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IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ 11 janvier, 2021

Posté par hiram3330 dans : Bleu,Chaine d'union,Contribution , ajouter un commentaire

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (1ère partie)

imhotep 

Imhotep (« Ἰμούθης » en grec) dont le nom signifie « celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l’Égypte antique.

 

Ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser (aujourd’hui au Musée du Caire), il est présenté comme « Le chancelier du roi de Basse-Égypte, le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur ».

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep apporte à l’Égypte quelques innovations :

- l’historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture ;

- il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau (« demeure d’éternité ») du roi.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical, le papyrus Ebers (même si le document a été probablement rédigé vers -1700 avec des écrits complémentaires de plusieurs médecins).

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques.

En 2017, la momie de l’un de ses disciples, Nespamedou, est radiographiée et son visage reconstitué.

Le Grand Prêtre IMHOTEP inventa la formule chimique il y a 5000 ans permettant de réaliser des vases en pierre (un aggloméré).

Il fût le concepteur et constructeur de la première pyramide de l’histoire : la pyramide à degrés de SAQQARAH. La première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu a une organisation fermée de prêtres appelés l’Ecole des Mystères « de l’œil de Horus », les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

IMHOTEP dont le nom signifie « le sage qui vient dans la paix » occupe une place particulière dans l’Histoire. Il était vénéré en Egypte pendant 3000 ans, c’est-à-dire de sa propre vie pendant le règne du Roi DJOSER jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son Père était l’Architecte royal KANOFER, sa Mère KHREDUONKH, une noble héréditaire.

A un âge très jeune, IMHOTEP entra en prêtrise et commença à vivre au Temple d’ ANNU sur les rivages du Nil. Ce temple était un centre de la science et de la religion avec une grande bibliothèque. Là, IMHOTEP apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

IMHOTEP laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus (le caducée, symbole actuel des médecins, représentant Hermès dans la mythologie grecque).

La légende indique qu’IMHOTEP divisa les cieux en secteurs de 30°, connus aujourd’hui comme les zones du zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prête scientifique comme IMHOTEP pouvait faire des vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et, la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’Eternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à THOTH, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé HERMES TRIMEGISTUS, trois fois le Grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Vous avez toujours été fascinés par la civilisation de l’Égypte antique. Et votre esprit s’évade dans votre imagination dès que l’on vous parle de la mythologie égyptienne.

Les mots Karma et réincarnation vous interpellent, et vous ressentez profondément en vous l’utilité d’une démarche spirituelle dans votre vie.

Vous recherchez l’éveil de votre conscience à travers un enseignement ésotérique et surtout pratique.

Alors je vous propose un atelier de deux jours, avec les plus grands secrets de la pratique spirituelle et quotidienne de l’école des mystères de l’œil d’Horus.

Je m’appelle Didier Boulay et, depuis plus de 25, j’étudie les traditions ésotérique du monde entier, et grâce à plusieurs enseignements et à mes propres recherches, j’ai fini par redécouvrir et transmettre des outils énergétiques et spirituelles liés à l’ancienne civilisation égyptienne.

J’ai appelé cet atelier « Les Secrets d’Imhotep «.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix », et il est le personnage emblématique de l’Égypte antique.

Grand vizir du pharaon Djéser, architecte, concepteur de la plus ancienne pyramide à degrés du monde : Saqqarah.

Médecin, reconnu comme le plus grand guérisseur de son époque, on lui doit le Caducée encore utilisé de nos jours comme symbole de la Médecine.

Il utilisait le Caducée, un bâton entouré de deux serpents garni de sept pierres, pour sentir dans quels Chakras étaient installés les déséquilibres et il envoyait de l’énergie dans l’aura pour rééquilibrer les chakras appropriés.

Il fut appelé Hermès Trismégistus (Le trois fois grand), et Asclépios par les Grecs venus recevoir son enseignement.

Asclépios ou Esculape chez les Romains, était le dieu de la médecine dont les attributs étaient le serpent, le coq, le bâton, la coupe.

Pére de la Médecine, de l’Hermétisme, de la Gnose, inspirateur de la rose croix, des illuminatis et de la franc maçonnerie.

Il fut aussi astronome, astrologue, philosophe, grand prêtre de l’œil d’Horus, il utilisait la géométrie sacrée et consacra sa vie à l’évolution spirituelle de l’humanité à travers ses réalisations et son enseignement.

La médecine dans l’Égypte antique se réfère à la pratique courante de la médecine dans l’Égypte du XXXIIIe siècle avant notre ère jusqu’à l’invasion perse de -525.

Cette médecine très avancée pour l’époque, était le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en clientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples, et toujours en relation avec le divin.

Le concept de maladie était différent de la définition moderne :

• en Égypte antique, on ne meurt pas en bonne santé,

• la maladie est la manifestation corporelle de la « prise de possession » du corps du patient, œuvre d’agents surnaturels (ennemi disposant d’une puissance magique, défunt mécontent, divinité fâchée, etc.),

• l’enveloppe corporelle est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle, et sa destruction interdirait de l’espérer (la pire situation pour un ancien égyptien était d’avoir son corps brulé, car le corps était alors perdu).

Il existe une hypothèse sur l’origine des connaissances de la médecine égyptienne de l’Antiquité, qui voudrait qu’elle soit une « copie » de la médecine mésopotamienne, ce à quoi il est fait réponse que le développement de la civilisation mésopotamienne est postérieur à celui de l’Égypte. Cette polémique est hors sujet et ne peut pas participer à l’objet de cet article encyclopédique.

Les médecins égyptiens pratiquaient une petite chirurgie, non invasive, la réduction des fractures, disposaient d’une riche pharmacopée et se servaient de formules magiques.

Bien que les remèdes de l’Égypte antique soient souvent considérés dans la culture moderne comme des incantations magiques et des ingrédients douteux, les recherches en égyptologie biomédicale montrent qu’ils étaient souvent efficaces et que soixante-sept pour cent des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973, en dehors des règles de stérilisation1.

Les textes médicaux précisent les étapes de l’examen clinique, du diagnostic, du pronostic et les traitements qui étaient souvent rationnels et appropriés.

Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent de papyri, de récits de savants grecs et romains, de bas reliefs, d’ostraca.

Jusqu’au XIXe siècle, les principales sources d’information sur la médecine égyptienne antique ont été les écrits de l’Antiquité tardive. Homère en -800 remarquait dans l’Odyssée : « En Égypte, les hommes sont plus qualifiés en médecine que tous les autres hommes » et « les Égyptiens avaient dans le domaine de la médecine davantage de compétence qu’en tout autre art. » L’historien grec Hérodote s’est rendu en Égypte aux environs de -440 et en a rapporté des descriptions détaillées, de leurs pratiques médicales. Pline l’Ancien a également dit grand bien d’eux dans son œuvre historique. Hippocrate (le père de la médecine), Hérophile, Érasistrate et plus tard Galien ont étudié au temple d’Amenhotep et ont reconnu la contribution de l’Égypte antique à la médecine grecque.

En 1822, la découverte de la pierre de Rosette a finalement permis la traduction des inscriptions hiéroglyphiques et des papyrus de l’Égypte antique, dont de nombreux textes consacrés à des thèmes médicaux. L’intérêt pour l’égyptologie qui s’en est résulté au cours du XIXe siècle a conduit à la découverte de documents médicaux écrits.

Il y avait à la bibliothèque d’Alexandrie une encyclopédie médicale en six volumes dont il n’est resté que le sommaire. Mais l’importance de la pratique médicale était consignée dans une quinzaine de papyri, écrits en langue grecque sacrée. Le plus célèbre et le plus ancien est le papyrus Ebers, écrit durant le Nouvel Empire, regroupant sept cents formules de maladies internes, classées en fonction des organes concernés. Le Papyrus d’Edwin Smith était selon son auteur, une copie du Moyen-Empire du livre d’Imhotep, intitulé le livre secret des médecins, livre d’enseignement exotérique et ésotérique, dont il ne reste que quelques chapitres, notamment sur le cœur mais qui exposait une médecine objective, scientifique basée sur de minutieuses observations et une très bonne connaissance de l’anatomie humaine2.

• les papyri médicaux : papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith, papyrus Hearst et d’autres encore qui remontent à 3000 ans avant notre ère. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire vient de rejoindre les collections du Louvre (2007) :

• le papyrus Edwin Smith est un manuel de chirurgie et d’observations anatomiques détaillées traitant de l’examen, du diagnostic, du traitement et du pronostic pour de nombreuses affections3. Il a probablement été écrit vers -1 600, mais est considéré comme une copie de plusieurs textes antérieurs. Les connaissances médicales qu’il contient remontent à 3 000 ans avant notre ère4. Imhotep pendant la IIIe dynastie est considéré comme l’auteur du texte du papyrus original et le fondateur de la médecine égyptienne antique. Les premières interventions chirurgicales connues ont été réalisées en Égypte aux environs de -2750 (voir § La chirurgie),

• le papyrus Ebers (v. -1550) est rempli d’incantations et d’imprécations épouvantables destinées à chasser les démons responsables des maladies et comprend également 877 prescriptions1. Il contient peut être également la plus ancienne référence documentée à des tumeurs, si le peu qu’on ait compris de la terminologie médicale de l’Antiquité a été correctement interprété. D’autres informations proviennent des peintures qui ornent souvent les murs des tombes égyptiennes et de la traduction des inscriptions qui les accompagnent. Le tombeau d’Ânkh-ma-hor de la VIe dynastie (vers -2200) représente ce qui ressemble au déroulement d’une cérémonie de circoncision, les ostraca médicaux :

en Égypte antique, ce terme est appliqué à des éclats de calcaire ou des fragments de poterie sur lesquels le scribe, ou l’apprenti scribe, inscrivait un texte ou faisait un dessin rapide.

Le coût du papyrus ne permettait pas d’utiliser ce support pour des notes écrites non officielles, des dessins explicatifs ou satiriques, et encore moins pour apprendre l’écriture hiéroglyphique ;

les stèles (votives ou funéraires) et les représentations figurées (parois de tombe, murs ou colonne de temple).

LES PRÊTRES DE L’ANCIENNE ÉGYPTE

La classe sacerdotale

Tous n’étaient pas des prêtres dans cette « Maison » représentée par le clergé de l’ancienne Égypte, qui vivait dans l’enceinte des temples et de ses annexes, mais beaucoup l’étaient à un titre ou à un autre.

Par « prêtre », il nous faut comprendre tout homme qui s’était mis dans l’état de pureté requis pour approcher le lieu saint, résidence du dieu.

Si le nombre, des « prêtres purifiés » (les ouêbou), était considérable, du chapelain au prêtre s’étageaient des classes, entre lesquelles se répartissaient une foule d’officiants et d’auxiliaires.

Ces classes étaient flottantes et parfois insuffisantes, car diverses catégories servant dans le domaine des temples n’auraient su être systématiquement rattachées à l’une ou à l’autre. C’était le cas des « chanteuses », des « prêtres lecteurs », des « hiérogrammates » (scribes), des « horologues » (annonceurs de l’heure) qui jouaient un rôle très important, dans les offices du culte divin, dans les cérémonies du Jubilé ou lors d’un couronnement.

Aussi, nous adopterons une classification, fondée sur le rôle joué par chaque officiant dans ses fonctions. Les textes ne manquent pas où l’on voit des prêtres de petits sanctuaires cumuler titres sacerdotaux et titres administratifs, passer du domaine du culte au statut de chef des troupeaux, ou bien encore au service du compte des sacs de blé.

L’accession au sacerdoce

Il est difficile de dégager une règle définissant les conditions d’accès aux fonctions sacerdotales pour toutes les époques. Plusieurs filières étaient admises : les droits de l’hérédité — un prêtre pouvait être remplacé par un membre de sa famille — la cooptation, le rachat des charges ; ces filières permettaient en général un recrutement convenable.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que le culte divin rendu dans le temple, quels que soient les droits de fait acquis par les membres du clergé au service du dieu, restait une délégation royale. Le pharaon étant pratiquement le seul ministre des cultes, son autorité pouvait à tout moment intervenir dans les arrangements au sein du clergé.

À d’autres moments, Pharaon — Per-aâ, qui, sous l’ancien Empire signifiait la « Grande Demeure » — prenait la décision de promouvoir un prêtre dont l’activité et les dispositions lui agréaient.

Ce fut le cas du prêtre Nebouây, sous le règne de Thoutmosis III, qui fut élevé au statut de « Premier Grand Prêtre d’Osiris ». « Les dieux m’ont préparé la route, c’est le roi qui m’envoie contempler le dieu dans le Saint des Saints », dit un chapitre du rituel d’intronisation.

• Vers le Nouvel Empire, dans l’enceinte des temples, les femmes eurent la possibilité d’exercer une charge sacerdotale de second rang.

Un clergé féminin, les ouêbouit, fut mis en place lors des cultes.

Des exemples de femmes prêtresses ne manquent pas.

L’institution thébaine consacrait une épouse terrestre au dieu Amon, appelée « la Divine Adoration », Lors de représentations des Mystères religieux, deux jeunes femmes, choisies vierges, jouaient le rôle du cérémonial des déesses Isis et Nephtys.

À partir de la XVII° dynastie, des scènes épigraphiques mettent en évidence ce que des épouses royales eurent des fonctions religieuses et des transmissions de mère à fille.

Ce fut le cas de la reine Hatshepsout pour sa fille Neferouré, et de Néfertari pour sa fille Merytamon. Les chanteuses d’Amon, les hymnodes, se rangeaient parmi les prêtresses, car il convenait que le rythme des mélopées adressées au dieu fût conforme aux traditions d’élocution sacrée.

Les prêtres et l’ensemble des officiants qui assuraient le service du culte au temple fonctionnaient sur une période d’un mois environ. Autrement dit, chaque groupe n’officiait que trois mois par an, chacune de ces périodes étant séparée par un trimestre d’inactivité, tout au moins dans l’enceinte du temple. Le groupe sortant livrait le temple avec son matériel de fonctionnement aux nouveaux arrivants.

Seule la haute prêtrise demeurait en fonction permanente au sein du temple.

La pensée religieuse

La pensée religieuse égyptienne a produit des œuvres qui tournent une à une les pages glorieuses d’un passé plusieurs fois millénaire, ou le désir d’une vie sans fin s’étendait au-delà des formes créées. Le domaine de l’inconnaissable restait à tout moment perceptible dans un autre monde, où les dieux et les morts se fixaient dans une vie dans déclin.

C’était une magie qui agissait comme un régulateur d’énergies spirituelles et matérielles entre le divin et l’homme, parce qu’elle plaçait le sacré comme première valeur.

C’était Pharaon qui, par sa filiation divine (fils d’Amon-Rê), était la clé de voûte ; sur lui reposait le fonctionnement social et religieux du peuple d’Égypte.

Appelé aussi le « Grand Magicien », il rendait le culte divin qui se déroulait chaque jour dans la « Demeure du dieu », ce qui en faisait le « Premier Grand Serviteur » du temple.

• Considéré comme le reposoir terrestre du dieu, le temple était l’image symbolique du « Tertre originel émergé du Noun ».

Et parce qu’il devait être un creuset d’ordre et d’équilibre du monde sous l’influence de Maât, il fallait pour faire fonctionner cette « centrale d’énergie » tout un personnel qui peuplait et semait la vie dans l’ensemble du domaine du temple :

du « Grand Prêtre », haut personnage politique et religieux, aux différentes classes des prêtres et chapelains, des scribes, des fonctionnaires au personnel d’entretien.

À Karnak, au temps de la faveur d’Amon, on pouvait évaluer les membres du clergé attachés aux fonctions sacerdotales à plus d’un millier, sans compter les autres personnels affectés à la gestion du domaine économique du temple.

Le statut de prêtre

L’Égypte (Kemet), un pays immuable aux lignes toujours semblables : un soleil jamais voilé, un fleuve qui chaque année s’enfle pour fertiliser ses rives, un désert ocre, qui s’étend comme une entité de puissance et de silence. Mais encore, des voiles blanches de felouques glissant tel un ibis, qui, ailes étendues, trace dans le ciel les signes sacrés du dieu Thot et encore des fellahin qui, en buvant le karkadé, discutent à l’ombre d’une palmeraie, enfin des enfants rieurs qui s’ébattent dans le Nil, les mélopées des femmes qui règlent la vie du village.

Tel fut le cadre où se forma l’âme du peuple égyptien, marquée par une religiosité envers les dieux et le monde, tel qu’il fut créé au premier jour.

Pour maintenir cet équilibre selon le plan défini par les dieux, il fallait un « Législateur » » :

en premier lieu venait Pharaon, suivi du haut clergé avec sa cohorte de prêtres.

Si nous prêtons l’oreille, il nous semble entendre le vieil écrivain et philosophe d’Alexandrie, Porphyre, décrire avec admiration les prêtres des bords du Nil : « Par la contemplation, ils arrivent au respect, à la sécurité de l’âme, par la réflexion à la science, et par les deux, à la pratique de mœurs ésotériques du temps jadis. Être en contact avec l’inspiration divine et la science réprime les passions et stimule la vitalité de l’intelligence. »

De par sa double fonction religieuse et législative, sa Majesté (hemef) était le garant du culte divin qui s’exerçait quotidiennement au temple : aussi l’existence officielle du corps sacerdotal dans sa fonction, reposait en nom et place du souverain régnant. Il assurait sur tout le territoire l’exercice du culte, ainsi que l’ensemble des rituels à l’occasion des grandes cérémonies.

L’action théologique essentielle contribuait à maintenir la présence du dieu sur Terre et à conserver le monde sous la forme où les dieux l’avaient établi au premier matin.

Nous devons nous garder, au travers du terme « prêtre », de les considérer comme les dépositaires d’une « vérité révélée » qui ferait d’eux une catégorie à part de la société, la religion égyptienne n’étant pas une « vérité acceptée ».

En ce sens, ils n’avaient rien de prophètes : à l’exemple des Hébreux, c’étaient des hommes semblables aux autres, et ils ne bénéficiaient d’aucun privilège d’origine divine.

S’ils pouvaient être de riches penseurs ou saints hommes, c’était grâce à l’action de leurs tendances personnelles, et non par une suite obligatoire sacerdotale.

Il faut reconnaître que la prêtrise, ouverte parfois trop largement, pouvait accueillir un recrutement d’hommes sans convictions, peu enclins à la vie spirituelle et à la méditation qui se révélaient à l’ombre des temples ; ainsi l’accès aux charges religieuses fut-il l’enjeu de constantes convoitises.

Les postulants à la prêtrise pouvaient entrer très jeunes dans des collèges où étaient enseignées l’instruction religieuse et les sciences.

Hiérarchie du clergé

Le fonctionnement du corps sacerdotal se trouvait sous la responsabilité d’un haut personnage religieux d’État, appelé le « Grand des Voyants (Our-Maour) de Rê ».

Après Pharaon, c’était lui qui assurait l’office divin au temple ; à son service étaient placés les « prêtres purs » (ouêbou), puis venaient les scribes ; suivait tout un personnel de fonctionnaires et d’auxiliaires qui assuraient et préparaient la bonne marche du temple.

Le « Grand des Voyants » était désigné par Pharaon à la fonction suprême ; il était dans la tradition de faire confirmer sa nomination par un oracle du dieu.

Divinement intronisé, ce haut personnage recevait alors deux anneaux d’or et bâton magique héka, symboles de son autorité spirituelle et de ses pouvoirs, tandis que Pharaon prononçait la phrase traditionnelle : « Te voici, Grand Prêtre du dieu, ses trésors et ses greniers sont sous ton sceau : tu es le premier serviteur de son temple ».

Eu égard à ses fonctions, tant politiques que religieuses, il se trouvait fréquemment écarté de son service quotidien du temple, si bien qu’il déléguait ses devoirs au « prêtre Sem », second serviteur en rang.

Parmi les classes des « prêtres ouêbou », qui pouvaient, suivant l’expression consacrée, « ouvrir les portes du ciel » et contempler le dieu hors du culte quotidien, se formait une élite dans laquelle se recrutaient les plus hauts dignitaires et savants du clergé, à l’exemple d’Imhotep qui fut Grand Prêtre à Héliopolis et choisi par le Pharaon Djoser pour construire à Saqqarah sa « Demeure d’éternité ».

Observances et rites

Pour accomplir les offices divins au temple, les prêtres devaient se purifier se prêtant à des observances et à certains rites, où se rattachait tout un symbolisme.

L’eau était, dans la pensée religieuse des Égyptiens, l’élément initial d’où toute vie était sortie ; celui d’où le dieu Rê, accomplissant son cycle de renaissance, apparaissait à l’aurore pour disparaître au crépuscule, afin de puiser, dans son voyage à travers le monde souterrain d’Osiris, la nouvelle énergie qui allait lui donner un lendemain rajeuni dans sa pureté originelle.

Dans certains bas-reliefs figurent des scènes de purification, où l’eau fraîche s’échappe des aiguières, remplacées parfois par une pluie de petits signes de vie ankh. Le rite d’ablution d’eau fraîche pour le culte divin du matin imprégnait les officiants d’une vie rajeunie et purifiée qui leur permettait d’assurer le rituel du culte.

Une autre forme de purification, à laquelle devaient se soumettre les officiants avant de pénétrer les lieux saints en empruntant l’Adyton, consistait à se laver la bouche avec du natron délayé dans de l’eau.

Autre observance rigoureuse : dépouiller son corps de tout poil et se raser les cheveux. Certains textes précisent que les prêtres devaient s’épiler les cils et les sourcils ; à ces règles, venait s’ajouter la circoncision.

Constituait-elle une des conditions nécessaires ? On ne peut être affirmatif. Néanmoins, des écrits relatent que des novices à la prêtrise ne subissaient ce rituel qu’au moment où ils accédaient officiellement à leur charge.

La vie sacerdotale demandait encore un autre état de pureté : l’abstinence de relations sexuelles durant les périodes de présence et de service au temple.

Les prêtres du temple pouvaient se marier : leurs fonctions ne les contraignaient pas au célibat ; tout au plus devaient-ils se satisfaire d’une épouse.

Cette restriction ne fut pas toujours respectée, puisque le prêtre Phérenptah s’était constitué un véritable harem.

Mais ils devaient être purs lorsqu’ils franchissaient les portes du temple. Sur ce point, les textes sont formels : « Quiconque accède au temple doit être purifié de tout contact féminin par une abstinence de plusieurs jours ».

Le texte d’une statue d’un jeune prêtre donne ce détail : « Je me suis présenté devant le dieu, étant un jeune homme excellent, tandis qu’on m’introduisait dans l’horizon du ciel. Je suis sorti du Noun (l’eau initiale) et je me suis débarrassé de ce qu’il y avait de mauvais en moi ; j’ai ôté mes vêtements et les onguents comme se purifient Horus et Seth. Je me suis avancé sans souillure devant le dieu dans la salle sacrée, plein de crainte devant sa puissance ». Les étapes de purification accordaient la présentation au temple, la vision du dieu, la reconnaissance de quelques secrets que seuls les « prêtres initiés » pouvaient transmettre, ainsi que la communication de formules magiques. Celles-ci permettaient de charmer le ciel, la terre et les eaux, de voir le soleil monter au ciel et en redescendre — Khépri au lever, Rê au zénith, Atoum au coucher — de voir les étoiles en leur forme et la lune se lever, de sentir les pulsations de Noun.

Les prêtres-initiés et les scribes

Cette dalle de grès décorée d’un bas-relief provient du temple dédié à la déesse Hathor construit à Dendérah, au nord de l’actuelle Louxor.

Ce temple fait partie de ces merveilles architecturales que l’Expédition d’Égypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Le zodiaque circulaire ornant le plafond d’une des chapelles situées sur le toit du temple est une représentation de la voûte céleste constituée d’un disque soutenu par quatre femmes, les piliers du ciel, aidées par des génies à tête de faucon.

Sur son pourtour, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.

Puis on trouve des constellations, au nombre desquelles figurent les signes du Zodiaque.

Pour la plupart, leur représentation reste proche de leur désignation. On peut ainsi facilement reconnaître le Bélier, le Taureau, le Scorpion, le Capricorne. D’autres ont une iconographie plus égyptienne tel le Verseau représenté par Hapy.

Dans cette grande « Maison » du clergé vivait une catégorie de prêtres et scribes.

Des documents du Moyen Empire désignent ces prêtres sous le nom de chendjouty, ce qui signifie le « prêtre du pagne ». Ils devaient préparer les objets du culte divin et pourvoir à leur entretien, aux habillements de la statue du dieu, ses parures, ses bijoux, ses parfums et les onguents, apprêter les aiguières pour les ablutions, l’encens pour les fumigations, ainsi que la table des offrandes. Parmi ces prêtres figuraient les intellectuels et les savants de la « Maison de Vie » (Per-Ankh), où se rédigeaient, les livres liturgiques et où s’élaboraient aussi les éléments de la science sacrée.

IMHOTEP CONSTRUCTEUR – PRÊTRE ET INSTRUCTEUR DE L’HUMANITÉ (2ème partie)

Hermes-4

À ces institutions appartenaient les scribes et les « hiérogrammates » ; certains d’entre eux étaient prêtres, particulièrement estimés à la cour de Pharaon en raison de leur vaste culture.

Auprès d’eux s’affairaient les « prêtres lecteurs » : porteurs des rouleaux du Livre divin, ils partageaient le renom et la popularité de la « Maison de Vie ».

À l’extérieur du temple, on les retrouvait dans d’autres contextes où ils s’occupaient de médecine et de chimie ; plusieurs recettes de papyrus médicaux sont attribuées à leur science. Ils représentaient pour le peuple égyptien le type même du magicien populaire, dont les légendes étaient racontées par la « femme sage », le soir à la veillée.

À ces « Maisons de Vie » se rattachaient deux ordres de prêtres, les « horologues » et les « horoscopes ».

Les « horologues » ou « prêtres horaires » (ounout) sembleraient avoir été en fait des astronomes, chargés d’approfondir les écrits, établis par les scribes de la « Maison de Vie », relatifs à l’ordonnancement des étoiles fixes, des mouvements de la Lune et des planètes qui errent dans le ciel, les « infatigables » (ikhémou-sek).

Ces prêtres étaient aussi chargés de préciser les jours et heures favorables pour la grande fête d’Opet (la Belle Fête de la vallée), qui se déroulait chaque année. Tout prouve qu’ils étaient parvenus dans la science du ciel à des connaissances avancées pour l’époque.

• Les éclipses Soleil/Lune leur étaient parfaitement connues ; un texte de Thoutmosis III évoque le passage d’un astre lumineux qui, relevant des calculs de nos astronomes modernes, pourrait être la comète d’Halley.

Sur le zodiaque du temple de Dendérah et sur le plafond de la tombe de Senmout, on peut reconnaître la grande Ourse, sous la forme d’une « jambe de bœuf », la constellation d’Orion, représentée par un homme courant et tenant dans sa main une étoile, et Cassiopée, figurée par un personnage bras tendus vers le ciel. Dans une salle du Ramesseum, le « Château des millions d’années » de Ramsès II, existe un magnifique plafond astronomique.

La connaissance du firmament jouait un rôle dans la détermination des points cardinaux, en fonction desquels était édifiée et disposée la « Demeure du dieu ». Toute fondation d’un temple cultuel partait d’observations célestes.

Dans les documents dont nous disposons, tout semble indiquer que l’astrologie, venant très probablement de la Babylonie, fut très employée.

Les traités d’astrologie étaient confiés aux « prêtres horoscopes » ; ceux-ci devaient connaître le calendrier mythologique et établir quels étaient les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne, qui comptait 365 jours.

On a retrouvé des papyrus-calendriers, où chaque jour de l’année était défini comme bon, neutre ou néfaste.

Puis l’idée s’est progressivement infiltrée de lier le destin de chaque individu aux circonstances cosmiques de sa naissance en déterminant les influences des astres qui étaient dominantes à l’heure de sa venue au monde.

Des écrits nous informent que des scribes, instruits dans la science des « apparitions nocturnes » se tenaient à la disposition de ceux qui désiraient connaître la signification de leurs rêves.

Ces scribes se faisaient les interprètes des songes ; eux-mêmes avaient coutume de s’endormir dans une salle du temple, dans l’espoir qu’un rêve prémonitoire pût leur révéler un événement présent à venir. L’histoire nous met en mémoire le rêve de Pharaon, dont Joseph, à la demande du roi, se fera l’interprète.

Des prêtres initiés aux sciences divinatoires étaient requis pour les oracles mis en œuvre pour interroger les dieux, sans omettre les requêtes écrites. Dans un petit temple du Fayoum, on a retrouvé des requêtes adressées au dieu du temple.

À la cour du Pharaon, des « prêtres-précepteurs » étaient recrutés pour instruire les jeunes princes et princesses à leurs futures charges royales et religieuses.

La magie héka

Aux yeux des prêtres, la connaissance de la magie et de ses formules fournissait une puissance quasi-certaine sur les êtres vivants, les dieux et les forces de l’univers.

Le « prêtre-magicien » était un personnage que les événements les plus spectaculaires ne faisaient pas reculer. Un texte lui prête ces paroles : « J’abattrai la terre dans l’abîme de l’eau, le Sud deviendra le Nord, la terre sera bouleversée ».

Dans la pratique, l’action était plus estimable, en ce sens qu’il fallait avant tout protéger l’ordre du monde constamment menacé par des forces perverses.

Il y avait un ciel, il y avait une terre, ils agissaient l’un sur l’autre, imprégnés d’une force spirituelle que les « prêtres-magiciens » appelaient héka (magie).

Si certains sorciers de village utilisaient quelques recettes magiques, seule la « Grande Magie » était révélée à une élite de prêtres et de scribes. « Voilà que je me suis adjoint cette puissance magique en tout lieu où elle se trouve, elle est plus rapide que le lévrier, plus prompte que la lumière », dit le magicien dans le Livre des Morts.

La croyance répandue dans le peuple des fellahin voulait que les maladies fussent envoyées par la terrible déesse Sekhmet ; il fallait donc exorciser le mauvais démon, et personne n’était aussi qualifié pour rédiger une formule magique que le « prêtre-lecteur », versé dans toutes les ressources de la vieille magie.

Et seul le Supérieur des prêtres de Sekhmet avait la compétence pour enrayer la fureur de la déesse lionne.

Un autre prêtre, le hery-tep « celui porte le rituel » était instruit à une forme de magie plus particulière, dite « défensive ».

Cette magie était un don des dieux, que les hery-tep utilisaient contre des procédés d’envoûtement, ou de toute manifestation venant d’un ennemi, et relevant de la protection de Pharaon sur sa personne, de son épouse ou de ses descendants.

Sous la XI° dynastie, un magicien héka, le prêtre Hétépi, fut un personnage très important. Il est écrit que le héka fut donné par le démiurge en tant qu’arme pour agir sur l’effet d’événements survenant dans la vie des hommes, comme détourner l’action néfaste du serpent Apopis « ennemi du dieu Rê », de Seth « le fauteur de troubles », ou de Sekhmet « celle qui a le pouvoir » », ou bien encore Sobek « la mangeuse de l’Occident ».

C’est le héka dans le bâton d’Aaron, qui s’est transformé en serpent protecteur (Menen) et a absorbé le bâton du « prêtre-magicien » de Pharaon. Dans cet acte, Aaron invoquait l’entité héka, pour recevoir d’elle la puissance magique. C’est aussi celui par l’entremise duquel Moïse déclencha les dix plaies d’Égypte, fendit les eaux de la Mer des Roseaux, puis fit jaillir l’eau du rocher en Horeb.

Il serait difficile de passer sous silence ceux qui s’acquittaient des cérémonies funéraires, rangés sous le nom de « prêtres-embaumeurs ».

Dans le clergé, ils occupaient une place très importante ; s’ils étaient pour la plupart indépendants des sanctuaires, ils constituaient une sorte de confrérie sans rapport avec l’office des cultes, dont s’acquittaient les prêtres-ouêbou.

Les « prêtres-embaumeurs » accomplissaient la momification qui se déroulait dans la « Tente de purification » (ouêbet), située en dehors du temple.

Il pratiquaient sur la momie tous les rites régénérateurs qui devaient la transformer en un nouveau corps rajeuni, doté de toutes ses anciennes facultés terrestres qu lui permettaient d’être apte à franchir les sombres régions du serpent Apopis, et de jouir d’une vie sans déclin.

Le rite essentiel pratiqué par l’officiant était l’ouverture de la bouche. Armé de l’herminette nétjerty ou de la baquette magique ouret-hékaopu, il faisait le geste rituel d’écarter les lèvres du défunt, afin de lui rendre le souffle de vie et l’usage de la parole.

Durant cet acte, le « prêtre-lecteur » récitait les litanies du Livre des Respirations.

Les Maisons de Vie

Chaque temple dans son domaine, avec sa raison d’être, la Demeure du dieu sur Terre, possédait une « Maison de Vie » et une bibliothèque.

