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Chypre, Mémoire Des Templiers 4 novembre, 2021

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Chypre, Mémoire Des Templiers

Posted: 05 Oct 2021 02:37 AM PDT

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La croix des Templiers sur le sarcophage d’Adam d’Antioche,

maréchal de Chypre, au XIVe siècle. Alex MITA / AFP

 

Plus De Cinq Siècles Après Le Départ Des Croisés, Les Traces De Cette Confrérie Se Sentent Sous Les Vestiges Vénitiens Et Ottomans. Un Héritage Qui, Selon Les Historiens, Résonne Encore.

 

Les Fantasmes Sur Les templiers n’ont Cessé D’attiser L’imaginaire Collectif.

 

Dans les profondeurs de l’île de Chypre, un château ayant appartenu à la confrérie médiévale cache un héritage des croisés, encore visible aujourd’hui. En bas d’un escalier étroit et escarpé du fort de la ville portuaire de Limassol, et à l’intérieur d’une salle voûtée bordée de pierres tombales de chevaliers, il y a la chapelle où le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, se serait marié en 1192, sur la route de la troisième croisade.

 

«L’architecture et les objets qui se trouvent ici reflètent la grande histoire de Chypre», affirme l’archéologue Elena Stylianou, en brandissant une épée de l’époque des croisades, rouillée et abîmée, mais toujours tranchante. 

 

En raison de sa situation stratégique, « Chypre était un endroit convoité par de nombreux étrangers qui voulaient s’en emparer ». Le roi Richard y a célébré sa nuit de noces en buvant du vin rouge sucré avant de passer sa lune de miel à battre les campagnes, pour brûler et piller jusqu’à ajouter Chypre à ses possessions, et la vendre aux Templiers.

 

 

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Ampoule d’argile, elle contenait de l’eau bénite. (Musée médiéval de Chypre).

Alex MITA / AFP

 

Le musée médiéval de Chypre, installé dans le fort, précise que si les parois principales du château datent de la période ottomane du XVIe siècle, elles reposent sur des fondations plus anciennes. La voûte est « probablement une chapelle des fortifications principales des Templiers » à Chypre.

 

L’ordre monastique du Temple, fondé en 1129 pour protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem, utilisait Chypre comme quartier général des campagnes militaires autorisées par la papauté en Terre sainte, à un peu plus de 100 kilomètres par-delà la Méditerranée.

 

Une Enclave Chrétienne Aux Portes De l’Orient

 

Pour l’historien médiéviste chypriote Nicholas Coureas, les croisades sont une étape clé de la formation de l’identité nationale chypriote : « La conséquence la plus durable de la conquête de Richard est que Chypre a toujours une orientation européenne. La plupart des Chypriotes s’identifient davantage à l’Europe qu’à l’Asie ou à l’Afrique

 

Grâce À Sa Position Géographique Et À Sa Population, Chypre Est À La Limite De L’Europe, Elle A Aussi Des Liens Étroits Avec Le Moyen-orient».

 

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Le château médiéval de Buffavento, au-dessus du port de Kyrenia,

en République turque autoproclamée de Chypre du Nord. Birol BEBEK / AFP

 

Aujourd’hui, l’île est divisée depuis 1974, date à laquelle la Turquie a envahi et occupé le tiers nord en réponse à un coup d’État parrainé par Athènes visant à rattacher l’île à la Grèce.

 

Une zone tampon des Nations unies sépare le sud, hellénophone et majoritairement chrétien, de la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Ankara. 

 

Chypre compte toujours deux bases britanniques souveraines à partir desquelles ont été lancées au cours de la décennie écoulée des opérations aériennes en Libye ou en Syrie.

 

« Les croisades sont très pertinentes aujourd’hui, car il y a beaucoup de parallèles, observe Nicholas Coureas. Ce qui a également commencé à l’époque des croisades, c’est l’importance de Chypre en tant que base pour des opérations des forces occidentales opérant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».

 

Autre référence aux croisades, le vin rouge « Commandaria » de Chypre, ainsi nommé par les Templiers, le plus ancien vin à être certifié d’une Appellation d’origine contrôlée, selon le Guinness des records. Symbole de la persistance de cet imaginaire du Moyen-Âge, des croisés figurent sur son étiquette

 

Si les Templiers n’ont possédé Chypre que pendant huit mois, avant de la vendre au roi franc de Jérusalem, Guy de Lusignan, ils ont un temps conservé des châteaux sur l’île. Jusqu’à être qualifiés d’hérétiques et être brûlés sur les bûchers au XIVe siècle, selon divers ouvrages.

 

Chypre reste parsemée de châteaux et de ruines laissés par les croisés, comme celui de Kolossi, autrefois base de l’ordre des Chevaliers Hospitaliers: ou encore au nord, le château de Saint-Hilarion, perché au-dessus du port de Kyrenia.

 

Infusée D’influences Grecques, Turques Et Latines, L’île De Chypre Reste Une Île Jetée Au Carrefour De Trois Mondes. Et De Trois Histoires.

 

Base Documentaire: AFP

 

▲ Aron O’Raney

Les pyramides 20 juin, 2021

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Les pyramides

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Très récemment, quelqu’un m’a posé des questions sur les pyramides, à savoir le mode de construction, le savoir pour y parvenir, et pourquoi la structure pyramidale se retrouve ailleurs dans le monde.

La plupart de ces sujets sont encore âprement discuté, tout le monde a sa théorie sur le sujet, très souvent au mépris des récentes découvertes et tout un chacun veut avoir raison, certains vont même jusqu’à falsifier/arranger des résultats pour justifier/prouver leurs conclusions.

Mais avant toute chose, il serait intéressant de se pencher sur l’origine de ce mot « pyramide ».

1. Un peu d’étymologie

Le mot « pyramide » vient du grec ancien « puramîs-dos », latinisé en « pyramis-idis ». Le mot grec « puramîs » veut dire « gâteau » et il est un dérivé du mot grec « puros » qui veut dire « froment », désignant ainsi un gâteau à la farine de froment. Ce type de gâteau (à base de miel également) était offert par les grecs lors de leur cérémonie mortuaire. Cette recherche étymologique a été faite par Wladimir Brunet de Presle (10/11/1809 – 12/09/1875), helléniste byzantiste et historien, en 1850.

C’est Platon (427 avant J-C à 347 avant J-C) qui donna le mot de « puramîs » au polyèdre formé en reliant une base polygonale de plusieurs côtés à un point, ce qui est quand même plus court. Puis Euclide (vers 300 avant J-C) reprit le mot pour désigner le même solide.

A ce stade étymologique, il est inutile de faire un (fallacieux) rapport entre les « pyramides » en tant que tombeau et le fait que le mot d’origine grecque désignait un gâteau offert lors des cérémonies mortuaires. Platon s’est juste contenté de donner un nom à un solide et non à un monument par analogie de forme.

Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) mentionne la « pyramide de Khéops » comme « le plus haut monument du plateau de Gizeh attribué à Khéops », il n’utilise pas le mot pyramide…

C’est grâce à Hérodote, dans sa description des ouvrages extraordinaires, que la « pyramide de Khéops » est rangée parmi les « sept merveilles du monde », même si à son époque il n’y avait aucune liste établie. Cette fameuse liste a été établie entre le 2ème siècle avant J-C et 14ème siècle, d’ailleurs Jean-Pierre Adam (né le 24/11/1937), architecte et archéologue, a dénombré un peu plus de 19 variantes de cette liste.

Gaston Maspero (23/06/1846 – 30/06/1916), égyptologue, a avancé la théorie que les grecs se seraient inspirés du mot égyptien « pr-m-ous » (peremous) qui désigne la hauteur de l’édifice en partant du centre de la base quadrangulaire jusqu’à son point le plus haut (apex).

Les égyptiens, à l’époque, les nommaient toute par un nom qui leur étaient propre précédé du symbole hiéroglyphique égyptien qui se prononce « mer », qui représente une pyramide avec une base rectangulaire. La pyramide de Khéops (en grec) ou de Khoufou (en égyptien) avait pour nom « aht-xwfw » (l’horizon de Khoufou).

2. Pas une mais plusieurs pyramides

Généralement quand on parle des pyramides, nous avons tous en image le complexe de Gizeh avec ses trois pyramides monumentales et nous avons tendance à croire qu’elles sont les seules et uniques pyramides d’Egypte, alors qu’elles ne sont juste que les plus connues.

Rien que sur le plateau de Gizeh, on ne dénombre pas moins de onze pyramides, même s’il est vrai que les huit suivantes sont plus petites que les trois grosses, elles n’en restent pas moins des pyramides.

Actuellement, nous dénombrons au moins cent-vingt-trois pyramides en Egypte, la dernière ayant été découvertes par une équipe d’archéologues belges en 2013. Ce décompte n’est bien entendu que provisoire parce que nous savons (d’après des anciens écrits égyptiens) que des souverains (et souveraines) se sont fait construire leurs propres pyramides mais elles n’ont juste pas encore été découvertes à ce jour.

Dans ce décompte, il y a les pyramides qui se sont effondrées, celles qui ont été saccagées et celles qui n’ont pas été finies.

Pour l’instant (donc de nos jours), la plus ancienne pyramide connue est celle de Djoser (pharaon de la 3ème dynastie qui a régné au 27ème siècle avant JC), la fameuse pyramide à degrés et la plus récente pyramide connue est celle d’Ahmosis (pharaon de la 18ème dynastie qui a régné au 16ème siècle avant J-C).

Donc, après un rapide calcul, on peut voir que les égyptiens ont construit des pyramides pendant près de onze siècles.

3. Avant les pyramides

Si la plus ancienne pyramide connue est celle du pharaon Djoser, la question à se poser est de se demander comment les pharaons d’avant se faisaient enterrer.

Avant les pyramides (et même pendant et après), les pharaons se faisaient ensevelir dans des mastabas qui étaient des constructions rectangulaires d’un ou deux étages. Ces constructions ont pris le nom mastaba au 19ème siècle, c’est un terme arabe qui signifie « banc ».

La (première) pyramide est d’ailleurs à degrés et l’on pense (mais « on » n’en n’est pas sûr) qu’elle a été construite comme un empilement de différents mastabas.

Il faut voir dans le mastaba une évolution des tertres funéraires (tumulus) qui étaient élevés au-dessus des fosses mortuaires.

Ce tertre est une symbolisation de la butte primordiale (benben en égyptien) qui émergea de l’océan primordial (Noun en égyptien) et sur lequel apparut le soleil pour la première fois.

Ce tertre était entouré d’une infrastructure. Le tertre servant de lieu de sépulture et le reste de l’infrastructure au culte rendu au défunt.

4. Pharaon

Le mot pharaon vient du latin chrétien « pharao-onis » emprunté au grec ancien « pharao » et à l’hébreu biblique « par’oh » qui vient de l’égyptien « per-aä » (grande maison ou palais) puis par métonymie « l’occupant du palais/grande maison ».

Il est le souverain qui règne sur la haute et basse Egypte. Il est à la fois le chef religieux, chef militaire, chef politique, chef administratif, etc., il est l’un et le tout.

La nature de Pharaon est double, à la fois humaine et divine. Cependant la nature divine de Pharaon a évolué selon les différentes périodes de l’histoire égyptienne. A l’époque de l’ancien empire (2.700 à 2.200 avant J-C), il est le fils du Dieu et il est chargé de maintenir en ordre la création divine. Après la première période intermédiaire (2.200 à 2.030 avant J-C), sous le moyen empire (2.065 à 1.735 avant J-C), il est choisi par le Dieu Rê. Sous le nouvel empire (1.580 à 1.077 avant J-C), il est le fils charnel du Dieu.

La divinité de Pharaon n’est acquise que lorsque sa forme humaine fusionne avec sa part d’immortalité, lors de son couronnement. Pharaon ne devient un dieu que lors de son sacre, quand il prend place sur le trône d’Hor (fils d’Usere et de Rê), quand il s’identifie à lui, quand il devient lui.

5. C’est quoi une pyramide ?

La pyramide, étant une évolution architecturale du tumulus initial, s’inscrivait dans un complexe funéraire complexe avec un temple bas, centre d’accueil des processions funéraires et/ou cérémonielles (c’est dans ce temple qu’était pratiqué le rite d’embaument puis, après l’enterrement, c’était l’endroit où l’on apportait les offrandes), une chaussée, ceinte de murs (c’est le parcours qu’empruntait le corps momifié et sa procession, puis après l’enterrement servait de passage vers le temple haut), un temple haut (au départ une simple chapelle qui s’est agrandie au fur et à mesure du temps jusqu’à devenir un temple à l’architecture complexe), quelques pyramides secondaires (destinées à des cérémonies et/ou à des proches comme les mères et/ou épouses et/ou enfants) et la pyramide. Dans certains complexes, on peut aussi trouver des fosses à barques.

La fonction de ce gigantesque complexe n’est pas que d’être un lieu de sépulture pour celui qui était l’incarnation même du Dieu, mais aussi une structure qui servirait à lui vouer un culte avec des prêtres qui lui seront dédiés. Ce culte pouvant dépasser plusieurs générations.

Donc il faut appréhender la pyramide comme un élément d’une structure complexe et excessivement codifiée.

6. Quand construisait-on une pyramide ?

Après la mort de Pharaon, le lendemain matin (donc après la fin du cycle solaire d’une journée) il y avait une prise de pouvoir du futur Pharaon (qui est considéré comme l’année zéro de son règne), puis celui-ci laissait passer un délai de 70 jours (temps nécessaire à la momification) pour organiser la cérémonie funéraire de son prédécesseur. A la suite de quoi, il préparait sa cérémonie de couronnement (qui devint de plus en plus complexe au fil du temps) dont la date était généralement fixée à une date symbolique dans le calendrier ou bien dans le cycle des récoltes ou bien celui lunaire (cela a varié en fonction des époques).

Peu de temps après son sacre (couronnement), Pharaon s’attelait à la construction de sa future dernière demeure. Pourquoi si tôt, parce que les temps de construction étaient longs et que les égyptiens s’avaient que la vie sur terre pouvait être courte. Plus la construction était monumentale, plus cela durait longtemps et plus le risque que la dernière demeure ne soit pas achevée à la mort de Pharaon était grand (pour preuve les quelques pyramides inachevées (généralement au début de la construction) et les témoignages d’autres pharaons qui ont expliqué avoir terminé la construction du complexe de leurs prédécesseurs).

La première cérémonie était celle du choix du lieu du futur complexe (selon des critères avec lesquels aucun spécialiste n’est d’accord). La deuxième était celui du tracé au sol de la future pyramide. Et uniquement après venaient les travaux de préparation du terrain afin d’en recevoir la base, puis la construction jusqu’à l’achèvement finale du complexe dans son intégralité.

7. Des méthodes de construction de plus en plus précises

L’erreur faite par de nombreuses personnes (surtout les récents égyptophiles amateurs autoproclamés) est de vouloir chercher/percer le secret de la construction des pyramides en se focalisant sur celle de Khoufou (Khéops en grec). De la première pyramide connue qui est celle de Djoser (qui a régné au 27ème siècle avant J-C) et jusqu’à celle de Khoufou (qui a régné au 25ème siècle avant J-C), on peut dénombrer (en fonction des découvertes actuelles) 16 pyramides construites.

Si celle de Khoufou (à Gizeh) est la plus haute avec 146,6 mètres pour une base carrée de 230,3 mètres de côté, vient celle de Khafrê (Khephren en grec) (à Gizeh) qui mesure 143,5 mètres de haut sur une base carrée de 215,2 mètres de côté, vient celle de Snéfrou (à Dahchour) 109,5 mètres de hauteur pour une base carrée de 219,1 mètres de côté, puis celle encore de Snéfrou (à Dahchour) 104,7 mètres de hauteur pour une base carrée de 189,4 mètres, puis celle de Houni (à Abou Rawash) d’une hauteur estimée (ce ne peut être qu’une estimation, elle n’a pas été terminée) de 105,0 mètres sur une basse carrée de 215,0 mètres de côté, puis celle de Snéfrou (encore lui) (à Meïdoum) de 91,9 mètres de hauteur pour une base carrée de 144,3 mètres, et ainsi de suite…

La pyramide de Menkaourê (Mykérinos en grec) (à Gizeh) parait bien petite avec ses 65,6 mètres de haut et sa base rectangulaire de 102,2 mètres par 104,6 mètres, mais dont les dimensions seraient à rapprocher de celle de Djéser (à Saqqarah) qui mesure 62,0 mètres de haut sur base rectangulaire de 109,0 mètres par 121,0 mètres.

En moins de deux siècles, on peut (quand même) considérer que les égyptiens avaient progressé en matière de construction de pyramide. Cela reviendrait à essayer de déduire les méthodes de construction de l’arc de Triomphe (à Paris et dont la construction a duré de 1806 à 1836) en analysant celles de la tour Montparnasse (à Paris toujours et dont la construction a duré de 1969 à 1973), ou bien de déduire celles de la villa Godi Malinverni (en Italie à Lugo di Vicenza et dont la construction a duré de 1537 à 1542) en analysant celles de l’hôtel des invalides (à Paris encore et dont la construction a duré de 1670 à 1679).

Mis à part l’exemple (très moqueur, je le concède) de comparer la tour Montparnasse avec l’arc de Triomphe, il est évident qu’en un laps de temps aussi long, on peut penser que les différents ouvriers aient perfectionné leurs méthodes de construction.

Ou alors, il faut faire comme certains adeptes de la pyramidologie (les pyram-idiots comme on les nomme aussi) qui font des spéculations pseudo-scientifiques et dont la plus amusante est celle qui considère que les pyramides sont l’œuvre des atlantes et plus récemment des extra-terrestres.

8. L’organisation du travail

Un élément qui est souvent oublié quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est celui de l’organisation administrative et excessivement hiérarchisée de ce pays. C’est sans doute pour cette raison que ce pays (l’Egypte) a pu rester pendant tant de millénaires une des grandes civilisations dans le monde.

Nous avons retrouvé des écrits (d’époque en plus) qui mentionnent les noms, les fonctions et les « grades » des ouvriers qui opéraient sur les chantiers des pyramides. Il y avait une hiérarchie et une organisation très perfectionnées pour l’époque (n’oublions pas que nous parlons du 3ème millénaire avant J-C).

Nous savons qu’il y avait des équipes sur le chantier de construction, des équipes pour l’extraction et la taille des pierres et des équipes pour le transport des pierres. Il a été estimé qu’il y avait en permanence sur le chantier 5.000 personnes qui étaient hautement spécialisés et à peu près 15.000 personnes qui travaillaient de manière temporaire sur le chantier. Le personnel du chantier était divisé en brigades de 1.000 hommes, elles-mêmes divisées en cinq équipes (dont chacune avait un nom différent) de 200 hommes. Les équipes ne travaillaient pas toutes en même temps et se relayaient.

Nous avons pu retrouver les restes du village des ouvriers (et les tombes de certains) sur le plateau de Gizeh et nous savons aussi que les ouvriers avaient droit à des soins médicaux, qu’ils vivaient avec leur famille, qu’ils étaient bien nourris et qu’ils venaient de toute l’Egypte. Il y a fort à penser que c’étaient les femmes qui s’occupaient de l’intendance et de l’approvisionnement alimentaire.

L’analyse des squelettes des ouvriers a également montré (en plus de la riche alimentation et des bons soins médicaux) que le travail y était particulièrement pénible et dure. On peut estimer que l’espérance de vie était de 40 ans.

Il faut voir ce chantier de complexe funéraire comme l’œuvre d’un pays entier, après tout il s’agissait de la construction d’un ouvrage destiné à un Dieu. Il faut voir aussi cette construction comme un instrument de la cohésion sociale du pays et du régime politique.

C’est Hérodote qui nous a raconté que les pyramides avaient été construites en trente ans avec 100.000 hommes qui étaient des esclaves. Quand Hérodote a visité l’Egypte, cela faisait plus de 2.000 ans que les pyramides du plateau de Gizeh avaient été construites. Le nombre d’hommes avancé aurait correspondu au 10ème de la population de l’Egypte. La notion d’esclave est en contradiction avec le résultat des dernières fouilles.

N’oublions pas que c’est Hérodote qui a colporté la légende selon laquelle Khéops (là je laisse le nom en grec) aurait prostitué sa fille et où chaque client la payait avec une pierre. La pyramide représentant 6 millions de tonnes, cela aurait fait quelques passes pour la jeune fille, et je vous laisse imaginer la prestation sexuelle à laquelle le monsieur a eu droit quand il l’a payé avec un bloc de 60 tonnes (tout ceci laisse rêveur !!!).

En fonction des derniers éléments connus sur le nombre estimé des ouvriers sur le chantier, il a été calculé qu’il aurait fallu 4 ans pour la préparation du chantier, 10 ans pour la construction de la pyramide, 4 ans pour le polissage des faces et le démontage des rampes et 2 à 4 ans pour la construction des petites pyramides, des temples et de la chaussée. Mais tout ceci n’est qu’une estimation…

9. Les blocs de pierre de la pyramide

La pyramide (celle de Khoufou pour cet exemple) est constituée de pierres. Les nombreuses analyses ont permis de les classer en cinq catégories, ce qui va permettre de répondre à quelques questions.

- Des quartiers de pierre équarris grossièrement en calcaire nummulitique (au moins 85% du volume de la pyramide). Ces pierres provenaient d’une carrière située sur le plateau de Gizeh (à une centaine de mètres de la grande pyramide).
– Des gradins bien taillés en calcaire nummulitique (de la même provenance que les pierres citées ci-dessus) qui sont encore visibles sur les faces de la pyramide de Khoufou.
– Des blocs de parement extérieur en calcaire fin provenant des carrières de Tourah et d’El-Maasara (au sud du Caire et à moins de 20 kilomètres de Gizeh), que l’on peut encore voir sur la 1ère assise de Khéops, sur le sommet de Khephren ou bien sur la Rhomboïdale de Dahchour.
– Des blocs de parement intérieur, qui sont minutieusement taillés et ajustés, en calcaire fin provenant aussi des carrières de Tourah et d’El-Maasara. Certains sont aussi en granit.
– Des blocs mégalithiques (de plusieurs dizaines de tonnes) en syénite qui proviennent des carrières d’Assouan.

Quand on nous représente les transports des blocs de pierre ayant servi à la construction des pyramides, on nous fait voir une image avec une cohorte de bateaux longeant le Nil, toutes voiles dehors. Cette image ne peut s’appliquer que pour les pierres issues des carrières d’Assouan en rajoutant qu’en plus de la navigation par la force du courant et des voiles, le halage était fréquent.

D’après les comptes rendus des carriers d’Assouan, nous savons qu’il fallait à peine une semaine pour rejoindre le plateau de Gizeh en bateau. Nous savons également, qu’afin de livrer au plus près les gigantesques blocs, que les égyptiens avaient construits des canaux qui allaient presque au pied de la grande pyramide. Une théorie récente envisage que le quai de déchargement aurait servi par la suite aux fondations du temple bas.

Quant aux blocs extraits des carrières de Tourah et d’El-Maasara, il a surement été plus rapide de transporter les différents blocs par voie de terre, plutôt que de les descendre jusqu’au Nil pour les charger dans un bateau, les faire voyager en bateau, puis les décharger, puis de nouveau les transporter.

Le transport des carrières de Gizeh au site de construction, même si les distances sont courtes (une centaine de mètres), fait encore l’objet de questionnement. Mais à priori, des différentes méthodes envisagées (j’évite d’aborder celles délirantes du transport par télékinésie ou bien par des soucoupes volantes), celles utilisant des chariots en forme de traineau, celles envisageant de faire glisser les blocs sur des rondins de bois et celles de blocs montés sur un chariot glissant sur des rondins ont dû toutes être utilisées. Les découvertes de dessins nous ont permis de comprendre que ces chariots étaient tirés ou poussés par la force humaine et/ou la force animale (comme des bœufs).

10. Comment les blocs ont-ils été taillés ?

Quand on aborde le sujet des outils des égyptiens (à l’époque des pyramides de l’ancien empire), on nous explique que la majorité des outils était héritée du néolithique. Et nous imaginons donc des hommes en train de tailler des pierres avec d’autres pierres… Mais ce n’est pas aussi simple que cela.

Depuis le néolithique, les artisans avaient perfectionné leurs outils, ils étaient nombreux et complexes (même si nous les qualifions encore de rudimentaires). Les artisans avaient également développé une connaissance des différentes échelles de dureté des matériaux et plus précisément des pierres, et tout ceci bien avant la création de l’échelle de Mohs en 1812 ou bien celle de Knoop en 1939 (ce sont les deux échelles de dureté des pierres les plus utilisées de nos jours).

Nous avons pu retrouver quelques outils en cuivre sur les différents sites des chantiers de l’ancien empire. Le minerai de cuivre extrait à l’époque pourrait être aujourd’hui considéré comme n’étant pas pur à cause des pourcentages d’arsenic et de bismuth contenus à l’intérieur. Si ce taux d’impureté rend ce métal moins précieux, il a la particularité d’en faire un alliage très dur. Donc ce n’était pas une volonté des égyptiens de trouver un alliage dur, il l’avait déjà sous la main du fait du hasard…

Mais les découvertes des outils sont rares (surtout en métal) sur les sites archéologiques et pour cela il faut y avoir quelques raisons.

La première est que les ouvriers étaient employés d’un chantier à l’autre et les ouvriers spécialisés se déplaçaient (comme de nos jours) avec leurs outils qui étaient leurs propriétés personnelles. Je connais un tailleur de pierre qui m’a raconté avoir perdu une truelle sur un chantier et il en rêve encore la nuit. A part le fait qu’un bon ouvrier finit par avoir bien dans sa main son propre outil, leur fabrication devait être onéreuse, surtout pour les outils avec du métal (cuivre ou autre).

La deuxième est que les professions se transmettaient d’une génération à l’autre et généralement dans la transmission/héritage il y avait les outils de la génération précédente. Et si l’ouvrier/artisan n’avait pas de descendance (ou bien une descendance qui avait choisi une autre voie), il léguait ses outils à son meilleur apprenti. Le même tailleur de pierre, que je citais plus haut, a dans sa besace des outils ayant appartenus à son grand-père.

Donc, on peut en déduire que les outils (re)trouvés ont été égarés ou bien trop abimés pour être réparables.

Pour comprendre la rapidité d’exécution et la précision des gestes des tailleurs de pierre de l’époque égyptienne, je vous recommande d’aller sur un chantier pour voir nos tailleurs de pierre contemporains (en plus ce sont des gens charmants et très ouverts qui aiment faire partager leur métier). Vous verrez qu’avec de nombreuses années de pratique, on apprend à tailler avec une économie de geste et une grande précision. Et vous pourrez voir que leur sac à outils contient aussi des outils que l’on pourrait qualifier de rudimentaires…

11. Comment les blocs ont-ils été montés ?

Quand on aborde le sujet de la construction des pyramides, c’est surtout la manière dont les pierres ont été montées au fur et à mesure de la construction qui focalise l’attention (alors qu’il y a une multitude d’autres problèmes à résoudre aussi). Les égyptologues avancent des théories, les ingénieurs en démontrent d’autres, etc. et finalement « on » ne trouve aucune solution qui puisse satisfaire tout le monde.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet affrontement sur le hissage des pierres est très ancien. Hérodote (480 avant J-C – 425 avant J-C) est à l’origine de la théorie « machiniste » puisqu’il avait expliqué qu’on lui avait raconté que les pierres avaient été montées à l’aide de systèmes de levier. Diodore de Sicile (vers le 1er siècle avant J-C) est à l’origine de la théorie « rampiste » qu’on lui aurait également raconté lors de son voyage en Egypte où les pierres étaient montées par glissement le long d’une rampe de terre.

Pour les « rampistes », les hypothèses sont nombreuses d’autant que l’on a retrouvé au pied de quelques pyramides des vestiges de rampes, tout comme pour les « machinistes » où l’on a retrouvé des vestiges de leviers. La réalité doit surement se trouver sur un mélange et/ou l’utilisation de ces deux théories.

12. Les autres pyramides

Si effectivement on peut constater que, de part le monde, la forme pyramidale a toujours fasciné, il serait très hasardeux d’en tirer des conclusions trop hâtives.

Comme nous l’avons vu plus haut, les égyptiens voyaient dans la structure pyramidale une représentation stylisée et parfaite de la butte primordiale, mais les autres civilisations ont pu y voir la même chose (à condition que leur mythe de la création s’en rapproche), ou bien une manière de s’approcher au plus près des dieux, ou bien du soleil, ou de la lune, ou des étoiles, ou bien juste dans la volonté de donner un caractère imposant et magistral aux monuments.

S’il devient de plus en plus évident (en fonction des découvertes archéologiques) que les pyramides aient été des tombeaux (même si pour certaines, nous savons qu’elles étaient des cénotaphes), ce n’est pas toujours le cas des pyramides dans le reste du monde.

13. Les pyramides chinoises

Le décompte des pyramides de Chine n’est pas encore terminé, mais on les estime (de nos jours) à plus de deux-cents.

Certaines de ces pyramides sont des collines naturelles dans lesquels on a creusé, d’autres sont des monticules de terres ou bien de briques recouvertes de terre.

La construction de pyramides en Chine s’étale sur une période qui va du 3ème siècle avant J-C au 16ème siècle. A contrario, nous savons que chaque pyramide abritait une sépulture (et même là, il y a des controverses).

14. Les pyramides nubiennes

On dénombre un peu plus de 220 pyramides en Nubie qui sont les tombeaux des rois et reines de Napata et de Méroé. Les dates estimées pour les constructions vont du 7ème siècle avant J-C jusqu’au 1er siècle avant J-C.

Si la structure pyramidale (et la fonction de tombeaux) est directement empruntée à la culture égyptienne, elle ne fait pas référence aux pyramides de l’ancien empire égyptien mais à la culture égyptienne et essentiellement les pharaons qui étaient rentrés dans le mythe.

Les pyramides nubiennes ont cette particularité d’être très pointues (une pente d’à peu près 70°) et d’être moins imposantes.

