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POÈME D’UN FRÈRE ITALIEN : POURQUOI SOMMES NOUS FRANCS-MAÇONS 5 décembre, 2021

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POÈME D’UN FRÈRE ITALIEN : POURQUOI SOMMES NOUS FRANCS-MAÇONS

Réflexions | 9 septembre 2020 | 8 | by A.S.
 
POÈME D’UN FRÈRE ITALIEN : POURQUOI SOMMES NOUS FRANCS-MAÇONS dans Contribution 150-2P

Le poème d’un Frère italien (Frère Fabr.·. D.·. P.·. de la loge La Fratellanza Orient de Turin) qui nous est proche, sur le thème de l’appartenance à la Franc-Maçonnerie glanée sur le Net.

Pourquoi sommes nous francs-maçons ?

Tout simplement réel…Découvrez le…

Pour Être et non pour paraître
Pour être joyeux et non jaloux
Pour être honnête et non hypocrites
Pour proposer et non pour imposer
Pour communiquer et non pour parler
Pour se juger et non pour juger
Pour défendre et non pour blesser
Pour savourer et non pour dévorer
Pour tolérer et non pour supporter
Pour être disciples et non maîtres
Pour servir et non pour être servis
Pour conquérir et non pour obtenir
Pour se rencontrer et non pour s’affronter
Pour aider et non pour être aidés
Pour partager et non pour prendre
Pour apprendre et non pour enseigner
Pour écouter et non pour être entendus
Pour grandir et non pour sa reposer sur ses lauriers
Pour être disponibles et non pour disposer
Pour s’engager et pas pour être occupés
Pour suivre un chemin et non une carrière
Pour bâtir un temple spirituel et non matériel
Pour apprendre l’humilité et non pour poursuivre la gloire
Pour valoriser tes différences et non pour les mettre en évidence
Pour acquérir du courage et non pour être encouragés
Pour partager notre culture et non pour l’étaler
Pour se donner du temps et non pour en être prisonniers
Pour regarder en soi-même et non dans les autres
Pour acquérir les moyens et non pour arriver à ses lins
Pour apprendre à être respectueux et non pour se faire respecter
Pour maîtriser sainement ses passions et non pour les étouffer
Pour détendre nos principes et non pour les asservir à nos buts
Pour marcher ensemble chacun sur son chemin et non pour suivre les autres en marchant seuls
Pour vivre la fraternité et non la subir
Pour mettre en valeur la liberté et non pour en abuser
Pour être également importants et non pour être uniformes
Pour aimer et non pour être aimés.

 

Que dire de plus après ce poème… certainement méditer . Avec mes pensées les plus fraternelles à toutes et à tous.

V.M. de Formosa

 

SOURCE : https://www.gadlu.info/poeme-dun-frere-italien-pourquoi-sommes-nous-francs-macons.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+gadlu+%28GADLU.INFO+-+FRANC-MA%C3%87ONNERIE%29

Le Coq

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Un symbole maçonnique

Le Coq figure dans le cabinet de réflexion des loges maçonniques avec la légende :

« Vigilance et Persévérance.
Il veille dans les ténèbres et annonce la Lumière »

Le Coq dans Chaine d'union oqs
Vigilance, Persévérance et Lumière

Lorsque le profane lève les yeux il voit ce Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle et le triomphe de la lumière sur les ténèbres. Il lui recommande de rester en alerte car la lumière peut surgir à tout moment, mais aussi de ne pas se décourager trop rapidement s’il veut la recevoir. Le chemin sera long et peut-être difficile. Pour l’apprenti franc-maçon entrer dans la monde des symboles c’est passer de l’ombre à la lumière.

Le Coq annonce l’aube et donc l’arrivée de la lumière. Il est celui qui après avoir veillé toute la nuit, annonce la libération, le passage des ténèbres à la clarté. Incapable de voler, se déplaçant difficilement sur terre, le Coq passe toute sa journée à chercher de la nourriture et à picorer çà et là et à veiller jalousement sur son harem. C’est pourquoi le Coq représente la vie ordinaire, le manque d’originalité, et même la faiblesse, beaucoup d’êtres humains vivent en fait de cette manière.

Le parcours initiatique que les francs-maçons mènent les incite à sortir de cette vie ordinaire, de cette vie profane, pour rechercher la lumière qui éclaire leurs travaux. Car si le Coq symbolise parfois la faiblesse et la normalité, il lui arrive aussi de personnifier le courage, la vigilance et la persévérance. Le Coq n’est donc pas toujours symbole de faiblesse…

 

Voyons d’un peu plus près ces trois notions :

Vigilance, Persévérance et Lumière [1]

Vigilance. Chaque jour le Coq nous invite à nous lever courageusement pour défendre nos valeurs humaines, il nous dit : « Soyez éveillés. Soyez éveillés pour faire face à vos responsabilités d’hommes et de femmes libres ».
Une parole de Bouddha :

« La vigilance est le chemin du royaume immortel. La négligence celui qui conduit à la mort »

Persévérance. Lors de son initiation, après avoir bu la coupe d’amertume, le profane est invité à persévérer, il boit encore et découvre après l’amertume une saveur plus sucrée.
Un poète américain, Jackson Brown, décrit ainsi la persévérance :

« Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non pas par la force, mais par la persévérance »

Un autre, Samuel Johnson, a dit ceci :

« Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent… Les grandes œuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance »

Jean-François Morin, enfin :

« L’espérance ne mène à rien, mais la persévérance mène au droit chemin. »

Lumière. Le Coq est le messager de la Lumière. Présent pour les francs-maçons dès le Cabinet de Réflexion, le Coq invite le profane à débuter son cheminement initiatique. Il s’agit de passer de l’ombre de la vie matérielle, dans la vie spirituelle. Le but est l’accomplissement de sa personnalité à l’écoute du Verbe, dans la recherche de la Sagesse de la Force et de la Beauté.
Voici ce que disait Jean-Paul Sartre de la lumière :

« Plus claire la lumière, plus sombre l’obscurité… Il est impossible d’apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres »

Et Chateaubriand (extrait de « Mes Pensées ») :

« Aussitôt qu’une pensée vraie est entrée dans notre esprit, elle jette une lumière qui nous fait voir une foule d’autres objets, que nous n’apercevions pas auparavant »

Enfin, Vercors [*] :

« Qui croit sans raison est un sot. Mais qui nie sans savoir est un fou. Cherche la vérité, tu trouveras la lumière »

———-

[*] Vercors est le pseudonyme littéraire adopté en 1941 pendant la Résistance, par l’illustrateur et écrivain français Jean Bruller (par la suite, il garda son nom pour son travail d’artiste et le nom de Vercors comme nom d’écrivain).
Jean Marcel Adolphe Bruller est né le 26 février 1902 (Paris XVe) et mort le 10 juin 1991 au 58 quai des Orfèvres (Paris 1er).
Son œuvre la plus célèbre est « Le Silence de la mer« , publié clandestinement en 1942.

 

Jadis, les compagnons bâtisseurs utilisaient le Coq pour exorciser leurs constructions.

Sa couleur avait de l’importance car elle correspondait à l’un des trois chants que le gallinacé entonne à l’aube.

  1. Le premier Coq est noir car son chant est poussé pendant la nuit ;
  2. le second est rouge comme la couleur de l’aurore et symbolise le combat des ténèbres et de la lumière ;
  3. le troisième est blanc car la lumière a vaincu les ténèbres.

 

C’est aussi un compagnon, le plus jeune des apprentis, qui allait placer le cochet, la girouette en forme de Coq, au sommet du clocher des églises [8]

 

Alchimie

Le Coq est le symbole alchimique du vitriol (voir plus bas : La pierre alectoire ou alectaire) formé par la cuisson du sel et du soufre.
Au début du Grand Œuvre, le Lion vert (la matière première) est soumis au feu de l’athanor et se trouve agressé par le Renard dont la queue figure le soufre.
Basile Valentin parlant du soufre se muant en vitriol fait dire à l’adepte que « le Coq mangera le renard » et au final, un Coq triomphant symbolisera l’issu de sa confrontation avec le lion [8].

L’origine de cette symbolique se trouve chez le philosophe Lucrèce, et chez Pline l’ancien (Histoire naturelle). Lucrèce affirme dans son De natura rerum que :

« quand chassant la nuit au battement de ses ailes, le Coq appelle l’aurore de sa voix éclatante, le plus courageux des lions est incapable de lui tenir tête et de le regarder en face, tant il songe alors à la fuite » [8]

 

La pierre alectoire ou alectaire

La pierre alectoire (pierre du Coq) est, depuis l’antiquité romaine jusqu’au Moyen-âge, le talisman des athlètes [13]. Ce Bézoard, nom donné aux concrétions pierreuses que l’on trouve dans le corps des animaux, aurait, selon le Grand Albert [*], la vertu d’étancher la soif. Cependant, il doit être extrait d’un Coq d’au moins quatre ans [8].

———-

[*] Le Grand Albert est un grimoire, un célèbre livre de magie populaire, en latin, attribué au théologien et philosophe Albert le Grand (vers 1200-1280), commencé peut-être vers 1245, avec sa forme définitive vers 1580, et son édition française classique en 1703.
Son titre : Liber Secretorum Alberti Magni de virtutibus herbarum, lapidum et animalium quorumdam, « Livre des secrets d’Albert le Grand sur les vertus des herbes, des pierres et de certains animaux ».
Opinion du bibliographe Jean-Charles Brunet : « C’est parmi les livres populaires, le plus célèbre et peut-être le plus absurde… Il est tout naturel que le Livre des secrets ait été attribué à Albert le Grand, car ce docteur, très savant pour son époque, eut, parmi ses contemporains, la réputation d’être sorcier ».Ce livre est souvent accompagné d’un autre, qui lui est similaire : le Petit Albert, paru en 1668.
Son titre est Alberti Parvi Lucii Libellus Mirabilibus Naturae Arcanis, « Livre des merveilleux secrets du Petit Albert ».
On y trouve des recettes prises chez Jérôme Cardan (De subtilitate, 1552), G. Della Porta (Magia naturalis, 1598), un chapitre original sur les talismans.
  lbertus-agnus dans ContributionAlbertus Magnus rimoire-rand-lbert-ook-of-ecrets

 

Mais le véritable pouvoir de cette pierre merveilleuse est ésotérique et ne peut être obtenu qu’à l’issu d’un combat symbolique de coqs. Ce duel, d’une extrême violence, se termine par la mort d’un des deux Gallinacés. Son sens est à rapprocher du mythe d’Abel et de Caïn qui sont les personnifications de deux forces antagonistes. À la mort d’Abel, Seth représentera la force de l’équilibre, le bâton du boiteux [14], ou encore, l’axe du caducée [15].

À la mort du Coq, on trouvera cette force sous la forme d’une pierre en fouillant l’intérieur de ses entrailles.
D’après le Lapidaire de Marbode (1035-1123), la pierre serait cristalline, blanche, et de la grosseur d’une fève. Elle rend les athlètes invincibles et procure le verbe clair et l’éloquence aux orateurs.

C’est une pierre de lumière, la même qui est évoquée par l’acronyme des alchimistes et des Francs-Maçons, VITRIOL :

Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidemsoit : Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.

En d’autres termes : la pierre philosophale.

 

Se rectifier, c’est marcher droit à nouveau après un boitement mais à l’aide d’une canne, d’un bâton rectiligne, symbole de l’Équilibre [1][14]

 

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Notes

[1] JYL – L’ÉDIFICE®, La bibliothèque maçonnique du net http://www.ledifice.net/

[8] Saint-Hilaire (de), Paul, Le Coq, Oxus, Paris, 2007

[13] Rita – H. Régnier, Oiseaux : héros et devins, l’Harmattan, Paris, 2007.
- Lucien de Samosate, Le Songe ou le Coq, cité in Rita – H. Régnier, Oiseaux : héros et devins 

[14] http://www.dictionnairedessymboles.fr/article-le-symbolisme-du-boiteux-55789368.html

[15] http://www.dictionnairedessymboles.fr/article-le-symbolisme-du-caducee-117924552.html

SOURCE : http://gigeoju.eklablog.com/un-symbole-maconnique-p968668?fbclid=IwAR18H2SoauwxjLjjOXDszzguMf7b8Le5aPqAsFiWEXFgdEby1BlgYeEoZUA

GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie 24 octobre, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

GUENON La Gnose et la Franc-Maçonnerie

René Guénon

Paru dans La Gnose, mars 1910 (n° 5 1909-1910), sous la signature « T Palingenius »

 guenon gnose fm

« La Gnose, a dit le T∴ Ill∴ F∴ Albert Pike, est l’essence et la moelle de la Franc-maçonnerie. » Ce qu’il faut entendre ici par Gnose, c’est la Connaissance traditionnelle qui constitue le fonds commun de toutes les initiations, et dont les doctrines et les symboles se sont transmis, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, à travers toutes les Fraternités secrètes dont la longue chaîne n’a jamais été interrompue.

 

Toute doctrine ésotérique ne peut se transmettre que par une initiation, et toute initiation comprend nécessairement plusieurs phases successives, auxquelles correspondent autant de grades différents. Ces grades et ces phases peuvent toujours se ramener à trois ; on peut les considérer comme marquant les trois âges de l’initié, ou les trois époques de son éducation, et les caractériser respectivement par ces trois mots : naître, croître, produire.

Voici ce, que dit à ce sujet le F∴ Oswald Wirth : « L’initiation maçonnique a pour but d’éclairer les hommes, afin de leur apprendre à travailler utilement, en pleine conformité avec les finalités mêmes de leur existence.

Or, pour éclairer les hommes, il faut les débarrasser tout d’abord de tout ce qui peut les empêcher de voir la Lumière.

On y parvient en les soumettant à certaines purifications, destinées à éliminer les scories hétérogènes, causes de l’opacité des enveloppes qui servent d’écorces protectrices au noyau spirituel humain.

Dès que celles-ci deviennent limpides, leur transparence parfaite laisse pénétrer les rayons de la Lumière extérieure jusqu’au centre conscient de l’initié. Tout son être, alors, s’en sature progressivement, jusqu’à ce qu’il soit devenu un Illuminé, dans le sens le plus élevé du mot, autrement dit un Adepte, transformé désormais lui-même en un foyer rayonnant de Lumière.

« L’initiation maçonnique comporte ainsi trois phases distinctes, consacrées successivement à la découverte, à l’assimilation et à la propagation de la Lumière.

Ces phases sont représentées par les trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, qui correspondent à la triple mission des Maçons, consistant à rechercher d’abord, afin de posséder ensuite, et pouvoir finalement répandre la Lumière.

« Le nombre de ces grades est absolu : il ne saurait y en avoir que trois, ni plus ni moins. L’invention des différents systèmes dits de hauts grades ne repose que sur une équivoque, qui a fait confondre les grades initiatiques, strictement limités au nombre de trois, avec les degrés de l’initiation, dont la multiplicité est nécessairement indéfinie.

