navigation

LA LOI DE GODWIN ET LA FRANC-MAÇONNERIE 19 mai, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

LA LOI DE GODWIN ET LA FRANC-MAÇONNERIE

En 1990, l’avocat américain Michael W. Godwin a fait une déclaration qui a donné lieu aux répercussions des vertus moyennes et c’est encore le nom de « loi Godwin ». Selon lui, « à mesure que la discussion en ligne se développe, la probabilité d’une comparaison impliquant Adolfo Hitler ou le nazisme approche 1 (100%) ».

Par la suite, il s’est avéré que l’ardeur des discussions, forums ou chats, sur un sujet quelconque, la position de l’une des parties glisse vers des comparaisons avec le nazisme, donne une tentative de diaboliser ou de discréditer lui ou les interlocuteurs, on considère que l’auteur du message a perdu la discussion  en raison du manque de meilleurs arguments, s’éloignant du sujet original, s’avérant être un bon moment pour mettre fin au débat , car il atteint le « pointez Godwin ».

 
LA LOI DE GODWIN ET LA FRANC-MAÇONNERIE dans Recherches & Reflexions

D’un certain point, de certaines circonstances, si quelqu’un invoque la présence de la « Loi suggérée », c’est un prétexte pour mettre fin à la discussion, ce qui donne lieu à une stratégie de retrait.

En tout état de cause, une telle situation est facilement identifiable lorsque le sujet implique des discussions religieuses, politiques et philosophiques, en particulier lorsque l’un des partis a une position contraire et ne voit pas d’espace pour un débat démocratique lorsqu’il reçoit des insinuations qui donnent lieu à des étiquettes liées au parti. droite ou gauche, anti ceci, anti cellule, fasciste, nazi, et ses variantes comme putschiste, bourgeois, élite blanche, descendant de la dictature, « coxinha », conspirateur, etc., plus de la censure ou de la déformation des arguments avancés , et peut même aboutir à des attaques personnelles. Dans certaines situations, ces personnes sont en colère et arrogantes et commencent à diaboliser, disqualifier, humilier et exclure ceux qui pensent qu’ils sont différents.

Par conséquent, être en désaccord avec les opinions des autres ne peut pas être une raison pour créer des barrières telles que « nous contre eux » ou « restons à l’écart d’eux ». Il est important de garder à l’esprit que l’autre personne n’est ni meilleure ni pire, elle pense simplement d’une manière différente et, parfois, de manière plus rationnelle que nous, voire de manière complémentaire.

La position de certaines personnes qui revendiquent la franchise et disent tout ce qu’elles pensent peut être synonyme d’immaturité et de manque de compétences relationnelles. La franchise est interprétée comme une manière impolie d’utiliser la sincérité. Nous devons guarder à l’esprit que bénir les sentiments des autres génèrent du ressentiment et de la distance entre les gens. L’exemple de l’effet rebond dans la guerre entre singes hurleurs est à éviter. Cette espèce de singe a tendance à jeter des déchets sur ses rivaux lorsqu’ils se battent.

En ce sens, au-delà de la logique et de la philosophie, l’appel à l’argumentation sur un sujet donné nécessite une connaissance approfondie de son objectif, avec une opinion minimalement logique, afin de défendre le point de vue et de convaincre l’homme. ‘interlocuteur, sans toutefois rechercher votre propre opinion. changement d’opinion. La sagesse populaire enseigne qu’il faut surmonter l’orgueil et dire « je ne sais pas », « je ne sais pas », avec l’appui de la vertu d’humilité et compléter calmement par « j’en saurai plus ». Ce qui compte vraiment, c’est d’abandonner l’attitude selon laquelle il est impératif d’« avoir raison ».

Le débat est important pour un certain nom de raisons, notamment avec la possibilité d’analyser les variantes d’une question, d’éclaircir des points obscurs, de permettre le partage d’idées, d’expériences et d’informations, en plus de l’apprentissage résultant des arguments pour et contre une opinion, avec  de grandes possibilités de changement ou d’émergence de nouvelles solutions. C’est donc dans les débats et dans les activités de groupe que nous accumulons des connaissances. Ce qui ne peut être négligé, c’est le respect des personnes et le désaccord ne présuppose pas le conflit. Si tout le monde est d’accord, alors il n’y a pas de débat et la situation se fige.

La pratique de la Franc-Maçonnerie Spéculative enseigne que le débat est essentiel, tant en Loge que sur les réseaux sociaux ou dans les cercles d’études en personne ou en ligne. De plus, la lecture des consignes et des textes dans la Boutique n’a pas beaucoup de valeur si elle n’est pas facile à réfléchir. Et la participation, dans n’importe lequel des forums mentionnés ci-dessus, doit se faire en observant ce qui se dit et non pas qui le dit, car cellule se fait sur un plan d’égalité entre les participants, les différences culturelles ne valant que comme assaisonnement et enrichissement. . , dans le respect des valeurs de chacun. La somme des expériences individuelles, des connaissances et des savoirs obtenus par les partageants des autres forme un patrimoine culturel dont chacun peut profiter.

Il s’avère que, bien que cette compréhension soit un directeur principal de l’Art Réel, et bien que nous soyons vaccinés contre la « dictature de la pensée », l’étiquetage et les patrouilles, nous tombons de temps en temps dans le piège de la critique pour le plaisir de la critique, en suivant une opinion plus incisive sur un certain sujet, comme ce qui s’est passé récemment sur le blog « O Ponto Dentro do Círculo », où un article intitulé « Les deux fossoyeurs de la franc-maçonnerie » a fait fureur, amenant l’éditeur, dans un premier temps, à supprimer l’article du blog. Après l’ excitation et le calme, l’article a retrouvé la place qu’il mérite, afin qu’il puisse être lu et évalué par chacun.

Pour ne pas échapper au lieu commun, lorsqu’il s’agit de censure, on évoque inévitablement les regrettables témoignages historiques d’incendies de papyrus, de destructions de bibliothèques, ainsi que des situations plus graves encore, comme l’incendie de livre et de leurs auteurs, si lâchement pratiqué à l’occasion de l’Inquisition. Les autodafés de livres promus par le régime nazi sont célèbres.

Il convient également de rappeler une expression attribuée au cinéaste Cacá Diegues, les « patrouilles idéologiques », qui visaient à « dénigrer les produits culturels non conformes à un certain canon considéré comme politiquement correct par les groupes d’opinion », en travaillant ensemble pour convaincre le public de suivre certains critères et normes, décourageant les initiatives visant à remettre en question des principes ou des faits. Ces groupes pourraient même intimider, semer la peur, obstruer les espaces de discussion, qu’ils soient publics ou privés, et même conduire au lynchage de ceux qui s’écartent comme ennemis.

Dans notre environnement, il nous appartient de réfléchir sur ces événements sur notre réelle certitude quant à la valorisation de la dialectique, de l’art du dialogue, comme instrument permettant des discussions qui contradisent des compréhensions profondes, permettant la force d’une argumentation intelligente. , basé sur la recherche et les études, produit de nouvelles idées, soutenues par l’égalité et la liberté de pensée. Il est important de souligner que la véritable Initié à un contrôle parfait sur ce qui peut être discuté, à quel niveau et avec quels publics, en respectant  les postulats de l’Ordre. Et, « pour ne pas dire que je n’ai pas parlé de fleurs » (Vandré), la pensée attribuée à Voltaire par Evelyn B. Hall est toujours présente dans la protection du droit d’autrui de dire ce qu’il fale, même si nous ne sommes pas d’accord.

Par rapport aux soi-disant réactionnaires, qui ne ménagent aucun effort pour juger tout ce qui va à l’encontre de leurs particularités, et n’ajoutent rien ou presque, parfois se désintègrent, mais qui ne se distribuent que par l’étendue de Leur arrogance et de leur vanité, il faut ne pas y consacrer plus de quelques lignes et leur souhaiter d’être heureux et d’évaluer la possibilité de revenir au premier degré et d’essayer de suivre sérieusement les consignes qui n’ont pas été assimilation complète.

Enfin, la « loi Godwin » pourrait ne pas générer de corrélation et prospérer parmi nous, conduisant les frères à s’imposer comme juges et à décider à leur libre gré ce qu’est la franc-maçonnerie et ce qu’est une attitude. anti-maçonnique, avec des notes d’intolérance et de radicalisme. ceux-ci sont condamnés par l’Ordre, qui est structuré sur une philosophie éminemment libertaire, où une recherche dirigée de la Vérité ne prospère pas, car elle viole le principe de liberté de pensée et de libre arbitre.

«  En substance, nous sommes égaux, dans les différences, nous nous respectons  »

(Saint Augustin)

« Réagir intelligemment, même si la attaque n’est pas intelligente »

(attribué à Lao-Tseu, dans l’ouvrage « Tao-Te King »).

 

SOURCE :  Mario dos Santos Gomes

Point dans un cercle : débloquez les mystères anciens ! 18 mai, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Point dans un cercle : débloquez les mystères anciens !

 
Point dans un cercle : débloquez les mystères anciens ! dans Recherches & Reflexions Point-dans-un-cercle-696x464

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par William Régal

Êtes-vous fasciné par les symboles mystérieux et leurs significations cachées ? L’un de ces symboles intrigants est le « point dans un cercle » de la franc-maçonnerie. Cet article de blog met en lumière son origine, sa signification dans diverses cultures, dont la franc-maçonnerie, et ses interprétations modernes.

Découvrons les secrets de cet emblème ancien qui continue de nous captiver aujourd’hui.

Comprendre le point dans un symbole de cercle

Le symbole du point dans un cercle est un emblème important de la franc-maçonnerie, avec des origines enracinées dans l’histoire ancienne et une signification symbolique profonde.

Origine et histoire

Retracer les racines du symbole Point Within a Circle nous ramène aux civilisations anciennes, notamment parmi les monuments égyptiens. Dans la culture égyptienne ancienne, le symbole représentait Dieu comme l’Alpha et l’Oméga, symbolisant le début et la fin.

L’aspect circulaire de ce symbole représente l’énergie vivifiante du soleil tandis que son point central représente l’univers dans son ensemble – une vision largement répandue dans l’Antiquité.

En outre, il dénotait les limites fixées par la nature, comme indiqué par deux lignes parallèles coupant le cercle perpendiculairement, représentant les points extrêmes nord et sud de la déclinaison du soleil.

Aujourd’hui, parmi les francs-maçons, il continue de servir de rappel emblématique de leurs devoirs envers Dieu et les autres humains.

Signification en franc-maçonnerie

Le point dans un cercle : Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste

Dans la franc-maçonnerie , le symbole du point dans un cercle revêt une signification profonde et incarne de nombreux enseignements de cette ancienne confrérie. Le point central représente le maçon individuel, debout dans la droiture et la vertu dans les limites circonscrites de la vie.

Le cercle englobant est un puissant symbole de divinité ou d’influence divine guidant sa conduite. Deux lignes verticales parallèles chevauchant le cercle de chaque côté signifient Saint-Jean-Baptiste et Saint-Jean l’Évangéliste – d’éminents patrons chrétiens de la maçonnerie célébrés respectivement aux solstices d’été et d’hiver, incarnant davantage les cycles d’abondance et de rajeunissement à travers leur symbolisme céleste.

Résumant essentiellement les aspects clés des croyances, des devoirs, de l’histoire, des rituels et des secrets franc-maçons, cet emblème universel souligne l’adhésion à la rectitude morale tout en renforçant l’allégeance à l’unité, à la vie éternelle et à la justice de Dieu.

Le point dans un cercle et sa signification en franc-maçonnerie

Le symbole du point dans un cercle revêt une grande importance dans la franc-maçonnerie, jouant un rôle essentiel dans les rituels maçonniques et détenant des représentations symboliques liées aux traditions anciennes.

Rôle dans les rituels maçonniques

Le point dans un cercle joue un rôle central dans les rituels de la franc-maçonnerie, servant de symbole significatif avec une signification profonde. Voici comment cela fonctionne dans les rituels maçonniques :

  1. Il constitue une ligne de conduite pour les francs-maçons, leur rappelant leurs obligations envers Dieu et leurs semblables.
  2. Le symbole sert de rappel influent pour tester la rectitude des actions et des intentions avant de se lancer dans une tâche.
  3. Lors des cérémonies maçonniques, il représente les solstices d’été et d’hiver, signifiant des périodes de transition clés dans le calendrier maçonnique.
  4. Le symbole occupe une position d’honneur dans les réunions de loge , où il illustre le maître et les gardiens, et par extension symbolise le soleil qui éclaire l’univers ou le monde.
  5. Les francs-maçons utilisent cet emblème pour retracer ses liens avec les 7 arts et sciences libéraux – en particulier la logique, la géométrie et l’astronomie – soulignant leur rôle fondamental dans les enseignements franc-maçonniques.
  6. La présence de ce symbole dans les rituels maçonniques constitue un rappel frappant du riche héritage historique de la franc-maçonnerie, y compris de ses racines dans la maçonnerie opérationnelle où il était utilisé pour tester des outils.
  7. Son placement lors de procédures rituelles met en évidence ses liens avec saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste, reconnus comme d’éminents patrons de la maçonnerie.
  8. En écho aux civilisations anciennes et aux traditions de culte du soleil, il souligne les liens de la franc-maçonnerie avec les anciens systèmes de sagesse et de connaissances.
  9. Le point dans un cercle est utilisé lors des rites pour représenter des symboles puissants tels que l’unité de Dieu, la vie éternelle et la justice, mettant en évidence des principes spirituels importants tenus en haut des croyances franc-maçonnes.
  10. En agissant comme un symbole astronomique pour le soleil lors des rituels, il attire l’attention sur la philosophie scientifique aux côtés du respect religieux dans la pratique de la franc-maçonnerie.

