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Tableau de loge et lois de correspondances 10 octobre, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Tableau de loge et lois de correspondances dans Recherches & Reflexions

Tableau de Loge

Illustration des structures de l’imaginaire initiatique des bâtisseurs.

Nous de décrirons pas en détail les objets symboles figurant sur le Tableau de loge, mais plutôt les structures de l’imaginaire maçonnique associées à sa lecture. Nous ne rechercherons pas l’origine historique du Tableau sachant qu’on en publie dès les premières divulgations et que sa présence servait de support à « un regard ésotérique » dès le XVIIème Siècle[1]. Nous tenterons de démontrer que ce Tableau n’est pas seulement un résumé symbolique du grade considéré, il serait aussi la figure centrale de la loge, le point d’ancrage de la mémoire collective des maçons.

Le Tableau de loge est une image narrative composée de nombreux objets symboliques liés à l’art de bâtir ou à l’architecture. Cette collection d’objets se combine pour donner un sens opératif, symbolique et métaphorique au Tableau. Cette lecture symbolique se dédouble en construction de soi et peut-être en construction d’un monde idéal.

Le Tableau de loge et la loge illustrent un langage initiatique qui ouvre sur une spiritualité. D’ailleurs le symbole n’est-il pas l’évocation en soi de l’invisible et de l’abstrait ?

Cette spiritualité est celle des maçons bâtisseurs d’édifices sacrés, reliant depuis l’antiquité l’homme au subterrestre, au terrestre et au céleste avec l’idée d’accueillir ou d’évoquer la puissance divine venue d’en haut…

C’est à ce titre que nous rechercherons en quoi le Tableau de loge[2] serait une table de correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, sans oublier que cette correspondance se fait aussi en nous.

Nous examinerons la participation du Tableau de loge aux mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique (1), et comment ce Tableau permet l’accès aux lois de correspondances (2).

 

I/ Les mécanismes de l’imaginaire dans la transmission maçonnique :

 Comment s’organise la transmission autour du tableau de loge ?

 

a/ L’apprentissage d’une mémoire traditionnelle.(Devoir de mémoire communautaire)

Nous sommes dans une société traditionnelle qui repose sur la transmission. Il ne peut y avoir de transmission initiatique sans séparation, sans mémoire[3] et sans participation[4].

 Pour mémoriser et transmettre un vécu initiatique, le franc-maçon utilise différentes techniques significatives d’un langage réservé :

  • les techniques graphiques[5] de l’image symbolique, du tracé à la craie et au charbon, que l’on efface fin de tenue,  technique du dévoilementvoilement.
  • les décors signifiants et une topographie tripartite séparant par une porte l’intérieur et l’extérieur.
  • le récit, le  langage verbal et non verbal, incompréhensibles au profane
  • le  mime et la geste du grade fait à couvert.

L’ensemble combiné donne une « incorporation » du symbole : c’est donc une abstraction ou une absence qui prend « corps » par le vécu initiatique[6].

En effet, on « incorpore » cette langue et cette vision symbolique par la geste du grade, par ses pas, ses signes, postures et circulations. De plus le catéchisme récité et le tracé du Tableau ou son dévoilement,  fondent une communauté d’expérience fondée sur le contraste[7]. Les éléments graphiques du Tableau font allusion à 4 bipolarisations[8] qui font naître ou apparaître un troisième terme « ordonné » qui ne peut être que l’HOMME:

 ► la relation entre le plan terrestre et le ciel enfante la vie sous l’égide de la Lumière, les cycles cosmogoniques, lune-soleil, colonnes solsticiales dont la loge est témoin,

 ►  la relation entre la matière transformée et  l’esprit qui enfante une pierre cubique symbole de perfectionnement en opposition à l’informe au 1er degré, puis l’association des unités en entité commune au 2em degré et enfin la fin de la forme et la transmission de l’esprit au 3eme degré.

 ► la relation entre outils et instruments et l’œuvre à accomplir qui enfante l’autoréalisation (réalisation de soi autour d’un centre universel et particulier) en opposition à l’hybris décentrée et chaotique,

 ►  la séparation de l’espace sacré et ordonné (murailles du temple, porte) du monde profane désordonné qui enfante : 1/ sur le plan horizontal l’union des FF[9] (corde à nœuds, houppe dentelée, grenades) en opposition au monde profane sans filiation et  2/ dans l’axe vertical la relation au divin, transcendance, spiritualité (temple maison du divin), en opposition au monde conflictuel[10], sans foi ni loi.

Ainsi le Tableau de loge est une puissante image mémorielle, un condensé des éléments de langage[11] témoignant d’une identité[12] et d’une intention commune se résumant en un paradigme[13] : construire le Temple.

Quelle est l’influence de ce tableau sur notre vision ?

 

b/ La représentation du réel en loge – transposition de l’image

Avec le symbole l’irréel prend corps ! Robert Ambelain disait : « il n’y a pas de plus grande initiation que la réalité ». Le tableau de loge par sa mémorisation joue un rôle dans notre vision. Suivant les rites on dévoile le Tableau de loge en même temps que Sagesse Force et Beauté sont allumées. L’image est ainsi « éclairée » « révélée [14]» au FF de l’atelier par une Lumière venue de l’Orient. Le dévoilement est équivalent au tracé fait à la main, ce serait une recréation du monde, un ordonnancement de l’informe !

Tout ce que nous sentons, voyons, pensons, articulons, est issu de la perception de nos 5 sens et se traduit en une représentation mentale du réel. Le réel au grade d’apprenti est recomposé dans l’idée de la connaissance de soi par l’image d’une pierre que l’on dégrossit.

Pour l’homme il n’y a pas de réalité sans représentation de celle-ci en son for intérieur. Là , notre réalité est la transposition d’un réel objectivé en réel humain doté de sens et d’essence. Ici le for extérieur (décors et images) opère sur le for intérieur (représentation mentale)[15].

L’initiation est donc l’apprentissage d’un réel profond, ou d’un réel augmenté par l’analogie et l’imagination créatrice de l’homme. C’est précisément ce que nous offre le Tableau de loge : une imagination créatrice « orientée » et « ordonnée » par la conscience éclairée et « concrétisée » par l’acte de bâtir un temple, fut-il intérieur.

En loge s’opère la « magie[16] » de la représentation graphique de l’objet[17] et de sa transposition symbolique. Le réel dit « matériel » n’est alors plus que l’enveloppe extérieure d’une réalité tout intérieure !

 

c/ Vivre le symbole : technique d’autotransformation

L’aspect physique dans le développement du rituel est capital, c’est ce qu’on appelle la geste orthopraxique du maçon. Le Tableau de loge illustrant le grade y joue un rôle important:

1/ Par ses pas, comme dans toute société traditionnelle, le maçon marque le temps et une déférence au groupe (trois pas = trois ans, ►introduction spatiotemporelle). C’est l’intégration comportementale du maçon dans un espace spécifique de la loge. Le Tableau illustre cet espace ternaire et sacro-temporel.

2/ Par ses bras le maçon va faire naître la forme ou l’état (tailler la pierre ► intégration du maçon dans le monde des formes et donc ici dans l’univers formel des bâtisseurs du sacré : loge/temple)[18] . Le Tableau illustre la transformation.

3/ Par le crâne sera insufflé le privilège de la lumière et de la conscience individuelle et collective (►conscience éclairée= étoile ou triangle). Le Tableau illustre la lumière.

4/ Par ses mots le maçon raconte la légende commune et récite le catéchisme ce qui permet de lire symboliquement. (►langue sacrée). Le Tableau est un langage symbolique

Le Tableau de loge est une image représentant une combinatoire d’objets matériels et symboliques qui participent aux 4 points de l’incorporation physique,  transcendée par le rituel et la verbalisation légendaire du grade[19].

Ainsi l’image devient « narrative »[20]et participe d’une pensée collective[21] et d’une geste commune. D’extérieure à soi, la métaphore de la construction produit des effets en nous.

Devenir et être le symbole, c’est accepter de faire évoluer le regard que l’on porte sur la réalité et prendre conscience de son être. La lecture du rébus symbolique du Tableau de loge est une lecture de soi ainsi que le point d’entrée dans une société d’initiés[22] (incorporation tribale).

Nous conclurons par un constat : le secret maçonnique est personnel et relatif à nos capacités cognitives qu’il s’agit de développer. Notre fonction analogique augmente nos capacités.

Le Tableau de loge nous donne des clefs de lecture des symboles nous permettant d’accéder aux schèmes de la représentation mentale et nous ouvre à la spiritualité des bâtisseurs du sacré.

Ainsi trois plans sont désormais en reliance grâce au Tableau de Loge : le plan physique, le plan mental et le plan spirituel.

II/ Tableau de loge matrice des lois de correspondances.

La force du tableau est de proposer une construction reliante et structurante plutôt que rien. Ce Tableau calme l’angoisse de l’homme en proposant une méthode et une action collective et individuelle en comblement d’un manque éthique ou métaphysique. Le tableau est sous l’effet des lois de correspondances. Ces lois restent à la base de toutes approches symboliques, car elles mettent en relation différents plans[23] matériels, mentaux et spirituels. Or l’art de tailler sa pierre ou de bâtir un édifice « sacré » permet des analogies, des associations entre ce qui est matériel et ce qui est spirituel et humain. C’est une méthode d’ordonnancement des plans superposés ayant un centre traversé par un même axe paradigmatique. Par la correspondance analogique on relie que ce qui est en haut à ce qui est en bas, mais aussi le ciel et la terre , l’esprit et le corps, l’intérieur et  l’extérieur, l’inconscient et le conscient , le caché et le visible , la cause et la conséquence, la pensée et la matérialisation, l’inconnu et le connu. Voici donc notre franc-maçon en capacité de lire ce réel augmenté sans autre effort que la mise en relation des plans par son imagination créatrice et sa bibliothèque de schèmes.

 Comment le tableau de loge peut se prêter aux analogies ?

 

a/ L’art de bâtir entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste.

Par sa situation « géocentrée » dans la partie centrale de la loge, le Tableau est un point d’intersection parfait entre le subterrestre, le plan terrestre et le céleste. Ce réceptacle d’images, véritable lieu de la reliance, est posé au centre de la loge à la croisée[24] de l’axe de la lumière orientale, de l’axe qui relie les colonnes du Septentrion et du Midi et de l’axe reliant le Zénith au Nadir (axis mundi).

Le Tableau ou tapis de loge serait un creuset où se combinent tous les signifiés (représentations mentales) et tous les signifiants[25] (ici les objets référents). Sa lecture se fait comme un alphabet universel qui rayonne dans les six directions[26].

Les signifiants et signifiés étant relatifs aux grades nous devons en conclure ce qui suit :

La superposition des tableaux de loge et la superposition des grades, valident les effets de reliance et donc confortent les lois et tables de correspondances. De plus le Tableau de Loge par le jeu de l’incorporation symbolique et l’intention commune, établit définitivement une homologie[27] entre le Temple et l’homme.

Relativement au paradigme de la construction d’un bâtiment sacré, on remarquera que le tableau « concentre » en un seul point tout les matières, plans, outils et instruments nécessaires à la « réalisation » par la reliance.

 

b/ Un tableau réceptacle de 3 influences :

1/issu du subterrestre : via la pierre brute extraite de la carrière, ou du minerai servant à fondre les colonnes. Ces éléments subterrestres sont les puissances souterraines que l’homme se doit de maîtriser (trouver la pierre cachée). À l’évidence un parallèle doit être fait avec la sortie du cabinet de réflexion[28].

2/ issu du céleste : représentation du Soleil et de la Lune et parfois de l’Étoile.  Ils marquent la durée, le temps, les rythmes et les saisons, mais aussi toutes les analogies liées à l’ombre et la lumière que ressent le bâtisseur, ou liés au principe émetteur et au principe récepteur qui s’unissent dans un troisième terme[29], etc. Le soleil naissant fut pendant longtemps une représentation du divin[30].

3/ issu du plan terrestre, pour porter le dessin/dessein du plan et l’élévation des bâtiments sacrés. L’intention des bâtisseurs[31]est de conjoindre matière et l’esprit sur le plan solaro-terrestre[32] en faisant apparaître une dimension spirituelle dans la matière comme dans l’homme.

C’est donc en ce point « hyperdense », à la fois géocentré (Tableau physique) et égocentré (Tableau mental)  que se réalisera le travail de l’apprenti puis le chef d’œuvre du bâtisseur 

 

c/ Apport pratique du Tableau de loge :

Ce tableau ne serait-il pas un miroir de soi et un miroir du monde ? Une affaire de point de vue !

 

Le récit de la construction de soi

Se réaliser soi-même grâce à la lumière : Le Tableau de loge est un diagramme symbolique éclairé et graduel (un plan à plusieurs niveaux de lecture !), car il est posé sur le pavé mosaïque qui suscite une tension créatrice, une vibration.

Transposé en soi (la conscience de l’être), le Plan-Tableau (ou grille de lecture) devient une pensée qui se transforme en volonté graphique « éclairée » c’est-à-dire douée d’une intention qui « élève » l’être vers une spiritualité, et il ne reste plus qu’a « réaliser » le modèle dessiné sur le Tableau de notre projection mentale. Cette dernière phase sera l’action sur nous même et dans le monde. Pensée, Volonté, Action ici « imagées » sont les trois phases de la réalisation de soi induites par le Tableau : ainsi la taille de la pierre devient connaissance de soi[33] par la connaissance de nos limites (limites d’exercice du tableau) et l’introspection (centre hyperdense du tableau)!

L’autre aspect de cette intériorisation de la grille de lecture est de réveiller en soi les vieux schèmes et archétypes[34] qui fondent l’inconscient collectif[35]. Par ce biais c’est toute l’évolution de la conscience humaine qui est mise à contribution. Ainsi tenter de tailler sa pierre ou de construire le Temple revient à tenter de se construire et perfectionner avec une conscience éclairée.

 

 Faire descendre le ciel sur terre et en l’homme.

La descente du ciel sur terre est un vieux schéma universel qui s’associe avec la conscience du Tout et l’idée du Divin. L’idée est séduisante pour l’homme qui se voudrait universel ! ici nous tentons l’Unité ontologique. Il s’agit d’une esthétique liée à la fonction verticalisante du bâti sacré.

La plupart des temples et édifices sacrés sont construits à la croisée des chemins telluriques (failles, réseaux d’eau souterraine et cryptes), solaires (decumanus,  processus du cardo et l’ombre portée[36], avec l’aspect solsticial)  et célestes (processus du Templum), etc. Ici se rencontre la synthèse d’une totalité symbolique[37] . Le Tableau de loge nous donne le mode d’emploi, les moyens et le plan sur lequel nous devons bâtir progressivement une reliance au Tout : c’est ainsi que le Tableau de loge incite à la métamorphose du regard et donne accès aux états supérieurs de l’Être[38] ! 

Nous retiendrons que la pierre taillée de l’apprenti annonce l’image archétypale de l’Imago Templi qui porte la construction physique mentale et spirituelle des francs-maçons, authentiques pierres vivantes de cet édifice sacré. Cette image dépasse l’apparence et s’inscrit dans une dimension polaire donnant au « perspecteur » une « transfiguration » de la forme.

 

Par le Tableau de loge, et par la taille de sa pierre, le franc-maçon affirme son intention de s’unir à la totalité en reproduisant pour lui-même (dimension éthique) et pour le monde visible et invisible (dimension métaphysique) une analogie symbolique.

Ce Tableau architecturé, centré, « éclairé » et ordonné est un réceptacle qui permet d’appréhender une méthodologie, un paradigme et les fameuses lois de correspondances si chères aux maçons-symbolistes, aux hermétistes et aux métaphysiciens. Il suggère une « spiritualité construite[39] »agissante, car la fonction de la loge est d’éveiller sur les trois plans, physique mental et spirituel, des maçons qui tailleront leur pierre et bâtiront un Temple pour la Lumière[40] !                                                       

Er.°. Rom.°. 01/07/6018

[1] Pierre Mollier avant propos de l’ouvrage de Dominique Jardin « Voyage dans les Tableaux de Loge ed Jean Cyrille Godefroy 2011 P11/12

[2] Le Tableau de Loge n’est pas la seule table de correspondance, dans la loge il en existe trois autres : la majeure est celle de l’autel du Vénérable qui reçoit en direct la lumière venue de l’orient alors que dans le Hékal elle n’est qu’indirecte (hypostase). Les deux autres sont les abaques situés au sommet des colonnes J et B et qui supportent les grenades résumant les phases des générations successives des Maçons, et enfin au plan individuel nous notons que chaque tablier est une table de correspondance avec ses éléments de langages à un grade donné.

[3] Voir dans ce sens Frances Yates : L’Art de la mémoire (1966), Paris, Gallimard, 1987, L’auteure démontre qu’à partir de Giordano  Bruno l’image mémorielle pouvait porter une valeur mystique ou hermétique. Voir aussi les Statuts de Schaw 1599 qui ont conforté le devoir de mémoire dans les loges écossaises. On remarquera que pour les Anciens Devoirs l’art de mémoire, la géométrie et les arts libéraux étaient la base de la transmission.

[4] Nous reprenons les propos d’Alain Touraine sur l’observation participante en anthropologie, il s’agit de « la compréhension de l’autre dans le partage d’une condition commune »,( Street corner society, la structure sociale d’un quartier italo-américain, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 1995). L’expression nous semble adaptée au contexte initiatique où l’apprenti observe en silence tout en étant présent et acteur influent sur le milieu.

[5] L’épure tracée sur une aire en plâtre de la chambre des traits par pincement de cordeaux tendus, préfigure le soubassement du tableau de loge : le Pavé mosaïque. Le placement d’une échelle est un préalable à l’apparition de l’image.

[6] Le vécu initiatique est une orthopraxie de la reliance de l’individu au groupe, du groupe à l’intemporel, de l’Homme au tout. Sur la reliance appliquée à la franc-maçonnerie voir notre article : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2015/02/le-secret-initiatique-de-la-divulgation-a-la-revelation-notion-de-reliance.html

[7] Le contraste est ici un contraste d’état générant une tension. Cela n’a rien d’étonnant dès lors que le Tableau de loge est posé sur un pavé mosaïque ! Cette tension va tendre vers un but qui est dessiné sur le tableau : c’est ici la définition de l’intention commune, au premier degré il s’agit de tailler sa pierre.

[8] Notons que ces 4 bipolarisations se dédoublent en lecture éthique (petits mystères) et métaphysique (grands mystères). http://www.ecossaisdesaintjean.org/2014/10/petits-et-grands-mysteres-apercu.html

[9] La concentration des regards vers le centre de la loge revêt une fonction agrégative que l’on retrouve dans la chaîne d’union qui scelle une proxémie appelée « fraternité ». Le tableau de loge devient le support de « l’être-ensemble ». Sur cette notion : Michel Maffesoli « Le temps des tribus » la table ronde octobre 2000, p 75

[10] Rappelons que la maçonnerie spéculative s’est formée dans un contexte de conflit religieux menant à l’exil des Stuarts en 1688 à Saint-Germain-en-Laye.

[11] Les éléments de langages présents sur le tableau de loge se combinent de multiples façons les uns aux autres. On peut ainsi mémoriser le chemin narratif du grade en lisant dans un certain ordre les images posées sur le plan. Il faut noter que ce vocabulaire symbolique issu des images est le langage commun des maçons de la loge. L’appartenance traditionnelle à un clan, une tribu, une loge d’artisans se détermine par les éléments de langage, leurs prononciations et la manière de les agencer.

[12] L’identité commune s’exprimera par l’âge symbolique, les mots de passe et mots sacrés ou les signes qui tous ensemble contribuent à une hiérarchisation du métier par l’accès progressif à la connaissance (savoir-faire/savoir-être.)

[13] Le paradigme se définirait comme l’ensemble d’expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Ce système de représentation du bâti sacré lui permet de définir une méthode graduelle avec ses sources, son histoire et son actualité. Ce système part des fondations jusqu’à la clef de voûte et reste doté un langage spécifique et de moyen d’actions universels (outils et instruments).

[14] Le terme « révélation » s’entend : rendre l’invisible visible, faire apparaître l’image, ce qui est le propre du symbole mis en scène. Cette révélation venue de l’Orient n’est rien d’autre qu’une hypostase de la puissance divine « invisible » dont on sait qu’elle passe par la porte orientale. Le Tableau représente alors l’autorité surplombante qui se manifeste à nos yeux. Ici on exprime par le visible l’invisible. L’image du Tableau de loge est donc une dégradation lisible de la puissance manifestée avec l’avantage de ne pas anthropomorphiser l’image du divin. Seule l’intention de tailler sa pierre ou de bâtir le temple dans le monde et en soi transparaît dans Tableau de loge.

[15] Précisément la spiritualité du franc-maçon est construite au sens propre comme au sens figuré. La méthode d’approche du réel est donc influencée par les images mémorielles qui influencent la vision du maçon. En sa qualité d’image mémorielle « commune » ou « tribale » le tableau de loge est identitaire.

[16] Le terme « magie » doit être compris dans son sens initiatique : faire naître et apparaître l’image en soi.

[17] Cette représentation porte bien plus loin que sa fonction profane. En effet, le signifié symbolique de l’objet raisonne avec le sens du récit légendaire « agissant » : sortir de la caverne, se connaître soi-même, tailler sa pierre, bâtir un temple à la vertu…

[18] Voir Leroi-Gourhan, « Les gestes et la parole 2 La mémoire et les rythmes », Albin Michel, février 1965 P 136.

[19] L’image issue de la scolastique, fut privilégiée par les rituels issus des Anciens Devoirs catholiques qui reconnaissant les Saints et leurs attributs et qui donnait à comprendre l’eschatologie par l’image (voir les tympans des cathédrales). Le texte et donc la lecture directe (sola scriptura) furent privilégiés par les rituels calvinistes ou presbytériens du « mot de maçon –Masson Word ».

[20] Autre image narrative bien connue : le blason en chevalerie et les armes parlantes.

[21] Cette pensée collective est plus que l’addition des pensées individuelles… Une grande part de notre cerveau est dédié à une participation collective. Il y aurait un cerveau tribal qui serait la mise en phase des cerveaux individuels.

[22] Cette incorporation au groupe et la troisième phase décrite par Arnold Van Gennep (Les Rites de Passage, 1909). La lecture du tableau de loge par l’apprenti correspond à la phase rituelle « agrégative » au groupe et à sa renaissance symbolique sous couvert d’une langue spécifique et d’une intention commune. Cette phase postliminaire dite de renaissance fait suite à la 1ere dite préliminaire qui a pour objet « la mort symbolique » suivie de la 2ème qui à trait à la « désagrégation ».

 

[23] Le Tableau de loge est un plan qui se superpose à d’autres. Il est le lieu de « la transe » et donc de la concentration des possibles soit une photographie de l’un des états de la manifestation. Les termes trans/formation, trans/position, trans/fert, trans/mutation, trans/figuration, etc. ; naissent en ce point de rencontre entre la forme, le sens et l’essence.

[24] « La croisée » est le terme qui reprend l’image symbolique de la structure universelle de la croix tridimensionnelle, utilisée comme chrisme ou comme structure absolue (voir Abellio Raymond : «La Structure absolue. Essai de phénoménologie génétique. Collection Bibliothèque des idées, Gallimard Parution : 20-10-1965 ) (voir « Le symbolisme de la croix » René Guénon)

[25] Voir Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1972, p. 97 et suivantes

[26] Notons l’ajout d’une dimension supplémentaire sur le tableau de loge c’est la dimension temporelle qui donne le carré long.

[27] Sur l’homologie « structurale » dite de la construction on retiendra la tripartion du temple Ouham, Hékal, Debhir et la tripartition de l’homme corps, âme, esprit. Sur l’analogie « fonctionnelle » dite de l’incarnation on retiendra l’interdépendance vitale du ternaire avec la descente de l’esprit en soi que l’on retrouve dans l’intention de bâtir le temple avec la descente du divin sur terre et au milieu des hommes.

[28] Le testament philosophique, l’abandon des métaux et l’entrée ni nu ni vêtu, illustrent la maîtrise des  apparences trompeuses.

[29] La franc-maçonnerie organise une triangulation mettant en scène deux fractions opposées devenues complémentaires en présence de l’observateur participant. La substitution de l’observateur participant par l’objet se fait à l’aide de la lumière, du soleil,  de l’étoile ou de la conscience « éclairée ». Notons qu’au plan géométrique « l’observateur » génère « le point de vue » et donc la perspective et la stéréométrie (voir dans ce sens Jean Michel Mathonière, sur la notion d’ombre « observée/projetée » P52, et sur la notion de « perspecteur » p 55 « Les interférences entre spéculatifs et opératifs Français aux XVIIIème et XIXème Siècles » ed SFERE n° XIV 26 nov 2016.

[30] Les systèmes polythéistes personnifient le dieu lumière : «  (ou ) est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l’univers. Il peut apparaître sous plusieurs autres formes (3 comme les trois fenêtres de la loge !), celle de Khépri, le scarabée : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l’être achevé (le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant) »(wp ). Les Grecs vont aussi tenter de personnifier le soleil avec Hélios conducteur du Soleil, etc.

La renaissance journalière du soleil est un miracle de recomposition des cycles de vie mettant l’angoisse de la mort et l’angoisse de la disparition du monde au centre des préoccupations psychiques de nos grands ancêtres.

Les systèmes monothéistes tentent d’échapper à la personnification en rendant la puissance divine innommable, et ceci jusqu’au christianisme qui « incarne » le divin en l’homme.

[31] L’intention des bâtisseurs est résumée dans le feuilleton schizomorphe (séparatiste) suivant :

1/ l’épisode de Bethel la pierre relevée par Jacob suite au « songe » et l’ascension et la descente des anges sur l’échelle, suivi de son combat avec l’ange du ciel et de son boitillement,

2/l’épisode de la tour de Babel et de la volonté transgressive de la flèche du Roi Nemrod en regard de la puissance du ciel,

3/par le livre des Rois qui narre l’histoire de la construction du Temple de Salomon mettant en œuvre les trois puissances initiatiques d’origine terrestre, et l’incapacité des hommes à suivre la Loi descendue du ciel. Etc.  Nous empruntons le terme schizomorphe à Gilbert Durand « Les structures anthropologiques de l’imaginaire »12ème édition 2016  Dunod , p185.

 

[32] Nous définissons le plan solaro-terrestre dans la lignée de Gilbert Durand Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod 12em ed 2016. Pour nous il s’agit du plan ou table ou plateau d’exercice du grade considéré. A chaque grade supérieur un plan d’exercice plus élevé ce qui suggère une anabase (souvent précédée d’une catabase).

[33] La quête de la Connaissance dépasse la connaissance de soi qui est le premier stade puis l’approche de la mort avec la conscience de sa propre fin (fin des petits mystères) et pour finir l’idée d’atteindre une totalité principielle (grands mystères), avec pour toile de fond l’amour du prochain et de la vie.

[34] Sur la notion d’archétype et de schème, C. G. Jung, L’Homme et ses symboles,  Robert Laffont, 1964, p. 67 : « on croit souvent que le terme « archétype » désigne des images ou des motifs mythologiques définis ; mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L’archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental ».

[35] C. G. Jung, L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, p. 99 :  « les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement »

[36] Cette ombre « portée » sur le plan terrestre était l’expression de la volonté du ciel, en d’autres termes le bâtisseur du sacré tenait compte de la lumière du ciel pour tracer le plan du temple sur la base de la transformation du carré du ciel en carré terrestre ou carré long qui associe le temps (étirement de l’ombre portée) aux trois dimensions de l’univers. Voir rituel de la Saint Jean d’Hiver REP.

[37] L’homme a toujours cherché à s’unir à la terre en se l’appropriant (Remus et Romulus, Urbi et orbi, le Mundus), au ciel en escaladant l’Olympe pour s’emparer du « feu-lumière »(Prométhée) du mont Sinaï pour y chercher les Tables de la Loi (Moïse)  et aux entrailles de la Terre y puisant ses richesses régénérantes ou réinitiantes… (Déméter, Héphaïstos).

[38] Sur les états supérieurs de l’Être voir René Guenon Les États multiples de l’être, Paris, Édition Guy Tredaniel, édition Véga, coll. « L’anneau d’or »,

[39] …Et donc fondée sur un PLAN !. Cette « conception du Plan par la lumière de l’esprit» devient « chef d’œuvre » et se concrétise par un Temple pour le divin. Ceci corresponds à une nécessité pour l’homme de matérialiser, toucher voir et concevoir la dimension lumineuse ou divine « in concreto »dans un lieu « séparé ». L’image visible devint nécessaire à la croyance, car l’homme ne peut se contenter d’abstraction. Le temple est donc un biais « architecturé » qui, associé à une Verticalisation du langage, permet l’accueil de l’Invisible se substituant au culte des idoles (veau d’or). L’image du GADLU est un biais « architecturé » compensant par l’Ars de bâtir l’abstraction d’une pensée créatrice pure (fiat lux). Ce biais « formel » abouti à la devise « ordo ab chaos ».

[40] Nous conseillons vivement la relecture d’Henri Corbin « Temple et contemplation » ed Médicis- Entrelacs 2006 , où l’auteur fait le rapprochement entre la tradition chevaleresque occidentale et orientale du Temple « . On comprendra mieux pourquoi la Lumière vient de l’Orient et pourquoi la contemplation de l’image iconique du tableau de Loge est toujours éclairée par Sagesse Force et Beauté, donc une hypostase du fiat lux ! « C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple en soi. Il s’agit donc d’une vision intégrative du sacré propre au chevalier comme au maçon. Elle peut être mystique et ésotérique. Alors le Temple dressé dans l’Imaginaire par la représentation mentale devient ainsi Porte du Ciel. C’est ainsi que la transcendance se manifeste en nous. C’est notre temple intérieur qui « prends corps » » E.°.R.°.

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SOURCE : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-loge-maconnique-ou-temple-maconique-3em-partie-121712268.html

Franc Maçonnerie: La Théorie Spéculative. 27 janvier, 2020

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
24 septembre 2017

Franc Maçonnerie: La Théorie Spéculative.

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 Il existe de nombreuses études relatant les origines profondes ou celles plus ou moins récentes de la Franc-Maçonnerie. En France comme en Angleterre, les documents sont accessibles, pour ne parler que des pays où les hypothèses sont vérifiables, mais toutes ces données sont diversement interprétées. Nous souhaitons apporter ici une pierre supplémentaire à cet édifice ; peut-être aussi quelques aspects nouveaux et utiles sur le sujet.

Avant-propos : il en est des théories comme des théoriciens, très peu ne résistent à l’épreuve du temps. Une théorie obsolète est abandonnée, plus rarement modifiée. Certaines théories font cependant date. Elles sont de véritables jalons dans les grandes avancées scientifiques ou celles des découvertes ayant permis l’explication simple, de causes complexes longtemps incomprises. Pour n’en citer que quelques-unes, on trouve : la Théorie de la  dérive des continents, celle de la relativité générale puis restreinte, la théorie des nombres, la théorie du Chaos, la théorie du Big-bang, les théories Quantiques…sont des événements qui nous parlent, évoquant des époques, des écoles de pensées, des noms de savants. Par exemple, Wegener pour les Continents, Einstein pour la Relativité, René Thom pour la théorie des Catastrophes, Max Planck pour la mécanique Quantique, sans oublier Charles Darwin et sa théorie de l’évolution, plus connue sous le nom de la Sélection Naturelle des Espèces. Et maintenant en voici  une sur l’Origine Spéculative de la Franc-Maçonnerie ! Une théorie de plus me direz-vous ? Une évidence ? Parlons plutôt d’un faisceau d’indices matériels, de probabilités, plus que d’une simple hypothèse argumentant une telle origine. Et puis, pourquoi ne pas spéculer sur une origine spéculative de la Franc-Maçonnerie à l’époque des Lumières ?

I/ Introduction. En premier lieu, rappelons qu’en toute chose il existe l’esprit et la lettre. A l’image de notre pavé mosaïque, ce peut être frontalement la chose et son contraire, mais ce peut être aussi la transition graduelle où tout n’est plus tout blanc et tout n’est plus tout noir, dans le passage de l’une à l’autre. Ce peut être aussi un basculement. A nous alors, d’apporter l’explication d’une progressivité transgressive ou celle d’une rupture.

L’esprit maçonnique empreint d’hermétisme et d’occultisme, se retrouve dans l’histoire du cerveau humain depuis les origines de l’homme, jusqu’à à la définition du terme de métaphysique par les premiers philosophes Grecs puis les suivants, jusqu’à nous au cours du temps. Ainsi, la Franc-maçonnerie se réfère-t-elle aux pratiques initiatiques transcendantes, héritées de la préhistoire, ou encore à celles du chamanisme égyptien, hindou, africain, aborigène… Beaucoup d’anthropologues, d’historiens, d’érudits F.M. tels René Guénon, ont décrit, recherché, dénombré, les symboles ou les postures y faisant référence. Tant en Loge, que dans les rituels codifiant un Rite donné, ces pratiques ont été diversement retranscrites au gré des époques et selon les Obédiences. Mais elles le sont toujours sur un substrat très voisin, plus souvent Déiste que Théiste, en leur signification gnostique, ésotérique, symbolisé par le Divin immanent, l’Unique Dieu G.A.D.L’U.

