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Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil 5 novembre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil … Partie 1

Publié le 16 décembre 2015 par Gérard Baudou-Platon

C’est la question que l’on pourrait bien se poser car la diversité des chemins initiatiques proposés par la Franc-maçonnerie Française, notamment, ne peut être que constatée. Qui trop embrasse mal étreint ? …  Y auraient-ils une ou plusieurs explications  à ce constat ? … La notion l’éveil en serait-elle une ?

Pour tenter de répondre nous allons :

1 : tenter de découvrir ce Franc-maçonnerie sous-tend,

2 : tenter d’aborder un des acteurs principal, animateur s’il en est de l’âme de ces espaces particuliers

3 : présenter très rapidement l’environnement Oriental lié à la notion d’éveil. 

4 : examiner cette voie particulière qu’est le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et vous laisser juge  … Oui … Non ?  

Partie 1 : Méditation sur « la Franc-maçonnerie »

Il est toujours difficile de donner une idée sur l’essence d’un Rite … et même d’en définir l’opérativité. Nous poserons comme incontournable de définir la première pour en supputer la seconde.

Si l’on ajoute l’examen d’un lien, en plus, avec une fonction d’éveil …  alors la difficulté devient immense.

Pour initier cette méditation sur notre thème je ne résiste pas à citer la remarque d’une sœur qui souhaite se présenter comme anonyme mais qui écrit justement : « l’être éveillé s’est définitivement affranchi des apparences. Telle une âme vivant dans l’un ou l’autre monde il s’est totalement libéré des voiles de la matière, ce qui le rend capable de se vêtir à volonté d’une apparence ou d’une autre, tout en demeurant en permanence dans la lumière, dans la nature de l’esprit et la fusion des possibles. L’être vraiment  éveillé sait qu’il n’y a pas plus de frontières entre les mondes, pas plus que de dimension spatiale et que tout se joue ici et maintenant, dans la lumière et dans une communion incessante avec l’absolu »

« C’est par sa conscience que le maçon est relié au divin »

Tentons, alors, d’être exhaustif …

Pour décrire l’essence d’un Rite, certains, feront référence à des liens initiatiques que leur histoire leur permet … vu sous cet angle tout sera, alors, possible … tout et son contraire.

Lorsque nous aurons classé le dit rite en « Judéo-chrétien », « Chrétien »,  « Egyptien », « Hermétique »,  « Primordial »,  « Primitif », « Laïc », …,   aura-t’on fait œuvre d’analyse et de synthèse suffisante ? Rien n’est moins sûr … car les rites construisent des égrégores … et ceux-ci nous le savons dépendent largement de l’ouverture de conscience de celles et de ceux qui le créent et le servent.

Le rite dont nous parlons (RAPMM) se déroule dans un cadre un peu particulier … celui de la « Franc-maçonnerie ».

Il nous appartient, alors, de préciser un certain nombre d’aspects qui caractérisent la Maçonnerie en général.

 01

La franc-maçonnerie a l’ambition d’être, pour le moins :

Pour le meilleur, sans doute, la Franc-maçonnerie est d’être un moyen d’accéder au savoir puis à la connaissance sans lesquels personne ne peut objectivement transformer « le métal vil » en « Or ».

Alors de quoi parlons-nous ?

Il faut que le Franc-maçon devienne conscient, individuellement, de son utilité et de son importance par rapport à ces enjeux … Il comprend,  alors deux choses :

Au-delà de toute promenade historique dans le monde des Francs-maçons au regard de ces différents points … où tout pourra être dit  (nous laisserons bien volontiers les historiens tenter d’y voir clair)  … une autre déambulation devient impérative … celle de la découverte de notre véritable utilité dans un monde où l’espace et le temps se transforment à une vitesse folle grâce à la présence d’une information immédiatement préhensible et une technologie démultipliant les capacités et les potentialités humaines … il sera bon de se précipiter … mais lentement  … et ne pas confondre « vitesse » et « précipitation ».

Les homos Sapiens Sapiens que nous sommes ne sont pas simplement des Homo Faber qui auraient basculés dans un autre monde grâce à l’apparition d’une structure ADN propice … ainsi qu’à une évolution cérébrale étonnante … dont on ne s’explique pas, d’ailleurs, les circonstances de celle-ci … manque de chance, le chainon manquant … manque, aussi, à nos méthodes de rationalisation de nos découvertes scientifiques.

Nous pouvons nous mettre d’accord sur une constatation :

Nous ne sommes pas simplement des animaux (Reptiliens) qui auraient pressenti leur condition humaine et qui auraient décrété la nécessité d’être des Homo-Socio-Economicus … ayant, dès lors, aujourd’hui, un immense problème de gestion des ressources terrestres face à une démographie galopante … nous sommes aussi et sans doute surtout des êtres :

Les franc-maçonneries dites laïques sont aveugles pour ne pas prendre en compte l’importance de la métaphysique et les vecteurs de recherche éclairant des champs ésotériques. De même les philosophes et les ésotérismes sont inutiles s’ils n’intègrent pas dans leurs réflexions méditatives les nécessités du monde objectif.

La Franc-maçonnerie prend sa source dans cette complexité … défendre la liberté, l’égalité et suggérer la fraternité impose au maçon la résolution de la quadrature évoquée ci –dessus (Celle de l’enchevêtrement des plans d’existence) ..

Pour être complet nous ne manquerons pas de pointer les différences dans l’expression des Rites en général et du notre en particulier … et nous conclurons, alors, à l’étonnante richesse de nos maçonneries respectives… nous  pourrions développer cela de façon détaillée mais pour l’heure parlons de notre Rite … c’est-à-dire celui que nous utilisons comme « Merkaba » (ou véhicule comme le diraient les Orientaux) pour cheminer dans la pyramide initiatique des degrés et étapes proposés.

J’ai bien dit pour « Merkaba »  … pour véhicule … c’est-à-dire comme moyen de se  déplacer mais …  d’où vers où ?  … et dans quels buts ?

Alors quelques exemples de moyens et quelques chemins :

 02

A ce stade énonçons juste une nouvelle dimension qui ajoute de l’opacité au travail de recherche de la Vérité … celle qui résulte  de la tradition dans la Franc-maçonnerie Française  celle de classifier les « Institutions Maçonniques » qui constituent le corps de ces Rites en « Organismes Réguliers »,  « Organismes Reconnus », « Organismes Indépendants » ou en « Organismes Maçonniques Sauvages » … Cette classification est grave non pour l’opération qui consisterait à particulariser ses organisations afin de donner plus de pertinence à cette forme d’accès au savoir de la franc-maçonnerie mais, au contraire, pour créer des « arguments » d’exclusion et de rejet … La Franc-maçonnerie ne peut plus jouer son rôle de révélateur de « Vérité ».   

Cela dit revenons à notre thème « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm » et Voie d’éveil et j’espère pouvoir démontrer que ce lien est, manifestement, possible tout en ayant conscience qu’il existe une multitude de voies possibles qui peuvent faire progresser l’Homme dans le domaine du Savoir et de la Connaissance.

Notre sujet pose le lien entre un Rite et sa capacité à amener le « pratiquant » à l’état désiré par tout chercheur : celui de connaitre la Vérité et de comprendre sa contribution à l’œuvre de vie qui se déroule sous ses yeux …

Ainsi, ce chercheur de vérité est candidat à l’accès à la vision juste afin d’avoir une action consciente et appropriée … Cela le conduit à atteindre un état particulier … celui qui est nommé par les orientaux comme « état d’éveil ». (Un état souvent décrit comme une fulgurance changeant de façon prompte et durable la vision de la réalité vécue)

Pour tenter de démontrer qu’un lien de cette nature est possible dans le Rite dont je me pénètre chaque jour examinons notre assertion et constatons.  

03

A : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm  (et notamment dans sa sensibilité orientale) n’est pas une Religion … ce n’est pas, non plus, une philosophie … ce n’est pas un volume de prescriptions dictant un art de vivre sa vie … ni un recueil de règles de savoir-faire …

B : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm n’est ni Judéo-chrétien, ni musulman, ni indou, ni tibétain, ni Égyptien ancien …. Il est tout simplement la vie dans sa complétude et offre ses ressources les plus subtiles … il est ce que l’homme fut, ce que l’homme est …. et sans doute, s’il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et que son âme comprenne …alors, il est, déjà, … ce qu’il sera demain … c’est à dire un être en évolution ou en involution …

C : Ce Rite est une voie d’accès à la connaissance parmi tant d’autres, certes !!!… mais une voie d’accès très  particulière  … elle offre un déambulatoire où chacun peut découvrir le point à partir duquel il pourra développer sa propre équation et déployer, ainsi, sa propre personnalité… non pas celle des autres mais celle qui correspond à celui qui chemine !!!!… en cela pourrait-on dire qu’elle est « Pythagoricienne »

Dès lors, cette voie inventorie tous les champs investis par la pensée et l’esprit humain (Déambulatoire, Trajet labyrinthique) … elle est tournée vers la connaissance de la Nature considérant, qu’en cela, elle mène vers le divin (elle est, alors, « Taôiste », car la nature est harmonie universelle) … Elle incite les Sciences fondamentales et les voies opératives moins rationnelles tel que le Chamanisme à se côtoyer et dialoguer (En cela elle est « Scientifique, Expérimentale, Alchimique et même Magique » ) … de même elle invite l’Astronomie à prendre en compte Mythes et Symbolique de l’Astrologie traitant, ainsi, le lien non négligeable entre inconscient collectif, inconscient individuel et les corrélations avec le monde objectif  … Elle restaure un principe d’efficacité en acceptant l’idée que le plus court chemin pour l’accès à la vérité peut être l’intuition … ce qui n’exclura, à aucun moment, que la preuve puisse venir par « la voie de l’expérimentation »

Ce Rite fait passer le cherchant … d’être asservi par un égrégore collectif à un être libéré, autonome, transmuté ayant atteint sa propre Réalisation (en cela elle est « Tibétaine »).

Il est commun de dire que « la recherche de la vérité n’admet aucune entrave » … aucun éveil n’est possible sans cela, nous allons voir pourquoi plus avant … cela contraint même aux modes de gouvernance des différentes voies maçonniques de reconsidérer  leurs relations avec le monde profane …  le sacré se nourrit de la vie sous toutes ses formes.

Que l’on se comprenne bien … une recherche éclairée nécessite le libre arbitre absolu … ainsi contraint-elle au dialogue avec les meilleurs d’entre nous où qu’ils soient…

Siddharta Gautama … exprime cette idée magistralement

« Ne crois en rien par ce qu’on t’aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien,

Ne crois en rien sur l’autorité des Maîtres et des Prêtres.

Mais bien, ce qui s’accorde avec ton expérience (et après une étude approfondie) satisfera ta raison et tendra vers ton bien. Cela tu pourras l’accepter comme vrai et y conforter ta vie »

La liberté d’expression témoin de la diversité des formes et des processus de production de la vie nous contraint à des échanges non entravés par des visions réductrices A bien y songer, il nous importe peu de savoir à quelle chapelle appartient celui qui a la gentillesse d’apporter sa propre lumière … il est … et pratique, seulement, un acte d’amour qu’est le partage de ce qu’il est devenu au moment où ce partage a lieu …

Cette technique de la porte entre-ouverte ou pas tout à fait fermée doit être la forme moderne de la Franc-maçonnerie. Nos frères opératifs exposaient leurs créations au monde profane … et le monde profane pouvait de différentes façons inter-réagir créant, ainsi, une évolution constante et continue sur le chemin du savoir et de la connaissance ….

Aujourd’hui l’application inconsidérée de la notion de « secret » mais aussi la prolifération des actes d’exclusion font que le dynamisme indispensable à la recherche de notre essence réelle s’étouffe.

