part … et, pour n’écrire que sur les nôtres, rendons hommage à nos fondateurs officiels « mondiaux » d’abord (Grands Maîtres Généraux et parfois Grand Hiérophante) et « Français », ensuite, (Grands Maitres de France) qui étaient tous, rappelons-le, Ad-Vitam.

Année Grands Maîtres Mondiaux Grands Maîtres de France
1838 Jean Etienne Marconis de Nègre (F)  
1869 Marquis de Beauregard (Egypt)  
1874 Salvatore A.Zola (Egypt)  
1881 Joseph Garibaldi (I)  
1900 Ferdinand Delli Odi (I)  
1902 John Yarker (UK)  
1908   Gérard Encausse dit Papus
1919   Jean Bricaud
1934   Constant Chevillon
1936 Guerino Trolio (Argentine)  
1944   Charles-Henri Dupont
1946 Georges Bogé de la Grèze (F)  
1960   Robert Ambelain
1965 Robert Ambelain (F)  
1985 Gérard Kloppel (F) Gérard Kloppel
1998 Georges Claude Vieilledent (F)(Contestation)  
1998 Chekna Sylla (CI)  
1998   Michel Kieffer
1998   Guy Renaudin

Donc, en 1998, comme toujours cet Ordre (l’OIRAPMM) garantissait la cohérence et la coordination des travaux maçonniques via un Souverain Sanctuaire International dans lequel étaient rassemblés tous les Grands Maîtres Nationaux … le TSF Guy Renaudin était, comme il est précisé dans le Tableau, en ce Temps-là le Grand Maître de France, ad-Vitam.

Les fondements de notre Rite impliquaient :

  • Des fonctions … à vie.
  • Une Grande Hiérophanie (c’est-à-dire un « humain plénipotentiaire » (mieux que Thot qui lui n’était que trois fois grand !!! … un peu d’humour ne nuit point pour qui reste modeste et humble)
  • Une échelle du premier degré au 95ième degré avec un GM (Grand Maitre Chargé des loges Bleues), un SLGC (Souverain Lieutenant Grand Commandeur) pour les degrés de 04 à 33 et un SGC (Souverain Grand Commandeur) pour les autres degrés
  • Un refus, au nom de la tradition, de la mixité … un refus qui venait d’être levé lors d’un fameux Convent exceptionnel … celui de l’an 2000. On ne peut se battre, manifestement longtemps, contre l’évolution des consciences et surtout contre un « apartheid » incompréhensible au crépuscule du 20ième siècle …  et à l’aube d’un siècle dont il est dit que celui-ci sera spirituel ou ne sera point !!! 

Lors de la formation de la « Mixité » au sein de notre Rite, à partir du questionnement des fonctions ad-vitam, mais, aussi, de l’acceptation d’une fonction suprême : « La grande Hiérophanie », apparurent les puissances maçonniques suivantes :

  • La Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm (Masculine … Créée en 1960 par Robert Ambelain qui fut, quelques jours, sous l’administration provisoire de Gérard Tavol (en 1998) avant d’être sous la gouvernance du frère Guy Renaudin, GM de France Ad-Vitam,
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm, dont le premier grand Maître fut Pierre Topilif
  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (Création en 1987 et devenue indépendante en 1990 sous Julienne Bleyer)
  • La Grande Loge Symbolique de France (Création par Georges Claude Vieilledent en 1998 à la suite d’un différend conséquent avec Gérard Kloppel d’où une scission rapidement diligentée … )
  • La Grande Loge Traditionnelle des Rites Egyptiens. La GLTRE fut créée par Claude Liew & Gérard Baudou-Platon en 2001 sous patente de Guy Renaudin (Claude Liew fut désigné selon un processus « symarchique » le premier Grand Maître).

Le Frère Guy Renaudin mit fin à la patente qu’il avait accordée au Frère Claude Liew le 07/03/2004 et poursuivit la construction de sa voie maçonnique avec Gérard Baudou-Platon au sein non plus d’une grande loge mais d’un Ordre « l’OIAPMM » où Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (officiellement conçu en 2003 pour compléter l’institution Maçonnique prévue au service d’une échelle à 01 à 97°) …

La mise en activité de l’OIAPMM fut, donc, la conséquence directe des disfonctionnements patents au sein de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm et de la recomposition du paysage maçonnique Egyptien à l’Orée du 21ième Siècle.

Au sein de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il y eut :

  • D’abord une voie unique (Celle de Robert Ambelain),
  • Puis trois voies ont été expérimentées : Voie Théurgique avec le Frère Guy Renaudin, Voie Alchimique avec le Frère Claude Andréotto, Voie Orientale avec le Frère Gérard Baudou-Platon)
  • Puis est venue une voie complémentaire : la voie Celtique grâce à une patente donnée par une Druidesse au nom d’un héritage Celte et de son parcours personnel, de ses pratiques et études.
  • Aujourd’hui, après 16 ans d’expérimentation, Il peut être étudié quatre voies :

A : la voie dite de Robert Ambelain travaillant au Rite en 95 degrés (avec des degrés transmis obligatoirement par voie de transmission rituelique : 1,2,3,4,9,13-14,18,28,30,33 … 90,95 … (Sous la Houlette de notre Frère Guy Duval).

B : la voie dite Orientale mis en cohérence par Gérard Baudou-Platon travaillant toujours selon de Rite en 95 degrés et transmet 33 « étapes de l’échelle » sous forme rituellique (les autres sont « communiqués »)  au lieu de 14 degrés (le 66ième étant un degré à part).   Quant aux Arcana et l’Arcana-Arcanorum, cette voie effectue un réel travail sur le 87,88,89 et 90ième degré. Cette voie intègre la voie Celtique.

C : La voie Misraïmite Ancienne basée sur les prescriptions du Très Sublime Frère Robert Ambelain. Cf. « La Franc-Maçonnerie Oubliée » (Edit Robert Laffont)  et « la Franc-Maçonnerie d’Autrefois » (Edit Robert Laffont) … à confirmer

D : L’universalité du chemin impliquait un  « éventail initiatique ». Ainsi l’OIAPMM a « adopté » un Rit historique : Le Rite Primitif d’Écosse.

Ajoutons ici, qu’il serait opportun que renaisse, le Rite de Memphis (perdu corps et biens, enfin presque), sachant que l’essence du Régime Écossais Rectifié nous est offert par le Grand Prieuré Souverain de France et que l’essence du Rit Écossais Ancien et Accepté nous est rendu sensible par notre promiscuité avec des Frères et de Sœurs travaillant au sein de puissance maçonnique ad-hoc …

Appel est fait à nos frères et sœurs du Rite de Memphis s’ils jugent pertinent le fait de se rassembler au sein d’une entité dont la seule ambition serait de capitaliser nos savoirs et de tonifier notre connaissance

Quelles sont les règles de base associées à notre Rite et à nos Voies (dans le cadre de l’OIAPMM).

Nos Voies que nous qualifions « d’Éveil » sont assises sur Six concepts :

1 : L’existence de Trois degrés (et pas un de plus) … Apprenti – Compagnon & Maître avec les particularités suivantes :

  • Le degré d’apprenti dont la fonction est la « re-connaissance » de soi et l’observation du monde selon « le mythe de la caverne » de Platon …
  • Le degré de Compagnon dont l’utilité est d’acquérir les outils nécessaire à tout maçon désireux d’être un chercheur authentique, mu par son unique conscience … Ce point met en valeur la nature de notre ordre qui n’est pas rattaché à un égrégore collectif mais qui est rattaché à une source : celle que distille notre Rite. Cela exige l’acquisition d’un minimum de maitrise. La première « boite à outils : les « 7 Arts Royaux » et des philosophes « déclencheurs » d’intérêts … Tels Lycurgue, Pythagore, Socrate, Platon, Thalès, … et autres « lanceurs d’Alertes » spirituelles s’entend …
  • Les Maîtres, nouvellement exaltés, comprendront que notre Rite implique, après le voyage intérieur de l’Apprenti, puis les voyages « découvertes » des mondes du compagnon, un autre voyage beaucoup plus long à travers l’histoire symbolique, philosophique, métaphysique et ésotérique de toutes les IA-1-300x225 dans Contributioncivilisations que notre planète ait portée car les peuples passés ont construit peu à peu ce que nous sommes . Cela fait, ayant pénétré cette conscience universelle la voie de la Haute Maitrise permettra, au Maître, ainsi, réalisé, aguerri et informé de cheminer vers l’ultime initiation … être exhaustif … et « épuiser » sa vie afin que nous la rendions en ayant extirpé la substantifique moelle voilà le statut du Maître !!! … tant que cela n’est pas accompli nul repos ne les tente.

2 : La conviction que notre Rite et nos voies étaient, aujourd’hui, les plus à même de relier « Science et Spiritualité ».

3 : L’échelle de notre Rite resterait « une échelle en 95 degrés » en respect avec les transmissions que nous avons reçues. Cette échelle bien que nous ayant été transmise par le TSF Robert Ambelain (sur le plan historique) a été beaucoup enrichie grâce à des apports en provenance des USA, du Canada, de la Belgique et en moindre importance d’Allemagne. Le parcours des Maîtres s’organisant autour d’une progression logique pour servir la notion d’éveil dont nous avons parlé plus haut. Il sera pour nous aisé de faire savoir que ces 95° suppose un grand investissement personnel afin de pénétrer notre véritable nature et comprendre notre réelle destinée.

En résumé … Ancienne Égypte, Tradition primordiale, Judaïsme, Rayonnement Christique, Celtisme, Mithraïsme, retour aux apports des rites anciens, Védisme, Hindouisme, Bouddhisme, Shivaïsme, Soufisme … seront le lot des études poursuivies par le Maître l’obligeant à la souplesse de vue et à se sentir à l’aise dans un état de « conscience augmenté » et propre à concevoir une véritable  universalité.

4 : la Franc-Maçonnerie, avec sa teinture « voie orientale » devient une école opérative formant des  hommes et des femmes dont le métier est de construire en soi et hors de soi harmonie et futur pour le bien de l’humanité toute entière. Cette école opérative qui n’exclut en aucun cas les croyances individuelles qui peuvent émerger de la méditation Maçonnique  et qui permet même à chacun de vivre des voies « extra-maçonniques » qui répondent plus profondément à son aspiration (Martinisme, Église Gnostique, Réaux-Croix, Élus Coens, Rose+Croix d’Orient, Ordre Kabbalistique, … que sais-je encore).

5 : l’OIAPMM est une Organisation sans structure administrative hiérarchique puisque chaque atelier est  « libre », « indépendant » et « souverain » selon les modes d’organisation ayant cours au 18ième Siècle. Siècle des lumières dit-on avec justesse. Chaque atelier a, dès lors, l’obligation d’être en règle avec les lois du pays dans lequel il travaille. Cependant, pour asseoir leur autorité initiatique et pour garantir la qualité de leur transmission chaque atelier souscrit une Charte qui le lie au Souverain Sanctuaire Khorshed. Ce Souverain Sanctuaire a pour mission de rassembler les dépôts initiatiques nécessaires à la vie et à l’enrichissement du rite qui lui sert de voie initiatique.

6 : Le respect que l’on doit à tout être libre dans son cœur et dans son âme, chevalier dans sa fonction et dans l’humilité de son statut au regard d’un cosmos source de toute vie nous oblige :

  • à refuser toute labellisation sachant que la recherche de la vérité n’admet aucune entrave[i],
  • à refuser le statut de la Grande Hiérophanie[ii],
  • à marginaliser au maximum les contraintes profanes afin de parcourir son chemin spirituel avec le plus grand bénéfice personnel et pour autrui

Restons en-là sur les fondements de notre Rite

Nous devons maintenant aborder le mode de fonctionnement des ateliers de l’OIAPMM (Triangle – Loge juste – loge juste et parfaite – Collège – Chapitre – Sénat – aréopage – et autres consistoires – Cité Mystique – Souverain Sanctuaire …) …

La voie Égyptienne tout comme les philosophies orientales et Africaines nous enseignent que :

  • le Temps n’existe point … car il est sacré … et qu’entre deux parenthèses seul l’esprit circule !!
  • ce que nous faisons, ici et maintenant, doit rassembler toute notre attention, nos forces de méditation, d’inspiration et … notre authenticité …
  • et c’est pour cela qu’elle nous suggèrent que la recherche de la Vérité est notre seule et unique ambition, aucune irruption étrangère ni injonction du monde profane ne pouvant être tolérée. Le lieu de nos travaux étant, assurément, secret mais, aussi, sacré.
  • Nos assemblés rythmés par l’ouverture et la fermeture de nos travaux puis la présentation des « morceaux d’architecture » doivent s’inscrire dans ces deux parenthèses entre lesquelles tout espace-temps devient inconditionnel

Pour la voie dite « orientale » il sera ajouté un autre précepte :

Ne pensons point obtenir notre réalisation personnelle ni notre « réintégration dans notre statut d’origine » comme nous le suggère certains de nos rituels si nous refusions de faire comme les moines taoïstes le chemin tortueux de l’esprit de vie … re-connaitre d’où l’on vient, prendre conscience du « lieu » où nous sommes et se libérer pour accomplir sa destinée … et, chemin faisant, pratiquer la compassion et l’aide … voilà le devoir des Maçons Francs du 21ième siècle …     

Qu’écrire de plus sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm – Voie d’Eveil (Voie Orientale,  Voie Robert Ambelain et voie Misraïmite Ancienne)

Le « souverain Sanctuaire Khorshed[iii] » a rassemblé et réexaminé l’ensemble des dépôts initiatiques afin de rendre les rituels conformes aux principes que je viens de d’exposer. OIAPMM-SSKhorshed-Blanc-300x300 dans Recherches & ReflexionsNous devons juste nous convaincre de l’idée suivante :

« Une tradition (héritage culturel voire cultuel) qui ne s’actualise pas est une tradition qui meurt » … « Une tradition qui s’actualise nourrit et fortifie le passé – le Présent – et l’avenir, garantissant ainsi le respect de nos anciens (Maîtres passés :: « ancêtres ») et notre capacité à enfanter l’avenir par une belle transmission murie par le soleil de l’amour fraternel »

Malgré ce qui en est parfois dit, nos Rituels « ne sont pas longs » … ils agissent le temps nécessaires pour que notre être oppressé par des tensions profanes prenne le temps de retrouver une véritable écoute et le lien qui n’aurait jamais dû être coupé entre l’homme et son être profond …

Notre Ordre et le paysage Maçonnique actuel

Tout pourra être dit … Tout … et même son contraire sur ce sujet !!!! … Mais pour paraphraser une stance de nos rituels je dirais que « nous maçons d’Egypte nous ne prendrons jamais des vessies pour des lanternes » et que si nous dressons notre âme pour voguer dans des espaces plus subtils nous savons être rationnels et nous savons juger par nous-mêmes … Nul ne peut se présenter et déclarer être notre recteur de conscience.

Nous savons aussi que nous sommes tous des Chevaliers (Samouraïs) ou des chevaliers en devenir car nous sommes des Francs-maçons constructeurs d’harmonies exécrant l’irrespect, l’exclusion, et toutes les attitudes sectaires d’où qu’elles viennent !!!

Dès lors nous avons à imposer un comportement qui honore la Franc-maçonnerie avec toutes ses magnifiques valeurs … (Droit à la conscience individuelle, liberté d’expression, droit de l’homme et plus généralement droit du vivant, protection de l’environnement, …)

A : Le paysage Maçonnique

Voici en 2018 une première classification des sensibilités Égyptiennes selon leur adhésion à la « Grande Hiérophanie » et à la nomination Ad-Vitam des  représentants du Rite.

  • Les puissances maçonniques acceptant la gouvernance selon les principes de la Grande Hiérophanie :
  • L’OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm) :: GMG Willy Reamaker et Bernard Teuqnirt …
  • L’ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) qui comprend, aussi, les Rites Confédérés :: Joseph Castelli … en son sein nous trouvons : La Grande Loge Egyptienne de France (ex Gérard Harel) :: La Grande Loge Orientale Régulière de France (Richard Ytram) :: …
  • Le GOSRE (Le Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le Grand Hiérophante est Michel Goudard de Soulages. En son sein résident : la Grande Loge Symbolique Burgonde (François Clouzet) :: la Grande Loge Internationale régulière de Memphis Misraïm :: l’Ordre maçonnique Oriental de Memphis Misraïm (jean Pascal Tollip)
  • Les puissances maçonniques intégrant des modes de gouvernance proches du monde électoral :
  • Le GOE le Grand Ordre Égyptien du GODF (Philippe Foussier)
  • La GLMFMM puis FedMM :: Fédération de Memphis Misraïm … Bernard Champigneux
  • La Grande loge Féminine de Memphis Misraïm :: Éléonore Lecoq
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm :: Olivier Sartoux
  • La Grande Loge Traditionnelle de Memphis Misraïm Battini Jean Simon
  • L’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm:: Patrick Theron
  • La Grande Loge Symbolique de France (& Grande Loge Traditionnelle Internationale) :: Jacques Lavilette.
  • La Grand Loge Unis de Memphis Misraïm :: François Evreux
  • La Grande Loge Mixte de France :: Édouard Habrant …
  • Et dans des parties de « sensibilité Egyptienne » inclus dans des Obédiences Multi-Rites (GLISRU : Grande Loge Indépendante et Souverain des Rites Unis, GLMN : Grande Loge Mixte Nationale, GLMF : Grande Loge Mixte de France, …)

Combien sommes-nous de frères ou de Sœurs Egyptiens en France ? Disons 4200 sur 182.400 FM[iv] (répartis en 7200 loges) environ  … la France représente 5,99% de la FM Mondiale (soit 3.051.000 FM) … pour une fois les Francs-maçons Français éternels nombrilistes pourront faire acte d’humilité !!!

Le nombre d’Egyptiens (4200 :: nombre statistique selon déclarations spontanées) en France est réparti en au moins 45 Ordres ou Obédiences … Nous nous rappellerons juste que :

  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm en comptait il y encore peu de temps 1300 … (les sœurs ont récemment vécu des scissions du fait des exigences de reconnaissance du Grand Orient de France)
  • La Grande Loge mixte de Memphis Misraïm en comptait, il y a peu environ 300
  • La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (aujourd’hui Fédération de Memphis Misraïm) en comptait, quant à elle entre 250 …
  • Le Grand Ordre Egyptien du GODF (Date Naissance : 19/09/2001) … 400 …
  • La Grande Loge Mixte de France … un peu moins de 200 ? …
  • Aujourd’hui le groupe ci-dessus ne représente plus que 2450 Frères et Sœurs !!! Il sera dès lors aisé de constater, alors, que 1750 autres frères et sœurs Egyptiens se sont répartis en 40 Obédiences !!! ….  Je n’ai pas compté la dernière naissance … il y a m’a-t-on dit, un an : l’Ordre Maçonnique Egyptien Mixte International (OMEMI, un nouveau système issu de « l’Océan Indien »  ….  Donc 41 !!!

Cela nous laisse rêveur. La consistance numérique de chacune d’entre-elle, sachant que certaines ont plus particulièrement résistée et « jaugent » à plus de 150 membres !!! (Nous faisons partie de celles-là) … reste bien légère, c’est-à-dire « poids plume » …

Avant d’aller plus avant nous pouvons nous convaincre de ceci, car nous sommes bien en France et il existe dans notre pays des principes de liberté inaliénables : Les hommes et les femmes peuvent se rassembler sans avoir de « tuteur » au travers de structures de type associative (Association de la loi de 1901 et de 1905)  de ce fait :

  • Il n’existe, donc aucune obligation pour des Maçons libres dans une loge libre d’adhérer à une fédération ou une confédération …
  • Les liens entre associations relèvent de la volonté pleine et entière des signataires et des puissances qui les formalisent. Il n’appartient dès lors à aucune autres autorités de les contester sur la base de principes qui dérogeraient à la liberté de conscience, à la liberté d’expression, au droit de s’unir pour des raisons qui les concernent.

Dans le cas contraire : la recherche de « tutorat » ou tout simplement la volonté de construire entre plusieurs associations (loges) des liens de dépendance ou de contrôle hiérarchique peuvent amener certaines d’entre-elles à rechercher une adhésion à une Fédération ou une confédération … ce que nous maçons appelons  « Grande Loge » ou « Confédération Maçonnique ».  Modèle de gouvernance largement inspiré des propositions du « Pasteur Anderson ».

Ce mode de gestion est devenu quasiment la règle depuis le 20ième Siècle … L’idée étant bien acquise par la « Grande Loge Unie d’Angleterre » (GLUA) (laquelle inventa, alors, l’abaque de la « régularité »  puis pour ne pas être « en reste » par rapport à nos frères anglo-saxons, cette idée fut reprise par le Grand Orient de France (lequel nous inventa la « reconnaissance »).  Sans polémique, aucune, nous dirons, alors, que chacun peut inventer ce qu’il veut mais il sera important pour nous maçon de savoir, de connaitre puis d’accepter (ou de ne point accepter) les affres qui sont les conséquences naturelles de toutes sectarisations et/ou de tout asservissement !!!!.

Il existe pourtant une formule « le Traité d’Amitié » efficace et chargée de sens,  dont la valeur reste inestimable puisqu’elle relie, normalement, des puissances maçonniques désireuses de partager et de travailler ensemble. Mais là encore quel gâchis !!!

En voyageant sur le Web et en nous arrêtant sur le site des diverses Grandes Loges ou Ordres l’on peut constater la publication d’une ou plusieurs pages listant les traités d’amitié et de reconnaissance. Il suffira de suivre trois Grandes Loges sur leur site Internet : GL3M, GLMN, FedMM où chacune d’entre-elle a entre 10 et 22 liens d’amitié. Est-il possible pour un frère et une sœur de faire vivre : une famille, un métier, une loge, une grande loge avec, si ce frère ou cette sœur, pratique les cénacles de perfection, un atelier spécifique, sa fédération associée et enfin ses propres recherches !!!! C’est assurément le grand écart et de douloureuses lombalgies éprouvantes … quand peut-on alors parler ésotérisme ? …  Comment peut-on penser au moindre échange initiatique de fond dans ces conditions ? !!!! Ces seuls liens résident, souvent et assurément, dans des participations protocolaires lors de tenues spécifiques que les maçons désignent par le terme de « Convent ».

Pour faire bon poids et être complet : même en en notre siècle, il semble qu’au titre de la « tradition » une grande partie de l’humanité est exclue (sur le plan du principe !!!) … sans pour cela ne soulever aucune indignation.

Prenons pour critère le « sexe » une grande majorité sera masculine, … prenons celui du substrat ésotérique la presque totalité sera … judéo-chrétienne !!!

Lorsque les loges et ateliers ont choisi de s’affilier à une Grande loge. L’on doit savoir cela :

Une puissance Maçonnique dite « régulière » ou « reconnue » dans la plupart  des cas (98%) est formée de deux parties :

  • Un ensemble de loges dites « Symboliques » ou « Allégoriques » qui sont sous le contrôle administratif d’une « Grande Loge » (C’est sur celle-ci que repose le qualificatif de « régulière » si elle répond aux « Landmark » de la GLUA ou de « reconnue » si elle répond aux exigences (à géométrie variable … nous en avons pour preuve la reconnaissance discutée, actuellement, avec la GL-AMF !!! ), par le GODF
  • Un deuxième ensemble les « Ateliers Supérieurs » ou de « Perfection » qui pratiquent leur Rite sous l’autorité d’un « Suprême Conseil », d’un « collège des Rites » ou autres désignations … ce deuxième ensemble ne souffre généralement pas de « reconnaissance » ni de « régularité » … dans le cas contraire il s’agirait là d’une forfaiture. Tout le monde sait que les échelles des hauts-grades sont d’une extrême variété et personne sur le plan historique ne peut déterminer ce qui serait opportun de designer comme « juste et parfait »

Voilà donc, quelques définitions posées.

Nous pouvons … continuer … en nous focalisant sur le groupe de maçons que constituent « les Egyptiens » (Terme générique, évidemment) … Précisons tout de même ce que cela signifie :

  • Au 19ième Siècle disons qu’il existait le Rite de Misraïm (dit Rite Egyptien), le Rite de Memphis (dit Oriental … Attention pas le nôtre) et le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm
  • Au 20ième Siècle nous y trouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm
  • Au 21ième siècle nous retrouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (dans lequel s’ajoute notre Voie Orientale – Voie d’Eveil), le Rite de Misraïm, l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm mais aussi, un réémergence du Rite de Misraïm, et enfin, le Rite du Grand Ordre Egyptien (Cf. Note de fin)

Selon ces critères, nous somme 4200 Frères et Sœurs « egyptianisants »  (cf. supra). Ils se répartissent en deux catégories selon la notion de « reconnaissance du GODF » (la « Régularité » est à exclure de fait, naturellment ):

  • Les structures « reconnues » par le GODF[v],

Je reprends, ici, que celles qui pratiquent les « Rites Égyptiens » : Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (qui est devenue aujourd’hui la Fédération Memphis Misraïm … Traité signé le 29/11/2017 à Paris), Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (Traité signé le 29/05/2004), Grande Loge Mixte de France, la Grande Loge Symbolique des Rites Unis …

  • Les structures « non reconnues » par le GODF 

Dans Celles qui sont reconnues comme puissances maçonniques selon les principes de la convention de Strasbourg de 1961 et qui sont « Amies » d’une puissance maçonnique reconnue (par le GODF):

     A : OIAPMM[vi] (Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm), la Grande Loge Symbolique de France,  Grande Loge Française de Misraïm (Celle d’André Jacques, manifestement), …

B : La Grande Loge Unis de Memphis Misraïm,

C : La Grande Loge Symbolique de France,

Ici, notre attention doit être requise : « les Amis de mes Amis pourraient à priori être mes Amis ». Assertion que l’on retrouve souvent dans le monde profane, qui relève du bon sens et qui fonctionne souvent sauf cas particuliers !!!.

De façon coutumière & objective, cet aphorisme est faux au sein de la franc-Maçonnerie Française dite « reconnue » c’est dire au sein des obédiences qui ont jugé utile se mettre sous la coupe d’un « Grand Ordre » … même si celui-ci s’auto-désigne comme « Égyptien » :

là: « Les amis de mes amis sont inexistants, non advenus ».

  • Enfin Les autres… au sein des quelles l’on trouve:

Les structures dites « sauvages » …  dont certaines appartiennent au Portail des loges libres et indépendantes. Disons le franchement: il y a des loges dites sauvages qui transmettent un enseignement de première importance et … il y a des loges dites reconnues qui pourraient les envier !!!

Remarques importantes: Toutes les loges inscrites au portail ne sont pas « sauvages » !!!. J’en pour preuve que 70% d’entre-elle font partie de structures parfaitement organisées :

> La Fédération des loges libres et Souveraines (FLLS),

> L’Alliance Maçonnique Universelle (ALMA),

> Mais aussi, d’un certain point de vue, L’OIAPMM (Eh oui nous faisons partie du portail … puisque tous nos ateliers sont libres et indépendants sur le plan administratif mais par contre ils sont reliés exclusivement par une Charte Initiatique. C’est notre particularité absolue. Cette particularité nous exclut statutairement de toute « reconnaissance » du GODF puisque la « reconnaissance » est attribuée dans le seul but d’évaluer les modes de gouvernances (« fourches caudines » administrative) et d’imposer, sur le plan initiatique, l’abandon du Rite d’origine par l’adoption d’un Rite reconconstruit en 2000 sur la base de l’Echelle de Yarker en 33 degrés  (Cf. Marcos // Biasi)

  • Les structures rattachées à la grande Hiérophanie donc irrémédiablement non reconnues

> OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis (dont le dernier Grand Hiérophante présumé … le 12ième … est Willy Reamaker) ;

> ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) sous la gouvernance du Grand Hiérophante, présumé … le 12ième aussi : Joseph Castelli grand timonier de ce que l’on appelle « les Rites Confédérés » … espace dans lequel un grand nombre de sensibilités spirituelles sont rassemblées.

> GOSRE (Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le premier Grand Hiérophante se dit être (encore un) en fait le 12ième Grand hiérophante : Michel Goudard de Soulages !!!  …

  • Rajoutons aujourd’hui un phénomène nouveau : le réveil des courants qui avaient été mis sous le boisseau par le TSF Robert Ambelain … ce sont des sensibilités ésotériques allemandes et Italiennes (Naples, Venise, ..). réapparaissent, aussi, des filiations Jean Prévost, Jean Bernadac, Gian Carlo Seri, … Tous ces mouvements maçonniques n’ont pas été quantifié mais ne nous trompons point, ils sont loin d’être négligeables … et surtout nous ne savons pas encore sur quelles bases philosophiques ils sont réellement posés (Discrétion ? Secret ? )…  La position des autorités Italiennes laisse penser que la France pourrait, bien, être une Terre d’accueil. Situation intéressante quand l’on sait que la Franc-maçonnerie française (« reconnue » et la plus nombreuse) est incapable d’hospitalité sur son propre territoire.

(Je n’ai pas pu chiffrer ces deux dernières catégories … je compléterai mon analyse ultérieurement)

B : Paysage Maçonnique et Rites Egyptiens

  • Le Rite de Misraïm (Dit Egyptien),

C’est avec le Rite de Memphis Misraïm, les deux systèmes hermétiques importants. Dans le Rite de Misraïm se développèrent et se multiplièrent des degrés (hauts grades), il faut bien le dire de façon un peu anarchique. Il fut raillé par son nombre important de degrés. Railleries facile lorsque l’on est ignorant des contenus et de la valeur opérative de ses modes de fonctionnement. Le terme de   « Misraïm » se retrouve pour la première fois lors de la présentation des secondes Constitutions d’Anderson du Frère de la Tierce en 1742. « Misraïm »  désigne « l’Egypte » en Hébreux. A ce moment pourtant rien à voir avec l’inspiration de l’ancienne Egypte. La base initiatique est parfaitement Hébraïque. Une connotation Egyptienne apparait en 1767. En effet les frères de la Stricte Observance Templière et les maçons Ecossais en lien avec Fréderic de Prusse évoquent l’idée d’inclure dans le parcours initiatiques des frères un enchainement authentique sur le sentier de l’initiation : cela concerne, évidemment, l’ancienne Egypte. Le Rite Krata Repoa sera un support-soutien manifestement peu compris pour promouvoir un nouvel hermétisme. Rites païen et Rite Chrétien semblent faire bon ménage à tel point que les Frères des Rites Rectifiés s’en accommodent. Des Sources Inspiratrices

A : 1759 Les amis de Delphes « Rites des Philadelphes » travaillés dans une loge Narbonnaise (Théurgie). La fondation du rite est attribuée au Vicomte de Chefdebien d’Aigrefeuille

B : 1750-1760 des principes et des pratiques Rose+Croix ….

C : 1773, fondation à Lyon du Rite des Philalèthes dont les influences de Willermoz et de Cagliostro sont patentes. Jean solis expliquera que « Le système s’articule en trois séries : Symbolique à Ecossais, Chevaleresque avec une Rose+Croix et un Chevalier du Temple, sur trame alchimique, théosophique et Théurgique à connotation sacerdotale proche des Elus Cohen ».

D : Cagliostro et bien sûr le Rite de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy.

Deux personnages se feront concurrence : Cagliostro et le Comte de St Martin !!! Cagliostro est un Mystique, Théurge, Thérapeute et alchimiste des voies internes et externes (escroc pour d’autres !!!) … il récolte des degrés particuliers à Malte (Fonseca) et à Naples. Il se forme au mysticisme chevaleresque de Willermoz. Toutes ces aptitudes le mènent à la création en 1784 du Rite Primitif qui porte son nom. Il en devient son patriarche !!! Là réside, peut-être, la source de l’Arcana Arcanorum …

L’ensemble fut recueilli par le patriarche Gad Bédarride dans des conditions … étranges … Marc-Badarrides-01-248x300mais c’est à ce moment que furent construits les 90 degrés du Rite de Misraïm …

L’histoire nous dit que les hauts degrés furent perdus et seuls les 77 premiers degrés restèrent entre les mains des fils Bédarrides. … les degrés manquant furent réinventés par eux, naturellement dénaturés … Où sont les véritables hauts degrés ? … personne ne peut, objectivement s’en prévaloir.