Nos usages maçonniques font aussi référence à deux autres thématiques, plus récentes au sens historique. La première c’est l’apport chevaleresque, à mettre en perspective avec les exploits des Templiers (les Gardiens du Temple) et avec tout ce que l’Écossisme leur doit. La seconde, beaucoup plus ancienne, qui elle a perduré, est l’apport des confréries, des corporations de bâtisseurs, apprentis, compagnons, dont l’histoire retient surtout l’aspect visible, grandiose, touchant au sacré, celui de l’édification des Cathédrales. Ce dernier aspect est constitutif des 3 premiers grades de notre rituel. Il est le symbole même de l’éternité maçonnique, puisqu’il remonte à la construction, puis reconstruction du temple de Salomon, avec Hiram-Abif puis Zorobabel. Et au-delà encore à d’autres Rites, avec l’édification des pyramides. Du tréfonds des secrets des chamans, aux principes géométriques des nombres magiques et des lettres sacrées : carré long, nombre d’Or ou transcendants, algorithme 3, 5, 7… étoile à 6 branches, lettres J. B. ou G, quadrature du cercle… tout est là pour que nous puissions nous élever parmi les autres frères. En apprenant la manière dont on taille la pierre brute avec justesse et harmonie, afin qu’elle s’assemble parfaitement aux autres pierres, non pour édifier un mur, une voûte, des contreforts ou des tours de Babel… mais pour construire ensemble, notre  Temple spirituel intérieur,  qui abritera la Sagesse commune, à l’image du Saint des Saints abritant l’Arche d’Alliance. Nul ne conteste ces apports bien établis, nul ne sous-estime la dette maçonnique que nous devons au modèle Opératif. Voilà le mot utilisé  : Opératif. Celui qui travaille, opère, effectue une tâche. Apprentis, Compagnons et surtout le Maître d’œuvre, ouvrant la carrière et mettant les ouvriers au travail, de midi à minuit. Le Maître, il n’y en a qu’un seul par chantier, comme il n’y a qu’un Capitaine commandant le Navire. Seul face au destin de tous, seul face à Dieu dit-on, et pour nous, puisqu’il s’agit d’élever, de bâtir, de créer, seul face au Grand Architecte De L’Univers. Seul, comme il n’y a qu’un seul V.M. qui préside à nos travaux, présent à l’O. dans la Loge.

On l’a dit, nul ne remet en cause les origines de l’esprit maçonnique. Le faire serait nier la Maçonnerie elle-même ou vouloir la rabaisser au rang d’une secte. Ce qu’elle n’est pas et espérons-le vivement, ne le deviendra jamais. N’en déplaise à ses farouches détracteurs, antéchrists et fascistes de tous bords, adeptes de la théorie du Complot. Théorie, d’ailleurs spécialement inventée après 1789 par un célèbre prêtre catholique, l’Abbé Barruel, voulant désigner ainsi une soi-disant conspiration judéo-maçonnique et jacobine, qui aurait servi les intérêts des bourgeois libéraux et athées, afin de faire chuter l’ordre établi. Attribuant les origines de la Révolution Française qui mit un terme à l’Ancien Régime, non plus à la révolte spontanée d’un Peuple opprimé par la famine et l’impôt, mais à un vaste complot anticatholique.

Ceci dit, le monde opératif a donné notre mot « maçon ». Mais qu’en est-il du qualificatif de Franc, Free en terminologie anglo-saxonne, désignant ces maçons ? Francs signifie affranchis, Free signifie libres. La nuance appelle réflexion. Le terme français peut laisser penser qu’à l’origine les bâtisseur-maçons n’auraient pas été libres ? Ce n’est pas faux si on considère le statut d’esclave qui fut courant dans l’Ancienne Égypte, la Grèce puis la Rome antiques et plus tardivement dans le servage de l’Europe médiévale et de la « France » des puissantes Seigneuries. L’expression est sans équivoque, liée au Serf non-affranchi. Comme l’étaient d’une certaine manière apprentis et compagnon, liés à leur Franchise de Corporation. Rappelons qu’en langue anglaise affranchis du servage se traduit par Free-slaves, et aurait dû donner : Freed-slaves-Masons. Alors que le mot Free seul, a lui une acception plus large et signifie « libre », tout autant que le fait de se libérer d’une contrainte, quelle qu’elle soit. Mais pas du tout celle de sortir d’un éventuel Servage. Car, ni la Franc-Maçonnerie anglaise, ni la Franc-Maçonnerie française n’ont songé un instant devoir apporter une réponse à la fin du servage ou de l’esclavage humain, du moins, surtout pas en recrutant en son sein, des personnes Esclaves, Serfs, dépendantes ou reprises de justice, aux fins de leur rendre dignité et liberté.  Là-dessus les Constituons d’Anderson sont claires : « Ni serfs, ni hommes immoraux ou scandaleux en Loge. Mais des hommes bons et loyaux, nés libres… ». Bien entendu, ni aucunes Femmes, ni domestiques ou serveurs d’auberge…. Le mot free, plus que celui de franc, à l’avantage de cette clarté. Free c’est donc avoir la liberté d’accomplir une tâche, de pratiquer une action libérale, un métier libéral. Le terme anglais paraît ainsi plus moderne que celui utilisé en français. A notre sens il lui est postérieur et il est significatif d’un autre contexte, nous le détaillerons plus loin. Quant au second qualifiant « Spéculatif » de spéculer, celui qui spécule, Speculator en anglais, on ne le trouve pas associé au terme Free-Masons. Et pour cause : contrairement au français ou le mot à un double sens, propre et figuré, dans la langue anglaise il existe deux mots très distincts correspondant au sens concret ou abstrait. Speculate pour la spéculation financière et Rely-on pour le sens abstrait de recherche intellectuelle. On notera que Rely-on, vient de Rely, faire confiance, compter sur… rejoignant l’idée de valeur, de condition pour les échanges, l’argent, la monnaie fiduciaire ! Et la boucle est bouclée : l’anglais n’ayant pas repris le mot français de Spéculatif, lui confère son ambiguïté terminologique toute française et pour nous ici spécifiquement matérielle, mercantile. 

I/ Le spéculatif. Où ?  Revenons à la France et au Royaume Uni. Les bâtisseurs-opératifs y sont fortement représentés durant tout le Moyen-âge et particulièrement en Angleterre avec la reconstruction de Londres après le Grand Incendie de 1666. Ces deux pays sont aussi les seuls à répondre aux critères actant le spéculatif dans l’esprit maçonnique. Côté Britannique, retenons plus exactement les villes de Glasgow et d’Édimbourg, qui représentent les foyers ancestraux d’une Franc-Maçonnerie traditionnelle, avec la réalité d’un écossisme issu des Statuts Schaw de 1599 de la Loge d’Édimbourg N°1 ou plus loin encore, celle de Kilwinning N° 0 appelée « Mother Loge » à l’O. de Kilwinning, près de Glasgow. Une Loge d’origine Templière, constituée elle, au XIIe siècle ! De l’antériorité donc outre-Manche, mais surtout des valeurs on l’a vu, chevaleresques, qui sont plus proches des milieux opératifs moyenâgeux que d’une quelconque idéologie commerçante, spéculative, à l’intérieur même de l’écosse. Le modèle christique de l’esprit de l’Ordre des Templiers, dissous pour hérésie par le Pape Clément V en 1312, est bien trop stable et trop puissant, dans une Écosse possédant peu de ressources naturelles, et de plus trop occupée à devoir résister militairement à la domination anglaise anticatholique, qui grandit et s’impose à elle. Reste donc la France. Et c’est sur une Loge-fille de Kilwinning, que se porte justement notre intérêt : la Loge Saint Jean d’Écosse à l’Orient de Marseille, signalée, malgré l’absence de preuves formelles, dès 1688.

Telle une étude de cas, on ne peut plus représentative de l’esprit maçonnique d’entreprendre des actions spéculatives, dans le but de faire du profit mais pas seulement, Saint Jean d’Écosse s’impose. L’histoire de cette Loge est incontournable dans la rupture maçonnique opérative/spéculative et bien entendu dans la destinée moderne d’une ville, à savoir Marseille ; tant le destin économique, social, politique, méditerranéen ou mondial de la cité, apparaît lié à celui des Francs-Maçons regroupés dans cette Loge, et ce, dès la fin du 17e siècle. 

Au 18e siècle, Marseille sort exsangue de plusieurs épidémies de Peste Noire, dont celle de 1720, appelée la Grande Peste. Plus de 40 000 morts sur 90 000 habitants et qui sera la dernière épidémie enregistrée dans notre pays. Le Port de Marseille sera fermé plus de deux ans et demi, les fabriques arrêtées faute d’ouvriers, le commerce local suspendu faute d’approvisionnement par méfiance de contamination. La ville est enserrée dans des constructions de murs et de contrôles de passages, dont le but est que l’épidémie ne se propage pas dans l’arrière-pays. Malgré ce, en Provence, il y aura au total 120 000 morts sur 400 000 habitants !

Les grands maux ne sont jamais isolés. Il se produit au même moment dans le pays, la faillite bancaire du système Law. John Law (on prononce Lass) fils d’un célèbre banquier d’Édimbourg est un aventurier huguenot écossais. Très doué en arithmétique et malicieux-joueur, il parvient à être autorisé à fonder la Banque royale de France, qui va imprimer les premiers billets-papiers en guise de monnaies ; cela afin de fluidifier le commerce, car d’une part le métal précieux se fait rare et d’autre part, il faut résorber la dette colossale laissée par Louis XIV. L’invention de Law engendrera la banqueroute de 1720 qui ruine la plupart des riches hommes d’affaires français. Bien qu’un tel système monétaire soit ingénieux, pratique, plus souple que la monnaie d’or ou d’argent, il fera perdurer la méfiance des actionnaires à l’égard des billets-papier. L’économie française est sinistrée, le port de Marseille est paralysé. Cette situation va durer jusqu’en 1724. Il faut attendre une décennie pour qu’à nouveau l’économie nationale et locale se porte mieux. En 1737 la loge Saint Jean d’Écosse est à la tête de la prospérité portuaire, donc de la ville. Monseigneur Belsunce Évêque de Marseille, brillant exorciste du fléau de la Grande Peste, dévoué aux malades pestiférés, signale au Préfet de police : « Je ne sais Monsieur, ce que sont les francs-Maçons, mais je sais que ces sociétés sont pernicieuses à la religion et à l’État. La majorité d’entre eux sont protestants et composent une mystérieuse organisation, influente et fermée ». Allusion et preuve de l’existence d’une Loge vouée au négoce international, d’un atelier phare, concurrençant ceux de la G.L.de F principalement présente sur Aix-en-Provence, dans l’austérité d’un temple où dominent un fort recrutement des Frères dans la Magistrature, notaires, huissiers de justice compris. Dès 1740 Saint Jean d’Écosse de Marseille devient le Temple le plus influent, comptant le plus de F.M, plus d’une centaine au total. Vraisemblablement domicilié Rue de La Loge à Marseille, derrière Hôtel de Ville et le quartier Grand’ Rue. C’est là que se trouve le centre administratif de la cité phocéenne, lieu du Palais communal et de la Loge (c’est son nom) de Commerce.

Quartier passablement détruit à la Révolution puis en 1943 lors de l’occupation allemande. Quartier où l’on peut encore admirer outre la Mairie style Louis XIV, les plus anciennes demeures aristocratiques de la ville : l’Hôtel de Cabre datant du XVe siècle, la Maison diamantée datant elle du XVIe, construite dans le plus pur style italien des Médicis, l’ancien Palais de Justice où se dressait la guillotine et les prisons en sous-sol, rénové au milieu du XVIIIe en Pavillon Daviel. Demeure de Jacques Daviel qui fut le chirurgien du Roi Louis XV. Oculiste-Ophtalmologue, le premier à réaliser une opération de la cataracte en 1745. Et l’Hôtel du Saint Esprit (futur Hôtel-Dieu) où précisément Daviel termina ses études de Chirurgien. Notons au passage que lors de sa création en 1753 l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu de Marseille, est le seul en France où les malades sont pris en charge par des laïcs et non par des religieuses comme c’est partout le cas à cette époque. Faut-il y voir un signe de l’emprise de Loge maçonnique dans les mœurs locales ? C’est au cœur de ce quartier prestigieux que se trouve le Temple des Frères de Saint Jean d’Écosse, dont on signale volontiers qu’il est le plus richement décoré de son temps. Ses réceptions, ses fréquentations ne passent pas inaperçues, elles rehaussent le prestige de la ville. Les familles bourgeoises, les notables étrangers y élisent domicile, s’y installent en nombre. C’est aussi dans ce périmètre qu’il de bon ton, au siècle des Lumières, de faire construire son « trois fenêtres marseillais », sans ouverture au nord.  A cause du mistral où en simple rappel d’une symbolique bien connue de nous tous ? La question mérite d’être posée.

Dans le milieu du 18e siècle, Marseille est un grand Port cosmopolite, avec des Négociants locaux et nombre d’affairistes Genevois, Allemands, Danois, Hollandais, Italiens, bien installés. Ils y ont leurs pratiques journalières, dans la grande tradition des Armateurs, Banquiers-prêteurs, Négociants, Conseillers-interprètes, Assureurs… celle précisément dont Jacques Cœur a incarné l’ascension dans la France du XVe siècle. Avec cependant davantage d’autonomie, loin du pouvoir central et davantage tournés vers les horizons lointains, plus que vers l’intérieur du pays ou Paris. Le but de Marseille est de concurrencer Gênes, de ne plus se limiter au bassin méditerranéen, de faire de nouveaux profits grâce au commerce mondial, notamment celui des Îles, avec le sucre, le café, le cacao, les épices, les agrumes, les étoffes et les métaux précieux… Tout en demeurant en dehors du commerce triangulaire, celui de la traite des esclaves, largement pratiqués à Nantes, Bordeaux ou ailleurs. Marseille se veut pionnière, salutaire au grand négoce maritime, pour elle-même, plus que pour son arrière-pays ou son Roi. Les notables recherchent la réussite commerciale tout autant que l’ascension sociale pour eux et leur famille. Allant jusqu’à envisager l’achat très coûteux de titres de noblesse en acquérant des charges royales, quasi inaccessibles. De ce fait : quelle que soit leur nationalité, leur culture, leur religion, leurs origines, devenus riches, ils sont convaincus que seule, la Franc-Maçonnerie pourra légitimer leur rang. La loge Saint Jean d’Écosse constitue donc pour eux, l’unique moyen d’accéder à cette notoriété locale et par là-même, reconnue au-delà des frontières du Royaume.

La France de l’Ancien Régime est organisée en trois Ordres : Noblesse, Clergé, Tiers-État. Elle n’a jamais permis l’ascension par le mérite personnel. L’école publique gratuite et obligatoire n’existe pas. Seul le Clergé et les Précepteurs privés sont autorisés à délivrer un enseignement payant, dont la majorité des gens, artisans, commerçants, ruraux ou paysans, qui représentent 90% du peuple, sont exclus. Et d’abord les filles, conditionnées à leur état de futures femmes, vouées aux tâches ménagères ou agricoles, jouissant de l’unique considération à produire et élever des enfants. Autant dire que la condition féminine est alors matériellement soumise à sa dépendance aux hommes ou aux institutions religieuses. Ces façons d’être constituent un servage féminin. Les Constitutions d’Anderson de 1723, l’expriment clairement : « Ni femmes, ni Serfs… ». Règlements impératifs auxquels les femmes sont assimilées sans ambiguïté, aux individus dépendants et soumis. Rares sont aussi les non-Nobles ou non-Aristocrates à être instruits, c’est à dire à cette époque savoir lire-écrire et compter, et encore plus rares ceux qui prétendent avoir fait leurs Humanités, principalement le Latin et le Grec de notre baccalauréat. Plus exceptionnel encore, avoir fréquenté l’Université, essentiellement médecine ou droit. Côté connaissances et transmissions des mathématiques on peut dire que l’aspect géométrique incombe à aux architectes-bâtisseurs, les Opératifs dont a parlé plus haut, tandis que la seule arithmétique est dévolue aux banquiers et aux commerçants, longtemps juifs, secondairement hollandais, arabes ou hindous. Un tel système perdurera jusqu’à la Révolution française.

A Marseille la situation est différente. Cette ville portuaire, éloignée du pouvoir royal, épargnée par les conflits religieux, tourne délibérément le dos au pays. Autant par sa situation privilégiée et stratégique en bordure de la Méditerranée, que par sa ferme volonté d’obéir à un Ordre nouveau. Novateur économiquement et socialement. C’est sur ce postulat, que la Loge de Saint-Jean d’Écosse installe sa Révolution silencieuse. Un siècle avant 1789 un groupe maçonnique émet le projet de constituer une classe Bourgeoise spéculative, franc-maçonne, sans titre de noblesse, ni instruction officielle. Les grades maçonniques feront pour elle, offices de charges laïques eu lieu et place de celles demeurées trop longtemps inaccessibles et très coûteuses. La fraternité initiatique délivrera l’apprentissage des compétences nécessaires qui font défaut. La Maîtrise et les grades supérieurs apporteront ensuite l’accès aux domaines artistiques, de l’Art, des belles Lettres et de la Musique.

Faute de documents fiables et pouvant être recoupés, les historiens ont abandonné l’idée d’une Loge Marseillaise patentée dès 1688, crée par des Jacobites, sous couvert de la R.L. D’Édimbourg, dans les archives de laquelle on ne trouve d’ailleurs rien allant dans ce sens. Cependant, de là à parler de « légende » nous avons du mal à le croire. L’exil écossais de 1688 est une réalité historique, la présence d’Officiers, de bas-officiers dans les grands ports français, au service de l’armée et de la marine marchande est un fait. On imagine aisément qu’ils y apportent leurs pratiques maçonniques.  L’hypothèse d’un Atelier propre à la marine écossaise et de quelques aristocrates en exil, s’ouvrant aux gradés de marine en transit, puis progressivement aux notables négociants marseillais locaux, demeure plausible. Avec ou sans patente, à cause d’un isolement géographique et administratif. Cela de 1688 au moment où la Loge est signalée, jusque vers 1730-37 moments pour lesquels des documents formels existent. Pour ce qui est d’envisager une création plus tardive en 1751 par un aristocrate écossais du nom de George Wallnon ou Duvalmon, muni d’un pouvoir émanant d’Édimbourg (?) les faits sont contradictoires.  Dès avant cette date, en 1749 des documents attestent que des maçons jacobites venant de Marseille visitent en nombre, la Loge d’Avignon. C’est bien la preuve que Saint Jean d’Écosse existe déjà. C’est d’ailleurs elle, qui créa sa Loge-fille d’Avignon. Rien ne contredit une existence fin XVIIe. Le pouvoir de Wallnon daté du 17 juin 1751, ainsi que la passation de chaire, Wallnon-Routier en date de 1762 ne sont que des épisodes transitoires, d’une existence réelle et déjà connue auparavant. Une cinquantaine d’années d’un fonctionnement informel ou sporadique, dû aux événements catastrophiques locaux, paraît vraisemblable, d’autant qu’un courrier du 30 messidor AN II (18 juillet 1794) entre les Frères de Saint Jean d’Écosse et le G.O. mentionne : « Un titre en original a existé, il a disparu pendant les temps malheureux qui ont suspendus nombres d’années les réunions maçonniques. » Allusion à la période de la Grande Peste, car il est bien trop tôt à cette date pour que ce soit celle de La Terreur et de la mise en sommeil de la Loge, consécutive à ces événements, période allant de 1794 à 1801 ! De toutes manières, Saint Jean d’Écosse à l’O. De Marseille, fonctionne conformément aux Règlements Généraux d’Édimbourg rappelés à partir d’un document du 11 juillet 5742 (1742) antérieur à toutes ces dates et qui lui est destiné :

« Toutes Loges établies dans l’étranger par la Respectable Métropole Loge d’Édimbourg, directement, seront regardées comme Mères-Loges et en cette qualité auront le droit de pouvoir constituer des Loges écossaises, mais elles n’auront point celui de transmettre ce pouvoir. »

N’en déplaise aux Obédiences françaises et autres historiens, à notre sens cette création dans la seconde moitié du 17e siècle, tient plus d’une probabilité que d’une légende ! Et on peut aussi voir dans Saint Jean d’Écosse de Marseille, comme chez les Jacobites de Saint-Germain-en-Laye, dans leur filiation avec la Loge de Kilwinning N°0 près de Glasgow, un juste retour sur notre sol, de l’esprit de l’Ordre des Templiers.

III/ Le Spéculatif. Quand ? Les textes historiques rapportent que l’époque des bâtisseurs de cathédrales, correspond au plein essor des corporations qui s’érigent en guildes, jurandes, confréries de divers métiers, qui souhaitent préserver leur cadre légal, pour affermir et spécifier leur rôle. Ainsi refermées sur elles-mêmes et jugées restrictives, sinon suspectes, au fil des siècles ces organisations vont être en France la cible des religieux dogmatiques ainsi que de l’absolutisme royal, qui cherchent par tous les moyens à les contrôler. Fin 18e siècle, Turgot, Allard, puis Le Chapelier et sa Loi du 14 Juin 1791 supprimeront définitivement de telles pratiques.  Est-ce à dire qu’à partir de ce moment précis prennent naissance, les sociétés secrètes qui préfigurent notre Franc-Maçonnerie spéculative ? Rien n’est moins sûr. A la question quelle filiation y-a-t-il, peut-il y avoir, entre les pratiques opératives des compagnons-maçons-bâtisseurs et les pratiques spéculatives des Francs-Maçons, la réponse des chercheurs est unanime : aucune. Aucune au sens de l’histoire, où l’une aurait permis et conditionné, l’existence de l’autre. Rien de probant sur une telle transition. On ne peut l’envisager que comme une rupture puisqu’il n’y a aucune preuve de l’existence d’un chaînon manquant. C’est à dire de présence de Loges hybrides, qui auraient pu constituer une maçonnerie opérative, au début majoritairement composée de bâtisseurs et, se peuplant par la suite de maçons-lettrés, de francs-maçons, d’intellectuels.  Bien entendu au sens de l’Histoire prise à la lettre et non au sens de l’esprit Opératif traditionnel, revendiqué depuis leur création par les Rituels mis en pratique. On peut imaginer que des ateliers Corporatifs et des Loges maçonniques aient pu coexister dans certaines grandes villes. Mais sans liens institutionnels, ni mixages de ces structures entre elles, tels que le sont de nos jours, Compagnonnage et Loges maçonniques. N’y aurait-il alors in fine de Maçonnerie moderne que spéculative, comme il est coutume de dire qu’il ne peut y avoir de Républiques que Laïques ? On est en droit de le penser. C’est une maçonnerie spécifique, nouvelle dans son but, traditionnelle dans sa pratique, qui apparaît donc à l’époque des Lumières.

Petit rappel instructif : on appelle les Lumières, une période démarrant en 1688 en Angleterre avec La glorieuse Révolution calviniste chassant le Roi catholique Jacques II Stuart et on retient en France la date de 1715, avec la mort de Louis XIV, pour vraiment voir débuter cette période, se finissant à la Révolution Française.  Au-delà du nom, cher aux F.M que nous sommes, « Les Lumières », représente un important mouvement, européen, déiste. Il est capital pour nous, puisqu’ il marque l’avènement des connaissances philosophiques, des intellectuels, de la science, face à l’obscurantisme des superstitions, l’intolérance, les abus de l’Église et de l’État. On peut dire que la fin des Lumières correspondant à la fin de l’Ancien Régime et citer Napoléon : « Il n’est que deux seules puissances dans le monde, l’épée et l’esprit, mais à la longue l’esprit l’emportera sur l’épée. »

Pour le caractère purement spirituel de la F.M., on n’a donc pas de date précise, seulement une période. Il convient désormais de rechercher une cause légitime, dans la naissance de ce nouvel Ordre spéculatif, constitutif d’une organisation maçonnique purement intellectuelle et non (plus) manuelle ou d’allégeance proprement opérative. Cherchons en Europe donc, et notamment dans les deux pays possédant la clef, les Lumières, de cette histoire. Les dates de création de La Grande Loge de France puis du Grand Orient étant connues, respectivement 1738 et 1773, il ne restait pour la Grande Loge Unie d’Angleterre qu’à être positionnée avant elles. Connaissant en tout le chauvinisme Anglais (nous disons bien Anglais, et pas Écossais, ni Irlandais, ni Gallois), la date de 1717 fut retenue et confirmée, pour la consécration de la Grande Loge anglaise, issue de la fusion de 4 Loges, domiciliées dans les Tavernes où elles se réunissaient. Outre ce fait, singulier par la petitesse des lieux et la négation de ce qui se passe ailleurs en Écosse ou en France, cette hypothèse de « Loge-mère » sera vite battue en brèche au sein même de La Grande-Bretagne.

Penchons-nous un instant sur la possibilité d’une Maçonnerie moderne et spéculative, née en Grande Bretagne. Possibilité ou plutôt impossibilité ! Quatre Loges : L’Oie et le Grill, Le Pommier, La Couronne, Le Gobelet et les Raisins, se fédèrent donc et constituent la Grande Loge de Londres et de Westminster devenant peu de temps après, la Grande Loge Unie d’Angleterre. Il faut plus y voir là, à notre sens, un désir de tourner la page et d’en finir avec la maçonnerie Stuartiste. Maçonnerie foncièrement militaire, trop Catholique et Christique, telle qu’elle apparaît encore dans La Constitution Payne, codifiant une pratique qui n’est plus du tout dans l’air du temps, depuis l’exil des Jacobites. Ainsi prennent naissance à partir de 1721 les Nouvelles Constitutions, dites d’Anderson, les « anciennes » fraîchement édictées par Payne en 1720, étant jugées « fautives et dévoyées ». Si le premier G.M. de la G.L. Unie d’Angleterre est en 1717 un modeste opératif savetier, les suivants actent la volonté d’un profond changement politique et religieux. On y retrouve bien entendu Anderson, un pasteur presbytérien ; Désaguliers, un savant, mais surtout un prêtre anglican fils d’un pasteur Huguenot chassé de France. Le Duc de Montaigu, l’homme le plus riche d’Angleterre à cette époque. Le Duc de Wharton, un noble ruiné, surendetté, alcoolique.

Comment voir là-dedans, dans cet aéropage hétéroclite, et à leur suite, la naissance d’une Maçonnerie moderne ? D’autant que l’article IV de ces Nouvelles Constitutions d’Anderson, stipule clairement : « nul ne peut être G.M. s’il n’est, noble de naissance ou gentilhomme, ou savant, éminent architecte, homme de l’Art d’honnête ascendance » ! Certes les principes opératifs et chevaleresques de base sont conservés, avec en plus, quelques compléments postérieurs, notamment sur les lois Noachides (relatives au Déluge et à Noé) et bien entendu, pour ne plus faire obstacle à la pensée calviniste, on y rajoute l’immanquable ouverture religieuse, plus déiste que théiste d’ailleurs. La personne athée étant elle, toujours perçue comme quelqu’un atteint de stupidité. On est bien loin, il est bien fini, le temps de la doctrine apostolique OBLIGATOIRE, de la pensée unique, pour être admis en maçonnerie, telle que le mentionnait la Constitution dite Stuardiste de George Payne.  Mais rien ne signale cependant, en ce début des Lumières outre-Manche, un vaste mouvement philosophique et/ou scientifique, porté ou relayé par la Franc-Maçonnerie. Il n’y a aucune remise en cause sérieuse de l’existence du Dieu de la religion catholique, aucun refus des dogmes, ni aucun laïcisme. Il convient désormais plus que jamais, de croire au Glorieux Architecte du Ciel et de la Terre, afin d’éviter de paraître stupide. Malgré le renforcement de cette adaptation spirituelle, rien ne change vraiment et tout au plus peut-on considérer qu’une Loge calviniste s’impose. Il s’agit de celle dénommée : Le Gobelet et les Raisins. C’est une Loge forte de ses 24 Nobles, Chevaliers de Hauts rangs, Activistes et Pasteurs anglicans, Scientifiques notoires membres de la Royal Society d’Isaac Newton. Anderson et Désaguliers à la tête de cet Atelier de 24 frères, prennent le pouvoir maçonnique. La nature a horreur du vide… Le pouvoir est aisément, glorieusement, confisqué aux Loges militaires des Régiments écossais et irlandais demeurées fidèles à la royauté catholique déchue, exilée et installée par Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye. Contrairement à ce qui se passe en France au même moment, principalement à Marseille, on peut dire qu’il n’y a rien de Moderne, ni de Spéculatif, dans ce revirement maçonnique anglo-saxon. Ce n’est pas parce que le mode Maçonnique-Opératif s’éteint en Grande Bretagne, ou parce l’écossisme-stuartiste est bouté hors du Pays, que le Spéculatif s’y installe automatiquement. Les Loges militaires écossaises avaient anticipé un tel changement, en initiant des non-opératifs ou des non-militaires, mais indépendamment du désir de créer un quelconque modèle véritablement spéculatif. Seulement dans le but de renforcer une présence, peu ou prou menacée par l’Anglicanisme, en s’ouvrant à la société civile et en répondant à l’évolution des mœurs de son époque.

C’est en cela que notre théorie éclaire et nuance, les étapes d’une évolution factuelle de la Franc-Maçonnerie jacobine vers la Franc-Maçonnerie anglicane, hors d’un quelconque souci spéculatif. Sans pour autant y voir une filiation mécanique et logique entre les périodes ou les Rites. Le fait de vouloir « soucher » à tous prix tel mouvement nouveau sur tel autre, paraît moins adapté que la simple prise en compte des circonstances historiques réelles. Toute rupture supposée est le fait d’un événement majeur, qui oblige à s’adapter, ou à disparaitre. La fonction franc-maçonnerie, obéit à cette règle dans lequel l’ensemble étudié est différent de zéro. « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » selon la célèbre formule de Martin Heidegger, car répétons-le : « la nature a horreur du vide ».  

On pose ainsi le diagramme :

1/ En ordonnée, la viable d’ajustement de 0 à 100. Portant l’axe de la Spiritualité.

0 = Athéisme, 50 = Déisme-Théisme, 100 = Idolâtrie.

2/ En abscisse, la constante Temps, portant l’axe des Pratiques : Ancestrales : Chamanes, Opératives, Templières. Anciennes : Militaires, Aristocratiques (Art Royal). Modernes (Laïques) : Spéculatives, Philosophiques, Sociétales.

Disons ceci : la Franc-Maçonnerie répond à l’équation scientifique : à chacun sa spiritualité, à chaque groupe ses pratiques rituelles. L’effet additionnel cumulatif des pratiques ésotériques, hermétiques ou bibliques, y apparaît nettement. En qualité d’apports potentiels et non de filiation directe. Un tel diagramme place la Franc-Maçonnerie à l’opposé des Sectes (100%idolâtres) et des Religions (100%pratiquantes) qui elles, ne peuvent répondre de la sorte à une analyse cartésienne. Soyons en sûr : la Franc-Maçonnerie anglaise, Stuartiste-militaire ou Hanovrienne-aristocratique, n’offre ni aspect moderne et ni aspect laïc, dans le vrai sens du terme, donc celui du respect de TOUTES les religions. Le dessein de la Grande Loge Unie d’Angleterre fut seulement d’intégrer le principe presbytérien comme facteur de Régularité et d’Appartenance, afin d’imposer à ses Loges patentées, l’uniformisation de leurs pratiques, en signe de cette appartenance. Certains verront là, un juste prolongement de la Querelle des Anciens et des Modernes, version maçonnerie-anglicane !

Voilà notre humble avis, face au puissant esprit de clocher anglais. Mais nous n’entrerons pas davantage dans ces querelles intestines et dirons simplement, qu’à trop vouloir tirer la couverture à soi, on finit par la déchirer. De là à passer au plan juridique ou défendre de telles causes armes à la main, serait encore plus ridicule.

Nous laisserons volontairement de côté et à d’autres, cette question de savoir QUAND, à quelle date, s’est effectué précisément l’apparition du mode spéculatif dans la Franc-Maçonnerie française ou anglo-saxonne. Certainement pas à une date précise, les choses étant le plus souvent dans la progressivité au gré des circonstances, elles-mêmes multiples et étalées dans le temps. En revanche, confirmant le fait qu’elle soit née à Marseille, comme d’autres courants maçonniques ont pu naître ailleurs, au gré d’autres circonstances, d’autres époques. Notre diagramme en schématise certains aspects. Tentons cependant une typologie de ce que nous nommerons les différents courants maçonniques, pour les plus connus au cours du temps. Sans classement réel, ni a priori, concrètement existants, au sens des inspirations (souches) revendiquées, des Rites et des Obédiences le plus pratiqué.

F.M. Symbolique, Hermétique, Esotérique, bien évidemment toutes les Loges y souscrivent

F.M. Judéo-Chrétienne

F.M. Ecossaise Stuartiste militaire, puis Presbytérienne

F.M. Egyptienne

F.M. Républicaine, Laïque

F.M. Féminine, Mixte, Masculine, Universelle

F.M. Spéculative, Politico-Affairiste, Philosophique, Sociétale…

Laissons à chacun d’entre nous le loisir d’y repérer telles ou telles autres Organisations Obédientielles …

Ces 7 grands courants sont représentatifs de « l’adaptabilité » de la Franc-Maçonnerie et de sa perpétuelle remise en cause, selon les époques de son Histoire. Le tout sur un « fonds-de-commerce » solide, tout autant symbolique que spirituel.

Remarque importante en a parte. Malgré un apport Hermétique (alchimique et scientiste) certain, on notera qu’à ce jour la F.M. n’a pas, du moins pas encore, de véritable courant scientifique. Pas pseudo-scientifique ou comme nous aimons à le préciser péjorativement : un courant de « Maçonnologues » c’est-à-dire, d’inspiration pseudo-scientifique ou par certains côtés, Nostradamussien. Non, un vrai mouvement maçonnique des Sciences, en association avec les Grandes Ecoles, l’Université, les Universités nouvelles du temps libre, les chercheurs et pourquoi pas l’Institut, l’Académie des Sciences. L’explication tient plus au fait des incompatibilités majeures entre Les Sciences exactes et Le Sacré, qu’à celui d’une absence de Chercheurs, Docteurs, Savants, en postes ou émérites, d’intellectuels, d’érudits-Francs-Maçons très qualifiés, dans nos rangs ! Regrettons-le, car la nostalgie d’une Maçonnerie des Lumières, spéculative au sens des idées novatrices, demeurera toujours en nous.

Nombreux sont les Scientifiques qui étudient depuis longtemps la Maçonnerie sous toutes ses coutures, parfois avec des préjugés hostiles, mais bien rares sont les Frères reconnus et respectés par eux, pour leurs publications, leurs planches ou leurs travaux synthèses. Ne parlons pas des théories maçonniques, elles ne franchissent que très rarement les portes de nos Temples… ni elles y rentrent, ni elles n’en sortent !  Mais il nous appartient de réfléchir et de nous dire : Quand faire le premier pas vers les Sciences, comme d’aucuns et ils sont pléthoriques, l’ont fait vers la Politique ? A notre sens, plus que toutes autres organisations, notre Grande Loge Symbolique, mono-rituelle, Filiation Robert Ambelain, pratiquant le rite Écossais Primitif, est tout à fait apte à revendiquer de tels accords avec la Communauté scientifique globale. Par sa Revue, ses travaux de grande qualité, son appartenance au CLIPSAS, à l’Alliance Européenne et plus récemment à l’Observatoire de la Dignité Humaine (ODH-HDO) de l’appel de Rotterdam du 29 mai 2016, la GLS-REP est prête pour assumer une telle jonction. De nos jours, la Franc-Maçonnerie accueille dans ses rangs, ceux et celles qui « accidentés » de la vie sociale, économique, voire religieuse, viennent chercher un appui moral, spirituel, tout autant que des réponses plausibles à la question fondamentale de leur existence. C’est parce que les sociétés modernes ont échoué dans cette mission que nous leur devons un effort de vérité. D’explications simples et accessibles, dans l’état des avancées scientifiques et des connaissances actuelles, sans a priori, ni division, ni conflit idéologique. C’est pour cette raison que le rapprochement vers les Sciences, La Science, s’avère fondamental pour notre devenir de Francs-Maçons responsables, à l’orée du XXIe siècle. 

