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Le Symbolisme du Bélier et du Taureau en Egypte Antique 26 avril, 2020

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Le Symbolisme du Bélier et du Taureau en Egypte Antique

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Beaucoup situent les origines de l’Alchimie en Egypte, où le culte de Thot est considéré comme l’ancêtre du culte d’Hermès. L’Histoire a montré que les origines de notre Art sont bien plus anciennes et proviendraient probablement d’Asie. Cependant, nous ne disposons d’aucune source incontestable. Tandis que de nombreux écrits égyptiens ont été traduits en Grec, ce qui constitue une source d’informations fiables et datables. Vous en saurez d’avantage sur les alchimistes d’Alexandrie à cette adresse :

http://www.cosmovisions.com/alchimieAlexandrieChrono.htm .

Les alchimistes employaient souvent des alphabets codés, truffés de symboles. Il est donc tout à fait intéressant d’étudier l’alphabet égyptien, mélange de symboles, d’éléments figuratifs et d’animaux représentant soit des lettres, soit des sons, soit des idées, voire même directement des mots.

Je vous partage cette définition très bien écrite de Yann Leray sur son blog « Les amis d’Hermès »

(http://www.lesamisdhermes.com/20…/…/la-magie-hermetique.html ):

« La science hiéroglyphique absolue avait pour base un alphabet où tous les dieux étaient des lettres, toutes les lettres des idées, toutes les idées des nombres, tous les nombres des signes parfaits.

Cet alphabet hiéroglyphique dont Moïse fit le grand secret de sa kabbale, et qu’il reprit aux Égyptiens ; car, suivant le Sepher Jezirah, il venait d’Abraham : cet alphabet, disons-nous, est le fameux livre de Thauth, soupçonné par Court de Gébelin de s’être conservé jusqu’à nos jours sous la forme de ce jeu de cartes bizarres qu’on appelle le tarot ; mal deviné ensuite par Eteilla, chez qui une persévérance de trente ans ne put suppléer au bon sens et à la première éducation qui lui manquaient ; existant encore, en effet, parmi les débris des monuments égyptiens, et dont la clef la plus curieuse et la plus complète se trouve dans le grand ouvrage du père Kircher sur l’Égypte. »

Mais quel lien avec le bélier et le taureau me direz-vous ? Nous y arrivons. Les Égyptiens étaient de fins observateurs de la nature, c’est pourquoi leur alphabet en représente diverses formes : eau, végétaux et animaux. En effet, chez les égyptiens, les animaux incarnaient une force divine, une force créatrice (qualité reconnue en les mots, voir l’étymologie de poésie, du grec Poïen, créer, ou des énoncés performatifs, la magie incantatoire etc.) Entres oiseaux, reptiles, poissons, insectes, on retrouve les hiéroglyphes du bélier et du taureau.

Voici ce qu’en dit Christian Jacq dans son « Petit Champollion illustré ».

Le taureau :

« Le roi des mammifères, et le mammifère incarnant Pharaon, est le taureau sauvage, un animal magnifique et puissant, que le futur monarque, tel le jeune Ramsès II, apprenait à capturer au lasso dans le désert. Ce taureau est le KA, « puissance créatrice » ; c’est pourquoi Pharaon porte une queue de taureau accrochée à son pagne. Cet animal sauvage n’est pas à confondre, bien sûr, avec le bœuf, animal de boucherie par excellence. La vache est synonyme de beauté, de bonheur et de joie de vivre ; (note personnelle, la vache et le signe du taureau sont des signes assignés à Vénus, cela semble faire sens) ; c’est l’oreille de vache qui sert à écrire la notion d’ « entendre, obéir, écouter », vertu majeure pour l’Egypte antique ». Ces notions ne sont pas sans rappeler les « Scire, Potere, Audere, Tacere » Zoroastriens ou « Savoir, Pouvoir, Oser, Se Taire ».

Le bélier :

« Le bélier, en qui s’incarnent Amon (le dieu caché) et Khnoum (« celui qui façonne »), sert aussi à écrire le terme BA, « manifestation ». La tête du bélier, est symbole de la dignité qui inspire la crainte. »

Nous remarquerons que les sons du taureau et du bélier peuvent faire KABA, coïncidence phonétique, sans doute, avec le mot KABBALE.

Après les hiéroglyphes, étudions ces deux animaux dans leur expression spirituelle :

 » Vaches, bœufs et dieux « :

« La religion égyptienne foisonnait de dieux, demi-dieux, démons et génies. Les figures de taureaux ou vaches divinisées sont nombreuses, mais parmi celles-ci quatre se distinguent : Boukhis, Nout, Apis et Hathor. Ces quatre dieux prennent la forme de bovins ou en ont les attributs. d’autres figures plus discrètes empruntent les mêmes formes. C’est le cas de la vache Ahet considérée comme la mère du soleil, de la vache blanche Hésat, mère d’Anubis, ou du taureau Mnévis, héraut du dieu Râ. Toutes ces divinités ont en commun d’être des figures positives. Cette symbolique de la vache s’explique car c’est un animal bon, de faible dynamisme mais de grande endurance. Elle est l’expression du maternel, de la chaleur et de la gestation. De plus, elle produit non seulement sa viande, mais surtout son lait qui est une véritable manne pour les hommes et peut être facilement transformée. « 

source : https://www.egyptos.net/…/le-boeuf-la-vache-le-taureau-en-e…

 » Le bélier en Egypte antique « 

Bélier se dit Bâ dans la langue hiéroglyphique, le taureau se dit Ka.
Le bélier (fait référence à la toison d’or) dans l’hermétisme l’image renvoie sur un des mythes fondateurs de l’alchimie, et on sait que les trois totems de l’Égypte sont le bélier, le taureau et le faucon.

Le Bélier en alchimie fait référence au feu, c’est un animal du printemps en alchimie, c’est donc le début de l’œuvre, nous sommes au début d’un processus au début de l’année philosophique, les travaux commencent au printemps (bélier, taureau, gémeaux). Quand on tombe sur ces trois là, on est sur d’être sur une base ancienne surtout que les béliers ont des cornes horizontales spiralées. Banebdjed djedet neter bélier de Mendès ville sainte du delta du Nord que les chrétiens diaboliseront (bouc des sabbats des sorcières) Neter hypostase, c’est-à-dire manifestation visible d’un principe invisible d’une forme d’Osiris ; mais Osiris est maître des Khépérou, c’est a dire, maître des transformations, Neter lié à la fertilité. Le bélier était le syncrétisme d’Osiris maître des transformations et de Rê d’Héliopolis.

Le rapport entre l’image du bélier et d’Ousir : le bélier dans la nature est toujours considéré comme une créature extrêmement génésique parfait complémentaire d’Osiris asexué autrement dit son hypostase qui va lui amener ce qu’on lui a supprimé. D’un coté nature extrêmement féconde, via le sexe, le sperme etc….. et d’un autre coté la nature qui n’a pas besoin du sexe pour être via l’hypostase, l’invisible complémentaire. Donc nous retombons sur le visible et l’invisible.

Le bélier c’est aussi Khnoum qui est le bélier d’Eléphantine l’île du sud, qui a un rapport avec les 9 constituants car c’est un dieu potier qui façonne le corps de chaque être, qui vient à l’existence mais aussi le Ka. En alchimie, c’est la conjonction c’est la réunion des 9 métaux, c’est-à-dire les constituants de la matière parfaite en une unité.

Démiurges.

Khnoum est plus particulièrement attaché à la création des humains, Atoum c’est l’univers. à Eléphantine on dit par exemple :

« Khnoum qui a façonné le jeune être à venir avec son ka, lui donne un lieu pour s’installer sur la terre ».

Avec lui apparaît ce mythe d’un dieu qui modèle les êtres à partir de la boue. Dans toute l’Afrique une épouse qui veut avoir un enfant et qui n’y arrive pas pose auprès de son lit un vase d’eau boueuse, pour que le démiurge vienne déposer le germe qui lui permettra d’être enceinte, on retrouve cette même idée. Pour les égyptiens l’image de la boue et du limon était évidente puisque le Nil débordant posait année une nouvelle couche de limon, les égyptiens insistent beaucoup et disent : « il créée les hommes en tant qu’enfants des dieux ». Cela afin de perpétrer l’œuvre créatrice et ne pas briser le lien entre les dieux et les hommes. La théologie d’Eléphantine donne sur cette création des détails très précis, par exemple on nous dit ; Khnoum ne se contente pas de modeler les êtres, il leur donne aussi tout ce qui est nécessaire à la vie organique par exemple c’est lui qui va donner la circulation du sang dans le corps, les cheveux la peau, la bouche, les dents, le squelette, les vertèbres et la faculté de parler,»

source : http://neferhotep.over-blog.com/article-le-belier-en-egypte…

C’est ainsi que nous comprenons à quel point tout est lié et que le symbolisme attribué à un élément dans une culture se répercute sur d’autres. En Alchimie, le symbolisme du Taureau et du Bélier n’est plus à expliciter, mais cette correspondance avec leur symbolisme en Egypte Antique en confirme la portée spirituelle et leur importance de premier rang l’Art Sacré.

Il n’est pas non plus étonnant que ces deux animaux sacrés aient été choisis pour constituer deux signes astrologiques marquants une période faste et propice à la génération, mais les relations alchimie/astrologie sont tellement profuses et passionnantes que nous ne pourrons nous y étendre ici.

Bien à vous.

Charlisban

apis

La tour de Babel 14 avril, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La tour de Babel est un sujet incontournable dans l’univers du symbolisme constructif. Babel prend tout son sens si on veut bien considérer l’homme dans sa relation « idéale » entre la Terre et la Ciel. De cette relation idéale et imaginaire naîtront deux voies ascendantes : la première celle d’une Babel, instaurant la vanité et l’orgueil d’une immanence qui ne doit rien à un divin supérieur à soi, la seconde celle de l’échelle de Jacob donnant le modelé d’un plan graduel « spirituel » et donc le véritable sens à tout symbolisme constructif. Dans Babel la construction est littéralement « insensée ». Le sens véritable (l’essence de vérité ou de lumière) doit être recherché dans l’échelle de Jacob. L’immanence du plan et des fondations ne peuvent donc ignorer l’essence et la transcendance. Il semblerait que toute tentative d’élévation ne puisse se faire sans esprit.

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1er Partie La tour de BABEL de l’ego au symbole.

Je ne vais pas faire le tour des définitions, mais nous plonger directement dans celle qui nous intéresse. Cette tour est une construction de forme cylindrique nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural ayant généralement un rôle défensif et se dressant devant le zénith.

Un peu d’histoire… La tour de Babel fit sa première apparition avec le peuple Sumérien selon la Genèse. Je ne pourrai pas vous citer de date, car aucune de mes sources ne se coordonnent. Pour ce qui est de sa taille, elle est souvent décrite à huit étages. Chaque projet a un but. Il est dit, que les hommes, survivants du déluge, descendants de Noé, ne parlaient qu’une seule et même langue (dont on ne connaît même pas le nom). Il est peut-être là question de la langue primordiale. Deux hypothèses s’offrent à nous. Soit les hommes ont édifié la tour pour atteindre le ciel, Dieu et se sentir son égal. Soit les descendants de Noé, pour se protéger d’un second déluge, ont construit une tour de briques cuites et de bitume.

Pour les punir de leur vanité, Dieu multiplia les langues. L’incompréhension du langage a fait que le chantier de la tour s’arrêta. Et dans certains écrits il est même dit que c’est l’homme qui décida de la détruire. Citation Apocalypse de Saint-Jean Chapitre 14 Verset 8

Un autre Ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.

Dans beaucoup de textes sacrés, dont l’Apocalypse de Saint Jean, on retrouve des passages de Babylone faisant allusion à la tour de Babel et surtout à sa destruction annonciatrice de la fin des temps.Dans mes recherches sur la tour de Babel beaucoup d’interrogations et de points symboliques sont apparus.

Les francs-maçons lors de leur première venue découvrent un nouveau langage symbolique fort, réservé à la Franc-Maçonnerie. L’apprenti débute sont Initiation par les trois voyages, la Lumière, le discours de l’Orateur, ainsi que le mot de passe, les signes de reconnaissance, les outils, etc.… La preuve est là que le franc-maçon utilise quelque chose d’unique et donc de puissant pour se faire comprendre et reconnaître de ses Frères.

Nous ne bâtissons pas de temple apparent, mais avec nos Frères nous bâtissons notre propre temple intérieur, voire notre tour intérieure. Peut-être faut-il chercher là, une suite logique à une volonté qui nous dépasse? L’homme dans sa nature la plus primaire est toujours à la recherche de vérité. Peut-être son ego le pousse ? La tour de Babel est un des symboles qui nous montre les erreurs de l’homme. Pour trouver cette vérité, l’homme a des limites. Le chemin intérieur pour rejoindre le céleste est bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Cette tour est effectivement un symbole de verticalité et de hauteur. Bien sûr le rapprochement entre le terrestre et le céleste est flagrant. La tour de Babel est un édifice. Qui dit édifice, dit fondation et étages. Elle est à la base un vecteur montant.

Dans un premier temps, elle est plus le liant de ces deux univers. Et pour communiquer, entre ces deux mondes, il faut gravir les étages pour pouvoir ensuite les descendre. Pour exemple de l’échelle de Jacob qui a été ou va être lu.

Dans un second temps, la Tour (enfin son sommet) permet à l’homme de voir et de découvrir ce qui l’entoure, en prenant de la hauteur par apport à sa base. Qui dit base dit point de départ, donc origine. Plus il va s’élever dans les étages (on peut y voir là un voyage spirituel), plus il va prendre du recul par rapport à son environnement et comprendre de nouvelles choses ou symboles. Il va ensuite se servir de ce qu’il a vu et compris, afin de le partager.

Comme nous franc-maçon qui sommes là pour transmettre à nos Frères. Je finirai par le langage universel. Pour moi, le langage universel n’existe pas sous forme parlée et n’a jamais existé. Mais le symbole ou langage symbolique, vu dans des précédentes planches, lui est vrai. C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher ». Bien sûr, d’après l’histoire de la tour de Babel, un rapprochement des hommes au niveau de la compréhension a été inévitable pour construire cet édifice, qui au final est un symbole. Les symboles ne s’adressent pas à l’intellect, mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer pour toucher autrui.
Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine.

« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir » (l’Évangile de Philippe)

Il est vrai que la communication entre les hommes quels qu’ils soient (profanes ou initiés), si elle est la même, nous permet plus facilement d’atteindre l’âme. Je pourrais citer pour conclure : Seuls, nous ne pourrions que nous isoler du monde ; réunis, nous allions pouvoir le transformer. L’Évangile selon Pilate

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2ème Partie La tour de Babel, ou l’exaltation dans la matière.

La tour de Babel (Genèse 11.1-9)

11 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent.

3 Ils se dirent l’un à l’autre: «Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu!» La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment.

4 Ils dirent encore: «Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre.»
5 L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: «Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement.»
8 L’Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. 9 C’est pourquoi on l’appela Babel: parce que c’est là que l’Eternel brouilla le langage de toute la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.

(Bible Louis Second)

 

1/ L’exaltation vaniteuse/ exaltation dans la matière

L’homme, s’éloignant de l’Orient et de sa lumière spirituelle (Est), à l’orgueil de vouloir se hisser jusqu’au ciel par la matière et l’accumulation des briques. Cet orgueil fera l’échec du projet.

Vouloir construire trop près des cieux c’est aller au-delà des limites de l’homme. « Construire une tour dont le sommet pénètre les Cieux » à l’aide de la même glaise que celle de l’homme, mais cuite par feu sans esprit. L’homme fabrique sa remontée au ciel à partir d’une matière sans esprit. C’est ce qu’on appelle la folie des grandeurs ! C’est ici une exaltation des attaches de l’homme avec la matière, ce n’est pas une exaltation de l’esprit. Cette exaltation rend l’homme mégalomane.

Cet orgueil d’être l’homme s’identifiant au ciel se retrouvera dans le mythe d’Icare. Ces deux mythes sont une exaltation de la matière dans l’homme et démontre les limites de l’excellence technique sans spiritualité. Dédale à inventé sa propre prison et une cire et des plumes qui n’élèvent pas l’esprit, c’est son fils qui en sera la victime. Les bâtisseurs de Babel ont utilisé une brique imparfaite en regard de sa destination spirituelle, c’est la collectivité des hommes qui sera dispersée. Ici la faute est collective, et dans le cas de Dédale l’orgueil technique se transmet au fils. J’en déduis que la vanité d’un Roi-soleil est une perversion de l’esprit, collective et transmissible.

La technique matérielle philosophique ou magique exaltant l’homme ne peut s’affranchir de l’esprit. Ce serait une exaltation vaniteuse. L’esprit peut être compris comme le principe organisateur de la matière a quelque niveau que ce soit. L’esprit est immédiatement lié au logos et donc au Verbe

Dans les deux cas, c’est l’Esprit qui inflige le châtiment : Dieu en regard du mythe biblique, ou le soleil en regard du mythe grec.

En tous les cas c’est l’absence d’harmonisation de l’acte matériel avec le directeur spirituel qui conduit à la chute ou à la dispersion. Le directeur spirituel de l’architecte est sa conscience de la dimension divine dans l’homme et dans la proportion du bâti. Il y a donc nécessité d’entendre cette norme supraconsciente.

 

2/ Le souffle de l’esprit / le secret de l’initié

Si l’architecte est doué sur un plan technique, s’il n’est pas initié, il ignore que la brique doit être cuite au feu de l’esprit. La perte de ce savoir est corrélative à l’eau du déluge qui engloutit l’antique science.

Aucune technique d’origine sacrée ne peut être détournée d’un usage spirituel. Il est connu dans toutes les civilisations que c’est à partir de la boue que Dieu façonna l’homme et qu’il lui insuffla le souffle vital par les narines. Ce souffle purificateur est celui de l’esprit, et donc la glaise est associée au souffle vital. Extrait de la Bible Second, Genèse II, 7-9.

2.7 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

2.8 L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l‘orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.

2.9 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

On voit clairement une triple analogie : l’emploi de la boue pour l’homme est transféré à la brique pour la tour de Babel ; en lieu et place de l’homme veillant sur l’arbre à fruit, nous avons une tour fruit de l’orgueil de l’homme. L’arbre et le jardin sont à l’Orient alors que la Tour est à l’Occident.

Sur ces trois points, nous avons un parallélisme symbolique saisissant. Le point de rupture se situe dans l’absence d’esprit dans la construction babélienne, son intervention finale arrive comme une sanction. L’image Babélienne est l’inverse du jardin d’Éden de même que le Temple de Salomon sera l’inverse de la tour de Babel.

Dans ce passage de la Genèse l’homme se prend pour Dieu, mais il méconnaît la technique du souffle vital appelée aussi Esprit. La tour serait comme la Lettre sans l’Esprit. L’élévation orgueilleuse fondée sur la matière implique la chute dans une matérialisation grandissante. L’homme doit s’élever en esprit et l’ouvrage doit être serviteur de l’esprit (Orient) et non pas de la vanité technico-égotique (Occident).

3/ L’inversion démiurgique / le royaume de la matière

La tour de Babel est l’inversion du Temple de Salomon qui est le lieu de prière de toutes les nations selon Anderson et de la Tierce. Ce lieu de concorde est un lieu de concentration, de méditation et de contemplation. La tour de Babel est un lieu de concentration certes, mais aussi satisfaction égotique et de puissance des hommes seulement. On y médite qu’une image qu’une excroissance terrestre, on y contemple que l’exaltation de l’homme dans une matérialité conquérante de ciel.

Tout projet visant l’accès au ciel ne peut se fonder sur la seule matérialité. Aucune spiritualité n’a guidé les mains des bâtisseurs babéliens, seule l’envie d’être Dieu dans la matière, et la rémunération de l’acte les motiva collectivement. Il s’agit non pas d’une démarche cultivant la relation entre la chair l’âme et l’esprit, mais plutôt le dictat de la matière sur l’esprit. L’esprit fut nié au profit de la vanité d’être à l’image de Dieu. Cet élan contraire fit de l’homme un démiurge cherchant une Gloire sans lien avec l’esprit divin. Sa motivation provient de ses muscles de l’asservissement des ouvriers, du mépris de leurs vies et de la volonté de conquérir la matière. Une pierre ne peut avoir plus de prix qu’une vie.

C’est le syndrome de la chute qui suggère à l’homme différents moyens pour rejoindre le Ciel. Ces moyens sont pris dans la matière et non pas dans l’esprit qui est ignoré. L’enjeu est de rétablir l’axe du Monde. L’homme ne comprend pas que cet axe est spirituel, car son corps ne serait plus insufflé par l’esprit, son âme serait en exil. Il veut à tout prix sa porte vers le Ciel pour avoir raison de l’esprit.

4/ Comment se situe l’épisode de la tour de Babel dans le feuilleton biblique ? (Cycle de la matière et des idoles)

Il intervient dans le corpus des textes de la Première Alliance dans la Genèse après la fameuse chute de l’Adam-Eve dans le monde matériel. Le paradis était un jardin cultivé et entretenu, soit une harmonie entre la matière sauvage et le diligentement de l’esprit.

Adam, autrefois jardinier et berger du paradis, chargé expressément de « le cultiver et le garder » pratiquait l’entretient de l’harmonie, jusqu’au moment ou il chuta pour avoir ingéré un fruit mortel à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, malgré l’interdit divin.

L’homme était animé du désir d’avoir les yeux ouverts sur son horizon. Il rompit l’harmonie et tenta d’être comme les dieux connaissant le bien et le mal. La chute est donc une âme qui s’incarne dans la chair et qui va vivre le bien et le mal, la douleur le travail et la mort.

Cette chute est antérieure à la vie terrestre de l’humanité, elle scelle la divergence entre la volonté divine et la volonté humaine. Elle ne concerne que l’âme et non pas le corps.

Les chutes successives correspondent à trois états d’être en disharmonie : Adam-(Isch « l’intellect », et Ischa « l’imagination », unis dans l’exaltation des désirs terrestres) est révolté contre l’Esprit, Caïn sera le possédant-fratricide et Babel sera la substitution du fabriqué-idolâtre au révélé. L’appel de l’esprit semble mis de côté, le désir de matière et la satisfaction cumulative semblent sans limites.

Le devenir de cette chute fut qu’Adam nomma « Ève » comme il nomma les animaux autrefois dans le jardin d’Éden. De sa nature unitaire et androgyne il se différencia en Homme et Femme. Il eut d’abord deux enfants qui s’entretuèrent, symbolisant ainsi l’opposition entre le peuple des bergers et le peuple des cultivateurs. Abel succomba sous les coups de Caïn. Les générations qui succédèrent à Caïn eurent en mémoire non seulement la chute, mais aussi le fratricide, ce sera le germe de toutes les guerres. Caïn est l’archétype du meurtre de l’esprit au profit de la maîtrise de la matière et du territoire. Caïn est condamné à l’horizontalité, il a perdu la verticalité.

C’est la victoire de l’infra conscience sur la supraconscience. Caïn fut exilé et errant sur terre.

Arrive une nouvelle chute : L’épisode du déluge et la période des géants en âge que Dieu avait voulu noyer pour leurs déviances, seul Noé et son arche aux proportions sacrées survécurent aux flots. Cette génération d’avant le déluge disparaît, mais gagnée par l’oubli associé aux eaux de l’oubli, les nouvelles générations réitèrent les erreurs des géants et se perdirent dans l’orgueil de se croire Dieu.

La génération de la tour de Babel est notre génération.

C’est l’idée d’un homme capable d’atteindre le ciel et d’en être maître qui entraîna une troisième chute. La génération de Babel ne fut pas détruite comme celle du déluge, mais elle reçut à la fois la foudre du divin qui « dispersa loin de là sur la surface de la Terre » les bâtisseurs et « confondit leur langage » afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. La dispersion fut comme l’inondation elle rompit l’élan d’orgueil en de multiples royaumes et en autant de montagnes sacrées ou pyramides. Les hommes en restèrent sur l’idée d’une œuvre de reconquête du ciel inachevée, comme un état d’orgueil blessé unifiant les mois inférieurs dans un élan collectif de matérialisation des âmes. De ces tentatives d’élévation dans le bâti, on distinguera celles qui bâtissent en esprit autour de lieux telluriques forts et celles qui sont de simples performances matérielles et techniques.

La poursuite de l’excellence technique démiurgique verra apparaître le délire mortel de l’Homme-Dieu. Certains verront dans l’idée du surhomme de Nietzsche l’expression philosophée de cet état dont on verra l’aboutissement dans le Nazisme. Mais tous les mois inférieurs fussent-ils unis dans le même acte matériel finissent par rencontrer la sanction de l’esprit. Ainsi l’acte matériel ne peut être dissocié du jugement divin ou plus simplement de notre appréciation spirituelle. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ceci implique une harmonisation entre l’acte et la pensée, par le truchement de la volonté.

Il faut donc constamment mettre en harmonie notre Pensée notre Volonté et notre Action dans le Plan avec l’axe « Corps, Âme Esprit ». C’est ce que nous fait découvrir la franc-maçonnerie.

5/ La lumière de Saint-Jean (cycle de la lumière et de l’harmonie) À cet état de dispersion dans la matière arriva un événement.

Le message de la Nouvelle Alliance dit que la Lumière, c’est-à-dire l’esprit, est en tout homme et que l’amour est le socle à partir duquel l’homme peut croître en esprit sans qu’il soit nécessaire de croître en matière. Les tours d’orgueil pourront ainsi être abolies.

L’élan vital et spirituel de l’homme ne se fait pas dans une construction de matière bâtie sur de fausses fondations qui sont celle du désir du multiple, de l’accumulation, de l’excitation ou de l’exaltation du sentiment de possession, d’appropriation ou de grandeur. Les véritables fondations sont l’amour de l’essence de la vie, de l’esprit et la confiance en la vie renouvelée. L’acte qui scelle cette confiance est l’abandon final de la vie corporelle au profit d’un renouvellement, d’une résurrection comme la graine semée en terre germe croit et essaime pour renaître ici bas sans doute, et peut-être dans un ailleurs.

C’est ce mystère de l’alliance vitale entre ce qui est du domaine de la matérialité et ce qui est du domaine de l’esprit. Cette alliance vitale sans cesse renouvelée forme l’idée divine et assoit la confiance de l’homme en lui-même. Alors l’idée d’être à l’égal de Dieu comme le bâtisseur de la tour de Babel disparaît.

L’angoisse de la mort peut aussi bien nous enfermer dans la matière comme nous faire découvrir la voie de l’esprit. L’homme ne se réalise pas dans la plus haute tour, mais dans son progrès sur la voie d’une plus grande humanisation et dans son renouvellement par l’esprit.

Ici on oppose la vanité à la réalisation de soi. La réalisation de soi fait une place à l’esprit, la vanité lui barre la route. L’esprit n’est alors plus une notion extérieure à soi, mais au contraire constructive de soi.

Ici on touche de prés la dimension spirituelle de l’homme face à la mort. Il attache à ses actes une signification haute. Il ne s’agit point d’exploit à accomplir ou de guerre à mener, il s’agit de mettre en harmonie la chair l’âme et l’esprit. La chair qui fut à l’époque de Saint-Jean, l’évangéliste « incarnée » par la lumière, se marie à l’âme pour qu’elle anime ce corps en demande. La demande devient désir et il faut se garder de l’accumulation matérielle ou d’insatisfaction, il faut que l’âme prépare la place à l’esprit.

Psychiquement l’homme se met en phase harmonieuse. Son état d’homme responsable « animé » du sentiment d’amour de son espèce, accepte sa double nature humaine et divine. Il en conçoit l’intervention en lui comme une supra conscience qui agit en directrice censée et harmonisante. Nous reprenons ici Luc XIV, 11, « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

 

6/ L’élévation matérielle n’est pas synonyme d’élévation spirituelle. (Le franc-maçon jardinier)   Adam était jardinier, pas maçon !

Le dénuement matériel serait propice à la connaissance de l’esprit, c’est l’état Édénique qui permet de vivre dans la proximité du Divin.

Ainsi l’Adam du jardin d’Éden n’était pas un bâtisseur, mais un jardinier, or il est courant de confondre la tour bâtie et l’arbre. Ce sont deux symboles axiaux qui tendent vers le ciel, mais la tour est fabriquée, ce qui sous-entend « une spiritualité construite », alors que l’arbre est une graine germée, née du mystère de la vie soit « une spiritualité révélée ».

Le bâtisseur est un spécialiste de l’élévation technique, le jardinier est le gardien de la graine et de son mystère. La graine donne la croissance dans le domaine ésotérique. Le maître maçon doit d’abord être le jardinier de son cœur et accessoirement le spécialiste de l’élévation de la pierre taillée. L’élévation matérielle n’est qu’une impasse, un substitut exotérique ou philosophique. C’est un système, une mécanique de pensée qui ne peut prendre que l’objet pour la cause. Ce système se cristallise sous forme d’une tour sans respiration spirituelle entre le haut et le bas. La Lame XVI du tarot atteste d’une tour frappée par la foudre, c’est-à-dire par la sanction divine et la lumière de l’esprit. On y voit deux hommes en chute attestant de leur carence spirituelle. La chute est toujours due à une carence spirituelle.

Ainsi le franc-maçon, s’il n’est jardinier, ne sera qu’un orgueilleux détenteur de secret technique figé.

Il sera donc nécessaire un jour de détruire la colonne ou le temple pour faire comprendre que le secret initiatique réside dans la Foi, l’Esperance et l’amour, mais aussi dans l’acceptation de l’esprit en soi soit de la supraconscience comme directrice de l’âme. Ainsi la pensée se réalisera sur deux plans, le plan matériel et le plan spirituel. La volonté du franc-maçon sera éclairée par ce double aspect où les symboles de l’arbre et de la tour lui serviront de guide.

Or l’arbre n’est rien d’autre que l’homme intégral, chair, âme esprit en harmonie. L’homme doit croître en esprit et non pas en matière. Le franc-maçon trouvera dans l’alliance de la matière avec l’esprit, un motif utopique pour rebâtir spirituellement le temple de Salomon pour honorer le Grand architecte de l’univers. Il lui faut pour cela, réapprendre la langue commune, celle des symboles et de l’esprit, conditionnés par l’abandon préalable des métaux, mais aussi celle du signe de l’attouchement et du Mot. Le franc-maçon détient le langage commun aux bâtisseurs qui allient l’esprit à la matière et qui savent trouver dans la substance l’essence. Ce langage est celui de l’Art Royal qui met au service de l’esprit le bon usage de la matière.

Il y a non pas dispersion et incommunicabilité suite à Babel, mais unité dans le langage symbolique et dans l’action spirituelle ; Babel et sa chute ne peuvent que déboucher sur un état qui sera « la construction en esprit ». Nous passerons du savoir-faire au savoir-être. C’est l’absence d’esprit dans l’acte de bâtir qui entraîna la sanction de la chute babélienne. La chute Babelienne est une chute en la matière. C’est ainsi que le franc-maçon peut réunir les quatre parties du Monde éloignées à l’époque Babélienne en se situant au centre du cercle à équidistance de tout les points de l’horizon humain. C’est une manière symbolique de se retrouver dans un Orient intemporel, au pied de l’arbre planté au centre d’un fameux Jardin irrigué par quatre fleuves.

SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

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DONNER UN SENS A CE QUI SEMBLE DEVOIR ETRE LA QUETE DU FM 24 mars, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

DONNER UN SENS A CE QUI SEMBLE DEVOIR ETRE LA QUETE DU FM

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La question des Lumières, disait le philosophe Michel Foucault, c’est celle de l’appartenance à un certain « nous ». Quand vous dites « nous, les enfants des Lumières » (voire FF de Lumière, qu’est-ce que cela signifie ?

Cela veut dire tout le monde. Un des apports des Lumières est d’avoir fait entrer dans l’humanité des catégories « de seconde zone » !!  Regardons Condorcet …. Il a réintroduit les femmes, les Noirs et les juifs dans l’humanité tout entière. Les Lumières, c’est la révélation que tous les humains sont égaux, se rappelant en cela notre principe républicaine comme l’art 1 des constitutions du GODF, et c’est cette idée que je ne cesse de répéter : voyons ce qui nous unit avant ce qui nous distingue.

Ce travail de réintégration passe dans ce cas cité préalablement par la littérature et dans tous les cas par l’Art en général.

A la question de savoir dans quel but voyagent les FM, l’instruction mac nous apporte, dans ses tous derniers mots, une réponse complète et sibylline : 
« Rechercher ce qui a été perdu. Rassembler ce qui est épars et répandre partout LA LUMIÈRE»   et si tout est dit dans cette ultime réponse il reste au FM à donner un sens à ce qui semble devoir être la quête de tout FM , cet idéal dont la réalisation ne sera peut-être jamais achevée .. un peu comme « Aduc stat ». 

C’est aussi dans les Constitutions d’Anderson que l’on trouve cette phrase: « La Franc-Maçonnerie est destinée à rassembler ceux qui, sans elle, ne se seraient jamais rencontrés ». Qu’entendre alors par « Rassembler ce qui est épars », au delà de cette vocation première de la FM quel que soit le rite pratiqué ? 
On peut y voir trois aspects complémentaires et indissociables symbolisant les trois forces créatrices d’une utopie fondatrice. 
« Rassembler ce qui est épars » est à la fois une valeur, un moyen et une finalité une fois établi le principe de choix volontaire en même temps soumis au sens d’accepté du FM. 

Commençons par la valeur. Issus d’une souche unique que les scientifiques s’accordent à situer en Afrique, les premiers Hommes ont migré pour finalement occuper la presque totalité de cet espace restreint qu’est notre planète Terre… pour les Hébreux c’est la sequinah loi de l’Eternel visant à répandre les Elus sur toute la surface de la terre.
Les conditions climatiques et géographiques ayant entrainé des adaptations morphologiques et culturelles importantes, l’Homme a créé des langues, des coutumes et cultures spécifiques et différentes. … car ce qui est épars, en premier lieu, c’est l’espèce humaine et c’est cette particularité qui a créé les différences…qui font toute la différence alors qu’aujourd’hui et nous le savons par la Génétique,  nous sommes issus de la même chaine ADN, homme femme, blanc ,noir comme d’ailleurs la drosophile … la mouche car seule la modification d1 élément … proton ou neutron ou autre permet d’arriver à une autre structure, de se transformer en fait … un autre être un peu comme s’il était passé dans un athanor et que l’on se mette à revivre après la mort de sa corporéité, renaissant  sous 1 autre aspect plus pur que le précèdent, rectifié et apuré d 1 partie de ses peurs, de ses vices, de ses préjugés voire de ses superstitions. La FM est aussi un réceptacle de diverses voies et influences spirituelles se rattachant à LA Tradition primordiale dans une totale liberté de con_science. En effet, Toutes les voies spirituelles conditionnées par le lieu ou l’époque où elles interviennent se rattachent à Une Tradition Primordiale par son es_sence et dont toutes les autres découlent … Elles sont chacune un morceau brisé d’un même miroir, de la même « source ». Et j’aime bien énoncer ce concept que les FM s’appellent tous FF ou SS car issus du même Père.!  Le GADLU bien entendu

C’est, par ailleurs, au nom de ces différences que l’Homme nain cad petit au sens du savoir, mal instruit et aveugle à ses de_voirs envers les autres et l’Humanité se déchire et se bat et souvent contre lui-même depuis la nuit des temps. Parfois pour l’imposer et vaincre, d’autres fois pour mourir sans la sauvegarder. 
Mission, projet ou utopie, qu’importe le mot, la FM via le symbole mac :. est une clé d’accès à l’Eveil qui engendre l’Action, le Travail volontaire et une non inertie qui nous permettra d’atteindre pour tous, croyants ou croyants l’Unité dont nous sommes tous issus et de se relever debout et grand les pieds en terre et la tête dans les Etoiles. 

Certains pourraient voir, dans cette volonté de rassembler, une contradiction entre la liberté de penser qui nous garde de tout dogmatisme et la réunion des diversités. Mais c’est sans compter sur la Fraternité, cette valeur humaniste qui nous anime et nous permet de nous réunir dans le respect de la différence, la tolérance de la diversité et nous encourage à construire l’œuvre autour d’un axe commun. 
Il nous vient alors à l’esprit cette maxime de Saint Exupéry si souvent reprise sur nos colonnes: 
« Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». 
Il nous faut donc rassembler et non assembler, car la pensée unique serait destructrice d’une démarche qui consiste à respecter chacun dans sa différence et à construire ensemble dans une dynamique où les esprits s’additionnent plus qu’ils ne s’opposent. 

Ce qui est épars c’est la diversité de l’Homme, cette diversité qui fait de chacun de nous un Être à part, unique et complexe. 
La démarche M :. doit donc permettre à chacun de travailler, de construire et de s’élever marche après marche, vers l’Unité en s’enrichissant de la complexité de l’Autre. Et qu’importe que le « français « descende dans son cœur pour s’affronter ou mourir en s’abreuvant à la source de l’Origine, qu’importe que l »’Ecossais ancien et accepté « venge le meurtre du Maitre en désobéissant au titre d’une justice mal comprise, que le « régime rectifié »  fidèle à la religion chrétienne modifient sa structure géographique issue jusqu’alors de la Stricte observance templière en décidant de l’ abandon de toute filiation avec l’héritage templier et intégrant notamment des éléments de l’Ordre des Élus Cohëns, que le chevalier de l’aigle rouge enfourche son cheval et soit le cabbalier qui combatte pour transmettre savoir et connaissance … seule la Fraternité et le langage symbolique nous réunit tous et toutes, démarche qui, soulignons-le, tend à l’universalité dans l’unité sans jamais tomber dans l’uniformité. 
Alors tous ensembles nos chaines d’Union peuvent devenir une chaine de Fraternité qui nous invite à progresser ensemble vers notre idéal en associant la verticalité et l’horizontalité que sont la pensée et l’action. 

« Rassembler ce qui est épars » est donc également un moyen, et seul le symbolisme qui nous en donne la mesure, rapprochant les deux morceaux d’un même objet par des individus différents afin de leur permettre de se rejoindre et de se reconnaître.  « Faire symbole » c’est déjà poser un acte pour retrouver l’Unité. Ce qui présuppose que cette unité a existé, à été perdue, qu’elle est reconstructible et qu’il existe une démarche pour la retrouver. 
Le symbolisme maçonnique est un moyen, une démarche unificatrice qui permet l’échange au-delà des différences de cultures, d’origines de religions ou d’opinions. 
Il nous conduit à ce que Jung appelait l’inconscient collectif et nous reconnecte au sens le plus secret des représentations archétypales auxquelles nous pouvons nous accéder par l’intermédiaire du symbole. 
C’est la voie royale de la connaissance mais également un puissant moyen de réconciliation avec soi-même et par conséquent avec les autres. 
N’est-ce pas là une matérialisation du verbe « rassembler » ? 
C’est la démarche symbolique, en tant que moyen, qui nous conduit à l’Unité de l’Être en tant que finalité. Car elle nous plonge dans l’univers de la conscience en transcendant celui de notre mental et de notre moi. 
Ainsi l’Être et le Moi se trouvent rassemblés au plus intime de nous-mêmes. 
Le symbolisme est la voie qui permet l’émergence de l’Être et le silence de l’égo par les représentations intimes qu’il créé et l’espace sacré intemporel dans lequel il nous immerge. 

« Rassembler » est donc en troisième lieu, une finalité.  Comme dans le mythe d’Osiris dans lequel Isis l’épouse et veuve fidèle rassemble les morceaux épars de son mari puis insuffle une étincelle de vie pour être fécondée, nous avons, en tout premier lieu, perdu de façon volontaire et symbolique notre matérialité pour entrer dans le Temple … le Saint, l’Ame instruite et guidé par l’Esprit pour contribuer à la réalisation de l’idéal maçonnique, à rassembler, en nous, ce qui est épars et construire son temple intérieur, son corps de Gloire. 
 

Notre mental semble être comme un prisme qui décompose la réalité en plusieurs fragments de couleurs.  Ce qui pourrait sembler être un chaos intérieur est en fait le résultat d’une pensée multiple due à des structures psychiques différentes et parfois opposées.  Ordo ab Chao

Selon la tradition biblique, le monde naît d’un chaos originel par séparation. La Parole organise, in-forme l’univers, c’est à dire lui donne forme.

Selon la tradition ésotérique, l’esprit se dissout en se multipliant dans la matière, puis se recentre, se conscientise, en refaisant son unité dans la « divinité – Un ». C’est du centre que tout émane et c’est dans le centre que tout se recrée. Ce double mouvement est celui du solve et coagula des alchimistes.

La réconciliation de ces différentes structures est un premier objectif que le symbolisme peut nous permettre d’atteindre et exige une connaissance approfondie du « soi » dont on ne peut faire l’économie. 
Pour Unifier notre Temple intérieur  et contribuer à la création du Temple extérieur nous devons faire nôtre la maxime socratique : 
« Connais toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». 

Bien que tiraillés et confrontés à des choix qui sont faits de renoncements et de sacrifices nous devons Vivre en harmonie avec soi-même, vaste entreprise de développement de soi, de conscientisation et de travail intérieur continuel, nous conduisant alors à distinguer l’Esprit de l’égo et de les unifier. 
« Rassembler ce qui est épars » revient à passer du multiple à l’Unité, c’est atteindre la Sagesse par la Connaissance, la Tolérance et l’Amour Fraternel.  C’est atteindre le centre de nous-mêmes où brille cette Lumière que nous pourrons alors répandre autour de nous et transmettre. 

Dans un monde où la pensée scientifique semble régler en maitre, le profane en vient à croire qu’il est un grain de sable noyé dans un Univers dont on ne connaît pas les limites. Le FM sur le chemin de son initiation accède a la connaissance de l’Univers tout entier qui est contenu au plus profond de lui car ce qui est épars n’est peut-être pas ce qui est perdu mais simplement ce qui est enfoui en lui-même et qu’il ne voit pas, n’entend pas mais que son Âme porte avec souffrance. 

Pour Mircea Eliade, c’est par une vision symbolique du monde que l’homme a de tout temps cherché à se relier. L’homme en quête de sens reconnaît un point fixe qui devient symboliquement Centre de l’univers, et autour duquel s’ordonne l’espace selon les deux directions cardinales. Ce centre est l’Axis Mundi, porte des cieux, liaison symbolique avec une réalité supérieure. A l’espace matériel fait d’une infinité éparse de lieux neutres, se superpose ainsi un espace sacré symboliquement ordonné….

La voie maçonnique est bien une voie qui ouvre la réalité à la dimension de l’esprit. Elle nous amène à concevoir le divin, le GADLU, l’Unité primordiale (appelons cela comme bon nous semble), par le travail sur les symboles, à perfectionner sa vision de soi et du monde, à vaincre cet ego aveuglant, à se détacher de la matière afin de s’élever en esprit pour mieux intervenir dans le réel et dans la société. C’est bien le but de toute quête spirituelle pour tous les FM : développer une vision de la réalité dans le domaine de l’esprit afin de favoriser l’humanisation de l’homme. Ainsi le développement spirituel en liberté de l’individu n’est pas sans intérêt pour l’humanité, il est la base de la liberté de conscience.

La lumière naissant d’elle-même, chacun d’entre nous l’a en soi, mais l’a simplement oubliée !!!  Dans certains rites au prologue de l’évangile selon St Jean où sont posés le compas et l’équerre il est dit : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu »

L’éveil spirituel Mac :. ou plus tôt le « réveil » de la lumière en chacun de nous FM  vise donc à se remettre dans l’état d’origine tel l’homme primordial, l’Adam avant la chute afin, comme il est dit dans l’invocation pendant la chaîne d’union, que puisse se faire « le retour de nos Âmes en Ta Lumière ».

SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

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SIMON LE MAGICIEN 29 février, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

SIMON LE MAGICIEN

Simon le Magicien ou Simon le Mage, selon les chrétiens, ou Simon de Samarie, né à Gitton en Samarie (Israël actuelle) et mort probablement à Rome au Ier siècle, est un mage et chrétien gnostique, considéré comme hérétique par l’Église.

Les Origines de la Gnose : Simon le Mage

On parle souvent de Simon le Mage lorsque l’on aborde la Gnose, et il peut être bon de brosser un court tableau synthétique de sa « philosophie sacrée ». Nous profitons de l’opportunité offerte par la réécriture des cahiers d’instruction gnostiques afin de transmettre une parcelle de la connaissance et aider le lecteur à mieux appréhender Simon le Mage, au-delà de tout fantasme réducteur.
D : Parlez-nous des origines de la Gnose.
R : Eternelle comme la Vérité, la Gnose est apparue dans le Temps et l’Espace, en une forme concrète, suivant la descente astrale de Jésus, la Fleur du Très Saint Plérôme.
D : Où et quand ?
R : En Samarie, après l’ascension, au travers de la révélation de Simon le Mage.
D : Parlez-nous de ce grand homme.
R : Le Mage de Samarie est le premier docteur de la Gnose ; son enseignement contient les graines de la doctrine magnifique qui est la plus lumineuse expression de l’Absolu.
D : A-t-il créé la Gnose ?
R : Non, elle est la Vérité et par conséquent, elle est incréée ; mais il l’a désoccultée.
D : Était-elle inconnue avant lui ?
R : Oui, en sa forme occidentale du moins ; mais l’Orient avait enseigné ses formes ésotériques. C’est, c’était et ce sera le vêtement mystique de la Vérité.
D : Où est né le Mage ?
R : A Gitta en Samarie.
D : Quel nom porte le révélateur ?
R : Il porte le nom de la Grande Vertu de Dieu.
D : Par qui était-il assisté ?
R : Par une femme sublime, nommée Hélène, qu’il rencontra à Tyr, l’enlevant d’un endroit infamant et la délivrant de la tyrannie du mal et de la Chute.
D : Simon était-il un scientifique ?
R : Oui, il possédait la science de Platon, les dons d’orateur et de poésie. Il connaissait l’anatomie. Il découvrit les lois de la circulation sanguine. Enfin, il était un grand théurgiste et un thaumaturge.
D : Est-ce tout ?
R : Il avait une simple et droite âme et une honnêteté incontestable.
D : Quelle était sa conduite par rapport aux Apôtres ?
R : Déjà célèbre aux temps des premières missions chrétiennes, il a demandé le baptême à Philippe, en tant qu’initiation supérieure.

D : Comment expliquez-vous sa conduite par rapport à Pierre ?
R : Dans la demande qu’il fit à Pierre de lui conférer le Saint-Esprit par l’imposition des mains, il ne vit jamais de conflit avec ses propres principes. Il n’offrit pas d’argent pour acheter le Saint-Esprit, comme certains le maintiendront. Mais il offrit un prix légal et initiatique. Car il possédait lui-même l’Esprit d’un plus ancien degré.
D : Qu’a-t-il dit à Pierre qui lui parlait méchamment ?
R : Il lui offrit ces touchants mots de bonté et d’humilité ? « Priez pour moi afin que rien de ce dont vous m’accusez n’arrive. »
D : Qu’était Hélène pour Simon ?
R : Elle était le symbole de la douleur, l’image vivante de la chute dans la matière. Il l’aimait aussi noblement qu’un homme pouvait aimer.
D : Hélène méritait-elle cet amour ?
R : Oui incontestablement, elle le méritait par sa foi, sa dévotion, sa merveilleuse intelligence et son profond attachement au Révélateur.
D : Comment est mort le Mage de Samarie ?
R : Personne ne sait comment exactement. Des fables sont racontées à propos de sa vie, mais elles sont toutes apocryphes. Ces fables sont issues de la haine des chrétiens…
D : Simon a-t-il composé quelque traité ?
R : Oui, il a écrit le Antirrhetica Apophasis Megalê.
D : Qu’essaye d’expliquer la Gnose de Simon ?
R : Tout : Dieu, l’Homme et le Monde. La Trilogie de la synthèse.
D : Qu’il y avait-il au commencement ?
R : Le Feu. Dieu, dit Moïse, est un Feu qui consume tout. Le Feu, qui est très différent du feu élémentaire qui n’est qu’un symbole, a une nature visible et une nature mystérieuse. Ce secret, d’une nature occulte, s’enferme lui-même dans l’apparence. De la même manière, l’apparence s’enferme elle-même dans l’occulte. L’invisible est visible à l’Esprit. Mais les ignorants ne peuvent distinguer l’esprit, car ils ne connaissent pas les lois de la correspondance.
D : Dans la philosophie idéale, que serait ce feu ?
R : L’Intelligence et le Sensible, Puissance et Action, Idée et Parole.
D : Qu’est la matière ?
R : C’est la manifestation extérieure du feu primordial.
D : Qu’est l’Esprit ?
R : C’est la manifestation intérieure du feu primordial.
D : Que contient donc de Feu ?
R : Il contient l’Absolu et le Relatif, l’Informel et le Formel, l’Esprit et la matière, l’Un et l’Innombrable, Dieu et les émanations de Dieu.

D : Que pouvons-nous conclure de cela ?
R : Que ce feu, cause éternelle, se développe par des émanations, qu’il est en éternel devenir. Mais, en se développant, il est stable, il est permanent, il demeure. Il est Celui qui est, était et sera, Immuable, Infini, Absolu et Substantiel.
D : Pourquoi se développe-t-il lui-même ?
R : Car, bien qu’inchangeant, il n’est pas inerte ; l’Infini peut agir, car il est Intelligence et Raison ; car Dieu passe de la Puissance à l’Action.
D : Développez cette évolution.
R : La Pensée a une expression qui est le Verbe, le Logos. Ainsi, l’Intelligence se nomme elle-même, et en se nommant elle agit, évolue, émane, devient. En prononçant une pensée, cette Intelligence unit les moments de sa pensée ; elle lie ses pensées les unes aux autres par la Raison, comme Un devient Deux, comme Un devient Deux par émanation, le feu émane par deux, par couple, par syzygie. Et de ces deux, un est actif et l’autre passif ; un est masculin et l’autre est féminin ; un est Lui et l’autre est Elle. Ces émanations par couple sont appelées Saints Éons par la Gnose.
D : Nommez les Éons.
R : Dieu émana six Éons : Esprit et Pensée, Voix et Nom, Raisonnement et Réflexion. Et Dieu avait la puissance entière sur ces Éons.
D : Que firent les Éons ?
R : Pour atteindre Dieu, les Éons émanèrent de nouveaux êtres. La loi divine de l’analogie le demande ainsi. Ces couples continuèrent donc, masculin et féminin, actif et passif ; c’est l’échelle de l’Etre Suprême que Jacob gravit en rêve alors qu’il dormait avec sa tête sur la pierre sacrée du Beth-El. Les Éons montent et descendent les échelons mystérieux par couple. Ils forment une chaîne ininterrompue entre le monde et Dieu. Ils constituent la trame de l’Esprit et de la Matière, et la Loi qui les dirige et les lie est le Feu primordial, c’est l’Amour. Tel est le premier ou divin monde.
D : Parlez-nous du monde intermédiaire.
R : Six Éons, un reflet des six Éons supérieurs, le peuplent. Ils portent les mêmes noms.

D : Comment Simon appelle-t-il le second monde ?
R : Air incompréhensible ; le Père ou Unité y vit. Il évolue alors que le Feu se développe dans le monde divin. Il se manifeste par sa Pensée, Epinoïa. Il est également appelé Silence.
D : Qu’est-il arrivé ?
R : Epinoïa, l’Éon féminin du Silence, émana les Anges et les Puissances dont est issu le troisième monde, celui dans lequel nous vivons. Ces Anges voulaient la détenir captive, d’où la Chute qui demande une Rédemption.
D : D’où vient l’humanité ?
R : L’humanité est émanée par un de ces Anges, le Démiurge, le Dieu des Juifs et des Chrétiens.
D : Que devint Epinoïa ?
R : La Pensée, tenue captive par les Anges, fut ramenée par son instinct célestiel et elle se désespéra encore plus pour le Silence, le Père qu’elle avait quitté. Les Anges la gardèrent en la faisant souffrir. Ils l’enfermèrent dans une prison, le corps humain. C’est à partir de là que l’exil maléfique commença et, donc, au travers de tous les siècles, son exil douloureux continue par des transmigrations successives. C’est la chute de la Pensée dans la Matière, c’est une déchéance, c’est l’origine du mal.
D : Et ?
R : Puisque tout est en décadence, la Rédemption est nécessaire. Epinoïa se réincarne au travers des âges, d’une femme dans une autre femme, comme une fragrance qui passe d’un vase à un autre. C’est de cette manière que Simon rencontra Hélène, qui était une incarnation de la Pensée, appelée Epinoïa, il l’aima, il la transfigura, il la sauva et il appliqua la parabole du mouton qui était perdu et retrouvé.
D : Résumez tout cela.
R : Comme Simon a sauvé Hélène de la dégradation suprême, le Sauveur, envoyé du Père, descendit dans ce monde sous une forme astrale et il délivra la Pensée de la tyrannie des Anges injustes. En Judée, il est appelé Jésus et le Fils, en Samarie, il était appelé Simon et le Père. Pour les races futures, il sera le Saint-Esprit que nous attendons, la Grande Vertu de Dieu, la Femme qui est à Venir.

Epinoïa (la Lumière et Sagesse Intérieure) est en tout ÊTRE depuis Adam.

 

Source : Guy Gallus

Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie 13 février, 2020

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie

Publié le 13 janvier 2019 par Gérard Baudou-Platon

Message aux Grands Maîtres, aux Vénérables Maîtres et aux Frères et Sœurs constructeurs d’Harmonie dans Chaine d'union 2019-NouvelAn-Gerard-1A-300x218

Mes très Chers Frères, Mes Très Chères Sœurs,

Sérénissimes Grands Maîtres Généraux et Grands Maîtres, Vénérables Maîtres,

miniicone dans Recherches & Reflexions

Je ne voudrais pas laisser le temps filer sa toile sans que les Frères et les Sœurs de notre Ordre aient pu vous transmettre nos meilleurs Vœux pour cette nouvelle année.

Nous espérons, avec beaucoup de passion et de conviction, qu’elle pourrait, d’où que l’on vienne ou de quelle lumière nous soyons éclairés, être l’année du partage, de l’attention, de l’intérêt pour la façon dont nous combattons l’ignorance, pour les moyens que nous utilisons pour faire jaillir, en nous, la connaissance mais aussi pour faire connaitre les voies qu’utilise la vraie franc-maçonnerie pour atteindre cette universalité pleine et entière qui fait de l’homme et du vivant le magnifique témoignage d’une création si belle et si harmonique, car que nous soyons athées ou croyants en quelques forces spirituelles l’on ne peut qu’être étonné de la précision et la perfection avec lesquelles toute réalité est construite .

Notre humanité en a assombri les éclats. Sans doute revient-il à la Franc-maçonnerie, dans sa diversité, de faire que celle-ci prenne conscience de sa responsabilité et aborde un chemin de plus grand respect.

Dans cette optique nous formons le vœux que chacun, dans nos fonctions respectives,  pourrait tisser des liens d’amitié pour le moins et … pour le mieux, établir de solides relations, sur le plan symbolique, philosophique et spirituel, en deux mots, de vrais échanges afin que notre rayonnement puisse instruire sur notre méthode et notre pertinence dans le but de faire évoluer notre monde vers plus de fraternité, encore pour le moins, et … pour le mieux vers plus d’Amour authentique.

Fraternellement Vôtre, par les nombres et les symboles qui nous sont connus

Gérard Baudou-Platon

Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm

Présidence du Souverain Sanctuaire,

 

Solstice d’hiver 2018 et nouvelle année 2019

Publié le 24 décembre 2018 par Gérard Baudou-Platon

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Comme l’évoque ma carte ci-dessus je fais le vœu, pour nous tous, de faire de 2019 le point de départ d’un réveil et d’une vaste prise de conscience pour tous les êtres que nous sommes.

Nous devons nous rendre compte que la nature et nous ne faisons qu’un … Le solstice de cette année est un rappel, par excellence, à cette exigence …

En reprenant ce qui était enseigné aux Compagnons nous découvrons, par l’astronomie,  que cette année le solstice d’hiver a lieu, très exactement, le 21 décembre 2018 à 23H22’ 44’’ (heure de Paris) (*). Ce moment particulier, bien connu au premier siècle avant notre ère, fut décrit avec insistance, par Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus). Personnage qui naquit en 23 Ap J.C. Il fut un grand naturaliste.(**), notion deux fois millénaires,  qui semble oubliée, aujourd’hui, par les dirigeants de nos pays occidentaux plus prompts à la thésaurisation matérielle qu’à la grandeur de la connaissance philosophique.

Selon toute réalité et Symboliquement d’une grande puissance, le solstice d’Hiver est le moment de l’année où la nuit est la plus longue et, par conséquent le jour est le plus court. Magnifique image où l’être rentre en soi pour en tirer une « substantifique moelle »  … moment, aussi, où le monde vivant retient son souffle … le soleil disparaitra-t’il, enseveli par les ténèbres ? … Non, assurément. Pourtant, nous sommes au temps d’un étrange phénomène. Pendant, environ, trois jours notre astre si important pour toute vie suspendra sa descente … 22 … 23 … 24 … L’azimut du lever et du coucher du Soleil (Sol) semblent figés d’où le terme latin « Sistere » (s’arrêter, se retenir) … puis le 25 notre Soleil reprendra sa quête d’amplitude, redonnant Vie et réchauffant la nature endormie  … ainsi, est-il invaincu (Sol invictus) !!! … un nouveau cycle de respiration lumineuse nous est, dès lors proposé.

Cette année, comme s’il fallait rappeler aux bipèdes que nous sommes, l’importance de la nature et du respect que l’on doit à l’espace qui nous construit et articule, nous a offert la conjonction de deux circonstances célestes.

  • La première est une pluie abondante d’’Etoiles filantes conséquente dont on dit qu’elle serait liée à des corps célestes en provenance de la « petite Ourse » (les Ursides), lieu céleste avec la grande Ourse qui constitue le point d’équilibre de notre vie terrestre !!! … (Le 4ième pilier de certains cénacles philosophiques ? (***))
  • La seconde est que le 22/12/2018 à 18h18’2’’ nous avons vu apparaître dans notre ciel une magnifique Pleine Lune, or … Source de lumière et lumière réfléchie unies dans un même élan en une sorte de mariage … alchimique

Levant les yeux vers le ciel chaque nuit au lieu de les voir rivés sur notre sort terrestre, voire pire sur notre propre nombril, … sans doute y verrons –nous une magnifique voie lactée … Il émergera, alors, de notre âme cette assertion  curieuse « … Et comme les eaux du Nil fécondent la Terre de Memphis, dans la saison shâ et au mois de Thot, ainsi les eaux d’en haut fécondent le Temple intérieur de l’Homme en la même et mystérieuse saison ».

La symbolique du solstice d’Hiver serait, naturellement, incomplète, si dans notre monde, elle ne faisait pas répondance au Solstice l’été !!!

En, effet, les anciens égyptiens nous parlaient «  du lieu du début des temps ». Ce temps où le premier lever héliaque de Sirius était visible à l’œil humain alors que quelque instant plus tard se levait lui, aussi, pour accomplir le voyage de la plus grande amplitude, le Soleil. C’était le moment où la crue Nil commençait son œuvre, où Sirius naissait, pour la première fois, dans la poitrine de l’animal représentant la constellation du Lion,  et où la voie lactée était dans l’exact prolongement de l’axe du Nil … c’était en 11.541 avant JC … magnifique symbolisme céleste imageant nos origines et le pouvoir créatif des forces cosmiques (****).

Voici une symbolique forte reprise par les scientifiques (Physique Quantique, notamment), par toutes les religions, les philosophes et les Hermétistes de tout horizon … il n’y a pas de hasard … il n’y a que des certitudes … à nous de les découvrir et de les incarner.

En plagiant les anciens Égyptiens avec leur calendrier en 360 jours et 5 Jours Épagomènes « Osiris », « Horus », « Seth », « Isis », « Nephtys », il me vient à l’idée que notre Solstice d’Hiver 2018 (nombre 11) nous suggérerait bien  un changement complet de cap et de comportement. Voici une petite méditation à l’aube de la nouvelle année 2019 …

  • Faisons du 25 une conviction que tout est UN … Que tout est lié, inter-relié … Que tout dépend de Tout … Tout est interdépendant … -1-
  • Du 26 … que le Un devient Multiple … et que le Multiple est Unitif … que tout est polarisation et que celle-ci mène à la diversité Physique, philosophique et spirituelle … -2-
  • Du 27 sachons que tout est Trinitaire … (Energie, Matière et Information), (Amour-Sagesse, Intelligence-Action et Volonté), (Sagesse, Force, Beauté) … -3-
  • Du 28 Savoir que l’homme incarne un « Espace-Temps » précis et que « fini » et « Infini » s’abreuvent à la même source … -4-
  • Du 29 apprenons que toute réalité est le fruit de notre propre vision et que toutes nos actions sont le résultat de que ce que nous devenons. Dès lors il convient de comprendre que vouloir changer le monde c’est, avant tout, se changer soi-même… -5-
  • Du 30 prenons conscience qu’aucune action ne peut être juste si elle ne procède pas d’une harmonie entre le Visible et l’Invisible … la Terre ne peut vivre sans son « Ciel »… -6-
  • Du 31 … surgit le nombre « 7 » rien n’existe, s’il ne s’inscrit pas dans un contexte évolutif. Toute réalité physique, philosophique, métaphysique, sociale et même économique se transmute, se transforme, est soumise à des cycles qui exigeant une nécessaire adaptation aux conditions imposées par de nouvelles émergences … -7-

La nouvelle année 2019 fait suite au 31. Elle est donc associée au nombre 8 qui symboliquement est associé à la notion du Fondement.

Forts de cela, que cette nouvelle Année soit la construction d’un espace-temps propice à la construction d’un futur basé sur une réelle harmonie entre toutes les formes de vie, qu’elle soit le foyer de la concorde, l’expression d’une Justice établie dans la sagesse et la compassion , que les richesses soit équitablement réparties  et que le respect habite les hommes et les femmes qui foulent le sol de notre magnifique planète.

Avec mes chaleureuses pensées

Prenez soin de vous

Gérard Baudou-Platon

(*) Soit 07h22’44’’ à Gifu Japon – le 22/12/18 &  17Hh22’’44’’ à Montréal Canada … si pour le phénomène solsticial il se passe en même temps pour tous (Temps universel) il ne se situe pas un moment selon où l’on vit la nuit chez nous … au lever du Jour le lendemain pour nos amis Japonais et  « at the tea times » ou en milieu d’après-midi le même jour pour nos amis canadiens

(**) Il mourut lors de l’Irruption Vésuvienne. Un graffiti en fixerait définitivement la date de ce dramatique phénomène au 24 Octobre 79 et non en Août de la même année.

(***) Les Anciens Égyptiens considéraient ce lieu comme étant le centre régulateur de l’univers, là où Maât régnait en Maître. Pharaon se devait d’être conscient de cela car il en était le garant de son application sur Terre. Tous les Temples et Edifices Sacrés étaient fondés sur cette relation … Thot et Seshat  étaient ses référents …

(****) Si le symbole n’est pas la réalité mais peut donner un vrai sens à la compréhension de la vérité, la réalité peut devenir un vrai symbole … il en est ainsi du soleil et de la voie lactée qui viennent d’être évoqués. Après moult péripéties nous savons, maintenant, que la Voie l’actée contient des centaines de milliards d’étoiles toutes liées entre-elles par la gravitation. Sa forme serait « un mince » disque plat de Cent mille années-lumière de diamètre et de Mille années-lumière d’épaisseur … Dans ce disque notre Soleil effectue son périple à mi-distance du centre de la voie lactée et sa « frontière la plus extérieure » à une distance de 26.000 années-lumière à la vitesse de 220 km/s depuis sa naissance, il y a 4.55 Milliard d’années !!! … le système solaire ne représentant, lui, qu’un Cent millionième de la taille de la galaxie. Alors voici émerger un nouveau symbole : celui du pentagramme étoilé, qui nous suggère toute relativité dans notre façon de concevoir notre réalité, rien n’est le centre de rien, nous sommes à la fois acteur et observateur, il y a peu de chance, pour nous, d’être les seuls à pouvoir nous émerveiller d’une si belle création…

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En partage  … Un lien TchanMeditation-MtreDogen-300x287… Un calendrier   Icone-Calendrier  … 

Un autre lien pour les institutions maçonniques … Bonne lecture et bonne écoute … Delta3610836a-300x125  …

Source : http://gerardplaton.neowordpress.fr/

Introduction aux éléments de tracés avec règle et compas, la concordance maçonnique 31 janvier, 2020

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Introduction aux éléments de tracés avec règle et compas, la concordance maçonnique

Il n’y a pas de matière comme telle. Toute la matière est originaire et n’existe que par la vertu d’une force qui cause les particules d’un atome à vibrer et qui soutient tout ce système atomique ensemble. Nous devons supposer derrière cette force l’existence d’un esprit conscient et intelligent. Cet esprit est la matrice de toute matière.

Max Plank

La Cathédrale va plus loin. Elle s’élève dans l’air. Elle recueille la lumière, l’absorbe, et la transforme de terre, d’eau, d’air et de feu ! Quel athanor a jamais été plus complet pour réaliser la plus belle des alchimies humaines ? Car il s’agit bien d’alchimie. Il s’agit bien de transmutation, non de métal, mais d’homme ; d’homme que l’on veut conduire vers un stade supérieur d’humanité.

Louis Charpentier

Si tu ne peux le calculer montre-le

Socrate

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L’univers est le créateur du modèle de la réalité, il utilise la géométrie comme technique logique de création, donc comme technologie pour harmoniser la réalité ; les lois de la géométrie sont les lois de la vérité. Le compas est l’instrument du temps et de l’espace, le cercle fige le temps pour décrire le contenu de son espace, et comme tout tourne constamment dans l’univers, il ne pourrait en être autrement.

 

Vous avez dit géométrie ?

 

Rien n’est plus facile à apprendre que la géométrie

pour peu qu’on en ait besoin. 

Sacha Guitry

 

Vous n’aimez pas les mathématiques ? Vous pensez que cet opus n’est pas pour vous ? Détrompez-vous. Munissez-vous d’un compas, d’une règle, d’un crayon bien taillé, de feuilles de papier blanches, d’une gomme pour vous rassurer et je vous promets que vous allez vous divertir à faire apparaître, à l’intérieur du cercle, les formes de base de la construction avec lesquelles vous pourriez dessiner le plan de la plus palpitante des constructions, faite de matière et de lumière. Il suffira de suivre les indications données dont la simplicité n’a d’égale que la beauté de ce qui en surgira. Pas de démonstration, juste le plaisir de rendre visible les formes de l’harmonie.

« Depuis la nuit des temps, les hommes ont cherché un langage à la fois universel et synthétique et leurs recherches les ont amenés à découvrir des symboles qui expriment en réduisant à l’essentiel les réalités les plus riches et les plus complexes », (O.Mikhael Aïvanhov, Le langage des figures géométriques).

L’une des expressions de ce besoin a été la création de la science géométrique. Les figures géométriques évoquent dans leur essence des relations spirituelles qui ne sont ni mesurables, ni exprimables de façon totalement adéquate. Cependant, pour être complètement intégrée, cette géométrie a besoin de l’expression artistique qui, seule, peut toucher tous les niveaux de l’être. L’agencement de différents symboles sous une forme artistique peut véhiculer l’expression profonde de multiples niveaux de conscience.

Au-delà des mathématiques, la géométrie préfigure l’architecture, objet spécial des études du compagnon, lui qui doit construire son temple intérieur avec l’aide de ses voyages, ses quêtes, ses travaux, muni de la règle et surtout du compas. L’éloge particulier de la Géométrie qui, dès l’époque médiévale, apparaît synonyme de Maçonnerie, trouve sa justification dans le fait que l’homme travaille toujours par mesure. La Géométrie est citée en cinquième place après la grammaire, la rhétorique, la dialectique et l’arithmétique dans les arts libéraux. Elle est, selon le terme scolastique la quintessence (quinta essentia), la science la plus noble de toutes, celle qui ouvre sur toutes les autres. On trouve dans le Cooke, manuscrit du début du XV: « Vous devez savoir qu’il y a sept sciences libérales ; grâce à elles, toutes les sciences et techniques de ce monde ont été inventées. L’une d’elles, en particulier, est à la base de toutes les autres, c’est la science de la géométrie ».

Pour le franc-maçon, la relation entre géométrie, art royal de l’architecture et édification spirituelle est incontestable, inspirée de la maxime platonicienne « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre », inscrite au-dessus de la porte de l’école de Pythagore.

Et Platon de rajouter : « la géométrie est une méthode pour diriger l’âme vers l’être éternel, une école préparatoire pour un esprit scientifique, capable de tourner les activités de l’âme vers les choses surhumaines… ». Être géomètre, c’est être capable de démontrer les choses par soi-même. La compréhension du réel ne peut être intégrale. Elle suppose un cheminement de la pensée d’un point de départ à un point d’arrivée, une façon d’épeler les mots et non de leur donner une lecture globale.

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Sur le frontispice des Constitutions d’Anderson on retrouve le théorème de Pythagore concernant les triangles rectangles, le reconnaissant sans doute comme le père de la géométrie mais insistant, aussi, sur le nécessaire savoir qu’apporte la géométrie à un esprit éclairé.

Vers le 6ème siècle avant J.-C., en Égypte ancienne, les nombres ne codaient encore que les impôts, le commerce, les salaires. L’évaluation, par les harpédonaptes (fonctionnaires royaux, arpenteurs géomètres), de la surface des champs cultivables dont la crue du Nil a effacé les bornes de délimitation, ne géométrise pas encore parce que ne cherchant qu’à clore les contentieux entre voisins par la force de l’État. Avec le droit de propriété, voici du droit civil et privé. Mais aussi, en délimitant les bornes, le cadastre royal fixe l’assiette de l’impôt. Voilà du droit public et fiscal. Les nombres ne disent, ainsi, à cette époque, que les relations humaines. Alors que la géométrie était au cœur de la construction des pyramides que l’on peut considérer comme des observatoires de la terre. Y auraient été mémorisées ses mesures par des paramètres scientifiques que l’on retrouve, d’ailleurs, coordonnées autour d’un cercle terrestre dans d’autres constructions sacrées. (on peut consulter ces informations sur ce document passionnant : http://www.youtube.com/watch?v=VLps5Ml6inI).

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Et puis un jour…: de la gigantesque masse de pierres, du mausolée du pharaon Khéops va naître la géométrie sur le sable ensoleillé maquillé par son ombre. En rapportant l’ombre du tombeau à celle d’un poteau de référence, ou à la mesure de son corps, selon la légende, Thalès énonce l’invariance d’une forme malgré la variation de sa taille. En effet, son théorème montre la progression ou la régression infinies de la dimension, dans la conservation d’un même rapport, du colossal, la pyramide, au plus médiocre bâton planté dans le sol. Quel effacement de toute hiérarchie dans le semblable, puisque chaque stade, du plus grand au plus petit, conserve le même rapport.

Thalès se serait servi de sa propre taille comme unité de mesure. Il obtint un résultat de 276,25 coudées pour la hauteur de la pyramide. Nous savons aujourd’hui que la hauteur de la pyramide de Khéops est de 280 coudées.  Impressionnés par ce calcul, les prêtres lui donnèrent accès à la bibliothèque où il put consulter de nombreux ouvrages d’astronomie.

Thalès nous fait découvrir ainsi un monde hors des sociétés où les choses sont en rapport avec elles-mêmes. La proportion parle, sans bouche humaine, montre un ordre qui ne connaît pas la loi sociale, qui échappe à la toute puissance.

Une liberté, une égalité sans pareilles ! Comme le raconte Michel Serres, « Pharaon meurt une seconde fois quand Thalès, en mesurant la pyramide, la réduit à un simple polyèdre dans l’homothétie de son ombre de géomètre ». 

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La proportion analogique, voici la grande conceptualisation grecque, pas celle du rapport simple a/b, mais celle qui intéresse en tant que médiété, celle qui va d’un rapport à un autre en conservant le même rapport tel a/b = c/d et, par substitution, peut passer de celui-ci à un troisième rapport et ainsi de suite (a/b= c/d=e/f=x/y …). Il ne s’agit point de couper quelque chose en part, donc de partager ou de prélever, ce que chacun, généreux ou léonin, sait faire depuis les commencements, mais de construire, pas à pas, une chaîne, donc de trouver ce qui, sous-jacent, stable et glissant, transite le long de son enchaînement. Les Grecs appelleront ce rapport d’analogie « logos ». Comme Platon et Aristote, les Stoïciens penseront que le logos pur est parole, intelligence, qu’il est un accès direct et véritable aux choses, ce que les nombres et leurs rapports peuvent enfin faire.

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Un exemple de cette façon de comprendre le monde est celui du calcul de la circonférence de la terre. C’est à l’aide d’un obélisque, en l’occurrence le phare d’Alexandrie construit vers 300 av. J-C qui en remplit le rôle, qu’Ératosthène, vers 230 avant notre ère, en calcule sa première estimation en se servant de la différence de hauteur du Soleil, le jour du solstice d’été. Ératosthène sait qu’à Syène – aujourd’hui Assouan en Égypte – le jour du solstice d’été, à midi, les rayons solaires tombent verticalement par rapport au sol parce qu’ils  éclairent un puits jusqu’à son fond. Au même moment à Alexandrie, ville située à peu près sur le même méridien mais plus au nord, le Soleil n’est pas au zénith. L’obélisque de cette ville y projette en effet vers le Nord une ombre bien mesurable. Avec la verticale du lieu, (la hauteur du phare) la longueur de l’ombre de l’obélisque permet de connaître l’angle que fait la direction du Soleil et par là même de déterminer celui que fait les deux villes à partir du centre de la Terre. Pour en déduire la valeur de toute la circonférence terrestre, il « suffit » à Ératosthène d’estimer la distance séparant les deux villes. Un cercle fait 360°, on comptait alors 5000 stades, le calcul  de proportionnalité avec un angle de 7 degrés est donc de  (7 / 360 = 5000 / Circonférence >>>     Circonférence = (360 x 5000) / 7), avec un stade de 157 mètres cela donne 40371 km à comparer avec les 40074 actuellement mesurés.

Le compas, Le mot compas vient du verbe latin « compassare » qui veut dire : mesurer avec le pas. C’est en observant la mâchoire d’un serpent que Talos, neveu et apprenti de Dédale, aurait inventé le compas (et la scie).

est un instrument qui sert à prendre une mesure pour la reporter à l’identique, traçant subséquemment un cercle dont l’ensemble des points se situent à égale distance d’un point appelé centre. Ainsi, le compas délimite le monde mais, aussi, définit ce qu’il contient. C’est ainsi que Dante, dans Le Paradis  (XIX, 40-42), désigne le dieu créateur comme : celui qui de son compas marqua les limites du monde et régla au-dedans tout ce qui se voit et tout ce qui est caché. Le compas est donc symbole de création du monde.

Si le cercle est, dès la plus haute antiquité, associé à la création et/ou à un dieu créateur, le compas en Occident, dès le Moyen Âge, se substitue au cercle : il est l’outil par excellence du créateur.

L’utilisation du compas implique une rotation, donc un mouvement, c’est pourquoi il est perçu comme l’activité dynamique de la pensée et de l’esprit. Il matérialise également ces vertus fondées sur la mesure que sont la prudence, la justice, la tempérance et la sagesse.

Le compas est au ciel ce que l’équerre est à la terre. En effet chacun de ces deux outils est muni de deux branches, celles du compas sont mobiles concrétisant l’universalité du macrocosme, ainsi capables d’exprimer l’ouverture d’esprit, alors que celles de l’équerre, fixes, sont là pour appeler à la rectitude.

Dans la Confession d’un maçon (1727) le compas est lié au serment de l’initié qui le tient alors piqué sur sa poitrine ouvert à 90° (qui est la mesure de l’équerre). Dans le régime rectifié le Vénérable Maître dit à l’initié : « prenez ce compas ouvert en équerre et posez en la pointe avec la main gauche sur votre cœur à découvert… le compas sur le cœur est l’emblème de la vigilance avec laquelle vous devez réprimer vos passions et réguler vos désirs ». Lié au serment de l’initié, alors  ouvert, piqué sur sa poitrine, servant de mise en mémoire par un affect d’un contenu signifiant l’ouverture de conscience, le compas, après avoir été dominé par la matière, devient au cours du chemin initiatique  dominant à son tour ; il a les pointes découvertes et n’est plus protégé. Selon une tradition du compagnonnage, attestée depuis Perdiguier, le compagnon est celui qui sait manier le compas, qui à donc dépassé le stade de l’équerre et acquis la maîtrise du trait. Le mouvement de l’équerre au compas est en fait la traduction du passage symbolico-cosmique de la terre au ciel ou, dit de manière plus maçonnique par le système Émulation, d’une surface horizontale à une vivante perpendiculaire. Notons également que l’équerre, instrument du Maître de la loge, suggère l’espace, la rationalité et l’immanence, tandis que le compas, outil du Grand Architecte, évoque le temps, la spiritualité et la transcendance. Dans la franc-maçonnerie dite « régulière », au premier degré le compas est toujours associé à l’équerre et à la Bible ouverte (volume de la Loi Sacrée), formant ensemble les « trois grandes lumières de la franc-maçonnerie » et dont la présence sur l’autel ou sur le plateau d’Orient est une condition expresse de la régularité des loges (un landmark).

Placé sur l’autel du travail, le compas, parce que de métal, focalise les énergies de la loge vers le Vénérable qui les reçoit et les renvoie chargées de son énergie de sagesse.

Les artistes disposent d’un compas spécial, instrument composé de deux branches fixées entre elles vers le milieu, chacune possédant une pointe à chaque extrémité. L’astuce est que les deux branches sont fixées de manière à ce que le point de fixage se trouve sur les points de proportion d’or des branches. Ainsi, par une simple utilisation du théorème de Thalès, si on écarte deux des pointes sur un segment, les deux autres pointes correspondront au segment considéré, multiplié ou divisé par le nombre d’or.

Au deuxième degré le compas marque, symboliquement et tout particulièrement, l’élargissement des cercles de pensée exprimant un franchissement progressif dans les degrés de la connaissance (dans certaines loges il est ouvert à 30° au premier grade, à 45° au deuxième, à 90° au troisième).

La règle est un instrument rectiligne qui sert à diriger la main pour tracer des lignes droites, c’est aussi ce qui peut conduire, diriger les actions et les pensées des hommes par un jugement droit. La droiture donne la rectitude, la ligne dont il ne faut pas dévier et la loi morale dans ce qu’elle a de rigoureux. L’importance de son enseignement au 2ème  degré est manifeste, la règle est portée durant 3 voyages soulignant l’exigence de ce devoir impératif et de sa constance dans le temps.

Souvent sectionnée en 24 divisions horaires, en bois, la règle est le symbole de la loi commune qui régit les phénomènes du monde réel et du monde spirituel. La répartition de ces divisions se voulait indication de règle de vie pour le franc-maçon comme indiqué dans les Divulgations de Martin Harvey : 6h pour le travail, 6h pour la prière, 6h pour la communauté, 6h pour le repos. La franc-maçonnerie anglo-saxonne la découpe toutefois en 8h pour le travail au chantier, 8h pour la prière et les exercices spirituels, 8h pour le repos et la vie familiale.

La règle, le règlement, est le principe qui dirige un groupe et qui s’impose à lui. Une association d’individus peut se considérer comme constituant un Ordre quand elle présume une Règle ou un Rite à travers lesquels on obtient une déterminante infinie. Un Ordre est initiatique quand la Règle ou le Rite sont tels qu’ils complètent la signification de la parole elle-même. La franc-maçonnerie se définit comme ordre initiatique.

Certaines obédiences, dans le cas de quelques grandes loges dites « régulières », se définissent comme un Ordre initiatique qui, tout en transcendant les spécificités individuelles, regroupe des personnes qui acceptent par serment, de vivre sous certaines règles que l’on appelle « Anciens Devoirs ». Les fondements de la Régularité Maçonnique s’appuient sur le respect d’un ensemble de règles consignées dans les composantes de base que sont les Landmarks, la Règle en douze points de la franc-maçonnerie, la Constitution de la GLNF du 14 novembre 1915 qui inclut le règlement général et les principes de base propres à toute grande Loge régulière : – 1er Surveillant : Frère Second Surveillant, où sont tracées les règles de nos devoirs ? – 2nd  Surveillant : Elles sont empreintes dans nos cœurs ; la raison nous en instruit, la religion les perfectionne, et la tempérance nous aide à les remplir.

Chaque point reporté par le compas représente une connaissance nouvelle ; prendre la pleine mesure du segment tracé, c’est acquérir les savoirs correspondant en les mesurant avec la règle. Règle et compas enseignent à concilier l’absolu de l’infini de la ligne et le relatif limité par l’écartement des branches du compas (le rayon).

Le tracé régulateur est le plan réalisé en premier à l’aide de la règle et du compas. C’est une trame sur laquelle le bâti se fonde. Il est le support de la construction, l’interface entre elle et le lieu qui la porte. Les bâtisseurs se sont évertués à lier la trinité du bâti, du lieu et du sacré, cherchant une harmonie et créant une dynamique entre l’homme, le construit et l’environnement. Par la conscience présente dans la construction est respecté l’endroit et ce qu’il a à offrir, le vivant. Les charpentiers et les tailleurs de pierre se partagent cette science (ou cet art) du trait. Pour les tailleurs de pierre, cela s’appelle la stéréotomie

La corde à nœuds

On dit aussi « corde nouée ». Elle sert à la fois de règle et de compas.

La corde à nœuds  est directement tirée de la maçonnerie opérative où elle était un outil de mesure pour les apprentis qui ne savaient ni lire, ni écrire. Tous les apprentis disposant d’une telle corde pouvaient tracer et mesurer au moyen du même étalon de base. Dès qu’il est question d’établir les plans d’un édifice sacré, on retrouve son utilisation. En fait, la corde est le premier outil dont on se sert sur le terrain, au moment où l’on trace la délimitation des fondations. C’est donc un symbole initiateur.

Dans les opérations d’arpentage, les mesures sont prises au moyen d’une corde nouée qui fournit des dimensions en même temps que des rapports de proportion, par exemple,  la corde celtique comportait 14 nœuds pour 13 intervalles.

L’association de cet outil à la géométrie permettait de construire un angle droit en remplacement de l’équerre et ainsi de tracer le triangle rectangle, nous ramenant au fameux théorème de Pythagore selon lequel la somme  des côtés de l’angle droit est égale au carré de l’hypoténuse. Ce lien entre un fait géométrique, l’angle droit, et une relation de mesure des côtés du triangle, était déjà bien connu des Babyloniens, 2 000 ans av. J.-C., idem chez les égyptiens qui se servaient d’une corde à 13 nœuds (12 intervalles) pour tracer des angles droits. Ainsi munis de cette bonne équerre, les harpédonaptes (les arpenteurs) pouvaient reconstituer chaque année les limites des champs rectangulaires que les crues du Nil avaient fait disparaître en apportant le limon fertile.

Les Égyptiens étaient de grands fabricants de cordes auxquelles ils attribuaient une grande valeur. Un rouleau de corde soigneusement tressé fut l’un des trésors trouvés dans la tombe de Toutankhamon.

On retrouve également l’usage de cordes à nœuds dans les civilisations anciennes. Les Incas, par exemple, utilisaient des assemblages de cordes à nœuds, appelés kippus, pour coder et conserver toute sorte de connaissances, des simples comptes aux rituels et repérages astrologiques.

A l’époque des compagnons constructeurs qui ne savaient ni lire ni écrire, qui ne disposaient pas de rapporteur pour mesurer les angles, il leur était indispensable de connaître des tracés, pouvant être faits avec la corde à nœuds, qui faisaient apparaître les relations entre les mesures et la valeur des angles qui en résultaient.

Dans un certain sens, la corde à nœuds était la représentation d’une structure,

d’un principe supérieur,

qui lie le monde physique au monde spirituel.

La tradition du tracé dans la charpente française a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2009.

Les formes ont-elles un symbolisme universel ?

La droite horizontale. Elle représente notre plan terrestre, « plat » par son horizon et sa stabilité apparente. C’est une structure d’accueil de notre matière dont elle est le symbole.

La droite verticale. Elle représente l’Esprit Divin. Elle est une descente de ce « qui est en haut » en reliant le supérieur et l’inférieur. Ce qui est debout, à l’image de l’humain, est ce qui est doué d’esprit, d’intelligence, étant le lien entre le monde divin et les mondes inférieurs.

La diagonale. Elle désigne un mouvement, qui est une progression ou une ascension selon le sens du tracé. Ce mouvement peut être un mouvement temporel ou une capacité d’action, de faire.

La demi-sphère ou demi-cercle : matrice. Elle est le symbole du ciel et la présence de l’esprit divin dans sa projection sur la terre, le visible et l’invisible. De façon plus réduite, la féminité en attente de fécondation.

Le demi-carré ou carré. À l’inverse du cercle ou demi-cercle, il symbolise la terre et l’Homme dans son imperfection. Dans le cas du demi-carré, c’est la complémentarité du visible et de l’invisible. Le carré en position verticale, proche du losange, indique la dynamique du carré, le mouvement c’est-à-dire principe de la vie.

Le double carré permet de montrer le dualisme du bien et du mal.

Le cercle. Il représente le tout fini et infini, l’unité et le multiple, le plein et la perfection ; pour les croyants  il figure le Créateur de l’Univers.

 

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil 5 novembre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil … Partie 1

Publié le 16 décembre 2015 par Gérard Baudou-Platon

C’est la question que l’on pourrait bien se poser car la diversité des chemins initiatiques proposés par la Franc-maçonnerie Française, notamment, ne peut être que constatée. Qui trop embrasse mal étreint ? …  Y auraient-ils une ou plusieurs explications  à ce constat ? … La notion l’éveil en serait-elle une ?

Pour tenter de répondre nous allons :

1 : tenter de découvrir ce Franc-maçonnerie sous-tend,

2 : tenter d’aborder un des acteurs principal, animateur s’il en est de l’âme de ces espaces particuliers

3 : présenter très rapidement l’environnement Oriental lié à la notion d’éveil. 

4 : examiner cette voie particulière qu’est le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et vous laisser juge  … Oui … Non ?  

Partie 1 : Méditation sur « la Franc-maçonnerie »

Il est toujours difficile de donner une idée sur l’essence d’un Rite … et même d’en définir l’opérativité. Nous poserons comme incontournable de définir la première pour en supputer la seconde.

Si l’on ajoute l’examen d’un lien, en plus, avec une fonction d’éveil …  alors la difficulté devient immense.