Représentations symboliques

Le symbole du point dans un cercle dans la franc-maçonnerie contient des représentations symboliques importantes.

Premièrement, il représente le frère individuel et son devoir envers Dieu et l’homme – soulignant la limite de ses responsabilités.

Deuxièmement, cela signifie la célébration des solstices d’été et d’hiver, représentant les cycles de la vie et de l’abondance.

De plus, ce symbole a des origines anciennes enracinées dans les premiers monuments égyptiens qui représentaient Dieu comme l’Alpha et l’Omega.

En fin de compte, ce symbole rappelle le lien entre l’art ancien des tailleurs de pierre et la maçonnerie spéculative, reliant les traditions passées au symbolisme moderne de la franc-maçonnerie.

Le point dans un cercle dans d’autres cultures et traditions

Le symbole du point dans un cercle n’est pas propre à la franc-maçonnerie, car on le retrouve également dans d’autres cultures et traditions.

Culture égyptienne antique

Dans la culture égyptienne ancienne, le symbole du point dans un cercle avait une signification et était affiché sur les monuments. Voici ce que nous savons de sa signification dans la culture égyptienne ancienne :

Symbole de puissance et de force : Le symbole du point dans un cercle était un symbole important de puissance et de force dans la culture égyptienne ancienne. Il représentait le concept de Dieu comme Alpha et Oméga, symbolisant le début et la fin.

Représentation du Soleil et de l’Univers : Dans le sens égyptien ancien, le point à l’intérieur du cercle représentait le soleil et le cercle représentait l’univers. Cette symbolique reliait le symbole aux forces célestes et cosmiques.

Association avec Dieu : Le symbole était utilisé pour représenter Dieu au centre d’un cercle sur les premiers monuments égyptiens. Cela signifiait la présence divine et la nature universelle de Dieu.

Hindouisme et bouddhisme

Le symbole du point dans un cercle a une signification non seulement dans la franc-maçonnerie mais aussi dans l’hindouisme et le bouddhisme. Dans l’hindouisme, le symbole représente le dieu solaire Surya et est étroitement associé au culte du soleil.

Il symbolise la lumière, l’énergie et le pouvoir. D’un autre côté, dans le bouddhisme, le point dans un cercle représente l’univers et met l’accent sur l’interconnexion de toutes choses. Cela signifie l’unité, l’harmonie et l’équilibre.

Cet ancien symbole a de profondes racines dans ces religions et représente de profonds concepts philosophiques qui continuent de résonner aujourd’hui.

Le point dans un cercle dans un contexte moderne

Dans un contexte moderne, le symbole du point dans un cercle est fréquemment utilisé dans l’art et le design, représentant sa riche histoire et sa signification dans la franc-maçonnerie. On peut le voir sous diverses formes telles que des bijoux, des peintures et des éléments architecturaux, ajoutant une touche de mystique et de symbolisme à l’esthétique contemporaine.

La culture populaire a également adopté ce symbole, le présentant dans des films, des livres et d’autres médias comme un clin d’œil à son attrait durable et à ses associations mystérieuses.

Utilisation dans l’art et le design

Le symbole Point Within a Circle a trouvé sa place dans divers contextes artistiques et de design, anciens et modernes. Les artistes et les designers intègrent souvent ce symbole pour transmettre des significations et des concepts profonds.

Son association avec les cycles de la vie, les célébrations des solstices d’été et d’hiver et son lien avec la nature en font un choix populaire pour les œuvres d’art explorant des thèmes cosmiques ou le symbolisme céleste.

De plus, ses principes géométriques, tels que la symétrie et l’équilibre représentés par le cercle et les lignes perpendiculaires, peuvent être utilisés dans des conceptions abstraites ou géométriques. De plus, sa signification historique dans les rituels de la franc-maçonnerie ajoute un élément de mystère et de spiritualité aux interprétations artistiques.

Le symbole du point dans un cercle a fait son chemin dans la culture populaire, où il apparaît souvent dans les films, les émissions de télévision et les livres. Ce symbole est devenu synonyme de secret, de connaissances cachées et d’organisations mystérieuses.

On le voit fréquemment dans les théories du complot et les récits des sociétés secrètes. Le symbolisme du point dans un cercle a également trouvé sa place dans diverses formes d’art, telles que les peintures et les sculptures.

Les artistes utilisent ce symbole pour transmettre les thèmes de la spiritualité, de l’illumination et de la recherche de vérités supérieures. Sa présence dans la culture populaire rappelle la fascination durable pour la franc-maçonnerie et sa riche histoire .

Conclusion

En conclusion, le symbole du point dans un cercle revêt une grande importance dans la franc-maçonnerie et a des origines anciennes qui remontent au culte du soleil et aux cycles de la vie. Il représente le devoir de chaque frère envers Dieu et envers les hommes, ainsi qu’envers les saints patrons de la maçonnerie Saint-Jean-Baptiste et Saint-Jean l’Évangéliste. Ce symbole continue de captiver les chercheurs, les passionnés d’histoire et les francs-maçons par sa richesse symbolique et ses profondes racines historiques.

SOURCE : https://450.fm/2023/09/16/point-dans-un-cercle-debloquez-les-mysteres-anciens/

Logoheader450FM

La mort, une leçon de vie pour le franc-maçon 28 avril, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La mort, une leçon de vie pour le franc-maçon

 
Solange Sudarskis

Par Solange Sudarskis
23 mai 2023

 

La mort, une leçon de vie pour le franc-maçon dans Recherches & Reflexions Le-saint-et-la-mort

La Mort, c’est quoi ?

La vie est-elle, comme pour Bichat, l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort, ou bien, selon Cioran, l’ensemble des fonctions qui nous y entraînent ? Vivre de mort et mourir de vie.  

Jules Baissac s’interroge : Qu’est-ce donc que la mort, et qu’est-ce que la vie hypostasiée après elle ? (à partir de la p.228).

N’est-ce pas  “la mort qui permet à l’ordre de la vie de se renouveler, qui donne à toute vie une chance d’accéder à la transformation, voire à la transfiguration” (François Cheng)» ?

 «Un jour je m’éveillerai et la mort aura disparu parce que je serai mort.» Socrate dit : «Les vrais philosophes s’exercent à mourir et qu’ils sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort.» (Platon, Phédon). «Mourir, c’est être initié» disait Plutarque en jouant sur les mots télmtân = téleîsthai.

La mort seule fonde notre humanité, donc toutes nos morales, les vices et les vertus ; le courage devant la camarde trace nos limites et ouvre nos aspirations vers l’illimité. «Meurs et deviens» écrit Goethe. La confiance dans la vie future n’exclut pas les appréhensions provoquées par l’inconnue du passage d’une vie à l’autre. La science et la religion sont muettes à ce sujet parce qu’il manque à l’une et à l’autre la connaissance des lois régissant les rapports de l’esprit et de la matière ; l’une s’arrête au seuil de la vie matérielle, l’autre en fait un article de foi.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’univers, dans le cosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, «La grande faucheuse ne serait qu’un saisonnier agricole qui ne s’intéresse qu’à la forme», (François Xavier Lindo Diez). C’est là l’image d’une maîtrise éternelle. Ainsi se pose la distinction fondamentale du Soi, la personnalité ou principe transcendant de l’être, d’avec le Moi, l’individualité, assujetti à la modification transitoire et contingente.

Pour les Égyptiens le sens de la vie était de reconnaître que nous ne sommes pas le corps physique qui s’incarne dans la matière mais un point d’esprit silencieux dans le corps, toujours antérieur à celui-ci et survivant à la mort du corps. Je vous propose de lire le texte d’Annie Besant sur l’immortalité de l’âme, La mort et l’au-delà.

Pour la pensée juive, la vie terrestre, passage intermédiaire entre la vie intra-utérine et les entrailles de la terre-mère, dont l’homme est issu et où il est appelé à revenir, n’est qu’un pont reliant deux types d’existence situés aux deux versants de la vie.

À titre de comparaison, si la manifestation formelle est extérieure, périphérique, appartenant à la circonférence, à la roue des choses, le centre de cette circonférence est le symbole de l’initié parfait, réintégré dans le Principe primordial. Dans son Livre de l’Apprenti, Oswald Wirth affirme que : “rien ne commence et rien ne finit d’une manière absolue. Il n’y a de commencement et de fin qu’en apparence. En réalité, tout se tient, tout se continue, pour subir d’incessantes transformations qui se manifestent par une série de modes successifs d’existence. Ces modes sont variés. Tout ce qui se réalise en acte a précédemment existé en puissance. Tout être a donc ses racines dans l’origine même de toutes choses. Pour les initiés antiques, la vie intégrale de l’homme comportait des alternatives d’action et de repos. La vie présente est une période d’activité matérielle, mais avant de naître, nous avons déjà vécu dans un état imperceptible à nos sens.” “Sachons bien vivre, et la mort ne sera pour nous que le moyen de vivre mieux encore”  ajoute-t-il dans son Livre du Maître.

Meurt-on pour soi ou pour les autres, pour Dieu ou parfois à la place des autres ? Voir l’article Notre frère Arnaud Beltrame, héros national passe à l’Orient éternel

Image de prévisualisation YouTube

Si la mort écrase l’homme, elle n’en demeure pas moins à l’intérieur de l’humain.

Tout à l’opposé, les élisabéthains ou les romantiques allemands firent de la mort un devenir cosmique, un devenir orgiaque, un néant qui vivifie, une force où il s’agit de se retremper et avec laquelle il importe d’entretenir des rapports directs.

Pour le Français, ce qui compte ce n’est pas la mort elle-même, mais notre comportement en face de nos semblables, la stratégie des adieux, la contenance que nous imposent les calculs de notre vanité, l’attitude en un mot. Tout l’art du français est de savoir mourir en public. Saint-Simon ne décrit pas l’agonie de Louis XIV, de Monsieur ou du Régent, mais les scènes de leur agonie. Les habitudes de la cour, le sens de la cérémonie et du faste, tout un peuple en a hérité ; épris qu’il est d’appareil et soucieux d’associer un certain éclat au dernier soupir.

Michel Serres envisage trois types de morts : la mort personnelle, la mort collective de civilisations et celle de l’humanité toute entière (à écouter ce qu’en dit Michel Serres, Corps et identité, mais qui sommes nous ?, à partir de 15’38)

La Franc-maçonnerie nous apprend que la mort ne doit pas terrifier, qu’elle n’est pas l’opposé de la vie, que l’on doit cesser de fonctionner dans le champ du connu pour aller plus loin, qu’il faut accepter l’inconnu pour se dépasser, accepter de ne pas durer indéfiniment pour mieux se détacher de l’inutile et du superficiel, en particulier de l’identification de l’être à son corps. En conclusion de son testament Victor Hugo écrit : «Je vais fermer l’œil terrestre ; mais l’œil spirituel reste ouvert plus grand que jamais.»

La scène de la mort est présente à de nombreux degrés, explicitement ou de manière suggérée : un séjour sous terre, un testament à rédiger, un gisant, un assassinat, des vœux de renoncement, de mortels châtiments… La question de la mort n’est jamais une question de morale mais de spiritualité. «La progression narrative qui intègre comme épreuve la scène de référence de la mort, et qui est généralement liée, dans les mêmes cérémonies, à des déplacements de l’occident à l’orient, peut être corrélée avec l’approche de cette valeur perfective et/ou de ces modalités de savoir (ou «connaissance») et de devoir (comportements)» (Thèse de doctorat de sémiologie, Efficience narrative et la transmission des formes de vie : une approche anthroposémiotique de l’autopoièse dans les pratiques ritualisées de Jean-Louis Brun, p. 253/ 344, 2017).

La philosophie, cette spiritualité laïque, a labouré de pensées, depuis Platon, le champ de cet effroyable mystère pour essayer de récolter la sagesse qui en apaise les peurs. «L’homme a deux vies, la seconde commence quand il se rend compte qu’il n’en a qu’une.» (Confucius).

Avec l’acacia, le phénix est un des symboles maçonniques qui inverse la mort. En traversant le miroir, symbole de l’au-delà, où s’opère l’inversion de la droite et de la gauche, le franc-maçon peut trouver une vision plus profonde des choses. La mort, l’horreur, si tôt dite, s’en exempte et se transforme en sacré.

Delphine Horvilleur: La mort n’a pas le dernier mot 

Image de prévisualisation YouTube

Si on se place dans un contexte associé au drame de la cérémonie de réception au grade de maître, on constate que, dans la grande majorité des cas semblables, un héros est mis en scène, ce héros va souffrir pour enfin mourir de mort violente et transcender sa condition humaine. Nous pouvons citer pêle-mêle : Abel, Osiris, Jésus, Gilgamesh, Mithra, Hercule, Dionysos, et bien d’autres.

La mort et la résurrection d’Hiram sont une légende exemplaire, comme tous les mythes ou contes, de divinités assassinées. Les mythes servent de modèle au comportement humain, ils fondent l’être dans le sacré.

La Mort symbolique une leçon de vie ?