  • Le Rite de Memphis (Qui est dénommé à tort  « Oriental »),

Selon la tradition de notre voie maçonnique il est écrit : « La plupart des membres de la mission d’Egypte qui accompagnèrent Bonaparte était Maçons de très anciens Rites Marconis-De-Negre-01initiatiques : Philalethes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre des frères issus du Grand Orient de France. C’est la découverte, au Caire d’une survivance gnostico-hermétique qui va, alors conduire ces frères à renoncer à la filiation reçue, jadis, par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Ainsi sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, nait à Montauban en 1815, un nouveau courant maçonnique ne devant rien à l’Angleterre : le Rite de Memphis. Si ce Rite rassemble rapidement les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c’est bien au sein de Memphis que se regroupe les demi-solde de l’ex-grande armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle.

Les personnages emblématiques :

1 : Gabriel Mathieu Marconis (33° du REAA et les plus hauts degrés du Rite Primitif … et les hauts lieux kabbalistiques en Europe)

2 : Jacques Etienne Marconis de Nègre, son fils, Hauts degrés du Rite de Misraïm, Hermétisme Ecossais et Krata Repoa Germaniques et ésotérisme Egyptien grâce à l’épisode de l’épopée Napoléonienne.

En 1816 les deux Rites Misraïm et Memphis ont le même grand Maitre général … prémices d’une prompte réunion ?  … mais après quelques vissicitudes le Rite reprendra ses travaux le 23/03/1838. Le 30/04/1838 verra la constitution de la Grande Loge d’Osiris et les statuts du Rite déposés le 11 Janvier 1939.

Le Rite sera reconnu par le GODF en 1862 …

L’on notera que selon certains « témoins » Bonaparte aurait été initié Franc-Maçon dans Bonaparte-Arcole-02la loge « ISIS » au Caire. Le Vénérable Maître en aurait été « le Général Kleber ». Salvatore Avventore Zola écrit : qu’exactement en Aout 1798, Napoléon reçut les transmissions des antiques sages de l’Egypte. Cette initiation aurait été faite dans la pyramide Chéops. Ainsi naquit, sans doute le premier foyer « Memphis » en Egypte. En 1815, le 30 Avril à Montauban fut fondée la première loge en France sous la désignation « des Disciples de Memphis » par Sanuel Honis, Gabriel Mateo Marconis de Nègre, la Baron Dumas, le Marquis De Laroque et Hyppolite Labrunie.

  • L’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm,

Ce rite est essentiellement pratiqué en Italie au sein du GSA (Grand Sanctuaire Grand-Sanctuaire-Adriatique-03-300x281Adriatique) il est masculin mais admet des « loges d’adoption » féminines (pour lesquels la présence d’un « homme », patriarche de surcroît est requis !!! son fondement : La Grande Hiérophanie et l’accès à l’Arcana Arcanorum. Ce dernier est, selon cette puissance maçonnique, défini par Jean Pierre Judicelli de Cressac Bachelerie dans son livre « de la Rose Rouge à la Rose d’Or » (Cet enseignement concerne la Théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des Eons-Guides qui doivent prendre le relais afin de faire comprendre un processus mais, aussi, une voie Alchimique très fermée qui est un « nei-tan » (voie Interne)). Cette version de rite égyptien est naturellement très intriquée avec les autres essences « Memphis Misraïm » mais s’inspire, aussi, de sources très anciennes (Venise). La maitrise est basée sur le thème du « Mythe Osirien » et les autres degrés détermineront l’aptitude de chacun à progresser sur un plan opérationnel et non intellectuel. L’astrologie et la Kabbale seront nécessaires pour l’accès aux arcanas (le retour à l’Unité). Leur grande Hiérophanie souscrit à une transmission de noblesse spirituelle. Dans ce cadre leur  « in Memoriam » souligne l’autorité des : marc Bédarride, Marconis de Nègre, Marco Edigio Allegri, Ottavio Ulderico Zasio, Gastone Ventura, Sébastiano Caracciolo …

  • Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (Historique),

Le Rite ancien (REAA) et Primitif (Narbonne : hermétique et opératoire) de Memphis Misraïm résulte de la fusion effectuée, en 1881, entre le Rite de Memphis et celui de Misraïm sous la gouvernance de Giuseppe Garibaldi, Franc-maçon, général de l’Armée Italienne qui fit l’Unité Italienne. « Italia fara da se »  …

Ce rapprochement sera, évidemment, violemment rejeté par le Grand Orient d’Egypte (fondation 1856)

Rapidement brossé les deux premiers degrés ont une connotation égyptienne, le 3ième fait référence au Mythe de Salomon, puis du 4ième au 33ième le rite suit celui du Re2a dans les « stations » mais pas totalement dans les messages initiatiques, du 34ième au 68ième il développe la philosophie maçonnique et restitue les Mythes Anciens et enfin les suivants qui seront d’essence Théurgiques et Alchimiques.

Le 66ième degré consacre « une Eglise Intérieure » en relation avec le Gnosticisme assis sur une gnose de type Judéo-païenne  (Ordres Mineurs, Ordres Majeurs, Prêtrise, Episcopat) sensé s’inspiré du « Temps du Christianisme Primitif » … Ce degré donne assurément à ce Rite une « Régularité Sacerdotale »

Concernant les fameux « arcanas », couronnés de « l’Arcana Arcanorum », l’Arcane des arcanes ils donnent titre de Sublime Maître du Grand Œuvre. Il signifie, à priori, pour le titulaire sa réintégration dans l’Unité et sa capacité à avoir construit son « corps de Gloire ».

C’est pour ce faire que ces arcanas décernent « les secrets oraux de Naples » au « cherchant » et sans doute pour l’occasion « au souffrant » !!!

Les Adeptes « Egyptiens » progressent ainsi selon un cheminement individuel guidé par un déambulatoire le plus complet possible sur le plan initiatique. 4 caractéristiques peuvent, aujourd’hui, être recensées :

  • Les Rites judéo-chrétien de Robert Ambelain
  • Les Rites Orientaux … Il y en a quelques-uns … mais à ma connaissance seul l’OIAPMM est en lien avec des « pratiques » d’inspiration extrême orientale …

A : l’OMOMM (Ordre Maçonnique Oriental de Memphis-Misraïm). Leur filiation est celle de Bricaud – Constant Chevillon – Ambelain & Bricaud – Constant Chevillon – Chambellan.

B : ROM (Rite Oriental de Misraïm) : Cette puissance Maçonnique puise dans les Antiques Traditions du bassin méditerranéen … Pythagoriciens, Auteurs Hermétiques Alexandrins, Néoplatoniciens, Sabéen de Harrân, Ismaéliens … en 1792 des sources de Misraïm de l’Ile de Zante …

C : l’OMORAPMM (Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm en France … Voici une nouvelle résurgence de lignées Italiennes … ce que l’on peut dire c’est que cet Ordre reçut patente le 09/02/1988 des mains de Giancarlo Seri

D : Au sein de l’OIAPMM:

Cette puissance Maçonnique fait bien partie de la famille que nous décrivons mais il nous faut souligner leurs spécificités. Il n’y a que 3 degrés (Cela répond au critère de tous les systèmes maçonniques) : Apprenti, Compagnon et Maître.   Le degré de Compagnon est réservé à l’apprentissage des 7 Arts Royaux (et libéraux) ainsi qu’au contact avec certains philosophes emblématiques au regard de l’évolution des sociétés et civilisations. Le degré de Maitre est transmis selon la référence au mythe Osirien (pour la voie Orientale), la voie Robert Ambelain conserve la référence du Mythe d’Hiram..

Les autres « degrés » sont en fait des « Stations initiatiques » que les Maîtres rencontrent lors de leur cheminement dans le Rite. Et pour certaines d’entre-elles, il est réveillé (en complément des degrés classiques) de nombreuses sensibilités Egyptiennes, extrême-Orientales tel que le Chevalier de Mercy (Siddhârta Gautama), … , Patriarche des Védas Sacrés, …  

  • Les Rites Anciens,

Cf Supra (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Régime Ecossais Primitif, Stricte Observance, Gnosticisme, Celtisme, Rose+Croix, … ) … au sein desquels, à ma connaissance, des Ordres font références: l’OMRA (Ordre Maçonnique des Rites Anciens), des Grands Prieurés (GPDG, GPIDF, GPERRO, GPSDF, GPITDG, …).

  • La grande Hiérophanie

C’est un système de gouvernance qui implique qu’un Grand Maitre Général ou un Grand Maitre National est nommé Ad-Vitam et qu’il possède l’autorité absolu pour désigner son successeur … à priori la statut minimum, pour un Grand Maître Général (Mondial, donc), est de posséder la connaissance au plus degré d’au moins trois voies Initiatiques. En général un Rite Egyptien, un Episcopat Gnostique, une voie Martiniste ou un Ordre Rose+Croix ou Kabbalistique …

Au sein de cette spécificité l’on trouvera le GSA, l’OIRAPMM, le GOSRE, l’ORUMM, ….

L’OIAPMM, comme le GOE, la FedMM, la GLMMM, …, ne sont donc pas concernés

  • Le Grand Ordre Egyptien[vii] (GOE) … il fut fondé la même année que notre voie initiatique !!!

Il est une juridiction de « hauts-grades » maçonniques travaillant au « Rite Ancien et Sceau-revu-BDMIPrimitif de Memphis-Misraïm » pratiqué selon une échelle en 33 degrés établie par Jacques-Etienne Marconis de nègre[viii], fondateur du Rite de Memphis, lorsqu’il entra dès 1862 au Grand Orient de France avec son rite. Celle-ci fut analysée et travaillée avec  l’aide de son Premier Grand Maître Adjoint, Ludovic Marcos, sans oublier la haute inspiration du frère Jean-Louis Biasi …

Le plan ésotérique prévu par le GOE institue un parcours conçu comme suit : « Les rituels et les travaux plongent le cherchant véritable dans l’Egypte alexandrine creuset des cultures, philosophies et religions de l’Egypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés. Cette quête conduit nombre de participants vers la fameuse inscription qui ornait le temple d’Apollon à Delphes « connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». Pour cela, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés n’emprunte rien aux autres rites. Contrairement à l’échelle en 95 degrés du même rite, celle en 33 degrés n’utilise pas les grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Les rituels n’ont aucun lien avec la légende d’Hiram ou toute autre connotation judéo-chrétienne puisque ses fondamentaux sont préchrétiens ».

En 2018 … nous sommes contraints de constater une règle absolue imposée par le GODF … « toute puissance maçonnique qui souhaite être « reconnue » doit mettre en œuvre à court terme les rituelies prévue par le GOE[ix] ».

Ceci signe la disparition d’une grande partie du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm historique (Celui issu de Robert Ambelain, Gérard Kloppel … et si l’on sait compter : 2200 « reconnus » … implique 2000 « non reconnus » …

C : enfin : Organisation de l’OIAPMM (Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm)  pour y voir plus Clair

  • Il appartient au portail des loges libres et indépendantes (130) qui regroupe :

La Fédération des loges Libres et souveraines (FLLS) … Multi-Rites, L’alliance Maçonnique Universelle (ALMA) … Multi-Rites, Nous-mêmes (OIAPMM) … Mono-Rite, et enfin une quarantaine de loges résolument indépendantes. Lesquelles pour l’essentiel ne sont pas égyptiennes.

Dans ce portail une loge de recherche de première importance éditrice « d’une parole circule » la Respectable Loge Sud-Rosa à Genève, montre la qualité du travail accompli.

  • Nous respectons les lois de nos pays de rattachement et chaque loge ou atelier a signé la charte des loges libres et indépendantes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Charte qui est sous le contrôle du  « Souverain Sanctuaire Khorshed ».
  •  Dans le cadre de sa partie initiatique notre système est conçu comme un « Ordre » et non comme une Obédience.  Son Assise est définie par trois degrés : « Apprentis », « Compagnons » et « Maîtres ».

> Apprentis ou la prise de conscience de Soi …

> Compagnons ou l’Apprentissage des 7 Arts Royaux, l’approche de la philosophie et la maîtrise de « ses sens ».

> Maîtres … le compagnonnage dans les sources philosophiques, Métaphysiques, Mythologiques et ésotériques (terme générique, évidemment) … avec en fin de parcours les travaux très individuels sur ce que l’on désigne sous le terme « Arcana Arcanorum». Ce parcours s’effectue sans notion de hiérarchie en 27 Stations réelles abordées par la « voie de l’initiation » …

  • Nous respectons les termes et l’esprit de la « Convention de Strasbourg du 22/01/clipsas011961 ». Nous somme en liens avec des structures qui elles-mêmes sont garantes de cet esprit :

> L’ex GLFrMM (Grande Loge Française de Memphis Misraïm) devenue Fed MM (Fédération Memphis Misraïm) (sur le plan National),

> La GLNC (Grande Loge Nationale du Canada (sur le plan International),

Nous avons, également, voulu rendre hommage à l’immense travail fourni par notre TSF Robert Ambelain en y ajoutant, dans nos relations, des courants qui ont constitué  les soubassements de notre Rite. Ainsi nous comptons parmi nos traités d’amitiés :

> L’Ordre Illustre de la Strict Observance Templière,

> L’Union Maçonnique Européenne,

> L’Ordre des Rites Anciens

  • Pour cette raison, nous avons choisi d’être clair dans notre mode de gouvernance :

> Une Charte qualité qui règle les modes de transmissions selon notre échelle à 3 degrés (AA ::CC ::MM) et 27 Stations (pour les Maîtres) de Transmission Rituellique et 3 de directions plus des dossiers d’instruction complémentaire. (Là il s’agit bien de degré transmis rituelliquement dans une Échelle en 95-96-97 degrés)

> Une « grammaire maçonnique » basée sur une rituelie non abrégée pour permettre l’examen en profondeur des suggestions proposées par le Rite

> Un mode de travail qui respecte la sensibilité de chacun … faisant, ainsi, de la loge un lieu sacré où partages et confrontations trouvent un espace serein d’expression (Non-jugement et respect des formes d’expression – être Franc-maçon c’est savoir écouter et accepter la diversité des « savoir-être ».

> Un système de recrutement appuyé sur les us et coutumes de toutes les maçonneries traditionnelles (Enquêtes, Passages sous le bandeau pour notre Rite et Publications)

> Des Loges et Ateliers construits, sacralisés et protégés des indiscrétions profanes selon les pratiques traditionnelles qui nous ont été transmises.

Conclusions Temporaires, évidemment …

Au travers cet exposé nous l’aurons compris : rien n’est simple. Mais l’on peut en tirer une leçon.

L’essentiel de la franc-maçonnerie est anglo-saxonne (avec une qualité recherchée la Régularité) … un ilot est Française (avec un statut désiré: la reconnaissance) … cette maçonnerie est à 99% Judéo-Chrétienne c’est-à-dire référent à une culture assise sur l’inspiration hébraïque et Christique. Elle est occidentale et se dit « Universelle ». Pourtant n’importe quel philosophe (je dis bien « philosophe ») sincère et sérieux ne pourrait affirmer que cette « désignation-jugement » soit conforme à la réalité.

Cette maçonnerie se rassemble (toujours pour l’essentiel)  au sein de Rites : le Régime Ecossais Rectifié (1778), le Rite Ecossais Ancien et Accepté (1801), le Rite d’York, le Rite Emulation (1823), le Rite Français 1783) … gérés par un nombre d’ordres et d’obédiences limité…

Notons encore le Rite Standard d’Écosse (Historique) de la famille du Rite Émulation, le Rite Suédois (1759), le Rote Primitif d’Écosse (1598), Le Rite Opératif de Salomon (1974), le Rite Écossais Primitif (Ambelain 1985)

Une infime partie de la maçonnerie est dite « Egyptienne » (Terme générique évidemment). Elle est gérée par un nombre « incalculable » d’officines Maçonniques. Elle pratique de nombreux Rites issus de courants ésotériques très divers.

En son temps (il y a un demi-siècle) le TSF Robert Ambelain avait réussi à rassembler « presque » tout cela (après la guerre de 1939-1945) en une seule structure !!! … après 40 ans d’excellents travaux de fondation il n’a pas fallu 10 ans pour qu’une tour de Babel s’érige en lieu et place de cette fondation dite » moderne.

Notre Rite le RAPMM est assurément universel puisque son contenu l’est !!! Il aurait pu être servi par des frères puis des sœurs qui auraient pu prendre cette caractéristique pour en faire un Rite référent pour notre 20ième et 21ième Siècle … relier, rallier  « l’Orient & l’Occident » … mettre toutes les cultures du monde dans un même creuset !!! Quelle magnifique perspective !!! … il ne nous faut pas être nombreux … il nous faut être des penseurs accompagnant l’émergence d’une nouvelle forme de travail maçonnique au service de nos civilisations

Après ce travail, trop rapide, en effet, il faut « remercier » le GODF  !!! et « apprécier » son choix Rituélique recadrant des sources de savoir et de connaissance (notamment le Grand Ordre Égyptien) … Il réalise ce que nos dirigeants d’aujourd’hui n’ont pas su conserver … Il accueille, dès lors en leur sein et dans le sein des officines qu’il reconnaît, des frères et des sœurs qui ne sont plus en mesure de valoriser les dépôts maçonniques transmis par nos anciens. C’est tant mieux s’il existe une telle possibilité pour celles et ceux qui cherchent un chemin tout tracé au sein d’une pensée quelque peu « prêt-à-porter », il est vrai …

Comprenons que la moitié de « l’infime partie » que nous venons d’évoquer reste fidèle aux transmissions que nous avons reçues et plus encore en ce qui nous concerne. Comme un excellent compagnon nous avons fait un pas de côté pour revenir dans l’axe de notre trajectoire. L’OIAPMM voie Orientale (Voie d’Eveil), Voie Robert Ambelain et d’une Voie d’étude sur la sensibilité Misraïmite s’est, alors, assigné une lourde tâche … Celle d’être des continuateurs de la richesse du passé, de faire vivre une réelle universalité grâce à un compagnonnage judicieusement organisé et enfin celle de faire respecter notre droit à la différence … (nous exécrons l’inhospitalité, l’exclusion et toutes formes de ségrégation ou de sectarisme revoyant toutes celles et tous ceux qui les pratiquent à leur enfermement doré).

Rappelons-vous : aucune loi n’oblige quelqu’un à recevoir chez elle quiconque …  cela est valable pour toute organisation !!! même associative … même maçonnique …

Par contre la chaleur d’un partage quand il est voulu et désiré est le véritable signe d’une fraternité assurément maçonnique car au-delà du plaisir d’être ensemble il y a cette magnifique générosité de transmettre ce que nous avons appris, vu et vécu.

Nous entendons bien le discours de nos frères et de nos sœurs qui par des incantations constantes voudraient défendre notre modèle de société (occidentale) basée sur « la Liberté, Égalité et la Fraternité » mais qui en même temps ferment les portent de leurs temples où laissent d’autres frères et nos sœurs dans l’ombre ou sur le bord du sentier de peur que ……..  au titre, bien sûr, d’un ségrégation d’un autre temps. Frilosité ? Servilité ? Peur d’une différence qu’ils portent pourtant haut et fort en burinant dans leurs travaux la stance  remarque d’Antoine De Saint-Ex « Si tu es différent de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » (Citadelle 1948 … j’avais 3 ans … )

Nous Maçons de la Terre Égypte nous construisons la truelle à la main et l’épée de l’autre …  Nous serons aimés si nous sommes porteurs de futur dans le cas contraire nous resterons à tout jamais dans l’amalgame et prisonniers d’un passé qui n’est plus audible dans notre siècle.

Dès lors l’Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm est fondé sur des principes très clairs :

1: Liberté de Conscience

2: Liberté d’investigation totale

3: l’accès à la connaissance n’admet aucune entrave

4: Universalité de notre recherche et confrontation avec « la science » (terme désignant toutes les sciences)

5: Aucun ancrage National obligatoire

6: Respect des filières initiatiques que la tradition nous a transmises

7: Respect inconditionnel à la convention de Strasbourg de 1961 …. Convention qui a aujourd’hui plus d’un demi-siècle !!! Sans oublier notre contribution incessante au respect des droits de l’homme et notre action pour la protection de notre planète.

8: Respect des modes de gestions profanes en fonction du pays uniquement sur les plans juridiques et Fiscales

Un constat simple : en dehors de toute autre argument l’idée de « reconnaissance » est, dès lors, pour nous exclut compte tenu des contraintes associées à ce qualificatif

Un désir, voir un Appel

J’ose rêver, dans un premier temps, à une École des mystères Universelle et Libre d’Égypte assise sur des Rites référencés comme « Égyptiens » (c’est-à-dire dont la portée couvre l’Orient et l’Occident ainsi que la totalité des durées de vie des diverses civilisations ayant enrichi notre héritage philosophique et spirituel) … représentés par des Emule-Logo-02-400-1-300x300Organisations Maçonniques respectant les termes d’une Charte (telle que la nôtre, par exemple). Organisations qui permettraient un partage et un échange harmonieux dans le respect de la diversité pédagogique de transmission des savoirs et de la connaissance mis en place patiemment par chacune d’entre-elle. Une telle École des Mystères Universelle et Libre (EMULE) dont la seule mission serait la garantie de la qualité des dépôts initiatiques et la régularité des transmissions. La Franc-Maçonnerie de demain ne peut être basée que sur ces valeurs et l’autonomie responsable de ses animateurs quel que soit les modes de gouvernance profanes. La Maçonnerie de demain est une Maçonnerie d’éveil individuel et de compassion pour tout ce qui touche la création.

Il y a de multiple solutions pour donner réalité à cette idée … reste à le vouloir

Pour ce qui est des valeurs statistiques, je confesse la difficulté de pointer sur un « état des lieu » vrai … il est de l’intérêt de tout maçon désireux de faire rayonner son rite et son Obédience/Ordre de connaître son environnent. Petit il aura à cœur de faire savoir son existence et sa spécificité, Important il prendra conscience de la diversité de la « Canopée » Initiatique et Franc-maçonnique. Je remercie par avance celles et ceux qui m’informeront sur platon-gerard@vorap2m.com … leur Obédience, leur(s) Rite(s) et plus particulièrement Égyptien, nombre de membres, nombre de loges, nombre ateliers de perfection (terme générique pour toutes formes d’ateliers spécifiques). Dès lors, je pourrai fournir un ou deux tableaux de lecture … pour information seulement, évidemment !!! … Qu’en est-il pour 2017 ..

Gérard Baudou-Platon,

Président du Souverain Sanctuaire Khorshed


[i]… Sans nous insinuer dans les « questionnements » d’autrui je peux reproduire partie d’une publication sur Hiram.be (en voici le lien pour une étude complète : http://www.gadlu.info/gldf-scdf-peripetie-au-reaa.html …)

La Grande Loge de France (GLDF) remet en cause son autonomie, son indépendance et sa souveraineté par rapport au suprême conseil de France (SCDF) !

La bombe est lâchée : le Grand Maître Philippe Charruel, qui va descendre de charge dans un mois, vient de signer en catastrophe un décret destiné à interdire aux membres de la GLDF de poursuivre leur parcours dans le REAA en dehors du SCDF. Du moins c’est ce qu’il faut comprendre dans le préambule du décret, car le texte du décret lui-même est incompréhensible, jésuite, et rédigé dans des termes abscons.

DECRET – CF DU 18 05 2018

Le Grand Orateur de la GLDF demande aux loges de la GLDF d’intenter une action en justice maçonnique contre leurs membres qui auraient rejoint le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA.
En effet, nous avons appris que depuis 2017 plusieurs membres de la GLDF et d’autres obédiences ont décidé de poursuivre leur parcours du REAA en dehors du SCDF, en créant une alternative à
cette noble institution. Cette alternative s’appelle le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA. Or, cela déplaît profondément aux hiérarques du SCDF (comme on l’a déjà lu sur gadlu.info.). Ils font donc pression sur le Grand Maître de la GLDF pour mettre immédiatement fin à la participation des FF à ce nouveau suprême conseil.

Evidemment une telle situation ne doit pas pouvoir exister sauf à bafouer les plus élémentaires droits individuels … la maçonnerie dite « officielle » marche sur la tête !!!


[ii] Rappelons ici que, selon la règle posée par notre TSF Gérard Kloppel, pour être Grand Hiérophante il était convenu que l’impétrant devait être titulaire du plus haut degré dans 3 voies différentes. Notre TSF Robert Ambelain était au moins dépositaire des hauts degrés de Memphis Misraïm, de l’Eglise Gnostique (EGA), Réaux-Croix … ajoutons OKCR, Martinisme, …


[iii] Son président est :

  • Maître Maçon issu de GODF ayant travaillé au RFM durant 14 ans
  • Grand Patriarche grand conservateur du Rite soit un 95ième du RAPMM
  • Grand Patriarche grand consécrateur du Rite soit un 66ième du RAPMM
  • Grand Profess du Régime Ecossais Rectifie Eques a Vitus Fidéïs
  • Evêque de l’Eglise Gnostique : Tau Synésios de Cyrène n° 146 dans la filiation apostolique de Pierre
  • Membre de l’Ordre de la Rose Croix d’Orient.
  • Hermite dans les philosophies extrêmes orientales (Bouddhisme Tibétain et Taoïsme)

 


 

[iv] Franc-maçonnerie en France … Quelques chiffres statistiques datés 2014 par Hiram.be

Puissance Maçonnique Membres % Sœurs
GODF 50.000 2,60
GLDF 33.000 0,00
GLNF 25.000 0,00
FFDH 17.000 67,00
GLAMF 14.700 0,00
GLFF 14.000 100,00
GLMF 4.900 45,00
GLTSO 4.700 0,00
GLEFU 2,400 22,50
GLMU 1.400 52,00
GLFMM 1.300 100,00
OITAR 1.200 50,00
GLTF 1.100 0,00
GPDG 1.000 0,00
GLCS 550 47,00
GLFMM 500 25,00
GLIF 300 0,00
GLISRU 280 45,00
GOTM 140 33,00
GLNIRF 100  
     
LNFU (LNF+LNMF) 194  
OIAPMM 150 30,00
…. 27.986  
Total France 182.000  

[v]  Avant toute chose … Quelle légitimité à le GODF dans cette fonction de distribuer les « reconnaissances » … laissons les frères et sœurs juger eux-mêmes l’article premier de leur Grande Constitution :

« ARTICLE PREMIER

La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité … »

L’on pourra immédiatement faire un lien avec l’objet de nos Grandes Constitutions qui stipule que nous sommes une institution essentiellement Symbolique, Philosophique et ésotérique et …  que nous sommes indifférents à tout mode de gouvernance des peuples ou tout mode d’organisation sociale à conditions que celui-ci respecte la libre conscience, la libre expression, les droits de l’homme et de toute forme de vie !!!!

Pourtant voici un extrait de la Circulaire n°1-2013-2014 du 16 Octobre 2013 émise par le GODF

Cette circulaire précise que 97 Obédiences sont reconnues par le GODF …

Dont 14 Françaises (avec la date de leur dernière validation …

1965 : GLTSO :: 1972 GLDF :: 1973 LNF :: 1975 FFDH :: 1982 GLFF :: 1993 :: GLFMM(*) (les Robes Blanches – Historique Robert Ambelain) :: 1993 GLMU :: 1993 GLMF(*) :: 2002 GLNF(**) :: 2003 GLISRU(*) :: 2003 OITAR :: 2003 GPG :: 2003 GLfrMM(*) (Elle est devenue Aujourd’hui Fédération Memphis Misraïm) et enfin 2010 GL3M(*)

Aujourd’hui (en 2018) suite à une récente « OPA » du GODF facilité par l’errance de nos Frères et Sœurs de nos Rites nous devons préciser que :

– le changement de nom de GLfrMM en Fédération Memphis Misraïm nécessite la publication officielle d’un nouveau protocole (lequel est en cours)

– le GODF pour renouveler ses accords de reconnaissance exige pour les rites égyptiens la pratique du Grand Ordre Egyptien. La conséquence directe est l’abandon du RAPMM Historique. Démarche accepté par :

/ La FedMM ::

/ La GLFMM (Robes Blanches … d’où une implosion qui a eu de lourdes conséquences notamment scission d’une partie de ses membres … elles étaient 1300 .. nous n’avons pas encore d’informations sur les nouvelles répartitions … 3 loges ont déjà rejoint le FedMM …)

/ La Création de la GLMN (Multi-Rite) qui possède un couple de loge travaillant aux Rites Egyptiens … la GLMF

(*) Au sein de ces puissances maçonniques sont pratiqués les Rites Egyptiens

La « reconnaissance » implique alors l’adoption de l’échelle Yarker en 33 degrés (Biasi) … de ce fait chaque obédience reconnue a reçu patente du GOE du GODF. Elle se doit de ce fait de créer, en son sein,  un Grand Ordre Egyptien à la tête duquel est nommé un « premier Grand Patriarche Grand Conservateur » de la dite échelle …

Ce GOE au sein de l’obédience est composé d’une Chambre d’Administration dont la mission est de gérer administrativement la progression initiatique … cette Chambre est composée de 33ième de l’Ordre … Elle ne semble pas statuer sur les degrés transmis par le Suprême Conseil (04-30) mais seulement sur les degrés 31 à 34 …

Trois structures sont créées pour coordonner tout cela : Les Souverains Collèges Egyptiens, l’Académie Egyptienne, le Souverain grand Conseil …

Le premier patriarche est chargé de l’exécution de ces dispositions.

(**) Cette puissance maçonnique est titulaire de la Régularité c’est-à-dire qu’elle respecte scrupuleusement les « Landmark » imposée par la GLUA (Grande Loge Unie d’Angleterre grande inspiratrice des « Constitutions d’Anderson » !!! comme quoi la conscience et la rigueur du GODF est à grande Géométrie Variable !!)

Ci-dessous les 12 points qui constituent ces « landmarks »

  1. La franc-maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’univers.
  2. La franc-maçonnerie se réfère aux sources de la fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la régularité de la juridiction.
  3. La franc-maçonnerie est un Ordre, auquel ne peuvent appartenir que les hommes libres et respectables, qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.
  4. La franc-maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’humanité tout entière;
  5. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres la pratique exacte et rigoureuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la connaissance par les voies spirituelles et initiatiques qui lui sont propres.
  6. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et des croyances de chacun. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse, politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règnent une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.
  7. Les Francs-maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Loi Sacrée, afin de donner au serment prêté sur lui le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.
  8. Les Francs-maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où sont toujours exposées les trois grandes lumières de l’Ordre’: un volume de la Loi sacrée, une équerre et un compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité, et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements généraux de l’obédience.
  9. Les Francs-maçons ne doivent admettre dans leurs loges que les hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur, loyaux et discrets, dignes en tous points d’être leurs frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Éternel.;
  10. Les Francs-maçons cultivent dans leurs loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.
  11. Les Francs-maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.
  12. Les Francs-maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.