Pour initier cette méditation sur notre thème je ne résiste pas à citer la remarque d’une sœur qui souhaite se présenter comme anonyme mais qui écrit justement : « l’être éveillé s’est définitivement affranchi des apparences. Telle une âme vivant dans l’un ou l’autre monde il s’est totalement libéré des voiles de la matière, ce qui le rend capable de se vêtir à volonté d’une apparence ou d’une autre, tout en demeurant en permanence dans la lumière, dans la nature de l’esprit et la fusion des possibles. L’être vraiment  éveillé sait qu’il n’y a pas plus de frontières entre les mondes, pas plus que de dimension spatiale et que tout se joue ici et maintenant, dans la lumière et dans une communion incessante avec l’absolu »

« C’est par sa conscience que le maçon est relié au divin »

Tentons, alors, d’être exhaustif …

Pour décrire l’essence d’un Rite, certains, feront référence à des liens initiatiques que leur histoire leur permet … vu sous cet angle tout sera, alors, possible … tout et son contraire.

Lorsque nous aurons classé le dit rite en « Judéo-chrétien », « Chrétien »,  « Egyptien », « Hermétique »,  « Primordial »,  « Primitif », « Laïc », …,   aura-t’on fait œuvre d’analyse et de synthèse suffisante ? Rien n’est moins sûr … car les rites construisent des égrégores … et ceux-ci nous le savons dépendent largement de l’ouverture de conscience de celles et de ceux qui le créent et le servent.

Le rite dont nous parlons (RAPMM) se déroule dans un cadre un peu particulier … celui de la « Franc-maçonnerie ».

Il nous appartient, alors, de préciser un certain nombre d’aspects qui caractérisent la Maçonnerie en général.

 01

La franc-maçonnerie a l’ambition d’être, pour le moins :

Pour le meilleur, sans doute, la Franc-maçonnerie est d’être un moyen d’accéder au savoir puis à la connaissance sans lesquels personne ne peut objectivement transformer « le métal vil » en « Or ».

Alors de quoi parlons-nous ?

Il faut que le Franc-maçon devienne conscient, individuellement, de son utilité et de son importance par rapport à ces enjeux … Il comprend,  alors deux choses :

Au-delà de toute promenade historique dans le monde des Francs-maçons au regard de ces différents points … où tout pourra être dit  (nous laisserons bien volontiers les historiens tenter d’y voir clair)  … une autre déambulation devient impérative … celle de la découverte de notre véritable utilité dans un monde où l’espace et le temps se transforment à une vitesse folle grâce à la présence d’une information immédiatement préhensible et une technologie démultipliant les capacités et les potentialités humaines … il sera bon de se précipiter … mais lentement  … et ne pas confondre « vitesse » et « précipitation ».

Les homos Sapiens Sapiens que nous sommes ne sont pas simplement des Homo Faber qui auraient basculés dans un autre monde grâce à l’apparition d’une structure ADN propice … ainsi qu’à une évolution cérébrale étonnante … dont on ne s’explique pas, d’ailleurs, les circonstances de celle-ci … manque de chance, le chainon manquant … manque, aussi, à nos méthodes de rationalisation de nos découvertes scientifiques.

Nous pouvons nous mettre d’accord sur une constatation :

Nous ne sommes pas simplement des animaux (Reptiliens) qui auraient pressenti leur condition humaine et qui auraient décrété la nécessité d’être des Homo-Socio-Economicus … ayant, dès lors, aujourd’hui, un immense problème de gestion des ressources terrestres face à une démographie galopante … nous sommes aussi et sans doute surtout des êtres :

Les franc-maçonneries dites laïques sont aveugles pour ne pas prendre en compte l’importance de la métaphysique et les vecteurs de recherche éclairant des champs ésotériques. De même les philosophes et les ésotérismes sont inutiles s’ils n’intègrent pas dans leurs réflexions méditatives les nécessités du monde objectif.

La Franc-maçonnerie prend sa source dans cette complexité … défendre la liberté, l’égalité et suggérer la fraternité impose au maçon la résolution de la quadrature évoquée ci –dessus (Celle de l’enchevêtrement des plans d’existence) ..

Pour être complet nous ne manquerons pas de pointer les différences dans l’expression des Rites en général et du notre en particulier … et nous conclurons, alors, à l’étonnante richesse de nos maçonneries respectives… nous  pourrions développer cela de façon détaillée mais pour l’heure parlons de notre Rite … c’est-à-dire celui que nous utilisons comme « Merkaba » (ou véhicule comme le diraient les Orientaux) pour cheminer dans la pyramide initiatique des degrés et étapes proposés.

J’ai bien dit pour « Merkaba »  … pour véhicule … c’est-à-dire comme moyen de se  déplacer mais …  d’où vers où ?  … et dans quels buts ?

Alors quelques exemples de moyens et quelques chemins :

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A ce stade énonçons juste une nouvelle dimension qui ajoute de l’opacité au travail de recherche de la Vérité … celle qui résulte  de la tradition dans la Franc-maçonnerie Française  celle de classifier les « Institutions Maçonniques » qui constituent le corps de ces Rites en « Organismes Réguliers »,  « Organismes Reconnus », « Organismes Indépendants » ou en « Organismes Maçonniques Sauvages » … Cette classification est grave non pour l’opération qui consisterait à particulariser ses organisations afin de donner plus de pertinence à cette forme d’accès au savoir de la franc-maçonnerie mais, au contraire, pour créer des « arguments » d’exclusion et de rejet … La Franc-maçonnerie ne peut plus jouer son rôle de révélateur de « Vérité ».   

Cela dit revenons à notre thème « Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm » et Voie d’éveil et j’espère pouvoir démontrer que ce lien est, manifestement, possible tout en ayant conscience qu’il existe une multitude de voies possibles qui peuvent faire progresser l’Homme dans le domaine du Savoir et de la Connaissance.

Notre sujet pose le lien entre un Rite et sa capacité à amener le « pratiquant » à l’état désiré par tout chercheur : celui de connaitre la Vérité et de comprendre sa contribution à l’œuvre de vie qui se déroule sous ses yeux …

Ainsi, ce chercheur de vérité est candidat à l’accès à la vision juste afin d’avoir une action consciente et appropriée … Cela le conduit à atteindre un état particulier … celui qui est nommé par les orientaux comme « état d’éveil ». (Un état souvent décrit comme une fulgurance changeant de façon prompte et durable la vision de la réalité vécue)

Pour tenter de démontrer qu’un lien de cette nature est possible dans le Rite dont je me pénètre chaque jour examinons notre assertion et constatons.  

03

A : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm  (et notamment dans sa sensibilité orientale) n’est pas une Religion … ce n’est pas, non plus, une philosophie … ce n’est pas un volume de prescriptions dictant un art de vivre sa vie … ni un recueil de règles de savoir-faire …

B : Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm n’est ni Judéo-chrétien, ni musulman, ni indou, ni tibétain, ni Égyptien ancien …. Il est tout simplement la vie dans sa complétude et offre ses ressources les plus subtiles … il est ce que l’homme fut, ce que l’homme est …. et sans doute, s’il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et que son âme comprenne …alors, il est, déjà, … ce qu’il sera demain … c’est à dire un être en évolution ou en involution …

C : Ce Rite est une voie d’accès à la connaissance parmi tant d’autres, certes !!!… mais une voie d’accès très  particulière  … elle offre un déambulatoire où chacun peut découvrir le point à partir duquel il pourra développer sa propre équation et déployer, ainsi, sa propre personnalité… non pas celle des autres mais celle qui correspond à celui qui chemine !!!!… en cela pourrait-on dire qu’elle est « Pythagoricienne »

Dès lors, cette voie inventorie tous les champs investis par la pensée et l’esprit humain (Déambulatoire, Trajet labyrinthique) … elle est tournée vers la connaissance de la Nature considérant, qu’en cela, elle mène vers le divin (elle est, alors, « Taôiste », car la nature est harmonie universelle) … Elle incite les Sciences fondamentales et les voies opératives moins rationnelles tel que le Chamanisme à se côtoyer et dialoguer (En cela elle est « Scientifique, Expérimentale, Alchimique et même Magique » ) … de même elle invite l’Astronomie à prendre en compte Mythes et Symbolique de l’Astrologie traitant, ainsi, le lien non négligeable entre inconscient collectif, inconscient individuel et les corrélations avec le monde objectif  … Elle restaure un principe d’efficacité en acceptant l’idée que le plus court chemin pour l’accès à la vérité peut être l’intuition … ce qui n’exclura, à aucun moment, que la preuve puisse venir par « la voie de l’expérimentation »

Ce Rite fait passer le cherchant … d’être asservi par un égrégore collectif à un être libéré, autonome, transmuté ayant atteint sa propre Réalisation (en cela elle est « Tibétaine »).

Il est commun de dire que « la recherche de la vérité n’admet aucune entrave » … aucun éveil n’est possible sans cela, nous allons voir pourquoi plus avant … cela contraint même aux modes de gouvernance des différentes voies maçonniques de reconsidérer  leurs relations avec le monde profane …  le sacré se nourrit de la vie sous toutes ses formes.

Que l’on se comprenne bien … une recherche éclairée nécessite le libre arbitre absolu … ainsi contraint-elle au dialogue avec les meilleurs d’entre nous où qu’ils soient…

Siddharta Gautama … exprime cette idée magistralement

« Ne crois en rien par ce qu’on t’aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien,

Ne crois en rien sur l’autorité des Maîtres et des Prêtres.

Mais bien, ce qui s’accorde avec ton expérience (et après une étude approfondie) satisfera ta raison et tendra vers ton bien. Cela tu pourras l’accepter comme vrai et y conforter ta vie »

La liberté d’expression témoin de la diversité des formes et des processus de production de la vie nous contraint à des échanges non entravés par des visions réductrices A bien y songer, il nous importe peu de savoir à quelle chapelle appartient celui qui a la gentillesse d’apporter sa propre lumière … il est … et pratique, seulement, un acte d’amour qu’est le partage de ce qu’il est devenu au moment où ce partage a lieu …

Cette technique de la porte entre-ouverte ou pas tout à fait fermée doit être la forme moderne de la Franc-maçonnerie. Nos frères opératifs exposaient leurs créations au monde profane … et le monde profane pouvait de différentes façons inter-réagir créant, ainsi, une évolution constante et continue sur le chemin du savoir et de la connaissance ….

Aujourd’hui l’application inconsidérée de la notion de « secret » mais aussi la prolifération des actes d’exclusion font que le dynamisme indispensable à la recherche de notre essence réelle s’étouffe.

Beaucoup de Franc-maçon sont, aujourd’hui, entrés en esclavage … asservis qu’ils sont pas des règles qui ressemblent à des geôles de la « société bien-pensante » articulées autour de principes que l’on aurait voulu voir disparus « Discriminations, exclusions, rejets , limitations des champs de vision, peurs et refus de l’inconnu… »

Pour rendre l’opérativité à notre Rite nous l’aurons compris il sera urgent de refaire circuler le « sang informationnel dans nos cénacles » car aucun éveil ne s’instaure « dans une attitude consanguine »

Dès lors, quiconque gloserait sur la méthode … ou discréditerait une voie que les instigateurs considèrent comme essentielle (cf. Ouverture à la lumière d’Orient écrit par Edmond Fieschi) deviendrait lui-même un ignorant cristallisé dans ses propres schémas et certitudes … l’éloignant, du même coup, d’une rencontre possible avec lui-même au profit d’une satisfaction que je désignerai « de vérité de comptoir …

L’état de la Maçonnerie d’aujourd’hui nécessite un changement de vision immédiat … nous le savons « le temps passe … et nous passons » … il est, donc, urgent de se précipiter avec lenteur ….  sans perte de temps !!! … car tout doit être construit avec harmonie … inexorablement.

L’esprit soufflant où il veut et quand il veut …  celui qui marche sur le chemin ne peut définir ses propres règles, la découverte ne se fera que par l’acceptation de l’inattendu

Qu’est-ce que le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … c’est assurément « un chantier » … c’est un chantier que l’on assimilerait à des fouilles, à des exégèses … extirpant des couches « géologiques » et des « sédiments » du Cortex et du néocortex la substantifique liqueur permettant de retrouver nos essences premières et nos potentialités foncières … Je reprendrai volontiers la remarque de Toni Ceron dans son livre « Sphinx, Grande Pyramide, l’Alchimie Intérieure » : « C’est pourquoi, une véritable école de l’esprit est un chantier, une mine, et ses élèves des charbonniers, non des bipèdes diaphanes qui ont plus appris à se renier qu’à se comprendre » … et il continue en disant: « Le chercheur, chevauchant le tigre, comme disent les orientaux, agira en conséquence, apprenant, ainsi, à laisser couler son âme à travers les apparences karmiques suscitées en lui dans une non-violence spontanée et fondamentale, comme un cadeau des Cieux » …

Ainsi  … le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est Initiation … « uniquement initiation » … un chemin personnel à travers les mondes … et … les ouvertures de conscience successives …

Qui veut atteindre les hauts espaces éthérés a le choix de la montagne à escalader … de la vallée il contemple ce qu’il peut distinguer … pas la Vérité !!! mais le reflet de la Vérité (cf. la Caverne de Platon) mais il ne pourra pas faire l’économie de s’affronter, sur le chemin qu’il foule, à de multiples situations qui le mèneront vers sa réelle destinée …

Il en sera, ainsi, de notre Rite qui laisse apparaitre une échelle dont chaque barreau excite la convoitise d’autant qu’en apparence certains d’entre eux apportent gratifications et statut …. Temporel et spirituel … dès lors le danger est, omni présent, de prendre des « vessies pour des lanternes » …. Combien propulsé tout en haut de la dite échelle se retrouvent avec un hochet à la place du sceptre de sagesse ….

Combien, produits de l’histoire tumultueuse de cette voie initiatique se prennent pour des guides suprêmes et incontournables  …. En transformant le prince ou la princesse …. en citrouille …. Au pays des aveugles les borgnes sont rois …. Ne le dit-on point

Voici une première partie questionnante sur le rôle et l’utilité du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm.

N’ayant pas voulu le rattacher à l’histoire (avec un grand « H ») j’ai préféré le rattacher à ses potentialités opératives.

Fin de la partie I

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 2

Dans une première partie nous avons tenté de parler de la Franc-maçonnerie et de sa diversité.

Nous avons abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et ses premières particularités … maintenant devrons-nous parler de celui ou de celle qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symbolique, philosophie et hermétique

Partie 2 : Méditation sur « Celui ou Celle qui a le statut de Franc-maçon »

Tout ce que nous avons dit en partie 1 est, assurément, important  mais  encore bien incomplet, car :

En ce contexte : le franc-maçon est un être hybride (Nous le savions car nous partageons tous un symbole bien connu : l’aigle bicéphale). Il est à la confluence de deux sources … Celle, subtile et vitale qui l’adombre de façon inconsciente et celle qui relève de la conscience objective …

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Pour être le maçon qu’il doit être, il doit conscientiser ce qui chez lui n’est pas mis à jour, encore, … et rendre le fruit de sa « création »  conforme (d’où l’expression : « rendre la maison à son père ») …

Dans cette démarche à double détente  … une discipline s’impose :   

Telle la chrysalide il doit aborder en conscience  sa transformation ou sa transmutation  afin d’être en pleine résonnante  avec la création !!

Ne point faire cela ferait de la Franc-maçonnerie un moyen inutile au service, au mieux  d’une œuvre caritative ou humanitaire (ce qui est déjà très bien, disons-le, sans restriction d’aucune sorte) et au pire une institution symbolique et philosophie auto-satisfaisante génératrice de  circonvolutions cérébrales.

La discipline qui s’impose est le « domestiquage »  de la vache comme diraient nos frères Tibétains …. Seule condition d’accès à la deuxième source que nous avons évoqué plus haut

Pour comprendre voici quelques éléments de réflexion sur « cette » discipline … et … ayant fait cela nous regarderons, dans une dernière partie, la structure de notre  échelle maçonnique  pour savoir si notre Rite répond bien aux critères et nécessité qu’oblige une  « Voie d’Eveil »

Deux oiseaux étaient posés sur un même arbre,

Celui d’en haut était calme, majestueux, splendide, parfait …. (un simorgh ? )

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Celui d’en bas sautillait continuellement de branche en branche. Tantôt il mangeait des fruits savoureux et il était joyeux  … Tantôt il mangeait des fruits amers et, bien sûr, il était malheureux

Un jour qu’il avait mangé un fruit encore plus acide que tous les autres, il leva son regard jusqu’à l’oiseau calme et majestueux au-dessus de lui … et il se dit :

« comme je voudrais être pareil  à cet oiseaux » …

et il s’en approcha un peu !!!

Bientôt il oublia son désir de ressembler à l’oiseau d’en haut  et il continua comme auparavant  à manger des fruits doux et des fruits amers, à être tantôt joyeux et … tantôt malheureux. De nouveau il éleva les yeux … et de nouveaux il s’approcha un peu plus de l’oiseau paisible et magnifique perché au-dessus de lui !!!

Ce manège de répéta souvent et finalement, notre oiseau se trouva tout près de l’autre  …  le plumage éclatant de celui-ci l’éblouit d’abord, …. Puis parut absorber le nouveau venu qui, finalement, à sa grande surprise  et à son émerveillement, s’aperçut qu’il n’existait  qu’un seul oiseau !!!

A l’instar de cette image … nous frères et Sœurs devront apprendre  que cette deuxième source est en nous …. Mais je compléterai cette certitude par la nuance suivante :

Entre, être convaincu que nous possédons la source en nous et,  l’ayant compris, croire que ce que l’on fait, alors, découle de cette source il y a un pas que nous ne franchirons point encore.

Attention à ne pas prendre nos désirs profonds pour des réalités … l’introspection … reste une vertu  utile !!!

Analysons cette séquence « Je Suis »

« Je » …

Le « Je » corresponds à la « Forme-Reflet » …

L’homme incarné est la Forme-reflet au plan physique par la prise de densité matière-chair (c’est l’état grossier dont nous sommes revêtus) … mais reflet de quoi ?

Reflet de la source de toute chose conformément au principe que tout vient de l’Unique (pour le scientifique ce sera de l’unité des lois cosmologique … pour les autres … mille et un noms feront l’affaire selon les convictions et les croyances de chacun …)

Le « Je » évoque « l’existence »  et cette existence se traduit pour les occidentaux par la présence de 3 corps essentiels :

« Suis » 

Le « Suis » correspond à la « Forme-Radiation » c’est dire l’aspect transfiguré de la matière  celle en rapport avec les plans subtils …

La source rectrice est celle qui vient de là  …

Tout ce qui est sur notre planète est relié au Monde Origine  …. Une sorte de « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » avec un « comme » à vraiment interpréter, définir et commenter

Nous utiliserons ici, encore,  le langage des oiseaux … la meilleure façon pour moi d’être court mais clair …

Le frère et la sœur doit construire ce lien conscient et opératif  entre « Savoir » et « Connaissance »  … lien qui lui permettra, alors, d’incarner le « Je Suis » et dès lors trouvera ses actes assurés dans le monde profane …

Cela fait, il y a une contrepartie … réduire significativement son Ego …. Pas celui qui favorise la créativité mais celui qui cristallise l’humain dans sa « matière-chair »

Un dernier point est remarquable en Franc-maçonnerie celui de relier le « Je suis » à des actes de création conduits par l’Amour voire même la Compassion.

Tous nos Rites maçonniques comportent une fonction particulièrement importante et caractéristique du mouvement maçonnique … c’est la « fonction Chevaleresque » …

Un franc- maçon construit juste

Un Franc-maçon Chevalier accompagne ce qu’il construit d’un souffle d’harmonie pour tous les mondes vivants …

Le Chevalier est celui qui assemble en lui tout ce que nous venons de dire … et, dès lors, fait de la Chevalerie sa parure distinctive …. (Voilà un premier signe de changement d’état de conscience qui  aboutit à un nouvel état d’être) …

« Le regard du Chevalier est, alors, dirigé vers les fenêtres du ciel … son parfum est inspiré par l’Âme et il en imprègne tous ses Actes. Ses paroles découlent de la source ». Je cite, ici,  Platon, le Karuna dans son livre « les chevaliers d’aujourd’hui et de demain » …

Notre Rite qui organise un déambulatoire dans l’histoire de l’humanité à la fois au travers de la philosophie, de l’hermétisme mais aussi de la science (et dieu sait si  science et ésotérisme furent très liés  … et même aujourd’hui, en neurologie (Neurobiologie, Neuropsychiatrie), ces liens sont particulièrement fructueux  (frontière de la vie, tutoiement de la mort NDE  !!!).

Notre Rite, donc, est, à priori,  bienfondé pour faciliter l’accès à la connaissance mais aussi le moyen de nous « rectifier » ou d’opérer des nouvelles avancées dans le domaine de la relation Esprit-Matière.

En ce qui concerne la nécessaire transgression des cadres de description de notre humanité, reprenons les propos de Paul Brunton qui écrit dans « l’enseignement secret au de la du Yoga » …

« Je perçois avec une saisissante acuité que l’éclatement de cette carapace de vieille ignorance est la condition  sine qua non de l’avènement de la paix  … le nœud du problème mondial est trop simple pour être perçu par notre époque compliquée : tous les actes sont informés  par la source cachée de l’esprit, et lorsque l’homme apprendra à penser juste, alors seulement il agira en conséquence. Ses actes ne peuvent jamais être plus grands que ses idées, car les décisions silencieuses de l’esprit modèlent les bruyantes démarches du corps. Les amers chagrins  du monde et ses crimes ne sont que des symptômes d’une maladie dont la cause est la vieille ignorance, et qui peut être guérie que par une connaissance neuve. Il est du devoir impérieux de tout être humain doué d’intelligence et de raison, troublé par des aspirations à peine conscientes et encore moins formulées vers une vie meilleure, ne pas croupir dans l’indolence spirituelle mais de poursuivre sans relâche la queste … c’est à dire la lumière de la Vérité » … (Propos tenus en 1970 … il y a presque un demi-siècle)

Ainsi le Rite Ancien et Primitif de Memphis & Misraïm sous son aspect « véhicule menant à l’éveil »  … nous parle d’une incontournable nécessité …. Provoquer la « Mort du vieil homme » qui est en nous …

Il est souvent dit, aussi, que pratiquer notre Rite c’est « apprendre à Mourir » …. Il faudrait ajouter  « accomplir notre propre meurtre » afin de permettre « une nouvelle régénération voire permettre un ressourcement » … acte fondateur pour « une renaissance » sur des bases nouvelles

 

Fin de la partie II

Note de la partie 2

Une autre façon de structurer l’homme … Cf. Christian Boiron dans « la Source du Bonheur est dans notre cerveau » … Il détermine :

1 : un Corps reptilien ou Hypothalamus

C’est le ça :

Dès lors le bonheur reptilien est :

Le malheur reptilien est :

2 : un Corps Limbique ou mémoire Programmée ou programmante …

C’est le Sur-Moi

Ainsi le Bonheur Limbique : c’est Tirer des plaisirs des conditionnements actuels ou futurs

3 : un Néo-cortex préfrontal

Moi :

Les plaisirs du néo-cortex : ce sont le raisonnement, la créativité, l’expression artistique, les approches globales

Voici, donc, trois espaces mais qui sont relatifs à quoi ?

La conscience … Mais de quoi est-elle faite ? …

Tout ce passe comme si une autre entité, un autre cerveau distribuait le travail entre les deux cerveaux qui pensent … Est-ce, donc, un « Super-Cortex » qui arbitre en fonction de paramètre qui nous sont inconnus ?

Le physicien Régis Dutheil avançait, quelque temps avant sa mort, l’hypothèse très originale selon laquelle la conscience pourrait-être matérielle mais d’une matière « super lumineuse », c’est-à-dire dont les particules pourraient aller plus vite que la vitesse de la lumière !!!! … une conscience qui observe te qui décide de pousser chacun d’entre nous à conquérir sa liberté, sa vraie personnalité … personnalité qui serait constituée de l’organisme aux trois cerveaux et de la conscience

 

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 3

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … regardons maintenant ce qui jouxte la notion d’Eveil … selon certaines cultures …

 

Partie 3 : Quelques éléments qui environnent la notion d’Eveil

Selon :

1 : Le Tchan,

Cela concerne la pratique du Tao dont le grand psychologue iranien G.A. MOKTAR disait : « Cette méthode est un véritable judo psychique car elle transforme en force les cent et une faiblesses de l’être humain »…

Le « Tchan » signifie : Méditation  ….

06

Son fondateur est l’indien Bodhidharma … sa doctrine refusait de voir le personnage Siddhârta Gautama, le bouddha historique comme fondateur d’une religion ou l’inventeur d’une voie unique libératricele pratiquant du Tchan peut appartenir à toutes les religions ou à aucune

Pour mémoire le Tchan donna naissance au Zen Japonais

Le but du Tchan est de « transformer l’être humain en ce qu’il devrait être. C’est-à-dire un « Tchen Jen » ou un « Humain Véritable »

Ce que nous venons d’écrire se retrouve très exactement dans certains degrés ou étapes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

Livrons une autre définition qui justifierait une attention particulière de notre démarche occidentale au travers de l’institution maçonnique :

« Le but du Tchan est donc de former des humains véritables, libérés des conditionnements négatifs ; de faire disparaitre la déformation qui empêche l’humain de se déployer en fonction de ses réelles potentialités. L’Humain véritable apparait lorsque « l’adepte », par une autodiscipline de caractère psychologique, atteint l’état de conscience dit « tseu Jan », terme d’origine taoïste signifiant : parfait détachement, ou encore : lâcher prise. Les mots : Buddhi (qui est une expression bouddhiste qui vaut dire « éveil »), mosca, samadhi … sont des équivalents du terme « tseu Jan » »

Le Bouddha exprimait lui-même : « sois ton propre flambeau et ton propre refuge. Ne mets aucune tête au-dessus de la tienne. N’accepte pour vrai que ce que tu as vérifié personnellement … » …

Il existe en Extrême Orient deux grandes traditions. Une voie traditionnelle et une voie de l’évolutionnisme spirituel (que l’on peut affecter à une voie magique).

La voie rationnelle est strictement psychologique, non intellectuel, au sens occidental du terme.. ;. Son but est d’atteindre un degré de conscience d’où l’on percevra de fait que rien ne sépare l’individu du monde extérieur, que le cosmos et l’individu sont une seule et même entité … En quelque mot, le Tchan  est la recherche de la libération sans étape intermédiaire entre l’individu conditionné et le libéré qu’il sera … et au-delà de cela un but ultérieur et pressant subsiste : celui d’aider autrui à faire le même chemin libératoire …

La voie spiritualiste évolutionniste, l’homme de la voie dite « magique » estime que l’éveil, la libération, constitue le sommet, le couronnement d’une progression constante, marquée par des étapes intermédiaires dont chacune apporte à l’adepte au moins certains éléments de facultés supranormales de plus en plus importantes en fonction du trajet personnel de celui qui choisit cette ascèse …

N’en disons pas plus …

2 : Les principes du Changement de la MTC,

J’ai souhaité mettre ce paragraphe dans mon étude car là, encore, nous allons retrouver une vision propre à illustrer ce que nous avons déjà écrit en partie 1 et 2.

Il sera important de remarquer l’homme et la femme que nous sommes … et encore plus si nous sommes « francs-maçons » …. ne peut exister sans ces relations constantes entre le « moi » et le « Soi » … et … le « moi » et l’autre (que l’on désignera dans son acception la plus générale : l’autre étant l’environnement, tous les mondes vivants et, en particulier, les humains qui nous côtoient.

Le cadre d’examen est fluctuant puisqu’en constante transformation ce qui fait que chacun d’entre nous doit faire face à sa propre « transmutation » avec toutes les conséquences sur tous les plans de notre propre existence (Physique, Emotionnel, Mental, Spirituel) mais, aussi, faire face à la mutation de l’environnement dans lequel nous nous transformons …

Nous réalisons, alors, que notre espace intérieur et notre espace extérieur inter agissent mutuellement nous contraignant à chaque moment de notre vie à nous adapter de telle façon que le nécessaire changement à notre évolution « imposé » ne nous mène pas vers une impossible action …

Le MTC regarde l’homme dans cette double contrainte et permet à celui-ci de maitriser non seulement le changement utile et nécessaire mais, aussi, à le devancer …

Comment cela est-possible ?

En quelques mots : la MTC dira que

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Dès lors, chaque être vivant doit pratiquer « l’Introspection thérapeutique » … c’est-à-dire entrer en soi afin de reconnaitre les adéquations et d’identifier les inadéquations. Celles-ci étant mis en lumière une action de mise en harmonie devient possible …

Démarche applicable dans tous les domaines de l’action humaine  (social, économique, politique, financier, …)

Et dans le cas de nos propres comportements cela ne sera pas à démontrer car il est prouvé que l’inadéquation émotionnelle est porteuse des pires désordres

 

3 : Les bases du travail dans les Arts Martiaux Cino-Vietnamien,

Il est important d’évoquer cet aspect car, nous l’avons vu, la Franc-maçonnerie de haute philosophique voire hermétique fait appel à l’homme dans toutes ses parties et dans son unité … Nous avons vu, alors, que toute son action est sous la dépendance de deux sources de nature différentes devant être intégrée et synchronisée …

Une des missions des frères et sœurs c’est l’action en fonction de leurs convictions intimes … celles-ci se précisant au fur et à mesure que leur état de conscience s’ouvre et s’enrichit.

Le côté militant non asservi et résultant d’une liberté retrouvé par les savoirs et connaissances constamment renouvelés le transforme en une sorte de « samouraï » …

Examinons, alors ce que la Professeur Anne Cheng a écrit son livre sur « l’histoire de la pensée chinoise »

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«  l’Unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle du souffle (Qi), influx ou énergie vitale qui anime l’univers tout entier … Toute réalité physique ou mentale, n’étant rien d’autre qu’énergie vitale, l’esprit ne fonctionne pas détaché de son corps … source de l’énergie morale, le Qi, loin de présenter une notion abstraite, est ressenti jusqu’au plus profond d’un être et de sa chair. Tout en étant éminemment concret, il n’est cependant pas toujours visible  ou tangible : ce peut être le tempérament d’une personne ou l’atmosphère d’un lieu, la puissance expressive d’un poème ou la charge émotionnelle d’une œuvre d’Art »

L’homme étant lui-même une création particulière qui relie le Ciel à la Terre, l’homme parfait (ou Zhenren) de la tradition est alors un homme de Qi …

Dès lors par la maitrise l’homme peut inscrire ses actes dans la durée et dans la justesse

Le « rouleau de « Mawangdhui » à l’époque des Han (-190 à -168 av JC) évoquent des techniques particulières dans le but d’une longévité « Tuna » (Cracher / Avaler) ainsi que le Kingqi (faire mouvoir son souffle) … deux éléments bien décrits dans les techniques de respiration profonde  (Yangshen)

En Chine l’idée d’une complémentarité du « Wen » (le monde de la culture, de l’étude dans leur connotation littéraire et intellectuelle) et du « Wu » (aptitude physique et guerrière !!!) a émergé depuis le nuit des temps …

L’homme est, ainsi, à cheval entre un monde matériel (physique, objectif) et un monde immatériel (spirituel, à objectiver) …

En quelque une sorte de « men sana in corpore sano »

Un état particulier qui intéresse nos scientifiques avec l’avènement de la physique quantique  ….

 

4 : la dynamique des systèmes

Revenons en occident … cette particularité qu’a l’homme et, en particulier, les frères et les Sœurs en Franc-maçonnerie d’avoir à intégrer la totalité des plans d’existence pour ajuster leurs actions va nous mener à la nécessiter d’apprécier toute situation au travers de fourches caudines  toutes particulières construites sur les principes de « La dynamique des systèmes »

Selon cette théorie toute entité quelle qu’elle soit peut être considérée comme un ensemble plus au moins complexe inter-réagissant avec les autres entités qui composent le monde vivant ou non ….

Chaque entité outre le fait qu’elle doit faire face à ses propres nécessités d’existence mais aussi qu’en tant que système d’organisation et d’information est contrainte par la loi d’entropie, doit aussi gérer sa relation avec son environnement. (Action-Réaction-rétroaction, Ajustement mutuelle ou programmée)

Cela pose que tout système complexe comme l’homme, la société, l’entreprise serait réglé par des lois du type « Entités-Relations » … ainsi toute forme d’organisation se comporterait comme une cellule vivante ayant à jouer un rôle dans un ensemble plus grand … lequel interagit lui-même dans un ensemble encore plus grand …

Ceci conclut à l’interdépendance de toutes entités … en connaitre les lois qui permettent d’inscrire les décisions prises en toute conscience des conséquences qui résulteraient de leur exécution.

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Le météorologue Edward Lorenz dans sa conférence à « l’American Association for the Advenement of Science » sur le thème « The Prédicability » … « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

La question peut être regardée avec un sourire narquois mais le désastre planétaire qui se dessine dû à l’activité humaine en notre Siècle nous contraint plutôt à accepter cette théorie de la « dynamique des systèmes » comme un moyen unique de repenser le monde sous l’angle d’une « vision globale ».

Il nous faudra compter sous deux aspects de cette vision pour mettre l’homme au centre de notre attention :

Fin de la partie 3

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm: Voie d’Eveil – Partie 4

Dans une première partie nous avons tenté de définir la Franc-maçonnerie et sa diversité. Nous avons, aussi, abordé le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm dans sa particularité. Nous avons parlé de celui ou de celle, Franc-maçon de son état, qui incarne l’idéal de ces cercles d’études symboliques, philosophiques et hermétique  … Enfin avons-nous regardé ce qui jouxtait la notion d’Eveil … selon certaines cultures … (Inventaire non exhaustif) … Il est maintenant le temps d’aborder l’échelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (y compris dans sa sensibilité orientale)

 

Partie 4 : L’Echelle du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm …

 

Analyse de notre Rite

Il est temps maintenant, à la lumière de ce qui vient d’être dit, d’examiner l’échelle maçonnique à laquelle nous sommes rattachés

Pour éviter toute confusion : L’échelle retenue … est celle de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (OIAPMM) voie Orientale (Loge de la Charte des Loges libres et Indépendantes du RAPMM ….

Notons le terme de Voie …. Et ne pensons pas que prendre une voie c’est trouver toutes réponses à toutes les questions que l’on se pose … aucune voie ne répond aux questions posées … certaines voies feront qu’à un certain moment  il n’y aura plus de question à formuler …

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Dans le Taoïsme nous dirons, alors, il y aura unité entre le tireur-l’Arc-la Flèche et la Cible ….  C’est à dire une intention incarnée  se déployant justement dans un espace-temps précis participant à la réalisation d’un plan de création que d’aucun qualifieront de « selon le nom qu’ils préfèreront »

 

Le profane est accueilli par un appel à son subconscient :

Le profane est immédiatement sorti de ses repères habituels …  (environnement socioprofessionnel et familial) … un changement de paradigme  s’impose … le monde animal est porteur de Symbole mais aussi de perfection et de … Vérité

Ensuite se trouve-t-il dans le « Cabinet de réflexion » et commence le chemin de sa « mise à mort » …  il établit avant le voyage post-mortem son testament philosophique …  difficile pour lui d’exprimer ses dernières volontés  et ses ultimes convictions …

L’impétrant aura à définir pour chacune de ces trois assertions ce qu’il pense être du devoir de l’Homme …. Sa réponse sera fébrile, non ajustée, et trahira son ignorance …

Tout son environnement, ici et maintenant, lui rappellera sa finitude, sa nature liée à la « Terre », sa dépendance absolue avec les forces Cosmo-telluriques,  il constatera qu’il est le subtil résultat de transformation alchimique … prend-il conscience qu’il est le lieu de rassemblement d’énergies et de fonctions animatrices orientées vers un destin qu’il ne maîtrise point …

Dans cet espace post-mortem il reconstruira sa nouvelle forme d’existence en encapsulant au cours de ses 4 voyages les « éléments » nécessaires à son futur changement d’état … après la « Terre », « l’Eau », « l’Air »  « le Feu » …  (comme Isis reconstituant Osiris)

La voie orientale offre, ici, à l’impétrant, l’occasion de comprendre que ce qu’il est n’est pas le fruit du hasard … qu’il est structuré, architecturé avec une infinie précision … et que cette précision à un sens … celui de construire une vie potentialisée

Chaque Chakra a bien évidemment des liens étroits avec les expériences de vie de tout être vivant et par voie de conséquence avec toute disharmonie dans le monde objectif, dans le monde sentiment-émotions ou dans les attitudes mentales … lesquelles auront corrélativement des résonnances négatives … à contrario … une harmonie installée ou ré-installée sera source de rayonnement

Enfin pour rester dans l’essentiel et de ne garder que ce qui peut être retenu comme favorisant l’éveil :

C’est un élément que la littérature désigne sous le terme de « fragment d’Obélisque » … Il est parfois assimilé au Naos dans lequel le Grand Prêtre dans l’Egypte ancienne  y plaçait la présence divine …

Pour notre Rite le Naos est un ensemble d’épures symboliques nous référant à tous les principes primordiaux et toutes les forces de création de tous les mondes …

De haut en bas : Voute Céleste – Fils à Plomb – Naos Triangulaire strictement « équilatéral » –  Flamme éternelle – Pavée mosaïque – Plan de L’œuvre –

A partir de la flamme éternelle Lumière et Information mettent sous tension le temple qui deviendra maçonnique que lorsque les « joyaux » de la loge rayonnement

L’Apprenti constate que le Temple et sa symbolique représente un espace-temps donné … donc une fenêtre de vie dans laquelle il va œuvrer … de la « Porte basse » par un relèvement constructeur … il s’acheminera vers l’orient où une métamorphose l’attend

« Le Connais-toi, toi-même » … est réellement en marche … la découverte de la partie temporelle de l’apprenti par son irruption dans un monde où les signes d’une organisation intemporelle deviennent évidents va déplacer son centre de gravité. Dès lors sa vision, le sens de son existence va s’enrichir de nouvelles perspectives.

Que fera-t-il de ce déséquilibre salutaire ?

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Notre Rite ne lui donnera aucune piste car « notre Rite n’a rien à faire avec la Morale ».   A son stade il aura appris deux choses :

 

Une fois établie une « première conscience de lui-même » … une fois informé qu’il fait partie d’un système complexe dans lequel il a à interagir … une fois convaincu que « méditation et action » vont être le lot de sa progression l’apprenti va être mis en relation avec le réel … Non qu’il fut totalement ignorant de cela avant son entrée en maçonnerie mais dans ce nouveau contexte il devra « Mesurer la Terre » … examiner son espace-temps sous toutes ses formes … après avoir trier le bons grain de l’ivraie … apprendre à amener à la conscience ce qui est encore, chez lui inconscient … bref s’approprier le plus largement possible le monde des formes,  des radiations et des densités.

Pour cela son ascèse consistera à maitriser un certain nombre de moyens, de démarches ou de méthodes  afin que la profondeur de sa vision se renforce …

Ce degré, le poussera, d’abord à l’analyse … avant d’avoir à tenter une synthèse … ainsi devra t’il mettre à profit la puissance de révélation des outils suivants :

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Le moyen de son investigation ? Le voyage … cela est bon car sa vie ne sera faite que de cela … rien n’est fixe …. Tout se transforme par le mouvement …

A : « l’Ajna Chakra » dont l’objet est la « Vision », la vision intérieure, la vision profonde … aucun acte ne peut être juste et approprié sans elle  car elle est reliée à la conscience.

B : « Vishuddha Chakra » ou Chakra de la gorge … c’est le centre éthéré, celui de la centration Spatiale et celui du « Verbe » … créateur et générateur de « réalité »

Le verbe crée  … et il crée d’autant mieux que la vision de celui qui en est l’auteur soit inspiré par une vision … profonde

 

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Au stade de la Maitrise, du point de vue de la notion d’éveil, il peut être évoqué « 4 » points et, avant de préciser nous burinons qu’à issus de la cérémonie dite « d’exaltation », Le vieil homme aura fait place à un être régénéré …

Voici ces 4 points :

« Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem Veram Medicinam » (Visite l’intérieur de la Terre et en la rectifiant tu trouveras la Pierre médicinale …)

L’ouverture du « Sahasrara » … qui est le centre crânien … où est tapie la syllabe germe « OM » vibration primordiale, rayonnement générateur de tout ce qui est et qui n’est point encore  … pour les occidentaux là se trouve le siège de la « glande pinéale »

Pour les hindous, ce centre est situé au-dessus du sommet de la tête … en dehors de l’enveloppe corporelle grossière … au de-là de la « shushuma » où règne de la polarisation constructive …

…. Endroit claviculaire pour un échange Terre – Ciel. C’est là où « l’Unité devient multiple et que le multiple devient unitif » ….  C’est le centre du Lotus aux mille pétales … l’intégration de tous les savoirs et l’expression de toute connaissance ….

 

Nous sommes en maçonnerie et si tenté soit-il que nous sommes sur le chemin de l’Eveil … la grande caractéristique de la démarche maçonnique est de servir le monde profane pour l’amener à lui faire intégrer les valeurs découvertes   mais aussi de permettre à tous d’ouvrir leur  propre conscience …

De façon plus modeste l’apprenti devenu Maître en 5 ans sera loin encore d’être doté d’une omniscience  et d’une connaissance absolue mais … des germes, des pistes seront ancrées … le frère ou la sœur en ascente vers la lumière se verra proposer un ensemble de situation lui permettant de rentrer en lui-même exposant son « je » à l’exigence d’un « suis » de plus en plus net et impératif.

Pour me faire comprendre je ne dévoilerai qu’une assertion très éloquente par rapport à notre propos

« Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines ».

Vaste programme pour un Franc-maçon qui doit régler ses pas et dont la prétention est de construire le monde en accord avec les harmonies universelles

Comme une « mandala » notre Rite nous proposera de méditer sur les difficultés pour lever les entraves des hommes afin de construire le Temple inspiré par la progressive rencontre qui s’établit entre eux et leur « double  subtil »  …

Chaque degré règlera notre « mécanique » comme pas à pas l’horloger construira la montre qui s’accordera aux exigences cosmiques et aux espaces temps qu’il devra affronter … car la notion de temps ne sera pas la même pour tous … et les scientifiques le savent bien

Les champs investigués seront : la nature de nos désirs, les moteurs à notre action, la notion de Justice, nos modes de construction objectifs ou subjectifs, les racines de l’inspiration, les sources possibles d’idéation, les principes possibles de références, la capacité transmutatrice par la conscience « d’une quadrature »  …

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Tous ceci devant être destiné à une rectification individuelle drastique

La référence symbolique, jusqu’alors privilégiée, laisse, alors, la place à la philosophie … un premier aspect de la philosophie, seulement  !!!! … celui qui sera nécessaire d’être analysé pour permettre un éveil libérateur

 

Un Rite qui se propose de conduire à l’éveil doit impérativement tendre vers une digestion des différentes cultures qui structure le monde phénoménal … il doit réduire à néant les modes de  structurations mentales, idéologiques … chasser toute éducation ramenant l’être candidat à l’éveil à des contingences, des systèmes d’intégration ou des dispositifs d’éducation « locaux » ou « orientés vers des organisations dont les intérêts seraient contraires aux règles universelles découvertes sur le chemin de la progression initiatique …

Les travaux précédant étaient basés sur une mythologie de nature  hébraïque … cet espace nous fera, maintenant, cheminer dans un espace judéo-chrétien  …

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Ainsi de Babylone à la « mission » Rose-Croix … une transposition doit impérativement se faire … le frère et la sœur, par la nature de leur ascèse, pourront participer à la reconstruction de la Vérité primitive, de la Liberté rationnelle des droits de la libre Conscience et de la libre Pensée. Et cette reconstruction doit se faire dans le cœur des Hommes et parmi les nations … les ouvertures de conscience cumulées et encapsulées jusqu’alors sont assorties d’obligations opératives …

Faisons un clin d’œil vers l’Orient … « Bouddha » … transmit ce qu’il fallait … afin de permettre une mutation libératrice chez chacun … (l’épilogue se réalisera dans la strate ésotérique suivante)

Dès lors un rappel constant s’impose :

« Ne crois toutefois pas que tu devras t’engager dans une lutte contre d’autres que toi-même, car c’est au fond de ta conscience qu’il t’appartient surtout d’apporter une paix pure et lumineuse »

On n’oubliera pas cette formule « Igne Natura Renovatur Intégra »

Et enfin … sur le chemin de l’éveil … toujours « Ora, Labora » notre statut d’esprit incarné dans la matière l’exige …

Qu’est-ce qu’un Rose-Croix ?