15. Les pyramides amérindiennes

Quand on parle des pyramides, on fait souvent (surtout les pyram-idiots) le parallèle avec celles du Mexique et celles du Pérou.

Si effectivement la construction est en forme pyramidale, les dimensions, les inclinaisons, les méthodes de construction, la finalité n’ont pas de rapport avec celles que l’on trouve en Egypte et en plus il y a un problème de date. On confond les cultures (qui étaient très nombreuses sur le continent américain), les religions et les dates.

Il y a aussi d’autres pyramides dans le monde entier, des petites comme des grandes, des anciennes comme des récentes. La plus récente a été construite au Kazakhstan à Astana, c’est le palais de la paix et de la réconciliation qui a été achevé en 2006.

16. Conclusion

Il est malhonnête intellectuellement (même si certains ne s’en privent pas) de vouloir comparer l’incomparable, de vouloir faire des liens avec des civilisations qui justement n’en avaient aucun (sauf à moins de vouloir faire des raccourcis stupides avec des hypothèses fantaisistes sur des transports aériens ou même spatiaux), etc.

Il y a bien une quête d’un savoir perdu et cette discipline a un nom, elle se nomme l’archéologie. Cependant l’archéologie n’est considérée comme une science que depuis la fin du 19ème siècle. Si l’archéologie utilise de plus en plus des techniques modernes pour l’aider dans la compréhension du passé, elle passe parfois plus de temps à poser des questions qu’à y répondre, et les réponses ouvrent souvent sur de nouvelles questions encore plus difficiles.

Les archéologues essaient d’avoir une démarche scientifique en appliquant le principe de la preuve démontrable, mais cela n’est pas facile à appliquer quand les preuves sont peu nombreuses, qu’elles ont disparues ou bien ont été détruites (pour de nombreuses raisons).

Mais il ne faut pas prendre la réflexion d’un archéologue qui vous répondra, en toute honnêteté intellectuelle, « je ne sais pas » ou « nous ne savons pas » pour une porte ouverte à tous les délires dont l’origine est souvent une quête du merveilleux et de l’irrationnel (dans le meilleur des cas).

La tendance actuelle (surtout utilisée par des personnes peu scrupuleuses) est de considérer les archéologues comme des vieux (alors que certains sont jeunes) messieurs (alors qu’il y a aussi des dames) imbus de leur personne et qui savent tout. Les archéologues ne savent qu’une seule chose avec certitude, c’est qu’ils ne savent pas tout et ce qu’ils ne savent pas encore, ils le sauront un jour (ou bien les générations suivantes…) et surtout ils savent qu’une superbe théorie peut être démontrée et invalidée à tout moment. Rien n’est acquit, ni ferme, ni définitif… et encore moins les théories…

De nombreuses découvertes ont été faites par des amateurs (donc des non professionnels de l’histoire et/ou de l’archéologie) mais surtout de nombreuses découvertes sont le fruit du hasard…

Mais avant de prendre les historiens et/ou les archéologues en défaut, il faut savoir faire preuve de rigueur dans les recherches et une théorie basée sur des hypothèses tronquées (quand ce ne sont pas de purs mensonges) n’est pas une théorie mais une escroquerie intellectuelle.

Frédéric de Villard – Aubaud

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ARCHIVES 18 mai, 2021

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ARCHIVES

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La démarche maçonnique est fondamentalement une quête du sens, quête de la parole perdue celle d’Hiram assassine par les mauvais compagnons, celle de l’Après Babel et des « frères dispersés sur les deux hémisphères ».

De fait, la franc-maçonnerie se perçoit très tôt comme une diaspora. Dés lors, elle entretient avec l’archive une relation intense et complexe. Transcrire les rituels, c’est risquer que des profanes s’en emparent.

Préserver les mystères de l’initiation, les mots de passe, signes et attouchements suppose donc de privilégier une transmission orale, garantie contre les altérations par une pratique consommée de l’art de la mémoire, héritée de la Renaissance, plutôt que la consignation par écrit des rituels de l’Ordre.

Les franc-maçons britanniques attachent d’ailleurs toujours une extrême importance à cette mémoire orale. Cependant, et la multiplication des livres de divulgation l’atteste des la première moitié du XVIIIe siècle, les francs maçons ont eu très tôt recours à l’écrit, pour transcrire statuts et règlements, procès-verbaux de tenues, catéchismes et rituels, donnant naissance ainsi aux premières archives maçonniques.

En effet, si les archives peuvent trahir les frères, elles sont également le conservatoire de la mémoire de l’Ordre. D’où l’attitude ambivalente des francs maçons faite de méfiance et de séduction. Car très tôt les francs maçons ont le «goût de l’archive ».

Ils sont fortement influences par le mouvement anglais de l’antiquarianism, ces «antiquaires », qui partent à la recherche d’une mémoire, d’une langue, d’un patrimoine architectural (Stonehenge, châteaux médiévaux), des récits mythiques et légendaires qu’il faut consigner, inventorier avant qu’ils ne disparaissent.

Les antiquarians sont d’ailleurs nombreux dans les milieux dirigeants de la Royal Society et de la Grande Loge de Londres. Dans leur sillage, James Anderson et la commission qui l’entoure plongent dans les archives des opératifs à la recherche des matériaux qui permettront d’établir l’histoire légendaire de l’Art royal, promu Art des rois, de fonder la prétention de la Grande Loge de Londres à capter l’héritage des plus célèbres architectes et géomètres que le monde à connus depuis l’Antiquité, et à revendiquer le patronage de la nouvelle dynastie des Hanovre.

La connaissance des archives devient donc un enjeu de pouvoir symbolique, et même politique, puisque le but avoue est de rechercher un patronage royal, puis l’incorporation, c’est à dire la reconnaissance de l’utilité publique de la Grande Loge sanctionnée par sa reconnaissance officielle.

Lorsque Anderson, relaye dans les annexées 1760 par le duc de Beaufort, envisage cette entrée de la Grande Loge dans l’Establishment, il fait clairement référence à la Charte de 978 que le roi saxon Athelstan aurait octroyée à son propre fils (ou à son frère selon les éditions des Constitutions), le prince Edwin, « maître général » des maçons assembles à York. Il faut clairement comparer l’action d’Anderson à celle du collège des Pontifes de la Rome antique, dont les Annales tout à la fois forgent et consignent l’histoire et la mémoire officielle de la cite. Les archives opérative ont été malencontreusement brûlées, lit on dans les Constitutions; elles ne risquent pas de trahir les prétentions de leurs interprétés…

Pour comprendre cette séduction de l’archive, il faut insister sur le pouvoir symbolique que confère la charte de fondation prestigieuse voire mythique (patente jacobite, patente du Grand Orient de Bouillon) où le diplôme décerné par les Supérieurs Inconnus (Templiers, Rose Croix…). Les faux sont innombrables, souvent connus de tous, comme la patente du Dr Gerbier; mais qui à vraiment intérêt à semer le discrédit, symbolique et financier, sur la masse de titres maçonniques en circulation ? En effet, à l’instar des fausses chartes médiévales, ces pièces s’acquièrent fort cher et peuvent en retour se révéler fort rémunératrices par les délégations de pouvoirs constituants qu’elles autorisent.

Au niveau élémentaire, celui de la loge, l’importance des archives est tout aussi essentielle. Elles conservent la mémoire de l’atelier, notamment le livre d’architecture, qui retrace au fil des séances les efforts des frères dans le travail de la pierre brute, et leur détermination à ne pas fléchir sur le chemin semé d embûches qui mène vers la lumière. Les archives portent trace des jours ordinaires de la vie d’une communauté maçonnique, mais aussi des grandes heures: installation, fêtés solsticiales, élection du vénérable et des officiers dignitaires visites d’hôtes de marque…

Déposer un discours prononce à cette occasion dans les archives de la loge est une marque de l’estime que la communauté porte à l’orateur et de la qualité qu’elle reconnaît à sa « planche ». La garde des sceaux et archives (deux symboles de l’identité de l’atelier associée de manière révélatrice) est donc une charge importante. Elle revient souvent au vénérable sorti de charge, manière de souligner la pérennité de l’atelier. Lire et adopter le procès-verbal de la tenue rédige par le frère secrétaire, au début des travaux de l’assemblée suivante, prend également un sens très fort. Cette pratique réalise l’accord des frères sur ce qu’ils ont vécu et décide ensemble. La loge est une, elle peut l’inscrire dans ses archives, donc dans sa mémoire.

On comprend mieux, dans ces conditions pourquoi lors de dissensions internes, les archives deviennent un enjeu de convoitise essentiel dans la lutte entre les factions qui se déchirent pour le contrôle d’un atelier.

S’emparer des archives c’est s’emparer de la mémoire de l’atelier, de son capital de légitimité. On s’empresse de rayer les décisions de la faction adverse sur le livre d’architecture, voire d’en arracher les pages, afin de nier leur existence même.

Les archives maçonniques exercent la même fascination sur les anti maçons. Ils y voient très tôt une arme pour dévoiler l’Ordre, ses «pratiques puériles » où au contraire révéler à la lumière, profane.

Les complots tramés dans l’antre ténébreux des « arrière loges » (Barruel). Tel lieutenant de police fait publier des rituels maçonniques, pour tourner les frères en ridicule; les autorités bavaroises qui font la chasse aux Illuminaten rendent publiques leurs archives et éditent des recueils des meilleures pièces

Les Documents maçonniques de Bernard Fay ne font pas autre chose sous Vichys. Ils ont une prédilection particulière pou les archives maçonniques du XVIIIe siècle dont ils publient les pièces sensées refléter la pénétration du venin philosophique dans l’opinion et expliquer par l’inexplicable le surgissement du chaos révolutionnaire C’est d’ailleurs aux services de B. Fay., administrateur général de la Bibliothèque nationale, en charge de la lutte contre les sociétés secrètes, que l’on doit la profanation des locaux et temples du Grand Orient. la saisie des archives de l’ordre et leur dépôt pour exploitation partisane à la Bibliothèque nationale, ils forment aujourd’hui l’essentiel du fonds maçonnique du Département des Manuscrits, compose des correspondances administratives entre les loges, civiles et militaires, la Grande Loge et surtout le Grand Orient de France, depuis le XVIIIe siècle, des archives centrales de l’obédience, d’un nombre plus restreint de livres d’architecture des loges, d’écrits maçonniques, de patentes, diplômes et rituels.

L’ensemble constitue un fonds remarquable qu’il est nécessaire de compléter par la prospection de sources profanes, où d’archives privées des frères, afin de pallier le caractère stéréotype de correspondances essentiellement administratives d’autant plus dommageable lorsqu’on explore une composante essentielle du champ de la sociabilité d’Ancien Régime.

Il s’agit donc d’un véritable défi pour l’historien de la franc maçonnerie qui doit inventer d’autres archives : baux de location d’un temple signes devant notaire, correspondance privée, occurrences relatives à la franc maçonnerie dans des journaux intimes, livres de comptes des loges, et d’autres pratiques de l’archive, afin de réaliser la prosopographie des élites maçonniques sans laquelle la sociologie maçonnique se réduit à un triste et squelettique profil socioprofessionnel de tel atelier.

Or, il se trouve que le front pionnier des archives maçonniques s’anime depuis l’effondrement du bloc communiste. Les archives que les nazis avaient saisies dans l’Europe occupée et notamment en France, parallèlement et concurremment à l’action des services vichystes, avaient été transportées en Prusse orientale.

« Libérées » par l’armée Rouge, elles ont à l’instar des « Archives du communisme » été déplacées à Moscou, classées et inventoriées par le K.G.B. et les services qui l’ont précède

Elles forment aujourd’hui 27 000 dossiers des Archives spéciales de la rue Vyborgskaïa, à Moscou.

Plusieurs milliers concernent la France du XVIIIe siècle, et parcourir leur inventaire sommaire suffit à comprendre combien leur ouverture permettrait de renouveler l’histoire d’orients aussi importants que celui de Bordeaux et, au-delà de l’ensemble de la franc-maçonnerie française, que peuvent éclairer également les fonds d’archives riches et accessibles du Grand Orient des Pays Bas, à La Haye, et de la bibliothèque universitaire de Poznan.

Des questions financières. Un certain manque de coordination dans les efforts en direction des autorités russes ont ralenti le traitement du dossier.

Cependant le micro filmage de l’ensemble des dossiers concernant les Pays Bas autrichiens et la Belgique, obtenu par l’université Libre de Bruxelles et son Institut d’histoire des religions, est porteur d’espoir.

De même, en attendant l’ouverture des fonds ex-soviétiques, les anciennes archives secrètes de Prusse, fonds maçonniques et des Illuminaten, conservées à Merseburg, en ex R.D.A., ont été transférées à Berlin.

Un catalogue des fonds à été public. Il s’agit d’un ensemble documentaire de premier ordre qui intéresse la France puisqu’il s’agit de la Stricte Observance et de la correspondance des loges allemandes avec des loges françaises.

Le recours au français comme langue officielle maçonnique au XVIIIe siècle facilite l’accès à certains dossiers, mais les obédiences allemandes ont exigé et obtenu que toute consultation soit soumise à leur accord préalable.

Il semble cependant, si l’on en croit l’évolution perceptible aujourd’hui à Londres aux archives de la Grande Loge Unie d’Angleterre, que l’accès des chercheurs, maçons d’obédiences réputées irrégulières voire profanes, aux archives des obédiences soit plus aisée.

La dernière source d’espoir pour l’étude de la franc-maçonnerie latine, dont les archives sont lacunaires en raison de la répression qui s’est exercée contre elle, réside bien sur dans l’ouverture récente des archives du Saint Office. P.Y. B.

 

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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le nombre Neuf – 9 14 avril, 2021

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Symbolisme et chiffre : le nombre Neuf – 9

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Dans les écrits homériques, le nombre neuf à une valeur rituelle. Déméter parcourt le monde pendant neuf jours à la recherche de sa fille Perséphone ; Letô souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l’enfantement ; les neuf Muses sont nées de Zeus, lors de neuf nuits d’amour. Neuf semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses et symbolise le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création.

Clio-Thalie-Erato-Euterpe-Polhymnie-Calliope-Terpsichore-Uranie-Melpomène

Les Anges, selon le Pseudo- Denys l’Aéropagite, sont hiérarchisés en neuf chœurs, ou trois triade : la perfection de la perfection, l’ordre dans l’ordre, l’unité dans l’unité.

Chaque monde st symbolisé par un triangle, un chiffre ternaire : le ciel, la terre, les enfers. Neuf est la totalité des trois mondes.

Neuf est un des nombres de la sphère céleste. Il est encore, symétriquement, celui des cercles infernaux. C’est la raison des neuf nœuds du bambou taoïste, des neuf (ou des sept) encoches du bouleau axial sibérien. C’est la raison aussi des neuf degré du trône impérial chinois, et des neufs portes qui le séparent du monde extérieur, car le microcosme est à l’image du Ciel. Aux neuf Cieux s’opposent les neuf Sources, qui sont le séjour des morts.

Les cieux bouddhiques sont neuf également, mais, selon Houai-nan tseu, le ciel chinois a neuf plaines et 9999 coins.

Le nombre neuf est à la base de la plupart des cérémonies taoïstes du temps des Han.

Neuf est le nombre de la plénitude : 9 est le nombre du yang. C’est pourquoi les chaudrons de Yu sont neuf et- pourquoi le cinabre alchimique ne devient potable qu’à la neuvième transmutation.

Neuf est aussi la mesure de l’espace chinois : nombre carré du lo-cho, nombre des régions dont les neufs pasteurs apportèrent le métal pour la fonte des neufs chaudrons. Ultérieurement la Chine comptait 18 provinces, soit deux fois neuf ; mais selon Sseuma ts’ien , elle occupait 1/81 du monde. Dans le mythe de Houang-ti, Tch’eyeou n’est pas un, mais 81 (ou 72), ce qui exprime la totalité d’une confrérie. Et ce n’est pas par hasard si le Tao-te king compte 81 chapitres (9×9).

Si neuf est chez Dante comme partout ailleurs le nombre du Ciel, il est aussi celui de Béatrice, laquelle est elle-même un symbole de l’Amour. (Marcel Granet, la pensée chinoise, Paris, 1934 – René Guénon, l’ésotérisme de Dante, Paris, 1925).

Selon l’ésotérisme islamique, descendre neuf marches sans chute signifie avoir dompté les neuf sens. C’est également le nombre qui, correspondant aux neuf ouvertures de l’homme, symbolise pour lui les voies de communication avec le monde.

Chez les Aztèques, le roi Tecoco, Nezahualcoyotl, construisit un temple de neuf étages, comme les neuf cieux, ou les neuf étapes que devait parcourir l’âme pour gagner le repos éternel. Il était dédié au Dieu inconnu et créateur de toutes choses, celui du voisinage immédiat, celui par qui nous vivons. (Mythologies des Montagnes, des Forêts et des Iles, (p.187) sous la direction de P. Grimal, Paris, 1963).

Dans la mythologie mezo-américaine, le chiffre neuf symbolise les neuf cieux, sur lesquels gravite le soleil. D’autre part, neuf est également le chiffre sacré de la déesse lune : dans la glyptique maya, Bolon Tiku, Déesse Neuf, est la déesse de la pleine lune. (Raphaël Girard, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, (p.309) Paris, 1954).

Neuf, pour les aztèques, est spécifiquement le chiffre symbolique des choses terrestres et nocturnes ; l’enfer est fait de neuf plaines et le panthéon aztèque compte neuf divinités nocturnes, gouvernées par le dieu des enfers, qui se situe, dans leur liste, au cinquième rang, donc au milieu des huit autres.. Dans la plupart des cosmogonies indiennes, il existe également neuf mondes souterrains. Chez les Mayas, le nombre neuf, considéré au contraire comme faste, est particulièrement important en magie et en médecine (Eric S. Thompson J., Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouvelle édition, 1960).

La divinité du 9° jour est le serpent, qui commande aussi le treizième jour. Mais dans la croyance populaire aztèque, neuf, étant lié aux divinités de la nuit, de l’enfer et de la mort, est un nombre redouté.

Le nombre neuf joue un rôle éminent, tant dans la mythologie que dans les rites chamaniques des peuples turco-mongols. A la division du ciel en neuf couches s’associe souvent la croyance aux neuf fils ou serviteurs de Dieu qui, selon Gonzarov correspondraient à neuf étoiles adorées par les Mongols, les Tchouvaches de la Volga, qui classent leurs dieux par groupes de neuf, observant des rites sacrificiels, comprenant souvent neuf sacrificateurs, neuf victimes, neuf coupes, etc. Les Tchérémisses païens offrent au Dieu du Ciel neuf pains et neuf coupes d’hydromel. Les Yakoutes placent également neuf coupes sur leurs autels de sacrifice ; à titre de comparaisons mentionnons que, selon Masmoudi, les Sabéens Syriens organisèrent leur clergé d’après les neuf cercles célestes (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduit de l’allemand par Jean-Louis Perret, (p.117-118) Paris, 1959).

Selon René Allendy (Dr.René Allendy, Le Symbolisme des Nombres, (p.256, s.) Paris, 1948) le nombre neuf apparaît comme le nombre complet de l’analyse totale. Il est le symbole de la multiplicité faisant retour à l’unité et, par extension, celui de la solidarité cosmique et de la rédemption.

Tout nombre, quel qu’il soit, dit Avicenne, n’est autre que le nombre neuf ou son multiple, plus un excédent, car les signes des nombres n’ont que neuf caractères et valeurs avec le zéro.

Les Egyptiens nommaient le nombre neuf la Montagne du Soleil : la grande neuvaine était faite de l’évolution dans les trois mondes, divin, naturel et intellectuel, de l’archétype trinitaire Osiris-Isis-Horus, représentant l’Essence, la Substance et la Vie.

Pour les platoniciens d’Alexandrie, la Trinité divine primordiale se subdivisait également par trois, formant les neuf principes. C’est volontairement, ajoute Allendy, que l’architecture chrétienne a cherché à exprimer le nombre neuf : ainsi le sanctuaire de Paray-le-Monial est-il éclairé par neuf fenêtres.

On retrouve neuf principes universels dans les enseignements de la plus ancienne secte philosophique de l’Inde, les Vaïses-hica.

L’initiation orphique aurait de même admis trois ternaires de principes, le premier comprenait la Nuit, le Ciel, le Temps ; le second, l’Ether, la Lumière, les Astres ; le troisième, le Soleil, la Lune, la Nature ; ces principes constituaient les neuf aspects symboliques de l’Univers. Le nombre neuf, dit Parménide, concerne les choses absolues.

Les neuf muses représentent, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.

Liturgiquement, la neuvaine représente l’achèvement, le temps complet. Elle existait dans le culte mazdéen, on le retrouve dans le Zend-Advesta, où de nombreux rites purificatoires sont formés d’une triple répétition ternaire : ainsi les vêtements d’un mort doivent être lavés neuf fois dont trois fois avec de l’urine, trois fois avec de la terre et trois fois avec de l’eau. Cette triple répétition ternaire se retrouve dans de nombreux rites de magie et de sorcellerie.

Trois étant le nombre novateur, son carré représente l’universalité. Il est significatif que tant de contes, de toute origine, expriment l’infini, le surnombre, par la répétition du neuf, tels les 999.999 Fravashis des anciens Iraniens : ils gardaient la semence de Zoroastre, dont devaient naître tous les prophètes.

L’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, image du retour du multiple à l’Un, et donc de l’Unicité primordiale et finale, est graphiquement apparenté à la reproduction du nombre neuf

Dans de multiples alphabets : tibétain, persan, hiératique, arménien, égyptien, etc.

Mystiquement cette acception du neuf l’apparente au Hak des Soufis, suprême étape de la Voie, béatitude conduisant au fana : l’annihilation de l’individu dans la totalité retrouvée ; ou, comme dit Allendy, la perte de la personnalité dans l’amour universel.

La tradition indienne précise cette acception rédemptrice du symbole Neuf, avec les neuf incarnations successives de Vishnu, qui, chaque fois, se sacrifie au salut des hommes. De même, selon les Evangiles, Jésus crucifié à la troisième heure, commence son agonie à la sixième heure (crépuscule) et expire à la neuvième.

Louis-Claude de Saint-Martin voyait dans le neuf, l’anéantissement de tout corps et de la vertu de tout corps

Les Francs-Maçons, conclue Allendy, en ont fait le nombre éternel de l’immortalité humaine et neuf maître retrouvèrent le corps et le tombeau d’Hiram. Suivant la symbolique maçonnique le nombre 9 représente aussi, dans son graphisme, une germination vers le bas, donc matérielle ; tandis que le chiffre 6 représente au contraire une germination vers le haut, donc spirituelle. Ces deux nombres sont le début d’une spirale. Dans l’ordre humain, le nombre neuf est (en effet) celui des mots nécessaires à l’achèvement du fœtus, qui est néanmoins complètement formé dès le septième mois. (On peut observer aussi que le nombre 6 est celui de l’achèvement de la création, qui culmine le sixième jour avec l’apparition de l’homme). (Jules Boucher, La symbolique maçonnique, 2ème édition, (p.227), Paris 1953).

Le nombre neuf intervient fréquemment dans l’image du monde décrite dans la Théogonie d’Hésiode. Neuf jours et neuf nuits sont la mesure du temps qui sépare le ciel de la terre et celle-ci de l’enfer : une enclume d’airain tomberait du ciel durant neuf jours et neufs nuits, avant d’atteindre le dixième jour, à la terre ; et, de même, une enclume d’airain tomberait de la terre durant neuf jours et neuf nuits, avant d’atteindre, le dixième jour, au Tartare (Hésiode, Théogonie, les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par Paul. Mazon, (v.720-725), Paris, 1928). De même la punition des dieux parjures consiste-t-elle à demeurer neuf années pleines loin de l’Olympe, où siège le conseil et se tient le banquet des divinités (ibid.60-61).

Neuf, étant le dernier de la série des chiffres, annonce à la fois une fin et un recommencement, c’est-à-dire une transposition sur un nouveau plan. On retrouverait ici l’idée de nouvelle naissance et de germination, en même temps que celle de mort ; idées dont a été signalée l’existence dans plusieurs cultures à propos des valeurs symboliques se ce nombre. Dernier des nombres de l’univers manifesté. Il ouvre la phase des transmutations. Il exprime la fin d’un cycle, l’achèvement d’une course, la fermeture de la boucle.

C’est en ce sens que l’on peut interpréter le titre et la répartition de l’œuvre de Plotin, tels qu’ils furent transmis par ses disciples, et notamment par Porphyre, sous une influence pythagoricienne : Ennéades (ensemble de neuf). C’est un ensemble de 54 petits traités, assez arbitrairement découpés, mais correspondant au produit de 6×9 ; deux nombres qui sont chacun multiples de trois et renforcent la symbolique du trois. Porphyre s’en émerveille : j’eus la joie de trouver le produit du nombre parfait six par le nombre neuf. Cette structure numérologique tend à symboliser la vision totale, cosmique, humaine, théologique, depuis l’origine jusqu’à l’eschatologie du monde, que représente l’enseignement du maître. Après l’émanation de l’Un et le retour à l’Un, la boucle de l’univers s’achève. Les Ennéades constituent par leur seul titre, le manifeste global d’une école et d’une vision du monde.

*

En plus des Sources multiples citées, il convient de noter :

Dictionnaire des Symboles – Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres. – Par Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, édité chez Robert Laffont / Jupiter dans la collection Bouquins

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APERÇUS SUR L’ÉSOTÉRISME ISLAMIQUE (ET LE TAOÏSME) 21 mars, 2021

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Par René Guénon.

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APERÇUS SUR L’ÉSOTÉRISME ISLAMIQUE (ET LE TAOÏSME)

Influence de la civilisation islamique en Occident

 

<< La plupart des Européens n’ont pas évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni compris la nature de leurs emprunts à cette civilisation dans le passé. Certains vont jusqu’à méconnaître totalement tout ce qui s’y rapporte.

Cela vient de ce que l’histoire telle qu’elle leur est enseignée travestit les faits, et a été volontairement altérée sur beaucoup de points. Cet enseignement affiche avec outrance le peu de considération que lui inspire la civilisation islamique. Il en rabaisse le mérite chaque fois que l’occasion s’en présente.

L’enseignement historique dans les Universités d’Europe ne montre pas l’influence dont il s’agit. Au contraire, les vérités qui devraient être dites à ce sujet, qu’il s’agisse de professer ou d’écrire, sont systématiquement écartées, surtout pour les événements les plus importants.

Par exemple, s’il est connu que l’Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu’il en fut de même d’autres pays, tels que la Sicile et la partie méridionale de la France actuelle. Certains veulent attribuer ce silence des historiens à quelques préjugés religieux.

Mais que dire des historiens actuels dont la plupart sont sans religion, sinon adversaires de toute religion, quand ils viennent confirmer ce que leurs devanciers ont dit de contraire à la vérité ?

Il faut voir là une conséquence de l’orgueil des Occidentaux, un travers qui les empêchent de reconnaître la vérité et l’importance de leurs dettes envers l’Orient.

Le plus étrange en cette occurrence c’est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation hellénistique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l’histoire même établit péremptoirement que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans.

En d’autres termes, le patrimoine intellectuel des Hellènes n’est parvenu à l’Occident qu’après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient, et n’étaient les savants de l’Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l’ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant est qu’ils soient jamais parvenus à les connaître.

Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l’influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe. Car la plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n’étaient pas de race arabe et si leur langue était l’arabe, c’était seulement une conséquence de leur adoption de la religion islamique.

Nous pouvons voir une preuve certaine de l’extension de cette même influence en Occident dans l’existence de termes d’origine et de racine arabes beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit généralement, incorporés dans presque toutes les langues européennes et dont l’emploi s’est continué jusqu’à nous, encore que beaucoup parmi les Européens qui s’en servent ignorent totalement leur véritable origine. Comme les mots ne sont autre chose que le véhicule des idées et le moyen d’extériorisation de la pensée, on conçoit qu’il soit extrêmement facile de déduire de ces faits la transmission des idées et des conceptions islamiques elles-mêmes.

En fait, l’influence de la civilisation islamique s’est étendue d’une manière sensible à tous les domaines, science, arts, philosophie, etc. L’Espagne était alors un milieu très important à cet égard et le principal centre de diffusion de cette civilisation. Notre intention n’est pas de traiter en détail chacun des aspects ni de définir l’aire d’extension de la civilisation islamique, mais seulement d’indiquer certains faits que nous considérons comme particulièrement importants, bien que peu nombreux soient à notre époque ceux qui reconnaissent cette importance.

En ce qui concerne les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences mathématiques. Pour les premières, nous savons avec certitude que certaines d’entre elles ont été transmises par la civilisation islamique à l’Europe qui les lui emprunta d’une façon complète. La chimie, par exemple, a toujours gardé son nom arabe, nom dont l’origine remonte d’ailleurs à l’Égypte ancienne, et cela bien que le sens premier et profond de cette science soit devenu tout à fait inconnu des modernes et comme perdu pour eux.

Pour prendre un autre exemple, celui de l’astronomie, les mots techniques qui y sont employés dans toutes les langues européennes sont encore pour la plupart d’origine arabe, et les noms de beaucoup des corps célestes n’ont pas cessé d’être les noms arabes employés tels quels par les astronomes de tous les pays. Ceci est dû au fait que les travaux des astronomes grecs de l’antiquité, tels que Ptolémée d’Alexandrie, avaient été connus par des traductions arabes en même temps que ceux de leurs continuateurs musulmans. Il serait d’ailleurs facile de montrer en général que la plupart des connaissances géographiques concernant les contrées les plus éloignées d’Asie ou d’Afrique ont été acquises pendant longtemps par des explorateurs arabes qui ont visité de très nombreuses régions et on pourrait citer beaucoup d’autres faits de ce genre.

Pour ce qui a trait aux inventions qui ne sont que des applications des sciences naturelles, elles ont également suivi la même voie de transmission, c’est-à-dire l’entremise musulmane, et l’histoire de l’« horloge à eau » offerte par le Khalife Haroun-el-Rachid à l’empereur Charlemagne, n’a pas encore disparu des mémoires.