Beaucoup de Franc-maçon sont, aujourd’hui, entrés en esclavage … asservis qu’ils sont pas des règles qui ressemblent à des geôles de la « société bien-pensante » articulées autour de principes que l’on aurait voulu voir disparus « Discriminations, exclusions, rejets , limitations des champs de vision, peurs et refus de l’inconnu… »

Pour rendre l’opérativité à notre Rite nous l’aurons compris il sera urgent de refaire circuler le « sang informationnel dans nos cénacles » car aucun éveil ne s’instaure « dans une attitude consanguine »

Dès lors, quiconque gloserait sur la méthode … ou discréditerait une voie que les instigateurs considèrent comme essentielle (cf. Ouverture à la lumière d’Orient écrit par Edmond Fieschi) deviendrait lui-même un ignorant cristallisé dans ses propres schémas et certitudes … l’éloignant, du même coup, d’une rencontre possible avec lui-même au profit d’une satisfaction que je désignerai « de vérité de comptoir …

L’état de la Maçonnerie d’aujourd’hui nécessite un changement de vision immédiat … nous le savons « le temps passe … et nous passons » … il est, donc, urgent de se précipiter avec lenteur ….  sans perte de temps !!! … car tout doit être construit avec harmonie … inexorablement.

L’esprit soufflant où il veut et quand il veut …  celui qui marche sur le chemin ne peut définir ses propres règles, la découverte ne se fera que par l’acceptation de l’inattendu

Qu’est-ce que le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … c’est assurément « un chantier » … c’est un chantier que l’on assimilerait à des fouilles, à des exégèses … extirpant des couches « géologiques » et des « sédiments » du Cortex et du néocortex la substantifique liqueur permettant de retrouver nos essences premières et nos potentialités foncières … Je reprendrai volontiers la remarque de Toni Ceron dans son livre « Sphinx, Grande Pyramide, l’Alchimie Intérieure » : « C’est pourquoi, une véritable école de l’esprit est un chantier, une mine, et ses élèves des charbonniers, non des bipèdes diaphanes qui ont plus appris à se renier qu’à se comprendre » … et il continue en disant: « Le chercheur, chevauchant le tigre, comme disent les orientaux, agira en conséquence, apprenant, ainsi, à laisser couler son âme à travers les apparences karmiques suscitées en lui dans une non-violence spontanée et fondamentale, comme un cadeau des Cieux » …

Ainsi  … le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est Initiation … « uniquement initiation » … un chemin personnel à travers les mondes … et … les ouvertures de conscience successives …

Qui veut atteindre les hauts espaces éthérés a le choix de la montagne à escalader … de la vallée il contemple ce qu’il peut distinguer … pas la Vérité !!! mais le reflet de la Vérité (cf. la Caverne de Platon) mais il ne pourra pas faire l’économie de s’affronter, sur le chemin qu’il foule, à de multiples situations qui le mèneront vers sa réelle destinée …

Il en sera, ainsi, de notre Rite qui laisse apparaitre une échelle dont chaque barreau excite la convoitise d’autant qu’en apparence certains d’entre eux apportent gratifications et statut …. Temporel et spirituel … dès lors le danger est, omni présent, de prendre des « vessies pour des lanternes » …. Combien propulsé tout en haut de la dite échelle se retrouvent avec un hochet à la place du sceptre de sagesse ….

Combien, produits de l’histoire tumultueuse de cette voie initiatique se prennent pour des guides suprêmes et incontournables  …. En transformant le prince ou la princesse …. en citrouille …. Au pays des aveugles les borgnes sont rois …. Ne le dit-on point

Voici une première partie questionnante sur le rôle et l’utilité du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm.

N’ayant pas voulu le rattacher à l’histoire (avec un grand « H ») j’ai préféré le rattacher à ses potentialités opératives.

Fin de la partie I

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 2

Dans une première partie nous avons tenté de parler de la Franc-maçonnerie et de sa diversité.

Nous avons abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et ses premières particularités … maintenant devrons-nous parler de celui ou de celle qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symbolique, philosophie et hermétique

Partie 2 : Méditation sur « Celui ou Celle qui a le statut de Franc-maçon »

Tout ce que nous avons dit en partie 1 est, assurément, important  mais  encore bien incomplet, car :

En ce contexte : le franc-maçon est un être hybride (Nous le savions car nous partageons tous un symbole bien connu : l’aigle bicéphale). Il est à la confluence de deux sources … Celle, subtile et vitale qui l’adombre de façon inconsciente et celle qui relève de la conscience objective …

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Pour être le maçon qu’il doit être, il doit conscientiser ce qui chez lui n’est pas mis à jour, encore, … et rendre le fruit de sa « création »  conforme (d’où l’expression : « rendre la maison à son père ») …

Dans cette démarche à double détente  … une discipline s’impose :   

Telle la chrysalide il doit aborder en conscience  sa transformation ou sa transmutation  afin d’être en pleine résonnante  avec la création !!

Ne point faire cela ferait de la Franc-maçonnerie un moyen inutile au service, au mieux  d’une œuvre caritative ou humanitaire (ce qui est déjà très bien, disons-le, sans restriction d’aucune sorte) et au pire une institution symbolique et philosophie auto-satisfaisante génératrice de  circonvolutions cérébrales.

La discipline qui s’impose est le « domestiquage »  de la vache comme diraient nos frères Tibétains …. Seule condition d’accès à la deuxième source que nous avons évoqué plus haut

Pour comprendre voici quelques éléments de réflexion sur « cette » discipline … et … ayant fait cela nous regarderons, dans une dernière partie, la structure de notre  échelle maçonnique  pour savoir si notre Rite répond bien aux critères et nécessité qu’oblige une  « Voie d’Eveil »

Deux oiseaux étaient posés sur un même arbre,

Celui d’en haut était calme, majestueux, splendide, parfait …. (un simorgh ? )

05

Celui d’en bas sautillait continuellement de branche en branche. Tantôt il mangeait des fruits savoureux et il était joyeux  … Tantôt il mangeait des fruits amers et, bien sûr, il était malheureux

Un jour qu’il avait mangé un fruit encore plus acide que tous les autres, il leva son regard jusqu’à l’oiseau calme et majestueux au-dessus de lui … et il se dit :

« comme je voudrais être pareil  à cet oiseaux » …

et il s’en approcha un peu !!!

Bientôt il oublia son désir de ressembler à l’oiseau d’en haut  et il continua comme auparavant  à manger des fruits doux et des fruits amers, à être tantôt joyeux et … tantôt malheureux. De nouveau il éleva les yeux … et de nouveaux il s’approcha un peu plus de l’oiseau paisible et magnifique perché au-dessus de lui !!!

Ce manège de répéta souvent et finalement, notre oiseau se trouva tout près de l’autre  …  le plumage éclatant de celui-ci l’éblouit d’abord, …. Puis parut absorber le nouveau venu qui, finalement, à sa grande surprise  et à son émerveillement, s’aperçut qu’il n’existait  qu’un seul oiseau !!!

A l’instar de cette image … nous frères et Sœurs devront apprendre  que cette deuxième source est en nous …. Mais je compléterai cette certitude par la nuance suivante :

Entre, être convaincu que nous possédons la source en nous et,  l’ayant compris, croire que ce que l’on fait, alors, découle de cette source il y a un pas que nous ne franchirons point encore.

Attention à ne pas prendre nos désirs profonds pour des réalités … l’introspection … reste une vertu  utile !!!

Analysons cette séquence « Je Suis »

« Je » …

Le « Je » corresponds à la « Forme-Reflet » …

L’homme incarné est la Forme-reflet au plan physique par la prise de densité matière-chair (c’est l’état grossier dont nous sommes revêtus) … mais reflet de quoi ?

Reflet de la source de toute chose conformément au principe que tout vient de l’Unique (pour le scientifique ce sera de l’unité des lois cosmologique … pour les autres … mille et un noms feront l’affaire selon les convictions et les croyances de chacun …)

Le « Je » évoque « l’existence »  et cette existence se traduit pour les occidentaux par la présence de 3 corps essentiels :

« Suis » 

Le « Suis » correspond à la « Forme-Radiation » c’est dire l’aspect transfiguré de la matière  celle en rapport avec les plans subtils …

La source rectrice est celle qui vient de là  …

Tout ce qui est sur notre planète est relié au Monde Origine  …. Une sorte de « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » avec un « comme » à vraiment interpréter, définir et commenter

Nous utiliserons ici, encore,  le langage des oiseaux … la meilleure façon pour moi d’être court mais clair …

Le frère et la sœur doit construire ce lien conscient et opératif  entre « Savoir » et « Connaissance »  … lien qui lui permettra, alors, d’incarner le « Je Suis » et dès lors trouvera ses actes assurés dans le monde profane …

Cela fait, il y a une contrepartie … réduire significativement son Ego …. Pas celui qui favorise la créativité mais celui qui cristallise l’humain dans sa « matière-chair »

Un dernier point est remarquable en Franc-maçonnerie celui de relier le « Je suis » à des actes de création conduits par l’Amour voire même la Compassion.

Tous nos Rites maçonniques comportent une fonction particulièrement importante et caractéristique du mouvement maçonnique … c’est la « fonction Chevaleresque » …

Un franc- maçon construit juste

Un Franc-maçon Chevalier accompagne ce qu’il construit d’un souffle d’harmonie pour tous les mondes vivants …

Le Chevalier est celui qui assemble en lui tout ce que nous venons de dire … et, dès lors, fait de la Chevalerie sa parure distinctive …. (Voilà un premier signe de changement d’état de conscience qui  aboutit à un nouvel état d’être) …

« Le regard du Chevalier est, alors, dirigé vers les fenêtres du ciel … son parfum est inspiré par l’Âme et il en imprègne tous ses Actes. Ses paroles découlent de la source ». Je cite, ici,  Platon, le Karuna dans son livre « les chevaliers d’aujourd’hui et de demain » …

Notre Rite qui organise un déambulatoire dans l’histoire de l’humanité à la fois au travers de la philosophie, de l’hermétisme mais aussi de la science (et dieu sait si  science et ésotérisme furent très liés  … et même aujourd’hui, en neurologie (Neurobiologie, Neuropsychiatrie), ces liens sont particulièrement fructueux  (frontière de la vie, tutoiement de la mort NDE  !!!).

Notre Rite, donc, est, à priori,  bienfondé pour faciliter l’accès à la connaissance mais aussi le moyen de nous « rectifier » ou d’opérer des nouvelles avancées dans le domaine de la relation Esprit-Matière.

En ce qui concerne la nécessaire transgression des cadres de description de notre humanité, reprenons les propos de Paul Brunton qui écrit dans « l’enseignement secret au de la du Yoga » …

« Je perçois avec une saisissante acuité que l’éclatement de cette carapace de vieille ignorance est la condition  sine qua non de l’avènement de la paix  … le nœud du problème mondial est trop simple pour être perçu par notre époque compliquée : tous les actes sont informés  par la source cachée de l’esprit, et lorsque l’homme apprendra à penser juste, alors seulement il agira en conséquence. Ses actes ne peuvent jamais être plus grands que ses idées, car les décisions silencieuses de l’esprit modèlent les bruyantes démarches du corps. Les amers chagrins  du monde et ses crimes ne sont que des symptômes d’une maladie dont la cause est la vieille ignorance, et qui peut être guérie que par une connaissance neuve. Il est du devoir impérieux de tout être humain doué d’intelligence et de raison, troublé par des aspirations à peine conscientes et encore moins formulées vers une vie meilleure, ne pas croupir dans l’indolence spirituelle mais de poursuivre sans relâche la queste … c’est à dire la lumière de la Vérité » … (Propos tenus en 1970 … il y a presque un demi-siècle)

Ainsi le Rite Ancien et Primitif de Memphis & Misraïm sous son aspect « véhicule menant à l’éveil »  … nous parle d’une incontournable nécessité …. Provoquer la « Mort du vieil homme » qui est en nous …

Il est souvent dit, aussi, que pratiquer notre Rite c’est « apprendre à Mourir » …. Il faudrait ajouter  « accomplir notre propre meurtre » afin de permettre « une nouvelle régénération voire permettre un ressourcement » … acte fondateur pour « une renaissance » sur des bases nouvelles

 

Fin de la partie II

Note de la partie 2

Une autre façon de structurer l’homme … Cf. Christian Boiron dans « la Source du Bonheur est dans notre cerveau » … Il détermine :

1 : un Corps reptilien ou Hypothalamus

C’est le ça :

Dès lors le bonheur reptilien est :

Le malheur reptilien est :

2 : un Corps Limbique ou mémoire Programmée ou programmante …

C’est le Sur-Moi

Ainsi le Bonheur Limbique : c’est Tirer des plaisirs des conditionnements actuels ou futurs

3 : un Néo-cortex préfrontal

Moi :

Les plaisirs du néo-cortex : ce sont le raisonnement, la créativité, l’expression artistique, les approches globales

Voici, donc, trois espaces mais qui sont relatifs à quoi ?