[vi] Quand même une petite parenthèse … le Président du Souverain  de l’OIAPMM est un Maître du GODF … un Maitre de la GLMFMM historique donc reconnu par le GODF et de surcroit ancien fonctionnaire de l’Etat et donc sait, connait, et défend la liberté de penser, de conscience et prône l’amour entre toutes formes de vie … ce qui ne semble, tout de même, pas le cas nombreuses structures maçonniques dites « reconnues » qui sèment exclusions et souffrances à celles et ceux qui leur ont fait confiance …


[vii] L’un des points notables est de délivrer l’enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d’une échelle de 33 grades :

  1. Maître Discret
  2. Maître Sublime-Maître des Angles
  3. Chevalier de l’Arche Sacrée
  4. Chevalier de la Voûte Secrète
  5. Chevalier de l’Epée
  6. Chevalier de Jérusalem
  7. Chevalier d’Orient
  8. Chevalier Rose-Croix
  9. Chevalier de l’Aigle Rouge
  10. Chevalier du Temple
  11. Chevalier du Tabernacle
  12. Chevalier du Serpent
  13. Sage de la Vérité
  14. Chevalier Kadosh
  15. Chevalier du Royale Mystère
  16. Grand Inspecteur
  17. Philosophe Hermétique
  18. Patriarche Grand Installateur
  19. Patriarche Grand Consécrateur
  20. Patriarche Grand Eulogiste
  21. Patriarche de la Vérité
  22. Patriarche des Planisphères
  23. Patriarche des Védas Sacrés
  24. Maître Egyptien Patriarche d’Isis
  25. Patriarche de Memphis
  26. Patriarche de la Cité Mystique
  27. Sublime Maître du Grand Œuvre
  28. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine
  29. Prince de Memphis
  30. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les degrés en vert sont transmis de façon rituelique les autres sont travaillés sur « document »


[viii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Étienne_Marconis_de_Nègre


[ix] Après les trois premiers degrés … les fondateurs du GOE expliquent :

« Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l’Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d’Isis et dans l’Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l’objet d’une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques. »


[x] Selon les Statut du GODF voici la définition qui serait recevable … « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité » … Il y a, naturellement loin de la coupe aux lèvres !!

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A propos Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix … Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l’Administration des Postes, Télécommunications et de l’Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l’Association l’Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d’Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail

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SOURCE : http://gerardplaton.neowordpress.fr/2018/06/13/un-paysage-maconnique-un-ordre-un-reve-un-appel/

LA PESTE CORDONITEUSE 27 juillet, 2018

Posté par hiram3330 dans : Humour , ajouter un commentaire

J Y M, un lecteur de GADLU.INFO avait publié dans un commentaire ce texte « humoristique« , en indiquant :

  • « Voici une pastiche de Jean de la Fontaine. Toute ressemblance avec le texte de l’auteur d’origine est voulu et n’a d’autre but que d’exciter«

Je le retranscris aujourd’hui dans un article à part entière !


humour maç

LA PESTE CORDONITEUSE

Un mal qui répand la terreur

Que l’Architecte en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre

La cordonite étant son nom,

Dans le temple de Salomon

Faisait aux Francs-Maçons, la guerre.

N’y succombant pas tous, tous en étaient frappés

Et l’on n’en voyait plus, de vraiment occupés

A rédiger de planche, ou à toute autre envie,

Même le Ri-tu-el n’exitait plus leur vie.

Il semblait que chacun s’égarait sur la voie

En n’ayant plus d’amour, et partant plus de joie,

Le Grand Maître – en conseil – déclara « mes amis,

Je crois que le ciel a permis

Pour nos péchés cette infortune

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du Céleste courroux

Peut-être obtiendra-t-il, la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents

On fait de pareils dévouements,

Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence,

Mais par ordre de préséance

En respectant toute allégeance,

L’état de notre conscience

Pour moi, satisfaisant mes appétits de Gloire

Dans un poste, il est vrai tout à fait provisoire,

Je me suis revêtu de mon beau sautoir blanc

Et de mon tablier, brodé d’or et d’argent,

Allant de-ci, de-là, jouer à la vedette

>Y compris chez ceux de « Condorcet-Brosolette »

Il se peut qu’en ces faits réside mon offense

Je me dévouerais donc, s’il le faut, mais je pense

Qu’il est bon que chacun s’accuse, ainsi que moi,

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse ».

Très respectable Ami, vous êtes trop bon roi, dit le Grand Chancelier,

« Vos scrupules font voir trop de délicatesse

N’allez donc pas vous humilier.

Vous visitâtes tant de sotte espèce

de petits maçons de Province,

Vous êtres leur Prince,

Allant de leurs travaux jusqu’à faire l’éloge,

Et dans leur propre Loge

Est-ce un péché ? Mais non, vous leur fîtes Seigneur,

Au contraire, à chacun, infiniment d’Honneur »

« Ou bien », – dit le Grand Chancelier –

« Je vais, dans mon propre atelier,

M’accuser d’être aussi, un Cor-do-ni-to-mane,

Moi, qui depuis longtemps, de Brusselles à Lausanne

Transporte mes décors

En argent et en or »

Mais non, dit le Grand Secrétaire,

« Le coupable, c’est moi, voilà mon affaire :

Oui je suis un cordoniteux,

Sans être pourtant vaniteux,

Car en tant qu’inspecteur de nombreux ateliers

Je me dois de venir, revêtu du collier

De ma haute fonction

Mais sans ostentation. »

Ainsi, dit le Cher Frère, et les flatteurs d’applaudir

On n’osa trop approfondir.

Le Conseil Fédéral, tout entier, défila,

Avec cordons, sautoirs et autre falbalas

Le jury fraternel acquitta

Tous les Grands Officiers

Ne retenant contre eux, pas le moindre Iota,

Se comportant ainsi, en parfait justicier.

Ce fut alors le tour des Frères Vénérables

Et chacun, de son mieux, fit amende honorable

« C’est vrai – dit l’un – J’ai cherché les cordons,

Les honneurs même, les présidences,

J’en demande aujourd’hui dix mille fois pardon

En mesurant, hélas, mon degré d’impudence »

« C’est vrai -dit l’autre aussi –

Longtemps sur ma colonne, assis,

J’ai lorgné bien souvent

Sur le premier maillet

Et le fauteuil douillet

Qui se trouve au Levant »

Et je fais, aujourd’hui, devant vous, mille excuses

Car je sais maintenant, combien le pouvoir use »

« Assez, cela suffit – dit le Grand Maître – Enfin

Vous avez fait votre devoir

Et n’avez pas pu décevoir.

Mais nous ne pouvons pas, rester sur notre faim,

Il nous faut trouver un coupable

Dont le délit soit tout à fait indiscutable

Qu’on s’informe un peu mieux par devers ma maîtrise

Car c’est peut-être là, qu’il faut chercher traîtrise ».

Alors un vieux maçon, blanchi sous le cordon

S’approcha de la barre et demanda pardon

De porter dans le Temple un tablier brodé

Et partout frangé d’or, bien qu’un peu trop fripé.

» J’a i- dit-il un grand tort, devenu vieille cruche

De m’accrocher encore à cette fanfreluche  »

» Mais non – dit le très cher, très cher, Grand Trésorier –

Tu as bien mérité ce joli tablier

Cinquante ans de travail et de capitations

T’ont largement valu cette décoration »

Un maçon ,Maître

Dit  » J’ai été encouragé

Par quelques-uns, à postuler

Dans les Ateliers Supérieurs

Et j’en ai fréquenté plusieurs

Je me dois de me dévoiler.

J’ai travaillé en perfection

Puis en amour, puis en action,

J’ai porté différents sautoirs :

Bleu, puis pourpre, et rouge et puis noir,

Et maintenant j’en porte un : blanc,

Cela peut paraître troublant ?  »

« Mais non – dit le Grand Orateur –

Tu nous fais beaucoup trop d’honneur.

En apportant au sein de ton Atelier Bleu

Des notions de Sanscrit, de Chinois… et d’Hebreu ».

» La Maîtrise est blanchie, affirma le Grand Maître

Mais il y a un coupable, et qu’il nous faut connaître.

Les premiers surveillants les trouvent bien mignons

Adressons-nous, alors aux frères Compagnons.

Dans une vieille, et grave, et symbolique affaire

Déjà sur ce degré pesaient bien des soupçons

Qui attristent toujours les Maîtres Francs-Maçons

Quand l’un passe au compas, en délaissant l’Equerre »

» J’avoue très humblement – dit un Compagnon sage –

Avoir, peut-être à tort, présumé de mon âge

En faisant coudre, ici, sur mon tablier blanc

Une bordure rouge, et puis dans mon élan

De l’avoir ouvragé

Avec la lettre G »

» Broutille que cela – dit le Très Respectable –

Certes, vous avez fait le pitre

En vous croyant dans un chapitre,

Mais ce qu’il nous faut, c’est un véritable coupable.

Tournons-nous vers les apprentis

Qui sont, paraît-il, si gentils

Mais leur apparente innocence

Peut camoufler leur délinquance

Qu’on fasse donc venir ici

Le plus jeune de ces petits

En le plaçant rituellement

Au garde à vous, face à l’orient ».

Le tout dernier des initiés

Fut donc à la fête associé

Impressionné devant un tel Aréopage

Grelottant de frayeur, la sueur au visage,

Le petit apprenti

Se mit à l’ordre et dit :

» Je crois bien franchement que c’est moi, le coupable.

C’était pour la Saint-Jean , ou d’Eté, ou d’Hiver,

En tous cas j’en suis sûr, pour des travaux de table

Avec le Grand Architecte de l’Univers

Je me suis revêtu d’un beau cordon de Maître

Qu’en ce jour de festin je croyais pouvoir mettre

Mais, il portait, c’est vrai, l’équerre et le compas

J’avoue bien humblement que je ne savais pas

Qu’il s’agissait pour moi de simple tolérance

E je mérite ici, beaucoup de remontrances ».

Un silence pesant glacé

Suivit ce propos insensé.

Puis très solennellement

Comme pour un enterrement

L’Orateur se leva et dit d’une voix forte

« Chers Amis, que le Grand Architecte m’emporte

– Et que ce soit inscrit dans le procès….verbal,

Si nous n’avons pas là, le coupable idéal.

N’ayant pas vu l’Etoile, ignorant l’Acacia,

Ne sachant pas qu’il n’est, pour l’instant, qu’un paria

Cet Apprenti s’excite et voudrait parader

Et pourquoi pas ? Parler, au lieu que d’É – PE – LER

Ainsi le prescrit notre cher catéchisme

Où allez-vous mon Frère ? Est-ce là nouveau schisme ? »

A ces mots on cria HARO sur l’apprenti

Et chacun déclara, refusant son parti,

Qu’il fallait sacrifier ce maudit animal

Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal,

Sa peccadille fut jugée un cas pendable,

Se déguiser ainsi, quel crime abominable

Seule la radiation était vraiment capable

D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

C’est la dure loi, archaïque;

Celle du pavé mosaïque.

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Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:. 29 décembre, 2016

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Discours de Réception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

 

Mon bien cher Frère Christ:. … Mon bien cher Frère Mic:. .., je vous ai rangé par ordre alphabétique, mais bien sûr, vous l’avez deviné il n’y a pas de préséance, vous êtes maintenant des Frères Compagnons Jumeaux. Quelle belle soirée  et quel honneur pour notre RL :.

Vous êtes sûrement abasourdis par tout ce qui s’est passé et vos esprits sont sans doute un peu emmêlés et confus.

Afin de vous aider à reprendre souffle et à vous remettre, si j’ose dire, « d’équerre et de niveau ! » je vais vous résumer et commenter les points essentiels qu’il vous faudra, bien sûr, étudier en profondeur.. Ce résumé espère être plus qu’une simple conclusion à cette cérémonie…

En effet, maintenant que la rituélie est terminée, maintenant que vous n’êtes plus au cœur de l’arène, maintenant que vos sens mis à rude épreuve, reprennent gentiment leurs rythmes naturels, ce résumé se propose de revenir sur les moments particulièrement riches, de façon à ce qu’ils suscitent d’emblée votre envie, de vous mettre au travail, dans votre nouvelle vie de Compagnon. Ces coups de projecteurs que je vais essayer d’orienter au mieux, sont aussi destinés à vous donner l’envie de revivre cette cérémonie, non plus comme acteurs, mais comme spectateurs attentifs et gourmands lors d’une prochaine cérémonie d’élévation au 2ème degré.

Grâce à cette « 2ème couche en live », si je puis dire, beaucoup de choses confuses vont s’ordonner de manière naturelle et surtout beaucoup plus facilement que par la lecture sèche du rituel. Je vous recommande de faire ce voyage dans un autre atelier, le plus vite possible, étant libérés maintenant du silence,  pendant que vos cœurs et vos esprits sont encore chauds de ces belles émotions. Une autre astuce que je vous propose, avant d’effectuer cette visite … ce voyage, c’est de bien relire tout le rituel du second degré, d’en noter les points obscurs à vos yeux pour les étudier avec votre Frère 1er Surveillant J-Claude. Vous pourrez effectuer ce voyage à votre guise car votre qualité de Compagnon vous autorise désormais à voyager librement sans être chaperonné par un Maître. Vous pourrez même demander à prendre la parole pour la 1ère fois…et vous verrez que ce n’est pas si facile afin de présenter les salutations de notre RL :. comme le veut la coutume et de son VM :. en chaire.

la 1ère fois…et les fois suivantes d’ailleurs…..  et si tel est votre désir, je vous accompagnerai volontiers… Vous connaissez mon goût prononcé pour les voyages, que cela soit dans le monde profane ou en Franc-Maçonnerie. C’est si enrichissant et souvent plein de surprises … comme dit un FF de notre Loge absent ce soir «  Que du bonheur »    … Et oui mes FF :.  Comment mieux assurer et consolider l’Universalisme de la Franc-Maçonnerie si ce n’est par des échanges fréquents entre les Frères, sous forme de voyages et, ce point est particulièrement important pour vous, mes Frères Compagnons, car l’une de vos tâches essentielles va être de découvrir le Monde extérieur, vous mettant ainsi dans les pas des premiers Compagnons opératifs.

 

Mes TC :. FF :.  Christ:. et Mic:. , après avoir connu une période d’introspection et de silence, orientée sur le principe « Connais-toi, toi-même », cher aux Francs-Maçons, vous nous avez présenté des planches remarquables et au vu de vos travaux, les Maîtres de la Loge ont estimé que vous méritiez maintenant de découvrir d’autres aspects de la Franc-Maçonnerie. Dans les épreuves de réception au grade d’Apprenti vous aviez été purifiés par les éléments : terre, air, eau, feu. On s’occupait de vous…on vous travaillait au corps…et à l’esprit… et l’on vous invitait vivement à continuer…

Au 2ème degré, tout change, et le Vénérable Maître vous a prévenu d’emblée ! Soyez attentifs, vous a t il dit, le Temple de la Franc Maçonnerie va s’éclairer et vous allez connaître de nouveaux symboles…. Vous allez maintenant découvrir le Monde extérieur ! Aujourd’hui, on vous a mis en possession des moyens et des objets de la Connaissance avec un grand C majuscule (plutôt qu’un grand G) pour mieux appréhender ce monde extérieur.

Au 1er voyage, on vous a montré les 5 sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat et vous apprenez qu’il va falloir continuer à tailler votre pierre… mais, ce n’est plus un travail de dégrossissement qui vous est proposé comme c’était le cas lors de votre apprentissage. Non, maintenant et avec une meilleure connaissance de vous-mêmes, par vos 5 sens, vous allez polir votre Pierre en un cube parfait. Le travail « connais-toi, toi-même » continue donc mais de manière plus précise, plus raffinée, plus subtile.

Au 2ème voyage, on vous a confié le niveau et la perpendiculaire.  Vous découvrez également les divers styles d’architecture, dorique, ionique, corinthien, toscan. Ainsi, il vous est proposé de construire le Temple en étant vous-même une colonne vivante, harmonieuse qui s’élève vers les hauteurs tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance.. ce que nous dénommons l’Art Royal.

Au 3è Voyage, vous découvrez Les 7 arts libéraux, Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie et qui représentent l’ensemble des arts et des sciences humaines J’attire votre attention sur le dernier, l’Astronomie… Il est bien sur question des Sphères, céleste et terrestre qui vous suggèrent que désormais, c’est tout le domaine de l’Univers qui est proposé à vos investigations Vertigineux…quelle confiance on vous accorde par rapport à votre ancien degré d’Apprenti Attention, ne vous laissez pas griser non plus par votre nouvelle liberté…

le Vénérable Maître vous rappelle que l’Initié ne doit pas présumer de ses forces et qu’il doit demeurer modeste et c’est justement ainsi qu’il obtiendra des résultats qui sont refusés à la présomption du profane.

Au 4è voyage, vous n’avez plus qu’ deux outils dont un essentiel … la règle et je vous le rappelle qui représente la loi du GADLU. Toujours crescendo dans vos découvertes….. on vous propose, ni plus ni moins, de devenir l’intime de quelques-uns des plus grands Initiés de l’histoire de l’Humanité : Solon, Socrate, Lygure,  Pythagore et  I N R . Illustres grands Initiés qui, chacun, selon ses moyens et dans le cadre de son époque a délivré un enseignement basé sur la raison, l’imagination, l’amour. Sous ce sigle INRI bien entendu c’est bien tout un programme d’éducation mais surtout celui de nos illustres chevaliers R+C.

Au 5ème Voyage…grande surprise…vous voilà mes chers Frères, mains libres……et vous découvrez le dernier cartouche … Ce cartouche vous a peut – être paru, dans un premier temps, bien rébarbatif… travail impératif… devoir incontournable…etc…. Mais le Vénérable Maître vous a souligné qu’en tant qu’Initiés, nous ne devons pas travailler à contrecœur, sous la pression de la nécessité, mais au contraire, avec entrain, en artistes. Oui, mon TC FF :. , travailler en artiste, au sens le plus noble du terme, pour qui, l’œuvre seule compte et n’est pas nécessairement subordonnée à une récompense.

Vous connaissez, peut-être déjà, cette histoire qui se déroule sur un chantier du temps des Cathédrales.

Le Maître demande à 2 Compagnons tailleurs de pierre :

« que fais-tu sur ce chantier ? »

le 1er répond d’un air fatigué : « je taille des pierres ! »

le 2ème répond avec enthousiasme : « je construis une cathédrale ! »

Voilà toute la différence entre le travail subi et le travail sublimé par le grand Œuvre, qui devient alors plaisir, joie, épanouissement partagé avec les autres Hommes Quelle que soit la place que vous occuperez sur le chantier, même la plus humble, vous saurez que votre effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique et qu’ainsi vous coopérerez à l’exécution du Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers. Enfin, à l’issue de cet ultime voyage, vous avez été conduit au pied de l’Orient et où brillait à vos yeux le grand symbole du Compagnon … l’Etoile Flamboyante …

Ah…mes Frères, vous n’avez pas fini de découvrir des choses inouïes derrière ce symbole, en premier lieu, l’interprétation qui est traditionnellement donnée par les anciens rituels : à savoir : – Le Grand Architecte de l’Univers, créateur du Monde entier Ou bien…..tenez-vous bien, mes Frères… L’Initié, celui qui a été élevé jusqu’au faite du temple sacré…c’est-à-dire …Vous, mes Frères … ou tout au moins…Vous, potentiellement… comme tous les Frères ici présents…… Vous imaginez le travail à accomplir…. mais que ce travail proposé est bien enthousiasmant au regard du but, de l’idéal à atteindre. Mon cher Christ:. , mon cher Mic:. , cela peut vous paraître bien fou, bien insensé, étant donné notre petitesse par rapport à l’Univers…..mais n’oubliez pas que, comme l’indique notre rituel ; en tant qu’Initiés, vous savez que vous portez en vous-mêmes un reflet de la Grande Lumière et que par conséquent, vous pouvez vous mettre au travail avec confiance, ardeur, joie pour exécuter ce Grand Œuvre selon le plan du Grand Architecte de l’Univers.

Que de clins d’œil encore vous allez découvrir… 5 Que l’Homme s’inscrit parfaitement dans l’Etoile à 5 branches et que c’est sans doute le symbole de l’Alliance entre l’Humain et le « Divin », entre la Terre et le Ciel, le Tout, le Grand Architecte de l’Univers…… Quand vous aurez vraiment travaillé, vraiment étudié, ce symbole si riche, ainsi que les autres symboles du 2ème degré, vous vous approcherez de plus en plus de l’Initié, réconcilié avec lui-même, intérieurement harmonisé et heureux. Vous serez alors parmi les Hommes, facteurs de paix, de Joie et d’Amour.

L’Etoile Flamboyante vous donnera la clé du passage de l’Equerre au Compas. A ce stade, mon cher Christ:., mon cher Mic:., et avec l’aide bienveillante de tous vos FF :. Et principalement du Frère 1er Surveillant, JClaude vous reviendrez vers nous, les bras chargés d’un superbe morceau d’architecture, digne d’un Maître.

En attendant ce moment heureux pour toute la Loge, Je vous dis simplement…

Allez mes Frères… Au Travail !!!

Dans la Confiance, la Joie et la bonne humeur….

et que l’Etoile Flamboyante illumine votre chemin !

 

J’ai dit, V:. M:.

Discours de Reception au 2eme Degré symbolique rite de M:.M:.
SOURCE : l’excellent blog  de anck131 http://anck131.over-blog.com/
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Discours réception au 1er Deg:. Symb:. rite ancien et primitif de Mem:. Misr:. 25 avril, 2015

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire
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Mes BA:.. FF :.

vous avez devant vos yeux cette partie surélevée qu’on appelle l’Orient parce que c’est de là que partent les orientations de notre RL :. ,

à la droite du Vénérable Maître, c’est à dire à gauche pour vous, le frère secrétaire, qui incarne la mémoire de l’atelier, en inscrivant sur un registre tous les travaux qui s’y font afin de leur donner leur dimension d’éternité … Et de l’autre coté, le frère Orateur, moi, en l’occurrence, qui a parmi ses missions, celle d’être le porte-parole de l’atelier dans les grandes circonstances.

C’est le cas en ce jour qui constitue l’une des dates importantes de la vie de cet atelier. En effet, toute initiation de nouveau frère est un acte collectif qui engage l’ensemble de la Loge. Et votre initiation, nous la vivons aujourd’hui comme ce qui constitue une des étapes essentielles du processus de sa création, justifiant en cela la présence parmi nous de FF et SS venant d’autres ateliers et d’autres Or :. Et les Vénérables Maîtres siégeant à l’Orient.

Ainsi, m’adressant à vous pour vous souhaiter la bienvenue parmi nous, c’est à travers le Vénérable Maître et à vous tous, mes frères et sœurs que je m’adresse …

Mes FF ………….. je dois d’abord vous dire toute notre joie de vous accueillir parmi nous, joie qui est celle que peut éprouver une famille à la naissance d’un frère ou d’une sœur et encore plus d’un parrain. Le rituel que vous venez de vivre s’apparente en effet à une naissance. Ce n’est pas un apprentissage ni un enseignement, c’est un cheminement dans lequel chacun de vous s’est engagé, seul et dans la nuit. Tu as pris la route mon BAF d’une évolution personnelle comme le faisaient les francs-maçons opératifs du moyen-âge, ceux qui bâtissaient des cathédrales, et qui, ne dépendant d’aucun patron construisaient eux-mêmes leur parcours professionnel.

Pour commenter cet événement, je m’appuierai sur une comparaison plus parlante. La voie dans laquelle tu t’es engagé mon FF peut en effet être comparée à un homme qui part en voyage dans la nuit. Il peut le faire en utilisant les moyens de transport collectifs, train, autocar ou avion et beaucoup de nos concitoyens confient leur cheminement spirituel à l’une ou l’autre de ces religions qui offrent un ensemble cohérent de vérités, de rites et d’obligations.

Le franc-maçon quant à lui est comparable à celui qui, délaissant les transports publics, part seul au volant de sa voiture. Cela n’exclue pas qu’il s’engage sur le même parcours que tel ou tel transport collectif, autrement dit qu’un franc-maçon puisse adhérer à la foi de sa croyance et religion quel qu’elle soit …. Mais il ne s’y laisse pas guider comme un passager endormi dans sa couchette, il pilote lui-même sa propre conduite. En particulier, le franc-maçon se met dans la main de ceux qui ont fait ou font l’expérience du GADLU.

Ce voyageur individuel qui me sert de base de comparaison, s’arrête régulièrement sur le coté de la route pour faire le point. Il le fait avec un certain rituel : met son clignotant, ralentit, déboîte progressivement, s’arrête et met son frein à main. Ces arrêts sont comparables à nos tenues. Elles commencent par un rituel qui vise à nous sortir du courant de la circulation pour entrer dans le monde de la réflexion.

Puis, notre voyageur déplie sa carte routière, c’est le résultat des observations et des mesures prises par un certain nombre de personnes qui ont fait le voyage avant lui. De même, pour démarrer nos travaux, nous ouvrons ce que nous appelons « le volume de la loi sacrée » qui dans notre RL est la Bible. Certains d’entre nous attribuent ce caractère sacré à un contenu dans lequel ils voient une intervention divine. Cette explication leur est personnelle et ne saurait être imposée à tous.

Est sacré ce qui constitue la base, le fondement, sur lequel on s’appuie.

La loi sacrée est le fondement de notre personne morale comme la vertèbre sacrée qui, elle-même, repose sur le sacrum est la base de notre colonne vertébrale.

Pour le franc-maçon, ce qui est sacré, c’est la référence à la tradition, c’est à dire, d’une part, le respect pour ceux qui nous ont précédés, d’autre part, l’acceptation qu’il y a dans ce livre, des propos qui, ayant été ressassés chaque semaine à nos ancêtres pendant des siècles, et qui sont, qu’on le veuille ou non, profondément ancrés dans nos inconscients.

C’est sur ce livre que tu as prêté serment tout à l’heure, comme le fait le président des États Unis, mais avec une différence essentielle. Celui-ci prête serment sur une Bible fermée ; toi tu as prêté serment sur une Bible ouverte à une page où le texte latin commence par « in principio », c’est-à-dire, à la base, à la racine, dans le principe.

En outre, cette Bible est recouverte par une équerre et un compas.

L’équerre permet de passer de l’abscisse à l’ordonnée, de changer de dimension, d’avoir un regard perpendiculaire et notamment de passer, par exemple, de la lecture historique à la lecture symbolique.

Le compas, comme son nom l’indique, permet de comparer. Il évoque en outre cet instrument de marine qui permet de garder le cap. Ces trois éléments, le livre ouvert, l’équerre, le compas, sont des signes qui t’invitent à te construire toi-même avec le maximum de liberté et de discernement.

Mais quel est ce pays dans lequel se déroule ce voyage ? Notre obédience en général et notre atelier en particulier repose sur l’affirmation que l’univers a un ordre, qu’il a été conçu par celui que Voltaire appelle le Grand horloger, que nous appelons Le Grand Architecte de l’Univers, que certains d’entre nous appellent Dieu, Elohim ou Allah. Tous, individuellement ou collectivement, nous avons vocation à prendre notre place dans cette construction architecturale. C’est ce que nous appelons travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers..

Mes FF, la première étape de votre parcours consistera à apprendre à écouter, à recevoir la parole de l’autre. Car il n’y a d’enrichissement spirituel que par la rencontre de l’autre, par l’acceptation et la prise en compte de sa différence. La tolérance maçonnique ne consiste pas à accepter que l’autre pense différemment et par conséquent se trouve dans l’erreur. Elle consiste, au contraire, dans la conviction que l’autre, celui qui est différent, a quelque chose à m’apporter et, par voie de conséquence, l’importance de ce qu’il peut m’apporter est proportionnelle à l’importance de la différence.

Le rapprochement de l’autre est au cœur de notre démarche.

Nous sommes un ordre qui se dit symbolique. Chacun sait que le symbole est un objet, généralement une poterie, que l’on casse en deux de telle manière que le rapprochement des deux morceaux détenus par deux personnes différentes, constitue un moyen de reconnaissance.

Comme les deux morceaux de la poterie, l’autre et moi qui sommes différents, nous avons vocation à nous rencontrer et à entrer en communion. Ainsi, est symbolique ce qui rapproche ce qui unit, par opposition à ce qui divise qui est diabolique.

Mais reprenons la comparaison avec la pause que fait le voyageur pour consulter sa carte. Il arrive un moment où il faut repartir, éteindre l’éclairage intérieur de la voiture et reprendre la route, car la pause ne se justifie que par la route, et nos tenues n’ont de sens que si elles se traduisent dans nos comportements, ce que nous appelons poursuivre à l’extérieur l’œuvre commencée dans le temple. C’est par notre présence et notre place dans la société que nous existons. Si le philosophe dit « je pense donc je suis », le maçon doit dire « je construis donc je suis ».

Mes FF vous vous êtes engagé à respecter le secret, car ce que tu as vécu est incommunicable. A cette occasion, constatant que j’arrive au terme de ma planche il m’apparaît qu’il lui manque une dimension essentielle, car une planche sans humour est une choucroute sans moutarde. Et Pour combler ce manque, je ferais observer que les francs-maçons se réfèrent à un texte qui dit « au commencement il y a la parole » pour inviter le nouvel arrivant à commencer par se taire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ton engagement de ce soir est l’engagement collectif que nous allons renouveler. Il sera prononcé tout à l’heure, en votre nom à tous, par le Vénérable Maître et les deux surveillants au moment ou l’on éteint les etoiles comme le voyageur coupe l’éclairage intérieur de sa voiture pour pouvoir voir ce qui se passe au dehors. Il est désormais pour vous comme pour nous, dans chacun de nos actes, dans chacune de nos activités, dans chacune de nos paroles, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que la paix règne sur le terre, pour que l’amour règne parmi les hommes et pour que la joie soit dans les cœurs.

Ainsi que vos oreilles entendent que vos yeux voient et que votre âme comprenne

j ai dit VM

SOURCE : l’excellent site « le blog de anck 131″

http://anck131.over-blog.com/2015/04/discours-reception-au-1er-deg-symb-rite-ancien-et-primitif-de-mem-misr.html

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L’ÉVOLUTION DE LA CONDITION FEMININE AU SEIN DE LA FRANC-MAÇONNERIE UNIVERSELLE MODERNE 29 juin, 2014

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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En introduction, je souhaite pouvoir préciser d’emblée que le thème principal de cet article que je soumets à votre bienveillante lecture, n’est pas de relancer inutilement le débat à propos des Loges mixtes ; chaque Loge ayant au sein de sa propre Obédience le droit – selon les aspirations de ses membres – de se conserver la liberté d’être, soit mixte, soit masculine, voire soit même et encore uniquement féminine.

Étant en outre parfaitement entendu qu’il ne serait pas davantage opportun de tenter d’imposer quelque velléité de mixité ferme et déterminée que ce soit, sans prendre assurément le risque – en brûlant de la sorte les étapes – de désorienter quelque peu la plupart de nos frères; mais aussi, sans doute et malgré tout, de bousculer peut-être également certaines de nos soeurs elles-mêmes qui, par le fait même de leur propre appartenance délibérée à Franc-Maçonnerie mixte, n’y entrevoient cependant essentiellement que cette perspective : en n’ayant dès lors pas de désirs particuliers quant à la revendication de leur appartenance à une Obédience exclusivement féminine(…)

Mais il n’empêche, pourrions-nous, toutes et tous (collectivement), autant que chacune et chacun (individuellement) – sinon le considérer – au moins avoir la pleine conscience qu’il existe néanmoins bel et bien des Maçonnes qui désirent aussi ardemment que légitimement pouvoir aussi ‘’maçonner’’, seulement entre elles…?!

Et d’ailleurs, tout récemment, le GODF n’a-t-il pas pris une belle initiative novatrice en relation directe avec l’évolution de la société et de ses moeurs dans lesquels, quoi qu’il en soit, nous évoluons tous ensemble : ceci, en permettant aux Loges qui le souhaiteraient de pouvoir affilier des femmes ??!!

Gageons qu’il y a tout lieu de penser qu’il s’agit effectivement là d’une sage décision qui augure de prémices de bon aloi pour la reconnaissance connexe d’Obédiences, cette fois exclusivement féminines !