« Les grades initiatiques correspondent au triple programme poursuivi par l’initiation maçonnique. Ils apportent dans leur ésotérisme une solution aux trois questions de l’énigme du Sphinx : d’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Et ils répondent par là à tout ce qui peut intéresser l’homme. Ils sont immuables dans leurs caractères fondamentaux, et forment dans leur trinité un tout complet, auquel il n’y a rien à ajouter ni à retrancher : l’Apprentissage et le Compagnonnage sont les deux piliers qui supportent la Maîtrise.

« Quant aux degrés de l’initiation, ils permettent à l’initié de pénétrer plus ou moins profondément dans l’ésotérisme de chaque grade ; il en résulte un nombre indéfini de manières différentes d’entrer en possession des trois grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître.

On peut n’en posséder que la forme extérieure, la lettre incomprise ; en Maçonnerie, comme partout, il y a, sous ce rapport, beaucoup d’appelés et peu d’élus, car il n’est donné qu’aux initiés véritables de saisir l’esprit intime des grades initiatiques. Chacun n’y parvient pas, du reste, avec le même succès ; on sort à peine, le plus souvent, de l’ignorance ésotérique, sans s’avancer d’une manière décidée vers la Connaissance intégrale, vers la Gnose parfaite.

« Celle-ci, que figure en Maçonnerie la lettre G∴ de l’Étoile Flamboyante, s’applique simultanément au programme de recherches intellectuelles et d’entraînement moral des trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître.

Elle cherche, avec l’Apprentissage, à pénétrer le mystère de l’origine des choses ; avec le Compagnonnage, elle dévoile le secret de la nature de l’homme, et révèle, avec la Maitrise, les arcanes de la destinée future des êtres.

Elle enseigne, en outre, à l’Apprenti à élever jusqu’à leur plus haute puissance les forces qu’il porte en lui-même ; elle montre au Compagnon comment il peut attirer à lui les forces ambiantes, et apprend au Maître à régir en souverain la nature soumise au sceptre de son intelligence.

Il ne faut pas oublier, en cela, que l’initiation maçonnique se rapporte au Grand Art, à l’Art Sacerdotal et Royal des anciens initiés. » (L’Initiation Maçonnique, article publié dans L’Initiation, 4e année, n° 4, janvier 1891.)

L’organisation initiatique, telle qu’elle est ici indiquée dans ses traits essentiels, existait dès l’origine dans le Gnosticisme comme dans toutes les autres formes de Tradition. C’est ce qui explique les liens qui ont toujours uni le Gnosticisme et la Maçonnerie, liens que nous montrerons mieux encore en reproduisant quelques discours maçonniques (déjà publiés autrefois dans La Chaîne d’Union) du F∴ Jules Doinel (Ŧ Valentin), qui fut, en même temps que Patriarche de l’Église Gnostique, membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

Sans vouloir traiter ici la question si complexe des origines historiques de la Maçonnerie, nous rappellerons simplement que la Maçonnerie moderne, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, est résultée d’une fusion partielle des Rose-Croix, qui avaient conservé la doctrine gnostique depuis le moyen-âge, avec les anciennes corporations de Maçons Constructeurs, dont les outils avaient déjà été employés d’ailleurs comme symboles par les philosophes hermétiques, ainsi qu’on le voit en particulier dans une figure de Basile Valentin. (Voir à ce sujet Le Livre de l’Apprenti, par le F∴ Oswald Wirth, pp. 24 à 29 de la nouvelle édition.)

Mais, en laissant de côté pour le moment le point de vue restreint du Gnosticisme, nous insisterons surtout sur le fait que l’initiation maçonnique, comme d’ailleurs toute initiation, a pour but l’obtention de la Connaissance intégrale, qui est la Gnose au sens véritable du mot. Nous pouvons dire que c’est cette Connaissance même qui, à proprement parler, constitue réellement le secret maçonnique, et c’est pourquoi ce secret est essentiellement incommunicable.

Pour terminer, et afin d’écarter toute équivoque, nous dirons que, pour nous, la Maçonnerie ne peut et ne doit se rattacher à aucune opinion philosophique particulière, qu’elle n’est pas plus spiritualiste que matérialiste, pas plus déiste qu’athée ou panthéiste, dans le sens que l’on donne d’ordinaire à ces diverses dénominations, parce qu’elle doit être purement et simplement la Maçonnerie.

Chacun de ses membres, en entrant dans le Temple, doit se dépouiller de sa personnalité profane, et faire abstraction de tout ce qui est étranger aux principes fondamentaux de la Maçonnerie, principes sur lesquels tous doivent s’unir pour travailler en commun au Grand Œuvre de la Construction universelle.

Source: Hiram Abiff le FM

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Cordonite et Initiation, entre anti-initiatiques et vrais francs-maçons 27 juin, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Cordonite et Initiation, entre anti-initiatiques et vrais francs-maçons

Cordonite et Initiation, entre anti-initiatiques et vrais francs-maçons dans Recherches & Reflexions

Par La Rédaction
25 juin 2021
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De notre confrère italien www.expartibus.it

Ces dernières années, même dans les obédiences traditionnelles, on assiste de plus en plus à un antagonisme entre deux visions opposées, deux manières de vivre la franc-maçonnerie. Ces deux visions de la Franc-maçonnerie différentes surgissent aussi bien au niveau collectif qu’individuel.

Dans le domaine général, une première distinction, même si elle peut devenir trompeuse, est celle entre franc-maçonnerie régulière et non régulière.

La franc-maçonnerie moderne a pour date de naissance le 24 juin 1717, qui correspond au jour de la fondation de la Grande Loge de Londres. Depuis lors, les Britanniques ont donné aux diverses grandes loges nationales la «patente de régularité », basée sur ce que doit être le respect effectif des Constitutions d’Anderson, des Anciens devoirs, des Landmarks .

L’actuelle UGLE, Grande Loge Unie d’Angleterre, évolution de la Loge originelle de Londres, accorde la reconnaissance (régularité) à une seule Grande Loge par pays.

La Grande Loge Régulière d’Italie, née en 1993 de la scission engendrée par le Grand Maître d’alors du Grand Orient d’Italie, Giuliano Di Bernardo, est la seule à être reconnue.

Depuis, donc, le Grand Orient d’Italie lui-même est exclu, alors qu’il a eu la régularité en réciprocité avec les Britanniques jusqu’en 1993.

Pourquoi d’autres obédiences, anciennes et prestigieuses, dont la rigueur rituelle ne peut être mise en doute, sont-elles exclues.

C’est précisément en vertu de ce raisonnement que certains préfèrent parler de franc-maçonnerie régulière et non régulière, par régulière nous entendons surtout ces loges qui ont des relations avec d’autres grandes loges étrangères, elles même reconnues par l’UGLE.

Prenant toujours l’exemple du GOI, il existe une reconnaissance mutuelle avec environ 200 Obédiences étrangères, comme on peut le lire sur lson site institutionnel .

En ce qui concerne ce système, il y a une différence à souligner.

Certaines grandes loges étrangères entretiennent des liens plusieurs obédiences par nation, brisant ainsi la règle de l’unicité.

Paradoxalement, un Frère sénégalais, ou péruvien, ou turc, et autres, s’il vient en Italie peut choisir, par exemple, de rencontrer une Loge GOI ou GLRI, ou les deux.

Inversement, un Frère GLRI ne peut pas travailler avec une Loge ALAM ou toute autre Loge d’Obéissance Italienne.

Vive l’universalité !

A coté des loges et obédiences traditionnelles, la naissance de nouvelles loges est très fréquente.

Regroupant des personnes mécontentes, mais aussi des personnages sans scrupules qui en font une source de revenus.

Car, il n’est pas rare de voir de véritables associations criminelles qui se proclament Franc-Maçonnerie.

A l’heure où chacun pense savoir tout connaitre, il est facile de s’improviser Grand Maître.

Les rituels des trois degrés peuvent être téléchargés sans problème sur Internet, ainsi que sur des boutiques en ligne, où il est possible d’acheter des tabliers, des sautoirs et autres objets maçonniques.

Franc maçonnerie bricolée:

Qu’est-ce qui devrait vraiment faire la différence ?

La continuité de la chaîne initiatique, la rigueur de la ritualité, bien sûr.

En ce qui concerne la continuité, il faut rappeler que la franc-maçonnerie est un ordre initiatique. Le rappeler devrait être superflu, mais il faut une clarification, car le méconnaitre est risquer de ne pas être vraiment franc-maçon..

L’initiation est reçue de ceux qui l’ont non seulement déjà été initié mais surtout de ceux qui ont été investis du pouvoir d’initier, pouvoir donner à ceux qui détiennent l’office de Vénérable Maître et conservé même après la fin de leur mandat.

Je ne peux pas commencer tout seul. Je ne peux pas commencer à moins d’avoir été initié..

L’autre élément indispensable est la rigueur rituelle.

Les travaux sont toujours et exclusivement rituels. Le reste, c’est de la bureaucratie.

A l’ouverture le Temple est carré, défini, sacré ; on recrée cette harmonie avec le Tout qui prédispose à l’élévation spirituelle.

Comment éviter cette partie ?

Chaque pas, chaque mot, chaque symbole : tout a une fonction, rien n’est aléatoire.

Si vous n’êtes pas pleinement conscient et absolument imprégné du rituel, vous participez à une parodie.

Ce n’est pas de la franc-maçonnerie !

Les Obédiences qui n’oeuvrent pas pour construire des temples à la vertu, pour creuser des prisons sombres et profondes pour le vice, pour travailler pour le bien et le progrès de l’Humanité ne sont pas de la Franc-Maçonnerie !

Si leurs buts sont profanes et en opposition avec ces principes et valeurs de la Franc-maçonnerie, alors ces institutions présumée sont anti-initiatique.

Mais les faux-maçons peuvent aussi être des individus, pas seulement des groupes, et ils peuvent aussi être des contre-initiés dans un contexte initiatiquement sain.

Bien que la distinction entre l’initiation effective et l’initiation virtuelle puisse déjà être suffisamment comprise à l’aide des considérations qui précèdent, elle est assez importante pour que nous essayions de la préciser encore un peu plus ; et, à cet égard, nous ferons tout d’abord remarquer que, parmi les conditions de l’initiation que nous avons énoncées au début, le rattachement à une organisation traditionnelle régulière (présupposant naturellement la qualification) suffit pour l’initiation virtuelle, tandis que le travail intérieur qui vient ensuite concerne proprement l’initiation effective, qui est en somme, à tous ses degrés, le développement « en acte » des possibilités auxquelles l’initiation virtuelle donne accès.
René Guénon - Considérations sur l'initiation

Guénon est très clair. On peut recevoir l’initiation dans une organisation traditionnelle régulière sans que celle-ci se concrétise.

Et c’est une initiation virtuelle.

Elle ne devient effective que si on accomplit le travail intérieur qui en développe les possibilités.

La seconde ne suit pas nécessairement la première.

Le tout pourrait se résumer en ces quelques mots : entrer dans la voie est une initiation virtuelle ; suivre la voie est l'initiation proprement dite.
René Guénon - Considérations sur l'initiation

Par conséquent, tous ceux qui reçoivent l’initiation ne deviennent pas automatiquement initiés.

Dans un autre article, nous avons longuement parlé de pseudo-initiation et de contre-initiation.

Comme nous l’avons dit, les deux attitudes sont répandues.

L’un est pseudo-initié lorsque l’initiation reste essentiellement virtuelle.

Quand on ne travaille pas sur soi, on n’abandonne pas les attitudes de profane.

Quand la pierre reste brute.

Ceux qui sont des pseudo-initiés, cependant, ne font pas de mal, sinon à eux-mêmes, gaspillant l’immense possibilité qui leur a été accordée.

Nous ne pouvons que répéter cette citation de Steiner, déjà reprise dans un précédent article dans lequel nous parlions de la Franc-maçonnerie et du Pouvoir.

Les connaissances et le pouvoir qui sont conférés à l'homme par l'initiation ne pourraient, sans elle, être acquis par lui que dans un avenir très lointain - après de nombreuses incarnations - par une tout autre voie, et même sous une toute autre forme.
Rudolf Steiner

Nous renvoyons également au même article pour la discussion sur le pouvoir, que nous n’approfondissons pas dans le présent article.

La pseudo-initiation peut être identifiée très facilement, par certaines attitudes, comme la concession à l’envie, la vanité, l’arrogance.

L’initiation virtuelle est « tuée » par l’ ignorance, le fanatisme et l’ambition .

Lorsque ces comportements, en revanche, nuisent à l’Institution ou à d’autres frères, de la pseudo-initiation on passe à la contre-initiation.

A titre purement illustratif, nous pouvons identifier deux catégories fonctionnelles à notre discours, la cordonite et l’Initié.

La cordonite , accessoirement, est une grave dégénérescence de la Magliettite , une maladie qui afflige de nombreux faux maçons.

De l’attachement mortifère aux sautoirs, symbole du fonctionnement de l’Atelier, portés par le Vénérable, le premier et le second surveillant, on passe à la recherche obsessionnelle de tabliers pouvant paraître prestigieux, poursuivie aussi par le recours à des attitudes arrogantes, de chantage, ne dédaignant pas l’usage de menaces réelles.

Il s’agit bien souvent de personnes qui n’ont que très peu réussi dans la vie profane, qui dans l’Institution laissent libre cours à leurs frustrations, animés de sentiments de rivalité, sinon de vengeance.

Malheureusement, dans leurs défauts profanes, ils sont souvent encouragés par les vrais Initiés, qui plus ils sont éloignés de la matérialité, plus ils comprennent et occupent des fonctions pour un sens élevé du service ; ils ne les fuient pas, ne craignent pas leurs responsabilités, mais ils refusent de se battre avec eux pour obtenir des sautoirs et se rabaisser à leur niveau.

L’Initié sait que ce qui compte, c’est l’Intuition exprimée par les mots, non le sautoir ou la couleur du tablier qu’on porte ; il chérissait, lorsqu’il était Apprenti, l’immense don du Silence , qu’il ne viole que lorsqu’il pense avoir quelque chose à dire qui pourrait être utile à son atelier.

Le cordoniste , quant à lui, recherche le plus beau et haut sautoir presque convaincu qu’il peut lui permettre de devenir un Super dignitaire à qui tout est permis et tout doit être pardonné, même fouler aux pieds un rituel jamais compris ; justement parce qu’il a des charges qui lui donnent du pouvoir, il passe souvent du statut de pseudo-initié au statut de contre-initié.

Si je me trompe, les étapes d’entrée rituelle dans le temple sont pseudo-initiées.

Cela signifie que je ne suis pas conscient de ce que je fais. Je répète sans réfléchir des gestes que je n’ai jamais compris.

Pour moi, une Tenue n’est pas différente d’une soirée costumée.

Si ces pas erronés sont pris en modèle par d’autres Frères ou, pire, je prétends les enseigner, alors je fais quelque chose d’anti-initiatique.