C’est un Maçon qui, après avoir travaillé tous les degrés inférieurs de l’initiation, se livre à l’étude des forces primitives de la nature et à la recherche des causes secondes.

 

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Toujours la conscience d’une fonction bivalente des êtres que nous sommes … et la solution, enfin, sur la confrontation entre pouvoir Temporel et le pouvoir Spirituel  (voire la fonction Royale (ou régalienne)  et la fonction sacerdotale)

Cette espace est conçu comme un champ expérientiel … qui confronte ce que l’on est devenu avec l’histoire de notre humanité récente (celle plutôt, incarnée par l’occident, il faut bien le dire) et la façon dont s’est articulée et fondée la fusion des pouvoirs évoqué ci-dessus.

Cette auto-analyse est primordiale pour mettre en œuvre un « lâcher prise salutaire » nécessaire à un éveil réussi …

Compassion, Bienfaisance, Octuple sentiers de la libération, familiarisation avec les forces occultes et prise en compte d’une organisation cosmologique rectrice des mondes …

On l’aura compris le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm  voie Orientale, est loin de donner des clochettes et titres ronflant et contraint le méditant à vivre des situations obligeant à des prises de consciences foncières …  car « fondatrice d’un nouveau paradigme »

Enfin pour le dernier grade de cet espace ce sera rejoindre la Paix intérieure par la mise en lumière de la « mémoire » par la maitrise de l’échelle à double montant (7 Arts royaux et 7 états) et un méditation profonde sur le « VICARIUS FILII DEI »

 

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Dans ce cheminement vers l’éveil … la spéléologie des profondeurs de l’être ainsi que le nécessaire inventaire des environnements de fonctionnement de l’être sur le chemin du savoir et de la connaissance vont faire place à un autre inventaire : Celui d’un monde dont l’expression ne peut nous être contée que par la mythologie … même si une grande part de celle-ci nous sera expliquée par des découvertes archéologie. Une occasion, sans doute de se rendre compte  que nous sommes aussi fait de cette idéation là …

La démarche suggérée sera celle de « chamanes » … parcourir notre espace-temps … Egypte, Grèce, Scandinavie, Chaldée, Indes, …. Voire des mondes encore plus reculée si possible …

Cela fait … les chaines de l’attachement seront brisées … l’être en réalisation et maçon de surcroit peut apporter une contribution à la transformation du monde sur la base d’une conscience contemporaine inspirée …

Il aura une dernière étape pour obtenir la complétude de ses potentialités ce sera celle d’être non plus l’objet de sa méditation et de son attention opérative  mais de devenir l’acteur parfait et conforme à nature de l’œuvre qui se déroule

Ce sera l’objet de la dernière partie du chemin

 

Un dernier plan de travail proposé par notre Rite … du point de vue de sa justification, de l’utilité, de ses fondements, de son contenu, de son opérativité que n’a-t-on pas écrit, dit et fait !!!!

Il y a une chose de certaine.

Si tout ce que nous venons de buriner traduit bien une démarche indispensable pour que l’éveil puisse réellement se produire … il est nécessaire que s’installe une ascèse personnelle afin que deux réalités se rencontrent … que le « Je Suis » se manifeste … que le « Tat Sat » s’incarne, que la Terre et le Ciel s’unissent, que créature et créateur se rencontre … quel que soit la forme de cette rencontre.

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Aussi bien, pour parler de l’Arcane des Arcanes … pyramidion de notre échelle maçonnique … je prendrai la vision qui est la mienne et qui s’inspire largement du chemin que j’ai emprunté depuis longtemps … celui qui serpente en terre alchimique d’Orient …

Même préparé, comme nous l’avons vu, l’accès à l’éveil ne résulte pas de la mise en œuvre d’une recette de cuisine ni d’une identification personnelle à une variable mathématique participant à la résolution d’une équation cosmique à « n » degré. Celles et ceux qui disent l’avoir obtenu doivent faire très attention de ne pas se tromper lourdement dans leurs appréciations.

Reste que, pour obtenir la meilleure perception de la Vérité, pour s’immiscer dans une mécanique terrestre et céleste malgré notre opacité, notre densité nous devons nous rendre maintenant bien plus léger, nous rendre transparent afin que notre lumière intérieur puisse rayonner sans obstacle (réduction-dissolution de notre Ego) … c’est cette lumière qui est la source de toute les existences …

Obtenir l’arcane des arcanes c’est accepter de rentrer dans un processus de maitrise absolu de notre Moi, de notre Ego  … et même d’accepter la nécessaire dissolution de ce que nous avons été … la mort du vieil homme aura rempli son œuvre au profit d’une métamorphose …

Celui qui se trouve en situation d’éveil tout en restant incarné n’est plus le même … Il est un être bicéphale … qui ressemble les deux mondes. Les anciens Égyptiens diraient : celui qui rassemble la Terre Noire et la Terre Rouge … celui qui comme au temps du Zep Tepi réalise la jonction du Nil céleste (Voie lactée) et du Nil Terrestre    … les NDE ne nous donneraient-elles pas une certaine idée de ces rencontres « post-mortem » éphémères ?  … Difficile à dire car la littérature est peu prolixe à ce sujet pourtant de plus en plus de médecins commencent à concevoir justement cette existence « après la vie, ici et maintenant »

Tentons de préciser deux points  pour aller plus avant : …

Herman Hesse, dans une lettre écrite à un ami, donne la définition suivante de l’éveil: « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen ».

Karuna Platon explique : « la liberté est pour chacun. Le connaissant sait que la liberté ne signifie pas forcément faire ce que l’on veut mais assurément d’abord faire ce que l’on doit  … et si par bonheur, ce que l’on doit faire est, aussi, ce que l’on veut faire  … en somme, si l’on veut faire ce que l’on doit … voilà l’homme libre »  …

Obtenir cette union nécessite une ascèse qui fait l’objet de cette partie ésotérique

Pour comprendre prenons une simple image …  regardons la lumière d’une lanterne … elle rayonne  selon son énergie … Celle-ci n’est pas modifiée par quoi que ce soit pourtant sa manifestation extérieure est affectée en fonction de la qualité de la matière à travers laquelle cette lumière brille …

Ainsi accéder aux arcanes de l’arcane revient à rendre transparent, inopérant tout ce nous empêche de faire éclater cette lumière intérieure transmise à notre naissance …  Comment procéder ?

 

La Qualité de ce que nous sommes est liée à notre aptitude à être en conformité avec nos besoins réels … sur les trois piliers stabilisant notre existence :

A : l’alimentation qui correspond non seulement à la satisfaction impérative de notre corps reptilien mais, aussi, à sa capacité à nous permettre de développer l’efficacité des capteurs objectifs pour la connaissance de notre environnement physique et subtil   … nous sommes ce que nous mangeons

B : l’Air … cette forme volatile si nécessaire à la vie est loin de n’être que de l’oxygène nécessaire à la régénération de notre sang baignant toutes les cellules de notre corps … il informe et transporte les messages nécessaires à la vie et notre transmutation biologique.

C : l’Idéation …  seront mis dans cet espace l’ensemble des sensations, des perceptions, visuelles ou imaginaires … sans elles aucune vie n’est possible … avec elles tout se construit … le meilleur comme le pire

Par un travail assidu et avec l’exercice de la persévérance le Franc-maçon entre en lui-même et prend conscience de l’importance de ses propres centres fonctionnels :

Dès lors le Franc-maçon sera introduit :

 

Ce degré permet au frère ou à la sœur sur ce chemin de rencontre de se placer en résonnance avec les lois qui régissent l’univers, en l’harmonie avec « la musique des sphères » (Spiritualité et Science concluent une union sacrée) … Conscience aura-t-il que sa vie ne débute pas avec sa naissance ni ne termine avec son « désincarnement » !!!!  …

« Là doit naitre une pensée dirigée par une volonté pleinement consciente » …

Corps physique, Corps Astral, Corps mental et Corps subtil doivent œuvrer ensemble … dans une unité retrouvée

 

Il est le temps de comprendre que les Arts libéraux abordés au grade de compagnon et dans notre Rite sous le nom des 7 Arts Royaux … doivent être ré-analysés à la lumière du chemin parcouru … ils deviennent alors « des Arts Royaux Sacrés » parce que imageant le « Je Suis » dans son aspect « puissance de création et d’action »

Une « check-list » de maitrise  particulière est proposée au cherchant … celle énoncée par le « Kybalion »

 

Pourquoi cela ?

Parce que le chemin parcouru a mené à l’éveil  ou pour le moins à une grande ouverture de conscience… un éveil qui a produit sens … qui a replacé l’homme dans sa véritable histoire … qui permit à l’homme d’être le véritable relais  dans les actions de création de ces mondes transcendantaux … Le cheminant devient le « démiurge » entre guillemets tant il est important de rester humble quel que soit le stade où l’on pense se trouver …

Ainsi au 90ième degré devons-nous être  des alchimistes inspirés et conscient …

« L’unité se développe en deux, se perfectionne en trois à l’intérieur pour produire quatre à l’extérieur, d’où par six, huit, neuf, on passe et arrive à cinq, moitié du nombre sphérique dix, pour monter en passant du 11 au 12 et pour s’élever à travers le quatre fois dix, au nombre six fois douze … fin et sommet du bonheur éternel » …

Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm … voie d’Eveil ? au lecteur de le décider maintenant … Vrai ou Faux ?

Dernier point cependant: Classiquement 4 voies peuvent permettre la classification de nos  Maçonneries respectives … je vous les livre en conclusion …

Le Maçon réalisé … est assurément l’incarnation de ces 4 maçonneries

Reposons-nous la question: le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm est-elle une voie d’Eveil ?

L’on pourra pour le moins dire que la Voie Orientale de ce Rite cumule de nombreuses présomptions favorables …. mais le débat reste ouvert !!!!!

Fin de la partie IV …

Les Origines de la Gnose : Simon le Mage 5 septembre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Gnose.a

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 24 janvier 2016

Les Origines de la Gnose : Simon le Mage

On parle souvent de Simon le Mage lorsque l’on aborde la Gnose, et il peut être bon de brosser un court tableau synthétique de sa « philosophie sacrée ». Nous profitons de l’opportunité offerte par la réécriture des cahiers d’instruction gnostiques pour l’EGCA afin de transmettre une parcelle de la connaissance et aider le lecteur à mieux appréhender Simon le Mage, au-delà de tout fantasme réducteur.

D : Parlez-nous des origines de la Gnose.

R : Eternelle comme la Vérité, la Gnose est apparue dans le Temps et l’Espace, en une forme concrète, suivant la descente astrale de Jésus, la Fleur du Très Saint Plérôme.

D : Où et quand ?

R : En Samarie, après l’ascension, au travers de la révélation de Simon le Mage.

D : Parlez-nous de ce grand homme.

R : Le Mage de Samarie est le premier docteur de la Gnose ; son enseignement contient les graines de la doctrine magnifique qui est la plus lumineuse expression de l’Absolu.

D : A-t-il créé la Gnose ?

R : Non, elle est la Vérité et par conséquent, elle est incréée ; mais il l’a désoccultée.

D : Était-elle inconnue avant lui ?

R : Oui, en sa forme occidentale du moins ; mais l’Orient avait enseigné ses formes ésotériques. C’est, c’était et ce sera le vêtement mystique de la Vérité.

D : Où est né le Mage ?

R : A Gitta en Samarie.

D : Quel nom porte le révélateur ?

R : Il porte le nom de la Grande Vertu de Dieu.

D : Par qui était-il assisté ?

R : Par une femme sublime, nommée Hélène, qu’il rencontra à Tyr, l’enlevant d’un endroit infamant et la délivrant de la tyrannie du mal et de la Chute.

D : Simon était-il un scientifique ?

R : Oui, il possédait la science de Platon, les dons d’orateur et de poésie. Il connaissait l’anatomie. Il découvrit les lois de la circulation sanguine. Enfin, il était un grand théurgiste et un thaumaturge.

D : Est-ce tout ?

R : Il avait une simple et droite âme et une honnêteté incontestable.

D : Quelle était sa conduite par rapport aux Apôtres ?

R : Déjà célèbre aux temps des premières missions chrétiennes, il a demandé le baptême à Philippe, en tant qu’initiation supérieure.

D : Comment expliquez-vous sa conduite par rapport à Pierre ?

R : Dans la demande qu’il fit à Pierre de lui conférer le Saint-Esprit par l’imposition des mains, il ne vit jamais de conflit avec ses propres principes. Il n’offrit pas d’argent pour acheter le Saint-Esprit, comme certains le maintiendront. Mais il offrit un prix légal et initiatique. Car il possédait lui-même l’Esprit d’un plus ancien degré.

D : Qu’a-t-il dit à Pierre qui lui parlait méchamment ?

R : Il lui offrit ces touchants mots de bonté et d’humilité ? « Priez pour moi afin que rien de ce dont vous m’accusez n’arrive. »

D : Qu’était Hélène pour Simon ?

R : Elle était le symbole de la douleur, l’image vivante de la chute dans la matière. Il l’aimait aussi noblement qu’un homme pouvait aimer.

D : Hélène méritait-elle cet amour ?

R : Oui incontestablement, elle le méritait par sa foi, sa dévotion, sa merveilleuse intelligence et son profond attachement au Révélateur.

D : Comment est mort le Mage de Samarie ?

R : Personne ne sait comment exactement. Des fables sont racontées à propos de sa vie, mais elles sont toutes apocryphes. Ces fables sont issues de la haine des chrétiens…

D : Simon a-t-il composé quelque traité ?

R : Oui, il a écrit le Antirrhetica Apophasis Megalê.

D : Qu’essaye d’expliquer la Gnose de Simon ?

R : Tout : Dieu, l’Homme et le Monde. La Trilogie de la synthèse.

D : Qu’il y avait-il au commencement ?

R : Le Feu. Dieu, dit Moïse, est un Feu qui consume tout. Le Feu, qui est très différent du feu élémentaire qui n’est qu’un symbole, a une nature visible et une nature mystérieuse. Ce secret, d’une nature occulte, s’enferme lui-même dans l’apparence. De la même manière, l’apparence s’enferme elle-même dans l’occulte. L’invisible est visible à l’Esprit. Mais les ignorants ne peuvent distinguer l’esprit, car ils ne connaissent pas les lois de la correspondance.

D : Dans la philosophie idéale, que serait ce feu ?

R : L’Intelligence et le Sensible, Puissance et Action, Idée et Parole.

D : Qu’est la matière ?

R : C’est la manifestation extérieure du feu primordial.

D : Qu’est l’Esprit ?

R : C’est la manifestation intérieure du feu primordial.

D : Que contient donc de Feu ?

R : Il contient l’Absolu et le Relatif, l’Informel et le Formel, l’Esprit et la matière, l’Un et l’Innombrable, Dieu et les émanations de Dieu.

D : Que pouvons-nous conclure de cela ?

R : Que ce feu, cause éternelle, se développe par des émanations, qu’il est en éternel devenir. Mais, en se développant, il est stable, il est permanent, il demeure. Il est Celui qui est, était et sera, Immuable, Infini, Absolu et Substantiel.

D : Pourquoi se développe-t-il lui-même ?

R : Car, bien qu’inchangeant, il n’est pas inerte ; l’Infini peut agir, car il est Intelligence et Raison ; car Dieu passe de la Puissance à l’Action.

D : Développez cette évolution.

R : La Pensée a une expression qui est le Verbe, le Logos. Ainsi, l’Intelligence se nomme elle-même, et en se nommant elle agit, évolue, émane, devient. En prononçant une pensée, cette Intelligence unit les moments de sa pensée ; elle lie ses pensées les unes aux autres par la Raison, comme Un devient Deux, comme Un devient Deux par émanation, le feu émane par deux, par couple, par syzygie. Et de ces deux, un est actif et l’autre passif ; un est masculin et l’autre est féminin ; un est Lui et l’autre est Elle. Ces émanations par couple sont appelées Saints Éons par la Gnose.

D : Nommez les Éons.

R : Dieu émana six Éons : Esprit et Pensée, Voix et Nom, Raisonnement et Réflexion. Et Dieu avait la puissance entière sur ces Éons.

D : Que firent les Éons ?

R : Pour atteindre Dieu, les Éons émanèrent de nouveaux êtres. La loi divine de l’analogie le demande ainsi. Ces couples continuèrent donc, masculin et féminin, actif et passif ; c’est l’échelle de l’Etre Suprême que Jacob gravit en rêve alors qu’il dormait avec sa tête sur la pierre sacrée du Beth-El. Les Eons montent et descendent les échelons mystérieux par couple. Ils forment une chaîne ininterrompue entre le monde et Dieu. Ils constituent la trame de l’Esprit et de la Matière, et la Loi qui les dirige et les lie est le Feu primordial, c’est l’Amour. Tel est le premier ou divin monde.

D : Parlez-nous du monde intermédiaire.

R : Six Éons, un reflet des six Éons supérieurs, le peuplent. Ils portent les mêmes noms.

D : Comment Simon appelle-t-il le second monde ?

R : Air incompréhensible ; le Père ou Unité y vit. Il évolue alors que le Feu se développe dans le monde divin. Il se manifeste par sa Pensée, Epinoïa. Il est également appelé Silence.

D : Qu’est-il arrivé ?

R : Epinoïa, l’Eon féminin du Silence, émana les Anges et les Puissances dont est issu le troisième monde, celui dans lequel nous vivons. Ces Anges voulaient la détenir captive, d’où la Chute qui demande une Rédemption.

D : D’où vient l’humanité ?

R : L’humanité est émanée par un de ces Anges, le Démiurge, le Dieu des Juifs et des Chrétiens.

D : Que devint Epinoïa ?

R : La Pensée, tenue captive par les Anges, fut ramenée par son instinct célestiel et elle se désespéra encore plus pour le Silence, le Père qu’elle avait quitté. Les Anges la gardèrent en la faisant souffrir. Ils l’enfermèrent dans une prison, le corps humain. C’est à partir de là que l’exil maléfique commença et, donc, au travers de tous les siècles, son exil douloureux continue par des transmigrations successives. C’est la chute de la Pensée dans la Matière, c’est une déchéance, c’est l’origine du mal.

D : Et ?

R : Puisque tout est en décadence, la Rédemption est nécessaire. Epinoïa se réincarne au travers des âges, d’une femme dans une autre femme, comme une fragrance qui passe d’un vase à un autre. C’est de cette manière que Simon rencontra Hélène, qui était une incarnation de la Pensée, appelée Epinoïa, il l’aima, il la transfigura, il la sauva et il appliqua la parabole du mouton qui était perdu et retrouvé.

D : Résumez tout cela.

R : Comme Simon a sauvé Hélène de la dégradation suprême, le Sauveur, envoyé du Père, descendit dans ce monde sous une forme astrale et il délivra la Pensée de la tyrannie des Anges injustes. En Judée, il est appelé Jésus et le Fils, en Samarie, il était appelé Simon et le Père. Pour les races futures, il sera le Saint-Esprit que nous attendons, la Grande Vertu de Dieu, la Femme qui est à Venir.

 

WilliamBlake-JacobsLadder

L’Échelle de Jacob, William Blake, 1800.

SOURCE  :

EzoOccultlogo105

 

Consolamentum, réincarnation et évolution spirituelle dans le catharisme et le Christianisme Originel 1 (première partie) par Jean Pierre-Bonnerot 3 septembre, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 22 janvier 2016

Consolamentum, réincarnation et évolution spirituelle dans le catharisme et le Christianisme Originel 1 (première partie) par Jean Pierre-Bonnerot

A Déodat Roché qui dans les sphères de l’au-delà

poursuit le cheminement spirituel si pur, qu’il manifesta

par le témoignage de sa vie.

In mémoriam

Le Catharisme se veut et se trouve être la religion de salut fondée sur le Nouveau Testament. Il apparaît dans l’histoire comme l’une des manifestations du courant gnostique chrétien qui, sans chercher à s’opposer à l’Église Romaine, tente de demeurer fidèle aux exigences du christianisme primitif, pour apporter aux hommes ce que les Églises Apostoliques n’avaient voulu ou su offrir à leurs fidèles, dans l’application de la doctrine.

La prise en compte du salut de Lucifer et la responsabilité de l’homme dans la transfiguration du Cosmos (1) est l’une des nombreuses prises de conscience de la pensée cathare. Il en est de nombreuses autres, qu’à l’occasion d’une série d’articles nous aborderons, choisissant d’évoquer présentement la théologie du Baptême dans l’Esprit Saint et le Feu, parce que les Églises chrétiennes n’en perçurent pas l’importance.

Pour pallier cette carence, le Catharisme a mis en place le Consolamentum et érigé une théologie spirituelle inhérente à ce rite, – à ce sacrement ! – et qui prend pour base les écrits du Nouveau Testament et la Foi des Pères de l’Église Primitive.

L’oeuvre n’est pas polémique ; les Cathares n’ont-ils pas offerts à l’histoire une leçon d’amour et de non-violence lorsqu’à l’inverse un Dominique sera canonisé pour son zèle ? et cet ensemble d’articles n’a point pour vocation de solliciter une réhabilitation car la force des armes physiques ne saurait corrompre ou souiller la Foi des Purs. Les calomnies et les mensonges ne peuvent modifier une doctrine qui n’a besoin de personne pour se justifier. Notre tentative est bien autre. Diffamé, le Catharisme dans ses fondements chrétiens n’a pas toujours eu des docteurs pour la présenter et sans prétendre être l’un d’eux, nous nous devons par contre, comme historien des idées, de révéler ce qui fut caché : la pleine orthodoxie de la doctrine cathare, puisque, comme le rappelle Maurice Magre :

« Le silence est l’arme la plus puissante du mal » (2)

*

* *

La doctrine des trois Baptêmes des trois naissances et des trois morts

« Or un homme d’entre les Pharisiens qui s’appelait Nicodème et magistrat des Juifs, vint vers lui la nuit et lui dit : Rabbi, nous voyons bien que tu es un docteur venu de la part de Dieu ; car nul ne saurait opérer les prodiges que tu fais, si Dieu n’était avec lui.

– En vérité, en vérité je te le dis, répliqua Jésus, à moins de renaître, nul ne saurait voir le Royaume de Dieu.

– Mais, objecta Nicodème, comment un homme déjà âgé peut-il renaître ? peut-il rentrer dans le ventre de sa mère pour recommencer une nouvelle naissance ?

– En vérité, en vérité, je te le dis, reprit Jésus, si quelqu’un ne naît de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; il faut naître de l’esprit pour être esprit. Ne sois donc pas si stupéfait que j’aie dit : Il vous faut renaître ! » (Jean III, 1-9).

Naître de l’eau et de l’Esprit ! Dans le cadre de l’Église Primitive, le baptême d’eau était le baptême de repentance prêché par Jean le Baptiste par cette voix qui crie dans le désert : « Redressez le chemin du Seigneur » (Jean I, 23) ; mais cette cérémonie préparait à un autre baptême aux tout autres vertus et, lorsque Jean verra venir Jésus vers lui, ne s’écrira-t-il pas :

« Voici venir l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde, dit-il, celui dont j’ai prêché : “Derrière moi vient quelqu’un qui est mon aîné et mon supérieur”. Je ne le connaissais pas mais celui qui m’a donné mission de baptiser dans l’eau m’a dit : “L’homme sur lequel tu verras l’Esprit descendre d’en haut et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint. Or j’ai vu et je rends donc témoignage que celui-là est le Fils de Dieu” ». (Jean I, 29-32).

À propos de Jésus qui baptise dans l’Esprit Saint, il est rapporté dans deux des Synoptiques, cette phrase de Jean le Baptiste :  « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le Feu » (Matthieu, III, 11 et Luc III, 16). Cette phrase relie le baptême dans l’Esprit Saint au baptême dans le Feu de telle sorte qu’il ne s’agit que d’un seul sacrement de régénération par le Christ. Si donc l’Eglise a envisagé le baptême de Feu comme étant celui du martyre, il conviendrait mieux de le considérer – et nous le prouverons – comme le baptême de Désir, au sens le plus spirituel du terme.

Avant d’aller plus outre, réfléchissons un instant sur l’emploi des mots « eau et Esprit » dans l’entretien de Jésus avec Nicodème.

« [Dans le Principe] Élohim créa les cieux et la terre. La terre était déserte et vide. Il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme et l’esprit d’Élohim planait au-dessus des eaux » (Genèse I, 1-3)

Rachi en son Commentaire du Pentateuque écrit à l’égard de ce verset 2 :

« Le souffle de Dieu planait. Le trône de la Majesté Divine se tenait dans les airs et planait à la surface des eaux, par la seule force du souffle de la parole du Saint Béni-soit-Il et par Son ordre. Telle une colombe qui plane sur son nid » (3).

Or, l’Esprit Saint qui planait sur les surfaces des eaux, ne va-t-il pas planer de nouveau sous forme d’une colombe au-dessus de Jésus-Christ lors du baptême par Jean ?

Il convient de rapprocher Genèse I, 2 du Psaume XXXIII 6-8 :

« Par la parole de Iahvé les cieux ont été faits et par le souffle de sa bouche toute leur armée. Il rassemble, comme dans une outre, les eaux de la mer, il met les flots dans des réservoirs ».

L’Esprit et l’eau précèdent la création originelle qui s’achève « provisoirement » avec la création de l’homme devenu une âme vivante. Avec la chute, la création est entravée dans son devenir originel, et il convient que l’homme soit restauré dans sa condition première pour permettre la délivrance de la nature assujettie à la vanité : sur ce point, nous renvoyons le lecteur intéressé à notre étude sur Satan.

Pour permettre à l’homme de retrouver sa condition première, l’Esprit et l’eau vont de nouveau être présents dans le cadre du Baptême qui lavera la faute originelle, et ce sacrement sera instauré et actualisé lors du baptême de Jésus par Jean : ce rite est une nouvelle création en ce fait qu’il débouche pour l’homme vers une nouvelle naissance à Dieu.

Grégoire de Naziance en son Homélie pour le Saint-Baptême, signale :

« Il est trois espèces de nativités reconnues par les Écritures ; la première est corporelle, la deuxième vient du baptême et la troisième procède de la résurrection… toutes ces formes de nativités, il est bien évident que mon Christ les a honorées ; la première par cette insufflation primordiale qui inaugure la vie physique, la deuxième par son Incarnation et le baptême qu’Il se conféra lui-même ; la troisième par l’Ascension qu’il avait lui-même prédite ; ainsi qu’il fut le premier né parmi de nombreux frères, il fut aussi jugé digne de renaître le premier d’entre les morts » (4)

Cette présence de l’Esprit Saint lors des deux premières naissances, Grégoire de Naziance la signale explicitement, elle est la condition de la restauration de l’homme dans la vie divine et Jean Scot évoque cet aspect en son Commentaire sur l’Évangile de Jean :

« La naissance selon l’esprit, celle dont le Seigneur parle maintenant en ces termes : “S’il ne naît de nouveau”. C’est par cette naissance que la nature humaine commence à retourner vers son ancienne dignité, dont elle était déchue » (5).

Dans le cadre des deux premières naissances – la troisième n’ayant pas encore eu lieu – l’eau et l’Esprit sont donc présents : « telle une colombe qui plane sur son nid ».

*

* *

L’Église enseigne en son Credo qu’il n’y a qu’un seul baptême pour la rémission des péchés mais reconnaît trois baptêmes quant à la forme.

1 le Baptême d’eau ou le baptême de repentance

2 le Baptême d’esprit ou le sacrement de la confirmation ou chrismation

3 le Baptême de Feu qui devrait être plus exactement le Baptême de Désir ou le martyre.

Origène et Ambroise de Milan quant à eux précisent qu’ils connaissent trois sortes de morts et le Maître Alexandrin explique :

Quelles sont ces trois morts ? On vit pour Dieu et on est mort au péché selon l’apôtre. Cette mort est bienheureuse : on meurt au péché. C’est de cette mort qu’est mort mon [Seigneur] : Car la mort dont il mourut fut la mort au péché. Je connais encore une autre mort par laquelle on meurt à Dieu, celle dont il s’agit dans la parole : l’âme pécheresse elle-même mourra. Je connais aussi une troisième mort, selon laquelle nous croyons communément que ceux qui ont quitté leurs corps sont morts : par exemple Adam vécut 930 ans et mourut” (6)

L’idée des trois baptêmes, des trois naissances et des trois morts est beaucoup plus complexe que l’on ne se l’imagine.

1 A propos de la mort au péché, l’homme y est appelé par le baptême et Saint Paul de s’écrier :

« Que dirions-nous alors ? Nous persisterons dans le péché pour que la grâce opère une fois de plus ! Non certes ! Nous qui sommes morts au péché comment vivons-nous encore dans le péché ? Oubliez-vous donc que tous, quand nous avons été baptisés en Christ Jésus, nous avons été plongés dans sa mort ? Oui ! par le baptême nous avons été ensevelis avec lui dans la mort : afin que comme le Christ a été ressuscité des morts par la gloire du Père, ainsi nous marchions désormais dans une vie nouvelle : car si nous avons été implantés en lui dans le symbole de sa mort, c’est pour ressusciter avec lui » (Romains VI, 1-7)

2 A propos de la mort à Dieu, il est écrit en Ezechiel XVIII, 4 :

« Voici toutes les vies sont à moi, la vie du père et la vie du fils sont à moi. La personne qui pêche c’est elle qui mourra ».

Ce verset est à rapprocher de Deutéronome XXIV, 16 : « Les pères ne seront pas mis à mort pour les fils et les fils ne seront pas mis à mort pour les pères : chacun sera mis à mort pour son propre péché ».

Il importe toutefois de se souvenir des leçons du Judaïsme dans le commentaire de la Thora et Rachi commente ainsi le verset qui précède : “Chacun mourra pour son péché. Mais celui qui n’est pas encore un homme ne pourra mourir pour un péché de son père, les petits enfants peuvent mourir par le péché de leur père par décret céleste“. (7)

Le problème de la mort des enfants innocents a souvent préoccupé le Judaïsme qui à travers Deutéronome XXII, 7 : « laisse la mère, laisse-la, et les petits tu pourras les prendre; ainsi tu seras heureux et tu prolongeras tes jours » perçoit l’idée d’épreuves selon laquelle « Celui qu’il aime, l’Eternel le met à l’épreuve tel un père, le fils qui lui est cher » (Proverbes III, 12) et Rabbi Simon ben Yo’haï explique :

« Si un père perd son fils, il ne doit pas se plaindre, car c’est un signe que l’Éternel l’aime ». (8)

Il n’est pas sans intérêt d’évoquer Rachi et quelques autres maîtres du Judaïsme, cela n’est pas contraire à la réflexion philosophique du christianisme puisque dans la seconde moitié du XIIIe siècle les philosophes et les théologiens chrétiens traduisent en latin avec beaucoup de soin des passages du Talmud et de Rachi (9).

Gardons en mémoire Exode XX, 5-7 :

« Car moi, Iahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, punissant la faute des pères sur les fils, sur la troisième et la quatrième génération, pour ceux qui me haïssent, et faisant grâce jusqu’à la millième pour ceux qui m’aiment et observent mes commandements ».

Il n’y a pas de contradiction entre Deutéronome XXIV, 16 et Exode XX, 5-7 et ils ne s’opposent pas. Par ce dernier verset se dessine l’idée de communion des Saints qui sera l’un des apports les plus marquants de la théologie chrétienne. Le Zohar en son explication d’Exode XX, 5 précise à son égard :

« Et pourtant pourquoi faut-il que meurent ces malheureux enfants qui sont sans péché et sans reproche ? Où est ici le jugement juste et équitable du Maître du monde ? Si ce sont les péchés des parents qui sont cause de leur mort, alors vraiment, ils n’ont “personne pour les consoler”. Mais en vérité les larmes versées par ces “opprimés” agissent comme intercesseurs et les défenseurs pour les vivants qu’ils protègent ; et par la vertu de leur innocence, par la puissance de leur intercession, un lieu est, en son temps, préparé pour eux, auquel ne peuvent accéder ou prétendre les hommes même les plus justes, car le Saint, béni soit-Il, aime en vérité ces petits enfants d’un amour éminent et sans pareil. Il les unit à lui et tient prêt pour eux un lieu céleste tout proche de lui. C’est à leur propos qu’il est écrit : “Par la bouche des enfants et des nourrissons, Tu as fondé Ta puissance” » (Psaume XIII, 3) (10)

3 La mort « commune » qui marque la séparation de l’âme et du corps n’est pas si banale qu’on se le peut imaginer et à cet égard, Ambroise de Milan nous dit :

« La troisième tient du milieu : elle parait bonne aux justes et terrible au grand nombre ; quoiqu’elle libère tous les hommes, peu s’en réjouissent. Ce n’est pas sa faute mais celle de notre faiblesse : nous sommes captivés par les plaisirs sensuels et les délices de cette misérable vie, et nous tremblons d’arriver au bout d’une course où nous avons rencontré plus d’amertume que de plaisir. Je ne parle pas pour ces hommes saints et sages qui gémissaient sur la longueur de ce pèlerinage ; ils jugeaient meilleur d’être dessous, d’être avec le Christ, ils allaient jusqu’à maudire le jour de leur naissance comme celui qui a dit : “Périsse le jour où je suis né” ». (Job III, 3) (11).

À travers ces trois morts qu’évoquent Origène et Ambroise, il est possible de dresser une analogie avec les trois naissances qu’énonce Grégoire de Naziance et la doctrine des trois baptêmes.

1 Au Baptême de repentance ou baptême d’eau correspond la naissance selon la chair et la mort au péché ;

2 Au Baptême d’Esprit et de Feu correspond la naissance au baptême et la mort à Dieu ;

3 Au Baptême de Désir correspond la résurrection et la mort physique comme séparation de l’âme et du corps.

Existe-t-il une opposition entre ces trois formes ? Certes non ! L’ensemble de ces tris naissances et de ces morts s’inscrit dans un seul Baptême dans le cadre duquel le chrétien vit le Sacrement depuis son catéchuménat dans lequel il s’inscrit à l’occasion de sa naissance terrestre, jusqu’au stade de la rédemption que connaîtra celui qui bénéficiera de la mort physique où le corps devenu inutile et dissous laissera l’âme libre d’aller dans le Royaume de Dieu.

Il convient de renaître pour entrer dans le Royaume. Si l’Église Primitive comprit le sens de cette adresse du Christ à Nicodème – nous le verrons plus loin – les structures ecclésiales depuis de nombreux siècles choisirent de ne pas en percevoir les conséquences doctrinales et liturgiques préférant considérer cette parole du Christ comme une phrase symbolique et Jean Chrysostome à propos de son homélie sur l’entretien de Jésus avec Nicodème s’exclame, par exemple :

« Reprenons donc la suite des paroles de notre évangile. Nicodème était tombé dans des considérations terre-à-terre, il avilissait ce qu’avait dit Jésus-Christ, l’entendant d’une naissance charnelle » (12).

Nous verrons plus outre qu’il convient de ne point entendre ces termes selon un mode symbolique, que constitue la réponse de Jésus à Nicodème.

*

* *

Le Baptême d’eau ou de repentance : Première étape du Consolamentum

La préparation, l’introduction au Baptême de repentance accompli par le Baptiste passe par la conversion :

« En ces jours-là arrive Jean Baptiste, il proclame dans le désert de Judée : Convertissez-vous, le règne des cieux est proche ». (Matthieu III, 1-3)

et Jean d’ajouter à propos de ce qu’il fait :

« Moi je vous immerge dans l’eau pour la conversion ». (Matthieu III, 11)

La conversion suppose une faculté autonome de conscience qui n’appartient pas en principe à l’enfant : voilà la raison pour laquelle le Catharisme s’opposa toujours à l’administration de ce rite avant l’âge de sept ans :

« Le baptême donné aux enfants avant l’âge de sept ans ne vaut rien » (13).

Dans cette prise en compte de l’âge de sept ans, figure peut-être, sans en percevoir les motifs, l’idée de certains courants religieux chrétiens qui considèrent que l’âme ne se fixe définitivement dans le corps qu’à l’âge de sept ans, ce que le savoir populaire nomme à ce propos, l’âge de raison.

Avant d’aller plus outre, il convient, à la lumière de la Tradition, d’évoquer un certain nombre d’aspects quant à l’âme :

. l’âme préexiste-t-elle à la création du corps ?

. à quel instant l’âme s’unit-elle au corps ?

. existe-t-il des stades d’évolution dans la fixation de l’âme au corps ?

. l’âme peut-elle quitter le corps et dans l’affirmative sous quelle condition ?

A/ L’Ame préexiste-t-elle à la création du corps ?

Le terme âme, apparaît pour la première fois dans la Bible, dans le cadre de la création de l’homme :

« Alors Iahvé Élohim forma l’homme, poussière provenant du sol et il insuffla en ses narines une haleine de vie et l’homme devint une âme vivante ». (Genèse II, 7)

Avant d’envisager l’exégèse chrétienne, revenons un instant au judaïsme dans le cadre du commentaire de Rachi sur le Pentateuque qui, à l’égard de ce verset écrit :

« Il l’a formé d’éléments d’ici-bas et d’éléments d’en-haut. Le corps d’en bas ; l’âme d’en-haut. Car le premier jour avait été créé les cieux et la terre. Le deuxième jour Il a dit : Que la terre ferme apparaisse ne bas. Le troisième jour Il a créé les luminaires, en haut. Le quatrième jour Il a dit : Que les eaux pullulent etc, en bas. Il fallait bien le cinquième jour achever avec le monde d’en haut et avec le monde d’en bas. Sinon il y aurait eu jalousie dans l’oeuvre de la Création, l’un des deux aurait dépassé l’autre d’une journée de création ». (14)

Ce qu’il convient de retenir c’est le principe d’alternance et de complémentarité du haut et du bas dans le plan divin de la Création. Les auteurs classiques de l’exégèse de la Thora expriment des idées originales qui méritent d’être soulignées avant d’aller plus outre à propos de ce verset :

« En recevant le souffle de vie “dans la face”, l’homme fut élevé au-dessus des créatures, au sens physique comme au sens moral. Il présente de ce fait le plus parfait contraste avec la plante. Celle-ci rivée au sol, tire la sève de sa vie des racines donc de ses extrémités inférieures. Chez l’animal le centre vital se situe au coeur, à la partie centrale du corps. Mais chez l’homme la vie est liée à l’esprit, à “la face”, à la couronne de son être. L’homme porte ses regards vers en haut, il reçoit toutes ses forces “d’en haut”, quand il espère, quand il désire, quand il pense. La vie insufflée dans la face porte l’homme et elle le soutient, si bien qu’il tombe lorsqu’il perd conscience ». (15)

Le fait qu’Adam possède une âme vivante issue du souffle de Dieu, a des raisons d’ordre mystique, il s’opère une alliance entre Iahvé Élohim et l’homme selon laquelle l’humain créé à l’image de Dieu doit tendre à Sa ressemblance et Carlo Suarès d’écrire en son Commentaire de la Genèse : La Kabbale des Kabbales au sujet de ce verset 7, à propos d’Adam :

« Il n’est pas l’aboutissement des espèces. Il est leur origine. Au verset 7 (sous l’égide de ce 7), il lui est accordé le “souffle des vivants”, et voici un Aleph dans le sang, voici un Adam “surgir vivant pour les exigences du souffle de vie » (16)

En complément à ce qui précède, l’enseignement du Zohar précise :

« Une tradition nous apprend que par la force de la volonté du Roi Suprême, un arbre puissant poussa. Il est la plus élevée de toutes les plantes d’en haut. Il embrasse les quatre points cardinaux du monde et ses racines s’étendent sur un espace de cinq cents lieues. Toutes les volontés sont suspendues à cet Arbre ; nulle volonté n’est bonne, si elle ne concorde avec celle de cet arbre. A son pied sourdent les eaux qui donnent naissance à toutes les mers. C’est de son pied que toutes les eaux créées au moment de la création se dirigent dans diverses directions ; c’est de là qu’émanent toutes les âmes du monde. Avant de descendre dans ce monde, les âmes entrent dans le Jardin ; et, en sortant, elles reçoivent sept bénédictions et sont exhortées de servir, à leur sortie du Jardin, de pères aux corps, c’est à dire de guider les corps paternellement en les maintenant dans la bonne voie ; car, quand l’image céleste, c’est à dire l’âme est sur le point de descendre en ce monde, le Saint Béni-Soit-Il, la conjure d’observer les commandements de la Loi, et de faire Sa volonté ; il lui confie en outre cent clefs, auxquelles correspondent les cent bénédictions que l’homme doit prononcer chaque jour » (17)

Nous citerons encore deux passages du Zohar qui précisent :

« Tous ceux qui conduisent les hommes dans les diverses générations existaient, en image, au ciel, avant leur venue en ce monde. La tradition nous apprend que toutes les âmes des hommes étaient déjà gravées au ciel sous la forme des corps qu’elles étaient destinées à animer, avant même leur descente ici-bas » (18)

et d’autre part :

« Remarquez que toutes les âmes dans ce monde qui sont le fruit des oeuvres du Saint Béni-Soit-Il, ne forment avant leur descente sur la terre, qu’une unité, ces âmes faisant, toutes parties d’un seul et même système. Et lorsqu’elles descendent en ce bas monde, elles se séparent en mâles et femelles ; et ce sont les mâles et les femelles qui s’unissent… Ce n’est qu’après leur descente en ce monde, qu’elles se séparent, chacune de son côté, et vont animer deux corps différents, celui d’un homme et celui d’une femme. Et c’est le Saint -Béni-Soit-Il qui les unit de nouveau ensuite, lors du mariage » (19).

Ces passages du Zohar sur la descente de l’âme sont à relier à l’affirmation de Jésus à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis ; répliqua Jésus, à moins de renaître, nul ne saurait voir le royaume de Dieu” (Jean III, 3) car il est dit encore en Jean III, 13 : “Et nul n’est monté au ciel sinon celui qui du ciel est descendu ».