La conscience … Mais de quoi est-elle faite ? …

Tout ce passe comme si une autre entité, un autre cerveau distribuait le travail entre les deux cerveaux qui pensent … Est-ce, donc, un « Super-Cortex » qui arbitre en fonction de paramètre qui nous sont inconnus ?

Le physicien Régis Dutheil avançait, quelque temps avant sa mort, l’hypothèse très originale selon laquelle la conscience pourrait-être matérielle mais d’une matière « super lumineuse », c’est-à-dire dont les particules pourraient aller plus vite que la vitesse de la lumière !!!! … une conscience qui observe te qui décide de pousser chacun d’entre nous à conquérir sa liberté, sa vraie personnalité … personnalité qui serait constituée de l’organisme aux trois cerveaux et de la conscience

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 3

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … regardons maintenant ce qui jouxte la notion d’Eveil … selon certaines cultures …

 

Partie 3 : Quelques éléments qui environnent la notion d’Eveil

Selon :

1 : Le Tchan,

Cela concerne la pratique du Tao dont le grand psychologue iranien G.A. MOKTAR disait : « Cette méthode est un véritable judo psychique car elle transforme en force les cent et une faiblesses de l’être humain »…

Le « Tchan » signifie : Méditation  ….

06

Son fondateur est l’indien Bodhidharma … sa doctrine refusait de voir le personnage Siddhârta Gautama, le bouddha historique comme fondateur d’une religion ou l’inventeur d’une voie unique libératricele pratiquant du Tchan peut appartenir à toutes les religions ou à aucune

Pour mémoire le Tchan donna naissance au Zen Japonais

Le but du Tchan est de « transformer l’être humain en ce qu’il devrait être. C’est-à-dire un « Tchen Jen » ou un « Humain Véritable »

Ce que nous venons d’écrire se retrouve très exactement dans certains degrés ou étapes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

Livrons une autre définition qui justifierait une attention particulière de notre démarche occidentale au travers de l’institution maçonnique :

« Le but du Tchan est donc de former des humains véritables, libérés des conditionnements négatifs ; de faire disparaitre la déformation qui empêche l’humain de se déployer en fonction de ses réelles potentialités. L’Humain véritable apparait lorsque « l’adepte », par une autodiscipline de caractère psychologique, atteint l’état de conscience dit « tseu Jan », terme d’origine taoïste signifiant : parfait détachement, ou encore : lâcher prise. Les mots : Buddhi (qui est une expression bouddhiste qui vaut dire « éveil »), mosca, samadhi … sont des équivalents du terme « tseu Jan » »

Le Bouddha exprimait lui-même : « sois ton propre flambeau et ton propre refuge. Ne mets aucune tête au-dessus de la tienne. N’accepte pour vrai que ce que tu as vérifié personnellement … » …

Il existe en Extrême Orient deux grandes traditions. Une voie traditionnelle et une voie de l’évolutionnisme spirituel (que l’on peut affecter à une voie magique).

La voie rationnelle est strictement psychologique, non intellectuel, au sens occidental du terme.. ;. Son but est d’atteindre un degré de conscience d’où l’on percevra de fait que rien ne sépare l’individu du monde extérieur, que le cosmos et l’individu sont une seule et même entité … En quelque mot, le Tchan  est la recherche de la libération sans étape intermédiaire entre l’individu conditionné et le libéré qu’il sera … et au-delà de cela un but ultérieur et pressant subsiste : celui d’aider autrui à faire le même chemin libératoire …

La voie spiritualiste évolutionniste, l’homme de la voie dite « magique » estime que l’éveil, la libération, constitue le sommet, le couronnement d’une progression constante, marquée par des étapes intermédiaires dont chacune apporte à l’adepte au moins certains éléments de facultés supranormales de plus en plus importantes en fonction du trajet personnel de celui qui choisit cette ascèse …

N’en disons pas plus …

2 : Les principes du Changement de la MTC,

J’ai souhaité mettre ce paragraphe dans mon étude car là, encore, nous allons retrouver une vision propre à illustrer ce que nous avons déjà écrit en partie 1 et 2.

Il sera important de remarquer l’homme et la femme que nous sommes … et encore plus si nous sommes « francs-maçons » …. ne peut exister sans ces relations constantes entre le « moi » et le « Soi » … et … le « moi » et l’autre (que l’on désignera dans son acception la plus générale : l’autre étant l’environnement, tous les mondes vivants et, en particulier, les humains qui nous côtoient.

Le cadre d’examen est fluctuant puisqu’en constante transformation ce qui fait que chacun d’entre nous doit faire face à sa propre « transmutation » avec toutes les conséquences sur tous les plans de notre propre existence (Physique, Emotionnel, Mental, Spirituel) mais, aussi, faire face à la mutation de l’environnement dans lequel nous nous transformons …

Nous réalisons, alors, que notre espace intérieur et notre espace extérieur inter agissent mutuellement nous contraignant à chaque moment de notre vie à nous adapter de telle façon que le nécessaire changement à notre évolution « imposé » ne nous mène pas vers une impossible action …

Le MTC regarde l’homme dans cette double contrainte et permet à celui-ci de maitriser non seulement le changement utile et nécessaire mais, aussi, à le devancer …

Comment cela est-possible ?

En quelques mots : la MTC dira que

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Dès lors, chaque être vivant doit pratiquer « l’Introspection thérapeutique » … c’est-à-dire entrer en soi afin de reconnaitre les adéquations et d’identifier les inadéquations. Celles-ci étant mis en lumière une action de mise en harmonie devient possible …

Démarche applicable dans tous les domaines de l’action humaine  (social, économique, politique, financier, …)

Et dans le cas de nos propres comportements cela ne sera pas à démontrer car il est prouvé que l’inadéquation émotionnelle est porteuse des pires désordres

 

3 : Les bases du travail dans les Arts Martiaux Cino-Vietnamien,

Il est important d’évoquer cet aspect car, nous l’avons vu, la Franc-maçonnerie de haute philosophique voire hermétique fait appel à l’homme dans toutes ses parties et dans son unité … Nous avons vu, alors, que toute son action est sous la dépendance de deux sources de nature différentes devant être intégrée et synchronisée …

Une des missions des frères et sœurs c’est l’action en fonction de leurs convictions intimes … celles-ci se précisant au fur et à mesure que leur état de conscience s’ouvre et s’enrichit.

Le côté militant non asservi et résultant d’une liberté retrouvé par les savoirs et connaissances constamment renouvelés le transforme en une sorte de « samouraï » …

Examinons, alors ce que la Professeur Anne Cheng a écrit son livre sur « l’histoire de la pensée chinoise »

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«  l’Unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle du souffle (Qi), influx ou énergie vitale qui anime l’univers tout entier … Toute réalité physique ou mentale, n’étant rien d’autre qu’énergie vitale, l’esprit ne fonctionne pas détaché de son corps … source de l’énergie morale, le Qi, loin de présenter une notion abstraite, est ressenti jusqu’au plus profond d’un être et de sa chair. Tout en étant éminemment concret, il n’est cependant pas toujours visible  ou tangible : ce peut être le tempérament d’une personne ou l’atmosphère d’un lieu, la puissance expressive d’un poème ou la charge émotionnelle d’une œuvre d’Art »

L’homme étant lui-même une création particulière qui relie le Ciel à la Terre, l’homme parfait (ou Zhenren) de la tradition est alors un homme de Qi …

Dès lors par la maitrise l’homme peut inscrire ses actes dans la durée et dans la justesse

Le « rouleau de « Mawangdhui » à l’époque des Han (-190 à -168 av JC) évoquent des techniques particulières dans le but d’une longévité « Tuna » (Cracher / Avaler) ainsi que le Kingqi (faire mouvoir son souffle) … deux éléments bien décrits dans les techniques de respiration profonde  (Yangshen)

En Chine l’idée d’une complémentarité du « Wen » (le monde de la culture, de l’étude dans leur connotation littéraire et intellectuelle) et du « Wu » (aptitude physique et guerrière !!!) a émergé depuis le nuit des temps …

L’homme est, ainsi, à cheval entre un monde matériel (physique, objectif) et un monde immatériel (spirituel, à objectiver) …

En quelque une sorte de « men sana in corpore sano »

Un état particulier qui intéresse nos scientifiques avec l’avènement de la physique quantique  ….

 

4 : la dynamique des systèmes

Revenons en occident … cette particularité qu’a l’homme et, en particulier, les frères et les Sœurs en Franc-maçonnerie d’avoir à intégrer la totalité des plans d’existence pour ajuster leurs actions va nous mener à la nécessiter d’apprécier toute situation au travers de fourches caudines  toutes particulières construites sur les principes de « La dynamique des systèmes »

Selon cette théorie toute entité quelle qu’elle soit peut être considérée comme un ensemble plus au moins complexe inter-réagissant avec les autres entités qui composent le monde vivant ou non ….

Chaque entité outre le fait qu’elle doit faire face à ses propres nécessités d’existence mais aussi qu’en tant que système d’organisation et d’information est contrainte par la loi d’entropie, doit aussi gérer sa relation avec son environnement. (Action-Réaction-rétroaction, Ajustement mutuelle ou programmée)

Cela pose que tout système complexe comme l’homme, la société, l’entreprise serait réglé par des lois du type « Entités-Relations » … ainsi toute forme d’organisation se comporterait comme une cellule vivante ayant à jouer un rôle dans un ensemble plus grand … lequel interagit lui-même dans un ensemble encore plus grand …

Ceci conclut à l’interdépendance de toutes entités … en connaitre les lois qui permettent d’inscrire les décisions prises en toute conscience des conséquences qui résulteraient de leur exécution.

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Le météorologue Edward Lorenz dans sa conférence à « l’American Association for the Advenement of Science » sur le thème « The Prédicability » … « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

La question peut être regardée avec un sourire narquois mais le désastre planétaire qui se dessine dû à l’activité humaine en notre Siècle nous contraint plutôt à accepter cette théorie de la « dynamique des systèmes » comme un moyen unique de repenser le monde sous l’angle d’une « vision globale ».

Il nous faudra compter sous deux aspects de cette vision pour mettre l’homme au centre de notre attention :

Fin de la partie 3

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 4

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … Enfin avons-nous regardé ce qui jouxtait la notion d’Eveil … selon certaines cultures … (Inventaire non exhaustif) … Il est maintenant le temps d’aborder l’échelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (y compris dans sa sensibilité orientale)

 

Partie 4 : L’Echelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

 

Analyse de notre Rite

Il est temps maintenant, à la lumière de ce qui vient d’être dit, d’examiner l’échelle maçonnique à laquelle nous sommes rattachés

Pour éviter toute confusion : L’échelle retenue … est celle de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (OIAPMM) voie Orientale (Loge de la Charte des Loges libres et Indépendantes du RAPMM ….