Il faut constater que les Égyptiens parlaient d’elles sans donner de détails ; c’étaient des institutions encore assez mystérieuses.

D’une façon certaine, nous connaissons leur existence à Memphis, Abydos, Coptos, Esna, Karnak et Tell el-Amarna.

Ces institutions étaient probablement des centres plus ou moins fermés où s’élaborait la science, où les textes étaient étudiés et recopiés par des prêtres et des scribes initiés.

En retranscrivant les vieux manuscrits, en comblant les lacunes, on élaborait les textes sacrés de la théologie et de la liturgie ; on réécrivait à des milliers d’exemplaires des versions de ces œuvres : le Livre des Morts, le Livre des Cavernes, le Livre de la Totalité réunie, le Livre de ce qu’il y a dans la matrice des étoiles, les Litanies de la Demeure d’éternité, les Litanies de Rê qui dévoilent les noms de la Lumière divine, le Livre de la Barque solaire, le Livre de la Vache du Ciel, le Livre des Portes, le Livre de ce qu’il y a dans l’autre monde (l’Amdouat).

On préparait les grimoires magiques, on enseignait l’astronomie, la philosophie, la religion, la médecine, la littérature et les arts.

Quelques-uns des plus beaux textes spirituels ou moraux qui furent retrouvés, sont nés des réflexions et des convictions de scribes et de prêtres obscurs, dont les noms nous restent encore inconnus.

On peut considérer que tout ce qui s’écrivait sur la pierre des temples, sur les parois des tombes, dans les sarcophages, comme tous les textes sur papyrus nécessaires au culte divin, aux cérémonies, les hiéroglyphes décrivant et dévoilant aux initiés ce qui réside dans le Noun, d’où naît toute forme de vie, tous les éléments de la science, de la religion, de la culture, sortaient des « Maisons de Vie ».

Il existait aussi une classe de prêtres plus sélective: les prêtres de la « Demeure d’Or », dans laquelle un art magistral mettait en œuvre le métal précieux considéré comme la « Chair des dieux », dont étaient revêtues les momies royales, où s’opérait l’alliage des métaux pour obtenir l’électrum qui revêtait le pyramidion des obélisques. Là se préparaient les potions magiques, les onguents et les parfums, se réalisait aussi la chimie des pigments servant à la composition des couleurs et s’opérait la reconstitution de pierres précieuses comme le lapis-lazuli, qui servait à l’ornementation des maques funéraires, des amulettes et des bijoux.

Nous pouvons supposer que dans des ateliers, des prêtres-artisans façonnaient les objets sacrés : le diadème seshed où venait se fixer l’Uræus, symbole de protection de la puissance royale ; le collier meânkh, « celui qui donne la vie », l’amulette Oudjat, « qui donne la vie éternelle », tout un art magique qui se pratiquait dans les « Maisons de Vie ».

Conclusion de ce chapitre

En parcourant les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée que, dans ce confluent méditerranéen, l’Égypte pharaonique, fût le berceau d’un souffle porteur d’une vérité fondamentale : le rapport entre les hommes et les dieux est indispensable au maintien de l’harmonie du monde. Cette relation ne pouvait être maintenue que par la célébration des rites cultuels et de la magie héka.

Des savants, des philosophes, des historiens, tels Homère, Platon, Solon, Thalès, Pythagore, Hérodote, ont franchi la mer et se sont rendus dans ces « Écoles de Mystères » pour y recevoir l’enseignement d’une partie de cette science accumulée au cours des millénaires. C’est la que Platon aurait été informé de la légende de l’Atlantide par des prêtres d’Héliopolis. Dans son ouvrage les Aiguptiaka, Manéthon nous donne des informations qui restent une des sources principales de connaissance des mœurs des Égyptiens, Grecs et Romains, passionnés par la science de la religion de cette fabuleuse civilisation, laissèrent des témoignages qui constituent le fonds le plus riche que nous ayons à notre portée pour comprendre l’histoire et la religion de l’Égypte ancienne.

Nous savons aussi par des commentaires de voyageurs grecs qui firent des stages à cette époque en Égypte, que les prêtres et les scribes des « Maisons de Vie » éprouvaient une réticence à divulguer certaines révélations, selon les textes sacrés de la Tradition du passé : « J’ai été initié dans ces Mystères. En vérité je ne le répéterai jamais ce que j’ai entendu. Je ne raconterai à personne ce que j’ai vu ». Livre des Morts

Cette connaissance, relevant de la haute idée qu’ils conçurent de la science, de la religion et de la morale, enseignait le respect de la hiérarchie aux futurs prêtres et fonctionnaires royaux. Les enseignements de Ptahotep, vizir du roi Djedkarê de la V° dynastie, rendus célèbres et utilisés dans les écoles égyptiennes, en sont un témoignage. Des scribes lettrés écrivirent des contes dans le genre des Mille et une Nuits : conte des Deux Frères, conte du naufragé, conte de l’Oasien, conte de Sinouhé, pour ne citer que ceux-là.

Les prêtres de l’Ancienne Égypte étaient-ils des initiés, œuvrant dans les secrets des « Maisons de Vie » où s’élaborait une science: science de l’approchement et l’application (le savoir), science de la réalisation et de l’accomplissement (la connaissance) ?

Nous pouvons reconnaître l’existence d’une élite qui se partageait un savoir et une connaissance.

De ce fait, nous pourrions qualifier cette élite de « cercle d’initiés », dans le sens où ce terme codifiait l’admission à la révélation des mystères de la science de Dieu, de l’univers de l’homme.

Nous sommes en mesure d’affirmer que la mission du corps sacerdotal de l’Ancienne Égypte était de maintenir par la magie du sacré la présence du dieu sur Terre, d’imposer une ligne de conduite permettant d’aspirer à l’immortalité, et également de veiller sur la personne de Pharaon « fils du dieu », garant de l’ordre du monde, tel qu’il fut établi par les dieux (les Netjerou) au commencement de la Création.

L’Égypte était considérée comme la réalité du monde. Pharaon et les prêtres en étaient les magiciens… !

LE GRAND PRÊTRE IMHOTEP A INVENTÉ LA FORMULE CHIMIQUE IL Y A 5000 ANS.

Concepteur et constructeur de la PREMIÈRE PYRAMIDE de l’histoire, la pyramide à degrés à Saqqarah…

Depuis les années 1980, Joseph Davidovits démontre que les pyramides et les temples de l’Ancien Empire égyptien furent construits en calcaire aggloméré, et non pas avec des blocs de calcaire taillés et transportés depuis les carrières.

Ce type de béton de calcaire, avec des coquillages fossilisés, aurait ainsi été moulé ou compacté dans des moules.

Les ouvriers égyptiens ont extrait le matériau dans des carrières de calcaire relativement tendre, puis l’ont désagrégé avec de l’eau, mélangé cette pâte de calcaire à de la chaux et des ingrédients comme l’argile kaolinitique, le limon et le sel natron égyptien (carbonate de sodium) formant des tecto-alumino-silicates (geosynthèse).

La boue de calcaire (incluant les coquillages fossiles) fut transportée dans des paniers puis versée, tassée ou compactée dans des moules (faits de bois, pierre, argile ou brique) placés sur l’aire des pyramides.

Ce calcaire ré-aggloméré, lié in situ par réaction géopolymèrique (appelé ciment géopolymèrique), durcit en blocs de grande résistance.

En 1979, au 2eme Congrès International des Égyptologues, à Grenoble en France, Joseph Davidovits présenta deux conférences.

L’une exposa l’hypothèse que les blocs de pyramide ont été moulés comme du béton, au lieu d’être taillés. Une telle théorie était très dérangeante par rapport à la théorie classique avec ses centaines de milliers d’ouvriers participant à cet effort gigantesque.

La deuxième conférence a souligné que des vases en pierre, fabriqués il y a 5000 ans par des artisans égyptiens, ont été faits en pierre dure synthétique (fait de main d’homme).

Imhotep a conçu et construit la première pyramide de l’histoire humaine, la pyramide à degrés de Saqqarah, la première manifestation de la connaissance la plus élevée en Egypte antique.

Il a appartenu à une organisation fermée de prêtres appelés l’école des mystères “de l’oeil de Horus”, les gardiens exclusifs de la connaissance en Egypte antique.

Imhotep, dont le nom signifie “le sage qui vient dans la paix”, occupe une place particulière dans l’histoire.

Il était vénéré en Egypte pendant trois mille ans – c’est-à-dire, de sa propre vie pendant le règne du Roi Djoser jusqu’aux conquêtes grecques et romaines en Egypte.

Son père était l’architecte royal Kanofer, sa mère Khreduonkh, une noble héréditaire.

À un âge très jeune, Imhotep entra en prêtrise et commença à vivre au temple d’Annu sur les rivages du Nil – un centre de la science et de la religion, avec une grande bibliothèque. Là, Imhotep apprit comment lire et écrire dans la langue symbolique des hiéroglyphes.

Imhotep laissa des plans de conceptions de temples qui étaient bâtis des milliers d’années après sa mort, comme indiqué par les hiéroglyphes de plusieurs temples.

Il était géomètre, docteur en médecine, inventeur du Caduceus, le symbole actuel des médecins.

La légende indique qu’Imhotep divisa les cieux en secteurs de 30º, connus aujourd’hui comme les zones du Zodiaque, pour noter les mouvements des étoiles et des constellations.

Un prêtre-scientifique comme Imhotep, pouvant faire les vases en pierre, bénéficia d’un statut spécial, puisque sa connaissance lui permit de donner la forme aux pierres, et la pierre pour les Egyptiens était le symbole de l’éternité.

Après sa mort, il a été divinisé par les Egyptiens qui l’ont identifié à Thoth, la divinité à visage d’ibis, dieu de la sagesse.

Les Gnostiques l’ont appelé Hermes Trismegistus, trois fois le grand, fondateur et l’origine de leur sagesse ésotérique.

Hermès, le Trois Fois Grand, est une personnalité devenue légendaire, et dont on discute cependant ‘l’existence. Mais son nom est comme un fil d’or dans toute la littérature ésotérique mondiale.

Très importantes sont les paroles gravées au-dessus de la Porte des Lions de Mycène:

« Les Egyptiens descendent du Fils de Toth, Prêtre de l’Atlantide. »

ALCHIMISTE

Les enseignements que l’on retrouve en partie dans la littérature, ont été écrits par Hermès II, fils d’Hermès-Toth.

Hermès II est devenu une figure vivante pour le lecteur moderne, car on peut lire ses discours avec son fils Tat, et son petit-fils Asclépios, c’est-à-dire, le grand Imhotep.

D’Hermès-Toth, on raconte qu’il fut l’arbitre entre les Dieux géants et les Titans, et qu’il fut le conseiller des bons géants qui transmirent la connaissance aux hommes.

Ainsi la légende devint réalité. Ces écrits, si volontiers niés par certains ésotéristes, ne peuvent cependant pas être mal interprétés.

Il y eut un temps où les Fils de la Lumière descendirent, ou chutèrent.

Il y eut un temps où quelques Fils de la Lumière régnèrent sur diverses régions, comme de divins prêtres-rois.

Et il y eut un temps où quelques uns « retournèrent » et où d’autres restèrent en arrière – ces autres dont nous descendons -, nous, chercheurs-âmes.

De ce point de vue, il est compréhensible que tous les Sages de l’ère préchrétienne, soient considérés comme les Ancêtres de la Connaissance divine et de tous ces Enseignements immatériels, et que tous les autres Fils de la Lumière soient leurs descendants.

Les Papyrus égyptiens ne manquent pas de citer son nom, ni celui d’Isis, d’Osiris et d’Horus, avec des annotations très tangibles. Ils entrèrent alors dans l’histoire comme de véritables Messagers d’un Enseignement divin, qui ne peut être compris que par des « dieux » – les Fils de la Lumière restés sur terre.

L’humanité-terrestre les imita et cita leurs enseignements; elle ne désirait cependant pas la « Reddition » ou la Lumière, mais elle voulait être comme ces Dieux; elle n’aspirait pas non plus à une Source originelle, comme étant son Pays d’Origine.

L’Alchymie nous vient d’Hermès-Toth, et a vue le jour en Egypte comme un enseignement originel, dont la médecine – où l’enseignement du Salut de l’âme – est issue. Logiquement donc, le premier Guérisseur fut Asclépios-Imhotep, le petit-fils d’Hermès-Toth, qui puisa son savoir « des livres de son père et de son grand-père, des livres qui étaient descendus du ciel. »

L’ibis est connu comme étant le symbole le plus ancien de l’Alchymie.

L’ibis blanc avec des taches noires était considéré comme étant le plus saint, car il était le symbole de la renaissance.

Il en va de même avec le corbeau noir et la colombe blanche.

La symbolique la plus ancienne remonte toujours à cet Evénement extraordinaire que fut la « descente » des Fils de la Lumière, leur « Retour partiel », et le « Salut » ou la « Renaissance » de ceux qui restèrent.

Ce fut sans doute un Evénement qui changea la face du monde et de l’humanité, et dans le Livre d’Enoch, on peut lire à ce propos:

« ….. après (la descente et la résistance au Créateur), le monde devint différent. »

Dans ce monde devenu différent, nous vivons avec les Souvenances, les Ecrits, le Symbolisme et les Paroles divines qui nous touchent.

Jadis, Hermès fut le Guide de l’Ogdoade – le Saint Huit -, les 4 premiers couples de la création qui devaient ordonner le Chaos.

Même la symbolique des nombres témoigne de ce temps inoubliable.

Hermès-Toth est de temps à autre cité comme étant l’un des Elohims, les Dieux qui créèrent le monde. Ses Pensées sont gravées en hiéroglyphes sur les piliers des temples, dans une écriture à double sens:

L’Ecriture des saints, comportant des symboles pour les Fils de la Lumière, et l’écriture profane.

Après le Déluge, son fils Hermès II, père de Tat, grand-père d’Asclépios, aurait recopié ces hiéroglyphes sur des papyrus. Ainsi nous racontent les traditions. Ces saints papyrus auraient été cachés dans les temples égyptiens, et essentiellement à Memphis.

Ainsi, le Tarot de Memphis est-il un Chemin initiatique, écrit de la main d’Hermès II. Les gravures ont été effectuées d’après les saints Ecrits d’Hermès-Toth, le « Trois Fois Grand ».

Le nom d’Hermès signifie: Médiateur.

Tout comme le nom Chrestos ou Christ, qui signifierait Médiateur, Messager.

Les Papyrus d’Hermès II ont été recopiés par Manéthon, le fameux prêtre égyptien cité par tous les historiens. Ainsi ces Paroles sont-elles parvenues jusqu’à notre époque.

Dans les citations attribuées à Hermès-Toth, nous lisons que l’âme, après qu’elle eut quitté le corps, ne se perd pas dans l’Ame du monde, mais elle continue d’exister en tant qu’âme, pour rendre compte devant le Père de tout ce qu’elle a fait durant sa vie terrestre.

C’est ici également une confession de l’âme, une responsabilité pour ses actes – une confession qui a été imitée par les hommes dans leurs religions. Ces notations sont en accord avec les découvertes modernes sur l’existence post-mortem.

L’âme ne peut pas vivre comme elle le veut, « sans loi », mais elle a un but; elle s’est séparée jadis de son Pays natal, et depuis ces temps-là, elle doit y retourner au travers des expériences de la vie.

Ce qui est divin la purifie, ce qui est satanique la lie au chaos.

En vérité, tout serait si simple si nous n’avions pas érigé cet égo comme quelque chose d’exceptionnel!

Car, une âme repentante souhaiterait-elle faire autre chose que des Choses divines?

En tous cas, lorsqu’une telle âme est torturée par la compréhension?

De la cosmogonie d’Hermès-Toth, nous citons ce qui suit:

« Le soleil relie le ciel et la terre comme un médiateur. Du ciel, il envoie l’essentiel, et la matière terrestre est alors tirée vers le haut. Le soleil est le cœur du char du monde; il donne aux immortels l’Eternité, et à travers sa lumière, il nourrit les immortelles parties de la terre.

Lorsque sa lumière est emprisonnée par la terre, elle stimule la naissance, la métamorphose et la vie. La sphère du penser est fixée à Dieu; l’émotion ou le monde des sens, est fixé à l’intelligence et au soleil.

Pendant son voyage à travers les sphères du penser et de l’émotion, le soleil reçoit sa nourriture de Dieu; c’est l’entrée en action de l’activité créatrice » le véritable Bien.

De plus, autour du soleil, gravitent des sphères dont les dieux sont dépendants, et de ces dieux également, les hommes sont dépendants – mais tout et tous sont dépendants du Dieu. »

Voilà bien une citation hermétique originelle. On y trouve l’ancienne astrologie, le pouvoir des dieux planétaires et leur influence sur la terre, sur le penser et les émotions des hommes.

Au-dessus de tout rayonne le soleil, comme médiateur entre le ciel et la terre, et entre Dieu et sa création.

Evidemment, l’astronome moderne y trouvera un non-sens!

Mais il y a autre chose encore, car bien que la terminologie soit archaïque, l’essentiel a cependant été préservé.

Tout homme ésotérique pourra croire à un « Fils du Soleil », un Mithra, un Chrestos, un Osiris.

Un « Fils du Soleil » est quelqu’un qui, comme le dit Hermès-Toth, a autour de lui des sphères dont les dieux sont dépendants, c’est-à-dire, ceux qui sont en contact direct avec le Fils de la Lumière.

Et d’eux sont dépendants également les hommes-terrestres – oui – toute la terre et sa vie.

A quoi aspire en effet un chercheur spirituel: A redevenir un Fils du Soleil (et pas une imitation des dieux!), un Fils du Soleil ayant un Champ vibratoire autour de lui, champ vibratoire dont les « dieux », ses semblables sont dépendants, jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi, devenus des Fils de la Lumière – et la terre et son humanité, sont dépendantes de leur action, dans sa globalité.

Ainsi, si nous pensons être un Fils de la Lumière, même si c’est à l’état latent, il y aura aussi une responsabilité et une « note à payer », que la terre et son humanité offrent à ce Fils de la Lumière!

La nature n’est pas satanique, c’est le Fils de la Lumière qui apporte ce satanisme.

Ces Fils qui donnèrent à Hodur, le dieu aveugle, une branche de gui pour blesser Baldur, le Fils de la Lumière, dans son point faible.

On peut y penser, lorsque l’on sait que le gui est un remède contre la prolifération anarchique des cellules – le cancer – et contre les maladies héréditaires.

Une cellule cancéreuse est un agresseur dans le système de division cellulaire, dans leur structure et leurs lois: Elle ne désire plus prendre part à cet ordre: elle a un comportement anarchique.

L’Enseignement hermétique est, dans son ensemble, destiné à ceux qui retournent, à celles des âmes qui possèdent encore la possibilité de Choix entre la Lumière et l’obscurité.

« Je me sens tellement isolé tout seul, je ne peux parler avec personne… »

C’est effectivement pourquoi beaucoup d’entre elles parlent ainsi.

En toute logique, de tels hommes-âme ne peuvent « qu’échanger » et « parler » avec des Fils de la Lumière; mais également, et tout aussi logiquement, ils ne sont jamais dociles et dépendants de leurs prochains pour leur « salut ».

Chaque âme tombée est clairement appelée à rendre des comptes.

Personne ne peut alors se cacher derrière autrui!

Il est aussi curieux de voir que des Fils de la Lumière ayant une Souvenance céleste innée, puissent condamner la nature comme étant satanique et détournant l’âme.

N’est-ce pas là un peu vouloir rejeter sa dette sur les autres?

S’il y a quelque chose de satanique, d’anti-divin dans cette création, et même de provoquant, c’est bien le résultat de l’intervention des Fils de la Lumière.

Car selon les paroles d’Hermès:

« La nature temporelle et la Nature Originelle, sont une Unité. »

Dans la première, se trouve une partie de la Divinité.

Dans la seconde, se trouve Dieu, en Totalité.

Seulement dans la première, on peut enlever cette partie de divinité, et ce qui reste alors est mort.

L’Enseignement d’origine hermétique, nous apprend aussi cela: De la Nature Originelle, chuta le 1.

Il peina à travers les 7 phases d’-expériences, puis devint l’Ogdoade, le René, et finalement il fut le 9, le « Trois Fois Grand » (3×3=9), pour aboutir dans la Nature Originelle. (Le 10 n’est rien.)

Asclépios, le petit-fils d’Hermès, dit aussi:

« Le Dieu Créateur a formé le corps humain, comme le monde, à partir des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre, afin que leur combinaison harmonieuse en fasse une belle créature.

Il y mis en plus un Souffle céleste puissant qui provient de l’Esprit divin; et ainsi ce Souffle (Pneuma) reçut-il une petite « demeure » fragile, qui ressemble malgré tout au monde. »

Ainsi l’homme est-il semblable au monde, mais vivifié par une Flamme éternelle, et la marche éternelle des cinq planètes, ainsi que celle du soleil et de la lune – afin que l’être, bien qu’il fut semblable au monde, soit dominé par le même Noyau Divin.

L’axiome hermétique « Ainsi en haut, ainsi en bas » est clairement démontré ici; aussi l’idée hermétique qui dit que l’homme est à l’image du Macrocosme, et que, comme tout dans ce Macrocosme, il possède un « ordre spirituel », selon la quantité de Lumière ou selon l’intelligence qu’il a de cette Lumière, et par lequel toute la création est ordonnée. Ici, on peut se faire une idée de la classification des planètes: Jupiter est « bon » – Saturne est « mauvais » ou inférieur.

On peut ainsi également trouver la base alchymique par laquelle « L’inférieur doit se transmuer en supérieur ».

Ce qui est purement naturel, ne pourra pas devenir divin, mais est et reste dans cette nature.

Connaissez-vous les axiomes de la science hermétique?

Les anciennes idées s’y retrouvent:

Premier axiome: Ce que l’on peut accomplir simplement, ne doit pas être tenté par la voie difficile

Un monde plein de sagesse doit s’ouvrir maintenant devant nous.

Je l’ai déjà dit: C’est si simple! Une âme tombée, jadis divine, a le choix entre la divinité ou le satanisme, qui est de la divinité transmuée.

Si elle éprouve de la repentance ou de la compréhension vis à vis de cet état, qu’est-ce qui la sépare alors de la divinité?

Ne désignons pas encore et de nouveau ici l’égo, pauvre et aveugle, à la vindicte, ou comme étant le grand coupable! L’égo ne fait que suivre celui qui guide, aveuglément.

Il ne possède pas de Lumière en lui-même, il est éclairé comme par transparence; il est éclairé ou bien il est obscurci.

Deuxième axiome:

II n’y a pas de substance qui, sans une longue souffrance, ne puisse être parfaite

La souffrance purifie n’est-ce pas ?

Si elle fait autre chose en nous, c’est qu’il y a quelque chose dans notre intérieur, dans notre âme, qui fait défaut. Une « action » apporte des expériences intenses.

Le plomb qui doit devenir de l’or, devra beaucoup expérimenter.

Troisième axiome:

La nature doit être aidée par l’Art, si sa force est trop faible

L’Art est l’Enseignement à travers l’égo, pour que celui-ci retrouve le bon chemin, et devienne une nature pure, forte et équilibrée.

L’Art est l’Alchymie ;

la Transmutation du Tout.

La nature retourne à la nature, et l’Esprit retourne à l’Esprit.

L’Art et la nature doivent coopérer.

Quatrième axiome:

La nature ne peut rectifier que selon son propre état

La nature est la nature, et elle ne deviendra jamais l’Esprit. La nature ne peut s’identifier à autre chose, elle ne peut que ressembler à cette autre chose.

Ici, je pense à ce splendide exemple du diamant et du saphir : Le diamant est la pierre précieuse la plus élevée; il est, selon son appellation grecque « Adamas », invulnérable.

Mais le saphir peut lui ressembler, lorsqu’on le fond très doucement avec de l’or – le métal le plus élevé – Ainsi le saphir perd-il sa couleur bleue et devient clair comme de l’eau – brillant comme un diamant – mais il reste dans sa structure cristalline (son âme), un saphir. Il ne peut devenir l’autre.

Cinquième axiome:

La nature comprend et conquiert la nature

La nature peut tout entreprendre avec la nature. Il n’y a que l’âme – qui n’est pas de cette nature – qui lui reste incompréhensible.

Et l’on ne peut pas attendre autre chose d’elle. Ainsi, toutes ces méthodes provenant de cette nature, de l’égo, destinées à changer l’âme ou à la renforcer, sont-elles parfaitement inutiles.

Sixième axiome:

Celui qui ne connaît pas la vie, ne connaît pas la nature

Ceux qui ne se connaissent pas, qui ne connaissent ni leur organisme, ni les lois qui régissent leur être naturel, et qui même les repoussent, ceux-là ne vivent pas et n’ont pas alors part au mouvement éternel qui est la Vie.

Septième axiome:

On ne peut arriver d’une extrémité à une autre qu’à travers un médiateur

Le plus Haut et le plus bas ont besoin d’un médiateur pour s’unir l’un à l’autre. L’âme unit Dieu et l’homme. C’est pourquoi l’on doit d’abord être véritablement « homme »: nature – Porteur du mouvement éternel.

Huitième axiome:

Dans l’Alchymie, rien ne peut porter de fruits sans être mort au préalable

Si en nous se trouve encore présent un « petit roi de papier têtu », la Sagesse du Grand Roi ne pourra pas se démontrer.

Plus encore: On ne pourra pas être un prêtre-roi, ni un Hermès, ni un 9.

Le Neuf est le « UN » René; c’est la suffisance purifiée en Sagesse par la souffrance d’un chemin de dures expériences.

Neuvième axiome:

Où les vrais Principes sont absents, les résultats seront imparfaits.

Nous devons nous fonder sur une triple base: Dieu, qui est présent dans l’âme; celle-ci demeure dans une nature modeste et harmonieuse.

Sans ces trois Principes, on ne peut même pas penser à un Chemin spirituel.

Dieu doit demeurer en nous, et pas dans autrui. L’âme doit être clairement présente et vivante, et notre nature doit savoir s’arrêter de s’élever sur elle-même.

Et finalement, comme dixième axiome, une brève sagesse embrassant le tout:

Dixième axiome:

L’Art commence là où la nature arrête son activité

C’est le passage étroit; ici, il y en a beaucoup qui tombent. On considère souvent ce passage comme un début, sans avoir compris l’ensemble des autres axiomes.

L’homme présomptueux lit superficiellement ceci, et il commence par punir la nature, par la torturer, par la mépriser et même par la haïr.

Cependant, ces paroles ne veulent rien dire d’autre que ceci: La nature n’est en mesure d’accomplir que ce qu’elle peut accomplir selon son état – après cela, vient l’Identification avec la Lumière.

Mais avant que cela n’ait lieu, la nature doit être harmonieuse; car toute dysharmonie dans cette nature est un frein dans le processus de l’Art.

Aussi longtemps que nous sommes occupés à observer notre égo avec contrainte, à le traîner ou à le punir, nous serons et resterons des âmes stupides et de pauvres petites gens.

Que pouvons-nous alors parler encore de spiritualité ?

Le miracle de la nature est qu’elle sait transformer.

Le Miracle de l’Esprit, est qu’il s’Identifie.

La nature se perd dans la nature, et devient différente, mais elle reste toujours de la nature.

L’esprit s’adonne à l’Esprit, mais reste Esprit.

L’esprit est individuel – la nature est division : deux forces aveugles par lesquelles elle se transforme sans fin.

Le UN est UN, et à travers chaque nombre travaille la force de ce UN, pour finalement redevenir le Un qui est comme un Neuf.

C’est l’énigme – Et dans le 9, il y a 3 x 3.

D’abord la Lumière, ensuite le Choix, et finalement la Sagesse: 3 – 6 – 9 .

Et ensemble, ils font de nouveau: 3 + 6 + 9 = 9 : l’Ermite, l’Inaltérable, la Lumière de la Lumière, Omniprésent et Indivisible.

Un Mystère en soi. Hermès connaissait ce Secret.

Nous le connaîtrons si nous Le sommes.

Le 9, ce Soleil qui lie ciel et terre, et qui porte en Lui le Message divin, a besoin d’eux, qui lui sont dépendants.

Que cet exposé philosophique soit très proche de la réalité en nous-mêmes :

« Toutes les forces en moi louent le Un et le Tout-puissant, afin que la Gnose devienne Vivante en moi ».

 

SOURCE : le net (merci mon F:. Louis de cet apport)

IbisToth3

Bref Exposé de la Doctrine Gnostique par Sophia Esclarmonde 16 décembre, 2020

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Bref Exposé de la Doctrine Gnostique par Sophia Esclarmonde

Un texte de la Sophia S. J. Esclarmonde, paru en 1913, et qui vaut par certaines lumières qu’il projette sur la doctrine et le credo gnostique.

Bref Exposé de la Doctrine Gnostique

Autel gnostique – Église Gnostique Chaote. Photographie ©Spartakus FreeMann, 2011.

Notions Préliminaires

II importe tout d’abord de bien établir la valeur de ces deux termes : « La Gnose » « Les Gnostiques » qu’on emploie trop souvent fort indifféremment et qui ont pourtant chacun une signification toute spéciale.

La Gnose (gnosis), connaissance ou science primordiale, c’est l’intelligence des choses divines, c’est l’enseignement reçu aux premiers âges du monde alors que l’Humanité terrestre était encore toute imprégnée de la Lumière créatrice ; c’est ce que la tradition a pieusement transmis et jalousement défendu dans les livres sacrés des Indes et de la Chine, dans le mystère des initiations de l’antiquité, au fond des monastères du Thibet, de l’Égypte, de la Chaldée et de la Grèce (Eleusis)…

C’est « la Voix, la liberté, la Vie » dont l’enseignement ésotérique de tous les Christs a été le Verbe ; c’est Elle que les Sages ont cherchée et pressentie ; c’est sur Elle que tous les systèmes philosophiques ou religieux ont prétendu s’appuyer, dont ils ont en effet reflété çà et là quelques rayons de pure lumière, mais qu’ils ont tous plus ou moins déformée et obscurcie par ce qu’ils n’ont pu s’empêcher d’y mettre de leurs conceptions individuelles et de leurs propres contingences. Dépouillez tous ces systèmes de ces « relativités » et vous y découvrirez – comme l’amande précieuse au cœur du noyau fruste – la Vérité éternelle, la Gnose inaltérée, inaltérable, présidant à la marche évolutive de l’âme humaine. On peut dire de la Gnose qu’elle est la subconscience de l’homme qui l’accompagne à travers les âges sans jamais s’appuyer sur d’autres lois que la Raison, sans en appeler à d’autres témoignages qu’à ceux de l’auguste Tradition, et sans avoir besoin de s’entourer d’aucun prestige surnaturel pour affirmer son incontestable autorité.

La Gnose se réclamait déjà d’une haute antiquité au temps [1] parût le plus ancien livre du monde, le Yiking, dicté par Fohi, le Mage-Empereur, 57 siècles avant l’ère chrétienne.

Lao-Tseu en tira un corps de doctrine, et Confucius un système de morale ; le Boudha [sic] y puisa ses préceptes 600 ans avant Jésus-Christ, et notre Sauveur lui-même l’a transmise tout entière à ceux de ses disciples qu’il jugea aptes à la recevoir, notamment à Jean l’Évangéliste. Mahomet en a imprégné le Coran dans son enseignement ésotérique ; et depuis – pour ne parler que de noire Occident -, on la retrouve illuminant les ténèbres du Moyen-Age, jaillissant en rapides éclairs des disputes théologiques des grands réformateurs, comme des savants écrits d’obscurs religieux. Elle a eu ses apôtres et ses martyrs dans tous les cultes. Elle n’appartient à aucune Confession religieuse. Elle est la source de toutes les religions.

Ce n’est pas une religion, c’est la Religion de l’Humanité.

Autre chose est ce qu’on entend par le gnosticisme dont l’origine ne remonte qu’aux premiers siècles de notre ère.

« En ce temps-là, – comme dit le Patriarche Synésius dans son Manuel Préparatoire – en dehors du vieux judaïsme pharisaïque qui s’acharnait à vivre et qui nettement rejetait le Christ-Sauveur, au-dessus du Judéo-Christianisme qui, s’obstinant à vouloir « enfermer le vin nouveau dans les outres anciennes », rêvait avec Pierre on ne sait quel concordat étrange entre la Thora et l’Évangile, il y avait place pour une religion toute de Raison et d’amour qui brisât sans scrupule avec l’implacable Jéhovïsme et qui fût la réalisation loyale, intégrale, complète de la doctrine du Divin Maître ».