Nous avons vu précédemment, que les attaques contre-initiatiques peuvent être constatées aussi bien au niveau collectif qu’individuel.

Il s’agit évidemment de deux aspects étroitement liés.

Une obédience anti-initiatique aura une forte probabilité de créer des cherges et offices, plutôt que des initiés.

D’un autre côté, un nombre toujours croissant de contre-initiés dans une obédience traditionnelle régulière comporte le risque que sa nature elle-même change.

Si on ne parvient pas à développer des anticorps contre la cordonite et la course aux degrés , alors la loge ou l’obédience est gravement atteinte dans l’Essence même de ce qui fait la Franc-maçonnerie

Elle devient elle-même anti-initiatique.

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

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Le symbolisme du baobab, l’arbre magique 14 juin, 2021

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Le symbolisme du baobab, l’arbre magique

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Le symbolisme du baobab, l'arbre magique dans Contribution
 
 

Le baobab est un des plus grands arbres de notre planète ; certains atteignent plus de 30 mètres de circonférence. Il fait partie des rares arbres qui ont une longévité remarquable : jusqu’à plusieurs centaines d’années voire plus pour certains auteurs. On dénombre huit espèces de baobabs essentiellement sur le continent africain, en Australie et surtout à Madagascar ; l’espèce que je connais le mieux est l’Adansonia digitata, découverte en 1750, par le botaniste français Michel Adanson (1727-1806) lors d’une mission de recherche au Sénégal entre 1749 et 1754.

 

A la découverte du Baobab à partir d’une légende africaine

 
 
 dans Recherches & Reflexions
 
 

On retrouve dans différentes ethnies africaines, de nombreuses légendes qui parlent du baobab ; je vous en propose une qui vient du Burkina-Faso :

 

On raconte que, dans un endroit lointain de l’énigmatique Afrique, vivait une famille très pauvre de lapins ; le père lapin gagnait sa vie comme il pouvait pour donner à manger à sa famille. La vie était très difficile pour cette famille de lapins. Un jour, papa lapin fatigué de marcher dans le désert brûlant se coucha à l’ombre d’un grand arbre.

 

Le lapin assis dans l’ombre de l’arbre déplorait son sort. Il a commencé par maudire le soleil qui brûle, le sable, la pluie qui inonde le village. Quand soudain, l’arbre se mit à lui parler avec une voix très douce.

 

- Ami Lapin, pourquoi vous plaignez-vous ?

 

- Oh, combien triste et malheureuse est ma vie. Si seulement je pouvais être un arbre comme vous Debout toute la journée, sans avoir à travailler, il suffit de vous dégourdir les feuilles et d’obtenir les aliments du soleil et la pluie. Alors que moi, je dois travailler très dur, je dois souffrir de la faim pour nourrir mes enfants Quelle est triste ma vie !

 

L’arbre lui répondit de sa voix mélodieuse :

- Vous savez, je ne suis qu’un baobab, et même si je n’ai jamais su parler aux animaux, cela me fait de la peine de vous entendre gémir ainsi !

 

Après ces mots, le lapin se leva et regarda l’arbre de haut en bas. Il n’avait pas remarqué que l’arbre était en fait un baobab.

 

- Excusez-moi Baobab, je vous promets que je ne me plaindrai jamais plus, il suffit de me laisser aller et continuer à travailler fort afin de ne pas pleurer pour ce que je suis.

 

- Attendez ami lapin, ne partez pas encore

 

Tout à coup, les branches du baobab s’écartèrent, le baobab poussa un soupir de joie et, après quelques secondes de silence, son cœur s’ouvrit lentement pour laisser apparaître des bijoux, des diamants, des pièces d’or, des perles, pierres précieuses et des tissus précieux,.

 

Le lapin fut très étonné de ce spectacle et le baobab de sa voix douce lui dit :

 

- Prenez ce que bon vous semble, aller, acceptez le peu d’aide que je vous offre de bon cœur mon bon ami.

 

Le lapin, très reconnaissant, prit dans ses mains ce qu’il pouvait et s’éloigna heureux après avoir remercié le baobab d’une telle démonstration de générosité.

 

Arrivant à la maison, il raconta tout à sa famille ; il pourra désormais changer leur mode de vie.

 

Papa Lapin avait maintenant une voiture de lapin pour aller au travail. Maman Lapine portait de beaux habits, et pouvait maintenant préparer un repas aux enfants. Maman Lapine se mit à porter un collier de perles aux réunions de ses amis ; ce fut lors d’une de ces réunions que Mme Hyène nota avec beaucoup d’envie les richesses de Mme Lapine. Mme Hyène, qui était très autoritaire, exigea de son mari qu’il aille lui acheter un collier de perles !

 

M. Hyène, était curieux de savoir comment le lapin avait acquis tant de richesses ; un jour, il s’approcha de lui et lui demanda ce qu’il avait fait. Eh bien, papa lapin, qui était d’un cœur noble, lui raconta tout ce qui s’était passé avec le baobab.

 

M. Hyène très excité, sans perdre une seconde, alla à l’endroit était le baobab.

 

Puis, il cria d’une voix forte :

 

- Ah. Pourquoi ma vie est-elle si misérable ? Je suis si pauvre, et si malheureux !

 

Le baobab se mit à secouer ses branches doucement et lui répondit :

- Mon bon ami Hyène, pourquoi vous plaignez-vous de votre sort ?

- A la vérité, je ne suis pas assez heureux comme il le devrait, si seulement je pouvais avoir autant de trésors que Mr Lapin, ma vie serait différente.

Soudain, les feuilles de baobab s’étirèrent avec un tendre soupir. Mr Hyène, impatient, ne pouvait pas arrêter de bouger de gauche à droite.

 

Puis, le cœur de l’arbre s’ouvrit pour faire apparaître ses nombreux trésors, et le baobab dit de sa voix calme :

- Prenez ce que bon vous semble, aller, accepter le peu d’aide que je vous donne, cher monsieur Hyène

 

M. Hyène, qui avait une intention bien différente de celle du lapin, souhaitait s’approprier la totalité des trésors du baobab ; il se jeta sauvagement sur le baobab et, avec, ses griffes acérées, commença à déchirer le cœur de l’arbre et à faire beaucoup de dégâts.

 

Ce fut très douloureux pour le baobab, qui poussa un long cri de douleur et de tristesse ; puis le cœur du baobab se referma et se cacha parmi les feuilles qui avaient pris un ton d’un vert très foncé. L’hyène qui ne put obtenir ce qu’il souhaitait se mit à maudire l’arbre en déchirant son tronc ; mais le tronc du baobab était devenu tellement rugueux que M. Hyène, très fatigué, se retourna et rentra chez lui sans aucune espèce de trésor.

 

La légende raconte que depuis lors, personne n’a jamais vu le cœur du baobab et qu’il ne peut plus être abordé par les animaux parce qu’une odeur repoussante émane de son tronc. On dit aussi que les hyènes errent toujours à travers le désert à la recherche de baobab pour obtenir les trésors cachés de cet arbre.

 

Et ils disent aussi que le baobab est un peu comme les gens. Pourquoi est-il si difficile pour les gens d’ouvrir leur cœur ? Pourquoi est-il si difficile de démontrer la richesse qui est à l’intérieur ?

 

Il y aurait tant à dire sur ce que nous apprend cette légende ; je la trouve intéressante car elle met en scène ce que l’on pourrait appeler « la fermeture des cœurs » sous l’effet de la violence et de la cupidité.

 
 

Un symbole archétypique

 

Arbre d’Afrique, le baobab s’est vu attribué de multiples qualificatifs : « l’arbre magique », « l’arbre pharmacien », « l’arbre de la vie », « l’arbre à palabres », « l’arbre à l’envers » ou encore « l’arbre sens dessus dessous ». Et nous verrons pourquoi.

 

Le Baobab, c’est d’abord un arbre et à ce titre il est un des archétypes porteurs d’une symbolique universelle. C’est ce qui lui vaut le nom « d’arbre magique » ou « d’arbre de la vie».

 

Pour Carl Gustave Jung, l’arbre de vie est l’archétype de l’existence humaine dans sa verticalité entre la terre et le ciel.

 

L’arbre et son cycle ont de tous temps inspirés la symbolique du cycle de la vie terrestre. La graine qui donne naissance, la croissance, l’explosion florale, le dessèchement avant la phase de repos végétal apparent, sont à l’image des différentes phases de la vie humaine.

 

D’autres arbres dans le monde ont pris une valeur symbolique ; pour ne parler que des principaux, citons le Chêne en Europe et au Moyen orient, le Frêne en Europe du Nord, l’Olivier des grecs et des romains, le Sakaki (Cleyera japonica) pour les shintoïstes japonais, le Sycomore des égyptiens, le Dialan (caïcedrat) pour les Peuhls et les Mandingues, sans parler bien sûr de l’Acacia qui nous est cher.

 

Par ailleurs, l’arbre renvoie aussi à la symbolique de la forêt et des bois sacrés. C’est dans le bois sacré que se déroule le processus initiatique qui transforme le jeune apprenti en initié de la communauté.

 
 

Un symbole repris par des Etats

 
 

Au Sénégal, qui est ma deuxième patrie, nous avons deux symboles majeurs, le baobab et le lion ; le sceau du Baobab estampille tous les actes officiels.

 
 
 

En Afrique du sud, il a été institué depuis 2002, sous la Présidence de Thabo Mbecki, The Order of the Baobab pour honorer ceux qui ont servi ce pays ; le baobab a été choisi car il est le symbole de l’endurance, de la vitalité et pour son utilisation comme arbre à palabres sur les places villageoises.

 
 

Un symbole animiste

 

Le baobab est un élément important de la culture animiste en général et de la culture sérère en particulier. Il est ici possible de parler de symbole vivant dans la mesure où il joue pleinement son rôle en participant à différents moments sacrés de la vie sociale.

 
 
 

Chez les soninkés, il existe une formule préalable à une prise de contact avec quelqu’un de confiance qui s’apparente à un interrogatoire rituel :

A la suite cet échange de paroles rituelles, chacun s’étant reconnu, le dialogue peut commencer.

 

Au Sénégal, chez les wolofs et les lébous, il semble que le contenu symbolique du Baobab soit lié surtout à sa qualité d’arbre : comme tous les arbres il rentre en interférence avec les rab, les tuur et les djinns ; les arbres sont la résidence des rab. On considère généralement que le rab entre dans l’être humain à la suite d’une offense, d’une provocation généralement inconsciente ; donc s’il a besoin de quelque chose dont les hommes disposent pour réparer cette offense, le rab exige qu’on réponde à ce besoin. Cependant, l’homme [dans lequel le rab est entré] ne le saura qu’à la suite d’une consultation auprès d’un guérisseur qui lui indiquera le rab et ses exigences (qui peuvent être du lait, un mouton, des noix de cola, un coq, une chèvre…). Tant qu’on ne l’a pas offensé, le rab ne peut rien contre l’humain, l’offenser est un acte involontaire car il est invisible. L’arbre peut donc être vécu comme un élément de méfiance et de peur.

 

Certaines ethnies – notamment les Sérères et les Lébous – n’enterraient pas leurs griots, mais les déposaient à l’intérieur des troncs creux de gros baobabs, une coutume qui s’est poursuivie jusqu’au XXe siècle. Cette relation entre le Baobab et le griot mérite qu’on s’y arrête car la fonction sociale du griot et ses dons donnent un éclairage sur le symbolisme du baobab. Dans la hiérarchie sociale sérère le griot est au service de l’homme libre (les Diambours en wolofs) ; au-delà du mémorialiste – historien de la famille, le griot était d’abord un conteur de la nuit ; cette fonction de conteur et le rôle pédagogique et social du conte sont des éléments essentiels de la cohésion du groupe familial.

 

A Kahone, tout proche de Kaolack, cette ancienne capitale du royaume du Saloum est célèbre pour son Baobab des initiés, dit « Gouye Ndiouly ». C’est en effet sous cet arbre que Bour Saloum (titre que portait le du roi du Saloum) réunissait les jeunes pour leur circoncision. L’occasion était également mise à profit pour les initier à la vie, notamment au combat et à la cavalerie.

 

Gouye Ndiouly servait également de lieu de test aux candidats à l’intronisation, en ce sens que chaque prétendant au trône se devait de l’arpenter sans l’aide des bras. Et le nombre de pas franchis déterminait la durée de son règne.

 
 

Un arbre utilitaire dans la vie africaine :

 
 
 

L’appropriation du baobab par la population africaine provient aussi des multiples utilisations de ses productions :

 

Le Fruit du baobab, encore appelé pain de singe, contient une pulpe sèche crayeuse dont la décoction donne un jus rafraichissant, appelé, jus de Bouye ; cette pulpe est aussi utilisée comme antidiarrhéique pour ses propriétés astringentes (Afrique de l’Ouest, Afrique australe), comme fébrifuge et aussi dans l’hémoptysie, contre le paludisme, et aussi dans l’agalactie. Cette pulpe sèche a une composition très intéressante, ca très riche en anti-oxydants.

 

La Feuille du baobab est utilisée en décoction dans des tisanes médicinales et contre le paludisme. Elle sert de fourrage pour le bétail durant la saison sèche.

 

L’Écorce du baobab a des propriétés fébrifuges. Elle servait aussi, autrefois, avant que cela soit prohibé, à confectionner cordes et cordages.

 

Au Mali, au Pays dogon, la coque du fruit est transformée en « maracas » après l’avoir percé de petits trous et décoré au fer rouge.

 

Riches en phosphate, les graines sont utilisées pour la fabrication de savon et d’engrais.

 

La sève du baobab servait autrefois dans la fabrication du papier.

 

Au-delà de l’utilisation de ses composantes, le baobab c’est aussi le lieu de rendez-vous de la communauté villageoise où on peut échanger et décider, ce qui lui vaut le nombre « d’arbre à palabres ».

 
 

Un symbole religieux

 

Symbole cher aux animistes, le Baobab appartient aussi au Mouridisme, une des confréries islamiques, et à Touba au Sénégal (la Rome du Mouridisme) il figure comme un symbole vivant et sacré.

 

Cheikh Amadou Bamba a connu son expérience mystique au pied d’un baobab et les lieux-dits de TOUBA comportaient des arbres comme « Gouye Tékhé », le baobab de la félicité dans le cimetière, et l’impressionnant baobab mosquée Gouye Diaye qui servit au Cheikh Ahmadou BAMBA pour abriter ses retraites spirituelles.

 
 

Un arbre bienfaisant mais aussi que l’on peut craindre :

 

- A Madagascar, on dit que certains baobabs retiendraient des esprits maléfiques qu’ils libèrent la nuit tombée.

- Au sud-ouest du Bénin, précisément dans les départements du Mono et du Kouffo, les populations de baobab (Adansonia digitata) sont actuellement très menacées parce que selon les communautés locales, ces baobabs abriteraient des sorciers et autres esprits maléfiques.