Ce verset fait bien entendu appel à l’idée de la préexistence des âmes que nous allons analyser bientôt, mais aussi à celle de l’origine céleste de l’âme, article de foi que nous retrouvons dans l’Hermétisme et dans les gnoses apparentées à l’Hermétisme comme celles que manifestent des philosophes tels que Numénius, Porphyre, Jamblique, Plotin, et que l’on retrouve aussi par exemple dans les Oracles Chaldaïques. Déjà antérieurement, cette croyance figurait chez les Pythagoriciens, mais il n’est pas ici le lieu de traiter des philosophies et des gnoses païennes, c’est pourquoi, nous renvoyons le lecteur, afin d’une première approche aux tentatives de Louis Rougier et R.P. Festugière, par exemple. (20)

L’Ancien Testament possède en plusieurs versets, cette affirmation de la préexistence de l’âme :

« Avant même que je te forme dans le ventre, je te connaissais, et avant que tu sortes du sein, je t’avais consacré, je t’avais placé comme prophète pour les nations ». (Jérémie I, 5)

« J’étais un enfant d’un bon naturel, j’avais reçu en partage une âme bonne, ou plutôt, étant bon, j’étais rentré dans un corps sans souillure ». (Sagesse VIII, 19)

Le judaïsme en son orthodoxie et la doctrine kabbalistique professent la migration des âmes et le lecteur appréciera peut-être cette adresse de l’éminent professeur Gershom. G. Scholem, toutefois en pensant qu’il y a d’autres points d’accord, sans doute : « L’unique doctrine dans laquelle cathares et kabbalistes se rencontrent sur un point capital est celle de la migration des âmes ». (21)

Origène en ses Homélies sur Jérémie n’évoque présentement pas l’idée de préexistence des âmes et son exégèse du verset cité ci-dessus s’inscrit en ces termes :

« Avant de t’avoir façonné dans le ventre de ta mère je te connais, qu’ils soient dits à Jérémie ou au Sauveur, lis la Genèse, observe ce qu’il y est dit de la création du monde et tu remarqueras que l’Écriture s’exprime d’une manière très dialectique, en évitant de dire : Avant de t’avoir fiat dans le ventre de ta mère je te connais. En effet lorsque l’homme “à l’image” a été créé, “Dieu dit : Faisons un homme à notre image et à notre ressemblance”. Il n’a pas dit : Façonnons ; mais quand il a pris, “du limon de la terre”, il n’a pas “fait” l’homme, il a “façonné” l’homme et il plaça dans le paradis l’homme qu’il avait “façonné”, pour le travailler et le garder. Si tu peux, vois ce qui distingue les mots “faire” et “façonner” et pourquoi le Seigneur, s’adressant soit à Jérémie, soit au sauveur, a évité de dire : Avant de t’avoir “fait” dans le ventre de ta mère je te connais : la raison en est que ce qui a été “fait” n’est pas dans un ventre, mais c’est ce qui est façonné à partir du limon de la terre qui est créé dans un ventre » (22).

Il n’était pas sans intérêt d’évoquer cette exégèse qui dans le Peri Archon à propos de ce même verset offre l’idée complémentaire de la préexistence de l’âme :

« Le prophète Jérémie lui aussi le montre clairement : “avant d’être façonné dans le sein maternel”. Jérémie était connu de Dieu et “avant de sortir de la matrice” il a été sanctifié par Dieu et a reçu encore enfant, la grâce de la prophétie : … Il y a eu, pour ceux, dont les âmes avant de naître dans un corps avaient commis une faute dans leurs sentiments ou dans leurs mouvements, des causes antécédentes qui ont amené la divine providence à des les juger dignes de subir à bon droit cet état… Il est vraisemblable que ces mouvements sont causes de mérites avant même que les âmes agissent en ce monde ; et ainsi en fonction de ces causes ou de ces mérites, le plan de la divine providence fait qu’elles endurent du bien ou du mal aussitôt leur naissance, dirais-je, avant » (23).

Pour l’heure nous constatons le prudence d’Origène : il l’expliquera et nous le laisserons parler à propos de ce passage de Genèse XXV, 22-27 :

« Comme les fils s’entrechoquaient dans son sein, elle dit : “S’il en est ainsi, pourquoi moi ?”. Elle alla donc consulter Iahvé et Iahvé lui dit : “Deux nations sont dans ton ventre et deux peuplades de tes entrailles essaimeront : l’une des peuplades sera plus forte que l’autre et l’aîné servira le cadet !” Quand furent accomplis les jours de son enfantement, voici qu’il y avait des jumeaux dans son ventre ! Le premier sortit, il était roux, tout semblable à un manteau de poils. On l’appela du nom d’Esaü. Après cela sortit son frère. Sa main tenait le talon d’Esaü et on l’appela du nom de Jacob ».

Le rabbin Elie Munk en La voix de la Thora à l’égard du verset 22 écrit : « En tout état de cause, l’Écriture tient à nous faire comprendre que l’hostilité irréductible qui sépare les deux frères Jacob et Esaü pendant toute leur existence n’a pas son origine en des motifs de jalousie ou de rivalité politique et économique, etc., mais qu’elle remonte à des divergences congénitales de caractère qui se manifestèrent, dès avant leur naissance, dans le sein maternel ». (24)

Origène en ses Homélies sur la Genèse écrit cette prudence énoncée :

« Mais que sont ces privilèges de naissance, pourquoi Jacob a-t-il supplanté son frère, pourquoi est-il né lisse et nu, alors qu’assurément tous les deux ont été conçus, comme dit l’Apôtre, “d’un seul homme”, “Isaac notre Père”, ou bien pourquoi Esaü est-il tout entier hirsute, hérissé et pour ainsi dire recouvert de la crasse du péché et du mal, ce n’est pas mon intention de l’expliquer. Car si je veux creuser profond et, découvrir les filets d’eau vive qui se cachent, les Philistins aussitôt vont arriver et me chercher querelle, ils vont soulever contre moi disputes et chicanes et se mettre à remplir mes puits de leur terre et de leur boue. En vérité ; si ces Philistins me laissaient faire, moi aussi je m’approcherais de mon Seigneur, de mon très patient Seigneur qui dit : “Je ne repousse pas celui qui vient à moi” ; je m’approcherais, et, comme ses disciples qui lui dirent “Seigneur qui a péché, lui ou ses parents, pourqu’il soit né aveugle ?”. Je l’interrogerais moi aussi, et je lui dirais : “Seigneur qui a péché, cet Esaü ou ses parents, pour qu’il soit né de la sorte tout entier hirsute et hérissé, pour qu’il soit supplanté par son frère dans le sein de sa mère ? Mais si je fais mine d’interroger et de scruter là-dessus la parole divine, les Philistins aussitôt me cherchent noise et me chicanent. Aussi nous abandonnerons ce puits, nous l’appellerons “inimité” et nous en creuserons un autre ». (25)

Il serait loisible à l’égard de l’Ancien Testament de multiplier les exemples quant à la préexistence de l’âme et le fait vaut pour le Nouveau Testament pour lequel nous évoquerons quelques passages aussi, avant d’en venir à la façon dont les Pères de l’Église conçurent l’idée de la préexistence et de la migration des âmes.

Le lecteur garde en mémoire l’entretien de Jésus avec Nicodème évoqué dès le début de la première partie de cette étude (Jean III, 1-9).

Dans le Nouveau Testament, nous choisirons deux autres textes, l’un tiré de l’Évangile, l’autre de l’Apôtre Paul, afin de compléter ce qui précède :

« Les disciples lui demandèrent : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ? Il répondit : Oui, Elie vient et il va tout rétablir, mais je vous dis qu’Elie est déjà venue et, au lieu de le reconnaître, il lui ont fait ce qu’ils ont voulu. De même ils vont aussi faire souffrir le Fils de l’Homme. Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean Baptiste » (Matthieu XVII, 10-14).

Ce passage est à relier à Luc I, 15-18 :

« Car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin, ni rien de fermenté, il sera rempli de l’Esprit Saint dès le ventre de sa mère, et il retournera beaucoup de fils d’Israël vers le Seigneur leur Dieu. Lui-même le précèdera avec l’esprit et la puissance d’Elie ».

Pour faire corollaire à ces deux textes voici deux passages de l’Apôtre :

« Mais nous – j’entends ceux qui sont des élus conformes à la prédestination, -nous savons qu’à ceux qui aiment Dieu tout contribue à leur bien. Car ceux qu’il a prévus, semblables à l’image de son Fils, il les a prédestinés pour que son Fils fut le Premier Né d’une multitude de frères ; et ceux qu’il a prédestinés, il les a appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, c’est pour les glorifier ». (Romains VIII, 28-31)

« Lorsque Rebecca, conçut deux fils jumeaux de notre père Isaac, le choix de Dieu, en se déclarant avant qu’ils fussent nés et n’eussent donc fait ni bien ni mal, manifeste bien que ce ne sont pas les oeuvres mais la volonté de dieu qui détermine son choix lorsqu’il dit à Rebecca : “Le plus grand sera le serviteur du plus petit” et de même il est écrit : “J’ai aimé Jacob et haï Esaü”. Alors nous dirons donc qu’il y a injustice de Dieu ? Non certes ! » (Romains IX, 10-15)

Origène à l’égard de ce passage aux Romains s’exclame :

« Alors, en scrutant les Ecritures avec plus de soin au sujet d’Esaü et de Jacob on trouve qu’il n’y a pas d’injustice de la part de Dieu, quand, avant leur naissance et avant qu’ils aient fait quoi que ce soit, dans cette vie évidemment, il est dit que l’aîné servira le plus jeune, et on trouve de même qu’il n’y a pas d’injustice dans le fait que Jacob ait supplanté son frère dans le sein de sa mère, si on pense qu’il a été aimé de Dieu, avec raison jusqu’à être préposé à son frère à cause des mérites d’une vie précédente, bien entendu » (26).

Le « Bien entendu » a son importance ! …

En ce qui touche Luc I, 15-18, Origène écrit sur Jean I, 21 :

« Donc si d’une part on n’ignorait pas que Jean était fils de Zacharie et si d’autre part les juifs de Jérusalem envoyaient une délégation pour demander par l’intermédiaire des Lévites et des prêtres : “Est-ce toi Elie ?” il est clair qu’ils posaient cette question parce qu’ils croyaient que la doctrine de la réincarnation était vraie, puisque conforme à la tradition de leurs pères et nullement étrangère à leur enseignement ésotérique. Jean répond donc : “Je ne suis pas Elie, parce qu’il ignore sa propre existence antérieure” ». (27)

La doctrine de la préexistence de l’âme et de la réincarnation est très ancienne et fortement présente dans la doctrine orthodoxe chrétienne et la pensée des premiers pères, comme nous allons le montrer.

A propos de la question Comment voir Dieu, Justin en son Dialogue avec Tryphon manifeste naturellement sa croyance en la réincarnation :

– « Est-ce lorsque l’âme est encore dans le corps qu’elle a besoin de Dieu ou lorsqu’elle l’a quitté ?

– Tant qu’elle est dans la forme humaine, l’âme, dis-je, peut acquérir cette vision par l’esprit ; mais c’est surtout lorsqu’elle est dégagée du corps et rendue à elle-même, qu’elle atteint ce qu’elle avait toujours désiré.

– Est-ce qu’elle s’en souvient lorsqu’elle retourne dans un homme ?

– Je crois que non, dis-je » (28)

Avant d’aller plus outre, il convient de régler un malentendu avec conséquences tragiques qui persiste depuis deux mille ans dans la philosophie chrétienne et qui aujourd’hui est encore existant chez les théologiens et les philosophes c’est l’idée de métempsychose assimilée au principe de la réincarnation, et il y a encore quelques mois nous devions expliquer la différence entre ces deux mots à un éminent philosophe chrétien, professeur titulaire de philosophie médiévale à la Sorbonne et correspondant de l’Institut, comme beaucoup d’autres, que nous admirons, sans exception, par ailleurs.

Un exemple suffira – et qui excusera les historiens des idées, contemporains : Jérôme en son Traité sur les erreurs contenues dans le Livre des Principes d’Origène écrit tout en citant ce texte d’Origène :

« Il ajoute ensuite : “A moins qu’on ne veuille donner le nom d’obscurité et de ténèbres à ce corps épais et terrestre dont nous sommes revêtus, et dans lequel nous reprendrons une nouvelle vie lorsque ce monde sera fini et qu’il nous faudra passer dans un autre monde”. N’est-ce pas là soutenir ouvertement la métempsychose de Pythagore et de Platon ? » (29)

La réincarnation est le principe selon lequel l’âme humaine après la mort passe après un stade plus ou moins long dans un autre corps humain. La métempsychose est une idée selon laquelle l’âme au cours de sa migration s’incarne dans une corporéité appartenant à un stade différent de la nature pouvant ainsi passer du minéral, au végétal, puis de l’animal à l’humain selon le principe d’une évolution des divers stades de la nature et une purification progressive de l’âme en migration.

Le propos de Jérôme est impropre : jamais Origène n’a envisagé ou adhéré à l’idée de la métempsychose et si Grégoire de Nysse adhère au principe de la réincarnation – nous allons le percevoir bientôt – il condamne la métempsychose :

« Les tenants de la première hypothèse, ceux qui soutiennent qu’avant de venir vivre dans un corps les âmes se trouvent dans une sorte de cité, ne se sont pas purifiés, me semble-t-il, des doctrines grecques, des fables sur la métempsychose. Un examen fera apparaître que cette idée se laisse entraîner, de toute nécessité, jusqu’à cette affirmation que la tradition prête à l’un de leurs sages : le même individu est homme, passe dans un corps de femme, vole avec les oiseaux, devient arbuste, vit enfin dans les eaux. Ah certes, il n’est pas loin de la vérité, s’il parlait de lui ! Réellement une telle doctrine est bien digne du bavardage des grenouilles ou des geais, de l’intelligence des poissons ou de l’insensibilité des chênes ». (30)

Deux remarques, en matière de réincarnation, l’âme n’a pas de sexe, mais se réincarne toujours sur le même plan : humain ; d’autre part la métempsychose ne connaît pas de phénomène d’involution et l’on passe des règnes dits les moins subtils au règne humain par évolution et selon la même progression.

Origène condamne la métempsychose au profit de la réincarnation. Évoquant le Traité sur la Prière ce texte du maître Alexandrin :

« Enfin si vous voulez revivre, vous le demandez à nouveau, vous méprisez ce que vous avez désiré et vous recherchez la nourriture céleste et ce qui est beau ». (31)

Cécile Blanc en son introduction au Commentaire sur Saint Jean écrit : “Faut-il pour concilier ce texte avec les précédents, admettre avec F.H. Kettler, une réincarnation mitigée, jamais dans des corps d’animaux…” (32)

Revenons maintenant aux textes de Matthieu et Luc. À cet égard, Origène et dans le cadre de son Commentaire sur Jean, écrit :

« À ce propos, il faudra examiner ce qu’est au sens propre, la réincarnation et en quoi elle diffère de l’incarnation et si celui qui affirme la réincarnation maintient en conséquence que le monde est incorruptible ». (33)

Les Pères de l’Église n’ont jamais élaboré en dogme le principe de la réincarnation et de la préexistence des âmes, c’était un article de la foi des premiers Pères, et l’on comprend dès lors cette remarque d’Origène :

« Mais c’est ailleurs qu’il faudra étudier en elle-même et avec plus d’attention et approfondir davantage la question de l’essence de l’âme, de l’origine de son existence, de son entrée dans ce corps terrestre, des éléments de la vie de chacune, de sa délivrance ici-bas, et voir s’il est possible ou non qu’elle pénètre une seconde fois dans un corps, si ce sera ou non selon le même cycle et le même arrangement, dans le même corps ou dans un autre, et, si c’est dans le même, s’il restera identique à lui-même selon la substance et selon les qualités et si l’âme se servira toujours du même corps ou en changera ». (34)

Saint-Jérôme en sa lettre à Démétriadès laisse bien entendre que la doctrine de la réincarnation était partie intégrante de la foi des premiers chrétiens :

« Pourquoi tel homme a-t-il reçu le jour dans telle providence ? D’où vient que ceux-ci naissent de parents chrétiens, tandis que ceux-là prennent naissance au milieu des nations les plus barbares, étrangers à la nation d’un Dieu ? Après avoir ainsi blessé les coeurs simples par cette morsure du scorpion, ils injectent dans la plaie qu’ils ont faite leur poison dangereux. Puis ils ajoutent : “Si l’enfant à la mamelle, celui dont le sourire et la joie enfantine témoignent seuls qu’il connaît sa mère, qu’il n’a encore fait ni bien ni mal, si cet enfant dis-je, est possédé du démon ou accablé de maux qui fuient les méchants et qui s’acharnent au contraire sur les serviteurs de Dieu ; si tout cela arrive, pensez-vous que ce soit le pur effet du hasard ? Si donc, poursuivent-ils, ces jugements sont la manifestation réelle de la colère divine, ils se justifient par eux-mêmes et témoignent de la haute justice de Dieu, en amenant cette conséquence que les âmes des hommes ont habité le céleste séjour, et qu’en punition de certains péchés commis jadis elles ont été placées et pour ainsi dire ensevelies dans des corps humains, et précipitées dans cette vallée de larmes pour expier leurs anciennes iniquités. “Ainsi s’exprime à ce sujet le prophète roi : “J’ai péché avant de m’être humilié”. Et ailleurs « Faites sortir mon âme de sa prison mortelle ». Et encore : « Sont-ce les propres péchés de cet homme ou de ceux de ses parents qui l’ont fait naître aveugle ?” Et autres semblables passages à l’appui de leurs erreurs ».

« Cette impie et détestable doctrine fut pratiquée jadis en Égypte et en d’autres parties de l’Orient. Elle y jouit encore d’un certain crédit… » (35).

Nous avons perçu que Jérôme reconnaissait que la doctrine de la préexistence de l’âme était connue des premiers chrétiens. Qu’elle jouisse d’un crédit certain, c’est un fait, plus que d’un crédit puisque outre Justin, Tertullien manifeste cette foi en son Apologétique qui condamne la métempsychose et reconnaît la réincarnation :

« Comme si la raison quelle qu’elle soit, qui justifie la migration des âmes de corps en corps, n’exigeait pas aussi que les âmes soient rappelées dans les mêmes corps. Etre rappelées, en effet, c’est être ce qu’elles ont été, c’est à dire si elles ne sont pas revêtues d’un corps humain et du même corps, ce ne seront plus les âmes mêmes qui ont existé… Il faudrait rechercher, à loisir, une foule de passages, d’acteurs, si nous voulions nous amuser à examiner en quelle bête chacun à paru renaître. Mais il faut plutôt songer à défendre notre thèse : nous soutenons qu’il est bien plus raisonnable de croire qu’un homme redeviendra un homme, homme pour homme, et pas autre chose qu’un homme ; de telle sorte que l’âme gardant sa nature, reprendra la même condition, sinon la même figure ». (36)

et, nous pouvions prendre beaucoup d’autres pères, Marius Victorinus en ses Traités Théologiques sur la Trinité à propos de la préexistence de l’âme écrit :

« J’ajoute encore en secret, un grand mystère. De même que la trinité la plus divine qui est une, en tant qu’elle est par soi, a produit par mode de rayonnement, l’âme dans le monde intelligible, constituant, en son hypostase et substance propre, cette âme que nous appelons substance au sens propre du mot, de même l’âme, trinité une, elle aussi, mais seconde, a achevé la manifestation dans le monde sensible, parce que cette âme, tout en restant là-haut, a engendré des âmes qui viennent en ce monde » (37).

Origène parle avec prudence, Victorinus aussi. Origène condamne la métempsychose, Tertullien et Grégoire de Nysse, aussi. Nous serions en mesure de multiplier les exemples et les citations, et Grégoire de Nysse évoquant le sort de ceux qui ne sont pas présentement purifiés, écrit en sa Catéchèse de la Foi :

« Quant à ceux dont les passions se sont invétérées et qui n’ont eu recours à aucun moyen d’effacer la souillure, ni eau du sacrement, ni invocation de la puissance divine, ni repentir qui les aurait amandés, de toute nécessité ceux-là doivent recevoir eux aussi la place qui correspond à leur conduite. Or, l’endroit qui convient à l’or, s’il est altéré c’est le creuset du raffineur pour qu’une fois écarté le vice qui s’était mélangé à ces pécheurs, leur nature, après de longs siècles, revienne à Dieu pure et intacte ». (38)

Ce n’est pas une thèse en faveur d’une quelconque préfiguration de la doctrine catholique romaine du purgatoire, car Grégoire explique encore :

« Au lieu de se diriger vers la nature incréée, il revint à la création qui a son origine et sa servitude, il est ramené à la naissance qui vient d’en bas, et non à celle qui vient d’en haut » (39).

À travers cet examen très rapide de la doctrine des premiers Pères – et nous n’avons pas évoqué l’École d’Alexandrie avec un Clément par exemple – il apparaît que la condamnation de la doctrine de la préexistence des âmes et du retour porte d’une part sur la condition inadmissible de l’idée d’une chute précosmique ou sur la possibilité de la métempsychose. Le fait de la réincarnation et de la préexistence en soi, qu’affirment parmi beaucoup d’autres Justin, Clément, Tertullien, Victorinus, Origène, Grégoire de Nysse, ne fut jamais condamnée ni contraire à la métaphysique chrétienne.

A propos des condamnations, il convient de méditer le contenu de celles-ci :

Le premier Concile de Braga en ses Anathématismes contre les Priscillianistes, érige les canons suivants :

« Si quelqu’un dit, les âmes humaines ont d’abord péché dans les demeures célestes et que c’est pour cela qu’elles ont été précipitées sur terre dans des corps humains, comme l’a dit Priscillien, qu’il soit anathème. »

« Si quelqu’un pense que les âmes humaines sont liées à des astres qui règlent leurs destinées comme les païens et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème » (40).

Et l’on fera attribuer au Synode de Constantinople en 543 :

« Si quelqu’un dit ou pense que les âmes des hommes préexistent, en ce sens qu’elles étaient auparavant des esprits et des saintes puissances qui, lassées de la contemplation de Dieu, se seraient tournées vers un état inférieur, que pour ce motif, s’étant refroidies dans leur amour et dès lors ayant été appelées âmes, elles avaient été envoyées dans des corps pour leur châtiment, qu’il soit anathème » (41).

Tous les historiens sérieux ont remarqué et noté avec justesse et justice qu’il n’y a pas eu de condamnation en concile ni de condamnation d’Origène ; mais un anathème contre l’Origénisme, qui n’avait plus rien à voir avec la pensée du Maître Alexandrin, et cela hors concile, dans le cadre d’un ensemble de préceptes déformés et erronés, cela ne figurant donc d’ailleurs pas dans les actes du dit Concile de Constantinople mais dans le cadre de conversations à l’ouverture du dit concile :

« Elle ne signifie pas non plus que les hérésies reprochées par les anathématismes antérieurs au Concile furent telles dans sa pensée. En fait, on ne s’intéressait qu’aux moines origénistes contemporains et l’on faisait d’Origène la source dont se réclamaient ces derniers. Historiquement parlant, il est possible d’affirmer que son insertion dans une liste d’hérétiques ne le concerne pas vraiment. Il reste qu’elle entraînera par l’action de la police impériale, la destruction de la plus grande partie de son oeuvre dans la langue originelle. » (42)

N’est-il pas intéressant pour clore momentanément la présente interrogation : l’âme préexiste-t-elle à la création du corps ? d’évoquer Saint Augustin qui précise dans la Cité mystique de Dieu :

« N’est-il pas plus infiniment honnête de croire au retour unique de l’âme en son propre corps, qu’à tant de retours en tant de corps divers… Ainsi, plusieurs platoniciens se trompent quand ils croient l’âme fatalement engagée dans ce cercle sans fin de migrations et de retour ». (43)

Le retour dans le même corps humain, oui ; mais ce n’est pas encore la résurrection ; et la transmigration sans fin, non ; Saint Augustin a raison, il s’associe à la pensée de tous les Pères que nous venons de citer.

B/ A quel instant l’âme s’unit-elle au corps ?

Le Zohar, à propos de l’allégorie de Jonas émet des remarques qu’il convient d’évoquer :

« La narration de Jonas est une allégorie de ce qui arrive à l’âme lorsqu’elle descend dans un corps. Pourquoi l’âme est-elle appelée Jonas ? Parce que quand l’âme s’associe au corps, c’est elle qui subit un préjudice. “Jonas” signifie porter préjudice, ainsi qu’il est écrit : “Ne portez pas préjudice à votre prochain” (Lév. XXV). Jonas s’embarque : c’est l’âme qui s’embarque ici-bas pour traverser l’océan de la vie ». (44)

Pour entendre ce texte, il convient de le faire suivre de celui-là :

« Lorsque le Saint, béni-Soit-il, fut sur le point de créer le monde, il décida de façonner toutes les âmes qui seraient attribuées, chacune en son temps, aux enfants des hommes ; chaque âme fut formée exactement selon le même modèle que le corps qu’elle était destinée à habiter. Les passant en revue, il vit que certaines âmes tomberaient en ce monde dans des voies corrompues. A chacune, quand vient son temps, le Saint, Bénit-Soit-Il, ordonne de venir à Lui et Lui dit : “Va, descends en tel endroit, en tel corps”. Mais parfois l’âme répond : “Maître de l’Univers, je suis contente de rester en ce royaume et je n’ai nul désir de le quitter pour un autre corps où je serai asservie et souillée”. Alors le Saint, Néni-Soit-Il, répond : “Ton destin est, et a été depuis le jour où je t’ai façonnée, d’aller en ce monde là.” L’âme comprend qu’elle ne peut désobéir, descend malgré elle et entre en ce monde ». (45)

L’âme dans la Révélation biblique est créée et elle n’est pas, par nature, consubstantielle à Dieu, mais elle s’inscrit dans la création du corps, elle s’intègre dans ce temps car le Lévitique XVII, 11-15 précise un certain nombre de points importants :

« Car l’âme de la chair est dans le sang et, moi, je l’ai mis pour vous sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes, car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme. C’est pourquoi j’ai dit aux fils d’Israël : Personne d’entre vous ne mangera de sang et l’hôte qui séjourne au milieu de vous en mangera pas de sang. Tout homme des fils d’Israël et des hôtes qui séjourne au milieu d’eux, qui aura chassé du gibier, bête ou oiseau qui se mange, il répandra son sang et le couvrira de poussière. Car l’âme de toute chair est son sang dans son âme et j’ai dit aux fils d’Israël : vous ne mangerez pas du sang d’aucune chair, car l’âme de toute chair est son sang ; chacun de ceux qui en mangeront sera retranché. »

On peut déduire de ce passage plusieurs points :

– l’âme de toute chair est son sang sans son âme.

– il convient de répandre le sang de la bête dans la poussière.

Si l’âme de toute chair est son sang dans on âme, il n’est pas dit que l’âme soit le sang mais que le sang est le lieu d’habitation, le lieu de circulation de l’âme, dans le corps. Ainsi le Rabbin Elie Munk précise à propos de ce verset :

« Le sang des animaux, tels que les bêtes sauvages et les volatiles, qui “contient l’âme” sera couvert de terre par respect pour l’âme, de même qu’il a été ordonné d’ensevelir le corps humain, par respect pour lui. » (46)

Cela n’est pas seulement une question de respect, si le sang est le lieu et le véhicule de l’âme, et puisque le sang est partie intégrante et intérieure du corps, si ce dernier doit revenir à la terre, le sang comme le corps doit suivre le même précepte de Dieu envers l’homme après sa chute : “Tu es poussière et tu retourneras en poussière” (Genèse III, 19).

Mais de quel sang s’agit-il ? A la suite de Saint Paul, Origène enseigne qu’il y a deux hommes en chacun de nous : “Comment est-il dit que l’âme de toute chair est le sang ? C’est là le grand problème. Or tout comme l’homme extérieur a pour homonyme l’homme intérieur, ainsi en va-t-il pour ses membres ; et l’on peut dire que chaque membre de l’homme extérieur se retrouve, sous ce nom, dans l’homme intérieur” (47) et le Maître Alexandrin ajoute :

« Puisque tu retrouves tous ces éléments du corps matériel dans l’homme intérieur, ne doute plus que le sang aussi, sous le même nom que le sang matériel et tout comme les autres parties du corps existe dans l’homme intérieur. C’est ce sang-là qui se répand de l’âme du pécheur. Et en effet : Du sang de vos âmes il sera demandé compte. Il n’a pas dit : de votre sang ; mais du sang de vos âmes » (48).

On ne peut, à partir de cette distinction de l’homme intérieur et de l’homme extérieur, dissocier l’âme du corps comme le rappellera Tertulien par exemple, en son traité la Résurrection des morts :

« En fait ni l’âme n’est à elle seule l’homme, puisqu’elle a été introduite après coup dans un moulage d’argile déjà appelé homme (Gen. II, 7), ni la chair n’est l’homme sans âme, cette chair qui, lorsque l’âme s’en est allée, reçoit le nom de cadavre. Ainsi le mot “homme” est-il comme une sorte d’agrafe qui tient liées ensemble les deux substances, puisqu’elles ne peuvent exister sous ce nom que dans leur assemblage » (49).

À quel instant s’unit-elle au corps ? Origène interroge le lecteur comme lui-même se pose ce problème, en le Traité des Principes :

« Au sujet de l’âme, toutefois – est-elle introduite par l’intermédiaire de la semence, si bien que sa raison ou existence doit être tenue pour insérée dans les semences corporelles, ou bien a-t-elle un autre principe et ce principe est-il engendré ou inengendré, et entre-t-elle dans le corps de l’extérieur, ou non -, cela n’est pas clairement précisé dans la prédication ». (50)

Tertullien pour son compte demeure aussi perplexe en son traité La Résurrection des morts :

« Mais l’a-t-il placée ou ne l’a-t-il pas plutôt introduite dans la chair, mêlée à elle ? En un alliage si compact, qu’on ne peut guère juger si c’est la chair qui est le support de l’âme, ou l’âme celui de la chair, si c’est la chair qui est au service de l’âme ou l’âme au service de la chair ». (51)

Certains ont prétendu percevoir chez le Pasteur Hermas la négation de la trinité corps, âme et esprit, que nous n’avons point perçu. Le fait méritait d’être souligné puisque selon la critique classique le Pasteur n’évoque pas le principe de l’âme, mais cela ne signifie pas qu’il en conteste l’existence, quand un Ignace d’Antioche par contre en sa Lettre aux Philadelphiens écrit :

« Ils seront eux aussi honorés par le Seigneur Jésus-Christ, en qui ils espèrent de chair, d’âme et d’esprit, dans la foi, la charité, la concorde ». (52)

Justin avoue aussi son ignorance sur ce qu’est dans ce Dialogue avec Tryphon :

« Les philosophes ne savent donc rien sur ce point, puisqu’ils ne savent pas ce que c’est que l’âme ?

– Il ne paraît pas ». (53)

Les philosophes ne sont pas seulement ceux du platonisme et du stoïcisme, c’est aussi les philosophes chrétiens ; seul est affirmé le principe selon lequel le corps est la maison de l’âme :

« Ce corps que Dieu en effet a façonné en Adam est devenu “la maison” de l’âme insufflée par Dieu, comme vous pouvez tous le comprendre ». (54)

À propos de cette insufflation Irénée de Lyon écrit en son Traité Contre les Hérésies :

« Ils ne voient pas comment, de même qu’au début de notre création en Adam ce souffle de vie qui venait de Dieu, uni à la matière créée, anima l’homme et manifesta l’animal raisonnable, de même à la fin le Verbe du Père et l’Esprit de Dieu, unis à l’antique substance de la création d’Adam, ont fait l’homme vivant et parfait, recevant le Père parfait ; ainsi, de même que dans l’être animal nous sommes tous morts, de même dans l’être spirituel nous sommes tous vivifiés ». (55)

Cette différence entre le souffle de vie et l’Esprit Saint tient notamment dans le fait que le premier est possédé par l’homme avec des limites alors que le second reçoit dans on infinité l’homme qui se donne à lui.

Il n’y a donc pas pour l’instant chez les Pères d’idée précise sur la façon dont l’âme s’unit au corps, si ce n’est Irénée dans une affirmation qui sera reprise par Tertullien : ces deux éléments, l’âme et le corps s’inscrivent au même moment dans un schéma de destinée. Tertullien en son Apologétique écrit :

« Quant à nous, l’homicide nous étant défendu une fois pour toutes, il ne nous est pas même permis de faire périr l’enfant conçu dans le sein de sa mère, alors que l’être humain continue à être formé par le sang. C’est un homicide anticipé que d’empêcher de naître et peu importe qu’on arrache l’âme déjà née ou qu’on la détruise au moment où elle naît. C’est un homme déjà ce qui doit devenir un homme ; de même, tout fruit est déjà dans le germe ». (56)

Tertullien comme Athénagore croit à l’animation immédiate de l’embryon d’une part et que ce fait provient d’autre part de ce que l’âme est présente dès la procréation : il y a origine simultanée de l’âme et du corps ; c’est tout le sens de son traité sur l’Ame, qu’il affirme aussi en son traité la Résurrection des morts :

« La chair qui dès son origine utérine est semée, formée, engendrée en même temps que l’âme, est encore mêlée à elle dans toutes ses activités ». (57)

Pour conclure, sans citer tous les Pères, nous évoquerons Grégoire de Nysse qui dans son Traité la Création de l’homme affirme ce qui deviendra la foi définitive de l’Église :

« L’homme étant un, composé d’une âme et d’un corps, on ne peut attribuer à ce composé qu’une origine unique et commune si l’on veut éviter de devoir le déclarer à la fois plus ancien et plus récent que lui-même, selon l’hypothèse où son corps serait créé le premier, et l’autre composante ensuite. Ce que vous affirmons, c’est qu’à l’origine, la puissance de la prescience divine, comme on l’a exposé un peu plus haut, donne l’existence à la plénitude du genre humain dans sa totalité ». (58)

L’âme et le corps s’inscrivent donc dans le même engendrement, cela au moment de la conception, ce qui sera dogmatisé par Benoît XII en 533 et rappelé par Léon XIII en 1910.

Consolamentum, réincarnation et évolution spirituelle dans le catharisme et le Christianisme Originel, Jean-Pierre Bonnerot. Paru dans les Cahiers d’Études Cathares n° 98 de l’été 1983. © Jean Pierre Bonnerot, tous droits de reproduction interdits.

Notes :

(1) Confer notre étude : Satan, Lucifer, le Prince de ce monde et les démons dans la tradition chrétienne et l’exégèse scripturaire, Narbonne, Cahiers d’Études Cathare Ed,. Document à télécharger en .pdf sur ce site : Satan, Lucifer, le Prince de ce monde et les démons dans la tradition chrétienne et l’exégèse scripturaire.

(2) Maurice Magre : Le Sang de Toulouse. Paris, Robert Laffont Ed, 1978, page 278.

(3) Rachi : Le Pentateuque avec Rachin. Volume 1 : La Genèse Paris, Fondation Samuel et Odette Levy Ed, 1979, page 5.

(4) Grégoire de Naziance : Homélie XL : Pour le Saint Baptême. Paragraphe II in : Homélies (extraits). Namur, Editions du Soleil Levant, 1962 pages 57 et 58.

(5) Jean Scot : Commentaires sur l’Evangile de Jean. Livre III paragraphe 1, Paris, Editions du Cerf, Collection Sources chrétienne n° 180 – 1972, page 205.

(6) Origène : Entretien d’Origène avec Héraclide paragraphe 25, Paris, Editions du Cerf, Coll. Sources chrétienne n° 67 – 1960, pages 103 à 105.

(7) Rachi : op cité, volume 5 : le Deutéronome. ibid, 1981, page 163.

(8) Elie Munk : La voix de la Thora. Volume 5 : le Deutéronome. Paris, Fondation Samuel et Odette Levy Ed, 1981, page 213.

(9) On lira avec intérêt : Herman Hailperin : De l’utilisation par les chrétiens de l’oeuvre de Rachin. in : Rachi (ouvrage collectif). Paris, Service Technique pour l’éducation. Ed, 1974, pages 163 à 200.

(10) Le Zohar II, 113a – in : Le Zohar, extraits choisis et présentés par Gershon Scholem, Paris Ed du Seuil, Coll. Sagesses n° 21, 1980, page 88.

(11) Ambroise de Milan : La mort est un bien II, 3 – in : Cyprien et Ambroise : le chrétien devant la mort. Paris, Ed Desclée de Brouver Ed, coll. les Pères dans la foi, 1980, page 41.

(12) Jean Chrysostome : Homélie 25 sur l’Evangile selon Saint Jean – in : le Baptême d’après les Pères de l’Eglise. Paris Grasset Ed, colle lettres chrétiennes n° 5, 1962 page 211.

(13) Jean Duvernoy : la Religion des Cathares. Toulouse, Privat Ed 1976, page 145.

(14) Rachi : op cité, volume 1 : la Genèse, ibid, page 15.

(15) Elie Munk : op cité, volume 1 : la Genèse, ibid, 1981, page 23.

(16) Carlo Suares : la Kabbale des Kabbales, Paris, Adyar Ed, 1962, page 51.

(17) Zohar I, 284b – in : La Kabbale, pages classées du Zohar. Paris Ed du chant nouveau. 1946, pages 81 et 82.

(18) Zohar I, 61 a – Ibid, page 82.

(19) Zohar I, 85 b – Ibid, page 83.

(20) Louis Rougier : l’Origine astronomique de la croyance pythagoricienne et l’immortalité de l’âme. le Caire, Institut Français d’Archéologie Orientale, Ed, tome 10, 1933.

R.P. Festugière : La Révélation d’Hermès Trismégiste, tome 3 : les doctrines de l’âme. Paris, Librairie Gabalda Ed, 1953.

Textes et Oeuvres divers publiés par les Editions les Belles Lettres.

(21) Gershom. G. Scholen : Les Origines de la Kabbale. Paris, Aubier-Montaigne Ed, 1966 page 252. On lira avec intérêt le paragraphe 10 du chapitre 2 : Migration des âmes et mystique de la prière dans le Bahir, mais aussi toute l’oeuvre de l’auteur dont les traductions figurent chez Payot et Aubier.

(22) Origène : Homélie sur Jérémie I, paragraphe 10. Paris, Ed. du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 232, 1976, pages 217 et 219.

(23) Origène : Traité des Principes – Péri Archon – III, 3. 5 – Paris, Etudes Augustiniennes Ed, 1976, page 189.

(24) Elie Munk : op cité. volume 1 : la Genèse, ibid, pages 257 et 258.

(25) Origène : Homélies sur la Genèse – XII, 4 – Paris, Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 7 bis, 1976, pages 301 et 303.

(26) Origène : Traité des Principes – Péri Archon II, 9, 7 – op cité, page 131 et Sources chrétiennes n° 252 (tome 1) page 369.

(27) Origène : Commentaire sur Saint Jean VI, paragraphe 73 – Paris, Ed du Cerf, coll Sources chrétiennes n° 157 – 1970, pages 183 et 185.

(28) Justin : Dialogue avec Tryphon – Prologue : Comment voir Dieu in : la Philosophie passe au Christ : Oeuvre de Justin. Paris, Desclée de Brouwer Ed, colle les Pères dans la foi, Ictus, 1982, page 128.

(29) Jérôme : Traité sur les erreurs contenues dans le Livre des Principes d’Origène. in : Oeuvres de Saint Jérôme. Paris, Auguste Desrez Ed, 1838, page 421.

(30) Grégoire de Nysse : la Création de l’Homme – 28 – Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll. les Pères dans la foi, 1982, pages 148 et 149.

(31) Origène : Explication du Nôtre Père – 29, in Traité sur la prière. Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll. les Pères dans la Foi, 1977, pages 108 et 109.

(32) Origène : Commentaire sur Saint Jean, op cité, avant-propos de Cécile Blanc, page 24.

(33) Origène : Ibid, VI, 85, op cité, page 191.

(34) Origène : Ibid, VI, 85, op cité, page 191.

(35) Jérôme : Correspondance, Lettre à Démétriadès. in Oeuvres de Saint Jérôme, op cité, page 663 et par une approche aisée Correspondance, Lettre n° 130, Les Belles Lettres Ed, tome 7 pages 187 à 189.

(36) Tertullien : Apologétique 48, paragraphe 2 et 3. Paris, les Belles Lettres Ed, 1971, pages 101 et 102.

(37) Marius Victorinus : Contre Arius Livre I, B, paragraphe 64 in : Traités théologiques sur la Trinité. Paris, Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 68 ; 1960 page 385.

(38) Grégoire de Nysse : Catéchèse de la Foi, 6. Paris Desclée de Brouwer Ed, Coll les Pères dans la Foi, 1978, page 94.

(39) Ibid, page 102.

(40) Premier Concile de Braga : Anathématisme contre les Priscillianistes, 1e Mai 561 ou 563. in : Textes doctrinaux du Magistère de l’Eglise sur la Foi Catholique. Traduction et présentation de Gervais Dumeige. Paris, Editions de l’Orante, 1969, page 140.

(41) Synode de Constantinople : Anathème contre Origène (?!), 543, ibid, page 140.

(42) Murphy et Sherwood : Constantinople II et III. Paris, Editions de l’Orante, Collection Histoire des Conciles oecuméniques, volume 3, 1974, pages 108 et 109.

(43) Augustin : La Cité mystique de Dieu. Livre X chapitre 30. Paris, charpentier Ed, 1843, tome 1, pages 351 et 352.

(44) Zohar II, 1999 a – in : La cabbale, pages classées du Zohar, op cité, page 99.

(45) Zohar II, 96 b – in : Le Zohar, extraits choisis et présentés par G. Scholem, op cité, page 84.

(46) Elie Munk : op cité, tome 3 : Le Lévitique, op cité, 1981, page 151.

(47) Origène : Entretien d’Origène avec Héraclide paragraphe 15, op cité, page 89.

(48) Ibid, paragraphe 22, page 99.

(49) Tertullien : La Résurrection des morts – paragraphe 40. Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll les Pères dans la Foi, 1980, page 102.

(50) Origène : Traité des Principes – Péri Archon, Préface I, 5 – op cité, page 26.

(51) Tertullien : Ibid, paragraphe 7, page 53.

(52) Ignace d’Antioche : Lettre aux philadelphiens XI, 2. in : Les écrits des Pères Apostoliques (Collectif). Paris, Editions du Cerf, Coll chrétiens de tous les temps n° 1, 1969 page 185.

(53) Justin : Dialogue avec Tryphon V, op cité page 130.

(54) Ibid, XL, op cité page 190.

(55) Irénée de Lyon : Contre les Hérésies V – in : Textes choisis. Namur, les Editions du Soleil Levant. Ed, 1963 page 150.

(56) Tertullien : Apologétique IX, 8. op cité, page 22.

(57) Tertullien : La Résurrection des morts XVI, paragraphe 10, op cité page 65.

(58) Grégoire de Nysse : la Création de l’homme XXIX, op cité page 152.

Article publié par EzoOccult le Webzine d’Hermès et mis à jour le : 29 janvier 2016

Consolamentum, réincarnation et évolution spirituelle dans le catharisme et le Christianisme Originel 2 (seconde partie) par Jean Pierre-Bonnerot

C/ Existe-t-il des stades d’évolution dans la fixation de l’âme au corps ?

D/ L’Ame peut-elle quitter le corps et dans l’affirmative sous quelle condition ?

Les interrogations que nous venons de poser étant proches, sinon complémentaires, nous tenterons d’y répondre simultanément.