De fait, le temps des luttes intestines indignes des valeurs de la Franc-Maçonnerie Universelle liées aux interdictions formelles, à la lecture drastique du Code Pénal ainsi qu’aux sanctions qui ne pouvaient fatalement qu’en découler, semble désormais être enfin définitivement révolu pour la GODF.

Voilà donc une belle et noble reconnaissance du libre choix de toute Loge au travers d’une Obédience qui se veut libre, souveraine, juste et parfaite !!

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Hélas, cette volonté de modernité n’existe évidemment pas encore partout : loin s’en faut.

Et il y a toujours des Obédiences qui – coûte que coûte – tentent de maintenir l’hégémonie désuète des acquis passés, en se refusant obstinément d’avoir l’honnêteté intellectuelle (si ce n’est fraternelle !) de reconnaitre en tant que telles la légitimité existentielle des femmes Maçonnes indépendantes.

Et cela, même si, par ailleurs, notamment (voire principalement) en Amérique du Nord, les femmes (Sœurs) désireuses de pouvoir officier, sont contraintes de se tourner vers le très noble et réputé OES (‘’Order of the Eastern Star’’) : lequel, en dépit d’un certain machisme ambiant relativement forcené qui règne aussi là-bas, les élève cependant au rang de Sœurs à part entière et parfaitement capables de pouvoir conduire un rituel.

Pourtant, une femme travaillant dans le respect de tous les aspects d’un Rite d’adoption ne peut prétendre de se proclamer Maçonne.

Elle n’est seulement considérée – (comme on le ferait pour une quelconque sous-marque) – que comme une ‘’sistar’’, voilà tout(…)

Très sincèrement, en notre âme et conscience, n’est-ce pas là, surtout, la marque d’une empreinte résolument rétrograde et…. éminemment discriminatoire ?!

Et, qui plus est, allant totalement aux antipodes des valeurs basiques de la Fraternité et de l’Humanisme le plus fondamental ?!?!

…. À moins bien sûr que, pour quelques ‘’messieurs cordonnés’’, l’Humanité (en dépit du genre féminin qui est pourtant le sien sur le plan grammatical) ne soit peut-être qu’exclusivement masculine…

Plus sérieusement, considérons et reconnaissons que les femmes ont équitablement le droit – (sans toujours en avoir actuellement le choix) – de pouvoir travailler aux Rites d’adoption et que l’idéal serait dès lors, que toutes les Obédiences lèvent une fois pour toutes cet embargo injuste et incohérent, en octroyant le choix ainsi que la liberté pour chaque Loge, d’accepter ou non en leur sein des femmes (Soeurs) qui souhaiteraient pouvoir poursuivre leur cheminement d’Être humain, soit au sein de Loges mixtes, soit encore entre elles, si elles le souhaitent.

Ne serait-ce pas là une vraie justice doublée par un plus grand respect des droits élémentaires de toute personne : sans distinction de race, de couleur, de religion ET de sexe ??!!

Ô bien sûr, j’entends d’ici les détracteurs ‘’bien-pensants’’, qui auront naturellement toujours le loisir d’opposer que les femmes n’auraient pas leur place en Maçonnerie parce que, pour diverses raisons (les unes plus mauvaises que d’ailleurs vraiment bonnes pour les autres), c’est une affaire d’homme(…)

Sans doute. Mais c’était il y a 100 ans, ‘’messieurs’’ : mes chers Frères !

Car, n’en déplaise à d’aucuns, de la même manière qu’il existe aujourd’hui des femmes policières, politiciennes, médecins, militaires, etc. : choses impensables et inimaginables il y effectivement un siècle et moins ; il y a à présent – aussi – des femmes Maçonnes. Et ce ‘’métier’’ n’est plus seulement – telle une chasse gardée – réservé qu’à vous, mes Frères sectaires !

Mais au fait, d’où proviennent ces peurs qui attenteraient tant à la suprématie masculine ?

Il paraitrait que l’une d’entre elles pourrait résulter de la tentation charnelle qui risquerait d’avoir cours en Loge et que les femmes pourraient tenter de les distraire de leurs préoccupations Humanistes et ainsi, peut-être, de même aller jusqu’à les séduire(…)

Comment évaluer un tel argumentaire…?

Non seulement, l’on peut objectivement admettre qu’il existe certainement bien plus sexy qu’un tablier, des gants blancs, éventuellement une robe/toge ou tunique et des décors : lesquels, tout en étant en effet d’une grande beauté intrinsèquement noble, n’en demeurent cependant ni pour autant pas moins, tout, sauf érotiques ; de la même façon qu’il peut-être tout aussi admis qu’une femme en soutane ou en burka est sans doute bien loin de pouvoir attiser de quelconques désirs lubriques, si chers à la gent masculine ; mais surtout et bien par-delà ceci (et sans nullement vouloir entrer le ‘’délicat’’ débat de quelconques dogmes religieux dont ce n’est pas ici le sujet, même s’il est attenant) : quelle est donc encore cette image d’Épinal pour enfants d’école primaire, qui nous ramène en droite ligne aux poncifs caricaturaux de la pomme, du serpent et du Jardin d’Éden…???

(Allons donc, que tous les ‘’Adam’’ cessent de nous craindre !)

Après tout, quoi que l’on en pense ou même en dise, une Loge n’est pas un lieu de séduction.

Et vraiment, faut-il rappeler autant que faire se peut que, tout au contraire, il s’agit d’un endroit uniquement dévolu à la spiritualité et où l’on travaille sur soi-même en vue de s’améliorer (dans l’espoir d’améliorer peut-être les autres) et aussi, de se contrôler(!) : y compris toujours vous-mêmes ainsi que vos éventuelles pulsions…. quelles que soient leur nature, mes très chers Frères potentiellement libidineux jusqu’aux excès qui seraient les moins maîtrisés.

Une Loge Maçonnique n’étant pas un bordel où aucune discipline ni respect mutuel et réciproque n’existerait, le Vénérable est notamment là pour y veiller. POINT

(Sans jeu de mots faciles : …. au diable(…) dès lors, les états d’âme lubriques ainsi que les fantasmes personnels secrètement enfouis de luxure que certains ‘’messieurs’’ (mes bien-aimés Frères !!!) auraient peut-être tant de mal à pouvoir canaliser. Que diable(s)!…. contrôlez-vous !! La véritable maîtrise…. entre autres de soi, passe également par là !!!)

Car après tout, même et surtout dans le monde profane, n’y a-t-il pas chaque jour des femmes et des hommes qui se côtoient sans cesse pour travailler ensemble : au bureau, dans les écoles, dans les clubs, au parlement et partout où il y existe des services commerciaux ou non, issus d’une société civilisée digne de cette appellation…?

Et existerait-il, par hasard, quelque part, des endroits qui ne seraient tout spécialement réservés qu’aux femmes et d’autres qu’aux hommes ??

La réponse (contradictoire) coule d’emblée de source : tout à la fois, non et…. oui(…)

Mais en ce dernier cas, de quel type alors de société parlerions-nous : de celle inféodée (parce que féodale !) à l’irrespect des valeurs de droits, d’équité et de liberté propres à TOUS les Êtres humains…!?

Or, puisque nous avons précisément l’opportunité et le libre choix de ne pas devoir nous laisser davantage gagner par l’intolérance (et l’ignorance qui n’en est que sa bien triste déclinaison), pourquoi donc ne serions-nous pas plus noblement attachés – particulièrement nous qui nous galvaudons d’avoir reçu la Lumière – à la seule réponse qui ait vraiment droit de citer : oui, nous SS.’. et FF.’., nous désirons, nous souhaitons et nous voulons que l’équité – sans aucune distinction ni ostracisme – prévale au sein de la Franc-Maçonnerie Universelle !!!

Et puis, nous ne sommes pas bêtes et nous ne sommes certainement pas non plus des bêtes(…)

Nous avons un cerveau (censé être évolué) et nous sommes dotés d’une intelligence AINSI QUE d’une Conscience.

Il faudrait donc cesser, telle l’autruche, de nous enfouir constamment la tête dans le sable pour contourner des problèmes qui n’en sont pas vraiment et qui n’existent seulement que parce que certains d’entre nous les ont non seulement créé et continuent désespérément à essayer de les entretenir par tous les moyens possibles et, théoriquement, inimaginables…. du moins raisonnablement(…)

Souvenons-nous du miroir – non pas aux alouettes qui déforme la vérité – mais plutôt celui qui réfléchit la réalité vraie : celle qui est face à nous.

Nous ne pouvons passer notre vie entière avec un bandeau sur les yeux.

Il nous faut accepter de vouloir, de pouvoir et de savoir voir la Lumière : celle – la seule possible – qui éclaire le cœur et l’esprit(…)

Par ailleurs, pour ce qui est des Constitutions d’Anderson qui régissent Universellement la Franc-Maçonnerie, je souhaiterais encore pouvoir – très humblement – vous interpeller…

S’il est effectivement clair que ces textes ont une très haute teneur philosophique et Humaniste et qu’ils font parties intégrantes de notre Tradition, contre laquelle je n’ai bien évidemment aucun apriori douteux : dès l’instant où, en tous cas, celle-ci respecte les droits ET la dignité de tous les Êtres humains, voire également de ceux de tous les êtres vivants tels les animaux, à l’encontre desquels – pour exemple – je ne partage pourtant pas – en dépit de certaines sacro-saintes ‘’valeurs’’ dites traditionnelles – celles (très controversées) relatives à la corrida ; il n’en reste pas moins que nous pourrions objectivement convenir et admettre que, si les Constitutions ne dévalorisent pas à proprement parler, de manière volontaire, la

condition humaine en tant que telle : il est cependant un fait que de par ses cloisonnements certains, elles mériteraient assurément d’être très largement dépoussiérées afin d’être remises enfin au goût du jour(…)

En effet, il est opportun de rappeler que, à l’époque du pasteur Anderson (au début du XVIIIe siècle !), la femme d’âge adulte restait néanmoins toujours considérée comme étant mineure à vie et dépendait, soit de son père ou soit de son mari ; et qu’il n’était notamment pas question pour elle, de pouvoir entrevoir la perspective d’entamer de longues études ou la moindre chose qui lui aurait permis de pouvoir sortir de sa condition inférieure(…)

Tout au contraire, malheureusement, la femme était – à cette époque lointain – quasiment reléguée au rôle effroyablement réducteur de ‘’bête reproductrice’’, malléable et corvéable autant à souhaits qu’à mercis : une sorte de ‘’créature’’ inférieure…. comme se complaisaient effectivement à le prétendre la grande majorité des hommes de cette époque(…)

Et de fait, l’immense majorité d’entre elles, ne savaient d’ailleurs ni lire, ni écrire, ni compter.

Ses seules ‘’valeurs’’ (convenues aussi unilatéralement qu’injustement) ne se bornant qu’à se taire et à se soumettre de tout et pour tout, dans la plus grande modestie ainsi que la plus totale discrétion.

Pire encore, peut-être, lorsqu’une femme rencontrait des difficultés pendant un accouchement, au point qu’il soit susceptible d’attenter au processus vital de celle-ci ou de son enfant à naître, le médecin demandait usuellement à l’époux : ‘’la femme ou l’enfant…?’’(…)

Voilà le contexte précis dans lequel les Constitutions d’Anderson (qui était également l’époque de Desaguliers) ont été élaborées. CQFD

Rien d’étonnant dès lors, que les Constitutions désignent la femme comme étant ‘’non initiable’’(sic!), puisque la valeur de son existence n’avait d’égale que celle d’une bête de somme à visage humain(…)

En conséquence de quoi, il aurait effectivement été très surprenant, a fortiori dans de telles conditions et un pareil contexte, de pouvoir imaginer la voir sur les colonnes d’un Temple Maçonnique.

Mais aujourd’hui, en 2014, est-ce que cette tradition est-elle encore juste et, par extension : élève-t-elle l’Être humain ou la rabaisse-t-il…???

Il est un fait que pour les plus récalcitrants éventuels autant que pour les rébarbatifs persistants potentiels, ce mériterait au moins d’être sérieusement médité !!!

Car, l’enjeu est d’importance : et soit l’on conserve des traditions relativement ‘’barbares’’ et en tous cas bien obsolètes et alors, notre société ‘’évoluera’’ lentement et en titubant ; ou bien soit, l’on a le courage de ’’faire le ménage’’ de certaines ‘’vieilleries’’ et, auquel cas, nous serions en osmose avec l’essence même qui se doit de caractériser (et donc différencier) la qualité de l’existence de l’Être, par opposition à celui du ‘’vulgaire’’ animal(…)

Et s’il est très bien (et même indispensable) de procéder assez régulièrement aux mises à jour de nos ordinateurs ou encore d’organiser certaines restructurations massives : comme notamment le font souvent les plus grandes entreprises performantes ; pourquoi ne serait-il alors pas tout aussi logique (et indispensable) de savoir – de la même façon – aussi balayer de temps à autres devant la porte de nos propres Temples : ne fut-ce que simplement pour savoir nous adapter aux réalités de notre temps ?!

Pour ma part (je le crois intimement et légitimement), il me semble que les Constitutions d’Anderson ne sont pas très (euphémisme volontaire et de convenance !) édifiantes pour la femme actuelle, simplement parce que plus du tout à l’ordre du jour !

(NDLR. : Étant entendu que, en principal autant qu’en particulier, c’est bien seulement ET uniquement le chapitre ‘’Femmes’’ des Constitutions que je conteste…. sans être d’ailleurs la seule à le penser et à le faire : ni parmi mes coreligionnaires du même sexe, ni parmi la gent masculine qui bénéficie d’un esprit ouvert.)

La balle est donc dans le camp des libres-penseurs conscientisés par les valeurs qui nous guident…

Et peut-être alors qu’un jour, tous les FF.’. ‘’imperturbables’’ réaliseront à quel point ce ‘’fameux’’ chapitre va à l’encontre (jusqu’aux antipodes du paroxysme de la non humanité) des droits de…. l’Homme : au sens large de celui des droits de la personne.

Et pour se faire, donnons donc aux Loges libres de pouvoir abolir l’interdiction faite aux femmes d’être initiées.

Mais surtout (peut-être bien tout à la fois le plus crucial de tout), donnons leur la liberté d’exister et d’être enfin reconnues comme Francs-Maçonnes à part entière et non plus comme de viles clandestines désignées par des appellations aussi limitées que réductrices, telles : ‘’sauvages’’, ‘’co-Maçonne’’ ou même ‘’Sistar’’(…)

J’ajouterai encore que le paysage Maçonnique Français mérite (et force) tout mon respect et que ce n’est d’ailleurs pas pour rien ni par hasard que je me suis personnellement plutôt volontiers dirigée délibérément vers les Obédiences d’origine Françaises ; la Franc-Maçonnerie Anglo-Saxonne ayant encore beaucoup de choses à apprendre de nos Frangins et Frangines du vieux Continent pour lesquels les termes irrespectueux et appellations réductrices susmentionnées, n’ont généralement pas cours au sein d’une vraie Fraternité…

Faudrait-il aussi aller jusqu’à encore brièvement rappeler tous les bienfaits sociaux, dont l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) ainsi que la prise en charge par la Sécurité Sociale de moyens contraceptifs adéquats, à l’égard desquelles certains membres féminins – ministres ou secrétaires d’État – des différents gouvernements ont contribué, en les légiférant, à apporter une avancée sociale indéniable et bénéfique sous l’égide des valeurs Maçonniques…?)

Étant d’autre part ici entendu que, même aux USA où existe l’Obédience du Droit Humain, la vie quotidienne au sein de ses propres Loges est loin d’y être une sinécure pour nos SS.’.

Alors, je le redemande, le revendique et le réclame une fois encore : arrêtons de considérer nos SS.’. comme de vulgaires clandestines passablement bouffonnes, que les Grandes Loges Nationales méprisent en les mettant de surcroît au pilori : ce qui n’est pas le cas de façon aussi criante en Europe et dans les autres pays Latins où la DH occupe malgré tout une place de choix parmi la Franc-Maçonnerie Universelle.

L’abolition de cette ‘’loi’’ dans l’esprit des FF.’. ‘’fermés’’ aurait pour grand avantage de faciliter la vie quotidienne des femmes éprises d’Humanisme au travers des merveilleuses valeurs Maçonniques ; puisqu’elles auraient ainsi plus de choix de Rites.

Et cela, sans compter qu’il est bien plus aisé pour un homme (profane) de trouver une Loge que pour une femme, à l’égard de laquelle le choix est injustement réduit à peau de chagrin(…)

Avez-vous seulement jamais songé que la plupart des SS.’. se doit souvent de parcourir des distances énormes pour pouvoir être initiées ainsi que pour pouvoir ensuite participer aux travaux en Loge…?

Autant de ‘’détails’’ qui impliquent des dépenses inutiles de temps et d’argent.

Et ceci, sans omettre aussi celles qui, parfois, tombent sous le joug de pseudo-gourous peu scrupuleux qui, par de belles promesses, ne feront jamais que les escroquer, tout en salissant la noblesse des valeurs qui sont à l’image de la Franc-Maçonnerie.

Et puis, avez-vous déjà également pensé à toutes ces sœurs qui se font intimider par des ‘’Frères’’(?!) et ce, sous le seul prétexte qu’elles appartiennent à de petites Obédiences ‘’marginales’’ au regard des grosses qui se proclament unilatéralement ‘’acceptées’’…. tout en n’acceptant bien évidemment pas les premières.

(En aparté : voilà encore bien un autre sujet problématique connexe de taille pour plancher sur la question des Loges dites ‘’acceptées’’ en opposition formelle avec celles qui se veulent légitimement libres et souveraines…)

annie 2

Oui, mes sœurs et mes frères, je vous le redis : les femmes libres et de bonne vertu sont soumises – à leur corps et à leur âme défendant – à bien des pressions et, par ces faits-mêmes, elles doivent sur-multiplier leurs efforts pour pouvoir espérer réaliser leur rêve de l’idéal Maçonnique.

Et la route est bien longue ainsi que parsemée d’embûches pour pouvoir parvenir à vivre et à partager cet idéal à part entière.

Enfin, peu importe l’endroit du globe où se trouvent ces femmes-profanes qui aspirent tellement à la Fraternité en tant que futures SS.’. ainsi que les sœurs elles-mêmes déjà initiées…

Toutes, sans restriction ni distinction, nous continuerons de souffrir des discriminations édictées par une poignée de ‘’bien-pensants’’ bon chic, bon genre et bon teint qui veulent tenter de (se) faire croire qu’ils feraient la pluie et le beau temps de ce qui serait ou non ‘’politiquement correct’’, tout en ayant – en prime – le monopole de l’Humanisme(…)

Mais pourtant, tant que cela sera, toutes ces femmes (dont je suis !), continueront le plus souvent de souffrir, où qu’elles soient, dans la contrainte de devoir presque se cacher, tant pour échapper aux intimidations dont seule la bassesse intentionnelle qui leur est imposée est réellement ‘’sauvage’’, que par toutes ces intentions aussi nébuleuses que fumeuses et surannées qui leur sont opposés et qui n’ont – quoi qu’il en fut – strictement rien d’Humaniste ni de Fraternel.

Je suis Canadienne-française du Québec, vivant au Japon depuis plusieurs années…

Et en Asie, par exemple, la Franc-Maçonnerie y est généralement méconnue et, nonobstant l’existence de la Grande Loge Nationale, il est clair que la viabilité des Loges libres y est extrêmement limitée : tant l’obtention d’une patente délivrée en bonne et due forme y est toute aussi hypothétique qu’aléatoire.

Mais ce monde n’est décidément pas parfait car, même en Europe, règnent des luttes intestines dignes des plus viles ‘’gue-guerres’’ de clochers entre les Obédiences qui veulent s’octroyer (en l’imposant !) leur suprématie aux yeux des autres : jusqu’à user d’intimidations indignes et à abuser, parfois même, de violences psychologiques.

Alors, très sincèrement, ne croyez-vous vraiment pas qu’il serait grand temps que – à défaut d’être réellement Une et indivisible (ne soyons pas utopistes) – la Franc-Maçonnerie mondiale serait collectivement bien inspirée de songer sérieusement ET Fraternellement à se réorganiser, afin de se réaligner sur ses valeurs Universelles immanentes et communes à chacun(e) (toutes les tendances confondues), en vue de la rendre…. de nous rendre individuellement, plus sereins, plus justes et plus équitables pour le plus grand bénéfice de tout le monde : femmes comprises ?!!?

En conclusion, ayons la farouche volonté associée à une détermination sans faille de croire que, plus que toute autre Institution (profane ou non), la Franc-Maçonnerie se devrait de savoir s’élever au-dessus de toutes les formes de dogmes socioculturels et/ou religieux, en bannissant – sans en édulcorer la noblesse des intentions – tous les types de ségrégations ainsi qu’en éradiquant toutes les sortes d’existence partisanes associées à la race, aux croyances et au sexisme primaire.

‘’Accessoirement’’, n’est-ce pas là le gage de pouvoir enfin être pris au sérieux par nos détracteurs : qu’ils soient profanes ou, contre toute attente, initiés ??

N’en déplaise à certains, c’est sans gloire personnelle mais avec fierté que je suis Franc-Maçonne.

Et, en tant que telle, mes Frères et mes Sœurs libres et de bonnes mœurs me reconnaissent comme telle.

Certes, je ne suis bien entendu pas parfaite et ne me considère évidemment nullement comme telle.

Mais, à cause de (ou plutôt, grâce à….) ma qualité de Maçonne, je me dois de rester fidèlement conforme à mes engagements et j’ai donc une responsabilité : celle (comme chacun(e) d’entre nous) d’agir et de réagir en donnent du mieux possible l’exemple par de bonnes et justes actions, autant que par une bonne et adéquate attitude : le tout, en veillant en permanence au respect de mon prochain, par le travail que je conduis sur moi-même pour le plus grand bien possible de toutes et de tous.

Toute idée contraire à ce précepte fondamental, signifierait pour moi, un déshonneur personnel et, encore bien par-delà, surtout une ignominieuse et très offensante insulte à la Franc-Maçonnerie Universelle, Libre, Juste et Parfaite ainsi qu’à ses valeurs incontournables d’Humanisme et d’Humanité.

Annie Matsunami

annie 3

Merci Annie d’autoriser cette parution …

Annie est une sœur vivant et travaillant au Japon, artiste aussi, et qui à même déjà fait un livre … en plus

Du Jeu des Tarots. 10 octobre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Court de Gébelin, Antoine: Monde primitif, analysé et comparé avec le monde moderne
vol. 8, tom. 1, Paris 1781
Considéré dans divers objets concernant l’histoire, le blason, les monnoies, les jeux, les voyages des phéniciens autour du monde, les langues américaines, etc. ou dissertations mêlées
p. 365-410
 
 

Du Jeu des Tarots.

 

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Où l’on traite de son origine, où on explique ses Allegories, & où l’on fait voir qu’il est la source de nos Cartes modernes à jouer, etc. etc.

1.
Surprise que causeroit la découverte d’un Livre Egyptien.

Si l’on entendoit annoncer qu’il existe encore de nos jours un Ouvrage des anciens Egyptiens, un de leurs Livres échappé aux flammes qui dévotèrent leurs superbes Bibliothèques, & qui contient leur doctrine la plus pure sur des objets intéressans, chacun seroit, sans doute, empressé de connoître un Livre aussi précieux, aussi extraordinaire. Si on ajoûtoit que ce Livre est très-répandu dans une grande partie de l’Europe, que depuis nombre de siècles il y est entre les mains de tout le monde, la surprise iroit certainement en croissant: ne seroit-elle pas à son comble, si l’on assuroit qu’on n’a jamais soupçonné qu’il fût Egyptien; qu’on le possède comme ne le possedant point, que personne n’a jamais cherché à en déchiffrer une feuille: que le fruit d’une sagesse exquise est regardé comme un amas de figures extravagantes qui ne signifient rien par elles-mêmes? Ne croiroit-on pas qu’on veut s’amuser, se jouer de la crédulité de ses Auditeurs?

2.
Ce Livre Egyptien existe.

Le fait est cependant très-vrai: ce Livre Egyptien, seul reste de leurs superbes Bibliothèques, existe de nos jours: il est même si commun, qu’aucun Savant n’a daigné s’en occuper; personne avant nous n’ayant jamais soupçonné son illustre origine. Ce Livre est composé de LXXVII feuillets ou tableaux, même de LXXVIII, divisés en V classes, qui offrent chacune des objetes aussi variés qu’amusans & instructifs: ce Livre est en un mot le JEU DES TAROTS, jeu inconnu, il est vrai, à Paris, mais très-connu en Italie, en Allemagne, même en Provence, & aussi bisarre par les figures qu’offre chacune de ses cartes, que par leur multitude.

Quelqu’étendues que soient les Contrées où il est en usage, on n’en étoit pas plus avancé sur la valeur des figures bisarres qu’il paroît offrir: & telle est son antique origine qu’elle se perdoit dans l’obscurité des tems, qu’on ne savoit ni où quand il avoit été inventé, ni le motif qui y avoit rassemblé tant de figures extraoridnaires, si peu faites ce semble pour marcher de pair, telles qu’il n’offre dans tout son ensemble qu’une énigme que personne n’avoit jamais cherché à résoudre.

Ce Jeu a même paru si peu digne d’attention, qu’il n’est jamais entré en ligne de compte dans les vues de ceux de nos Saans qui se sont occupés de l’origine des Cartes: ils n’ont jamais parlé que des Cartes Françoises, ou en usage à Paris, dont l’origine est peu ancienne; & après en avoir prouvé l’invention moderne, ils ont cru avoir épuisé la matiere. C’est qu’en effet on confond sans cesse l’établissement d’une connoissance quelconque dans un Pays avec son invention primitive: c’est ce que nous avons déjà fait voir à l’égard de la boussole: les Grecs & les Romains eux-mêmes n’ont que trop confondu ces objets, ce qui nous a privé d’une multitude d’origines intéressantes.

Mais la forme, la disposition, l’arrangement de ce Jeu & les figures qu’il offre sont si manifestement allégoriques, & ces allégories sont si conformes à la doctrine civile, philosophique & religieuse des anciens Egyptiens, qu’on ne peut s’empêcher de le reconnoître pour l’ouvrage de ce Peuple de Sages: qu’eux seuls purent en être les Inventeurs, rivaux à cet égard des Indiens qui inventoient le Jeu des Echecs.

Division.

Nous ferons voir les allégories qu’offrent les diverses Cartes de ce Jeu.
Les formules numériques d’après lesquelles il a été composé.
Comment il s’est transmis jusques à nous.
Ses rapports avec un Monument Chinois.
Comment en naquirent les Cartes Espagnoles.
Et les rapports de ces dernieres avec les Cartes Françoises.


Cet Essai sera suivi d’une Dissertation où l’on établit comment ce Jeu étoit appliqué à l’art de la Divination; c’est l’ouvrage d’un Officier Général, Gouverneur de Province, qui nous honore de sa bienveillance, & qui a retrouvé dans ce Jeu avec une sagacité très-ingénieuse les principes Egyptiens sur l’art de deviner par les Cartes, principes qui distinguèrent les premieres Bandes des Egyptiens mal nommés Bohêmiens qui se répandirent dans l’Europe; & dont il subsiste encore quelques vestiges dans nos Jeux de Cartes, mais qui y prêtent infiniment moins par leur monotonie & par le petit nombre de leurs figures.

Le Jeu Egyptien, au contraire, étoit admirable pour cet effet, tenfermant en quelque façon l’Univers entier, & les Etats divers dont la vie de l’Homme est susceptible. Tel étoit ce Peuple unique & profonf, qu’il imprimoit au moindre de ses ouvrages le sceau de l’immortalité, & que les autres semblent en quelque sorte se traîner à peine sur ses traces.

ARTICLE I.
Allégories qu’offrent les Cartes du Jeu de Tarots.

Si ce Jeu qui a toujours été muet pour tous ceux qui le connoissent, s’est développé à nos yeux, ce n’a point été l’effet de quelques profondes méditations, ni de l’envie de débrouiller son cahos: nous n’y pensions pas l’instant avant. Invité il y a quelques années à aller voir une Dame de nos Amies, Madame la C. d’H., qui arrivoit d’Allemagne ou de Suisse, nous la trouvâmes occupée à jouer à ce Jeu avec quelques autres Personnes. Nous jouons à un Jeu que vous ne connoissez sûrement pas… Cela se peut; quel est-il?.. Le Jeu des Tarots… J’ai eu occasion de le voir étant fort jeune, mais je n’en ai aucune idée… C’est une rapsodie des figures les plus bisarres, les plus  extravagantes: en voilà une, par exemple; on eut soin de choisir la plus chargée de figures, & n’ayant aucun rapport à son nom, c’est le Monde: j’y jette les yeux, & aussi-tôt j’en reconnois l’Allégorie: chacun de quitter son Jeu & de venir voir cette Carte merveilleuse où j’appercevois ce qu’ils n’avoient jamais vû: chacun de m’en  montrer une autre: en un quart-d’heure le Jeu fut parcoutu, expliqué, déclaré Egyptien: & comme ce n’étoit point le jeu de notre imagination, mais l’effet des rapports choisis & sensibles de ce jeu avec tout ce qu’on connoît d’idées Egyptiennes, nous nous promîmes bien d’en faire part quelque jour au Public; persuadés qu’il autoit pour agréable une découverte & un présent de cette nature, un Livre Egyptien échappé à la barbarie, aux ravages du Tems, aux incendies accidentelles & aux volontaires, à l’ignorance plus désastreuse encore.

Effet nécessaire de la forme frivole & légere de ce Livre, qui l’a mis à même de triompher de tous les âges & de passer jusques à nous avec une fidélité rare: l’ignorance même dans laquelle on a été jusques ici de ce qu’il representoit, a été un heureux sauf-conduit qui lui a laissé traverser tranquillement tous les Siècles sans qu’on ait pensé à le faire disparoître.

Il étoit tems de retrouver les Allégories qu’il étoit destiné à conserver, & de faire voir que chez le Peuple le plus sage, tout jusqu’aux Jeux, étoit fondé sur l’Allégorie, & que ces Sages savoient changer en amusement les connoisances les plus utiles & n’en faire qu’un Jeu.

Nous l’avons dit, le Jeu des Tarots est composé de LXXVII Cartes, même d’une LXXVIIIe, divisées en Atous & en IV couleurs. Afin que nos Lecteurs puissent nous suivre, nous avons fait graver les Atous; & l’As de chaque couleur, ce que nous appellons avec les Espagnols, Spadille, Baste, & Ponte.

ATOUS.

Les Atous au nombré de XXII, représentent en général les Chefs temporels & spirituels de la Société, les Chefs Physiques de l’Agriculture, les Vertus Cardinales, le Mariage, la Mort & la résurrection ou la création; les divers jeux de la fortune, le Sage & le Fou, le Tems qui consume tout, &c. On comprend ainsi d’avance que toutes ces Cartes sont autant de Tableaux allégoriques relatifs à l’ensemble de la vie, & susceptibles d’une infinité de combinaisons. Nous allons les examiner un à un, & tâcher de déchiffrer l’allégorie ou l’énigme particuliere que chacun d’eux renferme.

No. 0, Zero.
Le Fou.

On ne peut méconnoître le Fou dans cette Carte, à sa marotte, & à son hoqueton garni de coquillages & de sonnettes: il marche très-vîte comme un fou qu’il est, portant derriere lui son petit paquet, & s’imaginant échapper par-là à un Tigre qui lui mord la croupe: quant au fac, il est l’emblême de ses fautes qu’il ne voudroit pas voir; & ce Tigre, celui de ses remords qui le suivent galopant, & qui sautent en croupe derriere lui.

Certe belle idée qu’Horace a si bien encadrée dans de l’or, n’étoit donc pas de lui, elle n’avoit pas échappé aux Egyptiens: c’étoit une idée vulgaire, un lieu commun; mais prise dans la Nature toujours vraie, & présentée avec toutes les graces dont elle est susceptible, cet agréable & sage Poëte sembloit l’avoir tirée de son profond jugement.