Cet a parte dit, il importe maintenant d’établir, le Comment et le Combien, puis le Pourquoi, d’un tel changement spéculatif dans l’histoire de la Franc-Maçonnerie.

IV/ Le spéculatif.

Comment ? Pour des Francs-Maçons spéculatifs la vision du futur est essentielle. Le passé n’apparaissant qu’en référence d’une légitimité relative. Voire d’antériorité, d’aspect religieux ou pas, offrant une position voulue dominante. Situation difficile, d’autant que nos origines sont d’un abord complexe dans l’historique de cette mutation, entre opératifs et spéculatifs. S’il est hasardeux de savoir quand s’est fait ce changement, il est intéressant de se poser la question : à quoi peut servir une telle évolution ? Pour nous Francs-Maçons, spéculer signifie actuellement réfléchir, imaginer, cela dans un sens noble qui n’a rien à voir avec l’espoir d’un profit ou d’une prise de risque pour gagner plus d’argent.  La pensée spéculative est celle qui observe, au sens du mot latin. Speculator : c’est l’observateur. Mais c’est aussi celui qui éclaire par sa vision, sa recherche, son travail intellectuel. Par son analyse et sa synthèse, il tente d’éclaircir toute perspective future. Pour ce faire, il se pose sans cesse la question : « que se passerait-il si… ? ».

Et en l’occurrence, que se passerait-il si la Franc-Maçonnerie-spéculative, dans le plus pur esprit corporatiste, n’avait été qu’un outil issu des Lumières, au service de l’avènement de la libre entreprise ? « Free » pour pouvoir déroger au Culte et à la Royauté, ligués ensemble contre elle ? « Franche » au sens d’un espace non assujettis aux lois fiscales en vigueur ? Une zone grise, ni blanche, ni noire, mais avant-gardiste, composée de spéculateurs, d’habiles négociateurs, comme l’avaient été en leur temps les Templiers. L’Ordre du Temple, fidèle aux Papes et aux Rois… mais pas trop ! Les Templiers, enrichis et puissants au point de prêter main forte et argent, aux souverains… mais pas trop ! Un Ordre incontournable, au point de représenter un État dans l’État, ce que ni un Pape, ni un Roi, ne pouvaient accepter. La suite on la connaît. Les Francs-Maçons eux aussi avaient en mémoire cette histoire. Ils en tirèrent profits du 16e au 18e siècle et encore aujourd’hui. Un groupe (sans parler des individus qui le composent, mais bien de ce qu’ils sont ensemble) ; un groupe fédère ses ambitions qui ne sont, ni confessionnelles, ni politisées, ni socialement typées, mais volontairement restreintes à leur activité commune. Il s’auto-reproduit dans une cooptation rigoureuse, exclusivement masculine, à forte ambition spéculative et expansionniste… Ce groupe s’organise dans une époques troublée, incertaine, sans avenir, dans un royaume endetté par le luxe et les guerres, peuplé d’un clergé puissant et corrompu. Si les Lumières et la Maçonnerie c’est ça, on est bien loin alors, d’un angélisme maçonnique universel ! Au risque de voir ressurgir les vieux démons du capitalisme libéral, disons que cette F.M. d’obédience affairiste, plutôt d’inspiration protestante, mais pas que, n’a aucun complexe avec l’argent et l’enrichissement personnel. Pour elle, gravir les étapes maçonniques, c’est aussi manifester son ascension dans l’échelle sociale.

Comptables, commis, financiers, commerçants, négociants, artisans, officiers de marines, simples marins, marseillais, écossais… Apprentis, Compagnons, Maîtres en la matière… Toutes ces personnes, complètement étrangères aux métiers de bâtisseurs de cathédrales, se réunissent en Loge à Marseille et se répartissent des fonctions économiques. Il leur faut des cordons de Maîtrise et des grades supérieurs, tant les progressions sont rapides. Les Rituels du 18e siècle codifieront cela à merveille, avec la concurrence des Obédiences qui se constituent. On puise encore plus avant dans la Tradition, la Bible, les textes anciens, on modifie, construit, reconstruit. Et surtout on codifie l’oralité. Ainsi progresse-t-on rapidement.

Pour ces Francs-Maçons la route est tracée. Il leur faut vaincre les obstacles de leurs profondes différences, ainsi que ceux de leurs opposants institutionnels et religieux. Il leur faut anticiper, spéculer sur l’avenir du Port de Commerce Marseillais. Aplanir, supprimer les barrières autant morales que physiques contraires à leurs projets. Deux écueils dont l’évitement sera décisif dans leur visée spéculative :

1°/ Résoudre le problème de la sécurité en mer, afin d’assurer la prospérité de Marseille.

2°/ Vaincre celui de la concurrence commerciale, principalement Juive aux 17e et 18e siècles.

Le premier écueil se chiffre en centaines de navires perdus, par naufrages, actes de Piraterie ou prises par l’ennemi. Les archives n’en distinguent pas la cause mais les pertes sont consignées, année après année. De 1704 à 1714 la Chambre de Commerce de la Cité Phocéenne, en dénombre 1866 en 10 ans, soit 186 navires perdus par an. De 1715 à 1745 il y en a 820 soit sur 30 années, 27 navires perdus par an. De 1745 à 1757 il y en a 961 soit sur 12 années 80 navires perdus par an. De 1757 à 1770 il y a 937 perdus, soit sur 13 années 72 navires perdus par an. Pour les 25 ans suivants, la Chambre donne la moyenne de 24 navires perdus chaque année, les mers sont plus sûres ! Mais, plus de 5000 navires au total sont perdus entre 1704 et 1795 ! Le mauvais temps n’explique pas tout. L’arraisonnement, le vol des cargaisons, les rançons pour la restitution des prises humaines, les navires eux-mêmes, offrent des ressources faciles et disponibles en nombre. Pour la Chambre marseillaise, c’est beaucoup plus qu’un problème. C’est un grave fléau. A maintes reprises elle doit rehausser ses taxes portuaires, pour combler les manques à gagner. Mais ce n’est pas tout. Pour la sécurité en Méditerranée, la Chambre arme et fait construire ses propres navires escorteurs, dépêche des frégates, constitue des équipages. Sollicite à prix d’or la marine royale bien mieux pourvue en galères et soldats expérimentés, d’autant que l’exil massif d’écossais, d’irlandais, complète utilement ses effectifs. Tout marin étranger ayant été plus de dix ans au de service de Sa majesté se verra d’ailleurs proposer la Nationalité française. Pour toutes ces raisons, cette alliance de la Chambre traduit de fait en une relation crypto-maçonnique entre Marseille et le Roi. Chacun y trouvant un intérêt majeur dans le secret qui s’impose, afin de ne pas éveiller les soupçons catholiques et ceux de l’Inquisition. La Loge spécule, imagine un avenir encore plus florissant, tel celui des Vénitiens du XVe siècle et de leurs 6000 galères. Les Francs-Maçons de Saint-Jean d’Écosse à l’O. de Marseille, œuvrent en secret pour obtenir du Roi Louis XIV leur sécurité maritime, tandis que celui-ci se sert d’eux pour financer les tentatives destinées à la restauration des Stuart chez eux et régler par la même occasion, l’état de ses finances en grands périls. Le coût exorbitant des guerres, la construction de Versailles, les dépenses somptuaires de la Cour, de la Noblesse, ayant ruiné le royaume… Et au passage, le pouvoir royal règle aussi ses conflits avec les Anglais. Mais pas seulement.

La question Juive fut sous l’Ancien Régime une question récurrente de l’intolérance catholique et des royautés successives.  Après 1501 sous Louis XII, les juifs n’ont plus droit de cité dans le Royaume de France. Un bon nombre s’est converti au catholicisme, mais la plupart se sont exilés à l’étranger. En 1650 c’est le Parlement de Provence qui applique une interdiction de séjour pour les Juifs. En 1682 c’est le Roi Louis XIV et Colbert en personne, qui ordonnent et signent l’expulsion des Juifs de France. Le problème ressurgit en 1750. A croire que les lois et les contrôles n’avaient que peu d’effet à cette époque. Cette fois c’est la Chambre de Commerce de Marseille elle-même qui se manifeste, se plaignant de la présence juive dans les comptoirs français et accusant les juifs de complicité et de recel de cargaisons piratées. En 1758 un arrêt du Parlement de Provence, interdit aux Juifs tout achat et revente de marchandises à Marseille et ramène leur autorisation de séjour de 8 à 3 jours. A notre sens, il faut voir en tout cela un acharnement catholique anti-juifs constant, plus qu’un problème spécifique posée à la Chambre de Commerce. Via la Chambre, c’est la Loge contrainte, qui avec habileté s’est fait l’écho de vagues prétextes commerciaux antisémites, afin d’obtenir du monarque la sécurité maritime dont elle a le plus grandement besoin.

Il est intéressant de noter qu’en 1743 la G.L. de F. signale voir dans le Rite écossais (pas le RER puisqu’il n’existe pas encore, mais bien celui, tel que pratiqué à Saint Jean d’Écosse à cette époque) la G.L. signale voir « une trahison assimilée à une nouveauté ». Comprenons-le ainsi : le Rite écossais Jacobite existe concrètement et la nouveauté c’est qu’il s’impose de plus en plus, sans crainte d’afficher son sens spéculatif, notamment dans l’accès des hauts-grades. Ce que dénonce avec véhémence la G.L. tant le mot de trahison est fort.  Car c’est au détriment de son Rite à elle, que s’effectue la progression du Rite Primitif de Saint Jean d’Écosse, tel que nous le connaissons, réveillé par notre G.M. Robert Ambelain. Un Rite mieux codifié, plus symbolique et plus rigoureux, ce qui constitue au 18e siècle, la condition essentielle pour permettre à la Loge marseillaise un très large essaimage géographique, tout en conservant une pratique unique, uniforme, voulue indéfectible et universelle.  Tandis qu’à l’opposé la G.L. de F. utilise à cette même époque des rituels dont les variantes sont nombreuses, accessoirement orales ; l’essentiel reposant sur une base anglaise plus ou moins fixe, qui est agrémentée de diverses adaptations locales (ce qui aboutira plus tard, grâce à l’initiative du G.O. au Régulateur du Maçon de 1801 et à la codification d’une pratique plus stable, avec le Rite français).

A partir de Marseille, le Rite écossais primitif « à la manière des Anciens » s’exporte aux quatre coins du monde. Dans le même temps, les Temples s’ornent de nombreux symboles, matérialisés et enrichis. La lumière se doit d’être donnée avec brio aux « pro-phanes » reçus maçons. Prophane : de pro avant et de phaneros phare, fanal : lumière. Donc avant d’avoir vu la lumière, qui est bien mieux et plus vrai, plus respectueux, que le mot profane avec un f, trop proche de profanation au sens de souiller. L’impétrant est alors admis avec faste et cérémonie. L’initiation-rituelle, pratiquée dans le tréfonds des tavernes écossaises ou  londoniennes est ici révolue. L’opulence maçonnique est née à Marseille et avec elle se forge l’esprit spéculateur. Cette lecture au premier degré peut choquer, mais elle va tout à fait dans le sens de l’opportunisme maçonnique : être de toutes les époques, de tous les partis, de toutes les confessions, de toutes les couches sociales. Ce qui se traduit par : un seul Maître, fût-il, Dieu le Grand Architecte du Ciel et de la Terre, ni dogme de Foi, ni Chapelle, et plus tardivement en France, ni Roi… C’est un opportunisme de sauvegarde, assujetti aux lois, aux magistrats de son temps, tels que le stipulent dans l’article II les Constitutions d’Anderson de 1723. Sa qualité étant de demeurer loin des folies meurtrières, loin de l’assujettissement de l’homme par l’homme, loin des extrêmes. Car tout Maçon doit demeurer un esprit libre, bien-pensant, pratiquant sagesse, force et beauté. La Loge marseillaise est ainsi une communauté fraternelle harmonieuse d’entraide, défendant un intérêt majeur et spéculatif, hors des excès répréhensibles, dans le strict respect ses membres, de ses amis, et encore celui des Arts et des Lettres. Mais défendant par là aussi, sa vision d’un monde apaisé source de création de richesses, reposant sur les échanges commerciaux lucratifs. Le rapprochement avec nos « fraternelles » est une image juste, cependant dès le 17e siècle cette organisation affiche à Marseille des objectifs beaucoup plus vastes, géographiquement parlant. L’idéal maçonnique devient le carreau blanc du pavé mosaïque, la spéculation son carreau noir. La Franc-Maçonnerie spéculative est née, dans la continuité formelle de la Tradition. La filiation maçonnique écossaise de la Loge marseillaise est indubitable, y compris dans son double aspect, chevaleresque et opératif. Mais n’ayons pas peur des mots, la rupture s’opère avec la valorisation d’un atout majeur : financier. Un savoir-faire qui caractérise parfaitement l’Écosse des Lumières, tout autant que l’une des vertus templières bien connue. L’Écosse des 17-18e siècles est une patrie catholique, sans tabou spéculatif. La riche Écosse des Templiers a conservé longtemps ce rôle de Banque moderne des États qui souhaitaient entreprendre de grands desseins. Le personnage de John Law en est l’image malheureuse, mais Ô combien géniale pour son temps. L’exil massif des Jacobites a permis la suite de cette aventure. Dans quelles conditions exactes ? Nous avons des réponses à proposer. Voyons les chiffres disponibles.

Combien ? Au 18e siècle Marseille compte 340 négociants.  Seulement 200 sont éligibles au vu de leurs activités ou de leurs garanties maritimes. Il existe à la chambre de Commerce de la ville 156 postes répartis entre : échevins, juges-consuls, conseillers, députés, intendants des bureaux d’abondance pour le vin, la santé, les hôpitaux… 150 à 200 frères, c’est par ailleurs la taille de la Loge Marseillaise et seuls les notables Marseillais protestants ou non, mais avant toute chose, membres de la Loge Saint Jean d’Écosse, accèdent à ces fonctions consulaires. Quelques étrangers triés sur le volet et souvent de la seconde génération, participent eux-aussi à la gestion du négoce international. On y voit des Nobles Vénitiens, Napolitains, quelques Allemands et Hollandais. A n’en pas douter, la liste des archives de la Loge de 1784-86 n’est que le décalque des postes occupés à la Chambre de Commerce de Marseille.

La Chambre Consulaire de Marseille fut la toute première créée en France en 1599, sous Henri IV. Le penchant protestant de ce Roi pourtant baptisé catholique et que Marseille n’accepta comme Roi, qu’après l’abjuration par celui-ci du protestantisme, facilita grandement les activités de commerce maritimes. Le Port de Marseille fut le premier au monde à se doter d’une Chambre de Commerce. Initialement des négociants se réunissaient dans une chambre de l’Hôtel de Ville, d’où le nom de Chambre de Commerce. Ce n’est qu’après 1750 que ladite Chambre consulaire établira le projet de construire un bâtiment distinct afin de « sortir de l’incommodité de leur situation ». L’édifice abritant aussi le Tribunal de Commerce. Les archives mentionnent la construction d’une Bourse ou Loge, les deux termes étant synonymes à cette époque (!), nous verrons pourquoi. (Le Palais actuel de la Bourse, abritant de nos jours la CCIMP ne date lui que de 1860. Il fut inauguré en présence de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie). On notera aussi avec beaucoup de similitudes maçonniques, la composition statutaire de la Chambre aux 17 et 18e siècles. Telle que décrite dans les archives consulaires on y trouve : 3 Consuls, 4 Députés, 8 Conseillers, élus pour deux ans, le tout composé en 7 points de réglementation. Ce n’est pas du 3 ,5, 7… mais presque. Par ailleurs, sachons que tous les documents importants, registres, documents de commerce, patentes, sont enfermés dans une armoire à deux clés ; l’une détenue par le secrétaire aussi archiviste, l’autre par le Député le plus ancien.

En 1760, Naples et la Sicile représentent la première place des navires accostant à Marseille. Tandis que Malte devient la tête de pont en direction de l’Afrique du Nord, de la Barbarie, comme on disait à l’époque, en souvenir des pirates Barbaresques qui faisaient du XIIIe au XVIe siècles, le commerce des blancs capturés en mer ou le long de nos côtes méditerranéennes. La suprématie maritime Anglaise, Hollandaise, Portugaise, Française… permet désormais une plus grande sécurité en mer et la conquête de nouvelles destinations.

Une Loge marseillaise qui rivalise avec les intérêts Anglais et Hollandais, même la République de Venise à son apogée n’eût de telles ambitions ! Dès 1769 les contacts entre Marseille vers les Échelles du Levant (les escales – du mot échelle – du Moyen-Orient) et les Indes Orientales sont à l’initiative des Négociants Francs-Maçons de la Loge Saint Jean d’Écosse, qui dirigent désormais l’expansion commerciale et maçonnique dans l’intérêt de leurs propres Compagnies maritimes. D’autant plus facilement, que Colbert avait accordé à Marseille le statut de Port Franc. Donc moins d’impôts, moins de contrôles douaniers. Rajoutez à cela le contexte Écossais-Calviniste-Protestant de la Loge, n’interdisant ni les activités bancaires, ni commerciales… par ailleurs toujours freinées en France par le Catholicisme et la Royauté de l’Ancien Régime. Et surtout détestées par la Noblesse de Cour, oisive, vivant des prébendes royales ou princières, hostile à tout travail, hormis celui des nobles charges militaires. Face à cela, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, Saint Jean d’Écosse de Marseille crée des Loges-Filles au gré de son hégémonie maritime, tissant une toile maçonnique inégalée au sens d’une synergie commerciale, qui n’a rien à envier à nos multinationales actuelles !

Dans les années 1780 un notable négociant marseillais : Jacques Seymandi, dirigeant la Chambre de Commerce de la Cité phocéenne est aussi V.M. de la Loge Saint Jean d’Écosse. Il est associé à deux amis, eux-aussi négociants et frères maçons : Tarteiron et Samatan qui à leur tour seront V.M. de Saint Jean d’Écosse. En 1787 à eux trois, ils fondent la Compagnie du Golfe Persique. Cette période est capitale dans l’histoire de la Loge et de Marseille dont les destins sont désormais identiques. En 1784 les archives permettent de dénombrer un peu moins d’un millier de frères-maçons au total sur la ville, toutes Loges comprises. Saint Jean d’Écosse compte alors 207 membres initiés ou affiliés et 11 frères-servants. Ce qui en fait la plus grande Loge locale et l’une des plus importante en France. Ce seul nombre de 11 F. Servants dont nous connaissons les attributions, nous renseigne sur le prestige et l’opulence de l’Atelier, rappelons-le, le plus somptueusement décoré de son époque. On y reçoit Princes étrangers, Sultans, Hauts dignitaires, Diplomates, Nobles, Grands Officiers de Marine… (Cette grandissime époque marseillaise ne manquera pas d’inspirer à Marcel Pagnol quelques scènes imaginaires très « pagnolesques » de la magnificence de l’activité portuaire passée).

Plus sérieusement, la Loge Saint Jean d’Écosse à l’O. de Marseille, met la fraternité maçonnique au service de la chambre de Commerce marseillaise et de la diplomatie européenne, et même mondiale. En récoltant au passage les fruits commerciaux de ces ententes, ainsi que les meilleures pierres brutes pour ses affiliations en Loge, sans compter les éventuelles liaisons familiales rendues possibles par des mariages d’enfants, filles ou garçons afin d’assurer la prospérité future, tant des familles marseillaises que de la Loge écossaise. Notons que dans l’actuelle CCIMP, Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence, 80% de ses membres étaient F.M. dans les années 80, ce chiffre est maintenant estimé à 50%. Preuve que les Traditions ont la vie dure.

On a du mal, aujourd’hui encore, à imaginer cette débauche d’apparat somptuaire lors des initiations, des affiliations, ou des « simples » visites protocolaires en plein 18e siècle… Le Maître mot de la Loge marseillaise était célèbre : « Non vulgum pecus » c’est-à-dire : pas de recrutements laxistes, au sens de n’accepter aucun aventurier, qu’il soit noble ou simple négociant. Pas de mélanges pernicieux, tels – on peut le supposer – que le pratiquaient les autres Obédiences. Autant de faste et de rigueur sélective, n’a pu qu’opposer frontalement la Loge avec la G.L. puis le puissant G.O. avec lequel elle refuse toute assimilation et accords. Pas étonnant donc que ces Grandes Obédiences invoquent au fil du temps l’irrégularité maçonnique écossaise de la Loge Saint Jean d’Écosse de Marseille, faute de patente originale. De nombreux documents émanant du G.O. l’attestent en 1750, 1783, 1784. Puis en 1785, année de l’organisation du Convent des Philalèthes (Les amis, chercheurs de la Vérité) à Paris, dans lequel des frères de Saint Jean d’Écosse de Marseille sont invités es qualité… alors que le G.O. en est écarté.  La volonté du Grand Orient de France étant de mettre la main sur toutes les nominations des hauts-grades maçonniques, tant en France qu’à l’étranger, afin de contre carrer l’hégémonie de Saint d’Écosse. Stratégie vite déjouée, qui n’aboutira jamais et qui sera jugée par beaucoup de frères réguliers comme une politique antimaçonnique.

V/ Le spéculatif. Pourquoi ? Forte de sa notoriété, la Loge Saint Jean d’Écosse à l’O. de Marseille affirme ouvertement son indépendance totale à l’égard des autres Obédiences maçonniques et surtout du G.O. A l’instar des grands ports, comme Bordeaux, La Rochelle, Nantes, St-Malo, Le Havre… Marseille tire grands profits des échanges commerciaux. Avec la spécificité on l’a dit, de ne pas participer au commerce triangulaire de la traite des esclaves noirs, dite du « bois d’ébène ». Les armateurs marseillais, pour la plupart Francs-Maçons de la Loge Saint Jean d’Écosse, sont vraisemblablement à l’origine de ce choix de na pas armer des navires négriers. Très peu de ces navires accosteront à Marseille, conformément au sens des valeurs morales fraternelles et de la dignité humaine, qu’en leur qualité de Francs-Maçons, ils s’imposent à eux-mêmes comme à leurs associés. Alors qu’en France le catholicisme chrétien et les affairistes de tous bords en ignorent bien volontiers les principes de base et s’enrichissent vite des produits de l’esclavage. Il est utile de noter que le port de breton de Brest ne participe pas non plus à la traite des noirs, et qu’il est aussi un foyer initial de l’installation de la maçonnerie écossaise en France, au vu de sa proximité avec les échanges Anglo-saxons. C’est donc bien un choix maçonnique délibéré, et seulement celui de la Maçonnerie écossaise, de ne point déroger sur la vertu humaine, humaniste, dirait-on de nos jours.

C’est sur ces bases, que la Loge Saint Jean d’Écosse tisse son influent réseau à partir de Marseille. A l’image de l’Abbaye de Saint-Victor qui déploie ses nombres abbayes annexes du Haut Moyen-âge, Saint Jean d’Écosse se démultiplie en Loges-filles. On en compte une dizaine dans le dernier quart du 18e siècle. Leur dénomination est sans équivoque :

Orient de Gênes : « Les vrais amis réunis »

O. de Smyrne : « St Jean d’Écosse des Nations Unis »

O. de Constantinople : « St Jean d’Écosse de la Parfaite Union »

O. de Malte : « St Jean d’Écosse du Secret et de la Parfaite harmonie »

O. de Palerme : « Marie au Temple de la Concorde »

O. de St Pierre de la Martinique : « St Jean d’Écosse de la Parfaite Union »

O. de Salonique : « St Jean d’Écosse de l’Amitié »

O. du Cap français : « St Jean d’Écosse des 7 frères réunis »

O. d’Avignon : « St Jean de la Vertu Persécutée » Loge contestée par le G.O. en 1783

O. d’Île de France : « St Jean d’Écosse »

On notera l’absence de Loge-fille à Naples qui est pourtant avec Palerme et Malte est une des plaques tournantes majeures de ce réseau commercial. Il ne faut pas s’en étonner, car en 1751 la Pape Benoît XIV a promulgué un édit interdisant les Loges Maçonniques dans le Royaume de Naples, alors sous la domination des très catholiques Bourbons d’Espagne. On y décèle la stratégie raisonnée et non provocatrice de la Loge marseillaise. On sait cependant que de prestigieux négociants et aristocrates napolitains, fréquentent régulièrement la Loge Saint Jean d’Écosse à Marseille.

En 1780 la liste des F. de Saint Jean d’Écosse, s’établit ainsi. Seymandi dont a parlé plus haut, Vénérable M. de la Loge, Patron de la Chambre de Commerce, 2e fortune locale de Marseille, (à cette époque de l’Ancien Régime on se devait d’être noble pour occuper la place de la première fortune). Tarteiron 1er Surveillant, sur le cas duquel nous reviendrons, Samatan Orateur, tous deux négociants de leur état. Les M.M. Hugues, Audibert, autres négociants.  Puis : Malouet intendant de justice, Salze Lieutenant Général de Police, philanthrope, collectionneur, membre du Muséum de Paris. Grosson Notaire, chevalier de l’Orient, Guis secrétaire du Roi, M. écossais membre de l’Académie de peinture de Rome, Hornbach académie de Musique, Kick collectionneur de tableaux, Liénau négociant hambourgeois, Sibié ex-contrôleur général des finances de Provence, Lavabre Consul du Roi de Pologne chevalier de l’Orient, sur lequel nous reviendrons aussi, Lassen Consul du Roi du Danemark, apprenti, Chaillan, ex-consul de France au Levant Chevalier de l’Orient. De Sicard consul de Syrie. Versluyds député de la Compagnie des Indes Orientales Maître Maçon, Righiny consul du roi de Sardaigne, Maître Parfait. Isnard archiviste de la Chambre de Commerce et son neveu « prophane récemment initié » louveteau-maçon. On y trouve peu des Nobles. Seulement quelques-uns, issus des grandes familles de la Noblesse française, installées à Marseille : le Comte de Noailles, le Marquis d’Argenson.

Parmi tous ces Francs-Maçons, certains viennent d’autres Loges et d’autres Obédiences, principalement de la G.L. puisqu’elle est la seule à exister, bien avant le G.O. à cette époque. Ainsi le dénommé Louis Tarteiron est connu pour être un ex-vénérable de la Grande Loge de France, détenteur dit-on de patentes écossaises. Tout laisse à penser qu’il s’agit du RER et que sa venue chez les écossais de Saint Jean ne lui pose aucun problème de légitimité. Quant au Sieur Lavabre Consul de la Chambre en 1780, une séance du 12 mai 1735 fait état de son « rétablissement après faillite et précise qu’il peut désormais réintégrer librement la salle de la Loge pour la commodité des affaires de son commerce ». Ses titres et son appartenance à la F.M. quelques décennies plus tard, sont la preuve d’un réel redressement personnel, avec l’assurance d’une belle réussite. Le rétablissement, la libre réintégration, sont tout à la fois le signe et le respect par la Loge, des éventuels jugements entravant à cette époque la liberté individuelle et commerciale.  Le rapprochement entre les sources maçonniques disponibles concernant Saint Jean d’Écosse et « l’Inventaire des Archives Historiques de la Chambre de Commerce de Marseille » d’Octave Teissier, publié en 1878, est plein d’enseignements, quant aux faits et aux activités croisées entre Maçons et négociants, dans le respect le plus total des actes de la vie civile et de la justice du pays.

Encore une preuve s’il en fallait, du caractère « spéculatif et raisonné » dans l’existence de Saint Jean d’Écosse. Certes, la Loge exerce aussi une attirance en affichant sa notoriété et pour cette raison, certaines autres Loges ne sont en fait que des sas d’accès, des marches-pieds utiles, afin de pouvoir accéder à la Loge phare. Ce qui bien sûr n’est pas du goût de tout le monde et assure rivalités ou jalousie. Mais ce n’est qu’après la Révolution, en 1792 qu’un notable local, Martin Étienne qui siège à la toute jeune Assemblée Nationale se permet de solliciter des informations au sujet des rémunérations des permanents de la Chambre. Sans doute quelques bruits de couloirs délateurs, avaient-ils attirés son attention sur quelques fortunes amassées. Un état des postes, âges, fonctions, ancienneté, rentes annuelles, lui est communiqué. Ainsi voit-on, le Député consulaire Rostan, 19 ans de service, avoir un traitement de 16 000 livres. Isnard 71 ans archiviste, 53 ans de service, 6000 livres. Isnard (son neveu) 36 ans, secrétaire, 19 ans de service, 4000 livres. Ferrari 37 ans, trésorier, 3 ans de service, 6000 livres. Siau 37 ans, commis comptable, 45 ans de service, 1900 livres. James 56 ans, valet aux archives, 12 ans de service, 540 livres. Boyer 52 ans, concierge à la Bourse, 16 ans de service 360 livre. Il est difficile d’apprécier de tels revenus, sauf à dire qu’un député Consulaire gagne 30 fois plus qu’un Valet aux archives. Notons cependant au-delà de ces différences de traitement, l’esprit familial dans les fonctions sensibles, la longévité des attributions, et à n’en pas douter, leur appartenance maçonnique. Le vieil archiviste Isnard et son neveu par exemple, tous deux membres de Saint Jean d’Écosse, sont une garantie de fiabilité des documents comptables, dans le secteur très aléatoire et mouvant du commerce maritime.

Autant de pouvoirs concentrés dans une Loge-Mère, démultipliés par un vaste réseau de Loges-filles, qui elles-mêmes sont en liaison entre elles et on est en droit de le penser, par une certaine porosité, en liaison avec des Loges d’autres Obédiences… attirent à leur époque convoitises et suspicion. Aujourd’hui pour nous, force est de constater qu’ils imposent encore une certaine admiration ! Une telle recherche d’efficacité, un tel assemblage, est comparable à nos médias internationaux de communication : Google, Facebook, bien avant l’heure. On a la trace écrite d’un courrier de la G.L. de Genève adressé aux Frères de Constantinople, qui a transité par les correspondants de Saint Jean d’Écosse de Marseille. Si on peut parler de hiérarchie dans l’Écossisme de cette période, la Loge Saint Jean d’Écosse de Marseille est le fleuron, le vaisseau-amiral de cette organisation maçonnique. Même si par moment, les intérêts profanes ont pu supplanter la pratique des rituels, son idéal humaniste demeure le ciment qui permet cet entre-soi, certes fermé, mais si divers et très fonctionnel. Quel autre choix que celui-ci existait-il à cette époque, pour faire face à l’absolutisme politique et religieux, sinon à l’Inquisition d’État, rappelons-le, encore bien présente en cette fin de 18e siècle ? Dans leur grande Bonté royale, les souverains Louis XIV et Louis XV considèreront toujours bienséant le particularisme marseillais. Le Roi lui-même, de 1729 à 1732 fera l’acquisition de manuscrits turcs, très rares et très coûteux, en passant par la Chambre de Commerce de Marseille, sachant pertinemment que ce service émane des Francs-Maçons lettrés et au faite de telles connaissances très particulières, de ladite Chambre.  On peut toujours critiquer de collusion et d’affairisme un Jacques Seymandi, seconde fortune marseillaise, Vénérable Maître de la Loge écossaise, patron de la Chambre Consulaire et tout à la fois de la Compagnie du Golfe Persique ! Sauf qu’à cette époque le conflit d’intérêt n’est pas un délit et que ce serait vite oublier ses choix économiques et politiques judicieux. Sans oublier son implication totale dans le développement rapide et humaniste de la Cité phocéenne, au sortir de la Grande Peste. Et il faut savoir qu’il fut le précurseur d’une idée « toute marseillaise » de créer un canal de 200 km, allant du Nil à la mer Rouge, afin d’éviter à ses navires le long périple maritime par le Cap en contournant l’Afrique. Ce que Seymandi avait imaginé, cent ans plus tard, Ferdinand de Lesseps le fera, en perçant le canal de Suez.

VI/ En guise de synthèse : des valeurs maçonniques spéculatives novatrices et très tôt codifiées

A Marseille un groupe restreint de chrétiens, d’écossais catholiques et calvinistes, de notables étrangers, que tout oppose, affirme son appartenance à des valeurs maçonniques communes ; il en marque profondément et durablement la vie locale. Ce faisant, en dépassant leurs différences, ce groupe improbable, développe un réel désir d’expansion économique. Désir porté par la puissance maritime du Port qui s’affiche ostensiblement et par le secret des transactions sous le sceau des principes et des codes maçonniques. L’hermétisme est propre à ce jeu d’ambivalence, de transmutations d’idées novatrices au sein d’un creuset socioculturel et religieux hors normes.  La stricte organisation opérative conforme à la Tradition maçonnique et la grande habileté spéculative ont fait le reste. Dès lors on comprend mieux pourquoi, une Franc-Maçonnerie spéculative s’installe et prospère si vite ? Et surtout : pour quoi faire, sinon pour développer un nouvel Humanisme. Bien entendu basé sur le profit, car il faut développer, nourrir, entretenir, construire, instruire les peuples ici à Marseille ou ailleurs, et savoir que sans argent on ne fait rien.