En ce qui concerne les sciences mathématiques, il convient de leur accorder une attention particulière sous ce rapport. Dans ce vaste domaine, ce n’est pas seulement la science grecque qui a été transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la civilisation islamique, mais aussi la science hindoue. Les Grecs avaient aussi développé la géométrie, et même la science des nombres, pour eux, était toujours rattachée à la considération de figures géométriques correspondantes. Cette prédominance donnée à la géométrie apparaît clairement, par exemple dans Platon. Il existe cependant une autre partie des mathématiques appartenant à la science des nombres qui n’est pas connue, comme les autres sous une dénomination grecque dans les langues européennes, pour la raison que les anciens grecs l’ont ignorés. Cette science est l’algèbre, dont la source première a été l’Inde et dont l’appellation arabe montre assez comment elle a été transmise à l’Occident.

Un autre fait qu’il est bon de signaler ici malgré sa moindre importance, vient encore corroborer ce que nous avons dit, c’est que les chiffres employés par les Européens sont partout connus comme des chiffres arabes, quoique leur origine première soit en réalité hindoue, car les signes de numération employés originairement par les Arabes n’étaient autres que les lettres de l’alphabet elles-mêmes.

Si maintenant nous quittons l’examen des sciences pour celui des arts, nous remarquons que, en ce qui concerne la littérature et la poésie, bien des idées provenant des écrivains et des poètes musulmans, ont été utilisées dans la littérature européenne et que même certains écrivains occidentaux sont allés jusqu’à l’imitation pure et simple de leurs œuvres.

De même, on peut relever des traces de l’influence islamique en architecture, et cela d’une façon toute particulière au Moyen Âge ; ainsi, la croisée d’ogive dont le caractère s’est affirmé à ce point qu’elle a donné son nom à un style architectural, a incontestablement son origine dans l’architecture islamique, bien que de nombreuses théories fantaisistes aient été inventées pour dissimuler cette vérité.

Ces théories sont contredites par l’existence d’une tradition chez les constructeurs eux-mêmes affirmant constamment la transmission de leurs connaissances à partir du Proche-Orient.

Ces connaissances revêtaient un caractère secret, et donnaient à leur art un sens symbolique ; elles avaient des relations très étroites avec la science des nombres et leur origine première a toujours été rapportée à ceux qui bâtirent le Temple de Salomon.

Quoi qu’il en soit de l’origine lointaine de cette science, il n’est pas possible qu’elle ait été transmise à l’Europe du Moyen Âge par un intermédiaire autre que celui du monde musulman. Il convient de dire à cet égard que ces constructeurs constitués en corporations qui possédaient des rites spéciaux, se considéraient et se désignaient comme étrangers en Occident, fût-ce dans leur pays natal, et que cette dénomination a subsisté jusqu’à nos jours, bien que ces choses soient devenues obscures et ne soient plus connues que par un nombre infime de gens.

Dans ce rapide exposé, il faut mentionner spécialement un autre domaine, celui de la philosophie, où l’influence islamique atteignit au Moyen Âge une importance si considérable qu’aucun des plus acharnés adversaires de l’Orient ne saurait en méconnaître la force.

On peut dire véritablement que l’Europe, à ce moment, ne disposait d’aucun autre moyen pour arriver à la connaissance de la philosophie grecque. Les traductions latines de Platon et d’Aristote, qui étaient utilisées alors, n’avaient pas été faites directement sur les originaux grecs, mais bien sur des traductions arabes antérieures, auxquelles étaient joints des commentaires des philosophes musulmans contemporains, tels qu’Averroès, Avicenne, etc.

La philosophie d’alors, connue sous le nom de scolastique, est généralement distinguée en musulmane, juive et chrétienne. Mais c’est la musulmane qui est à la source des deux autres et plus particulièrement de la philosophie juive, qui a fleuri en Espagne et dont le véhicule était la langue arabe, comme on peut le constater par des œuvres aussi importante que celles de Moussa-ibn-Maimoun qui a inspiré la philosophie juive postérieure de plusieurs siècles jusqu’à celle de Spinoza, où certaines de ses idées sont encore très reconnaissables.

Mais il n’est pas nécessaire de continuer l’énumération de faits que tous ceux qui ont quelque notion de l’histoire de la pensée connaissent. Il est préférable d’étudier pour terminer d’autres faits d’un ordre tout différent, totalement ignorés de la plupart des modernes qui, particulièrement en Europe, n’en ont pas même la plus légère idée ; alors qu’à notre point de vue ces choses présentent un intérêt beaucoup plus considérable que toutes les connaissances extérieures de la science et de la philosophie.

Nous voulons parler de l’ésotérisme avec tout ce qui s’y rattache et en découle en fait de connaissance dérivée, constituant des sciences totalement différentes de celles qui sont connues des modernes.

En réalité, l’Europe n’a de nos jours rien qui puisse rappeler ces sciences, bien plus, l’Occident ignore tout des connaissances véritables telles que l’ésotérisme et ses analogues, alors qu’au Moyen Âge il en était tout autrement ; et, en ce domaine aussi, l’influence islamique à cette époque apparaît de la façon la plus lumineuse et la plus évidente. Il est d’ailleurs très facile d’en relever les traces dans des œuvres aux sens multiples et dont le but réel était tout autre que littéraire.

Certains Européens ont eux-mêmes commencé à découvrir quelque chose de ce genre notamment par l’étude qu’ils ont faites des poèmes de Dante, mais sans arriver toutefois à la compréhension parfaite de leur véritable nature.

Il y a quelques années, un orientaliste espagnol, Don Miguel Asin Palacios, a écrit un ouvrage sur les influences musulmanes dans l’œuvre de Dante et a démontré que bien des symboles et des expressions employées par le poète, l’avaient été avant lui par des ésotéristes musulmans et en particulier par Sidi Mohyiddin-ibn-Arabi. Malheureusement, les remarques de cet érudit n’ont pas montré l’importance des symboles mis en œuvre.

Un écrivain italien, mort récemment, Luigi Valli, a étudié un peu plus profondément l’œuvre de Dante et a conclu qu’il n’a pas été seul à employer les procédés symboliques utilisés dans la poésie ésotérique persane et arabe ; au pays de Dante et parmi ses contemporains, tous ces poètes étaient membres d’une organisation à caractère secret appelée « Fidèles d’Amour » dont Dante lui-même était l’un des chefs.

Mais lorsque Luigi Valli a essayé de pénétrer le sens de leur « langage secret », il lui a été impossible à lui aussi de reconnaître le véritable caractère de cette organisation ou des autres de même nature constituées en Europe au Moyen Âge (voir René Guénon. L’Ésotérisme de Dante).

La vérité est que certaines personnalités inconnues se trouvaient derrière ces associations et les inspiraient ; elles étaient connues sous différents noms, dont le plus important était celui de « Frères de la Rose-Croix ».

Ceux-ci ne possédaient point d’ailleurs de règles écrites et ne constituaient point une société, ils n’avaient point non plus de réunions déterminées, et tout ce qu’on peut en dire est qu’ils avaient atteint un certain état spirituel qui nous autorise à les appeler « soufis » européens, ou tout au moins muta-çawwufîn parvenus à un haut degré dans cette hiérarchie.

On dit aussi que ces « Frères de la Rose-Croix » qui se servaient comme « couverture » de ces corporations de constructeurs dont nous avons parlé, enseignaient l’alchimie et d’autres sciences identiques à celles qui étaient alors en pleine floraison dans le monde de l’Islam.

À la vérité, ils formaient un anneau de la chaîne qui reliait l’Orient à l’Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis musulmans, contact symbolisé par les voyages attribués à leur fondateur légendaire.

Mais tous ces faits ne sont pas venus à la connaissance de l’histoire ordinaire qui ne pousse pas ses investigations plus loin que l’apparence des faits, alors que c’est là, peut-on dire, que se trouve la véritable clé qui permettrait la solution de tant d’énigmes qui autrement resteraient toujours obscures et indéchiffrables. >>

Nasreddine

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Le Mystère des Egrégores 7 mars, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

Voici une planche provenant de la loge maçonnique « Stella Maris » – Grande Loge de France à l’orient de Marseille sur cette communion indescriptible  des âmes et de l’esprit… « Le Mystère des Egrégores« …

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Une planche d’un frère Georges, passé à l’orient éternel en 2009… Merci à lui pour ce magnifique moment !

« Si nous n’étions pas inscrits:, dans une tradition orale, et en train de rédiger un texte qui serait destiné à être publié, je mettrais volontiers en exergue, en haut et à droite, en petites lettres, la phrase liminaire suivante : « Ne t’empresse pas d’appeler sottise ce qui TE paraît insensé. Médites, réfléchis, et fais en ton profit, dans ton propre espace de liberté intérieure. »

Et c’est parce que nous allons parler là de notions qui touchent au plus profonde des sociétés humaines, de notions touchant à la fois à ce que l’on a pu appeler la Magie, l’Alchimie des âmes, l’Occultisme, le fonctionnement des groupements humains, à la psychologie et à la psychanalyse. Des notions qui peuvent nous troubler, car elles peuvent porter atteinte à l’une de nos fiertés, voire de nos prétentions, celle d’une prétendue totale et absolue liberté personnelle.

Bien sûr, nous sommes dans une société marquée au sceau du rationalisme. Mais pour justifier mon exergue, qui fait appel à notre sentiment d’ignorance devant certains événements, je vous demande un instant d’imaginer les réactions de l’Homme-Jésus, de Charlemagne ou de François 1er, si on leur avait parlé de rayons. X, de fission de l’atome, ou de se promener sur la lune..

On a quelquefois I’occasion de noter que l’homme peut se faire lui-même l’artisan de` son propre malheur. C’est bien mon cas ayant choisi ce thème, centré sur un mot qui nous est familier, et qui pourtant n’existe pas dans la langue française. Actuellement seul le Larousse en 15 volumes le mentionne, suivi d’un article particulièrement succinct. Littré et Robert l’ignorent. D’où l’absence quasi totale de documentation et de référence sur le sujet, sur un mot que nous, maçons, utilisons assez souvent, connaissons bien, ou croyons connaître, mais sans nous être penchés cependant sur sa signification profonde, ni sur ses origines. C’est pourquoi j’ai introduit le mot mystère dans le titre de mon propos.

Tentons, malgré tout, d’en donner une définition : un égrégore est un être collectif autonome, composé d’une multitude d’influences qui s’unissent autour d’un centre commun. II pourrait se trouver que lorsque plusieurs personnes s’unissent autour d’une idée, ou d’un principe, elles enfantent un être collectif intelligent, qui va par la suite devenir indépendant, menant une vie propre. Il serait alors la somme des énergies psychiques émises par chacun des membres ayant participé à son émergence, voire à sa multiplication. L’ensemble de ces mouvements vibratoires pourrait exercer, en retour, en vertu du principe action-réaction, une puissante influence sur les composants du groupe, qui peut être fort différente de la psyché de chacun. Le total ne serait pas la somme des membres composants….   .

Un egregore est une « forme-pensée », ou « idée force » de qualité neutre, comme une coquille vide, qui se colore et se remplit des intentions du groupe, pour le meilleur ou pour le pire. Selon la qualité vibratoire et le but de ses membres fondateurs, l’égrégore les enchaînera à leurs croyances limitatives, ou tout au contraire, pourra dynamiser leur potentiel créateur et les déliera de toutes influences extérieures, élargissant ainsi leur  espace de liberté.

Penchons-nous un instant sur l’origine de ce mot, elle aussi bien mystérieuse. Son sens originel est biblique, mais il semble être le résultat d’une suite d’erreurs de traductions. On en trouve trace dans la littérature apocalyptique hébraïque, tout particulièrement dans le Livre d’Hénoch, sous la signification de veilleur, ou éveillé, en grec egregoroî, en latine egregori, d’où le néologisme français d’égrégore. Dans la tradition hébraïque primordiale, ces veilleurs, sorte d’anges, sont des entités, intermédiaires directs et indispensables, entre Dieu et les hommes. L’essentiel de leur action aurait été la fécondation des femmes, afin que soit entretenue chez les humains la parcelle divine. Ainsi, la transmission génétique aurait été déjà connue, et le sexe des anges plus à discuter

En fait, l’utilisation actuelle de ce terme, nous la devons à Stanislas de Gaîta, qui fut le premier à l’utiliser dans son acception d’entité occulte, c’est à dire d’Être caché, d’Être non visible.

Il convient de souligner, mystère supplémentaire, que ce mot n’est utilisé qu’en français. Dans toutes les autres langues, le concept occultiste ou psychologique, quand il existe, ne porte aucun nom particulier. Enfin, c’est en France, et rien qu’en France, que ce concept et ce mot sont introduits en Franc Maçonnerie.

Partons maintenant sur les traces littéraires de ce mot, à travers la pensée de quelques auteurs.

Et revenons un instant à S: de Gaîta, `poète *et occultiste de la fin du 19eme, qui nous en parle en terme de vivante synthèse, résultat du groupement de plusieurs individualités. Quoique non maçon, il évoque aussi l’importance de la chaîne magique, ou chaîne d’union, en F.M.. Gaïta, peu avant sa mort précoce, transmet des écrits à son secrétaire, qui n’est autre que notre ami Oswald Wirth, à charge pour lui d’en poursuivre la rédaction. C’est bien Wirth qui introduit le mot en F.M., suivi par Marius Lepage, relayé par Jules Boucher.

Ce que ces auteurs ont en commun, c’est leur conception de cette notion d’égrégore: Ce n’est pas une création spirituelle, mais une forme d’énergie résultant de la sommation des fractions énergétique de même signe, issues des individus d’une collectivité humaine. Le concept n’est donc pas du tout métaphysique, on le voit, mais plutôt d’ordre physique, pourrais je dire.

René Guenon, quant à lui, nous en parle bien différemment dans ses Aperçus sur l’Initiation. Ce sont des forces d’ordre subtil, nous dit il, constitués par les efforts de tout les membres passés et présents.

Avec le mot « membres passés », il introduit là une nouvelle dimension au concept. Il ajoute que lorsqu’il s’agit d’une collectivité appartenant à une forme traditionnelle authentique et régulière, ce qui est notamment le cas des collectivités religieuses ou spiritualistes accomplissant certains rites, un autre type d’entité collective peut se former. Il peut y avoir en outre intervention d’un élément véritablement non humain, une influence spirituelle extérieure. Guenon parle là d’un type d’égrégore spiritualisé. Il dit que cette influence peut se fixer sur un support matériel, objet ou lieu, par exemple, et donner lieu à des manifestations sensibles, comme celles que raconte la Bible au sujet de l’Arche d’Alliance ou du Temple de Salomon. D’après lui, les miracles de toutes les religions résulteraient de pareilles matérialisations réalisées an des lieux de pèlerinage, ces objets ou ces lieux jouant le rôle de condensateur. Il y a là, nous dit il, une constitution du groupe comparable à celle d’un être vivant, avec un corps qui est le support dont il s’agit, une âme qui est la force collective, et un esprit qui- est naturellement l’influence spirituelle agissante extérieurement par le moyen des deux autres.

Un autre type de recherche s’est penché sur ce phénomène. Ce sont les philosophes et les sociologues. Citons principalement Gustave Le Bon, Durckheim; et Gurvitch, qui tous constatent et analysent ce phénomène, en des termes bien proches, mais bien sûr sans en envisager son éventuelle prolongation spirituelle ou métaphysique. Il y a pour eux dans la vie sociale différents paliers qui correspondent aux diverses formes de sociabilité : la masse, la communauté et la communion, en allant de la couche la plus superficielle à la plus profonde, la communion représentant le degré maximum de fusion des consciences.

Dans le monde moderne, lorsque la psychologie sociale se penche sur l’entreprise, elle crée le mot synergie, qui qualifie bien le même concept, l’union des volontés vers- une finalité commune, synergie plus ou moins puissante suivant le degré de cohésion des membres du groupe.

Enfin, sur ce sujet, comment éviter de citer une fois de plus l’incontournable Carl Gustav Jung ? Avec ses travaux sur les symboles, sur les mythes, sur l’inconscient, sur la psychologie des profondeurs, il aboutit à la notion d’un inconscient collectif. Une sorte d’héritage culturel de nos ancêtres, une sorte de résumé des expériences intérieures de l’Humain.

Nous expliquant peut-être ainsi pourquoi Guenon nous disait tout à l’heure l’influence des membres passés d’un groupe sur les caractéristiques de son propre égrégore.

Sur cette influence des membres passés d’un égrégore, je voulais dire que de ce fait, cet égrégore, entité psychique autonome, peut survivre quelque temps encore, voire fort longtemps, à la disparition du groupement humain qui l’a créé et supporté. C’est comme un nuage d’idées, qui avant que de s’éteindre et se dissoudre, parcourrait le monde à la recherche d’un nouveau groupe qui le revivifierait, comme un essaim d’abeilles à la recherche d’un nouveau gîte..

C’est pourquoi l`histoire voit en permanence resurgir quelques mouvements, qui, quoique démantelés, ont une tendance spontanée à se restructurer, à se réanimer, qu’il s’agisse de vieux démons, tel le nazisme, ou de mouvement spiritualiste se référant, par exemple, à la force psychique formidable que nous ont laissés quelques prêtres de l’Égypte antique, qui fascine encore nombre d’entre nous, au point d’influencer encore certains rituels et pratiques.

Tout comme s’il s’agissait d’un phénomène vibratoire, on peut imaginer que plus la vibration initiale : a été intense, plus la durée de vie d’un égrégore est grande. Mais comme tout mouvement vibratoire, le mouvement universel n’existant pas en l’état.: de nos connaissances, sauf à recourir au divin, vient le moment de l’entretien des forces. II ne me semble pas, personnellement, y avoir de différence fondamentale de fonctionnement entre l’ordre du physique et l’ordre du psychique. Plus il est alimenté, plus son rayonnement s’étend. En contrepartie, moins il est nourri et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégores naissent, se développent, puis s’anémient et meurent, ou tout au contraire se fortifient et se pérennisent, en traversant le temps.

Nous comprenons donc maintenant que nous sommes entourés d’égrégores, multiples et multiformes. Je me garderais bien d’en vouloir dresser un catalogue. Je vous invite, tout au contraire, à les découvrir autour de vous, portant vos regards curieux à cet égard sur l’espèce, puisque rien qui soit humain ne nous est étranger. Je vous invite aussi à les ranger dans des catégories de qualité, telles que nous les, avons définies précédemment.

Celles relevant de la masse, celles dépendantes de la communauté, et enfin celles du stade de la communion.

Mais nous devons aussi distinguer, une deuxième classification qui s’y superpose. Trois types supplémentaires me semblent à décrire

Les egregores neutres, qui n’ont que peu d’influence sur la psyché humaine. Ils ne propulsent ni vers les tréfonds de la matière, ni vers les sommets de l’esprit. Ils sont peu visibles, et nécessitent une certaine vigilance pour être identifiés. Les égrégores nocifs et maléfiques, (évidemment un jugement subjectif de ma part!), à l’opposé, manipulateurs et limitatifs. D’esprit profondément matérialiste, dissimulés sous certains masques, ils aliènent, enferment, retiennent et séparent.

Ils s’efforcent, consciemment ou pas, de s’opposer au processus de l’évolution, telle que nous l’entendons nous, au sens social, matériel et spirituel.

Les egregores féconds, ou bénéfiques, qui tentent d’ouvrir à des états de conscience trans-personnels, essayant d’être des manœuvres, ou peut être prétentieusement des ouvriers, plus ou moins qualifiés,, de l’Entreprise-Evolution, telle que, peut être utopiquement, bien sûr, nous la concevons.

C’est donc un amusant et fructueux safari-egregore que je vous propose, allant de l’opinion publique, le plus bas de l’échelle, en passant par la famille et le couple, les équipes sportives, leurs clubs de supporters, le régionalisme, le nationalisme, le mondialisme, les sectes, le monde du travail et le syndicalisme, les églises, les partis politiques, bref, tout le paysage géo-psycho-politique, à passer en revue au crible de cette étrange et je le redis, mystérieuse force associative douée de mémoire et d’une vie autonome.

Il est peut être temps maintenant, à la lumière de ces quelques réflexions générales, de consacrer quelques instants à notre propre egregore maçonnique.

L’Esprit de la Franc Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme spéculative, avait déjà un long passé avant que d’être réactivée au début du 18eme siècle. La Maçonnerie actuelle n’est jamais, soyons en bien conscient, qu’un sous-egregore, infiniment plus ancien, remontant peut être au début même de la conscience humaine, et dont le mécanisme de re-creation, je dirais de ré-incarnation, a été précédemment décrit. Le nuage d’idées, dans sa personnalité propre a retrouvé, au début du 18ème siècle, un groupement humain pour l’accueillir à nouveau. Remontons le temps les corporations,, les opératifs, les bâtisseurs de cathédrales, Salomon, Hiram, les Fondements bibliques, les Égyptiens, et tout ce qui avait tenu place -fondamentale auparavant, sans que-nous ne le sachions vraiment. Peut-être l’idée force serait la quête du Beau, au sens extra plastique et extra artistique, bien plus largement entendu au sens rituélique du terme, selon cette réplique phrase » Que la Beauté l’orne « . II me semble évident que nous sommes l’émanation d’un égrégore originel dont nous connaissons bien peu de choses, mais dont l’existence probable nous envahit.

Dans la classification que j’ai proposé, j’ai la faiblesse, la fierté et la prétention de croire que nous ressortons du domaine de la catégorie Communion. Communion qui dans sa racine latine signifie « communauté de fidèles ». Mais fidèles à quoi ? Voyons donc :… mais c’est bien sûr ! … , à l’article premier de notre Constitution, sur lequel, main dégantée et posée, nous avons tous ici souscrit et juré !

Que nous propose-t-il ? J’éviterai la répétition de sa lecture ! Rien qui ne soit conforme aux principes de l’Évolution rêvée : paix liberté, fraternité amour, force sagesse, conscience liberté, respect et tolérance.

C’est pourquoi je prends le risque de nous ranger dans les égrégores féconds.

Mais c’est là un égrégore obédientiel, celui de la Grande Loge de France, entièrement dévolue au Rite Écossais Ancien et Accepté. D’autres rites et obédiences ont certainement sur ce sujet, les mêmes valeurs et la même puissance associative immémoriale.

La GLDF étant une fédération de loges, passons donc à ses membres, et son unité de base, à savoir la Loge, lieu où j’ai ce soir le plaisir de parler quelques instants.. Voilà bien un groupement modèle réduit, fondu à la fois dans l’obédience et dans l’égrégore maçonnique en général. Comme une espèce de famille, où tout est ressenti plus intensément, sur les trois plans matériel, intellectuel, et spirituel, pour des raisons de perception plus facile, dans la proximité, selon le mot à la mode.

Mais aussi pour une autre raison. La Loge est la seule détentrice du pouvoir spirituel, qui peut sembler de ce fait issu de son propre égrégore, celui auquel nous nous rallions en priorité. Fait fondamental, elle seule, la Loge, pas le Vénérable Maître, pas l’inspecteur, pas le Conseil Fédéral, pas même le Grand Maître lui même, ne peut s’y substituer. Seule la Loge, entité spirituelle, et de ce fait son propre égrégore, ont le pouvoir de transmettre une Lumière. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de la qualifier de corps spirituel.

C’est aussi ce lieu unique qui nous confronte à notre ciment, à savoir le rituel, rappel permanent des principes de notre engagement, et moteur principal de la pérennité de cet égrégore.

Chaque Loge a son propre égrégore, une  base commune à toutes, et une personnalisation. Nous l’avons bien vu, il y a quelques jours, réunissant nos trois loges filles, fruit de nos essaimages..

Et c’est bien, ces variations autour d’un même thème, puisqu’elle ne nuisent pas à l’égrégore maçonnique global, cultivant ainsi une certaine diversité, un certain degré d’originalité novatrice, même si elles sollicitent quelque fois une modeste tolérance.

J’aime la forme variation en musique, je l’aime aussi en maçonnerie ! Sur la toge et son fonctionnement psycho-spirituel, une dernière interrogation, me vient, à la lecture d’une traduction anglaise des textes apocryphes des manuscrits de la mer Morte.

Fort justement, Jésus y décrit le ternaire de la personnalité humaine, sous la forme d’une image. Il y compare le corps de l’Homme à un char, son cœur à un cheval, le cocher étant son esprit. Mais le manuscrit se garde de désigner qui est cet Esprit. Le moment n’est pas ce, soir de parler de l’espace de tolérance et de liberté que représente le Rite Ecossais Ancien et Accepté, mais nous disons, nous, que c’est le Grand Architecte de l’Univers. Fiers que nous sommes de nos principes de libertés individuelles, nous nous. targuons de nos structures démocratiques rigoureuses, empêchant la survenue d’un potentat-gourou. Je souris à l’idée suivante : « et si l’égrégore, produit de vous tous et devenu de ce fait entité psychique indépendante, et si cet égrégore était ce gourou tant redouté ? Coiffé d’un chapeau melon, ce serait le cocher du char dont nous parlions, et ma foi, je me serais alors laissé, pendant tant d’années, et me laisserais volontiers conduire encore quelque temps, sans avoir le sentiment d’avoir perdu, NI le sens de l’itinéraire, NI ma liberté personnelle.

J’ai conscience d’avoir trop parlé: sur un mot qui n’existe pas, et peut être passé pour un doux- rêveur.

Mais par extension utopique, relisant le considérant premier de la déclaration des-. Droits de l’Homme de 1948, je vois cette expression : « Considérant que le respect de la dignité à tout les membres de la famille humaine, etc… » on en connaît la suite… C’est bien la première fois qu’apparaît dans un texte officiel la notion d’entité familiale humaine.

Ayant cité la famille comme un exemple d’égrégore possible, nous pouvons penser, souhaiter et rêver qu’apparaisse un jour un égrégore mondialiste et universel, n’en déplaise à quelque nouveau José Bové de l’Esprit, un égrégore à la fois fécond et communiel, selon les classifications que je vous ai proposées, et pour le plus grand bonheur de tous, au point Oméga de Teilhard de Chardin, dont vous savez qu’il m’est si cher.

Mais alors, la Franc Maçonnerie aura rempli sa part de la tâche globale, enfin achevée, et n’aura plus de raison d’être !

Compte tenu de mon espérance de vie, je pense, hélas, et heureusement par ailleurs, vous rencontrer encore longtemps, jusqu’au bout de mon chemin. »

Lien : http://www.stella-maris-gldf.com/gldf/index.php?option=com_content&view=article&id=120:egregores&catid=34:planchesarchitecturepublic&Itemid=15

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L’initiation maçonnique entre tradition et modernité 7 février, 2021

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Conférence : L’initiation maçonnique entre tradition et modernité :

Version filmé : http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2016/a.c_160528_samedi_savoirs.html

Version écrite : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2016/06/16/linitiation-maconnique-entre-tradition-et-modernite-2/

L’initiation maçonnique entre tradition et modernité

Parler d’initiation maçonnique présuppose que la franc-maçonnerie initiationau18mescopiesoit une société initiatique. La chose ne va pas de soi ni dans le temps, ni dans l’espace. A sa naissance en 1717, la franc-maçonnerie dite spéculative était d’abord une friendly society (mutual society) progressivement intellectualisée par l’arrivée de fellows de la Royal Society et de gentlemen. Ainsi la définition avancée par la franc-maçonnerie anglaise d’aujourd’hui est toujours éthique et civique puisqu’elle se présente comme « a system of morality veiled in allegory and illustrated by symbols», même si de nombreux acteurs sociaux d’Outre-Manche (et d’Outre-Atlantique) vivent la pratique maçonnique comme un processus de construction spirituelle individualisée. Plus affirmée, la faction clubiste de la franc-maçonnerie latino-francophone refuse toute vision initiatique ou alors sous une forme abâtardie ou dévoyée.

initiation2Pourtant la référence aux secrets professionnels du Craft (Mestier) laissait déjà sous-entendre un enseignement caché à découvrir. C’est donc progressivement et plus ou moins rapidement et complètement que la franc-maçonnerie devint l’Art Royal par une plus ou moins grande assimilation/imitation des doctrines, récits et usages de mystères antiques, de certains cultes gréco-asiatiques, de l’ésotérisme médiéval, du corpus salomonien, de la kabbale chrétienne et juive, de l’alchimie, de l’architecture et de la géométrie, lues à la fois comme science et pensée ésotérique, du rosicrucisme, de l’illuminisme, de l’égyptomanie du XVIIIe siècle, de l’occultisme du XIXe, de la psychologie des profondeurs, de la psychanalyse, des apports de l’anthropologie et du spiritual revival post 1945. En passant sur le continent, des éléments nouveaux s’y amalgamèrent dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle : épreuves physiques, voyages les yeux bandés, emprunts chevaleresques, référence à trois ou quatre éléments (terre, air, eau, feu), cérémonie du sang, calice d’amertume ou menaces grandiloquentes en cas de parjure.

Ce processus se retrouve dans la taxinomie maçonnique. Dans les Constitutions d’Anderson, comme dans la Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), première divulgation du rite des Modernes, dans Ahiman Rezon (1756), de Laurence Dermott, premier dévoilement du rite des Anciens ou encore dans les usages anglo-saxons actuels, l’expression la plus usitée est « to make a mason », ou « to enter » ou « to admit »t (avec le double sens de recevoir ou d’affilier). Une situation assez voisine se retrouvait en France. Durant tout le XVIIIe siècle, on appelle le plus souvent l’admission d’un néophyte au grade d’apprenti « réception ». Pourtant dans les textes anglais et français, « initier », « initiation », « in initiating » (sens d’admission en maçonnerie) font une apparition discrète mais constante. Dans le manuscrit du rite Moderne dit Français (1786), le terme apparaît quatre fois dans le rituel du grade d’apprenti. Au demeurant, la carence de nomination ne signifie pas l’absence du fait initiatique. Au-delà de cette querelle d’Allemand (si on peut dire), la question est de savoir si la réception et le cheminement dans la franc-maçonnerie s’inscrit dans la grande famille des rites de passage.