Cette doctrine que Jésus de Nazareth prêcha en Judée, en Galilée, en Samarie, et jusque sur les confins de Tyr et de Sidon, n’était pas nouvelle, – nous venons de le démontrer – puisque ses racines plongeaient dans les profondeurs du plus lointain passé ; mais la malice des hommes, le tumulte des événements, mille causes avaient obscurci – pour la mentalité des races blanches surtout – cette très auguste Tradition, et il était devenu nécessaire de la rénover, de la réveiller de son long sommeil, de lui infuser la vigueur et la vie en l’adaptant à la compréhension des peuples à peine sortis de l’enfance, comme à la caducité des civilisations décadentes.

Telle fut la Mission de Jésus, telle fut la partie ésotérique de son enseignement, celle qu’il donna à l’élite de ses disciples, celle qui, en un mot, constitue la partie transcendante de sa doctrine.

L’autre, la partie exotérique, s’adressait à la foule des petits et des humbles : préceptes de morale, appels à la fraternité, proclamation du règne de la Charité universelle… Tous ces préceptes se trouvent clairement reproduits dans les épîtres et les Évangiles qui sont parvenus jusqu’à nous presque sans altération.

Il n’en fut pas de même de l’enseignement ésotérique dont il ne nous est possible de reconstituer les grandes lignes qu’à travers le symbolisme de ce qui nous est resté des écrits des premiers « Gnostiques » : Jean, Simon, Valentin, Basilide, Carpocrate, etc., écrits dont l’interprétation diverse aggravée par la dissidence de leurs disciples, a donné naissance aux divers rameaux de l’arbre gnostique. (Voir l’Arbre Gnostique par Fabre des Essarts).

C’est donc à partir du 11ème siècle de notre ère que date l’existence réelle de l’hérésie gnostique se séparant résolument des chrétiens orthodoxes pour fonder un culte exotérique dissident, sur des données purement ésotériques.

Or, ce qui était inévitable dans ce domaine contingent qui est le leur, arriva bientôt : la division s’accentua tant sur la forme que sur le fond même de l’enseignement, sans néanmoins en perdre de vue les dogmes les plus élevés.

Ces dogmes se retrouvent dans tous les mouvements religieux qui suivirent en vue de secouer le joug de l’Église Romaine.

La doctrine secrète des Templiers, celle des Vaudois et des Cathares, les Albigeois et les Hussistes, Abeilard et les doux philosophes de Port-Royal, tous sont de fait, sinon de nom, des Gnostiques ; et, lorsqu’en 1889 Jules Doinel, notre vénéré rénovateur, cédant à l’appel d’En-Haut, reconstitua l’Église Gnostique sur les bases actuelles, il ne fit que renouer avec nos grands ancêtres la chaîne non brisée de convictions et d’espérances communes.

Que celui qui ignore tout du « Gnosticisme » se garde bien de s’enquérir sans un guide sûr, auprès des Pères de l’Église. Sciemment ou non, ceux-ci ont le plus souvent faussé la doctrine qu’ils combattaient, et volontiers fait passer pour des articles de cette doctrine ce qui n’est qu’emblème ou allégorie.

On devra apporter la même circonspection dans la lecture des écrits consacrés à ce sujet par les savants contemporains. Ces écrits se bornent trop souvent à reproduire sans examen (soyons courtois même pour ceux qui ne le sont pas) les fantaisies, les erreurs, ou les calomnies des Pères de l’Église.

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Credo Gnostique

1. Je crois que tout procède d’un Principe Universel, ineffable, sans limite et sans forme, Un dans son essence, et triple dans ses manifestations: Père, Fils, Esprit.

2. Je crois que ce Principe est le suprême Propâtor, et que la Pensée, indissolublement unie a lui-même, a engendré la hiérarchie des Saints Éons qui sont ses attributs, par lesquels II se manifeste, et qui, émanés de Lui, lui sont consubstantiels.

3. Je crois que le Démiurge est le principe de la division et de l’égoïsme, qu’il a produit toutes les relativités, et qu’ainsi il est le créateur de toute forme et de toute existence individuelle; mais que le principe supérieur qui est en lui et par lequel il se rattache à l’esprit Universel, procède directement du Propâtor.

4. Je crois que l’Eon Christos, uni à l’Esprit-Saint, se manifeste à nous par les “Sauveurs”, et que le Sauveur de notre âge terrestre est Jésus à qui ils ont inspiré l’Évangile Éternel.

5. Je crois que la mission de ces Sauveurs a pour but de préparer en nous l’avènement du Paraclet qui est le Saint-Esprit et qui se manifeste à nous comme la Vierge de Lumière.

6. Je crois que tous les êtres rentreront finalement dans le sein du Plérôme, où règnent l’Harmonie, la Justice et la Grâce dans tous les Éons

Aôm! — ».

Obs.: Ce Credo est le credo des premiers grades, le credo extérieur si l’on peut s’exprimer ainsi. Le credo intérieur, celui des hauts grades ne peut se commenter.

Commentaire du Credo (Art. 1-2)

Le Principe Universel

Pour donner une idée sensible de l’Être divin, sans courir le risque de le défigurer, il faudrait s’en tenir au graphique des Jaunes inventé par Fohi. Mais cela ne satisfait pas notre entendement occidental.

Voici ce que dit à ce sujet Mme Anna Kingsford dans son beau livre La voie parfaite, page 48: « Antérieurement à toute existence, la substance (le Principe) régnait seule, non différenciée. L’Être pur emplissait l’immensité. – Or, ce qui existe avant le commencement des choses est nécessairement la potentialité des choses et est forcément homogène, c’est-à-dire Un ».

Ce que madame Kingsford aurait pu ajouter, car ce point de départ, quelque difficile qu’il apparaisse, est le seul vrai, c’est que l’Etre-non-être (car cette dualité seule nous permet d’exprimer le grand arcane de l’Univers) est représenté par le zéro et non par le Un. Le Un est le zéro manifesté, DEJA manifesté. Notre entendement ne peut comprendre Un que par son rapport avec deux; donc poser Un, c’est admettre la série des nombres.

L’Univers est l’existence, c’est-à-dire Dieu manifesté ou mieux l’Etre, le Un.

Antérieurement à cet Univers, Dieu subsistait non-manifesté, représenté par le zéro.

[Voici la série: L’Être-non-Être; Zéro,

L’Être-manifesté: Un (c’est Dieu dans l’esprit humain)

La Volonté créatrice: Deux.

L’acte de la Création: Trois.

L’Univers des choses créées : Quatre.

Cette vérité de série est Taoïste, fohiste, moïsiaque, gnostique et rosicrucienne.]

Il n’y avait ni mouvement, ni obscurité, ni espace, ni matière, ni en général aucune des conditions particularisées de l’existence dans l’un quelconque de ses degrés ou états en multiplicité indéfinie. Il n’y avait que Dieu le non créé, le Soi subsistant qui était comme une lumière invisible.

En effet, Dieu (le Principe Universel selon Claude de Saint-Martin) c’est l’Être absolu qui demeure et qui n’est cependant soumis ni à l’espace, ni au temps puisqu’il les renferme ainsi que toutes les possibilités d’existence. C’est l’Être-non-Etre et puissance d’être, ce qui est le grand ternaire métaphysique; 1° Puissance d’être en tant que renfermant toutes les possibilités; 2° Non-être en tant que ne les réalisant pas; 3° Être en tant que les réalisant. Mais il n’est pas seulement cela; il est aussi le Ternaire dénommé: Volonté, Intelligence, Amour ou Père, Fils, Esprit; et voici comment, dans notre doctrine, nous entendons ces trois Ternaires qui en réalité n’en font qu’un étant considérés successivement sur trois plans selon les différents aspects de la divinité.

Le Non-être que nos enseignements déclarent (par insuffisance d’une expression plus juste) supérieur à l’Être est en fait le Zéro, l’Abîme insondable, le grand Ineffable.

L’Etre, l’Un, c’est, dit Matgioï (Voie Métaphysique), La Perfection.

On compte deux Perfections: la Perfection active et la Perfection passive. Kien et Kouen des mages d’Extrême-Orient.

La première, active, est génératrice et réservoir potentiel de toute activité; mais elle n’agit point. Elle est et demeure en soi, sans manifestation possible. Elle est donc inintelligible à l’homme en l’état présent du composé humain.

Lorsque cette Perfection s’est manifestée, elle a, sans cesser d’être elle-même, subi la modification qui la rend intelligible à l’esprit humain, et elle se dénomme alors la Perfection passive, (Kouen).

Ici, comme partout ailleurs, le grand Principe est l’Un, et c’est Lui, sous son aspect manifesté et reflété dans la conscience humaine, que le Sage propose à notre contemplation et à notre étude (Matgioï, Voie Métaphysique).

La Volonté d’être de cet Un se manifeste extérieurement par l’émanation, et, de même que la lumière blanche, rencontrant un prisme, détermine des faisceaux de couleurs diverses, l’émanation émise par l’Un dans le Kénôme ou Vide détermine des créations sensibles de valeurs différentes, ou plutôt d’aspects différents, car la valeur – peut-on dire intrinsèque ? – reste la même.

Le gnosticisme n’impose point à ses fidèles la croyance en un inacceptable tri-théisme. Il ne leur annonce pas non plus un Dieu en trois personnes distinctes, tri-unes, égales en puissance, et pourtant hiérarchisées par la procession.

Non! Il s’agit simplement, comme nous le disons plus haut, de trois aspects de la divinité, de trois hypostases, distincts sans doute, mais inséparables; de trois personnes si l’on veut, mais en attachant au mot personne son vrai sens étymologique, c’est-à-dire rôle, jonction, attribut.

Le Démiurge ou la Création (Art. 3-4)

Nous avons vu au chapitre précédent que le gnostique croit en un seul Dieu Éternel.

Ce Dieu étant la Perfection même, rien d’imparfait ne peut émaner de lui. D’où il suit logiquement que l’Univers, le Cosmos, le monde matériel et formel avec les humanités physiques, s’ils sont imparfaits (et dans la mesure où il les sont) ne peuvent pas être Son œuvre.

Nous enseignons que la Création, chose sublime mais limitée, amalgame prodigieux de lumière et de ténèbres, de bien et de mal, comme de tout ce qui est relatif, n’a pas eu pour créateur l’Etre Suprême, mais est le résultat des forces actives de la matière et des autres possibilités analogues, destiné à périr avec elles – quand elles seront devenues inutiles – ou à se transformer encore après la Réintégration finale.

“Le Démiurge” des vieux gnostiques n’est pas l’effort de ces forces créatrices, comme d’aucuns l’ont cru; c’est au contraire le symbole de la Limite qui doit disparaître en même temps qu’elle. Le démiurge se suicide par et dans la Réintégration.

On appelle aussi le Démiurge: Prince de ce monde, Limite ou grande Illusion; il n’est pas le courant des formes, car celui-ci est bénéfique : c’est la voie, en ce qu’elle a d’humain; mais il est la source des formes dans lesquelles les êtres s’écoulent et dont l’Humanité, avant sa naissance et aussi après sa mort terrestre – est une des formes, comme l’humanité terrestre est une des modifications de cette forme.

La Perfection est bien la génératrice de ce courant formel – c’est son aspect passif – et l’humanité qui en émane, sortie de l’Infini, doit y rentrer (sans cependant qu’elle en soit jamais sortie au sens propre du mot) comme y rentreront toutes les formes visibles et invisibles de l’Univers, toutes divines dans leur essence, et ne se distinguant de leur Principe que par la nature et la qualité qui, par succession des modifications, précisent la forme, c’est-à-dire la limite rendue sensible.

Entre Dieu et nous, il y a la Limite, et il n’y a pas autre chose que la Limite, puisque, si elle est supprimée, toute création disparaît, il ne demeure que l’Unité Universelle.

Dans la marche évolutive de l’Univers, – de tous les êtres – de l’homme collectif qui en est une forme et de l’humanité terrestre qui est une forme de l’Homme collectif. – c’est le libre arbitre de l’espèce qui, de cet homme collectif, fait des individus –  dans cette marche évolutive, l’Univers tend à remonter le courant formel, à se dégager de la Limite, à libérer le “Rayon divin” qui l’a généré et qui y reste emprisonné à tous le degrés.

Le passage des êtres à travers les modifications de l’Univers est donc une ascension régulière continue, harmonique et bienfaisante, à laquelle La Perfection dont nous sommes, nous, d’infinitésimales parcelles et les émanations continues, ne pourrait pas faire que nous ne participions pas sans cesser elle-même d’être la Perfection.

Pour l’homme individuel terrestre, la loi des renaissances – admise par presque tous les systèmes religieux et philosophiques -, cette loi, si réelle et si logique avec toutes les conséquences heureuses qui en découlent pour nous tant au point de vue de notre fin, qu’au point de vue de notre personnalité, n’est que l’effort continu de la personnalité, dégagée de l’individu, dans le mouvement ascensionnel général et libérateur qui l’emporte. L’individu s’agite sur le plan formel : la personnalité, poussée par le mouvement de la Voie, gravit une spirale ascensionnelle, dont chaque point est déterminatif d’un plan d’existence individuelle pouvant se modifier indéfiniment.

Mais ce qu’il est important de bien préciser ici, c’est que la loi des « renaissances » n’a rien de commun avec la forme réincarnationniste que nous n’admettons point, en vertu de cette même Loi d’évolution et d’harmonie qui s’oppose au passage répété ou renouvelé de l’individu sur un même plan.

Un dernier mot sur le « Démiurge » : on peut dire que c’est encore l’effort involutif par lequel la matière s’oppose à l’effort ascensionnel du “Rayon céleste”.

Quelques mots sur les trois « Adams » sont ici nécessaires.

1° L’Adam-Kadmon, c’est-à-dire l’Humanité ou Homme Collectif, émané directement de la Pensée de Dieu, « fait à son image et à sa ressemblance », n’existant qu’à l’état abstrait, et qui ne se réalisera en mode positif que lorsque tous les êtres humains parcellaires seront enfin réunis dans un tout unique.

2° L’Adam-Planétaire ou astral représentant la somme des individus évolués sur une planète déterminée.

3° L’Adam-humain ou terrestre, lequel n’est autre que la première manifestation limitée, c’est-à-dire individualisée de l’Adam-Kadmon sur notre planète.

Car c’est une erreur profonde de croire que « la vie » telle que les humains l’entendent (ce mot pris dans un sens tout à fait général) se concentre toute entière sur notre globe terrestre.

Non seulement toutes les planètes de notre système solaire, mais celles de tous les autres systèmes visibles ou invisibles (et peut être même la sphère interne des étoiles et des soleils) possèdent des êtres analogues à nous par les côtés essentiels et divins, différents par les conditions de milieu, c’est-à-dire par l’enveloppe matérielle, par tout le reste des attributs, et même par la « vie », mais n’étant pas moins appelés comme nous à rentrer un jour dans la constitution définitive de l’Adam-Kadmon.

D’où il suit que ce qu’on appelle « Mort » n’existe pas ; la mort n’est que le passage d’une modification dans une autre, une renaissance, la libération de parties étrangères à notre « Soi », un pas de plus fait vers le but commun de toute existence.

Rédemption (Art. 5-6-7)

L’enseignement gnostique professe que c’est la Pensée de Dieu, l’Esprit-Saint, qui, à des époques déterminées, a suscité les Prophètes, les Précurseurs, les Médiateurs, les Rédempteurs, les Messies… dont l’humanité terrestre, de plus en plus enlisée dans la matière, avait besoin pour se relever et se maintenir en relation avec son Principe.

C’est ce que notre Maître, Claude de Saint-Martin, appelle les « agents » ou « grands instructeurs ».

– Jésus de Nazareth a été la dernière manifestation de cette Pensée divine dans notre monde occidental – comme plus tard Mahomet devait l’être pour l’Orient.

Pensée divine, Esprit-Saint, Vierge de lumière ! c’est d’Elle qu’il a reçu sa mission. C’est Elle qui a revêtu son verbe de chair dans le corps immaculé de la Vierge de Nazareth; c’est Elle qui a quitté cette enveloppe matérielle au jardin de Gethsémani quand, son œuvre terrestre achevée, Jésus-Christ s’est écrié : « Mon Père! mon Père ! pourquoi m’avez-vous abandonné ? ». – Car l’humanité seule du Sauveur a été crucifiée sur le Golgotha; sa personne divine l’avait déjà quitté, et ce n’est plus que sous une forme illusoire, c’est-à-dire sans autre réalité que celle en rapport avec les besoins de la manifestation, qu’il continua à s’entretenir avec ses apôtres et quelques disciples pour leur donner son enseignement ésotérique.

Résumé

En dehors de ces grandes lignes que nous venons rapidement d’esquisser, l’Église Gnostique n’impose aucun dogme et ne se met non plus en contradiction avec aucun puisqu’elle ne se place pas au même point de vue que les religions exotériques avec lesquelles elle ne peut conséquemment pas entrer en lutte ni en concurrence.

Elle n’admet pas plus le péché originel que la damnation éternelle ou la résurrection de la chair; mais elle professe avec la doctrine Hindoue, que tous les êtres seront sauvés, c’est-à-dire réintégrés, au moment où l’Univers disparaîtra dans la “Nuit de Brahma”; car il est inadmissible qu’un seul de ces rayons divins répartis dans la création ne remonte pas vers son Principe.

— C’est dire que nous croyons à l’Éternité de l’Esprit qui est en nous, à sa conscience et omni-conscience ; au travers de ses modifications formelles et autres dont il bénéficie.

— L’Église Gnostique confère le triple baptême, le Sacrement de Purification — sans imposer la confession auriculaire, ni le jeûne, ni les macérations.

— Elle distribue la Sainte Eucharistie sous les deux espèces, en représentation du corps et du sang mystiques de N. S. Jésus-Christ.

L’Église gnostique admet, avec toute l’antiquité, les droits de la femme aux fonctions sacerdotales; elle n’impose pas le célibat à ses prêtres, tout en considérant la continence comme un état supérieur et le plus puissant moyen d’ascèse.

Sa morale est éminemment saine et pure.

Sa liturgie est comme sa morale ; les principaux éléments en sont les mêmes que ceux des Églises chrétiennes dont elle redit – tantôt en grec, tantôt en latin ou en français – les plus sublimes invocations, et dont elle reproduit les hauts symboles ou les rites théurgiques sacrés, aujourd’hui délaissés ou incompris par ceux-là mêmes qui en avaient été constitués les gardiens.

Elle a les mêmes glorieux mystères, dont elle a su, en se prosternant, soulever un coin de voile.

Elle s’adresse, non pas à une croyance aveugle, mais à la Foi éclairée par la Raison et pose en principe que tout peut s’expliquer naturellement à la lueur de ce flambeau.

Envers Dieu, elle n’impose que le désir de le connaître et un élan d’amour,

Envers nos frères – y compris ces “frères inférieurs” dans tous les règnes de la création – elle prêche la Charité qui, envisagée dans l’universalité, est identique à l’amour divin.

SOURCE :https://www.esoblogs.net/

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Bref Exposé de la Doctrine Gnostique, Sophia Esclarmonde, S. I., Paris, 26 février 1913.

PHI LE NOMBRE D’OR 28 novembre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

PHI LE NOMBRE D’OR
Le Secret des Mathématiques Egyptiennes

LES ETOILES  ROYALES
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1,618 033 989
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PHI LE NOMBRE D'OR dans Recherches & Reflexions vesicapisces

 

LA PROPORTION DIVINE


Le NOMBRE D’OR n’a rien d’extraordinaire dans la nature. C’est un nombre égyptien basé sur les mathématiques. Le NOMBRE D’OR est utilisé pour la fabrication des Pyramides et la lecture du ZODIAQUE égyptien. Il est représenté de façon occulte par les symboles du YIN-YANG, des POISSONS et on le retrouve dans le VESICA PISCIS. Il est un élément fondamental du ZODIAQUE mais aussi de la TERRE dans son cycle.Les légendes sur cette SPIRALE sont purement des histoires à dromir debout, leNOMBRE D’OR n’a jamais été utilisé par les artistes et les architectes jusqu’à ce que Matila Ghyka (avec en effet la bénédiction de Paul Valéry) en fasse rétrospectivement un mythe début XXe.


Golden-Spirale dans Recherches & Reflexions

 

En Egypte, les créateurs du ZODIAQUE égyptien représentent l’écliptique sous forme de SPIRALE et le LION (le Sphinx) semble mener la ronde. Nous savons que les mesures de la Grande Pyramide de Gizeh que l’on attribue à Khéops sont basées sur le NOMBRE D’OR. Les créateurs du ZODIAQUE démontrent encore que leur génie est sans limites, puisqu’ils ont placé un code secret sur le cercle. Cette formule mathématique est utilisée pour les SAISONS !


precession

 

Le NOMBRE D’OR se trouve plusieurs fois indiqué, les créateurs de DENDERAH ont donc réalisé avant de commencer à sculpter le bas-relief, un plan géométrique se basant sur le NOMBRE D’OR, comme pour la construction des pyramides. Les Grecs ne sont pas les seuls à s’être servi de la trigonométrie (3D). Mais il y a une autre SPIRALE, celle que forme la TERRE dans le cycle de la précession des Equinoxes, et cette SPIRALE est certainement celle du NOMBRE D’OR avec ses proportions.Voir : Secret du Zodiaque

 

ETOILE D’OR ET RECTANGLE D’OR

 

L’étoile à 5 branches est mathématiquement un élément du NOMBRE D’OR, l’étoile contient le RECTANGLE D’OR répété plusieurs fois. Tous ces rectangles ont exactement les même proportions et ils peuvent se reproduire à li’infini. Si l’on met bout à bout les deux lignes les plus courtes, elles deviennet égale à la troisième, et cette ligne montre les proportions magiques du fameux NOMBRE D’OR. Pareillement avec les lignes 2 et 3, une fois encore nous obtenons le NOMBRE D’OR.


pentacle-golden

 

Ce resctangle d’Or est dans les monuments Egyptiens, Mayas et on le trouve en Asie. Chez les Grecs, il s’est imposé comme un élément de la beauté dans leurs monuments et les statues. Il est présent dans la construction des Cathédrales et les tableaux des peintres comme un élément magique. C’est purement un NOMBRE mathématique lié aux cycles de la Terre, il n’est aucunement dans la nature un nombre merveilleux, pas plus que le cercle ou le carré, mais il est un nombre mathématique fantastique. Voir : Le Nombre d’Or

 

NOMBRE D’OR ET MONOLITHE

 

Dans l’épopée de GILGAMESH, le TAUREAU (Aldebaran) de l’épisode peut être comme un marqueur des âges zodiacaux quand l’épopée a été composée. L’âge du TAUREAU (Apis / Ptah en Egypte) a duré de 4300 AV.JC circa 2150 AV.JC circa. Cependant, si nous acceptons que Enkidu est la période des Néandertaliens, l’histoire du TAUREAU conduit à la mort de Enkidu, est plus probablement un codage du moment de l’extinction de l’homme de Néandertal.Cela nécessite l’achèvement d’un cycle complet de la précession des équinoxes, une « Grande Année » ou « Grand Retour » de près de 26.000 années, plaçant l’extinction de l’homme de Néandertal à quelque 32 000 années, et c’est exactement en phase avec les estimations actuelles.Le mythe par rapport à l’ancienne connaissance astronomique, avec les ARBRES DE VIE (les étoiles) symbolisent souvent l’AXE polaire de la Terre et sont des marqueurs de la Grande Année de la précession des équinoxes et de l’axe de la terre à travers les douze maisons du ZODIAQUE. Il se trouve aussi que la hauteur en coudées de la porte des temples est le nombre numérique 72, la valeur en nombre entier le plus proche pour le nombre d’années (71,6) requis pour une changement de précession d’un degré le long de l’écliptique.


nombre-or

 

Dans la mythologie égyptienne, Osiris est tué par les 72 laquais de Set. 12 est récurrent dans le texte (notamment le nombre de jours de la maladie d’Enkidu) avec son double 24 (la largeur de la porte du temple), est bien sûr le nombre de constellations dans le zodiaque, et la liaison de 72 à 24, pas 12, peut très bien avoir été employé pour indiquer la seconde, plus tôt l’âge du TAUREAU. Le nombre 30, figurant dans le texte de 300, est certainement le nombre de citoyens d’Uruk tués par le TAUREAU (100 puis 200), c’est le nombre de degrés d’arc que chaque constellation occupe le long de l’écliptique.Ainsi 72 années x 12 x 30 constellations degrés d’arc = 25 920 années, ou un grande année. GILGAMESH a apporté une histoire à partir d’un temps d’avant le déluge, c’est à dire, la fin de la dernière ère glaciaire, la préservation de notre histoire la plus ancienne dans la pierre. A l’intérieur de ce rectangle, leNOMBRE D’OR est inséré, il permet de lire numériquement les solstices. On retrouve ce rectangle un peu partout dans la publicité, les feuilles de papier, les édifices, etc..

 

golden
Monolithe et Golden Ratio : Des valeurs numériques du Zodiaque

 

ROS TAU

 

Le TAU vient du nom du plateau de GISEH en égypte qui s’appelait autrefois ROS TAU (Rose Croix), il est  » l’ emblème de tous les emblèmes « . Le symbole a été utilisé t en mathématiques pour représenter le NOMBRE D’OR jusqu’à ce que la lettre grecque PHI (F) acquise prominance (après la première lettre de Phidias, sculpteur célèbre du Parthénon). C’est un symbole mâsculin avec une forme de phallus. Le SERPENT d’AIRIN (25e degrès maçonique) du judaïsme est ainsi enroulé sur la croix de TAU. On retrouve ce symbole partout (Nations Unies, Medecine, etc.).


rostau

 

Le TRIPLE TAU (3T ou T3) est un symbole maçonnique important, le joyau du 33ème degré représente quatre TAUS formant une CROIX grecque, le QUADRUPLE TAU représente la grande croix dans les cieux. Il permet de lire correctement le ZODIAQUE égyptien dans le bon sens. CROIX ANK, la SVATISKA, le YIN-YANG, OHM, et tant d’autres symboles, sont des représentations de PHI.LeNOMBRE D’OR est la proportion, définie initialement en géométrie, comme l’unique rapport entre deux longueurs telles que le rapport de la somme des deux longueurs (a+b) sur la plus grande (a) soit égal à celui de la plus grande (a) sur la plus petite (b) c’est-à-dire lorsque (a+b)/a = a/b. Le découpage d’un segment en deux longueurs vérifiant cette propriété est appelé par Euclide découpage en extrême et moyenne raison. Le NOMBRE D’OR est maintenant souvent désigné par la lettre PHI.


spirale

 

Ce nombre irrationnel est l’unique solution positive de l’équation x2 = x + 1 soit approximativement 1,618 033 989. Il intervient dans la construction du pentagone régulier et du rectangle d’or. Ses propriétés algébriques le lient à la SUITE DE FIBONACCI et permettent de définir une « arithmétique du nombre d’or », cadre de nombreuses démonstrations. valeur

 

Le NOMBRE D’OR existe donc bien, mais il n’y a rien d’un NOMBRE extraordinaire créateur de l’univers ! Il s’agit de la proportion selon laquelle le rapport entre deux parties est égal au rapport entre la plus grande de ces parties et le tout. C’est un nombre irrationnel : (1 + v5) / 2. Soit 1,618 et un nombre infini de décimales.On le trouve notamment obligatoirement dans certaines figures géométriques comme rapport entre longueurs incommensurables. En particulier dans tout ce qui est pentagonal (au même titre que v2 intervient dans le carré, v3 dans le cube ou Pi dans le cercle). Il est lié à la suite de Fibonacci, qui est faite de nombres entiers correspondant à beaucoup de modèles de croissance, et qui tend vers leNOMBRE D’OR.Le nombre 154 est aussi beaucoup utilisé. Un cercle de diamètre 14 a le même périmètre qu’un carré de côté 11 et 14/11 est la racine carrée duNOMBRE D’OR, d’où l’importance du nombre 154 (11×14).LeNOMBRE D’OR est une fascination mathématiques utilisée par les sectes et la franc-maçonnerie. L’histoire de cette proportion commence à une période reculée de l’antiquité grecque. À la Renaissance, LUCA PACIOLI, un moine franciscain italien, la met à l’honneur dans un manuel de mathématiques et la surnomme DIVINE PROPORTION en l’associant à un idéal envoyé du ciel. Cette vision se développe et s’enrichit d’une dimension esthétique, principalement au cours des XIXe et XXe siècles où naissent les termes de section dorée et de NOMBRE D’OR.

 

LES ORIGINES

 

Le NOMBRE D’OR se trouve parfois dans la nature comme dans les capitules du tournesol ou dans certains monuments à l’exemple de ceux conçus par Le Corbusier. Il est aussi étudié comme une clé explicative du monde, particulièrement pour la beauté. Il est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique.Certains artistes, tels le compositeur Xenakis ou le poète Paul Valéry ont adhéré à une partie plus ou moins vaste de cette vision, soutenue par des livres populaires. À travers la médecine, l’archéologie ou les sciences de la nature et de la vie, la science infirme les théories de cette nature car elles sont fondées sur des généralisations abusives et des hypothèses inexactes.Les historiens considèrent que l’histoire du nombre d’or commence lorsque cette valeur est l’objet d’une étude spécifique. Pour d’autres, la détermination d’une figure géométrique contenant au moins une proportion se calculant à l’aide du NOMBRE D’ORsuffit. La pyramide de Khéops (vers 2520 av. J.-C.) devient, selon cette dernière convention, un bon candidat pour l’origine. D’autres encore se contentent des restes d’un monument dont des dimensions permettent d’approximer le NOMBRE D’OR. Selon ce critère, un amas de pierres sous la mer des Bahamas est une origine plus ancienne. Ces vestiges, dont l’origine humaine et la datation sont incertaines sont dénommés TEMPLE D’ANDROS. Voir : Ruines dans les Caraibes

Les historiens s’accordent tous sur l’existence d’une origine ancienne, mais l’absence de document d’époque définitif interdit une connaissance indiscutable de l’origine. Dans ce cadre, l’hypothèse est parfois émise que le nombre d’or a son origine chez les pythagoriciens : ils auraient connu et construit empiriquement le dodécaèdre régulier. Les pythagoriciens connaissaient déjà une construction du pentagone à l’aide de triangles isocèles. À cette époque, l’étude du nombre d’or est essentiellement géométrique, Hypsicles, un mathématicien grec du IIe siècle av. J.-C., en fait usage pour la mesure de polyèdres réguliers. Elle revient chaque fois qu’un pentagone est présent.

Le premier texte mathématique indiscutable est celui des Éléments d’Euclide (vers 300 av. J.-C.). Dans la 3e définition du Livre vi, le nombre d’or est défini comme une proportion géométrique. Sa relation avec le pentagone, l’icosaèdre et le dodécaèdre régulier est mise en évidence. Il est donc lié aux problèmes géométriques déjà résolus par les les pythagoriciens, mais selon l’historien des sciences Thomas Heath (s’appuyant sur Proclus), c’est probablement PLATON qui en avait fait ensuite un sujet d’étude spécifique.

Les mathématiques arabes apportent un nouveau regard sur ce nombre, plus tard qualifié d’or. Ce n’est pas tant ses propriétés géométriques qui représentent pour eux son intérêt, mais le fait qu’il soit solution d’équations du second degré. Al-Khawarizmi, un mathématicien perse du VIIIe siècle, propose plusieurs problèmes consistant à diviser une longueur de dix unités en deux parties. L’un d’eux possède comme solution la taille initiale divisée par le NOMBRE D’OR.

ABU KAMIL propose d’autres questions de même nature dont deux sont associées au nombre d’or. En revanche, ni pour Al-Khawarizmi ni pour ABU KAMIL, la relation avec la proportion d’extrême et moyenne raison n’est mise en évidence Il est difficile de savoir si la relation avec le nombre d’or était claire pour eux.


naissancevenus

Les dimensions de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli respectent assez précisément la divine
proportion. Il est pourtant très peu probable que cela indique une quelconque volonté de l’auteur.

 

Au Moyen Âge, LEONARDO PISANO, plus connu sous le nom de FIBONACCI, introduit en Europe les équations d’ABU KAMIL. Dans son livre Liber Abaci, on trouve non seulement la longueur des deux segments d’une ligne de 10 unités mais aussi, clairement indiquée la relation entre ces nombres et la proportion d’EUCLIDE. Son livre introduit la suite qui porte maintenant son nom, connue « aux Indes » depuis le VIe siècle. En revanche la relation avec le nombre d’or n’est pas perçue par l’auteur. Un élément de cette suite est la somme des deux précédents. Trois siècles plus tard, LUCA PACIOLI rédige un livre dénommé La DIVINE PROPORTION, illustré par LEONARD DE VINCI. Si l’aspect mathématique n’est pas nouveau, le traitement de la question du NOMBRE D’OR est inédit.