C’est la leçon de toutes les traditions ou de la connaissance de la vie simplement. Il n’y a aucun espoir de ressusciter à un mode transcendant, sans une mort préalable. La mort initiatique serait la condition d’une deuxième naissance pendant notre parcours terrestre.

 « De la mort, de la crainte de la mort, dépend toute connaissance du Tout. Rejeter la peur du terrestre, enlever à la mort son dard venimeux, son souffle pestilentiel à l’Hadès, voilà ce que n’ose faire la philosophie. Tout ce qui est mortel vit dans cette angoisse de la mort, chaque naissance nouvelle multiplie l’angoisse d’un nouveau fondement, car elle multiplie ce qui est mortel. Sans fin, le sein de la terre inépuisable accouche du neuf, et chacun est soumis à la mort, chacun attend avec crainte et tremblement le jour de son passage aux ténèbres. Mais la philosophie conteste ces angoisses de la terre. Elle s’échappe par-dessus la tombe qui s’ouvre sous ses pieds, à chaque pas. Elle abandonne le corps à la merci de l’abîme mais l’âme libre prend son envol pour le franchir sans encombre.» (Franz Rosenzweig, L’étoile de la rédemption.)

Pour René Guénon, l’évolution posthume de l’individu, ou plus exactement son principe vital, qui est passé à un autre état supérieur, n’a plus rien de commun avec l’espèce humaine. Il s’en est affranchi. S’il est véritablement transformé, c’est-à-dire au-delà de la forme, il obtient la délivrance, ce qui suppose une connaissance intégrale, on dirait, en terme maçonnique, l’initiation effective.

Dans toutes les parties du monde, des  populations dites primitives pratiquaient des rites comportant des «scènes mimées qui représentent des aventures au pays des âmes» que ce soit en Australie, en Afrique, … (Goblet d’Alviella, Des origines du grade de maître en Franc-maçonnerie, 1907, p.32 et 33).

C’est grâce au symbole que l’être sort de sa situation et s’ouvre sur l’universel. Le symbole éveille l’expérience individuelle et la transmue en acte spirituel, en saisie métaphysique du monde. En comprenant le symbole, l’être réussit à vivre l’universel, donc à vivre la transcendance.

D’après le rituel de l’ordre des bénédictins, le novice s’étend sur le sol devant l’autel, sous un drap mortuaire, entre quatre cierges. On lit sur lui l’office des morts. L’assistance entonne le miserere; puis, il se relève, donne à chaque assistant le baiser de paix et s’en va communier entre les mains de l’abbé. De ce jour i prendra un autre nom, qu’il gardera jusqu’à son lit de mort. Lui aussi est né à une vie nouvelle. «Il faut disparaître entièrement au moment où la vérité nous illumine et être recréé à l’heure même de cette illumination.» (Alain Pozarnik)

En Franc-maçonnerie, chaque initiation est une mort symbolique qui permet un changement d’état de conscience en dépouillant au fur et à mesure le vieil homme .

Le «vieil homme», l’être naturel, est l’état de l’homme avec ses agissements psycho-matériels, son état conditionné, ses liens ethniques et sociaux, son milieu politique ou religieux, bref, ses limites (Ces illusions se nomment gloire, pouvoir, richesse … vérité, morale …).

L’homme ordinaire est certes intéressant ; mais combien plus intéressant celui qui tend à dépasser la condition humaine ordinaire. Il ne doit d’ailleurs pas y avoir de séparation : le quotidien et l’exceptionnel, le profane et le sacré s’apprécient l’un par rapport à l’autre.

Le maître franc-maçon est un éclectique, un philosophe qui, foulant aux pieds le préjugé, la tradition, l’ancienneté, le consentement universel, l’autorité, en un mot tout ce qui subjugue la foule des esprits, ose penser par lui-même, remontant aux principes généraux les plus clairs, les examinant, les discutant, n’admettant rien que sur le témoignage de son expérience et de sa raison ; de toutes les philosophies qu’il a  analysées, il est capable de s’en faire une particulière et domestique qui lui appartienne.

Une prise de conscience de la fin véritable et une conversion de l’énergie permettent à l’homme «évolué», éveillé à la science véridique de la métamorphose (de la transmutation), de parcourir inlassablement la voie héroïque et gnostique vers le Soi.  Comme le dit Yves Albert Dauge : «La Philosophie (amour de la Sophia), la Philologie (amour du Logos), la Philocalie (amour de la Beauté), sont un seul et même esprit ; elles doivent le [l’homme] guider vers le monde des sages archétypes.»

Jusqu’où cette «purification» active doit-elle porter ? Le détachement des passions, des désirs jusqu’à l’apathéia (l’ascèse stoïcienne), qui n’aurait que Dieu comme but, ne serait-il pas une mort au monde ? La Franc-maçonnerie a-t-elle comme vocation à «générer» des mystiques ou des hommes de la cité ?

La conscience rationnelle a périodiquement besoin d’être obscurcie pour que la lumière nouvelle puisse jaillir et avec elle de nouvelles possibilités créatrices. Il est nécessaire d’accepter de se confronter avec l’ombre et avec l’obscurité de l’inconscient dans la mort du moi, pour que se produise la transmutation. Être enseveli symboliquement et en être relevé, comme cela se faisait dans les Mystères, était emblématique sinon, réellement, être spiritualisé ou exalté hors du corps. C’est la vision alchimique qui propose la mort symbolique la plus explicite. Dans l’opuscule anonyme intitulé L‘Aquarium des Sages nous pouvons lire : «Son âme enfin, est entièrement délivrée par cette mort spirituelle comme si elle était conduite vers les hauteurs, c’est- à-dire que, son corps étant encore dans la terre, il se tourne cependant vers le haut, vers la vie éternelle […] Cette séparation du corps et de l’âme de l’homme doit se faire en mourant spirituellement. Une telle solution du corps et de l’âme se fait dans l’Or régénéré de telle sorte que le corps et l’âme, étant comme séparés l’un de l’autre, n’en sont pas moins très fortement unis dans le vase et conjoints.»

La condition primordiale essentielle de tout travail de génération est l’absence de lumière solaire. Fécondation et génération ne s’opèrent que dans une obscurité complète. La vie commence dans les profondeurs du noir pour tous les règnes vivants, même pour les gemmes qui deviendront éclat de lumière. C’est à partir du noir que se font les commencements. La première marche sur laquelle le compagnon monte lors de son augmentation de salaire au rite de Salomon est, évidemment, noire. Pour atteindre la lumière sur la cinquième marche blanche il faut passer depuis la terre noire par l’air bleu, l’eau verte et le feu rouge et, sur chaque marche à gravir, un vase contenant les cinq aspects de la transmutation du grain de blé en germe, en tige, en épi et à nouveau en grain, attestent le cycle de l’initiation : mort et résurrection. Que les corps soient mis en putréfaction et deviennent terre noire, et quand vous verrez cette matière devenue noire, réjouissez-vous car c’est le commencement des opérations. Et la putréfaction est nécessaire.

Le temple à couvert, bien fermé, c’est l’aludel luté où peut commencer l’œuvre au noir, dispersion et dissolution de l’être dans la renaissance initiatique. Comme une invite à l’alchimie, le rouge et le blanc des deux colonnes forment un système duel et attestent qu’une tenue c’est l’opération au cours de laquelle, du creuset-loge doit naître l’or pur réalisé par l’union du soufre et du mercure. Et le franc-maçon parvient à l’œuvre au blanc quand scintille la surface de la materia prima en fusion, quand l’étoile flamboie dans la pâte originelle, quand il passe de la pierre brute à la lumière.

Si tailler une pierre est une soustraction, tailler sa pierre est un remplacement en soi de ce à quoi on renonce pour accueillir l’élargissement d’une conscience plus éveillée et plus spirituelle jusqu’à ce que sa forme remplace la pierre brute. “Chaque être humain est un trésor enfouis dans une cage de préjugés historiques, marqué par la famille, la société la culture, l’Histoire.” C’est pourquoi, il convient de penser que celui (ou celle) qui taille sa pierre, n’est ni dans le renoncement ni dans l’abnégation de ce qu’il est. D’ailleurs, l’ego pourrait-il se mettre à mort lui-même ? Il est dans  la conversion de son être, parvenant ainsi à la découverte de ce qui est caché en lui pour faire résonner, dans sa conscience, l’écho de l’unité de l’esprit et de la matière. Comme dans la pensée de Jung, il s’agit d’intégrer ses polarités en croissance spirituelle.

Image de prévisualisation YouTube 

Voir les articles Le cabinet de réflexion, un repaire du temps qui passeau mot “La mort” et Le jeu de la mort du Je.

 

SOURCE :  https://450.fm/2023/05/23/la-mort-une-lecon-de-vie-pour-le-franc-macon/

Logoheader450FM

MORALE, ÉTHIQUE, VERTU ! 18 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

MORALE, ÉTHIQUE, VERTU !

morale

La morale n’est pas une branche de la philosophie, mais la philosophie première.

                                               Emmanuel Levinas- Conclusions de Totalité et infini.

 

Le triangle formé par ses trois mots ressemble à un triangle équilatéral tel que le décrit la géométrie d’Euclide, avec ses trois côtés égaux, où plutôt de même longueur. Chaque côté, n’ayant pas la même densité, comme dans la devise républicaine, on commence par la liberté de la morale, l’éthique de l’égalité, et « la vertu » de la fraternité. Mais le Franc-maçon voit sans doute abusivement des triangles partout. J’aime aussi à imaginer qu’au centre de ce triangle, il y a un point unique où se trouve une harmonie, un milieu. Un endroit invisible entre l’équerre et le compas, un endroit qui lumineux qui attire le regard. Puisque l’on est dans les triangles, il paraît que le plus sublime est le triangle isocèle, nommé aussi triangle d’Or. Dans lequel le rapport de la longueur du côté double à la longueur du côté de la base est le nombre d’Or phi des grecs, nommé ainsi en mémoire du sculpteur Phidias qui décora le temple du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes.

J’aime bien ce triangle d’or dans lequel je vois les deux jambes du compas de l’homme, plus ou moins écartées reposant sur la terre prêtes pour un voyage ou un tracé imaginaire. Au centre je vois le cœur de l’homme et au sommet à l’intersection sa tête qui tutoie les étoiles. Puisque l’on est dans le sublime, ce qui élève l’homme, ce qui le fait passer de sa position horizontale à la verticale, de l’humus qui la fait et le nourrit au spirituel qui l’anime et le dirige vers la Connaissance qui le rend plus radieux que jamais. Cette métamorphose humaine, fait appel à ses sentiments les plus élevés, éduqués et maîtrisés, à la partie la plus mystérieuse de son esprit, capable de faire de lui autre chose que de la matière et qui lui permet de marcher sur ses deux jambes sans vaciller.

Après ses deux premiers pas l’homme en fait un troisième, il se stabilise pour regarder autour de lui après avoir découvert le meilleur de lui-même, il part à la conquête du monde par cinq pas, puis peut-être sept pas et plus. Une marche qui s’allonge, demande des étapes, des retours, des repos, mais qui ne s’interrompt qu’avec un ultime pas au-delà de l’horizon terrestre. Cette procession, ses pas multipliés prend l’allure d’une ascension solennelle spirituelle. Nos corps transportés sont de plus en plus légers et nos cœurs grandissent de plus en plus, les chemins qui étaient tortueux, sinueux deviennent de plus en plus droits. Une voie royale sur laquelle nous sommes guidés par l’œil et l’intelligence du cœur. Notre regard convertit ne voit plus les mêmes choses, ou les choses de la même manière pour plus précis, nous passons du visible à l’invisible, ce qui nous semblait loin, trop loin se rapproche de nous, devient plus présent plus réel et nous oblige. C’est à cette lente procession que nous invitent nos Sœurs et nos Frères quand ils nous tendent leurs mains fraternelles. C’est l’initiation maçonnique.

À propos de la philosophie Ludwig Wittgenstein disait : « La philosophie n’est pas une doctrine mais une activité. » Un de mes Frères J. H dit : « La Franc-maçonnerie n’est pas une école de pensée, mais une école à penser. » Nous pouvons rajouter que cette école à penser nécessite une activité, et que cette activité est la pratique d’une morale, qu’à titre personnelle l’on peut qualifier d’éthique, dans une morale universelle commune à tous les hommes de bonne volonté et libres. Cette éthique est peut-être une forme d’aristocratie de la morale commune, ou une morale qui permet de vivre dans une société particulière, l’éthique permettant la construction du lien social. Les deux morale universelle et éthique exigent la pratique des vertus à hauteur d’homme, sans rien de trop, se défiant de l’hubris qui guette toujours. Cette pratique des vertus, exigeante pour nous-mêmes, n’est possible qu’avec l’aide de nos Sœurs et nos Frères, ils nous aident à gravir les marches qu’ils ont montés avant-nous, ils nous aident à acquérir notre liberté de penser par leurs encouragements, leur tolérance sans faiblesse.