Le Zohar s’exprime en ces termes :

« Le Saint béni Soit-il créa l’homme en réunissant la poussière des quatre côtés du monde (microcosme). Il fit son corps à l’endroit du Sanctuaire d’en bas et lui insuffla l’âme de vie du Sanctuaire d’en-haut. L’âme comprend trois degrés. Elle a trois appellations, à l’instar du mystère supérieur : Nefech, le souffle vital ; Rouah, l’esprit, Nechamah, l’âme. Nefech est l’échelon inférieur. Rouah, est la faculté qui domine l’échelon précédent et le maintient en vie. Nechamah est l’échelon supérieur qui domine le tout. Ces trois échelons animent les humains qui doivent servir leur Auteur. Nefech est l’organisation physique. Rouah couronne l’homme qui témoigne du souci de se purifier. Nechamah l’habite, une fois qu’il s’est élevé par les deux précédentes facultés et qu’il est devenu digne de servir son auteur. L’homme est alors intégralement parfait. Il est digne du monde à venir, il est aimé du Saint béni Soit-Il, ainsi qu’il est écrit : Je possède ce qu’il faut pour gratifier ceux qui m’aiment” (Prov VIII, 21). Qui sont ceux qui m’aiment ? Ceux que l’âme sainte anime » (59)

Il existe dans la kabbale une échelle de l’âme qui passe du souffle, à l’esprit, à l’âme. Cette graduation s’inscrit dans une mystique vers laquelle l’homme doit s’acheminer, sur le fait de cette échelle, le Zohar atteste :

« Il est écrit : “Mon âme (naphschi) te désire pendant la nuit”. Donc le mot “nephesch” désigne l’âme à l’état de sommeil. Et l’écriture ajoute : “Et mon esprit (rouah) te cherche lorsque je me réveille au point du jour”. Donc “Rouah” désigne l’âme à l’état de veille. Mais que l’on n’imagine pas que “nephesch” et “rouah” soient deux espèces différentes ; il n’en est rien ; elles ne forment qu’une seule et même essence, puisqu’elles ne peuvent exister qu’unies l’une à l’autre. Au-dessus de “nephesch” et de “rouah” il y a une essence supérieure qui les domine ; et cette essence est appelée “neschama” (âme). “Nephesch” est le degré inférieur, il est le soutien du corps qu’il nourrit ; il ne peut qu’exister uni au corps, et le corps ne peut exister qu’uni à lui. Ensuite il devient le piédestal de “rouah” ; “rouah” est donc au-dessus de “nephesch” uni au corps ainsi qu’il est écrit : “Jusqu’à ce que l’Esprit (rouah) soit répandu sur nous du haut du ciel” (Isaïe XXXII, 15). Lorsque l’homme possède “nephesch” et “rouah”, il devient susceptible de recevoir “neschama”, de manière que l’essence de beaucoup supérieure à “nephesch” et à “rouah” et aussi plus secrète que les deux autres. Il résulte donc de ce qui précède que le corps de l’homme sert de piédestal à un autre piédestal qui est “nephesch”, cet autre piédestal sert à “rouah” et “rouah” sert à son tour de piédestal à “neschama”. Que l’on approfondisse ces degrés de l’esprit humain et l’on y découvrira le mystère de la Sagesse éternelle, car c’est la Sagesse éternelle qui a formé ces échelles de l’esprit humain à l’image du Mystère suprême » (60).

À la lecture de ces deux textes complémentaires, la kabbale envisage dans sa méditation et sa révélation sur l’Ancien Testament, l’idée, le principe d’une évolution dans la fixation spirituelle de l’âme au corps.

Parmi les premiers Pères, Justin en son Dialogue avec Tryphon évoque l’idée selon laquelle l’âme hors du corps empêche ce dernier de continuer à vivre :

« L’homme n’existe pas toujours et le corps ne subsiste pas perpétuellement uni à l’âme ; lorsque cette harmonie doit se briser, l’âme abandonne le corps et l’homme n’existe plus. De même aussi, lorsque l’âme cesse d’exister, l’esprit de vie s’échappe d’elle ; l’âme n’existe plus et s’en retourne au lieu d’où elle avait été tirée ». (61)

Mais avec l’âme, l’Écriture évoque l’idée d’une puissance ce qui suppose une énergie, une dynamique en action. À propos de Jean le Baptiste, il est dit :

« Lui-même le précèdera avec l’esprit et la puissance d’Élie pour retrouver le coeur des pères vers les enfants, les indociles vers le bon sens des justes et pour apprêter au Seigneur un peuple préparé ». (Luc I, 17)

Comme le rappelle Origène en son Commentaire sur l’Évangile de Jean VI, paragraphe 66, l’esprit est autre chose que l’âme et ce que l’on appelle puissance est autre chose que l’esprit et que l’âme. Il convient de compléter la citation précédente par cette autre de l’Apôtre :

« L’Esprit Saint surviendra sur toi, la puissance du Très Haut te couvrira : c’est pourquoi l’enfant sera saint et on l’appellera fils de Dieu » (Luc I, 35).

La puissance d’Élie est pour Jean-Baptiste, et la puissance du Père est pour Jésus-Christ. Si donc, l’âme et l’esprit sont liés à une puissance, différente selon les personnes, et sans atteindre la situation du Christ Incarné qui est la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, il existe donc bien le discernement d’une échelle des puissances dans la Création Naturelle de Dieu, selon l’exégèse que l’on peut tenter de réaliser à travers le Nouveau Testament comme les kabbalistes l’ont fait à partir de l’Ancien Testament.

Existe-t-il des stades d’évolution dans la fixation de l’âme au corps, les kabbalistes l’ont affirmé par l’accès de l’être à ces niveaux d’évolution pour leur âme, et il semble que l’on puisse par contre déduire cette idée chez les Pères de l’Église selon laquelle sur le plan spirituel on retrouve cette échelle, cette hiérarchie, cette dynamique.

Saint Paul, le grand Apôtre écrit aux Romains : « De même selon l’Écriture il fut dit à Pharaon : “Je t’ai suscité pour montrer en toi ma puissance, et pour que mon nom soit glorifié sur toute la terre”. Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut. Alors tu me diras : “De quoi se plaint-il donc ? car qui peut résister à sa volonté ?” Et je te répondrai [en te citant tes prophètes] : “O homme, qui es-tu, toi qui disputes ainsi avec Die ? Le vase d’argile dira-t-il au potier : “Pourquoi m’as-tu donné telle forme ?”. De la même masse d’argile le potier n’a-t-il pas le droit de faire tel vase pour un usage d’honneur, tel autre pour un usage plus vil ? Si donc Dieu, voulant manifester sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté pendant une longue attente des vases de colère fabriqués pour périr ; et pour montrer la richesse de sa gloire sur les vases de miséricorde qu’il a préparés pour la gloire » (Romains IX, 17-24).

Tertullien en son traité la Résurrection des morts explique bien que les vases évoqués par l’Apôtre sont les hommes :

« Ainsi la boue s’est-elle effacée, absorbée dans la chair. Quand ? Lorsque l’homme devint une âme vivante sous le souffle de Dieu (Gen II, 7), qui, bien sûr, était chaud, et capable, en quelque sorte, d’assécher la boue pour en faire une autre substance, comme une poterie, c’est à dire la chair. Ainsi est-il possible au potier, en réglant bien le souffle du feu, de transformer l’argile en un matériau plus robuste, et de tirer d’une forme, une forme nouvelle, plus commode que la première, constituant désormais une catégorie propre, avec un nom à elle. Car s’il est écrit : “Est-ce que l’argile dira au potier … ?” (Rom IX, 20), c’est à dire l’homme à Dieu, et si l’Apôtre dit : “dans des pots de terre (2 Cor IV, 7), l’argile c’est l’homme, parce qu’il était auparavant de la boue, et la poterie c’est la chair, parce qu’elle est sortie de la boue sous l’effet de la chaleur du souffle divin ». (62)

Le Maître Alexandrin expliquera ensuite ce message de l’Apôtre en son Traité des Principes :

« Si donc quelqu’un se purifie des fautes dont je parle, il sera un vase noble, sanctifié, utile au Seigneur, propre à toute oeuvre de bien (II Tim 20-21). Si donc quelqu’un est purifié, il devient un vase noble ; celui qui au contraire a négligé d’éliminer les actes d’impudicité, celui-là devient un vase vil ». (63)

Par la purification des fautes, il y a ascension de l’âme passant d’un vase vil à un vase noble, et cela éventuellement par le fait de la grâce ou par la progression individuelle et s’il convient d’évoquer encore – et toujours – le Maître d’Alexandrie, le Père des Pères de l’Églises, il conviendra ensuite que nous expliquions ce « jugement » qu’il émet en ses Homélies sur Jérémie :

« Avant de t’avoir façonné dans le ventre de ta mère je te connais (Jér. I, 5). Si le Seigneur connaissait tous les hommes, car il faut rapprocher de ce verset les mots ” Je ne sais pas parler” (Jér. I, 6), il n’aurait pas dit à Jérémie comme une chose exceptionnelle : “je te connais”. Donc Dieu connaît les hommes éminents, il connaît ceux qui sont dignes d’être connus de lui, en somme “Le Seigneur a connu les siens” (II, Tim II, 19), les indignes au contraire, Dieu ne les connaît pas et le Sauveur ne les connaît pas d’avantage, lui qui a dit : “Je ne vous ai jamais connus ». (Matth. VII, 23) (64).

Connaître veut dire naître avec. Connaître Dieu c’est naître avec Dieu et là réside l’un des mystères de la Prière sacerdotale lorsque le Christ Jésus dialoguant avec son Père, répond :

« Et moi, je te prie pour eux. Je ne te prie pas pour le monde ; mais pour ceux que tu m’as donnés ; parce qu’ils sont tiens, – oui, tout ce qui est mien est tien et tout ce qui est tien est mien, – et j’ai glorifié en eux ». (Jean XVII, 9-11)

« Et ce n’est pas seulement pour ceux-ci que je prie, mais aussi pour ceux qui par leur parole croient en moi, afin que tous ils soient un » (Jean XVII, 20, 21).

Si le Christ a accompli la réintégration de tous les êtres, c’est à Gethsémani. La face contre terre, le Christ n’est pas en situation de doute, mais, sans pour autant défaillir, le Sauveur tressaille devant le spectacle que représentent tous les péchés du monde, non pas comme devant une peur, mais comme une preuve physique de son acceptation dans l’abnégation.

À côté de cette réintégration de tous les êtres accomplie par le Christ vient notamment se greffer la prière en faveur de ceux pour qui le Seigneur prie particulièrement, et qui par leur fonction de disciples vont à leur tour agir et prier pour ceux qui ne sont point encore parvenus à ce niveau spirituel qu’est la réconciliation avec la Très Sainte Trinité et qui est la naissance non pas selon la fibration de la chair, du sang ou de la volonté de l’homme, mais la naissance avec Dieu.

Dieu connaît les autres êtres, toutes ses créatures, mais il connaît ses disciples dans la mesure où le Christ les reconnaît :

« Epheta ! Recevez le souffle de l’Esprit Saint, acceptez la parole divine, soyez illuminés par la vraie connaissance. Aujourd’hui, le Christ vous a reconnu ». (65)

et cette formule qui appartient à la liturgie baptismale de l’Eglise Gnostique Apostolique fait ressortir ce principe de la Reconnaissance qui se trouve donc, – nous le verrons plus loin dans le cadre de notre analyse plus poussée du Baptême -, une Re-Naissance avec Dieu, et nous revenons ainsi à l’entretien de Jésus avec Nicodème.

La présentation qui précède n’est pas contraire à la pensée des philosophes anciens et Jamblique par exemple en son Traité de l’âme, déclare :

« En outre les âmes pures et parfaites vont loger dans les corps d’une manière pure, sans être affectées de passions et sans être privées de la fonction intellectuelle ; pour les âmes de nature contraire, c’est le contraire. Mais Atticus et d’autres Platoniciens, ne sont pas de cet avis : ils unissent toutes les âmes aux corps selon un mode unique de rencontre ; d’une manière toujours identique dans toute incorporation des âmes ; ils font exister d’abord l’âme irrationnelle, désordonnée et immergée dans la matière, et, quand cette âme a été bien ordonnée, ils la font en surplus s’unir à l’âme raisonnable ». (66)

Ceci nous ramène à l’idée des vases évoqués par l’Apôtre. L’un des points essentiels de la théologie de l’Hermétisme c’est que c’est à l’âge de raison que l’être acquiert le discernement de la route qu’il doit choisir pour son âme, et cet âge est celui de la puberté, thèse que reprendra Tertullien en son Traité sur l’Ame (chapitre 38), conscience venant vers l’âge de 14 ans qui débouchera chez ces philosophes grecs apparentés à l’Hermétisme et à la Gnose sur la valeur morale de notre choix de vie, et dans le choix du genre de vie à la puberté, accompli par l’âme dans le corps, Jamblique ajoute :

« Les genres de vie se distinguent soit comme les meilleurs caractérisés selon Platon par la purification, l’élévation et le perfectionnement de l’âme, soit comme les pires, opposés aux précédents par les caractères contraires ». (67)

Le bon choix c’est de connaître Dieu, c’est à dire donc de Re-Naître et Hermès dans le Poimandrès évoque cette situation :

« Dieu ayant ainsi parlé, la Providence, par le moyen du destin et de l’armature des sphères, opéra les unions et établit les générations, et tous les êtres se multiplièrent chacun selon son espèce, et celui qui s’est reconnu soi-même est arrivé au bien élu entre tous, tandis que celui qui a chéri le corps issu de l’erreur de l’amour, celui-là demeure dans l’obscurité, errant, souffrant dans ses sens les choses de la mort ». (68)

Hermès évoque au paragraphe 21, la connaissance que l’homme peut avoir de Dieu par l’analogie de sa propre constitution où étant fait de vie et de lumière, il peut découvrir ce qu’est Dieu qui est Vie et Lumière.

Ces deux voies, nous les retrouvons dans la Didaché qui commence par ces mots : « Il y a deux voies l’une de la vie, l’autre de la mort ; mais la différence est grande entre ces deux voies ». (69)

Ces deux voies ne conduisent pas à un manichéisme, mais à l’ajournement de l’âme vers sa purification, la mort comme seconde voie est le résultat de cette autre attitude de l’homme qui ne cherche pas Dieu et c’est pourquoi le Christ répond à propos du disciple qu’Il aimait à Pierre :

« Si je veux que celui-là continue jusqu’à ce que je vienne que t’importe ? Toi, suis-moi ! » (Jean XXII, 22)

Les stades d’évolution dans la fixation de l’âme au corps appartiennent à deux modes, le spirituel et le temporel que représente l’âge de raison, fixé par les philosophes grecs et Tertullien à quatorze ans.

L’âme peut-elle quitter le corps ? Plotin en ses Ennéades répond :

« Ne faut-il pas dire plutôt que l’âme est présente au corps comme le feu est présent à l’air, car le feu est présent à l’air sans être présent, il y est présent tout entier sans être mêlé à rien, et il reste lui-même en pénétrant l’autre. Et quand il se retire de l’air où il produit la lumière, il s’en va sans en rien emporter ; de sorte qu’on pourrait dire que c’est l’air qui est dans la lumière avec autant de raison qu’on dit que la lumière est dans l’air. C’est pourquoi Platon parlant de Psyché et du Cosmos dit fort bien que Psyché n’a pas été placée toute entière dans le corps du Tout, mais seulement il y a d’elle dans le corps ce qui est nécessaire de son être à l’être du corps, mais rien de ce qui n’est pas nécessaire : ce qui indique clairement qu’il y a des puissances de Psyché dont le corps n’a pas besoin. Et il en est de même des autres âmes ». (70)

Jamblique à propos de la façon dont l’âme se sert du corps répond toujours en son Traité de l’Ame : « Car les uns disent qu’elle ressemble à la fonction du pilote sur un navire, duquel le pilote peut aussi se détacher séparément ». (71)

Le navire c’est le corps ; le pilote, c’est l’âme et Plotin avant Jamblique précisait au chapitre précédent de ses Ennéades : « On dit que l’âme est dans le corps comme le pilote dans un navire. C’est exact pour exprimer que l’âme est quelque chose qui peut être à part de ce qu’est le corps ». (72)

Porphyre en son Traité à Gavros : Sur la manière dont l’embryon reçoit l’âme, précise un point très important et qui complète Plotin et Jamblique, celui selon lequel l’âme non seulement n’est pas captive du corps que cette dernière ne dépend pas de l’ordre corporel, mais encore qu’elle a lieu en vertu d’une aptitude.

« Ce drame qu’on nous offre ainsi de la capture de l’âme est lui aussi pure fiction, et nullement le fait de connaisseurs, mais de gens qui de nouveau ignorent que l’âme n’est pas capturée, comme par la main ou par un lien ou au moyen d’une cage : car pour tout dire d’un mot, sa capture n’est pas de l’ordre corporel, elle n’a lieu qu’en vertu d’une aptitude, comme le feu non plus ne laisse pas prendre par un lien ou par la main, mais seulement en vertu de l’aptitude de la matière combustible ». (73)

Quelle est cette aptitude qu’évoque Porphyre, n’est-elle pas explicitement évoquée dans ce passage de son traité :

« Ainsi en va-t-il aussi du petit corps de l’embryon qui est dans le sein et en train de se rendre accordé à une âme : avant d’avoir reçu le degré suffisant d’accord avec l’âme, il ne la possède pas ; a-t-il été accordé, aussitôt il possède, présente en lui, l’âme qui doit l’utiliser ; mais tant que l’accord fait défaut, l’âme n’est pas présente, bien que le monde soit tout rempli et gorgé d’âmes ». (74)

L’absence de l’âme propre au corps qui lui est destinée est donc possible chez tous ces philosophes qu’il s’agisse de Jamblique ou de Plotin, par exemple et Porphyre d’ajouter qu’en ce cas d’absence, une âme impropre peut venir dans le corps ; ce qui deviendra le phénomène de possession ; bien même après que l’accord ait été conclu. Il y a donc possibilité chez ces philosophes que l’âme propre quitte ultérieurement le corps :

« Si cet accord est rompu, le corps peut sans doute admettre des âmes d’une autre sorte, par exemple des âmes de vers de cadavres et de vers de terre, mais il s’est séparé de l’âme qui lui était appropriée et consonante ». (75)

Ceci est-il contraire à l’enseignement des Pères et à la théologie chrétienne ?

Si Porphyre enseigne que le corps peut recevoir une âme impropre, Justin déclarera en son Dialogue avec Tryphon que le corps peut recevoir une âme impropre :

« Et les âmes jugées indignes de cette vision, que leur arrive-t-il ? dit-il

Elles sont emprisonnées sans le corps de quelque animal et c’est là leur châtiment

Elles savent donc pourquoi, elles sont dans ce corps et qu’elles ont commis un péché ?

Je ne le pense pas ». (76)

Le problème qui nous occupe n’est pas d’examiner le bien fondé ou non de la régression dans l’idée de métempsycose mais de savoir si l’âme vivante n’est pas communiquée seulement à ceux qui sont les disciples de Dieu, sans que cela empêche les autres de mener une vie selon un autre monde.

Justin en son Dialogue avec Tryphon évoquant Isaïe XLII, 5-13 explique : « Vous avez compris, amis, que Dieu dit qu’il donnera sa gloire à celui qu’il a établi Lumière des nations, et à nul autre, et non point comme disait Tryphon que Dieu se réserve à lui-même sa gloire ». (77)

Irénée de Lyon déclare dans son traité Contre les Hérésies :

« L’homme parfait est un mélange et une union de l’âme, recevant l’esprit du Père liée à la chair qui est formée à la ressemblance de Dieu. C’est pourquoi l’Apôtre dit : “Nous prêchons la sagesse aux parfaits (I Cor II, 6), disant parfaits ceux qui ont reçu l’Esprit de Dieu et parlent toutes les langues par l’Esprit de Dieu, comme il parlait Lui-même… l’Apôtre les appelle des spirituels : ils sont spirituels par la communication de l’Esprit et non par défaut et suppression de la chair, et selon simplement le seul Esprit… Quand cet Esprit mêlé à l’âme, est uni à la créature, à cause de l’effusion de l’Esprit, l’homme est devenu spirituel et parfait : et c’est lui qui a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais si l’Esprit vient à manquer à l’âme, l’homme en cet état est vraiment un homme animal, et, abandonné à l’état charnel, il sera imparfait : il a bien l’image (de Dieu) en son corps créé, mais il n’assume pas la ressemblance par l’Esprit ». (78)

Cette distinction a été faite par le Christ, à Gethsémani, dans le cadre de la prière sacerdotale, la gloire de Dieu, le Christ la communique à ses disciples et non au monde :

« Moi, je leur ai donné ton Verbe, et le monde les hait, parce qu’ils ne sont pas de ce monde, non plus que moi, je ne suis de ce monde… Oui, comme toi Père tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi en nous ils soient un, afin que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. Oui, je leur ai donné, moi la gloire que tu m’as donnée : qu’ils soient un comme nous sommes un ». (Jean XVII, 14 et 21 et 22)

Il serait aisé de multiplier les exemples patristiques, mais nous alourdirions notre propos. Il apparaît que l’Ame se fixe au corps sous réserve d’une évolution spirituelle vers Dieu et quitter le corps devenu animal, à l’occasion d’une tension inverse, et pour conclure provisoirement cet ensemble de quatre points, nous citerons quelques vers du Miserere de Marius Victorinus, un grand Père de l’Eglise qui est trop oublié :

« Aie pitié de moi, Seigneur ! Christ aie pitié de moi ! J’ai aimé le monde, parce que tu avais fait le monde ; j’ai été prisonnier du monde, alors que le monde jalouse les tiens ; maintenant je hais le monde, parce que maintenant j’ai goûté l’Esprit.

Aie pitié de moi, Seigneur ! Christ, aie pitié de moi !

Seigneur secours ceux qui sont tombés ! Secours ceux qui se repentent ! Car, par ton divin arrêt, par ta sainte décision, mon péché même fait partie du mystère du salut !

Aie pitié de moi, Seigneur ! Christ, aie pitié de moi !

Seigneur, je connais ton commandement ! Je sais que la loi du retour, en mon âme est gravée ! Oui, je me hâte, si tu m’ordonnes de revenir à toi, ô notre Dieu ». (79)

*

* *

Le baptême d’eau ou de repentance accompli par Jean le Baptiste passe par la conversion. Cette conversion suppose une faculté autonome de conscience, que les Pères, nous l’avons entrevu, désignent sous le nom de Puissance et chez les philosophes néoplatoniciens sous le nom d’aptitude, par laquelle l’âme s’insère dans le corps.

En plusieurs instants des Evangiles, Marc X, 13-16, Luc XVIII, 15-17, Matthieu XIX, 13-16 il est manifesté que les disciples gourmandent ceux qui se présentaient des petits enfants au Christ :

Alors on lui présenta des enfants pour qu’il pose les mains sur eux et prie ; mais les disciples les tançaient ; Jésus leur dit : Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le règne des cieux est à leurs pareils. Il posa les mains sur eux et s’en alla“.

Si le Christ ne rejette pas les enfants, c’est bien entendu parce que partie intégrante de Sa création Jésus n’a perdu aucune de ses créatures, pas même le Fils de Perdition pour que l’Ecriture soit accomplie. L’enfant est un être important dans l’économie divine car c’est à son exemple que l’homme doit revenir et cet exemple est celui de la pureté qui débouche sur l’état d’innocence sinon d’absence de péchés :

Oui je vous le dis, si vous ne vous retournez pas et ne devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Règne des cieux. Celui qui s’abaissera comme cet enfant, c’est lui le plus grand dans le règne des cieux“. (Matthieu XVIII, 3-5)

Le retour à l’état d’innocence passe par la conversion et la pénitence. Le baptême de pénitence est un baptême d’eau. Tertullien à propos de ce symbolisme de l’eau écrit en son Traité du Baptême :

Au commencement, est-il écrit, Dieu fit le ciel et la terre. Or la terre était invisible et chaotique et les ténèbres couvraient l’abîme et l’esprit de Dieu était porté sur les eaux”. Homme, il te faut vénérer cet âge reculé des eaux, car c’est une matière qui date de l’origine. Révère aussi sa dignité, puisqu’elle était le siège de l’Esprit divin qui le préférait alors aux autres éléments. Les ténèbres étaient encore informes, sans l’ornement des astres, l’abîme était sombre, la terre non ébauchée, le ciel mal dégrossi : seule l’eau, matière parfaite dès l’origine, féconde et simple, s’étendait transparente comme un trône digne de son Dieu“. (80)

Le Dr A.E. Chauvet en son magistral ouvrage sur l’Esotérisme de la Genèse traduit le verset 2 de la Genèse ainsi :

Le vivant Esprit reçu et transmis par l’Angélie fécondait et incubait les manifestations, virtuelles des Eaux primordiales, Milieu-Contenant Universel, dont les Productions futures de l’Univers sensible, jusqu’alors indistinguées constituaient le contenu“. (Genèse I, 2) (81)

C’est l’eau qui contient les Productions futures de l’Univers sensible et l’on comprend dès lors que Tertullien ajoute :

C’est cette première eau qui enfanta tout ce qui vit pour qu’on n’ait pas lieu de s’étonner si, dans le baptême, les eaux encore produisent la vie“. (82)

L’eau enfante ce qui vit, le baptême d’eau est un baptême d’enfantement vers la vie et dans le récit de la Genèse c’est aux eaux que Dieu commanda en premier de produire des animaux vivants.

L’eau est le lieu, l’élément privilégié qui prépare la manifestation du Christ dans le monde. Jésus est d’abord “baptisé” dans le Jourdain par Jean, et se montre alors la gloire de Dieu : “Si tôt immergé, Jésus remonta des eaux et voilà que les cieux s’ouvrirent, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voilà que, des cieux, une voix dit : Celui-ci est mon fils, l’aimé dont je suis content” (Matthieu III, 16 et 17) et le premier miracle de Jésus se réalise avec noces de Cana dans le cadre de l’Evangile de Jean (II, 7-10) :

Jésus leur dit : Remplissez d’eau les urnes. Et ils remplirent jusqu’en haut. Il leur dit : Puisez maintenant et portez-en au chef. Ils en portèrent. Quand le chef goûta l’eau devenue du vin, il ne sut pas d’où il provenait, mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient“.

L’eau devenue vin aux noces de Cana préfigure la Sainte Cène qui transubstantera le vin en Corps du Sauveur et ces noces de la terre anticipent les noces eucharistiques qui préfigurent la Communion dans la Nouvelle Jérusalem.

La figure de l’eau est un point essentiel donc de la vie de Jésus et Tertullien en son Traité du Baptême écrit :

Jamais le Christ n’apparaît sans l’eau ! Lui-même est baptisé dans l’eau ; invité à des noces, c’est l’eau qui inaugure les commencements de sa puissance. Annonce-t-il la Parole ? Il convie ceux qui ont soif à boire son eau éternelle ! Traite-t-il de la charité ? Il reconnaît comme oeuvre d’amour le verre d’eau donné au prochain. Près d’un puits il répare ses forces. Il marche sur l’eau, il la traverse volontiers ; il lave avec l’eau les pieds de ses disciples… quand il est condamné à la Croix, l’eau intervient encore, c’est pour les mains de Pilate. Quand il est transpercé, l’eau jaillit de son côté, c’est par la lance du soldat“. (83)

Le mystère de l’eau est fondamental dans la théologie scripturaire et sacramentelle : elle apparaît comme le témoin de ce qui est pur et illuminé. La liturgie gnostique fait dire au célébrant lorsqu’il verse le vin dans le calice :

Un des soldats transperça avec sa lance le côté du Seigneur. Il en sortit du sang et de l’eau, pardon du monde entier. Celui qui l’a vu en rendit témoignage et son témoignage est véridique“. (84)

L’eau est donc assimilée au pardon, à la repentance qu’à l’occasion du Lavabo le célébrant manifeste par cette prière encore :

Je ne me lave pas les mains, Seigneur, comme ceux qui sont innocents, et je frémis de me tenir devant votre autel, car je sais que je suis un grand pécheur. Par votre grâce infinie, que cette eau me lave de la souillure de mes péchés et efface les traces de mes iniquités dans l’océan de votre clémence. O Dieu, dissipez la rouille de m es péchés et des offenses, dans votre bonté et votre miséricorde. Amen“. (85)

A côté du mystère du repentir figure celui de la conversion. Il est deux textes du Nouveau Testament qu’il convient de garder en mémoire :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi : c’est moi qui ai fait choix de vous et qui vous ai établis mes envoyés, pour que vous portiez du fruit, du fruit qui demeure et pour vous accorder ce que vous demanderez au Père en mon nom“. (Jean XV, 16)

Saül qui exhalait encore la menace et le meurtre à l’égard des disciples du Seigneur, s’approcha du Grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin de lier hommes et femmes qu’il trouverait de cette voie et de les amener à Jérusalem. Il y alla et, comme il approchait de Damas, une lumière du ciel l’éblouit soudain et, tombant par terre, il entendit une voix qui lui disait : Saül, Saül, pourquoi me poursuis-tu ? Il dit : Qui es-tu Seigneur ? Et lui : Je suis Jésus que tu poursuis. Mais lève-toi entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire“. (Acte IX, 1-7)

Saül se relèvera de terre, aveugle, ne mangeant ni ne buvant pendant trois jour.

Il y avait à Damas un disciple appelé Ananie. Le Seigneur lui dit : “Lève-toi, va dans ce qu’on appelle la rue Droite et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saül de Tarse ; car le voilà qui prie et il a vu un homme appelé Ananie, qui entrait et qui posait les mains sur lui pour qu’il voie… Le Seigneur lui dit : Va, car c’est pour moi un outil de choix pour porter mon nom devant les nations, les rois et les fils d’Israël ; car je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom“. (Actes IX, 10-13 et 15-17)

Le mystère de la conversion passe par le mystère du repentir et le mystère de la souffrance réparatrice passe par celui non moins énigmatique de la violence que l’on a imposé antérieurement à d’autres. Ce point dernier a été entrevu dans le cadre de notre étude précédente à propos des conditions de l’alliance. (86)

Il fallait que Paul persécute les chrétiens avec acharnement pour connaître une nuit intérieure aussi profonde que par son passé. Cette profondeur s’inscrit dans l’abîme intérieur qui est l’une des lectures du Prologue de Saint Jean I, 5 :

Et la lumière lui dans la Ténèbre

Et la ténèbre n’a pas compris.”

Alta rappelle naturellement en sa traduction et son commentaire de Jean (87) que le texte dit bien la Ténèbre et non les Ténèbres, pour indiquer – dit-il – aux esprits réfléchis que ce texte veut suggérer non pas un dogme, mais un mystère.

La ténèbre de chaque homme doit recevoir la lumière qui est le Christ. Il est des hommes qui n’ont point compris cette présence parce qu’ils ne sont pas descendus assez dans les ténèbres de leur coeur. Le préfixe « Com », comme, « con » signifie avec et comprendre, c’est prendre avec, mais l’on ne peut prendre avec quelque chose que ce que l’on a de cette chose, il faut encore qu’elle existe en quantité suffisante pour prendre avec, proportionnellement, autant, de cette autre chose qui présentement pour la ténèbre est la Lumière. Le texte suivant de l’Apocalypse III, 16 : “Parce qu’ainsi tu es tiède et ni froid, ni chaud, je vais te vomir de ma bouche” est à prendre en considération, car le tiède n’a pas assez de ténèbre pour accueillir d’avantage de lumière, à l’inverse le froid qui est un puits immense d’accueil et du chaud qui possède déjà toute la lumière, ou du moins suffisamment.

La ténèbre intérieure comme la ténèbre de la Genèse n’est pas un lieu de conscience en tant que tel : ce point est fondamental et il n’est pas un contenu, et le Dr. A.E. Chauvet traduit fort remarquablement ce Prologue de Genèse I, 2 en son Esotérisme de la Genèse : “Déjà pourtant la Ténèbre, Puissance de concentration et de compression agissait sur l’Abîme, contenant universel…

Si l’homme n’a pas pris conscience de son péché comment parviendra-t-il à se purifier?

La lumière provoque un tourbillon dans l’abîme de notre cœur jusqu’alors empli de la ténèbre et transmue – si on l’accepte – cette ténèbre, en lumière, qui est à la fois conscience engendrant le repentir et qui débouche sur l’Amour.

Ceux qui habitent le pays de l’ombre, sur eux un lumière a brillé” (Isaïe IX, 1)

Paul accepte cette lumière lui qui habitait le pays de l’ombre, parce qu’il a prié et sa prière est le lieu transfigurateur de son repentir, et l’on ne peut se repentir que si l’on a péché. L’Apôtre ne nous dit-il pas :

Vous avez été ténèbre autrefois, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur : vivez donc comme des enfants de lumière ; et le fruit de la lumière c’est toute sainteté, toute justice, toute vérité“. (Ephésiens V, 8)

La conversion passe par le choix accompli par le Christ en faveur de chaque créature, non pas que chaque créature ne puisse être choisie, mais elle est appelée et c’est la vocation par Dieu. Dès lors qu’elle est prête à entendre Son appel.

Origène le grand Origène, le Maître d’Alexandrie écrit à propos du Prologue de Jean en son Commentaire sur Saint Jean :

La Parole sacrée sait que les commandements sont une lumière ; Isaïe dit “Car tes ordonnances sont une lumière sur la terre”, ainsi que David au Psaume 18 : “la loi du Seigneur est pleine de lumière, elle éclaire les yeux”. Mais qu’il existe à côté des ordonnances et des lis, une lumière de connaissance, nous le découvrons chez l’un des douze petits prophètes : “Semez pour vous en vue de la justice, vendangez en vue d’un fruit de vie, éclairez-vous d’une lumière de connaissance”… “D’autre part les ténèbres sont prises dans le sens des actions mauvaises ; le même Jean nous l’apprend dans son épître en disant : “Si nous prétendons être en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous mentons et nous ne pratiquons pas la vérité” et, plus loin, “Qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres” et, enfin, “Qui hait son frère est dans les ténèbres, il va et vient dans les ténèbres, il ne sait où il se dirige parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux”… “Remarque bien cette (parole) : dieu est lumière, et en Lui il n’y a pas de ténèbres” ; n’a-t-elle pas été prononcé parce qu’il n’existe pas une seule ténèbre mais deux, si l’on considère les genres, ou même, puisqu’on trouve en chaque individu beaucoup de mauvaises actions et d’opinions fausses, c’est qu’il y a beaucoup de ténèbres, dont aucune n’est en Dieu. Quant au saint, à qui le Sauveur déclare : “Vous êtes la lumière du monde, il n’est pas dit que le Saint est la lumière du monde et qu’en lui il n’y a pas de ténèbres“. (89)

Dieu est lumière et il n’y as pas en Lui de ténèbre parce qu’il est l’Amour ; c’est la Lumière, mais il en est une autre qui permet de communier à la Lumière Primordiale, Originelle, c’est celle de la Connaissance, qui est s’il s’agit de la Connaissance de Dieu, de naître avec Dieu !

Dieu s’est fait pour que l’homme s’approche le plus possible de Dieu ! Si le Christ s’est chargé de nos ténèbres c’est pour abolir notre mort en anéantissant les ténèbres qui sont en notre âme et Origène d’ajouter encore :

Cette Lumière qui est dans le Verbe et qui également la Vie “brille dans les ténèbres” de nos âmes et s’établit là même où (demeuraient) les princes de ce monde de ténèbres ceux qui ne sont pas d’une fermeté assez absolue pour être appelés, une fois éclairés, ‘Fils de Lumière’“. (90)

Il s’opère une transformation de ces ténèbres en lumière et lorsque le Maître Alexandrin évoque le Psaume 117 : “Dieu a fait des ténèbres sa retraite“, il précise : “D’une manière plus paradoxale, je pourrais dire aussi des ténèbres prises en bonne part qu’elles se hâtent vers la lumière, la saisissent et deviennent lumière, parce que n’étant pas connues, ces ténèbres changent de valeur pour celui qui auparavant ne voyait pas, de telle manière que, après avoir été instruit, il déclare que la ténèbre qui était en lui est devenue Lumière, une fois qu’elle a été connue“. (91)

Nous revenons ainsi au mystère de la conversion qui passe par le mystère du repentir, qui est celui de la conscience.

Après l’explication du Notre Père, on comprend qu’immédiatement après, alors, apparaisse dans le rituel cathare du Consolamentum cette exhortation :

Voilà pourquoi vous devez comprendre, si vous voulez recevoir cette oraison, qu’il faut vous repentir de tous vos péchés et pardonner à tous les hommes, vu que dans l’Evangile le Christ dit : “Si vous ne remettez pas aux hommes leurs péchés, votre Père céleste ne vous remettra pas non plus vos péchés”. De même, il convient que vous vous décidiez dans votre coeur à mettre en pratique cette sainte oraison tout le temps de votre vie, si Dieu vous accorde de recevoir la grâce, selon la coutume de l’Eglise de Dieu…” (92)

Le Baptême d’eau est le baptême du repentir et de la conversion : c’est la première étape du Baptême de l’Esprit et c’est pourquoi, en conclusion à la première étape du Consolamentum, il est dit :

Que l’ordonné commence alors le perdonum. Qu’il dise ensuite l’oraison comme c’est la coutume ; la prière terminée ainsi que les “grâces” que le croyant dise alors avec respect devant l’Ordonné : “Bénissez, ayez pitié de nous, amen ! Qu’il nous soit fiat le Seigneur selon ta parole”. Et que l’Ordonné dise : “Que le Père, le Fils et le Saint Esprit vous remettent tous vos péchés !” (93)

Il n’y a pas dans le Catharisme de mépris ni de rejet du Baptême de repentance qui est rappelé à l’occasion de cette première partie et le rituel d’affirmer :

De même personne ne doit penser que, par ce baptême que vous avez l’intention de recevoir, vous deviez mépriser l’autre baptême, votre premier christianisme et le bien quel qu’il soit que vous avez fait ou dit jusqu’à présent, mais vous devez comprendre qu’il vous faut recevoir le saint ordinamentum du Christ en supplément de celui qui était insuffisant pour votre salut“. (94)

III – Le Baptême d’Esprit et de Feu : Deuxième étape du Consolamentum

Que l’on s’entende bien ! Si le Baptême d’eau ou de repentance ne suffit pas pour acheminer vers la vie éternelle, cela ne signifie pas qu’il n’ait point de vertus, mais ces vertus du baptême de repentance préparent d’autres grâces qui elles permettent au chrétien de parvenir à la Nouvelle Jérusalem. Sur ce point nous renvoyons le lecteur à notre précédente étude (95).

Le Baptême d’Esprit et de Feu est le Sacrement de la Confirmation dans l’occident chrétien et de la chrismation dans l’Orthodoxie : dans le cadre du catharisme il est l’une des formes du Consolamentum.

Quand Simon vit que l’Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur présenta de l’argent“. (Actes VIII, 18)

L’imposition des mains en vue de la réception du Saint Esprit est distincte du Baptême :

Les apôtres à Jérusalem, entendirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu et ils leur envoyèrent Pierre et Jean qui y descendirent et prièrent pour eux pour qu’ils reçoivent le Saint Esprit, car il n’était encore tombé sur aucun d’eux : ils avaient seulement été immergés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils imposèrent les mains sur eux et eux recevaient l’Esprit Saint“. (Actes VIII, 14-18)

Il convient de retenir avant d’aller plus outre, cet autre passage des Actes XIX, 1-7 :

Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul parcourut le haut pays et vint à Ephèse. Il y trouva quelques disciples et leur dit : Avez-vous reçu le Saint Esprit depuis que vous avez la foi ? Ils lui dirent : Nous n’avons pas même entendu parler d’un Saint Esprit ! Il leur dit : Quelle immersion avez-vous donc reçue ? Ils dirent l’immersion de Jean. Paul leur dit : l’immersion par Jean immergeait pour la conversion, il disait au peuple de se fier à celui qui venait après lui, c’est à dire à Jésus. A ces paroles, ils se firent immerger au nom du Seigneur Jésus. Et comme Paul posait les mains sur eux, l’Esprit Saint vint vers eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient“.

Ainsi apparaît dans l’esprit des disciples qu’il y a plusieurs immersions et que la première ou le baptême de repentance et de conversion, donne la foi. Le baptême de l’Esprit offre la possibilité de parler les langues et de prophétiser, en un mot de témoigner. Il y a un jeu de mot entre le fait de parler des langues pour témoigner envers toutes les nations et a réception des langues de feu qui le jour de la pentecôte se partagent et se posent sur chacun des apôtres.

Ce phénomène est antérieurement présent dans l’Ancien Testament en divers lieux mais le fait le plus marquant est sans doute en les Nombres XI, 25 : “Iahvé descendit dans le nuée et lui parla. Il reprit de l’esprit qui était sur lui et en mit sur les soixante dix hommes, les anciens. Or, dès que l’Esprit se reposa sur eux, ils prophétisèrent, mais ils ne recommencèrent pas“.

Le Talmud nous précise que s’il survient une lacune dans la perfection morale du prophète, le don de la prophétie se perd, soit pour un temps, soit définitivement. A la suite du verset 25, le texte de poursuit ainsi :

Deux hommes étaient restés dans le camp, le nom de l’un était Eldad et le nom du deuxième était Meydad. L’esprit se reposa sur eux, car ils étaient parmi les inscrits, mais ils n’étaient point sortis vers la Tente, et ils prophétisaient dans le camp. Un jeune homme courut l’annoncer à Moïse et dit : “Eldad et Meydad prophétisent dans le camp !”. Josué, fils de Noun, ministre de Moïse depuis son adolescence, prit la parole et dit : “Mon seigneur Moïse empêche les ! ” Mais Moïse lui dit “Es-tu jaloux pour moi ? Qui fera que tout le peuple de Iahvé mettrait son esprit sur eux !” Puis Moïse se retira dans le camp, Lui et les anciens d’Israël” (Nombres XI, 26-31)

Comme le rappelle le rabbin Elie Munk :

Les deux prophètes Eldad et Médad furent particulièrement appréciés pour leur modestie et leur humilité. Ils en furent par cinq fois, distingués des autres anciens. Ceux-ci prédisaient juste ce qui se passerait le lendemain au sujet des cailles ; Eldad et Médad annonçaient ce qu’il adviendrait dans les jours futurs. Les autres prophétisaient seulement pour un jour, mais eux reçurent le don de prophétie pour toute leur vie. Les autres moururent dans le désert, tandis qu’Eldad et Médad étaient encore chefs du peuple après la mort de Moïse. Leurs noms sont mentionnés dans l’Ecriture, alors que les noms des autres n’y figurent pas. Enfin l’ensemble des anciens a reçu le don de prophétie de Moïse, mais eux deux le tinrent directement de Dieu” (96)

Il y a une attitude de modestie et d’humilité qu’il convient de posséder lorsque l’on reçoit l’Esprit Saint et nous revenons aux vertus morales de repentance et de conversion acquises par le baptême d’eau qui préparent à la réception et à l’épanouissement du Baptême d’Esprit.

L’Eglise Gnostique Apostolique en sa liturgie de la Confirmation offre ce préambule qui rappelle une première fois la baptême des Eglises Apostoliques :

Mon frère (ma soeur) vous venez aujourd’hui demander à l’Eglise de Dieu, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, le sacrement de la Confirmation : vous allez tout à l’heure confirmer votre foi et vous engager au service de l’Eglise. L’Eglise à son tour vous confirmera dans la fonction sacerdotale que vous endosserez en devenant membre de l’Eglise Priante, Souffrante, Militante. “Par votre baptême, vous étiez entré dans le corps mystique du Christ et votre âme, acquise à Dieu, avait accepté la Parole Divine. Après avoir été pris en charge, avec la grâce de Dieu, par l’Eglise ; aujourd’hui, par la Confirmation, vous allez être consacré par l’Esprit Saint, pour agir dans le monde, au Nom de Notre Seigneur car : “Jadis vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes Lumière dans le Seigneur ; conduisez-vous comme de vraies lumières” (Ephésiens V, 8) – Le Catéchumène est devenu chrétien. Le chrétien est devenu disciple de Notre Seigneur Jésus+Christ ; et parce que vous aspirez, pour autant que cela soit possible à la faiblesse humaine, à devenir Ami du Sauveur, portant avec Lui, la Croix du monde, je vous appelle, mon frère, au Nom de l’Eglise du Dieu Vivant, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, à travailler pour la Réconciliation Universelle” (97).