 

Présentement, il est donc largement admis que la franc-maçonnerie est une société initiatique bien qu’elle soit bien d’autres choses en tant que fait social et culturel. L’initiation maçonnique s’inscrit dans rsz_mummersun phénomène quasi universel, polyphonique et polysémique, y compris dans son sens trivial. L’emploi du terme s’est généralisée aujourd’hui pour signifier le simple fait de mettre au courant un individu aussi bien d’une technique, d’un fonctionnement d’un objet, d’approches scientifiques que des modalités d’une profession alors qu’il désigne stricto sensu l’ensemble des cérémonies par lesquelles sont admis obligatoirement ou volontairement des néophytes à la connaissance de certains « mystères », secrets ou pratiques ou à des réceptions par âge, par classe, par sexe. Elle s’exprime dans un processus destiné à réaliser socialement, culturellement, psychologiquement, voire psychanalytiquement, un passage d’un état réputé inférieur à un état réputé supérieur. L’initiation, au sens ethnologique, fut, est et demeure un des mécanismes de socialisation qui permet de faire passer l’individu à une nouvelle identité. Elle est donc à la fois une admission et une accession : admission à une communauté constituée comme inclusive de ses membres et exclusive du reste de la société dans laquelle le groupe recrute ; accession à un stade nouveau de connaissance et/ou de statut.

Classiquement, on distingue trois types d’initiation décrite par l’ethnologue et folkloriste Arnold van Gennep (1873-1857)[1] :

TURMI, OMO VALLEY, ETHIOPIA - DECEMBER 30, 2013: Portrait of unidentified mature Hamar woman at bull jumping ceremony. Jumping of the bull is a rite of passage into manhood in some Omo Valley tribes.

*** « tribale », clanique, obligatoire, collective, par groupe d’âge et par sexe[2], elle a pour but d’intégrer l’individu dans la société à une place assignée ;

*** « religieuse », volontaire, le plus souvent 250px-NAMA_Mystères_d'Eleusismonosexuée[3], elle ouvre l’accès à des sociétés secrètes et/ou à secrets, à des groupes fermés et/ou discrets ou à des confréries fermées ;

initiation-aux-rituels-et-chants-chamaniques-mongols-main*** « magique », chamanique, individuelle, le plus souvent, elle vise à compléter ou bien à provoquer une personnalité « aberrante » à s’échapper à la condition humaine, pour obtenir des pouvoirs surnaturels, le groupe profane constatant l’efficience de ladite initiation.

Dans ce tableau, l’initiation apparait comme un rite de passage particulier[4]. Même si l’ouvrage de van Gennep demeure un classique, des travaux plus récents ont apporté des nuances, des précisions, des ouvertures & des relectures[5]. Ainsi Mary Douglas (1921-2007) affirma que le terme de rite est souvent synonyme de symbole. Il n’y a pas de rapports sociaux sans symbolisation. Elle ouvrait ainsi le champ du rite, en y assimilant les actes dits symboliques, conceptualisant qu’il existe des rites en dehors de la sphère religieuse stricto sensu[6]. Max Gluckman (1911-1975) mit en évidence une considération fonctionnelle négligée par van Gennep : les rites en général, et les rites de passage en particulier, ont vocation, entre autres, à résoudre des conflits, ou du moins à apaiser des tensions inhérentes à toute organisation sociale[7]. Un de ses élèves, Victor Turner (1920-1983), insistera sur le fait que dans divers rites, la phase centrale ou liminaire est caractérisée paraborigine_double_roasting_initiation l’humiliation des futurs bénéficiaires de l’initiation. Il propose d’associer cette situation au concept de communitas (communauté homogène, égalitaire et fondée sur des liens interpersonnels, par opposition à la société ordinaire, différencié et inégalitaire). Les vexations durant l’admission dans la communitas sont des rites d’inversion qui donnent à voir le caractère construit et relatif des hiérarchies sociales. L’ethnologue et sociologue française Martine Segalen a mis en évidence la capacité du rite de passage à s’adapter au changement social, à avoir plusieurs sens, à s’infléchir, évoluer et se métamorphoser avec le temps[8]. Plus critique envers van Gennep, Pierre Bourdieu (1930-2002) lui reproche d’avoir ignoré la fonction sociale du rite de passage : il souligne qu’une de ses fonctions n’est pas de de séparer ceux qui l’ont subi de ceux qui ne l’ont pas subi, mais de ceux qui ne le subiront jamais[9]. Enrichi de significations nouvelles, le rite de passage perdit un peu de sa spécificité : il n’apparaît plus comme un dispositif symbolique sui generis, mais comme une des formes parmi d’autres que peut prendre l’expression des tensions fondamentales des sociétés humaines. Ainsi aujourd’hui, la notion de rite de passage n’est plus guère employée qu’à titre descriptif pour désigner les initiations stricto sensu, voire même les seules initiations « tribales ».

Quoi qu’il en soit pour que l’on puisse parler de rite (de passage ou non), il faut :

*** une conduite spécifique et particulière, individuelle et/ou collective ;

*** un support corporel (verbal, gestuel, postural, etc°) ;

*** des règles codifiées, même si une marge d’improvisation est admise ;

*** un caractère plus ou moins répétitif d’une conduite exprimant quelque chose de plus qu’elle et destinée à être répétée ;

*** une forte charge symbolique sur les acteurs, voire pour les témoins ;Escalier-en-spirale-copie-1

***  une adhésion mentale, éventuellement non conscientisée, de l’ordre du croire et un certain rapport au sacré ;

*** une efficacité attendue ne relevant pas, aux yeux des acteurs sociaux, d’une seule logique.

Peut-on reconnaître dans les diverses caractéristiques de l’initiation énoncées ci-avant des traits communs à l’initiation maçonnique ? Rite de passage incontestable, l’initiation maçonnique s’inscrit dans la famille des initiations dites « religieuses ». Elle relève donc de la reliance telle que l’on définit Roger Clausse[10], Edgar Morin[11], Michel Maffesoli[12] et Marcel Bolle de Bal[13].

ritconf_logoDepuis le XVIIIe siècle, les maçons ont beaucoup glosé sur l’origine, l’évolution, le sens et la portée de l’initiation que la grande majorité des acteurs sociaux proclame pourtant inexprimable ou intransmissible (il est vrai lorsqu’elle parle de son vécu brut). Néanmoins toutes les versions rituelles de réception et les discours doctrinaux sur l’initiation présentent des structures communes. La franc-maçonnerie y est définie comme une institution traditionnelle initiatique fondée sur des mythes et qui pratique des rites en utilisant des symboles, et destinée à la mise sur la voie d’un individu volontaire dans le but de se réaliser spirituellement. Elle se veut donc un Ordre séculier dont la finalité première est la libération intérieure du cherchant par un cheminement en résonance avec d’une part, l’acronyme à prétention alchimique et hermétiste V.I.T. R.I.O.L. et d’autre part, la sentence delphienne[14] reprise par Socrate[15] Γνῶθι σεαυτόν (Gnỗthi seautόn) : Connais-toi, toi-même

Le premier signifie Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem soit Visite l’intérieur (explore le tréfonds) de la terre et VITRIOL1en (la) rectifiant (purifiant) tu trouveras la pierre cachée (occulte). Le vitriol [les sulfates] est le solve alchimique qui contribue à « dissoudre » le profane lors de l’initiation. C’est sur cette pierre cachée, rectifiée, purifiée que l’adepte est invité à bâtir son temple intérieur pour se mettre à l’abri des « intempéries ». Mais il doit par un travail de décantation et de purification qui lui permettra de « séparer le subtil de l’épais » trouver cette pierre cachée dite philosophale, au plus profond de lui-même.

gnothi-seautonLe second même s’il ne correspond pas parfaitement à la maïeutique socratique invite à la connaissance de soi c’est-à-dire au savoir qu’une personne acquiert sur elle par la rectitude de la pensée, l’esprit critique et l’acceptation du regard extérieur nécessitant introspection, lucidité, libre arbitre, congruence et maîtrise de soi.

L’initiation maçonnique est donc à la fois un commencement (initio,  initium) et un but (teletè, telos). En latin, initium, d’ineo (aller dans) signifie commencement, début, naissance. Au pluriel, le mot désigne plutôt la naissance, la cause première, les fondements. Initus équivaut également à entrée, commencement, pénétration sexuelle. Initiare veut dire instruire ou commencer, initiatio, l’initiation, initiatur, l’initiateur. En Grec ancien, télos (τελός) signifie la fin, la complétion, l’aboutissement, la perfection. Les rites initiatiques se disent telea, initier, telein, l’initiation, teletè et les initiés, teloumenoi. Initium et télété représentent les deux aspects de la démarche initiatique maçonnique. L’un est la mise en chemin, l’autre, le chemin et le but. L’initiation maçonnique est un moment/passage (ou plusieurs) et un processus dans la durée (très variable, voire sans fin sur la terre) qui font sens, à la fois comme signification et direction.

Depuis longtemps, le mot initiation désigne le plus souvent, et parfois exclusivement, la cérémonie de réception du profane en maçonnerie et par extension les admissions aux grades suivants, y compris les post-magistraux même si elles sont nommées sous d’autres appellations : avancement, élévation, exaltation, adoubement. Il s’agit d’une succession de rites de passage tels que les définit van Gennep. La réception en loge et l’exaltation à la maîtrise s’apparentent aux rites cycliques, certaines cérémonies post-magistrales relèvent de la tradition chevaleresque alors que l’avancement au compagnonnage ou la réception comme Maître Maçon de la Marque ont conservé un aspect grandement corporatif. Mais progressivement, l’initiation maçonnique s’est trouvée investie d’un deuxième sens, à savoir un long, lent et permanent processus de transformation du cherchant depuis sa réception comme apprenti jusqu’au passage à l’Orient Eternel. Entrée dans l’Ordre, réceptions successives, présence en loge, pratiques rituéliques conduisent à une socialisation maçonnique, à l’apprentissage du vivre ensemble en loge, à l’intériorisation des normes et des valeurs maçonniques et à la construction de la nouvelle identité psycho-sociale du maçon, bref à un véritable habitus plus au sens « maussien »[16] ou « éliasien »[17] que bourdien[18]. Cette socialisation est-elle compatible/complémentaire avec la connaissance de soi, revendiquée par de nombreux acteurs sociaux. autre-soi-memeSi l’initiation est perçue comme une méthode de la connaissance de soi, il est loisible de se demander si la connaissance de soi est possible ? En effet comme l’écrit Nietzche, « l’intellect, en tant que moyen de conservation de l’individu, déploie ses principales forces de travestissement »[19]. La conscience de soi n’est pas spontanément une connaissance de soi. Elle ne peut être une connaissance de type « scientifique » car un sujet ne peut être objectivé. Elle ne peut être non plus une analyse/pratique psycho-pathologique. Pour qu’un individu puisse faire l’expérience de son être, il y faut une médiation, voire plusieurs. L’ Art royal peut-il être un de ces outils ? Est-ce alors une initiation ? Une anthropologie clinique entre dévoilement d’une essence ontologique et quête d’une aventure spirituelle ?

 

L’initiation maçonnique présente quelques traits communs à toute initiation avec des spécificités et des variantes propres liées le plus souvent aux perspectives métaphysique, spirituelle, culturelle, philosophique et/ou psycho-sociale: dans lesquelles le cherchant situe sa quête, les choix individuels des acteurs sociaux étant parfois contradictoires.

Quoi qu’il en soit d’abord, le parcours se fait toujours d’un statut réputé inférieur à un statut réputé supérieur, de l’extérieur (monde profane, environnement exotérique, conscient, « anciennes connaissances ») vers l’intérieur (monde sacré, ésotérisme, psyche2drose0profondeur de la psyché, nouveaux enseignements), symboliquement de la mort vers la vie, le parcours inverse étant impossible. Aussi si les obédiences peuvent s’extérioriser si elles le jugent utiles, et si le maçon comme citoyen (et seulement comme tel) croit pouvoir « répandre à l’extérieur » des « vérités apprises » dans la loge, il est très difficile à l’initié de rendre compte de sa propre initiation. Ce qui se passe durant une initiation maçonnique est à la fois étonnant, tangible et difficilement partageable[20]. L’initiation ne demande pas de dispositions particulières, sauf d’ « être libre et de bonnes mœurs » (« juste, droit, libre, majeur, de jugement sain et de mœurs strictes »)[21]. Elle est donc théoriquement accessible au plus grand nombre, mais elle n’est pas faite pour tout le monde dans la mesure où elle exige un certain rapport à la parole, au silence, à la gestuelle codifiée, aux usages du groupe, à la vérité et au sacré. Le cheminot doit pouvoir supporter les effets de sa quête, ce qui n’est pas donné à tout le monde d’où des rejets provisoires ou définitifs, des abandons mais aussi des refus de certains maçons d’accepter le fait initiatique ou alors du bout du tablier. L’appartenance à une obédience ne vaut pas brevet d’initiation.

Ensuite, la séquence centrale de l’initiation est une époptie, c’est-à-dire une représentation théâtrale du mythe principal et de l’enseignement du secret propres au groupe maçonnique en général, et aux degrés (ou groupe de degrés) en particulier, à partir de jeux scéniques. Comme la plupart des autres initiations, la maçonnique est à la fois un mimodrame et un théâtre parlé dans lesquelles le récit, les gestes, les mimes, les bruits mais également la musique, voire les sensations (stimulations des sens), la mise en scène jouent un rôle central et complémentaire.

Trois thématiques y dominent : l’une est structurée autour du monde de la construction. Ce concept est omniprésente dans la franc-maçonnerie (Pyramides, Tour de Babel, Temples de Jérusalem, Cathédrales). Certes le modèle est le temple dit de Salomon tel queTemple-de-Salomon-1784 le décrit la Bible (1er Livre des Rois, 6-8 ; 2e Livre des Rois, 3-5) mais l’édifice va bien au-delà. Il donne le cadre spatio-temporel dans lequel s’exprime l’imaginaire et l’initiatique maçonniques, entre midi et minuit, de l’orient à l’occident. Un peu comme la scène du théâtre et ses décors, ce cadre est également le vrai/faux lieu de l’activité maçonnique où sont mis en action les rites de passage et le plaisir pour les maçons d’être inclus ensemble. Mais le mythe de la construction en maçonnerie s’active et se féconde dans un mouvement plus ample que l’on peut nommer sans jeu de mots (encore que !) le constructivisme maçonnique, c’est-à-dire la construction/déconstruction/reconstruction à la fois d’un humain debout, d’un édifice spirituel et d’un monde meilleur. Ce processus double comme mise en chemin et comme complétion préempte, engendre, porte la transformation de la vision et du comportement du maçon. Dans cette perspective constructiviste, il y a initiation lorsque le cherchant développe, construit et adapte continuellement sa pratique, sa pensée et sa psyché avec les autres membres de la confrérie, avec les outils, les techniques et le corpus du métier et avec lui-même. Ainsi, il y a analogie entre la construction du Templum Dei (ou sa version sécularisée dite du temple  de l’humanité) et celle du temple intérieur de chaque maçon, entre l’espérance de la cité idéale et la résilience du cherchant après chaque étape initiatique. Ciselant le tout, la franc-maçonnerie a intégré dans son corpus initiatique le mythe de la chevalerie médiévale avec ses valeurs de loyauté, dePenthesilea_as_one_of_the_Nine_Female_Worthie solidarité envers les faibles et de vertu/virtù, récits qui structurent une grande partie des grades post-magistraux.

Mais la plus importante des thématiques initiatiques maçonniques est la nécessité d’une nouvelle naissance, après destruction de l’ancienne personnalité dans le but de faire ressusciter le cherchant à une vie nouvelle. Celui qui est né doit mourir pour renaître. L’initiation maçonnique a des correspondances évidentes avec les mythes thanatologiques[22], les conduites du deuil et les eschatologies (discours sur les fins dernières). La « résistance » à la mort (qui n’est pas le refus d’accepter la finitude psychocorporelle terrestre) est une constance anthropologique. La mort/renaissance est une des attitudes/réponses. La franc-maçonnerie postule une ontologie de la survie[23] que l’on pourrait qualifier de manière oxymorique comme une « eschatologie agnostique » puisqu’elle ne tranche pas l’après[24], entre simple survie dans la mémoire des confrères, possible « amortalité » technico-scientifique, après-vie, réincarnation, métempsychose, métensomatose, palingénésie, résurrection. Le parricide/fratricide d’Hiram, mythe fondateur,
légitimateur et didactique, demeure au cœur de l’initiation maçonnique. Il se perpétue dans le temple de Salomon, lieu saint par excellence, alors que la renaissance du « découvreur » se fait dans un ailleurs indéfini simplement signalé par l’acacia[25]. Par ce mythodrame[26], le cherchant fait l’expérience de la mort à travers l’assassinat de l’architecte et la recherche de son corps. La putréfaction/décomposition atteint les os qui se séparent de la chair picturec’est-à-dire qu’on atteint le primordial. Comme dans de nombreux rites, le cadavre, ici en biodégradation, reste le point d’appui de l’initiation maçonnique car le rituel qui met en scène cette thanatologie n’a qu’un seul destinataire : le postulant et indirectement ceux qui l’accompagnent. La cérémonie n’a qu’un but principal, celui de la métamorphose/renaissance du cherchant. Ce rite de mort est en définitive un rite de vie/renaissance.

Ensuite encore l’initiation maçonnique se déploie dans et par un corpus symbolique[27]. La symbolique[28] maçonnique n’est pas une simple analogie, une allégorie bonasse ou une correspondance commode dans laquelle le niveau signifierait l’égalité, l’équerre, la droiture et le compas, la mesure encore qu’il faut bien commencer l’apprentissage par l’alphabet. Elle est la version maçonnique de la fonction symbolique anthropologique qui en œuvrant produit de l’ordre lequel organise symboliquement et réellement (les deux en dialectique) le monde, les groupes humains et les individus et fonde la culture et les structures, ici le corpus, le culturel et le cultuel maçonniques. Cette fonction structurante de l’esprit humain fait du lien. C’est le cas dans la loge et chez le maçon. Cette structuration fondamentale (consubstantielle à l’espèce homo) sert de médiation entre les individus et constitue ce qui fait groupe et société. Condition universelle, à travers le temps et l’espace, de la vie mentale individuelle et collective, le symbolique se présente comme un médiateur pour chacun, la communauté et le monde. « Ordres » apparemment séparés selon Levi-Straus[29], le réel, l’imaginaire et le symbolique seraient en relation et en correspondance[30]. En maçonnerie comme ailleurs, les rites, les mythes et le symbolique ne témoignent-ils pas de la réalité et ne tutoient-ils pas la vérité ?

Ainsi le symbolique maçonnique permet aux maçons de signifier ce qu’ils pensent et ce qu’ils font. Le symbolique maçonnique est donc la représentation collective codifiée des maçons. Ainsi, l’initiation maçonnique se déploie dans une culture spécifique définie comme un système symbolique structuré autour et par le langage (mots, formules, récits, gestuelles, sensations, discours, chants, concepts, mythes, etc…) dans lequel chaque symbole/signe prend sens selon une logique d’opposition/trie/réaction/complétude réductible le plus souvent (mais pas toujours) au binaire (masculin/féminin, noir/blanc, bien/mal, Soleil/lune, deux colonnes B. et J.) ou ternaire (triangle/triangulation, vescica piscis/mandorle, fingersvesicafirewater360soleil/lune/vénérable). Le fait de plonger les mains du récipiendaire dans l’eau, par trois fois, pourrait être interprété comme un acte hygiénique (encore que !) alors qu’il renvoie à une purification spirituelle (ablution)[31]. Cette fonction symbolique est donc pour l’initié en devenir une référence/outil pour ses pratiques et sa pensée si l’on veut bien admettre qu’il ne s’agit pas d’un processus cognitif primitif et archaïque, opposée à la « noble » démarche rationnelle moderne occidentale, mais d’une pensée d’ordonnancement (organisation immanente aux choses) propre à l’homo sapiens faber demens religiosus qui fonde son humanité en général et dans le processus initiatique, sa sociabilité maçonnique en particulier.

Enfin l’initiation maçonnique s’exprime également dans la moelle du symbolique, savoir le mythe comme récit fondateur. Le mythe est tenu pour vrai et remplit une fonction socio-culturelle et « reliante » dans la mesure où il se présente comme le ciment du groupe. Le mythe raconte une histoire dite sacrée. Il a un rôle d’explication du monde mais sur un mode souvent énigmatique, toujours symbolique et paradoxalement normatif et cognitif. Il exprime une vérité profonde par le détour d’une fiction ouvertement équivoque. C’est donc un récit atemporel qui transcende l’histoire. Le mythe peut ainsi être défini comme un objet signifiant, une parabole conceptuelle (qui se dévoilerait avec lenteur en suscitant un subtil frisson lié à ce lent dévoilement), une métaphore nomade, une analyse en labyrinthe, un discursus non « littérarisé » selon l’expression d’André Siganos[32] ou un mutus liber[33] cher aux 220px-Mutus_Liber_coveralchimistes pouvant faire entendre des « voix » silencieuses comme le suggère Gilbert Durand[34]. Quel rôle joue-t-il dans l’initiation maçonnique ? Comme leurs homologues, les mythes maçonniques et/ou les mythes en maçonnerie sont des éléments fondamentaux de la composition idéelle (relative au monde des idées) et émotive de la communauté maçonnique. Ils sont donc en résonnance intime, profonde, consubstantielle avec l’initiation maçonnique. Ils contribuent à son climat, à son parfum, à son expression. Ils assurent le continuum dans le processus initiatique entre le cultuel (le rite et les usages) et le culturel (le symbolique, le corpus d’idées). Mais dans le corpus initiatique, l’important n’est pas les éléments du récit mais la manière dont lesdits éléments sont combinés entre eux. Le mythe est simultanément dans le récit et au-delà de lui, un peu comme le silence qui suit la musique de Mozart et qui serait encore du Mozart. Il est in et out, un peu comme les linguistes distinguent la langue qui relève du temps réversible et synchronique (histoire de la langue et ses évolutions)  et la parole du temps irréversible et diachronique (langue à un moment précis). Il se développe toujours dans des faits advenus, mais sa force provient de ce que ces événements, censés se dérouler à un moment du temps, forment aussi une structure permanente. Dans l’initiation, le mythe se rapporte ainsi concomitamment au passé, au présent et au futur. De plus, il n’est pas un produit fini. Il faut donc autant comprendre sa genèse qu’analyser le récit dans ses variantes successives. La maçonnisation du standard du héros injustement frappé est bien plus parlante, pertinente, explicative pour l’initié que les débats byzantins infra-maçonniques sur les objets qui tuent Hiram, la manière dont il est atteint et comment il tombe, tartines pour Diafoirus petits docteurs es maçonnologique. En effet, le mythe maçonnique se présente comme un festin de mots[35]. L’opération mythique se fait avec des mots, matériau polysémique, capable de mettre bout à bout et en ordre des éléments discursifs qui construisent le sens du récit. On ajoutera qu’il est nécessaire de prendre en compte la totalité des variantes d’un mythe. Ainsi il n’existe pas une version « vraie » (encore moins officielle, sauf pour les «pseudo-gardiens » de la doxa maçonnique qui confondent allégrement l’esprit et la lettre) du 220px-St_John's_Church,_Chester_-_Hiram-Fenster_2mythe salomonico-hiramique (ou hiramico-salomonien). Il faut retenir à la fois les récits archaïques plus ou moins oubliés, ceux qui ont donné naissance à des divers grades post-magistraux ou à des side degrees, les récits nés en marge de la franc-maçonnerie comme celui de Gérard de Nerval[36], ou ceux plus burlesques qui expliquent l’histoire par la lutte des classes. Toutes les versions appartiennent au mythe. Et le mythe nous dit que la richesse du sens réside dans l’infinitude de son possible. Enfin, dans la mythologie maçonnique, il faut se méfier comme de la peste de la nomination. Le même nom ou adjectif ne renvoie pas obligatoirement à la même famille. Beaucoup de mythèmes (unités fondamentales que partagent les mythes) proches sont nommés différemment. D’autres ont des significations multiples, encastrées, en contrepoint, inversées, dérivées ou bien d’autres. Pourtant les mythes maçonniques sont fondamentalement les contes initiatiques de la franc-maçonnerie.

Comme sa grande famille anthropologique, l’initiation maçonnique est une accession à un stade nouveau « supérieur », s’opérant par des cérémonies particulières, par étape, de manière progressive, en référence à un discours, avec un double but, la socialisation et la symbolisation. L’initiation maçonnique est donc à la fois une pratique, un développement & un corpus, qui passe (plusieurs fois et plus ou moins) par trois situations successives:

*** La phase préliminaire ou la séparation, (« avant le seuil » = pro-fanum, pour la réception, les quatre appartements pour la cérémonie de Rose-Croix, 18e degré) avec une réclusion « prophylactique » dans un lieu clos (cabinet de réflexion, chambre de préparation) et un dépouillement physique et/ou vestimentaire (par exemple le pied déchaussé d’où le boitement/boiterie comme Jacob ou Œdipe, ou le corps « ni nu ni vêtu, mais dans un état décent »);

*** la phase liminaire ou la liminarité ou liminalité, l’entre-deux, entre le vieux et le neuf, qui se manifeste sous des formes rituéliques souvent fort différentes selon les grades;

*** la phase post-liminaire ou l’agrégation/réincorporation conférant au récipiendaire un nouveau statut.

289740_143647059056057_100002322900628_258823_4624022_oSymboliquement, ces trois moments figurent mort, gestation et renaissance du récipiendaire ou psychanalytiquement, crise, rupture et dépassement pour reprendre le titre d’un ouvrage collectif[37].

Peu ou prou, dans la réception dans l’Art royal, puis dans les diverses progressions/promotions par degré, on trouve tout ou partie des éléments suivants, d’abord dans les deux premières phases (parfois dans la troisième) :

* Un mythodrame, en général un principal par grade (le meurtre d’Hiram et la recherche de son cadavre au grade de maître et de ses assassins, dans les grades post-magistraux);

* une (ou plusieurs) époptie(s) dévoilée(s) par la « contemplation » de symboles, en liaison avec la représentation « théâtrale » du mythe et de l’enseignement du grade ;

* La présence de un à quatre éléments (terre, eau, feu, air) dans des rituels de purification ;

* Un ou plusieurs voyages unidirectionnels, une déambulation ritualisée et orientée, des marches codifiées, des départs d’un pied déterminé ;

* Une guidance, car le récipiendaire est toujours « accompagné » même de loin ;

* Une ou plusieurs chute(s)/élévation(s) suivie(s) d’une montée/passage/élévation et des obstacles à la progression (marches ou escaliers, bruits, descente au sein de la terre (caverne, grotte, cave, voute), ordalies) ;

* Des contraintes physiques (bandeaux, voilettes, entraves, encordement, breuvage, clôture des lèvres, cérémonie du sang);

* Une eurythmie, c’est-à-dire une harmonie résultant d’un agencement heureux et équilibré de gestes, de sons et de la gestion du temps (« de Midi à Minuit ») ;

* un espace/temps délimité, couvert, fermé, séparé donc sacré (« lieu très saint et très éclairé connu des seuls vrais maçons ») ;

* la présence plus ou moins marquée d’anxiété provoquée par l’attente et l’incertitude et/ou de la confiance d’un récipiendaire alors sujet actif/passif.

La phase d’agrégation, quant à elle, se structure autour de rites de dévoilement/intégration (don de la lumière, relèvement du maître par les cinq points de la maîtrise, adoubement) et de protection/incorporation (épées « protectrices »). Elle compte toujours un serment solennel. Elle s’accompagne de la présentation/narration d’une partie du corpus maçonnique, avec un ou plusieurs discours/récits reprenant tout ou partie du mythe fondateur, un ou plusieurs épisodes spécifiques du grade, l’annonce explicite ou implicite d’une eschatologie, c’est-à-dire à la fois un but et une fin et d’une uchronie, c’est-à-dire la description d’un « meilleur des mondes » situé dans l’ailleurs spatio-temporel (le voyage initiatique relève de la quête d’un monde meilleur) et un questionnement de la fin/finitude/but/dessein de l’individu.

Le tout se termine par des embrassades, des libations, un repas et parfois des chansons que l’on retrouve également sous forme autonome (banquet d’Ordre) comme medium de lien social.

Inscrite dans un Ordre traditionnel, l’initiation a-t-elle à voir avec la modernité ? Le mot tradition vient du latin traditio = acte de transmettre, du verbe tradere = faire passer, livrer, remettre. La transmission est consubstantielle du fait initiatique. La tradition est la transmission continue plus ou moins ritualisée d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur (réel ou mythique) ou de temps immémorial, lequel constitue un facteur d’identité, de cohésion et de légitimation d’un groupe. L’initiation maçonnique est donc par essence traditionnelle. Néanmoins les concepts de tradition primordiale[38], de Sophia perennis, connaissance universelle d’origine non humaine théorisée entre autres par René Guénon (1866-1951) ou de traditionalisme religieux se légitimant dans une tradition révélée relèvent de choix « idéologiques » de certains acteurs sociaux, même si divers courants maçonniques s’y référent explicitement.

Grâce à sa nature traditionnelle et d’une certaine manière invariante, l’initiation maçonnique semble constituer un laboratoire extrêmement efficace et efficients pour la socialité[39] postmoderne ou hypermoderne. Le monde moderne occidental désenchanté serait en voie de saturation matérialiste et en cours de réenchantement[40] (maintien, appétence & renouveau de diverses formes initiatiques et de l’ordre symbolique, retour des rituels, sens de la communauté, imaginaire, haptonomie dans divers groupes sociaux, diverses associations et manifestations, dans la culture, la publicité ou dans des formes nouvelles du politique et de l’économique). L’initiation maçonnique, par ses mythes, ses rites et son symbolisme c’est-à-dire par ses structures traditionnelles apparaît alors d’une étrange modernité. Face aux angoisses que fvcvghv-hjboujhn-bvc4b1kpeuvent provoquer la mondialisation d’une part et l’hyper-individualisation d’autre part, dans un monde d’immédiateté, de zapping, d’éphémère et de superficiel, les structures anthropologiques de l’initiation maçonnique fondées sur la naissance, la vie, l’amour et la mort, apportent une réponse apaisante et pérenne donc moderne. Néanmoins l’initiation, dans le temps et l’espace, n’est pas immuable dans sa forme. Même si elle est associée à l’idée de tradition, et donc à une certaine immuabilité, elle est plastique. Elle est le produit de temporalités spécifiques historiques et/ou géo-culturelles qui voient se transformer (les serments), disparaître (épreuves physiques), naître (épreuves de l’air et de la terre, à la fin du XVIIIe siècle et du miroir, aujourd’hui) ou ressurgir certains de ces éléments[41]. Elle est donc aussi d’une certaine manière de la modernité.