Notons le terme de Voie …. Et ne pensons pas que prendre une voie c’est trouver toutes réponses à toutes les questions que l’on se pose … aucune voie ne répond aux questions posées … certaines voies feront qu’à un certain moment  il n’y aura plus de question à formuler …

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Dans le Taoïsme nous dirons, alors, il y aura unité entre le tireur-l’Arc-la Flèche et la Cible ….  C’est à dire une intention incarnée  se déployant justement dans un espace-temps précis participant à la réalisation d’un plan de création que d’aucun qualifieront de « selon le nom qu’ils préfèreront »

 

Le profane est accueilli par un appel à son subconscient :

Le profane est immédiatement sorti de ses repères habituels …  (environnement socioprofessionnel et familial) … un changement de paradigme  s’impose … le monde animal est porteur de Symbole mais aussi de perfection et de … Vérité

Ensuite se trouve-t-il dans le « Cabinet de réflexion » et commence le chemin de sa « mise à mort » …  il établit avant le voyage post-mortem son testament philosophique …  difficile pour lui d’exprimer ses dernières volontés  et ses ultimes convictions …

L’impétrant aura à définir pour chacune de ces trois assertions ce qu’il pense être du devoir de l’Homme …. Sa réponse sera fébrile, non ajustée, et trahira son ignorance …

Tout son environnement, ici et maintenant, lui rappellera sa finitude, sa nature liée à la « Terre », sa dépendance absolue avec les forces Cosmo-telluriques,  il constatera qu’il est le subtil résultat de transformation alchimique … prend-il conscience qu’il est le lieu de rassemblement d’énergies et de fonctions animatrices orientées vers un destin qu’il ne maîtrise point …

Dans cet espace post-mortem il reconstruira sa nouvelle forme d’existence en encapsulant au cours de ses 4 voyages les « éléments » nécessaires à son futur changement d’état … après la « Terre », « l’Eau », « l’Air »  « le Feu » …  (comme Isis reconstituant Osiris)

La voie orientale offre, ici, à l’impétrant, l’occasion de comprendre que ce qu’il est n’est pas le fruit du hasard … qu’il est structuré, architecturé avec une infinie précision … et que cette précision à un sens … celui de construire une vie potentialisée

Chaque Chakra a bien évidemment des liens étroits avec les expériences de vie de tout être vivant et par voie de conséquence avec toute disharmonie dans le monde objectif, dans le monde sentiment-émotions ou dans les attitudes mentales … lesquelles auront corrélativement des résonnances négatives … à contrario … une harmonie installée ou ré-installée sera source de rayonnement

Enfin pour rester dans l’essentiel et de ne garder que ce qui peut être retenu comme favorisant l’éveil :

C’est un élément que la littérature désigne sous le terme de « fragment d’Obélisque » … Il est parfois assimilé au Naos dans lequel le Grand Prêtre dans l’Egypte ancienne  y plaçait la présence divine …

Pour notre Rite le Naos est un ensemble d’épures symboliques nous référant à tous les principes primordiaux et toutes les forces de création de tous les mondes …

De haut en bas : Voute Céleste – Fils à Plomb – Naos Triangulaire strictement « équilatéral » –  Flamme éternelle – Pavée mosaïque – Plan de L’œuvre –

A partir de la flamme éternelle Lumière et Information mettent sous tension le temple qui deviendra maçonnique que lorsque les « joyaux » de la loge rayonnement

L’Apprenti constate que le Temple et sa symbolique représente un espace-temps donné … donc une fenêtre de vie dans laquelle il va œuvrer … de la « Porte basse » par un relèvement constructeur … il s’acheminera vers l’orient où une métamorphose l’attend

« Le Connais-toi, toi-même » … est réellement en marche … la découverte de la partie temporelle de l’apprenti par son irruption dans un monde où les signes d’une organisation intemporelle deviennent évidents va déplacer son centre de gravité. Dès lors sa vision, le sens de son existence va s’enrichir de nouvelles perspectives.

Que fera-t-il de ce déséquilibre salutaire ?

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Notre Rite ne lui donnera aucune piste car « notre Rite n’a rien à faire avec la Morale ».   A son stade il aura appris deux choses :

 

Une fois établie une « première conscience de lui-même » … une fois informé qu’il fait partie d’un système complexe dans lequel il a à interagir … une fois convaincu que « méditation et action » vont être le lot de sa progression l’apprenti va être mis en relation avec le réel … Non qu’il fut totalement ignorant de cela avant son entrée en maçonnerie mais dans ce nouveau contexte il devra « Mesurer la Terre » … examiner son espace-temps sous toutes ses formes … après avoir trier le bons grain de l’ivraie … apprendre à amener à la conscience ce qui est encore, chez lui inconscient … bref s’approprier le plus largement possible le monde des formes,  des radiations et des densités.

Pour cela son ascèse consistera à maitriser un certain nombre de moyens, de démarches ou de méthodes  afin que la profondeur de sa vision se renforce …

Ce degré, le poussera, d’abord à l’analyse … avant d’avoir à tenter une synthèse … ainsi devra t’il mettre à profit la puissance de révélation des outils suivants :

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Le moyen de son investigation ? Le voyage … cela est bon car sa vie ne sera faite que de cela … rien n’est fixe …. Tout se transforme par le mouvement …

A : « l’Ajna Chakra » dont l’objet est la « Vision », la vision intérieure, la vision profonde … aucun acte ne peut être juste et approprié sans elle  car elle est reliée à la conscience.

B : « Vishuddha Chakra » ou Chakra de la gorge … c’est le centre éthéré, celui de la centration Spatiale et celui du « Verbe » … créateur et générateur de « réalité »

Le verbe crée  … et il crée d’autant mieux que la vision de celui qui en est l’auteur soit inspiré par une vision … profonde

 

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Au stade de la Maitrise, du point de vue de la notion d’éveil, il peut être évoqué « 4 » points et, avant de préciser nous burinons qu’à issus de la cérémonie dite « d’exaltation », Le vieil homme aura fait place à un être régénéré …

Voici ces 4 points :

« Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem Veram Medicinam » (Visite l’intérieur de la Terre et en la rectifiant tu trouveras la Pierre médicinale …)

L’ouverture du « Sahasrara » … qui est le centre crânien … où est tapie la syllabe germe « OM » vibration primordiale, rayonnement générateur de tout ce qui est et qui n’est point encore  … pour les occidentaux là se trouve le siège de la « glande pinéale »

Pour les hindous, ce centre est situé au-dessus du sommet de la tête … en dehors de l’enveloppe corporelle grossière … au de-là de la « shushuma » où règne de la polarisation constructive …

…. Endroit claviculaire pour un échange Terre – Ciel. C’est là où « l’Unité devient multiple et que le multiple devient unitif » ….  C’est le centre du Lotus aux mille pétales … l’intégration de tous les savoirs et l’expression de toute connaissance ….

 

Nous sommes en maçonnerie et si tenté soit-il que nous sommes sur le chemin de l’Eveil … la grande caractéristique de la démarche maçonnique est de servir le monde profane pour l’amener à lui faire intégrer les valeurs découvertes   mais aussi de permettre à tous d’ouvrir leur  propre conscience …

De façon plus modeste l’apprenti devenu Maître en 5 ans sera loin encore d’être doté d’une omniscience  et d’une connaissance absolue mais … des germes, des pistes seront ancrées … le frère ou la sœur en ascente vers la lumière se verra proposer un ensemble de situation lui permettant de rentrer en lui-même exposant son « je » à l’exigence d’un « suis » de plus en plus net et impératif.

Pour me faire comprendre je ne dévoilerai qu’une assertion très éloquente par rapport à notre propos

« Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines ».

Vaste programme pour un Franc-maçon qui doit régler ses pas et dont la prétention est de construire le monde en accord avec les harmonies universelles

Comme une « mandala » notre Rite nous proposera de méditer sur les difficultés pour lever les entraves des hommes afin de construire le Temple inspiré par la progressive rencontre qui s’établit entre eux et leur « double  subtil »  …

Chaque degré règlera notre « mécanique » comme pas à pas l’horloger construira la montre qui s’accordera aux exigences cosmiques et aux espaces temps qu’il devra affronter … car la notion de temps ne sera pas la même pour tous … et les scientifiques le savent bien

Les champs investigués seront : la nature de nos désirs, les moteurs à notre action, la notion de Justice, nos modes de construction objectifs ou subjectifs, les racines de l’inspiration, les sources possibles d’idéation, les principes possibles de références, la capacité transmutatrice par la conscience « d’une quadrature »  …

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Tous ceci devant être destiné à une rectification individuelle drastique

La référence symbolique, jusqu’alors privilégiée, laisse, alors, la place à la philosophie … un premier aspect de la philosophie, seulement  !!!! … celui qui sera nécessaire d’être analysé pour permettre un éveil libérateur

 

Un Rite qui se propose de conduire à l’éveil doit impérativement tendre vers une digestion des différentes cultures qui structure le monde phénoménal … il doit réduire à néant les modes de  structurations mentales, idéologiques … chasser toute éducation ramenant l’être candidat à l’éveil à des contingences, des systèmes d’intégration ou des dispositifs d’éducation « locaux » ou « orientés vers des organisations dont les intérêts seraient contraires aux règles universelles découvertes sur le chemin de la progression initiatique …

Les travaux précédant étaient basés sur une mythologie de nature  hébraïque … cet espace nous fera, maintenant, cheminer dans un espace judéo-chrétien  …

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Ainsi de Babylone à la « mission » Rose-Croix … une transposition doit impérativement se faire … le frère et la sœur, par la nature de leur ascèse, pourront participer à la reconstruction de la Vérité primitive, de la Liberté rationnelle des droits de la libre Conscience et de la libre Pensée. Et cette reconstruction doit se faire dans le cœur des Hommes et parmi les nations … les ouvertures de conscience cumulées et encapsulées jusqu’alors sont assorties d’obligations opératives …

Faisons un clin d’œil vers l’Orient … « Bouddha » … transmit ce qu’il fallait … afin de permettre une mutation libératrice chez chacun … (l’épilogue se réalisera dans la strate ésotérique suivante)

Dès lors un rappel constant s’impose :

« Ne crois toutefois pas que tu devras t’engager dans une lutte contre d’autres que toi-même, car c’est au fond de ta conscience qu’il t’appartient surtout d’apporter une paix pure et lumineuse »

On n’oubliera pas cette formule « Igne Natura Renovatur Intégra »

Et enfin … sur le chemin de l’éveil … toujours « Ora, Labora » notre statut d’esprit incarné dans la matière l’exige …

Qu’est-ce qu’un Rose-Croix ?

C’est un Maçon qui, après avoir travaillé tous les degrés inférieurs de l’initiation, se livre à l’étude des forces primitives de la nature et à la recherche des causes secondes.

 

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Toujours la conscience d’une fonction bivalente des êtres que nous sommes … et la solution, enfin, sur la confrontation entre pouvoir Temporel et le pouvoir Spirituel  (voire la fonction Royale (ou régalienne)  et la fonction sacerdotale)

Cette espace est conçu comme un champ expérientiel … qui confronte ce que l’on est devenu avec l’histoire de notre humanité récente (celle plutôt, incarnée par l’occident, il faut bien le dire) et la façon dont s’est articulée et fondée la fusion des pouvoirs évoqué ci-dessus.

Cette auto-analyse est primordiale pour mettre en œuvre un « lâcher prise salutaire » nécessaire à un éveil réussi …

Compassion, Bienfaisance, Octuple sentiers de la libération, familiarisation avec les forces occultes et prise en compte d’une organisation cosmologique rectrice des mondes …

On l’aura compris le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm  voie Orientale, est loin de donner des clochettes et titres ronflant et contraint le méditant à vivre des situations obligeant à des prises de consciences foncières …  car « fondatrice d’un nouveau paradigme »

Enfin pour le dernier grade de cet espace ce sera rejoindre la Paix intérieure par la mise en lumière de la « mémoire » par la maitrise de l’échelle à double montant (7 Arts royaux et 7 états) et un méditation profonde sur le « VICARIUS FILII DEI »

 

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Dans ce cheminement vers l’éveil … la spéléologie des profondeurs de l’être ainsi que le nécessaire inventaire des environnements de fonctionnement de l’être sur le chemin du savoir et de la connaissance vont faire place à un autre inventaire : Celui d’un monde dont l’expression ne peut nous être contée que par la mythologie … même si une grande part de celle-ci nous sera expliquée par des découvertes archéologie. Une occasion, sans doute de se rendre compte  que nous sommes aussi fait de cette idéation là …

La démarche suggérée sera celle de « chamanes » … parcourir notre espace-temps … Egypte, Grèce, Scandinavie, Chaldée, Indes, …. Voire des mondes encore plus reculée si possible …

Cela fait … les chaines de l’attachement seront brisées … l’être en réalisation et maçon de surcroit peut apporter une contribution à la transformation du monde sur la base d’une conscience contemporaine inspirée …

Il aura une dernière étape pour obtenir la complétude de ses potentialités ce sera celle d’être non plus l’objet de sa méditation et de son attention opérative  mais de devenir l’acteur parfait et conforme à nature de l’œuvre qui se déroule

Ce sera l’objet de la dernière partie du chemin

 

Un dernier plan de travail proposé par notre Rite … du point de vue de sa justification, de l’utilité, de ses fondements, de son contenu, de son opérativité que n’a-t-on pas écrit, dit et fait !!!!