- Dans le Sine-Saloum, une étude sur le système des croyances Nyominka réalisée par Amadou Tidiane CISSE, Aurélie GHYSEL & Cédric VERMEULEN témoigne de la présence de l’esprit Laga maléfique résidant dans un baobab sacré à proximité du village de Soum. La zone d’influence de cet esprit s’étend à tous les espaces environnants (mangrove, bolongs, vasières et amas coquilliers). L’accès y est formellement interdit aux Wolofs, aux personnes vêtues de rouge et nul ne peut y prélever les fruits de son territoire hormis la famille bienveillante, qui y dispose donc d’une maîtrise exclusive interne.

- Cette capacité à accueillir des mystères explique qu’on appelle le baobab « l’arbre à l’envers».

 

Un symbole de la culture africaine :

 

Pour les peuples d’Afrique, bien que l’attachement aux mythes traditionnels semble en déclin, le baobab reste un symbole important du savoir ancestral et de la réflexion philosophique ; le grand spécialiste de la mythologie africaine, Amadou Hampâté Bâ, n’a-t-il pas déclaré :

 

« Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. »

 
 
 

Pour de nombreux citoyens du monde, il symbolise aujourd’hui l’Afrique et à travers lui tout ce qu’elle a de beau, de grand et de juste ; il est intéressant de noter que la revue Jeune Afrique publia en 2004, à l’occasion du 91ème anniversaire d’Aimé Césaire, un article titré « Un baobab nommé Césaire ». Aimé Césaire (1913-2008), ce grand poète martiniquais qui a tellement bien su exprimer la sensibilité de la négritude et la révolte anti-colonialiste.

 

Le chanteur Blacko l’utilise, dans une chanson intitulée « Déraciné », pour illustrer sa détresse :

 

Déraciné, je suis déraciné

Même pas blanc, même pas noir une histoire trop compliquée, compliquée

Déraciné, je suis déraciné

Comme un baobab planté dans Babylone

 
 

Un symbole longtemps méconnu :

 

Cette méconnaissance, on peut l’illustrer par son utilisation par Antoine de Saint-Exupéry, dans le Petit Prince ; le célèbre écrivain utilise le caractère gigantesque du baobab pour en faire un repoussoir et un arbre de malheur à tel point qu’il le range dans les mauvaises herbes qu’il faut éradiquer pour garder la planète propre.

 

Dire que les millions de lecteurs d’un des ouvrages les plus lus dans le monde, avec tout le prestige qui l’accompagne, puissent percevoir les baobabs comme des agents destructeurs de la planète montre à quel point un auteur du XXè siècle pouvait avoir une perception aussi fausse de l’univers africain !

 
 
 

Un arbre en voie de disparition au Sénégal :

 

Cet arbre qui est devenu un des symboles de la République du Sénégal n’est plus, dans de nombreuses régions, que l’ombre de lui-même : étêtés, émondés à outrance, ils tombent les uns après les autres ! En dehors de la Casamance, il n’y a plus que dans la réserve de Bandia que l’on peut encore en voir avec leur majesté et leur magnifique frondaison.

 

Aujourd’hui, on ne peut éviter de se poser une question : comment le Sénégal et les Sénégalais peuvent-ils accepter de voir cet arbre magnifique qu’est le baobab périr progressivement au risque de le voir disparaître du territoire ?

 
 

Au total, on pourrait attribuer cinq qualificatifs pour résumer le contenu symbolique du baobab :

 

- Symbole d’une vie antérieure et d’un univers invisible

- Symbole de la générosité

- Symbole de protection

- Symbole d’une localisation d’esprits maléfiques

- Symbole de l’Afrique et de sa grandeur.

 
 
 

Du symbole à la pensée symbolique : le concept d’Univers Symbolique Protecteur

 
 
 

Une question se pose : quel est l’intérêt d’étudier les symboles ? Essayons de répondre à cette question majeure.

 

L’étude des symboles, qu’ils soient maçonniques ou non, nous plonge dans ce qu’on appelle la pensée symbolique.

 

Jean Piaget (1896-19800), le célèbre psychologue suisse, fut le premier chercheur à avoir démontré l’importance de la pensée symbolique dès le plus jeune âge. C’est elle qui permet à l’enfant d’accepter l’éloignement physique de la mère en lui substituant un objet symbolique chargé d’affectivité.

 

En grandissant, l’enfant devenu adulte va conserver ce mode de pensée. On peut affirmer que, pour un individu, la force d’un symbole est en relation avec l’attachement affectif qu’il lui projette.

 

Affectivement, le symbole prend généralement une valeur de protection ; ce sentiment de protection qu’inspire le symbole peut n’être que ponctuel, en rapport avec une situation, un lieu, une ambiance. Nous avons tous plusieurs symboles pour lesquels nous projetons une relation affective : c’est cet ensemble de symboles personnels qui constitue ce que j’appelle l’univers symbolique protecteur !

 

Le symbole prend une dimension supérieure lorsque ce qui se passe pour une personne est partagée par des milliers voire des millions d’individus. Ainsi en est-il par exemple pour certains symboles religieux ou nationaux ; la croix christique en est un exemple.

 

Nous-mêmes Francs-Maçons, nous sommes invités, que dis-je éduqués à utiliser notre pensée symbolique pour nous réapproprier la symbolique maçonnique ; le temple maçonnique que nous fréquentons est en lui-même un symbole que nous adoptons progressivement.

 

Etudier un nouveau symbole, c’est en quelque sorte effectuer un voyage à la découverte d’un nouveau monde, d’une nouvelle culture ; bien évidemment, cela permet d’alimenter notre besoin d’universalisme ; c’est aussi, une façon de sortir de nos habitudes et du repli sur soi pour s’ouvrir aux autres et essayer de les comprendre. Cela ne suffira pas à engendrer une relation affective spécifique, mais au moins cela nous permettra de comprendre.

 

C’est parce que la franc-maçonne ou le franc-maçon connaît les symboles de chaque culture qu’il s’approche du caractère sacré de l’humain et qu’ainsi il avance vers la fraternité universelle.

 

Les symboles sont en eux-mêmes dérisoires et pourtant par un phénomène de projection certains prennent vie et jouent pleinement leur rôle dans cet univers symbolique protecteur qui nous est nécessaire pour vivre en confiance et en amour.

 

Symbole présent dans de nombreux mythes africains où il est associé aux mystères des génies, le Baobab est aujourd’hui, dans le monde entier, devenu un symbole moderne avec un nouveau contenu plus simple : la grandeur de l’Afrique, de sa culture et de sa pérennité.

SOURCE : https://www.idealmaconnique.com/post/le-symbolisme-du-baobab-l-arbre-magique?postId=590fe62d-1644-4462-a050-c35b8b16b0cb

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ARCHIVES 18 mai, 2021

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

ARCHIVES

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La démarche maçonnique est fondamentalement une quête du sens, quête de la parole perdue celle d’Hiram assassine par les mauvais compagnons, celle de l’Après Babel et des « frères dispersés sur les deux hémisphères ».

De fait, la franc-maçonnerie se perçoit très tôt comme une diaspora. Dés lors, elle entretient avec l’archive une relation intense et complexe. Transcrire les rituels, c’est risquer que des profanes s’en emparent.

Préserver les mystères de l’initiation, les mots de passe, signes et attouchements suppose donc de privilégier une transmission orale, garantie contre les altérations par une pratique consommée de l’art de la mémoire, héritée de la Renaissance, plutôt que la consignation par écrit des rituels de l’Ordre.

Les franc-maçons britanniques attachent d’ailleurs toujours une extrême importance à cette mémoire orale. Cependant, et la multiplication des livres de divulgation l’atteste des la première moitié du XVIIIe siècle, les francs maçons ont eu très tôt recours à l’écrit, pour transcrire statuts et règlements, procès-verbaux de tenues, catéchismes et rituels, donnant naissance ainsi aux premières archives maçonniques.

En effet, si les archives peuvent trahir les frères, elles sont également le conservatoire de la mémoire de l’Ordre. D’où l’attitude ambivalente des francs maçons faite de méfiance et de séduction. Car très tôt les francs maçons ont le «goût de l’archive ».

Ils sont fortement influences par le mouvement anglais de l’antiquarianism, ces «antiquaires », qui partent à la recherche d’une mémoire, d’une langue, d’un patrimoine architectural (Stonehenge, châteaux médiévaux), des récits mythiques et légendaires qu’il faut consigner, inventorier avant qu’ils ne disparaissent.

Les antiquarians sont d’ailleurs nombreux dans les milieux dirigeants de la Royal Society et de la Grande Loge de Londres. Dans leur sillage, James Anderson et la commission qui l’entoure plongent dans les archives des opératifs à la recherche des matériaux qui permettront d’établir l’histoire légendaire de l’Art royal, promu Art des rois, de fonder la prétention de la Grande Loge de Londres à capter l’héritage des plus célèbres architectes et géomètres que le monde à connus depuis l’Antiquité, et à revendiquer le patronage de la nouvelle dynastie des Hanovre.

La connaissance des archives devient donc un enjeu de pouvoir symbolique, et même politique, puisque le but avoue est de rechercher un patronage royal, puis l’incorporation, c’est à dire la reconnaissance de l’utilité publique de la Grande Loge sanctionnée par sa reconnaissance officielle.

Lorsque Anderson, relaye dans les annexées 1760 par le duc de Beaufort, envisage cette entrée de la Grande Loge dans l’Establishment, il fait clairement référence à la Charte de 978 que le roi saxon Athelstan aurait octroyée à son propre fils (ou à son frère selon les éditions des Constitutions), le prince Edwin, « maître général » des maçons assembles à York. Il faut clairement comparer l’action d’Anderson à celle du collège des Pontifes de la Rome antique, dont les Annales tout à la fois forgent et consignent l’histoire et la mémoire officielle de la cite. Les archives opérative ont été malencontreusement brûlées, lit on dans les Constitutions; elles ne risquent pas de trahir les prétentions de leurs interprétés…

Pour comprendre cette séduction de l’archive, il faut insister sur le pouvoir symbolique que confère la charte de fondation prestigieuse voire mythique (patente jacobite, patente du Grand Orient de Bouillon) où le diplôme décerné par les Supérieurs Inconnus (Templiers, Rose Croix…). Les faux sont innombrables, souvent connus de tous, comme la patente du Dr Gerbier; mais qui à vraiment intérêt à semer le discrédit, symbolique et financier, sur la masse de titres maçonniques en circulation ? En effet, à l’instar des fausses chartes médiévales, ces pièces s’acquièrent fort cher et peuvent en retour se révéler fort rémunératrices par les délégations de pouvoirs constituants qu’elles autorisent.

Au niveau élémentaire, celui de la loge, l’importance des archives est tout aussi essentielle. Elles conservent la mémoire de l’atelier, notamment le livre d’architecture, qui retrace au fil des séances les efforts des frères dans le travail de la pierre brute, et leur détermination à ne pas fléchir sur le chemin semé d embûches qui mène vers la lumière. Les archives portent trace des jours ordinaires de la vie d’une communauté maçonnique, mais aussi des grandes heures: installation, fêtés solsticiales, élection du vénérable et des officiers dignitaires visites d’hôtes de marque…

Déposer un discours prononce à cette occasion dans les archives de la loge est une marque de l’estime que la communauté porte à l’orateur et de la qualité qu’elle reconnaît à sa « planche ». La garde des sceaux et archives (deux symboles de l’identité de l’atelier associée de manière révélatrice) est donc une charge importante. Elle revient souvent au vénérable sorti de charge, manière de souligner la pérennité de l’atelier. Lire et adopter le procès-verbal de la tenue rédige par le frère secrétaire, au début des travaux de l’assemblée suivante, prend également un sens très fort. Cette pratique réalise l’accord des frères sur ce qu’ils ont vécu et décide ensemble. La loge est une, elle peut l’inscrire dans ses archives, donc dans sa mémoire.

On comprend mieux, dans ces conditions pourquoi lors de dissensions internes, les archives deviennent un enjeu de convoitise essentiel dans la lutte entre les factions qui se déchirent pour le contrôle d’un atelier.

S’emparer des archives c’est s’emparer de la mémoire de l’atelier, de son capital de légitimité. On s’empresse de rayer les décisions de la faction adverse sur le livre d’architecture, voire d’en arracher les pages, afin de nier leur existence même.

Les archives maçonniques exercent la même fascination sur les anti maçons. Ils y voient très tôt une arme pour dévoiler l’Ordre, ses «pratiques puériles » où au contraire révéler à la lumière, profane.

Les complots tramés dans l’antre ténébreux des « arrière loges » (Barruel). Tel lieutenant de police fait publier des rituels maçonniques, pour tourner les frères en ridicule; les autorités bavaroises qui font la chasse aux Illuminaten rendent publiques leurs archives et éditent des recueils des meilleures pièces

Les Documents maçonniques de Bernard Fay ne font pas autre chose sous Vichys. Ils ont une prédilection particulière pou les archives maçonniques du XVIIIe siècle dont ils publient les pièces sensées refléter la pénétration du venin philosophique dans l’opinion et expliquer par l’inexplicable le surgissement du chaos révolutionnaire C’est d’ailleurs aux services de B. Fay., administrateur général de la Bibliothèque nationale, en charge de la lutte contre les sociétés secrètes, que l’on doit la profanation des locaux et temples du Grand Orient. la saisie des archives de l’ordre et leur dépôt pour exploitation partisane à la Bibliothèque nationale, ils forment aujourd’hui l’essentiel du fonds maçonnique du Département des Manuscrits, compose des correspondances administratives entre les loges, civiles et militaires, la Grande Loge et surtout le Grand Orient de France, depuis le XVIIIe siècle, des archives centrales de l’obédience, d’un nombre plus restreint de livres d’architecture des loges, d’écrits maçonniques, de patentes, diplômes et rituels.

L’ensemble constitue un fonds remarquable qu’il est nécessaire de compléter par la prospection de sources profanes, où d’archives privées des frères, afin de pallier le caractère stéréotype de correspondances essentiellement administratives d’autant plus dommageable lorsqu’on explore une composante essentielle du champ de la sociabilité d’Ancien Régime.

Il s’agit donc d’un véritable défi pour l’historien de la franc maçonnerie qui doit inventer d’autres archives : baux de location d’un temple signes devant notaire, correspondance privée, occurrences relatives à la franc maçonnerie dans des journaux intimes, livres de comptes des loges, et d’autres pratiques de l’archive, afin de réaliser la prosopographie des élites maçonniques sans laquelle la sociologie maçonnique se réduit à un triste et squelettique profil socioprofessionnel de tel atelier.

Or, il se trouve que le front pionnier des archives maçonniques s’anime depuis l’effondrement du bloc communiste. Les archives que les nazis avaient saisies dans l’Europe occupée et notamment en France, parallèlement et concurremment à l’action des services vichystes, avaient été transportées en Prusse orientale.