Ainsi l’initiation maçonnique (comme les autres types d’initiation au demeurant) a une triple fonction pour le cherchant : l’hominiser, l’individualiser et le socialiser. Elle est la substantifique moelle de l’universel maçonnique car elle relève de la naissance, de l’élan vital, abramovic_perfod’Eros et de Thanatos. C’est par elle que la franc-maçonnerie est véritablement universelle plus que par ses valeurs qui, somme toute, sont celles de tout humanisme de bon aloi. Elle est donc à la fois découverte d’une expérience de caractère intime, perspective de développement, expérience physico-psychologique, éveil de la conscience, intelligence du réel ou du caché, introduction aux mystères de la vie et de la mort, découverte de soi et des autres, cheminement sur la voie, quête d’identité et de sens. Elle alterne temps forts et lent processus, recul et avancée, refus et acceptation, doute et foi. Elle n’est donc ni un acte religieux stricto sensu, ni un métarécit politique, ni une psychanalyse. Le processus initiatique se développe sur le plan individuel, social, intellectuel, moral, psychologique et spirituel. Se pose cependant la question de savoir comment l’initiation (dans les deux sens ci-dessus définis) est reçue, vécue et intégrée. Les maçons sont-ils tous des pratiquants croyants initiatiques ? L’initiation n’a de valeur que si le rite est conforme aux normes du groupe qui agrègent les récipiendaires (Quel sens, fait la formule « je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de faillir à ce serment » pour la plupart des postulants). L’initiation n’aurait pas de pouvoir sui generis (intrinsèquement liée à sa nature) si elle ne se ressent, s’éprouve, s’intériorise encore que la répétition automatique de dizaines de gestes et d’actions et la réception de perceptions de tous ordres, conscientes ou inconscientes, n’est pas sans conséquence sur le cerveau humain[42]. Si le cherchant n’y voit qu’une coquille vide, un jeu puéril, un théâtre d’ombre, un cérémonial désuet, il est peu probable que ladite initiation ait un sens (fasses sens) et soit efficiente. L’initiation maçonnique ne peut être qu’une pensée/intelligence/spiritualité/métaphysique vécue : المدخل (الدخول الى الحمام ليس خروج, Dkhoul l’hamman machi b’al Khroujou[43].image collée 640 x 428

 

 

  1. Dire que ce texte doit aux lectures de et aux discussions avec Bruno Etienne est un doux euphémisme mais comme il aimait à dire et à écrire avec Sören Kierkegaard et Moheïddine Ibn’Arabi : « la forme du serviteur est l’incognito. Car plus bas est l’initiateur, plus haute est l’initiation».

 

[1] Paris, Nourry, 1909.

[2] Encore qu’il existe quelques exceptions comme l’initiation sikoaanga en Pays Moaaga (Burkina Faso). Cf. Vinel Virginie, Etre et devenir Sikoomse, in Cahiers d’Etudes Africaines, 158, 2000, p. 257-280.

[3] L’exception notable est les mystères d’Eleusis. Dans plusieurs cultes, on trouve une prêtrise mixte, notamment pour le culte civique (Dionysos à Millet) mais l’initiation stricto sensu semble alors le plus souvent de la seule responsabilité des femmes.

[4] Goguel d’Allondans Thierry, Rites de Passage, rites d’initiation : Lecture d’Arnold Van Gennep, Québec, éd. Presses universitaires de Laval, 2002.

[5] Cf. entre autres Douglas Mary, Purity and danger : an analysis of concepts of pollution and taboo, Londres, Routledge & K. Paul / New York, Praeger, 1966 ou Turner Victor W., The ritual process : structure and anti-structure, Chicago, Aldine Publishing, 1969.

[6] Natural Symbols : Explorations in Cosmology, Londres, Barrie & Rockliff the Cresset Press, 1970.

[7] Order and Rebellion in Tribal Africa. New York, The Free Press of Glencoe (Macmillan), 1963.

[8] Rites et rituels contemporains, Paris, Nathan, coll. 128, 1998.

[9] Les rites comme actes d'institution, in Actes de la recherche en sciences sociales, 1982, 43, p. 58-63.

[10] Néologisme devenu un concept sociologique in Les Nouvelles, Bruxelles, Ed. de l’institut de sociologie, 1963.

[11] La Méthode, VI, « Ethique », Paris, Le seuil, p. 113/120.

[12] Le réenchantement du monde. Une éthique pour notre temps, Paris, La Table Ronde, 2007.

[13] La tentation communautaire. Les paradoxes de la reliance et de la contre-culture, Bruxelles, Ed. de l’Université de Bruxelles, 1986 & éd. de Voyages au cœur des sciences humaines. De la reliance, Paris, L’Harmatttan, 1996, 2 tomes.

[14] Selon Pausanias (c.115/180), diverses sentences se trouvaient dans le pronaos du temple delphien d’Apollon. En recoupant avec les références de Platon et de Plutarque, on peut émettre qu’elles figuraient sur des colonnes ou sur des cippes (stèles de pierre).

[15] Cette formule se trouve dans divers dialogues de Platon (Charmide [Sur la Sagesse], Philibé [Sur le Plaisir], Premier Alcibiade [Sur la Nature de l’Homme] : «Allons, mon bienheureux Alcibiade, suis mes conseils et crois-en l’inscription de Delphes : Connais-toi toi-même, et sache que nos rivaux sont ceux-là et non ceux que tu penses et que, pour les surpasser, nous n’avons pas d’autre moyen que l’application et le savoir.»

« … et tu connaîtras l’univers et les dieux » est un ajout moderne.

[16] Mauss Marcel, Les Techniques du corps, in Journal de Psychologie, Paris, vol. XXXII, n° 3-4, 15 mars-15 avril 1935.

[17] Elias Norbert, Die Gesellschaft der Individuen, Stockholm, Stockholms Universitet [Idehistoriska uppsatset, no. 5.], 1983; trad. française, La Société des individus, Paris, Fayard, 1991, avant-propos de Roger Chartier.

[18] Bourdieu Pierre, La distinction : critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979 & Le Sens pratique, Paris, Minuit, 1980.

[19] Über Wahrheit und Lüge im außermoralischen Sinn [Vérité et mensonge au sens extra-moral], 1873, 1896.

[20] Paradoxe ! De nombreux maçons n’ont de cesse de vouloir formaliser et intellectualiser leur parcours initiatique afin de le partager avec des autres membres de la communauté, voire d’en faire profiter (au moins en partie) des profanes alors que la plupart affirme le caractère inexprimable et intransmissible de ladite initiation.

[21] Formules traditionnelles loin d’être univoques…

[22] Ni la thanatocratie, ni les systèmes mortifères, mais le regroupement de tous les savoirs qui parlent de la mort comme le définit Louis-Vincent Thomas.

[23] Thomas Louis-Vincent, L’eschatologie : permanence et mutation in Thomas Louis-Vincent et alii., Réincarnation, immortalité, résurrection, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 1988, p. 17 et suivantes.

[24] Encore que diverses obédiences et/ou familles maçonniques avaient et/ou ont affirmé l’immortalité de l’âme.

[25] Même si pour des raisons pratiques, la scène se joue dans le temple/bâtiment.

[26] Le but du mythodrame est de contribuer à ce que l’initié se mette en lien avec son processus d’individualisation.

[27] A cause de son ambiguïté, Umberto Eco, par prudence épistémologique, invite à utiliser le mot symbole avec « parcimonie » in Sulla letteratura, Milan, Bompiani, 2002.

[28] Le symbolique est le domaine du symbole. Il est selon l’approche lacanienne un des trois « registres essentiels » du champ de la psychanalyse avec l’imaginaire et le réel (Cf. J. Lacan, Le symbolique, l’imaginaire et le réel, in Bulletin interne de de l’Association française de psychanalyse, 1953; Ecrits, Paris, seuil, 1966). La symbolique est l’ensemble des relations et des interprétations afférant à un symbole particulier et/ou l’ensemble des symboles caractéristiques d’une culture (symbologie). Quand on parle de l’art d’interpréter les symboles, on préférera utiliser le terme d’herméneutique (Cf. Ricoeur Paul, De l’interprétation. Essai sur Freud, Paris, Éditions Le Seuil, Collection L’Ordre philosophique, 1965 ; item, Le conflit des interprétations, Paris, Éditions Le Seuil, Collection Esprit, 1969).

24 Anthropologie structurale, Paris, Plon,1958 ; Anthropologie structurale deux, , Paris, Plon, 1973

[30] Godelier Maurice, L’imaginé, l’imaginaire et le symbolique, Paris, CNRS éditions, 2015.

[31] Hidiroglou Patricia, L’eau divine et sa symbolique. Essais d’anthropologie religieuse, Paris, A. Michel, 1994.

[32] In Le Minotaure et ses mythes, Éditions PUF, 1993. Cf. également Mythe et écriture, Paris, PUF, 1999 et en collaboration avec Chauvin Danièle & Walter Philippe, Questions de mythographie. Dictionnaire, Paris, Imago, 2005.

[33] Un « livre muet » où les images seraient des mythes.

[34] Les Structures anthropologiques de l’Imaginaire, introduction à l’archétypologie générale, Paris, PUF, 1960.

[35] Cf. Scheid John & Svenbro Jesper, La tortue et la Lyre. Dans l’atelier du mythe antique, Paris, CNRS Editions, 2015.

[36] Nerval, Gérard de, Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies, in Le Voyage en Orient, Paris, Gervais Charpentier, 1851.

[37] Kaës René, Missenard André, Anzieu Didier, Guillaumin Jean, Kaspi Raymond, Bleger et al., Crise, rupture et dépassement : analyse transitionnelle en psychanalyse individuelle et groupale, Paris, Dunod, 1979.

[38] François Stéphane, L’Ésotérisme, la « tradition » et l’initiation. Essai de définition, Tours, Grammata, 2011.

[39] Socialité : mode de vie et d‘être déterminée par la sociabilité définie comme une tendance à vivre en société.

[40] Maffesoli Michel, Le réenchantement du monde. Une éthique pour notre temps, Paris, La Table ronde, 2007.

[41] Cf. Segalen Martine, Rites et rituels contemporains, Paris, Nathan université, 1998.

[42] Naccache Lionel & Riveline Claude, Les étranges pouvoirs du rite sur le cerveau in Le Journal de l’Ecole de Paris, 2014/4, n° 84, p. 7/13.

[43] L’entrée au hammam n’est pas comme sa sortie, ou si l’on préfère : on ne ressort pas du bain comme on y est entré.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/tag/mysteres-deleusis/?fbclid=IwAR0qgOsJeG1jZVS5vsvCQ_ETa4UqRoXpvrE8I9mPl2TY4_UKTbl2SJlt5hA

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ 11 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (1ère partie)

imhotep 

Imhotep (« Ἰμούθης » en grec) dont le nom signifie « celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l’Égypte antique.

 

Ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser (aujourd’hui au Musée du Caire), il est présenté comme « Le chancelier du roi de Basse-Égypte, le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur ».

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep apporte à l’Égypte quelques innovations :

- l’historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture ;

- il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau (« demeure d’éternité ») du roi.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical, le papyrus Ebers (même si le document a été probablement rédigé vers -1700 avec des écrits complémentaires de plusieurs médecins).

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques.

En 2017, la momie de l’un de ses disciples, Nespamedou, est radiographiée et son visage reconstitué.

Le Grand Prêtre IMHOTEP inventa la formule chimique il y a 5000 ans permettant de réaliser des vases en pierre (un aggloméré).

Il fût le concepteur et constructeur de la première pyramide de l’histoire : la pyramide à degrés de SAQQARAH. La première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu a une organisation fermée de prêtres appelés l’Ecole des Mystères « de l’œil de Horus », les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

IMHOTEP dont le nom signifie « le sage qui vient dans la paix » occupe une place particulière dans l’Histoire. Il était vénéré en Egypte pendant 3000 ans, c’est-à-dire de sa propre vie pendant le règne du Roi DJOSER jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son Père était l’Architecte royal KANOFER, sa Mère KHREDUONKH, une noble héréditaire.

A un âge très jeune, IMHOTEP entra en prêtrise et commença à vivre au Temple d’ ANNU sur les rivages du Nil. Ce temple était un centre de la science et de la religion avec une grande bibliothèque. Là, IMHOTEP apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

IMHOTEP laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus (le caducée, symbole actuel des médecins, représentant Hermès dans la mythologie grecque).

La légende indique qu’IMHOTEP divisa les cieux en secteurs de 30°, connus aujourd’hui comme les zones du zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prête scientifique comme IMHOTEP pouvait faire des vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et, la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’Eternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à THOTH, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé HERMES TRIMEGISTUS, trois fois le Grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Vous avez toujours été fascinés par la civilisation de l’Égypte antique. Et votre esprit s’évade dans votre imagination dès que l’on vous parle de la mythologie égyptienne.

Les mots Karma et réincarnation vous interpellent, et vous ressentez profondément en vous l’utilité d’une démarche spirituelle dans votre vie.

Vous recherchez l’éveil de votre conscience à travers un enseignement ésotérique et surtout pratique.

Alors je vous propose un atelier de deux jours, avec les plus grands secrets de la pratique spirituelle et quotidienne de l’école des mystères de l’œil d’Horus.

Je m’appelle Didier Boulay et, depuis plus de 25, j’étudie les traditions ésotérique du monde entier, et grâce à plusieurs enseignements et à mes propres recherches, j’ai fini par redécouvrir et transmettre des outils énergétiques et spirituelles liés à l’ancienne civilisation égyptienne.

J’ai appelé cet atelier « Les Secrets d’Imhotep «.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix », et il est le personnage emblématique de l’Égypte antique.

Grand vizir du pharaon Djéser, architecte, concepteur de la plus ancienne pyramide à degrés du monde : Saqqarah.

Médecin, reconnu comme le plus grand guérisseur de son époque, on lui doit le Caducée encore utilisé de nos jours comme symbole de la Médecine.

Il utilisait le Caducée, un bâton entouré de deux serpents garni de sept pierres, pour sentir dans quels Chakras étaient installés les déséquilibres et il envoyait de l’énergie dans l’aura pour rééquilibrer les chakras appropriés.

Il fut appelé Hermès Trismégistus (Le trois fois grand), et Asclépios par les Grecs venus recevoir son enseignement.

Asclépios ou Esculape chez les Romains, était le dieu de la médecine dont les attributs étaient le serpent, le coq, le bâton, la coupe.

Pére de la Médecine, de l’Hermétisme, de la Gnose, inspirateur de la rose croix, des illuminatis et de la franc maçonnerie.

Il fut aussi astronome, astrologue, philosophe, grand prêtre de l’œil d’Horus, il utilisait la géométrie sacrée et consacra sa vie à l’évolution spirituelle de l’humanité à travers ses réalisations et son enseignement.

La médecine dans l’Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu’à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l’époque, était le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin.

Le concept de maladie était différent de la définition moderne :

• en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,

• la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient, œuvre d’agents surnaturels (ennemi disposant d’une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),

• l’enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l’espérer (la pire situation pour un ancien égyptien était d’avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l’origine des connaissances de la médecine égyptienne de l’Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l’Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l’objet de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie, non invasive, la réduction des fractures, disposaient d’une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques.

Bien que les remèdes de l’Égypte antique soient souvent considérés dans la culture moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu’ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation1.

Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic, du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d’ostraca.

Jusqu’au XIXe siècle, les principales sources d’information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l’Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout autre art. » L’historien grec Hérodote s’est rendu en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l’Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l’Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l’Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L’intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits.

Il y avait à la bibliothèque d’Alexandrie une encyclopédie médicale en six volumes dont il n’est resté que le sommaire. Mais l’importance de la pratique médicale était consignée dans une quinzaine de papyri, écrits en langue grecque sacrée. Le plus célèbre et le plus ancien est le papyrus Ebers, écrit durant le Nouvel Empire, regroupant sept cents formules de maladies internes, classées en fonction des organes concernés. Le Papyrus d’Edwin Smith était selon son auteur, une copie du Moyen-Empire du livre d’Imhotep, intitulé le livre secret des médecins, livre d’enseignement exotérique et ésotérique, dont il ne reste que quelques chapitres, notamment sur le cœur mais qui exposait une médecine objective, scientifique basée sur de minutieuses observations et une très bonne connaissance de l’anatomie humaine2.

• les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d’autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :

• le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections3. Il a probablement été écrit vers -1 600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3 000 ans avant notre ère4. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l’auteur du texte du papyrus original et le fondateur de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie),

• le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d’incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions1. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’Antiquité a été correctement interprété. D’autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d’une cérémonie de circoncision, les ostraca médicaux :

en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l’apprenti scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide.

Le coût du papyrus ne permettait pas d’utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satiriques, et encore moins pour apprendre l’écriture hiéroglyphique ;

les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

LES PRÊTRES DE L’ANCIENNE ÉGYPTE

La classe sacerdotale

Tous n’étaient pas des prêtres dans cette « Maison » représentée par le clergé de l’ancienne Égypte, qui vivait dans l’enceinte des temples et de ses annexes, mais beaucoup l’étaient à un titre ou à un autre.

Par « prêtre », il nous faut comprendre tout homme qui s’était mis dans l’état de pureté requis pour approcher le lieu saint, résidence du dieu.

Si le nombre, des « prêtres purifiés » (les ouêbou), était considérable, du chapelain au prêtre s’étageaient des classes, entre lesquelles se répartissaient une foule d’officiants et d’auxiliaires.

Ces classes étaient flottantes et parfois insuffisantes, car diverses catégories servant dans le domaine des temples n’auraient su être systématiquement rattachées à l’une ou à l’autre. C’était le cas des « chanteuses », des « prêtres lecteurs », des « hiérogrammates » (scribes), des « horologues » (annonceurs de l’heure) qui jouaient un rôle très important, dans les offices du culte divin, dans les cérémonies du Jubilé ou lors d’un couronnement.

Aussi, nous adopterons une classification, fondée sur le rôle joué par chaque officiant dans ses fonctions. Les textes ne manquent pas où l’on voit des prêtres de petits sanctuaires cumuler titres sacerdotaux et titres administratifs, passer du domaine du culte au statut de chef des troupeaux, ou bien encore au service du compte des sacs de blé.

L’accession au sacerdoce

Il est difficile de dégager une règle définissant les conditions d’accès aux fonctions sacerdotales pour toutes les époques. Plusieurs filières étaient admises : les droits de l’hérédité — un prêtre pouvait être remplacé par un membre de sa famille — la cooptation, le rachat des charges ; ces filières permettaient en général un recrutement convenable.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que le culte divin rendu dans le temple, quels que soient les droits de fait acquis par les membres du clergé au service du dieu, restait une délégation royale. Le pharaon étant pratiquement le seul ministre des cultes, son autorité pouvait à tout moment intervenir dans les arrangements au sein du clergé.

À d’autres moments, Pharaon — Per-aâ, qui, sous l’ancien Empire signifiait la « Grande Demeure » — prenait la décision de promouvoir un prêtre dont l’activité et les dispositions lui agréaient.

Ce fut le cas du prêtre Nebouây, sous le règne de Thoutmosis III, qui fut élevé au statut de « Premier Grand Prêtre d’Osiris ». « Les dieux m’ont préparé la route, c’est le roi qui m’envoie contempler le dieu dans le Saint des Saints », dit un chapitre du rituel d’intronisation.

• Vers le Nouvel Empire, dans l’enceinte des temples, les femmes eurent la possibilité d’exercer une charge sacerdotale de second rang.

Un clergé féminin, les ouêbouit, fut mis en place lors des cultes.

Des exemples de femmes prêtresses ne manquent pas.

L’institution thébaine consacrait une épouse terrestre au dieu Amon, appelée « la Divine Adoration », Lors de représentations des Mystères religieux, deux jeunes femmes, choisies vierges, jouaient le rôle du cérémonial des déesses Isis et Nephtys.

À partir de la XVII° dynastie, des scènes épigraphiques mettent en évidence ce que des épouses royales eurent des fonctions religieuses et des transmissions de mère à fille.

Ce fut le cas de la reine Hatshepsout pour sa fille Neferouré, et de Néfertari pour sa fille Merytamon. Les chanteuses d’Amon, les hymnodes, se rangeaient parmi les prêtresses, car il convenait que le rythme des mélopées adressées au dieu fût conforme aux traditions d’élocution sacrée.

Les prêtres et l’ensemble des officiants qui assuraient le service du culte au temple fonctionnaient sur une période d’un mois environ. Autrement dit, chaque groupe n’officiait que trois mois par an, chacune de ces périodes étant séparée par un trimestre d’inactivité, tout au moins dans l’enceinte du temple. Le groupe sortant livrait le temple avec son matériel de fonctionnement aux nouveaux arrivants.

Seule la haute prêtrise demeurait en fonction permanente au sein du temple.

La pensée religieuse

La pensée religieuse égyptienne a produit des œuvres qui tournent une à une les pages glorieuses d’un passé plusieurs fois millénaire, ou le désir d’une vie sans fin s’étendait au-delà des formes créées. Le domaine de l’inconnaissable restait à tout moment perceptible dans un autre monde, où les dieux et les morts se fixaient dans une vie dans déclin.

C’était une magie qui agissait comme un régulateur d’énergies spirituelles et matérielles entre le divin et l’homme, parce qu’elle plaçait le sacré comme première valeur.

C’était Pharaon qui, par sa filiation divine (fils d’Amon-Rê), était la clé de voûte ; sur lui reposait le fonctionnement social et religieux du peuple d’Égypte.

Appelé aussi le « Grand Magicien », il rendait le culte divin qui se déroulait chaque jour dans la « Demeure du dieu », ce qui en faisait le « Premier Grand Serviteur » du temple.

• Considéré comme le reposoir terrestre du dieu, le temple était l’image symbolique du « Tertre originel émergé du Noun ».

Et parce qu’il devait être un creuset d’ordre et d’équilibre du monde sous l’influence de Maât, il fallait pour faire fonctionner cette « centrale d’énergie » tout un personnel qui peuplait et semait la vie dans l’ensemble du domaine du temple :

du « Grand Prêtre », haut personnage politique et religieux, aux différentes classes des prêtres et chapelains, des scribes, des fonctionnaires au personnel d’entretien.

À Karnak, au temps de la faveur d’Amon, on pouvait évaluer les membres du clergé attachés aux fonctions sacerdotales à plus d’un millier, sans compter les autres personnels affectés à la gestion du domaine économique du temple.

Le statut de prêtre

L’Égypte (Kemet), un pays immuable aux lignes toujours semblables : un soleil jamais voilé, un fleuve qui chaque année s’enfle pour fertiliser ses rives, un désert ocre, qui s’étend comme une entité de puissance et de silence. Mais encore, des voiles blanches de felouques glissant tel un ibis, qui, ailes étendues, trace dans le ciel les signes sacrés du dieu Thot et encore des fellahin qui, en buvant le karkadé, discutent à l’ombre d’une palmeraie, enfin des enfants rieurs qui s’ébattent dans le Nil, les mélopées des femmes qui règlent la vie du village.

Tel fut le cadre où se forma l’âme du peuple égyptien, marquée par une religiosité envers les dieux et le monde, tel qu’il fut créé au premier jour.

Pour maintenir cet équilibre selon le plan défini par les dieux, il fallait un « Législateur » » :

en premier lieu venait Pharaon, suivi du haut clergé avec sa cohorte de prêtres.

Si nous prêtons l’oreille, il nous semble entendre le vieil écrivain et philosophe d’Alexandrie, Porphyre, décrire avec admiration les prêtres des bords du Nil : « Par la contemplation, ils arrivent au respect, à la sécurité de l’âme, par la réflexion à la science, et par les deux, à la pratique de mœurs ésotériques du temps jadis. Être en contact avec l’inspiration divine et la science réprime les passions et stimule la vitalité de l’intelligence. »

De par sa double fonction religieuse et législative, sa Majesté (hemef) était le garant du culte divin qui s’exerçait quotidiennement au temple : aussi l’existence officielle du corps sacerdotal dans sa fonction, reposait en nom et place du souverain régnant. Il assurait sur tout le territoire l’exercice du culte, ainsi que l’ensemble des rituels à l’occasion des grandes cérémonies.

L’action théologique essentielle contribuait à maintenir la présence du dieu sur Terre et à conserver le monde sous la forme où les dieux l’avaient établi au premier matin.

Nous devons nous garder, au travers du terme « prêtre », de les considérer comme les dépositaires d’une « vérité révélée » qui ferait d’eux une catégorie à part de la société, la religion égyptienne n’étant pas une « vérité acceptée ».

En ce sens, ils n’avaient rien de prophètes : à l’exemple des Hébreux, c’étaient des hommes semblables aux autres, et ils ne bénéficiaient d’aucun privilège d’origine divine.

S’ils pouvaient être de riches penseurs ou saints hommes, c’était grâce à l’action de leurs tendances personnelles, et non par une suite obligatoire sacerdotale.

Il faut reconnaître que la prêtrise, ouverte parfois trop largement, pouvait accueillir un recrutement d’hommes sans convictions, peu enclins à la vie spirituelle et à la méditation qui se révélaient à l’ombre des temples ; ainsi l’accès aux charges religieuses fut-il l’enjeu de constantes convoitises.

Les postulants à la prêtrise pouvaient entrer très jeunes dans des collèges où étaient enseignées l’instruction religieuse et les sciences.

Hiérarchie du clergé

Le fonctionnement du corps sacerdotal se trouvait sous la responsabilité d’un haut personnage religieux d’État, appelé le « Grand des Voyants (Our-Maour) de Rê ».

Après Pharaon, c’était lui qui assurait l’office divin au temple ; à son service étaient placés les « prêtres purs » (ouêbou), puis venaient les scribes ; suivait tout un personnel de fonctionnaires et d’auxiliaires qui assuraient et préparaient la bonne marche du temple.

Le « Grand des Voyants » était désigné par Pharaon à la fonction suprême ; il était dans la tradition de faire confirmer sa nomination par un oracle du dieu.

Divinement intronisé, ce haut personnage recevait alors deux anneaux d’or et bâton magique héka, symboles de son autorité spirituelle et de ses pouvoirs, tandis que Pharaon prononçait la phrase traditionnelle : « Te voici, Grand Prêtre du dieu, ses trésors et ses greniers sont sous ton sceau : tu es le premier serviteur de son temple ».

Eu égard à ses fonctions, tant politiques que religieuses, il se trouvait fréquemment écarté de son service quotidien du temple, si bien qu’il déléguait ses devoirs au « prêtre Sem », second serviteur en rang.

Parmi les classes des « prêtres ouêbou », qui pouvaient, suivant l’expression consacrée, « ouvrir les portes du ciel » et contempler le dieu hors du culte quotidien, se formait une élite dans laquelle se recrutaient les plus hauts dignitaires et savants du clergé, à l’exemple d’Imhotep qui fut Grand Prêtre à Héliopolis et choisi par le Pharaon Djoser pour construire à Saqqarah sa « Demeure d’éternité ».

Observances et rites

Pour accomplir les offices divins au temple, les prêtres devaient se purifier se prêtant à des observances et à certains rites, où se rattachait tout un symbolisme.

L’eau était, dans la pensée religieuse des Égyptiens, l’élément initial d’où toute vie était sortie ; celui d’où le dieu Rê, accomplissant son cycle de renaissance, apparaissait à l’aurore pour disparaître au crépuscule, afin de puiser, dans son voyage à travers le monde souterrain d’Osiris, la nouvelle énergie qui allait lui donner un lendemain rajeuni dans sa pureté originelle.

Dans certains bas-reliefs figurent des scènes de purification, où l’eau fraîche s’échappe des aiguières, remplacées parfois par une pluie de petits signes de vie ankh. Le rite d’ablution d’eau fraîche pour le culte divin du matin imprégnait les officiants d’une vie rajeunie et purifiée qui leur permettait d’assurer le rituel du culte.

Une autre forme de purification, à laquelle devaient se soumettre les officiants avant de pénétrer les lieux saints en empruntant l’Adyton, consistait à se laver la bouche avec du natron délayé dans de l’eau.

Autre observance rigoureuse : dépouiller son corps de tout poil et se raser les cheveux. Certains textes précisent que les prêtres devaient s’épiler les cils et les sourcils ; à ces règles, venait s’ajouter la circoncision.

Constituait-elle une des conditions nécessaires ? On ne peut être affirmatif. Néanmoins, des écrits relatent que des novices à la prêtrise ne subissaient ce rituel qu’au moment où ils accédaient officiellement à leur charge.

La vie sacerdotale demandait encore un autre état de pureté : l’abstinence de relations sexuelles durant les périodes de présence et de service au temple.

Les prêtres du temple pouvaient se marier : leurs fonctions ne les contraignaient pas au célibat ; tout au plus devaient-ils se satisfaire d’une épouse.

Cette restriction ne fut pas toujours respectée, puisque le prêtre Phérenptah s’était constitué un véritable harem.

Mais ils devaient être purs lorsqu’ils franchissaient les portes du temple. Sur ce point, les textes sont formels : « Quiconque accède au temple doit être purifié de tout contact féminin par une abstinence de plusieurs jours ».