Il y a une chose de certaine.

Si tout ce que nous venons de buriner traduit bien une démarche indispensable pour que l’éveil puisse réellement se produire … il est nécessaire que s’installe une ascèse personnelle afin que deux réalités se rencontrent … que le « Je Suis » se manifeste … que le « Tat Sat » s’incarne, que la Terre et le Ciel s’unissent, que créature et créateur se rencontre … quel que soit la forme de cette rencontre.

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Aussi bien, pour parler de l’Arcane des Arcanes … pyramidion de notre échelle maçonnique … je prendrai la vision qui est la mienne et qui s’inspire largement du chemin que j’ai emprunté depuis longtemps … celui qui serpente en terre alchimique d’Orient …

Même préparé, comme nous l’avons vu, l’accès à l’éveil ne résulte pas de la mise en œuvre d’une recette de cuisine ni d’une identification personnelle à une variable mathématique participant à la résolution d’une équation cosmique à « n » degré. Celles et ceux qui disent l’avoir obtenu doivent faire très attention de ne pas se tromper lourdement dans leurs appréciations.

Reste que, pour obtenir la meilleure perception de la Vérité, pour s’immiscer dans une mécanique terrestre et céleste malgré notre opacité, notre densité nous devons nous rendre maintenant bien plus léger, nous rendre transparent afin que notre lumière intérieur puisse rayonner sans obstacle (réduction-dissolution de notre Ego) … c’est cette lumière qui est la source de toute les existences …

Obtenir l’arcane des arcanes c’est accepter de rentrer dans un processus de maitrise absolu de notre Moi, de notre Ego  … et même d’accepter la nécessaire dissolution de ce que nous avons été … la mort du vieil homme aura rempli son œuvre au profit d’une métamorphose …

Celui qui se trouve en situation d’éveil tout en restant incarné n’est plus le même … Il est un être bicéphale … qui ressemble les deux mondes. Les anciens Égyptiens diraient : celui qui rassemble la Terre Noire et la Terre Rouge … celui qui comme au temps du Zep Tepi réalise la jonction du Nil céleste (Voie lactée) et du Nil Terrestre    … les NDE ne nous donneraient-elles pas une certaine idée de ces rencontres « post-mortem » éphémères ?  … Difficile à dire car la littérature est peu prolixe à ce sujet pourtant de plus en plus de médecins commencent à concevoir justement cette existence « après la vie, ici et maintenant »

Tentons de préciser deux points  pour aller plus avant : …

Herman Hesse, dans une lettre écrite à un ami, donne la définition suivante de l’éveil: « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen ».

Karuna Platon explique : « la liberté est pour chacun. Le connaissant sait que la liberté ne signifie pas forcément faire ce que l’on veut mais assurément d’abord faire ce que l’on doit  … et si par bonheur, ce que l’on doit faire est, aussi, ce que l’on veut faire  … en somme, si l’on veut faire ce que l’on doit … voilà l’homme libre »  …

Obtenir cette union nécessite une ascèse qui fait l’objet de cette partie ésotérique

Pour comprendre prenons une simple image …  regardons la lumière d’une lanterne … elle rayonne  selon son énergie … Celle-ci n’est pas modifiée par quoi que ce soit pourtant sa manifestation extérieure est affectée en fonction de la qualité de la matière à travers laquelle cette lumière brille …

Ainsi accéder aux arcanes de l’arcane revient à rendre transparent, inopérant tout ce nous empêche de faire éclater cette lumière intérieure transmise à notre naissance …  Comment procéder ?

 

La Qualité de ce que nous sommes est liée à notre aptitude à être en conformité avec nos besoins réels … sur les trois piliers stabilisant notre existence :

A : l’alimentation qui correspond non seulement à la satisfaction impérative de notre corps reptilien mais, aussi, à sa capacité à nous permettre de développer l’efficacité des capteurs objectifs pour la connaissance de notre environnement physique et subtil   … nous sommes ce que nous mangeons

B : l’Air … cette forme volatile si nécessaire à la vie est loin de n’être que de l’oxygène nécessaire à la régénération de notre sang baignant toutes les cellules de notre corps … il informe et transporte les messages nécessaires à la vie et notre transmutation biologique.

C : l’Idéation …  seront mis dans cet espace l’ensemble des sensations, des perceptions, visuelles ou imaginaires … sans elles aucune vie n’est possible … avec elles tout se construit … le meilleur comme le pire

Par un travail assidu et avec l’exercice de la persévérance le Franc-maçon entre en lui-même et prend conscience de l’importance de ses propres centres fonctionnels :

Dès lors le Franc-maçon sera introduit :

 

Ce degré permet au frère ou à la sœur sur ce chemin de rencontre de se placer en résonnance avec les lois qui régissent l’univers, en l’harmonie avec « la musique des sphères » (Spiritualité et Science concluent une union sacrée) … Conscience aura-t-il que sa vie ne débute pas avec sa naissance ni ne termine avec son « désincarnement » !!!!  …

« Là doit naitre une pensée dirigée par une volonté pleinement consciente » …

Corps physique, Corps Astral, Corps mental et Corps subtil doivent œuvrer ensemble … dans une unité retrouvée

 

Il est le temps de comprendre que les Arts libéraux abordés au grade de compagnon et dans notre Rite sous le nom des 7 Arts Royaux … doivent être ré-analysés à la lumière du chemin parcouru … ils deviennent alors « des Arts Royaux Sacrés » parce que imageant le « Je Suis » dans son aspect « puissance de création et d’action »

Une « check-list » de maitrise  particulière est proposée au cherchant … celle énoncée par le « Kybalion »

 

Pourquoi cela ?

Parce que le chemin parcouru a mené à l’éveil  ou pour le moins à une grande ouverture de conscience… un éveil qui a produit sens … qui a replacé l’homme dans sa véritable histoire … qui permit à l’homme d’être le véritable relais  dans les actions de création de ces mondes transcendantaux … Le cheminant devient le « démiurge » entre guillemets tant il est important de rester humble quel que soit le stade où l’on pense se trouver …

Ainsi au 90ième degré devons-nous être  des alchimistes inspirés et conscient …

« L’unité se développe en deux, se perfectionne en trois à l’intérieur pour produire quatre à l’extérieur, d’où par six, huit, neuf, on passe et arrive à cinq, moitié du nombre sphérique dix, pour monter en passant du 11 au 12 et pour s’élever à travers le quatre fois dix, au nombre six fois douze … fin et sommet du bonheur éternel » …

Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … voie d’Eveil ? au lecteur de le décider maintenant … Vrai ou Faux ?

Dernier point cependant: Classiquement 4 voies peuvent permettre la classification de nos  Maçonneries respectives … je vous les livre en conclusion …

Le Maçon réalisé … est assurément l’incarnation de ces 4 maçonneries

Reposons-nous la question: le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est-elle une voie d’Eveil ?

L’on pourra pour le moins dire que la Voie Orientale de ce Rite cumule de nombreuses présomptions favorables …. mais le débat reste ouvert !!!!!

Fin de la partie IV …

« LA REINE DE SABA », DE CHARLES GOUNOD 26 avril, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

www.charles-gounod.com/vi/oeuvres/operas/mystsaba.htm

   
UN OPERA MACONNIQUE FRANÇAIS MECONNU :
« LA REINE DE SABA », DE CHARLES GOUNOD

Avant propos

Les rituels maçonniques sont tenus  » secrets  » par les Maçons, qui n’ont pas le droit de les divulguer aux  » profanes « . La maçonologie qui aborde les aspects historiques, sociologiques et philosophiques de la maçonnerie, étudie entre autres les légendes dont s’inspirent les rituels. Aussi, tout ce qui peut être rapporté dans cette présentation, ainsi qu’en témoigne la bibliographie jointe, provient de livres accessibles à tous, traitant soit des rapports entre la musique et la maçonnerie, soit du livre des Rois dans la Bible, soit de la légende d’Hiram, légende commune à la maçonnerie et au compagnonnage, soit surtout du recueil de nouvelles intitulé  » Voyage en Orient  » de Gérard de Nerval. Cependant, le  » secret maçonnique  » reste paraît-il intransmissibleŠ

Les rapports entre la Maçonnerie et la musique sont apparemment nombreux et anciens. Les musiciens réputés Francs-Maçons sont archi-connus et sans doutes répertoriés par excès. L’excellent livre de Roger Cotte sur la musique maçonnique les inventorie avec prudence, distinguant les compositeurs Francs-Maçons avérés comme Haydn et Mozart ou plus récemment Sibelius, de ceux dont l’appartenance n’a jamais été prouvée comme Beethoven, dont on retient cependant  » Les 33 variations diabelli «  comme un élément de présomption à charge ! Il signale encore ceux qui sont réputés l’avoir été mais ne l’ont finalement point été, comme Wagner et rapporte enfin ceux qui ont eu des liens avec des mouvements plus ou moins proches de la maçonnerie, comme Erik Satie qui a écrit de la musique rituelle pour les rosicruciens à la demande de Joséphin Pelladan. Les oeuvres dites maçonniques sont tout aussi connues et le moins mélomane des Francs-Maçons citera d’emblée la  » Flûte Enchantée «  de Mozart. D’autres, plus fins connaisseurs, citeront des oeuvres moins connues dont l’inspiration maçonnique dépend de l’interprétation de chacun, les Francs-Maçons n’ayant pas le monopole des légendes ou des symboles. Citons ainsi  » la Création «  de Haydn. Enfin, des musiciens dont on sait qu’ils n’ont pas été Francs-Maçons, mais simplement proches de ce courant de pensée, ont pu écrire des oeuvres que des exégèses très convaincus ont décrété maçonniques, citons Wagner dont Jacques Chailley fait une analyse du «  Parsifal «  où il voit une analogie frappante avec la légende du 18ème degré du Rite Ecossais. Signalons enfin que des compositeurs Francs-Maçons n’ont parfois pas écrit de musique dite maçonnique. Qu’est ce qu’une musique maçonnique ? Cela peut être soit de la musique spécifiquement écrite pour des cérémonies rituelles, soit de la musique à contenu explicitement initiatique par les paroles comme  » la Flûte Enchantée «  de Mozart, soit encore de la musique purement instrumentale mais à contenu symbolique et/ou initiatique comme le «  Quatuor des dissonances  » du même Mozart, dont le début chaotique pour les oreilles de l’époque fait bientôt place à une composition tonale tout à fait classique, l’initiation ayant mis de l’ordre dans le chaos. Citons donc par exemple, Adrien Boieldieu, compositeur français Maçon, auteur d’un très mozartien concerto pour harpe, dont on peut toujours chercher le symbolisme caché !

A contrario, se pourrait-il qu’il existe une oeuvre française manifestement maçonnique, bien plus explicite encore que tous les ouvrages cités jusque là, mais tombée totalement dans l’oubli, bien que composée au 19ème siècle par un auteur des plus célèbres, j’ai nommé Charles Gounod, lequel n’était absolument pas « suspect » d’être Franc-Maçon et qui plus est ne l’était effectivement certainement pas ?

Cet opéra ignoré de l’immense majorité des mélomanes Francs-Maçons ou non, absent de bien des bibliographies de référence, se nomme  » La Reine de Saba « , oeuvre tirée d’une nouvelle de Gérard de Nerval extraite du  » Voyage en Orient « , qui s’intitule  » La Reine du Matin et Soliman Prince des Génies « , nouvelle au sein de plusieurs autres regroupées sous le titre  » Les nuits de Ramazan « . La redécouverte récente du contenu surprenant de cet opéra oublié à l’occasion d’un premier enregistrement mondial, invite à la réflexion.