Quant à cet Atout, nous l’appellons Zero, quoiqu’on le place dans le jeu après le XXI, parce qu’il ne compte point quand il est seul, & qu’il n’a de valeur que celle qu’il donne aux autres, précisément comme notre zero: montrant ainsi que rien n’existe sans sa folie.

No. I.
Le Jouer de Gobelets, ou Bateleur.

Nous commençons par le no. I. pour suivre jusques au 21, parce que l’usage actuel est de commencer par le moindre nombre pour s’élever de-là aux plus hauts: il paroît cependant que les Egyptiens commençoient à compter par le plus haut pour descendre de-là jusqu’au plus bas. C’est ainsi qu’ils solsifioient l’Octave en descendant, & non en montant comme nous. Dans la Dissertation qui est à la suite de celle-ci, on suit l’usage des Egyptiens, & on en tire le plus grand parti. On aura donc ici les deux manieres: la nôtre la plus commode quand on ne veut considérer ces Cartes qu’en elles-mêmes: & celle-là, utile pour en mieux concevoir l’ensemble & les rapports.

Le premier de tous les Atous en remontant, ou le dernier en descendant, est un Joueur de Gobelet; on le reconnoît à sa table couverte de dés, de gobelets, de couteaux, de bales, &c. A son bâton de Jacob ou verge des Mages, à la bale qu’il tient entre deux doigts & qu’il va escamoter.

On l’appelle Bâteleur dans la dénomination des Cartiers: c’est le nom vulgaire des personnes de cet état: est-il nécessaire de dire qu’il vient de baste, bâton ?

A la tête de tous les Etats, il indique que la vie entiere n’est qu’un songe, qu’un escamotage: qu’elle est comme un jeu perpétuel du hasard ou du choc de mille circonstances qui ne dépenditent jamais de nous, & sur lequel influe nécessairement pour beaucoup toute administration générale.

Mais entre le Fou & le Bateleur, l’Homme n’est-il pas bien:

No. II, III, IV, V.
Chefs de la Société.

Les Numéros II & III représentent deux femmes: les Numéros IV & V, leurs maris: ce sont les Chefs temporels & spirituels de la Société.

Roi & Reine.Le No. IV. représente le Roi, & le III. la Reine. Ils ont tous les deux pour attributs l’Aigle dans un Ecusson, & le sceptre surmonté d’un globe thautifié ou couronné d’une croix, appellée Thau, le signe par excellence.

Le Roi est vu de profil, la Reine de face: ils sont tous les deux assis sur un Trône, La Reine est en robe traînante, le dossier de son  Trône est élevé: le Roi est comme dans une gondole ou chaise en coquille, les jambes croisées. Sa Couronne est en demì cercle surmontée d’une perle à croix. Celle de la Reine se termine en pointe. Le Roi porte un Ordre de Chevalerie.

Grand-Prêtre & Grande-Prêtresse.

Le No. V. représente le Chef des Hiérophantes ou le Grand-Prêtre: le No. II. la Grande-Prêtresse ou sa femme: on sait que chez les Egyptiens, les Chefs du Sacerdoce étoient mariés. Si ces Cartes étoient de l’invention des Modernes, on n’y verroit point de Grande-Prêtresse, bien moins encore sous le nom de Papesse, comme les Cartiers Allemands ont nommé celle-ci ridiculement.

La Grande-Prêtresse est assise dans un fauteuil: elle est en habit long avec une espèce de voile derriere la tête qui vient croiser sur l’estomac: elle a une double couronne avec deux cornes comme en avoit Isis: elle tient un Livre ouvert sur ses genoux; deux écharpes garnies de croix se croisent sur sa poltrine & y forment un X.

Le Grand-Prêtre est en habit long avec un grand manteau qui rient à une agraffe: il porte la triple Thiare: d’une main, il s’appuie sur un Sceptre à triple croix: & de l’autre, il donne de deux doigts étendus la bénédiction à deux personnages qu’on voit à ses genoux.

Les Cartiers Italiens ou Allemands qui ont ramené ce jeu à leurs connoissances, ont fait de ces deux personnages auxquels les Anciens donnoient le nom de Pere & de Mere, comme on diroit Abbé & Abbesse, mots Orientaux signifiant la même chose, ils en ont fait, dis-je, un Pape & une Papesse.

Quant au Sceptre à triple croix, c’est un monument absolument Egyptien: on le voit sur la Table d’Isis, sous la Lettre TT; Monument précieux que nous avons déjà fait graver dans toute son étendue pour le donner quelque jour au Public. Elle a rapport au triple Phallus qu’on promenoit dans la fameuse Fête des Pamylies où l’on se réjouissoit d’avoir retrouvé Osiris, & où il étoit le symbole de la régénération des Plantes & de la Nature entiere.

No. VII.
Osiris Triomphant.

Osiris s’avance ensuite; il paroît sous la forme d’un Roi triomphant, le Sceptre en main, la Couronne sur la tête: il est dans son char de Guerrier, tiré par deux chevaux blancs. Personne n’ignore qu’Osiris étoit la grande Divinité des Egyptiens, la même que celle de tous les Peuples Sabéens, ou le Soleil symbole physique de la Divinité suprême invisible, mais qui se manifeste dans ce chef-d’oeuvre de la Nature. Il avoit été perdu pendant l’hyver: il reparoît au Printems avec un nouvel éclat, ayant triomphé de tout ce qui lui faisoit la guerre.

No. VI.
Le Mariage.

Un jeune homme & une jeune femme se donnent leur foi mutuelle: un Prêtre les bénit, l’Amour les perce de ses traits. Les Cartiers appellent ce Tableau, l’Amoureux. Ils ont bien l’air d’avoir ajouté eux-mêmes cet Amour avec son arc & ses flèches, pour rendre ce Tableau plus parlant à leurs yeux.

On voit dans les Antiquités de Boissard [T. III. Pl. XXXVI.], un Monument de la même nature, por peindre l’union conjugale; mais il n’est composé que de trois figures.

L’Amant & l’Amante qui se donnent leur foi: l’Amour entre deux sert de Tèmoin & de Prêtre.

Ce Tableau est intitulé Fidei Simulacrum, Tablèau de la Foi conjugale: les personnages en sont désignés par ces beaux noms, Vérité, Honneur & Amour. Il est inutile de dire que la vérité désigne ici la femme plutôt que l’homme, non-seulement parce que ce mot est du genre féminin, mais parce que la Fidelité constante est plus essentielle dans la femme. Ce Monument précieux fut élevé par un nommé T. Fundanius Eromenus ou l’aimable, à sa très-chere Epouse Poppée Demetrie, & à leur fille chérie Manilia Eromenis.

Planche V.
No. VIII. XI. XII. XIII.
Les quatre Vertus Cardinales.

Les Figures que nous avons réunies dans cette Planche, sont relatives aux quatre Vertus Cardinales.

No. XI. Celle-ci représente la Force. C’est une femme qui s’est rendue maitresse d’un lion, & qui lui ouvre la gueule avec la même facilité qu’elle ouvriroit celle de son petit épagneul; elle a sur la tête un chapeau de Bergere.

No. XIII. La Tempérance [recte: XIV]. C’est une femme aîlée qui fait passer de l’eau d’une vase dans un autre, pour tempérer la liqueur qu’il renferme.

No. VIII. La Justice. C’est une Reine, c’est Astrée assise sur son Trône, tenant d’une main un poignard; de l’autre, une balance.

No. XII. La Prudence est du nombre des quatre Vertus Cardinales: les Egyptiens purent-ils l’oublier dans cette peinture de la Vie Humaine ? Cependant, on ne la trouve pas dans ce Jeu. On voit à sa place sous le No. XII. entre la Force & la Tempérance, un homme pendu par les pieds: mais que fait-là ce pendu ? c’est l’ouvrage d’un malheureux Cartier présomptueux qui ne comprenant pas la beauté de l’allégorie renfermée sous ce tableau, a pris sur lui de la corriger, & par-là même de le défigurer entierement.

La Prudence ne pouvoit être représentée d’une maniere sensible aux yeux que par un homme debout, qui ayant un pied posé, avance l’autre, & le tient suspendu examinant le lieu où il pourra le placer surement. Le titre de cette carte étoit donc l’homme au pied suspendu, pede suspenso: le Cartier ne sachant ce que cela vouloit dire, en a fait un homme pendu par les pieds.

Puis on a demandé, pourquoi un pendu dans ce Jeu ? & on n’a pas manqué de dire, c’est la juste punition de l’Inventeur du Jeu, pour y avoir représenté une Papesse.

Mais placé entre la Force, la Tempérance & la Justice, qui ne voit que c’est la Prudence qu’on voulut & qu’on dut représenter primitivement ?

Planche VI.
No. VIIII. ou IX.
Le Sage ou le Chercheur de la Vérité & du Juste.

Le No. IX. représente un Philosophe vénérable en manteau long, un capuchon sur les épaules: il marche courbé sur son bâton, & tenant une lanterne de la main gauche. C’est le Sage qui cherche la Justice & la Vertu.

On a donc imaginé d’après cette peinture Egyptienne, l’Histoire de Diògene qui la lanterne en main cherche un homme en plein midi. Les bons mots, sut-tout les Epigrammatiques, sont de tout siècle: & Diogène étoit homme à mettre ce tableau en action.

Les Cartiers ont fait de ce Sage un Hermite. C’est assez bien vu: les Philosophes vivent volontiers en retraite, ou ne sont guères propres à la frivolité du siècle. Heraclide passoit pour fou aux yeux de ses chers Concitoyens: dans l’Orient, d’ailleurs, se livrer aux Sciences spéculatives ou s’Hermetiser, est presque une seule & même chose. Les Hermites Egyptiens n’eutent rien à reprocher à cet égard à ceux des Indes, & aux Talapoins de Siam: ils étoient ou sont tous autant de Druides.

No. XIX.
Le Soleil.

Nous avons réuni sous cette planche tous les tableaux relatifs à la lumiere: ainsi après la lanterne sourde de l’Hermite, nous allons passer en revue le Soleil, la Lune & le brillant Sirius ou la Canicule étincelante, tous figurans dans ce jeu, avec divers emblêmes.

Le Soleil est représenté ici comme le Pere physique des Humains & de la Nature entiere: il éclaire les hommes en Société, il préside à leurs Villes: de ses tayons distillent des larmes d’or & de perles: ainsi on désignoit les heureuses influences de cet astre.

Ce Jeu de Tarots est ici parfaitement conforme à la doctrine des Egyptiens, comme nous l’allons voit plus en détail à l’article suivant.

No. XVIII.
La Lune.

Ainsi la Lune qui marche à la suite du Soleil est aussi accompagnée de larmes d’or & de perles, pour marquet également qu’elle contribue pour sa part aux avantages de la terre.

Pausanias nous apprend dans la Description de la Phocide, que selon les Egyptiens, c’étoient les Larmes d’Isis qui enfloient chaque année les eaux du Nil & qui rendoient ainsi fertiles les campagnes d’Egypte. Les relations de ce Pays parlent aussi d’une Goutte ou larme, qui tombe de la Lune au moment où les eaux du Nil doivent grossir.

Au bas de ce tableau, on voit une Ecrevisse ou Cancer, soit pour marquer la marche rétrograde de la Lune, soit pour indiquer que c’est au moment où le Soleil & la Lune sortent du signe de Cancer qu’arrive l’inondation causée par leurs larmes au lever de la Canicule qu’on voit dans le tableau suivant.

On poutroit même réunit les deux motifs: n’est-il pas très-ordinaire de se déterminer par une foule de conséquences qui forment une masse qu’on seroit souvent bien embarrassé à démêler ?

Le milieu du tableau est occupé par deux Tours, une à chaque extrémité por désigner les deux fameuses colonnes d’Hercule, en-deça & au-delà desquelles ne passerent jamais ces deux grands luminaires.

Entre les deux colonnes sont deux Chiens qui semblent aboyer contre la Lune & la garder: idées parfaitement Egyptiennes. Ce Peuple unique pour les allégories, comparoit les Tropiques à deux Palais gardés chacun par un chien, qui, semblables à des Portiers fideles, retenoient ces Astres dans le milieu des Cieux sans permettre qu’ils se glissassent vers l’un ou l’autre Pôle.

Ce ne sont point visions de Commentateurs en us. Clement, lui-même Egyptien, puisqu’il étoit d’Alexandrie, & qui par conséquent devoit en savoir quelque chose, nous assure dans ses Tapisseries [Ou Stromates, Liv. V.] que les Egyptiens représentoient les Tropiques sous la figure de deux Chiens, qui, semblables à des Portiers ou à des Gardiens fideles, empêchoient le Soleil & la Lune de pénétter plus loin, & d’aller  jusqu’aux Pôles.

No. XVII.
La Canicule.

Ici nous avons sous les yeux un Tableau non moins allégorique, & absolument Egyptien; il est intitulé l’Etoile. On y voir, en effet, une Etoile brillante, autout de laquelle sont sept autres plus petites. Le bas du Tableau est occupé par une femme panchée sur un genou qui tient deux vases renverses, dont coulent deux Fleuves. A côté de cette femme est un papillon sur une fleur.

C’est l’Egyptianisme tout pur.

Cette Etoile, par excellence, est la Canicule ou sirius: Etoile qui se leve lorsque le Soleil sort du signe du Cancer, par lequel se termine le Tableau précédent, & que cette Etoile suit ici immédiatement.

Les sept Etoiles qui l’environment, & qui semblent lui faire leur cour, sont les Planettes: elle est en quelque sorte leur Reine, puisqu’elle fixe dans cet instant le commencement de l’année; elles semblent venir recevoir ses ordres pouir régler leur cours sur elle.

La Dame qui est au-dessous, & fort attentive dans ce moment à répandre l’eau de ses vases, est la Souveraine des Cieux, Isis, à la bienfaisance de laquelle on attribuoit les inondations du Nil, qui commencent au lever de la Canicule; ainsi ce lever étoit l’annonce de l’inondátion. C’est pour cette raison que la Canicule étoit consacrée à Isis, qu’elle étoit son symbole par excellence.

Et comme l’année s’ouvroit ègalement par le lever de cet Affre, on l’appelloit Soth-Is, ouverture de l’année; & c’est sous ce nom qu’il étoit consacré à Isis.

Enfin, la Fleur & le Papillon qu’elle supporte, étoient l’emblême de la régénération & de la résurrection: ils indiquoient en même tems qu’à la faveur des bienfaits d’Isis, au lever de la Canicule, les Campagnes de l’Egypte, qui étoient absolument nues, se couvriroient de noeuvelles moissons.

Planche VIII.
No. XIII.
La Mort.

Le no. XIII. représente la Mort: elle fauche les Humains, les Rois & les Reines, les Grands & les Petits; rien ne résiste à sa faulx meurtriere.

Il n’est pas étonnant qu’elle soit placée sous ce numéro; le nombre treize fut toujours regarde comme malheureux. Il faut que très-anciennement il soit arrivé quelque grand malheur dans un pareil jour, & que le souvenir en ait influé sur toutes les anciennes Nations. Seroit-ce par une suite de ce souvenir que les treize Tribus de Hébreux n’ont jamais été comptées que pour douze ?

Ajoutons qu’il n’est pas étonnant non plus que les Egyptiens ayent inseré la Mort dans un jeu qui ne devroit réveiller que des idées agréables: ce Jeu étoit un jeu de guerre, la Morte devoit donc y entrer: c’est ainsi que le jeu des échecs finit par échec mat, pour mieux dire par Sha mat, la mort du Roi. D’ailleurs, nous avons eu occasion de rappeller dans le Calendrier, que dans les festins, ce Peuple sage & réfléchi faisoit paroître un squelette sous le nom de Màneros, sans doute afin d’engager les convives à ne pas se tuer par gourmandise. Chacun a sa maniere de voir, & il ne faut jamais disputer des goûts.

No. XV.
Typhon.

Le no. XV. représente un célebre personnage Egyptien, Typhon, frere d’Osiris & d’Isis, le mauvais Principe, le grand Démon d’Enfer: il a des ailes de chauve-souris, des pieds & des mains d’harpie; à la tête, de vilaines cornes de cerf: on l’a fait aussi laid, aussi diable qu’on a pu. A ses pieds sont deux petits Diablotins à longues oreilles, à grande queue, les mains liées derriere le dos: ils sont eux-mêmes attachés par une corde qui leur passe au cou, & qui est arrêtée au piédestal de Typhon: c’est qu’il ne làche pas ceux qui sont à lui; il aime bien ceux qui sont siens.

No. XVI.
Maison-Dieu, ou Château de Plutus.

Pour le coup, nous avons ici une leçon contre l’avarice. Ce tableau représente une Tour, qu’on appelle Maison-Dieu, c’est-à-dire, la Maison par excellence; c’est une Tour remplie d’or, c’est le Château de Plutus: il tombe en ruines, & ses Adorateuers tombent écrasés sous ses débris.

A cet ensemble, peut-on méconnoître l’Histoire de ce Prince Egyptien dont parle Hérodote, & qu’il appelle Rhampsinit, qui, ayant fait constraire une grande Tour de pierte pour renfermer ses trésors, & dont lui seul avoit la clef, s’appercevoit cependant qu’ils diminuoient à vue d’oeil, sans qu’on passât en aucune maniere pat la seule porte qui existât à cet édifice. Pour découvrir des voleurs aussi adroits, ce Prince s’avisa de tendre des piéges autour des vases qui contenoient ses richesses. Les voleurs étoient les deux fils de l’Architecte dont s’étoit servi Rhampsinit: il avoit ménagé une pierre de telle maniere, qu’elle pouvoit s’ôter & se remettre à volonté sans qu’oi s’en apperçût. Il enseigna son secret à ses enfans qui s’en servirent merveilleusement comme on voit. Ils voloient le Prince, & puis ils se jettoient de la Tour en bas: c’est ainsi qu’ils sont représentés ici. C’est à la vérité le plus beau de l’Histoire; on trouvera dans Hérodote le reste de ce conte ingénieux: comment un des deux freres fut pris dans les filets: comment il engagea son frere à lui couper la tête: comment leur mere voulut absolument que celui-ci rapportât le corps de son frere: comment il alla avec des outres charges sur un âne pour enivrer les Gardes du cadavre & du Palais: comment, après qu’ils eurent vuldé ses outres malgré ses larmes artificieuses,  & qu’ils se furent endormis, il leur coupa à tous la barbe du coté droit, & leur enleva le corps de son frere: comment le Roi fort étonné, engagea sa fille à se faire raconter par chacun de ses amans le plus joli tour qu’ils eussent fait: comment ce jeune éveillé alla auprès de la belle, lui raconta tout ce qu’il avoit fait: comment la belle ayant voulu l’arrêter, elle ne se trouva avoir saisi qu’un bras postiche: comment, pour achever cette grande aventure, & la mener à une heureuse fin, ce Roi promit cette même sienne fille au jeune homme ingénieux qui l’avoit si bien joué, comme à la personne la plus digne d’elle; ce qui s’exécuta à la grande satisfaction de tous.

Je ne sais si Hérodote prit ce conte pour une histoire réelle; mais un Peuple capable d’inventer de pareilles Romances ou Fables Milésiennes, pouvoit fort bien inventer un jeu quelconque.

Cet Ectivain rapporte un autre fait qui prouve ce que nous avons dit dans l’Histoire du Calendrier, que les statues des Géans qu’on promene dans diverses Fêtes, désignerent presque toujours les saisons. Il dit que Rhampsinit, le même Prince dont nous venons de parler, fit élever au Nord & au Midi du Temple de Vulcain deux satues de vingt-cinq coudées de haut, qu’on appelloit l’Eté & l’Hiver: on adoroit, ajoute-t-il, celle-là, & on sacrifioit, au contraire, à celle-ci: c’est donc comme les Sauvages qui reconnoissent le bon Principe & l’aiment, mais qui ne sacrifient qu’au mauvais.

No. X.
La Roue de Fortune.

Le dernier numero de cette Planche est la Roue de Fortune. Ici des Personnages humains, sous la forme de Singes, de Chiens, de Lapins, &c. s’élevent tour-à-tour sur cette roue à laquelle ils sont attachés: on diroit que c’est une satyre contre la fortune, & contre ceux qu’elle éleve rapidement & qu’elle laisse retomber avec la même rapidité.

Planche VIII.
No. XX.
Tableau mal nommé le Jugement dernier.

Ce Tableau représente un Ange sonnant de la trompette: on voit aussi-tôt comme sortir de terre un vieillard, une femme, un enfant nuds.

Les Cartiers qui avoient perdu la valeur de ces Tableaux, & plus encore leur ensemble, ont vu ici le Jugement dernier; & pour le rendre plus sensible, ils y ont mis comme des espèces de tombeaux. Otez ces tombeaux, ce Tableau sert également à désigner la Création, arrivée dans le Tems, au commencement du Tems, qu’indique le no. XXI.

No. XXI.
Le Tems, mal nommé le Monde.

Ce Tableau, que les Cartiers ont appellé le Monde, parce qu’ils l’ont considéré comme l’origine de tout, représente le Tems. On ne peut le méconnoître à son ensemble.

Dans le centre est la Déesse du Tems, avec son voile qui voltige, & qui lui sert de ceinture ou de Peplum, comme l’appelloient les Anciens. Elle est dans l’attitude de courir comme le Tems, & dans un cercle qui représente les révolutions du Tems; ainsi que l’oeuf où tout est sorti dans le Tems.

Aux quatre coins du Tableau sont les emblêmes des quatre Saisons, qui forment les révolutions de l’année, les mêmes qui composoient les quatre têtes des Chérubins. Ces emblêmes sont,

L’Aigle, le Lion, le Boeuf, & le Jeune-Homme,
L’Aigle représente le Printems, où reparoissent les oiseaux.
Le Lion, l’Eté ou les ardeuts du Soleil.
Le Boeuf, l’Automne où on laboure & où  on seme.
Le Jeune-Homme, l’Hiver, où l’on se réunit en société.

ARTICLE II.
Les Couleurs.

Outre les Atous, ce Jeu est composé de quatre Couleurs distinguées par leurs emblêmes: on les appelle Épée, Coupe, Bâton & Denier.

On peut voir les As de ces quatre couleurs dans la Planche VIII.

A représente l’As d’Epée, surmonté d’une couronne qu’entourent des palmes.
C, l’As de Coupe: il a l’air d’un Château; ce’st ainsi qu’on faisoit autre fois les grandes tasses d’argent.
D, l’As de Bâton; c’est une vrai massue.
B, l’As de Denier, environné de guirlandes.

Chacune de ces couleurs est composée de quatorze Cartes, c’est-à-dire de dix Cartes numérotées depuis I. jusqu’à X, & de quatre Cartes figurées, qu’on appelle le Roi, la Reine, le Chevalier ou Cavalier, & son Ecuyer ou Valet.

Ces quatre Couleurs sont relatives aux quatre Etats entre lesquels étoient divisés les Egyptiens.

L’Épée désignoit le Souverain & la Noblesse toute Militaire.
La Coupe, le Clergé ou le Sacerdoce.
Le Bâton, ou Massue d’Hercule, l’Agriculture.
Le Denier, le Commerce dont l’argent est le signe.

Ce Jeu fondé sur le nombre septenaire.

Ce Jeu est absolument fondé sur le nombre sacré de sept. Chaque couleur est de deux fois sept cartes. Les Atous sont au nombre de trois fois sept; le nombre des cartes de soixante-dix-sept; le Fou étant comme 0. Or, personne n’ignore le rôle que ce nombre jouoit chez les Egyptiens, & qu’il étoit devenu chez eux une formule à laquelle ils ramenoient les élémens de toutes les Sciences.

L’idée sinistre attachée dans ce Jeu au nombre treize, ramene également fort bien à la même origine.

Ce Jeu ne peut donc avoir été inventé que par des Egyptiens, puisqu’il a pour base le nombre sept; qu’il est relatif à la division des habitans de l’Egypte en quatre classes; que la plupart de ses Atous se rapportent absolument à l’Egypte, tels que les deux Chefs des Hiérophantes, homme & femme, Isis ou la Canicule, Typhon, Osiris, la Maison-Dieu, le Monde, les Chiens qui désignent le Tropique, &c; que ce Jeu, entiérement allégorique, ne put être l’ouvrage que des seuls Egyptiens.

Inventé par un homme de génie, avant ou après le Jeu des Echecs, & réunissant l’utilité au plaisir, il est parvenu jusqu’à nous à travers tous les siècles; il a durvécu à la ruine entiere de l’Egypte & de ces connoissances qui la distinguoient; & tandis qu’on n’avoit nulle idée de la sagesse des leçons qu’il renfermoir, on ne laissoit pas de s’amuser du Jeu qu’elle avoit inventé.

Il est d’ailleurs aisé de tracer la route qu’il a tenue pour arriver dans nos Contrées. Dans les premiers siècles de l’Eglise, les Egyptiens étoient très-répandus à Rome; ils y avoient porté leurs cérémonies & le culte d’Isis; par conséquent  le Jeu dont il s’agit.

Ce Jeu, interessant par lui-même, fut borné à l’Italie jusqu’à ce que les liaisons des Allemands avec les Italiens le firent connoître de cette seconde Nation; & jusqu’à ce que celles des Comtes de Provence avec l’Italie, & sur tout le séjour de la Cour de Rome à Avignon, le naturalisa en Provence & à Avignon.

S’il ne vint pas jusqu’à Paris, il faut l’attribuer à la bisarrerie de ses figures & au volume de ses Cartes qui n’etoient point de nature à plaire à la vivacité des Dames Françoises. Aussi fut-on obligé, comme nous le verrons bientôt, de réduire excessivement ce Jeu en leur faveur.

Cependant l’Egypte elle-meme ne jouit point du fruit de son invention: réduits à la servitude la plus déplorable, à l’ignorance la plus profonde, privés de tous les Arts, ses Habitans seroient hors d’état de fabriquer une seule Carte de Jeu.

Si nos Cartes Françoises, infiniment moins compliquées, exigent le travail soutenu d’une multitude de mains & le concours de plusieurs Arts, comment ce Peuple infortuné autoit-il pu conserver les siennes ? Tels sont les maux qui fondent sur une Nation asservie, qu’elle perd jusques aux objets de ses amusemens: n’ayant pu conserver ses avantages les plus précieux, de quel droit prétendroit-elle à ce qui n’en étoit qu’un délassement agréable ?

Noms Orientaux conservés dans ce Jeu.

Ce Jeu a conservé quelques noms qui le déclareroient également Jeu Oriental si on n’en avoit pas d’autres preuves.

Ces Noms sont ceux de Taro, de Mat & de Pagad.

1. Tarots.

Le nom de ce Jeu est pur Egyptien: il est composé du mot Tar, qui signifie voie, chemin; & du mot Ro, Ros, Rog, qui signifie Roi, Royal. C’est, mot-à-mot, le chemin Royal de la vie.

Il se rapporte en effet à la vie entiere des Citoyens, pisqu’il est formé des divers Etats entre lesquels ils sont divisés, & que ce Jeu les suit depuis leur naissance jusqu’à la mort, en leur montrant toutes les vertus & tous les guides physiques & moraux auxquels ils doivent s’attacher, tels que le Roi, la Reine, les Chefs de la Religion, le Soleil, la Lune, &c.

Il leur apprend en même tems par le Joueur de gobelets & par la roue de fortune, que rien n’est plus inconstant dans ce monde que les divers Etats de l’homme: que son seul réfuge est dans la vertu, qui ne lui manque jamais au besoin.

2. Mat.

Le Mat, nom vulgaire du fou, & qui subsiste en Italien, vient de l’Oriental Mat, assommé, meurtri, félé. Les Foux ont toujours été représentés comme ayant le cerveau félé.

3. Pagad.

Le Joueur de gobelets est appellé Pagad dans le courant du Jeu. Ce nom qui ne ressemble à rien dans nos Langues Occidentales, est Oriental pur & très-bien choisi: Pag signifie en Orient, Chef, Maître, Seigneur: & Gad, la Fortune. En effet, il est représente comme disposant du sort avec sa baguette de Jacob ou sa verge des Mages.

Article III.
Maniere dont on joue aux Tarots.

1o. Maniere de donner les Cartes.

Un de nos Amis, M. L’A. R. a bien voulu nous expliquer la maniere dont on le joue: c’est lui qui va parler, si nous l’avons bien compris.

On joue ce Jeu à deux, mais on donne les Cartes comme si on jouoit trois: chaque Joueur n’a donc qu’un tiers des Cartes: ainsi pendant le combat il y a toujours un tiers des Troupes qui se reposent; on pourroit les appeller le Corps de réserve.

Car ceu Jeu est un Jeu de guerre, & non un Jeu pacifique comme on l’avoit dit mal-à-propos: or dans toute Armée il y a un Corps de réserve. D’ailleurs, cette réserve rend le Jeu plus difficile, puisqu’on a beaucoup plus de peine à deviner les Cartes que peut avoir son adversaire.

On donne les Cartes par cinq, ou de cinq en cinq.

Sur les 78 Cartes, il en reste donc trois à la fin; au lieu de les partager entre les Joueurs & la réserve ou le Mort, celui qui donne les garde pour lui; ce qui lui donne l’avantage d’en écarter trois.

2o. Maniere de compter les points de son Jeu.

Les Atous n’ont pas tous la même valeur.

Les 21. 20. 19. 18 & 17. sont appellés les cinq grands Atous.

Les 1. 2. 3. 4. 5. sont appellés les cinq petits.

Si on en a trois des grands ou trois des petits, on compte cinq points: dix points, si on en a quatre; & quinze, si on en a cinq.

C’est encore une maniere de compter Egyptienne: le dinaire ou denier de Pythagore étant égal au quaternaire, puisque un, deux, trois & quatre ajoutés ensemble font dix.

Si on a dix Atous dans son Jeu, on les étale, & ils valent encore dix points, si on en a treize, on les étale aussi, & ils valent quinze points, indépendamment des autres combinaisons.

Sept Cartes portent le Nom de Taros par excellence: ce sont les Cartes privilégiées; & encore ici, le nombre de sept. Ces Cartes sont:

Le Monde ou Atout 21.
Le Mat ou Fou 0.
Le Pagad ou Atout 1.
(> Atous-Tarots)

Et les quatre Rois.

Si on a deux de ces Atous-Tarots, on demande à l’autre, qui ne l’a ? si celui-ci ne peut répondre en montrant le troisieme, celui qui a fait la question marque 5. points: il en marque 15. s’il les a tous trois. Les séquences ou les 4 figures de la même couleur valent 5. points.

3o. Maniere de jouer ses Cartes.

Le Fou ne prend rien, rien ne le prend: il forme Atout, il est de toute couleur également.

Joue-t-on un Roi, n’a-t-on pas la Dame, on met le Fou, ce qui s’appelle excus.

Le Fou avec deux Rois, compte 5. points: avec trois, quinze.

Un Roi coupé, ou mort, 5. points pour celui qui coupe.

Si on prend Pagad à son adversaire, on marque 5. points.

Ainsi le Jeu est de prendre à son adversaire les figures qui comptent le plus de points, & de faire tous ses efforts pour former des séquences: l’adversaire doit faire tous les siens pour sauver ses grandes figures: par conséquent voir venir, en sacrifiant de foibles Atous, ou les plus foibles Cartes de ses couleurs.

Il doit sur tout se faire des renonces, afin de sauver ses fortes Cartes en coupant celles de son adversaire.

4o. Ecart de celui qui donne.

Celui qui donne ne peut écarter ni Atous ni Rois; il se seroit trop beau Jeu, puisqu’il se sauveroit sans péril. Tout ce qu’on lui permer en faveur de sa primauté, c’est d’écarter une séquence: car elle compte, & elle peut lui former une renonce, ce qui est un double avantage.