Le texte d’une statue d’un jeune prêtre donne ce détail : « Je me suis présenté devant le dieu, étant un jeune homme excellent, tandis qu’on m’introduisait dans l’horizon du ciel. Je suis sorti du Noun (l’eau initiale) et je me suis débarrassé de ce qu’il y avait de mauvais en moi ; j’ai ôté mes vêtements et les onguents comme se purifient Horus et Seth. Je me suis avancé sans souillure devant le dieu dans la salle sacrée, plein de crainte devant sa puissance ». Les étapes de purification accordaient la présentation au temple, la vision du dieu, la reconnaissance de quelques secrets que seuls les « prêtres initiés » pouvaient transmettre, ainsi que la communication de formules magiques. Celles-ci permettaient de charmer le ciel, la terre et les eaux, de voir le soleil monter au ciel et en redescendre — Khépri au lever, Rê au zénith, Atoum au coucher — de voir les étoiles en leur forme et la lune se lever, de sentir les pulsations de Noun.

Les prêtres-initiés et les scribes

Cette dalle de grès décorée d’un bas-relief provient du temple dédié à la déesse Hathor construit à Dendérah, au nord de l’actuelle Louxor.

Ce temple fait partie de ces merveilles architecturales que l’Expédition d’Égypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Le zodiaque circulaire ornant le plafond d’une des chapelles situées sur le toit du temple est une représentation de la voûte céleste constituée d’un disque soutenu par quatre femmes, les piliers du ciel, aidées par des génies à tête de faucon.

Sur son pourtour, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.

Puis on trouve des constellations, au nombre desquelles figurent les signes du Zodiaque.

Pour la plupart, leur représentation reste proche de leur désignation. On peut ainsi facilement reconnaître le Bélier, le Taureau, le Scorpion, le Capricorne. D’autres ont une iconographie plus égyptienne tel le Verseau représenté par Hapy.

Dans cette grande « Maison » du clergé vivait une catégorie de prêtres et scribes.

Des documents du Moyen Empire désignent ces prêtres sous le nom de chendjouty, ce qui signifie le « prêtre du pagne ». Ils devaient préparer les objets du culte divin et pourvoir à leur entretien, aux habillements de la statue du dieu, ses parures, ses bijoux, ses parfums et les onguents, apprêter les aiguières pour les ablutions, l’encens pour les fumigations, ainsi que la table des offrandes. Parmi ces prêtres figuraient les intellectuels et les savants de la « Maison de Vie » (Per-Ankh), où se rédigeaient, les livres liturgiques et où s’élaboraient aussi les éléments de la science sacrée.

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (2ème partie)

Hermes-4

À ces institutions appartenaient les scribes et les « hiérogrammates » ; certains d’entre eux étaient prêtres, particulièrement estimés à la cour de Pharaon en raison de leur vaste culture.

Auprès d’eux s’affairaient les « prêtres lecteurs » : porteurs des rouleaux du Livre divin, ils partageaient le renom et la popularité de la « Maison de Vie ».

À l’extérieur du temple, on les retrouvait dans d’autres contextes où ils s’occupaient de médecine et de chimie ; plusieurs recettes de papyrus médicaux sont attribuées à leur science. Ils représentaient pour le peuple égyptien le type même du magicien populaire, dont les légendes étaient racontées par la « femme sage », le soir à la veillée.

À ces « Maisons de Vie » se rattachaient deux ordres de prêtres, les « horologues » et les « horoscopes ».

Les « horologues » ou « prêtres horaires » (ounout) sembleraient avoir été en fait des astronomes, chargés d’approfondir les écrits, établis par les scribes de la « Maison de Vie », relatifs à l’ordonnancement des étoiles fixes, des mouvements de la Lune et des planètes qui errent dans le ciel, les « infatigables » (ikhémou-sek).

Ces prêtres étaient aussi chargés de préciser les jours et heures favorables pour la grande fête d’Opet (la Belle Fête de la vallée), qui se déroulait chaque année. Tout prouve qu’ils étaient parvenus dans la science du ciel à des connaissances avancées pour l’époque.

• Les éclipses Soleil/Lune leur étaient parfaitement connues ; un texte de Thoutmosis III évoque le passage d’un astre lumineux qui, relevant des calculs de nos astronomes modernes, pourrait être la comète d’Halley.

Sur le zodiaque du temple de Dendérah et sur le plafond de la tombe de Senmout, on peut reconnaître la grande Ourse, sous la forme d’une « jambe de bœuf », la constellation d’Orion, représentée par un homme courant et tenant dans sa main une étoile, et Cassiopée, figurée par un personnage bras tendus vers le ciel. Dans une salle du Ramesseum, le « Château des millions d’années » de Ramsès II, existe un magnifique plafond astronomique.

La connaissance du firmament jouait un rôle dans la détermination des points cardinaux, en fonction desquels était édifiée et disposée la « Demeure du dieu ». Toute fondation d’un temple cultuel partait d’observations célestes.

Dans les documents dont nous disposons, tout semble indiquer que l’astrologie, venant très probablement de la Babylonie, fut très employée.

Les traités d’astrologie étaient confiés aux « prêtres horoscopes » ; ceux-ci devaient connaître le calendrier mythologique et établir quels étaient les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne, qui comptait 365 jours.

On a retrouvé des papyrus-calendriers, où chaque jour de l’année était défini comme bon, neutre ou néfaste.

Puis l’idée s’est progressivement infiltrée de lier le destin de chaque individu aux circonstances cosmiques de sa naissance en déterminant les influences des astres qui étaient dominantes à l’heure de sa venue au monde.

Des écrits nous informent que des scribes, instruits dans la science des « apparitions nocturnes » se tenaient à la disposition de ceux qui désiraient connaître la signification de leurs rêves.

Ces scribes se faisaient les interprètes des songes ; eux-mêmes avaient coutume de s’endormir dans une salle du temple, dans l’espoir qu’un rêve prémonitoire pût leur révéler un événement présent à venir. L’histoire nous met en mémoire le rêve de Pharaon, dont Joseph, à la demande du roi, se fera l’interprète.

Des prêtres initiés aux sciences divinatoires étaient requis pour les oracles mis en œuvre pour interroger les dieux, sans omettre les requêtes écrites. Dans un petit temple du Fayoum, on a retrouvé des requêtes adressées au dieu du temple.

À la cour du Pharaon, des « prêtres-précepteurs » étaient recrutés pour instruire les jeunes princes et princesses à leurs futures charges royales et religieuses.

La magie héka

Aux yeux des prêtres, la connaissance de la magie et de ses formules fournissait une puissance quasi-certaine sur les êtres vivants, les dieux et les forces de l’univers.

Le « prêtre-magicien » était un personnage que les événements les plus spectaculaires ne faisaient pas reculer. Un texte lui prête ces paroles : « J’abattrai la terre dans l’abîme de l’eau, le Sud deviendra le Nord, la terre sera bouleversée ».

Dans la pratique, l’action était plus estimable, en ce sens qu’il fallait avant tout protéger l’ordre du monde constamment menacé par des forces perverses.

Il y avait un ciel, il y avait une terre, ils agissaient l’un sur l’autre, imprégnés d’une force spirituelle que les « prêtres-magiciens » appelaient héka (magie).

Si certains sorciers de village utilisaient quelques recettes magiques, seule la « Grande Magie » était révélée à une élite de prêtres et de scribes. « Voilà que je me suis adjoint cette puissance magique en tout lieu où elle se trouve, elle est plus rapide que le lévrier, plus prompte que la lumière », dit le magicien dans le Livre des Morts.

La croyance répandue dans le peuple des fellahin voulait que les maladies fussent envoyées par la terrible déesse Sekhmet ; il fallait donc exorciser le mauvais démon, et personne n’était aussi qualifié pour rédiger une formule magique que le « prêtre-lecteur », versé dans toutes les ressources de la vieille magie.

Et seul le Supérieur des prêtres de Sekhmet avait la compétence pour enrayer la fureur de la déesse lionne.

Un autre prêtre, le hery-tep « celui porte le rituel » était instruit à une forme de magie plus particulière, dite « défensive ».

Cette magie était un don des dieux, que les hery-tep utilisaient contre des procédés d’envoûtement, ou de toute manifestation venant d’un ennemi, et relevant de la protection de Pharaon sur sa personne, de son épouse ou de ses descendants.

Sous la XI° dynastie, un magicien héka, le prêtre Hétépi, fut un personnage très important. Il est écrit que le héka fut donné par le démiurge en tant qu’arme pour agir sur l’effet d’événements survenant dans la vie des hommes, comme détourner l’action néfaste du serpent Apopis « ennemi du dieu Rê », de Seth « le fauteur de troubles », ou de Sekhmet « celle qui a le pouvoir » », ou bien encore Sobek « la mangeuse de l’Occident ».

C’est le héka dans le bâton d’Aaron, qui s’est transformé en serpent protecteur (Menen) et a absorbé le bâton du « prêtre-magicien » de Pharaon. Dans cet acte, Aaron invoquait l’entité héka, pour recevoir d’elle la puissance magique. C’est aussi celui par l’entremise duquel Moïse déclencha les dix plaies d’Égypte, fendit les eaux de la Mer des Roseaux, puis fit jaillir l’eau du rocher en Horeb.

Il serait difficile de passer sous silence ceux qui s’acquittaient des cérémonies funéraires, rangés sous le nom de « prêtres-embaumeurs ».

Dans le clergé, ils occupaient une place très importante ; s’ils étaient pour la plupart indépendants des sanctuaires, ils constituaient une sorte de confrérie sans rapport avec l’office des cultes, dont s’acquittaient les prêtres-ouêbou.

Les « prêtres-embaumeurs » accomplissaient la momification qui se déroulait dans la « Tente de purification » (ouêbet), située en dehors du temple.

Il pratiquaient sur la momie tous les rites régénérateurs qui devaient la transformer en un nouveau corps rajeuni, doté de toutes ses anciennes facultés terrestres qu lui permettaient d’être apte à franchir les sombres régions du serpent Apopis, et de jouir d’une vie sans déclin.

Le rite essentiel pratiqué par l’officiant était l’ouverture de la bouche. Armé de l’herminette nétjerty ou de la baquette magique ouret-hékaopu, il faisait le geste rituel d’écarter les lèvres du défunt, afin de lui rendre le souffle de vie et l’usage de la parole.

Durant cet acte, le « prêtre-lecteur » récitait les litanies du Livre des Respirations.

Les Maisons de Vie

Chaque temple dans son domaine, avec sa raison d’être, la Demeure du dieu sur Terre, possédait une « Maison de Vie » et une bibliothèque.

Il faut constater que les Égyptiens parlaient d’elles sans donner de détails ; c’étaient des institutions encore assez mystérieuses.

D’une façon certaine, nous connaissons leur existence à Memphis, Abydos, Coptos, Esna, Karnak et Tell el-Amarna.

Ces institutions étaient probablement des centres plus ou moins fermés où s’élaborait la science, où les textes étaient étudiés et recopiés par des prêtres et des scribes initiés.

En retranscrivant les vieux manuscrits, en comblant les lacunes, on élaborait les textes sacrés de la théologie et de la liturgie ; on réécrivait à des milliers d’exemplaires des versions de ces œuvres : le Livre des Morts, le Livre des Cavernes, le Livre de la Totalité réunie, le Livre de ce qu’il y a dans la matrice des étoiles, les Litanies de la Demeure d’éternité, les Litanies de Rê qui dévoilent les noms de la Lumière divine, le Livre de la Barque solaire, le Livre de la Vache du Ciel, le Livre des Portes, le Livre de ce qu’il y a dans l’autre monde (l’Amdouat).

On préparait les grimoires magiques, on enseignait l’astronomie, la philosophie, la religion, la médecine, la littérature et les arts.

Quelques-uns des plus beaux textes spirituels ou moraux qui furent retrouvés, sont nés des réflexions et des convictions de scribes et de prêtres obscurs, dont les noms nous restent encore inconnus.

On peut considérer que tout ce qui s’écrivait sur la pierre des temples, sur les parois des tombes, dans les sarcophages, comme tous les textes sur papyrus nécessaires au culte divin, aux cérémonies, les hiéroglyphes décrivant et dévoilant aux initiés ce qui réside dans le Noun, d’où naît toute forme de vie, tous les éléments de la science, de la religion, de la culture, sortaient des « Maisons de Vie ».

Il existait aussi une classe de prêtres plus sélective: les prêtres de la « Demeure d’Or », dans laquelle un art magistral mettait en œuvre le métal précieux considéré comme la « Chair des dieux », dont étaient revêtues les momies royales, où s’opérait l’alliage des métaux pour obtenir l’électrum qui revêtait le pyramidion des obélisques. Là se préparaient les potions magiques, les onguents et les parfums, se réalisait aussi la chimie des pigments servant à la composition des couleurs et s’opérait la reconstitution de pierres précieuses comme le lapis-lazuli, qui servait à l’ornementation des maques funéraires, des amulettes et des bijoux.

Nous pouvons supposer que dans des ateliers, des prêtres-artisans façonnaient les objets sacrés : le diadème seshed où venait se fixer l’Uræus, symbole de protection de la puissance royale ; le collier meânkh, « celui qui donne la vie », l’amulette Oudjat, « qui donne la vie éternelle », tout un art magique qui se pratiquait dans les « Maisons de Vie ».

Conclusion de ce chapitre

En parcourant les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée que, dans ce confluent méditerranéen, l’Égypte pharaonique, fût le berceau d’un souffle porteur d’une vérité fondamentale : le rapport entre les hommes et les dieux est indispensable au maintien de l’harmonie du monde. Cette relation ne pouvait être maintenue que par la célébration des rites cultuels et de la magie héka.

Des savants, des philosophes, des historiens, tels Homère, Platon, Solon, Thalès, Pythagore, Hérodote, ont franchi la mer et se sont rendus dans ces « Écoles de Mystères » pour y recevoir l’enseignement d’une partie de cette science accumulée au cours des millénaires. C’est la que Platon aurait été informé de la légende de l’Atlantide par des prêtres d’Héliopolis. Dans son ouvrage les Aiguptiaka, Manéthon nous donne des informations qui restent une des sources principales de connaissance des mœurs des Égyptiens, Grecs et Romains, passionnés par la science de la religion de cette fabuleuse civilisation, laissèrent des témoignages qui constituent le fonds le plus riche que nous ayons à notre portée pour comprendre l’histoire et la religion de l’Égypte ancienne.

Nous savons aussi par des commentaires de voyageurs grecs qui firent des stages à cette époque en Égypte, que les prêtres et les scribes des « Maisons de Vie » éprouvaient une réticence à divulguer certaines révélations, selon les textes sacrés de la Tradition du passé : « J’ai été initié dans ces Mystères. En vérité je ne le répéterai jamais ce que j’ai entendu. Je ne raconterai à personne ce que j’ai vu ». Livre des Morts

Cette connaissance, relevant de la haute idée qu’ils conçurent de la science, de la religion et de la morale, enseignait le respect de la hiérarchie aux futurs prêtres et fonctionnaires royaux. Les enseignements de Ptahotep, vizir du roi Djedkarê de la V° dynastie, rendus célèbres et utilisés dans les écoles égyptiennes, en sont un témoignage. Des scribes lettrés écrivirent des contes dans le genre des Mille et une Nuits : conte des Deux Frères, conte du naufragé, conte de l’Oasien, conte de Sinouhé, pour ne citer que ceux-là.

Les prêtres de l’Ancienne Égypte étaient-ils des initiés, œuvrant dans les secrets des « Maisons de Vie » où s’élaborait une science: science de l’approchement et l’application (le savoir), science de la réalisation et de l’accomplissement (la connaissance) ?

Nous pouvons reconnaître l’existence d’une élite qui se partageait un savoir et une connaissance.

De ce fait, nous pourrions qualifier cette élite de « cercle d’initiés », dans le sens où ce terme codifiait l’admission à la révélation des mystères de la science de Dieu, de l’univers de l’homme.

Nous sommes en mesure d’affirmer que la mission du corps sacerdotal de l’Ancienne Égypte était de maintenir par la magie du sacré la présence du dieu sur Terre, d’imposer une ligne de conduite permettant d’aspirer à l’immortalité, et également de veiller sur la personne de Pharaon « fils du dieu », garant de l’ordre du monde, tel qu’il fut établi par les dieux (les Netjerou) au commencement de la Création.

L’Égypte était considérée comme la réalité du monde. Pharaon et les prêtres en étaient les magiciens… !

LE GRAND PRÊTRE IMHOTEP A INVENTÉ LA FORMULE CHIMIQUE IL Y A 5000 ANS.

Concepteur et constructeur de la PREMIÈRE PYRAMIDE de l’histoire, la pyramide à degrés à Saqqarah…

Depuis les années 1980, Joseph Davidovits démontre que les pyramides et les temples de l’Ancien Empire égyptien furent construits en calcaire aggloméré, et non pas avec des blocs de calcaire taillés et transportés depuis les carrières.

Ce type de béton de calcaire, avec des coquillages fossilisés, aurait ainsi été moulé ou compacté dans des moules.

Les ouvriers égyptiens ont extrait le matériau dans des carrières de calcaire relativement tendre, puis l’ont désagrégé avec de l’eau, mélangé cette pâte de calcaire à de la chaux et des ingrédients comme l’argile kaolinitique, le limon et le sel natron égyptien (carbonate de sodium) formant des tecto-alumino-silicates (geosynthèse).

La boue de calcaire (incluant les coquillages fossiles) fut transportée dans des paniers puis versée, tassée ou compactée dans des moules (faits de bois, pierre, argile ou brique) placés sur l’aire des pyramides.

Ce calcaire ré-aggloméré, lié in situ par réaction géopolymèrique (appelé ciment géopolymèrique), durcit en blocs de grande résistance.

En 1979, au 2eme Congrès International des Égyptologues, à Grenoble en France, Joseph Davidovits présenta deux conférences.

L’une exposa l’hypothèse que les blocs de pyramide ont été moulés comme du béton, au lieu d’être taillés. Une telle théorie était très dérangeante par rapport à la théorie classique avec ses centaines de milliers d’ouvriers participant à cet effort gigantesque.

La deuxième conférence a souligné que des vases en pierre, fabriqués il y a 5000 ans par des artisans égyptiens, ont été faits en pierre dure synthétique (fait de main d’homme).

Imhotep a conçu et construit la première pyramide de l’histoire humaine, la pyramide à degrés de Saqqarah, la première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu à une organisation fermée de prêtres appelés l’école des mystères “de l’oeil de Horus”, les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

Imhotep, dont le nom signifie “le sage qui vient dans la paix”, occupe une place particulière dans l’histoire.

Il était vénéré en Egypte pendant trois mille ans – c’est-à-dire, de sa propre vie pendant le règne du Roi Djoser jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son père était l’architecte royal Kanofer, sa mère Khreduonkh, une noble héréditaire.

À un âge très jeune, Imhotep entra en prêtrise et commença à vivre au temple d’Annu sur les rivages du Nil – un centre de la science et de la religion, avec une grande bibliothèque. Là, Imhotep apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

Imhotep laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus, le symbole actuel des médecins.

La légende indique qu’Imhotep divisa les cieux en secteurs de 30º, connus aujourd’hui comme les zones du Zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prêtre-scientifique comme Imhotep, pouvant faire les vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial, puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’éternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à Thoth, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé Hermes Trismegistus, trois fois le grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Hermès, le Trois Fois Grand, est une personnalité devenue légendaire, et dont on discute cependant ‘l’existence. Mais son nom est comme un fil d’or dans toute la littérature ésotérique mondiale.

Très importantes sont les paroles gravées au-dessus de la Porte des Lions de Mycène:

« Les Egyptiens descendent du Fils de Toth, Prêtre de l’Atlantide. »

ALCHIMISTE

Les enseignements que l’on retrouve en partie dans la littérature, ont été écrits par Hermès II, fils d’Hermès-Toth.

Hermès II est devenu une figure vivante pour le lecteur moderne, car on peut lire ses discours avec son fils Tat, et son petit-fils Asclépios, c’est-à-dire, le grand Imhotep.

D’Hermès-Toth, on raconte qu’il fut l’arbitre entre les Dieux géants et les Titans, et qu’il fut le conseiller des bons géants qui transmirent la connaissance aux hommes.

Ainsi la légende devint réalité. Ces écrits, si volontiers niés par certains ésotéristes, ne peuvent cependant pas être mal interprétés.

Il y eut un temps où les Fils de la Lumière descendirent, ou chutèrent.

Il y eut un temps où quelques Fils de la Lumière régnèrent sur diverses régions, comme de divins prêtres-rois.

Et il y eut un temps où quelques uns « retournèrent » et où d’autres restèrent en arrière – ces autres dont nous descendons -, nous, chercheurs-âmes.

De ce point de vue, il est compréhensible que tous les Sages de l’ère préchrétienne, soient considérés comme les Ancêtres de la Connaissance divine et de tous ces Enseignements immatériels, et que tous les autres Fils de la Lumière soient leurs descendants.

Les Papyrus égyptiens ne manquent pas de citer son nom, ni celui d’Isis, d’Osiris et d’Horus, avec des annotations très tangibles. Ils entrèrent alors dans l’histoire comme de véritables Messagers d’un Enseignement divin, qui ne peut être compris que par des « dieux » – les Fils de la Lumière restés sur terre.

L’humanité-terrestre les imita et cita leurs enseignements; elle ne désirait cependant pas la « Reddition » ou la Lumière, mais elle voulait être comme ces Dieux; elle n’aspirait pas non plus à une Source originelle, comme étant son Pays d’Origine.

L’Alchymie nous vient d’Hermès-Toth, et a vue le jour en Egypte comme un enseignement originel, dont la médecine – où l’enseignement du Salut de l’âme – est issue. Logiquement donc, le premier Guérisseur fut Asclépios-Imhotep, le petit-fils d’Hermès-Toth, qui puisa son savoir « des livres de son père et de son grand-père, des livres qui étaient descendus du ciel. »

L’ibis est connu comme étant le symbole le plus ancien de l’Alchymie.

L’ibis blanc avec des taches noires était considéré comme étant le plus saint, car il était le symbole de la renaissance.

Il en va de même avec le corbeau noir et la colombe blanche.

La symbolique la plus ancienne remonte toujours à cet Evénement extraordinaire que fut la « descente » des Fils de la Lumière, leur « Retour partiel », et le « Salut » ou la « Renaissance » de ceux qui restèrent.

Ce fut sans doute un Evénement qui changea la face du monde et de l’humanité, et dans le Livre d’Enoch, on peut lire à ce propos:

« ….. après (la descente et la résistance au Créateur), le monde devint différent. »

Dans ce monde devenu différent, nous vivons avec les Souvenances, les Ecrits, le Symbolisme et les Paroles divines qui nous touchent.

Jadis, Hermès fut le Guide de l’Ogdoade – le Saint Huit -, les 4 premiers couples de la création qui devaient ordonner le Chaos.

Même la symbolique des nombres témoigne de ce temps inoubliable.

Hermès-Toth est de temps à autre cité comme étant l’un des Elohims, les Dieux qui créèrent le monde. Ses Pensées sont gravées en hiéroglyphes sur les piliers des temples, dans une écriture à double sens:

L’Ecriture des saints, comportant des symboles pour les Fils de la Lumière, et l’écriture profane.

Après le Déluge, son fils Hermès II, père de Tat, grand-père d’Asclépios, aurait recopié ces hiéroglyphes sur des papyrus. Ainsi nous racontent les traditions. Ces saints papyrus auraient été cachés dans les temples égyptiens, et essentiellement à Memphis.

Ainsi, le Tarot de Memphis est-il un Chemin initiatique, écrit de la main d’Hermès II. Les gravures ont été effectuées d’après les saints Ecrits d’Hermès-Toth, le « Trois Fois Grand ».

Le nom d’Hermès signifie: Médiateur.

Tout comme le nom Chrestos ou Christ, qui signifierait Médiateur, Messager.

Les Papyrus d’Hermès II ont été recopiés par Manéthon, le fameux prêtre égyptien cité par tous les historiens. Ainsi ces Paroles sont-elles parvenues jusqu’à notre époque.

Dans les citations attribuées à Hermès-Toth, nous lisons que l’âme, après qu’elle eut quitté le corps, ne se perd pas dans l’Ame du monde, mais elle continue d’exister en tant qu’âme, pour rendre compte devant le Père de tout ce qu’elle a fait durant sa vie terrestre.

C’est ici également une confession de l’âme, une responsabilité pour ses actes – une confession qui a été imitée par les hommes dans leurs religions. Ces notations sont en accord avec les découvertes modernes sur l’existence post-mortem.

L’âme ne peut pas vivre comme elle le veut, « sans loi », mais elle a un but; elle s’est séparée jadis de son Pays natal, et depuis ces temps-là, elle doit y retourner au travers des expériences de la vie.

Ce qui est divin la purifie, ce qui est satanique la lie au chaos.

En vérité, tout serait si simple si nous n’avions pas érigé cet égo comme quelque chose d’exceptionnel!

Car, une âme repentante souhaiterait-elle faire autre chose que des Choses divines?

En tous cas, lorsqu’une telle âme est torturée par la compréhension?

De la cosmogonie d’Hermès-Toth, nous citons ce qui suit:

« Le soleil relie le ciel et la terre comme un médiateur. Du ciel, il envoie l’essentiel, et la matière terrestre est alors tirée vers le haut. Le soleil est le cœur du char du monde; il donne aux immortels l’Eternité, et à travers sa lumière, il nourrit les immortelles parties de la terre.

Lorsque sa lumière est emprisonnée par la terre, elle stimule la naissance, la métamorphose et la vie. La sphère du penser est fixée à Dieu; l’émotion ou le monde des sens, est fixé à l’intelligence et au soleil.

Pendant son voyage à travers les sphères du penser et de l’émotion, le soleil reçoit sa nourriture de Dieu; c’est l’entrée en action de l’activité créatrice » le véritable Bien.

De plus, autour du soleil, gravitent des sphères dont les dieux sont dépendants, et de ces dieux également, les hommes sont dépendants – mais tout et tous sont dépendants du Dieu. »

Voilà bien une citation hermétique originelle. On y trouve l’ancienne astrologie, le pouvoir des dieux planétaires et leur influence sur la terre, sur le penser et les émotions des hommes.

Au-dessus de tout rayonne le soleil, comme médiateur entre le ciel et la terre, et entre Dieu et sa création.

Evidemment, l’astronome moderne y trouvera un non-sens!

Mais il y a autre chose encore, car bien que la terminologie soit archaïque, l’essentiel a cependant été préservé.

Tout homme ésotérique pourra croire à un « Fils du Soleil », un Mithra, un Chrestos, un Osiris.

Un « Fils du Soleil » est quelqu’un qui, comme le dit Hermès-Toth, a autour de lui des sphères dont les dieux sont dépendants, c’est-à-dire, ceux qui sont en contact direct avec le Fils de la Lumière.

Et d’eux sont dépendants également les hommes-terrestres – oui – toute la terre et sa vie.

A quoi aspire en effet un chercheur spirituel: A redevenir un Fils du Soleil (et pas une imitation des dieux!), un Fils du Soleil ayant un Champ vibratoire autour de lui, champ vibratoire dont les « dieux », ses semblables sont dépendants, jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi, devenus des Fils de la Lumière – et la terre et son humanité, sont dépendantes de leur action, dans sa globalité.

Ainsi, si nous pensons être un Fils de la Lumière, même si c’est à l’état latent, il y aura aussi une responsabilité et une « note à payer », que la terre et son humanité offrent à ce Fils de la Lumière!

La nature n’est pas satanique, c’est le Fils de la Lumière qui apporte ce satanisme.

Ces Fils qui donnèrent à Hodur, le dieu aveugle, une branche de gui pour blesser Baldur, le Fils de la Lumière, dans son point faible.

On peut y penser, lorsque l’on sait que le gui est un remède contre la prolifération anarchique des cellules – le cancer – et contre les maladies héréditaires.

Une cellule cancéreuse est un agresseur dans le système de division cellulaire, dans leur structure et leurs lois: Elle ne désire plus prendre part à cet ordre: elle a un comportement anarchique.

L’Enseignement hermétique est, dans son ensemble, destiné à ceux qui retournent, à celles des âmes qui possèdent encore la possibilité de Choix entre la Lumière et l’obscurité.

« Je me sens tellement isolé tout seul, je ne peux parler avec personne… »

C’est effectivement pourquoi beaucoup d’entre elles parlent ainsi.

En toute logique, de tels hommes-âme ne peuvent « qu’échanger » et « parler » avec des Fils de la Lumière; mais également, et tout aussi logiquement, ils ne sont jamais dociles et dépendants de leurs prochains pour leur « salut ».

Chaque âme tombée est clairement appelée à rendre des comptes.

Personne ne peut alors se cacher derrière autrui!

Il est aussi curieux de voir que des Fils de la Lumière ayant une Souvenance céleste innée, puissent condamner la nature comme étant satanique et détournant l’âme.

N’est-ce pas là un peu vouloir rejeter sa dette sur les autres?

S’il y a quelque chose de satanique, d’anti-divin dans cette création, et même de provoquant, c’est bien le résultat de l’intervention des Fils de la Lumière.

Car selon les paroles d’Hermès:

« La nature temporelle et la Nature Originelle, sont une Unité. »

Dans la première, se trouve une partie de la Divinité.

Dans la seconde, se trouve Dieu, en Totalité.

Seulement dans la première, on peut enlever cette partie de divinité, et ce qui reste alors est mort.

L’Enseignement d’origine hermétique, nous apprend aussi cela: De la Nature Originelle, chuta le 1.

Il peina à travers les 7 phases d’-expériences, puis devint l’Ogdoade, le René, et finalement il fut le 9, le « Trois Fois Grand » (3×3=9), pour aboutir dans la Nature Originelle. (Le 10 n’est rien.)

Asclépios, le petit-fils d’Hermès, dit aussi:

« Le Dieu Créateur a formé le corps humain, comme le monde, à partir des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre, afin que leur combinaison harmonieuse en fasse une belle créature.