« Libérées » par l’armée Rouge, elles ont à l’instar des « Archives du communisme » été déplacées à Moscou, classées et inventoriées par le K.G.B. et les services qui l’ont précède

Elles forment aujourd’hui 27 000 dossiers des Archives spéciales de la rue Vyborgskaïa, à Moscou.

Plusieurs milliers concernent la France du XVIIIe siècle, et parcourir leur inventaire sommaire suffit à comprendre combien leur ouverture permettrait de renouveler l’histoire d’orients aussi importants que celui de Bordeaux et, au-delà de l’ensemble de la franc-maçonnerie française, que peuvent éclairer également les fonds d’archives riches et accessibles du Grand Orient des Pays Bas, à La Haye, et de la bibliothèque universitaire de Poznan.

Des questions financières. Un certain manque de coordination dans les efforts en direction des autorités russes ont ralenti le traitement du dossier.

Cependant le micro filmage de l’ensemble des dossiers concernant les Pays Bas autrichiens et la Belgique, obtenu par l’université Libre de Bruxelles et son Institut d’histoire des religions, est porteur d’espoir.

De même, en attendant l’ouverture des fonds ex-soviétiques, les anciennes archives secrètes de Prusse, fonds maçonniques et des Illuminaten, conservées à Merseburg, en ex R.D.A., ont été transférées à Berlin.

Un catalogue des fonds à été public. Il s’agit d’un ensemble documentaire de premier ordre qui intéresse la France puisqu’il s’agit de la Stricte Observance et de la correspondance des loges allemandes avec des loges françaises.

Le recours au français comme langue officielle maçonnique au XVIIIe siècle facilite l’accès à certains dossiers, mais les obédiences allemandes ont exigé et obtenu que toute consultation soit soumise à leur accord préalable.

Il semble cependant, si l’on en croit l’évolution perceptible aujourd’hui à Londres aux archives de la Grande Loge Unie d’Angleterre, que l’accès des chercheurs, maçons d’obédiences réputées irrégulières voire profanes, aux archives des obédiences soit plus aisée.

La dernière source d’espoir pour l’étude de la franc-maçonnerie latine, dont les archives sont lacunaires en raison de la répression qui s’est exercée contre elle, réside bien sur dans l’ouverture récente des archives du Saint Office. P.Y. B.

 

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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Qu’est-ce que la parole perdue ?

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Qu’est-ce que la parole perdue ?

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L’expression la parole perdue apparaît dans des rituels du 3e degré, où l’on parle aussi de la perte des secrets véritable du maître maçon. Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables ; ainsi le document Prichard de 1743 et l’instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Écossaise de l’Orient d’Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? – R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu’est ce qui a été perdu ? – R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? – R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

 

Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. Alors, est-ce un savoir que lui seul possède ? Est-ce une partie d’un mot à prononcer avec d’autres pour qu’il soit complet et efficient ? La parole d’Hiram serait-elle autre chose que celle d’un seul homme ? Que peut-être cette parole pour le franc-maçon d’aujourd’hui ? N’oublions pas que le mot Hiram porte en lui-même des mystères et parmi ses nombreuses traductions de l’hébreu, il peut aussi être lu comme HaReM qui désigne la chose cachée.

 

Le savoir personnel

 

Quel serait ce savoir ?

  • Au Rite York, à la mort d’Hiram, il est dit : « Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer pour permettre aux ouvriers de poursuivre leur travail, et le G :. M :. H :. A :.  a disparu ». Sur la planche, le maître d’œuvre modifie le plan selon lequel la construction du Temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repaire pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. La conception théologique de l’art de la construction peut se résumer en une recherche de médiété parfaite entre la beauté pure qui n’appartient qu’à Dieu et le miroir que doit lui offrir, par son œuvre, l’architecte afin qu’elle se révèle aux yeux des hommes. Concrètement, ce qui fut perdu serait-ce cette capacité architecturale de concevoir l’édifice et de terminer l’œuvre ?
  • Mais allons plus loin. Hiram, a été envoyé par le roi de Tyr à Salomon pour ses savoirs aussi particuliers que ceux que possédait Betsaléel, le constructeur de l’Arche d’alliance du désert : il était habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes en pourpre et en bleu, en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objets d’art qu’on lui donne à exécuter (II Chroniques, 2, 13 et 14).

C’est grâce à 3 vertus que le premier temple fut construit par Betsaléel car il est écrit en Exode 31,3 : «Je [dieu] l’ai rempli de l’esprit d’Élohim en sagesse, en intelligence et en savoir»,  » בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת « , vertus que l’on retrouve en Hiram dans I Roi 7, 14 « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir »  » אֶת-הַחָכְמָה וְאֶת-הַתְּבוּנָה וְאֶת-הַדַּעַת « 

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Ces trois vertus, concepts, attributs divins, types de forces, ou niveaux de conscience, sont les processus à l’œuvre des structures vivantes, correspondant aux 3 séphiroth  :     Hokhmah, la sagesse ; Tébouna, alias Binah, l’intelligence ; Daath, le savoir, la connaissance.

La somme de leurs valeurs guématriques, après réduction, est équivalente à ce qui relie les 2 colonnes Yakin et Boaz[1] qu’Hiram a fondues. La parole perdue serait-elle l’esprit d’Elohim, cette capacité de création, comme celle du maharal de Prague avec son Golem dont aurait été doté Hiram ?

John Yarker qui, dans un article sur Le rite d’York et l’ancienne maçonnerie en général, remarque qu’«en vérité, des ouvriers complotèrent illégalement pour extorquer d’Hiram Abif un secret, celui de l’animal étonnant qui avait le pouvoir de couper les pierres.  Le secret qui a été perdu par les trois Grands Maîtres est celui de l’insecte shermah (shamir), qui a été employé pour donner un parfait polissage aux pierres. Considérant cette remarque de Yarker, le secret opératoire du shamir serait-il «ce qui a été perdu» ?

De même, dans la présentation du rituel Wooler, qui ressemble au texte de Yarker, on lit dans un catéchisme du troisième degré : «Après la construction du Temple, les ouvriers du plus haut degré, connus sous le nom de« Most «Excellent», ont accepté les grands secrets concernant le noble In… Sh…, qui était ce qui constituait le secret des trois Grands Maîtres et [pour] lequel HAB fut tué » ; l’utilisation d’abréviations prouvant le caractère autrefois ésotérique, ou supposé tel, de l’information.

Dans son Miscellanae Latomorum, le Dr William Wynn Westcott propose un passage d’un vieux rituel qui parle précisément du secret de l’insecte shamir et des trois Grands Maîtres. Voilà notre intérêt maçonnique éveillé.

Cette tradition maçonnique est ignorée de nos jours, mais intéressons nous à ce shamir ; essayons de trouver quelques sources à cette incroyable histoire.

Ce shamir miraculeux aurait été spécialement créée au début du monde pour cette utilisation opératoire. Selon cette légende, quand Salomon demanda aux rabbins comment construire le Temple sans utiliser d’outil de fer, pour se conformer, bien sûr, à l’injonction du Deutéronome (Exode, 20,21 ; Si toutefois tu m’ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes), ils attirèrent son attention sur le shamir par lequel Moïse avait gravé le Nom des tribus sur le pectoral du grand prêtre.

Voyons cela de plus près.

Ranulf Higden (1300-1363), dans son Polychronicon, cite la légende du ver de fendillement de pierre, qu’il nomme thamir.

Dans l’Encyclopédie juive on trouve cette légende qui raconte que, sur la recommandation des rabbins et afin de ne pas utiliser le fer, Salomon taillait les pierres au moyen du shamir, un animal, un ver dont le seul contact fendait la pierre. On retrouve cette légende également dans la littérature arabe et même dans  le Coran.

Dans la littérature talmudique, il existe de nombreuses références à Shamir. Des qualités inhabituelles lui ont été attribuées. Par exemple, il pourrait désintégrer quoi que ce soit, même dur comme des pierres. Parmi ses possessions, Salomon la considérait comme la plus merveilleuse. Le roi Salomon était désireux de posséder le Shamir parce qu’il en avait entendu parler. La connaissance du Shamir est en fait attribuée par des sources rabbiniques à Moïse. Après avoir beaucoup cherché le Shamir de la taille d’un grain d’orge, il a été trouvé dans un pays lointain, au fond d’un puits, rapporté à Salomon, mais étrangement, il perdra ses capacités et est deviendra inactif plusieurs siècles plus tard, à peu près au moment où le Temple de Salomon a été détruit par Nabuchodonosor.

Étonnant et curieux Shamir ? Qu’est-ce donc ?

  • Selon les auteurs médiévaux, Rachi, Maimonides et d’autres, Shamir était une créature vivante, un ver ; soutenant que Shamir ne pouvait pas être un minéral parce qu’il était actif. Ce ver magique était doté du pouvoir de modifier la pierre, le fer et le diamant, par son simple regard. Par ailleurs, les sources rabbiniques ont transmis la description de la gravure des noms des douze tribus sur les douze pierres précieuses de la cuirasse du grand-prêtre (le pectoral) ; Moïse le fit non pas par sculpture, mais en écrivant avec un certain fluide et en les «montrant» à Shamir, ou en les exposant à son action. De l’avis des auteurs modernes, l’expression «montré à Shamir » indique clairement que c’était le regard d’un être vivant qui a effectué la division de bois et de pierres. On admet cependant que dans les sources talmudiques et midrashiques, on ne dit jamais explicitement que le Shamir était une créature vivante. 3 Alors Shamir/ schamir/ samur, comme on en trouve l’expression, un ver de la taille d’un grain, ou autre chose, une pierre selon les différentes sources littéraires ?
  • Une vieille source, La Légende de Soliman et testament de Salomon[2], ouvrage écrit en grec, probablement au début du troisième siècle de l’ère actuelle, se réfère à Shamir comme une «pierre verte», page 10 note 31 : le shamir serait une pierre de cristal vert de grande puissance. Le nom dérive probablement de samir/ épine ou tranchant. Un seul shamir est reconnu avoir existé. Il est sculpté en forme de coléoptère, scarabée de l’espèce sacer ateuchus. C’est la raison pour laquelle on a confondu le shamir avec un insecte.

Mais comment une pierre verdâtre aurait-t-elle pu couper le plus dur des diamants avec son seul regard ?

Reprenons ce que raconte Louis Guinzberg, en 1909, dans Les légendes des juifs, qui, inspiré par l’exégèse rabbinique, rapporte l’histoire de manière très fantastique : le shamir fut créé au crépuscule du sixième jour avec d’autres choses extraordinaires. Il n’était pas plus grand qu’un grain d’orge et possédait le pouvoir remarquable de tailler les diamants les plus durs. C’est pour cette raison qu’il fut utilisé pour les pierres du pectoral porté par le grand prêtre. D’abord on traça à l’encre les noms des douze tribus sur les pierres qui devaient être serties dans le pectoral ensuite le shamir fut conduit sur les lignes tracées et celles-ci furent ainsi gravées. Circonstance miraculeuse, le tracé ne porta aucune particule de pierre. On avait également utilisé le shamir pour tailler les pierres dont fut construit le Temple, car la loi interdisait d’utiliser des ustensiles de fer pour tout ouvrage destiné au Temple. Pour le conserver, il ne faut placer le shamir dans aucun réceptacle de fer, ni d’aucun métal, il le ferait éclater. On le conserve enveloppé dans une couverture de laine qui à son est tour est placée dans une corbeille de plomb remplie de son d’orge. Le shamir fut gardé au Paradis jusqu’au jour où Salomon eut besoin de lui. Il envoya l’aigle pour y chercher le ver. Lors de la destruction du Temple, le shamir disparut[3].

La manière dont Shamir était gardé en sûreté peut nous donner un indice: «Le Shamir ne peut être mis dans un vase de fer pour la garde, ni dans aucun vaisseau métallique: il éclaterait un tel récipient. Il est gardé enveloppé dans de la laine à l’intérieur d’une boîte de plomb rempli de son d’orge. Cette phrase est tirée du chapitre 48b du Talmud de Babylone et contient un indice important ; car, avec la connaissance actuelle nous pouvons facilement deviner qui ou plutôt ce qu’était Shamir : c’était une substance radioactive ; les sels de radium, par exemple, agissant sur certaines autres substances chimiques, peuvent émettre une luminescence de couleur jaune-vert.

Cela expliquerait comment le pectoral du grand-prêtre avait été gravé : les lettres étaient écrites à l’encre, et les pierres étaient exposées l’une après l’autre au «regard» ou au rayonnement du Shamir. Cette encre devait contenir du plomb en poudre ou des oxydes de plomb. Les parties des pierres qui n’étaient pas protégées par le plomb se désintégrèrent sans laisser de particules de poussière qui, selon ce Talmud, paraissaient particulièrement merveilleuses. Les parties protégées par de l’encre de plomb se dressaient en relief sur la surface des pierres précieuses[4].

La possession la plus précieuse de Salomon, son Shamir, n’a pas survécu avec le temps, il est devenu inactif. La version habituelle de l’histoire, « le Shamir disparu », ne correspond pas à la traduction exacte texte hébreu. Le mot batel utilisé pour décrire la fin, ou la disparition, de Shamir  n’a qu’une seule signification : « Pour devenir inactif. ». Dans les quatre cents ans qui ont passé de la construction du premier Temple à sa destruction par Nabuchodonosor en -587, une substance radioactive aurait pu devenir inactive[5].

Le secret d’Hiram serait-il celui de l’utilisation d’une sorte de laser radioactif[6] ?

 

La connaissance partagée

 

Et si la « parole » était un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !

Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, le roi de Tyr et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu’au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital.

Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu’aucun d’entre eux n’ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ?

Les exégètes des rituels assimilent la prononciation du Tétragramme à la « parole perdue ». Elle devait être trisyllabique. La syllabe est l’élément réellement indécomposable de la parole prononcée, même si elle s’écrit naturellement en quatre lettres. En effet, quatre (4) se rapporte ici à l’aspect « substantiel » de la parole et 3 à son aspect « essentiel ». Il est d’ailleurs à remarquer que le mot substitué  lui-même, dans sa prononciation rituelle, sous ses différentes formes, est toujours composé de trois syllabes qui sont énoncées séparément.

Considérant que chez les Hébreux, le grand prêtre, le Cohen Gadol, était seul détenteur de la prononciation recta dictio et totale du mot sacré qu’il vocalisait une fois par an dans le saint des saints, cela pourrait vouloir dire que la parole ne fut pas perdue et que si Salomon la substitua, c’est qu’il pensait que son Maître d’œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs en la dévoilant : il fallut donc changer cette parole.

 

Dans ce même registre, on remarquera que lors de la destruction du Temple de Jérusalem et de la dispersion du peuple juif, la véritable prononciation du Nom tétragrammatique fut perdue ; il y eut bien un nom substitué, celui d’Adonaï, mais il ne fut jamais regardé comme l’équivalent réel de celui qu’on ne savait plus prononcer. En effet, la transmission régulière de la prononciation exacte du principal nom divin, désigné comme ha-Shem ou le Nom par excellence, était essentiellement liée à la continuation du sacerdoce dont les fonctions ne pouvaient s’exercer que dans le seul Temple de Jérusalem ; serait-il le centre spirituel de la tradition qui fut perdu ?