Voyons donc l’intrigue du livret :

Au premier acte : à Jérusalem, le Maître d’oeuvre Adoniram (forme emphatique d’Hiram) travaille à la construction du temple du roi Soliman (comprenez Salomon). Alors qu’on annonce à Adoniram la venue de la Reine de Saba Balkis, précédée par sa réputation de grande beauté et qui est promise à Soliman, arrivent trois ouvriers Compagnons qui viennent réclamer le titre de Maître ou plus exactement le mot de passe des Maîtres, ce qui leur permettrait d’obtenir un salaire équivalent à celui des vrais Maîtres. En effet au moment de la paye, les ouvriers glissent à l’oreille d’Adoniram un mot de passe qui correspond à leur qualification et ils sont donc payés en conséquence. Adoniram refuse, au motif que le salaire de Maître ne vient récompenser que des oeuvres méritoires et fustige les mauvais Compagnons qui ont semé la zizanie parmi les ouvriers. Les mauvais Compagnons quittent la scène en promettant de se venger. Arrive Balkis accompagnée de Soliman son futur époux. A la simple vue de la Reine de Saba, Adoniram, tiraillé par un sentiment de lointain souvenir, de reconnaissance, a le coup de foudre et réciproquement. C’est comme cela que cela se passe dans les opéras, ce qui simplifie considérablement le travail du librettiste, c’est la licence poétique, pas besoin de préliminaires, on se voit, on se plait, surtout s’il s’agit de la femme d’un autre et on se jure fidélité jusqu’à la mort, qui arrive d’ailleurs souvent plus tôt que prévue. Un humoriste anglais a pu ainsi définir l’opéra : c’est l’histoire d’un ténor qui tombe amoureux d’une soprano et d’un baryton qui fait tout ce qu’il peut pour les séparer. Une très belle scène est consacrée à l’exaltante rencontre, mais dès la suivante, on butte sur un cadavreŠ Aux tessitures près, c’est bien ce qui va se passer ! Et donc, Adoniram flatté par Balkis et à sa demande, fait la démonstration de sa puissance en contrôlant la foule éparse des ouvriers à l’aide d’un signe magique évoquant le dieu Tubal-Kaïn. Il s’agit d’un T, qui peut aussi représenter la première lettre de la ville de Tyr, la lettre hébraïque Tau, un fil à plomb sous un niveau ou encore deux équerres accolées. Tous les ouvriers étaient mélangés, maçons, charpentiers, mineurs, fondeurs, etcŠ et bientôt dans ce désordre apparent les ouvriers se regroupent par spécificités. L’ordre apparaît issu du désordre et les corps de métiers rassemblés défilent alors sous leurs bannières  » compagnonniques « . Balkis subjuguée par cette puissance donne son collier de perle à Adoniram sous les yeux de Soliman qui devrait songer à se méfier.

Au deuxième acte : Adoniram, spécialiste comme il est dit dans la Bible de la fonte de l’airain, s’apprête sur le haut plateau de Sion à réaliser son chef d’oeuvre, à savoir couler la Mer d’Airain. Ceux qui ont lu le livre des Rois dans la Bible, au chapitre consacré à la construction du temple de Salomon ont connaissance de cet objet insolite : une gigantesque vasque remplie d’eau, soutenue par douze taureaux, qui servait à la purification des prêtres. Il invoque pour ce faire la puissance du dieu Tubal-Kaïn. Mais les ouvriers précédemment rabroués ont saboté le processus et le bronze en fusion est projeté sur la foule.

Au troisième acte : Malgré l’échec précédent, Balkis médite sur les signes extérieurs de richesse intérieure d’Adoniram et les compare au pragmatisme bassement matérialiste de Soliman. Adoniram survient et rapidement ils tombent dans les bras l’un de l’autre, Adoniram se flattant de la supériorité de l’Architecte sur un Roi qui n’aurait que le mérite de sa naissance. Et décidément tout va bien, puisqu’on apprend que pendant la nuit, une intervention surnaturelle a achevé le travail commencé, sous les coups de marteaux sont apparus les taureaux supportant la vasque remplie d’eau de la Mer d’Airain.

Au quatrième acte : la belle légende maçonnique commence à tourner au mauvais feuilleton. Soliman frustré et jaloux reçoit la visite des trois mauvais Compagnons qui viennent lui rapporter l’infidélité de Balkis. Adoniram et Soliman, s’affrontent verbalement, Soliman déclare qu’il va quitter Jérusalem, mais Balkis a le temps de lui verser un narcotique qui permet de lui dérober l’anneau royal, puis de prendre la fuite pour rejoindre Adoniram.

Au cinquième acte : l’ambiance devient plus tragique, n’oublions pas que nous sommes à l’opéra et qu’on y tire traditionnellement des émotions à travers les drames que subissent les protagonistes dans leur chair ou leur âme. Adoniram à la place de Balkis qu’il attendait, voit arriver les trois mauvais Compagnons qui lui demandent à nouveau le mot de passe des Maîtres. Adoniram refuse bien sûr et alors que la tempête éclate, les trois mauvais Compagnons le poignardent. Balkis, arrive enfin, pour le voir mourir dans ses bras et va donc devenir  » La Veuve  » chère aux Francs-Maçons, mais elle a cependant le temps de lui passer l’anneau royal arraché à Soliman. Adoniram mort est accueilli dans les cieux par Tubal-Kaïn, pour une vie éternelle, salué par le choeur des ouvriers. Il a choisit d’affronter son destin et après sa propre mort, il accède à la renaissance.

Au total :

Un livret sans grande imagination ni poésie, sans prise réelle sur les préoccupations de l’époque, une intrigue prévisible et une fin un peu bâclée, pas de quoi tenir l’affiche et passer à la postérité. Or c’est bien ce qui arriva, essayons d’en préciser les causes.

Tout d’abord un opéra est souvent plus apprécié pour sa musique que pour son intrigue. Celle-ci est même parfois tellement compliquée qu’on en oublie sa crédibilité et qu’au fond elle passe au second plan. Que celui qui peut raconter précisément et de mémoire l’argument du «  Trouvère «  ou de  » la Force du Destin «  de Verdi vienne dire le contraire ! Il n’empêche que des oeuvres peuvent compter par leur contenu littéraire ou dramatique. «  Tosca «  est de celle-ci s’insurgeant contre les pouvoirs politiques, Verdi avec  » Aïda «  a joué un rôle non négligeable dans le risorgimento, la «  Traviata «  a fait pleurer dans les chaumières. Bien souvent, pour comprendre l’action, il vaut mieux avoir connaissance du livret, au pire acheter le programme et le lire dans la pénombre, car il ne faut pas compter sur la représentation pour comprendre les tenants et les aboutissants, d’autant qu’on voit souvent les opéras dans une langue qui n’est pas la nôtre, avec certes maintenant le plus souvent des sous-titres, y compris quand on chante en français, car la diction peut être médiocre ! Certes au 19ème siècle les opéras étaient souvent chantés dans la langue du pays où ils étaient donnés, mais cela ne se fait guère plus. Terminons encore pour dire que le français est peut être  » une langue qui résonne « , mais qu’elle est aussi diablement difficile à chanter et par conséquent rares sont les chanteurs d’origine étrangère que l’on peut comprendre facilement.

La puissance émotionnelle de la musique passe donc souvent au premier plan. Mais si actuellement on fait preuve de tolérance, d’ouverture d’esprit, de culture, n’oublions pas que les pesanteurs de l’époque faisaient qu’il était extrêmement délicat d’innover. Ajoutons les réactions nationalistes qui faisaient qu’il était fort risqué d’apprécier Wagner à la fin du 19ème siècle et de vouloir s’en inspirer ouvertement comme l’a reconnu Charles Gounod.

Cet opéra n’est donc pas passé à la postérité, il était pourtant l’oeuvre d’un compositeur premier Prix de Rome, qui allait devenir fort célèbre et parfaitement reconnu de son vivant, et honoré à sa mort, ayant reçu des obsèques nationales à l’Eglise de la Madeleine, son cercueil étant accompagné par l’Orphéon de Paris que dirigeait Camille Saint-Saëns.

La première de  » La Reine de Saba «  eut lieu en février 1862 à l’Opéra de Paris mais l’oeuvre ne tînt l’affiche que 15 jours, le temps que la critique s’acharne à son sujet. On lui portait la grande accusation de wagnérisme, leitmotiv d’une certaine critique parisienne dont eurent à souffrir Bizet, Saint Saëns et Massenet. Dans la  » Revue des deux Mondes  » du 18 mars 1862, Paul Scudo, l’ennemi de Berlioz, écrivait que Charles Gounod avait eu le malheur d’admirer certaines pages altérées des derniers quatuors de Beethoven, source troublée d’où étaient sortis les mauvais musiciens de l’Allemagne moderne, les Liszt, les Wagner, les Schumann et même les Mendelsohn. Quel visionnaire !

Voilà pour la musique, dont Berlioz écrivait, que certes il :  » cherchait à soutenir l’auteur, mais qu’il n’y avait rien dans sa partition, absolument rien. Comment soutenir ce qui n’a ni os ni muscles ? « . Etonnante écriture après un  » Faust «  qui fut une réussite mélodique avec une partition d’orchestre puissante, variée et efficace. Etonnante aparté encore quand on sait qu’il écrira encore deux autres chefs d’oeuvre avec  » Mireille «  et  » Roméo et Juliette «  quelques années après.

Puisque la musique n’était pas à la hauteur, quid du livret ? Il faut malheureusement reconnaître que ce n’est pas l’intrigue un peu compliquée tirée des écrits de Gérard de Nerval, dépourvue de situations fortes et sans idées saillantes qui aurait pu captiver le public. A sa décharge, il faut savoir aussi que les opéras possèdent le plus souvent plusieurs versions et que certaines scènes peuvent être finalement coupées ou que les ballets classiques de cette époque étaient parfois supprimés faute de moyens. Certaines scènes n’ont ainsi jamais été jouées et on ne les retrouve parfois que 150 ans après, par exemple quand Michel Plasson enregistre pour la première fois l’air du  » Scarabée « , variante d’une scène du  » Faust « . Aussi les premières représentations sont parfois décousues et il faut un peu de rodage pour peaufiner l’ensemble en fonction des réactions du public,  » La Reine de Saba «  n’a pas eu ce sursis. Ainsi quelques coupures ont concerné des scènes expliquant ce sentiment de souvenir lointain, de reconnaissance, lors de la rencontre entre Balkis et Adoniram, une autre enfin, rapportant une attitude un peu désobligeante de Soliman à l’égard de Balkis, parfaitement présente chez Nerval, aurait expliqué les quelques réticences de la reine à l’égard de son prétendant. La scène de la fonte de la Mer d’Airain aurait été coupée en raison des risques d’incendie et pour gagner du temps au bénéfice des ballets tellement prisés par les protecteurs des danseuses.

Parfois c’est l’interprétation qui peut venir sauver un ouvrage médiocre ou au contraire l’enfoncer. Or pour cette première, le chef d’orchestre Louis Dietsch était celui dont Wagner avait eu à se plaindre pour son «  Tannhäuser «  et son exécution fut jugée  » filandreuse « .