5o. Maniere de compter les mains.

La partie est en cent, comme au Piquet, avec cette difference, que ce n’est pas celui, qui arrive le premier à cent lorsque la partie est commencée qui gagne, mais celui qui fait alors le plus de points; car il faut que toute partie commencée aillé jusqu’au bout: il offre ainsi plus de ressource que le Piquet.

Pour compter les points qu’on a dans ses mains, chacune des sept Cartes appellées Tarots, avec une Carte de couleur, vaut 5. points.

La Dame avec une Carte, 4.

Le Cavalier avec une Carte, 3.

Le Valet avec une Carte, 2.

2. Cartes simples ensemble, 1.

On compte l’excedent des points qu’un des adversaires a sur l’autre, & il les marque: on continue de jouer jusqu’à ce qu’on soir parvenu à cent.

Article IV.
Jeu des Tarots considéré comme un Jeu de Géographie Politique.

On nous a fait voir sur un Catalogue de Livres Italiens, le titre d’un Ouvrage où la Géographie est entrelacée avec le Jeu des Tarots: & nous n’avons pu avoir ce Livre Contient il des leçons de Géographie à graver sur chaque Carte de ce Jeu: Est-ce une application de ce Jeu à la Géographie: Le champ de conjectures est sans fin, & peut-être qu’à force de multiplier les combinaisons, nous nous éloignerions plus des vúes de cet Ouvrage. Sans nous embarasser de ce qu’il a pu dire, voyons nous-même comment les Egyptiens auroient pu appliquer ce Jeu à la Géographie Politique, telle qu’elle étoit connire de leur tems, il y a à peu-près trois mille ans.

Le Tems ou le Monde, le moment où la Terre sortit du cahos, où elsè prit une forme, se divisant en Terres & en mers, & où l’homme fut créé pour de venit le Maiître, le Roi de cette belle propriété.

Les quatre Vertus Cardinales, correspondent aux IV. côtes du Monde, Orient, Occident, Nord & Midi, ces quatre points relatifs à l’homme, par lesquels il est au centre de tout; qu’on peut appeller sa droite, sa gauche, sa face & son dos, & d’où ses connoissances s’étendent en rayons jusqu’à l’extrémité de tout, suivant l’étendue de ses yeux physiques premierement, & puis de ses yeux intellectuels bien autrement perçans.

Les quatre Couleurs seront les IV. Régions ou parties du Monde correspondantes aux quatre points cardinaux, l’Asie, l’Afrique, l’Europe & la Celto-Scythie ou les Pays glacés du Nord: division qui s’est augmentée de l’Amerique depuis sa découverte, & où pour ne rien perdre de l’ancienne on a substitué à la Celto-Scythie les Terres polaires du Nord & du Midi.

L’Epée représente l’Asie, Pays des grandes Monarchies, des grandes Conquêtes, des grandes Révolutions.

Baton, l’Egypte nourriciere des Peuples, & symbole du Midi, des Peuples noirs.

Coupe, le Nord, d’où descendirent les Peuples, & d’où  vint l’Instruction & la Science.

Denier, l’Europe ou l’Occident, riche en mines d’or dans ces commencemens du monde, que si mal à propos nous appellons le vieux-tems, les tems antiques.

Chacune des X. Cartes numérotées de ces IV. couleurs, sera une des grandes Contrées de ces IV. Régions du Monde.

Les X. Cartes d’Epée auront représenté, l’Arabie; l’Idumée, qui régnoit sur les Mers du Midi; la Palestine peuplée d’Egyptiens; la Phénice, Maîtresse de la Mer Méditerranée; la Syrie ou Aramée; la Mésopotamie ou Chaldée, la Médie, la Susiane, la Perse & les Indes.

Les X. Cartes de Baton auroit représenté les trois grandes divisions de l’Egypte, Thébaide ou Egypte supérieure, Delta ou basse Egypte, Heptanome ou Egypte du milieu divisée en sept Gouvernements. Ensuite l’Ethiopie, la Cyrénaique, ou à sa place les terres de Jupiter Ammon, la Lybie ou Carthage, les Pacifiques Atlantes, les Numides vagabons, les Maures appuyés sur l’Ocean Antlantique; les Gétules, qui placésd au Midi de l’Atlas, se répandoient dans ces vastes Contrées que nous appelons aujourd’hui Nigritie & Guinée.

Les X. Cartes de Denier auront représenté l’Isle de Crète, Royaume de l’illustre Minos, la Grèce & ses Isles, l’Italie, la Sicile & ses volcans, les Baléares célèbres par l’habiletéde leurs troupes de trait, la Bétique riche en troupeaux, la Celtibérie abondante en mines d’or: Gadix ou Cadir, l’Isle d’Hercule par excellence, la plus commerçante de l’Univers; la Lusitanie & les Isles Fortunées, ou Canaries.

Les X. Cartes de Coupe, l’Arménie & son mont Ararat, l’Ibérie, les Scythes de l’Imaüs, les Scythes du Caucase, les Cimmériens des Palus-Méotides, les Getes ou Goths, les Daces, les Hyperboréens si célèbres dans cette haute Antiquité, les Celtes errants dans leurs forêts glacées, l’Isle de Thulé aux extrémités du Monde.

Les quatre Cartes figurées de chaque couleur aoront contenu des détails géographiques relatifs à chaque Région.

Les Rois, l’état des Gouvernements de chacune, les forces des Empires qui les composoient, & comment elles étoient plus ou moins considérables suivant que l’Agriculture y étoit en usage & en honneur; cette source intarissable de richesses toujours renaissantes.

Les Rèines, le développement de leurs Religions, de leurs Moeurs, de leurs Usages, sur-tout de leurs Opinions, l’Opinion ayant toujours été regardée comme la Reine du monde. Heureux celui qui saura la diriger; il sera toujours Roi de l’Univers, maître de ses semblables; c’est Hercule l’eloquent qui mene les hommes avec des freins d’or.

Les Cavaliers, les exploits des Peuples, l’Histoire de leurs Hèros ou Chevaliers; celle de leurs Tournois, de leurs Jeux, de leurs batailles.

Les Valets, l’Histoire des Arts, leur origine, leur nature; tout ce qui regarde la portion industrieuse de chaque Nation, celle qui se livre aux objets méchaniques, aux Manufactures, au Commerce qui varie de cent manieres la forme des richesses sans rien ajouter au fond, qui fait circuler dans l’Universe ces richesses & les objets de l’industrie; qui met à même les Agricoles de faire renaître les richesses en leur fournissant les débouchés les plus prompts de celles qu’ils ont déjà fait naître, & comment tout es étranglé dès que cette circulation ne joue pas avec liberté, puisque les Commerçans  sont moins occupés, & ceux qui leur fournissent découragés.

L’ensemble des XXI ou XXII Atous, les XXII Lettres de l’Alphabet Egyptien commun aux Hébreux & aux Orientaux, & qui servant de chiffres, sont nécesaires pour tenir compte de l’ensemble de tant de contrées.

Chacun de ces Atous aura eu en même tems un usage particulier. Plusieurs auront été relatifs aux principaux aobjets de la Géographie Céleste, si on peut se servir de cette expression. Tels,

Le Soleil, La Lune, le Cancer, les Colonnes d’Hercule, les Tropiques ou leurs Chiens.

La Canicule, cette belle & brillante Portiere des Cieux.

L’Ourse céleste, sur laquelle s’appuient tous les Astres en exécutant leurs révolutions autour d’elle, Constellation admirable représentée par les sept Taros, & qui semble publier en caractères de feu imprimès sur nos têtes & dans le Firmament, que notre Systême solaire fut fondé comme les Sciences sur la Formule de sept, & peut être même la masse entiere de l’Univers.

Tous les autres peuvent être considérés relativement à la Géographie politique & morale, au vrai Gouvernement des Etats: & même au gouvernement de chaque homme en particulier.

Les quatre Atous relatifs à l’autorité civile & religieuse, font connoître l’importance pour un Etat de l’unité de Gouvernement, & de respect pour les Anciens.

Les quatre Vertus Cardinales montrent que les Etats ne peuvent se soutenir que par la bonté du Gouvernement, par l’excellence de l’instruction, par la pratique des vertus dans ceux qui gouvernent & qui sont gouvernés: Prudence à corriger les abus, Force pour maintenir la paix & l’union, Tempérance dans les moyens; Justice envers tous. Comment l’ignorance, la hauteur, l’avaricie, la sottise dans les uns, engendrent dans les autres un mépris funeste: d’où résultent les désordres qui ébranlent jusques dans leurs fondemens les Empires où on viole la Justice, où on force tous les moyens, où l’on abuse de sa force, & où on vit sans prévoyance. Désordres qui ont détruit tant de Familles dont le nom avoit retenti si long-tems par toute la Terre, & qui avoient regné avec tant de gloire sur les Nations étonnées.

Ces vertus ne sont pas moins nécessaires à chaque Individu. La Tempérance régle ses devoirs envers soi-même, sur-tout envers son propre corps qu’il ne traite trop souvent que comme un malheureux esclave, martyr de ses affections desordonnées.

La Justice qui régle ses devoirs envers son prochain & envers la Divinité elle-même à qui il doit tout.

La Force avec laquelle il se soutient au milieu des ruines de l’Univers, il se tit des efforts vains & insensés des passions qui l’assiégent sans cesse de leurs flots impétueux.

Enfin, la Prudence avec laquelle il attend patiemment le succès de ses oins, prêt à tout événement & semblable à un fin joueur qui ne risque jamais son jeu & sait tirer parti de tout.

Le Roi triomphant devient alors l’emblême de celui qui au moyen de ces vertus a été sage envers lui-même, juste envers autrui, fort contre les passions, prévoyant  à s’amasser des ressources contre les tems d’adversité.

Le Tems qui use tout avec une rapidité inconcevable, la Fortune qui se joue de tout; le Bâteleur qui escamote tout, la Folie qui est de tout, l’Avarice qui perd tout; le Diable qui se fourre par-tout: la Mort qui engloutit tout, nombre septenaire singulier qui est de tout pays, peut donner lieu à des observations non moins importantes & non moins variées.

Enfin, celui qui a tout à gagner & rien à perdre, le Roi veritablement triomphant, c’est le vrai Sage qui la lanterne en main est sans cesse attenif à ses démarches, ne fait aucune école, connoit tout ce qui est bien pour en jouir, & apperçoit tout ce qui est mal pour l’éviter.

Telle seroit ou à peu près l’explication géographiquo-politique-morale de cet antique Jeu: & telle doit être la fin de tous, Humanité, que vous seriez heureuse, si tous les jeux ye terminoienet ainsi!

Article V.
Rapport ce Jeu avec un Monument Chinois.

M. Bertin qui a rendu de si grands services à la Littérature & aux Sciences, par les excellens Mémoires qu’il s’est procurés, & qu’il a fait publier sur la Chine, nous a communiqué un Monument unique qui lui a été envoyé de cette vaste Contrée, & qu’on fait remonter aux premiers âges de cet Empire, puisque les Chinois le regardent comme un Inscription relative au deséchement des eaux du Déluge par Yao.

Il est composé de caractères qui forment de grands compartiments en quarté-long, tous égaux, & précisément de la même grandeur que les Cartes du Jeu des Tarots.

Ces compartiments sont distribués en six colonnes perpendiculaires, dont les cinq premieres renferment quatorze compartiments chacune, tandis que la sixiéme qui n’est remplie qu’à moirié n’en contient que sept.

Ce Monument est donc composé de soixante-dix-sept figures ainsi que le  Jeu de Tarots: & il est formé d’après la même combinaison du nombre sept, puisque chaque colonne est de quatorze figures, & que celle qui ne l’est qu’à demi, en contient sept.

Sans cela, on auroit pu arranger ces soixante-dix-sept compartiments de maniere à ne laisser presque point de vuide dans cette sixiéme colonne: on n’auroit eu qu’à faire chaque colonne de treize compartiments; & la sixiéme en auroit eu douze.

Ce Monument est donc parfaitement semblable, quant à la disposition, au Jeu des Tarots, si on les coloit sur un seul Tableau: les quatre couleurs feroient les quatre premierers colonnes à quatorze cartes chacune: & les atous au nombre de vingt-un, rempliroient la cinquiéme colonne, & précisément la moitié de la sixiéme.

Il seroit bien singulier qu’un rapport pareil fût le simple effet du hasard: il est donc très-apparent que l’un & l’autre de ces Monuments ont été formés d’après la même théorie, & sur l’attachement au nombre sacré de sept; ils ont donc l’air de n’être tous les deux qu’une application différente d’une seule & même formule, antérieure peut-être à l’existence des Chinois & des Egyptiens: peut-être même trouvera-t-on quelque chose de pareil chez les Indiens ou chez les Peuples du Thibet placés entre ces deux anciennes Nations.

Nous avons été fort tentés de faire aussi graver ce Monument Chinois; mais la crainte de le mal figurer en le réduisant à un champ plus petit que l’original, joint à l’impossibilité où nos moyens nous mettent de faire tout ce qu’exigeroit la perfection de notre ouvrage, nous a retenu.

N’omettons pas que les figures Chinoises sont en blanc sur un fond très-noir; ce qui les rend très-saillantes.

Article VI.
Rapport de ce Jeu avec Quadrilles ou Tournois.

Pendant un grand nombre de siècles, la Noblesse montoit à cheval, & divisée en couleurs ou en factions, elle exécutoit entr’elle des combats feints ou Tournois parfaitement analogues à ce qu’on exécute dans les jeux de cartes, & sur-tout dans celui des Tarots, qui étoit un jeu militaire de même que celui des échecs, en même tems qu’il pouvoit être envisagé comme un jeu civil, en quoi il l’emportoit sur ce dernier.

Dans l’origine, les Chevaliers du Tournois étoient divisés en quatre, même en cinq bandes relatives aux quatre couleurs des Tarots & à la masse des Atous. C’est ainsi que le dernier divertissement de ce genre qu’on ait vu en France, fut donné en 1662, par Louis XIV, entre les Tuileries & le Louvre, dans cette grande place qui en a conservé le nom de Carousel. Il étoit composé de cinq Quadrilles. Le Roi étoit à la tête des Romains: son Frere, Chef de la Maison d’Orléans, à la tête des Persans: le Prince de Condé commandoit les Turcs: le Duc d’Enguien son fils, les Indiens: le Duc de Guise, les Américains. Trois Reines y assisterent sous un dais: la Reine-Mere, la Reine régnante, la Reine d’Angleterre veuve de Charles II. Le Comte de Sault, fils du Duc de Lesdiguieres, temporta le prix & le reçur des mains de la Reine-Mere.

Les Quadrilles étoient ordinairement composés de 8 ou de 12 Cavaliers pour chaque couleur: ce qui, à 4 couleurs & à 8 par Quadrille, donne le nombre 32, qui forme celui des Cartes pour le Jeu de Piquet: & à 5 couleurs, le nombre 40 qui est celui des Cartes pour Jeu de Quadrille.

Article VIII.
Jeux de Cartes Espagnols.

Lorsqu’on examine les Jeux de Cartes en usage chez les Espagnols, on ne peut s’empêcher de reconnoître qu’ils sont un diminutif des Tarots.

Leurs Jeux les plus distingués sont celui de l’Hombre qui se joue à trois: & le Quadrille qui se joue à quatre & qui n’est qu’une modification du Jeu de l’Hombre.

Celui-ci signifie le Jeu de l’Homme ou de la vie humaine; il a donc un nom qui correspond parfaitement à celui du Tarot.

Il est divisé en quatre couleurs qui portent les mêmes noms que dans les Tarots, tels que Spadille ou épée, Baste ou bâton, qui sont les deux couleurs noires; Copa ou Coupe, & Dinero ou Denier, qui sont les deux couleurs rouges.

Plusieurs de ces noms se sont transmis en France avec ce Jeu: ainsi l’as de pique est appellé Spadille ou épée; l’as de trefle, Baste, c’est-à-dire, bâton. L’as de coeur est appellé Ponte, de l’Espagnol Punto, as, ou un point.

Ces Atous, qui sont les plus forts, s’appellent Matadors, ou les Assommeurs, les Triomphans qui ont détruit leurs ennemis.

Ce Jeu est entierement formé sur les Tournois; la preuve en est frappante, puisque les couleurs en sonst appellées Palos ou pieux, les lances, les piques des Chevaliers.

Les Cartes elle-mêmes sont appellées Naypes, du mot Oriental Nap, qui signifie prendre, tenir: mot-à-mot, les Tenans.

Ce sont donc quatre ou cinq Quadrilles de Chevaliers qui se battent en Tournois.

Ils sont quarante, appellés Naypes ou Tenans.

Quatre couleurs appellées Palos ou rangs de piques.

Les Vainqueurs sont appellés Matadors ou Assommeurs, ceux qui sont venus à bout de défaire leurs ennemis.

Enfin les noms des quatre couleurs, celui même du Jeu, démontrent qu’il a été formé en entier sur le Jeu des Tarots; que les Cartes Espagnoles ne sont qu’une imitation en petit du Jeu Egyptien.

Article VIII.
Cartes Françoises.

D’après ces données, il n’est personne qui ne s’apperçoive sans peine que les Cartes Françoises ne sont elles-mêmes qu’une imitation des Cartes Espagnoles, & qu’elles sont ainsi l’imitation d’une imitation, par conséquent une institution bien dégénerée, loin d’être une invention originale & premiere, comme l’ont cru mal à propos nos Savans qui n’avoient en cela aucun point de comparaison, seul moyen de découvrir les causes & les rapports de tout.

On suppose ordinairement que les Cartes Françoises furent inventées sous le Regne de Charles VI, & pour amuser ce Prince foible & infirme: mais ce que nous nous croyons en droit d’affirmer, c’est qu’elles ne furent qu’une imitation des Jeux méridionaux.

Peut-être même serions-nous en droit de supposer que les Cartes Françoises sont plus anciennes que Charles VI, puisqu’on attribue dans Ducange [Au mot Charta] à S. Bernard de Sienne, contemporain de Charles V, d’avoir condamné au feu, non-seulement les masques & les dez à jouer, mais même les Cartes Triomphales, ou du Jeu appellé la Triomphe.

On trouve dans la même Ducange les Statuts Criminels d’une Ville appellée Saona, qui défend également les Jeux de Cartes.

Il faut que ce Statuts soient très-anciens, puisque dans cet Ouvrage on n’a pu en indiquer le tems: cette Ville doit être celle de Savone.

Ajoûtons qu’il falloit que ces Jeux fussent bien plus anciens que S. Bernard de Sienne: auroit-il confondu avec les dez & les masques un Jeu nouvellement inventé pour amuser un grand Roi ?

Nos Cartes Françoises ne présentent d’ailleurs nulle vue, nul génie, nul ensemble. Si elles ont été inventées d’après les Tornois, pourquoi a-t-on supprimé le Chevalier, tandis qu’on consrvoit son Ecuyer ? pourquoi n’admettre dès-lors que treize Cartes au lieu de quatorze par couleur ?

Les noms des couleurs se sont dégénérés au point de n’offrir plus d’ensemble. Si on peut reconnoître l’épée dans la pique, comment le bâton est-il devenu trefle ? comment est-ce que le coeur & le carreau correspondent à coupe & à denier; & quelles idées réveilent ces couleurs ?

Quelle idée présentent également les noms donnés aux quatre Rois ? David, Alexandre, César, Charlemagne, ne sont pas même relatifs aux quatre fameuses Monarchies de l’Antiquité, ni à celles des tems modernes. C’est un monstrueux composé.

Il en est de même des noms des Reines: on les appelle Rachel, Judith, Pallas & Argine: il est vrai qu’on a cru que c’étoient des noms allégoriques relatifs aux quatre manieres dont une Dame s’attire les hommages des hommes: que Rachel désigne la beauté, Judith la force, Pallas la sagesse, & Argine, où l’on ne voit que l’anagramme Regina, Reine, la naissance.

Mais quels rapports ont ces noms avec Charles VI ou avec la France ? que ces allégories sont forcées ?

Il est vrai qu’entre les noms de Valets on trouve celui de la Hire, qui pourroit se rapporter à un des Généraux François de Charles VI; mais ce seul rapport est-il suffisant pour brouiller toutes les époques ?

Nous en étions ici lorsqu’on nous a parlé d’un Ouvrage de M. l’Abbé Rive, où il discute le même objet: après l’avoir cherché en vain chez la plûpart de nos Libraires, M. de S. Paterne nous le prête.

Cet Ouvrage est intitulé:

Notices historiques & critiques de deux Manuscrits de la Bibliothèque de M. le Duc de la Valliere, dont l’un a pour titre le Roman d’Artus, Comte de Bretaigne, & l’autre, le Romant de Pertenay ou de Lusignen, par M. l’Abbé Rive, &c. à Paris, 1779, in 4o. 36 pages.

A la page 7, l’Auteur commence à discuter ce qui regarde l’origine des Cartes Françoises; nous avons vu avec plaisir qu’il soutient, 1o. que ces Cartes sont plus anciennes que Charles VI; 2o. qu’elles sont une imitation des Cartes Espagnoles:nous allons donner un Précis succinct de ses preuves.

« Les Cartes, dit-il, sont au moins de l’an 1330; & ce n’est ni en France, ni en Italie, ni en Allemagen qu’elles paroissent pour la premiere fois. On les voit en Espagne vers cette année, & bien long-tems avant qu’on en trouve la moindre trace dans aucune autre Nation.

Elles y ont été inventées, selon le Dictionnaire Castillan de 1734., par un nommé Nicolao Pepin…

On les trouve en Italie vers la fin de ce même Siècle, sous le nom de Naibi, dans la Chronique de Giovan Morelli, qui est de l’an 1393. »

Ce savant Abbé nous apprend en même tems que la premiere piece Espagnole qui en atteste l’existence, est d’environ l’an 1332.  « Ce sont les Statuts d’un Ordre de Chevalerie établi vers ce tems-là en Espagne, & où les été établi par Alphonse XI, Roi de Castille. Ceux qu’on y admettoit faisoient serment de ne pas jouer aux Cartes.

On les voit ensuite en France sous le Regne de Charles V. Le Petit Jean de Saintré ne fut honoré des faveurs de Charles V que parce qu’il ne jouoit ni aux dez ni aux Vartes, & ce Roi les proscrivit ainsi que plusieurs autres Jeux, par son Edit de 1369. On les décria dans diverses Provinces de la France; on y donna à quelques-unes de leurs figures des noms faits pour inspirer de l’horreur. En Provence, on en appella les Valets Tuchim. Ce nom désignoit une race de voleurs qui, en 1361, avoient causé dans ce Pays & dans le Comtat Venaissin, un ravage si horrible, que les Papes furent obligés de faire prêcher une Croisade pour les exterminer. Les Cartes ne furent introduites dans la Cour de France que sous le Successeur de Charles V. On craignit même en les y introduisant, de blesser la décence, & on imagina en conséquence un prétexte: ce fut celui de calmer la mélancolie de Charles VI.. On inventa sous Charels VII le Jeu de Piquet. Ce Jeu fut cause que les Cartes se répandirent, de la France, dans plusieurs autres parties de l’Europe. »

Ces détails sont très-interessans; leurs conséquences le sont encore plus. Ces Cartes contre lesquelles on fulminoit dans le XIVe Siècle, & qui rendoient indigné des Ordres de Chevalerie, étoient nécessairement très-anciennes: elles ne prouvoient être regardées que comme des restes d’un honteux Paganisme: c’étoient donc les Cartes des Tarots; leur figure bisarre, leurs noms singuliers, tels que la Maison-Dieu, le Diable, la Papesse, &c. leur haute Antiquité qui se perd dans la nuit des tems, les sorts qu’on en tiroit, &c. tout devoit les faire regarder comme un amusement diabolique, comme une oeuvre de la plus noire magie, d’une sorcellerie condamnable.

Cependant le moyen de ne pas jouer! on inventa donc des Jeux plus humains, plus épurés, dégagés de figures qui n’étoient bonnes qu’à effrayer: de-là, les Cartes Espagnoles & les Cartes Françoises qui ne furent jamais vouées à l’interdit comme ces Cartes maudites venues de l’Egypte, mais qui cependant se traînoient de loin sur ce Jeu ingénieux.

De-là sur-tout le Jeu de Piquet, puisqu’on y joue à deux, qu’on y écarte, qu’on y a des séquences, qu’on y va en cent: qu’on y compte le Jeu qu’on a en main, & les levées, & qu’on trouve nombre d’autres rapports aussi frappans.

Conclusion.

Nous osons donc nous flarter que nos Lecteurs recevront avec plaisir ces diverses vues sur des objets aussi communs que les Cartes, & qu’ils trouveront qu’elles rectifient parfaitement les idées vagues & mal combinées qu’on avoit eues jusques à présent sur cet objet.

Qu’on n’avancera plus comme démontrées ces propositions.
Que les Cartes n’existent que depuis Charles VI.
Que les Italiens sont le dernier Peuple qui les ait adoptées.
Que les figures du Jeu des Tarots sont extravagantes.
Qu’il est ridicule de chercher l’origine des Cartes dans les divers états de la vie civile.
Que ces Jeux sont l’image de la vie paisible, tandis que celui des Echecs est l’image de la guerre.
Que le Jeu des Echecs est plus ancien que celui des Cartes.
C’est ainsi que l’absence de la vérité, en quelque genre que ce soit, engendre une foule d’erreurs de toute espèce, qui deviennent plus ou moins désavantageuses, suivant qu’elles se lient avec d’autres vérités, qu’elles contrastent avec elles ou qu’elles les repoussent.

Application de ce Jeu à la Divination.

Pour terminer ces recherches & ces développemens sur le Jeu Egyptien, nous allons mettre sous les yeux du Buplic la Dissertation que nous annoncée & où l’on prouve comment les Egyptiens appliquoient ce Jeu à l’art de deviner, & de quelle maniere ce même point de vue s’est transmis jusques dans nos Cartes à jouer faites à l’imitation de celles-là.

On y verra en particulier ce que nous avons déjà dit dans ce Volume, que l’explication des Songes tenoit dans l’Antiquité à la Science Hiéroglyphique & Philosophique des Sages, ceux-ci ayant cherché à réduite en science le résultat de leurs combinaisons sur les Songes dont la Divinité permettoit l’accomplissement; & que toute cette science s’évanouit dans la suite des tems, & fut sagement défendue, parce qu’elle se réduisit à de vaines & futiles observations, qui dans des Siècles peu éclairés auroient pu être contraires aux intérêts les plus essentiels des foibles & des superstitieux.

Cet Observateur judicieux nous fournir de nouvelles preuves que les Cartes Espagnoles sont une imitation de l’Egypte, puisqu’il nous apprend que ce n’est qu’avec un Jeu de Piquet qu’on consulte les sorts, & que plusieurs noms de ces Cartes sont absolument relatifs à des idées Egyptiennes.

Le Trois de denier est appellé le Seigneur, ou Osiris.
Le Trois de coupe, la Souveraine, ou Isis.
Le Deux de coupe, la Vache, ou Apis.
Le Neuf de denier, Mercure.
L’As de bâton, le Serpent, symbole de l’Agriculture chez les Egyptiens.
L’As de denier, le Borgne, ou Apollon.

Ce nom de Borgne, donné à Apollon ou au Soleil comme n’ayant qu’un oeil, est une épithète prise dans la Nature & qui nous fournira une preuve à ajoûter à plusieurs autres, que le fameux personnage de l’Edda qui a perdu un de ses yeux à une célèbre fontaine allégorique, n’est autre que le Soleil, le Borgne ou l’Oeil unique par excellence.

Cette Dissertation est d’ailleurs si remplie de choses, & si propre à donner de saines idées sur la maniere dont les Sages d’Egypte consultoient le Livre du Destin, que nous ne doutons pas qu’elle ne soit bien accueillie du Public, privé d’ailleurs jusqu’à présent de recherches pareilles, parce que jusques à présent personne n’avoit eu le courage s’occuper d’objets qui paroissoient perdus à jamais dans la profonde nuit des tems.

Recherches sur les Tarots,
et sur la Divination par les Cartes des Tarots,

par M. Le C. de M. ***

I.
Livre de Thot.

Le desir d’apprendre se développe dans le coeur de l’homme à mesure que son esprit acquiert de nouvelles connoissances: le besoin de les conserver, & l’envie de les transmettre, fit imaginer des caracterers dont Thot ou Mercure fut regardé comme l’inventeur. Ces caracteres ne furent point, dans le principe, des signes de convention, qui n’exprimassent, comme nos lettres actuelles, que le son des mots; ils étoient autant d’images véritables avec lesquelles on formoit des Tableaux, qui peignoienet aux yeux les choses dont on vouloit parler.

Il est naturel que l’Inventeur de ces Images ait été le premier Historien: en effet, Thot est considéré comme ayant peint les Dieux [Les Dieux, dans l’Ecriture & dans l’expression Hiéroglyphique, sont l’Eternel & les Vertus, représentés avec un corps.], c’est-à-dire, les actes de la Toute-puissance, ou la Création, à laquelle il joignit des Préceptes de Morale. Ce Livre paroît avoir été nommé A-Rosh; d’A, Doctrine, Science; & de Rosch [Rosh est le nom Egyptien de Mercure & de sa Fête qui se célébroit le premier jour de l’an.], Mercure, qui, joint à l’article T, signifie Tableaux de la Doctrine de Mercure; mais comme Rosh veut aussi dire Commencement, ce mot Ta-Rosh fut particulierement consacré à sa Cosmogonie; de même que l’Ethotia, Histoire du Tems, fut le titre de son Astronomie; & peut-être qu’Athothes, qu’on a pris pour un Roi, fils de Thot, n’est que l’enfant de son génie, & l’Histoire des Rois d’Egypte.

Cette antique Cosmogonie, ce Livre des Ta-Rosh, à quelques légeres altérations près, paroît être parvenu jusqu’à nous dans les Cartes qui portent encore ce nom [Vingt-deux Tableaux forment un Livre bien peu volumineux; mais si, comme il paroît vraisemblable, les premieres Traditions ont été conservées dans des Poëmes, une simple Image qui fixoit l’attention du Peuple, auquel on expliquoit l’événement, suffisoit pour lui aider à les retenir, ainsi que les vers qui les décrivoient.], soit que la cupidité les ait conservées pour filouter le désoeuvrement, ou que la superstition ait préservé des injures du tems, des symboles mysterieux qui lui servoient, comme jadis aux Mages, à tromper la crédulité.

Les Arabes communiquerent ce Livre [On nomme encore Livret aus Lansquenet, ou Lands-Knecht, la Série de Cartes qu’on donne aux pontes.] ou Jeu aux Espagnols, & les Soldats de Charlequint le porterent en Allemagne. Il est composé de trois Séries supérieures, représentant les trois premiers siècles, d’Or, d’Argent & d’Airain: chaque Série est formée de sept Cartes [Trois fois 7, nombre mystique, fameux chez les Cabalistes, les Pythagorieniens, &c.].

Mais comme l’Ecriture Egyptienne se lisoit de gauche à droite, la vingt-unieme Carte, qui n’a été numérotée qu’avec des chiffres modernes, n’en est pas moins la premiere, & doit être lue de même pour l’intelligence de l’Histoire; comme elle est la premiere au Jeu de Tarots, & dans l’espece de Divination qu’on opéroit avec ces Images.

Enfin, il y a une vingt-deuxieme Carte sans numéro comme sans puissance, mais qui augmente la valeur de celle qui la précede; c’est le zéro des calculs magiques: on l’appelle la Folie.

Premiere Série.
Siècle d’Or.

La vingt-unieme, ou premiere Carte, représente l’Univers par la Déesse Isis dans un ovale, ou un oeuf, avec les quatre Saisons aux quatre coins, l’Homme ou l’Ange, l’Aigle, le Boeuf & le Lion.