Les mystères des sociétés initiatiques de l’Antiquité perpétuaient les premières traditions du genre humain et les nouveaux acquits des corps savants pour élever, au-dessus de leurs semblables, des initiés jugés aptes à en faire un usage utile pour tous. Cet enseignement leur était donné de bouche à oreilles après avoir pris l’engagement, par un serment menaçant, de ne le transmettre à d’autres initiés que sous les mêmes formes et conditions. Il est raconté qu’ils étaient possesseurs de secrets scientifiques redoutables et bienfaisants, dont leur haute morale imposait le respect, mais susceptibles, étant détournés de leur action bénéfique, d’être transformés dans un but malfaisant. Les initiations furent interrompues ; des initiés s’éteignirent, emportant dans la mort les secrets qui leur avaient été confiés. Les secrets des rites initiatiques pour l’intromission des pharaons, véritables mystères de la lignée royale d’Égypte, furent définitivement perdus à la mort du roi Sekenenrê Taâ qui mourut sans les avoir dévoilés à son ennemi qui voulait les lui arracher.

 

Dans certains cas, au lieu de la perte d’une langue, il est parlé seulement de celle d’un mot, tel qu’un nom divin par exemple, caractérisant une certaine tradition et la représentant en quelque sorte synthétiquement ; et la substitution d’un nouveau nom remplaçant celui-là marquera alors le passage d’une tradition à une autre. Quelquefois aussi, il est fait mention de « pertes » partielles s’étant produites, à certaines époques critiques, dans le cours de l’existence d’une même forme traditionnelle : lorsqu’elles furent réparées par la substitution de quelque équivalent, elles signifient qu’une réadaptation de la tradition considérée fut alors nécessitée par les circonstances ; dans le cas contraire, elles indiquent un amoindrissement plus ou moins grave de cette tradition auquel il ne peut être remédié ultérieurement[7].

 

Que peut-être la parole perdue pour un F:. M:. d’aujourd’hui ?

 

Les remarques que nous venons de faire montrent que la parole perdue serait soit un savoir, soit une prononciation, soit une connaissance spirituelle ou magique soit encore la trace du passage d’une tradition à une autre. La parole perdue du F:. M:. me paraît un peu différente. Nous ne pouvons faire l’erreur des mauvais compagnons qui croyaient que le secret du maître maçon relevait de la communication d’un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu’elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l’être et du spirituel, de l’immanence et de la transcendance.

Dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte.

La parole perdue met en relief la nécessité d’une nouvelle perception et d’un nouveau langage relatif à la notion d’essence et de présence au-delà de la forme. Elle n’est pas à comprendre comme uniquement une perte dans la transmission, mais comme le commencement d’un apprentissage d’autres éléments de langages.

Il nous reste à nous interroger sur comment trouver cette parole[8] ou comment lui en substituer une autre de même puissance.

À suivre…

 


[1] Si, comme en guématrie simple on ne donne pas une valeur particulière aux lettres finales : Yakin s’écrit

«יָכִין» yod, kaph, yod, noun et a une valeur de 10+20+10+50 = 90 ; Bo’az s’écrit « בֹּעַז» beth, eïn, zaïn et a une valeur de 2+70+7 = 79.

Entre les deux il y a une différence, une présence de 11.

Hakhmah, « חָכְמָה», la sagesse , (heith, kaph, mem, hé) soit 8+20+40+5 = 73

Tébouna, alias Binah, «תְבוּנָה »l’intelligence (tav, beith, vav, noun, hé) soit 400+2+6+50+5 = 463

Daath, « דַעַת » le savoir, la connaissance (dalethh, eïn, tav) soit 4+70+400 = 474

L’ensemble des  3 vertus : 73+463+474 = 1010 soit en réduction 11

[2] D’après les chroniques de Tabari Me d Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour. https://books.google.fr/books?id=-oEaEmuYFPoC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

[3] À rapprocher de l’Ourim et le Thoummim qui sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l’art de la divination. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un instrument qui servait à donner la révélation et à déclarer la vérité. Ils disparurent avec la destruction du 1er Temple, le shamir, quant  lui, disparut avec la destruction du second Temple. Ils sont tous en rapport avec le pectoral porté par le Grand prêtre d’Israël.

[4] La plupart des gemmes, tels que le diamant, le saphir, l’émeraude ou la topaze, sont décolorés par la radioactivité. D’autres pierres précieuses, comme l’opale, sont constituées de cristaux de silice hydratée. Le rayonnement alpha les désintègre en rompant la liaison avec l’eau ; celle-ci se volatilise sans laisser de résidu.

[5] Le radium perd environ un pour cent de sa radioactivité tous les 25 ans

[6] Pour compléter cet aspect : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1424&mode=print

[7] La mort d’Hiram et la Parole perdue de René Guénon :  

https://legende-hiram.blogspot.fr/2016/05/1948-la-mort-dhiram-et-la-parole-perdue.html

[8] Rite émulation

V.- (au ler S.) Qu’est-ce donc qui est perdu ?

1er S.- Les véritables secrets des MM. MM.

V.- (au 2e S.) Comment se sont-ils perdus ?

2° S.- Par la mort prématurée de notre M. H.A.

V.- (au ler S.) Où espérez-vous les trouver ?

l er S.- Au Centre

V.- (au 2e S.) qu’est-ce que le Centre ?

2e S.- Un point à l’intérieur d’un cercle qui se trouve à une distance égale de toutes les parties de la circonférence.

V.- (au ler S.) Pourquoi au centre ?

ler S.- Parce que c’est le point où le M.M, ne peut faillir.

V.- Nous vous aiderons à réparer cette perte.

 

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/

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Le Soufisme 6 mai, 2021

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Le Soufisme dans Recherches & Reflexions quest-religions

Le Soufisme

1 Le Soufisme, qu’est ce que c’est.

2 Soufisme, Mystique , Esotérisme.

soufisme dans Recherches & Reflexions



 

LE SOUFISME, qu’est ce que c’est ?

Le soufisme est le mysticisme de l’Islam. Comme tel, il a la particularité d’exister aussi bien dans l’Islam sunnite que dans l’Islam chiite. Décrire le soufisme est une tâche redoutable. Comme tout mysticisme, il est avant tout une recherche de Dieu et son expression peut prendre des formes très différentes. D’autre part, par ses aspects ésotériques, il présente des pratiques secrètes, des rites d’initiation, eux aussi variables selon les maîtres qui l’enseignent.

Bien que le soufisme se veuille rigoureusement musulman, l’Islam traditionnel, sunnite et chiite, considère le soufisme avec la plus grande méfiance.

En Iran, la grande majorité des mollas y est vivement opposée et dans l’Islam sunnite, la plupart des Ulema sont beaucoup plus intéressés par la lettre du Coran et ses interprétations juridiques que par les spéculations des soufis auxquelles ils trouvent une odeur de soufre. Cette opposition généralisée contribue à la discrétion du soufisme.

En outre le soufisme n’a aucune unité. Chaque maître se constitue une cohorte de disciples attirés par la réputation de son enseignement. Tout au plus, ces maîtres déclarent se rattacher à une  » confrérie « , elle même fondée par un célèbre soufi des siècles passés ; personne ne vérifie une quelconque orthodoxie de l’enseignement donné, du moment qu’il se réfère à l’Islam.

L’importance de cet Islam secret n’en est pas moins remarquable. Historiquement, il a joué un rôle de premier plan dans la naissance des déviations du chiisme que sont l’Ismaëlisme et la religion druze. En littérature, il a profondément inspiré certaines des oeuvres arabo-persanes les plus remarquables comme les Contes des Mille et Une Nuits ou le poème d’amour deLeyla et Majnoun.

C’est cependant par sa spiritualité que le soufisme est le plus original. Dans la conception soufie, l’approche de Dieu s’effectue par degrés. Il faut d’abord respecter la loi du Coran, mais ce n’est qu’un préalable qui ne permet pas de comprendre la nature du monde. Les rites sont inefficaces si l’on ignore leur sens caché. Seule une initiation permet de pénétrer derrière l’apparence des choses. L’homme, par exemple, est un microcosme, c’est-à-dire un monde en réduction, où l’on trouve l’image de l’univers, le macrocosme. Il est donc naturel qu’en approfondissant la connaissance de l’homme, on arrive à une perception du monde qui est déjà une approche de Dieu.

Selon les soufis, toute existence procède de Dieu et Dieu seul est réel. Le monde créé n’est que le reflet du divin,  » l’univers est l’Ombre de l’Absolu « . percevoir Dieu derrière l’écran des choses implique la pureté de l’âme. Seul un effort de renoncement au monde permet de s’élancer vers Dieu:
 » l’homme est un miroir qui, une fois poli, réfléchit Dieu « .

Le Dieu que découvrent les soufis est un Dieu d’amour et on accède à Lui par l’Amour :  » qui connaît Dieu, L’aime ; qui connaît le monde y renonce « .  » Si tu veux être libre, sois captif de l’Amour. « 

Ce sont des accents que ne désavoueraient pas les mystiques chrétiens. Il est curieux de noter à cet égard les convergences du soufisme avec d’autres courants philosophiques ou religieux: à son origine, le soufisme a été influencé par la pensée pythagoricienne et par la religion zoroastrienne de la Perse ; l’initiation soufie, qui permet une re-naissance spirituelle, n’est pas sans rappeler le baptême chrétien et l’on pourrait même trouver quelques réminiscences bouddhistes dans la formule soufie  » l’homme est non-existant devant Dieu « .

Même diversité et même imagination dans les techniques spirituelles du soufisme : la recherche de Dieu par le symbolisme passe, chez certains soufis, par la musique ou la danse qui, disent-ils transcende la pensée ; c’est ce que pratiquait Djalal ed din Roumi, dit Mevlana, le fondateur des derviche tourneurs ; chez d’autres soufis, le symbolisme est un exercice intellectuel où l’on spécule, comme le font les Juifs de la Kabbale, sur la valeur chiffrée des lettres ; parfois aussi, c’est par la répétition indéfinie de l’invocation des noms de Dieu que le soufi recherche son union avec Lui.

Le soufisme apporte ainsi à l’Islam une dimension poétique et mystique qu’on chercherait en vain chez les exégètes pointilleux du texte coranique. C’est pourquoi ces derniers, irrités par ce débordement de ferveur, cherchent à marginaliser le soufisme. C’est pourquoi aussi les soufis tiennent tant à leurs pratiques en les faisant remonter au prophète lui-même: Mahomet aurait reçu, en même temps que le Coran, des révélations ésotériques qu’il n’aurait communiquées qu’à certains de ses compagnons. Ainsi les maîtres soufis rattachent-ils tous leur enseignement à une longue chaîne de prédécesseurs qui les authentifie.

Cette légitimité par la référence au prophète n’entraîne cependant pas d’uniformisation du mouvement soufi : les écoles foisonnent et chacune a son style et ses pratiques. Ces écoles sont généralement désignées en français sous le nom de confréries. Avant de procéder à l’étude de quelques unes d’entre elles, il faut toutefois garder à l’esprit que les confréries sont devenues, non pas une institution, mais au moins une manière de vivre l’Islam si généralement admise que toutes sortes de mouvements, mystiques ou non, se parent du titre de confrérie pour exercer leurs activités. Qu’on ne s’étonne donc pas de rencontrer parfois des confréries fort peu mystiques à la spiritualité rudimentaire, bien éloignée des spéculations élevées qui ont fait du soufisme l’une des composantes majeures de la spiritualité universelle.

Michel Malherbes, Les Religions de l’Humanité, pages 192-194 Ed. Critérion


 Pour aller plus loin…

Soufisme, Mystique et Esotérisme.

Comme l’indique Michel Malherbes dans l’article précédent , le Soufisme recouvre des réalités très différentes dans l’Islam. En quelques mots nous voudrions proposer une réflexion pour distinguer  » mystique  » et  » ésotérisme « .

La  » mystique  » au sens propre consiste à vivre le plus possible uni à Dieu. Par exemple Marie de l’incarnation, une religieuse française du XVIIeme qui avait été mariée, mère de famille et veuve , qui avait dirigé une entreprise de transport avant d’entrer chez les sœurs Ursulines, fut envoyée au Canada où elle construisit un collège pour jeunes filles françaises et indiennes. Elle était tout le temps en union à Dieu que ce soit chez le notaire pour signer les actes ou avec les entrepreneurs pour suivre la construction. Et même lorsqu’un hiver le bâtiment prit feu, et qu’on ne pouvait éteindre l’incendie parce qu’il faisait moins vingt degrés et que l’eau était gelée, Marie de l’Incarnation tomba à genoux dans la neige et loua Dieu. Cette façon de tout vivre en union avec Dieu dans la vie quotidienne, que l’on soit religieux ou laïc, c’est la vie mystique. On vit d’une certaine façon caché en Dieu, on est déjà entré dans le mystère sans fin de la vie éternelle, la vie avec Dieu. Le Roi des Belges Beaudouin s’efforçait de vivre de cette façon sa vie publique comme sa vie privée sans que rien ne parut nuire aux devoirs de sa charge ni à son amour d’époux.

Ainsi comprise, la vie mystique est ouverte à tous, il s’agit de laisser Dieu, par amour, vivre en nous. Comme dit saint Paul, ce n’est plus moi qui vit, mais c’est le Christ qui vit en moi. La mystique n’est pas une disparition de la personne qui garde son caractère, son histoire, son génie même, et tout ce qui fait qu’elle est unique et lui permet d’être aimée.

Toutes les religions proposent elles une mystique ? A l’évidence seulement celles qui ont rencontré Dieu comme personne et donateur de vie. Dans ce sens il n’est pas impossible à des Musulmans de vivre la mystique, Soufistes ou non. Il est certain que le Soufisme met l’accent sur cette union à Dieu. Mais est ce toujours dans des conditions dignes de Dieu et de l’homme ? C’est ici qu’il est nécessaire de voir la distinction radicale entre  » mystique  » et  » ésotérisme « . Car l’Esotérisme tourne véritablement le dos à la Mystique. Alors que la mystique est accueil de Dieu, de sa révélation et de son amour, l’ésotérisme prétend donner le pouvoir d’acquérir Dieu, voire de devenir Dieu en franchissant par ses propres efforts des degrés de  » connaissance  » réservés à des  » initiés  » qui se réservent ces pouvoirs.

Il n’est sans doute pas difficile de comprendre que si Dieu existe véritablement il est encore plus  » personne  » que l’Homme. Il a donc aussi une liberté. Et s’il est libre de se donner comment pourrait on mettre la main sur lui par des  » connaissances  » et des  » initiations « . Dieu ne s’atteint que s’il se donne lui même, et si on l’accueille.