Dans le cadre de la deuxième partie du Sacrement, l’E.G.A. demande au baptisé de renouveler sa renonciation au Prince de ce monde et son adhésion au Christ, engagement pris non seulement une première fois à l’occasion de son baptême et la troisième partie commence ainsi :

“Mon Frère (Ma Sœur) vous venez de renouveler votre engagement baptismal, d’une façon solennelle et pour toujours. Ayez en mémoire constamment, cette adresse du Sauveur : “Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous demande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ignore ce que fait son maître ; je viens de vous appeler amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez porter du fruit, et un fruit permanent (Jean XV, 14-17)

Mon Frère, vous avez reçu l’enseignement de l’Eglise du Dieu Vivant, devenez pour toujours l’Ami de Notre Seigneur Jésus+Christ, en devenant membre de l’Eglise Priante, Souffrante, Militante.

“Vous allez recevoir les sept dons de l’Esprit Saint, ces arrhes qu’évoque l’Apôtre : “Or celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a consacrés par l’Onction, c’est Dieu ; c’est Lui aussi qui nous a marqués de son sceau et qui a mis dans nos cœurs, ces arrhes de l’Esprit” (II Cor I, 21-23). Ces arrhes : vous les avez reçus au baptême, vous allez en recevoir d’autres pour que vous puissiez mener à bien votre fonction dans l’Eglise et qu’ayant reçu ces prémices de l’Esprit, il convient que vous n’oubliez jamais “que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu réside en vous” (I Cor III, 16).

“Mon Frère, vous engagez-vous au service de l’Eglise du Dieu Vivant, Une, Sainte, Catholique, et Apostolique, cette Eglise dont la pierre d’angle est le Christ ?” (97)

Devenir le Temple de Dieu est possible dans le cadre de la liturgie de la Confirmation ou chrismation par l’Esprit Saint, dont Saint Jean annonce l’actualisation, et la mise en place du baptême d’Esprit, par ces paroles :

L’homme sur lequel tu verras l’Esprit descendre d’en haut et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit-Saint. Or j’ai vu, et je rends donc témoignage que celui là est le Fils de Dieu” (Jean I, 33-55)

Le jour suivant, André, frère de Simon ayant entendu cette parole avait rejoint le Christ et ayant rencontré peu après Simon il lui déclare :

Nous avons trouvé le Messie, lui dit-il, ce qui signifie “Le Christ” ; et il l’amena à Jésus” (Jean I, 41) et comme le rappelle avec justesse le père Cyrille Argenti en son étude sur la Chrismation : Jean se sert du mot grec “christos”, participe passé du verbe “chrio”, oins.

Avant d’en venir au sens de l’onction dans l’Eglise et le Nouveau Testament, examinons dans quelles circonstances s’établit cette onction dans l’Ancien Testament.

A/ La chrismation dans l’Ancien Testament

Puis tu feras approcher Aaron et ses fils de l’entrée de la tente du rendez-vous, tu les laveras dans l’eau. Tu prendras les habits et tu revêtiras Aaron de la tunique, du manteau d’éphod, de l’éphod et du pectoral, puis tu l’enlaceras de la bande de l’éphod. Puis tu mettras le turban sur sa tête et tu placeras le diadème de sainteté sur le turban. Tu prendras l’huile d’onction et tu la verseras sur sa tête, tu l’oindras“. (Exode XXIX, 4-8)

Rachi note que “cette onction également se faisait sous la forme d’un KI grec. On lui mettait de l’huile sur la tête et entre les sourcils, et on l’établit avec les doigts“. (98)

Rachi à propos d’Exode XXX, 26 et 29 note encore :

Toutes les onctions se faisaient en forme de KI grec, sauf celles des rois qui se faisaient en forme de couronne” et par ailleurs : “Tu les sancitifieras : cette onction les sanctifie, pour les rendre saints au plus haut degré“. (99)

Le rabbin Elie Munk pour sa part précise en son commentaire des versets cités que, pour R, Moské, Isserles et Racant ; du fait qu’il y a homonymie entre les mots hébreux onction et attraction, il découle que :

L’huile d’onction a la vertu d’attirer sur la tête de celui qui la reçoit l’esprit divin. L’huile a été choisie parce qu’elle est le prototype de la manière inflammable qui s’allume au premier contact de l’étincelle qui vient d’en haut. Ainsi, l’oint du Seigneur est-il susceptible d’attirer l’inspiration dès que la flamme d’en haut a jailli pour aller allumer la lumière de son esprit“. (100)

La chrismation consacre donc les rois et les prêtres, tel Aaron, comme il est dit “Le prêtre oint…” (Lévitique IV, 5) et “Alors Samuel prit la fiole d’huile et en versa sur sa tête, puis il le baisa et dit : “N’est-ce pas Iahvé qui t’a oint comme chef sur son peuple Israël… Alors fondra sur toi l’Esprit de Iahvé, tu prophétiseras avec eux et tu seras changé en un autre homme“. (I Samuel X, 1 et 6)

Nous retrouvons les prémices des charismes inhérents au baptême de l’Esprit : le don de prophétiser, de parler, en un mot de témoigner comme l’évoque ce passage entrevu des Actes XIX, 1-7.

L’oint est donc Roi, Prêtre et Prophète !… Avec Rachi et les rabbins il y a rapport à mettre en évidence entre l’onction et l’attraction, le feu de l’huile et le feu divin.

Ceux qui reçurent des ordinations valides du temps où les Eglises Apostoliques conservaient des rituels d’ordination sérieux, nous comprendront, quant à la surprise dont certains me firent part lorsqu’à la suite de la cérémonie d’ordination, leurs mains notamment les brûlaient… Feu de l’huile et feu divin sont étroitement liés par la consécration du Saint Chrème, fait qui débouche sur ce que ce n’est plus l’huile qui agit comme telle mains l’onction par l’Esprit dont nous parle Isaïe XI, 2 et 3 :

Sur lui se posera l’Esprit de Iahvé, esprit de sagesse et de discernement, esprit avisé et vaillant, esprit de connaissance et de crainte de Iahvé ; il l’inspirera dans la crainte de Iahvé“.

L’Esprit offre des dons qui préparent aux sept grâces de la Confirmation : l’Esprit de Sagesse, l’Esprit d’Intelligence, l’Esprit de Connaissance, l’Esprit de Force, l’Esprit de Science, l’Esprit de Piété, l’Esprit de Crainte de Dieu.

B/ La Chrismation dans le Nouveau Testament

Le Christ est l’Oint : “Nous avons trouvé le Messie, c’est à dire le Christ” déclare André à son frère Simon. Nous avons trouvé le Messie, ce qui signifie “Oint”.

En ces jours-là Jésus vint de Nazareth de Galilée et il fut immergé par Jean dans le Jourdain. Aussitôt en remontant des eaux, il vit les cieux se fendre et l’Esprit descendre vers lui comme une colombe. Et une voix vint des cieux : Tu es mon fils, l’aîné dont je suis content“. (Marc I, 9-12)

C’est immédiatement après son immersion (en grec, “baptisma”) que fut révélé aux hommes l’onction de Jésus dans l’Esprit, c’est à dire sa chrismation le manifestant comme Christ. Certes, nous n’enseignerons pas comme certains que Jésus est devenu le Christ à cet instant : Il est Dieu de toute éternité, mais Il manifeste sa qualité divine et son unité de Nature avec le Père et l’Esprit par la présence de l’Esprit et le témoignage de Père : “Tu es mon fils, l’aimé dont je suis content“.

Les Pères nous enseignent à la suite de Saint Irénée que Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu. Le Christ Jésus est l’Oint du Père et il s’est fait homme pour transmettre son onction à tous les hommes. Cette onction est accordée par un scénario en deux temps : la mort et la résurrection : le baptême et la chrismation :

Oubliez-vous donc que tous, quand nous avons été baptisés en Christ Jésus, nous avons été plongés dans sa mort ? oui ! par le baptême nous avons été ensevelis avec lui dans la mort : afin que comme Christ a été ressuscité des morts par la gloire du Père, ainsi nous marchions désormais dans une vie nouvelle“. (Romains VI, 3-6)

La glorification dans le Christ s’établit par Sa résurrection et le Christ de proclamer :

Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves de vie jailliront de son sein, comme dit l’Ecriture.” Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux descendu parce que Jésus n’était pas encore monté dans la gloire“. (Jean VII, 38-40)

L’onction ou chrismation, c’est la Pentecôte qui nous transmet le don de Dieu, le Saint Esprit, et l’on comprend dès lors cette adresse de l’Apôtre aux Corinthiens dans sa deuxième épître II, 14-16 :

Mais grâces soient rendues à Dieu qui partout nous fait triompher dans le Christ et qui par vous manifeste en tous lieux le parfum de sa gnose ! Car nous sommes un parfum du Christ vers Dieu“.

C/ La Chrismation chez les Pères

Irénée de Lyon en sa Démonstration de la prédication Apostolique déclare :

En effet le Fils en tant qu’Il est Dieu, reçoit du Père, c’est à dire de Dieu, le trône de l’éternelle royauté et l’huile de l’onction, plus abondamment, que ses autres compagnons ; et l’huile d’onction, c’est l’Esprit dont Il est oint, et ses compagnons sont les prophètes, les justes, les apôtres, et tous ceux qui reçoivent participation à sa royauté, c’est à dire ses disciples“. (101)

Tertullien en son traité Le Baptême déclare encore :

Je ne veux pas dire que ce soit dans l’eau que nous recevions l’Esprit Saint. Mais purifiés dans l’eau par le ministre de l’ange, nous sommes préparés à recevoir l’Esprit Saint… Ensuite à la sortie du bain, nous recevons une onction d’huile bénite, conformément à la discipline antique. Selon celle-ci on avait coutume d’élever au sacerdoce par une onction d’huile répandue de la corne : c’est ainsi qu’Aaron fut oint par Moïse. Aussi étaient-ils dits “Christs”, de “chrisma” qui signifie onction et qui donna aussi son nom au Seigneur. Cette onction est devenue spirituelle puisqu’il fut oint de l’Esprit de Dieu le Père… Puis on nous impose la main en appelant et en couvrant l’esprit Saint par une bénédiction… Alors cet Esprit très saint sortant du Père descend avec complaisance sur ces corps purifiés et bénis ; il se repose sur les eaux du baptême comme s’il reconnaissait là son ancien trône, lui qui sous la forme d’une colombe est descendu sur le Seigneur“. (102)

Hippolyte de Rome en la Tradition apostolique précise :

Ensuite quand il sera remonté, il sera oint par le prêtre de l’huile d’action de grâces avec ces mots : “Je t’oins d’huile sainte au nom de Jésus+Christ”. Et ainsi chacun après s’être essuyé se rhabillera et ensuite ils entreront dans l’Eglise. L’Evêque en leur imposant les mains dira l’invocation : “Seigneur Dieu, qui les a rendus dignes d’obtenir la rémission des péchés par le bain de la régénération, rends-les dignes d’être remplis de l’Esprit-Saint et envoie sur eux ta grâce, afin qu’ils te servent suivant ta volonté, car à toi est la gloire, Père et Fils avec l’Esprit Saint, dans la Sainte Eglise, maintenant et dans les siècles des siècles. Amen”. Ensuite, en répandant de l’huile d’action de grâces de sa main et en posant celle-ci sur la tête, il dira : “Je t’oins d’huile sainte en Dieu le Père tout puissant et dans le Christ Jésus et dans l’Esprit Saint”. Et après l’avoir signé au front, il lui donnera le baiser et dira : “le Seigneur soit avec toi“. (103)

Cyrille de Jérusalem précise en ses Catéchèses Baptismales et Mystagogiques :

Lorsque baigné dans les eaux du Jourdain, et leur ayant communiqué les effluves de sa divinité, le Christ en fut remonté, le Saint Esprit fit en personne irruption sur Lui, le semblable se reposant sur son semblable. De même, remontés de la cure aux saintes eaux, vous reçûtes la chrismation, la marque dont fut chrismé le Christ. Or cette chrismation est l’Esprit Saint… Le Christ en effet n’a pas été chrismé par les hommes, d’huile ou de baume matériel, mais le Père l’ayant préétabli sauveur de tout l’univers, le chrisma du Saint Esprit… Et de même que le Christ fut réellement crucifié, enseveli et ressuscité, et que vous aussi, par votre baptême, vous avez été admis à participer symboliquement à sa croix, à son tombeau et à sa résurrection, ainsi en est-il de la chrismation : le Christ était chrismé d’une huile joyeuse et spirituelle, entendez de l’Esprit Saint qu’on appelle huile d’exultation, parce qu’Il est précisément la source de l’exultation spirituelle ; quant à vous, vous avez été chrismes d’un baume qui vous a rendus participants et associés au Christ“. (104)

Ambroise de Milan pour sa part rappelle les vertus attachées à la chrismation :

Après cela vient le sceau spirituel dont vous avez entendu parler aujourd’hui dans la lecture. Car après la fontaine, il reste encore à rendre parfait quant à l’invocation de l’évêque l’Esprit Saint est répandu… qui sont comme les sept vertus de l’Esprit. (105) “Ainsi donc rappelle-toi que tu as reçu le sceau spirituel, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de forces, l’Esprit de connaissance et de piété ; l’Esprit de la sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son sceau, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis l’Esprit dans ton coeur comme gage ainsi que tu l’as appris par la lecture de l’apôtre“. (106)

L’onction est un sceau de Dieu, c’est la marque visible de la Pentecôte, c’est l’attestation de la réception du Saint Esprit, l’huile comme prototype de la matière inflammable constitue l’actualisation des langues de feu reçues par les Apôtres, et le rite de l’imposition des mains apparaît avec Ambroise de Milan “en appelant et en conviant l’Esprit Saint par une bénédiction“.

D/ La Chrismation dans le Catharisme

Le Rituel Cathare rappelle ces divers points quant à l’ordination, quant à l’imposition des mains, quant à la communion avec et dans le Saint Esprit :

Vous devez donc comprendre que telle est la raison de votre présence ici devant l’Eglise de Jésus+Christ, c’est à dire à l’occasion de la réception de ce saint baptême de l’imposition des mains et du perron de vos péchés ; à cause de la demande d’une bonne conscience adressée à ! dieu par les bons chrétiens. Voilà pourquoi vous devez comprendre que de même que vous êtes temporellement devant l’Eglise de Dieu, où le Père, le Fils et l’Esprit-Saint habitent spirituellement, de même vous devez être spirituellement avec votre âme devant Dieu et le Christ et l’Esprit-Saint, préparé à recevoir ce saint orninamentum de Jésus+Christ“. (107)

Le Rituel de la Confirmation de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive pour sa part offre cette prière pendant que l’évêque impose les deux mains au-dessus de la tête du Baptisé maintenant confirmé :

Remplissez-le de votre dignité, marquez du digne de l’invincible croix du Christ, ce frère et du sceau de votre Esprit, pour qu’il possède la vie éternelle qui est de vous connaître avec votre Fils et votre Esprit : un seul Dieu, de vous aimer et de suivre vos commandements. Nous vous le demandons, moi ministre indigne et avec cette communauté, l’Eglise Une, Sainte, Catholique (Universelle) et Apostolique, par Notre Seigneur Jésus+Christ dans le même esprit Saint, à Vous louange, adoration, action de grâces, aux siècles des siècles. Amen.” (108)

Le célébrant prend alors l’ampoule de Saint Chrême et faisant successivement le signe de la croix sur le front, les yeux, le nez, la bouche, les mains, les pieds du confirmé, il dit chaque fois : “Le Sceau du Saint Esprit“.

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Cette distinction du rite de l’imposition des mains comme étape distincte et postérieure au Baptême est fondamentale dans le Catharisme. Elle prend sa source en cette parole de Jésus que relate Jean XIV, 16-18 :

Et moi je demanderai au Père, et il vous donnera un autre collaborateur qui puisse demeurer éternellement avec vous : l’Esprit de la Vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il n’en a ni la connaissance, ni l’idée ; mais vous vous le connaissez et c’est pourquoi il restera auprès de vous et sera en vous”.

Cette venue de l’Esprit Saint si elle se trouve actualisée dans le baptême de Jésus par Jean est postérieure pour les hommes au baptême de repentance et le rite baptismal s’effectue en deux temps :

Ils lui prescrivent d’abord un temps de pénitence, de pureté et de prière continue. Puis ils lui imposent sur la tête l’Evangile de Jean, invoquant le Saint Esprit et récitent le Pater Noster. Après cette sorte de baptême, ils lui prescrivent à nouveau un temps d’éducation plus précise, de vie plus ascétique, de prière plus pure, puis demandent des témoignages sur le point de savoir s’il a tout observé. S’il a accompli fidèlement au témoignage des hommes comme des femmes, ils l’amènent à un rite d’initiation réitérée. Le plaçant en face de l’Est, ils lui posent l’évangile sur la tête, les présents, hommes et femmes, lui imposent les mains récitant leur rite“. (109)

Dans cet itinéraire de l’âme vers Dieu, le Saint Esprit pour l’ensemble des Pères est l’intervention privilégiée en faveur de l’homme.

Clément d’Alexandrie à l’égard de Marie Madeleine répandant un flacon de parfum de grand prix sur le Christ nous explique le sens de cette scène :

Et si je ne vous parais trop insister, les pieds parfumés du Seigneur, ce sont les apôtres qui, comme l’annonçait la bonne odeur de l’onction, ont reçu le Saint Esprit. Les apôtres qui ont parcouru la terre et prêché l’Evangile sont représentés par les pieds du Seigneur, au sujet desquels l’Esprit exprime encore par le psalmiste cet oracle : “Adorons au lieu où ses pieds se sont posés“.

[Ps. 131, 7] C’est à dire là où sont parvenus ses pieds, les apôtres, par qui il a été prêché jusqu’aux extrémités de la terre“. (110)

Il y a un rapport étroit entre le parfum et l’Esprit Saint. Cette remarque dès lors de celui qui fut le maître d’Origène est à retenir dans cette adresse aux femmes :

Il faut absolument que, chez nous, les hommes exhalent non pas l’odeur des parfums mais celle des vertus, et que la femme répande la bonne odeur du Christ, l’onguent royal, et non pas l’odeur des poudres et des parfums et qu’elle s’oigne de l’onguent immortel de la sagesse, qu’elle se délecte de ce parfum saint qu’est l’Esprit. C’est celui que le Christ prépare aux hommes qui sont ses disciples : un onguent de bonne odeur, qu’il a composé avec les aromates célestes. C’est de ce parfum que le Seigneur, lui aussi, est oint, comme David l’a indiqué : “C’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile d’allégresse, de préférence à tes compagnons ; de tes vêtements de dégage le parfum de la myrrhe, de l’aloès et de la cannelle“. (111)

Cette actualisation du pardon de Marie Madeleine lorsqu’elle verse le parfum, et plus encore de sa purification, est attestée par le Christ disant à Simon :

Tu ne m’as pas oint la tête d’huile : mais elle m’a oint les pieds de parfum. Grâce à cela, je te le dis, beaucoup de péchés lui sont remis car elle a beaucoup aimé. Mais à celui à qui on remet peu aime peu. Alors il dit à la femme : tes péchés te sont remis“. (Luc VII, 46-49)

Origène à propos de l’huile nous offre un sens nouveau :

Toute âme a besoin de l’huile de la miséricorde divine, et nul ne peut échapper à la vie présente s’il est privé de l’huile de la miséricorde céleste“. (112)

Cette huile, c’est le Saint Esprit qui “purifie toutes les souillures en accordant la rémission des péchés“. (113)

Ce point est fondamental. Il nous permet de comprendre cette remarque du Maître Alexandrin :

Dans les Psaumes également il est écrit : “Tu enlèveras leur esprit et ils disparaîtront, et ils retourneront à leur terre. Tu enverras ton Esprit, et ils seront créés et tu renouvelleras la face de la terre” (Ps. 103, 29-30) ; cette phrase s’applique clairement à l’Esprit Saint qui, une fois les pécheurs et les hommes indignes écartés et morts, se créera pour lui-même un peuple nouveau et renouvellera la face de la terre, lorsque les hommes par la grâce de l’Esprit, abandonneront le vieil homme avec ses actions (cf. Col III, 9) et commenceront à vivre d’une vie nouvelle (Cf. Rom VI, 4). Et il est tout à fait juste de dire que ce n’est pas en tous, ni en ceux qui sont chair, que l’Esprit Saint habitera, mais en ceux dont la terre aura été renouvelée. (cf. Ps. 103, 30) : c’est pour cela enfin que l’Esprit Saint était transmis par l’imposition des mains des apôtres (cf Act. 8, 18) après la grâce et le renouvellement du baptême (cf. Tite III, 5)” (114).

La réception de l’Esprit indépendante du Baptême est conditionnelle à l’abandon du vieil homme en vue d’entrer en une vie nouvelle.

Dans le cadre du rituel de la Confirmation de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive, il est procédé dans le cours de la troisième partie du rite à la tonsure du baptisé qui va être oint, et le célébrant ajoute immédiatement à l’égard du nouveau tonsuré :

Gardez toujours en votre coeur cet avertissement du Sauveur : “Si l’on veut venir à ma suite, il faut renoncer à soi-même, prendre sa croix et me suivre ainsi. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la recouvrera”. (Matthieu XVI, 24, 26). Mon Frère, gardez et portez toujours l’image de la couronne divine. Agissez de telle sorte que votre transformation ne s’arrête pas à l’extérieur, mais que votre coeur dégagé des embarras du monde et les désirs du siècle, s’ouvre à jamais aux splendeurs de l’éternelle grâce. Amen” (115)

Recevoir l’Esprit ; c’est entrer en Communion avec Dieu. Si l’Esprit est notamment la relation d’amour entre le Père et le Fils, tout en ne procédant que du Père et sans n’être que cela, la liturgie de la Sainte Messe de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive fait dire au célébrant après qu’il ait récité le deuxième évangile, fixe celui-ci qui est la Prière Sacerdotale :

Que tous les hommes soient Un dans l’Amour, comme le Fils est Un avec le Père dans l’Esprit. Amen“. (116)

Origène considère à juste titre sa douzième Homélie sur les Nombres, que le chrétien est amené à vivre quatre étapes : l’offrande de sa foi et de son amour, en contre partie la réception des dons du Saint Esprit, en troisième lieu le fait qu’il nous faut mourir au monde, enfin parvenu à la perfection il nous est donné le paradis. Comment cela se peut-il produire ? “Le Verbe de Dieu qui est le Seigneur Jésus est l’Epoux et le Mari de l’âme pure et chaste“. (117)

A l’égard de cette union il n’est point possible de citer un extrait, il faut lire l’ensemble que constituent les Homélies sur le Cantique des Cantiques d’Origène.

*

* *

L’onction est la marque du Saint-Esprit. Le baptême d’Esprit et de Feu permet au baptisé de devenir membre de l’Eglise priante, souffrante et militante et d’agir ainsi en faveur de la réconciliation universelle.

 

Notes :

(1) Confer notre étude : « Satan, Lucifer, le Prince de ce monde et les démons dans la tradition chrétienne et l’exégèse scripturaire », Narbonne, Cahiers d’Etudes Cathare Ed.

(2) Maurice Magre : Le Sang de Toulouse. Paris, Robert Laffont Ed, 1978, page 278.

(3) Rachi : Le Pentateuque avec Rachin. Volume 1 : La Genèse Paris, Fondation Samuel et Odette Levy Ed, 1979, page 5.

(4) Grégoire de Naziance : Homélie XL : Pour le Saint Baptême. Paragraphe II in : Homélies (extraits). Namur, Editions du Soleil Levant, 1962 pages 57 et 58.

(5) Jean Scot : Commentaires sur l’Evangile de Jean. Livre III paragraphe 1, Paris, Editions du Cerf, Collection Sources chrétienne n° 180 – 1972, page 205.

(6) Origène : Entretien d’Origène avec Héraclide paragraphe 25, Paris, Editions du Cerf, Coll. Sources chrétienne n° 67 – 1960, pages 103 à 105.

(7) Rachi : op cité, volume 5 : le Deutéronome. ibid, 1981, page 163.

(8) Elie Munk : La voix de la Thora. Volume 5 : le Deutéronome. Paris, Fondation Samuel et Odette Levy Ed, 1981, page 213.

(9) On lira avec intérêt : Herman Hailperin : De l’utilisation par les chrétiens de l’oeuvre de Rachin. in : Rachi (ouvrage collectif). Paris, Service Technique pour l’éducation. Ed, 1974, pages 163 à 200.

(10) Le Zohar II, 113a – in : Le Zohar, extraits choisis et présentés par Gershon Scholem, Paris Ed du Seuil, Coll. Sagesses n° 21, 1980, page 88.

(11) Ambroise de Milan : La mort est un bien II, 3 – in : Cyprien et Ambroise : le chrétien devant la mort. Paris, Ed Desclée de Brouver Ed, coll. les Pères dans la foi, 1980, page 41.

(12) Jean Chrysostome : Homélie 25 sur l’Evangile selon Saint Jean – in : le Baptême d’après les Pères de l’Eglise. Paris Grasset Ed, colle lettres chrétiennes n° 5, 1962 page 211.

(13) Jean Duvernoy : la Religion des Cathares. Toulouse, Privat Ed 1976, page 145.

(14) Rachi : op cité, volume 1 : la Genèse, ibid, page 15.

(15) Elie Munk : op cité, volume 1 : la Genèse, ibid, 1981, page 23.

(16) Carlo Suares : la Kabbale des Kabbales, Paris, Adyar Ed, 1962, page 51.

(17) Zohar I, 284b – in : La Kabbale, pages classées du Zohar. Paris Ed du chant nouveau. 1946, pages 81 et 82.

(18) Zohar I, 61 a – Ibid, page 82.

(19) Zohar I, 85 b – Ibid, page 83.

(20) Louis Rougier : l’Origine astronomique de la croyance pythagoricienne et l’immortalité de l’âme. le Caire, Institut Français d’Archéologie Orientale, Ed, tome 10, 1933.

R.P. Festugière : La Révélation d’Hermès Trismégiste, tome 3 : les doctrines de l’âme. Paris, Librairie Gabalda Ed, 1953.

Textes et Oeuvres divers publiés par les Editions les Belles Lettres.

(21) Gershom. G. Scholen : Les Origines de la Kabbale. Paris, Aubier-Montaigne Ed, 1966 page 252. On lira avec intérêt le paragraphe 10 du chapitre 2 : Migration des âmes et mystique de la prière dans le Bahir, mais aussi toute l’oeuvre de l’auteur dont les traductions figurent chez Payot et Aubier.

(22) Origène : Homélie sur Jérémie I, paragraphe 10. Paris, Ed. du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 232, 1976, pages 217 et 219.

(23) Origène : Traité des Principes – Péri Archon – III, 3. 5 – Paris, Etudes Augustiniennes Ed, 1976, page 189.

(24) Elie Munk : op cité. volume 1 : la Genèse, ibid, pages 257 et 258.

(25) Origène : Homélies sur la Genèse – XII, 4 – Paris, Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 7 bis, 1976, pages 301 et 303.

(26) Origène : Traité des Principes – Péri Archon II, 9, 7 – op cité, page 131 et Sources chrétiennes n° 252 (tome 1) page 369.

(27) Origène : Commentaire sur Saint Jean VI, paragraphe 73 – Paris, Ed du Cerf, coll Sources chrétiennes n° 157 – 1970, pages 183 et 185.

(28) Justin : Dialogue avec Tryphon – Prologue : Comment voir Dieu in : la Philosophie passe au Christ : Oeuvre de Justin. Paris, Desclée de Brouwer Ed, colle les Pères dans la foi, Ictus, 1982, page 128.

(29) Jérôme : Traité sur les erreurs contenues dans le Livre des Principes d’Origène. in : Oeuvres de Saint Jérôme. Paris, Auguste Desrez Ed, 1838, page 421.

(30) Grégoire de Nysse : la Création de l’Homme – 28 – Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll. les Pères dans la foi, 1982, pages 148 et 149.

(31) Origène : Explication du Nôtre Père – 29, in Traité sur la prière. Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll. les Pères dans la Foi, 1977, pages 108 et 109.

(32) Origène : Commentaire sur Saint Jean, op cité, avant-propos de Cécile Blanc, page 24.

(33) Origène : Ibid, VI, 85, op cité, page 191.

(34) Origène : Ibid, VI, 85, op cité, page 191.

(35) Jérôme : Correspondance, Lettre à Démétriadès. in Oeuvres de Saint Jérôme, op cité, page 663 et par une approche aisée Correspondance, Lettre n° 130, Les Belles Lettres Ed, tome 7 pages 187 à 189.

(36) Tertullien : Apologétique 48, paragraphe 2 et 3. Paris, les Belles Lettres Ed, 1971, pages 101 et 102.

(37) Marius Victorinus : Contre Arius Livre I, B, paragraphe 64 in : Traités théologiques sur la Trinité. Paris, Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n° 68 ; 1960 page 385.

(38) Grégoire de Nysse : Catéchèse de la Foi, 6. Paris Desclée de Brouwer Ed, Coll les Pères dans la Foi, 1978, page 94.

(39) Ibid, page 102.

(40) Premier Concile de Braga : Anathématisme contre les Priscillianistes, 1e Mai 561 ou 563. in : Textes doctrinaux du Magistère de l’Eglise sur la Foi Catholique. Traduction et présentation de Gervais Dumeige. Paris, Editions de l’Orante, 1969, page 140.

(41) Synode de Constantinople : Anathème contre Origène (?!), 543, ibid, page 140.

(42) Murphy et Sherwood : Constantinople II et III. Paris, Editions de l’Orante, Collection Histoire des Conciles oecuméniques, volume 3, 1974, pages 108 et 109.

(43) Augustin : La Cité mystique de Dieu. Livre X chapitre 30. Paris, charpentier Ed, 1843, tome 1, pages 351 et 352.

(44) Zohar II, 1999 a – in : La cabbale, pages classées du Zohar, op cité, page 99.

(45) Zohar II, 96 b – in : Le Zohar, extraits choisis et présentés par G. Scholem, op cité, page 84.

(46) Elie Munk : op cité, tome 3 : Le Lévitique, op cité, 1981, page 151.

(47) Origène : Entretien d’Origène avec Héraclide paragraphe 15, op cité, page 89.

(48) Ibid, paragraphe 22, page 99.

(49) Tertullien : La Résurrection des morts – paragraphe 40. Paris, Desclée de Brouwer Ed, Coll les Pères dans la Foi, 1980, page 102.

(50) Origène : Traité des Principes – Péri Archon, Préface I, 5 – op cité, page 26.

(51) Tertullien : Ibid, paragraphe 7, page 53.

(52) Ignace d’Antioche : Lettre aux philadelphiens XI, 2. in : Les écrits des Pères Apostoliques (Collectif). Paris, Editions du Cerf, Coll chrétiens de tous les temps n° 1, 1969 page 185.

(53) Justin : Dialogue avec Tryphon V, op cité page 130.

(54) Ibid, XL, op cité page 190.

(55) Irénée de Lyon : Contre les Hérésies V – in : Textes choisis. Namur, les Editions du Soleil Levant. Ed, 1963 page 150.

(56) Tertullien : Apologétique IX, 8. op cité, page 22.

(57) Tertullien : La Résurrection des morts XVI, paragraphe 10, op cité page 65.

(58) Grégoire de Nysse : la Création de l’homme XXIX, op cité page 152.

(59) Zohar I, 205 b, 206 a : in : Armand Abécassis et Georges Nataf : Encyclopédie de la mystique juive, 4ème Partie : Isaïe Tishby : la Kabbale, Paris, Berg International Ed, 1977, colonne 878.

(60) Zohar I 83 b in : La Cabbale, pages classées du Zohar, op cité, pages 84 et 85.

(61) Justin : Dialogue avec Tryphon VI, op cité, pages 131 et 132.

(62) Tertullien : La Résurrection des morts VII, paragraphe 4 et 5, op cité page 52.

(63) Origène : Traité des Principes – Péri Archon III, 1, 21, – op cité page 171.

(64) Origène : Homélies sur Jérémie I, 10 – op cité page 219.

(65) tau Irénée II : Rituel du Baptême des adultes (forme privée et non solennelle) de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive. Nous remercions S.B.T. Irénée II de nous avoir communiqué ce texte liturgique.

(66) Jamblique : Traité de l’Ame Section II, paragraphe 2 – in : R.P. Festugière : op cité, appendice 1, page 221.

(67) Ibid, Section III, paragraphe 1, pages 229.

(68) Hermès Trismègiste : Poimandrès I, 19. in : Corpus Hermeticum, tome 1, Paris, les Belles Lettres Ed, 1960, page 13.

(69) La Didaché, paragraphe 1 in : Les Ecrits des Pères Apostoliques, op cité, page 37.

(70) Plotin : Les Enneades IV, 3, 22, traduction de l’abbé Alta. Paris, Bibliothèque chacornac Ed, 1925 tome 2 page 268.

(71) Jamblique, op cité, Section II, paragraphe 3, pages 226 et 227.

(72) Plotin : Les Enneades IV, 3, 21, op cité, page 267.

(73) Porphyre : Sur la manière dont l’embryon reçoit l’âme IIe Partie. in R.P. Festugière : op cité appendice 2, pages 293 et 294.

(74) Ibid, page 298.

(75) Ibid, page 298.

(76) Justin : Dialogue avec Tryphon, 5 – op cité, pages 128 et 129.

(77) Justin : Ibid, 65, op cité, page 237.

(78) Irénée de Lyon : Contre les Hérésies V, op cité, pages 156 et 157.

(79) Marius Victorinus : Hymne II, vers 35 à 46. in Traités Théologiques sur la Trinité. op cité, page 631.

(80) tertullien : Traité du Baptême III, 2. Paris, Cerf Ed. Coll. Foi Vivante, 1976 pages 76 et 77.

(81) Dr A.E. Chauvet : Esotérisme de la Genèse. Tradition ésotérique commentée des dix premiers chapitres du Sepher Bereschit. Paris, SIPUCO Ed, 1948, tome 4 page 951.

(82) Tertullien, Traité du Baptême III, 3. op cité page 77.

(83) Ibid, IX, 4. op cité page 91.

(84) Tau Irénée II : Sainte et divine Liturgie de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive. Nous remercions S.B.T. Irénée II de nous avoir confié cette liturgie.

(85) Ibid.

(86) Confer note 1.

(87) Pour les textes de Jean et de Paul, nous avons toujours choisi, selon l’habitude de nos travaux précédents les traductions remarquables de l’abbé Alta, publiées à Paris en 1907 et 1919. Nous profitons de l’occasion de cette note pour signaler que les traductions des autres textes, sauf indication contraire, appartiennent toujours à l’édition de la Bible publiée dans la Pléiade.

(88) Dr. A.E. Chauvet : Esotérisme de la Genèse, op cité, tome 4, page 951.

(89) Origène : Commentaire sur Saint Jean II, paragraphe 159 à 162, extraits op cité, pages 313 à 317.

(90) Ibid, II, paragraphe 167.

(91) Ibid, II, paragraphe 174.

(92) Tradition de la Sainte Prière. Paragraphe 5 in : Rituel Cathare. Paris, Ed du Cerf Ed, Coll Sources chrétiennes n° 236, 1977 pages 217 et 219.

(93) Ibid paragraphe 6, page 221.

(94) Ibid paragraphe 13, pages 253 et 255.

(95) Confer note 1.

(96) Elie Munk : op cité, tome 4 : les Nombres, op cité, 1981, page 111.

(97) Tau Irénée II : Rituel de la Confirmation. Forme privée et non solennelle. Nous remercions S.B. Tau Irénée II, Patriarche de l’Eglise Gnostique Apostolique Primitive d’avoir bien voulu nous communiquer sa liturgie.

(98) Rachi : Le Pentagone avec Rachi, volume 2 : l’Exode, Paris, op cité, 1980, page 253.

(99) Ibid, page 274.

(100) Elie Munk : la Voix de la Thora, volume 2 : l’Exode, op cité, 1980 page 347.

(101) Irénée de Lyon : Démonstration de la Prédication Apostolique, paragraphe 47 – Paris, Ed du Cerf, Coll : Sources chrétiennes n°62, 1971, pages 107 et 108.

(102) Tertullien : Le Baptême VI, VII et VIII, extraits. op cité, pages 85 à 89.

(103) Hippolyte de Rome : la Tradition Apostolique, paragraphe 21 – Paris Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n°11 bis, 1968 pages 87, 89 et 91.

(104) Cyrille de Jérusalem : Catéchèses Baptismales et mystagogiques (XXIè Catéchèse, extraits) namur, Ed du Soleil Levant Ed, 1962, pages 466 et 467.

(105) Ambroise de Milan : Des Sacrements III, 8 – in : Des Sacrements, des Mystères, Explication du Symbole. Paris Ed du Cerf, Coll. Sources chrétiennes n°25 bis page 97, 1980.

(106) Ibid : Des Mystères, paragraphe 42. in : Des Sacrements, des Mystères, Explication du Symbole, op cité, page 179.

(107) Tradition de la Sainte Prière, paragraphe 13, in Rituel Cathare, op cité page 247.

(108) Tau Irénée II Rituel de la Confirmation, op cité.

(109) Jean Duvernoy : la Religion des Cathares, op cité, page 323.

(110) Clément d’Alexandrie : le Pédagogue II, 8, Paris Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n°108, 1964, pages 125 et 127.

(111) Ibid, page 133.

(112) Origène : Homélies sur le Lévitique, II, 2. Paris, Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n°286, 1981, pages 97 et 99.

(113) Ibid, page 99.

(114) Origène : Traité des Principes – péri Archon I, 3, 7. op cité page 53.

(115) Tau Irénée II : Rituel de la Confirmation, op cité.

(116) Tau Irénée II : Sainte et Divine Liturgie de l’E.G.A.P. Je remercie S.B. T. Irénée II de m’avoir transmis cette liturgie.

(117) Origène : Homélies sur les Nombres XX, 2. Paris Ed du Cerf, Coll Sources chrétiennes n°29, 1951, page 395.

 

Chrismon - Consolamentum, réincarnation et évolution spirituelle dans le catharisme et le Christianisme Originel

Chrisme, extrait du site Editions Scriptoria.

 

SOURCE : https://www.esoblogs.net/

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La mixité est-elle inéluctable en Franc-maçonnerie ? 26 juillet, 2019

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La mixité est-elle inéluctable en Franc-maçonnerie ?

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Que peut-on voir ?

 

            Passez donc, à l’heure des sorties de classe, devant un collège ou un lycée. Les jeunes s’ébrouent, garçons et filles très mêlés, plus hâtifs les uns que les autres de passer la porte et de se retrouver dehors. L’école nous offre son flot de mixité ; mixité sociale, ethnique, culturelle et bien sûr sexuelle (pas de mixité d’âge et pour cause). Puis, petit à petit se forment des rapprochements de bavardage, de copinage. Le mouvement s’ordonne par groupes d’affinités où l’on remarque la dissociation des sexes, les filles et les garçons ensemble mais séparés, formant de petites bandes unisexes, quelques amoureux cependant encore témoins d’une proximité mixte fédèrent autour d’eux copains et copines. Avec sa liberté, la jeunesse se regroupe ; des clans s’agencent rompant d’avec la mixité de l’intérieur de l’école.

Les enseignants sortent un peu plus tard, la plupart sont des femmes.

 

Rendons-nous maintenant sur un lieu de compétition sportive. Oh, mais les équipes participantes sont exclusivement masculines ou féminines ! Pas de mixité sur le terrain (sauf en double mixte de tennis). Les spectateurs sont pour la plupart des hommes.

 

Voilà deux illustrations des nombreuses questions que l’on peut se poser sur le thème de la mixité.

Que faut-il entendre par mixité ?

 

            Dans une société, la mixité évoque d’emblée la notion de mélange sur la base de plusieurs critères : le sexe, le niveau social, la culture, l’ethnie, la religion (ou pas), l’appartenance à un engagement politique, la nationalité…

Dans la visée d’une réflexion sur ce sujet en franc-maçonnerie, nous ne nous attacherons qu’au seul critère qui fait polémique, celui du sexe.

Dans la société occidentale encore patriarcale au XXème siècle, la mixité c’est avant tout la volonté des femmes de pénétrer des milieux réservés aux hommes. Concrètement, il s’agit d’assurer l’accès des femmes aux mêmes chances, droits, occasions de choisir, conditions matérielles (par exemple, même accès aux soins médicaux, partage des ressources économiques, même participation à l’exercice du pouvoir politique) que les hommes, tout en respectant leurs spécificités.

Quel est l’état de la mixité ?

 

            La mixité s’est imposée malgré elle, comme une « révolution tranquille » en concomitance avec l’évolution des mœurs, sous l’influence des mouvements féministes qui, notamment à partir des années 1970, demandent à la société de regarder les femmes autrement. La société devient peu à peu mixte dans tous les lieux de socialisation et surtout à l’école.

 

Avec les commandements élaborés par le judéo-christianisme, formalisant une morale sociétale, l’homme a cherché à se donner, d’abord, des devoirs de sociabilisation puis des droits immanents et supérieurs, des droits « inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés », droits naturels, et donc opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir, à travers une législation qui, aujourd’hui, pose heureusement, en principe, la séparation des pouvoirs religieux et judiciaire à partir d’un socle développé au XVIIIe siècle et qui évolue encore de nos jours : la première génération fut celle des droits de l’homme civils et politiques ; puis la deuxième génération celle des droits économiques et sociaux ; la troisième génération celle des droits de solidarité ; la quatrième génération celle des droits globaux. Aujourd’hui, les principes des devoirs de l’homme sont devenus, en Europe, les droits de l’Homme inscrits dans la  Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, usuellement appelée Convention européenne des droits de l’homme.  

La Convention européenne des droits de l’homme postule une identité de règles universelles parce qu’elles concernent l’humain. En tant qu’unité, on peut donc dire qu’on retrouve avec la Convention une supra loi morale des temps modernes régissant les divers systèmes juridiques nationaux. A la différence de la morale religieuse qui veut élever l’humain vers le « vivre ensemble » et surtout vers Dieu, la morale des droits de l’Homme protège l’Homme contre la société, pour lui permettre d’y vivre en égalité de dignité.

L’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme concernant l’interdiction de discrimination édicte : « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ». L’égalité entre les femmes et les hommes, c’est une visibilité, une autonomisation et une participation égales des femmes et des hommes, et ce, dans tous les domaines de la vie publique et privée. Ainsi, l’Organisation combat toutes les atteintes aux libertés et à la dignité des femmes et a pour objectif de mettre fin à la discrimination fondée sur le sexe.

En octobre 2007, le Comité des Ministres a adopté une recommandation visant à encourager l’adoption de mesures relatives à la mise en œuvre de l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes à tous les niveaux des systèmes éducatifs des 47 États membres du Conseil de l’Europe.

Quelle évolution de la mixité dans les systèmes éducatifs ?