 

NOMBRE D’OR ET PYRAMIDE

 

La pyramide de Kheops a des dimensions qui mettent en évidence l’importance que son architecte attachait au nombre d’or. Le rapport de la hauteur de la pyramide de Kheops, mesurée par Thalès de Milet (-624 ; -548) par sa demi base est égal au nombre d’or. Les proportions géométriques de la Grande Pyramide de GIZEH présentent certaines qualités également remarquables, souvent évoquées, telles les deux valeurs PI et PHI (le nombre d’or).On trouve en particulier la première dans le rapport de la hauteur h au demi-périmètre de base p , soit h/p = 22/7 = 3,1428, nombre très voisin de PI = 3,1416, et la seconde dans le rapport de l’apothème x à la demi-base b , soit x/b = 8,9023/5,5 = 1,618, qui est égal à (1 + racine carré de 5)/2, exactement leNOMBRE D’OR. On y trouve également le mètre, la vitesse de la lumière, la vitesse de rotation de la terre et une carte du ciel indiquant les EQUINOXES.


pyramide

 

LE NOMBRE D’OR DANS LA NATURE


Le Nombre d’Or n’est Aucunement un Nombre Merveilleux de la Création

 

Dans le monde végétal, les écailles des pommes de pins engendrent des spirales particulières, dites logarithmiques. Ces spirales se construisent à l’aide d’un nombre réel non nul quelconque. Si ce nombre est égal au NOMBRE D’OR, les proportions correspondent à la moyenne et extrême proportion d’EUCLIDE et la SUITE DE FIBONACCI apparaît. Ce phénomène se produit sur les étamines d’une fleur de tournesol. La présence du NOMBRE D’OR n’est pas controversée dans ce cas mais ce n’est pas exactement la divine proportion. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR dans la nature ! En biologie, l’ordonnancement des écailles d’une pomme de pin ou de l’écorce d’un ananas induit des spirales ordonnées par des nombres entiers, souvent associés au NOMBRE D’OR. Sur la POMME DE PIN on observe 8 spirales, chacune formée de 13 écailles dans un sens et 13 spirales formées de 8 écailles dans l’autre sens. Les proportions de ces spirales ne sont pas très éloignées de celles d’une SPIRALE D’OR. C’est exactement pareil pour le NAUTILE, tout ce qui ressemble à une spirale est attaché à la divine proportion, mais elle ne figure pas vraiment ! Les nombres 8 et 13 sont deux nombres consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI et leur rapport est proche du nombre d’or. Un phénomène analogue se produit avec les étamines des TOURNESOLS, cette fois avec les couples d’entiers (21,34), (34,55) et (55, 89). Chacun de ces couples correspond à deux entiers consécutifs de la SUITE DE FIBONACCI.


pin_or

 

En minéralogie, il existe des cristaux dont les atomes s’organisent selon un schéma pentagonal. Les proportions entre les côtés et les diagonales du pentagone font intervenir le NOMBRE D’OR. Il est aussi présent dans des structures dites quasi cristallines. Les atomes dessinent des TRIANGLE D’OR qui remplissent l’espace sans pour autant présenter de périodicité, on obtient un pavage de Penrose. Pour la même raison que précédemment, le NOMBRE D’OR est présent et l’on retrouve la SUITE DE FIBONACCI. Le pentagone n’est pas présent dans tous les cristaux. La structure cubique à faces centrées d’un diamant ne fait pas intervenir le NOMBRE D’OR. Il n’y a pas le NOMBRE D’OR ni PROPORTION D’OR ni SUITE DE FIBONACCI dans l’étude de la spirale logarithmique correspondante comme celles que forment la coquille du mollusque le NAUTILUS, les yeux sur les plumes d’un paon ou encore certaines galaxies, ce sont des légendes urbaines afin de mieux cacher les mystères du ZODIAQUE égyptien. Voir : Invention des Religions

 

LE CORPS HUMAIN


Une théorie minoritaire et controversée

Le corps humain est un enjeu souvent corrélé à celui du NOMBRE D’OR. Il comporte différentes facettes. Tout d’abord scientifique, la question mainte fois posée est de savoir si le corps, à l’image de la fleur de tournesol, possède une relation plus ou moins directe avec le NOMBRE D’OR. En terme artistique, la divine proportion est-elle utilisable pour représenter le corps ? Il existe enfin un enjeu esthétique. Si le nombre d’or, comme le pense le compositeur Xenakis, est relié à notre corps, son usage peut être une technique pour obtenir de l’harmonie. Albrecht Dürer développe un module dans le même esprit que l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Le sien utilise un système de division par dix. La première corrélation recherchée est dans les dimensions du corps humain. Elle débouche sur la tentative d’un système de mesure construit à l’aide du seul nombre d’or. Zeising fonde toute une anatomie sur cette arithmétique. Après un vif effet de mode, cette approche est finalement abandonnée. Ses proportions sont à la fois trop imprécises et ne correspondent que trop mal à l’anatomie du corps humain. Les proportions du crâne, par exemple, ne sont pas réalistes. D’autres raisons, plus profondes encore, sont la cause de l’abandon d’une démarche de cette nature. L’anatomie médicale n’est pas à la recherche d’une proportion particulière, mais des limites qui, si elles sont dépassées deviennent pathologiques. Elle utilise des fractions simples ainsi que des plages de longueur, mais jamais le NOMBRE D’OR. Là où certains voient une divine proportion, comme dans le rapport de la longueur de l’avant-bras sur celui de la main, l’anatomiste scientifique calcule le rapport entre la longueur de la main et celle de l’avant bras, il voit 2/3. La différence entre les deux approches, inférieure à 8 %, ne lui paraît pas justifier une telle complexité, au vu des variations observées entre les individus. Stephen Jay Gould, un paléontologue, a montré à quel point les mesures anthropométriques visant à étayer les doctrines de cette époque étaient biaisées par leurs auteurs. Une autre raison est que les dimensions d’un être humain sont en constante évolution. En un siècle, la stature du Français moyen a augmenté de 9 centimètres, et cette croissance n’est pas uniforme. Le jeu des proportions d’un corps humain est essentiellement dynamique, cet aspect rend difficile d’imaginer une proportion unique, clé universelle de l’anatomie humaine. Une approche de cette nature, trop normative et intemporelle, n’a pas beaucoup de sens scientifique en anatomie. Si cet axe de recherche n’est plus d’actualité, cela ne signifie pas l’abandon de la quête du NOMBRE D’OR dans le corps humain. Le cerveau est maintenant source d’attention. Cette théorie reste minoritaire et controversée.

Les contraintes artistiques sont de natures différentes. Les artistes, attentifs au travail des médecins, ont imaginé des modules ou systèmes de proportions, propres au corps humain. Le désir de le représenter impose une démarche de cette nature. Un très ancien module est celui des Égyptiens, la classique proportion qu’est le rapport de la taille complète à la hauteur du nombril est estimée à 19/11, relativement loin du NOMBRE D’OR.

Les modules sont, en général, purement fractionnaires. Tel est le cas de celui inventé par les Égyptiens, par Polyclète, qui nous est rapporté par Vitruve, de celui de Cousin, de Vinci ou de Dürer . Il est néanmoins difficile d’en déduire que Dürer croyait en un canon universel. Il initie une conception fondée sur la pluralité des types de beauté, ayant chacune ses proportions propres.

 

SYMBOLES DU NOMBRE D’OR


Une Clef Occulte pour ouvrir le Stargate

Les symboles du NOMBRE D’OR sont nombreux. Pour lire le ZODIAQUE la CLEF est symétrique ou en forme de SPIRALE. Il y a le fabuleux YIN-YANG asiatique utilisé par les sectes et sociétés secrètes , comme avant eux les rois avec la FLEUR DE LYS, mais aussi la POMME (pomme rouge puis Or quand elle est coupée), la POMME DE PIN, le VESICA PISCIS, le CADUCE, une CLEF ou une SERRURE, une DOUBLE ECLIPSE, la fleur de TOURNESOL, etc..

 

APPLE


L’héritage de Steve Job

 

Le CODE est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique. Nous pouvions sentir une l’élégance délibérée, réfléchie, créative, simple, modeste, parfaite et intemporelle chez Steve Job. Le génie nous donne le code mathématique du NOMBRE D’OR dans son logo et invite à croquer la POMME.Chaque courbe du logo respecte scrupuleusement les contours de cercles aux proportions de la divine proportion. Apple ne s’est pas contenté d’appliquer cette règle à son logo principal, il l’applique également à ses autres services. Twitter s’est servi de la spirale de Phi pour construire la structure de sa page.Voir :Le Secret de l’Etoile Rouge


apple

 

 


Il ya une différence entre le fruit de la connaissance et le fruit de l’arbre de vie.
Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin

SOURCE : http://secretebase.free.fr/religions/golden/golden.htm

La tête magique des Templiers

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La tête magique des Templiers

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 5 janvier 2016

Par Salomon Reinach [1]

On trouve encore, dans quelques catalogues de musées, la description de sculptures, reliefs sur pierre ou petit bronzes, qui sont qualifiés de baphomets ou de baphométiques [2]. Ces termes singuliers remontent au procès des Templiers, soupçonnés d’avoir une mystérieuse idole dite Baphomet. Il n’est plus douteux que Baphomet soit une simple altération de Mahomet [3] : l’accusation cherchait, en effet, à établir que les Templiers étaient convertis à l’islamisme et qu’après avoir renié le dieu des chrétiens, dans leurs cérémonies secrètes, ils rendaient hommage au prophète des musulmans. Personne ne consentirait plus à discuter l’étrange hypothèse de M. de Hammer, qui voulait reconnaître dans Baphomet les deux mots grecs Baphé et Mêtis et interprétait le prétendu composé par « le baptême de l’intelligence ». La véritable explication, qui saute aux yeux, avait déjà été donnée par Sylvestre de Sacy (1810) et par Raynouard (1813).

Ce dernier historien refusait, malgré tous les aveux arrachés aux membres de l’ordre soit par la torture, soit par la menace de la torture, d’admettre l’existence de l’idole des Templiers et de ses copies ou congénères. Pourtant, en 1872 encore, le savant bibliothécaire d’Orléans, Loiseleur, croyait fermement non seulement à un Baphomet, mais à plusieurs idoles de ce nom [4]. Dans l’intervalle entre le travail de Raynouard et celui de Loiseleur, les monuments qualifiés de baphométiques s’étaient multipliés dans les collections. La critique moderne n’en a rien laissé subsister. Alors que Montaiglon, en 1881, parlait encore de figures baphométiques [5], j’ai montré, en 1886, qu’un objet ainsi désigné au Cabinet des médailles était, en réalité, un moule asiatique en serpentine [6], probablement hittite ; M. de Villefosse, en 1900, a dénoncé comme des faux récents, probablement du début du XIXe siècle, toute une série de petits bronzes dits baphométiques, dont l’un, conservé au musée du Louvre, semble porter la date 1156, correspondant à l’époque la plus florissante de l’ordre [7] ; enfin, il y a peu d’années, j’ai repris, dans la Revue africaine, l’examen des reliefs en pierre du musée de Vienne et de l’ancienne collection du duc de Blacas, aujourd’hui au Musée britannique, pour montrer sur quels indices fragiles reposait l’attribution aux Templiers de ces objets dépourvus de style, dont l’authenticité éveille d’ailleurs de graves soupçons [8].

Privée du soutien qu’elle croyait dériver de certains monuments figurés, la croyance au Baphomet paraît généralement abandonnée aujourd’hui ; du moins le dernier historien du procès des Templiers, M. Finke, a-t-il pu écrire (p. 327) : « Il y a longtemps qu’on ne cherche plus la mystérieuse idole du Baphomet. [9] » C’est sans doute pour cette raison que M. Finke ne s’est pas arrêté aux témoignages qui concernent cet objet et les objets similaires. Toutefois, il ne suffit pas de dire qu’une chose n’a pas existé ; il semble nécessaire aussi de chercher comment elle a été conçue et quelles idées préexistantes ont contribué à la formation d’un fantôme qui, après avoir été exploité contre l’orthodoxie des Templiers, a tourné la tête de Plus d’un archéologue.

Baphomet

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Cérémonie maçonnique avec le Baphomet

I

Avant même le commencement de la procédure, c’est-à-dire l’arrestation des Templiers français par ordre de Philippe le Bel (octobre 1307), le dénonciateur et calomniateur de l’ordre, le Biterrois Esquin de Floyrans [10], avait accusé les Templiers auprès du roi Jayme II d’Aragon, puis auprès du roi de France, d’adorer une idole. Ce crime est un de ceux qui furent spécifiés dés le début et sur lequel les commissaires royaux durent interroger les chevaliers [11]. Mais dans le procès-verbal de leur enquête, que nous possédons, ce grief passe tout à fait au second plan : les Templiers, Jacques de Molay en tête, confessèrent avoir renoncé au Christ et craché sur la croix [12] ; mais ne dirent rien de leur prétendue idole. C’est seulement plus tard [13] que les témoignages se multiplient à ce sujet, témoignages d’ailleurs contradictoires et même inconciliables, comme le remarque déjà Raynouard, puisque l’idole est, suivant les uns, une statue, suivant d’autres une tête, suivant d’autres encore, un ensemble de plusieurs têtes ou même une peinture sur bois [14].

Loiseleur, qui a étudié ces dépositions et en a publié de nouvelles – celles que recueillirent les inquisiteurs de Florence – a essayé d’en faire la moyenne pour arriver à se former une opinion. « L’objet du culte des Templiers, écrit-il [15], était tantôt une idole ayant une seule tête, laquelle était barbue, tantôt une autre idole ayant deux et même trois têtes [16]. » Du corps de l’idole il ne dit rien, car la plupart des témoignages mentionnent seulement la tête. Le troisième témoin (entendu à Florence) déclare que « le précepteur de la maison de Sainte-Sophie de Pise avait une tête semblable à l’idole de Bologne, tête qui était sa propriété particulière et qu’il adorait [17]. » Ainsi il y avait des têtes-idoles qu’on montrait dans les chapitres et d’autres qui servaient seulement à des rites privés. « L’idole adorée par les Templiers, écrit encore M. Loiseleur, paraît, comme celle des Druses et des Nosaïris, être l’emblème du mauvais principe ; mais elle en diffère profondément quant à la forme, puisque c’est une tête humaine ayant un ou deux visages, tandis que chez les Druses au moins l’idole offre la figure d’un veau, symbole des cultes ennemis de la religion unitaire [18]. » Loiseleur alléguait encore, entre autres témoignages, celui d’un témoin de Florence, suivant lequel la tête était placée dans la salle du chapitre et recevait les hommages de deux cents frères prosternés [19] ; en montrant l’idole pour la première fois à l’un des initiés, le précepteur lui avait dit : Ecce deus vester et vester Magumet [20]. Mais c’était peu d’adorer cette tête ; il fallait tirer parti de ses vertus magiques. Je cite encore Loiseleur : « Pierre de Bonnefond apprit des témoins de sa réception que la cordelette dont il était ceint avait touché, dans les pays d’outre-mer, une certaine tête (c’est la tête par excellence, conservée en Orient, dont les autres seraient des copies [21]). Les quatre premiers témoins de Florence déclarèrent avoir assisté à la cérémonie de la consécration de la cordelette et de sa distribution tant à eux-mêmes qu’à plusieurs frères présents. Une fois consacrées par leur contact avec l’idole, les cordelettes étaient conservées dans des coffrets pour en être extraites au fur et à mesure des réceptions. Ces coffrets voyageaient avec les Templiers et servaient ainsi à serrer les idoles (voilà l’origine des prétendus coffrets baphométiques du duc de Blacas). Gaucerand de Montpesat dépose qu’il lui fut baillé une ceinture que son initiateur tira de la caisse où était la figure de Baphomet et qu’il lui commanda de garder cette ceinture et de la porter perpétuellement [22]. »

Disons, en passant, que la mention de cette cordelette, rappelant le fil de lin que portaient les cathares albigeois, est une des causes de la profonde erreur où Loiseleur est tombé. Il voyait là une analogie frappante entre les Templiers et les hérétiques du midi de la France et se confirmait dans cette illusion par un autre témoignage, portant que l’idole avait le pouvoir de faire fleurir les arbres et de faire germer la terre. « Ces termes, remarque-t-il, ne sont pas seulement ceux de l’accusation ; ce sont les expressions mêmes dont se sert le frère Bernard de Parme, le second des témoins entendus à Florence. Or, ces termes sont exactement ceux employés par l’inquisition de Toulouse pour désigner le dieu mauvais des Cathares albigeois ; nouveau trait de lumière au milieu de ces ténèbres. » Trait de lumière, en effet, mais pas dans le sens de la thèse de Loiseleur. On conçoit assez que les accusateurs du Temple, en possession des manuels qui avaient servi contre les albigeois, aient attribué aux chevaliers certaines erreurs albigeoises et aient cherché à en obtenir l’aveu [23].

Il fallait bien suggérer aux chevaliers des réponses, puisqu’on les faisait parler, de gré ou de force, de choses inexistantes. Ceux qui osaient dire, malgré les termes précis de l’acte d’accusation, qu’ils ne savaient rien de l’idole, risquaient d’être traités sans ménagements : témoin ce Gérard de Pasage, du diocèse de Metz, qui, pour avoir fait une pareille réponse, fut cruellement torturé sur l’ordre du bailli de Mâcon, par la suspension de poids à ses testicules [24].

L’historien danois Münter a autrefois émis l’hypothèse que les prétendues têtes adorées par les Templiers étaient de simples chefs reliquaires, comme on en trouve encore dans beaucoup de musées et de trésors d’églises. À l’appui de cette opinion, on allégua qu’une perquisition, faite au Temple de Paris en 1310, fit découvrir, en effet, une tête en métal contenant des reliques, qui fut présentée à la commission pontificale. Cette tête portait le numéro LVIII en chiffres romains ; on a supposé qu’il y en avait, par suite, beaucoup d’autres, que les Templiers eurent le temps de mettre à l’abri [25]. À quoi l’on peut objecter – et l’objection paraît sans réplique – que si la fameuse tête des Templiers avait été un chef reliquaire, il eût été trop facile aux accusés de le déclarer sans ambages et de faire tomber ainsi l’accusation d’idolâtrie. Or, à une seule exception près, aucun des témoins interrogés n’a dit que la tête fût un reliquaire ; ils ont dit des choses extravagantes, parce qu’ils ne savaient pas sur quoi on les interrogeait et qu’ils devaient bien, sous peine d’être torturés, inventer ou répéter quelque chose.

L’idée que les Templiers avaient une idole devait se présenter naturellement à leurs ennemis. Du fait même qu’on les soupçonnait véhémentement d’hérésie, ils devaient être idolâtres ; on sait que le mot idolâtre figura sur l’écriteau de Jeanne d’Arc, bien qu’on ne l’ait jamais accusée ouvertement d’offrir un culte à une image. Cette idole des Templiers idolâtres devait être un Mahomet ou un Baphomet, puisqu’on voulait que ces soldats du Christ eussent passé au camp ennemi de l’islamisme. Mais pourquoi une tête ? Pourquoi une tête douée de pouvoirs magiques ? On peut, je crois, tenter de répondre à ces questions, que Loiseleur, dans sa foi naïve à la véracité des aveux, n’avait pas la même raison que nous de se poser.

II

Rappelons d’abord les termes précis d’un article de la première enquête (articulo super quibus inquiretur contra ordinem Templi) :

Que les chevaliers, dans les diverses provinces, avaient des idoles, à savoir des têtes, dont quelques-unes à trois faces et d’autres à une seule ; d’autres possédaient un crâne humain. Ces idoles ou celte idole étaient adorées… Les chevaliers disaient que cette tête pouvait les sauver, les rendre riches, qu’elle fait fleurir les arbres, qu’elle fait germer les moissons ; les chevaliers ceignaient ou touchaient avec des cordelettes une certaine tête de ces idoles et ensuite ils se ceignaient avec celle cordelette, soit au-dessus de la chemise, soit sur la peau [26].

Voici maintenant la déposition faite en présence de deux évêques par le notaire public, apostolica et imperiali auctoritate, Antonio Sicci (Antonius Sycus) de Verceil [27]. Notaire des Templiers en Syrie pendant quarante ans, il avait déjà été interrogé, au cours de l’instruction, par les inquisiteurs parisiens.

Au sujet de l’article faisant mention de la tête, j’ai plusieurs fois entendu raconter ce qui suit dans la ville de Sidon. Un certain noble de cette ville aurait aimé une certaine femme noble d’Arménie ; il ne la connut jamais de son vivant, mais, quand elle fut morte, il la viola secrètement dans sa tombe, la nuit même du jour où elle avait été enterrée. L’acte accompli, il entendit une voix qui lui disait : « Reviens quand le temps de l’enfantement sera venu, car tu trouveras alors une tête, fille de tes œuvres. » Le temps accompli, le chevalier susdit (praedictus miles) revint au tombeau et trouva une tête humaine entre les jambes de la femme ensevelie. La voix se fit entendre de nouveau et lui dit : « Garde bien cette tète, parce que tous les biens te viendront d’elle. » À l’époque où j’ai entendu cela, le précepteur de ce lieu (Sidon), était frère Mathieu dit le Sarmage, natif de Picardie. Il était devenu le frère du Soudan à Babylone qui régnait alors, parce que l’un avait bu du sang de l’autre, ce qui faisait qu’on les regardait comme des frères. Le précepteur des chevaliers était un certain frère Philippe ; le gonfalonier était un maître des servants qui s’appelait frère Simon Picard [28].

Avec ce curieux témoignage, nous sommes en plein folklore : le viol d’une morte aimée, ou nécrophilie ; la fécondité de cette monstrueuse union ; la puissance magique de la tête séparée du tronc. Cette déposition émut vivement les inquisiteurs ; ils la firent écrire par Antonio lui-même et interrogèrent ensuite à ce sujet plusieurs des témoins qui avaient résidé en Syrie. L’un deux, frère Jean Senandi, un servant, dit avoir vécu cinq ans à Sidon ; il n’avait rien appris au sujet de la tête, mais il savait que la ville de Sidon avait été achetée par les Templiers et que Julien, un des seigneurs de cette ville, était entré dans l’ordre [29]. Plus tard, ayant apostasié, il tomba dans la misère ; Senandi avait entendu dire, mais ne se souvenait pas par qui, qu’un des ancêtres de Julien avait aimé une fille de ce pays et avait cohabité avec elle après qu’elle fut morte.

Un témoignage beaucoup plus complet et plus fantastique que celui de Sicci lui-même fut apporté aux inquisiteurs par Hugues de Faure, chevalier, réconcilié par l’évêque de Limoges [30]. Il déclara qu’après la chute d’Acre il se trouvait à Chypre ; là il entendit conter par un chevalier, bailli de la ville de Limassol, qu’un noble avait aimé une jeune fille de Maraclée en Tripoli. Ne Pouvant la posséder vivante, il la fit exhumer après sa mort, eut commerce avec elle et lui coupa ensuite la tête. Une voix l’avertit de conserver avec soin cette tête, qui avait le pouvoir d’anéantir et de dissiper tout ce qu’elle regardait. Il la couvrit et la déposa dans un coffret. Peu après, en lutte avec les Grecs qui résidaient à Chypre et dans les lieux voisins, il se servit de cette tête contre les villes et les camps des Grecs ; il lui suffisait de la montrer pour anéantir ses ennemis. Un jour qu’il naviguait vers Constantinople, avec le projet de détruire cette ville, sa vieille nourrice vola la clef du coffret pour voir ce qu’il contenait et en retira la tête : aussitôt une tempête terrible éclata et le navire fut submergé ; seuls quelques matelots purent se sauver et raconter ce qui s’était passé. Depuis cet événement, disait-on, il n’y avait plus de poissons dans cette partie de la mer. Mais Hugues de Faure n’avait pas entendu dire que cette tête eût appartenu ensuite aux Templiers et ne connaissait pas celle au sujet de laquelle maître Antoine de Verceil avait déposé. Enfin, suivant un autre témoin, une tête mystérieuse paraissait parfois dans le tourbillon voisin de Satalia et alors tous les navires qui voguaient dans ces parages couraient les plus grands périls [31].

L’histoire d’Hugues de Faure offre plusieurs éléments nouveaux. La tête n’est pas le produit d’un viol, mais c’est la tête même de la morte séparée du tronc ; cette version est sans doute plus authentique que l’autre, car l’efficacité magique des têtes coupées est un trait fort connu dans le folklore [32]. En second lieu, la tête n’est pas un talisman qui assure, d’une manière mal définie, la fortune de son possesseur, mais une arme qui le rend invincible, qui lu permet d’anéantir ses ennemis. Enfin, l’histoire de la vieille nourrice, qu’un sentiment de curiosité pousse à violer le secret du coffret, est un des motifs les plus fréquents des contes populaires ; la mention du coffret, où la tête est soigneusement enfermée, peut être à l’origine de la croyance obstinée qui attribuait aux Templiers des coffrets où ils dissimulaient avec soin leurs talismans.

III

Ni Antonio Sicci ni Hugues de Faure, déposant en 1310, n’ont rien inventé. Ils n’ont pas cherché non plus à noircir les Templiers ; aucun d’eux n’a dit qu’un chevalier du Temple fût en possession de la tête magique. Ils se sont simplement faits l’écho d’une légende plus ancienne qui paraît vers 1190 dans Gautier Map, vers 1201 dans Roger de Hoveden, vers 1210 dans Gervais de Tilbury. Il suffit de rapporter la première en date de ces versions, celle de Map, dans son livre si curieux De nugis curialium, écrit à la cour d’Angleterre entre 1182 et 1190. Notons que Map parle des Hospitaliers et des Templiers et qu’il raconte l’origine de ces ordres, en déplorant leur corruption croissante [33]. Ce n’est pas à dire que son texte ait influé sur les témoignages cités plus haut : bien au contraire, cela est inadmissible mais son récit est le prototype de ceux qui furent recueillis par les inquisiteurs et soumis, comme des documents sérieux, aux Pères du concile de Vienne en 1311.

Au temps de Gerbert, dit Map, il y avait à Constantinople un jeune cordonnier très habile et très expéditif. Il lui suffisait de voir un pied nu, bien conforme ou difforme, pour trouver aussitôt la chaussure qui lui convenait. Il n’excellait pas moins dans les jeux et les exercices physiques. Un jour, une belle jeune fille, entourée d’une nombreuse escorte, vint à sa fenêtre et lui montra son pied nu, désirant être chaussée par lui. Le cordonnier devint amoureux à la folie de sa cliente. Désespérant de se faire agréer d’elle, il quitta son métier, vendit son patrimoine et se fit soldat, rêvant d’acquérir une illustration qui fit de lui l’égal des nobles et lui donnât quelque chance d’être accueilli. Bientôt, la fortune aidant, il s’éleva à une haute distinction. Alors il demanda la jeune fille à son père mais sa requête fut repoussée. Fou de colère, il se joignit à une bande de pirates et se fit redouter sur terre et sur mer. Tout à coup il apprit que la jeune fille était morte ; il court assister à ses funérailles, note le lieu de sa sépulture et, la nuit venue, ouvre le tombeau. On devine le reste. Son crime accompli, il entend une voix qui l’avertit de revenir au moment où la morte aurait enfanté. Il obéit à cet avis et, le temps révolu, retira de la tombe une tête humaine, avec défense de la faire voir à d’autres qu’à des ennemis. Il la déposa dans un coffret clos avec grand soin, puis se mit à courir la terre ferme ; muni de ce masque de Gorgone (Gorgoneum ostentum), il pétrifiait ceux qui l’approchaient comme avec la tête de Méduse. Tous s’inclinaient devant lui, tous le reconnaissaient pour maître… À la mort de l’empereur de Constantinople, sa fille lui est offerte ; il l’accepte et lui apprend son terrible secret. Elle ouvre le coffret et, au réveil de son mari, lui montre le masque. Puis elle ordonne qu’on jette la tête de Méduse (Medusaeum prodigium) et le corps du pirate dans la mer des Grecs. Les envoyés de la princesse exécutèrent ces ordres ; mais aussitôt la mer se souleva avec fureur, comme si elle voulait vomir ce monstre, et il se forma en ce lieu un tourbillon, pareil à celui de Charybde près de Messine, qui engloutit tout ce qui l’approche. Comme la jeune fille s’appelait Satalia, le tourbillon, évité de tous les navigateurs, s’appelle le gouffre de Satalia.

Sous cette forme, la légende est tout à fait transparente, Map lui-même parle de la Gorgone et de Méduse ; c’est une survivance, dans le folklore de la Méditerranée orientale, du mythe de Persée. Suivant Gervais de Tilbury, c’est Persée lui-même qui a jeté à la mer la tête de la Gorgone ; celle-ci, dit-il, était une belle courtisane qui paralysait les âmes des hommes. Mais les « indigènes », ajoute-t-il, racontent une autre histoire. « Un chevalier aima une reine, mais ne put la posséder ; quand elle fut morte, il la viola dans son sépulcre et il en résulta cette tête monstrueuse. Au moment du crime, le chevalier entendit une voix dans les airs : “Ce que cette femme enfantera détruira et consumera toutes choses par son aspect.” Neuf mois après, il ouvrit le tombeau et y trouva la tête ; il eut grand soin de ne pas la regarder ; mais lorsqu’il la faisait voir à des ennemis, il les détruisait aussitôt avec leurs villes. Un jour, naviguant sur mer, il s’endormit dans le sein de sa maîtresse ; celle-ci vola la clef du coffret qui contenait la tête et l’ouvrit ; mais, dès qu’elle la regarda, elle mourut. Le chevalier, à son réveil, vit sa maîtresse morte et, dans sa douleur, leva les yeux ; ses regards rencontrèrent la tête merveilleuse et il périt avec son navire. On raconte que tous les sept ans la tête remonte sur l’eau, la face tournée vers le ciel, et qu’il en résulte des dangers pour les navigateurs. »

Dans le récit de Roger de Hoveden (mort en 1201), la vierge violée par le chevalier s’appelle Yse ; elle a donné son nom à un groupe d’îles que Philippe-Auguste traversa lorsqu’il revint de Saint-Jean d’Acre en France [34]. Les autres variantes ne méritent pas d’être relevées.

IV

Ainsi, plus de cent ans avant le procès des Templiers, nous trouvons en Orient, sur la côte syrienne, une légende dérivée de celle de Persée et de Méduse, mais où Persée est devenu un chevalier, miles. Alors que Persée décapite la Gorgone endormie, le chevalier décapite une morte ou retire de sa tombe une tête magique, fruit d’un viol perpétré dans le tombeau même. Le chevalier cache avec soin cette tête redoutable ; il la tient enfermée dans un coffret. Le mystère qui enveloppe ce talisman et le coffret où on le transporte sont des traits qui se retrouvent dans les dispositions que l’enquête a recueillies. Dans un pays où le Templier était le chevalier par excellence, il n’est pas étonnant que l’on ait raconté d’un ou plusieurs Templiers la légende du héros grec devenu un chevalier de leur temps. Une fois cette histoire d’une tête magique mise en circulation, on imagina naturellement qu’elle servait à la fois de talisman et d’idole ; comme personne ne l’avait vue, on en fit les descriptions les plus différentes ; mais il est à remarquer que l’acte d’accusation parle d’une tête sculptée ou d’un crâne humain, par une évidente allusion à quelque commérage fondé sur la légende syrienne de la tête coupée.

Au début du Philopatris, qui date, comme je l’ai prouvé [35], de la fin du Xe siècle, un des interlocuteurs vient à parler de la Gorgone. Critias affirme qu’elle était vierge et que la puissance de sa tête coupée s’explique ainsi. « Quoi, répond Triéphon, en coupant la tête à unie vierge, on se procure un épouvantail ? Moi qui sais qu’on a coupé dix mille vierges par morceaux “dans l’île aux bords fameux qu’on appelle la Crête”, si j’avais su cela, mon bon Critias, que de Gorgones je t’aurais rapportées de Crète ! J’aurais fait de toi un général invincible ; les poètes et les rhéteurs m’auraient mis au-dessus de Persée, parce que j’aurais trouvé un bien plus grand nombre de Gorgones. » Il me semble que ce passage peut contenir une allusion non seulement à la tradition antique, mais à la forme moderne que l’informateur de Gautier Map en a recueillie.

Les survivances de la légende de Persée ont été étudiées en grand détail par M. Sydney Hartland. Le voyageur anglais Bent les a encore rencontrées, vers 1880, dans l’île de Sériphos, un des centres du culte de Persée dans l’Antiquité. Les paysans, découvrant des monnaies de l’île à l’effigie de la tête de la Gorgone, racontaient qu’elles avaient été frappées par la première reine du pays, qui résidait dans un château fort, perché sur un roc au-dessus du port de Livadhi [36].