L’Esotérisme c’est la volonté de puissance spirituelle par l’accession à des  » secrets  » ou des techniques . Loin de libérer l’homme ces secrets et ces techniques fabriquent un spiritualisme artificiel dans lequel le  » connaissant  » s’enferme. L’illusion de  » connaître  » empêche d’entendre Dieu qui se révèle en parlant à qui est assez humble pour désirer le connaître tel qu’il se dit. Ainsi certains s’enferment dans un théorie numérologique, d’autres dans les différents tiroirs d’une caractériologie déterministe, d’autres encore dans des rubriques d’horoscopes, d’autres dans des techniques de méditation .

Le vrai Dieu c’est celui qui rend libre et qui propose son amitié à tout homme, non à quelques initiés :  » Il s’attache à moi et moi je le rend libre , il m’appelle et moi je lui réponds « (Psaume 91,versets 14 et 15). Ce Dieu là est entré dans l’histoire des hommes par la porte des humbles, en se faisant petit enfant , à Bethléem il y a deux mille ans.

Hervé Marie Catta


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La spiritualité maçonnique ?

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La spiritualité maçonnique ?

Écrit par H.S:.

La spiritualité maçonnique ?

 

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Mes  FF :. et mes SS :.

 

De manière à vous permettre de bien contribuer à la réflexion de ce soir, je vous propose une planche-support en  deux parties.

 

La 1ère partie comprend 3 chapitres :

 

1) Définition sommaire du concept de « spiritualité ».

2) Interférences entre ceux de « spiritualité maçonnique » et d’historicité de l’homme.

3) Le franc-maçon, créateur et acteur de SA spiritualité humaniste.

 

Puis, avant la seconde partie dont je vous préciserai l’articulation plus tard, vous pourrez donc contribuer à enrichir le contenu de cette première partie… bien entendu sous l’autorité et le contrôle de notre V :.M :. .

 
 

1ère partie :

1/Définition sommaire du concept de « spiritualité ».

Ouvrons d’abord des dictionnaires  et interrogeons ensuite un philosophe, André Comte-Sponville… ce qui nous donnera, au travers de trois éclairages différents sinon complémentaires, une idée de la complexité de la question.

 - Littré  dit de la spiritualité que c’est le nom du principe, unique ou multiple, qui, dans toutes les religions est placé au-dessus de la nature.

 - Hatzfeld et Darmesteter, la décrivent comme étant de la nature de l’esprit, en rapport à l’âme, en opposition au temporel.

 - Quant à André Comte-Sponville, il évoque une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Eglise…

 … et de dire, dans son livre « L’esprit de l’athéisme », qu’un athée  « n’a pas moins d’esprit que tout un chacun, donc tout autant de raisons de s’intéresser à la vie spirituelle. . »

  … ainsi que de  préciser :

« La spiritualité, c’est la vie de l’esprit, spécialement dans son rapport à l’infini, à l’absolu, à l’éternité – étant entendu que ce rapport est lui-même nécessairement fini, relatif et temporel.

Ce rapport est-il l’objet d’une pensée conceptuelle ? C’est ce qu’on appelle la métaphysique.

Est-il l’objet d’une expérience ? C’est ce qu’on appelle alors la spiritualité.

La spiritualité et  la métaphysique ont donc le même objet, qui est l’absolu.

Mais la métaphysique est un rapport conceptuel, spéculatif à l’absolu ; la spiritualité est un rapport empirique, pratique, presque expérimental à ce même absolu.

La métaphysique est faite avec des mots qui sont des concepts ; la spiritualité, avec des silences qui sont des sensations.

Il faut donc les deux : la spiritualité sans la métaphysique ne règle aucune question ; la métaphysique sans la spiritualité est intéressante sur le plan de la  réflexion mais elle ne nourrit pas une existence ».

Fin de citation.

2/ Spiritualité et historicité de l’homme.

Existe-t-il une forme de spiritualité particulière à la franc-maçonnerie ? Et si oui, en quoi l’est-elle ?

Autrement dit, est-il possible qu’à un moment donné de son parcours initiatique, un être humain entré en maçonnerie le plus souvent par hasard, se sente porteur d’intuitions spécifiques à sa condition de maçon ?

Et ceci à partir de travaux symboliques en loge dont équerre, compas et autres outils obsolètes ainsi que références à des mythes  initiatiques irrationnels  forment la trame rituellique

Mes FF :. et mes SS :. essayons  de visiter  ensemble ce domaine d’ombres et d’émotions où chacun a à trouver sa part de vraie lumière  – c’est en tous cas ma conviction – en tant que maçons libres dans une loge libre où nous sommes le sujet de notre propre création spirituelle et humaniste

Tout d’abord, l’histoire de l’homme est-elle écrite une fois pour toutes ?  C’est-à-dire finie depuis l’aube des temps ?

Ou alors, n’est-elle que répétitions cycliques d’événements dont la crainte de l’éternel retour nourrit l’angoisse humaine quant aux changements qui pourraient venir interférer dans l’ordre établi ?
Ou bien est-elle, l’œuvre de l’homme… dans la mesure où l’homme est lui-même historique,  c’est-à-dire en capacité, lui-même, de faire l’histoire ?

Tel est donc notre triple questionnement de départ, en arrière-plan duquel figure nécessairement l’initiation maçonnique en tant que vecteur d’historicité mythique et humaniste.

En fait, mes chers FF :. et SS :., mythes et historicité de l’homme participent l’un de l’autre.

Car, rappelons-le, gros d’images fabuleuses, les mythes originels disent et mettent en scène les événements, le temps qui passe, les compagnons de route et ainsi donnent corps aux traditions et aux légendes.

La pensée chemine, interprète, commente, tente de mettre de l’ordre dans ce fatras en cherchant des corrélations et des cohérences entre les traditions religieuses et la pratique des métiers.

Alors, au confluent de la spiritualité et de la matière apparaît la démarche philosophique.

Comme l’a d’ailleurs bien remarqué Voltaire qui dira :

« Tous les arts de la main ont sans doute précédé la métaphysique »

Et puis, à son moment, jaillira des entre chocs entre métier et spiritualité, traditions et légendes, une étincelle, tout aussi mythique : celle de l’initiation maçonnique.

« Ne tentant pas d’expliquer, elle n’est pas philosophie.

Ne tentant pas d’imposer, elle n’est pas dogme »

Et son particularisme, sa praxis, sera d’être un instrument d’intégration, rituellique, de cultures et de pratiques liées au labeur et au sacré, visant à mettre l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toute autre valeur.

Les mythes d’éternel retour et de progrès, foncièrement à la source de toute historicité humaine, interpellent les francs-maçons dans leur quotidien.

En effet, s’il est un domaine où l’angoisse humaine cherche raisons ou consolations, c’est bien celui du rapport de l’homme à l’histoire et au temps. Avec comme choix celui de subir le chaos spirituel et matériel qui leur sont inhérents ou celui de tenter de les organiser.

Et c’est ce qui fonde peut-être l’essence même de la mission initiatique de la loge où, pour paraphraser Phythagore :

« Nul n’y rentre  s’il n’est philosophe mais nul n’y reste s’il n’est que philosophe »

3/ Le franc-maçon créateur et acteur de sa propre spiritualité humaniste.

Soyons concrets et non partisans : utilisons le fruit de  l’enquête d’une revue non maçonnique, le « Monde des religions » de décembre 2006.

Feuilletons le dossier qu’elle consacre à « La quête d’une spiritualité sans Dieu » dans lequel elle procède à l’interview de quelques maçons plus ou moins connus.

Je cite :

- Le F :. Antoine, non croyant, qui indique être devenu maçon pour  « se frotter avec d’autres aux grandes questions animant les hommes depuis toujours, la vie, la mort, le sens de l’existence ».

- Le F :. Pierre Mollier,  bibliothécaire du GODF qui atteste de son côté que « la demande d’un travail sur les symboles, d’une attention aux rituels, d’un questionnement philosophique voire métaphysique, s’affirme dans les loges depuis une vingtaine d’années ».

Et qui ajoute que  « chez nous le rapport au divin est complexe. Tant et si bien que certains au départ agnostiques, finissent avec les années par rencontrer l’Eternel, quand d’autres font le chemin inverse, en trouvant un cadre pour une recherche dégagée de tout lien avec une révélation »

- Le Grand Maître, Jean-Michel Quillardet qui s ‘exprimant sur la « spiritualité laïque » lors d’un colloque organisé par Suprême conseil du rite Ecossais Ancien et Accepté le 18 novembre à Lille, planche sur la « symbolique de la Lumière ».

- Le F :. Bruno Etienne, présenté comme  le leader intellectuel des « spiritualistes » du Grand Orient, qui écrit dans un essai collectif, intitulé « Pour retrouver la parole : le retour des Frères » publié sous la direction de l’ancien Grand Maître Alain Bauer :

« Face au déchaînement du matérialisme, je souhaite l’avènement d’un XXIème siècle spirituel, c’est-à-dire dominé par l’esprit. Réfléchir à cette nouvelle spiritualité est une urgente nécessité pour combler le vide laissé par le déclin des grands récits fondateurs, idéologies et utopies ; pour humaniser enfin une humanité parvenue à mettre son monde en danger de mort. C’est l’une des vocations historiques de la franc-maçonnerie ».

Et qui rappelle : « La franc-maçonnerie est avant tout un ordre initiatique traditionnel fondé sur des mythes et des rites utilisant des symboles, soit un système de signes et de messages qui condensent de fortes sensations cognitives visant la libération de l’Homme par l’initiation ».

- Le F :. Bernard Besret, ancien moine devenu franc-maçon et qui confie :

«  Dès l’adolescence, j’ai été en quête de la philosophie éternelle, ce noyau fondamental pouvant être compris et reconnu en tous lieux,  en tous temps. Pour le trouver et le vivre je suis devenu moine cistercien et même prieur de l’Abbaye de Boquen. Mais je n’ai  pu m’accommoder de certains dogmes chrétiens. Je  suis parti.

Après des années de recherche solitaire, j’ai découvert la franc-maçonnerie, ce lieu où l’on peut avancer dans la recherche de la vérité par la confrontation des points de vue, où l’on reste libre de croire en Dieu et de donner à ce mot le sens  que l’on veut.

Philosophes de leur propre vie, les maçons poursuivent une réflexion qui les mène aux questions essentielles pour toute intelligence humaine face au réel.

Ce faisant, ils jouissent d’une certaine vie intérieure, qui peut sans doute être qualifiée de spirituelle.

Peut-on résumer leur démarche commune comme une  spiritualité sans Dieu ?  Oui, si l’on entend par ce mot le Dieu des représentations religieuses classiques.

Au fond ce mot de Dieu me semble devoir être évité, comme source de trop nombreux malentendus »

Fin de citations.

Mes FF :. et mes SS :., que nous montrent  ces témoignages  si ce n’est que chacun d’entre nous est en recherche de quelque chose qui à la fois nous dépasse et nous bâtit en tant que franc-maçon ?

Au fond que cherchons-nous si ce n’est « l’or du Temps » ?

Un certain nombre d’entre vous m’ont déjà entendu solliciter cette expression à l’occasion de travaux communs.

D’ailleurs, en préparation à cette soirée de réflexion,vous ai-je fais parvenir par mail  le texte d’une chaîne d’union que j’avais composé à partir de textes maçonniques et de citations profanes émanant de philosophes ou chercheurs athées tels que Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Bologne et l’incontournable pape du surréalisme, André Breton.

C’est sur la tombe, un peu abandonnée, d’André Breton, que l’on peut voir une sculpture représentant une singulière Etoile pétrifiée à dix branches, au-dessous de laquelle figure le programme ontologique de l’homme :

Je cherche l’or du Temps

Aussi mes FF :. et mes SS :., avec la permission de notre V :. M :., je voudrais, pour conclure cette première partie de ma contribution, vous emmener faire un petit voyage…

… car, vous le savez, c’est le voyage lui-même qui est initiatique par la somme de découvertes et d ‘interrogations qu’il génère, et non l’objectif à atteindre qui n’est que mirages et frustrations au fur et à mesure que l’on avance.

Aussi, V :. M :., je sollicite le concours du F :. Maître des cérémonies pour me déplacer dans le Temple… autour du pavé mosaïque.

Mes FF :. et mes SS :., je pense qu’un tel  voyage symbolique et initiatique  nous suggère un questionnement directement en rapport avec l’esprit maçonnique de recherche qui nous anime.

En effet, trois colonnettes figurent autour de ce pavé mosaïque et non quatre. Pourquoi ?

Force, Sagesse, Beauté et quoi encore ?

Pourquoi ce quatrième pilier manquant ? Pourquoi ce vide ? Pourquoi ce RIEN plutôt que quelque chose ? Ou, autrement dit :

Pourquoi pas QUELQUE CHOSE plutôt que RIEN ?

Mes FF :. et mes SS :., chacun est libre d’interpréter le sens de l’accroche que représente ce vide et de le remplir en fonction même de la charge émotionnelle qu’on lui prête.

… Et, à laquelle, libre à nous de donner le prolongement esthétique et spirituel qui convient à la singularité de nos perceptions du monde et de ce qui l’habite et l’entoure…

Seconde partie

La spiritualité comporte l’ensemble des données culturelles ainsi que leurs aboutissements mystiques, moraux ou éthiques qui peuvent éventuellement imprégner et orienter l’activité d’un individu pendant toute sa vie.

Mais, pour la plupart des croyants, la spiritualité inclut aussi la foi en une justice divine entraînant félicité ou damnation éternelles dans la survivance d’une âme supposée immortelle et responsable après la mort biologique de l’être.

La question est de savoir si la spiritualité est nécessairement liée à la croyance en une transcendance inaccessible à l’entendement humain ou, si au contraire, indépendante de toute tutelle politique ou religieuse, elle a à s’inscrire dans le champ de la liberté de conscience et de pensée ?

Cette controverse jalonne l’histoire de l’humanité dans un cortège de bains de sang et de cruautés inouïes qui rabaissent l’humain en dessous de la bestialité et démentent toute prétention à la spiritualité.

Finalement, il n’y a qu’une seule manière de faire face sereinement à la précarité de l’existence biologique : c’est de mener sa vie de façon constructive et droite, selon la spiritualité que l’on a adoptée – religieuse ou philosophique – et de laisser les autres humains vivre librement selon leurs cultures et spiritualité diverses.

Pour cela, il, faut éviter de se laisser circonvenir par l’endoctrinement dans une spiritualité impérialiste ou totalitaire.

Ceci conduit donc chacun à s’édifier une spiritualité imprégnée de tolérance humaniste et, par conséquent, une spiritualité laïque qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toute autre valeur.

C’est ce que Protagoras avance par l’intermédiaire de sa formule célèbre :

« L’Homme est la mesure de toutes choses ».

Mes FF :. et mes SS :., pour les sociologues, les différentes formes de démarches initiatiques sont une revivification de la condition humaine au contact du sacré.

L’homme a conscience de la marge d’indétermination que comporte son statut d’être pensant et actif. C’est ce que les anthropologues appellent le numineux, lequel consiste à mettre en rapport ce qui semble contenu dans l’existence humaine avec ce qui paraît la dépasser.