La Franc-maçonnerie a pour devise, la devise républicaine qui initie la liberté de penser, c’est aussi avec la liberté que commence la morale. Cette volonté du faire le bien, le beau, ce qui au fond de nous, nous semble juste. Cette morale qui parle à notre conscience profonde et nous guide vers le bien, pour peu que nous soyons préparés, réceptifs. Le premier pas, nous guide vers le cabinet de réflexion, pour une visite à l’intérieur de nous-mêmes, un inventaire. Nous sommes venus dans ce cabinet noir de notre propre volonté, poussé par le désir, par notre raison pas par hasard. Nous ne sommes pas venus pour briller vis-à-vis des autres, mais pour nous confronter à notre être, à notre vécu. Là, nous déposons tous les masques de nos apparences devenus dérisoires. Face à nous-même dépouillé, paradoxalement nous pressentons que nous allons découvrir je ne sais quelle richesse inconnue. Les paroles de vérité qui sont notre dignité, dans ce regard de soi à soi, ce face à face. Rien d’extérieur ne guide notre main, pour écrire notre testament, seul notre esprit parle en nous, ce ne sont parfois que quelques mots, quelques balbutiements de notre vérité. À ce moment-là, c’est notre esprit tout court, seul qui parle en nous. Cet esprit comme le dit Spinoza qui nous fait « Bien faire et se tenir en joie », parce qu’il est libre, libéré. Je sais dès lors, à cet instant dans la profondeur de ce cabinet noir, ce que je dois écrire, ce que je me dois d’écrire, ce que je dois faire moi. Je suis séparé des autres, capable de régler mes problèmes en me regardant dans le miroir. Le triangle, morale, éthique, vertu commence à naître grâce à ma raison. C’est ce que E. Kant a démontré : « L’état moral, qui convient à l’homme et où il peut toujours demeurer, c’est la vertu, c’est-à-dire la moralité dans la lutte,… » À cet instant, je change, je sors de l’enfance de l’inconséquence, je mûris, je me construis imperceptiblement encore. Mais déjà, je trouve les réponses à ma question que dois-je faire ? La règle d’or associée au sublime triangle dit à ma conscience : Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent. Immédiatement l’on peut trembler de doute, en suis-je capable ? Suis-je capable de vivre cette morale, suis-je capable d’être ainsi désormais ? Même après de longues années de pratique et d’ascèse maçonnique, les mêmes questions restent posées à l’homme sincère, qui ne peut que répondre, j’essaye, je me répare, si je ne puis totalement me reconstruire, je suis sur le chantier du matin au soir car le temps presse. La pratique de la morale universelle, de l’éthique personnelle et des vertus est un chemin vers un but inatteignable, avoir l’humilité de le reconnaître est déjà un grand pas.

Une manière d’essayer d’atteindre ce but, de vivre moralement bien c’est de vivre comme le dit le philosophe Alain en partie selon l’autre, plutôt que totalement Tout seul. C’est bien la spécificité de l’initiation maçonnique qui a pour fondement, pour pierre angulaire la Fraternité. On devient un peu plus vertueux, si l’on ne fait pas seulement le bien par rapport à soi, mais aussi par rapport aux autres, là est la morale et l’éthique.

Au jeune initié la Franc-maçonnerie demande de pratiquer la vertu et fuir le vice, c’est une manière de lui dire que pour mériter le nom de Frère, ses pensées et ses actions doivent se faire en référence à la morale qu’il ressent dans sa conscience. « La conscience morale effective est une conscience agissante. C’est en cela justement que consiste l’effectivité de sa moralité. »  G W F Hegel- Phénoménologie de l’esprit. Ou encore comme le dit E. Kant « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours aussi bien comme une fin et jamais comme un moyen. » E. Kant- Fondements de la Métaphysique des Mœurs.

Pratiquer la morale, avoir pour maître une éthique et préférer les vertus aux vices. C’est le seul moyen de vivre un peu mieux en harmonie avec les autres et de mettre de la joie dans tous les cœurs.

Jean-François Guerry.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com

lafmaucoeur

VARIATIONS SUR LE COQ ET LA CHOUETTE 7 mars, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

VARIATIONS SUR LE COQ ET LA CHOUETTE

Le coq et la chouette
et réciproquement… comme dirait Pierre Dac
Avant le chant du coq

 

 Chouette

Le coq et la chouette

Le coq chante et la chouette chuinte.
Coq se prononce de la même façon lu de gauche à droite et inversement. 
Chouette, c’est déjà plus dur : Ettuoche !

Ceci pour un préliminaire qui n’a absolument rien à voir avec ce qui suit… Quoique…  

       Coq et chouette, symbole de la complémentarité par une contrepèterie simpliste ?!… Pas seulement ça!… On peut lire d’ailleurs « le coq est la chouette » relié par le verbe « être » ce qui en fait une symbiose du couple ; celui-ci assure un équilibre car, comme en mécanique, si l’un tire, l’autre est attiré tout en maintenant une résistance, si toutefois il y a une volonté de préserver l’équilibre. Il s’agit là d’une complémentarité comme d’un dualisme. Un couple n’est pas forcément « mâle » et « femelle » ! Mais peut-être nous faut-il le miroir des animaux pour alimenter notre réflexion, La Fontaine l’avait bien saisi tout comme les égyptiens dont le bestiaire est une base du langage.

    Coq donc symbole masculin et chouette symbole féminin ? D’ailleurs une inversion des lettres initiales des deux mots font d’un « coq pour une chouette » un « choc pour une couette ». C’est dans cette dualité du choc du réveil annoncé par le coq et la nuit symbolisée par cette couette, pardon, cette chouette que se révèle la symbolique du « midi minuit » ; en ce sens, le coq se réveille aux rayons du soleil qu’il appelle et vénère alors que plus subtilement en demi-teinte, la chouette s’exprime dans ce qui marque la réflexion du soleil dans l’astre lunaire au sein de la pénombre qui l’enveloppe sans l’emprisonner ; mais ne nous y trompons pas : si on peut lire « le choc et la couette » comme résultante du « coq et de la chouette », il ya lieu , sans doute, de rechercher notre vitriol hors de la douce et rassurante couette, dans des forces différentes et multiples qui nous éprouvent. Ainsi, au fin fond d’une cellule, au fin fond de nous-mêmes, il nous restera l’espoir d’être, peut-être , libre…

    Mais, que dire alors de la conjonction dite de coordination entre « le coq et la chouette » ? Sont-ils véritablement reliés ? Car si l’un travaille au soleil de midi et l’autre sous la lune étoilée, quand font-ils des bébés afin de répandre dans le monde les vérités qu’ils auraient acquises ?

    C’est là que notre mystérieux mot du début intervient : ettuoche, inverse de chouette , mais aussi abréviation de « et tout tautologiquement une otarie cave hennissante et énervée » car à la recherche de la lumière elle ne trouve que « myste et mu » ; mais elle commence à se rendre compte que de tous temps, seuls les hommes ont tenté de s’élever cherchant l’inaccessible mais que par essence le haut absolu et le bas absolu n’existant pas ils sont relativement interchangeables ; la terre, (peut-être l’enfant de la chouette et du coq ?…), la terre est ronde comme un cycle d’alternance du jour et de la nuit dont nous attendons le moment favorable pour nous élever.

    C’est ce que je n’ai pas fait .  

La chouette et le coq

    …Or il advint qu’un fils de la lumière fit le pari de s’acoquiner avec une fille de la lune.
Union contre nature.
Vit-on jamais volatile claironnant la charge du soleil se couler dans le rythme nycthéméral d’une discrète belle de nuit ? Difficile certes, mais pas inimaginable, ni complètement nouveau, si l’on veut bien se souvenir du coq à l’âne – du coq et de la cane -
Mais comment s’y prendre quand on est du jour ? Quand on est du jour, qu’elle est de la nuit.
Lafayette alla chercher conseil auprès de Chantecler, le vénérable coq, au zénith du clocher, où dame Aegolie, l’oiseau de Minerve, abrite ses songes diurnes.
Rupicola, le coq servant, bien connu de nos galères, en tablier pied de coq et toque coq de roche, était à la lucarne de sa loge. Il fut ainsi le témoin privilégié de cette union qui n’aurait jamais dû voir le jour.
D’ailleurs, elle eut lieu presque la nuit, tant il est vrai qu’aucun mystère ne supporte la pleine lumière.
Mais il était dit que ce jour là, le soleil avait rendez-vous avec la lune et le coq avec la chouette.
L’éclipse, moment fécond, née de la conjonction de l’intuition et de la réflexion, nous place aux frontières de l’intelligible, au bord du vertige de la rencontre avec l’inconnu, avec l’autre ; et donc, les coqs ont peur puisque les chouettes « effraient ». Et pourtant, mes frères et mes sœurs, chevêche n’est pas revêche ! Ce fut une brève rencontre …nycthémérale s’entend !

C’était un coq qui avait tellement chargé qu’il se dit : « chouette, une hulotte sans culotte ! »
Que nenni, c’était Nyctalope, N.T.L. de son petit nom (le glossaire sera sur le plateau du secrétaire).
Couleur de lune, couleur de nuit. Un peu dans la lune, beaucoup de la lune, la paupière nictitante, mais l’œil en delta rayonnant sous son masque, hulotte mais pas boulotte, polyglotte, rapace mais pas vorace, chouette quoi!
Dressé sur ses égos et, mollets de coq, la crête en bataille et le cœur en ripaille, l’oiseau de Mercure, pour montrer sa belle sagesse, ouvre large ses barbillons et laisse tomber son aile sur la donzelle.
Elle, de surprise, laisse tomber son « h » et devient couette, le coq s’en saisit et devient choc.
Ils sont enfin à couvert, l’inviolabilité de leur mystère est assurée. Puisqu’il est l’heure et qu’ils ont l’âge…

Mes frères aux mollets de coq, mes sœurs aux yeux de chouette, il ne s’agit pas pour eux d’être comme des coqs en pâte, ni de travailler là où la bonne femme vendit son coq. Ils protègent leurs travaux. Ne soyons pas rouges comme des coqs et ne craignons point de sa part un comportement de poule. Si elle est très chouette, pleine de sagesse et de bonne volonté, elle est aussi un peu coq et c’est en elle, qu’est la lumière avant qu’elle ne brille au dehors.
Allons, ne soyez pas comme les coqs de la paroisse ! de minuit à midi, peu d’occasions sont données à ces deux veilleurs. Gageons que de ce choc de la couette, de ce cri et chuintement, de cette rencontre, brève certes, mais fulgurante et même transcendantale, naîtra ce qui, au delà des apparences, ne connaît ni jour, ni nuit, réconcilie les contraires et la dualité.

Lafayette veut montrer son bel organe, il ouvre un large bec et chante: « Viens poupoule, viens poupoule, viens… » Hélas, l’éclipse est finie, Aegolie endormie, et quand le coq chante, la chouette se tait et la caravane passe. Et à la réflexion tant mieux, nous avons échappé au canari !
C’était une éclipse, pas une galère, une neuf à la coq, que dis-je, une coque de noix, sur laquelle nous avons embarqué de plein gré avec vous.
C’était une chimère, que dis-je, une coquecigrue.
Notre témoin le coq servant nous dit: « Gardez vos poules, je lâche mes coqs ». Mais celui qui a été aveuglé par l’amour voit aussi bien de jour que de nuit.
Rupicola comprit, mais un peu tard que le fruit de cette union mystique n’était autre que cette forme éblouissante et androgyne à l’œil frontal d’émeraude, qui lui avait fait un petit signe complice lorsqu’il avait pénétré dans le temple.

Comprenne qui pourra… ou voudra !

Avant le chant du coq

    Petit enfant, éduqué comme vous l’imaginez (et si vous ne l’imaginez pas, cela n’a pas d’importance), j’étais fasciné par l’imminence du chant du coq dans la suite des reniements de Saint Pierre.
    Pauvre Saint Pierre ! que j’admirais pour son apparent courage n’avait-il pas voulu tirer Jésus Christ par la force, du traquenard du Mont des Oliviers ?- et dont j’avais choisi le prénom lors de ma Confirmation ! (on m’a fait la totale, les initiés de l’eau bénite comprendront…)
    Ce reniement, qui ne lui avait pas été arraché sous la torture, ne témoigne, dans l’Évangile, que d’une défaillance passagère dont il n’est plus fait grief à l’intéressé du moment qu’il a su se racheter, contrairement à Judas.
    Je reste fasciné par la capacité humaine à trahir : l’amitié, l’amour, la confiance d’autrui.
    Je ne me mets pas hors du lot.

    L’homme ne se définit que par ses actes, et il arrive des moments où l’on ne peut plus biaiser.
    Il ne lui reste que le choix de céder à ses faiblesses ou à faire un pas en avant, dans le vide, pour les dépasser.
    Si on n’a pas le choix, c’est triste, mais c’est une autre histoire qui n’appelle aucun cocorico.
    Le reniement, c’est la lâcheté !
    On pourra faire mieux un autre jour, mais ça reste une souillure qui ne partira pas au lavage…
    Au lavage des larmes qui burinent, dans l’iconographie, le visage de Pierre… si l’on accepte de pleurer, ce qui n’est pas donné à tous les lâches.
    Je n’oublie pas la maçonnerie (« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon obédience… »)
    Nous le savons, c’est au pied du mur que le maçon se révèle.
    Le mur, c’est l’occasion de voir s’il a compris quelque chose à l’ordre maçonnique ou s’il n’est qu’un cordon sur pied.