Enfin la réceptivité sociale ou politique du moment va faire le succès éventuel de l’événement. Or, vous avez compris quelles que soient vos connaissances des légendes et rituels maçonniques, que le thème global de la  » Reine de Saba «  est profondément maçonnique puisque la légende d’Hiram chère aux Loges bleues, c’est à dire des trois premiers degrés, apprentis, compagnons et maîtres, y est rapportée bien fidèlement. Le nom d’Adoniram à la place de celui d’Hiram peut trouver sa justification soit plus loin dans d’autres degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté, soit encore dans d’autres rites. Plus encore, sans trahir d’autres secrets accessibles dans toutes les bonnes librairies, même à l’époque, la maçonnerie des Hauts Grades s’inspire pour ses premiers degrés de la symbolique salomonienne et de la construction du temple de Jérusalem. De ce fait, il y est fait mention du chef d’oeuvre que prétend réaliser Adoniram. On peut s’étonner de ce mélange entre les noms et symboles des Loges bleues et ceux des Hauts Grades, mais les rites autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté sont multiples et les personnages volontiers désignés par plusieurs noms. Un même  » mot de passe  » peut correspondre à différents grades selon les rites. Enfin, quand ni l’écrivain, ni les librettistes, ni le compositeur ne sont Francs-Maçons, des erreurs peuvent se produire. Ainsi Oswald Wirth, dont les écrits maçonniques à la fin du 19ème siècle firent autorité, ne nourrissait aucune bienveillance à l’égard de l’oeuvre de Gérard de Nerval, qui à ses yeux n’aurait eu qu’une vision bassement politique de la légende d’Hiram. Le texte suit cependant fidèlement les rituels maçonniques, certaines expressions sont typiquement empruntées aux Loges, par exemple le jour de la fête le Roi  » suspend les Travaux « , le premier mauvais Compagnon déclare  » Je suis Maçon « . Le nom même de Tubal-Kaïn qui apparaît à certains moments, correspond à un mot de passe parmi bien d’autres, là encore variable suivant les degrés et les rites. On en est donc pas à une vague inspiration, mais à une retranscription précise et pas du tout anodine sous Napoléon III. Celui-ci, amateur surtout d’opéra-bouffe avait pris d’ailleurs l’oeuvre en horreur, ne supportant guère l’idée de l’artiste placé au-dessus du monarque absolu. Pour certains, l’opéra aurait même été interdit, avatar ayant des précédents, par exemple avec le  » Don Carlos «  de Verdi qui critiquait l’inquisition. Il faut dire que c’était aussi la grande époque du compagnonnage et des corporations avec en figure de proue le célèbre Agricol Perdiguier, qui inspira Georges Sand. En 1848 les compagnons avaient organisé une grande manifestation à Paris, c’était encore dans les mémoires. C’est Crosnier, qui remplaçait Nestor Roqueplan à la direction de l’Opéra, qui décida de bannir  » une pareille ordure « . Dans ses  » Mémoires d’un artiste «  Gounod écrit :  » Les décisions directoriales ont parfois des dessous qu’il serait inutile de vouloir pénétrer : en pareil cas, on donne des prétextes ; les raisons demeurent cachées « .

Si on écoute cet opéra 140 ans après, enfin enregistré en première mondiale dans une version hélas assez médiocre avec des voix étrangères de plusieurs nationalités, ce qui se fait hélas souvent maintenant et que le français avec ses e muets tolère mal, on retient néanmoins quelques belles scènes et quelques innovations, la cavatine de Balkis étant la plus connue. Le savoir-faire existe à défaut d’une forte inspiration. Comme dit le Larousse au début du 20ème siècle, il y a plus de science que de musiqueŠ Par contre, la partition d’orchestre paraît plus insipide que ce que le compositeur a pu produire au cours de sa longue carrière. On disait même que si  » Faust «  avait été l’ » Austerlitz «  de Charles Gounod, cet opéra serait son  » Waterloo «  ! Certes, l’appréciation de la musique est subjective, mais parmi le public, si peu de spectateurs sont capables d’une analyse musicologique poussée, par contre de façon subjective, ils peuvent être plus ou moins charmés. Or dans cette oeuvre, on retrouve globalement toutes les habitudes les plus convenues de Charles Gounod, toute ses  » ficelles  » , l’expression existant déjà dans la critique du 19ème siècle. On notera cependant des motifs de rappels apparentés à des personnages ou des situations, qui reviennent plus ou moins altérés au cours de l’oeuvre. Par exemple, l’origine divine d’Adoniram est suggérée par un motif de cornet à piston et de trombone symbolisant sa puissance originelle. C’est là une petite nouveauté, un procédé qui sera repris dans tout l’opéra, songez par exemple à «  Tosca «  célèbre pour l’usage répété des leitmotivs. Pour trouver un jugement objectif, on peut lire l’avis de musicologues avérés, capables de juger l’événement avec du recul et sans parti pris. Mais là, même avec le temps, ce n’est pas l’enthousiasme qui prédomineŠ On cite habituellement l’air du choeur des jeunes filles juives et sabéennes, deux airs de Balkis et une marche empruntée au livret d’  » Ivan le Terrible « .

Alors livret insipide ou partition d’orchestre bâclée, critique injuste ou moment mal choisi, non-observance des règles mélodramatiques élémentaires ? Il est vrai qu’il est difficile de se prendre de sympathie pour les protagonistes. Comme le résumait de façon lapidaire le critique Johannes Weber dans  » Le Temps «  le 14 mars 1862 :  » Quel intérêt peut éveiller une pièce où les six personnages les plus importants sont sots et ridicules, quand ils ne sont pas lâches, fourbes, scélérats et repoussants « . Il est vrai qu’Adoniram apparaît bien suffisant, parfois méprisant, y compris vis à vis de Balkis et qu’il ne doit son salut qu’à une intervention divine. Enfin, pour susciter l’empathie, le personnage principal doit être confronté au choix entre l’idéologie et l’amour or nul trace ici d’un tel déchirement. Les recettes habituelles d’une bonne intrigue sont donc absentes.

Cet échec restera une blessure majeure pour Charles Gounod qui à côté de quelques opéras mineurs, voire à peine joués quelques jours, a commis au moins trois chefs-d’oeuvre qui ont fait le tour du monde avec  » Faust  » ,  » Roméo et Juliette «  et  » Mireille « . Il confia même à un critique allemand qu’il avait entrepris un voyage pour se consoler d’un deuil familial en lui disant :  » J’ai perdu une femme que j’aimais profondément : la Reine de SabaŠ « . Cet échec sera aussi à l’origine d’un épisode dépressif qui sera l’occasion pour lui de séjourner quelques temps chez son fidèle ami le Dr Blanche.

Ne pouvait-on donner une seconde chance à  » La Reine de Saba «  ? Sans doute pas de sitôt, car monter un opéra nécessite un long travail impliquant de nombreuses personnes : chef d’orchestre, metteur en scène, musiciens de l’orchestre et des choeurs, solistes, danseurs, chef de choeur et de ballet, costumiers et maquilleurs, décorateurs, machinistes quand ils ne sont pas en grève, etcŠ Si le succès commercial n’est pas là rapidement, il vaut mieux s’arrêter à temps. «  La Reine de Saba «  fut rejouée une fois en 1900 sans grand succès, une autre en 1969 à Toulouse sous la direction de Michel Plasson, dans une version avec de multiples coupures et vient donc enfin d’être donnée et enregistrée en Italie dans une version approximative. Enfin cette année, à Saint-Etienne, l’opéra est à nouveau joué, dans une version complète avec d’excellents ballets. Mais qu’il soit donc passé à la trappe en 1862 n’est pas étonnant et Charles Gounod connût d’autres échecs relatifs avec d’autres opéras: «  La Nonne sanglante, Cinq-Mars, Polyeucte, Philémon et Baucis, Sapho, le Tribut de Zamora « . Ces titres ne sont guère connus et pour cause !

Le texte du livret est quand même bien curieux pour avoir été accepté par ce compositeur qui ne fut jamais Franc-Maçon, même s’il appelait sa chambre sa  » Loge « , durant son séjour à la Villa Médicis à Rome.

Mais au fait, d’où vient-il ce livret ?

Relisons la page de garde de la partition de la maison Choudens :  » La Reine de Saba, grand opéra en 5 actes de MM. Jules Barbier et Michel Carré mis en musique et dédié à son Excellence Monsieur le Comte Walewski-Colonna, ministre d’Etat, par Charles Gounod. Partition chant et piano arrangée par Georges Bizet -Paris, Choudens éditeur « .

On constate donc qu’il n’y est nullement fait référence à Gérard de Nerval dans cet intitulé. Cela pourrait s’expliquer honorablement par le fait qu’il pouvait être malséant ou simplement pas très commercial de rappeler le nom d’un écrivain suicidé et fou de surcroît. Le  » fol délicieux « , le «  suicidé de la société « , était mort, paix à ses cendres. Notons aussi au passage, qu’il n’avait pas d’héritiers pour défendre sa mémoireŠ

Pourtant c’est bien Gérard de Nerval qui fut l’inspirateur de cette histoire d’amour, histoire malheureuse bien sûr, comme il les aimait tant, blessé qu’il fut dans sa jeunesse par la non concrétisation de ses aspirations romantiques. Nerval a fréquenté un certain nombre d’illuminés, mais aussi de poètes de renom, souvent Francs-Maçons, très probablement sans l’être lui-même. S’il l’avait été, rassurez-vous les Francs-Maçons l’aurait revendiqué depuis longtemps ! Ainsi certains exégèses ont voulu à travers l’analyse de son portrait par E. Gervais, en déduire que son attitude, sa posture, la position de ses mains etcŠ révélaient qu’il était Maître Secret (4ème degré), voire Maître Parfait ( 5èmeème siècle, la multiplication des grades et rites, comme par exemple les 99 degrés de celui dit de  » Memphis Misraïm « , font que toutes les poses immortalisées sur un daguerréotype doivent pouvoir donner lieu à des élucubrations fantasmatiques sur l’appartenance maçonnique éventuelle du poseur ! degré). Or, il est rare qu’on se prévale de ces tous premiers degrés des Hauts Grades et par ailleurs, surtout au 19

Mais d’ailleurs, est-ce primordial de connaître l’appartenance maçonnique éventuelle d’un auteur ? Cette particularité maçonnique n’a pas forcément la même valeur pour chacun. Deux baptisés catholiques ont-il pour autant la même foi ? On doit pouvoir être Maçon et n’avoir rien compris à la maçonnerie, de même qu’un non-Maçon peut avoir compris la portée de son symbolisme. C’est la thèse qui prévaudrait pour Gérard de Nerval. Il ne serait pas maçon, mais aurait une profonde connaissance des textes fondamentaux et des rites déjà divulgués au 19ème siècle. Il faut dire qu’avec sa traduction du Faust de Goethe, Gérard de Nerval fut rapidement au contact d’une littérature symbolique. Notons bien sûr que Charles Gounod a commis son chef d’oeuvre avec précisément ce même Faust du même auteur quelques années auparavant. C’est sa mère, Victoire Lemachois, qui lui avait glissé dans ses bagages la traduction qu’en avait faite Gérard de Nerval, lors de son départ à la Villa Médicis. Néanmoins ce thème a été couramment utilisé par les musiciens avec entre autres Boïto, Liszt, Schuman, Berlioz etcŠ

Par contre la légende d’Hiram servant de base aux rituels maçonniques de l’époque existait déjà, sous une forme condensée, retransmise en partie par voie orale. Il est vrai qu’Hiram est déjà cité dans la Bible ! Nerval l’a donc sciemment reprise à son propre compte pour en faire une assez longue nouvelle, au sein du recueil  » Voyage en Orient « , écrit en effet après avoir visité le moyen Orient et notamment l’Egypte. On y appréciera la fluidité de sa prose et la clarté du propos sans adjonction de délires interprétatifs. On trouvera un symbolisme plus onirique dans d’autres oeuvres de Gérard de Nerval, comme par exemple  » Aurélia « . La thèse qui prévaut tendrait donc à penser que l’auteur n’était pas Maçon, mais qu’il connaissait bien les rituels. Il a pu même s’amuser dans sa correspondance à laisser traîner quelques signes ambigus évocateurs. Par exemple, il se targue d’être  » louveteau « , terme d’origine anglo-saxonne réservé à un mineur parrainé par un Maçon, comme il existe des  » lionceaux «  » Lyons « . Peut-être voulait-il seulement faire référence au fait que son père, le Dr. Labrunie, était maçon, tout comme le Dr. Blanche d’ailleurs. Enfin, certains ont même pu être convaincus de sa qualité maçonnique en justifiant néanmoins son absence des tableaux de Loges officiels par l’appartenance à une Loge  » sauvage « , c’est à dire non inféodée aux obédiences officielles. L’argument devient spécieuxŠ parrainés par les membres du

Alors quid de Gérard de Nerval librettiste ?