L’épisode de Persée et d’Androméde était localisé par les Anciens dans les environs de Joppé (Jaffa), où l’on montrait le rocher auquel avait été enchaînée la belle princesse ; non loin de là était un étang aux eaux rouges, ou Persée, disait-on, avait lavé la tête du monstre [37]. Aujourd’hui encore, les ciceroni de Jaffa connaissent l’endroit ou fut délivrée Androméde. Il n’est donc pas surprenant qu’un autre épisode mémorable de la légende de Persée se soit transmis, avec une vitalité particulière, dans les mêmes lieux. Avant de devenir un chevalier, Persée y fut représenté comme un magicien : c’est en cette qualité qu’il paraît dans la chronique de Jean Malala [38], écrite au VIIe siècle, où les récits de la mythologie classique, traditions populaires fixées par la littérature, tendent à se résoudre de nouveau en traditions populaires, colorées par les superstitions du temps. Un curieux monument, conservé à Saint-Pétersbourg, nous montre d’ailleurs que Persée jouait un rôle dans la médecine magique de basse époque. Le héros est représenté, sur un sardonyx, tenant en mains la tête de Méduse et la harpe ; au revers on lit : Fuis, podagre, Persée te poursuit (… [39]) [40]. Persée tient ici la place qu’on assigne, sur d’autres monuments analogues, au roi Salomon ou à l’archange Michel.

Ces observations-là ont déjà été faites ; ce qui est nouveau, je crois, dans mon petit travail est le lien établi entre les traditions syriennes relatives à Persée, transformé de héros en magicien et en chevalier, et les histoires extravagantes qu’enregistrèrent les inquisiteurs du XIVe siècle, chargés d’enquérir sur une tête ou un crâne magique dont on peut affirmer, malgré tant de témoignages, qu’ils n’ont jamais existé.

V

Pour me résumer, au risque de me répéter, voici comment je conçois le développement de la légende qui, originaire des temps héroïques de la Grèce, laquelle n’y crut jamais, finit par faire des dupes au concile de Vienne :

1. Des gens venus d’Orient parlent d’un ou plusieurs chevaliers lesquels, en possession d’une tête magique, qu’ils cachent avec soin, acquièrent richesse et puissance ;

2. On soupçonne que cette tête magique appartient aux Templiers ;

3. Comme le bruit court que les Templiers sont secrètement convertis à l’islamisme, on soupçonne que cette tête n’est pas seulement un talisman, mais une idole qu’on révèle aux initiés et qu’ils adorent ;

4. Comme le symbole que les Templiers sont censés rejeter et même souiller est le crucifix, le Christ, on qualifie du nom de Mahomet le symbole qu’ils préfèrent et opposent à celui-là, sans songer que les musulmans eux-mêmes n’avaient pas d’images ;

5. Par analogie avec ce qu’on croit savoir des hérétiques du midi de la France, les albigeois, on attribue aux Templiers la croyance que leur « dieu » fait fleurir les arbres, etc., et l’on estime qu’ils consacrent leurs cordelettes au contact de leur idole ou de leurs idoles.

Pourquoi l’acte d’accusation, confirmé par de nombreux témoignages, attribue-t-il plusieurs têtes à une ou plusieurs des idoles ? Petit-être faudrait-il reconnaître là aussi l’influence lointaine de certains monuments antiques polycéphales, sculptures ou intailles, qui sont bien connus des archéologues ; mais c’est là une question accessoire que je préfère laisser en suspens.

Salomon Reinach

Notes

[1] Revue de l’histoire des religions, 1911, p.25-29.

[2] Voir, par exemple, Chabouillet, Catalogue des Camées, n° 2255.

[3] On trouve aussi, dans les interrogatoires du procès, la forme Magometus (Finke, Papstum und Untergang des Templerordens, t. II, p. 343).

[4] Loiseleur, La doctrine secrète des Templiers, Paris, 1872.

[5] Voir Revue archéologique, 1881, I, p. 368 et Bulletin de la Société des antiquaires, 1881, p. 207-208.

[6] Revue archéologique, 1885, I, p. 54 et suiv.

[7] Bulletin de la Société des antiquaires, 1900, p. 309.

[8] Revue africaine, 1908, p. 1-23.

[9] M. Finke renvoie sur ce point à Wenk, Götting. gelehrte Anzeigen, 1890, p. 256 et suiv. (compte-rendu critique de l’ouvrage de Prutz) ; mais Wenk n’a guère fait que résumer Lea, dont le chapitre sur les Templiers est un chef-d’œuvre parmi tant d’autres.

[10] Finke, op. laud., p. 111.

[11] Ibid., p. 134.

[12] Ibid., p. 166.

[13] Loiseleur, La Doctrine secrète des Templiers, op. cit., p. 108. Voir les dépositions de Carcassonne (novembre 1307), dans Finke, t. II, p. 321-324.

[14] Voir une page amusante de l’abbé Corblet, « Le pour et le contre sur les Templiers » dans la Revue de l’art chrétien, 1865, IX, p. 393 sq.

[15] Loiseleur, ibid., p. 147.

[16] Un témoignage parle même de quatre têtes.

[17] Loiseleur, ibid., p. 23.

[18] Ibid., p. 94.

[19] Ibid., p. 40.

[20] Ibid., p. 100.

[21] Cf. le témoignage d’un frère servant (Finke, t. II, p.355) : « (debebat habere spem salvationis) in quoddam ydolum quod erat, ut sibi distum extitit, ultra mare, et in quoddam aliud ydolum quod erat ibi praesens in quadam banca opertum de sindato rubeo. »

[22] Loiseleur, La Doctrine secrète des Templiers, op. cit., p. 111.

[23] De même, dans les aveux relatifs aux cérémonies secrètes, on voit intervenir un chat noir, brun ou blanc, qui est emprunté aux histoires courantes de sorcellerie (par ex. Finke, t. Il, p. 350).

[24] Michelet, Procès, I. p. 218 ; Finke, p. 159 : Respondit… quod propter dictos articulos quia non confitebatur eos coram baylico regio Matiscouensi, fuit quaestionatus ponderibus apensis in genitalibus suis et in aliis membris quasi isque as exanimacionem.

[25] Loiseleur, La Doctrine secrète des Templiers, op. cit., p. 102.

[26] Michelet, Procès, t. I. p. 92.

[27] Ibid., t. I, p. 645.

[28] « Tempore vero quo hoc, erat praeceptor illius loci frater Matheus dictus le Sarmage Picardus (Michelet, Procès, t. I, p. 645). – Sur les relations cordiales entre ce personnage et les Sarrasins, voir Rey, L’Ordre du Temple en Syrie, p. 8. À cet endroit, Rey écrit Sermage ; mais il écrit Sarmage à la page 26. L’index du tome II de Michelet porte Sauvage (Matheus), avec renvoi à la p. 209 où on lit lo Sauvacge. C’est sans doute le même personnage.

[29] Sur Julien ou Julian, seigneur de Sagette, mort en 1275, voir Clermont-Ganneau, Recueil d’archéologie orientale, t. IV, p. 5 et suiv. « Julien, seigneur de Sagette, ne pouvant plus défendre sa seigneurie contre les entreprises des musulmans, la céda aux Templiers moyennant finances en 1260 » (p. 7).

[30] Michelet, Procès, t. II, p. 225.

[31] Michelet, Procès, t. II, p. 238.

[32] Voir Longperier, Œuvres, t. II, p. 311, et surtout le grand mémoire de Pinza, La Conservazione delle teste uname (analysé par moi dans la Revue critique, 1898, II, p. 121).

[33] Gautier Map, De nugis curialium, Édition Th. Wright, I, 18, p. 29.

[34] Liebrecht, Gervasius Tilbur, p. 93.

[35] Cultes, t. I, p. 383-394.

[36] Bent, dans Hartland, The legend of Perseus, t. I, p. 4.

[37] Cf. Frazer, Pausanias, t. III. p. 454.

[38] Malalas, éd. Dindirf, p. 41.

[39] En grec dans le texte original (N.d.E. : Psychanalyse-paris.com).

[40] Kuhnert, ap. Roscher, Lexikon, P, p. 2027.

Baphomet, par Nosve (Simon Bossert), 2007.

Baphomet, par Nosve (Simon Bossert), 2007. Visiter sa galerie sur Deviant Art.

SOURCE :https://www.esoblogs.net/

La tête magique des Templiers dans Recherches & Reflexions EzoOccultlogo105

INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS 7 novembre, 2020

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INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS

 
INTRODUCTION AUX SYMBOLES SECRETS  dans Recherches & Reflexions tableau-universel

D’après une introduction écrite par le Dr. Franz Hartman pour l’édition de 1888 de l’œuvre: Symboles Secrets
Les Médecines alchimiques de l’âme furent utilisées dans l’antiquité par la royauté et les grands prêtres D’Égypte. Plus récemment, elles furent utilisées par les initiés des écoles Occidentales des Mystères telles que les Rosicruciens. L’usage de ces produits a deux objectifs. Le premier est de créer un stade d’homéostase dans le corps humain. Le second est d’être un catalyseur pour l’évolution spirituelle, lorsqu’elles sont utilisées en conjonction avec les techniques méditatives hermétiques adéquates.
Les techniques utilisées dans la production de telles préparations exquises datent de la période où l’être humain considérait la terre entière comme un être vivant géant, un être pensant. Les techniques utilisées pour s’assurer que l’étincelle de vie ne se perde pas pendant la préparation semblerait ridicule au savant moderne. Pourtant cette approche très naturelle de la médecine et de la spiritualité est celle que beaucoup d’Américains recherchent si désespérément aujourd’hui.
Il y a actuellement un changement énorme de conscience en Amérique en ce qui concerne le respect de la médecine et de la spiritualité. Les dogmes anciens ne trouvent plus une place définie dans le puzzle de la vie moderne. Les gens recherchent une approche de la vie plus intime, plus naturelle. Ils tentent d’éviter les maladies par l’usage de substances naturelles plutôt que d’attendre d’être la victime d’une maladie débilitante et d’être alors soumis à l’approche anti-médicale des cures allopathiques habituelles. Ils recherchent à développer une intimité avec la nature et avec le développement d’une gnose spirituelle et personnelle qui ne leur est pas accessibles dans les religions orthodoxes.
Le fait que beaucoup de gens ne réalisent même pas que le Christianisme possède un héritage mystique qui lui est propre, est un témoignage de la détermination de l’église primitive de supprimer toute conception spirituelle qui s’opposait à son paradigme en la nommant hérésie. Pourtant, le clergé de l’époque n’arriva pas à éradiquer l’idée que chaque âme humaine est née avec un droit des plus important. Parce que la vérité est que le Royaume de Dieu est à portée, et que l’avènement de sa manifestation attend simplement votre désir de fouler le Sentier ou Chemin du Retour.
Les premiers Gnostiques Chrétiens comprenaient que Jésus-Christ n’était pas une grande exception, mais au contraire qu’Il était le grand exemple. Ces disciples du Christ savaient que l’esprit divin réside vraiment dans, et représente la somme de, toute la manifestation, et que cette connaissance était exemplifiée dans le produit de la nature le plus merveilleux et noble qu’est l’Être Humain.
La Science hermétique enseigne que l’âme connue sous le nom de Jésus Christ fut le premier être humain à faire le saut évolutif de l’Homo Sapiens à l’Homo Spiritualis. Elle enseigne que cette âme prit conscience par la pratique, par de nombreuses incarnations, de son identité et de sa nature véritables. Lorsque cette âme vint dans ce monde comme l’être humain que nous appelons Jésus, il naquit comme un fils de Dieu parfait, sa conscience étant entièrement et parfaitement alignée sur la Volonté Divine. Les premiers Gnostiques savaient que le Sentier foulé par leur Frère Jésus Christ était ouvert à tous, et que quiconque foulant ce sentier passerait par le même changement évolutif. L’appel du Christ à prendre votre croix et de Le suivre ne signifiait pas à ces gens ce qu’il signifie dans la pensée du Chrétien moderne. Il ne se contentaient pas de s’arrêter et d’attendre le retour lointain d’un personnage mythologique quelconque. Ils savaient que le Royaume était littéralement à la portée de tous. Leur tâche ne consistait pas en une attente passive, elle était et reste l’œuvre consciente sur soi-même. Un travail rendu possible par la compréhension de sa propre nature, et le rôle que nous jouons nous-mêmes, consciemment ou inconsciemment, comme un processus créateur inhérent qui tisse l’étoffe de notre environnement depuis nos demeures mentales.
La menace de notre être régénéré, ou l’humanité spiritualisée était trop grande pour le Clergé de l’époque du Christ et elle l’est encore aujourd’hui. Si chaque âme humaine connaissait et communiait avec la présence Divine qui réside dans leur être, il n’y aurait plus aucun besoin d’une hiérarchie dans les églises modernes. En vérité, son existence même autour de vous concentre votre recherche de l’or extrait de la mine, et jamais la recherche de l’or de votre propre être. Ainsi, avec la tyrannie des loups vêtus de vêtements de bergers, ils tentent d’éteindre la flamme de l’espoir. Et j’affirme que l’on ne peut pas annihiler la vérité, comme si on avait l’arrogance de se croire capable d’éteindre le soleil.
A plusieurs reprises, à la fin du XVIIe siècle, un nouvel espoir parût à l’horizon. Son apparition signala un retour de la lumière. Une société secrète de femmes et d’hommes se serait répandue dans plusieurs pays d’Europe. On disait que les personnes appartenant à cette société possédaient des pouvoirs surhumains, sinon surnaturels; on disait que ces personnes pouvaient prédire le futur, que leur pensée perçait les secrets les plus profonds de la nature, qu’ils pouvaient même transmuer en or, des métaux vils comme le plomb, le cuivre ou le fer. A cause de leur compréhension intime de la nature, ces âmes avancées auraient été capables de commander aux Esprits Elémentaux de la nature et qu’elles connaissaient le secret de la Pierre Philosophale, de la Panacée Universelle qui rendaient tout-puissant, immortel et omniscient celui qui les possédaient.
J’ai lu des exposés récents qui attestent d’une véritable transmutation de l’or. Je crois aussi savoir que le British Muséum possède de l’or qui fut obtenu par transmutation alchimique.
Les Adeptes occidentaux n’ont jamais contesté les allégations qui furent faites à leur encontre, en réalité, ils ont affirmé qu’il existe de nombreuses lois naturelles et des pouvoirs mystérieux desquels la majorité de l’humanité ne connait que fort peu à leur époque. Il fut aussi révélé que cette information demeurerait inconnue de la science orthodoxe pour de nombreux siècles. La raison n’en étant pas que le cœur humain était trop vil pour connaître ces vérités sublimes, mais que c’était simplement le résultat de l’action d’une loi universelle. Toutes les sciences se basent sur l’observation des faits, et les faits doivent être perçus avant d’être observés. Les Sages occidentaux savaient que les pouvoirs spirituels de la perception de l’humanité en général ne sont pas encore suffisamment développés pour lui permettre de percevoir les choses spirituelles. Si nos pouvoirs spirituels de perception étaient plus développés, nous verrions un univers peuplé d’êtres et de choses bien différents de nous-mêmes et des autres choses de la terre. L’univers vus par ceux qui peuvent voir avec leurs yeux physiques et leurs yeux spirituels disent qu’ils sont remplis de choses vivantes, dont la beauté et la sublimité dépasse l’imagination la plus exaltée. Nous serions alors capables d’apprendre et de percevoir des mystères qui, par comparaison, font sombrer l’art de la fabrication de l’or dans une insignifiance inutile.
Je n’ai pas la possibilité de démontrer la validité des déclarations qui furent faites par les Adeptes occidentaux anciens et modernes. Certains diront que les rapports des résultats de nos frères ainés étaient allégoriques et que le sens véritable des histoires racontant de tels événements sont totalement mal compris. Mon témoignage ne parle que des changements intangibles qui prennent place dans l’être humain intérieur lorsqu’il est libéré de la servitude de l’apparence et démontre une vérité singulière de l’esprit. Est-il possible que ce que la science appelle une réalité subjective possède une base légale d’existence et d’opération dans le monde objectif? En vérité, la Science Hermétique qui est la fondation du monde extérieur, est le monde intérieur de l’esprit, un monde qui n’est pas du tout subjectif, mais opère dans les paramètres des lois physiques appropriées à son degré de densité. Il est peu vraisemblable que mon témoignage renforce ou valide une doctrine qui a été rejetée par les autorités scientifiques modernes. Pourtant, que peuvent-ils savoir du monde de la nature alors que tout ce qu’ils ont vu d’elle et que ce qu’ils connaissent d’elle n’est que la perception de leurs sens extérieurs? Serait-il possible ou recommandable d’essayer de convaincre les gens de telles choses, alors qu’ils ne sont capables de voir l’être humain que comme un animal intellectuel. 

Q’ est- ce qu’un être humain, et qui est-il? Aussi longtemps que nous ne saurons rien de la véritable nature de l’Être Humain, en dehors de son anatomie, sa physiologie, et de ses autres fonctions externes, nous n’avons aucun espoir de commencer à réaliser les attributs divins que l’être réel – l’esprit régénéré – est en possession. Avant que nous puissions espérer connaître quoi que ce soit de l’être humain intérieur divin, la conscience de notre propre divinité doit d’abord vivre en nous-mêmes, nous devons atteindre la connaissance de nous-mêmes. Quelles sont les choses que l’être humain peut vraiment connaître, qui ne soit pas en lui-même? Toute autre connaissance n’est vraiment que spéculation, croyance ou opinion.
Ce que la science a enseigné sur les choses extérieures est basé sur ce que nous, en tant qu’espèce, sommes en relation. Mais des puissances invisibles, qui sont les causes des apparences extérieures, nous savons ou comprenons très peu. C’est parce que ces énergies formatrices ne produisent aucune impression sur notre mental, que nous les avons considérées comme non-existantes. Il est vrai que nous pouvons employer nos facultés mentales faillibles pour établir des déductions logiques en ce qui concerne l’inconnu, en raisonnant sur la base de ce que nous croyons savoir. Mais ceci n’est pas la connaissance véritable, ce n’est que spéculation et théorie. De telles théories et opinions peuvent être vraies ou fausses, elles peuvent durer quelques années, puis sont remplacées par de nouvelles théories, qui peuvent être ou ne pas être correctes, et peuvent même remplacer des théories qui étaient une meilleure démonstration que la vérité-une possède de nombreuses expressions. Ce qui précède n’est pas le type de connaissance sur laquelle la science spirituelle se base. Les fondements de la science spirituelle sont le résultat de la perception directe et de la compréhension de la vérité. Ce n’est que lorsque la vérité existe en nous même que nous la connaissons, et la connaissance de cette vérité n’est possible que par la connaissance de nous-mêmes.
La science moderne est excellente dans la description et la classification de la nature et des propriétés extérieures des choses. Mais certains attributs latents dans la constitution de l’être humain, lorsqu’ils sont développés, impliquent l’activité d’une échelle supérieure de sens internes. Donc l’être humain deviendrait capable de recevoir des impressions spirituelles, et d’entendre, voir, sentir, goûter et toucher des choses qui dépassent le pouvoir de perception des sens extérieurs normaux. De même que l’usage de ces derniers peut être appris par l’usage, de même les premiers peuvent être rendus plus réceptifs et précis par la pratique.
Si nous faisions un arrêt et prenions conscience du processus par lequel l’existence des choses externes est introduite dans notre conscience intérieure, nous pourrions voir facilement que notre mental n’est pas limité par les frontières étroites de notre forme physique. En vérité, notre conscience individualisée est centrée dans l’organisation de notre être, pourtant la substance de notre mental s’étend aussi loin que nos pensées peuvent aller. La Science Hermétique enseigne que le pouvoir spirituel qui constitue l’être humain véritable, et dont le centre d’activité est dans le cœur humain, et qui rayonne dans toutes les parties de son organisme, est le principe universel qui remplit, entoure et pénètre toutes les choses. De même, l’influence des rayons du soleil physique est manifeste partout, pénétrant dans toutes les semences et les germes des plantes, et développant leurs formes selon leurs caractéristiques individuelles. De même le pouvoir universel, l’éternel Soleil spirituel de l’Univers pénètre le cœur humain, et peut y développer un être immortel.
Le processus est simple et naturel. Un rayon de la lumière spirituelle entre dans le cœur et stimule les éléments supérieurs de l’âme pour les rendre vivants et actifs. Il établit – pourrait-on dire – un centre de polarité dans l’âme, causant l’expansion du germe spirituel et engendrant une vie spirituelle supérieure à tout ce dont l’être humain physique est capable de prendre conscience. Comme les énergies du soleil terrestre pénètrent le cœur d’un arbre et y causent la croissance des branches et des rameaux, le développement des fleurs et des fruits, les énergies du soleil céleste de grâce pénètrent le cœur humain et causent le développement d’une âme dont l’activité s’étend bien au-delà des limites du corps physique.
Cette lumière, étant la Vie et la Vérité rayonnant dans le cœur de toute personne, est le Christ, ou Rédempteur de l’humanité. Elle est universelle, et il n’y a pas d’autre rédempteur; elle est connue des sages de toutes les nations, biens qu’ils ne l’appelle pas du même nom; elle existait au début de la création, et existera encore à sa fin; elle est le corps et le sang, la substance et la puissance de l’être humain spirituel intérieur dans son aspect divin le plus élevé. Cette lumière donne la promesse au cœur humain, qu’en vivant selon la loi universelle, en harmonisant les éléments animaux qui existent dans sa constitution, il sera capable de réaliser son véritable état spirituel d’humanité-divine, et marcher continuellement dans la lumière du Logos.
Cette vérité fondamentale a engendré les lois de toutes les religions, et les principaux systèmes religieux à la surface du globe sont fondés sur l’unification finale de l’être humain avec Dieu. Les sages de tous les temps savaient que la naissance du Christ, non pas un homme appelé « Christ », mais le Sauveur divin, est une naissance qui peut s’accomplir dans chaque cœur humain. Le Christ est le « Fils de Dieu », un rayon de Lumière venant du soleil universel, spirituel, éternel, brillant dans le cœur humain et grandissant au milieu des éléments semi-matériel de l’organisation humaine. C’est la nature qui produisit le Christ. Elle est la mère éternelle, car toutes les formes ont évolué de la nature et toute retourneront dans en son sein. Pourtant, elle demeure la vierge immaculée, car elle n’a aucune connexion avec aucun dieu extérieur, mais avec le pouvoir fructifiant du Saint Esprit vivant et agissant depuis son centre propre.
La théorie du Christianisme moderne n’est pas en harmonie avec cette pratique; les théories et les pratiques de nos églises modernes se contredisent continuellement. La véritable église spirituelle du Christ vivant est bâtie sur le roc de la Foi vivante, une énergie par laquelle on reconnaît les vérités spirituelles; mais l’église moderne est basée sur l’ignorance populaire en ce qui concerne les lois de l’existence, et maintient son unité par des considérations égoïstes et personnelles. Selon la Bible, Dieu est un esprit spirituel, qui ne peut être approché que par la lumière du Christ; mais les pratiques de l’église moderne fait de Dieu la caricature d’un homme, et le prêtre est le moyen de communication inévitable avec Lui.
Dans l’esprit de l’homme moderne, une foi en Dieu est quelque chose qui dépasse le pouvoir de la compréhension, alors qu’une croyance en un prêtre est de suprême importance; le premier – Dieu – est inapprochable, tandis que l’autre – le prêtre – peut être approché. Une telle conception erronée est permise par l’église parce qu’elle augmente ses intérêts temporels. Dieu est détrôné et sa place est occupée par le prêtre.
Mais le chercheur de la vérité sincère ne sera pas satisfait aussi longtemps que l’inconnu subsiste. Ayant examiné les divers autels et n’y ayant pas trouvé le vrai Dieu, il a au moins approché l’autel du Dieu inconnu, autour duquel n’existe aucun ténèbre. Au centre de son cœur brûle une flamme divine et, allumant la lampe de son intellect à cette flamme divine de raison, il commence à voir la vérité et la trouve bien plus sublime qu’il n’avait osé l’espérer. La vérité ne se trouve ni dans des livres, ni dans des doctrines religieuses, ni dans des spéculations intellectuelles. Si nous désirons connaître la vérité, nous devons lui permettre d’entrer dans notre cœur afin qu’elle devienne une partie de nous-mêmes. Alors, par le pouvoir de la connaissance de nous-mêmes, nous pouvons voir la vérité dans sa propre lumière; nous pourrons la ressentir, la voir et savoir ce qu’elle est.
Oh combien plus grand que le dieu des églises, est le Dieu de l’Univers! Il n’est pas un être limité qui peut être amadoué ou persuadé par un prêtre, mais une énergie éternelle immuable comme la Loi. Le Dieu de l’humanité est le pouvoir éternel d’Amour, la source de tout être dont l’image existe dans le cœur de l’être pur, dont la nature est le Feu, dont les rayons sont la Lumière de l’Intelligence et le principe de la Vie immortelle. La religion Universelle est basée sur la reconnaissance de la vérité que toute l’humanité est une.
Que ceux qui désirent sentir et connaître la vraie signification de la Croix sortent des temples sombres où la terreur et la peur, l’ignorance et le cléricalisme ont établi leurs trônes, et qu’ils adorent le vrai Dieu vivant, la lumière et le Saint Esprit qui imprègne toute la nature, la source de toute vie depuis l’être humain jusqu’à l’insecte, en vérité jusqu’à l’étincelle qui sommeille dans une pierre. La source de toute gloire et de toute puissance, connaissance et sagesse, amour et harmonie, dont l’activité est manifestée partout. Son image devrait être vue dans tout être humain. Qu’ils laissent les prêtres et les moines à leurs psalmodies et leurs contemplations d’un au-delà craint, qu’ils ont eux-mêmes créé pour faire peur, et qu’ils entrent dans la Lumière Divine qui fait resplendir toute beauté, même celle du monde matériel le plus extérieur. Qu’ils sortent des bibliothèques poussiéreuses de notre science spéculative et superficielle pour étudier le livre de la nature à la lumière de la vérité. Qu’ils repoussent les toiles d’araignées qui se sont accumulées dans leurs chambres; afin lumière de la vérité puisse entrer par les fenêtres de leurs âmes et fasse fondre la croûte glacée qui emprisonne leurs cœurs et leur permettant ainsi de réaliser la sublimité et la majesté du Dieu des Chrétiens et des autres, la manifestation de sa puissance qui anime le Cosmos.
L’être humain est, à son origine, l’enfant de Dieu. S’il veut connaître le Père, il doit retourner dans son état primitif divin et devenir un Christ, rempli du Saint Esprit, la Lumière du Cosmos. Il est l’enfant de la nature éternelle immaculée; s’il veut connaître sa mère, il doit entrer dans une harmonie parfaite avec elle et devenir naturel. Comment l’être humain peut-il connaître la nature tant qu’elle est dénaturée, comme il l’est lui-même, et qu’il l’imagine différente de ce qu’elle est? Comment peut-il comprendre la Nature tant qu’il empêche sa lumière d’entrer dans son cœur, et qu’il la considère à travers les propres fausses conception qu’il a créées lui-même dans son mental? Avant que l’être humain puisse développer quelque pouvoir spirituel, il doit d’abord restaurer des relations harmonieuses entre lui-même et la Nature universelle; ce n’est que lorsqu’il deviendra naturel qu’il pourra espérer grandir spirituellement et devenir capable d’obtenir le contrôle des pouvoirs divins de sa mère. La science naturelle véritable est pour cette raison la base de toute vraie religion; mais pour acquérir la vraie connaissance de la Nature, nous devons l’étudier telle qu’elle est, non pas telle qu’elle a été représentée par ceux qui la dénaturent constamment, et qui ne connaissent rien d’elle, sauf quelques unes de ses formes extérieures.
L’une des vérités fondamentales de la science occulte est que la personne individuelle est une image de la Nature. Sa constitution est basée sur les mêmes lois sur lesquelles la Nature est construite dans son entièreté, tel un enfant ressemble à sa mère; ainsi l’organisme humain ressemble à la nature universelle en chaque chose, même dans sa forme extérieure. Il est in Microcosme du Macrocosme de la nature; contenant en soi-même, en germe, potentiellement ou activement, tous les pouvoirs et les principes, les substances et les puissances qui sont contenues dans le grand organisme de la nature, et comme le petit et le grand mondes agissent et réagissent l’un sur l’autre; les forces élémentaires de la nature agissent sur l’être humain et les énergies émanant de l’être humain – même de ses pensées – réagissent sur la nature; et plus l’harmonie existe entre l’être humain et les lois de la nature universelle, plus intime sera la connexion entre les deux: car les deux sont réellement un, le fait qu’ils apparaissent comme deux êtres distincts n’est qu’une illusion qui a été causée par la transgression des lois de la Nature par l’être humain. Puisse l’être humain devenir un véritable enfant de la nature, et devenir une seule pensée avec sa mère; il connaîtra alors toute la nature en se connaissant lui-même. Il sera alors pareil au fils prodigue décrit dans la Bible, qui retourne à la maison paternelle et retrouve les droits de naissance naturels et l’héritage qui lui revient. Puisse le trône sur lequel siège la sagesse s’établir dans son propre cœur, afin qu’il connaisse la vérité sans l’étude de livres et sans spéculation théorique. 

Source : http://www.hermanubis.com.br/

Hermanubis Martinista
et
https://rflexionssurtroispoints.blogspot.com/
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I.N.R.I. De Mysteriis Rosæ Rubeæ et Aureæ Crucis 14 octobre, 2020

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I.N.R.I. De Mysteriis Rosæ Rubeæ et Aureæ Crucis

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 4 juin 2017

INRI

De Mysteriis Rosæ Rubeæ et Aureæ Crucis

Par VNVS, dont le Nombre est 777 (Frater Achad)

 

Où l’on donne, sous la forme d’une admonestation à un Adeptus Minor de la R.R. et A.C. (Rosæ Rubeæ et Aureæ Crucis), le véritable symbolisme de la Rose-Croix pour l’éveil spirituel de ceux qui en sont dignes.

Notes préliminaires du traducteur.

La traduction qui suit est accompagnée de notes du traducteur afin de replacer le texte dans son contexte historique et dans la perspective de l’ordre initiatique auquel il s’adresse.

Le texte est signé VNVS qui est l’un des noms initiatiques de Charles Stansfeld Jones (1886-1950), connu sous le nom initiatique de Frater Achad. En décembre 1909, il fut admis en tant que Probationer dans l’Astrum Argentinum (A∴A∴), ordre magique créé par Aleister Crowley, suite à sa rupture avec l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée (Golden Dawn ou G.D.). L’A∴A∴, bien qu’ayant repris les enseignements magiques de la G.D., se basait sur les révélations du Livre de la Loi, Liber AL vel Legis, reçu par Crowley au Caire en 1904.

Il fut introduit ensuite dans l’Ordo Templi Orientis (O.T.O.) et participa au développement et à l’organisation de l’Ordre en Colombie-Britannique, au Canada.

Ses divers pseudonymes initiatiques furent V.I.O. (Vnus in Omnibus, Un en Tout, en tant que Probationer de l’A∴A∴), O.I.V.V.I.O., V.I.O.O.I.V, Parzival (en tant qu’Adeptus Minor et IX° O.T.O.), « 777 », et Tantalus Leucocephalus (X° O.T.O.), mais il est mieux connu sous son nom initiatique de Néophyte « Frater Achad » (Unité, אחד) qu’il utilisa comme nom de plume dans ses divers ouvrages.

Le texte lui-même est dans le style habituel de Frater Achad et constitue une très bonne synthèse de la symbolique de la Rose et de la Croix, sujet qu’il développera dans ses ouvrages Q.B.L., The Egyptian Revival et l’Anatomie du Corps de Dieu (bientôt disponible en français).

Les couleurs qui sont données dans les illustrations accompagnant le texte ne sont pas les plus « correctes » et le lecteur qui désire aller plus loin concernant le symbolisme de cette Rose Croix peut, avec assurance et grand bénéfice, se référer à la série d’articles issus de la plume de Melmothia FreeMann (« La Croix de la Golden Dawn, mode d’emploi » : http://www.melmothia.net/607/la-croix-de-la-golden-dawn-mode-d-emploi/).

Pour ceux qui voudraient approfondir les divers sujets abordés dans ce texte, nous les renvoyons vers l’ouvrage paru récemment aux éditions Sesheta : Le Rituel du Pentagramme, ses origines, sa logique et sa pratique, par Fred MacParthy – et aux dernières parutions des éditions Alliance Magique : Dogme et Rituel de la Golden Dawn, Philippe Pissier & Matthieu Léon ; Le rituel du pentagramme de renvoi à la terre – étude complète, Abrasax et Éléments d’Occultisme Occidental de HieroSolis.

Spartakus FreeMann

TEXTE

Prends bien note, ô mon fils, et prête bien attention aux enseignements qui suivent.

Ô toi qui as, pour la première fois ce jour, observé les Mystères de la Rose Rouge, sur laquelle scintille la Rosée ; et de la Croix d’Or d’où émane la Lumière du Monde, ne s’agit-il pas là du Symbole que l’on retrouve sur la poitrine de nos Frères de la Rose-Croix ? Reste fidèle à ce bijou [1] et conserve-le précieusement comme s’il s’agissait de ta propre vie, car nombreuses et grandes sont ses vertus dont nous parlerons à présent.