Il y mis en plus un Souffle céleste puissant qui provient de l’Esprit divin; et ainsi ce Souffle (Pneuma) reçut-il une petite « demeure » fragile, qui ressemble malgré tout au monde. »

Ainsi l’homme est-il semblable au monde, mais vivifié par une Flamme éternelle, et la marche éternelle des cinq planètes, ainsi que celle du soleil et de la lune – afin que l’être, bien qu’il fut semblable au monde, soit dominé par le même Noyau Divin.

L’axiome hermétique « Ainsi en haut, ainsi en bas » est clairement démontré ici; aussi l’idée hermétique qui dit que l’homme est à l’image du Macrocosme, et que, comme tout dans ce Macrocosme, il possède un « ordre spirituel », selon la quantité de Lumière ou selon l’intelligence qu’il a de cette Lumière, et par lequel toute la création est ordonnée. Ici, on peut se faire une idée de la classification des planètes: Jupiter est « bon » – Saturne est « mauvais » ou inférieur.

On peut ainsi également trouver la base alchymique par laquelle « L’inférieur doit se transmuer en supérieur ».

Ce qui est purement naturel, ne pourra pas devenir divin, mais est et reste dans cette nature.

Connaissez-vous les axiomes de la science hermétique?

Les anciennes idées s’y retrouvent:

Premier axiome: Ce que l’on peut accomplir simplement, ne doit pas être tenté par la voie difficile

Un monde plein de sagesse doit s’ouvrir maintenant devant nous.

Je l’ai déjà dit: C’est si simple! Une âme tombée, jadis divine, a le choix entre la divinité ou le satanisme, qui est de la divinité transmuée.

Si elle éprouve de la repentance ou de la compréhension vis à vis de cet état, qu’est-ce qui la sépare alors de la divinité?

Ne désignons pas encore et de nouveau ici l’égo, pauvre et aveugle, à la vindicte, ou comme étant le grand coupable! L’égo ne fait que suivre celui qui guide, aveuglément.

Il ne possède pas de Lumière en lui-même, il est éclairé comme par transparence; il est éclairé ou bien il est obscurci.

Deuxième axiome:

II n’y a pas de substance qui, sans une longue souffrance, ne puisse être parfaite

La souffrance purifie n’est-ce pas ?

Si elle fait autre chose en nous, c’est qu’il y a quelque chose dans notre intérieur, dans notre âme, qui fait défaut. Une « action » apporte des expériences intenses.

Le plomb qui doit devenir de l’or, devra beaucoup expérimenter.

Troisième axiome:

La nature doit être aidée par l’Art, si sa force est trop faible

L’Art est l’Enseignement à travers l’égo, pour que celui-ci retrouve le bon chemin, et devienne une nature pure, forte et équilibrée.

L’Art est l’Alchymie ;

la Transmutation du Tout.

La nature retourne à la nature, et l’Esprit retourne à l’Esprit.

L’Art et la nature doivent coopérer.

Quatrième axiome:

La nature ne peut rectifier que selon son propre état

La nature est la nature, et elle ne deviendra jamais l’Esprit. La nature ne peut s’identifier à autre chose, elle ne peut que ressembler à cette autre chose.

Ici, je pense à ce splendide exemple du diamant et du saphir : Le diamant est la pierre précieuse la plus élevée; il est, selon son appellation grecque « Adamas », invulnérable.

Mais le saphir peut lui ressembler, lorsqu’on le fond très doucement avec de l’or – le métal le plus élevé – Ainsi le saphir perd-il sa couleur bleue et devient clair comme de l’eau – brillant comme un diamant – mais il reste dans sa structure cristalline (son âme), un saphir. Il ne peut devenir l’autre.

Cinquième axiome:

La nature comprend et conquiert la nature

La nature peut tout entreprendre avec la nature. Il n’y a que l’âme – qui n’est pas de cette nature – qui lui reste incompréhensible.

Et l’on ne peut pas attendre autre chose d’elle. Ainsi, toutes ces méthodes provenant de cette nature, de l’égo, destinées à changer l’âme ou à la renforcer, sont-elles parfaitement inutiles.

Sixième axiome:

Celui qui ne connaît pas la vie, ne connaît pas la nature

Ceux qui ne se connaissent pas, qui ne connaissent ni leur organisme, ni les lois qui régissent leur être naturel, et qui même les repoussent, ceux-là ne vivent pas et n’ont pas alors part au mouvement éternel qui est la Vie.

Septième axiome:

On ne peut arriver d’une extrémité à une autre qu’à travers un médiateur

Le plus Haut et le plus bas ont besoin d’un médiateur pour s’unir l’un à l’autre. L’âme unit Dieu et l’homme. C’est pourquoi l’on doit d’abord être véritablement « homme »: nature – Porteur du mouvement éternel.

Huitième axiome:

Dans l’Alchymie, rien ne peut porter de fruits sans être mort au préalable

Si en nous se trouve encore présent un « petit roi de papier têtu », la Sagesse du Grand Roi ne pourra pas se démontrer.

Plus encore: On ne pourra pas être un prêtre-roi, ni un Hermès, ni un 9.

Le Neuf est le « UN » René; c’est la suffisance purifiée en Sagesse par la souffrance d’un chemin de dures expériences.

Neuvième axiome:

Où les vrais Principes sont absents, les résultats seront imparfaits.

Nous devons nous fonder sur une triple base: Dieu, qui est présent dans l’âme; celle-ci demeure dans une nature modeste et harmonieuse.

Sans ces trois Principes, on ne peut même pas penser à un Chemin spirituel.

Dieu doit demeurer en nous, et pas dans autrui. L’âme doit être clairement présente et vivante, et notre nature doit savoir s’arrêter de s’élever sur elle-même.

Et finalement, comme dixième axiome, une brève sagesse embrassant le tout:

Dixième axiome:

L’Art commence là où la nature arrête son activité

C’est le passage étroit; ici, il y en a beaucoup qui tombent. On considère souvent ce passage comme un début, sans avoir compris l’ensemble des autres axiomes.

L’homme présomptueux lit superficiellement ceci, et il commence par punir la nature, par la torturer, par la mépriser et même par la haïr.

Cependant, ces paroles ne veulent rien dire d’autre que ceci: La nature n’est en mesure d’accomplir que ce qu’elle peut accomplir selon son état – après cela, vient l’Identification avec la Lumière.

Mais avant que cela n’ait lieu, la nature doit être harmonieuse; car toute dysharmonie dans cette nature est un frein dans le processus de l’Art.

Aussi longtemps que nous sommes occupés à observer notre égo avec contrainte, à le traîner ou à le punir, nous serons et resterons des âmes stupides et de pauvres petites gens.

Que pouvons-nous alors parler encore de spiritualité ?

Le miracle de la nature est qu’elle sait transformer.

Le Miracle de l’Esprit, est qu’il s’Identifie.

La nature se perd dans la nature, et devient différente, mais elle reste toujours de la nature.

L’esprit s’adonne à l’Esprit, mais reste Esprit.

L’esprit est individuel – la nature est division : deux forces aveugles par lesquelles elle se transforme sans fin.

Le UN est UN, et à travers chaque nombre travaille la force de ce UN, pour finalement redevenir le Un qui est comme un Neuf.

C’est l’énigme – Et dans le 9, il y a 3 x 3.

D’abord la Lumière, ensuite le Choix, et finalement la Sagesse: 3 – 6 – 9 .

Et ensemble, ils font de nouveau: 3 + 6 + 9 = 9 : l’Ermite, l’Inaltérable, la Lumière de la Lumière, Omniprésent et Indivisible.

Un Mystère en soi. Hermès connaissait ce Secret.

Nous le connaîtrons si nous Le sommes.

Le 9, ce Soleil qui lie ciel et terre, et qui porte en Lui le Message divin, a besoin d’eux, qui lui sont dépendants.

Que cet exposé philosophique soit très proche de la réalité en nous-mêmes :

« Toutes les forces en moi louent le Un et le Tout-puissant, afin que la Gnose devienne Vivante en moi ».

 

SOURCE : le net (merci mon F:. Louis de cet apport)

IbisToth3

PHI LE NOMBRE D’OR 28 novembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

PHI LE NOMBRE D’OR
Le Secret des Mathématiques Egyptiennes

LES ETOILES  ROYALES
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1,618 033 989
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PHI LE NOMBRE D'OR dans Recherches & Reflexions vesicapisces

 

LA PROPORTION DIVINE


Le NOMBRE D’OR n’a rien d’extraordinaire dans la nature. C’est un nombre égyptien basé sur les mathématiques. Le NOMBRE D’OR est utilisé pour la fabrication des Pyramides et la lecture du ZODIAQUE égyptien. Il est représenté de façon occulte par les symboles du YIN-YANG, des POISSONS et on le retrouve dans le VESICA PISCIS. Il est un élément fondamental du ZODIAQUE mais aussi de la TERRE dans son cycle.Les légendes sur cette SPIRALE sont purement des histoires à dromir debout, leNOMBRE D’OR n’a jamais été utilisé par les artistes et les architectes jusqu’à ce que Matila Ghyka (avec en effet la bénédiction de Paul Valéry) en fasse rétrospectivement un mythe début XXe.


Golden-Spirale dans Recherches & Reflexions

 

En Egypte, les créateurs du ZODIAQUE égyptien représentent l’écliptique sous forme de SPIRALE et le LION (le Sphinx) semble mener la ronde. Nous savons que les mesures de la Grande Pyramide de Gizeh que l’on attribue à Khéops sont basées sur le NOMBRE D’OR. Les créateurs du ZODIAQUE démontrent encore que leur génie est sans limites, puisqu’ils ont placé un code secret sur le cercle. Cette formule mathématique est utilisée pour les SAISONS !


precession

 

Le NOMBRE D’OR se trouve plusieurs fois indiqué, les créateurs de DENDERAH ont donc réalisé avant de commencer à sculpter le bas-relief, un plan géométrique se basant sur le NOMBRE D’OR, comme pour la construction des pyramides. Les Grecs ne sont pas les seuls à s’être servi de la trigonométrie (3D). Mais il y a une autre SPIRALE, celle que forme la TERRE dans le cycle de la précession des Equinoxes, et cette SPIRALE est certainement celle du NOMBRE D’OR avec ses proportions.Voir : Secret du Zodiaque

 

ETOILE D’OR ET RECTANGLE D’OR

 

L’étoile à 5 branches est mathématiquement un élément du NOMBRE D’OR, l’étoile contient le RECTANGLE D’OR répété plusieurs fois. Tous ces rectangles ont exactement les même proportions et ils peuvent se reproduire à li’infini. Si l’on met bout à bout les deux lignes les plus courtes, elles deviennet égale à la troisième, et cette ligne montre les proportions magiques du fameux NOMBRE D’OR. Pareillement avec les lignes 2 et 3, une fois encore nous obtenons le NOMBRE D’OR.


pentacle-golden

 

Ce resctangle d’Or est dans les monuments Egyptiens, Mayas et on le trouve en Asie. Chez les Grecs, il s’est imposé comme un élément de la beauté dans leurs monuments et les statues. Il est présent dans la construction des Cathédrales et les tableaux des peintres comme un élément magique. C’est purement un NOMBRE mathématique lié aux cycles de la Terre, il n’est aucunement dans la nature un nombre merveilleux, pas plus que le cercle ou le carré, mais il est un nombre mathématique fantastique. Voir : Le Nombre d’Or

 

NOMBRE D’OR ET MONOLITHE

 

Dans l’épopée de GILGAMESH, le TAUREAU (Aldebaran) de l’épisode peut être comme un marqueur des âges zodiacaux quand l’épopée a été composée. L’âge du TAUREAU (Apis / Ptah en Egypte) a duré de 4300 AV.JC circa 2150 AV.JC circa. Cependant, si nous acceptons que Enkidu est la période des Néandertaliens, l’histoire du TAUREAU conduit à la mort de Enkidu, est plus probablement un codage du moment de l’extinction de l’homme de Néandertal.Cela nécessite l’achèvement d’un cycle complet de la précession des équinoxes, une « Grande Année » ou « Grand Retour » de près de 26.000 années, plaçant l’extinction de l’homme de Néandertal à quelque 32 000 années, et c’est exactement en phase avec les estimations actuelles.Le mythe par rapport à l’ancienne connaissance astronomique, avec les ARBRES DE VIE (les étoiles) symbolisent souvent l’AXE polaire de la Terre et sont des marqueurs de la Grande Année de la précession des équinoxes et de l’axe de la terre à travers les douze maisons du ZODIAQUE. Il se trouve aussi que la hauteur en coudées de la porte des temples est le nombre numérique 72, la valeur en nombre entier le plus proche pour le nombre d’années (71,6) requis pour une changement de précession d’un degré le long de l’écliptique.


nombre-or

 

Dans la mythologie égyptienne, Osiris est tué par les 72 laquais de Set. 12 est récurrent dans le texte (notamment le nombre de jours de la maladie d’Enkidu) avec son double 24 (la largeur de la porte du temple), est bien sûr le nombre de constellations dans le zodiaque, et la liaison de 72 à 24, pas 12, peut très bien avoir été employé pour indiquer la seconde, plus tôt l’âge du TAUREAU. Le nombre 30, figurant dans le texte de 300, est certainement le nombre de citoyens d’Uruk tués par le TAUREAU (100 puis 200), c’est le nombre de degrés d’arc que chaque constellation occupe le long de l’écliptique.Ainsi 72 années x 12 x 30 constellations degrés d’arc = 25 920 années, ou un grande année. GILGAMESH a apporté une histoire à partir d’un temps d’avant le déluge, c’est à dire, la fin de la dernière ère glaciaire, la préservation de notre histoire la plus ancienne dans la pierre. A l’intérieur de ce rectangle, leNOMBRE D’OR est inséré, il permet de lire numériquement les solstices. On retrouve ce rectangle un peu partout dans la publicité, les feuilles de papier, les édifices, etc..

 

golden
Monolithe et Golden Ratio : Des valeurs numériques du Zodiaque

 

ROS TAU

 

Le TAU vient du nom du plateau de GISEH en égypte qui s’appelait autrefois ROS TAU (Rose Croix), il est  » l’ emblème de tous les emblèmes « . Le symbole a été utilisé t en mathématiques pour représenter le NOMBRE D’OR jusqu’à ce que la lettre grecque PHI (F) acquise prominance (après la première lettre de Phidias, sculpteur célèbre du Parthénon). C’est un symbole mâsculin avec une forme de phallus. Le SERPENT d’AIRIN (25e degrès maçonique) du judaïsme est ainsi enroulé sur la croix de TAU. On retrouve ce symbole partout (Nations Unies, Medecine, etc.).


rostau

 

Le TRIPLE TAU (3T ou T3) est un symbole maçonnique important, le joyau du 33ème degré représente quatre TAUS formant une CROIX grecque, le QUADRUPLE TAU représente la grande croix dans les cieux. Il permet de lire correctement le ZODIAQUE égyptien dans le bon sens. CROIX ANK, la SVATISKA, le YIN-YANG, OHM, et tant d’autres symboles, sont des représentations de PHI.LeNOMBRE D’OR est la proportion, définie initialement en géométrie, comme l’unique rapport entre deux longueurs telles que le rapport de la somme des deux longueurs (a+b) sur la plus grande (a) soit égal à celui de la plus grande (a) sur la plus petite (b) c’est-à-dire lorsque (a+b)/a = a/b. Le découpage d’un segment en deux longueurs vérifiant cette propriété est appelé par Euclide découpage en extrême et moyenne raison. Le NOMBRE D’OR est maintenant souvent désigné par la lettre PHI.


spirale

 

Ce nombre irrationnel est l’unique solution positive de l’équation x2 = x + 1 soit approximativement 1,618 033 989. Il intervient dans la construction du pentagone régulier et du rectangle d’or. Ses propriétés algébriques le lient à la SUITE DE FIBONACCI et permettent de définir une « arithmétique du nombre d’or », cadre de nombreuses démonstrations. valeur

 

Le NOMBRE D’OR existe donc bien, mais il n’y a rien d’un NOMBRE extraordinaire créateur de l’univers ! Il s’agit de la proportion selon laquelle le rapport entre deux parties est égal au rapport entre la plus grande de ces parties et le tout. C’est un nombre irrationnel : (1 + v5) / 2. Soit 1,618 et un nombre infini de décimales.On le trouve notamment obligatoirement dans certaines figures géométriques comme rapport entre longueurs incommensurables. En particulier dans tout ce qui est pentagonal (au même titre que v2 intervient dans le carré, v3 dans le cube ou Pi dans le cercle). Il est lié à la suite de Fibonacci, qui est faite de nombres entiers correspondant à beaucoup de modèles de croissance, et qui tend vers leNOMBRE D’OR.Le nombre 154 est aussi beaucoup utilisé. Un cercle de diamètre 14 a le même périmètre qu’un carré de côté 11 et 14/11 est la racine carrée duNOMBRE D’OR, d’où l’importance du nombre 154 (11×14).LeNOMBRE D’OR est une fascination mathématiques utilisée par les sectes et la franc-maçonnerie. L’histoire de cette proportion commence à une période reculée de l’antiquité grecque. À la Renaissance, LUCA PACIOLI, un moine franciscain italien, la met à l’honneur dans un manuel de mathématiques et la surnomme DIVINE PROPORTION en l’associant à un idéal envoyé du ciel. Cette vision se développe et s’enrichit d’une dimension esthétique, principalement au cours des XIXe et XXe siècles où naissent les termes de section dorée et de NOMBRE D’OR.

 

LES ORIGINES

 

Le NOMBRE D’OR se trouve parfois dans la nature comme dans les capitules du tournesol ou dans certains monuments à l’exemple de ceux conçus par Le Corbusier. Il est aussi étudié comme une clé explicative du monde, particulièrement pour la beauté. Il est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique.Certains artistes, tels le compositeur Xenakis ou le poète Paul Valéry ont adhéré à une partie plus ou moins vaste de cette vision, soutenue par des livres populaires. À travers la médecine, l’archéologie ou les sciences de la nature et de la vie, la science infirme les théories de cette nature car elles sont fondées sur des généralisations abusives et des hypothèses inexactes.Les historiens considèrent que l’histoire du nombre d’or commence lorsque cette valeur est l’objet d’une étude spécifique. Pour d’autres, la détermination d’une figure géométrique contenant au moins une proportion se calculant à l’aide du NOMBRE D’ORsuffit. La pyramide de Khéops (vers 2520 av. J.-C.) devient, selon cette dernière convention, un bon candidat pour l’origine. D’autres encore se contentent des restes d’un monument dont des dimensions permettent d’approximer le NOMBRE D’OR. Selon ce critère, un amas de pierres sous la mer des Bahamas est une origine plus ancienne. Ces vestiges, dont l’origine humaine et la datation sont incertaines sont dénommés TEMPLE D’ANDROS. Voir : Ruines dans les Caraibes

Les historiens s’accordent tous sur l’existence d’une origine ancienne, mais l’absence de document d’époque définitif interdit une connaissance indiscutable de l’origine. Dans ce cadre, l’hypothèse est parfois émise que le nombre d’or a son origine chez les pythagoriciens : ils auraient connu et construit empiriquement le dodécaèdre régulier. Les pythagoriciens connaissaient déjà une construction du pentagone à l’aide de triangles isocèles. À cette époque, l’étude du nombre d’or est essentiellement géométrique, Hypsicles, un mathématicien grec du IIe siècle av. J.-C., en fait usage pour la mesure de polyèdres réguliers. Elle revient chaque fois qu’un pentagone est présent.

Le premier texte mathématique indiscutable est celui des Éléments d’Euclide (vers 300 av. J.-C.). Dans la 3e définition du Livre vi, le nombre d’or est défini comme une proportion géométrique. Sa relation avec le pentagone, l’icosaèdre et le dodécaèdre régulier est mise en évidence. Il est donc lié aux problèmes géométriques déjà résolus par les les pythagoriciens, mais selon l’historien des sciences Thomas Heath (s’appuyant sur Proclus), c’est probablement PLATON qui en avait fait ensuite un sujet d’étude spécifique.

Les mathématiques arabes apportent un nouveau regard sur ce nombre, plus tard qualifié d’or. Ce n’est pas tant ses propriétés géométriques qui représentent pour eux son intérêt, mais le fait qu’il soit solution d’équations du second degré. Al-Khawarizmi, un mathématicien perse du VIIIe siècle, propose plusieurs problèmes consistant à diviser une longueur de dix unités en deux parties. L’un d’eux possède comme solution la taille initiale divisée par le NOMBRE D’OR.

ABU KAMIL propose d’autres questions de même nature dont deux sont associées au nombre d’or. En revanche, ni pour Al-Khawarizmi ni pour ABU KAMIL, la relation avec la proportion d’extrême et moyenne raison n’est mise en évidence Il est difficile de savoir si la relation avec le nombre d’or était claire pour eux.


naissancevenus

Les dimensions de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli respectent assez précisément la divine
proportion. Il est pourtant très peu probable que cela indique une quelconque volonté de l’auteur.

 

Au Moyen Âge, LEONARDO PISANO, plus connu sous le nom de FIBONACCI, introduit en Europe les équations d’ABU KAMIL. Dans son livre Liber Abaci, on trouve non seulement la longueur des deux segments d’une ligne de 10 unités mais aussi, clairement indiquée la relation entre ces nombres et la proportion d’EUCLIDE. Son livre introduit la suite qui porte maintenant son nom, connue « aux Indes » depuis le VIe siècle. En revanche la relation avec le nombre d’or n’est pas perçue par l’auteur. Un élément de cette suite est la somme des deux précédents. Trois siècles plus tard, LUCA PACIOLI rédige un livre dénommé La DIVINE PROPORTION, illustré par LEONARD DE VINCI. Si l’aspect mathématique n’est pas nouveau, le traitement de la question du NOMBRE D’OR est inédit.

 

NOMBRE D’OR ET PYRAMIDE

 

La pyramide de Kheops a des dimensions qui mettent en évidence l’importance que son architecte attachait au nombre d’or. Le rapport de la hauteur de la pyramide de Kheops, mesurée par Thalès de Milet (-624 ; -548) par sa demi base est égal au nombre d’or. Les proportions géométriques de la Grande Pyramide de GIZEH présentent certaines qualités également remarquables, souvent évoquées, telles les deux valeurs PI et PHI (le nombre d’or).On trouve en particulier la première dans le rapport de la hauteur h au demi-périmètre de base p , soit h/p = 22/7 = 3,1428, nombre très voisin de PI = 3,1416, et la seconde dans le rapport de l’apothème x à la demi-base b , soit x/b = 8,9023/5,5 = 1,618, qui est égal à (1 + racine carré de 5)/2, exactement leNOMBRE D’OR. On y trouve également le mètre, la vitesse de la lumière, la vitesse de rotation de la terre et une carte du ciel indiquant les EQUINOXES.


pyramide

 

LE NOMBRE D’OR DANS LA NATURE


Le Nombre d’Or n’est Aucunement un Nombre Merveilleux de la Création

 

Dans le monde végétal, les écailles des pommes de pins engendrent des spirales particulières, dites logarithmiques. Ces spirales se construisent à l’aide d’un nombre réel non nul quelconque. Si ce nombre est égal au NOMBRE D’OR, les proportions correspondent à la moyenne et extrême proportion d’EUCLIDE et la SUITE DE FIBONACCI apparaît. Ce phénomène se produit sur les étamines d’une fleur de tournesol. La présence du NOMBRE D’OR n’est pas controversée dans ce cas mais ce n’est pas exactement la divine proportion. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR dans la nature ! En biologie, l’ordonnancement des écailles d’une pomme de pin ou de l’écorce d’un ananas induit des spirales ordonnées par des nombres entiers, souvent associés au NOMBRE D’OR. Sur la POMME DE PIN on observe 8 spirales, chacune formée de 13 écailles dans un sens et 13 spirales formées de 8 écailles dans l’autre sens. Les proportions de ces spirales ne sont pas très éloignées de celles d’une SPIRALE D’OR. C’est exactement pareil pour le NAUTILE, tout ce qui ressemble à une spirale est attaché à la divine proportion, mais elle ne figure pas vraiment ! Les nombres 8 et 13 sont deux nombres consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI et leur rapport est proche du nombre d’or. Un phénomène analogue se produit avec les étamines des TOURNESOLS, cette fois avec les couples d’entiers (21,34), (34,55) et (55, 89). Chacun de ces couples correspond à deux entiers consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI.


pin_or

 

En minéralogie, il existe des cristaux dont les atomes s’organisent selon un schéma pentagonal. Les proportions entre les côtés et les diagonales du pentagone font intervenir le NOMBRE D’OR. Il est aussi présent dans des structures dites quasi cristallines. Les atomes dessinent des TRIANGLE D’OR qui remplissent l’espace sans pour autant présenter de périodicité, on obtient un pavage de Penrose. Pour la même raison que précédemment, le NOMBRE D’OR est présent et l’on retrouve la SUITE DE FIBONACCI. Le pentagone n’est pas présent dans tous les cristaux. La structure cubique à faces centrées d’un diamant ne fait pas intervenir le NOMBRE D’OR. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR ni PROPORTION D’OR ni SUITE DE FIBONACCI dans l’étude de la spirale logarithmique correspondante comme celles que forment la coquille du mollusque le NAUTILUS, les yeux sur les plumes d’un paon ou encore certaines galaxies, ce sont des légendes urbaines afin de mieux cacher les mystères du ZODIAQUE égyptien. Voir : Invention des Religions

 

LE CORPS HUMAIN


Une théorie minoritaire et controversée

Le corps humain est un enjeu souvent corrélé à celui du NOMBRE D’OR. Il comporte différentes facettes. Tout d’abord scientifique, la question mainte fois posée est de savoir si le corps, à l’image de la fleur de tournesol, possède une relation plus ou moins directe avec le NOMBRE D’OR. En terme artistique, la divine proportion est-elle utilisable pour représenter le corps ? Il existe enfin un enjeu esthétique. Si le nombre d’or, comme le pense le compositeur Xenakis, est relié à notre corps, son usage peut être une technique pour obtenir de l’harmonie. Albrecht Dürer développe un module dans le même esprit que l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Le sien utilise un système de division par dix. La première corrélation recherchée est dans les dimensions du corps humain. Elle débouche sur la tentative d’un système de mesure construit à l’aide du seul nombre d’or. Zeising fonde toute une anatomie sur cette arithmétique. Après un vif effet de mode, cette approche est finalement abandonnée. Ses proportions sont à la fois trop imprécises et ne correspondent que trop mal à l’anatomie du corps humain. Les proportions du crâne, par exemple, ne sont pas réalistes. D’autres raisons, plus profondes encore, sont la cause de l’abandon d’une démarche de cette nature. L’anatomie médicale n’est pas à la recherche d’une proportion particulière, mais des limites qui, si elles sont dépassées deviennent pathologiques. Elle utilise des fractions simples ainsi que des plages de longueur, mais jamais le NOMBRE D’OR. Là où certains voient une divine proportion, comme dans le rapport de la longueur de l’avant-bras sur celui de la main, l’anatomiste scientifique calcule le rapport entre la longueur de la main et celle de l’avant bras, il voit 2/3. La différence entre les deux approches, inférieure à 8 %, ne lui paraît pas justifier une telle complexité, au vu des variations observées entre les individus. Stephen Jay Gould, un paléontologue, a montré à quel point les mesures anthropométriques visant à étayer les doctrines de cette époque étaient biaisées par leurs auteurs. Une autre raison est que les dimensions d’un être humain sont en constante évolution. En un siècle, la stature du Français moyen a augmenté de 9 centimètres, et cette croissance n’est pas uniforme. Le jeu des proportions d’un corps humain est essentiellement dynamique, cet aspect rend difficile d’imaginer une proportion unique, clé universelle de l’anatomie humaine. Une approche de cette nature, trop normative et intemporelle, n’a pas beaucoup de sens scientifique en anatomie. Si cet axe de recherche n’est plus d’actualité, cela ne signifie pas l’abandon de la quête du NOMBRE D’OR dans le corps humain. Le cerveau est maintenant source d’attention. Cette théorie reste minoritaire et controversée.

Les contraintes artistiques sont de natures différentes. Les artistes, attentifs au travail des médecins, ont imaginé des modules ou systèmes de proportions, propres au corps humain. Le désir de le représenter impose une démarche de cette nature. Un très ancien module est celui des Égyptiens, la classique proportion qu’est le rapport de la taille complète à la hauteur du nombril est estimée à 19/11, relativement loin du NOMBRE D’OR.

Les modules sont, en général, purement fractionnaires. Tel est le cas de celui inventé par les Égyptiens, par Polyclète, qui nous est rapporté par Vitruve, de celui de Cousin, de Vinci ou de Dürer . Il est néanmoins difficile d’en déduire que Dürer croyait en un canon universel. Il initie une conception fondée sur la pluralité des types de beauté, ayant chacune ses proportions propres.

 

SYMBOLES DU NOMBRE D’OR


Une Clef Occulte pour ouvrir le Stargate

Les symboles du NOMBRE D’OR sont nombreux. Pour lire le ZODIAQUE la CLEF est symétrique ou en forme de SPIRALE. Il y a le fabuleux YIN-YANG asiatique utilisé par les sectes et sociétés secrètes , comme avant eux les rois avec la FLEUR DE LYS, mais aussi la POMME (pomme rouge puis Or quand elle est coupée), la POMME DE PIN, le VESICA PISCIS, le CADUCE, une CLEF ou une SERRURE, une DOUBLE ECLIPSE, la fleur de TOURNESOL, etc..

 

APPLE


L’héritage de Steve Job

 

Le CODE est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique. Nous pouvions sentir une l’élégance délibérée, réfléchie, créative, simple, modeste, parfaite et intemporelle chez Steve Job. Le génie nous donne le code mathématique du NOMBRE D’OR dans son logo et invite à croquer la POMME.Chaque courbe du logo respecte scrupuleusement les contours de cercles aux proportions de la divine proportion. Apple ne s’est pas contenté d’appliquer cette règle à son logo principal, il l’applique également à ses autres services. Twitter s’est servi de la spirale de Phi pour construire la structure de sa page.Voir :Le Secret de l’Etoile Rouge


apple

 

 


Il ya une différence entre le fruit de la connaissance et le fruit de l’arbre de vie.
Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin

SOURCE : http://secretebase.free.fr/religions/golden/golden.htm

Tableau de loge et lois de correspondances 10 octobre, 2020

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Tableau de loge et lois de correspondances dans Recherches & Reflexions

Tableau de Loge

Illustration des structures de l’imaginaire initiatique des bâtisseurs.