Vingtieme, celle-ci est intitulée le Jugement: en  effet, un Ange sonnant de la trompete, & des hommes sortant de la terre, ont dû induire un Peintre, peu versé dans la Mythologie, à ne voir dans ce tableau que l’image de la Résurrection; mais les Anciens regardoient les hommes comme enfans de la Terre [Les dents semées par Cadmus, &c.]; Thot voulut exprimer la Création de l’Homme par la peinture d’Osiris, ou le Dieu générateur, du porte-voix ou Verbe qui commande à la matiere, & par des Langues de Feu qui s’échappent de la nuée, l’Esprit [Peint même dans nos Historiens sacrés.] de Dieu ranimant cette même matiere; enfin, par des hommes sortant de la terre pour adorer & admirer la Toute-puissance: l’attitude de ces hommes n’annonce point des coupables qui vont paroître devant leur Juge.

Dix-neuvieme, la Création du Soleil qui éclaire l’union de l’homme & de la femme, exprimée par un homme & une femme qui se donnent la main: ce signe est devenu depuis celui des Gémeaux, del’Androgyne: Duo in carne una.

Dix-huitieme, la Création de la Lune & des Animaux terrestres, exprimés par un Loup & un Chien, pour signifier les Animaux domestiques & sauvages: cet emblême est d’autant mieux choisi, que le Chien & le Loup sont les seuls qui hurlent à l’aspect de cet astre, comme regrettant la perte du jour. Ce caractere me feroit croire que ce Tableau auroit annoncé de très-grands malheurs à ceux qui venoient consulter les Sorts, si l’on n’y avoir peint la ligne du Tropique, c’est-à-dire, du départ & du retour du Soleil, qui laissoit l’espérance consolante d’un beau jour & d’une meilleure fortune. Cependant deux Fortresses qui défendent un chemin tracé de sang, & un marais qui termine le Tableau, présentent toujours des difficultés sans nombre à surmonter pour détruire un présage aussi sinistre.

Dix-septieme, la Création des Ètoiles & des Poissons, représentées par des Etoiles & le Verseau.

Seizieme, la Maison de Dieu renversée, ou le Paradis terrestre dont l’homme & la femme sont précipités par la queue d’une Comete ou l’Èpée  Flamboyante, jointe à la chûte de la grêle.

Quinzieme, le Diable ou Typhon, derniere Carte de la premiere Série, vient troubler l’innocence de l’homme & terminer l’âge d’or. Sa queue, ses cornes & ses longues oreilles l’annoncent comme un être dégradé: son bras gauche levé, le noude plié, formant une N, symbole des êtres produits, nous le fait connoître comme ayant été créé; mais le flambeau de Prométhée qu’il tient de la main droite, paroît completter la lettre M, qui exprime la génération: en effet, l’Histoire de Typhon nous induit naturellement à cette explication; car, en privant Osiris de sa virilité, il paroît que Typhon vouloit empiéter sur les droits de la Puissance productrice; aussi fut-il le pere des maux qui se répandirent sur la terre.

Les deux Êtres enchaînés a ses pieds marquent la Nature humaine dégradée & soumise, ainsi que la génération nouvelle & perverse, dont les ongles crochus expriment la cruauté; il ne leur manque que les ailes (le Génie ou la Natur angélique), pour être en tout semblables au diable: un de ces êtres touche avec sa griffe la cuisse de Typhon; emblême qui dans l’Ecriture Mythologique fut toujours celui de la génération [La naissance de Bacchus & de Minerve sont le Tableau Mythologique des deux générations.] charnelle: il la touche avec sa griffe gauche pour en marquer l’illégitimité.

Typhon enfin est souvent pris pour l’Hiver, & ce Tableau terminant l’âge d’or. annonce l’intempérie des Saisons, que l’homme chassé du Paradis va éprouver par la suite.

Seconde Série.
Siècle d’Argent.

Quatorzieme, l’Ange de la Tempérance vient instruire l’homme, pour lui faire éviter la mort à laquelle il est nouvellement condamné: il est peint versant [Peut-être son attitude a-t-elle trait à la culture de la Vigne.] de l’eau dans du vin, pour lui montrer la nécessité  d’affoiblir cette liqueur, ou de tempérer ses affections.

Treizeime; ce nombre, toujours malheureux, est consacré à la Mort, qui est représentée fauchant les têtes couronnées & les têtes vulgaires.

Douzieme, les accidens qui attaquent la vie humaine, représentés pa run homme pendu par le pied; ce qui veut asussi dire qui, pour les éviter, il faut en ce monde marcher avec prudence: Suspenso pede.

Onzieme, la force vient au secours de la Prudence, & terrasse le Lion, qui a toujours été le symbole de la terre inculte & sauvage.

Dixieme, la Roue de Fortune, au haut de laquelle est un Singe couronné, nous apprend qu’après la chûte de l’homme, ce ne fut déjà plus la vertu qui donna les dignités: le Lapin qui monte & l’homme qui est précipité, expriment les injustices de l’inconstante Déesse: cette roue en même-tems est l’emblême de la roue de Pythagore, de la façon de tirer les sorts par les nombres: cette Divination est appellée Arithomancie.

Neuvieme, l’Hermite ou le Sage, la lanterne à la main, cherchant la Justice sur la Terre.

Huitieme, la Justice.

Troisieme Série.
Siècle de Fer.

Septieme, le Chariot de Guerre dans lequel est un roi cuirassé, armé d’un javelot, exprime les dissensions, les meurtres, les combats du siècle d’airain, & annonce les crimes du siècle de fer.

Sixieme, l’Homme peint Flottant entre le vice & la vertu, n’est plus conduit par la raison: l’Amour ou le désir [La concupiscence.], les yeux bandés, prêt à lâcher un trait, le fera pencher à droite ou à gauche, suivant qu’il sera guidé par le hasard.

Cinquieme, Jupiter ou l’Eternel monté sur son Aigle, la foudre à la main, menace la Terre, & va lui donner des Rois dans sa colere.

Quatrieme, le Rois armé d’une massue [Osiris est souvent représenté un fouet à la main, avec un globe & un T: tout cela réuni, peut avoir produit dans la tête d’un Cartier Allemand une Boule Impériale], dont l’ignorance a fait par la suite une Boule Impériale: son casque est garni par-derriere de dents de scie, pour faire connoître que rien ne pouvoit assouvir son insatiabilité [Ou sa vengeance, si c’est Osiris irrité.].

Troisieme, la Reine, la massue à la main; sa couronne a les mêmes ornemens que le casque du Roi.

Deuxieme, l’Orgueil des Puissans, représenté par les Paons, sur lesquels Junon montrant le Ciel de la main droite, & la Terre de la gauche, annonce une Religion terrestre ou l’Idolâtrie.

Premiere, le Bateleur tenant la verge des Mages, fait des miracles & trompe la crédulité des Peuples.

Il est suivi d’une carte unique représentant La Folie qui porte son sac ou ses défauts par derriere, tandis qu’un tigre ou les remords, lui dévorant les jarrets, retarde sa marche vers le crime [Cette Carte n’a point de rang: elle complette l’Alphabet sacré, & répond au Tau qui veut dire complément, perfection: peut-être a-t-on voulu représenter dans son sens le  plus naturel le résultat des actions des hommes.].

Ces vingt-deux premieres Cartes sont non-seulement autant d’hiéroglyphes, qui placés dans leur ordre naturel retracent l’Histoire des premiers tems, mais elles sont encore autant de lettres [L’Alphabet Hébreu est composé de 22 Lettres.] qui différemment combinées, peuvent former autant de phrases; aussi leur nom (A-tout) n’est que la traduction littérale de leur emploi & proptiété générale.

II.
Ce Jeu appliqué à la Divination.

Lorsque les Egyptiens eurent oublié la premiere interprétation de ces Tableaux, & qu’ils s’en furent servis comme de simples lettres pour leur Ecriture sacrée, il étoit naturel qu’un peuple aussi superstitieux attachât une vertu occulte [Aussi la science des Nombres & la valeur des Lettres a-t-elle été fort célébre autrefois.] des caract?eres respectables par leur antiquité, & que les Prêtres, qui seuls en avoient l’intelligence, n’employoient que pour les choses religieuses.

On inventa même de nouveaux caractères, & nous voyons dans l’Ecriture-Sainte que les Mages ainsi que ceux qui étoient initiés dans leurs secrets, avoient une divination par la coupe [La Coupe de Joseph.].

Qu’ils opéroient des merveilles avec leur Bâton [La Verge de Moyse & Mages de Pharaon.].

Qu’ils consultoient les Talismants [Les Dieux de Laban & les Théraphim, l’Urim & le Thummim.] ou des pierres gravées.

Qu’ils devinoient les choses futures par des Epées [Ils faisoient plus: ils fixoient le sort des combats; & si le Roi Joas avoit frappé la terre sept fois, au lieu de trois, il auroit détruit la Syrie, II. Rois, XIII, 19.], des Flèches, des Haches, enfin par les armes en général. Ces quatre Signes furent introduits parmi les Tableaux religieux aussi-tôt que l’établissement des Rois eut amené la différence des états dans la Société.

L’Epée marqua la Royauté & les Puissans de la Terre.

Les Prêtres faisoient usage de Canopes pour les Sacrifices, & la Coupe désigna le Sacérdoce.

La Monnoie, le Commerce.

Le Bâton, Houlette, l’Aiguillon représenterent l’Agriculture.

Ces quatre Caractères déjà mystérieux, une fois réunis aux Tableaux Sacrés, durent faire espérer les plus grandes lumieres; & la combinaison fortuite qu’on obtenoit en mêlant ces Tableaux, formoit des phrases que les Mages lisoient ou interprétoient comme des Arrêts du Destin; ce qui leur étoit d’autant plus facile qu’une construction due au hasard devoit produire naturellement une obscurité consacrée au style des Oracles.

Chque Etat eut donc son symbole qui le caractérisa; & parmi les différens Tableaux qui porterent cette image, il y en eut d’heureux & de malheureux, suivant que la position, le nombre des symboles & leurs ornemens, les tendirent propres à annoncer le bonheur ou l’infortune.

III.
Noms de diverses Cartes, conservés par les Espagnols.

Les noms de plusieurs de ces Tableaux conservés par les Espagnols, nous en font connoître la propriété. Ces noms sont au nombre de sept.

Le trois de denier, nombre mystérieux, appellé le Seigneur, le Maître, consacré au Dieu suprême, au Grand Iou.

Le trois de coupe, appellé la Dame, consacré à la Reine des Cieux.

Le Borgne ou l’As de denier, Phoebeoe lampadis instar., consacré à Apollon.

La Vache ou les deux coupes, consacrée à Apis ou Isis.

Le grand Neuf, les neuf coupes; consacré au Destin.

Le petit Neuf de denier, consacré à Mercure.

Le Serpent ou l’As de bâton (Ophion) symbole fameux & sacré chez les Egyptiens.

IV.
Attributs Mythologiques de plusieurs autres.

Plusieurs autres Tableaux sont accompagnés d’attributs Mythologiques qui paroissent destinés à leur imprimer une vertu particuliere & secrette.

Tels que les deux deniers entourés de la Ceinture mystique d’Isis.

Le quarte de denier, consacré à la bonne Fortune, peinte au milieu du Tableau, le pied sur sa boule & la voile déployé.

La Dame de bâton consacrée à Cérès; cette Dame est couronnée d’épis, porte la peau du lion, de même qu’Hercule le cultivateur par excellence.

Le Valet de coupe ayant le bonnet à la main, & portant respectueusement une coupe mystérieuse, couverte d’un voile; il semble en allongeant le bras, éloigner de lui cette coupe, pour nous apprendre qu’on ne doit approcher des choses sacrées qu’avec crainte, & ne chercher à connoître celles qui sont cachées qu’avec discrétion.

L’As d’Epée consacré à Mars. L’Epée est ornée d’une couronne, d’une palme & d’une branche d’olivier avec ses bayes, pour signifier la Victoire & ses fruits: il ne paroît y avoir aucune Carte heureuse dans cette couleur que celle-ci. Elle est unique, parce qu’il n’y a qu’une façon de bien faire la guerre; celle de vaincre pour avoir la paix. Cette épée est soutenue par un bras gauche sortant d’un nuage.

Le Tableau du bâton du Serpent, dont nous avons parlé plus haut, est orné de fleurs & de fruits de même que celui de l’Epée victorieuse; ce bâton mystérieux est soutenu par un bras droit sortant aussi d’une nuée, mais éclatante de rayons. Ces deux caractères semblent dire que l’Agriculture & l’Epée sont les deux bras de l’Empire & le soutien de la Société.

Les Coupes en général annonçoient le bonheur, & les deniers la richesse.

Les Bâtons destinés à l’Agriculture en pronostiquoient les récoltes plus ou moins abondantes, les choses qui devoient arriver à la campagne ou qui la regardoient.

Ils paroissent mélangés de bien & de mal: les quatre figures ont le bâton verd, semblable en cela au bâton fortuné, mais les autres Cartes paroissent, par des ornemens qui se compensent, indiquer l’indifférence:  le deux seul, dont les bâtons sont couleur de sang, semble consacré à la mauvaise fortune.

Toutes les Epées ne présagent que des malheurs, sur-tout celles qui marquées d’un nombre impair, portent encore une épée sanglante. Le seul signe de la victoire, l’épée couronnée, est dans cette couleur le signe d’un heureux événement.

V.
Comparaison de ces Attributs avec les valeurs
qu’on assigne aux Cartes modernes pour la Divination.

Nos Diseurs de bonne-fortune ne sachant pas lire les Hiéroglyphes, en ont soustrait tous les Tableaux & change jusqu’aux noms de coupe, de bâton, de denier & d’épée, dont ils ne connoissoient ni l’etynologie, ni l’expression; ils ont substitué ceux de coeur, de carreau, de trefle & de pique.

Mais ils ont retenu certaines tournures & plusieurs expressions consacrées par l’usage qui laissent entrevoir l’origine de leur divination. Selon eux,

Les Coeurs, (les Coupes), annoncent le bonheur.
Les Trefles, (les Deniers), la fortune.
Les Piques, (les Epées), le malheur.
Les Carreaux [Il est à remarquer que dans l’Ecriture symbolique les Egyptiens traçoient des carreaux pour exprimer la campagne.], (les Bâtons), l’indifference & la campagne.
Le neuf de pique est une carte funeste.

Celui de coeur, la carte du Soleil; il est aisé d’y reconnoître le grand neuf, celui des coupes: de même que le petit neuf dans le neuf de trefle, qu’ils regardent aussi comme un carte heureuse.

Les as annoncent des Lettres, des Nouvelles: en effet qui est plus à même d’apporter des nouvelles que le Borgne, (le Soleil) qui parcourt, voit & éclaire tout l’Univers ?

L’as de pique & le huit de coeur présagent la victoire; l’as couronné la pronostique de même, & d’autant plus heureuse qu’il est accompagné des coupes ou des signes fortunés.

Les coeurs & plus particulierement le dix, dévoilent les événemens qui  doivent arriver à la ville. La coupe, symbole duc Sacerdoce, semble destinée à exprimer Memphis & le sejour des Pontifes.

L’as de coeur & la dame de carreau annoncent une tendresse heureuse & fidelle. L’as de coupe exprime un bonheur unique, qu’on posséde seul; la dame de carreau indique une femme qui vit à la campagne, ou comme à la campagne: & dans quels lieux peut-on espèrer plus de vérité, d’innocence, qu’au village ?

Le neuf de trefle & le dame de coeur, marquent la jalousie. Quoique le neuf de denier soit une carte fortunée, cependant une grande passion, même heureuse, pour une Dame vivant dans le grand monde, ne laisse pas toujours son amant sans inquiétude, &c. &c. On trouveroit encore une infinité des similitudes qu’il est inutile de chercher, n’en voilà déjà que trop.

VI.
Maniere dont on s’en servoit pour consulter les Sorts.

Supposons actuellement que deux hommes qui veulent consulter les Sorts, ont, l’un les vingt-deux lettres, l’autre les quatre couleurs, & qu’après avoir chacun mêlé les caractères, & s’être donné reciproquement à couper, ils commencent à compter ensemble jusqu’au nombre quatorze, tenant les tableaux & les cartes à l’envers pour n’en appercevoir que le dos; alors s’il arrive une carte à son rang naturel, c’est-à-dire, qui porte le numéro appellé, elle doit être mise à part avec le nombre de la lettre sortie en même tems, qui sera placé au-dessus: celui qui tiendra les tableaux y remettra cette même lettre, pour que le livre du Destin soit toujours en son entier, & qu’il ne puisse y avoir, dans aucun cas, des phrases incomplettes; puis il remêlera & redonnera à couper. Enfin on coulera trois fois les cartes à fond avec les mêmes artentions; & lorsque cette opération sera achevée, il ne s’agira plus que de lire les numéros qui expriment les lettres sorties. Le bonheur ou le malheur que présage chacune d’elles, doit être combiné avec celui qu’annonce la carte qui leur correspond, de même que leur puissance en plus ou en moins est déterminée par le nombre de cette même carte, multiplié par celui qui caractérise la lettre. Et voilà pourquoi la Folie qui ne produit rien, est sans numéro; c’est, comme nous l’avons dit, le zéro de ce calcul.

VII.
C’étoit une grande portion de la Sagesse ancienne.

Mais si les Sages de l’Egypte se servoient de tableaux sacrés pour prédire l’avenir, lors même qu’ils n’avoient aucune indication qui pût leur faire présumer les événemens futurs, avec quelles espérances ne devoient ils pas se flatter de les connoître lorsque leurs recherches étoient précédées par des songes qui pouvoient aider à développer la phrase produite par les tableaux des sorts !

Les Prêtres chez cet ancien Peuple formerent de bonne-heure une Société savante, chargée de conserver & d’étendre les connoissances humaines. Le Sacerdoce avoit ses Chefs, & les noms de Jannès & Mambrès, que Saint Paul nous a conservés dans sa seconde Epître à Timothée, sont des titres qui caractérisent les fonctions augustes des Pontifes. Jannès [De même que Pharaon signifie le Souverain sans être le nom particulier d’aucun Prince qui ait gouverné l’Egypte.] signifie l’Explicateur, & Manbrès le Permutateur, celui qui fait des prodiges.

Le Jannès & le Mambrès écrivoient leurs interprétations, leurs découvertes, leurs miracles. La suite non-interrompue de ces Mémoires [Le Pape Gelase I. mit en 491 quelques Livres de Jannès & Mambrès au nombre des apocryphes.] formoit un corps de Science & de Doctrine, o`les Prêtres puisoient leurs conoissances physiques & morales: ils observoient, sous l’inspection de leurs Chefs, le cours des Astres, les inondations du Nil, les Phénomènes, &c. Les Rois les assembloient quelquefois pour s’aider de leurs conseils. Nous voyons que du tems du Patriarche Joseph ils furent appellés par Pharaon pour interpréter un songe; & si Joseph seul eut la gloire d’en découvrir le sens, il n’en reste pas moins prouvé qu’une des fonctions des Mages étoit d’expliquer les songes.

Les Egyptiens [Long-tems encore après cette époque les Mages reconnurent le doigt de Dieu dans les Miracles de Moyse.] n’avoient point encore donné dans les erreurs de l’idolâtrie; mais Dieu dans ces tems reculés manifestant souvent aux hommes sa volonté, si quelqu’on avoit pû regarder comme téméraire de l’interroger sur ses décrets éternels, il auroit au moins dû paroître pardonnable de chercher à les pénétrer, lorsque la Divinité sembloit, non-seulement approuver, mais même provoquer, par des songes, cette curiosité: aussi leur interpréatation fut-elle un Arts sublime, une science sacrée dont on faisoit une étude particuliere, reservée aux Ministres des Autels: & lorsque les Officiers de Pharaon, prisonniers avec Joseph, s’affligeoient de n’avoir personne pour expliquer leurs songes, ce n’est pas qu’ils n’eussent des compagnons de leur infortune; mais c’est qu’enfermés dans la prison du Chef de la Milice, il n’y avoit personne parmi les soldats qui pût faire les cérémionies religieuses, qui eût les tableaux sacrés, bien loin d’en avoir l’intelligence. La réponse même du Patriarche paroît expliquer leur pensée: est-ce que l’interpréatation, leur dit-il, ne dépend pas du Seigneur ? racontez-moi ce que vous avez vu.

Mais pour revenir auy fonctions des Prêtres, ils commencoient par écrire en lettres vulgaires le songe dont il s’agissoit, comme dans route divination où il y avoit une demande positive dont il falloit chercher la réponse dans le Livre des Sorts, & après avoir mêlé les lettres sacrées on en tiroit les tableaux, avec l’attention de les placer scrupuleusement sous les mots dont on cherchoit l’explication; la phrase formée par ces tableaux, étoit déchiffrée par le Jannès.

Supposons, par exemple, qu’un Mage eût voulu interpréter le songe de Pharaon dont nous parlions tout-à-l’heure, ainsi qu’ils avoient essayé d’imiter les miracles de Moyse, & qu’il eût amené le bâton fortuné, symbole par excellence de l’Agriculture, suivi du Cavalier & du Roi [Le Valet vaut 1., Le Cavalier 2., La Dame 3., Le Roi 4.]; qu’il sortît en même tems du Livre du Destin la Carte du Soleil, la Fortune & le fol, on aura le premier membre de la phrase qu’on cherche. S’il sort ensuite le deux & le cinq de bâton, dont le symbole est marqué de sang, que des tableaux sacrés on tire un Typhon & la Mort, il auroit obtenu une espèce d’interprétation du songe du Roi, qui pourroit avoir été écrit ainsi en lettres ordinaires:

Sept vaches grasses & sept maigres qui les dévorent.

Bâton.
Le Roi.
4
Le Cavalier.
2
Le
Soleil.
La
Fortune. 
Le Fol. 
2 | de
Bâ- | ton.
5 | de
Bâ- | ton.
Typhon. La
Mort.

Calcul naturel qui résulte de cet arrangement.


Le Bâton vaut 1. Le Soleil annonce le bonheur
Le Roi 4. La Fortune [Précédée d’une Carte heureuse.] de même.
Le Cavalier 2. Le Fol ou zéro met le Soleil aux centaines.

Total

7.
***


Les Signe de l’Agriculture donne sept.

On lira donc, sept années d’une agriculture fortunée donneront une abondance cent fois plus grande qu’on ne l’aura jamais éprouvée.

Le second membre de cette phrase, fermé par le deux & le cinq de bâton, donne aussi le nombre de sept qui, combiné avec le Typhon & la Mort, annonce sept années de disette, la famine & les maux qu’elle entraîne.

Cette explication paroîtra encore plus naturelle si l’on fait attention au sens & à la valeur des lettres que les tableaux représentent.

Le Soleil répondant au Gimel, veut dire, dans ce sens, rétribution, bonheur.

La Fortune ou le Lamed signifie  Régle, Loi, Science.

Le Fol n’exprime rien par lui-même, il répond au Tau, c’est simplement un signe, une marque.

Le Typhon ou le Zaïn annonce l’inconstance, l’erreur, la foi violée, le crime.

La Mort ou le Thet indique l’action de balayer: en effet, la Mort est une terrible balayeuse.

Teleuté en Grec qui veut dire la fin, pourroit être, en ce sens, un dérivé de Thet.

Il n eseroit pas difficile de trouver dans les moeurs Egyptiennes l’origine de la plûpart de nos superstitions: par exemple, il paroît que celle de faire tourner le tamis pour connoître un voleur, doit sa naissance à la coutume que ce Peuple avoit de marquer les voleurs avec un fer chaud, d’un … T, & d’un … Samech [Tau, signe: Samech, adhésion.], en mettant ces deux caractères, l’un sur l’autre, pour en faire un chiffre, Signum adherens, qui servît à annoncer qu’on se méfiât de celui qui le portoit, on produit une figure qui ressemble assez à une paire de ciseaux piqués dans un cercle, dans un crible, lequel doit se détacher lorsqu’on prononcera le nom du voleur & le fera connoître.

La Divination par la Bible, l’Evangile & nos Livres Canoniques, qu’on appelloit le sort des Saints, dont il est parlé dans la cent neuviéme Lettre de Saint Augustin & dans plusieurs Conciles, entr’autres celui d’Orléans; les sorts des Saint-Martin de Tours qui étoient si fameux, paroissent avoir été envisagés comme un contre-poison de la Divination Egyptienne par le Livre du Destin. Il en est de même des présages qu’on tiroit de l’Evangile, ad apperturam libri, lorsqu’après l’élection d’un Evéque on vouloit connoître quelle seroit sa conduite dans l’Episcopat.

Mais tel est le sort des choses humaines: d’une Science aussi sublime, qui a occupé les plus Grands Hommes, les plus savans Philosophes, les Saints les plus respectables, il ne nous reste que l’usage des enfans de tirer à la belle lettre.

VIII.
Cartes auxquelles les Diseurs de bonne-aventure, attachent des pronostics.

On se sert d’un Jeu de Piquet qu’on mêle, & on fait couper par la personne intéressée.

On tire une Carte qu’on nomme As, la seconde Sept, & ainsi en remontant jusqu’au Roi: on met à part toutes les Cartes qui arrivent dans l’ordre du calcul qu’on vient d’établir: c’est-à-dire que si en nommant As, Sept, ou tel autre, il arrive un As, un Sept, ou celle qui a été nommée, c’est celle qu’il faut mettre à part. On recommence toujours jusqu’à ce qu’on ait épuisé le Jeu; & si sur la fin il ne reste pas assez de Cartes pour aller jusqu’au Roi inclusivement, on reprend des Cartes, sans les mêler ni couper, pour achever le calcul jusqu’au Roi.

Cette opération du Jeu entier se fait trois fois de la même maniere. Il faut avoir le plus grand soin d’arranger les Cartes qui sortent du Jeu, dans l’ordre qu’elles arrivent, & sur la même ligne, ce qui produit une phrase hiéroglyphique; & voici le moyen de la lire.

Toutes les peintures représentent les Personnages dont il peut être question; la premiere qui arrive est toujours celle dont il s’agit.

Les Rois sont l’image des Souverains, des Parens, des Généraux, des Magistrats, des Vieillards.

Les Dames ont les mêmes caractères dans leur genre relativement aux circonstances, soit dans l’Ordre politique, grave ou joyeux: tantôt elles sont puissantes, adroites, intriguantes, fidelles ou légeres, passionnées ou indifférentes, quelquefois rivales, complaisantes, confidentes, perfides, &c. S’il arrive deux Cartes du même genre, ce sont les secondes qui jouent les seconds rôles.

Les Valets sont des jeunes Gens, des Guerriers, des Amoureux, des Petits-Maîtres, des Rivanx, &c.

Les Sept & les Huit sont des Demoiselles de tous les genres. Le Neuf de coeur se nomme, par excellence, la Carte du soleil, parce qu’il annonce toujours des choses brillantes, agréables, des succès, sur-tout s’il est réuni avec le Neuf de trefle, qui est aussi une Carte de merveilleux augure. Le Neuf de carreau désigne le retard en bien ou en mal.

Le Neuf de pique est la plus mauvaise Carte: il ne présage que des ruines, des maladies, la mort.

Le Dix de coeur désigne la Ville; celui de carreau, la campagne; le Dix de trefle, fortune, argnet; celui de pique, des peines & des chagrins.

Les As annoncent des lettres, des nouvelles.

Si les quatre Dames arrivent ensemble, cela signifie babil, querelles.

Plusieurs Valets ensemble annoncent rivalité, dispute & combats.

Les trefles en général, sur-tout s’ils sortent ensemble, annoncent succès, avantage, fortune, argent.

Les carreaux, la campagne, indifférence.

Les coeurs, contentement, bonheur.

Les piques, pénurie, soucis, chagrins, la mort.

Il faut avoir soin d’arranger les Cartes dans le même ordre qu’elles sortent, & sur la même ligne, pour ne pas déranger la phrase, & la lire plus facilement.

Les événemens prédits, en bien ou en mal, peuvent être plus ou moins avantageux ou malheureux, suivant que la Carte principale qui les annonce est accompagnée: les piques, par exemple, accompagnés de trefles, sur-tout s’ils arrivent entre deux trefles, sont moins dangereux; comme le trefle entre deux piques ou accolé d’un pique, est moins fortuné.

Quelquefois le commencement annonce des accidens funestes; mais la fin des Cartes est favorable, s’il y a beaucoup de trefles; on les regarde comme amoindris, plus ou moins, suivant la quantité: s’ils sont suivis du Neuf, de l’As ou du Dix, cela prouve qu’on a couru de grands dangers, mais qu’ils sont passés, & que la Fortune change de face.

Les As:

1 de carreau, 8 de coeur, bonne Nouvelle.
1 de coeur, Dame de pique, Visite de femme.
1 de coeur, Valet de coeur, Victoire.
1, 9 & Valet de coeur,  l’Amant heureux.

 

1, 10 & 8 de pique,  Malheur
1 de pique, 8 de coeur,  Victoire.

 

1 de trefle, Valet de pique, Amitié.


Les 7:

7 & 10 de coeur, Amitié de Demoiselle.
7 de coeur, Dame de careau, Amitié de femme.
7 de carreau, Roi de coeur, Retard.



Les 9:

Trois Neufs ou trois Dix, Réussité.


Les 10:

10 de trefle, Roi de pique, Présent.
10 de trefle & Valet de trefle, un Amoureux.
10 de pique, Valet de careau, quelqu’un d’inquiet.
10 de coeur, Roi de trefle, Amitié sincère.


 

Herausgegeben von
Hans-Joachim Alscher
Stand: 1. August 2002

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Hommage à E. F. CHABANNE 25 avril, 2008

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union , 3 commentaires

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PLANCHE pour CHABY

 

 

 

Évoquer en quelques minutes l’homme et quel homme, le F:.M:. et quel F:.M:., notre F:. et quel F:. est une gageure. Il faudrait en effet que ceux qui ont été ses collaborateurs, ses compagnons, ses amis, sa famille soient là et que nous les écoutions pendant de longues soirées pour commencer à percevoir la force, la sensibilité, et la pensée de ce constructeur, tant dans la vie profane que dans la F:.M:. universelle.

 

L’homme et le F:.M:. dont nous allons parler ce soir s’appelle Ernest Ferdinand Chabanne mais le titre donné à ce travail par notre V:.M:. est Chaby, car pour tous ceux qui l’ont connu, c’est à dire ceux qui sont nés avec lui à nos rencontres de l’esprit et du cœur, il est Chaby.

Pour essayer, s’il en était besoin, de rappeler sa personnalité hors du commun à ceux qui ont siégé sur ces colonnes avec lui, et surtout, pour essayer de la faire percevoir à ceux qui lui succèdent dans ce Temple, j’ai fait appel à la planche de notre V:.M:. d’honneur Georges Fontalba pour les cinquante ans de maçonnerie de notre Frère Chaby et à celle de l’Orateur pour ses quarante ans. Mais j’ai aussi relu ses allocutions de Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, et nous vous présenterons des extraits de sa substantifique pensée . Il n’aurait pas aimé que je qualifie ainsi sa pensée.

Je me souviens qu’un jour où je lui demandais pourquoi il n’écrivait pas et ne livrait pas sa pensée à notre réflexion, il me répondit: « Avec Jean Mourgues, nous nous sommes partagé les tâches ». Cela voulait dire : lui il écrit il le fait bien et le Grand Commandeur administre l’Obédience. Et je rajoute ce soir : et il l’a fait bien, comme j’ai rajouté ce soir là : c’est dommage que tu ne veuilles pas écrire. Je pense qu’à la fin de cette soirée vous partagerez ce sentiment et ce regret.