Aucun pouvoir, aucune structure jusqu’alors étatique et encore moins privée, n’a pu mener à bien un tel projet, d’une telle envergure. Aucune, hormis la Franc-Maçonnerie, car elle est la seule à pouvoir se soumettre à des impératifs autant complexes que contradictoires. Ainsi, à Marseille, la Loge Saint Jean d’Écosse devient pour une poignée de Francs-Maçons, leur façon de voir et de faire le monde. Les Frères vont s’en donner les moyens et rapidement modifier la géographie économique et politique de leur temps. Ils vont faire entrer Marseille et l’espace dans lequel rayonne leur Loge-mère dans l’ère de la modernité. Les anciennes frontières culturelles judéo-chrétienne, musulmane, orientale, hindoue, comme les distances, sont abolies. C’est autant une collecte de matières premières et produits nécessaires, vitaux, qu’un transfert de compétences et de socialisation. A Marseille, la Loge c’est aussi la Bourse, celles des valeurs boursières des marchandises où se négocient les effets de commerces, lettres de changes, escomptes, billets à ordre, titres d’actions… C’est l’ancêtre de notre Corbeille, bien avant Paris et sa fureur boursière sous Louis XVI. Contrairement à ses aînées : à Venise, Bruges, Anvers, Amsterdam, Londres ou à Genève, sous monopoles Aristocratique ou Juif, à Marseille on boursicote entre simples négociants-initiés aux valeurs franc-maçonnes communes. Pas étonnant que les réglementations modernes très postérieures, aient interdit ce côté peu démocratique des échanges commerciaux, et en aient fait un délit portant d’ailleurs le même nom : « délit d’initiés » …

C’est en implantant des Loges-filles clé en mains, rituels, tabliers, symboles et procédures fournis, en nommant des Consuls représentants de la Chambre de Commerce Phocéenne à travers le monde, que l’activité maçonnique fonctionne, fédère et rassemble ce qui épars. Spéculation ou noble tâche de création de richesses ? Les deux à la fois ! Car c’est en spéculant et en accomplissant ses actes commerciaux dans la grandeur de l’esprit maçonnique que la Loge marseillaise agit ainsi, dignement. Sa pratique de l’Art-Royal demeure empreinte de noblesse, surtout lorsqu’ on a de gros besoins financiers et qu’on s’interdit, malgré ce de participer, comme on le fait partout ailleurs, au commerce juteux des esclaves noirs.

S’implanter, promouvoir, être accueilli, s’intégrer, être reconnu, secouru, s’associer, arbitrer les éventuels différends, créer des codes, des synergies… favorisent l’expansion des commanditaires, mais à long terme favorisent aussi les économies locales, le développement des échanges mondiaux. Dans le secret de ses tenues, la Loge Saint Jean d’Écosse à l’O. de Marseille et ses Loges-filles, mettent en pratique des idées avant-gardistes-spéculatives, au vu et su de tous sur le marché mondial. Une telle implication Humaniste, au sens de son emprise économique, n’a jamais été opérée à une si grande échelle. Elle s’apparente, bien avant l’heure, aux principes des Sciences économiques avec calculs, rigueurs, efficacité, tant en théorie qu’en pratique.  Peut-on alors vraiment se poser à ce stade, la question de la légitimité de cette Loge ? Celle des origines de sa patente jamais produite ? Une chose est sûre, la Grande Loge d’Édimbourg n’a jamais souhaité entraver, ni solliciter une quelconque régularisation, d’un tel fonctionnement. Au plus a-t-elle, face à quelques pressions compréhensibles, simplement rappelé la règle de non-transmission d’essaimage à partir des Loges-filles créées. C’est pour nous Francs-Maçons, une preuve essentielle dans la légitimité de Saint Jean d’Écosse « Who says nothing agrees » ou bien « Silent is consent » … Qui ne dis mot, consent. Pour la Loge d’Édimbourg c’est une nouvelle ère maçonnique qui s’ouvre avec l’Atelier marseillais.

C’est à Marseille, sans complexe et avec beaucoup d’intelligence humaine, que la Franc-Maçonnerie-Spéculative a réalisé sa rupture d’avec le mode opératif-templier, porté par la Tradition écossaise et ses Loges militaires. C’est du moins ici, que cet aspect est le plus représentatif. Instructif autant qu’incontestable. Et qui plus est, signe une belle réussite autant maçonnique que commerciale. Contrairement à la faillite de l’autre grande tentative écossaise de la même période, qui fut de coloniser l’Isthme de Panama de 1698 à 1700. Projet d’envergure où périrent 2000 colons écossais, venus contrarier les puissants intérêts espagnols dans cette zone d’échanges internationaux. Défaite militaire et économique, qui ruina encore plus profondément la mère Patrie écossaise, garante des fonds colossaux par actions, engloutis dans cette tragique aventure panaméenne. Ce qui nous fait revisiter un tant soit peu le « mythe stuartiste ». Par son succès jacobite, Marseille apparaît à elle seule comme une voie nouvelle de la Franc-Maçonnerie. Sans choisir pour autant, de reproduire les schémas sclérosés d’une quelconque Aristocratie marchande on l’a dit, Vénitienne, Palatine ou Anversoise. Et encore moins d’utiliser les attributs d’une Noblesse locale oisive et contre-productive. Noblesse que le seul aspect spéculatif à fait s’écarter à jamais de la Franc-Maçonnerie en général et française en particulier. La plupart des Nobles, à quelques exceptions près, sont demeurés aux portes des Temples. En opposition à la maçonnerie d’Anderson en Angleterre ou de celle dite « de Saint-Germain » en France, le cas marseillais est significatif. Trop d’historiens ou de Maçons l’ignorent ou minorent ce fait.

Dans un mode maçonnique opératif-templier, devenir apprenti puis compagnon, ne fut guère séduisant pour les nobles sujets ! Toutefois un peu partout certains franchirent le pas, attirés par le lustre chevaleresque, les épées, les blasons, les armoiries et les tabliers rutilants. Ce, principalement dans les Loges à dominante militaire. Mais dans le monde nouveau des francs-maçons spéculatifs, c’est plus compliqué encore, et y appartenir eût été pour ces valeureux Nobles, devenir roturiers. Très peu d’entre eux s’y risquèrent et 1789 accentua ce fait. Ce en quoi la Franc-Maçonnerie gagna beaucoup en valeurs égalitaires et démocratiques et fut un rempart efficace, édifié par l’active bourgeoisie naissante, à l’encontre de l’Aristocratie et d’une Noblesse arrogantes, autant déconsidérées que désargentées. C’est cette classe de Hauts dignitaires d’un autre temps, poudrés et perruqués, qui se presse dans les cercles de pensées poétiques ou scientifiques, de toute l’Europe des Lumières, en Allemagne, en France, en Angleterre. Ce sont aussi les mêmes qui s’empressent de fréquenter les clubs aristocratiques, les soirées musicales, les nuits costumées souvent débridées, les salons mondains des belles Marquises, envoûtées par les déclamations des élites célèbres et des grands penseurs du siècle. Assemblées de caste, dans lesquelles la Franc-Maçonnerie n’a que faire. Pour autant, loin de ces raffinements précieux puis littéraires, les Francs-Maçons-spéculatifs de Saint Jean d’Écosse à l’O. de Marseille, n’en demeurèrent pas moins des Humanistes respectables, amis des Arts, diplomates et ingénieux. D’autres courants s’inspireront plus tard de leur rôle majeur, en spéculant non plus dans l’économie, mais dans la Politique au sein des pouvoirs, en France comme à l’étranger. Le Marquis de La Fayette, noble Franc-Maçon d’exception, est souvent cité en exemple dans le destin d’une Amérique libre. Le G.O. fera de même un peu plus tard, en Spéculant sur le poids de sa présence massive au sein de la IIIe République (un tiers des élus du Sénat et de l’Assemblée étaient Francs-Maçons), cela après un rôle quelque peu ambigu durant la Révolution français.

Le colossal Empire colonial britannique du XIXe siècle, le futur Commonwealth, traduisons : « la santé, le bien-être commun », est une Communauté monarchique de 52 Nations. Ce vaste Empire commercial sur lequel le soleil ne se couche jamais, doit beaucoup à ses précurseurs Francs-Maçons-Marseillais. Il le doit à ces visionnaires spéculatifs, inventeurs du libre-échange, de l’Union des comptoirs commerciaux pour commercer, pour se parler, se rassembler, échanger dans la diversité respectée des cultures. Rajoutons : sans mixité des peuples, sans domination ni syncrétisme, imposés, mais dans le respect de tous. Sans triomphalisme colonial, puisque non-esclavagistes, les Francs-Maçons-Marseillais sont les concepteurs d’un maillage économique moderne. Bien plus qu’un réseau de Comptoirs commerciaux, il initie un chaînage de Loges-filles en Union fraternelle étroite et fidèle, avec leur Loge-Mère à Marseille, en respectant leur Rite à la lettre. Le Très Respectable à l’Orient, notre chaîne d’Union, ne s’organise-t-elle pas ainsi de la sorte ? Nous la formons et la rompons, avec l’obligation de penser et de croire au vers poétique de Paul Fort : « et si tous les gens du monde voulaient se donner la main… ». Qu’il en soit ainsi. Amen ! Spéculons mes F.&S. Spéculons sur cela !  Non par l’attrait d’une quelconque mode, mais bien, comme le firent les Frères de Saint d’Écosse à Marseille, par la nécessité du moment.

Épilogue.

L’un des derniers feux possibles de cette Loge de Marseille, serait dans ses liaisons avec les Loges écossaises de Strasbourg et notamment de R.L. Les Frères Discrets à l’O. de Charleville. Car c’est dans cette dernière que fut initié un certain Lieutenant du Génie, nommé Rouget de l’Isle. Comment comprendre autrement la transmission rapide du chant de Guerre de l’armée du Rhin, notre « Marseillaise » au bataillon de fédérés marseillais qui marchent sur Paris et compte des Francs-Maçons dans ses rangs. Des Frères peut être initiés à Saint Jean d’Écosse de Marseille. C’est eux qui entonneront le 10 août 1792 lors de l’assaut des Tuileries, le chant du rassemblement, de l’unité retrouvée, le chant de la Victoire.

Puis arriva le triste épisode de la Convention de 1792 à 1795 et de la Terreur à Marseille, avec son Comité de Salut Public, dirigé par les Révolutionnaires Paul Barras et Louis-Marie-Stanislas Fréron. Tous deux dénommés les « missionnaires de la Terreur », investis des pleins pouvoirs afin de débusquer les contre-révolutionnaires, les jacobins et les catholiques récalcitrants. Détruisant les édifices publics et religieux, confisquant les biens personnels. Marseille devient pour quelques temps une « Ville-sans-Nom » l’ordre est donné de détruire les repaires contre-révolutionnaires dans la Section XVIII, correspondant au riche quartier de l’Hôtel de Ville : église St Laurent, Accoules, Minimes, Oratoire, Bon pasteur et Bourse ou Loge…  A Marseille, le comité de Salut public prit alors le nom de Commission Brutus composée de 3 juges, sans Jury, ni recours. L’échafaud fut dressé à demeure Place de la Liberté, ex Place Royale, au bas de la Canebière. Dans cette période 123 condamnés furent guillotinés.  La seule journée du 23 janvier 1794 (4 Pluviôse An II), une charrette de 14 condamnés était conduite à l’échafaud. Parmi eux : Samatan, négociant arrêté le 8 décembre 1793, Jean Payan de la Tour, armateur, Hugues l’aîné, négociant, 84 ans, sourd et presque aveugle, Giraud 51 ans, négociant, Pierre Bonamour, 51 ans, agioteur. Tous les cinq, Francs-Maçons de la Loge Saint d’Écosse, furent guillotinés. « Marseille méritait une punition » ! C’est en fait un quartier, une activité secrète, un groupe de personnes qui étaient visés, dans le but de s’emparer de leurs biens et de mettre fin à leurs activités lucratives et occultes, qui donnaient tant de forces, d’argent et de pouvoirs.

A partir de 1794 la Loge fut en sommeil et ne reprit ses travaux qu’en 1801. Après la Convention, sous le Directoire, Marseille et les Marseillais, qui jouèrent un rôle majeur lors de la Prise des Tuileries, furent réhabilités. En 1811, Saint d’Écosse comptait encore de nombreux membres dans son Atelier (Banquiers, commerçants, négociants…). Mais, le blocus Anglais des Ports étrangers de 1802, l’industrialisation locale naissante, la marine à vapeur, les progrès, la fin de l’omnipotence des négociants portuaires, puis les nouvelles influences maçonniques républicaines, notamment celles du G.O., ont eu raison de l’activité tentaculaire et fastueuse de la Loge Saint Jean d’Écosse de Marseille. Ralliée un temps à l’Empire, son influence s’éteint définitivement, du moins le pensait-on, le 11 avril 1814, avec le choix symbolique de la date du traité de Fontainebleau, seulement quelques jours après l’abdication de Napoléon Ier et de son exil à l’île d’Elbe.

Mais le rôle économique, fédérateur, précurseur et exemplaire de cette Loge, son implication dans les Arts et les Lettres, les Sciences, demeurent inscrits pour l’éternité dans le destin de la Métropole marseillaise, comme dans l’Histoire de la Franc-Maçonnerie Universelle. Dans son exercice du spéculatif concret, Saint Jean d’Écosse à l’O. de Marseille, est un jalon de notre histoire. Celui qui a mis un point final aux pratiques antérieures et permis le passage vers le mode purement intellectuel, tel celui que nous le pratiquons aujourd’hui. Ne l’oublions jamais.

En Conclusion.

Nous dédions ce travail aux frères de la Respectable Loge : Les Écossais de Kilwinning à l’O. de Marseille et à son Vénérable Maître Fr.°. Ron.°., dont les travaux au Rite Écossais Primitif redonnent vie à la Respectable Loge Saint Jean d’Écosse ainsi qu’à la filiation de Kilwinning. Qu’il en soit ainsi, dans le droit fil de la Tradition : « de se conformer aux décrets et constitutions maçonniques de la noble Maison d’Hérédom de Kilwinning en Écosse, dont nous reconnaissons la pleine et entière autorité », pour qu’après plus de deux siècles de sommeil, les feux écossais propres à notre Rite Primitif, y brillent de nouveau, ici à l’O. de Marseille.

Da.°. Nap.°. « Les Écossais de la Sainte Baume » à l’O. de Saint-Maximin.

Nos sources principales : l’excellent article : « Une puissance maçonnique méditerranéenne aux ambitions Européennes » de Pierre-Yves Beaurepaire, Professeur d’Histoire Moderne à l’Université de Nice Sophia Antipolis, citant les multiples sources disponibles, dans les Cahiers de la Méditerranée. Juin 2007. Cet Agrégé d’Histoire est un chercheur, spécialiste de l’époque des Lumières et de la Franc-Maçonnerie.

Inventaires des Archives historiques de la chambre de Commerce de Marseille. Octave Teissier. 1878.

Histoire partielle du Rite écossais primitif. Éric Romand in Blog-Les écossais de saint Jean. 2012.

Divers articles dans Wikipédia. Diverses recherches et spéculations personnelles.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/2017/09/franc-maconnerie-la-theorie-speculative.html

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Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ? Chez les « Egyptiens » Français 17 octobre, 2019

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Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?

Publié le 13 juin 2018

Rites … Obédiences … Ordres …

Chez les « Egyptiens »  Français

Avant-propos : Un dicton populaire nous dit « il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Martin !!! » ainsi les noms qui sont « burinés sur cette planche à tracer de pierre » ne désignent que des personnes ayant pu exister (ou pas) ou ayant rejoint d’autre Orient comme il est évoqué dans nos cénacle (ou pas) … si d’aventure certains noms pouvaient poser problème(s), ceux-ci auront été transformés, transposés voire cryptés de telle façon que « toute ressemblance avec une personne réelle ne serait que le fruit du hasard ». Sont évidemment conservés corrects les noms qui par leurs fonctions sont tracés dans des actes consultables par tous moyens habituels (ex Président d’association ou déclaration sur des sites d’information Web.  Cela dit, je peux poursuivre ma méditation. L’important ce sont les événements et les contextes !!!!

Sans faire œuvre d’historien précisons simplement qu’en France un nouveau paysage maçonnique se construisit dans la période 1998-2000. En ce temps-là  trois structures Un paysage Maçonnique, Un ordre, Un rêve, un appel ?   Chez les « Egyptiens »  Français dans Chaine d'union rites-300x301-299x300obédientielles : pour l’une, elle émergeait tout simplement et pour les autres, elles ré-émergeaient à la suite d’une crise dure et profonde. Pour la première, il s’agissait de la GLMMM (la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm) ; pour les autres évoquons la GLMFMM (la Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm) et la partie Féminine (Les fameuses Robes Jaunes). Ces dernières étaient alors sous la coupe d’une gérance internationale  (OIRAPMM : Ordre International du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm) dont le Grand Maître Mondial (et Grand Hiérophante) était le Frère Chekna Sylla. Il venait de succéder à Gérard Kloppel (lequel succédait, lui-même, à l’Illustre et Sublime frère Robert Ambelain. Une quatrième puissance maçonnique était déjà installée : la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (le GLFMM, les Robes Blanches) dont la gouvernance était sous la responsabilité de notre Sœur Julienne Bleyer.

Avant de poursuivre : un petit « flash-bak » : Tout observateur attentif de notre espace Maçonnique sera convaincu que les « Rites Égyptiens » ne viennent pas de nulle part … et, pour n’écrire que sur les nôtres, rendons hommage à nos fondateurs officiels « mondiaux » d’abord (Grands Maîtres Généraux et parfois Grand Hiérophante) et « Français », ensuite, (Grands Maitres de France) qui étaient tous, rappelons-le, Ad-Vitam.

Année Grands Maîtres Mondiaux Grands Maîtres de France
1838 Jean Etienne Marconis de Nègre (F)  
1869 Marquis de Beauregard (Egypt)  
1874 Salvatore A.Zola (Egypt)  
1881 Joseph Garibaldi (I)  
1900 Ferdinand Delli Odi (I)  
1902 John Yarker (UK)  
1908   Gérard Encausse dit Papus
1919   Jean Bricaud
1934   Constant Chevillon
1936 Guerino Trolio (Argentine)  
1944   Charles-Henri Dupont
1946 Georges Bogé de la Grèze (F)  
1960   Robert Ambelain
1965 Robert Ambelain (F)  
1985 Gérard Kloppel (F) Gérard Kloppel
1998 Georges Claude Vieilledent (F)(Contestation)  
1998 Chekna Sylla (CI)  
1998   Michel Kieffer
1998   Guy Renaudin

Donc, en 1998, comme toujours cet Ordre (l’OIRAPMM) garantissait la cohérence et la coordination des travaux maçonniques via un Souverain Sanctuaire International dans lequel étaient rassemblés tous les Grands Maîtres Nationaux … le TSF Guy Renaudin était, comme il est précisé dans le Tableau, en ce Temps-là le Grand Maître de France, ad-Vitam.

Les fondements de notre Rite impliquaient :

  • Des fonctions … à vie.
  • Une Grande Hiérophanie (c’est-à-dire un « humain plénipotentiaire » (mieux que Thot qui lui n’était que trois fois grand !!! … un peu d’humour ne nuit point pour qui reste modeste et humble)
  • Une échelle du premier degré au 95ième degré avec un GM (Grand Maitre Chargé des loges Bleues), un SLGC (Souverain Lieutenant Grand Commandeur) pour les degrés de 04 à 33 et un SGC (Souverain Grand Commandeur) pour les autres degrés
  • Un refus, au nom de la tradition, de la mixité … un refus qui venait d’être levé lors d’un fameux Convent exceptionnel … celui de l’an 2000. On ne peut se battre, manifestement longtemps, contre l’évolution des consciences et surtout contre un « apartheid » incompréhensible au crépuscule du 20ième siècle …  et à l’aube d’un siècle dont il est dit que celui-ci sera spirituel ou ne sera point !!! 

Lors de la formation de la « Mixité » au sein de notre Rite, à partir du questionnement des fonctions ad-vitam, mais, aussi, de l’acceptation d’une fonction suprême : « La grande Hiérophanie », apparurent les puissances maçonniques suivantes :

  • La Grande Loge Masculine Française de Memphis Misraïm (Masculine … Créée en 1960 par Robert Ambelain qui fut, quelques jours, sous l’administration provisoire de Gérard Tavol (en 1998) avant d’être sous la gouvernance du frère Guy Renaudin, GM de France Ad-Vitam,
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm, dont le premier grand Maître fut Pierre Topilif
  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm (Création en 1987 et devenue indépendante en 1990 sous Julienne Bleyer)
  • La Grande Loge Symbolique de France (Création par Georges Claude Vieilledent en 1998 à la suite d’un différend conséquent avec Gérard Kloppel d’où une scission rapidement diligentée … )
  • La Grande Loge Traditionnelle des Rites Egyptiens. La GLTRE fut créée par Claude Liew & Gérard Baudou-Platon en 2001 sous patente de Guy Renaudin (Claude Liew fut désigné selon un processus « symarchique » le premier Grand Maître).

Le Frère Guy Renaudin mit fin à la patente qu’il avait accordée au Frère Claude Liew le 07/03/2004 et poursuivit la construction de sa voie maçonnique avec Gérard Baudou-Platon au sein non plus d’une grande loge mais d’un Ordre « l’OIAPMM » où Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (officiellement conçu en 2003 pour compléter l’institution Maçonnique prévue au service d’une échelle à 01 à 97°) …

La mise en activité de l’OIAPMM fut, donc, la conséquence directe des disfonctionnements patents au sein de la Grande Loge Française de Memphis Misraïm et de la recomposition du paysage maçonnique Egyptien à l’Orée du 21ième Siècle.

Au sein de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, il y eut :

  • D’abord une voie unique (Celle de Robert Ambelain),
  • Puis trois voies ont été expérimentées : Voie Théurgique avec le Frère Guy Renaudin, Voie Alchimique avec le Frère Claude Andréotto, Voie Orientale avec le Frère Gérard Baudou-Platon)
  • Puis est venue une voie complémentaire : la voie Celtique grâce à une patente donnée par une Druidesse au nom d’un héritage Celte et de son parcours personnel, de ses pratiques et études.
  • Aujourd’hui, après 16 ans d’expérimentation, Il peut être étudié quatre voies :

A : la voie dite de Robert Ambelain travaillant au Rite en 95 degrés (avec des degrés transmis obligatoirement par voie de transmission rituelique : 1,2,3,4,9,13-14,18,28,30,33 … 90,95 … (Sous la Houlette de notre Frère Guy Duval).

B : la voie dite Orientale mis en cohérence par Gérard Baudou-Platon travaillant toujours selon de Rite en 95 degrés et transmet 33 « étapes de l’échelle » sous forme rituellique (les autres sont « communiqués »)  au lieu de 14 degrés (le 66ième étant un degré à part).   Quant aux Arcana et l’Arcana-Arcanorum, cette voie effectue un réel travail sur le 87,88,89 et 90ième degré. Cette voie intègre la voie Celtique.

C : La voie Misraïmite Ancienne basée sur les prescriptions du Très Sublime Frère Robert Ambelain. Cf. « La Franc-Maçonnerie Oubliée » (Edit Robert Laffont)  et « la Franc-Maçonnerie d’Autrefois » (Edit Robert Laffont) … à confirmer

D : L’universalité du chemin impliquait un  « éventail initiatique ». Ainsi l’OIAPMM a « adopté » un Rit historique : Le Rite Primitif d’Écosse.

Ajoutons ici, qu’il serait opportun que renaisse, le Rite de Memphis (perdu corps et biens, enfin presque), sachant que l’essence du Régime Écossais Rectifié nous est offert par le Grand Prieuré Souverain de France et que l’essence du Rit Écossais Ancien et Accepté nous est rendu sensible par notre promiscuité avec des Frères et de Sœurs travaillant au sein de puissance maçonnique ad-hoc …

Appel est fait à nos frères et sœurs du Rite de Memphis s’ils jugent pertinent le fait de se rassembler au sein d’une entité dont la seule ambition serait de capitaliser nos savoirs et de tonifier notre connaissance

Quelles sont les règles de base associées à notre Rite et à nos Voies (dans le cadre de l’OIAPMM).

Nos Voies que nous qualifions « d’Éveil » sont assises sur Six concepts :

1 : L’existence de Trois degrés (et pas un de plus) … Apprenti – Compagnon & Maître avec les particularités suivantes :

  • Le degré d’apprenti dont la fonction est la « re-connaissance » de soi et l’observation du monde selon « le mythe de la caverne » de Platon …
  • Le degré de Compagnon dont l’utilité est d’acquérir les outils nécessaire à tout maçon désireux d’être un chercheur authentique, mu par son unique conscience … Ce point met en valeur la nature de notre ordre qui n’est pas rattaché à un égrégore collectif mais qui est rattaché à une source : celle que distille notre Rite. Cela exige l’acquisition d’un minimum de maitrise. La première « boite à outils : les « 7 Arts Royaux » et des philosophes « déclencheurs » d’intérêts … Tels Lycurgue, Pythagore, Socrate, Platon, Thalès, … et autres « lanceurs d’Alertes » spirituelles s’entend …
  • Les Maîtres, nouvellement exaltés, comprendront que notre Rite implique, après le voyage intérieur de l’Apprenti, puis les voyages « découvertes » des mondes du compagnon, un autre voyage beaucoup plus long à travers l’histoire symbolique, philosophique, métaphysique et ésotérique de toutes les IA-1-300x225 dans Contributioncivilisations que notre planète ait portée car les peuples passés ont construit peu à peu ce que nous sommes . Cela fait, ayant pénétré cette conscience universelle la voie de la Haute Maitrise permettra, au Maître, ainsi, réalisé, aguerri et informé de cheminer vers l’ultime initiation … être exhaustif … et « épuiser » sa vie afin que nous la rendions en ayant extirpé la substantifique moelle voilà le statut du Maître !!! … tant que cela n’est pas accompli nul repos ne les tente.

2 : La conviction que notre Rite et nos voies étaient, aujourd’hui, les plus à même de relier « Science et Spiritualité ».

3 : L’échelle de notre Rite resterait « une échelle en 95 degrés » en respect avec les transmissions que nous avons reçues. Cette échelle bien que nous ayant été transmise par le TSF Robert Ambelain (sur le plan historique) a été beaucoup enrichie grâce à des apports en provenance des USA, du Canada, de la Belgique et en moindre importance d’Allemagne. Le parcours des Maîtres s’organisant autour d’une progression logique pour servir la notion d’éveil dont nous avons parlé plus haut. Il sera pour nous aisé de faire savoir que ces 95° suppose un grand investissement personnel afin de pénétrer notre véritable nature et comprendre notre réelle destinée.

En résumé … Ancienne Égypte, Tradition primordiale, Judaïsme, Rayonnement Christique, Celtisme, Mithraïsme, retour aux apports des rites anciens, Védisme, Hindouisme, Bouddhisme, Shivaïsme, Soufisme … seront le lot des études poursuivies par le Maître l’obligeant à la souplesse de vue et à se sentir à l’aise dans un état de « conscience augmenté » et propre à concevoir une véritable  universalité.

4 : la Franc-Maçonnerie, avec sa teinture « voie orientale » devient une école opérative formant des  hommes et des femmes dont le métier est de construire en soi et hors de soi harmonie et futur pour le bien de l’humanité toute entière. Cette école opérative qui n’exclut en aucun cas les croyances individuelles qui peuvent émerger de la méditation Maçonnique  et qui permet même à chacun de vivre des voies « extra-maçonniques » qui répondent plus profondément à son aspiration (Martinisme, Église Gnostique, Réaux-Croix, Élus Coens, Rose+Croix d’Orient, Ordre Kabbalistique, … que sais-je encore).

5 : l’OIAPMM est une Organisation sans structure administrative hiérarchique puisque chaque atelier est  « libre », « indépendant » et « souverain » selon les modes d’organisation ayant cours au 18ième Siècle. Siècle des lumières dit-on avec justesse. Chaque atelier a, dès lors, l’obligation d’être en règle avec les lois du pays dans lequel il travaille. Cependant, pour asseoir leur autorité initiatique et pour garantir la qualité de leur transmission chaque atelier souscrit une Charte qui le lie au Souverain Sanctuaire Khorshed. Ce Souverain Sanctuaire a pour mission de rassembler les dépôts initiatiques nécessaires à la vie et à l’enrichissement du rite qui lui sert de voie initiatique.

6 : Le respect que l’on doit à tout être libre dans son cœur et dans son âme, chevalier dans sa fonction et dans l’humilité de son statut au regard d’un cosmos source de toute vie nous oblige :

  • à refuser toute labellisation sachant que la recherche de la vérité n’admet aucune entrave[i],
  • à refuser le statut de la Grande Hiérophanie[ii],
  • à marginaliser au maximum les contraintes profanes afin de parcourir son chemin spirituel avec le plus grand bénéfice personnel et pour autrui

Restons en-là sur les fondements de notre Rite

Nous devons maintenant aborder le mode de fonctionnement des ateliers de l’OIAPMM (Triangle – Loge juste – loge juste et parfaite – Collège – Chapitre – Sénat – aréopage – et autres consistoires – Cité Mystique – Souverain Sanctuaire …) …

La voie Égyptienne tout comme les philosophies orientales et Africaines nous enseignent que :

  • le Temps n’existe point … car il est sacré … et qu’entre deux parenthèses seul l’esprit circule !!
  • ce que nous faisons, ici et maintenant, doit rassembler toute notre attention, nos forces de méditation, d’inspiration et … notre authenticité …
  • et c’est pour cela qu’elle nous suggèrent que la recherche de la Vérité est notre seule et unique ambition, aucune irruption étrangère ni injonction du monde profane ne pouvant être tolérée. Le lieu de nos travaux étant, assurément, secret mais, aussi, sacré.
  • Nos assemblés rythmés par l’ouverture et la fermeture de nos travaux puis la présentation des « morceaux d’architecture » doivent s’inscrire dans ces deux parenthèses entre lesquelles tout espace-temps devient inconditionnel

Pour la voie dite « orientale » il sera ajouté un autre précepte :

Ne pensons point obtenir notre réalisation personnelle ni notre « réintégration dans notre statut d’origine » comme nous le suggère certains de nos rituels si nous refusions de faire comme les moines taoïstes le chemin tortueux de l’esprit de vie … re-connaitre d’où l’on vient, prendre conscience du « lieu » où nous sommes et se libérer pour accomplir sa destinée … et, chemin faisant, pratiquer la compassion et l’aide … voilà le devoir des Maçons Francs du 21ième siècle …     

Qu’écrire de plus sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm – Voie d’Eveil (Voie Orientale,  Voie Robert Ambelain et voie Misraïmite Ancienne)

Le « souverain Sanctuaire Khorshed[iii] » a rassemblé et réexaminé l’ensemble des dépôts initiatiques afin de rendre les rituels conformes aux principes que je viens de d’exposer. OIAPMM-SSKhorshed-Blanc-300x300 dans Recherches & ReflexionsNous devons juste nous convaincre de l’idée suivante :

« Une tradition (héritage culturel voire cultuel) qui ne s’actualise pas est une tradition qui meurt » … « Une tradition qui s’actualise nourrit et fortifie le passé – le Présent – et l’avenir, garantissant ainsi le respect de nos anciens (Maîtres passés :: « ancêtres ») et notre capacité à enfanter l’avenir par une belle transmission murie par le soleil de l’amour fraternel »

Malgré ce qui en est parfois dit, nos Rituels « ne sont pas longs » … ils agissent le temps nécessaires pour que notre être oppressé par des tensions profanes prenne le temps de retrouver une véritable écoute et le lien qui n’aurait jamais dû être coupé entre l’homme et son être profond …

Notre Ordre et le paysage Maçonnique actuel

Tout pourra être dit … Tout … et même son contraire sur ce sujet !!!! … Mais pour paraphraser une stance de nos rituels je dirais que « nous maçons d’Egypte nous ne prendrons jamais des vessies pour des lanternes » et que si nous dressons notre âme pour voguer dans des espaces plus subtils nous savons être rationnels et nous savons juger par nous-mêmes … Nul ne peut se présenter et déclarer être notre recteur de conscience.

Nous savons aussi que nous sommes tous des Chevaliers (Samouraïs) ou des chevaliers en devenir car nous sommes des Francs-maçons constructeurs d’harmonies exécrant l’irrespect, l’exclusion, et toutes les attitudes sectaires d’où qu’elles viennent !!!

Dès lors nous avons à imposer un comportement qui honore la Franc-maçonnerie avec toutes ses magnifiques valeurs … (Droit à la conscience individuelle, liberté d’expression, droit de l’homme et plus généralement droit du vivant, protection de l’environnement, …)

A : Le paysage Maçonnique

Voici en 2018 une première classification des sensibilités Égyptiennes selon leur adhésion à la « Grande Hiérophanie » et à la nomination Ad-Vitam des  représentants du Rite.

  • Les puissances maçonniques acceptant la gouvernance selon les principes de la Grande Hiérophanie :
  • L’OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm) :: GMG Willy Reamaker et Bernard Teuqnirt …
  • L’ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) qui comprend, aussi, les Rites Confédérés :: Joseph Castelli … en son sein nous trouvons : La Grande Loge Egyptienne de France (ex Gérard Harel) :: La Grande Loge Orientale Régulière de France (Richard Ytram) :: …
  • Le GOSRE (Le Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le Grand Hiérophante est Michel Goudard de Soulages. En son sein résident : la Grande Loge Symbolique Burgonde (François Clouzet) :: la Grande Loge Internationale régulière de Memphis Misraïm :: l’Ordre maçonnique Oriental de Memphis Misraïm (jean Pascal Tollip)
  • Les puissances maçonniques intégrant des modes de gouvernance proches du monde électoral :
  • Le GOE le Grand Ordre Égyptien du GODF (Philippe Foussier)
  • La GLMFMM puis FedMM :: Fédération de Memphis Misraïm … Bernard Champigneux
  • La Grande loge Féminine de Memphis Misraïm :: Éléonore Lecoq
  • La Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm :: Olivier Sartoux
  • La Grande Loge Traditionnelle de Memphis Misraïm Battini Jean Simon
  • L’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm:: Patrick Theron
  • La Grande Loge Symbolique de France (& Grande Loge Traditionnelle Internationale) :: Jacques Lavilette.
  • La Grand Loge Unis de Memphis Misraïm :: François Evreux
  • La Grande Loge Mixte de France :: Édouard Habrant …
  • Et dans des parties de « sensibilité Egyptienne » inclus dans des Obédiences Multi-Rites (GLISRU : Grande Loge Indépendante et Souverain des Rites Unis, GLMN : Grande Loge Mixte Nationale, GLMF : Grande Loge Mixte de France, …)

Combien sommes-nous de frères ou de Sœurs Egyptiens en France ? Disons 4200 sur 182.400 FM[iv] (répartis en 7200 loges) environ  … la France représente 5,99% de la FM Mondiale (soit 3.051.000 FM) … pour une fois les Francs-maçons Français éternels nombrilistes pourront faire acte d’humilité !!!