Nous de décrirons pas en détail les objets symboles figurant sur le Tableau de loge, mais plutôt les structures de l’imaginaire maçonnique associées à sa lecture. Nous ne rechercherons pas l’origine historique du Tableau sachant qu’on en publie dès les premières divulgations et que sa présence servait de support à « un regard ésotérique » dès le XVIIème Siècle[1]. Nous tenterons de démontrer que ce Tableau n’est pas seulement un résumé symbolique du grade considéré, il serait aussi la figure centrale de la loge, le point d’ancrage de la mémoire collective des maçons.

Le Tableau de loge est une image narrative composée de nombreux objets symboliques liés à l’art de bâtir ou à l’architecture. Cette collection d’objets se combine pour donner un sens opératif, symbolique et métaphorique au Tableau. Cette lecture symbolique se dédouble en construction de soi et peut-être en construction d’un monde idéal.

Le Tableau de loge et la loge illustrent un langage initiatique qui ouvre sur une spiritualité. D’ailleurs le symbole n’est-il pas l’évocation en soi de l’invisible et de l’abstrait ?

Cette spiritualité est celle des maçons bâtisseurs d’édifices sacrés, reliant depuis l’antiquité l’homme au subterrestre, au terrestre et au céleste avec l’idée d’accueillir ou d’évoquer la puissance divine venue d’en haut…

C’est à ce titre que nous rechercherons en quoi le Tableau de loge[2] serait une table de correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, sans oublier que cette correspondance se fait aussi en nous.

Nous examinerons la participation du Tableau de loge aux mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique (1), et comment ce Tableau permet l’accès aux lois de correspondances (2).

 

I/ Les mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique :

 Comment s’organise la transmission autour du tableau de loge ?

 

a/ L’apprentissage d’une mémoire traditionnelle.(Devoir de mémoire communautaire)

Nous sommes dans une société traditionnelle qui repose sur la transmission. Il ne peut y avoir de transmission initiatique sans séparation, sans mémoire[3] et sans participation[4].

 Pour mémoriser et transmettre un vécu initiatique, le franc-maçon utilise différentes techniques significatives d’un langage réservé :

  • les techniques graphiques[5] de l’image symbolique, du tracé à la craie et au charbon, que l’on efface fin de tenue,  technique du dévoilementvoilement.
  • les décors signifiants et une topographie tripartite séparant par une porte l’intérieur et l’extérieur.
  • le récit, le  langage verbal et non verbal, incompréhensibles au profane
  • le  mime et la geste du grade fait à couvert.

L’ensemble combiné donne une « incorporation » du symbole : c’est donc une abstraction ou une absence qui prend « corps » par le vécu initiatique[6].

En effet, on « incorpore » cette langue et cette vision symbolique par la geste du grade, par ses pas, ses signes, postures et circulations. De plus le catéchisme récité et le tracé du Tableau ou son dévoilement,  fondent une communauté d’expérience fondée sur le contraste[7]. Les éléments graphiques du Tableau font allusion à 4 bipolarisations[8] qui font naître ou apparaître un troisième terme « ordonné » qui ne peut être que l’HOMME:

 ► la relation entre le plan terrestre et le ciel enfante la vie sous l’égide de la Lumière, les cycles cosmogoniques, lune-soleil, colonnes solsticiales dont la loge est témoin,

 ►  la relation entre la matière transformée et  l’esprit qui enfante une pierre cubique symbole de perfectionnement en opposition à l’informe au 1er degré, puis l’association des unités en entité commune au 2em degré et enfin la fin de la forme et la transmission de l’esprit au 3eme degré.

 ► la relation entre outils et instruments et l’œuvre à accomplir qui enfante l’autoréalisation (réalisation de soi autour d’un centre universel et particulier) en opposition à l’hybris décentrée et chaotique,

 ►  la séparation de l’espace sacré et ordonné (murailles du temple, porte) du monde profane désordonné qui enfante : 1/ sur le plan horizontal l’union des FF[9] (corde à nœuds, houppe dentelée, grenades) en opposition au monde profane sans filiation et  2/ dans l’axe vertical la relation au divin, transcendance, spiritualité (temple maison du divin), en opposition au monde conflictuel[10], sans foi ni loi.

Ainsi le Tableau de loge est une puissante image mémorielle, un condensé des éléments de langage[11] témoignant d’une identité[12] et d’une intention commune se résumant en un paradigme[13] : construire le Temple.

Quelle est l’influence de ce tableau sur notre vision ?

 

b/ La représentation du réel en loge – transposition de l’image

Avec le symbole l’irréel prend corps ! Robert Ambelain disait : « il n’y a pas de plus grande initiation que la réalité ». Le tableau de loge par sa mémorisation joue un rôle dans notre vision. Suivant les rites on dévoile le Tableau de loge en même temps que Sagesse Force et Beauté sont allumées. L’image est ainsi « éclairée » « révélée [14]» au FF de l’atelier par une Lumière venue de l’Orient. Le dévoilement est équivalent au tracé fait à la main, ce serait une recréation du monde, un ordonnancement de l’informe !

Tout ce que nous sentons, voyons, pensons, articulons, est issu de la perception de nos 5 sens et se traduit en une représentation mentale du réel. Le réel au grade d’apprenti est recomposé dans l’idée de la connaissance de soi par l’image d’une pierre que l’on dégrossit.

Pour l’homme il n’y a pas de réalité sans représentation de celle-ci en son for intérieur. Là , notre réalité est la transposition d’un réel objectivé en réel humain doté de sens et d’essence. Ici le for extérieur (décors et images) opère sur le for intérieur (représentation mentale)[15].

L’initiation est donc l’apprentissage d’un réel profond, ou d’un réel augmenté par l’analogie et l’imagination créatrice de l’homme. C’est précisément ce que nous offre le Tableau de loge : une imagination créatrice « orientée » et « ordonnée » par la conscience éclairée et « concrétisée » par l’acte de bâtir un temple, fut-il intérieur.

En loge s’opère la « magie[16] » de la représentation graphique de l’objet[17] et de sa transposition symbolique. Le réel dit « matériel » n’est alors plus que l’enveloppe extérieure d’une réalité tout intérieure !

 

c/ Vivre le symbole : technique d’autotransformation

L’aspect physique dans le développement du rituel est capital, c’est ce qu’on appelle la geste orthopraxique du maçon. Le Tableau de loge illustrant le grade y joue un rôle important:

1/ Par ses pas, comme dans toute société traditionnelle, le maçon marque le temps et une déférence au groupe (trois pas = trois ans, ►introduction spatiotemporelle). C’est l’intégration comportementale du maçon dans un espace spécifique de la loge. Le Tableau illustre cet espace ternaire et sacro-temporel.

2/ Par ses bras le maçon va faire naître la forme ou l’état (tailler la pierre ► intégration du maçon dans le monde des formes et donc ici dans l’univers formel des bâtisseurs du sacré : loge/temple)[18] . Le Tableau illustre la transformation.

3/ Par le crâne sera insufflé le privilège de la lumière et de la conscience individuelle et collective (►conscience éclairée= étoile ou triangle). Le Tableau illustre la lumière.

4/ Par ses mots le maçon raconte la légende commune et récite le catéchisme ce qui permet de lire symboliquement. (►langue sacrée). Le Tableau est un langage symbolique

Le Tableau de loge est une image représentant une combinatoire d’objets matériels et symboliques qui participent aux 4 points de l’incorporation physique,  transcendée par le rituel et la verbalisation légendaire du grade[19].

Ainsi l’image devient « narrative »[20]et participe d’une pensée collective[21] et d’une geste commune. D’extérieure à soi, la métaphore de la construction produit des effets en nous.

Devenir et être le symbole, c’est accepter de faire évoluer le regard que l’on porte sur la réalité et prendre conscience de son être. La lecture du rébus symbolique du Tableau de loge est une lecture de soi ainsi que le point d’entrée dans une société d’initiés[22] (incorporation tribale).

Nous conclurons par un constat : le secret maçonnique est personnel et relatif à nos capacités cognitives qu’il s’agit de développer. Notre fonction analogique augmente nos capacités.

Le Tableau de loge nous donne des clefs de lecture des symboles nous permettant d’accéder aux schèmes de la représentation mentale et nous ouvre à la spiritualité des bâtisseurs du sacré.

Ainsi trois plans sont désormais en reliance grâce au Tableau de Loge : le plan physique, le plan mental et le plan spirituel.

II/ Tableau de loge matrice des lois de correspondances.

La force du tableau est de proposer une construction reliante et structurante plutôt que rien. Ce Tableau calme l’angoisse de l’homme en proposant une méthode et une action collective et individuelle en comblement d’un manque éthique ou métaphysique. Le tableau est sous l’effet des lois de correspondances. Ces lois restent à la base de toutes approches symboliques, car elles mettent en relation différents plans[23] matériels, mentaux et spirituels. Or l’art de tailler sa pierre ou de bâtir un édifice « sacré » permet des analogies, des associations entre ce qui est matériel et ce qui est spirituel et humain. C’est une méthode d’ordonnancement des plans superposés ayant un centre traversé par un même axe paradigmatique. Par la correspondance analogique on relie que ce qui est en haut à ce qui est en bas, mais aussi le ciel et la terre , l’esprit et le corps, l’intérieur et  l’extérieur, l’inconscient et le conscient , le caché et le visible , la cause et la conséquence, la pensée et la matérialisation, l’inconnu et le connu. Voici donc notre franc-maçon en capacité de lire ce réel augmenté sans autre effort que la mise en relation des plans par son imagination créatrice et sa bibliothèque de schèmes.

 Comment le tableau de loge peut se prêter aux analogies ?

 

a/ L’art de bâtir entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste.

Par sa situation « géocentrée » dans la partie centrale de la loge, le Tableau est un point d’intersection parfait entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste. Ce réceptacle d’images, véritable lieu de la reliance, est posé au centre de la loge à la croisée[24] de l’axe de la lumière orientale, de l’axe qui relie les colonnes du Septentrion et du Midi et de l’axe reliant le Zénith au Nadir (axis mundi).

Le Tableau ou tapis de loge serait un creuset où se combinent tous les signifiés (représentations mentales) et tous les signifiants[25] (ici les objets référents). Sa lecture se fait comme un alphabet universel qui rayonne dans les six directions[26].

Les signifiants et signifiés étant relatifs aux grades nous devons en conclure ce qui suit :

La superposition des tableaux de loge et la superposition des grades, valident les effets de reliance et donc confortent les lois et tables de correspondances. De plus le Tableau de Loge par le jeu de l’incorporation symbolique et l’intention commune, établit définitivement une homologie[27] entre le Temple et l’homme.

Relativement au paradigme de la construction d’un bâtiment sacré, on remarquera que le tableau « concentre » en un seul point tout les matières, plans, outils et instruments nécessaires à la « réalisation » par la reliance.

 

b/ Un tableau réceptacle de 3 influences :

1/issu du subterrestre : via la pierre brute extraite de la carrière, ou du minerai servant à fondre les colonnes. Ces éléments subterrestres sont les puissances souterraines que l’homme se doit de maîtriser (trouver la pierre cachée). À l’évidence un parallèle doit être fait avec la sortie du cabinet de réflexion[28].

2/ issu du céleste : représentation du Soleil et de la Lune et parfois de l’Étoile.  Ils marquent la durée, le temps, les rythmes et les saisons, mais aussi toutes les analogies liées à l’ombre et la lumière que ressent le bâtisseur, ou liés au principe émetteur et au principe récepteur qui s’unissent dans un troisième terme[29], etc. Le soleil naissant fut pendant longtemps une représentation du divin[30].

3/ issu du plan terrestre, pour porter le dessin/dessein du plan et l’élévation des bâtiments sacrés. L’intention des bâtisseurs[31]est de conjoindre matière et l’esprit sur le plan solaro-terrestre[32] en faisant apparaître une dimension spirituelle dans la matière comme dans l’homme.

C’est donc en ce point « hyperdense », à la fois géocentré (Tableau physique) et égocentré (Tableau mental)  que se réalisera le travail de l’apprenti puis le chef d’œuvre du bâtisseur 

 

c/ Apport pratique du Tableau de loge :

Ce tableau ne serait-il pas un miroir de soi et un miroir du monde ? Une affaire de point de vue !

 

Le récit de la construction de soi

Se réaliser soi-même grâce à la lumière : Le Tableau de loge est un diagramme symbolique éclairé et graduel (un plan à plusieurs niveaux de lecture !), car il est posé sur le pavé mosaïque qui suscite une tension créatrice, une vibration.

Transposé en soi (la conscience de l’être), le Plan-Tableau (ou grille de lecture) devient une pensée qui se transforme en volonté graphique « éclairée » c’est-à-dire douée d’une intention qui « élève » l’être vers une spiritualité, et il ne reste plus qu’a « réaliser » le modèle dessiné sur le Tableau de notre projection mentale. Cette dernière phase sera l’action sur nous même et dans le monde. Pensée, Volonté, Action ici « imagées » sont les trois phases de la réalisation de soi induites par le Tableau : ainsi la taille de la pierre devient connaissance de soi[33] par la connaissance de nos limites (limites d’exercice du tableau) et l’introspection (centre hyperdense du tableau)!

L’autre aspect de cette intériorisation de la grille de lecture est de réveiller en soi les vieux schèmes et archétypes[34] qui fondent l’inconscient collectif[35]. Par ce biais c’est toute l’évolution de la conscience humaine qui est mise à contribution. Ainsi tenter de tailler sa pierre ou de construire le Temple revient à tenter de se construire et perfectionner avec une conscience éclairée.

 

 Faire descendre le ciel sur terre et en l’homme.

La descente du ciel sur terre est un vieux schéma universel qui s’associe avec la conscience du Tout et l’idée du Divin. L’idée est séduisante pour l’homme qui se voudrait universel ! ici nous tentons l’Unité ontologique. Il s’agit d’une esthétique liée à la fonction verticalisante du bâti sacré.

La plupart des temples et édifices sacrés sont construits à la croisée des chemins telluriques (failles, réseaux d’eau souterraine et cryptes), solaires (decumanus,  processus du cardo et l’ombre portée[36], avec l’aspect solsticial)  et célestes (processus du Templum), etc. Ici se rencontre la synthèse d’une totalité symbolique[37] . Le Tableau de loge nous donne le mode d’emploi, les moyens et le plan sur lequel nous devons bâtir progressivement une reliance au Tout : c’est ainsi que le Tableau de loge incite à la métamorphose du regard et donne accès aux états supérieurs de l’Être[38] ! 

Nous retiendrons que la pierre taillée de l’apprenti annonce l’image archétypale de l’Imago Templi qui porte la construction physique mentale et spirituelle des francs-maçons, authentiques pierres vivantes de cet édifice sacré. Cette image dépasse l’apparence et s’inscrit dans une dimension polaire donnant au « perspecteur » une « transfiguration » de la forme.

 

Par le Tableau de loge, et par la taille de sa pierre, le franc-maçon affirme son intention de s’unir à la totalité en reproduisant pour lui-même (dimension éthique) et pour le monde visible et invisible (dimension métaphysique) une analogie symbolique.

Ce Tableau architecturé, centré, « éclairé » et ordonné est un réceptacle qui permet d’appréhender une méthodologie, un paradigme et les fameuses lois de correspondances si chères aux maçons-symbolistes, aux hermétistes et aux métaphysiciens. Il suggère une « spiritualité construite[39] »agissante, car la fonction de la loge est d’éveiller sur les trois plans, physique mental et spirituel, des maçons qui tailleront leur pierre et bâtiront un Temple pour la Lumière[40] !                                                       

Er.°. Rom.°. 01/07/6018

[1] Pierre Mollier avant propos de l’ouvrage de Dominique Jardin « Voyage dans les Tableaux de Loge ed Jean Cyrille Godefroy 2011 P11/12

[2] Le Tableau de Loge n’est pas la seule table de correspondance, dans la loge il en existe trois autres : la majeure est celle de l’autel du Vénérable qui reçoit en direct la lumière venue de l’orient alors que dans le Hékal elle n’est qu’indirecte (hypostase). Les deux autres sont les abaques situés au sommet des colonnes J et B et qui supportent les grenades résumant les phases des générations successives des Maçons, et enfin au plan individuel nous notons que chaque tablier est une table de correspondance avec ses éléments de langages à un grade donné.

[3] Voir dans ce sens Frances Yates : L’Art de la mémoire (1966), Paris, Gallimard, 1987, L’auteure démontre qu’à partir de Giordano  Bruno l’image mémorielle pouvait porter une valeur mystique ou hermétique. Voir aussi les Statuts de Schaw 1599 qui ont conforté le devoir de mémoire dans les loges écossaises. On remarquera que pour les Anciens Devoirs l’art de mémoire, la géométrie et les arts libéraux étaient la base de la transmission.

[4] Nous reprenons les propos d’Alain Touraine sur l’observation participante en anthropologie, il s’agit de « la compréhension de l’autre dans le partage d’une condition commune »,( Street corner society, la structure sociale d’un quartier italo-américain, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 1995). L’expression nous semble adaptée au contexte initiatique où l’apprenti observe en silence tout en étant présent et acteur influent sur le milieu.

[5] L’épure tracée sur une aire en plâtre de la chambre des traits par pincement de cordeaux tendus, préfigure le soubassement du tableau de loge : le Pavé mosaïque. Le placement d’une échelle est un préalable à l’apparition de l’image.

[6] Le vécu initiatique est une orthopraxie de la reliance de l’individu au groupe, du groupe à l’intemporel, de l’Homme au tout. Sur la reliance appliquée à la franc-maçonnerie voir notre article : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2015/02/le-secret-initiatique-de-la-divulgation-a-la-revelation-notion-de-reliance.html

[7] Le contraste est ici un contraste d’état générant une tension. Cela n’a rien d’étonnant dès lors que le Tableau de loge est posé sur un pavé mosaïque ! Cette tension va tendre vers un but qui est dessiné sur le tableau : c’est ici la définition de l’intention commune, au premier degré il s’agit de tailler sa pierre.

[8] Notons que ces 4 bipolarisations se dédoublent en lecture éthique (petits mystères) et métaphysique (grands mystères). http://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/10/petits-et-grands-mysteres-apercu.html

[9] La concentration des regards vers le centre de la loge revêt une fonction agrégative que l’on retrouve dans la chaîne d’union qui scelle une proxémie appelée « fraternité ». Le tableau de loge devient le support de « l’être-ensemble ». Sur cette notion : Michel Maffesoli « Le temps des tribus » la table ronde octobre 2000, p 75

[10] Rappelons que la maçonnerie spéculative s’est formée dans un contexte de conflit religieux menant à l’exil des Stuarts en 1688 à Saint-Germain-en-Laye.

[11] Les éléments de langages présents sur le tableau de loge se combinent de multiples façons les uns aux autres. On peut ainsi mémoriser le chemin narratif du grade en lisant dans un certain ordre les images posées sur le plan. Il faut noter que ce vocabulaire symbolique issu des images est le langage commun des maçons de la loge. L’appartenance traditionnelle à un clan, une tribu, une loge d’artisans se détermine par les éléments de langage, leurs prononciations et la manière de les agencer.

[12] L’identité commune s’exprimera par l’âge symbolique, les mots de passe et mots sacrés ou les signes qui tous ensemble contribuent à une hiérarchisation du métier par l’accès progressif à la connaissance (savoir-faire/savoir-être.)

[13] Le paradigme se définirait comme l’ensemble d’expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Ce système de représentation du bâti sacré lui permet de définir une méthode graduelle avec ses sources, son histoire et son actualité. Ce système part des fondations jusqu’à la clef de voûte et reste doté un langage spécifique et de moyen d’actions universels (outils et instruments).

[14] Le terme « révélation » s’entend : rendre l’invisible visible, faire apparaître l’image, ce qui est le propre du symbole mis en scène. Cette révélation venue de l’Orient n’est rien d’autre qu’une hypostase de la puissance divine « invisible » dont on sait qu’elle passe par la porte orientale. Le Tableau représente alors l’autorité surplombante qui se manifeste à nos yeux. Ici on exprime par le visible l’invisible. L’image du Tableau de loge est donc une dégradation lisible de la puissance manifestée avec l’avantage de ne pas anthropomorphiser l’image du divin. Seule l’intention de tailler sa pierre ou de bâtir le temple dans le monde et en soi transparaît dans Tableau de loge.

[15] Précisément la spiritualité du franc-maçon est construite au sens propre comme au sens figuré. La méthode d’approche du réel est donc influencée par les images mémorielles qui influencent la vision du maçon. En sa qualité d’image mémorielle « commune » ou « tribale » le tableau de loge est identitaire.

[16] Le terme « magie » doit être compris dans son sens initiatique : faire naître et apparaître l’image en soi.

[17] Cette représentation porte bien plus loin que sa fonction profane. En effet, le signifié symbolique de l’objet raisonne avec le sens du récit légendaire « agissant » : sortir de la caverne, se connaître soi-même, tailler sa pierre, bâtir un temple à la vertu…

[18] Voir Leroi-Gourhan, « Les gestes et la parole 2 La mémoire et les rythmes », Albin Michel, février 1965 P 136.

[19] L’image issue de la scolastique, fut privilégiée par les rituels issus des Anciens Devoirs catholiques qui reconnaissant les Saints et leurs attributs et qui donnait à comprendre l’eschatologie par l’image (voir les tympans des cathédrales). Le texte et donc la lecture directe (sola scriptura) furent privilégiés par les rituels calvinistes ou presbytériens du « mot de maçon –Masson Word ».

[20] Autre image narrative bien connue : le blason en chevalerie et les armes parlantes.

[21] Cette pensée collective est plus que l’addition des pensées individuelles… Une grande part de notre cerveau est dédié à une participation collective. Il y aurait un cerveau tribal qui serait la mise en phase des cerveaux individuels.

[22] Cette incorporation au groupe et la troisième phase décrite par Arnold Van Gennep (Les Rites de Passage, 1909). La lecture du tableau de loge par l’apprenti correspond à la phase rituelle « agrégative » au groupe et à sa renaissance symbolique sous couvert d’une langue spécifique et d’une intention commune. Cette phase postliminaire dite de renaissance fait suite à la 1ere dite préliminaire qui a pour objet « la mort symbolique » suivie de la 2ème qui à trait à la « désagrégation ».

 

[23] Le Tableau de loge est un plan qui se superpose à d’autres. Il est le lieu de « la transe » et donc de la concentration des possibles soit une photographie de l’un des états de la manifestation. Les termes trans/formation, trans/position, trans/fert, trans/mutation, trans/figuration, etc. ; naissent en ce point de rencontre entre la forme, le sens et l’essence.

[24] « La croisée » est le terme qui reprend l’image symbolique de la structure universelle de la croix tridimensionnelle, utilisée comme chrisme ou comme structure absolue (voir Abellio Raymond : «La Structure absolue. Essai de phénoménologie génétique. Collection Bibliothèque des idées, Gallimard Parution : 20-10-1965 ) (voir « Le symbolisme de la croix » René Guénon)

[25] Voir Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1972, p. 97 et suivantes

[26] Notons l’ajout d’une dimension supplémentaire sur le tableau de loge c’est la dimension temporelle qui donne le carré long.

[27] Sur l’homologie « structurale » dite de la construction on retiendra la tripartion du temple Ouham, Hékal, Debhir et la tripartition de l’homme corps, âme, esprit. Sur l’analogie « fonctionnelle » dite de l’incarnation on retiendra l’interdépendance vitale du ternaire avec la descente de l’esprit en soi que l’on retrouve dans l’intention de bâtir le temple avec la descente du divin sur terre et au milieu des hommes.

[28] Le testament philosophique, l’abandon des métaux et l’entrée ni nu ni vêtu, illustrent la maîtrise des  apparences trompeuses.

[29] La franc-maçonnerie organise une triangulation mettant en scène deux fractions opposées devenues complémentaires en présence de l’observateur participant. La substitution de l’observateur participant par l’objet se fait à l’aide de la lumière, du soleil,  de l’étoile ou de la conscience « éclairée ». Notons qu’au plan géométrique « l’observateur » génère « le point de vue » et donc la perspective et la stéréométrie (voir dans ce sens Jean Michel Mathonière, sur la notion d’ombre « observée/projetée » P52, et sur la notion de « perspecteur » p 55 « Les interférences entre spéculatifs et opératifs Français aux XVIIIème et XIXème Siècles » ed SFERE n° XIV 26 nov 2016.

[30] Les systèmes polythéistes personnifient le dieu lumière : «  (ou ) est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l’univers. Il peut apparaître sous plusieurs autres formes (3 comme les trois fenêtres de la loge !), celle de Khépri, le scarabée : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l’être achevé (le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant) »(wp ). Les Grecs vont aussi tenter de personnifier le soleil avec Hélios conducteur du Soleil, etc.

La renaissance journalière du soleil est un miracle de recomposition des cycles de vie mettant l’angoisse de la mort et l’angoisse de la disparition du monde au centre des préoccupations psychiques de nos grands ancêtres.

Les systèmes monothéistes tentent d’échapper à la personnification en rendant la puissance divine innommable, et ceci jusqu’au christianisme qui « incarne » le divin en l’homme.

[31] L’intention des bâtisseurs est résumée dans le feuilleton schizomorphe (séparatiste) suivant :

1/ l’épisode de Bethel la pierre relevée par Jacob suite au « songe » et l’ascension et la descente des anges sur l’échelle, suivi de son combat avec l’ange du ciel et de son boitillement,

2/l’épisode de la tour de Babel et de la volonté transgressive de la flèche du Roi Nemrod en regard de la puissance du ciel,

3/par le livre des Rois qui narre l’histoire de la construction du Temple de Salomon mettant en œuvre les trois puissances initiatiques d’origine terrestre, et l’incapacité des hommes à suivre la Loi descendue du ciel. Etc.  Nous empruntons le terme schizomorphe à Gilbert Durand « Les structures anthropologiques de l’imaginaire »12ème édition 2016  Dunod , p185.

 

[32] Nous définissons le plan solaro-terrestre dans la lignée de Gilbert Durand Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod 12em ed 2016. Pour nous il s’agit du plan ou table ou plateau d’exercice du grade considéré. A chaque grade supérieur un plan d’exercice plus élevé ce qui suggère une anabase (souvent précédée d’une catabase).

[33] La quête de la Connaissance dépasse la connaissance de soi qui est le premier stade puis l’approche de la mort avec la conscience de sa propre fin (fin des petits mystères) et pour finir l’idée d’atteindre une totalité principielle (grands mystères), avec pour toile de fond l’amour du prochain et de la vie.

[34] Sur la notion d’archétype et de schème, C. G. Jung, L’Homme et ses symboles,  Robert Laffont, 1964, p. 67 : « on croit souvent que le terme « archétype » désigne des images ou des motifs mythologiques définis ; mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L’archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental ».

[35] C. G. Jung, L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, p. 99 :  « les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement »

[36] Cette ombre « portée » sur le plan terrestre était l’expression de la volonté du ciel, en d’autres termes le bâtisseur du sacré tenait compte de la lumière du ciel pour tracer le plan du temple sur la base de la transformation du carré du ciel en carré terrestre ou carré long qui associe le temps (étirement de l’ombre portée) aux trois dimensions de l’univers. Voir rituel de la Saint Jean d’Hiver REP.

[37] L’homme a toujours cherché à s’unir à la terre en se l’appropriant (Remus et Romulus, Urbi et orbi, le Mundus), au ciel en escaladant l’Olympe pour s’emparer du « feu-lumière »(Prométhée) du mont Sinaï pour y chercher les Tables de la Loi (Moïse)  et aux entrailles de la Terre y puisant ses richesses régénérantes ou réinitiantes… (Déméter, Héphaïstos).

[38] Sur les états supérieurs de l’Être voir René Guenon Les États multiples de l’être, Paris, Édition Guy Tredaniel, édition Véga, coll. « L’anneau d’or »,

[39] …Et donc fondée sur un PLAN !. Cette « conception du Plan par la lumière de l’esprit» devient « chef d’œuvre » et se concrétise par un Temple pour le divin. Ceci corresponds à une nécessité pour l’homme de matérialiser, toucher voir et concevoir la dimension lumineuse ou divine « in concreto »dans un lieu « séparé ». L’image visible devint nécessaire à la croyance, car l’homme ne peut se contenter d’abstraction. Le temple est donc un biais « architecturé » qui, associé à une Verticalisation du langage, permet l’accueil de l’Invisible se substituant au culte des idoles (veau d’or). L’image du GADLU est un biais « architecturé » compensant par l’Ars de bâtir l’abstraction d’une pensée créatrice pure (fiat lux). Ce biais « formel » abouti à la devise « ordo ab chaos ».

[40] Nous conseillons vivement la relecture d’Henri Corbin « Temple et contemplation » ed Médicis- Entrelacs 2006 , où l’auteur fait le rapprochement entre la tradition chevaleresque occidentale et orientale du Temple « . On comprendra mieux pourquoi la Lumière vient de l’Orient et pourquoi la contemplation de l’image iconique du tableau de Loge est toujours éclairée par Sagesse Force et Beauté, donc une hypostase du fiat lux ! « C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple en soi. Il s’agit donc d’une vision intégrative du sacré propre au chevalier comme au maçon. Elle peut être mystique et ésotérique. Alors le Temple dressé dans l’Imaginaire par la représentation mentale devient ainsi Porte du Ciel. C’est ainsi que la transcendance se manifeste en nous. C’est notre temple intérieur qui « prends corps » » E.°.R.°.

Le blog de ecossaisdesaintjean

SOURCE : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-loge-maconnique-ou-temple-maconique-3em-partie-121712268.html

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