Sache donc, ô mon fils, qu’il y a de nombreuses Croix dont le symbolisme varie selon l’Art des Sages qui leur ont données leurs justes proportions ; on trouve également des Roses dont les pétales représentent un Ordre de Cinq, de Vingt-deux ou de Quarante-neuf grades. Ceux-ci, à leur tour, sont unis ou divisés, en tout ou partie ; et cependant chaque symbole recèle sa propre représentation du Secret Unique Parfait, selon la compréhension du véritable chercheur de la L.V.X.[2]

Il semble que de nos jours, cette Véritable Lumière ait été enténébrée et obscurcie au point que le plus ignorant des imposteurs, ayant entendu notre devise « Omnia ab Uno» — qui signifie que tout vient de l’Unique — a pu penser que toutes les Roses et toutes les Croix étaient identiques et d’égale vertu ; ils errent ici grandement. Quelle est cette erreur qui, ayant émergé de cette étrange confusion, prévaut aujourd’hui, faisant de leurs mots une Babel des temps anciens qui fit tant de mal à la race humaine ?

Et bien que notre Père, Christian Rozencreutz, et nos Frères ses héritiers et successeurs, ont fait tant pour restaurer l’Ordre de l’Univers et la Puissance du Monde qui y réside, les Ténèbres dans lesquelles les hommes vivent sont telles, et la confusion si grande, qu’il nous appartient à nous, en tant que Véritables Frères, d’étendre la Lumière de la Croix, afin qu’une étincelle du Feu Véritable brûle avec éclat en eux.

Avec toi, ô mon fils, en qui le Feu brûle, je serai tel un soufflet, afin de raviver la Flamme pour qu’elle devienne un grand Feu qui illuminera les Ténèbres dans lesquelles tu marches et qu’ainsi de flammèche vacillante, tu deviennes comme une Lampe d’Huile Pure et que cette Lampe resplendisse telle une Étoile d’Espoir brûlant à jamais pour tes compagnons humains.

Pour cette raison, je vais à présent t’entretenir non pas de la Croix du Calvaire sur laquelle tu fus attaché et sur laquelle tu pris ton Serment envers l’Univers — dont toutes les clauses contiennent une référence secrète aux Saintes Sephiroth, les Émanations de l’Unique dont tout est issu —, mais plutôt de ce Symbole grandiose et complet de la Rose et de la Croix du joyau qui repose sur ta poitrine, au revers duquel sont gravés les mots Magister Iesus Christus [3] — Deus est Homo [4] — Benedictus Dominus Deus Noster qui dedit nobis Signum [5] ainsi que ton nom mystique de frater R.R. et A.C.

Mais ce sera du recto de la Croix dont je discourrai à présent, car, en la portant sur ta poitrine, tu es devenu comme un Soleil qui ne voit pas sa propre face, mais qui offre la Lumière de Sa Contenance aux Justes et aux Iniques avec un Amour et une Bénédiction égale.

Que vois-je donc sur ta poitrine, ô mon fils ?

Au Centre du Tout est un Point de Lumière Unique dont l’Éclat Stellaire aveugle mes yeux, car il est tel Hadit, Ton Moi Secret au Centre de ton Être. Il est Unique, Ton Secret que tu partages avec l’Unique, pas avec la Multitude. C’est Ton Nom Véritable, le Mot qui t’a amené à la Vie et dont tu es l’Écho et qui n’aura pas de fin. Cela je le sais, car un tel Mot et une telle Lumière résident en moi et moi en Lui. C’est aussi ce Mot qui est gravé dans la Pierre Blanche Cubique, mais pour chacun il est différent, et nul ne peut le connaître s’il ne le possède pas.

Autour, Illuminée par cette Lumière Centrale, repose une Rose à Cinq Pétales. C’est l’Étoile de la Volonté Insoumise, la Volonté de la Lumière Unique de ton Être, quand elle se manifeste dans la matière. C’est le signe de l’Homme, du Macrocosme, qui reflète au travers de ses cinq sens, la Grande Rose de la Création. Cette Rose est réellement vivante, et ses Sépales, qui se sont ouverts afin de la révéler, sont d’une couleur vive et ils s’étendent dans les Quatre Directions afin d’harmoniser et de rassembler en un point Deux des Eléments dont tu es fait.

Cette Rose brille sur une Croix d’Or sur laquelle Gloire et Souffrance sont crucifiées, mais identiques. La Croix est composée de Six Carrés, un Cube déplié ; c’est la même Pierre Blanche Cubique sur laquelle le Nom Véritable a été gravé, mais ouvert afin de former la Croix pour que l’on sache qu’il s’agit ici d’une Pierre Vivante qui expose la Rose de l’Amour. Par ses Bras, elle révèle la L.V.X. qui est la Lumière de la Croix. Et cet acte suprême de dévoilement affirme Sa Liberté essentielle. Ainsi, nous trouvons la Lumière, la Vie, l’Amour et la Liberté dans le Cœur de l’Homme, tandis qu’à son verso sont les mots : Deus est Homo.

Ceci, ô mon fils, je le vois au centre de ton bijou, mais même si tu n’es qu’une petite image enclose au sein du Cœur d’une Rose plus grande, en son sein resplendit une lumière Rouge Or.

Rose-Croix

Te souviens-tu, ô mon fils, lorsque tu étais dans la Chambre Sacrée, qui est dans la Montagne d’Abiegnus [6] et qui possède Sept Côtés sur lesquels sont peintes les Couleurs des Intelligences Planétaires ? Jamais tu n’oublieras cette Lumière qui est le Grand Mystère du Plafond de la Chambre ; les Ténèbres du Plancher seront, quant à elles, oblitérées de ta mémoire lorsque la Lumière aura terminé son Œuvre.

Te souviens-tu, alors que tu touchais de la « Baguette de la Rose et de la Croix » la poitrine d’une statue à la semblance du Pastos [7], comment l’on te demanda de dire « que la lumière naisse des ténèbres » ? Et comment une Voix sortant de cette statue te répondit « enseveli avec cette Lumière en une mort mystique, que notre Maître se relève, lavé et purifié, en une résurrection mystique! Comme Lui, ô Adeptes de tous les Âges, vous avez œuvré; comme Lui, vous avez souffert des Tribulations. La Pauvreté, la Torture et la Mort s’en sont allées; elles ne furent que la purification de l’Or ».

« Dans l’alambic de ton cœur,

Dans l’Athanor de l’affliction,

Cherche la Véritable Pierre des Sages. »

N’as-tu pas trouvé une telle Pierre enclose au Cœur de la Rose de la Création ? Cette Pierre n’est-elle pas toi-même ? Jamais plus tu ne seras « fermé », car la Rose de Ton Être s’est ouverte et Ta prison a été changée en une Croix. Mais dans cette transition « ce qui était en bas est devenu comme ce qui est en haut » et celui qui est à l’intérieur regarde celui qui est à l’extérieur. Ainsi, il y a de la Beauté et de l’Harmonie dans ce Degré de l’Adeptat.

Mais bien que tu connaisses le Mot de ce Grade et sa Formule, tu dois encore vaincre de nombreuses difficultés avant de devenir un Maître du Temple de l’Univers. Autour de toi, je vois les Trois Premiers Pétales de la Grande Rose formant un triangle droit sur lequel sont inscrites les Trois Lettres Sacrées Aleph (א), Mem (מ) et Shin (ש) chacune brillant sur un Pétale de couleur différente – jaune, bleu et rouge. Comme on te l’a déjà enseigné, ces trois lettres sont les Lettres Mères de l’Alphabet Sacré Hébraïque, les Lettres des Trois Éléments — le Quatrième, la Terre, étant un mélange de ceux-ci. Tu dois maîtriser les Éléments, ô mon fils ! Ceux-ci se trouvent sur la Croix de ton propre être, et tu as déjà appris à « t’établir fermement dans l’équilibre des forces, au centre de la Croix des Éléments, cette Croix à partir du Centre de laquelle le Monde de la Création a donné naissance à l’Univers. » Tu as appris à être « prompt et actif comme les Sylphes, mais à fuir la frivolité et les caprices; à être énergique et fort comme les Salamandres, mais à fuir l’irascibilité et la férocité; à être flexible et attentif comme les Ondins, mais à fuir l’indolence et la versatilité; à être laborieux et patient comme les Gnomes, mais à fuir la grossièreté et l’avarice. » Tu ne dois pas oublier ces leçons dans ta quête.

Rose-Croix 2

Sept autres Pétales entourent ces trois, chacun resplendissant de sa couleur propre, formant ainsi l’Arc-en-Ciel de la Promesse [8], de la promesse remplie, car le cercle est complet. Sur chaque Pétale est inscrite une Lettre Sacrée associé à l’une des Sept Planètes, ces grands Gouverneurs Élémentaires dont l’influence est omniprésente, avec le Secours et la Coopération des Intelligences Célestes. Ces dernières, avec l’aide de ton Saint Ange Gardien, sont toujours prêtes et désireuses de partager leur Sagesse et Puissance avec toi. Ce sont les Gouverneurs des Sephiroth sous Hokhmah [9] et au-dessus de Malkhuth [10] selon le Plan du Minutum Mundum [11] que tu as vu sur le petit autel dans la Chambre de l’Initiation.

Rose-Croix 3

De plus, entourant ces Sept Lettres sont disposées sur les Pétales extérieurs les Douze Lettres Simples correspondant aux Douze Signes du Zodiaque, les Sphères des Étoiles Fixes. Chacune a sa propre couleur qui peut être recomposée dans la Lumière Blanche du Centre. Dans l’Extérieur, ces couleurs se mélangent pour former le Gris de la Sphère de Hokhmah qui est l’équilibre du Blanc et du Noir ; mais à l’Intérieur, le Grand Univers est concentré sur ce Point Central qui est Partout, puisque la circonférence de la Rose Infinie n’est nulle part. Ce Centre c’est la Kether du Plan, car Deus est Homo [12].

Rose-Croix 4

Ainsi, ô mon fils, ai-je dessiné pour toi la Grande Rose aux Vingt-deux Pétales, les Vingt-deux Lettres de l’Alphabet Sacré à partir desquelles tous les mots, sacrés ou profanes, peuvent être formés. Elles peuvent être reliées de telle manière qu’Elles forment les Sceaux des Anges, mais de ceci je ne puis parler, car c’est à toi qu’il appartient de les découvrir et de les utiliser.

L’influence de la Rose est cette Mezla [13] qui est l’influence de la Couronne (Kether) qui descend comme la Rosée sur la Rose tout en unissant les Sephiroth de l’Arbre de Vie. Celui-ci est lui-même formé comme une Ankh qui n’est rien d’autre que la forme de la Rose et de la Croix utilisée par nos Frères de l’Antique Égypte comme un Signe de leur Voie ; comme telle il s’agit là de la Clé de la Rota ou du Taro de Thoth.

Mon fils, lorsqu’au moyen de ta Volonté Centrale, tu auras étendu la Rose aux Cinq Pétales, afin qu’elle renferme cette Grande Rose dont les Pétales sont au nombre de Vingt-deux, tu atteindras une compréhension supérieure de la Croix qui a Quatre Bras ; la somme d’Un à Quatre étant Dix [14], le Nombre des Saintes Sephiroth.

La Grande Croix, dont la croix de ton être n’est qu’un reflet, est formée de Six Carrés qui représentent un Cube déplié. Le Cube est la matière, le Cube déplié dévoile plusieurs Éléments avec leur Centre spirituel. De la même manière יהוה apparaît comme le Dieu des Eléments jusqu’à ce que le Shin (ש), le Saint-Esprit, soit descendu en Lui comme יהשוה[15], qui est le Nom de Dieu-Homme, le Rédempteur.

Tel est l’Homme, le Pentagramme des Éléments couronné par l’Esprit, la Volonté Insoumise à chaque Bras de la Croix. Tel est le Maître des Quatre Mondes, par la coopération avec le Monde Macrocosmique ou Divin, symbolisé par l’Hexagramme en dessous de la Grande Rose sur le bras inférieur de la Croix et qui est entouré par les Signes des Planètes et celui du Soleil en son sein.

L’extrémité de chaque Bras de la Croix est triple, et chaque triplicité est assignée aux Trois Principes Alchimiques selon les combinaisons adéquates. Ainsi, à nouveau, nous découvrons une évocation des Douze Cercles correspondant au Zodiaque ou Étoiles de l’Univers ; tandis que le Treizième est caché sous la forme d’un Point en leur centre, qui symbolise l’Unité. Treize est Un et Trois qui font Quatre, qui est le Nombre de la Manifestation de la Matière ; dans la Matière, les Trois Principes (ou Gunas [16]) sont toujours opératifs comme des forces unies comme l’Esprit.

Tu as, ô mon fils, la connaissance des Rituels de l’Invocation et du Bannissement du Pentagramme par lesquels tu peux contrôler les Éléments et le Plan Astral ; par conséquent, tu comprends comment ces Pentagrammes doivent être tracés avec la Baguette et la Volonté et comment cette formule est symboliquement décrite dans l’arrangement des Symboles des Éléments qui sont disposés sur les Pentagrammes des Bras de la Croix. Tu sais également comment les Gouverneurs Planétaires et les Signes Zodiacaux doivent être invoqués ou bannis au moyen du Saint Hexagramme dont les arrangements sont également exposés par ce Symbole.

Mais quid des Feuilles de la Rose Épineuse qui dans la Rose Microcosmique ne sont pas triples dans chaque quartier ? Quid des Lettres et des Symboles qui s’y trouvent ?

Ici, en fait, est donnée la Formule par laquelle la L.V.X. peut être extraite de la Croix ; le Mot de Passe y est trouvé ; et le Mot peut en être subtilement déduit. Sans cette connaissance, comment peux-tu donner les véritables Signes de ton Grade ? Analysons donc le Mot de Passe, comme l’ont fait nos Antiques Frères :

I. Yod (י). Vierge (♍), Isis, Puissante Mère.

N. Nun (נ). Scorpion (♏), Apophis, Destructeur.

R. Resh (ר). Soleil (☉), Osiris, Assassiné et Relevé.

I. Yod (י). Vierge (♍), Isis, Apophis, Osiris.

I.A. O.

Rose-Croix 5

Fais maintenant les Signes par lesquels la L.V.X., qui est la Lumière de la Croix, resplendit et tu obtiendras la signification des Feuilles de la Rose de ton joyau mystique ; des Feuilles qui toujours seront vertes comme la Vie Elle-même.

À présent, ô mon fils, va et partage l’Eucharistie Mystique, comme cela te fut enseigné par Ceux Qui Savent. Fortifie-toi, car tu as encore un voyage périlleux devant toi. Tu as été conduit vers la Lumière ; considère bien qu’il y a encore une autre Rose et une autre Croix, la Rose aux Quarante-neuf Pétales, Sept fois Sept, sur une Croix de Cinq Carrés. Les mystères de ceci tu les apprendras un jour, mais pas aujourd’hui ; pour l’instant cela ressort de la nature des Grandes Ténèbres de N.O.X.[17], Ténèbres qui sont la Lumière au-delà de la perception ; les Ténèbres Pures de l’Intelligence, ou de l’Utérus de Notre-Dame Babalon[18] et de la Cité des Pyramides[19] qui est la Demeure de NEMO[20].

Que ton esprit soit ouvert vers ce qui est Supérieur,

Que ton cœur soit un Centre de la Lumière,

Et que ton corps soit le Temple de la Rose Croix.

Vale Frater !

I.N.R.I., De Mysteriis Rosæ Rubeæ et Aureæ Crucis, par VNVS dont le Nombre est 777 (Frater Achad). Publié pour le Collegium ad Spiritum Sanctum par New Æon Publishing Co. ; Chicago, USA, 1924.

 

 

Traduction française par Spartakus FreeMann,

juin 2017 e.v.

Les notes et les illustrations sont de l’auteur.

NOTES :

[1] NdT : Il s’agit ici du bijou du grade d’Adeptus Minor que ce dernier recevait, ou fabriquait lui-même. On retrouve les symboles de cette croix sur des gravures rose-croix datées du 17e et 18e siècle. La Golden Dawn (ou Ordre Hermétique de l’Aube Dorée), et l’Astrum Argentum à sa suite perpétueront son utilisation en modifiant, plus ou moins, sa symbolique dans ses détails. Le grade d’Adeptus Minor (5°=6) est le premier grade de l’Ordre de la Rose-Croix au sein de l’Astrum Argentum.

[2] NdT : Littéralement ce mot provient du latin « lux » qui signifie « lumière ». Ce terme fait partie de la formule du « mot-de-passe » du grade d’Adeptus Minor de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée.

[3] NdT : Maître Jésus Christ.

[4] NdT : Dieu est homme.

[5] NdT : Béni soit le Seigneur, notre Dieu, qui nous a donné un signe.

[6] NdT : Il s’agit là de la montagne où reposerait le corps de Christian Rosencreutz (ou Christian Rosecroix) et qui devrait être redécouverte par les postulants selon la Fama Fraternitatis, ouvrage rose-croix bien connu.

[7] NdT : Au sein de la G.D., le Pastos est la Chambre rituelle.

[8] NdT : il s’agit ici de l’arc-en-ciel qui est apparu dans le ciel lorsque Dieu fit la promesse à Noé de ne plus jamais détruire la Création.

[9] NdT : La Sagesse.

[10] NdT : Le Royaume.

[11] NdT : ou « petit monde » qui est une représentation de l’Arbre de Vie de la Kabbale.

[12] NdT : Dieu est homme.

[13] NdT : La Mezla est l’énergie descendant de Kether pour atteindre Malkhuth et passant par les 8 autres Sephiroth. On la représente, dans les enseignements de la Golden Dawn, sous la forme d’un éclair.

[14] NdT : C’est ici la tétraktys pythagoricienne : 1+2+3+4=10. Dans la Kabbale, l’Arbre de Vie est constitué par 10 Sephiroth.

[15] NdT : derrière ce mot, en hébreu, se cache simplement Jésus qui est le Rédempteur.

[16] NdT : Guna (sanskrit) signifie « fil, corde ; qualité, propriété ; subdivision, catégorie ; mérite ». Dans l’hindouisme, les gunas sont les trois principes ou qualités principales dont l’interaction produit le monde matériel : sattva (la pureté, la vérité) ; rajas (l’énergie, les passions, la force, le désir) ; tamas (l’obscurité, les ténèbres, la lourdeur, l’inertie).

[17] NdT : Au sein de Thelema, N.O.X. ou Nuit de Pan est un état mystique qui représente un état où l’ego est mort. Cet état est atteint par la connaissance et la conversation avec son Saint Ange Gardien.

[18] NdT : Babalon, ou encore Femme écarlate, la Grande Mère ou la Mère des Abominations, est une divinité du système magique et mystique de Thelema et de l’Eon d’Horus, reçu en 1904 par Aleister Crowley. Babalon a un rôle dans le sacerdoce spirituel accompli par les adeptes féminins de l’O.T.O. ou de l’A∴A∴.

[19] NdT : La Cité des Pyramides est la résidence des adeptes qui ont traversé les Abysses et versé tout leur sang dans la Saint Graal de Babalon. La traversée des Abysses désigne symboliquement la destruction de l’ego.

[20] NdT : Nemo, en latin « personne », est le nom mystique dont se revêtent les adeptes de l’A∴A∴ ayant traversé les Abysses et qui sont devenus des Magister Templi ou Maîtres du Temple.

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Tableau de loge et lois de correspondances 10 octobre, 2020

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Tableau de loge et lois de correspondances dans Recherches & Reflexions

Tableau de Loge

Illustration des structures de l’imaginaire initiatique des bâtisseurs.

Nous de décrirons pas en détail les objets symboles figurant sur le Tableau de loge, mais plutôt les structures de l’imaginaire maçonnique associées à sa lecture. Nous ne rechercherons pas l’origine historique du Tableau sachant qu’on en publie dès les premières divulgations et que sa présence servait de support à « un regard ésotérique » dès le XVIIème Siècle[1]. Nous tenterons de démontrer que ce Tableau n’est pas seulement un résumé symbolique du grade considéré, il serait aussi la figure centrale de la loge, le point d’ancrage de la mémoire collective des maçons.

Le Tableau de loge est une image narrative composée de nombreux objets symboliques liés à l’art de bâtir ou à l’architecture. Cette collection d’objets se combine pour donner un sens opératif, symbolique et métaphorique au Tableau. Cette lecture symbolique se dédouble en construction de soi et peut-être en construction d’un monde idéal.

Le Tableau de loge et la loge illustrent un langage initiatique qui ouvre sur une spiritualité. D’ailleurs le symbole n’est-il pas l’évocation en soi de l’invisible et de l’abstrait ?

Cette spiritualité est celle des maçons bâtisseurs d’édifices sacrés, reliant depuis l’antiquité l’homme au subterrestre, au terrestre et au céleste avec l’idée d’accueillir ou d’évoquer la puissance divine venue d’en haut…

C’est à ce titre que nous rechercherons en quoi le Tableau de loge[2] serait une table de correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, sans oublier que cette correspondance se fait aussi en nous.

Nous examinerons la participation du Tableau de loge aux mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique (1), et comment ce Tableau permet l’accès aux lois de correspondances (2).

 

I/ Les mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique :

 Comment s’organise la transmission autour du tableau de loge ?

 

a/ L’apprentissage d’une mémoire traditionnelle.(Devoir de mémoire communautaire)

Nous sommes dans une société traditionnelle qui repose sur la transmission. Il ne peut y avoir de transmission initiatique sans séparation, sans mémoire[3] et sans participation[4].

 Pour mémoriser et transmettre un vécu initiatique, le franc-maçon utilise différentes techniques significatives d’un langage réservé :

  • les techniques graphiques[5] de l’image symbolique, du tracé à la craie et au charbon, que l’on efface fin de tenue,  technique du dévoilementvoilement.
  • les décors signifiants et une topographie tripartite séparant par une porte l’intérieur et l’extérieur.
  • le récit, le  langage verbal et non verbal, incompréhensibles au profane
  • le  mime et la geste du grade fait à couvert.

L’ensemble combiné donne une « incorporation » du symbole : c’est donc une abstraction ou une absence qui prend « corps » par le vécu initiatique[6].

En effet, on « incorpore » cette langue et cette vision symbolique par la geste du grade, par ses pas, ses signes, postures et circulations. De plus le catéchisme récité et le tracé du Tableau ou son dévoilement,  fondent une communauté d’expérience fondée sur le contraste[7]. Les éléments graphiques du Tableau font allusion à 4 bipolarisations[8] qui font naître ou apparaître un troisième terme « ordonné » qui ne peut être que l’HOMME:

 ► la relation entre le plan terrestre et le ciel enfante la vie sous l’égide de la Lumière, les cycles cosmogoniques, lune-soleil, colonnes solsticiales dont la loge est témoin,

 ►  la relation entre la matière transformée et  l’esprit qui enfante une pierre cubique symbole de perfectionnement en opposition à l’informe au 1er degré, puis l’association des unités en entité commune au 2em degré et enfin la fin de la forme et la transmission de l’esprit au 3eme degré.

 ► la relation entre outils et instruments et l’œuvre à accomplir qui enfante l’autoréalisation (réalisation de soi autour d’un centre universel et particulier) en opposition à l’hybris décentrée et chaotique,

 ►  la séparation de l’espace sacré et ordonné (murailles du temple, porte) du monde profane désordonné qui enfante : 1/ sur le plan horizontal l’union des FF[9] (corde à nœuds, houppe dentelée, grenades) en opposition au monde profane sans filiation et  2/ dans l’axe vertical la relation au divin, transcendance, spiritualité (temple maison du divin), en opposition au monde conflictuel[10], sans foi ni loi.

Ainsi le Tableau de loge est une puissante image mémorielle, un condensé des éléments de langage[11] témoignant d’une identité[12] et d’une intention commune se résumant en un paradigme[13] : construire le Temple.

Quelle est l’influence de ce tableau sur notre vision ?

 

b/ La représentation du réel en loge – transposition de l’image

Avec le symbole l’irréel prend corps ! Robert Ambelain disait : « il n’y a pas de plus grande initiation que la réalité ». Le tableau de loge par sa mémorisation joue un rôle dans notre vision. Suivant les rites on dévoile le Tableau de loge en même temps que Sagesse Force et Beauté sont allumées. L’image est ainsi « éclairée » « révélée [14]» au FF de l’atelier par une Lumière venue de l’Orient. Le dévoilement est équivalent au tracé fait à la main, ce serait une recréation du monde, un ordonnancement de l’informe !

Tout ce que nous sentons, voyons, pensons, articulons, est issu de la perception de nos 5 sens et se traduit en une représentation mentale du réel. Le réel au grade d’apprenti est recomposé dans l’idée de la connaissance de soi par l’image d’une pierre que l’on dégrossit.

Pour l’homme il n’y a pas de réalité sans représentation de celle-ci en son for intérieur. Là , notre réalité est la transposition d’un réel objectivé en réel humain doté de sens et d’essence. Ici le for extérieur (décors et images) opère sur le for intérieur (représentation mentale)[15].

L’initiation est donc l’apprentissage d’un réel profond, ou d’un réel augmenté par l’analogie et l’imagination créatrice de l’homme. C’est précisément ce que nous offre le Tableau de loge : une imagination créatrice « orientée » et « ordonnée » par la conscience éclairée et « concrétisée » par l’acte de bâtir un temple, fut-il intérieur.

En loge s’opère la « magie[16] » de la représentation graphique de l’objet[17] et de sa transposition symbolique. Le réel dit « matériel » n’est alors plus que l’enveloppe extérieure d’une réalité tout intérieure !

 

c/ Vivre le symbole : technique d’autotransformation

L’aspect physique dans le développement du rituel est capital, c’est ce qu’on appelle la geste orthopraxique du maçon. Le Tableau de loge illustrant le grade y joue un rôle important:

1/ Par ses pas, comme dans toute société traditionnelle, le maçon marque le temps et une déférence au groupe (trois pas = trois ans, ►introduction spatiotemporelle). C’est l’intégration comportementale du maçon dans un espace spécifique de la loge. Le Tableau illustre cet espace ternaire et sacro-temporel.

2/ Par ses bras le maçon va faire naître la forme ou l’état (tailler la pierre ► intégration du maçon dans le monde des formes et donc ici dans l’univers formel des bâtisseurs du sacré : loge/temple)[18] . Le Tableau illustre la transformation.

3/ Par le crâne sera insufflé le privilège de la lumière et de la conscience individuelle et collective (►conscience éclairée= étoile ou triangle). Le Tableau illustre la lumière.

4/ Par ses mots le maçon raconte la légende commune et récite le catéchisme ce qui permet de lire symboliquement. (►langue sacrée). Le Tableau est un langage symbolique

Le Tableau de loge est une image représentant une combinatoire d’objets matériels et symboliques qui participent aux 4 points de l’incorporation physique,  transcendée par le rituel et la verbalisation légendaire du grade[19].

Ainsi l’image devient « narrative »[20]et participe d’une pensée collective[21] et d’une geste commune. D’extérieure à soi, la métaphore de la construction produit des effets en nous.

Devenir et être le symbole, c’est accepter de faire évoluer le regard que l’on porte sur la réalité et prendre conscience de son être. La lecture du rébus symbolique du Tableau de loge est une lecture de soi ainsi que le point d’entrée dans une société d’initiés[22] (incorporation tribale).

Nous conclurons par un constat : le secret maçonnique est personnel et relatif à nos capacités cognitives qu’il s’agit de développer. Notre fonction analogique augmente nos capacités.

Le Tableau de loge nous donne des clefs de lecture des symboles nous permettant d’accéder aux schèmes de la représentation mentale et nous ouvre à la spiritualité des bâtisseurs du sacré.

Ainsi trois plans sont désormais en reliance grâce au Tableau de Loge : le plan physique, le plan mental et le plan spirituel.

II/ Tableau de loge matrice des lois de correspondances.

La force du tableau est de proposer une construction reliante et structurante plutôt que rien. Ce Tableau calme l’angoisse de l’homme en proposant une méthode et une action collective et individuelle en comblement d’un manque éthique ou métaphysique. Le tableau est sous l’effet des lois de correspondances. Ces lois restent à la base de toutes approches symboliques, car elles mettent en relation différents plans[23] matériels, mentaux et spirituels. Or l’art de tailler sa pierre ou de bâtir un édifice « sacré » permet des analogies, des associations entre ce qui est matériel et ce qui est spirituel et humain. C’est une méthode d’ordonnancement des plans superposés ayant un centre traversé par un même axe paradigmatique. Par la correspondance analogique on relie que ce qui est en haut à ce qui est en bas, mais aussi le ciel et la terre , l’esprit et le corps, l’intérieur et  l’extérieur, l’inconscient et le conscient , le caché et le visible , la cause et la conséquence, la pensée et la matérialisation, l’inconnu et le connu. Voici donc notre franc-maçon en capacité de lire ce réel augmenté sans autre effort que la mise en relation des plans par son imagination créatrice et sa bibliothèque de schèmes.

 Comment le tableau de loge peut se prêter aux analogies ?

 

a/ L’art de bâtir entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste.

Par sa situation « géocentrée » dans la partie centrale de la loge, le Tableau est un point d’intersection parfait entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste. Ce réceptacle d’images, véritable lieu de la reliance, est posé au centre de la loge à la croisée[24] de l’axe de la lumière orientale, de l’axe qui relie les colonnes du Septentrion et du Midi et de l’axe reliant le Zénith au Nadir (axis mundi).

Le Tableau ou tapis de loge serait un creuset où se combinent tous les signifiés (représentations mentales) et tous les signifiants[25] (ici les objets référents). Sa lecture se fait comme un alphabet universel qui rayonne dans les six directions[26].

Les signifiants et signifiés étant relatifs aux grades nous devons en conclure ce qui suit :

La superposition des tableaux de loge et la superposition des grades, valident les effets de reliance et donc confortent les lois et tables de correspondances. De plus le Tableau de Loge par le jeu de l’incorporation symbolique et l’intention commune, établit définitivement une homologie[27] entre le Temple et l’homme.

Relativement au paradigme de la construction d’un bâtiment sacré, on remarquera que le tableau « concentre » en un seul point tout les matières, plans, outils et instruments nécessaires à la « réalisation » par la reliance.

 

b/ Un tableau réceptacle de 3 influences :

1/issu du subterrestre : via la pierre brute extraite de la carrière, ou du minerai servant à fondre les colonnes. Ces éléments subterrestres sont les puissances souterraines que l’homme se doit de maîtriser (trouver la pierre cachée). À l’évidence un parallèle doit être fait avec la sortie du cabinet de réflexion[28].

2/ issu du céleste : représentation du Soleil et de la Lune et parfois de l’Étoile.  Ils marquent la durée, le temps, les rythmes et les saisons, mais aussi toutes les analogies liées à l’ombre et la lumière que ressent le bâtisseur, ou liés au principe émetteur et au principe récepteur qui s’unissent dans un troisième terme[29], etc. Le soleil naissant fut pendant longtemps une représentation du divin[30].

3/ issu du plan terrestre, pour porter le dessin/dessein du plan et l’élévation des bâtiments sacrés. L’intention des bâtisseurs[31]est de conjoindre matière et l’esprit sur le plan solaro-terrestre[32] en faisant apparaître une dimension spirituelle dans la matière comme dans l’homme.

C’est donc en ce point « hyperdense », à la fois géocentré (Tableau physique) et égocentré (Tableau mental)  que se réalisera le travail de l’apprenti puis le chef d’œuvre du bâtisseur 

 

c/ Apport pratique du Tableau de loge :

Ce tableau ne serait-il pas un miroir de soi et un miroir du monde ? Une affaire de point de vue !

 

Le récit de la construction de soi

Se réaliser soi-même grâce à la lumière : Le Tableau de loge est un diagramme symbolique éclairé et graduel (un plan à plusieurs niveaux de lecture !), car il est posé sur le pavé mosaïque qui suscite une tension créatrice, une vibration.

Transposé en soi (la conscience de l’être), le Plan-Tableau (ou grille de lecture) devient une pensée qui se transforme en volonté graphique « éclairée » c’est-à-dire douée d’une intention qui « élève » l’être vers une spiritualité, et il ne reste plus qu’a « réaliser » le modèle dessiné sur le Tableau de notre projection mentale. Cette dernière phase sera l’action sur nous même et dans le monde. Pensée, Volonté, Action ici « imagées » sont les trois phases de la réalisation de soi induites par le Tableau : ainsi la taille de la pierre devient connaissance de soi[33] par la connaissance de nos limites (limites d’exercice du tableau) et l’introspection (centre hyperdense du tableau)!

L’autre aspect de cette intériorisation de la grille de lecture est de réveiller en soi les vieux schèmes et archétypes[34] qui fondent l’inconscient collectif[35]. Par ce biais c’est toute l’évolution de la conscience humaine qui est mise à contribution. Ainsi tenter de tailler sa pierre ou de construire le Temple revient à tenter de se construire et perfectionner avec une conscience éclairée.