Le nombre d’Egyptiens (4200 :: nombre statistique selon déclarations spontanées) en France est réparti en au moins 45 Ordres ou Obédiences … Nous nous rappellerons juste que :

  • La Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm en comptait il y encore peu de temps 1300 … (les sœurs ont récemment vécu des scissions du fait des exigences de reconnaissance du Grand Orient de France)
  • La Grande Loge mixte de Memphis Misraïm en comptait, il y a peu environ 300
  • La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (aujourd’hui Fédération de Memphis Misraïm) en comptait, quant à elle entre 250 …
  • Le Grand Ordre Egyptien du GODF (Date Naissance : 19/09/2001) … 400 …
  • La Grande Loge Mixte de France … un peu moins de 200 ? …
  • Aujourd’hui le groupe ci-dessus ne représente plus que 2450 Frères et Sœurs !!! Il sera dès lors aisé de constater, alors, que 1750 autres frères et sœurs Egyptiens se sont répartis en 40 Obédiences !!! ….  Je n’ai pas compté la dernière naissance … il y a m’a-t-on dit, un an : l’Ordre Maçonnique Egyptien Mixte International (OMEMI, un nouveau système issu de « l’Océan Indien »  ….  Donc 41 !!!

Cela nous laisse rêveur. La consistance numérique de chacune d’entre-elle, sachant que certaines ont plus particulièrement résistée et « jaugent » à plus de 150 membres !!! (Nous faisons partie de celles-là) … reste bien légère, c’est-à-dire « poids plume » …

Avant d’aller plus avant nous pouvons nous convaincre de ceci, car nous sommes bien en France et il existe dans notre pays des principes de liberté inaliénables : Les hommes et les femmes peuvent se rassembler sans avoir de « tuteur » au travers de structures de type associative (Association de la loi de 1901 et de 1905)  de ce fait :

  • Il n’existe, donc aucune obligation pour des Maçons libres dans une loge libre d’adhérer à une fédération ou une confédération …
  • Les liens entre associations relèvent de la volonté pleine et entière des signataires et des puissances qui les formalisent. Il n’appartient dès lors à aucune autres autorités de les contester sur la base de principes qui dérogeraient à la liberté de conscience, à la liberté d’expression, au droit de s’unir pour des raisons qui les concernent.

Dans le cas contraire : la recherche de « tutorat » ou tout simplement la volonté de construire entre plusieurs associations (loges) des liens de dépendance ou de contrôle hiérarchique peuvent amener certaines d’entre-elles à rechercher une adhésion à une Fédération ou une confédération … ce que nous maçons appelons  « Grande Loge » ou « Confédération Maçonnique ».  Modèle de gouvernance largement inspiré des propositions du « Pasteur Anderson ».

Ce mode de gestion est devenu quasiment la règle depuis le 20ième Siècle … L’idée étant bien acquise par la « Grande Loge Unie d’Angleterre » (GLUA) (laquelle inventa, alors, l’abaque de la « régularité »  puis pour ne pas être « en reste » par rapport à nos frères anglo-saxons, cette idée fut reprise par le Grand Orient de France (lequel nous inventa la « reconnaissance »).  Sans polémique, aucune, nous dirons, alors, que chacun peut inventer ce qu’il veut mais il sera important pour nous maçon de savoir, de connaitre puis d’accepter (ou de ne point accepter) les affres qui sont les conséquences naturelles de toutes sectarisations et/ou de tout asservissement !!!!.

Il existe pourtant une formule « le Traité d’Amitié » efficace et chargée de sens,  dont la valeur reste inestimable puisqu’elle relie, normalement, des puissances maçonniques désireuses de partager et de travailler ensemble. Mais là encore quel gâchis !!!

En voyageant sur le Web et en nous arrêtant sur le site des diverses Grandes Loges ou Ordres l’on peut constater la publication d’une ou plusieurs pages listant les traités d’amitié et de reconnaissance. Il suffira de suivre trois Grandes Loges sur leur site Internet : GL3M, GLMN, FedMM où chacune d’entre-elle a entre 10 et 22 liens d’amitié. Est-il possible pour un frère et une sœur de faire vivre : une famille, un métier, une loge, une grande loge avec, si ce frère ou cette sœur, pratique les cénacles de perfection, un atelier spécifique, sa fédération associée et enfin ses propres recherches !!!! C’est assurément le grand écart et de douloureuses lombalgies éprouvantes … quand peut-on alors parler ésotérisme ? …  Comment peut-on penser au moindre échange initiatique de fond dans ces conditions ? !!!! Ces seuls liens résident, souvent et assurément, dans des participations protocolaires lors de tenues spécifiques que les maçons désignent par le terme de « Convent ».

Pour faire bon poids et être complet : même en en notre siècle, il semble qu’au titre de la « tradition » une grande partie de l’humanité est exclue (sur le plan du principe !!!) … sans pour cela ne soulever aucune indignation.

Prenons pour critère le « sexe » une grande majorité sera masculine, … prenons celui du substrat ésotérique la presque totalité sera … judéo-chrétienne !!!

Lorsque les loges et ateliers ont choisi de s’affilier à une Grande loge. L’on doit savoir cela :

Une puissance Maçonnique dite « régulière » ou « reconnue » dans la plupart  des cas (98%) est formée de deux parties :

  • Un ensemble de loges dites « Symboliques » ou « Allégoriques » qui sont sous le contrôle administratif d’une « Grande Loge » (C’est sur celle-ci que repose le qualificatif de « régulière » si elle répond aux « Landmark » de la GLUA ou de « reconnue » si elle répond aux exigences (à géométrie variable … nous en avons pour preuve la reconnaissance discutée, actuellement, avec la GL-AMF !!! ), par le GODF
  • Un deuxième ensemble les « Ateliers Supérieurs » ou de « Perfection » qui pratiquent leur Rite sous l’autorité d’un « Suprême Conseil », d’un « collège des Rites » ou autres désignations … ce deuxième ensemble ne souffre généralement pas de « reconnaissance » ni de « régularité » … dans le cas contraire il s’agirait là d’une forfaiture. Tout le monde sait que les échelles des hauts-grades sont d’une extrême variété et personne sur le plan historique ne peut déterminer ce qui serait opportun de designer comme « juste et parfait »

Voilà donc, quelques définitions posées.

Nous pouvons … continuer … en nous focalisant sur le groupe de maçons que constituent « les Egyptiens » (Terme générique, évidemment) … Précisons tout de même ce que cela signifie :

  • Au 19ième Siècle disons qu’il existait le Rite de Misraïm (dit Rite Egyptien), le Rite de Memphis (dit Oriental … Attention pas le nôtre) et le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm
  • Au 20ième Siècle nous y trouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm
  • Au 21ième siècle nous retrouvons le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (dans lequel s’ajoute notre Voie Orientale – Voie d’Eveil), le Rite de Misraïm, l’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm mais aussi, un réémergence du Rite de Misraïm, et enfin, le Rite du Grand Ordre Egyptien (Cf. Note de fin)

Selon ces critères, nous somme 4200 Frères et Sœurs « egyptianisants »  (cf. supra). Ils se répartissent en deux catégories selon la notion de « reconnaissance du GODF » (la « Régularité » est à exclure de fait, naturellment ):

  • Les structures « reconnues » par le GODF[v],

Je reprends, ici, que celles qui pratiquent les « Rites Égyptiens » : Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, La Grande Loge Française de Memphis Misraïm (qui est devenue aujourd’hui la Fédération Memphis Misraïm … Traité signé le 29/11/2017 à Paris), Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm (Traité signé le 29/05/2004), Grande Loge Mixte de France, la Grande Loge Symbolique des Rites Unis …

  • Les structures « non reconnues » par le GODF 

Dans Celles qui sont reconnues comme puissances maçonniques selon les principes de la convention de Strasbourg de 1961 et qui sont « Amies » d’une puissance maçonnique reconnue (par le GODF):

     A : OIAPMM[vi] (Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm), la Grande Loge Symbolique de France,  Grande Loge Française de Misraïm (Celle d’André Jacques, manifestement), …

B : La Grande Loge Unis de Memphis Misraïm,

C : La Grande Loge Symbolique de France,

Ici, notre attention doit être requise : « les Amis de mes Amis pourraient à priori être mes Amis ». Assertion que l’on retrouve souvent dans le monde profane, qui relève du bon sens et qui fonctionne souvent sauf cas particuliers !!!.

De façon coutumière & objective, cet aphorisme est faux au sein de la franc-Maçonnerie Française dite « reconnue » c’est dire au sein des obédiences qui ont jugé utile se mettre sous la coupe d’un « Grand Ordre » … même si celui-ci s’auto-désigne comme « Égyptien » :

là: « Les amis de mes amis sont inexistants, non advenus ».

  • Enfin Les autres… au sein des quelles l’on trouve:

Les structures dites « sauvages » …  dont certaines appartiennent au Portail des loges libres et indépendantes. Disons le franchement: il y a des loges dites sauvages qui transmettent un enseignement de première importance et … il y a des loges dites reconnues qui pourraient les envier !!!

Remarques importantes: Toutes les loges inscrites au portail ne sont pas « sauvages » !!!. J’en pour preuve que 70% d’entre-elle font partie de structures parfaitement organisées :

> La Fédération des loges libres et Souveraines (FLLS),

> L’Alliance Maçonnique Universelle (ALMA),

> Mais aussi, d’un certain point de vue, L’OIAPMM (Eh oui nous faisons partie du portail … puisque tous nos ateliers sont libres et indépendants sur le plan administratif mais par contre ils sont reliés exclusivement par une Charte Initiatique. C’est notre particularité absolue. Cette particularité nous exclut statutairement de toute « reconnaissance » du GODF puisque la « reconnaissance » est attribuée dans le seul but d’évaluer les modes de gouvernances (« fourches caudines » administrative) et d’imposer, sur le plan initiatique, l’abandon du Rite d’origine par l’adoption d’un Rite reconconstruit en 2000 sur la base de l’Echelle de Yarker en 33 degrés  (Cf. Marcos // Biasi)

  • Les structures rattachées à la grande Hiérophanie donc irrémédiablement non reconnues

> OIRAPMM (Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis (dont le dernier Grand Hiérophante présumé … le 12ième … est Willy Reamaker) ;

> ORUMM (Ordre des Rites Unis de Memphis Misraïm) sous la gouvernance du Grand Hiérophante, présumé … le 12ième aussi : Joseph Castelli grand timonier de ce que l’on appelle « les Rites Confédérés » … espace dans lequel un grand nombre de sensibilités spirituelles sont rassemblées.

> GOSRE (Grand Ordre Souverain des Rites Egyptiens) dont le premier Grand Hiérophante se dit être (encore un) en fait le 12ième Grand hiérophante : Michel Goudard de Soulages !!!  …

  • Rajoutons aujourd’hui un phénomène nouveau : le réveil des courants qui avaient été mis sous le boisseau par le TSF Robert Ambelain … ce sont des sensibilités ésotériques allemandes et Italiennes (Naples, Venise, ..). réapparaissent, aussi, des filiations Jean Prévost, Jean Bernadac, Gian Carlo Seri, … Tous ces mouvements maçonniques n’ont pas été quantifié mais ne nous trompons point, ils sont loin d’être négligeables … et surtout nous ne savons pas encore sur quelles bases philosophiques ils sont réellement posés (Discrétion ? Secret ? )…  La position des autorités Italiennes laisse penser que la France pourrait, bien, être une Terre d’accueil. Situation intéressante quand l’on sait que la Franc-maçonnerie française (« reconnue » et la plus nombreuse) est incapable d’hospitalité sur son propre territoire.

(Je n’ai pas pu chiffrer ces deux dernières catégories … je compléterai mon analyse ultérieurement)

B : Paysage Maçonnique et Rites Egyptiens

  • Le Rite de Misraïm (Dit Egyptien),

C’est avec le Rite de Memphis Misraïm, les deux systèmes hermétiques importants. Dans le Rite de Misraïm se développèrent et se multiplièrent des degrés (hauts grades), il faut bien le dire de façon un peu anarchique. Il fut raillé par son nombre important de degrés. Railleries facile lorsque l’on est ignorant des contenus et de la valeur opérative de ses modes de fonctionnement. Le terme de   « Misraïm » se retrouve pour la première fois lors de la présentation des secondes Constitutions d’Anderson du Frère de la Tierce en 1742. « Misraïm »  désigne « l’Egypte » en Hébreux. A ce moment pourtant rien à voir avec l’inspiration de l’ancienne Egypte. La base initiatique est parfaitement Hébraïque. Une connotation Egyptienne apparait en 1767. En effet les frères de la Stricte Observance Templière et les maçons Ecossais en lien avec Fréderic de Prusse évoquent l’idée d’inclure dans le parcours initiatiques des frères un enchainement authentique sur le sentier de l’initiation : cela concerne, évidemment, l’ancienne Egypte. Le Rite Krata Repoa sera un support-soutien manifestement peu compris pour promouvoir un nouvel hermétisme. Rites païen et Rite Chrétien semblent faire bon ménage à tel point que les Frères des Rites Rectifiés s’en accommodent. Des Sources Inspiratrices

A : 1759 Les amis de Delphes « Rites des Philadelphes » travaillés dans une loge Narbonnaise (Théurgie). La fondation du rite est attribuée au Vicomte de Chefdebien d’Aigrefeuille

B : 1750-1760 des principes et des pratiques Rose+Croix ….

C : 1773, fondation à Lyon du Rite des Philalèthes dont les influences de Willermoz et de Cagliostro sont patentes. Jean solis expliquera que « Le système s’articule en trois séries : Symbolique à Ecossais, Chevaleresque avec une Rose+Croix et un Chevalier du Temple, sur trame alchimique, théosophique et Théurgique à connotation sacerdotale proche des Elus Cohen ».

D : Cagliostro et bien sûr le Rite de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy.

Deux personnages se feront concurrence : Cagliostro et le Comte de St Martin !!! Cagliostro est un Mystique, Théurge, Thérapeute et alchimiste des voies internes et externes (escroc pour d’autres !!!) … il récolte des degrés particuliers à Malte (Fonseca) et à Naples. Il se forme au mysticisme chevaleresque de Willermoz. Toutes ces aptitudes le mènent à la création en 1784 du Rite Primitif qui porte son nom. Il en devient son patriarche !!! Là réside, peut-être, la source de l’Arcana Arcanorum …

L’ensemble fut recueilli par le patriarche Gad Bédarride dans des conditions … étranges … Marc-Badarrides-01-248x300mais c’est à ce moment que furent construits les 90 degrés du Rite de Misraïm …

L’histoire nous dit que les hauts degrés furent perdus et seuls les 77 premiers degrés restèrent entre les mains des fils Bédarrides. … les degrés manquant furent réinventés par eux, naturellement dénaturés … Où sont les véritables hauts degrés ? … personne ne peut, objectivement s’en prévaloir.

  • Le Rite de Memphis (Qui est dénommé à tort  « Oriental »),

Selon la tradition de notre voie maçonnique il est écrit : « La plupart des membres de la mission d’Egypte qui accompagnèrent Bonaparte était Maçons de très anciens Rites Marconis-De-Negre-01initiatiques : Philalethes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre des frères issus du Grand Orient de France. C’est la découverte, au Caire d’une survivance gnostico-hermétique qui va, alors conduire ces frères à renoncer à la filiation reçue, jadis, par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Ainsi sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, nait à Montauban en 1815, un nouveau courant maçonnique ne devant rien à l’Angleterre : le Rite de Memphis. Si ce Rite rassemble rapidement les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c’est bien au sein de Memphis que se regroupe les demi-solde de l’ex-grande armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle.

Les personnages emblématiques :

1 : Gabriel Mathieu Marconis (33° du REAA et les plus hauts degrés du Rite Primitif … et les hauts lieux kabbalistiques en Europe)

2 : Jacques Etienne Marconis de Nègre, son fils, Hauts degrés du Rite de Misraïm, Hermétisme Ecossais et Krata Repoa Germaniques et ésotérisme Egyptien grâce à l’épisode de l’épopée Napoléonienne.

En 1816 les deux Rites Misraïm et Memphis ont le même grand Maitre général … prémices d’une prompte réunion ?  … mais après quelques vissicitudes le Rite reprendra ses travaux le 23/03/1838. Le 30/04/1838 verra la constitution de la Grande Loge d’Osiris et les statuts du Rite déposés le 11 Janvier 1939.

Le Rite sera reconnu par le GODF en 1862 …

L’on notera que selon certains « témoins » Bonaparte aurait été initié Franc-Maçon dans Bonaparte-Arcole-02la loge « ISIS » au Caire. Le Vénérable Maître en aurait été « le Général Kleber ». Salvatore Avventore Zola écrit : qu’exactement en Aout 1798, Napoléon reçut les transmissions des antiques sages de l’Egypte. Cette initiation aurait été faite dans la pyramide Chéops. Ainsi naquit, sans doute le premier foyer « Memphis » en Egypte. En 1815, le 30 Avril à Montauban fut fondée la première loge en France sous la désignation « des Disciples de Memphis » par Sanuel Honis, Gabriel Mateo Marconis de Nègre, la Baron Dumas, le Marquis De Laroque et Hyppolite Labrunie.

  • L’Antique Primitif Rite Oriental de Memphis Misraïm,

Ce rite est essentiellement pratiqué en Italie au sein du GSA (Grand Sanctuaire Grand-Sanctuaire-Adriatique-03-300x281Adriatique) il est masculin mais admet des « loges d’adoption » féminines (pour lesquels la présence d’un « homme », patriarche de surcroît est requis !!! son fondement : La Grande Hiérophanie et l’accès à l’Arcana Arcanorum. Ce dernier est, selon cette puissance maçonnique, défini par Jean Pierre Judicelli de Cressac Bachelerie dans son livre « de la Rose Rouge à la Rose d’Or » (Cet enseignement concerne la Théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des Eons-Guides qui doivent prendre le relais afin de faire comprendre un processus mais, aussi, une voie Alchimique très fermée qui est un « nei-tan » (voie Interne)). Cette version de rite égyptien est naturellement très intriquée avec les autres essences « Memphis Misraïm » mais s’inspire, aussi, de sources très anciennes (Venise). La maitrise est basée sur le thème du « Mythe Osirien » et les autres degrés détermineront l’aptitude de chacun à progresser sur un plan opérationnel et non intellectuel. L’astrologie et la Kabbale seront nécessaires pour l’accès aux arcanas (le retour à l’Unité). Leur grande Hiérophanie souscrit à une transmission de noblesse spirituelle. Dans ce cadre leur  « in Memoriam » souligne l’autorité des : marc Bédarride, Marconis de Nègre, Marco Edigio Allegri, Ottavio Ulderico Zasio, Gastone Ventura, Sébastiano Caracciolo …

  • Le rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (Historique),

Le Rite ancien (REAA) et Primitif (Narbonne : hermétique et opératoire) de Memphis Misraïm résulte de la fusion effectuée, en 1881, entre le Rite de Memphis et celui de Misraïm sous la gouvernance de Giuseppe Garibaldi, Franc-maçon, général de l’Armée Italienne qui fit l’Unité Italienne. « Italia fara da se »  …

Ce rapprochement sera, évidemment, violemment rejeté par le Grand Orient d’Egypte (fondation 1856)

Rapidement brossé les deux premiers degrés ont une connotation égyptienne, le 3ième fait référence au Mythe de Salomon, puis du 4ième au 33ième le rite suit celui du Re2a dans les « stations » mais pas totalement dans les messages initiatiques, du 34ième au 68ième il développe la philosophie maçonnique et restitue les Mythes Anciens et enfin les suivants qui seront d’essence Théurgiques et Alchimiques.

Le 66ième degré consacre « une Eglise Intérieure » en relation avec le Gnosticisme assis sur une gnose de type Judéo-païenne  (Ordres Mineurs, Ordres Majeurs, Prêtrise, Episcopat) sensé s’inspiré du « Temps du Christianisme Primitif » … Ce degré donne assurément à ce Rite une « Régularité Sacerdotale »

Concernant les fameux « arcanas », couronnés de « l’Arcana Arcanorum », l’Arcane des arcanes ils donnent titre de Sublime Maître du Grand Œuvre. Il signifie, à priori, pour le titulaire sa réintégration dans l’Unité et sa capacité à avoir construit son « corps de Gloire ».

C’est pour ce faire que ces arcanas décernent « les secrets oraux de Naples » au « cherchant » et sans doute pour l’occasion « au souffrant » !!!

Les Adeptes « Egyptiens » progressent ainsi selon un cheminement individuel guidé par un déambulatoire le plus complet possible sur le plan initiatique. 4 caractéristiques peuvent, aujourd’hui, être recensées :

  • Les Rites judéo-chrétien de Robert Ambelain
  • Les Rites Orientaux … Il y en a quelques-uns … mais à ma connaissance seul l’OIAPMM est en lien avec des « pratiques » d’inspiration extrême orientale …

A : l’OMOMM (Ordre Maçonnique Oriental de Memphis-Misraïm). Leur filiation est celle de Bricaud – Constant Chevillon – Ambelain & Bricaud – Constant Chevillon – Chambellan.

B : ROM (Rite Oriental de Misraïm) : Cette puissance Maçonnique puise dans les Antiques Traditions du bassin méditerranéen … Pythagoriciens, Auteurs Hermétiques Alexandrins, Néoplatoniciens, Sabéen de Harrân, Ismaéliens … en 1792 des sources de Misraïm de l’Ile de Zante …

C : l’OMORAPMM (Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm en France … Voici une nouvelle résurgence de lignées Italiennes … ce que l’on peut dire c’est que cet Ordre reçut patente le 09/02/1988 des mains de Giancarlo Seri

D : Au sein de l’OIAPMM:

Cette puissance Maçonnique fait bien partie de la famille que nous décrivons mais il nous faut souligner leurs spécificités. Il n’y a que 3 degrés (Cela répond au critère de tous les systèmes maçonniques) : Apprenti, Compagnon et Maître.   Le degré de Compagnon est réservé à l’apprentissage des 7 Arts Royaux (et libéraux) ainsi qu’au contact avec certains philosophes emblématiques au regard de l’évolution des sociétés et civilisations. Le degré de Maitre est transmis selon la référence au mythe Osirien (pour la voie Orientale), la voie Robert Ambelain conserve la référence du Mythe d’Hiram..

Les autres « degrés » sont en fait des « Stations initiatiques » que les Maîtres rencontrent lors de leur cheminement dans le Rite. Et pour certaines d’entre-elles, il est réveillé (en complément des degrés classiques) de nombreuses sensibilités Egyptiennes, extrême-Orientales tel que le Chevalier de Mercy (Siddhârta Gautama), … , Patriarche des Védas Sacrés, …  

  • Les Rites Anciens,

Cf Supra (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Régime Ecossais Primitif, Stricte Observance, Gnosticisme, Celtisme, Rose+Croix, … ) … au sein desquels, à ma connaissance, des Ordres font références: l’OMRA (Ordre Maçonnique des Rites Anciens), des Grands Prieurés (GPDG, GPIDF, GPERRO, GPSDF, GPITDG, …).

  • La grande Hiérophanie

C’est un système de gouvernance qui implique qu’un Grand Maitre Général ou un Grand Maitre National est nommé Ad-Vitam et qu’il possède l’autorité absolu pour désigner son successeur … à priori la statut minimum, pour un Grand Maître Général (Mondial, donc), est de posséder la connaissance au plus degré d’au moins trois voies Initiatiques. En général un Rite Egyptien, un Episcopat Gnostique, une voie Martiniste ou un Ordre Rose+Croix ou Kabbalistique …

Au sein de cette spécificité l’on trouvera le GSA, l’OIRAPMM, le GOSRE, l’ORUMM, ….

L’OIAPMM, comme le GOE, la FedMM, la GLMMM, …, ne sont donc pas concernés

  • Le Grand Ordre Egyptien[vii] (GOE) … il fut fondé la même année que notre voie initiatique !!!

Il est une juridiction de « hauts-grades » maçonniques travaillant au « Rite Ancien et Sceau-revu-BDMIPrimitif de Memphis-Misraïm » pratiqué selon une échelle en 33 degrés établie par Jacques-Etienne Marconis de nègre[viii], fondateur du Rite de Memphis, lorsqu’il entra dès 1862 au Grand Orient de France avec son rite. Celle-ci fut analysée et travaillée avec  l’aide de son Premier Grand Maître Adjoint, Ludovic Marcos, sans oublier la haute inspiration du frère Jean-Louis Biasi …

Le plan ésotérique prévu par le GOE institue un parcours conçu comme suit : « Les rituels et les travaux plongent le cherchant véritable dans l’Egypte alexandrine creuset des cultures, philosophies et religions de l’Egypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés. Cette quête conduit nombre de participants vers la fameuse inscription qui ornait le temple d’Apollon à Delphes « connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». Pour cela, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés n’emprunte rien aux autres rites. Contrairement à l’échelle en 95 degrés du même rite, celle en 33 degrés n’utilise pas les grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Les rituels n’ont aucun lien avec la légende d’Hiram ou toute autre connotation judéo-chrétienne puisque ses fondamentaux sont préchrétiens ».

En 2018 … nous sommes contraints de constater une règle absolue imposée par le GODF … « toute puissance maçonnique qui souhaite être « reconnue » doit mettre en œuvre à court terme les rituelies prévue par le GOE[ix] ».

Ceci signe la disparition d’une grande partie du Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm historique (Celui issu de Robert Ambelain, Gérard Kloppel … et si l’on sait compter : 2200 « reconnus » … implique 2000 « non reconnus » …

C : enfin : Organisation de l’OIAPMM (Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm)  pour y voir plus Clair

  • Il appartient au portail des loges libres et indépendantes (130) qui regroupe :

La Fédération des loges Libres et souveraines (FLLS) … Multi-Rites, L’alliance Maçonnique Universelle (ALMA) … Multi-Rites, Nous-mêmes (OIAPMM) … Mono-Rite, et enfin une quarantaine de loges résolument indépendantes. Lesquelles pour l’essentiel ne sont pas égyptiennes.

Dans ce portail une loge de recherche de première importance éditrice « d’une parole circule » la Respectable Loge Sud-Rosa à Genève, montre la qualité du travail accompli.

  • Nous respectons les lois de nos pays de rattachement et chaque loge ou atelier a signé la charte des loges libres et indépendantes du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Charte qui est sous le contrôle du  « Souverain Sanctuaire Khorshed ».
  •  Dans le cadre de sa partie initiatique notre système est conçu comme un « Ordre » et non comme une Obédience.  Son Assise est définie par trois degrés : « Apprentis », « Compagnons » et « Maîtres ».

> Apprentis ou la prise de conscience de Soi …

> Compagnons ou l’Apprentissage des 7 Arts Royaux, l’approche de la philosophie et la maîtrise de « ses sens ».

> Maîtres … le compagnonnage dans les sources philosophiques, Métaphysiques, Mythologiques et ésotériques (terme générique, évidemment) … avec en fin de parcours les travaux très individuels sur ce que l’on désigne sous le terme « Arcana Arcanorum». Ce parcours s’effectue sans notion de hiérarchie en 27 Stations réelles abordées par la « voie de l’initiation » …

  • Nous respectons les termes et l’esprit de la « Convention de Strasbourg du 22/01/clipsas011961 ». Nous somme en liens avec des structures qui elles-mêmes sont garantes de cet esprit :

> L’ex GLFrMM (Grande Loge Française de Memphis Misraïm) devenue Fed MM (Fédération Memphis Misraïm) (sur le plan National),

> La GLNC (Grande Loge Nationale du Canada (sur le plan International),

Nous avons, également, voulu rendre hommage à l’immense travail fourni par notre TSF Robert Ambelain en y ajoutant, dans nos relations, des courants qui ont constitué  les soubassements de notre Rite. Ainsi nous comptons parmi nos traités d’amitiés :

> L’Ordre Illustre de la Strict Observance Templière,

> L’Union Maçonnique Européenne,

> L’Ordre des Rites Anciens

  • Pour cette raison, nous avons choisi d’être clair dans notre mode de gouvernance :

> Une Charte qualité qui règle les modes de transmissions selon notre échelle à 3 degrés (AA ::CC ::MM) et 27 Stations (pour les Maîtres) de Transmission Rituellique et 3 de directions plus des dossiers d’instruction complémentaire. (Là il s’agit bien de degré transmis rituelliquement dans une Échelle en 95-96-97 degrés)

> Une « grammaire maçonnique » basée sur une rituelie non abrégée pour permettre l’examen en profondeur des suggestions proposées par le Rite

> Un mode de travail qui respecte la sensibilité de chacun … faisant, ainsi, de la loge un lieu sacré où partages et confrontations trouvent un espace serein d’expression (Non-jugement et respect des formes d’expression – être Franc-maçon c’est savoir écouter et accepter la diversité des « savoir-être ».

> Un système de recrutement appuyé sur les us et coutumes de toutes les maçonneries traditionnelles (Enquêtes, Passages sous le bandeau pour notre Rite et Publications)

> Des Loges et Ateliers construits, sacralisés et protégés des indiscrétions profanes selon les pratiques traditionnelles qui nous ont été transmises.

Conclusions Temporaires, évidemment …

Au travers cet exposé nous l’aurons compris : rien n’est simple. Mais l’on peut en tirer une leçon.

L’essentiel de la franc-maçonnerie est anglo-saxonne (avec une qualité recherchée la Régularité) … un ilot est Française (avec un statut désiré: la reconnaissance) … cette maçonnerie est à 99% Judéo-Chrétienne c’est-à-dire référent à une culture assise sur l’inspiration hébraïque et Christique. Elle est occidentale et se dit « Universelle ». Pourtant n’importe quel philosophe (je dis bien « philosophe ») sincère et sérieux ne pourrait affirmer que cette « désignation-jugement » soit conforme à la réalité.

Cette maçonnerie se rassemble (toujours pour l’essentiel)  au sein de Rites : le Régime Ecossais Rectifié (1778), le Rite Ecossais Ancien et Accepté (1801), le Rite d’York, le Rite Emulation (1823), le Rite Français 1783) … gérés par un nombre d’ordres et d’obédiences limité…

Notons encore le Rite Standard d’Écosse (Historique) de la famille du Rite Émulation, le Rite Suédois (1759), le Rote Primitif d’Écosse (1598), Le Rite Opératif de Salomon (1974), le Rite Écossais Primitif (Ambelain 1985)

Une infime partie de la maçonnerie est dite « Egyptienne » (Terme générique évidemment). Elle est gérée par un nombre « incalculable » d’officines Maçonniques. Elle pratique de nombreux Rites issus de courants ésotériques très divers.

En son temps (il y a un demi-siècle) le TSF Robert Ambelain avait réussi à rassembler « presque » tout cela (après la guerre de 1939-1945) en une seule structure !!! … après 40 ans d’excellents travaux de fondation il n’a pas fallu 10 ans pour qu’une tour de Babel s’érige en lieu et place de cette fondation dite » moderne.

Notre Rite le RAPMM est assurément universel puisque son contenu l’est !!! Il aurait pu être servi par des frères puis des sœurs qui auraient pu prendre cette caractéristique pour en faire un Rite référent pour notre 20ième et 21ième Siècle … relier, rallier  « l’Orient & l’Occident » … mettre toutes les cultures du monde dans un même creuset !!! Quelle magnifique perspective !!! … il ne nous faut pas être nombreux … il nous faut être des penseurs accompagnant l’émergence d’une nouvelle forme de travail maçonnique au service de nos civilisations

Après ce travail, trop rapide, en effet, il faut « remercier » le GODF  !!! et « apprécier » son choix Rituélique recadrant des sources de savoir et de connaissance (notamment le Grand Ordre Égyptien) … Il réalise ce que nos dirigeants d’aujourd’hui n’ont pas su conserver … Il accueille, dès lors en leur sein et dans le sein des officines qu’il reconnaît, des frères et des sœurs qui ne sont plus en mesure de valoriser les dépôts maçonniques transmis par nos anciens. C’est tant mieux s’il existe une telle possibilité pour celles et ceux qui cherchent un chemin tout tracé au sein d’une pensée quelque peu « prêt-à-porter », il est vrai …

Comprenons que la moitié de « l’infime partie » que nous venons d’évoquer reste fidèle aux transmissions que nous avons reçues et plus encore en ce qui nous concerne. Comme un excellent compagnon nous avons fait un pas de côté pour revenir dans l’axe de notre trajectoire. L’OIAPMM voie Orientale (Voie d’Eveil), Voie Robert Ambelain et d’une Voie d’étude sur la sensibilité Misraïmite s’est, alors, assigné une lourde tâche … Celle d’être des continuateurs de la richesse du passé, de faire vivre une réelle universalité grâce à un compagnonnage judicieusement organisé et enfin celle de faire respecter notre droit à la différence … (nous exécrons l’inhospitalité, l’exclusion et toutes formes de ségrégation ou de sectarisme revoyant toutes celles et tous ceux qui les pratiquent à leur enfermement doré).

Rappelons-vous : aucune loi n’oblige quelqu’un à recevoir chez elle quiconque …  cela est valable pour toute organisation !!! même associative … même maçonnique …

Par contre la chaleur d’un partage quand il est voulu et désiré est le véritable signe d’une fraternité assurément maçonnique car au-delà du plaisir d’être ensemble il y a cette magnifique générosité de transmettre ce que nous avons appris, vu et vécu.

Nous entendons bien le discours de nos frères et de nos sœurs qui par des incantations constantes voudraient défendre notre modèle de société (occidentale) basée sur « la Liberté, Égalité et la Fraternité » mais qui en même temps ferment les portent de leurs temples où laissent d’autres frères et nos sœurs dans l’ombre ou sur le bord du sentier de peur que ……..  au titre, bien sûr, d’un ségrégation d’un autre temps. Frilosité ? Servilité ? Peur d’une différence qu’ils portent pourtant haut et fort en burinant dans leurs travaux la stance  remarque d’Antoine De Saint-Ex « Si tu es différent de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » (Citadelle 1948 … j’avais 3 ans … )

Nous Maçons de la Terre Égypte nous construisons la truelle à la main et l’épée de l’autre …  Nous serons aimés si nous sommes porteurs de futur dans le cas contraire nous resterons à tout jamais dans l’amalgame et prisonniers d’un passé qui n’est plus audible dans notre siècle.