    L’Ordre maçonnique, c’est tout, sauf l’ordre établi.
    Dés que le maçon choisit l’ordre établi, comme saint Pierre, il renie l’esprit de l’ordre maçonnique.
    C’est vrai qu’il est toujours plus difficile de penser par soi-même que de se conformer à la pensée des autres, surtout si elle est dominante.
    Pourquoi, alors que l’esprit maçonnique est celui de la libération de la pensée, de l’expression du doute, de l’imagination, de l’humour, de l’engagement critique, tant de maçons privilégient-ils la rigidité mentale, le dogme, la langue de bois insupportable, l’onction des adjudants de ce qui n’est plus une loge, mais une caserne ?
    Pourquoi, alors que la Vie -avec un grand V, pas la « vie du rail » n’est issue que du choc des tensions, de confrontations, de différences, certains maçons préfèrent-ils veulement, le pas lent du troupeau, l’aboiement du chien de berger, l’immolation de leurs entrailles à la pensée ésotérique unique ?
    C’en devient obscène, je m’arrête.
    Il y a plus que de la lâcheté, il y a du reniement fondamental à la dimension humaine que l’ordre maçonnique appelle à faire rayonner dès la cérémonie d’initiation, dans le fait de s’agenouiller, adulte-maçon, devant ce qui faisait tant de mal aux doigts et aux rotules de l’enfant-écolier-puni : La règle.
    Je ne méconnais pas le caractère iconoclaste d’un tel raccourci qui tend à ranger les maçons en deux catégories : Les affranchis et les serfs.
    Il n’est pas dit que, dans une vie maçonnique, on ne soit pas, un jour l’un, un jour l’autre…
    Mais il est vrai qu’une personnalité non structurée, fragile, quémandant la reconnaissance des autres comme condition de son existence à ses propres yeux, habile à jouer de la tolérance culpabilisante des ses frères ou sœurs dans une structure intemporelle où ses névroses peuvent avancer masquées, fera du maçon un excellent gardien de la Règle, comme elle aurait généré, dans lé monde profane, un excellent gardien de prison.
    La personnalité forte, curieuse, indépendante, en quête de liberté intérieure, n’a aucune chance sur l’échiquier des matons. Elle peut, néanmoins, s’épanouir en maçonnerie sur le pavé mosaïque des fous.

    Être maçon sans se renier, parvenir à la connaissance sans être mutilé, comme la chouette livrée à l’ignorance des superstitieux, c’est le défi maçonnique.
    Il faut le relever avant que le coq ne chante !

SOURCE : http://momasite.com/planche-symbolique8-coq-chouette.htm

siglemomas

 

LE RETOUR AU SACRÉ COMME RECOURS 21 février, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

LE RETOUR AU SACRÉ COMME RECOURS

Portes du sacré

Portes du sacré

LE RETOUR DU SACRÉ COMME RECOURS

 

« Si tu veux que brille la flamme médite dans le Temple et agis sur le forum, mais gardes-toi de faire du Temple un forum. »

J. Corneloup.

 

La définition du sacré par antiphrase nous amène au fait que ce qui est à l’opposé du sacré est le profane. Si l’on admet que le Temple est un lieu sacré tout ce qui est dehors de celui-ci est profane. Pourtant l’on admet aussi que la Terre et l’Univers sont sacrés. Le sacré se manifeste donc par son extériorité et son intériorité, en fait tout lieu, toute chose, peut-être sacrée si elle est passée par un rituel de sacralisation. Il suffit de quelques éléments et d’un rituel pour faire d’un lieu un espace sacré. À la question quelle est l’étendue de votre Loge, l’apprenti répond : Elle s’étend de l’Occident à l’Orient du Midi au Septentrion et du Zénith au Nadir.

Le postulant à la connaissance du sacré quand il franchira la porte de la loge si les travaux ont été dûment ouvert, passera du profane au sacré, d’un lieu profane à un lieu sacré, mais aussi et surtout prendra conscience qu’il est lui-même un Temple sacré. Il sera progressivement initié aux mystères secrets qui permettent d’accéder au sacré.

Mircea Eliade philosophe des religions a fait une étude phénoménologique et historique des faits religieux, permettant ainsi à tous croyants ou non de concevoir que le sacré est du domaine des dieux, au-delà de la simple raison. Ceux qui sont dans le monde profane seraient à la périphérie du cercle et ceux qui auraient pénétrés le cercle jusqu’à son centre seraient initiés et dans le monde sacré, séparé. Ainsi, la Franc-maçonnerie se décline en trois catégories, symbolique, chevaleresque et sacerdotale.

Cependant le Franc-maçon n’oppose pas le sacré au profane, la matérialité et la spiritualité (comment d’ailleurs cela serait-il possible, nous sommes faits de chair et d’esprit !), les deux sont complémentaires. Comme l’à écrit le poète et orateur latin du IIème siècle Juvénal dans sa 10ème satire : Mens sana in corpore sano . Mais la matérialité ne peut et ne doit dominer la spiritualité.

En remontant à l’origine de la parole et de son écriture, l’on observe que le sanscrit Rita,Rite veut dire sacré. Nous avons perdu, la parole et le sens du sacré dans notre société, l’irruption brutale et invasive de la matérialité mondialisée, nous a fait oublier que le sacré est absolu et éternel alors que le profane est séculier et temporaire. Nos constructions modernes sont là pour le démontrer, les super et hypermarchés sont les temples de la matérialité et de la consommation. J’ai souvent été frappé de voir que certaines personnes, (j’exclu bien sûr les handicapés) pouvaient passer leur journée assise sur les bancs d’un de ces temples de la consommation.

Le sacré adjective l’espace, le temps, les objets même, mais surtout l’être, le sacré le sépare du profane. Le sacré est partout où le chercheur de la Vérité pose son regard, sur un chemin, sur un livre, sur une pierre, un animal, une forêt… Le sacré véhicule aussi les Traditions et les événements. Ignorer le sacré et surtout ignorer le mystère du sacré en soi-même, c’est ignorer une partie de soi, celle liée à l’esprit. C’est célébrer sa partie la plus basse la plus vulgaire.

À nier le sacré, à désacraliser notre société nous avons mis à bas nos vertus morales. Ceux qui hurlent leur haine du passé, de leur passé, sont prompts à brûler les édifices sacrés, qui ne sont pas que des lieux religieux, mais aussi des lieux qui correspondent à des biens communs où les hommes fraternisent. Je pense à nos mairies maisons communes, médiathèques, écoles. Ils détruisent des lieux symboliques de spiritualité au sens large, et surtout ils détruisent une partie essentielle d’eux-mêmes.

Ils ignorent que le sacré n’est pas que religieux, il habite des valeurs morales telles que la liberté, l’égalité, la fraternité, la tolérance qui peuvent être qualifiées de sacrées.

La manifestation du sacré apparaît quand des événements viennent détruire ce que l’on a de plus cher au sens moral, cette hiérophanie comme dit Mircea Eliade naît de cette prise de conscience que le sacré est indispensable. Face aux dernières émeutes en majorité nous n’avons pas compris pourquoi une minorité s’est livré à la destruction de lieux et bâtiments parce qu’inconsciemment pour nous ces lieux étaient sacrés. Alors que pour leurs destructeurs ces lieux ne suscitaient que de la haine. C’est pourquoi, il nous faut entreprendre le retour au sacré, comme le retour à un paradis perdu.

Comment ? La Franc-maçonnerie, peut jouer un rôle si elle sait communiquer, elle peut faire prendre conscience quelle est une entrée, une porte du sacré par l’initiation. Qu’elle élève le niveau de conscience de ceux qui en sont les adeptes sincères et courageux. Cela nécessite de ses membres, un travail des efforts, je dirais des exercices spirituels.

Le Franc-maçon sait que lorsque sa loge est consacrée elle devient une image du cosmos, et cela dès l’ouverture des travaux. Il est dit : « Mes frères nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte de la Loge. Élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la Lumière. »

Si nous élevons notre conscience, nous introduisons du sacré dans notre vie, dans toutes les choses et dans le monde. Ces choses et ce monde deviennent alors des biens sacrés et communs, que nous efforcerons de protéger, d’entretenir et de rénover et non de détruire ou brûler.

Ainsi, remettre du sacré, étendre le champ du sacré au-delà des religions est un impératif, une nécessité, alors nous pourrons nous réunir en toute fraternité et chanter ensemble la gloire du sacré.

Jean-François Guerry.

SOURCE:http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2023/07/le-retour-au-sacre-comme-recours.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Qu’est-ce que la « Régularité » pour le Régime Écossais Rectifié ? 8 février, 2024

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Qu’est-ce que la « Régularité » pour le Régime Écossais Rectifié ?

salomon8nrnqdécembre 28, 2023
Phénix DNRF-GDDG

On ne cesse, à temps et à contretemps dans le milieu maçonnique, de se référer au principe de la « régularité », cette dernière souvent, et bien à tort, étant considérée comme synonyme d’une « légitimité » autour de laquelle toute vie initiatique semble, pour les uns être subordonnée afin de bénéficier d’une hypothétique « validité », acquise ou espérée, et pour les autres, d’un critère revendiqué et déclaré détenu, ceci pour des raisons diverses.

Mais qu’en est-il réellement de cette célèbre « régularité » – semble-t-il «l’un des plus anciens mots du vocabulaire maçonnique» [1], lorsqu’on aborde le cas, spécifique s’il en est, du Régime Écossais Rectifié ?

La question est importante et il convient d’y apporter une réponse.

a) Les principes de la « régularité » sont issus des ‘‘Basic Principles’’ de la Grande Loge Unie d’Angleterre définis en 1929

Ce n’est en réalité qu’en 1929, donc assez tardivement au regard de l’Histoire de la franc-maçonnerie universelle, que la Grande Loge Unie d’Angleterre (G.L.U.A.), dans les « Basic Principles » a défini les critères de cette fameuse « régularité » dont on parle si souvent – et qui bénéficie d’un relatif prestige, bien infondé au demeurant, renforcé par une constante actualité puisque la recherche, parfois frénétique, de cette « régularité », agite par intervalles réguliers les maçons -, « Basic Principles » dans lesquels figurent comme principales dispositions : « la croyance en le Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée » ; « l’Obligation sur, ou en pleine vue, du Volume de la Loi Sacrée ouvert, de manière à symboliser la révélation d’en haut qui lie la conscience de l’individu particulier qui est initié » ; « aucune Grande Loge ne doit avoir quelque relation maçonnique que ce soit avec des Loges mixtes ou des Obédiences qui acceptent des femmes parmi leurs membres » ; « les discussions sur des sujets politiques ou religieux sont strictement interdites », etc. [2]

constitutions-anderson

Les « Basic Principles » définissant les critères de la « régularité, s’appuient les Constitutions publiées en 1723.

Ces principes, ou « Landmarks », s’appuient en fait sur les Constitutions de la Grande Loge de Londres, publiées en 1723, rédigées par le pasteur presbytérien James Anderson (1684-1739) avec l’aide de John Théophile Désaguliers (1683-1744) le 24 juin 1717, Constitutions dont le titre originel était Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés, véritable travail de reformulation des anciens devoirs en une tentative d’adaptation fédérative, et d’ailleurs singulièrement réductrice, des règles et lois de la tradition artisanale, dont les travaux de Clément Edwin Stretton (1850-1915) dans « The Speculative Mason », ont bien montré le caractère destructeur à l’égard de la vénérable tradition opérative.

Quoi qu’il soit, ce sont ces Constitutions de 1723, qui présidèrent en décembre 1813 à « l’Acte d’Union » qui permit la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre mettant fin au schisme entre les Modernes et les Anciens, dont on voudrait faire la base de la « régularité » universelle sur le plan maçonnique, alors qu’elles apparaissent, objectivement, plutôt comme une authentique entreprise d’altération de l’essence de la Maçonnerie originelle, ce qui n’allait pas tarder à engendrer des confusions multiples et sans cesse croissantes, tant sur le plan organisationnel qu’initiatique.

b) Le Régime Écossais Rectifié a procédé en 1778 a une « rectification » de la franc-maçonnerie andersonienne

Code2.jpg

Le Régime Écossais Rectifié posa dès 1778, des principes intangibles profondément différents de la franc-maçonnerie andersonienne. 

 C’est pourquoi, loin de s’y référer comme source de la légitimité de son Ordre, Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), conçut et façonna le Régime Écossais Rectifié en 1778 à Lyon, comme une complète « rectification » de l’ensemble de la franc-maçonnerie, dotant son système, de par son lien avec la Stricte Observance allemande, d’une structure empruntant beaucoup plus aux règles et formes des Ordres militaires de l’antique Chevalerie médiévale, comme en témoigne le Code des C.B.C.S. (Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Lyon, 1778), plutôt qu’aux conceptions de la Maçonnerie libérale défendues par les Constitutions de 1723 rédigées par les pasteurs Anderson et Désaguliers.

Ainsi, totalement étranger à cette perspective universaliste organisée en « Grandes Loges », qui plus est faiblement religieuse et ignorant absolument tout des éléments théoriques de la doctrine de la « réintégration », le Régime Écossais Rectifié posa, et ce dès les premiers instants de sa fondation, des principes intangibles profondément différents du milieu maçonnique du XVIIIe siècle – et donc de ceux issus des conceptions de la « régularité » provenant de la Grande Loge Unie d’Angleterre, reformulés en 1929, qui prétend aujourd’hui conférer une dite « légitimité » aux grades symboliques, et même aux grades et degrés situés au-delà des Loges symboliques en raison de leur rattachement aux « Grandes Loges » dont ils dépendent, pour bénéficier d’une illusoire « régularité », ce qui relève, on en conviendra aisément, de l’absurdité la plus totale.