A ce titre, l’utilisation rituellique de procédés (que l’on peut qualifier de freudiens et d’œdipiens) visant à mettre en rapport le monde profane et le monde sacré par l’intermédiaire d’une victime « émissaire » (la catharsis, chère à Aristote) trouve un formidable écho dans la praxis maçonnique.

Car qu’est-ce que l’initiation maçonnique si ce n’est une série d’actions orientées vers une certaine fin et dont l’indicible trouve communication par le jeu des mythes et symboles ?

Mircea Eliade fait remarquer que « le sacré est l’élément essentiel de la condition humaine : l’homme se constitue par rapport au sacré »   .

Ce que complète notre F :. Henri Tort-Nouguès par ce constat :

« Le sacré n’est pas seulement un stade de l’évolution de sa conscience de l’homme mais un élément de sa structure.

On retrouve cette structure sacrale au cœur de l’institution maçonnique à travers la pratique de ses rituels et dans son expression symbolique comme dans sa démarche initiatique.

Cette dimension sacrée de la conscience humaine est essentielle. Son affirmation est nécessaire et indispensable pour assurer la sauvegarde de l’homme lui-même car l’homme d’aujourd’hui comme celui d’hier ne peut vivre dans le désordre et la nuit, dans le chaos et les ténèbres : il a besoin d’ordre et de lumière, matériels et spirituels ».

Mes FF :. et mes SS :. j’ajouterai quant à moi que le franc-maçon est un « cherchant ».

Dès lors il n’échappe pas à la crise de conscience due à son état. Il ne se drape pas  dans une posture purement mystique qui se bornerait  à recevoir ce qui vient à lui ; voie radicalement incompatible avec la voie initiatique.

En fait, ce sont les deux idées-forces de la maçonnerie, Fiat Lux et Ordo ab Chaos  qui forgent son historicité, au sens de  transmission « hiramique »  des valeurs  d’un humanisme militant…

… oui ! humanisme militant ? Mais en tant que rencontre de l’esprit et de la raison dans toute conscience humaine ; car la Lumière ne naît pas des ténèbres mais les chassent, de même que l’ordre ne succède pas au chaos mais l’ordonne.

Il s’agit donc pour le maçon de reconquérir son existence et d’agir au dehors pour contribuer à sauver l’humanité du chaos matériel et spirituel qui l’imbibe et la désoriente à perdre raison.

Cette spiritualité maçonnique s’inscrit en fait dans une praxis où finitude et pérennité du Maître Hiram ne font qu’un.

En effet Hiram ne jouit pas de l’immortalité mythique des dieux antiques ; il n’est pas d’essence christique et par là-même ne dispose pas du véhicule de l’âme en attente de la résurrection.

Il se situe hors du temps et dans une permanence qui allie tout à la fois sa présence et celle des Maîtres maçons transcendés par son exemple, son énergie vitale et son sacrifice.

Il donne sens à la vie qui exprime au travers de lui sa pérennité par l’Amour et la Fraternité.

L’homme étant ainsi non immortel mais constant dans la cohorte des initiés, cette permanence initiatique traverse le temps en tant que Devoir de Conscience.

J’ai dit

H.S:.

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L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage 14 avril, 2021

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L’Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage

 

Voici l’un de mes thèmes préférés, le décodage du symbolisme, car tout dans le monde fonctionne par symboles. La difficulté est de relier les points. Richard Cassaro nous parle cette fois du logo traditionnel des franc-maçons.

L’équerre et le compas maçonniques décodés

Le symbole de l’équerre et du compas franc-maçon est un mystère pour les médias, les spécialistes, les historiens et même pour les franc-maçons. Personne ne sait d’où il vient ou ce qu’il signifie. Nous allons voir comment ce symbole détient un sens ancien, mystique et magique qui peut  »éclairer » les initiés.

L'Équerre et le Compas de la franc-maçonnerie : décodage dans Contribution 1
 
L’équerre et le compas franc-maçons avec un  »G » au milieu, chapeautés de l’oeil de l’esprit (3ème œil) dans un triangle.
 

La plupart des franc-maçons, si on leur demande le sens de leur logo, déclarent :

 »Ce sont deux …outils d’architecte …pour enseigner des leçons symboliques… »

—Wikipédia

(Voir aussi cet article assez confus sur la signification du logo, NdT)

Pourtant, le logo de l’équerre et du compas a une signification qui va beaucoup plus loin que les simples leçons enseignées. Remarquez comme le compas en tant qu’outil présente à son sommet une forme  »en cercle » :

2 dans Recherches & ReflexionsL’équerre en tant qu’outil montre en bas une forme  »carrée » :
 
3

Une fois réunis, comme dans le logo des franc-maçons, les outils compas et équerre forment un carré et un cercle :
 
4

La forme carré et cercle est rapportée dans le 47ème problème d’Euclide, la  »quadrature du cercle », qu’on dit être le but principal de la réalisation maçonnique.

La quadrature du cercle, pourtant, ne se réfère pas dans ce cas à un problème mathématique : c’est une référence spirituelle à la quête instinctive de l’homme pour harmoniser ses natures physique et spirituelle.
Depuis l’antiquité, le carré a représenté le corps physique. Le cercle, d’un autre côté, a toujours représenté l’esprit.
L’équerre et le compas symbolisent donc la condition de l’Homme en tant qu’éternel esprit se manifestant dans un corps transitoire. Le cercle est notre côté spirituel qu’on ne peut voir, entendre, toucher, palper ou sentir. C’est notre Soi réel, inné et parfait, la partie que nous sentons en fermant les yeux et en pensant  »moi ».

 »Généralement, pour la poésie de la Renaissance, le cercle était un symbole de perfection et … un symbole de l’esprit humain. »—J. Douglas Canfield, Université d’Arizona

Les compas, sont cependant entourés d’une équerre ; notre cercle est entouré par notre corps. Réfléchissez ici au carré à quatre côtés et à la manière dont nous expérimentons les  »quatre » dans la Nature :

  • Les quatre points cardinaux (nord, sud, est, ouest)
  • Les quatre saisons (hiver, printemps, été, automne)
  • Les quatre éléments (terre, air, eau, feu)
  • Les quatre états de la matière (solide, liquide, gazeux, plasma)

Quatre représente le corps physique imparfait, ainsi que les désirs primaires et les appétits charnels qui alourdissent le corps. La vie humaine est vulnérable et temporaire, en saisissant contraste avec l’esprit invulnérable et permanent.

 »Il y a un signe qui n’a jamais changé de signification dans le monde civilisé – le compas et l’équerre. Un signe d’union entre le corps et l’esprit. »

Deman Wagstaff, La norme maçonnique (1922)


 »… Les compas représentent … le côté spirituel de l’homme, alors que l’équerre appartient au monde matériel … l’équerre représente la matière. Dans le cas des compas … ils représentent … le Spirituel. »

J. S. Ward, Interprétation de nos symboles maçonniques

 »Un homme est un dieu en ruine »Emerson

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 Ci-dessus : William Rimmer, Le Soir, Tombée du Jour (1869).
C’est une représentation ésotérique de ce qui est arrivé à chacun d’entre nous quand le  »dieu intérieur » s’est incarné en tant qu’Homme.

Nous sommes des anges déchus, des étincelles du divin vivant maintenant dans le monde matériel, comme l’illustre merveilleusement la peinture de William Rimmer.

Nous avons tous chuté et sommes descendus dans la matière, qui est le monde matériel dans lequel nous vivons maintenant. Les deux outils équerre et compas symbolisent la  »double nature » de l’Homme après la Chute :

 »Le compas, en tant que symbole des cieux, représente la partie spirituelle de cette double nature de l’Humanité … et l’équerre, en tant que symbole de la Terre, sa partie matérielle, sensuelle, la plus basique. »

—Albert Pike, Morales & Dogme

Il est intéressant de voir que de nombreux érudits et philosophes ont remarqué ce type de symbolisme. Les philosophes grecs ont compris ce concept et sont même allés jusqu’à dire que l’esprit est  »emprisonné » dans le corps, parce qu’on doit prendre soin du corps et constamment :

  • Respirer
  • Manger
  • Boire
  • Maintenir une température constante
  • Combattre les maladies

Le corps ne peut subsister pour toujours et sera finalement détruit par la mort, ce qui libérera à nouveau l’esprit.
L’esprit, bien que piégé dans le corps humain, notre condition actuelle, est loin d’être impuissant. Parce qu’il est éternel, l’esprit arrive complet avec ses propres pouvoirs inhérents – pouvoirs qui peuvent être redécouverts et entraînés ici dans le monde matériel.
Bien qu’ayant chuté, l’esprit n’a jamais perdu ces pouvoirs ; ils ont été simplement  »revêtus » d’un corps, les rendant méconnaissables.
La maçonnerie existe non seulement pour révéler à l’Homme la présence de son esprit inné, mais pour l’aider à redécouvrir ses pouvoirs les plus élevés, pouvoirs recouverts par le corps même qu’il habite.

L’homme de Vitruve

 

Reconnaître ces pouvoirs intérieurs est la clé de la quadrature du cercle, ou le devenir d’un dieu vivant sur terre en tant que mortel plutôt qu’un mortel s’efforçant de devenir un dieu. Cette idée est ce que les anciens appelaient l’Homme de Vitruve :
6
L’homme de Vitruve du mondialement connu Léonard de Vinci (1487)
 

Notez la manière dont de Vinci dessine l’Homme de Vitruve à l’intérieur d’un cercle dans un carré : il a compris les implications de la doctrine maçonnique.

De Vinci n’était pas juste le célèbre artiste qui a créé l’homme de Vitruve, ni le seul à l’associer au cercle et au carré :
7
 

L’Homme de Vitruve vit en parfait état d’équilibre, appréciant une vie bien intentionnée, ésotérique, stable, capable d’abondance. Le cercle est son esprit éternel. Le carré est son corps transitoire. Il sait cela ; il est illuminé de sa  »gnose » (connaissance).
Les grands franc-maçons des ères passées étaient des Hommes de Vitruve, comme Washington et Franklin. C’est parce qu’ils avaient compris la franc-maçonnerie, à la différence des franc-maçons modernes qui ont perdu la profondeur et le symbolisme de leur tradition.
Remarquez le très grand cercle derrière Washington :

8
 
 L’apothéose de Washington est une pièce maîtresse d’art qui se voit à l’intérieur du dôme du Capitole américain à Washington D.C.
 

Cette apothéose n’est pas  »un homme devenant un dieu » ou  »Washington devenant un dieu ». C’est une mauvaise interprétation criticable. C’est plus comme  »un homme réalisant qu’il est déjà un dieu », un esprit se manifestant en tant que corps – ou en termes symboliques, un cercle entouré d’un carré.
Cette pensée hérétique de la franc-maçonnerie est très différente du christianisme dominant, qui explique pourquoi les franc-maçons étaient historiquement une société secrète.
Toute cette sagesse Équerre et Compas est basée sur une antique sagesse, et pas seulement sur une ancienne culture. Les égyptiens et les chinois, deux antiques cultures dont les spécialistes pensent qu’ils n’ont jamais été en contact, utilisaient toutes deux le symbole du cercle pour indiquer  »l’esprit intérieur ».

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Le glyphe égyptien Aton est formé d’un cercle avec un point au centre. À droite, le symbole de l’ancienne Chine du Yin Yang est un cercle avec le symbole de poissons jumeaux à l’intérieur.
 

Le Tai Chi est le Soi éternel. Le Soi fait germer des paires d’opposés durant la manifestation – les symboles des deux poissons jumeaux, l’un noir et l’autre blanc.
L’Aton égyptien est également le Soi éternel. Il était souvent dessiné en tant que disque ailé, deux serpents et des ailes.
Le Tai Chi et Aton symbolisent tous deux notre esprit intérieur ou cercle intérieur parfait. Les deux symboles apparaissent souvent au-dessus des entrées principales de temples et d’importants édifices religieux dans l’ancienne Égypte :

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Ils symbolisent l’esprit parfait, éternel, un état que chaque être humain doit réaliser (l’état de Bouddha, de Christ).

 »Pour les égyptiens, le sens de la vie était de reconnaître que nous ne sommes pas le corps physique qui s’incarne dans le monde de la matière, mais un point d’esprit silencieux dans le corps qui est toujours antérieur au corps et survit à la mort du corps.

 »Le cercle … représente l’état omniscient de l’esprit quand il a atteint la pleine conscience, est libéré et vit en dehors de la matière. »

—Thomas Wilson, Svastika, le symbole connu le plus ancien et sa migration

Cette idée est traduite dans la façade des cathédrales gothiques – la rosace au centre, qui symbolise l’esprit intérieur parfaitement circulaire.

 »La rosace est … une représentation de perfection, d’équilibre et d’harmonie de l’esprit purifié »

—Michael S. Rose

Notez comment dans la rosace le carré et le cercle sont mêlés, la quadrature du cercle, but de tout franc-maçon :

Ci-dessous: vue extérieure de la rosace sud de Notre Dame de Paris
rosace+sud
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Extérieur de la rosace ouest, sculptée au 12ème siècle
 
11bis
  Détail de la façade gothique de la cathédrale d’Orvieto, la rosace.
 

Les bâtiments franc-maçons sont des structures sacrées d’initiation, encodées de schémas intriqués et d’art qui parlent de quadrature du cercle ; ils sont lourdement chargés de langage symbolique que les érudits doivent toujours décoder.
Ce ne sont pas uniquement les cathédrales gothiques. Nous voyons dans tous les édifices maçonniques l’interaction de carrés et de cercles. C’est un thème constant, la lumière (notre esprit) spirituelle/divine se manifestant dans le monde physique/matériel (notre corps).

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Ces photos montrant les symboles maçonniques du carré et du cercle entrelacés ont été prises à l’intérieur de Reid Hall, un château franc-maçon construit en 1864 et qui abrite aujourd’hui le Collège Manhattanville à Purchase, New York. 
 

Il n’y a pas que des carrés et des cercles. Ce sont des carrés et des cercles en équilibre, unis en un rythme harmonieux, une réunion des opposés.

En conclusion
 
Cet article a donc mis à nu le secret égaré de la franc-maçonnerie : l’homme est à la fois une Équerre (corps) et un Compas (esprit). Ce secret, doctrine commune autrefois dans les anciennes cultures païennes, devait être gardé secret et caché à la Sainte Inquisition par peur de représailles.
 
Sa sagesse enseigne la doctrine interdite que chacun de nous ici-bas est un  »dieu » emballé dans la matière, un esprit à l’intérieur d’un corps. Nous pouvons voir clairement notre corps, mais le Compas nous enseigne sur la partie que nous ne pouvons pas voir, l’esprit. C’est l’idée totale d’une l’initiation dans la sagesse sacrée disparue.

SOURCE

Traduit par Hélios

par Hélios Libellés :
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/05/lequerre-et-le-compas-de-la-franc.html
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