Dès lors l’Ordre Initiatique Ancien & Primitif de Memphis Misraïm est fondé sur des principes très clairs :

1: Liberté de Conscience

2: Liberté d’investigation totale

3: l’accès à la connaissance n’admet aucune entrave

4: Universalité de notre recherche et confrontation avec « la science » (terme désignant toutes les sciences)

5: Aucun ancrage National obligatoire

6: Respect des filières initiatiques que la tradition nous a transmises

7: Respect inconditionnel à la convention de Strasbourg de 1961 …. Convention qui a aujourd’hui plus d’un demi-siècle !!! Sans oublier notre contribution incessante au respect des droits de l’homme et notre action pour la protection de notre planète.

8: Respect des modes de gestions profanes en fonction du pays uniquement sur les plans juridiques et Fiscales

Un constat simple : en dehors de toute autre argument l’idée de « reconnaissance » est, dès lors, pour nous exclut compte tenu des contraintes associées à ce qualificatif

Un désir, voir un Appel

J’ose rêver, dans un premier temps, à une École des mystères Universelle et Libre d’Égypte assise sur des Rites référencés comme « Égyptiens » (c’est-à-dire dont la portée couvre l’Orient et l’Occident ainsi que la totalité des durées de vie des diverses civilisations ayant enrichi notre héritage philosophique et spirituel) … représentés par des Emule-Logo-02-400-1-300x300Organisations Maçonniques respectant les termes d’une Charte (telle que la nôtre, par exemple). Organisations qui permettraient un partage et un échange harmonieux dans le respect de la diversité pédagogique de transmission des savoirs et de la connaissance mis en place patiemment par chacune d’entre-elle. Une telle École des Mystères Universelle et Libre (EMULE) dont la seule mission serait la garantie de la qualité des dépôts initiatiques et la régularité des transmissions. La Franc-Maçonnerie de demain ne peut être basée que sur ces valeurs et l’autonomie responsable de ses animateurs quel que soit les modes de gouvernance profanes. La Maçonnerie de demain est une Maçonnerie d’éveil individuel et de compassion pour tout ce qui touche la création.

Il y a de multiple solutions pour donner réalité à cette idée … reste à le vouloir

Pour ce qui est des valeurs statistiques, je confesse la difficulté de pointer sur un « état des lieu » vrai … il est de l’intérêt de tout maçon désireux de faire rayonner son rite et son Obédience/Ordre de connaître son environnent. Petit il aura à cœur de faire savoir son existence et sa spécificité, Important il prendra conscience de la diversité de la « Canopée » Initiatique et Franc-maçonnique. Je remercie par avance celles et ceux qui m’informeront sur platon-gerard@vorap2m.com … leur Obédience, leur(s) Rite(s) et plus particulièrement Égyptien, nombre de membres, nombre de loges, nombre ateliers de perfection (terme générique pour toutes formes d’ateliers spécifiques). Dès lors, je pourrai fournir un ou deux tableaux de lecture … pour information seulement, évidemment !!! … Qu’en est-il pour 2017 ..

Gérard Baudou-Platon,

Président du Souverain Sanctuaire Khorshed


[i]… Sans nous insinuer dans les « questionnements » d’autrui je peux reproduire partie d’une publication sur Hiram.be (en voici le lien pour une étude complète : http://www.gadlu.info/gldf-scdf-peripetie-au-reaa.html …)

La Grande Loge de France (GLDF) remet en cause son autonomie, son indépendance et sa souveraineté par rapport au suprême conseil de France (SCDF) !

La bombe est lâchée : le Grand Maître Philippe Charruel, qui va descendre de charge dans un mois, vient de signer en catastrophe un décret destiné à interdire aux membres de la GLDF de poursuivre leur parcours dans le REAA en dehors du SCDF. Du moins c’est ce qu’il faut comprendre dans le préambule du décret, car le texte du décret lui-même est incompréhensible, jésuite, et rédigé dans des termes abscons.

DECRET – CF DU 18 05 2018

Le Grand Orateur de la GLDF demande aux loges de la GLDF d’intenter une action en justice maçonnique contre leurs membres qui auraient rejoint le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA.
En effet, nous avons appris que depuis 2017 plusieurs membres de la GLDF et d’autres obédiences ont décidé de poursuivre leur parcours du REAA en dehors du SCDF, en créant une alternative à
cette noble institution. Cette alternative s’appelle le Suprême Conseil d’Aquitaine du REAA. Or, cela déplaît profondément aux hiérarques du SCDF (comme on l’a déjà lu sur gadlu.info.). Ils font donc pression sur le Grand Maître de la GLDF pour mettre immédiatement fin à la participation des FF à ce nouveau suprême conseil.

Evidemment une telle situation ne doit pas pouvoir exister sauf à bafouer les plus élémentaires droits individuels … la maçonnerie dite « officielle » marche sur la tête !!!


[ii] Rappelons ici que, selon la règle posée par notre TSF Gérard Kloppel, pour être Grand Hiérophante il était convenu que l’impétrant devait être titulaire du plus haut degré dans 3 voies différentes. Notre TSF Robert Ambelain était au moins dépositaire des hauts degrés de Memphis Misraïm, de l’Eglise Gnostique (EGA), Réaux-Croix … ajoutons OKCR, Martinisme, …


[iii] Son président est :

  • Maître Maçon issu de GODF ayant travaillé au RFM durant 14 ans
  • Grand Patriarche grand conservateur du Rite soit un 95ième du RAPMM
  • Grand Patriarche grand consécrateur du Rite soit un 66ième du RAPMM
  • Grand Profess du Régime Ecossais Rectifie Eques a Vitus Fidéïs
  • Evêque de l’Eglise Gnostique : Tau Synésios de Cyrène n° 146 dans la filiation apostolique de Pierre
  • Membre de l’Ordre de la Rose Croix d’Orient.
  • Hermite dans les philosophies extrêmes orientales (Bouddhisme Tibétain et Taoïsme)

 


 

[iv] Franc-maçonnerie en France … Quelques chiffres statistiques datés 2014 par Hiram.be

Puissance Maçonnique Membres % Sœurs
GODF 50.000 2,60
GLDF 33.000 0,00
GLNF 25.000 0,00
FFDH 17.000 67,00
GLAMF 14.700 0,00
GLFF 14.000 100,00
GLMF 4.900 45,00
GLTSO 4.700 0,00
GLEFU 2,400 22,50
GLMU 1.400 52,00
GLFMM 1.300 100,00
OITAR 1.200 50,00
GLTF 1.100 0,00
GPDG 1.000 0,00
GLCS 550 47,00
GLFMM 500 25,00
GLIF 300 0,00
GLISRU 280 45,00
GOTM 140 33,00
GLNIRF 100  
     
LNFU (LNF+LNMF) 194  
OIAPMM 150 30,00
…. 27.986  
Total France 182.000  

[v]  Avant toute chose … Quelle légitimité à le GODF dans cette fonction de distribuer les « reconnaissances » … laissons les frères et sœurs juger eux-mêmes l’article premier de leur Grande Constitution :

« ARTICLE PREMIER

La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité … »

L’on pourra immédiatement faire un lien avec l’objet de nos Grandes Constitutions qui stipule que nous sommes une institution essentiellement Symbolique, Philosophique et ésotérique et …  que nous sommes indifférents à tout mode de gouvernance des peuples ou tout mode d’organisation sociale à conditions que celui-ci respecte la libre conscience, la libre expression, les droits de l’homme et de toute forme de vie !!!!

Pourtant voici un extrait de la Circulaire n°1-2013-2014 du 16 Octobre 2013 émise par le GODF

Cette circulaire précise que 97 Obédiences sont reconnues par le GODF …

Dont 14 Françaises (avec la date de leur dernière validation …

1965 : GLTSO :: 1972 GLDF :: 1973 LNF :: 1975 FFDH :: 1982 GLFF :: 1993 :: GLFMM(*) (les Robes Blanches – Historique Robert Ambelain) :: 1993 GLMU :: 1993 GLMF(*) :: 2002 GLNF(**) :: 2003 GLISRU(*) :: 2003 OITAR :: 2003 GPG :: 2003 GLfrMM(*) (Elle est devenue Aujourd’hui Fédération Memphis Misraïm) et enfin 2010 GL3M(*)

Aujourd’hui (en 2018) suite à une récente « OPA » du GODF facilité par l’errance de nos Frères et Sœurs de nos Rites nous devons préciser que :

– le changement de nom de GLfrMM en Fédération Memphis Misraïm nécessite la publication officielle d’un nouveau protocole (lequel est en cours)

– le GODF pour renouveler ses accords de reconnaissance exige pour les rites égyptiens la pratique du Grand Ordre Egyptien. La conséquence directe est l’abandon du RAPMM Historique. Démarche accepté par :

/ La FedMM ::

/ La GLFMM (Robes Blanches … d’où une implosion qui a eu de lourdes conséquences notamment scission d’une partie de ses membres … elles étaient 1300 .. nous n’avons pas encore d’informations sur les nouvelles répartitions … 3 loges ont déjà rejoint le FedMM …)

/ La Création de la GLMN (Multi-Rite) qui possède un couple de loge travaillant aux Rites Egyptiens … la GLMF

(*) Au sein de ces puissances maçonniques sont pratiqués les Rites Egyptiens

La « reconnaissance » implique alors l’adoption de l’échelle Yarker en 33 degrés (Biasi) … de ce fait chaque obédience reconnue a reçu patente du GOE du GODF. Elle se doit de ce fait de créer, en son sein,  un Grand Ordre Egyptien à la tête duquel est nommé un « premier Grand Patriarche Grand Conservateur » de la dite échelle …

Ce GOE au sein de l’obédience est composé d’une Chambre d’Administration dont la mission est de gérer administrativement la progression initiatique … cette Chambre est composée de 33ième de l’Ordre … Elle ne semble pas statuer sur les degrés transmis par le Suprême Conseil (04-30) mais seulement sur les degrés 31 à 34 …

Trois structures sont créées pour coordonner tout cela : Les Souverains Collèges Egyptiens, l’Académie Egyptienne, le Souverain grand Conseil …

Le premier patriarche est chargé de l’exécution de ces dispositions.

(**) Cette puissance maçonnique est titulaire de la Régularité c’est-à-dire qu’elle respecte scrupuleusement les « Landmark » imposée par la GLUA (Grande Loge Unie d’Angleterre grande inspiratrice des « Constitutions d’Anderson » !!! comme quoi la conscience et la rigueur du GODF est à grande Géométrie Variable !!)

Ci-dessous les 12 points qui constituent ces « landmarks »

  1. La franc-maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’univers.
  2. La franc-maçonnerie se réfère aux sources de la fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la régularité de la juridiction.
  3. La franc-maçonnerie est un Ordre, auquel ne peuvent appartenir que les hommes libres et respectables, qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.
  4. La franc-maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’humanité tout entière;
  5. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres la pratique exacte et rigoureuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la connaissance par les voies spirituelles et initiatiques qui lui sont propres.
  6. La franc-maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et des croyances de chacun. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse, politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règnent une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.
  7. Les Francs-maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Loi Sacrée, afin de donner au serment prêté sur lui le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.
  8. Les Francs-maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où sont toujours exposées les trois grandes lumières de l’Ordre’: un volume de la Loi sacrée, une équerre et un compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité, et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements généraux de l’obédience.
  9. Les Francs-maçons ne doivent admettre dans leurs loges que les hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur, loyaux et discrets, dignes en tous points d’être leurs frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Éternel.;
  10. Les Francs-maçons cultivent dans leurs loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.
  11. Les Francs-maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.
  12. Les Francs-maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.

[vi] Quand même une petite parenthèse … le Président du Souverain  de l’OIAPMM est un Maître du GODF … un Maitre de la GLMFMM historique donc reconnu par le GODF et de surcroit ancien fonctionnaire de l’Etat et donc sait, connait, et défend la liberté de penser, de conscience et prône l’amour entre toutes formes de vie … ce qui ne semble, tout de même, pas le cas nombreuses structures maçonniques dites « reconnues » qui sèment exclusions et souffrances à celles et ceux qui leur ont fait confiance …


[vii] L’un des points notables est de délivrer l’enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d’une échelle de 33 grades :

  1. Maître Discret
  2. Maître Sublime-Maître des Angles
  3. Chevalier de l’Arche Sacrée
  4. Chevalier de la Voûte Secrète
  5. Chevalier de l’Epée
  6. Chevalier de Jérusalem
  7. Chevalier d’Orient
  8. Chevalier Rose-Croix
  9. Chevalier de l’Aigle Rouge
  10. Chevalier du Temple
  11. Chevalier du Tabernacle
  12. Chevalier du Serpent
  13. Sage de la Vérité
  14. Chevalier Kadosh
  15. Chevalier du Royale Mystère
  16. Grand Inspecteur
  17. Philosophe Hermétique
  18. Patriarche Grand Installateur
  19. Patriarche Grand Consécrateur
  20. Patriarche Grand Eulogiste
  21. Patriarche de la Vérité
  22. Patriarche des Planisphères
  23. Patriarche des Védas Sacrés
  24. Maître Egyptien Patriarche d’Isis
  25. Patriarche de Memphis
  26. Patriarche de la Cité Mystique
  27. Sublime Maître du Grand Œuvre
  28. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine
  29. Prince de Memphis
  30. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les degrés en vert sont transmis de façon rituelique les autres sont travaillés sur « document »


[viii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Étienne_Marconis_de_Nègre


[ix] Après les trois premiers degrés … les fondateurs du GOE expliquent :

« Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l’Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d’Isis et dans l’Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l’objet d’une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques. »


[x] Selon les Statut du GODF voici la définition qui serait recevable … « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité » … Il y a, naturellement loin de la coupe aux lèvres !!

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A propos Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l’Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix … Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l’Administration des Postes, Télécommunications et de l’Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l’Association l’Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d’Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail

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SOURCE : http://gerardplaton.neowordpress.fr/2018/06/13/un-paysage-maconnique-un-ordre-un-reve-un-appel/

Sur la piste des Amazones… 8 décembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Sur la piste des Amazones…

 

Les Dames arrêtent, avec deux rubans, les deux côtés de leurs robes, pour la soutenir à la hauteur de leurs poches, ce qui signifie qu’elles sont prêtes à marcher au combat : elles découvrent une partie de la mamelle gauche et se couvrent absolument la droite d’un nœud de ruban rouge et blanc ; elles portent sur l’épaule gauche un carquois garni de flèches : elles tiennent un arc de la même main [en posant][& portent la droite sur le côté] la droite sur le côté. La reine ajoute une couronne sur sa tête. Cette couronne doit être de laurier ornée de fleurs de la saison & elle tient un sceptre.

Les hommes portent une barbe postiche & ils ajoutent sur le côté gauche de leur habit une plaque, un drap brodé représentant le Delta. Ils ont le chapeau rabattu & sont sans épée.

Les chambres [salle d’assemblée] d’assemblée se nomment Conseil. Elles doivent être décorées le plus richement qu’il est possible, principalement en lustres & girandoles dont le nombre est illimité.

Il doit y avoir, au midi, un trône surmonté d’un dais.

NOMS AU CONSEIL

La 1ère dame, qui est en possession [tient] des Constitutions prend le titre de Reine.

La 2e est appelée Courageuse Généralissime.

– 3e prend le titre de Courageuse Inspectrice.

– 4e Celui de Courageuse Introductrice.

– 5 – de Courageuse Intendante.

Les autres dames sont appelés Courageuse Scythienne[1].

Le 1er homme prend le titre de Grand Patriarche.

– 2e le titre de Patriarche Gardien.

– 3e — de Patriarche Orateur

– 4e ——————–Trésorier.

Le 5e de Patriarche présentateur.

Les autres sont désignés sous le titre de Patriarche Scythien.

PLACES AU CONSEIL

La reine [est] sur le trône.

Les Courageuses à sa gauche  tenant aupré [?] vers le nord.

Il faut observer que si le nombre des dames ou des hommes est plus grand l’un que l’autre, ceux ou celles qui seront de trop seront obligés de s’asseoir pendant toute la tenue du conseil, sur les marches du trône, aux pieds de la reine, ce qui – appartient aux derniers reçus, parce que les exercices ne peuvent être faits avec justesse que quand le nombre des dames est égal à celui des hommes.

Ainsi commence un des plusieurs curieux textes, qualifié de « maçonnique ». Mais qu’est-ce qu’un texte, fut-il maçonnique ? Si l’on en croit Roland Barthes[2], c’est la surface phénoménale de l’œuvre littéraire, le tissu des mots engagés dans l’œuvre et agencés de façon à imposer un sens stable et autant que possible unique. Le texte apporte la garantie de la chose écrite par rapport à la fragilité de l’oral. Il relève de la stabilité et de la sécurité. Il est donc souvent lié aux institutions dont il exprime la légitimité et les activités. Néanmoins l’existence de manuscrits ne préjuge pas d’un fonctionnement. Présentement, aucun autre document (décors, diplômes, discours, etc.) ne vient confirmer la réalité de la mise en œuvre dudit texte, mais une découverte est toujours possible, infirmant cette hypothèse.

Présentement, le rituel des Amazones est connu par cinq ( ?) exemplaires dont nous avons tenté un classement chronologique :

* BNF, Paris, FM4 76, L’Amazonie anglaise in [volume sans titre] ff. 36r-41v, le texte est compris entre le Maître Parfait Irlandais & le 3e Grand Grade Maître Anglais (daterait entre la fin de la décennie 1760 & le début de la décennie 1770)

* BNF, Paris, FM4 1323 : Maçonnerie de Dames [ou] L’azille Enchanté Ou la Réunion des deux Sexes (1780-1785) (daterait d’entre 1771 et 1775 selon JS[3]), 121r-139v

* The Morison Library (GL of S), Edimbourg, ML 495 : Maçonnerie d’Adoption (1780) dont L’Amazonnerie Anglaise ou l’Ordre des Amazonnes (85-113)

* Centre culturel maçonnique Prins Frederik (GOdPB), La Haye, Fonds Georg Kloss, 240.E.123 Amazonerie Anglaise ou Ordre des Amazonnes (c. 1818)

* BM Lyon Part-Dieu, SJ Mss 8/709, 1 volume 188 pages (L’Amazone à partir de la page 137) (semble une copie du précédent)

 

*** Un Ordre « antique » redécouvert dans les ruines d’Herculanum ?

Sur la piste des Amazones… dans Recherches & ReflexionsSi on en croit le texte lui-même, on apprend que ledit rituel fut trouvé « dans les Ruines de la Ville d’Herculanum ». Au demeurant, le mot de passe (BRA-CO-MA-PRE) confirmerait cette origine puisqu’il serait formé par les premières lettres des « quatre lords anglais qui découvrirent, dans les ruines de la ville d’Herculanum, l’Ordre » à savoir Braïn, Cointer, Madine & Pretemmer [4]. Néanmoins, ces quatre noms ne semblent pas appartenir à l’honorable catégorie des antiquarian gentlemen. Pourtant diverses sociétés étaient fort actives dans la Grande-Bretagne, à l’image de la Dilettanti Society, fondée en 1734, qui enverra en mission des architectes, des dessinateurs, des arpenteurs, des épigraphistes, en Grèce et en Asie Mineure. À partir des années 1740, les voyages « archéologiques » dans le bassin méditerranéen s’étaient multipliés. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, en matière d’expéditions, de voyages, d’explorations, de transfert d’œuvres et de publications d’ouvrages « scientifiques » fut active. Pour illustrer cette rivalité, citons Leroy Julien-David (1724-1803), d’un côté [5], et Stuart James (1713-1788) & Nicholas Revett (1720-1804) [6], de l’autre.

Les fouilles sur le site d’Herculanum (découvert en 1709) furent menées de 1738 à 1745, à l’initiative du roi Charles (V de Sicile & VII de Naples) [7](1716-1788), roi de 1734 à 1759, despote éclairé [qui laissera le royaume à son fils Ferdinand (III & V) (1751-1825), roi de 1759 à 1806 [8]], par l’ingénieur espagnol Rocque Joaquim de Alcubierre (1702-1780) qui prospectera également Pompéi. Ces travaux seront poursuivis par le Suisse Karl Jacob Weber (1712/64). Les découvertes sur les sites d’Herculanum et de Pompéi (fouillé à partir de 1748) eurent de profondes conséquences sur la culture du temps.

Emmanuel Maurice de Lorraine-Guise (1677-1763), futur duc d’Elbeuf (1748), colonel maréchal des troupes autrichiennes (1710) qui occupèrent Naples, marié en 1713, à Marie Thérèse Stramboni, des ducs de Salsa, fut à l’origine de la découverte des ruines de Portici. Pompéi fut exploré à partir de 1748. Mais très vite la fouille fut délaissée et les efforts se reportèrent sur Herculanum où l’on venait de découvrir la Maison des Papyri, ses statues de bronze et sa bibliothèque riche de mille huit cents manuscrits. Quand les travaux reprirent à Pompéi, en 1765, on procéda à de grands déblaiements : l’Odéon, le temple d’Isis et la caserne des gladiateurs.

Ces fouilles connurent une grande popularité tout au long du siècle, en dépit ou peut-être à cause de la tentative de les garder secrètes. Elles firent donc l’objet de diverses publications à succès. Le prêtre florentin Antonio Francesco Gori (1691-1757), considéré comme l’un des hommes les plus savants d’Italie, rédigea, dès 1748, les Notizie del memorabile scoprimento dell’antica città di Ercolano, vicina a Napoli [9]. La même année, l’écrivain et érudit véronais, le marquis Scipione Maffei (1675-1755) narrait la découverte dans un recueil de lettres la seconda sopra le nuove scoperte d’Ercolano [10]. Les Descrizione delle prime scoperte della antica città d’Ercolano (Description des premières découvertes de l’antique cité d’Herculanum)[11], de Marcello Venuti (1700-1755) furent présentées par Charles de Brosses (1709-1777), futur président du Parlement de Bourgogne (1775), en 1749, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à Paris. Le Antichità di Ercolano [12] (Les Antiquités d’Herculanum) de Francesco Valleta (1680-1760), publiées en 1757 (huit volumes [13] jusqu’en 1792) sous le patronage de Charles III et d’une académie de quinze membres, exposèrent aux amateurs impatients des copies des peintures, sous forme de gravures, que l’ambassadeur de France à Naples communiqua au directeur (1751-1775) de l’Académie de France (villa Médicis), à Rome, Charles Natoire (1700-1777), puis à Paris. Le protonotaire apostolique d’origine parmesane Ottavio Antonio Baiardi (1694-1764), ancien gouverneur de Narni, puis de Bénévent, publia successivement le Prodromo delle antichità d’Ercolano [14] & le Catalogo degli antichi monumenti dissotterrati della discoperta città di Ercolano [15]. Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) [16], un des fondateurs de l’archéologie comme science, visita les fouilles de Pompéi et d’Herculanum à quatre reprises (1758, 1762, 1764 & 1767) et les signala, de manière critique, dans diverses correspondances :  Sendschreiben von den Herculanischen Entdeckungen [17], au comte saxon Heinrich von Brühl (1700-1763), favori et premier ministre de l’Electeur (1733) Auguste III (1696-1763), par ailleurs roi de Pologne (1733/1763) et beau-père du Roi Charles (V & VII) de Naples et Sicile [et père du comte Aloïs/Alojzy, dont nous reparlerons plus loin] et den Nachrichten von neuesten Herculanischen Entdeckungen [18] à l’historien et éditeur zurichois Johann Heinrich Füssli (1745-1832). Le Lausannois Gabriel Seigneux de Correvon (1695-1775) fit publier ses Lettres sur la découverte de l’ancienne ville d’Herculanum et sur ses principales antiquités, à Yverdon, en 1770, en deux volumes.

Si l’on voulait trouver un idéaltype de l’antiquarian gentleman, on se référerait sans doute à l’Ecossais Sir William Hamilton (1731-1803), ancien lieutenant aux 3rd Foot Guards, ancien député de Midhurst (Sussex)[19] et ambassadeur de Sa Très Gracieuse Majesté à Naples de 1764 à 1800. Pendant son ambassade mission, Hamilton étudia l’activité volcanique et les séismes de la Campanie. Il envoya diverses communications à la Royal Society, en particulier un compte-rendu de l’éruption du Vésuve de 1766. Il s’intéressa aux fouilles et écrira un livre sur Pompéi[20]. Il constitua une des plus importantes collections de vases grecs de son temps, et autres antiquités gréco-romaines. La partie de sa collection vendue au British Museum en 1772 servit de base de son département antiquités grecques et romaines. La seconde partie de sa collection sera perdue lors du naufrage du HMS Colossus pendant son voyage vers la métropole. C’est d’après les collections du diplomate que l’historien et marchand d’art nancéen Pierre-François Hughes dit d’Hancarville (1719-1805) exécuta son grand mais onéreux ouvrage, orné de magnifiques gravures : Antiquités étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamilton, envoyé extraordinaire de S.M. britannique en Cour de Naples u chevalier W. Hamilton, (en anglais et en français[21]), Naples, 1766-67, 4 vol. in-fol.

Néanmoins, en France, l’Académie des inscriptions se concentrait principalement sur les monnaies antiques. Les érudits et savants ne prenaient en considération que les textes anciens, et comme Pline le Jeune n’avait pas fait mention d’Herculanum dans son récit de l’éruption du Vésuve, l’indifférence persista chez les Français plusieurs années en dépit de l’intérêt manifesté par de Brosse ou par Caylus[22]. Malgré ce dédain pour les « antiquaires », l’Encyclopédie publiait en 1758 un article enthousiaste de quatre pages sur Herculanum[23] écrit par Louis de Jaucourt (1704-1779), dit l’esclave de l’Encyclopédie, puisqu’il écrivit environ un quart des articles.

 

*** Un ordre légitimé par l’intelligentsia gréco-romaine ?

 dans Recherches & ReflexionsCet Ordre « antique » fut et demeure légitimé par 38 historiens et 12 poètes [24], à savoir pour les premiers :

Appien d’Alexandrie (+ 161), Apollodore d’Artemida (130/87), Arrien de Nicomédie (c. 90/170), Athénée de Naucratis (c. 170/225-30 ?), Cicéron (Marcus Tullius Cicero, 106/43), Lucius Coelius Antipater (c. 180/ C. 120), Denys d’Halicarnasse (c. -60/+8), Diodore de Sicile (90/30), Dion Cassius (155/235), Etienne (Stephanus) de Byzance (VIe siècle), Eustathe (Eustatius) d’Epiphanie (c. 455/518-27), Hérodote (c. 480/c. 425), Hygin (Caius Julius Hyginus, -67/+17), Isidore de Séville (Isidorus Hispalensis, c.560-70/636), Isocrate (436/338), Jordanès (Jornandès) (VIe siècle), Justin (Marcus Junianus Justinus, IIIe siècle), Juvenal (45-65/c.128-30), Memnon d’Héraclée, Monoetius ( ?), illisible (Oratien ?, Oratibus ?), Paulus Orosius (385-420), Pausanias (c. 115/c.180), Philostrate d’Athènes (c. 170/ 244-9), Pline le Jeune (61-2/113-5), Plutarque (c. 46/c. 125), T. Mufidius Pollianus, Pollidomin ( ?), Polybe (c. 206/c. 124), Pomponius Mela (c. 15/50-60 ?), Posidonius d’Apamée (135/51), Quinte Curce (Ier siècle), Salluste (85/35-4), Maurus Servius Honoratus (Ive siècle), Strabon (c. -64/21-5), Suètone (c. 70/c. 122), Suidas le lexicographe (IXe siècle), Thucydite (c. 460/400-395) & illisible (Tserxes ?) ;

Et pour les seconds :

Claudien (Claudius Claudianus, 370/408), Homère (BC VIIIe siècle° ? Horace (65/8), Silius Italicus (526/101), Juvenal (I/II siècles), Martial (c. 40/ C.104), Ovide (-43/+7-8), Properce (c. 47/16-5), Sénèque[25] (- 4-1/65), Stace (40/96) et Virgile (70/19).

 

*** Un texte pas très maçonnique !

Le texte présentement uniquement des références mythologiques gréco-latines empruntées entre autres à Aristote, Virgile, Diodore de Sicile & Justin, mais on n’y trouve aucune allusion à l’Art royal, pourtant dès le Moyen Âge occidental, on voyait parmi les femmes guerrières en général et les Neuf Preuses [26] en particulier, quelques bâtisseuses comme la reine Sémiramis ou dans d’autres registres, la fée constructrice Mélusine ou la Reine de Saba.

Comme souvent dans le corpus amazonique, le texte présente les caractéristiques ambiguës des Amazones : féministes ou femmes virilisées. La haine des hommes n’y est pas du tout évidente. Les Amazones n’y sont point androphobes ou misandres, mais simplement opposées à la domination masculine. Depuis le XVe siècle et en particulier chez Christine de Pizan (1364/c. 1430), elles apparaissaient déjà comme politiquement et sexuellement autonomes, libres d’agir et non dépendantes des hommes, et comme on le voit à partir de la fin du XVIIe siècle, un tantinet asexuées. Ces guerrières semblent faire peu la guerre et l’amour. Elles n’incarnent ni la barbarie (bouleversement de l’ordre naturel par le refus des femmes d’accepter la destinée qui leur est assignée par « nature », entrainant l’état de barbarie, thématique développée par les auteurs gréco-romains, repris par les Pères de l’Eglise, les compilateurs médiévaux & divers écrivains contemporains), ni l’animalité, mais semblent plus signifier l’altérité, voire l’utopie (l’île des Femmes, gynécocratie).

Cependant, le caractère « extraordinaire » de ces femmes guerrières peut aussi légitimer l’ordre social existant comme l’avait déjà fait le thème littéraire des Neuf Preuses. Depuis le Haut Moyen Âge, la chevalerie occidentale en tant que société et culture militaro-politiques était en déclin constant, mais n’en demeurait pas moins un modèle toujours exalté. N’étant plus un fait social et culturel pertinent, la chevalerie s’évada dans l’imaginaire comme le montre l’essor de la thématique chevaleresque dans les grades post-magistraux maçonniques. Pendant féminin des chevaliers, les Amazones étaient très présentes dans la culture occidentale dès le premier roman écrit en langue romane le Roman de Troie (1160/1170) en vers octosyllabes à rimes plates du poète normand (ou angevin) Benoît de Sainte-Maure. Dès ce moment, elles apparurent sous les traits flatteurs de Preuses, de reines célibataires et vertueuses, alliant courage et vertu et donc dignes d’entrer dans une société où l’on disait élever des temples à ladite vertu.

 

*** Un manifeste « féministe » prônant l’égalité hommes/femmes ?

Il est également possible de lire le texte des Amazones comme un manifeste « féministe » prônant l’égalité des sexes à la suite de divers auteurs du XVIIe siècle, comme la « fille d’alliance » de Montaigne, Marie de Gournay (1565-1645) [27], la poétesse et savante néerlandaise Anna Maria Van Schurman (1607-1678) [28], la philosophe catholique Gabrielle Suchon (1632-1703) [29] ou le philosophe cartésien converti au protestantisme François Poullain de la Barre (1647-1725) [30]. De même la théologienne anglaise Mary Astell (1666-1731) avait dénoncé le caractère politico-culturel de l’assujettissement féminin. Son ouvrage Serious Proposal to the Ladies for the Advancement of their True and Greatest Interest [31] présentait un plan d’enseignement exclusivement réserve aux filles et aux jeunes femmes qui n’est pas sans annoncé le « programme pédagogique » du rituel étudié.

Ce thème « féministe » reprend force et vigueur au milieu du XVIIIe siècle, de part et d’autre de la Manche. Il semble se retrouver comme un fil rouge dans le rituel, sans doute par qu’il est dans l’esprit du temps. En effet, un courant de réaction à la prééminence du masculin sur le féminin s’exprimera à travers les écrits d’auteurs et surtout d’auteures qui généralement sous couvert d’anonymat manifestèrent leurs revendications. Reprenant des arguments déjà développés par Gournay & Poullain de La Barre, l’ouvrage précurseur est celui de Sophia, A Person of Quality [32]. Il s’agit d’une remise ne cause fondamentale du postulat machiste de la supériorité naturelle, intellectuelle, culturelle et sociale de l’homme sur la femme. Ce texte connut en France un certain succès.

Selon une hypothèse, il aurait été repris par l’écrivaine moraliste Madeleine de Puisieux (1720-1798), par ailleurs maîtresse de Diderot [33] depuis environ 1745, d’abord sous le titre de Dissertation dans laquelle on prouve que la femme n’est pas inférieure à l’homme (1749), puis sous celui de La femme n’est pas inférieure à l’homme [34]. Il sera republié l’année suivante sous le titre Le Triomphe des dames [35]. On attribue parfois les deux textes au mari de Madeleine, Philippe-Florent de Puisieux (1713-1772), avocat de Parlement de Paris, ambassadeur de France en Suisse car il était en effet l’auteur de nombreuses traductions depuis l’anglais. Selon d’autres, le texte de Mary Wortley Montagu serait une réécriture de l’égalité des sexes (1673) de François Poullain de La Barre (1647-1725), lors de son exil à Genève (1690).

Quoiqu’il en soit ses thématiques se retrouvent peu ou prou dans le rituel des Amazones.

 

*** Un invitation à une certaine égalité, voire une égalité certaine frères/sœurs en loge ?

 

Faut-il inclure ce texte dans la littérature qui durant tout le XVIIIe siècle présentait les arguments défavorables ou favorables à la présence des femmes en loge ? En effet, en autre chose, la maçonnerie des Dames exprima un proto-féministe, au moins dans sa forme marginale et non réglementée des années 1750, à l’exemple de la loge de Juste, à La Haye (1751). Lorsque, notamment en France, s’institutionnalisa la maçonnerie dite d’adoption, la question de l’admission des femmes en loge (à égalité avec les hommes) se reposa. Ce débat est particulièrement vif dans les décennies 1770/1780 comme le montrent les quelques exemples suivants, d’autant que c’est en 1774 que le GOdF codifia le statut de la maçonnerie des Dames.