 

 Faire descendre le ciel sur terre et en l’homme.

La descente du ciel sur terre est un vieux schéma universel qui s’associe avec la conscience du Tout et l’idée du Divin. L’idée est séduisante pour l’homme qui se voudrait universel ! ici nous tentons l’Unité ontologique. Il s’agit d’une esthétique liée à la fonction verticalisante du bâti sacré.

La plupart des temples et édifices sacrés sont construits à la croisée des chemins telluriques (failles, réseaux d’eau souterraine et cryptes), solaires (decumanus,  processus du cardo et l’ombre portée[36], avec l’aspect solsticial)  et célestes (processus du Templum), etc. Ici se rencontre la synthèse d’une totalité symbolique[37] . Le Tableau de loge nous donne le mode d’emploi, les moyens et le plan sur lequel nous devons bâtir progressivement une reliance au Tout : c’est ainsi que le Tableau de loge incite à la métamorphose du regard et donne accès aux états supérieurs de l’Être[38] ! 

Nous retiendrons que la pierre taillée de l’apprenti annonce l’image archétypale de l’Imago Templi qui porte la construction physique mentale et spirituelle des francs-maçons, authentiques pierres vivantes de cet édifice sacré. Cette image dépasse l’apparence et s’inscrit dans une dimension polaire donnant au « perspecteur » une « transfiguration » de la forme.

 

Par le Tableau de loge, et par la taille de sa pierre, le franc-maçon affirme son intention de s’unir à la totalité en reproduisant pour lui-même (dimension éthique) et pour le monde visible et invisible (dimension métaphysique) une analogie symbolique.

Ce Tableau architecturé, centré, « éclairé » et ordonné est un réceptacle qui permet d’appréhender une méthodologie, un paradigme et les fameuses lois de correspondances si chères aux maçons-symbolistes, aux hermétistes et aux métaphysiciens. Il suggère une « spiritualité construite[39] »agissante, car la fonction de la loge est d’éveiller sur les trois plans, physique mental et spirituel, des maçons qui tailleront leur pierre et bâtiront un Temple pour la Lumière[40] !                                                       

Er.°. Rom.°. 01/07/6018

[1] Pierre Mollier avant propos de l’ouvrage de Dominique Jardin « Voyage dans les Tableaux de Loge ed Jean Cyrille Godefroy 2011 P11/12

[2] Le Tableau de Loge n’est pas la seule table de correspondance, dans la loge il en existe trois autres : la majeure est celle de l’autel du Vénérable qui reçoit en direct la lumière venue de l’orient alors que dans le Hékal elle n’est qu’indirecte (hypostase). Les deux autres sont les abaques situés au sommet des colonnes J et B et qui supportent les grenades résumant les phases des générations successives des Maçons, et enfin au plan individuel nous notons que chaque tablier est une table de correspondance avec ses éléments de langages à un grade donné.

[3] Voir dans ce sens Frances Yates : L’Art de la mémoire (1966), Paris, Gallimard, 1987, L’auteure démontre qu’à partir de Giordano  Bruno l’image mémorielle pouvait porter une valeur mystique ou hermétique. Voir aussi les Statuts de Schaw 1599 qui ont conforté le devoir de mémoire dans les loges écossaises. On remarquera que pour les Anciens Devoirs l’art de mémoire, la géométrie et les arts libéraux étaient la base de la transmission.

[4] Nous reprenons les propos d’Alain Touraine sur l’observation participante en anthropologie, il s’agit de « la compréhension de l’autre dans le partage d’une condition commune »,( Street corner society, la structure sociale d’un quartier italo-américain, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 1995). L’expression nous semble adaptée au contexte initiatique où l’apprenti observe en silence tout en étant présent et acteur influent sur le milieu.

[5] L’épure tracée sur une aire en plâtre de la chambre des traits par pincement de cordeaux tendus, préfigure le soubassement du tableau de loge : le Pavé mosaïque. Le placement d’une échelle est un préalable à l’apparition de l’image.

[6] Le vécu initiatique est une orthopraxie de la reliance de l’individu au groupe, du groupe à l’intemporel, de l’Homme au tout. Sur la reliance appliquée à la franc-maçonnerie voir notre article : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2015/02/le-secret-initiatique-de-la-divulgation-a-la-revelation-notion-de-reliance.html

[7] Le contraste est ici un contraste d’état générant une tension. Cela n’a rien d’étonnant dès lors que le Tableau de loge est posé sur un pavé mosaïque ! Cette tension va tendre vers un but qui est dessiné sur le tableau : c’est ici la définition de l’intention commune, au premier degré il s’agit de tailler sa pierre.

[8] Notons que ces 4 bipolarisations se dédoublent en lecture éthique (petits mystères) et métaphysique (grands mystères). http://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/10/petits-et-grands-mysteres-apercu.html

[9] La concentration des regards vers le centre de la loge revêt une fonction agrégative que l’on retrouve dans la chaîne d’union qui scelle une proxémie appelée « fraternité ». Le tableau de loge devient le support de « l’être-ensemble ». Sur cette notion : Michel Maffesoli « Le temps des tribus » la table ronde octobre 2000, p 75

[10] Rappelons que la maçonnerie spéculative s’est formée dans un contexte de conflit religieux menant à l’exil des Stuarts en 1688 à Saint-Germain-en-Laye.

[11] Les éléments de langages présents sur le tableau de loge se combinent de multiples façons les uns aux autres. On peut ainsi mémoriser le chemin narratif du grade en lisant dans un certain ordre les images posées sur le plan. Il faut noter que ce vocabulaire symbolique issu des images est le langage commun des maçons de la loge. L’appartenance traditionnelle à un clan, une tribu, une loge d’artisans se détermine par les éléments de langage, leurs prononciations et la manière de les agencer.

[12] L’identité commune s’exprimera par l’âge symbolique, les mots de passe et mots sacrés ou les signes qui tous ensemble contribuent à une hiérarchisation du métier par l’accès progressif à la connaissance (savoir-faire/savoir-être.)

[13] Le paradigme se définirait comme l’ensemble d’expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Ce système de représentation du bâti sacré lui permet de définir une méthode graduelle avec ses sources, son histoire et son actualité. Ce système part des fondations jusqu’à la clef de voûte et reste doté un langage spécifique et de moyen d’actions universels (outils et instruments).

[14] Le terme « révélation » s’entend : rendre l’invisible visible, faire apparaître l’image, ce qui est le propre du symbole mis en scène. Cette révélation venue de l’Orient n’est rien d’autre qu’une hypostase de la puissance divine « invisible » dont on sait qu’elle passe par la porte orientale. Le Tableau représente alors l’autorité surplombante qui se manifeste à nos yeux. Ici on exprime par le visible l’invisible. L’image du Tableau de loge est donc une dégradation lisible de la puissance manifestée avec l’avantage de ne pas anthropomorphiser l’image du divin. Seule l’intention de tailler sa pierre ou de bâtir le temple dans le monde et en soi transparaît dans Tableau de loge.

[15] Précisément la spiritualité du franc-maçon est construite au sens propre comme au sens figuré. La méthode d’approche du réel est donc influencée par les images mémorielles qui influencent la vision du maçon. En sa qualité d’image mémorielle « commune » ou « tribale » le tableau de loge est identitaire.

[16] Le terme « magie » doit être compris dans son sens initiatique : faire naître et apparaître l’image en soi.

[17] Cette représentation porte bien plus loin que sa fonction profane. En effet, le signifié symbolique de l’objet raisonne avec le sens du récit légendaire « agissant » : sortir de la caverne, se connaître soi-même, tailler sa pierre, bâtir un temple à la vertu…

[18] Voir Leroi-Gourhan, « Les gestes et la parole 2 La mémoire et les rythmes », Albin Michel, février 1965 P 136.

[19] L’image issue de la scolastique, fut privilégiée par les rituels issus des Anciens Devoirs catholiques qui reconnaissant les Saints et leurs attributs et qui donnait à comprendre l’eschatologie par l’image (voir les tympans des cathédrales). Le texte et donc la lecture directe (sola scriptura) furent privilégiés par les rituels calvinistes ou presbytériens du « mot de maçon –Masson Word ».

[20] Autre image narrative bien connue : le blason en chevalerie et les armes parlantes.

[21] Cette pensée collective est plus que l’addition des pensées individuelles… Une grande part de notre cerveau est dédié à une participation collective. Il y aurait un cerveau tribal qui serait la mise en phase des cerveaux individuels.

[22] Cette incorporation au groupe et la troisième phase décrite par Arnold Van Gennep (Les Rites de Passage, 1909). La lecture du tableau de loge par l’apprenti correspond à la phase rituelle « agrégative » au groupe et à sa renaissance symbolique sous couvert d’une langue spécifique et d’une intention commune. Cette phase postliminaire dite de renaissance fait suite à la 1ere dite préliminaire qui a pour objet « la mort symbolique » suivie de la 2ème qui à trait à la « désagrégation ».

 

[23] Le Tableau de loge est un plan qui se superpose à d’autres. Il est le lieu de « la transe » et donc de la concentration des possibles soit une photographie de l’un des états de la manifestation. Les termes trans/formation, trans/position, trans/fert, trans/mutation, trans/figuration, etc. ; naissent en ce point de rencontre entre la forme, le sens et l’essence.

[24] « La croisée » est le terme qui reprend l’image symbolique de la structure universelle de la croix tridimensionnelle, utilisée comme chrisme ou comme structure absolue (voir Abellio Raymond : «La Structure absolue. Essai de phénoménologie génétique. Collection Bibliothèque des idées, Gallimard Parution : 20-10-1965 ) (voir « Le symbolisme de la croix » René Guénon)

[25] Voir Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1972, p. 97 et suivantes

[26] Notons l’ajout d’une dimension supplémentaire sur le tableau de loge c’est la dimension temporelle qui donne le carré long.

[27] Sur l’homologie « structurale » dite de la construction on retiendra la tripartion du temple Ouham, Hékal, Debhir et la tripartition de l’homme corps, âme, esprit. Sur l’analogie « fonctionnelle » dite de l’incarnation on retiendra l’interdépendance vitale du ternaire avec la descente de l’esprit en soi que l’on retrouve dans l’intention de bâtir le temple avec la descente du divin sur terre et au milieu des hommes.

[28] Le testament philosophique, l’abandon des métaux et l’entrée ni nu ni vêtu, illustrent la maîtrise des  apparences trompeuses.

[29] La franc-maçonnerie organise une triangulation mettant en scène deux fractions opposées devenues complémentaires en présence de l’observateur participant. La substitution de l’observateur participant par l’objet se fait à l’aide de la lumière, du soleil,  de l’étoile ou de la conscience « éclairée ». Notons qu’au plan géométrique « l’observateur » génère « le point de vue » et donc la perspective et la stéréométrie (voir dans ce sens Jean Michel Mathonière, sur la notion d’ombre « observée/projetée » P52, et sur la notion de « perspecteur » p 55 « Les interférences entre spéculatifs et opératifs Français aux XVIIIème et XIXème Siècles » ed SFERE n° XIV 26 nov 2016.

[30] Les systèmes polythéistes personnifient le dieu lumière : «  (ou ) est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l’univers. Il peut apparaître sous plusieurs autres formes (3 comme les trois fenêtres de la loge !), celle de Khépri, le scarabée : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l’être achevé (le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant) »(wp ). Les Grecs vont aussi tenter de personnifier le soleil avec Hélios conducteur du Soleil, etc.

La renaissance journalière du soleil est un miracle de recomposition des cycles de vie mettant l’angoisse de la mort et l’angoisse de la disparition du monde au centre des préoccupations psychiques de nos grands ancêtres.

Les systèmes monothéistes tentent d’échapper à la personnification en rendant la puissance divine innommable, et ceci jusqu’au christianisme qui « incarne » le divin en l’homme.

[31] L’intention des bâtisseurs est résumée dans le feuilleton schizomorphe (séparatiste) suivant :

1/ l’épisode de Bethel la pierre relevée par Jacob suite au « songe » et l’ascension et la descente des anges sur l’échelle, suivi de son combat avec l’ange du ciel et de son boitillement,

2/l’épisode de la tour de Babel et de la volonté transgressive de la flèche du Roi Nemrod en regard de la puissance du ciel,

3/par le livre des Rois qui narre l’histoire de la construction du Temple de Salomon mettant en œuvre les trois puissances initiatiques d’origine terrestre, et l’incapacité des hommes à suivre la Loi descendue du ciel. Etc.  Nous empruntons le terme schizomorphe à Gilbert Durand « Les structures anthropologiques de l’imaginaire »12ème édition 2016  Dunod , p185.

 

[32] Nous définissons le plan solaro-terrestre dans la lignée de Gilbert Durand Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod 12em ed 2016. Pour nous il s’agit du plan ou table ou plateau d’exercice du grade considéré. A chaque grade supérieur un plan d’exercice plus élevé ce qui suggère une anabase (souvent précédée d’une catabase).

[33] La quête de la Connaissance dépasse la connaissance de soi qui est le premier stade puis l’approche de la mort avec la conscience de sa propre fin (fin des petits mystères) et pour finir l’idée d’atteindre une totalité principielle (grands mystères), avec pour toile de fond l’amour du prochain et de la vie.

[34] Sur la notion d’archétype et de schème, C. G. Jung, L’Homme et ses symboles,  Robert Laffont, 1964, p. 67 : « on croit souvent que le terme « archétype » désigne des images ou des motifs mythologiques définis ; mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L’archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental ».

[35] C. G. Jung, L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, p. 99 :  « les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement »

[36] Cette ombre « portée » sur le plan terrestre était l’expression de la volonté du ciel, en d’autres termes le bâtisseur du sacré tenait compte de la lumière du ciel pour tracer le plan du temple sur la base de la transformation du carré du ciel en carré terrestre ou carré long qui associe le temps (étirement de l’ombre portée) aux trois dimensions de l’univers. Voir rituel de la Saint Jean d’Hiver REP.

[37] L’homme a toujours cherché à s’unir à la terre en se l’appropriant (Remus et Romulus, Urbi et orbi, le Mundus), au ciel en escaladant l’Olympe pour s’emparer du « feu-lumière »(Prométhée) du mont Sinaï pour y chercher les Tables de la Loi (Moïse)  et aux entrailles de la Terre y puisant ses richesses régénérantes ou réinitiantes… (Déméter, Héphaïstos).

[38] Sur les états supérieurs de l’Être voir René Guenon Les États multiples de l’être, Paris, Édition Guy Tredaniel, édition Véga, coll. « L’anneau d’or »,

[39] …Et donc fondée sur un PLAN !. Cette « conception du Plan par la lumière de l’esprit» devient « chef d’œuvre » et se concrétise par un Temple pour le divin. Ceci corresponds à une nécessité pour l’homme de matérialiser, toucher voir et concevoir la dimension lumineuse ou divine « in concreto »dans un lieu « séparé ». L’image visible devint nécessaire à la croyance, car l’homme ne peut se contenter d’abstraction. Le temple est donc un biais « architecturé » qui, associé à une Verticalisation du langage, permet l’accueil de l’Invisible se substituant au culte des idoles (veau d’or). L’image du GADLU est un biais « architecturé » compensant par l’Ars de bâtir l’abstraction d’une pensée créatrice pure (fiat lux). Ce biais « formel » abouti à la devise « ordo ab chaos ».

[40] Nous conseillons vivement la relecture d’Henri Corbin « Temple et contemplation » ed Médicis- Entrelacs 2006 , où l’auteur fait le rapprochement entre la tradition chevaleresque occidentale et orientale du Temple « . On comprendra mieux pourquoi la Lumière vient de l’Orient et pourquoi la contemplation de l’image iconique du tableau de Loge est toujours éclairée par Sagesse Force et Beauté, donc une hypostase du fiat lux ! « C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple en soi. Il s’agit donc d’une vision intégrative du sacré propre au chevalier comme au maçon. Elle peut être mystique et ésotérique. Alors le Temple dressé dans l’Imaginaire par la représentation mentale devient ainsi Porte du Ciel. C’est ainsi que la transcendance se manifeste en nous. C’est notre temple intérieur qui « prends corps » » E.°.R.°.

Le blog de ecossaisdesaintjean

SOURCE : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-loge-maconnique-ou-temple-maconique-3em-partie-121712268.html

Taoïsme et franc-maçonnerie 20 août, 2020

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Taoïsme et franc-maçonnerie

 
Taoïsme et franc-maçonnerie dans Recherches & Reflexions

La démarche maçonnique puise sa réflexion dans toutes les traditions ; nous vous proposons une réflexion sur une application des principes taoïstes à la symbolique maçonnique.

 

Cela pourrait ressembler à une gageure de vouloir utiliser des concepts taoïstes qui sont apparus plusieurs centaines d’années avant JC pour expliquer le fonctionnement d’une loge maçonnique ; mais, si on accepte le fameux adage du « Tout est dans tout ! » , l’exercice ne devrait pas laisser indifférent. Il s’agit là bien sûr d’une première approche de vulgarisation qui pourrait être plus détaillée si la demande s’exprime.

 

Il y a plusieurs entrées possibles dans la compréhension de la philosophie taoïste ; nous vous en proposons deux :

  • A partir de l’énergétique chinoise,
  • En utilisant les cinq éléments .

L’énergétique taoïste

 

On pourrait définir l’énergie comme une « mise en mouvement » d’un dynamisme affectant le vivant que cela soit sous une forme collective ou individuelle .

 

Le principe du taoïsme pourrait, d’une manière simplifiée, être présenté ainsi :

  • L’énergie Yang totale, immatérielle, féconde l’énergie Yin totale matérielle
  • Cette fécondation initiale de l’énergie yin totale produit une succession de six formes énergétiques :
  • La petite énergie yin (Tae Yin)
  • L’énergie moyenne (Chao yin)
  • La grande énergie yin (Tsue Yin)
  • La petite énergie yang (Chao yang)
  • L’énergie yang moyenne (Yang ming)
  • La grande énergie yang (Tae Yang)
 
  • A partir de cette grande énergie yang il y a la possibilité de recréer l’énergie yang totale (cf schéma ci-joint).
 

Dans cette évolution du cycle énergétique, on peut remarquer trois moments clés :

  • La « fécondation » de l’énergie yin totale par l’énergie yang totale
  • La mutation de la grande énergie yin en petite énergie yang
  • Le passage de la grande énergie yang à l’énergie yang totale

Si on compare avec la » logique » maçonnique , on voit bien qu’il y a une similitude entre l’énergie yang totale et la Lumière et entre l’énergie yin totale et les Ténèbres.

 

Quand nous proclamons « Ordo Ab Chao » ce qui peut aussi s’énoncer comme « la Lumière transcende la Matière », la doctrine taoïste affirme que l’énergie Yang totale transforme et féconde l’énergie yin totale.

 

Cette logique des relations entre les énergies s’applique naturellement au monde vivant. Chaque organe a son énergie .

 

Il y a des énergies positives qui sont plus tôt « aidantes » et des énergies négatives ou « perverses » qui peuvent perturber le fonctionnement du système. L’énergie peut aussi être d’origine externe et affecter notre organisme ; par exemple le froid, la chaleur, les traumatismes sont des énergies mais aussi la colère, la peur, la joie.

 

Toute la subtilité de l’approche taoïste a été de décrire les changements de fonctionnement de l’organisme et donc de l’être humain en fonction des variations de toutes ces énergies et d’imaginer une logique qui explique les conséquences attendues et prévisibles de ces interactions.

 

Classiquement on décrit une énergie globale et six énergies « fonctionnelles», chacune pouvant être sous la forme yang ou sous la forme yin ; schématiquement rappelons que la forme yang se caractérise par une activation alors que la forme yin correspond à une certaine passivité. Nommer ces énergies en français est forcément réducteur car les termes chinois cumulent une grande variété de nuances mais l’objectif étant de se faire comprendre, l’enjeu prime et les spécialistes du taoïsme nous excuseront.

 

Ces six grands types d’énergies sont :

  • L’énergie de la distribution veille à une répartition et à une « alimentation » des différentes composantes du système.
  • L’énergie de l’épanouissement se manifeste dans la réalisation des processus intimes.
  • L’énergie de la préparation comporte la capacité d‘évaluation et d’anticipation préalable à l’engagement
  • L’énergie du mouvement s’impacte sur ce que l’on pourrait appeler le corps physique et en particulier son extériorisation ;
  • L’énergie de la séparation affecte tous les processus qui visent à séparer l’essentiel de ce qui ne l’est pas ;
  • L’énergie de la résistance se consacre à préserver l’essentiel, c’est-à-dire le germe du renouvellement de la vie et donc d’une certaine manière la mémoire du code.

Ces six énergies fonctionnelles, si elles fonctionnent en synergie, permettent au système de remplir son rôle, de se protéger et d’assurer leur pérennité. Dès que l’une flanche, une fragilité apparaît et l’ensemble devient vulnérable.

 

La complexité du phénomène de la vie est telle que le taoïsme fait référence à d‘autres énergies mais il est nécessaire ici d’être concis et de savoir se limiter.

 

Si on considère la loge comme un organisme vivant, il est possible d’utiliser cette modélisation d’un fonctionnement énergétique. On peut ainsi analyser à partir d’elles le fonctionnement global et celui des différents offices.

 

Globalement, on pourrait dire que la loge est une entité Yin, à qui on pourrait donner l’adjectif de féminin dans la mesure où elle correspond à une maïeutique qui donne « naissance » à des initié(e)s qui auront leurs propres existences. En plus de cette fonction d‘initiation de profanes, la loge a pour autre raison d’être celle de conforter la fraternité entre ses membres et de l’étendre à la société. Une loge qui vit des troubles internes est dans l’incapacité fonctionnelle d’assumer ces fonctions.

 
 
 dans Recherches & Reflexions
 

L’orientation générale de la loge vers le mysticisme ou vers la production de réformes sociétales, procède d’une certaine manière du même dynamisme, celui de la transformation ; en effet on pourrait dire que la loge est destiner à créer l’initié(e) et à le « façonner » vers une sanctification et vers l’exercice d’une mission en devenant un(e) « architecte » (celui ou celle qui crée).

 

Pour assurer son rôle la loge dispose d’un collège d’officier(e)s ; en utilisant le modèle énergétique taoïste, on pourrait attribuer à chaque officier(e) une énergie fonctionnelle :

  • Au vénérable et au secrétaire, l’énergie du mouvement (le secrétaire pouvant être la forme yin de cette énergie et le vénérable la forme yang)
  • aux surveillant(e)s, l’énergie de la préparation
  • à l’orateur (ou oratrice) et au couvreur (ou couvreuse), l’énergie de la résistance (l’orateur occupant la forme yang et le couvreur la forme yin)
  • au(à la) maître(sse) de cérémonies, l’énergie de l’épanouissement
  • à l’expert(e), l’énergie de la séparation pour ce qui vient de l’extérieur et pour vérification de l’intérieur
  • à l’hospitalier(e) et au trésorier(e), l’énergie de la distribution (le trésorier à la forme yin et l’hospitalier la forme yang)

Lorsqu’on applique la logique taoïste au fonctionnement de la loge on met en évidence la faible intervention de l’énergie de séparation alors que c’est un dynamisme fondamental dans le monde vivant car il permet de se débarrasser de tout ce qui est impur. En loge, l’expert à qui on pourrait attribuer ce rôle, n’a pas des prérogatives aussi affirmées sauf lorsqu’il s’agit d’admettre ou non un visiteur (ou une visiteuse) ; cette quasi-absence d‘autorégulation interne pourrait d’ailleurs expliquer pas mal de problèmes !

 

L’équilibre du système est obtenu si chaque fonction joue son rôle ; à titre d’exemple :

  • si la fonction de résistance n’est plus assurée, la loge perd son « âme » en perdant son histoire et sa spécificité,
  • si l’hospitalier(e) ne joue pas son rôle de distribution en particulier de la fraternité et de la solidarité, le lien entre les membres de la loge va se dissoudre dans un formalisme aseptisé !
  • Etc.
 

Les cinq éléments taoïstes appliqués à la démarche maçonnique

 
 
 

Rappel : Dans un système global où le vivant est sous les influences conjuguées de la Terre et du Ciel, si les énergies peuvent être considérées comme une influence céleste, les cinq éléments figurent l’influence terrestre.

Ces cinq éléments symboliques nous parlent beaucoup mieux que les énergies car nous les retrouvons dans nos rituels, l’air pouvant très bien être assimilé au symbole du Bois.

Les choses se compliquent quand on comprend qu’à chacun des cinq éléments on rattache un dynamisme, un organe, une fonction, une qualité, une orientation, etc.

 

Les schémas ci-joints visualisent les relations entre les cinq éléments : relations d’engendrement et de contrôle.

 

Selon la tradition taoïste , l’harmonie de l’ensemble est la conséquence de la cohérence entre les 5 éléments ; si un élément se trouve défaillant , le système est fragilisé et peut provoquer des conséquences.

 

A titre d’exemple, si on se cantonne aux significations premières , une inondation par exemple correspond à un excès de l’élément Eau qui affectera en premier l’élément Feu en le fragilisant ; l’élément Terre qui a pour fonction de contrôler l’élément Eau se verra épuisé.

 

Cet exemple peut se retrouver pour tout le contenu de l’élément Eau.

 

Rapporté au fonctionnement de la loge , on retrouvera ces interactions entre les cinq éléments à partir des contenus qui s’en rapprochent :

  • Le bois, c’est l’élément du mouvement mais aussi celui de la spiritualité ; situé à l’Est, il correspond au vénérable
  • Le Feu, élément de la beauté, de l’imaginaire ; situé au Sud, il correspond au second surveillant au REAA
  • La terre, élément de la nourriture mais aussi du lien social et donc des soucis ; elle est située au centre ;
  • Le métal, élément du jugement ; situé à l’ouest, il correspond au couvreur (à la couvreuse)
  • L’eau, élément de la mémoire et de l’histoire ; il est situé au Nord

Les perturbations du système des cinq éléments peuvent se faire :

  • Soit par excès
  • Soit par insuffisance

Cette adaptation simplifiée de notions taoïstes à la loge maçonnique peut permettre de mieux comprendre la logique de la démarche maçonnique et les impératifs auxquels nous devons nous soumettre si on veut que tout fonctionne en harmonie :

  • L’interdépendance des fonctions et des dynamismes implique l’absolue nécessité du consensus pour faire fonctionner correctement une loge et trouver les solutions lorsqu’un problème survient ;
  • Chaque fonction a sa spécificité ; aucune ne prime sur les autres ; et cela est vrai aussi bien dans le collège des officier(e)s que pour chaque membre de la loge ; de même pour l’instruction des apprentis .

Le tao, c’est la Voie ; l’harmonie, c’est donc de rester sur la Voie ! Tout cela trouve facilement sa correspondance dans la démarche maçonnique !

 
 

Ce diaporama reprend l’essentiel de l’histoire du taoïsme, de sa logique et de ses différentes applications

 Image de prévisualisation YouTube

Lecture « taoïste » de la tenue (au sens de la réunion de loge) maçonnique

Sans modifier le rituel utilisé (ce qui serait possible) il est possible de faire référence en loge à certains principes taoïstes et en particulier :

 
  • le principe de la transformation de l’organisme (du sujet) en fonction du cycle de l’énergie,
  • l’humilité de l’initié(e) face aux grandes lois de la nature (du Ciel et de la Terre),
  • la protection contre les agressions des énergies perverses externes et internes !

Si on considère qu’une tenue maçonnique a pour but d’une part de permettre un « ressourcement » de l’initié(e) pour la recherche de la Vérité dans une dimension éthique et d’autre part de favoriser le renforcement des liens fraternels, ces principes taoïstes peuvent inciter les frères et les sœurs à mieux profiter du déroulement de la tenue de leurs loges.

L’amour et la compassion dans le bouddhisme 20 juillet, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

L’amour et la compassion dans le bouddhisme

 

Version révisée d’un article paru in « En dialogue sur la voie du Bouddha »,

Bulletin du Centre protestant d’études, 46e année, No. 2 (Genève, 1994), p. 3-13

13 novembre 2000

(Les signes diacritiques ont été simplifiés).

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Bien que le bouddhisme demeure encore mal connu en Occident, il y jouit pourtant d’une réputation certaine du fait de sa non-violence, de son pacifisme et de sa tolérance. Cela est vraisemblablement dû, pour une large part, à la place importante occupée dans le bouddhisme par les notions d’amour et de compassion.

* L’amour (sanskrit maitrî) y est compris comme le sentiment visant à procurer le bonheur à tous les êtres, tandis que la compassion (karunâ) consiste à vouloir les délivrer tous de la douleur. Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler ici, pour les méditer, ces paroles du Buddha concernant l’amour, et qui doivent être accomplies par « celui qui recherche le bien » :

« Que tous les êtres soient heureux! Qu’ils soient en joie et en sûreté! Toute chose qui est vivante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux! Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit; que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre. Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limites doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante infinie. Étant debout ou marchant, assis ou couché, tant que l’on est éveillé, on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre. »

(Suttanipâta, I, 8. Cité in Rahula, p. 125)

Les récits édifiants des jâtaka relatant les existences antérieures du Buddha Shâkyamuni ont également popularisé son idéal altruiste, qui se concrétise en particulier par le don de son corps – pour nourrir une tigresse affamée sur le point de dévorer ses propres petits, de sa chaire, de sa tête, de ses yeux, de sa moelle et de son cerveau. (Lamotte, Traité 1, p. 143, n. 1; 2, p. 712-718, 751-753, 979-983)

* Le bouddhisme se présentant comme une voie spirituelle complète, c’est-à-dire une progression vers un but en fonction d’une pratique, ces notions d’amour et de compassion ne sauraient être considérées d’un point de vue purement spéculatif mais doivent s’intégrer dans la « culture mentale » qu’il préconise. De fait, associés à la joie et à l’équanimité, l’amour et la compassion constituent les quatre « pensées immesurables » (apramâna), résumées dans cette quadruple aspiration que le pratiquant doit orienter successivement vers les êtres dans les dix directions de l’univers :

« Puissent tous les êtres vivants posséder le bonheur et sa cause,

Puissent tous les êtres vivants être séparés de la souffrance et de sa cause,

Puissent tous les êtres vivants ne jamais être séparés du bonheur qui ne connaît aucune souffrance,

Puissent tous les êtres vivants demeurer dans l’équanimité sans attachement ni répulsion de près ni de loin ! »

Pourtant, et malgré leurs qualités intrinsèques, l’amour et la compassion exercés dans le cadre des « quatre immensurables » ne constituent que des vertus relativement médiocres. Selon les commentaires (Lamotte, Traité 3, p. 1239-1273), ils contribuent ainsi à ébranler ou à écarter les passions qui se dressent sur le chemin menant à l’éveil, mais en aucun cas ils ne sauraient éliminer ces passions. En fait, leur exercice conduit à une renaissance dans l’une ou l’autre des demeures des dieux (deva).

En effet, et contrairement à ce que l’on pense souvent, le bouddhisme n’est pas à strictement parler athée, en ce sens – et en ce sens seulement – qu’il reconnaît l’existence d’une condition divine (Lamotte, Histoire du bouddhisme indien, p. 759 ss; Traité 1, p. 142 en note). Avec le genre humain, elle constitue même l’une des deux bonnes destinées, par opposition aux trois mauvaises destinées des animaux, des esprits affamés (preta) et des enfers. Cependant les dieux sont eux aussi soumis au cycle des naissances et des morts, de sorte qu’à la fin de leur existence paradisiaque, ils peuvent tout aussi bien retomber dans de mauvaises destinées, en fonction de leurs actes passés (karman). À tout prendre, diront les exégètes, la situation des dieux est même plus infernale que celle des enfers, car leur bonheur provisoire les détourne de l’aspiration à l’éveil (bodhi), qui seule leur permettra de s’affranchir de la souffrance universelle.

* À cet égard, l’amour et la compassion des « quatre illimités » sont bien inférieurs au « grand amour » et à la « grande compassion » (mahâ-maitrî mahâ-karunâ), qui, avec la sagesse (prâjñâ), sont constitutifs de la réalisation des buddha parfaitement accomplis. C’est dans le cadre du bouddhisme du Grand Véhicule (mahâyâna) que se développera tout spécialement cet idéal altruiste, qui s’exprime dans le vœu de non plus se délivrer simplement de la souffrance, mais de devenir effectivement un buddha parfaitement accompli afin de pouvoir ensuite guider tous les êtres vers la délivrance. Ce vœu, ou « pensée de l’éveil » (bodhicitta), se détaille dans les « quatre vœux universels » suivant :

« Les êtres vivants innombrables, je m’engage à les délivrer.

Les passions innombrables, je m’engage à les trancher.

Les doctrines innombrables, je m’engage à les connaître.