            N’oublions pas que les filles étaient interdites dans l’enceinte des lycées en 1808. N’oublions pas qu’il faut attendre 1880 pour que les filles soient admises dans le secondaire et que la loi de 1882 de Jules Ferry, qui rend obligatoire l’école pour les enfants des deux sexes de 6 à 13 ans, précise que l’instruction primaire doit comprendre «pour les garçons, les exercices militaires, pour les filles les travaux à l’aiguille».

 

La mixité va, alors, constituer l’une des révolutions pédagogiques les plus importantes en France. Pourtant, elle s’est effectuée « sans même qu’on y prête attention ».

 

La mixité dans l’enseignement fait ses premières apparitions avec les grandes écoles nationales :

1906, l’École des Chartes ; 1912, l’École Normale Supérieure de l’enseignement technique de Cachan ; 1917, l’École supérieure d’électricité ; … 1920, l’École Centrale et de nombreuses écoles d’ingénieurs ; 1945, l’École Nationale d’Administration (avec cependant des réserves d’admission à certains emplois pour les femmes). A cette date,  les Instituts d’études politiques (jusqu’alors réservés aux hommes) s’ouvrent aux femmes comme Polytechnique en 1970, HEC et St Cyr en 1975, l’École navale en 1992.

 

L’instauration de la mixité dans les établissements scolaires est plus tardive et demeure timide jusqu’aux années 1960.

Le premier lycée mixte est le lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur, fondé en 1937. Ce choix répond d’ailleurs plus à des motivations économiques qu’idéologiques. Néanmoins, au cours de l’année scolaire 1958-1959, 30% seulement des écoles primaires sont mixtes.

A partir de la fin des années 1950, le gouvernement favorise la généralisation de la mixité scolaire. En 1959, notamment, le ministre de l’éducation nationale Jean Berthoin décide de ne construire que des lycées mixtes. Les collèges d’enseignement secondaire (CES) créés par la réforme Capelle-Fouchet de 1963 sont mixtes dès l’origine. Toutefois, les lycées de garçons et les lycées de jeunes filles subsistent. L’évolution des mentalités est progressive. Les adversaires de la mixité craignent la distraction des élèves et en appellent au sérieux de l’apprentissage scolaire. Ses défenseurs, à l’inverse, évoquent la curiosité malsaine des élèves, exacerbée par la séparation des sexes et soutiennent que la mixité favorise un enrichissement intellectuel réciproque et la formation de personnalités équilibrées. Les jeunes filles, qui y voient un pas de plus vers l’égalité, sont par ailleurs souvent plus désireuses d’aller dans des lycées mixtes que les garçons.

Finalement, les décrets d’application de la loi Haby du 28 décembre 1976 rendent la mixité obligatoire dans l’enseignement primaire et secondaire. Aujourd’hui, les établissements non mixtes de l’enseignement privé accueillent des effectifs très réduits.

En France, ce n’est qu’en 1982 que le principe égalitaire de l’enseignement mixte est officiellement affirmé : un arrêté du 12 juillet sur l’action éducative contre les préjugés sexistes dépasse la notion de mixité et vise à promouvoir une réelle égalité des chances entre filles et garçons et à faire disparaître toute discrimination à l’égard des femmes. S’agissant des textes réglementaires, le décret n° 90-788 du 6 septembre 1990 relatif à l’organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires prévoit, dans son article 6, que « les classes maternelles et élémentaires sont mixtes ».

Les termes « mixité » ou « mixte » n’apparaissent que rarement dans les textes, et sont absents du code de l’éducation.

Le ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche a néanmoins indiqué qu’il est possible de « considérer que le terme mixité apparaît en filigrane dans plusieurs textes qui évoquent l’égalité entre les hommes et les femmes ».

La mixité est-ce la même chose que l’égalité ?

 

            Si la notion d’égalité n’est pas contradictoire avec la notion de différence, cependant on peut considérer qu’elle n’est que connexe avec la notion de mixité. Dire que le droit à l’éducation doit être le même pour filles et garçons ne veut pas dire qu’il faut les mettre ensemble au même moment pour recevoir cette éducation. Le législateur lui-même a tenu compte de cette différentiation au point d’utiliser les termes égalité et mixité de façon distincte dans  l’article 1er, alinéa 6 de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, qui précise que la politique mise en œuvre doit veiller à l’évaluation   »des actions visant à garantir l’égalité professionnelle salariale et la mixité dans les métiers ».

L’égalité entre hommes et femmes conduit-elle à les faire vivre ensemble dans toutes les circonstances de la vie ?

Peut-on imaginer des équipes sportives professionnelles comme celles du football ou du rugby mêler femmes et hommes sur le terrain; qui le souhaiterait ?  Et pourtant, la juxtaposition des sexes, pas l’égalité des droits et des devoirs, tel est en fait le débat au sein  de la Franc-maçonnerie où, pourtant, il existe déjà des obédiences mixtes depuis la fin du 19ème siècle.


¬ Née en 1693, son père et ses frères étaient des aristocrates francs-maçons, dans le comté de Cork en Irlande. En 1712, alors que lord Doneraile, son frère, était vénérable, leur loge organisait ses tenues dans l’enceinte du domicile familial. La jeune femme aurait assisté à une tenue maçonnique grâce à un trou dans un mur en travaux, dans une bibliothèque contiguë à la loge. Ayant été surprise, son cas donna lieu à une réunion de plus de deux heures à l’issue de laquelle il fut décidé de lui offrir le choix entre l’initiation et la mort. Elle accepta l’initiation et serait restée membre de la loge jusqu’à son décès à l’âge de 95 ans

¬ Aux États-Unis, un franc-maçon de Boston nommé Robert Morris fonda en 1850 un ordre mixte d’inspiration maçonnique, nommé Order of the Eastern Star qu’il ouvrit aux femmes à condition qu’elles soient filles, veuves, épouses, sœurs ou mères de franc-maçon. Cet ordre, qui existe toujours, a connu un grand succès aux États-Unis mais ne s’est guère développé en dehors. Il dispense un enseignement basé sur la Bible et s’occupe principalement d’activités morales ou charitables

¬ Le lieu avait été choisi pour évoquer la dissolution des sociétés secrètes par le maréchal Pétain, exactement soixante-dix ans auparavant.

 

Comment la mixité est-elle apparue en franc-maçonnerie ?

 

            Au début du 18ème  siècle, l’instruction, le pouvoir, la représentativité étaient uniquement masculins et l’on doutait encore à cette époque qu’une femme puisse avoir une âme, en fait, elle était considérée comme légalement mineure, donc non libre de l’autorité de leur père ou mari. Alors comment imaginer une femme en franc-maçonnerie ! On comprend mieux pourquoi, dans les Constitutions fondatrices, la franc-maçonnerie lui était interdite. La Franc-maçonnerie était le reflet de la société de l’époque. A remarquer qu’en ce temps, il n’y avait naturellement pas de Juifs en Maçonnerie, puisque ceux-ci, comme les femmes, étaient privés de droits civiques avant la Révolution Française. Aucun règlement maçonnique n’avait besoin de préciser ce qui allait alors de soi.

 

C’est à la fin du 19ème  siècle, en France, que va apparaître pour la première fois une véritable franc-maçonnerie mixte. En effet, jusque là, les formes féminines ou mixtes de la franc-maçonnerie étaient restées :

  • anecdotiques (quelques rares cas isolés comme celui d’Élisabeth Aldworth¬)
  • marginales (la franc-maçonnerie égyptienne de Cagliostro)
  • assujetties à des loges masculines aristocratiques (les loges d’adoption)
  • ou para-maçonniques dans leurs rites et pratiques (l’ordre de l’Eastern Star¬)

Mis à part le cas exceptionnel d’Élisabeth Adlsworth (initiée en 1712), ce n’est que le 14 janvier 1882 que la loge maçonnique  »Les libres Penseurs du Pecq » confère l’initiation à une femme, Maria Deraismes. Celle-ci, femme de lettres reconnue, journaliste engagée est une oratrice de talent. L’événement est important car c’est la première fois qu’une femme est initiée franc-maçon avec le rituel jusqu’alors réservé aux hommes.

En fait, rapporte le journal Le Matin du 4 avril 1893, ce fut  »une cérémonie dans laquelle la postulante, introduite à visage découvert dans le temple, voyait pour toute épreuve, le vénérable descendre de l’Orient, et venir lui présenter ses respects ». La Grande Loge Symbolique Écossaise à laquelle appartenait la loge, ne goûtant guère cette initiative, la mit de ce fait en sommeil.

L’initiation de Maria Deraismes aurait pu n’être qu’un épisode sans suite. Il n’en a rien été grâce à l’engagement du docteur Georges Martin. Après janvier 1882 Maria Deraismes n’assiste à aucune réunion maçonnique. Pourtant l’idée de l’admission des femmes en Franc- maçonnerie continue à faire son chemin soutenue depuis longtemps par Léon Richer. Georges Martin qui est membre d’un atelier de la Grande Loge Symbolique Écossaise fait deux tentatives pour entraîner cette obédience à prendre la décision : en 1890 il propose que sa loge « La Jérusalem écossaise » crée, parallèlement, une loge admettant les femmes. En 1891 il adresse une demande à la GLSE pour que chaque loge de cette obédience soit libre de se déterminer ; en vain. Georges Martin décide d’agir différemment : il va allumer une loge mixte indépendante, ainsi, dès le 1er juin 1892 Maria Deraismes réunit chez elle un certain nombre de femmes. Le 4 mars 1893 elles prennent la décision de créer une loge mixte. Cela se fera en quatre étapes : le 14 mars 1893 on procède à l’initiation de 17 femmes, les 24 mars et 1er avril elles sont élevées au 2ème et 3ème degrés, le 4 avril la loge mixte est créée. Elle prend le titre distinctif de Grande Loge Symbolique Écossaise de France le Droit Humain ; ses statuts sont déposés en mai à la préfecture de la Seine. Maria Deraismes en est vénérable, Clémence Royer, vénérable d’honneur et Georges Martin, orateur. Le Rite Écossais Ancien et Accepté est choisi. La GLSE de France comme toute Grande Loge ne comprend que les trois premiers degrés. Pour atteindre les autres degrés c’est-à-dire les hauts Grades, les maçons devront aller dans une autre obédience Des ateliers se sont créés à Blois, à Lyon, à Rouen, à Paris, à Zurich. Le 16 mai 1896 on modifie les statuts. L’obédience devient la GLSE Mixte. Pouvait- on en rester là, avec seulement les trois premiers degrés ? En 1899 le frère Décembre-Allonier confère le 33ème  degré à dix maçons du Droit Humain ce qui permet, en mai 1899, de constituer un Suprême Conseil. En 1901 la GLSE Mixte fait place à l’Ordre Maçonnique Mixte et International le Droit Humain administré par le Suprême Conseil. A la mixité et l’internationalisme s’ajoute la continuité initiatique puisque tous les ateliers du 1er  au 33ème  degré sont réunis dans un même ensemble pyramidal.

Les femmes, mieux la mixité, sont entrées dans la forteresse maçonnique ; elles portent désormais le titre de sœurs.

Et depuis, y a-t-il d’autres obédiences mixtes ?

            Il faut attendre février 1973 pour observer la création d’une autre obédience mixte. Trois loges du Droit Humain, «Lucie Delong », « Marie Bonnevial » et « Le Devoir », suivies d’une centaine de membres abandonnent la rue Jules Breton et fondent une nouvelle obédience, la Grande Loge Mixte Universelle. La direction de ce groupe est prise pas la Sœur Eliane Brault et le Frère Raymond Jalu.

En 1982, une scission enfantera la Grande Loge Mixte de France.

Mais il est à remarquer, qu’entre temps, deux obédiences strictement féminines, la Grande loge Féminine de France (1952) et la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (1971), sont créées.

 

Pour faire quoi avec la mixité ?

 

            Essayons de dégager comment les obédiences mixtes abordent leur spécificité.

 

Aux détours de leur présentation, certaines obédiences mixtes trouvent si naturel d’associer hommes et femmes en loge qu’elles ne justifient pas la mixité. Elles apparaissent comme telles soit parce qu’elles le déclarent comme à la Grande Loge Mondiale de Misraïm,  « c’est un Ordre (mixte depuis 1785) », soit parce que leurs membres sont désignés par « frères et sœurs ».

            Grande Loge Mixte Universelle : La mixité y est affirmée comme totale. La volonté d’établir l’égalité entre hommes et femmes implique pour nous le choix d’un travail en commun, c’est pourquoi nos Loges sont mixtes.

            Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal : Les Loges de l’OITAR peuvent être masculines, féminines ou mixtes. Dans les faits, une très grande majorité des Loges de cette obédience sont mixtes. Toutes les Loges mixtes ou non mixtes ont l’obligation de recevoir sans discrimination tout visiteur, Sœur ou Frère, reconnu franc-maçon régulier.

            Grand Orient Traditionnel de Méditerranée, lapidairement, reconnaît l’initiation féminine, au nom de la dimension universelle de la Franc-maçonnerie.

            Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis : la mixité est une position de principe fondée sur la reconnaissance de la complémentarité entre Hommes et Femmes et, par conséquent, sur l’enrichissement réciproque que chaque moitié d’humanité peut, et doit, apporter à l’autre. « Pour nous, il s’agit donc bien de valoriser la pratique de la mixité grâce à laquelle Frères et Sœurs, sans se prévaloir mais aussi sans renier les valeurs propres à leur sexe, bénéficient de la confrontation des différences. Par une démarche initiatique commune, ils affirment ainsi leurs caractères spécifiques sans jamais tomber dans un nivellement asexué destiné à gommer toute particularité. Néanmoins, attentifs au respect de la tradition, la mixité de nos ateliers respecte les règles propres à chaque rite. Ainsi, les Loges placées sous l’autorité du Régime Écossais Rectifié sont-elles strictement masculines comme l’impose la tradition de ce rite et il en est évidemment de même pour le Rite Féminin, dit de Constant Chevillon, dont le nom lui-même circonscrit bien à qui il est offert ».

Mixité oui mais pas trop, des centrales nucléaires, oui, mais pas trop grosses !

En fait, on voit là poindre la relation ambigüe du principe de mixité avec la notion de rituel.

 

L’exclusion des femmes est devenue une faiblesse, un archaïsme, une fixation névrotique. » Alors que les frères « trois points » se vantent, dans le sillage des mouvements féministes des années 1960 et 1970, d’avoir contribué à la libéralisation de la contraception et de l’avortement, la proportion de femmes dans les temples n’est passée, depuis trente-cinq ans, que de 9 à 17%, celle des maçons en loges mixtes que de 7 à 13%, et celle des hommes en mixité que de 3 à moins de 8% ! C’est dire si, sous le tablier, le « sexe fort » juge dérangeante la compagnie du « beau sexe » !

La mixité fait-elle polémique dans les obédiences masculines ?

 

            Les querelles à propos  du GADLU, de l’engagement politique, de la ségrégation raciale et bien sûr de la mixité constituent les principales raisons des schismes sur la régularité maçonnique.

La considération des sœurs par les obédiences dites libérales est acquise, elles sont même reçues en visite dans les loges du GO depuis 1974.

Aujourd’hui, l’exclusion systématique des sœurs des visites de loges masculines libérales existent toujours avec plusieurs échelles de valeurs, bien que la reconnaissance des obédiences mixtes et féminines sont admises d’une part et d’autre.

Le GODF, avant d’initier des femmes, avaient 30% de ses loges qui refusaient la visite des sœurs soit pour toute la durée de leurs tenues, soit pour une cérémonie comme l’initiation. Plus encore, en 2008, le GO a suspendu 169 de ses membres pour avoir initié six femmes dans 5 ateliers de cette obédience. Le Grand Orient a choisi de laisser chaque Loge libre de décider si elle y acceptait les sœurs en visite ou pas.

La GLDF ne reçoit pas de sœurs. Ils ont inventé autour de 2010 un « rituel spécial » pour pouvoir les recevoir.

La GLTSO ne reçoit pas plus de sœurs que la GLDF, mais a travaillé et organisé vers 2005 des tenues communes avec des obédiences mixtes ou féminines.

Pour la GLAMF et la GLIF, ces deux obédiences ne reconnaissent aucune obédience mixte et féminine. Par conséquent, dans leur cas, il est inutile de prétendre que les inter-visites seraient possibles pour des sœurs. De même que pour la GLNF.

 

La reconnaissance des sœurs n’est pas une finalité maçonnique, mais un choix d’obédiences.

Le débat concernant la maçonnerie libérale ne se situe donc plus sur la reconnaissance des sœurs (comme on le voit avec l’existence d’obédiences mixtes), mais sur le droit à leur initiation dans les différentes obédiences qui, bien que reconnaissant leur droit à être maçonnes, leur interdissent encore cette cérémonie.

 

Déjà en 1869, le Frère Frédéric Desmons, pasteur et vénérable de la loge de Saint Géniès de Malgoirès, dans le Gard, puis Grand Maître du Grand Orient de France émet le vœu “qu’à l’avenir les femmes soient admises au sein des ateliers, et puissent participer aux travaux”. Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France refuse. . Rappelons au passage que c’est également le Frère Frédéric Desmons qui fit voter par le Grand Orient de France la suppression de l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme pour solliciter l’initiation maçonnique.

 

Le 22 janvier 1961, le clipsas (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonnique Signataires de l’Appel de Strasbourg) a été constitué à l’appel du Grand Orient de France et de onze autres puissances maçonniques souveraines qui, émus par l’intransigeance et les exclusives qu’ils estimaient abusives de certaines autres obédiences, lancèrent un appel à toutes les maçonneries du monde afin de les réunir dans le respect de leur souveraineté, de leurs rites et de leurs symboles.

Les principes fondamentaux de ce groupe d’obédiences diffèrent des basic principles anglais et des landmarks nord-américains sur deux points essentiels : Le principe d’une nécessaire foi en Dieu (ou similaire) est remplacé par celui d’ « absolue liberté de conscience ».

Mais surtout, pour ce qui concerne notre propos, ce groupe n’interdit pas la reconnaissance des obédiences féminines ou mixtes.

 

En ces temps de regain médiatique pour la Franc-maçonnerie, avec semaine spéciale sur France Culture, diffusions et rediffusions d’émissions sur les grandes chaînes hertziennes, couvertures de tous les grands hebdos, outing à l’appui… une question revenait immanquablement sur le tapis : l’interdiction d’initier des femmes au Grand Orient de France.

Le convent de 2009, qui réunit à Lyon les délégués des 1.200 loges du GODF, se prononce pour la dernière fois à 56% contre la mixité des loges.

Ce vote est annulé pour des questions de forme. Une commission d’experts  finit par admettre que les « hommes libres et de bonnes mœurs« , désignés dans les statuts de l’obédience à l’époque des Lumières, ne devaient pas s’entendre au sens masculin du terme.

Le 22 janvier 2010, dans un communiqué diffusé à la presse, le Conseil de l’Ordre du Grand Orient entérine officiellement le changement d’état civil d’Olivia Chaumont. Celui-ci régulièrement initiée en tant qu’homme en 1992 à la loge « Université maçonnique » devient ainsi après sa trans-identité, la première femme officiellement membre du Grand Orient de France depuis sa création. Installée vénérable de sa loge, elle est élue déléguée de sa loge, faisant entrer, de la sorte, la mixité au sein du Convent qui se tient le 2 septembre 2010 à Vichy¬. Lors de ce convent, par une courte majorité à 51,5 %, les membres du Grand Orient de France (GODF) prennent la décision d’initier des femmes. Le pas est franchi le jeudi 3 septembre par les 1.150 délégués des loges du Grand Orient.

Bien que le règlement ne le précise pas et en application du principe de liberté des loges qui préside également pour les visites des sœurs, le Grand Orient, laisse désormais les loges libres d’initier des femmes ou de les affilier selon les modalités qui s’appliquent à tous les membres masculins du Grand Orient.

On ne peut pas dire que le GO soit devenu mixte ; ce qui a prévalu c’est la liberté des Loges comme seule solution maçonnique : que nulle [loge] ne prétende imposer aux autres son propre choix initiatique, dès lors que toutes[les loges] respectent les principes et les statuts de l’association qui les fédère. Imaginons que par un hasard numérique, un atelier soit majoritairement féminin et refuse par la suite d’initier des hommes, verra-t-on bientôt des loges strictement féminines au GO ?

L’article adopté cette semaine prévoit que « ne peut plus être refusé qui que ce soit dans l’obédience pour quelque discrimination que ce soit, y compris de sexe« . Jusqu’à présent, des « frangines » pouvaient être accueillies comme visiteuses, mais ne pouvaient être initiées au sein de la principale obédience maçonnique de France, qui revendique près de 50.000 membres.

Pouvait-on philosophiquement, et légalement, dénier le droit à des Loges membres d’une association indifférente au genre, le droit d’initier des femmes ? Non, évidemment. On ne peut pas davantage, dans une telle association, dénier le droit à certaines Loges de ne recevoir que des hommes, dès lors qu’ils n’imposent pas cette « règle » particulière à l’ensemble de l’Obédience.

Cette décision du Convent entraina quelques centaines de transferts et de démissions du GO de frères mécontents. On ne peut les comprendre même dans une réflexion sur le sort des fortes minorités lors de votes qui modifient leur horizon et qui ne sont pas unanimes. Une décision démocratiquement prise ne suffit pas à en garantir la légitimité lorsque le consensus est si peu dégagé, mais la sage décision du GO laisse des espaces d’initiation au sein d’ateliers choisissant leur modalité de fonctionnement. Comment dit-on « victime » au masculin ?

 

Depuis, selon le rapport d’activité de l’exécutif du GODF publié le 31 mars 2013, à partir de 2008, date du début des initiations, l’association a recruté 1 403 femmes soit 45,54 % par voie de transfert d’obédience à obédience et 54,46 % par recrutement direct.

 

Avec plus de 50000 membres, le GODF est la principale obédience maçonnique en France.

Parce que le GODF se revendique fortement progressiste, avec des membres issus majoritairement des rangs de la gauche, et s’affirme à la pointe des combats pour ce qui est sa devise depuis le XIXe siècle : liberté, égalité, fraternité, on comprend, dès lors, qu’un féminisme de conquête trouve là un terreau à ensemencer. L’ouverture aux femmes du GO, avec ses 1300 loges irriguant l’ensemble du territoire, présent dans chaque ville, presque chaque canton de France, proposant la plus grande variété de rites (le GO est une fédération de rites), donne certainement un réel coup d’accélérateur à l’arrivée des femmes en maçonnerie avec, surtout, l’ouverture pour des femmes issues d’autres horizons que les catégories plutôt urbaines et qualifiées qui prédominent actuellement dans les obédiences qui les initient.

Cette perspective constitue, à la réflexion de certains membres éminents du Droit Humain, une concurrence dans le recrutement des nouveaux adhérents, avec la crainte d’une rivalité discriminante. La puissance, tant financière que spirituelle, d’une obédience tient aussi au nombre de ses membres !

Quelles sont encore les réticences à la mixité ?

 

            Le  »fin mot » avancé en 1884 par le journal Le Matin relève… des bonnes mœurs !  »Voyez-vous, en province surtout, vingt hommes et autant de femmes se  réunissant dans une salle ou aucune personne non affiliée ne  pourrait voir ce qui s’y passerait, c’est pour le  coup que les bonnes langues de la localité jaseraient  avec entrain ».

S’ils prêtent à sourire, ces propos énoncent la satisfaction, encore actuelle, que les épouses (compagnes) ou les époux (compagnons) ont de savoir que l’on ne se retrouve qu’entre femmes ou qu’entre hommes pour travailler le soir en loge. Après tout sexualiser les personnes, c’est aussi sexualiser les relations ! Donc, pas de mixité pour plus de quiétude conjugale.   

N’oublions pas que, Georges Martin, fondateur du Droit Humain, excluait les sœurs de la Grande Loge Symbolique Écossaise N°2, parce qu’il ne pouvait pas vérifier leur moralité.

 

Cette présence de l’autre sexe, durant les tenues, est perçue par les membres eux-mêmes comme perturbante. La concentration sur le seul travail en tenue peut être détournée par les charmes qu’inspire la présence de l’autre sexe.  Cette seule présence les réduirait à une dimension de trouble et de désir, à une spirale de concupiscence incompatible avec les travaux philosophiques accomplis en Loge.

 

A en croire Jean-François Rémond, la mixité serait une opération de gommage, introduisant un discours d’ordre moral aux termes duquel on devrait s’interdire d’aborder toute dissymétrie (et particulièrement celle relative à la différence des sexes) comme inconvenante ou comme négligeable. La mixité à ce compte ne serait qu’une opération de censure bienpensante.

 

Le trouble n’est d’ailleurs pas que celui de l’émoi. N’en déplaise aux frères, voici ce qu’en disent des sœurs d’une obédience  féminine : évidemment, il y a les visiteurs, mais ceux-là dérangent parfois, car ils sont bruyants, s’en fichent des règles, ils interviennent à côté de la plaque avec forte assurance, des fois à la gascon, boivent excessivement, et draguent.

 

Plus profondément, si ses structures administratives répondent aux règles de l’association loi 1901 et qu’elle appelle ses membres à s’impliquer pleinement dans la vie de la Cité, la Franc-maçonnerie, dans son essence même, se définit comme une expérience à la fois intime et intemporelle, plus proche de la psychanalyse, des fraternités médiévales et des initiations antiques que de nos partis et syndicats contemporains.

 

Dès lors que le parcours maçonnique se situe dans le registre de l’ésotérique ou du ritualisme pour certain, de la psychanalyse ou de la recherche philosophique personnelle pour d’autres, de tels refus n’ont plus à se justifier : chacun étant libre de la forme de ses réflexions intimes. Car, oui, la Loge fait indubitablement partie de l’intime de chacun de ses membres, le travail collectif sur soi étant à ce prix…

Si ce raisonnement peut paraître choquant, en totale contradiction avec les prises de position du GO à l’extérieur du Temple, elle n’est est pas moins dans la pure logique maçonnique, société qui se veut symboliquement détentrice d’expériences séculaires.

Considérant leur loge comme un espace privé, intime même, vivant leur initiation comme l’appartenance à une communauté en dehors du champ social, ces derniers, par ailleurs militants ou actifs dans de nombreuses associations, viennent justement chercher un espace de réflexion collectif, mais intime qui ne reproduise pas forcément la physionomie de la Cité dont ils veulent s’extraire un instant. Un certain nombre de francs-maçons du GO se refuse encore à travailler en loge avec des femmes sans pour cela être irréductiblement contre une évolution obédientielle.

Si cet argument ne répond pas nécessaire par la négative à la mixité maçonnique, il apporte incontestablement un nouvel éclairage au débat !

Il convient en effet de bien séparer ce qui relève de l’idéologie de la maçonnerie libérale, très progressive, et du « parcours maçonnique » en lui-même, plus intime et moins redevable des règles sociales.

Et force est de constater que, dans ce cadre, beaucoup de ces nouveaux maçons cherchent justement une enceinte purement masculine (ou féminine) pour cette quête intérieure.

De nombreuses maçonnes revendiquent d’ailleurs elles-mêmes cet entre-soi permettant dans les loges exclusivement féminines, « d’aborder l’Universel à partir de la singularité féminine » pour reprendre les mots de plusieurs d’entre elles.

 

Et maintenant, imaginez le malaise de francs-maçons, entrés sur la base d’une structure mono genre, à qui on annonce que, dorénavant, ils devront partager Toutes leurs tenues dans le cadre d’une mixité. Leur choix initial n’a plus de sens. En droit, ne peuvent-ils considérer qu’il y a là rupture de contrat ? Choisir une obédience voire un atelier masculin (ou féminin) est une décision qui implique une clause estimée sous-entendue  rebus sic stantibus (les choses restant en l’état).

Passer à la mixité est une modification telle que, sans le consentement des intéressés, la résiliation de l’engagement est logiquement ouverte. Si la mixité devenait impérative dans toutes les loges, il n’y aurait plus aucun lieu de repli pour accueillir ceux ou celles qui, contre cette éventualité, veulent résolument poursuivre leur travail initiatique dans un cadre préservé de la mixité.

La question de la « préférence » serait-elle devenue discutable au nom de la mixité ? La prégnance d’une pensée unique serait-elle l’arbitre de l’intime « collectif » des membres, qui ont tout de même le droit de décider et affirmer leur liberté à se retrouver dans les conditions qu’ils souhaitent.

 

Pour beaucoup de frères et de sœurs introduire la mixité dans leur loge mono genre, ce n’est pas continuer la Loge en l’élargissant mais c’est inventer un autre type de sociabilité maçonnique vers lequel ils (ou elles) ne sont pas enclins. Ainsi s’exprime Charles Arambourou, dans son excellent article « Mixité ? – Non : liberté des Loges ! » : « je réclame sur le plan du droit la possibilité pour toute Obédience de tenir le fait de l’identité sexuelle comme suffisamment déterminante pour choisir la non-mixité. Je le réclame avec d’autant plus de force que ce que je nomme une particularité déterminante n’établit en rien une discrimination puisque, encore une fois, des obédiences proposent aussi un type de sociabilité mixte ».

 

Des rituels peuvent-ils ne convenir qu’à un sexe particulier ?

 

            La Franc-maçonnerie est plus une communauté pneumatique qu’un club parce qu’elle prétend également assumer la transmission d’une double tradition : celle des maçons « francs » et donc du « mestier », tradition fondée sur l’interprétation du mythe d’Hiram, le constructeur du Temple de Salomon, couplée à l’autre versant du mythe fondateur, la chevalerie templière qui forment un fond archétypal et paradigmatique, avec, en l’occurrence, ses rites, ses mythes et surtout son processus initiatique.

Elle est en effet une des rares sociétés initiatiques qui proposent, en Occident, une voie pour vaincre la mort. Cette méthode particulière est fondée sur le symbolisme et le raisonnement par analogie. Ce sont là ses vraies valeurs universelles qui la rattachent à ce que Jacquart appelle « l’humanitude ».

Je me pose la question de savoir ce que la cohabitation de femmes et d’hommes peut apporter de plus aux rites, aux mythes, au système initiatique. Faudra-t-il introduire, en plus, une légende fondatrice dont une femme serait l’héroïne ? Hiram aurait-il pu être une femme ! Après tout, la plus curieuse supposition sur l’identité d’Hiram a déjà été faite par la misandre Céline Renooz dans son livre  »L’ère de la vérité (Histoire de la pensée humaine, évolution morale de l’humanité à travers les âges et chez tous les peuples) » paru en 1925, affirmant qu’en fait une femme, la fille du roi de Tyr, était cachée sous le nom d’Hiram. S’appuyant sur le texte hébreu de la Bible marqué par la féminisation des adjectifs qui qualifient le roi David, Renooz considère tout aussi curieusement qu’en vérité il fut une reine, du nom de Daud, qui créa la ville de Jérusalem et entreprit d’y faire construire un Temple. La reine Daud ne fut pas seule à fonder l’Institution secrète qui devait se propager jusqu’à travers la Franc-maçonnerie. Elle eut deux collaboratrices, deux Reines-Mages (ou Magiciennes), avec qui fut formé le triptyque sacré que les trois points de l’Ordre ont représenté depuis. L’une est Balkis, reine d’Éthiopie (appelée la reine de Saba), l’autre est une reine de Tyr, que l’on a cachée derrière le nom d’Hiram. Cette reine de Tyr étant Élissar ou Didon.

Faudra-t-il trouver des princesses, des chevalières, des « pontifesses », des inspectrices, des souveraines dissimulées dans les titres des hauts grades écossais ?

 

Tradition contre entrisme féminin !

 

Qu’est-ce que la mixité dans une société initiatique ?

 

            Placées à l’entrée du temple maçonnique les deux colonnes ouvrent le passage sur un  symbolisme qui n’a pas fini de faire couler encore beaucoup d’encre et de produire moultes interprétations. Désignées comme mâle et femelle, ces colonnes s’inscrivent tout naturellement dans une réflexion sur la mixité.

Le message de ces 2 colonnes est-il une admonition à la présence conjointe de frères et de sœurs en tenue ? Les textes ne disent pas qu’elles sont symétriques ni semblables. L’une d’elle est décrite par sa hauteur, l’autre par son diamètre. Il s’établit ainsi une correspondance, une altérité sans identification, de celle qui est haute, de celle qui est large. C’est affirmer la différence, maintenir et laisser libre la dimension de l’étrangeté et de l’ailleurs. C’est dire que l’autre ne revient pas toujours au même. L’autre n’est alors comme opposé que de son autre.  L’altérité, la présence de l’autre constitue en soi une mixité et il n’est pas indispensable d’avoir, pour cela, des considérations qui se situent en-dessous de la ceinture. Les colonnes sont séparées, à côté l’une de l’autre. Parce que séparées elles tracent un seuil entre deux polarités. Le traverser, pour pénétrer dans le sanctuaire, c’est se laisser irradier par la magie du passage au milieu qui fait la synthèse du principe mâle et du principe femelle ouvrant sur le monde supérieur de l’unité.

 

La mixité en l’être s’impose comme interprétation de l’œuvre d’Hiram.

 

Par la perception symbolique d’une unique origine qui ne se différencie que dans la perception humaine, le franc-maçon peut s’attacher à voir plus loin qu’avec le seul regard manichéen du profane, cessant de se soumettre à toute affirmation moraliste ou dogmatique.

Ce qui est appelé «mental», c’est le monde mouvant, intermédiaire entre le corps terrestre et l’esprit de nature universelle : il est fait des échanges de nos émotions, de nos imaginaires, de nos pensées que nous avons avec l’univers et avec nous-mêmes, il est appelé aux métamorphoses et aux transformations. J’ai l’impression que Platon avait dit la même chose dans son Théétète, dans ce passage où il montre que la perception que nous procurent nos cinq sens ne peut accéder à ce qui est.  Il écrivait :  »C’est dans leurs approches mutuelles que toutes choses naissent du mouvement sous des formes de toutes sortes, car il est  impossible de concevoir fermement l’élément actif et l’élément passif comme existant séparément, parce qu’il n’y a pas d’élément actif, avant qu’il soit uni à l’élément passif… Il résulte de tout cela que rien n’est un en soi, qu’une chose devient toujours pour une autre et qu’il faut retirer de partout le mot être… Il faut dire, en accord avec la nature, qu’elle est en train de devenir, de se faire, de se détruire, de s’altérer ». Le mental fluctuant du monde sensible et dual ne peut donc pas approcher le Un universel et, de ce fait, nous ne pouvons pas atteindre ce niveau d’unité par le seul mental. Cette conception est dans la philosophie orientale qui conclut :  » ce n’est pas par la pensée que l’on atteint la Voie« . Après tout, si l’Énergie est la seule vie,  et la Raison  la borne de l’encerclement de l’Énergie, à chacun de choisir d’être au cœur des choses ou à leur périphérie.

 

La vraie mixité serait-elle une androgynie ?

 

            Pour l’alchimiste, le monde est androgyne dans son principe non pas hermaphrodite mais androgyne d’une réunion en soi et d’une synthèse de tous les contraires. Il s’agit de restaurer un isomorphisme entre le macrocosme et le microcosme, entre le soi et le moi. Ce symbole est à entendre comme un état de plénitude. A la limite il se substitue au devenir, échappe et touche à la mort terrestre aux confins des origines.

 

On peut prendre comme illustration de cette mixité absolue le plérome hébraïque de l’arbre de vie.

En simplifiant à l’extrême on peut dire : le plérome est un symbole où sont figurés 10 séphiroth disposées dans un certain ordre et reliées entre elles par des sentiers. Ces représentations du rapport de la Divinité avec le cosmos sont disposées sur 3 colonnes verticales, celle de la droite est dite masculine, celle de gauche féminine et celle du centre est celle de l’équilibre.

 

Une première séphira, sphère de manifestation, est placée plus haute que les autres sur le pilier du milieu. Elle s’unit avec la deuxième séphira du pilier de droite qui elle-même s’unit sur le même plan à la troisième séphira sur le pilier de gauche formant ainsi un triangle, dit triangle suprême. Cette triangulation issue du néant, de l’origine, est tout à fait particulière. C’est le commencement. C’est comme une phrase où l’idée serait en germe mais ne trouverait de réalisation que dans une phase ultérieure : une idéation de l’univers.

 

Kether, traduit par couronne, première séphira est placée donc au sommet, au commencement de la manifestation primordiale. Elle représente en quelque sorte la cristallisation primitive de ce qui jusqu’alors n’était pas manifesté et reste inconnaissable pour nous.

Il n’existe en Kéther aucune forme mais exclusivement de l’intention pure, quelle qu’elle puisse être : c’est une existence latente séparée par un degré de l’origine, du non-être ; de l’Aïn-sof. Cette séphira contient tout ce qui était, est, et sera. Elle est celui-qui-est. C’est avec l’existence manifestée dans des paires d’opposés que cette unité prendra un sens accessible, mais dans Kéther il n’y a encore aucune différenciation. Elle perdure elle-même et en elle-même. Ces différenciations qui nous la rendent intelligible apparaîtront seulement lorsque Chokmah et Binah, noms des deuxième et troisième séphiroth, auront été émanés. Kéther, c’est la monade existant sans attributs perceptibles mais les contenant tous cependant. Par là elle contient les potentialités de toutes choses. Nous ne pouvons définir Kéther, nous ne pouvons qu’y faire allusion. L’expérience spirituelle assignée à Kéther est dite l’Union avec Dieu: but et fin de toute expérience mystique ou alchimique. On ne s’étonnera pas d’y localiser comme vertu celle de l’accomplissement, de l’achèvement du grand Œuvre alchimique, le retour final. Le point parce qu’il n’a pas de dimension lui est tout naturellement associé comme symbole référant. Mais on lui trouvera d’autres titres comme Existence des existences, le point primordial, le point dans le cercle, le macroposope initial, la lumière interne, Lui, la tête blanche et son archange est Métatron.

 

L’énergie de Kéther se déploie et ce dynamisme premier, ce point en mouvement trace une ligne qui va vers la deuxième séphira  Chokhmah : la sagesse. Cette expansion de force non organisée et non compensée serait plutôt une énergie incontrôlable : le grand stimulant de l’Univers. Mais il est impossible de la comprendre sans lui associer Binah, troisième séphira de l’arbre et première séphira organisatrice et stabilisante, Binah : la compréhension. Si les titres donnés à Chokmah sont Ab, le père suprême, tétragrammaton, IHVH, Yod du tétragramme (représenté souvent en français par la lettre J) et si les symboles qui lui sont rattachés sont le phallus, le lingam, la pierre qui tient debout, la tour, le bâton du pouvoir qui se dresse, on ne sera pas étonné de voir et d’entendre en Binah (l’entendement), ima, la mère sombre Elhoim, la brillante mère féconde, la grande mer, Mara, racine de Marie et de la reconnaître dans la coupe, le calice, le Yoni, la robe extérieure de dissimulation (terme hindou et gnostique qui désignent les organes sexuels de la femme).

 

Ainsi Kéther est l’être pur, tout puissant mais non actif. Lorsqu’une activité en émane, que nous appelons Chokmah c’est un flot descendant d’activité pure qui est la force dynamique de l’Univers et qui se stabilise en Binah. Il prend alors forme en Binah. L’Unité de Kéther est une monade se donnant à voir dans deux séphiroth. Elles forment ainsi la triade suprême. L’unité du commencement sous ses deux aspects différenciés peut être représentée par un triangle : Kéther, Chokmah, Binah.

 

Le Delta de notre temple est-il un triangle de cette sorte ? Oui, nous dirions même que nous avons cloué ici la triade suprême mais c’est aussi la monade pythagoricienne. Notre Delta c’est la consubstantialité de l’Esprit manifesté (l’énergie), de la matière (la forme) et de l’univers leur fils. Il est placé du côté des mondes supérieurs c’est-à-dire pour nous à l’orient. A l’autre extrémité, dans le monde de la formation, considéré comme inférieur parce que plus éloigné de l’origine,  il y a la même symbolisation. Sous une autre forme, J:. et B:. représentent, dans la phase du monde de la dualité, les deux aspects différenciés mais séparés de l’unité idéale du Delta qui les contient en idéation où ils sont encore réunis dans la perfection androgyne. On pourrait dire que depuis le sommet du Delta en passant par ses pointes basses, reliées aux colonnes du Temple, sont tracés les piliers de l’arbre de vie où les FF:. et SS:. sont à la fois les sphères de lumière et les sentiers par lesquels s’actualise la transcendance.

 

C’est une géographie sacrée que l’initié aura à remonter partant du seuil jusqu’à la couronne comme un Chevalier pour s’unir à sa Reine. A noter que sur l’arbre de vie, la première séphira en partant du bas, (la dernière dans la manifestation), est nommée Royaume.

 

C’est dire et redire que nous sommes mâle et femelle, à la fois, comme image de la création.  C’est une consubstantialité de l’unité regardée dans ses aspects différenciés mais c’est de l’unité dont il est toujours question.

 

Comment la mixité est-elle prise en comptedans les différentes obédiences ?

 

Grand Orient de France (GODF) : 50 000 frères, 2,6% de sœurs.

Fédération française du Droit humain (FFDH) : 17 000 frères, 67% de sœurs.

Grande Loge mixte de France (GLMF) : 4 900,  45% de sœurs.

Grande Loge européenne de la Fraternité universelle (GLEFU) : 2 400 frères, 22,5% de sœurs.

Grande Loge mixte universelle (GLMU) : 1 400 frères, 52% de sœurs.

Ordre initiatique de l’Art royal (OITAR) : 1 200 frères, 50% de sœurs.

Grande Loge des cultures et des spiritualités (GLCS) : 900 frères, 30% de sœurs.

Grande Loge symbolique de France (GLSF) : 550 frères, 47% de sœurs.

Grande Loge française de Memphis-Misraïm (GLFrMM) : 500 frères, 25% de sœurs.

Grande Loge initiatique souveraine des rites unis (GLSRU) : 280 frères, 45% de sœurs.

Grand Orient traditionnel de Méditerranée (GOTM) : 140 frères, 33% de sœurs.

Conclusion

 

            En France, comme l’écrivait Bruno Etienne, la Franc-maçonnerie a produit deux maçonneries qui cohabitent, volens nolens, depuis trois siècles mais qui semblent sur le point d’éclater aujourd’hui. La première a pour slogan « liberté, égalité fraternité » et entend participer activement à la construction de la société idéale. La seconde a pour devise « force, sagesse, beauté » et préfère travailler à la construction du Temple de l’Humanité à partir de la construction du temple intérieur par la maîtrise de l’ego.

L’une est extravertie, progressiste, mondaine ; l’autre est tournée vers l’intérieur, progressive, mystique. Certains ont cru pouvoir, sans schizophrénie excessive, appartenir aux deux tendances.

En effet, en s’appropriant le monopole de l’interprétation républicaine, en s’identifiant à la seule République moniste, la Franc-maçonnerie risque de perdre sa capacité à guider les néophytes vers l’initiation au profit d’un tangage dans les courants à la mode du monde profane.

 

La mixité ne peut être inéluctable, elle ne peut être, au sein de chaque atelier, qu’un consensus unanime, clairement annoncé pour que celui qui vient vers la Franc-maçonnerie puisse avoir le choix de son engagement sans lequel le mot liberté ne serait plus qu’un leurre.

SOURCE : http://solange-sudarskis.over-blog.com/2017/11/la-mixite-est-elle-ineluctable-en-franc-maconnerie.html?fbclid=IwAR0x6GP4hmMTw5qU-V0ntkeSZzLr96JzShE57lvPVqND-towBVw8_wNYSZ8

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