* Discours du 5 mai 1777 de Pierre-Louis Goulliard Aîné (173 1-1800), ancien séminariste, avocat au Parlement, régent de la faculté de Droit de Paris, censeur royal, officier du GOdF & vénérable de la loge Sainte-Sophie (1772-1785). Texte cité par G.O. Vat, Etude sur les loges d’Adoption, Paris, V. Gloton, 1933, p. 38/42.

* 15 mai 1777 : discours de Pierre A. F. Choderlos de Laclos (1741-1803), lors de l’installation des loges masculine & d’adoption L’Union parfaite, sise à Salins (BM Besançon, ms).

* Beyerlé-Philalète, Jean-Pierre Louis (de) Beyerlé (1738-1805), Essai sur la franche-maçonnerie ou du But essentiel et fondamental de la franche-maçonnerie, Latomopolis, X, Andron, l’an de la V.L. 5784, 2 volumes, appendice De la FM d’Adoption, à partir de la page 241.

. Le texte est très contemporain des écrits cités ci-dessus. Il est donc possible qu’un nouvel ordre mixte ait été envisagé dans l’attente (ou par substitution) d’une maçonnerie des deux sexes ?

 

*** Un texte inclus dans l’omniprésente thématique amazonique du XVIIIe siècle.

 

Au XVIIIe siècle, la thématique amazonique sera omniprésente dans les arts, les lettres, l’histoire et la géographie.

* Ce fut Francisco de Orellana (c.1490/1511-1545) qui définitivement donna le nom d’Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le grand fleuve de l’actuel Brésil, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières. Il est également à l’origine du mythe de l’El Dorado.

* Mocquet, Jean, Voyages en Afrique, Asie, Indes Orientales & Occidentales garde du cabinet des singularités du roi, aux Tuileries, enrichi de figures, 6 vol., Paris, Jean de Heuqueville, 1617.

* Pierre Petit (1617-1687), « De Amazonibus dissertatio qua an vere extiterint, necne, vanis ultro citroque argumentis et conjecturis disputatur », Paris, A. Cromoisy, 1685; (voir plus loin : Traité historique sur les Amazones, Leyde, J.A. Langerak, 1718) [36].

* Le jésuite tchéque Samuel Fritz, après avoir parcouru l’Amazone de 1689 à 1692, dressa la carte du fleuve qui sera publiée à Quito en 1707. La version française a été publiée en 1717 à Paris.

* La Neuville, P. de, Chaillou Michel., Saltiel, M., « Lettre sur le fleuve des Amazones », (Journal de Trévoux, novembre 1722) dans La Petite vertu : huit années de prose courante sous la régence, Paris, Bailland, 1980, p. 337-340.

* Guyon, Claude-Marie, Histoire des Amazones anciennes et modernes : enrichie de médailles : avec une préface historique pour servir d’introduction, Bruxelles, Jean Leonard, 1741 [37].

* La Condamine, Charles Marie de, Journal de voyage fait par ordre du roi à l’Equateur, servant d’introduction historique à la « Mesure de trois premiers degrés du méridien dans l’hémisphère austral », Paris, Imprimerie Royale, 1751

[* Charles-Marie de La Condamine (1701-1774) qui relate l’expédition faite en 1737-1743 avec le mathématicien Pierre Bouguet (1698-1760) et l’astronome Louis Godin (1704-1760), [1]« Relation abrégée d’un voyage fait dans l’intérieur de l’Amérique méridionale, en descendant la rivière des Amazones »].

 

  1. NB : L’omniprésence du mythe des Amazones dans les récits et travaux des voyageurs et géographes aux Amériques est si importante qu’elle va entrainer dans l’iconographie la représentation/symbolisation du continent américain sous les traits d’une Amazone.

 

Au XVIIIe siècle, les Amazones sont également omniprésentes dans les arts (François Verdier, Louis Elle Le Jeune, Jean-Germain Drouais, Wilhelm Tischbein, Johann Platzer) dans la littérature : sans être exhaustif (loin s’en faut), citons :

* Marthésie, première reyne des Amazones, tragédie chantée devant le roi, à Fontainebleau (octobre 1699) et à l’Académie de musique (Paris), le 29 novembre 1699, musique d’André-Cardinal Destouches (1672-1749), paroles d’Antoine Houdar de La Motte (1672-1731).

* Louis Fuzelier (c.1672-1732), auteur prolixe (240 pièces environ), Thésée ou la défaite des Amazones, pièce en trois actes et intermèdes, avec un nombre variable de personnages, 1701, Paris, foire Saint-Laurent, au théâtre de marionnettes d’Alexandre Bertrand (1684-1723).

* François Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770), de l’Académie française (1733), Zéloïde & Amanzarifdine, contes indiens, 1715

* François de Salignac de La Mothe-Fénélon (1651-1715), archevêque de Cambrai (1695), Voyage dans l’île des Plaisirs, extrait des Fables et opuscules pédagogiques, édition posthume (1718), collationnée par le Chevalier Michel André de Ramsay (1686-1743) & par Gabriel de Salignac de La Mothe, marquis de Fénélon (1688-1746)

* traduction en français du De Amazonibus dissertation de P. Petit (1685) sous le titre de Traité historique des Amazones où l’on retrouve tout ce que les auteurs tant anciens que modernes ont écrit pour ou contre ces héroïnes, Leïde, Marchand, 1718 & J. A. Langerak, 1718, tous deux en deux volumes.

* Alain-René Lesage (1668-1747) & Jacques Philippe d’Orneval (c. 1700- c. 1766), L’Isle des Amazones, opéra-comique, pièce en un acte qui devait être jouée à la foire St Laurent, en 1718, mais éditée seulement en 1721.

* Marc-Antoine Legrand (1673-1728), Les Amazones modernes, comédie, Théâtre de Monsieur le Grand (1727).

* Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763), La nouvelle colonie ou la Ligue des femmes, présentée (une seule fois) au Théâtre-Italien de Paris, le 18 juin 1729, puis publiée sous le titre la colonie, comédie en prose et 18 scènes, dans Le Mercure en décembre 1750.

* Louis (don Luis) Le Maingre de Boucicaut (Bouciquault), Les Amazones révoltées, comédie en cinq actes, roman moderne en forme de parodie sur l’Histoire universelle, Rotterdam, 1730.

* Le Nouveau Gulliver ou voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver, Traduit d’un manuscrit anglois par Monsieur L.D.F. [l’abbé Pierre-François Guyot-Desfontaines, 1685-1745], Paris, La veuve Clouzier & François Le Breton, 1730.

* Louis Rustaing de Saint-Jorry (c. 1690-1752), Les femmes militaires, relation historique d’une isle nouvellement découverte, chez Claude Simon & Pierre De Bats, A Paris 1735.

* Anonyme, Zensoli & Bellina ou la tragédie de la nature, La Haye, 1746.

* Anonyme, Antiope, reine des Amazones, traduit du grec par M.D.N***, Paris, J. Clousier, 1749.

* Anne-Marie du Boccage (1710-1802), Les Amazones, tragédie en cinq actes, Paris, F.Mérigot, 1749.

*Thème amazonique repris dans La Colombiade ou la Foi portée au Nouveau Monde, Paris, (1758).

* Farin de Hautemer (c. 1700- c. 1770), Les femmes corsaires ou l’Île des Amazones, opéra-comique ballet en un acte, représenté pour la première fois sur le théâtre de la foire St Laurent, le 24 août 1753 (plagiat de la comédie de Lesage et d’Orneval).

* Talestri, regina delle Amazzoni, dramma per musica, musique et livret d’Ermelinda Talea (pseudonyme de Marie Antoinette Walpurgis de Bavière (1724-1780), princesse de Saxe), Nymphenburger Schloss, près de Munich, 6 février 1760.

* Jean-Pierre Louis dit le marquis de Luchet (1740-1792), La reine de Berni, nouvelle historique, Amsterdam & Paris, Grangé, 1766.

* Etienne Lauchery (1732-1820), L’Amour vainqueur des Amazones (1769), ballet héroï-pantomine, musique de Johann Christian Innocenz Cannabich (1731-1798).

 

***Mais la thématique amazonique est peu présente dans le corpus maçonnique

A mis-siècle, on trouve bien l’œuvre d’Antoine Alexandre Henri Poinsinet (1735-1769), les Fra-Maçonnes. Parodie de l’Acte des Amazones, [opéra-ballet de Rameau, livret de Louis de Cahusac, et plus spécialement de la première entrée dite Osiris ou les Amazones] dans l’Opéra des Fêtes de l’Amour et de l’Himen, en un acte, représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire Saint-Laurent, le 28 août 1754, A Paris, chez Duchesne, Libraire…

En réalité, il s’agit d’une tentative de femmes pour percer le secret des loges.

Postérieur aux premières versions du rituel, la Société Olympique (souchée sur la loge parisienne L’Olympique de la Parfaite Estime) possède un chapitre des Amazones (au rôle par encore précisé) qui selon le tableau de 1786 compterait onze sœurs /

* Jeanne David, comtesse de Colbert par mariage avec Louis Henri François Colbert (1737-1792), comte de Chabanais.

* Marie Anne Rosalie Adam, Dame Cheyssac, par mariage avec André de Cheyssac, sieur de La Rivière

* Antoinette Louise, marquise de Corberon, par mariage avec Pierre Philibert Bourrée, marquis de Corberon (1746-1794), vénérable de la loge Olympique.

* Marie Marguerite des Hayes, comtesse Dauvet, par mariage avec Alaoin Louis, seigneur de Bouffé, dit le comte Dauvet.

* Marie Josèphe de Robert de Lignerac de Caylus, comtesse Duplessis, par mariage avec Pierre François Olivier de Rouget dit le comte Duplessis de Bellière (1756-1816).

* Marie Adelaïde Bouret, dame Lahaye, par mariage avec Charles Marin de La Haye des Fosses, fermier général.

* Petronille de La Lande, dame Delaunay, par mariage avec Louis Guillaume Cordier de Launay de Montreuil.

* Marie Elisabeth Des Brets, marquise de Lucenay, par mariage avec Pierre Louis Randon dit le marquis de Lucenay.

* Charlotte Marie Lelong de Vadancourt, dite la marquise de Pardieu par mariage avec Guy-Félix Centurion, marquis de Pardieu (1758-1799).

* Elisabeth Langloys, mariée à Jean-Baptiste Pavée, seigneur de Vandeuvre (1752-1814).

* Jeanne Louise d’Aumont (1731-1816), duchesse de Villeroy par mariage avec le 5e duc de Villeroy, Gabriel de Neufville (1731-1794).

 

*** Faut-il alors se tourner vers la Pologne, le pays des Sarmates ?

En 1767 est fondée à Varsovie, la loge Le Vertueux Sarmate (Cnotliwego Sarmaty), présidée par le comte Alojzy Brühl (1739-1793), grand maître de l’artillerie du roi de Pologne et fils du comte Heinrich évoqué plus haut. En juin 1769, August Moszynski (1731-1786), lui succède à la tête d’un atelier auto-proclamé Grande Loge.

Par une politique d’alliance matrimoniale, le saxon Brühl se fit patriote « sarmate ». Le sarmatisme était à la fois un mouvement culturel & patriotique, une idéologie de caste et un mode de vie pour la Szlachta (noblesse) polonaise. Au bas Moyen Âge, le mythe sarmate était apparu en Pologne. En 1555, Marcin Kromer (1512-1586), prince-évêque d’Ermeland et secrétaire royal des rois Sigismond 1er et Sigismond 2e théorisa l’origine sarmate de la Pologne. La noblesse polonaise vit dans les Sarmates sa propre origine, différente de celle du peuple[38]. Des traditions, comme le costume sarmate (inspiré de vêtements persans et/ou turcs) ou l’habitude de se raser le crâne furent « inventées ». Ce corpus servit de construction légitimatrice à la confiscation de la vie publique par l’aristocratie. Formant 4 à 12% de la population, mais très hétérogène, de la magnateria (haute aristocratie) jusqu’à la gueuserie nobiliaire, en passant par le Ziemianstwo (moyenne noblesse terrienne), cette « élite » fut idéologiquement et culturellement unifiée par le sarmatisme. Mélange de traditions équestres, de culte du terroir, d’esprit de caste, de religiosité flamboyante & d’activités civiques, le sarmatisme pénétré par les Lumières et l’influence française, s’étendit à tous les aspects de la société aristocratique (philosophie, style, habillement, habitat, conversation, décoration) [39]. Les malheurs de la Pologne dans le dernier tiers du XVIIIe siècle amenèrent une revalorisation du sarmatisme comme défense et illustration identitaires et patriotiques de la nation.

2. NB : Le sarmatisme remit à la mode l’épisode des Amazones de Bohème. Imaginées par la princesse Libussa, fille du « roi » Krok, elles furent organisées par une jeune guerrière Wlasta (début VIIIe siècle). A la mort de la princesse (c. 722-5), un conflit naquit avec le prince consort Premysl le Laboureur. Wlasta incita à la formation d’un état gynécocratique indépendant qui se maintint sept ou huit ans avant d’être vaincu, par la ruse, par les Bohémiens. Cette histoire est narrée dans la Chronica Boemorum (Histoire des habitants de la Bohême, pays des Tchèques), rédigée par Cosmas de Prague, un intellectuel européen des 11ème et 12ème siècles, devenu doyen de la cathédrale de Prague et historien de son peuple. Le 210e pape Pie II (1458/1464), sous le pseudonyme d’Anéas Sylvius, dans sa Historica Bohemica (1457) attribue une parenté amazonienne à cet événement.

Cette histoire sera reprise par le savant polonais et franc-maçon Jan Potocki (1761-1816) au 18ème siècle dans Fragments historiques et géographiques sur les Slaves[40]. La date est postérieure d’une vingtaine d’années à la rédaction dudit rituel, mais on peut supposer que l’épisode des Amazones de Bohème était connu dans la Pologne sarmate.

 

*** La Pologne est aussi le pays des Ordres androgynes

 

Sternkreuz-Orden (congrégation de la Croix étoilée), ordre féminin fondé à Vienne en 1683, mais avec de nombreuses ramifications en Pologne, notamment grâce à la polono-écossaise Izabela Morstin (1671-1758), mariée au prince Kazimierz Czartoryski (1674-1741)[41].

Confrérie rouge (Czerwone Bractwo), fraternité mixte fondée à Varsovie en 1720 (siège à Torun).

Ordre des Mopses d’origine « allemande » mais avec des groupes en Pologne dont le roi (1733/63) Auguste III est le grand maître.

Ordre des Chevaliers et des Dames de la Persévérance, avec une implantation en Pologne grâce à Anna Teresa Potocka et la complicité du roi Stanislas II.

Société de la Table Ronde.

Ordre des Hermines (quelques Polonaises).

Le Vieux Sarmate possédait une brillante loge d’adoption présidée entre autres par la sœur du roi la comtesse Isabelle Branicka [42] (1730-1813), dite Madame de Cracovie[43] & Anna Teresa Potocka (1746-1810) [44], dame chevalière du Sternkreuz-Orden. On y trouvait également deux cousines germaines, petites-filles d’Izabela Czartoryska (Morstin), Izabela Poniatowka[45](Brancka) (1730-1813), mariée au comte Jan Klemens Branicki  & sœur du roi Stanislas II, & Izabela Czartoryska[46] (Lobomirska) (1733/1816), mariée au prince grand maréchal Stanislas Lobomirski (172261782).

Cf. http://mvmm.org/c/docs/div19/elsner3.html

  1. Néanmoins la France demeure le grand pays des ordres et sociétés androgynes badines, galantes et/ou culturelles.

 

Hypothèse

Faute d’autres documents, il est donc difficile de préciser la nature exacte du Rituel de l’Amazone anglaise.

On ne peut émettre que des hypothèses qui seront confirmées, modifiées ou infirmées en fonction de la découverte de nouvelles sources.

Peut-être s’agit-il d’un Ordre (simplement imaginé) androgyne, « inventé » dans les milieux polonais sarmates maçonniques & importé en France par des Polonais (décennie 1760) ?[47]

Peut-être s’agit d’un projet d’un Ordre androgyne élaboré en France comme moyen de « contournement » (d’entrisme) dans la maçonnerie qui par le système de l’adoption tenait les femmes en infériorité dans les loges ?

Peut-être s’agit d’un manifeste « proto-féministe » arrivé dans le corpus maçonnique un peu par hasard ?

Peut-être… ?

Ensuite ledit rituel aurait été inscrit (délibérément ou par hasard) dans un cahier maçonnique (fin décennie 1760/début 1770)…

Puis cette version aurait été recopiée à la fin d’un cahier d’adoption (1771-1775)…

Avant d’être déclarée 7e grade d’un système d’adoption (1818) ???

Non idem est si duo dicunt idem.

 

[1] Du Pays des Scythes. Le héros Héraclès, aidé de Thésée, après avoir vaincu comme neuvième des travaux imposés à lui par le roi Eurysthée d’Argolide, les Amazones à la bataille du fleuve Thermodon, en Cappadoce, au cours de laquelle leur reine Hippolyté fut tuée, avait fait monter les survivantes prisonnières sur trois navires pour les amener en Grèce. Durant la traversés, les guerrières se révoltèrent et massacrèrent leurs geôliers, mais ignorant tout de l’art de la navigation, elles errèrent sur les flots du Pont Euxin avant d’échouer sur les rivages du Palus Maiotis (peut-être l’embouchure du Don ?), avant-pays de la Scythie. Ayant débarqué, les Amazones s’emparèrent d’un troupeau de chevaux et s’empressèrent d’attaquer les autochtones, lesquels furent tout à la fois irrités, surpris et consternés quand ils découvrirent que leurs agresseurs étaient de jeunes guerrières. Préférant l’amour et la diplomatie à la guerre, les Scythes envoyèrent les plus jeunes d’entre eux auprès des Amazones pour les amadouer, les séduire et plus si affinité(s). La stratégie fut payante. Les indigènes proposèrent aux Amazones de s’installer avec eux en Scythie, mais elles refusèrent invitant à leur tour leurs compagnons à les suivre, ce qu’ils firent. Ainsi fut fondée la nation des Sauromates (Sarmates), peuple des steppes de l’actuelle Russie méridionale, connue par la description faite par Hérodote, au livre IV de ses Histoires.

[2] Théorie du texte, in Encyclopedia Universalis, 1973, tome 22 (2002), p. 461/65.

[3] Cf. Snoek Jan, Le rite d’adoption et l’initiation des femmes en franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2012.

[4] Pour le ms de Lyon : Brin/Evinter/Madine/Prentemev.

[5] Ruines des plus beaux bâtiments de la Grèce, Paris, H.L. Guerin, Delatour & Nyon, & Amsterdam, Nevalme, 1758.

[6] [& William Newton (1735-1790)], Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn, 1762 à 1816.

[7] Il deviendra roi d’Espagne de 1759 à 1788 sous le nom de Charles III.

[8] Puis roi des Deux-Siciles de 1816 à 1825.

[9] Florence, Stamperia imperiale, 1748.

[10] Vérone, Stamperia del Seminario, 1748.

[11] A Venise, Lorenzo Baseggio, 1749.

[12] Naples, Regia Stamperia.

[13] I-V, Le pitture antiche d’Ercolanoe contorni incise con qualche spiegazione, 1757-1779 ; De’bronzi di Ercolano, 1767-1771, 2 vol.; VI, I busti…1767 ; VII, Le statue… 1771 ; VIII, Le lucerne…1792.

[14] Naples, Regale Stamperia Palatina, 1752, 4 volumes.

[15] Naples, Regia Stamperia di S.M., 1755.

[16] Né protestant et pauvre, lettré, Winckelmann fut secrétaire (1748/1753) du comte Heinrich von Bünau (1697/1762), puis se convertit au catholicisme et partit pour Rome où il fut successivement bibliothécaire des cardinaux Alberico Archinto (1698-1758) et Alessandro Albani (1692-1779).

[17] Dresde, George Conrad Malther, 1762.

[18] Dresde, Malther, 1764.

[19] Un des plus célèbres Rollen Buroughs (Bourgs Pourris) de l’Angleterre qui élisait deux députés de 1311 à 1832.

[20] Account of the discoveries at Pompeii, Londres, W. Bowyer & J. Nichols, 1777.

[21] Naples, F. Morelli, 1766/7, 4 volumes.

[22] Anne-Claude de Pestels, dit le comte de Caylus (1692-1765) avait largement contribué à l’histoire et au succès de l’archéologie par la rédaction d’un recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines qu’il rédigea entre 1752 et 1765. Le dernier et septième volume avait été publié à titre posthume en 1767. Cet ouvrage présente les objets et les monuments antiques, au nombre total de 2890, qui composent le cœur de sa collection. On compte pourtant pas moins de 400 objets qui ne lui appartiennent pas. Il publie ainsi un grand nombre d’objets provenant des fouilles de Pompéi et d’Herculanum, en dépit des interdictions du Roi des Deux-Siciles. Ces interdictions concernaient tout autant le commerce des antiquités de Campanie que leur diffusion par le dessin et la gravure.

[23] Herculanum, L’Encyclopédie, tome VIII, 1766, p.150/154.

[24] On trouve cette référence (trente-deux historiens et douze poètes, à quelques variantes près) dans un auteur à la vie méconnue, le numismate et historien François de Chassipol, dans son Histoire nouvelle des Amazones, Lyon, imprimeur-libraire Thomas Amaulry & Paris, Claude Barbin, 1678. Ce détail inciterait à penser que le dit texte est d’origine française, ou du moins conçu dans un milieu francophile et/ou francophone. Le même ouvrage donne une description adoucie des guerrières, régies par une sororité franche construite sur des principes équitables, chaleureux et égalitaires. Il semble donc être une des sources dudit rituel. Le nombre d’historiens et de poètes est supérieur à trente-huit et douze car selon les divers manuscrits, les listes ne sont pas tout à fait identiques.

[25] Considéré comme un poète tragique.

[26] Selon le Vœux du Paon (1312/3) de Jacques de Longuyon, les neuf étaient quatre reines (Déiphyle d’ArgosS, Sémiramis de Babylone et Teuca d’Illyrie. Tomirys, reine des Massagètes (cousins des Scythes) est considérée par Christine de Pisan (La Cité des Dames, VII) comme la dernière reine des Amazones) & cinq amazones (Hippolyte, Lampeta, Ménalippe, Penthésilée & Sinope).

[27] Egalité des hommes et des femmes, Paris, n.a., 1622.

[28] Question célèbre, s’il est nécessaire ou non que les Filles soiens Sçavantes, Paris, R. Le Duc, 1646.

[29]Petit traité de la faiblesse, de la légèreté et de l’inconstance qu’on attribue aux femmes mal à propos, publié sous le pseudonyme  de G.S. Aristophile. (G.S. pour Gabrielle Suchon), Lyon, B. Vignieu & Jean Certe, 1693.

[30] De l’Égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, chez Jean du Puis, 1673.

[31] Londres, T.V. pour R. Wilkin, 1694.

[32] Lady Mary Wortley Montagu (1689-1762), Woman Not Inferior to Man, Londres, J. Hawkins, 1739.

[33] L’article « Réflexions sur le Courage des Femmes« , paru dans le Mercure de France en mars 1745, révèle un Diderot nettement féministe. Dans Le Rêve de d’Alembert, rédigé en 17693, Diderot revient sur le rapport homme/femme, mais dans un contexte avant tout biologique. Entre-temps, en vue de la rédaction de L’Encyclopédie, il a suivi intensément le mouvement de la pensée médicale (surtout de 1754 à 1769). Dans ce texte est proposée une identification entre les deux sexes, identification non contraignante, libératrice…[ D’après Jean Varloot {Le Rêve de d’Alembert, Editions Sociales, Paris 1971, p. LIV, LV), la publication des dialogues se fit dans La Correspondance littéraire d’août 1782 sous forme restreinte. Ils ne furent édités intégralement qu’en 1830].

[34] Traduit de l’Anglois, à Londres, 1750.

[35] De Milledi P****, à Londres, 1751.

[36] Compte tenu de la multiplicité et de l’importance des textes amazoniens, Pierre Petit en déduit la réalité historique de l’existence des Amazones constituées en République, preuve que les femmes sont capables de gouverner et de s’organiser politiquement.

[37] L’abbé Guyon défend lui aussi la réalité historique des Amazones, mais constate que les femmes d’aujourd’hui ont perdu leurs qualités guerrières d’antan d’autant que plus la guerre, elles ont la propension à vivre en paix.

[38] Cf. L’Empire des Sarmates : aujourdhuy royaume de Pologne, Nuremberg, Lochner, 1748, du prince Jozef Jablonowski (1711-1771) : les Polonais sont des descendants des Sarmates & des Amazones (et/ou les Amazones sont des Sarmates).

[39] Les « Républicains Sarmates » sont dirigés par le clan Potocki, fortement maçonnisé.

[40] Brunsvic [Brunswick], dans la Librairie des Ecoles, 1796.

[41] Une de ses filles, Konstancja (1700-1759), fut la mère du roi Stanislas II August.

[42] Sœur de Stanislas II Auguste Poniatowski (1732-1798), roi de Pologne (1764-1795).

[43] Veuve, Izabela épousa Andrzej Mokronowski (1713-1784) qui avait fait et fera diverses missions en France avant de devenir le 26 février 1784 grand-maître du Grand Orient de Pologne, avant de décéder le 4 juin courant.

[44] Née Ossolinska, mariée au comte Josef Potocki (1735-1802).

[45] Fille de Konstancja Czartoryska (1700/1759) & de Stanislas Poniatowski (1676-1762).

[46] Fille d’August Aleksander Czartoryski (1697-1782), lui-même frère de Konstancja (et par elle oncle du roi Stanislas II).

[47] Cette hypothèse avait été avancée et développée par Olivia Harman, dans un article pertinent et novateur L’Azille enchnaté ou la réunion des deux sexes, in Renaissance Traditionnelle, n° 127/128, juillet-octobre 2001.

NB. La thématique amazonique (amazonienne) a été grandement renouvelée par l’ouvrage d’Adrienne Mayor, The Amazons, Lives and Legends of Warriors Women Accros the Ancien World,  Princeton (New Jersey), Princeton University Press, 2014; traduit de l’anglais par Philippe Pignarre, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe  siècle av. J.C.-Ier siècle apr. J.C.), Paris, La Découverte, 2017, bibliographie, p. 537/551.

SOURCE : https://yveshivertmesseca.wordpress.com/2017/07/28/sur-la-piste-des-amazones/

Frédéric DESMONS – Brignon, GARD 21 mars, 2010

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Frédéric Desmons, pasteur, franc-maçon et homme politique

 

Posted by Lamech 8 mars, 2010

images1 Frédéric Desmons, pasteur, franc maçon et homme politique

Le Blog « Brignon » publie un compte rendu de la conférence de sur Frédéric Desmons présentée par Walter Bloch membre de l’association Maison Frédéric Desmons, qui s’est tenue le 6 mars 2010 à Brignon.

L’occasion de découvrir une personnalité trop longtemps oublié…

Frédéric DESMONS (1832-1910) fut, concuremment,.ou tour à tour, pasteur de l’Eglise Réformée (1856-1881), député puis sénateur du Gard (1881-1910), et dirigeant de plus en plus important de la Franc-Maçonnerie de 1873 à 1910. DESMONS fut un homme politique de premier plan, et, bien qu’il ne fut jamais ministre, il inspira largement la politique de Défense Républicaine et le Combisme.

Frédéric Desmons est initié le 8 mars 1863 aux mystères maçonniques au sein de la Loge « L’Echo » du Grand Orient de FranceDevenu un personnage de premier plan, Frédéric Desmons est élu Président du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France à cinq reprises : de 1889 à 1891, de 1896 à 1898, de 1900 à 1902, de 1905 à 1907, et en 1909… jusqu’à son décès en 1910. fondée à Nîmes quelques années plus tôt en 1857 par un certain Firmin Fatalot, cadre aux chemins de fer. Il y obtient tout à fait régulièrement les trois degrés symboliques.

Source : http://brignon.blogs.midilibre.com/archive/2010/03/08/frederic-desmons-pasteur-fran-macon-et-homme-politique.html

La conférence sur Frédéric Desmons présentée par Walter Bloch membre de l’association Maison Frédéric Desmons, s’est tenue devant une quinzaine de personnes dont très peu de brignonnais. On pouvait toutefois noter la présence du maire et de son épouse, de la première adjointe et de deux figures locales dont les origines ne sont pourtant pas du village.

Cependant il y avait de quoi apprendre de ce personnage gardois. Walter Bloch  s’est dit très ému, de pouvoir parler de Frédéric Desmons dans les murs mêmes où celui-ci était né et de montrer sa bibliothèque  en attente d’inventaire.

«  Pourquoi Frédéric Desmons est-il tombé dans l’oubli, Pourquoi ici même dans le Gard à part dans son village natal, aucune rue ne porte son nom ? ». Il y eut  plusieurs réactions à cette question. Certains mirent en évidence le fait que Frédéric Desmons avait retiré sa robe de pasteur pour entrer en politique, ne voulant pas être le représentant d’une seule communauté. Il avait  demandé également d’avoir des obsèques civiles et sans doute sa propre communauté ne le reconnaissait-elle plus.

« Pouvait-il en être autrement alors qu’il avait œuvré auprès des anticléricaux.  N’a t’il pas   agi par pure honnêteté intellectuelle ?  Cela  ne signifiait – il pas qu’il avait perdu la foi. Faut-il penser que sa propre communauté l’ait rejeté ?  Son  entrée dans la franc-maçonnerie en est-elle la cause ? ». Autant d’interrogations qui  traduisaient l’intérêt du public présent  laissant entendre qu’il y avait encore beaucoup à découvrir de ce personnage.

Mais ce que l’on peut retenir dès à présent c’est qu’il a participé aux grandes mutations de la fin du XIXè/s et du début du XXè/s, celles notamment des avancées sociales et de la laïcité de l’enseignement, un engagement qui  dans le contexte social actuel mérite d’être valorisé.

Ce qu’il faut connaître de Desmons : *(par l’association maison Frédéric Desmons)

Frédéric Desmons est né à Brignon le14 octobre 1832. il fait ses études au collège d’Alais, à la pension Lavondès à Nîmes, puis à Genève et Strasbourg. Reçu docteur en théologie protestant en 1885 il est pasteur à Vézénobres, Vals-les-bains et St Geniès de Malgoires. Il entre en franc-maçonnerie le 18 janvier 1863 à Nîmes. Il accède aux plus hautes fonctions maçonniques. Frédéric Desmons a été Grand maître du Grand Orient de France. Il devient Conseiller général de Vézénobres en 1877. Député, sénateur du Gard en 1894, Frédéric Desmons participe activement à la vie politique du pays. Dans ses trois engagements, spirituel, maçonnique, politique, Frédéric Desmons militera sans relâche pour la liberté absolue de conscience.

Desmons Pasteur*

Après ses études secondaires, Frédéric Desmons est reçu docteur en théologie à Strasbourg. En 1846 il est pasteur remplaçant à Vézénobres et St jean du Gard. Il est consacré pasteurs à Ners. De l’Ardèche à la Gardonnenque, il exerce son ministère dans de nombreux villages : St Chaptes, Sauzet, Dions, Brignon entre autres. Frédéric Desmons conteste l’attitude autoritaire de certains pasteurs orthodoxes. Afin de couper court à l’amalgame malveillant à son encontre, il abandonne son ministère pastoral quand il brigue son mandat de député. « Bien que ma robe de pasteur, et c’est pour moi un devoir de le proclamer ici, ne m’ait jamais empêché de remplir mes devoirs de citoyen et ne m’ait dans aucune circonstance obligé à une capitulation de conscience…Bien que j’eusse désiré, puisque cette robe avait été à la peine, de la voir également à l’honneur…. A partir de ce jour je cesse d’être pasteur » (Extrait du discours du 1er juin 1881.)

Desmons Franc-maçon* (d’après l’allocution de bienvenue au Congrès internationnal de 1889)

« On raconte qu’un jour au Nord de l’Ecosse, par une matinée brumeuse, un fermier sortit de sa ferme pour se rendre au travail des champs. Mais à peine a-t-il mis le pied hors de sa ferme, qu’il aperçoit devant lui, à une certaine distance un être bizarre, informe qui se dirige vers lui.

Un sentiment de frayeur le saisit aussitôt. Il s’arrête. Le monstre redouble de vitesse. Mais quand il a franchi une certaine distance, la brume poussée par le vent et atténuée par un rayon de soleil discret, commence à se dissiper, il reconnaît que celui qui vient vers lui est un homme. Rassuré il marche maintenant au devant de lui. Un nouveau souffle, un rayon de soleil plus chaud font disparaître le brouillard complètement. Quel n’est pas alors son étonnement ! Cet homme, qu’il avait d’abord pris pour un monstre, c’était son frère qui venait lui rendre une visite matinale.

N’est ce pas là l’image saisissante de nos divisions, et de nos luttes ? ne sommes nous pas souvent les adversaires les uns des autres, parce que les brouillards épais des préjugés, des malentendus, de l’égoïsme nous obscurcissent la vue et créent devant nous des fantômes imaginaires. »

Desmons homme politique*

Dès 1871, Frédéric Desmons s’engage en faisant partie d’une délégation qui rencontre Thiers à Versailles pour éviter le bain de sang de la Commune. A partir de 1877, il est successivement conseiller général, député puis sénateur. C’est en tant que député que de 1881 à 1894, il s’occupe de l’enseignement primaire et de la laïcité. Elu sur la liste des radicaux du Gard, Frédéric Desmons soutient les mouvements sociaux et les lutte ouvrières : Fourinies, Carnaux, La grand Combe. Il plaide auprès du gouvernement pour que celui-ci trouve une issue à la révolte des vignerons en 1907.

Vice-président du Sénat, il accompagne Bartoldi à New-York pour l’inauguration de la statue de la Liberté. « La République sera démocratique et sociale ou elle périra »/ Conclusion de son premier discours au Sénat.

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source : http://www.gadlu.info/

Le Marquis De La Fayette 26 novembre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Contribution,Recherches & Reflexions , 2 commentaires

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

Grande Loge Unie de France

Souverain Conseil pour le Rite Ancien

 

Resp…L…LA MIXITE ECOSSAISE

Or…de Paris numéro 7

 

     « La vie de notre Très Illustre Frère ,

 

         LE MARQUIS DE LA FAYETTE»:

 

         « Maçon des deux mondes. »

                 

 

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V. : M. : et vous tous mes BAS et BAF en vos grades et qualités.