 

L’Homme

 

Ernest Ferdinand CHABANNE est né le 16 mai 1917 à Saint Dié dans les VOSGES, dans cette Lorraine, carrefour des civilisations occidentales. Et pour mieux affirmer sa multiculture c’est en Belgique qu’il fera ses études, au sein de l’Université Libre de Bruxelles et plus particulièrement à l’Académie Royale des Beaux-arts, dont il sortira nanti d’un Premier Prix d’Architecture. Il n’est pas inutile de préciser que l’Université Libre de Bruxelles est une réalisation, parmi d’autres, de la Franc-maçonnerie Belge et que l’un des Grands Maîtres du Grand Orient de Belgique fut le Très Illustre Frère ENGEL, beau-frère de Chaby et son père adoptif.

Mais la 2ème guerre mondiale est là. C’est l’Ecole du Génie qui l’accueille pour un temps. Après la débâcle il se retrouve dans les Chantiers de Jeunesse. L’instauration le 04 septembre 1942 du S.T.O., puis le débarquement en Afrique du Nord et enfin l’invasion de la Zone Libre le 11 novembre 1942 vont tout naturellement conduire Chaby à se fondre dans une semi clandestinité. C’est dans les Cévennes Viganaises qu’il trouvera refuge, après un bref séjour à Ganges Un accident de moto va être l’occasion d’une rencontre qui marquera à jamais l’existence de ce fougueux jeune homme. C’est en effet dans une salle d’hôpital à Montpellier qu’il fait la connaissance de Christiane Périvier qu’il épousera quelques mois plus tard.

Employé par l’entreprise Ferrières du Vigan, c’est dans cette ville que le couple s’installe. Deux enfants sont nés de cette union, deux filles, l’aînée Marie-Joëlle, dite Lalou, épouse de notre ancien V:.M:. Claude F:. et Frédérique, la cadette qui réside à Toulouse. Dès la fin du conflit EF CHABANNE devient l’architecte Municipal du Vigan puis de St Gilles, villes dans lesquelles il réalisera ses premières opérations de bâtisseur.

Il s’installera à Nîmes vers 1953 où le Cabinet d’architecte qu’il ouvre Rue de St Gilles devient en peu de temps le plus important de tout le Sud.

Mais l’homme a bien d’autres cordes à son arc. Et si la politique l’a un instant interpellé, comme on dit aujourd’hui, ce ne fut que pour servir un idéal, celui d’un homme de Gauche. Lui le bourgeois a toujours manifesté sa sympathie pour les humbles plutôt que pour les superbes, comme se plaisait à le dire notre regretté Frère Jean MOURGUES.

 

Après l’Homme voici

 

 

 

 

L’Architecte

 

L’œuvre de notre B:.A:. F:. est, dans ce domaine, à la mesure de l’homme.

Cette soirée ne saurait suffire à vous énumérer tout ce qui était né de son esprit et qui était devenu matière, tout ce qu’il a fait sortir du sol pour répondre aux besoins des hommes. Cela va des réalisations Viganaises en 1950 à la construction des complexes scientifiques de Rangueil à Toulouse, au complexe technique d’ Aix en Provence en passant par les bâtiments scolaires de Nîmes, de ceux de la Sécurité Sociale qui nous font face de l’Hôtel du Département, de ceux de l’I.N.R A. à Bellegarde de l’Hôpital Carémeau. Sans oublier les H.L.M. de la Z.U.P. au Chemin bas d’Avignon, la réalisation de l’E.D.F. , l’Aéroport de Garons, des Banques, des Grands Magasins et j’en passe ! La patte de l’Architecte se retrouve un peu partout, dans le Midi comme ailleurs en France et même à l’Etranger. On la retrouve aussi dans cet immeuble, qui est notre patrimoine. Grâce à lui, à sa volonté, à ses connaissances et ses efforts, nous avons pu après les jours sombres de la guerre, non seulement retrouver ce lieu mais restaurer aussi ce Temple.

Sans qu’on le sache toujours, il y a donc autour de nous des lieux de résidence, d’études, de travail, qui sont le fruit l’imagination et du savoir de notre Frère CHABANNE.

Ils seront la trace visible laissée par l’Architecte.

 

Après l’Homme, après l’Architecte voici le

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franc-maçon, notre F:. CHABY

 

Le 13 mars 1946, au lendemain d’un conflit qui avait laissé beaucoup de traces dans l’esprit des Frères, la Loge avait à son ordre du jour l’initiation d’un jeune architecte tout à fait inconnu ou presque. Soixante et un ans après, qu’est-il advenu de ce jeune Apprenti ? qu’a-t-il reçu et surtout qu’a-t-il apporté ?

Compagnon le 22 janvier 1947, il sera élevé à la Maîtrise le 28 octobre 1947. Et la première fonction que la Loge lui confiera sera celle d’Orateur, fonction qu’il occupera de septembre 1948 à septembre 1950. Il sera Grand Expert de 1951 à 1953 puis Maître des Cérémonies en 1953 et 1°Surveillant en 1955 pour être à nouveau Maître des Cérémonies en 1960.

En 1957 la Loge a Cent ans et pour fêter cet anniversaire, le Congrès Régional tient ses assises à Nîmes. Vous dire qui en fut l’organisateur ne me paraît pas être de nature à vous surprendre, aussi me contenterai-je de souligner que les travaux se sont déroulés ici dans ce Temple, visiteurs compris ! Mais il n’y avait pas encore plus de cent cinquante Loges, même pas cinquante.

C’est en 1960 que pour la première fois notre Frère CHABANNE accède au Conseil de l’Ordre qui en fera son Grand Orateur avant d’en faire son Grand Maître Adjoint.

Ce premier mandat prend fin en septembre 1963. La Loge en profite pour lui confier à son tour la charge de Vénérable, fonction qu’il exerce pendant un an.

En 1964 il est élu Orateur du Convent en même temps que lui sera confié un deuxième mandat de Conseiller de l’Ordre, au cours duquel il sera appelé à nouveau aux fonctions de Grand Maître Adjoint. C’est au cours de ce mandat que furent entrepris les travaux de rénovation de l’Hôtel du Grand Orient de France, rue Cadet et notre Frère y prit sa part.

En septembre 1969 la Loge lui confie une fois encore la charge de Vénérable. Ce mandat va être interrompu par une affaire qui a marqué les esprits et les cœurs. Lettres anonymes, propos diffamatoires, délation rien n’a manqué pour tenter de détruire celui qui depuis plus d’un quart de siècle avait servi la Maçonnerie. La Loge prit fait et cause pour son Vénérable et malgré ce, le Conseil prit un décret de suspension à l’encontre du Frère CHABANNE. Tout fut mis en œuvre pour retarder au maximum la réunion du Jury Fraternel Régional saisi du dossier, qui, néanmoins, tint ses assises la veille du Congrès Régional. Non seulement le Frère CHABANNE fut blanchi de toutes les accusations portées contre lui, mais le Congrès lui confiait un troisième mandat de Conseiller de l’Ordre et il fut une nouvelle fois Grand Maître Adjoint.

 

A ce stade de son propos, Georges citait Corneille dans « Nicodème »:

 

 » La Gloire est plus solide après la Calomnie

Et brille d’autant mieux qu’elle s’en est vue ternie »

 

Cette citation pourrait s’appliquer à notre Loge qui allait presque trente ans plus tard traverser quelques turbulences, fermons la parenthèse.

Ainsi s’achève la première période, celle que l’on peut qualifier de phase bleue. A mi-chemin, après vingt cinq ans passés au service de sa Loge et du Grand Orient, nous allons aborder la deuxième période, celle que l’on peut appeler la période blanche, celle du Grand Collège, au cours de laquelle notre Frère Chabanne va donner la pleine mesure de ses qualités.

Élevé au 18° Grade le 04 juillet 1954, il obtient le 30° Degré le 25 octobre 1958. Puis il fut reçu au 31° Degré le 01 avril 1962, pour enfin parvenir au 33° et dernier Degré le 03 septembre 1965.

C’est le 03 septembre 1971 qu’il est coopté par ses pairs au sein de la direction du Grand Collège des Rites que l’on nomme Suprême Conseil. Il en sera le 1° Lieutenant Commandeur (ce qui correspond à notre 1er Surveillant en Loge bleue) le 07 septembre 1973, pour en devenir le Souverain Grand Commandeur le 08 septembre 1976.

Cette fonction est la plus élevée de la hiérarchie initiatique. C’est sur sa demande, que le 07 septembre 1988, il quittera ses fonctions. Douze ans au cours desquels il a, non seulement marqué de son empreinte le Grand Collège, mais aussi les rapports entre les Suprêmes Conseil d’Europe. Il recevra le titre de Grand Commandeur ad vitam.

 

Voilà brossés les éléments apparents de la vie de notre Frère Ernest Ferdinand Chabanne, mais ils ne peuvent traduire ce qui est au plus profond de la vie de notre Loge: la relation de fraternité qui nous re-lie dans l’espace et dans le temps à notre F:. Chaby.

Et je voudrais m’adresser à toi mon F:. Chaby comme ce jeune orateur initié depuis quatre ans s’adressait à toi, le 13 mars 1986 pour fêter tes quarante ans de Maçonnerie, conscient du poids de la charge mais aussi du privilège de pouvoir, au nom de tous, communier avec toi.

J’étais parti de cette phrase que tu avais prononcée en 1985 :«Ce n’est tant ce que l’on fait qui compte, que ce que l’on est », pour nous poser la question: qui es-tu mon F:. Chabanne ?

C’est vrai que tu posais problème à certains d’entre-nous. Ta stature, ta voix, ton regard, la puissance de ta pensée avaient de quoi nous figer, mais pourtant quelle sensibilité, quel besoin de connaître les frères pour mieux vivre ta Loge, notre Loge.

Ta place était à l’ombre, sur la colonne du Nord, en haut en entrant dans le Temple. De là tu pouvais embrasser tout l’Atelier, le sentir. Car si tu ne venais pas assez souvent à ton gré, dès que tu étais dans la salle humide, paupières mi-closes, tu distillais ton regard pour percevoir chacun de nous, et les relations qui se nouaient, car tu étais très attentif à la vie de ton Atelier et donc aux Frères qui le composaient, et en particulier aux nouveaux initiés. Et si tu ne doutais pas de ce que la F:.M:. pouvait apporter à un profane, tu ne manquais pas de poser la question « Mais lui, qu’apportera-t-il à la Maçonnerie? »

Certains se demandaient si tu te mettais là pour surveiller ou diriger au nom d’autres puissances maçonniques, mais non !, respectueux de la liberté de tous et de chacun, ce n’était que pour nous inciter à user de notre liberté de réfléchir et de dire. Et si quand tu fermais les yeux quelques uns, pensant que tu dormais, en avaient profité pour dire n’importe quoi, d’un coup de patte affectueux quand même, en deux phrases, tu les remettais au cœur du sujet, sur le chemin de leur travail. Ils comprenaient qu’il n’y avait personne de plus efficace qu’un Cha… banne qui dort, car c’est un lion qui veille.

Je crois aussi que notre F:. Chaby se mettait à cette place par modestie naturelle, et pour montrer l’humilité de sa recherche. Rares étaient ses interventions , sa sensibilité, sa passion et sa pensée étaient toujours canalisées. Mais quelle force dans la concision pour nous inciter, dans le respect des fondamentaux de la Maçonnerie à devenir les acteurs de notre progression et de la vie de notre Loge, de l’Obédience et de l’Ordre.

Mais je ne pouvais m’empêcher de t’adresser une requête ce soir là « Viens plus souvent si tu peux, nous avons besoin d’entraînement pour escalader la montagne ». Quand tu n’étais pas là, tu étais quand même là et notre F:. Fanfan te gardait la place. Nous vivions la présence – absence.

Notre F:. Chaby a beaucoup donné à la Maçonnerie et à sa Loge. Son activité est indissociable de la protection, la gestion et l’amélioration du patrimoine. Il a été président de l’Acacia et il y a vingt et un ans c’est dans un Temple rénové que nous fêtions ses quarante ans. C’était le début d’une série de travaux qui nous ont permis de faire face à une catastrophe colombophile et de maintenir et embellir notre Atelier. Le souvenir de voir arriver Chaby vers la fin de nos travaux matériels toujours porteur de bonnes bouteilles et heureux de voir le résultat de notre action et se renforcer les liens qui nous unissaient, est profondément ancré en nous..

Chaby a su nous transmettre cette volonté et cet engagement de faire de nos locaux un Temple et une salle humide propices à une fraternité plus vive et à un travail spirituel plus fort et plus vigoureux. A nous maintenant d’en transmettre l’esprit et la forme en l’améliorant si c’est possible.

Nîmes passe parfois pour être le pays des Reboussié, c’est à dire de ceux qui prennent le contre-pied de l’ordre établi. Pour ma part je pense qu’il n’en est rien et que ce qui caractérise ce pays et cette Loge, ce sont leur attachement à la résistance, l’indépendance, la tolérance, en un mot la liberté. C’est peut-être ce qui a séduit notre futur F:. Chaby lorsqu’il s’est installé dans nos Cévennes. De l’Université libre à une Loge libre par un pays libre voilà le parcours de notre F:.. D’autres suivront le même chemin, n’est-ce pas Jean-Pierre et Marc?

L’Echo du G:.O:. symbolise bien cette liberté à laquelle nous sommes profondément attachés. En disant cela je pense en particulier à nos FF:. espagnols qui se sont souvent réunis dans ce Temple où ils trouvaient la sûreté et la fraternité qui doivent relier tous les FF:.MM:. et qui étaient présents le 12 mars 1986.

Et je leur disais « Ustedes, también, hermanos espanoles conocen nuestro pais. Ustedes también quieren esta Logia y sus hermanos, simbolos de libertad. Me acuerdo, Hermano Alonso cuando hablabas del sitio de este hermano asentado en la columna del norte pero nos decias: he olvidado su apellido » Mais personne ne croyait notre F:. Alonso qui accompagnait le T:.I:.F:. Rafael VILAPLANA, tant notre F:. Chabanne était connu des deux côtés des Pyrénées.

Et je rajoutais: si je pouvais, je dirais que son nom est Chaby Chabanne, Chaby pour les anciens, Chabanne pour les nouveaux, Chaby Chabanne pour chacun, ce 12 mars 5986.

Mais notre F:. Chaby était aussi connu et reconnu de l’autre côté des Alpes et le T:.I:.F:. Ghinazzi était là, accompagné de trois T:.I:.F:. « E la vostre prezensa fratelos itilianos testimonia de l’afeto que voi li portate, dal altra parte delle Alpi er noi vi ringradsiamo di essere quoui con noi, cuesta serra. »

Au cours de cette soirée où le Temple était beaucoup trop petit pour accueillir le S:.G:.M:. et tous les FF:. visiteurs, nous avons pu prendre conscience de l’estime, l’affection et la reconnaissance que lui portaient nos FF:. aux plans régional, national et européen, tant l’action de notre F:. Chaby dans la F:.M:. a été appréciée dans les Loges bleues comme au sein du G:.C:.D:.R:. et de la F:.M:. européenne.

A chacun de nous, notre F:. Chaby a ouvert les voies qui conduisent à la Connaissance et à la liberté de l’esprit. Dans ses allocutions de G:.C:., ses planches, dont la dernière dans notre Loge s’intitulait : Franc Maçonnerie et politique, en 1989, comme dans ses interventions, il a développé les enseignements fondamentaux de la F:.M:. et a toujours cherché à consolider les piliers sans lesquels il ne peut y avoir d’édifice solide, afin que chacun de nous s’engage dans la recherche de la Vérité.

Mais notre F:. Chaby pouvait nous dérouter parfois. Qui ne l’a pas entendu paraître traiter le symbolisme comme secondaire. Mais je peux témoigner qu’un des symboles qui lui était cher et sur lequel il méditait souvent était Janus. Notre F:. Chaby était très attaché à la pratique rigoureuse du rituel et je l’entends demander à Jean Mourgues s’il avait apprécié notre Tenue et le respect du rituel. Notre F:. Chaby avait aussi la capacité de détruire d’un trait l’édifice qu’il venait de construire brillamment. Il rappelait ainsi à chacun, et à lui-même, la relativité de la forme que prend l’expression de la pensée.

Constructeur infatigable, Chaby, malgré sa grande pudeur pouvait se mettre à nu et livrer sa pensée et ses interrogations. Je me souviens de ce repas avec Georges et Jean Mourgues où il me demandait si le G:.C:.D:.R:. répondait aux attentes de nos FF:..

Son attachement à sa Loge, à notre Loge était primordial. Nous nous souviendrons du dernier banquet du solstice d’hiver où malgré sa santé très déclinante, il avait tenu à participer et nous l’avions raccompagné chez lui.

Chaby devait passer à l’Orient éternel le 11 juillet 2002.

Ce soir nous nous relions encore plus fortement à Toi, mon F:. Chaby, ceux qui t’ont connu et ceux qui te découvrent un peu à travers ce propos. Et pour que tu sois plus près de nous, de nos esprits et de nos cœurs, nous allons écouter des FF:. nous lire des extraits de ta pensée.

Colonne d’harmonie :

Extraits de la sonate « Arpeggione » de Franz Schubert

 

La 1ère mission d’un Atelier est d’initier, sous la conduite de son V:.M:.. Notre V:.M:. Bernard AIG:. va nous lire ce qu’écrivait notre F:. Chaby au sujet de l’initiation:

 

« Il faut bien se dire que beaucoup de ceux qui ont franchi les portes de nos temples ne perçoivent pas immédiatement le caractère véritable de notre institution.

Il s’agit en effet, de donner à chacun de nous:

-le moyen de conquérir une vertu bien connue: la maîtrise de soi

-une attitude souhaitée par tous: la lucidité tolérante

-une mission généreuse: apporter le témoignage de notre volonté à ceux qui oeuvrent pour libérer les hommes de leurs chaînes.

Je pense que nous n’insisterons jamais assez sur le fait qu’il importe peu de considérer d’où nous partons, pourvu que dans notre vie, nous nous soyons élevés un peu plus haut.

Élévation qu’il faut comprendre dans le sens d’une libération, d’un affranchissement, d’une équité dans le jugement et d’une générosité dans la relation fraternelle. Cette élévation est toute intérieure, intime et personnelle.

Et nous n’avons pas à nous en prévaloir individuellement.

(septembre 5986)

Notre voie est claire: l’esprit critique, la conquête de soi par l’exercice du jugement, par l’affrontement des problèmes personnels et collectifs, par l’intelligence des situations, voilà ce qui justifie nos travaux…..

La véritable leçon maçonnique, ce n’est pas l’alternance du Bien et du Mal, c’est le dépassement de la dualité par un troisième terme ouvrant les voies d’un accomplissement qui résout les oppositions.

Nous avons tout à apprendre: les rites nous enseignent les voies, la discipline nous conduit sur celle que nous avons choisie et la fraternité nous protège du désespoir.

La communauté fraternelle est celle des hommes assez forts pour vivre hors du temps sans être absents des luttes quotidiennes, assez lucides pour voir dans l’échec et la douleur l’annonce d’un renouveau, assez grands pour être de plain-pied avec les humbles.

(mai 5980)

La tradition initiatique nous rappelle que c’est dans la nuit que se préparent les aurores. Sachons selon un symbolisme qui nous est consubstantiel, être les veilleurs qui annoncent les temps de la résurrection.

Nous avons des rites. Leur diversité, leur richesse nous échappent et la plupart du temps nous sommes hors d’état d’en percevoir les implications parce que nous les considérons avec légèreté, et quelque mépris complaisant; est-ce suffisant pour en recevoir une profonde influence sur nos conceptions?

Pratiquer un rite c’est le comprendre ou alors c’est se livrer à une pantomime dérisoire.

Nous avons en Loge un ordre et une discipline. Mais combien ne comprennent pas leur nécessité, et que c’est cette contrainte librement acceptée qui libère l’esprit et fortifie le caractère…

Nous avons l’instrument de la perfection individuelle qui fait que chacun de nous devient un peu meilleur, et que nous nous confortons de notre détermination commune. »

(avril 5979)

 

 

 

 

 

 

 

Mon F:.Léo RAM:. , que disait notre F:.Chaby à propos de la Franc-Maçonnerie ?

 

 » Je crois en effet que la Franc-Maçonnerie est une grande chose, qui, comme l’expression dernière de la religiosité profonde de l’humanité, n’est pas encore arrivé à sa formulation, ni à son expression, pas plus qu’à la hauteur désirable pour qu’elle soit appréciée à sa juste valeur.

 

Les constitutions mettent avec précision l’accent sur l’essentiel: l’institution est philosophique, c’est à dire qu’elle se situe dans l’ordre de la relativité généralisée de toutes les valeurs, tout autant qu’il ne s’agit pas de la vie profane(elle se situe au niveau spéculatif)

 

L’institution est philanthropique, c’est à dire qu’elle vise à améliorer la condition humaine( ce qui ne préjuge en rien la nécessité selon les circonstances, de considérer telle ou telle solution comme préférable aux besoins de l’homme)

 

Enfin elle est progressive, c’est à dire qu’elle admet qu’il faille à tous les individus une expérience, ainsi qu’une réflexion durables, continues et approfondies pour parvenir à l’intelligence des relations humaines…..

 

Nous demandons à chacun de travailler à former son propre jugement.

Pour former ce jugement, la pratique de la solidarité et l’étude- l’étude et non l’élaboration de la morale- sont considérées par la tradition maçonnique comme la voie la plus sûre.

La réflexion et l’action s’ordonnent en fonction de la compréhension de la condition humaine. « 

(septembre 5987)

 

L’action est une préoccupation, voire une impatience ou une frustration, et pourtant…Qu’en disait Chaby, mon F:. Pierre RIB:. ?

 

 » L’action est non pas l’effet de la contrainte, mais naît en chacun de nous de l’intime conviction, c’est à dire du jugement éclairé. La Maçonnerie conduit l’impétrant de la pratique des instruments de la connaissance, à la définition des valeurs, pour l’engager sur la voie de la connaissance effective.

 

 

Et c’est de l’intérieur de chacun que doit surgir la volonté de s’accorder à la communauté, comme à l’univers sans frontière qui est le nôtre.

(septembre 5987)

 

Ceux qui ont vocation de chercher la Lumière peuvent apporter aux activistes et aux conservateurs les solutions qui permettent le progrès.

(septembre 5986)

 

L’acte véritable est le rayonnement.

Ce qui est au centre doit être immobile, rayonnant et partout à la fois.

Ce n’est pas tant ce que l’on fait qui compte que ce que l’on est. « 

(septembre 5985)

 

Le Devoir, sa connaissance et sa pratique, sont une constante de notre travail maçonnique. Voici ce qu’en a dit notre F:.Chaby par la voix de notre F:. Christian JOFF:. :

 

 » Il n’y a pas de devoir plus immédiat que celui qui consiste à faire de notre comportement à l’égard des autres une source de paix.

(septembre 5976)

Moins que jamais il ne nous paraît souhaitable d’abandonner le devoir de sérénité, de lucidité et de fraternité qui est le nôtre.

Je dis le Devoir, parce qu’il n’est d’autre obligation formelle à notre engagement maçonnique, que celle d’agir selon le sentiment de notre libre conscience éclairée par l’étude et soutenue par l’amour de l’humanité.

Mais je dis de sérénité, parce qu’il n’est pas d’heures, il n’est pas de minutes, où la tentation de l’indignation, du désespoir, ou de la colère, ne nous sollicite au spectacle des abus de confiance, des détournements de sens, des récupérations dont les meilleurs sont les victimes en tout lieu de la planète….

Je dis aussi que notre conscience doit être éclairée par l’étude et je me demande si ce n’est pas là une des exigences les plus mal comprises de notre temps.

Non! Les compétences techniques, les connaissances professionnelles, les subtilités juridiques, si hautement appréciées qu’elles méritent d’être, ne suffisent pas à régler les problèmes humains.

Sans la connaissance de l’homme, de ses traditions, de ses faiblesses comme de ses hantises, de ses douleurs comme de ses haines, sans la connaissance de l’homme dans la diversité et la confusion inévitable des rapports qu’il entretient avec ses semblables, il n’est aucune réponse possible ou admissible aux conflits plus ou moins spontanés qui se multiplient depuis toujours entre eux.

J’ai dit encore que le devoir devait être soutenu par l’amour de l’humanité, et cela est sans doute l’exigence la plus redoutable, car c’est celle où les bonnes volontés se manifestent avec le plus de spontanéité et le plus d’ambiguïté. « 

(septembre 5984)

 

Il ne peut y avoir de Maçonnerie sans amour ni fraternité. Notre F:. Chaby le savait et notre F:. Philippe INF:. va nous le dire :

 

 » Il est probable que l’humanité marche vers l’uniformisation de plus en plus grande de ses pratiques, de ses comportements et de ses connaissances techniques.

Mais cette uniformisation n’éloigne ni les menaces de fanatisme, ni la volonté de domination des groupes d’intérêt qui se partagent la planète.

Notre place n’est ni dans l’un, ni dans l’autre camp. Notre souci est autre.

Peut-être moins grandiose, peut-être moins impressionnant: l’Amour tel que nous le concevons remonte à l’inspiration directe que le mot Charité véhiculait au Moyen -Age. Notre souci est celui qui consiste à comprendre, dans sa singularité, à préserver dans son identité, et à cultiver, dans son originalité, l’aspiration de chaque peuple, de chaque culture, de chaque tradition.

(septembre 5984)

 

Nul compromis ne peut intervenir au gré des complaisances partisanes. La fraternité des hommes libres n’a rien de commun avec un groupe de pression, avec un syndicat, ou avec un parti. Tout comportement sélectif en fonction d’une idéologie partisane ou d’une faction, voire d’une doctrine de l’action, est attentatoire à l’esprit maçonnique de fraternité et d’égalité…

En réalité si la solidarité doit jouer contre les injustices dont sont victimes les hommes- tous les hommes- les passe droits, les protections, les sollicitations diverses doivent être des pratiques absolument proscrites car elles sont dégradantes pour tous

(septembre 5987)

 

C’est une sottise que de prétendre que la Maçonnerie a d’abord pour mission de traiter des questions profanes. Elle a en réalité pour mission de traiter en tout lieu et tout temps de la Fraternité. « 

(septembre 5976)

 

Notre F:. Rabaut Saint Etienne disait « Ce que je réclame ce n ‘est pas la Tolérance, c’est la liberté. », mais c’était dans un autre contexte. Et si la Tolérance était une des formes de la Liberté. Mon F:. Jean Pierre V:. W:., qu’en disait notre F :. Chaby ?

 

 » Il faut bien admettre , et ce ne sera jamais assez répété, que nous sommes tous astreints au respect des autres, et que nul n’a le droit de s’y soustraire.

 

Quels que soient la position que l’on occupe, les grades universitaires obtenus, rien, absolument rien, n’autorise les analyses subjectives, provoquant des prises de positions partisanes, dogmatiques, empreintes d’ostracisme, et qui font plus songer au temps de l’Inquisition qu’au temps des Lumières.

 

En matière d’opinion la liberté est notre loi.

 

La tolérance n’implique pas l’idée de l’abandon, ni celle de la lâcheté.

Elle nécessite impérativement le respect de la pensée des autres et le courage d’analyser les situations avec sévérité, patience et honnêteté intellectuelle….

Ce n’est pas en Maçonnerie que peut renaître le dualisme manichéen. Nous sommes sous le signe du triangle. Et bien au-delà des nombres que nous connaissons.

 

La tolérance nécessite l’accueil et l’humilité. Elle ne peut fleurir que lorsqu’elle se trouve inspirée par la fraternité…..

Nous ne pourrons tous ensemble construire notre Temple individuel ou poursuivre notre idéal collectif, qu’en veillant scrupuleusement au respect, sous toutes ses formes, de la tolérance.

 

Il ne nous appartient pas de multiplier nous-mêmes les épines de la rose;et si la rose doit comporter des épines, qu’au moins nous sachions éviter leurs blessures. N’est-ce pas au fond, notre vocation la plus haute dans l’ordre social? »

 

 

 

 

Dans ce Temple, trois Ateliers du Suprême Conseil du R:.E:.A:.A:. du G:.C:.D:.R:., réunissant des FF:. d’Alès Beaucaire et Nîmes, travaillent sous la coordination de notre F:. Alain Cast:.. Mon F:. Alain que disait notre F:. Chaby à propos de la tâche du G:.C:.D:.R:. ?

 

« Cette tâche, elle est celle que le Grand Collège a toujours considérée comme la plus haute: préserver, conserver et transmettre la tradition initiatique, qui est comme le dit lui-même Corneloup, « l’antidote spécifique de tous les totalitarismes, de tous les étatismes, de toutes les technocraties qui nous menacent « 

Elle est la voie de libération de l’homme…..et, si par le fait de circonstances historiques, le Grand Orient a dû anticiper sur l’évolution des esprits et assumer la mission de témoigner pour la liberté de conscience, loin d’avoir à nous renier, nous avons bien au contraire le devoir de veiller à conserver précieusement la pureté de cette flamme.

A vouloir prétendre à des rôles qui ne sont pas les nôtres, nous risquons de ruiner nos justifications les plus essentielles.

Si nous tournons résolument le dos aux tentations du rôle politique que l’évolution des relations internationales nous offre de jouer dans un ordre qui n’est pas le nôtre alors nous pourrons servir notre mission humaniste.

Demeurons entre les branches du compas…

Si nous savons maintenir la discipline initiatique et le travail de réflexion au niveau de désintéressement qui convient; si nous savons former des hommes de jugement et de caractère, alors notre mission n’est pas achevée.

Nous demeurons une référence. Nous inspirerons la considération et le respect. Nous attirerons les esprits généreux et nous fournirons l’exemple d ‘hommes aussi proches de la sagesse qu’il est possible, d’hommes fidèles à la tradition, non seulement à la tradition spéculative trop ouverte aux intellectuels, mais à la tradition opérative, sans laquelle il n’est pas de construction solide, et nous aurons l’expérience indispensable à la poursuite de notre tâche: l’élaboration d’un ordre humain et fraternel.

(avril 5979)

 

Nos Ateliers, certes sont des lieux de travail, et nos prétentions ne sont nullement de constituer une sorte de Maçonnerie supérieure. Ceux qui cultiveraient des illusions à ce sujet seraient bien peu ouverts aux exigences de l’Art Royal….

Ne nous méprenons pas sur la relation entre les divers Ateliers : elles sont de complémentarité, non de hiérarchie.

 

C’est pourquoi je demande à ceux qui ont la charge de recevoir les candidats aux Ateliers de Perfection, de ne recevoir que ceux qui ont révélé leur intérêt pour les démarches abstraites de la pensée, et pour la méditation des pratiques rituelles ».

(septembre 5986)

 

Pour conclure, voilà ce que disait notre F Chaby à propos du Franc-Maçon :

 

« Chaque maçon porte en lui la source même de la Justice dans la rigueur de son jugement informé, et de la lucidité rationnelle. S’il oublie qu’il n’est pas de combat qui n’abaisse les adversaires au même rang, qui n’avilisse en raison des moyens utilisés, qui ne durcisse par les efforts nécessaires, il n’aura plus la possibilité de retrouver la vision sereine de l’homme qui sait discerner le bien du mal, le juste dans le malheur et le vrai dans la confusion, comme l’ordre dans le chaos.

Il y a des jeux du monde où se perd la vertu du sage. Cela ne veut pas dire que l’homme ne doit pas y jouer sa partie, cela signifie seulement que tout engagement dans ce sens limite et détermine la caractère de la vocation maçonnique.

En fait, il faut choisir: la domination ou la lumière, asservir ou libérer, contraindre ou éclairer. »

(septembre 5987)

 

Notre F:. Chaby avait choisi.

J’ai dit.

 

Colonne d’harmonie :

Extraits de « La Flûte enchantée », n°9-marche et n°10-air avec cœur Wolfang Amadeus Mozart

 

Guy S:.-Guil:.

O:. de Nîmes

28 Mars 6007

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