Cette situation, qui vise à imposer les critères d’une « régularité » définie en 1929 par la Grande Loge Unie d’Angleterre (G.L.U.A.) dans les « Basic Principles »à des systèmes initiatiques recevant leur légitimité de sources absolument indépendantes de la maçonnerie anglaise – ce qui est bien le cas du Régime écossais rectifié né en France au XVIIIe siècle sur des bases entièrement autonomes  (globalement pour la partie doctrinale et symbolique L’Ordre des Chevaliers Maçons élus coëns de l’Univers, et pour la structure organisationnelle le cadre de la Stricte Observance)  -, n’a, il convient de le dire avec force, strictement aucun sens !

c) Toutes les branches de la maçonnerie andersonienne, sont regardées comme « apocryphes » par le Régime Écossais Rectifié 

À ce propos, il est tout à fait étonnant de voir comment fonctionnent de nos jours certaines obédiences maçonniques à l’égard d’un Régime qu’elles ont positivement « vassalisé » à leur profit, n’hésitant pas à tordre le cou à ses principes, parfois avec une incroyable désinvolture, afin de soumettre le Régime rectifié à des règles et des cadres fonctionnels qui lui sont parfaitement étrangers [3].

Phénix RER

La franc-maçonnerie « non rectifiée » n’est, au regard de la Réforme de Lyon, rien d’autre « qu’apocryphe », c’est-à-dire, pour être clair, une maçonnerie dépourvue et ignorante de la doctrine ésotérique de la « réintégration ». 

 Ce triste état de fait, contre lequel s’éleva déjà Camille Savoire (1869-1951) lors de la création du Grand Directoire des Gaules en mars 1935en s’opposant vigoureusement à la manière dont le Grand Orient de France entendait s’approprier, et faire vivre sous une tutelle inacceptable, le Régime écossais rectifié [4], perdure malheureusement depuis bien des décennies, faisant que l’ensemble du monde obédientiel semble entièrement oublier un point fondamental sur lequel le Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaulesréveillé en décembre 2012 à Lyon,insiste avec force : à savoir que « l’Ordre » issu de la réforme de Lyon, tire uniquement sa légitimité et sa « régularité » de sa fidélité observée à l’égard des principes énoncés et arrêtés en 1778 lors du Convent des Gaules, entérinés lors du Convent de Wilhelmsbad en 1782 [5].

Voilà ce qu’est la « régularité » pour le Régime écossais rectifié, et il n’y en a pas d’autre, qui serait à rechercher auprès d’une maçonnerie qui, il conviendrait d’en être un minimum conscient lorsqu’on traite de ces sujets, n’est au regard des critères de la Réforme de Lyon, rien d’autre « qu’apocryphe », c’est-à-dire, pour être clair, est une maçonnerie dépourvue et ignorante de la doctrine ésotérique de la « réintégration » provenant de Martinès de Pasqually ( + 1774), déposée et infusée par Jean-Baptiste Willermoz au sein de la Stricte Observance, aboutissant, lors de sa « rectification » en 1778 à Lyon lors du Convent des Gaules, à la constitution du système initiatique spécifique qui devint le Régime écossais rectifié [6].

Conclusion

Phénix X

Le Régime Écossais Rectifié dépasse, selon ses critères, en éminence, en autorité et en connaissance des mystères de l’initiation, tous les systèmes – et l’ensemble des régimes composites et « apocryphes » – méconnaissant la « doctrine de la réintégration ». 

  Ainsi, le Régime rectifié, placé, selon les dispositions des Codes de 1778 (Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées & Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte),  – unique critère de référence pour le Régime -, sous l’autorité d’un Directoire National fédéré en Provinces sur lesquelles sont souchés des Grands Prieurés, n’a aucunement besoin de se rattacher à une instance maçonnique quelconque – en particulier sous la forme d’une « Grande Loge » qui devrait être « reconnue » par la Grande Loge Unie d’Angleterre (G.L.U.A.) – on se demande bien pourquoi ? -, ou d’une obédience prétendant « posséder » le Régime, ceci afin de bénéficier d’une illusoire « régularité » qui lui ferait défaut, puisque sa «véritable régularité » le Régime écossais rectifié la possède en plénitude depuis deux siècles et demi, grâce à l’action de son fondateur, le lyonnais à qui tous les maçons rectifiés doivent tant : Jean-Baptiste Willermoz.

Enfin, et plus profondément encore, ce que nous ne cessons de proclamer et que notre initiative de « Refondation » du Régime nous fait devoir d’affirmer : le système issu de la Réforme de Lyon – et ce n’est pas pour rien qu’il se voulut une initiative de « rectification » entière de la franc-maçonnerie en 1778, dépasse, selon ses propres critères, en éminence, en autorité et en connaissance des mystères de l’initiation, tous les systèmes, l’ensemble des régimes composites, et les organisations constituées en « Grandes Loges », méconnaissant la « doctrine de la réintégration » [7], et, bien évidemment, n’a aucunement besoin pour vivre et se développer, des formes structurelles administratives connues sous le nom « d’obédiences maçonniques », puisque la « conception obédientielle est absolument étrangère à l’esprit de la rectification », faisant que vouloir faire rentrer le R.E.R., dans les cadres de la maçonnerie andersonienne en le faisant coexister, soit avec d’autres Rites, soit avec des visions et conceptions (sociétales, politiques, symboliques, initiatiques, confessionnelles, dogmatiques, etc.),  issues de voies « apocryphes », est une absolue aberration.

*

Ainsi, et que ceci soit bien entendu : le Régime écossais rectifié est « régulier » dès lors que, bénéficiant d’un lien de transmission effectif et valide avec le « réveil » opéré en 1935, il est  pratiqué en fidélité à son essence, à ses principes organisateurs, aux Codes fondateurs qui en définissent les règles, et à sa doctrine interne précisée dans les Instructions à tous les grades, et cette « régularité » est de nature initiatique et trans-historique, puisqu’elle se rattache uniquement et invisiblement, à l’Ordre essentiel, primitif et fondamental qui se perd dans la nuit des siècles.

triangle-rer

Notes.

1. A. Bernheim, Régularité et Reconnaissance, Etudes maçonniques, Masonic papers,

2. Cf. Principes de base pour la reconnaissance par elle d’une autre Grande Loge, ou Déclaration des Principes de Base, Grande Loge Unie d’Angletterre, 1929. On notera que le premier des « huit principes de base » figurant dans cette Déclaration, stipule : « Chaque Grande Loge doit avoir été établie légalement par une Grande Loge dûment reconnue ou par trois Loges ou plus régulièrement constitués », ce qui n’intéresse en rien le Régime écossais rectifié, organisé en Régime autonome depuis 1778, non sous le modèle d’une « Grande Loge » (sic), mais par ses Directoires et Grands Prieurés.

3. Le Grand Directoire des Gaules a tenu le 15 décembre 2012, quoiqu’il en déplaise, à rappeler que le Régime depuis son « Réveil » en 1935, n’avait jamais pu vivre selon ses critères : « On est ainsi obligé de constater que depuis le réveil en 1935 du Régime,la conception originelle du Code n’a presque jamais été suivie, entraînant des dis-fonctionnements significatifs dans la logique organisatrice du Régime Écossais Rectifié qui cessa, dès lors, de se penser comme un « Ordre », le ramenant à un Rite réduit à une conception obédientielle absolument étrangère à l’esprit de la rectification, même si imaginant en relever en usant de titres et dénominations issus du corpus sémantique willermozien. » (Cf. « Principes de l’Ordre en 10 points », point IV, DNRF-GDDG, 15 décembre 2012, Lyon).

4.    Parmi les « fables maçonniques », il en est une qu’il convient de dissiper entièrement, tant elle revient comme une antienne singulièrement fausse et erronée, celle consistant pour le Grand Orient de France, à s’imaginer détenteur d’un quelconque titre de propriété sur le Régime écossais rectifié au motif des Traités d’Union de 1776, 1781 et 1811, signés, à l’époque, avec les instances dirigeantes du Régime. Or ces Traités, comme il est aisé de le constater à leur lecture, n’eurent pour but, comme le stipulent leurs articles, que de « déléguer » au Grand Orient de France, sous l’autorité des Directoires du Régime, et surtout sur leur proposition, la création d’établissements symboliques, c’est-à-dire de Loges bleues. C’est peu, relève du niveau purement administratif, et c’est tout. Les Directoires, dont il était d’ailleurs précisé en préambule des Traités, qu’ils forment « Le corps du Régime Rectifié en France », bénéficiaient d’un représentant au sein du Grand Directoire des Rites du Grand-Orient, et conservèrent toujours leur entière souveraineté sur le Régime, tant au niveau de l’Ordre Intérieur que des Loges symboliques, puisque rien ne pouvait se faire, dans le cadre de leur création – et plus encore des rituels du seul ressort de l’Ordre rectifié -, sans proposition et décision des Directoires. Autant dire que les Loges symboliques rectifiées qui travaillèrent ainsi sous les auspices du Grand Orient de France, furent « agrégées » (sic) à l’Obédience, au seul titre de leur participation administrative, et qu’il ne fut jamais question, et ceci pas un seul instant et dans l’esprit de quiconque, d’une quelconque idée «d’appropriation du Régime» par le Grand Orient de France, appropriation et détention d’ailleurs rendues absolument impossibles au regard de l’organisation propre du Régime écossais rectifié, structuré depuis le XVIIIe siècle comme un « Ordre » autonome et indépendant, gouverné par les établissements ostensibles et non-ostensibles de sa classe chevaleresque, ses Directoires et ses Grands Prieurés.

5. « L’Ordre issu de la réforme de Lyon, connu sous le nom de Régime Écossais Rectifié, tire uniquement sa légitimité et sa « régularité », par delà les qualifications initiatiques de ses membres, de sa fidélité observée face aux principes énoncés et arrêtés en 1778 lors du Convent des Gaules. » (Cf. « Principes de l’Ordre en 10 points », point I, DNRF-GDDG, 15 décembre 2012, Lyon).

6. « L’aspect doctrinal définit le Régime rectifié, ce qui est une spécificité unique dans tout le champ rituel de la franc-maçonnerie universelle, et donne au système willermozien une nature à nulle autre pareille qui le distingue entièrement des autres Rites maçonniques lui conférant son caractère de voie dite  « non-apocryphe » au regard des critères de la doctrine de la réintégration, dont l’Ordre est le dépositaire légitime depuis le XVIIIe siècle. » (Cf. « Principes de l’Ordre en 10 points », point VI, DNRF-GDDG, 15 décembre 2012, Lyon).

7. Il n’est pas inutile de se remémorer certaines vérités : « L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, fut conçu pour être l’écrin de l’Ordre mystérieux qui est l’essence même du Régime rectifié, sa substance intérieure secrète. Ses travaux se déroulent donc dans l’invisible et auront pour objet de se consacrer à l’étude et à la conservation de la doctrine de la réintégration dont l’Ordre est le dépositaire de par l’Histoire, doctrine sacrée qui a un but essentiel et très élevé que peu d’hommes sont dignes de connaître. Willermoz écrira du Haut et Saint Ordre : « Son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre.» (Cf. Proclamation refondatrice de l’Ordre rectifié, D.N.R.F.-G.D

*

*

SOURCE  :  salomon8nrnqdécembre 28, 2023

Le courant anarchiste en franc-maçonnerie 17 décembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Silhouette , ajouter un commentaire

Le courant anarchiste en franc-maçonnerie

2075769-2881343

C’est une des originalités des loges que d’accepter des profanes porteurs d’une individualité minoritaire dans la société de leur temps.

Si l’anarchie est souvent citée comme une forme de désordre, c’est aussi un art de vivre et une philosophie éminemment respectable tout en étant très minoritaire dans l’opinion.

C’est ainsi que l’on trouve dans les loges maçonniques des sœurs et des frères qui s’en réclament :

Libertaires jusqu’au bout des ongles, anticléricaux, opposés à la notion d’État, revendiquant l’autogestion, etc. Certains sont restés fidèles à ces deux engagements, d’autres ont changé d’opinion au fil du temps.

Aujourd’hui, ils se font discrets mais fut un temps où ils n’hésitaient pas à revendiquer leurs convictions et à s’engager dans les combats sociaux.

Parmi eux, citons quelques célébrités :

Anselmo Lorenzo (1841-1914) membre de la loge barcelonaise Les fils du travail (Hijos del Trabajo)

Bakounine Mikhaïl Aleksandrovitch (1814- 1876), aurait été initié en 1845, fréquente des loges allemandes jusqu’en 1848 ; en 1865, il est membre du Grand Orient de la Maçonnerie Italienne

Campion Léo (1905-1992) initié le7 avril 1930, à la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles, auteur de »Le drapeau noir, l’équerre et le compas »

Faure Sébastien (1858-1942) initié le 28 juin 1884 à la loge Vérité du Grand Orient de France, à Bordeaux

Ferrer Francisco (1859-1909), le pédagogue libertaire de l’École Nouvelle, initié en 1884, dans la loge maçonnique Verdad (Vérité) de Barcelone.

Le Gall Jules , (1881-1944), membre de la loge des Amis de Sully, (Orient de Brest, Grand Orient)

Lepage Marius (1902-1972), initié le 24 janvier 1926 dans la « Loge Volney » du Grand Orient de France, auteur dans le numéro 12 (novembre- décembre 1930 ) de La Revue anarchiste, d’un article intitulé « Plaidoyer pour la Franc-Maçonnerie ».