 

 

Je vais vous raconter la vie d’un maçon aussi connu en France qu’en Amérique.

 

Cet homme est le MARQUIS DE LA FAYETTE.

 

Ce jeune aristocrate est né au château de Chavaniac le 06 septembre 1757.

Il fût baptisé le lendemain , le 07, à l’église de Saint Roch de Chavaniac sur l’évêché de Saint Flour. Son acte de baptême est empreint de la solennité digne du haut lignage de l’enfant : « Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Mortier, marquis de La Fayette, est le fils du très haut et très puissant seigneur, Monseigneur Michel Louis Christophe Roch Gilbert du Mortier, marquis de La Fayette, baron de Vissac et de la très haute et très puissante dame, Madame Marie-Louise Julie de la Rivière.

Le parrain était le grand-père maternel, la marraine sa grand-mère maternelle, la Comtesse Marie Catherine de Chavaniac, d’où ses prénoms.

Il connaîtra peu son père, chevalier de Saint-Louis, colonel aux grenadiers de France qui avait épousé Marie-Louise le 22 mai 1754, et sera tué à la bataille de Minden—contre les Anglais—à vingt-sept ans—le 01er Août 1759.

C’était le Général Philippe qui commandait les troupes anglaises et celui-ci sera tué un jour, aux États-Unis, par les canons de La Fayette, vengeant ainsi son père.

L’éducation du jeune Gilbert sera confiée à la grand-mère maternelle et à la sœur de sa mère au château de Chavaniac.

L’enfant aura pour précepteur un Jésuite. La lecture de Télémaque lui enseigne l’odieux du monarque, l’intraitable absolutisme royal. Sous le récit virgilien courait une acerbe satyre contre Louis XIV et la monarchie. Le jeune élève apprenait ces notions de Fénelon, nouvelles pour lui et bien dans la lignée des Jésuites :  

 

-      Tous les hommes sont frères.

-       La guerre est le plus grand des maux, les conquêtes relèvent de l’injustice.

-      Le roi est fait pour ses sujets et non les sujets pour le roi.

-    Toute organisation sociale doit reposer sur la vertu.

-    La nature est bonne, l’humanité est bonne, aimons-nous et soyons bons….

 

Jean-Jacques Rousseau sera l’admirateur et en quelque sorte le continuateur de Fénelon, dont on dit qu’il a sapé la monarchie.

Quant au Chevalier de Ramsay, secrétaire et apologiste de Fénelon, lui-même précepteur, il fut l’auteur du célèbre discours de 1737, qui auréola la Franc Maçonnerie du XVIIIème siècle. Il y déploya le parfum des idées humanistes les plus chères à Fénelon.

Comment s’étonner alors, que quelques années plus tard, étudiant à Paris, le jeune Gilbert de La Fayette s’élance sur la même voie que celle, maçonnique, du Chevalier de Ramsay.

La connaissance de ses ancêtres, la commotion due à la mort de son père tué à Minden, les principes du Jésuite et le « cur-non ? » avait déjà forgé son caractère.

Le 03 Avril 1770, il apprend le décès de sa mère puis , peu de temps après, celui de son grand-père, le vieux Marquis.de la Rivière. Ce qui lui laissera une assez belle fortune de 120 000 livres de rente et trois grands domaines en Bretagne.

La fortune du jeune marquis fait des envieux, dont le duc d’Ayen  de Noaille, qui s’empressera de lui réserver une de ses cinq filles, la petite Adrienne. On s’empressa  de les fiancer en 1773, Gilbert a seize ans et demi et Adrienne quatorze.

Ainsi La Fayette entre dans une riche famille, importante, et très en Cour à Versailles. Le mariage sera célébré en grande pompe le 11 avril 1774.

En l’espace de trois années , le jeune marquis auvergnat aura franchi des étapes qui vont le marquer à jamais et lui confirmer qu’il est né sous une bonne étoile.

L’année 1775 sera le grand tournant. Il a dix huit ans et est imprégné d’écrivains réformateurs et pamphlétaires qui ne le satisferont pas. Il préfère la lecture de grands classiques aussi bien que des philosophes.

Ecœuré par les mondanités, il retrouve dans son régiment à Metz et plus tard dans les loges militaires beaucoup de libres penseurs qui affichent  un libéralisme très indépendant.

Le 08 Août 1775, le Maréchal duc De Broglie reçoit son Altesse Royale le duc de

Gloucester , Frère du Roi Georges III, et son épouse.  Le duc de Gloucester est un franc-maçon, pourfendeur des Stuarts…et des loges maçonniques jacobites.

A la même table se trouve le Vicomte De Noailles et son beau frère le marquis de La Fayette. Le frère du Roi parle de nombreux sujets concernant tous l’Amérique.

Il évoque même un nom, celui d’un certain GEORGES WASHINGTON-un bon gentilhomme que les révoltés ont pris pour chef et l’ont nommé Général après un Congrès, le 15 juin de cette année.

La Fayette est sous le charme, émerveillé par cette cause, par ce combat de la liberté. On ne sait s’il doit à cette journée du 08 Août 1775 sa naissance à l’histoire mais on peut être sûr qu’en cet automne 1775 à Metz, La Fayette s’engage dans la Franc Maçonnerie.  Il y restera jusqu’à son dernier souffle :

Soixante années d’une fidélité sans faille.

A savoir où et quand le MARQUIS DE LA FAYETTE a été initié, beaucoup de loges tant françaises qu’américaines affirment que c’est chez elles que cela s’est fait.

Aucun document authentique ne prouve qu’il a été initié dans telle ou telle loge alors qu’il n’y a aucun doute sur son appartenance à notre Ordre.

Le mystère qui entoure l’initiation de La Fayette a-t-il un jour des chances d’être sinon entièrement élucidé du moins éclairci.

Dans l’ouvrage intitulé « The masons again », que Gottschalt Louis, historien américain de La Fayette  a écrit, il apporte la preuve de la qualité maçonnique de La Fayette en 1775. Il se fonde sur un document dont la reproduction lui avait été communiqué par R. Baker Harris, bibliothécaire du Suprème Conseil, à Washington. Ce document est la « planche tracée de la cérémonie d’inauguration de la loge de Saint Jean régulièrement constituée à l’Orient de Paris sous le titre distinctif de La Candeur » rue de Bondy.

Or, dans ce texte figure dans la liste des « Chères Frères Visiteurs » le « MARQUIS DE LA FAYETTE ». Et comme il n’est pas possible d’être frère visiteur, sans être maçon régulier, La Fayette était donc déjà maçon en décembre 1775. Il faut rappeler ici que ce fut le 25 décembre 1775 qu’eut lieu la fête d’inauguration de La Candeur.

Gosttschalt Louis a eu , grâce à la même personne, la planche tracée du 01 mars 1776. Dans le tableau des présences, le nom de La Fayette était absent. Cela prouve qu’il était venu en visiteur et ne faisait pas parti de cet atelier.

A la lumière de ceux-ci, R. Baker Harris a essayé d’en savoir plus. En 1775, La Fayette n’avait que dix huit ans. Il pensa , judicieusement, que le jeune homme n’avait reçu la lumière que dans une loge militaire dans la garnison à METZ.

Parmi les autres frères visiteurs qui ont assisté à la consécration de la loge « La Candeur », on trouve, en autre,  le « Comte de LAMETH », et le « Prince de Poix », officiers de l’armée dont le quartier général était à METZ.

La loge du régiment de Metz du Corps Royal s’intitulait :  « Saint Jean de Saint Louis de la Vraie Vertu ». Elle suit le Régiment  lors de ces déplacements. Des lettres d’affiliations ont été délivrées par le VM à la loge d’Annonay. A l’avenir la R…L… « Saint Jean de la Vraie Vertu «  de cet Orient sera intimement liée à celle du Régiment   dont le secrétaire est le F . : Pierre Montgolfier, père des futurs aérostiers.

A cette époque l’ensemble des troupes de la région de Metz  est sous le commandement du Maréchal le Duc Victor François de Broglie. Metz est la plus grande place forte de France et ses casernes,  les plus belles d’Europe, abritent plus de 10 000 soldats. Metz est aussi un foyer de vie mondaine … et maçonnique.

Pour conclure sur ce point, et approcher de la vérité sur la date probable d’initiation de La Fayette, il faudrait entendre ce qu’il dit lui-même. Lors de son dernier voyage en Amérique, en 1825, La Fayette a déclaré à la G…L… du Tennesse qu’il a été initié avant sa venue en Amérique.

L’ardent désir de La Fayette, en 1777,était de rejoindre les colonies américaines pour lutter contre les Anglais. La Fayette a sollicité et obtenu  du Duc de Broglie son désengagement du service du Roi, le 11 juin 1776 : ce qui lui permet de s’engager ailleurs en toute légalité.

Quittant Paris pour Bordeaux le 15 mars 1777, après avoir rencontré Benjamin Franklin à Paris en décembre 1776, il achète un navire baptisé La Victoire avec sa cargaison. Il part le 20 avril et arrive le 13 juin dans la baie de Georgetown.

Le 31 juin, le Congrès américain lui accorde le grade et les fonctions de Major Général dans l’armée des Etats-Unis en considération de son zèle et de son rang illustre.

Le 31 juillet, il rencontre Georges Washington. La Fayette avait-ll une lettre de recommandation de Benjamin Franklin attestant , entre autre, de sa qualité maçonnique ? Georges Washington l’accueille a bras ouvert et le Marquis le considéra comme un père. Il écrit ceci à son beau père, le duc de Noailles : « J’admire tous les jours davantage la beauté de son caractère et de son âme. Son nom sera révéré dans tous les siècles par tous les amateurs de la liberté et de l’humanité » .

La Fayette , à cette époque, était-il affilié à la loge « L’Union américaine » dont le VM était Georges Washington. Loge qui regroupait la plupart des chefs compagnons d’armes pour l’indépendance.

La Fayette est blessé le 11 septembre 1777 et est évacué chez un frère quaker allemand nommé Moravès dans une ville dont le nom est Bethléém. Rétabli fin septembre, il rejoint  l’armée de Washington.

Le 20 mars 1778, Louis XVI reçoit , solennement, les ambassadeurs des treize Provinces Unies conduit par Benjamin Franklin.

Après de nombreuses batailles, La Fayette demande, le 13 octobre 1778,au Congrès une permission car il pense qu’on a besoin de lui en France. celle –ci étant engagée dans une guerre. La permission lui est accordée.

Le 06 Février 1779, il arrive en rade de Brest à bord de « l’Alliance » et arrive à Versailles. Il est mis au arrêt pour huit jours , à Paris, à l’Hôtel de Noailles.

Il y retrouve son épouse de vingt printemps , lui en a vingt deux.

Réintégré en mai au service du Roi de France, au grade de Colonel en Saintonge , garnison de Saintes, il part au Havre ou s’élaborent des projets illusoires tel un débarquement…en Angleterre.

Seule consolation, le petit fils de Benjamin Franklin lui apporte, sur ordre du Congrès, une belle épée d’Honneur. La Fayette rédige un plaidoyer où il préconise une intervention en Amérique, idée qui suit son chemin dans l’esprit du Roi.

En cette année 1779, ce qui rend très heureux La Fayette est la naissance de son fils , alors qu’il a déjà deux filles . Il prénomme son fils Georges-Washington.

Il revient en Amérique, à bord de « L’Hermione »  le 20 mars 1780 et débarque à Boston ou il est acclamé par une foule immense.

De 1780 à  1782, La Fayette combat sur tous les fronts.

De retour en France, à bord de « L’Alliance » le 21 janvier 1782, il arrive à Paris.

Après des retrouvailles familiales,  il est applaudit à la Cour  comme à la ville en héros. Il dansera même avec la Reine Maire Antoinette au grand bal le 06 juin.

Au cours du même mois, il rencontre souvent Franklin et se fait affilier le 24 juin à la R…L… Saint Jean d’Ecosse du Contrat Social .

On a ainsi gardé trace de sa présence à la loge « Les Elus de Sully » à Saint Flour en 1783, à celle du « Patrimoine » à Lyon en 1785, cette dernière surtout composée d’officiers, et peut-être à celle de Saint-Amable de Riom au printemps de 1789.

Mais, ce qui est plus intéressant  La Fayette a fait partie de la société des Trente, dont on sait le rôle dans la genèse de la révolution .

En 1783, La Fayette s’intéresse aux travaux d’un certain Mesmer sur le magnétisme animal. Mesmer est un médecin autrichien initié à la loge « La Vérité et l’Union » à l’Orient de Vienne . Venu à Paris, il a continué à développer ses théories sur les fluides nerveux. Il crée même une société appelé « l’Harmonie » avec des orientations proches des idéaux maçonniques. Parmi les membres se trouvent de nombreux francs maçons tels que le Duc de Chartres, La Fayette, Noailles, Ségur, Dupont, Cabanis…

Le 15 mars 1783, Washington dissout son état major et redevient simple citoyen.

Il vit dans sa propriété de Mont Vernon. Dans sa lettre du 15 février 1784, il invite « son cher Marquis » a venir lui rendre visite avec Mme De La Fayette.

La Fayette partira seul car madame s’occupe de la gestion du domaine et des terres.

Il restera en Amérique du 18  juin 1784 au 20 janvier 1785 .

Un grand banquet est organisé en son honneur à New York ; son entrée à Philadelphie se fait au son des cloches et du canon.  Il remet à Georges Washington, dans sa propriété, un beau tablier maçonnique brodé par Mme De La Fayette.

Tablier, dit-on, qu’il aurait porté lors de  la pose de la première pierre du Capitole.

Il est reçu en invité d’honneur dans de nombreuses villes où un dîner est , à chaque fois, préparé en son honneur.

Même à l’Hôtel de Ville de Boston, où il y a un grand portrait de Georges Washington  couronné de lauriers et encadré par des drapeaux de France et d’Amérique.

Il fait ses adieux à son ami et frère Georges Washington à Annapolis.

Lors de son retour en France, il sait qu’il a participé à donner naissance à une nouvelle et jeune nation née sous les auspices des Lumières.

En 1785 c’est le premier séjour de La Fayette à Lyon.

Il est reçu à la loge Saint Jean d’Ecosse du patriotisme , fondée le 21 Août 1782.

La Fayette voyage en Europe et rencontre Frédéric II . Cette même année, Mesmer fut condamné.

Le 15 août au matin, arrive le Régiment d’artillerie de la Fère  appelé en renfort. Parmi les Officiers se trouve un certain lieutenant Bonaparte.

Le 22 février 1787, les notables se réunissent en Assemblée : cent quarante quatre personnages distingués par leurs services ou leur fonctions. La Fayette figure sur la liste proposée par Calonne , il est rayé par le Roi qui finalement le réinscrit.

Le 03 avril 1787 puis le 21 mai de cette même année, La Fayette propose , sans succès, une réunion des Etats généraux . Les notables sont congédiés et le 26 mai , La Fayette regagne l’Auvergne.

L’année 1787, s’est achevée avec l’Edit de Nantes pour les protestants, ce qui adoucit leur sort.

En 1788, le jeune pasteur anglais Thomas Clackson et le français Brissot fondent la société des amis des noirs en faveur de l’abolition de l’esclavage. La Fayette y donne son adhésion.

Le Roi, après avoir convoqué les Etats Généraux,  retire à La Fayette sa lettre de service de l’armée. Le mardi 05 mai 1789, 1118 députés : La Fayette , pour la sénéchaussée de Riom et son beau frère Noailles, pour le baillage de Nemours sont réunis.

Ensuite eurent lieu   les évènements de l’Assemblée Nationale, du serment du Jeu de Paume, des réunions des trois ordres et de la prise de la Bastille.

Mais trois jours auparavant, le 11 juillet La Fayette avait présenté à l’Assemblée des électeurs un projet de « Déclaration des droits naturels de l’homme vivant en société » , projet élaboré avec son ami Thomas Jefferson, ambassadeur des Etats-Unis et futur 3ème Président  des Etats Unis de 1801 à 1809, et principal artisan de l’Acte d’Indépendance.

Le mercredi 15 juillet 1789 à Paris, l’Assemblée des électeurs proclame La Fayette commandant général de la milice parisienne et nomme Bailly maire de Paris.

Le 17, le Roi , reçu à l’hôtel de ville reçoit de Bailly la cocarde tricolore qu’il place sur son chapeau.

 La Fayette s’écrie : «  Voici une cocarde qui fera la tour du monde ».

Après la séance mémorable du 04 août, qui semble clore une étape de la révolution, tout confirme qu’en France désormais l’ordre repose sur La Fayette, ainsi que le sort de l’Assemblée et de la Monarchie. Il est le seul homme fort du moment : Louis XVI le craint, mais le ménage.

Plusieurs projets sur la Déclaration des Droits sont discutés : celui de La Fayette est adopté le 26 Août 1789. L’Eglise la condamne d’abord puis à partir de 1965 l’accepte et s’en servira.

Le 05 octobre, les Parisiennes marchent sur Versailles qu’elles atteignent  l’après-midi. La Fayette y arrive dans la nuit . Le 06, la foule envahit le château : c’est l’émeute.

La Fayette rétablit le calme en apparaissant au balcon avec le Roi, la Reine et le Dauphin. « La Reine a été trompée, dit La Fayette, elle promet d’être attachée au peuple comme Jésus Christ à son Eglise ».

Après des acclamations et la fin des émeutes, La Fayette organise une manifestation des Dames de la Halle afin que le Roi et la Reine soient acclamés.

Il remet au Roi un mémoire pour essayer de lui démontrer qu’il faut qu’il se réconcilie avec son peuple. Le Roi feint d’accepter mais ne renonce à rien pour gagner du temps

La Fayette qui a vécu la prise de La Bastille est inquiet car tout va se jouer à Paris.

Le règne de Versailles a pris fin.

Voyant qu’à Paris le climat devient très tendu, l’Ancien Club Breton a suivi l’assemblée et s’installe au Couvent  de Jabobins. La Fayette avec Condorcet, Mirabeau et Sieyes sont adhérents de ce club des Jacobins. Mais le 12 avril 1790, ils décident de fonder la Société de 1789 qui s’installe au Palais Royal.

La Fayette préside la Fête du 14 juillet : sa popularité et son prestige sont immenses.

Après la messe célébrée par Talleyrand, La Fayette au nom de tous prête serment de fidélité «  à la Nation, au Roi, à la Loi » . Le Roi jure d’employer tout son pouvoir pour maintenir la Constitution…

Lors de la fuite du Roi à Varennes, La Fayette avait la responsabilité de la Garde du Palais. Le 17 juillet 1791, cinq à six mille personnes se retrouvent au Champs de Mars. La foule est houleuse, des coups de feu partent. Des gardes ont-ils tirés et si oui sur ordre de qui ? La Fayette ? Cinquante morts…

Le 18 juillet 1791, les modérés avec La Fayette quittent le Club des Jacobins et fondent celui des Feuillants.

Le 30 septembre 1791, La Fayette se retire dans ses terres d’Auvergne.

En Novembre 1791, Bailly n’est plus maire de Paris et La Fayette se démet de son commandement de la Garde Nationale mais se porte candidat  à la Mairie de Paris.

Il est battu par le jacobin Pétion, le 16 novembre, par 6728 voix contre 3126.

Le 02 avril 1792, le Roi se rend à l’Assemblée, propose de déclarer la guerre au Roi de Bohème et de Hongrie. La Fayette prendra le commandement de l’armée des Ardennes. Devant les Autrichiens, c’est la retraite.

Le 16 juin 1792, de Maubeuge, La Fayette envoie au Roi et à l’Assemblée une violente diatribe contre les clubs, contre les ministres et contre Dumouriez. Lue à l’Assemblée, La Fayette est traité de Général factieux. Il échappe à la procédure de mise en accusation grâce aux modérés mais les esprits s’échauffent.

Le 27 juin, La Fayette outré de ces excès, quitte son armée, vient à l’Assemblée et la somme de poursuivre les auteurs des attentats du 20 juin au Jeu de Paume.

Son intervention est sans effet et il repart le 30 juin.

La Fayette propose au Roi de libérer le Général LUCKNER . Après réflexion, ce dernier refuse.car il craint d’être un otage aux mains de La Fayette. Le Roi ne lui fait pas confiance et préfère les baïonnettes étrangères et pousse à la provocation.

Ce qui a pour effet, le 25 juillet,  la réaction du Général Brunswich, généralissime des troupes austro-prussiennes, qui menace Paris et sa Garde Nationale si le Roi de France et sa famille ne sont pas remis en liberté.

La Fayette ayant été soupçonné et même menacé par Robespierre est mis en cause. La       preuve de son innocence, à savoir qu’il n’a pas reçu d’argent, a été faite et il a été définitivement absous par l’Assemblée.

Après le coup de force des émeutiers du 10 Août, La Fayette tente de soulever son armée contre Paris mais abandonné par elle, il doit s’enfuir en Belgique suivi par différentes personnalités.

 Pour La Fayette, c’est le début de huit années de calvaire.

 Le gouvernement autrichien donne l’ordre de récupérer le trésor que Lafayette aurait emporté. C’est bien mal le connaître. Il a des défauts mais il a engagé sa fortune personnelle pour son engagement en Amérique et celui de la Révolution fut sans arrière pensée .

Fin Août 1792, La Fayette voulait rentrer en Angleterre mais fut d’abord transporté à Wesel (Prusse Rhénane). Il fut ensuite interné à Magdebourg(Saxe) où il resta jusqu’au 04 janvier 1794.Il y reçu la visite du frère du Duc de Brunswitch, membre de l’Académie de Berlin et son sort fut amélioré grâce à de fraternelles interventions, notamment celle de Pinklet ministre des Etats-Unis.

Transféré à Olmutz (en Moravie aujourd’hui République Tchèque) il passa aux mains des autrichiens. Enfermé dans des pièces insalubres, il tombera malade et tentera de s’évader. Il lui sera interdit d’avoir des livres, une montre, et il sera privé de lumière et de promenade.

Son persécuteur habite Vienne : c’est le Baron de Thugut, diplomate autrichien et contre la Révolution. Il est incorruptible. Les interventions en faveur du prisonnier se multiplient et Mme De La Fayette obtient une audience auprès de l’Empereur d’Autriche. Elle est autorisée, avec ses deux filles, a le rejoindre en prison. Son fils, Georges Washington, alors âgé de treize ans, reste en Auvergne.

Mme de Staël intervient auprès de Barrès et de Bonaparte.

En mai 1797, Carnot négocie pour la liberté de La Fayette. C’est un échec.

Bonaparte vainqueur , l’Autriche signe le traité de Campo Formio le 07 septembre 1797. Les prisonniers d’Olmutz recouvrent la liberté. La Fayette ne peut rentrer en France car il est sous le coup des décrets pris contre les émigrés.

Une nouvelle Constitution entre en vigueur le 25 décembre1797 (4 novembre an VIII de la République). Bonaparte, premier consul, va prendre des mesures, et annoncer aux français la réconciliation et la paix. Un arrêté consulaire autorise 31 « individus » à rentrer en France. Parmi eux, Barrès, La Rochefoucauld, et…La Fayette qui va revoir Paris. La popularité de La Fayette étant  intacte, Bonaparte l’oblige à éviter tout éclat et lui impose silence.

Le 01 février 1800, aux Invalides, à l’occasion de l’éloge de Washington décédé, Bonaparte interdit que l’on prononce le nom de La Fayette.

La Fayette aura un vote négatif à la question posée aux français le 10 mai 1802 : « Napoléon Bonaparte sera-t-il consul à vie ? ».

La Fayette reste un opposant  lucide et ferme. Ses compagnons d’Amérique ont pris d’autres chemins. La Fayette reste seul face au Régime Impérial de Napoléon.

Ce dernier ne pourra jamais l’« acheter » par divers cadeaux » à savoir la Légion d’Honneur , un fauteuil de Sénateur, ou un poste d’Ambassadeur.

En 1812, Napoléon dira de La Fayette : « Tout le monde en France est corrigé ;un seul ne l’est pas : c’est La Fayette. Il n’a jamais reculé d’une ligne. Vous le voyez tranquille. Eh bien , je vous le dis, moi qu’il est prêt à tout recommencer ».

Retiré en Seine et Marne dans son château de La Grange, La Fayette renoua avec la maçonnerie. Il fut en 1806 Vénérable de la loge « Les Amis de la Vérité » de Rosoy-en-Brie, ville voisine de La Grange. Les calendriers du Grand Orient attestent qu’il était Vénérable d’honneur de 1811 à 1813.

Sous la Deuxième Restauration, La Fayette est assidu aux travaux maçonniques.

La Duchesse d’Angoulême, fille de LOUIS XVI et de Marie Antoinette, portera le deuil de ses parents toute sa vie. Elle reste persuadée que si ses parents avaient fait confiance à La Fayette, ils seraient encore en vie.

La Fayette est élu député de Seine et Marne. Après les cent jours, il est chargé d’une mission diplomatique auprès des Alliés. Elu député de la Sarthe en 1818, il est du parti libéral.

Son implication dans le mouvement de La Charbonnerie serait de ce moment là. Société secrète, venant d’Italie, créée en 1806, elle devient active en France à partir de 1821. Elle puise ses cadres dans la Franc Maçonnerie.

Hiérarchisée en trois niveaux superposés désignés : «  ventes » «  particulière centrale » et « haute vente ». C’est à cette dernière qu’appartient La Fayette qui finance l’organisation.

Plusieurs complots apparaissent  et La Fayette est compromis dans celui de Belfort en 1822.

Battu aux élections de 1824, il profite de sa défaite électorale pour effectuer son dernier voyage aux Etats-Unis. Il s’y rend à l’invitation du Congrès. Il reçoit un don en argent et 10 000 hectares de terres. Il est reçu par des Clubs, Comités, anciens combattants , Loges Maçonniques… trente sept loges portent son nom.

Il est consacré « Membre York Masson » de la grand Loge de Pennsylvanie.

Après quarante années, La Fayette symbolise toujours la confiance et l’amitié fraternelle entre la France et l’Amérique.

Lors de son circuit aux Etats-Unis , il accéda , ainsi que son fils Georges Washington aux plus haut degrés de l’Ecossisme. Il fut élevé au 33ème degré le 15 Août 1824 et fut nommé Grand Maitre honoraire de ce Suprême Conseil de la juridiction de Nord des Etats-Unis. Ce suprême Conseil était d’une puissance maçonnique irrégulière.

Celui-ci avait mauvaise presse auprès des auteurs maçonniques du temps, mais il est probable que les américains lui faisaient surtout le reproche d’être étranger et en sa qualité de français d’être trop lié avec le Grand Orient de France.

En Septembre 1824,il fut créé Royal Arch à Elisabeth-Town. Les loges américaines rivalisent pour conférer à La Fayette grades et honneurs, le tout de façon publique et ouverte.

Il revient en France le 04 Octobre 1825 et est accueillit à bras ouvert , ce qui déplait au pouvoir.

En 1827, il est élu député de l’arrondissement de Meaux.

Il voyage beaucoup pour cristalliser les oppositions au régime de Charles X.

Les loges, sur son parcours, seront des relais efficaces.

Le 05 mai 1828, un rapport fait état de la nomination éventuelle d’un Grand Maitre adjoint de l’obédience : « M. de La Fayette sera présenté pour diviser les partis… ».

Un rapport du 1er juillet  1828 relate une tenue commune des loges « de l’Amitié et du Temple des Vertus et des Arts » le 30 juin présidée par le F. : Jarry. A cinq heures

et demi est annoncée l’arrivée du général La Fayette ; Plusieurs frères l’accueillent en députation. Le frère Astier quitte son cordon de Vénérable des « Amis de la Sagesse » pour en décorer l’illustre citoyen qu’on a introduit maillet battant et sous la voûte d’acier . Il a été accueilli par trois acclamations et trois vivats.

Le général La Fayette remercie ses frères.

Beaucoup de gens souhaitent connaître le général La Fayette.

En Août 1829, avec son fils, ils séjournent en Dauphiné.

Son fils, Georges Washington, âgé de  cinquante ans, a combattu dans les armées impériales jusqu’en 1807, député sous la Restauration et sous l’Assemblée Constituante de 1848 ; il décède en 1849.

Le père et le fils quittent Grenoble le 18 Août , sont à Vienne les 04 et 05 septembre où ils sont reçus à la loge « La Concorde » avant d’être les hôtes de Lyon.

Le 06 septembre 1829, le Loges Maçonniques organisent une fête présidée par la loge « Le Parfait Silence » et son Vénérable le F. : François Maisonnette avec le concours des loges de Lyon «  La sincère Amitié » « La Candeur » «  L’Equerre et le Compas » « l’Union et Confiance » «  Les enfants d’Hiram » « l’Etoile Polaire » et « l’Asile du sage ». Parmi les délégations, on remarque celles de « La Parfaite Union »à l’Orient de Ville franche, « La Franche Amitié » à l’Orient de Saint Etienne, « Isis » à l’Orient de Paris , « La Fidélité » à l’Orient de Lille et « l’Amitié » à l’Orient de Genève.

La dernière visite de La Fayette à Lyon était en 1785 lors de sa visite à la loge de « Saint Jean d’Ecosse du Patriotisme ».

En avril 1829, La Fayette allait être nommé Grand Maitre d’Honneur du Conseil Philosophique «  Le Parfait Silence » en cours de formation à Lyon.

Une décision rapide a été prise par les instances de Paris , dès le 05 décembre et l’installation fixée le 30 mai 1830. La Fayette invité répondit le 28 avril qu’il ne pouvait pas venir et se rappelle les bons souvenirs de la tenue avec les FF de Lyon en Septembre 1829.

La Fayette et son fils Georges Washington assistent, le 16 octobre 1830 , à la fête nationale et maçonnique du Grand Orient à l’Hôtel de Ville de Paris.

Les vicissitudes ont forgé le caractère de La Fayette et mûri sa pensée. L’expérience politique a favorisé son évolution. S’il s’est trompé, c’est de bonne foi. Et il n’a trompé personne. Au cours du dernier lustre de sa vie, il restera fidèle à la Franc Maçonnerie. A son idéal, à ses principes.

En 1830, il siège à nouveau à la Chambre où il ne tarde pas à combattre la politique de cette Monarchie de Juillet qui lui doit le jour. Le F. : Maisonnette, Vénérable de la loge « Le Parfait Silence », qui l’avait accueilli, en 1829, premier initié au 30ème grade

en juin 1830 , figure parmi les 340 victimes de la répression sanglante de la révolte des Canuts Lyonnais, en décembre 1831.

Triste présage pour le début  de ce régime auquel s’oppose La Fayette à la tête du Parti du Mouvement.

Il reprend avec vigueur ses combats pour la liberté et continue de réclamer l’émancipation des Noirs et l’abolition de l’esclavage.

En 1831-1832, il accepte d’être le Vénérable d’Honneur de la R…L… « des trois jours » dénommée ainsi à cause  des trente glorieuses. La feuille de présence de cette loge, daté du 12 décembre 1831, porte en tête de liste de ses membres celui de La Fayette, député, 33ème membre du Suprême Conseil, on y voit sa signature.

Depuis le 28 Août 1831, le Suprême Conseil a décidé d’admettre La Fayette  en son sein , en qualité de membre titulaire et actif  car il est déjà pourvu du 33ème et dernier degré de notre rite aux Etats-Unis D’Amérique. La Grande centrale du Rite entérinera cette promotion le 12 octobre 1831.

Il reçu d’autres hautes distinctions maçonniques.

A 76 ans, en 1833, il est encore le Vénérable de sa loge de Rosay.

Le 20 mai 1834, il passe à l’Orient Eternel et repose désormais au cimetière de Picpus.

Lors de ses obsèques, la Loge « La Rose du Parfait Silence » à l’Orient de Paris déploie sa bannière.  Cette Loge, qui en 1866 sera l’une des premières adhérentes à la Ligue de l’Enseignement , rendait hommage au Député de 1827 qui à la tribune de l’Assemblée avait déclaré : «  l’instruction nationale et l’instruction élémentaire, ce grand ressort de la raison publique, de la morale pratique et de la tranquillité des peuples sont aujourd’hui le premier besoin de la population française comme la première dette du gouvernement envers elle ».

A l’annonce de sa mort, le Suprême Conseil uni de l’hémisphère occidental d’Amérique rédigea un faire-part de deuil.

On peut y lire : « le 20 mai 1834, à cinq heures et demi du matin, notre BAF le général La Fayette est passé à l’immortalité. Paix à ces cendres. Gloire éternelle à sa mémoire ». L’hommage ainsi rendu à La Fayette par les maçons américains du rite écossais, et ils ne furent pas seuls à le lui rendre, était pleinement justifié.

En la matière, en 1880, les républicains reprendront le combat et achèveront le sillon que le républicain La Fayette avait ouvert.

Dès qu’il fut initié, son appartenance à l’ordre se maintint sans défaillance jusqu’à la fin de sa vie, avec une ténacité qu’il tenait de ses origines provinciales et que l’on peut bien qualifier d’auvergnate.

La raison de cette fidélité, il l’a lui-même très excellemment définie, lorsque dans un toast porté par lui à la fête maçonnique de Richemont le 30 octobre 1824, il déclara « Liberté, Egalité, Philanthropie, véritables symboles maçonniques : puisse la pratique de ces principes nous mériter toujours l’estime de nos amis et l’admiration des ennemis du genre humain ».

Auparavant, lors de la réunion des loges de « l’Amitié «  et du «  Temple des Vertus et des Arts » , il avait déjà exprimé la conviction le 30 juin 1823 que « maçon et ami de la liberté étaient synonymes ». Jusqu’à la mort, il resta fidèle à une attitude avec laquelle , tous ses actes et toutes ses paroles furent constamment d’accord.

Voilà donc le parcours de vie du Très Illustre Frère La Fayette, G. : M. : d’Honneur de notre Aréopage.

Chateaubriand, de dix ans son cadet, dans ses « Mémoires d’outre tombe », qu’il acheva en 1841, écrit : « Dans le Nouveau Monde, Monsieur de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le Monde Ancien à la destruction d’une vieille société ».

 

Sublime image  du « Héros des Deux Mondes ».

lafayette0.jpg

J’ai dit, V. : M. :

16 Février  2009.

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Avec la fraternelle autorisation de :

 http://marquisdelafayette.midiblogs.com/

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