Il faut tout d’abord savoir que l’écrivain avait un goût prononcé pour la musique. Il a ainsi fréquenté les plus grands musiciens de son temps : Liszt, avec qui il avait le projet d’écrire un  » Second Faust « , Berlioz, Meyerbeer et Rossini. Il rêvait depuis longtemps d’écrire un livret d’opéra, dans le but avoué d’en offrir le rôle principal à l’élue de son coeur Jenny Colon. Il avait d’ailleurs projeté de réécrire le livret de  » La Flûte enchantée « , ni plus ni moins ! Mais là, il envisageait pour la cantatrice de lui offrir le personnage de Balkis, Reine du Matin et non celui de la Reine de la Nuit qu’elle avait déjà chanté ! Gérard de Nerval avait dans un premier temps essayé de concrétiser son projet d’opéra avec Meyerbeer, qui avait connu le succès parisien en 1831 avec son  » Robert le Diable «  et qui était notoirement Franc-Maçon, mais ce désir ne fut pas couronné de succès, car celui-ci était pris par un autre sujet à ce moment. Nerval aurait pour cela écrit le premier acte et lui aurait envoyé, mais Meyerbeer l’aurait  » gardé sous le coude  » quelques années sans y donner suite et ensuite on n’en a plus trouvé la trace. Quelques années plus tard Nerval voyageant au Proche Orient en 1843, ayant enrichi sa connaissance du monde arabe insère alors l’histoire de Balkis au sein de nouvelles que narre un conteur professionnel dans un café turc. C’est d’ailleurs la façon dont se présentera la mise en scène lors de sa reprise cette année à Saint-Etienne, reprenant l’artifice du théâtre dans le théâtre cher à Shakespeare. Mais si Nerval en a probablement tiré effectivement un livret d’opéra en cinq actes, celui-ci a bien disparu.

Diverses hypothèses sont donc échafaudées :

- La dédicace de l’opéra au Comte Walewski propose une première piste. Le ministre dirigeait le journal  » Le Messager  » auquel Gérard de Nerval aurait aimé collaborer et les liens entre eux furent étroits. Or Alexandre Walewski fît jouer au Théâtre Français une comédie dont il s’attribua la paternité :  » L’Ecole du Monde ou la Coquetterie sans le savoir « , laquelle aurait en fait été écrite par M. Gérard (comme on nommait Gérard de Nerval à l’époque). Certains inclinent donc à penser que Walewski aurait pu avoir le livret complet de  » La Reine de Saba «  et que devenu ministre d’un état autoritaire, il aurait pu le faire signer par Barbier et Carré devenus fournisseurs attitrés de Gounod et en accepter la dédicace. Dans le plan manuscrit de ses oeuvres complètes, quelques jours avant sa mort, Nerval à la rubrique  » sujet  » écrit :  » La Reine de Saba, 5a . Halèvy « , ce qui dans sa terminologie pourrait signifier qu’il ne s’agissait que d’un projet, car quand ceux-ci étaient achevés, c’était en règle précisé.

- Deuxième hypothèse à partir d’une certitude : Nerval connaissait Michel Carré. On trouve ainsi dans sa correspondance une lettre du 7 mars 1854 concernant un projet d’opéra comique sur le thème de son proverbe  » Corilla « . On peut imaginer qu’il aurait plus tard reçu un livret complet de  » La Reine de Saba «  et qu’il l’aurait adapté en le simplifiant. Ou encore, puisque Meyerbeer avait reçu le premier acte, la suite a peut-être existé et aurait pu être retrouvé dans les archives de l’Opéra, où les librettistes l’auraient retrouvée et adaptée, honorant ainsi la mémoire de l’écrivain dans un  » pieux larcin « Š Notons que la première rencontre entre Charles Gounod et ces fameux librettistes eut lieu en 1856.

La troisième hypothèse reste la plus vraisemblable : puisqu’il s’agissait d’un désir exprimé de la part de Nerval, Barbier et Carré auraient eux-même écrit entièrement le livret à partir des  » Nuits du Ramazan « , avec une adaptation très proche du texte à quelques exceptions près que leur connaissance de l’opéra leur suggérait. Quelques éléments de la nouvelle de Nerval se trouvent transformés dans un souci d’efficacité lyrique et mélodramatique. Ainsi par exemple, il est malséant de mourir dès le début d’un opéra et donc Bénoni, le fidèle et dévoué apprenti qui meurt avant la fonte de la mer d’airain chez Nerval survivra chez Gounod. Pour ce qui est de l’écriture, partant du texte initial, les librettistes en font une réduction en prose pour la versifier secondairement. Si le procédé  » colle au texte  » facilement pour une pièce de théâtre, il en est bien entendu tout autre pour un récit romanesque, la description des lieux et des actions ne se prêtant guère à la forme narrative, sauf à imaginer l’intervention d’un récitant, qui casse toujours un peu l’ambiance et le rythme. L’absence in fine du nom de Nerval obéissant donc comme on l’a vu, à des règles de  » marketing « , plus qu’à une volonté éhontée de plagiat.

Une dernière hypothèse est soulevée par André Lebois. On ne présente à un compositeur avéré qu’une oeuvre complète. Le livret de  » la Reine de Saba «  existerait donc, peut-être rédigé avec l’aide de Michel Carré et puisque Meyerbeer est indisponible, Nerval s’adresse à Halévy, qui en est le poulain et qui vient d’écrire  » Charles VI «  et  » la Reine de Chypre « . Cela faisait beaucoup de souverains et craignant peut-être la raillerie en ajoutant une  » Reine de Saba « , Halévy déclina l’offre. Et ce serait alors Halévy qui aurait fait appel à Gounod et Bizet (qui avait épousé la fille d’Halèvy) en a donc arrangé la partition pour piano. Barbier et Carré auraient purement gardé le livret de Nerval, avec pour toute contribution la suppression du tableau de la descente aux enfer, car  » Faust «  avait déjà présenté la  » Nuit de Walpurgis « , et cela aurait un peu fait doublon. Ils auraient rajouté, car Gounod appréciait cette forme musicale, la scène du choeur des juives et des sabéennes. Le livret original de Nerval n’a jamais été retrouvé, il aurait évidemment été détruit, peut être par Nerval lui-même d’ailleurs. Cette hypothèse n’est évidemment pas la plus glorieuse, elle reste hélas plausible, Gérard de Nerval s’étant fait dépossédé de plusieurs projets au cours de sa carrière.

Son oeuvre ne sera donc mise en musique que quinze ans après son projet initial. Gérard de Nerval était déjà mort depuis quelques années, Jenny Colon aussi. On ne trouve donc pas trace dans sa correspondance d’un projet avec Charles Gounod. L’avait-il évoqué entre eux où n’était-ce que le fruit des intermédiaires ? On ne le saura jamais. Et s’ils ont tous deux fréquenté la maison du Dr Blanche, c’est de façon indépendante dans le temps et par ailleurs, Gérard de Nerval n’assistait pas aux réunions musicales qu’organisait le psychiatre.

Alors puisque ni le compositeur ni l’écrivain n’étaient Francs-Maçons, peut être faudrait-ils s’intéresser aux librettistes ? Car à part Wagner qui écrivait les textes de ses opéras, habituellement les compositeurs font appel à des librettistes. Ceux-ci sont en quelques sortes les paroliers qui à partir d’un thème littéraire proposent des paroles pour le mettre en musique. C’est une écriture en règle réductrice mais efficace, comme pour le dialoguiste au cinéma. Pour n’avoir pas eu recours à un librettiste de métier, Claude Achille Debussy s’est retrouvé dans une impasse quand il s’est agit d’écrire un opéra du nom d’ » Orphée « . Il y avait une inadéquation entre le style littéraire que lui proposait le Dr Segalen et l’efficacité d’une écriture nécessairement plus concise. C’est sans doute pour cela que les poèmes peuvent néanmoins être plus facilement mis en musique. En l’occurrence pour Charles Gounod, il s’agissait de ses librettistes attitrés de longue date, Barbier et Carré, dont les autres livrets connus ne sont nullement maçonniques et qui n’étaient pas Francs-Maçons eux-même. Toutefois le livret reste in fine sous la responsabilité du compositeur et il est douteux qu’on ait pu lui faire accepter une telle histoire sans son assentiment. Il ne s’agissait en effet pas d’une quelconque légende appartenant à la culture commune de cette époque, même si le goût pour l’orientalisme était naissant. Charles Gounod, était en effet un catholique fervent, ayant même passé quelques temps au séminaire en se prévalant à l’époque du titre d’abbé. Plus tard il composera de nombreuses messes, oratorio, Te Deum, Requiem, Gloria, Ave Maria, pièces pour orgue, marche pontificale etcŠ La Maçonnerie d’alors, non pas dans ses principes mais dans sa sociologie, était assez anticléricale et cela paraît assez antinomique avec sa personnalité. Charles Gounod était homme de grande culture, fin lettré et ami de tout le monde artistique de l’époque. Chrétien catholique convaincu, tendance christianisme social, il avait su se frotter aux philosophes et découvrir que l’Amour de l’autre était la seule solution durable pour la sauvegarde de notre univers. Mais si on retrouve dans sa correspondance une lettre du Sâr Peladan, nulle trace par contre de la Maçonnerie, organisation qu’il ne pouvait méconnaître. Quant à la légende d’Hiram, elle préexiste bien entendu à l’oeuvre de Gérard de Nerval, puisque la naissance de la Maçonnerie en tant que corps constitué, date de 1717, à l’époque des Constitutions d’Anderson qui en fixent les principes et règlements. Gérard de Nerval, intéressé de longue date par divers courants ésotériques a donc repris de façon enjolivée et romantique la légende qui servait de support au rituel maçonnique, sous forme d’un conte d’une centaine de pages où figurent quelques belles considérations sur la vanité du pouvoir temporel et la fragilité des institutions et civilisations qui reposeraient sur un principe ou une base matérielle fragiles. Pour autant, certains chapitres reprennent mot pour mot des phrases des rituels maçonniques, tels qu’ils étaient déjà dévoilés à l’époque, venant par exemple au chapitre intitulé  » Makbenah  » expliciter une phase essentielle du rituel de la maîtrise.

Cet opéra reste donc un mystère : comment l’oeuvre la plus explicitement maçonnique du répertoire français du 19ème peut-elle être le fruit d’un non-Maçon ? Reste que ce compositeur a peut-être été Franc-Maçon sans que je le sache, mais outre que la Maçonnerie a tendance à se glorifier de ses membres célèbres et que je ne l’ai jamais entendu nommer à ce titre, il me semble que je l’aurais de toutes façon su, puisque ce compositeur était donc mon arrière-arrière grand-père et qu’à travers ses objets personnels ou sa nombreuse correspondance, nulle allusion n’a jamais été retrouvée concernant la Maçonnerie.

Alors s’agissait-il d’une incartade volontaire et éclairée, fut-ce un incident de parcours non significatif, ou Charles Gounod fut-il la victime involontaire d’un intermédiaire parfaitement au courant, le secret n’est pas prêt d’être élucidé !

 

Nicolas GOUNOD, Mars 2003

Bibliographie :

Discographie :

- « La Reine de Saba » de Charles Gounod

* avec Francesca Scaini, Jean-Won Lee, Anna Lucia Alessio, Annalisa Carbonara, Luca Grassi, Salvatore Cordella. Direction Manlio Benzi. Bratislava Chamber Choir. Orchestra Internazionale d’Italia. 2002. Dynamic. CDS 387/1-2

* avec Suzanne Sarroca, Gérard Serkoyan, Gilbert Py, Yvonne Dalou, Jean-Paul Calfi, Henry Amiel, Gerad Blatt. Direction Michel Plasson. Toulouse 1969.

* Extraits: air de Balkis « Plus grand dans son obscurité », Françoise Pollet, Orchestre philharmonique de Montpellier, direction Cyril Diederich, 1CD Erato Musifrance 1990.

* Extraits: « Valse » du 2e Acte, London Symphony Orchestra, Direction Richard Bonynge; ‘Ballet Gala &endash;Ballet Music from Opera’ (avec oeuvres de Rossini, Donizetti, Massenet, Berlioz, Saint-Saëns). Enregistré: 1972, Decca 444 198-2

* Air D’Adoniram par Gustave Botiaux Récital n°3 ORPHEE LDO B 21051-51052

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