Proudhon Pierre-Joseph (1809-1865), initié le 8 janvier 1847, à la loge Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié du Grand Orient de France à Besançon.

Reclus Élisée (1830-1905) qui présenta un texte célèbre, L’Anarchie, à la loge des Amis philanthropes de Bruxelles

Serra Jaime (1915-2023), membre de la RL « La Chaîne d’Union ».

Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum dit Voline, (1882-1945) ukrainien, (théoricien de la synthèse anarchiste, initié à la loge Clarté du Grand Orient de France à Paris le 27 janvier 1930 .

Sources :

- Jules Le Gall, anarchiste et franc-maçon (1881- 1944) par Jean-Yves Guengant dans Chroniques d’histoire maçonnique 2019/2 (N° 84),

- Encyclopédie Wikipédia

- Le Maitron , Dictionnaire biographique du mouve- ment ouvrier

10805597_1016424381708361_8386711326159046969_n

SOURCE : fil infos loge n° 3

LE CHARME INTEMPOREL DE LA FRANC-MAÇONNERIE 26 novembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

LE CHARME INTEMPOREL DE LA FRANC-MAÇONNERIE

 

Dans un monde rempli d’agitation incessante et de distractions numériques, pourquoi la maçonnerie, une institution ancrée dans la tradition et les rituels, continue-t-elle de captiver et de réconforter l’homme moderne d’aujourd’hui ? Cette question, à première vue, semble presque anachronique. Pourtant, la réponse réside dans les éléments mêmes qui font que la maçonnerie semble en décalage avec notre époque moderne.

À la base, la franc-maçonnerie offre une évasion.

 
LE CHARME INTEMPOREL DE LA FRANC-MAÇONNERIE dans Contribution

Imaginez un monde où le rythme frénétique de la vie quotidienne, la demande d’attention et les courants de compétition sous-jacents cèdent la place à un sanctuaire d’ordre, de respect et de fraternité. Ici, dans chaque Loge maçonnique, les maçons trouvent un répit. L’attrait de la franc-maçonnerie s’étend au-delà de son environnement serein ; c’est un havre d’émotion où l’armure portée lors des combats quotidiens peut être retirée en toute sécurité.

Mais qu’est-ce qui, spécifiquement, dans la franc-maçonnerie, résonne si profondément auprès des frères ? D’une part, les rituels et les cérémonies, reliques d’une époque révolue, offrent un contraste saisissant avec le chaos de notre monde. Ces rituels, avec leurs phrases majestueuses et leurs mouvements harmonieux, ne satisfont pas seulement les sens ; ils procurent un sentiment de continuité avec le passé, un lien avec une époque plus simple et plus digne. C’est ce lien avec la tradition qui constitue une partie importante de l’attrait Craft.

De plus, la philosophie de la maçonnerie – une vision du monde sans prétention mais profonde – défend des vertus telles que la fraternité, la fidélité et l’amitié. Il présente une éthique à la fois pertinente et ambitieuse, qui trouve un écho auprès de ceux qui aspirent à un mode de vie plus ancré et plus sincère. Cette combinaison de charme d’antan et de valeurs intemporelles offre un contrepoint convaincant à la nature souvent superficielle et conflictuelle de la société contemporaine.

Mais l’aspect le plus intrigant de la franc-maçonnerie est peut-être sa capacité à créer un espace où la dignité et le respect ne sont pas seulement attendus mais constituent la norme. Dans une Loge, chaque membre a un rôle, une place et un devoir, contribuant à un environnement où l’harmonie et la coopération règnent en maître. Ce sentiment d’ordre et de paix constitue un antidote indispensable au tumulte du monde extérieur, agissant comme un tonique pour les âmes fatiguées.

En examinant l’attrait de l’Artisanat, nous découvrons une vérité plus profonde sur la nature humaine : notre désir inhérent de connexion, de stabilité et de sens. La franc-maçonnerie, avec ses rituels et sa philosophie, exploite ce désir, offrant un sanctuaire où ces besoins sont non seulement reconnus mais satisfaits. Cela rappelle que, malgré l’attrait de la modernité, certains éléments de l’expérience humaine restent intemporels.

Merci ma S:. Raymonde pour ce partage …

LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ? 2 novembre, 2023

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
Publié le 27 Octobre 2023 par Thierry Didier.

LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ?

LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ?
Une approche de la Connaissance ? Si vous voulez aller plus loin avec Thierry Didier. Il vient d’écrire un livre sur La Passion Écossaise en 50 stations et 7 personnages que je vous ai déjà recommandé.
Jean-François Guerry.

             LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ?

 

Je m’aperçois, les années passant, que nombre d’éléments du savoir universel peuvent être étudiés simplement et sous l’angle auquel la franc-maçonnerie nous a habitué à travailler. Dans cette optique, quand il me paraît qu’un domaine puisse être utile à notre réflexion, je pense qu’il est important de le vulgariser et d’en tirer une utilité pratique. La gnose est de ces domaines, et ses déclinaisons en éclairent la signification. Par exemple, nous connaissons tous le terme d’« agnostique », qui désigne toute personne considérant l’absolu , et donc toute opinion religieuse certaine comme inaccessible à l’homme. L’agnostique, dont l’étymologie signifie « inconnu », ou mieux « inconnaissant », est sceptique par nature, il ne prend pas part, c’est son droit, et renvoie dos à dos croyant et impie. L’agnostique est à la mode, car sa tiédeur supposée, qui est compréhensible, donne à bon compte l’illusion que le mutisme rend sage et que le doute rend intelligent. Cela dit, le -a privatif placé devant gnostique ne reflète pas l’état d’esprit de l’agnostique, qui n’est pas un simple « inconnaissant », d’où l’intérêt d’approfondir le mot-souche, en l’occurrence ici le mot « gnose ». La gnose signifie Connaissance, empruntée au grec ecclésiastique gnôsis, issu d’une racine indo-européenne gno, connaître, que l’on retrouve dans le latin noscere, également « « connaître » : Connaissance de Dieu, ou Connaissance de soi-même, peu importe en fait le support qui fera le lit de cette Connaissance. La Connaissance, tout comme la Vérité ou la Parole Perdue, évoqués souvent en franc-maçonnerie, sont des concepts hautement personnels et en même temps parfaitement universels, qui ne supportent donc pas d’être amoindris par une signification limitative.

LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ?  dans Recherches & Reflexions

Les définir voire simplement les circonscrire ou même les discerner les détruit aussitôt, à la façon du photon de lumière qui n’existe que tant qu’il est en mouvement, et dont la tentative de capture et d’appropriation signe la disparition. Sans jeu de mots, dès qu’on décline ces concepts, ils déclinent, car c’est leur liberté de sens qui en fait leur substance. Le souci avec ces paradigmes n’est donc pas lié à leur nature même, qui est somme toute comparable à d’autres idées, mais aux tentatives de captation individuelle, qui risquent alors d’en faire des légendes urbaines de la maçonnerie, c’est-à-dire des valeurs-totems dont certains font grand mystère et qui, en les préemptant, les transforment en trésors pétrifiés, objets de toutes les craintes, peurs et fixations, et véhiculant une morale implicite, dénuée de tous fondements. La Connaissance est en fait un étrange mélange entre le savoir, au sens large, qui définit ce qui nous instruit, et la façon dont on accepte cette inculcation, le plus souvent à notre insu. Nous pourrions dire que l’on passe d’un savoir à de la Connaissance à partir du moment où ce savoir, quel qu’il soit, s’amalgame à notre personnalité du moment, permettant alors une Connaissance nouvelle, plus accomplie car plus étendue, mais toujours en devenir. La connaissance de Dieu pourrait ainsi se manifester par la Foi, qui est à la fois le creuset et l’outil d’un monde aussi varié qu’il y a de fidèles. On peut concevoir la Foi comme le vestige, le reliquat individuel d’une force de création subsistant à bas bruit et depuis l’origine des temps dans le cœur de chaque croyant. Ce souffle devient ainsi le viatique et le témoin d’un créateur que notre discernement propre considère alors comme immanent ou transcendant, c’est selon, suivant l’éducation que l’on a reçue, et donc suivant la vision philosophique qui en découle. C’est dans cette dichotomie que prendront langue la distinction et la complémentarité de la Gnose et du Gnosticisme, terme dérivé dont nous parlerons plus tard. La Connaissance commence donc par un savoir, au sens large, c’est-à-dire qu’on ne peut connaître ou se connaître qu’à partir d’aliments qui formaliseront à un instant T cette Connaissance. Dans un second temps, il y aura confrontation entre ce qu’on sait déjà et ce qui est nouveau. Enfin la fusion de ces deux mondes viendra se poser en miroir de notre personnalité, en faire une mise en abyme toujours évolutive (c’est son principe), un miroir se reflétant toujours dans un autre miroir. Plus l’image en perspective se reproduira, plus cette mise en abyme se développera, et plus la connaissance sera profonde, sans jamais se voir à un moment donné limitée dans son exercice. Et c’est là sa force et son secret, la Connaissance dépend alors étroitement d’un contenu, d’un cumul, d’une somme qui sont en temps réel modelés par la nature évolutive du contenant, c’est-à-dire nous-mêmes. Ce processus de perspectives sera l’essence symbolique de la triple ambulation du 24ème degré. La Connaissance est très à la mode dans notre milieu, flanquée, donc, du savoir qu’elle semble, dans l’esprit de certains, dominer. La gnose ou Connaissance est en fait une doctrine philosophico-religieuse selon laquelle le salut de l’âme passerait par l’expérience ou par la révélation directe de la divinité, ou, pour les incroyants, de l’Idée.

 dans Recherches & Reflexions

Nous dirions, nous maçons, par l’expérience d’une révélation, ce dernier terme validant simplement l’acquisition d’un savoir sans le truchement systématique de la Volonté. Sans être réducteurs, on peut donc voir dans la gnose une méthode générale, adaptable, une boite à outils permettant à chacun de se situer par rapport au monde qui l’entoure. Comme souvent avec les grands principes, au mouvement d’idées va se substituer une forme mimétique, plus commode mais incomplète qui en sera l’expression collatérale, forcément limitative, car cantonnée non pas à l’essence mais à la substance, non pas au structurel, mais au conjoncturel : ce sont les célèbres mots en « isme », qui dégradent souvent leur valeur directrice, en l’affublant d’artifices sémantiques ou d’habillages trompeurs prompts à en dévoyer le sens profond. Ainsi à la laïcité répond le laïcisme, à la liberté répond le libertarisme, à l’égalité répond l’égalitarisme, etc… Et d’une façon générale à l’Idée répondra l’Idole, et son cortège de poncifs, de raccourcis et d’éléments de langage que portent fièrement caporalistes et autres moines-soldats. Attention néanmoins, tous les mots en « isme » ne sont pas des approches dévoyées d’une réalité trafiquée. Ainsi à la gnose répond le gnosticisme. Le gnosticisme désigne certains mouvements du christianisme ancien qui relèvent d’une idéologie dualiste (croyance dans l’existence d’un Dieu du Mal et d’un Dieu du Bien) qui considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l’homme doit se libérer pour être sauvé .Or une des caractéristiques de l’initiatique est de savoir mettre à l’épreuve les invraisemblances , les apories et les non-sens, non pour prôner une forme d’anarchie qui serait préjudiciable à l’exercice maçonnique, mais pour forger par le fer et par le feu l’esprit critique du maçon : c’est par cette fusion alchimique que l’on façonne des convictions. Les initiés que nous sommes vont donc pouvoir utiliser cette doctrine séparatiste qu’est le gnosticisme à des fins d’approfondissement philosophique et symbolique. La force philosophique du gnosticisme sera de créer, à côté de l’immanence, un second milieu que d’aucuns baptisent d’inconnaissable et de transcendant, qui obligera alors l’initié à se regarder lui-même, n’étant plus totalement dans le monde physique, ni entièrement dans le monde du divin inconnaissable. Le gnosticisme est une forme particulière de gnose dans laquelle sont posés des invariants, tels que le bien et le mal, ou, d’une façon plus générale, un dualisme constitutionnel qui, au premier abord, peut sembler limitatif, mais qui, à l’usage, contribue à modeler celui qui s’y colle : le biais discursif  de ce principe binaire va alors servir d’épreuve supplémentaire défiant, par son caractère clivant, les lois de la raison ou même de la croyance, pour mettre le doigt sur le seul objet qui vaille, celui de la nature profonde de l’initié et de sa meilleure compréhension de l’Univers. Le gnosticisme n’est donc pas une dégradation du mot-souche gnose ; tout au plus décrit-il une façon particulière de connaître, soumis à un principe divin bâti ici sur une forme de manichéisme. Le gnosticisme épouse et agrège d’une certaine façon la philosophie générale de l’Ancien et du Nouveau Testament, non sans égratigner au passage l’immanence et sa transcription particulière qu’est le Christ, expression d’un Dieu incarné. Car là où le bât blesse est que l’incarnation du divin sous-entend quelque part l’aliénation à la vie réelle dans ce qu’elle a parfois de détestable, de souffrance et de malheurs, là où la déité transcendante serait une forme de pureté inatteignable, de retour principiel au Paradis.