L’éveil insurpassable, je m’engage à le réaliser. »

 

* Celui qui a produit un tel vœu est un « bodhisattva », ou « être visant l’éveil », dont la carrière se déroule en dix grandes étapes, au cours desquelles il développe notamment les six « perfections » (paramitâ) du don, de la discipline, de la patience, de l’énergie, de la méditation et de la sagesse.

Une étape déterminante est réalisée par le bodhisattva lorsque celui-ci atteint la huitième des dix étapes, car à partir de celle-ci il se trouve assuré d’obtenir inéluctablement l’éveil, la suite de son parcours se déroulant spontanément et sans effort. L’accès à ce huitième stade, baptisé « Inébranlable », est déterminé par l’obtention définitive de « l’endurance de la non-naissance des choses » (anutpattika-dharma-ksânti). (Ducor, Le Sûtra d’Amida, p. 30-33)

Ce terme déroutant désigne en fait ce que l’on peut bien considérer comme « la pierre angulaire du Mahâyâna » (Lamotte, L’enseignement de Vimalakîrti, p. 411); il nécessite donc quelques explications. Au cours de sa carrière, le bodhisattva développe en effet, de plus en plus, sa perfection de sagesse, lui permettant, en dernière analyse, de reconnaître non seulement l’inexistence des êtres mais aussi l’inexistence des choses qui les composent; grâce à cette opération, le bodhisattva s’affranchit de ce moteur des renaissances qu’est l’illusion.

C’est une des données communes à toutes les écoles du bouddhisme que les individus (pudgala) sont dépourvus de nature propre (svabhâva), c’est-à-dire d’un substrat particulier, pour la simple raison qu’ils ne sont qu’un conglomérat de différents éléments (dharma) dont aucun ne peut prétendre à la prééminence sur les autres. En fait d’identité, un individu n’est qu’un assemblage provisoire d’éléments hétérogènes réunis par la synergie d’actes antérieurs; c’est l’inexistence de l’individu (pudgala-nairâtmya) et, en particulier, la négation de l’âme individuelle (anâtman) (Lamotte, Traité 1, p. 32, 67-69; et 2, p. 735-750; Histoire du bouddhisme indien, p. 29-31).

Le bouddhisme lui-même est particulièrement conscient de l’originalité de cette analyse :

« Il n’y a pas de délivrance en dehors de cette doctrine [du Buddha], car les autres doctrines sont corrompues par une fausse conception du ‘moi’. »

(de La Vallée Poussin, L’Abhidharmakosha, ch. 9, p. 230)

* Mais le Grand Véhicule – non sans logique – appliquera également cette analyse aux éléments (dharma) eux-mêmes, puisqu’aucun d’eux ne comprend non plus de substance propre, ainsi que l’a formulé le célèbre Nâgârjuna (IIe siècle), fondateur de l’école de la Voie moyenne (Mâdyamika) :

« Ni de soi, ni d’autrui, ni de l’un et de l’autre, ni indépendamment des causes ne sont produites des choses, où que ce soit, en quelque temps que ce soit, quelles qu’elles soient. »

(Mûla-madhyamaka-kârikâ, I, 1. Cf. Lamotte, L’enseignement de Vimalakîrti, p. 408-411. Hôbôgirin, p. 476)

Rien ne naissant de rien, mais seulement sous l’effet de causes et de conditions elles-mêmes sujettes à ce conditionnement universel, tout est vide (shûnya) de nature propre, ce qui constitue le vrai caractère des choses. Or, comme le bodhisattva exerce son amour-compassion en parallèle avec sa sagesse, il en vient à découvrir finalement qu’il œuvre pour le salut d’êtres n’existant pas, et, aussi bien, d’un but – l’éveil – lui-même inexistant.

Cette expérience n’est évidemment pas anodine. Les textes décrivent cette perception de la réalité comme « l’endurance » de la non-naissance des choses (anutpattika-dharma-ksânti) : c’est dire ce que cette découverte représente de pénible, puisqu’elle porte en elle-même la réduction au vide de cet ego qui se croyait réellement existant.

Ce qui vaut pour les bodhisattvas vaut à plus forte raison pour les buddha parfaitement accomplis:

« Les buddha auraient beau chercher un seul être dans les dix directions qu’ils ne le trouveraient pas; et quand ils éprouvent amour et compassion, ils ne saisissent pas la caractéristique de l’être ».

(Lamotte, Traité 3, p. 1716)

* Cette contradiction apparente a particulièrement frappé les observateurs chrétiens du bouddhisme.

Du côté protestant, les analyses demeurent sommaires, à l’image de Carl Keller qui oppose « l’idéal religieux du bouddhisme: la compassion, l’amitié, le respect de la vie, l’équanimité en toute circonstance » et « l’idéal chrétien: l’amour authentique et pur du prochain » (Bouddhisme et non-violence, « Cahiers de la Réconciliation », N° 12 (déc. 1981), p. 12).

Par contre, les théologiens catholiques ont entrepris une critique poussée, comme Henri de Lubac (1896-1991), auteur généralement bien informé, qui déclare :

« L’essentiel, qui met entre charité bouddhique et charité chrétienne un abîme, c’est que, dans celle-ci, le prochain est aimé en lui-même, tandis que dans celle-là il ne saurait en être question. [... ] dans le bouddhisme, on ne peut aimer en soi-même un « moi » tout illusoire ou qu’il s’agit de détruire : comment dès lors aimerait-on vraiment le « moi » d’autrui ? N’étant pas prise au sérieux, la personne d’autrui ne saurait faire l’objet d’un amour sérieux. [... ] La bienveillance bouddhique [...] ne s’adresse pas, elle ne peut pas s’adresser à l’être même, mais seulement à sa misère physique ou morale. »

« En ce qu’elle offre de meilleur, disons donc que la charité bouddhique ressemble à la charité chrétienne comme le rêve à la réalité. »

(Aspects du Bouddhisme, I, p. 36, 50)

Autre théologien éminent, Hans-Urs von Balthasar (1905-1989) a souligné cette question qui, selon lui, ne cessera de surgir dans le dialogue entre bouddhisme et christianisme :

« Ce qu’il y a de kénotique (la « vacuité ») dans l’Absolu est-il Charité (ce que dit le chrétien) ou une pure ouverture sur l’illimité ? ».

« Si l’unification se fait par la charité, la distinction reste présupposée, jusque dans l’essence de Dieu, une distinction qui n’est pas annulée, mais plutôt dépassée dans l’amour commun des personnes distinctes, à savoir l’Esprit Saint. Si en revanche l’unification n’est pas conçue comme charité, mais comme une « intuition » parfaite, comme une « illumination », alors il ne s’agit que de la suppression du face-à-face du sujet et de l’objet (noèsis-noèma). On comprend alors la négation de toute dualité définitive : on n’en a plus besoin. La solution chrétienne ne s’oppose alors pas seulement au bouddhisme, mais à toute philosophie mystique [...]. »

(Vers le dialogue, Revue catholique internationale « Communio », XIII, 4 (juin-juil. 1988), p. 10)

En 1989, enfin, la plus haute instance du magistère catholique en la matière, la Congrégation pour la doctrine de la foi, a univoquement déclaré les incompatibilités entre les concepts catholiques et bouddhiques (v. Quelques aspects de la méditation chrétienne, extraits cités ici en  <outbind://10/#appendice> appendice).

**

L’amour et la compassion dans le bouddhisme, et singulièrement dans le bouddhisme du Grand Véhicule, ne sont-ils réellement que de froides notions à visées abstraites, ayant une valeur purement fonctionnelle de catharsis pour leur pratiquant ?

* Pour répondre à ces interrogations, il faut remarquer que les commentateurs du Mahyâna distinguent, en fait, trois sortes d’amour :

 

1. L’amour ayant les êtres pour objet (sattvâlambana) : c’est celui pratiqué en début de carrière spirituelle, notamment dans le cadre des quatre « pensées immesurables »;

2. L’amour ayant les choses pour objet (dharmâlambana) : il est pratiqué par les êtres plus évolués, qui voient le vide dans l’apparence illusoire des êtres : « Quand ils pensent avec amour aux êtres, ce n’est qu’à du vide (shûnya) issu en continuité des causes et conditions réunies. L »être’, c’est cinq agrégats. »

3. L’amour sans objet (anâlambana) : il est pratiqué par les seuls buddha, dont la pensée, de par leur sagesse, ne repose ni sur les conditionnés ni sur l’inconditionné : « Les buddha emploient la sagesse relative au vrai caractère des choses et font en sorte que les êtres l’obtiennent : c’est cela l’amour sans objet. » C’est ce dernier seulement, l’amour sans objet, qui mérite l’appellation de « grand amour » (mahâ-maitrî).

(Lamotte, Traité 3, p. 1245, 1250-1254, 1272-1273)

 

De même, pour Genshin (942-1017), maître japonais du Tendai inclus parmi les patriarches du bouddhisme de la Terre Pure, les quatre vœux universels cités plus haut sont à considérer sous deux aspects. Dans le premier, ce sont des vœux « liés aux phénomènes » (en-ji): en tant que tels, ils correspondent à l’amour ayant les êtres pour objet. Mais dans leur second aspect, ce sont des vœux « liés au principe » (en-ri) et ils se fondent sur les considérations suivantes :

« Toutes les choses sont apaisées dès l’origine: il n’y a ni existence ni inexistence, ni éternité ni interruption, ni naissance ni destruction, ni souillure ni pureté. Il n’est pas une forme ni un parfum qui ne soit de la voie médiane. Le cycle des naissances et des morts équivaut au nirvâna. [...] Sachant que toutes les choses n’existent pas en tant que choses, il sait que tous les êtres vivants n’existent pas en tant qu’êtres vivants : celui-là est appelé ‘un bodhisattva qui a produit la pensée d’éveil insurpassable’. »

Mais Genshin précise aussitôt :

« Bien que les passions et l’éveil soient identiques en substance, ils diffèrent en pureté et en souillure en fonction du moment. C’est comme l’eau qui produit la glace, ou comme une semence et son fruit ».

(Ôjô-yôshû, vol. I b)

En fait, Genshin fait ici allusion à une notion capitale du Grand Véhicule, celle des deux vérités – ou réalités : la vérité absolue et la vérité relative. En vérité relative, ou mondaine, ou encore « d’enveloppement » (samvriti-satya), il y a des êtres plongés dans la souffrance; mais du point de vue de la vérité absolue (paramârtha-satya), on ne peut rien distinguer d’autre que le vide universel. Or, le vide, selon Nâgârjuna, ce n’est rien d’autre que la production des choses par le jeu des causes et conditions, le vide lui-même n’étant qu’une désignation métaphorique : c’est la voie médiane.

(V. les ouvrages de Jacques May (v. biblio.); Lamotte, Traité 2, p. 1078, ss; 4, p. 1995 ss. Ainsi que le Hôbôgirin, art. chûgan et chûdô)

Il est cependant essentiel de remarquer qu’aucune de ces deux vérités ne peut s’énoncer sans l’autre, à défaut de tomber dans l’un des deux extrêmes que sont le nihilisme ou le réalisme. Cela répond notamment à la remarque du père Yves Raguin déclarant: « J’ai toujours pensé que la grande erreur du Bouddha était de n’avoir vu qu’un aspect du réel, son impermanence. » (Bouddhisme / Christianisme, p. 57)

On constate donc qu’en exerçant la grande compassion envers les êtres sans pour autant les objectiver, le bodhisattva, bien loin de s’isoler dans un froid solipsisme, incarne la dialectique même des deux réalités, au cœur de la nature des choses selon le Grand Véhicule. Car la loi de causalité « agit au sein de la vérité mondaine comme un révélateur de la vérité absolue. Et que révèle-t-elle ? La vacuité de la vérité mondaine. » (May, Trente-huit ans sur le Grand Véhicule, p. 87)

Les textes expriment d’ailleurs clairement la concomitance de l’expérience du bodhisattva dans sa connaissance personnelle du réel et de son activité sotériologique et altruiste:

« Le bodhisattva, par compassion pour les êtres, a d’abord fait le vœu de délivrer tous les êtres. Par la perfection de son énergie, et bien qu’il sache que toutes les choses sont non-nées, non-détruites, pareilles au nirvâna, il continue d’exercer ses qualités et il remplit les six perfections. Pourquoi ? Parce qu’il demeure dans la perfection de sagesse sans y demeurer », c’est-à-dire « sans en saisir les caractéristiques ».

« Ayant exercé les pratiques, le bodhisattva, par la perfection de sagesse, connaît le vrai caractère des choses, et, dans un sentiment de grande compassion, il a pitié des êtres qui ne connaissent pas ce vrai caractère des choses, s’attachent aux systèmes trompeurs du monde et subissent toutes sortes de douleurs physiques et mentales. [...] Ici deux choses sont à considérer :

1. par la force de sa perfection de sagesse, le bodhisattva n’éprouve aucun attachement pour les choses;

2. bien qu’il connaisse le vrai caractère des choses, la force de ses moyens habiles (upâya) est telle qu’il n’abandonne pas les êtres. Sans abandonner les êtres, il connaît le vrai vide des choses. »

(Lamotte, Traité 2, p. 656-657; 4, p. 1797)

Au reste, il est significatif que la plupart des qualités acquises par un buddha sont destinées à lui permettre d’accomplir son œuvre salvifique, laquelle, à travers la prédication, s’incarne essentiellement par le don de la loi bouddhique.

À titre d’exemple, signalons que le buddha est notamment pourvu des « six connaissances supérieures » (abhijñâ), qui sont :

 

1. les dix-huit pouvoirs magiques de transformations et de créations;

2. l’oreille divine, par laquelle on peut entendre tous les sons, même les plus infimes;

3. la connaissance des pensées d’autrui, par laquelle on peut lire les pensées des autres êtres;

4. le souvenir des naissances antérieures, par laquelle on peut se souvenir de ses propres existences passées ainsi que de celles d’autrui;

5. l’œil divin, permettant de connaître exactement les naissances et les morts des êtres vivants dans toutes les directions de l’univers;

6. la connaissance de la destruction des quatre écoulements que sont le désir sensuel, l’existence, l’ignorance et les vues fausses. (Lamotte, Traité 4, p. 1809-1827)

 

Un buddha dispose aussi de « dix forces » (bâla) nées d’autant de connaissances, qui sont :

 

1. la connaissance du possible et de l’impossible;

2. la connaissance de la rétribution des actes;

3. la connaissance des méditations, etc.;

4. la connaissance du degré des facultés d’autrui;

5. la connaissance des aspirations des êtres;

6. la connaissance des dispositions acquises;

7. la connaissance de la route menant aux diverses destinées;

9. la connaissance de la mort et de la renaissance;

10. la connaissance de la destruction des impuretés. (Id. 3, p. 1505-1566)

 

Enfin, pour accomplir sa prédication proprement dite, il bénéficie aussi de quatre « savoirs non-empêchés » (pratisamvid) :

1. savoir de la chose désignée;

2. savoir de la désignation;

3. savoir de l’expression vocale;

4. savoir de l’élocution. (Id. 3, p. 1614-1624)

 

Ces vertus, et bien d’autres encore, ne sont pas seulement le lot des buddha mais peuvent déjà être acquises par les bodhisattvas au cours de leur carrière, même s’ils n’en disposent pas avec la même plénitude qu’un buddha. Les bodhisattva du 10e et dernier stade, notamment, en font usage pour achever d’acomplir leur voeu de délivrance de tous les êtres. Ces bodhisattva, dont la proximité avec l’éveil ultime leur vaut de recevoir parfois le titre de « Tathâgata » – mais non celui de buddha réservé exclusivement aux buddha parfaitement accomplis – incarnent tout particulièrement ce grand amour et cette grande compassion.

Débarrassés de toute enveloppe charnelle depuis qu’ils ont atteint le 8e stade, ils peuvent se manifester librement en ce monde, à l’image célèbre d’Avalokiteshvara, le fameux Guan’yin des Chinois, qui s’incarne, notamment, dans la personne des Dalaï-lama. Mais on pourrait citer aussi Samantabhadra – parangon de l’idéal même des bodhisattvas, Maitreya – qui succédera au Buddha Shâkyamuni, Mañjusrî – incarnation de la sagesse, ou Kshitigarbha – particulièrement secourable envers les plus dépourvus : le culte rendu dans les pays d’Asie à ces êtres témoigne bien du succès de l’idéal d’amour et de compassion du bouddhisme auprès des populations les plus diverses.

De même, les buddha tout en ayant accompli l’éveil parfait accueillent également dans leurs « champs de buddha » (buddha-kshetra) les êtres qui vont y renaître pour s’y être abandonnés, la plus célèbre de ces « terres pures » étant « la Bienheureuse » (Sukhâvatî) du Buddha Amithâba (jap. Amida).

Les théologiens ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui ont consacré à ce dernier quelques-unes de leurs études les plus poussées et les plus critiques sur le bouddhisme. (de Lubac, Amida; Masson, Le Bouddhisme, p. 114-115, 199 ss)

 

**

 

En fait, la critique chrétienne de l’amour et de la compassion bouddhiques renvoie à une problématique fondamentale, puisque c’est celle de l’existence même d’un Dieu créateur qui est mise en cause, ainsi que l’a fort bien vu de Lubac :

« Par l’image divine qui est au fond de lui, tout homme participe en effet à l’éternité de Dieu. Sa ressemblance est ce qui fonde sa distinction, la solidité définitive de son être. Solidabor in Te, deus meus (Saint Augustin). [...]

Or dans le bouddhisme, rien de tel. Là où manque au fond de l’être cette solidité ontologique qui lui vient du Dieu créateur, là où l’on ne rencontre plus qu’agrégats sans consistance, il n’y a rien qui appelle et qui rende possible un amour définitif. » [...]

« Dans le christianisme, cependant, toujours l’affirmation triomphe. S’il n’en va pas de même dans le bouddhisme, c’est qu’il y manque l’unique Fondement : Dieu, Amour créateur. Toute l’insuffisance – toute la fausseté – de la religion bouddhique vient d’abord de là. »

(Aspects du bouddhisme, 1, p. 41, 53)

Joseph Masson a également souligné ce « fossé préalable extrêmement difficile à combler » que constituent les positions de la philosophia perrenis dans le dialogue entre chrétiens et bouddhistes, en particulier « l’existence solide, définitive et absolue de substances et de personnes au sens occidental du terme. » (Le bouddhisme en notre temps, in « À la rencontre du bouddhisme », vol. 2, p. 81-82)
Et de préciser : « Pas plus que les monistes hindous, les anti-substantialistes bouddhistes ne rejoignent la philosophie réaliste-pluraliste où s’insère l’idée de Dieu; et donc ils n’en éprouvent pas le besoin. » Il en conclut que le contact le moins difficile, relativement aisé, entre le bouddhisme et le christianisme, se situe « au niveau des préludes ascétiques à la libération ». (Le bouddhisme, p. 233)

L’actuel Dalaï-lama ne dit pas autre chose :

« je pense qu’entre les traditions chrétienne et bouddhiste, il existe une convergence exceptionnelle et un potentiel d’enrichissement mutuel par le dialogue, surtout dans les domaines de l’éthique et de la pratique spirituelle (…).

Quant au dialogue philosophique ou métaphysique, je pense que nous devons nous séparer. Toute la conception bouddhique du monde repose sur une position philosophique centrée sur le principe de l’interdépendance, selon lequel toute chose ou événement est le produit d’interactions entre des causes et des conditions. Il est quasiment impossible, dans cette vision du monde, de faire une place à une vérité atemporelle, éternelle et absolue. Il n’est pas possible non plus d’y intégrer le concept de Création divine. »

« Si donc on cherche à tout prix à dégager des similitudes et à faire des rapprochements, on court le risque de tout amalgamer en une seule et grosse entité. Je le répète, je ne suis pas favorable à la recherche d’une religion universelle. Je ne pense pas que cela soit judicieux. »

(Le Dalaï-lama parle de Jésus, p. 89 et 79)

Yves Raguin, enfin, prévient ses lecteurs : « La position prise par le bouddhisme sur la question de la personne rend très difficile, pour ne pas dire impossible, une rencontre sur les grandes questions fondamentales dans le christianisme, la Trinité, le Christ, la responsabilité humaine, l’union à Dieu ».

Et par rapport au culte du Buddha Amida, en particulier, le même auteur ajoute : « Le Christ, objet de notre foi et de notre amour, [...] ne disparaît pas quand nous entrons dans l’infini de Dieu, car il est cet Infini divin, il est Dieu Infini », alors qu’Amida « n’est qu’un symbole et non une réalité, une personne réelle, comme le Christ. »

(Bouddhisme / Christianisme, p. 49 et 129)

Il est par trop évident que la doctrine fondamentale du bouddhisme sur l’absence d’âme individuelle et sur le vide exclut radicalement la notion d’un dieu Seigneur (îshvara) avec sa création. Le bouddhisme est donc athéiste (aishvarika) dans ce sens précis d’absence d’un dieu Seigneur. (Lamotte, Traité 1, p. 141, n. 1; Histoire du Bouddhisme indien, p. 434-437, 473. Cf. de La Vallée Poussin, L’Abhidharmakosha, ch. 2, p. 311-313; ch. 5, p. 19; id., Bodhicaryâvatâra, p. 135-137)

Le Buddha lui-même se situe en dessus d’une condition divine: « Tout bouddhiste [...] se souvient que le Buddha Shâkyamuni a été un homme, et qu’un Buddha est plus et mieux qu’un dieu. » (May, Trente-huit ans sur le Grand Véhicule, p. 91)

Pour reprendre une image classique, « le Buddha est comme le roi des médecins, sa loi est comme le bon médicament et sa communauté est comme l’infirmier. » (Lamotte, Traité 3, p. 1393, n. 1; cf. 1, p. 17, n. 1. Hôbôgirin, p. 230 b – 232 b)

Encore pourrait-on préciser que le Buddha est un médecin qui a lui-même expérimenté la souffrance qu’il prétend traiter, ce qu’il fait en délivrant son enseignement « à la manière dont la tigresse transporte ses petits »: en serrant suffisamment les dents pour qu’ils ne tombent pas dans l’hérésie du nihilisme, tout en évitant de les déchirer dans les crocs de l’hérésie de la croyance à un moi réel. (Lamotte, Traité 1, p. 33. De La Vallée Poussin, L’Abhidharmakosha, ch. 9, p. 265-266

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APPENDICE

 

Congrégation pour la doctrine de la foi

Quelques aspects de la méditation chrétienne (Orationis formas),

Lettre aux évêques de l’Église catholique

présentation du cardinal Joseph Ratzinger. 15 octobre 1989

AAS 82 (1990) 362-379; DocCath 87 (1990) 16-22.

Traduction française publiée par la Librairie Pierre Téqui, (Paris, 1989). ISBN 2-85244-972-2

 

12. (…) on se trouve en face d’un renouvellement aigu de la tentative, non exempte de risques et d’erreurs, de mélanger la méditation chrétienne et la méditation non chrétienne (…).

(…) d’autres encore ne craignent pas de placer l’absolu sans images ni concepts, propres à la théorie bouddhiste  <outbind://10/#14> 14, sur le même plan que la majesté de Dieu, révélée dans le Christ, qui s’élève au-dessus de la réalité finie ; et dans ce but, ils se servent d’une « théologie négative » qui transcende toute affirmation de contenu sur Dieu (…).

Aussi proposent-ils d’abandonner (…) l’idée même du Dieu un et trine, qui est amour, cela en faveur d’une immersion « dans l’abîme indéterminé de la divinité »  <outbind://10/#15> 15.

14. (…) il faut tenir compte avant tout du fait que l’homme est essentiellement créature et qu’il reste tel pour l’éternité, de sorte qu’une absorption du moi humain dans le moi divin ne sera jamais possible (…). Il y a altérité en Dieu même, qui est une seule nature en Trois Personnes, et il y a altérité entre Dieu et la créature, qui sont par nature différentes. (…)

15. (…) dans la réalité chrétienne, toutes les aspirations présentes dans la prière des autres religions sont comblées, sans pour autant que le moi personnel et son caractère de créature doivent être annulés et disparaître dans l’océan de l’Absolu. (…)

31. L’amour de Dieu, unique objet de la contemplation chrétienne, est une réalité qu’on ne peut « s’approprier » par aucune méthode ni aucune technique; (…). (…) nous ne pouvons jamais, en aucune manière, chercher à nous mettre au même niveau que l’objet contemplé, l’amour libre de Dieu (…).

 

NOTES de la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi

 

Note 14. Le concept de « nirvana » est compris, dans les textes religieux du bouddhisme, comme étant un état de quiétude qui consiste dans l’extinction de toute réalité concrète en tant que transitoire, et donc décevante et douloureuse. (<outbind://10/#n14> Retour)

Note 15. Maître Eckart parle d’une immersion « dans l’abîme indéterminé de la divinité », qui est « une ténèbre dans laquelle la lumière de la Trinité ne brille jamais ». Cf. Sermo « Ave gratia plena, vers la fin (J. Quint, Deutsche Predigten und Traktate, Hanser 1955, 261)

 

Bibliographie

 

À la rencontre du bouddhisme = Secretarius pro non Christianis (éd.) : « À la rencontre du bouddhisme » (É. Lamotte, D. L. Snelgrove, J. Masson, P. Humbertclaude). 2 vol. Roma, Àncora, 1970.

Ducor, Jérôme : Le Sûtra d’Amida prêché par le Buddha. Société Suisse-Asie, Monographies, vol. 29; Bern, Peter Lang, 1998

Hôbôgirin, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme d’après les sources chinoises et japonaises. Tôkyô, Maison Franco-Japonaise; Paris, Maisonneuve, 1929 – .

Lamotte, Étienne (1903-1983) :

* L’Enseignement deVimalakîrti (Vimalakîrtinirdesa). Bibliothèque du Muséon, vol. 51. Louvain, 1962.

* Histoire du bouddhisme indien, Des origines à l’ère Sâka. Publications de l’Institut Orientaliste de Louvain, 14. Louvain-la-Neuve, Université de Louvain, 1958; rpr. 1976.

* Le Traité de la grande vertu de sagesse de Nâgârjuna (Mahâprajñâpâramitâshâstra). 5 vol. Vol. I-II : Bibliothèque du Muséon, vol. 18; Louvain, Université de Louvain, 1949 (rpr. 1966, 1967). Vol. III- V: Publications de l’Institut Orientaliste de Louvain, 2, 12 et 24; Louvain et Louvain-la-Neuve, Université de Louvain, 1970, 1976 et 1980.

La Vallée Poussin, Louis de (1869-1939) :

* L’Abhidharmakosha de Vasubandhu. 6 tomes. Paris, Geuthner; Louvain, J.-B. Istas, 1923-1931. N. éd. anastasique présentée par Étienne Lamotte : Mélanges chinois et bouddhiques, vol. XVI; Bruxelles, Institut Belge des Hautes Études Chinoises, 1971; rpr. 1980.

* Bodhicaryâvatâra, Introduction à la pratique des futurs bouddha, poème de Çântideva. Revue d’histoire et de littérature religieuses, t. X-XII (1905-1907); Paris, Librairie Bloud, 1907.

Lubac, Henri de (1896-1991), S. J. :

* Amida. Aspects du Bouddhisme, II; Paris, Seuil, 1955.

* Aspects du Bouddhisme, I. Paris, Seuil, 1951.

Masson, Joseph S. J.: Le bouddhisme, Chemin de libération : Approches et recherches. Museum Lessianum, Section missiologique n° 59; Desclée De Brouwer, 1975.

May, Jacques :

* Candrakîrti : Prasannapadâ Madhyamakavritti. Paris, Adrien Maisonneuve, 1959.

* Kant et le Mâdhyamika. Indo-Iranian Journal, Vol. III, Nr. 2 (1959), p. 102-111.

* La philosophie bouddhique de la vacuité. Studia Philosophica, Annuaire de la Société suisse de philosophie, vol. 18 (1958), p. 123-137.

* Trente-huit ans sur le Grand Véhicule, quelques vues rétrospectives. In Waardenburg, Jacques : « L’islam, une religion » (Genève, Labor et Fides, 1989), p. 88-93.

Raguin, Yves S. J.: Bouddhisme / Christianisme. Paris, Epi, 1973.

Râhula, Walpola : L’enseignement du Bouddha d’après les textes anciens. 1961; Collection Points, série Sagesses, 13; Paris, 1978.

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Confusion à propos de la distanciation spirituelle 19 juin, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

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Est-il utile de rappeler que la Franc-maçonnerie vise à se perfectionner pour améliorer l’humanité dans son ensemble ? Cela passe par une maîtrise des passions. La recette est assez simple, il suffit de creuser des tombeaux pour les vices et d’ériger des autels à la vertu. Pour atteindre cet objectif, la caisse à outils du maçon est composée essentiellement de symboles et de pratiques rituelles.

Tous les pratiquants vous confirmeront que le maçon est un animal grégaire. Il est impératif de le regrouper pour que la magie initiatique opère avec efficacité. C’est là que le bât blesse, car depuis quelques mois, un maudit virus à décidé de briser les chaines d’union de notre Art. Il a réussi, car tous les tabliers et les gants restent désespérément blottis au fond de nos sacoches noires.

Il y a longtemps déjà que les virus et les humains flirtent bon gré malgré. Jeffery Amherst, le funeste commandant des forces britanniques en Amérique du Nord, eu la délicate idée en 1763 d’offrir aux Indiens Delaware des couvertures sciemment infectées par la variole. Il en résultat le premier génocide issu d’une guerre bactériologique.

Heureusement, tout le monde n’est pas aussi cruel qu’Amherst. C’est pour cela que nous devons le principe de la distanciation sociale à Max Starkloff, ce médecin de St Louis, Missouri qui durant la grippe espagnole de 1918 eu l’idée de limiter à 20 personnes les rassemblements afin de contenir la pandémie.

Plus récemment, c’est à notre président Emmanuel Macron que nous devons l’idée du confinement total. Finie les limites à 20 personnes de 1918, durant 8 semaines plus de sortie, durant 6 mois plus de tenues maçonniques et le grand concept à la mode se nomme désormais : « Distanciation sociale ».

Très franchement, entre-nous, vous connaissez beaucoup de gens vous, qui ont attrapé des virus à cause d’une trop grande proximité sociale ou spirituelle ? Je peux vous assurer que mon réseau social comprend quelques milliers de relations et pourtant, nous pourrions échanger durant des années sans qu’un seul virus risque de nous atteindre. Le seul qui serait à craindre serait celui de nos ordinateurs.

On a donc fait un amalgame grave entre la distanciation sociale et la distanciation physique. Quel en sera le préjudice pour nous les maçons ? C’est une question de fond qui mérite d’être creusée. Si nous nous laissons convaincre que l’autre, le Frère ou la Sœur devient le danger par lequel son corps véhicule le virus et peut-être même la mort, que reste t’il de notre art ?

Revenons à la réalité et sortons de l’hypnose collective dans laquelle nous sommes tous entrés en mars dernier. Comme le rappelais avec sagesse et bon sens le philosophe André Comte-Sponville, La grippe dite asiatique de 1958 à tué 2 millions de personnes. 10 ans plus tard, la grippe de Hong Kong a fait un million de morts dans une indifférence générale. Parlons maintenant du cancer qui tue chaque année 10 millions de personnes. Devons-nous intégrer dans nos statistiques la malnutrition qui tue annuellement 9 millions d’êtres humains, dont 3 millions d’enfants ? Alors sans banaliser les 420 000 morts du Covid19 de cette année, nous sommes encore loin des 650 000 morts chaque année de la grippe saisonnière. Pensez-vous à la lumière de ces chiffres que la folie médiatique et le suicide économique actuels étaient proportionnés au risque ? Avouez que le virus médiatique fera plus de victime que le virus biologique. Je n’ose même pas parler du stunami économique qui nous attend dans quelques mois.

Pour revenir à des conditions maçonniques, nous cultivons le mythe de la mort et de la renaissance de l’architecte, pourtant, très étonnamment nous tremblons comme des feuilles mortes à la moindre épidémie et devenons plus silencieux qu’une colonne d’Apprentis. Avouez que tout ceci mérite réflexion, non ? Soit la maçonnerie est un art et auquel cas, elle puise dans ses ressources les moyens de sa survie. Elle traite alors le risque avec équité et justesse. Soit elle n’est qu’un loisir pour s’extirper des programmes TV ennuyeux, et là, nous avons du souci à nous faire.

Pour ma part, je ne suis pas certain du tout que les maçons aient bien travaillé la maîtrise des passions dans cette affaire. Ils n’auront toutefois rien à se reprocher car ils seront restés bien sagement avec le troupeau. Et la question finale reste posée par KrishnaMurti : est-ce un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade ?

Restez bien prudents surtout.

Franck Fouqueray

 

SOURCE : https://blog.onvarentrer.fr/index.php/2020/06/13/confusion-a-propos-de-la-distanciation-spirituelle/?fbclid=IwAR1icF5wS8jwQJk8Y68kDfGAzzSOh0pz3dvfChSF5ssTysNcpKS7805mvMw

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