Pour nous, initiés, le gnosticisme peut et doit être abordé, comme souvent, de deux façons : d’abord par la voie exotérique, qui fait de l’homme quelqu’un de fatalement mauvais, car issu d’une déité immanente, appelée Démiurge, imparfaite, matérielle, symbolisant la Chute adamique, et la contrition systémique qui en découle. Cette approche fera la part belle aux séides de tous ordres, qui y voient un joug facile à exercer sur leurs gentils affidés. Démiurge dérive étymologiquement du grec dêmourgios, proprement « qui travaille pour le public », synonyme, pour Platon, de créateur, ou, pour Rabelais, de demiourgon, proprement le travailleur, pour désigner le Diable (1546) : on voit bien ici la coloration bassement matérielle, dégradée que tente de lui attribuer le volet exotérique du gnosticisme, mâtiné de discrimination religieuse. Pourtant cette voie me semble assez proche du déisme tel que le conçoit le Rite Écossais Ancien et Accepté avec le Grand Architecte De L’Univers et son architecture universelle, la différence ici étant l’absence d’une gouvernance divine imposée. Mais on peut aussi aborder le gnosticisme par la voie ésotérique, dans laquelle nous, simples humains de chair, allons pouvoir nous confronter à l’indicible, l’ineffable, l’inexprimé d’un Dieu transcendant, dans une visée comparable d’ailleurs à l’en Sof de l’arbre séphirotique ou au Nec Plus Ultra de l’Échelle Mystique. Cette confrontation à l’ineffable aura le mérite de rendre encore plus exigeante notre recherche initiatique, dans la mesure où aucuns jalons, aucunes accroches ne sauraient nous arrimer à une quelconque échappatoire : nécessité serait alors d’aller jusqu’au bout pour ne jamais reculer. Cette approche exigeante aura la vertu de « renverser le regard ordinaire », par capillarité et par contiguïté avec ce monde inexprimable, d’emprunter à l’insondable sinon une méthode, du moins un trésor contre-intuitif, déstabilisant pour le profane, mais riche de promesses potentielles pour l’initié. Je vais illustrer cette dynamique de pensée, applicable à la science, par ce court exemple : en 1608, Kepler ,l’astronome , décrit un songe: sa mère et lui sont emmenés dans les airs par un démon pour aller regarder le système solaire depuis la lune, et poser ainsi la lune comme siège transitoire de l’ineffable : c’est l’illustration parfaite du gnosticisme : le démon est l’entité divine inférieure, apte à induire un voyage intellectuel nous emmenant hors des sentiers battus pour regarder en nous , ou plus haut que nous. Le gnosticisme repose donc sur une doctrine séparatiste dont il faut retirer, pour nous maçons, une méthode, une vision et une finalité, dans une optique de perfectibilité et d’élargissement de la Connaissance. Le gnosticisme fait déjà le travail de binarité, en adoptant d’emblée cette vision duale nécessaire à toute progression. En effet, le progrès s’obtient par des allers-retours incessants entre le monde que l’on connait, et celui que nécessairement on ignore, progrès effectués par la capillarité et la contigüité de nouveaux éléments transitant depuis l’informulé vers le formulé. Le gnosticisme a justement cette propension à créer des mouvements d’idées entre 2 pôles apparemment inconciliables, qui les placent à mi-chemin entre la doctrine et la méthode. Si l’on transpose en sciences physiques, la vision dualiste, ondulatoire et corpusculaire de la matière en général, témoigne en fait de notre incapacité à la définir autrement.

La preuve en physique quantique, où les grains, les quantas, constituants ultimes de la matière, sont définis non par une place déterminée, mais par une probabilité de présence qui trahit notre incompétence à réellement les situer : à un endroit précis se substitue un flux « probable » qui, transposé dans le gnosticisme, validerait les tentatives de jonction entre le monde tangible et celui que l’on subodore comme étant celui d’une déité transcendante. D’une façon générale, la science apparaît comme la validation sous forme d’axiomes et de postulats d’une réalité incomplète, toujours en devenir, dont la philosophie et le gnosticisme seraient le génie, au sens militaire du terme, c’est à dire des logisticiens, des émissaires, des éclaireurs, des prémisses. Transposée en sciences physiques, la preuve gnostique de l’impossibilité de relier les 2 mondes se traduit par l’incompatibilité apparemment fondamentale existant entre physique quantique et physique relativiste, c’est à dire entre les phénomènes régissant l’infiniment petit et l’infiniment grand. La physique quantique n’appartient pas spécifiquement à l’infiniment petit, c’est simplement là où on a été capable de la trouver. Même chose pour l’infiniment grand, siège le plus évident de la physique relativiste : il y a donc un clivage, qui ne sera dépassé que lorsque l’abord de ces 2 aspects de la physique ne sera fera plus l’un par rapport à l’autre, mais l’un avec l’autre, nous renvoyant, nous maçons, à la pensée dite ternaire, synthèse et donc résolution provisoire d’un dualisme qui est la preuve patente de notre incapacité transitoire à résoudre les contraires. Cette incapacité s’appelle en physique un « saut « quantique », qui est la validation empirique de ce passage incessant de l’onde au corpuscule, de la matière.

C’est aussi le bond qu’effectue le cherchant entre ce qu’il sait et ce qu’il espère, afin de se projeter et de saillir, dans son sens de féconder, d’inséminer une nouvelle réalité : nous avons là la définition même de la spiritualité.C’est aussi toute l’explication ésotérique de l’Enfer de  Dante : «  vous qui entrez ici, abandonnez toute  espérance »: il ne s’agit pas de se résoudre à disparaître , mais , en abandonnant toute espérance , de ne rien s’interdire , de ne pas se trouver « englué » dans la réalité tangible et d’ accepter de se colleter à l’ineffable, sans l’appui de cette Espérance qui appartient au monde réel, car si l’Espérance est un moteur du tangible, elle peut apparaître aussi comme une pesanteur, un frein ,un mur d’airain. Abandonner toute espérance allège le fardeau potentiel de celui qui reste envers et contre tout arrimé à sa matérialité. Le gnostique, tout comme l’astrophysicien, tout comme le poète de la Divine Comédie, va devoir abandonner la rigidité de cette espérance pour ne plus faire de l’Enfer un à-côté infréquentable, mais, sitôt passé la porte, y voir le triomphe de la Connaissance. En retour, cette spiritualité permettra de réinterpréter la matière et le tangible à l’aune et sous l’éclairage de cet élan spiritualiste. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est ce type de dynamique qui permet aux scientifiques de ne rien s’interdire. Je cite un grand astrophysicien contemporain, Carlo Rovelli, qui ne dit pas autre chose : « Ce qui me fascine avec la science, c’est qu’on observe, on compare, on réfléchit, et l’imagination parvient à nous projeter hors de notre vision du monde. Ce renversement qui ouvre à l’esprit n’est pas propre à la science, on le trouve aussi en philosophie, en littérature… ».  Autant le gnosticisme peut être réducteur et étouffant lorsqu’il se souche sur une morale discriminante, autant la vision séparatiste qu’il induit peut être productive car elle oblige la pensée à se référer à un inconnaissable que nous ne toucherons jamais que du doigt, mais qui, par aspiration, nous aide à être meilleurs.

Il faut bien garder à l’esprit que le gnosticisme est un standard de pensée, et que, à cet égard, il n’est ni la vie, ni la vérité, et n’a gouvernance que sur ce qu’il croit exister et prospérer. Pris dans une optique totalitaire, il fait le lit d’une forme de coercition morale, de culpabilisation ontologique. Mais son dépassement proprement dit est déjà une forme de progressivité. Cela dit, toute progression ne peut se faire sans défauts, défauts qui q sont en tout cas l’expression maladroite d’une pensée toujours en voie d’amélioration, et qui laisse çà et là sur le chemin ce qui n’entre pas dans l’orthodoxie du moment.  Cette approche par le défaut, douloureuse en termes d’amour propre bafoué ou de certitudes dépassées, a la vertu, s’il elle est utilisée, de rejaillir en retour sur le tangible en y ajoutant un supplément d’âme bénéfique à la Connaissance au sens large. Celui qui retourne dans la vie avec ce supplément d’âme va l’utiliser comme un germe à même de l’éclairer plus avant sur les phénomènes qui l’entourent, et d’analyser plus finement lesdits phénomènes. Selon les philosophes partisans de la théodicée ontologique, concept qui découle du gnosticisme, la création d’un univers complexe et infiniment diversifié ne peut d’ailleurs se faire sans défauts. Sans ces défauts, l’Univers serait Dieu lui-même. Avec ces défauts, il est le cosmos, c’est-à-dire une vision « articulée » de l’Univers perçu, imparfaite mais bien réelle. Ces défauts sont donc une preuve d’existence, et valident, par « défaut » justement, le socle de nos connaissances déjà acquises et de nos croyances. Autre exemple, il a été prouvé que la gravité est en fait la conséquence de la déformation de l’espace et du temps : elle en est donc quelque part le défaut. Le défaut a cet avantage qu’il peut être « sorti » du processus, afin d’être étudié en tant que tel : c’est ainsi qu’une formalisation particulière a permis de découvrir récemment des « ondes gravitationnelles », induisant l’ « autonomie structurelle » de ladite gravitation. On en vient à déterminer ce qu’on appelle la granularité du temps, de l’espace, et de sa modularité : quoi de plus tangible et d’aisément imaginable qu’un « grain » ? Et pourtant on affecte cette vision matérialiste à celle, moins aisément représentable, de l’espace et du temps. Ceci pour bien nous montrer que nos sauts, qu’ils soient quantiques ou spirituels, ramènent depuis l’inconnu une forme d’actualité que nous pouvons à ce moment-là reformuler à partir des présupposés que nous connaissons : le « grain » de temps et d’espace est de ce tonneau. En fait, le défaut est souvent le signal qu’un progrès est toujours possible, parce qu’il est sans cesse en cours et qu’il faut le chercher là où il manifeste son côté sombre, inaccompli. Par exemple, l’informatique quantique, qui est balbutiante, nous montre qu’à côté des calculs prodigieux qu’elle est apte à effectuer, de très nombreuses erreurs en perturbent pour l’instant le mécanisme : ces erreurs sont des défauts. Ils sont à ce titre autant des indicateurs précieux à l’amélioration du processus, que des obstacles transitoires au processus en question. En franc-maçonnerie, ces défauts portent un nom : ce sont les métaux, à la fois que l’on combat dans une visée perfectionniste, mais sur lesquels on peut aussi s’appuyer. Ces défauts civilisationnels et existentielles que sont les métaux sont toutes les attitudes, valeurs, concepts et principes qui nous ont permis de croître et d’évoluer depuis notre naissance jusqu’à notre entrée en loge.

Les métaux sont symboliquement des électrons libres : le fait, pour les effacer, de les modifier un tant soit peu, de faire vaciller leur superbe crée un appel d’air initiatique, qui permettra toujours d’apporter une pierre de plus à l’édifice. Dans « Dialogue sur les 2 grands systèmes du monde », Galilée cherche moins à prouver que la Terre tourne, qu’à démolir notre intuition profondément enracinée qu’elle est immobile. Cette intuition est tellement consubstantielle à l’époque qu’elle en est invisible à la raison discriminante. Galilée essaie de remonter le fil du « défaut » supposé, à savoir l’immobilité de la terre, afin de le transcender, en dépit d’une évidence qui semble incontestable. A partir du moment où l’on a « gouté » à l’ineffable, où l’on s’est ouvert au sacré, on s’est colleté en retour à une ouverture d’esprit forcément augmentée, et le retour au tangible se fera alors de façon moins radicale, plus fine, avec une prédisposition à mieux comprendre les rouages des évènements concrets, à saisir plus délicatement leur essence. Ainsi à partir du moment où l’on a compris que la gravité était le bât blessant d’une déformation, on peut l’isoler en tant que paramètre et en déduire que le temps s’écoule différemment selon l’intensité de la gravité. Cette méthode est bien sur troublante, car c’est une façon, pour les matérialistes, de lâcher la proie pour l’ombre, mais cet acte, périlleux s’il en est, nous invite à transcender la réalité du moment. Une masse, comme une planète, fait se courber l’espace et le temps autour d’elle, et c’est cette courbure qui a pour effet collatéral de faire chuter les corps. On ne baigne donc pas dans la gravité, qui serait un environnement souverain, car, si la gravité est une conséquence et non une cause, elle sera à terme représentable de façon isolée : et ce seront les « ondes gravitationnelles », découvertes il y a peu, visibles en cas d’événements extrêmes, tels que la collision de trous noirs, la fusion d’étoiles à neutrons ou l’explosion d’une étoile. Ces événements très violents produisent suffisamment d’énergie pour déformer l’épais et solide tissu de l’espace-temps en le dilatant et en le contractant. Il faut donc que les paramètres consubstantiels au tangible deviennent « limite » pour que se fasse jour un éclairage complémentaire nouveau : c’est aussi la méthode de la cérémonie d’initiation, qui nous donne à voir une réalité augmentée, celle des épreuves, afin d’emmener le récipiendaire dans une spirale vertueuse. Cet éclairage de notre conscience par la confrontation à l’ineffable balaiera d’un faisceau subtil les évènements tangibles, en mettant en évidence des liens intimes qui étaient auparavant indétectables par celui qui n’avait pu se colleter à l’ineffable, au transcendant.

Thierry Didier.

 

SOURCE   :  http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2023/10/la-science-est-elle-gnostique.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Publié le 27 Octobre 2023 par Thierry Didier.

12345...15

Atelier Ecrire Ensemble c&#... |
Au fil des mots. |
Spiralée |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Attala Blog
| jepensedoncjesuis13
| Les chroniques d'Astéria